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Conflits et paix au Moyen-Orient : enjeux clés

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Conflits et paix au Moyen-Orient : enjeux clés

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Le Moyen Orient : conflits régionaux et tentatives de paix impliquant des acteurs internationaux.

Le Moyen-Orient est une des régions du monde où les tensions et les conflits sont les plus nombreux. C’est le
paradoxe d’une région qui compte un héritage culturel d’une extrême diversité et d’une grande richesse, et qui
dispose de ressources stratégiques clefs comme le pétrole. Ces atouts potentiels se sont pourtant transformés en
source de conflits car la situation géopolitique de la région est devenue extrêmement complexe.

Le « Moyen-Orient » est un terme anglais désignant originellement des zones sous influence anglaise (monde perse,
péninsule arabique, Pakistan). Cette zone comprendrait la Turquie, l’Égypte, l’Iran, l’Irak, la Syrie, le Liban, la
péninsule Arabique, Israël voire Chypre.
Le Moyen-Orient engloberait donc le Proche-Orient, zone plus restreinte constituée de pays bordant la
Méditerranée orientale (Egypte, Israël, Palestine, Syrie, Turquie).
En 1916 sont signés les accords secrets franco-britanniques Sykes-Picot. Ils anticipent la victoire lors de la
Première Guerre mondiale en prévoyant le partage du Proche -Orient à l’issue de la défaite ottomane . Au XXe
siècle, la région passe de l’influence coloniale turque à l’influence coloniale franco-britannique. Depuis la fin de la
Seconde, le Moyen-Orient est marqué à la fois par l’influence américano-soviétique pendant la Guerre froide, la
décomposition progressive des structures coloniales, l’émergence de nouveaux Etats et l’influence de diverses
puissances externes (E-U, URSS, Chine, France…) ou internes (Arabie-Saoudite, Iran…). Le géographe Yves Lacoste
explique que l’instabilité de cette « région charnière » du Proche et du Moyen-Orient est fondée sur des tensions
liées tant aux ressources, aux identités, aux disparités économiques ou sociales qu’à l’influence concurrente de
puissances externes et internes. Au cœur de dynamiques internes et externes, la région est toujours aujourd’hui un
foyer d’instabilité, un espace « éclaté » (Georges Corm, 2012).

La situation étudiée sera centrée sur le conflit israélo-arabe au conflit israélo-palestinien en passant par les
tentatives de résolution et ce, depuis la création de l’État d’Israël aux accords d’Oslo. On s’intéressera aussi aux deux
guerres du Golfe (1991 et 2003) et à leurs prolongements en voyant comment l’on passe d’une guerre interétatique
à un conflit asymétrique.

Comment expliquer la densité de conflits qui caractérise cette région et la difficulté à les résorber ?

I. Le M.O, une région stratégique qui attise les convoitises des puissances internationales
Un poids démographique 300 millions d’habitants avec 3 poids lourds démographiques (Turquie, Iran, Égypte), des
zones anciennement peuplées (le croissant fertile)

A. Une région aux enjeux géostratégiques et géoculturels


Cette région est un carrefour entre Méditerranée et océan indien, à la jonction Europe-Asie-Afrique. L’importance
stratégique est ancienne avec les premières civilisations dans l’Antiquité, invention agriculture, invention écriture,
premières villes du monde (Our, Babylone…), influence grecque (Alexandre-le-Grand), romaine, perse, arabo-
musulmane, ottomane…

Importance stratégique actuelle au cœur des flux les plus intenses de la mondialisation (passage des navires de
commerce, canal de Suez, détroits d’Ormuz et Bab-el-Mandeb)

Le Moyen Orient est composé d’une mosaïque de peuples (400 Millions d’habts), dont trois dominants : les Perses
(ou Iraniens, 80M, qui parlent le farsi), les Turcs (80M, qui parlent le turc et utilisent l’alphabet latin) et les Arabes
(250M, la langue arabe se subdivise en nombreux dialectes). Tour à tour, chacun a dominé la région, ce qui entretient
les antagonismes actuels.
Un peuple reste sans pays : les Kurdes ( 30M), à cheval sur 4 États (Turquie : 15M, Syrie : 3M,Irak : 5M et Iran:7 M).
Depuis 2013, ils disposent d’un Kurdistan autonome en Irak.
Les Hébreux (ou Israélites) (6M)

Une diversité religieuse : la région est le berceau des 3 religions monothéistes (judaïsme, christianisme, islam), elle
abrite les 2 grandes villes saintes de l’islam (La Mecque, Médine) et Jérusalem ville 3 fois sainte qui est donc
commune aux 3 religions, avec en particulier : le Mur des Lamentations pour le judaïsme (Temple de Salomon), le
Saint-Sépulcre pour le christianisme et le Dôme du Rocher sur l’Esplanade des Mosquées pour les Musulmans.
Les musulmans sont de très loin les plus nombreux mais divisés entre sunnites (65%) et chiites (35%) d’où des
tensions instrumentalisées par les gouvernements. Par exemple, au Yémen, les chiites sont minoritaires mais sont au
pouvoir depuis 2014 contrairement à Bahreïn où cet Etat est majoritairement chiite mais le pouvoir est aux mains des
sunnites.
Les chrétiens sont dispersés (10M, les plus nombreuses communautés sont les Coptes orthodoxes en Égypte, les
Arméniens orthodoxes et les Maronites catholiques en Syrie et au Liban). Les juifs sont réunis en Israël
Le contrôle des lieux saints représente un véritable enjeu géopolitique et économique (pèlerinages).

B. Des conflits liés aux ressources : des enjeux géopolitiques et géoéconomiques


Milieu naturel globalement contraignant : déserts, montagnes-refuges, terres fertiles rares et convoitées (vallées
Nil, Jourdain, Tigre, Euphrate, littoral méditerranéen…)

L’or noir et l’or bleu, des ressources convoitées :


Le pétrole est la principale richesse du M.O (30% de la production mondiale, 2/3 des réserves estimées),
l’exploitation a débuté vers 1908 en Perse par des compagnies européennes et américaines. À partir des années
1950, les pays producteurs imposent leur contrôle sur la production et les prix (1973 1er choc pétrolier).
Le pétrole crée des déséquilibres régionaux et conflits. Le Moyen Orient a aussi 40% des réserves mondiales de gaz
naturel (Iran, Qatar). Les hydrocarbures du M.O sont vitaux pour les grandes puissances qui s’y approvisionnent.
Le pétrole peut être une arme efficace contre les Occidentaux (guerre du Kippour), mais aussi un facteur de conflits
entre États du Moyen Orient : guerre Iran-Irak de 80 à 88 pour le contrôle des champs frontaliers du Chat-el-Arab ;
invasion du Koweït par l'Irak en 90. Les tensions sont d'autant plus vives que les pays producteurs ont basé tout leur
développement sur cette manne, qui profite peu aux populations (d'où le boycott et l'échange pétrole contre
denrées et médicaments imposé par l'ONU à l'Irak après la 1°Guerre du Golfe en 1991).
L’eau est une richesse rare, car le milieu naturel aride. La forte croissance démographique, l’urbanisation et
l’irrigation font que les besoins augmentent. L Les nappes phréatiques, surexploitées, se salinisent et le débit des
fleuves se raréfie vu les nombreux aménagements hydrauliques. Le MO est devenu la zone la plus hydro-
conflictuelle de la planète : fortes tensions entre Jordanie-Israël et Territoires Palestiniens pour le Jourdain ; entre la
Turquie, la Syrie et l'Irak pour le Tigre et l'Euphrate (Mésopotamie).

II. L’implication des acteurs internationaux lors des conflits interétatiques de 1945 à 1991

Comment les grandes puissances se sont-elles impliquées dans les conflits au Moyen-Orient depuis 1945 ?

A. Des conflits interétatiques entre Israël et les États arabes voisins


Les conflits armés de 1948 aux années 1990 sont essentiellement des conflits interétatiques, ce sont les armées
régulières des États qui s’affrontent :
ex : la guerre des Six Jours (1967), la guerre Iran-Irak (1980-88), la guerre du Golfe (1990-91)...
Si les conflits opposent toujours, au moins dans un 1er temps, des acteurs régionaux, l’implication des acteurs
internationaux est systématique mais peut varier dans ses modalités :
- vote de résolutions au Conseil de sécurité de l’ONU pour faire respecter des principes fondateurs du droit
international comme le respect de la souveraineté des États sur leur territoire (résolution 242 sur l’évacuation des
territoires occupés par Israël suite à la guerre des Six Jours en 1967).
- intervention militaire directe sous mandat du Conseil de sécurité de l’ONU lors de la guerre du Golfe (1990-91)

B. La question des frontières israéliennes et palestiniennes (Jalon n°1)


Film documentaire, Israël/Palestine, 60 ans de violence, 2009.
Le conflit israélo-arabe a pour objet la souveraineté sur les territoires de l’ex-Palestine sous mandat britannique
jusqu’en 1948.
Les différents épisodes de ce conflit (1948-49, 1956, 1967, 1973) voient l’opposition de l’armée israélienne aux
armées des États arabes voisins (Égypte, Jordanie, Syrie, Liban).
Les forces israéliennes l’emportent à chaque fois et après 1967 Israël occupe tous les territoires palestiniens
autrefois administrés par les États arabes (Gaza, Cisjordanie dont Jérusalem-est).
Dossier hachette p244-245 Israël face aux États arabes (1948-79)
1. Les victoires israéliennes
a. La première guerre israélo-arabe (1948-1949)
En 1947, l’ONU propose un plan de partage de la Palestine avec la création de deux Etats distincts (Etat juif/Etat
arabe) et un statut spécial sous couvert international de l’ONU pour Jérusalem. La Ligue Arabe (créée en 1945)
refuse ce plan et ne reconnaît pas l’Etat d’Israël. Celui-ci sera créé officiellement en 1948. (Rappel du contexte : le
génocide juif durant la Seconde GM). Une situation de guerre civile éclate alors. C’est la « Nakba » (la
« catastrophe »), 700 000 réfugiés arabes quittent Israël entre mai 1948 et avril 1949 et se rendent dans les pays
limitrophes aux frontières. C’est le début de l’exode forcé, du déracinement. Corollairement, le Liban, la Syrie et
l’Egypte entrent en guerre contre Israël. Tsahal remporte les victoires et multiplie les annexions : Jérusalem Ouest, la
Transjord anie, 77% de l’ancienne Palestine mandataire, soit 50% de plus que ce qui était prévu par le plan de
partage de l’ONU. Ces annexions ne sont pas reconnues par l’ONU. En 1949, un cessez le feu sous couvert de l’ONU
est approuvé et la ligne verte marque la ligne de front entre l’Etat d’Israël et les autres Etats arabes (Liban, Syrie,
Jordanie, Egypte).

b. La crise de Suez
La crise de Suez est une crise complexe, qui croise plusieurs intérêts politiques et financiers. En 1956 le président
égyptien Nasser nationalise le canal de Suez (jusque-là exploité par une compagnie franco-britannique) provoquant
une intervention militaire (France-Royaume-Uni-ISRAËL contre l’Égypte) condamnée par ONU, EU et URSS font
pression sur F et Roy-Uni qui doivent se retirer (victoire militaire mais défaite diplomatique). La crise de Suez
confirme la perte d’influence des anciennes puissances coloniales (France, Royaume-Uni) au Moyen-Orient. C'est la
2ème guerre israélo-arabe.
[Link] [Link]?
fichemedia=00000000060 Occupation de Port-Fouad et Port-Saïd, Les actualités françaises, 14 novembre 1956,
2mn44
[Link]
fichemedia=00000000180 La guerre israélo-égyptienne de 1956. Les actualités françaises, 14 novembre 1956,
0mn14

c. La guerre des Six Jours (5-10 juin 1967)


La guerre des Six-Jours est déclenchée en 1967 à l'initiative d'Israël, après que trois de ses voisins coalisés (l'Egypte,
la Syrie et la Jordanie) aient bloqué le golfe d'Aqaba, seule ouverture d'Israël sur la Mer Rouge, prélude à un blocus
du pays. Israël attaque pour rompre cet encerclement et en 6 jours écrase Égypte-Syrie-Jordanie et occupe le Sinaï,
Gaza, Jérusalem-Est, Cisjordanie et Golan = les “territoires occupés” où vivent 2,5 millions d’Arabes.
Israël refuse de se soumettre à la résolution 242 de l'ONU (évacuer les territoires occupés).
Cette guerre bouleverse la situation des Palestiniens de Gaza et Cisjordanie, désormais sous occupation israélienne.
C'est la 3ème guerre israélo-arabe. Selon CDG, « Israël n’est plus le petit Etat hébreu issu de l’holocauste mais une
puissance militaire ».
[Link]
La guerre des six jours, les actualités françaises du 13 juin 1967, INA, Lumni 5mn44
[Link] Fiche pédagogique
avec cours et vidéos

d. la guerre du Kippour
La 4ème guerre israélo-arabe, éclate en octobre 1973, les pays arabes veulent une revanche sur Israël et souhaitent
récupérer les territoires perdus. Ils attaquent le jour du Yom Kippour mais Israël résiste, l'ONU impose un cessez-le-
feu mais les pays arabes de l'OPEP utilisent l'arme du pétrole pour forcer les Occidentaux à lâcher Israël, c'est le 1er
choc pétrolier (prix baril de brut x4). C’est une victoire plus modérée pour Israël. Les gains territoriaux : Suez (aux
dépens de l’Egypte) et le Golan (aux dépens de la Syrie).
[Link] la guerre du Kippour, magazine
52, 25 octobre 1973, 4mn20

2. la guerre du Liban
Elle commence en 1975, c'est une guerre civile car le Liban est une mosaïque de peuples (chrétiens, sunnites,
chiites, druzes...). Le pays est déstabilisé par l'afflux de réfugiés palestiniens qui font des attaques contre ISR qui
réplique contre le Liban. Israël intervient en 1982 pour forcer le gouvernement palestinien en exil à évacuer
Beyrouth mais Israël laisse faire les massacres de civils palestiniens commis dans les camps de réfugiés de Sabra et
Chatila par des milices chrétiennes en représailles à l'assassinat du président chrétien libanais Gemayel par des
musulmans (septembre 1982). La guerre civile au Liban s'achève en 1990 mais le pays reste instable (Hezbollah,
milices…)

C. La 1ère guerre du Golfe, l’Irak contre la coalition internationale (Jalon n°2) – étude critique de document(s)-
La guerre du Golfe est un exemple type de conflit interétatique impliquant des acteurs régionaux et
internationaux. (Pages 148 + 150-151)
L’Irak de Saddam Hussein envahit le Koweït en août 1990. L’invasion, condamnée par la communauté internationale,
donne lieu à des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU demandant à l’Irak d’évacuer le pays.
Une large coalition dirigée par les EU attaque l’armée irakienne qui subit de lourdes pertes et doit évacuer le
territoire du Koweït (janvier-février 1991).
[Link] Saddam Hussein envahit le Koweït, RTI, 3août 2017, 2mn33
La guerre du Golfe voit donc la résolution d’un conflit interétatique régional (Irak/Koweït) par l’intervention d’une
coalition majoritairement composée d’armées extérieures à la région sous mandat du Conseil de sécurité de l’ONU.
Durant cette guerre, la présence massive des EU en Arabie saoudite est dénoncée par les islamistes radicaux (Ben
Laden).

II. Depuis les années 1990, des conflits asymétriques de plus en plus complexes
A. L’Intifada, une guerre civile
Film documentaire, Israël/Palestine, 60 ans de violence, 2009.
La 1ère Intifada (1987-93) confirme la mutation du conflit étatique israélo-arabe en conflit asymétrique israélo-
palestinien. Intifada ou « guerre des pierres » = soulèvement de la population palestinienne et des organisations
politiques des territoires occupés depuis 1967. L’armée israélienne est donc opposée, non pas à une autre armée,
mais à des populations et à des organisations politiques armées (OLP 1964, Hamas à Gaza 1987).
La 1ère Intifada trouve une issue dans les accords d’Oslo (1993-95) sous l’égide du président américain Bill Clinton.
Mais l’assassinat du Premier Ministre israélien Rabin en 1995, la seconde Intifada (2000-2006) et le retour régulier
des violences (opération « plomb durci » à Gaza entre décembre 2008- décembre 2009) provoquent le durcissement
et la radicalisation des positions des deux parties. L’administration Trump depuis 2017, enregistre une position
résolument pro-israélienne (reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël le 6/12/2017) et le processus de
paix est au point mort.
[Link]
%C3%A9opolitique%20et%20sciences%20politiques&fichemedia=00000001942 Inauguration sous tension de
l’ambassade des EU à Jérusalem, Journal de 20h, France 2, 14 mai 2018, 1mn45
[Link] Les origines du conflit israélo-palestinien expliqué sur cartes, le
monde en cartes, février 2018, 11mn

B. L’impossible pacification de l’Irak


(Pages 148-149 + 152-153)
La guerre qui débute en 2003 clôt une décennie de tensions diplomatiques entre l’Irak et les EU, ces derniers
accusant Saddam Hussein de soutenir Al-Qaeda et de fabriquer des armes de destruction massive. Le président
George W. Bush présente la chute du dictateur comme la suite logique de la guerre globale contre la terreur menée
depuis les attentats du 11 septembre 2001.
L’intervention des EU en Irak en 2003, sans mandat de l’ONU est un tournant dans l’histoire des conflits dans la
région. La coalition dirigée par les EU obtient une victoire rapide sur l’armée irakienne mais l’installation d’un
pouvoir proaméricain à Bagdad et l’occupation de l’Irak produisent une situation de guerre civile.
Les EU quittent l’Irak en 2011 en laissant un pays meurtri, instable et profondément divisé.

C. Les conséquences des printemps arabes au Moyen-Orient


Le « printemps arabe » est un vaste mouvement de protestation parti de Tunisie et qui se propage au M.O.
(Égypte, Syrie, Bahreïn…) provoquant la chute de régimes (Tunisie, Égypte, Libye, Yémen), des réformes (Arabie
saoudite, Oman, Koweït), une contestation réprimée (Syrie, Bahreïn).
L’espoir de ce printemps arabe de voir fleurir des démocraties s’éteint rapidement avec « l’hiver islamiste... ».
À la suite des printemps arabes de 2011 qui ont vu des populations civiles se soulever contre des dictateurs au
pouvoir, une guerre civile éclate en Syrie opposant le président au pouvoir (Bachar el-Asad) à divers groupes
rebelles.
À partir de 2014-2015, le chaos syrien s’étend à l’Irak provoquant une situation d’une très grande complexité
impliquant les gouvernements d’États effondrés (Syrie, Irak), des organisations terroristes contrôlant des territoires
(Daech, front Al-Nusra), des forces régionales (Kurdes syriens et irakiens), les puissances régionales (Iran, Arabie
saoudite, Turquie) et des puissances internationales antagonistes (EU, Russie).
[Link] Lumni 2018, 4mn24
La guerre civile au Yémen depuis 2014, oppose les houthis rebelles chiites soutenus par l’Iran, au gouvernement
sunnite soutenu par l’Arabie saoudite.

III. Une paix difficile à trouver


De nombreux plans de paix sont proposés pour apaiser les relations entre Israël, les pays arabes voisins et les
Palestiniens : cessez-le-feu, conventions d’armistice, conférences de conciliation, accords de paix. On distingue deux
phases dans leur histoire :

- de 1948 aux années 1970, l’ONU dirige des négociations multilatérales qui conduisent à des paix négatives –
seule la résolution 242 du Conseil de sécurité de 1967 servira de base à un éventuel règlement du conflit.
L’irrésolution de l’ONU et les faiblesses de la sécurité collective, l’affaiblissement de l’URSS puis sa disparition, le
sentiment d’Israël de vivre dans un monde qui lui est globalement hostile apparaissent alors comme des obstacles
majeurs à la résolution du conflit.

- le cadre multilatéral laisse place à partir de 1973, à des négociations bilatérales menées sous l’égide américaine.

En 1977, à la surprise générale, le président égyptien Anouar el-Sadate répond à l'invitation du Premier ministre
israélien Menahem Begin et se rend en visite officielle à Jérusalem, ouvrant ainsi la porte à un accord bilatéral
Égypte-Israël.

Le président des EU, Jimmy Carter, qui souhaite relancer le processus de paix au Proche-Orient, joue un rôle de
1er plan dans la conclusion du traité de paix entre Israël et l’Égypte. Il joue le rôle de médiateur dans les
négociations à Camp David en 1978. Un traité de paix est signé à Washington en 1979.
Ce traité met fin à trente ans de relations conflictuelles entre les deux pays. C'est un accord historique, pour lequel
Sadate et Begin reçoivent le prix Nobel de la Paix en 1978. Concrètement, l'Égypte obtient de récupérer le Sinaï
(occupé par Israël depuis la guerre des Six-Jours) mais reconnaît l’Etat d’Israël, tandis qu'Israël maintient sa
domination sur la Cisjordanie.
Cependant, les accords de Camp David sont très mal accueillis dans les autres pays arabes, qui accusent l'Égypte de
briser l'unité arabe et de se désolidariser de la cause palestinienne. L'Égypte est exclue de la Ligue arabe pour 10ans
et Sadate est assassiné en 1981 par des islamistes égyptiens. La Jordanie signe en 1994 la paix avec Israël.
[Link]
fichemedia=00000000192 Les accords de Camp David Le journal de la nuit, 18 septembre 1978, 1mn26

Les EU sont à l’origine également de l’accord de paix entre le Liban et Israël (1982) et surtout des accords d’Oslo
(1993) entre Israël (Yitzhak Rabin) et l’OLP (Yasser Arafat) sous la médiation du Président américain Bill Clinton. La
poignée de main historique entre les deux hommes derrière la maison Blanche à Washington laissait espérer la voie
de la négociation et d’une paix durable. L’OLP renonce à la lutte armée et reconnaît le droit d’Israël à vivre en paix.
L’Autorité palestinienne est également créée. En contrepartie, l’armée israélienne se retire de Gaza et de
Cisjordanie. Arafat et Rabin obtiennent le prix Nobel de la paix en 1994 mais Rabin est assassiné en 1995 par un
extrémiste religieux israélien tandis qu’Arafat échappe à plusieurs tentatives d’assassinats. Avec l’arrivée d’une
droite nationale (le Likoud) d’Ariel Sharon au pouvoir depuis 2001 et l’arrivée du Hamas dans la bande de Gaza à
partir de 2006, les espoirs de paix se sont envolés.

Plus efficaces, ces traités n’aboutissent pas cependant à une véritable paix positive car ils excluent les extrémistes
de chaque bord (extrémistes arabes, Hamas palestinien, ultranationalistes israéliens).

Les puissances extérieures à la région sont impliquées dans les conflits irakien et syrien mais sont divisées voire
opposées. La Russie qui soutient le régime de Bachar Al-Assad alors que la France et les EU soutiennent les forces
rebelles démocratiques syriennes. Tous les trois sont membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU avec un
droit de veto, bloquant toute résolution décisive à l’ONU.

Ces conflits illustrent l’incapacité de l’ONU et de la communauté internationale à agir efficacement afin de garantir
la paix dans la région.

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