Séance 5 : La fonction des coûts à court terme
Après avoir abordé la production à court terme, nous allons tenter d’expliquer des notions
relatives aux coûts que l’entreprise supporte lors du processus productif à court terme.
En effet, le producteur a deux objectifs : maximiser le profit et minimiser les coûts, objet de
notre chapitre.
1. Typologie des coûts à court terme
Si la fonction de production établit la relation entre les intrants et le produit. une fois que les
prix des intrants sont connus, les coûts d'une production donnée peuvent être calculés. Mais
avant, On doit distinguer plusieurs notions relatives aux coûts de production:
Coût total = coût fixe + coût variable
Coût total moyen = coût fixe moyen + coût variable moyen
Coût marginal = c’est la variation du coût total qui serait occasionnée par la production d’une
unité supplémentaire.
On peut définir le coût marginal de la manière suivante:
𝐶𝑚(𝑄) = (∆𝐶𝑇(𝑄))/∆𝑄
1.1. Les coûts totaux :
1.1.1. Le coût total de production (CT)
C’est la somme totale que la firme doit débourser pour produire; il dépend du niveau de
production, et il se présente toujours en fonction de la quantité produite : 𝐶𝑇 = 𝐶(𝑄). Il est
généralement croissant, c'est-à-dire que plus la production est importante, plus le coût est
important.
Le coût de production est l'addition de la rémunération du travail et de celle du capital; si le
prix unitaire du travail est w et celui du capital r, alors on a l’équation du cout total suivante :
𝑪(𝑸) = 𝒓𝑲 + 𝒘𝑳, les quantités 𝑄, 𝐾, 𝐿 étant telles que 𝑄 = 𝐹(𝐾, 𝐿).
Le coût total pour une production donnée à court terme, est la somme des coûts totaux fixes et
des coûts totaux variables.
Ainsi : 𝑪𝑻(𝑸) = 𝑪𝑻𝑭 + 𝑪𝑻𝑽(𝑸)
1.1. Les coûts totaux :
1.1.1. Le coût total de production (CT)
Si : 𝑪𝑻(𝑸) = 𝑪𝑻𝑭 + 𝑪𝑻𝑽(𝑸)
𝜹𝑪𝑻 𝜹𝑪𝑻𝑭 𝜹𝑪𝑻𝑽
Donc = +
𝜹𝑸 𝜹𝑸 𝜹𝑸
On sait que 𝛿𝐶𝑇𝐹/𝛿𝑄 = 𝟎 car CTF est fixe
𝜹𝑪𝑻𝑽
On sait aussi que = 𝑪𝒎(𝑸)
𝜹𝑸
𝜹𝑪𝑻𝑽
𝑫𝒐𝒏𝒄 𝑪𝒎 (𝑸) =
𝜹𝑸
1.1.2 Coût fixe :
Il peut être défini comme l’ensemble des dépenses imputables à l’emploi des inputs fixes
associés à la production.
Le coût fixe d'une entreprise ne peut pas être modifié. La connaissance des coûts fixes est
essentielle pour tenir une bonne comptabilité.
En général, les coûts fixes sont calculés dans des échelles plus petites (6 mois à l'année), car
tous les coûts peuvent changer à un moment donné. Cependant, vous devriez toujours
connaitre vos coûts fixes pour une année donnée.
N. B. Les couts fixes sont souvent appelés « couts indirects » ou « frais généraux ».
Exemple : remboursement d’un emprunt.
1.1.3 Coût variable :
Représente le total de toutes les dépenses en inputs variables utilisés dans la production , en
d’autres termes il dépend de la quantité produite. Exemple : la matière première. La fonction
du coût variable est croissante.
La distinction entre coûts fixes et coûts variables n’a de sens qu’à court terme, c’est-à-dire
dans la période de temps au cours de laquelle on ne peut modifier l’équipement.
Les courbes des coûts totaux
La courbe de coût total prend d’abord la forme concave jusqu’au point d’inflexion et puis
convexe, ceci s’explique à travers le principe des rendements marginaux décroissants .
Quand la fonction de production est concave, la fonction de coûts est convexe (et vice-versa)
La courbe de coût variable prend la forme de la courbe de coût total de production
La courbe de coût fixe total est représentée par une ligne horizontale parallèle aux abscisses.
Remarque : le coût total et le coût variable ont la même pente. Donc la dérivée du coût total
ou du coût variable nous donne le cout marginal.
1.2. Les coûts Moyens :
1.2.1. Le coût fixe moyen :
Le coût fixe moyen mesure les coûts fixes par unité d’output.
On a : 𝐶𝑀𝐹(𝑄) = 𝐶𝐹/𝑄
Etant donné que les coûts fixes totaux sont constants, les coûts fixes moyens diminuent
lorsque la production augmente.
Le coût fixe moyen CMF tend vers zéro quand la quantité produite augmente.
1.2.2. Le coût variable moyen :
On mesure les coûts variables par unité d’output
On a : 𝐶𝑀𝑉(𝑄) =. (𝐶𝑉(𝑄))/𝑄.
Le CVM est élevé lorsque le niveau de production est faible mais décroit au fur et à mesure
que le volume de production augmente, atteint un minimum et ensuite s’accroit.
Le coût total Moyen (CT)
Ce coût représente ce que coûte chaque unité produite.
Le coût total moyen est défini comme le coût total divisé par le nombre correspondant
d'unités de Q
On a : 𝐶𝑀𝑇(𝑄) = (𝐶(𝑄))/𝑄 = 𝐶𝑀𝑉(𝑄) + 𝐶𝑀𝐹(𝑄)
La courbe de coût moyen prend la forme U. Pour une faible quantité, le CM est élevé du fait
des CF .
Plus la quantité augmente, plus le CM décroît ; au-delà d’une certaine quantité ( le minimum
de CM ), le CM augmente .
La courbe de coût variable moyen est au-dessous de CM,
Le coût fixe moyen CMF tend vers zéro quand la quantité produite augmente; cela signifie
que les deux fonctions de coût moyen et coût moyen variable sont de plus en plus proches
l'une de l'autre quand la production augmente.
1.3 Le coût marginal :
C’est la variation du coût total qui serait occasionnée par la production d’une unité
supplémentaire. On peut définir le coût marginal de la manière suivante:
𝐶𝑚(𝑄) = (∆𝐶𝑇(𝑄))/∆𝑄 ou encore, 𝐶𝑚(𝑄) = (𝑑 𝐶𝑇(𝑄))/(𝑑 𝑄)
Le coût marginal reflète le coût sur lequel l'entreprise a le plus de contrôle direct à court
terme.
Il indique le coût devant être économisé si la production est réduite d'une unité ou, à l'inverse,
le coût supplémentaire si la production est augmentée d'une unité.
La courbe de Coût marginal est la pente de la courbe de coût total, elle prend la forme U.
Pour une faible quantité produite, il est facile d’accroître la production à faible coût (Cm
décroissant); une forte quantité produite (augmenter encore la production) augmente le coût
supplémentaire (Cm croissant) .
Relation entre le coût marginal et le coût moyen
Il existe une relation intéressante entre coût marginal et coût moyen. Quand le coût moyen est
décroissant, cela signifie que chaque unité nouvelle coûte moins cher que les précédentes, ou
encore que le coût marginal est inférieur au coût moyen.
Inversement, si le coût moyen augmente, il se trouve sous le coût marginal.
On déduit immédiatement que le coût marginal et le coût moyen sont égaux si ce dernier est
constant, ou s'il est à son minimum on en déduit que l’évolution du CM dépend de la relation
entre Cm et CM :
𝐶𝑚(𝑞) > 𝐶𝑀(𝑞) ⇐⇒ 𝐶𝑀′ > 0 ⇒ 𝐶𝑀 croissant
𝐶𝑚(𝑞) = 𝐶𝑀(𝑞) ⇐⇒ 𝐶𝑀′ = 0 ⇒ 𝐶𝑀 constant (minimum CM)
𝐶𝑚(𝑞) < 𝐶𝑀(𝑞) ⇐⇒ 𝐶𝑀′ < 0 ⇒ 𝐶𝑀 décroissant
Cette relation correspond au seuil de rentabilité (SR) qui signifie le prix de vente égal au
minimum du coût total moyen (coût unitaire).
C’est le niveau de prix pour lequel le volume de production choisi par l’entreprise lui permet
de réaliser une recette totale qui couvre tout juste son coût total de production.
Relation entre coût marginal et coût variable moyen
De même la courbe de coût marginal coupe la courbe de coût variable moyen en son
minimum.
Donc Cette relation 𝑪𝒎(𝑸) = 𝑪𝑽𝑴(𝑸) correspond au seuil de fermeture (SF) qui
signifie le prix de vente égal au minimum du coût variable moyen (coût unitaire).
Si le prix de vente est inférieur à ce prix, il y aura un alourdissement des pertes, car leur
montant sera supérieur au montant des coûts fixes, il est donc préférable pour l’entreprise
d’arrêter de produire.
Correspondance entre les courbes de production et les courbes de coûts
Lien entre Coût marginal et Productivité marginale
Comme à court terme K est fixe et L est variable, une variation dans le coût total est
forcément attribuable à une variation de la quantité de facteur L utilisée
∆𝐶𝑇 = 𝑃𝐿 × ∆𝐿
Divisons par ∆𝑄 des deux cotés:
∆𝐶𝑇 ∆𝐿
= 𝑃𝐿 ×
∆𝑄 ∆𝑄
∆𝐿
Rappel : est la productivité marginale (𝑃𝑚(𝐿))
∆𝑄
𝑃𝐿
Donc on a : 𝐶𝑚 = 𝑃𝑚(𝐿)
Le coût marginal est inversement proportionnel à la productivité marginale
Lien entre Cout variable moyen CVM et Productivité Moyenne PM
Soit L et K deux facteurs de production et P L et P K le prix de chacun de ces facteurs
Le coût total est : 𝐶𝑇 = 𝑃𝐾 𝐾 + 𝑃𝐿 𝐿 où 𝑃𝐾 𝐾 sont les coûts fixes et 𝑃𝐿 𝐿 sont les coûts
variables
Le coût variable moyen CVM est : 𝐶𝑉𝑀 = 𝐶𝑉/𝑄 = 𝑃𝐿 𝐿/𝑄 que l’on peut réécrire 𝐶𝑉𝑀 =
𝑃𝐿
(𝑄/𝐿)
Or Q/L est la productivité moyenne (PM)
𝑃
Donc on a : 𝐶𝑉𝑀 = 𝑃𝑀𝐿
Le coût variable moyen est inversement proportionnel à la productivité moyenne
Maximisation du profit et la fonction d’offre de courte période
Maximisation du profit
La firme en concurrence pure et parfaite (CPP) ne choisit pas son prix de vente. Le prix de
vente est déterminé par l’interaction de la totalité des offreurs et des demandeurs sur le
marché ,La firme est «price-taker» .Elle va donc choisir son niveau de production optimal Q
qui maximise son profit.
Soit le profit de l’entreprise fonction de la quantité produite : 𝜋(𝑄) = 𝑃. 𝑄 − 𝐶𝑇(𝑄)
Où 𝑃. 𝑄 = 𝑅𝑇 est la recette ou le chiffre d’affaires (le produit de la vente de la production).
Pour que le profit soit maximum ,il faut que la condition de 1er ordre soit respectée (la
dérivée de la fonction de profit soit nulle).
𝜕𝜋/𝜕𝑄 = 0 d’où ( 𝑃. 𝑄)’ − 𝐶𝑇’ (𝑄) = 0 donc 𝑅𝑇’ − 𝐶𝑇’ = 0 donc 𝑅𝑇’ = 𝐶𝑇’
𝜕𝜋/𝜕𝑄 = 0 d’où ( 𝑝. 𝑄)’ − 𝐶𝑇’ (𝑄) = 0 donc 𝑅𝑇’ − 𝐶𝑇’ = 0
donc 𝑅𝑇’ = 𝐶𝑇’
Nous avons 𝑅𝑇’ = 𝑅𝑚 et 𝐶𝑇’ = 𝐶𝑚 donc si 𝑅𝑇’ = 𝐶𝑇’
Donc nous aurons 𝑹𝒎 = 𝑪𝒎
cela signifie simplement que la recette marginale doit être égale au coût marginal:
𝑅𝑚(𝑄) = 𝐶𝑚(𝑄).
En CCP la 𝑅𝑚 = 𝑅𝑀 = 𝑃
La règle de maximisation des profits 𝑅𝑚(𝑄) = 𝐶𝑚(𝑄) devient en CPP : 𝑃 = 𝐶𝑚(𝑄)
La firme doit donc choisir le niveau de production qui respecte 𝑷 = 𝑪𝒎(𝑸)
La fonction d’offre de l’entreprise
Elle établit une relation entre le prix d’un produit et la quantité offerte.
Graphiquement, la courbe de la fonction d’offre se confond avec la partie de la courbe du coût
marginal (Cm), partie croissante et supérieure au minimum du CVM.
Lorsque le prix de vente est inférieur à cette valeur, l’offre de l’entreprise est nulle.
Les trois conditions pour l’établissement de la fonction d’offre :
• l'égalité prix-coût marginal est la condition du premier ordre pour un maximum de
profit
• la dérivée seconde de la fonction de profit doit être négative (vérifiez que c'est un
maximum)
• le prix doit être supérieur au minimum du CVM (seuil de fermeture).
L’élasticité prix de l’offre
L’ élasticité-prix de l’offre mesure la sensibilité de la quantité offerte (Q) aux variations de
prix (P) du bien. On a :
L’élasticité-prix de l’offre est toujours positive (découle de la loi de l’offre).
• 𝐸𝑠 > 1 => Offre élastique : forte élasticité de l'offre , une augmentation du prix
entraîne une augmentation plus que proportionnelle de la quantité offerte ;
• 𝐸𝑠 < 1 => Offre inélastique : une augmentation du prix entraîne une augmentation
moins proportionnelle de la quantité offerte
• 𝐸𝑠 = 1 => Offre à élasticité unitaire : une augmentation du prix entraîne une
augmentation proportionnelle de la quantité offerte ;
• 𝐸𝑠 = 0 => Offre parfaitement inélastique : une augmentation des prix laisse la
quantité offerte inchangée ,
• 𝐸𝑠 = ∞ ➔ Offre parfaitement élastique ( infinie ) : pour un prix Px , les producteurs
offrent n'importe quelle quantité, le prix de vente est toujours le même quelle que soit
la quantité produite