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Comprendre les volcans et leur éruption

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Comprendre les volcans et leur éruption

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Début


Étymologie


Caractéristiques
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Classifications des volcans
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Fréquence des éruptions


Origine du volcanisme
Afficher / masquer la sous-section Origine du volcanisme

Déroulement classique d'une éruption


Classification des éruptions

Géomorphologie volcanique


Phénomènes paravolcaniques


Conséquence du volcanisme sur l'histoire de la Terre


Incidence du volcanisme sur les activités humaines
Afficher / masquer la sous-section Incidence du volcanisme sur les activités
humaines

Volcanologie


Volcans sous-marins


Volcans extra-terrestres


Volcans dans les médias


Records


Notes et références
Afficher / masquer la sous-section Notes et références

Annexes
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Volcan
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Ne doit pas être confondu avec Volcan de boue.


Les cratères de la caldeira Tengger et au loin

le Semeru à Java, en Indonésie. Le Pico do

Fogo au Cap-Vert. Volcans sur Oahu, à Hawaï.

Le Vésuve en Italie. Le

Crater Lake aux États-Unis. Photographie satellite


du Sarytchev, sur l'île Matoua en Russie, en éruption le 12 juin 2009.
Un volcan est une structure géologique qui résulte de la montée d'un magma puis
de l'éruption de matériaux (gaz et lave) issus de ce magma, à la surface de la croûte
terrestre ou d'un autre astre. Il peut être aérien ou sous-marin.

La Smithsonian Institution recense 1 432 volcans actifs dans le monde1, dont une
soixantaine en éruption chaque année2. Mais cela ne tient pas compte de la plupart
des volcans sous-marins qui ne sont pas accessibles à l'observation, qui sont plus
nombreux. Un grand nombre a été mis en évidence ailleurs dans le système solaire.

Entre 500 et 600 millions de personnes vivent sous la menace d'une éruption.
Environ 10 % des humains sont menacés par les activités volcaniques3. Pour
prévenir ce risque naturel, il faut comprendre la formation des volcans et le
mécanisme des éruptions. C'est le sujet de la volcanologie, également appelée
« vulcanologie ».

Le magma provient de la fusion partielle du manteau et exceptionnellement de la


croûte terrestre. L'éruption peut se manifester, de manière plus ou moins combinée,
par des émissions de lave, par des émanations ou des explosions de gaz, par des
projections de téphras, par des phénomènes hydromagmatiques, etc. Les laves
refroidies et les retombées de téphras constituent des roches éruptives qui peuvent
s'accumuler et atteindre des milliers de mètres d'épaisseur, formant ainsi
des montagnes ou des îles. Selon la nature des matériaux, le type d'éruption, la
fréquence d'éruption et l'orogenèse, les volcans prennent des formes variées, la plus
typique étant celle d'une montagne conique couronnée par un cratère ou
une caldeira. La définition de ce qu'est un volcan a évolué au cours des derniers
siècles en fonction de la connaissance que les géologues en avaient et de la
représentation qu'ils pouvaient en donner4.

Les volcans sont souvent des édifices complexes qui ont été construits par une
succession d'éruptions et qui, dans la même période, ont été partiellement démolis
par des phénomènes d'explosion, d'érosion ou d'effondrement. Il est ainsi fréquent
d'observer diverses structures superposées ou emboîtées.

Au cours de l'histoire d'un volcan, les types d'éruptions peuvent varier, entre deux
types opposés :

 les éruptions effusives, avec des coulées de laves fluides, qui sont en général les
moins dangereuses ;
 les éruptions explosives, plus meurtrières.
Les bases de données scientifiques classifient le plus souvent les volcans par leur
morphologie et/ou leur structure. La classification par type d'éruption reste difficile
même si elle peut apparaître chez quelques auteurs français.

Étymologie
Le substantif masculin « volcan » est un emprunt à l'espagnol volcán, substantif
masculin de même sens5, issu, par l'intermédiaire de l'arabe burkān,
du latin Vulcanus, nom de Vulcain, le dieu romain du feu, et de Vulcano, une des îles
Éoliennes, archipel volcanique au large de la Sicile6.

Caractéristiques
Structures et reliefs
Schéma structural d'un volcan type.
Un volcan est formé de différentes structures que l'on retrouve en général chez
chacun d'eux :

 une chambre magmatique alimentée par du magma venant du manteau et jouant


le rôle de réservoir et de lieu de différenciation du magma. Lorsque celle-ci se
vide à la suite d'une éruption, le volcan peut s'affaisser et donner naissance à
une caldeira. Les chambres magmatiques se trouvent entre dix et cinquante
kilomètres de profondeur dans la lithosphère7[source insuffisante] ;
 une cheminée volcanique qui est le lieu de transit privilégié du magma de la
chambre magmatique vers la surface ;
 un cratère ou une caldeira sommitale où débouche la cheminée volcanique ;
 une ou plusieurs cheminées volcaniques secondaires partant de la chambre
magmatique ou de la cheminée volcanique principale et débouchant en général
sur les flancs du volcan, parfois à sa base ; elles peuvent donner naissance à de
petits cônes volcaniques secondaires ;
 des fissures latérales qui sont des fractures longitudinales dans le flanc du
volcan provoquées par son gonflement ou son dégonflement[réf. nécessaire] ; elles
peuvent permettre l'émission de lave sous la forme d'une éruption fissurale.
Matériaux émis
Tous les volcans en activité émettent des gaz, mais pas toujours des matériaux
solides (laves, tephra). C'est le cas du Dallol qui n'émet que des gaz chauds.

Gaz volcaniques
Article détaillé : Gaz volcaniques.

Des fumerolles dont le nuage trahit la présence d'eau


et les cristaux la présence de soufre dans les gaz volcaniques.
Les gaz volcaniques sont principalement composés de8 :

 vapeur d'eau à teneur de 50 à 90 % ;


 dioxyde de carbone à teneur de 5 à 25 % ;
 dioxyde de soufre à teneur de 3 à 25 %.
Puis viennent d'autres éléments volatils comme le monoxyde de carbone, le chlorure
d'hydrogène, le dihydrogène, le sulfure d'hydrogène, etc. Le dégazage du magma en
profondeur peut se traduire à la surface par la présence de fumerolles autour
desquelles des cristaux, le plus souvent de soufre, peuvent se former.

Ces émissions proviennent d'un magma qui contient ces gaz dissous. Le dégazage
des magmas qui progresse sous la surface du sol est un phénomène déterminant
dans le déclenchement d'une éruption et dans le type éruptif. Le dégazage fait
monter le magma le long de la cheminée volcanique, ce qui peut donner le caractère
explosif et violent d'une éruption en présence d'un magma visqueux.

Tephras et laves
Articles détaillés : Tephra, Lave et Roche volcanique.

Lave ʻaʻā émise par le Kīlauea à Hawaï aux États-


Unis.
Selon que le magma provient de la fusion du manteau ou d'une partie de
la lithosphère, il n'aura ni la même composition minérale, ni la même teneur en eau
ou en gaz volcaniques, ni la même température. De plus, selon le type de terrain qu'il
traverse pour remonter à la surface et la durée de son séjour dans la chambre
magmatique, il va soit se charger, soit se décharger en minéraux, en eau et/ou en
gaz et va plus ou moins se refroidir. Pour toutes ces raisons, les tephras et
les laves ne sont jamais exactement les mêmes d'un volcan à un autre, ni même
parfois d'une éruption à une autre sur le même volcan, ni au cours d'une éruption,
qui voit généralement la lave la plus transformée et donc la plus légère émise au
début.

Les matériaux émis par les volcans sont généralement des roches composées
de microlites noyés dans un verre volcanique. Dans le basalte, les minéraux les plus
abondants sont la silice, les pyroxènes et les feldspaths alors que l'andésite est plus
riche en silice et en feldspaths. La structure de la roche varie également : si
les cristaux sont fréquemment petits et peu nombreux dans les basaltes, ils sont en
revanche généralement plus grands et plus nombreux dans les andésites, signe que
le magma est resté plus longtemps dans la chambre magmatique9. 95 % des
matériaux émis par les volcans sont des basaltes ou des andésites.

Le matériau le plus connu émis par les volcans est la lave sous forme de coulées. De
type basaltique provenant de la fusion du manteau dans le cas
d'un volcanisme de point chaud, de dorsale ou de rift10 ou andésitique provenant de
la fusion de la lithosphère dans le cas d'un volcanisme de subduction11, plus rarement
de type carbonatique12, elles sont formées de laves fluides qui s'écoulent le long des
flancs du volcan. La température de la lave est comprise entre 700 et 1 200 °C13 et
les coulées peuvent atteindre des dizaines de kilomètres de longueur, une vitesse de
cinquante kilomètres par heure et progresser dans des tunnels de lave. Elles
peuvent avoir un aspect lisse et satiné, appelée alors « lave pāhoehoe » ou « lave
cordée », ou un aspect rugueux et coupant, appelée alors « lave ʻaʻā ». Les coulées
de ces laves, faisant parfois plusieurs mètres d'épaisseur, peuvent mettre des
dizaines d'années à se refroidir totalement14. Dans certains cas exceptionnels, de la
lave en fusion peut remplir le cratère principal ou un cratère secondaire et former
un lac de lave. La survie des lacs de lave résulte d'un équilibre entre apport de lave
venant de la chambre magmatique et débordement à l'extérieur du cratère associé à
un brassage permanent par des remontées de gaz volcaniques afin de limiter le
durcissement de la lave. Ces lacs de lave ne naissent que lors d'éruptions
hawaïennes, la grande fluidité de la lave permettant la formation et le maintien de
ces phénomènes. Le Kīlauea à Hawaï et le piton de la Fournaise à La Réunion sont
deux volcans qui possèdent des lacs de lave lors de certaines de leurs éruptions.
L'Erta Ale en Éthiopie et le mont Erebus en Antarctique sont parmi les seuls volcans
au monde à posséder un lac de lave de manière quasi permanente. Lors de
certaines éruptions de l'Erta Ale, son lac de lave se vide ou au contraire son niveau
remonte jusqu'à déborder et former des coulées sur les pentes du volcan15.

Bombe volcanique sur un lit


de tephras (cendres et scories) sur les pentes du Capelinhos aux Açores, Portugal.
Le plus souvent, les matériaux volcaniques sont composés de tephras ; ce sont
les cendres volcaniques, les lapilli, les scories, les pierres ponces, les bombes
volcaniques, les blocs rocheux ou basaltiques, les obsidiennes, etc. Il s'agit de
magma et de morceaux de roche arrachés du volcan qui sont pulvérisés et projetés
parfois jusqu'à des dizaines de kilomètres de hauteur dans l'atmosphère. Les plus
petits étant les cendres, il leur arrive de faire le tour de la Terre, portées par les vents
dominants. Les bombes volcaniques, les éjectas les plus gros, peuvent avoir la taille
d'une maison et retombent en général à proximité du volcan. Lorsque les bombes
volcaniques sont éjectées alors qu'elles sont encore en fusion, elles peuvent prendre
une forme en fuseau lors de leur trajet dans l'atmosphère, en bouse de vache lors de
leur impact au sol ou en croûte de pain en présence d'eau16. Les lapilli, qui
ressemblent à de petits cailloux, peuvent s'accumuler en épaisses couches et former
ainsi la pouzzolane. Les pierres ponces, véritable mousse de lave, sont si légères et
contiennent tellement d'air qu'elles peuvent flotter sur l'eau. Enfin, quand de fines
gouttes de lave sont éjectées et portées par les vents, elles peuvent s'étirer en de
longs filaments appelés « cheveux de Pélé ».

Origine des matériaux émis


Article détaillé : Magma.
Le magma est de la roche fondue située dans le sous-sol et contenant des gaz
dissous qui seront libérés lors de la progression du liquide et à cause de la baisse de
pression qui en découle. Lorsque le magma arrive en surface et perd ses gaz, on
parle de lave.

Le magma a une consistance fluide à visqueuse. Il s'est formé à partir de


la fusion partielle du manteau ou plus rarement de la croûte terrestre. L'origine peut
être :

 une décompression comme dans une dorsale ;


 un apport d'eau comme dans une zone de subduction ;
 une augmentation de température dans le cas d'un enfouissement de roches
conséquent à des mouvements tectoniques.
Généralement, ce magma remonte vers la surface en raison de sa densité plus faible
et se stocke dans la lithosphère en formant une chambre magmatique. Dans cette
chambre, il peut subir une cristallisation totale ou partielle et/ou un dégazage qui
commence à le transformer en lave. Si la pression et la cohésion des terrains qui le
recouvrent deviennent insuffisantes pour le contenir, il remonte le long
d'une cheminée volcanique (où la baisse de pression due à la remontée produit un
dégazage qui diminue encore la densité de l'émulsion résultante) pour être émis
sous forme de lave, c'est-à-dire totalement ou partiellement dégazé17.

La présence d'eau dans le magma modifie significativement, voire complètement, le


dynamisme volcanique et les propriétés rhéologiques des magmas. Elle abaisse
notamment le seuil de mélange de près de 200 °C entre des magmas saturés en eau
et son exsolution (formation de bulles lorsqu'il remonte vers la surface) entraîne une
réduction significative des viscosités. Les magmas terrestres peuvent contenir
jusqu'à 10 % de leur poids en eau (principalement dans leurs minéraux sous
forme hydroxylée supercritique, du type amphibole) et il y a, selon les modèles,
l'équivalent d'un à sept océans terrestres dans le manteau, si bien que
les volcanologues parlent de plus en plus d'hydrovolcanisme et
d'hydrovolcanologie18.

Classifications des volcans


Il existe plusieurs manières de classer les volcans, mais leur diversité est tellement
grande qu'il y a toujours des exceptions ou des intermédiaires entre plusieurs
catégories19. Les classifications les plus courantes distinguent des types de volcans
suivant la morphologie20, la structure8 et parfois le type d'éruption :

Selon la morphologie et la structure

 volcan bouclier lorsque son diamètre est très supérieur à sa hauteur en raison de
la fluidité des laves qui peuvent parcourir des kilomètres avant de s'arrêter ;
le Mauna Kea, l'Erta Ale ou le piton de la Fournaise en sont des exemples21 ;
 stratovolcan lorsque son diamètre est plus équilibré par rapport à sa hauteur en
raison de la plus grande viscosité des laves ; il s'agit des volcans aux éruptions
explosives comme le Vésuve, le mont Fuji, le Merapi ou le mont Saint Helens22 ;
 volcan fissural formé par une ouverture linéaire dans la croûte terrestre ou
océanique par laquelle s'échappe de la lave fluide ; les volcans des dorsales se
présentent sous forme de fissure comme les Lakagígar ou le Krafla23 ;
 dôme volcanique (puy de Dôme)8, grand dôme volcanique formé par
l'accumulation et le refroidissement d'une lave visqueuse ;
 caldeira20, vaste dépression due à l'effondrement des roches au-dessus d'une
chambre magmatique : champs Phlégréens, le Santorin8, caldeira de
Yellowstone ;
 cône de scories24, accumulation de matière éjectée autour d'un cratère : puy
Pariou ;
 cratère d'explosion, dépression due à une ou plusieurs explosions. Il n'y a pas de
cône : Dallol25. Lorsque la dépression est remplie par un lac, on appelle cela
un maar : Gour de Tazenat.
Comme toute classification de phénomènes naturels, beaucoup de cas sont
intermédiaires entre les types purs : l'Etna ressemble à un stratovolcan posé sur un
volcan bouclier, Hekla est à la fois un stratovolcan et un volcan fissural.
Dans Volcanoes of the World, Tom Simkin and Lee Siebert listent 26 types
morphologiques19.

Si on considère des zones plus larges comportant souvent plusieurs volcans, on peut
distinguer :

 les complexes de caldeira rhyolitiques, comme la caldeira de Yellowstone, qui


n'ont pas d'édifice volcanique ;
 les champs monogéniques volcaniques, qui présentent de multiples édifices
comme des cônes de scories édifiés chacun en une seule fois ;
 les trapps, grands plateaux formés par l'accumulation de lave sur de très grandes
surfaces ;
 les dorsales médio-océaniques.
Selon le type d'éruption
Cette classification simpliste, absente de la littérature scientifique, est notamment
utilisée en vulgarisation, dans les médias grand public, et pour une première
approche pédagogique scolaire. Selon l'université de l'Oregon, il faudrait au moins
six catégories pour englober plus de 90 % des volcans26. Dans ce type de
classement, on retient en général pour un volcan le type d'éruption le plus récent ou
le plus fréquent, faisant abstraction de la longue et complexe histoire éruptive du
volcan.

Article détaillé : Éruption volcanique#Types d'éruptions volcaniques.


Ce mode de classification, largement contesté27,28,29, répartit le plus souvent les
volcans en deux catégories :

 les volcans effusifs, ou « volcans rouges », aux éruptions relativement calmes qui
émettent des laves fluides sous la forme de coulées. Ce sont les volcans de
« point chaud », et les volcans d'« accrétion » principalement représentés par
les volcans sous-marins des dorsales océaniques. Les volcans boucliers sont
rangés dans cette catégorie ;
 les volcans explosifs, ou « volcans gris », aux éruptions explosives qui émettent
des laves pâteuses et des cendres sous la forme de nuées ardentes ou coulées
pyroclastiques et de panaches volcaniques. Ils sont principalement associés au
phénomène de subduction comme les volcans de la ceinture de feu du Pacifique.
Les stratovolcans sont rangés, en simplifiant beaucoup, dans cette catégorie.
Fréquence des éruptions
Article détaillé : Activité d'un volcan.
La « naissance » d'un volcan correspond à sa première éruption volcanique qui le fait
sortir de la lithosphère. La naissance d'un nouveau volcan est un phénomène qui se
produit plusieurs fois par siècle. Il a pu être observé en 1943 avec le Paricutín : une
fracture laissant s'échapper des gaz volcaniques et de la lave dans un champ a
donné naissance à un volcan de 460 mètres de haut en neuf mois. En 1963,
le volcan sous-marin de Surtsey émergea au sud de l'Islande formant ainsi une
nouvelle île et un nouveau volcan terrestre.

Il n'y a pas de consensus chez les volcanologues quant à la définition d'un volcan
actif, dormant ou éteint30, mais un volcan est le plus souvent qualifié d'éteint lorsque
sa dernière éruption remonte à plus de 10 000 ans, d'endormi lorsqu'il a connu sa
dernière éruption entre il y a 10 000 ans et quelques centaines d’années et
d'actif lorsque sa dernière éruption remonte à quelques décennies au maximum31.

Certains volcans, dits monogéniques, naissent lors d'une seule période éruptive qui
peut durer — avec ou sans des interruptions — de quelques jours à quelques
dizaines voire centaines d'années, après quoi ils s'éteignent. C'est par exemple le
cas de la plupart des volcans de la chaîne des Puys (Massif central, France), formés
entre 11500 et 5000 av. J.-C. mais par une seule éruption pour chaque édifice
volcanique. C'est aussi le cas du Paricutín (Michoacán, Mexique), que l'on a vu
naître en 1943 et dont l'éruption a perduré jusqu'en 1948, plus un second et dernier
dernier épisode éruptif de trois mois en 1952.

Les volcans les plus imposantsa connaissent de nombreuses éruptions ou périodes


éruptives au cours d'une vie de plusieurs centaines à millions d'années, séparées par
des périodes de dormance. La durée séparant deux épisodes éruptifs est variable
mais souvent d'un même ordre de grandeur, très différent d'un volcan à l'autre :
certains ne connaissent qu'une éruption en plusieurs centaines de milliers d'années
comme le supervolcan de Yellowstone (nord-ouest des États-Unis), tandis que
d'autres sont en éruption quasi permanente comme le Stromboli (îles
Éoliennes, Italie) depuis le Moyen Âge voire l'Antiquité, ou
le Merapi (Java, Indonésie) depuis le IIe siècle.

La fréquence des éruptions permet d'évaluer l'aléa, c'est-à-dire la probabilité qu'une


zone puisse subir les effets d'une éruption. Cet aléa, combiné avec le type de
manifestation volcanique et la présence de populations et sa vulnérabilité, permet
d'évaluer le risque volcanique.

Origine du volcanisme
Répartition mondiale
du volcanisme correspondant aux frontières des plaques tectoniques
D'après le modèle de la tectonique des plaques, le volcanisme est intimement lié aux
mouvements des plaques tectoniques. En effet, c'est en général à la frontière entre
deux plaques que les conditions sont réunies pour la formation de volcans.

Volcanisme de divergence

Schéma général des différents types de volcanisme


associés aux mouvements des plaques tectoniques.
Dans le rift des dorsales, l'écartement de deux plaques tectoniques amincit
la lithosphère, entraînant une remontée de roches du manteau. Celles-ci, déjà très
chaudes à environ 1 200 °C, se mettent à fondre partiellement en raison de
la décompression. Cela donne du magma qui s'infiltre par des failles normales. Entre
les deux bords du rift, des traces d'activités volcaniques telle que des pillow lava ou
« laves en coussin » se forment par une émission de lave fluide dans une eau froide.
Ces roches volcaniques constituent ainsi une partie de la croûte océanique.

Dans les rifts continentaux, il se produit le même processus, à ceci près que la lave
ne s'écoule pas sous l'eau et ne donne pas de laves en coussins. C'est le cas du
volcanisme de la dépression de l'Afar.

Volcanisme de subduction
Schéma du volcanisme au niveau d'une convergence

océan-continent. Schéma du volcanisme au niveau


d'une convergence océan-océan.
Lorsque deux plaques tectoniques se chevauchent, la lithosphère océanique,
glissant sous l'autre lithosphère océanique ou continentale, plonge dans
le manteau et subit des transformations minéralogiques. L'eau contenue dans la
lithosphère plongeante s'en échappe alors et vient hydrater le manteau, provoquant
sa fusion partielle en abaissant son point de fusion. Ce magma remonte et traverse
la lithosphère chevauchante, créant des volcans. Si la lithosphère chevauchante est
océanique, un arc volcanique insulaire se formera, les volcans donnant naissance à
des îles. C'est le cas des Aléoutiennes, du Japon ou des Antilles. Si la lithosphère
chevauchante est continentale, les volcans se situeront sur le continent, en général
dans une cordillère. C'est le cas des volcans de la cordillère des Andes ou de
la chaîne des Cascades. Ces volcans sont en général des volcans gris, explosifs et
dangereux. Cela est dû à leur lave visqueuse car riche en silice, qui a du mal à
s'écouler ; de plus, les magmas qui remontent sont riches en gaz dissous (eau et
dioxyde de carbone), dont la libération soudaine peuvent former des nuées ardentes.
La ceinture de feu du Pacifique est formée en quasi-majorité de ce type de volcan.

Volcanisme intra-plaque et de point chaud


Il arrive parfois que des volcans naissent loin de toute limite de plaque
lithosphérique (il pourrait y avoir plus de 100 000 montagnes sous-marines de plus
de 1 000 mètres32). Ils sont en général interprétés comme des volcans de point
chaud. Les points chauds sont des panaches de magma venant des profondeurs
du manteau et perçant les plaques lithosphériques. Les points chauds étant fixes,
alors que la plaque lithosphérique se déplace sur le manteau, des volcans se créent
successivement et s'alignent alors, le plus récent étant le plus actif car à l'aplomb du
point chaud. Lorsque le point chaud débouche sous un océan, il va donner
naissance à un chapelet d'îles alignées comme c'est le cas pour l'archipel
d'Hawaï ou des Mascareignes. Si le point chaud débouche sous un continent, il va
alors donner naissance à une série de volcans alignés. C'est le cas du mont
Cameroun et de ses voisins. Cas exceptionnel, il arrive qu'un point chaud débouche
sous une limite de plaque lithosphérique. Dans le cas de l'Islande, l'effet d'un point
chaud se combine à celui de la dorsale médio-atlantique, donnant ainsi naissance à
un immense empilement de lave permettant l'émersion de la dorsale. Les Açores ou
les îles Galápagos sont d'autres exemples de points chauds débouchant sous une
limite de plaque lithosphérique, en l'occurrence des dorsales33.
Néanmoins, de nombreux volcans intra-plaque ne se présentent pas sur des
alignements permettant d'identifier des points chauds profonds et permanents34.

Déroulement classique d'une éruption


Article détaillé : Éruption volcanique.
Une éruption volcanique survient lorsque la chambre magmatique sous le volcan est
mise sous pression avec l'arrivée de magma venant du manteau. Elle peut alors
éjecter plus ou moins de gaz volcaniques qu'elle contenait selon son remplissage en
magma. La mise sous pression est accompagnée d'un gonflement du volcan et
de séismes très superficiels localisés sous le volcan, signes que la chambre
magmatique se déforme. Le magma remonte généralement par la cheminée
principale et subit en même temps un dégazage, ce qui provoque un trémor, c'est-à-
dire une vibration constante et très légère du sol. Ceci est dû à des petits séismes
dont les foyers sont concentrés le long de la cheminée.

Au moment où la lave atteint l'air libre, selon sa fluidité ou sa viscosité, elle s'écoule
sur les flancs du volcan ou s'accumule au lieu d'émission, formant un bouchon de
lave qui peut donner des nuées ardentes et/ou des panaches volcaniques lorsque
celui-ci explose. Selon la puissance de l'éruption, la morphologie du terrain, la
proximité de la mer, etc. d'autres phénomènes peuvent accompagner l'éruption :
séismes, glissements de terrain, tsunamis, etc.

La présence éventuelle d'eau sous forme liquide — nappe phréatique, cours


d'eau, lac de cratère, mer ou océan — sur la trajectoire du magma augmente son
pouvoir explosif. En fragmentant les matériaux et en augmentant brutalement de
volume en se transformant en vapeur, l'eau agit comme un multiplicateur du pouvoir
explosif d'une éruption volcanique qui sera alors qualifiée de phréatique ou
de phréato-magmatique.

La présence d'eau sous forme solide — calotte glaciaire, glacier, neige — peut
provoquer des jökulhlaups — comme au Grímsvötn en 1996 —, lorsque le volume
d'eau de fonte fait céder le glacier et entraîne des tephras. De fortes précipitations
peuvent entraîner des coulées de boue ou lahars, pendant ou longtemps après une
éruption35.

L'éruption se termine lorsque la lave n'est plus émise. Les coulées de lave, cessant
d'être alimentées, s'immobilisent et commencent à se refroidir et les cendres,
refroidies dans l'atmosphère, retombent à la surface du sol. Mais les changements
dans la nature des terrains par le recouvrement des sols par la lave et les tephras
parfois sur des dizaines de mètres d'épaisseur peuvent créer des phénomènes
destructeurs et meurtriers. Ainsi les cendres tombées sur des cultures les détruisent
et stérilisent la terre pour quelques mois à quelques années, une coulée de lave
bloquant une vallée peut créer un lac qui noiera des régions habitées ou cultivées,
des pluies tombant sur les cendres peuvent les emporter dans les rivières et créer
des lahars, etc.

Une éruption volcanique peut durer de quelques heures à plusieurs années et éjecter
des volumes de magma de plusieurs centaines de kilomètres cubes. La durée
moyenne d'une éruption est d'un mois et demi mais de nombreuses ne durent qu'une
journée. Le Stromboli est en éruption de façon presque continue — avec de courtes
pauses — depuis environ 2 400 ans36.

Classification des éruptions


Article détaillé : Éruption volcanique#Types d'éruptions volcaniques.
Lors des débuts de la volcanologie, l'observation de quelques volcans a été à
l'origine de la création de catégories basées sur l'aspect des éruptions et le type
de lave émise. Chaque type est nommé selon le volcan référent. Le grand défaut de
cette classification est d'être assez subjectif et de mal tenir compte des changements
de type d'éruption d'un volcan.

Le terme de « cataclysmique » peut être ajouté lorsque la puissance de l'éruption


entraîne de lourds dégâts environnementaux et/ou humains comme ce fut le cas
pour le Santorin vers 1600 av. J.-C. qui aurait contribué à la chute de la civilisation
minoenne, le Vésuve en 79 qui détruisit Pompéi, le Krakatoa en 1883 qui engendra
un tsunami de quarante mètres de hauteur, le mont Saint Helens en 1980 qui rasa
des hectares de forêt, etc.

Afin d'introduire une notion de comparaison entre les différentes éruptions


volcaniques, l'indice d'explosivité volcanique, aussi appelée échelle VEI, fut mis au
point par deux volcanologues de l'Université d'Hawaï en 198237. L'échelle, ouverte et
partant de zéro, est définie selon le volume des matériaux éjectés, la hauteur
du panache volcanique et des observations qualitatives38.

Il existe deux grands types d'éruptions volcaniques dépendant du type de magma


émis : effusives associées aux « volcans rouges » et explosives associées aux
« volcans gris »39. Les éruptions effusives sont les
éruptions hawaïenne et strombolienne tandis que les explosives sont
les vulcanienne, péléenne et plinienne. Ces éruptions peuvent se dérouler en
présence d'eau et prennent alors les caractéristiques
d'éruptions phréatique, phréato-magmatique, surtseyenne, sous-glaciaire, sous-
marine et limnique.

Géomorphologie volcanique

Neck au Puy-en-Velay en France.


Outre le volcan en lui-même, différentes formations géologiques sont directement ou
indirectement liées à l'activité volcanique.

Certains reliefs ou paysages résultent du produit direct des éruptions. Il s'agit


des cônes volcaniques en eux-mêmes formant des montagnes ou des îles,
des dômes et des coulées de lave solidifiée, des tunnels de lave, des « pillow lavas »
et les guyots des volcans sous-marins, des trapps formant des plateaux, des
accumulations de tephras en tufs, des cratères et des maars laissés par la sortie de
la lave, etc.

D'autres reliefs résultent d'une érosion ou d'une évolution des produits des éruptions.
C'est le cas des dykes, necks, sills, roches intrusives, mesas et planèzes dégagés
par l'érosion, des caldeiras et cirques résultant de l'effondrement d'une partie du
volcan, des lacs de cratère ou formés en amont d'un barrage constitué des produits
de l'éruption, des atolls coralliens entourant les vestiges d'un volcan sous-marin
effondré, etc.

Phénomènes paravolcaniques
Article détaillé : Phénomène paravolcanique.

Le geyser Old Faithful à Yellowstone aux États-


Unis en 2004.
Certaines activités géothermiques peuvent précéder, accompagner ou suivre
une éruption volcanique. Ces activités sont en général présentes lorsqu'une chaleur
résiduelle provenant d'une chambre magmatique réchauffe de l'eau provenant
d'une nappe phréatique parfois jusqu'à l'ébullition. En surface, se produisent
alors geysers, fumerolles, mares de boue, mofettes, solfatares ou encore dépôts de
minéraux40. Ces phénomènes peuvent être regroupés dans des « champs
volcaniques ». Ces champs volcaniques se forment lorsque l'eau des nappes
phréatiques est réchauffée par des réservoirs de magma situés à faible profondeur.
C'est le cas des supervolcans comme Yellowstone aux États-Unis et des champs
Phlégréens en Italie ou des champs géothermiques comme à Haukadalur en Islande.

Au niveau des dorsales océaniques, l'eau de mer s'infiltre dans les anfractuosités
du plancher océanique, se réchauffe, se charge en minéraux et ressort au fond des
océans sous la forme de fumeurs noirs ou de fumeurs blancs.

Dans un cratère possédant une activité de dégazage et de fumerolles, un lac


acide peut se former par recueil des eaux de pluie. L'eau du lac est très acide avec
un pH de 4 à 1, parfois très chaude avec une température de 20 à 85 °C et seules
des cyanobactéries sont capables de vivre dans ces eaux alors teintées en bleu-vert.
Ce type de lac est courant au niveau des grandes chaînes de volcans comme
la ceinture de feu du Pacifique et dans la vallée du Grand Rift.

Conséquence du volcanisme sur l'histoire de


la Terre
Article détaillé : Histoire de la Terre.
Le volcanisme est né en même temps que la Terre, lors de la phase d'accrétion de
sa formation il y a 4,6 milliards d'années. À partir d'une certaine masse, les matériaux
au centre de la Terre subissent d'importantes pressions, créant ainsi de la chaleur.
Cette chaleur, accentuée par la dégradation des éléments radioactifs, provoque
la fusion de la Terre qui dissipe vingt fois plus de chaleur qu'aujourd'hui. Après
quelques millions d'années, une pellicule solide se forme à la surface de la Terre.
Elle est déchirée en de nombreux endroits par des flots de lave et par de grandes
masses granitoïdes qui donneront les futurs continents. Par la suite, les plaques
lithosphériques nouvellement créées se déchireront préférentiellement à des endroits
précis où se formeront les volcans. Pendant cent millions d'années, les volcans
rejetteront dans la maigre atmosphère de l'époque de grandes quantités de
gaz : diazote, dioxyde de carbone, vapeur d'eau, oxyde de soufre, acide
chlorhydrique, acide fluorhydrique, etc. Il y a 4,2 milliards d'années, malgré
les 375 °C et la pression 260 fois supérieure à celle d'aujourd'hui, la vapeur d'eau se
condense et donne naissance aux océans.

Le rôle de la formation des premières molécules organiques et de l'apparition de la


vie sur Terre peut être imputé aux volcans. En effet, les sources chaudes sous-
marines ou les solfatares et autres geysers offrent des conditions propices à
l'apparition de la vie : de l'eau qui a lessivé des molécules carbonées, des minéraux,
de la chaleur et de l'énergie. Une fois la vie répandue et diversifiée à la surface de la
Terre, les volcans auraient pu provoquer à l'inverse de grandes extinctions : l'âge des
grandes extinctions du vivant coïncide avec l'âge des trapps. Ces trapps auraient pu
être provoqués par la chute de météorites ou l'éruption exceptionnelle de points
chauds. Les effets combinés des gaz volcaniques et particules dispersés dans
l'atmosphère auraient provoqué la disparition de nombreuses espèces par un hiver
volcanique suivi d'une hausse de l'effet de serre par les changements dans la
composition gazeuse de l'atmosphère.

Une des théories les plus acceptées pour l'apparition de l'homme serait l'ouverture
du rift africain : uniformément humide au niveau de l'équateur, le climat africain se
serait asséché à l'est du rift qui arrête les nuages venant de l'Ouest. Les hominidés,
s'adaptant à leur nouveau milieu formé d'une savane, auraient développé
la bipédie pour échapper à leurs prédateurs.

Encore de nos jours, les volcans participent à l'évacuation de la chaleur interne de la


Terre et au cycle biogéochimique mondial en libérant les gaz, la vapeur d'eau et les
minéraux engloutis dans le manteau au niveau des fosses de subduction.

Incidence du volcanisme sur les activités


humaines
Croyances et mythes liés aux volcans
Chaque année a lieu, au bord du Bromo, une
cérémonie populaire, le Yadnya Kasada (en), festival hindou au cours duquel les
pèlerins font sept fois le tour du sommet du volcan qui a fécondé le sol de leur île et
est considéré comme un lieu sacré. Les familles y effectuent leurs rites
funéraires et propitiatoires en jetant dans le cratère des offrandes (récoltes bénies,
produits fermiers, animaux, gâteaux, fleurs)41. Satisfaites, les âmes des défunts
s'envolent vers le soleil42.
Depuis l'apparition de l'agriculture et la sédentarisation des sociétés, les hommes ont
toujours côtoyé les volcans. Les louant pour les terres fertiles qu'ils offrent, ils les
craignent aussi pour leurs éruptions et les morts qu'ils provoquent. Rapidement, par
méconnaissance d'un phénomène naturel, les volcans sont craints, déifiés,
considérés comme l'entrée du royaume des morts, des enfers et des mondes
souterrains peuplés d'esprits malfaisants et sont l'objet de légendes et
de mythes suivant les différentes cultures.

Dans les tribus d'Asie, d'Océanie et d'Amérique vivant à proximité de la ceinture de


feu du Pacifique, les éruptions volcaniques sont considérées comme étant les
manifestations de forces surnaturelles ou divines. Dans la mythologie maorie, les
volcans Taranaki/Egmont et Ruapehu tombèrent tous deux amoureux du
volcan Tongariro et une violente dispute éclata entre les deux. C'est la raison pour
laquelle aucun Māori ne vit entre les deux volcans colériques, de peur de se
retrouver pris au milieu de la dispute.

Parmi d'autres mythes et légendes, on peut signaler celui de Devils Tower qui se
serait dressé pour sauver sept jeunes filles amérindiennes d'ours qui auraient griffé
les parois rocheuses ou encore l'histoire de la déesse Pélé qui, chassée de Tahiti par
sa sœur Namakaokahai, trouva refuge dans le Kīlauea et depuis, de rage, déverse
des flots de lave d'un simple coup de talon.
Sommet du mont Mawenzi en Tanzanie, 1996.
Chez les Incas, les caprices du Misti lui ont valu d'avoir son cratère obstrué par un
bouchon de glace, punition infligée par le Soleil. Les Chagas de Tanzanie racontent
que le Kilimandjaro, excédé par son voisin le volcan Mawensi, le frappa à grand coup
de pilon, ce qui lui valut son sommet découpé. Pour les Amérindiens de l'Oregon,
le mont Mazama était la demeure du dieu maléfique du feu et le mont Shasta celle
du dieu bénéfique de la neige. Un jour les deux divinités sont entrées en conflit et le
dieu du feu fut vaincu et décapité, créant ainsi Crater Lake.

Les volcans furent le lieu de sacrifices humains : enfants jetés dans le cratère
du Bromo en Indonésie, chrétiens sacrifiés au mont
Unzen au Japon, vierges précipitées dans le lac de lave du Masaya au Nicaragua,
enfants jetés dans un lac de cratère pour calmer le volcan sous-lacustre
d'Ilopango au Salvador, etc.

Pour les Grecs et les Romains, les volcans sont le lieu de vie
d'Héphaïstos ou Vulcain. Les éruptions sont expliquées comme étant une
manifestation divine : colère des dieux, présages, activité des forges d'Héphaïstos
— que les Grecs situaient sous l'Etna — ou de celles de Vulcain — que les Romains
plaçaient sous Vulcano — , etc.. Les cyclopes grecs pourraient être une allégorie des
volcans avec leur cratère sommital tandis que le nom d'Héraclès dérive
de hiera ou etna, le mot grec servant à désigner les volcans. Aucune explication
scientifique ou ne faisant pas intervenir les dieux n'était retenue.

Parmi les mythes grecs mettant en scène des volcans, le plus célèbre est celui narré
par Platon dans le Timée et le Critias. Ces récits relatent la disparition de l'Atlantide,
engloutie par les flots dans un gigantesque tremblement de terre suivi d'un tsunami.
Ce mythe pourrait avoir pour origine l'éruption du Santorin vers 1600 av. J.-C. qui
détruisit presque entièrement l'île, et qui serait en partie responsable de la chute de
la civilisation minoenne. Cependant, aucune observation de l'éruption du Santorin ne
fut consignée et ce n'est qu'au début du XXe siècle que l'on se rendit compte de la
puissance de l'éruption43.

Le poète romain Virgile, s'inspirant des mythes grecs, rapporta que lors de
la gigantomachie, Encelade, en fuite, fut enseveli sous l'Etna par Athéna en guise de
punition pour sa désobéissance aux dieux. Les grondements de l'Etna constituent
ainsi les pleurs d'Encelade, les flammes sa respiration et le trémor ses tentatives de
se libérer. Mimas, un autre géant, fut quant à lui englouti sous
le Vésuve par Héphaïstos et le sang des autres géants vaincus jaillit des Champs
Phlégréens à proximité.
Randonneurs au sommet du mont Fuji en août 2005.
Dans le christianisme populaire, malgré quelques tentatives d'explications pré-
scientifiques, les volcans étaient souvent considérés comme l'œuvre de Satan et les
éruptions comme des signes de la colère de Dieu. Un certain nombre
de miracles attribués à certains saints sont associés dans la tradition catholique à
des éruptions : ainsi en 253, la ville de Catane fut épargnée lorsque les flots
de lave de l'Etna se scindèrent en deux devant la procession transportant
les reliques de sainte Agathe. Mais en 1669, la procession avec les mêmes reliques
ne put éviter la destruction de la grande majorité de la ville.

En 1660, l'éruption du Vésuve fit pleuvoir aux alentours


des cristaux de pyroxène noirs. La population les prit pour des crucifix et attribua ce
signe à saint Janvier qui devint saint patron et protecteur de Naples. Depuis, à
chaque éruption, une procession défile dans Naples pour implorer la protection du
Saint. De plus, trois fois par an a lieu le phénomène de la liquéfaction du sang de
saint Janvier qui, selon la tradition, s'il se produit, protège la ville de toute éruption du
Vésuve.

Aujourd'hui encore, des processions religieuses sont associées aux volcans et à leur
activité. À Hawaï, les habitants vénèrent encore Pélé et le mont Fuji est la montagne
sacrée du shintoïsme de même que le Bromo pour les hindouistes indonésiens.

Prévision éruptive
Article détaillé : Prévision volcanologique.
Un des objectifs de la volcanologie est de comprendre l'origine et le fonctionnement
des volcans et des phénomènes assimilés afin d'établir un diagnostic sur les risques
et les dangers encourus par les populations et les activités humaines. Les prévisions
volcanologiques nécessitent la mise en œuvre d'instruments (la naissance de la
volcanologie instrumentale date de 1980 lors de l'éruption du mont Saint Helens ; le
volcan fut entièrement instrumenté à cette époque44) et le savoir de plusieurs
disciplines scientifiques. Les connaissances actuelles ne permettent aujourd'hui que
de prédire le type des éruptions, sans savoir en revanche, à plus de que quelques
heures à l'avance, quand elles auront lieu, combien de temps elles dureront et
surtout leurs importances (volume de lave, intensité des dégagements, etc).

De plus en plus, la tendance est à la surveillance en continu les volcans actifs


réputés dangereux à l'aide d'appareils télécommandés alimentés par piles solaires. À
cet égard, l'équipement du Piton de la Fournaise, à La Réunion, pourtant réputé non
dangereux, est exemplaire. Les mesures sont transmises par télémétrie à
l'observatoire et toutes les dilatations, les tremblements et les variations de
température sont enregistrés.
Les sécurités civiles des pays touchés tentent alors de trouver les justes compromis
entre les risques et les précautions inutiles. Dans bon nombre de cas, les autorités
se sont montrées peu attentives45. Il y eut cependant certains succès comme
en 1991 pour l'éruption du Pinatubo où les experts ont convaincu le
gouvernement philippin d'organiser l'évacuation de 300 000 personnes. Malgré 500
victimes, 15 000 vies ont ainsi pu être épargnées.

Les manifestations volcaniques dangereuses

Paysage noyé sous la lave crachée par le Puʻu


ʻŌʻō à Hawaï aux États-Unis en 1987.
Depuis 1600, les volcans ont fait 300 000 morts dans le monde, ce qui représente en
201144 :

 35,5 % des victimes dues aux nuées ardentes ;


 23 % aux famines et épidémies (chiffre essentiellement dû aux conséquences de
l'éruption du Tambora en 1815 qui a fait plus de 60 000 victimes) ;
 22,5 % au lahars et glissements de terrain ;
 14,9 % aux tsunamis ;
 3 % aux chutes de téphras ;
 1,3 % aux gaz ;
 0,3 % aux coulées de lave.
Coulées de lave
Contrairement à la croyance populaire, les coulées de lave font en général plus de
dégâts matériels que de victimes (cf. les 0,3 % ci-dessus) car même si elles peuvent
être très rapides avec plusieurs dizaines de kilomètres par heure, leur comportement
est généralement prévisible, laissant le temps aux populations d'évacuer. En 2002,
le lac de lave du cratère du Nyiragongo se vide à la faveur de failles qui se sont
ouvertes dans le volcan : deux coulées atteignent la ville de Goma au Congo
démocratique, font 147 morts et détruisent 18 % de la ville. Ces fleuves de matière
en fusion laissent peu de chance à la végétation et aux constructions se trouvant sur
leur passage, les consumant et les ensevelissant dans une gangue de roche.

Nuées ardentes

Sur le volcan Sakurajima (en arrière-plan), une


trentaine d'abris de béton et une vingtaine de bâtiments d'évacuation permettent de
se protéger contre les retombées de téphras. Les habitants de la presqu'île
volcanique gardent un casque en réserve et les écoliers le portent sur leur trajet
scolaire46.
Appelées aussi coulées pyroclastiques, les nuées ardentes sont des nuages gris qui
dévalent les pentes des volcans à plusieurs centaines de kilomètres par heure,
atteignent les 600 °C et parcourent des kilomètres avant de s'arrêter.

Nés de l'effondrement d'un dôme ou d'une aiguille de lave, ces nuages composés
de gaz volcaniques et de téphras glissent sur le sol, franchissent des crêtes et
consument tout sur leur passage. Les empilements des matériaux transportés par les
nuées ardentes peuvent s'accumuler sur des dizaines de mètres d'épaisseur et sont
à l'origine des étendues d'ignimbrites.

Les plus meurtrières sont celles du Krakatoa en 1883 qui ont fait 36 000 morts.
En 1902, une coulée pyroclastique née de la montagne Pelée en Martinique a rasé la
ville de Saint-Pierre et tué ses 29 000 habitants. Plus récemment, le réveil de
la Soufrière de Montserrat a provoqué la destruction de Plymouth, la capitale de l'île,
et rendu inhabitable la grande majorité de l'île à cause des passages répétés de
nuées ardentes.

Cendres volcaniques

Champ recouvert de cendres volcaniques rejetées par


le mont Saint Helens aux États-Unis en 1980.
Expulsées par des panaches volcaniques, les cendres volcaniques peuvent retomber
et recouvrir des régions entières sous une épaisseur de plusieurs mètres,
provoquant la destruction des cultures et l'apparition de famines comme ce fut le cas
après l'éruption du Laki de 1783 en Islande, l'effondrement des toits des habitations
sur leurs occupants, la formation de lahars en cas de pluies, etc.

Séismes
Les séismes peuvent être provoqués à la suite de la vidange de la chambre
magmatique lorsque le volcan s'effondre sur lui-même et forme une caldeira. Les
multiples glissements des parois du volcan génèrent alors des séismes qui
provoquent l'effondrement des bâtiments parfois fragilisés par des chutes de cendre
volcanique.

Tsunamis
Les tsunamis peuvent être générés de multiples manières lors d'une éruption
volcanique comme avec l'explosion d'un volcan sous-marin ou à fleur d'eau, la chute
de parois ou de nuées ardentes dans la mer, l'effondrement du volcan sur lui-même
mettant en contact direct l'eau avec le magma de la chambre magmatique, des
mouvements de terrain liés à la vidange de la chambre magmatique, etc. En 1883,
l'explosion du Krakatoa généra un tsunami qui, associé aux nuées ardentes, fit
36 000 victimes, en 1792 celle du mont Unzen en fit 15 000.

Glissements de terrain
À la manière des nuées ardentes, les glissements de terrain peuvent provoquer des
avalanches meurtrières. Dans de rares cas, c'est une grande partie ou la majorité du
volcan qui se désagrège sous la pression de la lave. En 1980, le mont Saint
Helens a surpris les volcanologues du monde entier lorsque la moitié du volcan s'est
disloquée. Certains scientifiques, se croyant à l'abri sur des collines environnantes,
se sont fait piéger et ont péri dans la gigantesque nuée ardente qui a suivi.

Gaz volcaniques
Les gaz volcaniques sont le danger le plus sournois des volcans. Ils sont parfois
émis sans aucun autre signe d'activité volcanique lors d'une éruption limnique.
En 1986, au Cameroun, une nappe de dioxyde de carbone est sortie du lac Nyos.
Étant plus lourd que l'air, ce gaz a dévalé les pentes du volcan et a tué 1 800
villageois et plusieurs milliers de têtes de bétail dans leur sommeil par asphyxie.

Lahars

Dépôts résultants du passage de lahars sur les


pentes du mont Saint Helens aux États-Unis en 1982.
Les lahars sont des coulées boueuses formées d'eau, de téphras en majorité
de cendres volcaniques froides ou brûlantes, très denses et lourdes et charriant
quantité de débris tels des blocs rocheux, des troncs d'arbres, des restes de
bâtiments, etc. Les lahars se forment lorsque des pluies importantes survenant lors
de cyclones tropicaux ou des pluies synoptiques prolongées s'abattent sur des
cendres volcaniques. Ils peuvent survenir des années après une éruption
volcanique tant que des cendres peuvent être entraînées. En 1985, 24 000 habitants
de la ville colombienne d'Armero furent engloutis sous un lahar né sur les pentes
du Nevado del Ruiz.

Jökulhlaup
Le jökulhlaup est un type de crue particulièrement puissant et brutal. Il se forme
lorsqu'une éruption volcanique survient sous un glacier ou une calotte glaciaire et
que la chaleur du magma ou de la lave parvient à faire fondre de grandes quantités
de glace. Si l'eau de fonte ne peut s'évacuer, elle forme un lac qui peut se vider
lorsque la barrière qui le retient formée par une paroi rocheuse ou un glacier se
rompt. Un flot mêlant lave, téphras, boue, glace et blocs rocheux s'échappe alors du
glacier, emportant tout sur son passage. Les jökulhlaup les plus fréquents se
déroulent en Islande, autour du Vatnajökull.
Acidification des lacs
L'acidification des lacs est une autre conséquence possible de la présence d'un
volcan. L'acidification a pour effet d'éliminer toute forme de vie des eaux et de leurs
abords et peut même constituer un danger pour les populations riveraines. Ce
phénomène survient lorsque des émanations de gaz volcaniques débouchent au
fond d'un lac, celui-ci va alors les piéger par dissolution ce qui acidifie les eaux.

Hivers volcaniques
Les cendres, gaz volcaniques et gouttelettes d'acide sulfurique et d'acide
fluorhydrique expulsées dans l'atmosphère par des panaches volcaniques peuvent
provoquer des pluies acides et des « hivers volcaniques » qui abaissent les
températures et peuvent provoquer des famines, des hivers rigoureux ou des étés
froids à l'échelle mondiale comme ce fut le cas pour les éruptions du Samalas en
1257, du Tambora en 1815 et du Krakatoa en 1883.

Des recherches récentes montrent que les éruptions volcaniques ont un impact
significatif sur le climat mondial et doivent être considérées comme des phénomènes
catalytiques essentiels pour expliquer les changements écologiques et les
bouleversements historiques47.

Atouts liés aux volcans

Récolte de minerai de soufre dans


le cratère du Kawah Ijen en Indonésie, 2005.
Par certains aspects, l'homme peut tirer profit de la présence des volcans avec :

 l'exploitation de l'énergie géothermique pour production d'électricité, le chauffage


des bâtiments ou des serres pour les cultures ;
 la fourniture de matériaux de construction, ou à usage industriel tels que :
 le basalte qui sert de pierres de construction, de ballast ou de gravas
concassé ;
 la ponce et la pouzzolane qui servent, entre autres, d'isolant dans les bétons ;
 l'extraction des minerais de soufre, de cuivre, de fer, de platine, de diamants,
etc.
 la fertilisation des sols tels les versants de l'Etna qui constituent une région à très
forte densité agricole en raison de la fertilité des sols volcaniques et où
d'immenses vergers d'agrumes sont implantés. Ces sols volcaniques fertiles font
vivre 350 millions de personnes dans le monde48.
Un volcan contribue aussi au tourisme en proposant un panorama, des destinations
de randonnée, du thermalisme ou même un lieu de pèlerinage aux visiteurs.
Même dans le domaine artistique, leur influence se fait sentir : certaines éruptions
fortement émettrices de cendres volcaniques comme celle du Tambora en 1815 ont
généré des couchers de soleil spectaculaires durant plusieurs années. Certains
peintres comme Turner ont su capter cette lumière à travers des œuvres originales
qui annoncent l'impressionnisme.

Volcanologie
Articles détaillés : Volcanologie et Histoire de la volcanologie.
La volcanologie ou (beaucoup plus rarement) vulcanologie est la science qui étudie
les phénomènes volcaniques, leurs produits et leurs mises en place :
volcans, geysers, fumerolles, éruptions volcaniques, magmas, laves, tephras, etc. Un
volcanologue ou vulcanologue est le scientifique spécialiste de cette discipline liée à
la géophysique, à la sismologie et à la géologie dont elle est une spécialité.

Les objectifs de cette science sont de comprendre l'origine et le fonctionnement des


volcans et des phénomènes assimilés afin d'établir un diagnostic, pour une période
déterminée, des risques et des dangers encourus par les populations et les activités
humaines. Les études et les recherches se déroulent dans un premier temps sur le
terrain afin de procéder à des collectes d'informations sous la forme d'observations,
de mesures et d'échantillonnages et dans un second temps en laboratoire afin
d'analyser et d'interpréter les données et les échantillons. En effet, la gestion des
effets même d'une éruption une fois qu'elle se produit est impossible. Seules
quelques opérations de détournement de coulée de lave ont réussi sur
l'Etna en Italie et à Heimaey en Islande.

Seule la prévention permet de limiter ou d'éviter les effets d'une éruption volcanique.
Cette prévention passe par une observation du volcan et des signes avant-coureurs
d'une éruption : émissions de gaz volcaniques, gonflement et dégonflement du
volcan, séismes mineurs, anomalies thermiques, etc. L'évacuation de manière
temporaire et dans l'urgence des zones en danger est le moyen de prévention le plus
employé. Néanmoins, il existe des moyens de prévention à long terme comme
l'évacuation totale des zones les plus exposées aux risques volcaniques,
l'élaboration de plans de prévention, d'évacuation, de secours et de sensibilisation
des populations, etc.

Volcans sous-marins
Article détaillé : Volcan sous-marin.
Fumeurs noirs au niveau de la dorsale médio-
Atlantique.
Les volcans sous-marins sont les plus nombreux sur Terre. On estime que 75 % des
volcans et des matériaux ignés émis par les volcans le sont au niveau des dorsales
océaniques49. Les volcans faille se trouvent en grande majorité le long des dorsales
océaniques où ils émettent des laves fluides. Ces laves, soumises aux eaux froides
comprises entre un et deux degré Celsius et à la forte pression, prennent la forme de
boules : ce sont les « pillow lavas ».

Les autres volcans situés le long des fosses de subduction et ceux formés par
un point chaud donnent naissance à une montagne sous-marine à sommet plat et à
pente très raide : un guyot. Lorsqu'un volcan sous-marin parvient à atteindre la
surface, il émerge dans une éruption de type surtseyenne. Deux volcans sous-
marins sont célèbres et surveillés : le Kamaʻehuakanaloa qui sera le prochain volcan
d'Hawaï à émerger de l'océan Pacifique et le Kick-'em-Jenny au nord de l'île de la
Grenade dans les Antilles et qui est très proche de la surface et a une activité
explosive.

Le massif Tamu est un volcan bouclier sous-marin considéré comme le plus vaste
volcan de la Terre et l'un des plus grands du système solaire50.

Volcans extra-terrestres
Image satellite de l'Olympus Mons sur Mars prise par
la sonde Viking 1 en 1978.
La Terre n'est pas la seule planète du Système solaire à connaître une activité
volcanique.

Vénus connaît un intense volcanisme avec 500 000 édifices


volcaniques, Mars comporte l'Olympus Mons, un volcan considéré comme éteint et
haut de 22,5 kilomètres faisant de lui le plus haut sommet du Système solaire,
la Lune est couverte par les « maria lunaires », d'immenses champs de basalte.

Des volcans existent aussi sur des satellites de Jupiter et de Neptune,


notamment Io et Triton. La sonde Voyager 1 a permis de photographier en mars
1979 une éruption sur Io, tandis que Voyager 2 a fait découvrir sur Triton en août
1989 des traces de cryovolcanisme et des geysers. Encelade, satellite de Saturne,
est le siège de cryovolcans (voir l'article Encelade, section Cryovolcanisme). La
composition chimique variant considérablement entre les planètes et les satellites, le
type d'éjecta est très différent de ceux émis sur Terre tels du soufre, de la glace
d'azote, etc.

Volcans dans les médias


L'éruption d'un volcan à proximité d'une zone peuplée est très souvent vécue comme
un événement majeur dans la vie d'un pays car, outre le caractère spectaculaire et
inattendu d'une éruption, celle-ci nécessite une surveillance et, parfois, l'évacuation
et la prise en charge des personnes en danger.

Les volcans sont parfois les acteurs principaux de certains films


catastrophes comme Le Pic de Dante et Volcano ou le docu-fiction Supervolcan de
la BBC et de Discovery Channel qui met en scène le réveil du supervolcan
de Yellowstone dans une éruption d'indice d'explosivité volcanique de 8. Le
film Stromboli raconte l'histoire d'une femme étrangère qui ne parvient pas à
s'intégrer sur l'île volcanique Stromboli, en raison de différences de mentalité avec
ses habitants, y compris son mari qu'elle a épousé dans la précipitation dans un
camp de prisonnier.

Plus couramment, les volcans font l'objet de


nombreux documentaires télévisés scientifiques, informatifs ou de vulgarisation.

Records
 Plus hauts volcans :
 hauteur totale : Mauna Kea, à Hawaï, avec 10 230 mètres au-dessus du
plancher océanique, pour une altitude de 4 207,5 mètres51 ;
 altitude : Nevado Ojos del Salado, au Chili, avec 6 887 mètres d'altitude52.
 Plus grand volcan d'Europe : le Cantal avec 2 700 km2 et 70 km de diamètre53.
 Plus grande éruption (en volume de matériaux éjectés) : Toba il y a 73 000 ans
avec 2 800 km3
 Plus petite éruption (en volume de matériaux éjectés) :
forage géothermique à Hverarönd en Islande en 1977 avec 1,2 m3 de basalte54,55.
 Volcan le plus actif : le Kīlauea et le piton de la Fournaise se disputent le record
avec une éruption tous les un an à un an et demi.
 Plus jeune volcan : Ardoukôba avec une première éruption en novembre
1978 tandis que le Paricutín a connu sa première éruption en 1943.
 Plus grande caldeira ou plus grand cratère volcanique terrestre : Toba formé il y
a 73 000 ans avec cent kilomètres de longueur sur trente kilomètres de largeur.
 Plus grand nombre de victimes : Tambora sur l'île de Sumbawa en Indonésie en
1816 avec 88 000 morts liés directement à l'éruption et 200 000 morts
supplémentaires par famine.
 Éruption volcanique la plus bruyante : Krakatoa en Indonésie le 27 août 1883 où
l'explosion fut entendue jusqu'à Rodrigues à 500 kilomètres à l'est de l'île
Maurice, soit à 4 811 kilomètres de distance de l'éruption55.
 Plus grand panache volcanique : Hunga Tonga en 2022 aux Tonga avec une
hauteur de 57 kilomètres56.
 Plus longue coulée de lave : à Undara en Australie avec 160 kilomètres de
longueur55.
Notes et références
Notes
a. ↑ Ces volcans ne se caractérisent pas nécessairement par une grande hauteur actuelle mais
plutôt par un grand enracinement en profondeur, car certains édifices volcaniques sont
détruits par une éruption explosive particulièrement violente, qui ne laisse en surface que de
vastes épanchements comme les tufs de Campanie (région de Naples, Italie) ou le Bishop
Tuff (Californie, États-Unis) et une vaste caldeira comme celles des champs
Phlégréens (golfe de Pouzzoles, Italie), de Yellowstone (nord-ouest des États-Unis) ou du lac
Toba (Sumatra, Indonésie).
Références
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Institution recense 72 volcans qui sont entrés en éruption en 2018, et 43 toujours en éruption,
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41. ↑ Des Indonésiens d'autres religions, les resquilleurs, viennent récupérer les offrandes un peu
plus bas dans le cratère. Cf Henry Gaudru, Gilles Chazot, La belle histoire des volcans, De
Boeck Supérieur, 2018 (lire en ligne [archive]), p. 99
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43. ↑ (fr) Art'chives, À la recherche des civilisations disparues - Disparition de la civilisation
minoenne et éruption de Santorin [archive]
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instrumentale au modèle prédictif », conférence au Bureau des longitudes, 1er juin 2011
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gestion des risques, ISTE Group, 2018, p. 125
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novembre 2023).

Annexes
Sur les autres projets Wikimedia :
 Volcan, sur Wikimedia Commons
 volcan, sur le Wiktionnaire

Une catégorie est consacrée à ce sujet : Volcan.


Bibliographie

 Jacques-Marie Bardintzeff, Les Volcans, Minerva, 2004 (ISBN 978-2-8307-0755-7)


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Éditions du BRGM, 2002 (ISBN 978-2-84703-017-4)
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coll. « Découvertes Gallimard / Sciences et techniques » (no 113), 2003 (ISBN 978-
2-07-042900-4)
 Haroun Tazieff, Volcans, Larousse-Bordas, 1996, deuxième édition,
1999 (ISBN 978-2-04-027174-9)
 Patrick de Wever, Le volcanisme : Cause de mort et source de vie, Vuibert,
2003 (ISBN 978-2-7117-5293-5)
 Science et Vie junior, « Des volcans et des hommes », dossier hors série,
Excelsior Publications S.A., 1994
Articles connexes
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