Pronadec Version
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MARS 2020
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ABREVIATIONS ET ACRONYMES
2
- ONG : Organisation Non Gouvernementale
- ONGD : Organisation Non Gouvernementale de Développement
- ONU : Organisation des Nations Unies
- OPCoop : Office de Promotion et des Coopératives
- OPEC : Office de Promotion des Petites et Moyennes Entreprises Congolaises
- PADMPME : Projet d’Appui au Développement des Micros, Petites et Moyennes
Entreprises
- PAG : Programme d’Action du Gouvernement
- PASP : Programme d’Appui au Secteur Privé
- PEJAB : Projet d’Entrepreneuriat des Jeunes dans l’Agriculture et l’Agro-
Business
- PIB : Produit Intérieur Brut
- PME : Petites et Moyennes Entreprises
- PMEA : Petites et Moyennes Entreprises et artisanat
- PNSD : Plan National Stratégique de Développement
- PRONADEC : Programme National Développement de l’Entrepreneuriat au Congo
- RD. Congo : République Démocratique du Congo
- REGIDESO : Régie de Distribution d’Eau
- SA : Société Anonyme
- SARL : Société par Action à Responsabilité Limitée
- SCPT : Société Congolaise des Postes et Télécommunication
- SFI : Société Financière Internationale (Groupe de la Banque Mondiale)
- SNCC : Société Nationale de Chemin de fer du Congo
- SNEL : Société Nationale d’Electricité
- SNPME : Stratégie Nationale en faveur des Petites et Moyennes Entreprises
- SOFIDE : Société Financière de Développement
- TEPIE : Taxe Exceptionnelle de Promotion de l’Innovation et de
l’Entrepreneuriat
- TI : Taxe d’Implantation
- TPI : Taxe de Promotion de l’Industrie
- TRA : Taxe Rémunératoire Annuelle
- TRANSCO : Société des Transports au Congo
- TPO : Taxe de Pollution
- UPI : Unité de Production Informelle
- USD : Dollars américains
- VC’S : Venture Capital
- ZLECAf : Zone de Libre-Echange Continentale Africaine
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SOMMAIRE
1. INTRODUCTION
3. OBJECTIFS
4. AXES D’ACTION
6. FINANCEMENT DU PRONADEC
4
I. INTRODUCTION
Il en résulte que notre pays n’est pas en mesure de répondre à ce colossal défi du
chômage de masse que nous pose notre démographie dynamique et, de facto, celui de la
réduction des inégalités qui lui est corollaire.
Dans ces conditions, l’on ne peut que s’accorder avec Clélie NALLET, Chercheuse à
l’Institut Français des Relations Internationales qui, parlant des classes moyennes en RD.
1
Détenant plus de 1.000 substances minérales dont 20 minerais stratégiques, la RD. Congo est
incontestablement l’une des plus fortes concentrations des minerais au monde, avec des ressources minières
évaluées à 24.000 milliards USD. Elle est considérée comme le coffre-fort du monde. Ses hydrocarbures
occupent une superficie de 843.912 Km2, avec des réserves du bassin côtier estimées à 248.749 barils en
offshore et 29.505.000 barils en on shore. Sa faune et sa flore comptent parmi les plus riches du monde, et sa
forêt, composée de 45 % (145 millions d’hectares) de la superficie forestière totale du continent africain, détient
la plus grande réserve de bois tropicaux du monde.
5
Congo, concluait : « Kinshasa cherche encore des classes moyennes (…) : il n’en existe pas
encore qui soient massives et stabilisées. Car, en RD. Congo, 7 ménages sur 10 sont
considérés comme pauvres »2.
1. Une démographie très dynamique, tirée par un taux de natalité très important, une
espérance-vie réduite (54 ans) et un âge plus avancé d’accès à la retraite (65 ans),
débouchant non seulement sur une prépondérance des populations plutôt jeunes, mais
aussi sur un contrat social totalement incohérent ;
2. Des Services Publics de qualité faible, de faible couverture territoriale et
discriminatoires vis-à-vis du rural, alors que 80 % de nos populations sont rurales et
péri-urbaines ;
3. Un système scolaire et académique miné par la corruption et le statisme par rapport à
la célérité para-sonique de l’évolution de l’économie mondiale, qui ne cesse de
déverser sur le marché de l’emploi, année après année, des millions de demandeurs
d’emplois dont la formation est, bien souvent, en inadéquation totale avec les besoins
tant de la société que de nos entreprises ;
4. Le capital humain congolais qualifié est, de ce fait, de plus en plus faible, car mal
formé par rapport aux besoins de notre économie, dont par ailleurs la faible capacité à
générer des emplois décents, nécessitant une main d’œuvre qualifiée, est aussi
notoire ;
5. Ainsi, toutes les transactions économiques, principales comme subsidiaires, se
retrouvent contrôlées par des sociétés étrangères ou congolaises à capitaux étrangers.
2
Etude publiée le 10 mai 2017 par l’Institut Français des Relations Internationales (IFRI).
3
Même si, depuis sa création en 2015, le GUCE a enregistré, à date, environ 60.000 entreprises, dont 56.132 à
Kinshasa, 3.360 à Lubumbashi, 565 à Kisangani, 206 à Bukavu et 107 dans les autres bureaux (Voir Etudes AL
& Legacy), la RD. Congo compte moins de 10.000 entreprises (personnes morales) réellement opérationnelles
contre, par exemple, 4.800.000 pour la France, 7.500.000 pour l’Allemagne et 75.380 pour le Nigéria. Par
ailleurs, ces entreprises congolaises sont concentrées dans 4 à 5 villes, au point que le territoire national est un
désert entrepreneurial !
6
pour espérer passer d’une économie d’extraction à une économie de transformation, gage
d’une croissance inclusive et de l’émergence d’une classe moyenne congolaise.
Dans le même ordre, la crise économique et les tensions politiques persistantes ont
réduit la contribution de l’investissement privé de 2,5 % en 2016, à 0,5 en 2017. Au cours de
cette même année 2017 par exemple, environ 60 millions de congolais vivaient avec moins
de 1,9 USD par jour, c’est-à-dire sous le seuil de la pauvreté (moins de
2USD/personne/jour).
Il en résulte que, jusqu’en 2017, environ 60 millions des congolais n’avaient pas
accédé à la classe moyenne flottante (c’est-à-dire celle dont les revenus se situent entre 2 et
4 USD/personne/jour) ; moins encore à la classe moyenne inférieure (c’est-à-dire celle dont
les revenus oscillent entre 4 et 10 USD/personne/jour) ; ni à la classe moyenne supérieure
(c’est-à-dire celle dont les revenus se situent entre 10 et 20 USD/personne/jour) ; étant
entendu que les classes riches sont celles dont les revenus sont supérieurs à 20
USD/personne/jour4.
En effet, il incombe à nous, pouvoirs publics, d’avoir plutôt une approche MPMEA
qui soit transversale et intégrée, permettant d’améliorer l’accès des MPMEA au
financement, aux infrastructures d’information et aux marchés ; permettant de leur
garantir un cadre légal, réglementaire et financier qui soit propice au développement
intégral de l’entrepreneuriat, en faisant de celui-ci une priorité absolue, compte tenu du
rôle éminemment crucial que ces MPMEA sont naturellement appelés à jouer dans la
restructuration de l’économie de notre pays.
4
Voir à ce sujet la cartographie de la BAD.
7
« C » comme Capacité (renforcement des capacités en termes notamment de
formation non seulement en savoir-faire et aux connaissances d’affaires, mais aussi en
compétences comportementales ou le savoir-être, tels que le mentorat, le coaching et toutes
autres formes d’apprentissage entrepreneurial) ;
« C » comme Crédits (garantie d’accès aux crédits pour les MPMEA, notamment
par la mise en place du Fond de garantie de l’entrepreneuriat et le développement des
incitations et autres formes d’appâts à l’implication des banques et autres fiduciaires dans
le financement de l’entrepreneuriat, voire dans la participation au capital des MPMEA) ;
« C » comme Contrat (facilitation d’accès aux marchés tant publics que privés, à
travers notamment des contrats d’allotissement dans les marchés publics et des contrats de
sous-traitance dans le secteur privé). En fait, à travers ce troisième « C », il s’agit de
garantir un « Carnet de commande » pour les MPEA.
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Le climat des affaires est un indicateur synthétique des valeurs de la conjoncture économique d’une zone
géographique ou d’un pays donné, en se basant sur des sondages et enquêtes d’opinion. Si les variables et
paramètres utilisés sont nombreux et qualifiés, alors la mesure tendancielle du climat des affaires convergera
vers un résultat pouvant refléter au mieux la conjoncture économique réelle. Si l’indicateur du climat des affaires
augmente, alors la conjoncture évolue positivement ; s’il baisse, alors la conjoncture évolue négativement. Ainsi,
l’indice de la facilité de faire des affaires est un indicateur crée par la Banque Mondiale en 2003, pour mesurer,
à travers le Projet « Doing Business », la règlementation des affaires et son application effective dans 190
économies (depuis 2014) et dans certaines villes (au niveau infranational et régional). L’indice classe les
économies de 1 à 190, la première place étant la meilleure. Un classement élevé signifie que l’environnement
règlementaire du pays est favorable aux activités commerciales. L’indice correspond à la moyenne des
classements sur 11 sujets couverts par l’enquête « Doing Business ».
8
Cette démarche, qui permet d’identifier les déterminants de l’entrepreneuriat selon
plusieurs facettes, préconise une intervention systémique sur quatre niveaux : (i) le niveau
méta, qui fait référence au contexte culturel en général, y compris les attitudes et
comportements vis-à-vis de l’entrepreneuriat, afin de promouvoir la culture de l’entreprise et
l’entrepreneuriat comme une option de carrière pour les jeunes ; (ii) le niveau macro, qui
touche à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques et stratégies favorables à
l’entrepreneuriat, notamment par l’éclosion d’un environnement favorable au
développement des entreprises ; (iii) le niveau méso, qui englobe les institutions de
l’éducation et de la formation en entrepreneuriat, les services d’accompagnement, ainsi que
les services financiers ; et (iv) le niveau micro, qui consiste à appuyer la prise de conscience
de l’existence des opportunités entrepreneuriales susceptibles de stimuler directement la
demande des services d’accompagnement pour la création et le développement des
entreprises6.
a) doter le pays d’une définition adaptée aux réalités congolaises, ainsi que des critères
de catégorisation des PMEA ;
b) doter les PMEA d’un environnement favorable à leur expansion ;
c) organiser les relations des PMEA avec les grandes entreprises, notamment au niveau
de la sous-traitance ;
6
Note sur le cadre stratégique de l’OIT pour la création d’emplois décents dans des entreprises durables, Bureau
de pays de l’OIT pour la RD. Congo, l’Angola, la RCA, le Congo, le Gabon et le Tchad, Kinshasa, juillet 2020.
9
d) organiser les relations des PMEA entre eux, pour plus de synergies et d’intégration du
secteur ;
e) faciliter aux PMEA l’accès aux recherches et technologies ;
f) assurer l’accès aux marchés ;
g) promouvoir l’esprit d’entreprise et d’innovation, ainsi que l’esprit associatif ;
h) réduire le taux d’informalité ;
i) faciliter l’intégration des PMEA aux secteurs des banques classiques et des institutions
de la microfinance.
2. Phase de décollage vers l’émergence : de 2017 à 2021, grâce au PNSD, dans l’objectif
de réaliser la transformation structurelle de notre économie et amorcer la transition
sociale ;
En 2017, la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) a organisé une Table ronde
sous le thème « La promotion de la PME pour l’émergence de l’économie de la RD.
Congo » dont les recommandations s’articulent autour des points saillants ci-après :
a) doter la RD. Congo d’une définition de la PME appropriée aux réalités congolaises ;
b) créer un guichet unique d’informations relatives notamment au financement et à
l’environnement légal et règlementaire, ainsi qu’aux appels d’offres, pour les PME ;
c) unifier et restructurer le dossier fiscal, afin que la PME ne se trouve qu’en face d’un seul
interlocuteur ;
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d) appuyer le FPI et la SOFIDE dans la négociation des lignes de crédits extérieurs pour le
financement de la PME ;
e) créer un fonds de garantie ou un fonds d’appui pour faciliter aux PME l’accès au
financement ;
f) assouplir certains ratios prudentiels, notamment le coefficient de réserves obligatoires, en
vue de l’accroissement du volume des crédits accordés aux PME, en orientant les
ressources dégagées pour le financement de leurs projets.
En effet, c’est à partir des activités artisanales que naissent, bien souvent, les micros,
petites et moyennes entreprises. Le ménage est le foyer principal de toutes les activités
artisanales (de la transformation à la commercialisation), car des familles et clans entiers se
reconnaissent aux travers des activités et métiers exercés historiquement par leurs ascendants
généalogiques. L’héritage artisanal participe, par conséquent, de la protection des richesses
culturelles du pays.
C’est la raison d’être des Chambres de métiers. Ainsi, ces millions de jeunes qui ne
sont ni en formation, ni en emploi, sans aucune perspective, devraient être regroupés et
encadrés dans des Chambres de métiers, pour être conseillés et formés quant au
11
développement d’un métier, en collaboration avec les provinces et les autres entités
administratives décentralisées ou déconcentrées. Il s’agit de confronter avec responsabilité
la problématique de la reconversion de ces millions des jeunes chômeurs et désœuvrés.
Quant à la disponibilité de la matière première, il est à noter que certains objets sont
fabriqués à partir des matériaux de récupération (boîtes de conserve, mitrailles ou vieux
métaux, etc.), l’artisanat constituant ainsi une véritable opportunité de donner une seconde
vie aux produits de récupération, moyennant une certaine dose d’inventivité et de créativité.
1. Bijoux (fabriqués à partir du bois, des verres, du métal, des os d’animaux, des pierres et
minerais comme la malachite et le cuivre, des coques ou fruits séchés) ;
2. Mobiliers et accessoires de décoration (sièges, tabourets, appuie-dos ou petits bancs,
tables, porte-CD, lampes, lits, étagères, chaises à palabre, chandeliers, paniers tressés,
ouvre-bouteilles, porte-clefs, miroirs, plats, poteries, tableaux, etc.) ;
3. Instruments de musique traditionnels (likembe, tambours, guitares en bois traditionnels,
etc.) ;
4. Tapis Kuba et velours du Kasai (fibres provenant du palmier raphia) ;
5. Antiquités (médailles, pièces de monnaie, masques, objets de cultes, etc.) ;
6. Tintin au Congo (cadeau immanquable et original que tout visiteur étranger devrait
nécessairement ramener du Congo-Kinshasa) ;
En fait, jusqu’à ce jour, la mise en œuvre de la SNPME traine toujours les pieds du
fait, non seulement de son appropriation insuffisante par tous les acteurs de l’écosystème
entrepreneurial, mais aussi de l’absence totale d’une véritable programmation des actions
concrètes à mener au plan pratique. D’où la reprise en mains, par le Président de la
République, ainsi que le Premier Ministre, de ce vaste chantier visant à exploiter l’immense
potentiel entrepreneurial dont dispose la RD. Congo.
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Poursuivant dans cette même lancée, le Premier Ministre, Chef du gouvernement,
Son Excellence Sylvestre ILUNGA ILUNKAMBA, a affirmé, dans son discours-programme
du Gouvernement présenté devant l’Assemblée Nationale, le mardi 3 septembre 2019, sa
volonté de « faire de la RD. Congo un vaste chantier articulé autour de 15 piliers », dont les
piliers n°6 et n°7, se rapportant respectivement, d’une part, à l’amélioration du climat des
affaires et la promotion de l’entrepreneuriat et de la classe moyenne, ainsi que, d’autre
part, à la diversification de l’économie et la création des conditions d’une croissance
inclusive.
Le Premier Ministre a, enfin, interpellé tous les congolais sur « la nécessité d’avoir
le courage d’entreprendre et de créer, nous-mêmes, du travail, plutôt que d’attendre le
travail des autres ».
De ces différentes affirmations, il résulte une ferme volonté politique d’impulser une
véritable « transformation de la RD. Congo au plan tant économique que social, grâce à
l’entrepreneuriat », particulièrement celui des femmes et des jeunes, dont le dynamisme
n’est plus à démontrer.
Tel est donc notre profession de foi, tel est notre engagement, celui de parvenir à la
transformation économique et sociale de notre pays, à travers l’entrepreneuriat, dont voici
l’articulation du programme décennal.
7
Tony Olumelu,
13
2. CONTEXTE & ETAT DE LIEUX
Dans toutes les économies du monde, qu’elles soient occidentales ou africaines, les
MPMEA sont les instruments de création des richesses et de l’emploi. En effet, selon le
rapport de la Banque Mondiale du 20 juin 2016, les PME procurent plus de la moitié des
emplois formels dans le monde8.
Tel devrait être également le cas en RD. Congo, notre pays, où l’économie est
fortement dominée par les MPMEA qui représentent près de 90 % du nombre des entreprises,
même si, en raison de leur informalité massive, leur contribution au PIB s’établit
marginalement à environ 20 %.
L’enjeu autour du secteur des MPMEA a évolué au fil des ans, au point de devenir
une priorité nationale aujourd’hui où tout un Ministère dénommé « Ministère des Classes
moyennes, Petites et Moyennes Entreprises et Artisanat » leur est dédié. Il s’agit donc
d’un enjeu national de taille.
8
Banque Mondiale – Les petites et moyennes entreprises dynamisent la croissance économique et créent des
emplois. -20 juin 2016.
14
premier entrepreneur ou le tout premier investisseur n’est-il pas congolais, mais plutôt
d’une autre nationalité ?
Il y a une dizaine d’années, une enquête réalisée par l’Institut National des
Statistiques (INS) sur le secteur informel avait dénombré environ 2,9 millions d’unités de
production informelles (UPI) dans l’ensemble des centres urbains de la RD. Congo. Ce
faisant, l’on peut constater que les agglomérations congolaises concentrent quasiment
autant d’UPI qu’il y a des ménages !
Déjà, dans les années 1980, l’Illustre Chanteur-musicien TABU LEY - paix à son
âme ! - avait affirmé, dans l’un de ses innombrables titres, qu’à Kinshasa, chaque famille
était devenue commerçante en ces termes : « Kinshasa, lopango nionso ekoma
commerçant ». C’est dire combien, d’une part, l’entrepreneuriat est démocratisé dans la
vie congolaise et, de l’autre, dans les mêmes proportions, l’informalité a pris de l’ampleur
depuis des lustres !
Dans un sondage réalisé par MEDIA LAB AND CO en 2018, sur 64 entrepreneurs
de plus de 18 ans, comprenant 84 % des congolais, 35 % sont formalisés contre 65 % des
entreprises non formalisées. Ces dernières avancent les raisons ci-après : le manque de
moyens ou de compétences pour faire des démarches, la crainte de l’imposition et de
tracasseries ; 55 % ne connaissent pas l’OPEC (Office de Promotion des Petites et Moyennes
Entreprises Congolaises), 42 % n’ont pas d’adresse sociale, ni de compte bancaire et la
majorité de ces entrepreneurs déclarent ne pas savoir s’ils sont éligibles ou non à un prêt
bancaire10.
9
Rapport 2019 de MEDIA LAB AND CO, p.13.
10
RDC Rapport 2019 par MEDIA LAB AND CO, p. 45.
15
Fort malheureusement et comme l’a si bien démontré cette enquête, cette floraison de
l’entrepreneuriat informel se fait au détriment du formel (Economie informelle serait de
l’ordre de 80%), sans aucun soutien pour son activité, que ce soit de la part des pouvoirs
publics ou des structures privées, l’offre des structures dédiées à la formation et à la
promotion de l’entrepreneuriat étant soit absente, soit insuffisante, soit encore financièrement
inaccessible.
Aussi, l’on estime que près de 89 % de la population active à l’échelle nationale est
employé par le secteur informel et la plupart de ces UPI se concentrent dans les secteurs des
transports urbains et fluviaux, notamment commerciaux, souvent plus faciles à créer et
requérant peu de qualifications, suivant la classification des activités en quatre secteurs ci-
après : commerce (47,3%°), activités agricoles (22,2 %), industrie (19,3 %) et services
(11,2%) dans l’ensemble des villes de la RD. Congo. Par contre, à Kinshasa, la répartition des
UPI par grands secteurs indique 60,1 % pour les activités commerciales au détriment des
activités agricoles (8,5 %)11.
Par ailleurs, le secteur informel se caractérise par une grande précarité des conditions
d’activités, étant donné que plus de la moitié des UPI des agglomérations congolaises
fonctionnent sans local professionnel spécifique et 31,2 % exercent leurs activités à domicile.
Cependant, les 2,9 millions d’UPI génèrent environ 3,4 millions d’emplois, soit une
moyenne de 1,3 emploi par UPI. D’où le constat irréfutable selon lequel le secteur informel
est atomisé et massivement constitué des travailleurs à comptes. Ce sont des
autoentrepreneurs, mais sans aucune reconnaissance de ce statut par l’Etat, étant donné
que celui-ci est juridiquement inexistant à ce jour.
En effet, 83,8 % des UPI sont réduites à une seule personne. La moitié des emplois
de l’informel sont occupés par des femmes et les normes légales régissant la durée de travail
n’ont pas cours dans le secteur informel où elle est de 48 heures par semaine contre 45 heures
par semaine dans l’ensemble du pays, sauf à Kinshasa où elle dépasse 50 heures par
semaine12.
11
Enquête de l’INS.
12
Enquête de l’INS
16
Réfugiés dans l’informel, la plupart des entrepreneurs se focalisent sur
l’entrepreneuriat dit de subsistance, sans réaliser l’importance ou sans avoir les moyens de
développer un entrepreneuriat de croissance qui serait un vecteur de développement et de
création d’emplois.
Dans toutes les agglomérations urbaines de la RD. Congo, un peu plus de la moitié
du capital provient directement du cercle familial ou amical, avec une prépondérance des
interventions émanant de la diaspora congolaise, les banques et clients étant relégués au
rang de pourvoyeurs secondaires. Cela reflète l’importance de l’autofinancement dans la
dynamique de la croissance du secteur informel.
Comme relevé ci-haut, les relations entre le système financier et le secteur privé en
général sont très peu développées. Pour l’instant, le secteur privé national recourt à
l’autofinancement et le secteur privé étranger compte sur les structures de financement
étrangères.
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L’analphabétisme financier constitue un épouvantail de taille à l’accès au crédit
dont le risque élevé est principalement lié à l’absence de plans d’affaires, de l’historique de
trésorerie et d’un cadre légal approprié, obligeant ainsi les banques à exiger des actifs et
garanties liquides comme sûreté.
En conséquence, afin de se prémunir des risques de crédit, les banques sont obligées
de pratiquer des taux d’intérêts usuraires. Ainsi, par exemple, en 2017, le taux d’intérêts des
banques congolaises (hors frais bancaires) était de 20,62 %, contre 8,5 % pratiqués par
exemple au Maurice.
D’ailleurs, le 1er juin 2012, lors des Assemblées Générales Annuelles de la BAD qui
se sont tenues à Arusha (Tanzanie), le Président de cette institution à l’époque, Dr. Donald
KABERUKA, avait lancé officiellement le « Fonds Africain de Garantie » (FAG), un
système de garantie qui vise, en adéquation avec le marché, à faciliter l’accès au
financement pour les PME africaines, afin de remédier à cette inadéquation entre l’offre et la
demande de financement des PME.
Le FAG est un instrument régional permanent qui vise toutes les PME africaines
avec licence d’exploitation valable, quel que soit le secteur d’activités, dans l’objectif de
générer une croissance accrue dans le secteur des PME, afin de créer plus de possibilités
d’emplois dans l’économie, particulièrement pour les jeunes.
Basé, au départ, sur un capital de garantie de 50 millions USD approuvé par les trois
actionnaires fondateurs (le Danemark, l’Espagne et la BAD), le FAG mobilise aujourd’hui
d’importantes ressources financières pour les PME africaines, estimées à environ 500 millions
USD en 2015-2016 et une projection de mobilisation devant générer environ 2 milliards USD
de nouveaux prêts aux PME dans le moyen terme et atteindre ainsi 10.000 PME africaines,
pour sécuriser et créer des millions d’emplois productifs et de meilleure qualité dans la région.
13
Pour accompagner les entrepreneurs et les startups, l’Afrique a mobilisé plus de 550 millions USD dont 80 %
sont allés dans ces trois pays premiers pays et 36,7 millions au Rwanda.
18
A ce jour, fort malheureusement, la RD. Congo n’a pas su mobiliser le FAG au
profit de ses MPMEA, passant ainsi à côté d’une importante opportunité d’améliorer
l’offre des produits financiers à ses MPMEA et de développer des segments pour celles qui
sont bancables.
Or, à l’instar d’un être humain dont les besoins de prise en charge diffèrent en
fonction de différents âges de sa croissance (fœtus, nouveau-né, petite enfance, enfance,
adolescence, puberté, âge adulte, troisième âge ou senior), le cycle de vie des entreprises et
startups a besoin, à chaque étape, avant la création (couveuse ou incubateur) comme après la
création (pépinière, accélérateur, hôtel d’entreprises, startups studio, espace de travail
collaboratif, laboratoires de fabrication) , d’un type de financement spécifique.
14
RDC Rapport 2019 de MEDIA LAB AND CO, p.38. Il n’existe, en ce moment, en RD. Congo, qu’une
initiative privée dénommée « Mystartup africa » et une startup kinoise dénommée « Sapatu » qui a pu
mobiliser 9.000 USD grâce au Crowdfunding sur une plate-forme internationale. En termes de
Crowdinvesting, le projet dénommé « Mabele » ambitionne de mobiliser localement 28 millions USD grâce à
un investissement de réseau.
19
Un accompagnement institutionnel, législatif et règlementaire inadéquat, disharmonieux
et insuffisant
Forcément, il n’existe pas de synergies réelles entre les pouvoirs publics, les bailleurs
de fonds, les universités et instituts de recherches, structures privées de renforcement des
capacités, les entreprises de NTIC, les institutions financières ou structures de financement.
Il n’existe pas, à proprement parler, une offre complète d’accompagnement des
entrepreneurs.
En dépit de quelques avancées significatives, le climat des affaires reste très escarpé
pour l’entrepreneuriat congolais.
Par ailleurs, alors que le monde entier reconnait l’importance des Coopératives dans
la vie sociale et économique de chaque nation, au point que, par exemple, le Québec met à
part, chaque année, 20 millions USD pour la promotion des Coopératives, le Kenya dispose
d’un Ministre d’Etat en charge des coopératives, le Zimbabwe et la Malaisie ont des
Ministres, d’autres pays ont des Départements, Offices, Agences ou Directions Générales des
coopératives, la RD. Congo traîne les pas dans une ambiguïté qui demeure entretenue par 5
textes légaux : la loi coloniale de mars 1956, la loi relative aux coopératives d’épargnes et
de crédits (qui a modifié l’ordonnance-loi de 1974), la loi n°003 relative au contrôle de la
Banque centrale sur les Institutions de crédits, la loi 017/002 relative aux mutuelles, ainsi
que l’Acte Uniforme de l’OHADA relatif aux sociétés coopératives (AUSCOOP).
15
https://data.worldbank.org
20
Or, l’histoire et l’expérience démontrent que les Coopératives sont des entreprises
plus résilientes et plus distributives des richesses nationales, particulièrement dans un pays
comme la RD. Congo où 90 % de la production des biens de première nécessité émanent
des producteurs paysans et artisanaux souvent regroupés en coopératives ou autres
organisations assimilées qui contribuent à concurrence de 40 % au PIB du pays.
Il est malheureux de constater que l’Etat lui-même n’a pas toujours sérieusement ni
réellement joué son rôle de stimulateur de l’entrepreneuriat tant de subsistance que de
croissance, même si le type d’entrepreneuriat que l’on rencontre très majoritairement en
21
RD. Congo est celui de subsistance, c’est-à-dire celui des personnes qui, faute d’emploi, se
lancent malgré elles dans une activité génératrice de revenus pour des raisons de survie.
Par conséquent, cela se fait tout naturellement sans formation préalable, sans
formalisation de l’activité, sans financement suffisant, sans bancarisation, etc. Bref, sans
réelle vocation à l’entrepreneuriat ; il s’agit tout simplement d’un « entrepreneuriat par
défaut » ou un « entrepreneuriat faute de mieux », effectué en attendant des lendemains
meilleurs.
Cependant, avec une population estimée à 92.7 millions d’habitants en 2018 (6), dont
63.7 % des jeunes de moins de 25 ans, la RD. Congo dispose d’une véritable manne humaine
si des conditions d’optimisation de leur activité sont réunies. A défaut, il s’agit plutôt d’une «
bombe à déflagration sociale », sous la pression du chômage et de la délinquance.
C’est aussi dans ce contexte que l’on constate la propension à la création des
ONGD, ONG, ASBL et autres initiatives à caractère social et humanitaire, en lieu et place
des entreprises économiques pures et simples, alors que, bien souvent, les initiateurs de ces
différentes associations sans but lucratif (ASBL), Organisations Non Gouvernementales
(ONG) et Organisations Non Gouvernementales de Développement (ONGD) à caractère
social et humanitaire dissimilent, derrière cet élan philanthropique, la recherche d’emploi et
de survie, notamment par la mobilisation des moyens auprès des tiers donateurs.
Dans cet ordre, la RD Congo étant classée tantôt comme un Etat fragile, tantôt
comme un Pays pauvre très endetté, tantôt encore comme un pays en voie de développement
qui n’attire les aides publiques internationales que sur les situations humanitaires et
22
d’urgence et, dans une certaine mesure, sur quelques programmes structurels
d’investissements, la promotion de « l’entrepreneuriat social » devient réellement un
impératif national. De même, un programme de basculement de ces ONGD, ONG et ASBL
et MPMEA aurait tout son sens, afin de promouvoir les entreprises sociales, c’est-à-dire
des entreprises à double objectif : la réalisation du bénéfice et la réalisation des missions
sociales.
Dans ce même élan, tenant compte du fait que la RD. Congo comptait jusqu’à 36
millions d’abonnés à la téléphonie mobile en 2018, contre 29 millions en 2016, soit une
croissance de 24 % en deux ans, avec une montée significative de l’utilisation du mobile
money comme moyen de transfert d’argent et de paiement, l’accès au smartphone et
démocratisation des codes UUSSD qui permet de contourner le smartphone et l’internet, la
promotion de « l’entrepreneuriat numérique » devrait être une priorité gouvernementale.
Par ailleurs, bien qu’en hausse, l’entrepreneuriat féminin est encore confronté à des
obstacles des ordres les plus divers : accès limité au financement, discriminations en matière
du droit foncier et du droit de la famille, etc., pendant que l’entrepreneuriat des jeunes n’est
pas du tout préparé au niveau scolaire, encore moins au niveau académique où les
incubateurs d’université ou de recherche publique, susceptibles de transformer les idées des
étudiants et scientifiques en projets d’entreprises à forte valeur ajoutée, générateurs
d’emplois, sont totalement inexistants en RD. Congo.
Par ailleurs, dans notre pays, les entrepreneurs rencontrent d’énormes difficultés à
accéder à des bureaux décents, stratégiquement situés et équipés notamment en couverture
internet.
23
connaissances d’Affaires, mais aussi en compétences comportementales ou le savoir-être, tels
que le mentorat, le coaching et toutes les autres formes d’apprentissage entrepreneurial.
Alors que, sous d’autres cieux, tous les élèves, dès en classe équivalente à notre 3è
des Humanités, doivent obligatoirement faire un stage en entreprise pour faire
connaissance avec l’entrepreneuriat et le fonctionnement de l’entreprise.
Dans le sondage MEDIA LAB AND CO précité, 94 % des répondants estiment avoir
principalement besoin de formation notamment en gestion de projets, en gestion d’entreprise
et en comptabilité, en marketing digital et vente et, secondairement, en gestion des ressources
humaines, ainsi qu’en gestion financière et fiscale.
Somme toute, s’il résulte de ces différents sondages que le « Top 3 » des principales
difficultés des entreprises consiste en l’accès au financement (61%), les impôts et taxes
(44%), l’accès à des bureaux crédibles (25%), le coût d’accès à l’internet et à des
formations d’entrepreneurs (14%) 16 , la reconstruction du secteur de l’entrepreneuriat
devrait passer forcément par la mise en place d’un programme trilogique qui passe par les
trois « C » : Capacité-Crédit-Contrat ; le tout devant être sous-tendu par un grand « C »
symbolisant le « Climat des affaires ».
16
RDC Rapport MEDIA LAB AND CO, p. 50.
24
Beaucoup de volontarisme, mais très peu de pragmatisme
Pire, alors que plusieurs Etats africains ont compris et surtout mis en place des
règles priorisant le développement des dynamiques entrepreneuriales au sein de leurs
territoires respectifs, au titre d’outils de lutte contre l’accroissement du chômage et des
inégalités, la RD. Congo est restée à la traîne, loin derrière le Rwanda voisin, par exemple,
qui est déjà passé d’une économie minière à une économie qui produit des smartphones et
des ordinateurs « made in Rwanda ».
Dans plusieurs pays du monde, l’économie est contrôlée par l’Etat pour ce qui relève
du secteur public et l’entrepreneuriat local pour ce qui du secteur privé.
En RD. Congo en revanche, ce sont les entreprises étrangères qui raflent tout et
dans tous les secteurs. Elles raflent les principaux marchés publics comme privés, les
marchés annexes et connexes. A titre d’exemple, pour l’exécution d’un ouvrage, un contrat
d’une valeur globale de 100 millions de dollars est accordé à une société étrangère X, laquelle
sous-traite 40 millions de dollars à une autre entreprise Y de même nationalité. Résultat des
25
courses, la quasi-totalité de tous les 100 millions de dollars va partir vers le pays d’origine de
ces 2 entreprises et simplement une portion résiduelle ruissellera sur l’économie locale.
Voilà qui explique pourquoi, malgré la croissance économique continue que la RD.
Congo a enregistrée sur la dernière décennie, tutoyant par moments les 2 chiffres,
principalement tirée par les secteurs des mines, bâtiments, infrastructures,
télécommunications et hydrocarbures, l’impact sur l’économie nationale ou locale n’en fut
que marginale, en termes de ruissèlement des richesses, de création d’emplois et de
génération des classes moyennes.
De même, par le recours à l’allotissement, des lots devraient être réservés aux
MPMEA dans les marchés publics.
Ces deux dispositifs combien salutaires permettront, s’ils sont appliqués de manière
optimale, qu’à terme, le tout premier cercle d’investisseurs et d’entrepreneurs dans notre pays,
ne soit pas constitué des chinois, français, belges, hongrois ou américains ; mais plutôt des
congolais.
Le défi pour notre Gouvernement sera donc celui de converger toutes nos forces,
sans aucune dissonance, pour l’application de cette loi sur la sous-traitance, pilier central de la
transformation économique et sociale, à travers l’entrepreneuriat que nous appelons de tous
nos vœux dans notre pays.
26
Pour combler ces différentes lacunes, il nous revient de construire désormais, grâce à
des synergies impliquant l’ensemble de l’Etat congolais, c’est-à-dire, tant les opérateurs
économiques que le leadership politique, afin de construire un écosystème complet, reposant
sur l’amélioration du climat des affaires par l’Etat, la mise en place des stratégies cohérentes,
les incitations administratives et fiscales, les mesures coercitives, l’amélioration des systèmes
de financement, la création et la valorisation des structures d’accompagnement à
l’entrepreneuriat et de l’innovation, les facilitations diverses, etc.
27
3. OBJECTIFS
Au regard des défis consistant à voir, d’une part, une démographie jeune, qui grandit
de façon exponentielle et, d’autre part, un marché économique trop étroit pour absorber cette
demande d’emploi sans cesse croissante, tous les analystes arrivent à une seule conclusion :
les MPMEA sont les seuls modèles susceptibles de créer significativement et la richesse et
l’emploi.
Cependant, crée depuis 1995, le Ministère des PME, bien qu’ayant bénéficié, dans sa
phase d’implantation, de la lettre n°017/CAB/MENIPME/0452/93 du 14 février 1995, dite
lettre de « démarcation », de l’ancien Ministre Timothée KATANGA MUKUMADI
YAMUTUMBA, alors Ministre de l’Economie, Industrie et PME, qui déterminait les trois
secteurs d’intervention du Ministère des PME en ces termes : le secteur du commerce, le
secteur des services, ainsi que le secteur de la transformation ou de la production, n’a pas
su créer un écosystème complet pour la promotion et le développement des PME, d’autant
plus qu’il n’a initié aucune loi ni législation spécifique pour le développement des PME,
encore moins pour créer et asseoir les structures d’accompagnement des PME.
Aussi sera-t-il question, sur cette base, en termes de vision, de faire en sorte que, à
travers le présent programme :
- Dans les 5 autres années qui suivront : en liaison avec la phase de consolidation des
acquis pour l’émergence, les MPMEA deviendront des entreprises globalement
compétitives, innovantes, inclusives et résilientes.
Dès lors, en termes de missions, il se dégage deux types de missions : (i) les
missions d’ordre général et (ii) les missions d’ordre spécifique.
28
Au plan général, il sera question de faire jouer aux MPMEA congolais un rôle
déterminant dans la réduction de la pauvreté et la réalisation des objectifs de développement
durable (ODD). Il s’agira d’apporter un soutien intensif et multiforme aux MPMEA, afin
de créer tout un écosystème, inexistant il y a quelques années, grâce à des synergies
impliquant les Pouvoirs publics, les opérateurs privés, les bailleurs de fonds, les institutions
financières de développement (IFD), les structures d’accompagnement, les villes, les
territoires, les centres d’innovation, les universités technologiques, les incubateurs et autres
accélérateurs, afin de déboucher sur la transformation économique et sociale de la RD.
Congo par l’entrepreneuriat, notamment des femmes et des jeunes. Pour ce faire, une
approche multisectorielle sera strictement de mise.
29
- Le PIB du pays passe de 50 milliards USD à 200 milliards USD grâce à la
formalisation de la moitié de l’économie du pays et le PIB/habitant passe à 4.000
USD ;
- 20 % des congolais vivant sous le seuil de la pauvreté (moins de 2
USD/personne/jour) accèdent à la catégorie de la Classe moyenne flottante (entre 2
et 4 USD/personne/jour), 10 % des congolais accèdent à la Classe moyenne
inférieure (entre 4 et 10 USD/personne/jour), 5 % des congolais accèdent à la Classe
moyenne supérieure (entre 10 et 20 USD/personne/jour) et 1 % des congolais
accèdent à la Classe des riches (supérieur à 20 USD/personne/jour) ;
- Des classes moyennes massives se stabilisent sur l’ensemble du territoire national.
30
4. AXES D’ACTION (PISTES A EXPLORER)
Après avoir dressé l’état de lieux tant de la PME congolaise que de l’Artisanat
congolais qui en est généralement la pépinière, en diagnostiquant les défis auxquels ces deux
domaines mitoyens sont confrontés, ainsi que leurs atouts, il nous revient, à présent,
d’esquisser des pistes de solution qui soient adéquates, pragmatiques et susceptibles de
libérer les MPMEA congolais des contraintes de toutes natures qui les phagocytent, dans le
but de les libérer de l’emprise de toutes les chaînes qui les empêchent de s’affirmer en tant
que vecteurs de croissance et outils de création des richesses et de l’emploi.
Dans cet ordre, quinze (15) axes majeurs d’actions sont retenus dans le cadre du
présent programme, à savoir :
Il est à noter que ces deux lois seront inter reliées et de type « Small Business Act »
dont l’objectif consistera à avantager les MPMEA, en intégrant toutes les mesures préconisées
31
dans le présent programme, ainsi que dans la SNPME, afin de traduire la volonté politique
d’intégrer systématiquement les problématiques de développement des MPMEA dans les
cadres nationaux de développement. Ces deux lois consacreront, enfin, une définition légale
précise tant de la MPME que de l’artisanat, en adaptant cette définition aux réalités
congolaises ;
Il sera question de combler le trop grand déficit dont souffre le secteur des MPMEA
en matière de formation tant entrepreneuriale que managériale. Dans cet ordre, rappelons que
les formations en entrepreneuriat doivent porter non seulement sur le savoir-faire et les
connaissances d’affaires comme la finance, la gestion des ressources humaines, le marketing,
32
la planification stratégique, la fiscalité (le civisme fiscal ou les obligations fiscales d’un
opérateur économique), etc., mais aussi sur les compétences comportementales et le savoir-
être, à travers notamment l’accompagnement, le coaching et le mentorat, afin d’inculquer
aux futurs entrepreneurs la culture et les valeurs entrepreneuriales, les compétences
techniques de l’entrepreneur, ainsi que le style de leadership à développer.
2. Introduction, dès la 1ère année des Humanités et jusqu’en 3è graduat, d’un cours
sur l’entrepreneuriat et le management, afin d’initier et de formater les
générations futures sur la question.
Ces cours seront amplifiés et plus pondérés dans toutes les filières techniques, avec
des formations pratiques, telles que les mini entreprises créées au sein des écoles et
gérées par des élèves ;
Une synergie de collaboration sera établie entre le Ministère des CMPMEA et ceux de
l’enseignement primaire, secondaire et supérieur, afin d’élaborer un programme de
certification axé sur les métiers et les compétences, et non seulement sur les
connaissances ;
33
stratégie multidisciplinaire et multi facette. Le contenu de cette formation comportera
trois formations, à savoir :
- La culture et les valeurs entrepreneuriales ;
- Les compétences techniques des futurs entrepreneurs ;
- Le style spécifique de leadership à développer par un entrepreneur.
Ainsi, la concession de Limete, 2ème rue, pourrait être affectée à cette mise en place
d’un cycle complet d’infrastructures d’accompagnement et d’encadrement des
entrepreneurs, sur le modèle de KLab du Rwanda17. De même, la restitution au Ministère
des Classes moyennes, Petites et Moyennes Entreprises, et Artisanat, de l’immeuble de la
Classe moyenne, situé à la Gombe, pourrait être envisagée et décidée par le Gouvernement.
17
RDC Rapport 2019 de MEDIA LAB AND CO, p. 105.
34
Quant au financement de ces incubateurs, il faudra une subvention publique
d’une part et une taxe qui pourrait être appliquée sur les recettes réalisées à travers les
jeux de hasard dont la clientèle est majoritairement constituée des jeunes parieurs.
La valeur de cette taxe sera fixée après concertation de tous les intervenants du
secteur ;
35
intéressées par la problématique de la franchise, en tant que stratégie efficace de
reproduction des « Success Stories » ;
36
En termes de modalités pratiques de mise en œuvre, il sera notamment prévu ce qui
suit :
- Cadre d’organisation et de fonctionnement fixé par décret du Premier Ministre ;
- Réunion ordinaire : 1 fois tous les trois mois, avec suivi des indicateurs de la
dynamique de l’écosystème entrepreneurial et élaboration d’un compte-rendu ;
Dans cette optique, l’Office pour la Promotion des Petites et Moyennes Entreprises
Congolaises (OPEC) sera transformé en Agence Nationale de Développement de
l’Entrepreneuriat Congolais (ANADEC), incluant ainsi, sous son giron, non seulement les
PME, mais aussi le Micro-entrepreneuriat, l’Auto-entrepreneuriat et l’Entrepreneuriat de
type artisanal. Dans sa nouvelle étoffe, l’ANADEC sera dotée d’une grande Direction
d’accompagnement au financement, en corrélation directe avec le FOGEC. Ainsi, à l’instar
de l’ANAPI et du FPI qui disposent d’une véritable autonomie financière grâce à la Taxe de
Promotion de l’Industrie (TPI), le même type d’autonomie financière devrait être reconnue
l’ANADEC, eu égard au rôle éminemment stratégique qu’elle est appelée à jouer désormais
dans la politique gouvernementale actuelle, qui est axée sur le développement du pays par
l’entrepreneuriat (tant de subsistance que de croissance).
37
Axe IV. Conversion de l’informel au formel
Mesures incitatives :
- Amnistie fiscale pour les MPMEA évoluant dans l’informel, mais qui seront
candidates, en vertu du présent programme, à la formalisation de leurs activités ;
- Instauration, d’une part, d’un moratoire fiscal de 2 ans en faveur des MPMEA
naissants et des startups et, d’autre part, allègements fiscaux, sur la première
année, à toute entreprise de 1 à 10 salariés qui s’enregistre et déclare ses activités ;
- Instauration d’un moratoire de 3 ans en matière d’impôt sur les bénéfices et profits
en faveur des MPMEA naissants et des startups et institution d’un taux unique de
10 % en matière d’IPR pendant les 3 premiers exercices ;
- Simplification des procédures fiscales et réduction du taux d’imposition, afin de
rendre le système fiscal plus attractif et incitatif, à travers la fixation d’un impôt
unique (impôt synthétique) pour les petites entités, au sens de l’article 13 de l’Acte
Uniforme relatif au Droit Comptable et à l’Information Financière ;
- Implantation du Guichet Unique de Création d’Entreprises au moins dans chaque
chef-lieu de province ;
- Institution et valorisation du statut de « Paysans entrepreneurs » (notamment
cultivateurs), en leur reconnaissant des droits particuliers, notamment à travers
l’octroi des cartes spécifiques et numérisées donnant droit à des avantages
tarifaires et commerciaux pour faciliter leur accès, ainsi que l’accès de leurs
marchandises, dans les trains et bateaux publics ;
- Accompagnement dans le processus d’accès aux financements (publics ou privés),
sous forme de formation à l’entrepreneuriat, à l’orthodoxie de gestion, aux
possibilités de numérisation de l’activité ;
- Allègements fiscaux sur la première année à toute entreprise de 1 à 10 salariés qui
s’enregistre et déclare ses activités ;
38
- Mise en place d’une mutuelle de santé pour les MPMEA enregistrés, avec
délivrance d’une carte permettant la prise en charge des soins médicaux ;
- Pour les MPMEA de 1 à 10 salariés, mise en place des cartes de réduction
valables dans le transport public (routier : TRANSCO ou autre, ferroviaire :
SNCC ou SCPT, aérien : CONGO AIRWAYS). Ces cartes de réduction seront
valables uniquement sur les trajets professionnels et devront être accompagnées
des pièces d’identité valide ;
- Reconnaissance aux ménages qui emploient des salariés à domicile et qui les
déclarent des incitations en termes de baisse des taxes ou impôts (taxes foncières,
impôts sur le revenu) ;
Mesures coercitives :
39
Axe V. Mise en place du statut de l’autoentrepreneur
L’auto entrepreneur sera donc toute personne physique qui souhaiterait, soit travailler
pour son propre compte, soit offrir ses services aux tiers, personnes physiques ou morales.
Mesures incitatives :
- Pour les foyers actifs : tout salarié à domicile « déclaré » fera bénéficier à son employeur
d’un crédit d’impôt de 10 % sur l’IPR, à condition de justifier d’un contrat de travail et
d’un règlement du salaire par voie bancaire ;
- Tout salarié à domicile « déclaré » sera considéré comme personne à la charge de son
employeur et fera bénéficier à ce dernier d’un rabattement de 2 % en matière d’IPR. Les
articles 89 à 91 de l’Ordonnance-loi n° 89/009 du 10 février 1969 relative aux impôts
cédulaires sur les revenus, telle que modifiée et complétée à ce jour, seront alors
conséquemment modifiés et complétés ;
- Pour les foyers non actifs : un crédit d’impôt déductible des taxes foncières ou impôt sur
la société ou taxe transactionnelle sera reconnu à hauteur de 10 % ;
- Pour l’autoentrepreneur : une carte de réduction sera accordée pour les transports publics
sur le trajet domicile-lieu de travail, outre l’affiliation à la mutuelle des soins de santé
des MPME-Autoentrepreneurs ;
- Mise en place d’un « Annuaire national » des autoentrepreneurs, des MPME et des
artisans, en forme papier et numérique, avec leurs coordonnées téléphoniques,
électroniques et les services proposés. Cet annuaire sera édité chaque année, grâce à
la publicité qui y sera vendue, et sera mis à disposition dans les aéroports, les postes
frontières, les avions en provenance et à destination de la RD. Congo. Le format
numérique sera élaboré en collaboration avec les sociétés de télécommunication et
sera accessible en ligne avec, là aussi, de la publicité garantie auprès de toutes
entreprises.
40
Axe VI. Bancarisation et numérisation des MPMEA
Par bancarisation, on entend le fait, pour les MPMEA, de disposer d’un compte
bancaire au nom de la société et d’effectuer le maximum des transactions concernant la
société par ce biais ; par numérisation, on entend le fait, pour les MPMEA, de disposer
d’équipements (terminal de lecture de carte bancaire, caisse enregistreuse automatique) ou des
logiciels (paiement en ligne, logiciel comptable) permettant la tenue d’une comptabilité
informatisée.
Ici, l’objectif sera de permettre aux MPMEA déclarés ou formalisés d’être 100%
bancarisés et numérisés d’ici 2030.
Mesures incitatives :
- Accès au financement à taux zéro, avec un délai de grâce conséquent et une durée de
remboursement allongée ;
- Opérationnalisation des mécanismes de crédit-bail ;
- Mise en place des plates-formes de financement participatif, afin de permettre de lever les
fonds pour les entrepreneurs, sous différentes variantes, à savoir : (i) le CrowdFunding
(financement participatif avec ou sans contrepartie : don), (ii) le CrowdLending
(financement participatif avec ou sans intérêt), (iii) le CrowdInvesting (financement
participatif avec prise de participation dans le capital de la startup) et (iv) les
Subventionnements ;
- Reconnaissance des crédits d’impôts aux MPMEA qui auront financé seuls leur
processus de bancarisation et de numérisation de leurs activités comptables. Les frais
engagés pourront être déductibles des impôts et taxes jusqu’à 20 % si les travaux sont
exécutés par un prestataire certifié par le Ministère des CMPMEA ;
- Réduction des taxes et impôts sur les sociétés pour les MPMEA 100% bancarisés et
numérisés.
Mesures dissuasives :
Accès aux financements à taux majoré et à durée de remboursement écourtée pour les
entreprises non bancarisées ;
Barème des taxes et impôts sur les sociétés majorées ;
Contrôle et sanctions de divers ordres.
41
Axe VII. Facilitation de l’accès au financement des MPMEA
Il est urgent d’engager une véritable bataille, afin de faire sauter les verrous qui
dressent gravement obstacle à l’accès au crédit des MPMEA, aussi bien par les voies
classiques que par des voies innovantes, pour espérer la transformation socio-économique en
profondeur du pays, à travers l’entrepreneuriat en général, et l’entrepreneuriat de croissance
en particulier.
Ces financements seront, selon le cas, soit d’origine publique, soit d’origine privée,
soit encore d’origine mixte (dans le cadre d’un partenariat public-privé).
Ce Fond avait déjà été institué en 1973, au sein de l’OPEC, puis envisagé sous le
Gouvernement MATATA, mais n’a jamais vu effectivement le jour.
D’après toutes les Etudes (existantes) qui s’y rapportent, la forme d’une société
anonyme (SA) serait plus indiquée pour le FOGEC. Dans cette hypothèse, celui-ci serait
constitué par : l’Etat congolais (20%), à côté d’autres partenaires au développement (BM,
BAD, AFD, KFW/GIZ, JICA, etc.) et du secteur privé.
L’apport de l’Etat dans le FOGEC pourrait provenir notamment de : (i) une quotité
à prélever sur la rétrocession de l’ARSP en matière de régulation de la sous-traitance ;
(ii) une quotité à prélever sur le Fond Minier pour les générations futures (FOMIN) ;
(iii) une parafiscalité à instituer sur tous les produits alcoolisés et tabagiques (produits
localement ou importés), (iv) un prélèvement de 01 cent sur le prix moyen frontière des
produits pétroliers et (v) une Contribution Exceptionnelle de Promotion de l’Innovation
et de l’Entrepreneuriat (« CEPIE ») qui pourrait être imposée, au titre d’engagements
souscrits dans le cadre des obligations sociétales (RSE), aux grandes entreprises étrangères
(à partir de 50 millions de dollars du chiffre d’affaires annuel) opérant dans le secteur des
mines, des hydrocarbures, des bâtiments et des télécommunications. Ce serait une façon
42
concrète, pragmatique et directe de permettre aux congolaises et congolais de profiter des
investissements des sociétés étrangères attirées par nos richesses et qui font du bénéfice.
Le taux de cette dernière taxe pourrait être évolutif avec le chiffre d’affaires,
augmentant de 0.5 % pour USD 25 millions du chiffre d’affaires annuel : Tranche de 50
à 75 millions : 1 %, 75 à 100 millions : 1.5 %, 100 à 125 millions : 2% ; 125 à 150
millions : 2.5 %, etc., du bénéfice réalisé.
Une partie de ces fonds servira de garantie et une autre partie aidera à financer
l’innovation et l’accompagnement, à travers les incubateurs (formation, bancarisation,
numérisation, etc.).
18
Par entrepreneuriat durable, il faut entendre tout projet dont le modèle économique est pérenne et qui,
soucieux des enjeux environnementaux et sociaux, vise à apporter une plus-value sociétale. De même,
l’économie circulaire un système de production des biens et services qui vise à limiter l’utilisation des matières
premières, l’utilisation d’énergies, l’utilisation de l’eau, ainsi que la création des déchets, par opposition à
l’économie linéaire qui extrait des matières premières comme si la source de ces matières était illimitée, en
créant toujours plus de déchets qu’il faut éliminer. En fait, comme l’économie circulaire, l’économie bleue est
un modèle économique inspiré des écosystèmes naturels et qui prône la satisfaction des besoins de base, en
valorisant ce qui est disponible localement et en transposant à l’échelle industrielle les prouesses de la nature ;
grâce à ce système, source importante d’emplois, chaque déchet deviendrait une source d’énergie pour une
autre activité. En effet, l’entrepreneur belge Gunter PAULI, qui est l’inspirateur du système de l’économie
bleue, qualifie d’économie rouge celle qui a exploité les ressources naturelles jusqu’au XXIème siècle sans
penser aux conséquences humaines ou planétaires, pour bénéficier du flux infini de la nature en matière de
créativité, d’adaptabilité et d’abondance.
43
- La participation dans le capital social des MPMEA de croissance ou la
participation au développement de l’entrepreneuriat durable ;
- La mise en place d’un guichet d’aide aux PMEA en difficulté, mais qui ont un réel
potentiel de développement et de création d’emplois.
44
Financement d’origine privée
Certes, dans une économie du marché, l’Etat ne devrait pas intervenir dans les
activités du secteur bancaire privé. Cependant, il incombe aux pouvoirs publics de mettre en
place des conditions propices à l’éclosion de l’initiative privée. Dans cet ordre et en l’espèce,
il revient à l’Etat de faciliter l’accès de nos MPMEA à des financements privés, à travers des
mesures concrètes et appropriées d’incitation.
Ainsi, il sera accordé aux banques, aux institutions de microfinance et aux fonds
d’investissement le droit de constituer systématiquement des provisions sur tous les crédits
accordés aux MPMEA et aux startups n’ayant pas de garantie. Ces provisions seront
fiscalement admises comme des charges déductibles.
45
Axe VIII. Accompagnement pour la normalisation et la certification
- L’entrepreneuriat rural : pour récompenser les MPMEA qui auront fait progresser les flux
d’échanges commerciaux entre les grands centres (consommateurs des produits vivriers et
denrées de première nécessité en provenance des milieux ruraux) et les zones rurales
enclavées (consommatrices des produits manufacturés en provenance des centres urbains),
à l’instar des commerçants portugais ou grecs d’autrefois ;
- Le local content TGE : pour récompenser la grande entreprise qui se sera illustrée dans la
promotion des intérêts locaux dans la gestion des ressources humaines, spécialement sur le
46
choix des cadres congolais, le choix des sous-traitants locaux, l’ouverture de l’actionnariat
aux nationaux ;
- La meilleure politique RSE : pour récompenser la grande entreprise qui aura, non
seulement contribué à l’amélioration de la qualité de vie des citoyens, à travers notamment
des actions en matière sociale, environnementale et de gouvernance, mais aussi permis le
maillage des MPMEA autour d’elle ;
- Le meilleur partenaire pour les classes moyennes : pour récompenser la PME qui aura
contribué significativement à l’émergence de la classe moyenne en RD. Congo, en
proportionnalité avec l’évolution de son chiffre d’affaires ;
- La meilleure PME certifiée aux normes internationales : pour récompenser la PME qui
se sera alignée aux standards de qualité comme les normes ISO 9000, normes IFSR, etc. ;
- La meilleure PME en matière de civisme fiscal : pour récompenser la PME qui se sera
distinguée dans la discipline et le respect tant des échéances que la sincérité de ses
déclarations fiscales. La température du civisme fiscal sera prélevée sur base des critères
conjointement définis avec les régies financières.
47
célébrée, en RD. Congo, au titre de « Journée Nationale de l’Entrepreneuriat » (JNE) ; cette
célébration sera précédée de 2 jours des travaux en commissions.
Les prix qui seront donnés par le gouvernement devront créer de l’émulation et
stimuler à plus d’entrain et d’engagement à l’entrepreneuriat. Ainsi, les prix proposés par le
gouvernement pourraient consister en :
- L’accompagnement et l’assistance en matière de déclaration fiscale de la MPME méritante,
sur 1 ou 2 exercices ;
- L’accès gratuit à tous les modules payants de formation ou d’accompagnement
entrepreneurial ;
- L’octroi d’un passeport diplomatique au promoteur de la MPME méritante ;
- La reconnaissance d’un droit de préemption et de préférence dans l’attribution des
allotissements sur les marchés publics, ainsi que dans les marchés de la sous-traitance dans
le secteur privé ;
- L’implication préférentielle et la participation dans toutes les missions économiques du
gouvernement et du Chef de l’Etat, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays ; etc. ;
- Au niveau des établissements de formation, dans toutes les 26 provinces, il sera aussi
organisé, au profit des jeunes de 15 à 19 ans, à l’occasion de la célébration de la « Journée
Nationale de l’Entrepreneuriat », des concours d’entrepreneuriat, avec des modules
spécifiques tournés vers l’innovation. Une convention spécifique entre le Ministère des
Classes moyennes, Petites et Moyennes Entreprise et Artisanat, le Ministère en charge de
l’Education nationale et celui en charge de la Formation professionnelle, ainsi que celui de
l’Innovation sera signée à cet effet.
Ici, il sera question de renforcer les capacités des MPMEA et leur impact sur les
chaînes de valeur tant nationales, régionales qu’internationales. Pour cela, les secteurs
notamment de l’agriculture, l’agro-industrie, le bois, la pêche et l’élevage, les NTIC,
l’artisanat, seront privilégiés, afin de connecter les MPMEA aux acheteurs majeurs et
s’assurer que les MPMEA ont des parts de marché dont ils tireront légitimement profit.
48
Aussi, sera-t-il question de garantir, à travers le présent programme, ce qui suit :
- La stricte application de la Loi du 8 février 2017 fixant les règles applicables à la sous-
traitance dans le secteur privé, ainsi que les Décrets n°18/018 et 18/019 du 24 mai
2018 portant respectivement mesures d’exécution de ladite Loi et création,
organisation et fonctionnement de l’ARSP ;
- L’autorisation, uniquement pour les MPMEA certifiés, des clauses de révision des
prix à l’occasion d’un marché public ;
49
artisans congolais regroupés dans des chambres de métiers. Il en sera de même, à
terme, des filières de maïs, du jus de fruits, etc. ;
- Le remboursement, par l’Etat, des frais exposés par les MPMEA qui auront réussi à
se faire certifier ISO 9000 ou qui auront réussi tout autre type de certification et la
reconnaissance, à leur profit, d’un droit de préemption ou de préférence dans
l’attribution des marchés tant publics (allotissements) que de sous-traitance.
Afin de soutenir les corporations dans leurs efforts de fédération des MPMEA, les
mesures ci-après seront prises :
- Octroi de cartes numérisées aux promoteurs des MPMEA, ainsi que, outre le passeport
diplomatique qui sera reconnu au promoteur de la MPME la plus méritante, l’octroi
aussi d’un passeport de service aux promoteurs des 30 autres MPMEA qui seront
classés en ordre utile, à l’issue du concours annuel de « Challenge Entreprises », afin
de faciliter leurs voyages d’affaires.
50
Axe XII. Promotion de la culture de la mutualisation entre les MPEA ou de
l’entrepreneuriat coopératif (collectif)
Face à la multitude des problèmes que rencontrent les entrepreneurs congolais, notamment le
coût élevé des infrastructures de travail, d’acquisition des équipements et intrants
professionnels, de gestion administrative et fiscale des ressources humaines, de la formation
du personnel, de la conquête des marchés, sans compter le coût quasi prohibitif d’autres
services comme l’internet, la fourniture de l’eau et de l’énergie électrique, la plupart des
candidats entrepreneurs choisissent purement et simplement le raccourci, à savoir :
l’informalité ou la résignation (l’inaction).
19
M. BERON,
20
Par entreprise collective ou entreprise d’économie sociale, il faut entendre toute entreprise privée qui, tout
en ayant des activités marchandes et en aspirant à la viabilité financière, prend plutôt la forme de coopérative,
de mutuelle ou d’organisme à but non lucratif. Sa finalité n’est pas de générer des profits ou d’enrichir des
investisseurs, mais plutôt de servir ses membres ou la collectivité. Lire à ce sujet
https://chantier.qc.ca/sismic/lentrepreneuriat-collectif-cest-quoi/
21
De même, l’entreprise collaborative vise à partager l’accès aux moyens de production et/ou aux biens de
consommation et dont la valeur ajoutée réside dans sa capacité à fédérer une communauté pour veiller à la
production et au suivi des biens et services. Voir https://www.wikipreneurs.be/fr/fiches/entreprendre-
entrepreneur/mettre-en-place-un-projet-dentrepreneuriat-cooperatif-ou-collaboratif
51
De même, en ce qui concerne la promotion de la culture de la création des sociétés
coopératives, les actions ci-après seront menées par le Gouvernement :
- Inscription des formations spécialisées sur les modules spécifiques et appropriés sur
les sociétés coopératives ;
- Souscription d’un engagement formel, par les organisations patronales et
professionnelles, à promouvoir la culture des sociétés coopératives dans le chef de
leurs affiliés ;
- Inscription d’une clause de préférence en faveur des sociétés coopératives en matière
d’accès aux infrastructures pilotes de formation et aux financements garantis par le
FOGEC ;
- Inscription d’une clause de préférence en faveur des sociétés coopératives dans le
cadre de la reconnaissance du mérite entrepreneurial dénommé « Challenge
Entreprises » ;
- Développement de l’entrepreneuriat social, notamment par la promotion des
entreprises collectives ou entreprises d’économie sociale dans tous les secteurs de la
vie nationale et, particulièrement, dans les zones rurales.
52
Axe XIII. Mesures spécifiques : Appui particulier aux MPMEA des femmes et des
jeunes, à l’innovation et l’entrepreneuriat de la diaspora congolaise
- La création d’un incubateur pilote pour les jeunes, à Kinshasa d’abord, puis
progressivement dans chaque chef-lieu de province, dans le domaine des logiciels
et d’autres constructions informatiques innovantes ;
- L’exonération fiscale totale, sur 3 ans, de tout investissement des jeunes dans les
NTIC. Cependant, cette exonération totale ne sera validée que par l’obtention d’un
« Certificat sur le civisme fiscal » qui sera délivré par le Ministère des CMPMEA,
en collaboration avec les régies financières, à l’issue d’une formation sur les
obligations fiscales d’un opérateur économique. Le Ministère publiera
régulièrement la liste des entités de formation accréditées à cet effet.
53
- La réduction des coûts et la simplification des procédures de dépôt de marques et
brevets, à travers le Ministère de l’Industrie : les coûts de dépôts de marque et de
demandes de brevet étant aussi prohibitifs, il est nécessaire, non seulement
d’alléger ces coûts, mais aussi de simplifier toute la procédure d’obtention de la
propriété intellectuelle ou industrielle pour les entrepreneurs ;
Afin d’atteindre les objectifs déclinés dans le présent programme qui vise la
transformation sociale et économique de la RD. Congo, à travers l’entrepreneuriat, un levier
central, la fiscalité, en sera le levier central, à l’instar de ce qui se passe sous d’autres cieux.
En effet, dans le monde entier, c’est à travers la fiscalité que l’entrepreneuriat est régulé ; il
ne peut en être autrement en RD. Congo.
Tout naturellement, ce levier (la fiscalité) sera actionné tantôt dans le sens de la
baisse des prélèvements (au titre de mesures d’incitation en faveur de l’entrepreneuriat en
54
général (MPMEA), tantôt dans le sens de la hausse des prélèvements (au titre de mesures
pour la redistribution des richesses de catégories spécifiques d’opérateurs de notre
échiquier économique et des investissements, mais toujours en faveur de l’entrepreneuriat
en général).
Cependant, quel que soit le sens où sera actionné ce levier (baisse ou hausse), en
définitive, ce sera notre économie et le social de nos concitoyens qui en engrangeront le
dividende, avec notamment l’accélération de notre croissance économique et la création de
plusieurs centaines de milliers d’emplois directs et indirects formels.
A titre illustratif, si nous accordons une baisse de la fiscalité pour les MPMEA, au
titre de mesure d’incitation aux MPMEA, pour leur formalisation, cet « investissement » sera
compensé, puis nettement et largement « remboursé » par l’élargissement de l’assiette fiscale
des MPMEA contribuables qui s’en suivra.
- Instauration et application des taux de la TVA par pallier, suivant la nature des
produits, comme suit :
- Unification et restructuration du dossier fiscal des MPMEA, afin que ces derniers
ne se retrouvent qu’en face d’un seul interlocuteur ;
55
- Admission en déduction de la totalité de la TVA supportée sur les produits
pétroliers par les MPMEA, au regard du faible taux d’accès à l’électricité (plus ou
moins 8 %) ;
56
En ce qui concerne le Commerce :
22
Par opposition au « leadership transactionnel » qui, lui, est basé sur le principe de l’échange entre le dirigeant
et le collaborateur qui s’accordent sur un objectif : si le collaborateur l’atteint, il est récompensé sous une
forme financière ou immatérielle (Contrat de performance), le « leadership transformationnel » mise sur les
valeurs de respect, de confiance, de loyauté, d’exemplarité et de redevabilité sans faille. Ainsi, chacun de ses
animateurs devrait parvenir à en faire la base de se relations avec ses collaborateurs, individuellement et
collectivement, afin d’atteindre des performances record, en permettant ainsi de faire passer des paliers aux
collaborateurs, c’est-à-dire de les transformer.
Ce modèle de leadership est inspiré des Saintes Ecritures qui recommandent aux chrétiens de veiller et prier,
car personne ne connait ni l’heure, ni le jour du retour du CHRIST. Ainsi, les collaborateurs devraient veiller à
produire un travail de qualité à tout moment, car une inspection hiérarchique peut survenir aussi à tout
moment, suivie immédiatement des sanctions positives ou négatives.
57
Axe XV. Choix des indicateurs stratégiques de la dynamique de l’entrepreneuriat et
communication
Les indicateurs résulteront de la mise en place effective des axes d’action et des
objectifs chiffrés (16 et 17 du présent programme). Ils serviront de tableau de bord avec un
monitoring trimestriel, semestriel, annuel, quinquennal et décennal.
58
- Montant total de la taxe « alcool-tabac » par an ;
- Montant total de la « CEPIE » collectée par an ;
- Mise en place de la « Mutuelle de santé pour les MPMEA ». Echéance : Troisième
trimestre 2020 ;
- Nombre de MPMEA ayant intégré le processus de certification et de normalisation par
an ;
- Mise en place de l’annuaire des « autoentrepreneurs, des PME et des artisans » en
forme papier et numérique. Echéance : premier trimestre 2021 ;
- Montant global du crédit d’impôts accordé aux MPMEA par an (en collaboration avec
le Ministère des Finances).
Communication
Axe crucial de toute action publique de nos jours, la communication doit absolument
être maitrisée, en particulier pour un ministère comme celui des CMPMEA dont les actions ne
sont pas toujours palpables de suite par les populations.
59
5. NOTE SPECIFIQUE SUR LES CLASSES MOYENNES
En effet, d’après cette étude, « les classes moyennes, constituées des personnes
gagnant entre 2 USD et 20 USD par jour, représenteraient près d’un tiers de la population
africaine totale. Les perspectives en matière de développement commercial semblent donc
considérables pour les investisseurs. Ainsi, la population africaine ne serait plus seulement
constituée d’une petite minorité d’aisés et d’une immense majorité d’individus pauvres,
enfermés dans une logique de survie au jour le jour, mais aussi d’une classe intermédiaire
naissante ».
Né en Europe, le concept « classe moyenne » désigne cette population que Karl Marx
qualifie de « petite bourgeoisie » qui, à la fin du XIXème siècle, possède un peu de capital
(petits propriétaires terriens, commerçants, artisans, etc.), la libérant d’une vie au jour le jour,
sans pour autant se permettre ce qu’il qualifie d’ « oisiveté bourgeoise », c’est-à-dire l’arrêt
du travail.
23
AFDB, The Middle of Pyramid, Dynamics of the Middle class in Africa, 2011. Cette étude avait été menée
dans 5 pays africains, à savoir : le Maroc, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Nigéria et le Kenya, pays choisis en
raison de leur complémentarité géographique, économique, sociale et culturelle.
24
Coimbatore Krishnarao, The Fortune of the Botton of the Pyramid, 2004.
60
Après s’être démodée dans les années 1980-2000, la notion de « classe moyenne »
est revenue au centre des réflexions sur le développement de l’Afrique, suite à l’étude de 2011
précitée de la BAD, qui a consacré une approche par individu et non par ménage.
Ainsi, en fonction des bornes définies selon les revenus par personne et par jour, la
Banque Mondiale a retenu 12 à 15 USD par personne et par jour comme critère
international d’appartenance à la classe moyenne, ce qui parait trop élevé notamment pour
l’Afrique subsaharienne 25 ; tandis que la BAD a retenu un critère spécifique pour
l’Afrique, soit de 2 à 20 USD par jour et par personne.
Ainsi, en partant des critères de définition proposés par la BAD, la classe moyenne
est constituée de trois catégories ci-après : la « classe moyenne supérieure » (entre 10 et 20
USD personne/jour), la « classe moyenne inférieure » (entre 4 et 10 USD personne/jour) et la
« classe moyenne flottante » (entre 2 et 4 USD personne/jour). Ce faisant, il n’existe donc
pas une « classe moyenne » en Afrique, mais des « classes moyennes », avec des écarts
sensibles. Cependant, au-dessus de la pyramide se situent les « classes riches » (au moins 20
USD personne/jour) et, en-dessous de l’échelle, se situe la « population sous le seuil de
pauvreté » (2 USD personne/jour), comme cela est représenté dans la pyramide ci-dessous.
25
Clélie Nallet, Identifier les classes moyennes africaines : Diversité, spécificités et pratiques de consommation
sous contrainte, IFRI, avril 2015.
61
La pyramide ci-dessous reflète mieux cette situation.
> 20 $ /jour
Classes
riches
Et, dans sa cartographie sur le continent, la BAD affirme que la part de la classe
moyenne en RD. Congo est inférieure à 25 % du total de la population, comme cela est
démontré sur la cartographie continentale de la classe moyenne ci-dessous :
62
Cartographie de la classe moyenne sur le continent africain26 :
26
Source : BearingPoint, à partir des données de la BAD, 2015.
63
Cependant, la définition de la classe moyenne basée sur des critères de revenus est
limitée et dépendante des bornes déterminées qui ne font pas consensus, car des
connaissances nouvelles ont été apportées par l’IFRI et l’Unité Mixte de Recherche de CNRS
et des Sciences Po Bordeaux, le laboratoire Les Afriques dans le monde « LAM », au point
que les classes moyennes sont définies aussi en fonction des bornes comportementales
telles : la conscience que les classes moyennes ont d’elles-mêmes, le recul de l’âge de
mariage, l’hébergement de plus en plus prolongé des jeunes par leurs parents, la mutualisation
des revenus, l’achat des produits en gros, la plus grande distance parcourue pour acheter des
produits au plus bas prix, l’implication dans la vie communautaire, sociale et surtout
religieuse, mais peu politiquement, etc.
Bref, il est tenu compte des critères à la fois de revenus, de niveau de vie, de niveau
d’éducation des adultes et de l’éducation des enfants, de données sociales et matrimoniales,
d’habitudes de consommation, au point que les classes moyennes sont caractérisées par leur
aspiration à gravir les échelons de la société, elles perçoivent leur situation économique et
sociale comme transitoire, avec une projection vers un meilleur niveau de vie, une très forte
crainte du déclassement social, expliquant notamment le cumul fréquent d’emplois, ainsi que
la prudence en matière de consommation (épargne), la très haute estime de la valeur travail
(considérée comme la voie royale de l’ascension sociale), un logement décent, avec un bon
niveau d’équipement du domicile, l’optimisme pour son avenir, avec une concentration sur les
dépenses alimentaires (25 % du budget), de logement (18 % du budget), de l’éducation, etc.
27
Dominique GOUX, Éric MAURIN, Les Nouvelles Classes Moyennes, 2012.
64
pourraient constituer des points d’inflexion ou des conditions nécessaires, mais pas
suffisantes, pour qualifier un membre de la classe moyenne africaine : la détention d’un
compte en banque, la possibilité d’avoir trois repas par jour, la régularité des revenus, la
présence d’un réfrigérateur ou d’un smartphone au minimum dans le ménage.
28
Hélène Quénot-Suarez, Consommer dans un environnement incertain, le paradoxe des classes moyennes, Note
de l’IFRI, 2012.
65
Portrait d’un individu représentatif de la classe moyenne suite à l’état de l’art29
QUOI ?
QUI ? COMMENT ?
(Stratégies de lutte contre le déclassement)
1. Personne sortie de la logique de survie et
autonome 1. Personne sortie de la logique de survie
2. Revenus entre 2$ et 20$/jour (critères de la et autonome
BAD) 2. Revenus entre 2$ et 20$/jour (critères
3. Bon niveau d’éducation de la BAD)
4. Ayant une conscience de classe 3. Bon niveau d’éducation
5. Limitant le nombre d’enfants 4. Ayant une conscience de classe
6. Consommateur de nouvelles technologies 5. Limitant le nombre d’enfants
6. Consommateur de nouvelles
technologies
29
Soure : CFAO, BearingPoint, 2015
66
Portrait consolidé d’un individu représentatif de la classe moyenne30
QUOI ?
1.Apprécie de consommer local 1.Dépense ¼ de ses revenus dans l’alimentaire 1.Plus de 8 sur 10 ont un réfrigérateur et la
2.Considère la marque ou l’importation dans des petites épiceries de proximité moitié un congélateur
comme gage de qualité 2.Achète majoritairement de l’alimentaire dans 2.Projets d’acquisition : équipement (60%),
3.Dépense plus pour ses enfants des petites épiceries de proximité automobile (40%)
4.Apprécie et utilise les technologies, le 3.Effectue une sortie mensuelle au
mobile Banking… supermarché
4.Les courses non alimentaires sont un loisir
privilégié
30
Source: CFAO, BearingPoint, Ipsos, 2015
67
Si, dans un pays comme la RD. Congo, l’émergence des classes moyennes peut être
regardée comme une question stratégique du point de vue du développement socio-
économique du pays, elle l’est davantage du point de vue de son développement
commercial, particulièrement dans un contexte de promotion des marchés inclusifs non
seulement pour nos propres PMEA, mais aussi dans la perspective de l’opérationnalisation
de la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine (ZLECAf). L’émergence des classes
moyennes représente donc de réelles opportunités en matière de développement économique
et social du pays.
Les « descendants » sont des individus qui bénéficient du statut social atteint par
leurs parents et sont déterminés à prolonger cette ascendance sociale ; ils bénéficient
généralement d’une bonne éducation qui leur permet de maintenir leur niveau dans la société.
Par contre, les « self made men » sont issus de la classe pauvre et se sont construits une
situation, à force de travail, qui leur a permis de gagner en niveau de vie ; à leur tour, ils
transmettront leur niveau social à leurs enfants qui, eux, deviendront une nouvelle génération
des « descendants ».
68
au niveau national comme provincial, à l’appui à l’émergence des classes moyennes
congolaises, afin de coordonner toutes les actions concertées se rapportant notamment :
69
6. FINANCEMENT DU PROGRAMME (SUR 10 ANS)
Pour revenir au coût de la mise en œuvre du présent programme, les experts l’évaluent
à environ 5 milliards UDS sur 10 ans, avec une montée en puissance graduelle, en raison de :
- 150 millions USD dès l’année 2020, dont 94 millions USD retenus dans la Loi des
finances pour l’exercice 2020 ; le tiers des 100 millions USD financés dans le cadre du
70
Projet d’Appui au Développement des Micros, Petites et Moyennes Entreprises
(PADMPME) par la Banque Mondiale ; le tiers des 57 millions USD financés dans le
cadre du Projet d’Entrepreneuriat des Jeunes dans l’Agriculture et l’agro-business (PEJAB)
par la Banque Africaine de Développement; 4,9 millions USD financés dans le cadre du
Projet d’Appui à la Création d’Emploi dans le Secteur Privé ; et un GAP de 1,5 million
USD à rechercher ou à identifier notamment auprès d’autres institutions nationales comme
le FPI et l’ARSP, ainsi que d’autres partenaires bi et multilatéraux ;
- 400 millions USD en 2021, à mobiliser notamment à travers le budget national (Loi des
finances 2021), le tiers des 100 millions USD financés par la Banque Mondiale dans le
cadre du PADMPME, la finalisation du Projet d’Appui à l’Entrepreneuriat Social, ainsi
que le Projet d’Appui à l’Entrepreneuriat Numérique ;
- 4,45 milliards USD restant seront répartis sur les 8 années d’après, à compter de l’année
2022, jusqu’à l’année 2030, en fonction des priorités qui seront dégagées lors des
évaluations de la mise en œuvre du programme pendant les deux premières années (2020-
2021).
71
TABLE DES MATIERES
72
En ce qui concerne le Commerce : ............................................................................ 57
En ce qui concerne le civisme fiscal :........................................................................ 57
Axe XV. Choix des indicateurs stratégiques de la dynamique de l’entrepreneuriat
et communication ............................................................................................... 58
Indicateurs de la dynamique de l’entrepreneuriat ...................................................... 58
Communication ......................................................................................................... 59
5. NOTE SPECIFIQUE SUR LES CLASSES MOYENNES ................................................. 60
6. FINANCEMENT DU PROGRAMME (SUR 10 ANS) ...................................................... 70
TABLE DES MATIERES ....................................................................................................... 72
73
L’Entrepreneuriat
Pour :
« PRONADEC »
74
Programme National de
Version téléchargeable
Développement de l’Entrepreneuriat
www.pronadec.cd
au Congo