Classe : 1TSI 3 Chapitre 5 : Stockage d’énergie C.P.G.
E SAFI
Pr. ERKHAYLA Redwane Les panneaux solaires Année : 2019/2020
I. Pourquoi stocker l’énergie ?
Le stockage de l’énergie est utilisé pour répondre aux besoins suivants :
➢ Le besoin d’autonomie, le besoin de se déplacer avec sa propre source d’énergie. C’est l’obstacle
rencontré par tous les véhicules et parmi eux les véhicules électriques. C’est également la difficulté pour
tous les appareils électriques portatifs autonomes (téléphones, etc.)
➢ Le besoin d’alimenter des sites isolés où on alimente des dispositifs demandant une énergie réduite.
➢ Le besoin de compenser le décalage temporel entre la demande en énergie et la possibilité de production. C’est
le problème lorsqu’on utilise des énergies renouvelables qui ne produisent jamais en quantité suffisante au
moment où on en a besoin.
➢ Le besoin d’apport de puissance ou d’énergie : Dans les systèmes hybrides où le stockage joue un rôle en
termes d’apport de puissance ou d’énergie selon l’application (ex : phases d’accélération ou de freinage).
Les solutions de stockage d’énergie se divisent en quatre catégories principales :
a) l’énergie mécanique potentielle ou cinétique : Barrage hydroélectrique, Station de Transfert d’Energie par
Pompage (STEP), stockage d’énergie par air comprimé (CAES), volants d’inertie ;
Le stockage d'énergie par volant d'inertie est utile pour la régulation et l'optimisation énergétique d'un système. Il
ne permet pas d'obtenir une durée d'autonomie importante comme les batteries électrochimiques ou le stockage
d'énergie par pompage / turbinage.
b) l’énergie thermique : (chaleur latente ou sensible) dans le domaine du chauffage, de la climatisation et de la
production d’ECS (Eau Chaude Sanitaire).
c) l’énergie chimique : (filière hydrogène) dans les chaudières et les piles à combustible (PAC)
d) l’énergie électrochimique ou électrostatique : (accumulateurs, batteries, condensateurs).
Dans ce qui suit, nous développerons uniquement la solution de stockage d’énergie sous forme d’une énergie
électrochimique (piles, accumulateurs, batteries) et électrostatique (Condensateurs).
II. Générateurs électrochimiques
CPGE 1/6
1. Principe
Les termes piles, accumulateurs, batteries, désignent des dispositifs dont la fonction est de transformer
directement, c’est-à-dire sans passage par une forme intermédiaire, l’énergie libérée par une réaction chimique en
énergie électrique. Ces générateurs électrochimiques sont constitués d’un conducteur ionique, appelé électrolyte
sous forme liquide ou gel, dans lequel baignent deux électrodes : l’anode et la cathode.
Lors de la décharge, les électrons ȇ quittent l'anode vers le circuit extérieur et retournent au générateur par la
cathode.
L’anode subit une oxydation (perte d’𝑒 − ) alors que la cathode subit une réduction (gain d’𝑒 − ). On parle
d’oxydoréduction.
Exemple : batterie plomb - acide sulfurique
On empêche le court-circuit entre électrodes avec un séparateur qui ne conduit pas les
électrons (isolant) mais qui permet le passage des ions par des trous dans sa structure
(papier, plastique finement perforé, fibre de verre, …).
2. Différents types
Les accumulateurs produisent du courant continu avec une différence de potentiel ou tension relativement faible (1à 3 V
en général). Pour obtenir une tension plus élevée, il faut les associer (on parle de batteries). Ils sont rechargeables par
opposition aux piles qui ne le sont pas.
Une batterie désigne un ensemble d’accumulateurs électriques raccordés en :
▪ série pour augmenter la tension ;
▪ parallèle pour avoir une plus grande capacité ou plus de courant qu'avec un élément seul.
CPGE 2/6
3. Grandeurs caractéristiques
a) Tension nominale
La tension nominale U (Unité : Volt) est la tension moyenne aux
bornes d’une batterie ou d’un accumulateur observée sur la plus
grande partie de sa courbe de décharge.
La courbe ci-contre, donnée à titre indicatif, est valable pour les
accumulateurs Ni-Cd et Ni-MH.
La tension nominale par élément est de 1,2 V.
La tension de la batterie est un multiple de la tension de
l’élément de base.
b) Capacité
La capacité C (notée parfois Q) est la quantité d'électricité que la batterie ou l’accumulateur chargé peut restituer au cours
d'une décharge complète. On l’exprime en Ah ou mAh:
c) Densité énergétique :
L’énergie stockée s’écrit :
Il est également intéressant d'avoir l'ordre de grandeur de la densité énergétique d’une batterie. C’est la quantité
d’énergie stockée par unité de masse (Unités : Wh/kg).
Exemple: Calcul de l’énergie massique d'un accumulateur Ni-MH
Tension 1,2 V -capacité 1500 mAh -masse 25 grammes.
L’énergie totale fournie est : W=1.2*1.5=1.8 Wh ➔ Soit une énergie massique : 1.8/0.025 = 72 Wh/kg
d) Résistance interne :
Le modèle le plus simple de générateur électrochimique est le modèle statique (E 0,R) à paramètres constants, qui
implémente l’équation U = E0– RI.
E0 est la fém. à vide (force électromotrice) du générateur. R est sa résistance interne en Ω.
e) Autodécharge :
En raison d’impuretés présentes dans les produits chimiques utilisés pour leur fabrication, des technologies mises
en œuvre et des réactions électrochimiques qui y ont lieu, les batteries se déchargent même quand elles ne sont pas
utilisées.
f) Cyclabilité (durée de vie)
Elle caractérise la durée de vie de l’accumulateur, c’est à dire le nombre de fois où il peut restituer le même niveau
d’énergie après chaque nouvelle recharge.
CPGE 3/6
III. Supercondensateurs : Stockage sous forme électrostatique :
1. Généralités :
Les batteries ont une forte densité énergétique mais une faible densité de puissance. Leur
durée de vie en nombre de cycles charge – décharge est relativement limitée. Le
développement technologique et la maîtrise de fabrication de nouveaux matériaux ont
permis la réalisation d'autres systèmes modernes de stockage d'énergie électrique
comme les supercondensateurs. Ils peuvent être utilisés de façon complémentaire aux
batteries ou à la pile à combustible.
2. Principe :
Le supercondensateur est constitué de deux électrodes poreuses,
généralement en charbon actif et imprégnées d'électrolyte, qui sont séparées
par une membrane isolante et poreuse pour assurer la conduction ionique
(séparateur).
Le principe de fonctionnement est basé sur le stockage de l’énergie par
distribution des ions provenant de l’électrolyte au voisinage de la surface
des deux électrodes.
La valeur de sa capacité C (en Farad) est donnée par la relation simplifiée :
- S: surface des armatures
- e: épaisseur du diélectrique
- ε: permittivité du diélectrique
L’épaisseur d’isolant e (distance d’approche) est très faible (inférieur au
nanomètre) On peut ainsi obtenir des valeurs très élevées de capacités (1 à 5000 F).
L’énergie stockée dans un supercondensateur est donnée par la relation suivante :
𝟏
𝐖𝐬 = 𝐂 𝐔𝟐
𝟐
Avec U la tension entre les bornes de supercondensateur et C sa capacité.
Comparaison des différents systèmes de stockage :
▪ Les supercondensateurs se positionnent entre les batteries et les condensateurs. Leur densité d’énergie est bien
plus élevée que celle des condensateurs. Par contre, l’énergie stockée est 10 fois plus faible que l’énergie stockée
dans une batterie.
CPGE 4/6
▪ Le problème des batteries classiques réside dans leur faible densité de puissance. Dans ce domaine, les
condensateurs restent indétrônables avec une densité de puissance pouvant atteindre 100 kW/kg ce qui
représente dix fois la densité de puissance d’un supercondensateur.
▪ Les condensateurs et supercondensateurs ont une durée de vie importante (> 5.105cycles)
Figure: Diagramme de Ragone représentant la densité de puissance en fonction de la densité d'énergie fournies
par le matériau.
IV. Les panneaux solaires
L’énergie solaire photovoltaïque est une forme d’énergie renouvelable. Elle permet de produire de l’électricité par
transformation d’une partie du rayonnement solaire grâce à une cellule photovoltaïque.
1. Définitions
▪ La cellule photovoltaïque : est l’unité de base qui permet de convertir l’énergie lumineuse en énergie électrique.
▪ Le panneau/modules photovoltaïque : est formé d’un assemblage de cellules photovoltaïques.
▪ Le champ photovoltaïque : c’est lorsqu’on regroupe plusieurs panneaux sur un même site
▪ L’éclairement : c’est la puissance lumineuse reçue par unité de surface. Il s’exprime en W/m². La grandeur
associée à l’éclairement est notée G Parfois, cette grandeur est aussi appelée irradiance.
2. Caractéristiques électriques d’une cellule
▪ Caractéristique courant / tension :
A température et éclairement fixés, la caractéristique courant / tension d’une cellule a l’allure suivante :
CPGE 5/6
Uv : tension circuit ouvert indique la tension présente aux bornes du panneau quand il n’est pas branché.
Icc : courant de court-circuit indique le courant max que peut délivrer le panneau.
▪ Caractéristique puissance / tension
La puissance délivrée par la cellule a pour expression P = U.I. Pour chaque point de la courbe précédente, on peut calculer
la puissance P et tracer la courbe P = f(U). Cette courbe a l’allure suivante :
Le Point de Puissance Maximum (PPM ou MPP en anglais) sur cette courbe correspond au produit de 2 valeurs
particulières qui sont :
✓ Le courant de puissance maximale noté Ipm
✓ La tension de puissance maximale notée Upm
▪ La puissance de crête
Par définition, la puissance de crête représente la puissance maximum fournie par une cellule lorsque l’éclairement
G = 1000W/m² et la température θ = 25°C.
L’unité de cette puissance est le Watt crête, noté Wc.
Les constructeurs spécifient toujours la puissance de crête d’un panneau photovoltaïque. Cependant, cette puissance est
rarement atteinte car l’éclairement est souvent inférieur à 1000W/m² et la température des panneaux en plein soleil
dépasse largement les 25°C.
▪ Influence de l’éclairement G
A température constante :
CPGE 6/6
▪ Influence e la température 𝜽
3. Groupements de cellules
On peut grouper les cellules en série ou en parallèle :
▪ Le groupement série permet d‘augmenter la tension de sortie. Pour un groupement de n cellules montées en
série la tension de sortie Us a pour expression générale :
Us = n.Uc .
Avec Uc : tension fournie par une cellule Pour ce groupement, le courant est commun à toutes les cellules.
▪ Le groupement en parallèle permet d’augmenter le courant de sortie. Pour un groupement de n cellules montées
en parallèle, le courant de sortie Is a pour expression générale : Is=n.Ic
Avec Ic : courant fourni par une cellule Pour ce groupement, la tension est commune à toutes les cellules.
Remarque : Pour éviter que les cellules parallèles ne débitent les unes sur les autres, on ajoute des diodes anti-retours.
Groupement des cellules en série Groupement des cellules en parallèle
CPGE 7/6