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Droit pénal des affaires : principes clés

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Droit pénal des affaires : principes clés

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Droit pénal des affaires - master révision comptable – Senda KALLEL

INTRODUCTION

1- Définition du droit pénal des affaires

Le Droit pénal des affaires est défini par la doctrine comme le droit des
infractions caractéristiques du "monde des affaires".

La notion d'affaire est présentée comme étant l'ensemble des activités


économiques dans leurs conséquences commerciales et financières. Le monde
des affaires coïncide alors avec le monde des richesses apportées à une société
commerciale.

Si le droit pénal des affaires n’a pas de définition propre, il peut s’entendre par
l’ensemble des règles qui incrimine et sanctionne la délinquance d’affaire qui est
le fait des commerçants, dirigeants, industriels. Il expose donc les infractions
susceptibles d’intervenir dans la vie des affaires.

Il réunit les infractions qui peuvent se commettre dans la vie des affaires. C’est
donc une nouvelle branche du droit pénal qui sanctionne les atteintes à l’ordre
économique et financier.

Le droit pénal des affaires est une branche du droit pénal particulièrement
rigoureuse :

- Il y a une rigueur dans la qualification. L'élément matériel se réduit parfois à


une simple omission, le droit pénal imposant alors une véritable règle de
conduite.

- Et une rigueur dans la répression, en effet, il réprime sévèrement de simples


faits d'imprudence. Les peines applicables sont souvent des peines
d’emprisonnement.

2- Rôle du droit pénal des affaires

Le droit pénal des affaires s'efforce d'imposer la loyauté dans le monde des
affaires, pour assurer la sécurité des transactions et ce par deux rôles :

a) Un rôle préventif

Le législateur a réglementé l'accès aux professions commerciales et industrielles,


afin d'enfermer l'accès aux gens "douteux".

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Droit pénal des affaires - master révision comptable – Senda KALLEL

Il a érigé, à cette fin, un certain nombre d’interdictions professionnelles, qui


évincent tous ceux qui ne présenteraient pas les qualités requises pour devenir
commerçant ou homme d'affaires. Le non-respect de ces interdictions constitue
une infraction pénale.

b) Un rôle répressif

Sont érigés en infractions et sanctionnés, certains comportements intolérables


pratiqués par certains hommes d'affaires.

3- Domaine du droit pénal des affaires

En tant qu’un ensemble de règles pénales particulières à la vie des affaires, le


droit pénal des affaires réprime alors les agissements, qui mettraient gravement
en péril, les intérêts en cause dans l'entreprise.

Il n’existe pas de code unique traitant de l’ensemble des infractions en droit


pénal des affaires. Cette absence de classification est essentiellement due à la
variété même de ces infractions. De ce fait, on peut retrouver des textes relatifs
aux infractions du droit pénal des affaires dans différents codes ; le code pénal,
le code des sociétés commerciales, le code de commerce, et dans certains textes
spéciaux, comme la loi organisant le marché financier.

L'objet de ce cours sera d'étudier ces infractions spécifiques à la vie des


affaires, et plus particulièrement les infractions relatives aux appropriations
illicites réglementées dans le droit pénal. Il s’agit bien du droit commun des
infractions.

Comme les sociétés dominent la vie des affaires à deux égards : D’abord par
leur nombre ; le droit tunisien privilégie l'exercice d'une activité sous forme
sociale car il offre de nombreux avantages. Puis par la puissance économique à
savoir le pouvoir et les capitaux qu'elles représentent.

Il est évident donc que le droit pénal des sociétés occupe une place très
importante dans le droit pénal des affaires. Les infractions prévues par le code
des sociétés commerciales sont multiples. Certains auteurs parlent même d’une
inflation des textes pénaux dans ce code.

Il faudrait donc étudier les infractions aux règles relatives à la constitution des
sociétés commerciales, à leur fonctionnement et à leur liquidation (le droit pénal
des affaires s'intéresse aux affaires qui vont mal, afin d'empêcher qu'un

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commerçant ne se livre à des manœuvres frauduleuses, et porte atteinte aux


intérêts des créanciers).

L’étude du Droit pénal des affaires suppose acquises :

- Non seulement les règles de base du DROIT COMMERCIAL et du DROIT


DES SOCIETES, puisque c'est la violation de certaines de ces règles, qui est
érigée en infraction par le législateur.

- Mais aussi les règles fondamentales du DROIT PENAL GENERAL, car le


droit pénal des affaires constitue une application spécifique des principes
généraux au monde des affaires.

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Droit pénal des affaires - master révision comptable – Senda KALLEL

De quelques règles de droit pénal général

D’après l’article 14 du code pénal :

- La condamnation à l'emprisonnement est prononcée pour cinq années au moins


quand l'infraction est considérée comme crime.

- Elle est prononcée pour seize jours au moins quand l'infraction constitue un
délit.

- Pour un jour au moins quand elle constitue une contravention.

Pour étudier le droit pénal des affaires, nous serons amenés à examiner les
éléments constitutifs de l’infraction (I), les peines (II), la responsabilité pénale
(III) Et traiter la théorie de la complicité (II), car le délinquant d’affaire peut
être soit un auteur principal de l’infraction soit un complice.

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I- Les éléments constitutifs de l’infraction

L'infraction est l'action ou l'omission prévue et punie par la loi pénale et à la


quelle on associe une sanction. Elle a un sens plus étroit que celui de
contravention, délit et crime. Il est communément admis qu’il y a trois éléments
dans chaque infraction.

1- L’élément légal

L'élément légal signifie que, pour qu'un acte soit punissable, il faut qu'il soit
prévu et interdit par un texte juridique. Il convient de préciser cet élément légal à
travers le principe de la légalité des délits et des peines (A) avant de déterminer
les conséquences de ce principe (B).

A- Principe de la légalité des délits et des peines

En Tunisie, l’article premier du code pénal dispose : « Nul ne peut être puni
qu’en vertu d’une disposition d’une loi antérieure ».

La constitution de 2014 a consacré explicitement et en termes clairs le principe


de légalité des délits et des peines en précisant notamment à l’article 28 que : «
La peine est personnelle et ne peut être prononcée qu’en vertu d’un texte de loi
antérieur, sauf en cas de texte plus favorable au prévenu ».

Le principe de légalité est initialement compris comme une garantie contre


l’arbitraire du pouvoir judiciaire.

Une action ou une omission ne peut être sanctionnée par le juge que lorsque le
législateur l'a expressément prévu dans un texte. Elle ne constitue une infraction
que lorsque la loi l'a prévue et lui a assortie une peine. C'est le principe de la
légalité des délits et des peines.

Le juge ne peut pas assortir une peine à une infraction que si le législateur n’ait
prévu cela expressément et nul ne peut être condamné par un fait qui n’est pas
expressément prévu comme infraction par la loi en vigueur, ni puni de peines
que la loi n’a pas édictées. Ce principe limite le pouvoir du juge de créer les
incriminations et les peines.

B- Conséquences du principe de la légalité des délits et des peines


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Le principe de la légalité des délits et des peines a certaines conséquences dont


on peut citer : l’interprétation stricte de la loi pénale, Interdiction de
l’interprétation par analogie et la-non rétroactivité de la loi pénale.

- l’interprétation stricte de la loi pénale :

Ce principe interdit au juge d’interpréter la loi. Si la loi est obscure, ambigüe, le


juge peut se référer aux travaux préparatoires pour rechercher l’intention du
législateur lors de l’élaboration des textes pour y voir plus clair. Mais dans tous
les cas de figures, il doit se limiter à interpréter la loi d’une manière restrictive.
C’est une garantie des libertés individuelles contre l’arbitraire du juge.

Mais le coté obscure de ce principe c’est qu’il laisse malheureusement impunis


les agissements malhonnêtes, quand ils n'entrent pas dans la définition donnée
par la loi de l'infraction et qui ne peuvent être de ce fait poursuivis.

- Interdiction de l’interprétation par analogie de la loi pénale :

Le principe de l’interprétation stricte s’oppose à l’interprétation analogique (qui


consiste à étendre une règle de droit d’une situation qu’elle a prévue à une
situation voisine).

- La non-rétroactivité de la loi pénale

C’est l’hypothèse selon laquelle une loi nouvelle est entrée en vigueur et a
abrogée une loi ancienne.

On se pose alors la question de savoir laquelle des deux lois serait applicable
aux infractions commises antérieurement et qui n'ont pas été définitivement
jugées. Est-ce qu’elles seront régies par la loi qui était en vigueur lors de la
commission de l’infraction ou bien par la loi nouvelle ?

L'article 1 code pénal nous fourni la réponse : « Nul ne peut-être puni qu'en
vertu d'une disposition d'une loi antérieure ». Plus tard, ce texte a été confirmé
par l’article 28 de la constitution de 2014. Ces textes expriment le principe de la
non-rétroactivité de la loi pénale.

Le principe de la non-rétroactivité de la loi pénale signifie que la loi nouvelle ne


s’applique pas à des faits antérieurs à sa date d'entrée en vigueur surtout lorsque
cette loi est plus sévère que la loi ancienne.

Une exception à ce principe est prévue par l’article 28 de la constitution de 2014


et par l’article 1 du code pénal tunisien : « Nul ne peut être puni qu’en vertu
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d’une disposition d’une loi antérieure. Si, après le fait, mais avant le jugement
définitif, elle intervient une loi plus favorable à l’inculpé, cette loi est seule
appliquée. »

Ainsi, lorsque la loi pénale nouvelle est plus douce on parle d’une exception de
la rétroactivité. Il s'agit de la rétroactivité des lois pénales plus douces. Cette
exception veut dire que lorsque la loi nouvelle est plus favorable et moins lourde
que la précédente, elle va s’appliquer à des situations juridiques passées nées
avant son entrée en vigueur et ce, tant que le jugement n’est pas définitif.

2- L’élément matériel

C’est la manifestation de la volonté délictueuse. En règle générale, l’élément


matériel consiste dans le fait ou l'acte extérieur par quoi se révèle l'intention
criminelle ou la faute pénale (A). Mais dans certains cas, cet élément se vérifie
mais ne consiste pas dans le résultat de l’acte, c’est le cas de la tentative (B).

A- L'élément matériel consiste dans le résultat d’un fait ou acte :


L’infraction de commission et l’infraction d'omission

Les textes qui relèvent du droit pénal des affaires incriminent :

- Soit des actes de commission (actes positifs). Ce sont des infractions ou le


comportement pénal était actif. Il y a un comportement concret, une activité
physique du responsable. Donc il y a une initiative physique de la part du
coupable, un résultat qui va évidemment constituer le dommage, et un lien de
causalité entre l’initiative et le résultat.

- Soit des omissions ou des abstentions (actes négatifs). Ce sont des infractions
sans résultat positif direct. En effet, la loi édicte parfois des obligations à faire et
l’omission peut être assimilée à l’acte positif (exemple : le commissaire aux
comptes qui ne révèle pas au procureur de la République les faits délictueux
dont il a eu connaissance. De même que les dirigeants de société qui n’ont pas
respecté leurs obligations en matière d’information des associés). On sanctionne
ainsi le comportement passif de celui sur qui pèse une obligation professionnelle
lui imposant une action ou une intervention et qui laisse commettre.

B- L'élément matériel ne consiste pas dans le résultat de l’acte : La


tentative

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Droit pénal des affaires - master révision comptable – Senda KALLEL

La loi pénale considère comme coupable l’auteur de la tentative au même titre


que l’auteur principal. De même la répression doit être égale. Reste à savoir
quand il y a tentative punissable en droit positif tunisien.

Pour que la tentative soit punissable, il faut qu'il y ait à la fois un


commencement d'exécution et un arrêt involontaire dans l'exécution.

- Le commencement d’exécution

La jurisprudence considère comme commencement d'exécution les actes


matériels qui doivent avoir pour conséquence directe et immédiate de
consommer l'infraction. Ces actes sont punissables. Ce commencement se
distingue des actes préparatoires non punissables qui sont des agissements
matériels qui permettent au délinquant de réunir les divers instruments de
l'infraction.

- L'absence de désistement volontaire

Le désistement volontaire entraine l’impunité. Pour ce faire il doit être


déterminé par la seule décision de l'acteur de la tentative spontanément. Il doit
aussi intervenir avant le début de l’exécution et de la commission de l’infraction.

Même les deux éléments de la tentative réunis, il se peut qu'il n'y ait pas
répression. En matière de crime, elle est toujours punissable (article 59 al.1
C.P.). En matière de délit, elle n'est punissable que si un texte de loi le prévoit
(article 59 al. 2 C.P.). En matière de contravention, elle n'est pas punissable.

3- L’élément moral

Toute infraction comporte un élément moral. Cet élément est nécessaire pour
que l’agissement délictueux puisse être imputé à son auteur. C’est qu’en effet,
pour que la responsabilité pénale de ce dernier puisse être engagée, il faut qu’il
ait commis une faute.

Le droit pénal repose, au moins en ce qui concerne la culpabilité, sur


l’hypothèse du libre arbitre. Cela signifie que l’agent doit avoir agi librement ou
consciemment.

L’élément moral n’est pas le même pour toutes les infractions. Dès lors, il
convient de préciser cet élément dans chaque infraction. Tous les crimes et la
plupart des délits du droit pénal des affaires sont des infractions intentionnelles
qui exigent une faute intentionnelle, exprimée dans le texte par les termes «

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sciemment », « frauduleusement », « de mauvaise foi », « volontairement » ou


d’autres expressions analogues.

C’est l’existence d’une intention criminelle, c’est-à-dire une attitude


psychologique consistant dans l’existence d’une volonté tendue vers un but
précis et dont la réalisation est susceptible de troubler l’ordre social.

L’intention coupable est donc la volonté orientée vers l’accomplissement d’un


acte interdit. Tout acte intentionnel est un acte volontaire, mais l’acte volontaire
peut n’être pas intentionnel ; celui qui veut frapper une victime (acte volontaire),
ne veut pas forcément la tuer, et s’il le fait, son acte relativement à cette mort,
n’est pas intentionnel. L’intention implique le désir du résultat illicite (exemple
pour le vol, l’auteur doit avoir désiré s’approprier la chose d’autrui, dans le
meurtre, il doit avoir désiré provoquer la mort d’autrui). Dès que les éléments
matériels d’une infraction sont établis, il ne reste qu’à prouver que l’auteur a
volontairement commis ces faits avec l’intention que ces faits auront pour
conséquence la réalisation de l’infraction.

Il faut préciser que la volonté de transgresser la loi pénale n'a pas toujours la
même. Elle peur porter sur l’acte lui-même ; ou bien porter à la fois sur l’acte et
sur ses conséquences. Lorsque l'auteur a commis l’acte et a délibérément
provoqué ses conséquences, on dit qu’il y a intention criminelle (cas d’un
meurtre avec préméditation..). Mais quand l’auteur a commis l’acte mais sans en
vouloir les conséquences on dit qu’il y a faute pénale (cas d’un vol provoquant
un homicide involontaire et des blessures).

L'intention criminelle constitue l'élément moral des infractions intentionnelles


(A) tandis que la faute pénale constitue l'élément moral des infractions non
intentionnelles (B).

A- L'intention criminelle est l'élément moral des infractions intentionnelles

L'intention criminelle est la volonté de faire une chose interdite par la loi pénale,
tuer ou s'approprier le bien d'autrui. Or, ce sont les infractions intentionnelles
qui supposent une intention criminelle, elles ne sont punissables que si cette
intention existe.

Les infractions intentionnelles sont les crimes, la plupart des délits (délits
intentionnels) et, exceptionnellement, certaines contraventions.

B - La faute pénale est l'élément moral des infractions non intentionnelles

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Le législateur, pour des infractions moins graves, a prévu un élément moral


atténué à savoir la faute pénale. Mais celle-ci diffère s’il s'agit d'un délit
d'imprudence ou d'une contravention.

Pour le délit d'imprudence, appelé aussi délit involontaire, la faute pénale (faute
d'imprudence) va consister en une imprudence, une négligence ou une
inobservation de règles. (Exemple d’un homicide involontaire suite à un
accident de la route).

A la différence de la faute d'imprudence, la faute pénale (faute


contraventionnelle) en matière de contravention n’exige même pas une
imprudence ou une négligence, elle résulte du seul fait de la violation de la loi
ou du règlement. La contravention se trouve réalisée par le seul fait de sa
commission, indépendamment de la volonté de son auteur. (Exemple d’un non
respect du code de la route).

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II- Les peines :

1-Les objectifs de la peine :

Une peine est un châtiment qui est infligé par la société au responsable d’une
infraction. Elle a plusieurs finalités qui sont à la fois pour la faveur de la société
et à l’inculpé :

- Fonction d’expiation ou de rétribution : On inflige le châtiment pour dissuader


l’inculpé.

- Fonction d’intimidation : La peine ayant une finalité d’intimidation pour que


les autres ne fassent pas le même fait.

- Fonction d’élimination : On écarte l’inculpé de la Société provisoirement ou


définitivement.

- Fonction de réadaptation : En pénalisant l’inculpé, il saura les normes sociales


qu’il doit respecter.

2- les Peines associées aux infractions :

L’article 5 du code pénal prévoit deux sortes de peines :

* Les Peines principales

- la mort,

- l'emprisonnement à vie,

- l'emprisonnement à temps,

- le travail d'intérêt général,

- l'amende. (Tiret 6 ajouté par la loi n°2009-68 du 12 août2009)

-La réparation pénale.

* les Peines accessoires

- l'interdiction de séjour,

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- le renvoi sous la surveillance administrative,

- la confiscation des biens dans les cas prévus par la loi,

- la confiscation spéciale,

- la relégation dans les cas prévus par la loi,

- l'interdiction d'exercer les droits et privilèges suivants : les fonctions publiques


ou certaines professions telles que celles d'avocat, expert comptable, officier
public, médecin, vétérinaire ou sage-femme, directeur ou employé à titre
quelconque dans un établissement d'éducation, notaire, d'être tuteur, expert ou
témoin, autrement que pour faire de simples déclarations ; le port d'armes et tous
insignes honorifiques officiels ; le droit de vote,

- la publication, par extraits, de certains jugements.

3-Concours d’infraction et de peines : Principe de cumul et non cumul des


peines

Il y a concours réel d’infractions lorsqu’au moment où la seconde infraction a


été commise la première n’a pas encore donné lieu à une condamnation
définitive.

On parle de concours d’infraction lorsque :

-On peut remarquer que plusieurs infractions peuvent résulter à un même fait et
à un même auteur

-il s’agit de plusieurs faits mais unis les uns aux autres

-faits distants mais imputés au même auteur pour lesquels aucune condamnation
n’a été prononcée.

L’article 54 du code pénal dispose que : « lorsque le même fait constitue


plusieurs infractions, la peine encourue pour l’infraction entrainant la peine la
plus forte est seule prononcée ».

En cas de pluralité d’infractions commises par un même auteur, les peines les
moins fortes sont absorbées par les peines les plus fortes. Il s’agit d’un concours
de circonstances. Il faut montrer qu’un seul acte est à plusieurs conséquences.

C’est l’exemple d’un acte qui constitue une infraction d’un côté et un élément
matériel d’une autre infraction.
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-Non cumul des peines : Concours idéal d’infraction

L’article 55 du code pénal dispose que: « plusieurs infractions accomplies dans


un même but et se rattachant les unes aux autres, de façon à constituer un
ensemble indivisible, sont considérées comme constituant une infraction unique
qui entraine la peine prévue pour la plus grave de ces infractions».

Dans certains cas, le législateur a prévu une pluralité d’actes qui paraissent
former un concours idéal d’infractions qui reçoivent une qualification unique la
plus élevée.

Cependant le principe de non cumul des peines ne concerne pas les peines à
caractère pécuniaire et les peines complémentaires énumérées par l’article 5 du
code pénal.

On cite l’exemple d’une infraction qui peut être qualifiée d’abus de Blanc seing
et un abus de confiance simple. La peine à retenir dans ce cas soit la plus grave
(5 ans) pour un délit de Blanc seing avec le cumul des peines pécuniaires.

-Cumul des peines : Concours réel d’infraction

Le principe : le cumul des peines

L’article 56 du code pénal dispose que: « tout individu coupable de plusieurs


infractions distinctes est puni pour chacune d’elles, les peines ne se confondent
pas, sauf décision contraire du juge »

C’est une situation dans laquelle un délinquant a, par ses agissements, commet
plusieurs infractions distinctes, sans qu’elles soient séparées entre elles par une
condamnation définitive.

En effet, pour qu’il y ait application du principe de cumul de peines il faut qu’il
ait la pluralité des actes et plusieurs intentions criminelles selon les articles
56,57 et 58 du code pénal.

Chaque peine prononcée est réputée commune aux infractions en concours dans
la limite du maximum légal applicable à chacune d'entre elles.

L’exception au principe de cumul des peines :

D’après les articles 57 et 58 du Code Pénal, les peines d’amende, les peines de
l’interdiction de séjour et de la surveillance administrative ne se confondent pas.

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Le principe de non cumul des peines ne concerne pas les peines à caractère
pécuniaire, soit les amendes et les peines complémentaires prévues par l’article
5 du code pénal.

4- Aggravation et atténuation de la peine

Rappelons que le législateur a prévu une peine pour chaque infraction, ces
peines vont se voir, soit s’aggraver (A), soit s’atténuer (B).

- La peine aggravée

Le juge peut dépasser le maximum applicable dans une peine si le législateur a


prévu une circonstance aggravante.

La circonstance aggravante peut se rattacher, soit aux circonstances externes


dans lesquelles l’infraction a été commise (exemples : le vol nocturne), soit à la
personnalité de l’acteur (exemples : la qualité d'ascendant ou de descendant de la
victime pour l'homicide volontaire).

Les circonstances aggravantes augmentent la durée de l’emprisonnement, une


élévation du taux de l'amende ; un changement de nature (de délit à crime).

- La peine atténuée

Il s’agit des circonstances atténuantes. Ce sont des faits qui laissent au juge une
certaine marge de manœuvre vers le sens de la diminution de la peine comme
par exemple l’absence d’antécédents du coupable, son environnement, son
âge…

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III- La responsabilité pénale

1-Les éléments de la responsabilité pénale :

Pour attaquer la responsabilité pénale d’une personne, il faut la réunion de 3


éléments, dont on cite :

Elément légal : rappelons que c’est un principe de la légalité criminelle


selon lequel une infraction ne peut exister que si elle est prévue par la loi, seules
les lois en fixent les peines correspondantes (article 43 de la constitution). La
peine prononcée doit être celle prévue par la loi qui doit être antérieure à
l’infraction, c’est le principe de la non rétroactivité de la loi.

Toutefois, à ce principe il y a plusieurs conséquences :

- Ce principe influe le rôle du juge, son pouvoir consiste à déterminer la


qualification des faits poursuivis et à rechercher un texte répressif applicable.

- L’élément légal peut dans certaines circonstances prévues expressément par la


loi disparaitre, tel est le cas par exemple l’hypothèse de la légitime défense
(article 39 du CP) et de la permission de la loi (article 42 du CP).

Elément moral ou intentionnel : Il signifie que l’agent pénal doit avoir


au moment de l’acte une volonté libre et une intelligence lucide d’où il doit être
responsable.

Aussi, l’agent pénal doit être animé par une intention criminelle c'est-à-dire qu’il
doit commettre une faute.

L’agent pénal doit être responsable pénalement pour qu’on puisse lui imputer
une faute, d’où l’exclusion des incapables mineurs et majeurs du domaine de la
responsabilité sauf les exceptions.

La faute intentionnelle signifie tout simplement la volonté.

L’article 37 du code pénal dispose que : « Nul ne peut être puni que pour un fait
accompli intentionnellement sauf dans les cas spécialement prévus par la loi».

On vise par cet article l’intention frauduleuse qui doit être prouvée pour engager
la responsabilité pénale.
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Droit pénal des affaires - master révision comptable – Senda KALLEL

Elément matériel : L’infraction doit se manifester par un fait extérieur,


un geste, une attitude. La responsabilité pénale n’existe que s’il y a une faute

2- L’atténuation de la responsabilité pénale :

La responsabilité pénale peut être atténuée pour des causes subjectives ou


objectives.

Causes subjectives :

Selon l’article 38 du code pénal, dans le cas d’une extrême jeunesse (< 13 ans),
il y a une absence de la responsabilité pénale.

L’article 43 du code pénal stipule que les personnes ayant l’âge entre 13 ans et
18 ans leur responsabilité n’est atténuée qu’à la moitié ;

L’article 39 du code pénal prévoit que dans le cas d’une contrainte morale
(chantage..) ou physique, la responsabilité peut être atténuée à moitié voire
absente.

Causes objectives :

- Etat de nécessité : Voler pour manger (liée à des circonstances)

- Consentement de la victime : cas d’euthanasie

- Légitime défense (Article 40 du CP)

La responsabilité peut être atténuée voire même absente.

L’Article 38 du code pénal dispose : Il n’y a pas d’infraction lorsque l’auteur y a


été contraint par une circonstance qui exposait sa vie ou celle de l’un de ses
proches à un danger imminent et lorsque ce danger ne pouvait être autrement
détourné.

L’article 38 du code pénal dispose ainsi que les proches ne sont pas responsables
s’ils sont dans des circonstances qui exposaient leurs vies dans un danger .On
signale que les personnes qui peuvent être considérées comme proches sont :
Les ascendants et les descendants ; Les frères et sœurs ; Les époux.

Si la personne menacée n’est pas un proche, le juge appréciera alors le degré de


responsabilité.

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Citons aussi comme circonstances atténuantes, les excuses absolutoires, la


soustraction commise par les ascendants à leurs enfants art 266 du CP et les
excuses absolutoires des dénonciateurs.

3-l’aggravation de la responsabilité pénale :

L’aggravation de la responsabilité ne peut être que légale donc il faudra un texte


pour qu’on puisse aggraver la responsabilité pénale.

En cas de récidive : La récidive a été défini par l’article 47 du code pénal


qui dispose que la personne ayant été condamnée pour la même infraction avant
l’écoulement des 5 ans à décompter depuis que la première peine a été subie,
remise ou prescrite est considérée comme étant un récidiviste.

Article 47 du code pénal : est récidiviste quiconque, après avoir été condamné
pour une première infraction ,en commet une deuxième avant qu’un délai de 5
ans ne soit écoulé depuis que la première peine a été subie, remise ou prescrite.
Le délai est de 10 ans, si les deux infractions emportent une peine
d’emprisonnement égale ou supérieure à 10 ans.

Les moyens pour prouver la récidive sont : La technique de casier judiciaire (B1
et B2), Bulletin n° 3.

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IV- La théorie de la complicité

La complicité n’est pas une infraction, mais une modalité de l’infraction : le


complice est celui qui participe à l’infraction à côté de l’auteur (celui qui
commet lui-même l’infraction), sans exécuter les mêmes actes que celui-ci.

Le complice est défini comme étant la personne qui n’a fait qu’aider l’auteur ou
le ou les coauteurs dans la préparation ou dans l’exécution matérielle de
l’infraction et qui ne s’y est associé que d’une façon incidente ou accessoire.
Participant accessoire, le complice encourt pourtant, en principe, par application
de l’article 33 du code pénal la même peine que l’auteur principal.

Cependant, tout participant n’est pas complice de l’infraction. Il faut pour le


complice, comme pour la poursuite de l’auteur principal, que trois éléments se
trouvent réunis : un élément légal, un élément matériel et un élément moral.

Est complice donc celui, qui sans réaliser personnellement les actes constitutifs
de l’infraction principale qui restent imputables à leur auteur, a provoqué ou
rendu plus facile la réalisation de l’infraction par des agissements ou
comportements matériellement secondaires qui n’ont pas nécessairement une
nature criminelle.

Il n’y a de complicité que s’il y a ce que l’on appelle un fait principal


punissable, c’est à dire une infraction commise. En effet le complice se définit
par rapport à l’auteur de l’infraction. L’auteur de l’infraction est celui qui
commet matériellement l’acte infractionnel. Il peut avoir été aidé ou provoqué
par un tiers : le complice. Il faut noter que les peines applicables au complice
sont les même que celles applicables à l’auteur principal.

1. les éléments matériels de la complicité :

Les complices interviennent en second temps et l’auteur principal en premier


temps.

La définition des éléments matériels de la complicité ont été bien indiqués par
l’article 32 du code pénal.

Article 32 du code pénal : Est considéré complice et puni comme tel :

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- celui qui, par dons, promesses, menaces, abus d'autorité ou de pouvoir,


machinations, artifices coupables, a provoqué à l'action ou donné des
instructions pour la commettre,

- celui qui, en connaissance du but à atteindre, a procuré des armes, instruments


ou tous autres moyens susceptibles de faciliter l'exécution de l'infraction,

- celui qui, en connaissance du but sus indiqué, a aidé l'auteur de l'infraction


dans les faits qui l'ont préparée ou facilitée ou dans ceux qui l'ont consommée,
sans préjudice des peines spécialement prévues par le sûreté intérieure ou
extérieure de l'État, même dans le cas où l'infraction qui était l'objet de la
conspiration ou de la provocation n'a pas été commise,

- celui qui a prêté, sciemment, son concours aux malfaiteurs pour assurer par
recel ou tout autre moyen le profit de l’infraction ou l'impunité à ses auteurs,

- celui qui, connaissant la conduite criminelle des malfaiteurs, exerçant des


brigandages ou atteintes contre la sûreté de l'État, la paix publique, les personnes
ou les propriétés, leur a fourni habituellement logement, lieu de retraite ou de
réunion.

2. la peine du complice

Les complices d’une infractions encourent la même peine que celle prévue pour
les auteurs principaux de cette infraction tel qu’il a été défini par l’article 33 du
code pénal sauf dans le cas où la peine prévue pour l’auteur principal est la mort,
dans ce cas la complice encourt la peine d’emprisonnement à vie tel qu’il a été
stipulé par l’article 34 du code pénal.

Article 33 du code pénal : Dans tous les cas où la loi n’en dispose pas autrement,
les complices d’une infraction encourent la même peine que celle prévue pour
les auteurs de cette infraction, sauf bénéfice, selon les circonstances de
l’application des dispositions de l’article 53 du présent code.

Article 34 du code pénal : La peine de mort, lorsqu’elle est applicable aux


auteurs principaux d’une infraction, est remplacée à l’égard des complices qui se
sont rendues coupables de recel du produit de cette infraction par celle de
l’emprisonnement à vie.

Selon l’article 35 du code pénal, en cas de contravention, les complices ne sont


pas punissables.

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3. la responsabilité pénale du complice

Pour attaquer la responsabilité pénale en cas de complicité, il faut aussi la


réunion des 3 éléments :

Elément légal : Le fait principal est punissable, donc soit que :

- les deux seront punis de la même peine (l’auteur principal et le complice), ou ;

- les deux seront punis d’une manière différente.

Elément matériel : L’acte de complicité soit positif c’est à dire il y’a un


agissement par commission. L’acte de complicité doit être antérieur à
l’infraction commise par l’auteur principal.

Elément moral : La complicité ne peut pas être une résultante de la bonne


foi ou de l’imprudence.

Pour être punissable il faut :

- Une infraction (élément préalable) punissable

- Un acte de complicité (l'élément propre).

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