SEANCE 4 : FONCTION DE PRODUCTION A LONG
TERME
Contrairement au court terme où seulement certains facteurs de production varient,
à long terme tous les facteurs sont variables.
Ainsi à long terme, l’entreprise peut produire son bien, en associant différentes
quantités de travail à différentes quantités de capital.
LES ISOQUANTS
Un isoquant représente l’ensemble des combinaisons de facteurs de production (K,
L) conduisant à un même niveau de production. Sa courbe peut être définie comme
une courbe montrant les combinaisons possibles de deux facteurs variables pouvant
être utilisés pour produire le même produit total.
Les hypothèses d’une courbe isoquante sont les suivantes:
• Il n’y a que deux facteurs de production, le travail et le capital, pour produire
un bien
• Le capital, le travail et les biens sont divisibles par nature.
• Le capital et le travail peuvent se substituer jusqu’à une certaine limite
• La technologie de production est donnée sur une période de temps.
• Les facteurs de production sont utilisés avec une efficacité totale.
Certaines des propriétés de la courbe isoquante sont les suivantes:
P1 : Les courbes isoquantes s’inclinent vers le bas : Cela implique que la pente
de la courbe isoquante est négative. En effet, lorsque le capital (K) est augmenté, la
quantité de travail (L) est réduite ou vice versa, pour maintenir le même niveau de
production.
P2 : Les courbes isoquantes sont convexes à l’origine : Cela implique que les
entrées de facteurs ne sont pas des substituts parfaits. Cette propriété montre la
substitution des intrants et le taux marginal décroissant de substitution technique de
l’isoquant. La signification marginale d’un intrant (capital) par rapport à un autre
intrant (travail) diminue avec la courbe isoquante.
P3 : Les courbes isoquantes ne peuvent pas se croiser : Une isoquante implique
les différents niveaux de combinaison produisant différents niveaux d’entrées. Si
les isoquantes se croisent, cela impliquerait qu’une seule combinaison d’entrée peut
1
produire deux niveaux de sortie, ce qui n’est pas possible. Le droit de la production
ne serait pas applicable.
P4 : Plus l’isoquante est élevée, plus la production est élevée : cela implique que
l’isoquant supérieur représente une sortie plus élevée. La courbe supérieure de
l’isoquant produit plus de sortie que la courbe inférieure. En effet, la plus grande
combinaison d’entrées se traduit par une sortie plus grande par rapport à la courbe
qui se trouve en dessous.
Les différents types de courbe isoquante sont les suivants:
1.Isoquant linéaire : C’est un isoquant en ligne droite et représente une
substituabilité parfaite entre les intrants, le capital et le travail de la fonction de
production.
La forme algébrique de la fonction de production en cas d’isoquant linéaire est la
suivante:
𝑄 = 𝑎𝐾 + 𝐵𝐿
2. isoquant en forme de L : C’est le cas des compléments parfaits. Dans ce cadre, la
combinaison entre le capital et le travail est dans une proportion fixe. Une seule
combinaison de travail et de capital est possible pour produire un produit avec une
proportion d’intrants fixée.
Pour augmenter la production, une entreprise doit augmenter proportionnellement
les deux intrants. La représentation graphique de l’isoquant à proportion de facteur
fixe est de forme L, représentée sous la forme suivante :
2
Cette relation entre le capital et le travail peut s’exprimer comme suit :
𝑄 = 𝑓(𝐾, 𝐿) = 𝑚𝑖𝑛(𝑎𝐾, 𝑏𝐿)
3. la forme des isoquants pour des facteurs substituables :
Elles ont pour expression mathématique une fonction de type 𝐾 = 𝐾( 𝐿 )
LE TAUX MARGINAL DE SUBSTITUTION TECHNIQUE
Le Taux Marginal de Substitution Technique (TMST) peut être défini comme le
taux auquel un facteur est remplacé par un autre avec une production maintenue
constante.
Le TMST du capital pour le travail implique la quantité de travail que l’entreprise
est prête à abandonner pour une unité de capital supplémentaire. De même, le
TMST de la main-d’œuvre pour le capital impliqueraient la quantité de capital que
l’entreprise serait prête à abandonner pour une unité de main-d’œuvre
supplémentaire.
3
Le TMST est également égal au rapport entre le productivité marginale d’un intrant
et le productivité marginale d’un autre intrant.
𝑣𝑎𝑟𝑖𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑒 𝐾 ∆𝐾 𝑃𝑚(𝐿)
Mathématiquement on a : 𝑇𝑀𝑆𝑇(𝐿,𝐾) = − =− =
𝑣𝑎𝑟𝑖𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑒 𝐿 ∆𝐿 𝑃𝑚(𝐾)
LES RENDEMENTS D’ECHELLE
En longue période tous les facteurs de production sont susceptibles de varier, mais
ils ne varient pas nécessairement dans les mêmes proportions.
Nous faisons l’hypothèse restrictive qu’ils varient tous dans la même proportion.
La question qui se pose est dans quelle proportion va varier la production ?
Les rendements d’échelle représentent la réaction de la production suite à un
accroissement simultané de tous les facteurs de production (K et L) dans une même
proportion. Ils peuvent être : Constants, Croissants ou Décroissants.
Si le niveau de production Q augmente plus vite que l’augmentation des facteurs L
et K ; les rendements d’échelle sont dit croissants.
Si le niveau de production Q augmente moins vite que l’augmentation des facteurs,
les rendements d’échelle sont dit décroissants.
Si le niveau de production Q augmente dans la même proportion que L et K, les
rendements sont dit constants.
La nature des rendements d’échelle peut être déterminée en étudiant l’homogénéité
de la fonction de production ou en étudiant l’élasticité de l’output par rapport aux
facteurs de production.
La fonction de production homogène
La fonction est dite homogène de degré n si pour tout nombre entier ʎ > 𝟎, la
fonction est multipliée par ʎ𝒏 quand on multiplie chaque variable par ʎ.
𝒇 (ʎ 𝑳, ʎ 𝑲) = ʎ𝒏 𝒇(𝑳, 𝑲).
• Si 𝑛 > 1 les rendements sont croissants
• Si 𝑛 < 1 les rendements sont décroissants
• Si 𝑛 = 1 les rendements sont constants
Lorsque la fonction n’est pas homogène, il faut déterminer l’élasticité
La notion d’élasticité : Rappelons que l’élasticité de production du facteur travail
(L) est par définition égale à :
4
𝛥𝑄/𝑄
𝐸 𝑄/𝐿 = = 𝛥𝑄/ 𝛥𝐿 ∗ 𝐿/𝑄 = 𝑃𝑚𝐿/𝑃𝑀𝐿
𝛥𝐿/𝐿
L’élasticité d’échelle est égale à la somme de toutes les élasticités de production
des facteurs entrants dans la fonction de production ; on a donc : 𝐸𝑒𝑐ℎ = 𝐸𝐾 + 𝐸𝐿
• Si l’élasticité est égale à 1, les rendements sont constants
• Si l’élasticité est supérieure à 1, les rendements sont croissants
• Si l’élasticité est inférieure à 1, les rendements sont décroissants.
LA DROITE DE L’ISOCOUT :
La droite de l’isocoût représente l’ensemble des combinaisons K, L qu’il est
possible de se procurer pour un coût total donné et pour un prix donné des facteurs.
La contrainte du budget est : 𝐶𝑇 = 𝑃𝐿 × 𝐿 + 𝑃𝐾 𝐾
𝑪𝑻−𝑷𝑳 ×𝑳
L’équation de l’isocoût sur un repère (𝑳, 𝑲) 𝒆𝒔𝒕 : 𝑲 = dont la pente 𝑝 =
𝑷𝑲
𝑃𝐿
− est négative.
𝑃𝐾
La droite d’isocoût permet de déterminer l’ensemble des combinaisons
travail/capital qui, compte tenu des prix des facteurs de production, respectent la
contrainte de budget.
Pour tracer la courbe d’isocoût nous avons besoin de deux points de coordonnées
𝐶𝑇 𝐶𝑇
(L = 0 ; 𝐾 = ) et (K = 0 ; 𝐿 = )
𝑃𝐾 𝑃𝐿
LE SENTIER D’EXPANSION
5
Le sentier d’expansion est le lieu géométrique des combinaisons optimales de tous
les facteurs nécessaires pour produire différents niveaux de l’output . Son équation,
comme le
TMST (L ,K) = PL/PK au point optimal 𝑑𝑜𝑛𝑐 𝑃𝑚𝐿/ 𝑃𝑚𝐾 = 𝑃𝐿/𝑃𝐾
Le choix optimal
La meilleure solution correspond à l’équilibre du producteur (ou optimum). Cet
équilibre permet de respecter la contrainte technique (fonction de production) et la
contrainte économique (budgétaire).
La recherche de l’optimum demande la maximation de la production sous la
contrainte des coûts ; ou la minimisation des coûts sous la contrainte d’obtenir la
production désirée. La firme doit donc maximiser son profit étant donnés les prix
de marché et sa technologie.
Minimisation des coûts sous la contrainte de la quantité
Le problème s’exprime mathématiquement sous la forme d’un programme de
minimisation des -coûts, sous contrainte d’un niveau de production.
𝑀𝑖𝑛(𝐾,𝐿) = 𝐶𝑇(𝐾, 𝐿) = 𝑃𝐾 × 𝐾 + 𝑃𝐿 × 𝐿
𝑝𝑟𝑜𝑔𝑟𝑎𝑚𝑚𝑒 1: {
𝑆/𝐶 𝑄(𝐾, 𝐿) = 𝑄̅
La méthode de Lagrange permet de résoudre ce programme et aussi de définir la
demande de facteurs la plus économique pour le producteur.
𝐿(𝐾, 𝐿, 𝜆) = 𝑃𝐾 × 𝐾 + 𝑃𝐿 × 𝐿 + 𝜆(𝑄̅ − 𝑄(𝐾, 𝐿))
6
La minimisation de cette fonction conduit aux conditions du premier ordre
Suivantes :
𝜕𝐿
= 𝑃𝐾 − 𝑃𝑚(𝐾) = 0
𝜕𝐾
𝜕𝐿
= 𝑃𝐿 − 𝑃𝑚(𝐿) = 0
𝜕𝐿
𝜕𝐿
̅
{ 𝜕𝜆 = 𝑄 − 𝑄(𝐾, 𝐿) = 0
Les deux premières équations du système de condition de premier ordre permettent
𝑃𝐾 𝑃𝑚(𝐿)
de retrouver la condition d’optimalité du producteur : =
𝑃𝐿 𝑃𝑚(𝐾)
Maximisation de la production sous la contrainte du coût .
choix optimal du panier d’inputs ➔ étant donné un coût de production.
Dans ce cas, le coût total de la firme est constant = 𝐶𝑇0
le seul moyen dont la firme dispose pour améliorer son profit est la maximisation
de la production .
Posons les conditions de premier ordre en annulant les dérivées partielles:
𝜕𝐿
= 𝑃𝑚(𝐾)−𝑃𝐾 = 0
𝜕𝐾
𝜕𝐿
= 𝑃𝑚(𝐿) − 𝑃𝐿 = 0
𝜕𝐿
𝜕𝐿
̅̅̅̅
{𝜕𝜆 = 𝐶𝑇 − 𝑃𝐾 × 𝐾 − 𝑃𝐿 × 𝐿 = 0
A l’optimum, le rapport des productivités marginales est égal au rapport de leur
𝑃𝐾 𝑃𝑚(𝐿)
=
𝑃𝐿 𝑃𝑚(𝐾)
Maximisation du profit
7
8