Exercice 3
Un individu averse au risque dispose d’une richesse initiale w0 . Cet in-
dividu est caractérisé par une fonction d’utilité u(w) de type VNM (Von
Neumann-Morgenstern). Il fait face à un risque d’accident avec une proba-
bilité α ∈ [0, 1], qui entraîne une perte de richesse L. L’individu doit décider
du montant R pour lequel il souhaite assurer son véhicule, sachant qu’une
prime p(R) sera prélevée pour cette assurance.
Étapes de la résolution
1. États du monde et richesse finale
L’individu peut être dans l’un des deux états suivants :
• Pas d’accident (probabilité 1 − α) : la richesse finale est donnée
par :
wsans accident = w0 − p(R).
• Accident (probabilité α) : la richesse finale est donnée par :
wavec accident = w0 − L + R − p(R).
Nous supposons que la prime p(R) est une fonction linéaire du montant
assuré R, soit :
p(R) = kR,
où k représente le coût unitaire de l’assurance.
2. Espérance d’utilité de l’individu
L’espérance d’utilité est donnée par :
E[u(w)] = (1 − α) · u(w0 − kR) + α · u(w0 − L + R − kR).
3. Analyse des cas particuliers
Cas 1 : Assurance complète (R = L) Si l’individu choisit R = L, alors
la richesse finale dans les deux états est :
wsans accident = w0 − kL, wavec accident = w0 − kL.
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La richesse devient indépendante de l’état du monde, ce qui élimine toute
incertitude.
L’espérance d’utilité devient :
E[u(w)] = u(w0 − kL).
Pour un individu averse au risque, ce cas est souvent optimal, car il préfère
éviter toute variabilité dans sa richesse, même si cela implique de payer une
prime élevée pour l’assurance complète.
Cas 2 : Assurance nulle (R = 0) Si l’individu ne souscrit pas d’assurance,
sa richesse finale dépend entièrement de l’accident :
wsans accident = w0 , wavec accident = w0 − L.
L’espérance d’utilité devient :
E[u(w)] = (1 − α) · u(w0 ) + α · u(w0 − L).
Ce cas expose l’individu à un risque maximal, ce qui est désavantageux
pour un individu averse au risque.
Cas 3 : Assurance partielle (0 < R < L) Dans ce cas, la richesse finale
dépend encore de l’état du monde, mais le risque est atténué :
wsans accident = w0 − kR, wavec accident = w0 − L + R − kR.
L’espérance d’utilité est donnée par :
E[u(w)] = (1 − α) · u(w0 − kR) + α · u(w0 − L + R − kR).
L’individu choisira R de manière à maximiser cette fonction.
4. Conditions pour le montant d’assurance optimal
Pour maximiser E[u(w)], on résout l’équation suivante :
dE[u(w)]
= 0.
dR
Cela donne :
−(1 − α) · k · u0 (w0 − kR) + α · (1 − k) · u0 (w0 − L + R − kR) = 0.
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5. Résultats généraux et interprétations
• Assurance complète (R = L) : optimale si :
– L’individu est fortement averse au risque.
– Le coût unitaire de l’assurance k est faible.
– La probabilité d’accident (α) est élevée.
• Assurance partielle (0 < R < L) : optimale si :
– L’individu tolère une certaine variabilité dans sa richesse.
– Le coût unitaire k est élevé.
– La probabilité d’accident est faible (α).
• Assurance nulle (R = 0) : rationnelle si :
– Le coût unitaire k est prohibitif.
– La probabilité d’accident (α) est très faible.
– La perte L est négligeable par rapport à la richesse initiale w0 .
Conclusion
L’assurance optimale dépend de la fonction u(w), du coût k, et des paramètres
w0 , L, α. Un individu fortement averse au risque choisira souvent une assur-
ance complète pour éliminer toute incertitude, mais si le coût de l’assurance
est élevé ou si le risque est faible, une assurance partielle ou nulle peut être
rationnelle.