Table Des Matières: Courbes Paramétrées
Table Des Matières: Courbes Paramétrées
1 Courbes paramétrées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
1.1 Notions de base 41
1.1.1 Définition d’une courbe paramétrée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
1.1.2 Réduction du domaine d’étude . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
1.1.3 Points simples, points multiples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
1.2 Tangente à une courbe paramétrée. Dérivation 45
1.2.1 Tangente à un arc . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
1.2.2 Dérivation des fonctions de R dans R2 ( ou C) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
1.3 Position locale d’un arc par rapport à sa tangente 47
1.4 Etude des branches infinies 49
1.5 Plan d’étude d’une courbe paramétrée 52
1. Courbes paramétrées
D ⊂ R → R2
f:
t 7→ f (t)
Remarques :
- On
peut aussi
écrire t 7→ z(t) = x(t) + iy(t) avec l’identification usuelle entre le point
x(t)
M(t) et son affixe z(t) = x(t) + iy(t).
y(t)
- Dans la suite, un arc paramétré sera fréquemment décrit de manière très synthétique sous
une forme du type
x = 3 ln(t)
,t ∈]0, +∞[
y = 2t 2 + 1
Le support de ces deux courbes paramétrées est le cercle de centre (0, 0) et de rayon 1. Le
dessin du support ne suffit pas à définir un arc paramétré. Une courbe paramétrée est munie
d’un mode de parcours on avance puis on revient en arrière, on peut la parcourir une ou
plusieurs fois, au en fonction du paramètre, celui-ci n’étant d’ailleurs jamais visible sur le
dessin. On voit seulement x(t) et y(t), mais pas t.
y
t u~ (M ) = (x + a, y + b)
~
u O x
M = (x, y)
O x s(Ox) (M ) = (x, − y)
y
M = (x, y) y
rotO,π/2 (M ) = (− y, x)
O x
π M = (x, y)
2
sO (M ) = (−x, − y) O x
M(t +2π) = (t +2π −sin(t +2π), 1−cos(t +2π)) = (t −sin(t), 1−cos(t))+(2π, 0) = t~u (M(t))
où →
−u = (2π, 0). Donc, on étudie l’arc et on en trace le support sur un intervalle de longueur
2π au choix comme [−π, π] par exemple, puis on obtient la courbe complète par translations
de vecteurs k.(2π, 0) = (2kπ, 0), k ∈ Z. - Pour t ∈ [−π, π],
On étudie l’arc et on en trace le support sur [0, π], puis on obtient la courbe complète par
réflexion d’axe (Oy) puis par translations de vecteurs de vecteurs k~u, k ∈ Z.
Exemple 2
x = sin(2t)
Déterminer un domaine d’étude le plus simple possible de l’arc (courbe de
y = sin(3t)
44 Chapitre 1. Courbes paramétrées
LissAJOUS).
Pour t ∈ R, M(t + 2π) = M(t) et on obtient la courbe complète quand t décrit [−π, π].
- Pour t ∈ [−π, π], M(−t) = (− sin(2t), − sin(3t)) = so(M(t)). On étudie et on construit la
courbe pour t ∈ [0, π], puis on obtient la courbe complète par symétrie centrale de centre O.
- Pour t ∈ [0, π], M(π − t) = (sin(2π − 2t),
sin(3π − 3t)) = (sin(−2t), sin(π − 3t)) = (− sin(2t), sin(3t)) = s(Oy) (M(t)). On étudie et
on construit la courbe pour t ∈ 0, π2 , puis on obtient la courbe complète par réflexion d’axe
Remarques :
- Si A n’est pas sur le support de l’arc, sa multiplicité est 0 (on sait bien que ce genre de
convention un peu absurde à priori, se révèle toujours pratique à l’usage).
- Si A est atteint une et une seule fois, sa multiplicité est 1 et on dit que la point A est un
point simple de l’arc.
- Si A est atteint pour deux valeurs distinctes du paramètre et deux seulement, on dit que A
est un point double de l’arc.
- On parle de même de points triples, quadruples, ..., multiples (dès que le point est atteint
au moins deux fois). ⋄ Un arc dont tous les points sont simples est appelé un arc simple. Il
revient au même de dire que l’application
t 7→ M(t) est injective. Exemple :
x = 2t + t 2
Trouver les points multiples de l’arc ,t ∈ R∗ .
y = 2t − t12
Soit (t, u) ∈ (R∗ )2 tel que u < t.
+ u + 2) = 0
( ( (
2t + t 2 = 2u + u2 (t 2 − u2 ) + 2(t − u) = 0 (t − u)(t
M(t) = M(u) ⇔ 1 1 ⇔ 1 1 ⇔
2t − t 2 = 2u − u2 2(t − u) − ( t 2 − u2 ) = 0 (t − u) 2 + (t+u)
t 2 u2
=0
1.2 Tangente à une courbe paramétrée. Dérivation 45
(
t +u+2 = 0 S+2 = 0
⇔ ( car t − u 6= 0) ⇔ (en posant S = t + u et P = tu
2 + (t+u)
t 2 u2
=0 2 + PS2 = 0
S = −2 S = −2 S = −2
⇔ 2 ⇔ ou
P =1 P=1 P = −1
√
⇔ u et v sont√les deux solutions de X 2 + 2X + 1 = 0 ou de X 2 + 2X − 1 = 0 ⇔ t = −1 + 2
et u = −1 − 2.
La courbe admet un point double, le point de coordonnées (1, −5).
Définition 1.4
Soit f : t 7→ M(t),t ∈ D ⊂ R un arc paramétré et soit t0 ∈ D. On suppose que l’arc
est localement simple en t0 . On dit que l’arc admet une tangente en M (t0 ) si la droite
(M (t0 ) M(t) ) admet une position limite quand t tend vers t0 . Dans ce cas, la droite limite
est la tangente en M (t0 ).
46 Chapitre 1. Courbes paramétrées
Proposition 1.1
M(t) tend vers ℓ quand t tend vers t0 si et seulement sikM(t) − ℓk tend vers 0 quand t tend
vers t0 .
Démonstration.
Si M(t) tend vers ℓ, alors x(t) tend vers a et y(t) tend vers b, puis kM(t)−ℓk = (x(t) − a)2 + (y(t) − b)2
p
tend vers 0.
Réciproquement, si kM(t) − ℓk tend vers 0 , alors puisque
q q
|x(t) − a| = (x(t) − a)2 ≤ (x(t) − a)2 + (y(t) − b)2 = kM(t) − ℓk
Définition 1.6
Soient t 7→ M(t) = (x(t), y(t)),t ∈ D ⊂ R, un arc paramétré et t0 ∈ D. L’arc est dérivable
en to si et seulementsi les fonctions x et y le sont. Dans ce cas, le vecteur dérivé de l’arc
x′ (t0 ) −→
en t0 est le vecteur ′ . Ce vecteur se note dM dt (t0 ).
y (t0 )
x − x (t0 ) x′ (t0 )
M(x, y) ∈ (T0 ) ⇔ = 0 ⇔ y′ (t0 ) (x − x (t0 )) − x′ (t0 ) (y − y (t0 )) = 0.
y − y (t0 ) y′ (t0 )
Remarque :
x=t
Dans le cas d’une paramétrisation cartésienne du type qui est une paramétri-
y = f (t)
1
sation du graphe de la fonction (dérivable) f , le vecteur dérivé en to = x0 est .
f ′ (x0 )
Celui-ci n’est jamais nul puisque sa première coordonnée est non nulle. Ainsi, une paramé-
trisation cartésienne dérivable est toujours régulière.
Tangente en un point singulier
y(t)−y(t0 )
En un point M (t0 ) singulier, on étudie limt→t0 x(t)−x(t .
0)
- Si cette limite est un réel ℓ, la tangente en M (t0 ) existe et a pour coefficient directeur ℓ.
- Si cette limite existe mais est infinie, la tangente en M (t0 ) existe et est parallèle à (Oy).
Exemple :
x = 3t 2
Trouver les points singuliers de l’arc .
y = 2t 3
Donner une équation cartésienne de la tangente au point courant.
3
y(t)−y(0)
Tangente en M(0). Pour t 6= 0, x(t)−x(0) = 2t
3t 2
= 2t3 . Quand t tend vers 0 , cette expression
tend vers 0 . L’arc admet une tangente en M(0) et cette tangente est la droite passant par
M(0) = (0, 0) et de pente 0 : c’est l’axe (Ox) (d’équation y = 0 ).
Tangenteen M(t),t ∗
6= 0. Pour t ∈ R , l’arc admet
en une tangente dirigée par
M(t)
−→ 6t 6t 1
dM
dt (t) = ou aussi par le vecteur 6t1 = . Une équation de la tangente
6t 2 6t 2 t
en M(t) est donc t x − 3t 2 − y − 2t 3 = 0 ou encore y = tx − t 3 .
−
→
w
−
→
w
−
→
v −
→
v
−
→
w
−
→ −
→
v
w
−
→
v
p pair, q impair p pair, q pair
Exemple :
x(t) = t 2 ln(1 + t)
Étudier le point singulier à l’origine de .
y(t) = t 2 exp t 2 − 1
On écrit
t4
x(t) = t 3 − + t 4 ε1 (t) y(t) = t 4 + t 4 ε2 (t)
2
et ainsi
1
3 4 −1/2
M(t) = t +t + t 4~ε(t)
0 1
On a donc p = 3, q = 4 et c’est un point d’allure ordinaire.
O x
donc asymptote pour cette branche infinie (qui part vers le bas).
- Étude en −1+ . Lorsque t → −1+ , x(t) → 12 et y(t) → +∞ : la même droite verticale
d’équation x = 12 est asymptote pour cette branche infinie (qui part cette fois vers le haut).
- Étude en +1− . Lorsque t → +1− , x(t) → −∞ et y(t) → −∞. On cherche une asymptote
y(t)
oblique en calculant la limite de x(t) :
3t
y(t) t 2 −1 3 3
= t = −→ lorsque t → +1− .
x(t) t−1 t +1 2
On cherche ensuite si y(t) − 32 x(t) admet une limite finie, lorsque x → +1− :
3 3t 3 t 3t − 32 t(t + 1)
y(t) − x(t) = 2 − =
2 t −1 2t −1 t2 − 1
3 3
− 2 t(t − 1) − t 3
= = 2 −→ − lorsque t → +1− .
(t − 1)(t + 1) t + 1 4
- Étude en +1+ . Les calculs sont similaires et la même droite d’équation y = 32 x − 34 est
asymptote à cette autre branche infinie.
- Position par rapport à l’asymptote verticale. Il s’agit de déterminer le signe de x(t) − 12
lorsque x → −1− (puis x → −1+ ). Une étude de signe montre que x(t) − 12 > 0 pour t < −1
et t > +1, et la courbe est alors à droite de l’asymptote verticale ; par contre x(t) − 12 < 0
pour −1 < t < +1, et la courbe est alors à gauche de l’asymptote verticale.
- Position par rapport à l’asymptote oblique. Il s’agit de déterminer le signe de y(t) −
3 3
2 x(t) − 4 . La courbe est au-dessus de l’asymptote oblique pour −1 < t < +1 ; et en-
dessous de l’asymptote ailleurs.
- Point à l’infini. Lorsque t → +∞ (ou bien t → −∞ ) alors x(t) → 1 et y(t) → 0. Le point
(1, 0) est donc un point limite de la courbe paramétrée.
y y = 32 x − 3
4
t → −1+
5 1 t → +1+
x= 2
t → +∞
-3 -2 -1 1 2 3 4 x
t → −∞
-1
-2
-3
-4
−
t → +1
-5 t → −1−
52 Chapitre 1. Courbes paramétrées
- Domaine d’étude.
Pour t ∈ R, le point M(t) est défini si et seulement si t 6= ±1. Aucune réduction intéressante
1.5 Plan d’étude d’une courbe paramétrée 53
3t 2 t 2 − 1 − t 3 (2t) t 2 t 2 − 3
′
x (t) = 2
= 2
(t 2 − 1) (t 2 − 1)
√ √
La fonction x est donc√ strictement croissante sur ] − ∞,
√ − 3] et sur [ 3, +∞[ et strictement
décroissante sur [− 3, −1[, sur ] − 1, 1[ et sur ]1, + 3[. La fonction y est dérivable sur
D ∪ {−1} et, pour t ∈ D ∪ {−1},
(6t − 2)(t − 1) − 3t 2 − 2t 3t 2 − 6t + 2
′
y (t) = = .
3(t − 1)2 3(t − 1)2
i h
La fonction y est donc strictement croissante sur ] − ∞, 1 − √13 et sur 1 + √13 , +∞[, stricte-
h i
ment décroissante sur 1 − √13 , 1[ et sur ]1, 1 + √13 . Les fonctions x′ et y′ ne s’annulent ja-
mais simultanément et la courbe est donc régulière. La tangente enun point M(t) est dirigée
t 2 (t 2 −3) 3t 2 −6t+2 3t 2 (t 2 −3) 2
par le vecteur dérivé 2 , 2 ou encore par le vecteur (t+1)2
, 3t − 6t + 2 .
(t 2 −1) 3(t−1)
- Tangentes parallèles aux axes.
′ 1 1 1 1
y s’annule en 1 − 3 et 1 + 3 . En les points M 1 − 3 et M 1 + 3 , la courbe admet
√ √ √ √
1 3 1 2
! "
1 3 3 1 2 1
x 1− √ = 1− √ / 1− √ − 1 = 1 − √ + − √ / −√ +
3 3 3 3 3 3 3 3 3
√
1 √ √ 42 − 26 3
= (6 3 − 10)(−6 − 3) = = −0, 09 . . . ,
33 33
et de même,
1 1 1 √ 1
y 1− √ = 1 − √ (3 − 3 − 2)/ − √
3 3 3 3
√
1 √ √ 4−2 3
= − ( 3 − 1)(1 − 3) = = 0, 17 . . .
3 3
√ √
Puis, par
un calcul
conjugué
√
(c’est-à-dire enremplaçant
3 par
√
− 3 au début de calcul),
1 42+26 3 1 4+2 3
on a x 1 + 3 =
√
33 = 2, 63 . . . et y 1 + 3 = 3 = 2, 48 . . . x′ s’annule en
√
√ √ √ √ √
0, 3 et − 3. Au point M(0) = (0, 0), M( 3) = 3 2 3 , 3+76 3 = (2, 59 . . . , 2, 52 . . .) et en
√ √ √
M(− 3) = − 3 2 3 , 3−76 3 = (−2, 59 . . . , −1, 52 . . .), il y a une tangente parallèle à (Oy).
- Étude en l’infini.
54 Chapitre 1. Courbes paramétrées
Quand t tend vers +∞, x(t) et y(t) tendent toutes deux vers +∞ et il y a donc une branche
y(t)
infinie. Même chose quand t tend vers −∞. Étudions limt→±∞ x(t) . Pour t ∈ D\{0},
Cette expression tend vers 1 quand t tend vers +∞ ou vers −∞. Pour t ∈ D,
1
lim y(t) − x(t) + = 0.
t→±∞ 3
Quand t tend vers +∞ ou vers −∞, la droite ∆ d’équation y = x + 13 est donc asymptote à la
t 2 −2t
courbe. Étudions la position relative de C et ∆. Pour t ∈ D, y(t) − x(t) + 13 = 3(t−1)(t+1)
−
1 −2t+1
3 = 3(t−1)(t+1) .
1
t −∞ −1 2 1 +∞
signe de
+ − + −
y ( t ) − x ( t ) + 13
x ′ (t) + 0 − − − 0 +
−2, 59 . . . +∞ +∞ +∞
x
−∞ −∞ −∞ 2, 59 . . .
0, 17 . . . +∞ +∞
y
−∞ −∞ 2, 48 . . .
′
y (t) + 0 − − 0 +
x(t) = 0 équivaut à t = 0. La courbe coupe (Oy) au point M(0) = (0, 0)· y(t) = 0 équivaut
à t = 0 ou t = 23 . La courbe coupe (Ox) au point M(0) = (0, 0) et M 23 = − 15 8
,0 .
- Tracé de la courbe.
56 Chapitre 1. Courbes paramétrées
1
y y=x+ 3
t → +∞
5 t → +1+
y = 23 x + 1
2
4
-6 -5 -4 -3 -2 -1 1 2 3 4 5 6 t →x−1+
-1
t → −1− y = − 56
-2
t → +1− -3
-4
t → −∞
-5