1CB 1CC - Chimie (Cours)
1CB 1CC - Chimie (Cours)
1re classique
sections
B et C
CHIMIE
1re classique
sections B et C
Nicole FANTINI
Eric HEINEN
Patrick MOSSONG
Georges BERENS
Claude KERGER
Marc STEICHEN
en collaboration avec la
Commission nationale de l’Enseignement
secondaire classique – Chimie
1
IMPRESSUM
CHIMIE
1re classique − sections B et C
Éditeur :
Service de Coordination de la Recherche
et de l’Innovation pédagogiques et technologiques (SCRIPT)
33 Rives de Clausen
L-2165 Luxembourg
[email protected]
Réalisation / Conception : SCRIPT
© 2024 SCRIPT | Tous droits réservés
ISBN : 978-2-49673-030-2
Numéro interne :
Imprimé par :
2
Sommaire
1 Réactions d’oxydo-réduction 5
2 Piles et électrolyse 15
11 Notion de pH 87
Annexes
I Tableau des potentiels d’électrode standard 139
3
4
1 Réactions d’oxydo-
réduction
1.1 Rappel : Terminologie et principes fondamentaux
Selon la conception électronique, on définit :
EXEMPLE :
La réaction entre l’oxyde de fer(III) et l’aluminium, connue sous le nom
d’aluminothermie, est utilisée encore aujourd’hui pour le soudage des rails.
oxydation
réduction
(Fe3+)2(O2−)3 + 2 Al → 2 Fe + (Al3+)2(O2−)3
oxydant réducteur
L’équation d’une réaction d’oxydo-réduction est établie sur la base des demi-
équations d’oxydation et de réduction :
oxydation : Al → Al3+ + 3 e−
réduction : Fe3+ + 3 e− → Fe
5
AUTRE EXEMPLE :
La réduction de l’oxyde de cuivre(II) par le
dihydrogène.
L’équation de cette réaction se note :
oxydation
Le nombre d’oxydation (N.O.) d’un atome indique la charge hypothétique que prend
cet atome si l’on suppose que toutes les liaisons polarisées qui l’entourent soient
entièrement ionisées dans le sens de la polarisation.
N.O. de O : −2 N.O. de N : −3
N.O. de H : 0
N.O. de H : +1 N.O. de H : +1
Le nombre d’oxydation d’un atome peut être déterminé par des règles de calcul simples
(voir cours « chimie générale » 2e BC).
réduction
H2 + CuO → Cu + H2O
N.O. : 0 +2 −2 0 +1 −2
6
DEMARCHE :
1) Identifier les espèces réagissantes et les espèces produites :
(le cas échéant, retirer les ions spectateurs)
eau
K2Cr2O7 → 2 K+ + Cr2O72− Cr3+
eau
Na2SO3 → 2 Na+ + SO32− SO42−
charge globale : −2 −4 +2
4) Si nécessaire, multiplier les demi-équations par des coefficients tel que le nombre
d’électrons cédés soit égal au nombre d’électrons captés, puis additionner les demi-
équations pour obtenir, après d’éventuelles simplifications, l’équation bilan.
oxydation : SO32− + H2O → SO42− + 2 e− + 2 H+ ·3
réduction : Cr2O72− + 6 e− + 14 H+ → 2 Cr3+ + 7 H2O
8 4
3 SO32− + 3 H2O + Cr2O72− + 6 e− + 14 H+ → 3 SO42− + 6 e− + 6 H+ + 2 Cr3+ + 7 H2O
7
1.3 Établissement d’équations redox en milieu basique
Les accumulateurs nickel-cadmium sont des accumulateurs
performants à longue durée de vie. Comme leur nom l’indique, ils
contiennent le métal lourd cadmium, toxique, et leur usage est
strictement réglementé par une directive européenne. Ils sont
aujourd’hui utilisés essentiellement dans les domaines de la
sécurité aéronautique et ferroviaire, ainsi que dans la
télécommunication. Lors de la décharge électrique, du cadmium
métallique réagit avec de l’oxyde de nickel(III) solide en présence
de l’électrolyte KOH (milieu basique). Il se forme de l’hydroxyde de
cadmium(II) ainsi que de l’hydroxyde de nickel(II), tous deux
insolubles dans le milieu environnant.
Établissons l’équation de la réaction qui se déroule dans un tel accumulateur en milieu
basique.
DEMARCHE :
La démarche globale pour établir l’équation d’une réaction d’oxydo-réduction en
milieu basique est similaire à celle en milieu acide, sauf que l’équilibrage des charges
se fait avec l’anion hydroxyde OH− et non pas avec le cation H+ :
1) Identification des espèces réagissantes et des espèces produites :
Cd Cd(OH)2
Ni2O3 Ni(OH)2
charge globale : 0 −2 −2
charge globale : −2 0 −2
8
équilibrage des éléments oxygène et hydrogène avec des molécules d’eau.
oxydation : Cd + 2 OH− → Cd(OH)2 + 2 e−
réduction : Ni2O3 + 2 e− + 3 H2O → 2 Ni(OH)2 + 2 OH−
réduction : Cu2+ + 2 e− → Cu
oxydation : Cu → Cu2+ + 2 e−
réduction : Ag+ + 1 e− → Ag ·2
9
La réaction impliquant l’oxydant Cu2+ et le réducteur Cu peut avoir lieu dans l’un ou
dans l’autre sens, selon le partenaire de réaction :
lors de la première réaction, l’oxydant Cu2+ est réduit en son réducteur
correspondant Cu
lors de la deuxième réaction, le réducteur Cu est oxydé en son oxydant
correspondant Cu2+
On dit que Cu2+ et Cu forment un couple oxydant/réducteur.
Comme les deux réactions sont réversibles, on note le couple sous forme d’un
équilibre :
Cu2+ + 2 e− ⇌ Cu
SCHEMATIQUEMENT :
Il serait maintenant intéressant de savoir prédire si, entre le réducteur d’un couple
donné et l’oxydant d’un autre couple, une réaction aura lieu ou non. Afin de pouvoir
faire de telles prévisions, il faut établir la série redox des métaux.
10
1.6 Série redox des métaux
EXPERIENCE : Sur des plaques de différents métaux (fer, magnésium, argent, zinc, cuivre), plaçons des
gouttes de solutions renfermant le cation d’un autre métal, et marquons les cas où une réaction se déroule :
Fe Mg Ag Zn Cu
Fe(NO3)2 (aq)
Mg(NO3)2 (aq)
AgNO3 (aq)
Zn(NO3)2 (aq)
Cu(NO3)2 (aq)
Les réactions font intervenir des oxydants (cations métalliques) et des réducteurs
(métaux). Plus un oxydant respectivement un réducteur réagit facilement, plus il est
considéré comme fort.
Classer les oxydants intervenant dans les réactions ci-dessus par force croissante :
Constatation ?
11
Représentons les couples oxydant/réducteur intervenant dans l’étude expérimentale
par force décroissante des oxydants.
oxydant + n e− ⇌ réducteur
force oxydante
Ag+ + 1 e− ⇌ Ag
Cu2+ + 2 e− ⇌ Cu
force réductrice
Fe2+ + 2 e− ⇌ Fe
Zn2+ + 2 e− ⇌ Zn
Mg2+ + 2 e− ⇌ Mg
On constate que :
Plus un oxydant est fort, plus son réducteur correspondant est faible, et vice versa.
En effet, plus un oxydant est fort, plus il fixe avidement un ou plusieurs électrons. Il
se forme alors son réducteur correspondant qui retient fortement les électrons fixés :
c’est un réducteur faible.
De même, plus un réducteur est fort, plus il cède facilement un ou plusieurs
électrons. Il se forme alors son oxydant correspondant qui s’oppose à la fixation
d’électrons : c’est un oxydant faible.
Un oxydant réagit avec le réducteur d’un autre couple si la réaction donne un réducteur
et un oxydant moins forts que ceux présents dans les réactifs.
2 H+ + 2 e− ⇌ H2
L’oxydant H+ réagit avec les réducteurs plus forts que H2 , notamment Fe, Zn et Mg, mais
non pas avec les réducteurs plus faibles que H2 , comme Cu et Ag.
12
1.8 Prévision de réactions d’oxydo-réduction
SCHEMATIQUEMENT :
couple 1 : OX1/RÉD1 oxydation : RÉD1 → OX1 + n e− ·m
réduction : Sn2+ + 2 e− → Sn
13
EXEMPLE 3 : On mélange une solution de chlorure de fer(II) et une solution acidulée de
permanganate de potassium.
• espèces présentes : Fe2+, Cl−, K+, MnO4−
• prévision : l’oxydant MnO4− pourra réagir avec les réducteurs cation Fe2+ et anion
chlorure Cl−. Fe2+ étant un réducteur plus fort que Cl−, la réaction qui aura lieu
principalement est celle entre MnO4− et Fe2+, avec formation du cation Mn2+ et du
cation Fe3+.
• système redox :
oxydation : Fe2+ → Fe3+ + e− ·5
EXEMPLE 4 :
EXPERIENCE : Relions deux flacons laveurs, le premier contenant une solution aqueuse de bromure de
potassium, le deuxième une solution aqueuse d’iodure de potassium, puis introduisons du dichlore
(produit par action de l’acide chlorhydrique sur le permanganate de potassium) dans le premier flacon
laveur. À quelles observations faut-il s’attendre ?
• prévision : Dans le 1er flacon laveur, le dichlore Cl2 réagira avec l’anion bromure Br−
formant l’anion chlorure Cl− et le dibrome Br2.
Arrivé dans le 2e flacon laveur, le dibrome précédemment formé réagira avec l’anion
iodure I−, formant l’anion bromure Br− et le diiode I2.
• observations :
La solution dans le 1er flacon Dans le 2e flacon laveur, il se forme
laveur devient brunâtre, et des un dépôt de diiode solide.
vapeurs de dibrome passent dans
le 2e flacon laveur.
• systèmes redox :
oxydation : 2 Br− → Br2 + 2 e− 2 I− → I2 + 2 e−
14
2 Piles et électrolyse
Nous avons vu que des réactions d’oxydo-réductions sont spontanées lorsqu’on réunit
un oxydant et un réducteur plus fort que l’oxydant et le réducteur produits. Ces
réactions trouvent leurs applications en électrochimie dans les piles. La première pile
des temps modernes fut construite par Alessandro VOLTA en 1800, elle est connue sous
le nom de pile de VOLTA. Pourtant en 1936 on a découvert près de Bagdad en Iraq une
poterie avec des électrodes en cuivre et en fer qui aurait déjà pu produire un courant
électrique pour plaquer des métaux précieux sur des bijoux. Ces poteries ont été datées
à quelques centaines d’années après J-C. Nous allons étudier une pile inventée par le
chimiste britannique John DANIELL en 1836 pour aider au développement du télégraphe.
15
La différence de potentiel mesurée (ΔE° = +1,10 V) découle donc de ces tendances
inverses entre les deux électrodes. L’électrode de zinc se charge négativement et celle
de cuivre se charge positivement. Ceci se généralise pour toute pile :
Le potentiel est dit standard lorsque les conditions suivantes sont remplies :
concentration des ions : 1,00 mol/L
pression des gaz : 100 kPa
température : 298 K
redox
Équation bilan : Zn(s) + Cu2+(aq) → Zn2+(aq) + Cu(s)
⬚
Un pont salin sert à assurer un échange d’ions entre le compartiment du pôle (−) avec
un excès d’ions de charge (+) (dû à la formation d’ions Zn2+) et le compartiment du pôle (+)
avec un excès d’ions de charge (−) (dû à la consommation des ions Cu2+).
(1)
En électrochimie, le terme « électrode » peut désigner aussi bien une demi-pile que le conducteur
électrique qui plonge dans la solution.
16
Dans la pile DANIELL, les deux électrodes sont donc le métal Cu qui est en contact avec
les ions Cu2+ et le métal Zn en contact avec les ions Zn2+.
Dans la notation conventionnelle d’une pile les modalités suivantes sont appliquées :
Le pôle négatif (anode) est noté à gauche, le pôle positif (cathode) à droite.
Les formes réduites des deux couples oxydant/réducteur sont notées aux deux
extrémités, les formes oxydées au milieu.
Une ligne verticale représente un changement de phase ou d’état (p.ex. :
solide/aqueux), la double ligne verticale représente le pont salin.
Les ions spectateurs (ions sulfate pour la pile DANIELL) ne sont pas représentés.
(−) Zn(s) | Zn2+(aq) || Cu2+(aq) | Cu(s) (+)
électrode inerte (Pt ou graphite) qui sert de conducteur et surface de contact pour
le transfert d’électrons.
17
L’ESH est toujours branchée à la borne négative (−) du voltmètre, ceci
indépendamment par rapport au pôle réel de l’ESH.
Pour les deux électrodes de la pile DANIELL :
REMARQUES :
• Les potentiels d’électrode E° de quelques couples sont donnés dans le tableau
Annexe I.
• Ces potentiels permettent le classement du pouvoir oxydant et réducteur des
différents couples :
plus la valeur de E° est positive, plus l’oxydant de ce couple est fort
plus la valeur de E° est négative, plus le réducteur de ce couple est fort
• Les résultats précédents permettent aussi d’expliquer pourquoi un métal
noble, comme le cuivre, ne réagit pas en solution acide : le pouvoir oxydant de
H+ est trop faible, la valeur de E° de 0,00 V étant moins élevée que celles des
métaux nobles.
Les valeurs de E° permettent donc de faire des prévisions pour les réactions
d’oxydo-réduction.
18
2.2.2 Force électromotrice (fém) d’une pile
On appelle force électromotrice (différence de potentiel, tension) d’une pile la
différence de potentiel du pôle négatif au pôle positif d’une pile en l’absence de courant
électrique.
fém = ΔE° = E°cathode − E°anode
2.3 Électrolyse
Dès l’invention de la pile par VOLTA, celle-ci est utilisée pour réaliser une réaction forcée
(non spontanée) : l’électrolyse de l’eau en 1800. Elle trouve maintes applications
aujourd’hui, comme les recharges des accumulateurs, la production de métaux ou la
galvanoplastie. Avant d’étudier quelques-unes de ces applications, commençons à
détailler le principe de l’électrolyse sur base d’un exemple.
réduction oxydation
Cu2+(aq) + 2 e− → Cu(s) 2 Br−(aq) → Br2 (l) + 2 e−
cathode anode
redox
Équation bilan : Cu2+(aq) + 2 Br−(aq) → Cu(s) + Br2 (l)
⬚
19
REMARQUE : Lorsqu’on relie les électrodes en graphite par un voltmètre après l’électrolyse,
on constate qu’une tension s’établit. La tension mesurée est due à la réaction inverse, celle-ci étant
spontanée. La réaction d’électrolyse a chargé une pile cuivre/dibrome.
REMARQUES GENERALES :
• Une électrolyse se fait soit par un électrolyte en solution, soit à l’état fondu.
Les ions doivent être mobiles pour pouvoir migrer entre les électrodes.
• Lorsque l’électrolyse se fait en solution aqueuse, l’eau peut intervenir dans les
réactions aux électrodes, elle peut réagir aussi bien comme oxydant que
comme réducteur.
• En principe, en présence de plusieurs oxydants/réducteurs, c’est
principalement l’oxydant le plus fort qui est réduit à la cathode et c’est
aussi le réducteur le plus fort qui est majoritairement oxydé à l’anode.
• Lorsqu’une solution fait passer un courant électrique, il s’agit en réalité aussi
d’une électrolyse, les électrons ne passent jamais à travers la solution.
= | 0,34 V – 1,07 V |
contrairement à la fém d’une pile. Il s’agit donc
= | −0,73 V |
bien d’une réaction non spontanée, respectivement
= 0,73 V
forcée. 2.3
2.4 Applications
Les applications sont très nombreuses dans les
différents types de piles non-rechargeables ou
rechargeables (accumulateurs ou batteries) et
elles continuent à se développer à grands pas,
vu le besoin énorme de
piles de toutes tailles et de toutes puissances. Les réactions
d’électrolyse se retrouvent dans les accumulateurs et dans
maintes autres applications. Un petit aperçu sera étudié ici.
20
2.4.1 Pile alcaline
La pile alcaline Zn/MnO2 constitue la majorité des piles sur le marché
européen. Elle a une tension de 1,50 V et porte le symbole LR dans la
dénomination des piles. Elle a été développée dans les années 1950
et a remplacé les piles salines de Leclanché (2).
redox
Équation bilan : Zn + 2 MnO2 + H2O → ZnO + 2 MnO(OH)
⬚
Pile qui se base sur les mêmes couples mais où l’électrolyte est un sel acide (chlorure d’ammonium), le
(2)
milieu acide dégrade la pile car H+ réagit également avec l’électrode de Zn pour former H2.
21
2.4.2 Pile à hydrogène
Pendant deux années, trois bus à piles à hydrogène ont fait leur service
dans la ville de Luxembourg.
Au pôle négatif (−) a lieu l’oxydation du Au pôle positif (+) a lieu la réduction du
dihydrogène en présence d’un catalyseur dioxygène en ions O2−. Ces ions s’associent
métallique (Pt). Les ions H+ formés sont avec les ions H+ provenant de l’anode pour
transférés à la cathode à travers une former H2O.
membrane.
oxydation réduction
H2 → 2 H+ + 2 e− O2 + 4 e− + 4 H+ → 2 H2O
anode cathode
redox
Équation bilan : 2 H2 + O2 → 2 H2O
⬚
CARACTERISTIQUES :
• Dans les conditions standard, la force électromotrice vaut :
fém = ΔE° = E°cathode − E°anode = E°O2/H2O − E°H+/H2 = +1,23 V − 0,00 V = +1,23 V
22
2.4.3 Accumulateur lithium-ion
Les accumulateurs aux ions lithium (3) dominent aujourd’hui le marché
des piles rechargeables des portables, ordinateurs et voitures
électriques. Les premiers accumulateurs de cette catégorie ont été
développées dans les années 1970 par l’Anglais Stanley WHITTINGHAM à
qui, en 2019, a été attribué le prix Nobel, ensemble avec l’Américain
John GOODENOUGH et le Japonais Akira YOSHINO.
Les techniques appliquées dans les accumulateurs lithium-ion varient.
Nous allons étudier l’accumulateur LCO, basé sur du lithium stocké dans un réseau
d’oxyde de cobalt.
Le pôle (+) est constitué
d’un réseau ionique à
oxyde de cobalt(III) et de
lithium, LiCoO2. Les ions
lithium Li+ occupent des
sites dans ce réseau. Étant
de très petite taille, ils
sont mobiles et peuvent
se déplacer dans le réseau
ionique. Lorsque l’accu-
mulateur fonctionne, des
électrons et des ions Li+
sont transférés aussi bien
pendant la charge que la
décharge.
LiCoO2 est greffé sur une mince couche d’aluminium, qui agit comme collecteur
d’électrons lié au circuit externe.
Le pôle (−) est constitué de graphite, un bon conducteur électrique. Sa structure
relativement poreuse, surtout entre les couches constituées d’atomes de carbone
assemblés en hexagones réguliers, lui permet de stocker des ions Li+ dans son réseau.
Le graphite est greffé sur une couche de cuivre, qui sert comme collecteur d’électrons.
Un séparateur entre les deux couches ne laisse passer que les ions Li+, ce qui évite tout
court-circuit. L’ensemble baigne dans un électrolyte non aqueux (p.ex. LiBF4 dans un
solvant organique).
Cet accumulateur aux ions lithium n’est pas à confondre avec un accumulateur au lithium qui fonctionne
(3)
23
Réactions aux pôles lors de la charge :
pôle (−) : pôle (+) :
réduction oxydation
C6 + Li + e
+ −
→ C6Li LiCoO2 → Li+ + CoO2 + e−
cathode anode
CARACTERISTIQUES :
• La tension des accumulateurs lithium-ion peut aller jusqu’à 4,35 V.
• Ils peuvent être chargés et déchargés plusieurs milliers de fois, sans perdre significativement en capacité.
• Les accumulateurs lithium-ion sont sensibles à la température. Pour ne pas les endommager, les voitures
électriques sont équipées d’un système de refroidissement afin d’éviter tout risque d’inflammation lié à
une surchauffe.
• Le cobalt nécessaire à la production de ces accumulateurs provient essentiellement de gisements situés
en Afrique (Congo), où l’extraction des minerais se fait dans des conditions précaires. L'extraction du
lithium se fait en partie dans les déserts de sel en Amérique du Sud et pose des problèmes
environnementaux considérables.
Dans la plupart des accumulateurs lithium-ion, le cobalt est substitué entièrement ou partiellement par
d’autres ions métalliques (LiFePO4, ...) ou par de nouveaux matériaux organiques et des accumulateurs
à l’ion sodium ont déjà été mis au point et commercialisés.
oxydation
(4)
Ceci peut se noter par l’équation : LiCoO2 → x Li+ + Li1−xCoO2 + x e− avec x < 0,5
anode
Une surcharge endommage ces accumulateurs, car le vidage complet des ions Li+ du réseau d’oxyde de
cobalt forme de l’oxyde de cobalt(IV) instable .
24
3 Structure des molécules
organiques
En classe de 2e, nous avons vu que l’atome de carbone peut former de longues chaines
qui forment le squelette des molécules organiques. Différentes fonctions chimiques
greffées au squelette déterminent fondamentalement les propriétés de ces corps.
En chimie organique, c’est donc bien l’enchainement des atomes qui contribue aux
propriétés des composés, mais la structure tridimensionnelle des molécules joue
également un rôle primordial.
Dans ce chapitre, nous allons analyser et décrire les relations qui existent entre les
molécules organiques.
25
3.2 Conformation
éclipsée décalée
3.3 Isomérie
Comme l’agitation thermique à température ambiante est insuffisante pour induire ces
transformations, les isomères se laissent séparer et constituent des substances
chimiques différentes (contrairement aux conformères).
26
3.3.1 Rappel : Isomérie de constitution
La constitution d’une molécule indique la suite d’enchainement des atomes et la
nature de toutes les liaisons dans la molécule.
généralement généralement
généralement différentes
semblables semblables
27
Nomenclature Z/E
Lorsque deux atomes de carbone reliés par liaison double portent chacun une paire
d’atomes (ou de groupes) différents, il faut établir un ordre de priorité pour chaque
paire portée par les atomes de carbone.
Dès lors, un isomère est de configuration Z s’il porte les substituants de priorité
supérieure du même côté du plan de la liaison π ; au cas contraire, il est de
configuration E.
EXEMPLES : Détermination des priorités :
• On compare les numéros atomiques des deux atomes liés au premier rang par rapport
au même atome de carbone de la liaison double.
Priorité est donnée à l’atome qui présente le numéro atomique le plus élevé.
• Si deux atomes identiques sont fixés au même rang par rapport au même atome de
carbone de la liaison double, alors on classe d’abord, pour chacun de ces atomes, les
atomes y reliés par numéro atomique décroissant, tout en comptant deux fois les
atomes liés par liaison double, respectivement trois fois les atomes liés par liaison
triple.
Le groupe prioritaire est alors celui où intervient dans ce « classement » en
premier lieu l’atome avec le numéro atomique le plus élevé.
28
3.3.2.2 Énantiomérie (chiralité, isomérie optique)
Considérons un atome de carbone relié à 4 atomes ou groupes différents : il y a deux
distributions spatiales distinctes (A et B de la figure ci-dessous) pour répartir les 4
substituants différents autour de l’atome de carbone.
A B A (schématiquement) B (schématiquement)
Plaçons l’un des deux modèles moléculaires devant un miroir : le modèle devant le
miroir (A) n’est pas superposable à son image (IA) dans le miroir : on dit qu’il est chiral.
L’autre modèle (B) correspond à cette image (IA). A et B forment une paire
d’énantiomères.
Un miroir fait fonction de plan de symétrie placé entre l’objet et son image. Par
conséquent, les deux énantiomères sont symétriques l’un de l’autre par rapport à
un plan situé entre eux.
A IA B
Un atome de carbone par lequel on ne peut pas faire passer de plan de symétrie parce
qu’il est relié à 4 substituants différents est appelé carbone asymétrique.
Une molécule qui renferme un atome de carbone asymétrique est chirale.
Dans l’écriture des formules, un carbone asymétrique est souvent marqué d’un
astérisque.
29
Nomenclature de CAHN-INGOLD-PRELOG (CIP) des composés chiraux
(Robert Sidney CAHN, chimiste anglais, 1899−1981)
(Sir Christopher INGOLD, chimiste anglais, 1893−1970)
(Vladimir PRELOG, chimiste suisse d’origine yougoslave, 1906−1998, Prix Nobel de Chimie 1975)
30
EXEMPLES : Représentation en projection de FISCHER
glycéraldéhyde, alanine,
le glucide chiral le plus le plus simple des
simple acides aminés chiraux
• si le groupe −OH (pour les sucres) respectivement −NH2 (pour les acides aminés)
porté par l’atome de carbone asymétrique se situe à droite dans la projection de
FISCHER, la configuration est notée D (lat. dexter = droit). S’il est situé à gauche, la
configuration est notée L (lat. laevus = gauche). (5)
Pour les composés comportant plusieurs atomes de carbone asymétriques, c’est le dernier de ces atomes
(5)
31
Activité optique
En présence de lumière polarisée, les composés chiraux présentent une propriété
physique remarquable, qui les distingue des composés sans carbone asymétrique. En
vue d’éclaircissement, expliquons ce qu’est la lumière polarisée :
La lumière est une onde électromagnétique qui
présente une structure tridimensionnelle
composée d’un champ électrique et d’un
champ magnétique qui oscillent à angle droit.
N’ayant pas de plan de symétrie interne, ce
modèle représente une structure chirale.
Si on fait passer de la lumière par un filtre de polarisation, la lumière qui en sort est dite
« polarisée ». Les vibrations des ondes y sont toutes orientées dans le même plan. Le
filtre de polarisation agit dès lors comme une sorte de grille qui supprime toutes les
vibrations qui ne sont pas parallèles à l’orientation du filtre.
EXPERIENCE : Si on place un échantillon qui ne renferme qu’un seul énantiomère
d’une substance chirale dans le faisceau de lumière polarisée, on constate que celui-ci
traverse l’échantillon en
tournant le plan de
polarisation d’un
certain angle. Une telle
substance qui fait
tourner le plan
polarisation de la
lumière polarisée est dite
optiquement active.
Par ailleurs, les deux isomères optiques d’une même paire d’énantiomères
interagissent de façon opposée avec la lumière polarisée :
l’énantiomère dextrogyre, noté (+), l’énantiomère lévogyre, noté (−),
tourne le plan de la lumière polarisée tourne le plan de polarisation de la
d’un certain angle vers la droite lumière du même angle vers la gauche
(dans le sens de rotation des aiguilles d’une
montre)
REMARQUONS que :
• Un mélange racémique, composé de 50% de R et de 50% de S d’une paire
d’énantiomères, ne tourne pas le plan de polarisation de la lumière car les
activités optiques inverses des deux énantiomères se compensent.
• Il n’y a pas de relation entre le sens de rotation de la lumière polarisée (indiqué
par + ou −) et la configuration (indiquée par R ou S, D ou L) du carbone asymétrique
dans la molécule : le pouvoir rotatoire peut uniquement être déterminé
expérimentalement. 3.4 – 3.5
32
3.4 Tableau récapitulatif et diagramme de flux
molécules identiques superposables par rotation en bloc d’une des molécules
Le diagramme de flux suivant permet d’identifier la relation qui existe entre les
structures d’une paire de molécules présentant une seule isomérie.
33
4 Réactions et mécanismes
en chimie organique
4.1 Caractéristiques générales
En chimie minérale, beaucoup de réactions spontanées (neutralisation, oxydo-
réduction, ...) sont accompagnés par une forte libération d’énergie : ces réactions sont
souvent très exothermiques, faciles à démarrer, rapides et complètes.
La forte exothermicité des réactions fait en sorte qu’en général on n’obtient que les
produits prévus par l’équation chimique.
En chimie organique par contre, la
différence énergétique entre les réactifs
et les produits des réactions est souvent
faible. En plus, la rupture des liaisons
covalentes dans les molécules exige
généralement un fort investissement en
énergie.
Il s’ensuit que les réactions de la chimie
organique sont souvent peu
exothermiques, difficiles à démarrer,
lentes et incomplètes (conduisant à
un équilibre).
Une des conséquences de la faible exothermicité est la formation de produits
secondaires par des réactions parallèles.
34
4.2 Réactions d’addition (A)
Une réaction d’addition (A) se traduit par la fixation d’atomes ou de groupes sur une
liaison multiple.
4.1 principaux réactifs additionnés : Cl−Cl, Br−Br, H−Cl, H−Br, H−I, H−OH, H−H, ...
Un carbocation (ou ion carbénium) est un cation organique porteur d’une charge positive due à un
(6)
35
4.2.2 Addition électrophile (AE) du bromure d’hydrogène sur
l’hex−1−ène
EXPERIENCE : En faisant réagir le gaz bromure d’hydrogène avec du hex−1−ène liquide, on constate, après
une journée d’attente, qu’un vide s’y est formé, ce qui prouve que le gaz HBr a été consommé.
36
Pourtant, il existe une différence entre les carbocations et :
Dans la charge + est portée par un atome de carbone primaire (7) alors que, dans ,
c’est un atome de carbone secondaire qui est ionisé.
Ainsi, dans , le déficit en électrons est mieux amorti à cause de l’effet inductif donneur
d’électrons (I+) des deux groupes alkyles.
En général, le carbocation le plus substitué par des groupes alkyles est stabilisé le
plus efficacement par effet I+, et se forme majoritairement.
REMARQUONS que l’atome d’hydrogène s’est fixé sur la double liaison de façon à former
le carbocation le plus substitué par des chaines alkyles. Cette observation a été
généralisée :
un groupe alkyle fixé sur un site appauvri en électrons exerce un effet inductif donneur
d’électrons (ou effet I+) dont l’importance croit avec la taille de la chaine carbonée et
le degré de ramification.
effet I+
(7)
On appelle : − carbone primaire un atome de C relié à 1 (ou 0) autre atome de C
− carbone secondaire un atome de C relié à 2 autres atomes de C
− carbone tertiaire un atome de C relié à 3 autres atomes de C
− carbone quaternaire un atome de C relié à 4 autres atomes de C
37
4.2.3 Addition électrophile (AE) de l’eau sur le propène −
Synthèse d’un alcool par hydratation
Étape 2 : capture électrophile de H2O par le carbocation avec formation d’un cation
alkyloxonium
38
4.3 Réactions d’élimination (E)
(8)
À des températures plus basses, il y a également formation d’éthoxyéthane (diéthyléther ;
CH3−CH2−O−CH2−CH3) comme produit secondaire.
Les éthers ont la formule générale R−O−R’ et sont utilisés fréquemment comme solvants.
Ils sont des isomères de fonction des alcools.
39
4.4 Réactions de substitution (S)
Une réaction de substitution (S) se traduit par l’échange d’un atome ou groupe
d’atomes par un autre atome ou groupe d’atomes.
principaux atomes ou groupes substitués : −Cl, −Br, −I, −OH, −NH2 , ...
Analyse électronique :
Dans le bromoéthane, l’atome de brome induit une polarisation de la liaison
C−Br. Ainsi cet atome de carbone, appauvri en électrons, constitue un centre
électrophile.
L’anion hydroxyde, porteur d’une charge négative et pourvu de 3 doublets
libres sur l’atome d’oxygène, est un réactif nucléophile.
Étape 1 : attaque nucléophile de OH− sur le centre électrophile, avec départ
nucléofuge de Br− et formation de l’éthanol
40
4.4.2 Substitution nucléophile (SN) de l’éthanol en
bromoéthane
EXPERIENCE : On fait réagir une solution aqueuse d’éthanol avec du bromure d’hydrogène (produit par
réaction entre l’acide sulfurique concentré et le bromure de sodium). Pendant que la sortie du réfrigérant
trempe dans de l’eau glacée, le mélange réactionnel est distillé. À la sortie du réfrigérant, le produit de la
réaction se rassemble au fond du bécher rempli d’eau glacée.
Analyse électronique :
Dans le cation éthyloxonium, l’atome d’oxygène porteur d’une charge positive
induit une forte polarisation de la liaison C−O. Ainsi cet atome de carbone, très
appauvri en électrons, constitue un centre électrophile.
L’anion bromure, porteur d’une charge négative et pourvu de 4 doublets libres,
est un réactif nucléophile.
Étape 2 : attaque nucléophile de Br− sur le centre électrophile, avec départ
nucléofuge de H2O et formation du bromoéthane
4.2 / 4.7
41
4.4.3 Substitution électrophile (SE) dans le cycle aromatique –
nitration du benzène
EXPERIENCE : Du benzène est lentement ajouté à un mélange d’acide nitrique et d’acide sulfurique
concentré. Après refroidissement, le mélange est versé dans de l’eau. Un liquide huileux jaunâtre à odeur
d’amandes amères passe au fond du bécher.
42
EXPERIENCE (SUITE) : Analysons le mélange
réactionnel par chromatographie en phase gazeuse.
Suite des pics : le pic représente reste de benzène,
le pic le nitrobenzène et le pic le dinitrobenzène.
Le benzène monosubstitué une fois formé, la deuxième substitution est influencée par
le 1er substituant (comme le −NO2) , car celui-ci participe à la mésomérie du cycle
benzénique et exerce ainsi un effet orienteur sur la position d’un deuxième substituant :
Un 2e substituant électrophile est orienté vers la position méta (9), car les positions
ortho et para, chargées + dans les formes contributives à la mésomérie, constituent des
sommets à densité électronique réduite et sont donc évitées par le réactif électrophile
(comme le NO2+).
(9)
Deux substituants fixés sur le cycle benzénique peuvent occuper 3 positions relatives :
43
4.4.4 Substitution électrophile (SE) dans le cycle aromatique –
chloration du benzène
En introduisant un courant du gaz dichlore dans du benzène en présence de chlorure
d’aluminium AlCl3, on obtient un mélange formé essentiellement de chlorobenzène
ainsi que d’o− et de p−dichlorobenzène.
44
4.4.4.3 Deuxième chloration
Le 1er substituant −Cl exerce également un effet orienteur sur la position d’un deuxième
substituant :
Un 2e substituant électrophile est orienté vers les positions ortho et para, car ces
positions, chargées − dans les formes contributives à la mésomérie, sont favorisées par
le réactif électrophile (comme le Cl+) ; celui-ci attaquera préférentiellement les sommets à
plus haute densité électronique.
autres substituants exerçant un effet M+ : −Br ; −OH ; −OR ; −NH2 ; −NHR ; −NR2 ; …
REMARQUES :
• La réaction d’halogénation sur le benzène se fait de façon analogue avec le
dibrome en présence du catalyseur AlBr3 , on parle alors de bromation.
4.3 – 4.5 Cette réaction se fait de façon analogue avec des hydrocarbures chlorés
insaturés.
45
4.5 Mécanismes réactionnels – généralités et glossaire
L’attaque d’un réactif électrophile sur un centre nucléophile est appelée attaque
électrophile et caractérise les mécanismes électrophiles.
attaque électrophile
capture électrophile
Un départ électrofuge décrit le départ d’un atome (ou groupe), après rupture
hétérolytique de la liaison avec un atome de carbone, en abandonnant le doublet de
liaison.
46
4.5.2 Caractéristiques de réactions nucléophiles
Un réactif nucléophile (10) est un réactif à haute densité électronique, à la recherche
d’un site appauvri en électrons. Il s’agit généralement d’un anion ou d’une molécule
capable d’engager un doublet d’électrons dans une liaison par coordinence.
EXEMPLES : Cl− ; Br− ; H2O ; R−OH ; NH3 ; R−NH2 ; …
Un centre électrophile est en général un atome de carbone appauvri en électrons.
L’attaque d’un réactif nucléophile sur un centre électrophile est appelée attaque
nucléophile et caractérise les mécanismes nucléophiles.
Un départ nucléofuge décrit le départ d’un atome (ou groupe), après rupture
hétérolytique de la liaison avec un atome de carbone, en emportant le doublet de
4.6 liaison.
ÉTYMOLOGIE :
(10)
47
5 Composés organiques
oxygénés
5.1 Alcools
5.1.1 Groupe fonctionnel
Les alcools renferment le groupe hydroxyle −OH fixé sur une
chaine carbonée aliphatique ou cyclique (non aromatique).
5.1.2 Subdivision
• d’après l’atome de carbone porteur du groupe −OH, on distingue 3 classes
d’alcools :
alcools primaires (I) : l’atome de carbone porteur du groupe
−OH est primaire, c’est-à-dire relié à un seul (ou à aucun)
autre atome de C
5.1.3 Nomenclature
nom de l’hydrocarbure de la chaine carbonée principale + suffixe −ol
Si le groupe fonctionnel −OH peut occuper des positions différentes dans la chaine
carbonée, il faut préciser sa position par l’indice obtenu en numérotant la chaine à
partir de l’extrémité la plus proche du groupe hydroxyle.
48
EXEMPLES :
éthane−1,2−diol propane−1,2,3−triol
glycol glycérol, glycérine
(un dialcool) (un trialcool)
REMARQUE : Dans les polyalcools, les groupes −OH sont obligatoirement portés par des
atomes de carbone différents ; un corps avec 2
groupes −OH sur le même atome de carbone est
instable : par déshydratation, il se met en
équilibre avec le groupe fonctionnel carbonyle.
Si un groupe fonctionnel d’une priorité supérieure (11) est présent dans la molécule
donnée, le groupe −OH n’est plus indiqué par son suffixe −ol, mais par son préfixe
hydroxy−.
EXEMPLE :
acide 2−hydroxypropanoïque
acide lactique
(11)
Ordre de priorité des groupes fonctionnels (voir Annexe II)
49
5.2 Aldéhydes et cétones
5.2.1 Groupe fonctionnel
Le groupe carbonyle est constitué d’un atome de carbone
rattaché à un atome d’oxygène par liaison double.
Vu l’hybridation sp2 de l’atome de carbone porteur de la
double liaison, le groupe carbonyle présente une
structure plane. La liaison C=O a une composante σ formée
par recouvrement axial (frontal) de 2 orbitales sp2 et une
composante π formée par recouvrement latéral de 2
orbitales p.
DNPH DNPH
avec un aldéhyde avec une cétone
50
5.2.2 Nomenclature
5.2.2.1 Aldéhydes
EXEMPLES :
5.2.2.2 Cétones
EXEMPLES :
51
5.3 Acides carboxyliques
5.3.1 Groupe fonctionnel
5.3.2 Nomenclature
acide + nom de l’hydrocarbure de la chaine carbonée principale + suffixe −oïque,
(−dioïque pour 2 groupes −COOH)
Les acides les plus courants sont souvent désignés par des noms usuels.
EXEMPLES :
52
Les acides carboxyliques aliphatiques à longue chaine sont appelés acides gras parce
qu’ils interviennent dans la formation des graisses (traitée au chapitre 8.3.2.2).
EXEMPLES :
C15H31COOH acide hexadécanoïque
acide palmitique
C17H35COOH acide octadécanoïque
acide stéarique
C17H33COOH acide octadéc−9−énoïque
acide oléique
53
5.4 Esters carboxyliques
5.4.1 Groupe fonctionnel
5.4.2 Nomenclature
nom de l’acide carboxylique R−COOH, dont le suffixe −oïque est remplacé par −oate
de suivi du nom du groupe alkyle provenant de l’alcool R’−OH
La numérotation de la chaine principale R commence sur l’atome de carbone du groupe
R−COO−, la numérotation de la chaine alkyle R’ commence sur l’atome de carbone lié à
l’atome d’oxygène du groupe −COO−R’.
EXEMPLES :
54
5.5 Propriétés physiques
5.5.1 Température d’ébullition
Le graphique ci-dessous permet de comparer les températures d’ébullition de
molécules de masses molaires comparables présentant différentes fonctions
chimiques.
275
température d’ébulltion (en °C)
-50
-75
-100
masse molaire (en g/mol)
Notons qu’au fur et à mesure que la chaine carbonée s’allonge, les différences en
volatilité entre toutes fonctions chimiques s’atténuent, car les forces de VAN DER WAALS
deviennent de plus en plus prédominantes.
55
5.5.2 Solubilité
Les alcools à courte chaine carbonée (méthanol, éthanol et propanol) sont miscibles
à l’eau (solubles en toutes proportions).
La solubilité dans l’eau des alcools s’explique
par la présence du groupe hydroxyle : la
polarisation de la liaison O−H permet une
association dipôle-dipôle par ponts H avec
les molécules d’eau également polaires.
À partir des alcools à 4 atomes de carbone, la
solubilité dans l’eau diminue progressivement,
car le caractère apolaire de la chaine carbonée
diminue l’affinité pour les molécules polaires
de l’eau.
Les alcools à longue chaine carbonée sont
solubles dans les hydrocarbures grâce au
caractère apolaire des chaines carbonées.
Les alcools sont donc apparentés à la fois à
l’eau et aux hydrocarbures :
• à cause du groupe hydroxyle polaire, ils La préparation d’un mélange
présentent une analogie avec l’eau qui est contenant des volumes identiques
d’autant plus marquée que la chaine d’éthanol et d’eau provoque une
contraction de volume d’environ
carbonée est plus courte, 4 % : l’éthanol et l’eau présentent
• à cause de la chaine carbonée apolaire, ils une grande affinité.
se rapprochent d’autant plus des
hydrocarbures que la chaine carbonée est
plus longue.
Il s’ensuit que les alcools sont d’importants solvants, à la fois pour des corps polaires
et apolaires (solvants pour vernis, laques, teintures, produits de nettoyage,
médicaments, ...).
Les premiers termes des aldéhydes et cétones (méthanal,
éthanal, propanal ; propanone) sont bien solubles dans
l’eau, car les molécules d’eau s’associent au groupe
carbonyle par pont H.
Les acides carboxyliques de 1 à 4 atomes de carbone sont miscibles à l’eau en toutes
proportions. Ceci s’explique par la formation de ponts H entre le groupe −COOH et l’eau.
56
6 Réactions redox en chimie
organique
6.1 Oxydation des alcools et des aldéhydes par le
dioxygène
EXPERIENCE dite « de la lampe sans flamme » : Agitons un ballon contenant quelques gouttes d’éthanol
et versons le surplus. Dans l’obscurité, introduisons une spirale en fil de cuivre chauffé à
incandescence dans le ballon. La spirale reste incandescente, preuve qu’elle est le siège d’une réaction
exothermique.
Après réaction, on discerne un liquide incolore qui s’écoule le long du verre. Le contenu du ballon fait virer
le réactif de SCHIFF au violet, preuve qu’il s’est formé un aldéhyde. L’addition du bleu de bromothymol au
contenu du ballon fait virer l’indicateur coloré au jaune : il y a donc également formation d’un acide.
57
Généralisation
alcools primaires : le C fonctionnel porte 2 H oxydation en 2 étapes
6.1
EXEMPLES :
alcool primaire aldéhyde acide carboxylique
58
première étape : oxydation de l’éthanol en éthanal
oxydation : CH3−CH2−OH → CH3−CHO + 2 e− + 2 H+ ∙5
N.O. de C : −1 +1
6.3.1.1 Préparation
La liqueur de FEHLING est obtenue par la réunion de
2 composantes :
FEHLING I : solution aqueuse de sulfate de cuivre(II) CuSO4
FEHLING II : solution aqueuse de NaOH et de tartrate mixte
de sodium et de potassium (sel de Seignette)
59
6.3.1.2 Système redox
Ajoutons un peu d’un aldéhyde, puis chauffons le mélange : il y a formation
d’un précipité rouge brique de Cu2O, l’oxyde de cuivre(I).
(* système redox avec R ≠ H)
6.3.2.1 Préparation
Dans un tube à essais (neuf), introduisons une solution de nitrate d’argent
(2 mL AgNO3 0,5 M) ; ajoutons un peu de solution d’hydroxyde de sodium
(5 gouttes NaOH 1 M) : il se forme un précipité brun d’hydroxyde d’argent :
60
7 Réactions des aldéhydes
et des cétones
7.1 Addition nucléophile (AN) sur le groupe carbonyle
• La différence d’électronégativité entre C (2,5) et O (3,5)
induit une polarisation de la liaison C=O.
Par ailleurs, les électrons du nuage π sont faciles à
déplacer, car ils se trouvent loin des noyaux atomiques.
attaque nucléophile
61
7.1.1 Addition nucléophile (AN) du cyanure d’hydrogène sur le
groupe carbonyle
(Ne pas faire d’expérience ! Le cyanure d’hydrogène, liquide très volatil (t°éb = 26°C), est un poison
foudroyant qui agit par ingestion et inhalation)
aldéhydes :
cétones :
Analyse électronique :
L’atome de carbone du groupe carbonyle est un puissant centre
électrophile (voir alinéa 7.1).
L’anion cyanure, porteur d’une charge négative et pourvu d’un doublet libre
sur l’atome de carbone, est un réactif nucléophile.
Étape 1 : attaque nucléophile de CN− sur le centre électrophile
7.1 – 7.2
62
7.1.2 Addition nucléophile intramoléculaire – cyclisation des
monosaccharides
Les sucres simples (aussi appelés monosaccharides ou oses) sont des molécules
renfermant une ou plusieurs fonctions hydroxyle et un groupe carbonyle sous forme
d’un aldéhyde (aldoses, p. ex. glucose) ou d’une cétone (cétoses, p. ex. fructose).
Pour les monosaccharides à 5 ou 6 atomes de carbone, il existe, en milieu aqueux, un
équilibre entre la forme à chaine ouverte et deux formes cyclisées (à 6 atomes),
appelées α−pyranose et β−pyranose.
REMARQUE : Les pyranoses sont représentées en projection de HAWORTH. Les 6 atomes du cycle
y sont représentés de façon simplifiée comme étant dans un plan, en réalité néanmoins, ils forment
une structure tridimensionnelle. (Suivant le principe « FLOH » (FISCHER links = oben HAWORTH) il devient
assez facile d’interconvertir les projections de FISCHER et de HAWORTH.)
63
64
8 Réactions des alcools et
des acides carboxyliques (et
dérivés)
8.1 Réactivité des alcools et des acides carboxyliques
L’électronégativité très élevée de l’oxygène (EN(O) = 3,5) détermine fortement la
réactivité de ces corps.
À cause de la polarisation des liaisons C−O et O−H dans les alcools et de la
présence de 2 doublets libres, l’atome d’oxygène du groupe −OH possède
une densité électronique élevée : les alcools sont des réactifs
nucléophiles.
Pour les acides carboxyliques par contre, la forte polarisation des
liaisons C−O et C=O induit un important déficit en électrons sur l’atome
de carbone du groupe −COOH. Ils présentent donc un centre
électrophile.
Alcools et acides carboxyliques se prêtent donc parfaitement à effectuer des
réactions nucléophiles.
8.1 – 8.2
65
REMARQUONS que la condensation pourrait théoriquement se réaliser de 2 façons
différentes (voir les encadrés rouge et gris dans l’équation précédente). Le marquage
isotopique permet de déterminer l’origine de l’oxygène qui entre dans la formation de
l’eau :
R−COOH + R’−18OH ⇌ R−CO18O−R’ + H2O
acide carboxylique alcool ester carboxylique
Avec un alcool qui renferme O (au lieu de O), on retrouve 18O exclusivement dans
18 16
l’ester : il en résulte que c’est un oxygène de l’acide qui est éliminé avec la molécule
d’eau.
[ester] · [eau]
acide + alcool ⇌ ester + eau Kc = 8.3
[acide] · [alcool]
66
8.2.3 Mécanisme réactionnel (pour les alcools primaires et secondaires)
Analyse électronique :
Dû à la polarisation des deux liaisons carbone−oxygène, l’atome
de carbone du groupe −COOH est très appauvri en électrons et
constitue un centre électrophile.
L’atome d’oxygène du groupe −OH a une densité électronique
élevée due à la polarisation des liaisons et à la présence de
2 doublets libres : l’alcool est un réactif nucléophile.
La réaction se déroule en plusieurs étapes réversibles :
Étape 1 : renforcement du centre électrophile par protonation du groupe
−COOH : dans l’intermédiaire formé, une des formes mésomères porte une charge +
sur l’atome de carbone électrophile
67
8.3 Réactions de polyalcools
8.3.1 Éthanediol (éthylène-glycol)
Dans le domaine des matières plastiques, il sert à fabriquer des
polymères par polycondensation avec un diacide (acide avec 2
groupes carboxyliques).
Un représentant particulièrement important de ces polyesters est le
polyéthylènetéréphtalate (PET) dans lequel l’acide téréphtalique et l’éthane−1,2−diol
s’associent en alternance par élimination d’eau :
Le PET sert à produire des fibres textiles (Dacron, Tergal, pour vêtements, rideaux), des
emballages (bouteilles pour limonade), ...
68
8.3.2 Propanetriol (glycérol, glycérine)
69
8.4 Savons
8.4.1 Réaction de saponification
On appelle savons les sels des acides gras obtenus par hydrolyse
des graisses et huiles en présence d’une base forte (NaOH ou KOH).
EXPERIENCE : Un mélange d’huile d’arachide, d’éthanol (solvant) et d’une solution
aqueuse concentrée d’hydroxyde de sodium est chauffée au reflux. Le mélange est
ensuite versé dans un grand bécher d’eau salée froide : le savon précipite.
8.4
Par rapport à l’estérification en milieu acide (étudiée sous 8.2), la neutralisation de
l’acide gras par la base sort l’acide gras de l’équilibre
d’estérification/hydrolyse.
Conformément au principe de LE CHATELIER, l’équilibre se déplace en
milieu basique complètement du côté de l’hydrolyse du
triglycéride.
La saponification des triglycérides par l’hydroxyde de sodium fournit
des savons durs, alors que la saponification par l’hydroxyde de
potassium fournit des savons mous (lux. schwaarz Seef).
70
8.4.2.2 Propriétés tensioactives des savons
Comme l’eau est un liquide à forces d’attraction intermoléculaires élevées, sa tension
superficielle est importante.
Si l’on ajoute du savon à l’eau, les anions carboxylate sont adsorbés à la surface de
l’eau, les « têtes hydrophiles » étant orientées vers
l’eau et les « queues hydrophobes » pointant hors de
l’eau : la surface libre du liquide est désormais
constituée d’un film de chaines carbonées à forces
d’attraction faibles : la tension superficielle s’en
trouve considérablement réduite, l’eau est dite
détendue.
La réduction de la tension superficielle dans l’eau savonneuse rend possible la
formation de mousse. Comme la mousse est constituée d’une multitude de fines bulles
d’air enrobées d’une mince membrane de liquide, sa formation n’est envisageable
qu’avec un liquide à tension superficielle faible.
EXPERIENCE : Bien que le soufre soit plus dense que l’eau
(1), le soufre en poudre surnage (2) : la tension super-
ficielle élevée empêche l’eau de pénétrer entre les grains
de soufre.
(1) (2)
Ajoutons une solution de savon dans l’eau distillée (3) :
l’eau détendue réussit à mouiller le soufre en se faufilant
entre les grains (4) ; absorbé par l’eau détendue, le soufre
sombre au fond du récipient (5,6).
71
8.5 Réactions de dérivés d’acides carboxyliques
8.5.1 Chlorures d’acyles
8.5.1.1 Préparation, réactivité et avantages
La réaction d’estérification est une réaction lente et incomplète (équilibre).
Pour préparer l’ester avec un meilleur rendement, il est préférable de transformer au
préalable l’acide carboxylique en chlorure d’acyle (12) à l’aide de dichlorure de thionyle.
Le chlorure d’acyle est un dérivé de l’acide carboxylique dans lequel le groupe
hydroxyle −OH est remplacé par un atome de chlore −Cl.
chlorure de + nom de l’acide carboxylique dont le suffixe −oïque est remplacé par −oyle
EXEMPLE : acide éthanoïque chlorure d’éthanoyle
72
Étape 1 : attaque nucléophile de l’alcool sur le centre électrophile du chlorure
d’acyle, avec départ nucléofuge de Cl−
8.5
L’anhydride ainsi formé peut ensuite réagir avec divers composés organiques (alcools,
amines, …) en donnant en général des réactions complètes.
Un EXEMPLE populaire d’une telle réaction est la synthèse de
l’acide acétylsalicylique (aspirine®) à partir de l’acide salicylique
et de l’anhydride acétique, une synthèse brevetée par BayerTM à la
fin du 19e siècle.
73
9 Amines et acides aminés
9.1 Amines : groupe fonctionnel et subdivision
Les amines peuvent être considérées comme des dérivés de l’ammoniac NH3 dans
lequel 1, 2 ou 3 atomes d’hydrogène ont été remplacés par des chaines carbonées.
9.1
Tout comme pour l’ammoniac, l’atome d’azote des amines est hybridé sp3 : il en résulte
que le groupe amine présente une structure tétraédrique dans laquelle le 4e sommet
est occupé par le doublet libre de l’azote.
Selon le nombre de chaines carbonées liées à l’atome d’azote, on distingue 3 classes
d’amines :
amines primaires (I) : l’atome d’azote est
primaire, donc lié à un seul atome de
carbone (ou une chaine carbonée)
EXEMPLES :
74
Si un groupe fonctionnel d’une priorité supérieure est présent dans la molécule donnée,
le groupe −NH2 n’est plus indiqué par son suffixe −amine, mais par son préfixe amino−.
EXEMPLE :
acide 2−aminopropanoïque
(alanine)
EXEMPLES :
N−méthyléthanamine N−éthyléthanamine
diéthylamine
N−éthyl−N−méthylpropan−1−amine N,N−diméthylméthanamine
triméthylamine
N−méthylbutan−2−amine N−éthyl−N,2−diméthylbutan−1−amine
75
9.3 Réactions des amines
9.3.1 Réactivité des amines
Dû à la polarisation des liaisons et à la présence d’un doublet libre, l’atome
d’azote des amines (et de l’ammoniac) présente une densité électronique
élevée. Les amines constituent donc des réactifs nucléophiles
susceptibles de lancer une attaque nucléophile sur un centre électrophile,
comme p.ex. l’atome de carbone d’un groupe −COOH ou −COCl.
La présence du doublet libre de l’azote permet également aux amines de capter un
proton H+ par coordinence, c’est pourquoi les amines sont considérées comme bases.
(plus de détails au chapitre suivant)
76
9.3.2.2 Équation globale
9.2
77
9.4 Acides aminés
9.4.1 Groupes fonctionnels et généralités
Les acides aminés sont des corps qui renferment dans
leurs molécules à la fois le groupe acide carboxylique
−COOH et le groupe amine −NH2 .
Nous n’envisagerons ici que les acides α−aminés (13) qui
jouent un rôle très important en biochimie, car leur
association conduit aux protéines qui sont les
constituants structuraux de la matière vivante
(protéines fibreuses) et les régulateurs du métabolisme
(protéines globulaires : enzymes, hormones, anticorps, ...).
On compte une vingtaine d’acides α−aminés importants qui se distinguent par la nature
de leur groupe R ; où R peut être une chaine hydrocarbonée, mais peut aussi renfermer
des groupes fonctionnels supplémentaires.
EXEMPLES : (une liste plus exhaustive se trouve dans l’Annexe IV)
À l’exception de la glycine, les acides α−aminés portent sur l’atome de carbone α quatre
substituants différents et sont par conséquent chiraux.
Les acides aminés naturels appartiennent tous à la série L
(projection de FISCHER). Cette identité de configuration
s’explique par le fait que les acides aminés sont assemblés par
des enzymes qui sont elles-mêmes chirales.
Pour préciser la position relative de 2 groupes fonctionnels, on désigne souvent les atomes de carbone
(13)
de la chaine par les lettres de l’alphabet grec en partant du groupe fonctionnel principal (ici −COOH, groupe
acide carboxylique) : « acides α-aminés » signifie donc que le groupe amine (−NH2) est porté par l’atome de
carbone immédiatement voisin du groupe −COOH.
78
9.4.2 Liaison peptidique
Les groupes fonctionnels acide carboxylique et amine interviennent comme points
d’amarrage pour fixer les acides aminés les uns aux autres ; l’association se fait par
condensation (élimination d’eau) entre le groupe −COOH d’un acide aminé et le groupe
−NH2 de l’acide aminé suivant ; la réaction est catalysée par une enzyme.
Le groupe amide −CONH− qui joint les restes d’acides aminés est dit liaison peptidique.
L’association de deux acides aminés forme un dipeptide. Trois acides aminés forment,
en s’associant, un tripeptide.
Une association comportant jusqu’à 10 acides aminés est appelée oligopeptide. Des
chaines plus longues d’acides aminés sont des polypeptides. Les protéines
comportent une ou plusieurs chaines polypeptidiques repliées d’une façon spécifique
avec éventuellement des parties non-protéiques.
Par convention, la chaine peptidique obtenue par l’association des acides aminés
s’écrit de façon que l’acide aminé avec le groupe −NH2 libre figure à gauche (extrémité
N−terminale) et l’acide aminé avec le groupe −COOH libre figure à droite (extrémité
C−terminale). La suite des restes d’acides aminés le long de la chaine peptidique
s’appelle séquence.
On désigne une chaine peptidique en
alignant, dans le sens fixé par la
convention, les sigles à 3 lettres
attribués aux acides aminés qui
9.3 constituent la séquence de la chaine. désignation du tripeptide : Ala−Gly−Ser
Vu que les protéines sont souvent des associations de plusieurs centaines, voire de
plusieurs milliers d’unités d’acides aminés à séquence caractéristique de la protéine
considérée, on comprend aisément qu’une vingtaine d’acides aminés permettent de
construire un nombre quasi illimité de protéines différentes. La matière vivante exploite
cette diversité pour adapter les propriétés des protéines aux multiples fonctions qui
leur incombent dans la régulation des phénomènes vitaux.
79
10 base
Concepts d’acide et de
Les concepts d’acide et de base ont fortement évolué au cours des siècles.
Aujourd’hui trois concepts trouvent leurs applications : Les théories d’ARRHENIUS, de
BRØNSTED-LOWRY et de LEWIS. Chacun de ces concepts a ses défauts et ses avantages.
Lors de l’étude des acides et des bases, nous appliquons surtout le concept de
BRØNSTED-LOWRY.
80
10.1.1 Réaction de neutralisation
Selon ARRHENIUS, une réaction de neutralisation est une réaction entre un acide et une
base formant un sel et de l’eau :
EXEMPLE :
Équation globale : HNO3 (l) + LiOH(aq) → LiNO3 (aq) + H2O(l)
Équation ionique : H+(aq) + NO3−(aq) + Li+(aq) + OH−(aq) → Li+(aq) + NO3−(aq) + H2O(l)
ions spectateurs ions spectateurs
81
10.2 Théorie de BRØNSTED-LOWRY
Johannes BRØNSTED (chimiste danois, 1879−1947) et Thomas LOWRY
(chimiste anglais, 1874−1936) ont énoncé indépendamment en 1923 un
concept qui étend les notions d’acide et de base par rapport à la
théorie d’ARRHENIUS.
Le concept de BRØNSTED-LOWRY est pensé plus large. Il s’applique à
différents milieux et explique le comportement acido-basique
pour un nombre d’espèces chimiques nettement plus important.
Pourtant ces définitions sont très simples :
EXEMPLE : HF ⇌ H+ + F−
Pour accepter un ion H+, la base de BRØNSTED doit posséder un doublet libre afin de
pouvoir réaliser une liaison par coordinence avec l’ion H+.
EXEMPLE : NH3 + H+ ⇌ NH4+
L’ion H+ libéré peut ensuite être fixé par le doublet libre de la base. Cette protonation de
la base B la transforme en acide de BRØNSTED HB+.
H+ + | B ⇌ H−B+
La base constitue avec son acide conjugué également un couple acide/base, ici HB+/B.
Une réaction acide-base se résume donc à un transfert d’un ion H+ de l’acide vers la
base et fait intervenir deux couples acide/base.
+ H+
H−A + | B ⇌ | A− + H−B+
− H+
82
Le transfert d’un ion H+ d’un acide vers une base de BRØNSTED est appelé réaction de
protolyse.
− H+
• Un polyacide (acide qui peut libérer plusieurs ions H+) ou une polybase (base qui peut accepter
plusieurs ions H+) peuvent subir plusieurs protolyses successives, soit en réagissant avec l’eau, soit
avec une autre entité.
Prenons l’exemple de l’acide sulfurique qui, par dissociation, peut libérer successivement deux ions
H+ :
83
10.2.2 L’eau, un solvant et ampholyte important
Considérons dès à présent des protolyses où l’eau intervient comme réactif :
H2O + HNO3 → H3O+ + NO3− couples : H3O+/H2O et HNO3/NO3−
Dans cette protolyse, l’eau agit comme accepteur de H+, donc comme base.
Un ampholyte (ou espèce amphotère) est une espèce chimique qui agit comme :
donneur de H+ en présence d’une base
accepteur de H+ en présence d’un acide
Pour montrer qu’une espèce peut agir comme ampholyte dans l’eau, on donne sa
réaction de protolyse avec l’ion H3O+, respectivement avec l’ion OH−. (voir chapitre 12 :
Forces des acides et des bases)
EXEMPLE :
Équations de protolyse montrant que l’hydrogénophosphate de sodium peut agir en
ampholyte dans l’eau :
eau
équation de dissociation ionique : Na2HPO4 → 2 Na+ + HPO42−
réaction avec un acide : HPO42− + H3O+ → H2PO4− + H2O
réaction avec une base : HPO42− + OH− → PO43− + H2O
Dans la première réaction, l’anion hydrogénophosphate réagit comme base de
BRØNSTED et dans la deuxième réaction, il constitue un acide de BRØNSTED. L’ion HPO42−
est donc bien un ampholyte. 10.1 – 10.6
84
10.2.3 Avantages de la théorie de BRØNSTED-LOWRY
Toute espèce chimique susceptible de céder un ion H+ peut être considérée comme
un acide de BRØNSTED.
acides moléculaires inorganiques et organiques (HCl, H2SO4, HNO3, H2O,
HCOOH, CH3CH2OH, ...)
acides ioniques (NH4+, HCO3−, HSO4−, H2PO4−, ...)
Toute espèce chimique susceptible d’accepter un ion H+ (par un doublet libre) peut
être considérée comme une base de BRØNSTED.
bases moléculaires inorganiques et organiques (NH3 , H2O, CH3NH2 , ...)
bases ioniques (OH−, O2−, CO32−, HPO42−, HCOO−, CH3CH2O−, ...)
La théorie de BRØNSTED-LOWRY s’applique donc aussi bien à des composés moléculaires
qu’à des ions.
REMARQUES :
• Les réactions de protolyse peuvent soit être complètes dans un des deux sens,
soit constituer des équilibres chimiques. Ceci sera étudié plus en détail dans
un prochain chapitre.
• Comme parmi les acides et les bases de BRØNSTED figurent un grand nombre
d’ions, les composés ioniques subissent dans un solvant d’abord une réaction
de dissociation ionique. Les ions dissociés peuvent agir comme acide ou base
de BRØNSTED avec les molécules d’eau. Ceci fait surtout une différence
importante pour les bases d’ARRHENIUS et de BRØNSTED. NaOH est une base
d’ARRHENIUS mais pas une base de BRØNSTED. Pourtant l’ion OH− est bien une
base de BRØNSTED (mais non pas une base d’ARRHENIUS).
eau
NaOH → Na+ + OH−
base d’ARRHENIUS base de BRØNSTED
85
10.3 Théorie de LEWIS
En même temps que BRØNSTED et LOWRY, Gilbert Newton LEWIS (chimiste américain,
1875−1946, 41 nominations pour le prix Nobel) publia en 1923 un concept alternatif des acides
et des bases.
Comme la réaction entre un acide et une base comporte la formation d’une liaison par
coordinence, LEWIS définit les acides et les bases du point de vue électronique.
Dans le concept de LEWIS, l’ion H+, étant un accepteur de doublet, constitue lui-même
un acide de LEWIS et n’est plus l’espèce échangée : c’est sa capacité d’accepter un
doublet d’électrons qui est à l’origine de son caractère acide.
La réaction de neutralisation vue dans le concept d’ARRHENIUS constitue également une
réaction acide-base selon le concept de LEWIS, étant donné qu’il y a bien une formation
d’une liaison par coordinence.
Ces réactions acide-base de LEWIS ont trouvé leur application dans certains mécanismes
en chimie organique, notamment dans la formation d’un réactif électrophile.
EXEMPLES : Grâce à leurs nuages électroniques vides, le chlorure d’aluminium AlCl3 ainsi
que le réactif électrophile Cl+ constituent des acides de LEWIS.
Un réactif nucléophile (OH−, NH3 , Cl−, ...), possédant un doublet libre, est une base de
LEWIS. Certaines étapes de mécanismes réactionnels (p.ex. captures électrophiles) se
font sur un carbocation stabilisé par effet I+, qui constitue un acide de LEWIS.
86
11 Notion de pH
11.1 Autoprotolyse de l’eau
En 1894, Friedrich KOHLRAUSCH (physicien allemand, 1840−1910) a
obtenu de l’eau parfaitement pure par des distillations répétées
sous vide dans un montage en platine. Il constata pourtant que
cette eau pure conduit très faiblement le courant électrique et il en
détermina expérimentalement sa conductivité électrique.
La conductivité du courant électrique par l’eau pure implique la présence d’ions, formés
par les molécules d’eau. La théorie de BRØNSTED-LOWRY permet d’expliquer cette
formation d’ions par un transfert de H+ entre molécules d’eau. L’eau étant un
ampholyte, une des molécules d’eau dans la réaction d’équilibre ci-dessous constitue
l’acide, tandis que l’autre constitue la base.
Dans la suite, on considère :
tous les équilibres et réactions acide-base à 25°C,
comme « solution diluée » toute solution avec : 10−5 mol/L ≤ c ≤ 1 mol/L
[H3O+] · [OH−]
Selon la loi d’action des masses de Guldberg et Waage : Kc = (1)
[H2O]2
m
Comme la dissociation ionique de l’eau est très faible, la n
[H2O] = = M
variation de la concentration de l’eau [H2O] est Vsol Vsol
négligeable et sa concentration sera considérée comme 1 000 g
18 g/mol
constante : =
1L
= 55,5� mol/L
Comme lors de l’autoprotolyse de l’eau les ions H3O+ et ⇒ [H3O+] · [OH−] = 10−14
OH− se forment en mêmes quantités, les valeurs des
concentrations individuelles valent : [H3O+] = [OH−] = 10−7 mol/L
Comme l’autoprotolyse de l’eau est endothermique, la concentration des deux ions augmente avec la
(14)
température et il en est de même pour la valeur de Ke . Elle vaut par exemple 10−13 à 60°C.
87
11.2 pH et pOH
(pH du latin: "potentia Hydrogenii", force de l’hydrogène)
11.2.1 Définitions
La notion de pH fut introduite en 1909 par le chimiste danois Peter
Lauritz SOERENSEN (1868−1939) pour caractériser l’acidité d’une
solution par une valeur simple.
pH + pOH = 14
Une solution est neutre si [H3O+] = [OH−] = 10−7 mol/L, donc si le pH = 7,0 = pOH
Certains corps n’ont pas d’influence sur le pH en solution aqueuse, car ils ne changent
ni la concentration de H3O+, ni celle de OH−. De tels corps peuvent être ioniques ou
moléculaires.
EXEMPLES : NaCl ; LiBr ; éthanol ; glucose ; ...
Une solution est acide si [H3O+] > [OH−], donc si le pH < 7,0 et le pOH > 7,0
EXEMPLE : Pour une solution acide dont la concentration en H3O+ vaut 3,20 · 10−2 mol/L,
déterminons la concentration de OH− ainsi que le pH de la solution.
10−14 10−14
[H3 O+ ] · [OH- ] = 10−14 ⇔ [OH- ] = + = = 3,13 · 10−13 mol/L
[H3 O ] 3,20 · 10−2
⇒ pH = − log [H3O+] = − log (3,20 · 10−2) = 1,49
88
11.2.2.3 Solutions basiques
Lors de la protolyse d’une base (notée B) avec l’eau, l’équilibre
B + H2O ⇌ HB+ + OH−
se déplace vers la droite, la concentration de OH− augmente et celle de H3O+ diminue du
même facteur. Il s’ensuit que :
Une solution est basique si [H3O+] < [OH−], donc si le pH > 7,0 et le pOH < 7,0
11.2.3 Échelle du pH
L’échelle du pH usuelle est limitée par des concentrations maximales de 1,00 mol/L en
H3O+ ou OH− :
• Limite acide : [H3O+] = 1,00 mol/L • Limite basique : [OH−] = 1,00 mol/L
⇒ pH = − log 1,00 = 0 ⇒ pOH = − log 1,00 = 0
⇒ pH = 14 − pOH = 14
[H3O+] 100 10−1 10−2 10−3 10−4 10−5 10−6 10−7 10−8 10−9 10−10 10−11 10−12 10−13 10−14
[OH ] 10
− −14
10−13
10−12
10−11
10−10
10−9
10−8
10 −7
10−6
10−5
10−4 10−3 10−2 10−1 100
pOH 14 13 12 11 10 9 8 7 6 5 4 3 2 1 0
89
11.2.4 Mesure du pH
Le pH peut se mesurer
approximativement à l’aide du
papier pH ou de bandelettes pH.
Les bandelettes permettent de
faire des mesures plus précises
que le papier pH.
Les mesures les plus exactes se font avec le pH-mètre. Il mesure un potentiel électrique
par rapport à une référence interne de l’électrode, et ce potentiel électrique est
transformé en une valeur de pH. Avant d’utiliser un
pH-mètre, il est important de le calibrer avec des
solutions de pH bien connu et stable. Ceci permet à
l’appareil de relier un potentiel à une valeur de pH
donnée, et de convertir les potentiels mesurés en une
valeur pH sur base de la droite d’étalonnage obtenue
avec les solutions de pH connus.
Les indicateurs colorés comme la phénolphtaléine ou le bleu de bromothymol
permettent seulement de déterminer approximativement le milieu acide, neutre ou
basique d’une solution, ils seront traités plus en détail dans le chapitre 12.4.1.
90
12 Forces des acides et
des bases
12.1 Expression de la force des acides et des bases
Une vinaigrette se prépare avec du vinaigre, solution aqueuse d’acide éthanoïque.
Pourquoi personne n’aimerait préparer sa vinaigrette avec une solution d’acide
chlorhydrique par exemple ?
L’acide éthanoïque est un acide faible tandis que l’acide chlorhydrique est un acide fort.
Comment définir acide fort et acide faible, et en quoi se distinguent-ils ?
[A−] · [H3O+]
Ka =
[HA]
La force de l’acide est exprimée par la constante d’acidité Ka. Plus un acide est fort,
plus l’équilibre se déplace vers la droite, plus les valeurs des termes du numérateur
augmentent et celle du dénominateur diminue : par conséquent la valeur de Ka
augmente. Un acide est donc d’autant plus fort que son Ka est élevé, respectivement
que son pKa est petit.
Conclusions :
• Un acide est considéré comme faible si sa
force acide
réaction de protolyse avec l’eau donne lieu à un
équilibre. La force de l’acide est définie par la valeur de Ka
valeur de sa constante d’acidité Ka
respectivement par son pKa . valeur de pKa
91
• Un acide est considéré comme fort si sa réaction de protolyse avec l’eau
est complète. Il réagit de manière complète avec l’eau pour former sa base
conjuguée et des ions oxonium H3O+. Ces ions constituent l’acide le plus fort en
solution aqueuse. Pour cette raison, on attribue à tout acide fort le pKa de H3O+, à
savoir −1,74.(15) Tous les monoacides forts montrent donc la même force acide en
solution aqueuse.
EXEMPLES d’acides forts : HCl ; HBr ; HI ; HNO3 ; HClO4 ; HBrO4 ; HIO4 ;
H2SO4 (1re dissociation)
[HB+] · [OH−]
Kb =
[B]
La force de la base augmente avec Kb , autrement dit une base est d’autant plus forte
que son pKb est petit.
Conclusions :
• Une base est considérée comme faible si sa
force basique
réaction de protolyse avec l’eau donne lieu à un
équilibre. La force de la base faible est définie valeur de Kb
par la valeur de la constante de basicité Kb
respectivement par son pKb . valeur de pKb
• Une base est considérée comme forte si sa réaction de protolyse avec l’eau
est complète. Elle se transforme complètement en son acide conjugué (de force
négligeable) et en ions hydroxyde OH−, la base considérée comme la plus forte en
solution aqueuse. Pour cette raison, on attribue à toute base forte le pKb de OH−, à
savoir −1,74. Toutes les monobases fortes montrent donc la même force basique en
solution aqueuse.
EXEMPLES de bases fortes : O2− (anion oxyde) ; NH2− (anion amidure) ; CH3O− (anion
méthanolate)
12.1 – 12.4
(15)
Les valeurs de Ka des acides forts sont déterminées dans d’autres solvants que l’eau, p.ex. le méthanol.
92
12.1.3 Relation entre Ka et Kb d’un couple acide/base
Soit HA/A− un couple acide/base se trouvant dans une même solution aqueuse :
[A−] · [H3O+]
Pour l’acide HA : HA + H2O ⇌ A− + H3O+ Ka =
[HA]
[HA] · [OH−]
Pour la base A− : A− + H2O ⇌ HA + OH− Kb =
[A−]
pKa + pKb = 14
Cette relation montre que plus l’acide est fort, plus sa base conjuguée est faible, et
inversement.
Ceci implique également que la base conjuguée d’un acide fort est une base très faible
qui, en principe, n’a pas d’influence sur la basicité et donc sur le pH d’une solution
aqueuse. Ainsi l’anion chlorure (Cl−) par exemple, base conjuguée de HCl, est une base
tellement faible qu’elle n’influence pas le pH.
93
12.2.1.1 Influence de la polarisation de la liaison H−A
Composés hydrogénés
Considérons les composés hydrogénés PH3 , H2S et HCl des éléments P, S et Cl de la
troisième période :
PH3 (gaz toxique à odeur de poissons
pourris) est un acide négligeable dans
l’eau (pKa > 15,74)
ΔENP−H = 0 ΔENS−H = 0,4 ΔENCl−H = 0,9
H2S (gaz toxique à odeur d’œufs pourris)
est un acide faible (pKa = 7,04) polarisation des liaisons
Oxoacides
Dans les oxoacides, les atomes d’hydrogène cédés comme H + sont toujours reliés à un
atome d’oxygène. Dans la série des oxoacides du chlore, la force acide augmente
considérablement dans la suite HClO < HClO2 < HClO3 < HClO4 .
L’électronégativité très forte des atomes d’oxygène rattachés sur l’atome central de
l’acide exerce un puissant effet attracteur d’électrons (effet I−), la polarisation de la
liaison H−O est donc d’autant plus forte que le nombre des atomes d’oxygène est plus
élevé.
La force des oxoacides croit donc avec le nombre d’atomes d’oxygène portés par
l’atome central.
effet I−
force acide
Autres EXEMPLES : • H2SO3 < H2SO4 • HNO2 < HNO3
94
12.2.1.2 Influence de la stabilité de l’anion formé
La mesure de la conductivité électrique de
solutions équimolaires de HF, HCl, HBr et HI
dans l’acide éthanoïque pur permet de
classer les 4 hydracides par dissociation
ionique (et donc par force acide)
croissante (16). force acide
Bien que la polarité de la liaison H−A
augmente de HI vers HF, l’acidité augmente de HF vers HI.
Le départ de H + (capté par le solvant) entraine la formation des anions F − , Cl − , B r − et I −.
H + quitte l’anion d’autant plus difficilement que la charge négative de celui-ci est plus
grande.
La force acide décroit donc pour les étages de dissociation successifs d’un
polyacide.
Autres EXEMPLES : • H2SO4 > HSO4− • H 2CO3 > HCO3− • H 2S > HS−
Mais aussi : • NH4+ > NH3 > NH2−
(16)
REMARQUE : Dans l’eau, la dissociation serait totale pour HCl, HBr et HI ; pour pouvoir faire la comparaison,
il faut prendre un solvant (l’acide éthanoïque) moins apte à capter H+ que l’eau.
95
12.2.2 Force des bases en fonction de leur structure
La capture de H+ par une base implique la formation d’une liaison par coordinence
entre le doublet libre de la base et l’ion H+. Généralement les bases sont soit des
molécules neutres (NH3 p. ex.), soit des anions (F− p. ex.). La force des bases est surtout
influencée par deux facteurs :
• La charge de l’anion
Pour des anions de composition comparable, plus la charge de l’anion est importante,
plus la base est forte.
force basique
96
La constante d’équilibre K exprime la position de l’équilibre qui s’établit entre l’acide
HA et la base B. On constate que cette position dépend des constantes d’acidité des
deux couples HA/A− et HB+/B.
Comme la constante d’acidité de HA se trouve au numérateur et celle de HB+ au
dénominateur, on peut déjà remarquer que :
• plus l’acide HA est fort par rapport à l’acide produit HB+, plus l’équilibre se situe
du côté des produits et plus il tend donc vers une réaction complète.
On fixe la valeur limite pour K au-dessus de laquelle on considère que la réaction
est complète à K > 103. Comme log 103 = 3, il en résulte que :
?
EXEMPLE : HF + NH3 ⇌ F− + NH4+
pKa − pKa = 9,20 − 3,17 = 6,03 > 3 avec pKa(HF/F−) = 3,17 et pKa(NH4+/NH3) = 9,20
• plus l’acide HA est faible par rapport à l’acide produit HB+, plus l’équilibre se situe
du côté des réactifs et plus il tend donc vers une réaction nulle.
La valeur limite est fixée à K < 10−3 dans ce cas. Il en résulte que :
?
EXEMPLE : F− + HCN ⇌ CN− + HF
pKa − pKa = 3,17 − 9,31 = −6,14 < −3 avec pKa(HCN/CN−) = 9,31 et pKa(HF/F−) = 3,17
?
EXEMPLE : HF + NO2− ⇌ F− + HNO2
pKa − pKa = 3,14 − 3,17 = −0,03 avec pKa(HF/F−) = 3,17 et pKa(HNO2/NO2−) = 3,14
avec −3 ≤ −0,03 ≤ 3,
on a un équilibre : HF + NO2− ⇌ F− + HNO2
12.5 – 12.6 pKa − pKa = 7,04 − (−1,74) = 8,78 > 3 avec pKa(HBr/Br−) = pKa(H3O+/H2O) = −1,74
et pKa(H2S/HS−) = 7,04
97
12.4 Composition d’un système acide/base à un pH
donné
Pour un couple acide/base HA/A− se trouvant dans un milieu de pH donné, le rapport
[HA]/[A−] dépend de la concentration de H 3O+ (donc du pH) imposée au système par le
milieu et de la constante d’acidité.
Expression du rapport [HA]/[A−] d’après l’équilibre de protolyse :
[A−] · [H3O+]
HA + H2O ⇌ A− + H3O+ Ka =
[HA]
couleur de la forme :
nom pKa
HInd Ind−
98
EXPERIENCE : Dans des tubes à essais contenant des solutions de pH entre
4 et 10, ajoutons quelques gouttes de BBT.
[H3O+] 10 [H3O+] 1
⇔ = ⇔ =
Ka 1 Ka 10
[H3O+] 10 [H3O+] 1
⇔ − log = − log ⇔ − log = − log
Ka 1 Ka 10
⇔ − log [H3O+] − (− log Ka) = −log 10 ⇔ − log [H3O+] − (− log Ka) = − log 0,1
⇔ pH = pKa − 1 ⇔ pH = pKa + 1
En théorie, le domaine de virage d’un indicateur s’étend donc sur deux unités de pH :
pKa − 1 ≤ domaine de virage ≤ pKa + 1
99
13 Caractère acido-
basique de composés
organiques
13.1 Caractère acide des acides carboxyliques
13.1.1 Origine de l’acidité du groupe −COOH
La réaction de protolyse des acides carboxyliques dans l’eau est atypique pour un
composé organique.
R−COOH + H2O ⇌ R−COO− + H3O+
acide carboxylique anion carboxylate cation oxonium
100
13.1.2 Étude comparée de la force acide des acides
carboxyliques
EXPERIENCE : Procédons à la mesure des conductibilités électriques de solutions aqueuses de trois
monoacides carboxyliques, toutes de concentration molaire 1,00 mol/L :
acide méthanoïque acide éthanoïque acide trichloroéthanoïque
H−COOH CH3−COOH CCl3−COOH
La solution d’acide éthanoïque conduit le courant un peu moins bien que la solution
d’acide méthanoïque : l’acide éthanoïque est donc un acide plus faible que l’acide
méthanoïque.
La solution d’acide trichloroéthanoïque conduit le courant beaucoup mieux que la
solution d’acide éthanoïque : l’acide trichloroéthanoïque est un acide beaucoup plus
fort que l’acide éthanoïque.
effet I+
force acide
pKa : 3,75 4,75 4,86 5,03
effet I−
force acide
pKa : 4,75 2,86 1,26 0,70
13.1 autres substituants à effet I− : −NH2 ; −OH ; −Br ; −Cl ; −F
101
13.2 Caractère basique des amines
Les solutions aqueuses d’amines contiennent l’anion hydroxyde OH−. Sa formation
est causée par le doublet libre de l’azote qui tend à déprotoner l’eau.
Dans l’eau, les amines donnent donc lieu à un équilibre de protolyse. Formulation
générale (amine primaire) :
R−NH2 + H−OH ⇌ R−NH3+ + OH−
amine cation
alkylammonium
La basicité des amines est déterminée par l’aptitude de l’atome d’azote à fixer un
H+ (proton) par son doublet libre.
effet I+
angle d’accès
force basique 13.2 – 13.3
102
13.3 Propriétés acido-basiques des acides aminés
Les acides aminés renferment à la fois un groupe acide carboxylique donneur de proton
et un groupe amine accepteur de proton. Dès lors, il s’opère un transfert
intramoléculaire du proton depuis le groupe −COOH vers le groupe −NH2. Il en résulte
la formation d’un ion double, globalement neutre, mais porteur à la fois d’une charge
positive et négative, et appelé pour cette raison amphion ou zwitterion :
En solution aqueuse à pH isoélectrique (17), cet équilibre se situe très à droite, les
acides aminés se présentent essentiellement sous forme d’amphions.
En cas d’addition d’un acide fort, le groupe anionique carboxylate fixe un proton ; seule
la charge positive de l’amphion persiste : en milieu nettement acide, l’acide aminé se
présente sous forme de cation.
En cas d’addition d’une base forte (OH−), le groupe cationique ammonium cède un
proton ; seule la charge négative de l’amphion persiste : en milieu nettement basique,
l’acide aminé se présente sous forme anionique.
Au pH isoélectrique la charge électrique nette de l’acide aminé est nulle. Le pH isoélectrique varie selon
(17)
103
14 Calcul du pH de
solutions aqueuses diluées
14.1 Procédure générale
Pour le calcul du pH d’une solution aqueuse, il faut
d’abord déterminer soit la concentration à l’équilibre en cations oxonium
[H3O+], soit celle en anions hydroxyde [OH−],
puis en déduire le pH respectivement le pOH.
Ces concentrations à l’équilibre dépendent de la concentration initiale c0 d’acide ou
de base, ainsi que du type (fort ou faible) d’acide ou de base. Il s’agit finalement
d’exprimer [H3O+] ou [OH−] en fonction de c0.
(18)
explication sous 14.4.2
104
14.2.2 Acides faibles
Les acides faibles forment un équilibre de dissociation acide avec l’eau en solution
aqueuse diluée :
acide faible + H2O ⇌ base faible + H3O+
Dans ce cas, la concentration en H3O+ à l’équilibre n’équivaut pas à la concentration
initiale c0 de l’acide faible mis en solution, car il s’agit d’une réaction d’équilibre.
La position de cet équilibre de dissociation acide étant caractérisée par la constante de
dissociation acide Ka , il faut exprimer [H3O+] en fonction de Ka et de la concentration
initiale c0 de l’acide faible :
variation −x −x +x +x
équilibre c0 − x excès x x
acides faibles :
x2 + Ka · x − Ka · c0(a. faible) = 0 avec 0 < x < c0(a. faible)
105
14.3 Solutions aqueuses diluées de bases
La démarche à suivre dépend du caractère, fort ou faible, de la base en question.
REMARQUE : Les hydroxydes (NaOH, KOH, Ca(OH)2, ...) sont des bases au sens
d’ARRHENIUS : dissoutes dans l’eau, ils libèrent directement l’anion OH− par
dissociation ionique complète. Nous nous limiterons aux monobases NaOH et
KOH pour lesquelles le pH se calcule comme pour les bases fortes de BRØNSTED.
(19)
explication sous 14.4.1
106
14.3.2 Bases faibles
Les bases faibles forment un équilibre de dissociation basique avec l’eau en solution
aqueuse :
base faible + H2O ⇌ acide faible + OH−
Dans ce cas, la concentration en OH− à l’équilibre n’équivaut pas à la concentration
initiale c0 de la base faible mis en solution, car il s’agit d’une réaction d’équilibre.
La position de cet équilibre de dissociation acide étant caractérisée par la constante de
dissociation basique Kb , il faut exprimer [OH−] en fonction de Kb et de la
concentration initiale c0 de la base faible :
variation −x −x +x +x
équilibre c0 − x excès x x
bases faibles :
x2 + Kb · x – Kb · c0(b. faible) = 0 avec 0 < x < c0(b. faible)
107
14.4 Solutions de sels
Les sels sont des composés ioniques formés de cations et d’anions. En solution
aqueuse, ces ions peuvent également présenter un caractère acide ou basique, et donc
influencer le pH de la solution aqueuse du sel.
Un exemple en est le cation ammonium NH4+, acide faible conjugué de la base faible
ammoniac NH3.
Ils peuvent fixer un proton (grâce à leur charge négative) pour se transformer en leur
acide conjugué.
Un exemple en est l’anion nitrite NO2−, base faible conjuguée de l’acide nitreux HNO2.
108
14.4.3 Solutions aqueuses de sels
Selon la nature du cation et de l’anion du sel, quatre cas sont à discuter :
109
• Calcul du pH d’une solution d’éthanoate de sodium de concentration
c0(CH3COONa) = 0,20 mol/L :
x2 + Kb · x – Kb · c0(CH3COO−) = 0 avec pKa(CH3COOH/CH3COO−) = 4,75
⇒ pKb = 14 − pKa = 14 – 4,75 = 9,25 ⇒ Kb = 10−pKb = 10−9,25
et c0(CH3COO−) = c0(CH3COONa) = 0,20 mol/L
⇔ x2 + 10−9,25 · x – 10−9,25 · 0,20 = 0
⇒ x = [OH−] = 1,06 ·10−5 mol/L ⇒ pOH = − log [OH−] = − log (1,06 ·10−5) = 4,97
⇒ pH = 14 − pOH = 14 – 4,97 = 9,03
pKa + pKa
pH ≈
2
À l’aide de cette relation, on peut également calculer le pH isoélectrique en considérant les deux valeurs
(20)
110
EXEMPLE 3 : l’hydrogénocarbonate de sodium NaHCO3
• Dissociation ionique en solution aqueuse : NaHCO3(s) → Na+(aq) + HCO3−(aq)
• Analyse du comportement acido-basique des ions :
‒ le cation Na+ n’a pas d’influence sur le pH
‒ l’anion HCO3− est un ampholyte : il peut agir soit comme acide faible (conjugué
de la base faible CO32−, avec pKa(HCO3−/CO32−) = 10,25 = pKa), soit comme base faible
(conjuguée de l’acide faible CO2 + H2O, avec pKa(CO2+H2O/HCO3−) = 6,12 = pKa)
• Détermination du pH de la solution :
pKa + pKa 10,25 + 6,12
14.3 pH ≈ ≈ ≈ 8,19
2 2
5 4 3 2 1 6 7 8 9 10 A B
111
14.5.2 Définition
On appelle solution tampon une solution qui maintient approximativement le même
pH malgré l’addition de petites quantités d’acide ou de base forts. Une solution tampon
est la solution aqueuse d’un acide faible et de sa base faible conjuguée.
EXEMPLES :
‒ tampon acide éthanoïque/éthanoate : CH3COOH / CH3COO−
‒ tampon ammonium/ammoniac : NH4+ / NH3
112
14.5.4 Calcul du pH en fonction de la composition du tampon
Entre l’acide faible et sa base conjuguée dans la solution tampon, il existe l’équilibre :
acide faible + H2O ⇌ base faible (conjuguée) + H3O+
Il faut être conscient du fait que les concentrations à l’équilibre [a. faible]
respectivement [b. faible] sont inconnues. Comme un tampon est constitué d’un acide
faible et de sa base faible conjuguée, leurs concentrations molaires à l’équilibre ne
diffèrent pas sensiblement des concentrations molaires initiales c0. Ainsi on peut noter :
c0(b. faible)
pH = pKa + log
c0(a. faible)
De plus, on sait que la concentration initiale (c0) est le quotient de la quantité de matière
n0
initialement introduite en solution (n0) par le volume de solution : c0 = V(sol.) . Comme ce
volume est le même pour l’acide faible et sa base faible conjuguée dans une solution
tampon, le rapport des concentrations équivaut au rapport des quantités de matière :
n0(b. faible)
c0(b. faible) V(sol.) n0(b. faible)
pH = pKa + log = pKa + log = pKa + log
c0(a. faible) n0(a. faible) n0(a. faible)
V(sol.)
n0(b. faible)
pH = pKa + log
n0(a. faible)
113
14.5.5 Application : Le pH du tampon acide
éthanoïque / éthanoate en fonction de sa composition
À 1,00 litre d’une solution 1,00 mol/L d’acide éthanoïque, ajoutons de l’hydroxyde de
sodium solide par quantités croissantes : une réaction de protolyse complète entre
CH3COOH et OH − transforme l’acide faible CH3COOH en sa base faible conjuguée
CH3COO − et conduit donc à la formation d’un tampon de composition molaire définie.
Déterminons la composition du tampon ainsi que le pH de la solution en fonction de la
quantité de NaOH ajoutée.
Dans le tableau de réaction, « q » désigne la quantité de NaOH et donc celle de OH−
ajoutée :
q (en mol) 0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1,0
n(CH3COO ) −
0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1,0
= q (en mol)
n(CH3COOH)
1,0 0,9 0,8 0,7 0,6 0,5 0,4 0,3 0,2 0,1 0,0
= 1 – q (en mol)
114
solution de la base faible CH3COO− :
x2 + Kb · x – Kb · c(CH3COO−) = 0 avec pKb = 14 − pKa = 14 – 4,75 = 9,25
⇒ Kb = 10−pKb = 10−9,25 et c(CH3COO−) = 1,00 mol/L (21)
q (en mol) 0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1,0
n(CH3COO ) −
0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1,0
= q (en mol)
n(CH3COOH)
1,0 0,9 0,8 0,7 0,6 0,5 0,4 0,3 0,2 0,1 0,0
= 1 – q (en mol)
pH 2,38 3,80 4,15 4,38 4,57 4,75 4,93 5,12 5,35 5,70 9,37
6 5,75
5
pKa = 4,75 domaine de pH
4 stabilisé efficacement
3,75
3
0
n(CH3COO−) 0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1,0
n(CH3COOH) 1,0 0,9 0,8 0,7 0,6 0,5 0,4 0,3 0,2 0,1 0,0
CONCLUSIONS :
• à composition équimolaire, donc si n(CH3COOH) = n(CH3COO−), le pH de la solution
est égal au pKa du couple acide/base qui forme le tampon :
n(CH3COO−)
pH = pKa + log = pKa + log 1 = pKa + 0
n(CH3COOH)
⇒ pH = pKa
• l’efficacité d’un tampon (sa capacité à stabiliser le pH) se reconnait à la faible valeur
de la pente dans le diagramme ci−dessus : le domaine de pH à tamponnage
efficace s’étend sur environ une unité de pH de part et d’autre du pKa du couple
acide/base qui forme le tampon.
l’addition de NaOH solide à la solution d’acide éthanoïque ne modifie guère le volume initial de la
(21)
115
15 Titrage acido-basique
15.1 Définition
Le titrage acido-basique est une méthode de dosage volumétrique servant
essentiellement à déterminer la concentration initiale c0 inconnue d’une solution
d’acide ou de base (= solution à titrer) par réaction de protolyse complète avec une
solution de base ou d’acide de concentration connue (= le titrant, ou solution titrante).
Afin de garantir que l’espèce chimique de concentration inconnue est saisie dans sa
totalité au cours d’une protolyse complète, on effectue le titrage en général avec des
solutions d’acides forts ou de bases fortes.
116
15.3 Courbes de titrage, et détermination du point
d’équivalence par mesure du pH
La représentation graphique du pH en fonction du volume de solution titrante ajoutée
fournit la courbe de titrage. Une telle courbe présente le plus souvent une
augmentation respectivement une chute brusque du pH : le milieu de ce saut de pH, qui
correspond à un point d’inflexion de la courbe, marque le point d’équivalence (PE).
• tracer, de part et
d’autre du saut du pH,
pHE PE
deux tangentes
parallèles à la courbe
• tracer ensuite la
parallèle équidistante
à ces deux tangentes
Selon la nature forte ou faible de l’acide ou de la base à doser, nous distinguons les
quatre cas suivants :
• Titrage d’un acide fort par une base forte (chapitre 15.3.1)
• Titrage d’une base forte par un acide fort (chapitre 15.3.2)
• Titrage d’un acide faible par une base forte (chapitre 15.3.3)
• Titrage d’une base faible par un acide fort (chapitre 15.3.4)
117
15.3.1 Titrage d’un acide fort par une base forte
EXEMPLE : titrage d’une solution d’acide chlorhydrique HCl de c0 inconnue par une
solution d’hydroxyde de sodium NaOH de c0(NaOH) = 1,00 M
pH courbe de titrage
14
13
12 sol. de
11 base forte
10 au PE :
9 sol. neutre
8
pHE =77
6
5 sol. initiale
4 d’acide fort
3
sol. d’acide
2
fort dilué
1
0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 VE =1212,413
11 14 15 16 17 18
Vajouté(sol. NaOH) en mL
REMARQUE :
(22)
En général, dans les équations de titrages, les différents corps sont notés selon la définition
d’acide et de base d’ARRHENIUS, néanmoins, par la suite, on détaille les espèces ioniques formées afin de mieux
identifier leur influence sur le pH.
118
15.3.1.2 Calcul du pH de la solution en un point situé à gauche du PE
SITUATION Comme 0 < Vajouté(sol. NaOH) < VE(sol. NaOH), la quantité initiale de
HCl contenue dans la prise n’a pas encore été entièrement
neutralisée par la quantité de NaOH ajoutée, et HCl est toujours en
excès.
On est donc toujours en présence d’une solution d’acide fort, et il
faut déterminer la concentration résiduelle de HCl en solution :
p. ex. pour Vajouté(sol. NaOH) = 5,0 mL
e x c è s
variation − 0,005 − 0,005 + 0,005
quantité
finale
n(HCl) = 0,0074 0 0,005
• Calcul du pH de la solution :
pH = − log c(HCl) = − log 0,296 = 0,53
(23)
Pour les solutions diluées, il est toléré d’additionner des volumes de solutions aqueuses.
119
15.3.1.3 Détermination du pH de la solution au PE
SITUATION Comme Vajouté(sol. NaOH) = VE(sol. NaOH), la quantité initiale de HCl
contenue dans la prise a maintenant exactement été neutralisée
par la quantité de NaOH ajoutée.
e x c è s
variation − 0,0124 − 0,0124 + 0,0124
quantité
finale
0 0 0,0124
quantité
finale
0 n(NaOH) = 0,0036 0,0124
120
• Calcul de la concentration c(NaOH) de la solution en tenant compte du volume
total :
Vtotal = Vprise(sol. HCl) + Vajouté(sol. NaOH) = 0,02 L + 0,016 L = 0,036 L
n(NaOH) 0,0036 mol
c(NaOH) = = = 0,10 mol/L
Vtotal 0,036 L
• Calcul du pH de la solution :
pOH = − log [OH−] = − log c(base forte) = − log c(NaOH) = − log 0,10 = 1,00
⇒ pH = 14 − pOH = 14 − 1,00 = 13,00
121
15.3.2 Titrage d’une base forte par un acide fort
EXEMPLE : titrage d’une solution d’hydroxyde de potassium KOH de c0 inconnue par
une solution d’acide chlorhydrique HCl de c0(HCl) = 0,10 M
pH courbe de titrage
14
13
12
sol. de base
11
forte diluée
10
9 sol. initiale
8 de base forte
pHE = 77
6
5 au PE :
4
sol. neutre sol.
3 d’acide fort
2
1
0
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 V24E = 26
26 28 30 32 34 36 38
Vajouté(sol. HCl) en mL
122
15.3.2.2 Calcul du pH de la solution en un point situé à gauche du PE
Comme 0 < Vajouté(sol. HCl) < VE(sol. HCl), la quantité initiale de KOH
SITUATION contenue dans la prise n’a pas encore été entièrement neutralisée
par la quantité de HCl ajoutée, et KOH est toujours en excès.
On est donc toujours en présence d’une solution de base forte, et il
faut déterminer la concentration résiduelle de KOH en solution :
p. ex. pour Vajouté(sol. HCl) = 16,0 mL
e x c è s
variation − 0,0016 − 0,0016 + 0,0016
quantité
finale
n(KOH) = 0,001 0 0,0016
• Calcul du pH de la solution :
pH = 14 − pOH = 14 + log c(KOH) = 14 + log 0,0278 = 12,44
123
15.3.2.3 Détermination du pH de la solution au PE
Comme Vajouté(sol. HCl) = VE(sol. HCl), la quantité initiale de KOH
SITUATION
contenue dans la prise a maintenant exactement été neutralisée par
la quantité de HCl ajoutée.
e x c è s
variation − 0,0026 − 0,0026 + 0,0026
quantité
finale
0 0 0,0026
quantité
finale
0 n(HCl) = 0,0006 0,0026
124
• Calcul de la concentration c((HCl) de la solution en tenant compte du volume
total :
Vtotal = Vprise(sol. KOH) + Vajouté(sol. HCl) = 0,02 L + 0,032 L = 0,052 L
n(HCl) 0,0006 mol
c(HCl) = = = 0,0115 mol/L
Vtotal 0,052 L
• Calcul du pH de la solution :
pH = − log c(HCl) = − log 0,0115 = 1,94
125
15.3.3 Titrage d’un acide faible par une base forte
EXEMPLE : titrage d’une solution d’acide éthanoïque CH3COOH de c0 inconnue par une
solution d’hydroxyde de sodium NaOH de c0(NaOH) = 1,00 M
pH courbe de titrage
14
13
au PE :
12 sol. de
sol. de base faible
11 base forte
10 (et faible)
pHE ≈ 9,2
9
8 solution tampon
7 excès CH3COOH excès CH3COO−
6
5
pH½E = pKa ≈ 4,7
4
3
2 sol. initiale
1 d’acide faible
0
0 1 2 3 4 5 6V½E 7= 7,2
8 9 VE =1414,4
10 11 12 13 15 16 17 18 19 20 21
Vajouté(sol. NaOH) en mL
126
• Calcul du pH initial de la solution :
x2 + Ka · x − Ka · c0(CH3COOH) = 0 avec pKa(CH3COOH/CH3COO−) = 4,75 ⇒ Ka = 10−pKa = 10−4,75
• Calcul du pH de la solution :
n(CH3COO−) 0,005
pH = pKa + log = 4,75 + log = 4,48
n(CH3COOH) 0,0094
127
CAS PARTICULIER :
pour Vajouté(sol. NaOH) = ½ VE(sol. NaOH) = 7,2 mL
e x c è s
variation − 0,0072 − 0,0072 + 0,0072
quantité n(CH3COOH) n(CH3COO−)
0
finale = 0,0072 = 0,0072
• Calcul du pH de la solution :
n(CH3COO−) 0,0072
pH = pKa + log = 4,75 + log = 4,75
n(CH3COOH) 0,0072
128
15.3.3.3 Détermination du pH de la solution au PE
SITUATION Comme Vajouté(sol. NaOH) = VE(sol. NaOH), la quantité de NaOH
ajoutée est juste suffisante pour transformer entièrement l’acide
faible CH3COOH (prise) en sa base faible conjuguée CH3COO−.
On est donc en présence d’une solution de base faible (d’où
pHE > 7,00), et il faut déterminer la concentration de CH3COO− en
solution :
e x c è s
variation − 0,0144 − 0,0144 + 0,0144
quantité n(CH3COO−)
0 0
finale = 0,0144
• Calcul du pH de la solution :
x + Kb · x − Kb · c(CH3COO−) = 0
2
avec pKa(CH3COOH/CH3COO−) = 4,75
⇒ pKb = 14 − pKa = 14 − 4,75 = 9,25 ⇒ Kb = 10−pKb = 10−9,25
⇔ x2 + 10−9,25 · x – 10−9,25 · 0,419 = 0
⇒ x = [OH−] = 1,54 ·10−5 mol/L
129
15.3.3.4 Calcul du pH de la solution en un point situé à droite du PE
SITUATION Comme Vajouté(sol. NaOH) > VE(sol. NaOH), la quantité de NaOH
ajoutée a réagi complètement avec l’acide faible CH3COOH (prise)
pour former sa conjuguée CH3COO−, avec un excès de NaOH restant.
Dans le mélange final des bases CH3COO− et NaOH, la base faible est
négligée dans le calcul du pH. On considère le mélange comme une
solution de base forte, et il faut déterminer la quantité excédentaire
de NaOH en solution :
p. ex. pour Vajouté(sol. NaOH) = 20,0 mL
e x c è s
variation − 0,0144 − 0,0144 + 0,0144
• Calcul du pH de la solution :
pH = 14 − pOH = 14 + log c(NaOH) = 14 + log 0,14 = 13,15
130
15.3.4 Titrage d’une base faible par un acide fort
EXEMPLE : titrage d’une solution d’ammoniac NH3 de c0 inconnue par une solution
d’acide chlorhydrique HCl de c0(HCl) = 0,10 M
pH courbe de titrage
14
13
solution tampon
12
excès NH3 excès NH4+
11
10 au PE :
pH½E = pKa ≈ 9,2
9 sol. d’acide faible
8 sol. initiale
7 de base faible
6
pHE ≈ 5,2
5 sol.
4 d’acide fort
3 (et faible)
2
1
0
0 2 4 6 8 10 = 12
V½E 22E = 24
12 14 16 18 20 V 24 26 28 30 32 34 36
Vajouté(sol. HCl) en mL
131
• Calcul du pH initial de la solution :
x2 + Kb · x – Kb · c0(NH3) = 0 avec pKa(NH4+/NH3) = 9,2
⇒ pKb = 14 − pKa = 14 – 9,2 = 4,8 ⇒ Kb = 10−pKb = 10−4,8
⇔ x2 + 10−4,8 · x – 10−4,8 · 0,12 = 0
⇒ x = [OH−] = 1,37 ·10−3 mol/L
• Calcul du pH de la solution :
n(NH3) 0,0018
pH = pKa + log = 9,2 + log = 9,68
n(NH4 )
+
0,0006
132
15.3.4.3 Détermination du pH de la solution au PE
SITUATION Comme Vajouté(sol. HCl) = VE(sol. HCl), la quantité de HCl ajoutée est
juste suffisante pour transformer entièrement la base faible NH3
(prise) en son acide faible conjugué NH4+.
On est donc en présence d’une solution d’acide faible (d’où
pHE < 7,00), et il faut déterminer la concentration de NH4+ en
solution :
• Calcul du pH de la solution :
x2 + Ka · x − Ka · c(NH4+) = 0 avec pKa(NH4+/NH3) = 9,2 ⇒ Ka = 10−pKa = 10−9,2
133
15.3.4.4 Calcul du pH de la solution en un point situé à droite du PE
SITUATION Comme Vajouté(sol. HCl) > VE(sol. HCl), la quantité de HCl ajoutée a
réagi complètement avec la base faible NH3 (prise) pour former son
acide faible conjugué NH4+, avec un excès de HCl restant.
Dans le mélange final des acides NH4+ et HCl, l’acide faible est
négligé dans le calcul du pH. On considère le mélange comme une
solution d’acide fort, et il faut déterminer la quantité excédentaire
de HCl en solution :
p. ex. pour Vajouté(sol. HCl) = 29,0 mL
quantité
finale
0 n(HCl) = 0,0005 n(NH4+) = 0,0024
• Calcul du pH de la solution :
pH = − log c(HCl) = − log 0,0102 = 1,99
134
15.4 Détermination du point d’équivalence à l’aide des
indicateurs colorés
Le saut de pH au point d’équivalence doit induire un virage de couleur rapide de
l’indicateur coloré. Comme le point d’équivalence est à déterminer avec précision, il
faut choisir l’indicateur de telle façon que le pH au point d’équivalence se situe dans
le domaine de virage de l’indicateur.
• Pour le dosage d’un acide fort par pH titrage de HCl par NaOH
une base forte respectivement 14
12
d’une base forte par un acide fort,
10
le pH au point d’équivalence vaut
8
7. On utilise généralement le bleu
6
de bromothymol dont le domaine
4
de virage s’étend de 5,8 à 7,6.
2
Vu que le saut de pH est dans ce cas 0
particulièrement important, de nombreux 0 2 4 6 8 10 12 14 16 18
autres indicateurs fournissent également Vajouté(sol. NaOH) en mL
de bons résultats.
15.1 – 15.6
135
136
Crédits photos
© Marc STEICHEN – couverture ; p.5 (toutes) ; p.6 (toutes) ; p.8 (toutes) ; p.9 (toutes) ; p.13 (toutes) ;
p.19 (toutes) ; p.23 (toutes) ; p.50 (toutes) ; p.53 (toutes) ; p.54 (bd) ; p.57 (toutes) ; p.59 (toutes) ;
p.60 (toutes) ; p.68 (toutes) ; p.69 (toutes) ; p.70 (toutes) ; p.72 (toutes) ; p.76 (toutes) ; p.82 (toutes) ;
p.89 (toutes) ; p.98 (toutes) ; p.100 (toutes) ; p.103 (toutes) ; p.104 (toutes) ; p.105 (toutes) ;
p.106 (toutes) ; p.108 (toutes) ; p.110 (toutes)
© Georges BERENS − p.11 (toutes) ; p.51 (bd1)
© Jean-Marie OTTELÉ / industrie.lu – D’Industriegeschicht vu Lëtzebuerg − p.22 (hd)
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137
138
Annexe I : Tableau des potentiels d’électrode standard
oxydant réducteur E° (V) milieu
F2 F−
+2,87
O3 O2 + H2O +2,08 acide
S2O82− SO42− +2,01
H2O2 H2O +1,78 acide
Mn3+ Mn2+ +1,54
MnO4− Mn2+ +1,51 acide
Au3+ Au +1,50
force oxydante
BrO3− Br2 +1,48 acide
ClO3− Cl− +1,45 acide
Cl2 Cl− +1,36
Cr2O72− Cr3+ +1,36 acide
O2 H2O +1,23 acide
MnO2 Mn2+ +1,22 acide
Pt2+ Pt +1,18
IO3− I− +1,09 acide
Br2 Br− +1,07
NO3− NO +0,96 acide (24)
Hg2+ Hg +0,85
Ag+ Ag +0,80
Fe3+ Fe2+ +0,77
O2 H2O2 +0,70 acide
I2 I− +0,54
S2O3 2−
S +0,50 acide
Cu2+ Cu +0,34
Sn4+ Sn2+ +0,15
S4O62− S2O32− +0,08
H+ H2 0,00
Fe3+ Fe −0,04
Pb2+ Pb −0,13
Sn2+ Sn −0,14
Ni2+ Ni −0,26
Co2+ Co −0,28
Fe2+ Fe −0,45
S S2− −0,48
NiO2 Ni(OH)2 −0,49 basique
force réductrice
Cr3+ Cr −0,74
Zn2+ Zn −0,76
H2O H2 + 2 OH− −0,83 basique
P PH3 -0,87 basique
Mn2+ Mn −1,18
Al3+ Al −1,68
H2 H− −2,23
Mg2+ Mg −2,37
Na+ Na −2,71
Ca2+ Ca −2,87
Ba2+ Ba −2,91
K+ K −2,93
Li+ Li −3,04
L’anion nitrate est uniquement un oxydant fort s’il est introduit dans le milieu réactionnel sous forme
(24)
139
140
Annexe II : Tableau des groupes fonctionnels par ordre
de priorité décroissante
Si une molécule comporte plusieurs groupes fonctionnels,
• le groupe ayant la priorité supérieure détermine le suffixe,
• pour tous les autres groupes les préfixes sont à placer devant le corps du nom en
ordre alphabétique.
isopropyle phényle
isobutyle vinyle
tert−butyle
(tertiobutyle)
141
Annexe IV : Tableau des acides α−aminés
glycine Gly
alanine Ala
valine Val
leucine Leu
isoleucine Ile
phénylalanine Phe
tyrosine Tyr
sérine Ser
thréonine Thr
cystéine Cys
asparagine Asn
142
acide glutamique Glu
glutamine Gln
lysine Lys
arginine Arg
méthionine Met
histidine His
tryptophane Trp
proline Pro
143
144
Annexe V : Tableau de quelques indicateurs acido-
basiques
domaine (pH) de
nom pKa
virage de couleur
0,2 1,8
rouge de crésol (1er virage) 1,0
rouge jaune-orange
1,2 2,8
bleu de thymol (1er virage) 1,7
rouge-violet jaune-orange
3,1 4,4
méthylorange 3,4
rose-rouge jaune
3,8 5,4
vert de bromocrésol 4,7
jaune bleu
4,4 6,2
rouge de méthyle 5,0
rouge jaune-orange
5,0 8,0
tournesol 6,5
rouge bleu
5,8 7,6
bleu de bromothymol 7,1
jaune bleu
6,5 8,0
rouge de phénol 7,4
jaune-orange rouge-violet
7,0 8,8
rouge de crésol (2e virage) 8,3
jaune-orange pourpre
8,0 9,6
bleu de thymol (2e virage) 8,9
jaune bleu
8,2 9,8
phénolphtaléine 9,4
incolore rose-violet
9,0 10,5
thymolphtaléine 9,9
incolore bleu
10,1 12,0
jaune d’alizarine R 11,2
jaune rouge
11,4 13,0
carmin d’indigo 12,2
bleu jaune
145
Annexe VI : Tableau des pKa
(abréviations : ac. = acide ; cat. = cation ; an. = anion)
HCl, HBr, HI, HClO4, HBrO4, HIO4, HNO3, H2SO4 Cl−, Br−, I−, ClO4−, BrO4−, IO4−, NO3−, HSO4− pKa
cat. oxonium H3O+ H2O eau −1,74
146
cat. pentaqua hydroxo
cat. hexaqua aluminium [Al(H2O)6]3+ [Al(OH)(H2O)5]2+ 4,95
aluminium
cat. hexaqua zinc [Zn(H2O)6]2+ [Zn(OH)(H2O)5]+ cat. pentaqua hydroxo zinc 8,96
cat. N,N−diméthylméthan-
(CH3)3NH+ (CH3)3N N,N−diméthylméthanamine 9,87
ammonium
cat. N,N−diéthyléthan-
(C2H5)3NH+ (C2H5)3N N,N−diéthyléthanamine 10,81
ammonium
cat. N−méthylméthan-
(CH3)2NH2+ (CH3)2NH N−méthylméthanamine 10,87
ammonium
cat. N−éthyléthanammonium (C2H5)2NH2+ (C2H5)2NH N−éthyléthanamine 11,10
147
Annexe VII : Tableau récapitulatif sur les titrages
Titrage … d’un acide fort par une base forte … d’une base forte par un acide fort
pH 14 pH 14
12 12
Courbe de titrage
10 10
8 8
6
6
4 4
2 2
0 0
Vajouté(sol. base forte) en mL Vajouté(sol. acide fort) en mL
pH = 7,00 pH = 7,00
148
Titrage … d’un acide faible par une base forte … d’une base faible par un acide fort
pH 14 pH 14
Courbe de titrage 12 12
10 10
8
8
6 6
4 4
2
2
0 0
Vajouté(sol. base forte) en mL Vajouté(sol. acide fort) en mL
= =
Vprise(sol. a. faible) + Vajouté(sol. b. forte) Vprise(sol. b. faible) + Vajouté(sol. a. fort)
x2 + Kb · x − Kb · c(b. faible) = 0 x2 + Ka · x − Ka · c(a. faible) = 0
avec Kb = 10−(14−pKa) avec Ka = 10−pKa
x = [OH−] x = [H3O+]
pH = 14 + log [OH−] pH = − log [H3O+]
sol. de base forte (et faible) sol. d’acide fort (et faible)
n(b. forte) n(a. fort)
pH après PE
149
150
Annexe VIII : Grandeurs et unités
symbole grandeur physique unité usuelle en chimie
E énergie J
m masse g
A nombre de masse —
Z numéro atomique —
ω pourcentage en masse —
ϕ pourcentage en volume —
T température absolue K
V volume L
151
152