Sept Perso
Sept Perso
Face à l’insistance de ses scientifiques, qui voyaient dans ce signal le témoignage d’une
puissance potentiellement colossale, Farsight comprit qu’il ne pouvait ignorer cette
découverte. Il est aujourd’hui supposé sans réelle certitude que l’idée que cette force
inconnue puisse être exploitée pour faire pencher la guerre contre les Orks en sa faveur, et
offrir un avantage décisif à ses troupes de manière durable, le poussa à agir. Il ordonna
donc cette mission secrète, sûrement certain que ce qu’ils allaient découvrir pourrait
changer le cours des événements.
Leurs ordres étaient clairs : enquêter sur cette anomalie et rapporter toute découverte
d’ennemis ou de technologies pouvant servir la seule cause juste, le Tau’va. Ce qu’ils
ignoraient, c’était que cette mission les mènerait bien au-delà des frontières connues de
l’Empire Tau, dans une région où ni l’Éthéré ni le Bien Suprême ne pouvaient les atteindre…
Après plusieurs cycles de voyage, la flotte pénétra dans une mer d’astéroïdes d’où
émanait le signal mystérieux. Très vite, des anomalies étranges commencèrent à affecter du
plus simples instruments de navigation jusqu’aux moteurs des bâtiments principaux de la
flotte . Les pertes s'accumulèrent jusqu’à ce qu’ils parviennent enfin à percer cet épais
nuages de roches flottantes, les Tau arrivèrent alors dans ce qui semblait être l’œil de cette
mer sphérique d’astéroïdes. Ils crurent d’abord ce vide complètement dépourvu de vie ou
d’astre.. mais c’est alors que les vaisseaux furent attirés inexorablement vers une planète
inconnue, au cœur de ce vide stellaire. Lorsque la gravité colossale de l’astre se fit sentir, il
était déjà trop tard. la gravité devint de plus en plus intense, exerçant une pression
croissante sur les coques des vaisseaux. Les pilotes de la Caste de l’Air, habitués à
manœuvrer dans des environnements difficiles, luttèrent pour garder le contrôle, mais la
situation échappait rapidement à leur expertise. Les moteurs principaux de plusieurs
vaisseaux, déjà fortement endommagés par la traversé du champ d’astéroïdes, cédèrent
sous la pression colossale, ne répondant plus aux commandes. Les défaillances se
multiplièrent, rendant la flotte vulnérable à l’attraction irrésistible de la planète inconnue.
Dans un effort désespéré pour éviter le pire, les équipages tentèrent de rediriger la
puissance vers les propulseurs, mais la gravité anormale les attirait inexorablement.
Finalement, la flotte fut arrachée du vide spatial et projetée avec une violence inouïe contre
la surface rocheuse de la planète. Les vaisseaux s’écrasèrent les uns après les autres,
brisant les coques et réduisant en miettes les espoirs de retour. La majorité des vaisseaux
furent détruits à l’impact, et ceux qui survécurent virent leurs systèmes irrémédiablement
endommagés, condamnant les survivants à une existence sur ce monde hostile.
Bien que cette planète se trouvât loin de l’astre solaire du système, son atmosphère n’était
pas glaciale comme on aurait pu s’y attendre. Au contraire, une chaleur subtile, mais
constante, émanait du sol, suggérant une activité géothermique intense sous la surface.
Cette chaleur, sans doute issue d’un noyau en fusion, maintenait une température ambiante
stable, empêchant le froid interstellaire de prendre le dessus. Cette combinaison de chaleur
interne et de micro-écosystèmes aquatiques donnait à la planète un air de paradoxe vivant,
où la vie et la stérilité coexistaient dans une tension délicate.
Cependant Son atmosphère stérile et sa gravité écrasante mirent rapidement à l’épreuve les
capacités des Tau. Sans aucun Éthéré pour les guider, les membres de la flotte furent
forcés de s’adapter par eux-mêmes. Leurs vaisseaux, autrefois symboles de leur
technologie avancée, devinrent leur seul refuge. Ils les transformèrent en villes éphémères,
un sanctuaire improvisé où ils élaborèrent des plans désespérés pour leur survie et une
éventuelle évasion de cette prison rocheuse et inhospitalière. Mais l’espoir de quitter ce
monde se fit de plus en plus mince à mesure que les cycles passaient.
Chapitre 4 : L’Évolution du Sept
Les conditions extrêmes de la planète commencèrent à laisser leur marque sur les
survivants. La gravité intense forgea des guerriers plus forts et plus résistants, unis par un
même instinct de survie. Les membres de la Caste du Feu et ceux de la Caste de l’Air,
autrefois si différents, convergèrent lentement vers une nouvelle forme physique, adaptée à
ce monde impitoyable. Avec le temps, l’utilisation d’Exo-armures modifiées pour accomplir
les tâches les plus simples de leur quotidien devint aussi une habitude forcée sur cette
planète où tout était plus lourd, plus loin et plus fatiguant.
Alors que les survivants Tau travaillaient sans relâche pour réparer les vaisseaux
endommagés, cherchant désespérément à quitter cette planète inhospitalière, certains
commencèrent à explorer les alentours pour occuper leur esprit et s’assurer qu’aucune
menace insoupçonnée ne les guettait. C’est au cours de ces expéditions qu’ils tombèrent
sur une structure imposante et énigmatique, semblant égarée dans les étendue du paysage
rocheux : un temple ancien, dont la conception semblait remonter à des millénaires.
Dès le premier regard, il était clair que n’était pas une construction ordinaire. Les Tau,
pourtant habitués à la précision et à l’ingénierie avancée, furent frappés par la perfection
géométrique de l’édifice. Dépourvu de tout ornement, inscription ou symbole, le temple se
dressait tel un monument silencieux, érigé avec une précision absolue. Les murs lisses et
noirs, taillés dans un matériau inconnu, reflétaient une simplicité trompeuse, cachant peut-
être une sophistication inégalée pour son époque. Chaque angle, chaque surface, à
l’intérieur comme à l’extérieur, respectait une symétrie parfaite, défiant les conventions de
l’architecture connue des Tau.
En progressant plus avant dans leur exploration, les Tau découvrirent au cœur du temple
une vaste cavité, un trou béant qui semblait descendre sans fin vers les entrailles de la
planète. Ce gouffre, plongé dans une obscurité insondable, attirait irrésistiblement l’attention.
Pourtant, toute tentative de l’explorer se heurta à une force invisible mais implacable : plus
ils tentaient de sonder les profondeurs avec leurs drones, plus ces derniers disparaissaient,
avalés par une gravité de plus en plus intense. Aucune technologie à leur disposition ne
pouvait percer le mystère de ce gouffre insondable, et la question de ce qui se cachait en
dessous resta sans réponse.
Malgré cet échec, les Tau ne se résignèrent pas à abandonner leur quête. Le temple, avec
son architecture parfaite et son gouffre mystérieux, renfermait forcément quelque chose de
plus grand, de plus ancien, quelque chose qui devait être découvert. Les Tau comprirent
que ce lieu recelait un secret qu’ils devaient percer, un défi à leur intelligence et à leur
technologie. Même si ce n’était pas aujourd’hui qu’ils décryptaient les mystères du temple,
ils savaient que ce serait par eux, que l’énigme finirait par être résolue. Leur détermination,
forgée par leur isolement et leur lutte pour la survie, les poussa à poursuivre leur étude de
ce temple, convaincus que sa vérité leur appartiendrait un jour.
Chapitre 6 : La Renaissance du sept
Plusieurs siècles passèrent encore, ce qui avait déjà inexorablement commencé dès
l’arrivée des Tau sur leur nouvelle planète ne fut que plus établi par la suite. Les guerriers du
sept, autrefois agiles et rapides, devinrent plus robustes, leur corps se renforçant pour
résister à la gravité écrasante de leur nouveau foyer. La survie sur cette planète imposa de
nouvelles normes, où la force physique était aussi cruciale que l’ingéniosité technologique.
Les légendes qui circulèrent plus tard parmi les mondes conquis du sept racontaient que ces
guerriers avaient transcendé leurs limites initiales. Ils étaient devenus des maîtres dans l’art
de fusionner la machine et le pilote, rendant chaque individu indispensable non seulement
en tant que soldat, mais aussi en tant qu’artisan et ingénieur.
Leurs culture, fondée sur l’adaptation et la résilience, donna naissance à un Sept unique,
forgé dans l’adversité, déconnecté de l’Empire T’au, et libre de l’influence des Éthérés.
Sept Perdu, attend désormais son heure pour émerger des ténèbres, prêt à révéler au
monde un héritage unique, forgé dans le secret et la souffrance. La découverte de ce Sept
pourrait bien changer à jamais l'équilibre des forces dans le Golfe de Damoclès et au-delà...
Après des siècles de travail acharné, les descendants des survivants parvinrent enfin
à achever la réparation de leurs vaisseaux endommagés. Ces vaisseaux, qui avaient
autrefois symbolisé leur désespoir, devinrent désormais le signe de leur résilience et de leur
détermination. Avec les systèmes rétablis et les moteurs réactivés, les vaisseaux étaient
enfin prêts à reprendre les cieux. Cependant, avant de quitter la planète du naufrage de
leurs aînés, ils leur restaient une tâche cruciale à accomplir : consolider leur position pour
protéger ce qu’ils avaient réussi à bâtir, à découvrir au prix de ce qu’ils ne soupçonnaient
pas encore.
La consolidation des défenses autour du temple mystérieux devint une priorité. Ce temple,
dont les secrets restaient insaisissables, était désormais au centre de leur nouvelle
civilisation. Des fortifications robustes furent érigées autour de la structure, et des systèmes
de défense avancés furent déployés pour garantir la sécurité du site contre toute menace
extérieure. Les descendants des survivants savaient que ce lieu recelait des mystères
encore à découvrir, et ils se promirent de le protéger jusqu’à ce qu’ils soient capables de
percer ses secrets. En outre, les zones vitales de leur colonie furent fortifiées, transformant
leur planète en un bastion imprenable.
Avec ces préparatifs achevés, ils étaient enfin prêts à quitter leur monde natal pour explorer
les planètes proches et les bientôt qui sait retrouver leur terre natale. Ayant appris à survivre
dans des conditions extrêmes, ces guerriers étaient désormais prêts à affronter l’inconnu.
Leurs vaisseaux, entièrement réparés et équipés, se lancèrent dans l’exploration de mondes
inexplorés situés à la périphérie de la poche d’astéroïdes.
Ces planètes, pour la plupart inconnues de l’Empire Tau ou abandonnées par Farsight
lorsqu’il détourna son attention des expéditions de colonisation, offraient une multitude
d’opportunités. Certaines étaient peuplées de tribus sauvages vivant dans des jungles
denses ou des plaines désertiques, tandis que d’autres abritaient des colonies humaines
isolées, exilées depuis longtemps de l’Imperium. Pour les guerriers aguerris qu’étaient
devenus le sept des survivants, ces mondes ne représentaient qu’une résistance
inexistantes.
Les conquêtes furent menées avec une efficacité implacable. Les tribus indigènes et les
colonies humanoïdes, bien que combatives, furent rapidement dominées par la supériorité
technologique et militaire des Tau. Cependant, tous les mondes ne furent pas conquis par la
force. Sur certaines planètes, les habitants accueillirent les nouveaux venus comme un vent
de renouveau nécessaire. Voyant en eux une chance de prospérité et de sécurité, ces
peuples s’allièrent volontiers avec les descendants des survivants. Des relations
commerciales prospères furent établies, permettant aux Tau de bénéficier de ressources
locales tout en offrant en retour leur technologie avancée et leur savoir-faire.
C’est au cours de ces échanges que les Tau de ce Sept à peine ressuscité apprirent une
nouvelle des plus sombres de ce qui serait bientôt leur histore. À travers les récits et les
informations échangées, ils découvrirent le chemin qu’avait emprunté Farsight il y a
plusieurs siècles, au moment même où leurs ancêtres s’étaient écrasés sur leur planète. Ils
comprirent alors que leur isolement n’était pas seulement dû à la distance, mais à la trahison
de Farsight, qui avait choisi de rompre avec l’Empire Tau.
Avec cette nouvelle, une chose devint claire pour les descendants des survivants. Ceux qui
espéraient retrouver le chemin de leur Sept d’origine, Vior’la, et reprendre la défense du
Bien Suprême aux côtés de leurs frères de tous les Sept comprirent que cela était
désormais impossible. La trahison de leur commandant, Farsight, avait fermé cette voie pour
toujours. Coupés du reste de l’Empire et marqués par l’héritage de la dissidence, ils
réalisèrent qu’ils ne pourraient jamais revenir en arrière.
C’est alors que leur peuple adopta le nom de T’au’ksha (littéralement “Reflet du Tau”). Ce
nom soulignait l’idée d’un empire jumeau, un reflet du premier Empire Tau, prônant les
mêmes idéaux mais séparé par le destin. Ce nom symbolisait leur nouvelle identité, un
mélange de loyauté aux principes du Tau’va et d’acceptation de leur exil forcé. Ils étaient le
reflet d’un empire qu’ils ne pouvaient plus rejoindre, mais dont ils continuaient de porter les
valeurs, façonnant leur propre chemin dans un univers hostile.
Chapitre 8 : T’au’ksha
Réunis dans une grande salle aménagée dans les ruines d’un ancien vaisseau, les chefs de
T’au’ksha discutèrent longuement de la voie à suivre. Parmi eux se trouvaient quatre figures
respectées, chacune représentant l’une des castes principales. Ces quatre leaders, unis par
un engagement commun envers le Bien Suprême, se mirent d’accord pour former un conseil
dirigeant. Ce conseil serait le cœur du pouvoir de T’au’ksha, guidant leur peuple vers un
avenir de prospérité et de puissance. Les Quatre Frères, non par lien de sang, mais par un
lien encore plus fort : leur dévouement envers le Tau’va et leur vision d’un empire florissant,
nourrissant un espoir vin capable un jour de rejoindre l’Empire Tau qu’ils admiraient tant.
Shas’O Tash’var Sha’nan, vétéran des campagnes militaires, était le premier à prendre la
parole. Guerrier méthodique, il avait mené les forces de T’au’ksha à la victoire sur les huit
mondes que comptait maintenant cette empire. Sa voix grave résonna dans la salle lorsqu’il
expliqua l’importance de sécuriser leurs conquêtes et de bâtir une armée capable de
protéger leur peuple. « Nous avons survécu à l’impensable, » déclara-t-il. « Mais pour
garantir notre avenir, nous devons forger une force qui rivalisera avec les plus grands
ennemis de Notre empire. » Ses yeux brillaient d’une détermination farouche, car il savait
que seul un pouvoir militaire fort pouvait assurer leur survie et leur place future aux côtés de
l’Empire Tau.
À ses côtés, Kor’O Elro’vaash, maître de la flotte, hocha la tête en signe d’approbation. «
Nous avons conquis ces mondes, » ajouta-t-il avec une voix empreinte de confiance, « mais
notre destin se trouve au-delà de ces étoiles. » Pilote légendaire, il voyait dans l’expansion
et l’exploration les clés pour atteindre un jour leur rêve ultime : retrouver le chemin vers
l’Empire Tau. Pour lui, chaque nouvelle route tracée dans le vide stellaire était un pas de
plus vers cet objectif. « Nous devons rester audacieux, toujours en quête de nouvelles
opportunités. C’est ainsi que nous renforcerons notre position et montrerons que nous
sommes dignes du Tau’va. »
Fio’O Ka’rath Vior, l’ingénieur en chef, écoutait attentivement. Réputé pour son
pragmatisme, il savait que leur survie dépendait non seulement de la force militaire, mais
aussi de la solidité de leurs infrastructures. « Rien de tout cela ne sera possible sans des
bases solides, » rappela-t-il. « Nous devons investir dans nos ressources, perfectionner nos
technologies et construire des colonies capables de résister à l’épreuve du temps. C’est en
surpassant même les Sept comme Bork’an et Fal’shia que nous prouverons notre valeur. »
Sa vision était claire : faire de T’au’ksha un empire à la pointe de l’innovation, digne de
rivaliser avec les plus grandes réalisations technologiques de l’Empire Tau.
Enfin, Por’O Sa’cea T’alos, diplomate charismatique, se leva pour prendre la parole. « Nous
ne devons pas oublier que la force de l’Empire Tau réside aussi dans son unité, » dit-il d’une
voix douce mais persuasive. « Même isolés, nous devons préserver les idéaux du Bien
Suprême et chercher des alliances là où elles se présentent. En bâtissant des relations avec
les peuples que nous rencontrons, nous pouvons renforcer notre Sept et peut-être un jour
montrer à nos frères que nous sommes toujours des leurs. » Son rêve était simple : que
T’au’ksha soit reconnu non comme un dissident, mais comme un Sept exemplaire, digne de
rejoindre l’Empire Tau.
Ainsi, sous la direction des Quatre Frères, le conseil de T’au’ksha fut établi. Ensemble, ils
tracèrent les plans pour bâtir un empire qui refléterait les idéaux du Tau’va, tout en
s’adaptant aux réalités de leur situation unique. Leur objectif était désormais clair : construire
un empire aussi beau, puissant et prospère que celui de leurs frères Tau. Ils rêvaient que,
malgré leur exil, T’au’ksha devienne un jour un reflet digne de l'Empire Tau, prouvant par
leur force, leur technologie et leur unité qu’ils méritaient d’être considérés comme leurs
égaux.
Sous la direction du Conseil des Quatre, T’au’ksha se prépara à poser les fondations
de son empire naissant. La chaîne de commandement provisoire établie par les Quatre
Frères permit d’organiser efficacement la gestion des mondes conquis, tout en maintenant
un équilibre entre les besoins militaires, économiques et culturels. Forts de leurs premières
conquêtes, les T’au de T’au’ksha mirent en œuvre leur vision pour créer un empire prospère
et durable, digne de rivaliser avec les plus grands Sept de l’Empire Tau.
Les dirigeants décidèrent de se concentrer sur trois planètes parmi les huit qu’ils contrôlaient
déjà, choisies pour leur potentiel stratégique et leur diversité environnementale. Ces mondes
allaient devenir les piliers de leur empire, des bastions de prospérité et de puissance.
Ces forges devinrent rapidement le cœur industriel de T’au’ksha, produisant des vaisseaux
de guerre et des exo-armures avec une efficacité inégalée. La quasi-totalité de l’armée de
T’au’ksha était équipée d’armures issues des usines de Vatra’nash, symboles de leur
puissance et de leur résilience. Mais Vatra’nash n’était pas seulement une planète dédiée à
l’industrie ; les T’au y créèrent également de magnifiques villes, construites au cœur des
structures de lave. Ces cités, entourées de jardins verdoyants et traversées par des canaux
d’eau pure, étaient un témoignage de leur capacité à transformer même les environnements
les plus hostiles en havres de prospérité.
La troisième planète choisie fut Na’Lash, un monde entièrement recouvert d’eau. Seules
quelques rares îles émergeaient des vastes étendues océaniques, offrant un contraste
saisissant avec les autres planètes du Sept. Les T’au, inspirés par la beauté et la tranquillité
de cet océan infini, construisirent de gigantesques plateformes flottantes qui servaient à la
fois de villes et de centres d’entraînement. Ces plateformes, soutenues par des structures
sous-marines massives, abritaient des jardins aquatiques, des tours d’ivoire et des
sanctuaires dédiés à l’art et à la culture.
Na’Lash devint le centre de formation des pilotes d’aviation de T’au’ksha et des opérateurs
d’exo-armures. Les cieux clairs et les mers paisibles offraient un terrain idéal pour les
manœuvres aériennes et les simulations de combat. Ici, les futurs guerriers de T’au’ksha
perfectionnaient leur art, développant des compétences qui feraient d’eux les protecteurs de
l’empire. Les villes flottantes, avec leurs jardins suspendus et leurs passerelles élégantes,
offraient un contraste apaisant avec la rigueur de l’entraînement, unissant beauté et
discipline dans une parfaite symbiose.
Avec ces trois mondes choisis pour leur potentiel unique, T’au’ksha posa les premières
pierres de son empire naissant. Chacune de ces planètes incarnait une facette de leur
civilisation : l’industrie et la force à Vatra’nash, le savoir et l’innovation à Sa’cea’nor, et
l’excellence militaire et la culture à Na’Lash. Ensemble, elles formeraient le cœur de
T’au’ksha.
Chapitre 10 : Retour vers les Origines
Les trois planètes choisies par les T’au de T’au’ksha pour établir leur empire étaient
les plus proches de l’amas d’astéroïdes qui entourait le monde d’origine de leur Sept. Ce
territoire et ses abords, désormais sous leur contrôle, offrait un avantage stratégique certain.
Non seulement le cœur la zone était naturellement protégé des incursions ennemies, mais il
symbolisait aussi la renaissance de leur Sept. Cependant, pour sécuriser pleinement cette
région, il devint essentiel de reconnecter leurs nouveaux centres d’opérations avec la
planète où leurs ancêtres s’étaient écrasés il y a déjà longtemps.
Les forêts de Sa’cea’nor abritaient une biodiversité incroyable, une multitude d’espèces
d’insectes et d’animaux, certains aussi fascinants que terrifiants. Les expéditions
scientifiques équipées d’exo-armures se déplaçaient lentement et méthodiquement à travers
ce paysage luxuriant. À leur approche, la plupart des créatures, petites ou grandes, se
dispersaient rapidement, effrayées par le bruit froid des armures et le mouvement des
convois de Devilfishs acheminant le matériel. Pourtant, quelques espèces semblaient
indifférentes à leur présence. Parmi elles, d’immenses herbivores à l’allure d’ancien
sauriens, avec des peaux écailleuses et des cornes imposantes, observaient les Tau passer
avec une curiosité tranquille, leur respiration lente résonnant dans la forêt dense.
Cependant, au-delà de ces études, un projet plus ambitieux occupait l’esprit des
scientifiques. Depuis leur départ précipité de la planète d’origine, seulement quelques
expéditions très périlleuses avaient pu y être menées avec de petits vaisseaux, chaque
voyage étant risqué en raison des champs d’astéroïdes imprévisibles qui entouraient la
planète. Les navigateurs les plus aguerris avaient souvent échappé de justesse à une
destruction certaine.
Pour résoudre ce problème, les chercheurs de Sa’cea’nor, sous la direction de Fio’O Ka’rath
Vior, frère de la Caste de la terre, mirent au point une technologie révolutionnaire : un tunnel
anti-gravitationnel. Ce tunnel, formé par des émetteurs placés stratégiquement à travers le
champ d’astéroïdes, créait un passage sûr, large et protégé, où les vaisseaux pouvaient se
laisser guider sans avoir à utiliser leurs systèmes de navigation, réduisant ainsi le risque de
collision.
Voici un développement pour le nouveau chapitre, qui intègre vos idées sur la décision des
T’au et le concept d’un anneau-monde :
Après l’annonce des découvertes faites par les scientifiques de la Caste de la Terre,
le Conseil des Quatre se réunit pour prendre deux décisions lourdes de sens. La planète
d’origine de leurs ancêtres, sur laquelle ils s’étaient écrasés il y a des siècles, restait un
symbole puissant de résilience pour T’au’ksha. C’était là que leur peuple avait survécu
contre toute attente, forgeant les bases de ce qu’ils étaient aujourd’hui. Pourtant, sur un plan
plus pragmatique, cette planète ne représentait que stérilité et dureté. Son atmosphère
inhospitalière, sa gravité écrasante, et son environnement austère ne permettaient ni une
occupation prolongée ni une amélioration durable.
Les T’au de T’au’ksha savaient que tenter de transformer cette planète serait non seulement
extrêmement coûteux, mais aussi une trahison envers l’héritage de leurs ancêtres. Ils ne
souhaitaient ni la dénaturer ni l’altérer. Au contraire, ils désiraient conserver cet
environnement intact, en tant que monument à la survie de leur peuple. Ainsi, la question se
posait : comment honorer ce monde tout en l’intégrant dans la stratégie future de leur
empire ?
Ce fut Fio’O Ka’rath Vior, le frère de la Caste de la Terre, qui une fois de plus proposa une
solution à la fois audacieuse et innovante, reflet de l’esprit pionnier qui animait T’au’ksha. Il
suggéra la construction d’un immense anneau en gravitation naturelle autour de la planète,
tirant parti de sa puissante attraction. Ce concept, inspiré de la légendaire structure connue
dans certaines cultures extraterrestres comme un “anneau-monde” dit il, était radical et
visionnaire.
Mégastructure colossale en forme de cercle qui orbiterait autour de la planète, cet anneau
posséderait une face intérieure habitable, l’anneau proposé par Ka’rath serait construit en
orbite stable autour de la planète d’origine. Sa gravitation naturelle, produite par l’attraction
de la planète, permettrait à l’anneau de rester en place sans nécessiter une quantité
excessive d’énergie pour maintenir sa position. Sur la face intérieure de cet anneau, un
vaste territoire habitable serait aménagé, où les T’au de T’au’ksha pourraient construire des
cités, des installations de recherche, et des bases militaires. Le reste serait encore là de
magnifiques paysages inspirés des trois planètes phares de cet empire.
Mais l’idée qui germa ensuite du conseil allait encore plus loin : cet anneau ne serait pas
seulement une structure de soutien ou une station avancée. Non, il deviendrait le siège de
leur nouvel empire. C’est sur cette face intérieure, protégée et cachée aux yeux de l’univers
extérieur, qu’ils construiraient la capitale de T’au’ksha. Ce serait là que seraient prises les
décisions stratégiques cruciales, que les Quatre Frères et leur conseil guideraient leur
peuple vers un avenir prospère. L’anneau deviendrait le cœur battant de T’au’ksha, un
symbole de leur détermination à créer un empire aussi grand que celui de leurs frères Tau.
Avec cette décision, le projet de l’anneau-monde fut lancé. Les scientifiques et ingénieurs de
la Caste de la Terre, en collaboration avec les autres castes, commencèrent immédiatement
à planifier la construction. Des matériaux furent extraits des planètes environnantes, des
calculs complexes furent effectués pour assurer la stabilité de la structure, et les premières
fondations furent posées. La construction de cet anneau-monde serait un travail titanesque,
mais les T’au de T’au’ksha étaient prêts à relever ce défi.
L’anneau, une fois achevé, deviendrait non seulement un symbole de leur résilience et de
leur ingéniosité, mais aussi une base imprenable d’où ils pourraient diriger leurs futures
conquêtes et expansions. Les T’au de T’au’ksha avaient désormais une vision claire de leur
avenir : bâtir un empire à la hauteur de leurs ambitions, dans lequel tous servirait le bien
commun, le bien suprême.
Cette perturbation, survenue alors que T’au’ksha se lançait dans son projet le plus
ambitieux, laissa planer une ombre d’incertitude sur leur empire en pleine expansion. Tandis
que le Conseil examinait les informations fragmentaires transmises par Na’Lash, Shas’O
Tash’var Sha’nan, le frère de la Caste du Feu, prit la parole. Son ton restait calme et
mesuré, mais une lueur d’étonnement brillait dans ses yeux.
« Nous avons laissé sur Nim’roth un détachement composé de cinquante exo-armures, »
commença-t-il en énumérant les unités. « Quatre escouades de Crisis, deux de Broadsides,
et même une Riptide pour sécuriser la région. Ce sont des forces qui ont déjà prouvé leur
valeur lors de nos conquêtes dans ce système. Pourtant, elles ont toutes disparu sans
laisser de trace en s’approchant de ces mystérieux objets. »
Contexte :
La progression jusqu’au premier site de crash se fit sans encombre. Des dunes de
sable balayées par des vents acides s’étendaient à perte de vue, et l’équipe avançait en
formation serrée, leurs systèmes de détection scrutant chaque recoin. Le sol portait encore
les traces des impacts, mais l’absence totale de débris métalliques ou organiques était
étrange. Les relevés psychiques effectués par les drones ne détectaient qu’un faible résidu
d’énergie, indicateur d’une activité ancienne mais puissante. Fal’yrn, perplexe, ordonna de
poursuivre jusqu’au second site de crash, situé à plusieurs kilomètres au sud.
Le trajet jusqu’au deuxième site fut long et pesant. Les armures Crisis et Stealth
progressaient en silence, surveillant l’horizon avec une vigilance exacerbée. La planète elle-
même semblait oppressante, comme si elle dissimulait un danger imminent. Chaque pas
s’enfonçait dans un sol devenu plus meuble, plus malléable, presque vivant. Les vents
s’étaient calmés, remplacés par un silence lourd, que seul le bourdonnement des systèmes
de ventilation venait perturber.
Lorsqu’ils arrivèrent enfin au second site, l’équipe découvrit une large galerie creusée dans
le flanc d’une colline rocheuse. Contrairement au premier site, celui-ci semblait avoir été
perturbé récemment. Les parois étaient encore chaudes, comme si le sol avait été arraché
de l’intérieur. L’odeur de la biomasse en décomposition imprégnait l’air, laissant présager un
danger imminent. Les éclaireurs Stealth pénétrèrent dans le tunnel, activant leur système de
camouflage, tandis que les Crisis formaient un périmètre de sécurité à l’entrée.
Des formes furtives jaillirent des ombres : Des vagues de Genestealers ouvraient la voie, les
premiers se jetant sur les éclaireurs Stealth avec une sauvagerie déconcertante. Les
éclaireurs ripostèrent instantanément, leurs Burst Cannons découpant les prédateurs en un
instant. Mais cela ne fut qu’un prélude. D’autres Genestealers, accompagnés d’un
Genocrate, profitant du terrain complexe, surgirent des tunnels secondaires, frappant avec
une vitesse fulgurante. Un éclaireur fut déchiqueté avant d’avoir pu réagir, son armure
éventrée par des griffes tranchantes. Les Tau répliquèrent, les Crisis concentrant leurs tirs
sur les créatures les plus grandes, tandis que les Stealth se dispersaient pour éviter d’être
encerclés.
Les combats dans ces tunnels étaient acharnés, chaque couloir devenant un champ de
bataille miniature. Les Tyranides, utilisant leur vitesse et leur nombre à leur avantage,
forçaient les Tau à se regrouper, les poussant toujours plus loin dans le dédale obscur.
Shas’el Fal’yrn, aux commandes de son prototype, coordonnait la défense avec précision,
vaporisant plusieurs Genestealers à bout portant avec son Fusion Blaster. Mais les
Tyranides continuaient d’affluer, exploitant la moindre faille dans les défenses Tau.
L’unité Crisis à l’arrière fut prise par surprise par un Lictor, dissimulé dans l’obscurité. Le
monstre surgit des ombres, transperçant l’armure d’un pilote avec une rapidité terrifiante
avant de disparaître dans les ténèbres. Les XV8 répliquèrent avec des salves de Plasma,
mais la créature avait déjà disparu, laissant une traînée de sang et de confusion dans son
sillage.
Les Tau se battaient pour chaque mètre, mais la situation devenait de plus en plus
désespérée. Les cadavres des Tyranides s’entassaient, mais chaque Tau tombé réduisait
leur chance de survie. Alors que les Genestealers se regroupaient pour une nouvelle
offensive, Shas’el Fal’yrn donna l’ordre de repli. Les éclaireurs se retirèrent sous une
couverture de tirs soutenus, mais les Tyranides, sentant leur proie faiblir, intensifièrent leur
assaut. Les Stealth tentaient de se camoufler, mais même leur technologie ne suffisait plus
face à la multitude d’ennemis.
Finalement, seul dans les ténèbres du tunnel, Shas’el Fal’yrn affronta les derniers
Genestealers, son Ghostkeel criblé de coups, mais toujours debout. Il parvint à les abattre,
mais au prix de lourds dommages à son armure. Sachant que tout était perdu, il activa son
système de survie et réussit à se frayer un chemin vers la sortie. Le silence, une fois dehors,
était écrasant. Le paysage extérieur semblait irréel après l’enfer des tunnels.
Fatigué et blessé, Fal’yrn se dirigea vers le site d’atterrissage, espérant rallier les
Broadside et le vaisseau. Mais son chemin de retour fut long et solitaire, traversant des
étendues de sable balayées par des vents mortels. Chaque pas était une épreuve, chaque
souffle, une lutte contre l’épuisement. Ce n’est qu’après plusieurs heures de marche qu’il
réalisa l’ampleur du carnage : le site d’atterrissage, qu’il rejoignit enfin, était un champ de
ruines. Les Broadside, qui devaient protéger la zone, avaient été anéanties. Les carcasses
d’armures et les débris du vaisseau étaient éparpillés, recouverts de spores Tyranides.
Tremblant, il ouvrit le cockpit de son armure, le métal grincant sous la tension. Il activa la
balise de communication, cherchant désespérément à stabiliser le signal pour envoyer un
dernier message contenant la totalité des éléments relevés sur place à la flotte en approche.
Il fallait qu’ils sachent. Il fallait qu’ils se préparent à l’horreur qui les attendait. Alors qu’il
ajustait les fréquences, un faible bruit signala que la connexion venait de s’établir.
Il s’apprêtait à parler lorsque, soudainement, un froid glacial envahit l’air autour de lui. Son
instinct de guerrier lui hurlait de se retourner, mais il était déjà trop tard. Une ombre
gigantesque se dessina dans le coin de son champ de vision, suivie par un mouvement
rapide et silencieux. Avant qu’il ne puisse réagir, une griffe titanesque perça l’arrière de son
armure, transperçant son corps de part en part. La douleur explosa en lui, mais ce qui le
choqua le plus fut le silence de l’attaque, la manière insidieuse dont la mort l’avait pris par
surprise.
Le choc le laissa paralysé, mais dans un dernier élan de volonté, Fal’yrn parvint à stabiliser
le signal et à envoyer son message. Ses mains, tremblantes, saisirent les commandes, et il
activa la transmission. Sa voix, affaiblie mais résolue, se fit entendre dans les haut-parleurs
du vaisseau de commandement en route. «… Ennemis… Tyranides… ». Ses mots étaient à
peine audibles, mais portaient toute l’urgence et la gravité de la situation.
Alors que ses forces l’abandonnaient, ses pensées dérivèrent vers son Sept, vers son
peuple. Il pensa à tous ceux qu’il laissait derrière, à ce nouvel empire qu’il avait tant voulu
protéger. Une larme coula le long de sa joue alors qu’il réalisa que jamais il ne reverrait les
siens. Le dernier son qu’il perçut fut celui du second buit signalant que son message avait
été reçu. Un mince sourire de satisfaction se dessina sur ses lèvres.
Puis, dans un rugissement bestial, la créature Tyranide resserra sa griffe, broyant l’armure
et le corps de Fal’yrn. Le canal de communication capta ce dernier cri, un son primal, bestial
et inconnu qui fit écho dans le silence glacé de l’espace, atteignant les oreilles des
commandants de la flotte et bientôt ceux de leurs frères restés sur le chantier de l’anneau
monde. Ce cri, plus qu’un simple son, portait la marque de la mort elle-même.
Après la réception du message cryptique émis par Shas’el Fal’yrn, l’atmosphère à bord de la
flotte en route vers Nim’roth devint immédiatement tendue, T’au’ksha aurait aimé rendre
hommage à cet homme et pleurer son départ mais le pragmatisme de ce peuple face à cette
menace sans précédent reprit rapidement le dessus. Les commandants Shas’O Tash’var
Sha’nan et Kor’O Elro’vaash comprirent rapidement que le temps qu’ils avaient à leur
disposition, environ deux mois avant leur arrivée, devait être utilisé de manière optimale. La
menace Tyranide, bien connue de leurs ancêtres, nécessitait une préparation méticuleuse.
En réponse à cette situation critique, les deux leaders mirent en œuvre un programme
intensif de formation et de recherche, visant à réviser toutes les stratégies et tactiques
utilisées lors des guerres passées contre les Tyranides. Leur objectif était simple :
maximiser leurs chances de survie face à un ennemi qui ne connaissait ni pitié ni répit.
Shas’O Tash’var Sha’nan, leader militaire incontesté de T’au’ksha, était reconnu pour sa
férocité et sa ruse sur le champ de bataille. Ayant dirigé les forces T’au’ksha lors de leurs
premières conquêtes, Sha’nan était célèbre pour son pragmatisme et son expertise en
matière de combat asymétrique. Il avait mené ses troupes à la victoire contre des
adversaires souvent bien plus nombreux, grâce à une stratégie reposant sur la mobilité et la
puissance de feu concentrée.
Sha’nan portait un prototype d’armure XV-91, une version améliorée des anciennes exo-
armures Crisis, développée spécifiquement pour lui par les ingénieurs de la Caste de la
Terre. Cette armure, surnommée "La Lance du Sept", était équipée d’une panoplie d’armes
adaptées à la destruction massive d’infanterie et d’unités lourdes. Ses canons à plasma
double et son lanceur de roquettes à fragmentation permettaient de faucher les vagues
ennemies, tandis que son générateur de bouclier renforcé et sa mobilité accrue le rendaient
quasi invulnérable aux assauts frontaux. La légende de Sha’nan s’était forgée lors de la
bataille de Na’Lash, où il avait anéanti une armée entière de mercenaires Kroot en
désaccord avec le Bien Suprême, en utilisant un bombardement orbital coordonné avec une
charge de ses Crisis, réduisant les forces ennemies à néant sans subir une seule perte
parmi ses hommes.
Kor’O Elro’vaash, quant à lui, était un génie de la stratégie spatiale. Son sens aiguisé de la
tactique et son calme inébranlable en faisaient un commandant de flotte exceptionnel. Lors
des premières campagnes de conquête de T’au’ksha, il s’était distingué par sa capacité à
mener des batailles décisives. Sous son commandement, chaque escadre, chaque vaisseau
était une extension de sa volonté, exécutant ses ordres avec une précision chirurgicale. Il
avait réussi à encercler et détruire en seulement quelques minutes une flotte pirate humaine
qui harcelait les routes commerciales de T’au’ksha, un exploit qui lui valut le respect et la
crainte de ses pairs.
Pendant les deux mois de voyage, Sha’nan et Elro’vaash dirigèrent des simulations
de batailles intensives, utilisant les données disponibles sur les Tyranides pour modéliser
différents scénarios de confrontation. Les archives de leurs ancêtres furent passées en
revue, chaque détail analysé pour identifier les faiblesses des Tyranides et affiner leurs
propres tactiques.
Shas’O Tash’var Sha’nan, conscient de l’importance d’une mobilité accrue face aux vagues
infinies des Tyranides, décida de doter ses troupes d’un équipement optimisé pour la vitesse
et la précision. Des packs de propulsion avancés furent intégrés aux armures, et de
nouvelles munitions à fragmentation furent développées pour maximiser les pertes dans les
rangs ennemis. Sha’nan se prépara personnellement à affronter la horde avec sa XV-91,
prêt à écraser toute résistance avec une force impitoyable.
Kor’O Elro’vaash, de son côté, planifia une stratégie de guerre éclair visant à frapper les
forces Tyranides de manière décisive avant qu’elles ne puissent s’organiser. Il développa
des formations de combat spatiales spécifiques, conçues pour minimiser les pertes tout en
maximisant les dégâts infligés à l’ennemi. Chaque escadre de la flotte serait prête à
intervenir à tout moment, avec une coordination parfaite entre les frappes aériennes et les
manœuvres terrestres.
Les deux commandants savaient que la bataille à venir ne serait pas une simple
confrontation, mais une lutte pour la survie. Alors que leur flotte approchait de Nim’roth,
l’esprit des T’au de T’au’ksha était aiguisé, prêt à faire face à l’horreur qui les attendait. Leur
destin se jouerait sur cette planète, face à un ennemi dont la seule ambition était l’extinction
de toute vie. Les commandants étaient déterminés à faire tout ce qui était en leur pouvoir
pour éviter ce sort à leur peuple.
La prochaine étape de leur mission serait décisive. Nim’roth les attendait, et avec elle, une
confrontation qui resterait gravée dans l’histoire de T’au’ksha.
Les premières images que les Tau reçurent de Nim’roth provoquèrent une vague de
stupeur et de malaise parmi les équipages. Les relevés cartographiques et topographiques
de la planète, accumulés lors des précédentes expéditions, indiquaient une surface aride et
stérile, ponctuée de quelques reliefs rocheux. Pourtant, ce qu'ils voyaient à présent sur les
écrans de contrôle était totalement différent. À travers l’atmosphère dense et brumeuse de
Nim’roth, les reliefs semblaient avoir été altérés, comme si la planète elle-même avait été
défigurée par une force colossale et inconnue.
La véritable horreur de la situation se révéla enfin. Les reliefs étranges que les Tau avaient
perçus à distance n’étaient autres que des nuages d’essaims volants, composés de millions,
peut-être même de milliards de créatures tyranides. Des essaims gargantuesques
d’organismes ailés, virevoltant dans une danse macabre, obscurcissaient les cieux de
Nim’roth. Chaque nuage était un vortex de griffes et de crocs, un maelström de mort en
perpétuelle expansion. Les créatures formaient des masses ondoyantes, se superposant en
vagues, leurs ailes battaient en un rythme hypnotique, mais terrifiant. Ces essaims
couvraient des régions entières de la planète, se déplaçant avec une précision malsaine,
comme une marée vivante déferlant pour engloutir tout sur leur passage.
Mais ce n’était que le début du cauchemar. Alors que la flotte T’au se rapprochait encore, la
source des perturbations détectées par les capteurs devint claire. Derrière la face cachée de
Nim’roth, dissimulée dans l’ombre de la planète, se trouvait une flotte tyranide d’une taille
inimaginable. Des centaines de vaisseaux-ruches, tels des astres sombres, occupaient
l’espace, disposés en formation serrée. Leurs coques chitineuses semblaient palpiter d’une
vie sinistre, des excroissances organiques projetant des ombres inquiétantes sur les cieux
environnants.
Kor’O Elro’vaash, le frère de la Caste de l’Air, élabora un plan en deux phases pour
contrer l’invasion tyranide. La première phase consistait à établir un blocus orbital, visant à
couper les renforts tyranides en utilisant les immenses railguns des vaisseaux T’au pour
détruire les vaisseaux-ruches à distance. La deuxième phase, plus risquée, impliquait une
descente planétaire pour éliminer les forces tyranides au sol et reprendre le contrôle de
Nim’roth.
Le Blocus Orbital
La Descente Planétaire
Simultanément, Shas’O Tash’var Sha’nan, le frère de la Caste du Feu, prépara une force
d’assaut pour descendre sur Nim’roth et engager les tyranides directement au sol. Conscient
des défis auxquels il ferait face, Sha’nan ordonna la modification de son armure de
commandement pour l’adapter aux conditions extrêmes de cette mission. Son armure XV-
91, « la lance du sept », était déjà un modèle redoutable. Pour cet assaut, elle fut équipée
de systèmes de protection renforcés, de lance-flammes jumelés, de canons à plasma
surchargés, en complément de son générateur de bouclier énergétique capable d’encaisser
des rafales intenses de tirs ennemis.
Le plan établi par Elro’vaash et Sha’nan visait à diviser les forces tyranides, à les
désorganiser par des frappes orbitales tout en sécurisant la surface de Nim’roth. Les
premiers objectifs incluaient la destruction des créatures synapses, perturbant ainsi la
coordination de l’essaim, et l’élimination des nids d’incubation tyranides disséminés à travers
la planète.
La descente des troupes T’au sur Nim’roth se fit plus facilement que prévu grâce à la
destruction massive des essaims volants par la flotte en orbite les ayant généreusement
arrosé de plasma. C’est sur un lit de cadavres de Gargouilles et d’Harpyes que les
vaisseaux de débarquement se posèrent, leurs rampes s’ouvrant pour libérer les forces de
la Caste du Feu, dirigées par Shas’O Tash’var Sha’nan. Les moteurs des vaisseaux rugirent
tandis que les armures Crisis et Broadside, suivies des soldats en armures « Mur du Feu »,
débarquaient pour sécuriser la zone.
Les pics arides et rocheux qui entouraient le plateau formaient une barrière naturelle,
agissant comme des remparts imposants contre toute attaque directe. Sha’nan vit
immédiatement le potentiel stratégique de ce lieu : un terrain élevé, facilement défendable,
avec des angles de tir parfaits pour ses puissantes armures Broadside. De là, ils pourraient
pilonner sans relâche les hordes tyranides tentant d’escalader les pentes abruptes.
En déployant ses forces, Sha’nan ordonna aux Broadsides de prendre position le long des
crêtes, transformant chaque point culminant en une batterie de tir dévastatrice. Les armures
Crisis, quant à elles, se dispersèrent pour couvrir les points faibles de la ligne de défense,
prêtes à intervenir là où les Tyranides tenteraient de percer. Les unités en armures « Mur du
Feu » s’installèrent aux entrées naturelles du plateau, leurs lance-flammes prêts à incinérer
tout essaim osant s’aventurer trop près.
Alors que les T’au se fortifiaient, Sha’nan observa les plaines en contrebas. Bien que les tirs
orbitaux aient ravagé les nuées volantes, il pouvait déjà voir les essaims au sol commencer
à se regrouper. La fertilisation rapide des Tyranides avait transformé certaines zones en
jungles naissantes, les plantes xenos s’enroulant autour des rochers, créant des poches de
végétation dense à travers les étendues désertiques. Ces jungles, bien que jeunes,
pourraient bientôt offrir une couverture aux Tyranides pour lancer leurs attaques.
Sha’nan savait que cette position élevée serait cruciale dans la lutte à venir. En contrôlant
ce plateau, ils pouvaient non seulement repousser les vagues tyranides, mais aussi
perturber leur progression en les forçant à attaquer de manière désordonnée. Avec les pics
arides comme remparts et les Broadside en position, les T’au’ksha avaient transformé ce
plateau en une forteresse imprenable.
Les T’au, bien positionnés sur le plateau, surplombaient les plaines arides, leurs Broadsides
pilonnant sans relâche les vagues ennemies. Chaque salve des Railguns déchirait les rangs
des Tyranides, laissant derrière elle des carcasses fumantes. Malgré leur discipline et leur
supériorité technologique, les T’au constatèrent rapidement que les Tyranides adaptaient
non seulement leur stratégie mais aussi leur morphologie pour contrer les défenses Tau. Ce
qui semblait initialement être une vague classique de créatures d’avant-garde se révéla être
bien plus dévastateur qu’anticipé.
Les premiers assauts, bien que terrifiants, furent repoussés avec succès. Les T’au,
positionnés sur les hauteurs du plateau, utilisaient leur avantage stratégique pour concentrer
leur puissance de feu. Les lignes d’armures « Mur de Feu » s’embrasaient, déversant des
torrents de flammes sur les essaims rampants, transformant le sable en verre et réduisant
les créatures en cendres. Mais à chaque vague repoussée, les Tyranides semblaient se
renforcer, leur tactique devenant de plus en plus précise, de plus en plus désespérée.
Les Broadsides, jusque-là imperturbables, concentrèrent leurs tirs sur cette nouvelle
menace. Le sol trembla sous les impacts des Railguns, mais le Maleceptor continuait
d’avancer, son bouclier psychique absorbant une partie de l’énergie cinétique des
projectiles. Avec un rugissement télépathique, il projeta une onde de choc psionique qui
balaya les rangs avant des T’au, envoyant des éclaireurs Stealth voler dans les airs,
désactivant temporairement leurs systèmes de camouflage et laissant les survivants à la
merci des Hormagaunts.
Voyant l’inefficacité des tirs à distance, Shas’O Sha’nan décida d’agir. Il se fraya un chemin
à travers les lignes de défense, son armure XV-91 brillant d’une lueur sinistre alors qu’il
s’avançait vers la créature. Les canons à plasma surchargés de son armure crachaient des
éclairs d’énergie pure, découpant les créatures mineures sur son passage, tandis que ses
lance-flammes jumelés carbonisaient les plus proches.
Face à face avec le Maleceptor, Sha’nan savait qu’il affrontait bien plus qu’une simple
créature. C’était l’incarnation de la volonté collective des Tyranides, un esprit ruche en
miniature, déterminé à anéantir toute opposition. Le duel qui s’ensuivit fut titanesque. Le
Maleceptor déchaîna ses pouvoirs psychiques, bombardant l’esprit de Sha’nan de visions
cauchemardesques et d’ondes de force pure. L’armure XV-91, cependant, avait été conçue
pour résister aux assauts mentaux, son blindage psychique tenant bon malgré l’attaque.
Sha’nan riposta, ses lance-flammes crachant des torrents de feu tandis que ses canons à
plasma concentraient toute leur puissance sur le crâne hypertrophié de la créature. Le
Maleceptor recula sous la pression, ses carapaces se fissurant, ses hurlements psychiques
se transformant en râles de douleur. Mais il ne faiblit pas. Avec un dernier élan, il projeta
une rafale d’énergie psychique qui explosa contre les boucliers de l’armure XV-91, les
faisant grincer sous l’effort.
Finalement, avec une précision calculée, Sha’nan se rapprocha, évitant de justesse une
frappe mortelle des griffes du Maleceptor. Il activa le surchargement de ses canons à
plasma, concentrant toute l’énergie restante de ses réacteurs dans un tir final. Le coup
porta, frappant le Maleceptor en plein crâne. Dans une explosion de chair et de fluides, la
créature s’effondra, son corps titanesque se convulsant avant de s’immobiliser
définitivement. La victoire était acquise, mais le prix en pertes dans ses rang n’en avait été
que trop élevé.
Alors que Sha’nan prenait un moment pour évaluer la situation, il réalisa avec
horreur que l’assaut du Maleceptor n’avait été qu’une diversion. Les forces de tir tyranides,
principalement composées de Biovores et de Hive Guards, avaient profité de la frénésie de
la bataille pour cibler les vaisseaux de débarquement T’au restés sur le plateau. Les
Biovores, avec leur capacité à lancer des spores explosives à longue portée, et les Hive
Guards, experts en tirs d’artillerie précise, avaient concentré leurs attaques sur les points
faibles des vaisseaux. Leurs projectiles avaient percé les blindages, endommageant
sérieusement les systèmes de propulsion et de communication.
Les structures protectrices des navettes T’au avaient été lourdement endommagées, leurs
coques déformées et criblées de spores virulentes, empêchant toute extraction en cas de
défaite. La situation devenait de plus en plus désespérée. Sha’nan comprit que le temps
jouait contre eux, et que chaque minute passée sur ce champ de bataille les rapprochait un
peu plus de l’anéantissement. Tandis que le soleil se couchait sur Nim’roth, baignant la
plaine d’une lumière rouge sang, les T’au se préparaient à affronter la prochaine vague,
sachant que la bataille pour la survie ne faisait que commencer.
Les semaines qui suivirent les premiers affrontements sur Nim’roth furent un enfer
continu pour les forces T’au. Les assauts des Tyranides ne montrèrent aucun signe de
relâchement. Chaque jour, de nouvelles vagues d’attaques déferlaient sur les positions
fortifiées des T’au, et chaque vague semblait plus puissante et plus implacable que la
précédente. Ce qui avait commencé par des attaques de créatures mineures évolua
rapidement vers des offensives menées par des bioformes iconiques de l’esprit-ruche,
transformant la bataille en une guerre d’attrition où les T’au perdaient peu à peu leur
avantage.
Parmi les ennemis les plus redoutables figuraient les Carnifex, des monstres vivants blindés
de carapaces chitineuses si épaisses que même les canons Rail des Broadsides avaient du
mal à les percer. Ces créatures colossales chargeaient à travers les lignes Tau, broyant tout
sur leur passage et dévastant les remparts de pierre et les lignes de défense fortifiées. Les
combats contre ces titans vivants étaient brutaux. Chaque Carnifex abattu coûtait la vie à de
nombreux guerriers T’au, et même les « Murs de Feu » avaient du mal à contenir la
sauvagerie brute de ces bêtes. Les lance-flammes brûlaient leurs chairs, mais leurs
carapaces épineuses résistaient longtemps avant de céder sous la chaleur intense.
À mesure que les jours passaient, les Princes Tyranides firent également leur apparition sur
le champ de bataille, ajoutant une nouvelle menace à l’équation déjà mortelle. Ces créatures
imposantes et intelligentes, dotées de vastes ailes et de griffes mortelles, dirigeaient les
essaims avec une précision et une malveillance terrifiantes. L’un de ces Princes engagea
même un duel aérien avec un escadron de Barracudas T’au, les abattant un à un avant de
fondre sur le sol, où il affronta Sha’nan lui-même. Le combat fut épique, l’armure XV-91
déployant toute sa puissance contre le monstre, mais même avec la technologie de pointe
des T’au, il fallut l’intervention combinée de plusieurs Crisis et Broadsides pour en venir à
bout. La victoire laissait toujours un goût amer, car chaque victoire sur ces créatures coûtait
cher en vies et en ressources.
Face à ce constat alarmant, Sha’nan contacta son frère, Kor’O Elro’vaash, pour lui
faire part de la situation désespérée au sol. « Les assauts se succèdent sans fin, » déclara-
t-il d’une voix grave. « Chaque jour, nos pertes s’alourdissent, et je crains que nous ne
puissions tenir beaucoup plus longtemps. Si nous restons ici, nous serons submergés, et
avec nous s’effondreront tous les espoirs de notre empire. »
Surpris, Sha’nan demanda : « Une retraite maintenant ? Quels sont tes plans, Elro’vaash ? »
Le frère de la Caste de l’Air prit une profonde inspiration. « J’ai une stratégie en tête qui
pourrait inverser la tendance, mais pour cela, je dois m’assurer que tes forces soient hors de
danger. Je ne peux pas tout te révéler maintenant, mais je te promets que tu comprendras
bientôt. Ce plan pourrait être notre seule chance de renverser la situation. »
Sha’nan, bien qu’hésitant, comprit l’urgence de la situation. La décision fut prise : la retraite
commencerait dès que possible, permettant aux troupes de quitter Nim’roth en vie. Il
espérait que le plan de son frère soit à la hauteur de la menace qu’ils affrontaient, car il
savait que l’avenir de leur empire en dépendait.
Conscient que la situation sur Nim’roth devenait de plus en plus critique, Shas’O
Tash’var Sha’nan savait que la retraite devait être orchestrée avec une précision chirurgicale
pour éviter un massacre total. Malgré les assauts incessants des Tyranides, il se refusa à
abandonner ses troupes sans un plan bien défini. Le commandant redoubla d’ingéniosité
pour transformer ce qui aurait pu être une déroute en une retraite ordonnée, limitant les
pertes autant que possible.
Les premières vagues Tyranides, trompées par ces leurres, convergèrent en masse vers
ces cibles factices. Lorsque les créatures se rassemblèrent pour attaquer ces points
d’apparente faiblesse, Sha’nan déclencha les explosifs à distance. Une série de
déflagrations tonitruantes secoua le champ de bataille, pulvérisant les hordes Tyranides et
créant un chaos temporaire dans leurs rangs. L’esprit-ruche, perturbé par la perte soudaine
de tant d’unités, devait à nouveau s’adapter à cette nouvelle situation, offrant un répit
précieux aux forces T’au.
Le combat atteignit son paroxysme alors que les Tyranides regroupaient leurs forces pour
une attaque finale. Les Broadsides, postées à l’arrière du périmètre, pilonnaient sans
relâche les vagues ennemies, tandis que les Crisis frappaient les cibles critiques avec une
précision dévastatrice. Malgré les pertes croissantes, les T’au tenaient bon, chaque pilote de
« Mur de Feu » se battant avec une détermination inébranlable, sachant que la survie de
leur Sept dépendait de leur résistance.
Lorsque le dernier des soldats fut enfin embarqué à bord du vaisseau, Sha’nan ordonna la
montée à bord des Broadsides, qui continuèrent à tirer jusqu’au dernier instant. Le périmètre
se resserra, les unités se repliant progressivement vers l’intérieur du bouclier sphérique. Le
vaisseau de transport, lourdement chargé, se prépara à décoller, ses moteurs rugissant
sous l’effort.
Alors que le vaisseau de Sha’nan s’élevait dans l’atmosphère, un message urgent lui
parvint. Le Kor’vattra Vior’la, le plus imposant des vaisseaux de la flotte T’au’ksha, avait
dévié de sa formation. Sha’nan observa avec stupeur le navire se diriger droit vers la flotte
tyranide. Ce bâtiment titanesque, conçu pour dominer les batailles spatiales, était le joyau
de la flotte T’au’ksha, équipé de railguns de longue portée, de batteries de canons à plasma,
et de boucliers énergétiques redoutables. Pourtant, il n’était plus qu’une ombre de sa
puissance passée, vidée de la majeure partie de son équipage.
Sha’nan, les mains crispées sur les commandes de son propre vaisseau, chercha des
explications. Le doute se mua en certitude lorsqu’il apprit que le Kor’vattra Vior’la n’était plus
piloté que par Kor’O Elro’vaash et une poignée de guerriers de sa garde personnelle. Le
silence se fit pesant dans le cockpit alors qu’il réalisait la vérité : son frère avait pris la
décision de se sacrifier.
Elro’vaash répondit avec une sérénité qui troubla Sha’nan. « Je fais ce que nous devons
faire, mon frère. J’assure notre avenir. »
Sha’nan sentit la colère et la tristesse monter en lui. « Il doit y avoir une autre solution. Nous
avons encore des forces, nous pouvons continuer à lutter… »
Elro’vaash sourit tristement, bien que son frère ne puisse le voir. « Nous avons déjà perdu
trop de temps. Les Tyranides sont une marée inarrêtable, tu le sais aussi bien que moi. Si je
ne fais pas ça maintenant, nos efforts n’auront servi à rien. »
Sha’nan se battit contre ses émotions. « Tu n’as pas à te sacrifier ! Je… Je peux trouver une
autre solution. »
Elro’vaash, d’une voix douce, coupa son frère. « Sha’nan, tu as toujours été le plus fort
d’entre nous. Mais aujourd’hui, c’est à moi de porter ce fardeau. C’est à moi de faire ce
choix pour notre peuple, pour toi, pour tous ceux qui comptent sur nous. »
Le silence s’installa. Sha’nan comprenait, mais il refusait de l’accepter. « Je t’en prie, Elro…
ne fais pas ça. »
Le visage d’Elro’vaash se durcit. « Ce n’est pas un adieu, mon frère. C’est un nouveau
départ. Ma mort offrira une chance de vie à tant d’autres. C’est pour cela que nous nous
battons, n’est-ce pas ? Pour la survie du Sept, pour notre peuple. Je pars avec le cœur
léger. »
Elro’vaash répondit avec une détermination inébranlable. « Alors vis, Sha’nan. Vis pour nous
deux. Continue de protéger notre peuple, continue de bâtir l’avenir que nous avons rêvé. »
Sha’nan, observant impuissant la scène depuis son poste, entendit une dernière fois la voix
de son frère à travers le canal, faible mais déterminée : « Pour le Sept. Pour le Tau’va. »
Puis, dans un éclair aveuglant, le Kor’vattra Vior’la explosa. La déflagration fut si intense
qu’elle illumina l’espace autour de Nim’roth, visible depuis le chantier de l’anneau-monde. La
vague d’énergie déchira la flotte tyranide, emportant des centaines de bio-vaisseaux et
désintégrant les essaims volants. L’explosion fut si puissante qu’elle carbonisa la moitié de
Nim’roth, transformant des étendues entières en vitrification noire.
Le sacrifice d’Elro’vaash sera gravé dans l’histoire de T’au’ksha comme un acte de bravoure
ultime. Les Tyranides, privés de leur force principale, furent contenus. Mais le coût fut
incommensurable. Sha’nan, rongé par la tristesse et la douleur, savait que ce sacrifice leur
avait offert une chance, mais au prix de la perte d’un frère irremplaçable.
La lumière de l’explosion s’estompa, laissant place au silence du vide. Mais pour les
T’au’ksha, ce silence portait désormais l’écho d’un héros tombé pour assurer la survie du
Sept.
Avant de quitter l'orbite de cette planète maudite qu'était devenue Nim'roth, Sha'nan
prit une décision lourde de sens. Il ordonna à cinq vaisseaux de rester en place, avec pour
mission de bombarder sans relâche la face de Nim'roth qui avait été épargnée par
l'explosion du croiseur Kor’va Anuk, le vaisseau de son frère Elro’vaash. Leur objectif :
éradiquer toutes traces de biomasse tyranide des sols et des strates inférieures, afin de
purger la planète de cette abomination. Mais au fond de lui, Sha'nan savait que ces frappes
avaient un autre but : brûler les souvenirs douloureux qui resteraient à jamais gravés dans
son cœur, comme une cicatrice impossible à refermer.
Alors qu'il entamait le long voyage de retour, son esprit dériva vers la nostalgie. Même si les
quatre frères du conseil se respectaient profondément, Sha'nan avait toujours eu une affinité
particulière avec Elro’vaash. Là où son frère de la Caste de la Terre, Fio’O Ka’rath Vior, se
plongeait dans les sciences et les travaux manuels, et où son frère de la Caste de l’Eau,
Por’O Sa’cea T’alos, trouvait son épanouissement dans les arts et la diplomatie, Elro’vaash,
comme Sha’nan, était un guerrier. Ils partageaient une compréhension mutuelle des champs
de bataille, et pouvaient passer des heures à échanger sur leurs expériences passées, à
débattre de stratégies, et à se conseiller mutuellement sur les tactiques à venir. Ensemble,
ils formaient une paire indissociable, unis par une même soif de victoire et un profond
respect de l'art de la guerre.
Mais malgré sa force de caractère, Sha’nan ne pouvait échapper à l'amertume laissée par la
disparition de son frère. Ce goût amer, mélange de tristesse et de colère, commençait à se
transformer en quelque chose de plus sombre. Même s’il restait résolument fidèle à son
crédo – la défense et la propagation du Bien Suprême, ainsi que la préservation des
principes de son Sept – il ne pouvait ignorer la haine naissante qui grandissait en lui. Cette
haine, dirigée contre les Tyranides, ces créatures abominables qui lui avaient coûté non
seulement une bataille, mais aussi son partenaire, son frère d'armes, son allié le plus cher.
Reprenant ses esprits, Sha’nan entreprit d’informer ses deux frères restés dans le système
planétaire de T’au’ksha des événements tragiques survenus sur Nim’roth. Il rassembla ses
pensées, sachant que la nouvelle de la mort d’Elro’vaash serait un coup dur pour eux tous.
Lorsque la communication fut établie, l’image holographique de Por’O Sa’cea T’alos apparut
en premier. Le diplomate, d’ordinaire maître de ses émotions, laissa transparaître une
profonde tristesse dans son regard à l’annonce des évènements ayant eu lieu lors de la plus
grande guerre que connu leur empire naissant. Après un moment de silence, il prononça
d’une voix grave :
« Elro’vaash était plus qu’un stratège. Il était l’incarnation même de la vision que nous
portons pour notre Sept. Il a toujours su voir au-delà des étoiles, guidant notre peuple avec
une sagesse rare. Nous avons perdu plus qu’un frère aujourd’hui. Nous avons perdu une
partie de notre lumière. Mais son sacrifice ne sera pas vain. Nous devons continuer à
avancer, pour honorer son souvenir. »
Fio’O Ka’rath Vior, toujours plongé dans ses recherches du temple la planète du crash, mit
quelques secondes avant de répondre, visiblement troublé par la nouvelle. Sa voix,
habituellement ferme et pragmatique, se fit hésitante, comme si les mots eux-mêmes
peinaient à exprimer ce qu’il ressentait :
« Elro… Il avait cette capacité à transformer l’impossible en réalité. Je me souviens de
toutes ces batailles où il trouvait une solution là où il n’y en avait pas. Et même maintenant…
même dans la mort, il a trouvé un moyen de nous donner une chance. Son esprit analytique,
sa détermination… ils continueront de nous guider. Mais il va terriblement nous manquer. Il
est irremplaçable. »
Sha’nan, bien que brisé par la perte, se força à rester stoïque. Il savait que ses frères
attendaient de lui une direction, une force. Mais malgré tout, il ne put empêcher sa voix de
trembler légèrement lorsqu’il prit la parole :
« Elro’vaash était notre bouclier. Il m’a couvert bien des fois, et encore une fois, il l’a fait…
mais à quel prix ? Il m’a toujours appris à ne jamais céder, à toujours trouver une issue.
Aujourd’hui, nous devons appliquer ce qu’il nous a appris. Pour T’au’ksha, pour le Bien
Suprême… et pour lui. »
Les trois frères restèrent silencieux un moment, chacun perdu dans ses pensées, cherchant
à accepter l’inévitable. Aucun n'osa aborder la question d’un éventuel remplacement pour
Elro’vaash. Il était encore trop tôt, et la douleur était encore trop vive. La perte était un poids
que chacun d’eux portait, et ils savaient que, pour l’instant, leur devoir était de se soutenir
mutuellement et de veiller à ce que le sacrifice de leur frère ne soit pas oublié.
Durant les deux mois que dura le voyage de retour, les échanges entre les frères furent
nombreux. Sha’nan n’eu après une semaine de voyage plus que son frère de la Caste de
l’Eau, Por’O Sa’cea T’alos pour échanger sur les avancées qu’avait connu leur empire en
son absence. Ce dernier, resté en orbite autour de l’anneau-monde, avait entrepris de nouer
une relation diplomatique avec une race auxiliaire bien connue des Tau, apportant une aide
précieuse à la construction de l’anneau.
Quant à Fio’O Ka’rath Vior, frère de la Caste de la Terre, il avait fait une découverte
fascinante dans le temple sur T’au’ksha, leur monde natal. Une succursale oubliée,
dissimulée dans les profondeurs du temple, abritait une découverte majeure, un indice
crucial dans la quête de leurs origines. Depuis trois semaines, il s’était retranché dans ce
lieu, rendant les communications longue distance impossibles. Sha’nan savait qu’il le
reverrait bientôt, mais pour l’instant, il devait se contenter d’attendre.
Lorsque sa flotte prit la direction des forges de Vatra'nash afin d'y être réparée, Sha'nan,
quant à lui, guida son vaisseau vers le tunnel anti-gravitationnel, la seule porte permettant
de traverser le nuage de roches qui entourait le monde de T'au'ksha et de rejoindre ses
deux frères. Tandis qu'il approchait du tunnel, son esprit restait sombre, alourdi par les
récents événements.
Cependant, lorsque Sha'nan émergea de l'autre côté du tunnel et que la vue de l'anneau-
monde se dévoila devant lui, il fut stupéfait. La structure principale de l'anneau, s'étendant
majestueusement autour de la planète T'au'kshaa, était déjà construite à près de 80 % de sa
surface définitive. Cette vision grandiose, symbole de la détermination et de la résilience de
son peuple, parvint à réchauffer légèrement la glace qui entourait désormais son cœur.
Alors que Sha'nan entreprenait de rejoindre son frère de la Caste de l'Eau sur le
chantier de l'anneau-monde, il trouva ce dernier fort occupé. Le bourdonnement des
activités de construction résonnait tout autour, des drones et des ouvriers T’au s’affairaient à
finaliser cette gigantesque structure. Mais c’est une scène plus inattendue qui attira
l’attention de Sha'nan lorsqu’il ne fut plus qu’à quelques pas du centre de commandement.
En s'approchant, Sha'nan remarqua son frère, Por’O Sa’cea T’alos, engagé dans une
conversation animée avec un être petit et trapu, doté de longues oreilles pointues. Trônant
sur une plateforme anti-gravitationnelle, cet étrange visiteur avait une apparence que
Sha'nan connaissait bien, bien que ce soit la première fois qu'il en voyait un de ses propres
yeux. Les descriptions qu'il avait lues ne pouvaient pas tromper : il s'agissait d’un Demiurge,
une race que les Tau avaient souvent mentionnée dans leurs archives comme étant
d'habiles artisans et commerçants.
Alors que l’imposante armure XV-91 de Sha'nan s'approchait, le Demiurge écarquilla grand
les yeux et esquissa un mouvement de retrait, manifestement impressionné, sinon effrayé,
par la stature imposante du frère de la Caste du Feu.
« Mon frère, tu vas effrayer nos hôtes ! » s'exclama Ta’los, avec une touche d'humour dans
la voix. « Descends de ton armure et rejoins-nous au poste de commandement. Nous avons
tant à nous raconter. »
Sha'nan obtempéra, désactivant les systèmes de son armure avant d’en descendre avec
une agilité qui contrastait avec la lourdeur apparente de son équipement. Tandis qu'il
rejoignait son frère, le Demiurge, après avoir jeté un dernier coup d'œil méfiant à l'armure,
se détendit légèrement, bien que la présence de ce guerrier légendaire semblait encore le
tenir sur ses gardes.