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Les données de Bruxelles Environnement: « Santé et nature »

28. APPORT DE LA NATURE A LA SANTE DES


[Link]

1. Nature, biodiversité et services écosystémiques


Le Conseil Supérieur de la Santé (CSS) définit la nature comme « l’environnement dans lequel les
organismes et leurs biotopes se manifestent expressément. Outre les réserves naturelles, cela
comprend également les organismes et les biotopes qui apparaissent spontanément dans les terres
agricoles, les forêts de production, les espaces verts urbains et les jardins » (CSS, 2021).

Il est fréquent d’opposer nature et ville. Pourtant, près de 50% du territoire bruxellois est végétalisé,
mais les espaces verts sont inégalement répartis entre les quartiers (Bruxelles Environnement, 2022a
in Médor, 2022) (voir la carte des zones de carence en espaces verts accessibles au public).

La biodiversité, composante de la nature, est définie quant à elle comme la diversité du vivant à tous
les niveaux : diversité des milieux (écosystèmes), diversité des espèces et diversité génétique au sein
des espèces. Plus la biodiversité d’un milieu est élevée, plus ce milieu aura la capacité de se réorganiser
après une perturbation. Par conséquent, préserver la biodiversité est indispensable, notamment pour le
bien-être humain (Carpenter et al., 2005).

Cette nature nous offre de nombreux services et il est donc indispensable de la préserver, notamment
pour le bien-être de la population bruxelloise. L’espèce humaine, à l’instar de tout être vivant, est en
effet en interaction constante avec son environnement. En outre, comme l’illustre la figure 1, le
fonctionnement naturel des écosystèmes fournit une multitude de « services » indispensables au bien-
être des populations partout dans le monde (Kafoutchoni et al., 2018). Les exemples sont multiples.
Parmi les plus connus : la végétation apporte de la fraîcheur, par le biais de la prédation, les espèces
régulent les populations d’autres espèces (les chauves-souris mangent des moustiques, les insectes et
oiseaux contrôlent les ravageurs, etc.), les insectes assurent aussi la pollinisation, des sols perméables
évitent les inondations, etc. Le Millenium Ecosystem Assessment (2005) définit ces services
écosystémiques comme « les avantages que les populations tirent des écosystèmes » ou encore
comme « les caractéristiques, fonctions ou processus écologiques qui contribuent directement ou
indirectement au bien-être humain et qui ont une importance fondamentale pour la survie, la santé et
les moyens de subsistance. »

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Les données de Bruxelles Environnement: « Santé et nature »

Figure 28.1 Liens entre services écosystémiques et bien-être humain


Source : Ecosystems and human well-being, Synthesis, Millenium Ecosystem Assessment, World Resources
Institute, 2005

Les services écosystémiques peuvent être classés en quatre catégories (Carpenter et al., 2005) :
• services de support/auto-entretien (production primaire, cycles biogéochimiques, altération et
formation des sols, habitat pour la biodiversité…). En l’absence de services de support, tout
autre type de service disparaîtrait rapidement ;
• services d’approvisionnement (eau, nourriture, substances médicinales, bois, fibres …) ;
• services de régulation (de la qualité de l’air, du climat, des maladies et ravageurs, des
inondations, des sécheresses, de la qualité de l’eau …) ;
• services d’apport culturel (esthétique, calme et confort acoustique, loisirs, cohésion sociale,
éducation, sensibilisation, héritage historique, spiritualité…).

Ces quatre familles de services écosystémiques contribuent, d’une manière ou d’une autre, aux cinq
composantes principales du bien-être humain (Carpenter et al., 2005) :

• sécurité (personnelle, accès sécurisé aux ressources, protection contre les catastrophes) ;
• matière de base pour une bonne qualité de vie (moyens de subsistance adéquats, nourriture à
bonne teneur nutritionnelle, abri, accès aux biens) ;
• santé (être fort, se sentir bien dans sa peau, respirer un air pur, accéder à l’eau, etc.) ;
• bonnes relations sociales (cohésion sociale, respect mutuel, capacité à aider autrui) ;
• liberté de choix et d’action (possibilité pour un individu de réaliser ce qu’il aime faire et être).
Elle dépend de l’établissement des autres composantes du bien-être qui peuvent être
considérées comme des prérequis à cette liberté.

Les écosystèmes semi-naturels urbains, dont font partie les parcs, les espaces boisés, les rues bordées
d’arbres, les jardins ou encore les mares et les cours d’eau, fournissent de nombreux services
écosystémiques, dont des valeurs sociales, culturelles et récréatives (Figure 2). Ils contribuent donc à
la préservation de la santé, concept compris dans une acception large, à savoir « un état de complet
bien-être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou
d’infirmité » (OMS, 1946 in CSS, 2021).

Les écosystèmes urbains contribuent au bien-être des citadins en leur offrant notamment des espaces
de repos et de détente mais également des espaces propices aux activités physiques et interactions
sociales tout en régulant la température et la qualité de l’air (Bruxelles Environnement, 2012 ; Barboza
et al., 2021 ; EEA, 2022). Fréquenter les espaces naturels réduirait la mortalité et la morbidité liées aux
maladies chroniques et améliorerait la santé mentale (EEA, 2022).

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Figure 28.2 Liens entre les espaces verts et bleus urbains et la santé humaine
Source : CSS, 2021

Les activités humaines qui se concentrent dans les villes ont des répercussions sur l’environnement et
induisent notamment des variations climatiques, qui s’intensifieront au cours des prochaines décennies.
Les écosystèmes seront particulièrement affectés par ces changements, qui influenceront leurs
propriétés fondamentales et les services écosystémiques qu’ils fournissent (GIEC, 2007). La ville
engendre de nombreuses innovations et richesses mais, en raison des activités humaines qu’elle
rassemble sur un territoire restreint, elle concentre aussi de nombreuses pollutions et expositions
environnementales néfastes dans des zones fortement peuplées. Ces facteurs de stress
environnementaux associés à l’urbanisation peuvent en partie être évités, contrecarrés ou atténués par
les services écosystémiques engendrés par les espaces semi-naturels urbains.

Dans le cadre proposé par Carpenter et al. (2005, Figure 26.1), la diversité des apports des
écosystèmes semi-naturels à la santé des [Link] peut aisément être illustrée. Les fonctions de
support des écosystèmes semi-naturels n’ont a priori pas d’apport direct à la santé des habitants.
Cependant, elles sont essentielles au bon fonctionnement des autres types de fonctions
écosystémiques. Les fonctions de régulation fournies par les écosystèmes semi-naturels urbains sont
probablement les plus évidentes et les mieux documentées, à l’échelle internationale mais aussi à
l’échelle de la Région bruxelloise.

2. Inégalités sociales, sanitaires et environnementales

Les inégalités environnementales désignent l’analyse des enjeux qui croisent inégalités sociales 1 et
environnementales. Quatre types d’inégalités environnementales ont été identifiés en Région
bruxelloise (De Muynck, Wayens et al. 2021) :

1
Les inégalités sociales sont généralement définies comme un accès différentiel aux ressources nécessaires à la vie et l’activité
humaine, et sont classiquement mesurées à l’aide de variables qui distinguent des groupes sociaux : en Europe, celles-ci
comprennent le revenu, le diplôme, la position sur le marché de l’emploi, la nationalité. Plus récemment, le genre vient
régulièrement affiner la catégorisation (De Muynck, Wayens et al. 2021 ; De Muynck, Ragot et al. 2022).

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1. la répartition de la qualité environnementale entre les différents groupes sociaux ;


2. l’impact des différents groupes sociaux sur l’environnement ;
3. la capacité d’agir et de réagir sur la qualité environnementale et sur les politiques publiques ;
4. l’impact des politiques environnementales sur les différents groupes sociaux.

La présente fiche va focaliser sur le premier type d’inégalité et, au sein de celui-ci, sur les apports de la
nature sur la santé des [Link]. En Région de Bruxelles-Capitale, il est démontré que les
personnes dont le statut socio-économique est inférieur à la moyenne bénéficient d’une qualité
environnementale du cadre de vie moins bonne que les autres (De Muynck, Wayens et al. 2021 ; De
Muynck, Ragot et al. 2022) ce qui a des répercussions importantes sur la santé des individus
concernés.

Comme le synthétise l’observatoire de la santé et du social (2019), « les inégalités socioéconomiques


de santé se marquent dès la naissance et s’accumulent par la suite tout au long de la vie, tant pour la
santé physique que mentale. Les personnes connaissant des conditions socioéconomiques moins
favorables accumulent de nombreuses fragilités (par exemple en raison du stress subi, de conditions
de travail difficiles, d’un logement insalubre, etc.) tout en disposant de moins de moyens pour s'en
protéger (une moins bonne immunité, un support social moindre, un accès plus difficile à une
alimentation équilibrée, etc.) ou en limiter les conséquences (moindre accès au système de santé et
moins bonne connaissance de celui-ci). »

En outre, dans un contexte de structuration socio-spatiale forte de l’espace résidentiel bruxellois, où les
revenus déterminent largement les « choix » résidentiels, les différences marquées de santé entre
groupes sociaux se traduisent aussi par de fortes différences géographiques.

La structuration socio-spatiale des inégalités dans la ville, largement liées au logement, fait que ce sont
majoritairement les personnes aux revenus les plus modestes qui sont plus exposées aux nuisances
environnementales telles que la pollution atmosphérique, les îlots de chaleur urbains et les nuisances
sonores. Malheureusement, c’est aussi dans les quartiers populaires les plus denses qu’on observe la
plus forte carence en espaces verts (Laurent, 2020 ; De Muynck, Wayens et al. 2021). Les quartiers
vulnérables du centre et du quadrant nord-ouest de la Région accumulent les peines : précarité,
pollution de l’air, faible disponibilité en espaces verts et nuisances acoustiques accrues, entre autres.
Selon le projet NAMED, les personnes ayant un niveau d’éducation et un revenu inférieurs et celles
ayant un pays de naissance non européen constituent les groupes bruxellois les plus exposés à la
pollution de l’air, à la pollution sonore et qui bénéficient d’un accès réduit aux espaces verts (Lauwers
et al., 2021a). Dans l’espace, les inégalités sociales, les inégalités sanitaires et les inégalités
environnementales se superposent, s’additionnent ou s’entretiennent plus qu’elles ne se compensent
(Médor, 2022).

Réduire les inégalités d’accès à des espaces verts de qualité et à caractère naturel permettrait de
maximiser les avantages pour la santé et le bien-être que procure la nature en ville. De plus, impliquer
les communautés locales dans la conception et la gestion des espaces verts favorise le sentiment
d’appartenance et encourage l’utilisation de ces espaces (EEA, 2022). Ceci augmente non seulement
les effets positifs sur la santé mais développe aussi la justice participative, définie comme la capacité
de différents groupes sociaux à participer à des processus participatifs démocratiques quels qu’ils soient
(ce qui renvoie au troisième type d’inégalité environnementale ci-dessus).

Cependant, l’effet palliatif d’une amélioration de l’accès à la nature et aux services écosystémiques n’est
pas d’une ampleur suffisante pour contrecarrer les effets sanitaires néfastes de la précarité sociale. Ce
n’est donc aucunement un substitut aux mesures d’amélioration des situations économiques et sociales
des individus, mais bien un complément utile.

En outre, il ne faut pas négliger les effets pervers potentiels d’une amélioration « non accompagnée »
de la nature en ville. Les chercheurs ont notamment mis en évidence le « paradoxe de l'espace vert » :
des stratégies apparemment louables d’amélioration d'environnements urbains dégradés, de création
d'espaces verts ou de déploiement d'infrastructures naturelles adaptées aux changements climatiques
peuvent améliorer l'attractivité et entraîner une hausse des valeurs foncières et donc l’éviction
progressive des résidents les plus précarisés. Les initiatives de végétalisation en milieu urbain peuvent

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ainsi avoir un « effet perturbateur » qui, sans mesure d’encadrement efficace (par exemple le
développement concomitant d’une offre de logement public ou, à tout le moins, d’une forme de
régulation), fait qu’in fine, elles ne bénéficient pas à moyen terme aux habitants originels du quartier
(Anguelovski et al., 2022).

3. Influence de la nature sur les facteurs environnementaux


susceptibles d’agir sur la santé
3.1. Qualité de l’air

Selon l’Observatoire de la Santé et du Social à Bruxelles (OSSB), la pollution de l’air est définie comme
« la présence d’une ou plusieurs substances dans l’air à une concentration ou pendant une durée
supérieure à leurs niveaux naturels, et qui a le potentiel de produire un effet nocif. Elle forme un mélange
complexe, dont la composition varie fortement dans le temps et dans l’espace, et qui engendre de
nombreux effets à court et à long terme sur notre santé. » (Andrieux et al., 2020).

Même à de faibles concentrations, la pollution de l’air a un impact sur notre état de santé et peut se
manifester sous forme de maladies cardiovasculaires et respiratoires, cancers, perturbations du
système endocrinien, maladies neuro-développementales, allergies, etc. En Europe, elle serait
responsable de 500 000 décès prématurés par an (Andrieux et al, 2020).

En Région bruxelloise, les principaux polluants préoccupants, en prenant en compte leurs niveaux
actuels de concentration et leurs impacts sur la santé, sont les matières particulaires (PM ; également
connues sous le nom de ‘particules fines’, dont le « black carbon » issu des combustions), le dioxyde
d’azote (NO2), l’ozone troposphérique (O3), le monoxyde de carbone (CO) et le dioxyde soufre (SO 2)
(OMS, 2020b in Andrieux et al, 2020).

L’exposition répétée à ces polluants de l’air entraîne un stress oxydatif (une forme d’agression des
constituants des cellules) au niveau de nos poumons, ce qui jouerait un rôle important dans le
développement de maladies chroniques. L’ozone et les oxydes d’azote sont des gaz irritants pour nos
voies respiratoires, ce qui entraîne le développement de différents symptômes tels que la toux ou la
bronchoconstriction. Ils sont également susceptibles de provoquer une réaction inflammatoire ou
allergique. La toxicité des particules fines est directement liée à leur taille ; plus elles sont petites, plus
elles peuvent s’enfoncer profondément dans notre appareil respiratoire. Les plus petites d’entre elles
sont capables d’arriver dans nos tissus ou de passer directement dans notre sang via les alvéoles
pulmonaires, ce qui est susceptible de favoriser, à moyen ou à long terme, le développement de
maladies cardiovasculaires. Plus encore, le lien entre la présence de PM dans l’air et le développement
de cancers du poumon a été clairement établi (Andrieux et al, 2020).

La toxicité des polluants atmosphériques pour le système nerveux central pourrait jouer un rôle dans
l’apparition ou l’aggravation de troubles mentaux (Lauwers et al, 2021a). En outre, la pollution
atmosphérique a également été associée à des comportements qui influencent la santé physique et
mentale. En effet, un environnement pollué incite à passer moins de temps à l’extérieur, ce qui a pour
conséquences une exposition moins importante au soleil et donc un risque de carence en vitamine D,
ainsi qu’une réduction de l’activité physique (associée notamment au risque cardio-vasculaire) et du
contact avec la nature.

Les oxydes d’azote (notamment le dioxyde d’azote) et les particules fines sont des facteurs de risques
des troubles psychotiques (Lauwers et al, 2021a). Les résultats de l’étude de Pelgrims et al. (2021)
suggèrent que l’exposition des [Link] à la pollution atmosphérique liée au trafic routier (en
particulier aux particules fines et au dioxyde d’azote) est positivement associée à une probabilité plus
élevée de troubles dépressifs. Les politiques qui visent à réduire la pollution atmosphérique liée au trafic
routier pourraient donc également réduire la charge des troubles dépressifs sur le territoire régional
(Pelgrims et al., 2021).

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En Région bruxelloise, le dioxyde d’azote (NO₂) est la première source de pollution de l’air. Il est
principalement émis par le transport routier. Il a été largement étudié lors de l’opération Curieuzenair 2
(Figure 26.4). Selon Bruxelles Environnement (2022), les émissions de NOx ont baissé de 72% entre
1990 et 2020 (voir « Emissions de substances acidifiantes »). Les particules fines (PM2,5), deuxième
source de pollution de l’air, proviennent du chauffage des bâtiments résidentiels et tertiaires (36 % en
2020) ainsi que des véhicules (23 %). Les émissions de particules fines ont également fortement baissé
depuis 1990 (-50 %), notamment suite à la mise en place d’un filtre à l’incinérateur régional,
l’amélioration technologique des moteurs et plus récemment à la diminution du parc de voitures diesel
les plus anciennes, une meilleure isolation des bâtiments et l’utilisation de combustibles moins
émetteurs (voir « Emissions de particules fines »).

Par ailleurs, entre 2018 et 2020, selon Bruxelles Environnement (2022), on a observé une nette
diminution des émissions de NO2, de PM2.5, et de Black Carbon (BC) provenant du transport routier en
Région bruxelloise. Si les mesures COVID-19 ont joué un rôle dans cette diminution, l’installation de la
Low Emission Zone (LEZ) contribue aussi à ces améliorations, tout comme l'augmentation des
déplacements en transports en commun et à vélo notamment (voir focus « Mise en place de la Zone de
Basses Emissions : quel bilan ? »).

Figure 28.3 Cartographies des concentrations moyennes annuelles en PM2,5 (A)


et en NO2 (B) par secteur statistique de la Région de Bruxelles-Capitale pour
l’année 2015
Il est important d’interpréter ces valeurs avec précaution car il s’agit de moyennes annuelles qui ne
rendent pas compte des pics de pollution liés au trafic routier en heures de pointe, par exemple.
Source : Andrieux et al. 2020 sur base de données CELINE

2
Etude de la qualité de l’air de la Région de Bruxelles-Capitale basée sur la science participative, voir
[Link]

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Les concentrations moyennes annuelles en PM2,5 et en NO2 ne sont pas du tout homogènes dans la
Région de Bruxelles-Capitale (Figure 26.3) : certains quartiers sont nettement plus pollués que d’autres,
notamment autour du Pentagone, le long des grands axes routiers et au nord-est de la Région. Les
zones situées au sud-est sont, quant à elles, globalement moins impactées par la pollution
atmosphérique (Andrieux et al, 2020).
En matière de pollution de l’air, des inégalités environnementales apparaissent clairement : les
concentrations les plus élevées (Figure 26.4, carte d) concernent essentiellement les quartiers centraux
et denses de la première couronne.

Figure 28.4 Concentration annuelle moyenne de NO2 pour 2021 sur les 2483 sites
échantillonnés dans le cadre de l’opération CurieuzenAir
(a) Carte d'ensemble de tous les emplacements, (b) Emplacements < 20 μg/m3, (c)
Emplacements entre 20 et 30 μg/m3, et (d) Emplacements ≥ 30 μg/m3.
Source : Lauriks et al. 2022

En 2015, au moins 6,46 % de l’ensemble des décès en Région Bruxelles-Capitale seraient attribuables
à la pollution aux particules fines, ce qui correspond à environ 550 personnes. Si on ajoute la pollution
au dioxyde d’azote (NO2), première source de pollution atmosphérique à Bruxelles, on passe à près de
1000 décès prématurés pour l’année 2015 qui seraient provoqués par la pollution de l’air (Andrieux et
al. 2020 in Médor, 2022).

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La végétation qui se développe en ville peut améliorer localement la qualité de l’air. Les végétaux
consomment du CO2 et libèrent de l’O2 lors de la photosynthèse, interceptent également les particules
de l’air (telles que les poussières, pollens, cendres, etc.), jouent le rôle de filtre pour certains polluants
et absorbent certains gaz toxiques tels que l’ozone (O 3), le dioxyde de soufre (SO2), le dioxyde d’azote
(NO2), etc. (Blanchart et al, 2017 ; Bruxelles Environnement, 2021b). En raison de leur taille et surface
foliaire plus importantes, les arbres et arbustes sont plus efficaces dans la réalisation de ces services
que les herbacées (Bruxelles Environnement, 2012 et 2021b).

D’après plusieurs études, la régulation locale de la qualité de l’air par les végétaux est principalement
due à l’influence de la végétation sur les flux d’air (effet aérodynamique) et, dans une moindre mesure,
à l’effet filtrant (Bruxelles Environnement, 2021b). Les sols et les végétaux présentent des surfaces
d’échange élevées, ce qui leur permet de contribuer à la fixation de polluants émis par les activités
humaines, tels que les métaux lourds, les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), les oxydes
d’azote (NOx) et les oxydes de soufre (SOx) (ADEME, 2017 ; Blanchart et al., 2017).

Selon diverses études, la présence de végétation pourrait réduire la contribution des émissions
locales aux concentrations de polluants de 15 à 20% en moyenne (Bruxelles Environnement, 2021b).
Pour la Région bruxelloise, l’analyse de scénarios de végétalisation appliqués à quatre zones critiques
en matière de pollution de l’air a débouché sur l’estimation d’un impact sur les concentrations locales
de NO2 de 5 à 10 % lorsque des mesures importantes sont mises en œuvre (mesures de végétalisation
impliquant des réaménagements et une emprise spatiale significative). Cependant, le principal levier
reste la réduction des émissions de polluants à la source et la végétalisation ne permet pas à elle seule
de réduire significativement la pollution de l’air en milieu urbain (Bruxelles Environnement, 2021b).

En outre, la pollution de l’air ne concerne pas que l’air extérieur mais également l’air intérieur. Nous
passons en moyenne plus de 80% de notre temps dans des espaces clos, où bon nombre de sources
émettrices de polluants peuvent affecter notre santé, telles que les matériaux de construction et de
décoration, les appareils de combustion, l’humidité, les moisissures, etc. L’air intérieur est nettement
plus pollué que l’air extérieur car les polluants provenant du bâtiment, du mobilier, de l’air extérieur mais
aussi de nos activités, s’y confinent (Bruxelles Environnement, 2020a).

La végétation purifie l’air par le biais de trois mécanismes distincts (Bruxelles Environnement, 2021b):
• la déposition des particules fines sur les feuilles et les branches ;
• l’adsorption des polluants lipophiles dans les cires de la cuticule (couche externe continue
cireuse ou grasse produite par l’épiderme des plantes terrestres) des feuilles ;
• la pénétration de polluants par les stomates (orifices situés à la surface des feuilles qui
permettent les échanges gazeux entre la plante et l'atmosphère).

Mais c’est principalement en déviant l’air pollué qu’un écran végétal peut réduire la pollution
localement. La végétation, les arbres en particulier, influence de façon importante l’écoulement de l’air,
que ce soit en termes de vitesse, de direction et de turbulence. Un écran végétal dévie l’air pollué vers
des couches d’air plus élevées où il va se diluer (Figure 26.5).

28. APPORT DE LA NATURE À LA SANTÉ DES [Link]


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Figure 28.5 Présence d’une haie entre le trafic routier et les piétons : effet sur
les concentrations locales de polluants.
Source : Bruxelles Environnement, 2021b.

Cependant, un dôme végétal peut également augmenter la pollution en piégeant les polluants émis
par le trafic. C’est notamment le cas si le couvert végétal est trop dense dans une rue canyon (rue dont
les bâtiments, des deux côtés de la rue et sur plus de 100 mètres, se succèdent de manière
ininterrompue ou sont très proches les uns des autres) (Figure 26.6).

Figure 28. 6 Présence d’arbres dans une rue canyon : effet sur les
concentrations locales des polluants.
Source : Bruxelles Environnement, 2021b

Ce phénomène s’observe surtout dans les rues canyons au sein desquelles la circulation automobile
est forte et où des alignements d’arbres au feuillage dense sont susceptibles d’entraver la circulation
de l’air, ce qui risque de provoquer une augmentation locale des concentrations de polluants (Bruxelles
Environnement, 2021b).

28. APPORT DE LA NATURE À LA SANTÉ DES [Link]


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Par ailleurs, l’ozone (O3) peut être à l’origine de graves problèmes sanitaires s’il est présent en quantité
anormalement élevées à proximité du sol (on parle alors d’ozone troposphérique). Il a également un
effet toxique sur la végétation. Le lien entre végétation et pollution par l’ozone est complexe car les
plantes contribuent à la fois à augmenter et à réduire les quantités d’ozone dans leur environnement
proche. Elles diminuent la concentration d’ozone par l’absorption directe via les stomates, l’absorption
de dioxyde d’azote (NO2) entraînant également une diminution de la formation d’ozone et la réduction
de la température de l’air ambiant en période de forte chaleur qui entraîne également une diminution de
la formation d’ozone. Toutefois, lors de fortes chaleurs notamment, les plantes émettent des composés
organiques volatils biogéniques (COVB) via leurs stomates, ce qui provoque une augmentation de
la formation d’ozone en présence de niveaux élevés d’oxydes d’azote (NOx, polluants émis par les
processus industriels et les transports) ainsi qu’une augmentation de la formation de certaines particules
fines (Bruxelles Environnement, 2021b). Cet effet, essentiellement associé aux arbres, est variable
selon les espèces et, selon Ren et al. (2017), contribue significativement à la pollution urbaine due à
l’ozone troposphérique. Il pourrait donc être activement réduit par une démarche active de plantation
d’essences à émissions de COVB réduite.

3.2. Atténuation du bruit

En milieu urbain, le bruit fait partie intégrante de l’environnement, avec un niveau et une composition
spécifiques. Certains bruits sont agréables à entendre et d’autres sont excessifs et représentent une
réelle pollution acoustique, ce qui engendre de multiples répercussions sur la santé à court et à long
termes, pouvant aller de la simple gêne au développement de maladies cardiovasculaires (OMS 2009 ;
2011) telles que l’hypertension, les maladies cardiaques ischémiques, les accidents cardiovasculaires
ainsi que les troubles cognitifs chez l’enfant (Andrieux et al. 2020). Par ailleurs, plusieurs études, dont
celle de Lauwers et al. (2021a), soutiennent l’hypothèse selon laquelle les nuisances sonores impactent
les fonctions neurocognitives et peuvent être associées aux troubles de l’humeur et aux maladies
neurodégénératives. En outre, le bruit du trafic routier, aérien ou ferroviaire entraîne des troubles du
sommeil (Lauwers et al, 2021a), ce qui a des conséquences néfastes sur l’état de santé.

Le bruit environnemental est défini par l’OMS comme étant « le bruit provenant de toutes sources, à
l’exception du bruit émis en milieu de travail. » Véritable enjeu de santé publique dont les effets
chroniques ont été longtemps sous-estimés, le bruit constitue le deuxième facteur de risque
environnemental au niveau européen, derrière la pollution de l’air. En Région bruxelloise, il
représenterait la première cause environnementale de déménagement et la première source de plainte
auprès de Bruxelles Environnement (Bruxelles Environnement, 2012 ; Bruxelles Environnement, 2014
in Andrieux et al, 2020).

Selon une étude menée par Bruxelles Environnement (2019), le bruit lié aux transports routiers, aérien
et ferroviaire serait responsable de la perte de plus de 10.000 années de vie en bonne santé pour
l’année 2016 pour les [Link] (voir focus « Le coût sociétal du bruit des transports »).

Même si, avec l’atténuation des émissions, la qualité de l’isolation phonique des logements reste le
levier le plus efficace à mobiliser (y compris parce qu’il permet aussi d’intégrer la lutte contre les bruits
de voisinage), la présence de la végétation, capable de dévier et d’absorber les ondes sonores, peut
contribuer à atténuer l’exposition au bruit et ses perceptions négatives (Figure 26.7). Lorsqu’un sol est
recouvert de végétation, il sera en général plus poreux et mou, donc acoustiquement plus absorbant.
En outre, la végétation peut s’accompagner de sons naturels tels que les bruits de feuillages, des
chants d’oiseaux ou des éléments aquatiques, ce qui peut améliorer l’appréciation sonore d’un lieu
(CSS, 2021 ; Bruxelles Environnement, 2021c).

28. APPORT DE LA NATURE À LA SANTÉ DES [Link]


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Figure 28.7 Atténuation du bruit avec la distance et la présence d’une bande


boisée
Source : Bruxelles Environnement 2021c

Les dispositifs végétaux les plus efficaces pour interagir avec les ondes sonores sont les arbres et les
haies, surtout lorsqu’ils forment une bande large et dense en matériel ligneux (bois). La combinaison
de plantes herbacées, d’arbustes et d’arbres permet en général d’obtenir un effet maximal (CSS, 2021 ;
Bruxelles Environnement, 2021c.) Une plantation d’arbres dont les troncs font environ 16 centimètres
de diamètre, espacés d’un à deux mètres, sur une longueur de 25 mètres et une profondeur de 75
mètres permettrait d’atténuer le bruit d’environ 7 dB(A) en comparaison d’un terrain simplement enherbé
(ADEME, 2018 in Bruxelles Environnement, 2021c).

En outre, les buttes de terres végétalisées ou la végétalisation de voies de tram peuvent représenter
des solutions basées sur la nature efficaces pour réduire les nuisances sonores (Bruxelles
Environnement, 2021c).

En Région bruxelloise, les zones de confort acoustique se situent principalement dans les espaces
verts et les intérieurs d’îlots. Le maillage vert et bleu et le « maillage calme »3 sont donc
complémentaires car ils permettent d’offrir des espaces préservés des nuisances sonores urbaines,
lieux de ressourcement et de convivialité qui participent au bien-être de la population.

Des zones de confort existantes (Figure 26.8) (à protéger, dans les quartiers ou dans les espaces verts)
ainsi que des zones de confort potentielles, à améliorer et à créer, en particulier dans des espaces verts
soumis à un bruit environnant trop important, ont été mises en évidence. Des zones densément
peuplées ne sont pas couvertes par celles-ci et constituent donc des zones de carence en matière de
calme (Plan [Link], 2019). À noter toutefois que créer des zones de calme dans les intérieurs
d’ilots par la construction au niveau de dents creuses (parcelles non construites, passages latéraux,
etc.) peut représenter une fragmentation paysagère nuisible à la biodiversité et réduire ses bénéfices à
petite échelle (voir « Fragmentation des habitats naturels »).

3
La directive européenne 2002/49/CE, relative à l’évaluation et à la gestion du bruit dans l’environnement confirme que « dans
le cadre de la politique communautaire, un niveau élevé de protection de la santé et de l’environnement doit être atteint et la
protection contre le bruit est un des objectifs visés ». Elle ajoute en particulier que les plans d’actions développés par les
grandes agglomérations doivent viser à protéger les zones calmes d’une augmentation du bruit. C’est dans ce contexte que la
Région de Bruxelles-Capitale a élaboré son nouveau Plan [Link] autour de trois axes : réduire les effets du bruit
sur la santé, permettre à chacun d’avoir accès au calme et maintenir l’attractivité de la ville. Il s’agit aussi d’éviter une
dualisation de la ville en offrant suffisamment de lieux de ressourcement à tous. Pour cela il est fondamental d’atteindre un
maillage calme plus dense, mieux réparti sur l’ensemble de la Région, dans la sphère privée comme dans la sphère publique,
avec pour corollaire une réduction des disparités sociales et territoriales. Cette logique favorise la mixité, évite de créer des
sanctuaires de calme et assure une plus grande continuité du projet urbain (Plan [Link], 2019).

28. APPORT DE LA NATURE À LA SANTÉ DES [Link]


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Figure 28.8 Zones calmes et zones de confort acoustique à protéger en Région


de Bruxelles-Capitale
Source : Plan [Link], 2019

Sur l’ensemble du territoire régional, 60 zones de confort acoustique (en comptant la forêt de Soignes,
seule zone calme de la Région) sont accessibles au public. Ensemble, ces 60 zones présentent une
surface de 19,86 km², ce qui correspond à 12,2 % de la surface régionale (162,5 km²). Au total, environ
30 km² d’espaces verts et espaces végétalisés sont accessibles au public mais seulement deux tiers
sont des zones de confort acoustique (Styns, 2022). Bruxelles Environnement a donc édité une carte
de zones de confort acoustique à créer et à améliorer (Plan Quiet Brussels 2019).

3.3. Régulation du climat

L’urbanisation et l’étalement urbain engendrent l’imperméabilisation des sols et sont à l’origine du


phénomène d’îlot de de chaleur urbain : il fait généralement plus chaud dans les zones urbaines que
dans les zones rurales avoisinantes (Lauwaet et al. 2016 ; Bruxelles Environnement, 2021a).
L’importante capacité thermique4 des villes, les sources de chaleur anthropiques ainsi que
l’imperméabilisation des sols urbains inhibant le refroidissement par évaporation y contribuent.

Par conséquent, les milieux urbains sont particulièrement sujets aux vagues de chaleur, au cours
desquelles une surmortalité est observée. Selon l’Institut national de Santé publique Sciensano, les
vagues de chaleur enregistrées durant l’été 2019 ont toutes les trois coïncidé avec une surmortalité de
la population, en particulier en Région bruxelloise. De Muynck et Ragot (2022) ajoutent qu’en France,
la géographie des victimes des vagues de chaleur de 2003 n’a pas été directement proportionnelle aux
températures atteintes. Si elle a concerné principalement les personnes âgées dans les zones
touchées, il a été démontré que les facteurs aggravants ont été :
- les températures atteintes en fin de nuit, la chaleur nocturne ayant été accentuée en ville où les
bâtiments, revêtements et mobiliers urbains non adaptés restituent durant la nuit la chaleur
accumulée le jour, ce qui a contribué au phénomène d’îlot de chaleur urbain ;

4
La capacité thermique est la quantité de chaleur que peut emmagasiner un matériau par rapport à son volume. Elle est définie
par la quantité de chaleur nécessaire pour élever de 1°C la température de 1 m3 du matériau. Plus la capacité thermique d’un
matériau est élevée, plus la quantité de chaleur que peut stocker ce matériau est grande. Les matériaux tels que l'asphalte, le
béton et le granit sont des revêtements qui accumulent l'énergie solaire en journée et restituent la chaleur emmagasinée la nuit.
Ces matériaux, imperméables et sombres, sont de véritables réservoirs de chaleur qui accentuent l'îlot de chaleur urbain (Ecobati,
2015)..

28. APPORT DE LA NATURE À LA SANTÉ DES [Link]


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- la pollution de l’air, qui est positivement liée à l’ensoleillement et à l’absence de vent, ayant
fragilisé les personnes souffrant de troubles respiratoires (Leone et al. 2010).

Le phénomène d’îlot de chaleur est crucial à comprendre et analyser pour la Région bruxelloise, a fortiori
parce que les facteurs aggravants (mauvaise isolation des logements, carence en espaces verts, etc.)
concernent davantage les populations les plus précarisées ou plus sensibles (seniors, etc.) aux risques
pour la santé (De Muynck, Wayens et al. 2021 ; De Muynck et Ragot 2022).

À l’avenir, l’Institut royal météorologique (IRM) estime dans son Rapport climatique de 2020 qu’on peut
s’attendre à « au moins une vague de chaleur par été à Bruxelles à partir de 2050 » (IRM, 2020).

Par ailleurs, Factor X et al. (2012) estiment que le changement climatique pourrait engendrer une
augmentation du risque des maladies infectieuses comme l’augmentation de la maladie de Lyme, liée
à la croissance des tiques qui résistent aux hivers plus chauds (Berrod 2008 ; Jonet, 2021). Les tiques
peuvent parasiter les rongeurs et les cervidés mais également les humains et leurs animaux de
compagnie (Jonet, 2021). L’occurrence des maladies véhiculées par les moustiques (telles que le
chikungunya, la malaria, la dengue, le virus du Nil occidental, etc.) pourrait se renforcer (Factor X et al.,
2012).

Certaines espèces végétales telles que les bouleaux et noisetiers émettent du pollen à fort potentiel
allergisant, responsable de nuisances sanitaires saisonnières chez les personnes sensibles et
allergiques. Le changement climatique induit une augmentation des températures moyennes, ce qui
stimule certains végétaux et entraîne une augmentation des quantités de pollen produit ainsi qu’un
allongement de la période de production de pollen. Dès lors, certaines allergies risquent de prendre de
l’ampleur à l’avenir (Factor X et al., 2012). En outre, selon Stas et al. (2021), la présence d’arbres
allergènes est un facteur de risque de détresse mentale pour les personnes allergiques, malgré le fait
que l’exposition aux espaces verts soit positivement associée au bien-être mental. Pendant la saison
pollinique, les symptômes dépressifs sont plus forts chez les patients allergiques que chez les autres
personnes ou chez les patients allergiques en dehors de la saison pollinique. Par ailleurs, le pollen des
arbres allergènes n’est pas le seul à être à l’origine des symptômes d’allergie. La pollution
atmosphérique affecte le système respiratoire (irritation, inflammation, etc.) et rend certaines personnes
plus sensibles au pollen, ce qui crée une boucle de rétroaction négative. De plus, le pollen produit par
les plantes urbaines contient plus d’allergènes (adsorption d’autres polluants atmosphériques,
dégradation des parois des grains de pollen exposant davantage de composés allergisants, etc.), ce
qui peut déclencher des réactions allergiques plus sévères (Gisler, 2021).

À une échelle plus large, les principaux puits de carbone continentaux sont les sols et les végétaux,
qui séquestrent le CO2 et d’autres gaz à effet de serre et régulent ainsi l’émission de gaz à effet de
serre et les changements climatiques à l’échelle planétaire. Cependant, le stockage de carbone est
empêché lorsque les sols sont scellés et imperméabilisés (ADEME, 2017). Les surfaces couvertes par
une végétation boisée en Région bruxelloise couvrent environ 22 % de la superficie totale et assurent
ce rôle de captage de CO2 (Bruxelles Environnement 2020b ; Bortolotti et al., 2018).

Les végétaux qui se développent sur les sols urbains régulent également la température de l’air
localement et réduisent l’effet d’îlot de chaleur via l’évapotranspiration, l’ombre qu’ils créent et la
réflexion des rayons du soleil (Figure 9) (Blanchart et al, 2017 ; Bruxelles Environnement, 2021a). Les
arbres participent plus à ce phénomène de rafraîchissement que les plantes herbacées car leur plus
grande taille leur permet de former une plus grande surface d’ombre, ainsi que d’évaporer et transpirer
des centaines de litres de vapeur d’eau par jour (Bruxelles Environnement, 2021a).

28. APPORT DE LA NATURE À LA SANTÉ DES [Link]


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Les données de Bruxelles Environnement: « Santé et nature »

Figure 28.9 Comment les arbres rafraîchissent la ville


Source : Bruxelles Environnement 2021a (adapté de VITO et WITTEVEEN+BOS 2020)

La comparaison de la cartographie des îlots de fraîcheur dans la Région de Bruxelles-Capitale (Figure


26.10, voir « Cartographie des îlots de fraîcheur à Bruxelles ») avec celle du taux de végétalisation
(Figure 26.11) permet de constater l’impact évident de la végétation (voir la carte interactive de la
« Végétation 2020 »). En outre, les sols perméables auxquels la végétation peut être associée
contribuent à l’optimisation des bénéfices apportés par cette dernière, notamment via l’évaporation des
eaux pluviales infiltrées (Bruxelles Environnement, 2021a).

Figure 28.10 Cartographie des îlots de fraîcheur dans la Région de Bruxelles-


Capitale (Lauwaet et De Ridder, 2018) & Figure 26.11 Cartographie du degré de
végétalisation (en pourcentage de couverture végétale par îlots URBIS) en
Région de Bruxelles-Capitale (2020)
Source : Bruxelles Environnement

28. APPORT DE LA NATURE À LA SANTÉ DES [Link]


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D’après l’étude de Gromke et al. 2015 (citée par Bruxelles Environnement 2021a), lors d’une journée
chaude dans une rue canyon, ce sont essentiellement les arbres d’alignement qui rafraichissent la rue
le plus efficacement. Ils peuvent réduire localement la température jusqu’à 1,5°C. La végétalisation des
façades (plantes grimpantes) et les toitures végétalisées peuvent induire une réduction de la
température de maximum 0,5°C. Si ces mesures sont combinées, la réduction moyenne de la
température est de 0,5°C et de maximum 2,0°C. Ce n’est qu’à proximité (quelques mètres) de la
végétation que ces effets se produisent (Bruxelles Environnement, 2021a).

Afin d’améliorer le confort thermique des citadins, il est donc nécessaire d’augmenter la présence du
végétal dans l’ensemble de la ville, de multiplier les espaces verts et de les connecter entre eux au
maximum. Plus le réseau d’espaces verts sera dense et les superficies seront étendues, plus l’impact
du rafraîchissement sera significatif et pourra être perçu à grande échelle (Bruxelles Environnement,
2021a).

3.4. Régulation des inondations

Les inondations occasionnent des risques sanitaires majeurs, notamment d’origine infectieuse :
maladies à transmission féco-orales (manque d’accès aux installations sanitaires, débordement
d’égouts…), contamination alimentaire (eau non potable, rupture de la chaine du froid, contamination
des potagers et parcelles cultivées…), possibles zoonoses (contact avec des déjections animales),
humidité, pourrissement et moisissure des infrastructures et matériaux, inhalation de poussières et
aérosols notamment lors du nettoyage post-inondation (Région wallonne, 2021). Les perturbations
des services de secours et l’atteinte d’infrastructures critiques (hôpitaux, maisons de repos,
infrastructures de transport, etc.) représentent également un risque important et accru dans les zones
d’aléas d’inondations (voir « Cartographie relative à l’évaluation et à la gestion des risques
d’inondations »).

Au cours des dernières décennies, la croissance continue de la zone urbaine de Bruxelles-Capitale a


donné naissance à un tissu urbain très étendu, composé de grandes et petites agglomérations
urbaines reliées par un réseau de transport bien développé. L’augmentation de l’imperméabilisation
des sols affecte, entre autres, le cycle hydrologique et le climat urbain (Vanderhaegen et Canters,
2016).

En Europe, le changement climatique induit une augmentation de la fréquence et/ou de l’intensité des
précipitations. En outre, l’imperméabilisation des sols restreint les zones de rétention d’eau, ce qui
entraîne une augmentation du ruissellement des eaux de surface, l’érosion des sols et augmente le
risque d’inondation.

Les inondations peuvent avoir différentes sources. Elles peuvent être fluviales (causées par le
débordement de cours d’eau au-dessus de leurs berges) et pluviales (résultant du ruissellement des
eaux lors des épisodes pluvieux intenses) (Bruxelles Environnement, 2020d). La carte d’aléas
d’inondations indique les zones où pourraient se produire les inondations pluviales classées par type
d’aléa : faible, moyen ou élevé (Bruxelles Environnement 2009 ; 2020d).

Les sols constituent la principale interface entre l’eau atmosphérique et les masses d’eau superficielles
et souterraines. Lors de fortes précipitations, le rôle des sols est primordial dans l’atténuation des
inondations (ADEME, 2017). En fonction de leurs propriétés intrinsèques (qualité et structure du sol) et
de leur taux de perméabilisation (en surface mais également en profondeur), les sols permettent
l’infiltration de l’eau de pluie. La végétation joue également un rôle important dans le cycle de l’eau et
dans la régulation des inondations. L’eau de pluie est en partie interceptée par la végétation, ce qui lui
permet de s’infiltrer de façon progressive dans le sol et limite donc le ruissellement et le risque
d’inondation. Les racines des plantes vont absorber une partie de l’eau infiltrée dans le sol et les plantes
vont ensuite réémettre une partie de cette eau dans l’atmosphère via le phénomène
d’évapotranspiration. Les plantes participent également à enrichir le sol en matière organique et à
améliorer ses capacités de rétention d’eau.

28. APPORT DE LA NATURE À LA SANTÉ DES [Link]


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En Région bruxelloise, le principe de Gestion Intégrée des Eaux de Pluie (GIEP) représente l’approche
désormais privilégiée pour l’aménagement urbain et englobe l’ensemble des aménagements et
dispositifs qui participent à la restauration du cycle naturel de l’eau. Dans ce paradigme, les eaux de
pluie sont donc gérées « à la source », directement (ou au plus près possible) de là où elles tombent,
et séparées du réseau d’égouttage d’eaux usées. La GIEP comprend des dispositifs très diversifiés et
combinables entre eux, privilégiant au maximum l’infiltration in situ (avec des dispositifs infiltrants
paysagers et végétalisés - voir plus bas - mais aussi des dispositifs non végétalisés comme les enrobés
drainants et les voiries réservoirs), intégrant également les toitures végétalisées ou, lorsque c’est
pertinent, la connexion au réseau hydrographique, de préférence à ciel ouvert et intégrée au paysage.

Ces aménagements combinés, réalisés partout où c’est possible sur le territoire, a fortiori en amont des
zones inondables, permettent de réduire le risque d’inondation en diminuant le ruissellement des eaux
et la quantité d’eau pluviale déversée dans les égouts et les stations d’épuration, a fortiori lors des
précipitations intenses. Ils permettent aussi d’améliorer la qualité des eaux de surface en diminuant le
déversement d’eaux sales et polluées dans les milieux naturels car les déversoirs d’orage doivent être
moins souvent sollicités (les trop-pleins du réseau d’égouttage sont reliés au réseau hydrographique et,
lors des déversements, augmentent fortement la quantité de déchets et la charge organique dans les
cours d’eau, conduisant à une eutrophisation puis une chute forte du taux d’oxygène de l’eau, pouvant
se révéler fatale pour les espèces aquatiques) (voir « Qualité biologique des principaux cours d’eau et
étangs »).

Les dispositifs de GIEP participent à la réduction de l’imperméabilisation des sols, l’eau de pluie s’infiltre
alors de façon progressive dans le sol, ce qui contribue également à refroidir l’air ambiant et donc à
réduire le phénomène d’ilot de chaleur urbain. En outre, cette démarche participe à l’amélioration du
caractère environnemental et paysager de l’espace public bruxellois. Parmi les dispositifs végétalisés,
on retrouve notamment la noue paysagère, le jardin de pluie (Figure 26.12) ou l’arbre de pluie, qui
consistent en substance en une dépression dans le sol permettant de collecter les eaux de
ruissellement, de les stocker temporairement (substrat comprenant une fraction pierreuse), puis de les
évacuer idéalement par infiltration naturelle lorsque c’est possible (Commune de Forest, 2022 ;
Bruxelles Environnement, 2021d).

Figure 28.12 Jardin de pluie situé au niveau des rues Louis et Auguste Lumière
(commune de Forest).
Source : Commune de Forest, 2022

28. APPORT DE LA NATURE À LA SANTÉ DES [Link]


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3.5. Influence de l’exposition à un microbiote environnemental diversifié sur la santé

Le microbiote5 affecte le développement et la fonction de presque tous les systèmes organiques et


protège contre les microorganismes pathogènes et les toxines. Le contact physique avec la nature et
avec un microbiote environnemental diversifié permettrait de renforcer le système immunitaire. Être
en contact avec la biodiversité microbienne est encore plus important pendant l’enfance.

En Région bruxelloise, les personnes habitant dans les zones de carence en espaces verts sont donc
susceptibles d’être privées de ces effets positifs. Vivre en ville limite en effet le contact avec la diversité
environnementale et donc microbienne et augmente le risque de développer des problèmes chroniques
de santé humaine associés. Cette restriction de contact est associée à une augmentation de l’incidence
des allergies alimentaires, allergies au pollen, de l’asthme, d’un mauvais contrôle de l’inflammation, des
cancers, de l’obésité, des maladies cardiovasculaires, du syndrome métabolique, du diabète de type 2,
du risque sur les maladies auto-immunes, de l’eczéma et de la dépression. Le fait de grandir dans des
environnements riches en microbes, tels que les milieux ruraux, et en contact plus étroit avec
l’environnement pourrait réduire le développement d’allergies ou d’atopie 6, ce qui serait en partie dû à
l’acquisition de composants de notre microbiote à partir du sol, des plantes et des autres animaux (CSS,
2021).

En outre, Mycobacterium vaccae, une bactérie très présente dans la terre, est connue pour stimuler la
production de sérotonine et de noradrénaline dans le cerveau. La dopamine a un effet sur les émotions,
notamment celles qui se rapportent au plaisir et la sérotonine régule l’humeur mais également le
sommeil, la mémoire et la libido. Cette bactérie fonctionne donc comme un antidépresseur naturel
(Vallet, 2021).

L’accessibilité à la nature et la richesse de la biodiversité dans le cadre de vie direct peuvent donc
réduire la prévalence de nombreuses maladies répandues (CSS, 2021).

4. Influence de la nature sur les comportements agissant sur la santé


et le bien-être
La disponibilité en espaces verts et espaces récréatifs qualitatifs est essentielle à la qualité de vie
en ville. L'OMS recommande d’ailleurs que les résidents urbains aient accès à au moins 0,5 à 1 hectare
d'espace vert public à moins de 300 m de leur domicile (OMS, 2017 in EEA, 2022). En Région
bruxelloise, la croissance démographique ainsi que la réduction de la taille des ménages ont engendré
une augmentation du nombre de bâtiments de type « immeubles à appartements » de 57 % entre 2011
et 2021, ce qui a eu pour conséquence de réduire la part de la population ayant accès à un jardin privé,
accès qui était par ailleurs déjà faible dans le Pentagone et en première couronne plus dense.

L’urbanisation croissante entraîne l’exposition à des facteurs de stress environnementaux (pollution,


bruit, trafic…) qui contribuent potentiellement à une augmentation du stress et à une altération de la
santé mentale. Dans les sociétés modernes, et en particulier dans les zones urbaines, les troubles de
la santé mentale semblent être un problème croissant. Selon l’OMS, la dépression touche environ
264 millions de personnes et constitue l’une des principales causes de handicap dans le monde (OMS,
2020a in Lauwers et al., 2021a). Quasi autant de personnes souffrent de troubles de l’anxiété et elles
sont nombreuses à être affectées par les deux pathologies simultanément (OMS, 2017 in Lauwers et
al., 2021a).

En Belgique, l’enquête Health Interview Survey a mis en évidence une détérioration de la santé
psycho-émotionnelle de la population avec une proportion de répondants présentant des difficultés
psychologiques (telles que de l’anxiété, des troubles dépressifs ou des troubles du sommeil) ayant

5
Ensemble des bactéries, virus et levures vivant dans un milieu déterminé (Larousse, 2022a).
6
Prédisposition héréditaire à développer des manifestations d'hypersensibilité immédiate telles que l'asthme, le rhume des
foins, l'urticaire, l'eczéma dit atopique, la pollinose (sensibilité aux grains de pollen), certaines rhinites et conjonctivites ainsi que
diverses manifestations allergiques digestives (Larousse, 2022b).

28. APPORT DE LA NATURE À LA SANTÉ DES [Link]


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augmenté de 25 à 32 % entre 2008 et 2013. C’est en Région de Bruxelles-Capitale que la proportion


est la plus élevée, avec 40 % de répondants ayant des difficultés psychologiques contre 35 % en
Wallonie et 29 % en Flandre (Lauwers et al., 2021a).

Les villes sont des systèmes complexes et les résultats de la santé des citadins dépendent de
nombreuses interactions entre les facteurs personnels, sociaux, physiques et institutionnels (Figure
13) (Lauwers et al., 2021a).

Figure 28.13 Cadre socio-écologique illustrant les interactions entre les facteurs
personnels, sociaux, physiques et institutionnels décrivant les influences de
l'environnement du quartier sur le bien-être mental
Source : Lauwers et al., 2021b

Les espaces verts contribuent à la préservation de la santé et du bien-être des citadins en leur offrant
notamment des espaces de repos et de détente mais également des espaces propices aux activités
physiques et interactions sociales. Les espaces verts constituent des points de rencontre qui
permettent aux habitants de créer des liens, ce qui favorise les relations et la cohésion sociale. Par
conséquent, les citadins qui ont la possibilité de se rendre dans des espaces verts proches de chez eux
disposent d’une meilleure qualité de vie. Le fait d’établir des contacts sociaux est d’une grande
importance pour la santé et le bien-être humain. Les espaces verts favorisent la communication et
peuvent aider certaines personnes à sortir de l’isolement. Ils agissent comme des multiplicateurs de
capital social « en créant des opportunités de réseau social et un sentiment d’appartenance » (Ten Brink
et al., 2016 in CSS, 2021). L’agriculture et l’horticulture urbaines peuvent stimuler des activités
associées à un mode de vie plus sain telles qu’une activité physique accrue et des pratiques
alimentaires plus saines (Ten Brink et al., 2016 in CSS, 2021). Le baromètre réalisé en 2022 par
Bruxelles Environnement sur le ressenti des [Link] par rapport à la nature montre que pour 93%
d’entre eux/elles, la nature est importante pour l’équilibre physique et mental et pour 88% qu’elle est un
lieu de rencontre, qu’elle a un rôle social (Bruxelles Environnement, 2022).

La nature peut encourager les citoyens à être davantage à l’extérieur et donc à être plus souvent
exposés à la lumière du soleil, essentielle pour le rythme circadien7 naturel. Ces cycles jouent un

7
Rythme biologique d'une période d'environ 24 heures. Le terme vient du latin circa (presque) et de dies (jour). De tels rythmes
biologiques existent chez tous les êtres vivants, bactéries comprises, et se manifestent par des variations cycliques d'un grand
nombre de paramètres physiologiques (activité métabolique, sécrétion d'hormones...). On parle souvent d'horloges internes pour
décrire les phénomènes à l'origine de ces rythmes, qui peuvent aussi être calés sur l'environnement (Futura Santé, 2022).

28. APPORT DE LA NATURE À LA SANTÉ DES [Link]


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rôle indispensable, notamment pour le métabolisme et le repos, qui sont extrêmement importants dans
le maintien des faibles niveaux de stress et un bon état de santé mentale et physique. De plus, les
personnes qui sont plus souvent dehors présentent des taux plus élevés de vitamine D, essentielle au
bon fonctionnement de l’organisme. Sa fonction principale est d'augmenter les concentrations de
calcium et de phosphore dans le sang, indispensables à la santé des os mais aussi au renouvellement
des tissus musculaires et au bon fonctionnement du système immunitaire (CSS, 2021).

En outre, avoir accès à la nature sous toutes ses formes donne l’opportunité de se connecter avec le
vivant et, par conséquent, d’être sensibilisé à la protection de la nature et de l’environnement.
L’urbanisation, en érodant la biodiversité et en réduisant les espaces de contact et d’interaction des
humains avec la nature – a fortiori la nature sauvage – engendre un phénomène d’ « extinction de
l’expérience de la nature », accentuant génération après génération la crise écologique en déforçant
les politiques publiques et internationales en matière de biodiversité édictées par des urbains (Miller,
2005 ; Pyle, 2016).

L’importance sociétale des espaces verts pour les loisirs a également été soulignée par les
confinements associés à la pandémie de COVID-19, période particulièrement pénible pour les
personnes qui n’avaient pas accès à des espaces verts privés (EEA, 2022), a fortiori lorsque l’accès
aux parcs publics était restreint. Des travaux récents portant sur Bruxelles ont démontré que, pendant
le confinement, les [Link] ont accordé une priorité accrue aux espaces verts et qu’ils les ont
davantage fréquentés (Da Schio et al. 2021).

Le développement physique et mental des enfants est aussi renforcé par le fait de vivre, de jouer et
d’apprendre dans des environnements verts. Ces derniers sont associés chez les plus jeunes à une
amélioration de la mémoire, de l’attention et de la capacité d’apprentissage, ainsi qu’à une réduction du
stress. Les parcs et aires de jeux contribuent au bien-être et à la cohésion sociale en encourageant la
participation à des activités collectives. En outre, l’éducation et le jeu dans la nature aident les enfants
à développer leurs capacités motrices. En revanche, les enfants moins exposés aux espaces verts sont
susceptibles d’avoir une moins bonne vue, de souffrir d’obésité et de stress (EAA, 2022). Par ailleurs,
les expériences de la nature dans l’enfance sont susceptibles d’influencer les relations avec les
environnements naturels. Les enfants qui sont plus exposés à la nature et plus éduqués par rapport à
celle-ci sont plus à même de la préserver lorsqu’ils seront adultes (CSS, 2021). Ces constats, en
complément de la lutte contre les ilots de chaleur, justifient les politiques publiques de végétalisation
des cours de récréation, par exemple, pour la Région bruxelloise, l’opération Ré-Création.

Les espaces de jeux participent au développement psychomoteur, physique et social des enfants,
adolescents et adultes. En 2011, Bruxelles comptait 299 plaines de jeux et 142 infrastructures de type
terrains multisports ou skateparks. Le recensement des ces installations et des espaces verts a permis
de mettre en évidence leur répartition inégale dans le tissu urbain (Bruxelles Environnement, 2020c)
(voir « Le maillage jeux »)..

Les lieux fortement végétalisés sont par ailleurs plus propices aux loisirs récréatifs et aux pratiques
sportives. Il a également été constaté que l'activité physique dans la nature améliore la santé mentale
(CSS, 2021). Les espaces naturels en ville peuvent encourager les citoyens à utiliser des moyens de
mobilité active tels que la marche ou le vélo, ce qui est bénéfique pour la santé car ils pratiquent une
activité physique mais également car ces pratiques permettent de réduire les émissions de polluants
atmosphériques, le bruit et la pollution lumineuse indésirables (CSS, 2021).

5. Conclusion
La nature présente à Bruxelles contribue à la santé et au bien-être des citadin.e.s en leur offrant
notamment des espaces de repos et de détente mais également des espaces propices aux activités
physiques et aux interactions sociales, avec un effet positif sur la qualité de vie, le bien-être physique
et psychologique. Elle participe également à la réduction des ilots de chaleur et des risques d’inondation,
en limitant ainsi leurs impacts sanitaires. Dans certaines conditions, la présence de végétation peut
également réduire localement l’exposition des citadins aux polluants atmosphériques et aux nuisances
sonores (Bruxelles Environnement, 2012 ; Barboza et al., 2021 ; EEA, 2022).

28. APPORT DE LA NATURE À LA SANTÉ DES [Link]


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Les données de Bruxelles Environnement: « Santé et nature »

La nature n’est toutefois pas équitablement répartie sur le territoire, si bien que tous les [Link]
ne bénéficient pas de manière égale des services écosystémiques qu’elle procure, notamment ceux liés
à la santé. Les personnes appartenant à des groupes plus vulnérables aux risques pour la santé
(personnes âgées, enfants, personnes ayant un faible statut socio-économique, groupes de minorités
ethniques, femmes et femmes au foyer) ont souvent moins accès à la nature présentant une biodiversité
élevée (et donc de haute qualité). Dans les quartiers où les revenus sont plus faibles, la nature est
susceptible d’être de moins bonne qualité (CSS, 2021). La structuration socio-spatiale des inégalités
dans la ville, largement liées à la qualité des logements (densité, vétusté, environnement, etc.) et aux
prix de l’immobilier, fait que ce sont majoritairement les personnes aux revenus les plus modestes qui
sont plus exposées aux nuisances environnementales.

Réduire les inégalités d’accès à des espaces verts de qualité et favoriser la biodiversité partout où c’est
possible permettrait de maximiser les avantages pour la santé et le bien-être que procure la nature en
ville. Évidemment, l’effet palliatif d’une amélioration de l’accès à la nature et aux services
écosystémiques ne peut contrecarrer les effets néfastes de la précarité sociale en termes de santé et
de politiques publiques (éducation, emploi, etc.). Ce n’est donc aucunement un substitut aux mesures
d’amélioration des situations économiques et sociales des individus, mais bien un facteur d’amélioration
indispensable pour la santé des citadins, a fortiori dans un contexte de changement climatique qui
renforcera plus encore les pressions environnementales sur le territoire bruxellois.

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RUELLE Julien

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