Exercice 4
Un individu dispose d’une richesse initiale W . Il peut être sujet à un accident
avec une probabilité π, entraînant une perte L. Une assurance est proposée
pour une prime p, remboursant R en cas d’accident. Nous étudions ici le
cas d’une couverture totale (R = L) et analysons la prime maximale p̄ que
l’individu est prêt à payer.
1. Richesse indépendante de l’état du monde en cas de
couverture totale
- En cas de sinistre (R = L) :
waccident = W − L + R − p = W − p.
- En l’absence de sinistre :
wsans accident = W − p.
Dans les deux cas, la richesse finale est W −p, ce qui la rend indépendante
de l’état du monde.
- Utilité espérée : Puisque la richesse finale est identique quel que soit
l’état du monde, l’utilité espérée est :
E[u(w)] = u(W − p).
2. Espérance d’utilité sans assurance et équation liant p̄
- Richesse sans assurance :
• En cas d’accident (π) : waccident = W − L,
• En l’absence d’accident (1 − π) : wsans accident = W .
- Espérance d’utilité sans assurance :
E[u(w)] = π · u(W − L) + (1 − π) · u(W ).
- Condition d’indifférence : La prime maximale p̄ est telle que l’individu
est indifférent entre s’assurer ou non :
u(W − p̄) = π · u(W − L) + (1 − π) · u(W ).
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3. p̄ est une fonction croissante de π
Prenons la dérivée implicite de l’équation d’indifférence par rapport à π :
u(W − p̄) = π · u(W − L) + (1 − π) · u(W ).
- À gauche :
d 0 dp̄
[u(W − p̄)] = u (W − p̄) · − .
dπ dπ
- À droite :
u(W − L) − u(W ).
En combinant :
0 dp̄
u (W − p̄) · − = u(W − L) − u(W ).
dπ
dp̄
En isolant dπ
:
dp̄ u(W − L) − u(W )
= .
dπ −u0 (W − p̄)
Puisque u(W − L) < u(W ) (fonction croissante) et u0 (W − p̄) > 0, alors
dp̄
dπ
> 0. Donc, p̄ est une fonction croissante de π.
4. p̄ est une fonction croissante de L
Prenons la dérivée implicite de l’équation d’indifférence par rapport à L :
u(W − p̄) = π · u(W − L) + (1 − π) · u(W ).
- À gauche :
0 dp̄
u (W − p̄) · − .
dL
- À droite :
π · u0 (W − L) · (−1).
En combinant :
0 dp̄
u (W − p̄) · − = −π · u0 (W − L).
dL
2
dp̄
En isolant dL
:
dp̄ π · u0 (W − L)
= .
dL u0 (W − p̄)
dp̄
Puisque u0 (W − L) > 0 et u0 (W − p̄) > 0, alors dL
> 0. Donc, p̄ est une
fonction croissante de L.
5. p̄ > πL
Supposons p̄ = πL. Alors, l’équation de l’utilité devient :
u(W − πL) = π · u(W − L) + (1 − π) · u(W ).
Cependant, en raison de la concavité de u(w) (aversion au risque), nous
avons :
u(W − πL) > π · u(W − L) + (1 − π) · u(W ).
Donc, p̄ > πL, car la concavité de u(w) entraîne que l’individu est prêt à
payer une prime supérieure au coût attendu πL.
6. Effet de la richesse W sur p̄
00
Si l’indice absolu d’aversion au risque de l’individu (− uu0 (w)
(w)
) est décroissant
avec W , alors :
• Lorsque W augmente, l’individu devient moins sensible au risque.
• La prime maximale qu’il est prêt à payer (p̄) diminue, car le risque
relatif de perte (L) devient moins significatif.
7. Effet de l’aversion au risque sur p̄
Si un individu a une aversion au risque plus forte (fonction u(w) plus con-
cave), la prime p̄ qu’il est prêt à payer augmente. Cela s’explique par une
valorisation accrue de la sécurité financière.
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Conclusion
L’analyse montre que :
• La prime maximale p̄ augmente avec la probabilité π et la gravité L.
• La prime p̄ > πL, car l’aversion au risque pousse l’individu à payer plus
que le coût attendu.
• p̄ diminue avec la richesse W si l’individu est moins sensible au risque
à des niveaux élevés de richesse.
• Les individus plus averses au risque acceptent de payer des primes plus
élevées pour éliminer l’incertitude.