M1 BPO Cours de Biologie marine khammes-talbi
Chapitre I : classification de l’environnement marin
Généralités
A l’échelle du globe, le milieu marin couvre près de 71 % de la surface totale, c’est dire
l’importance de ce vaste espace par rapport aux milieux continentaux. Le fleuve, le littoral et
les eaux marines côtières sont des milieux naturels remarquables intensivement utilisés par
l’homme. Cette utilisation conduit dans l’ensemble des zones littorales et marines de la
planète à une dégradation des ressources, une dégradation de l’environnement, une
compétition pour l’utilisation de l’espace terrestre et maritime.
Les êtres vivants y ont un rôle majeur dans l’équilibre de cet espace fragile ; un immense
réseau de chaînes alimentaires est mis en place. D’autre part, une importante diversité de
milieux, d’habitats, d’espèces floristiques et faunistiques y est recensée, faisant du milieu
marin un espace riche et remarquable.
La vie marine, tout comme la vie sur terre, reposent presque entièrement sur la photosynthèse.
Le phytoplancton, algues microscopiques qui flottent librement dans l’eau, est la forme de vie
végétale la plus importante dans les océans. C’est le premier producteur de matières
organiques. Toutes les formes de vie animale dépendent en fin de compte de la matière
organique fournie par cette production initiale.
Les continents ne sont habités qu’en surface ou presque tandis que le domaine marin est
occupé dans ses trois dimensions et que la vie y existe jusque dans la fosse la plus profonde.
I-Domaines pélagiques et benthiques
1-Les subdivisions du milieu marin
On distingue dans le milieu marin un domaine pélagique ou de pleine eau et un domaine
benthique. Chacun de ces domaines est subdivisé selon la profondeur en diverses zones
(figure 1). Le plateau continental, plus ou moins étendu selon les régions, est en pente douce
(pente moyenne de 0,5 %) et il s'étend jusqu'à 200 m en moyenne. Le talus continental a une
pente moyenne de 5 % et il descend jusqu'à 2 000 m. La plaine abyssale descend jusqu'à
6000 [Link] zone hadale ou ultra abyssale correspond aux plus grandes fosses.
La province néritique correspond au plateau continental. Les eaux y sont peu profonde
agitées et riches en substances dissoutes et en matériaux en suspension et la productivité y est
élevée.
La province océanique recouvre les fonds dont la profondeur est supérieure à 200m
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Figure 1 les subdivisions du milieu marin
2- Le domaine pélagique
En océanographie biologique, le domaine pélagique est le domaine comprenant la totalité des
eaux marines sans relation avec le fond. En général, on oppose le domaine pélagique à la zone
benthique, située à l’interface entre les sédiments déposés sur les fonds marins et l’eau.
Il peut être divisé en différentes parties en fonction de la profondeur et des caractéristiques
écologiques de chacune d’elle telles que :
a-Zone épipélagique. C'est la zone superficie éclairée (ou zone euphotique) dont l’épaisseur
est de 50 à 100 m selon les régions, et dans laquelle le phytoplancton peut se développer. La
partie la plus superficielle est parfois appelée zone neustonique.
b-Zone mésopélagique. Cette zone qui s'étend de 50-100 m à 200 m est encore légèrement
éclairée mais le phytoplancton ne peut plus y sur vivre pas de photos synthèse. Les
fluctuations de la température saisonnière s'y font encore sentir.
c-Zone infrapélagique. De 200 à 500-600 m, cette zone est riche en espèces car elle
comprend à la fois des organismes qui remontent la nuit de la zone inférieure et des espèces
qui descendent le jour de la zone supérieure. La température de cette zone varie, selon la
profondeur, de 10°C à 4°C mais elle ne subit plus de variations saisonnières contrairement
aux zones plus superficielles.
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d-Zone bathypélagique. De 500 à 2 000 m, cette zone est caractérisée par un renouvellement
important de la faune planctonique. Les Copépodes y sont dominants; les Siphonophores, les
Amphipodes, les Décapodes sont nombreux également et on voit 'apparaître quelques formes
de grande taille caractéristiques du plancton profond comme des Holothuries pélagiques, des
Pélagonémertes, des Méduses. La limite inférieure de cette zone correspond à peu près, aux
latitudes moyennes, à l'isotherme de 4°C.
e-Zone abyssopélagique. Entre 2 000 et 6 000 m, cette zone n'est plus dominée par les
Copépodes mais par les Chétognathes, les Mysidacés, les Décapodes et par les espèces de
grande taille apparues dans la zone précédente.
f-Zone hadopélagique. Au-delà de 6 000 m, cette zone est formée par des fosses étroites et
allongées qui sont surtout nombreuses dans l'océan Pacifique et qui atteignent 11 000 m. Sa
faune est très pauvre et dominée par des Amphipodes, Ostracodes et Copépodes.
La zone épipélagique est celle qui est la plus influencée par les mouvements de la mer
(vagues, marées, courants de marée et courants généraux) ainsi que par les changements
climatiques, particulièrement marqués sur la partie peu profonde du secteur néritique.
La zone épipélagique est aussi celle où la lumière solaire pénètre, jusqu’à une profondeur qui
varie de quelques mètres à plusieurs dizaines de mètres suivant la turbidité des eaux. La
lumière solaire est suffisante pour l’activité de la photosynthèse (production primaire)
uniquement dans la partie supérieure de cette zone, appelée zone euphotique ou zone
photique.
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Les espèces planctoniques qui vivent dans le domaine pélagique sont des organismes dont
les mouvements sont insignifiants par rapport à ceux des courants. Ces organismes peuvent
être différenciés selon leur taille tels que :
> Le picoplancton : bactéries
> Le nanoplancton : coccolithophoridés, diatomées, dinoflagellés
> Le microplancton : foraminifères, diatomées, radiolaires, copépodes
> Le méroplancton : copépodes, ptéropodes, larves
> Le macroplancton : méduses, larves de poisson
> Le mégaloplancton : méduses, crustacés, grandes algues
D’autres organismes sont associés au plancton mais peuvent être différenciés par leurs
caractéristiques particulières :
> Le necton : il correspond à l’ensemble des espèces vivants en pleines eaux et se déplaçant
activement contre les courants marins comme les poissons pélagiques, les mammifères
marins, les céphalopodes ou les crustacés.
> Le tripton : il rassemble les organismes supposés morts, d’origine minérale ou organique.
> Le seston : il regroupe à la fois le plancton et le tripton c’est-à-dire l’ensemble des
particules en suspension dans l’eau (mortes ou vivantes, organiques ou inorganiques).
Les mouvements de la mer Plusieurs phénomènes peuvent être observés lors des mouvements
de la mer. Ils peuvent être de fréquence variable ou régulière, de faible ou grande ampleur...
3-Le domaine benthique
Le mot benthique dont l’étymologie vient du grec ancien signifiant ‘profondeur’. L’adjectif
benthique dérive de benthos et s’emploie pour préciser qu’une espèce vit dans la zone de fond
marin, soit à proximité du fond (organismes vagiles), soit directement sur le substratum
(épibenthique), soit même dans celui-là (endobenthique). Le benthos regroupe donc
l’ensemble des organismes aquatiques (marins ou dulcicoles) vivant à proximité du fond des
mers et océans. Par opposition, on parle de pélagos (constitué du plancton et du necton)
Le domaine benthique marin correspond à une fraction de la biosphère, extrêmement mince,
liée intimement au fond des mers et des océans. Il s’étend de la ligne du rivage jusqu’aux plus
grandes profondeurs. Ce domaine est fonction de la nature du fond (meuble ou induré). En
outre, il présente une richesse importante en nutriment permettant l’alimentation des espèces.
De plus, les rayons lumineux peuvent y pénétrer si le substrat se trouve à une faible
profondeur, induisant des processus de photosynthèse.
Ce domaine peut être subdivisé en 7 étages majeurs :
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•Étage supralittoral.
L'étage supra-littoral, appelé aussi zone supra-tidale est la partie la plus haute du littoral.
Cet étage n'est humecté que par les embruns, les marées d’équinoxe ou les plus hautes vagues
des tempêtes.
Cet étage assure la transition entre les domaines marin et terrestre. On y trouve surtout des
lichens. Sur les côtes rocheuses cet étage est recouvert par une végétation dont les éléments
les plus caractéristiques sont des Lichens noirâtres du genre Verrucana.
La faune comprend des espèces capables de résister à des émersions prolongées comme des
Gastéropodes (Littorines) et des Isopodes (Lygia.). Sur les plages des côtes sableuses les
Crustacés Amphipodes (Talitrus, Orchestia) sont abondantes et cohabitent avec de nombreux
insectes, en particulier des Coléoptères Carabidés et Ténébrionides et des Diptères.
•Étage médiolittoral. Dans les mers à marées importantes et sur les substrats rocheux cet
étage est recouvert par des bandes horizontales et superposées d'Algues brunes qui constituent
des ceintures bien visibles en mode calme lorsque l'agitation de l'eau n'est pas trop grande. En
mode battu l'importance des algues est moindre. Quatre ceintures d'algues se rencontrent sur
les côtes méditerranéennes. La ceinture à Pelvetia canaliculata marque la limite supérieure de
l'étage; sa faune est pauvre. La ceinture à Fucus spiralis possède une faune un peu plus riche
avec en particulier les Gastéropodes Littorina saxatilis et Liuorina obtusata (ou bigorneaux)
qui broutent les algues.
La ceinture à Fucus vesiculosus a une extension verticale plus grande que les précédentes. Sa
faune est plus diversifiée (beaucoup de détritivores dont des Crustacés).
La ceinture à Fucus serratus est la plus basse. On y rencontre déjà des algues rouges qui
annoncent l'étage infralittoral. La faune y est très riche avec des Gastéropodes, Hydraires,
Polychètes. Bryozoaires, Ascidies. La base de l'étage médiolittoral est souvent occupée par
des peuplements de moules (qui sont exploitables lorsque la densité des algues n'est pas trop
élevée) et d'huîtres dont la biomasse peut atteindre 80 kg/m2 et qui sont la proie d'étoiles de
mer et de Gastéropodes carnivores comme les pourpres et les Murex.
Sur les substrats meubles il existe d'une part des grandes espèces qui vivent à la surface du
sable et qui s'y enfoncent rarement (Échinodermes, Crustacés, Poissons) et d'autre part des
espèces qui vivent dans le sable en permanence.
Les espèces de grande taille fouissent dans le sable et y creusent des galeries et les espèces de
petite taille (moins de 1 mm) vivent dans les interstices (très petits espaces) des grains de
sable. Elles constituent la faune interstitielle marine dont les représentants ont une forme
allongée ce qui leur permet de s'insinuer entre les grains de sable. Les représentants de la
faune interstitielle sont des Ciliés, des Gastrotriches, des Annélides, des Nématodes et des
Crustacés.
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• Étage infralittoral. Dans cet étage se localisent des organismes qui exigent une immersion
continue et un éclairement intense. Sur substrat rocheux on rencontre des Algues brunes
comme les Laminaires qui remplacent les Fucus disparus. La limite inférieure de cet étage
correspond à la disparition des herbiers de Phanérogames telles que les Zostères. Dans les
régions tropicales les Madréporaires constructeurs de récifs s'installent dans l'étage
infralittoral.
• Étage circalittoral. Il est occupé par des Algues rouges calcaires de la famille des
Lithotharmniées. En Méditerranée les formations dites « coralligènes » sont caractéristiques
de cet étage. Les cavités sont peuplées par une riche faune de Spongiaires, de Gorgones,
d'Alcyonnaires, de Madréporaires, de Polychètes, de Bryozoaires. Cet étage est caractérisé par
l’abondance du corail rouge (Corallium rubrum).
La richesse des peuplements benthiques aux faibles profondeurs a comme conséquence un
recouvrement total ou presque des fonds rocheux. La compétition pour l'alimentation est à
l'origine de très nombreux dispositifs de récolte et de régimes alimentaires non moins variés:
phytophages mangeurs d'algues (Gastéropodes, Crustacés, Poissons), collecteurs de particules
en suspension (Bryozoaires, Annélides, Ascidies, Lamellibranches), fouisseurs, mangeurs de
vase, etc.
•Étage bathyal. Dans l'Atlantique Nord cet étage est peuplé par la biocénose des grands «
coraux blancs », Madréporaires appartenant aux genres Amphelia et Lophelia qui sont
associés à de nombreux autres Cnidaires, à des Échinodermes, des Polychètes, des Crustacés,
des Poissons, etc. Les vases de cet étage sont occupées par des petits Lamellibranches
(Yoldia, Nucula, Chlamys), des Scaphopodes, des Spongiaires et divers Décapodes.
•Étage abyssal. Il est très faiblement peuplé sur substrat rocheux. Les substrats meubles sont
qualifiés de « boues abyssales » et possèdent une faune plus diversifiée avec des Holothuries,
des Astéries, des Lamellibranches, des Polychètes.
• Étage hadal. Cet étage est caractérisé par des Holothuries, des Actinies, des Polychètes, des
Mollusques et quelques Crustacés Isopodes et Amphipodes.
Le benthos des grandes profondeurs présente un certain nombre de caractères [Link]
réduction des formations calcaires de soutien, les carnivores sont rares car les sources de
nourritures sont les bactéries et les débris organiques qui tombent des zones supérieures
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Figures des différents étages du milieu benthique
Au sein des ces différentes zones, divers types d’organismes pourront être observés en
fonction de leur milieu de vie privilégié avec des espèces préférant en effet vivre soit à
proximité du fond, soit directement sur le substratum, soit dans le substratum.
Ces organismes benthiques peuvent de plus être distingués en fonction de leur taille :
microbenthos, meiobenthos, macrobenthos.
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Ils peuvent également être différenciés en fonction de leurs mobilités ou de leurs
immobilités :
> Le benthos sessile : il regroupe les organismes fixés à la surface du substrat comme les
algues ou les spongiaires, ou pivotants c’est-à-dire enracinés dans le substrat meuble comme
les polychètes et les cnidaires.
> Le benthos vagile : il est relatif aux espèces libres mais qui ne s’éloignent pas du fond.
C’est par exemple le cas des gastéropodes, des échinodermes, des décapodes ou de certains
poissons.
II- La zone côtière
2.1 Définition de la zone côtière
La rencontre entre la terre, la mer et l’atmosphère crée un espace original aux dynamiques
naturelles et sociales particulières. Littoral, espace littoral, zone côtière, bande côtière, frange
côtière, les termes désignant cet espace sont nombreux. La multiplicité des expressions et des
définitions employées reflète la diversité des regards portés sur ce territoire. Depuis le
développement de la Gestion Intégrée de la Zone Côtière l’expression « zone côtière » est de
plus en plus employée, souvent en lieu et place du « littoral ».
La zone côtière espace géomorphologique de part et d’autre du rivage de la mer où se
manifeste l’interaction entre la partie marine et la partie terrestre à travers des systèmes
écologiques et systèmes de ressources complexes comprenant des composantes biotiques et
abiotiques coexistant et interagissant avec les communautés humaines et les activités socio-
économiques
La zone côtière est une zone de transition entre les écosystèmes purement terrestres et les
écosystèmes purement marins. Cette zone de transition est aujourd’hui considérée comme une
composante importante de la biosphère à la fois pour la diversité des types d’écosystèmes et
dans la fourniture de ressources et de services. C’est une zone d’interactions intenses : dans la
zone côtière, les processus globaux à dominante continentale et les processus globaux à
dominante océanique se recouvrent et interagissent avec pour principale conséquence
l’établissement de forts gradients biogéochimiques ainsi qu’une forte dissipation d’énergie La
zone côtière est donc un endroit où vont se rencontrer différents types d’écosystèmes tous
Caractérisés par des gradients tridimensionnels de leurs propriétés, par diverses particularités
climatiques, géomorphologiques et démographiques, et par la dynamique des processus
physiques, chimiques et biologiques. Les processus et les écosystèmes naturels de la zone
côtière sont, de ce fait, sujets à des changements variables sur le plan géographique et sur la
durée qui vont se combiner pour aboutir à la formation de systèmes côtiers originaux,
dynamiques et productifs mais aussi vulnérables à des pressions additionnelles liées en
particulier à l’anthropisation croissante des côtes.
La zone côtière qui représente environ 12% de la surface terrestre est le siège de 25% de la
production primaire globale et apporte près de 70% de la production halieutique mondiale.
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Actuellement, près de 50% de la population terrestre, soit 2,5 milliards d’habitants, vit à
moins de 150 km des côtes. Au cours des 50 prochaines années, ce chiffre devrait passer à
plus de 6 milliards, un chiffre supérieur à la totalité de la population mondiale actuelle. Le
développement durable de l’économie et de la société humaine est donc vulnérable aux aléas
naturels et anthropiques, compte tenu notamment du faible degré de connaissance de la
dynamique des interactions continent-océan et des processus dans la zone côtière et, en
conséquence, du faible degré de prévisibilité de l’impact des interventions humaines dans ce
domaine.
Il existe plusieurs définitions de la zone côtière en fonction des centres d’intérêts couverts.
Pour l’OCDE (Organisation pour la Coopération et le Développement Economique), la
définition de la zone côtière doit être variable selon le type de problème considéré et selon les
objectifs d’aménagement. Pour les objectifs du programme LOICZ (Land Ocean Interactions
in the Coastal Zone) la zone côtière a été définie comme la zone qui s’étend entre 200 m
d’altitude sur le continent et 200 m de profondeur dans les océans. Ainsi définie, cette région
est le siège de la majorité des flux de matière et des processus de transformation, de stockage
et d’interactions entre les matières, et inclut aussi la dimension humaine de cet environnement
particulier
La variabilité des écosystèmes côtiers
Les conditions environnementales auxquelles sont soumis les écosystèmes côtiers ne sont pas
constantes mais au contraire varient de façon périodique, saisonnière et annuelle, ou
apériodique, suivant les oscillations caractéristiques des grands cycles du climat. Sur le plan
géographique, les écosystèmes côtiers se distinguent entre eux par leur taille allant du plus
petit estuaire jusqu’aux baies et rades côtières. Bien que leurs tailles diffèrent de plusieurs
ordres de grandeur, ces systèmes vont cependant montrer des propriétés communes et des
processus particuliers qui vont être déclinés selon l’appartenance à une zone climatique
donnée.
Un écosystème donné peut varier de plusieurs façon (modifications de la diversité, de la
production, …) sur des échelles de temps journalière à décennale. Les écosystèmes côtiers
seront donc le siège d’une forte variabilité à diverses fréquences résultant de modifications
des régimes de courant, de la force des vagues (liée elle-même aux régimes de vents), de
l’intensité des marées, des conditions climatiques régionales, des processus
géomorphologiques ou encore des apports de nutriments ou de substances chimiques
provenant du continent, de l’atmosphère ou de l’océan. Au cours des dernières décennies,
l’Homme a accéléré le rythme des changements imposés aux systèmes naturels. Les impacts,
autrefois locaux ou régionaux, sont maintenant globaux et affectent le climat de la planète.
Les écosystèmes marins côtiers subissent des modifications permanentes des vitesses de
production, de l’abondance des organismes et de la structure des communautés. Les séries à
long terme des stations d’observation ont permis de commencer à connaitre les rythmes
naturels de variation et l’impact des activités anthropiques. Les premières études indiquent
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que, en réponse à l’augmentation régulière de l’impact anthropique, les fluctuations
d’abondance et de production sont souvent soudaines et imprévisibles.
Les grandes oscillations climatiques semblent jouer un rôle majeur, cependant mal
appréhendé, dans la variabilité des écosystèmes marins et notamment celle des écosystèmes
côtiers. Ainsi, les cycles apériodiques de l’oscillation australe El Niño (ENSO, El Niño-
Southern Oscillation) dans le Pacifique provoquent des changements importants de
l’environnement qui se répercutent dans les rendements des pêcheries tous les 4 à 7 ans.
D’une façon similaire, l’oscillation nord atlantique (NAO, North Atlantic Oscillation),
caractérisée par des changements apériodiques de la distribution des pressions atmosphériques
au-dessus de l’Atlantique nord, influence la distribution et la diversité du zooplancton et, en
conséquence là aussi, le rendement des pêcheries.