Comprendre les volcans et leur éruption
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Classifications des volcans
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Fréquence des éruptions
Origine du volcanisme
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Déroulement classique d'une éruption
Classification des éruptions
Géomorphologie volcanique
Phénomènes paravolcaniques
Conséquence du volcanisme sur l'histoire de la Terre
Incidence du volcanisme sur les activités humaines
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humaines
Volcanologie
Volcans sous-marins
Volcans extra-terrestres
Volcans dans les médias
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Notes et références
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Volcan
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Le Vésuve en Italie. Le
La Smithsonian Institution recense 1 432 volcans actifs dans le monde1, dont une
soixantaine en éruption chaque année2. Mais cela ne tient pas compte de la plupart
des volcans sous-marins qui ne sont pas accessibles à l'observation, qui sont plus
nombreux. Un grand nombre a été mis en évidence ailleurs dans le système solaire.
Entre 500 et 600 millions de personnes vivent sous la menace d'une éruption.
Environ 10 % des humains sont menacés par les activités volcaniques3. Pour
prévenir ce risque naturel, il faut comprendre la formation des volcans et le
mécanisme des éruptions. C'est le sujet de la volcanologie, également appelée
« vulcanologie ».
Les volcans sont souvent des édifices complexes qui ont été construits par une
succession d'éruptions et qui, dans la même période, ont été partiellement démolis
par des phénomènes d'explosion, d'érosion ou d'effondrement. Il est ainsi fréquent
d'observer diverses structures superposées ou emboîtées.
Au cours de l'histoire d'un volcan, les types d'éruptions peuvent varier, entre deux
types opposés :
les éruptions effusives, avec des coulées de laves fluides, qui sont en général les
moins dangereuses ;
les éruptions explosives, plus meurtrières.
Les bases de données scientifiques classifient le plus souvent les volcans par leur
morphologie et/ou leur structure. La classification par type d'éruption reste difficile
même si elle peut apparaître chez quelques auteurs français.
Étymologie
Le substantif masculin « volcan » est un emprunt à l'espagnol volcán, substantif
masculin de même sens5, issu, par l'intermédiaire de l'arabe burkān,
du latin Vulcanus, nom de Vulcain, le dieu romain du feu, et de Vulcano, une des îles
Éoliennes, archipel volcanique au large de la Sicile6.
Caractéristiques
Structures et reliefs
Schéma structural d'un volcan type.
Un volcan est formé de différentes structures que l'on retrouve en général chez
chacun d'eux :
Gaz volcaniques
Article détaillé : Gaz volcaniques.
Ces émissions proviennent d'un magma qui contient ces gaz dissous. Le dégazage
des magmas qui progresse sous la surface du sol est un phénomène déterminant
dans le déclenchement d'une éruption et dans le type éruptif. Le dégazage fait
monter le magma le long de la cheminée volcanique, ce qui peut donner le caractère
explosif et violent d'une éruption en présence d'un magma visqueux.
Tephras et laves
Articles détaillés : Tephra, Lave et Roche volcanique.
Les matériaux émis par les volcans sont généralement des roches composées
de microlites noyés dans un verre volcanique. Dans le basalte, les minéraux les plus
abondants sont la silice, les pyroxènes et les feldspaths alors que l'andésite est plus
riche en silice et en feldspaths. La structure de la roche varie également : si
les cristaux sont fréquemment petits et peu nombreux dans les basaltes, ils sont en
revanche généralement plus grands et plus nombreux dans les andésites, signe que
le magma est resté plus longtemps dans la chambre magmatique9. 95 % des
matériaux émis par les volcans sont des basaltes ou des andésites.
Le matériau le plus connu émis par les volcans est la lave sous forme de coulées. De
type basaltique provenant de la fusion du manteau dans le cas
d'un volcanisme de point chaud, de dorsale ou de rift10 ou andésitique provenant de
la fusion de la lithosphère dans le cas d'un volcanisme de subduction11, plus rarement
de type carbonatique12, elles sont formées de laves fluides qui s'écoulent le long des
flancs du volcan. La température de la lave est comprise entre 700 et 1 200 °C13 et
les coulées peuvent atteindre des dizaines de kilomètres de longueur, une vitesse de
cinquante kilomètres par heure et progresser dans des tunnels de lave. Elles
peuvent avoir un aspect lisse et satiné, appelée alors « lave pāhoehoe » ou « lave
cordée », ou un aspect rugueux et coupant, appelée alors « lave ʻaʻā ». Les coulées
de ces laves, faisant parfois plusieurs mètres d'épaisseur, peuvent mettre des
dizaines d'années à se refroidir totalement14. Dans certains cas exceptionnels, de la
lave en fusion peut remplir le cratère principal ou un cratère secondaire et former
un lac de lave. La survie des lacs de lave résulte d'un équilibre entre apport de lave
venant de la chambre magmatique et débordement à l'extérieur du cratère associé à
un brassage permanent par des remontées de gaz volcaniques afin de limiter le
durcissement de la lave. Ces lacs de lave ne naissent que lors d'éruptions
hawaïennes, la grande fluidité de la lave permettant la formation et le maintien de
ces phénomènes. Le Kīlauea à Hawaï et le piton de la Fournaise à La Réunion sont
deux volcans qui possèdent des lacs de lave lors de certaines de leurs éruptions.
L'Erta Ale en Éthiopie et le mont Erebus en Antarctique sont parmi les seuls volcans
au monde à posséder un lac de lave de manière quasi permanente. Lors de
certaines éruptions de l'Erta Ale, son lac de lave se vide ou au contraire son niveau
remonte jusqu'à déborder et former des coulées sur les pentes du volcan15.
volcan bouclier lorsque son diamètre est très supérieur à sa hauteur en raison de
la fluidité des laves qui peuvent parcourir des kilomètres avant de s'arrêter ;
le Mauna Kea, l'Erta Ale ou le piton de la Fournaise en sont des exemples21 ;
stratovolcan lorsque son diamètre est plus équilibré par rapport à sa hauteur en
raison de la plus grande viscosité des laves ; il s'agit des volcans aux éruptions
explosives comme le Vésuve, le mont Fuji, le Merapi ou le mont Saint Helens22 ;
volcan fissural formé par une ouverture linéaire dans la croûte terrestre ou
océanique par laquelle s'échappe de la lave fluide ; les volcans des dorsales se
présentent sous forme de fissure comme les Lakagígar ou le Krafla23 ;
dôme volcanique (puy de Dôme)8, grand dôme volcanique formé par
l'accumulation et le refroidissement d'une lave visqueuse ;
caldeira20, vaste dépression due à l'effondrement des roches au-dessus d'une
chambre magmatique : champs Phlégréens, le Santorin8, caldeira de
Yellowstone ;
cône de scories24, accumulation de matière éjectée autour d'un cratère : puy
Pariou ;
cratère d'explosion, dépression due à une ou plusieurs explosions. Il n'y a pas de
cône : Dallol25. Lorsque la dépression est remplie par un lac, on appelle cela
un maar : Gour de Tazenat.
Comme toute classification de phénomènes naturels, beaucoup de cas sont
intermédiaires entre les types purs : l'Etna ressemble à un stratovolcan posé sur un
volcan bouclier, Hekla est à la fois un stratovolcan et un volcan fissural.
Dans Volcanoes of the World, Tom Simkin and Lee Siebert listent 26 types
morphologiques19.
Si on considère des zones plus larges comportant souvent plusieurs volcans, on peut
distinguer :
les volcans effusifs, ou « volcans rouges », aux éruptions relativement calmes qui
émettent des laves fluides sous la forme de coulées. Ce sont les volcans de
« point chaud », et les volcans d'« accrétion » principalement représentés par
les volcans sous-marins des dorsales océaniques. Les volcans boucliers sont
rangés dans cette catégorie ;
les volcans explosifs, ou « volcans gris », aux éruptions explosives qui émettent
des laves pâteuses et des cendres sous la forme de nuées ardentes ou coulées
pyroclastiques et de panaches volcaniques. Ils sont principalement associés au
phénomène de subduction comme les volcans de la ceinture de feu du Pacifique.
Les stratovolcans sont rangés, en simplifiant beaucoup, dans cette catégorie.
Fréquence des éruptions
Article détaillé : Activité d'un volcan.
La « naissance » d'un volcan correspond à sa première éruption volcanique qui le fait
sortir de la lithosphère. La naissance d'un nouveau volcan est un phénomène qui se
produit plusieurs fois par siècle. Il a pu être observé en 1943 avec le Paricutín : une
fracture laissant s'échapper des gaz volcaniques et de la lave dans un champ a
donné naissance à un volcan de 460 mètres de haut en neuf mois. En 1963,
le volcan sous-marin de Surtsey émergea au sud de l'Islande formant ainsi une
nouvelle île et un nouveau volcan terrestre.
Il n'y a pas de consensus chez les volcanologues quant à la définition d'un volcan
actif, dormant ou éteint30, mais un volcan est le plus souvent qualifié d'éteint lorsque
sa dernière éruption remonte à plus de 10 000 ans, d'endormi lorsqu'il a connu sa
dernière éruption entre il y a 10 000 ans et quelques centaines d’années et
d'actif lorsque sa dernière éruption remonte à quelques décennies au maximum31.
Certains volcans, dits monogéniques, naissent lors d'une seule période éruptive qui
peut durer — avec ou sans des interruptions — de quelques jours à quelques
dizaines voire centaines d'années, après quoi ils s'éteignent. C'est par exemple le
cas de la plupart des volcans de la chaîne des Puys (Massif central, France), formés
entre 11500 et 5000 av. J.-C. mais par une seule éruption pour chaque édifice
volcanique. C'est aussi le cas du Paricutín (Michoacán, Mexique), que l'on a vu
naître en 1943 et dont l'éruption a perduré jusqu'en 1948, plus un second et dernier
dernier épisode éruptif de trois mois en 1952.
Origine du volcanisme
Répartition mondiale
du volcanisme correspondant aux frontières des plaques tectoniques
D'après le modèle de la tectonique des plaques, le volcanisme est intimement lié aux
mouvements des plaques tectoniques. En effet, c'est en général à la frontière entre
deux plaques que les conditions sont réunies pour la formation de volcans.
Volcanisme de divergence
Dans les rifts continentaux, il se produit le même processus, à ceci près que la lave
ne s'écoule pas sous l'eau et ne donne pas de laves en coussins. C'est le cas du
volcanisme de la dépression de l'Afar.
Volcanisme de subduction
Schéma du volcanisme au niveau d'une convergence
Au moment où la lave atteint l'air libre, selon sa fluidité ou sa viscosité, elle s'écoule
sur les flancs du volcan ou s'accumule au lieu d'émission, formant un bouchon de
lave qui peut donner des nuées ardentes et/ou des panaches volcaniques lorsque
celui-ci explose. Selon la puissance de l'éruption, la morphologie du terrain, la
proximité de la mer, etc. d'autres phénomènes peuvent accompagner l'éruption :
séismes, glissements de terrain, tsunamis, etc.
La présence d'eau sous forme solide — calotte glaciaire, glacier, neige — peut
provoquer des jökulhlaups — comme au Grímsvötn en 1996 —, lorsque le volume
d'eau de fonte fait céder le glacier et entraîne des tephras. De fortes précipitations
peuvent entraîner des coulées de boue ou lahars, pendant ou longtemps après une
éruption35.
L'éruption se termine lorsque la lave n'est plus émise. Les coulées de lave, cessant
d'être alimentées, s'immobilisent et commencent à se refroidir et les cendres,
refroidies dans l'atmosphère, retombent à la surface du sol. Mais les changements
dans la nature des terrains par le recouvrement des sols par la lave et les tephras
parfois sur des dizaines de mètres d'épaisseur peuvent créer des phénomènes
destructeurs et meurtriers. Ainsi les cendres tombées sur des cultures les détruisent
et stérilisent la terre pour quelques mois à quelques années, une coulée de lave
bloquant une vallée peut créer un lac qui noiera des régions habitées ou cultivées,
des pluies tombant sur les cendres peuvent les emporter dans les rivières et créer
des lahars, etc.
Une éruption volcanique peut durer de quelques heures à plusieurs années et éjecter
des volumes de magma de plusieurs centaines de kilomètres cubes. La durée
moyenne d'une éruption est d'un mois et demi mais de nombreuses ne durent qu'une
journée. Le Stromboli est en éruption de façon presque continue — avec de courtes
pauses — depuis environ 2 400 ans36.
Géomorphologie volcanique
D'autres reliefs résultent d'une érosion ou d'une évolution des produits des éruptions.
C'est le cas des dykes, necks, sills, roches intrusives, mesas et planèzes dégagés
par l'érosion, des caldeiras et cirques résultant de l'effondrement d'une partie du
volcan, des lacs de cratère ou formés en amont d'un barrage constitué des produits
de l'éruption, des atolls coralliens entourant les vestiges d'un volcan sous-marin
effondré, etc.
Phénomènes paravolcaniques
Article détaillé : Phénomène paravolcanique.
Au niveau des dorsales océaniques, l'eau de mer s'infiltre dans les anfractuosités
du plancher océanique, se réchauffe, se charge en minéraux et ressort au fond des
océans sous la forme de fumeurs noirs ou de fumeurs blancs.
Une des théories les plus acceptées pour l'apparition de l'homme serait l'ouverture
du rift africain : uniformément humide au niveau de l'équateur, le climat africain se
serait asséché à l'est du rift qui arrête les nuages venant de l'Ouest. Les hominidés,
s'adaptant à leur nouveau milieu formé d'une savane, auraient développé
la bipédie pour échapper à leurs prédateurs.
Parmi d'autres mythes et légendes, on peut signaler celui de Devils Tower qui se
serait dressé pour sauver sept jeunes filles amérindiennes d'ours qui auraient griffé
les parois rocheuses ou encore l'histoire de la déesse Pélé qui, chassée de Tahiti par
sa sœur Namakaokahai, trouva refuge dans le Kīlauea et depuis, de rage, déverse
des flots de lave d'un simple coup de talon.
Sommet du mont Mawenzi en Tanzanie, 1996.
Chez les Incas, les caprices du Misti lui ont valu d'avoir son cratère obstrué par un
bouchon de glace, punition infligée par le Soleil. Les Chagas de Tanzanie racontent
que le Kilimandjaro, excédé par son voisin le volcan Mawensi, le frappa à grand coup
de pilon, ce qui lui valut son sommet découpé. Pour les Amérindiens de l'Oregon,
le mont Mazama était la demeure du dieu maléfique du feu et le mont Shasta celle
du dieu bénéfique de la neige. Un jour les deux divinités sont entrées en conflit et le
dieu du feu fut vaincu et décapité, créant ainsi Crater Lake.
Les volcans furent le lieu de sacrifices humains : enfants jetés dans le cratère
du Bromo en Indonésie, chrétiens sacrifiés au mont
Unzen au Japon, vierges précipitées dans le lac de lave du Masaya au Nicaragua,
enfants jetés dans un lac de cratère pour calmer le volcan sous-lacustre
d'Ilopango au Salvador, etc.
Pour les Grecs et les Romains, les volcans sont le lieu de vie
d'Héphaïstos ou Vulcain. Les éruptions sont expliquées comme étant une
manifestation divine : colère des dieux, présages, activité des forges d'Héphaïstos
— que les Grecs situaient sous l'Etna — ou de celles de Vulcain — que les Romains
plaçaient sous Vulcano — , etc.. Les cyclopes grecs pourraient être une allégorie des
volcans avec leur cratère sommital tandis que le nom d'Héraclès dérive
de hiera ou etna, le mot grec servant à désigner les volcans. Aucune explication
scientifique ou ne faisant pas intervenir les dieux n'était retenue.
Parmi les mythes grecs mettant en scène des volcans, le plus célèbre est celui narré
par Platon dans le Timée et le Critias. Ces récits relatent la disparition de l'Atlantide,
engloutie par les flots dans un gigantesque tremblement de terre suivi d'un tsunami.
Ce mythe pourrait avoir pour origine l'éruption du Santorin vers 1600 av. J.-C. qui
détruisit presque entièrement l'île, et qui serait en partie responsable de la chute de
la civilisation minoenne. Cependant, aucune observation de l'éruption du Santorin ne
fut consignée et ce n'est qu'au début du XXe siècle que l'on se rendit compte de la
puissance de l'éruption43.
Le poète romain Virgile, s'inspirant des mythes grecs, rapporta que lors de
la gigantomachie, Encelade, en fuite, fut enseveli sous l'Etna par Athéna en guise de
punition pour sa désobéissance aux dieux. Les grondements de l'Etna constituent
ainsi les pleurs d'Encelade, les flammes sa respiration et le trémor ses tentatives de
se libérer. Mimas, un autre géant, fut quant à lui englouti sous
le Vésuve par Héphaïstos et le sang des autres géants vaincus jaillit des Champs
Phlégréens à proximité.
Randonneurs au sommet du mont Fuji en août 2005.
Dans le christianisme populaire, malgré quelques tentatives d'explications pré-
scientifiques, les volcans étaient souvent considérés comme l'œuvre de Satan et les
éruptions comme des signes de la colère de Dieu. Un certain nombre
de miracles attribués à certains saints sont associés dans la tradition catholique à
des éruptions : ainsi en 253, la ville de Catane fut épargnée lorsque les flots
de lave de l'Etna se scindèrent en deux devant la procession transportant
les reliques de sainte Agathe. Mais en 1669, la procession avec les mêmes reliques
ne put éviter la destruction de la grande majorité de la ville.
Aujourd'hui encore, des processions religieuses sont associées aux volcans et à leur
activité. À Hawaï, les habitants vénèrent encore Pélé et le mont Fuji est la montagne
sacrée du shintoïsme de même que le Bromo pour les hindouistes indonésiens.
Prévision éruptive
Article détaillé : Prévision volcanologique.
Un des objectifs de la volcanologie est de comprendre l'origine et le fonctionnement
des volcans et des phénomènes assimilés afin d'établir un diagnostic sur les risques
et les dangers encourus par les populations et les activités humaines. Les prévisions
volcanologiques nécessitent la mise en œuvre d'instruments (la naissance de la
volcanologie instrumentale date de 1980 lors de l'éruption du mont Saint Helens ; le
volcan fut entièrement instrumenté à cette époque44) et le savoir de plusieurs
disciplines scientifiques. Les connaissances actuelles ne permettent aujourd'hui que
de prédire le type des éruptions, sans savoir en revanche, à plus de que quelques
heures à l'avance, quand elles auront lieu, combien de temps elles dureront et
surtout leurs importances (volume de lave, intensité des dégagements, etc).
Nuées ardentes
Nés de l'effondrement d'un dôme ou d'une aiguille de lave, ces nuages composés
de gaz volcaniques et de téphras glissent sur le sol, franchissent des crêtes et
consument tout sur leur passage. Les empilements des matériaux transportés par les
nuées ardentes peuvent s'accumuler sur des dizaines de mètres d'épaisseur et sont
à l'origine des étendues d'ignimbrites.
Les plus meurtrières sont celles du Krakatoa en 1883 qui ont fait 36 000 morts.
En 1902, une coulée pyroclastique née de la montagne Pelée en Martinique a rasé la
ville de Saint-Pierre et tué ses 29 000 habitants. Plus récemment, le réveil de
la Soufrière de Montserrat a provoqué la destruction de Plymouth, la capitale de l'île,
et rendu inhabitable la grande majorité de l'île à cause des passages répétés de
nuées ardentes.
Cendres volcaniques
Séismes
Les séismes peuvent être provoqués à la suite de la vidange de la chambre
magmatique lorsque le volcan s'effondre sur lui-même et forme une caldeira. Les
multiples glissements des parois du volcan génèrent alors des séismes qui
provoquent l'effondrement des bâtiments parfois fragilisés par des chutes de cendre
volcanique.
Tsunamis
Les tsunamis peuvent être générés de multiples manières lors d'une éruption
volcanique comme avec l'explosion d'un volcan sous-marin ou à fleur d'eau, la chute
de parois ou de nuées ardentes dans la mer, l'effondrement du volcan sur lui-même
mettant en contact direct l'eau avec le magma de la chambre magmatique, des
mouvements de terrain liés à la vidange de la chambre magmatique, etc. En 1883,
l'explosion du Krakatoa généra un tsunami qui, associé aux nuées ardentes, fit
36 000 victimes, en 1792 celle du mont Unzen en fit 15 000.
Glissements de terrain
À la manière des nuées ardentes, les glissements de terrain peuvent provoquer des
avalanches meurtrières. Dans de rares cas, c'est une grande partie ou la majorité du
volcan qui se désagrège sous la pression de la lave. En 1980, le mont Saint
Helens a surpris les volcanologues du monde entier lorsque la moitié du volcan s'est
disloquée. Certains scientifiques, se croyant à l'abri sur des collines environnantes,
se sont fait piéger et ont péri dans la gigantesque nuée ardente qui a suivi.
Gaz volcaniques
Les gaz volcaniques sont le danger le plus sournois des volcans. Ils sont parfois
émis sans aucun autre signe d'activité volcanique lors d'une éruption limnique.
En 1986, au Cameroun, une nappe de dioxyde de carbone est sortie du lac Nyos.
Étant plus lourd que l'air, ce gaz a dévalé les pentes du volcan et a tué 1 800
villageois et plusieurs milliers de têtes de bétail dans leur sommeil par asphyxie.
Lahars
Jökulhlaup
Le jökulhlaup est un type de crue particulièrement puissant et brutal. Il se forme
lorsqu'une éruption volcanique survient sous un glacier ou une calotte glaciaire et
que la chaleur du magma ou de la lave parvient à faire fondre de grandes quantités
de glace. Si l'eau de fonte ne peut s'évacuer, elle forme un lac qui peut se vider
lorsque la barrière qui le retient formée par une paroi rocheuse ou un glacier se
rompt. Un flot mêlant lave, téphras, boue, glace et blocs rocheux s'échappe alors du
glacier, emportant tout sur son passage. Les jökulhlaup les plus fréquents se
déroulent en Islande, autour du Vatnajökull.
Acidification des lacs
L'acidification des lacs est une autre conséquence possible de la présence d'un
volcan. L'acidification a pour effet d'éliminer toute forme de vie des eaux et de leurs
abords et peut même constituer un danger pour les populations riveraines. Ce
phénomène survient lorsque des émanations de gaz volcaniques débouchent au
fond d'un lac, celui-ci va alors les piéger par dissolution ce qui acidifie les eaux.
Hivers volcaniques
Les cendres, gaz volcaniques et gouttelettes d'acide sulfurique et d'acide
fluorhydrique expulsées dans l'atmosphère par des panaches volcaniques peuvent
provoquer des pluies acides et des « hivers volcaniques » qui abaissent les
températures et peuvent provoquer des famines, des hivers rigoureux ou des étés
froids à l'échelle mondiale comme ce fut le cas pour les éruptions du Samalas en
1257, du Tambora en 1815 et du Krakatoa en 1883.
Des recherches récentes montrent que les éruptions volcaniques ont un impact
significatif sur le climat mondial et doivent être considérées comme des phénomènes
catalytiques essentiels pour expliquer les changements écologiques et les
bouleversements historiques47.
Volcanologie
Articles détaillés : Volcanologie et Histoire de la volcanologie.
La volcanologie ou (beaucoup plus rarement) vulcanologie est la science qui étudie
les phénomènes volcaniques, leurs produits et leurs mises en place :
volcans, geysers, fumerolles, éruptions volcaniques, magmas, laves, tephras, etc. Un
volcanologue ou vulcanologue est le scientifique spécialiste de cette discipline liée à
la géophysique, à la sismologie et à la géologie dont elle est une spécialité.
Seule la prévention permet de limiter ou d'éviter les effets d'une éruption volcanique.
Cette prévention passe par une observation du volcan et des signes avant-coureurs
d'une éruption : émissions de gaz volcaniques, gonflement et dégonflement du
volcan, séismes mineurs, anomalies thermiques, etc. L'évacuation de manière
temporaire et dans l'urgence des zones en danger est le moyen de prévention le plus
employé. Néanmoins, il existe des moyens de prévention à long terme comme
l'évacuation totale des zones les plus exposées aux risques volcaniques,
l'élaboration de plans de prévention, d'évacuation, de secours et de sensibilisation
des populations, etc.
Volcans sous-marins
Article détaillé : Volcan sous-marin.
Fumeurs noirs au niveau de la dorsale médio-
Atlantique.
Les volcans sous-marins sont les plus nombreux sur Terre. On estime que 75 % des
volcans et des matériaux ignés émis par les volcans le sont au niveau des dorsales
océaniques49. Les volcans faille se trouvent en grande majorité le long des dorsales
océaniques où ils émettent des laves fluides. Ces laves, soumises aux eaux froides
comprises entre un et deux degré Celsius et à la forte pression, prennent la forme de
boules : ce sont les « pillow lavas ».
Les autres volcans situés le long des fosses de subduction et ceux formés par
un point chaud donnent naissance à une montagne sous-marine à sommet plat et à
pente très raide : un guyot. Lorsqu'un volcan sous-marin parvient à atteindre la
surface, il émerge dans une éruption de type surtseyenne. Deux volcans sous-
marins sont célèbres et surveillés : le Kamaʻehuakanaloa qui sera le prochain volcan
d'Hawaï à émerger de l'océan Pacifique et le Kick-'em-Jenny au nord de l'île de la
Grenade dans les Antilles et qui est très proche de la surface et a une activité
explosive.
Le massif Tamu est un volcan bouclier sous-marin considéré comme le plus vaste
volcan de la Terre et l'un des plus grands du système solaire50.
Volcans extra-terrestres
Image satellite de l'Olympus Mons sur Mars prise par
la sonde Viking 1 en 1978.
La Terre n'est pas la seule planète du Système solaire à connaître une activité
volcanique.
Records
Plus hauts volcans :
hauteur totale : Mauna Kea, à Hawaï, avec 10 230 mètres au-dessus du
plancher océanique, pour une altitude de 4 207,5 mètres51 ;
altitude : Nevado Ojos del Salado, au Chili, avec 6 887 mètres d'altitude52.
Plus grand volcan d'Europe : le Cantal avec 2 700 km2 et 70 km de diamètre53.
Plus grande éruption (en volume de matériaux éjectés) : Toba il y a 73 000 ans
avec 2 800 km3
Plus petite éruption (en volume de matériaux éjectés) :
forage géothermique à Hverarönd en Islande en 1977 avec 1,2 m3 de basalte54,55.
Volcan le plus actif : le Kīlauea et le piton de la Fournaise se disputent le record
avec une éruption tous les un an à un an et demi.
Plus jeune volcan : Ardoukôba avec une première éruption en novembre
1978 tandis que le Paricutín a connu sa première éruption en 1943.
Plus grande caldeira ou plus grand cratère volcanique terrestre : Toba formé il y
a 73 000 ans avec cent kilomètres de longueur sur trente kilomètres de largeur.
Plus grand nombre de victimes : Tambora sur l'île de Sumbawa en Indonésie en
1816 avec 88 000 morts liés directement à l'éruption et 200 000 morts
supplémentaires par famine.
Éruption volcanique la plus bruyante : Krakatoa en Indonésie le 27 août 1883 où
l'explosion fut entendue jusqu'à Rodrigues à 500 kilomètres à l'est de l'île
Maurice, soit à 4 811 kilomètres de distance de l'éruption55.
Plus grand panache volcanique : Hunga Tonga en 2022 aux Tonga avec une
hauteur de 57 kilomètres56.
Plus longue coulée de lave : à Undara en Australie avec 160 kilomètres de
longueur55.
Notes et références
Notes
a. ↑ Ces volcans ne se caractérisent pas nécessairement par une grande hauteur actuelle mais
plutôt par un grand enracinement en profondeur, car certains édifices volcaniques sont
détruits par une éruption explosive particulièrement violente, qui ne laisse en surface que de
vastes épanchements comme les tufs de Campanie (région de Naples, Italie) ou le Bishop
Tuff (Californie, États-Unis) et une vaste caldeira comme celles des champs
Phlégréens (golfe de Pouzzoles, Italie), de Yellowstone (nord-ouest des États-Unis) ou du lac
Toba (Sumatra, Indonésie).
Références
1. ↑ Volcans ayant eu au moins une éruption durant les derniers 10 000 ans. La Smithsonian
Institution recense 72 volcans qui sont entrés en éruption en 2018, et 43 toujours en éruption,
cf. (en) How many active volcanoes are there ? [archive]
2. ↑ [1] [archive]
3. ↑ Agust Gudmundsson et Sonja Philipp, « L'éruption volcanique, phénomène rare », Pour la
science, no 360, 1er octobre 2007, p. 82 (lire en ligne [archive])
4. ↑ (en) Borgia et al., What is a volcano ? [archive]
5. ↑ Entrée « volcán [archive] » du Dictionnaire bilingue espagnol – français [en ligne], sur le site
des éditions Larousse [consulté le 30 septembre 2017].
6. ↑ Informations lexicographiques [archive] et étymologiques [archive] de « volcan » (sens A) dans
le Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources
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