Devoir maison no 3 : Correction
Exercice 1 (dŠaprès CCP 2020).
Partie A - Convergence d’intégrales
1
2
1. JustiĄer que, pour tout n ∈ N, on a tn e−t = o 2 .
+∞ t
2
tn e−t 1
2 2
Soit n ∈ N. On a 1 = tn+2 e−t −−→ 0 par croissances comparées. Ainsi tn e−t = o .
t2
t→+∞ +∞ t2
Z +∞
2
2. En déduire que, pour tout n ∈ N, lŠintégrale tn e−t dt est convergente.
0
Soit n ∈ N. La fonction t 7→ tn e −t2
est continue sur [0 ; +∞[.
1
2
DŠaprès la question précédente, tn e−t = o 2 .
+∞ t
dt
Z +∞
Or est une intégrale de référence convergente en +∞ (car α = 2 > 1). Ainsi par comparaison
1 t2
Z +∞
2
entre fonctions positives on en déduit que tn e−t dt est convergente .
0
Z +∞
2
3. Pour tout x élément de R, montrer que lŠintégrale sin(xt) e−t dt est convergente.
0
2
Soit x ∈ R. La fonction t 7→ sin(xt) e−t
est continue sur [0 ; +∞[.
2 2
Pour tout t ∈ [0 ; +∞[, sin(xt) e−t ⩽e .
−t
Z +∞
2
Or dŠaprès la question précédente (cas n = 0), lŠintégrale e−t dt est convergente. Ainsi par
0
Z +∞
2
comparaison de fonctions positives, on en déduit que sin(xt) e−t dt est convergente .
0
4. Z
À lŠaide dŠun changement de variableZ et de la question 2, montrer que, pour tout n ∈ N, lŠintégrale
0 2
0 2
Z +∞
2
tn e−t dt est convergente et que tn e−t dt = (−1)n tn e−t dt.
−∞ −∞ 0
Soit n ∈ N. Dans lŠintégrale de la question 2 dont on a montré la convergence, on pose t = −s qui
est une bijection décroissante de classe C 1 de ]−∞ ; 0] dans [0 ; +∞[. On a ainsi
Z +∞ Z −∞ Z 0
2 2 2
tn e−t dt = (−s)n e−(−s) (− ds) = (−1)n sn e−s ds
0 0 −∞
et en particulier cette dernière intégrale est donc convergente.
Z +∞
2
5. Déduire des résultats précédents que, pour tout n ∈ N, tn e−t dt est convergente.
−∞
Soit n ∈ N. La fonction t 7→ tn e −t2 est continue sur ]−∞ ; +∞[. On doit donc étudier les deux intégrales
Z 0 Z +∞
n −t2 n −t2
t e dt et t e dt. Or on a démontré aux questions 2 et 4 quŠelles convergeaient toutes
−∞ 0
Z +∞ 2
les deux dŠoù tn e−t est convergente .
−∞
TSI2 - Les Lombards 1/4 2023Ű2024
Partie B - Calcul et résultats asymptotiques
Z +∞ 2
Z +∞
2 √
Pour la suite, pour n ∈ N, on note In = tn e−t dt et on admet que I0 = e−t dt = π.
−∞ −∞
6. En utilisant la question 4, justiĄer que, pour tout p ∈ N, I2p+1 = 0.
Soit p ∈ N. DŠaprès la relation de Chasles,
Z 0 Z +∞
2p+1 −t2 2
I2p+1 = t e dt + t2p+1 e−t dt.
−∞ 0
Or, en posant n = 2p + 1 dans le résultat de la question 4, puisque (−1)2p+1 = −1, on a
Z +∞ Z 0
2 2
t2p+1 e−t dt = − t2p+1 e−t dt.
0 −∞
Ainsi I2p+1 = 0 .
Remarque : plus généralement, si une fonction f est impaire, sous réserve de convergence, on a
Ra
−a f (t) dt = 0 pour tout a réel ou infini.
2k + 1
7. Établir à lŠaide dŠune intégration par parties que, pour tout k ∈ N, on a I2(k+1) = I2k .
2
2 2
Indication : on écrira t2k+2 e−t = t2k+1 × t e−t .
2
Soit k ∈ N. On prend X et Y deux réels tels que X < Y . On pose u = t2k+1 et v ′ = t e−t . Ainsi
1 2
u′ = (2k + 1)t2k et v = − e−t . Les fonctions u et v étant de classe C 1 sur [X ; Y ], par intégration par
2
parties, on a :
−1 2k+1 −t2 Y 2k + 1 Y 2k −t2
Z Y Z
2
t2k+2 e−t dt = t e + t e dt
X 2 X 2 X
−1 2k+1 −Y 2 1 2k+1 −X 2 2k + 1 Y 2k −t2
Z
= Y e + X e + t e dt.
2 2 2 X
2 2
Comme par croissances comparées lim Y 2k+1 e−Y = 0 et lim X 2k+1 e−X = 0, en passant à la
Y →+∞ X→−∞
limite dans lŠégalité précédente lorsque X → −∞ et Y → +∞, on obtient
2k + 1
Z +∞ Z +∞
2 2
t2k+2 e−t dt = 0 + 0 + t2k e−t dt,
−∞ 2 −∞
2k + 1
cŠest-à-dire I2k+2 = I2(k+1) = I2k .
2
8. Écrire en Python une fonction valeur_int qui prend en argument un entier p et qui renvoie la valeur
de I2p .
√
On utilise la valeur admise I0 = π et la relation précédente pour calculer I2p de proche en proche :
1 from math import sqrt , pi
2
3 def valeur_int ( p ):
4 """ Renvoie la valeur de I_{2p} """
5 I = sqrt ( pi ) # Valeur de I_0
6 for k in range ( p ):
7 I = I * (2* k + 1)/2 # Relation de Q7
8 return I
On peut aussi donner une version récursive (mêmes importations de module) :
TSI2 - Les Lombards 2/4 2023Ű2024
1 def val ( p ):
2 if p == 0:
3 return sqrt ( pi )
4 else :
5 return val (p -1) * (2*( p -1) + 1)/2 # cf Q7 pour k=p-1
(2p)! √
9. Montrer par récurrence que, pour tout p ∈ N, I2p = π.
22p p!
(2p)! √
Proposition à démontrer : Pour tout p ∈ N, on pose P(p) : ń I2p = π ż.
22p p!
√ (2 × 0)! √ 1 √
Initialisation : DŠune part I0 = π (cf énoncé) et dŠautre part 2×0 π= = π. Ainsi P(0)
2 0! 1×1
est vraie.
Hérédité : Soit p ∈ N. Supposons P(p) vraie. On a
Q7 2p + 1
I2(p+1) = I2p
2
P(p)
2p + 1 (2p)!
= × 2p
2 2 p! 2p + 2
× pour faire apparaître le
2p + 2
2p + 2 2p + 1 (2p)! (2p + 2)! désiré au numérateur.
= × × 2p
2(p + 1) 2 2 p!
(2p + 2)!
=
22p+2 (p + 1)!
donc P(p + 1) est vraie.
(2p)! √
Conclusion : DŠaprès le principe de récurrence, on a montré que pour tout p ∈ N, I2p = π.
22p p!
√
10. Dans le DM2, on a montré que n! ∼ nn e−n 2πn (formule de Stirling).
+∞
En utilisant ce résultat et la question précédente, montrer que lim I2p = +∞.
p→+∞
√
DŠaprès la formule de Stirling pour n = 2p, on a (2p)! ∼ (2p)2p e−2p 2π × 2p. Ainsi, dŠaprès la
+∞
question précédente
√ √
22p p2p e−2p 2π 2p √ 2p−p −2p+p
√ √ p −p
√
I2p ∼ √ π ∼ p e 2 π ∼ p e 2π.
+∞ 22p pp e−p 2πp +∞ +∞
Or par croissances comparées lim pp e−p = +∞ dŠoù lim I2p = +∞ .
p→+∞ p→+∞
11. Écrire en Python une fonction seuil qui prend en argument un Ćottant borne et qui renvoie le plus
petit entier p tel que I2p ⩾ borne. On utilisera la fonction valeur_int de la question 8 pour calculer
les valeurs de I2p .
On procède de façon classique avec un while.
1 def seuil ( borne : float ) -> int :
2 p = 0
3 while valeur_int ( p ) < borne :
4 p = p + 1
5 return p
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Partie C (facultative) - Une équation différentielle Z +∞
2
DŠaprès la question 3, on peut déĄnir sur R une fonction S : x 7→ sin(xt) e−t dt.
0
x 1
On admet que la fonction S est dérivable et solution sur R de lŠéquation différentielle y ′ + y= .
2 2
1 x2 x t2
Z
12. ⋆ Montrer que pour tout x appartenant à R, S(x) = e− 4 e 4 dt.
2 0
x 1
Notons (E) lŠéquation différentielle y ′ + y = et résolvons-la.
2 2
x
• Tout dŠabord lŠéquation homogène (H) associée est y ′ + y = 0.
2
2
Comme x 7→ x4 est une primitive sur R de x 7→ x2 , les solutions de (H) sont les fonctions de la forme
x2
x 7→ λ e− 4 avec λ ∈ R.
x2
• Cherchons maintenant une solution particulière de (E) sous la forme yP : x 7→ z(x) e− 4 avec z une
fonction dérivable sur R (méthode de la variation de la constante).
La fonction yP est dérivable sur R comme produit de fonctions qui le sont, et on a pour tout x ∈ R,
x2 x2
yP′ (x) = z ′ (x) e− 4 − x2 z(x) e− 4 . En injectant dans (E), on a yP solution de (E) si et seulement si
pour tout x ∈ R,
x 1 x2 1 1 x2
yP′ (x) + yP (x) = ⇐⇒ z ′ (x) e− 4 = ⇐⇒ z ′ (x) = e 4 .
2 2 2 2
1 t2
1 x t2
Z x Z t2
1
Ainsi on peut choisir z(x) = e 4 dt (cŠest la primitive de x 7→
e 4 dt = e 4 qui sŠannule
0 2 2 0 2
en 0). (Attention, on ne sait pas calculer explicitement cette intégrale.)
• On a ainsi obtenu que les solutions de (E) sur R sont les fonctions de la forme
1
x2 x2
Z x t2
x 7→ λ e− 4 + e− 4 × e 4 dt avec λ ∈ R.
2 0
• Comme dŠaprès lŠénoncé, S est solution de (E), il existe un réel λ tel que S est de la forme précédente,
x2 1 − x2 x t2
Z
i.e. pour tout x ∈ R, S(x) = λ e − 4
+ e 4 e 4 dt.
2 0
Z +∞ Z +∞
−t2
En évaluant en x = 0, on a dŠune part S(0) = sin(0) e dt = 0 dt = 0 et dŠautre part
0 0
1
Z 0 t2
λ e0 + e0 e 4 dt = λ + 0, dŠoù λ = 0. (Cela revient à dire que S est lŠunique solution du problème
2 0
de Cauchy constitué de (E) et de la condition initiale y(0) = 0).
1 x2 x t2
Z
• Finalement, on a obtenu ∀x ∈ R, S(x) = e− 4 e 4 dt .
2 0
Remarque : si vous voulez savoir comment on obtient l’équation différentielle vérifiée par S, allez voir
la dernière partie du CCINP 2020.
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