Physique du Bâtiment
Sommaire
Introduction à la Physique du Bâtiment. Page 3
Chapitre 1 : Rappels en Calorimétrie --------------- Page 5
Chapitre 2 : Notion de thermique du bâtiment - Page 10
Chapitre 3 : La Conduction Thermique ----------- Page 16
Chapitre 4 : La Convection Thermique ------------ Page 22
Chapitre 5 : Le Rayonnement Thermique -------- Page 28
Epreuves des 10 dernières Sessions de BT Page 33
Introduction à la Physique du bâtiment
La Physique du bâtiment a pour objet les interactions physiques entre le bâtiment et son
environnement. Elle étudie ainsi, les phénomènes physiques dans le bâtiment.
I- Phénomènes physiques dans le bâtiment.
Il existe différents phénomènes ou interactions physiques entre le bâtiment et son
environnement :
- Interactions mécaniques :
- Interactions thermiques :
- Interactions avec les ondes :
- Interactions avec l’humidité :
- Interactions électriques :
Conclusion : de tous ces multiples phénomènes physiques dans le bâtiment, nous allons
d’abord, dans le cadre de cette partie du programme, nous intéresser aux interactions
thermiques, c’est-à-dire aux modalités de transfert de chaleur et de masse.
II- Transfert de chaleur et de masse.
Les transferts de chaleur entre le bâtiment et son environnement sont régis principalement
par trois mécanismes de transmission de chaleur :
- La conduction thermique : assurée par les solides principalement, mais aussi par les
fluides (liquides et gaz) statiques(ou au repos).
- La convection thermique : assurée par l’air ou un fluide en mouvement.
- Le rayonnement thermique : assuré par un milieu transparent tel que l’air ou le vide.
La maitrise de ces (3) mécanismes de transfert de chaleur et celui du transfert de masse (ex :
masse d’air renouvelée ou brassée) conditionnent directement les pertes et les gains
énergétiques du bâtiment.
On peut étudier les mécanismes de transfert de chaleur selon un régime stationnaire
(température constante et indépendante du temps) ou selon un régime dynamique
(température variable et fonction du temps).
- La première approche permet de décrire le comportement des phénomènes courants
liés au transfert de chaleur tels que les pertes énergétiques du bâtiment et les gains
solaires.
- La deuxième approche, de formulation plus complexe, concerne des phénomènes
particuliers pour lesquels la variation de température dans le temps est déterminante
(chocs thermiques par exemple).
III- Objectifs pédagogiques de la formation en thermique du bâtiment.
A la fin du cours l’apprenant doit être à même de :
- Décrire les principaux mécanismes de transfert de chaleur
- Ecrire l’équation de(Fourier) conduction de la chaleur et décrire les propriétés de
chacun des termes de l’équation.
- Définir la notion de résistance et de conductance thermique d’un élément constructif
- Calculer la résistance thermique et procéder à la répartition de température d’un
mur multicouche.
- Déterminer la quantité de chaleur échangée par convection dans un bâtiment.
- Déterminer les notions de taux de renouvellement et de taux de brassage de l’air.
- Décrire la notion de couche limite et son effet sur les pertes d’un élément constructif.
- Déterminer les termes d’échange de chaleur à l’intérieur d’une lame d’air.
- Définir les notions de corps noir (radiateur maximal) et de corps gris(corps usuels).
- Décrire les propriétés d’émission des corps noirs et des corps gris (Loi de Stéphan
Boltzmann).
- Décrire les caractéristiques spectrales du rayonnement des corps noirs -qui
absorbent tout- et des corps gris -qui absorbent pour partie et reflètent pour partie-
(Loi de Wien).
- Décrire l’effet de serre et l’effet sélectif propre à certains vitrages incolores.
Chapitre 1 : RAPPEL EN CALORIMETRIE.
I- Généralités :
I.1- Différence entre chaleur et température :
Il existe une analogie formelle entre les grandeurs électriques et celles dites
thermodynamiques relatives à la chaleur et à la température. Ainsi :
Le potentiel électrique : V ------------- T La température
La tension ou ddp : U = ΔV ------------- ΔT La différence de température
- Le potentiel électrique caractérise un étai électrique d’un point d’un
circuit, tandis que la température caractérise l’état thermodynamique
d’un système ou partie d’un système.
- La différence de potentiel (ΔV) est au circuit électrique ce qu’est la
différence de température (ΔT) entre deux parties d’un système.
- ΔV ≠ 0 entraine l’existence d’un courant électrique d’intensité I, comme
ΔT ≠ 0 entraine l’existence d’un flux thermique ou transfert de chaleur Q
de la partie du système la plus chaude (à T la plus élevée) vers la partie la
moins chaude (à T la moins élevée ou la plus basse).
- La chaleur est une forme d’énergie (grandeur extensive) alors que la
température est une variable d’état d’un système (grandeur intensive).
I.2- Rappels :
- La chaleur se déplace des températures les plus élevées vers les
températures les plus basses.
- Les deux effets (sur un système à une température donnée) d’un apport
ou d’un retrait de chaleur :
. La chaleur fournie (ou cédée) a pour effet la variation de
température du système (chaleur sensible) ou alors,
. La chaleur fournie (ou cédée) a pour effet un changement d’état
du système (chaleur latente).
- Pour un corps pur, ces deux effets ne peuvent être simultanés ; c’est
donc dire qu’un corps pur ne peut échanger de la chaleur sensible et de
la chaleur latente en même temps.
I.3- Définitions :
- Un système :, Un système est un ensemble de corps regroupés,
caractérisé par une même valeur de température, et pouvant échanger
de la chaleur avec un autre système.
- Echange entre systèmes : On définira uniquement la quantité de
chaleur échangée, car, le sens des échanges est déjà connu ( des corps
ou systèmes les plus chauds vers les corps ou systèmes les moins chauds
( ou les plus froids).
- Echelles de températures :
- Unités:
. La température : La température s’exprime en degrés Celsius (°C) ou en
Kelvin (K).
. La chaleur Q est de l’énergie. Elle s’exprime en joule (J) comme le travail
(W ou Ec, Ep, Em…. ), dans Système International.
Elle peut cependant s’exprimer en Calorie (Cal) avec 1 Cal= 4,18 J, ou en
Thermie (Th) avec 1 Th = 106 J = 4,18.106 Cal.
II- Chaleur sensible, chaleur latente.
II.1- La chaleur sensible :
Un corps de masse m qui élève sa température de Өi à Өf, absorbe la quantité
de chaleur nécessaire Q donnée par la relation :
Q = m.c. (Өf - Өi) avec :
Q : Quantité de chaleur en joule (J) dans le SI.
m : masse du corps en kilogramme (Kg) dans le SI.
C : chaleur massique du corps en J/Kg.K ou en J/Kg.°C dans le SI.
m.c = C : capacité calorifique ou thermique en en J/.K ou en J/°C dans le SI.
C : quantité de chaleur nécessaire pour élever la température du corps de 1/°C.
II.2- La chaleur latente :
C’est la quantité de chaleur qu’il faut fournir (ou retirer) à la masse unité d’un
corps pour le faire changer d’état physique à température constante. Elle est
donnée par la relation :
Q = m.L
Q en joule (J), m en Kilogramme (Kg) et L en joule par kilogramme (J / Kg).
L : chaleur latente de changement d’état.
Valeur de L des changements d’état de l’eau, sous pression atmosphérique:
Pour la fusion : LF = 80 cal.g-1 =
Pour l’ébullition ou vaporisation LV = 535 cal.g-1 =
Pour la solidification LS = - 80 cal.g-1 =
Pour la liquéfaction LL = - 535 cal.g-1 =
Schéma diagramme des changements d’état
III- Mesure des quantités de chaleur :
La mesure sera toujours faite dans calorimètre adiabatique (pas
d’échanges de chaleur entre l’intérieur et l’extérieur).
III-1 Principe de mesure :
III .1 .1- Egalité des échanges de chaleur :
Si l’on place dans une enceinte adiabatique comme le calorimètre, deux
corps A et B pris à deux températures différentes. Ils évoluent vers un état
d’équilibre thermique, et la quantité de chaleur reçue par l’un est égale à
celle cédée par l’autre. Exemple : système A : eau et système B : solide.
Etat initial avec : TA ≠ TB
Evolution vers un état d’équilibre ou Schéma
Etat final avec : TE = T’A = T’B
III. 1.2- Transformation inverses :
La quantité de chaleur fournie (ou retirée) à un système lors d’une
transformation d’état, est égale à celle qu’il restitue (ou reçoit) lors du
changement d’état inverse.
III-2 Généralités :
- On remarquera que la quantité de chaleur échangée aura servi :
. Soit à élever(ou à baisser) la température du corps : chaleur sensible.
. Soit à changer l’état physique de ce corps : chaleur latente.
- Dans tous les cas, il faudra déterminer :
. La température initiale et finale
. Les masses des corps concernés par les variations de température et les
Changements d’état.
- Pour les corps purs la priorité de l’utilisation de la chaleur est :
. D’abord le changement d’état (à température constante).
. Ensuite seulement, la variation de température d’une phase unique.
Exercices d’application :
- Exercice 1 : On considère un calorimètre adiabatique d » masse en eau µ
à déterminer, contenant 0,200Kg d’eau à la température de 15°C. On y
ajoute 0,200Kg d’eau à 45,9°C. La température finale est de 30°C.
Calculer la masse en eau µ du calorimètre.
On donne la chaleur massique c = 4180J/Kg.°C.
Réponse : 0,012Kg =12g.
- Exercice 2 : Un calorimètre dont la valeur en eau est de 20 g contient
300 g. L’ensemble est à 15°C. On laisse tomber dans l’eau un bloc de
glace de 50g à la température de 0°C.
1- Calculer la température finale du calorimètre. On donne la chaleur
latente de fusion de la glace L = 80 cal/g et la chaleur massique de
l’eau c = 4180J.Kg-1.°C-1.
2- Quelle masse de glace faudrait-il ajouter pour que le calorimètre ne
contienne plus que de l’eau à 0°C ?
Réponse : 1°) 2,16 °C 2°) 10 g
III-3 Les Méthodes :
III.3.1- Le Méthode des mélanges :
La méthode des mélanges utilise la relation :
Qi = mi.ci. (Өf - Өi) :
Qi : chaleur échangée par le système Si à la température initiale Өi.
Qi étant due à la variation de température du système Si.
Dans l’état final (ou d’équilibre) l’ensemble des systèmes Si a fini d’évoluer vers
un état d’équilibre pour lequel l’ensemble des masses m i des systèmes Si est à
la température ӨE.
Bilan des échanges thermiques est traduit par la relation :
∑Qi = 0 soit ∑ mi.ci. (ӨE - Өi) = 0
Exercice d’application : Chaleur massique.
On mélange dans un calorimètre adiabatique, 1Kg de mercure à 100°C et 40 g
de glace à 273 K sous une pression atmosphérique normale. Toute la glace
fond et la température finale est de 0°C.
Calculer la chaleur massique du mercure, sachant que la chaleur latente de
fusion de la glace est de 334000 J.Kg-1.
Réponse : c = 133,6 J.Kg-1.K-1
III.3.2- Méthode de Circulation :
Un serpentin où circule un courant d’eau est chauffé dans une enceinte de
chauffage électrique. L’eau entre dans le serpentin à la température d’entrée
ӨE pour en sortir à la température de sortie ӨS. Le débit du courant d’eau est
généralement donné en volume (débit volumique qv ou en masse (débit
massique qm).
Schéma
Le débit volume qV :
qV = V / Δt : qV en m3/s dans le SI. Il peut aussi s’exprimer en unité usuelles.
Le débit masse qm :
qm = m/ Δt : qm en Kg/s dans le SI. Il peut aussi s’exprimer en unité usuelles.
Relation entre qV et qm :
qm = m / Δt avec m = ρ.V soit qm = ρ.V / Δt, donc :
qm = ρ. qV
La quantité de chaleur nécessaire pour chauffer l’eau du serpentin de Ө E à ӨS
est donnée par :
Q = m.c. (ӨS – ӨE) .
Où m = qm. Δt ou m = ρ. qV. Δt donnant respectivement
Q= qm. Δt.c. (ӨS – ӨE) ou Q = ρ.qV. Δt.c. (ӨS – ӨE)
Exercice d’application : Méthode de circulation :
On immerge un serpentin dans un calorimètre C de valeur en eau globale égale
à 0,350 Kg et dont la température est maintenue constante à 40°C par une
résistance thermique chauffante alimentée en courant électrique.
Le serpentin est parcouru par un courant d’eau dont la température à l’entrée
est de 15°C et à la sortie celle du calorimètre ?
1- Quelle quantité de chaleur doit fournir la résistance chauffante si le débit
d’eau dans le serpentin est de 600g par minute.
2- Quelle est l’intensité du courant étant donné que la résistance a pour
valeur R = 100 Ω.
Réponses : 1°) Q = 62700 J 2°) I = 3,23 A
.
Chapitre 2 : NOTION DE THERMIQUE DU BATIMENT.
Plus de 90% de l’énergie électrique est sous forme d’énergie thermique. Le
transfert thermique est la science qui traite de la production d’énergie, de
l’utilisation de l’énergie pour produire du chaud et du froid. L’exemple le plus
courant de situation mettant en jeu un transfert thermique est le système
constitué de deux corps en contact et ayant des températures différentes. Le
corps le plus chaud cède de l’énergie sous forme de chaleur au corps le plus
froid. Il y’a transfert thermique entre les deux corps.
- L’énergie thermique d’un milieu matériel correspond à l’énergie
cinétique de ses constituants fondamentaux (molécules, atomes,
électrons) ayant une certaine liberté de mouvement (translation,
rotation, vibration).
- Ce cours de thermique du bâtiment prépare à :
. La modélisation thermique de l’habitat
. La meilleure connaissance des propriétés thermo physiques des
matériaux de construction pour une optimisation des transferts
énergétiques dans les parois des habitats et pour l’isolation.
. La valorisation des matériaux locaux de construction.
I- DEFINITIONS.
I.1- Flux de chaleur ou flux thermique.
C’est la quantité de chaleur qui traverse la surface considérée pendant l’unité
de temps. Le symbole généralement utilisée est la lettre φ.
Formule
Dans le système international le flux s’exprime en Watt (W). Avec 1W = 1J/S.
I.2- La Densité de flux de chaleur.
C’est la quantité de chaleur qui traverse l’unité de surface pendant l’unité de
temps. C’est donc le flux de chaleur par unité de surface. Elle est généralement
notée ϕ.
Formule
Dans le système international la densité de flux s’exprime en Watt (W/m 2).
I.3- Différents modes de transfert thermique.
On distingue trois (3) modes différents de transmission de la chaleur :
I.3-1 La conduction :
C’est la transmission de chaleur provoquée par la différence de température
entre deux régions(ou parties) d’un milieu en contact physique. Il n’y a pas de
déplacement de matière (atomes ou molécules).
Dans le domaine du génie civil la conduction est le mode privilégié rencontré
dans les parois du bâtiment et le sol. Les liquides et gaz, dans une moindre
mesure, sont également le siège de phénomènes de conduction.
Les caractéristiques physiques d’un corps (isolant, conducteur, semi-
conducteur) détermineraient l’importance du transfert de chaleur par
conduction que le corps peut engendrer.
I.3-2 La convection :
La transmission de chaleur par convection intervient essentiellement entre une
paroi solide et un fluide (liquide ou gaz) qui se déplace à son contact. L’énergie
est alors transportée par déplacement macroscopique de matière. Le
phénomène de transfert de chaleur s’accompagne ainsi d’un transfert de
masse fluide convoyant la chaleur.
Les processus convectifs sont souvent couplés aux échanges thermiques par
conduction au contact du solide.
I.3-3 Le rayonnement :
Le rayonnement thermique est la transmission de chaleur provoquée par la
différence de température entre deux corps sans contact physique, mais
séparés par un milieu transparent tel que l’air ou le vide. Il s’agit d’un
rayonnement électromagnétique.
Chapitre 3 : LA CONDUCTION THERMIQUE
I- Loi de FOURIER :
La transmission de chaleur par conduction dans un conducteur thermique
isotrope est régie par la loi de Fourier qui énonce que la densité de flux de
chaleur est proportionnelle au gradient de température, en un point donné du
matériau.
Formule
- gradT ; est le gradient de température défini suivant les trois axes : Ox,
Oy, Oz par :
Formule
- λ : λ est le coefficient de conductivité thermique qui caractérise
l’aptitude du corps (ou matériau) à conduire la chaleur il est toujours
positif et s’exprime en W.m-1.K-1 ou en W.m-1.°C-1 .
- La valeur de la conductivité λ dépend de :
. La nature chimique du matériau,
. La nature de la phase (état physique : solide, liquide, gaz) du matériau,
. La température.
En pratique on la considère, le plus souvent constante (matériau homogène).
- Le signe (-) dans le second membre signifie que le flux de chaleur se
propage dans le sens opposé au gradient de température, c’est-à-dire
des températures les plus élevées vers les températures les plus basses.
- Ordre de grandeur de λ à 20°C :
Tableau
. L’air à température ambiante : λ = 0,026 W.m-1.K-1.
. L’eau à température ambiante : λ = 0,60 W.m-1.K-1.
- Si la chaleur se propage suivant la direction x’x l’équation de Fourier
devient :
Formule
I.2- Calcul du flux de chaleur par conduction :
I.1-1 Cas d’un seul matériau :
Soit un mur simple constitué d’un matériau homogène (λ constante) et
recevant un flux thermique constant ϕ en régime permanent.
T1 étant supérieure à T2, le flux
sera donc dirigé de la face sous
température T1 vers celle portée à T2.
Dans le cas d’un champ de température à une seule direction on a :
Formules
En posant : T1 - T2 = ΔT : différence de températures entre les deux faces.
Formule
ϕ : densité de flux de chaleur en W/m2
λ : conductivité thermique du matériau
e : épaisseur du mur.
- Le flux thermique φ.
Φ = ϕ. Soit alors : Φ = λ .S/e. ΔT
- La Résistance thermique RTH :
Chapitre 4 : LA CONVECTION THERMIQUE.
Introduction : La convection thermique désigne le transfert d’énergie
thermique au sein d’un fluide en mouvement ou entre fluides, ou encore, entre
le fluide en mouvement et une paroi solide à son contact. Ce transfert
implique :
- le déplacement de chaleur au sein d’un fluide par le mouvement d’ensemble
de ses molécules, d’un point du fluide à un autre ou,
- l’échange de chaleur entre une surface solide et un fluide mobile à son
contact.
La convection constitue, avec la conduction thermique et le transfert radiatif,
l’un des trois modes d’échange de chaleur entre deux systèmes, et diffère de
ces derniers par la méthode de transfert. Elle aussi a pour effet d’accélérer
l’homogénéisation de la composition chimique du fluide, par rapport à la seule
diffusion chimique (ou convection relative à la concentration locale en solutés).
En effet, il n’y a pas que la convection thermique, car la convection est un
phénomène physique général, désignant l’ensemble des mouvements internes
(verticaux ou horizontaux) qui animent un fluide et qui impliquent alors le
transport des propriétés des particules de ce fluide, au cours de son
déplacement.
I- Généralités sur le phénomène de convection :
I.1- La convection naturelle :
La convection naturelle est un phénomène de la mécanique des fluides, qui se
produit lorsqu’un gradient (d’une propriété physico chimique ou grandeur)
induit un mouvement interne dans le fluide. Le gradient peut concerner
différentes grandeurs intensives telles que la température (convection
thermique), la concentration d’un soluté (convection solutale) ou la tension
superficielle (convection thermo capillaire).
La masse volumique dépendant de la température (et le cas échéant, de la
concentration), un gradient de température ou de concentration engendre des
différences de masse volumique au sein du fluide, d’où résultent des variations
latérales de la poussée d’Archimède qui sont à l’origine de mouvements
internes au sein du fluide. De tels mouvements s’appellent mouvements de
convection. Ils sont à l’origine de certains phénomènes océanographique
(courants marins), météorologique (orages), géologique (remonté de magma).
La convection gravitationnelle peut se dérouler tout autant que la convection
thermique, avec des zones fluides plus denses (selon les densités stratifiées à
températures constantes) descendant et des parties moins denses poussées
vers le haut.
La diffusion de la salinité dans une couche isotherme, ou le déplacement vers le
bas d’une terre humide sont tout autant illustratifs du phénomène de
convection.
Exemples :
1. Les mouvements ascendants, dans une casserole posée sur le feu,
s’expliquent par les différences de densités crées par le chauffage
(induisant des différences de températures selon les zones ou couches
d’eau) : les particules chauffées à la base deviennent moins denses, du
fait de la dilatation thermique, et remontent du fait de la poussée
d’Archimède. Arrivé au sommet des couches, le fluide échange sa
chaleur, se refroidit et s’alourdit ; il redescend alors et crée un transfert
en retour de chaleur.
2. La fumée de cigarette ou de cheminée monte, car la combustion crée
une zone très chaude et très peu dense par rapport à l’air environnant.
Cette zone de fluide monte sous l’action de la poussée d’Archimède dans
l’air.
3. Appel d’air par le foyer : c’est un appel d’air frais par le foyer ou
convection d’air frais par le feu d’un incendie. Dans un incendie la
convection joue un rôle important : l’air proche du foyer s’échauffe et
monte (car il est moins dense), laissant la place à l’arrivée d’air frais (plus
dense) descendant vers le foyer et contribuant ainsi à son alimentation,
par apport continu d’oxygène nécessaire pour entretenir la combustion.
(Phénomène bien connu des sapeurs pompier, qui ont un protocole
particulier pour contrer ses effets).
4. Le chauffage par le sol relève du même phénomène et s’explique selon le
même principe. La couche chaude à la base des pièces, du fait de la
dilatation thermique de l’air, devient relativement plus légère et
engendre une circulation d’air dans la maison.
I.2- La convection forcée ou artificielle :
On parle de convection forcée lorsque l’écoulement du fluide est provoqué par
un organe artificiel (pompe à chaleur, turbine, ventilateur, climatiseur…).
Exemples de convection forcée dans les appareillages :
- Chauffage central avec accélération(ou avec soufflerie),
- Chauffage électrique avec soufflerie,
- Chauffe-eau solaire,
- Four à convection (four à chaleur tournante),
- Le corps humain a son propre système de convection forcée, assurant la
circulation sanguine : le cœur, équivalent d’une pompe dont les
montages, en refoulement ou en aspiration correspondent aux phases
systole et diastole du système cardiaque.
II- La convection thermique.
II.1- La convection thermique en physique du bâtiment.
En physique du bâtiment, le phénomène de convection thermique est mis en
situation par le transfert de chaleur entre un solide (paroi, pan de mur, élément
constructif) et le fluide circulant à son contact, à travers une surface de contact
et d’échange ou de transfert thermique.
II.2- Loi de Newton :
Le transfert de chaleur entre un solide (ou paroi) et un fluide par convection est
une énergie transmise par déplacement du fluide. Ce mécanisme est régi par la
loi de Newton :
Φ = h.S. (Tp- T∞)
Schéma du transfert convectif
NB : Dans certains ouvrages Tp et T∞ sont notées respectivement Ts et Tf ou T.
D’où :
Φ = h.S. (Ts- Tf) ou Φ = h.S. (Ts- T)
Avec :
Φ : Flux de chaleur transmise par convection (en W).
h: Coefficient de transfert de chaleur par convection(en W.m-2.K-1).
Tp ou Ts : Température de surface du solide (Ts) ou de la paroi (Tp) en (K ou °C)
T∞, Tf ou T : Température du fluide (à l’infini) loin de la = surface du solide
S : Aire de la surface de contact solide/fluide (en m2).
Remarque :
1- Par analogie à RTH (cd) ou résistance de conduction thermique, on définit
une résistance RTH (cv) pour la résistance thermique de convection, avec :
Φcv = ΔT/ RTH (cv) soit RTH (cv) = ΔT/ Φcv = ΔT/ h.S. (Ts- Tf) = ΔT/ h.S. ΔT = 1/ h.S.
En définitive :
RTH (cv) = 1/ h.S
Conséquences :
- On en déduit directement la résistance convective RTH (cv) par unité de
surface, parfois notée rTH (cv) ; des fois sans modification de notation (le
contexte, les consignes et les données relatives à la situation justifiant
son usage).
En remplaçant S par sa valeur S= 1 dans la relation :
RTH (cv) = 1/ h.S
On obtient la résistance convective par unité de surface :
rTH (cv) = RTH (cv) = 1/ h
- Autrement, on peut utiliser les relations :
S.ϕ = Φcv et RTH (cv) = ΔT/ Φcv
Ainsi en posant ϕ = Φcv /S, on obtient :
ϕ = Φcv /S = h.S. ΔT /S = h. ΔT.
Et : RTH (cv) = rTH (cv) = ΔT / ϕ = ΔT /h. ΔT = 1/h.
Donc la résistance de convection par unité de surface s’exprime :
RTH (cv) = rTH (cv) = 1/h.
- Remarque : l’unité de la résistance convective effective est le K/W
pendant que celle de la résistance convective par unité de surface est le
m2.K/W
2- La valeur du coefficient de transfert de chaleur par convection h est
fonction de :
- La nature du fluide
- La température du fluide
- La vitesse du fluide et,
- Des caractéristiques géométriques de la surface de contact solide/ fluide.
II.3- Applications :
II.3.1 Application 1 : Cas d’un mur multicouche
C’est le cas de murs réels (schéma), constitués de plusieurs couches de
matériaux différents et où, on ne connait que les températures T f1 et Tf2
des fluides en contact avec les deux faces extrêmes du mur de surface S.
Schéma
En régime permanent, le flux de chaleur se conserve lors de la traversée
de la série de couches du mur, et s’écrit :
Formule
NB : Généralement T1 et T4 sont notées respectivement TS1 et TS2 ou
TSi et TSe.
Circuit électrique équivalent :
II.3.2 Application 2 : Cas d’un cylindre creux multicouche :
C’est le cas pratique d’un tube recouvert d’une ou plusieurs couches de
matériaux différents et où l’on ne connait que les températures T f1 et Tf2 des
fluides au contact avec les faces extrêmes (interne et externe) du cylindre ; h1
et h2 sont respectivement les coefficients de transfert de chaleur par
convection, entre les fluides et les faces interne et externe du tube.
Schéma
En régime permanent, le flux de chaleur se conserve lors de la traversée des
différentes couches, et s’écrit :
Formules
NB : Nous retournerons sur ces applications, pour une prise en compte des
transferts radiatifs, après étude du mode d’échange de chaleur par
rayonnement.