Bilan Previsionnel 2021 - Annexes Techniques
Bilan Previsionnel 2021 - Annexes Techniques
de l’équilibre offre-demande
d’électricité en France
ÉDITION 2021
ANNEXES TECHNIQUES
Bilan prévisionnel
de l’équilibre offre-demande
d’électricité en France
ÉDITION 2021
ANNEXES TECHNIQUES
Le Bilan prévisionnel est établi par RTE en application
de l’article L. 141-8 du Code de l’énergie.
7
Introduction
15
Hypothèses de demande
d’électricité en France
129
L’offre en France
155
Hypothèses européennes
187
Le diagnostic d’équilibre offre-demande
207
L’analyse de viabilité économique
227
Les caractéristiques
d’un système électrique en transition
LES DIX
PROCHAINES
ANNÉES :
une transformation du mix
énergétique pour en faire un vecteur
majeur de la réduction des émissions
globales de CO2 en France
La crise sanitaire qui frappe la France et le monde se sont également efforcés de maximiser la disponi-
depuis un an a profondément touché le système bilité de capacités pour la période hivernale pour limi-
électrique. ter les risques sur la sécurité d’approvisionnement :
gestion prudente des stocks hydrauliques, renforce-
Le premier impact visible a été la chute importante ment du dispositif de soutien aux effacements, etc.
de la consommation lors du confinement du prin-
temps 2020 (-15 % en quelques jours). Malgré ces efforts conjoints, la configuration du
parc de production ne permettait pas de respecter
Mais le système électrique a surtout été fragilisé le critère réglementaire de sécurité d’approvision-
en profondeur par les conséquences du premier nement durant l’hiver 2020-2021.
confinement sur les plannings de maintenance des
réacteurs du parc nucléaire. Malgré les différentes Néanmoins, aucune défaillance dans la sécurité
optimisations réalisées depuis par EDF, les objec- d’approvisionnement n’a été constatée :
tifs de productible annuels ont été très significati- uu les effets de la crise sanitaire ont réduit la
vement revus à la baisse par rapport à des années consommation tout au long de l’hiver par r apport
standards et la disponibilité du parc nucléaire a été à une situation hors crise sanitaire ;
dégradée. Le parc a ainsi atteint des niveaux de uu le niveau d’indisponibilités fortuites sur le parc
disponibilité historiquement bas au cours de l’hiver de production est resté relativement réduit ;
2020-2021, jusqu’à 3 GW en-dessous de ceux des uu les imports ont été plus fréquents que ceux
précédents hivers. observés les précédents hivers (seul l’hiver
2016-2017 avait connu davantage de situations
De même, la réduction de l’activité économique a d’imports) et ont été ponctuellement significatifs
ralenti le déploiement des nouvelles installations sans jamais être saturés (jusqu’à près de 10 GW
éoliennes et solaires et rendu plus difficile encore début décembre et 9 GW début janvier, en accord
l’atteinte des objectifs 2023 : ceux-ci apparaissent avec les valeurs anticipées dans les études pré-
désormais hors d’atteinte pour le solaire, et dans visionnelles, mais loin des limites techniques) ;
une moindre mesure pour l’éolien terrestre. uu les conditions climatiques sur certains jours
ont conduit à une attention particulière et à
Au-delà de la réoptimisation des arrêts sur le parc l’appel citoyen à la maitrise de la consomma-
nucléaire, l’ensemble des acteurs du système élec- tion (dispositif « EcoWatt »1), mais sont restées
trique (pouvoirs publics, acteurs de marché et RTE) globalement favorables.
1.
[Link]
8
Introduction .1
Introduction
Les perspectives de sortie de la crise sanitaire pluriannuelle de l’énergie3 (PPE) en avril, (iii) le rap-
restent encore incertaines, néanmoins les diffé- port de la Convention citoyenne pour le climat en
rentes décisions des pouvoirs publics français et juillet, (iv) le plan France Relance et (v) la straté-
européens prises en 2020 confirment la priorité gie hydrogène en septembre, (vi) des objectifs de
accordée à la transition énergétique, qui est au décarbonation accrus du chauffage en novembre,
cœur des plans de relance. et (vii) en décembre le renforcement de l’objectif
de l’Union européenne de décarbonation à l’horizon
Ainsi, ont été publiés ou annoncés (i) la Stratégie natio- 2030 de -40 % à -55 % par rapport à 19904.
nale bas-carbone2 (SNBC) et (ii) la Programmation
Les engagements de la France auprès de l’Union La France dispose ainsi d’objectifs très concrets sur
européenne, intégrés dans la loi pour la transi- l’évolution du mix énergétique d’ici 2023 et 2028 à
tion écologique et la croissance verte (LTECV), travers la PPE, et à plus long terme avec l’ambition
et les engagements de l’accord de Paris sont une de neutralité carbone en 2050 dans la SNBC. Cela
réduction d’au moins 40 % par rapport à 1990 des signifie que les émissions nationales de gaz à effet
émissions de gaz à effet de serre. de serre ne devront pas dépasser les quantités
Figure 1.1 Évolution des émissions et des puits de gaz à effet de serre et objectifs (source : SNBC)
200
100
2050 : Objectif
0 SNBC de zéro
émissions nettes
-100
1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050
2.
Décret n° 2020-457 du 21 avril 2020
3.
Décret n° 2020-456 du 21 avril 2020
4.
La déclinaison de ce nouvel objectif aux échelles nationales n’est en revanche pas connue à ce stade. La Commission européenne prévoit d’établir des
propositions législatives d’ici à juin 2021 en vue de mettre en œuvre cette nouvelle ambition.
Les objectifs d’évolution de la consommation des passoires thermiques dans l’existant, réno-
énergétique déclinés dans la PPE visent une forte vation des bâtiments publics…) ;
amélioration de l’efficacité énergétique couplée uu des mesures en faveur de l’électromobilité et de
à une décarbonation des vecteurs énergétiques la mobilité douce ;
utilisés. uu la décarbonation de l’hydrogène utilisé dans l’in-
dustrie, avec l’ambition affichée dans la stratégie
Les axes mis en avant sont principalement : française pour l’hydrogène de disposer d’une capa-
uu une amélioration de l’efficacité énergétique et cité installée de 6,5 GW d’électrolyseurs en 2030 ;
un recours accru à l’électricité et aux énergies uu des mesures en faveur du déploiement d’actions
renouvelables dans le bâtiment (réglementation de décarbonation ou d’efficacité énergétique
environnementale 2020 dans le neuf, élimination dans le secteur industriel.
Les objectifs d’évolution du parc de production ce qui conduit à l’arrêt de 12 autres réacteurs
et d’effacements sur la prochaine décennie sont nucléaires d’ici à 2035 ;
construits autour de quatre axes déclinés dans la PPE : uu des objectifs ambitieux de développement des
uu une poursuite de la réduction de la production énergies renouvelables, avec notamment à
d’électricité à partie d’énergie fossile avec la fer- l’horizon 2028 des cibles de doublement de la
meture des derniers groupes au charbon d’ici fin capacité installée actuelle de la filière éolienne
2022 et l’interdiction de toute nouvelle grande (autour de 34 GW), de quadruplement de la
installation thermique fossile (hors cycle combiné capacité photovoltaïque (autour de 40 GW), et
au gaz de Landivisiau, décidé avant la PPE) ; d’un parc offshore de 5,2 à 6,2 GW ;
uu une réduction de la part du nucléaire dans le uu le développement important de la capacité des
mix : les deux réacteurs de Fessenheim sont effacements de consommation, avec un objectif
désormais à l’arrêt, et la PPE cible 50 % de pro- de 6,5 GW mobilisables à l’horizon 2028.
duction d’origine nucléaire dans le mix électrique
5.
[Link]
10
Introduction .1
Dans ce contexte, les scénarios et variantes du Bilan renouvelables, des effacements, des actions d’effi Introduction
prévisionnel sont bien articulés autour de la PPE et cacité énergétique et de transferts d’usage se
de la SNBC adoptées en avril 2020, et intègrent les produit, mais qu’il ne suffit pas à atteindre intégra-
réglementations et incitations récemment mises lement les objectifs de la PPE et de la SNBC.
en place à l’échelle nationale et européenne.
Des études de sensibilité accompagnent chacun
Le scénario de référence du Bilan prévision- des scénarios. Notamment, une configuration pré-
nel est un scénario de relance progressive voyant des retards de mise en service sur les éner-
et d’atteinte des objectifs PPE/SNBC en fin gies renouvelables et de moindre disponibilité du
d’horizon. Il est caractérisé dans un premier nucléaire est utilisée pour la période 2024-2026.
temps par un ralentissement de l’activité en 2020
suivi d’un retour progressif à la normale sur l’hori Les hypothèses associées à ces différents scénarios
zon 2021-2025. Dit autrement, la crise sanitaire sont récapitulées à la fin du présent rapport.
actuelle retarde certaines des actions et mesures
engagées (chantiers, appels d’offres…) mais ne Ce contexte général fait apparaître trois périodes
remet pas profondément en cause les objectifs distinctes sur la décennie à venir :
publics en matière de production et de consomma- uu la période 2021-2024 qui reste sous vigilance en
tion d’électricité (transferts d’usages pour la décar- termes de sécurité d’approvisionnement ;
bonation des usages énergétiques et efficacité uu un regain de marges pour le système électrique
énergétique). Enfin, la fin d’horizon est basée sur aux alentours de 2025, facilitant la décarbona-
l’atteinte de l’ensemble des objectifs de la SNBC et tion associée aux transferts d’usages ;
de la PPE pour 2028. uu une accélération de la transformation du mix
énergétique en fin de décennie, au service de
Pour l’horizon 2030, un second scénario prévoyant la décarbonation de secteurs économiques
une atteinte partielle des objectifs est égale- dont les besoins énergétiques étaient jusque-là
ment analysé. Ce scénario implique que l’inflexion couverts par des énergies fossiles.
sur le rythme de développement des énergies
PPE/SNBC PPE/SNBC
Scénario de référence Scénario de référence PPE/SNBC
Scénario « Atteinte
(légèrement en-deçà (légèrement en-deçà
des objectifs publics) des objectifs PPE/SNBC »
des objectifs publics)
Consommation 459 TWh 468 TWh 468 TWh 468 TWh 469 TWh 471 TWh 498 TWh 484 TWh
Hydrogène
0 TWh 1,3 TWh 2,5 TWh 3,8 TWh 5 TWh 6,3 TWh 25 TWh 9,7 TWh
Véhicules
électriques 0,4 M 0,5 M 0,7 M 1,0 M 1,4 M 2,0 M 7,7 M 6M
Éolien
17,6 GW 18,9 GW 20,5 GW 22,3 GW 24,1 GW 25,9 GW 37,9 GW 34,9 GW
terrestre
+1500 MW/an +1800 MW/an entre +1800 et +2700 MW/an
Énergies renouvelables
Éolien
en mer 0 GW 0 GW 0,5 GW 1,5 GW 1,9 GW 2,9 GW 5,8 GW 5,2 GW
un à deux parcs par an
Parc de
61,4 GW 61,4 GW 63 GW 59,4 GW 59,4 GW
production
56 réacteurs 57 réacteurs 53 réacteurs
mise en service de l’EPR fermeture de 4 réacteurs
Nucléaire
Disponibilité
du parc + allongements
Disponibilité basée sur le planning d’arrêts communiqué par l’exploitant Disponibilité basée sur la moyenne
et intégrant des allongements cohérents avec l’historique modélisée sur la période 2021-2026
* La description du parc installé porte sur un bilan de capacité au 31 décembre de l’année considérée.
12
Introduction .1
Introduction
2020 2021* 2022 2023 2024 2025 2030
Turbines à
combustion 1,4 GW 1,4 GW 1 GW 1 GW
stabilité du parc fioul fermeture des TAC anciennes
Thermique fossile
3 GW 2,4 GW 0 GW 0 GW 0 GW
Charbon 4 unités fermeture complète du parc
Cogénérations
0,5 GW 0,4 GW 0,4 GW 0,3 GW 0,3 GW 0 GW 0 GW 0 GW
déclassement progressif du parc fioul fermeture complète du parc fioul
0,3 GW 0,3 GW 0 GW 0 GW
de faible
puissance 1,1 GW 0,9 GW 0,6 GW 0,3 GW 0 GW 0 GW 0 GW
unitaire
déclassement progressif du parc fioul fermeture complète du parc fioul
FAB ou Gridlink
ElecLink Celtic 1,4 GW Renforcements
1 GW Renforcements 0,7 GW réseau
2022 réseau 1,8 GW
Interconnexions
IFA2 1,5 GW
1 GW 2021/2022
Nouvelles liaisons et 2021
principaux renforcements 2025-2030
aux frontières françaises 2020-2025
Savoie-
Piémont Golfe de
1 GW Gascogne
2021 2-3 GW
* La description du parc installé porte sur un bilan de capacité au 31 décembre de l’année considérée.
HYPOTHÈSES DE DEMANDE
D’ÉLECTRICITÉ EN FRANCE
Après des décennies de croissance quasi conti- L’électricité constitue un vecteur énergétique privilé-
nue, la consommation finale d’énergie en France gié pour tendre vers l’objectif de neutralité carbone,
s’est infléchie et s’oriente à la baisse depuis une au regard de son mix de production peu émetteur :
quinzaine d’années (cf. figure 2.1), sous l’effet son rôle pour atteindre les objectifs de politique
notamment des politiques d’amélioration de l’effi- énergétique à l’horizon 2050 est très largement
cacité énergétique. Le contexte de transition éner- mis en avant dans la trajectoire « avec mesures
gétique et d’ambition de l’atteinte de la neutralité supplémentaires » (AMS) de la SNBC. Au cours des
carbone de la France à l’horizon 2050, portée par décennies passées, sa part dans la consommation
la Stratégie nationale bas carbone (SNBC)6, est de finale d’énergie n’a cessé de croître pour couvrir
nature à catalyser plus encore cette tendance. actuellement un quart environ des besoins énergé-
tiques, contre 14 % environ au début des années
1980. L’augmentation de la part de l’électricité dans
la consommation énergétique s’explique essentiel-
lement par d’importants transferts d’usage (essor
Figure 2.1 Consommation finale d’énergie –
France métropolitaine
d’usages thermiques de l’électricité – chauffage,
production d’eau chaude sanitaire, procédés indus-
180 triels électriques, etc.) et l’évolution des modes de
160 vie et des technologies (essor des technologies de
140
l’information et de la communication notamment).
120
Malgré la croissance de son poids relatif dans la
100
demande énergétique finale, la consommation inté-
Mtep
16
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
Figure 2.2 Historique long de la consommation Figure 2.3 Consommation d’électricité hors activité
d’électricité et taux de croissance annuels d’enrichissement d’uranium
moyens par décennie hors activité
d’enrichissement d’uranium 500
+0,0%/an
600 480
8,0% 6,9% 5,2% 4,0% 2,4% 1,1% 0,0%
+1,4%/an 2019 :
500 -0,5%
460
400
TWh
440
TWh
300
420
200
400
100
0 380
1950 1960 1970 1980 1990 2000 2010 2020
20 1
20 2
20 3
20 4
20 5
20 6
20 7
20 8
20 9
20 0
20 1
20 2
20 3
20 4
20 5
20 6
20 7
20 8
19
0
0
0
0
0
0
0
0
0
1
1
1
1
1
1
1
1
1
Consommation réalisée
20
Consommation corrigée des variations climatiques
Taux de croissance annuel moyen décennal Consommation brute Consommation corrigée
de la consommation corrigée
8. La production d’une unité de valeur ajoutée nécessite quatre à cinq fois moins d’électricité dans le tertiaire que dans l’industrie.
9. Le secteur de l’énergie recouvre toutes les entreprises dont l’activité fait partie des classes de la Nomenclature d’activités économiques pour l’étude des
livraisons et consommations d’énergie (NCE) allant de 01 à 09, à savoir : la production de combustibles minéraux solides ; la cokéfaction ; l’extraction
d’hydrocarbures ; le raffinage de pétrole ; la production, le transport et la distribution d’électricité ; la production et la distribution de gaz ; la production
et la distribution d’eau ; le chauffage urbain ; la production et la transformation de matières fissiles et fertiles. L’historique de ce secteur est corrigé de
la consommation pour l’enrichissement d’uranium en raison de changement de procédé (achevé en 2012) qui s’est traduit par une forte réduction de la
consommation électrique (passage de la diffusion gazeuse à la centrifugation).
18
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
Figure 2.6 Impact de la crise sanitaire sur la consommation d’électricité en France (données corrigées du climat)
80
Premier Second
confinement confinement
Puissance appelée en moyenne
75 2020 2020
70
hebdomadaire (GW)
65
60
55
50
45
Consommation
40 corrigée 2020
Enveloppe
35 2014-2019
Janv. Fév. Mars Avril Mai Juin Juil. Août Sept. Oct. Nov. Déc.
400
Premier
Puissance journalière moyenne
confinement
350 2020
300
soutirée (MW)
250
200
150
100
Second
50 confinement
2020
0
Janv. Fév. Mars Avril Mai Juin Juil. Août Sept. Oct. Nov. Déc.
Figure 2.8 Évolution de la consommation électrique des sites industriels de sidérurgie raccordés
au réseau de transport
1 200
Premier
Puissance journalière moyenne
confinement
2020
1 000
soutirée (MW)
800
600
400
200 Second
confinement
2020
0
Janv. Fév. Mars Avril Mai Juin Juil. Août Sept. Oct. Nov. Déc.
Figure 2.9 Évolution de la consommation électrique du transport ferroviaire raccordé au réseau de transport
1 200
Premier
Puissance journalière moyenne
confinement
2020
1 000
soutirée (MW)
800
600
400
200 Second
confinement
2020
0
Janv. Fév. Mars Avril Mai Juin Juil. Août Sept. Oct. Nov. Déc.
20
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
Cette évolution d’ensemble masque toutefois des Au global, une baisse de la consommation
évolutions sectorielles contrastées. intérieure de 3,5 % en 2020
Les premiers éléments d’analyse publiés par La consommation intérieure d’électricité en 2020 a
RTE dès le mois d’avril10, complétés par des été de 458,6 TWh à l’échelle de la France continen-
premières analyses sur l’approvisionnement en tale, soit une baisse de 3,5 % entre 2019 et 2020.
électricité durant l’hiver 2020-202111, ont mon-
tré que les secteurs les plus touchés étaient la À titre de comparaison, même si ces deux crises
grande industrie, notamment l’automobile, la sont de natures très différentes, la baisse de
sidérurgie et les matériaux, et les transports fer- consommation n’avait été que de 1,6 % en 2009
roviaires (cf. figures 2.7, 2.8 et 2.9). A contrario, après la crise des subprimes. La baisse de consom-
la consommation du secteur résidentiel a légè- mation enregistrée sur l’année 2020 est donc sans
rement augmenté durant le confinement, du fait équivalent depuis l’après-guerre.
d’une présence plus importante à domicile.
10. « L’impact de la crise sanitaire (COVID-19) sur le fonctionnement du système électrique » – [Link]
de%20la%20crise%20sanitaire%20COVID-19%20sur%20le%20syst%C3%A8me%20%C3%[Link]
11. « Répercussions de la crise sanitaire sur l’approvisionnement en électricité pour l’hiver 2020-2021 » (juin 2020)
[Link]
« Réactualisation des perspectives sur l’hiver 2020-2021 dans le contexte de la crise sanitaire » (septembre 2020)
[Link]
Figure 2.10 Trajectoire AMS de la SNBC pour la Des incertitudes à court et moyen
consommation d’électricité en France terme liées à la crise sanitaire
700
600
Alors que le cas de base du Bilan prévisionnel 2019
s’appuyait sur une hypothèse exogène de stabilité
500
de la consommation d’ici à 202512, la contraction
400 importante de la consommation intérieure d’élec-
TWh
300
tricité en 2020 (de 3,5 %) liée à la crise sanitaire
et économique induit de fortes incertitudes sur
200
l’ensemble de l’horizon d’étude.
100
12. Cette hypothèse simplificatrice, complétée de plusieurs variantes, était pertinente pour une analyse de risque sur un horizon de cinq ans. Dans le présent
exercice, l’horizon plus lointain (2030) est de nature à laisser apparaître des évolutions en niveau et en structure de la consommation et exige donc une
approche analytique détaillée, présentée dans ce rapport.
22
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
contrôle relatif ou non de l’épidémie en Europe de uu 1,2 milliard d’euros consacrés au développement
l’Ouest dans les prochains mois. de la mobilité douce et des transports collectifs ;
uu 4,7 milliards d’euros de soutien du secteur
L’activité économique de la France devrait rester affec- ferroviaire ;
tée plusieurs mois ou années par les conséquences uu 7 milliards d’euros mobilisés d’ici 2030 pour le
économiques de cette crise sanitaire. La rapidité de développement de l’hydrogène vert, dont 2 mil-
la reprise de l’activité économique sera soumise à des liards d’euros dès 2021-2022.
contraintes d’offre (problèmes d’approvisionnement,
reprise progressive selon les secteurs, etc.) et de En outre, d’autres mesures visent à soutenir la
demande (baisse probable du revenu des ménages production des entreprises et à redynamiser le
et des entreprises, climat d’incertitude, etc.), ce qui tissu industriel français.
rend particulièrement délicat la prévision de l’ampleur
et de la dynamique de la reprise.
Des trajectoires contrastées pour
Ce profil de sortie de crise va avoir un impact de couvrir le spectre des incertitudes
premier ordre sur celui de l’évolution de la consom-
mation d’électricité, tant il est vrai que les fluc- Pour couvrir au mieux le spectre de ces incer-
tuations conjoncturelles de l’activité économique titudes, quatre trajectoires de consommation
demeurent le principal facteur d’incertitude sur un contrastées ont été élaborées :
horizon de court et moyen terme. uu Un scénario d’« Atteinte des objectifs PPE/
SNBC en fin d’horizon » table sur une reprise
À date, après la baisse du PIB de 9,3 % enregis- progressive de l’activité productrice de l’indus-
trée en 2020, le consensus des économistes envi- trie et des services, renforcée notamment par un
sage un rebond de 5,5 % en 2021. Il s’agit là d’une besoin de reconstitution des stocks dans certains
valeur médiane sur un panel d’une vingtaine de secteurs. Soutenus par le plan de relance et, plus
prévisions, présentant des écarts assez élevés généralement, les politiques publiques, les inves-
(80 % des prévisions se situent dans une four- tissements dans l’efficacité énergétique (rénova-
chette allant de 4,1 % à 6,6 %). tion thermique des bâtiments) et l’électrification
de l’économie (bâtiments, mobilité, hydrogène,
Le retour à un niveau d’activité économique équi- etc.) démarrent une inflexion haussière, qui per-
valent à celui d’avant-crise ne devrait donc pas met l’atteinte des objectifs de la PPE en fin d’hori
être immédiat. Plusieurs contributions de parties zon, malgré un retard sur les premières années.
prenantes vont dans ce sens et estiment que cela uu Un scénario d’« Atteinte partielle des objec-
ne devrait pas intervenir avant 2022 ou 2023. tifs PPE/SNBC » repose sur le même contexte
démographique et économique que la trajectoire
De plus, le plan de relance économique de 100 mil- « Atteinte des objectifs PPE/SNBC en fin d’hori-
liards d’euros, cohérent en termes d’orientations zon », mais en supposant un rythme d’investis-
avec la SNBC, est de nature à affecter la consom- sements dans l’efficacité énergétique et dans les
mation d’électricité. transferts d’usage certes soutenu, mais ne per-
mettant toutefois pas d’atteindre entièrement les
Parmi les mesures annoncées, on peut notam- objectifs de la PPE.
ment mettre en avant celles directement liées à la uu Une trajectoire basse suppose un contexte
transition énergétique : macroéconomique moins porteur, avec en
uu 6,7 milliards d’euros consacrés à la rénovation corollaire un léger recul de l’activité indus-
énergétique des bâtiments (dispositifs d’aide trielle. Dans un tel contexte peu propice aux
pour les particuliers, rénovation annoncée du investissements, les actions en faveur de l’effi
parc de bâtiments publics, programme de réno- cacité énergétique et de l’électrification des
vation des logements sociaux, aide aux petites usages demeurent limitées, et ne permettent
entreprises pour la rénovation de leurs locaux) ; pas l’atteinte des objectifs de la PPE. En outre,
uu 1,2 milliard d’euros d’aide aux entreprises dans ce contexte dégradé, la pression sur le
industrielles pour réduire les émissions de CO2 ; revenu des ménages est de nature à induire
Figure 2.11 Principales caractéristiques des trajectoires de consommation du Bilan prévisionnel 2021
Scénario
Scénario
« Atteinte
« Atteinte
des objectifs Trajectoire Trajectoire
partielle
PPE/SNBC basse haute
des objectifs
en fin
PPE/SNBC »
d’horizon »
2019 2030
Consommation
Consommation (en TWh) 475 498 484 458 524
Cadrage
socioéconomique PIB (TCAM 2021-2030) +1,5 % +1,4 % +1,4 % +0,9 % +1,6 %
Population
64,8 millions 67,2 millions 67,2 millions 67,2 millions 67,2 millions
(France métropolitaine)
Rénovations
400 000 660 000 460 000 410 000 460 000
dans le résidentiel
par an par an par an par an par an
(moyenne sur dix ans)
Gains d’une rénovation
dans le résidentiel 30 % 50 % 45 % 40 % 45 %
(moyenne sur dix ans)
Efficacité
Pompes à chaleur dans
énergétique les logements existants
+40 000 +160 000 +80 000 +45 000 +80 000
par an par an par an par an par an
(moyenne sur dix ans)
Rénovations
1,5 % du 3,0 % du 2,3 % du 1,5 % du 2,3 % du
dans le tertiaire
parc par an parc par an parc par an parc par an parc par an
(moyenne sur dix ans)
Gains d’une rénovation
dans le tertiaire 15 % 35 % 25 % 20 % 25 %
(moyenne sur dix ans)
Transferts vers
chauffage électrique 50 000 130 000 90 000 50 000 130 000
dans le résidentiel par an par an par an par an par an
(moyenne sur dix ans)
Transferts vers chauffage
2,5 Mm2 7,4 Mm2 5,2 Mm2 3,1 Mm2 7,4 Mm2
électrique dans le tertaire
par an par an par an par an par an
(moyenne sur dix ans)
Nouveaux Nombre de véhicules
usages et (y compris véhicules hybrides 0,3 millions 7,1 millions 5,4 millions 5,4 millions 7,1 millions
électrification rechargeables)
Consommation électrique
pour la production - 25 TWh 10 TWh 5 TWh 25 TWh
d’hydrogène
Transferts vers l’électricité
depuis 2019 sur l’ECS - 6,2 TWh 3,9 TWh 2,5 TWh 6,2 TWh
et la cuisson
Transferts vers
l’électricité depuis 2019 - 6,4 TWh 4,4 TWh 2,0 TWh 6,7 TWh
dans l’industrie
24
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
80
ventilation).
60
26
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
13. [Link]
Dossier de presse du Ministère de la transition écologique, actualisé au 18 février 2021 : [Link]
RE2020_EcoConstruire_0.pdf
14. À titre de comparaison, une maison construite après 1999 et chauffée au gaz consommait en moyenne 75 kWh/m² de gaz pour le chauffage en 2019
(source CEREN), soit un équivalent CO2 pour le chauffage seul de 17 kgCO2/m²/an.
15. Le besoin bioclimatique conventionnel en énergie d’un bâtiment pour le chauffage, le refroidissement et l’éclairage artificiel, est défini par un coefficient
noté Bbio. Il est sans dimension et exprimé en nombre de points. Le Bbio rend compte de l’efficacité d’un bâtiment, par son isolation ou son orientation par
exemple, indépendamment des solutions techniques adoptées pour couvrir ses besoins thermiques.
Tableau 2.1 Hypothèses d’électrification dans la construction neuve en 2019 et en 2030 selon les trajectoires
2019 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
dont Joule 8% 0% 4% 7% 4%
dont Joule 14 % 0% 17 % 27 % 20 %
16. [Link]
28
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
Figure 2.15 Historique et projection du parc de résidences principales selon l’énergie de chauffage –
scénario « Atteinte des objectifs PPE/SNBC en fin d’horizon »
35
30
Milliers de logements
25
20
15
10
Non électrique
5 Biénergie dont
électricité
Joule
0 Pompes à chaleur
2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2026 2027 2028 2029 2030
Par ailleurs, avec la réforme du Diagnostic de perfor- E et chauffés à partir d’énergies fossiles, pourraient
mance énergétique (DPE), présentée en février 2021 basculer en F »18.
et qui devrait entrer en vigueur au 1er juillet 202117,
l’étiquette DPE d’un logement tiendra compte, en Les politiques publiques affichent également des
plus de sa consommation en énergie primaire pour ambitions importantes en matière de rénovation
les usages, de ses émissions de gaz à effet de serre. énergétique des bâtiments. Les hypothèses de
Ces seuils en émissions seront à même de favoriser rénovation du bâti intégrées dans l’élaboration des
les transferts vers le chauffage électrique dans les trajectoires sont cohérentes avec celles du scéna-
logements existants, pour améliorer la classe d’ef- rio de la SNBC, notamment sur les gestes d’isola-
ficacité du logement considéré. À noter que « la loi tion des parois opaques et vitrées, pour le scénario
Énergie Climat du 8 novembre 2019 et le projet de « Atteinte des objectifs PPE/SNBC en fin d’horizon ».
loi portant lutte contre le dérèglement climatique et Ces ambitions sont revues à la baisse pour les autres
le renforcement de la résilience face à ses effets, pré- trajectoires, en supposant un rythme de rénovation
senté en Conseil des Ministres le 10 février dernier, plus lent et des gains associés plus modérés.
prévoient diverses obligations pour les bailleurs qui
loueraient des logements excessivement consom- Afin d’accompagner et d’aider les ménages dans
mateurs d’énergie correspondant aux classes F et leur transition, le gouvernement a étendu le dis-
G du nouveau DPE, telles l’interdiction d’augmenter positif de la prime énergie, dite également « coup
le loyer au changement de locataire, au renouvelle- de pouce économies d’énergie », à l’ensemble des
ment du bail ou pendant le bail. Certains logements, ménages, et prolongé son application jusqu’au
actuellement évalués F, pourraient ainsi ne pas être 31 décembre 2021. Ce dispositif permet de finan-
concernés par ces obligations en raison d’un reclas- cer des dépenses pour le remplacement d’un sys-
sement en E tandis que d’autres logements, classés tème de chauffage (« coup de pouce chauffage »)
1 200 100%
80%
800 70%
60%
600 50%
40%
400
30%
200 20%
10%
0 0%
2015 2020 2025 2030 2015 2020 2025 2030
Atteinte des objectifs PPE/SNBC en fin d’horizon Atteinte partielle des objectifs PPE/SNBC
ou des travaux d’isolation du logement (« coup Malgré l’électrification de l’usage, et portée par la
de pouce isolation »), les montants versés dépen- pénétration d’équipements performants, l’amélio-
dant du niveau de revenu des ménages et pou- ration des performances du bâti et une sobriété de
vant représenter jusqu’à 50 % des coûts pour les l’usage, la trajectoire de consommation du chauf-
ménages les plus modestes. D’autres dispositifs fage est orientée légèrement à la baisse à l’horizon
sont disponibles, comme MaPrimeRénov’, mis en 2030 dans les scénarios « Atteinte des objectifs PPE/
place en janvier 2020 pour remplacer le crédit SNBC en fin d’horizon » et « Atteinte partielle des
d’impôt pour la transition énergétique (CITE) et objectifs PPE/SNBC », à hauteur respectivement de
les aides de l’agence nationale de l’habitat (ANAH) 2,5 % et 1,8 %. La trajectoire basse s’inscrit quant
« Habiter mieux agilité ». MaPrimeRénov’ permet à elle dans une baisse plus marquée de la consom-
de financer des travaux de rénovation énergétique mation de chauffage, à hauteur de 3,0 %, en raison
et est accessible à l’ensemble des propriétaires, notamment d’une pression accrue sur les revenus
occupants ou non de leur logement, depuis octobre des ménages et d’une électrification moins poussée
2020. Les aides dispensées varient selon les reve- de l’usage que dans les autres trajectoires. À l’in-
nus et les gains attendus des travaux entrepris et verse, la trajectoire haute présente une hausse de
sont plafonnées à 20 000 € par logement. 4,8 % de la consommation de chauffage à l’horizon
2030 par rapport à aujourd’hui.
La SNBC intègre une hypothèse de sobriété de
baisse de 1 °C de la température de consigne du De manière générale, les hypothèses et l’évolution
chauffage. La sobriété correspond ainsi à l’adop- de consommation du chauffage du scénario « Atteinte
tion de comportements vertueux, mais peut aussi des objectifs PPE/SNBC en fin d’horizon » sont cohé-
reposer sur l’installation de systèmes de gestion rentes avec le scénario de référence de l’étude publiée
intelligente du chauffage dans les logements. La en décembre 2020 par RTE en collaboration avec
prise en compte de ces hypothèses conduit à une l’ADEME, portant sur la contribution du chauffage des
baisse de besoin de chauffage d’environ 15 % entre bâtiments à la réduction des émissions de CO2 et son
aujourd’hui et 2030. impact sur le système électrique à l’horizon 203519.
30
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
Tableau 2.2 Principales hypothèses sur le chauffage résidentiel et résultats par trajectoire à l’horizon 2030
2019 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
Nombre de résidences principales (millions) 29,1 31,6 31,6 31,0 31,6
Part de chauffage électrique
39 % 50 % 47 % 44 % 50 %
(y compris biénergie)
dont pompes à chaleur20 4% 18 % 13 % 9% 14 %
Nombre d’installations de pompes à chaleur
dans l’existant (= transferts) 38 163 84 46 84
(en milliers de logements ; moyenne annuelle sur la période)
50 +3,1 -2,5
48 -2,8
+0,6 +0,4
46 45,1
+0,2 44,1
44
42
TWh
40
38
36
34
32
30
Consommation Démographie Électrification Transferts vers Rénovation Sobriété Autres Consommation
2019 dans le neuf l'électricité 2030
20. Seules les pompes à chaleur électriques sont considérées. Les pompes à chaleur hybrides, qui se composent d’une pompe à chaleur air/eau associée à une
chaudière gaz prenant la relève pour les températures extérieures basses, sont encore marginales : elles ne représentaient que quelques pourcents des
ventes en 2019.
Tableau 2.3 Principales hypothèses sur l’eau chaude sanitaire résidentielle et résultats par trajectoire à l’horizon 2030
2019 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
Baisse du besoin d’eau chaude par ménage - -10,8 % -10,8 % -10,4 % -10,8 %
21. En effet, l’eau chaude sanitaire représentant un usage important du bâti, pris en compte pour le calcul des seuils à respecter par la réglementation thermique,
la définition de ce seuil en énergie primaire, conjuguée avec un coefficient de conversion normatif pour l’électricité (fixé à 2,58 kWh d’énergie primaire par kWh
d’électricité consommée) pénalise les solutions électriques, si celles-ci ne sont pas significativement plus efficaces que les solutions au gaz.
32
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
26
+0,3 -0,8
24 +0,8
-1,2
22,5
22 21,7
20
TWh
18
16
14
12
Consommation Démographie Électrification Performance Sobriété Consommation
2019 des équipements 2030
22. Un chauffe-eau thermodynamique consomme en moyenne 40 % de moins d’électricité qu’un chauffe-eau « classique » à effet Joule.
23. [Link]
24. Seule la ventilation dans les maisons individuelles est ici considérée, celle des logements collectifs étant comptée dans le secteur tertiaire
25. Ventilation mécanique contrôlée
12
10 -1,1
9,1
+2,9
-0,5
8
+0,5 +1,3
5,9
TWh
0
Consommation Démographie Taux Efficacité Consommation
2019 d'équipement énergétique 2030
La consommation de ventilation dans les maisons En parallèle de l’augmentation des ménages équi-
individuelles passerait ainsi de 2,1 TWh en 2019 à pés, l’amélioration de l’efficacité des appareils uti-
2,8 TWh en 2030. lisés pour la climatisation et une meilleure isolation
des logements conduiront à une réduction de la
Le taux d’équipement en climatisation des consommation unitaire.
ménages français est en fort développement ;
cette croissance est notamment portée par l’ins- Selon la trajectoire considérée, la consommation
tallation de pompes à chaleur air/air réversibles, de climatisation atteindrait entre 5,7 et 6,6 TWh
pouvant répondre aux besoins de chauffage l’hiver en 2030.
et de climatisation l’été, et l’installation de clima-
tiseurs mobiles en réponse aux vagues de chaleur
successives ces dernières années. Le taux d’équi- Usages domestiques
pement est ainsi passé entre 2016 et 2019 de
14 % à 22 % des ménages26. La zone climatique Les usages domestiques sont composés d’une part
H3, couvrant le pourtour méditerranéen, est celle des appareils électroménagers relatifs au froid,
où ce taux d’équipement est le plus important, au lavage et à la cuisson et d’autre part des
ce dernier approchant celui de l’Italie27. Ainsi, les usages TIC28 et de l’éclairage. Alors que la struc-
zones où les besoins de climatisation sont suscep- ture du parc du gros électroménager évolue peu,
tibles d’être les plus forts, le taux d’équipement est en termes de taux d’équipement, les besoins de
déjà important et la dynamique d’installation dans froid et de lavage demeurant relativement stables,
ces régions pourrait ralentir. De ce fait, un léger les usages liés à l’audiovisuel et à l’informatique
26. [Link]
27. Source : Enerdata
28. Technologies de l’information et de la communication
34
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
Blanc
de remplacement des équipements et donc de leur Lave-linge
kWh kWh kWh kWh kWh
durée de vie.
390 380 350 320 180
Sèche-linge
kWh kWh kWh kWh kWh
De manière générale, la plus importante source 250 230 200 190 140
Lave-vaisselle
d’évolution de la consommation provient du renou- kWh kWh kWh kWh kWh
plus performants.
Ordinateur 180 160 140 140 70
principal kWh kWh kWh kWh kWh
Le blanc, regroupant l’électroménager de froid et
Plaques 260 230 210 200 160
de lavage, dont la consommation représente en kWh kWh kWh kWh kWh
Cuisson
électriques
2019 24,4 TWh, soit 15 % de la consommation
160 150 140 140 120
Four
résidentielle, est remplacé progressivement par kWh kWh kWh kWh kWh
des appareils moins énergivores. Cette dynamique
Éclairage
est poussée par la mise en place des directives 410 370 320 260 90
Lampe
kWh kWh kWh kWh kWh
ambitieuses de l’Union européenne sur l’éco-
conception et l’étiquetage énergétique contribuant
à faire baisser la consommation malgré les dyna-
miques démographiques à la hausse.
Évolution de la consommation annuelle
Figure 2.21
moyenne d’un ménage pour les usages
Les équipements vendus étant aujourd’hui beau- domestiques – scénario « Atteinte des
coup moins consommateurs que ceux du parc objectifs PPE/SNBC en fin d’horizon »
moyen, le remplacement progressif de ces appa- 3 000
reils tend à faire disparaitre l’électroménager le
moins performant. Les réfrigérateurs les plus per- 2 500
2 000
ment par exemple près de 45 % de moins que le
réfrigérateur moyen du parc. Les modes d’utili- 1 500
sation changent également avec l’achat d’appa-
1 000
reils combinés au détriment d’appareils multiples
(réfrigérateur-congélateur, lave-linge avec fonc- 500
tion séchante). Ces changements de mode d’uti-
0
lisation tendent à faire baisser la consommation 2005 2010 2015 2020 2025 2030
d’un foyer : un lave-linge séchant consomme
Cuisson Éclairage Blanc TIC
33 % d’énergie de moins qu’un lave-linge associé
à un sèche-linge par exemple, et un réfrigérateur
29. Source : [Link] (l’institut Topten propose un outil de recherche à destination des consommateurs qui présente les meilleurs modèles disponibles par
types d’équipement, sur des critères d’efficacité énergétique et de consommation, mais aussi la gestion des ressources et la santé)
18 12 +0,5 -3,4
+0,9
+1,2 -0,5
16 -4,7 10,1
14,3 10
14
8,0
12 8
10,4
10
TWh
TWh
6
8
6 4
4
2
2
0 0
Consommation Démographie Taux Efficacité Consommation Consommation Démographie Taux Efficacité Consommation
2019 d'équipement énergétique 2030 2019 d'équipement énergétique 2030
combiné 38 % de moins qu’un réfrigérateur simple années, les TIC sont en pleine mutation avec une
associé à un congélateur indépendant. rationalisation des usages et une modification des
modes de vie. Les anciens dispositifs fixes sont
Pour autant, la durée de vie de l’électroménager peu à peu délaissés au profit d’appareils nomades
étant relativement longue (treize ans en moyenne moins énergivores, par exemple les ordinateurs
pour un réfrigérateur ou onze pour un lave-linge fixes sont remplacés par des ordinateurs portables
par exemple), le parc évolue assez lentement alors voire des tablettes numériques. L’accès aux médias
que les appareils les plus consommateurs sont peut désormais s’effectuer indépendamment sur
interdits à la vente depuis de nombreuses années. un téléviseur, une tablette ou un téléphone por-
table, mais les appareils mobiles sont de plus en
Du fait de ces évolutions et malgré la croissance plus préférés à l’ordinateur pour l’accès à internet.
démographique, la consommation de l’usage blanc En effet, en 2019, les smartphones étaient privilé-
est amenée à fortement se contracter avec une giés par 51 % des Français et les tablettes par 12 %
évolution annuelle moyenne comprise entre -1,6 % pour l’accès à internet, tandis que seulement 31 %
et -2,5 % d’ici 2030 selon les trajectoires. des Français préféraient l’ordinateur30.
La révolution numérique des TIC a conduit dans Des progrès importants sont enregistrés sur la
les années 2000 à l’arrivée massive dans les consommation en veille des appareils. Les mesures
foyers d’équipements informatiques et d’internet. portant sur l’écoconception ont permis une réduc-
L’ensemble des usages informatiques et audio tion importante de la consommation des périphé-
visuels a représenté en 2019 une consommation riques audiovisuels. L’état de veille, principale
de 19,2 TWh, soit 12 % de la consommation du source de consommation des équipements infor-
secteur résidentiel. matiques (imprimante, lecteur audio/vidéo), a été
ainsi fortement contrôlé par la directive 2005/32/CE
Alors que le nombre d’équipements électriques de la Commission européenne sur les exigences
de ce poste a fortement augmenté ces dernières des appareils en mode veille ou arrêt à travers
36
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
TWh
numériques tend à se contracter, avec une évolu-
tion annuelle moyenne comprise entre -1,6 % et 10
-2,6 % d’ici 2030 selon les trajectoires. Le rem-
placement d’appareils fixes, comme les ordina- 5
teurs, par des appareils portables a également un
effet baissier sur la consommation, ce qu’on peut 0
constater dans l’effet « taux d’équipement » de la Consommation Démographie Nature des
2019
Efficacité Consommation
équipements énergétique 2030
figure 2.24, détaillé dans la figure 2.25. et taux associés
Détail des effets « taux d’équipement » pour les TIC à l’horizon 2030 (en GWh)
Figure 2.25
scénario « Atteinte des objectifs PPE/SNBC en fin d’horizon »
TOTAL
Autres (téléphonie, objets connectés, etc.)
Modules wifi
Ordinateurs portables
Tablettes
Consoles
Boitiers TV
Autres (audiovisuel)
Téléviseurs
Ordinateurs fixes
-2 000 -1 500 -1 000 -500 0 500 1 000
18 9
+2,4 -2,9 +0,6 +0,1 -5,3
16 8 7,5
14 +1,1 13,2 7
12,6
12 6
10 5
TWh
TWh
8 4
6 3 2,9
4 2
2 1
0 0
Consommation Démographie Taux Efficacité Consommation Consommation Démographie Nombre Efficacité Consommation
2019 d'équipement énergétique 2030 2019 de sources énergétique 2030
lumineuses
sur les fours, soumis aux directives européennes celles-ci ont même représenté les trois quarts des
sur l’écoconception et l’étiquetage énergétique, et lampes vendues pour le résidentiel en 2017.
sur les plaques électriques, les plaques à induction
étant moins énergivores que les places vitrocéra- Cette pénétration d’éclairage de plus en plus per-
miques, elles-mêmes moins énergivores que les formant tend à la contraction de la consommation
plaques en fonte. d’éclairage, à un rythme annuel moyen de l’ordre
de -8 %.
La tendance résultante est donc à une relative
stabilité, avec une évolution annuelle moyenne
de la consommation de cuisson résidentielle com- Synthèse des consommations
prise, selon les trajectoires, entre 0,0 et +0,7 % du secteur résidentiel
d’ici 2030.
Malgré l’électrification de certains usages, la pour-
La consommation de l’éclairage a connu une suite des efforts d’efficacité énergétique tend à
baisse importante ces dernières années et a repré- orienter à la baisse la consommation du secteur
senté 7,5 TWh en 2019, soit 5 % de la consomma- résidentiel, à différents niveaux selon la trajectoire
tion résidentielle. considérée.
Les directives européennes ont interdit progres- L’effet de l’efficacité énergétique est aussi bien
sivement la vente des lampes énergivores. Ainsi, porté par les usages thermiques (chauffage, eau
les lampes à incandescence sont interdites à chaude sanitaire, climatisation et ventilation),
la vente, ainsi que les lampes halogènes depuis notamment par l’intermédiaire de la rénovation des
le 1er novembre 2018, à l’exception de certains bâtiments et la pénétration d’équipements perfor-
modèles spécifiques qui ne disposent pas d’alter mants comme les pompes à chaleur et chauffe-eau
native à ce jour. L’arrivée sur le marché d’ampoules thermodynamiques, que par les usages spécifiques
LED à des prix compétitifs depuis le milieu des de l’électricité, par la diffusion de la performance des
années 2010 provoque une réduction drastique équipements soumis aux directives européennes
des consommations électriques dans l’éclairage, d’étiquetage énergétique et d’écoconception.
38
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
170
160
150
140
TWh
130
120
110 Historique
Atteinte des objectifs PPE/SNBC
en fin d’horizon
100 Atteinte partielle des objectifs PPE/SNBC
Trajectoire basse
90 Trajectoire haute
2005 2010 2015 2020 2025 2030
Tableau 2.4 Évolution de la consommation par usage dans le secteur résidentiel selon les trajectoires (TWh)
2030
2019
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
32. Les « autres usages » comprennent des équipements tels que les aspirateurs, les fers à repasser ou les auxiliaires de chauffage (pour les logements avec
chauffage individuel combustible), ainsi qu’un solde des usages résidentiels, la modélisation du secteur ne se voulant pas entièrement techno-explicite.
Pour les premiers appareils cités, les mesures d’efficacité énergétique tendent à contracter les consommations unitaires, tandis que le solde est projeté en
tenant compte de l’évolution démographique des trajectoires et en incluant d’éventuels futurs usages.
180 Évolution
2019-2030
160
140 +6%
120 -62%
+5%
100 -25%
TWh
-24%
80
+54% n Autres usages
n Éclairage
60 n Cuisson
-4%
TIC
40 Blanc
Ventilation et
-2% climatisation
20 Eau chaude
sanitaire (ECS)
Chauffage
0
2005 2010 2015 2020 2025 2030
200
+2,0
180 +4,2
+12,4 +0,3
+3,5 -22,1
159,8
160 -1,5
-2,0 -3,5
-5,3 147,8
TWh
140
120
100
0
Consommation Démographie Électrification/ Efficacité Autres Consommation
2019 taux d'équipement énergétique/ usages 2030
sobriété
40
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
Bureaux, administration 5%
Commerce 2% 21 %
Café, hôtels, restaurants 1% 6% 19 %
Santé, action sociale 2% 26 %
3% 5%
Sport, loisirs, culture
Enseignement, recherche 3%
Habitat communautaire 2% Chauffage
Transport 3% 131,3 TWh Eau chaude 131,3 TWh 15 %
sanitaire 15 %
Centre de données
4% Ventilation
Éclairage public
et climatisation
Centre de recherche 5% Froid
énergétique 21 % 3% 7%
Autres usages
Télécommunications 7% spécifiques
Parties communes 10 % Cuisson 23 %
habitat/tertiaire Éclairage
Assainissement, gestion Hors bâti
des déchets
Solde hors bâti Branches Branches
du bâti : 81 % du bâti : 81 %
33. Il s’agit d’une nomenclature d’activité particulière pour les consommations d’énergie. Il existe une table de correspondance entre la NCE et la NAF rév. 2,
accessible sur le site de l’INSEE :
[Link]
34. Il s’agit de la décomposition basée sur les codes d’activités NAF, définie par le CEREN pour le suivi du parc tertiaire. Le détail des branches du secteur
tertiaire est donné dans ce document : [Link]
35. Les centres de données sont une sous-partie des bureaux administration, dont la consommation est comptée séparément.
TWh
frer l’importance de la branche est donc la surface 80
36. Les données sont issues des statistiques de consommation, élaborées par RTE sur la base des données transmises par les distributeurs, et du suivi du parc
et des consommations du secteur tertiaire élaboré par le CEREN.
42
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
les écoles et jusqu’en 2023 pour les autres bâti- Évoqué pour la première fois dans la loi dite
ments tertiaires neufs. Grenelle II de juillet 2010, portant engagement
uu La future réglementation environnemen- national pour l’environnement, le « décret ter-
tale 2020 (RE2020) dans les bâtiments tiaire » est paru en mai 2017, avant d’être sus-
neufs, en cours d’élaboration, qui remplacera la pendu deux mois plus tard par le Conseil d’État.
RT 2012, à partir de janvier 2022 pour les écoles
et les bureaux, un an plus tard pour les autres Le décret définit les obligations de diminution de
branches du tertiaire. La nouvelle réglementa- consommation énergétique. Il s’applique aux bâti-
tion introduit une dimension environnementale ments à usage tertiaire existants de surface supé-
sur le carbone, qui aura pour effet d’exclure les rieure à 1 000 m². Le décret fixe des objectifs de
installations utilisant des énergies fossiles. De réduction des consommations énergétiques en
plus, la nouvelle réglementation augmentera les énergie finale. Ces obligations peuvent être expri-
exigences sur la qualité de l’isolation du bâti en mées de deux manières différentes :
diminuant le Bbio37 maximal de 30 %. uu soit une réduction de la consommation en éner-
uu La réglementation thermique des bâti- gie finale de 40 % en 2030, 50 % en 2040 et 60 %
ments existants, qui s’applique aux bâtiments en 2050, par rapport à une consommation de
résidentiels et tertiaires existants, à l’occasion référence ne pouvant être antérieure à 2010 ;
de travaux de rénovation prévus par le maître uu soit un niveau de consommation en énergie
d’ouvrage. L’objectif général de cette régle- finale fixé en valeur absolue en fonction de la
mentation est d’assurer une amélioration signi- consommation énergétique des bâtiments nou-
ficative de la performance énergétique d’un veaux de la même catégorie et déterminé par
bâtiment existant lorsqu’un maître d’ouvrage un arrêté des ministres chargés de la construc-
entreprend des travaux susceptibles d’apporter tion, de l’énergie et des Outre-mer pour les
une telle amélioration. Les mesures réglemen- échéances 2030, 2040 et 2050, sur la base d’in-
taires sont différentes selon l’importance des dicateurs d’usage de référence spécifiques pour
travaux entrepris par le maître d’ouvrage 38. chaque catégorie d’activité.
uu L’arrêté du 25 janvier 2013 relatif à l’éclai-
rage nocturne des bâtiments non résiden- Un premier arrêté est paru pour définir les objec-
tiels, applicable depuis le 1er juillet 2013, exige tifs de baisse de consommation « en relatif ». Le
l’extinction de l’éclairage intérieur une heure décret doit désormais être complété par un deu-
après la fin de l’occupation des locaux. Pour xième arrêté d’application, fixant notamment les
les vitrines l’extinction doit avoir lieu de 1 h à seuils de performance énergétique minimale, défi-
7 h du matin ou depuis une heure après la fer- nis en valeur absolue.
meture de la société jusqu’à une heure avant
l’ouverture. À l’échelle européenne, les directives de la
Commission européenne poussent à la mise sur
Plus récemment, le 23 juillet 2019, est paru le le marché d’équipements de plus en plus perfor-
décret n° 2019-771 relatif aux obligations de mants. Les directives d’écoconception s’appliquent
réduction de la consommation d’énergie finale également sur de nombreux produits à usage
dans des bâtiments à usage tertiaire, plus commu- professionnel.
nément appelé « décret tertiaire »39. Ce décret
précise les modalités d’application de l’article 175 Selon le rapport « Ecodesign impact accounting » de
de la loi ELAN (Évolution du logement, de l’amé- la Commission européenne, la politique actuelle a
nagement et du numérique), elle-même parue le permis à l’échelle européenne une économie d’éner-
23 novembre 2018, portant sur la rénovation éner- gie de plus de 44 TWh/an sur les équipements du
gétique du parc tertiaire. tertiaire concernés par la directive écoconception.
37. Le besoin bioclimatique conventionnel en énergie d’un bâtiment pour le chauffage, le refroidissement et l’éclairage artificiel, est défini par un coefficient noté
Bbio. Il est sans dimension et exprimé en nombre de points.
38. Cf. articles L. 111-10 et R.131-25 à R.131-28-11 du Code de la construction et de l’habitation ainsi que sur leurs arrêtés d’application
39. [Link]
Chauffage 4 23
Eau chaude 8 28
Climatisation 1 12
Ventilation 1 12
Éclairage 14 67
Informatique et autres 13 77
Froid 3 30
Cuisson 0 1
Le potentiel estimé à 2030 est de 250 TWh/an au tertiaires sont moins marqués que dans le sec-
niveau européen (cf. tableau 2.5)40. teur résidentiel. La part de marché de l’électricité
dans le neuf, estimée à 53 % en 2019, a légère-
ment augmenté ces dernières années. En effet,
Chauffage une part importante des surfaces construites sont
des surfaces de bureaux et de commerces qui ont
Après correction de l’aléa climatique, la consom- largement recours aux pompes à chaleur car ces
mation du poste chauffage dans le secteur ter- dernières sont réversibles et permettent donc de
tiaire représente 17 TWh en 2019, soit 13 % de la bénéficier de la climatisation. En revanche, la part
consommation du secteur. de marché du chauffage Joule est en nette dimi-
nution depuis la parution de la réglementation
Cette consommation a augmenté de 22 % depuis thermique et ne représente plus que 10 % des
2005. Cette croissance s’est infléchie depuis 2012. surfaces neuves.
En effet, le taux de croissance annuel moyen est
passé de 2,7 % entre 2005 et 2012 à 0,2 % entre La nouvelle réglementation environnementale, la
2012 et 2019. Cette inflexion est principalement RE2020, dont un projet a été présenté initialement
due à des gains d’efficacité des systèmes, à l’ins- en novembre 2020 puis modifié en février 202141
tallation de pompes à chaleur à la place de chauf- suite aux avis des professionnels de la filière bâti-
fages Joule et à une maîtrise du besoin grâce à ment et du Conseil supérieur de la construction et
la réglementation thermique qui a augmenté les de l’efficacité énergétique, devrait entrer en appli-
exigences sur l’isolation des constructions neuves. cation le 1er janvier 2022 dans les bureaux et bâti-
ments d’enseignement (pour le tertiaire spécialisé
Les effets de la réglementation thermique 2012 la date de mise en application n’est pas encore
sur le taux d’électrification dans les bâtiments définie). Elle prendra en compte des contraintes
44
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
Tableau 2.6 Hypothèses d’électrification dans la construction neuve selon les trajectoires
2019 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
dont Joule 6% 0% 2% 7% 4%
800
est de 25 % sur la période, associé à un rythme de
600 rénovation qui atteint 2,3 % du parc annuellement.
42. [Link]
43. Le rythme de rénovation actuel du secteur tertiaire est évalué à 1,5 % du parc par an : [Link]
fichiers/20150304184423_CP_2015_MARS_concertation_decret_Renovation_tertiaire_position_SERCE.pdf
46
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
Tableau 2.7 Principales hypothèses du chauffage tertiaire et résultats par trajectoire à l’horizon 2030
2019 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
PIB – croissance annuelle moyenne +1,5 % +1,4 % +1,4 % +0,9 % +1,6 %
Surface tertiaire (millions de m²) 998 1 032 1 032 1 002 1 052
dont part chauffée à l’électricité 29 % 42 % 39 % 36 % 42 %
dont part chauffée par une pompe à chaleur 9% 25 % 22 % 19 % 24 %
Nombre d’installations de pompes à chaleur
dans l’existant 7 500 6 000 4 500 7 000
(en millions de m² ; moyenne annuelle sur la période)
25
+3,0 -1,6
-1,5
20 +0,9 -0,5
+0,5 -0,5 17,3
17,1
15
TWh
10
0
Consommation Augmentation Électrification Transferts Remplacement Rénovation Sobriété Efficacité Consommation
2019 de la surface supplémentaire dans l'existant de Joule des systèmes 2030
totale du tertiaire dans le neuf par des PAC
Tableau 2.8 Principales hypothèses sur l’eau chaude sanitaire tertiaire et résultats par trajectoire à l’horizon 2030
2019 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
Part des chauffe-eau électriques 29 % 42 % 39 % 36 % 42 %
Part des chauffe-eau thermodynamiques 8% 36 % 33 % 29 % 31 %
Gain d’efficacité des systèmes par rapport à
23 % 23 % 20 % 22 %
2019
Consommation de l’eau chaude sanitaire
6,7 7,3 6,9 6,2 7,5
électrique tertiaire (TWh)
48
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
12
+2,7 -2,3
10
8 -0,4
+0,6 7,3
6,7
TWh
0
Consommation Augmentation Électrification Performance Besoin d'ECS Consommation
2019 de la surface ECS des équipements 2030
total tertiaire
Tableau 2.9 Principales hypothèses sur la climatisation tertiaire et résultats par trajectoire à l’horizon 2030
2019 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
Part des surfaces climatisées 32 % 40 % 39 % 39 % 39 %
30
+4,1 -4,2
25
+1,0 20,7
19,8
20
TWh
15
10
0
Consommation Augmentation Taux Efficacité Consommation
2019 de la surface d'équipement énergétique 2030
total tertiaire
44. [Link]
45. [Link]
commerces/agir-poste-froid-magasin
50
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
Tableau 2.10 Principales hypothèses sur le froid et la cuisson tertiaire et résultats par trajectoire à l’horizon 2030
2019 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
Gain d’efficacité des systèmes de froid
15 % 13 % 11 % 13 %
par rapport à 2019
Consommation du froid tertiaire (TWh) 9,5 8,4 8,3 8,1 8,8
Part des surfaces utilisant la cuisson
41 % 54 % 51 % 48 % 54 %
électrique
Gain d’efficacité des systèmes de cuisson
15 % 12 % 10 % 12 %
par rapport à 2019
Consommation de la cuisson tertiaire (TWh) 4,3 5,2 5,1 4,6 5,4
18
+1,2 -2,5
15 +0,6
13,8
13,1
12
TWh
0
Consommation Augmentation Électrification Efficacité Consommation
2019 de la surface énergétique 2030
total tertiaire
couvre principalement celle des équipements de pris hors domicile a augmenté de 0,8 % par an en
cuisson des restaurants, que ce soit les restaurants moyenne46. La cuisson se caractérise aussi par une
d’entreprise, la restauration collective ou les res- électrification de l’usage, conséquence d’une évolu-
taurants commerciaux. tion des pratiques dont la tendance est favorable à
l’électricité, environ 70 % des surfaces nouvellement
La cuisson se caractérise par un besoin en crois- construites sont équipées de système de cuisson
sance. Ces trois dernières années le nombre de repas électrique. La crise sanitaire a entraîné une baisse
46. [Link]
depense-57-3-milliards-d-euros-en-rhd-en-2019--soit-une-croissance-de-1-7-par-rapport-a-2018/
Tableau 2.11 Principales hypothèses sur l’éclairage tertiaire et résultats par trajectoire à l’horizon 2030
2019 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
Taux d’équipement en LED 15 % 90 % 75 % 55 % 75 %
Gain apporté par les systèmes de gestion
5% 4% 3% 4%
de l’allumage
Consommation de l’éclairage tertiaire (TWh) 19,7 11,4 12,3 12,7 12,5
Évolution de la consommation d’éclairage entre 2019 et 2030 – scénario « Atteinte des objectifs PPE/
Figure 2.39
SNBC en fin d’horizon »
25
15
-2,1
TWh
10,8
10
0
Consommation Augmentation Diffusion des LED Autres leviers Consommation
2019 de la surface d'efficacité 2030
totale tertiaire énergétique
47. [Link]
48. Les luminaires actuels des bâtiments du tertiaire sont bien souvent équipés de ballasts internes ferromagnétiques ou électroniques.
52
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
De plus, on peut attendre également des gains La consommation des data centers en coloca-
sur l’éclairage grâce à un pilotage plus fin de l’al- tion, qui est évaluée à 3,4 TWh, fait l’objet d’une
lumage des lampes avec la généralisation des évolution contrastée, entre efficacité énergétique
détecteurs de mouvements, l’installation de pro- et intensification des usages. La consommation
grammateurs ou de capteurs d’éclairement pour la d’électricité des data centers est dépendante des
lumière naturelle49. flux de données générés, mais suit une évolution
beaucoup plus modérée grâce aux efforts d’effi-
cacité énergétique, notamment pour le refroidis-
Autres usages spécifiques sement des data centers. Ces flux suivent une
croissance très rapide avec l’apparition de nou-
Cette consommation comprend l’ensemble des veaux usages tels que le big data et avec la démo-
usages spécifiques de l’électricité non déjà décrits cratisation du streaming et des services de vidéo
précédemment. Il s’agit par exemple des équi- à la demande. La facture énergétique de ces sites
pements de bureautique, des data centers, des (environ 40 % des charges) incite particulièrement
aspirateurs et autres appareils de ménage, des à améliorer la performance des installations, c’est
machines à café ou autres appareils électromé- un enjeu de compétitivité économique.
nagers, des équipements médicaux, des distri-
buteurs de boissons fraîches, des ascenseurs et Sur la période 2012-2019, les flux de données
escalators, etc. entrant sur les réseaux des quatre plus grands
fournisseurs d’internet ont été multipliés par plus
Pour la bureautique, le taux d’équipement des de sept quand le nombre de data centers en France
employés avec un ordinateur est évalué à 60 %50 n’a augmenté que de 35 % et la consommation que
en 2017. Ce taux est stable depuis 2014. Les de l’ordre de 20 %.
secteurs les moins équipés sont la construc-
tion, le transport et entreposage et l’héberge-
ment-restauration. Ces secteurs sont les moins
susceptibles de s’équiper dans le futur proche.
De même que pour le secteur résidentiel, la Évolutions comparées des flux internet,
Figure 2.40
du nombre de data centers et de leur
diffusion du progrès technique est appelée à se consommation d’électricité
poursuivre sous l’effet des règlements européens
d’écoconception qui imposent des normes de 800
plus en plus sévères en matière d’efficacité éner-
gétique. La consommation de ces équipements
est évaluée à 7 TWh. 600
base 100 en 2012
Tableau 2.12 Principales hypothèses sur les autres usages spécifiques tertiaires et résultats par trajectoire à l’horizon 2030
2019 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
Gain d’efficacité sur la période des autres
14 % 8% 3% 8%
équipements électriques
Effets liés aux nouveaux usages et à
l’augmentation des taux d’équipement 13 % 9% 6% 13 %
sur la période
Gain d’efficacité des data centers en colocation 25 % 18 % 10 % 18 %
Augmentation du nombre de data centers
70 % 60 % 55 % 70 %
en colocation
Consommation des autres usages
30,0 30,6 31,6 30,9 33,2
spécifiques tertiaires (TWh)
Consommation des data centers
3,4 4,6 4,8 4,9 5,0
en colocation
54
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
+2,3 -0,8
6
-0,4
5 4,6
4 3,5
TWh
0
Consommation Augmentation Gain sur le Autre efficacité Consommation
2019 du nombre de refroidissement énergétique 2030
data centers
4,0
3,5
3,0
TWh
2,5
2,0
1,5
1,0
0
2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019
Le déploiement de la 5G est au cœur d’un débat sur Haut Conseil pour le climat prévoit une augmentation
son impact environnemental, et notamment sur son très significative des consommations du secteur des
impact encore incertain sur la consommation du sec- télécommunications, de l’ordre d’une multiplication
teur des télécommunications. D’un côté, la 5G devrait par trois, ce qui correspond à une croissance très
être significativement plus efficace pour le transfert supérieure à ce qui est constaté dans l’historique et
d’une même quantité d’information, une division par un changement totalement inédit. Nokia, dans une
dix de la consommation unitaire par octet transporté étude s’appuyant sur des consommations mesurées
est envisagée57. De l’autre côté, la vitesse de trans- en Espagne, tend à montrer que la consommation ne
mission des données devrait augmenter du même devrait pas augmenter significativement58.
facteur et favoriser une forte augmentation du tra-
fic. Il y a encore assez peu d’études basées sur des Dans le scénario « Atteinte des objectifs PPE/SNBC en
mesures in situ. Le cœur du débat porte sur l’évolu- fin d’horizon », la trajectoire retenue est une poursuite
tion des flux de données. En fonction de l’hypothèse de la tendance haussière avec une augmentation de
prise sur l’évolution de ces flux, cela peut entrainer l’ordre d’un térawattheure entre 2019 et 2030. Cette
soit une très forte hausse ou une contraction de la hypothèse est en effet relativement médiane parmi
consommation du secteur. L’étude prospective du les visions contrastées des différents acteurs.
57. [Link]
58. [Link]
56
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
Évolution de la consommation des usages du tertiaire – scénario « Atteinte des objectifs PPE/SNBC
Figure 2.43
en fin d’horizon »
160 Évolution
2019-2030
140
120
-5%
100
-42%
+21%
TWh
80
+2%
60 n Hors bâti
n Éclairage
-12% n Cuisson
40 Électricité spécifique
+5% Froid
Climatisation
20 +10% Eau chaude
+1% sanitaire (ECS)
0 Chauffage
2005 2010 2015 2020 2025 2030
150
140
130
120
110
TWh
100
90
Historique
80 Atteinte des objectifs PPE/SNBC
en fin d’horizon
70 Atteinte partielle des objectifs PPE/SNBC
Trajectoire basse
60 Trajectoire haute
2005 2010 2015 2020 2025 2030
2019 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
Chauffage 17,1 17,3 17,0 15,7 18,4
160
150 +4,1
+4,1
+2,7 -17,0
140 +6,2 +3,7
131,3 -4,2
130 -2,6
-4,1 -1,2 122,9
TWh
120
110
100
90
0
Consommation Effet Électrification/ Efficacité Hors bâti Consommation
2019 Volume taux d'équipement énergétique/ 2030
sobriété
58
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
Consommation d’électricité
de l’industrie en 2019 Tableau 2.14 Regroupement des NCE par
grandes branches industrielles
Le secteur industriel a représenté en 2019 une
consommation d’électricité de 113,2 TWh, soit
NCE
un peu moins de 24 % de la demande intérieure
d’électricité en France continentale. Industrie agroalimentaire 12 ; 13 ; 14
Sidérurgie 16
Le secteur industriel considéré dans ce document
recouvre toutes les entreprises de France conti- Métallurgie et mécanique
18 ; 29 ; 30 ; 31 ; 33
nentale, dont la puissance souscrite est supérieure (hors industrie automobile)
à 36 kVA59, et dont l’activité fait partie des classes Minéraux et matériaux 19 ; 20 ; 21 ; 22
de la Nomenclature d’activités économiques pour
l’étude des livraisons et consommations d’énergie Chimie et parachimie 23 ; 24 ; 25 ; 26 ; 28
(NCE)60 allant de 12 à 38. Construction automobile 32
59. Les entreprises alimentées en basse tension (puissance souscrite inférieure à 36 kVA) sont considérées comme relevant de l’artisanat et sont traitées
dans le secteur tertiaire.
60. Il s’agit d’une nomenclature d’activité particulière pour les consommations d’énergie. Il existe une table de correspondance entre la NCE et la NAF rév. 2,
accessible sur le site de l’INSEE : [Link]
61. Un volume de consommation, relativement limité (de l’ordre de 1 % de la consommation totale industrielle), ne peut être réparti par activité faute de
données statistiques. Il correspond en grande partie à l’autoconsommation HTA des clients industriels.
150 800
140 700
600
130
MWh/M€2014
500
120
TWh
400
110
300
100
200
90 100
80 0
2001 2003 2005 2007 2009 2011 2013 2015 2017 2019 1960 1970 1980 1990 2000 2010 2020
Cette baisse s’explique par les effets conjugués : uu des actions d’efficacité énergétique qui ont contri-
uu d’une dynamique de la production industrielle bué à faire décroître l’intensité électrique de l’in-
en volume relativement atone, moindre que dustrie (la baisse de celle-ci a été légèrement
celle du PIB ; supérieure à 1,5 % par an en moyenne au cours
uu du déplacement de l’activité des industries des vingt dernières années – cf. figure 2.48).
lourdes fortement consommatrices d’énergie
vers des industries plus légères, voire d’une Cette tendance baissière de la demande électrique
certaine désindustrialisation ; s’observe sur la totalité des grandes branches
120
110
base 100 en 2001
100
90
Industrie agroalimentaire
Sidérurgie
80 Métallurgie et mécanique
(hors automobile)
Minéraux et matériaux
Chimie et parachimie
70
Construction automobile
Industrie du papier
et du carton
60 Autres industries
2001 2003 2005 2007 2009 2011 2013 2015 2017 2019
60
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
Débouchés
Économies
d’énergies
Consommation Consommation
Consommation Quantités physiques Effet du
avec effet volume projetée
intitiale par IGCE produites par IGCE recyclage
par IGCE par IGCE
Consommation
Substitutions projetée
vers l’électricité de l’industrie
Consommation Indice d’évolution Consommation des usages hors
chaudière Consommation
intitiale par NCE de la production avec effet volume
projetée par NCE
hors IGCE de la NCE par NCE hors IGCE
hors IGCE
Substitutions
vers l’électricité
Déterminants des usages
+ cadrage sous chaudière
macroéconomique
Dans une seconde phase, d’autres effets por- Les IGCE considérées ici sont la production d’acier,
tant sur les intensités électriques associées sont d’aluminium, d’éthylène, de chlore, d’ammoniac,
projetés : de clinker, de verre, de papier-carton et de sucre.
uu un effet « efficacité énergétique », lié à l’amé-
lioration de la performance énergétique des De fait, une approche purement macroéconomique
procédés ; basée sur de grands agrégats ne saurait être à
uu un effet « recyclage », décrivant l’impact de même de prendre en compte l’effet majeur sur la
l’évolution des taux de recyclage de certains consommation énergétique globale de l’évolution
matériaux (acier, aluminium, verre, etc.) sur la de la production de ces filières très énergivores.
consommation électrique ;
uu un effet « électrification », lié au remplacement
de procédés à base de combustibles par des Une modélisation de la production
techniques électriques, à la fois sur les usages des IGCE établie à partir de leurs
hors chaudière et sur les usages sous chaudière. débouchés
La figure 2.51 fournit un logigramme simplifié de L’approche retenue pour modéliser l’évolution de
la modélisation utilisée. Celle-ci est décrite plus en la production en quantités physiques des IGCE
détails dans la suite de ce document. consiste à établir une projection de la demande
7%
37 %
50 % 50 %
63 %
93 %
62
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
Imports/ Imports/
exports exports
Production
de matériaux
en biens et en équipements et d’en déduire une transformations des marchés de ces produits dans
demande en matériaux pour satisfaire cette les années à venir.
demande. Les industries diffuses, qui recouvrent
un spectre de produits beaucoup plus large, Les principaux débouchés identifiés, déterminants
devront être abordées sous un autre angle. pour l’évolution de la demande adressée aux IGCE
sont les suivants :
Pour ce faire, plusieurs hypothèses sont nécessaires : uu la construction constitue un important débou-
uu on assimile, sur l’horizon de prévision, la ché pour plusieurs types de production des
consommation apparente (c’est-à-dire : pro- IGCE : le verre, l’acier, l’aluminium, le plastique
duction + imports - exports) à la consommation et le clinker (pour ce dernier, il s’agit même du
réelle (c’est-à-dire la consommation apparente seul débouché). La demande en matières pre-
à laquelle on ajoute les variations de stock). Ne mières de ce secteur dépend essentiellement
pas considérer les variations de stock est per- de deux facteurs : le volume de construction
tinent dans la mesure où la finalité est de cap- et la part de marché de chaque matériau. En
ter les évolutions structurelles et non de décrire particulier, un recours accru à des matériaux
les fluctuations conjoncturelles, par nature non biosourcés devrait réduire la consommation de
prévisibles sur un horizon de dix ans ; ciment à niveau de construction équivalent.
uu on considère également, pour chaque filière de uu le secteur de l’emballage représente une large
production IGCE, que la part relative du solde net part des utilisations du verre, du papier-carton
des imports/exports, que ce soit au niveau des et du plastique, et est également consommateur
matériaux ou des biens et équipements qui consti- d’acier et d’aluminium sous forme d’emballages
tuent leurs débouchés, demeure relativement métalliques. Le développement des systèmes de
constante. Cette hypothèse apparaît cohérente vente en vrac et l’éventuelle mise en place d’une
avec le cadrage de la trajectoire AMS de la SNBC, consigne sur le plastique et/ou le verre dès 2023,
qui table sur un relatif statu quo en matière de proposés par la SNBC, sont de nature à réduire
poids relatif de l’industrie dans la valeur ajoutée. progressivement le besoin d’emballage. En outre,
la loi relative à la lutte contre le gaspillage et à
La première étape consiste à étudier en détail les l’économie circulaire, adoptée début 2020, fixe
neuf produits des IGCE considérées, afin de déter- des objectifs de réduction des déchets à l’hori-
miner dans quels secteurs ils sont utilisés et en zon 2030 : -15 % de déchets ménagers par habi-
quelle proportion, puis d’évaluer les éventuelles tant et -5 % de déchets d’activités économiques.
Tableau 2.15 Production de clinker en France selon les différentes trajectoires à l’horizon 2030
2019 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
64
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
laissant ainsi apparaître un solde net importateur à des matériaux biosourcés), dans les emballages,
de 1,9 Mt en 2018. pendant que les autres débouchés (transport hors
automobile, industrie mécanique, biens métal-
L’évolution des débouchés de la construction se liques) restent légèrement croissants.
caractérise par une croissance des travaux publics
tirée à la hausse par le contexte économique, une Cela se traduirait par une demande intérieure
relative stabilité de la construction de bâtiments d’acier, et donc une production selon le principe de
neufs, avec un fort accroissement des rénovations. modélisation adopté, relativement stable à l’horizon
À ces évolutions s’ajoutent en outre une baisse 2030 dans trois trajectoires, en cohérence avec la
de la teneur en clinker du ciment et une moindre stabilité affichée par la SNBC. Seule la trajectoire
consommation unitaire de ciment dans la construc- basse verrait une contraction de la production.
tion (recours à des matériaux biosourcés).
Production d’aluminium
Avec ces hypothèses et l’évolution des débouchés La production française d’aluminium ne couvre qu’en-
de construction, la trajectoire de production de viron 70 % de la consommation intérieure. Les débou-
clinker en France, modélisée homothétiquement chés de l’aluminium concernent essentiellement le
à l’évolution de la demande intérieure de clinker, transport (42 %, dont 34 % pour le seul secteur de
serait relativement proche de celle décrite dans la construction automobile) et la construction (30 %).
la trajectoire AMS de la SNBC, à l’exception de la
trajectoire basse. L’évolution des débouchés de l’aluminium devrait
globalement être haussière, du fait de la hausse
Production d’acier d’activité mais également d’un recours accru à ce
De façon très globale, la production française d’acier matériau lié à ses caractéristiques physiques, à
couvre quasiment, à 97 %, la demande nationale savoir de bonnes performances mécaniques cou-
annuelle. Cette vision globale masque toutefois des plées à une relative légèreté. L’utilisation de l’alu-
volumes d’imports et d’exports très importants. minium est donc appelée à croître, notamment
Ainsi, la France dispose d’une production d’acier plat dans le secteur du transport.
importante, mais doit importer 40 % de la consom-
mation française de produits longs. En effet, la consommation unitaire de maté-
riaux dans la construction automobile pourrait
L’évolution des débouchés de l’acier est notam- être modifiée dans les années à venir. L’étude
ment marquée par une consommation unitaire en « Aluminium content in European cars » menée par
baisse dans la construction automobile (véhicules Ducker Worldwide pour European Aluminium en
plus légers et recours accru à l’aluminium en lieu 2012 puis en 2019 estime l’évolution du contenu
et place de l’acier), dans la construction (recours en aluminium dans un véhicule européen pour les
Tableau 2.16 Production d’acier en France selon les différentes trajectoires à l’horizon 2030
2019 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
2019 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
dix prochaines années. La quantité d’aluminium 2030. La masse moyenne d’un véhicule, et donc la
par véhicule pourrait selon cette étude augmenter quantité de matériaux nécessaire à sa construc-
de 30 %, dans un souci d’allègement des véhicules. tion, baisse ainsi au sein de chaque gamme.
De plus, la consommation unitaire moyenne d’alu-
minium pour produire un véhicule électrique est La production d’aluminium devrait donc être en
largement supérieure à celle nécessaire pour un augmentation pour satisfaire cette demande crois-
véhicule thermique : la part croissante des véhi- sante quelle que soit la trajectoire considérée.
cules électriques dans la production devrait ainsi
se traduire par une forte hausse de la demande Ces évolutions sont globalement plus haussières que
d’aluminium du secteur automobile. celle de la SNBC qui table sur une parfaite stabilité de
la production d’ici à 2030. À noter que le volume de
Cette étude, complétée par d’autres sources pour production de la SNBC semble sous-estimé, vraisem-
l’acier, le verre et le plastique, permet d’associer à blablement du fait d’un périmètre considéré différent.
chaque type et gamme de véhicules une consom-
mation d’acier, d’aluminium, de verre et de plas- Production de verre
tique. Ducker Worldwide suggère ainsi qu’une La production de verre en France est globalement
part d’acier sera substituée par de l’aluminium. exportatrice, avec un solde net de plus de 170 Mt
On utilise les résultats de cette étude prospective en 2018. La production de verre trouve son princi-
jusqu’en 2028 en prolongeant la tendance jusqu’en pal débouché, à plus de 70 %, dans les emballages
Tableau 2.18 Production de verre en France selon les différentes trajectoires à l’horizon 2030
2019 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
66
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
Tableau 2.19 Production de chlore en France selon les différentes trajectoires à l’horizon 2030
2019 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
Tableau 2.20 Production d’ammoniac en France selon les différentes trajectoires à l’horizon 2030
2019 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
2019 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
qu’un tiers des besoins en ce produit. L’ammoniac de l’emballage, qui représente près de la moitié de
est très essentiellement destiné (à 80 %) à la son usage.
production d’engrais azotés.
Avec la montée des préoccupations environne-
Le recours aux engrais azotés étant appelé à être mentales et la volonté politique de réduire l’uti-
réduit pour atteindre les objectifs de la SNBC, la lisation des matières plastiques, la demande en
demande en ammoniac pourrait se contracter elle- éthylène est appelée à se réduire progressive-
même dans certaines trajectoires. ment. L’évolution des autres débouchés est tou-
tefois de nature à compenser partiellement cette
Au global, les trajectoires envisagées pour la pro- baisse.
duction d’ammoniac en France décrivent un cône
encadrant la vision affichée d’une relative stabilité Au global, le niveau de production d’éthylène en
affichée dans la SNBC. France modélisé est relativement proche de celui
affiché dans la trajectoire SNBC, à l’exception de la
Production d’éthylène trajectoire basse.
La production d’éthylène en France a été excé-
dentaire en 2018, avec un solde exportateur net Production de papier-carton
représentant près de 5 % de la production. Le prin- La production française de papier-carton (hors
cipal débouché de l’éthylène demeure le secteur pâte à papier) ne couvre pas l’ensemble des
Tableau 2.22 Production de papier-carton (hors pâte à papier) en France selon les différentes trajectoires à l’horizon 2030
2019 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
Production de papier-carton
7,3 7,8 7,8 7,3 7,9
hors pâte à papier (Mt)
68
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
Tableau 2.23 Production de sucre en France selon les différentes trajectoires à l’horizon 2030
2019 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
Part de l’industrie dans la valeur ajoutée en 2030 10,6 % 10,6 % 9,6 % 10,6 %
70
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
L’impact haussier de l’évolution de Le tableau 2.25 fournit ces effets par trajectoire,
l’activité industrielle sur la demande calculés entre 2020 et 2030.
électrique est modéré par l’évolution
structurelle de cette activité
Le recyclage est appelé à croître
En figeant à sa valeur actuelle l’intensité électrique avec un impact sur la consommation
pour chaque NCE (ou contenu énergétique pour les électrique de l’industrie
IGCE), il est possible d’estimer l’impact de l’évolu-
tion de l’activité productrice projetée sur la consom- En 2030, la production de certaines IGCE pour-
mation électrique de l’industrie, sans aucune prise rait intégrer une plus grande part de matières
en compte des autres effets étudiés par la suite : premières issues du recyclage (MPR). La SNBC
économies d’énergie, électrification, taux de recy- propose ainsi des objectifs ambitieux à l’horizon
clage, etc. 2050 : un taux d’incorporation de MPR de 80 %
pour l’acier, l’aluminium et le plastique, et de 85 %
Cette évolution se révèle être, dans toutes les pour le verre et le papier. Or la production à partir
trajectoires, inférieure à celle de la valeur ajou- de matières recyclées peut impliquer des procédés
tée industrielle. Ce phénomène s’explique par le différents, ou rendre un procédé moins énergivore.
fait que le dynamisme de l’industrie est essen- De plus, l’augmentation du recyclage du plastique
tiellement porté par des branches industrielles va modifier la demande en éthylène, ainsi qu’en
diffuses et sensiblement moins énergivores que chlore très utilisé pour la fabrication du PVC. Le
les IGCE. L’effet de structure qui en résulte tend développement significatif du recyclage pourrait
donc à modérer l’impact haussier de la croissance donc avoir un impact sur la consommation énergé-
de l’activité productrice sur la consommation tique de l’industrie.
d’électricité.
Les hypothèses de taux d’incorporation des MPR
On peut donc estimer : ont été établies en cohérence avec celles de la
uu un effet « volume » global, représentant l’effet SNBC pour la trajectoire « Atteinte des objec-
haussier sur la consommation électrique d’une tifs PPE/SNBC en fin d’horizon », et en s’assurant
croissance de l’activité globale, assimilée à la que la quantité de matières premières à recycler
valeur ajoutée de l’industrie, appliquée de façon incorporée dans la production demeure bien infé-
homogène sur toutes les NCE ; rieure au potentiel de récupération de ces matières
uu un effet de « structure », équivalent à l’écart entre premières sur une année.
l’effet « volume » global et la somme des effets
« volume » estimés pour chaque NCE en lui appli- Les principales hypothèses retenues sont résumées
quant la croissance d’activité de cette NCE (et non dans le tableau 2.26.
celle de la valeur ajoutée industrielle globale).
Tableau 2.25 Estimation des effets « volume » et « structure » sur la consommation électrique à l’horizon 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
Pour chaque matériau, une intensité électrique La production d’une tonne de pâte à papier recy-
de la production à partir de matières premières clée consomme environ 60 % moins d’électricité
vierges et une intensité de la production à par- que celle d’une tonne de pâte à papier fabriquée à
tir de matières premières recyclées sont ensuite partir de bois.
utilisées pour estimer l’impact du recyclage sur la
consommation62. Pour le verre, le procédé de fabrication va rester
le même, et c’est la part de calcin (verre recyclé)
Pour l’acier, les procédés sont très différents. L’acier que l’on incorpore qui permet quelques économies
primaire est fabriqué à partir de minerai de fer d’énergie, de l’ordre de 3 % lorsqu’on incorpore 10 %
dans les hauts-fourneaux, très gourmands en com- de matières premières recyclées supplémentaires
bustibles mais peu consommateurs d’électricité. (FEVE – The European Container Glass Federation).
Tableau 2.27 Impact de l’évolution du taux de recyclage sur la consommation électrique à l’horizon 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
en TWh d’horizon PPE/SNBC basse haute
62. À l’exception des matières plastiques pour lesquelles on considère que l’effet du recyclage porte sur la réduction de la demande en éthylène, ainsi qu’en
chlore (très utilisé pour la fabrication du PVC)
72
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
Pour diminuer l’impact énergétique des moteurs Les moteurs de classe de rendement Standard
(dont la consommation d’électricité est estimée à (IE1), et Haut (IE2) sans variateur de vitesse, ne
36 % de celle de l’Union européenne), en applica- peuvent ainsi plus être mis sur le marché.
tion de la directive écoconception, les moteurs à
faible rendement énergétique ne peuvent plus être La Commission européenne estime à environ 10 %
mis sur le marché depuis le 1er janvier 2017. le gain à l’horizon 2030 sur la consommation du
parc de moteurs concernés par la réglementation.
En effet, les moteurs à induction à cage d’une puis- La plage de puissance des moteurs concernés par
sance comprise entre 0,75 et 375 kW doivent désor- la réglementation pourrait prochainement être
mais avoir au minimum une classe de rendement élargie.
Premium (IE3) ou une classe de rendement Haut
(IE2) s’ils sont équipés d’un variateur de vitesse.
Source : [Link]
L’effet global de l’augmentation du taux de recy- Les gisements portent sur deux types d’usages :
clage sur la consommation d’électricité à l’horizon uu le gisement d’économie d’énergie dans les opé-
2030 peut sembler modeste (cf. tableau 2.26). rations transverses de l’industrie (production
Il résulte toutefois d’effets plus importants, la d’air comprimé, de froid, pompage, ventila-
hausse associée au recyclage de l’acier étant tion, force motrice, éclairage…), estimé par le
contrebalancée par la baisse provoquée par le CEREN63 ;
développement de l’affinage de l’aluminium. uu le gisement sur les usages de procédés, estimé
également par le CEREN64.
Les effets haussiers liés à la croissance de l’activité Trois concernent essentiellement les combustibles :
productrice devraient être partiellement contreba- les pertes de production de fluides caloporteurs
lancés par la poursuite de la progression de l’effi- (pertes chaufferies), les pertes de transport et dis-
cacité énergétique, catalysée en particulier par les tribution de fluides caloporteurs (pertes réseaux),
règlements d’écoconception, dont celui portant sur le chauffage des locaux.
les moteurs électriques qui représentent plus des
deux tiers de la consommation d’électricité dans Sept autres opérations portent exclusivement sur
l’industrie (cf. encadré). l’électricité : les pertes dans les transformateurs
électriques, l’éclairage, les moteurs électriques, la
63. Rapport « Le gisement d’économies d’énergie dans les opérations transverses de l’industrie »
64. Rapports « le gisement d’économies d’énergie dans la petite industrie » ; « le gisement d’économies d’énergie dans les industries intermédiaires » ;
« le gisement d’économies d’énergie dans l’industrie lourde »
Industrie agroalimentaire
Sidérurgie
Minéraux et matériaux
Chimie et parachimie
Construction automobile
74
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
CEREN) s’élève à 6 TWh environ (hors économies la base de données industrielle détaillée précédem-
liées au recyclage). ment évoquée, portant sur les consommations de
l’année 2014. Pour l’évaluation du gisement subs-
La compilation de ces gisements, sur usages trans- tituable, une technique électrique est retenue si
verses et sur procédés, permet d’estimer le gise- elle représente plus de 1 % de la consommation du
ment technique total d’économie d’électricité segment dans la tranche de puissance considérée
dans l’industrie, classé selon différentes classes (hors pompes à chaleur, traitées ultérieurement).
de temps de retour (cf. figure 2.54). Dans ce cas, on considère qu’elle peut se géné-
raliser au sein de la NCE, mais seulement dans
Des jeux d’hypothèses sur la part du gisement la tranche de puissance dans laquelle elle a été
technique réalisée d’ici à 2030, différenciés selon observée. Si plusieurs techniques électriques sont
les temps de retour des actions d’efficacité énergé- présentes, c’est la plus performante qui est rete-
tique, ont ensuite été appliqués pour estimer l’effet nue, de façon à obtenir un gisement sommable.
de l’amélioration de la performance énergétique à
l’horizon 2030. Sous ces hypothèses, en dehors de toute considé-
ration économique, 18 % de la consommation de
Ces hypothèses sont résumées dans le tableau 2.28. combustibles pour les procédés thermiques, soit
41,6 TWh, sont substituables par des techniques
électriques. En privilégiant les techniques électriques
L’électrification des procédés industriels les plus performantes actuellement, l’ensemble de
est un levier essentiel de la transition ces substitutions conduirait à une consommation
énergétique électrique supplémentaire de 23,9 TWh.
L’électricité étant une énergie très peu carbonée Un potentiel additionnel est également estimé,
en France, elle constitue un vecteur énergétique correspondant aux combustibles substituables
privilégié de la transition énergétique, appelé à se supplémentaires si la technique observée au sein
substituer à la consommation de combustibles fos- d’une NCE est généralisée sur tout le segment
siles lorsque cela est techniquement possible. même si elle n’a pas été observée dans certaines
tranches de puissance. Ce potentiel pourrait se
Pour estimer les volumes substituables, une étude traduire par une consommation additionnelle
du CEREN a été utilisée65. Cette étude repose sur d’électricité de 25,1 TWh.
65. « Première analyse du potentiel technique d’électrification des procédés industriels thermiques par des technologies matures »
Industrie agroalimentaire
Sidérurgie
Minéraux et matériaux
Chimie et parachimie
Construction automobile
Industries diverses
Gisement validé
TOTAL INDUSTRIE en puissance
Gisement additif
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50
TWh
Dans un premier temps, les pompes à chaleur ensuite été appliqués pour estimer l’effet de l’élec-
(PAC) ont été isolées de ce potentiel (les PAC trification des procédés à l’horizon 2030.
industrielles sont traitées plus loin).
Ces hypothèses sont résumées dans le tableau 2.29.
Le potentiel résultant par grandes branches est Elles sont relativement prudentes compte tenu de la
représenté sur la figure 2.55. nécessité d’atteindre un coût du CO2 suffisamment
élevé pour catalyser les investissements.
De même que pour l’efficacité énergétique, des
jeux d’hypothèses sur la part du gisement tech- Une approche similaire, basée sur la même étude
nique réalisée d’ici à 2030, différenciés selon du CEREN, a été utilisée pour estimer le poten-
le caractère « validé en puissance » ou non, ont tiel d’électrification des besoins de chaleur par
Tableau 2.29 Gisement d’électrification des procédés industriels atteint à l’horizon 2030 (hors PAC et chaudières)
76
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
l’utilisation de pompes à chaleur industrielles. consommation (de 10 à 40 TWh selon les trajec-
Le potentiel identifié dans l’étude pour des besoins toires) pourra passer par différentes solutions : un
de chaleur inférieurs à 100 °C a été extrapolé aux recours accru à la biomasse, à la filière hydrogène
besoins de chaleurs allant jusqu’à 150 °C. En effet, et/ou aux chaudières électriques. Ces dernières
une veille technologique montre que les pompes présentent de nombreux avantages techniques
à chaleur peuvent déjà atteindre des tempéra- (modulation de la puissance de chauffe, mainte-
tures largement supérieures à 100 °C et pourraient nance réduite, etc.) mais sont encore peu présentes
constituer à terme une solution pour des usages dans le parc de chaudières industrielles (0,2 TWh de
allant jusqu’à cette température de 150 °C. consommation environ). Leur compétitivité par rap-
port aux chaudières au gaz devrait toutefois s’amé-
La consommation potentielle de combustibles ou liorer avec l’augmentation du prix du CO2.
de vapeur substituable par des pompes à chaleur
serait ainsi de 18,5 TWh (dont 13,5 validés en Le parc de chaudières industrielles est globalement
puissance), avec en corollaire une consommation assez ancien : 30 % environ de sa consommation
électrique additionnelle de 5,3 TWh (dont 3,9 TWh énergétique est le fait d’installations ayant plus de
validés en puissance). 35 ans d’âge. Le déploiement de solutions décar-
bonées devra donc être favorisé à l’horizon des
Enfin, la consommation résiduelle de com- prochaines années lors du renouvellement de ce
bustibles sous chaudière à horizon 2050 a été parc ancien.
estimée, en prenant en compte l’ensemble des
différents effets sur cette consommation (effets Les hypothèses de part du gisement atteinte en
« volume », « structure », « efficacité énergétique », 2030 pour les pompes à chaleur et les chaudières
« électrification »…). La décarbonation de cette électriques sont présentées dans le tableau 2.30.
Tableau 2.30 Gisement d’électrification des consommations sous chaudière dans l’industrie atteint à l’horizon 2030
150
140
130
120
110
TWh
100
90
Historique
80 Atteinte des objectifs PPE/SNBC
en fin d’horizon
70 Atteinte partielle des objectifs PPE/SNBC
Trajectoire basse
60 Trajectoire haute
2005 2010 2015 2020 2025 2030
140
100
80
TWh
60
40
20
0
Consommation Effet Effet Recyclage Recyclage Efficacité Électrification Pompes Chaudières Consommation
2019 Volume structure acier autres IGCE énergétique à chaleur électriques 2030
78
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
Tableau 2.31 Évolution de la consommation par usage dans le secteur industriel selon les trajectoires (TWh)
2019 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
Consommation d’électricité
Tableau 2.32 Consommation d’électricité du secteur
du secteur des transports en 2019
des transports en 2019 pour la France
continentale Le secteur des transports a représenté en 2019
une consommation d’électricité de 12,7 TWh, soit
Consommation 2019 2,7 % de la demande intérieure d’électricité en
Libellé
(TWh) France continentale.
Transport ferroviaire 11,7
Le secteur des transports considéré dans ce docu-
dont transport interurbain ment recouvre toutes les entreprises de France
5,6
de passagers
continentale, dont la puissance souscrite est supé-
dont transport urbain rieure à 36 kVA66, et dont l’activité fait partie des
3,8
de passagers
classes de la Nomenclature d’activités écono-
dont transport
1,8
miques pour l’étude des livraisons et consomma-
de marchandises tions d’énergie (NCE) allant de 40 à 44. Il recouvre
dont hors traction 0,5 également une estimation de l’énergie consom-
mée pour la recharge des véhicules électriques ou
Transport fluvial et maritime 0,03
hybrides rechargeables.
Transport aérien 0,2
Le tableau 2.32 fournit la décomposition de la
Véhicules routiers électriques 0,7
consommation d’électricité par modes de transport
Total secteur des transports 12,7 pour l’année 2019 sur le périmètre analysé dans le
Bilan prévisionnel, à savoir la France continentale.
66. Les entreprises souscrivant une puissance inférieure à 36 kVA sont traitées dans le secteur tertiaire.
80
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
16
14 Véhicules routiers
électriques
12 Transport aérien
Transports fluvial
10 et maritime
Transport ferroviaire
TWh
8 hors traction
Transport ferroviaire
6 de marchandises
Transport ferroviaire
4
urbain de passagers
2 Transport ferroviaire
interurbain de
0 passagers
2001 2003 2005 2007 2009 2011 2013 2015 2017 2019
Cette évolution, essentiellement liée à celle du Figure 2.61 Évolution du trafic ferroviaire
transport ferroviaire, s’explique en grande partie de marchandises et part modale
par les effets conjugués :
60
uu de gains d’efficacité énergétique : la SNCF
notamment s’est engagée depuis quelques 50
années dans un plan de forte réduction de sa 15,7%
consommation énergétique ; 40
9,6%
uu d’une inflexion de la croissance du trafic ferro-
Gtkm
30
viaire de passagers (cf. figure 2.60), due à une
9,4%
stabilisation (voire une légère baisse) de la part 20
modale des transports ferrés depuis 2010.
10
x% Part modale dans le trafic marchandises
… et ce malgré une relative stabilisation du fret 0
ferroviaire depuis 2010 (et de la part modale du 2001 2003 2005 2007 2009 2011 2013 2015 2017 2019
La modélisation du secteur des transports repose Le trafic global de passagers s’est élevé en 2018 à
sur une approche modale, qui permet de décliner 945 Gpkm (source : compte des transports 2018,
le besoin global de transport de passagers et de SDES). La répartition modale de ce trafic global
marchandises selon les différents modes de trans- montre une très large prépondérance de la voiture
port et d’assurer ainsi la cohérence d’ensemble particulière (cf. figure 2.62).
de l’évolution projetée des différentes filières de
transport. Ce trafic global de passagers s’inscrit à la hausse
depuis plusieurs décennies : il a ainsi crû de 0,9 %
Les données statistiques sur la mobilité en France, par an en moyenne entre 1990 et 2018. Cette évo-
sur lesquelles repose la modélisation, sont issues lution peut être décomposée en deux périodes :
du Service de la donnée et des études statistiques entre 1990 et 2002, le rythme moyen de crois-
(SDES) du ministère de la Transition écologique et sance a été d’environ 1,5 % par an ; il s’est par la
solidaire. Les hypothèses intègrent celles qui sous- suite ralenti pour s’établir à 0,4 % entre 2002 et
tendent la trajectoire de consommation du scéna- 2018 (cf. figure 2.63).
rio AMS de la SNBC.
L’évolution démographique ayant été assez régu-
La méthode consiste, dans un premier temps, à lière sur la période, cette inflexion est essentiel-
projeter le trafic global de passagers (exprimé en lement due à une relative stagnation, depuis le
milliards de [Link]) sur l’horizon de prévi- tournant des années 2000, du besoin moyen de
sion, puis d’appliquer des hypothèses de parts de mobilité par personne en France (cf. figure 2.64),
marché modales (véhicules individuels, transport après une période de croissance quasi continue.
routier collectif, transport aérien, transport ferro-
viaire, etc.) sur ce trafic global afin de déterminer Les hypothèses d’évolution retenues sont en ligne
le trafic de passagers projeté pour chacun de ces avec celles de la trajectoire SNBC et supposent une
modes de transport. Une approche modale simi- légère croissance du besoin de mobilité par per-
laire est utilisée pour le trafic de marchandises sonne, qui approcherait 14 800 km/an en 2030, à
(exprimé en milliards de [Link]). l’exception de la trajectoire basse pour laquelle ce
82
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
Figure 2.63 Évolution historique Figure 2.64 Évolution historique du besoin moyen
du trafic de passagers de mobilité par personne
1 000 16 000
900
15 000
800
+0,4%/an
700
+1,5%/an 14 000
600
km/an
Gpkm
500 13 000
400
12 000
300
200
11 000
100
0 10 000
1990 1995 2000 2005 2010 2015 1990 1995 2000 2005 2010 2015
besoin se contracte légèrement (14 400 km/an en Les hypothèses d’évolution des parts modales sont
2030) sous l’effet de la contrainte budgétaire des en phase avec celles du scénario SNBC dans les
ménages. trajectoires « Atteinte des objectifs PPE/SNBC en
fin d’horizon » et haute. Elles se traduisent par une
Combinée avec l’évolution du scénario démogra- contraction de la part des véhicules particuliers, au
phique central de l’INSEE (67,2 millions d’habi- profit des modes collectifs (intégrant le Grand Paris
tants en France métropolitaine en 2030), cette express, qui renforce significativement l’offre avec
hypothèse se traduirait par une croissance modé- des nouvelles lignes) et de la mobilité douce. La
rée du trafic de passagers en France à l’horizon trajectoire basse suppose une stagnation du mix
2030 (cf. tableau 2.33). modal (cf. tableau 2.34).
2019 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
Besoin annuel de mobilité par personne (km) 14 600 14 800 14 800 14 400 14 800
2019 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
Véhicules particuliers 78,7 % 73,9 % 76,3 % 76,3 % 73,9 %
Transport collectif routier 6,2 % 7,1 % 6,6 % 6,6 % 7,1 %
Deux roues motorisés 1,5 % 1,4 % 1,4 % 1,4 % 1,4 %
Transport ferroviaire interurbain 10,3 % 12,0 % 11,1 % 11,1 % 12,0 %
Transport ferroviaire urbain 1,1 % 1,4 % 1,3 % 1,3 % 1,4 %
Transport aérien 1,7 % 1,6 % 1,6 % 1,6 % 1,6 %
Vélo 0,6 % 2,6 % 1,6 % 1,6 % 2,6 %
TOTAL 100 % 100 % 100 % 100 % 100 %
Le trafic global de marchandises s’est élevé en Le trafic global de marchandises a crû sur un rythme
2018 à 332 Gtkm (source : compte des transports soutenu, +2,7 % par an en moyenne, entre 1990 et
2018, SDES)67. La répartition modale de ce trafic 2008. Cette tendance a été interrompue par la crise
Figure 2.65 Parts modales du transport Figure 2.66 Évolution historique du trafic
de marchandises en 2018 de marchandises
400
+2,7%/an +0,6%/an
2% 350
10 %
300
250
Gtkm
200
150
100
67. Tableau E1.a « les transports intérieurs terrestres de marchandises », en excluant, comme dans le scénario SNBC, du périmètre le transport par oléoducs et
le transport par véhicules utilitaires légers (traités par ailleurs)
84
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
Tableau 2.35 Parts modales du transport de marchandises en 2030 selon les différentes trajectoires
2019 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
PIB (G€ 2014) 2323 2533 2533 2361 2656
Gain logistique annuel - 0,5 % 0,5 % 0,7 % 0,5 %
Trafic total marchandises (Gtkm) 334 344 344 314 361
Part modale du transport routier 88,3 % 86,2 % 87,3 % 87,3 % 86,2 %
Part modale du transport ferroviaire 9,7 % 11,4 % 10,5 % 10,5 % 11,4 %
Part modale du transport fluvial 2,0 % 2,4 % 2,2 % 2,2 % 2,4 %
5
TWh
4
Consommation du transport 3
ferré interurbain 2
1
À partir des hypothèses d’évolution du trafic global
0
et des parts modales, le trafic de passagers et le 1990 1995 2000 2005 2010 2015
fret réalisés en mode ferré peuvent être projetés
sur l’horizon de prévision.
68. Données fournies dans le « Mémento de statistiques des transports 2018 », tableau 2.9.1, SDES
[Link]
2019 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
Transport ferré interurbain de passagers (TWh) 5,6 6,1 5,8 5,8 6,2
Total transport ferré interurbain (TWh) 7,9 8,6 8,2 8,1 8,8
L’historique de la consommation d’électricité pour embarqués. La SNCF a en outre adopté des mesures
la traction ferroviaire fait apparaître une période visant à atteindre de 8 à 12 % d’économie d’énergie
de croissance entre 1990 et 2002, sur un rythme au travers de programmes d’éco-stationnement et
moyen d’environ 2,5 % par an, suivi depuis d’une d’éco-conduite.
période de légère baisse, sur un rythme moyen
d’environ -0,6 % par an. Les hypothèses retenues pour l’élaboration des
trajectoires sont les suivantes :
Ces évolutions s’expliquent en partie par une baisse uu une baisse de 10 % de la consommation unitaire
puis une stagnation du fret après la crise écono- à l’horizon 2030 dans la trajectoire « Atteinte
mique de 2008, qui contrebalance la croissance du des objectifs PPE/SNBC en fin d’horizon » ;
trafic de passagers. Elles s’expliquent également uu une baisse de 8 % au même horizon dans les
par une légère augmentation de l’efficacité éner- trajectoires « Atteinte partielle des objectifs
gétique du transport ferroviaire. PPE/SNBC » et haute ;
uu enfin, une baisse de 5 % seulement dans la tra-
Cette donnée de consommation électrique globale, jectoire basse, du fait d’une moindre capacité
croisée avec les historiques de trafic passagers et d’investissement.
de marchandises, permet d’estimer par corrélation
les consommations unitaires d’électricité par [Link] Le croisement des projections de trafic et de
et par [Link] : consommations unitaires permet d’élaborer une
uu transport de passagers : 58 Wh/[Link] trajectoire de consommation (cf. tableau 2.36).
uu transport de marchandises : 57 Wh/[Link]
À noter qu’aux consommations de traction fer-
L’évolution de ces consommations unitaires devrait roviaire s’ajoutent celle des installations station-
s’inscrire en légère baisse, via l’amélioration du naires. Compte tenu de l’enjeu de consommation
matériel roulant (aérodynamisme, allègement, faible sur ce poste, une hypothèse de stabilité est
fonctions auxiliaires), la récupération de l’éner- retenue à l’horizon 2030.
gie de freinage, la généralisation de compteurs
86
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
Tableau 2.37 Consommation du transport ferré urbain en 2030 selon les différentes trajectoires
2019 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
Transport ferré urbain de passagers (TWh) 3,8 4,4 4,1 4,1 4,5
TWh
l’utilisation des moteurs auxiliaires. La prise en 150
compte croissante des questions environnemen-
tales donne ainsi lieu à une multiplication des 100
69. [Link]
88
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
pement des ménages (1,13 véhicule particulier par Véhicules particuliers électriques
ménage en 2018 contre 1,07 en 1990). Ce taux Véhicules particuliers hybrides rechargeables
Véhicules utilitaires légers électriques
avait toutefois atteint 1,17 en 2003 avant de s’in-
fléchir et d’entamer une légère baisse, témoignant
d’une évolution dans le rapport à l’automobile.
Le parc actuel de véhicules particuliers utilise de mai 2020, dans un contexte de sévérisation
majoritairement le gazole comme source d’éner- des normes européennes d’émissions maximales
gie, à près de 60 %. Cette part se contracte tou- autorisées pour les véhicules automobiles (norme
tefois depuis plusieurs années, essentiellement au Euro 6 en vigueur et norme Euro 7 en discussion).
profit de l’essence, sous l’effet d’une fiscalité moins
avantageuse que par le passé : en atteste la part Bien que la population soit amenée à croître dans
de marché du gazole dans les immatriculations les prochaines années, le parc de véhicules parti-
de véhicules neufs qui ne s’élève plus qu’à 38 % culiers à l’horizon 2030 est susceptible de stagner,
en 2018. voire de se contracter par rapport au niveau actuel
sous l’effet de plusieurs phénomènes. D’une part,
En revanche, le parc de véhicules utilitaires légers l’usage de la voiture individuelle pourrait se réduire
conserve une très forte appétence pour le gazole, avec le développement des alternatives au véhi-
puisque près de 96 % du parc et 94 % des immatri- cule particulier (transports en commun, mobilités
culations neuves concernent des véhicules utilisant douces), les politiques de limitation de la place de la
ce carburant. voiture en ville et le développement du télétravail.
D’autre part, l’intensification de l’utilisation des
Le parc de véhicules électriques à batterie ou véhicules que ce soit en taux d’occupation (effet
hybrides rechargeables demeure relativement du covoiturage) ou en durée d’utilisation (effet
modeste, de l’ordre de 0,7 % de l’ensemble du parc de l’autopartage) pourrait, à besoin de mobilité
des véhicules légers, mais son développement est par personne constant, conduire à une réduction
particulièrement rapide, comme en atteste l’évo- du parc.
lution du nombre d’immatriculations de véhicules
neufs électriques, qui s’est fortement accéléré en Pour les véhicules particuliers, la projection du tra-
2020 (cf. figure 2.70). Sur l’année 2020, les véhi- fic de passagers assuré par l’automobile est obte-
cules particuliers 100 % électriques et hybrides nue par croisement du trafic global de passagers
rechargeables ont représenté plus de 11 % des et de la part modale de l’automobile. Dans le cas
immatriculations de véhicules neufs. Cette forte de la trajectoire « Atteinte des objectifs PPE/SNBC
croissance en 2020 a été notamment stimulée par en fin d’horizon », les hypothèses retenues sont
les aides à l’acquisition de véhicules propres, boni- cohérentes avec celles de la trajectoire AMS de la
fiées dans le cadre du plan de relance automobile SNBC.
2019 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
Parc total de véhicules légers (millions) 38,9 38,3 39,3 38,0 38,3
Ainsi, dans cette trajectoire, le trafic de passagers de VUL en France devrait poursuivre sa croissance
assuré par l’automobile devrait être relativement pour atteindre 6,5 millions d’unités en 2030, contre
atone, la croissance du trafic global étant contre- 6,2 millions en 2018.
balancée par la contraction de la part modale de
l’automobile pour atteindre 735 Gpkm en 2030. Au total, dans la trajectoire « Atteinte des objectifs
PPE/SNBC en fin d’horizon », l’évolution du parc de
Avec une hypothèse de taux d’occupation moyen véhicules légers immatriculés en France devrait être
des véhicules particuliers en hausse (1,70 passa- relativement atone, avec un parc qui se situerait à
ger par véhicule en 2030, contre 1,62 en 2018), 38,3 millions d’unité en 2030, contre 38,9 en 2018.
conformément aux hypothèses de la SNBC, le tra-
fic de véhicules devrait dans cette trajectoire bais- Le tableau 2.38 recense le parc atteint en 2030
ser légèrement, pour les véhicules immatriculés en pour les autres trajectoires.
France, et s’établir à 430 Gvé[Link] en 2030.
Des hypothèses d’évolution des parts de marché de
Cette projection, combinée à une hypothèse d’évo- l’électricité ont ensuite été élaborées sur les ventes
lution baissière du kilométrage annuel moyen par annuelles de véhicules particuliers et de véhicules
véhicule de 0,3 % par an à l’horizon 2030 (effet du utilitaires légers (établies à partir d’un modèle de
télétravail, de la politique de la ville…), permet d’éva- parc), et validées par les parties prenantes durant
luer l’évolution du parc total de véhicules particuliers les concertations sur la demande. Ces parts de
nécessaires pour répondre aux besoins de mobilité. marché sont déclinées selon les différents types
de véhicules électriques : 100 % batterie, hybrides
Ce parc de véhicules devrait se stabiliser avant de rechargeables ou hydrogène.
décroître légèrement pour s’établir à 31,8 millions
d’unités en 2030 contre 32,7 millions en 2018. Le tableau suivant fournit les hypothèses de parts
de marché retenues pour les véhicules électriques
Pour les véhicules utilitaires légers, les hypothèses ou hybrides rechargeables dans les différentes tra-
sont également calées sur celle de la trajectoire SNBC. jectoires sur les ventes de véhicules neufs, ainsi que
la pénétration globale sur le parc total de véhicules.
Ainsi, le bilan de la circulation des VUL passerait
de 102 Gvé[Link] en 2018 à 107 Gvé[Link] en 2030. La figure 2.71 représente l’évolution du parc70
Sur la base d’un kilométrage annuel moyen relati- automobile électrique, 100 % batterie ou hybride
vement stable autour de 16 500 km, le parc total rechargeable, selon les différentes trajectoires.
90
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
2019 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
Véhicules particuliers
millions d'unités
uu l’accès aux points de recharge (domicile,
5
travail…) ;
4
uu la puissance des points de charge ;
uu la fréquence de connexion des utilisateurs ; 3
uu le pilotage de la recharge. 2
1
La stratégie de recharge va dépendre de ces
paramètres et affecter la consommation unitaire 0
2010 2015 2020 2025 2030
moyenne des véhicules électriques.
Atteinte des objectifs PPE/SNBC en fin d’horizon / Trajectoire haute
L’hypothèse retenue correspond aux paramètres Atteinte partielle des objectifs PPE/SNBC / Trajectoire basse
• PPE (et estimation RTE de la SNBC pour 2030)
du scénario Crescendo, appliqués sur les diffé- Contrat stratégique de la filière automobile
rentes trajectoires de développement du parc. Ces
paramètres et les résultats de modélisation en
matière de consommation unitaire sont résumés
sous forme simplifiée dans le tableau 2.40.
La combinaison des projections de parc et de
Pour plus de détails sur la modélisation complexe consommation unitaire permet d’élaborer des tra-
issue des travaux du groupe de travail, le lecteur jectoires de consommation du parc de véhicules
est invité à se reporter au rapport technique sur les légers électriques (cf. tableau 2.41).
enjeux du développement de l’électromobilité pour
le système électrique.
Tableau 2.40 Hypothèses et résultats de modélisation pour les consommations des véhicules légers électriques
2019 2030
Kilométrage moyen annuel pour les véhicules 100 % électriques (km) 14 000 14 000
Kilométrage moyen annuel pour les véhicules hybrides rechargeables (km) 15 300 15 300
92
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
Tableau 2.41 Projection de consommation électrique des véhicules légers à l’horizon 2030
2019 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
Consommation des autobus marchés publics (hors véhicules spéciaux tels que
et autocars électriques véhicules sanitaires, militaires etc.). En matière de
transports collectifs routiers, la directive concerne
Au 1er janvier 2019, environ 100 700 autobus et essentiellement les autobus. Les autocars en sont
autocars étaient en circulation en France (dont exemptés en raison de la plus forte maturité du
72 % d’autocars). La motorisation prédominante marché des autobus urbains à faibles émissions ou
est de type diesel (95 %), même si elle est en émissions nulles par rapport à celui des autocars,
légère diminution sur les 15 dernières années. et de la faible prévalence des autocars dans les
marchés publics.
Si les autocars roulent aujourd’hui très majoritai-
rement au gazole, les flottes de bus urbains sont Pour la France, la directive impose un objectif de
déjà constituées pour une partie non négligeable 43 % pour la part d’autobus à faibles émissions
de motorisations « alternatives », notamment les dans les achats publics sur la période 2021-2025
motorisations GNV (gaz naturel pour véhicules) et de 61 % sur la période 2026-2030. Au moins
qui représentaient en 2019 environ 17 % du parc la moitié de l’objectif doit être rempli avec des
des autobus capacitaires (autobus d’au moins autobus zéro-émissions. Le rôle de telles mesures
12 mètres) et 14 % du parc total selon l’UTP. Les concernant les marchés publics est particulière-
bus hybrides non rechargeables représentent ment important pour la décarbonation des flottes
environ 6 % de ce parc. En revanche, la part de de bus, pour lesquelles il est estimé que 75 % des
véhicules électriques (hybrides rechargeables, achats sont des achats publics. Concernant les
tout-électriques ou à hydrogène) est aujourd’hui autobus, sont considérés comme des véhicules
très minoritaire (de l’ordre de 0,5 % du parc). à faibles émissions ceux roulant au gaz naturel
Toutefois, une progression importante des ventes (incluant le biométhane, GNC et GNL), aux bio-
de ces véhicules est envisageable dans les années à carburants d’origine renouvelable, aux combus-
venir, sous l’impulsion des politiques de développe- tibles synthétiques et paraffiniques et au gaz de
ment durable européennes et nationales, ainsi que pétrole liquéfié (GPL). Font partie des véhicules
des politiques locales pour la réduction de la pol- zéro-émissions, les autobus tout-électriques et les
lution dans les territoires. Notamment, la directive autobus hydrogène (piles à combustible). Le statut
UE 2019/1161, qui modifie la directive « véhicules des autobus hybrides reste à clarifier.
propres » de 2009, impose aux États membres
de l’Union européenne des objectifs minimaux Les effets de ces politiques commencent à être
de présence de véhicules lourds propres dans les visibles dans les immatriculations des véhicules.
2019 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
Flotte totale d’autobus et d’autocars 100 700 124 700 114 900 111 200 124 700
dont autobus 28 200 44 100 37 600 35 200 44 100
dont autocars 72 500 80 600 77 300 76 000 80 600
94
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
2019 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
Autobus
Autocars
à hydrogène (pile à combustible). Ces technolo- de modèles plus restreinte, mais les premiers
gies n’ont pas toutes le même niveau de maturité, modèles commencent à être déployés sur des
l’offre de marché de véhicules étant aujourd’hui lignes interurbaines en France : fin 2019, il y avait
plus développée pour les véhicules gaz et élec- ainsi une soixantaine d’autocars tout-électriques
triques que pour les véhicules à hydrogène. en circulation.
Les autobus urbains se prêtent bien à une élec- La loi de transition énergétique pour la croissance
trification massive : en effet, ils effectuent des verte de 2015 impose un pourcentage minimal
trajets bien définis et réguliers, avec des besoins de véhicules à faibles émissions (véhicules élec-
énergétiques facilement estimables à l’avance, ce triques, hydrogène, GNV, carburants d’origine
qui est particulièrement adapté à une technolo- renouvelable) pour tout renouvellement de flottes
gie tout-électrique. Les véhicules hybrides, du fait de transports collectifs incluant plus de 20 véhi-
de leur coût plus élevé et des émissions de gaz à cules. Les objectifs s’appliquent à la fois aux auto-
effet de serre et polluants lors de l’usage en mode bus et aux autocars, mais en ce qui concerne les
thermique, semblent moins pertinents dans les autocars interurbains le décret d’application inclut
contextes urbains. dans les véhicules à faibles émissions, en plus des
technologies déjà citées, les véhicules utilisant un
Pour les autocars, le passage aux motorisations carburant d’origine fossile et respectant au moins
alternatives se fait plus lentement, avec une offre la norme Euro VI. La part de véhicules à faibles
2019 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
émissions dans les renouvellements doit être de tient compte de l’évolution des technologies de
50 % à partir de 2020 et de 100 % à partir de 2025. chauffage. Les consommations unitaires des auto-
cars sont fondées sur la limite haute de la four-
Pour le mix de technologies dans les parcs d’au- chette de consommations unitaires observées sur
tobus et autocars à l’horizon 2030, une trajec- les autobus aujourd’hui, en l’absence de données
toire de référence compatible avec les orientations spécifiques. Pour les autres trajectoires, les gains
de la SNBC est considérée dans les trajectoires d’efficacité énergétique sont légèrement minorés.
« Atteinte des objectifs PPE/SNBC en fin d’hori-
zon » et haute. L’électrification de la flotte est en En considérant un kilométrage moyen par autobus
revanche plus modeste dans les autres trajectoires ou autocar stable par rapport aux valeurs actuelles,
(cf. tableau 2.43). la consommation électrique de la flotte d’autobus
et d’autocars peut être projetée à l’horizon 2030
Les consommations unitaires des autobus et auto- selon les différentes trajectoires. Le tableau 2.44
cars électriques sont très dépendantes de plu- fournit ces projections.
sieurs facteurs, notamment le type de véhicule,
le style de conduite et les conditions d’utilisation.
Un facteur déterminant est la présence éventuelle Consommation des camions électriques
de systèmes de chauffage et/ou climatisation ali-
mentés par la batterie. Les consommations uni- En 2018, le parc de camions en utilisation au sein
taires actuelles sont estimées, en intégrant les de l’Union européenne est de l’ordre de 6,62 mil-
consommations de chauffage et de climatisation, lions de véhicules, dont 554 000 en France. La part
à 2,7 kWh/km pour les autobus et à 3,5 kWh/km de l’électrique est négligeable (quelques unités).
pour les autocars.
En 2019, les premières normes européennes en
Pour estimer l’évolution des consommations uni- matière d’émissions de CO2 pour les camions et
taires à l’horizon 2030, le même taux de progres- autres véhicules utilitaires lourds ont été adoptées,
sion de l’efficacité énergétique pris en compte par ce qui encourage fortement les constructeurs de
la SNBC pour les poids lourds électriques à l’hori camions à définir des transitions vers les véhicules à
zon 2030 est appliqué aux consommations uni- zéro émission et particulièrement les véhicules élec-
taires des autobus dans la trajectoire « Atteinte triques. La vitesse de cette transition dépendra de
des objectifs PPE/SNBC en fin d’horizon ». La la capacité des nouvelles technologies à répondre
baisse attendue des consommations unitaires aux besoins des transporteurs de marchandises :
96
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
autonomie des véhicules, temps de recharge éner- Des analyses détaillées ont permis de modéliser
gétique et conformité avec les réglementations le parc de camions (y compris les camions sous
environnementales nationales et locales. pavillon étranger roulant en France) et son évolu-
tion à l’horizon 2030, en distinguant les camions
On constate aujourd’hui que l’adoption des camions légers (PTAC inférieur à 19 t), les camions lourds
électriques se concentre sur les profils de missions (PTAC supérieur à 19 t) et les tracteurs routiers.
urbaines pour plusieurs raisons. Le déploiement en Ces évolutions sont établies à partir du trafic rou-
milieu urbain facilite l’optimisation des arrêts de tier de marchandises et des hypothèses de gain
recharge le long des itinéraires, ce qui rapproche logistique, en cohérence avec les hypothèses de la
les profils de mission de ces camions à ceux des trajectoire AMS de la SNBC.
bus plutôt que ceux des véhicules longue distance.
Les trajets urbains posent donc des exigences Le tableau 2.45 fournit les niveaux atteint en 2030
moindres en matière d’autonomie des batteries, en selon les différentes trajectoires, ainsi que la péné-
particulier dans un contexte où la recharge à haute tration de la motorisation électrique dans chacune
puissance est très limitée. En outre, les camions des classes de camions.
électriques auront moins de difficultés d’accès aux
villes où la réglementation vise à réduire le bruit Le mode d’utilisation du parc a également fait l’ob-
ou la pollution atmosphérique, ce qui constitue un jet d’une modélisation détaillée, prenant en compte
avantage concurrentiel potentiel par rapport aux l’âge des camions et le fait que les camions récents
camions avec moteurs thermiques (même ceux roulent plus que les camions anciens. Ceci a pour
neutres en carbone). effet une baisse du kilométrage moyen du parc de
2019 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
Parc de camions (y compris étrangers – milliers) 685 741 748 702 754
Dont PTAC < 19 t 120 132 133 125 134
Dont PTAC > 19 t 215 232 234 219 236
Dont tracteurs 350 378 381 358 384
2019 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
camions électriques au fur et à mesure que l’âge L’évolution des consommations unitaires à l’hori
moyen va augmenter, à l’exception des tracteurs zon 2030 est conforme aux hypothèses de la
routiers. SNBC pour les poids lourds électriques dans la
trajectoire « Atteinte des objectifs PPE/SNBC en
Ainsi, le kilométrage moyen annuel retenu en 2030 fin d’horizon ». Pour les autres trajectoires, les
est de : gains d’efficacité énergétique sont légèrement
uu 29 100 km (contre 41 300 km en 2019) pour les minorés.
camions de PTAC inférieur à 19 t ;
uu 37 500 km (contre 52 500 km en 2019) pour les Le tableau 2.46 fournit les projections de consom-
camions de PTAC supérieur à 19 t ; mation d’électricité pour les camions électriques à
uu 93 900 km pour les tracteurs routiers (même l’horizon 2030.
valeur qu’en 2019.
98
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
Tableau 2.47 Évolution de la consommation par usage dans le secteur du transport selon les trajectoires (TWh)
2019 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
35
30
25
20
TWh
15
10 Historique
Atteinte des objectifs PPE/SNBC
5 en fin d’horizon
Atteinte partielle des objectifs PPE/SNBC
Trajectoire basse
0 Trajectoire haute
2005 2010 2015 2020 2025 2030
Tableau 2.48 Consommation d’électricité du secteur de l’énergie par NCE en 2019 pour la France continentale
Consommation 2019
NCE Libellé
(TWh)
100
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
Raffinage de pétrole
Figure 2.75 Capacité de raffinage en France
Du fait notamment de la baisse continuelle de la (Source BP Statistical Review
demande pour les produits pétroliers (baisse de of World Energy)
la consommation nationale de près de 40 % entre
2,5
1973 et aujourd’hui), le raffinage est considéré
comme structurellement déficitaire au regard des 2,0
faibles marges brutes dégagées. De plus, la com-
pétitivité des raffineries américaines (avec l’essor 1,5
Mb/j
des pétroles et gaz de schiste) et des infrastruc-
1,0
tures modernes gigantesques au Moyen-Orient
et en Asie (plus performantes et bénéficiant d’in-
0,5
trants moins coûteux en se sourçant au plus près
des lieux de production du brut) exerce une pres- 0
2001 2003 2005 2001 2009 2011 2013 2015 2017 2019
sion concurrentielle forte sur le parc de raffinage
européen.
À l’échelle européenne, le parc de raffinage a déjà Figure 2.76 Consommation d’électricité de l’activité
connu une baisse sensible, de plus de 10 %, de ses de raffinage
capacités de traitement au cours des dix dernières
6
années, et la restructuration devrait être appelée à
se poursuivre : IFP Énergies nouvelles estime ainsi 5
que la filière européenne de raffinage pourrait voir
4
reculer son activité de près de 30 % d’ici à 203571.
TWh
3
Le parc de raffinage français n’a pas été épargné
par ce mouvement de restructuration ces der- 2
Tableau 2.49 Consommation d’électricité du raffinage à l’horizon 2030 selon les différentes trajectoires
2019 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
Baisse de l’activité de raffinage entre 2019 et 2030 - -18 % -14 % -14 % -18 %
71. [Link]
Tableau 2.50 Consommation d’électricité pour la production et distribution d’eau à l’horizon 2030
selon les différentes trajectoires
2019 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
102
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
D’autres actions sont également envisageables Au-delà de l’objectif d’une réduction des émissions
pour réduire les consommations de pompage (qui de gaz à effet de serre, cette densification pourrait
représentent de l’ordre de 90 % de la consomma- contrebalancer la baisse des besoins de chaleur
tion d’énergie du secteur), notamment via : liée aux économies de chauffage dans les bâti-
uu l’utilisation de variateurs de vitesse, qui per- ments existants déjà alimentés (isolation, gestion
mettent de réduire l’énergie nécessaire pour un améliorée, etc.), et contribuerait ainsi à soutenir
fonctionnement à charge partielle ; l’économie des réseaux existants.
uu l’amélioration de l’efficacité énergétique des
moteurs (standards IE3, et même au-delà) ; Par ailleurs, de nombreuses solutions tech-
uu l’amélioration de la gestion et du comptage niques existent, qui pourraient permettre d’op-
(réseaux « intelligents »). timiser les réseaux de chaleur dans un contexte
de développement de bâtiments basse consom-
Au global, l’effet « volume » haussier, de l’ordre de mation : diminution de la température de retour,
4 % en 2030 par rapport à 2019, lié à la croissance sur-isolation du réseau, variation de tempéra-
démographique devrait être plus ou moins contre- ture sur le réseau selon la température exté-
balancé par l’effet de l’amélioration de l’efficacité rieure, etc.
énergétique, pérennisant ainsi une certaine stabi-
lité de la demande électrique. En outre, les réseaux de chaleur fonctionnent la
majorité du temps à débit variable alors que les
Le tableau 2.50 présente les niveaux de consom- pompes qui les alimentent sont le plus souvent
mation atteints dans les différentes trajectoires. entraînées par des moteurs à vitesse constante. On
peut diminuer de près de 50 % les consommations
électriques en couplant aux moteurs un variateur
Chauffage urbain électronique, qui permet d’abaisser la vitesse des
pompes à pression constante.
La programmation pluriannuelle de l’énergie vise
à « mettre en place des outils pour favoriser la Au global, les économies sur la consommation
densification massive des réseaux de chaleur, le électrique des réseaux de chaleur devraient par-
développement de leur part renouvelable et de tiellement atténuer l’effet haussier des extensions
récupération et leur déploiement dans les secteurs de réseaux de chaleur et de leur densification
collectif et de l’industrie ». Une croissance de près (cf. tableau 2.51).
de 10 % de la chaleur vendue est ainsi anticipée
dans la trajectoire AMS entre 2020 et 2030.
Tableau 2.51 Consommation d’électricité pour le chauffage urbain à l’horizon 2030 selon les différentes trajectoires
2019 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
Tableau 2.52 Consommation d’électricité pour les autres NCE du secteur de l’énergie à l’horizon 2030
selon les différentes trajectoires
2019 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
Consommation des autres NCE de l’énergie 3,8 3,9 3,8 3,7 3,9
Tableau 2.53 Évolution de la consommation par usage dans le secteur de l’énergie selon les trajectoires (TWh)
2019 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
Consommation des autres NCE de l’énergie (TWh) 3,8 3,9 3,8 3,7 3,9
104
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
72. RTE, 2020, « La transition vers un hydrogène bas carbone, atouts en enjeux pour le système électrique à l’horizon 2030-2035 »,
[Link]
73. Par exemple, la production de chlore est réalisée par électrolyse de saumure, qui génère en parallèle de grandes quantités d’hydrogène. Les procédés de
production de coke et de raffinage des produits pétroliers génèrent également une importante production d’hydrogène.
74. Les usages matériau de l’hydrogène sont essentiellement industriels : l’hydrogène est utilisé en tant que matière première dans le cadre de procédés
chimiques en particulier, par exemple pour la désulfuration de composés pétroliers (raffinage de pétrole), pour la fabrication d’ammoniac pour la production
d’engrais, etc.
Raffinerie
Ammoniac
Chimie
Métallurgie
Spatial
H2 matériau issu de coproduits
Sidérurgie H2 énergie issu de coproduits
H2 matériau par vaporeformage
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18
TWh H2 PCI/an
essentiellement pour trois secteurs : le raffinage uu dans les transports, de manière limitée pour les
de pétrole, la production d’ammoniac et engrais et transports ferroviaires et plus fortement dans
la chimie. les transports lourds.
Tableau 2.54 Consommation d’électricité pour la production d’hydrogène à l’horizon 2030 selon les différentes
trajectoires
2019 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
106
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
L’agrégation des prévisions sectorielles permet d’éla- Les deux trajectoires « Atteinte des objectifs PPE/
borer les trajectoires d’évolution de la consomma- SNBC en fin d’horizon » et « Atteinte partielle des
tion intérieure d’électricité en France continentale à objectifs PPE/SNBC » atteignent en 2030 un niveau
l’horizon 2030. Au-delà de l’incertitude sur la dyna- relativement proche de celui de la trajectoire AMS
mique de court terme pour la reprise de l’activité de la SNBC (environ 488 TWh).
économique, les trajectoires s’orientent globalement
à la hausse sous l’effet prégnant de l’électrification Dans la trajectoire « Atteinte des objectifs PPE/
des usages (électromobilité, chauffage électrique et SNBC en fin d’horizon », l’effet haussier de l’élec-
production électrolytique d’hydrogène pour l’essen- trification des usages » est contrebalancé par celui,
tiel). Seule la trajectoire basse, caractérisée par un baissier, de l’amélioration de l’efficacité énergé-
contexte économique moins porteur ne favorisant tique, très majoritairement dans le secteur du
pas l’investissement dans l’électrification de l’écono- bâtiment (cf. figure 2.81).
mie, reste légèrement baissière (cf. figure 2.80).
Figure 2.80 Consommation intérieure d’électricité de la France continentale selon les différentes trajectoires
(historique corrigé de l’enrichissement de l’uranium)
560
540
520
500
480
TWh
Historique
460
Scénario « Atteinte
440 des objectifs PPE/SNBC
en fin d’horizon »
420 Scénario « Atteinte
partielle des objectifs
400 PPE/SNBC »
Trajectoire haute
380 Trajectoire basse
360 SNBC
2005 2010 2015 2020 2025 2030
2019 2030
Atteinte des
objectifs Atteinte
PPE/SNBC partielle des
en fin objectifs Trajectoire Trajectoire
d’horizon PPE/SNBC basse haute
Figure 2.81 Décomposition de l’évolution de la consommation intérieure d’électricité entre 2019 et 2030
selon les différents effets dans le scénario « Atteinte des objectifs PPE/SNBC en fin d’horizon »
600
550
498 TWh
500
475 TWh
TWh
450
400
350
0
Consommation Effet Électrification Effet “efficacité Consommation
2019 “Volume” des usages énergétique” 2030
108
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
Les données historiques d’appels de puissance sont est mis sur les usages présentant soit une saison-
issues de comptages, et donc s’entendent à condi- nalité forte (chauffage et climatisation), soit une
tions climatiques réalisées avec prise en compte de variation infrajournalière importante (cuisson
l’effet des effacements de consommation. Les ana- résidentielle, éclairage résidentiel et public, eau
lyses prévisionnelles reposent en revanche sur des chaude sanitaire résidentielle).
appels de puissance modélisés sur les deux cents
chroniques annuelles de températures du référen- Les profils unitaires des usages modélisés ne sont
tiel climatique élaboré par Météo-France. pas modifiés à l’horizon 2030, sauf pour les usages
pouvant être pilotés tels que l’eau chaude sani-
taire et la recharge des véhicules électriques. Mais
Analyse de la courbe de charge la consommation annuelle des différents usages
étant appelée à évoluer selon des rythmes dif-
La forme de la courbe de charge résulte de l’addi férents, la projection en puissance d’ensemble
tion de profils contrastés sur les différents secteurs fait apparaître une déformation progressive de la
et usages, qui présentent des composantes sai- courbe de charge nationale.
sonnières et des variations d’activité au sein de la
journée et de la semaine très diverses. Le chauffage est centré sur la période hivernale,
il explique la majeure partie de la saisonnalité de
Cette partie illustre la décomposition de la courbe la consommation française (cf. figure 2.82). À
de charge selon les secteurs et usages75. L’accent températures de référence, la consommation liée
Figure 2.82 Moyenne hebdomadaire des puissances appelées à températures de référence par usage en 2019
80
70
60
50
GW
40
30
20 Chauffage
Climatisation
Autres usages
10
Éclairage
Eau chaude sanitaire (ECS)
0 Cuisson
juil. août sept. oct. nov. déc. jan. fév. mars avril mai juin
75. Les profils des usages thermosensibles sont ici présentés à températures de référence, afin de s’affranchir de l’aléa climatique.
90
Semaine de janvier
80
70
60
50
GW
40
30
20 Cuisson
Eau chaude sanitaire (ECS)
Éclairage
10 Autres usages
Climatisation
0 Chauffage
Lundi Mardi Mercredi Jeudi Vendredi Samedi Dimanche
90
Semaine de juin
80
70
60
50
GW
40
30
Cuisson
20
Eau chaude sanitaire (ECS)
Éclairage
10 Autres usages
Climatisation
Chauffage
0
Lundi Mardi Mercredi Jeudi Vendredi Samedi Dimanche
110
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
L’analyse sectorielle de la courbe de charge montre : uu une faible amplitude saisonnière et journalière
uu une intensité électrique marquée l’hiver princi- du secteur de l’industrie ;
palement en raison de la saisonnalité du chauf- uu une pointe du secteur résidentiel située en hiver
fage électrique se retrouvant dans les secteurs à 20 h avec les effets combinés de la cuisson et
résidentiel et tertiaire ; l’éclairage contre une pointe à 23 h, en été, avec
uu une courbe de charge tertiaire dépendante de le démarrage de l’eau chaude sanitaire asser-
l’activité plus intense en semaine que le week- vie au signal tarifaire et l’éclairage alors que le
end ainsi qu’une pointe hivernale marquée le chauffage est relativement diffus.
matin par le démarrage du chauffage ;
40 40 40
35 35 35
30 30 30
25 25 25
GW
GW
GW
20 20 20
15 15 15
10 10 10
5 5 5
0 0 0
lun. mar. mer. jeu. ven. sam. dim. lun. mar. mer. jeu. ven. sam. dim. lun. mar. mer. jeu. ven. sam. dim.
Figure 2.85 Moyenne hebdomadaire des puissances appelées à températures de référence par secteur
30 30 30
Résidentiel Tertiaire Industrie
25 25 25
20 20 20
GW
GW
GW
15 15 15
10 10 10
5 5 5
0 0 0
juil. aoû[Link]. oct. nov. déc. jan. fév. mar. avr. mai. juin juil. aoû[Link]. oct. nov. déc. jan. fév. mar. avr. mai. juin juil. aoû[Link]. oct. nov. déc. jan. fév. mar. avr. mai. juin
10 10 10
Éclairage public et résidentiel Cuisson résidentielle ECS résidentielle
9 9 9
8 8 8
7 7 7
6 6 6
GW
GW
GW
5 5 5
4 4 4
3 3 3
2 2 2
1 1 1
0 0 0
lun. mar. mer. jeu. ven. sam. dim. lun. mar. mer. jeu. ven. sam. dim. lun. mar. mer. jeu. ven. sam. dim.
Les variations infrajournalières de la charge sont mais son amplitude est beaucoup plus faible que
de l’ordre de 20 GW en hiver comme en été. celle du chauffage. L’hiver, la pointe de consom-
mation de l’éclairage atteint plus de 5 GW à 20 h
Le profil de l’éclairage est fortement lié à la (cf. figure 2.87). Avec l’allongement de la durée du
présence de lumière naturelle. L’éclairage public jour en été, la pointe se déplace à 23 h et diminue
fonctionne en bande la nuit tandis que la partie à 3 GW. De plus, l’éclairage résidentiel est sollicité
résidentielle est principalement activée en soi- les matins d’hiver, ce qui n’est plus le cas l’été avec
rée. La saisonnalité de l’usage est importante la présence de la lumière naturelle.
Figure 2.87 Évolution du profil journalier de l’éclairage résidentiel et public d’un jour de janvier dans le scénario
« Atteinte des objectifs PPE/SNBC en fin d’horizon »
4
GW
1
2019
2025
0 2030
1h 2h 3h 4h 5h 6h 7h 8h 9h 10h 11h 12h 13h 14h 15h 16h 17h 18h 19h 20h 21h 22h 23h 24h
112
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
L’efficacité énergétique enregistrée dans l’éclairage La puissance appelée pour la production d’eau
conduit à réduire à terme la contribution de l’éclai- chaude sanitaire résidentielle possède une
rage à la pointe. La majorité des gains devrait se faire amplitude horaire très importante. Les chauffe-
dans les prochaines années grâce au développement eau à accumulation sont actuellement largement
rapide des LED. La contribution à la pointe de 19 h de asservis aux signaux tarifaires pour une puis-
l’éclairage devrait diminuer de 60 %, soit 3 GW. sance estimée à plus de 10 GW en pointe à minuit
(cf. figure 2.86). L’eau chaude sanitaire présente
Pour la cuisson résidentielle, les appels de puis- également une certaine saisonnalité liée aux
sance sont centrés sur les périodes des repas quo- températures de soutirage de l’eau plus froides
tidiens. La pointe de l’usage cuisson intervient ainsi l’hiver que l’été et nécessitant une chauffe plus
à 20 h et atteint jusqu’à 6 GW. Pendant le week- importante.
end, la pointe du matin disparaît avec un étale-
ment de l’heure de la prise du petit déjeuner et Sans asservissement tarifaire, les périodes de
laisse place à une pointe maximale hebdomadaire chauffe auraient lieu au plus près des activités culi-
à 13 h de l’ordre de 6 GW (cf. figure 2.86). Par naires et sanitaires consommatrices d’eau chaude,
ailleurs, la cuisson est légèrement moins sollicitée en matinée et autour de 19 h (cf. figure 2.88). Elles
en été qu’en hiver. accentueraient alors les appels de puissance aux
pointes de consommation électrique. Cette pro-
La contribution de la cuisson est amenée à se blématique de pilotage constitue un enjeu fort sur
renforcer légèrement dans les prochaines années l’évolution de la pointe de consommation.
du fait de la diffusion des systèmes électriques
de cuisson et de la croissance en énergie de cet D’ici 2030, le pilotage tarifaire de l’eau chaude
usage. Le profil de consommation de cet usage sanitaire pourrait évoluer pour mieux se placer
devrait rester proche de celui d’aujourd’hui. lors des périodes où le système électrique dispose
Figure 2.88 Profil normé76 de consommation pour l’eau chaude sanitaire selon le mode d’asservissement
(en pointillé un nouveau profil de pilotage optimisé pour le système de 2030 dans le scénario
« Atteinte des objectifs PPE/SNBC en fin d’horizon »)
250
200
150
MW
100
Avec asservissement
Sans asservissement
50 Asservissement
d’hiver (2030)
Asservissement
d’été (2030)
0
1h 2h 3h 4h 5h 6h 7h 8h 9h 10h 11h 12h 13h 14h 15h 16h 17h 18h 19h 20h 21h 22h 23h 24h
76. Le profil normé est le profil correspondant à une énergie moyenne journalière égale à 1 GWh
Figure 2.89 Hypothèses de développement du pilotage de la recharge des véhicules électriques dans le scénario
« Atteinte des objectifs PPE/SNBC en fin d’horizon »
90%
Part du parc pilotant les recharges
à domicile et sur lieu de travail
80%
70%
60%
Véhicules dont les recharges
à domicile et sur lieu de travail
50%
sont pilotées dynamiquement
avec injection possible (V2G)
40%
Véhicules dont les recharges
à domicile et sur lieu de travail
30%
sont pilotées dynamiquement
Véhicules dont les recharges
20%
à domicile et sur lieu de travail
10% sont pilotées statiquement
Véhicules dont les recharges
0% ne sont pas pilotées
2020 2021 2022 2023 2024 2025 2026 2027 2028 2029 2030 2031 2032 2033 2034 2035
77. [Link]
114
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
Figure 2.90 Courbe de charge d’un jour ouvrable de janvier pour un parc d’un million de véhicules électriques ou
hybrides rechargeables en 2030 (profils de recharge tarifaire et de pilotage dynamique optimisés pour
le système de 2030 dans le scénario « Atteinte des objectifs PPE/SNBC en fin d’horizon »)
1 200
1 000
800
MW
600
400
Les véhicules électriques et hybrides rechargeables pilotage actuel représentant 25 % des véhicules,
représentent actuellement une faible part du parc conforme à la trajectoire validée en concertation.
automobile (plus de 400 000 véhicules en circula-
tion à fin 2020). Les différents scénarios considérés dans l’étude
RTE-AVERE présentent des hypothèses contrastées
Sur la base des éléments partagés avec les acteurs mais crédibles sur le développement du pilotage
et des enquêtes, il apparaît qu’une partie du parc à horizon 2035 (comprises entre une hypothèse
de véhicules électriques existants effectuent déjà du basse où les recharges de 40 % des véhicules sont
pilotage de leur recharge. Cependant le niveau de pilotées à une hypothèse haute où les recharges
pilotage reste relativement modéré. Une enquête a de 80 % des véhicules sont pilotées dont 20 % en
été réalisée par BVA pour ENEDIS78 et montre que le vehicle-to-grid).
pilotage de la recharge, par les utilisateurs particu-
liers, reste minoritaire mais est significatif : 37 % des Le scénario Crescendo du rapport sur la mobilité
utilisateurs déclarent être équipés d’un système de électrique constitue le scénario central et relative-
pilotage (dont 10 % ne l’utilisent pas). Parmi ceux qui ment consensuel pour l’ensemble des hypothèses
effectuent la recharge à domicile, 42 % d’entre eux à l’horizon 2035.
déclarent déclencher la recharge entre minuit et 7 h
du matin, ce qui semble attester d’un pilotage. Ce scénario est marqué notamment par un déve-
loppement raisonnable du pilotage de la recharge
Pour tenir compte du fait qu’une partie du parc de mais sans diffusion significative du vehicle-to-
véhicules électriques est utilisée par des utilisa- grid : 40 % de véhicules n’ont pas de recharge pilo-
teurs professionnels (non inclus dans l’enquête), tée, 57 % de véhicules ont une recharge pilotée en
où il est possible que le pilotage soit moins déve- monodirectionnel, et 3 % une recharge pilotée en
loppé, RTE a retenu l’hypothèse d’un niveau de bi-directionnel (vehicle-to-grid).
78. [Link]
40 000
En période de
tonnes H2/jour
30 000
Fonctionnement
marginalité
1 renouvelable
20 000 lors des périodes
de prix faibles
ou nucléaire
10 000
40 000
Fonctionnement
tonnes H2/jour
En base, 30 000
tout l’année sauf
2 hors situations 20 000
en cas de prix
de tension 10 000
élevés
0
40 000
Couplage avec de
tonnes H2/jour
30 000
Fonctionnement
l’autoproduction
3 (par exemple
20 000 sur site de
production
photovoltaïque)
10 000
116
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
Figure 2.92 Évolution des capacités d’électrolyseurs installés en France par mode de fonctionnement
(« Atteinte des objectifs PPE/SNBC en fin d’horizon » à gauche, « Atteinte partielle des objectifs
PPE/SNBC » à droite)
7 7
6 6
5 5
4 4
GW
GW
3 3
2 2
1 1
0 0
2021 2022 2023 2024 2025 2026 2027 2028 2029 2030 2031 2021 2022 2023 2024 2025 2026 2027 2028 2029 2030 2031
Pour les capacités cibles de 6,5 GW d’électrolyse (25 TWh de consommation électrique), la pro-
prévues dans le plan national hydrogène à cet hori- duction d’hydrogène par électrolyse à cet hori-
zon, ces volumes correspondraient à des durées zon devrait s’appuyer sur des modes opératoires
annuelles moyennes de fonctionnement d’environ diversifiés avec une large majorité de mode fonc-
3 800 heures pour le scénario « Atteinte des objec- tionnement bas carbone (sur marginalité EnR ou
tifs PPE/SNBC en fin d’horizon ». nucléaire). Pour le scénario « Atteinte des objec-
tifs PPE/SNBC en fin d’horizon », la consomma-
Ces durées annuelles moyennes de fonctionne- tion de 25 TWhélec d’électrolyse à 2030 à partir de
ment peuvent s’envisager en répartissant la capa- 6,5 GW d’électrolyseur correspondrait à une uti-
cité d’électrolyse dans les différents modes de lisation pour 25 % en base, 60 % en marginalité
production envisagés. nucléaire et renouvelable et 15 % en autoproduc-
tion renouvelable.
La répartition des capacités d’électrolyse entre
les différents types d’électrolyseurs constitue Compte tenu de la flexibilité des électrolyseurs,
aujourd’hui une inconnue. RTE a réparti la capacité l’hypothèse est faite que les électrolyseurs ne
d’électrolyse entre les quatre modes de fonctionne- consomment jamais en situation de tension :
ment (sur marginalité EnR et nucléaire, en bande, c’est à la fois l’intérêt économique des exploitants
en autoproduction PV, en autoproduction éolienne) d’électrolyse (prix de l’électricité élevé) et l’intérêt
de façon à assurer le respect de la production cible en matière d’émissions de CO2. Par ailleurs, ces
d’hydrogène par électrolyse. situations de tension sont de toute façon suffisam-
ment rares pour ne pas perturber significativement
Compte tenu de l’ambition en termes de puis- l’utilisation en aval.
sance installée (6,5 GW) et de production annuelle
Figure 2.93 Puissances horaires appelées à températures de référence (hiver/été) en 2030 dans le scénario
« Atteinte des objectifs PPE/SNBC en fin d’horizon »
90
Semaine de janvier
80
70
60
50
GW
40
30 Cuisson
Eau chaude sanitaire (ECS)
20 Éclairage
Autres usages
Hydrogène
10 Véhicules électriques
Climatisation
0 Chauffage
Lundi Mardi Mercredi Jeudi Vendredi Samedi Dimanche
90
Semaine de juin
80
70
60
50
GW
40
30 Cuisson
Eau chaude sanitaire (ECS)
20 Éclairage
Autres usages
Hydrogène
10 Véhicules électriques
Climatisation
Chauffage
0
Lundi Mardi Mercredi Jeudi Vendredi Samedi Dimanche
79. La courbe de charge annuelle considérée ici est la moyenne hebdomadaire des puissances appelées à températures de référence
118
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
Figure 2.94 Moyenne hebdomadaire des puissances appelées à températures de référence par usage en 2030
80
70
60
50
GW
40
30
Chauffage
Climatisation
20 Autres usages
Hydrogène
Véhicules électriques
10
Éclairage
Eau chaude sanitaire (ECS)
0 Cuisson
juil. août sept. oct. nov. déc. jan. fév. mars avril mai juin
60
photovoltaïque.
40
Thermosensibilité de la consommation 20
électrique
0
1950 1960 1970 1980 1990 2000 2010 2020
Les puissances maximales annuelles appelées ont
historiquement suivi la croissance annuelle de la
Figure 2.96 Courbes de charges journalières autour de la vague de froid de février 2012
105
100
95
90
85
80
GW
75
70
65
60
25/01/2012 (+8,0°C)
55 01/02/2012 (-1,5°C)
08/02/2012 (-4,9°C)
50
00:00
01:00
02:00
03:00
04:00
05:00
06:00
07:00
08:00
09:00
10:00
11:00
12:00
13:00
14:00
15:00
16:00
17:00
18:00
19:00
20:00
21:00
22:00
23:00
00:00
Températures moyennes
journalières entre parenthèses
80.
La baisse d’un degré de température lissée entraîne une croissance de la puissance appelée de 2 400 MW en moyenne journalière. Le lissage des
températures permet de prendre en compte l’inertie thermique des bâtiments. Cela rend compte qu’un événement froid soudain ne se traduit pas par une
hausse instantanée de la consommation, surtout si préalablement les températures étaient douces.
120
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
Figure 2.97 Appels de puissance du chauffage dans le scénario « Atteinte des objectifs PPE/SNBC en fin d’horizon »
60
2% 3% 5% 10% 80% des occurences
50 de température
inférieure à 16°C
40
GW
30
20
10
2019
2030
0
-6 -5 -4 -3 -2 -1 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16
électriques devrait amener une faible augmenta- La technologie de la pompe à chaleur a toutefois
tion de la thermosensibilité, de l’ordre de 1 GW. connu des progrès importants sur les dernières
La puissance thermosensible81 moyenne appelée années. Les anciens modèles étaient dotés de
pendant l’hiver est amenée à rester relativement résistances thermiques d’appoint, fonctionnant
constante. lors des vagues de froid, ce qui pouvait conduire à
une consommation équivalente à celle de convec-
Le développement des pompes à chaleur a des teurs électriques. Aujourd’hui, elles sont en voie de
conséquences sur les consommations en énergie disparition dans les ventes, car elles ne respectent
mais également sur les appels en puissance. En pas les exigences requises par les labels de qua-
effet, le profil de charge des pompes à chaleur est lité ; la dégradation du COP à températures très
différent de celui du chauffage par effet Joule : leur froides est ainsi limitée.
coefficient de performance (COP), rapport entre
l’énergie restituée et l’énergie consommée, dimi- La déformation de la courbe d’appel de puissance du
nue lorsque l’écart de température entre le milieu chauffage en fonction de la température est assez
de prélèvement et le milieu de restitution des calo- limitée. En 2030, pour des températures avoisi-
ries augmente. Le rendement peut être divisé par nant 5 °C, l’appel de puissance total du chauffage
deux en période de grand froid par rapport au COP devrait diminuer de l’ordre de 200 MW. À -5 °C,
nominal défini à 7 °C. L’appel de puissance dû à un il devrait augmenter de l’ordre d’un gigawatt.
térawattheure de pompe à chaleur est donc légère-
ment plus concentré sur les températures les plus Le niveau actuel de climatisation d’été introduit
basses. un appel de puissance moyen de l’ordre de 1,9 GW
entre juillet et août, bien inférieur à celui du chauf-
Cette déformation du profil de puissance reste fage. La climatisation atteint son niveau le plus
néanmoins très limitée : 1 GW de puissance en élevé en milieu d’après-midi durant l’été. La clima-
plus lors d’une température extrême de -6 °C alors tisation est concentrée principalement sur les mois
que la consommation en énergie baisse de 1 TWh. d’été. L’appel maximal peut dépasser 12 GW.
81. Puissance appelée par l’ensemble des systèmes de chauffage, y compris les pertes de transport et de distribution induites
82. L’article L271-1 du code de l’énergie définit l’effacement de consommation : « Un effacement de consommation d’électricité se définit comme l’action visant
à baisser temporairement, sur sollicitation ponctuelle envoyée à un ou plusieurs consommateurs finals par un opérateur d’effacement ou un fournisseur
d’électricité, le niveau de soutirage effectif d’électricité sur les réseaux publics de transport ou de distribution d’électricité d’un ou de plusieurs sites de
consommation, par rapport à un programme prévisionnel de consommation ou à une consommation estimée. »
83. Les analyses menées par RTE dans le cadre du retour d’expérience sur le mécanisme de capacité ont montré que la baisse de puissance constatée « toutes
choses égales par ailleurs » était supérieure à la puissance déclarée par les fournisseurs au titre des actions de maîtrise de consommation à la pointe. L’effet
constaté est de l’ordre de 0,9 GW pour seulement 0,6 GW déclaré. Néanmoins ce résultat repose sur une analyse statistique présentant des incertitudes
liées au faible nombre d’observations (jours PP1) et à un nécessaire recalage pour se placer dans des conditions comparables. RTE retient par prudence le
chiffre déclaré par les fournisseurs, à savoir 0,6 GW.
122
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
La PPE adoptée en avril 2020 fixe un objectif de engagés dans l’AOE (et qui sont significativement
développement important et progressif de la pénalisés en cas de défaut). Cependant, la fiabilité
capacité d’effacement, avec un point de passage des effacements reste inférieure à celle de filières
à 4,5 GW pour 2023 et un objectif de 6,5 GW à de production rendant des services comparables
l’hori
zon 2028. Bien que le texte de la PPE ne (contribution essentiellement capacitaire) avec
détaille pas précisément ce que recouvre ce notamment une tendance résiduelle à la suresti-
chiffre, l’interprétation de RTE, partagée avec les mation de la puissance disponible ainsi qu’une très
pouvoirs publics, est que ce chiffre doit s’inter- forte imprécision à l’activation.
préter (i) selon la comptabilisation du mécanisme
de capacité84 et (ii) en considérant que ce déve- Enfin, RTE a détecté en décembre 2020 un com-
loppement est cumulatif du développement de la portement de plusieurs acteurs de la filière effa-
flexibilité des nouveaux usages. cement leur permettant la valorisation d’une
disponibilité au titre du mécanisme de capacité, via
Considérer que l’objectif de développement des effa- des puissances offertes sur le mécanisme d’ajus-
cements affiché dans la PPE est cumulatif du déve- tement, sans que les puissances soient vraiment
loppement de la flexibilité des nouveaux usages accessibles par RTE, du fait de contraintes d’uti-
constitue une hypothèse structurante sur le dévelop- lisation des offres les rendant en pratique inutili-
pement de la flexibilité. En effet, selon les modali- sables dans les processus opérationnels.
tés de flexibilisation de la demande des nouveaux
usages (véhicule électrique, production d’hydrogène) La fiabilisation de la filière constitue encore un
et de leur valorisation, cette flexibilité pourrait être enjeu important et RTE retient une hypothèse sur la
considérée ou non comme une capacité d’efface- fiabilité de 80 % sur l’ensemble de l’horizon. Ce taux
ment selon la définition légale (de l’article L271-1 du exprime la fiabilité en puissance lors des périodes de
code de l’énergie). Ainsi, par exemple, une recharge tension (il est différent du taux de fiabilité constaté
de véhicule électrique placée systématiquement en pour les effacements activés, certaines capacités
heures creuses ne sera pas comptabilisée comme un s’activant en dehors de périodes de tension).
effacement alors qu’une recharge placée en heure de
pointe mais proposant de s’effacer ponctuellement et RTE retient une trajectoire de référence conduisant
offrant ce service, via un agrégateur serait comptabi- à l’atteinte des objectifs de la PPE à l’horizon 2028,
lisée comme un effacement. mais en considérant que l’effet des différentes
mesures pour favoriser le développement de l’effa
En accord avec les pouvoirs publics, les objectifs cement permet une inflexion progressive qui ne
de la PPE sur les capacités d’effacement sont inter- permet pas l’atteinte de l’objectif intermédiaire de
prétés au périmètre des usages existants et n’in- la PPE à l’horizon 2023.
cluent pas la flexibilité sur les nouveaux usages
(véhicules électriques, électrolyse). Cependant, malgré la volonté affichée des pou-
voirs publics sur le développement de la filière
Suite à l’identification de problèmes de fiabilité des et les évolutions récemment mises en place, plu-
effacements soutenus via les appels d’offres, RTE sieurs incertitudes demeurent sur l’évolution de la
a mis en place à compter de 2017 un « paquet fia- capacité d’effacement et sa contribution réelle à la
bilité » (durcissement des contrôles et des pénali- sécurité d’approvisionnement :
tés, suivi rapproché) pour améliorer la disponibilité uu la pérennisation sur le long terme des mesures
effective de cette filière. mise en place dans le cadre de l’AOE 2021, dans
un contexte où plusieurs d’entre elles relèvent
Les analyses de RTE montrent que cette politique des aides d’État et nécessitent une nouvelle
porte ses fruits, notamment pour les effacements approbation par la Commission européenne ;
84. En théorie, plusieurs périmètres de comptabilisation sont possibles, selon que les puissances intègrent ou non les capacités interruptibles non disponibles
sur les autres mécanismes de marché, selon que la comptabilisation s’effectue selon des règles du mécanisme de capacité – donc uniquement sur les jours
« PP2 », en hiver – ou selon d’autres dispositifs – RR/RC, AOE, etc.
Consommation 460 TWh 468 TWh 468 TWh 468 TWh 469 TWh 471 TWh 498 TWh 484 TWh
85. Plages communes aux jours EJP et Tempo Rouge (1er nov. au 31 mars, [7 h ; 1 h[ pour EJP, [6 h ; 22 h[ pour Tempo)
124
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
manière très importante. Ne pas prendre en compte La baisse de la pointe de consommation non flexible,
ces flexibilités dans l’estimation d’une pointe de sous les effets conjugués du développement impor-
consommation ne permet pas de représenter la tant de la flexibilité de la demande et du déve-
consommation qui doit réellement être satisfaite loppement progressif de l’efficacité énergétique
par le parc de production (et les imports). Dès lors, sur les usages fortement contributeurs à la pointe
un nouvel indicateur est nécessaire. (chauffage, éclairage), est à mettre en regard de la
croissance de la consommation envisagée pour les
Un premier indicateur est proposé pour mieux res- prochaines années.
tituer l’impact grandissant de ces flexibilités sur
les pointes de consommations. Cet indicateur de L’analyse permet en effet d’identifier que dans le
« pointe à une chance sur dix de la consommation scénario d’atteinte des objectifs de la PPE/SNBC et –
non flexible » correspond ainsi au niveau de consom- dans une moindre mesure – dans celui d’atteinte par-
mation qui a une chance sur dix d’être dépassé au tielle de ces objectifs, l’évolution de la consommation
moins une fois au cours de l’hiver, après activation en énergie et celle de la pointe de consommation non
des flexibilités. flexible pourraient être découplées. Ainsi, contrai-
rement à ce qui avait été observé avant les années
À l’horizon 2030, cette « pointe annuelle à une 2010, la pointe de consommation, une fois les pos-
chance sur dix de consommation non flexible » est sibilités de pilotage prises en compte, est appelée à
susceptible de se réduire de près de 3 GW par rap- baisser tandis que la consommation augmente.
port à aujourd’hui dans le cas où l’ensemble des
objectifs de la PPE et de la SNBC serait atteint. Cette Cependant cet indicateur ne reflète que de façon
baisse serait de l’ordre d’1,5 GW dans le scénario imparfaite et incomplète la baisse réelle des besoins
d’atteinte partielle de ces objectifs. en capacités du système électrique. L’effet du
130
Fort développement
d’usages peu
125 contributeurs à la pointe
(véhicules électriques
pilotés, électrolyseurs,
climatisation) et des
Base 100 en 2001
120 effacements
115
Figure 2.100 Trajectoire de « pointe annuelle de consommation résiduelle pilotée à une chance sur dix »
dans le scénario « Atteinte des objectifs PPE/SNBC en fin d’horizon »86
110
105
100
GW
95
90
85
80
2020 2021 2022 2023 2024 2025 2026 2027 2028 2029 2030
Pointe “à une chance sur dix” de : Flexibilités permises sur la consommation : Production :
Consommation estimée sans aucun pilotage Asservissement de l’eau chaude sanitaire Production fatale
(consommation « fictive ») Pilotage de la recharge des véhicules électriques (éolien, solaire)
Consommation partiellement pilotée Interruption de la production d’hydrogène87
(uniquement par signaux tarifaires) : Effacements de consommation
utilisée dans les précédents Bilans prévisionnels
Consommation non flexible
Consommation non flexible résiduelle
86. L’historique et les prévisions de pointes de consommation présentés en figure 2.99 sont estimés en intégrant les effets du changement climatique. Un
nouveau référentiel météorologique, représentant le climat de l’horizon ici étudié, a ainsi été intégré dans ce Bilan prévisionnel. Il a notamment fait l’objet de
concertations dans le cadre de l’élaboration du prochain Bilan prévisionnel de long terme, et fait apparaître un réchauffement tendanciel des températures,
mais aussi la survenue plus fréquente d’événements de grand froid.
87. La consommation effaçable liée à la production d’hydrogène présentée en figure 2.100 représente la part des électrolyseurs s’effaçant spécifiquement lors
des épisodes de tension du système (à des prix élevés de l’électricité). Les autres modes de production d’hydrogène, non représentés sur cette figure, sont
considérés comme effacés sensiblement avant l’apparition de pointes de consommation.
126
Hypothèses de demande d’électricité en France .2
Ceci traduit le fait que le développement massif davantage dimensionnant s’il s’applique à la consom-
des productions renouvelables variables (éolien et mation résiduelle, i.e. la consommation diminuée de
photovoltaïque) redessine les enjeux sur la sécu- la production photovoltaïque et éolienne. Les résul-
rité d’approvisionnement pour le système élec- tats de ce Bilan prévisionnel montrent que ce sera
trique. Les périodes de tension seront de moins d’ores et déjà le cas en 2030.
en moins concentrées sur les périodes de pointe
de consommation mais plutôt sur les périodes où À l’horizon 2030, cette « pointe annuelle à une
c’est la consommation résiduelle, c’est-à-dire la chance sur dix de consommation non flexible rési-
consommation diminuée des productions renouve- duelle » se réduirait alors de près de 9 GW par rap-
lables fatales, qui est importante. port à aujourd’hui dans le cas où l’ensemble des
objectifs de la PPE et de la SNBC serait atteints,
Des pointes de consommation lors de pics de produc- pour s’approcher de 85 GW. Cette diminution de
tion photovoltaïque et/ou éolien ne constituent pas 9 GW se répartit en 3,5 GW liés à la flexibilisation de
des situations de tension pour le système et peuvent la consommation et la réduction des usages contri-
même être souhaitables afin de limiter les volumes buant le plus à la pointe et 5,5 GW dus au déve-
d’excédents de production qui seraient « perdus ». loppement des capacités de production éolienne et
solaire. Cette baisse serait de l’ordre de 6 GW dans
Dans un contexte de mix de production intégrant une le scénario d’atteinte partielle de ces objectifs.
forte proportion d’énergies renouvelables, tels que
ceux qui seront étudiés dans le cadre du Bilan pré- Cette diminution est à mettre en regard de la
visionnel 2050, l’indicateur de « pointe à une chance baisse d’environ 8 GW de capacités pilotables dans
sur dix de consommation non flexible » sera ainsi le même temps.
L’OFFRE EN FRANCE
Au cours des dernières années, la transition éner- à combustion utilisant des combustibles fossiles.
gétique engagée en France a conduit à des évo- Le maintien du parc thermique ne disposant pas
lutions significatives sur le parc de production de mécanismes de soutien (cycles combinés, tur-
d’électricité : fermeture de près de 9 GW de capa- bines à combustion, cogénérations en fin d’obli-
cités de production thermique (fioul et charbon) gation d’achat) ainsi que le développement du
depuis 2010, fermeture des deux réacteurs de la stockage par batterie est en revanche le reflet de
centrale nucléaire de Fessenheim, développement choix d’acteurs privés et de conditions de viabilité
de plus de 20 GW d’énergies renouvelables depuis économique.
2010, etc.
L’hypothèse centrale retenue pour le Bilan pré-
Les évolutions du parc de production pour les pro- visionnel est un scénario « relance progressive »,
chaines années répondent aux enjeux de la transi- caractérisé par un retard de certaines des actions
tion énergétique. et mesures engagées (chantiers, appels d’offres…)
suite à la crise sanitaire sans remise en cause pro-
Pour les filières nucléaire, charbon et renouve- fonde des objectifs publics. À l’horizon 2030, deux
lables, les trajectoires d’évolution du parc sont scénarios sont analysés : un scénario d’atteinte
encadrées par la Programmation pluriannuelle de des objectifs de la PPE et de la SNBC, et un scéna-
l’énergie et mises en œuvre par des politiques rio d’atteinte partielle de ces objectifs.
publiques (appels d’offres, décisions administra-
tives…). La PPE exclut aussi la mise en service Des variantes sont aussi étudiées pour évaluer
de nouvelles capacités en cycles combinés (en la sensibilité des analyses à des configurations
dehors de la centrale de Landivisiau) et turbines alternatives.
130
L’offre en France .3
28
27
26
25
GW
24
23 Historique
BP21 - Scénario « Atteinte
22 des objectifs PPE en fin d’horizon »
BP21 - Scénario « Atteinte
21 partielle des objectifs PPE »
Objectifs PPE
20
2014 2016 2018 2020 2022 2024 2026 2028 2030
88. Les chiffres relatifs à la puissance installée ou à la puissance produite de l’ensemble de ce document sont des chiffres hors Corse. Ils peuvent dès lors différer
des chiffres du Bilan électrique de RTE (chiffres consolidés à la maille France métropolitaine).
1 400
rio « atteinte des objectifs » correspond au
1 200
passage par l’objectif médian de la PPE en
1 000
2028 et amenant à 38,1 GW en 2030, contre
800
35,1 GW dans le scénario « atteinte partielle
600
des objectifs ».
400
132
L’offre en France .3
50
45
40
35
30 Historique
BP21 - Scénario « Atteinte
GW
Leucate
24 MW
89. EDF Renouvelables / Enbridge
90. Iberdrola / Eole-RES
91. ENGIE / EDPR / Sumitomo Corporation
134
L’offre en France .3
4
GW
3
BP21 - Scénario « Atteinte
2 des objectifs PPE en fin d’horizon »
BP21 - Scénario « Atteinte
partielle des objectifs PPE »
1 BP21 - Scénario « dégradé » 2021-2025
Retards supplémentaires
0 Objectifs PPE
2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2026 2027 2028 2029 2030
Figure 3.6 Avancée des projet de parcs éoliens en mer depuis le dernier Bilan prévisionnel
Bilan Bilan
prévisionnel prévisionnel
2019 2021
Saint-Nazaire (AO1)
Fécamp (AO1)
Saint-Brieuc (AO1)
Courseulles-sur-Mer (AO1)
Dieppe – Le Tréport (AO2)
Yeu Noirmoutier (AO2)
Dunkerque (AO3)
Normandie (AO4)
Bretagne (AO5)
PACA (AO6)
Occitanie (AO6)
Oléron (AO7)
Figure 3.8 Photovoltaïque – Évolution de la capacité installée en GW (vision au 31/12 de chaque année)
50
45
40
35
30 Historique
BP21 - Scénario « Relance progressive »
GW
136
L’offre en France .3
Une filière regroupant diverses Hors éolien en mer, la PPE ne prévoit pas de sou-
technologies tien financier pour le développement de parcs
Les énergies marines dépendent des ressources d’énergies marines commerciaux à l’horizon de
naturelles des eaux des mers et des océans. Elles la PPE.
permettent de produire de l’électricité grâce aux
flux naturels d’énergie des courants et des marées, Une approche prudente retenue
exploités dans différents types d’installations : pour le Bilan prévisionnel
usine marémotrice, hydrolienne, etc. Le développement actuel de la filière et les
diverses expérimentations qui sont menées ne
Aucun nouveau projet de grande permettent pas d’envisager une capacité de
ampleur n’est prévu à moyen terme production industrielle à grande ampleur sur
Les différentes technologies de la filière sont l’horizon de la PPE.
aujourd’hui à des niveaux de maturité différents.
Aucun nouveau projet de forte contribution pour la Une approche prudente est retenue pour le Bilan
gestion de l’équilibre offre-demande n’est toutefois prévisionnel 2020 : les projets en cours ne fai-
prévu à moyen terme : sant que l’objet d’expérimentations, ils ne sont
uu Le développement de la filière marémotrice pas pris en compte pour l’exercice de sécurité
n’est pas envisagé à court terme en supplément d’approvisionnement.
138
L’offre en France .3
Flamanville.
92. [Link]
niveau-des-soudures-de-traversees-du-circuit-secondaire-principal-par-robots-et-ajuste-le-calendrier-et-l-estimation-du-cout-de
93. [Link]
94. [Link]
95. [Link]
[Link]
140
L’offre en France .3
Figure 3.11 Puissance nucléaire maximale hebdomadaire constatée depuis le début de la crise sanitaire en 2020
70
60
50
40
GW
30
20
Disponibilité historique sur
10 les dix dernières années
Puissance maximale
0 hebdomadaire constatée
Avril Mai Juin Juillet Août Sept. Oct. Nov. Déc. Janvier Fév.
2020 2021
Figure 3.12 Planning des VD4 sur les cinq prochaines années
DAM3 CHB2
VD4 - 900 MW
BLA1 BUG3 BLA3 GRA5
VD4 - 1 300 MW
TRI2 GRA1 DAM2 BLA2 CRU3 SLB1 CAT1
BUG4 BUG5 TRI3 CHB1 TRI4 CRU1 CRU4
TRI1 BUG2 DAM1 GRA3 SLB2 GRA2 GRA4 DAM4 BLA4 PAL1 PAL2
2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2026
Saint-Laurent-des-Eaux 2 Flamanville 2
Blayais 4 Cattenom 4
Dampierre 1 Cruas 4
Dampierre 3 Golfech 1
Chinon 1 Bugey 2
Paluel 3 Chinon 4
Tricastin 1 Gravelines 3
novembre
Chooz 1 Flamanville 1
Civaux 1 Tricastin 3
Gravelines 6 Gravelines 5
Bugey 5 Belleville 1
Gravelines 1 Blayais 2
Penly 1 Pal. 4
Novembre Décembre Janvier Février Mars
Hiver 2021-2022
Dampierre 1
Gravelines 1
Cattenom 2
Tricastin 1 Blayais 4
Cr Cruas 4
Gol Paluel 1
Bel Chinon 1
Cattenom 3 Saint-Alban 1
Tricastin 4 Chinon 4
Civaux 2 Nogent 2
Penly 2 Bugey 5
Dampierre 3 Gravelines 6
Blayais 1 Chooz 1
Gravelines 4 Cru. 1
Saint-Laurent-des-Eaux 2
Hiver 2022-2023
Gravelines 4
Blayais 4
Cruas 4
Flamanville 1
Paluel 2
Tricastin 4
Pal 4 Belleville 2
Cruas 2 Chinon 4
St-Laurent 1 Gravelines 1
Chinon 3 Civaux 2
Cattenom 1 Saint-Alban 2
Blayais 2 Blayais 1
Gravelines 2 Cattenom 3
Tricastin 1 St-Laurent-des-Eaux 2
Nogent 1 Bugey 4
Bugey 3 Penly 2
Dampierre 3
Novembre Décembre Janvier Février Mars
Hiver 2023-2024
142
L’offre en France .3
contre beaucoup plus longue pour le réacteur sui- Un allongement de la durée des arrêts
vant (Bugey 2), mais la raison ayant conduit à cet programmés, conséquence des incertitudes
allongement ne semble pas liée à la nature des sur le respect des délais annoncés
travaux associés à une quatrième visite décennale. La nature et la complexité des arrêts sont a priori
déjà intégrées au planning de l’exploitant par des
L’ASN a statué le 23 février 2021 sur les conditions durées prévisionnelles différentes.
de la poursuite de fonctionnement des réacteurs de
900 MW d’EDF au-delà de leur quatrième réexamen Pour autant, l’analyse rétroactive de la durée des
périodique96. Dans sa décision, l’ASN prescrit notam- arrêts (depuis la mise en place de la plateforme
ment des améliorations majeures de la sûreté, déjà de transparence européenne) permet de constater
prévues par EDF ainsi que des dispositions supplé- une tendance à un allongement de la durée des
mentaires qu’elle considère nécessaires à l’atteinte arrêts par rapport aux durées initialement annon-
des objectifs du réexamen. Les décisions qui en cées, avec une forte variabilité :
découleront pourraient conduire EDF à amender une uu d’une part, certains réacteurs font l’objet d’ar-
partie des plannings actuels d’arrêts des tranches. rêts particulièrement longs du fait de problé-
matiques spécifiques. Ce fut ainsi le cas des
Une prise en compte du planning de réacteurs de Paluel 2, Gravelines 5 et plus
l’ensemble des arrêts programmés récemment Flamanville 2, arrêtés durant 16 à
Les dates prévisionnelles des arrêts structu- 40 mois ;
rants planifiés pour les trois années à venir sont uu d’autre part, même sans compter les arrêts
publiques ; elles sont déclarées par l’exploitant « exceptionnels » précités, des prolongations
sur la plateforme de transparence européenne, en sont observées de manière régulière pour les
application du règlement européen. Sur les deux visites décennales (de l’ordre de 60 jours en
années suivantes, les plannings transmis par l’ex- moyenne par rapport aux annonces initiales,
ploitant à RTE dans le cadre du contrat de gestion i.e. trois ans en amont généralement), pour
prévisionnelle permettent de disposer des informa- les visites périodiques (environ 30 jours en
tions relatives aux arrêts planifiés jusqu’à cinq ans moyenne) et pour les arrêts pour simple rechar-
à l’avance (soit jusqu’au printemps 2026). gement (de l’ordre de 20 jours en moyenne)97.
Les allongements des visites décennales consta-
Ces arrêts concernant ainsi les visites décennales tés sont toutefois légèrement moins importants
(VD) mais aussi des arrêts cadencés selon les (environ 45 jours) en comparaison des annonces
cycles de rechargement de combustible (de l’ordre effectuées un an à l’avance (contre 60 jours lors
de 12 ou 18 mois selon les tranches) : les arrêts de comparaison avec les annonces initiales et
pour simple rechargement (ASR) et les visites par- plus lointaines, trois ans en amont).
tielles (VP). L’ensemble de ces arrêts program-
més constituent plus de trois quarts des pertes de Suite au constat de ces dérives, l’exploitant indique
disponibilité constatées. désormais intégrer des prudences dans ses durées
d’arrêts programmés.
RTE s’appuie ainsi sur ces calendriers transmis par
l’exploitant pour établir ses prévisions sur les cinq Pour l’exercice de sécurité d’approvisionnement,
prochaines années. le Bilan prévisionnel intègre donc l’hypothèse
de prolongation de l’ensemble des arrêts pro-
Pour l’horizon 2030, RTE retient une hypothèse grammés par l’exploitant sur les cinq prochaines
normative de disponibilité sur l’hiver, basée sur années, sur des durées cohérentes avec les obser-
la disponibilité moyenne anticipée dans ce Bilan vations historiques et tenant compte des principes
prévisionnel pour la période 2021-2026. de prudence désormais retenus par l’exploitant.
96. [Link]
97. S’agissant des visites périodiques et des arrêts pour simple rechargement, les analyses d’allongements observés ont été réalisées sur la période allant de
début 2017 à fin 2019 (soit près de 100 arrêts).
600
500
Jours
400
300
200
100
0
2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024
250
200
150 Allongement constaté
100
50 Durée moyenne
0 (hors PAL2, GRA5
-50 et FLA2)
BLA3
TRI4
CRU1
SLB1
PAL2
BLA4
CRU4
CHB2
GRA5
PAL1
CAT1
PAL3
SAL1
CRU2
SAL2
GRA6
FLA1
CAT2
PAL4
FLA2
CHO2
NOG1
BEL2
TRI1
CHB3
BUG2
CHO1
NOG2
BEL1
CHB4
2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020
144
L’offre en France .3
3.2.3 Une hypothèse de disponibilité peu de nouveaux arrêts imprévus sont considé-
du parc durablement réduite rés). À l’inverse, le bas de l’enveloppe considère
des prolongations d’arrêt plus importantes et un
Un niveau de disponibilité historiquement niveau d’indisponibilité fortuite davantage dégradé.
bas pour les trois prochains hivers L’amplitude de l’enveloppe varie selon les semaines
Les décalages temporels constatés par le passé par et s’établit par exemple à une moyenne de 7 GW
rapport aux annonces initiales, les retards succes- en janvier, correspondant d’une part à l’incertitude
sifs sur les durées d’arrêts particulièrement longues sur les dates de retours prévues et à l’incertitude
de tranches ainsi que les décalages du calendrier sur le nombre de réacteurs susceptibles d’être
de mise en service de l’EPR de Flamanville font concernés par des indisponibilités fortuites.
peser un climat d’incertitudes sur le niveau de dis-
ponibilité effective du parc nucléaire pendant les Dans ces circonstances, l’hypothèse d’une dis-
prochains hivers. ponibilité du parc nucléaire historiquement faible
durant les trois prochains hivers est retenue.
Afin de refléter ces incertitudes sur la disponibilité
du parc nucléaire, RTE affiche une enveloppe sur Une légère amélioration de la disponibilité
la disponibilité prévisionnelle du parc nucléaire sur du parc sur les hivers suivants
les trois hivers dont le calendrier des arrêts pro- Les informations transmises par l’exploitant et rela-
grammés est rendu public par l’exploitant. tives au calendrier des indisponibilités lors des années
suivantes font état d’un nombre d’arrêts programmés
Le haut de l’enveloppe est construit en considérant en nette baisse lors des hivers 2024-2025 et 2025-
des dérives relativement modérées sur les durées 2026. La disponibilité du parc nucléaire devrait ainsi
d’arrêts programmés et déclarés sur les registres s’améliorer significativement avec une disponibilité
de transparence, et en retenant une configuration moyenne du parc lors de l’hiver 2024-2025 supé-
favorable sur les indisponibilités fortuites (très rieure d’environ 2 GW par rapport à l’hiver précédent.
Figure 3.15 Disponibilité prévisionnelle du parc nucléaire sur les trois prochains hivers
65
60
Puissance disponible (GW)
55
50
45
40
35
30
25
20
Oct. Nov. Déc. Jan. Fév. Mars Oct. Nov. Déc. Jan. Fév. Mars Oct. Nov. Déc. Jan. Fév. Mars
Hiver 2021-2022 Hiver 2022-2023 Hiver 2023-2024
Disponibilité historique sur la période 2010-2020 (hors hiver touché par la crise sanitaire)
Disponibilité prévisionnelle du Bilan prévisionnel 2021 sur les trois prochains hivers
Puissance maximale hebdomadaire constatée lors de l’hiver 2020-2021
98. [Link]
99. [Link]
146
L’offre en France .3
Figure 3.17 Production mensuelle des centrales au charbon en France depuis 2015
1,8
1,6
1,4
1,2
1,0
TWh
0,8
0,6
0,4
0,2
0
2015 2016 2017 2018 2019 2020
Total
8,6 TWh 7,3 TWh 9,8 TWh 5,8 TWh 1,6 TWh 1,4 TWh
annuel
D’autre part, cette situation était prévue et cohé- En ce qui concerne la centrale de Cordemais, des
rente avec la situation du système électrique. La échanges sont en cours entre l’État et l’exploi-
faible disponibilité du parc au cours des derniers tant pour un éventuel maintien ou une conver-
mois a ainsi conduit les exploitants à démarrer sion à la biomasse. Cette centrale joue en effet
leur centrale au charbon par lorsque les condi- un rôle particulier dans la sécurité d’alimentation
tions de marché étaient favorables (prix élevés, et le maintien du plan de tension sur la zone du
notamment durant les périodes de faible produc- Grand Ouest. Le report de la mise en service de
tion éolienne qui ont été fréquentes au mois de l’EPR de Flamanville conduit à une difficulté spéci-
septembre). fique, analysée dans le rapport publié par RTE le
3 avril 2019, puis dans le Bilan prévisionnel 2019.
Hormis la centrale de Gardanne, les tranches char- EDF étudie un projet de reconversion pour cette
bon ont ainsi fonctionné chacune entre 100 et centrale appelé « Ecocombust » visant à rempla-
1 000 heures en 2020. Cette baisse par rapport aux cer progressivement le charbon par des granulés
années précédentes s’explique avant tout par un fabriqués à base de déchets de bois (tailles de
espace économique de plus en plus réduit pour ces haies, bois d’ameublement, panneaux, embal-
centrales, notamment du fait du développement lages…) pour une exploitation sur la période
soutenu des énergies renouvelables, l’augmenta- 2022-2026. L’État et EDF ont établi début 2019
tion du prix des quotas d’émissions de CO2 et la un programme de travail préalable à une prise
plus forte compétitivité des moyens de production de décision concernant la mise en œuvre du pro-
au gaz dans ce contexte. cédé « Ecocombust ». À ce stade, aucune décision
n’a encore été prise concernant une éventuelle
Le calendrier de fermetures conversion de la centrale.
de certaines unités se précise
et le maintien ou la conversion Une hypothèse de sortie du charbon
de la centrale de Cordemais reste d’ici 2022
encore en cours de discussion Compte-tenu de son indisponibilité annoncée sur
Après la fermeture annoncée de la centrale du la plateforme de transparence européenne et de la
Havre au 1er avril 2021, la fermeture des unités de fermeture définitive prévu peu après, la centrale
Gardanne et Saint-Avold est prévue d’ici fin 2022. de Gardanne est considérée indisponible dans le
3.3.2 Un parc de centrales à cycle Le parc français est stable depuis plusieurs années
combiné au gaz complété par la mise et représente une capacité installée de 6,2 GW
en service de la centrale de Landivisiau pour 14 installations.
148
L’offre en France .3
Figure 3.20 Date des mises en service des turbines à combustion en France
1,2
1,0
0,8
GW
0,6
0,4
0,2
Gaz
0 Fioul
1980-1985 1985-1990 1990-1995 1995-2000 2000-2005 2005-2010
150
L’offre en France .3
4 500
4 000
3 500
3 000
2 500
MW
2 000
1 500
1 000
500
Cogénérations au gaz
0 Cogénérations au fioul
16
17
18
19
20
21
01
01
01
01
01
01
01
01
02
02
20
20
20
20
20
20
.2
.2
.2
.2
.2
.2
.2
.2
.2
.2
n.
n.
n.
n.
n.
n.
ai
pt
ai
pt
ai
pt
ai
pt
ai
pt
ja
ja
ja
ja
ja
ja
m
m
se
se
se
se
se
Le Bilan prévisionnel envisage une Les groupes thermiques de faible puissance unitaire
fermeture de la filière fioul d’ici 2025 et contribuent également à l’équilibre du système
une contraction de la filière gaz après 2025 électrique, notamment via des mécanismes de mar-
Compte-tenu des incertitudes économiques pré- ché. La puissance maximale produite en 2020 par
sentes pour le parc, les hypothèses retenues dans ces installations est d’environ 500 MW pour les uni-
ce Bilan prévisionnel sont : tés au fioul et 120 MW pour les unités au gaz. Alors
uu une stabilité du parc de cogénérations au gaz que le parc gaz maintient une partie de sa produc-
jusqu’en 2025 suivie d’une contraction partielle tion toute l’année, le parc fioul fait apparaître une
(de l’ordre de 250 MW/an) ; production saisonnalisée et concentrée sur l’hiver.
uu une contraction progressive du parc de cogéné
rations au fioul (de l’ordre de 150 MW/an), Les objectifs de réduction des émissions de gaz à
amenant à une fermeture du parc d’ici 2025 ; effet de serre devraient conduire, selon un calen-
uu un profil de production cohérent avec le profil drier qui reste à préciser, à une réduction de la
observé en 202011. capacité installée.
100. Production « en bande » calée sur l’historique, puissance maximale limitée à la puissance maximale observée, etc. (proportionnellement à la capacité
installée)
101. [Link]
102. [Link]
152
L’offre en France .3
Le recensement par RTE et les GRD de l’ensemble de stockage compétitives, l’étude des possibilités de
des demandes de raccordement a permis d’iden- développement d’une filière industrielle française
tifier près de 400 MW de projets de batteries qui pour les batteries, ou encore la mise en place d’un
devraient se raccorder d’ici fin 2022 (qu’ils soient cadre pour généraliser le développement de batteries
lauréats ou non des appels d’offres long-terme), pour gérer des congestions sur les réseaux.
s’ajoutant aux 100 MW déjà raccordés au réseau.
L’intégration des premières capacités
Compte-tenu des besoins limités en services sys- dans le Bilan prévisionnel
tème, le gisement sur ce modèle de valorisation Compte-tenu des éléments contextuels, RTE
devrait rapidement saturer autour de ce niveau retient comme hypothèse un développement
de l’ordre de 500 MW, en cohérence avec diffé- rapide de batteries stationnaires sur le système
rentes études économiques publiées par RTE sur électrique à hauteur de près de 500 MW d’ici
le stockage103. fin 2022, sans autre développement réellement
significatif jusqu’à 2030.
À moyen-terme, un développement
supplémentaire du stockage par
batterie conditionné à une baisse 3.4.3 Le stockage saisonnier par gaz de
rapide des coûts synthèse de grande ampleur ne devrait
Une fois atteint le gisement de valorisation sur la pas intervenir dans la prochaine
fourniture de services système, le stockage par décennie
batteries devra se développer en se basant sur
d’autres modèles économiques : Le couplage sectoriel comme outil de
uu En se valorisant sur le marché de l’énergie, via flexibilité pour le système électrique
des cycles de stockage/déstockage permettant Dans les projections sur l’évolution du mix énergé-
d’arbitrer sur les écarts de prix entre différents tique à long terme, l’hydrogène est souvent présenté
instants ; à la fois comme une source de flexibilité et un facteur
En contribuant à éviter ou différer des inves- de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
tissements pour le renforcement des réseaux,
notamment dans les zones contraintes en éva- À l’horizon 2030-2035, l’enjeu du développe-
cuation de production renouvelable. ment de l’hydrogène bas carbone participe d’une
RTE expérimente actuellement ainsi ce type démarche de décarbonation des usages existants,
d’approche (dans le cadre du projet « Ringo » par exemple pour les usages actuels de l’hydrogène
mais aussi via un appel à recensement d’intérêt dans l’industrie mais potentiellement aussi pour la
lancé en janvier 2021 pour la mobilisation de mobilité lourde (de manière complémentaire aux
flexibilités locales, qui pourraient se baser sur solutions entièrement électriques) ou pour alimen-
des moyens de stockage). ter le réseau de gaz existant en substitution du gaz
uu En accompagnement du développement de l’auto- fossile (dans une certaine limite).
consommation chez les consommateurs, notam-
ment résidentiels, sous forme de petites batteries. L’hydrogène pourrait aussi contribuer, dans cer-
taines conditions, à l’équilibre du système élec-
Pas de cible chiffrée pour trique en apportant une solution de stockage et
le développement des batteries déstockage (power-to-gas-to-power). Mais aux
dans la PPE échéances de ce Bilan prévisionnel, l’utilisation de
La PPE encourage le développement du stockage sta- l’hydrogène comme moyen de stockage n’est pas
tionnaire par batterie, mais sans objectif chiffré. Elle nécessaire pour obtenir une diversification du mix
évoque notamment la poursuite des travaux de R&D électrique (réduction de la part du nucléaire à 50 %)
ou de démonstration visant à développer des solutions et accueillir les volumes d’énergies renouvelables
103. [Link]
154
HYPOTHÈSES
EUROPÉENNES
L’Union européenne et l’ensemble des États qui montre que les mesures incluses dans les plans
membres sont signataires de l’Accord de Paris sur nationaux permettent d’atteindre, voire de dépas-
la lutte contre le réchauffement climatique. Cela ser légèrement, les objectifs européens de part des
s’est traduit par des objectifs fixés au niveau com- renouvelables dans la consommation totale d’éner-
munautaire pour 2030 de 32 % de part des renou- gie et de baisse des émissions. Cependant les
velables dans la consommation totale d’énergie, PNEC ne permettraient d’atteindre un gain d’effi
d’une baisse de 40 % des émissions de gaz à effet cacité énergétique que de 29,5 % pour une cible
de serre par rapport au niveau de 1990 et d’un de 32,5 %.
gain d’efficacité énergétique de 32,5 %.
La mise en place de la nouvelle Commission euro-
Dans le cadre de l’Accord de Paris, les États péenne en 2019 s’est accompagnée d’une volonté
membres doivent définir des stratégies nationales de rehausser l’ambition climatique européenne. Ce
sur l’évolution de leur système énergétique et des projet a pris la forme du Pacte vert pour l’Europe
objectifs et mesures pour réduire les émissions de visant l’atteinte de la neutralité carbone en 2050 et
gaz à effet de serre. Le règlement sur la gouver- une réduction des émissions de gaz à effet de serre
nance de l’union de l’énergie et de l’action pour d’au moins 55 % en 2030 par rapport à 1990. La
le climat (EU) 2018/1999 a mis en place un suivi retranscription législative de cette nouvelle ambi-
de ces stratégies permettant l’atteinte collective de tion est en cours.
l’ambition climatique de l’Union européenne.
Si l’objectif de neutralité carbone en 2050 fait
Les États membres sont ainsi tenus de définir (i) des désormais consensus, les discussions se pour-
stratégies nationales long terme (à horizon 2050), suivent sur la cible de réduction des émissions en
qui doivent être mises à jour tous les dix ans, et 2030. D’un côté, le Parlement européen a adopté
(ii) des plans nationaux énergie-climat (PNEC) cou- en octobre 2020 un mandat de négociation avec
vrant la période 2021-2030, dont une première ver- un objectif de réduction des émissions de gaz à
sion a été publiée en 2018 et qui doivent être mises effet de serre de 60 %. D’un autre côté, le Conseil
à jour en 2023. Les stratégies de long-terme pré- européen s’est accordé sur une cible d’au moins
cisent les objectifs de réduction des émissions par 55 % mais avec une règle de comptabilisation
secteur et le développement des puits de carbone. différente (sur la prise en compte des émissions
Les PNEC définissent les objectifs de réduction des négatives, notamment les technologies de capture
émissions à horizon 2030 et précisent les objectifs de carbone). Le Parlement européen, le Conseil
en matière d’efficacité énergétique, de dévelop- européen et la Commission européenne doivent
pement des énergies renouvelables et d’évolution désormais s’accorder pour que le Pacte vert soit
du mix énergétique, de développement des inter- définitivement adopté. Cette nouvelle ambition
connexions et de programmes de recherches. n’est pas encore intégrée dans les objectifs natio-
naux et les analyses menées dans le cadre de ce
La Commission européenne a publié en septembre Bilan prévisionnel reposent sur les plans des états,
2020 une analyse des versions finales des PNEC qui permettent d’atteindre l’objectif de 40 %.
156
Hypothèses européennes .4
104. Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque,
Royaume-Uni, Suède et Suisse
105. [Link]
Depuis une décennie, la demande électrique euro- La part de l’électricité dans la demande finale
péenne (au périmètre des pays modélisés dans le d’énergie a très légèrement progressé sur la même
Bilan Prévisionnel) stagne voire se contracte très période passant de 24 % à 25 % du fait de transfert
légèrement (-2 % entre 2010 et 2018106) avec cer- d’usages. Sur la décennie à venir, ces transferts
taines disparités entre pays (la baisse a atteint d’usage vers l’électricité devraient s’intensifier
-9 % sur la période en Grande-Bretagne). Cette et largement compenser les baisses de consom-
stagnation, résulte notamment de l’amélioration mation associées à l’efficacité énergétique dans
de l’efficacité énergétique. la majorité des pays voisins. La consommation
d’électricité devrait ainsi progresser de près de
15 % entre 2019 et 2030.
0
2020 2025 2030 106.
Les valeurs de réalisé couvrent la période historique jusqu’à 2018,
elles n’intègrent donc pas la baisse de la consommation en 2020 liée
à la crise Covid.
158
Hypothèses européennes .4
Millions de véhicules
25
15 Autres pays
Dans l’objectif d’atteindre la neutralité carbone à Irlande
Espagne
horizon 2050, l’intérêt que peut présenter l’hydro- 10 Italie
gène pour décarboner certains secteurs (procédés Suisse
Grande-
haute température, matière première, mobilité 5 Bretagne
Belgique
lourde et/ou sur longue distance…), l’enjeu actuel Allemagne
de réduire les émissions associées à la production 0 France
2020 2025 2030
d’hydrogène (produit quasi-exclusivement par le
vaporeformage de méthane, procédé émetteur de
CO2) et le progrès technique des électrolyseurs ont
conduit la Commission européenne et plusieurs
États membres à mettre en place des stratégies les stratégies définies par les autorités nationales.
hydrogène. En 2020, la Commission européenne Pour les pays n’ayant pas encore développé de tels
et cinq états membres108 ont publié des stratégies documents, une hypothèse de répartition par pays
spécifiques. D’autres états sont en cours d’élabo- des objectifs de puissance installée de la stratégie
ration de leurs stratégies. de la Commission européenne a été réalisée, au
prorata de la demande électrique actuelle.
Les hypothèses retenues pour l’étude (sur la puis-
sance des électrolyseurs installés et la production Ainsi la capacité d’électrolyse considérée sur le
annuelle d’hydrogène par électrolyse) reposent sur périmètre du Bilan Prévisionnel atteint 6 GW en
107. [Link]
108. Allemagne, France, Espagne, Pays-Bas et Portugal
GW
15
pays à part égales entre le mode de fonctionnement
« base » et le mode « marginal bas-carbone ». Si la
part du mode autoconsommation photovoltaïque 10
reste limitée, une part croissante a été attribuée
au mode autoconsommation éolien maritime pour Base
Marginal
les pays du pourtour de la mer du Nord. Il est fait 5 bas carbone
l’hypothèse que les électrolyseurs ne fonctionnent Autoproduction
éolien
pas lors des périodes de tension sur le système Autoproduction
photovoltaïque
électrique, car cela ne serait pas leur intérêt écono- 0
2020 2025 2030
mique du fait des prix élevés de l’électricité que ces
périodes engendrent.
109. [Link]
160
Hypothèses européennes .4
La transition énergétique en Europe s’est déjà et de centrales au gaz. En cinq ans, la capacité
traduite sur la décennie passée par une évolu- installée éolienne et photovoltaïque a progressé de
tion significative du parc de production d’électri- 50 % (passant de 223 GW à 337 GW) et la puis-
cité. De nombreux pays ont engagé la fermeture sance installée de centrales au gaz a augmenté
ou la mise en réserve de capacités de produc- d’un tiers.
tion fortement émettrices de CO2. Sur la période
2015-2020, ce sont 128 GW de capacité au fioul, Par ailleurs, une première réduction de la capacité
charbon ou lignite qui ont été fermées (une faible nucléaire a été engagée par certains pays (France,
partie a été mise en réserve stratégique)110. Ces Royaume-Uni et principalement l’Allemagne), mais
capacités fermées ou mises en réserve pendant la pour un effet encore limité (fermeture de 5 GW sur
décennie écoulée représentent 57 % du parc ther- 111 GW sur la période 2015-2020, au périmètre
mique fossile de 2015. des pays représentés dans le Bilan prévisionnel).
La fermeture de ces capacités fortement émettrices Les stratégies des différents pays pour la décennie
a été accompagnée d’un développement important à venir consistent à prolonger ces tendances sur le
des capacités renouvelables (éolien, photovol- parc de production et, pour certaines filières, à les
taïque et dans une moindre mesure hydraulique) accélérer significativement.
Figure 4.7 Évolution de la capacité de production d’électricité installée au périmètre du Bilan prévisionnel
140
120
100
80
GW
Éolien en mer
60 Éolien terrestre
Solaire
40 Biomasse
Hydraulique
Nucléaire
20 Gaz
Charbon/Lignite
0 Fioul
2015 2020 2025 2030
110. Dans les pays ayant une réserve stratégique, ces capacités sont disponibles en cas de forte tension sur la sécurité d’approvisionnement mais ne participent
plus au marché de l’énergie.
Figure 4.8 Évolution des capacités hydrauliques Figure 4.9 Évolution des capacités de production
en Europe (au périmètre du BP) photovoltaïque en Europe (au périmètre du BP)
250 400
350
200
300
250
150
GW
GW
200
100
150
100
50
50
0 0
2015 2020 2025 2030 2015 2020 2025 2030
162
Hypothèses européennes .4
Éolien terrestre
Figure 4.10 Évolution des capacités de production
La production d’électricité d’origine éolienne ter- éolienne terrestre en Europe
restre a atteint 289 TWh en 2018, soit 10 % de la (au périmètre du BP)
production électrique. Le parc installé représente
300
143 GW en 2018. L’Allemagne et l’Espagne sont
les deux pays les plus avancés en termes de déve-
loppement de l’éolien et leurs capacités installées 250
représentent respectivement 33 % et 17 % du parc
de production européen (au périmètre des pays 200
représentés dans le Bilan prévisionnel).
L’ensemble des pays européens prévoit d’aug-
GW
150
menter leurs capacités de production éolienne
terrestre. Le développement prévu correspond au
100
maintien du rythme actuel de développement (de
l’ordre de 10 GW par an) et permettra d’atteindre
près de 280 GW en 2030. 50
0
Éolien en mer 2015 2020 2025 2030
30
Bien que disposant de façades maritimes consé-
quentes, l’Italie et l’Espagne prévoient de déve- 20
Figure 4.12 Évolution des capacités de Figure 4.13 Évolution des capacités de production
production nucléaire en Europe au charbon et lignite en Europe
(au périmètre du BP) (au périmètre du BP)
120 160
140
100
120
80
100
GW
GW
60 80
60
40
40
20
20
0 0
2015 2020 2025 2030 2015 2020 2025 2030
164
Hypothèses européennes .4
Gaz
Figure 4.14 Évolution des capacités de production
au gaz en Europe (au périmètre du BP)
La production au gaz a représenté 583 TWh
en 2018 en Europe (au périmètre du BP), soit 250
20 % de la production d’électricité, pour une
capacité installée de 215 GW (dont 146 GW de 200
CCG, 10 GW de TAC et 59 GW de cogénération
et autres petites unités). La fermeture de capa- 150
GW
cités au fioul, charbon et lignite a conduit cer-
100
tains pays à développer leur parc de production
au gaz (notamment avec des CCG) pour garantir
50
leur sécurité d’approvisionnement. De nouveaux
CCG sont prévus en Italie, Belgique, Allemagne, 0
Grande-Bretagne et Pologne pour une capacité 2015 2020 2025 2030
La transformation du mix électrique annoncée en Par ailleurs les NECP ont été élaborées avant les
Europe à l’horizon 2030 est considérable. débats relatifs au rehaussement de l’objectif euro-
péen de décarbonation à hauteur de -55 %. La prise
Ces évolutions de mix électrique reposent notam- en compte par les états de ce nouvel objectif pourra
ment sur la mise en service de volumes considérables conduire à amender une partie de ces trajectoires.
d’énergies renouvelables et d’un très grand nombre
de cycles combinés à gaz. Les trajectoires précises Ainsi, au-delà d’une estimation basée sur la prise
pour chacun des pays doivent être considérées avec en compte de l’ensemble du mix électrique euro-
prudence dans les analyses, notamment pour des péen, le niveau de marges en France est estimé
exercices de sécurité d’approvisionnement, du fait de également en limitant les imports maximum lors
l’horizon considéré (à cet horizon une bonne partie des périodes de tension à des volumes proches de
des projets ne sont pas financièrement sécurisés), et ceux déjà observés lors des dernières années (par
au regard du nombre de projets annoncés. exemple proches de 10 GW).
(+2 GW)
(+6 GW)
Fermetures Objectifs
prévues EnR
Sortie
du charbon (+21 GW) Fermetures Objectifs Mises en service
d’ici 2026 prévues
Éolien terrestre : 52 GW (11TWh) EnR annoncées
(-4,3 GW)
Éolien terrestre : 52 GW (11TWh) nviron 14 300 éoliennes (sans repowering)
nviron 14 300 éoliennes (sans repowering) Éolien en mer : 1GW (47 Sortie
TWh ) CCG & TAC
Éolien en mer : 1GW (47 TWh )
Sortie (+0,2 GW) nviron 000 éoliennes
du nucléaire (+24 GW) (+1,4 GW)
nviron 000 éoliennes
du nucléaire (-8,1 GW) d’ici 2022 Thermique
(-4,1 GW
d’ici 2035 décentralisé
d’ici 2030) (+34 GW) Sortie (+13 GW) (+7,6 GW)
Thermique du charbon
décentralisé (-22 GW d’ici 203831
(-1,3 GW) d’ici 2030) (+39 GW)
(+30 GW)
166
Hypothèses européennes .4
Figure 4.16 Illustration des trois paquets d’interconnexion aux frontières françaises définis dans le SDDR publié par
RTE en septembre 2019
Paquet 0
~3 GW
IFA2
IRLANDE ElecLink
GRANDE- Savoie-Piémont
BRETAGNE PAYS-BAS
ALLEMAGNE Paquet 1
Avelin/Mastaing ~5 GW
Avelgem-Horta Golfe de Gascogne
Muhlbach- Paquet 2
Eichstetten ~5 GW
Paquet 0 Lonny-Achêne-
Paquet 1 Gramme
Paquet 2
FRANCE SUISSE Celtic Interconnector
Hors paquets
2 projets France-
Renforcement Grande-Bretagne
France-Suisse Renforcement
ITALIE France-Suisse
112. [Link]
168
Hypothèses européennes .4
par une subvention de 530 millions d’euros. Sa Une augmentation significative des
mise en service, prévue en 2027, est intégrée capacités d’interconnexions à l’horizon
dans le Bilan prévisionnel. 2030
Les projets identifiés dans le SDDR comme « hors Ce sont ainsi près de 10 GW de capacités d’import
paquets » ne sont en revanche pas intégrés dans et d’export supplémentaires qui devraient appa-
cet exercice du Bilan prévisionnel. raître entre 2020 et 2030. Cette hausse se répartit
sur l’ensemble des frontières de la France avec ses
pays voisins.
Figure 4.17 Évolution des capacités d’interconnexion, dans la métrique « NTC »113
30
25
20
GW
15
Suisse
10
Irlande
Italie
5 Grande-Bretagne
Espagne
0 CWE113
2020 2030 2020 2030
Exports Imports
113. Dans le Bilan prévisionnel, les capacités d’échange pour la zone CWE (Allemagne, Autriche, Belgique, France, Luxembourg, Pays-Bas) sont modélisés selon
la méthode « Flow-based », en cohérence avec les pratiques opérationnelles sur cette zone. Les capacités affichées sur le graphique pour la zone CWE
correspondent aux valeurs dans la métrique « NTC » (Net Transfert Capacity) et ne représentent donc pas la réelle modélisation utilisée dans cette étude.
Elles ne sont données ici qu’à titre illustratif.
Allemagne
Figure 4.18 Bilan électrique de l’Allemagne
en 2018 (source : ENTSO-E)
TWh
2 337 TWh et est responsable de 81 % des émis-
sions de GES du pays. La consommation d’électri- 300
cité a représenté 538 TWh. L’électricité a couvert
200
22 % de la consommation finale énergétique. La
production d’électricité, issue à hauteur de 50 % de
100
moyens fossiles, a émis 226 MtCO2.
0
L’ambition climatique et son impact Consommation Production
170
Hypothèses européennes .4
GW
duction d’hydrogène, la consommation totale d’élec- 150
114. BMWi – Federal Ministry for Economic Affairs and Energy – Final decision to launch the coal-phase out – a project for a generation
115. Au titre du Plan de développement 2017 servant de référence au PNEC
116. Gutachten ([Link])
TWh
d’électricité, issue à hauteur de 35 % de moyens 50
fossiles, a émis 15 MtCO2. 40
30
L’ambition climatique et son impact
20
sur le système électrique au titre
du Plan National Energie Climat 10
60 50%
Une demande électrique en croissance 40%
40
à l’horizon 2030 30%
Le plan énergie-climat de la Belgique prévoit que 20 20%
la part de l’électricité dans la demande énergétique 10%
finale passe de 19 % à 21 % sur la décennie qui 0 0%
s’ouvre. 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2025 2030
Consommation :
Si le plan énergie-climat identifie l’hydrogène Historique (source : GRT européens, Eurostat)
Prévisions du BP 2021
comme un levier pour réduire des émissions de
Part de l’électricité dans la consommation finale d’énergie :
secteurs difficiles à électrifier, le pays ne s’est pas Historique (source : Eurostat)
Prévisions du PNEC
encore doté d’une stratégie hydrogène spécifique.
172
Hypothèses européennes .4
RTE a considéré le développement d’une capa- Les objectifs sur le développement des énergies
cité de production d’hydrogène par électrolyse renouvelable à 2030 prévoient une part de 37 %
(de 400 MW en 2030), estimée sur la base d’une dans l’électricité produite et une capacité de pro-
répartition entre pays de la stratégie européenne. duction de 20 GW, hors stations de transfert
En intégrant la consommation d’électricité pour la d’énergie par pompage. Cet objectif s’inscrit dans
production d’hydrogène, la consommation totale le rythme de développement actuel des capaci-
d’électricité approcherait les 100 TWh en 2030, en tés éolienne et solaire de 1 GW par an constaté
augmentation de 12 % sur la décennie. sur les cinq dernières années (avec un accrois-
sement du rythme sur le solaire au détriment de
Une sortie du nucléaire en 2025 l’éolien). À l’horizon 2030, ce sont 10 GW de capa-
en parallèle du développement cités renouvelables supplémentaires qui seront en
des énergies renouvelables service sur le système électrique belge.
La Belgique s’est engagée dans une réduction des
émissions de CO2 liées à la production d’électricité Interconnexions et sécurité
et les derniers 500 MW de centrales au charbon ont d’approvisionnement
été fermés en 2016. Le système électrique belge est interconnecté
avec la France, l’Allemagne, les Pays-Bas et le
La sortie du nucléaire implique la fermeture de Royaume-Uni. La capacité d’import devrait passer
6 GW d’ici 2025. Cette sortie s’accompagnera de 5,5 à 7,5 GW entre 2018 et 2023 puis à 9,5 GW
d’une augmentation des capacités gaz (3 GW addi- en 2030, en ligne avec le Plan de développement
tionnel attendus sur la décennie, pour l’essentiel fédéral 2020-2030117.
avant 2025) et d’un développement significatif des
énergies renouvelables. Le critère légal de sécurité d’approvisionnement
correspond à une durée de défaillance de 3 heures
par an en espérance.
15
Le gestionnaire de réseau de transport belge (Elia)
10
estime que la construction de nouveaux cycles
5 combinés au gaz est nécessaire et que leur viabi-
0 lité économique repose sur la mise en place d’un
2015 2020 2025 2030
marché de capacité.
Solaire Éolien en mer Éolien terrestre
Hydraulique Bioénergies Nucléaire
Gaz Fioul Charbon/Lignite
TWh
150
consommation finale énergétique. La production
d’électricité, issue à hauteur de 39 % de moyens 100
fossiles, a émis 60 MtCO2.
50
50 20%
10%
Une demande électrique tirée
0 0%
par les nouveaux usages 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2025 2030
Le plan énergie-climat de l’Espagne prévoit que la
part de l’électricité dans la demande énergétique Consommation :
finale passe de 24 % à 29 % sur la décennie qui Historique (source : GRT européens, Eurostat)
Prévisions du BP 2021
s’ouvre. Part de l’électricité dans la consommation finale d’énergie :
Historique (source : Eurostat)
Prévisions du PNEC
En octobre 2020, le gouvernement a approuvé une
feuille de route hydrogène comportant 60 mesures
118. À la différence avec le PNEC, REE a retenu une sortie du charbon en 2026, hypothèse reprise dans le Bilan prévisionnel
174
Hypothèses européennes .4
synthèse. 140
120
GW
trolyse sont de 300 à 600 MW en 2024 et atteignent 80
TWh
La consommation toutes énergies s’est établie à 150
119. Suite à sa sortie de l’Union européenne, le Royaume-Uni n’a pas publié de version finale de son PNEC.
120. Annexe J, Updated energy and emissions projections: 2017 - [Link] ([Link])
176
Hypothèses européennes .4
80
Le critère légal de sécurité d’approvisionnement
GW
60
en Grande-Bretagne correspond à une durée de
40 défaillance de 3 heures par an en espérance.
20
TWh
cité, issue à hauteur de 66 % de moyens fossiles,
a émis 10 MtCO2. 15
10
L’ambition climatique et son impact
sur le système électrique au titre 5
du Plan National Energie Climat
Le projet de plan énergie-climat de l’Irlande, trans- 0
Consommation Production
mis à la Commission européenne fin 2019, définit un
objectif de réduction des émissions de GES de 46 % à Consommation Charbon Éolien terrestre
Pompage Fioul Éolien maritime
l’horizon 2030 par rapport au niveau de 1990. Cette Exports Gaz Solaire
cible s’inscrit dans l’objectif fixé dans la loi en 2019 Nucléaire Biomasse
Autres non- Autres
d’atteinte de la neutralité carbone en 2050. Suite à renouvelables renouvelables
Hydraulique
la proposition du Pacte vert par la Commission euro- Imports
50%
20
Une demande électrique en très forte 40%
15
croissance à l’horizon 2030 30%
10
Le plan énergie-climat de l’Irlande prévoit une élec- 20%
trification massive de la demande avec une part de 5 10%
l’électricité dans la demande énergétique finale pas- 0 0%
1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2025 2030
sant de 20 % à 29 % sur la décennie qui s’ouvre.
Consommation :
Une sortie du charbon et de la tourbe en Historique (source : GRT européens, Eurostat)
Prévisions du BP 2021
2025 en parallèle du développement des Part de l’électricité dans la consommation finale d’énergie :
énergies renouvelables Historique (source : Eurostat)
Prévisions du PNEC
L’Irlande s’est engagée dans une réduction des
émissions de CO2 liées à la production d’électricité
178
Hypothèses européennes .4
GW
Les objectifs sur le développement des énergies 8
121. Le critère de sécurité d’approvisionnement correspondant à une durée de défaillance de 8 heures par an en espérance.
TWh
150
L’ambition climatique et son impact
sur le système électrique au titre 100
50%
passe de 22 % à 25 % sur la décennie qui s’ouvre. 150
40%
100 30%
Fin 2020, le ministère de l’Industrie a soumis un pro- 20%
50
jet de stratégie hydrogène à consultation publique. 10%
Ce document prévoit la construction de 5 GW 0 0%
d’électrolyseurs à l’horizon 2030 et une consom- 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2025 2030
cette stratégie, qui fait l’objet de concertation, RTE Part de l’électricité dans la consommation finale d’énergie :
Historique (source : Eurostat)
a retenu une hypothèse plus prudente, correspon- Prévisions du PNEC
dant à une répartition de la stratégie européenne,
soit 1,3 GW en 2030 en Italie.
180
Hypothèses européennes .4
En tenant compte de la consommation d’électricité par an sur la décennie à venir. À l’horizon 2030,
pour la production d’hydrogène, la consommation ce sont 41 GW de capacités renouvelables supplé-
d’électricité totale atteindrait ainsi de l’ordre de mentaires qui seront en service sur le système élec-
345 TWh en 2030, en augmentation de 5 % sur la trique italien. Cette croissance est essentiellement
décennie. tirée par le photovoltaïque avec un rythme annuel
de déploiement devant passer de 0,7 GW sur les
La sortie du charbon et le développement cinq dernières années à 2,1 GW sur la période
des énergies renouvelables 2020-2025 puis 3,8 GW sur la seconde moitié de
L’Italie s’est engagée dans une réduction des émis- la décennie. La capacité de production d’origine
sions de CO2 liées à la production d’électricité et a solaire devrait ainsi atteindre 52 GW en 2030.
fermé 15 GW de capacité thermique fossile au fioul
et au charbon depuis 2015. Le parc de centrales Ce développement des énergies renouvelables
au fioul est désormais totalement fermé. Afin de s’accompagne de l’installation d’au moins 6 GW de
poursuivre la réduction des émissions de CO2, la capacités de stockage supplémentaires d’ici 2030
stratégie énergie-climat prévoit la fermeture totale (STEP et batteries).
des 7 GW restant de centrales au charbon d’ici
2025 et une compensation pour partie par de nou- Des enjeux identifiés sur la sécurité
velles capacités au gaz (+6 GW sur la période) et d’approvisionnement
le développement des énergies renouvelables. Les analyses122 de Terna sur la sécurité d’approvi-
sionnement montrent que les capacités disponibles
Les objectifs sur le développement des énergies seraient insuffisantes (avec un déficit estimé à
renouvelable à 2030 prévoient une part de 55 % 5 GW) pour atteindre le niveau de sécurité d’appro-
dans l’électricité produite et une capacité de produc- visionnement cible (fixé à une espérance de défail-
tion de 95 GW, hors stations de transfert d’énergie lance de 3 heures par an) à l’horizon 2025 sans
par pompage. Ceci implique une inflexion impor- développement de nouvelles capacités notamment
tante dans le rythme de développement des capaci- dans le nord du pays123. Les leviers envisagés par
tés éolienne et solaire devant passer de 1,4 GW par l’Italie pour faire face à cet enjeu sont le dévelop-
an constaté sur les cinq dernières années à 4,1 GW pement des interconnexions, de capacités de stoc-
kage et de capacités de production au gaz.
80
cité pour faire émerger de nouvelles capacités et
60
assurer le maintien des capacités existantes (pour
40
celles qui ne sont pas fermées par décision politique).
20
Le mécanisme de capacité italien a été approuvé par
0
2015 2020 2025 2030 la Commission européenne en 2018 et les enchères
réalisées cette même année ont permis de sélection-
Solaire Éolien en mer Éolien terrestre
Hydraulique Bioénergies Nucléaire ner près de 6 GW de nouvelles capacités (pour mise
Gaz Fioul Charbon/Lignite en service en 2022 ou 2023) et de sécuriser les reve-
nus de 35 GW de capacités existantes.
* La description du parc installé porte sur un bilan de capacité au 31 décembre de l’année considérée.
* La description du parc installé porte sur un bilan de capacité au 31 décembre de l’année considérée.
182
Hypothèses européennes .4
* La description du parc installé porte sur un bilan de capacité au 31 décembre de l’année considérée.
* La description du parc installé porte sur un bilan de capacité au 31 décembre de l’année considérée.
* La description du parc installé porte sur un bilan de capacité au 31 décembre de l’année considérée.
* La description du parc installé porte sur un bilan de capacité au 31 décembre de l’année considérée.
184
Hypothèses européennes .4
* La description du parc installé porte sur un bilan de capacité au 31 décembre de l’année considérée.
124. L
e « niveau » ou « critère » de sécurité d’alimentation retenu en France est fixé par le pouvoir réglementaire : il s’agit de la règle dite des « trois heures ».
Cette règle signifie que la durée moyenne pendant laquelle l’équilibre entre l’offre et la demande ne peut pas être assuré par les marchés de l’électricité,
dans toutes les configurations étudiées par RTE, est inférieure ou égale à trois heures par an.
188
Le diagnostic d’équilibre offre-demande .5
5 000
4 000 Scénario de référence
Marges/Déficits par rapport
3 000
Leviers favorables envisageables :
2 000 Amélioration de la disponibilité du parc nucléaire
au critère (MW)
-2 000 Incertitudes :
Dégradation de la disponibilité du parc nucléaire
-3 000
Mise en service de l’EPR retardée après 2025
-4 000 Retard de raccordement de parcs éoliens en mer
Développement limité de l’efficacité énergétique
-5 000 et forte croissance économique (trajectoire haute
de consommation)
-6 000
2021-2022 2022-2023 2023-2024
Figure 5.2 Principales évolutions sur le mix entre les hivers 2023-2024 et 2024-2025, et impact sur les marges
ts
en
m
PR ilité
ce
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25
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02
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-2
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23
24
ol
év
Am
si
Év
20
20
Pr
Vi
D
Impact sur les marges/déficits
4 000
3 000
de capacité (MW)
2 000
1 000
-1 000
-2 000
125. C
e niveau d’importations a déjà été dépassé par le passé, le 2 décembre 2017. Des imports sensiblement proches de 10 GW ont aussi été plusieurs fois
observés, par exemple le 28 février 2018 ou encore le 8 décembre 2020.
190
Le diagnostic d’équilibre offre-demande .5
6 000
5 000 Scénario de référence
Scénario dégradé (retards parcs nucléaires
Marges/Déficits par rapport
2 000
à la biomasse de la centrale de Cordemais
1 000 Visite complète de l’EPR en dehors de l’hiver
0 Incertitudes :
Mise en service de l’EPR retardée après 2025
-1 000 Absence d’amélioration de la disponibilité du parc
-2 000 nucléaire (hors EPR) après 2024
Retard de raccordement de parcs éoliens en mer
-3 000 Limitation de la capacité d’imports maximum
-4 000 à 10 GW en période de tension
Développement limité de l’efficacité énergétique
-5 000 et forte croissance économique (trajectoire haute
-6 000 de consommation)
2024-2025 2025-2026
en mer et sur le projet d’EPR (scénario dégradé), et Le maintien des réacteurs nucléaires
d’autre part une disponibilité du parc nucléaire qui actuels apparaît nécessaire à l’horizon
resterait au niveau de la disponibilité prévisionnelle 2025
de celle de l’hiver 2023-2024, le système électrique La PPE prévoit la possibilité de fermer deux réac-
serait sans marge. Le niveau de sécurité d’appro- teurs nucléaires additionnels à l’horizon 2025-
visionnement resterait au niveau réglementaire, 2026. L’activation de cette option est conditionnée
sans levier pour accroître les transferts d’usages à certains critères, qui portent notamment sur
vers l’électricité ou pour fermer des moyens de la sécurité d’approvisionnement en France et en
production. Le maintien pour deux années supplé- Europe et sur l’intérêt économique. La décision
mentaires (2024-2026) de la centrale de Cordemais doit intervenir d’ici fin 2022.
dans le cadre d’un projet de conversion à la bio-
masse offrirait un gain de marge estimé à environ À date, RTE estime que les conditions précitées
1 GW au niveau national. Ce type de gain apporte pourront très difficilement être remplies.
une sécurité appréciable dans un scénario de faible
disponibilité du nucléaire ou de non-inflexion des Les marges estimées à l’horizon 2025 sont en
trajectoires sur le renouvelables, ainsi que dans effet associées à de nombreuses prérequis, dont
l’éventualité d’une mise en service différée de l’EPR l’atteinte fera l’objet d’une attention particulière
de Flamanville. Pour autant, les évolutions enga- au cours des prochaines années mais ne peut être
gées sur le réseau et les mises en service prévues considérée comme acquise à ce jour. C’est le cas
(en particulier de parcs éoliens en mer) conduisent des hypothèses structurantes sur la production
progressivement à relâcher le degré de contrainte nucléaire (maîtrise du programme du grand caré-
sur l’équilibre des flux dans l’ouest du pays et la nage et mise en service de l’EPR), la production
sécurité d’alimentation de la Bretagne. renouvelables (notamment le rythme de mise en
service des parcs éolien en mer et l’inflexion de
La baisse des marges observée entre les hivers la trajectoire sur le solaire), les pays européens
2024-2025 et 2025-2026 est due, au premier voisins et la conséquence de la fermeture du
ordre, à la fermeture des dernières installations nucléaire en Allemagne et en Belgique notam-
des parcs charbon et nucléaire fixée à 2025 dans ment, etc.
plusieurs pays européens (Espagne, Italie et
Royaume-Uni pour la filière charbon, et Belgique Ainsi, dans un scénario cumulant retards et
pour la filière nucléaire). moindre disponibilité du parc nucléaire, la France
192
Le diagnostic d’équilibre offre-demande .5
5.1.3 À l’horizon 2030 : des marges de Néanmoins ces évolutions reposent sur la mise
sécurité d’approvisionnement positives en service de volumes considérables d’énergies
dans les différents scénarios étudiés renouvelables et d’un très grand nombre de
cycles combinés à gaz. Les incertitudes asso-
Une amélioration sensible des marges ciées à la réalisation de ces projets doivent
est envisageable conduire à une grande prudence dans la prise en
À l’horizon 2030, la sécurité d’alimentation, se compte de leurs contributions, notamment pour
renforce de manière substantielle par rapport à des exercices de sécurité d’approvisionnement.
aujourd’hui. Le critère de sécurité d’approvisionne-
ment serait largement respecté, avec des marges Ainsi, le niveau de marges est également estimé
confortables. en limitant les imports maximum lors des
périodes de tension à des volumes proches de
Ce niveau de marges à l’horizon 2030 reste néan- ceux déjà observés lors des dernières années
moins particulièrement incertain : (par exemple proche de 10 GW126). Dans cette
hypothèse, les marges seraient sensiblement
uu la question de la contribution des pays voi- réduites, mais resteraient néanmoins positives.
sins à la sécurité d’approvisionnement est une
question centrale. Les évolutions des mix élec- uu le niveau de marges est adossé à l’atteinte d’un
triques des pays voisins telles qu’annoncées ensemble d’objectifs ambitieux en France. Les
devraient accroître la contribution de ces pays inflexions prévues d’une part sur la consom-
à la sécurité d’approvisionnement de la France. mation (notamment celles liées aux mesures
Les niveaux d’imports maximum envisageables d’efficacité énergétique) et d’autre part sur le
à cet horizon pourraient alors être sensible- développement des énergies renouvelables
ment plus élevés que ceux déjà observés par et des capacités d’effacements peuvent être
le passé. en-deçà des objectifs publics.
Figure 5.4 Principales évolutions sur le mix entre les hivers 2025-2026 et 2030-2031, et impact sur les marges
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Ba
20
Fe
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20
D
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Impact sur les marges/déficits
14 000
12 000
10 000
de capacité (MW)
8 000
6 000
4 000
2 000
0
-2 000
-4 000
126. C
e niveau d’importations a déjà été dépassé par le passé, le 2 décembre 2017. Des imports sensiblement proches de 10 GW ont aussi été plusieurs fois
observés, par exemple le 28 février 2018 ou encore le 8 décembre 2020.
13 000
12 000
11 000
10 000
Marges/Déficits par rapport
9 000
Scénario de référence
8 000 « Atteinte des objectifs
7 000 PPE en fin d’horizon »
au critère (MW)
Situation de
Situation de vigilance Situation de transition nette amélioration
Projets avec
Savoie-
ElecLink Espagne, Belgique,
Piémont
Allemagne et Irlande
Déclassement des parcs nucléaire (en Allemagne et Belgique notamment) et charbon en Europe
Développement des EnR et mise en service de nouveaux moyens au gaz en Europe
194
Le diagnostic d’équilibre offre-demande .5
127. h
ttps://[Link]/download/pdf?id=MM2ztpKcMsR26WzdZICJRUkMHYQvynO2QRjcUgr2Y2Q=
128. h ttps://[Link]/jorf/article_jo/JORFARTI000032294016?r=hEntd0buuPond
Certains leviers présentent déjà une bonne fiabilité : L’appel aux moyens post marché précités doit être
uu la réduction de la tension sur les réseaux de dis- dédramatisé, dans la mesure où il correspond à
tribution (« -5 % Un ») se traduit par une baisse des leviers d’exploitation qui sont sans consé-
de la puissance appelée de l’ordre de 3 à 4 %, quence notablement perceptible sur le citoyen et
mais son application se limite à quelques heures qui permettent de résorber jusqu’à environ 25 %
consécutives. L’effet de cette mesure est peu des situations de défaillance sans recourir au
perceptible par le consommateur (baisse légère délestage.
de l’intensité lumineuse, etc.) ;
uu l’interruptibilité contractualisée auprès des gros Il existe donc un enjeu à faciliter son acceptation
consommateurs permet une réduction du désé- collective pour dégager des marges de manœuvre
quilibre offre-demande, mais sur une durée limi- sur le mix électrique, en particulier avec la période
tée. L’efficacité de ce levier est avérée comme l’a de vigilance qui s’étend jusqu’à 2024, pendant
montré l’activation de l’interruptibilité au cours laquelle la probabilité de recours à ces dispositifs
du mois de janvier 2019. Il convient toutefois est plus élevée.
Figure 5.6 Illustration des différents leviers disponibles pour assurer l’équilibre offre-demande
Situations sans
conséquence perceptible
pour le citoyen
196
Le diagnostic d’équilibre offre-demande .5
En revanche, l’activation de ces moyens permet de uu le terme de défaillance, utilisé dans la loi, est
réduire essentiellement les déséquilibres de courte à l’origine un terme technique issu du registre
durée : ainsi, près de la moitié des situations de des études de dimensionnement des systèmes
défaillance de moins de trois heures sont résorbées électriques. Ce terme fait référence à une situa-
par les leviers post marché. Cette analyse confirme tion choisie de déficit de puissance disponible,
que la mise en œuvre de ces moyens permet le acceptée par la collectivité pour éviter que les
passage de pointes de consommation élevées, investissements mis en œuvre pour l’empêcher
mais n’a pas vocation à remédier aux déséquilibres ne soient plus élevés que le préjudice réel. Or,
entre l’offre de production et la demande sur de dans la langue courante, le terme renvoie à une
longues durées : parmi les situations de défaillance panne ou à une faute. Ceci est source de confu-
de plus de trois heures, seulement une sur dix est sion et ne permet pas de rendre compte des
résolue par l’activation de ces leviers. enjeux sous-jacents ;
uu le risque important de recours aux moyens
Par ailleurs, le délestage intervient alors en dernier post marché, voire au délestage, lors de
recours pour assurer la sauvegarde du système situations dégradées (type vague de froid) est
électrique en cas de déficit de marges. Il s’agit aujourd’hui un sujet d’incompréhension, et
en pratique de délestage tournant permettant peut être perçu comme un échec du système
de « couper » des zones pendant la durée la plus mis en place ;
courte possible (2 heures au maximum), le temps uu enfin, la sécurité d’approvisionnement dépend
de retrouver la stabilité du système électrique. en partie de choix qui échappent aux politiques
publiques nationales (notamment l’évolution des
Ce type d’intervention n’est absolument pas assi- mix énergétiques des pays voisins, qui contri-
milable à un blackout129, qui marque une perte buent à la sécurité d’approvisionnement de la
de maîtrise de la stabilité du système, des déles- France via les interconnexions).
tages beaucoup plus importants et de durée non
prévisible. Il vise au contraire à en empêcher la Ceci explique que l’analyse du niveau de sécu-
survenue. rité d’approvisionnement, qui est probabiliste par
nature, ne soit généralement pas comprise. Sur
ces questions, le débat médiatique est souvent à
5.2.2 La résilience du système partir de la notion de puissance garantie, qui n’a
électrique aux évènements extrêmes pourtant pas de réalité dans les évaluations réa-
est au cœur des débats lisées par les gestionnaires de réseau de trans-
port en Europe. Or les estimations en puissance
Un enrichissement des analyses de garantie engendrent plusieurs biais : (1) elles
sécurité d’approvisionnement au-delà surestiment le degré de disponibilité effectif des
des dispositions réglementaires moyens existants, qui sont eux-aussi sujets à
Si aucune rupture d’approvisionnement n’est sur- des aléas comme toute installation industrielle,
venue durant le dernier hiver, les débats ont été (2) elles sous-estiment la contribution des filières
nombreux autour du niveau de sécurité d’approvi- à profil de production variable, qui contribuent de
sionnement du système électrique : manière effective et croissante à l’alimentation en
uu de par sa nature statistique, le critère actuel électricité, (3) elles n’intègrent pas la nature euro-
n’est pas maîtrisé par le grand public (la péenne de la gestion des flux, pourtant acceptée
métrique probabiliste utilisée de « 3 heures par par les Etats dans le cadre du marché intérieur de
an de défaillance » ne caractérise pas directe- l’énergie.
ment l’impact pour le consommateur) ;
129. L
e black-out correspond à une situation où la survenue d’un aléa de grande ampleur en temps réel conduit à une perte de contrôle sur la gestion de
l’équilibre entre la production et la consommation et est le plus souvent associé à des séparation du réseau européen en plusieurs systèmes indépendants.
Le risque de blackout (maîtrisé par le dimensionnement des réserves de court-terme et les stratégies de gestion) n’est pas spécifique aux situations où
les marges de production sont les plus faibles.
À ces différents stress tests est aussi ajoutée Au cours de la dernière décennie, le niveau de
l’analyse de sécurité d’approvisionnement sécurité d’approvisionnement a évolué à la baisse
sans prise en compte de l’apport des inter- tout en restant largement supérieur au niveau
connexions à la pointe de consommation. de risque fixé dans la réglementation et donc en
théorie consenti par la collectivité :
Ces stress tests sont complétés par des combinai- uu au niveau probabiliste, les marges ont diminué
sons d’aléas, non rencontrées par le passé, mais pour se stabiliser au niveau prévu par le « cri-
qui ne peuvent être exclus : tère des 3 heures » : la perte de disponibilité du
uu
une vague de froid intense (comme celle parc nucléaire l’hiver et la fermeture importante
de février 2018, ayant amené à un pic de des moyens de production thermiques pour des
198
Le diagnostic d’équilibre offre-demande .5
raisons économiques et climatiques (ferme- Les analyses de risque montrent que le « point
ture des petites centrales au charbon, puis des bas » est atteint en 2022, à la fois au niveau pro-
grandes unités au fioul en 2017, puis désormais babiliste et au niveau des stress tests. Néanmoins,
des dernières grandes centrales au charbon) hors crise COVID, le niveau structurel de sécu-
a été en pratique compensée par une intégra- rité d’approvisionnement n’est jamais devenu
tion européenne plus étroite, le développement inférieur au critère fixé par la réglementation. La
des centrales au gaz et des effacements de première période (2021-2024) étudiée dans le
consommation, et la croissance des énergies Bilan prévisionnel est donc celle qui concentre le
renouvelables quand bien même leur profil de plus de risques, même si ceux-ci demeurent pour
production est variable ; l’essentiel de faible probabilité.
uu au niveau des stress tests, le système est devenu
plus sensible à des indisponibilités simultanées Les mesures décidées au cours des dernières
de réacteurs nucléaires et à des vagues de froid. années permettent d’envisager une amélioration
du niveau de sécurité d’approvisionnement dans
Cette forte réduction des marges s’est traduite les années qui viennent. Cette amélioration est
concrètement par différents épisodes lors de ces sensible lors de la seconde période (2025) et se
dernières années où RTE a alerté sur des situa- renforce à l’horizon 2030. Elle se décline différem-
tions présentant des risques éventuels de coupure ment selon l’indicateur (analyses probabilistes vs.
(notamment le 8 janvier 2021130). Bien qu’au- stress tests) :
cun de ces risques ne se soit matérialisé par une uu au niveau probabiliste, les marges se renforcent
situation proche du délestage, les débats ont été de manière continue durant la période ;
nombreux autour du niveau effectif de sécurité uu au niveau des stress tests, le système devien-
d’approvisionnement du système électrique. drait plus résilient à certains (indisponibilités
Figure 5.7 Marges/déficits de capacité évalués dans les précédents Bilans prévisionnels131 et prévision du scénario
« Atteinte des objectifs PPE/SNBC en fin d’horizon »
Marges/déficits par rapport au critère (MW)
15 000
10 000
5 000
-5 000
-10 000
-15 000
2005-2006 2010-2011 2014-2015 2019-2020 2021-2022 2024-2025 2030-2031
(BP 2003) (BP 2008) (BP 2013) (BP 2018) (BP 2021) (BP 2021) (BP 2021)
130. H ormis le dispositif interruptibilité, activée pour des besoins de gestion de la fréquence en temps réel, sans lien avec le niveau de sécurité d’approvisionnement.
131. Les marges de capacité par rapport au critère public n’étaient évaluées qu’en « France isolée » en 2005 et 2010.
Forte indisponibilité
du parc nucléaire (déc. 2016),
sans autre aléa
13 réacteurs
indispo.
au total
Impossibilité d’imports,
Aléa sur les
13 réacteurs
indispo.
au total
5 GW
Pas d’activation des moyens post Activation des moyens post marché
Activation des moyens post marché
marché sans recours au délestage et recours au délestage
132.
Le scénario « Atteinte partielle des objectifs PPE/SNBC et limitation des imports maximum à 10 GW » permet de représenter une configuration prudente de la contribution
des pays voisins à la sécurité d’alimentation en France. Le niveau de sécurité d’approvisionnement obtenu est alors proche du critère réglementaire.
133.
La dénomination « sans autre aléa » signifie que l’ensemble des paramètres – en dehors de celui caractérisé par le « stress-test » – affectant le système électrique
(consommation, production, capacité d’imports) correspondent aux prévisions moyennes anticipées pour un jour ouvré de janvier à 19 h.
134.
Les valeurs de températures correspondent à l’écart de température lissée (à la maille France) par rapport à celle attendue lors d’un jour moyen de janvier à 19 h
(i.e. environ 5,5 °C en température lissée). Les différents niveaux d’écart de températures ici présentés (-4 °C, -6,5 °C et -8 °C) amènent à des niveaux de consommation
différents selon l’hiver considéré. Actuellement, ces températures amèneraient à des consommations respectivement de l’ordre de 90 GW, 97 GW et 101 GW.
200
Le diagnostic d’équilibre offre-demande .5
fortes sur le parc nucléaire, telles que celles qui Dans l’ensemble, les scénarios « atteinte des
pourraient résulter de décisions de l’Autorité de objectifs PPE/SNBC » et « atteinte partielle des
sûreté nucléaire) et moins à d’autres (vent très objectifs PPE/SNBC » (y compris dans les confi-
faible sur l’ensemble de la plaque européenne gurations intégrant une limitation des imports à
combiné à une situation de froid). 10 GW), permettent à l’horizon 2030 de dispo-
ser d’un système électrique plus résilient qu’au-
Il en résulte, à l’horizon 2030, un paysage jourd’hui aux quatre stress-tests individuels et
plus contrasté en matière de sécurité d’appro
- aux conjonctions d’aléas défavorables simulées.
visionnement :
1.
La température restera un facteur prépondé- 5.2.3 La politique de diversification
rant. Le risque devrait toutefois rester similaire du mix apporte un surcroît en matière
à celui entrevu aujourd’hui, notamment du de sécurité d’alimentation, sous
fait de la stabilité de la thermosensibilité de la condition qu’elle s’accompagne
consommation. de marges par rapport au respect
du « critère des 3 heures »
2. La disponibilité du parc nucléaire restera éga-
lement un paramètre dimensionnant, mais la Les éléments présentés ci-dessus permettent de
résilience à une indisponibilité simultanée d’un mieux caractériser la nature des transformations
nombre donné de réacteurs nucléaires s’amélio- du mix électrique programmées au cours des
rera dès 2025. Ce type de risque ne se matériali- prochaines années.
serait toutefois qu’en cas de conjonction avec des
niveaux sensiblement élevés de consommation. Les discussions issues des scénarios du Bilan
prévisionnel 2017 de RTE qui avaient été utilisés
3. Le développement accru de l’énergie éolienne dans le cadre de la préparation de la nouvelle PPE,
induira une plus forte sensibilité de la pro- conduisaient à identifier deux types de trajectoires
duction aux épisodes sans vent (le risque est au cours des prochaines années, qui représentent
moindre pour les périodes d’ensoleillement deux façons différentes d’envisager la politique de
réduit, la contribution de l’énergie solaire étant diversification du mix électrique.
plus réduite à la diminution du risque de défail-
lance). La survenue de tels épisodes ne présente Les scénarios « d’addition » (tel celui d’atteinte des
en revanche pas de risque pour l’équilibre offre- objectifs de la PPE, mais aussi de Volt dans le Bilan
demande pour des niveaux moyens de consom- prévisionnel 2017) reposent sur un développe-
mation hivernale. ment les énergies renouvelables plus rapide que le
rythme de décroissance de la production nucléaire.
4.
La simultanéité d’aléas météorologiques L’évolution du parc de production conduit alors à dis-
extrêmes, tels que des épisodes de grand froid poser de marges croissantes par rapport au « critère
et de faible vent, représenterait le risque le historique ». Ceci aboutit à réduire la dépendance à
plus influent à cet horizon. Cette conjonction chacun des moyens de production pris isolément, et
est envisageable mais n’est toutefois pas sys- à la disponibilité effective du parc nucléaire l’hiver
tématique : lors des vagues de froid de 2012 en particulier. Ainsi, les scénarios « d’addition »
et 2018, la production éolienne était élevée. La apparaissent de nature à répondre aux souhaits
caractérisation statistique de ces conjonctions formulés par l’Autorité de sûreté nucléaire dans son
sera analysée plus en détail dans le prochain avis de 2013, et exprimés à nouveau par son pré-
Bilan prévisionnel à l’horizon 2050. sident dernièrement, de doter le système électrique
de marges permettant de procéder à des arrêts de
5. Sans aléa sur le système électrique, et notam- réacteurs nucléaires sans engager de débat entre la
ment avec une température proche des nor- sécurité d’alimentation et la sûreté nucléaire.
males et un facteur de charge moyen, la sécurité
d’approvisionnement pourrait être assurée au Dans les scénarios « de substitution » au contraire,
cœur de l’hiver sans recourir à des imports. la France procéderait au simple remplacement
202
Le diagnostic d’équilibre offre-demande .5
visionnement en électricité en cas de grand froid cet hiver, la question d’éventuelles défaillances des
systèmes électriques en Europe et en particulier en France a été remise dans le débat alors qu’elle
avait quasiment disparu des préoccupations du grand public. Dans la prochaine décennie, les nombreux
arrêts de centrales pilotables, au charbon ou nucléaires, actuellement programmés et dont les consé-
quences concrètes semblent assez peu intégrées dans le débat public, pourraient renforcer l’impor-
tance de cette question. L’objet de cette note d’analyse est de fournir quelques éléments permettant
d’appréhender l’évolution de ces risques de défaillance afin d’engager à temps les politiques adéquates.
Des objectifs très ambitieux de développement d’énergies renouvelables ont été décidés, mais les
solutions en termes de pilotage et de maîtrise de la demande, de capacités de stockage et, plus
généralement, de flexibilité et d’intégration au réseau restent à l'heure actuelle insuffisamment
développées. La capacité à assurer la sécurité d’approvisionnement telle qu'elle est définie aujourd'hui
est donc incertaine dans les périodes de tension et nécessitera un développement approprié des
solutions de flexibilité et de stockage. Les systèmes électriques européens étant interconnectés,
c'est à cette échelle qu’il faut s’intéresser au dimensionnement des capacités de production, qui
constitue un des déterminants de la sécurité d’approvisionnement.
Après avoir dressé le bilan des politiques et objectifs des principaux États membres, cette note
La présente étude fait le constat des limites de la coordination politique existant entre les pays
européens sur ces questions. En particulier, si les mesures préconisées par le nouveau paquet légis-
L’étude de France Stratégie vise à évaluer l’évolu- dans le Code de l’énergie prévues pour l’élaboration
tion de la sécurité d’approvisionnement entre 2020 des Bilans prévisionnels.
et 2035, en France et dans quelques autres pays
européens (Italie, Allemagne, Grande-Bretagne, Par ailleurs, plus spécifiquement sur le deuxième
Espagne, Suisse, Belgique). point, l’approche retenue s’appuie sur des hypothèses
concernant les facteurs de contribution statistique à
Cette étude diffère en premier lieu du Bilan prévision- la sécurité d’approvisionnement pour les différentes
nel sur le plan méthodologique : d’une part elle est filières en fort écart avec les analyses de RTE :
établie en considérant une absence d’imports (alors uu D’un côté les hypothèses sur la contribution des
que la contribution des interconnexions à la sécurité capacités nucléaire et hydraulique apparaissent
d’alimentation en France est aujourd’hui d’environ surestimées (i) au regard des historiques de dis-
9 GW et pourrait dépasser 15 GW à l’horizon 2030 ponibilité, (ii) du caractère fatal d’une partie de
dans le scénario de référence du Bilan prévisionnel), la production hydraulique et (iii) en comparaison
et d’autre part elle raisonne au travers d’une éva- avec les niveaux de certification sur le mécanisme
luation statistique de la contribution de chaque filière de capacité. L’effet de ces hypothèses conduit à
à la sécurité d’approvisionnement. Ces deux points surestimer d’environ 9 GW la contribution de ces
diffè
rent des dispositions réglementaires prévues filières à la sécurité d’approvisionnement.
135.
[Link]
204
Le diagnostic d’équilibre offre-demande .5
L’étude réalisée par E-Cube et EWI (institut d’économie uu Les capacités d’imports sont supposées nulles en
de l’université de Cologne), pour le compte de Engie, dehors du périmètre modélisé. Pour la France,
évalue la capacité du système électrique d’une partie cela signifie une impossibilité d’imports depuis la
de l’Europe de l’ouest (France, Allemagne, Belgique, Grande-Bretagne, l’Espagne l’Italie et la Suisse,
Pays-Bas, Danemark et Luxembourg) à faire face à alors que la contribution des interconnexions avec
des vagues de froid intense à l’horizon 2030. ces pays à la sécurité d’alimentation en France est
aujourd’hui de plus de 6 GW par exemple.
L’étude identifie que les capacités de production ne uu La prise en compte simplifiée de la thermosen-
seraient pas en mesure de faire face à la demande sibilité de la consommation repose dans cette
en cas de vague de froid similaire à celles de janvier étude sur l’hypothèse de dépendance du chauf-
1985, janvier 1987 et février 2012 (qui sont les trois fage à la température instantanée, sans prendre
vagues de froid les plus intenses vécues en France lors en compte les effets de l’inertie thermique des
des quarante dernières années), et ce notamment du bâtiments. Cette hypothèse conduit à suréva-
fait du développement du chauffage électrique en luer le besoin de chauffage lors de vagues de
Europe (en particulier des pompes à chaleur). froid, jusqu’à 7 GW supplémentaires à certaines
périodes pour la France. Le chapitre n° 2 du
Ces analyses se concentrent donc sur des situa- présente annexe technique fournit par ailleurs
tions « extrêmes » et correspondent davantage à une analyse d’impact du développement des
des « stress tests » qu’à des études portant sur le pompes à chaleur sur la thermosensibilité de la
respect du critère de sécurité d’approvisionnement. consommation en France.
Ces analyses sont néanmoins plus pessimistes que Au-delà de ces écarts qui amènent à fournir un
les stress tests réalisés par RTE dans ce Bilan pré- diagnostic de résilience plus dégradé que dans le
visionnel (qui portent notamment sur une vague de Bilan prévisionnel (qui souligne toutefois les risques
froid de type 2012 ou 2018). Cet écart s’explique pesant sur l’équilibre offre-demande, notamment en
par plusieurs facteurs : cas de conjonctions d’aléas différents en France et en
uu Les vagues de froid observées avant 1990 cor- Europe), il convient de noter que l’approche « stress
respondent à des situations dont l’impact sur le test » reprise dans cette étude apparait désormais
niveau de consommation serait bien supérieur à comme essentielle pour décrire plus complètement
celui observé en 2012 en France et n’intègrent le niveau de sécurité d’alimentation, au-delà des
pas, dans la modélisation reprise dans cette analyses prévues par le Code de l’énergie.
étude, de correction liée à la prise en compte
du changement climatique.
136.
[Link]
horizon-2030
Étude de ENTSO-E
« Mid-Term Adequacy Forecast 2020 »137,
European Network of
Transmission System Operators
for Electricity
publiée en décembre 2020
ENTSO-E réalise annuellement une étude de En comparaison, RTE utilise un référentiel cli-
sécurité d’approvisionnement sur l’ensemble du matique de 200 prévisions fournies par Météo
périmètre européen. Cette étude repose sur une France et modélisant un climat des années
analyse probabiliste, simulant le fonctionnement 2020-2030.
du système électrique européen tout comme le uu La durée des arrêts programmés du parc
Bilan prévisionnel. La dernière étude réalisée porte nucléaire ne fait pas l’objet d’une modélisation
sur les horizons 2025 et 2030. probabiliste des risques d’allongements comme
celle reprise dans le Bilan prévisionnel.
Elle identifie une très forte amélioration de la sécu- uu Les hypothèses pour la France, en particulier
rité d’approvisionnement dans la plupart des pays sur l’évolution de la consommation, ont été
européens, en 2025 et a fortiori à l‘horizon 2030, y réactualisées pour ce Bilan prévisionnel suite
compris en France. aux diverses consultations publiques, alors
que celles pour l’exercice de l’ENTSO-E ont été
Ce résultat repose sur l’hypothèse de l’atteinte des figées en début d’année 2020.
objectifs publics sur l’évolution du mix en Europe, Spécifiquement pour la consommation, cette dif-
avec notamment le développement massif des férence chronologique a notamment permis à RTE
énergies renouvelables, la fermeture dans plu- d’intégrer dans ce Bilan prévisionnel les effets pré-
sieurs pays de centrales nucléaires et de capacité vus de la SNBC adoptée en avril 2020, de la stra-
au charbon, en partie compensées par le dévelop- tégie hydrogène publiée en septembre 2020 ou
pement de nouvelles capacités au gaz. encore des objectifs de décarbonation accrus du
chauffage annoncés en novembre 2020.
Néanmoins, plusieurs aspects sont sources d’écart
avec ce Bilan prévisionnel, notamment : Malgré ces écarts, l’étude de l’ENTSO-E amène à
uu Le référentiel climatique repose sur 35 années un constat relativement proche de celui du Bilan
historiques non corrigées du changement clima- prévisionnel, à savoir la possibilité de disposer
tique. Certaines années historiques, notamment de marges fortement positives à l’horizon 2030
celles avant 1990, présentent des vagues de en France dans le cas où l’ensemble des objec-
froid très intenses (dont l’impact sur le niveau tifs publics seraient atteints et où les trajectoires
de consommation serait bien supérieur à celui d’évolution du parc thermique dans les différents
observé en 2012 en France). Dans un référen- pays européens (tant sur les déclassements que
tiel composé de 35 configurations climatiques, les mises en service) seraient effectives. Ce résul-
la probabilité d’occurrence de ces situations tat reste néanmoins empreint d’incertitudes et le
apparait surévaluée par la taille de l’échantillon Bilan prévisionnel permet d’apporter des éclairages
et l’absence de prise en compte du changement sur celles-ci, à partir d’analyses de sensibilités qui
climatique. ne sont pas étudiées dans l’étude du MAF.
137. [Link]
206
L’ANALYSE
DE VIABILITÉ
ÉCONOMIQUE
Le diagnostic d’amélioration progressive de la (hormis le parc charbon), mais aussi des capacités
sécurité d’approvisionnement, avec des marges de stockage par batterie et de certaines capacités
potentielles à partir de 2024-2025, repose sur les d’effacement (quand elles ne sont pas éligibles au
hypothèses d’évolution du parc de production, qui soutien public).
sont basées sur des objectifs publics et/ou d’an-
nonces des exploitants de capacités, selon le type L’analyse de la viabilité économique de ces filières
de capacités concernées. De nombreuses variantes permet notamment d’apprécier les risques de fer-
permettent de tester la robustesse du diagnostic meture et/ou de mise sous cocon pour raisons
en cas d’écarts par rapport à ces hypothèses. économiques de capacités thermiques existantes
et les possibles développement de nouvelles capa-
Néanmoins, la trajectoire de certaines capacités sera cités (stockage notamment).
conditionnée par leur viabilité économique. Pour la
plupart des capacités, les trajectoires d’évolution Cette analyse conduit ainsi à identifier l’opportunité
sont peu sensibles aux niveaux des prix sur les mar- ou non du maintien d’un mécanisme de capacité
chés de l’électricité. C’est notamment le cas des dans la durée pour assurer le respect du critère de
installations d’énergies renouvelables et, dans une sécurité d’approvisionnement. Cette analyse répond
moindre mesure, du parc nucléaire dont les trajec- par ailleurs à une exigence du règlement électri-
toires d’évolution sont avant tout le reflet des ambi- cité 2019/943138, qui prévoit que la conclusion de
tions publiques (avec un pilotage en volume, via des contrats de rémunération au titre du mécanisme
appels d’offres pour les énergies renouvelables et des de capacité est conditionnée à la démonstration de
décisions administratives pour le nucléaire) et des l’existence du besoin du mécanisme de capacité.
réalités industrielles. En pratique, en l’absence de cette justification, le
mécanisme de capacité sera suspendu à partir de
Cependant, l’évolution de certaines capacités est l’année de livraison 2023, comme précisé à l’article
directement sensible aux conditions de marché. L. 335-2 du code de l’énergie139, qui décline en droit
C’est notamment le cas du parc thermique existant français l’exigence européenne.
138. R ÈGLEMENT (UE) 2019/ 943 DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL – du 5 juin 2019 – sur le marché intérieur de l’électricité ([Link]). :
L’article 21 – 6 précise que « Lorsqu’un État membre applique un mécanisme de capacité, il l’examine et fait en sorte qu’aucun nouveau contrat ne soit
conclu dans le cadre de ce mécanisme lorsque tant l’évaluation de l’adéquation des ressources à l’échelle européenne, que l’évaluation de l’adéquation
des ressources à l’échelle nationale ou, en l’absence d’une évaluation de l’adéquation des ressources à l’échelle nationale, l’évaluation de l’adéquation des
ressources à l’échelle européenne, n’ont pas recensé de difficulté d’adéquation des ressources ».
139. L’article L. 335-2 du code de l’énergie précise que « Lorsque ni le bilan prévisionnel pluriannuel, ni les études d’adéquations européennes mentionnées à l’article 23
du règlement (UE) 2019/943 du Parlement européen et du Conseil du 5 juin 2019 sur le marché intérieur de l’électricité n’identifient de difficultés d’adéquation
des ressources en l’absence de mécanisme de capacité, pour des années pour lesquelles il n’a pas encore été procédé à la certification des capacités de production
ou d’effacement, le ministre chargé de l’énergie suspend par arrêté l’application du mécanisme d’obligation de capacité pour ces mêmes années aussi longtemps
qu’aucune difficulté d’adéquation n’est identifiée. Pour les années 2023 et 2024, pour lesquelles il a déjà été procédé à la certification de certaines capacités, le ministre
chargé de l’énergie suspend par arrêté l’application du mécanisme d’obligation de capacité pour l’une ou l’autre de ces années lorsque, dans les conditions précisées à
l’alinéa précédent, il n’a pas été identifié, avant le 31 décembre de l’année qui précède, de difficulté d’adéquation des ressources pour l’année considérée.»
208
L’analyse de viabilité économique .6
Dès lors qu’elle sert à justifier la mise en place ou le des régulateurs de l’énergie (ACER)140. L’analyse
maintien d’un mécanisme de capacité, l’analyse de doit notamment proposer un scénario d’évolution
la viabilité économique doit reposer sur des principes des capacités dans une configuration « sans » et une
méthodologiques établis par l’Agence de coopération configuration « avec » mécanisme de capacité.
Un cadre méthodologique permettant d’évaluer les revenus tirés sur les marchés
de l’électricité et de construire des scénarios « économiquement bouclés »
Les revenus issus des marchés de l’énergie sont esti- Sur l’horizon 2022-2023 sur lequel des cotations de
més sur la base de la simulation du fonctionnement produits à terme existent142, une seconde approche
du système électrique européen, qui permet d’identi- est mise en œuvre pour évaluer les revenus sur les
fier les coûts marginaux, fournissant une estimation marchés de l’énergie. Cette approche, préconisée
des prix de marché. Lors des périodes où la consom- par la méthodologie publiée par l’ACER, se base
mation ne peut pas être satisfaite en France ou dans sur un modèle143 de prix spot « exogène » (i.e. ne
des pays voisins avec lesquels l‘interconnexion n’est reposant pas sur la modélisation de la formation
pas saturée, le prix est supposé atteindre le plafond des prix par les fondamentaux économiques), dont
de prix de marché (i.e. le plafond des bourses de les niveaux sont calés en espérance sur les cota-
l’électricité, aujourd’hui fixé à 3 000 €/MWh). Cette tions constatées de prix sur les marchés à terme144.
145. L
a méthodologie qui précise les principes méthodologiques à respecter pour mener une telle évaluation prévoit, dans son article 6, la possibilité de
prendre en compte l’aversion au risque (Article 6, 9, iii, 1 « Additional approaches (such as “value at risk”) may be used to account for the price risk »).
[Link]
210
L’analyse de viabilité économique .6
de capacité en France. Ce choix permet aussi d’évi- mécanisme de capacité. L’effet de la présence ou
ter une dépendance des résultats à des hypothèses non d’un mécanisme de capacité et des niveaux de
moins maîtrisées sur les coûts dans les pays étran- revenus sur les marchés de l’énergie sur l’évolu-
gers, alors que ces hypothèses sur la France ont fait tion des capacités de cogénération et d’effacement
l’objet d’une concertation. n’a pas été représenté par soucis de simplicité et
car la viabilité économique de ces capacités est
Le scénario « sans mécanisme de capacité » est relativement difficile à appréhender146, ce qui peut
construit, en considérant les seuls revenus tirés avoir tendance à sous-évaluer la contribution du
sur les marchés de court-terme et le marché de mécanisme de capacité. Les analyses menées dans
l’énergie, de façon itérative en ajustant la capa- le cadre du retour d’expérience sur le mécanisme
cité de TAC et de CCG en service jusqu’à atteindre de capacité apporteront des éclairages sur l’effet
une situation où chaque capacité peut couvrir ses d’un mécanisme de capacité sur les effacements
coûts (en considérant le milieu de la fourchette de de consommation et les cogénérations.
coût) sur la base des revenus de marchés (hors
revenus « exceptionnels »). Lorsque des capacités Ces deux scénarios, qui répondent aux exigences
ne couvrent pas leurs coûts fixes sur une année de la méthodologie européenne, doivent être consi-
donnée mais que cette situation n’est que transi- dérés avec précaution car la construction d’un scé-
toire, il a été supposé qu’elles restaient en service. nario économiquement bouclé est par nature très
C’est le cas d’une partie des capacités sur l’horizon sensible aux hypothèses (notamment sur les coûts
2024-2025. considérés, et la prise en compte du risque et des
revenus « exceptionnels » dans les décisions de
Le scénario « avec mécanisme de capacité » diffère fermeture et/ou de mise sous cocon). Une autre
du scénario « sans mécanisme de capacité » pour façon d’apporter un éclairage sur la nécessité d’un
les horizons où ce dernier fait apparaître un déficit mécanisme de capacité est proposée. Elle consiste à
de capacité par rapport au critère public et que ce tester la viabilité économique des capacités dans un
déficit résulte de la fermeture économique de capa- scénario ajusté sur le respect du critère de sécurité
cités. Pour ces horizons, le scénario « avec méca- d’approvisionnement. Ainsi, lorsque le scénario de
nisme de capacité » est construit en supposant que référence (atteinte des objectifs PPE/SNBC en fin
le mécanisme de capacité permettra le maintien d’horizon) fait apparaître des marges en capacité
en service des capacités TAC et CCG strictement (à partir de l’horizon 2024-2025) et que la viabilité
nécessaires au respect du critère de sécurité d’ap- économique des TAC et/ou CCG n’est pas assurée
provisionnement. Ce mode de construction est ali- dans ce scénario, l’analyse est complétée par une
gné avec l’architecture du mécanisme de capacité évaluation de la viabilité économique des capacités
français. CCG et TAC dans une configuration où une partie
des capacités sont déclassées de façon à respec-
Le bouclage économique réalisé ne porte que sur ter le niveau de sécurité d’approvisionnement sans
le maintien en service des capacités TAC (au gaz marge. L’appréciation de la viabilité économique
et au fioul), des CCG et les possibles investisse- dans ce scénario permet d’identifier si l’absence de
ments en batteries. Les autres capacités (parc mécanisme de capacité est susceptible de conduire
nucléaire, énergies renouvelables) sont suppo- à un risque pour le respect du critère public de
sées évoluer selon des orientations publiques et sécurité d’approvisionnement.
industrielles et non selon la présence ou non du
146. D
’une part, certaines cogénérations disposent de soutien public et d’autres de revenus chaleur plus ou moins « captifs ». D’autre part, les effacements
de consommation bénéficient de dispositifs de soutien public qui conditionnent en partie la trajectoire d’évolution, même si toutes les capacités n’en
bénéficient pas (du fait de critères d’éligibilité notamment), et leurs coûts sont moins documentés et dépendent des consommateurs effacés.
Des hypothèses sur les prix des Coûts fixes d’exploitation et maintenance
combustibles, du CO2 et les coûts des des capacités et coûts d’investissements
capacités qui se basent sur des prix Les hypothèses de coûts fixes considérées pour
observés, une revue de littérature et la comparaison avec les revenus, prennent en
la concertation avec les acteurs compte les coûts fixes d’exploitation et mainte-
nance pour les capacités existantes et, pour les
L’analyse de la viabilité économique repose sur des potentielles nouvelles capacités, y ajoutent les
hypothèses concernant les (i) les coûts des capacités coûts d’investissements.
(coûts fixes d’exploitation et maintenance et, pour les
capacités susceptibles de se développer, coûts d’inves- Les hypothèses de coûts fixes pour les CCG et les
tissements) et (ii) les prix des combustibles et du CO2, TAC gaz et fioul reposent sur les hypothèses utili-
qui conditionnent le coût variable des capacités. Ces sées dans le Bilan prévisionnel 2019, qui sont rela-
hypothèses structurantes ont été établies en concer- tivement optimistes au regard (i) des hypothèses
tation avec les acteurs (pour les coûts et les prix), sur établies en concertation pour la publication du
la base d’une revue de littérature (pour les coûts et les Bilan prévisionnel 2017147, et (ii) des publications
prix) ainsi que d’observations sur les prix de marché récentes et détaillées de cabinets de consultants,
(pour la construction de l’évolution des prix). dans le cadre de mise en place du mécanisme de
Figure 6.1 Hypothèses de coûts fixes d’exploitation et de maintenance des CCG et TAC
50
45
40
35
en k€/MW/an
30
25
20
15
10
Fourchette
5 de coûts
O&M
0
Hypothèse Hypothèse Étude Étude Hypothèse Hypothèse Hypothèse Étude Étude Hypothèse
Bilan Bilan Fichtner AFRY retenue Bilan Bilan Fichtner AFRY retenue
prévisionnel prévisionnel pour pour prévisionnel prévisionnel pour pour
(2017) (2019) Mécanisme Mécanisme (2017) (2019) Mécanisme Mécanisme
de capacité de capacité de capacité de capacité
en Belgique en Belgique en Belgique en Belgique
(2020) (2021) (2020) (2021)
212
L’analyse de viabilité économique .6
10
Les coûts d’opération et maintenance considérés 0
sont estimés à 3,5 % des CAPEX complets. Le coût 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2026 2027 2028 2029 2030
annualisé est calculé avec deux hypothèses de coût CO2 (Euro/t) Gaz (Euro/MWht)
du capital (5 % pour l’hypothèse basse et 9 % pour Pétrole (Euro/bbl) Charbon (Euro/t)
148. h
ttps://[Link]/-/media/project/elia/elia-site/users-group/crm-implementation/documents/20201214_fichtner-report-cost-of-capacity-crm_en.pdf
et [Link]
Ces travaux sont basés sur des analyses centrale par centrale qui intègrent l’ensemble des coûts réellement portés par les exploitants de capacités (coûts
d’opération incluant les coûts de personnel, coûts administratifs, tarif de réseau gaz et électricité, coûts d’assurance, coûts de maintenance, taxes), même
s’ils doivent être pris avec précautions car adhérents au cadre en vigueur en Belgique (sur les taxes, les coûts d’accès au réseau de gaz et d’électricité, etc.).
Figure 6.4 Périodes de prix faibles (< 20 €/MWh) – scénario -« Atteinte des objectifs PPE/SNBC en fin d’horizon »151
25%
20%
15%
10%
5%
0%
18
19
20
23
25
1
02
02
02
03
20
20
20
20
20
-2
-2
-2
-2
-
-
21
22
23
24
25
30
20
20
20
20
20
20
149. Le calcul du Clean Spark Spread est effectué en considérant l’hypothèse d’un CCG de rendement de 50 % et émettant 0,352 tCO2/MWh.
150. Cependant cet indicateur, qui permet d’apprécier certaines tendances ne permet pas d’expliquer toutes les tendances. Etant calculés sur la base de prix
baseload, il ne peut refléter parfaitement les prix moyens lors des périodes de fonctionnement des capacités. En particulier, alors que le clean spark spread
augmente entre 2025 et 2030, les revenus des CCG diminuent du fait d’une déformation de la structure des prix de l’électricité. Ils sont plus importants
en moyenne mais du fait de leur rehaussement lors des périodes de forte production EnR et nucléaire.
151. L’année 2020 est atypique en termes de prix, du fait des effets de la crise sanitaire sur la consommation (avec notamment une baisse de l’ordre de 15 %
de la consommation pendant le premier confinement)
214
L’analyse de viabilité économique .6
2
€/MWh
-2
-4
-6
2022-2023 2023-2024 2024-2025 2025-2026 2030-2031
Sur la seconde moitié de la décennie, le clean inférieur aux niveaux atteints depuis 2016. Du fait
spark spread devrait se stabiliser, voire se rehaus- de la baisse des durées de fonctionnement et des
ser légèrement. En effet, malgré la poursuite du prix lors des périodes de fonctionnement, les reve-
développement de production à faible coût de pro- nus des CCG pourraient être divisés par trois entre
duction (+70 TWh entre 2025 et 2030), l’augmen- 2022-2023 et 2024-2025.
tation des capacités d’export (+10 GW d’ici 2030)
et le développement des consommations d’électri- Les revenus sur les marchés de l’énergie des capaci-
cité (véhicules électriques, production d’hydrogène tés de pointe devraient quant à eux subir une baisse
par électrolyse) soutirées lors des périodes d’ex- encore plus marquée sur la décennie, du fait de
cédents de production à faible coût de production l’amélioration progressive de la sécurité d’approvi-
(énergies renouvelables et nucléaire) conduira à sionnement qui conduira à réduire les occurrences de
réduire les périodes de prix faibles en France et pics de prix. Cependant, malgré des marges impor-
soutiendra légèrement le niveau du clean spark tantes à l’horizon 2030 dans le scénario d’atteinte
spread dont le niveau restera très bas. des objectifs publics, les occurrences de pics de prix
(qui conditionnent la rémunération des capacités de
pointe) ne sont pas nulles. En effet, ces pics de prix
Les revenus des capacités de ne résultent pas des seules situations de tension en
production de semi-base et de pointe France : le fonctionnement européen du marché de
se dégradent sur la décennie l’électricité peut conduire à des pics de prix en France
lors d’épisodes de tension dans d’autres pays euro-
La baisse du clean spark spread permet d’anticiper péens (et sous condition que les interconnexions ne
une baisse des revenus des capacités de produc- soient pas saturées). Cela signifie que des moyens
tion sur le marché de l’énergie : les occurrences de de pointe en France tirent une rémunération asso-
prix suffisants pour rentabiliser le démarrage des ciée à leur contribution lors d’épisodes de tension
CCG se raréfieront et dès 2024-2025, le nombre dans des pays voisins. La part de cette rémunération
d’heures de fonctionnement à pleine puissance a vocation à augmenter avec le développement des
pourrait être inférieur à 2 500 heures soit un niveau interconnexions ce qui est cohérent avec la logique
152. Le calcul du Clean Spark Spread est effectué en considérant l’hypothèse d’un CCG de rendement de 50 % et émettant 0,352 tCO2/MWh.
5 000
4 500
4 000
3 500
heures/an
3 000
2 500
2 000
1 500
1 000
500
0
14
15
16
17
18
19
20
22
23
24
25
26
31
20
20
20
20
20
20
20
0
-2
-2
-2
-2
-2
-2
21
22
23
24
25
30
20
20
20
20
20
20
de mutualisation européenne du « backup » grâce dépendantes du niveau de sécurité d’approvisionne-
au développement des interconnexions. Ceci signi- ment dans les pays voisins.
fie néanmoins que de très fortes incertitudes pèsent
sur la rémunération des moyens de pointe, notam- L’analyse basée sur les prix forward, menée sur l’hori-
ment à horizon 2030, car celles-ci sont fortement zon 2022-2023, en cohérence avec la recommandation
Figure 6.7 Revenus annuels nets (i.e. revenus diminués des coûts variables de production), hors revenus
capacitaires, prévisionnels des CCG et comparaison avec les hypothèses de coûts fixes153 –
scénario « Atteinte des objectifs publics en fin d’horizon »
80 CCG
Approche sur Approche sur prix simulés
prix Forward
70
60
50
k€/MW/an
Revenus « exceptionnels »
issus des marchés
40 de l’énergie
Revenus issus des marchés
30 de l’énergie, hors revenus
« exceptionnels »
20 Revenus issus des marchés
court-terme (réserves,
mécanisme d’ajustement)
10 Fourchette de coûts fixes
annuels d’opération et
0 maintenance
2022-2023 2022-2023 2023-2024 2024-2025 2025-2026 2030-2031
153. L
’approche basée sur prix de cotation des marchés forward n’est applicable que pour l’horizon 2022-2023, compte tenu de la disponibilité des cotations
sur la période de référence considérée (nov 2019-fév 2020).
216
L’analyse de viabilité économique .6
de l’ACER, fournit une vision des revenus que peuvent de référence. En effet, l’approche sur prix forward se
tirer les capacités sur les marchés de l’énergie, qui base sur des prix spot historiques réalisés, qui sont
peut apparaître significativement différente de celle recalés en espérance sur les cotations forward dispo-
fournie par l’approche de référence, basée sur la nibles. Dans la mesure où les épisodes de pics de prix
simulation explicite du fonctionnement du système sont très rares dans les prix spot réalisés et que les
électrique et la formation des prix. Cet écart est par- cotations forward ne reflètent que des prix en espé-
ticulièrement patent pour les moyens de pointe (les rance, cette approche est mal adaptée pour représen-
TAC en général et les TAC fioul en particulier) pour les- ter les occurrences de pics de prix, si on considère
quels l’approche basée sur les prix forward fournit des que les situations où la production ne peut satisfaire la
revenus significativement plus faibles que l’approche demande conduiraient à de tels pics de prix.
Figure 6.8 Revenus annuels nets (i.e. revenus diminués des coûts variables de production), hors revenus
capacitaires, prévisionnels des TAC au gaz et comparaison avec les hypothèses de coûts fixes –
scénario « Atteinte des objectifs publics en fin d’horizon »
40
35
k€/MW/an
30 Revenus « exceptionnels »
issus des marchés
25 de l’énergie
Revenus issus des marchés
20 de l’énergie, hors revenus
« exceptionnels »
15
Revenus issus des marchés
court-terme (réserves,
10
mécanisme d’ajustement)
5 Fourchette de coûts fixes
annuels d’opération et
0 maintenance
2022-2023 2022-2023 2023-2024 2024-2025 2025-2026 2030-2031
Figure 6.9 Revenus annuels nets (i.e. revenus diminués des coûts variables de production), hors revenus
capacitaires, prévisionnels des TAC au fioul et comparaison avec les hypothèses de coûts fixes –
scénario « Atteinte des objectifs publics en fin d’horizon »
45 TAC au fioul
Approche sur Approche sur prix simulés
prix Forward
40
35
30
k€/MW/an
Revenus « exceptionnels »
25 issus des marchés
de l’énergie
20 Revenus issus des marchés
de l’énergie, hors revenus
15 « exceptionnels »
Revenus issus des marchés
10 court-terme (réserves,
mécanisme d’ajustement)
5 Fourchette de coûts fixes
annuels d’opération et
0 maintenance
2022-2023 2022-2023 2023-2024 2024-2025 2025-2026 2030-2031
Comme dans de nombreux pays européens, L’émergence plus massive de capacités reposera
le développement des batteries est désormais nécessairement sur l’existence d’un modèle d’affaires
amorcé en France à un niveau industriel. Ce déve- basé sur la valorisation sur les marchés de l’énergie,
loppement repose principalement sur la fourniture sous forme d’arbitrages entre les prix spot sur diffé-
de réglage de fréquence, dont la rémunération rentes périodes, complétée par la rémunération au
est élevée, ainsi que sur la rémunération au titre titre du mécanisme de capacité. Des services complé-
du mécanisme de capacité. L’hypothèse considé- mentaires pour contribuer à la résorption de conges-
rée d’une capacité installée de l’ordre de 500 MW tions réseau sont également envisageable, mais le
fin 2022 (issue d’un recensement des projets par modèle d’affaire reste à confirmer155.
RTE et les GRD) est compatible avec des modèles
d’affaires reposant sur la fourniture de services Malgré une importante baisse des coûts atten-
système. due à l’horizon 2030156, les projets de batteries se
Figure 6.10 Coûts157 et revenus annuels prévisionnels (hors revenus capacitaires) des batteries se valorisant sur
des arbitrages entre différentiels de prix sur le marché de l’énergie et comparaison avec les hypothèses
de batteries 1 MW/2 MWh – scénario « Atteinte des objectifs publics en fin d’horizon »
140 Batteries
Approche sur
prix Forward Approche sur prix simulés
120
100
k€/MW/an
80
60 Revenus « exceptionnels »
issus des marchés
de l’énergie
40
Revenus issus des marchés
de l’énergie, hors revenus
20 « exceptionnels »
Fourchette de coûts
fixes annualisés
0 (CAPEX annualisés + OPEX)
2022-2023 2022-2023 2023-2024 2024-2025 2025-2026 2030-2031
154. [Link]
155. RTE a lancé début 2021 un appel à manifestation d’intérêt sur 4 zones du réseau français afin d’évaluer la capacité de solutions de flexibilité, essentiellement
à base de stockage, de repousser certains investissements réseau.
156. Les hypothèses de coûts d’un projet de stockage stationnaire avec une capacité de stock de 2h sont établies sur la base des hypothèses contrastées issues
des analyses de Bloomberg New Energy Finance et du National Renewable Energy Laboratory aux USA. Ces hypothèses représentent le coût complet d’un
projet de stockage stationnaire, à l’exception du coût de raccordement (selon le projet, ces coûts peuvent être évités dans certains cas). Sont inclus dans le
périmètre de coût : (i) les cellules et le contrôle des batteries (BMS battery management system) comptant pour 55 % du CAPEX, (ii) le module de gestion
et d’équilibrage du système (BOS) pour 10 %, (iii) la conversion de puissance (PCS power conversion system) pour 15 %, (iv) les coûts d’ingénierie, de
fourniture des équipements et de construction pour 20 %.
Les coûts d’opération et maintenance considérés sont estimés à 3,5 % des CAPEX complets. Le coût annualisé est calculé avec deux hypothèses de coût
du capital (5 % pour l’hypothèse basse et 9 % pour l’hypothèse haute) et une durée de vie de 15 ans. Sur la base des hypothèses de BNEF et de NREL,
une hypothèse de baisse de coût se situant entre 25 % et 45 % est considérée à l’horizon 2030.
157. Coûts fixes annualisés, intégrant les coûts d’investissements et les coûts fixes d’opération et maintenance
218
L’analyse de viabilité économique .6
valorisant à partir d’arbitrages sur le marché de coût des batteries et les revenus des marchés de
l’énergie n’apparaissent pas viables économique- l’énergie reste trop important.
ment sur la décennie 2020-2030. L’écart entre le
Une partie importante des TAC et les marchés de l’énergie sont très variables (car
certains CCG ne sont pas en mesure de ils dépendent fortement de l’occurrence ou non de
couvrir leurs coûts fixes sans maintien situations de tension sur l’équilibre offre-demande)
du mécanisme de capacité dès 2023 et il est raisonnable de considérer que l’exploi-
tant de capacités de TAC ne décide leur maintien
Les turbines à combustion (TAC) sont des capacités en service qu’à condition que les coûts de fonc-
d’appoint (ou d’« extrême pointe »), qui ont voca- tionnement soient couverts par les revenus avec
tion à être utilisées quelques dizaines à quelques un certain niveau de certitude. Ainsi, en tenant
centaines d’heures par an. Leur conception, visant compte de l’aversion des exploitants de capacité
à minimiser les coûts d’investissement, conduit au risque, c’est en dire en considérant les revenus
à des rendements faibles (35 % pour les TAC au en espérance hors revenus « exceptionnels », cor-
fioul et 42 % pour les TAC au gaz) et donc des respondant aux 5 % des scénarios les plus favo-
coûts variables élevés. Les revenus des TAC sur rables, les capacités TAC au gaz et surtout au fioul
Figure 6.11 Synthèse des analyses sur la viabilité économique des CCG et TAC existantes et des projets de batteries
(hors modèle se valorisant sur la fourniture de services systèmes), sans rémunération capacitaire –
scénario « Atteinte des objectifs publics en fin d’horizon »
Coûts à couvrir
par les revenus Capacité
2022- 2023- 2024- 2025- 2030-
Filière de marché pour installée
2023 2024 2025 2026 2031
assurer la viabilité à fin 2020
économique
CCG 6,2 GW
Coûts fixes
TAC au gaz d'opération et 0,6 GW
maintenance
TAC au fioul 1.4 GW
Potentielles
Coûts d'investissement
nouvelles batteries
et coûts fixes
se valorisant sur le
d'opération et
marché de l’énergie
maintenance
(arbitrages)
Figure 6.12 Revenus annuels nets (i.e. revenus de marché diminués des coûts variables de production)
prévisionnels des unités au gaz et fioul à l’horizon 2025 et comparaison avec les hypothèses
de coûts fixes – scénarios de référence et de retour à un système « sans marge »
40
35
Revenus « exceptionnels » issus
30 des marchés de l’énergie
Revenus issus des marchés
de l’énergie, hors revenus
k€/MW/an
25
« exceptionnels »
20 Estimation des revenus tirés
sur le marché des réserves
15 (sur la base du réalisé 2018)
Fourchette de coûts fixes
10 annuels d’opération et de
maintenance
5
0
TAC au fioul TAC au gaz CCG CCG
Scénario de maintien du parc thermique existant Scénario de
fermeture ou mise
sous cocon des TAC
et de certains CCG
(respect sans marge
du critère de sécurité
d’approvisionnement)
157. L’analyse menée sur l’horizon 2022-2023 considère que la rémunération capacitaire s’interrompt à fin 2022.
220
L’analyse de viabilité économique .6
cocon d’une partie de ces capacités, même si ces au critère de sécurité d’approvisionnement, de
dynamiques de mises à l’arrêt d’installations de pro- sorte que ces capacités pourraient ne pas pouvoir
duction ne peuvent être anticipées avec précision, valoriser leurs certificats de capacité. D’autre part,
car les décisions des exploitants intègrent d’autres le rehaussement des prix sur le marché de l’éner-
considérations (enjeux industriels, sociaux, etc.). gie qui résulterait de la fermeture d’une partie
des capacités thermiques n’est pas suffisant pour
La fermeture ou mise sous cocon d’une partie des assurer des revenus suffisants pour les capacités
capacités thermiques améliorerait la rentabilité résiduelles.
des autres unités au gaz qui resteraient en ser-
vice. Cependant, il n’existe aucune garantie que Néanmoins, il pourrait être pertinent de profiter de
la viabilité économique des capacités strictement l’existence de capacités TAC et CCG, dont le coût
nécessaires au respect du critère de sécurité d’ap- d’investissement a déjà été consenti, pour rehaus-
provisionnement soit assurée sur la base des seuls ser le critère de sécurité d’approvisionnement et, à
revenus sur les marchés de l’énergie et des marchés travers l’adaptation du dimensionnement du méca-
court terme. Une configuration où toutes les TAC et nisme de capacité, de sécuriser le maintien en ser-
plusieurs CCG seraient fermés, conduisant au res- vice d’une partie significative du parc thermique.
pect – sans marges – du critère de sécurité d’appro- Ceci permettrait de rendre le système électrique
visionnement, a été testée et montre que la viabilité plus robuste à certains évènements (disponibilité
économique des capacités CCG restantes n’est pas dégradée du parc nucléaire, retards sur la trajec-
assurée sans rémunération capacitaire. C’est dans la toire de développement des énergies renouve-
seule configuration où à la fois les coûts fixes d’opé- lables, etc.), réduirait la dépendance de la sécurité
ration et maintenance seraient dans le bas de la d’approvisionnement de la France aux choix d’évo-
fourchette (alors même que les hypothèses de coûts lution du mix dans les pays voisins et permettrait
retenues sont plutôt optimistes) et où les exploitants d’envisager un rythme plus soutenu des trans-
de capacité ne seraient pas averses au risque, c’est- ferts d’usage, qui apparaît utile pour rehausser les
à-dire qu’ils tiendraient compte des revenus « excep- objectifs de décarbonation, comme le prévoit la
tionnels » incertains dans leur décision de maintien Commission européenne.
en service des capacités, que le risque de fermeture
des capacités pourrait être écarté. Le niveau actuel du critère de sécurité d’approvi-
sionnement repose sur un fondement économique,
Ainsi, aux horizons 2024-2025 et 2025-2026, le consistant en un arbitrage entre le coût socio-éco-
mécanisme de capacité apparaît nécessaire pour nomique de la défaillance et les coûts complets de
éviter que la fermeture de capacités de semi-base développement de nouveaux moyens contribuant à
et de pointe puisse conduire à un niveau de sécu- la sécurité d’approvisionnement. À partir de l’hori-
rité d’approvisionnement inférieur au critère public. zon 2024-2025, les termes de ce raisonnement éco-
nomique évoluent : un rehaussement du niveau de
sécurité d’approvisionnement est atteignable sans
À l’horizon 2030, le maintien de tout ou développer de nouvelles capacités mais seulement
partie du parc de CCG et TAC constitue en maintenant les capacités thermiques existantes
un levier pour améliorer la sécurité et donc pour un coût significativement inférieur. RTE
d’approvisionnement, mais n’est pas mènera au cours de l’année 2021 une analyse sur
économiquement viable sans évolution l’opportunité économique d’un rehaussement du
de l’architecture du marché critère de sécurité d’approvisionnement, en cohé-
rence avec l’exigence du paquet législatif « Une
À l’horizon 2030, dans le scénario d’atteinte des énergie propre pour tous les citoyens européens »
ambitions publiques, l’absence de viabilité écono- (règlement électricité 2019/943). Cette analyse
mique pour les CCG et les TAC pourrait théorique- pourra conduire à des propositions d’évolution du
ment conduire à la fermeture de l’ensemble du parc critère de sécurité d’approvisionnement.
thermique, même avec le maintien du mécanisme
de capacité actuel. D’une part, l’intégralité du parc L’analyse économique montre que si les pouvoirs
CCG et TAC se trouve « en excédent » par rapport publics souhaitaient un rehaussement du niveau de
Figure 6.13 Trajectoires de marges dans le scénario de référence et ses variantes prenant en compte les possibilités de
fermeture économique des capacités thermiques, avec et sans mécanisme de capacité (à partir de 2023)
Marges/Déficits par rapport au critère (MW)
6 000
5 000 Avec prise en compte
des effets de la
4 000 viabilité économique
3 000 sur l’évolution du parc
thermique - configuration
2 000 sans mécanisme de
capacité à partir de 2023
1 000
Avec prise en compte
0 des effets de la
-1 000 viabilité économique
sur l’évolution du parc
-2 000 thermique - configuration
avec maintien du
-3 000 mécanisme de capacité
-4 000 Sans prise en compte
-5 000 des effets de la viabilité
économique sur
-6 000 l’évolution du parc
2021-2022 2022-2023 2023-2024 2024-2025 2025-2026
222
LES
CARACTÉRISTIQUES
D’UN SYSTÈME
ÉLECTRIQUE
EN TRANSITION
224
Les caractéristiques d’un système électrique en transition .7
100
80
TWh
60
40
20
Éolien terrestre
0 Éolien en mer
14
15
16
17
18
19
20
1
02
02
02
02
02
03
20
20
20
20
20
20
20
-2
-2
-2
-2
-2
-2
21
22
23
24
25
30
20
20
20
20
20
20
100
80
TWh
60
40
20
0 Photovoltaïque
14
15
16
17
18
19
20
1
02
02
02
02
02
03
20
20
20
20
20
20
20
-2
-2
-2
-2
-2
-2
21
22
23
24
25
30
20
20
20
20
20
20
420
400
380
TWh
360
340
320
300
14
15
16
17
18
19
20
1
02
02
02
02
02
03
20
20
20
20
20
20
20
-2
-2
-2
-2
-2
-2
21
22
23
24
25
30
20
20
20
20
20
20
226
Les caractéristiques d’un système électrique en transition .7
Les analyses de RTE conduisent à mettre en avant La production des centrales au gaz est
une perspective de diminution de la production amenée à se maintenir jusqu’à la mise
thermique fossile, en-dessous des 25 TWh en en service de l’EPR, avant de baisser
2030 (soit moins de 5 % de la production fran- légèrement
çaise), contre près de 40 TWh aujourd’hui. Ce À l’inverse, plusieurs facteurs concourent à prévoir
constat est néanmoins différent pour le charbon, une dynamique en baisse de la production des cen-
le fioul et le gaz. trales à cycle combiné au gaz, et plus largement de
la filière au gaz, sur la prochaine décennie.
Un arrêt de la production d’électricité
à base de charbon en 2022 et une D’ici à la mise en service de l’EPR de Flamanville,
disparition progressive de celle au fioul une perspective de stabilité voire de très légère
La production d’électricité à base de charbon, déjà hausse pourrait toutefois être entrevue, notamment
faible en France, devrait dans un premier temps due à l’importance du programme de travaux sur
décroître du fait des conditions de marché, puis les réacteurs nucléaires entraînant une moindre
disparaître au fur et à mesure de la fermeture des disponibilité du parc nucléaire.
dernières centrales prévues d’ici fin 2022.
50
40
TWh
30
20
10
Fioul
Charbon
Gaz
0
14
15
16
17
18
19
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24
25
31
02
20
20
20
20
20
20
20
20
20
20
20
20
-2
1-
2-
3-
4-
0-
25
2
3
20
20
20
20
20
20
2019 2030
12 10 10 38 10
34 57
15
18 5 4
58 7 80
60 95 71
3 78
21 % 71 % 38 % 57 % 35 % 60 %
Demande Production
Consommation Nucléaire Fioul Éolien en mer
Solde exportateur Charbon Hydraulique Solaire
Stockage Gaz Éolien terrestre Bioénergies
228
Les caractéristiques d’un système électrique en transition .7
500
400
300
200
Bioénergies
Solaire
100 Éolien
Hydraulique
Nucléaire
0
1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2025/2026 2030/2031
7.1.5 La transformation du mix dans l’ensemble des pays voisins de la France dans
se poursuit à l’échelle européenne l’hypothèse du scénario de référence. Cette part
progresse, d’une part grâce à l’augmentation des
La transition énergétique engagée dans l’ensemble capacités de production renouvelable, et d’autre
des pays européens modifie considérablement le part du fait de la diminution des parcs thermiques
paysage électrique, avec une augmentation sen- fossiles et nucléaires.
sible de la part de la production décarbonée dans
les différents mix. Seule la France conserve une production nucléaire
majoritaire. La Grande-Bretagne, la Suisse et l’Es-
À l’étranger, la part des énergies renouvelables pagne seront par ailleurs les seuls autres pays voisins
dans le mix de production devrait être majoritaire à disposer encore d’un parc de production nucléaire.
Figure 7.6 Évolution de la répartition de la production d’électricité en France et dans les pays interconnectés
2019 2030
100% 100%
90% 90%
80% 80%
70% 70%
60% 60%
50% 50%
40% 40%
30% 30%
20% 20%
10% 10%
0% 0%
e
ne
ue
lie
ce
ne
ue
ne
lie
de
et
et
c
gn
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nd
iss
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lg
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Fr
e-
Fr
m
Irl
Irl
Be
Es
Be
Es
nd
nd
le
le
Al
Al
ra
ra
G
Le système électrique français largement exporta- Cette énergie décarbonée compétitive disponible
teur aujourd’hui devrait le rester fortement, voire en France pourrait alternativement servir des poli-
accroître son niveau d’export d’ici 2030, avec un tiques plus ambitieuses de décarbonation de sec-
solde de 95 TWh en 2030 dans le scénario d’atteinte teurs de l’économie française recourant aujourd’hui
des objectifs PPE/SNBC et de 80 TWh dans le scé- à des énergies fossiles.
nario d’atteinte partielle (contre 60 TWh en 2019).
Malgré cette tendance globalement exportatrice,
La progression du solde exportateur résulte de le volume des importations pourrait néanmoins
plusieurs effets : croître dans certaines situations d’exploitation, en
uu en premier lieu, le développement de la pro- lien avec l’augmentation des capacités d’échanges
duction renouvelable, associé au maintien transfrontaliers. Cette évolution se traduirait alors
d’une grande partie de la capacité nucléaire en par une augmentation de la contribution des inter-
France, accroît la quantité d’énergie compétitive connexions à la sécurité d’alimentation en France.
disponible en France ; Ces situations d’imports ne doivent néanmoins
uu dans le même temps, la fermeture de réac- pas être considérées comme un échec du fonc-
teurs nucléaires en Europe et le déclassement tionnement du système, mais comme une consé-
des parcs charbon, favorise la compétitivité des quence normale de la mutualisation des capacités
moyens de production en France ; et d
’optimisation de la gestion de la production au
uu enfin, le développement des interconnexions niveau européen.
favorise les échanges.
80
TWh
60
40
20
0
14
15
16
17
18
19
20
22
31
02
02
02
02
20
20
20
20
20
20
20
20
20
-2
-2
-2
-2
-
-
21
22
23
24
25
30
20
20
20
20
20
20
230
Les caractéristiques d’un système électrique en transition .7
À l’horizon 2030, la transformation du système le climat, ne se prononce pas sur l’impact global
électrique s’inscrit dans un contexte de renforce- des mesures envisagées, mais recommande pour
ment de la lutte contre le changement climatique. sa part d’évaluer plus systématiquement la contri-
Les discussions législatives et réglementaires en bution des politiques publiques à l’aune des trajec-
cours à différents niveaux témoignent en effet toires de la stratégie nationale bas-carbone.
d’une volonté d’accélérer la réduction des émis-
sions de gaz à effet de serre : Dans ce contexte, le débat public sur les politiques
uu à l’échelle européenne, les Etats membres de énergie-climat porte régulièrement sur les mesures
l’Union européenne se sont récemment accor- supplémentaires à mettre en place pour renforcer
dés sur un rehaussement de l’objectif de réduc- la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
tion des émissions de gaz à effet de serre à
l’horizon 2030, fixé à au moins -55 % par rap- Parmi les mesures engagées ou envisagées, l’élec-
port aux niveaux de 1990 (contre -40 % dans trification de certains usages est amenée à jouer
l’objectif précédemment fixé)158. un rôle important pour l’atteinte des objectifs
uu à l’échelle nationale, le projet de loi « Climat climatiques. La capacité à produire de l’électricité
et résilience » reprenant les propositions de la à partir de sources bas-carbone permet en effet
Convention citoyenne pour le climat, et actuelle- d’envisager des transferts d’usages vers l’électri-
ment en discussion au Parlement, vise à appor- cité pour décarboner un grand nombre d’usages
ter de nouvelles mesures pour lutter contre le énergétiques, dans le transport, le secteur des
changement climatique. Celles-ci doivent per- bâtiments ou encore l’industrie. Dans tous les scé-
mettre d’atteindre l’objectif fixé par la LTECV de narios prospectifs visant l’atteinte de la neutralité
réduire les émissions de gaz à effet de serre carbone à l’échelle mondiale ou européenne, la
de -40 % d’ici 2030 par rapport à 1990 (objec- part de l’électricité dans la consommation d’énergie
tif susceptible d’être revu en conséquence du doit ainsi augmenter fortement et ce, dès les pro-
rehaussement de l’objectif européen). chaines années. L’électrification des usages appa-
raît d’autant plus favorable pour la réduction des
En marge de ces discussions, plusieurs publica- émissions de gaz à effet de serre en France, où le
tions récentes analysant les mesures existantes mix électrique s’appuie dès aujourd’hui très large-
ou prévues dans le projet de loi « Climat et rési- ment sur des moyens de production bas-carbone.
lience » montrent la difficulté d’atteindre les ambi-
tions de réduction des émissions à l’horizon 2030 Ces transferts d’usage suscitent régulièrement des
(étude du BCG159, avis du Haut conseil pour le interrogations sur les volumes d’électricité supplé-
climat160, étude de Carbone 4161). Les études du mentaires associés, sur la capacité réelle du système
BCG et de Carbone 4 soulignent ainsi l’effet positif électrique à absorber, sur le bilan carbone global ou
des mesures engagées par le Gouvernement mais encore sur le coût pour la collectivité et le consom-
également le caractère probablement insuffisant mateur. Pour apporter des éléments d’éclairage sur
de ces mesures pour atteindre l’objectif de -40 % ces questions, RTE a engagé au cours des trois der-
sur les émissions en 2030. Le Haut conseil pour nières années un programme de travail spécifique
158. La déclinaison précise de cet objectif (périmètre, degré prise en compte des émissions négatives, déclinaison par pays…) n’est toutefois pas encore connue
et fait l’objet de discussions entre les différentes institutions européennes
159. BCG, 2021, Évaluation d’impact des mesures prises depuis 2017 sur la réduction des gaz à effet de serre en France à horizon 2030,
[Link]
160. Haut conseil pour le climat, 2021, Avis portant sur le projet de loi climat et résilience, [Link]
portant-sur-le-projet-de-loi-climat-et-resilience/
161. Carbone 4, 2021, L’État français se donne-t-il les moyens de son ambition climat ?, [Link]
moyens-de-ambition-climat/
232
Les caractéristiques d’un système électrique en transition .7
7.3.2 Les transferts d’usage vers légers162, 6 Mt dans les usages thermiques résiden-
le secteur électrique contribuent tiels et tertiaires163, 5 Mt pour la production d’hydro-
fortement à l’objectif de réduction des gène et 3 Mt dans le secteur de l’industrie).
émissions de CO2 de la SNBC
Dans le scénario d’atteinte partielle de ces objec-
À l’horizon 2030, l’objectif public sur les émissions tifs, la baisse d’émissions permise par l’ensemble
de gaz à effet de serre correspond à une réduction de ces transferts serait de l’ordre de 19 Mt par an.
de 40 % par rapport au niveau de 1990 (objectif
inscrit dans le code de l’énergie depuis la loi de tran-
sition énergétique de 2015). Par rapport à 2019, la 7.3.3 Une baisse d’environ 10 Mt
baisse d’émissions attendue est de 111 Mt/an. des émissions liées à la production
d’électricité d’ici 2030
Les transferts d’usage vers l’électricité (véhicules
électriques, production d’hydrogène décarbonée, Du fait de la fermeture des dernières centrales au
électrification des procédés et des besoins de chaleur charbon d’ici fin 2022 et du développement accru
dans l’industrie, électrification des usages thermiques des énergies renouvelables, et ce malgré la ferme-
dans le bâtiment, notamment pour le chauffage) ture de quatre nouveaux réacteurs nucléaires et la
constituent un levier essentiel pour l’atteinte de cet hausse de consommation, le parc thermique sera
objectif. La réduction du recours à des combustibles en moyenne moins sollicité qu’en 2019.
fossiles dans ces secteurs amène en effet à réduire
les émissions annuelles de CO2 de près de 28 Mt d’ici La baisse d’émissions de CO2 attendue à l’horizon
2030 dans le scénario cohérent avec les objectifs de 2030 par rapport à 2019 devrait être d’un peu
la PPE et de la SNBC (dont 13 Mt pour les véhicules moins de 10 Mt par an.
30
25
20
Mt
15
10
Déchets non
renouvelables
5 Charbon
Fioul
0 Gaz
14
15
16
17
18
19
20
31
02
02
02
02
02
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20
20
20
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-2
-2
-2
-2
-2
-
21
22
23
24
25
30
20
20
20
20
20
20
162. L’estimation des émissions évitées pour les véhicules légers en 2030 intègre les progrès technologiques de la filière et la baisse d’un peu moins de 25 %
de la consommation des véhicules thermiques à cet horizon.
163. L’estimation de la consommation évitée sur le chauffage prend en compte une baisse de près de 50 % des émissions du chauffage dans le secteur du
bâtiment non chauffé à l’électricité d’ici à 2030.
164. Le périmètre considéré diffère légèrement de celui du Bilan électrique de RTE. Ce périmètre intègre les autoconsommations des sites industriels, et
n’intègre pas la Corse.
7.3.4 Le secteur électrique permettra Grâce au caractère très largement décarboné de son
d’atteindre 24 % à 34 % de l’objectif parc électrique, la France joue un rôle prépondérant
global actuel à 2030 sur la réduction dans la réduction des émissions à l’échelle euro-
des émissions de CO2 péenne. Ce constat est à mettre en relation avec
le solde exportateur du système électrique français
Ces différents leviers sur les usages énergétiques qui contribue à mettre à disposition des pays voisins
et sur le mix de production permettront alors au de la production décarbonée et évite à cette occa-
secteur électrique de contribuer à l’objectif global sion la production d’électricité carbonée à l’étranger.
de baisse des émissions de CO2, selon les deux
scénarios évalués, à hauteur de -27 Mt et -37 Mt Les exports depuis la France conduisent ainsi à
de CO2. Cette baisse représente 24 % à 34 % de réduire la production de moyens polluants en
l’objectif de baisse de -40 % des émissions de gaz Europe (notamment des groupes charbon). Malgré
à effet de serre par rapport à 1990. la réduction des capacités thermiques en Europe,
le bénéfice de ces exports8 en termes de réduction
-27 MtCO2/an
-10
-37 MtCO2/an
Effet des transferts
-20
d’usage vers l’électricité :
Dans la mobilité électrique
Pour la production d’hydrogène
Dans les procédés industriels
-30 Dans les usages résidentiels et
tertiaire (chauffage, ECS, cuisson)
Effet de l’évolution
-40 du mix de production
165. Les valeurs indiquées correspondent à l’effet net, c’est-à-dire après prise en compte des émissions induites par les imports.
234
Les caractéristiques d’un système électrique en transition .7
Figure 7.11 Effets du système électrique français sur les émissions annuelles de CO2 du mix électrique dans les pays
voisins dans le scénario « Atteinte des objectifs PPE/SNBC » en 2030
500
400
300
Mt
200
100
0
Produites en France Produites dans Produites dans Évitées en Europe Effectivement
le reste de l'Europe le reste de l'Europe de l'ouest par produites en
de l'ouest pour de l'ouest sans les exports français Europe de l'ouest
les imports français échanges
avec la France
des émissions de CO2 dans les pays voisins aug- scénario d’atteinte des différents objectifs de la
mente dans le scénario d’atteinte des objectifs de PPE et de la SNBC, et sans fragiliser la sécurité
la PPE par rapport à la situation actuelle et atteint d’approvisionnement. Ce scénario ne présuppose
à l’horizon 2030 environ 37 MtCO2/an , soit environ donc ni effort d’efficacité énergétique supplémen-
10 % du total des émissions du secteur électrique taire, ni développement supplémentaire d’énergies
dans les autres pays de l’Europe de l’Ouest. Ce renouvelables.
bénéfice reste stable à 32 MtCO2/an dans le cas où
ces objectifs ne seraient pas pleinement atteints. À défaut de connaitre d’ores et déjà la déclinai-
son de ces ambitions pour chacun des États, une
approche prudente est retenue pour estimer l’im-
7.3.6 Le système électrique prévu pact des politiques des pays voisins sur la sécurité
par la PPE permettrait d’accélérer d’approvisionnement en France. L’étude est ainsi
les transferts d’usage pour atteindre basée sur une hypothèse de très forte limitation
de meilleures performances carbone de la contribution des pays voisins (en mainte-
en 2030 nant la capacité d’imports maximum de la France
à 10 GW, en dépit du développement de nouvelles
Les nouveaux objectifs de décarbonation de l’Union interconnexions), pour refléter le déclassement des
européenne annoncés mi-décembre visent désor- moyens pilotables les plus polluants dans les pays
mais des émissions en 2030 en baisse de 55 % voisins et/ou une électrification forte des usages.
par rapport à 1990, contre 40 % précédemment.
Spécifiquement pour la France, le renforcement Dans cette configuration où la contribution des
de l’objectif de décarbonation à 55 % (en considé- pays voisins à la sécurité d’approvisionnement est
rant que cet objectif serait interprété sans prise en ramenée à un niveau bas, les marges en France
compte des émissions négatives) amènerait à une sont alors d’environ 4 GW en 2030 si l’ensemble
réduction supplémentaire d’émissions de 65 mil- des objectifs déjà prévus par la PPE et la SNBC se
lions de tonnes par rapport à l’objectif de la SNBC. réalisent.
Dès lors, la question est d’identifier les transferts Ces marges offrent la possibilité d’un recours accru
d’usages supplémentaires qui pourraient être réa- à l’électricité en France tout en respectant le critère
lisés, en complément de ceux retenus dans un de sécurité d’alimentation. Dans l’hypothèse d’une
236
Les caractéristiques d’un système électrique en transition .7
Le volume de 76 TWh d’export peut suffire pour Des transferts d’usages supplémentaires sont donc
achever le transfert à l’électricité de l’intégra- possibles par rapport à la trajectoire prévue par la
lité du parc de véhicules légers, et d’une partie SNBC, sans fragiliser la sûreté de fonctionnement
du parc de véhicules lourds. Dans un scénario du système électrique à l’horizon 2030.
de progression accélérée de l’électromobilité,
l’enjeu sera avant tout celui du déploiement de Ces accélérations des transferts d’usages doivent
mesures permettant le pilotage de la recharge. néanmoins s’analyser sur un temps long, allant
au-delà de l’horizon 2030. En application de la
Contrairement à la problématique spécifique PPE, huit autres tranches nucléaires doivent être
posée par la production d’hydrogène par élec- fermées entre 2030 et 2035, et la capacité à déve-
trolyse en substitution du vaporeformage, le lopper les transferts d’usages en parallèle à la fer-
gain d’émissions de CO2 de la France serait supé- meture de ces tranches dépendra du rythme de
rieur à l’augmentation des émissions de CO2 en développement des énergies renouvelables à cet
Europe liée à la réduction des exports. Ce sujet horizon.
est analysé dans le rapport sur l’électromobilité
publiée par RTE.
Figure 7.12 Contribution du secteur électrique à la réduction des émissions de CO2 à l’horizon 2030
dans les principaux scénarios du Bilan prévisionnel 2021
Avance de
Scénario
Scénario 2 à 3 ans sur
« Atteinte Leviers
« Atteinte les transferts
partielle supplémentaires
des objectifs d’usages
des objectifs envisageables
PPE/SNBC » -37 Mt -27 Mt prévus par -46 Mt
PPE/SNBC »
la SNBC
Usages
Transferts d’usages
résidentiels
Oui, sous condition
et tertiaires 14 TWh -6,1 Mt 10 TWh -4 Mt 18 TWh -7,6 Mt
de marges suffisantes
(chauffage,
ECS, cuisson)
[Link]
92073 PARIS LA DEFENSE CEDEX
Immeuble WINDOW - 7C Place du Dôme,
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BILAN PRÉVISIONNEL DE L’ÉQUILIBRE OFFRE-DEMANDE D’ÉLECTRICITÉ EN FRANCE - ANNEXES TECHNIQUES ÉDITION 2021
Bilan prévisionnel
de l’équilibre offre-demande
d’électricité en France
ÉDITION 2021
ANNEXES TECHNIQUES