0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
920 vues64 pages

Francais 3e

Transféré par

irajsarvi
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
920 vues64 pages

Francais 3e

Transféré par

irajsarvi
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Français

Plus d’entraînement sur


www.hatier-entrainement.com
Français
DATE ĒVALUATION
GRAMMAIRE
1 Les classes grammaticales 6
2 Les fonctions essentielles autour du verbe 8
3 Les compléments de phrase 10
4 Les expansions du nom 12
5 Les formes de phrases 14
6 La phrase complexe et les différentes subordonnées 16
7 Les subordonnées circonstancielles 18
8 L’expression de l’opposition 20

CONJUGAISON
9 Difficultés aux temps simples de l’indicatif 22
10 Valeurs des temps de l’indicatif 24
11 Le subjonctif 26
12 Le conditionnel 28

ORTHOGRAPHE
13 L’accord du verbe avec le sujet 30
14 L’accord de l’adjectif qualificatif 32
15 L’accord du participe passé (1) 34
16 L’accord du participe passé (2) : verbes pronominaux 36
17 Les homophones grammaticaux 38

LEXIQUE
18 La formation des mots 40
19 Champ sémantique et champ lexical 42
20 Les figures de style 44

LIRE ET ÉCRIRE
21 La modalisation 46
22 Les reprises nominales et pronominales 48
23 Le récit 50
24 La description 52
25 Les paroles rapportées 54
26 L’argumentation 56
27 L’autobiographie 58
28 Le théâtre 60
29 Le théâtre contemporain 62
30 La poésie 64
31 La poésie engagée 66
1
GRAMMAIRE

Les classes grammaticales

RETENIR

1 / Les mots variables


MOTS CLÉS Classe grammaticale Exemples

| Classe Nom • Nom commun tempête, étoile, avion, courrier…


grammaticale : Tous • Nom propre Antoine, Chili, Patagonie, Buenos Aires…
les mots appartiennent à Déterminant • Articles le, la, les, un, une, des
une classe grammaticale • Dét. démonstratif ce, cet, cette, ces
qui est indiquée par le
dictionnaire. Il y a neuf
• Dét. possessif mon, ma, mes, ton, ta, tes…
classes grammaticales. • Dét. interrogatif/ quel, quelle, quels, quelles
exclamatif
| Mots variables : • Dét. numéral un, deux…, premier, deuxième…
mots qui prennent des
• Dét. indéfini quelques, plusieurs, chaque, tout, aucun, même, autre…
marques de genre et de
nombre (pour les noms, les Pronom • Pr. personnel je, tu, il, elle, le, la, les, lui, leur…
adjectifs, les déterminants • Pr. démonstratif ce, ceci, cela, celui, ceux…
et les pronoms) ou de • Pr. possessif le mien, les miens, le tien, les tiens…
personne, temps et mode • Pr. relatif qui, que, dont, où, lequel
(pour les verbes).
• Pr. interrogatif qui ? que ? lequel ?
• Pr. indéfini quelqu’un, quelque chose, certains, chacun, tous, personne, rien…
Adjectif qualificatif mortel, immense, silencieux, nocturne, redoutable…
Verbe luire, juger, voir, monter…

2 / Les mots invariables


Classe grammaticale Exemples
Adverbe • circonstanciel ici, là, parfois, bien…
• interrogatif quand ? où ? comment ? pourquoi ?…
• négatif ne, ne… pas, ne… plus, ni… ni…
• de phrase ainsi, ensuite, enfin…
Préposition à, dans, de, par, pour…
Conjonction • de coordination mais, où, et, donc, or, ni, car
• de subordination que, quand, comme, parce que…
Interjection ah ! oh ! hélas !

LA MÉTHODE

, Identifier la nature de tout


• Tout est adverbe quand il signifie « tout à fait, entièrement ». Il est alors invariable.
La carlingue de l’avion tout entière fut secouée.

MINI INTERRO
f Attention, cependant, devant un adjectif qualificatif au féminin commençant
par une consonne ou un h aspiré, l’adverbe tout s’accorde pour faciliter
1. Quelles sont les classes
grammaticales des mots
la prononciation. Je suis toute seule.
variables ? • Tout est un déterminant indéfini quand il est suivi d’un nom. Il s’accorde
2. Quelle est la nature alors avec ce nom. Tous les avions transportaient du courrier.
de tout dans cette
phrase ? Marie est • Tout est un pronom indéfini quand il est employé seul.
toute surprise.
Tout l’ennuie. Tous [on entend le s] l’ennuient. Toutes l’ennuient.

6
Français
S’ENTRAÎNER

1 3
1 2
Quiz Tout, tous ou toute ?
Lis le texte puis coche la bonne réponse. Complète les phrases avec tout, tous ou toute
et indique la nature de chacun.
Dans Vol de nuit, Saint-Exupéry raconte a. ............. les avions devaient trouver leur chemin
l’aventure de l’Aéropostale qui a exploré,
au-dessus des Andes.
entre 1927 et 1933, les voies aériennes
susceptibles de relier le Chili et le Brésil. b. ............. pilote sait que c’est un voyage difficile quand

Et c’est à cette minute que luirent sur sa tête, la tempête brouille ............. les repères habituels.
dans une déchirure de la tempête, comme un c. ............. se perd dans la brume.
appât mortel au fond d’une nasse, quelques

4
étoiles. Il jugeait bien que c’était un piège ; on voit 2
trois étoiles dans un trou, on monte vers elles, Déterminants
ensuite on ne peut plus descendre, on reste là Dans l’extrait de l’exercice 1, relève
à mordre les étoiles… Mais sa faim de lumière les déterminants et classe-les dans ce tableau.
était telle qu’il monta.
■ Antoine de SAINT-EXUPÉRY, Vol de nuit Article défini ........................................
© Éditions Gallimard, 1930.
Article indéfini ........................................
Déterminant Préposition Adverbe Déterminant possessif ........................................
a. dans q q q Déterminant démonstratif ........................................

b. quelques q q q Déterminant indéfini ........................................


c. bien q q q Déterminant numéral ........................................
d. ensuite q q q

5
2
1 VERS LE BREVET
Vocabulaire
a. Repère les verbes. Quel est le temps dominant ?
Complète les phrases en utilisant les mots suivants :
déterminants • conjonctions de coordination b. Encadre ceux qui sont accordés au pluriel.
• prépositions • adverbes • interjections c. Fais-toi dicter le passage entre les crochets rouges.
• conjonctions de subordination
a. Ils déterminent un nom : ce sont les ...................... Ainsi les trois avions postaux de la Patagonie, du
......................... Chili et du Paraguay revenaient du Sud, de l’Ouest
et du Nord vers Buenos Aires. On y attendait leur
b. Ils précisent un verbe, un adjectif ou un autre
chargement pour donner le départ, vers minuit, à
adverbe : ce sont les ..............................................
l’avion d’Europe. [Trois pilotes, chacun à l’arrière
c. Elles introduisent un complément : ce sont les ........ d’un capot lourd comme un chaland, perdus dans
....................................... la nuit, méditaient leur vol, et, vers la ville immense,
d. Elles introduisent une proposition subordonnée : descendraient lentement de leur ciel d’orage ou de
ce sont les ......................................................... paix, comme d’étranges paysans descendent de
e. Elles relient deux mots, deux groupes de mots, deux
leurs montagnes. Rivière, responsable du réseau
entier, se promenait de long en large sur le terrain
propositions de même nature : ce sont les .................
d’atterrissage de Buenos Aires. Il demeurait
..............................
silencieux car, jusqu’à l’arrivée des trois avions,
f. Elles permettent d’exprimer une émotion spontanée, cette journée, pour lui, restait redoutable.]
ce sont les ............................................... ■ Antoine de SAINT-EXUPÉRY, Vol de nuit © Éd. Gallimard, 1930.

Corrigés p. 10 du livret. 7
2
GRAMMAIRE

Les fonctions essentielles


autour du verbe

RETENIR

1 / Le sujet
• Une phrase est formée d’un sujet (le thème) et d’un prédicat (ce qu’on dit du thème).
MOT CLÉ
Le sujet est donc un composant essentiel de la phrase. Il se place le plus souvent
| Fonction devant le verbe. Il commande l’accord du verbe en nombre et en personne.
essentielle : Elle est liée
au schéma de construction Le grand Michu était du Var.
du verbe (sujet, COD, COI, sujet verbe
attribut). Le sujet et les
compléments essentiels ne
peuvent être ni supprimés 2 / Le verbe et ses compléments essentiels
ni déplacés sans changer
le sens de la phrase. • Dans une phrase verbale, le prédicat comprend le verbe et le plus souvent
un complément du verbe. Un complément du verbe est essentiel : si on le
supprime, le verbe a un sens incomplet. Selon le cas, il s’agit d’un complément
d’objet (COD, COI ou COS), d’un attribut du sujet ou d’un attribut du COD.
• Après un verbe transitif, on trouve :
– soit un complément d’objet direct (COD) quand le verbe est transitif direct ;
Son père possédait quelques bouts de terre.
verbe COD
– soit un complément d’objet indirect (COI) quand le verbe est transitif indirect ;
Il se souvenait de l’insurrection.
verbe COI
– soit un complément d’objet second (COS), quand le verbe se construit avec
deux compléments d’objet. Nous savions vaguement l’histoire de cet homme.
verbe COD COS

• Après un verbe d’état (être, sembler, demeurer, devenir, rester, avoir l’air…),
on trouve un attribut du sujet. Il semblait un personnage très redoutable.
verbe att. du sujet

• Après un verbe exprimant le choix, la désignation ou le jugement (choisir,


nommer, juger, trouver, estimer…), on trouve un attribut du COD.
Au collège, Michu nous trouvait certainement bien peureux.
COD verbe att. du COD

LA MÉTHODE

, Accorder un adjectif attribut du COD


De même qu’un adjectif attribut du sujet s’accorde avec le sujet, un adjectif
MINI INTERRO attribut du COD s’accorde avec le COD.
1. Pourquoi le Les collégiens jugeaient l’histoire du grand Michu passionnante.
complément du verbe
est-il « essentiel » ? 1. On cherche le COD auquel l’attribut du COD se rapporte.
2. Pourquoi faut-il Qu’est-ce qui est passionnante ? f l’histoire du grand Michu.
savoir identifier l’adjectif 2. On accorde ensuite l’attribut du COD en genre et en nombre avec le COD trouvé.
attribut du COD ?
Passionnante s’accorde au féminin singulier avec l’histoire.

8
Français
S’ENTRAÎNER

1
1
Quiz Groupes de mots Verbe associé

Quelle est la fonction des mots soulignés ? Sujet

Att. Att. COD


du sujet du COD COI
a. Avant le départ, les cyclistes q q COS
semblaient tendus.
b. Quel est ton nom ? q q

4
2
c. Les membres du club ont q q Attribut, COD ou COI ?
nommé Bob président.
d. Ce médecin passe pour q q Classe les mots ou groupes de mots soulignés
très compétent. dans le tableau.

e. Nous l’avons cru malade. q q Une après-midi, à la récréation de quatre heures,


le grand Michu me prit à part, dans un coin de

2
2 la cour. Il avait l’air contrarié, ce qui me frappa
COD, COI ou COS ? d’une certaine crainte ; car le grand Michu était
Indique la fonction des groupes de mots soulignés.
un gaillard aux poings énormes, que pour rien
au monde je n’aurais voulu avoir pour ennemi.
a. Il ressemble étonnamment à son oncle : ..........
– Écoute, me dit-il de sa voix grasse de paysan
b. Marie tenait en laisse un petit chien ridicule : .......... à peine dégrossi, écoute, veux-tu en être ?
c. Il faut ajouter du sel à la sauce : .......... Je répondis carrément : « Oui ! » flatté d’être
d. Le directeur est très occupé mais vous pourrez de quelque chose avec le grand Michu.
Alors, il m’expliqua qu’il s’agissait d’un complot.
lui parler entre deux rendez-vous : ..........
Les confidences qu’il me fit me causèrent
e. Il ne trouve jamais de chaussures assez grandes une sensation délicieuse, que je n’ai jamais
pour lui : .......... peut-être éprouvée depuis.
■ Émile ZOLA, « Le Grand Michu », Nouveaux Contes à Ninon, 1874.

3
2
Sujets et compléments Attribut COD COI
Classe les groupes de mots soulignés
dans le tableau et indique le verbe associé.

Dans un collège, le « grand Michu » accepte


par solidarité, malgré sa faim continuelle,
de diriger la grève de la cantine imaginée
par ses camarades.
5 VERS LE BREVET

Réécris l’extrait de l’exercice 4 en remplaçant « le


Naturellement, les conspirateurs offrirent grand Michu » par « le grand Michu et Paul » et en
au grand Michu d’être leur chef. Le plan de faisant toutes les modifications qui s’imposent.
ces messieurs était d’une simplicité héroïque :
..........................................................................
il suffirait, pensaient-ils, de refuser toute
nourriture, jusqu’à ce que le proviseur déclarât ..........................................................................
solennellement que l’ordinaire serait amélioré. ..........................................................................
L’approbation que le grand Michu donna à ce
..........................................................................
plan, est un des plus beaux traits d’abnégation
et de courage que je connaisse. ..........................................................................
■ Émile ZOLA, « Le Grand Michu », Nouveaux Contes à Ninon, 1874. ..........................................................................

Corrigés p. 10 du livret. 9
3
GRAMMAIRE

Les compléments de phrase

RETENIR
Une phrase peut inclure des compléments de phrase : ils sont facultatifs mais
précisent dans quelles circonstances se fait l’action du verbe. On les appelle
MOT CLÉ
donc aussi compléments circonstanciels (CC).
| Complément
circonstanciel : Il indique
1 / Le sens des compléments circonstanciels
les circonstances dans • On distingue différentes circonstances.
lesquelles se fait l’action
du verbe. On peut souvent
le déplacer ou le supprimer.
Circonstance Classification Exemple
Où ? CC de lieu Nous roulons sur la route blanche.
Quand ? CC de temps Nous arrivons enfin sur la terre ferme.
Comment ? CC de manière Nous roulons au trot.
Pourquoi ? CC de cause Le cocher emprunte le même chemin par habitude.
En sorte de quoi ? CC de conséquence Il fait trop chaud pour voyager.
Pour quoi ? CC de but Nous partons pour acheter de nouvelles chaussures.
Malgré quoi ? CC d’opposition Malgré la chaleur, j’aimais ces promenades.

• Attention : certains compléments essentiels de lieu ne peuvent être supprimés.


Ils montèrent sur la colline. f complément essentiel de lieu.

2 / La classe grammaticale des compléments circonstanciels


• Un CC peut avoir des natures grammaticales variées.
Nature du CC Exemple
un GN Le soir, nous partons en calèche.
Nous roulons sur la route blanche.
un pronom précédé ou non d’une préposition J’habite chez eux.
un gérondif Le cocher roule en chantant.
un adverbe Il avançait vite.
un verbe à l’infinitif Nous partons pour acheter de nouvelles chaussures.

• Voir les propositions subordonnées circonstancielles page 18.

LA MÉTHODE

, Distinguer les CC de cause, de conséquence et de but


• Un CC de cause donne la raison d’un événement ou d’un comportement.
À cause de la hauteur de la rivière, nous n’avons pas pu nous promener.
MINI INTERRO • Un CC de conséquence met en évidence le résultat, les effets d’une action,
1. Un CC est-il toujours d’un fait.
essentiel pour le sens
de la phrase ? La rivière était en crue, de sorte qu’il nous fut impossible de faire notre promenade.
2. Cite quelques classes • Un CC de but exprime la visée, l’objectif.
grammaticales de CC.
Nous allions chaque été en Russie, pour retrouver la famille.

10
Français
S’ENTRAÎNER

1 4
1 2
Vrai ou faux ? Sens des CC
Coche les bonnes cases. Indique le sens des CC soulignés.
V F
Nathalie Sarraute écrit ses souvenirs d’enfance sous
a. Un complément circonstanciel est lié q q forme de dialogue, pour mettre au jour les souvenirs
au verbe et ne peut être supprimé. enfouis dans sa mémoire. La narratrice regarde
b. La préposition « à » peut introduire q q avec ironie ou attendrissement l’enfant naïve qu’elle
un COI ou un CC. fut autrefois. Des paroles brutales prononcées
devant elle, pendant les premières années de sa vie,
c. Un CC peut se construire q q ont eu en elle de douloureuses répercussions.
sans préposition.

5
d. Ici, là-bas, sont des adverbes de lieu. q q 3
CC de temps et de manière

2
1 Complète le texte avec les CC suivants,
CC de lieu puis indique leur classe et leur fonction :
alors • mieux • rapidement • soudain
Classe les compléments circonstanciels de lieu
soulignés dans le tableau suivant.
Ravinel roule ................. la nuit. Par goût. On
Dans Enfance, Nathalie Sarraute raconte est seul. On s’enfonce dans l’ombre, à toute allure.
ses souvenirs d’enfance, dans un récit
autobiographique à deux voix, celle des souvenirs On ne ralentit pas en traversant les villages.
et celle qui porte un jugement critique sur Les phares éclairent ................. la route qui
la première. ressemble à un canal parcouru d’une légère
Nous sommes assis avec [ma tante], nous, les houle. Impression de faire du hors-bord.
plus petits, dans la grande calèche découverte, Et puis ................. impression de dévaler
tirée par deux chevaux, nous allons de l’autre la pente d’un scenic-railway : les poteaux blancs
côté du fleuve, où se trouvent les magasins,
qui balisent les virages passent ................. ,
où s’élève la haute tour blanche entourée près de
son sommet d’un balcon… Même de loin, avec des miroitements de pierres précieuses.
de notre rive, on voit une silhouette qui se penche ■ BOILEAU-NARCEJAC, Celle qui n’était plus © Éditions Denöel, 1952.
à la balustrade, elle émet des sons étranges
qui ressemblent à des cris, à des chants.
■ Nathalie SARRAUTE, Enfance © Éditions Gallimard, 1985. 6 LECTURE D’IMAGE

Préposition + GN Adverbe Pronom Observe la couverture du roman de N. Sarraute.


a. Qui sont les deux
personnes représentées
sur la couverture ?
Justifie ta réponse.

3
1 b. Comment est
Vrai ou faux ? habillée l’enfant ?
Relis l’extrait de l’exercice 2 et coche c. Comment caractéri-
la bonne réponse. serais-tu l’expression de
V F la femme vue de profil ?
a. « d’un balcon » est un CC de lieu. q q
b. « de l’autre côté du fleuve » est q q
un CC de lieu essentiel.
c. « à la balustrade » est un CC de lieu q q
essentiel.

Corrigés p. 10 du livret. 11
4
GRAMMAIRE

Les expansions du nom

RETENIR

1 / Des classes grammaticales variées


• Un nom est fréquemment précisé par un adjectif qualificatif qui exerce la
MOTS CLÉS
fonction d’épithète. Cet adjectif se place immédiatement avant ou après le nom
| Expansion du nom : qu’il qualifie. Il s’accorde en genre et nombre avec ce nom.
Elle complète et enrichit un
nom ou un GN. Il peut s’agir Des baies blanches et pourpres
d’un groupe prépositionnel, adj. épithètes du nom baies
d’une subordonnée relative,
d’un adjectif…
• Un nom peut également être complété par un groupe introduit par une prépo-
Placée le plus souvent après
le nom, elle peut toujours sition (à, de, en…) ; ce groupe exerce la fonction de complément du nom.
être supprimée.
Des baies au goût de viande
| Nom en apposition : complément du nom baies
Il désigne le même être
ou le même objet • Un nom, enfin, peut être suivi d’une proposition subordonnée relative. On dit
que le terme complété.
que cette proposition est complément de son antécédent (le mot que remplace
le pronom relatif).
Un arbuste où poussaient des baies blanches.
prop. sub. relative complément de l’antécédent arbuste

2 / Les expansions en apposition


• Une expansion est le plus souvent liée au nom noyau (voir les exemples ci-des-
sus). Parfois, cependant, elle est séparée du GN par une virgule ou un deux-points.
Le mot ou le groupe de mots ainsi construit est dit apposé ou en apposition.
• Selon le cas, il s’agit d’un adjectif, d’un nom ou d’un GN, d’un infinitif…
Nehi, confiant dans ses talents de cultivateur, avait planté de nouvelles graines.
groupe adjectival apposé à Nehi

Ces fruits, des carnélias, sont succulents.


GN apposé à ces fruits

Nehi n’avait qu’une envie, nourrir au mieux ses animaux.


groupe infinitif apposé à envie

LA MÉTHODE

, Accorder correctement dans une subordonnée relative


• Avec le pronom qui
Quand le pronom relatif est le pronom sujet qui, le verbe de la relative
s’accorde avec ce pronom ; il faut donc retrouver le nom remplacé par qui.
MINI INTERRO Les arbres qui poussent ici le mieux sont les pins maritimes.
1. Cite trois manières C’est toi qui iras cueillir les fruits pour ce soir.
différentes d’enrichir
un GN. • Avec le pronom que
2. Justifie l’orthographe Quand le pronom relatif est le pronom COD que et que le verbe de la relative
du verbe souligné : est à un temps composé, son participe passé s’accorde avec que.
C’est moi qui ai gagné.
Les fleurs que j’ai cueillies ce matin sont écloses.

12
Français
S’ENTRAÎNER

1 4
1 3
Vrai ou faux ? Se préparer au brevet
Coche la bonne réponse. Lis le texte et réponds aux questions.
V F
a. On peut enrichir un GN avec un adjectif q q Le jardin ombragé était un régal pour les yeux,
qualificatif. illuminé qu’il était non seulement par les rayons
b. On peut enrichir un GN avec une q q du soleil couchant, mais aussi par les pinceaux
subordonnée relative. d’une lumière extraordinaire, intense
c. Un complément du nom est toujours q q et polychrome. Ces rayons filtraient à travers
formé d’une préposition et d’un nom. les arbres et les buissons, les parterres fleuris,
les bassins, les rivières et ruisselets cristallins
d. Un adjectif, un nom ou une subordonnée q q
relative peuvent être apposés à un GN. qui coulaient ici et là entre les anfractuosités
des rochers et au creux des gradins.

2
■ Amos OZ, Soudain dans la forêt profonde,
1
traduit par Sylvie Cohen © Éditions Gallimard, 2009.
Adjectifs épithètes
Dans ce texte, souligne les adjectifs épithètes. a. Dans le GN le jardin ombragé, remplace le participe
passé pris comme adjectif « ombragé » par une relative
qui aura le même sens.
Des années auparavant, au fond d’un vallon
dissimulé derrière sept montagnes et sept vallées b. Dans le GN les parterres fleuris, remplace
l’adjectif qualificatif par un complément de nom
encaissées, Nehi avait découvert au cours de qui aura le même sens.
ses errances un arbuste où poussaient des baies
c. Quelle impression ressort de cette description
blanches et pourpres au goût de viande. Nehi du jardin ?
appela ces fruits des carnélias.
■ Amos OZ, Soudain dans la forêt profonde,
traduit par Sylvie Cohen © Éditions Gallimard, 2009. 5 LECTURE D’IMAGE

Observe ce tableau d’Henri Rousseau.


3
2
Fonction des expansions
Classe les expansions soulignées dans le tableau
qui suit, selon leur fonction.

Vaste et profond, le jardin s’étirait à perte de


vue jusqu’aux pentes fleuries avoisinant des
bosquets obscurs, des vergers et des potagers.
Des ruisseaux pareils à une dentelle
de fils d’argent l’arrosaient. Dominant l’ensemble,
une foule d’insectes et de minuscules bestioles
s’agitaient, zigzaguaient et tourbillonnaient en
tous sens dans une cacophonie assourdissante
de bourdonnements, de vrombissements
et de bruissements.
■ Amos OZ, Soudain dans la forêt profonde,
Henri ROUSSEAU (1844-1910), La charmeuse de serpents, 1907.
traduit par Sylvie Cohen © Éditions Gallimard, 2009.
a. Quelles couleurs dominantes le peintre a-t-il
Épithète Complément du nom Apposition choisies pour représenter la jungle ?
b. Comment est représentée la femme ?
c. Quelle impression se dégage de l’ensemble de la toile ?

Corrigés p. 10 du livret. 13
5
GRAMMAIRE

Les formes de phrases

RETENIR

Les quatre types de phrases (déclarative,


interrogative, impérative, exclamative) peuvent
adopter différentes formes.

1 / La forme affirmative ou négative


• Une phrase négative se distingue d’une phrase affirmative par la présence
MOTS CLÉS
d’une négation. L’adverbe de négation « ne » est le plus souvent utilisé avec un
| Type de phrase : autre mot qui peut être :
Il en existe quatre
(déclarative, interrogative,
exclamative, impérative). Un autre adverbe Ne… pas, ne… plus, ne jamais Je n’ai jamais aimé ainsi.
| Forme de phrase : Un pronom indéfini Personne…ne, rien… ne Personne ne m’a aimé.
On distingue les formes
affirmative, négative, Un déterminant Aucun + nom + ne Aucune femme n’est aussi belle que vous.
emphatique, active ou
passive. Elles peuvent • La conjonction de coordination ni relie deux termes ou deux propositions néga-
se combiner entre elles.
tives. Vous ne me trouvez ni beau ni intelligent mais vous changerez d’avis.

2 / La forme neutre ou la forme emphatique


• La phrase emphatique se distingue de la phrase neutre par la mise en valeur
d’un de ses constituants. On distingue trois procédés de mise en valeur :
– le déplacement en tête de phrase : Quelles jolies petites mains vous avez !
– le déplacement et la reprise par un pronom : Les jolis doigts, que je serais
heureux avec cela !
– l’ajout d’un présentatif (c’est, voilà, il y a) : C’est vous que j’aime.

3 / La forme active ou passive


• Le passage d’une phrase active à la forme passive n’est possible que si le
verbe est transitif direct. Le verbe est alors conjugué à la voix passive.
Arlequin aime Euphrosine. f Euphrosine est aimée par Arlequin.
sujet COD sujet comp. d’agent

• Le COD de la phrase active devient sujet de la phrase de forme passive. Le


sujet de la phrase active devient complément d’agent mais n’est pas obligatoire.

LA MÉTHODE

, Accorder le participe passé d’un verbe à la voix passive


MINI INTERRO • La voix passive exige l’auxiliaire être. Il faut donc faire attention
1. Propose deux manières à accorder le participe passé avec le sujet. Attention au cas où l’auxiliaire
de dire Je voudrais est à un temps composé (et donc conjugué avec l’auxiliaire avoir).
rencontrer ce chanteur
à la forme emphatique. Aujourd’hui Euphrosine est aimée par Arlequin.
présent
2. Il est adoré de ses
parents. Est-ce la forme Autrefois elle a été courtisée par un jeune homme riche.
active ou passive ? passé composé

14
Français
S’ENTRAÎNER

1 4
1 2
Vrai ou faux ? Emphatique ou passive ?
Ces phrases sont à la forme passive. Quelle est la forme de ces phrases ?
V F
a. Chérubin est protégé par toutes les femmes
a. Je suis enthousiasmée q q dans le Mariage de Figaro.
par cette rencontre. q Forme emphatique q Forme passive
b. Vous êtes merveilleux. q q b. Quel plaisir de regarder cette nouvelle mise en scène
c. Je suis allée au théâtre. q q du théâtre de Marivaux !
q Forme emphatique q Forme passive
d. Cette pièce a été souvent jouée. q q
c. Jouer le rôle d’Arlequin, voilà un joli début de carrière
e. Les duos amoureux sont des passages q q pour un acteur.
obligés dans la comédie.
q Forme emphatique q Forme passive
d. Les comédies de Marivaux ont été souvent jouées
2
2 à la Comédie-Française, ces dernières années.
Emphase et négation
q Forme emphatique q Forme passive
Souligne une phrase à la forme emphatique
et relève une négation.
5
3
Forme passive
Sur l’île des esclaves, les rôles des maîtres et des
valets sont inversés. Le valet Arlequin s’essaie Réécris ces phrases au passif en faisant toutes
les transformations nécessaires.
à la séduction auprès de la noble Euphrosine,
a. Le Comte Almaviva a découvert Chérubin, le page,
mais sans succès… chez Fanchette, la cousine de Suzanne.
ARLEQUIN. – Vous me trouvez un peu nigaud, b. Fanchette et Chérubin répétaient une chanson
n’est-il pas vrai ? Mais cela passera ; pour la fête du mariage de Suzanne.
c’est que je vous aime et que je ne sais
c. Le Comte aurait poussé des grands cris de colère
comment vous le dire. en les trouvant ensemble.
EUPHROSINE. – Vous ?
d. Chérubin reçut l’ordre de quitter le château.
ARLEQUIN. – Eh pardi oui ; qu’est-ce qu’on peut

6
faire de mieux ? Vous êtes si belle, il faut bien
vous donner son cœur. VERS LE BREVET
■ MARIVAUX, L’Île des esclaves, scène VIII, 1725.
Lis le texte et réponds aux questions.

3
2 CHÉRUBIN. – C’est fait Suzon, je suis privé
La forme négative à jamais du plaisir de te voir.
Souligne tous les termes qui marquent la négation. SUZANNE. – De me voir ! Moi ? C’est mon tour !
Ce n’est donc plus pour ma maîtresse que vous
EUPHROSINE. – Je ne suis digne que de pitié, soupirez en secret ?
mon enfant. CHÉRUBIN. – Ah ! Suzon, qu’elle est noble, qu’elle
ARLEQUIN. – Bon, bon, à qui est-ce que vous est belle ! Mais qu’elle est imposante !
contez cela ? Vous êtes digne de toutes les SUZANNE. – C’est-à-dire que je ne le suis pas
dignités imaginables : un empereur ne vous vaut et qu’on peut oser avec moi…
pas, ni moi non plus : mais me voilà moi, et un ■ BEAUMARCHAIS, Le Mariage de Figaro, acte I, scène 7, 1778.

empereur n’y est pas et un rien qu’on voit vaut a. Réécris ce texte en supprimant tous les procédés
mieux que quelque chose qu’on ne voit pas. d’emphase.
■ MARIVAUX, L’Île des esclaves, scène VIII, 1725.
b. Que devient le dialogue ainsi rédigé ?

Corrigés p. 10 du livret. 15
6
GRAMMAIRE

La phrase complexe
et les différentes subordonnées

RETENIR

1 / Phrase simple et phrase complexe


• Une phrase qui ne comprend qu’un seul verbe conjugué est une phrase simple.
MOTS CLÉS
Alain-Fournier a écrit Le Grand Meaulnes.
| Subordonnée :
proposition dépendant • Une phrase qui comprend au moins deux verbes conjugués est une phrase
de la principale. Elle est
introduite par un pronom complexe. Elle se décompose en autant de propositions que de verbes conju-
relatif, une conjonction de gués. Les propositions peuvent être juxtaposées, coordonnées ou être liées par
subordination ou un mot
interrogatif. un rapport de subordination.
| Subordonnées
infinitives et 2 / Les propositions subordonnées
participiales : Elles ne
sont pas introduites par un • Une proposition subordonnée n’a pas d’existence autonome, elle dépend
subordonnant. Le sujet de toujours d’une proposition principale à laquelle elle est reliée le plus souvent
l’infinitif ou du participe est
distinct de celui du verbe par un mot subordonnant.
de la principale.
Je ris [parce qu’il a raconté une blague].
mot subordonnant

• On distingue six types de propositions subordonnées, en fonction du mot qui


les introduit.
Mot subordonnant Nature de la subordonnée Exemple
Conjonction de subordination • Conjonctive complétive Je pense [qu’il a raison].
• Conjonctive circonstancielle Tu viens [quand tu veux].
Pronom interrogatif ou Interrogative indirecte Il se demande [si c’est raisonnable].
conjonction de subordination
Pronom relatif Subordonnée relative Les histoires [qu’il raconte] sont
passionnantes.
Pas de mot subordonnant Subordonnée infinitive J’entends [mon camarade rire
mais verbe à l’infinitif de mes maladresses].
Pas de mot subordonnant Subordonnée participiale [Les cours terminés,]
mais verbe au participe nous discutions ensemble.

LA MÉTHODE

, Identifier le mot subordonnant que


• Si que est un pronom relatif, on peut en général remplacer la proposition
MINI INTERRO par un adjectif épithète. Meaulnes [que je voyais souvent rêver dans la cour] s’en
1. Quelle est alla un beau matin. f Meaulnes souvent rêveur s’en alla.
la particularité
d’une subordonnée • Si que est une conjonction de subordination introduisant une subordon-
participiale ? née conjonctive complétive, on peut en général remplacer la proposition par
2. Meaulnes est parti un GN complément d’objet. Le narrateur se rend compte [que Meaulnes a fugué].
pendant la récréation. f Le narrateur se rend compte de la fugue de Meaulnes.
Transforme cette phrase
simple en une phrase • La proposition relative suit souvent le nom que remplace le pronom relatif.
complexe de même sens.
La subordonnée conjonctive complétive suit souvent le verbe de la principale.

16
Français
S’ENTRAÎNER

1 4
1 2
Quiz Expression du temps
Parmi ces phrases, lesquelles sont simples,
lesquelles sont complexes ?
Dès le début de la classe, je me suis aperçu que
Meaulnes n’était pas rentré après la récréation
a. Je sais que Meaulnes
est parti.
£ de midi. Son voisin de table a bien dû s’en
apercevoir aussi. Il n’a rien dit encore, préoccupé
b. Plus exactement je le
soupçonne de s’être échappé.
£ £ simple par sa composition. Mais, dès qu’il aura levé
la tête, la nouvelle courra par toute la classe et
c. Sitôt le déjeuner terminé,
il a filé à travers champs.
£
£ complexe quelqu’un, comme c’est l’usage, ne manquera pas
d. Il aura demandé la jument de crier à haute voix les premiers mots de la
de M. et Mme Charpentier £ phrase : « Monsieur ! Meaulnes… ».
qu’il fait atteler maintenant. ■ ALAIN-FOURNIER, Le Grand Meaulnes, 1913.

a. Dans ce texte, souligne deux compléments

2
2 circonstanciels de temps.
Créer une subordonnée
b. Quelle est la classe grammaticale de chacun
Transforme chaque couple de phrases de ces compléments ?
en une phrase comprenant une proposition

5
principale et une subordonnée. 2
a. Ma famille habitait depuis dix ans le village. Un jour Nature de que
Augustin Meaulnes arriva. Indique quelle nature de subordonnée introduit que.
b. Le dimanche d’hiver à la campagne, dans les années Conjonctive
Relative
1900, était parfois très triste. C’est pourquoi l’arrivée complétive
d’un invité était un événement. a. Je crains que vous q q
c. J’étais inquiet. Meaulnes n’était pas rentré. ne m’ayez pas compris.
b. Je te prêterai les livres q q

3
2 que j’ai lus cet été.
Nature des subordonnées c. Nous souhaitons que vous q q
reveniez très vite parmi nous.
Le narrateur est fasciné par son ami Augustin d. L’équipe que nous avions q q
Meaulnes qui ne se satisfait pas de la réalité. constituée fonctionnait très bien.

6
Mais lorsque l’heure fut venue de partir et
que je me levai pour faire signe au grand VERS LE BREVET
Meaulnes, il ne m’aperçut pas d’abord.
Adossé à la porte et tête penchée, il semblait a. Lis ce texte et analyse les propositions
profondément absorbé par ce qui venait d’être de la première phrase.
dit. En le voyant ainsi, perdu dans ses réflexions, b. Pour les subordonnées, indique leur type
regardant, comme à travers des lieues de et leur fonction.
brouillard, ces gens paisibles qui travaillaient, c. Selon toi, quel effet produit le contraste entre
je pensais soudain à cette image de Robinson la première phrase et la fin de l’extrait ?
Crusoé, où l’on voit l’adolescent anglais, avant
son grand départ, « fréquentant la boutique Tandis que les enfants couraient avec des cris de
d’un vannier ». joie, que des groupes se formaient ou s’éparpillaient
■ ALAIN-FOURNIER, Le Grand Meaulnes, 1913.
à travers bois, Meaulnes s’avança dans une allée, où,
dix pas devant lui, marchait la jeune fille. Il se trouva
a. Ces phrases sont-elles simples ou complexes ? près d’elle sans avoir eu le temps de réfléchir :
b. Relève deux subordonnées circonstancielles « Vous êtes belle », dit-il simplement.
de temps. ■ ALAIN-FOURNIER, Le Grand Meaulnes, 1913.

Corrigés p. 10 du livret. 17
7
GRAMMAIRE

Les subordonnées circonstancielles

RETENIR
• Une subordonnée conjonctive circonstancielle exprime la circonstance dans
MOT CLÉ
laquelle se fait l’action du verbe de la proposition principale. Elle est introduite
| Subordonnée par une conjonction ou locution conjonctive qui précise son sens.
circonstancielle :
Elle peut être supprimée
et déplacée. Elle est • On distingue plusieurs subordonnées circonstancielles selon leur sens.
CC du verbe de la principale.
Subordonnée Conjonctions de subordination Exemple
circonstancielle ou locutions conjonctives
de temps quand, dès que, lorsque, tandis que, Lorsque nos cousins disent
(temporelle) avant que, après que, comme, etc. « maman », on entend la tendresse
dans leur voix .
de cause (causale) comme, parce que, puisque, Parce que la famille rentrait de Chine,
sous prétexte que, etc. notre vie allait changer.
de conséquence si bien que, de sorte que, de façon que, Nous avions si peu vu notre mère que
(consécutive) si… que, etc. nous ne la connaissions guère.
de but (finale) pour que, afin que, de peur que Nous nous sommes approchés pour
(suivies du subjonctif) que notre grand-mère nous embrasse.
de concession bien que, quoique, même si, etc. Bien que nous voyagions beaucoup,
(concessive) (suivies du subjonctif) nous aimons rentrer chez nous.
de condition si, à condition que, etc. Si vous travailliez davantage,
(conditionnelle) vous auriez de meilleurs résultats.
de comparaison comme, de même que, autant que, etc. Nous aimions chahuter comme le font
tous les enfants.

LA MÉTHODE

, Utiliser les subordonnées circonstancielles de condition


• Le temps et le mode de la subordonnée de condition dépendent
du temps de la principale, mais aussi du sens de la phrase.

Exemple Verbe de la subordonnée Verbe de la principale Sens


S’il fait beau, nous irons fait irons Éventuel
en forêt. (présent de l’indicatif) (futur de l’indicatif)
MINI INTERRO
S’il faisait beau demain, faisait irions Potentiel
1. Avant de partir, nous irions en forêt. (imparfait de l’indicatif) (conditionnel présent)
je rangerai la maison.
Remplace l’infinitif S’il faisait beau ce matin, faisait irions Irréel du présent
construit avec une nous irions en forêt. (imparfait de l’indicatif) (conditionnel présent)
préposition par S’il avait fait beau, nous avait fait serions allés Irréel du passé
une subordonnée serions allés en forêt. (plus-que-parfait de l’indicatif) (conditionnel passé)
circonstancielle
de temps. À condition qu’il fasse fasse irons Éventuel
2. Quelles subordonnées beau, nous irons (subjonctif présent) (futur de l’indicatif)
circonstancielles en forêt.
nécessitent le Au cas où il ferait beau, ferait irions Éventuel
subjonctif ? nous irions en forêt. (conditionnel présent) (conditionnel présent)

18
Français
S’ENTRAÎNER

1 4
1 2
Mots mêlés La condition
Retrouve dans cette grille au moins Conjugue les verbes comme il convient.
cinq conjonctions de subordination.
a. Si vous (travailler) .......................... vite,
S I Q U O I Q U E nous irons voir vos cousins.
b. Si ma grand-mère voulait nous aider, nous
U L U V R Q U E N
(pouvoir)......................... monter un spectacle.
R S A V E S E N S
c. Ce père de famille (devoir) .................... protéger
E R N I R E B O U ses fils contre la sévérité de leur mère.

M I D A C N T S Q d. Nous aurions lu Vipère au poing même si ce roman


n’(être) .......................... pas au programme.
P U I S Q U E M I

5
N E A N M O I N S 2
Le but
C E R T E S M L E Dans chaque phrase, insère une conjonction
ou une locution conjonctive qui exprime le but.
P O U R Q U O I T
a. Le ministère des Transports a pris des mesures
.............. il y ait moins d’accidents.
2
1
La cause b. Tu devrais allumer la lumière .............. on y voie

Remplace les deux indépendantes juxtaposées mieux.


par une principale et une subordonnée. c. Je leur téléphone .............. ils viennent
a. Je bois frais ; j’ai chaud. immédiatement.
b. Il n’a pas bien interprété son morceau de piano ; d. Ils parlent tout bas .............. le bébé ne s’éveille.
il était trop nerveux.
c. Il a eu une forte amende ; il dépassait la limite
de vitesse autorisée. 6 VERS LE BREVET
d. Les enfants étaient excités ; leurs parents rentraient
Souligne les propositions subordonnées, puis
de Chine.
indique le rapport logique de chaque phrase.
e. Il n’a pas réussi à montrer sa joie ; il est trop timide.
a. Je pense puisque je te contredis.

3
1 b. Je dois refuser toute éducation contraignante
La conséquence puisque je déteste les guides.
Remplace les deux indépendantes juxtaposées c. Certains écrivains relatent leur enfance malheureuse
par une principale et une subordonnée en variant pour que les souffrances infligées aux enfants soient
les conjonctions de subordination. mieux prises en compte.
a. L’automobiliste a freiné très brusquement ; d. Tu ressembles tellement à une vipère que j’aimerais
je n’ai pas pu l’éviter.
t’étrangler de mes propres mains.
b. L’incendie a pris dans la forêt ; on a dû évacuer
e. Tu m’as refusé tous les plaisirs et toutes les douceurs
le village.
de l’enfance pour que je devienne un adulte endurci.
c. Elle a beaucoup d’enfants ; elle ne sait où donner
de la tête. f. Bien que ce roman soit triste, nous l’avons lu
avec plaisir.
d. Il avait voyagé toute la nuit ; il tombait de fatigue.
g. Lorsque je serai adulte, je m’occuperai
e. Son histoire familiale est très sinistre ; il a décidé
d’en faire un récit autobiographique. des enfants maltraités.

Corrigés p. 11 du livret. 19
8
GRAMMAIRE

L’expression de l’opposition

RETENIR

1 / Opposition simple et concession


Exprimer une opposition, c’est évoquer un fait dont la réalisation est contraire
MOTS CLÉS
à un autre fait.
| Opposition :
Elle oppose deux faits • L’opposition simple : les deux faits contrastent entre eux. Ma mère devait faire
indépendants. un régime mais elle prenait toujours son café avec deux sucres.
| Concession : Elle
souligne la contradiction • La concession : le premier fait entraîne un second fait inattendu, contraire à
logique attendue.
la logique. Bien qu’il fasse un régime, il a encore grossi.

2 / Dans une phrase simple


• L’opposition peut être exprimée à l’aide d’un complément circonstanciel :
– GN ou pronom introduits par malgré, à défaut de, en dépit de, excepté, sauf,
sans : [En dépit du faible salaire de mon père], nous vivions heureux.
– infinitif introduit par au lieu de, loin de, sans : [Au lieu de nous plaindre], nous
profitions des bons moments.
– gérondif souvent précédé de tout, même : [Tout en faisant attention aux
dépenses], ma mère savait nous gâter.

3 / Dans une phrase complexe


• Le complément circonstanciel d’opposition peut prendre la forme :
– d’une subordonnée conjonctive à l’indicatif introduite par alors que, tandis
que, même si : Chloé est brune [alors que sa sœur est blonde].
– d’une subordonnée conjonctive au subjonctif introduite par bien que, quoique :
[Bien qu’on fût en hiver], il aimait vivre fenêtres ouvertes.
– d’une subordonnée conjonctive au conditionnel introduite par quand bien même,
alors même que : Je ne quitterais pas Paris, [quand bien même la pollution y augmenterait].
– d’une subordonnée relative indéfinie au subjonctif introduite par qui que,
quoi que, quel que, où que : [Où que vous soyez], téléphonez-moi souvent.
• L’opposition peut également être exprimée par deux propositions indépen-
dantes coordonnées par mais, or, cependant, néanmoins, pourtant, toutefois,
etc. Il est tard or il n’est pas rentré du collège.

LA MÉTHODE

, Distinguer quoique et quoi que


• Quoique est une conjonction de subordination que l’on peut remplacer par
MINI INTERRO bien que. Elle introduit une subordonnée conjonctive dont le verbe se conjugue
1. Pourquoi écrit-on au subjonctif. Quoique tu aies fait des progrès, tu peux encore t’améliorer.
Quoi qu’il fasse, il énerve
son entourage ? • Quoi que est pronom relatif composé qui signifie quelle que soit la chose
2. Cite trois mots ou que. Ce pronom introduit une subordonnée relative dont le verbe se conjugue
locutions exprimant au subjonctif. Quoi que tu dises, tu auras toujours raison, aux yeux de ta mère.
l’opposition.
(= Quelle que soit la chose que tu dises…)

20
Français
S’ENTRAÎNER

1 4
1 2
Quiz Expression de l’opposition
Coche la bonne case. Complète les phrases avec un mot exprimant
l’opposition.
a. … cette pâte d’amandes soit un peu sucrée,
je me régale. Quand Albert Cohen a débarqué de Corfou avec ses
q Quoique q Quoi que parents, ils ne connaissaient personne à Marseille,
b. … tu dises, ta tarte est délicieuse. ............ un vieil oncle. ............ son jeune âge, il se
q Quoique q Quoi que réveillait seul avant d’aller à l’école. Sa mère lui laissait
c. … indique cette balance, on ne peut pas s’y fier. un petit dessin rassurant qui remplaçait son baiser,
q Quoiqu’ q Quoi qu’ ............ les jours où elle était trop pressée. Devenu
d. … je mange, tu me grondes toujours. adulte, l’écrivain n’a rien oublié ............ le nombre

q Quoique q Quoi que d’années écoulées.

2 5
1 3
La concession CC d’opposition
Relève deux procédés qui expriment la concession. Classe les compléments circonstanciels
d’opposition selon leur classe grammaticale.
Dans le Livre de ma mère, Albert Cohen entend a. Bien qu’elle soit très occupée, elle joue de la flûte
rendre hommage à sa mère décédée et témoigner tous les jours.
de l’amour maternel reçu pendant son enfance. b. Malgré nos gros chandails de laine, nous grelottions
de froid.
Ma mère arrivait chez moi, fermement résolue
à ne pas s’écarter désormais de son régime. c. Venez, sauf contre-ordre de dernière minute
de notre part.
Mais ce régime, elle l’enfreignait constamment
sans s’en douter, les infractions étant toutes d. Quand bien même il voudrait gagner davantage
exceptionnelles quoique quotidiennes. « Je veux d’argent, il doit faire ses preuves.
seulement voir si ce feuilleté est réussi. » e. En dépit de sa jeunesse, il a déjà beaucoup voyagé.
■ Albert COHEN, Le Livre de ma mère, 1954
f. Tandis que ma mère m’attendait, j’oubliais l’heure,
© Éditions Gallimard, 1991.
trop absorbé par mon nouveau jeu.

3 6
2
Temps et mode des concessives VERS LE BREVET
Emploie les verbes au mode et au temps Modifie la manière d’exprimer l’opposition
qui conviennent. en fonction des indications données entre
a. Tandis que nous nous (promener) ........................, parenthèses.
le chien reniflait tous les murs des jardins. a. Au lieu d’être triste, tu ferais mieux de travailler.
(Employer une sub. conjonctive au conditionnel)
b. Quand bien même vous m’(offrir) ........................
b. Bien qu’il ait quinze ans, il n’est pas très autonome.
une fortune, je ne quitterais pas cet emploi que j’aime.
(Employer une préposition et un GN)
c. Bien que cette plage ne (être) ........................ pas
c. Quoique cet exercice soit facile, il a du mal à le
polluée, l’eau n’est pas limpide. terminer. (Employer deux indépendantes coordonnées)
d. Au lieu de (manifester) ........................ sa joie, d. Malgré la chaleur, cette maison reste fraîche.
elle fit un pâle sourire. (Employer une sub. conjonctive au subjonctif)

Corrigés p. 11 du livret. 21
CONJUGAISON

9 Les difficultés de conjugaison


aux temps simples de l’indicatif

RETENIR

1 / Les terminaisons aux temps simples de l’indicatif


• Au présent et au passé simple, les terminaisons dépendent du groupe du verbe.
MOTS CLÉS
• Mais à l’imparfait et au futur, les terminaisons sont les mêmes pour tous les verbes.
| Radical : racine qui
exprime le sens du verbe.
1er groupe 2e groupe 3e groupe
| Terminaison :
Elle change selon Présent -e, -es, -e, -s, -s, -t, -s, -s, -t / -ds, -ds, -d, / -e, -es, -e / -x, -x, -t /
la personne, le temps -ons, -ez, -ent -ons, -ez, -ent -es, -es, -e, -ons, -ez, -ent
et le mode du verbe.
Passé -ai, -as, -a, -is, -is, -it, -is, -is, -it, -îmes, -îtes, -irent
simple -âmes, -âtes, -èrent -îmes, -îtes, -irent -ins, -ins, -int, -înmes, -întes, -inrent
-us, -us, -ut, -ûmes, -ûtes, -urent
Imparfait -ais, -ais, -ait, -ions, -iez, -aient
Futur -rai, -ras, -ra, -rons, -rez, -ront

2 / Les variations du radical


• On dit des verbes du 1er et du 2e groupe qu’ils sont réguliers car ils pré-
sentent tous le même système de terminaisons et qu’en règle générale, leur
radical ne varie pas. Seuls certains verbes du 1er groupe présentent de légères
variations de radical liées à la prononciation.

Types de verbes Règle Exemples


MINI INTERRO Verbes en -cer Prennent un ç devant des terminaisons nous commençons
1. Transforme ces verbes commençant par a ou o. il commençait
au passé simple : Je noue, Verbes en -ger S’écrivent avec ge devant des terminaisons nous mangeons
je rougis, je vois, je crois, commençant par a ou o. il mangeait
je viens.
Verbes en -yer Changent le y en i devant un e muet. il essuie, il essuiera
2. Parmi ces verbes,
lesquels perdent Verbes en -er Changent le e en è devant une syllable muette. il sème, il achète, il gèle
le -d aux personnes
du singulier au présent ?
Verbes en -eler et -eter Doublent le l ou le t devant un e muet. il appelle, il jette.
Craindre, peindre,
prendre, joindre, • Quant aux verbes du 3e groupe, la plupart ont un radical variable.
résoudre, vendre.
je lis, nous lisons, il lut… • je vois, nous voyons, il vit… • je vais, nous allons, il ira…

LA MÉTHODE

, Orthographier les verbes du 3e groupe au présent


• La plupart des verbes du 3e groupe prennent les terminaisons : -s, -s, -t,
-ons, -ez, -ent. Mais il y a des exceptions, heureusement en nombre limité.

Irrégularités au singulier … au pluriel


Verbes en -dre qui ne se terminent -ds, -ds, -d _
pas par -indre et -soudre f je prends, tu prends, il prend
pouvoir, valoir, vouloir -x, -x, -t f je peux, tu peux, il peut _

22
Français
S’ENTRAÎNER

1 4
1 2
Mots mêlés Futur
Retrouve les formes conjuguées au passé Mets ces phrases au futur.
simple des verbes suivants. Les mots s’écrivent
a. Tu aères la salle de bains.
horizontalement et verticalement et certaines
lettres sont communes. ..........................................................................
croire • manger • faire • devoir • avoir • voir • naître
b. Nous nous asseyons à la terrasse d’un café.
• nouer • plier • tenir • crier • lire
..........................................................................
T I N S V I T O
c. Vous recevez bientôt de nos nouvelles.
A B O C R U S R
..........................................................................
E D U R E N T L
d. Il parcourt rapidement la une du journal.
F R A I G N I S ..........................................................................
I J M A N G E A e. Tu résous tes équations facilement.
R T E I P H A S ..........................................................................
E E S O L U S E

5
N A Q U I T E U 2
Imparfait
T R E N A T M T
Mets ces phrases à l’imparfait.

2
1 a. J’éteins la lumière quand je sors d’une pièce.
Les personnes ..........................................................................
Place un (ou deux) pronom(s) personnel(s) devant b. Le fantôme apparaît chaque vendredi.
les formes verbales suivantes.
..........................................................................
.............. mangerai .............. dites
c. Vous travaillez et réussissez bien.
.............. ferons .............. doit
..........................................................................
.............. courrai .............. veut
d. L’eau ruisselle le long de la roche.
.............. pèsent .............. fit
..........................................................................
.............. vaux .............. parcourrai
.............. mourus .............. couvre e. Ils défont ce que leurs ancêtres ont construit
patiemment.
.............. cueille .............. appréciâtes
..........................................................................
.............. paie .............. payai

6
.............. acquiers .............. tins
VERS LE BREVET
3
1
Reconnaître l’infinitif Réécris cet extrait au futur.
Retrouve l’infinitif des verbes suivants.
Une heure et demie plus tard, lorsque furent
il vainc : ......................... ils vêtaient : .................
publiés les résultats, c’est d’un pas tremblant
il vécut : ......................... tu tins : ....................... et la gorge sèche que Pierre-Édouard s’approcha
vous crûtes : ................... je vis : ......................... du tableau d’affichage. Mais il ne savait pas
il dut : ........................... il meut : ...................... où trouver son nom et c’est le maître qui lui
annonça qu’il était reçu premier de la commune
tu peignis : ..................... il paît : ........................
et troisième du canton. C’était plus qu’un succès,
tu cousis : ...................... vous tîntes : ................. un triomphe !
il broie : ......................... vous sentîtes : .............. ■ Claude MICHELET, Des grives aux loups © Robert Laffont, 2003.

il faut : ........................... tu recevras : .................

Corrigés p. 11 du livret. 23
CONJUGAISON

10 Valeurs des temps de l’indicatif

RETENIR

1 / Les emplois du présent et du passé composé de l’indicatif


• Le présent correspond au moment de l’énonciation ou de l’écriture : Je me
MOTS CLÉS réfugie dans une grotte pour rêver f je suis en train d’entrer quand je prononce
| Passé simple : cette phrase.
Il exprime des actions de
premier plan, ponctuelles, • Il peut prendre d’autres valeurs qui s’ajoutent au sens du verbe :
bornées dans le temps.
– le présent de vérité générale : La Terre tourne. f L’énoncé est valable au
| Imparfait : Il exprime
des actions secondaires, moment où je parle, l’a toujours été et le sera toujours.
répétitives et duratives ; – le présent d’habitude : Je me lève avec le soleil.
on l’emploie aussi dans
les descriptions. – le présent de passé ou de futur proche : Je rentre du désert/Je pars demain.
f Dans les deux énoncés, les actions sont proches du moment de l’énonciation.
– le présent de narration se rencontre dans un texte au passé pour rendre le
récit plus proche et donc plus vivant : Il faisait un temps magnifique ; les oiseaux
chantaient ; soudain un grondement s’élève.
• Dans un énoncé qui fait référence au moment de l’énonciation, le passé composé
est utilisé pour exprimer l’antériorité par rapport au présent : Aujourd’hui je
pars tôt, mais hier j’ai quitté la maison à midi.

2 / Les emplois du passé simple et de l’imparfait


dans un récit au passé
• L’imparfait et le passé simple sont les temps de base de l’énoncé coupé de la
situation d’énonciation. Les récits au passé sont caractérisés par l’alternance
de ces deux temps.
• Dans un récit au passé, le passé simple exprime les actions de premier
plan, les événements principaux. Il exprime des actions brèves et répétées :
Je disparus une partie de l’après-midi.
• L’imparfait complète le récit avec plusieurs fonctions :
– il exprime une action secondaire par rapport au premier plan : Elle marchait
vers sa cachette quand quelque chose attira son regard.
– il est employé pour les descriptions : La grotte était fraîche en été.
– il exprime la répétition, l’habitude passée : Chaque jour, elle se reposait dans la grotte.
– il permet de rapporter les commentaires du narrateur : Notre héros était bien lâche !

LA MÉTHODE

,Justifier l’emploi d’un plus-que-parfait


MINI INTERRO
ou d’un conditionnel présent
1. Quelles valeurs peut
avoir un verbe conjugué • Dans un récit au passé, le plus-que-parfait exprime une action antérieure aux
au présent dans un texte
au passé ?
faits exprimés au passé simple ou à l’imparfait. J’avais trouvé une cachette idéale.
2. Quel temps emploie- • Dans un récit au passé, le conditionnel présent exprime une action à venir.
t-on pour une description Je réfléchissais. Quand j’aurais fini mon travail, je me réfugierais dans ma grotte et
dans un récit au passé ?
partirais en voyage, au pays de mes rêves.

24
Français
S’ENTRAÎNER

1 4
1 2
Quiz Les temps du récit
Relie les verbes au présent à leur valeur. Remplis le tableau à l’aide du texte.
a. Qui vole un œuf
vole un bœuf.
£ Mon père pénétra dans la chambre, ferma
£ Présent de
la porte à clé, et demanda à Lalla Radhia d’ôter
b. Je pars demain au narration
lycée de la ville voisine.
£ les langes du nouveau-né. C’était évidemment
£ Présent de une fille. Sa femme s’était voilé le visage pour
c. Elle va au marché futur proche
£ pleurer. Il tenait le bébé dans son bras gauche et
toutes les semaines.
£ Présent de de sa main droite il tira violemment sur le voile et
d. La chaleur était vérité générale dit à sa femme : « Pourquoi ces larmes ? J’espère
accablante, je marchais
£ Présent que tu pleures de joie ! Regarde, regarde bien
avec peine ; soudain £
un camion s’arrête d’habitude c’est un garçon ! »
pour me prendre en stop. ■ Tahar BEN JELLOUN, L’Enfant de sable © Seuil, 1985.

2
Verbes au passé Verbes Verbes à l’imparfait
2
simple pour les au présent dans pour les actions
Valeur des temps
actions successives le dialogue secondaires ou un
À quel temps sont les verbes soulignés ? du récit commentaire
Justifie leur emploi.

Le lendemain, pour apaiser ma colère, je disparus


une bonne partie de l’après-midi. J’avais trouvé
dans la montagne une cachette idéale, une espèce
de trouée dans la roche qui ressemblait à une
petite grotte. Je la considérais comme ma maison
secondaire… L’été, il y faisait très bon.
■ Tahar BEN JELLOUN, Les Yeux baissés © Seuil, 1991.
5 LECTURE D’IMAGE

Observe ce tableau de Delacroix.

3
2
Conjuguer au passé
Mets les verbes entre parenthèses au temps
qui convient. Le texte est au passé.

Un jour mon frère me (suivre) .............. et


me (surprendre) .............. au moment où
je (déplacer) .............. la grosse pierre servant
de porte. Je (sursauter) .............. et n’(avoir)
.............. d’autre choix que de le faire entrer en
lui faisant jurer de ne jamais parler à qui que ce
soit. Nos deux corps se (glisser) .............. dans
Eugène DELACROIX, Femmes d’Alger dans leur appartement, 1834.
la grotte et, tout en tenant mon frère par l’épaule,
a. Combien de plans distingues-tu ?
je lui (présenter) .............. mes personnages
b. Quels sont les objets que l’on voit au premier plan ?
et amis. Cela (provoquer) .............. chez lui
c. Décris l’attitude des personnages.
un fou rire émerveillé.
■ Tahar BEN JELLOUN, Les Yeux baissés © Seuil, 1991.
d. Comment est rendue l’ambiance d’un lieu
renfermé et confiné ?

Corrigés p. 11 du livret. 25
CONJUGAISON

11 Le subjonctif

RETENIR
Le subjonctif est un mode personnel qui comprend quatre temps : le présent
(qu’il parle) et l’imparfait (qu’il parlât) ; le passé (qu’il ait parlé) et le plus-que-par-
fait (qu’il eût parlé).

1 / Formation du subjonctif
• Au subjonctif présent, pour tous les verbes sauf avoir et être, les terminai-
MOT CLÉ
sons sont : -e, -es, -e, -ions, -iez, -ent. que je voie, que tu voies, qu’il/elle voie.
| Subjonctif :
mode de la subordination. • Au subjonctif imparfait, on garde la voyelle qui sert à former le passé simple
Dans une indépendante, et on ajoute : -sse, -sses, -ât / -ît / -ût / -înt, -ssions, -ssiez, -ssent. Que je chan-
il exprime la volonté,
le souhait, la supposition. tasse, que tu chantasses, qu’il/elle chantât.
• Au subjonctif passé et plus-que-parfait, on conjugue l’auxiliaire être ou avoir
au subjonctif présent ou à l’imparfait et on ajoute le participe passé. Que j’aie
chanté ; que je sois venu. Que j’eusse chanté ; que je fusse venu.

2 / Emplois du subjonctif
• Le subjonctif est le mode de l’éventuel pour une action incertaine.
• Dans une indépendante ou une principale, il peut exprimer un ordre ou un
souhait. Qu’on se contente de respecter les clauses du contrat.
• On le trouve aussi :
– dans des subordonnées complétives après des verbes qui expriment un
sentiment dans la proposition principale (Je préfère que vous retiriez ma plainte),
la volonté, l’ordre (Elle demande qu’on la rembourse), la possibilité et le doute (Je
doute que la cliente croie à ta bonne foi) ;
– après les tournures impersonnelles comme il faut que, il suffit que, il est dommage
que… Il a suffi que je pleure.
– dans les subordonnées circonstancielles de but (Je pleure pour que la cliente
soit émue), de concession (Bien qu’elle soit en colère, la cliente a accepté un compro-
mis), de condition (La cliente est satisfaite, à condition que la garantie soit activée), de
temps introduites par les conjonctions avant que, en attendant que (Avant qu’il ne
soit trop tard, le vendeur cherche à la calmer).

LA MÉTHODE

, Repérer le subjonctif présent


MINI INTERRO Il faut que je voie le chef de rayon. • Je vois qu’il est occupé.
1. Qu’exprime
le subjonctif a. Je me demande à quel mode est conjugué le verbe, pour orthographier
dans une principale ? la marque de personne. Je sais qu’après « il faut que », j’utilise le subjonctif.
2. Je ne pensais pas
qu’il pût y arriver. b. En cas de doute, je peux remplacer le verbe de la phrase par le verbe « être »
À quel mode est le verbe dont la forme au subjonctif est différente de sa forme à l’indicatif. f Il faut
de la relative ?
que « je sois », subjonctif, donc la terminaison du verbe « voir » sera « e ».

26
Français
S’ENTRAÎNER

1 3
1 2
Mots mêlés Emplois du subjonctif (2)
Retrouve des formes conjuguées au subjonctif Quels verbes sont conjugués au subjonctif ?
des verbes : Justifie l’emploi de ce mode.
voir • croire • savoir • pouvoir
Le narrateur Malaussène est employé dans
E S A C H E S V un grand magasin pour désamorcer la colère
des clients mécontents.
V Û V R O P A O
Il a suffi que je me mette à pleurer pour que
U T I O U O I Y la cliente prenne ma place. Compassion. Elle
parvient à interrompre Lehmann au milieu d’une
E S S I V U S I
respiration. Machine arrière toute. Elle retire
P Û T E H V T O sa plainte. Qu’on se contente de faire jouer
les garanties du réfrigérateur, elle n’en demande
O M V O I E S N pas plus. Inutile de faire rembourser le réveillon
de vingt-cinq personnes. Elle s’en voudrait
O E Z T S A I S de me faire perdre ma place une veille de fête.
■ Daniel PENNAC, Au bonheur des ogres © Éditions Gallimard, 1988.
P U I S S I E Z

4
3

2 Formation du subjonctif
2
Emplois du subjonctif (1)
Conjugue les verbes entre parenthèses au subjonctif.
Relie les bonnes réponses.
a. Bien que les tests de contrôle (effectuer) ..............
Subjonctif dans
une phrase cet article était défectueux.
£ indépendante b. Il fallait donc que les clients (porter) ..............
exprimant un
a. Il regrette que souhait. plainte pour qu’ils (participer) ..............
vos produits ne
soient pas de
£
Subjonctif dans à l’assainissement du commerce.
qualité. une phrase c. Le numéro entre Malaussène et Lehmann
£ indépendante
b. Faites jouer la exprimant un était bien rôdé pour que la colère des clients
garantie avant ordre. se (calmer) .............. rapidement.
£
que les délais ne
Subjonctif
5
soient dépassés.
dans une
£ subordonnée VERS LE BREVET
c. Il est possible
circonstancielle
que la compassion
de temps. Relève les verbes au subjonctif et justifie leur emploi.
fonctionne £
souvent dans les Subjonctif
rapports humains. dans une Voilà, il y a trois jours, mes services auraient
subordonnée vendu à la dame ici présente un réfrigérateur
£
d. Qu’il vienne. £ complément d’une contenance telle qu’elle y a enfourné
d’une tournure le réveillon de vingt-cinq personnes. « Enfourné »
e. Que le diable impersonnelle. est le mot juste, puisque cette nuit, pour une
£
l’emporte. raison dont Lehmann aimerait que je lui fournisse
Subjonctif
dans une l’explication, le frigo en question s’est transformé
£
subordonnée en incinérateur. Un miracle que madame n’ait pas
complétive. été brûlée vive en ouvrant la porte ce matin.
■ Daniel PENNAC, Au bonheur des ogres © Éditions Gallimard, 1988.

Corrigés p. 11 du livret. 27
CONJUGAISON

12 Le conditionnel

RETENIR

1 / Formation du conditionnel
• Pour former le conditionnel présent, on ajoute au radical du verbe un r et les
MOTS CLÉS
terminaisons de l’imparfait. Vous voudriez plus de fleurs.
| Conditionnel : Quand
il a une valeur temporelle, • Le conditionnel passé se forme avec l’auxiliaire être ou avoir au conditionnel
il exprime le futur dans
le passé. Quand il a une
présent suivi du participe passé. Il aurait voulu plus de fleurs.
valeur modale, il exprime
l’hypothèse, le souhait, 2 / Emplois du conditionnel
l’atténuation.
| Valeur modale : Le conditionnel a une valeur modale quand il s’oppose au futur. Il a une valeur
Elle exprime le point de vue temporelle quand il présente un futur dans le passé.
du sujet, par exemple
le souhait, la supposition… • Valeurs temporelles, le futur dans le passé
– Dans une subordonnée complétive, le conditionnel présent exprime le futur
par rapport au passé quand le verbe de la principale est conjugué à un temps
du passé. Je savais que vous voudriez plus de fleurs.
– Le conditionnel passé peut exprimer l’antériorité par rapport à ce futur dans
le passé. On parle de futurs antérieurs dans le passé. Je savais qu’elle regarderait
différemment le ciel quand elle aurait lu ce poème.
PASSÉ PRÉSENT
savais aurait lu regarderait
• Valeurs modales : hypothèses, suppositions, atténuation
– Par opposition au futur qui exprime un fait à venir certain, le conditionnel
introduit la notion d’hypothèse. Demain, j’achèterai des géraniums (quasi certitude).
Si j’avais un balcon, j’achèterais des géraniums (hypothèse).
– Le conditionnel permet d’exprimer une supposition. Un incendie aurait ravagé
toute la forêt.
– Le conditionnel permet d’exprimer une demande, une volonté, un conseil de
manière atténuée. J’aimerais me transformer en fleur.

LA MÉTHODE

, Distinguer le futur et le conditionnel


• À la 1re personne du singulier, le conditionnel présent ne se distingue guère
MINI INTERRO du futur, à l’oral. À l’écrit, il se termine par -ais et le futur par -ai.
1. Complète la phrase : Si
• En cas de doute, il faut mettre le verbe à la 2e personne du singulier.
je l’avais rencontrée plus L’année prochaine, j’aurai mieux à faire que de passer des heures sur internet.
tôt, j...... Quels temps et
mode as-tu employés ? L’année prochaine, tu auras mieux à faire que de passer des heures sur internet.
2. Transforme cette f Le verbe avoir est au futur : terminaison en -ai.
phrase au passé :
Le jardinier ne sait jamais J’aurais mieux à faire que de passer des heures sur internet mais j’adore tchatter.
ce que deviendront Tu aurais mieux à faire que de passer des heures sur internet mais tu adores tchatter.
ses semis.
f Le verbe avoir est au conditionnel : terminaison en -ais.

28
Français
S’ENTRAÎNER

1
1
Mots mêlés c. Si vous étiez la nuit qui saisit la campagne,
Retrouve quatre verbes conjugués au conditionnel qu’est-ce qui vous (étonner) .............. ?
dans cette grille.
d. Je croyais que le soleil me (quitter) ..............
S E R I E Z O O avec des regrets à la tombée du jour.
e. Si les réveils n’existaient pas, votre existence
A B Ê T C E P N
en (être) ..............-elle bouleversée ?
U R G M L I E S

5
2
R I M E R A I T Au passé
A S S I E R A S Réécris les phrases suivantes au passé.

I E U T I L E B a. Je sais que le ciel changera de couleurs tous les soirs.


b. Il dit qu’il peindra un toit de vieilles tuiles avant midi et
T A I R A I S V qu’il le placera tout à côté d’un tilleul secoué par le vent.
c. Il affirme qu’il ne faut pas nécessairement lier

2
1 la poésie à la versification.
Dans le bon sens
Remets les phrases suivantes dans l’ordre.
a. Tu • bientôt • arriverais • que • as annoncé • tu.
6 LECTURE D’IMAGE

b. Que • je • tu • bien • rentrerais • à temps • savais. Observe ce tableau de Magritte.

c. Si • quitterait • pour • on • écoutait • cet endroit calme


• ton frère • aller • on • dans une grande ville.

3
1
Valeur du conditionnel
Souligne les verbes au conditionnel.
Quelle est la valeur de ce conditionnel ?

Ce serait bien si les soixante-dix-huit boutons


d’acné de ma sœur Édith se mettaient à clignoter.
Bleu-rouge, vert-jaune citron, elle brillerait la nuit, René MAGRITTE, La trahison des images, 1929.
comme une guirlande électrique. Et ce serait bien
a. Décris sommairement le tableau.
qu’elle brille longtemps, au moins jusqu’à Noël.
..........................................................................
Je lui accrocherais des boules dorées et ce serait
notre sapin de Noël. b. Comment est éclairée la pipe ?
■ Bernard FRIOT, « Ce serait bien », Encore des histoires pressées ..........................................................................
© Éditions Milan, 2007.
c. Commente le titre du tableau : « La trahison
des images ».

4
2 ..........................................................................
Formation du conditionnel
..........................................................................
Conjugue les verbes entre parenthèses au conditionnel. d. Quelle est l’intention de Magritte quand il déclare :
a. Le futur (être) .............. pour vous présent ? « Ceci n’est pas une pipe » ?
b. Si vous pouviez être une couleur, laquelle (choisir) ..........................................................................
..............-vous ? ..........................................................................

Corrigés p. 12 du livret. 29
ORTHOGRAPHE

13 L’accord du verbe avec le sujet

RETENIR

1 / Règle générale
• Le verbe s’accorde toujours en nombre et en personne avec son sujet.
MOT CLÉ
Attention aux sujets inversés ou éloignés du verbe.
| Nom collectif :
Il désigne un groupe,
Dans ma mémoire reviennent les souvenirs heureux.
un ensemble de personnes sujet
ou de choses. Il peut être
singulier (une foule) 2 / Cas particuliers
ou pluriel (les gens).
Parfois on hésite : le sujet entraîne-t-il un accord au singulier ou au pluriel ?
• Le verbe a un sujet.

Nature du sujet Règle Exemple


chacun, nul, personne, Accord à la 3e personne Chacun a des souvenirs heureux.
rien, tout du singulier
peu, assez, beaucoup, Accord à la 3e personne Beaucoup d’événements lui ont laissé
trop, moins, tant, autant, du pluriel un souvenir douloureux.
combien (+ GN au pluriel)
Nom collectif au singulier Accord, le plus souvent, Une foule de souvenirs heureux ont envahi
+ GN au pluriel à la 3e personne du pluriel ma mémoire. ou : Une foule de souvenirs
(mais singulier possible) heureux a envahi ma mémoire.

• Le verbe a deux ou plusieurs sujets.

Plusieurs sujets Accord à la 3e personne Prévert et Kosma ont écrit une chanson.
coordonnés par et du pluriel
Plusieurs sujets Accord, le plus souvent, à la Ni elle, ni lui n’ont oublié l’amitié qui les liait
coordonnés par ou ou ni 3e personne du pluriel (mais dans leur jeunesse.
singulier possible quand les
sujets s’excluent l’un l’autre)
Plusieurs sujets repris Accord à la 3e personne Son frère, son cousin, son oncle, personne ne
par personne, tout ou rien du singulier se souvenait du jardin de son grand-père.

LA MÉTHODE

, Relire une dictée


Il faut relire sa dictée plusieurs fois et se poser les bonnes questions.
MINI INTERRO
1. À quel temps sont conjugués les verbes ? Si le texte est au passé,
1. Le verbe
de cette phrase le temps de base est souvent le passé simple. Vérifie alors les terminaisons.
est-il correctement
orthographié ? 2. Ai-je bien accordé… ?
Ce bouquet de pivoines – chaque verbe avec son sujet ;
rouges et roses embaume.
Justifie ta réponse. – chaque adjectif avec le nom auquel il se rapporte ;
2. Transforme – les participes passés qui doivent être accordés (voir les chapitres 15 et 16).
cette phrase au pluriel.
Le chanteur accepta 3. Ai-je évité les fautes sur les terminaisons ou les mots homophones ?
volontiers de reprendre – sur les terminaisons verbales en [e] : -er, -é ou -ez selon le cas ;
sa tournée.
– sur les homophones grammaticaux (voir le chapitre 17).

30
Français
S’ENTRAÎNER

1 4
1 2
Vrai ou faux ? Terminaison des verbes
Lorsqu’un verbe a plusieurs sujets : Complète les verbes.
V F
a. Il s’accorde toujours avec le premier. q q C’est une chanson qui nous ressembl........
b. Il se met toujours au pluriel. q q Toi qui m’aimai........
c. Il se met au singulier si les sujets sont q q Et je t’aimai........
repris par un pronom indéfini.
Et nous vivi........ tous deux ensemble
d. Il se met au singulier si les sujets q q
sont coordonnés par et. toi qui m’aim........
et que j’aim........

2
1 mais la vie sépare ceux qui s’aim........
Trouver les sujets ■ Jacques PRÉVERT, « Les feuilles mortes », , © paroles de Jacques

Choisis la forme du verbe qui convient. Prévert, musique de Joseph Kosma © MCMXLVII by Enoch & Cie.

a. La devanture du magasin de jouets


5
3
q rouillait q rouillaient. Réécriture
b. Le vendeur de bicyclettes q s’ennuie q s’ennuient.
Écris au pluriel les GN soulignés
c. Les fruits que vous avez cueillis q avaient q avez et fais les transformations qui s’imposent.
un drôle de goût. a. La chatte, à la recherche de chaleur, s’est installée
d. Ceux qui q devait q devaient nous rejoindre sur le radiateur.
y ont renoncé. b. La cliente qui a acheté un manteau vert pomme
l’a rapporté dès le lendemain.
e. La plupart d’entre nous q avait q avaient vu ce film.

6
f. Toi et lui q avez q avaient souvent voyagé.
LECTURE D’IMAGE
g. Beaucoup d’élèves q arrive q arrivent en retard.
h. C’est toi qui q fera q feras la vaisselle. Observe
cette affiche

3
2 de cinéma.
Conjuguer les verbes
Conjugue les verbes entre parenthèses.

La chanson Les feuilles mortes a été écrite en 1945


par Jacques Prévert pour servir de générique au
film de Marcel Carné, Les Portes de la nuit. Le film
raconte une histoire d’amour tragique.
Je (vouloir, conditionnel présent) .................... tant
que tu te (souvenir, subjonctif présent) ...................
Des jours heureux où nous (être, imparfait)
Affiche du film
[.................... amis Les Portes de la nuit
de Marcel CARNÉ,
En ce temps-la la vie (être, imparfait) ................... 1946.

[plus belle a. Décris cette affiche du premier plan à l’arrière-plan.


Et le soleil plus brûlant qu’aujourd’hui. b. Que symbolise la silhouette rouge ?
■ Jacques PRÉVERT, « Les feuilles mortes » , © paroles de Jacques
c. Quel rapport établis-tu entre l’affiche
Prévert, musique de Joseph Kosma © MCMXLVII by Enoch & Cie.
et le titre du film ?

Corrigés p. 12 du livret. 31
ORTHOGRAPHE

14 L’accord de l’adjectif qualificatif

RETENIR

1 / Règle générale
• L’adjectif qualificatif s’accorde en genre et en nombre avec le nom (ou le
MOTS CLÉS pronom) auquel il se rapporte. Pour trouver ce nom (ou ce pronom), on peut
| Adjectif : Il se rapporte poser la question Qu’est-ce qui est… ? suivi de l’adjectif.
à un nom ou un pronom
qu’il qualifie, c’est pourquoi Je remontais en auto avec elle, heureux… f Qu’est-ce qui est heureux ? Je ;
il s’accorde avec celui-ci. l’adjectif heureux s’accorde donc au masculin singulier avec le pronom je qui
| Adjectif verbal : Il est représente le narrateur (un homme).
créé à partir du radical d’un
verbe auquel on ajoute le • Cette règle s’applique aussi aux participes passés employés comme adjectifs
suffixe -ant. Il suit les règles
d’accord, contrairement (voir chapitre 15). Elle est valable quelle que soit la fonction de l’adjectif.
au participe présent qui a
la même terminaison mais Fonction Exemple
reste invariable.
épithète ou de vieux poissons aigus, imbriqués d’écailles, moussus et roux
apposé adj. épithètes adj. apposés
f Les adjectifs vieux, aigus, moussus et roux, ainsi que le participe passé imbriqués
employé comme adjectif, s’accordent au masculin pluriel avec le nom poissons.
attribut du sujet Le ciel était bleu et transparent.
ou attribut adj. attributs du sujet
du COD f Les adjectifs bleu et transparent s’accordent au masculin singulier avec le nom ciel.

2 / Cas particuliers
• Quand un adjectif qualificatif se rapporte à plusieurs noms, il s’accorde :
– au féminin pluriel si les noms sont tous féminins (une mer et une plage merveilleuses) ;
– au masculin pluriel dans les autres cas (un clocher et une tour élevés).
• Attention aux adjectifs de couleur. Certains restent invariables :
– les adjectifs de couleur dérivés d’un nom, tels orange, marron (mais rose,
fauve, mauve et pourpre s’accordent) (des tuiles orange mais des murs roses) ;
– les adjectifs de couleur composés, tels bleu foncé, gris perle (des tuiles rose saumon).

LA MÉTHODE

, Distinguer un adjectif verbal d’un participe présent


Quand on ajoute le suffixe -ant à un verbe, on obtient une forme qui peut être
employée comme verbe, le participe présent, ou comme adjectif, l’adjectif verbal.
Selon le cas, cette forme en -ant reste invariable ou s’accorde.
MINI INTERRO • En tant que verbe, le participe présent invariable peut être mis à la forme
1. Pourquoi écrit-on
négative. Souvent on le reconnaît car il est suivi d’un complément d’objet.
des cheveux brun foncé ? Répondant distraitement à mes questions, Albertine regardait le garçon.
2. J’ai reçu votre mail participe présent invariable
confirmant votre venue.
« Confirmant » est-il • En tant qu’adjectif, l’adjectif verbal s’accorde et peut être mis au féminin.
un adjectif verbal ou Je trouve la forme de ces clochers étonnante.
un participe présent ?
adjectif verbal au féminin

32
Français
S’ENTRAÎNER

1
1
Vrai ou faux ? de ce grand roman est écrite en 1907. Le romancier
Coche la bonne réponse. la poursuivra pendant quinze ans, ne cessant.....
V F
de la modifier. Il invente ainsi plus de deux cents
a. Un adjectif s’accorde en personne et en q q
nombre avec le nom auquel il se rapporte. personnages, couvrant..... quatre générations.
b. Quand il qualifie plusieurs noms, q q b. Au cours de cette période, Proust vit en reclus : il
il se met toujours au masculin pluriel. dort le jour et ne sort qu’à la nuit tombé..... pour dîner
c. Un adjectif composé de couleur q q le plus souvent seul....., parfois avec des amis.
comme bleu clair est invariable.

5
d. Orange et marron sont invariables q q 3
mais rose et mauve s’accordent. Participe présent ou adjectif verbal ?
Classe les mots soulignés selon leur nature.
2
2
Réécriture a. Elle a trouvé des arguments convaincants.

Remplace le nom clochers par le nom tours b. Il a pu sortir en convainquant ses parents.
et réécris cette phrase. c. La loi des vases communicants est une loi physique.

Sur la droite, on apercevait par-delà les blés d. En communiquant ses résultats, la chercheuse
fait avancer la science.
les deux clochers ciselés et rustiques de
Saint-André-des-Champs, eux-mêmes effilés, e. Cette promenade est fatigante.
écailleux, imbriqués d’alvéoles, jaunissants et f. Fatiguant son auditoire, l’avocat a mal défendu
grumeleux, comme deux épis. son client.
■ Marcel PROUST, Du côté de chez Swann, 1913.

6 VERS LE BREVET
3
2
-ant ou -ants ?
Lis le texte puis réponds aux questions.
Coche la forme correctement écrite.
Je remontais en auto avec elle, heureux que
a. Les champs q environnant q environnants le village
nous dussions le lendemain aller ensemble à
étaient éclairés par les rayons du soleil
Saint-Mars, dont, par ces temps ardents où on
q couchant q couchants. ne pensait qu’au bain, les deux antiques clochers,
b. Albertine et le garçon avaient l’air d’être d’un rose saumon, aux tuiles en losanges,
dans un tête-à-tête mystérieux, dont j’étais le tiers légèrement infléchis et comme palpitants, avaient
q gênant q gênants et de qui on se cache. l’air de vieux poissons aigus, imbriqués d’écailles,
moussus et roux, qui, sans avoir l’air de bouger,
c. Dès les jours q suivant q suivants, j’avais oublié
s’élevaient dans une eau transparente et bleue.
cette impression pénible.
■ Marcel PROUST, Sodome et Gomorrhe, 1921.
d. Elle seule au monde existait pour moi ;
je la poursuivais, la touchais, et la perdais tour à tour a. Relève une comparaison et explique-la.
de mes regards q fuyant q fuyants. b. Pourquoi ce texte est-il descriptif ?
c. Mets au pluriel :

4
2
Accords un clocher rose saumon f .....................................

Ajoute ou non des marques d’accord d. Réécris la fin du texte en remplaçant poissons par
aux adjectifs et participes. truites : « Les antiques clochers avaient l’air de vieilles
truites… »
a. L’œuvre principal..... de Marcel Proust s’intitule
À la recherche du temps perdu. La première phrase

Corrigés p. 12 du livret. 33
ORTHOGRAPHE

15 L’accord du participe passé (1)

RETENIR

1 / Employé seul
• Employé seul, le participe passé a
MOT CLÉ
une valeur d’adjectif. Dans ce cas,
| Participe : il s’accorde en genre et en nombre avec le nom (ou le pronom) auquel il se rapporte
mode impersonnel,
comme l’infinitif. (voir chap. 14). Le lieu dont rêve M. Goodman est un pays inventé par le peintre.

2 / Employé avec un auxiliaire


• Lorsqu’il est employé avec l’auxiliaire être, il s’accorde en genre et en nombre
avec le sujet. Les nuages sont passés.
• Lorsqu’il est employé avec l’auxiliaire avoir, il ne s’accorde jamais avec le
sujet. Il avait rêvé posséder les nuages.
Mais il peut s’accorder avec le COD si celui-ci est placé avant le verbe.
La toile qu’il avait vue à Londres lui avait donné l’envie de posséder les nuages.
f Ici le participe passé vue s’accorde avec le pronom COD antéposé qu’ qui
remplace la toile (féminin singulier). D’ailleurs, si on pose la question Qu’est-ce
qui a été vu ?, la réponse est bien la toile.

3 / Règles particulières avec avoir


• Quand le COD est le pronom en, le participe passé est invariable.
Des poèmes faciles à retenir, j’en ai peu lu.
• Le participe passé suivi d’un infinitif s’accorde avec le pronom COD antéposé
uniquement si ce pronom fait l’action indiquée par l’infinitif.
La cantatrice que j’ai entendue chanter avait une voix sublime.
• Le participe passé de faire suivi d’un infinitif est invariable.
Tous les tableaux qu’il a fait encadrer représentent des nuages.

LA MÉTHODE

, Orthographier un participe passé


• Il faut former le participe passé correspondant au verbe, puis se poser
la question de son accord.
• Voici les règles de formation du participe passé.
MINI INTERRO
Verbes du 1er groupe Verbes du 2e groupe Verbes du 3e groupe
1. Les pays que vous avez
visités. Explique l’accord terminaison en -é terminaison en -i terminaison en -i, en –is, en –u ou en -t
du participe passé. J’ai gagné la partie. Il a grandi dans la forêt. Je suis parti, j’ai appris, j’ai vécu, j’ai offert
2. Des histoires comme
ça, j’en ai trop lu. • L’astuce : Pour savoir si le participe passé d’un verbe du 3e groupe
Explique l’accord
du participe passé. se termine au masculin singulier par un s ou un t, ou par une simple voyelle,
je cherche le féminin. découvert f découverte • vécu f vécue

34
Français
S’ENTRAÎNER

1 4
1 2
Quiz Repérer les participes passés (2)
Relie les verbes à l’infinitif à leur participe passé Souligne les participes passés du texte.
masculin singulier.
a. lire £ £ su Monsieur Goodman avait perdu ces rêves, et de
b. lier £ £ vaincu la manière la plus brutale. Et pourtant, il n’avait
c. savoir £ £ cousu pas tout perdu. Par le chemin des images, de
d. suer £ £ sué ciel et de sol, de nuages et de rivières, il pouvait
revenir au centre de sa mémoire, au pin d’été
e. vaincre £ £ lu
dans la garrigue, à la chambre de l’hiver révolu.
f. vivre £ £ lié
Monsieur Goodman alors pensa que Constable
g. coudre £ £ couru
avait fait d’une quête du temps la forme centrale
h. courir £ £ vécu
de sa peinture, et découvert, là était son génie,
une solution picturale à son mystère dans le
2
1
Repérer les participes passés (1) contraste entre ciel et terre, entre une terre
peuplée des images fixes du passé, des lieux de
Relève les sept participes passés. Sont-ils toujours
employés avec un auxiliaire ?
l’enfance, et un ciel peuplé des images mobiles du
présent perpétué en futur, les nuages.
Monsieur Goodman avait aimé et rêvé posséder ■ Jacques ROUBAUD, Ciel et terre et ciel et terre, et ciel © Argol, 2009.
les nuages, et par les nuages, le ciel. Il avait rêvé

5
d’un lieu sur la terre pour y vivre, qui avait eu
pour lui le nom d’Angleterre et qui, il le savait main-
LECTURE D’IMAGE
tenant, n’était pas un endroit ayant jamais existé
en ce monde, mais un pays rêvé et inventé par un Observe
peintre, le pays de Constable, Constable Country. ce tableau
■ Jacques ROUBAUD, Ciel et terre et ciel et terre, et ciel © Argol, 2009. de Friedrich.

3
2
Écrire des participes passés
Complète les phrases avec le participe passé
du verbe entre parenthèses.
a. John Constable (1776-1837) est (naître) ...............
dans le Suffolk, en Angleterre.
b. Fils d’un riche minotier, il était (destiner) ...............
à prendre la succession paternelle. Voyageur
contemplant
c. Mais, en 1796, il s’est (inscrire) ............... à la Royal une mer de
nuages, Caspar
Academy de Londres pour y étudier la peinture. David FRIEDRICH
(1774-1840).
d. La réputation qu’il a (acquérir) ...............
lui a (permettre) ............... d’arrêter de peindre a. D’après son titre, quel est le sujet de ce tableau ?
des portraits de notables pour se consacrer b. Combien de plans peut-on distinguer ? Comment
les éléments du tableau sont-ils distribués sur ces
à la peinture de paysages. différents plans ?
e. Spécialiste des ciels, il les a (étudier) ............... c. Décris le personnage.
comme « le plus insaisissable des phénomènes d. En quoi ce tableau est-il de tonalité lyrique ?
du monde ».

Corrigés p. 12 du livret. 35
ORTHOGRAPHE

16 L’accord du participe passé (2) :


le cas des verbes pronominaux

RETENIR
Un verbe pronominal est toujours accompagné d’un pronom réfléchi : me, te,
se… Aux temps composés, il se conjugue avec l’auxiliaire être.
Pourtant son participe passé ne s’accorde pas systématiquement avec le sujet.

1 / Accord avec le sujet


• Le participe passé d’un verbe pronominal s’accorde avec le sujet quand le
MOT CLÉ
pronom réfléchi ne peut pas être analysé. C’est le cas quand le verbe prono-
| Verbe pronominal :
Il se conjugue avec
minal est :
un pronom qui désigne – essentiellement pronominal (il s’emploie toujours avec un pronom réfléchi ou
la même personne a un sens différent sans le pronom réfléchi) : Elle s’est évanouie.
que le sujet.
– de sens passif : Ses traces se sont effacées. (= Ses traces ont été effacées.)

2 / Accord avec le pronom réfléchi COD


• Le participe passé d’un verbe pronominal s’accorde avec le pronom réfléchi
quand celui-ci peut être analysé comme le COD du verbe. Le verbe pronominal
est alors de sens réfléchi ou réciproque et de construction directe.
Julie s’est mariée avec Julien. (se = soi-même = COD)
Ils se sont regardés en souriant. (se = l’un l’autre = COD)

3 / Cas de non accord


• Le participe passé d’un verbe pronominal reste invariable quand le pronom
réfléchi est COI ou COS et qu’il n’y a pas de COD antéposé. Le verbe pronomi-
nal est alors de sens réfléchi ou réciproque et de construction indirecte.
Elle s’est procuré une cafetière. (se = à soi-même = COS)
Elles se sont prêté des romans policiers. (se = l’une à l’autre = COS)
f Le pronom réfléchi se est COS et le COD est derrière le verbe donc pas d’accord.
• Mais attention :
La cafetière qu’elle s’est procurée fait du très bon café.
f Le participe passé s’accorde avec le pronom COD qu’ placé avant le verbe.

LA MÉTHODE

,Accorder le participe passé d’un verbe pronominal


de sens réfléchi ou réciproque
MINI INTERRO
1. Elle s’est lavé les mains.
Pour accorder le participe passé d’un verbe pronominal de sens réfléchi ou
Explique l’accord réciproque, il suffit d’analyser la fonction du pronom réfléchi.
du participe passé.
• se = COD f accord avec se (même genre et même nombre que le sujet).
2. Les livres qu’elles
se sont achetés. Explique Elle s’est réjouie de l’événement. (s’ = elle-même = COD f accord)
l’accord du participe
passé.
• se = COI ou COS f pas d’accord avec se, le participe passé reste invariable.
Ils se sont donné la main. (s’ = l’un à l’autre = COS f pas d’accord)

36
Français
S’ENTRAÎNER

1 4
1 2
Quiz Orthographier les participes passés
Relie les verbes pronominaux à leur catégorie. Écris correctement le participe passé
a. s’entraider £ sens réfléchi dans les phrases suivantes.
£
a. Ils se sont (rencontrer) ............... sur une île
b. s’enfuir £ £ sens réciproque
déserte.
c. se terminer £
sens passif
£
b. Elles se sont (réchauffer) ............... au coin du feu.
d. se réconcilier £
£ essentiellement c. Ils se sont (revoir) ............... après une longue
e. se perdre £ pronominal
absence.

2
1 d. Nous nous sommes (parler) ...............
Accorder au pluriel sur le balcon.
Réécris les verbes à la troisième personne e. Elles se sont (sourire) ............... en toute
du pluriel.
complicité.
a. Il s’est baigné dans la mer.
f. Elle s’est (présenter) ............... avec succès
f Ils ..................................................................
aux examens de fin d’année.
b. Il s’est envolé à sept heures. g. Les livres qu’elles se sont (échanger) ............... sont
f Ils .................................................................. fort intéressants.
c. Il s’est excusé platement.
f Ils ..................................................................
d. Il s’est souvenu de son rendez-vous.
5 VERS LE BREVET

f Ils .................................................................. Lis le texte et réponds aux questions.

3
2 Il est nuit. Je m’en aperçois d’un coup. Combien
Participes invariables y a-t-il de temps que je suis dans ce livre ?
Quelle heure est-il ? Je ne sais pas, mais voyons
Explique pourquoi, dans les phrases suivantes,
si je puis lire encore ! Je frotte mes yeux, je tends
le participe passé reste invariable.
mon regard, les lettres s’effacent, les lignes
a. Elle s’est acheté une robe en soie sauvage. se mêlent, je saisis encore le coin d’un mot,
f ...................................................................... puis plus rien.
b. Mes frères jumeaux se sont longtemps ressemblé C’est le petit pion qui s’est souvenu, en se levant,
comme deux gouttes d’eau. qu’il m’avait oublié et qui vient voir si j’ai été
f ......................................................................
dévoré par les rats, ou si c’est moi qui les ai
mangés. Il a l’air un peu embarrassé, le pauvre
c. Les enfants se sont construit une cabane homme ! Il me retrouve gelé, moulu, les cheveux
dans les arbres.
secs, la main fiévreuse : il s’excuse de son mieux
f ...................................................................... et m’entraîne dans sa chambre, où il me dit
d. Elle s’est foulé le poignet pendant le match. d’allumer un bon feu et de me réchauffer.
■ Jules VALLÈS, L’Enfant, 1879.
f ......................................................................
e. Ils se sont lancé des défis idiots. a. Relève les participes passés et justifie leur emploi.
f ...................................................................... b. Relève les verbes pronominaux.
f. Elles s’étaient raconté des secrets. c. Réécris le deuxième paragraphe au passé
et transpose la voix narrative au féminin.
f ......................................................................
C’est une fille qui raconte l’anecdote.

Corrigés p. 12 du livret. 37
ORTHOGRAPHE

17 Les homophones grammaticaux

RETENIR

1 / En un mot ou en deux mots ?

MOT CLÉ Homophones Analyse grammaticale Exemple


ces, c’est, ses • ces : déterminant démonstratif Ces personnes attendent patiemment.
| Homophones :
mots qui se prononcent ou s’est ? • ses : déterminant possessif Ses parents ont dit non.
de la même façon, mais • c’est (= cela est) : présentatif C’est de sa faute.
qui s’écrivent différemment • s’est : verbe pronominal au passé Il s’est fait mal.
et n’ont pas le même sens. composé
si ou s’y ? • si : conjonction exprimant la condition Si tu veux. – Il est si grand.
ou adverbe d’intensité
• s’y = se + y Qui s’y frotte s’y pique.
ni ou n’y ? • ni : relie des termes négatifs Cette histoire n’a ni queue ni tête.
• n’y = ne + y Il n’y comprend rien.
quand, quant • quand : évoque une idée de temps Quand veux-tu venir ?
ou qu’en ? • quant à = « en ce qui concerne » Quant à mes ennemis, je m’en charge.
• qu’en = que + en Qu’en penses-tu ?
quel(les) ou • quel(les) : dét. interrogatif ou exclamatif Quelle heure ? – Quelle chance !
qu’elle(s) ? • qu’elle(s) = que + elle(s) Je crois qu’elle n’est pas là.
l’a, l’as, la ou • l’a, l’as : pronom le + verbe avoir Tu l’as vu ce matin. – Il l’a vu.
là ? • la : article défini Il a perdu la clé de la maison.
• là : adverbe de lieu Mets-toi là.

2 / Le verbe avoir ou le verbe être ?


Homophones Analyse grammaticale Exemple
es, est verbe être au présent de l’indicatif Il est huit heures. – Tu es en retard.
ai verbe avoir à la 1re personne du singulier J’ai faim. – J’ai pris un billet pour Pékin.
du présent de l’indicatif
aie, aies, ait, verbe avoir au présent de l’impératif Aie confiance. – Il faut que tu aies
aient ou du subjonctif confiance. – Nous voudrions qu’ils aient
compris.

LA MÉTHODE

, Distinguer quelque(s) et quel(les) que


• Quelque : adverbe invariable signifiant « environ ».
Ce pays possède quelque deux cent cinquante millions d’habitants.
MINI INTERRO
• Quelque(s) : déterminant indéfini signifiant « un certain nombre »
1. Quelles œuvres
d’Andy Warhol et s’accordant en nombre avec le nom déterminé.
connais-tu ? Donne
la classe grammaticale J’ai passé quelques années de ma jeunesse à New York.
de « quelles » et justifie • Quel(les) que : expression signifiant l’opposition, toujours suivie d’un verbe
son orthographe.
au subjonctif, dans laquelle quel(les) est adjectif et s’accorde en genre et en
2. Quelle est
la différence entre nombre avec le sujet du verbe.
ai et aie ?
Quelle que soit votre force, vous n’arriverez pas à la soulever.

38
Français
S’ENTRAÎNER

1
1
Quiz c. Ce magasin propose ............. produits bio.
Coche la bonne case. d. ............. soit la raison de ton retard, tu dois
a. Tu q es q est q ai notre fille aînée. présenter tes excuses.
b. Il faudrait que j’q ai q aie q ait une plus grande e. ............. soient tes résultats, tu dois poursuivre
marge de manœuvre. tes efforts.
c. Pendant l’été, ma sœur q es q est q ai gardienne f. Cet établissement compte ............. deux mille
de musée. trois cents élèves.
d. Bien que tu q ai q aie q aies seulement quinze ans,

5
tu peux lire ce livre. 3
Différents homophones
e. J’apprécie qu’il q ai q aie q ait de bonnes relations
avec ses grands-parents. Choisis la forme qui convient.
Andrew Warhola (1928-1987), plus connu sous

2
1 q son q sont pseudonyme Andy Warhol q est q es
En un mot ou en deux ?
un artiste américain, figure emblématique du Pop Art.
Choisis la forme qui convient. Il est devenu célèbre q en tant que q en temps que
a. Il q ses q s’est q c’est cassé la jambe peintre, réalisateur de film, q voir q voire producteur de
la semaine dernière. musique. Au q cours q court des années 1960, il peint
des produits de consommation courante q ou q où des
b. Elle est malheureuse mais nous q ni q n’y
portraits de célébrités médiatiques.
pouvons rien.

6
c. Elle vient dîner q si q s’y elle a envie.
d. Je me demande q quand q quant q qu’en LECTURE D’IMAGE
reviendront les beaux jours.
Observe cette œuvre d’Andy Warhol.
e. Je ne sais pas ce q quand q quant q qu’en
pense Albertine.
f. Mon père q ta q t’a q t’as donné de bons conseils.

3
2
Tes, t’es, t’est ou t’ai ?
Complète avec l’une de ces quatre formes
homonymes.
a. Je ......... aperçu au cinéma, dimanche.
b. Tu as perdu ......... clés.
c. Il ne ......... pas venu à l’esprit de me prévenir plus tôt.
d. Heureusement, tu ne ......... pas fait mal en glissant
dans l’escalier. Andy WARHOL, Bouteilles de Coca-Cola vertes, 1962, huile sur toile.

a. Quelle technique utilise Andy Warhol ?

4
2
Lequel ? b. Est-ce une œuvre d’art ou une image publicitaire ?
Justifie ton point de vue en analysant la composition
Remplace les points de suspension par quelque, du tableau.
quelques ou quel(les) que.
c. Relève la date de création du tableau : que nous dit
a. Depuis ............. jours, il fait très beau. encore cette œuvre sur la société dans laquelle
nous vivons ?
b. Il y a ............. temps, il est parti au Pérou.

Corrigés p. 13 du livret. 39
18 La formation des mots
LEXIQUE

RETENIR
Le français comprend des mots simples qui ne peuvent pas être décomposés
en unités de sens plus petites (par exemple grand). Il comprend également de
nombreux mots formés par dérivation (grandeur, grandir, agrandir, etc.) ou par
composition (grand-mère, grand-rue, etc.).

1 / Les mots formés par dérivation


• La dérivation consiste à ajouter à un radical, qui contient le sens principal du
MOTS CLÉS
mot, un préfixe ou un suffixe ou les deux. Une famille de mots est formée de
| Dérivation : tous les mots dérivés à partir d’un même radical.
Elle consiste à ajouter soit
un préfixe, soit un suffixe,
soit les deux à un radical. • Un préfixe est un groupe de lettres ajouté avant le radical. Il modifie le sens
| Famille de mots : du mot (mais pas sa classe grammaticale).
ensemble des mots formés habile f malhabile : le préfixe mal- exprime la négation.
sur le même radical.
dire f redire : le préfixe re- exprime la répétition.
histoire f préhistoire : le préfixe pré- exprime l’antériorité.

• Un suffixe est un groupe de lettres ajouté après le radical. Il peut changer la


classe grammaticale du mot auquel il s’ajoute. Par exemple :
– -er, -ir servent à former des verbes à l’infinitif (chanter, grandir, etc.) ;
– -(a)tion, -eur, - (i)té, etc. forment des noms (information, grandeur, pureté, etc.) ;
– -able, -al, -el, -eux, etc. font des adjectifs (probable, fatal, rituel, brumeux, etc.).

2 / Les mots formés par composition


• Les mots composés usuels sont majoritairement des noms formés selon le cas
avec : deux noms (salle de bain) ; un adjectif et un nom (grand-père) ; un verbe et
un nom (des serre-tête) ; une préposition (ou un adverbe) et un nom (un après-midi).
• Les mots composés « savants » sont formés à partir d’éléments empruntés au
grec ou au latin. Démocratie est formé de deux éléments grecs, démo, « peuple »,
et cratie, « pouvoir ».

LA MÉTHODE

, Reconnaître des familles de mots irrégulières


• Quand une famille de mots est construite tout entière à partir du même radical,
on dit qu’elle est régulière. Mais il y a des familles irrégulières. Par exemple :
honneur mais honorer, honoraire • monnaie mais monétaire
MINI INTERRO
• rationnel mais rationalité, rationalisation
1. Quels sont le préfixe
et le suffixe du mot • Attention en particulier à certains noms formés à partir des verbes en -onner.
inaudible ? La plupart s’écrivent avec -nn- : abonner f abonnement. Mais il y a des exceptions.
2. Donne trois mots de la donner mais donation, donateur • entonner mais intonation • résonner mais
famille du mot mature.
résonance • sonner mais sonore, sonorité • tonner mais détoner, détonation

40
Français
S’ENTRAÎNER

1 5
1 3
Devinette Étymologie
Quel est l’intrus dans chaque liste ? a. Associe chaque mot à sa définition.
a. Honneur, honnête, honorable, déshonorer. science qui étudie
£ les statistiques
b. Nommer, nomination, prénom, renommée, nombre. misogyne £ de la population
c. Souffler, soufflerie, boursoufler, souffrir. démographie £ qui n’aime pas
£
d. Charrue, chariot, charade. les femmes
dysfonctionnement £
£ nouveau mot
néologisme
2
£
1 mauvais
Formation des mots £
fonctionnement
Pour chaque mot, encadre le radical et fais ainsi b. Déduis-en le sens des éléments
apparaître le préfixe et/ou le suffixe utilisé(s). d’origine grecque suivants.
– international – coreligionnaire mis- : .................................................................
– dompteur – horaire demo- : ..............................................................
– nocturne – alunir dys- : ..................................................................
– maritime – indistinctement neo- : .................................................................

3 6
2
Néologismes VERS LE BREVET
Repère les éléments (mots ou suffixes) entrant
dans la formation de ces néologismes (définition : Lis le texte, puis réponds aux questions.
voir exercice 5).
Le mot « presbytère » venait de tomber, cette
Néologisme Formé à partir de : année-là, dans mon oreille sensible, et d’y faire
tapuscrit des ravages. […]
J’avais recueilli en moi le mot mystérieux, comme
franglais
brodé d’un relief rêche en son commencement,
courriel achevé en une longue et rêveuse syllabe…
globalisation Enrichie d’un secret et d’un doute, je dormais
avec le mot et je l’emportais sur mon mur.
« Presbytère ! » Je le jetais, par-dessus le toit

4
2 du poulailler et le jardin de Miton, vers l’horizon
Les mots en -ment toujours brumeux de Moutiers. Du haut de mon
Le suffixe -ment permet de former des noms mur, le mot sonnait en anathème* : « Allez !
ou des adverbes. Classe les mots de cette liste Vous êtes tous des presbytères ! », criais-je
selon leur classe grammaticale. à des bannis invisibles.
lentement • grognement • courageusement ■ COLETTE, La Maison de Claudine, 1922 © Librairie Arthème Fayard
• fondement • élégamment • détournement et Hachette Littérature, 2004.
• vraiment • appariement
* Condamnation sévère ou malédiction visant
Noms Adverbes (de manière) une personne, ses actes ou ses opinions.
Dans le christianisme, excommunication qui exclut
de la société des fidèles.

a. Explique la formation des mots soulignés.


b. Donne trois mots de la famille de sensible.
c. Donne plusieurs mots de la famille du verbe sonner.

Corrigés p. 13 du livret. 41
19 Champ sémantique et champ lexical
LEXIQUE

RETENIR

1 / Le champ sémantique
• Le champ sémantique d’un mot englobe l’ensemble de ses significations. Le
MOTS CLÉS contexte permet de choisir la signification qui convient. Certains mots sont
| Champ lexical : monosémiques, ils n’ont qu’un seul sens (été = saison entre le printemps et l’au-
ensemble des mots
se rapportant à tomne), alors que d’autres sont polysémiques, ils ont plusieurs sens.
un même thème.
• Un mot polysémique possède souvent un sens propre et des sens figurés. Le
| Champ sémantique :
ensemble des sens donnés sens propre est le sens premier, le sens le plus concret du mot. Le sens figuré
par le dictionnaire pour est une signification plus imagée (fruit = produit végétal ; fruit = avantage, bénéfice).
un mot. Plus un mot est
polysémique, plus son • La dénotation est le sens explicite précis d’un mot, indiqué par le dictionnaire
champ sémantique
est large. (soleil = astre) alors que la connotation est l’ensemble des valeurs subjectives et
implicites qu’un locuteur accorde à un mot.
Quand le locuteur valorise ce qu’il dit, on parle de connotation méliorative.
Quand il insiste sur les aspects négatifs, on parle de connotation péjorative.
Cet enfant est mon soleil = Il m’apporte de la joie f connotation méliorative.

2 / Le champ lexical
• Le champ lexical regroupe des termes exprimant une même idée, une même
notion. Ils peuvent appartenir à des classes grammaticales différentes. Ils sont
synonymes ou antonymes, de la même famille ou non. Ils peuvent décliner en
termes particuliers un terme générique.
• Repérer un champ lexical permet de déterminer le thème principal d’un texte
ou de caractériser un personnage. Briller, éclat, scintillant, soleil, ampoule, lampe
appartiennent au champ lexical de la lumière.

LA MÉTHODE

, Étudier l’emploi d’un champ lexical


• Le champ lexical permet de répondre aux questions : de quoi s’agit-il ?
quel est le thème du texte ? Par exemple dans ce quatrain
de Charles Baudelaire (« L’ennemi », Les Fleurs du mal) :
Ma jeunesse ne fut qu’un ténébreux orage,
Traversé çà et là par de brillants soleils ;
Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage,
Qu’il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils.
MINI INTERRO • Pour repérer un champ lexical, on reprend entre guillemets toutes les
1. Le mot tour est-il expressions du texte désignant la même notion puis on dit que ces termes
monosémique ou constituent tel ou tel champ lexical. f Les expressions ténébreux orage,
polysémique ?
tonnerre et pluie constituent le champ lexical des intempéries.
2. Développe le champ
lexical dans lequel • Quand on demande d’analyser un champ lexical, on essaie de comprendre
pourraient figurer ces les effets voulus par l’auteur f Ici, Baudelaire suggère de manière
mots : cake, tarte, four.
métaphorique que sa jeunesse a été agitée et tourmentée.

42
Français
S’ENTRAÎNER

1 4
1 3
Vrai ou faux ? Se préparer au brevet
Ces expressions sont au sens figuré. a. Dans ces lignes, le narrateur fait l’explication de
V F texte du slogan publicitaire de l’exercice 2.
a. Il a pris la clé des champs. q q Relève les termes qui forment le champ lexical
de la sensation.
b. La punaise des bois est un insecte. q q
b. Quel est le but d’une publicité ?
c. La police a arrêté le cerveau du hold-up. q q
d. Le prince demanda la main q q Et maintenant, songez bien au yaourt. Si l’on
de la princesse au roi. oublie les mots qui ornent le pot, ce n’est pas
e. Cette lettre est bien timbrée. q q qu’on ne les ait pas lus : il y a bien eu ces
f. Il mange beaucoup, c’est un ogre. q q quelques secondes distraites où l’on s’est évadé
g. Il fait un froid de canard. q q
pour saisir le pot entre pouce et majeur et
déchiffrer l’étiquette. Mais l’opération s’est faite
presque inconsciemment. Preuve que le texte
2
2
a coulé dans la gorge, pêche jaune ton sur ton.
Champ lexical
Cette harmonie du mot avec la chose n’est pas
Quel est le champ lexical dominant pour rien dans la sensation de fraîcheur enso-
de cette citation ? leillée, de fluidité laiteuse. Disparaître dans la
sensation ; c’est une jolie devise poétique.
J’ai des millions de lecteurs. « Gorgée de soleil, ■ Philippe DELERM, Panier de fruits © Éditions du Rocher, 1998.
la pêche jaune est le fruit de l’été. Elle cache,
sous sa peau fine et duveteuse, une chair juteuse
et fondante ». Oui c’est de moi, sur le pot
de yaourt X. 5 LECTURE D’IMAGE
■ Philippe DELERM, Panier de fruits © Éditions Du Rocher, 1998.
Observe cette publicité du XIXe siècle.
Par quels arguments le produit est-il valorisé ?

3
2
Sens propre et figuré Médaille d’or à l’exposition de 1819
Relie ces expressions de sens figuré à leur définition. HUILE CÉPHALIQUE
brevets d’invention et
a. Battre de perfectionnement.
N
£ £ Manquer de courage
la campagne ul cosmétique ne peut faire croître les
cheveux, de même que nulle prépara-
b. Bayer tion chimique ne les teint sans danger pour
£ £ Raconter des bêtises
aux corneilles le siège de l’intelligence. La science a déclaré
Dire facilement récemment que les cheveux étaient une subs-
c. Poser un lapin £ £ tance morte, que nul ne pouvait les empêcher
du mal des gens de tomber ni de blanchir. Pour prévenir la
d. S’occuper Ne pas être à Xérasie ou la Calvitie, il suffit de préserver
£ £ le bulbe d’où ils sortent de toute influence
de ses oignons un rendez-vous
atmosphérique, et de maintenir à la tête la
Refuser d’affronter chaleur qui lui est propre. […] Conserver au
e. Crier au loup £ £
un problème lieu de chercher à provoquer une stimula-
tion impossible ou nuisible sur le derme qui
f. Avoir une langue S’intéresser contient les bulbes, telle est la destination de
£ £
de vipère à ses affaires l’HUILE CÉPHALIQUE. […] La chevelure,
g. Passer du coq ce produit magnifique conserve jusque dans
£ £ Changer de sujet l’âge avancé de la personne qui se sert de
à l’âne l’HUILE CÉPHALIQUE, ce brillant, cette
h. Être une poule finesse, ce lustre qui rendent si charmantes les
£ £ Pleuvoir fortement têtes des enfants.
mouillée
i. Faire l’autruche £ £ Rester sans rien faire Honoré de BALZAC, Grandeur et décadence de César Birotteau, 1837.
j. Tomber des cordes £ £ Délirer

Corrigés p. 13 du livret. 43
20 Les figures de style
LEXIQUE

RETENIR
• On appelle figures de style les procédés par lesquels un auteur cherche à
MOTS CLÉS
créer un effet particulier. On les classe en quatre catégories.
| Figure de style :
procédé par lequel un Figures Définitions Exemples
auteur cherche à créer
un effet particulier. Une Figures d’analogie
figure de style représente
un écart par rapport au Comparaison Elle établit un rapport de ressemblance entre Le poète est semblable au prince
langage courant. Elle deux termes (le comparé et le comparant), des nuées. (Baudelaire)
joue sur la ressemblance, à l’aide d’un outil grammatical.
l’opposition, l’amplification,
la substitution. Métaphore Comparaison abrégée, sans outil D’autres fois, calme plat, grand miroir
grammatical (selon le cas, le comparé de mon désespoir ! (Baudelaire)
| Rhétorique : ensemble est ou non cité). pour évoquer la mer.
des règles du bien parler.
Personnification Elle attribue des traits humains à une chose, L’habitude venait me prendre dans ses
une idée ou un être non humain. bras comme un petit enfant. (Proust)
Allégorie Elle représente une idée concrètement. La mort est une faucheuse.
Figures d’amplification et d’atténuation
Hyperbole Elle utilise des termes exagérés pour insister. Un bruit à réveiller un mort.
Anaphore Elle répète un mot en tête de phrase, Rome, l’unique objet de mon
de proposition ou de vers. ressentiment ! / Rome […] (Corneille)
Gradation C’est une accumulation organisée qui va Va, cours, vole et nous venge.
crescendo ou decrescendo. (Corneille)
Litote Figure qui dit le moins pour suggérer le plus. Va, je ne te hais point. (Corneille)
Euphémisme Parler de façon atténuée. Une personne non-voyante, à la place
d’aveugle.
Figures d’opposition
Antithèse Elle oppose vigoureusement deux termes. Un ver de terre amoureux d’une étoile.
(Hugo)
Antiphrase Faire comprendre le contraire de ce qu’on dit. Ne vous gênez pas !
Figures de substitution
Métonymie Le mot que l’on attend est remplacé par un Lire un Balzac ; boire un verre.
autre mot selon une relation logique.
Périphrase Elle évoque la chose au lieu de la nommer C’était l’heure tranquille où les lions
directement. vont boire (Hugo), pour dire le soir.

LA MÉTHODE

, Distinguer comparaison et métaphore


• Une comparaison comprend trois éléments : l’élément comparé, le terme com-
paratif et le comparant.
MINI INTERRO
Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants. (Charles Baudelaire)
1. Une couturière aux
doigts de fée. Quelle comparé comparatif comparant
figure de style est
employée ? Explique-la. • Dans la métaphore, le rapprochement du comparé et du comparant se fait
2. Trouve deux exemples directement sans terme comparatif.
d’euphémismes courants.
Cette faucille d’or dans le champ des étoiles. (Victor Hugo) = la lune

44
Français
S’ENTRAÎNER

1 4
1 3
Quiz Devinettes
Retrouve chaque figure de style devenue Trouve pour chacun de ces exemples la figure
un « cliché littéraire ». de style correspondante.
a. Jurer comme un £ £ Turc a. Il n’est pas mauvais ce gâteau ! f .........................
b. Avoir gorge b. On désigne un soldat par l’expression
£ £
des doigts de déployée
« jeune tambour ». f ...........................................
c. Rire à £ £ âme en peine
c. Sur un faire-part, on lit « X nous a quittés ».
d. Être fort arracheur
comme un
£ £
de dents Cette formule atténue le caractère désagréable

e. Mentir de la nouvelle. f .................................................


£ £ fée
comme un d. Au XVIIe siècle, les Précieuses se coiffaient devant
f. Errer comme une £ £ loup le conseiller des grâces. Elles enfermaient leurs chers
g. Avoir une faim de £ £ charretier souffrants dans des escarpins à rubans. Elles adoraient
cette figure de style. f .........................................

2
2
Les allégories
Relie chaque allégorie à son symbole. 5 VERS LE BREVET
a. la colombe £ £ la République
Lis attentivement ce poème et réponds
b. Marianne £ £ la justice
aux questions.
c. la balance £ £ la France
d. le sablier £ £ la paix Quarante enfants dans une salle,
Un tableau noir et son triangle,
e. le chardon £ £ le temps qui passe
Un grand cercle hésitant et sourd
f. le coq £ £ l’Écosse Son centre bat comme un tambour.
Des lettres sans mots ni patrie

3
2 Dans une attente endolorie.
Comparaison ou métaphore ?
Le parapet dur d’un trapèze,
Coche la bonne case. Une voix s’élève et s’apaise
Compa- Méta- Et le problème furieux
raison phore
Se tortille et se mord la queue.
a. La femme est l’avenir de q q La mâchoire d’un angle s’ouvre.
l’homme. (Aragon)
Est-ce une chienne ? Est-ce une louve ?
b. La terre est bleue comme une q q
Et tous les chiffres de la terre,
orange. (Éluard)
Tous ces insectes qui défont
c. Le temps a laissé son manteau q q Et qui refont leur fourmilière
de vent, de froidure et de pluie. Sous les yeux fixes des garçons.
(Charles d’Orléans)
■ Jules SUPERVIELLE, « Mathématiques »,
d. Un gros serpent de fumée noire. q q in Gravitations © Éditions Gallimard, 1925.
(Maupassant)
e. Un petit baiser comme une q q a. Relève une comparaison dans la première strophe.
folle araignée te courra sur le cou. Quel est l’effet produit ?
(Rimbaud) b. Relève deux métaphores dans les deuxième
f. Quand le ciel bas et lourd pèse q q et troisième strophes et explique-les.
comme un couvercle. (Baudelaire) c. Quelle figure de style relèves-tu dans la dernière
g. Paris est un véritable océan. q q strophe ? Explique-la.
(Balzac)

Corrigés p. 13 du livret. 45
LIRE ET ÉCRIRE

21 La modalisation

RETENIR
Dans un énoncé, le locuteur peut exprimer sa subjectivité : son degré de certi-
tude, ses opinions, ses sentiments. On parle de modalisation.

1 / L’expression d’une plus ou moins grande certitude


• Des verbes et adverbes traduisent la certitude ou au contraire le doute, la
MOT CLÉ
prise de distance : Il était, je crois, de la race de Guillaume le Conquérant.
| Modélisateur :
procédé lexical ou • Les verbes pouvoir et devoir + infinitif, expriment l’éventualité ou la probabi-
syntaxique qui permet à lité : Il a dû connaître de nombreux succès.
un narrateur de nuancer
son propos, de le mettre
à distance. • Certains modes et temps ont une valeur modale : le subjonctif (expression
d’un fait virtuel), le conditionnel (expression d’un fait hypothétique). Le vicomte
serait de la race de Guillaume le Conquérant.

2 / L’expression d’une évaluation ou d’une émotion


• Le jugement du locuteur se traduit par des adjectifs ou groupes nominaux :
– mélioratifs (un point de vue valorisant) : Il était d’une beauté extraordinaire.
MINI INTERRO – péjoratifs (un point de vue dévalorisant) : Je juge sa conduite irresponsable.
1. Il me sembla que j’étais • Le locuteur peut aussi exprimer son émotion, en utilisant par exemple :
suivie. Quelle est la
nature du modalisateur
– les interjections : Hélas, Alberte ne me montrait aucun signe d’intérêt !
dans cette phrase ? – le vocabulaire affectif, traduisant une émotion : J’éprouvai de la panique.
2. Cite deux procédés – les types et les formes de phrase exclamative ou emphatique : Une telle
permettant d’exprimer expérience, vous ne la vivez qu’une fois dans votre vie !
l’incertitude.
– les figures de style, en particulier la comparaison, l’hyperbole, l’antithèse…

LA MÉTHODE

, Relever les procédés de modalisation et expliquer leurs effets

Le vicomte de Brassard tombe amoureux d’Alberte. • L’émotion du vicomte est


Un soir, celle-ci meurt brutalement dans ses bras. exprimée par :
Il raconte le sentiment de peur qui l’étreint. – le vocabulaire de la peur :
Alberte m’avait fait passer dans l’âme plus d’un genre de frisson, terreur,
frisson, plus d’un genre de terreur ; mais ce n’avait été peur, panique ;
encore que l’impression des balles qui sifflent autour de – les formes de phrase
vous et des boulets dont on sent le vent ; on frissonne, mais exclamative et emphatique :
on va toujours. Ce fut la peur, de la peur complète, de la Ce que j’éprouvai, ce fut… ;
vraie peur, non pour Alberte, mais pour moi, et pour moi tout – les comparaisons :
seul ! Ce que j’éprouvai, ce fut positivement cette sensation le cœur aussi pâle
qui doit rendre le cœur aussi pâle que la face ; ce fut cette que la face ;
panique qui fait prendre la fuite à des régiments tout entiers. – l’adverbe positivement
■ Jules BARBEY D’AUREVILLY, Les Diaboliques, « Le rideau cramoisi », 1874.
qui souligne sa sensation.

46
Français
S’ENTRAÎNER

1
1
Vrai ou faux ? je ne sais quelle partition avec des doigts
abominablement contrariés. Elle avait le dos
Coche la bonne case. tourné et il n’y avait pas de glace dans laquelle
V F
elle pût voir que je la regardais.
a. L’adverbe peut-être peut être q q
■ Jules BARBEY D’AUREVILLY, Les Diaboliques,
un modalisateur.
« Le plus bel amour de Don Juan », 1874.
b. Le verbe paraître atténue la certitude q q
du narrateur.
Proposition incise Mots et expressions
c. Le locuteur dévoile son opinion q q exprimant la certitude caractérisant
quand il utilise des modalisateurs. du narrateur négativement la fillette

2
1
Mise à distance (1)
À travers quelle expression le locuteur exprime-t-il

5
qu’il tient ses informations d’autres personnes ?
VERS LE BREVET
[Le vicomte de Brassard] avait été dès sa
jeunesse un des plus brillants officiers de la fin du Lis ces phrases extraites d’une nouvelle de Barbey
premier Empire. J’ai ouï dire, bien des fois, à ses d’Aurevilly et réponds aux questions.
camarades de régiment, qu’il se distinguait par
une bravoure à la Murat, compliquée de Marmont. A. Lionne, d’une espèce inconnue, qui s’imaginait
■ Jules BARBEY D’AUREVILLY, Les Diaboliques, avoir des griffes, et qui, quand elle voulait
« Le rideau cramoisi », 1874. les allonger, n’en trouvait jamais dans ses
magnifiques pattes de velours.

3
2 B. C’était, si vous voulez le savoir, une enfant
Mise à distance (2) chétive, parfaitement indigne du moule splendide
Souligne les marques de modalisation qui d’où elle était sortie, laide, même de l’aveu de sa
mettent à distance les faits ou leur interprétation. mère, qui ne l’en aimait que davantage ; une petite
topaze brûlée… Que vous dirai-je ? Une espèce
Internet et les jeux vidéos seraient responsables de la
de maquette en bronze avec des yeux noirs…
perte du goût de la lecture chez la jeunesse. Les jeunes, une magie !
sans aucun doute, préfèrent les jeux vidéo aux livres. ■ Jules BARBEY D’AUREVILLY, Les Diaboliques,
L’essor des technologies, les jeux nouvelle génération « Le plus bel amour de Don Juan », 1874.
jouent un rôle principal dans le désintéressement
des jeunes à la lecture. Il est indéniable que la plupart a. Dans le portrait A, quels mots indiquent
que Don Juan rend honneur à la femme évoquée ?
d’entre eux possèdent des consoles vidéo et autres jeux
électroniques. Cependant, pas mal de jeunes, semble- ..........................................................................
t-il, apprécient les mangas et BD. Ils pratiqueraient b. Dans l’extrait B, l’adjectif chétive a une valeur :
aussi volontiers la lecture par internet. q méliorative q péjorative
c. Que traduit l’expression « Que vous dirai-je » ?
4
3
Modalisateurs ..........................................................................

Dans cet extrait, relève des marques d. Justifie l’emploi du point d’exclamation final.
de modalisation et classe-les dans le tableau. ..........................................................................

Une seule fois, sa mère l’exigeant, la fillette se ..........................................................................


plaça devant son instrument de musique ouvert e. Réécris l’extrait B dans la langue d’aujourd’hui,
avec un de ses airs de « victime » qui, je vous en insistant sur la laideur apparente du personnage.
assure, n’avait rien de doux, et elle commença Puis fais ressortir sa beauté.

Corrigés p. 13 du livret. 47
LIRE ET ÉCRIRE

22 Les reprises nominales


et pronominales

RETENIR

Dans un texte, pour éviter les répétitions, un mot


ou un groupe de mots peuvent être repris tota-
lement ou partiellement par un autre mot. Ces
mots peuvent être des noms ou groupes nominaux
appelés aussi substituts lexicaux ou des pronoms. ■ En 1996 naît la brebis Dolly, premier
mammifère cloné à partir d’un animal
1 / Reprises nominales adulte par des scientifiques écossais.

• On peut reprendre un groupe nominal avec un autre nom ou un autre GN.


MOTS CLÉS
| Reprise nominale : Un nom propre La brebis = Dolly
Elle se fait à l’aide de Le même nom avec un déterminant plus précis Une brebis = cette brebis
synonymes, de termes
génériques ou de Un synonyme (il peut être générique) La brebis = le mammifère = l’animal
périphrases.
Un nom commun avec expansion du GN L’animal cloné par les chercheurs écossais
| Reprise
pronominale : Une périphrase Le lion = le roi des animaux
Les pronoms remplacent
un nom, un groupe nominal,
un adjectif, un autre
pronom, une proposition
2 / Reprises pronominales
ou une phrase déjà apparus
dans un texte.
• Les pronoms les plus utilisés sont les pronoms personnels de la 3e personne, les
pronoms relatifs, démonstratifs, possessifs et certains indéfinis (chacun, tous…).
Le clonage est une découverte étonnante. Celui d’une brebis est célèbre, elle
s’appelle Dolly. Tu ne le crois pas ?…
• Un pronom peut reprendre totalement un GN, ou reprendre seulement une
partie de ce GN.
Les mammifères clonés sont fragiles. Ils ne vivent pas longtemps. f reprise totale
Ce scientifique a cloné deux brebis. L’une a vécu trois ans, l’autre est morte au bout
de quelques jours. f reprise partielle

LA MÉTHODE

, Utiliser des pronoms démonstratifs ce / ceux, celui-ci / celui-là


• Quand les formes celui-ci et celui-là sont employées ensemble,
elles s’opposent : celui-ci désigne ce qui est le plus proche dans le temps
ou dans le texte ; celui-là désigne ce qui est le plus éloigné.
Les plantes utilisent naturellement deux manières de se reproduire à l’identique :
MINI INTERRO le rejet et le marcottage. L’olivier a adopté celui-ci, le fraisier celui-là.
1. Cite trois types • Ce, pronom démonstratif, peut être remplacé par ceci ou cela.
de reprises nominales.
Une loi vient d’interdire le clonage humain. Ce (= ceci) n’est pas trop tôt.
2. Par quoi peut-on
remplacer ce et ceux • Ceux, pronom démonstratif, remplace un nom masculin pluriel, au féminin
pour éviter de les
confondre ?
il est remplacé par celles. Ceux (ou celles) qui ne voulaient pas du clonage humain
ont été rassurés par le vote de la nouvelle loi.

48
Français
S’ENTRAÎNER

1 4
1 2
Vrai ou faux ? Nominale ou pronominale ? (2)
Coche la bonne case. Classe les reprises des mots soulignés
V F dans le tableau.
a. « Ta planète est bleue, la mienne q q Aucune guerre ne fut aussi intense que la guerre des
est rouge. » clones. Elle divisa la Galaxie en deux. Chacune de ses
La mienne est un pronom personnel. parties fut plongée dans les ténèbres. Il y avait eu bien
b. « Les gens sont partagés sur le clonage q q des signes avant-coureurs de cette catastrophe. Des
humain. Certains y sont favorables pour membres du Sénat qui ne respectaient plus l’intérêt
la thérapie génique, d’autres farouchement commun avaient voulu s’enrichir. Ces vils individus
opposés. » avaient corrompu leurs collègues en achetant leurs
Certains, d’autres sont des pronoms votes. Bientôt tous les sénateurs voulurent s’enrichir.
indéfinis. Aucun membre de cette haute assemblée n’échappa à
cette course au gain. Tous préférèrent leur petit profit
c. « J’adore lire des romans de science- q q égoïste au bon fonctionnement de la gouvernance
fiction. Cela me détend beaucoup. » de la galaxie.
Cela est un pronom possessif.
d. « Je crois que tu es très content q q Reprises nominales Reprises pronominales
de ton travail. Ne le nie pas. »
.............. reprend le GN .............. reprend le GN
Le est un pronom personnel.
.............. . .............. .

2
1 .............. reprend le GN .............. reprend le GN
Nominale ou pronominale ? (1)
.............. . .............. .
Classe les reprises des mots soulignés
dans le tableau.
Dolly a donné naissance à quatre brebis, ce qui prouve
qu’un animal cloné peut se reproduire. Cette brebis n’a
5 LECTURE D’IMAGE
pas eu de maladie particulière. Elle a été victime d’une
infection pulmonaire, à la fin de sa vie. Les chercheurs Observe cette photo.
ont décidé de l’euthanasier pour l’empêcher de souffrir.
Une fois naturalisée, celle-ci sera exposée au musée
d’Édimbourg.

Reprise nominale Reprises pronominales

3
2
Créer des reprises
Complète le texte en évitant les répétitions.
Rémi BENALI et Stephen FERRY. Cette photo a été assemblée digitalement
Dolly a été l’animal le plus photographié du siècle. (par ordinateur) par Steve Walkowiak.
En effet, .............. est la copie conforme d’une autre
a. Décris cette photo.
brebis. Depuis sa naissance en février 1997, tout le
b. Comment une découverte scientifique devient-elle
monde s’interroge sur les bienfaits et les méfaits du une œuvre d’art ?
clonage. L’enjeu est celui du clonage humain. Dolly,
c. Comment l’interprètes-tu ?
.............., a ouvert la boîte de Pandore.

Corrigés p. 13 du livret. 49
LIRE ET ÉCRIRE

23 Le récit

RETENIR
Un récit est une suite d’événements dont l’enchaînement constitue l’histoire et
qui suit un schéma dit schéma narratif.

1 / L’histoire, le schéma narratif


• La situation initiale d’un récit est modifiée par un événement qui vient rompre
MOTS CLÉS
l’équilibre initial, l’élément perturbateur. Cet événement est souvent indiqué par
| Texte narratif : un adverbe de temps (soudain, alors, tout à coup). Dans un récit au passé, le
texte où un narrateur
raconte une histoire qui met passé simple succède à l’imparfait.
en scène des personnages
et des actions se succédant • L’enchaînement des actions (péripéties) permet la progression du récit jusqu’à
dans le temps. la situation finale ou dénouement. Le dénouement est heureux ou malheureux
| Schéma narratif : mais il marque un retour à l’équilibre.
déroulement d’un récit
rythmé par des péripéties
qui perturbent la 2 / Les personnages
situation initiale jusqu’au
dénouement. • Les personnages existent grâce aux liens qu’ils nouent entre eux. Le person-
nage principal est le héros ou le sujet. Les adjuvants l’aident. Les opposants
s’opposent à lui.
• Les qualités des héros sont idéalisées. L’anti-héros est un être ordinaire plongé
dans une vie ordinaire ou confronté soudain à une situation extraordinaire.
Quand il incarne une réalité sociale, morale ou psychologique, il devient un type.

3 / L’ordre et le rythme du récit


• Le schéma narratif peut suivre pas à pas un ordre chronologique de manière
linéaire. Mais pour complexifier la narration, on peut introduire des :
– retours en arrière : un personnage évoque un souvenir, une expérience passée ;
– anticipations : le narrateur évoque des faits susceptibles de se passer après
le moment où il parle ;
– ellipses : le narrateur passe sous silence une certaine durée (trois ans après…) ;
– scènes et pauses descriptives : le récit est souvent entrecoupé de séquences
descriptives qui permettent de placer le cadre dans lequel se déroule l’action.

LA MÉTHODE

, Repérer le point de vue du narrateur dans un récit


• Le point de vue omniscient ou focalisation zéro : le narrateur connaît tout
des personnages, leur passé, leurs pensées. Les deux amis étaient inséparables,
MINI INTERRO alors qu’ils ne partageaient pas les mêmes passions.
1. Qu’est-ce • Le point de vue interne ou focalisation interne : le narrateur s’efface
qu’une ellipse ?
derrière un (ou plusieurs) de ses personnages, et raconte l’histoire à travers
2. Quel est le point
de vue du narrateur dans leur regard. Je décidais de revenir./Pierre était convaincu qu’il reviendrait.
les extraits présentés • Le point de vue externe ou focalisation externe : le narrateur relate
page 51 ?
les faits comme un simple témoin. Pierre déménagea et ne revit plus son ami.

50
Français
S’ENTRAÎNER

1
1
Devinettes de mes ancêtres. Je ne voyais plus mon ami
d’enfance mais j’en avais des nouvelles par ses
Teste tes connaissances littéraires. parents, demeurés mes voisins […]. Un jour
a. Dans le roman brusquement Pierre reparut. Il sonna à ma porte.
dont je suis l’héroïne, Il avait à peine changé. Malgré la distance il avait
la narration est assurée suivi mes travaux. Pas un de mes ouvrages qu’il
Je suis
par deux voix : une naïve
qui raconte ses souve-
£ £ Antoine de n’eût lu et relu. Et il m’apportait une proposition
Saint-Exupéry. fantastique.
nirs, une plus distanciée
qui commente le récit ■ Michel TOURNIER, idem.
de la première.
a. Quelle est la fonction du GN « un jour » ? Quel rôle
b. J’ai écrit Le Petit
joue cette expression dans le déroulement du récit ?
Prince et des romans Je suis
£ £
racontant les débuts de Hervé Bazin. b. À quel temps est le verbe « reparut » ?
l’aviation aéropostale. Justifie sa valeur ici.
c. Je suis surnommé c. Quelle était la relation des deux personnages
« Brasse-Bouillon » par au début de l’histoire ? Comment évolue-t-elle ?
Je suis
ma mère qui me rejette
£ £ Nathalie

4
et me maltraite, et 2
Sarraute.
je le lui rends bien en Résumer un texte
l’appelant « Folcoche ».
Lis la suite du récit, puis coche la phrase
qui reformule le mieux ce passage.
2
1
Les personnages
Sa firme venait de mettre au point un système de
Lis cet extrait de récit et coche codage international. N’importe quel programme
les bonnes réponses. pouvait être enregistré sous un volume infime, et
devenait accessible à une multitude de décodages
Pierre et moi sommes nés la même année, dans en langues diverses. Il me proposait de devenir
le même village. Nous avons appris à lire et à le premier écrivain au monde qui profiterait de ce
écrire dans la même école mais c’est là que nos système. Si j’en étais d’accord, toute mon œuvre
destins ont commencé à diverger. Alors que serait mise sur ordinateur, et déchiffrée ensuite
Pierre excellait en mathématiques, se passion- dans les cent trente pays actuellement pourvus
nait pour la chimie et remportait tous les prix en d’un terminal approprié.
physique, pour moi seules comptaient la littéra- ■ Michel TOURNIER, idem.
ture, la poésie et plus tard la philosophie.
■ Michel TOURNIER, Le Medianoche amoureux q Pierre propose au narrateur de donner à traduire
© Éditions Gallimard, 1989. son œuvre en plusieurs langues.
V F q Pierre propose au narrateur de retranscrire son
a. Le narrateur est interne. œuvre en langage informatique facile à traduire
q q
dans toutes les langues.
b. Ces lignes sont au début du récit. q q

5
c. Les personnages sont symboliques. q q
VERS LE BREVET

3
2
Le schéma narratif Invente la fin du récit en quelques lignes.

Voici la suite du récit. Lis-la et réponds Tu veilleras :


aux questions. – aux temps des verbes : faire alterner imparfait et
passé simple ;
Dès l’âge de vingt ans, Pierre s’expatriait, moi – à l’énonciation : la narration est au « je » ;
– à garder la cohérence de l’histoire.
je restais au village dans la maison séculaire

Corrigés p. 14 du livret. 51
LIRE ET ÉCRIRE

24 La description

RETENIR

1 / Enjeux de la description
• Dans une description, l’énonciateur donne à voir le plus souvent, mais aussi à
MOTS CLÉS
entendre, à sentir, ce que le destinataire n’est pas en mesure de percevoir. Il est rare
| Description : Elle qu’une description soit faite pour elle-même : elle s’insère dans un autre discours.
présente un personnage
ou un lieu. Les temps
employés sont le présent • Dans un discours narratif, elle constitue souvent une pause, pour caractéri-
ou l’imparfait. Elle est ser un lieu, un personnage, ou un objet.
organisée et structurée par La description des lieux donne un cadre à l’action. Elle crée une impression
des connecteurs spatiaux.
dominante, une atmosphère plaisante, merveilleuse, inquiétante, effrayante…
| Portrait : description
d’un personnage, statique
ou en action. Le portrait vise • Quand on décrit un personnage, on fait son portrait. Le portrait peut être
à susciter chez le lecteur physique ou moral ou les deux. Il permet de dégager une impression du person-
la sympathie, l’antipathie,
la complicité…
nage qui est sympathique, antipathique, drôle, triste, etc. Le portrait s’ordonne du
général au particulier ou du particulier au général, mais il est ordonné.

2 / Les marques de la description


• La structure : la description suit une progression organisée et cohérente. Elle
peut s’organiser autour de la profondeur : premier plan, second plan, arrière-
plan ; la verticalité : en haut, en bas ; la latéralité : à gauche, à droite.
• Les connecteurs spatiaux organisent généralement la description en situant
les choses par rapport à un repère dans l’espace.
• Les temps les plus employés dans le portrait et la description sont le présent
et l’imparfait.
• Les champs lexicaux les plus employés sont ceux des sensations, des formes
et des couleurs.

LA MÉTHODE

, Présenter un personnage dans un récit


• On peut brosser un portrait classique en allant du général (c’est une vieille
dame…) au particulier (ses cheveux, ses yeux…). Il est possible de s’attarder
sur un détail (son sourire, ses lunettes…) dont on montre qu’il est significatif
au moyen d’une anecdote.
• L’emploi d’adjectifs permet à la fois de qualifier le personnage et de révéler
MINI INTERRO les sentiments du narrateur à son égard (belle, forte, caressante…).
1. À quoi servent Le champ lexical donne une tonalité au récit, avec un registre de couleurs
les connecteurs spatiaux ou une métaphore filée par exemple. Les émotions sont également transmises
dans une description ?
par des informations sensorielles : la voix, l’odeur…
2. Comment justifierais-
tu que l’extrait A • Ne pas oublier qu’un portrait peut aussi être moral : il décrit alors
de l’exercice 2 (page 53) les qualités et défauts du personnage. Enfin, on peut décrire le personnage
est descriptif ?
en action : ses gestes révèlent alors sa personnalité.

52
Français
S’ENTRAÎNER

1 3
1 3
Vrai ou faux ? Analyser un portrait
Coche la bonne réponse. Quelle sensation est évoquée par le narrateur ?
V F Quels adjectifs apportent une note méliorative ?
a. Une description raconte ou donne à voir. q q Décris en quelques mots l’impression qui se dégage
du portrait.
b. Les connecteurs dans une description q q
sont logiques ou spatio-temporels.
Le matin, la lumière du jour me parvenait de
c. Pour faire le portrait d’un personnage, q q concert avec le parfum dont usait ma grand-mère,
on utilise le passé composé ou l’imparfait. une senteur de jasmin restée associée pour moi
d. Un portrait le plus souvent est ordonné q q à l’image d’une vieille dame aux manières exquises
ou rédigé en toute liberté. et aux yeux clairs comme de l’eau, avec de beaux
e. Une description peut être réaliste q q cheveux neigeux, ramenés en un chignon sur
ou symbolique. lequel elle agrafait une barrette de jade. Cette
barrette était un cadeau – son unique coquetterie –

2
2 elle ne portait jamais de bijoux, à part son alliance.
Comparer deux portraits ■ Minh TRAN HUY, La Double Vie d’Anna Song © Actes Sud, 2009.

Voici deux portraits de « mère ».

A. Tout était bien ce jour-là et elle aspirait l’odeur


du myrte traditionnel que nous lui apportions. 4 LECTURE D’IMAGE
Elle frottait les brins entre ses petites mains et
Observe ce tableau de Picasso.
en humait l’odeur un peu théâtralement, comme
il convient aux gens de notre tribu orientale.
Elle était alors si jolie, ma vieille Maman qui se
mouvait avec peine, ma Maman.
■ Albert COHEN, Le Livre de ma mère, 1954 © Éditions Gallimard.

B. On m’a dit cent fois qu’elle avait été belle.


Je vous autorise à le croire, malgré ses grandes
oreilles, ses cheveux secs, sa bouche serrée
et ce bas du visage agressif qui faisait dire
à Frédie, toujours fertile en mots :
« Dès qu’elle ouvre la bouche, j’ai l’impression
de recevoir un coup de pied au cul. Ce n’est pas
étonnant avec ce menton en galoche. »
■ Hervé BAZIN, Vipère au poing, © Éditions Grasset & Fasquelle, 1948.

a. Compare les titres des œuvres dont sont extraits


ces passages.
– Comment comprends-tu « Le Livre de ma mère » ?
Quel synonyme donner à « livre » ?
– Explique la métaphore de la vipère pour désigner
la mère dans le second extrait.
Pablo PICASSO, Portrait de Dora Maar, 1937. Huile sur toile. Musée Picasso, Paris.
b. Évocation du souvenir par les sensations dans l’ex-
trait A : quelle sensation est évoquée par le narrateur ? a. Observe la position du nez et des yeux :
c. Un portrait tendre : dans l’extrait A, quels sont comment est présenté ce visage de femme ?
les termes qui montrent la tendresse du narrateur b. Observe et commente les couleurs.
pour sa mère ?
c. Pourquoi s’éloigne-t-on de l’art figuratif ?
d. Un portrait à charge : dans l’extrait B, quels sont
tous les termes à connotation négative qui sont utilisés d. Quelle impression se dégage de ce portrait de femme ?
pour décrire la mère ?

Corrigés p. 14 du livret. 53
LIRE ET ÉCRIRE

25 Les paroles rapportées

RETENIR

1 / Le discours direct
• Les paroles sont rapportées telles qu’elles ont été prononcées. Le discours
MOT CLÉ
direct rend une scène proche. Il présente :
| Paroles rapportées : – un tiret et des guillemets au début et en fin de paroles ;
paroles d’un personnage
que le narrateur retranscrit. – un verbe de prise de parole (répondre, demander, crier, dire, murmurer…) ;
– les caractéristiques vivantes du langage oral : apostrophe, interjection, excla-
mation, interrogation (« Bien sûr ») ;
– les temps verbaux se situent par rapport au moment de l’énonciation ;
– les pronoms du dialogue.
L’infirmière lui dit : « Bien sûr que vous pouvez emmener Eva en promenade ! »

2 / Le discours indirect
• Le narrateur rapporte les paroles des personnages sans les citer mot à mot.
Le discours indirect introduit une certaine distance. Il se repère parce que :
– la ponctuation du discours direct disparaît ;
– toutes les phrases sont déclaratives ;
– le verbe de parole est suivi d’une proposition subordonnée conjonctive ;
– les temps deviennent ceux du récit et suivent la concordance des temps.
L’infirmière lui dit que bien sûr, il pouvait emmener Eva en promenade.

3 / Le discours indirect libre


• Le narrateur rapporte des paroles intérieures ou des pensées en les intégrant
complètement au récit. Le passage au discours indirect libre est signalé par :
– l’absence de verbe introducteur ;
– l’absence de ponctuation de dialogue ;
– l’absence de subordonnant ;
– la présence des pronoms et de la concordance des temps du style indirect.
Bien sûr il pouvait l’emmener en promenade !

LA MÉTHODE

, Respecter la concordance des temps au style indirect

MINI INTERRO Style direct Style indirect

1. Le médecin ordonne Présent Imparfait


aux infirmières : L’infirmière affirmait : « Eva marche. » L’infirmière affirmait qu’Eva marchait.
« Laissez cette enfant Passé composé Plus-que-parfait
se promener. » L’infirmière affirmait : « Eva a marché. » L’infirmière affirmait qu’Eva avait marché.
Transforme cette phrase
au style indirect. Futur simple Conditionnel présent
2. Quel type de discours L’infirmière affirmait : « Eva marchera. » L’infirmière affirmait qu’Eva marcherait.
utilise des propositions Futur antérieur Conditionnel passé
subordonnées ? L’infirmière affirmait : « Eva aura marché. » L’infirmière affirmait qu’Eva aurait marché.

54
Français
S’ENTRAÎNER

1
1
Quiz La maman a dû accepter un travail loin d’ici, je
crois… Elle n’est que très peu venue et restait à
Coche la bonne réponse. peine quand elle venait. Pourtant l’enfant va bien,
a. Il me demande ce que sont devenus nos amis mais il n’y a guère de changement. Les séquelles
de l’école primaire. paraissent irréversibles. Toujours ce mutisme.
■ Pierre PÉJU, La Petite Chartreuse © Éditions Gallimard, 2002.
q Style indirect q Style indirect libre
b. Jean marchait songeur. Il commençait à être fatigué. a. À quelle forme de discours rapporté correspondent
les paroles du sous-directeur ?
q Style indirect q Style indirect libre
b. Pour justifier ta réponse, relève des indices et remplis
c. « Comment ferons-nous en cas de tempête
le tableau ci-dessous.
de neige ? » demanda la fillette.
q Style direct q Style indirect libre Ponctuation Types Pronoms
du dialogue de phrases personnels
d. « Serons-nous toujours amis ? » demanda la fillette.
q Au style indirect, le verbe être restera au futur.
q Au style indirect, le verbe être se conjuguera
au conditionnel.

c. Quel effet produit l’emploi de ce discours ?


2
2
Le style indirect d. Réécris les propos du sous-directeur au style indirect.
a. Écris ces propos au style direct : Le sous-directeur dit à Vollard que ............................
La mère d’Eva suggéra à Vollard qu’il rende visite .......................................................................
à la fillette dans son centre de rééducation.
.......................................................................
b. Explique l’emploi du conditionnel
dans cette phrase : .......................................................................
Vollard déclara qu’il serait ravi d’aller voir Eva. .......................................................................
c. Justifie l’emploi de l’imparfait dans cette phrase : .......................................................................
Il l’assura qu’elle ne devait pas s’inquiéter d’être loin
de sa fille et peu disponible.
d. Qui le pronom « il » représente-t-il
dans cette phrase ?
4 VERS LE BREVET
Il affirma qu’il lui devait bien cela puisqu’il ne se Cet extrait vient juste après celui de l’exercice 3.
pardonnait pas d’avoir renversé la fillette. Invente la suite en commençant par une phrase
au style indirect, puis tu introduiras un dialogue

3
2 et enfin une partie narrative.
Identifier le style
Lis l’extrait puis réponds aux questions.
Ils pénétrèrent dans une vaste salle où les
jeunes gens cabossés par les accidents les plus
Vollard s’étonna de ne pas devoir justifier terribles jouaient aux cartes. […] Un téléviseur
son identité, mais il suivit sans rien dire déversait une sauce épaisse d’inepties. Eva était
le sous-directeur à travers les couloirs. assise dans ce vacarme, exactement sous le télé-
viseur […]. Rêveuse à vide. Regard vague.
– Je dois vous avouer, Monsieur Vollard, que
vous étiez très attendu. Vous êtes un oncle ? Vollard en l’observant pensa que ........................
Un parent ? Enfin ça ne me regarde pas ! Mais ■ Pierre PÉJU, La Petite Chartreuse © Éditions Gallimard, 2002.
il est souhaitable que la fillette ait des visites.

Corrigés p. 14 du livret. 55
LIRE ET ÉCRIRE

26 L’argumentation

RETENIR
Le discours argumentatif est utilisé par l’énonciateur dès qu’il veut convaincre
son destinataire d’un point de vue que celui-ci ne partage pas nécessairement.

1 / Structure du texte argumentatif


• La thèse est le point de vue défendu par l’auteur, on parle de thèse proposée.
MOT CLÉ
| Argumenter : • La thèse réfutée est celle que le destinataire est supposé soutenir sur le sujet
défendre une thèse à l’aide en question. Pour mieux convaincre le destinataire de la légitimité de son point
d’arguments illustrés par
des exemples. Le but est de
de vue, l’énonciateur réfute par avance cette autre thèse, ou la dévalorise.
convaincre un interlocuteur.
• Les arguments sont les idées qui prouvent la thèse proposée.

• Les exemples sont des faits concrets, par opposition aux arguments plutôt
abstraits, qui servent à illustrer et justifier les arguments.

2 / Les marques de l’argumentation


• Marques de la 1re personne et modalisateurs : l’énonciateur s’exprime géné-
ralement à la 1re personne (je pense que, à mon avis…), mais il peut avoir recours
à des formes générales pour donner plus de poids à son argumentation (il faut
que, on sait que…). Les modalisateurs (voir chapitre 21) jouent un rôle particu-
lièrement important dans l’expression de l’opinion défendue.
• Les temps utilisés dans le discours argumentatif sont ceux du système du présent,
même si le destinataire n’est pas physiquement présent (c’est le cas à l’écrit).
• Les connecteurs logiques soulignent la cohérence des arguments : ils marquent
la cause, la conséquence, la concession, l’opposition, l’addition.

LA MÉTHODE

, Distinguer les arguments et les exemples


• Les arguments sont des idées abstraites qui viennent justifier la thèse.
Les exemples sont des éléments concrets qui illustrent les arguments.
Le modèle ci-dessous provient d’un roman évoquant l’esclavage.
• Thèse des esclavagistes (voir la réfutation dans les extraits de la page 57) :
Les colonies ont besoin de main-d’œuvre, donc d’hommes habitués à l’esclavage.
Arguments donnés par le capitaine esclavagiste :
1. Les Africains pratiquent déjà entre eux l’esclavage.
2. Les maîtres blancs traitent mieux leurs esclaves que les rois africains.
MINI INTERRO Exemple pour l’argument 1 : Les bateaux négriers embarquent des gens
1. Quel est le rôle qui sont déjà esclaves. Les rois les échangent contre des marchandises.
des exemples ? Exemple pour l’argument 2 : Les esclaves vivent avec les familles
2. Quelle est la structure de planteurs. Les femmes sont les nourrices des enfants et sont appréciées
d’une argumentation ?
par les mères de famille.

56
Français
S’ENTRAÎNER

1 3
1 3
Quiz Réfuter une thèse
Dans cette liste, combien de verbes expriment : Lis la suite du texte et réponds aux questions.
je crois • je pense • je sais • je considère • je doute
• je suppose • j’ignore si • je suis certain • j’affirme Cette fois, c’est de nouveau Blaise-Benoît qui grinça :
• je certifie • je confirme • j’admets • je conviens • j’adhère « Il croit ce qu’il veut. Il n’a jamais vu le travail
a. une position neutre des Noirs sur les plantations.
q3 q6 q8
– Chez les planteurs, ils sont nourris et soignés.
b. une conviction q2 q4 q5 Ils font presque partie de la famille.
c. une incertitude q3 q5 q6 – Ils sont mal nourris, battus, ils sont loin de
leur pays, arrachés à leur famille, ils travaillent

2
2 du matin au soir sans espoir de sortir de là,
Analyser des arguments commenta Blaise-Benoît avec colère.
Lis ce texte et réponds aux questions.
– J’entends des murmures ! » s’exclama
le capitaine d’un ton menaçant.
Le narrateur et certains membres d’équipage Les officiers levèrent brièvement leur cravache,
avaient embarqué pour les Antilles sans savoir ce qui fit taire les protestataires. De l’arrière du
qu’ils étaient à bord d’un navire qui faisait groupe, Anselme surveillait lui aussi les matelots
du commerce d’esclaves. d’un air inquisiteur. S’il y avait mutinerie, c’était
son travail sur le faux-pont qui en pâtirait
« Sachez pour vous rassurer, reprit le capitaine
et il refusait de dire adieu à sa prime.
d’une voix forte, que nous ne volons personne :
« Qui peut se donner le droit de soumettre
nous achetons les esclaves un bon prix,
les autres à l’esclavage ? s’écria alors Youenn.
et cela fait à la fois les affaires de leur pays
– Qui a parlé ?
et du nôtre, car nos colonies ont un cruel besoin
– Le timonier ! dénonça Anselme.
de main-d’œuvre.
– Trois douzaines de coups de fouet ! » hurla
– Pas l’affaire de ceux qui sont vendus, saint
le capitaine.
Capitaine », siffla Blaise-Benoît entre ses dents.
■ Évelyne BRISOU-PELLEN, Deux graines de cacao,
Il n’avait pas parlé assez fort pour que Chevil- coll. « Le Livre de poche Jeunesse » © Hachette, 2001.
lot entende et celui-ci continua : « Vous ignorez
sans doute que, chez eux, ils sont déjà esclaves. a. Quel argument du capitaine est rappelé
L’esclavage existe depuis toujours en Afrique, et par le groupe nominal « le travail des Noirs » ?
ces gens ont été capturés bien avant notre arrivée. Que sous-entend alors Blaise-Benoît ?
– Si on n’allait pas en acheter, susurra Jos par b. Montre qu’il développe ensuite son argument.
un coin de sa bouche qu’il tordait avec un grand c. Quelle est la thèse du timonier ?
savoir-faire, ils auraient moins de raisons de En quoi réfute-t-elle celle du capitaine ?
faire des prisonniers.
– Et croyez-moi, poursuivit le capitaine, ils seront
mieux aux colonies que chez leur actuel maître 4 VERS LE BREVET
africain. » Lis ce texte et réponds aux questions.
■ Évelyne BRISOU-PELLEN, Deux graines de cacao,
coll. « Le Livre de poche Jeunesse » © Hachette, 2001.
« Vous avez la peau de couleur de cendre,
a. Dans la 1re phrase soulignée, par quelle conjonction
et nous de couleur d’ébène ; par conséquent
de subordination pourrait-on remplacer les deux- nous devons, par les lois sacrées de la nature,
points ? Reformule les deux arguments avec des être toujours ennemis. »
connecteurs logiques. ■ VOLTAIRE, Candide, 1759.

b. Dans la deuxième phrase soulignée, relève a. Quel lien logique exprime « par conséquent » entre
trois compléments de temps. Explique leur rôle. les deux propositions ? En quoi cette affirmation
Résume la théorie du capitaine. est-elle absurde ?
c. Montre que les deux phrases en gras contredisent b. Réécris ces lignes en ne jouant plus sur l’absurde.
l’argumentation du capitaine.

Corrigés p. 14 du livret. 57
LIRE ET ÉCRIRE

27 L’autobiographie

RETENIR
L’autobiographie est le récit rétrospectif, donc distancié, qu’un auteur fait de sa
propre vie.

1 / Les marques de l’autobiographie


• La situation d’énonciation est caractérisée par les traits suivants :
MOT CLÉ
– le narrateur, l’auteur, le personnage se confondent et s’expriment au « je » ;
| Autobiographie : – le point de vue du narrateur est un point de vue interne ;
Texte où l’auteur, le
narrateur et le personnage – le temps de l’écriture est ancré dans la situation d’énonciation, alors que le
se confondent derrière temps du souvenir est plus ou moins éloigné de la situation d’énonciation.
le « je ».
• Le narrateur utilise des marques de subjectivité : un vocabulaire péjoratif
ou mélioratif, des modalisateurs… Il cherche à convaincre le destinataire de la
justesse et de la sincérité de son propos.
• L’autobiographie est souvent chronologique, mais l’auteur peut passer sous
silence certains faits, faire des ellipses ou s’attarder sur certains événements
de son passé, puisqu’il fait une sélection dans ses souvenirs.

2 / Les enjeux de l’autobiographie


Le texte répond à un besoin, une volonté, un projet explicite ou implicite.
• Il peut viser à se souvenir de moments agréables, notamment l’enfance, éven-
tuellement de façon nostalgique. Dans le cas contraire, il vise à exorciser des
souvenirs douloureux. Il permet également de mieux se connaître et de donner
de la cohérence à son parcours.
• Il peut servir à témoigner de son époque.

• Éventuellement, l’auteur cherche à se justifier face à des détracteurs.

LA MÉTHODE

, Identifier un texte autobiographique


• On observe la situation d’énonciation du texte. Il est écrit à la première
personne. C’est un texte rétrospectif. Il alterne le plus souvent évocation de
moments du passé et commentaires au présent. Il faut différencier le moment
de l’écriture et le moment évoqué (l’enfance, la jeunesse, etc.).
J’étais fortement constituée, et, durant toute mon enfance, j’annonçais devoir être
fort belle, promesse que je n’ai point tenue.
f L’imparfait renvoie au moment du souvenir.
Pour moi, je ne pus jamais m’astreindre à soigner ma personne. Autant j’aime
MINI INTERRO
l’extrême propreté, autant les recherches de la mollesse m’ont toujours paru
Pourquoi parle-t-on
de double énonciation
insupportables.
dans le récit f Le présent renvoie au commentaire de l’adulte. Le destinataire est double :
autobiographique ?
le personnage et le lecteur.

58
Français
S’ENTRAÎNER

1 3
1 2
Vrai ou faux ? Le champ lexical
Coche la bonne réponse. Relis l’extrait précédent et relève le champ lexical
V F de la beauté. Que veut nous montrer la narratrice
a. Tout texte écrit au « je » est un texte q q à propos de son apparence physique ?
autobiographique. ..........................................................................
b. Les mémoires peuvent être un texte q q ..........................................................................
autobiographique.
..........................................................................
c. Un roman épistolaire est un texte q q
autobiographique.
4
2
d. Dans l’étymologie du mot autobiogra- q q La visée du texte
phie on trouve : auto = soi-même, bio = vie,
graphie = écriture. Voici la suite du texte. En quoi la narratrice rejette-
t-elle l’éducation traditionnelle des filles au
XIXe siècle ? Comment revendique-t-elle sa liberté ?

2
2
L’énonciation Se priver de travail pour avoir l’œil frais, ne
Quelles sont les marques de la situation pas courir au soleil quand ce bon soleil de
d’énonciation dans cet extrait ? Dieu vous attire irrésistiblement, ne point
marcher dans de bons gros sabots de peur de
J’étais fortement constituée, et, durant toute se déformer le cou-de-pied, porter des gants,
mon enfance, j’annonçais devoir être fort belle, c’est-à-dire renoncer à l’adresse et à la force
promesse que je n’ai point tenue. Il y eut peut-être de ses mains, se condamner à une éternelle
de ma faute, car à l’âge où la beauté fleurit, je gaucherie, à une éternelle débilité, ne jamais se
passais déjà les nuits à lire et à écrire. Étant fille fatiguer quand tout nous commande de ne point
de deux êtres d’une beauté parfaite, j’aurais dû ne nous épargner, vivre enfin sous une cloche
pas dégénérer, et ma pauvre mère, qui estimait la pour n’être ni hâlée, ni gercée, ni flétrie avant
beauté plus que tout, m’en faisait souvent de naïfs l’âge, voilà ce qu’il me fut toujours impossible
reproches. Pour moi, je ne pus jamais m’as- d’observer. Ma grand’mère renchérissait encore
treindre à soigner ma personne. Autant j’aime sur les réprimandes de ma mère, et le chapitre
l’extrême propreté, autant les recherches de la des chapeaux et des gants fit le désespoir
mollesse m’ont toujours paru insupportables. de mon enfance.
■ George SAND, Histoire de ma vie, IV 13, 1855. ■ George SAND, Histoire de ma vie, IV 13, 1855.

5 LECTURE D’IMAGE

a. En quoi le jeu de lumière dramatise-t-il cet autoportrait ?


..................................................................................................
..................................................................................................
..................................................................................................
..................................................................................................
b. Comment Corot met-il l’accent sur sa condition d’artiste peintre ?
..................................................................................................
..................................................................................................
.................................................................................................. Jean-Baptiste Camille COROT (1796-1875),
Portrait de l’artiste, assis près d’un chevalet, 1825.
.................................................................................................. Paris, musée du Louvre.

Corrigés p. 14 du livret. 59
LIRE ET ÉCRIRE

28 Le théâtre

RETENIR
Une pièce de théâtre est une histoire racontée
sous forme de dialogues, sans narrateur. Elle est
d’abord faite pour être jouée et représentée. Il peut
s’agir d’une comédie, d’une tragédie ou d’un drame.

1 / Le texte de théâtre
Le texte de théâtre se compose des répliques des personnages et des didascalies.
MOTS CLÉS
| Acte : partie d’une • Les didascalies sont les indications données par l’auteur aux comédiens et au
pièce de théâtre qui metteur en scène sur la façon de jouer, sur le lieu, les déplacements, etc. Elles
présente une unité dans la
progression de l’intrigue.
ne sont pas prononcées pendant la représentation et sont écrites en italiques
| Scène : Elle est
pour les distinguer des dialogues.
délimitée par l’entrée ou
la sortie des personnages.
• Les personnages sont caractérisés par la manière dont ils parlent, c’est-
Il y a plusieurs scènes à-dire : leurs niveaux et registres de langue ; les types de phrases qu’ils
dans un acte. emploient ; leurs gestes, mimiques et attitudes ; la répartition de la parole entre
eux (un dominant parle davantage qu’un dominé).

2 / La composition d’une pièce de théâtre classique


• Elle est souvent organisée autour de trois ou cinq actes :
– l’exposition informe le spectateur sur la situation ;
– le nœud de l’action, moment où l’action/l’intrigue est à son point culminant et
le dénouement encore incertain ;
– le coup de théâtre, un événement soudain, imprévu, change les données de l’action ;
– le dénouement résout le problème posé par la pièce.

3 / L’énonciation au théâtre
• Elle est double généralement puisque les répliques s’adressent à deux destina-
taires, un autre personnage de la pièce et le spectateur.
• Dans l’aparté le personnage s’adresse directement au public. Dans le mono-
logue, le personnage livre à voix haute, loin des autres et souvent seul en scène,
ses pensées intimes.

LA MÉTHODE

, Définir les genres théâtraux


Dans le théâtre classique, on distingue la comédie et la tragédie.
MINI INTERRO • La comédie cherche à divertir en mettant en scène des personnages
1. Cite quatre manières ordinaires et utilise le rire comme ressort ; le dénouement est heureux.
de caractériser un • La tragédie montre le destin de personnages mythologiques ou historiques.
personnage de théâtre.
Ses ressorts sont la crainte et la pitié. Un destin implacable pèse sur les héros
2. Quelle différence
y a-t-il entre un souvent tourmentés de passions. Le dénouement est malheureux.
monologue et • Le drame romantique apparaît dans la première moitié du XIXe siècle.
un aparté ?
Il mélange les tons (tragique et comique).

60
Français
S’ENTRAÎNER

1
1
Quiz a. Les répétitions marquent :

Coche la bonne réponse. q la colère q l’hésitation de Figaro


a. Le quiproquo est : q comique q tragique b. Ce monologue a une portée :
q narrative q argumentative
b. L’exposition d’une pièce classique doit être finie :
c. Qu’exprime la ponctuation ? Quelles indications
q à la fin de la scène 1 de l’acte I donne-t-elle aux acteurs ?
q au début de l’acte II
c. Le héros tragique est :
q aux prises avec son destin q maître de ses choix
4 VERS LE BREVET

Lis cet extrait et réponds aux questions.

2
2
La tragédie Le comte, qui veut obtenir les bonnes grâces de
Complète ces phrases en puisant dans la liste : Suzanne, convoque Figaro pour savoir s’il est
Racine • Athènes • Corneille • Sophocle • bienséances au courant. Or Suzanne a averti Figaro.
• Euripide • Eschyle. LE COMTE – […] Ce Figaro se fait bien attendre !
La tragédie naît en Grèce, à ............... au VIe siècle Il faut le sonder adroitement (Figaro paraît dans
avant J.-C. Les trois grands auteurs de la tragédie le fond, il s’arrête) et tâcher, dans la conversation
que je vais avoir avec lui, de démêler d’une façon
grecque sont .......................................................
détournée s’il est instruit ou non de mon amour
Pour ne pas choquer le public, au XVIIe siècle, on suit pour Suzanne.
la règle des ............... et on s’interdit de montrer FIGARO, à part. – Nous y voilà.
un meurtre sur scène. LE COMTE – …S’il en sait par elle un seul mot…
Dans les années 1630, la tragédie se développe FIGARO, à part. – Je m’en suis douté.
en France avec deux auteurs : ................................. LE COMTE – […] Et voyons ce que nous ferons
de la jeunesse.

3
2 FIGARO, à part. – Ah ! Ma femme, s’il vous plaît.
Lecture critique LE COMTE, se retourne. – Hein ? Quoi ? Qu’est-ce
Lis ce monologue et réponds aux questions. que c’est ?
FIGARO, s’avance. – Moi qui me rends à vos ordres.
Figaro croit que sa fiancée Suzanne a accepté […]
de céder aux avances du comte Almaviva.
Il fait éclater sa colère dans un long monologue. LE COMTE. – Les domestiques ici… sont plus
longs à s’habiller que les maîtres !
Ô femme ! femme ! femme ! Créature faible et FIGARO. – C’est qu’ils n’ont point de valets
décevante ! Nul animal créé ne peut manquer à pour les y aider.
son instinct ; le tien est-il donc de tromper ?…
Après m’avoir obstinément refusé quand je l’en LE COMTE, […] à part. – Je m’emporte, et nuis
pressais devant sa maîtresse, à l’instant qu’elle à ce que je veux savoir.
me donne sa parole ; au milieu de la cérémonie… FIGARO, à part. – Voyons-le venir et jouons serré.
Il riait en lisant, le perfide ! et moi comme un ■ BEAUMARCHAIS, Le Mariage de Figaro, III, 4-5, 1778.

benêt !… Non, monsieur le comte, vous ne l’aurez


pas… vous ne l’aurez pas. Parce que vous êtes a. Qu’indiquent les didascalies ? Quel est l’effet
de ce procédé ?
un grand seigneur, vous vous croyez un grand
génie !… noblesse, fortune, un rang, des places ; b. Dans le passage souligné, que penses-tu
tout cela rend si fier ! de la réplique de Figaro ?
■ BEAUMARCHAIS, Le Mariage de Figaro, V, 3, 1778. c. Qui mène le dialogue : Figaro ou le comte ?

Corrigés p. 15 du livret. 61
LIRE ET ÉCRIRE

29 Le théâtre contemporain

RETENIR
Le théâtre du XXe siècle est riche et varié. On distingue trois axes de création.

1 / La reprise des mythes antiques


• Entre 1920 et 1950, des auteurs puisent leur inspiration dans les mythes
MOTS CLÉS
gréco-romains qu’ils transposent dans leur époque (1933 : La Machine infer-
| Théâtre engagé : nale, Cocteau ; 1935 : La guerre de Troie n’aura pas lieu, Giraudoux ; 1944 :
Il est lié au contexte
historique et il offre Antigone, Anouilh).
une réflexion politique
ou philosophique. • Les personnages deviennent humains et le système de valeurs des héros de
| Théâtre de tragédie classique est tourné en dérision.
l’absurde : Il caractérise
la difficulté de l’humain
à comprendre le monde 2 / Le théâtre engagé (1940-1950)
dans lequel il vit.
• Le théâtre engagé pose le problème de la légitimité de la violence en politique
et des engagements. L’homme est confronté au tragique de l’histoire (1944 :
Huis clos, Sartre ; 1948 : Les Mains sales, Sartre ; 1949 : Les Justes, Camus).

3 / Le théâtre de l’absurde
• En 1896, Alfred Jarry avec Ubu roi ouvre les voies d’un « nouveau théâtre »
ou « théâtre de l’absurde » qui vise à la provocation. Le mot « absurde » apparaît
en littérature après la Seconde Guerre mondiale et caractérise la difficulté de
l’homme à comprendre le monde dans lequel il vit.
• Les héritiers mêlent pour la plupart dérision, humour et tragique :
– Eugène Ionesco : La Cantatrice chauve (1950), La Leçon (1951), Les Chaises
(1952), Le roi se meurt (1962) ;
– Samuel Beckett : En attendant Godot (1952), Fin de partie (1957), Oh les
beaux jours (1963).

LA MÉTHODE

, Différencier le théâtre moderne du théâtre classique

Théâtre traditionnel Théâtre de l’absurde


L’histoire/ Il y a une exposition, un développement Il n’y a pas toujours d’histoire
la structure de l’intrigue et finalement cohérente. Chaque fragment
MINI INTERRO un dénouement. peut être autonome.
1. Cite cinq auteurs Les personnages Les personnages ont une psychologie. Ce sont des types interchangeables.
de théâtre du XXe siècle. Le comte Almaviva croit qu’il n’aime Ubu est le symbole de la cupidité
plus sa femme. des tyrans.
2. Que veut démontrer
le théâtre de l’absurde Le langage Le langage a du sens, il aide Mélanges de tons, de registres
quand il mélange à communiquer. Souvent, le langage de langue, jeux sur la polysémie.
les genres et joue est d’un niveau soutenu. Le langage peut servir de révélateur
sur la polysémie ? de la difficulté à communiquer.

62
Français
S’ENTRAÎNER

1
1
Quiz elle est même meilleure que l’huile de l’épicier du
bas de la côte. Mais je ne veux pas dire que leur
Lis le texte puis coche la bonne réponse. huile à eux soit mauvaise.
La Cantatrice chauve est représentée pour la M. SMITH, continuant sa lecture, fait claquer sa
première fois le 11 mai 1950. Avant le premier langue.
dialogue, on trouve ces lignes. ■ Eugène IONESCO, idem.

Intérieur bourgeois anglais, avec des fauteuils a. À quoi correspondent ces premières répliques ?
anglais. Soirée anglaise. M. Smith, Anglais, dans b. Quel est le rôle attribué au langage ?
son fauteuil anglais et ses pantoufles anglaises,
fume sa pipe anglaise et lit un journal anglais, c. Ionesco a dit qu’il s’était inspiré de la méthode
Assimil. À quoi le voit-on ?
près d’un feu anglais. Il a des lunettes anglaises,
une petite moustache grise, anglaise. À côté de
3
2
lui, dans un autre fauteuil anglais, Mme Smith,
Comprendre un monologue
Anglaise, raccommode des chaussettes anglaises.
Un long moment de silence anglais. La pendule Mme Smith continue son monologue.
anglaise frappe dix-sept coups anglais. Sur quoi repose la parodie ici ?
■ Eugène IONESCO, La Cantatrice chauve,
© Éditions Gallimard, 1950. Mme SMITH. – Cependant, la soupe était peut-être
un peu trop salée. Elle avait plus de sel que toi.
a. Ces lignes en italiques correspondent : Ah, ah, ah. Elle avait aussi trop de poireaux et
q aux didascalies pas assez d’oignons. Je regrette de ne pas avoir
conseillé à Mary d’y ajouter un peu d’anis étoilé.
q à une introduction pour le metteur en scène La prochaine fois, je saurai m’y prendre.
b. Les personnages sont : M. SMITH, continuant sa lecture, fait claquer sa
q des héros empruntés à la mythologie langue.
■ Eugène IONESCO, idem.
q des personnages ordinaires
c. Le ton de ces lignes est :
q neutre q ironique 4 LECTURE D’IMAGE

2
2 Observe cette photographie d’une scène de théâtre.
Une scène absurde
Voici les premières répliques de la pièce.
Lis-les puis réponds aux questions.

Mme SMITH. – Tiens, il est neuf heures. Nous


avons mangé de la soupe, du poisson, des
pommes de terre au lard, de la salade anglaise.
Les enfants ont bu de l’eau anglaise. Nous
avons bien mangé, ce soir. C’est parce que
nous habitons dans les environs de Londres
et que notre nom est Smith.
M. SMITH, continuant sa lecture, fait claquer sa Les Smith reçoivent les Martin. Représentation de La Cantatrice chauve,
mise en scène de Jean-Luc Lagarce, diffusée sur Arte en 1991.
langue.
Mme SMITH. – Les pommes de terre sont très a. Comment sont habillés les acteurs ?
bonnes avec le lard, l’huile de la salade n’était b. Quelle est la mimique des femmes ?
pas rance. L’huile de l’épicier du coin est de bien
meilleure qualité que l’huile de l’épicier d’en face, c. Quel décor a choisi le metteur en scène ?

Corrigés p. 15 du livret. 63
LIRE ET ÉCRIRE

30 La poésie

RETENIR

1 / La poésie en vers
• La versification est l’ensemble de règles qui régissent l’écriture d’un vers. Un
MOTS CLÉS
poème est généralement constitué de vers, regroupés en strophes.
| Poésie : Elle joue sur
la langue (les sonorités, • Un vers se découpe en syllabes. Les vers sont nommés d’après leur nombre
le rythme et les images).
Elle peut être en vers
de syllabes, comme l’alexandrin (12), le décasyllabe (10), l’octosyllabe (8).
ou en prose.
| Poésie lyrique : 2 / Le jeu sur les sons
Elle exprime les sentiments
et les émotions du poète. • La rime est un effet de sonorité avec la répétition d’un même son à la fin de
deux ou plusieurs vers. Les rimes féminines se terminent par un e muet, les
autres sont masculines. Les deux alternent selon trois combinaisons :
Rimes plates Rimes embrassées Rimes croisées
a/a/b/b a/b/b/a a/b/a/b

• L’allitération est la répétition d’une même consonne dans une suite de mots
rapprochés : Priez pour le pauvre Gaspard !
• L’assonance est la répétition d’une même voyelle dans une suite de mots rap-
prochés : Suis-je né trop tôt ou trop tard ?

3 / Les effets de rythme


• Le vers est divisé en groupes rythmiques. L’endroit où s’arrête un groupe
rythmique s’appelle la coupe. La coupe principale d’un vers s’appelle la césure.
Les coupes sont souvent liées à la ponctuation.
Un soir,/t’en souvient-il ? // nous voguions en silence
2 Coupe 4 Césure 6

Cet alexandrin est découpé en deux hémistiches de 6 syllabes par la césure.


MINI INTERRO
• Il y a enjambement quand une proposition commencée dans un vers se prolonge
1. Maître corbeau sur
un arbre perché. Ce vers dans le vers suivant. Les beaux habits du soir un à un que l’on quitte / Tombent indo-
est-il un octosyllabe ? lemment sur l’aube des planchers. (Louis Aragon, Le Roman inachevé.)
2. Je fais souvent ce rêve
étrange et pénétrant. • Il y a rejet quand un élément d’une proposition commencée dans un vers est
Quel effet de sonorité placé en tête du vers suivant. L’empereur se tourna vers Dieu ; l’homme de gloire /
identifies-tu ?
Trembla ; Napoléon comprit qu’il expiait… (Victor Hugo, Châtiments.)

LA MÉTHODE

, Compter le nombre de syllabes


• Le vers se décompose en syllabes. On ne compte pas le e muet en fin de
vers ou suivi d’une voyelle. On le compte quand il est suivi d’une consonne.
Ô vous tous, ma peine est profonde f Ce vers est un octosyllabe. Les e
de peine et de profonde ne comptent pas.

64
Français
S’ENTRAÎNER

1
1
Vrai ou faux ?
E Q U A T R A I N O
Lis le poème et coche la bonne réponse.
N U R T E P O E M C
Depuis longtemps déjà je t’ai laissé tout seul J A D O R D R I O T
Cependant me voici t’apportant mon mensonge
Poète sois joyeux tu sembles un linceul A S S O N A N C E O
Regarde-moi c’est moi je ne suis pas un songe. M E T R A P R R L S
■ Guillaume APOLLINAIRE, « La ceinture », Poèmes à Lou, 1955.
B C R O I S E E S Y
V F
a. Les rimes sont croisées. q q E B V H R I M I G L
b. Les rimes masculines alternent q q M O K R E A L S B L
avec les rimes féminines.
E J B U A H S F E A
c. Ce sont des décasyllabes. q q
N P C L Q Y O E N B

2
1 T A E R U A H S B E
Jeu sur les sons

5
Quelle est la disposition des rimes dans les vers
suivants ? Relève deux allitérations et une assonance.
VERS LE BREVET
Je tresserai mes vers de verre et de verveine
Je tisserai ma rime au métier de la fée Lis le poème et réponds aux questions.
Et trouvère du vent je verserai la vaine Le dormeur du val
Avoine verte de mes veines
C’est un trou de verdure où chante une rivière
Pour récolter la strophe et t’offrir ce trophée
Accrochant follement aux herbes des haillons
■ Louis ARAGON, « Cantique à Elsa » Les Yeux d’Elsa, © Seghers, 1942.
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit ; c’est un petit val qui mousse de rayons.

3
2 Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Étude des vers Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Souligne les e muets qui se comptent dans un vers Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
et barre ceux qui ne comptent pas. Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
a. Une atmosphère obscure enveloppe la ville. Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
(Baudelaire) Sourirait un enfant malade, il fait un somme
b. J’ai cueilli ce brin de bruyère Nature, berce-le chaudement : il a froid.
L’automne est morte souviens-t’en (Apollinaire) Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine

4
2 Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
Mots mêlés ■ Arthur RIMBAUD, Poésies, 1870.

Retrouve dans la grille les mots qui correspondent


a. Dans la strophe 1 : le mot « luit » occupe une place
aux définitions suivantes.
particulière : laquelle ? Pourquoi ? Quel est le champ
a. Quand une phrase se poursuit dans le vers suivant. lexical dominant ?
b. Un vers de huit syllabes. b. Comment s’appelle la strophe 2 ? Quel est le rythme
du premier vers ? Comment sont disposées les rimes ?
c. La répétition d’une même voyelle ou diphtongue.
c. Quel champ lexical est lié au soldat
d. La combinaison des rimes a/b/a/b.
dans les strophes 2 et 3 ? Comment évolue-t-il ?
e. Une strophe de quatre syllabes.
d. En quoi ce poème dénonce-t-il la guerre ?
f. Le rythme d’un alexandrin qui a deux coupes.

Corrigés p. 15 du livret. 65
LIRE ET ÉCRIRE

31 La poésie engagée

RETENIR

1 / Définition et enjeux
• « Être engagé » signifie se mettre au service d’une cause. Tout artiste peut,
MOT CLÉ
dans un contexte historique précis, utiliser son art pour défendre une cause.
| Poésie engagée :
Elle soutient une cause • La poésie engagée est toujours ancrée dans la réalité, dans l’histoire et fait
politique ou sociale.
Elle joue beaucoup sur les
donc souvent référence à des noms de lieux, de personnes, et à des dates. Elle
hyperboles, les allégories, vise à témoigner de la réalité, à convaincre d’adhérer à une cause, à mettre en
les répétitions et les garde contre l’oubli, à rendre hommage.
procédés syntaxiques.

2 / Thèmes
• Le poète dénonce des maux dans différents domaines :
– religieux (intolérance, fanatisme) ;
– social (injustice, inégalité, misère, racisme…) : Victor Hugo dénonce le travail
des enfants dans « Melancholia » ;
– politique (guerre, dictature, violence…), refus du nazisme.

3 / La poésie engagée du XXe siècle


• Première Guerre mondiale : Apollinaire montre l’horreur de cette guerre, par
le récit de combats, comme dans La Nuit d’avril 1915.
• Seconde Guerre mondiale
– 1942 : Poésie et vérité de Paul Éluard (1895-1952)
– 1943 : État de veille de Robert Desnos (1900-1945)
– 1945-1946 : La Diane française de Louis Aragon (1897-1982)
– 1948 : Fureur et mystère de René Char (1907-1988)
• Colonisation
– 1939 : Cahier d’un retour au pays natal de Aimé Césaire (1913-2008)
– 1948 : Hosties noires de Léopold Sédar Senghor (1906-2001)
• Guerre d’Algérie : 1954 : Le Déserteur de Boris Vian (1920-1959)

LA MÉTHODE

, Repérer les procédés de la poésie engagée


• Pour incarner des idées, la poésie engagée a recours à des symboles, des
personnifications, des allégories. Les figures de style telles que les hyper-
MINI INTERRO boles, les métaphores, les comparaisons sont nombreuses, et utilisées dans
1. Pourquoi peut-on dire une démarche argumentative, pour susciter l’émotion et l’adhésion du lecteur.
que Victor Hugo était
un poète engagé ? • Le rythme et le jeu sur les sonorités sont particulièrement importants dans
2. Quelles périodes un poème engagé : la reprise d’expressions ou de structures syntaxiques
du XXe siècle ont (répétition et anaphore), les rejets et les enjambements, les parallélismes et les
particulièrement suscité oppositions, les assonances et les allitérations, créent un dynamisme musical
de la poésie engagée ?
qui facilite la mémorisation et la diffusion des textes.

66
Français
S’ENTRAÎNER

1
1
Vrai ou faux ? plus tard, quand ceux d’ici chercheront l’héritage
que je laisse entre ces lignes telle une braise verte,
Lis ces vers d’Apollinaire et coche les bonnes cases. ils trouvent aussi le nom du traître qui brandit
Le ciel est étoilé par les obus des Boches la coupe d’agonie qu’un peuple repoussa.
La forêt merveilleuse où je vis donne un bal Mon peuple, mon pays, dresse enfin ton destin !
La mitrailleuse joue un air à triples-croches Démolis la prison, ouvre les murs qui t’incarcèrent !
Mais avez-vous le mot Écrase le pas tortueux du rat qui commande
Eh ! oui le mot fatal en son Palais : lève tes lances vers l’aurore,
Aux créneaux Aux créneaux et au plus haut laisse ton étoile irritée
Laissez là les pioches briller, illuminant les chemins d’Amérique.
■ Pablo NERUDA, « Gonzales Videla, le traître du Chili
■ Guillaume APOLLINAIRE, « La Nuit d’avril 1915 », 1918.
(Épilogue, 1948) », in Le sable trahi, recueilli dans Chant général,
V F traduit par Claude Couffon © Éditions Gallimard.
a. Le champ lexical est celui de la guerre. q q
a. Vers 1, pourquoi le poète tient-il à dire
b. « Un air à triples-croches » est une litote. q q « Je le nomme » ?
c. Le ton est ironique. q q b. Relève les verbes à l’impératif. En quoi invitent-ils
le peuple à gagner sa liberté ?

2
2
La poésie en contexte (1)
4 LECTURE D’IMAGE
Dans le poème « Courage » (1942), Paul Éluard
dresse le portrait de Paris sous l’occupation. Observe
Paris a froid Paris a faim cette illustration.
Paris ne mange plus de marrons dans la rue
Paris a mis de vieux vêtements de veille
Paris dort debout sans air dans le métro
Plus de malheur encore est imposé aux pauvres
Et la sagesse et la folie
De Paris malheureux
C’est l’air pur c’est le feu
C’est la beauté c’est la bonté
De ses travailleurs affamés
Ne crie pas au secours Paris
Tu es vivant d’une vie sans égale
■ Paul ÉLUARD, « Courage » (1942, sous le pseudonyme de Maurice
Hervent), in Au rendez-vous allemand © Éditions de Minuit, 1945.

a. Pourquoi ce poème a-t-il été d’abord écrit


sous un pseudonyme ?
b. Sur quel effet de contraste reposent ces premiers vers ? Illustration de Fernand LÉGER
pour le poème « Liberté »
de Paul Éluard (1953).

3
3
La poésie en contexte (2) a. Recherche puis lis le poème illustré par ce dessin.
b. Quelles sont les couleurs dominantes ? Pourquoi ?
Pablo Neruda écrit l’épopée de l’Amérique latine
dans son Chant général. c. Pourquoi le nom « Liberté » est-il écrit en haut ?
Gabriel Gonzales Videla. Je le nomme d. Pourquoi le peintre utilise-t-il plusieurs polices
afin qu’un jour, quand le temps aura effacé de caractères ?
l’ignominie, quand ma patrie aura lavé e. Comment est représentée la liberté ?
son visage éclairé par le blé et la neige,

Corrigés p. 15 du livret. 67

Vous aimerez peut-être aussi