Approche centrée sur l’activité : carrasco
Une gymnastique de SIMILITUDES et de FILIATIONS d’ACTIONS. Pour cela : il faut une
maîtrise d’un ensemble homogène d’éléments classés par familles d’actions ayant la même
structure : les Schèmes d’Actions Moteurs et Opératoires.
- Aspects interne et externe de l’élément gymnique
1- Aspect externe :
- Schèmes posturaux : postures, attitudes, maintiens…
- Evolutions mineures :
°horizontales chorégraphie : marches, courses, sauts, pivots…
° horizontales giratoires : arçons, circulaires,…
- Evolutions majeures :
° rotation en avant
° rotation en arrière
° rotation longitudinale
2- Aspect interne :
a) Schèmes d’actions (actions musculaires principales) :
Nous appelons schème d’une action « la structure générale de cette action, se conservant au
cours de ses répétitions, se consolidant par l’exercice et s’appliquant à des situations qui
varient en fonction des modifications du milieu »
Etant donné les actions musculaires fréquentes du tronc et des membres, les synergies
motrices suivantes apparaissent principales :
- Antépulsion: élévation des bras.
- Rétropulsion: abaissement des bras.
- Répulsion: extension de l'avant-bras sur le bras.
- Impulsion bras: élévation des épaules simultanément (saut de main)
- Impulsion jambes: poussée des jambes pour sauter soit simultanément (salto) ou
alternativement (A.T.R).
- Fermeture: rapprochement du tronc aux jambes (réduction de l'angle tronc-jambes).
- Ouverture: c'est l'inverse de la fermeture
Pour réaliser ses schèmes, il faut chercher à développer les facteurs d’exécution : force,
vitesse, souplesse, endurance, résistance.
b) Schèmes opératoires (assimilateurs) :
Les structures perceptives et sensori-motrices initiales vont s’élargir progressivement pour aboutir
aux structures opératoires. Ces futures opérations, progressivement différenciées et enrichies,
vont constituer des schèmes opératoires. Donc la liaison et la combinaison entre 2 schèmes
d’actions ou plus et leur coordination amènent aux schèmes opératoires, avec ajustement spatio-
temporel et cran. Exp : répulsion + ouverture + fermeture = saut de tête
Une démarche d’apprentissage centrée sur l’activité
L’objectif de « CARRASCO » est : « Proposer une activité adaptatrice au monde des agrès
contenant en germe les exigences fondamentales nécessaires aux réalisations du plus haut
niveau ». [Link] ; Gymnastique : Pédagogie des agrès ; Edition Vigot ; Paris 1984.
L’apprentissage est une réorganisation de structures fonctionnelles impliquant la notion de
construction séquentielle à enrichissement progressif basé sur une conception « Piagétienne »
(alternance de phases d’Assimilation et d’Accommodation).
a) En partant des préludes de l’activité ;
b) En assimilant de nouvelles actions aux structures antérieures ;
c) En modifiant ces actions par accommodation aux agrès.
L’assimilation
C’est une activité structurale organisatrice permettant de réaliser tout geste nouveau à partir d’une
motricité déjà en place. Elle implique un vécu antérieur sous forme de schèmes initiaux.
L’accommodation
C’est un processus qui, en cours d’assimilation, permet d’appliquer un schème connu à une
situation nouvelle en permettant :
a) D’ajuster et d’affiner les rapports spatio-temporels propres au nouveau geste.
b)D’adapter les conduites aux caractéristiques et exigences de l’agrès auquel il est réalisé.
c) De s’incorporer des facteurs sensori-moteurs spécifiques.
L’apprentissage vise une gymnastique de similitudes et de filiations d’actions. C’est une
réorganisation de structures fonctionnelles impliquant la notion de « construction séquentielle » à
enrichissement progressif, basé sur une conception Piagétienne. Apprendre est donc : Assimiler-
Modifier-Opérer-Généraliser- Transférer.
Les différentes investigations proposées par « CARRASCO » nous permettent de proposer la
démarche pédagogique suivante, en allant du débutant jusqu’au gymnaste d’élite :
- - Première phase : C’est une étape caractérisée par : Familiarisation, initiation et préparation
physique, sous une forme précise : « Le circuit ou parcours », avec dominante essentielle la
maîtrise des situations inhabituelles types et recherche du « Cran »
- -Deuxième phase : C’est le stade de la réalisation des gestes élémentaires et la coordination
d’actions partielles (schèmes primaires et secondaires), sous la forme « le circuit training »,
ayant comme dominante le renforcement et l’amélioration des acquis de la première phase.
- -Troisième phase : C’est la réalisation des gestes techniques, de plus en plus élaborés,
- complexes, isolés et issus des réalisations antérieures élémentaires. La forme de travail préconisée
est « le mini circuit », ayant comme objectif :
- - Le renforcement de la situation inhabituelle ;
- - Le renforcement des schèmes d’actions principaux ;
- - Le renforcement des schèmes d’actions en situation inhabituelle
- - Réalisation du geste global.
- Ces trois étapes dépendent étroitement les unes des autres et ne sont pas définissables dans le
temps.
Illustration des différentes formes de travail
1) Circuit ou parcours général :
a) Définition : Le parcours général est une forme de travail en gymnastique sportive où le jeune
gymnaste exécute, sur différents agrès, les différentes actions motrices, les unes après les autres.
b) Forme de travail : Le plateau de travail étant préalablement délimité et le matériel déjà mis en
place, l’exécutant passe d’un atelier à l’autre suivant un trajet bien déterminé. Il ne doit pas répéter
plus d’une seule fois la tâche proposée dans chaque atelier. Il est utile, au début de la séance, que
l’exécutant fasse une connaissance du sens et du trajet du parcours
c) Intérêt : La simplicité provient du fait que, suivant le matériel disponible, les circuits peuvent
être diversifiés et adaptés et le choix des exercices est presque infini. Facilement réalisable, le
parcours permet d’utiliser tout le matériel disponible : bancs, espaliers, agrès,…Un travail collectif
est possible pour 30 à 35 élèves en moyenne et permet de résoudre le problème de l’effectif.
d) Contenu :
- Sur un plus grand nombre d’agrès possible, recherche des situations inhabituelles types
(rotations avant, arrière et longitudinale), du bas vers le haut, du rassurant jusqu’à l’acquisition du
cran ;
- Passage par la phase intermédiaire si possible (A.T.R) ;
- Combinaison des rotations avec variantes (groupé, carpé, tendu,…) ;
- Les schèmes élémentaires axés sur les actions principales ;
- Travail de l’appel à un seul ou à double appui ;
-Travail du pré-appel et du sursaut préparatoire ;
- Travail du placement du dos et du bassin (gainage) ;
- Travail des schèmes posturaux.
e) Avantages : Le parcours permet, même dans un petit gymnase (praticable modeste) :
- d’utiliser le maximum d’agrès (notion d’unité) - de recevoir un nombre important d’élèves pour
un travail collectif - d’obtenir l’intensité de travail (de l’effort) désirée - de conserver un
caractère attrayant (motivation) - de gagner du temps d’apprentissage - de résoudre le problème de
passage des élèves (attente) - de permettre un encadrement réduit (professeur seul) - d’avoir la
possibilité de dosage (nombre de répétition) - de faciliter les acquisitions - d’avoir la possibilité
d’orientation des élèves - de respecter les exigences de l’exécution (aspect technique).
En général, on distingue trois types de parcours :
- Parcours gymnique : Préparation physique et amélioration des qualités psychomotrices de
base.
- Parcours général : Familiarisation avec l’activité gymnique et réalisation des schèmes sensori-
moteurs primaires.
- Parcours général à dominante… : Mettre l’accent sur un type d’action.
2) Circuit-training ou parcours intervalle-training :
a) Définition : « C’est une forme de travail en gymnastique au cours de laquelle les élèves
répètent le même geste un certain temps ou un certain nombre de fois à chaque atelier avant
de passer au suivant ».
b) Forme de travail : Deux possibilités peuvent être envisagées :
S3 S4 S5
S2
S2
S2 S6 S1 B S3
S1 A S3
S1 S4
S4
S8 S7
c)Intérêt : Le parcours intervalle-training se fixe pour objectif le renforcement de gestes
plus élaborés, construits à partir des parcours généraux.
3) Mini-circuit :
a) Définition :C’est le prolongement des formes de travail proposées antérieurement. Pour
l’étude d’un geste, un certains nombre d’ateliers sont mis en place ; les gymnastes passent
successivement de l’un à l’autre suivant un itinéraire les ramenant au point de départ.
Répartition dans le temps
1) Phase 1
- Type du gymnaste : débutant 1.
- Niveau d’apprentissage : 1er niveau.
- Niveau scolaire : 1ere année du collège.
- Forme de travail : parcours gymniques et parcours généraux.
2) Phase 2
- Type du gymnaste : débutant 2.
- Niveau d’apprentissage : 2ème niveau.
- Niveau scolaire : 2ème et 3ème années du collège.
- Forme de travail : parcours généraux à dominante…
3) Phase 3
- Type du gymnaste : phase préparatoire 1
- Niveau d’apprentissage : 3ème niveau.
- Niveau scolaire : 1ère année du lycée.
- Forme de travail : parcours intervalle-training.
4) Phase 4
- Type du gymnaste : phase préparatoire 2.
- Niveau d’apprentissage : 4ème niveau.
- Niveau scolaire : 2ème année du lycée.
- Forme de travail : mini-circuit.
5) Phase 5
- Type du gymnaste : phase précompétitive.
- Niveau d’apprentissage : 5ème niveau.
- Niveau scolaire : 3ème année du lycée.
- Forme de travail : combinaison d’éléments techniques et construction d’enchaînement.
6) Phase 6
- Type du gymnaste : phase compétitive.
- Niveau d’apprentissage : 6ème niveau.
- Niveau scolaire : Bac et plus ; A.S.S et clubs.
- Forme de travail : répétition par parties de l’enchaînement puis en totalité et
renforcements généraux (assouplissements, musculation, endurance, résistance, force,…).
Perception
Le travail systématique d’exercices appropriés conduira à une amélioration simultanée des
perceptions visuelles, kinesthésiques et labyrinthiques. Leur affinement se fera progressivement
et aboutira à une adaptation à cette activité en situation inhabituelle. Cet apprentissage devra
être précoce, sous forme de « parcours » et aura comme objectif la recherche des sensations de
hauteur, de déplacement et de vitesse du corps (immobilité du cadre extérieur), et ceci par :
- Reconnaissance du haut-bas, devant-derrière, droite-gauche en situation inhabituelle soit
statique (A.T.R, suspension renversée,…), soit dynamique(en rotation, en appui ou en
suspension,…).
- Organisation d’un système de référence, soit le sol, soit l’agrès, soit une partie du corps par
rapport au sol ou par rapport à l’agrès.
Grace à cette activité, s’effectuant à travers un ensemble de déplacements, il va y avoir un
ensemble de relations entre l’élève et le milieu : c’est la construction de l’espace gymnique,
recherchée à travers la connaissance des agrès, de leurs formes, du matériel utilisé (rigidité,
souplesse), des espacements, des hauteurs, des longueurs, des largeurs, des distances,…