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Table Des Matières: Courbes Paramétrées

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Table des Matières

1 Courbes paramétrées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
1.1 Notions de base 41
1.1.1 Définition d’une courbe paramétrée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
1.1.2 Réduction du domaine d’étude . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
1.1.3 Points simples, points multiples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
1.2 Tangente à une courbe paramétrée. Dérivation 45
1.2.1 Tangente à un arc . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
1.2.2 Dérivation des fonctions de R dans R2 ( ou C) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
1.3 Position locale d’un arc par rapport à sa tangente 47
1.4 Etude des branches infinies 49
1.5 Plan d’étude d’une courbe paramétrée 52
1. Courbes paramétrées

1.1 Notions de base


1.1.1 Définition d’une courbe paramétrée
Définition 1.1
Une courbe paramétrée plane (ou un arc paramétré) est une application

D ⊂ R → R2
f:
t 7→ f (t)

qui, à un réel t (le paramètre) associe un point du plan.

Remarques :
- On 
peut aussi
 écrire t 7→ z(t) = x(t) + iy(t) avec l’identification usuelle entre le point
x(t)
M(t) et son affixe z(t) = x(t) + iy(t).
y(t)
- Dans la suite, un arc paramétré sera fréquemment décrit de manière très synthétique sous
une forme du type
x = 3 ln(t)

,t ∈]0, +∞[
y = 2t 2 + 1

ou aussi z = eit ,t ∈ [0, 2π].


- Il faut comprendre que x et y désignent des fonctions de D dans R ou que z désigne une
fonction de D dans C.
Exemples :
Exemples usuels de parameterisations :
1- t 7→ (cos(t),
 2 sin(t)), t ∈ [0, 2π[ (parametrisation du cercle trigonométrique).
1−t 2t
2- t 7→ 1+t 2 , 1+t 2 ,t ∈ R (parametrisation rationnelle du cercle trigonométrique privé du
42 Chapitre 1. Courbes paramétrées

point (−1, 0)).


3- t 7→ (2t − 3, 3t + 1),t ∈ R (parametrisation de la droite passant par le point A(−3, 1) et
de vecteur directeur → −
u (2, 3) ).
4- λ 7→ ((1 − λ )xA + λ xB , (1 − λ )yA + λ yB ) , λ ∈ [0, 1] (parametrisation du segment [AB]).
5- De manière générale, si f est une fonction d’un  domaine D de R à valeurs dans R, une pa-
x=t
rametrisation de la courbe d’équation y = f (x) est . Une telle paramétrisation où
y = f (t)
l’une des coordonnées est le paramètre s’appelle une paramétrisation cartésienne.
Définition 1.2
Le support de l’arc paramétré f : D ⊂ R → R2 est l’ensemble des points M(t) lorsque t
décrit D.
Des arcs différents peuvent avoir un même support. C’est par exemple le cas des arcs

[0, 2π] → R2 [0, 4π] → R2


et
t 7→ (cos(t), sin(t)) t 7→ (cos(t), sin(t)).

Le support de ces deux courbes paramétrées est le cercle de centre (0, 0) et de rayon 1. Le
dessin du support ne suffit pas à définir un arc paramétré. Une courbe paramétrée est munie
d’un mode de parcours on avance puis on revient en arrière, on peut la parcourir une ou
plusieurs fois, au en fonction du paramètre, celui-ci n’étant d’ailleurs jamais visible sur le
dessin. On voit seulement x(t) et y(t), mais pas t.

Interprétation cinématique. Le paramètre t peut ou non s’interpréter comme le temps.


Dans ce cas la courbe paramétré s’appelle un point en mouvement et le support de cette
courbe c’est la trajectoire de ce point. On dit aussi que M(t) est la position du point M à
l’instant t.

1.1.2 Réduction du domaine d’étude


Rappelons tout d’abord l’effet de quelques transformations géométriques usuelles sur le
point M(x, y), x et y désignant les coordonnées de M dans un repère orthonormé (O,~i, ~j)
donné.
- Translation de vecteur ~u(a, b) : t~u (M) = (x + a, y + b).
- Réflexion d’axe (Ox) : s(Ox) (M) = (x, −y).
- Réflexion d’axe (Oy) : s(Oy) (M) = (−x, y).
- Symétrie centrale de centre O : sO (M) = (−x, −y).
- Symétrie centrale de centre I(a.b) : sr (M) = (2a − x, 2b − y).
- Réflexion d’axe la droite (D) d"equation y = x : (M) = (y, x).
- Réflexion d’axe la droite (D′ ) d’équation y = −x : sD′ (M) = (−y, −x).
- Rotation d’angle π2 autour de O : rot0,π /2 (M) = (−y, x).
- Rotation d’angle − π2 autour de O : rot0,−π /2 (M) = (y, −x).
1.1 Notions de base 43

Voici la représentation graphique de quelques-unes de ces transformations. On utilise


y
M = (x, y)

y
t u~ (M ) = (x + a, y + b)
~
u O x

M = (x, y)
O x s(Ox) (M ) = (x, − y)

y
M = (x, y) y
rotO,π/2 (M ) = (− y, x)

O x
π M = (x, y)
2

sO (M ) = (−x, − y) O x

ces transformations pour réduire le domaine d’étude d’une courbe paramétrée.


Exemple 1
x = t − sin(t)

Déterminer un domaine d’étude le plus simple possible de l’arc .
y = 1 − cos(t)
Pour t ∈ R,

M(t +2π) = (t +2π −sin(t +2π), 1−cos(t +2π)) = (t −sin(t), 1−cos(t))+(2π, 0) = t~u (M(t))

où →
−u = (2π, 0). Donc, on étudie l’arc et on en trace le support sur un intervalle de longueur
2π au choix comme [−π, π] par exemple, puis on obtient la courbe complète par translations
de vecteurs k.(2π, 0) = (2kπ, 0), k ∈ Z. - Pour t ∈ [−π, π],

M(−t) = (−(t − sin(t)), 1 − cos(t)) = s(Oy) (M(t))

On étudie l’arc et on en trace le support sur [0, π], puis on obtient la courbe complète par
réflexion d’axe (Oy) puis par translations de vecteurs de vecteurs k~u, k ∈ Z.
Exemple 2
x = sin(2t)

Déterminer un domaine d’étude le plus simple possible de l’arc (courbe de
y = sin(3t)
44 Chapitre 1. Courbes paramétrées

LissAJOUS).
Pour t ∈ R, M(t + 2π) = M(t) et on obtient la courbe complète quand t décrit [−π, π].
- Pour t ∈ [−π, π], M(−t) = (− sin(2t), − sin(3t)) = so(M(t)). On étudie et on construit la
courbe pour t ∈ [0, π], puis on obtient la courbe complète par symétrie centrale de centre O.
- Pour t ∈ [0, π], M(π − t) = (sin(2π − 2t),
sin(3π − 3t)) = (sin(−2t), sin(π − 3t)) = (− sin(2t), sin(3t)) = s(Oy) (M(t)). On étudie et
on construit la courbe pour t ∈ 0, π2 , puis on obtient la courbe complète par réflexion d’axe
 

(Oy), puis par symétrie centrale de centre O.


Exemple 3 ( t
x= 1+t 4
Déterminer un domaine d’étude t3
y= 1+t 4
- Pour t ∈ R, M(−t) = sO (M(t)). On étudie et on construit l’arc quand t décrit [0, +∞[, puis
on obtient la courbe
h complète par symétriecentrale
 3 de centre
 O.
1
  1/t 1/t 3 t t
- Pour t ∈]0, +∞ , M t = 1+1/t 4 , 1+1/t 4 = 1+t 4 , 1+t 4 = (y(t), x(t)) = sy=x (M(t)) .
Puisque la fonction t 7→ 1t réalise une bijection de [1, +∞[sur]0, 1], on étudie et on construit
l’arc quand t décrit ]0, 1], puis on obtient la courbe complète par réflexion d’axe la première
bissectrice puis par symétrie centrale de centre O et enfin en plaçant le point M(0) = (0, 0).

1.1.3 Points simples, points multiples


Définition 1.3
Soit f : t 7→ M(t) un arc paramétré et A un point du plan. La multiplicité du point A par
rapport à l’arc f est le nombre (éventuellement nul ou infini) des réels t pour lesquels
M(t) = A ou encore la multiplicité du point A par rapport à l’arc f est card f −1 (A) .


Remarques :
- Si A n’est pas sur le support de l’arc, sa multiplicité est 0 (on sait bien que ce genre de
convention un peu absurde à priori, se révèle toujours pratique à l’usage).
- Si A est atteint une et une seule fois, sa multiplicité est 1 et on dit que la point A est un
point simple de l’arc.
- Si A est atteint pour deux valeurs distinctes du paramètre et deux seulement, on dit que A
est un point double de l’arc.
- On parle de même de points triples, quadruples, ..., multiples (dès que le point est atteint
au moins deux fois). ⋄ Un arc dont tous les points sont simples est appelé un arc simple. Il
revient au même de dire que l’application
 t 7→ M(t) est injective. Exemple :
x = 2t + t 2
Trouver les points multiples de l’arc ,t ∈ R∗ .
y = 2t − t12
Soit (t, u) ∈ (R∗ )2 tel que u < t.

 + u + 2) = 0
( ( (
2t + t 2 = 2u + u2 (t 2 − u2 ) + 2(t − u) = 0 (t − u)(t
M(t) = M(u) ⇔ 1 1 ⇔ 1 1 ⇔
2t − t 2 = 2u − u2 2(t − u) − ( t 2 − u2 ) = 0 (t − u) 2 + (t+u)
t 2 u2
=0
1.2 Tangente à une courbe paramétrée. Dérivation 45
(
t +u+2 = 0 S+2 = 0
 
⇔ ( car t − u 6= 0) ⇔ (en posant S = t + u et P = tu
2 + (t+u)
t 2 u2
=0 2 + PS2 = 0
  
S = −2 S = −2 S = −2
⇔ 2 ⇔ ou
P =1 P=1 P = −1

⇔ u et v sont√les deux solutions de X 2 + 2X + 1 = 0 ou de X 2 + 2X − 1 = 0 ⇔ t = −1 + 2
et u = −1 − 2.
La courbe admet un point double, le point de coordonnées (1, −5).

1.2 Tangente à une courbe paramétrée. Dérivation


1.2.1 Tangente à un arc
Soit f : t 7→ M(t),t ∈ D ⊂ R un arc. Soient t0 ∈ D puis A = M (t0 ). On veut définir la
tangente en M (t0 ).
On doit déjà prendre garde au fait que la courbe peut repasser par le point A pour une autre
valeur t1 du paramètre avec une autre tangente. On doit donc parler de tangente en M (t0 )
et non pas de tangente en A. Cette tangente va être définie comme la position limite de la
droite (M (t0 ) M(t)) quand t tend vers t0 .

Définition 1.4
Soit f : t 7→ M(t),t ∈ D ⊂ R un arc paramétré et soit t0 ∈ D. On suppose que l’arc
est localement simple en t0 . On dit que l’arc admet une tangente en M (t0 ) si la droite
(M (t0 ) M(t) ) admet une position limite quand t tend vers t0 . Dans ce cas, la droite limite
est la tangente en M (t0 ).
46 Chapitre 1. Courbes paramétrées

1.2.2 Dérivation des fonctions de R dans R2 ( ou C)


Définition 1.5
Soit t 7→ M(t) = (x(t), y(t)),t ∈ D ⊂ R, un arc paramétré. Soient t0 ∈ D et ℓ = (a, b) un
point de R2 .
(1-) M(t) a une limite quand t tend vers t0 si et seulement si les deux fonctions x et y ont
une limite quand t tend vers t0 .
(2-) M(t) tend vers ℓ quand t tend vers t0 si et seulement si x(t) tend vers a et y(t) tend
vers b quand t tend vers t0 .
(3-) L’arc est continu en t0 si et seulement si les fonctions x et y le sont. L’arc est continu
sur D si et seulement si il est continu en tout point de D.

Proposition 1.1
M(t) tend vers ℓ quand t tend vers t0 si et seulement sikM(t) − ℓk tend vers 0 quand t tend
vers t0 .
Démonstration.
Si M(t) tend vers ℓ, alors x(t) tend vers a et y(t) tend vers b, puis kM(t)−ℓk = (x(t) − a)2 + (y(t) − b)2
p

tend vers 0.
Réciproquement, si kM(t) − ℓk tend vers 0 , alors puisque
q q
|x(t) − a| = (x(t) − a)2 ≤ (x(t) − a)2 + (y(t) − b)2 = kM(t) − ℓk

On en déduit que x(t) tend vers a, et de même y(t) tend vers b. 


Revenons maintenant à notre tangente. Un vecteur directeur de la droite (M (t0 ) M(t)) est le
vecteur  −→
1 −−−−−−−→

(x(t) − x (t0 )) / (t − t0 ) ∆M
M (t0 ) M(t) = = (t0 ) .
t − t0 (y(t) − y (t 0 )) / (t − t 0 ) ∆t

Définition 1.6
Soient t 7→ M(t) = (x(t), y(t)),t ∈ D ⊂ R, un arc paramétré et t0 ∈ D. L’arc est dérivable
en to si et seulementsi les fonctions x et y le sont. Dans ce cas, le vecteur dérivé de l’arc
x′ (t0 ) −→

en t0 est le vecteur ′ . Ce vecteur se note dM dt (t0 ).
y (t0 )

On a M (t0 + dt) − M (t0 ) = M~ (t0 ) M (t0 + dt) = − →


dM (t0 ) .
Définition 1.7 −→ →

Soit t 7→ M(t),t ∈ D ⊂ R un arc dérivable sur D et t0 un réel de D. Si dM dt (t0 ) 6= 0 , le
−→ →

point M (t0 ) est dit régulier, et si dM
dt (t0 ) = 0 , le point M (t0 ) est dit singulier. Un arc
dont tout les points sont réguliers est appelé arc régulier.


Interprétation cinématique. Si t est le temps, le vecteur dérivé M dt (t0 ) est le vecteur vitesse
au point M (t0 ). Un point singulier, c’est-à-dire un point en lequel la vitesse est nulle,
s’appellera alors plus volontiers point stationnaire (et non stationnaire dans le cas contraire).
1.3 Position locale d’un arc par rapport à sa tangente 47

Tangente en un point régulier


Proposition 1.2
En tout point régulier d’un arc dérivable, cet arc admet une tangente. La tangente en un
point régulier est dirigée par le vecteur dérivé en ce point. Une équation de la tangente (T0 )
en M (t0 ) est donc donnée par :

x − x (t0 ) x′ (t0 )
M(x, y) ∈ (T0 ) ⇔ = 0 ⇔ y′ (t0 ) (x − x (t0 )) − x′ (t0 ) (y − y (t0 )) = 0.
y − y (t0 ) y′ (t0 )

Remarque : 
x=t
Dans le cas d’une paramétrisation cartésienne du type qui est une paramétri-
y = f (t)
1
 
sation du graphe de la fonction (dérivable) f , le vecteur dérivé en to = x0 est .
f ′ (x0 )
Celui-ci n’est jamais nul puisque sa première coordonnée est non nulle. Ainsi, une paramé-
trisation cartésienne dérivable est toujours régulière.
Tangente en un point singulier
y(t)−y(t0 )
En un point M (t0 ) singulier, on étudie limt→t0 x(t)−x(t .
0)
- Si cette limite est un réel ℓ, la tangente en M (t0 ) existe et a pour coefficient directeur ℓ.
- Si cette limite existe mais est infinie, la tangente en M (t0 ) existe et est parallèle à (Oy).
Exemple :
x = 3t 2

Trouver les points singuliers de l’arc .
y = 2t 3
Donner une équation cartésienne de la tangente au point courant.
3
y(t)−y(0)
Tangente en M(0). Pour t 6= 0, x(t)−x(0) = 2t
3t 2
= 2t3 . Quand t tend vers 0 , cette expression
tend vers 0 . L’arc admet une tangente en M(0) et cette tangente est la droite passant par
M(0) = (0, 0) et de pente 0 : c’est l’axe (Ox) (d’équation y = 0 ).
Tangenteen M(t),t ∗
 6= 0. Pour t ∈ R , l’arc  admet
 en  une tangente dirigée par
 M(t)
−→ 6t 6t 1
dM
dt (t) = ou aussi par le vecteur 6t1 = . Une équation de la tangente
6t 2 6t 2 t
en M(t) est donc t x − 3t 2 − y − 2t 3 = 0 ou encore y = tx − t 3 .
 

1.3 Position locale d’un arc par rapport à sa tangente


Quand la courbe arrive en M (t0 ), le long de sa tangente, on a plusieurs possibilités :
- la courbe continue dans le même sens, sans traverser la tangente : c’est un point d’allure
ordinaire,
- la courbe continue dans le même sens, en traversant la tangente : c’est un point d’inflexion,
- la courbe rebrousse chemin le long de cette tangente en la traversant, c’est un point de
rebroussement de première espèce,
- la courbe rebrousse chemin le long de cette tangente sans la traverser, c’est un point de
48 Chapitre 1. Courbes paramétrées

rebroussement de seconde espèce.


Pour déterminer de façon systématique la position de la courbe par rapport à sa tangente

en un point singulier M (t0 ), on effectue un développement limité des coordonnées de


M(t) = (x(t), y(t)) au voisinage de t = t0 .
Pour simplifier l’expression on suppose t0 = 0. On écrit

M(t) = M(0) + t p~v + t q~w + t q~ε(t)

où : - p < q sont des entiers,


- ~v et ~w sont des vecteurs non colinéaires,
- ~ε(t) est un vecteur, tel que k~ε(t)k → 0 lorsque t → t0 .
En un tel point M(0), la courbe admet une tangente, dont un vecteur directeur est ~v. La
position de la courbe par rapport à cette tangente est donnée par la parité de p et q :



w


w



v −

v

p impair, q pair p impair, q impair

point d’allure ordinaire point d’inflexion



w

→ −

v
w



v
p pair, q impair p pair, q pair

rebroussement de première espèce rebroussement de seconde espèce


1.4 Etude des branches infinies 49

Exemple :
x(t) = t 2 ln(1 + t)

Étudier le point singulier à l’origine de  .
y(t) = t 2 exp t 2 − 1

On écrit
t4
x(t) = t 3 − + t 4 ε1 (t) y(t) = t 4 + t 4 ε2 (t)
2
et ainsi
1
   
3 4 −1/2
M(t) = t +t + t 4~ε(t)
0 1
On a donc p = 3, q = 4 et c’est un point d’allure ordinaire.

O x

1.4 Etude des branches infinies


Dans ce paragraphe, l’arc f : t 7→ M(t) est défini sur un intervalle I de R. On note C la
courbe. t0 désigne l’une des bornes de I et n’est pas dans I. t0 est soit un réel, soit −∞, soit
+∞.
Définition 1.8
Il y a branche infinie en t0 , dès que l’une au moins des deux fonctions |x| ou |y| tend vers
l’infini quand t tend vers t0 . Il revient au même de dire que limt→t0 k f (t)k = +∞.

Dans la pratique, on mène l’étude suivante :


(1-) Si, quand t tend vers t0 , x(t) tend vers +∞ ou −∞ et y(t) tend vers un réel ℓ, la droite
d’équation y = ℓ est asymptote à C .
(2-) Si, quand t tend vers t0 , y(t) tend vers +∞ ou −∞ et x(t) tend vers un réel ℓ, la droite
d’équation x = ℓ est asymptote à C .
(3-) Si, quand t tend vers t0 , x(t) et y(t) tendent vers +∞ ou −∞, il faut affiner. On étudie
50 Chapitre 1. Courbes paramétrées
y(t)
limt→t0 x(t) avec les sous-cas suivants :
˙
y(t )
a. Si x(t) tend vers 0 , la courbe admet une direction asymptotique d’équation y = 0 ou
encore une branche parabolique de direction (Ox).
y(t)
b. Si x(t) tend vers +∞ ou −∞, la courbe admet une direction asymptotique d’équation x = 0
ou encore une branche parabolique de direction (Oy).
y(t)
c. Si x(t) tend vers un réel non nul a, la courbe admet une direction asymptotique d’équation
y = ax. Il faut encore affiner l’étude. On étudie alors limt→t0 (y(t) − ax(t)) avec les deux
sous-cas :
(i) Si y(t) − ax(t) tend vers un réel b (nul ou pas), alors limt→t0 (y(t) − (ax(t) + b)) = 0 et la
droite d’équation y = ax + b est asymptote à la courbe.
(ii) Si y(t) − ax(t) tend vers +∞, ou −∞ ou n’a pas de limite, la courbe n’a qu’une direction
asymptotique d’équation y = ax, mais n’admet pas de droite asymptote.
Exemple :
t
x(t) =

Étudier les asymptotes de la courbe t−1
3t . Déterminer la position de la courbe
y(t) = t 2 −1
par rapport à ses asymptotes.
- Branches infinies. La courbe est définie sur R\{−1, +1}. |x(t)| → +∞ uniquement lorsque
t → +1− ou t → +1+ . |y(t)| → +∞ lorsque t → −1− ou t → −1+ ou t → +1− ou t → +1+ .
Il y a donc 4 branches infinies, correspondant à −1− , −1+ , +1− , +1+ .
- Étude en −1− . Lorsque t → −1− , x(t) → 12 et y(t) → −∞ : la droite verticale x = 12 est


donc asymptote pour cette branche infinie (qui part vers le bas).
- Étude en −1+ . Lorsque t → −1+ , x(t) → 12 et y(t) → +∞ : la même droite verticale
d’équation x = 12 est asymptote pour cette branche infinie (qui part cette fois vers le haut).


- Étude en +1− . Lorsque t → +1− , x(t) → −∞ et y(t) → −∞. On cherche une asymptote
y(t)
oblique en calculant la limite de x(t) :

3t
y(t) t 2 −1 3 3
= t = −→ lorsque t → +1− .
x(t) t−1 t +1 2

On cherche ensuite si y(t) − 32 x(t) admet une limite finie, lorsque x → +1− :

3 3t 3 t 3t − 32 t(t + 1)
y(t) − x(t) = 2 − =
2 t −1 2t −1 t2 − 1
3 3
− 2 t(t − 1) − t 3
= = 2 −→ − lorsque t → +1− .
(t − 1)(t + 1) t + 1 4

Ainsi la droite d’équation y = 32 x − 34 est asymptote à cette branche infinie.


1.4 Etude des branches infinies 51

- Étude en +1+ . Les calculs sont similaires et la même droite d’équation y = 32 x − 34 est
asymptote à cette autre branche infinie.
- Position par rapport à l’asymptote verticale. Il s’agit de déterminer le signe de x(t) − 12
lorsque x → −1− (puis x → −1+ ). Une étude de signe montre que x(t) − 12 > 0 pour t < −1
et t > +1, et la courbe est alors à droite de l’asymptote verticale ; par contre x(t) − 12 < 0
pour −1 < t < +1, et la courbe est alors à gauche de l’asymptote verticale.
- Position par rapport à l’asymptote oblique. Il s’agit de déterminer le signe de y(t) −
3 3
2 x(t) − 4 . La courbe est au-dessus de l’asymptote oblique pour −1 < t < +1 ; et en-
dessous de l’asymptote ailleurs.
- Point à l’infini. Lorsque t → +∞ (ou bien t → −∞ ) alors x(t) → 1 et y(t) → 0. Le point
(1, 0) est donc un point limite de la courbe paramétrée.

y y = 32 x − 3
4

t → −1+
5 1 t → +1+
x= 2

t → +∞

-3 -2 -1 1 2 3 4 x
t → −∞
-1

-2

-3

-4

t → +1
-5 t → −1−
52 Chapitre 1. Courbes paramétrées

1.5 Plan d’étude d’une courbe paramétrée


1. Domaine de définition de la courbe.
Le point M(t) est défini si et seulement si x(t) et y(t) sont définis. Il faut ensuite déterminer
un domaine d’étude (plus petit que le domaine de définition) grâce aux symétries, périodici-
tés...
2. Vecteur dérivé.
Calcul des dérivées des coordonnées de t 7→ M(t). Les valeurs de t pour lesquelles x′ (t) = 0 (
et y′ (t) 6= 0) fournissent les points à tangente verticale et les valeurs de t pour lesquelles
y′ (t) = 0 ( et x′ (t) 6= 0 ) fournissent les points à tangente horizontale. Enfin, les valeurs de t
pour lesquelles x′ (t) = y′ (t) = 0 fournissent les points singuliers, en lesquels on n’a encore
aucun renseignement sur la tangente.
3. Tableau de variations conjointes.
L’étude de x′ et y′ permet de connaître les variations de x et y. Reporter les résultats obtenus
des variations conjointes des fonctions x et y dans un tableau. Cela donne alors un tableau à
compléter :
t

x (t)
x
y
y′ (t)
Ce tableau est le tableau des variations des deux fonctions x et y ensemble. Il nous montre
l’évolution du point M(t). Par suite, pour une valeur de t donnée, on doit lire verticalement
des résultats concernant et x, et y. Par exemple, x tend vers +∞, pendant que y «aut 3.
4. Étude des points singuliers.
5. Étude des branches infinies.
6. Construction méticuleuse de la courbe.
On place dans l’ordre les deux axes et les unités. On construit ensuite toutes les droites
asymptotes. On place ensuite les points importants avec leur tangente (points à tangente
verticale, horizontale, points singuliers, points d’intersection avec une droite asymptote,...).
7. Points multiples.
On cherche les points multiples s’il y a lieu. On attend souvent de commencer la construction
de la courbe pour voir s’il y a des points multiples et si on doit les chercher.
Exemple
Construire la courbe
t3
(
x(t) = t 2 −1
t(3t−2)
y(t) = 3(t−1)

- Domaine d’étude.
Pour t ∈ R, le point M(t) est défini si et seulement si t 6= ±1. Aucune réduction intéressante
1.5 Plan d’étude d’une courbe paramétrée 53

du domaine n’apparaît clairement et on étudie donc sur D = R\{−1, 1}.


- Variations conjointes des coordonnées.
La fonction x est dérivable sur D et, pour t ∈ D,

3t 2 t 2 − 1 − t 3 (2t) t 2 t 2 − 3
 

x (t) = 2
= 2
(t 2 − 1) (t 2 − 1)
√ √
La fonction x est donc√ strictement croissante sur ] − ∞,
√ − 3] et sur [ 3, +∞[ et strictement
décroissante sur [− 3, −1[, sur ] − 1, 1[ et sur ]1, + 3[. La fonction y est dérivable sur
D ∪ {−1} et, pour t ∈ D ∪ {−1},

(6t − 2)(t − 1) − 3t 2 − 2t 3t 2 − 6t + 2


y (t) = = .
3(t − 1)2 3(t − 1)2
i h
La fonction y est donc strictement croissante sur ] − ∞, 1 − √13 et sur 1 + √13 , +∞[, stricte-
h i
ment décroissante sur 1 − √13 , 1[ et sur ]1, 1 + √13 . Les fonctions x′ et y′ ne s’annulent ja-
mais simultanément  et la courbe est donc  régulière. La tangente enun point M(t) est dirigée 
t 2 (t 2 −3) 3t 2 −6t+2 3t 2 (t 2 −3) 2
par le vecteur dérivé 2 , 2 ou encore par le vecteur (t+1)2
, 3t − 6t + 2 .
(t 2 −1) 3(t−1)
- Tangentes parallèles aux axes.    
′ 1 1 1 1
y s’annule en 1 − 3 et 1 + 3 . En les points M 1 − 3 et M 1 + 3 , la courbe admet
√ √ √ √

une tangente parallèle à (Ox). On a

1 3 1 2
 ! " 
1 3 3 1 2 1
      
x 1− √ = 1− √ / 1− √ − 1 = 1 − √ + − √ / −√ +
3 3 3 3 3 3 3 3 3

1 √ √ 42 − 26 3
= (6 3 − 10)(−6 − 3) = = −0, 09 . . . ,
33 33
et de même,
1 1 1 √ 1
     
y 1− √ = 1 − √ (3 − 3 − 2)/ − √
3 3 3 3

1 √ √ 4−2 3
= − ( 3 − 1)(1 − 3) = = 0, 17 . . .
3 3
√ √
Puis, par
 un calcul
 conjugué

(c’est-à-dire enremplaçant
 3 par

− 3 au début de calcul),
1 42+26 3 1 4+2 3
on a x 1 + 3 =

33 = 2, 63 . . . et y 1 + 3 = 3 = 2, 48 . . . x′ s’annule en

√ √ √  √ √ 
0, 3 et − 3. Au point M(0) = (0, 0), M( 3) = 3 2 3 , 3+76 3 = (2, 59 . . . , 2, 52 . . .) et en
√  √ √ 
M(− 3) = − 3 2 3 , 3−76 3 = (−2, 59 . . . , −1, 52 . . .), il y a une tangente parallèle à (Oy).

- Étude en l’infini.
54 Chapitre 1. Courbes paramétrées

Quand t tend vers +∞, x(t) et y(t) tendent toutes deux vers +∞ et il y a donc une branche
y(t)
infinie. Même chose quand t tend vers −∞. Étudions limt→±∞ x(t) . Pour t ∈ D\{0},

y(t) t(3t − 2) t 2 − 1 (3t − 2)(t + 1)


= × 3 = .
x(t) 3(t − 1) t 3t 2

Cette expression tend vers 1 quand t tend vers +∞ ou vers −∞. Pour t ∈ D,

t(3t − 2) t3 t(3t − 2)(t + 1) − 3t 3 t 2 − 2t


y(t) − x(t) = − 2 = =
3(t − 1) t − 1 3(t − 1)(t + 1) 3(t − 1)(t + 1)
1
Cette expression tend vers 3 quand t tend vers +∞ ou vers −∞. Ainsi,

1
  
lim y(t) − x(t) + = 0.
t→±∞ 3

Quand t tend vers +∞ ou vers −∞, la droite ∆ d’équation y = x + 13 est donc asymptote à la
t 2 −2t
courbe. Étudions la position relative de C et ∆. Pour t ∈ D, y(t) − x(t) + 13 = 3(t−1)(t+1)


1 −2t+1
3 = 3(t−1)(t+1) .

1
t −∞ −1 2 1 +∞
signe de
+ − + −
y ( t ) − x ( t ) + 13


position C au-dessus C en-dessous C au-dessus C en-dessous


relative de ∆ de ∆ de ∆ de ∆

C et ∆ se coupent au point M(1/2) = (−1/6, 1/6) = (−0, 16 . . . , 0, 16 . . .). - Étude en


t = −1.
Quand t tend vers −1, y(t) tend vers −5/6, et x(t) tend vers −∞ en −1− et vers +∞ en −1+ .
La droite d’équation y = − 56 est asymptote à C . La position relative est fournie par le signe
2 +t−5
de y(t) + 56 = 6t6(t−1) = (t+1)(6t−5)
6(t−1) . - Étude en t = 1.
Quand t tend vers 1, x et y tendent vers l’infini, y(t)
x(t) = (3t−2)(t+1)
3t 2
tend vers 23 et y(t)− 23 x(t) =
t 3 +t 2 −2t
3(t 2 −1)
= tend vers 12 . La droite d’équation y = 23 x + 12 est asymptote à la courbe. La
t(t+2)
3(t+1)
2 +t−3
position relative est fournie par le signe de y(t) − 23 x(t) + 12 = 2t6(t+1) = (t−1)(2t+3)
6(t+1) .

1.5 Plan d’étude d’une courbe paramétrée 55

- Tableau de variations conjointes.


- Intersection avec les axes.
Tableau de variations conjointes.
p p1 p1
p
−∞ − 3 −1 1− 3 1 1+ 3 3 +∞

x ′ (t) + 0 − − − 0 +

−2, 59 . . . +∞ +∞ +∞
x

−∞ −∞ −∞ 2, 59 . . .
0, 17 . . . +∞ +∞
y

−∞ −∞ 2, 48 . . .

y (t) + 0 − − 0 +

x(t) = 0 équivaut à t = 0. La courbe coupe (Oy) au point M(0) = (0, 0)· y(t) = 0 équivaut
à t = 0 ou t = 23 . La courbe coupe (Ox) au point M(0) = (0, 0) et M 23 = − 15 8
,0 .


- Tracé de la courbe.
56 Chapitre 1. Courbes paramétrées

1
y y=x+ 3
t → +∞

5 t → +1+
y = 23 x + 1
2
4

-6 -5 -4 -3 -2 -1 1 2 3 4 5 6 t →x−1+
-1
t → −1− y = − 56

-2

t → +1− -3

-4

t → −∞
-5

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