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FACULTE DE MEDECINE ET
D’ODONTO-STOMATOLOGIE
THESE
CONNAISSANCES, ATTITUDES ET
PRATIQUES EN MATIERE DE MUTILATIONS
GENITALES FEMININES (MGF) PAR LES
USAGERS ET LES PRESTATAIRES DE SANTE
AU CENTRE DE SANTE DE REFERENCE DE
LA COMMUNE I
Présentée et soutenue publiquement le 14 / 01 /2022 devant la
Faculté de Médecine et d’Odonto-Stomatologie.
(Diplôme d’Etat).
Jury
Président : Pr Bakary Tientigui Dembélé
Membre : Dr Bocoum Amadou
Dr Sangho Oumar
Co-Directeur : Dr Traoré Alassane
Directeur : Pr Traoré Youssouf
Connaissances, attitudes et pratiques en matière de mutilations génitales féminines par les usagers
et les prestataires de santé du centre de santé de référence de la commune I
DEDICACES
Je dédie ce travail :
A Allah, le miséricordieux et le tout puissant
Toi qui nous assiste de la naissance au jour dernier ; Toi qui par ta grâce ce
travail a pu être réalisé. Merci de m’avoir donné la force et le courage d’arriver
jusqu’ici et pour tout ce qui est à venir, car nous ne sommes que les exécutants
de ta volonté.
A toutes les mères singulièrement celles qui ont perdues la vie en donnant la vie.
A toutes les femmes qui ont perdues leur produit de conception en voulant
donner la vie.
A toutes les femmes victimes, des difficultés de la grossesse et de
l’accouchement.
Aux orphelins dont les mères ont succombé en leur donnant naissance.
A mon beau pays le Mali : dont la génération m’a parmi d’avoir une scolarité
aussi poussée que j’ai souhaité. Que Dieu me donne la force, le courage et
surtout le temps nécessaire pour pouvoir le servir avec la loyauté et dévouement
exemplaire.
A la mémoire de ma mère Awa BERTHE
Je m’incline devant la volonté divine qui t’a arraché à l’affection de ceux qui
t’ont connu. Tu as guidé mes pas sur les sentiers de la réussite, me forgeant à ces
principes qui fondent l’essence de notre société : le courage, la rigueur, la
dignité, l’humilité et la détermination dans le travail.
Nous prions Dieu pour qu’il t’accueille dans son paradis.
A mon père Dassé dit Abdoulaye DIARRA : Homme très observant,
responsable et très éducateur. Tu nous as enseigné le courage, le respect envers
les autres et l’amour du travail. Les mots me manquent pour te dire combien tu
représentes pour moi. Que Dieu le tout puissant te garde longtemps près de
nous.
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Thèse de Médecine Ibrahima DIARRA
Connaissances, attitudes et pratiques en matière de mutilations génitales féminines par les usagers
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REMERCIEMENTS
A la mémoire de ma tante Kafounè COULIBALY
J’aurai voulu que tu sois parmi nous en ce jour solennel. Le tout puissant en a
décidé autrement en t’arrachant à l’affection de tous ceux qui t’ont connu. Dors
en paix chère tante
A mes frères et mes soeurs
Samba DIARRA, Diakaridia DIARRA, Mohamed DIARRA, Soumaila
DIARRA, Daouda DIARRA, Fatoumata DIARRA, Rokia DIARRA,
Mariam DIARRA, Koyi DIARRA, Djenèbou DIARRA : c’est en assemblant
les briques que l’on monte un mur. Restons donc unis et solidaires pour un
amour et un bonheur éternel. Sachez que jamais je ne faillirai à mon devoir de
répondre à vos appels sans condition et sans délai. Ce travail est le résultat de
vos prières, je vous dis sincèrement merci.
A ma fille Awa DIARRA, ma raison d’être, je te souhaite d’être parmi les
meilleurs de ce monde. En témoignage de mon amour pour toi qu’Allah
t’assiste, te donne longue vie et beaucoup de bonheur.
A ma chère femme Salimata dite koutan SANOGO
Je ne saurai assez te remercier pour ton amour incommensurable, tes
encouragements, ta compréhension, et surtout pour ta patience durant ces
moments difficiles que nous avions connus. Ton soutien et ton affection ont été
cruciaux à la réussite de ce travail. Mon amour profond et ma profonde
reconnaissance. Puisse ALLAH le tout puissant te rendre à tes souhaits tout ce
dévouement dont tu fais preuve pour notre bien-être. Qu’il solidifie notre union,
nous gratifie d’enfants bénis et nous d’une entente la plus parfaite tout au long
de notre vie. Amen
A ma belle-famille, les mots me manquent pour apprécier vos gestes. Merci
pour votre soutien sans faille et de la confiance que vous portez à mon égard. Ce
travail est le vôtre.
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Connaissances, attitudes et pratiques en matière de mutilations génitales féminines par les usagers
et les prestataires de santé du centre de santé de référence de la commune I
Cher maitre,
Vous nous faites un grand privilège en acceptant de présider ce jury malgré vos
multiples occupations. Votre simplicité, votre abord facile, votre amour pour le
travail bien fait, et étendue de vos connaissances scientifiques font de vous un
maitre admiré de tous.
Recevez ici cher maitre l’expression de notre profonde gratitude.
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Connaissances, attitudes et pratiques en matière de mutilations génitales féminines par les usagers
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Connaissances, attitudes et pratiques en matière de mutilations génitales féminines par les usagers
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Cher maître,
Nous sommes très honorés de vous compter dans ce jury de thèse et de pouvoir
bénéficier de votre apport pour l’amélioration de la qualité de ce travail, votre
simplicité et votre modestie font de vous une personnalité remarquable.
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et les prestataires de santé du centre de santé de référence de la commune I
Cher maitre,
Vous nous faites un grand honneur en acceptant de codiriger ce travail malgré
vos multiples occupations. Votre abord facile, votre franc parlé, votre rigueur
scientifique et votre grande expérience dans la pratique gynécologie-obstétrique
font de vous un encadreur remarquable.
Vos richesses intellectuelles et humaines, votre modestie nous ont marqué tout
au long de notre passage dans votre service.
Veuillez accepter cher maitre nos sincères remerciements.
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Connaissances, attitudes et pratiques en matière de mutilations génitales féminines par les usagers
et les prestataires de santé du centre de santé de référence de la commune I
Cher maitre,
Tout le plaisir est pour nous de vous avoir comme directeur de thèse.
Malgré vos multiples responsabilités, vous avez accepté sans réserve de diriger
ce travail. Vos qualités humaines et intellectuelles, votre amour pour la
gynécologie-obstétrique au Mali, vos compétences et la qualité de votre
enseignement font de vous un maitre de référence.
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Abréviations
AMSOPT : Association Malienne pour le Suivi et l'Orientation des Pratiques
Traditionnelles
ASDAP : Association de Soutien au Développement des Activités de Population
CI-AF : Comité Interafricain sur les pratiques traditionnelles Ayant effet sur la
C.S.Ref : Centre de Santé de Référence
C.S.COm : Centre de santé communautaire
E.D.S : Enquête Démographique et de Santé
FVV : Fistule vésico-vaginale
FMOS : Faculté de Médecine et d’Odonto-Stomatomatologie
I.S.T : Infection sexuellement transmissible
I N E D: Institut National d’Etude Démographique
I.E.C : Information Education Communication santé des Femmes et des enfants
M.S.T : Maladie sexuellement transmissible
MGF : Mutilations génitales féminines
ONG : Organisation Non Gouvernementale
O.M.S : Organisation Mondiale de la Sante
OGE : Organes Génitaux Externes
P.N.L.E : Programme National de Lutte contre l’Excision
SIDA : Syndrome immunodéficience acquis
UNICEF : Fonds des Nations Unies pour l'Enfance
VIH : virus immunodéficience humaine
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I. INTRODUCTION : .................................................................................... 12
II -OBJECTIFS ................................................................................................. 14
III GENERALITES : ........................................................................................ 15
1.1 DEFINITION : ...................................................................................................................... 15
1.2 HISTORIQUE : ..................................................................................................................... 15
1.3 Epidemiolodie : ..................................................................................................................... 17
1.3.1 Incidence : ..................................................................................................................... 17
1.4 Les différents types d’excision .............................................................................................. 22
1.5 Les complications .................................................................................................................. 22
1.5.1 Les complications immédiates ...................................................................................... 23
1.5.2 Les complications à long terme ..................................................................................... 24
1.5.3 Traitements des complications: ..................................................................................... 25
V- RESULTATS ............................................................................................... 29
1.15 Fréquence : ............................................................................................................................ 29
1.16 Connaissances et attitudes des usagers et prestataires ........................................................... 29
1.17 -Connaissances et pratiques des usagers par rapport à la MGF............................................. 30
1.18 -Caractéristiques sociodémographiques des prestataires ....................................................... 37
1.19 -Connaissance des prestataires par rapport à la MGF ........................................................... 38
1.20 -Attitude des prestataires face aux MGF ............................................................................... 41
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I. INTRODUCTION :
Les mutilations génitales féminines recouvrent toutes les interventions incluant
l’ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou toute
autre lésion des organes génitaux féminins qui sont pratiquées pour des raisons
non médicales [1].
Les mutilations génitales féminines n’ont aucun avantage connu pour la santé.
Au contraire, on sait qu’elles sont préjudiciables à bien des égards aux filles et
aux femmes. En premier lieu et avant tout, elles sont douloureuses et
traumatisantes. L’ablation de tissus génitaux normaux et sains entrave le
fonctionnement naturel de l’organisme et à diverses conséquences immédiates
ou plus durables sur la santé [2].
En 1931, elle est dénoncée pour la première fois par Séquira qui démontre sa
nocivité médicale [3]. A la suite de celui-ci, l’excision est Désignée comme une
pratique mutilante par l’ensemble du corps médical européen [3]. Shandall
(1967) Verzy (1975) et Hoskin (1978) présentent l’excision comme une lésion
des organes sexuels et reproducteurs de la femme susceptible d’entraîner une
morbidité ou une mortalité immédiate ou d’interférer plus tard dans les fonctions
sexuelles et reproductives de la femme [3].
Selon l’UNICEF, plus de 200 millions de femmes et de filles dans le monde ont
été victimes de mutilations génitales, et 8.000 filles risquent d'être excisées
chaque jour [4].
Les mutilations génitales féminines (MGF) sont pratiquées dans au moins 28
pays africains, ainsi que chez certains pays de l'Asie du Sud-est (Indonésie,
Malaisie) et chez certains immigrants originaires de ces pays et régions vivant
en Europe, en Amérique du Nord et en Australie [5,6].
Certains pays interdisent formellement l’excision au nom du respect des Droits
de l'homme, du respect de la personne humaine et de la protection de l’enfance
[7,8].
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Les MGF est une pratique culturelle de la société malienne. Sa prévalence reste
élevée. Elle est respectivement de 85% et 89%, selon Enquête Démographique
et de Santé (EDSM-V) et (EDSM-VI), dont 54 % des mutilations sont
pratiquées avant la première année de l’enfant [9,10].
Les MGF sont pratiqués pour diverses raisons socioculturelles, qui varient d’une
région à une autre et d’un groupe ethnique à un autre, la principale étant que cela
fait partie de l’histoire et de la tradition culturelle de la communauté [2].
Le gouvernement malien, tout en admettant la nécessité d’adopter une loi
interdisant et réprimant les mutilations génitales féminines, a privilégié la
sensibilisation et l’éducation des populations à l’adoption de mesures
répressives dont l’application sur le terrain ne sera garantie sans l’adhésion de
l’ensemble des composantes de la société [11].
Malgré les efforts déployés par les ONG, les associations et les pouvoirs
publics les mutilations génitales restent très ancrées et très répandues dans le
pays. Pour une compréhension du problème nous avons initié cette étude pour
évaluer les connaissances, attitudes et pratiques en matière de mutilations
génitales féminines par les usagers et par les prestataires de santé au centre de
santé de référence de la commune I du district de Bamako.
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II -OBJECTIFS
OBJECTIF GENERAL :
Evaluer les connaissances, attitudes et pratiques en matière de mutilations
génitales féminines par les usagers et par les prestataires de santé au centre de
santé de référence de la commune I du district de Bamako.
OBJECTIFS SPECIFIQUES :
1-Determiner les connaissances des usagers par rapport à la mutilation génitale
féminine.
2-Determiner les connaissances des prestataires par rapport à la mutilation
génitale féminine.
3-Identifier les attitudes et pratiques des prestataires face aux mutilations
génitales féminines.
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III GENERALITES :
1.1 DEFINITION :
Les mutilations génitales, appelées aussi mutilations sexuelles féminines,
désignent « toutes les interventions aboutissant à une ablation partielle ou totale
des organes génitaux externes de la femme et/ou toute autre lésion des organes
génitaux féminins pratiquée à des fins non thérapeutiques » [12]
1.2 HISTORIQUE :
Il est généralement admis que l’excision remonte à la nuit des temps. Les traces
les plus anciennes en parlaient cinq siècles avant notre ère.
Erlich signale [13] que René Nelly, dans « érotique et civilisation » estime que
chez les Egyptiens, l’excision remonte à 5000-6000 ans avant J.C. et qu’elle a
été d’usage courant dans toute l’humanité protohistorique. L’un de ses
arguments réside dans le fait que l’excision se pratique dans la zone qui
correspond au foyer de la première néolithisation occidentale, à savoir l’Egypte,
l’Ethiopie, la Syrie et la Perse. Cette thèse est confirmée par la découverte de
momies excisées.
Dans le monde arabe, l’excision existait avant l’avènement de l’islam, ainsi que
le confirment des textes de Aetius d’Aida [13] ; l’argument évoqué fait allusion
à la taille excessive du clitoris qui aurait notamment pour conséquence d’être à
l’origine d’un plus grand désir sexuel chez les femmes.
Fabrice d’Acquapendente (1949) estime qu’il y a trois motifs à l’excision chez
les Egyptiens :
- le premier, afin de supprimer un organe hypertrophié qui gêne la pénétration
- le second, parce qu’ils tiennent pour une chose abominable que la femme
fasse l’office du mâle.
- Le troisième pour rendre les femmes plus modestes et briser leur insatiabilité.
Il apparaît que plusieurs théories ont cherché à expliquer le pourquoi de
l’excision :
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1.3 Epidemiolodie :
1.3.1 Incidence :
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, 100 à 140 millions de filles et de
femmes dans le monde vivent en subissant les conséquences d’une MGF ;
environ 3,3 millions de filles risquent chaque année d’être mutilées
sexuellement ; dans les 28 pays où existent des données nationales de prévalence
(27 en Afrique et au Yémen), plus de 101 millions de filles de plus de 10 ans
souffrent actuellement des séquelles de MGF [15].
Dans les 28 pays africains, le taux de prévalence varie entre 5 et 98%. Les pays
où le taux est le plus élevé sont : la Somalie, Djibouti, l’Egypte, le Soudan,
l’Erythrée, la Sierra Leone, Burkina-Faso, le Mali …. Dans ces pays, le taux
dépasse les 70% [16].
1.3.1.1 Facteurs :
Les facteurs de risque les plus couramment associés au fait de subir une MGF ou
de forcer une jeune fille à subir cette pratique sont d’ordre culturel, religieux et
social et comprennent :
La pression sociale, qui incite à se conformer aux attentes des pairs ; la
perception de la MGF comme un devoir nécessaire pour éduquer
convenablement une jeune fille et la préparer à l’âge adulte et au mariage ;
la supposition que la MGF diminue le désir sexuel des femmes, et donc
préserve la virginité prénuptiale et empêche la promiscuité ; l’association de la
MGF à l’idée de propreté (hygiénique, esthétique et morale), notamment la
croyance que s’il restait intact, le clitoris pourrait devenir trop grand ; la
conviction des femmes, dans certains cas rares, que la MGF améliore le plaisir
sexuel masculin et la virilité et, encore plus rarement, que la MGF faciliterait
l’accouchement en améliorant la capacité des femmes à tolérer la douleur de
l’accouchement parce qu’elles auraient déjà vécu et appris à surmonter la
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douleur de la MGF; la conviction que les MGF sont encouragées ou exigées par
la religion, ou qu’elles facilitent le respect des attentes religieuses en matière de
servitude sexuelle ; l’idée que les MGF sont une tradition culturelle importante
qui ne doit pas être remise en cause ni abandonnée, et surtout pas par des
personnes extérieures à la communauté. [15]
1.3.1.1.1.1 La vulve
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La partie externe des organes génitaux féminins, la vulve (voir schéma) est
marquée à sa partie moyenne par une dépression médiane, le vestibule, au fond
duquel s’ouvrent l’urètre et le vagin. Le vestibule est limité de chaque côté tout
d’abord par les petites lèvres qui se rejoignent en avant au niveau du clitoris puis
plus en dehors par les grandes lèvres qui se perdent en avant du même clitoris
sur une saillie médiane : mont de vénus. A la vulve sont annexées deux glandes
de Bartholin.
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1.3.1.1.1.4 Le Clitoris
Organe érectile, il est formé par la juxtaposition des corps caverneux et par les
enveloppes :
- Les corps caverneux : Analogues à ceux de la verge chez l’homme, ils
s’unissent pour former le corps du clitoris. Le clitoris se termine par une
extrémité arrondie : le gland du clitoris.
- Les enveloppes : Il s’agit :
La peau : elle forme le capuchon du clitoris. Elle est bridée en dessous par le
frein, sur la ligne médiane duquel se trouve une banquette sagittale ou bride qui
va de la face inférieure du clitoris au méat urétral. Ce revêtement cutané contient
des corpuscules sensitifs très particuliers et très nombreux.
Une couche celluleuse : Fascia clitoridien :
Il est semblable au fascia du pénis, les glandes de Bartholin sont situées de
chaque côté de la moitié postérieure du vestibule. Le clitoris est solidement fixé
en arrière par ses piliers sur les branches ischio pubiennes, et en avant au niveau
de son coude, par un suspenseur. Celui-ci se détache de la symphyse pubienne et
de la ligne blanche, descend vers le clitoris, se dédouble à son contact pour le
contourner latéralement et se reconstituer au-dessous de lui.
Rapports :
Les piliers du clitoris en dedans avec les muscles ischio-caverneux. Le gland est
recouvert par un repli cutané, dépendant des petites lèvres : c’est le prépuce du
clitoris. Sur la face postérieure du corps se fixent deux petits replis labiaux qui
forment le frein clitoridien. Le gland est libre.
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1.3.1.1.1.6 Innervation
Le mont du pubis et le tiers antérieur des grandes lèvres sont innervés par les
branches génitales des nerfs ilo-hypogastrique, ilio- inguinal et génito- fémoral.
Les 2/3 postérieurs des grandes lèvres sont innervés par des branches du nerf
honteux interne. Parfois le territoire périnéal de la branche génitale du nerf petit
sciatique déborde sur la partie moyenne des grandes lèvres. Les petites lèvres
sont innervées par les rameaux superficiels et profonds du nerf périnéal. Ces
filets nerveux se terminent dans le chorion de la muqueuse des petites lèvres. Le
bulbe reçoit des rameaux profonds du nerf périnéal. Sur la face dorsale du
clitoris cheminent les nerfs dorsaux du clitoris, branches du nerf honteux
interne. Les rameaux terminaux de ces nerfs aboutissent à différents
extérocepteurs : les corpuscules de Pacini, de Meissner, de Kraus se, de Finger
ou corpuscules de la volupté etc. Les récepteurs thermiques, corpuscules de
Ruffin (chaleur et douleur) et corpuscules de Kraus se (froid). Les
barorécepteurs, corpuscules de Meissner et de Pacini (tact appuyé), disque de
Merkel (tact léger, caresses). Le nombre et la variété de ces extérocepteurs vont
croissant des petites lèvres au gland clitoridien. Celui – plus richement Innervé
que son homologue masculin, présente des formations en massue décrites sous
le nom de corpuscules de la volupté de Kraus – Finger. Les nefs vaso-moteurs
proviennent du plexus sympathique hypogastrique et accompagnent les artères
jusqu’aux organes érectiles.
Les corps érectiles : Ils reçoivent leurs filets vasomoteurs du sympathique.
1.3.1.1.1.7 Vaisseaux de la vulve
Les artères :
Elles viennent en avant des artères honteuses externes, branches de la fémorale ;
en arrière de la périnéale superficielle, branche de la honteuse interne ; au centre
des artères caverneuses ; Bulbaire et bulbo- Urétrale et dorsale du clitoris venus
de la honteuse interne.
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qui subissent les formes les plus graves sont les plus exposées aux
complications.
1.5.1 Les complications immédiates
L’hémorragie
L’hémorragie est un résultat immédiat fréquent et presque inévitable. Lors de
l’ablation du clitoris, l’artère clitoridienne, dont la pression est élevée, est
sectionnée. Une hémorragie peut également se produire après la première
semaine lorsque la croûte formée sur la plaie au niveau de l’artère se détache
généralement en raison d’une infection. L’ablation des petites et /ou des grandes
lèvres endommage aussi les artères et les veines. Les saignements importants
peuvent entraîner un état de choc, ou un décès soudain en cas d’hémorragie
massive. Des pertes de sang importantes peuvent entraîner une anémie
chronique.
Le choc
Le choc est dû non seulement aux saignements mais aussi à la douleur aiguë et à
la peur. La plupart des mutilations sont pratiquées sans anesthésie.
L’infection
L’infection due aux mauvaises conditions d’hygiène et à l’utilisation
d’instruments non stérilisés ou rudimentaires est une conséquence courante de
l’opération. Elle peut également être consécutive aux remèdes traditionnels
appliqués pour faire cicatriser la plaie. L’infection peut se propager par voie
interne à l’utérus, aux trompes et aux ovaires entraînant des infections
pelviennes et la stérilité. Les infections comprennent le tétanos généralement
mortel, et la septicémie aussi potentiellement mortelle, l’hépatite B et
VIH/SIDA.
La rétention d’urine
Pouvant durer plusieurs heures à plusieurs jours est une complication immédiate
fréquente des mutilations sexuelles. Elle est due à la douleur à l’appréhension
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1er temps : la suture de la muqueuse vaginale par le vicryl 2/0 en surjet simple à
partir du point apical de la déchirure vers l’orifice vaginal.
2ème temps : suture de la musculeuse en surjet ou par des points simples.
3ème temps : suture de la peau par du fil non résorbable en points simples ou
séparés.
*Dans les déchirures complètes ou compliquées (3ème et 4ème degré) : La
réparation a comporté deux(2) temps :
1er temps : la réfection du sphincter anal par des points séparés.
2ème temps : on change de gant et on procède à la réparation comme dans le
cas d’une déchirure incomplète.
-Travail d’accouchement prolongé : lié souvent à une infibulation ou à une
occlusion partielle ou totale du vagin. Une souffrance fœtale voir la mort fœtale
peut survenir.
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IV- METHODOLOGIE :
1.6 Cadre d’étude : Notre étude s’est déroulée du centre de santé référence de
la commune I du district de Bamako.
1.7 Caractéristiques sanitaires de la commune I :
La commune I compte 1 CSRéf, 12 CSCOM, des Cabinets médicaux, des
cliniques privées médicales, deux centres confessionnels (centre de santé
« Chérifla » et Centre de santé Catholique de Nafadji), et centre Humanuty first.
1.8 Type d’étude : Il s’agissait d’une étude transversale, prospective et
descriptive.
1.9 Période d’étude :
Notre étude s’est déroulée du 1er Novembre 2019 au 30 Avril 2020 soit une
période de 06 mois au CSRéf CI.
1.10 Population d’étude : Il s’agit de
Tous les usagers admis à la consultation dans le service de gynécologie
obstétrique et les prestataires de santé du CSRéf de la commune I.
Echantillonnage : l’échantillon a été déterminé à travers la formule suivante :
n= t² × p × (1-p) / m²
n : Taille d'échantillon minimale
t : Niveau de confiance (la valeur type du niveau de confiance de 95 % sera1,96)
p : proportion estimée de la population qui présente la caractéristique
m : Marge d'erreur (généralement fixée à 5 %)
n=3,8416×0,4×0,6÷0,0025=369
Critères d’inclusion :
Ont été incluses dans l’étude toutes les usagers admis dans le service pour
consultation gynécologique ou obstétricale et qui ont accepté de participé à
l’étude.
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V- RESULTATS
1.16 Fréquence :
Durant la période d’étude nous avons interrogé 188 usagers venues à la
consultation gynécologique parmi les quelles 176 usagers (93,6%) avaient subi
une MGF.
Quarante-deux prestataires ont accepté de répondre à notre questionnaire.
L’âge moyen est de 27ans chez les usagers et 28ans chez les prestataires avec
une extrême de 19 et 44.
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Tableau VII : Répartition des usagers selon le statut de leurs filles en termes
d’excision
Fille excisée Effectifs Pourcentage (%)
Oui 101 53,7
Non 87 46,3
Total 188 100,0
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Tableau XII : Raisons des filles non excisées selon les usagers
Réponse Effectifs Pourcentage (%)
Abandon de la pratique 10 37,0
Nourrisson 7 25,9
Mère de la fille s’opposait 5 18,5
Père de la fille s’opposait 4 14,8
Refus de la grand-mère 1 3,7
Total 27 100,0
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Tableau XVII : Répartition des usagers selon les difficultés que pourraient
rencontrées une femme non excisées dans la vie
Difficulté rencontrées Effectifs Pourcentage (%)
Infidélité 27 14,4
Difficultés à 21 11,1
l'accouchement
Exclusion sociale 9 4,8
Dyspareunie 3 1,6
Ne sait pas 128 68,1
Total 188 100,0
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Tableau XXVI : Répartition des prestataires de santé enquêtée selon le type des
complications liées à l’excision rencontré dans le service
Cités Fréquence Pourcentage(%)
Hémorragie 19 55,9
Rétention aigue d'urine 2 5,9
Infection 4 11,8
Kyste vulvaire 4 11,8
Infibulation 5 14,6
Total 34 100,0
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Tableau XXXIX : Sanctions évoquées prévues par la loi au Mali sur la pratique
de l’excision
Sanction évoquées Fréquence Pourcentage
Aucune réponse 34 81,0
Emprisonnement 3 7,1
ne sait pas 4 9,5
Poursuites judiciaire et 1 2,4
condamnations
Total 42 100,0
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Cependant selon le rapport EDSM VI [10] pour environ trois quart des
femmes excisées (76 %), l’excision a eu lieu avant l’âge de 5 ans, y compris
dans la petite enfance.
Parmi les patientes enquêtées 85,6% des femmes avaient des filles excisées.
Ce résultat était supérieur à celui de l’EDSM VI [10] qui a trouvé 73 % des filles
excisées lors de l’interview de leur maman. Cette différence pourrait s’expliquer
par le critère de sélection utilisé par l’EDSMVI qui était la tranche d’âgé de 0-
14ans pour les filles.
L’excision a été pratiquée par une exciseuse traditionnelle dans 95% des cas
contre 5,0% par des professionnels de santé. Nos résultats se rapprochait de
ceux des études hospitalières menées par Kanté [23] qui avait trouvé 3,8%
d’excision par les agents de santé et Sidibé [17] avec 6,2% respectivement en
2001 et en 2004.
Bien que faible, l’implication des agents de santé dans la pratique est encore
d’actualité au Mali.
Les mutilations génitales féminines se font toujours au Mali car la plus part de la
population croit que ce sont les exigences de la société et qu’elle ne peut donc
pas y déroger. Selon les patientes enquêtées les raisons qui justifieraient cette
pratique seraient pour (19,7 %) liées au respect de la tradition, pour réduire le
désir sexuel (19,1%), et dans (13,3%) liées au respect de la religion et pour la
fidélité de la femme, (6,9%) liées à l’hygiène de la femme. Par contre (25,0%)
des patientes enquêtées ignoraient le motif de l’excision.
TRAORE.A [22], avait trouvé 32,4% de motif pour la religion et 8,6% pour la
fidélité de la femme.
1.25 Attitudes des usagers et prestataires :
La décision de la pratique d’excision venait du père dans 52,5%, 18,8% de la
mère et la grande mère dans 16,8%. Ces résultats sont superposables à ceux de
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DIAKITE. F.L [27], qui avait trouvé des résultats similaires qui étaient
respectivement : 40% et 39,3%.
La majorité des femmes n’était pas d’accord avec cette interdiction soit 63,8%.
Ce résultat est comparable à ceux trouvés par ATJI.F [25] et EDSM VI [10] qui
sont respectivement 77,2% des femmes sont en faveur de la poursuite de
l’excision et 76 % des femmes ont déclaré que la pratique de l’excision doit
continuer. Ces résultats montrent la nécessité d’agir pour un changement de
mentalité par rapport à la pratique de l’excision.
65,9% des prestataires de santé avaient proposé le counseling sur les
complications néfastes liée à l’excision contre 12,2% avait refusé la pratique et
seulement 2,4% avaient accepté la pratique.
Malgré la création du décret ministériel le 07- janvier 1999 interdisant la
pratique dans les centres de santé on assiste à l’implication des professionnels de
santé dans la pratique.
83% des prestataires de santé étaient opposés à l’excision contre 14,6%
favorables à la pratique et 2,4% sans avis.
Les prestataires de santé non favorable à l’excision, l’étaient dans 82,4% à
cause des complications néfastes liées à l’excision.
Les prestataires de santé favorable à l’excision, l’étaient dans 50% des cas à
cause de la religion et dans 33,3% des cas la tradition. Ce résultat montre la
nécessité des campagnes d’information et de formation continue à l’endroit des
prestataires de santé.
1.26 Pratiques :
Les prestataires de santé affirmaient avoir pratiqué l’excision étaient 2,4 %. Ce
résultat se rapprochait de ceux de Kanté I. [23], Sidibé [17] et SAGARA S. [26]
qui ont trouvé respectivement 3,8%, 6,2% et 5,7%. Bien que faible la pratique
de l’excision par les agents de santé est une réalité au Mali.
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VII CONCLUSION
Les mutilations génitales féminines demeurent un problème de santé publique.
Une éducation, une sensibilisation de la population aux dangers de cette pratique
et une subvention totale de la prise en charge de ses séquelles pourront
rapporter des résultats souhaitables pour la lutte contre cette pratique.
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VIII-RECOMMANDATIONS :
Au terme de notre étude, nous formulons les recommandations suivantes :
Aux agents de santé :
- Ne pas s’engager à la médicalisation de la pratique des mutilations
génitales féminines.
- Faire l’éducation, l’information et la communication lors des
consultations et après les accouchements afin de faire prendre conscience
à la population des conséquences des MGF.
Aux autorités :
Renforcer les campagnes de sensibilisation auprès de toutes les couches
sociales en vue d’induire un changement de comportement.
- Assurer la formation continue des prestataires sur la prise en charge des
complications des MGF
- Sanctionner les agents de santé qui pratiquent les MGF.
- Doter les hôpitaux et les centres de santé de référence en médicaments
pour la prise en charge gratuite des complications de MGF.
- Récompenser les exciseuses traditionnelles qui ont accepté l’abandon de
cette pratique en source de revenu.
Aux usagers :
Accepter les informations données sur les mutilations génitales féminines.
- Organiser des causeries débats sur les inconvénients des MGF lors des
rassemblements.
Aux pères :
Abandonner la pratique des MGF.
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27. Diakité .F.L .Connaissance, attitudes et pratiques des mères des enfants
excisées dans le département de pédiatrie du CHU Gabriel Touré de Bamako
Mémoire C.E.S Pédiatrie F.M.O.S. 2012.
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ANNEXE
Fiche d’enquête
Thème : Connaissances, attitudes et pratiques en matière de mutilations
génitales féminines (MGF) par les usagers et par les prestataires de santé au
centre de santé de référence de la commune I
Caractéristique des usagers : les femmes qui viennent pour la CPN
Identification :
Nom :………………
Prénom :…………..
Âge :………………..
Adresse …………….
F: Quel est votre statut matrimonial ?
1-Célibataire /………/ 2- Mariée/………/ 3Divorcée/………/
4-Veuve/………/
F : A quel âge vous vous êtes mariée ?
1-Inferieure à 18ans/………/ 2-Supérieure à 18 ans/………/ 3- Ne
sait pas /………/
F : Quel est votre niveau d'instruction ?
1-Niveau primaire/………/ 2-Niveau secondaire/………/
3-Niveau supérieure/………/ 4-Non instruite/………/
5- Ecole coranique/………/
F : Quelle religion pratiquez-vous ?
1-Musulmane/………/ 2-Chrétienne/………/ 3-Animiste/………/
3- Autres/………/
F : Etes-vous excisée ?
1- Oui /………/ 2-Non /………/ 3-Ne sait pas/………/
F- Si oui à quel âge ?
1- Enfance /………/ 2 - Adulte /………/ 3 -Ne sait pas/………/
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FICHE SIGNALITIQUE
Nom : DIARRA
Prénom : Ibrahima
Adresse Email : [email protected]
Numéro de téléphone : 65909926/76569803
Titre de la thèse : connaissances, attitudes et pratiques en matière de mutilations
génitales féminines par les usagers et par les prestataires de santé au centre de
santé de référence de la commune I du district de Bamako.
Ville de soutenance : Bamako
Pays d’origine : Mali
Lieu de dépôt : Bibliothèque de la faculté de médecine de pharmacie et
d’odontostomatologie.
Secteur d’intérêt : santé de la reproduction.
Résumé :
Notre étude transversale, prospective et descriptive visant à analyser les
connaissances, attitudes et pratiques en matière de mutilations génitales
féminines par les usagers et les prestataires de santé qui s’est déroulée du
1er Novembre 2019 au 30 Avril 2020 soit une période de 06 mois au CSRéf CI
du district de Bamako. Sur 188 usagers, 176 étaient excisées soit une prévalence
de 93,6%. Dans 93,9% des cas des usagers ont été excisées dans l’enfance. Pour
des raisons traditionnelle et religieuse en majorité, la plupart des usagers
souhaitent exciser leurs filles. Bien que pratiquée à priori par des exciseuses
traditionnelles, on assiste toujours à une médicalisation de MGF ; 5% d’agents
de santé continue à pratiquer la MGF. Le motif de MGF était ignoré par 25,0%
usagers enquêtées.
Dans 44,8% des cas, les usagers avaient fait une déchirure périnéale lors des
accouchements.
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Dans 2,4% des cas les prestataires de santé avaient déclaré vouloir continuer
avec la pratique.
Mots Clés : mutilation génitale, usagers, prestataire, santé
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SERMENT D’HIPPOCRATE
En présence des maîtres de cette faculté de mes chers condisciples, devant
l’effigie d’Hippocrate, je promets et je jure au nom de l’Etre suprême d’être
fidèle aux lois de l’honneur et de la probité dans l’exercice de la médecine.
Je donnerai mes soins gratuits à l’indigent et n’exigerai jamais un salaire au-
dessus de mon travail, je ne participerai à aucun partage clandestin
d’honoraires.
Admis à l’intérieur des maisons, mes yeux ne verront pas ce qui s’y passe, ma
langue taira les secrets qui me seront confiés, et mon état ne servira pas à
corrompre les mœurs, ni à favoriser le crime.
Je ne permettrai pas que des considérations de religion, de nation, de race, de
parti ou de classe sociale viennent s’interposer entre mon devoir et mon
patient.
Je garderai le respect absolu de la vie humaine dès sa conception. Même sous
la menace je n’admettrai pas de faire usage de mes connaissances médicales
contre les lois de l’humanité.
Respectueux et reconnaissant envers mes maîtres, je rendrai à leurs enfants,
l’instruction que j’ai reçue de leur père.
Que les hommes m’accordent leurs estimes si je suis fidèle à mes promesses !
Que je sois couvert d’opprobre et méprisé de mes confrères si j’y manque !
Je le jure !!!
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