UNIVERSITÉ MOHAMMED I
Faculté Des Sciences Année Universitaire 2020/2021
Département De Mathématiques Section SMIA-Semestre 2
Et Informatique Session de Rattrapage
Oujda Module Algèbre 3
Responsable : A. Lidouh
Durée : 1H.30mn.
Corrigé de Examen d’Algèbre
Exercice I :
p p−3 1
1. La matrice du système Sp est Ap = 3 2p − 7 1 . Le système est de Cramer si et
2 p−3 1
seulement si le déterminant de Ap est non nul. Pour calculer le déterminant on développe
par rapport à la dernière colonne de la matrice Ap .
p p−3 1 p p−3 1
3 2p − 7 1 = 3−p p−4 0 = (2 − p)(p − 4).
2 p−3 1 2−p 0 0
Anisi le déterminant est différent de zéro si et seulement si p 6= 2 et p 6= 4.
2. Le système S2 s’écrit :
2x − y + z = −3
(S2 ) = 3x − 3y + z = 1
2x − y + z = 1.
En soustrayant la deuxième équation de la première puis la deuxième équation de la
troisème équation, on obtient le système suivant incompatible :
x − 2y = 4
x − 2y = 0
2x − y + z = 1.
L’ensemble de solution est donc vide.
3. Le système S4 s’écrit :
4x + y + z = 1
(S2 ) = 3x + y + z = 1
2x + y + z = 1.
De la deuxième équation et la troisième , on déduit que x = 0. et par conséquent le système
S4 se réduit à l’équation y + z = 1. S4 admet une infinité de solution et l’ensemble de
solution s’écrit {(0, 1 − z, z)|z ∈ R}
1
Exercice II : Soit u l’application linéaire de R3 dans R3 définie par :
u(e1 ) = e1 + e2 + e3
u(e2 ) = 2e1 + 3e2 − e3
u(e3 ) = −e2 + 3e3
où B = {e1 , e2 , e3 } désigne la base canonique de R3 .
1. (a)
1 2 0
A= 1 3 −1 .
1 −1 3
(b)
x 0
v = xe1 + ye3 + ze3 ∈ ker u ⇔ u(v) = (0, 0, 0) ⇔ A y
= 0 ⇔
z 0
1 2 0 x 0 x + 2y = 0 x + 2y = 0
1 3 −1 y = 0 ⇔ x + 3y − z = 0 ⇔ y−z = 0 ⇔
1 −1 3 z 0 x − y + 3z = 0 −3y + 3z = 0
x = −2y
.
z = y
Ainsi, v = xe1 + ye3 + ze3 ∈ ker u ⇔ v = y(−2e1 + e2 + e3 ). Donc {−2e1 + e2 + e3 }
engendre ker u et est libre car −2e1 + e2 + e3 6= (0, 0, 0). Finalement, {−2e1 + e2 + e3 }
est une base de ker u.
2. Soient f1 = −2e1 + e2 + e3 , f2 = e1 + e2 + e3 et f3 = 2e1 + 3e2 − e3 trois vecteurs de R3 .
(a) Il suffit de montrer que C est libre car card(C) = 3 = dim R3 . Pour cela, il suffit de
montrer que le déterminant de la matrice formée par les coordonnées de f1 , f2 et f3
dans la base B est non nul. En effet :
−2 1 2 −2 1 0
1 1 3 = 1 1 4 − 4 · (−2) = 12 6= 0.
1 1 −1 1 1 0
donc C = {f1 , f2 , f3 } est une base de R3 et la matrice de passage P de la base B à
la base C est
−2 1 2
P = 1 1 3 .
1 1 −1
(b) On a
1 0 0
P Q = QP = I3 = 0 1 0
0 0 1
2
La matrice Q est l’inverse de la matrice P, et par conséquent c’est la matrice de
passage de la base C à la base B.
3. (a) D’après ce qui précède, on sait que f1 = −2e1 + e2 + e3 est un élément de ker u, donc
u(f1 ) = 0R3 .
u(f2 ) = u(e1 +e2 +e3 ) = u(e1 )+u(e2 )+u(e3 ) = 3e1 +3e2 +3e3 = 3(e1 +e2 +e3 ) = 3f2 .
u(f3 ) = u(2e1 + 3e2 − e3 ) = 2u(e1 ) + 3u(e2 ) − u(e3 ) = 2(e1 + e2 + e3 ) + 3(2e1 + 3e2 −
e3 ) − (−e2 + 3e3 ) = 8e1 + 12e2 − 4e3 = 4(2e1 + 3e2 − e3 ) = 4f3 . Donc la matrice D
de u dans la base C est :
0 0 0
D = 0 3 0 .
0 0 4
L’autre méthode consiste à dire que les matrices A et D sont liées par la relation
D = P −1 AP .
1 1 1
−
3 4 12
1 2 0 0 0 0
P −1 A = 13 0 2 1 3 −1 = 1 0 2 .
3
1 −1 3 0 1 −1
0 1 −1
4 4
D’où :
0 0 0 −2 1 2 0 0 0
D = P −1 AP = 1 0 2 1 1 3 = 0 3 0 .
0 1 −1 1 1 −1 0 0 4
(b) Soit n ∈ N∗ . Comme D = P −1 AP , alors A = P DP −1 , d’où :
An = (P DP −1 )(P DP −1 ) · · · (P DP −1 ) = P Dn P −1 .
| {z }
n fois
1 1 1
− 3 4 12
0 0 0 0 0 0
Dn P −1 = 0 3n 0 13 0 2 = 3n−1 0 2 · 3n−1 .
3
0 0 4n 0 4n−1 −4n−1
0 14 − 41
Ainsi,
n−1
−2 1 2 0 0 0 3 2 · 4n−1 2 · (3n−1 − 4n−1 )
An = 1 1 3 3n−1 0 2 · 3n−1 = 3n−1 3 · 4n−1 2 · 3n−1 − 3 · 4n−1 .
1 1 −1 0 4n−1 −4n−1 3n−1 −4n−1 2 · 3n−1 + 4n−1
Exercice III : On note par M2 (R) l’espace vectoriel des matrices carrées d’ordre 2 à coefficients
dans R.
Soient f : M2 (R) → R et g : M2 (R) → M2 (R) les applications définies par :
2x + t x+y+t
f (M ) = x + t et g(M ) =
x + z + t −2x − t
3
x y 1 1
pour toute matrice M = de M2 (R). Posons U = .
z t 0 0 1 −2
x y x y
1) Soient M = et M 0 = deux matrices de M2 (R). Soient aussi λ et µ
z t z 0 t0
deux nombres réels, alors :
λx + µx0 λy + µy 0
0
λM + µM = ,
λz + µz 0 λt + µt0
d’où : f (λM + µM 0 ) = λx + µx0 + λt + µt0 = λ(x + t) + µ(x0 + t0 ) = λf (M ) + µf (M 0 ).
De même :
2(λx + µx0 ) + λt + µt0 λx + µx0 + λy + µy 0 + λt + µt0
0
g(λM + µM ) = =
λx + µx0 + λz + µz 0 + λt + µt0 −2(λx + µx0 ) − (λt + µt0 )
0
2x + t0 x0 + y 0 + t0
2x + t x+y+t
λ +µ = λg(M ) + µg(M 0 ).
x + z + t −2x − t x0 + z 0 + t0 −2x0 − t0
f et g sont linéaires.
Donc les applications
x y x y
2) M = ∈ ker f ⇔ f (M ) = x + t = 0 ⇔ t = −x ⇔ M = . Donc ker f =
z
t z −x
x y 1 0 0 1 0 0
{ | x, y, z ∈ R} = {x +y +z | x, y, z ∈ R}
z −x 0 −1 0 0 1 0
Ainsi, ker f est le sous-espace vectoriel de M2 (R), engendré par la partie
1 0 0 1 0 0
B={ , , }.
0 −1 0 0 1 0
De plus, on vérifie facilement que B est libre ; c’est donc une base de ker f formée de 3 éléments,
donc dim ker f = 3.
x y
3) Soit M = ∈ M2 (R), alors :
z t
2x + t − x x+y+t−y x+t x+t
g(M ) − M = = .
x + z + t − z −2x − t − t x + t −2(x + t)
0 0
Lorsque M ∈ ker f on a f (M ) = x + t = 0, donc g(M ) − M = la matrice nulle.
0 0
0 0
On en déduit que : M ∈ ker f ⇒ g(M ) − M = ⇒ M = g(M ) ∈ Im g ⇒ ker f ⊂ Im g.
0 0
1 1 0 0
4) Si U = , alors g(U ) = . Donc U ∈ ker g. Comme U est non nulle, alors
1 −2 0 0
g est non injective, d’où g n’est pas surjective (puisque c’est un endomorphisme de M2 (R).
Ainsi, dim Im g < dim M2 (R) = 4, donc dim Im g ≤ 3. Comme ker f ⊆ Im g, alors :
3 = dim ker f ≤ dim Im g ≤ 3.
On en déduit que
3 = dim ker f = dim Im g = 3.
4
Ainsi, ker f = Im g. Le théorème du rang nous dit que ker g est de dimension 1, donc {U } est
une base de ker g.
5) Soit M ∈ ker f ∩ ker g. D’après ce qui précède, M = g(M ),et comme M est dans le
0 0 0 0
noyau de g, alors M = g(M ) = . Donc ker f ∩ ker g = { }, d’où la somme
0 0 0 0
ker f + ker g est directe. On en déduit que dim(ker f ⊕ ker g) = dim ker f + dim ker g = 3 + 1 =
4 = dim M2 (R), d’où :
M2 (R) = ker f ⊕ ker g.