Étude du Fe–Ti–V pour le stockage d'hydrogène
Étude du Fe–Ti–V pour le stockage d'hydrogène
stockage de l’hydrogène
Blaise Massicot
Thèse
présentée pour obtenir le grade de
Blaise MASSICOT
Jury :
Mme Patricia De Rango Institut Néel, Grenoble rapporteur
M. Michel Vilasi Institut Jean Lamour, Nancy rapporteur
M. Radovan Černý Laboratoire de cristallographie, Genève examinateur
Mme Michèle Gupta Université Paris Sud, Orsay présidente
M. Jean-Marc Joubert ICMPE, Thiais directeur de thèse
M. Michel Latroche ICMPE, Thiais directeur de thèse
Remerciements
Ce travail de thèse n’aurait pas pu se réaliser sans le soutien financier de Veolia envi-
ronnement, ni M. Alexandre Lima qui en a assuré le suivi.
Mes remerciements vont également aux membres de l’Institut de Chimie et des Maté-
riaux Paris Est :
Éric Leroy pour les analyses microsonde de mes échantillons, sa compétence et ses conseils
en informatique,
Catherine Droniou qui a réussi à me trouver des publications introuvables,
Audrey Valette pour sa patience lors des observations au microscope électronique à ba-
layage,
Fermin Cuevas, Valérie Paul-Boncourt, Éric Alleno, Jean-Claude Crivello et Stéphane
Bastide pour les discussions enrichissantes, Cécile Georges pour son encadrement à l’IUT,
Claude Godart pour m’avoir prêté sa grosse pince et pour le four à arc,
Fabrice Couturas, Valérie Lalanne, Olivier Rouleau et Benjamin Villeroy pour leur dis-
ponibilité, leur aide technique et leur bonne humeur,
Christian Vard pour ses éclaircissements sur le diffractomètre du premier étage,
les secrétaires passée et présente du CMTR Brigitte Llobel et Dominique Alain pour la
résolution de nombreux problèmes administratifs et pour leur efficacité.
Je remercie par ailleurs les thésards Zineb Edfouf, Lucille Lemort, Mathieu Phejar, et
Khedidja Younsi qui ont contribué à créer une ambiance agréable et sympathique, et tout
particulièrement Julien Jourdan, avec qui j’ai partagé les bons moments et les moins bons,
pour les sorties escalade, les tartes aux poireaux et les galettes des rois.
Je tiens également à remercier les différents post-doctorants qui sont passés par le
laboratoire ou y sont encore :
III
Junxian Cuevas, Aurélie Guéguen pour son aide en anglais, Claudia Zlotea, Yaroslav
Tokaichuk et particulièrement Jocelyn Prigent, collègue de bureau pendant deux des trois
années passées au laboratoire.
Je m’excuse auprès de ceux que j’ai sans doute oubliés dans cette liste, mais que je
remercie également.
Enfin, je tiens à remercier mon amie Katrin, qui a toujours été à mes côtés pendant ces
trois ans.
IV
Résumé
V
Abstract
In order to stop the current climatic disturbance due to the large scale use of fossil
fuels as a source of energy, a transition towards less carbon dioxide emitting energies is
necessary. Hydrogen, a carbon dioxide neutral energy carrier, could play an important
role. However, its thermodynamic properties prevent from storing it pure under moderate
pressure in a reasonable volume in order to feed a vehicle. Metallic hydride storage seems
to be a promising solution to this problem. Vanadium based body centered cubic alloys
being light compared to rare earth based alloys used since the 1970s, the purpose of this
work is the study of the hydrogenation properties (equilibrium pressure and absorption
capacity in particular) of Fe–Ti–V system alloys.
Since the compounds to be investigated have to take the body centered cubic struc-
ture, but the solubility limit of iron in this phase of the Fe–Ti–V system is not reliably
documented, the first part of this work consisted in deepening the equilibrium diagram
knowledge by determining the isothermal sections at 1000 ˚C and 1200 ˚C. With this aim
in view, bulk samples were synthesized by arc melting followed by an annealing in a resis-
tive furnace. The phase relations were systematically analysed by means of powder X-ray
diffraction and electron probe microanalysis. Thanks to these techniques, we showed that
after annealing at 1000 ˚C, the solubility limit of iron in a Ti–V alloy exceeds 15 at.% for
any ratio Ti/V < 1. A quasi-peritectic reaction at 1140 ˚C could also be evidenced and a
liquidus surface projection is proposed, based on microstructural analyses.
The second part of this work consisted in the study of the hydrogenation properties of
body centered cubic samples. The majority of the studied compounds showed a total capa-
city at ambient temperature of 1.7 H/M, corresponding to 3.4 wt.%, or 140 g·L−1 , and the
reversible capacity of the sample of composition Ti10 V88 Fe2 amounts to 0.98 H/M, corres-
ponding to 1.93 wt.%, or 82,5 g·L−1 (density higher than that of liquid hydrogen). There
is a linear relationship, which was determined, between the alloy compositions and the
hydrogenation enthalpy. We can thus, depending on the chosen composition, obtain equi-
librium pressures ranging from 0.1 bar to more than 100 bar. A structural study by means
of X-ray diffraction for low hydrogen concentrations pointed out the unit cell distortion
from body centered cubic to body centered tetragonal by increasing hydrogen concentra-
tion. Furthermore, absorption kinetics of the body centered cubic samples is interesting,
since 90 % of the total capacity is absorbed within one minute. On the other hand, a slo-
wing down of the kinetics is observed when a large number of hydriding – dehydriding
cycles is applied. However, this kind of alloy remains promising for hydrogen storage
applications.
VI
Table des matières
Introduction 1
1 Présentation de l’étude 3
1.1 La filière hydrogène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.1.1 Production . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.1.1.1 Reformage à la vapeur . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.1.1.2 Oxydation partielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.1.3 Reformage autotherme . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.1.4 Électrolyse de l’eau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.2 Stockage – transport . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.1.2.1 Stockage sous pression . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.1.2.2 Stockage sous forme liquide . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.1.2.3 Stockage sous forme solide . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.1.3 Utilisation finale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2 Le système métal – hydrogène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2.1 Mécanisme de l’absorption dans les métaux . . . . . . . . . . . . 8
1.2.2 Éléments et composés absorbant l’hydrogène . . . . . . . . . . . 9
1.2.3 Propriétés thermodynamiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.2.3.1 Règle des phases de Gibbs . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.2.3.2 Isothermes pression – composition . . . . . . . . . . . 11
Courbes théoriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
Comportement réel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.2.3.3 Étude théorique du comportement adiabatique . . . . . 13
1.2.4 Les batteries nickel – hydrure métallique (Ni–MH) . . . . . . . . 14
1.2.5 Propriétés structurales des hydrures métalliques . . . . . . . . . . 15
1.2.6 Ajustement des propriétés d’absorption . . . . . . . . . . . . . . 16
1.2.6.1 Effet des substitutions sur la pression d’équilibre . . . . 16
1.2.6.2 Effet des substitutions sur la capacité . . . . . . . . . . 18
1.2.7 Activation et cinétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.2.8 Tenue en cyclage des hydrures . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
1.3 Différentes familles de composés métalliques absorbant l’hydrogène . . . 21
1.3.1 Le magnésium . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
1.3.2 Les composés de type AB5 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1.3.3 Les composés de type AB2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
1.3.4 Les composés de type AB . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
1.3.5 Les alliages de structure cubique centrée . . . . . . . . . . . . . . 26
1.4 Objectifs de l’étude . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
VII
1.4.1 Détermination du diagramme de phases . . . . . . . . . . . . . . 33
1.4.2 Détermination des propriétés d’hydrogénation . . . . . . . . . . . 33
2 Techniques expérimentales 35
2.1 Synthèse des composés métalliques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
2.1.1 Four à arc . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
2.1.2 Four à induction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
2.1.3 Recuit en four résistif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
2.1.4 Recuit en four à induction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
2.2 Caractérisation des composés métalliques . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
2.2.1 Diffraction des rayons X . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
2.2.2 Microsonde électronique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
2.2.3 Métallographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
2.2.4 Analyse thermique différentielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
2.3 Synthèse et caractérisation des hydrures métalliques . . . . . . . . . . . . 46
2.3.1 Méthode manométrique de Sieverts . . . . . . . . . . . . . . . . 47
2.3.1.1 Description du banc d’hydrogénation . . . . . . . . . . 47
2.3.1.2 Équation d’état de l’hydrogène . . . . . . . . . . . . . 48
2.3.2 Protocole d’hydrogénation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
2.3.2.1 Préparation de l’échantillon . . . . . . . . . . . . . . . 49
2.3.2.2 Activation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
2.3.2.3 Mesures . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
2.3.3 Étude des hydrures par diffraction des rayons X . . . . . . . . . . 50
2.3.3.1 Étude à température ambiante . . . . . . . . . . . . . . 50
2.3.3.2 Thermodésorption suivie par diffraction des rayons X . 51
2.4 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
VIII
4.2.1 Données bibliographiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84
4.2.2 Résultats et discussion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
4.2.2.1 Activation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
4.2.2.2 Thermodynamique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
4.2.2.3 Cinétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
4.2.2.4 Vieillissement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91
4.2.3 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
IX
A.9 Structure CaCu5 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 155
X
Liste des figures
XI
3.15 Micrographie de Ti20 V14 Fe66 recuit à 1000 ˚C . . . . . . . . . . . . . . . 65
3.16 Micrographie de Ti24 V48 Fe28 recuit à 1000 ˚C . . . . . . . . . . . . . . . 65
3.17 Micrographie de Ti48 V18 Fe34 recuit à 1000 ˚C . . . . . . . . . . . . . . . 65
3.18 Section isotherme Fe–Ti–V à 1200 ˚C . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
3.19 Micrographie de Ti24 V48 Fe28 recuit à 1200 ˚C . . . . . . . . . . . . . . . 69
3.20 Micrographie de l’interface solide/liquide Ti48 V18 Fe34 recuit à 1200 ˚C . . 69
3.21 Micrographie de Ti48 V18 Fe34 recuit à 1200 ˚C, zone triphasée . . . . . . . 70
3.22 Micrographie de Ti48 V18 Fe34 recuit à 1200 ˚C, analyse d’image . . . . . . 70
3.23 ATD de Ti35 V30 Fe35 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
3.24 ATD de Ti48 V18 Fe34 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
3.25 Paramètre de maille cc en fonction de la composition . . . . . . . . . . . 72
3.26 Évolution du paramètre de maille cc dans le système Fe–V . . . . . . . . 73
3.27 Composition des phases de structure cubique centrée . . . . . . . . . . . 74
3.28 Comparaison sections isothermes à 1000 et 1200 ˚C . . . . . . . . . . . . 76
3.29 Transformation quasi-péritectique de type U . . . . . . . . . . . . . . . . 78
3.30 Projection liquidus du système Fe–Ti–V . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
XII
5.22 Cinétique d’absorption totale pour Ti20 V78 Fe2 . . . . . . . . . . . . . . . 115
5.23 Cinétique de désorption partielle pour Ti20 V78 Fe2 . . . . . . . . . . . . . 115
5.24 Capacité en fonction du nombre de cycles pour Ti20 V78 Fe2 . . . . . . . . 118
5.25 Cinétique en cours de vieillissement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 119
5.26 Évolution de t99 en fonction du nombre de cycles . . . . . . . . . . . . . 119
5.27 DRX de Ti20 V78 Fe2 après vieillissement . . . . . . . . . . . . . . . . . . 120
5.28 PCT vieillissement Ti20 V78 Fe2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 121
5.29 Compositions étudiées pour x < 0,8 H/M . . . . . . . . . . . . . . . . . . 123
5.30 Courbes pression – composition de Ti10 V88 Fe2 en température . . . . . . 124
5.31 Courbes pression – composition de Ti20 V70 Fe10 en température . . . . . . 124
5.32 Courbes pression – composition de Ti41 V41 Fe18 en température . . . . . . 125
5.33 Comparaison des pressions d’équilibre à 0,6 et 1,1 H/M . . . . . . . . . . 126
5.34 Différence des pressions d’équilibre à 0,6 et 1,1 H/M . . . . . . . . . . . 126
5.35 DRX de Ti20 V70 Fe10 en charge à température ambiante . . . . . . . . . . 128
5.36 DRX de Ti20 V70 Fe10 à 0,60 H/M à température ambiante . . . . . . . . . 129
5.37 Évolution des paramètres de maille de Ti20 V70 Fe10 en fonction de la quan-
tité d’hydrogène absorbé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 130
5.38 DRX de Ti20 V70 Fe10 chargé à 1,76 H/M à température ambiante . . . . . 131
5.39 Volume de maille de Ti20 V70 Fe10 en fonction de la capacité . . . . . . . . 131
5.40 Thermodésorption suivie par DRX de Ti20 V70 Fe10 . . . . . . . . . . . . . 133
5.41 Paramètre de maille de Ti20 V70 Fe10 en thermodésorption . . . . . . . . . 134
6.1 Construction graphique des capacités réversibles de Ti10 V88 Fe2 . . . . . . 142
6.2 Composition pour une désorption à 1 bar avec ferrovanadium . . . . . . . 142
XIII
Liste des tableaux
XV
Introduction
Il y a 400 000 ans, au paléolithique inférieur, l’homme maîtrisait pour la première fois
une énergie autre que celle qu’il absorbait par son alimentation : le feu. S’il constituait
alors seulement une source de chaleur, il faudra attendre le xviiième siècle et les machines
à vapeur pour que le feu soit largement utilisé pour fournir un travail mécanique (même si
le principe en était déjà connu à l’époque de la Grèce antique). C’est ensuite l’énergie des
rivières qui a été domestiquée, puisque des moulins à eau ont probablement été utilisés
pour l’irrigation dès le xième siècle avant J.-C. en Mésopotamie. Au viième siècle de notre
ère, en Perse, des moulins à vents sont utilisés pour l’alimentation en eau des cultures et
pour moudre des graines.
À partir des révolutions industrielles, d’abord en Grande-Bretagne au xviiième siècle,
puis dans le reste de l’Europe et aux États-Unis le siècle suivant, les sources d’énergie
utilisées se multiplient (charbon, gaz, pétrole, nucléaire) et leur consommation ne va cesser
d’augmenter.
Face, d’une part, à la question de l’épuisement à plus ou moins long terme des res-
sources énergétiques fossiles, et, d’autre part, au problème actuel de dérèglement du climat
causé par les activités humaines, du fait notamment du relâchement massif de dioxyde de
carbone dans l’atmosphère, que plus aucun scientifique sérieux ne conteste, deux solutions
complémentaires doivent être envisagées :
• la maîtrise des dépenses énergétiques. Ceci implique une modification des modes
de consommation pour éviter l’utilisation inutile d’énergie, la préférence des modes
de transport les moins polluants, que ce soit à l’échelle locale ou internationale, et
l’amélioration du rendement des procédés de transformation de l’énergie ;
• la relève énergétique. Ainsi, de nombreux pays ont entamé un gros effort de re-
cherche pour rendre économiquement rentables de nouvelles manières de produire
de l’énergie. Différents modes de production non émetteurs de dioxyde de carbone
sont étudiés, en particulier les énergies renouvelables (éolien, solaire, géothermie,
biocarburants,...) et le nucléaire.
Une fois produite, le stockage et la distribution de cette énergie, notamment de l’élec-
tricité, posent également des problèmes. En effet, si l’électricité reste un vecteur d’énergie
très efficace pour des applications fixes (les moteurs électriques ont un très bon rendement
comparé aux autres types de moteurs), elle reste une énergie qui est difficilement stockable
à grande échelle. C’est pour cette raison que l’hydrogène est considéré comme un candidat
sérieux pour la distribution d’énergie pour les applications mobiles : il peut être fabriqué
par électrolyse de l’eau à partir d’énergie électrique, puis à nouveau converti en électri-
cité à l’aide d’une pile à combustible. Par ailleurs, son pouvoir calorifique massique est
supérieur à celui des hydrocarbures et sa combustion à l’air ne dégage que de l’eau.
Pour que l’utilisation de l’hydrogène comme vecteur d’énergie soit attractive, les étapes
de production, stockage – transport et conversion en énergie finale doivent être maîtrisées.
1
Introduction
Le stockage est effectué à l’heure actuelle soit par compression, soit par liquéfaction
de l’hydrogène. Cependant, les conditions de pression ou de température de ces deux
techniques sont contraignantes. Le stockage de l’hydrogène sous forme d’hôte dans des
matériaux solides semble donc prometteur.
Plusieurs types de matériaux solides peuvent emmagasiner l’hydrogène. On peut ci-
ter notamment les matériaux nanoporeux, qui nécessitent des températures de l’ordre de
−196 ˚C, ou les hydrures complexes de type LiAlH4 , qui ont l’inconvénient de réagir vio-
lemment avec l’eau. Le stockage sous forme d’hydrure interstitiel, où les atomes d’hydro-
gène viennent s’insérer dans les sites interstitiels d’une structure métallique, ne présentent
pas ces problèmes. Par ailleurs, si le matériau est choisi convenablement, l’absorption et
la désorption peuvent avoir lieu dans des conditions de pression et de température proches
des conditions ambiantes.
Parmi les métaux formant des hydrures interstitiels, les alliages de structure cubique
centrée du système titane – vanadium sont intéressants du fait de leur masse faible com-
parée aux matériaux à base de terres rares comme le LaNi5 . D’autre part, le titane et le
vanadium forment une solution solide, permettant ainsi d’ajuster la composition et donc
la pression d’absorption à température donnée.
L’ajout de fer à ce système permet non seulement d’augmenter les pressions d’absorp-
tion et de désorption par rapport aux alliages Ti–V, mais également d’utiliser du ferrova-
nadium (alliage composé en majorité de fer et de vanadium), moins cher que le vanadium
pur. De plus, l’activation de la réaction d’absorption est facilitée par la présence de cet
élément.
Nous avons donc choisi d’étudier les propriétés d’absorption de l’hydrogène dans les
alliages de structure cubique centrée du système Fe–Ti–V.
Le premier chapitre de cette thèse fera une présentation de la filière hydrogène, de la
production à l’utilisation finale, puis s’attachera à décrire les différentes caractéristiques
du système métal – hydrogène. Les données bibliographiques sur les principaux systèmes
métalliques absorbant l’hydrogène seront ensuite passées en revue et les objectifs de la
thèse seront définis.
Le chapitre 2 décrira les différentes techniques expérimentales mises en œuvre pour la
synthèse et l’analyse des composés métalliques et de leurs hydrures.
Étant donné que le diagramme de phases du système Fe–Ti–V est mal connu, no-
tamment en ce qui concerne la solubilité du fer dans la solution solide Ti–V de structure
cubique centrée, une première partie de cette thèse a été consacrée à l’étude du diagramme
de phases. Les résultats obtenus seront présentés dans le chapitre 3.
L’étude du diagramme de phases a mis en évidence l’existence d’une extension ternaire
des composés FeTi, de type structural CsCl, et Fe2 Ti, de structure C14. Des composés de
ces structures étant connus pour absorber l’hydrogène, nous avons souhaité étudier les
propriétés d’hydrogénation d’un composé du système Fe–Ti–V prenant chacune de ces
structures, ce qui fera l’objet du chapitre 4.
À partir des données recueillies lors de l’étude du diagramme de phases, nous avons
défini plusieurs compositions d’alliages monophasés de structure cubique centrée dont les
propriétés d’hydrogénation (notamment pression d’équilibre, capacité totale et réversible,
cinétique) ont été étudiées, et la dépendance entre ces propriétés et la composition du
composé métallique a été examinée. Ce travail sera décrit dans le chapitre 5.
Enfin, nous ferons la synthèse des différents résultats que nous avons obtenus et les
mettrons en perspective pour tirer des conclusions générales sur notre travail.
2
Chapitre 1
Présentation de l’étude
1.1.1 Production
Le dihydrogène n’est pas présent sur terre en quantité suffisante pour être simplement
prélevé et utilisé comme source d’énergie. Il faut donc le produire à partir d’autres sources
énergétiques et l’utiliser comme vecteur d’énergie.
À l’heure actuelle, 96 % de l’hydrogène produit dans le monde l’est à partir d’hydro-
carbures.
Cette réaction est endothermique et nécessite donc de l’énergie pour qu’elle ait lieu.
Le gaz produit est un mélange hydrogène – monoxyde de carbone, appelé gaz de synthèse.
La concentration en hydrogène est ensuite augmentée grâce à la réaction suivante, dite de
conversion :
350 ˚C
CO + H2 O −−−−−−−→ CO2 + H2 (1.2)
Fe3 O4 cat.
3
Chapitre 1 : Présentation de l’étude
Cette réaction, exothermique, peut également être réalisée à plus basse température
(≈ 850 ˚C) en présence de catalyseur si le taux de soufre de l’hydrocarbure n’est pas trop
élevé.
Comme dans le cas du reformage à la vapeur, on procède ensuite à la conversion du
gaz de synthèse (voir équation 1.2).
L’inconvénient de cette technique par rapport au reformage à la vapeur est le coût plus
élevé de l’installation.
2 H2 O −−→ 2 H2 + O2 (1.4)
L’électrolyte le plus couramment utilisé est la potasse (KOH) concentrée, à des tem-
pératures allant de 80 ˚C à 100 ˚C et des pressions proches de l’ambiante.
Des électrolyseurs à électrolyte solide existent également. Leur conception est issue de
la recherche sur les piles à combustible (voir section 1.1.3), dont ils ont la fonction inverse.
L’électrolyte peut être par exemple une membrane polymère conductrice de protons, fonc-
tionnant également à des températures modérées, de l’ordre de 100 ˚C (pile à combustible
de type PEM inversée). Le rendement est alors meilleur que pour l’électrolyse basique,
mais le coût plus élevé.
Une voie explorée actuellement est l’électrolyse à haute température (900 – 1000 ˚C),
basée sur une membrane céramique conductrice d’ions O2− (pile de type SOFC inver-
sée). Des rendements supérieurs à 80 % semblent pouvoir être atteints avec cette méthode.
L’avantage de l’électrolyse haute température est qu’une partie significative de l’énergie
peut être apportée sous forme de chaleur, diminuant ainsi l’apport nécessaire d’électricité,
plus coûteuse.
4
Chapitre 1 : Présentation de l’étude
métal
6 métal liquide
10
Pression (bar)
55000 bar
3
10
H2 solide
de
point critique
i
liqu
H2 gazeux
Pamb1
-3
10
3 6
1 20 K Tamb 10 10
Température (K)
Figure 1.1 – Diagramme de phases de l’hydrogène [Leu76].
5
Chapitre 1 : Présentation de l’étude
masse totale du réservoir) diminue lorsque la pression, donc la capacité volumique, aug-
mente [Züt03].
6
Chapitre 1 : Présentation de l’étude
interstitiels d’un cristal métallique. Des capacités volumiques supérieures à celle de l’hy-
drogène liquide sont alors atteintes.
Figure 1.2 – Principe de fonctionnement d’une pile à combustible à membrane conductrice de proton.
De l’énergie mécanique peut également être produite à partir d’hydrogène. Pour cela,
deux solutions sont envisageables.
La première est la combustion directe de l’hydrogène dans un moteur à explosion, en
présence d’oxygène. Bien que le rendement théorique maximum soit de 60 %, le rende-
ment réel de tels moteurs est plutôt de l’ordre de 35 %.
L’autre solution consiste à produire dans un premier temps de l’électricité avec une
pile à combustible, puis à convertir cette électricité en énergie mécanique dans un moteur
électrique, dont le rendement est proche de 100 %.
7
Chapitre 1 : Présentation de l’étude
En terme de rendement, c’est cette deuxième solution qui est la plus efficace pour la
production d’un travail mécanique.
M + 2x H2 −−→ MHx
Lorsque le métal est placé sous une pression d’hydrogène suffisante, une très faible
quantité d’hydrogène vient s’insérer dans les sites interstitiels. Puis, la saturation d’hydro-
gène dans la solution solide de la phase métallique étant atteinte, la structure constituée
par les atomes métalliques va se réarranger de manière à laisser plus d’espace pour les
atomes d’hydrogène, il y a apparition d’une nouvelle phase, beaucoup plus riche en hy-
drogène. L’apparition de cette nouvelle phase riche en hydrogène s’accompagne d’une
augmentation du volume de maille de l’ordre de 20 %. Comme nous le verrons dans la
section suivante, cette transformation de phases s’effectue à pression quasiment constante,
d’où l’intérêt de ce système : une faible variation de pression entraîne l’absorption d’une
grande quantité d’hydrogène.
Lorsque seule la phase riche en hydrogène est présente, celle-ci peut continuer d’ab-
sorber de l’hydrogène supplémentaire, au prix d’une forte augmentation de pression.
La phase pauvre en hydrogène est conventionnellement appelée phase α. Pour cette
même phase, la composition la plus riche en hydrogène est désignée par αmax . La lettre
grecque β est utilisée pour la phase la plus riche en hydrogène, sa composition la plus
pauvre en hydrogène est alors notée βmin . Si plusieurs hydrures se forment, les phases
supplémentaires sont notées γ, δ,...
L’absorption de l’hydrogène dans un métal peut être décomposée en six étapes :
1. adsorption de l’hydrogène moléculaire à la surface du métal :
)
H2 g − *
−−− H2 ads
2. dissociation de la molécule :
H2 ads ) *
−−−− 2 Hads
3. insertion dans la structure cristalline :
)
2 Hads − *
−−− 2 Habs
8
Chapitre 1 : Présentation de l’étude
H He
Li Be B C N O F Ne
Na Mg Al Si P S Cl Ar
K Ca Sc Ti V Cr Mn Fe Co Ni Cu Zn Ga Ge As Se Br Kr
Rb Sr Y Zr Nb Mo Tc Ru Rh Pd Ag Cd In Sn Sb Te I Xe
Cs Ba La Hf Ta W Re Os Ir Pt Au Hg Tl Pb Bi Po At Rn
Fr Ra Ac Unq Unp Unh Uns Uno Une
La Ce Pr Nd Pm Sm Eu Gd Tb Dy Ho Er Tm Yb
Ac Th Pa U Np Pu Am Cm Bk Cf Es Fm Md No
∆H
(kJ·mol(H2)-1) -240 -220 -200 -180 -160 -140 -120 -100 -80 -60 -40 -20 0 +20 +40 +60
hydrure très stable hydrure instable
Figure 1.3 – Stabilité des hydrures d’éléments purs. Plus l’enthalpie de formation de l’hydrure est
négative, plus l’hydrure est stable.
On peut classer les éléments du tableau périodique quant à la stabilité de leurs hydrures
(voir figure 1.3) :
• les éléments dits de type A, symbolisés en rouge, forment des hydrures très stables
à température et pression ambiantes, et il faudrait une pression extrêmement faible
et/ou une température élevée pour les désorber. Parmi les éléments de type A, on
compte : les terres rares, les actinides, Sc, Y, Ti, Nb, Ta, Zr, Hf et dans une moindre
mesure Mg
• les éléments dits de type B (en bleu) n’absorbent pas l’hydrogène à température et
pression ambiantes. Pour qu’ils absorbent, il faut appliquer des pressions énormes.
Des éléments de type B sont entre autres : Mn, Fe, Co, Ni, Cr
• le vanadium présente des propriétés particulières, puisqu’il absorbe dès les très
basses pressions un atome d’hydrogène par atome de métal, et en absorbe un deuxième
à des pressions proches de la pression atmosphérique. Le palladium absorbe égale-
ment dans des conditions proches de l’ambiante.
On observe que des composés constitués d’un mélange d’éléments de types A et B
ont des propriétés intermédiaires et peuvent, s’ils sont choisis judicieusement, absorber et
désorber dans des conditions proches des conditions ambiantes. C’est le cas par exemple
du LaNi5 .
9
Chapitre 1 : Présentation de l’étude
v = nφ + 2 − (φ + n(φ − 1) + r + r0 ) = n + 2 − r − r0 − φ
S’il n’y a pas de phase gazeuse, la pression n’a que peu d’influence sur le système. On
n’ajoute alors pas 2 mais 1 au nombre de constituants, donnant ainsi une variance réduite.
Pour un composé métallique absorbant une faible quantité d’hydrogène, donc sans
formation d’une phase solide riche en hydrogène, il y a deux constituants en présence
(l’hydrogène et le métal), la pression et la température influencent l’équilibre, aucune
constante d’équilibre ne relie les espèces, et il y a deux phases (solide et gaz). La variance
est donc égale à :
v=2+2−0−0−2=2
Parmi les paramètres intensifs influençant le système (pression d’hydrogène, tempéra-
ture, concentration en hydrogène dans le métal), seuls deux peuvent être choisis librement,
le troisième étant alors imposé. À température fixée par exemple, la concentration en hy-
drogène dans le métal varie en dépendance de la variation de pression.
10
Chapitre 1 : Présentation de l’étude
Pour l’absorption d’une grande quantité d’hydrogène par un métal, avec la présence,
en plus de la phase pauvre en hydrogène (α), d’une phase solide riche en hydrogène (β),
il y a toujours deux constituants en présence. On peut faire varier la température et la
pression, il y a trois phases (H2 , α et β) :
La variance du système s’écrit alors :
v=2+2−0−0−3=1
Si, comme c’est le cas lors de la mesure des courbes pression – composition, la tem-
pérature est fixée, les autres paramètres intensifs sont également fixés, ce qui signifie que
tant que les phases α et β coexistent :
• la pression d’équilibre ne peut évoluer,
• la concentration en hydrogène dans chaque phase métallique est fixée.
Seule la proportion globale de chacune des phases peut varier, on observe donc un plateau
de pression.
α + H2 ) *
−−−−β
D’après la loi de Guldberg et Waage, dite loi d’action des masses, le changement d’en-
thalpie libre ∆r G lors de cette réaction est :
∆r G = ∆r G◦ + RT ln K
11
Chapitre 1 : Présentation de l’étude
PH2 ∆r H ◦ ∆r S ◦
ln = − (1.5)
P◦ RT R
Les courbes pression – composition mesurées devraient donc avoir l’allure de celle
présentées figure 1.4.
Faisons ici une remarque concernant l’« enveloppe » des plateaux. Cette courbe, des-
sinée en pointillés dans la figure 1.4, se referme vers le haut, indiquant la disparition du
plateau de changement de phase si l’hydrogénation se fait à une température supérieure
à la température critique T c . Ceci implique que dans certaines conditions, on peut passer
de la phase α à la phase β de manière continue. C’est le cas par exemple avec le système
palladium – hydrogène.
En revanche, dans le cas du vanadium, il n’y a pas de point critique comme décrit
ci-dessus (voir section 1.3.5 page 26).
12
Chapitre 1 : Présentation de l’étude
ln PH 2 ln PH 2
T4
T1< T2< T3< T4
T3
Tc T2
Péq
3
α Péq
2
T1
Péq
1
α+β β
αmax βmin
x (H/M) 1T
Figure 1.4 – Exemple idéal d’isothermes pression – composition, basé sur le comportement du palladium.
À droite : le logarithme des pressions de plateau est tracé en fonction de l’inverse de la température.
D’après la loi de Guldberg et Waage (équation (1.5)), la pente de cette droite fournit l’enthalpie de la
réaction d’absorption, l’ordonnée à l’origine l’entropie.
13
Chapitre 1 : Présentation de l’étude
ln PH 2
absorption
Hyst
désorption
x (H/M)
En réalité, une telle température ne peut pas être atteinte du fait des transferts ther-
miques avec le milieu environnant. Lors d’une expérience sur le composé Nb50 V50 , où le
porte-échantillon était placé pendant toute la mesure dans un mélange d’azote liquide et
d’isopropanol (−50 ˚C), Maeland et coll. ont tout de même observé que la température de
l’échantillon atteignait un maximum de 268 ˚C en moins de 10 secondes [Mae84a].
Les vitesses d’absorption et de désorption sont donc très influencées par ces chan-
gements de température, qui sont importants et ne peuvent pas être contrecarrés par une
marge de pression raisonnable. Par conséquent, seul l’ajout d’un thermostat au réservoir
est envisageable pour qu’une réaction rapide ait lieu. Des travaux pour optimiser le trans-
fert de chaleur ont été réalisés par Botzung [Bot08] ou Chaise [Cha08].
14
Chapitre 1 : Présentation de l’étude
sont constituées de deux électrodes de types différents, plongées dans un électrolyte (KOH
à 8 mol·L−1 ).
L’électrode positive est une électrode à oxyhydroxyde/dihydroxyde de nickel. Le demi-
réaction rédox correspondante est la suivante :
NiOOH + H2 O + e− ←−→ Ni(OH)2 + OH− E ◦ = +0,49 V
En réalité, plusieurs composés intermédiaires sont impliqués dans cette réaction. Ceux-
ci sont insolubles dans l’électrolyte, ce qui a pour effet une bonne cyclabilité de cette élec-
trode.
L’électrode négative est constituée d’un métal hydrurable M, qui prend part à la demi-
réaction :
M + H2 O + e− ←−→ MH + OH−
Le potentiel de cette demi-réaction est directement relié à la pression à laquelle s’effec-
tue la réaction d’hydruration en voie solide – gaz. Si cette pression est de 1 bar, le potentiel
de la demi-réaction vaut E ◦ = −0,828 V (potentiel de l’électrode standard à hydrogène en
milieu basique). La tension aux bornes de la batterie est alors de l’ordre de 1,3 V.
Pour pouvoir être utilisé comme électrode négative de batterie nickel – hydrure métal-
lique, un métal hydrurable doit être résistant à la corrosion en milieu fortement basique.
15
Chapitre 1 : Présentation de l’étude
matériau. Cette dilatation peut être faible et accommodée de manière élastique par le ma-
tériau, comme c’est le cas du palladium, qui retrouve sa forme initiale après évacuation de
l’hydrogène absorbé. Mais dans la majorité des cas, la dilatation entraîne une décrépitation
(pulvérisation) du métal [Did79, Iro82, Fru84]. C’est le cas notamment du LaNi5 , ou des
alliages de structure cubique centrée à base de vanadium, dont l’augmentation en volume
atteint 30 %, la taille des particules obtenues en fin d’hydrogénation étant de l’ordre de
5 µm.
16
Chapitre 1 : Présentation de l’étude
La méthode la plus efficace pour prédire la pression d’équilibre consiste à effectuer une
corrélation entre le volume de maille et la pression de plateau. Pour un système donné,
la courbe du logarithme de cette pression de plateau en fonction du volume de maille
du composé métallique est une droite presque toujours décroissante, c’est-à-dire que la
pression d’équilibre diminue lorsque le volume de maille augmente.
En effet, une augmentation du paramètre de maille va faciliter l’insertion de l’hydro-
gène dans la maille, diminuant ainsi la pression d’équilibre. Or, en général, le paramètre
de maille varie linéairement avec la taille et la proportion de chaque atome constituant
de l’alliage (loi de Vegard [Veg21]). L’ajout ou l’augmentation de la concentration d’un
constituant de rayon plus grand que les autres permet donc de diminuer la pression de
plateau [Jou03, Gsc82].
La figure 1.6 présente une telle corrélation pour des substitutions du composé LaNi5
[Jou02].
Ce0,5
La1-yCeyNi5-xMx
10
25 ° C
Pression de plateau (bar)
LaNi5
0,1
(AlCoMn)
0,01
85 86 87 88 89 90 91
3
Volume de maille (Å )
Figure 1.6 – Relation entre la pression de plateau à 25 ˚C et le volume de maille pour des composés
La1−y Cey Ni5−x M x , M = Al, Co, Mn [Jou02].
Précisons que cette linéarité n’est en général pas extrapolable d’un système à l’autre,
la relation ln P = f (Vmaille ) peut être différente suivant la nature du substituant notamment
du fait d’un environnement électronique des atomes d’hydrogène différent, ce qui n’est
pas pris en compte ici.
Le phénomène inverse peut même être observé. Ainsi, contrairement à ce qui est ob-
servé dans la majorité des cas avec le système LaNi5 , Joubert et coll. [Jou03] ont observé
que l’augmentation du taux de platine x dans LaNi5−x Pt x s’accompagne à la fois d’une
augmentation du rayon des sites interstitiels et d’une augmentation de la pression d’équi-
libre avec l’hydrogène gazeux ; Prigent [Pri08] a observé des résultats similaires avec le
système LaNi5−x Pd x . Ceci va à l’encontre de considérations purement géométriques selon
17
Chapitre 1 : Présentation de l’étude
lesquelles plus d’espace disponible dans la maille métallique pour les atomes d’hydrogène
devrait entraîner une diminution de la pression d’équilibre.
18
Chapitre 1 : Présentation de l’étude
oxydes se sont formés à la surface, auquel cas un chauffage sous hydrogène pourra réduire
les oxydes.
Pour certains systèmes, ces procédés ne sont pas suffisants pour observer une absorp-
tion de l’hydrogène, bien que la thermodynamique soit favorable. Ceci est dû à une énergie
d’activation trop élevée, qui peut être abaissée par exemple en introduisant aux joints de
grains des précipités connus pour absorber l’hydrogène sans activation, comme cela est le
cas pour des composés ZrM2 (M = mélange de métaux de transition comportant du Ni),
ou encore l’ajout d’une petite quantité de terre rare (La ou Ce). La formation aux joints de
grains de LaNi ou CeNi, très réactifs vis-à-vis de l’hydrogène même après une exposition
à l’air, facilite l’activation. En effet, les réactions surfaciques auront lieu au niveau du pré-
cipité, d’où les atomes d’hydrogène seront ensuite transférés à la phase ZrM2 principale.
D’autre part, la forte dilatation de ce précipité a pour conséquence la fissuration de la phase
ZrM2 , y créant ainsi de nouvelles surfaces parfaitement propres [Jou97, Sun97, Kim92].
Des problèmes d’activation sont également observés avec certaines compositions des
systèmes de structure cubique centrée [Mae84b, Lib88, Aki02, Ara04, Bas07, Heu07],
qui peuvent être résolus soit par désorption sous vide en chauffant à quelques centaines de
degrés, soit par ajout d’un élément comme le fer, ou encore une terre rare [Wu08] ou du
palladium. Une attaque de la surface à l’acide fluorhydrique a dans certains cas également
été utilisée [Bra58] (voir section 1.3.5).
Le composé FeTi présente aussi de gros problèmes d’activation, les méthodes décrites
précédemment étant également utilisées avec des résultats mitigés [Fru80, Kat83, Kha83].
19
Chapitre 1 : Présentation de l’étude
20
Chapitre 1 : Présentation de l’étude
1.3.1 Le magnésium
Du fait de leur grande capacité d’absorption de l’hydrogène (jusqu’à 7,6 wt.%), le
magnésium et les alliages à base de magnésium sont considérés comme de bons candidats
pour des applications de stockage de l’hydrogène, d’autant plus que le magnésium est
un élément abondant et relativement bon marché. Cependant, les hydrures de composés à
base de magnésium présentent des problèmes pratiques, puisque le magnésium ne réagit
pas avec l’hydrogène à température ambiante, et la réaction d’hydrogénation est lente
(plusieurs heures) à plus haute température. De plus, les grandeurs thermodynamiques
d’hydrogénation du magnésium (voir figure 1.3 page 9) impliquent que la température
d’équilibre est d’environ 280 ˚C pour une pression de plateau de 1 bar.
21
Chapitre 1 : Présentation de l’étude
22
Chapitre 1 : Présentation de l’étude
description de la structure section A.9 page 155). La substitution par un atome de type
A se fait sur le site 1a occupé par la terre rare, tandis que la substitution par un atome
de type B (comme Al, Co, Mn ou Sn) s’effectue préférentiellement sur les sites occupés
par le nickel, le site 3g, offrant plus de place, sera occupé en priorité par les atomes plus
volumineux.
Le cas de la substitution du lanthane par l’yttrium est intéressant, puisque son plus
faible rayon atomique entraîne une diminution du volume de la maille, ayant pour consé-
quence une augmentation de la pression d’équilibre. De plus, le numéro atomique de l’yt-
trium étant plus faible que celui du lanthane, cette substitution permet un gain en masse
de l’alliage [van74].
Quelle que soit la nature de la terre rare utilisée (à l’exception du cérium), un double
plateau est observé en désorption à certaines températures, traduisant l’existence d’un
hydrure intermédiaire. Le cas du LaNi5 est présenté figure 1.7. Ceci a un impact sur la
durée de vie du matériau, puisque la présence de cette phase hydrure intermédiaire favorise
l’accommodation des contraintes par la structure, limitant ainsi la formation de défauts
pouvant être à l’origine d’une dégradation des propriétés d’hydrogénation [Cha01, Lat99].
20
80 ° C
10
Pression d'équilibre (bar)
70 ° C
60 ° C
5 50 ° C
40 ° C
30 ° C
1
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0
Figure 1.7 – Courbes pression – composition du LaNi5 à 30, 40, 50, 60, 70 et 80 ˚C, d’après [Buc95].
Au-delà de 50 ˚C, l’apparition d’un second plateau est visible en désorption.
Dans la pratique, le LaNi5 ne présente pas de problème d’activation. Il peut être mis
en contact ou même broyé sous air avant hydrogénation, puis absorber l’hydrogène sans
traitement particulier. Ceci est dû au fait que l’oxyde de nickel est réduit à température
ambiante par simple exposition à de l’hydrogène gazeux [Sel89].
Une hystérésis plus marquée est observée lors du premier cycle [Jou02]. Ceci est dû à
l’expansion volumique qui crée des contraintes importantes, ayant des effets irréversibles
comme l’apparition de nombreux défauts dans la structure cristalline et la pulvérisation
du matériau. l’absorption est également légèrement plus lente au premier cycle [Kis92].
23
Chapitre 1 : Présentation de l’étude
Une autre caractéristique qui rend le LaNi5 relativement facile à étudier est la ci-
nétique d’absorption, puisqu’un avancement de la réaction d’absorption de 90 % est at-
teint en quelques minutes, à condition que l’échantillon soit parfaitement thermostaté
[Bos76, Tan77, Dha07].
Lors du cyclage répété du LaNi5 sur plusieurs milliers de cycles, on observe une di-
minution de la capacité réversible ainsi qu’une augmentation de la pente du plateau de
pression. Ceci est attribué à la disproportionation, c’est-à-dire à la formation d’hydrures
de lanthane. Un recuit à plusieurs centaines de degrés permet de retrouver les capacité
réversible et pression d’équilibre initiales selon certains auteurs [Fri95] ; lors d’autres
études, seulement une partie de la capacité réversible initiale a été retrouvée, avec une
augmentation de la pression de plateau [Ahn91]. Ceci est attribué au fait que de l’hydrure
de lanthane est conservé malgré le recuit, un composé enrichi en nickel étant ensuite dis-
ponible pour l’absorption. Ces différences entre les groupes de recherche semblent venir
des différentes conditions expérimentales, notamment la température et la durée du recuit.
La substitution du nickel par un autre élément tel que l’aluminium, le cobalt, le man-
ganèse ou l’étain [Wan97, Suz00] atténue la perte de capacité en vieillissement.
La capacité massique maximale des composés à base de LaNi5 étant limitée par le
numéro atomique élevé des terres rares, nous avons décidé de ne pas intégrer ce type de
composé dans ce travail de thèse.
24
Chapitre 1 : Présentation de l’étude
Comparée à la voie solide – gaz, l’hydrogénation de composés AB2 par voie électro-
chimique présente une capacité d’absorption plus faible. Ceci est dû principalement à une
réaction entre la surface active et l’électrolyte (KOH concentré), notamment par une pas-
sivation ou une corrosion de la surface entraînant une activation difficile, une diminution
de la cinétique voire un arrêt de la réaction [Jou96].
Pour remédier à ces problèmes rencontrés en voie électrochimique, différentes modi-
fications de l’intermétallique ont été testées, comme l’attaque de la surface par un acide,
l’acide fluorhydrique s’avérant être le plus efficace avec les composés Zr(V1−x Ni x )2 [Züt94].
La précipitation d’une phase secondaire a également montré un effet catalytique favorable
à l’absorption [Not91, Ovs93, Jou96].
En ce qui concerne la tenue en cyclage comme électrode négative de batterie Ni–MH,
l’équipe de Xu a montré que dans le cas de composés AB2 à base de Ti, la diminution
de la capacité en fonction du nombre de cycles est due à la ségrégation d’éléments de
type B, à une dissolution de certains éléments dans l’électrolyte, ainsi qu’à une oxydation
surfacique [Xu02].
25
Chapitre 1 : Présentation de l’étude
100 ° C
78 ° C
Pression d'équilibre (bar)
67 ° C
10 54 ° C
40 ° C
0,1
0,8 1,0 1,2 1,4 1,6 1,8 2,0
Papathanassopoulos et Wenzl ont mesuré, dans une chambre à ultravide, les pressions
d’équilibre pour une capacité inférieure à 1 H/M [Pap82], le phénomène d’hystérésis étant
alors négligeable. Pour les températures étudiées (41 à 80 ˚C), un plateau est observé entre
0,05 et 0,45 H/M à une pression de l’ordre de 10−8 bar ce qui est caractéristique de la
coexistence de deux phases. Entre 0,45 et 0,55 H/M, la courbe devient beaucoup plus
26
Chapitre 1 : Présentation de l’étude
Tableau 1.2 – Structure des hydrures de vanadium en fonction du taux d’hydrogénation, d’après [Mae64].
cc : cubique centré, cfc : cubique faces centrées.
pentue et à 0,55 H/M, pour une pression de l’ordre de 10−4 bar, on observe une rupture
de pente. Ceci indique qu’il y a passage brusque d’une phase à une autre. La figure 1.9
présente les isothermes à 41, 57 et 80 ˚C entre 0 et 1 H/M du système V–H.
-2
10
Pression d'équilibre (bar)
-4
10
-6
80 ° C
10
57 ° C
41 ° C
-8
10
Figure 1.9 – Courbes pression – composition du vanadium à 41, 57 et 80 ˚C, pour une capacité inférieure à
1 H/M, d’après [Pap82].
D’autres équipes ont également mesuré les pressions d’équilibre de l’hydrogène ga-
zeux avec le vanadium [Gri72, Fuj79], la nature des phases étant également étudiée. La
compilation de ces travaux a conduit à l’élaboration du diagramme de phases du système
vanadium–hydrogène présenté figure 1.10.
Les phase présentes dans ce diagramme sont les suivantes :
• α : les atomes d’hydrogène occupent de manière aléatoire les sites tétraédriques
de la structure cubique centrée du vanadium [Rus68, Hir80]. La position des sites
tétraédriques est représentée en annexe figure A.2 page 146.
27
Chapitre 1 : Présentation de l’étude
100
α + β1 β1 β2 β2 + γ γ
50
-50
δ
-100
-150
0 10 20 30 40 50 60 70
at.% H
Figure 1.10 – Diagramme de phases du système V–H, d’après [Fag00]. Structure formée par les atomes de
métal dans les différentes phases : cubique centré dans la phase α, quadratique centré dans les phases β et
δ, cubique faces centrées dans la phase γ.
28
Chapitre 1 : Présentation de l’étude
a)) b) c))
de la plus grande facilité d’étudier par diffraction de neutrons la position des atomes de
deutérium que celle des atomes d’hydrogène. Contrairement à la plupart des systèmes
métal – hydrogène, le diagramme de phases du système V–D diffère substantiellement de
celui du système V–H présenté figure 1.10. Les différences sont entre autres des limites
d’existence de phases différentes et l’absence de différentiation β1 – β2 [Ken72, Wes73,
Asa73, Aro74, Ito07, Luo90, Fag00].
Le niobium et le tantale, tous deux éléments de la colonne 5, comme le vanadium,
ont des propriétés d’hydrogénation proches de celles de ce dernier. Ces deux métaux ré-
agissent également à température ambiante sous 1 bar d’hydrogène pour former l’hydrure
MH0,9 (M étant le métal) [Rei70].
Il est apparu que l’hydrogénation du vanadium à des concentrations supérieures à
0,9 H/M est très sensible aux impuretés du vanadium initial, alors que dans le cas du nio-
bium, aucune dépendance n’a été constatée entre le taux d’impuretés et le comportement
à l’hydrogénation.
Le second plateau d’absorption du vanadium à 40 ˚C est observé à une pression de
3 bar environ. Le dihydrure de vanadium est donc instable à pression ambiante, mais se
décompose assez lentement, si bien que VH1,73 peut être manipulé à l’air pour une courte
durée sans perte d’hydrogène, ce qui a permis son étude par diffraction des rayons X ou
de neutrons (voir résultats mentionnés plus haut).
Les mêmes expériences ont été menées sur le niobium, le comportement étant très
similaire à celui du vanadium. La composition NbH2,081 a été atteinte, et NbH1,98 , composé
uniquement de la phase γ, est stable à l’air et a pu être analysé par diffraction des rayons
X. La structure des atomes de métal de cette phase dihydrure γ est comme dans le cas
du vanadium cubique faces centrées, de paramètre de maille 4,53 Å, contre 4,27 Å pour
le vanadium [Rei70]. Notons que les caractéristiques de la phase γ obtenues dans cette
publication sont en accord avec celles obtenues par Brauer et Müller, où le dihydrure a été
obtenu par traitement du niobium à l’acide fluorhydrique [Bra58].
L’hydrogénation directe du tantale dans les mêmes conditions n’a pas permis d’at-
teindre une concentration supérieure à TaH0,90 .
29
Chapitre 1 : Présentation de l’étude
30
Chapitre 1 : Présentation de l’étude
31
Chapitre 1 : Présentation de l’étude
V pur 80 ° C
Al5
Fe8
10
Si2
Pression de plateau (bar)
Co5
Ni5
Cr5
Fe5
1
V1-xTix
(V0,9Ti0,1)100-yMy
(V0,85Ti0,15)100-yMy
(V0,8Ti0,2)100-yMy
0,1
27,6 27,8 28,0 28,2 28,4 28,6 28,8 29,0 29,2 29,4
3
Volume de maille (Å )
Figure 1.12 – Relation entre la pression de plateau et le volume de maille d’alliages de structure cubique
centrée, d’après [Kag91]. On remarque que l’écart à la linéarité le plus significatif a lieu avec
l’aluminium, qui n’est pas un métal de transition.
Des résultats intéressants ont également été obtenus avec le système Ti–Cr–Mo, de
structure cubique centrée et qui, remarquons-le, ne contient aucun élément de la colonne 5.
Des plateaux de pression horizontaux ont été obtenus, fournissant une capacité réversible
de l’ordre de 2,2 wt.%(H), qui tombe à 1,8 wt.%(H) après quelques dizaines de cycles
absorption – désorption. La diminution de la capacité massique est dépendante de la durée
d’évacuation de l’échantillon entre chaque cycle. Le molybdène ayant une masse atomique
élevée, la capacité massique d’absorption diminue lorsque le taux de cet élément augmente
[Kam02, Kam03, Oka03].
Cependant, le chrome est plus coûteux que d’autres éléments de transition légers
comme Mn, Co, Fe, ou Ni. Des études se sont donc attachées à l’alliage de ces éléments
avec le titane et le vanadium [Lyn85, Nom95, Nak00, Nak01, Nak02]. Challet a étudié
l’influence de l’ajout des éléments Co, Fe, Mn et Ni sur les propriétés d’hydrogénation
d’un alliage Ti–V. Il en est ressorti que les alliages substitués au fer sont les meilleurs
candidats en matière de capacité d’absorption et de cinétique [Cha05, Cha07].
De plus, l’utilisation de fer comme élément d’addition permet l’utilisation de ferrova-
nadium, qui peut contenir jusqu’à 80 % de vanadium et est un ordre de grandeur moins
cher que celui-ci. Ceci permettrait donc de diminuer les coûts de matière première pour la
fabrication d’un réservoir.
Compte tenu de ces différents facteurs, nous avons donc défini comme but de la pré-
sente thèse d’approfondir l’étude des propriétés d’alliages de structure cubique centrée
du système Ti–V–Fe, notamment la dépendance entre les propriétés thermodynamiques
d’hydruration, la capacité d’absorption et la cinétique de la réaction.
Des données bibliographiques supplémentaires sur les hydrures de Ti–V–Fe seront
32
Chapitre 1 : Présentation de l’étude
présentées chapitre 5.
33
Chapitre 1 : Présentation de l’étude
0
Ti
100
10
1000 ° C 90
20
cc 80
30
70
40
Fe
60
at.
%
50 %
at.
B2 50 Ti
60
40
70 C14
30
80
20
90
10
100 σ cc
cc
0
Fe 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
V
at.% V
Figure 1.13 – Diagramme de phases le plus récent du système Ti–V–Fe à 1000 ˚C, d’après [Cor09]. Le
point rouge représente la composition d’un échantillon synthétisé par Challet [Cha05], recuit à 1000 ˚C et
pourtant monophasé, en contradiction avec les informations du diagramme.
34
Chapitre 2
Techniques expérimentales
Pour mener à bien l’étude des alliages du système Ti–V–Fe, nous avons mis en œuvre
des techniques de synthèse par fusion puis recuit à haute température, la caractérisation
étant basée sur la diffraction des rayons X, ainsi que sur l’analyse par microsonde électro-
nique. Les hydrures ont été synthétisés et caractérisés par réaction directe avec l’hydrogène
gazeux sur banc volumétrique.
35
Chapitre 2 : Techniques expérimentales
La fusion à l’arc est plutôt utilisée pour les petits échantillons (masse inférieure à 3 g),
elle a l’avantage d’être rapide. Pour les plus gros échantillons, une plus grande surface
de l’échantillon sera en contact avec le creuset froid, empêchant une fusion totale du mé-
tal, ce qui pose des problèmes d’homogénéité. On préférera alors la fusion par induction
magnétique.
36
Chapitre 2 : Techniques expérimentales
Figure 2.2 – Synthèse d’un échantillon en four à induction. Sont visibles le creuset en secteurs et la bobine
inductrice.
permettent de fondre de plus grandes quantités de matière, de garder le métal très propre
grâce au dégazage avant fusion, et de contrôler la puissance de chauffe. L’inconvénient
est le temps plus long consacré à chaque échantillon puisque, entre chaque fusion, le sys-
tème est mis à l’air puis évacué jusqu’à obtenir un vide secondaire, le temps de pompage
s’élevant à deux heures environ.
37
Chapitre 2 : Techniques expérimentales
38
Chapitre 2 : Techniques expérimentales
émetteur détecteur
θ θ
échantillon
Figure 2.3 – Géométrie θ – θ : le tube émetteur de rayons X et le détecteur sont chacun situés à l’angle θ
par rapport à la surface de l’échantillon, de part et d’autre de la perpendiculaire à cette surface.
d
θ
d sinθ
Figure 2.4 – Principe de la diffraction des rayons X par un réseau cristallin, dans la géométrie Bragg –
Brentano. Les deux rayons incidents, de longueur d’onde λ, sont en phase. Ils sont diffusés par les nuages
électroniques d’atomes appartenant à des plans atomiques différents. La condition d’interférence
constructive pour les rayons diffusés est qu’ils aient la même phase, donc que λ = 2dsinθ.
Pour qu’il y ait interférence constructive, il faut que la différence de chemin parcouru
entre les rayons diffusés par différents plans atomiques soit égale à un multiple de la lon-
gueur d’onde λ du rayonnement. Le cas de la géométrie θ – θ est présenté figure 2.4. On
obtient alors la loi de Bragg :
39
Chapitre 2 : Techniques expérimentales
Dans le cas d’une maille cubique, les distances interréticulaires dhkl (distances entre
deux plans parallèles) sont obtenues grâce à la relation :
a
dhkl = √
h2 + k 2 + l 2
avec a : paramètre de la maille cubique.
40
Chapitre 2 : Techniques expérimentales
80
Au
70
60
50
40
f
30
Fe
V
20
Ti
10
H
0
0 30 60 90 120 150 180
2θ (degrés)
Figure 2.5 – Évolution du facteur de diffusion atomique f en fonction de l’angle d’observation, calculé
pour la longueur d’onde du cuivre, pour l’hydrogène, le titane, le vanadium, le fer et, à titre de
comparaison, l’or. La diffusion anomale n’est pas prise en compte.
le cristal. Il ne donnera donc pas d’information sur la position du noyau. L’atome d’hy-
drogène est donc invisible par diffraction des rayons X. Il convient alors d’utiliser d’autres
techniques, comme la diffraction de neutrons, si l’on veut déterminer la position d’atomes
d’hydrogène contenus dans un matériau.
41
Chapitre 2 : Techniques expérimentales
X X
ycalc,i = Sφ Lφ,h Aφ,h Pφ,h |Fφ,h |2 Ωφ,h θi − θφ,h + bi (2.2)
φ h
L’affinement consiste pour le programme à modifier par itérations successives les pa-
ramètres entrant dans le calcul de ycalc,i de manière à minimiser la fonction :
X
χ2 = ωi yobs,i − ycalc,i 2
(2.3)
i
où yobs,i est l’intensité observée et ycalc,i l’intensité calculée au point i. ωi est la pondération
assignée à chaque intensité. Elle est égale à l’inverse de la variance de yobs,i , qui elle-
même est égale au carré de l’écart type. Or la mesure de chaque point du diagramme de
diffraction obéit à la statistique de Poisson. D’après cette loi, l’écart type (l’incertitude)
√
sur chaque valeur yobs,i mesurée vaut yobs,i , donc lorsque la mesure a été effectuée en une
seule fois, ωi = 1/yobs,i .
Pour plus de détails sur le fonctionnement du programme FullProf, on pourra se rap-
porter au manuel du programme [Rod01].
L’échantillon est préparé de la manière suivante : il est broyé dans un mortier en agate
puis tamisé pour atteindre une taille de grains de l’ordre de la dizaine de microns. La
poudre obtenue est placée sur une plaquette en PMMA (polyméthacrylate de méthyle),
qui ne diffracte pas les rayons X, la surface de la poudre étant arasée pour être la plus
plane possible.
L’intérêt du broyage par rapport à l’utilisation directe de l’échantillon polycristallin
est d’obtenir une orientation aléatoire des grains. En effet, lors de la formation des cris-
taux dans l’échantillon massif, les conditions ne sont pas toujours isotropes, ce qui peut
conduire à une orientation préférentielle des cristaux exposés au faisceau. Les intensités
42
Chapitre 2 : Techniques expérimentales
de certains pics de diffraction pourront alors se trouver anormalement élevées par rapport
à la structure cristalline, faussant ainsi l’exploitation du diagramme de diffraction.
électron
rayonnement X
électron
Pour que la mesure soit caractéristique d’un élément, mais indépendante de l’envi-
ronnement chimique des atomes, c’est-à-dire du réarrangement des orbitales externes, on
s’intéresse aux transitions où une lacune de la couche électronique la plus profonde est
comblée par un électron d’une couche supérieure, donc aux transitions de type K (nota-
tion de Siegbahn). En cas de problème de recouvrement des raies K de plusieurs éléments,
on pourra s’intéresser à une transition de type L (un électron de la deuxième couche la
plus profonde est arraché). La longueur d’onde analysée est choisie au maximum du pic
considéré.
L’analyse du rayonnement émis par l’échantillon se fait par dispersion de longueur
d’onde (wavelength dispersive spectroscopy, WDS ou WDX) : le rayonnement est colli-
maté par des lames de cuivre très fines et parallèles, et irradie un monocristal placé sur un
goniomètre (en général du fluorure de lithium, du germanium, ou des cristaux multicouche
sont utilisés). Ce cristal diffracte les photons X suivant la loi de Bragg, ne renvoyant vers
le détecteur qu’une seule longueur d’onde. Le cristal utilisé, ainsi que son orientation an-
gulaire par rapport à l’échantillon et à la cible étant parfaitement connus, cette longueur
d’onde est également connue. Les photons sont collectés par un compteur à scintillation
43
Chapitre 2 : Techniques expérimentales
(le photon X frappe un écran en NaI dopé au thallium, qui émet par effet Compton un
photon lumineux, lui-même détecté par un photomultiplicateur) ou un compteur propor-
tionnel (plutôt pour les faibles énergies : dans un récipient contenant un mélange argon –
méthane, une tension est créée entre la paroi et un fil. Le passage d’un photon X provoque
une ionisation locale du gaz, les particules chargées vont alors migrer du fait de la tension,
engendrant des pics de courant qui sont mesurés). Le tout est placé sous vide pour éviter
l’absorption ou la fluorescence par les atomes de l’air.
L’intensité du pic obtenu étant proportionnelle à la concentration massique de l’élé-
ment considéré, l’analyse microsonde permet, après un pointé étalon sur le métal pur, de
faire une analyse quantitative de l’élément. Les déviations systématiques suivantes doivent
être prises en compte (correction ZAF) : interaction des électrons incidents avec les élec-
trons de la matrice (numéro atomique Z), absorption par la matrice des photons émis (co-
efficient d’absorption A) et fluorescence de la matrice (coefficient F). La taille du domaine
analysé étant d’environ 1 µm3 , si les domaines d’homogénéité chimique sont plus petits,
les résultats des pointés sont erronés.
Tous les éléments du béryllium à l’uranium peuvent être détectés, les éléments plus
légers émettent des photons X de faible énergie, absorbés par la fenêtre de béryllium pro-
tégeant le détecteur. D’autre part, les éléments légers du béryllium au fluor ont plutôt
tendance à se désexciter en émettant un électron Auger : le rayonnement X émis est in-
tercepté par un autre électron de l’atome, qui est arraché. Ces éléments sont donc très
difficilement quantifiables à la microsonde.
Un schéma de la microsonde utilisée au laboratoire (Cameca SX100) est présenté fi-
gure 2.7.
L’échantillon doit être parfaitement plan, sinon les reliefs interagissent avec le rayon-
nement réémis, par exemple par fluorescence, ce qui fausse la mesure.
La préparation des échantillons à analyser se déroule de la manière suivante : un mor-
ceau d’échantillon, dont les dimensions sont de l’ordre du millimètre, est enrobé dans de
l’alliage de Wood, composé de bismuth (50 % massique), plomb (25 % massique), étain
(12,5 % massique) et cadmium (12,5 % massique). Sa température de fusion est de 70 ˚C.
Le tout est ensuite poli sur des papiers au carbure de silicium de taille de grains décrois-
sante, puis sur un feutre imbibé de poudre de diamant. La taille des particules utilisée pour
le dernier polissage est 0,25 µm, l’échantillon ayant alors l’aspect d’un miroir.
2.2.3 Métallographie
En complément à la mesure des compositions des phases constitutives faite par mi-
crosonde électronique, les échantillons ont été observés par microscopie électronique à
balayage.
Un microscope électronique à balayage permet d’effectuer des clichés de deux types :
• lorsqu’un électron primaire, provenant du canon à électron, vient frapper l’échan-
tillon, des électrons peu liés de la surface sont arrachés. De tels électrons sont appe-
lés électrons secondaires, ils ont une énergie relativement faible, de l’ordre de 50 eV.
Comme ils proviennent d’une profondeur inférieure à 10 nanomètres, leur analyse
permet de visualiser la topographie de l’échantillon.
• les électrons primaires peuvent aussi être réémis de manière quasiélastique, c’est-à-
dire presque sans perte d’énergie. On les appelle électrons rétrodiffusés, leur énergie
est de l’ordre de 10 keV. Plus un atome a un numéro atomique élevé, plus il va
44
Chapitre 2 : Techniques expérimentales
45
Chapitre 2 : Techniques expérimentales
résistance de graphite
échantillon
éc a o
creuset de référence
f
thermocouple de régulation
tique, permettant de travailler sous différents gaz. Cette enceinte est entourée d’un four
à résistance de graphite permettant de monter à 2050 ˚C. La résistance de graphite est
maintenue sous atmosphère d’argon, afin d’éviter sa combustion.
Un schéma de principe de l’appareil est présenté figure 2.8.
Trois thermocouples sont situés dans l’enceinte :
• le thermocouple de régulation est situé sous le porte-creusets, c’est le signal fourni
par ce thermocouple qui sera utilisé pour ajuster la température de la chambre
• un thermocouple placé au contact du creuset échantillon
• un thermocouple placé au contact du creuset de référence, de même nature que le
thermocouple échantillon.
On rappelle qu’un thermocouple fournit une différence de potentiel dont la valeur est
fonction de la température mesurée. À l’aide de la relation d’étalonnage, on peut alors
connaître la température mesurée.
On fait suivre à l’enceinte un cycle de température, et à chaque temps t, sont enregis-
trées la température T donnée par le thermocouple de régulation, et la différence ∆U, en
µV, des signaux fournis par les thermocouples échantillon et de référence.
Le tracé de ∆U en fonction de T fera alors apparaître des pics aux températures où
l’échantillon subit une transition de phase. Un pic pointant vers le bas sera caractéristique
d’une transformation endothermique (par exemple une fusion), un pic pointant vers le haut
révélera lui une transformation exothermique.
Étant donné que les transformations se produisant au refroidissement ont souvent lieu
avec un certain retard, l’échantillon restant dans un premier temps dans un état métastable
(principe de la surfusion), les températures de transformation retenues sont celles obser-
vées lors de la chauffe.
Les vitesses de chauffe et de refroidissement appliquées sont de 10 ˚C·min−1 , un pa-
lier de 30 min étant respecté entre chauffe et refroidissement. L’appareil utilisé est un
SETARAM DTA 92-16.18.
46
Chapitre 2 : Techniques expérimentales
capteur de pression
vanne P
V1
H2
VPE
atmosphère vide
échantillon
Vrés réservoir
Tous les bancs d’hydrogénation n’étant pas équipés des mêmes capteurs, il convient
de choisir le banc adéquat suivant que l’on veuille mesurer de faibles pressions ou des
pressions élevées. La pression la plus faible mesurable est de l’ordre de 5·10−4 bar et la
pression maximale s’élève à 100 bar.
La mesure d’une courbe isotherme pression – composition se déroule de la manière
suivante :
Dans un premier temps, le vide est effectué dans les volumes V1 , VPE et Vrés afin
d’évacuer les gaz présents (comme de l’air, ou de l’argon si la mise en porte-échantillon a
été effectuée en boîte à gants).
Toutes les vannes sont ensuite fermées et la vanne d’arrivée de l’hydrogène est ouverte
jusqu’à ce que la pression souhaitée soit atteinte dans le volume V1 , puis la vanne est
à nouveau fermée. La vanne séparant V1 de VPE est ensuite ouverte. On observe alors
deux phénomènes : une baisse de pression due à la détente, et une baisse de pression
due à l’absorption d’hydrogène par l’échantillon. Si l’échantillon absorbe très rapidement,
comme c’est le cas des composés de structure cubique centrée étudiés dans le présent
47
Chapitre 2 : Techniques expérimentales
travail, le tracé de la pression en fonction du temps ne permettra pas de départager ces deux
phénomènes. Une fois l’équilibre atteint, c’est-à-dire une fois que la pression n’évolue
plus, on en relève la valeur finale.
Connaissant les volumes V1 et VPE , les températures auxquelles ils se trouvent et les
pressions initiale et finale, on pourra, grâce à l’équation d’état du gaz, calculer la quantité
d’hydrogène absorbée par l’échantillon. On aura donc un point de l’isotherme pression –
composition.
L’opération pourra ensuite être reproduite pour obtenir d’autres points. Cette méthode
est également valable en désorption. Si besoin, le volume Vrés du réservoir pourra être
utilisé pour avoir un plus grand nombre de moles d’hydrogène en absorption, ou un plus
grand volume en désorption.
La précision sur la mesure des capacités est de l’ordre de 0,02 H/M et la précision des
pressions mesurées s’élève à 0,05 % de la pression maximale d’utilisation du capteur (1,
10, 25 ou 100 bar suivant le banc utilisé). Pour chaque mesure, le banc d’hydrogénation a
été choisi de manière à avoir la meilleure précision sur la mesure de la pression.
PV = nRT
Cette équation est basée sur l’hypothèse que les molécules de gaz occupent un volume
nul, et qu’il n’y a aucune interaction entre ces molécules. Ceci est une bonne approxi-
mation pour des pressions inférieures à 1 bar à température ambiante, mais s’éloigne du
comportement réel pour des pressions plus élevées.
L’équation de van der Waals est une modification de la loi des gaz parfaits, dans la-
quelle on introduit un volume incompressible occupé par les molécules, et un paramètre
traduisant l’interaction entre particules :
n2 a
!
P + 2 (V − nb) = nRT
V
48
Chapitre 2 : Techniques expérimentales
Les paramètres a et b dépendant de la nature du gaz, les valeurs ci-dessus sont données
pour l’hydrogène.
Si l’équation de van der Waals est plus proche de la réalité que la loi des gaz parfaits,
l’écart au comportement réel est encore non négligeable pour des pressions supérieures à
quelques bars.
Hemmes et coll. [Hem86] ont proposé une équation d’état de l’hydrogène gazeux en
se basant sur l’équation de van der Waals, les paramètres d’interaction et de volume étant
rendus dépendant de la pression et de la température, de sorte que l’écart aux valeurs
mesurées soit inférieur à 0,5 % et que l’équation représente une extrapolation réaliste aux
hautes pressions et températures.
L’expression générale de la loi de Hemmes est la suivante :
nα(T )
!
P + a(P) α(T ) (V − nb(P)) = nRT
V
Pour plus de précisions quant au détail des paramètres, on pourra se reporter à l’an-
nexe C.
Cette équation traduit fidèlement les propriétés de l’hydrogène gazeux aux tempéra-
tures et pressions étudiées au cours du présent travail. C’est donc ce modèle qui a été
utilisé.
L’équation de Hemmes est une fonction implicite du nombre de moles n, c’est-à-dire
qu’on ne peut pas la récrire sous la forme : n = f (P,V,T ). Pour le calcul, la méthode de
Newton, détaillée dans l’annexe D, a donc été utilisée.
2.3.2.2 Activation
Le porte-échantillon est ensuite connecté au banc d’hydrogénation, dans lequel le vide
est effectué afin d’évacuer l’air résiduel. Puis l’échantillon est exposé à une pression de
25 bar d’hydrogène, à température ambiante. Pour certains échantillons préparés sous at-
mosphère d’argon, une absorption partielle a alors lieu, après un temps de latence de deux
minutes environ, les autres échantillons étant inactifs.
49
Chapitre 2 : Techniques expérimentales
Que l’échantillon ait absorbé ou non, il est ensuite chauffé sous vide à 500 ˚C pendant
une heure, puis refroidi à température ambiante. À l’issue de ce traitement, la majorité des
échantillons a absorbé l’hydrogène jusqu’à la capacité totale. Si tel n’était pas le cas, une
nouvelle chauffe a été effectuée, puis l’hydrogène a été introduit dans le porte-échantillon
encore chaud, l’absorption étant alors obtenue dans tous les cas.
Les échantillons étudiés quant à leurs propriétés d’hydrogénation dans le cadre de
cette thèse sont, à deux exceptions près, de structure cubique centrée avant hydrogénation.
Comme nous le verrons chapitre 5, de tels matériaux absorbent environ deux atomes d’hy-
drogène par atome de métal, le monohydrure étant très stable. Ainsi, il est nécessaire de
chauffer l’échantillon à plusieurs centaines de degrés Celsius pour décomposer totalement
l’hydrure. Une mesure sur certains de nos échantillons a montré que 350 ˚C étaient suf-
fisants. Cependant, afin de s’assurer que tout l’hydrogène a bien été évacué, nous avons
choisi une température de désorption de 500 ˚C.
L’activation est considérée comme effective lorsque trois cycles absorption – désorp-
tion à 500 ˚C ont été réalisés à 25 bar, la capacité maximale étant obtenue.
2.3.2.3 Mesures
Les mesures de courbes pression – composition sont alors effectuées, en commençant
par un point à pression maximale, puis la banche de désorption est ensuite mesurée, et
enfin la branche d’absorption. L’échantillon est désorbé à 500 ˚C sous vide primaire entre
chaque mesure.
Notons que lorsque l’échantillon est récupéré après que toutes les mesures ont été
effectuées, on observe qu’il a décrépité : des morceaux de métal massifs initiaux ne reste
qu’une poudre à gros grains, facile à broyer.
50
Chapitre 2 : Techniques expérimentales
La poudre obtenue a ensuite été analysée par diffraction des rayons X sous air à tem-
pérature ambiante.
2.4 Conclusion
Les techniques utilisées pour la synthèse des alliages permettent l’élaboration d’échan-
tillons de composition précise grâce à des fusions successives en four à arc ou à induction,
suivies d’un recuit de plusieurs semaines à haute température, assurant non seulement une
bonne homogénéité, mais aussi la mise à l’équilibre thermodynamique à la température
du recuit, nécessaire à l’étude d’un diagramme de phases.
Les méthodes de caractérisation permettent une identification fine des phases consti-
tutives des échantillons, notamment de déterminer leur composition (microsonde électro-
nique) et leur structure (diffraction des rayons X).
L’utilisation de bancs d’hydrogénation volumétriques nous a également permis de me-
surer des isothermes pression – composition de nos composés, fournissant ainsi les ca-
ractéristiques importantes que sont les capacités d’absorption, les propriétés thermodyna-
miques et cinétiques de nos échantillons.
Les méthodes mises en œuvre permettent de contrôler toutes les étapes de la synthèse
à l’application des alliages étudiés.
51
Chapitre 3
53
Chapitre 3 : Détermination du diagramme de phases du système Fe–Ti–V
Pourcentage massique Ti
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
1800
1670 ° C
1600 L
1538 ° C
1427 ° C
1400 33,3
1394 ° C
1317 ° C 50,5
Température (° C)
1289 ° C
(αFe) 10 16 27,6
35,2 49,7
1200
(γFe) Fe2Ti 1085 ° C
FeTi
52,5 70,5 78
1000 (βTi)
912 ° C
882 ° C
800
770 ° C TC
595 ° C
600 51 85 99,96
(αTi)
400
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Fe Pourcentage atomique Ti Ti
Figure 3.1 – Diagramme de phases du système Fe–Ti, d’après [Oka00].
54
Chapitre 3 : Détermination du diagramme de phases du système Fe–Ti–V
3.1.1.2 Fe–V
Smith a présenté un diagramme calculé du système Fe–V [Smi84, Smi89]. Il est consti-
tué d’une solution solide continue de la phase de structure cubique centrée, avec une fusion
azéotrope ayant un minimum à 1468 ˚C, une boucle gamma dans la région riche en fer, et
une phase intermédiaire σ de type structural CrFe (quadratique), se formant de manière
congruente à partir de la solution solide de structure cubique centrée à 1252 ˚C. Le dia-
gramme de [Smi89], repris par [Oka00], est présenté figure 3.2.
3.1.1.3 Ti–V
Le diagramme de phases du système Ti–V proposé par Murray [Mur81] est relative-
ment simple. À des températures inférieures à 882 ˚C, il consiste en un domaine biphasé,
où le titane α, de structure hexagonale compacte, coexiste avec la solution solide de struc-
ture cubique centrée riche en vanadium. Entre 882 ˚C et 1594 ˚C, le titane et le vanadium
de structure cubique centrée sont totalement miscibles l’un dans l’autre, et cette solution
solide fond de manière congruente à 1594 ˚C. Murray [Mur89] a proposé un diagramme
caractérisé par une lacune de miscibilité dans la solution solide (βTi,V), mais Fuming et
Flower [Fum89] ont montré que ceci est dû à la présence d’oxygène dans les échantillons
étudiés [Oka93, Oka95]. La figure 3.3 montre le diagramme publié par [Oka00], prenant
en compte les informations précédentes.
Le tableau 3.1 résume les données de la littérature concernant les phases binaires du sys-
tème.
55
Chapitre 3 : Détermination du diagramme de phases du système Fe–Ti–V
Tableau 3.1 – Phases présentes dans les diagrammes binaires du système Fe–Ti–V. Si rien n’est mentionné,
les paramètres de maille sont donnés pour la température ambiante.
56
Chapitre 3 : Détermination du diagramme de phases du système Fe–Ti–V
Figure 3.4 – Pseudobinaire Fe2 Ti–V, tiré de Figure 3.5 – Pseudobinaire FeTi–V, tiré de
[Tsi59]. [Tsi60].
57
Chapitre 3 : Détermination du diagramme de phases du système Fe–Ti–V
0
Ti
100
10
1000 ° C 90
20
cc 80
30
70
40
Fe
60
at.
%
%
50
at.
B2 50
Ti
60
40
70 C14
30
80
20
90
10
100 σ cc
cc
0
Fe 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
V
at.% V
Figure 3.6 – Section isotherme du système Fe–Ti–V à 1000 ˚C, d’après [Rag87, Cor09].
l’échantillon comportant 21 at.% de fer est bien biphasé, les deux autres, qui devraient
l’être également d’après la figure 3.6, sont en réalité monophasés.
En se basant sur les données de Tsin-Khua et Kornilov, Raghavan a proposé une
ébauche de surface de liquidus, reproduite figure 3.7, caractérisée par la présence d’une
transformation eutectique ternaire. Cornish et Watson ont quant à eux utilisé les des-
criptions thermodynamiques des systèmes binaires pour calculer la surface liquidus (fi-
gure 3.8), qui ne présente alors pas d’eutectique ternaire mais une transformation quasi-
péritectique de type U.
Deux études ont également été faites sur l’extension ternaire de la boucle γ dans la
région riche en fer [Luc54, Gho85], mais la boucle γ du système Fe–V présentée par
[Luc54] ne correspond pas au diagramme calculé de [Smi89].
Prima et Tretyachenko [Pri87] ont montré qu’à 1200 ˚C, le domaine d’homogénéité
de la phase à base de Fe2 Ti s’étend selon la ligne isoconcentration du titane jusqu’à la
concentration Ti33 V30 Fe37 .
3.2 Résultats
3.2.1 Le système Fe–Ti–V à 1000 ˚C
Afin de déterminer la section isotherme du système Fe–Ti–V à 1000 ˚C, les métaux
massifs ont été fondus en four à arc, les échantillons obtenus ont ensuite été recuits sous
argon pendant trois semaines à 1000 ˚C, puis analysés par microsonde électronique et
58
Chapitre 3 : Détermination du diagramme de phases du système Fe–Ti–V
0
Ti
100 Températures en ° C
10
90
20
80
30
70
40
Fe
1200
60
at.
%
%
50 1300
at.
50
Ti
B2
60
1400
40
70 E
30
C14 cc
80
20
90
10
1400
0
Ti
100 Températures en ° C
10
90
20
80
30
70
40
Fe
60
at.
%
50 B2
at.
50
Ti
60
1400 40
U 1200
70
30
cc
C14
80
20
1300
90
1400 10
Figure 3.8 – Projection liquidus proposée par [Cor09], calculée à partir des descriptions
thermodynamiques des systèmes binaires.
59
Chapitre 3 : Détermination du diagramme de phases du système Fe–Ti–V
15000
Intensité (coups)
0
B2
C14
cc
20 40 60 80 100 120
2θ (degrés)
Figure 3.9 – Résultat de l’affinement par la méthode de Rietveld du diagramme de diffraction des rayons X
de l’échantillon de composition Ti48 V18 Fe34 recuit à 1000 ˚C. Cercles rouges : intensité mesurée ; ligne
noire : intensité calculée ; bâtons verts : position angulaire des réflexions des différentes phases présentes ;
ligne bleue située dans la partie inférieure du graphique : différence entre intensités mesurée et calculée.
cc : cubique centré.
Les informations fournies par le diagramme de diffraction qui nous intéressent par-
ticulièrement sont la structure des phases constitutives de l’échantillon ainsi que leurs
paramètres de maille, notamment pour la phase de structure cubique centrée.
Les compositions fournies par les pointés microsonde ont dans un premier temps été
classées suivant la composition croissante d’un élément, puis placées dans cet ordre sur un
graphique, qui présente alors des paliers. Les points constituant les paliers correspondent
à des pointés effectués sur un domaine monophasé, alors que ceux situés entre les paliers
correspondent à des pointés effectués sur une zone se trouvant à l’interface de plusieurs
phases. Un exemple de graphique de ce type est présenté figure 3.10.
Toutefois, si une phase forme des domaines de taille inférieure à la zone irradiée par
le faisceau d’électrons (environ 1 µm3 ), il ne sera pas possible de trouver des pointés ef-
60
Chapitre 3 : Détermination du diagramme de phases du système Fe–Ti–V
60
Ti
Fe
50 V
Pourcentage atomique
40
Ti57,3V19,9Fe22,8
30 Ti42,0V24,0Fe34,0 Ti48,9V9,1Fe42,0
20
B2
10 cc C14
0
0 10 20 30 40 50 60 70 80
Numéro du pointé
Figure 3.10 – Données microsonde de l’échantillon de composition Ti48 V18 Fe34 recuit à 1000 ˚C
(numéro 30 tableau 3.2). Les traits verticaux délimitent les domaines sur lesquels ont été calculées les
compositions des phases constitutives, dont la structure est précisée.
fectués uniquement sur cette phase. Une telle phase peut alors passer inaperçue à l’étude
du graphique décrit précédemment. Dans le cas d’un système ternaire, on peut placer les
compositions fournies par chacun des pointés sur une section ternaire. À partir des me-
sures présentées figure 3.10, nous avons construit un tel graphique (figure 3.11).
Les compositions correspondant aux trois paliers de la figure 3.10 se concentrent en
trois points sur la figure 3.11, symbolisant la composition des trois phases constitutives
de l’échantillon. Les compositions situées entre les paliers se retrouvent (à une excep-
tion près) sur les arêtes ou à l’intérieur du triangle formé par les compositions des phases
constitutives.
Le tableau 3.2 résume les caractéristiques des phases constitutives des échantillons
recuits à 1000 ˚C. À partir de ces résultats, une section isotherme à 1000 ˚C du système
Fe–Ti–V est proposée figure 3.12.
Du fait de la microstructure très fine de certaines phases, leur composition n’a pas pu
être mesurée très précisément à la microsonde électronique. C’est notamment le cas de
la phase C14 des échantillons 3 et 10, et de la phase σ des échantillons 10 et 12. Si les
données obtenues des échantillons 3 et 12 se complètent pour donner des compositions de
limites de phases fiables, les données obtenues de l’échantillon 10 sont trop imprécises.
Lors du tracé des limites de phases de la figure 3.12, nous nous sommes basé sur les
compositions connues avec le plus de précision. Les autres y sont toutefois reportées à
titre indicatif.
Les figures 3.13 à 3.16 présentent les images aux électrons rétrodiffusés de quatre
échantillons comportant des équilibres biphasés, observés lors de l’étude du diagramme
de phases.
61
Chapitre 3 : Détermination du diagramme de phases du système Fe–Ti–V
0
Ti Composition nominale
100 Concentrations fournies par
les pointés microsonde
10 Composition des phases
90 constitutives
1000 ° C
20
80
30
70
Fe
40
at.
60
%
%
at.
50
Ti
50
60
40
70
30
80
20
90
10
100
0
Fe 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
V
at.% V
Figure 3.11 – Données microsonde de l’échantillon de composition Ti48 V18 Fe34 recuit à 1000 ˚C
(numéro 30 tableau 3.2), représentées dans un diagramme ternaire.
62
Chapitre 3 : Détermination du diagramme de phases du système Fe–Ti–V
Tableau 3.2 – Analyse de phases des échantillons recuits à 1000 ˚C pendant trois semaines. La composition
des phases constitutives a été mesurée par microsonde électronique, la structure et les paramètres de
maille à 25 ˚C ont été déterminés par diffraction des rayons X. cc : cubique centré.
63
Chapitre 3 : Détermination du diagramme de phases du système Fe–Ti–V
0
Ti
Compositions nominales
100 Limites de phases mesurées
Compositions peu précises
10 Compositions étudiées par
1000 ° C 90 analyse thermique différentielle
20
80
30
70
40
Fe
32 60
at.
%
%
50
at.
31 50
Ti
B2 30
60
24 40
23
22 cc
70
C14 17
30
80 16
11 12 15 20
9 10
90 3 4 10
2 1
100 σ
cc 0
Fe 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
cfc V
at.% V
Figure 3.12 – Section isotherme à 1000 ˚C du diagramme de phases du système Fe–Ti–V . Les limites de
phases ont été tracées pour respecter les données expérimentales présentées tableau 3.2. Les pointillés
représentent des limites de domaines spéculatives ; les compositions étudiées par analyse thermique
différentielle sont également indiquées (voir section 3.2.3), ainsi que la numérotation utilisée dans le
tableau 3.2.
Figure 3.13 – Micrographie aux électrons Figure 3.14 – Micrographie aux électrons
rétrodiffusés de l’échantillon numéro 3 de rétrodiffusés de l’échantillon numéro 10 de
composition nominale Ti10 V22 Fe68 recuit à composition nominale Ti15 V28 Fe57 recuit à
1000 ˚C. Phase claire : σ ; phase foncée : C14. 1000 ˚C. Phase claire : σ ; phase foncée : C14.
64
Chapitre 3 : Détermination du diagramme de phases du système Fe–Ti–V
Figure 3.15 – Micrographie aux électrons Figure 3.16 – Micrographie aux électrons
rétrodiffusés de l’échantillon numéro 12 de rétrodiffusés de l’échantillon numéro 16 de
composition nominale Ti20 V14 Fe66 recuit à composition nominale Ti24 V48 Fe28 recuit à
1000 ˚C. Phase claire : σ ; phase foncée : C14. Les 1000 ˚C. Phase claire : C14 ; phase foncée :
points noirs sont des trous. cubique centrée.
Une micrographie de l’échantillon triphasé constitué des phases cubique centrée, C14
et B2 (échantillon numéro 30 du tableau 3.2) est également présentée figure 3.17. Cepen-
dant, les phases C14 et B2 sont quasiment impossibles à distinguer l’une de l’autre sur
cette figure du fait de la faible différence de densité électronique entre ces phases. L’af-
finement par la méthode de Rietveld du diagramme de diffraction des rayons X de cet
échantillon a été présenté figure 3.9 page 60.
La forme générale de la section isotherme à 1000 ˚C (figure 3.12) est en accord avec
celle tracée par Cornish et Watson [Cor09], présentée figure 3.6. Aucune phase autre que
celles présentes dans les systèmes binaires n’a été trouvée.
La solubilité du fer dans la solution solide (Ti,V) de structure cubique centrée (cc)
atteint au moins 15 at.% pour tout rapport Ti/V, alors que la solubilité maximale rapportée
par [Tsi61a] pour un rapport Ti/V de 1 est 5 at.% Fe.
La solubilité du titane dans la phase σ et dans la phase cc riche en fer est d’environ
4 at%. L’étude de la boucle gamma du domaine riche en fer ne faisait pas partie du présent
travail.
Le domaine de stabilité de la structure C14 s’étend de Fe2 Ti à la composition
65
Chapitre 3 : Détermination du diagramme de phases du système Fe–Ti–V
Ti33 V33 Fe33 , ce qui est en accord avec l’observation faite par Tsin-Khua et Kornilov
[Tsi60], selon laquelle cette dernière composition présente la même structure que Fe2 Ti.
De plus, si l’on considère la ligne FeTi–V, la solubilité de cette phase de Ti39 V22 Fe39 à
Ti33 V34 Fe33 correspond aux valeurs rapportées dans la section pseudobinaire de [Tsi60]
(voir figure 3.5 page 57).
La solubilité du vanadium dans la phase de structure B2, extension ternaire de la phase
FeTi, atteint 9,1 at.%, alors que 5 at.% ont été mesurés par Tsin-Khua et Kornilov [Tsi60].
La synthèse de l’échantillon numéro 30 de composition nominale Ti48 V18 Fe34 a permis
de déterminer un équilibre triphasé entre les phases B2 et C14. Si la composition de la
phase C14 mesurée dans cet échantillon est en accord avec celle rapportée par Tsin-Khua
et Kornilov [Tsi61a], la composition de la phase B2 de notre composé est 7 at.% plus riche
en vanadium. Mais la plus grande différence a été trouvée sur la composition de la phase
cubique centrée, Ti57,3 V19,9 Fe22,8 , qui diffère fortement de celle observée par Tsin-Khua et
Kornilov [Tsi61a], qui ont rapporté Ti79 V4 Fe17 .
Deux autres équilibres triphasés impliquant les phases C14, cc et σ ont pu être délimi-
tés, bien que les compositions exactes des phases coexistantes n’aient pas pu être détermi-
nées du fait de l’extension trop étroite de ces deux domaines triphasés. L’existence de ces
équilibres avait également été prédite par Raghavan [Rag87].
Lors de la synthèse des échantillons destinés à être recuits à 1200 ˚C, deux échan-
tillons, de compositions nominales Ti48 V18 Fe34 et Ti60 V10 Fe30 , ont également été préparés
et recuits à 1200 ˚C en four résistif comme les autres échantillons. Cependant, contrai-
rement à ces derniers, ces deux échantillons étaient inexploitables à la sortie du four de
recuit. En effet, ils avaient réagi avec la feuille de tantale les enveloppant initialement et
66
Chapitre 3 : Détermination du diagramme de phases du système Fe–Ti–V
Tableau 3.3 – Analyse de phases des échantillons recuits à 1200 ˚C pendant trois semaines. La composition
des phases constitutives a été mesurée par microsonde électronique, la structure et les paramètres de
maille à 25 ˚C ont été déterminés par diffraction des rayons X. cc : cubique centré.
67
Chapitre 3 : Détermination du diagramme de phases du système Fe–Ti–V
0
Ti
Compositions nominales
100 Limites de phases mesurées
Compositions peu précises
10 Compositions étudiées par
1200 ° C 90 analyse thermique différentielle
20
80
30
70
Fe
40
liquide
60
at.
%
%
at.
50
50
Ti
B2
46
60
45 40
44
cc
70 C14 42
30
41
80 40
38 39 20
90
35 36
34
10
100 cc σ
0
Fe 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
cfc
V
at.% V
Figure 3.18 – Section isotherme à 1200 ˚C du diagramme de phases du système Fe–Ti–V. Les limites de
phases ont été tracées pour respecter les données expérimentales présentées tableau 3.3. Les pointillés
représentent des limites de domaines spéculatives. cc : cubique centré, C14 : type structural MgZn2
(hexagonal), B2 : type structural CsCl. Les compositions étudiées par analyse thermique différentielle sont
également indiquées (voir section 3.2.3).
ne formaient plus qu’un amas noirâtre avec lequel le tantale avait fusionné. Compte tenu
de la présence de liquide dans le système binaire Fe–Ti à cette température et pour une
composition proche (voir section 3.1), nous en avons déduit que du liquide s’était formé
dans ces échantillons, ayant entraîné la réaction avec le tantale.
Dans l’échantillon de composition Ti48 V18 Fe34 , une structure solide semblait avoir
subsisté, laissant penser qu’un équilibre solide–liquide était présent à 1200 ˚C. Nous avons
souhaité étudier plus précisément les caractéristiques de cet équilibre, notamment les com-
positions des phases solide et liquide. Étant donné qu’un recuit en four résistif entraîne
une réaction de l’échantillon avec le tantale lorsque du liquide est présent, nous avons
opté pour un recuit court d’une journée en four à induction.
L’échantillon numéro 46, de composition nominale Ti48 V18 Fe34 , a donc été recuit à
1200 ˚C en four à induction, la température étant contrôlée par un pyromètre. Pendant le
recuit, la présence d’une phase liquide a été observée visuellement, alors qu’une partie
de l’échantillon est restée solide. La figure 3.20 montre l’interface solide – liquide après
68
Chapitre 3 : Détermination du diagramme de phases du système Fe–Ti–V
refroidissement. L’analyse de l’échantillon trempé a révélé que le solide était la phase C14
de composition Ti37,7 V22,2 Fe40,1 . Le liquide s’est décomposé en trois phases de structures
cubique centrée, C14 et B2 de compositions respectives Ti54,1 V18,0 Fe27,9 , Ti39,7 V21,8 Fe38,6
et Ti48,0 V9,7 Fe42,3 . La composition du liquide a alors été déterminée en combinant les me-
sures de microsonde électronique des phases constitutives avec l’analyse d’images de mi-
croscopie à balayage en utilisant le programme ImageJ [Abr04] (figures 3.21 et 3.22).
Nous avons ainsi pu calculer la fraction volumique de chaque phase, puis, grâce aux para-
mètres de maille mesurés par diffraction des rayons X, la fraction molaire. Cette analyse
nous a fourni la composition du liquide présent à 1200 ˚C : Ti49 V18 Fe33 .
L’existence de cet équilibre Liquide + C14 à 1200 ˚C implique l’existence à cette tem-
pérature des deux équilibres triphasés situés de part et d’autre de ce domaine biphasé : cc
+ Liquide + C14 et B2 + Liquide + C14 (voir figure 3.18).
Par ailleurs, deux équilibres triphasés cc + C14 + σ sont attendus comme à 1000 ˚C,
69
Chapitre 3 : Détermination du diagramme de phases du système Fe–Ti–V
Figure 3.21 – Micrographie aux électrons Figure 3.22 – Analyse d’image de la figure 3.21.
rétrodiffusés de la zone triphasée issue du liquide Un seuil de luminosité a été fixé, permettant de
pour l’échantillon numéro 46 de composition calculer la surface occupée par la phase claire
nominale Ti48 V18 Fe34 , recuit à 1200 ˚C. (structure C14).
mais du fait de l’étroitesse de ces domaines, leurs limites n’ont pas pu être déterminées, et
sont donc symbolisées par des pointillés sur la figure 3.18.
3.3 Discussion
Lors de l’étude des propriétés de stockage de l’hydrogène d’un composé métallique,
une relation entre la pression d’équilibre à une température donnée et les paramètres de
maille de l’échantillon non hydrogéné est souvent observée (voir figures 1.6 page 17 et
1.12 page 32). Afin de faciliter l’étude de la dépendance entre la composition et les pro-
priétés d’hydrogénation des alliages de structure cubique centrée du système Fe–Ti–V,
70
Chapitre 3 : Détermination du diagramme de phases du système Fe–Ti–V
-1
exothermique
10 ° C·min
∆U (µV) 20
0 endothermique
-20
-40
1000 1100 1200 1300
Température (° C)
Figure 3.23 – Analyse thermique différentielle de l’échantillon de composition Ti35 V30 Fe35 .
exothermique
-1
10 ° C·min
10
∆U (µV)
0
endothermique
-10
-20
1000 1100 1200 1300
Température (° C)
Figure 3.24 – Analyse thermique différentielle de l’échantillon de composition Ti48 V18 Fe34 .
71
Chapitre 3 : Détermination du diagramme de phases du système Fe–Ti–V
nous proposons ici de déterminer une relation entre le paramètre de maille et la composi-
tion dans cette phase.
Nous avons pour cela considéré toutes les phases de structure cubique centrée des
tableaux 3.2 et 3.3 pour lesquelles le taux de fer est inférieur à 30 at.%, ainsi que les
données de la littérature pour les métaux purs Ti [Mur87b] et V [Jan98] (voir tableau 3.1
page 56), tous les paramètres de maille ayant été mesurés à température ambiante.
Une relation linéaire a été observée entre le paramètre de maille et les concentrations
en Ti, V et Fe. Ceci est visible sur la figure 3.25, où le paramètre de maille a été tracé en
fonction de la composition des phases de structure cubique centrée. Si, pour un angle quel-
conque, on observe un nuage de points, il existe un angle pour lequel les points semblent
alignés. Ceci signifie que les points sont dans un plan, qui pour cet angle d’observation
précis est vu par la tranche. La régression linéaire a fourni l’équation (3.1) :
où a est le paramètre de maille en nm, xTi , xV et xFe sont respectivement les fractions
molaires de titane, vanadium et fer dans la phase de structure cubique centrée.
Le coefficient de détermination de cette régression vaut R2 = 0,999998, l’écart entre
le paramètre modélisé et le paramètre réel étant de l’ordre du 10 000ème de nanomètre.
0,314 0,314
0,312
0,312
0,310
0,310
0,308
a (nm)
0,308
0,306
a (nm)
0,304 0,306
0,302 0,304
0,300 0,302
0
i )
x(T
0,2 0,300
0,4
0,6 1
0 0,1 0,8
0,6 0,8 1 0,2 0,6
0 0,2 0,4 0,3 0,4 0,4
0,5 0,2
a) x(V) b) x(Ti) 0,6 0,7 0
x( V )
Figure 3.25 – Tracé en trois dimensions du paramètre de maille à température ambiante des phases de
structure cubique centrée en fonction de la composition. a) Angle d’observation quelconque. b) Pour cet
angle d’observation, les points semblent alignés. Ceci signifie que les points sont dans un plan, qui est ici
vu par la tranche.
L’équation (3.1) est en accord avec la régression des paramètres de maille dans le
système Ti–V proposée par Murray [Mur89], et avec les valeurs mesurées par Nomura
[Nom95] et Lynch [Lyn85]. Cette linéarité entre paramètre de maille et composition, sou-
vent appelée loi de Vegard [Veg21], est observée dans beaucoup d’autres solutions solides.
Elle indique que sur cette gamme de composition, les atomes peuvent être considérés
comme des sphères dures.
En ce qui concerne les phases de structure cubique centrée contenant plus de 30 at.%
de fer, et qui contiennent également moins de 10 at.% de titane, un écart à la linéarité a
été observé. Ceci est cohérent avec la non-linéarité du paramètre de maille de cette phase
dans le système binaire Fe–V [Smi89] (voir figure 3.26), où une déviation négative par
72
Chapitre 3 : Détermination du diagramme de phases du système Fe–Ti–V
0,304
0,302
0,298
0,296
0,294
0,292
0,290
0,288
0,286
Figure 3.26 – Évolution du paramètre de maille à 25 ˚C de la phase de structure cubique centrée dans le
système Fe–V, d’après [Smi89].
rapport à la loi de Vegard est observée. Cette déviation a été attribuée à un ordre à courte
distance [Sed78, Mir82, Bok79].
La figure 3.27 présente les compositions des phases de structure cubique centrée consi-
dérées dans ce travail.
Les coefficients des différentes fractions molaires dans l’équation (3.1) peuvent en pre-
mière approximation être considérés comme les paramètres de maille à 25 ˚C des éléments
purs. Le tableau 3.4 propose une comparaison de ces valeurs avec les valeurs réelles tirées
du tableau 3.1.
Tableau 3.4 – Comparaison des paramètres de maille à 25 ˚C des éléments purs modélisés par
l’équation (3.1) et réels (valeurs tirées du tableau 3.1).
Ti V Fe
Paramètre de maille modélisé (nm) 0,3281 0,3027 0,2703
Paramètre de maille réel (nm) 0,3276 0,3027 0,2867
On constate que le paramètre de maille modélisé du vanadium pur est identique au pa-
ramètre de maille mesuré, ce qui est logique puisque le vanadium est l’élément majoritaire
dans la plupart des compositions utilisées pour réaliser la régression. L’erreur effectuée sur
le paramètre de maille du titane est de 0,1 %, alors qu’elle est de 6 % pour le fer, ce à quoi
on pouvait s’attendre du fait de la non linéarité entre le paramètre de maille et la composi-
tion dans le système Fe–V (voir figure 3.26). Le coefficient relatif à la fraction molaire de
fer dans l’équation (3.1) doit donc être considéré comme un paramètre décrivant la modi-
fication du paramètre de maille d’un alliage Fe–Ti–V contenant moins de 30 at.% de fer
lorsqu’on lui ajoute une petite quantité de fer, et non comme le paramètre de maille du fer
pur.
Grâce à cette analyse du paramètre de maille de la phase de structure cubique centrée,
nous sommes maintenant en mesure de prédire le paramètre de maille d’une phase cubique
73
Chapitre 3 : Détermination du diagramme de phases du système Fe–Ti–V
Ti Compositions considérées
0 pour la régression linéaire
100
Compositions s'écartant
10 de la régression
90
20
80
30
70
Fe
40
a t.
60
%
%
a t.
50
Ti
50
60
40
70
30
80
20
90
10
100
0
Fe 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
V
at.% V
Figure 3.27 – Composition des phases de structure cubique centrée. Les triangles représentent les
compositions utilisées pour la régression multilinéaire du paramètre de maille (équition (3.1)), les carrés
représentent les compositions s’écartant de la régression.
Comme nous l’avons vu section 3.2, certains de nos résultats diffèrent de ceux obtenus
par Tsin-Chua et Kornilov. Ces différences peuvent être attribuées à la mise en œuvre de
procédures expérimentales différentes. Le principal atout que nous avons par rapport à ce
groupe de recherche est l’utilisation systématique de la microsonde électronique, qui four-
nit une mesure fiable de la composition des phases constituant l’échantillon. Il n’est no-
tamment pas nécessaire de synthétiser plusieurs échantillons de compositions nominales
différentes et observer pour quelle composition on passe d’un échantillon monophasé à un
échantillon biphasé pour déterminer la limite de solubilité d’une phase. Nous avons égale-
ment utilisé la microscopie aux électrons rétrodiffusés pour l’observation des échantillons,
ce qui a l’avantage d’apporter un bon contraste entre les phases, sans avoir besoin de re-
courir à une attaque chimique de la surface à observer, et offre un grossissement supérieur
à la métallographie optique, méthode sur laquelle Tsin-Chua et Kornilov ont basé leurs
observations.
D’autre part, nos mesures de diffraction des rayons X ont bénéficié de l’utilisation de
la méthode de Rietveld (voir section 2.2.1 page 38), qui permet de détecter la présence de
phases très minoritaires et de déterminer précisément les paramètres de maille, ainsi que
du perfectionnement des appareillages depuis les travaux de Tsin-Chua et Kornilov. Les
résultats que nous avons obtenus par diffraction des rayons X sont donc plus précis que
ceux réalisés par ces chercheurs.
On peut également se demander si la durée de recuit qu’ils ont mise en œuvre (48 h
pour les recuits à 1000 ˚C) était suffisante pour atteindre l’équilibre thermodynamique,
alors que nos recuits à cette température ont duré trois semaines. Enfin, la pureté des
74
Chapitre 3 : Détermination du diagramme de phases du système Fe–Ti–V
métaux que nous avons utilisés est supérieure à celle de ce groupe, qui étaient : 99,7 %Ti,
98,7 %V, et du fer apporté par un alliage FeTi de pureté non précisée [Tsi61a, Tsi61b].
Les impuretés ont pu modifier les équilibres, donnant ainsi des données erronées sur le
diagramme de phases. La pureté des métaux de départ que nous avons mis en œuvre
est beaucoup plus élevée, avec un taux d’impureté dix fois plus faible pour le vanadium
(99,9 %V) et trois cent fois plus faible pour le titane (99,99 %Ti), la pureté du fer s’élevant
à 99,98 %Fe.
Que ce soit au niveau de la pureté des métaux de départ utilisés pour la synthèse des
échantillons, du temps de recuit ou des techniques d’analyse mises en œuvre, notre travail
a donc fourni des résultats d’une plus grande précision que ceux de Tsin-Chua et Kornilov,
réalisés dans les années 1950 et 1960.
Le présent travail démontre qu’à 1000 ˚C ainsi qu’à 1200 ˚C, la phase C14 s’étend
de manière continue de Fe2 Ti jusqu’au centre de la section ternaire, en très bon accord
avec les mesures de Prima et Tretyachenko [Pri87] : ces chercheurs ont en effet étudié
l’équilibre entre phases à 1200 ˚C selon la ligne isoconcentration pour laquelle la fraction
molaire de titane vaut 33,3 at.%. Ils en ont déduit que la limite du domaine d’homogénéité
de la phase de structure C14 est située entre 30 et 33 at.% de vanadium.
Ce domaine d’homogénéité de la phase C14 présente une forme inhabituelle et peut
s’extrapoler comme une courbe reliant Fe2 Ti à Ti2 V. Ceci suggère que des atomes non
seulement de vanadium, mais également de titane se substituent aux atomes de fer dans
cette phase.
Aucune modification significative de la forme de la phase C14 n’a été observée entre
les deux sections. La différence la plus sensible se situe au niveau de la zone la plus riche
en vanadium, qui contient 3 at.% de moins de vanadium à 1200 ˚C qu’à 1000 ˚C.
Si on compare les sections isothermes à 1000 ˚C et 1200 ˚C (figure 3.28), on constate
qu’une augmentation de la température conduit à une extension du domaine de structure
cubique centrée pour des rapports Ti/V inférieurs à 1. Cette observation est très intéres-
sante pour l’étude des propriétés d’hydrogénation des alliages de structure cubique cen-
trée, puisqu’elle montre que la synthèse d’échantillons de cette structure avec un taux
de fer de 20 at.% ou plus peut être réalisée simplement en augmentant la température de
1000 ˚C à 1200 ˚C.
D’après le diagramme binaire Fe–V, on s’attend à ce que les deux domaines cubique
centré, celui basé sur le fer α et celui basé sur la solution solide (Ti,V), fusionnent à
1252 ˚C avec la disparition la phase σ, aboutissant à un domaine cubique centré s’étendant
du titane β jusqu’au fer α.
Les micrographies des échantillons recuits à 1000 ˚C ont été étudiées afin de détermi-
ner, pour chaque échantillon, la phase qui a cristallisé en premier (phase primaire). Par
exemple, nous avons identifié la phase cubique centrée, qui s’est ensuite transformée en
phase σ (claire) figure 3.13, la phase C14 (foncée) figure 3.15, et la phase cubique centrée
(foncée) figure 3.16 comme les phases s’étant solidifiées en premier, car elles présentent
une forme dendritique. La structure fine observée figure 3.14 indique que la composition
nominale correspond à une composition eutectique, les deux phases se formant simulta-
nément lors du refroidissement du liquide.
Ces observations indiquent que le liquidus (ensemble des couples composition – tem-
pérature pour lesquels, lors du refroidissement, le premier cristal de solide se forme) est
composé de trois sous-surfaces, où soit la phase cubique centrée, soit la phase C14, soit
75
Chapitre 3 : Détermination du diagramme de phases du système Fe–Ti–V
0
Ti
100
10
1000 °C 90
1200 °C
20
80
30
70
Fe
40
at.
60
%
%
at.
50
Ti
50
60
40
70
30
80
20
90
10
100
0
Fe 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
V
at.% V
Figure 3.28 – Superposition des sections isothermes à 1000 ˚C (figure 3.12) et 1200 ˚C (figure 3.18).
76
Chapitre 3 : Détermination du diagramme de phases du système Fe–Ti–V
3.4 Conclusions
Une étude complète du système Fe–Ti–V a été effectuée. Nous avons notamment déter-
miné les sections isothermes à 1000 ˚C et 1200 ˚C, étudié la relation entre la composition
et le paramètre de maille de la phase de structure cubique centrée, et observé la présence
77
Chapitre 3 : Détermination du diagramme de phases du système Fe–Ti–V
liquide liquide
cc cc
liquide + B2 + cc liquide + B2 + cc
B2 C14 + B2
B + cc
−→ B2 C14 + B2
B + cc
T < TU T = TU − 0,01 °C
a) C14 b) C14
liquide
cc
liquide + B2 + C14 + cc
−→ B2 −→
T = TU
c) C14
liquide liquide
cc cc
B2
li id + B2 + C14
liquide −→ B2
li id + B2 + C14
liquide
T = TU + 0,01 °C T > TU
d) C14 e) C14
Figure 3.29 – Évolution des équilibres de phases lors de la transformation quasi-péritectique de type U.
T U : température de la transformation, cc : cubique centré.
78
Chapitre 3 : Détermination du diagramme de phases du système Fe–Ti–V
0
Ti
100
10
90
20
80
30
1085 °C 70
Fe
40
at.
60
%
B2
%
at. 50
Ti
1140 °C
1317 °C 50
U
60
40
70 C14
30
80 cc
20
1289 °C
90
10
100
0
Fe 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
V
at.% V
Figure 3.30 – Projection de la ligne de rencontre des surfaces liquidus du système Fe–Ti–V.
d’une transformation invariante de type U à 1140 ˚C. Nous avons également pu proposer,
grâce à l’analyse des micrographies aux électrons rétrodiffusés de nos échantillons et à
l’observation de la cristallisation primaire, une projection des nappes liquidus du système.
Aucune autre phase que celles présentes dans les systèmes binaires n’a été détectée.
La solubilité du fer dans la phase de structure cubique centrée dépend de la température
de recuit, et dépasse 20 at.% à 1200 ˚C pour un rapport Ti/V de 1. Ceci est très intéressant
pour l’étude des propriétés d’hydrogénation des alliages de structure cubique centrée de
ce système, puisque cela ouvre une plus large gamme de composition que celle obtenue
par des recuits à 1000 ˚C. Cette limite de solubilité du fer dans la phase de structure cu-
bique centrée est très différente de celle rapportée dans la littérature, ce qui est attribué en
particulier à la meilleure pureté de nos métaux, et aux méthodes d’analyse plus précises
que nous avons mises en œuvre.
Cette nouvelle détermination du diagramme de phases était nécessaire en préalable à
l’étude des propriétés d’hydrogénation de la phase de structure cubique centrée du système
Fe–Ti–V, puisqu’un écart de plus de 10 at.% Fe existe sur la limite de solubilité du fer dans
cette phase entre nos valeurs et celles de la littérature, qui étaient donc trop imprécises.
79
Chapitre 4
81
Chapitre 4 : Propriétés d’hydrogénation de composés de structure non cubique centrée
0 Ti
100 Compositions étudiées
dans [Miy97]
10 Ti35V30Fe35
1000 °C 90
20
80
30
70
Fe
40
at.
60
%
%
at.
50
50
Ti
B2
60
40
cc
70 C14 30
80
20
90
10
100 cc σ
0
Fe 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
V
at.% V
Figure 4.1 – Coupe isotherme à 1000 ˚C sur laquelle ont été reportées les compositions étudiées par
Miyamura et coll. [Miy97], ainsi que Ti35 V30 Fe35 étudié ici.
82
Chapitre 4 : Propriétés d’hydrogénation de composés de structure non cubique centrée
100 ° C
200 ° C
10
25 ° C
1
Pression (bar)
0,1
0,01
1E-3
1E-4
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0
Figure 4.2 – Courbes pression – composition à 25, 100 et 200 ˚C de l’échantillon numéro 20, de
composition Ti35 V30 Fe35 .
10
Pression (bar)
0,1
Ti35V30Fe35 60 ° C
0,01
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0
Figure 4.3 – Comparaison de nos mesures avec celles réalisées par Miyamura et coll. [Miy97]. La courbe
de l’échantillon de composition Ti35 V30 Fe35 a été extrapolée à partir de mesures faites à d’autres
températures. ∗ Courbes issues de [Miy97].
83
Chapitre 4 : Propriétés d’hydrogénation de composés de structure non cubique centrée
Compte tenu de l’absence d’hystérésis, les valeurs pour l’absorption sont identiques.
On constate que l’entropie de la réaction est relativement éloignée de l’entropie du dihy-
drogène gazeux. Ceci peut s’expliquer par le fait qu’il n’y a pas de plateau de pression,
donc pas coexistence de deux phases solides clairement distinctes. La relation de van’t
Hoff ne peut donc en toute rigueur pas s’appliquer. En revanche, les valeurs de ∆dés H ◦ et
∆dés S ◦ calculées permettent de prévoir l’allure des courbes à d’autres températures que
celles auxquelles les mesures ont été effectuées.
Nous avons utilisé les grandeurs thermodynamiques ci-dessus pour calculer la pres-
sion d’équilibre à 0,4 H/M à 60 ˚C. À partir de ce point, nous avons tracé par extrapolation
l’isotherme à 60 ˚C, que nous avons reportée sur la figure 4.3 avec les courbes de désorp-
tion de [Miy97].
Les courbes de notre échantillon et celle de Ti37 V26 Fe37 de [Miy97], dont la com-
position est très proche, se superposent quasiment, ce qui signifie que nos données sont
concordantes.
4.1.3 Conclusion
Nos mesures des propriétés d’hydrogénation du composé de composition Ti35 V30 Fe35 ,
de structure C14, on montré que l’ajout de vanadium au composé Fe2 Ti entraîne une ac-
tivité vis-à-vis de l’hydrogène. Nous rejoignons en cela les observations faites par Miya-
mura et coll. [Miy97].
Si nos mesures ont montré que les courbes pression – composition de notre échan-
tillon de composition Ti35 V30 Fe35 ne présentent pas de plateau de pression, la quantité
d’hydrogène absorbé n’est pas négligeable puisqu’une capacité réversible de 0,44 H/M
soit 0,86 wt.% est atteinte à température ambiante pour une charge à 10 bar et une désorp-
tion à 0,1 bar. Cette capacité peut être augmentée à 0,80 H/M soit 1,54 wt.% si la charge
est effectuée à 25 ˚C sous 25 bar, la désorption étant réalisé à 200 ˚C sous 0,1 bar. Une ca-
pacité proche de 1 H/M soit 1,94 wt.% est même envisageable si l’absorption est effectuée
à 100 bar à 25 ˚C.
84
Chapitre 4 : Propriétés d’hydrogénation de composés de structure non cubique centrée
n’est pas possible dans le cadre de la présente thèse de détailler tous les résultats obtenus
sur le système FeTi–H, nous allons en faire un résumé.
Le composé FeTi est de structure B2, type structural CsCl (cubique), totalement ordon-
née, comme cela a été montré par diffraction de neutrons [Fis78], le paramètre de maille
valant 0,2976 nm [Dwi59, Pic77, Rei80]. Il absorbe l’hydrogène jusqu’à une capacité de
1 H/M. Les courbes d’absorption – désorption à 40 ˚C présentées par Reilly et Wiswall
[Rei74] sont reproduites figure 4.4, une courbe similaire ayant également été obtenue par
Goodell et coll. [Goo80].
Absorption
40 ° C Désorption
Pression (bar)
10
1
0,0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0
Capacité (H/M)
Ces courbes ne présentent pas un simple plateau entre 0 et 1 H/M, mais plutôt une
succession de plateaux. Cette caractéristique a été beaucoup étudiée, notamment par la
détermination des différentes structures du composé en cours d’hydrogénation, que ce soit
par diffraction des rayons X [Rei82a], diffraction électronique [Sch80] ou diffraction de
neutrons [Sch79, Rei82a, Tho80, Tho78, Tho79].
Si un effet isotopique assez fort sur les courbes d’hydrogénation a été observé [Sch79],
les pressions d’équilibre en présence de deutérium étant supérieures à celles observées
avec l’hydrogène, les structures dans les deux systèmes sont très proches [Rei82a].
Le premier plateau (entre 0 et 0,5 H/M) est attribué à la coexistence de la phase α
(structure CsCl, pauvre en hydrogène) et de la phase β1 , de composition FeTiH et de
structure orthorhombique [Sch79, Fis78, Rei82a]. Apparaît ensuite la phase β2 , de com-
position FeTiH1,4 , également orthorhombique mais de paramètres de maille légèrement
différents [Rei82a, Tho78, Sch79]. Enfin, pour une concentration en hydrogène supé-
rieure à 0,95 H/M, seule la phase γ est présente, de structure monoclinique [Tho79, Sch79,
Rei82a].
Suite à ces observations, un diagramme de phases FeTi–H a été proposé par Schober
et Schäfer [Sch80]. Il est reproduit figure 4.5, et ne fait pas de différence entre les phases
β1 et β2 .
Cependant, la mauvaise reproductibilité de l’obtention des phases β1 et β2 suggère une
influence de l’histoire du matériau sur la formation de ces phases [Rei82a, Sch79, Rei83].
85
Chapitre 4 : Propriétés d’hydrogénation de composés de structure non cubique centrée
Ainsi, Reilly et coll. [Rei83] ont mesuré une courbe pression – composition – température
à 40 ˚C (il s’agit de la première hydrogénation), où la branche d’absorption n’est consti-
tuée que d’un seul plateau, s’étendant de 0,1 à 0,9 H/M, ce qu’ils ont interprété par une
transition directe de la phase α à la phase γ. La branche de désorption est, quant à elle,
similaire à celle de [Rei74] figure 4.4, le second plateau étant toutefois moins pentu. Des
mesures ont été effectuées sur le même échantillon après 1500 cycles d’absorption – dé-
sorption, où le second plateau (H/M > 0,5) s’est transformé en une branche pentue, que ce
soit pour l’absorption ou la désorption. L’absence de phase β est observée si l’échantillon
ne présente pas de contrainte, par exemple après un recuit à une température supérieure à
800 ˚C [Rei83].
86
Chapitre 4 : Propriétés d’hydrogénation de composés de structure non cubique centrée
drogène parvient bien aux états sous-surfaciques, la diffusion vers des sites plus profonds
dans le matériau ne se fait que lentement, ralentissant ainsi tout le processus d’absorption
[Sch83]. L’activation consiste alors en la création de nouvelles surfaces, augmentant ainsi
le rapport surface sur volume. Si la diffusion n’est pas accélérée, elle se fait depuis une sur-
face beaucoup plus importante, la vitesse d’absorption étant alors globalement plus élevée.
FeTi, une fois activé, présente également des problèmes de cinétique, puisqu’il faut
plusieurs heures pour que l’équilibre soit atteint [Rei74].
Wang et coll. [Wan06] ont étudié l’effet de l’ajout de lanthane et de titane, qui ne
présentent pas de problème d’activation, à FeTi. Des échantillons de composition FeTi x
+ y wt.%La, x = 1,0 − 1,2 ; y = 0 − 5 ont été exposés à 60 bar d’hydrogène (première
exposition). Il en ressort que tous les échantillons, à l’exception de celui de composition
FeTi, ont absorbé, après une période de latence plus ou moins longue (une à trois heures).
Ces mêmes échantillons ont commencé à absorber immédiatement au deuxième cycle,
l’équilibre étant atteint en trois minutes à partir du dixième cycle.
Ces propriétés ont été attribuées à la présence de phases secondaires riches en titane,
respectivement en lanthane. Lors de l’exposition à l’hydrogène, la phase secondaire seule
commence par absorber, se traduisant par une augmentation de volume, qui crée des fis-
sures dans la matrice de FeTi. Les atomes d’hydrogène sont ensuite transférés à la phase
FeTi à travers les nouvelles surfaces créées. L’effet d’une exposition à l’air sur l’activité
du métal vis-à-vis de l’hydrogène n’a toutefois pas été étudié.
La capacité totale mesurée par [Wan06] s’élève à environ 0,93 H/M.
4.2.2.1 Activation
L’activation de cet échantillon a été assez difficile. Elle a consisté à chauffer à 500 ˚C
le métal sous vide primaire puis à l’exposer à 25 bar d’hydrogène, ceci dix fois de suite,
une augmentation de la capacité d’absorption étant observée à chaque nouveau cycle.
L’activation de notre échantillon a donc été aussi difficile que pour le composé FeTi,
l’ajout de vanadium n’a pas amélioré ce problème d’activation. Wang et coll. ont observé
que l’activation de FeTi était facilitée par l’ajout de lanthane ou de titane, ces éléments
formant des précipités dans la matrice [Wan06]. Il pourrait être intéressant, de la même
manière, d’étudier l’influence d’un excès de titane ou d’un ajout de lanthane sur l’activa-
tion de notre échantillon. Par manque de temps, ceci n’a pas pu être effectué dans le cadre
du présent travail.
4.2.2.2 Thermodynamique
Nous avons procédé à la mesure des courbes pression – composition – température
mesurées à 25 ˚C, 65 ˚C et 100 ˚C, qui sont présentées figure 4.6.
87
Chapitre 4 : Propriétés d’hydrogénation de composés de structure non cubique centrée
10 65 ° C
25 ° C
1
Pression (bar)
absorption
désorption
0,1
0,01
1E-3
1E-4
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0
Figure 4.6 – Courbes pression – composition à 25, 65 et 100 ˚C de l’échantillon numéro 29, de
composition Ti47 V5 Fe48 .
On observe des plateaux de pression peu pentus (d(log P)/d(H/M) = 0,81), et un fac-
teur d’hystérésis faible (log(Pabs /Pdés ) = 0,25).
La courbe mesurée à 25 ˚C ne présente qu’un seul plateau, s’étendant de 0 à 0,93 H/M.
Ceci diffère du comportement observé lors de l’hydrogénation de FeTi à 40 ˚C, ce qui
laisse supposer que lors de l’absorption, il y a passage direct de la phase α à la phase γ
sans formation de la phase intermédiaire β.
À 65 ˚C, la capacité maximale observée est la même qu’à 25 ˚C. En revanche, les iso-
thermes d’absorption et de désorption sont décomposées en deux plateaux à des pressions
voisines, la séparation entre les deux plateaux se faisant à une capacité de 0,7 H/M. On peut
alors faire le parallèle avec la mesure d’isotherme faite par Reilly et coll. sur le composé
FeTi à 40 ˚C (figure 4.4), où le premier plateau en absorption s’étend jusqu’à une concen-
tration en hydrogène similaire. Cependant, le deuxième plateau que nous observons est
beaucoup moins pentu que celui observé sur la figure 4.4.
Il est donc probable que lors de l’hydrogénation de notre échantillon à 65 ˚C, il y ait
formation de la phase intermédiaire β. Il n’est cependant pas possible de faire de différence
entre les formes β1 et β2 uniquement sur la base de l’isotherme mesurée. Pour cela, des
analyses structurales, par exemple par diffraction de neutrons sous hydrogène, seraient
nécessaires, mais cela sort du cadre du présent travail.
La courbe pression – composition à 100 ˚C présentée figure 4.6 n’a pas pu être mesurée
dans son intégralité, car nous nous sommes heurtés à la limite de pression maximale ac-
cessible avec notre matériel expérimental. On observe toutefois une légère inflexion vers
les hautes pressions lorsque la concentration en hydrogène est voisine de 0,7 H/M. On peut
donc supposer que si la courbe avait pu être mesurée en entier, un second plateau aurait
été observé, comme à 65 ˚C.
88
Chapitre 4 : Propriétés d’hydrogénation de composés de structure non cubique centrée
En relevant les pressions d’équilibre pour 0,5 H/M, nous avons pu calculer les gran-
deurs thermodynamiques d’absorption et de désorption d’hydrogène pour notre composé :
Nous avons alors pu calculer les pressions d’équilibre attendues à 0,5 H/M à 40 ˚C en
absorption et en désorption. Ces valeurs sont comparées dans le tableau 4.1 à celles obser-
vées par Reilly et coll. sur le composé FeTi [Rei74]. Le facteur d’hystérésis log(Pabs /Pdés )
est également reporté.
Tableau 4.1 – Comparaison des pressions d’équilibre à 0,5 H/M à 40 ˚C de FeTi [Rei74] et de l’échantillon
numéro 29, de composition Ti47 V5 Fe48 . Les facteurs d’hystérésis ont également été reportés, ainsi que le
paramètre de maille a à 25 ˚C des composés déshydrogénés.
4.2.2.3 Cinétique
La vitesse d’absorption et de désorption de l’échantillon numéro 29, de composition
Ti47 V5 Fe48 , est relativement lente, puisque l’hydrogène est absorbé en plusieurs heures.
Nous avons mesuré les cinétiques d’absorption de deux manières différentes.
Dans un premier temps, la cinétique a été mesurée lors d’une absorption totale, c’est-
à-dire en exposant à 25 ˚C l’échantillon exempt d’hydrogène à une pression supérieure à
la pression de plateau (en l’occurrence 25 bar) dans un grand volume, de manière à ce que
l’absorption ait peu d’impact sur la pression régnant dans l’enceinte, puisque la pression
finale vaut 23,9 bar. La figure 4.7 présente l’évolution de la pression de l’enceinte au cours
de la mesure. En supposant la réaction totale, nous avons également calculé l’avancement
de la réaction en fonction du temps (voir annexe B). On constate qu’un avancement de
90 % est atteint en 20 minutes.
Le même type de mesure a été effectué lors d’une charge partielle, l’échantillon étant
initialement chargé en hydrogène à 0,19 H/M, et 0,83 H/M en fin de mesure. Contraire-
ment à ce qui a été fait lors de la charge totale, la pression régnant dans l’enceinte n’a
pas pu être maintenue à une valeur supérieure à la pression de plateau. Le suivi de la
réaction est présenté figure 4.8. On constate alors que le temps nécessaire à l’obtention
d’un avancement de 90 % est de 52 minutes, soit deux fois et demi plus que dans le cas
89
Chapitre 4 : Propriétés d’hydrogénation de composés de structure non cubique centrée
1,0
25,0
0,9
Avancement
Pression (bar)
Avancement
24,5
0,5
24,0
Pression
0
0 20 40 60 80 100 120
Temps (min)
Figure 4.7 – Cinétique d’absorption totale de l’échantillon numéro 29, de composition Ti47 V5 Fe48 , à 25 ˚C.
L’échantillon est initialement chargé en hydrogène à 0 H/M, en fin de mesure à 0,93 H/M (charge
maximale).
1,0 26
0,9 Avancement
24
22
Pression (bar)
Avancement
0,5 20
18
Pression 16
0
0 52 200 400 600 800 1000
Temps (min)
Figure 4.8 – Cinétique d’absorption partielle de l’échantillon numéro 29, de composition Ti47 V5 Fe48 , à
25 ˚C. L’échantillon est initialement chargé en hydrogène à 0,19 H/M, en fin de mesure à 0,83 H/M.
90
Chapitre 4 : Propriétés d’hydrogénation de composés de structure non cubique centrée
d’une réaction totale. Des temps de réaction très proches ont été observés lors de désorp-
tions partielles. Cette différence entre cinétique de réaction totale et cinétique de réaction
partielle peut s’expliquer par le plus grand écart entre la pression régnant dans l’enceinte
en fin de réaction et la pression de plateau dans le cas de la réaction totale. Des résultats
similaires ont été obtenus par Goodell et coll. [Goo80], qui ont mesuré les cinétiques de
demi-réaction lors d’expériences où la pression appliquée reste constante.
4.2.2.4 Vieillissement
Afin d’étudier l’impact du cyclage sur les propriétés d’hydrogénation de l’échantillon
de composition Ti47 V5 Fe48 , une mesure de courbe pression – composition à 25 ˚C a été
effectuée après vingt cycles d’absorption (sans compter les dix cycles d’activation). Cette
courbe est présentée figure 4.9, ainsi que la première courbe mesurée à titre de comparai-
son.
10
1
ème
Pression (bar)
20 désorption - absorption
ère
1 désorption - absorption
0,1
0,01
1E-3
1E-4
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0
91
Chapitre 4 : Propriétés d’hydrogénation de composés de structure non cubique centrée
Les courbes obtenues sont quasiment superposées. On observe toutefois une légère
augmentation des pressions d’équilibre d’absorption et de désorption après les vingt cycles.
On constate également une très légère perte de capacité, puisque la capacité maximale
après vingt cycles vaut 0,92 H/M contre 0,95 H/M initialement. On en déduit donc qu’à
l’échelle de vingt cycles, le vieillissement ne modifie pas sensiblement les propriétés d’hy-
drogénation de l’échantillon. Cependant, pour étudier le vieillissement dans des condi-
tions d’applications réelles, il serait intéressant d’effectuer une centaine voire un millier
de cycles d’absorption – désorption et de suivre l’évolution des isothermes pression –
composition pour détecter une modification éventuelle des propriétés d’hydrogénation.
4.2.3 Conclusion
L’échantillon que nous avons synthétisé a comme composition Ti47 V5 Fe48 et est de
structure B2 (type structural CsCl), comme FeTi. L’ajout de 5 at.% de vanadium à ce
composé engendre les différences suivantes sur les isothermes d’absorption – désorption :
• il n’y a qu’un seul plateau à 25 ˚C, l’hystérésis étant plus faible que pour le composé
FeTi,
• le second plateau observé à 65 ˚C a une pente plus faible que sur les courbes mesu-
rées sur FeTi par Reilly et coll. [Rei74].
• la pression de plateau à une température donnée est plus basse pour notre échan-
tillon, ce qui est attribué à un paramètre de maille plus élevé.
En revanche, les capacités d’absorption atteintes avec notre échantillon (0,97 H/M soit
1,92 wt.%) et avec FeTi sont similaires, de même que les propriétés cinétiques.
Les caractéristiques des courbes pression – composition semblent très attrayantes pour
une application comme le stockage d’hydrogène. De plus, du fait du faible taux de vana-
dium dans cet échantillon, les matières premières sont relativement peu coûteuses.
Cependant, la cinétique relativement lente reste un handicap pour des applications
pratiques, de même que l’activation, qui consiste à chauffer le métal à 500 ˚C plusieurs
fois.
Des études sur l’influence de la précipitation d’une seconde phase, comme la phase
C14, du lanthane ou du titane, pourraient être menées, pour déterminer si, comme dans le
cas de FeTi, ces deux problèmes peuvent être contournés.
92
Chapitre 5
Le travail présenté dans le chapitre 3 nous a permis de déterminer avec une bonne
précision la limite de solubilité du fer dans la solution solide (Ti,V) de structure cubique
centrée en fonction de la température, délimitant ainsi un domaine de composition pour
l’étude des propriétés d’hydrogénation d’alliages de cette structure. Nous allons exposer
dans ce chapitre nos résultats relatifs à l’étude des propriétés d’hydrogénation de cette
phase. Le but principal est de déterminer une relation entre les différentes caractéristiques
d’absorption et la composition des alliages métalliques. Des résultats relatifs à la cinétique,
au comportement en cyclage et à l’évolution de la structure en fonction de la concentration
en hydrogène seront également présentés.
93
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
0 < x < 0,075 et (V1−y Tiy )0,98 Fe0,02 , y = 0,1, 0,2 et 0,25. La capacité molaire de ces échan-
tillons atteint 2 H/M, la capacité réversible 1 H/M.
Kagawa et coll. ont également mesuré les propriétés thermodynamiques de cette trans-
formation pour des taux de fer similaires et un taux de titane légèrement plus élevé. Chal-
let [Cha05, Cha07] a mesuré les isothermes d’équilibre de (Ti0,35 V0,65 )1−x Fe x , x = 0,07 et
0,14. Des mesures de cinétique ont montré qu’un taux d’avancement de 0,9 était atteint en
vingt secondes.
Mis à part les résultats de Challet, aucune donnée thermodynamique fiable n’a été
trouvée dans la littérature pour un taux de fer supérieur à 7,5 at.%.
L’influence du nombre de cycles absorption – désorption sur les courbes d’hydrogéna-
tion a été étudiée sur le composé V85,5 Ti9,5 Fe5 [Kag91], montrant une diminution de moitié
de la largeur du plateau correspondant à la transformation β ↔ γ après 300 cycles. Lynch
et coll. ont mené la même étude sur le composé Ti11 V83 Fe6 [Lyn84]. Aucune diminution
significative de la largeur du plateau n’est alors observée, mais une légère diminution de
la pression de celui-ci a pu être mise en évidence, de même qu’une légère augmentation
de la pente.
Nomura et coll. [Nom95] ont constaté que les alliages de structure cubique centrée
du système Fe–Ti–V exposés à l’air retrouvent leur activité après chauffage à 500 ˚C si ils
étaient chargés en hydrogène avant l’exposition à l’air. En revanche, les composés exempts
d’hydrogène exposés à l’air ne récupèrent pas leur activité d’absorption de l’hydrogène.
Le tableau 5.1 récapitule les grandeurs thermodynamiques de la bibliographie rela-
tives à la transformation γ → β (désorption), pour les hydrures formés à partir d’alliages
de structure cubique centrée du système Fe–Ti–V. À titre de comparaison, on rappelle
qu’un hydrure désorbant à 1 bar à température ambiante a une enthalpie de désorption de
38 kJ·mol(H2 )−1 . Plus la valeur de cette enthalpie est élevée, plus l’hydrure est stable. Par
ailleurs, la valeur absolue de l’entropie reste voisine de 130 J·K−1 ·mol(H2 )−1 .
La figure 5.1 présente l’enthalpie de dissociation en fonction du taux de titane pour
les composés du tableau 5.1 ne comportant pas de fer. Si on ne tient pas compte de la
valeur issue de [Ono80] obtenue pour le composé Ti20 V80 , on obtient des points à peu
près alignés, l’enthalpie de désorption, donc la stabilité, augmentant lorsque le taux de
titane augmente. Le point issu de [Ono80] sort complètement de cette tendance, puisque
l’enthalpie de désorption (47,1 kJ·mol(H2 )−1 ) est très inférieure à celle qui serait attendue
(59 kJ·mol(H2 )−1 ) si on suivait la tendance des autres valeurs. On peut supposer que les
pressions mesurées par ce groupe de recherche étaient supérieures aux pressions d’équi-
libre réelles, mais que des problèmes de cinétique auraient empêché que cet équilibre soit
atteint. Cette hypothèse est d’autant plus plausible que Ono et coll. décrivent dans le même
article des problèmes de cinétique sur un autre échantillon, de composition Ti40 V60 , qui
les ont empêchés de mesurer les courbes pression – composition.
Nous avons représenté figure 5.2 l’évolution de ∆dés H ◦ en fonction du taux de fer
pour les composés (Ti0,1 V0,9 )1−x Fe x du tableau 5.1. Là encore, on obtient des points à peu
près alignés sur une droite de pente décroissante, indiquant qu’une augmentation du taux
de fer déstabilise l’hydrure. Les résultats de Challet [Cha05, Cha07], obtenus pour deux
concentrations en fer différentes pour un rapport Ti/V de 0,54, vont dans le même sens.
Ces tendances observées quant à l’influence de l’ajout de fer ou de titane sont en ac-
cord avec la stabilité des hydrures des métaux purs, puisque le dihydrure de titane est plus
stable que le dihydrure de vanadium, qui lui-même est plus stable que le dihydrure de fer
(voir figure 1.3 page 9).
94
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
Composition de
l’échantillon ∆dés H ◦ (kJ·mol(H2 )−1 ) ∆dés S ◦ (J·K−1 ·mol(H2 )−1 ) Source
V 40,2 140,0 [Rei70]
V 40 142 [Kag91]
Ti5 V95 45 140 [Kag91]
Ti10 V90 51,8 149,4 [Lyn85]
Ti15 V85 54 146 [Kag91]
Ti20 V80 47,1 141,0 [Ono80]
Ti9,25 V83,25 Fe7,5 40,0 136,0 [Lyn85]
Ti9,5 V85,5 Fe5 43,2 139,6 [Lyn85]
Ti9,5 V85,5 Fe5 41,2 135,0 [Lib85]
Ti9,5 V85,5 Fe5 40 131 [Kag91]
Ti9,8 V88,2 Fe2 47,9 145,1 [Lyn85]
Ti9,8 V88,2 Fe2 48,6 147,0 [Lib85]
Ti9,9 V89,1 Fe1 49,2 146,7 [Lyn85]
Ti13,8 V78,2 Fe8 46 149 [Kag91]
Ti14,25 V80,75 Fe5 49 143 [Kag91]
Ti18 V72 Fe10 49,9 151,6 [Lib85]
Ti19,6 V78,4 Fe2 55,1 140,4 [Lyn85]
Ti24,5 V73,5 Fe2 63,5 153,0 [Lyn85]
Ti30,5 V55,5 Fe14 46 129 [Cha05]
Ti33 V60 Fe7 63 142 [Cha05]
56
54
52
∆désH°° (kJ·mol(H 2) )
50
-1
48
[Ono80]
46
44
42
40
38
0 5 10 15 20
V Pourcentage atomique Ti Ti
Figure 5.1 – Enthalpie de dissociation du dihydrure de différents composés du système Ti–V en fonction du
taux de titane dans le composé déshydrogéné. Les valeurs sont tirées du tableau 5.1.
95
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
52
(Ti0,1V0,9)100-xFex
50
48
∆désH°° (kJ·mol(H 2) )
-1 46
44
42
40
38
0 1 2 3 4 5 6 7 8
Pourcentage atomique de Fe
Figure 5.2 – Enthalpie de dissociation du dihydrure de différents composés (Ti0,1 V0,9 )100-x Fe x en fonction
du taux de fer dans le composé déshydrogéné. Les valeurs sont tirées du tableau 5.1.
96
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
(Ti0,1V0,9)100-xFex
2
1
°C
Pression (bar)
0,8 0
;4
M
H/
0,6
5
1,
0,4
0,1
0 2 4 6 8 10 12
supérieurs. D’autre part, très peu de données sont fournies concernant l’influence de la
composition sur la capacité d’absorption de l’hydrogène. Ce point fera donc également
partie de notre étude.
97
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
0 Ti
100
10
1000 °C 90
1200 °C 20
80
30
70
Fe
40
at.
60
%
cc
%
at.
50
50
Ti
B2
60
27 25
40
70
C14 30
43 18
80
13
20
14
90
7 5 6
10
100 σ
cc 33 0
Fe 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
cfc
V
at.% V
Figure 5.4 – Compositions des échantillons étudiés quant à leurs propriétés d’hydrogénation, représentées
sur la superposition des sections isothermes à 1000 ˚C et 1200 ˚C du diagramme Fe–Ti–V. La numérotation
appliquée est celle des tableaux 3.12 et 3.18.
Les composés ont été synthétisés à partir des métaux purs massifs par fusion en four
à induction sous atmosphère d’argon, recuits en four résistif sous atmosphère d’argon
également, puis trempés à l’eau (voir section 2.1 page 35).
Comme on le voit figure 5.4, où les données issues du travail sur le diagramme de
phases (voir chapitre 3) sont indiquées, tous les échantillons à l’exception de celui conte-
nant 20 at.% de fer peuvent être recuits à 1000 ˚C sans qu’il y ait formation d’une autre
phase que la phase de structure cubique centrée. L’échantillon contenant 20 at.% de fer au-
rait en revanche été constitué de phase C14 à hauteur de 10 % environ s’il avait été recuit à
1000 ˚C, ce qui aurait faussé la mesure des propriétés d’absorption de la phase de structure
cubique centrée. Nous avons donc choisi de le recuire à 1200 ˚C pendant une semaine, ce
qui a donné comme attendu un composé monophasé.
Les résultats des analyses par diffraction des rayons X et par microsonde électronique
faites sur les échantillons avant hydrogénation sont reportés dans les tableaux 3.2 page 63
et 3.3 page 67.
98
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
Tableau 5.2 – Capacité maximale mesurée lors de l’activation sous 25 bar à 25 ˚C des échantillons pour
lesquels cette capacité totale ne dépasse pas 1 H/M.
D’après la relation de Guldberg et Waage (équation 1.5 page 12), une diminution de
la température de l’échantillon entraîne une baisse de la pression de plateau. Des essais
de charge à une capacité supérieure ont donc été effectués en exposant l’échantillon de
composition Ti10 V80 Fe10 à 100 bar d’hydrogène dans un premier temps à température am-
biante, puis dans un second temps à −32 ˚C, mais la capacité n’a pas pu être augmentée
au-delà des 0,97 H/M mesurés à 25 ˚C sous 25 bar.
Ces échantillons étant relativement pauvres en titane, cette capacité maximale limitée
a été attribuée au fait que l’ajout de fer a suffisamment déstabilisé le dihydrure pour faire
passer le plateau d’équilibre à 25 ˚C au-dessus de la pression appliquée lors de l’activation.
Cette hypothèse sera discutée section 5.4.1.2 page 110.
99
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
40
30
20
10
0
100 200 300 400 500
Température (° C)
Figure 5.5 – Thermodésorption sous vide primaire de l’échantillon de composition Ti10 V80 Fe10 . Vitesse de
chauffe : 2 ˚C·min-1 .
La courbe obtenue présente deux pics de désorption à 184 ˚C et 227 ˚C, ainsi qu’une
bosse plus large vers 260 ˚C. Au-delà de 350 ˚C, aucune désorption n’est observée.
Cette mesure confirme que la température que nous avons choisie pour désorber l’hy-
drogène entre chaque mesure d’isotherme pression – composition (500 ˚C) est suffisante
pour désorber tout l’hydrogène présent dans le métal.
Compte tenu des difficultés rencontrées avec ces échantillons qui n’absorbent pas plus
de 1 H/M, et afin de ne pas entraver l’étude des autres compositions, dont beaucoup plus
d’informations peuvent être recueillies, les mesures sur ces échantillons n’ont pas été pour-
suivies.
100
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
1
60 ° C
Pression (bar)
0,1
25 ° C
0,01
1E-3
1E-4
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0 1,2 1,4 1,6 1,8 2,0
1
Pression (bar)
25 ° C
0,1
0,01
1E-3
1E-4
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0 1,2 1,4 1,6 1,8 2,0
Figure 5.7 – Courbes pression – composition – température de l’échantillon numéro 13, de composition
Ti20 V70 Fe10 , à 25 ˚C, 100 ˚C et 125 ˚C.
101
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
100 ° C
1
Pression (bar)
0,1
80 ° C
0,01
25 ° C
1E-3
1E-4
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0 1,2 1,4 1,6 1,8 2,0
Figure 5.8 – Courbes pression – composition – température de l’échantillon numéro 14, de composition
Ti20 V78 Fe2 , à 80 ˚C, 100 ˚C et 170 ˚C. Une ébauche de désorption à 25 ˚C est également présentée, mais du
fait des faibles pressions d’équilibre à cette température, cette courbe n’a pas pu être mesurée dans son
intégralité.
10
25 ° C
1
Pression (bar)
0,1
0,01
1E-3
1E-4
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0 1,2 1,4 1,6 1,8 2,0
Figure 5.9 – Courbes pression – composition – température de l’échantillon numéro 43, de composition
Ti30 V50 Fe20 , à 25 ˚C et 60 ˚C.
102
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
100 ° C
1
Pression (bar)
0,1 80 ° C
0,01
1E-3
1E-4
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0 1,2 1,4 1,6 1,8 2,0
Figure 5.10 – Courbes pression – composition – température de l’échantillon numéro 18, de composition
Ti30 V60 Fe10 , à 80 ˚C, 100 ˚C et 170 ˚C.
10 170 ° C
1
Pression (bar)
0,1
100 ° C 80 ° C
0,01
1E-3
1E-4
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0 1,2 1,4 1,6 1,8 2,0
Figure 5.11 – Courbes pression – composition – température de l’échantillon numéro 25, de composition
Ti40 V50 Fe10 , à 80 ˚C, 100 ˚C et 170 ˚C. Les points en absorption à 80 et 100 ˚C ont été obtenus par charge
directe depuis 0 H/M.
103
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
100 ° C
1
Pression (bar)
0,1
25 ° C
0,01
1E-3
1E-4
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0 1,2 1,4 1,6 1,8 2,0
Figure 5.12 – Courbes pression – composition – température de l’échantillon numéro 27, de composition
Ti41 V41 Fe18 , à 25 ˚C, 100 ˚C et 200 ˚C.
L’échantillon de composition Ti40 V50 Fe10 (figure 5.11) a présenté des problèmes par-
ticuliers lors de l’hydrogénation. En effet, si, une fois activé, l’absorption directe jusqu’à
la capacité maximale puis la désorption point par point s’est déroulée normalement, l’ab-
sorption point par point n’a pas pu être effectuée pour des températures inférieures ou
égales à 100 ˚C, l’échantillon n’absorbant plus malgré une augmentation de la pression
appliquée.
La méthode suivante a alors été utilisée : l’échantillon a été désorbé complètement
par chauffage à 500 ˚C sous vide, puis une absorption directe jusqu’à la concentration
en hydrogène visée a été effectuée, avec succès, permettant ainsi de mesurer les points
manquants. À 170 ˚C, le problème ne s’est pas posé.
Pour cet échantillon, le fait que la réaction se produise dans certains cas, notamment à
température plus élevée, et pas dans d’autres indique que le problème d’inactivité rencon-
tré est un problème de cinétique et ne traduit pas le comportement thermodynamique de
l’échantillon.
La figure 5.13 présente, pour chaque composition, la pression de plateau en désorption
à 100 ˚C. Comme nous le verrons plus loin, cette valeur, qui n’a pas pu être mesurée pour
l’échantillon de composition Ti30 V50 Fe20 du fait d’une pression d’absorption supérieure
à 100 bar, a été extrapolée pour cette composition. On constate que sur le domaine de
composition étudié, la pression d’équilibre à cette température varie beaucoup, puisqu’il
y a notamment près de trois décades entre les compositions Ti40 V50 Fe10 (0,069 bar) et
Ti30 V50 Fe20 (24 bar).
L’évolution de la pression de plateau en désorption à 100 ˚C en fonction du taux de
titane pour différentes concentrations en fer est présentée figure 5.14. On observe que
les pentes des droites obtenues sont parallèles, ce qui indique q’il y a probablement une
104
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
0 Ti
100
10
1000 °C 90
1200 °C 20
80
30
70
cc
Fe
40
at.
60
%
at. 50
50
Ti
B2
60
1,1 40
0,069
70
C14
24 30
0,45
80
6,6
20
0,45
90
>100 5,4
10
>100
100 σ
cc >100 0
Fe 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
cfc
V
at.% V
Figure 5.13 – Pression de désorption à 100 ˚C en fonction de la composition.
105
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
2 at.% Fe
Pdés (bar) à 100 ° C
0,1
10 15 20 25 30 35 40 45
Pourcentage atomique Ti
Figure 5.14 – Pression de désorption à 100 ˚C en fonction du taux de titane pour différentes concentrations
en fer.
Pression de plateau (bar)
10
absorption
désorption
1
0,1
2,2 2,3 2,4 2,5 2,6 2,7 2,8 2,9
-1
1000/T (K )
Figure 5.15 – Logarithme de la pression de plateau en fonction de l’inverse de la température pour
l’échantillon numéro 14, de composition Ti20 V78 Fe2 .
106
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
Le tableau 5.4 présente les autres caractéristiques des isothermes mesurées, à savoir la
capacité maximale, la largeur du plateau, le facteur d’hystérésis log(Pabs /Pdés ) et le facteur
de pente du plateau d(log P)/d(H/M) (mesuré sur la partie la moins pentue du plateau de
pression).
Tableau 5.4 – Capacité totale, largeur de plateau, facteur d’hystérésis et facteur de pente des échantillons
de structure cubique centrée.
5.4.1.2 Discussion
Afin de pouvoir déterminer une composition convenable d’alliage de structure cubique
centrée du système Fe–Ti–V à partir d’une pression de plateau visée à une température
donnée, nous avons modélisé l’enthalpie de formation / décomposition du dihydrure, qui
fournit une relation entre la température et la pression de plateau en fonction de la com-
position de l’alliage en l’absence d’hydrogène.
Un tracé en trois dimensions de l’enthalpie en fonction des compositions en titane et
en vanadium a montré que pour une orientation donnée, les points paraissent alignés. Ceci
montre que la dépendance entre les grandeurs étudiées peut être modélisée par l’équation
d’un plan.
Des régressions linéaires multiples à partir des données présentées dans le tableau 5.3
107
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
Tableau 5.5 – Comparaison des enthalpies de désorption des éléments purs réelle et partielle (modélisée
par l’équation (5.2)). Les valeurs réelles se rapportent aux réactions TiH ↔ TiH2 [Gri88], VH ↔ VH2
[Kag91] et Fe ↔ FeH0,5 [Gri88].
Ti V Fe
Enthalpie partielle modélisée (kJ·mol(H2 )−1 ) 117 38 −80
Enthalpie des éléments purs (kJ·mol(H2 )−1 ) 136 40 −20
On observe que les deux valeurs obtenues pour le vanadium sont très proches, ce qui
n’est pas surprenant compte tenu du fait que cet élément est le constituant majoritaire de
nos échantillons. Les valeurs obtenues pour le titane restent relativement proches, avec
un écart de 20 kJ·mol(H2 )−1 , alors qu’un écart de 60 kJ·mol(H2 )−1 est obtenu pour le fer
entre l’enthalpie partielle et l’enthalpie de désorption du métal pur. Cette grande différence
pour le fer peut s’expliquer par le fait que la valeur issue de la littérature correspond à la
réaction Fe ↔ FeH0,5 et ne fait pas intervenir le dihydrure, comme c’est le cas pour nos
valeurs.
L’ajout de fer au vanadium déstabilise l’hydrure, et l’ajout de titane le stabilise. Or
l’hydrure de fer pur est instable, et le dihydrure de titane est plus stable que le dihydrure
de vanadium. Malgré les différences entre enthalpies de désorption des éléments purs mo-
délisées et mesurées, on constate donc que l’influence de l’ajout des différents éléments
est en accord avec les propriétés d’hydrogénation relatives des éléments purs.
La figure 5.16 montre une représentation en trois dimensions des enthalpies de désorp-
tion en fonction de la composition. La figure 5.17 présente quant à elle une cartographie
de l’enthalpie de désorption sur une section ternaire. Seul un domaine voisin des compo-
sitions utilisées pour la régression linéaire a été représenté, puisqu’il est possible qu’en
s’écartant de ce domaine, la linéarité ne soit plus respectée.
Si on compare sur la figure 5.17 les lignes iso-paramètre de maille et iso-enthalpie, on
constate qu’elles ont des directions similaires. Ceci indique qu’il y a une bonne corrélation
108
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
60
)
-1
∆H dés (kJ·mol
50
40
30
90
80
10 70
20
30 60 V
40 .%
at
50
at.% 50
Ti 60
40
entre le volume de maille des alliages de structure cubique centrée étudiés et l’enthalpie
de dissociation du dihydrure. À volume de maille constant, l’enthalpie, donc la pression
de plateau à une température donnée, varie très peu.
Comme on peut également le voir sur la figure 5.18, il y a une relation de linéarité
entre le volume de maille et la logarithme de la pression d’équilibre à température donnée,
donc avec l’enthalpie de désorption, une augmentation de l’un s’accompagnant d’une aug-
mentation de l’autre. Ceci peut s’expliquer par des considérations stériques. En effet, plus
le volume de la maille métallique est grand, plus les sites interstitiels entre atomes mé-
talliques sont volumineux et plus les atomes d’hydrogène pourront s’y insérer facilement.
Une pression d’hydrogène gazeux plus faible est alors suffisante pour l’absorption.
Une relation de linéarité entre composition et enthalpie d’hydrogénation a également
été observée dans le cas d’alliages Ti–V pour différents rapports Ti/V (figure 1.12 page 32),
mais aussi dans le cas du LaNi5 substitué (figure 1.6 page 17).
Toutefois, comme on peut le voir sur la figure 5.17, les lignes iso-paramètre de maille
et iso-enthalpie ne sont pas rigoureusement parallèles dans notre système. Ainsi, si, tout
en restant à paramètre de maille constant, on diminue le taux de vanadium, on observe
une légère diminution de l’enthalpie de désorption, donc une déstabilisation du dihydrure.
Cette déviation peut être attribuée à une modification de l’environnement électronique des
sites tétraédriques occupés par les atomes d’hydrogène.
109
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
0 Ti
100
Compositions étudiées dans le
10 présent travail
90 Compositions de la littérature
Ligne iso-enthalpie
20 Ligne iso-paramètre de maille
80
30
70 -1
∆désH° (kJ·mol(H2) )
40 70
Fe
60
at.
60
%
%
50
at.
50 50
Ti
60 40
40
30
70 20
30
80
20
90
10
100
0
Fe 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
V
at.% V
Figure 5.17 – Cartographie réalisée à l’aide de l’équation (5.2) de l’enthalpie de dissociation du
dihydrure en fonction de la composition. Une ligne iso-paramètre de maille issue de l’équation 3.1 page 72
est également présentée.
Nous nous sommes servi de ce travail pour calculer les pressions de plateau à 25 ˚C
des trois échantillons n’ayant pas absorbé à plus de 1 H/M (voir section 5.3 page 99), de
manière à vérifier si l’hypothèse que nous avons faite est valable. En effet, nous avons
supposé que la capacité maximale inférieure à 1 H/M observée était due au fait que la
pression de plateau était supérieure à 25 bar à 25 ˚C. Le tableau 5.6 présente les résultats
obtenus.
Pour les échantillons de composition Ti12 V70 Fe18 et V90 Fe10 , notre hypothèse est confir-
mée, puisque les pressions calculées sont largement supérieures à 100 bar à 25 ˚C. Il
est donc logique qu’une tentative d’absorption sous 25 bar à cette température n’ait pas
conduit à une concentration en hydrogène supérieure à 1 H/M. Pour l’échantillon de com-
110
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
10
0,1
Tableau 5.6 – Enthalpie d’absorption et pression de plateau en absorption à 25 ˚C, calculées grâce à
l’équation (5.1), pour les échantillons n’ayant pas absorbé à une capacité supérieure à 1 H/M.
position Ti10 V80 Fe10 , la pression calculée est inférieure à 100 bar, l’essai effectué à cette
pression aurait donc dû conduire à une concentration en hydrogène supérieure à 1 H/M.
Le fait que tel n’ait pas été le cas peut être attribué à une déviation de la valeur d’enthalpie
réelle par rapport à la valeur calculée. En effet, une augmentation de 4 kJ·mol(H2 )−1 de la
valeur calculée se traduit par une pression supérieure à 100 bar à 25 ˚C.
Les échantillons dont les isothermes pression – composition ont été présentées fi-
gures 5.6 à 5.12 absorbent tous, à deux exceptions près, à une concentration d’hydrogène
maximale comprise entre 1,7 et 1,9 H/M. La figure 5.19 présente l’évolution de la capacité
totale en fonction de la teneur en titane de nos échantillons pour différents taux de fer.
À taux de fer constant, on constate que lorsque le taux de titane augmente, la capacité
totale des échantillons augmente légèrement, mais cette variation est considérée comme
peu significative compte tenu du peu de données disponibles. Pour un taux de titane donné,
une augmentation de la concentration en fer se traduit par une nette diminution de la
capacité totale.
Quel que soit l’échantillon, le plateau débute entre 0,8 et 1,0 H/M. La figure 5.20 pré-
sente l’évolution de la largeur de plateau en fonction de la teneur en fer, titane et vanadium.
L’augmentation de la teneur en fer ou en titane s’accompagne d’une diminution de la
largeur de plateau, cette diminution étant moins nette pour des concentrations en titane
supérieures à 25 at.%. Par ailleurs, la largeur de plateau augmente linéairement lorsque le
taux de vanadium augmente.
On en déduit donc que la substitution du vanadium par du fer ou du titane, si elle
111
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
1,9 2 at.% Fe
1,8
1,6
18 at.% Fe
1,5
20 at.% Fe
1,4
10 15 20 25 30 35 40
Pourcentage atomique Ti
Figure 5.19 – Évolution de la capacité totale d’absorption en fonction du taux de titane pour différentes
concentrations en fer. Les données sont tirées du tableau 5.4.
0,9 0,9
a) b)
0,8 0,8
Largeur de plateau (H/M)
0,7 0,7
0,6 0,6
0,5 0,5
0,4 0,4
0,3 0,3
0 5 10 15 20 10 15 20 25 30 35 40 45
0,9
c)
0,8
Largeur de plateau (H/M)
0,7
0,6
0,5
0,4
0,3
35 40 45 50 55 60 65 70 75 80 85 90
Pourcentage atomique de V
Figure 5.20 – Évolution de la largeur des plateaux de pression en fonction a) du taux de fer b) du taux de
titane c) du taux de vanadium. Les données sont tirées du tableau 5.4.
112
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
Pour tous les échantillons étudiés, le facteur d’hystérésis est inférieur à 1, c’est-à-
dire que la pression d’absorption est moins d’une décade de pression plus élevée que la
pression de désorption. Le facteur de pente peut varier d’un facteur cinq d’un échantillon
à l’autre.
Contrairement au cas des caractéristiques étudiées précédemment, aucune relation tan-
gible n’a pu être mise en évidence entre la composition, le paramètre de maille ou le
nombre d’électrons par atomes de l’alliage métallique et le facteur d’hystérésis ou le fac-
teur de pente.
113
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
1,9
1,8
1,6
1,5
1,4
Figure 5.21 – Évolution de la capacité totale d’absorption en fonction du nombre moyen d’électrons par
atome.
114
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
10
avancement
1,0
9,9
0,9
0,8 t90 = 38 s
9,8
0,7
Pression (bar)
Avancement
0,6 9,7
80 ° C
0,5
9,6
0,4
0,3 9,5
0,2
pression
9,4
0,1
0 9,3
0 2 4 6 8 20 40 60
Temps (minutes)
0,24
1,0 avancement
0,9 0,20
t90 = 5 min
0,8
0,16
0,7
Pression (bar)
Avancement
0,6 pression
0,12
0,5
0,4
0,08
0,3
0,2 80 ° C
0,04
0,1
0,0 0
0 10 20 30 100 200 300
Temps (minutes)
115
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
structure cubique centrée des systèmes Fe–Ti–V et Mn–Ti–V. Du point de vue cinétique,
les alliages de structure cubique centrée du système Fe–Ti–V sont donc très avantageux.
On pourrait ainsi envisager remplir en hydrogène un réservoir constitué de ce matériau en
quelques minutes, à condition bien sûr que les échanges thermiques soient maîtrisés.
116
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
étant alors considéré comme atteint. La figure 5.22 montre qu’il s’agit d’une bonne
approximation. L’évolution de la pression en fonction du temps a été mesurée.
2. La vanne du porte-échantillon est fermée, l’hydrogène présent dans le reste du banc
est évacué (tous les réservoirs sont alors utilisés), le banc est isolé de la pompe puis
la vanne du porte-échantillon est ouverte, l’évolution de la pression en fonction du
temps est mesurée pendant 20 minutes.
3. Un vide dynamique est effectué dans le banc et le porte-échantillon pendant
30 minutes. Notons que cette évacuation, effectuée à 100 ˚C, n’est pas suffisante
pour désorber tout l’hydrogène présent dans l’échantillon. Une mesure de thermo-
désorption effectuée sur un échantillon similaire a montré qu’une température de
350 ˚C était nécessaire (voir section 5.6.2).
Pour des raisons de sécurité, la bouteille d’hydrogène alimentant le dispositif expéri-
mental devait rester fermée en permanence, elle ne pouvait être ouverte que ponctuelle-
ment, de manière à rehausser la pression dans la conduite d’alimentation, ceci afin d’évi-
ter un dégagement important d’hydrogène en cas de fuite sur cette conduite, qui alimente
également d’autres appareils. La bouteille devait notamment rester fermée la nuit et les
week-ends. En conséquence, la pression et les volumes utilisés pour l’absorption ont été
optimisés de manière à ce qu’un minimum d’hydrogène soit consommé à chaque cycle.
Ainsi, le volume de la conduite d’hydrogène offrait un réservoir suffisant pour que l’ex-
périence continue de fonctionner pendant la nuit, mais pas pendant le week-end. Pour que
l’échantillon soit toujours exposé à la même pression initiale d’hydrogène, nous avons
donc décidé d’interrompre manuellement la mesure le vendredi soir, l’échantillon étant
maintenu sous pression, puis de commencer le lundi par une désorption avant de reprendre
la mesure. Notons que l’évolution de la pression pendant le week-end n’a pas pu être en-
registrée.
5.4.3.2 Résultats
La figure 5.24 montre l’évolution en fonction du nombre de cycles de la capacité at-
teinte au dernier point mesuré pour chaque absorption. Cette capacité est une capacité
relative, correspondant à la quantité d’hydrogène absorbée depuis la dernière évacuation
du système. On obtient une courbe similaire pour la capacité désorbée à chaque cycle.
Toutefois, la capacité mesurée en désorption ne l’est que lors de l’étape 2. ci-dessus. La
quantité d’hydrogène désorbé sous vide dynamique (étape 3.) ne peut quant à elle pas être
calculée. On ne peut donc pas comparer les quantités absorbée et désorbée à chaque cycle.
On peut faire deux observations principales sur l’allure de cette figure. On constate
tout d’abord que la capacité diminue en fonction du nombre de cycles pour devenir nulle
après 250 cycles, la diminution étant plus marquée lors des derniers cycles. D’autre part,
si le premier week-end n’a eu quasiment aucun impact sur l’évolution de la capacité, les
deux autres se sont traduits par une chute de la capacité mesurée, cette chute étant plus
marquée pour le deuxième week-end. La pente de la courbe reste toutefois la même de
part et d’autre de ces ruptures.
À l’issue de l’expérience, l’échantillon est donc devenu inactif et n’absorbe ni ne re-
lâche plus d’hydrogène dans les conditions de l’expérience. En revanche, si on chauffe
l’échantillon à 500 ˚C sous vide primaire et on l’expose ensuite à de l’hydrogène à 100 ˚C,
il absorbe à nouveau à la même capacité que lors du premier cycle, et la cinétique est très
117
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
1,2
100 ° C
0,8 1,6
week-end
0,6 1,2
week-end
0,4 0,8
0,2 0,4
0 0
0 50 100 150 200 250
Cycle numéro
Figure 5.24 – Évolution de la capacité relative d’absorption en fonction du nombre de cycles pour
Ti20 V78 Fe2 .
118
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
1,0
0,9
0,8
0,7
Avancement
0,6
0,5
Cycle 2
Cycle 50
0,4 Cycle 100
Cycle 150
0,3 Cycle 200
Cycle 210
Cycle 240
0,2
0,1
0
0 5 10 15 20
Temps (minutes)
Figure 5.25 – Avancement relatif de la réaction d’absorption en fonction du temps, mesuré pour différents
cycles lors de l’étude du vieillissement de l’échantillon de composition Ti20 V78 Fe2 .
20
15
t99 (min)
10
0
0 100 200 300 400 500
Cycle numéro
Figure 5.26 – Évolution du temps nécessaire pour atteindre un avancement relatif de 0,99 en fonction du
nombre de cycles, lors de l’étude du vieillissement de l’échantillon de composition Ti20 V78 Fe2 .
119
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
15000
Intensité (coups)
10000
5000
0 MH2
MH
20 40 60 80 100 120
2θ (degrés)
Figure 5.27 – Mesure de diffraction des rayons X de l’échantillon de composition Ti20 V78 Fe2 , après le
250ème cycle de vieillissement. Les intensités observées (cercles) et calculées (ligne noire) sont présentées
avec la différence en-dessous. Les barres verticales indiquent la position des réflexions des phases. Le χ2
global s’élève à 4,7. Deux phases sont présentes : l’une, quadratique, est de même structure que le
monohydrure de vanadium, et a été notée MH ; l’autre est de structure cubique faces centrées, comme le
dihydrure de vanadium, et a été notée MH2 .
On observe que l’échantillon inactif est constitué de deux phases hydrure, l’une, dont
un seul pic est visible, supposée être de structure quadratique, comme le monohydrure de
vanadium, l’autre est de structure cubique faces centrées, comme le dihydrure de vana-
dium. Rappelons que les atomes d’hydrogène ne peuvent pas être détectés par diffraction
des rayons X dans nos conditions de mesure. La proportion des phases a été calculée sur
la base des intensités diffractées. Il en ressort que la phase dihydrure constitue 70 at.% de
l’échantillon, contre 30 at.% pour la phase monohydrure.
5.4.3.3 Discussion
En réunissant les informations fournies par les figures 5.25 à 5.27, nous pouvons ap-
porter une explication au comportement observé figure 5.24, c’est-à-dire à la diminution
de la capacité lorsque le nombre de cycles augmente, et à la chute de capacité due à l’in-
terruption de la mesure le week-end.
En effet, la figure 5.25 montre que lorsque le nombre de cycles absorption – désorp-
tion augmente, la cinétique de la réaction d’absorption est ralentie. Or, la durée allouée à
l’absorption est de vingt minutes et reste la même pour tous les cycles. Ainsi, de moins en
moins d’hydrogène a le temps d’être absorbé à mesure que le nombre de cycles augmente,
et le phénomène inverse se produit pour la désorption, une quantité d’hydrogène de moins
en moins importante étant libérée par l’échantillon.
120
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
er
1 cycle
100
10
Pression (bar)
dernier cycle
0,1
100 ° C
0,01
Capacité molaire (u. a.)
Figure 5.28 – Représentation de la partie de la courbe pression – composition utilisée en fonction du
nombre de cycles pour la mesure de vieillissement de l’échantillon de composition Ti20 V78 Fe2 . La courbe
est tirée de la figure 5.8.
Comme nous l’avons décrit plus haut, le vendredi soir, on interrompt le programme
juste après le début de l’étape 1. L’échantillon est donc exposé à une pression élevée
d’hydrogène pendant plus de 48 h pendant le week-end, alors qu’il l’est habituellement
20 minutes seulement. Ainsi, l’échantillon pourra se charger à une capacité plus élevée le
week-end que lors des cycles journaliers, la différence de charge entre cycles journaliers
et week-end s’accentuant à mesure que la cinétique d’absorption diminue, donc à mesure
que le nombre de cycles augmente.
Le lundi, la mesure est poursuivie en commençant par l’étape 3. La durée de désorption
n’est alors pas suffisante pour désorber tout l’hydrogène qui a été absorbé le week-end.
Lors de la première absorption du lundi, il y a donc moins de capacité disponible pour
l’hydrogène que lors du dernier cycle complet du vendredi soir. La capacité d’absorption
apparente a donc diminué entre le début et la fin du week-end, ce qui se traduit par des
ruptures dans la courbe de la capacité en fonction du nombre de cycles. Plus la cinétique
est lente, plus ces ruptures seront marquées.
Ceci explique pourquoi des sauts de capacité sont observés lors des week-ends sur la
figure 5.24, et pourquoi ces sauts sont de plus en plus marqués à mesure que le nombre de
cycles augmente.
L’hydrogène absorbé pendant les week-ends tend à former la phase dihydrure, mais
n’est qu’en partie désorbé par la suite, aucune désorption assez longue n’ayant lieu. À
121
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
l’issue de la mesure, l’échantillon est donc enrichi en phase dihydrure, ce qui est confirmé
par le calcul de proportion de phases basé sur la mesure de diffraction des rayons X.
5.4.3.4 Conclusion
Nous avons pu montrer qu’un grand nombre de cycles absorption – désorption appli-
qué à température constante à un alliage de structure cubique centrée du système Fe–Ti–V
entraîne une diminution de la vitesse d’absorption/désorption. Le temps alloué à chaque
étape du cycle étant relativement court, ce ralentissement de la cinétique s’est traduit par
une baisse de la capacité réversible, jusqu’à ce que celle-ci s’annule. Toutefois, une dimi-
nution moins rapide de cette capacité réversible est attendue si les conditions expérimen-
tales sont modifiées de manière à allonger la durée d’absorption/désorption.
Ce ralentissement de la cinétique n’a pas été attribué à une détérioration irréversible
de l’échantillon, puisqu’un chauffage à 500 ˚C sous vide primaire de l’échantillon rendu
inactif par le cyclage régénère son activité, la capacité et la cinétique antérieures au cyclage
étant retrouvées. Il est possible que la diminution de la vitesse soit due à une pollution de
la surface de l’échantillon, malgré l’utilisation d’hydrogène pur à 99,9999 %. Plusieurs
cycles vieillissement – régénération seraient utiles pour voir si le même nombre de cycles
peut être atteint à chaque essai, et donc pour déterminer si le chauffage sous vide à 500 ˚C
permet vraiment de retrouver l’état initial.
Toutefois, cette diminution de la cinétique lors d’un usage répété ne disqualifie pas
les alliages de structure cubique centrée pour le stockage de l’hydrogène. En effet, on
pourrait envisager l’ajout d’un élément ou la précipitation d’une phase secondaire pour
améliorer la cinétique par un effet catalytique. Dans cette optique, l’effet de l’ajout d’une
petite quantité de phase C14 du système Fe–Ti–V pourrait être étudié dans des travaux
ultérieurs.
122
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
et 400 ˚C. Les auteurs ont montré que la pression d’équilibre à 0,35 H/M à 325 ˚C n’aug-
mente pas plus rapidement que la pression d’équilibre à 1,5 H/M à 40 ˚C lorsque le taux
de fer augmente.
Nous avons souhaité élargir cette étude à un domaine de compositions plus étendu
grâce à la mesure d’isothermes d’absorption à haute température.
À température ambiante en effet, les pressions d’équilibre pour une concentration en
hydrogène inférieure à 1 H/M sont trop basses pour pouvoir être mesurées sur les bancs
d’hydrogénation dont nous disposons. Or nous savons d’après la loi de Guldberg et Waage
(équation 1.5 page 12) que la pression d’équilibre augmente lorsque la température aug-
mente. Nous avons donc mesuré des courbes pression – composition – température à des
températures comprises entre 100 ˚C et 350 ˚C, afin que les pressions d’équilibre soient
dans le domaine de pressions mesurables.
De telles mesures ont été effectuées sur les échantillons de compositions Ti10 V88 Fe2
(n˚ 6), Ti20 V70 Fe10 (n˚ 13) et Ti41 V41 Fe18 (n˚ 27). Les compositions sont placées figure 5.29
sur un diagramme ternaire. Les isothermes sont présentées sur les figures 5.30 à 5.32. Rap-
pelons que tous ces échantillons sont, en l’absence d’hydrogène, monophasés de structure
cubique centrée.
0 Ti
100
10
1000 °C 90
1200 °C 20
80
30
70
Fe
40
at.
60
%
%
at.
50
50
Ti
B2
60
27
40
cc
70
C14
30
80
13
20
90
6
10
100 σ
cc 0
Fe 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
cfc
V
at.% V
Figure 5.29 – Composition des échantillons dont les isothermes pression – composition ont été mesurées
entre 150 et 350 ˚C pour une concentration en hydrogène inférieure à 0,8 H/M. La numérotation du
tableau 3.2 est indiquée.
123
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
10
1
Pression (bar)
0,1
0,01
1E-4
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0
1
350 ° C
Pression (bar)
0,1
150 ° C
0,01
250 ° C
200 ° C
1E-3
1E-4
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0
Figure 5.31 – Courbes pression – composition – température de l’échantillon numéro 13, de composition
Ti20 V70 Fe10 entre 150 ˚C et 350 ˚C.
124
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
1
Pression (bar)
0,1
0,01
150 ° C
350 ° C 300 ° C 200 ° C
1E-3
1E-4
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0
qu’une telle coexistence existe à plus basse température, comme dans le cas du vanadium
(voir figure 1.10 page 28).
La figure 5.33 présente, pour les trois échantillons étudiés, les pressions d’équilibre à
200 ˚C pour 0,6 H/M et à 25 ˚C pour 1,1 H/M.
Lorsque le numéro d’échantillon croît, le taux de titane augmente et le taux de fer
également (voir figure 5.29). On observe sur la figure 5.33 que lorsque la composition suit
cette évolution, la pression d’équilibre à 200 ˚C à 0,6 H/M augmente ou stagne, alors que
la pression de plateau à 25 ˚C à 1,1 H/M diminue globalement. Afin de pouvoir comparer
ces évolutions, la différence des logarithmes des pressions d’équilibre a été tracée pour
chacun des trois échantillons sur la figure 5.34.
On constate que cette différence augmente lorsque les taux de titane et de fer dans
l’échantillon augmentent. Ceci signifie que la pression d’équilibre à 0,6 H/M, donc peu
avant le début du plateau, se rapproche de la pression de plateau lorsque les taux de titane
et de fer dans l’échantillon augmentent. Toutefois, si cet écart est relativement faible à
200 ˚C (moins d’une décade de pression pour la composition Ti41 V41 Fe18 ), il s’accroît
lorsque la température se rapproche de 25 ˚C. Nous avons extrapolé pour la composition
Ti41 V41 Fe18 la pression d’équilibre à 25 ˚C à 0,6 H/M à partir des valeurs mesurées entre
200 ˚C et 350 ˚C, ce qui fournit une valeur de l’ordre de 10−5 bar, contre 0,01 bar à 1,1 H/M,
soit un facteur 1000.
On voit donc que si les logarithmes des pressions d’équilibre peu avant le plateau
de pression et sur celui-ci peuvent être rapprochés, l’écart reste encore beaucoup trop
important pour augmenter sensiblement la capacité réversible des alliages de structure
cubique centrée à base de vanadium. Nous rejoignons ainsi les conclusions de Libowitz et
coll. [Lib85].
125
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
0,1
Pression (bar)
0,01
30 40 50 60 70 80 90 100
Pourcentage atomique V
Figure 5.33 – Pressions d’équilibre à 200 ˚C à 0,6 H/M et à 25 ˚C à 1,1 H/M en fonction du taux de
vanadium pour les échantillons numéros 6, 13 et 27 de compositions respectives Ti10 V88 Fe2 , Ti20 V70 Fe10 et
Ti41 V41 Fe18 .
log(P200° Cà0,6H/M / P25° Cà1,1H/M ) (u. a.)
30 40 50 60 70 80 90 100
Pourcentage atomique V
Figure 5.34 – Tracé de la différence des logarithmes des pressions d’équilibre à 200 ˚C à 0,6 H/M et à
25 ˚C à 1,1 H/M en fonction du taux de vanadium pour les échantillons numéros 6, 13 et 27 de compositions
respectives Ti10 V88 Fe2 , Ti20 V70 Fe10 et Ti41 V41 Fe18 .
126
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
Les diagrammes de diffraction obtenus sont présentés figure 5.35. Lorsque la concen-
tration en hydrogène passe de 0 à 0,4 H/M, on observe l’apparition de nouveaux pics, issus
d’un dédoublement des pics présents à 0 H/M, l’écart entre les nouveaux pics et les pics
initiaux se creusant lorsque la concentration en hydrogène continue à augmenter.
Afin de pouvoir corréler cette évolution des diagrammes de diffraction avec l’évolution
de la structure métallique, nous avons également souhaité effectuer une analyse par la
méthode de Rietveld des diagrammes de diffraction présentés figure 5.35. Pour cela, des
données structurales de départ, notamment le groupe d’espace, sont nécessaires.
Deux structures sont rapportées dans la littérature pour l’hydrure de vanadium à
0,5 H/M :
• une maille monoclinique de groupe d’espace Cm [Nod86, Wes73],
• une maille quadratique (parallélépipède à base carrée) centrée de groupe d’espace
I41 /amd [Nod86, Asa73, Kaj85].
Les deux structures ont été testées pour les affinements structuraux, fournissant des pa-
ramètres de maille et des coefficients de corrélation similaires. La principale différence est
le paramètre de maille β, qui vaut 90,13˚ dans le modèle monoclinique contre 90,00˚ dans
le modèle quadratique. Cette différence n’a pas été jugée significative, la structure quadra-
tique, la plus symétrique, a donc été retenue. Le diagramme affiné dans le groupe d’espace
I41 /amd de l’échantillon chargé à 0,60 H/M est présenté figure 5.36. Le paramètre a vaut
0,6102(1) nm, c vaut 0,6687(2) nm.
Notons ici que l’affinement par la méthode de Rietveld n’a fourni de très bons résul-
tats pour aucun des modèles structuraux testés. Les deux principaux types d’écarts entre la
courbe mesurée et la courbe calculée sont les rapports d’intensité des pics et une certaine
127
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
0,87 H/M
0,60 H/M
Intensité (u. a.)
0,40 H/M
0,20 H/M
0 H/M
20 40 60 80 100 120
2θ (degrés)
Figure 5.35 – Diagrammes de diffraction des rayons X de l’échantillon de composition Ti20 V70 Fe10 , à
différents états de charge en hydrogène. Les mesures ont été faites à température ambiante.
128
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
15000
202 Intensité observée
Intensité calculée
Phase quadratique
Iobs-Icalc
10000
Intensité (coups)
220
5000
400 422
004 224 404
0
20 40 60 80 100 120
2θ (degrés)
Figure 5.36 – Diagramme de diffraction des rayons X et résultat de son affinement par la méthode de
Rietveld de l’échantillon de composition Ti20 V70 Fe10 , chargé à 0,60 H/M à température ambiante. Groupe
d’espace : I41 /amd.
129
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
0,36
Paramètre de maille c/2 (quadratique)
Paramètre de maille a/2 (quadratique)
0,35
Paramètre de maille (nm) Paramètre de maille a (cubique)
0,34
0,33
0,32
0,31
0,30
0,0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0
Capacité (H/M)
Figure 5.37 – Évolution des paramètres de maille de l’échantillon de composition Ti20 V70 Fe10 en fonction
de la quantité d’hydrogène absorbé, comprise entre 0 et 0,87 H/M. L’échantillon à 0 H/M est de structure
cubique, les autres de structure quadratique. Pour cette dernière structure, les paramètres de maille ont été
divisés par deux de manière à pouvoir les comparer à ceux de la phase cubique.
taux de titane est supérieur à 10 at.%. Cependant, la structure identifiée par ces auteurs est
cubique centrée, et non quadratique.
Sur la figure 5.37, on observe une augmentation linéaire du paramètre c en fonction de
la capacité. Une régression linéaire fournit l’équation :
Nous avons complété les mesures de diffraction à température ambiante à faible capa-
cité par un diagramme à la concentration de 1,76 H/M. Il est présenté figure 5.38.
La phase majoritaire est de structure cubique faces centrées, de paramètre de maille
a = 0,42765 nm, correspondant à la structure du dihydrure de vanadium trouvée dans la
littérature [Mae61, Now84, Mül86]. On observe également la présence d’un pic de faible
intensité à 2θ = 39,4˚, correspondant à la position du pic maximum de l’échantillon chargé
à 0,87 H/M, et donc attribué à la présence d’un résidu de phase de structure quadratique
centrée.
Nous avons utilisé les mesures de paramètre de maille obtenus grâce aux mesures de
diffraction des rayons X présentées figures 5.35 et 5.38 pour calculer le volume de maille
rapporté à un atome métallique. La figure 5.39 en présente l’évolution en fonction de la
concentration en hydrogène dans le matériau.
On observe une augmentation linéaire du volume de maille rapporté à un atome pour
une concentration en hydrogène inférieure à 0,9 H/M. En revanche, le volume associé à un
130
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
15000
Intensité observée
Intensité calculée
1 Phase cubique faces centrées
2 Phase quadratique centré
10000 Iobs-Icalc
Intensité (coups)
5000
0
1
2
20 40 60 80 100 120
2θ (degrés)
Figure 5.38 – Diagramme de diffraction des rayons X de l’échantillon de composition Ti20 V70 Fe10 chargé à
1,76 H/M à température ambiante. Le paramètre de maille de la phase de structure cubique centrée s’élève
à 0,42765 nm.
10
6,5 Volume de maille Pression d'équilibre
cfc
Volume / atome (Å )
6,0
3
1
Pression (bar)
5,5
cc qc 0,1
5,0
0,01
4,5
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0 1,2 1,4 1,6 1,8
Capacité (H/M)
Figure 5.39 – Évolution du volume de maille rapporté à un atome de l’échantillon de composition
Ti20 V70 Fe10 en fonction de la concentration en hydrogène, à température ambiante. cc : cubique centré ;
qc : quadratique centré ; cfc : cubique faces centrées. La courbe pression – composition à 25 ˚C, tirée de la
figure 5.7, est également représentée.
131
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
atome métallique pour une concentration en hydrogène de 1,76 H/M est supérieur à celui
auquel on pouvait s’attendre en extrapolant la tendance observée pour les concentrations
inférieures.
On peut comparer le comportement de l’échantillon de composition Ti20 V70 Fe10 à ce-
lui du vanadium (figure 1.10 page 28), où à 25 ˚C, il y a coexistence des phases α et β pour
une concentration en hydrogène comprise entre 0,05 et 0,5 H/M. La coexistence des phases
α et β persiste jusqu’à 200 ˚C lorsque la température augmente, les limites de phases étant
modifiées. Au-delà de cette température, il y a enrichissement continu de la structure cu-
bique centrée (α) en hydrogène pour des concentrations en hydrogène inférieures à 1 H/M,
le comportement n’est pas connu pour des concentrations supérieures.
Le comportement structural de notre échantillon à température ambiante vis-à-vis de
l’hydrogène est similaire à celui du vanadium à des températures supérieures à 200 ˚C,
puisqu’il y a enrichissement continu en hydrogène, mais la structure cubique centrée se
déforme progressivement par élongation du paramètre de maille c pour former une struc-
ture quadratique centrée.
132
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
Intensité (coups)
5000
4000
3000
2000
1000
80
70
60
2θ (degrés)
50
40
30
450
400
350
300
250
200
150
100
50
1,8 H/M
Température (° C)
0 H/M
Figure 5.40 – Diffraction des rayons X durant la désorption thermique de l’échantillon de composition
Ti20 V70 Fe10 , initialement chargé en hydrogène à 1,8 H/M. Les flèches indiquent les raies provenant du
porte-échantillon en cuivre.
133
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
0,42
cubique faces centrées
Paramètre de maille (nm)
0,40
0,38
0,36
0,34
cubique centré
0,32
0,30
50 100 150 200 250 300 350 400 450
Température (° C)
Figure 5.41 – Évolution des paramètres de maille de l’échantillon de composition Ti20 V70 Fe10 initialement
chargé à 1,80 H/M en fonction de la température lors de la thermodésorption. Les structures adoptées par
les atomes de métal sont précisées.
134
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
135
Chapitre 5 : Étude des propriétés d’hydrogénation des composés de structure cc
mente, la largeur de plateau augmentant lorsque le taux de vanadium augmente. Il est donc
souhaitable, lors du choix d’une composition connaissant la pression de plateau souhai-
tée, de choisir la composition la plus riche en vanadium afin d’avoir la meilleure capacité
réversible, ce qui en contrepartie augmente le prix de l’alliage, le vanadium étant le plus
cher des trois métaux utilisés.
Pour tous les échantillons étudiés, le rapport entre les pressions de plateau à l’absorp-
tion et à la désorption est de l’ordre de dix, mais varie légèrement d’un échantillon à
l’autre. Aucune relation entre le facteur d’hystérésis ou le facteur de pente des plateaux et
la composition n’a pu être mise en évidence.
Des mesures de cinétique ont été présentées pour un échantillon, et sont caractéris-
tiques de tous les alliages étudiés. L’absorption d’hydrogène jusqu’à la capacité maxi-
male à partir de l’échantillon exempt d’hydrogène se fait très rapidement, puisqu’un taux
d’avancement de 0,9 est atteint en moins d’une minute.
L’étude du comportement d’un échantillon sur 250 cycles d’absorption – désorption
a mis en évidence un ralentissement de la cinétique, ce qui s’est traduit lors de notre
expérience par une diminution de la capacité effective, puisque la durée d’absorption et de
désorption a été maintenue constante.
Des mesures d’isothermes pression – composition à des températures comprises entre
150 ˚C et 350 ˚C ont montré l’absence de plateau de pression pour des concentrations
en hydrogène inférieures à 0,8 H/M, traduisant l’existence d’une seule phase pour ces
concentrations en hydrogène. Ce résultat a été étendu à la température ambiante pour le
composé de composition Ti20 V70 Fe10 grâce à des mesures de diffraction des rayons X.
Cette phase est de structure quadratique centrée, et s’est formée à partir de la structure
cubique centrée présente à 0 H/M par élongation du paramètre de maille c.
Une comparaison des pressions d’équilibre peu avant le plateau et sur le plateau in-
dique qu’à une température inférieure à 100 ˚C, on ne peut pas augmenter significative-
ment la capacité réversible en augmentant la pression d’équilibre peu avant le plateau de
pression car celle-ci reste trop faible.
136
Chapitre 6
Parmi les composés métalliques absorbant l’hydrogène, nous nous sommes intéressés
aux alliages de structure cubique centrée, principalement parce qu’ils peuvent être consti-
tués d’éléments de transition légers, offrant ainsi une capacité d’absorption supérieure à
celle des composés à base de terres rares. Nous avons choisi d’étudier les alliages du sys-
tème Fe–Ti–V notamment à cause de la possibilité d’utiliser comme source de vanadium
du ferrovanadium, moins cher que le vanadium pur.
137
Chapitre 6 : Synthèse de l’étude et perspectives
de pression n’a été mis en évidence dans les conditions d’expérience. Les propriétés d’hy-
drogénation de l’échantillon de type structural CsCl se sont avérées être proches de celles
de FeTi, mais le plateau de pression présente une pente plus faible.
Cependant, les objectif suivants, qui avaient été fixés initialement, n’ont pas pu être
atteints par manque de temps :
• évaluation du diagramme de phases Fe–Ti–V par la méthode CALPHAD (Calcula-
tion of Phase Diagrams),
• étude de l’influence de l’ajout de manganèse à des alliages de structure cubique
centrée du système Fe–Ti–V afin d’en étudier l’influence sur les propriétés d’hydro-
génation.
Lors de l’étude du diagramme de phases du système Fe–Ti–V, nous avons mis en évi-
dence l’existence d’une extension ternaire pour les deux composés FeTi, de type structural
CsCl, et Fe2 Ti, de structure C14. Or, des composés de ces deux structures sont connus
pour absorber l’hydrogène. Avant d’étudier les propriétés d’hydrogénation des alliages
de structure cubique centrée, au cœur de notre travail, il nous a donc semblé intéressant
d’étudier les propriétés d’hydrogénation des composés Ti35 V30 Fe35 , de structure C14, et
Ti47 V5 Fe48 , de type structural CsCl.
138
Chapitre 6 : Synthèse de l’étude et perspectives
Le premier s’est avéré être actif vis-à-vis de l’hydrogène, contrairement à Fe2 Ti, les
isothermes pression – composition ne présentent toutefois pas de plateau pour des pres-
sions inférieures à 25 bar, et la capacité atteint 0,9 H/M à 25 ˚C sur le domaine de pression
étudié.
L’étude des propriétés d’hydrogénation du composé Ti47 V5 Fe48 a montré que l’ajout
de 5 at.% de vanadium à FeTi ne modifie pas la capacité maximale à 25 bar, qui s’élève à
environ 1 H/M. En revanche, l’isotherme mesurée à 25 ˚C ne présente qu’un seul plateau,
alors que deux plateaux sont observés avec FeTi. Cette différence disparaît toutefois à
65 ˚C, où on constate l’apparition d’un second plateau pour une capacité de 0,7 H/M, la
pente globale de l’isotherme reste cependant inférieure à celle de FeTi.
L’hydrure de notre composé est légèrement stabilisé par rapport à celui de FeTi, ce qui
s’explique par l’augmentation du volume de la maille métallique lorsque le vanadium est
ajouté.
Le cinétique d’absorption de l’hydrogène par le composé Ti47 V5 Fe48 a été mesurée, la
durée nécessaire à un avancement de 90 % étant de l’ordre d’une demi-heure. Cette durée
est augmentée pour une absorption partielle, ce qui a été attribué au plus faible écart entre
la pression régnant dans l’enceinte en fin de réaction et la pression du plateau. L’ajout de
5 at.% de vanadium à FeTi ne modifie donc pas les propriétés cinétiques d’absorption de
l’hydrogène de ce composé.
Nous n’avons constaté sur cet échantillon aucune différence significative entre les iso-
thermes d’absorption – désorption au premier cycle et après vingt cycles (sans compter les
dix cycles d’activation).
De par ses propriétés thermodynamiques, l’échantillon de composition Ti47 V5 Fe48 , de
type structural CsCl, est donc très intéressant, la capacité réversible que l’on peut obtenir
sur une décade de pression s’élevant à 0,93 H/M soit 1,79 wt.%, ou 80 g·L−1 (rappelons
que la densité du dihydrogène liquide s’élève à 70 g·L−1 ).
Les propriétés d’activation et de cinétique n’ont quant à elles pas été modifiées et pré-
sentent un handicap pour une utilisation pratique. Il serait donc intéressant d’étudier l’effet
de la précipitation d’une petite quantité d’une seconde phase active vis-à-vis de l’hydro-
gène sur l’activation et la cinétique. On pourrait par exemple considérer l’ajout de la phase
C14 du système Fe–Ti–V, dont la précipitation pourra être contrôlée à l’aide des données
recueillies sur le diagramme de phases. L’ajout de titane ou de lanthane, qui s’est avéré
efficace avec FeTi, pourrait également être examiné.
Sur la base des informations recueillies sur l’extension ternaire de la phase de structure
cubique centrée basée sur la solution solide Ti–V, nous avons défini les compositions de
dix échantillons monophasés de cette structure afin d’en étudier les propriétés d’hydrogé-
nation. Grâce à l’étude du diagramme de phases à 1200 ˚C nous avons pu en particulier
synthétiser l’échantillon numéro 43, de composition Ti30 V50 Fe20 sans précipitation de la
phase de structure C14.
Cette étude des propriétés d’hydrogénation de la phase de structure cubique centrée,
réalisée à différentes températures, nous a permis de mettre en évidence une relation li-
néaire entre l’enthalpie de formation de l’hydrure (déterminant la pression d’équilibre en
fonction de la température) et la composition du composé métallique. La capacité totale
d’absorption varie quant à elle relativement peu, mais diminue lorsque le taux de fer aug-
mente. La largeur du plateau de pression, donc la capacité réversible, diminue également
lorsque le taux de fer augmente et s’accroît lorsque le taux de vanadium augmente.
139
Chapitre 6 : Synthèse de l’étude et perspectives
Nous avons examiné par diffraction des rayons X à température ambiante l’évolution
structurale d’un échantillon de composition Ti20 V70 Fe10 , de structure cubique centrée, en
fonction de la concentration d’hydrogène. Lorsque la concentration augmente, nous avons
observé une déformation de la maille cubique centrée par élongation de l’axe c, donnant
une maille de structure quadratique centrée, l’augmentation du paramètre c entre 0 H/M
et 0,9 H/M étant linéaire par rapport à la concentration. Sur ce domaine de concentrations,
il n’y a donc pas coexistence de deux phases, l’une pauvre et l’autre riche en hydrogène,
comme c’est le cas avec le vanadium à température ambiante. Pour une concentration
de 1,76 H/M, l’échantillon est presque exclusivement constitué d’une phase de structure
cubique faces centrées, conformément à ce qui est observé avec les composés de structure
cubique centrée à base de vanadium.
Enfin, nous avons mesuré les isothermes pression – composition entre 150 ˚C et 350 ˚C
des échantillons Ti10 V88 Fe2 , Ti20 V70 Fe10 et Ti41 V41 Fe18 pour des concentrations inférieures
à 1 H/M et des pressions inférieures à 10 bar. La comparaison des pressions d’équilibre à
0,6 H/M, c’est-à-dire peu avant le plateau de pression, à 200 ˚C et sur le plateau à 25 ˚C
a montré qu’il n’est pas possible d’augmenter substantiellement la capacité réversible en
augmentant la pression d’équilibre peu avant le plateau par substitution des éléments mé-
talliques. Nous rejoignons en cela les conclusions tirées par Libowitz et coll. [Lib85].
140
Chapitre 6 : Synthèse de l’étude et perspectives
L’une des raisons pour lesquelles nous avons choisi d’étudier le système Fe–Ti–V est
l’utilisation possible de ferrovanadium (V4 Fe) pour la synthèse de l’alliage. À l’aide de
l’équation 5.2, nous avons pu calculer la composition pour laquelle la désorption se produit
à 1 bar à température ambiante, ce qui nous a donné Ti23 V62 Fe15 . La figure 6.2 présente
une représentation graphique de ce calcul.
141
Chapitre 6 : Synthèse de l’étude et perspectives
1
Pression (bar)
0,1
25 ° C
0,01
1E-3
1E-4
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0 1,2 1,4 1,6 1,8 2,0
Figure 6.1 – Courbes pression – composition de l’échantillon numéro 6 de composition Ti10 V88 Fe2 et
construction graphique permettant de déduire la capacité réversible pour une charge à 10 bar à 25 ˚C et
une décharge à 1 bar à 100 ˚C.
0 Ti
100 Ligne iso-enthalpie
Compositions synthétisables
10 avec V4Fe + Ti
90
20
80
30
70 -1
∆désH° (kJ·mol(H2) )
40 70
Fe
60
at.
60
%
50
at.
50 50
Ti
60 40
40
30
70 20
30
80
20
90
10
100
0
Fe 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
V
at.% V
Figure 6.2 – Représentation des lignes iso-enthalpie pour une pression de désorption de 1 bar à 25 ˚C,
d’après l’équation 5.2. La ligne correspondant aux compositions qu’il est possible de synthétiser en
utilisant du ferrovanadium (V4 Fe) et du titane est également représentée. Le point d’intersection est la
composition Ti23 V62 Fe15 .
142
Chapitre 6 : Synthèse de l’étude et perspectives
6.5 Perspectives
6.5.1 Proposition d’études complémentaires
Le travail réalisé au cours de ces trois ans a fourni de nombreux résultats permettant
de mieux connaître le système métallique Fe–Ti–V et les propriétés d’hydrogénation des
alliages de structure cubique centrée de ce système. Cependant, il serait prétentieux de
dire que le sujet a été traité de manière exhaustive. Afin de poursuivre ce travail, il serait
intéressant d’effectuer les études suivantes :
• la surface liquidus du système Fe–Ti–V pourrait être étudiée de manière plus pré-
cise grâce à l’analyse d’échantillons bruts de fusion par microsonde électronique,
diffraction des rayons X et microscopie électronique à balayage (électrons rétrodif-
fusés). Une détermination des températures de liquidus pourrait être effectuée par
une analyse thermique différentielle systématique de ces échantillons ;
• l’évaluation du diagramme de phases du système Fe–Ti–V par la méthode CAL-
PHAD fournirait des informations plus précises sur l’évolution des équilibres entre
phases en fonction de la température, notamment pour des températures comprises
entre 1000 ˚C et 1200 ˚C, et pour des températures supérieures alors que, comme
nous l’avons vu lors de l’étude de la section isotherme à 1200 ˚C, les mesures ex-
périmentales deviennent difficiles du fait d’une réactivité accrue des échantillons à
haute température ;
• l’effet sur les propriétés d’hydrogénation de la précipitation d’une petite quantité
de la phase C14 dans la phase de structure cubique centrée pourrait être étudié.
La phase C14 absorbant facilement l’hydrogène, son influence sur les conditions
nécessaires à l’activation et sur l’évolution de la cinétique lors des cyclages pourrait
en particulier faire l’objet d’expériences ;
• l’effet sur la capacité d’absorption de l’ajout d’un quatrième élément comme le man-
ganèse ou le chrome, qui se trouverait en solution solide dans la phase de structure
cubique centrée, pourrait être étudié.
143
Chapitre 6 : Synthèse de l’étude et perspectives
144
Annexe A
145
Annexe A : Index des structures cristallographiques
Figure A.2 – Sites interstitiels de la structure cubique centrée. Environnement tétraédrique en bleu,
octaédrique en rose.
A.2 Structure B2
Cl
Cs
146
Annexe A : Index des structures cristallographiques
Figure A.5 – Sites interstitiels de la structure cubique faces centrées. Environnement tétraédrique en bleu,
octaédrique en rose.
147
Annexe A : Index des structures cristallographiques
Ca
Figure A.6 – Type structural CaF2 . Les atomes de fluor occupent les sites tétraédriques d’une structure
cubique faces centrées formée par les atomes de calcium.
148
Annexe A : Index des structures cristallographiques
Zn1
Zn2 Mg
Figure A.7 – Structure type C14. La numérotation correspond à celle utilisée dans le tableau A.5
149
Annexe A : Index des structures cristallographiques
Mg
Cu
150
Annexe A : Index des structures cristallographiques
Mg1
Ni2 Ni3
Mg2
Ni1
Figure A.9 – Structure de la phase C36, vue suivant l’axe c. La numérotation correspond à celle utilisée
dans le tableau A.7.
151
Annexe A : Index des structures cristallographiques
Ni2
Mg1
Mg2 Ni1
Ni3
Figure A.10 – Structure de la phase C36, vue perpendiculairement à l’axe c. La numérotation correspond
à celle utilisée dans le tableau A.7.
152
Annexe A : Index des structures cristallographiques
153
Annexe A : Index des structures cristallographiques
M1
M5
M3 M4
M2
M4 M2
M1
M5
M3
154
Annexe A : Index des structures cristallographiques
Ca Cu1
Cu2
Figure A.13 – Structure type CaCu5 . La numérotation correspond à celle utilisée dans le tableau A.9.
155
Annexe B
Pi V
t=0 n0 0
RT
Pi V x PV
t n0 (1 − ξ) − n0 ξ = n0 ξ
RT 2 RT
Pi V x Pf V
t=∞ 0 − n0 = n0
RT 2 RT
avec t : temps
n0 : nombre initial de moles de métal
Pi : pression initiale de dihydrogène
P : pression de dihydrogène à un temps quelconque
P f : pression finale de dihydrogène
V : volume du système
R : constante des gaz parfaits
T : température en kelvins
ξ : avancement de la réaction (compris entre 0 et 1)
À un temps t quelconque, on a :
x n0 ξ RT
P = Pi −
2V
or
Pi V x Pf V RT
− n0 = ⇔ Pi − P f = x n0
RT 2 RT 2V
donc
157
Annexe B : Calcul de l’avancement de la réaction d’hydrogénation
x n0 ξ RT x n0 RT
P = P f + Pi − P f − = Pf + (1 − ξ)
2V 2V
P = P f + (1 − ξ) Pi − P f
On en déduit alors l’expression de l’avancement de la réaction :
Pi − P
ξ=
Pi − P f
158
Annexe C
Cette équation d’état est valable pour le dihydrogène gazeux, sur les domaines de pres-
sion et de température suivants :
Elle permet, d’après les auteurs, de traduire avec moins de 0,5 % d’erreur les mesures
expérimentales disponibles lors de la publication.
Pour des pressions inférieures à 1 bar, la loi des gaz parfaits est assez fiable.
nα(T )
!
P + a(P) α(T ) (V − nb(P)) = 10nRT (C.1)
V
Remarque : l’équation C.1 est dérivée de l’équation de van der Waals, dans laquelle la
pression est exprimée en Pa et le volume en m3 . Mais le calcul des paramètres a et b défi-
nis ci-dessous se fait avec le bar comme unité de pression. Afin de n’avoir à utiliser que le
bar pour la pression, et pour des raisons pratiques le cm3 pour le volume, il est nécessaire
de faire apparaître un facteur 10 dans le membre de droite de l’équation C.1.
159
Annexe C : Équation de Hemmes [Hem86]
b3 = −3,463717
b4 = 0,87372903
b5 = −0,12385414
b6 = 9,8570583 · 10−3
b7 = −4,1153723 · 10−4
b8 = 7,02499 · 10−6
160
Annexe D
Algorithme de Newton
La méthode de Newton permet de trouver par itérations la racine d’une fonction conti-
nue et dérivable, avec une incertitude aussi faible que souhaité. Elle consiste, à partir d’une
valeur de départ, à approximer à chaque itération la courbe par sa tangente (figure D.1).
α x3 x2 x1 x0
161
Annexe D : Algorithme de Newton
Dans certains cas, si la valeur de départ x0 est trop éloignée de la solution recherchée, ou
si la racine correspond à un point d’inflexion de la courbe, la suite (xn ) pourra diverger
(figure D.2). Il est donc judicieux, lors de l’écriture du programme, de limiter le nombre
d’itérations, pour ne pas entrer dans un calcul infini. D’autre part, si il y a plusieurs racines,
la solution trouvée pourra ne pas être celle recherchée.
x3 x1 α x0 x2 x4
Figure D.2 – Cas où l’algorithme de Newton diverge car la solution recherchée α correspond à un point
d’inflexion de la courbe.
162
Annexe E
Abréviations utilisées
163
Bibliographie
165
Références bibliographiques
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