TVA APPROFONDIE
PARTIE 1 : Rappel de l’année dernière
Cas pratique de révision :
SASU qui a pour activité des ventes de biens corporels et PDS de vente à
consommer chez les clients avec dépêche de personnel.
Il est assujetti à la TVA (Personne qui réalise des opérations économiques à titre
indépendant). Toutes les fois où il agira pour les besoins professionnels, on pourra
considérer qu’il agit en tant que professionnel.
Lorsque l’on est face à des opérations exigibles ou déductibles, on ne raisonnera
pas de la même manière.
TVA exigible (l’assujetti récolte sur ces produits) : les étapes
1) Est ce que l’opération est imposable ? Si oui, on passe à la suite sinon on
s’arrête.
L’opération est imposable si elle entre dans le champ d’application de la TVA donc
on vérifie les 3 conditions :
- Imposable par nature (livraison de bien corporel ou PDS à titre onéreux par
un assujetti en tant que tel) ou imposable par détermination de la loi (livraison
à soi même) ou opération exonérée mais imposé sur option (un assujetti peut
le faire si il a beaucoup de TVA déductible car sans collecte de TVA donc de
TVA exigible, il ne peut pas déduire la TVA que lui même paie)
2) Est ce que l’opération est imposée ? Si oui, on passe à la suite sinon on
s’arrête (est ce que l’opé est exonéré quoi et si elle l’est on s’arrête)
3) FG, exigibilité, BI et taux.
4) Calcul
TVA déductible (l'assujetti dépense): les étapes
1) Est ce que l’opé est imposable ou imposée ? (pareil que les étapes en haut
sur ces 2 points) Si oui je passe à l’étape suivante.
2) On vérifie les conditions du droit à déduction
3) On va calculer et pour ça on vérifie
- La date d’exercice du droit à déduction (la date d’exercice du droit à
déduction correspond à la date d’exigibilité de la TVA chez le fournisseur ou
le prestataire)
- On calcul le coefficient de déduction qui est la multiplication de 3 coefficients
(assujettissement x taxation x admission).
Le coef d'assujettissement est compris entre 0 et 1 le degré d’utilisation
professionel (renvoi à la question de si l’assujetti agit entièrement en tant que
tel).
Le coef de taxation est égal à 0 ou 1 si l’opération d’amont est afférente à une
opération d’aval taxé (renvoi à la question de l’opération exonéré ou non).
Le coef d’admission est égal à 0, 0,8 (cas des produits pétroliers) ou 1
correspond à des cas ou il y a des cas d’exclusion du droit à déduction
déterminé par la loi (si c’est le cas, c’est égal à 0).
4) BI x taux = TVA déductible
Correction
Mme Cheffe poursuit, au sein d’une SAS unipersonnelle, une activité de traiteur :
elle vend des mets (en France et à l’étranger) et réalise des livraisons et ventes à
consommer directement chez ses clients. Vous prendrez connaissance des données
chiffrées, portant sur son activité, en annexe.
Première question : Pendant les deux premières années d’existence de la
SASU, la société a bénéficié du régime dit de la « franchise en base de TVA ».
Expliquez (conditions et conséquences pour la société). Vous rappellerez les
mentions que doivent présenter sa facturation en application de ce régime.
Réponse : C’est un régime d’exonération qui permet de simplifier tout ce qui
est administratif (pour les PME essentiellement). Les entreprises qui en
bénéficient sont exonéré de TVA. Par conséquent, elles ne pourront pas
déduire leur opération. Les conditions à remplir sont :
- Seuil de CA/HT à ne pas dépasser à l’année. Plusieurs seuils en fonction
des opérations (livraisons de biens ou PDS) ou en fonction du
contribuable non assujetti du coup (avocat et artiste ont leur régime. La
question en l’espèce ici est de savoir si on applique le seuil pour LBC
ou celui des PDS car notre entreprise fait les deux. On vérifie d’abord si
en additionnant les deux, le seuil des LBC est dépassé puis une
appréciation est faite si c’est un particulier en vérifiant si uniquement
pour les PDS, on dépasse le seuil de PDS.
Quand on bénéficie de la TVA, on indique cela sur notre facture avec un
formalisme précis. On informe car nos clients professionnels verront la
chaine de TVA rompu et ne pourront pas déduire la TVA.
Deuxième question : La SASU, qui se trouve donc désormais redevable de la
TVA (car ne bénéficie plus du régime de la franchise), vous demande de tirer
les conséquences de son imposition sur un immeuble acquis neuf il y a deux
ans auprès d’un professionnel, en franchise de TVA (immeuble acquis lors de
la création de l’activité, au prix de 520.000€).
Réponse : Lors de l’acquisition de l’immeuble, la TVA n’a pas été payé. Quand
un bien change d’affectation, il faut parfois procéder à une régularisation pour
certains biens et sous certaines conditions. Ces biens sont les
immobilisations (pour les immeubles, le délai pour régulariser est de 20 ans à
partir de l’acquisition, pour les meubles, il faut que le bien soit durable et
surtout qu’il est un coût au minimum de 500 euros HT, délai de 5 ans de
régularisation). Rappelons qu’il n’y a pas de TVA sur des immeubles anciens
(un immeuble est neuf pendant 5 ans).
Dans notre cas pratique, c’est une immobilisation immobilière. Pendant 2 ans
(2020 à 2022), la société a été exonérée. Ainsi, les opérations d’avals (ce que la
société facturait à ces clients) étaient exonéré de TVA. Par conséquent, à
l’acquisition de l’immeuble, la TVA a été payé mais n’a pas été déduite car on
ne peut pas déduire en amont la TVA pour des opérations en aval exonéré de
TVA. En 2022, cette fois, les opérations en avals sont taxé de TVA aux clients.
Dès lors, la société a droit à déduction de la TVA payé pour l’acquisition de
l’immeuble EN PARTIE.
Calcul de la régularisation :
- On régularise au prorata temporis car 2 ans se sont déjà écoulé depuis
l’acquisition (donc 17/20 pour 18 ans).
- Ensuite, le taux est le taux normal car elle est réalisé entre 2 assujetti et
ce n’est pas un logement d’habitation à titre de résidence principale.
- Le montant de TVA est de 104 000 euros.
Le calcul est de 104 000 euros x 17/20 = 88 400 euros de TVA DEDUCTIBLE à
régulariser (la société s’en sert en une fois attention).
Troisième question : Vous expliquerez pourquoi il est procédé à des
déclarations et paiements mensuels de la TVA.
Réponse : Le régime d’imposition dépend du CA de la société (réel simplifié,
réel normal et franchise de base de TVA). Ainsi, les modalités de déclaration
ne seront pas les mêmes d’un régime à l’autre. Le régime qui soumet à la
déclaration mensuel est le régime réel normal (le plus contraignant mais
présente des avantages comme la déduction mensuel donc déduction plus
récurrente).
Est ce que notre société remplit les conditions du régime réel normal ? Pour
une société qui opère des LBC, son CA/HT annuel doit être de 818 000 euros et
pour les PDS, c’est 247 000 euros. Notre société ne dépasse pas du tout ces
seuils donc pourquoi être soumis à ce régime ? Des exceptions existent
lorsque le montant de TVA déclaré est au dessus de 15000 euros annuel ou
simplement la société a opté pour un régime plus contraignant.
Quatrième question : Mme Cheffe déclare, actuellement, à la fois et des
prestations de services et des livraisons de biens corporels, compte tenu de
son activité. Expliquez. Que pouvez-vous lui conseiller pour simplifier ses
obligations en matière de TVA ?
Réponse : Le problème qui se pose est que les LBC (FG = EXI = livraison =
transfert de propriété et transfert dépend de si corps certain ou chose de
genre) et PDS (FG = achèvement des travaux et EXI = encaissement) ne sont
pas soumis au même régime. Les règles de FG et d’exigibilité ne sont pas les
mêmes. On va donc lui proposer un régime unifié.
Ce régime est celui du régime des débits. On va tout faire à une date qui sera
l’émission de la facture car le débit comptablement intervient à la facturation.
Pour opter vis à vis de l’AF, on peut le faire via messagerie sur [Link] et
sinon par lettre simple ou LRAR ou on envoie le stagiaire sur place. En cas
d’option, elle entre en jeu le 1er jour du mois qui suit l’option. Par ailleurs,
pour le client, on informe l’option sur la facture car ça changera la date de
l’exercice de son propre droit à déduction de la TVA qu’il va acquitter à notre
société.
Les opérations :
3 septembre 202
Acquisition en Allemagne d’un véhicule de tourisme neuf utilisé par Mme Cheffe
(déplacements pour rencontrer clients et fournisseurs), le 3 septembre pour un
montant HT de 24.000€. Le véhicule est livré le 15 septembre, paiement au jour de
la livraison.
Réponse : TVA déductible. Acquisition intra communautaire qui est une
dépense pour rencontrer des clients et fournisseurs. L’opération est
imposable et imposée. Il n’y a pas de cas d’exonération.
TVA déductible donc on vérifie les 4 conditions :
- Pièce justificative
- Absence de fraude
- Dépense d’une opération d’amont (l’acquisition du véhicule) afférente à
une opération d’aval taxé (rencontre de clients et fournisseur donc pour
mener l’activité).
- Absence d’exclusion par la loi du droit à déduction : Ici (206 CGI) exclue
du droit à déduction les dépenses afférentes aux véhicules de transport
de personne même si le véhicule est utilisé pour les besoins de
l’entreprise sauf quand c’est le coeur de l’activité (donc véhicule de
transport de marchandise ça marche comme camion, camionette ou
voiture sans siège arrière) donc coef égal à 0
Si conditions remplis, on calcul en vérifiant date d’exercice, BI, taux et calcul
final. Ici, coef égal à 0 donc pas de TVA déductible.
5 septembre 2022
Plein du véhicule (alimenté au gazole), le 5 septembre, pour un montant de 60€ HT.
Réponse : TVA déductible. On suit le raisonnement classique jusqu’au
coefficient comme avant puis on dit que depuis le 1er janvier 2022, le régime
d’essence est le même que le diesel, c’est simplifié. Il reste à vérifier si c’est
pour un véhicule de transport de personne (0,8 de coef) et ou de marchandise
(1 de coef). En l’espèce, c’est 0,8 donc on ne pouvait déduire que 80% de TVA.
60 x 20% = 12 euros et 12 x 0,8 = 9,6.
7 septembre 2022
Livraison le 7 septembre à Paris d’une commande de mets en bocaux (prix : 1.500€
HT). Bocaux composés d’alcool à hauteur de 55%.
Réponse : TVA exigible. On suit le raisonnement classique cette fois ci de la
TVA exigible. Puis on a une particularité au niveau du taux. A la base, pour les
alcools on applique un taux de 20%. Or ici, les bocaux ici sont des produits
alimentaires (ce qu’on achète dans les supermaché donc pas consommer sur
place) qui ont un taux de 5,5% de TVA. On rappelera que c’est un taux à 10%
pour les produits alimentaires qui sont à consommer sur place. Or, comment
on tranche pour un traiteur ? On se demande si il y a une dépêche de
personnel de la part du traiteur ? Si c’est le cas, on applique le taux de 10% car
on qualifie ce que fait le traiteur de PDS. Si il n’y en a pas, c’est le taux de 5,5
car on qualifie ce que fait le traiteur de LBC.
En l’espèce, c’est une LBC donc c’est le taux normal de 20% (car davantage
d’alcool dans les produits livrés) ou de 5,5%. En pratique, on va chercher dans
le BOFIP pour avoir la réponse. La règle est la suivante : on va appliquer un
taux unique en proportion du taux d’alcool dans le plat. Donc si il y a plus de
50% d’alcool (55%), on applique le taux de 20%.
11 septembre 2022
Paiement, le 11 septembre, d’un montant de 2.000€ HT d’intérêts moratoires (en
raison du paiement tardif, par la SASU, d’une commande livrée le 15 mai 2022).
Réponse : TVA déductible. Opération imposée et imposable ? Non car ce sont
des intérêts moratoires (pénalités pour paiement tardives). Le paiement de ces
intérêts n’entrent pas le champ de la TVA car ce n’est pas la contrepartie d’une
PDS (JP Manieti).
15 septembre 2022
Facture d’un garagiste, datée du 15 septembre, qui a réparé la camionnette de la
société (destinée aux livraisons). La facture fait apparaître : deux pneus neufs (500€
HT) et main d’œuvre (600€ HT). Le garagiste n’a pas opté pour les débits. La remise
du véhicule réparé interviendra au plus tard le 5 octobre 2022. Le paiement de la
facture est réalisé par chèque, remis le 15 septembre et encaissé début novembre
2022.
Réponse : TVA déductible. C’est une opération imposable et imposée ? Oui car
PDS à titre onéreux par un assujetti en tant que tel. Les 4 conditions de la
déduction ne pose pas de problème. En effet, l’exclusion du droit à déduction
(4ème condition) ne pose pas de soucis car c’est la réparation d’un véhicule
de transport de marchandise. Ensuite, on a une opération mixte car il y a
livraison de bien (fourniture de pièces détachées) et PDS (main d’oeuvre du
garagiste). Quel régime applique t’on ? Celui de la PDS ou LBC ? On regarde la
part la plus importante dans l’opération. La main d’oeuvre représente un coût
plus important donc on retient une qualification unique de PDS. Rappelons
qu’a l’inverse, si c’était la LBC qu’on retenait, on aurait qualifier de manière
distributive.
Si conditions remplis, on calcul en vérifiant date d’exercice, BI, taux et calcul
final. La date d’exercice donc on vérifie FG et exigibilité. Le FG c’est le 5
octobre (achèvement des travaux et l’exigibilité correspond à la date de remise
du chèque (et pas d’encaissement du chèque comme le voudrait le principe en
matière d’exigibilité pour les PDS).
La BI est égal 1100 euros. Le taux est égal à 20% (taux normal) et une TVA
déductible de 220 euros.
17 septembre 2022
Paiement le 17 septembre 2022 d’une note facturée au nom de la SASU, pour
l’hébergement en Belgique de Mme Cheffe, dans le cadre d’un déplacement
professionnel (300€ HT).
Réponse : TVA déductible. Opération imposable et imposée ? C’est une PDS à
titre onéreux réalisé par un assujetti en tant que tel (pas de cas d’exonération).
Ici, on a un élément d’extranéité car l’hébergement de la boss de notre société
se fait en Belgique. Ici, c’est une PDS particulière car c’est une PDS lié à un
logement. La TVA applicable correspond au lieu de situation de l’immeuble.
L’opération est soumis à la TVA Belge (21% selon notre annexe) mais la SASU
déduit en France et c’est elle notre cliente donc attention à ne pas confondre
c’est le régime français toujours mais avec le taux belge. Que prévoit le CGI
français ? On refait le raisonnement donc on en était à opération imposable et
imposée et ensuite on vérifie les 4 conditions. Celle qui pose problème, c’est
l’absence d’exclusion du droit à déduction et en matière d’opération de
logement, la TVA n’est pas déductible (206 annexe 2 CGI). Donc coef de 0 pour
le coef d’admission donc pas de TVA déductible.
19 septembre 2022
Dans le cadre d’un salon culinaire (tenu le 30 septembre), commande de matière
première (2.000€ HT, livrée le 27 septembre) pour la confection de mets servis
gratuitement aux invités du salon (prix de revient d’un petit-four servi à chaque invité
: 3€ HT).
Réponse : On a 2 opérations ici. D’une part à l’acquisition de la matière
première (TVA déductible) et d’autre part aux mets offerts aux participants du
salon. D’abord les mets offerts, c’est une opération de livraison à soi même
(car le fabricant c’est notre société et le consommateur c’est quelqu’un d’autre
que la société). En principe, la règle en la matière c’est qu’une livraison à soi
même est taxé quand la TVA a été déduite en amont. Or ce n’est pas n’importe
quel livraison à soi même car les mets sont offerts et on retient la qualification
de cadeaux ou échantillons si c’est 73 euros/objet/an/bénéficiaire. En l’espèce
c’est 3 euros HT donc c’est bon. En présence d’un cadeau de faible valeur,
notre société est admise à déduire la TVA en amont tout en bénéficiant d’une
exonération.
21 septembre 2022
Commande de mets par un particulier belge (prix catalogue : 800€ HT). La livraison
(prise en charge par la SASU) est intervenue le 24 septembre. Un rabais de 5% est
accordé.
Réponse : C’est une opération intracommunautaire avec un régime spécial à
connaitre par coeur, c’est le régime de la vente à distance.
Ce régime s’applique lorsque l’opération concerne un professionnel d’une part
à un particulier ou une PBRD d’autre part (personne bénéficiant d’un régime
dérogatoire comme les personnes morales de droit public ou personne
exonéré de TVA comme médecin) ; l’opération est entre EM de l’UE ; le bien
livré doit l’être par la société ; le bien livré n’est pas exclu du régime des
ventes à distance (les véhicules de transport de neuf et tout les biens qui font
l’objet d’un droit d’assise comme le tabac ou le pétrole).
On est en présence d’une vente à distance. Depuis le 1er juillet 2021, on se
demande si l’assujetti franchit un seuil de vente à distance (seuil unifié depuis
la date précédemment cité) de 10000 euros HT/an. Ce seuil s’apprécie pour
toutes les ventes à distance destiné à un ou plusieurs états membres de l’UE.
On additionne tout les pays du coup. Quand le seuil est franchit, on applique
la TVA du lieu de destination (pour éviter le forum shopping du côté de notre
société). Quand le seuil n’est pas franchit, on applique la TVA du lieu de départ
donc en France (sauf option pour faire l’inverse).
En l’espèce, c’est franchit. Donc on applique la TVA Belge (6%). Maintenant la
base imposable donc 800e - 5% de rabais = 700 e et le taux de 6% de TVA
Belge avec lequel on multiplie ça donne 46,5%. Comment se passe l’arrondie ?
Lorsqu’on parle de TVA brut (avant déduction de la TVA déductible), on garde
la virgule mais pour la TVA nette (après déduction de la TVA déductible) on
arrondit à l’entier le plus proche.
21 septembre 2022
Paiement de la prestation de transport de marchandises (cf question n° 10), dans les
conditions suivantes : transport Paris/Bruxelles : 20€ (310 km, dont 200 km en
France).
Réponse : TVA déductible (car dépense pour la société car elle prend en
charge mais via un tiers qui transporte) Notre preneur est il un assujetti ou
non ? Transport mis à la charge de la SASU (preneur professionnel). En
matière d’opération B to B, on applique la TVA du lieu du preneur en principe.
En matière de transport, on a cependant des règles particulières. Quand on est
en présence de transport de marchandises (259 A CGI), on applique la TVA du
lieu de départ de la marchandise donc TVA française. TVA déductible donc on
commence avec absence de fraude, présence d’une pièce justifiant l’opé et
enfin les coefficients (tous égal à 1). Avons nous une exclusion du droit à
déduction pour les dépenses de transport de marchandises ? Non
(contrairement aux transports de personnes sauf lorsque c’est le coeur de
l’activité ou pour déduire le paiement de ticket de péage). Enfin, le droit à
déduction est ouvert à la date à laquelle la TVA est exigible pour le prestataire
donc encaissement du prix (21 septembre). La BI est de 20 euros et le taux est
de 10% (transport de marchandise) et on calcul.
28 septembre 2022
Réception d’un courrier émis par un client, entré en liquidation judiciaire. Dans ce
courrier, le client informe la SASU qu’il ne sera pas en mesure d’honorer une dette
(commande de mets, livrés en juin 2022, grevée de 200€ de TVA).
Réponse : Concernant les créances irrécouvrables, il est nécessaire que le
non recouvrement soit certain. Cette certitude peut résulter de la situation du
client, du fait que le règlement a eu lieu avec un chèque volé, que le délai de
prescription est écoulé. Naturellement, la déclaration d’irrécouvrabilité doit
suivre plusieurs relances adressées au client. Dans cette phase de relance, on
renvoie au client un duplicata de la facture initiale surchargée d’une mention «
facture demeurée impayé e pour la somme de __ HT, et pour la somme de ___
TTC, qui ne peut faire l’objet d’une déduction. »
S’il y a une créance irrécouvrable, on constate une perte. Au 31 décembre N, à
la fin de l’exercice :
- On débite le compte 654 – Pertes sur créances irrécouvrables du montant HT
- On débite le compte 4551 – TVA à décaisser de la TVA correspondante
- On crédite le compte 411 – Clients ou 416 – Clients douteux et litigieux.
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Réponse en cours : Formellement, il faut un document qui référence la
numérotation initial de notre facture, il faut préciser qu’elle est annulé,
préciser la cause qui rend la créance irrécouvrable et enfin il faut préciser que
cela exclu le droit à déduction de la TVA pour la client. Sur le fond, il faut
justifier qu’il y a eu jugement d’ouverture de la PC.
Notre société va pouvoir exercer un droit à récupération. Ca signifie que
l’avance de TVA qu’il a fait au trésor public va être rembourser par cette
dernière (à ne pas confondre avec crédit de TVA quand TVA déductible est
supérieur à TVA exigible donc TVA nette négative et ici il y a remboursement
quand on a 700e minimum de TVA nette en régime réel normal. Dans l’autre
cas, c’est 150e minimum). Bref, pour notre cas on exerce cela le mois
prochain.
30 septembre 2022
a) Encaissement de pourboires reçus par la SASU (800€ HT).
Réponse : TVA exigible. Il y a trois conditions cumulatives pour pouvoir
qualifier un pourboire de vrai pourboire : le versement spontané, donc non
automatique, qui témoigne ici de l’intention libérale, ensuite le versement de
pourboire ne constitue pas la rémunération d’un service, et le prix n’est pas la
rémunération du service facturé par le théâtre, ou par le restaurant, le prix
n’est pas un élément de la rémunération du bénéficiaire du pourboire.
Ce sont de vrais pourboires donc hors champ de la TVA.
b) Par ailleurs, s’agissant de ceux reçus par les salariés de la SAS, directement
de la part des clients, il vous est demandé d’indiquer s’ils doivent être
déclarés au titre de l’IRPP.
Réponse : Cependant, les pourboires sont imposé à l’IR donc le bénéficiaire
doit les déclarer (exception pour les salariés de la restauration/hôtellerie/bar
qui gagnent moins d’un SMIC sans compter les pourboires, eux n’ont pas à
déclarer ces pourboirs, on qualifie ça d’un abattement à 100%, LPF 2022).
Questions d’autres personne (des amis qui pensent que je suis avocat
fiscaliste) :
1) Lucie, en troisième année de faculté de médecine, vous pose les questions
suivantes.
[Link] chirurgiens plastiques (chirurgie esthétique) sont-ils soumis à la TVA ? 261 C
CGI : Les prestations de service de santé sont en principe imposable à taux de
20%. Mais pour certaines prestations, c’est exonéré donc ça serait une opé
imposable mais non imposé. Pour les chirurgiens esthétiques, on distingue
entre actes thérapeutiques ou actes pour améliorer le physique. Dans le
premier cas, exonération et dans le second cas non. C’est l’administration
fiscal qui l’explique dans un rescrit (2012). On tranche grâce à la sécurité
social.
Question rajouté par la prof : Lorsque la prise en charge est partielle, on
maintient l’exonération. Quand le praticien cependant fait un devis avec des
opé autant prise en charge que non prise en charge, l’AF dit que si il y a
certaines ope non prise en charge alors plus d’exonération donc le médecin
fait différent devis.
[Link] vétérinaires sont-ils soumis à la TVA ? 261 C CGI : Les vétérinaires font des
opé imposable car PDS à titre onéreux par assujetti en tant que telle et imposé
car pas d’exonération. Les vétérinaires ne sont pas exonéré car la santé
humaine est la seule visé.
[Link] est le taux de TVA applicable aux prothèses médicales ? L'article L165-1 du
code de la sécurité sociale nuance selon le type de prothèse mais le régime de
droit commun prévoit l'application d'un taux normal de TVA de 20% aux
dispositifs médicaux et prestations de santé.
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261 C CGI : Le BOFIP nous dit que l’exonération s’applique par extension à
certaines fournitures de bien lorsque c’est le prolongement de l’acte médical.
Il en est ainsi des prothèses par les dentistes (261-4). Si c’est un médecin qui
fournit les prothèses, l’exonération devrait jouer. Mais si c’est un chirurgien
esthétique, l’exonération ne jouera pas forcément car ça dépend du but de
l’opération (purement esthétique ou faisant suite à un cancer).
Question de la prof : Quand le praticien n’a que pour activité la fourniture de
prothèse ? Dans ce cas, il perd sa qualité de professionnel libéral (du pdv du
droit fiscal) car il devient commerçant en réalisant des actes de commerce à
titre habituel. Du pdv de la TVA, on le considère commerçant et perd
l’exonération de la TVA.
[Link] consultations médicales réalisées par téléphone ou visio-conférence sont-elles
soumises à la TVA ? Qu’en est-il s’il s’agit d’un traitement par logiciel ?
CJUE 2019 = Le lieu est indifférent peu importe que la prestation de soin est
assuré au domicile du patient, cabinet du praticien etc
CJUE 5 mars 2020 = Les consultations par téléphone et visioconférence sont
exonéré de la TVA de 20%.
CE 29 décembre 2020 = Il faut pouvoir justifier d’une interaction entre le
praticien et le patient durant le visio ou l’appel au téléphone et dans ce cas,
c’est exonéré à 20%. L’exception c’est lorsque la prestation est mené par le
recours à un logiciel sans intervention de la personne humaine donc
application du taux normal de 20% car exonération écarté.
Depuis 1er octobre 2022, les téléconsultations ne sont plus remboursé à 100%.
Pas de conséquence pour nous car
2) Votre ami Hector souhaite réaliser son rêve : ouvrir un théâtre à Paris ! Il
pense qu’après une grande pose du secteur culturel, l’économie théâtrale
devrait être « juteuse », selon ses mots.
Il vous demande de lui exposer le régime de TVA applicable à ce secteur.
Fort heureusement, vous avez en mémoire l’article L. 110-1 du code de commerce
selon lequel les exploitants de théâtre sont considérés comme exerçant une activité
commerciale. Opération imposable et imposée (261 I = Les missions
désintéressé d’un but lucratif sont exonéré mais ici on l’écarte) Notion
d’assujetti surement donc il faut exercer une activité économique de manière
indépendante (commerçant entre dedans), une activité licite (exploitation d’un
théâtre) et il faut l’exercer dans un cadre professionnel.
Enfin la question du taux se pose. Le secteur culturel est par principe soumis
au taux réduit de 5,5%. A titre d’exception on peut faire jouer le taux super
réduit de 2,1% peut jouer aux 140 premières représentations (certains fraude
en changeant le nom de la représentation..).
On peut rappeler le régime de la franchise en base de TVA (certains chiffres
d’affaires ne sont pas dépassé donc pas de TVA) car il commence son activité.
Question de la prof : Quand est il de ce qui est payé aux auteurs dans le
théatre ? Comme tout auteur, ils bénéficient de la franchise en base avec un
seuil qui leur est propre (44500 comme les avocats). Quand il franchit ce seuil,
il relève de la TVA et bénéficie du taux de TVA réduit applicable à la culture
(5,5%). Toutes les oeuvres cultures ne bénéficient pas du taux réduit de 5,5
comme les oeuvres pornographiques et les spectacles de corrida.
3) Stéphanie est photographe.
Elle réalise des photographies lors de cérémonies de mariage. Elle vous interroge
sur le taux de TVA appliquer à ses prestations, qu’elles qualifient de véritables
chef-d’œuvres. La qualification ici est alternative donc c’est soit l’un soit l’autre les opérations
menées par des photographes. Si le photographe met en jeu son savoir faire profond, alors c’est une
prestation de service. Si c’est juste une prestation basique comme par exemple retouche d’une image
ou juste impression dans un papier spécial car le client a déjà pris en photo, alors on parle de
Enfin, selon l’article 278 CGi, les œuvres d'art bénéficient
livraison de bien corporel.
du taux de TVA à taux intermédiaire soit 10%
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Il y a un taux réduit de 5,5% (oeuvre culturel qu’on a vu juste avant) d’après la
CJUE (5 septembre 2019) si les clichés sont directement pris par l’auteur, doit
les avoir signé et numérotés dans la limite de 30 exemplaires et imprimé sous
son contrôle.
4) C’est désormais Clément, directeur général de la société A (spécialisée dans
la vente de produits d’hygiène), qui vous interroge.
De manière courante, il déduit la TVA afférente aux notes de restaurant présentées
par ses salariés. Pouvez-vous le rassurer ? Un arrêt du Conseil d’état de 2002 ‘’
Comité Colbert ‘’ a changé la donne (avant c’était pas le cas) que la TVA
accompagnant les dépenses de restaurations, réceptions, spectacle, sont
déductibles. Il faut respecter ensuite les conditions du droit à déduction donc
facture, absence de fraude, avoir une opération d’amont afférente à une
opération d’aval taxé (intérêt professionnel). Donc si les salariés ne le font pas
dans cet intérêt c’est mort.
Rappelons que les dépenses de logement du personnel sont exclus du droit à
déduction (coefficient d’admission = 0). C’était sur cette base que l’AF ne
voulait pas admettre la déduction de le TVA des dépenses de restaurants, de
réceptions et spectacles même pour des raisons professionnels. Un litige est
né et c’est le CE comité Colbert qui a réglé l’histoire a contredit l’AF.
Question de la prof sur les dépenses somptuaires : Déductible si l’opération
d’amont est afférente à une opération d’aval taxé (inviter un client c’est bon).
Clément envisage de faire acquérir par la société A un véhicule de covoiturage pour
assurer les déplacements des salariés de leur domicile au siège. Il souhaite savoir si
la TVA acquittée sera déductible. Ici (206 annexe 2 CGI) exclue du droit à
déduction les dépenses afférentes aux véhicules de transport de personne
même si le véhicule est utilisé pour les besoins de l’entreprise sauf quand
c’est le coeur de l’activité ou véhicule avec 9 personnes en excluant le
conducteur pour déplacer salarié sur le lieu de travail (donc véhicule de
transport de marchandise ça marche comme camion, camionette ou voiture
sans siège arrière) donc coef d’admission égal à 0.
Clément hésite à acheter un véhicule diesel ou essence (cf question précédente).
Du point de vue de la TVA, y a-t-il un intérêt à privilégier l’un ou l’autre de ces
carburants ?
Depuis le 1er janvier 2022, le régime d’essence est le même que le diesel, c’est
simplifié. Donc 0,8% pour véhicule de personne, donc la TVA qui frappe le
plein qu’il s’agisse d’essence ou de diesel ne pourra être déductible qu’a
hauteur de 80% de son montant (0,8 coef).
La société A va, pour la première fois, réaliser une acquisition intracommunautaire.
Le comptable a indiqué à Clément qu’il conviendra « d’autoliquider » la TVA.
Clément n’a pas osé lui avouer qu’il ne comprenait pas ce terme. Il vous demande
de lui expliquer et de préciser concrètement auprès de qui s’opère cette «
autoliquidation ». Vous indiquerez les conditions formelles requises.
Une acquisition intra communautaire c’est qu’on acquis un bien d’un etat
membre de l’UE vers la France. Opération imposable et imposé. Rappel : Une
livraison intracommunautaire (de la France vers un Etat membre de l’UE) à l’inverse c’est
imposable mais exonéré (exonéré de la TVA française attention). La même logique s’applique
pour l’importation et l’exportation. Précisons que si l’opé intéresse les DOM et TOM, pour des
raisons de distance, on les assimile à des Etats tiers assimilés.
L’autoliquidation c’est la question de savoir qui est le redevable de la TVA. En
régime interne le redevable est celui qui collecte la TVA, l’assujetti. En matière
d’importation, celui qui est redevable est l’importateur, l’acquéreur du bien
donc la société française. C’est l’autoliquidation de la TVA. Ça évite que le fisc
aille chercher la TVA chez un exportateur étranger. Depuis le 1er janvier 2022,
l’autoliquidation est pratiqué auprès de la DGFIP (on leur donne à eux).
D’un pdv de formel, il faut un justificatif de transport (depuis une décision de
2015 du CE, si les justificatifs sont produits par l’assujetti lui même, on
considère que les marchandises sont réputés livré donc l’AF aura la charge de
la preuve), l’assujetti dispose d’un numéro de TVA intracommunautaire et
enfin la facture mentionne “autoliquidation”.
Clément vous indique que la société A réalise des livraisons à destination de
particuliers établis dans l’Union européenne. Le montant de ces livraisons avoisine,
annuellement, 15.000€ HT. Pouvez-vous Il vous demande de lui exposer le régime
de TVA applicable à ces opérations.
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Clément vous informe que l’un des partenaires commerciaux avec lequel il a cessé
de contracter s’est vanté auprès de lui d’un montage frauduleux à la TVA
extrêmement lucratif, à l’occasion d’un dîner d’affaires. La soirée ayant été
particulièrement arrosée, le fraudeur a même envoyé, par mail à Clément, tout le
détail de son montage dit « carrousel ».
Clément n’en dort plus. Il craint d’être désormais « associé » à ce montage dont il a
été destinataire. Il envisage d’en aviser le fisc, à titre selon lui d’ « informateur
volontaire ». Que pouvez-vous lui conseiller ? Pourrait-il, comme il l’espère, tirer
avantage de cette information ? Il compte recevoir a minima la « reconnaissance »
du fisc !
La loi de finance pour 2017, les aviseurs fiscaux (balance) peuvent bénéficier
d’une indemnisation (R.10-0 A,C du LPF). Il faut que l’aviseur soit à découvert
(pas anonyme), ne doit pas appartenir à l’administration, la fraude dénoncé a
une sanction susceptible de 100 000 euros minimum et que les infos soient
suffisamment utiles (preuves notamment) pour l’AF.
La fraude à la TVA est elle éligible à l’indemnisation de l’aviseur ? Depuis la loi
de finance de 2020, c’est indemniser.
L’évaluation de l’indemnité a été fixé par un décret du 25 janvier 2021. On a 2
critères que sont le rendement des informations fournis (plus la sanction
potentielle contre le fraudeur sera lourde plus il est indemnisé sauf
dépassement de 1 million d’euros) et le risque encourus par l’aviseur.
Question de la prof : Si lui même était concerné par le montage frauduleux
quant est il ? Pas d’indemnité bien sur mais il ne sera pas condamné.
PARTIE 2 : TVA immobilière
Section 1 : TVA et cession d’immeuble
En 2010 (loi du 9 mars 2010), on a simplifié le régime de la TVA des cessions
immobilières. 2 objectifs : simplifier la loi et mise en conformité avec la directive TVA
de 2006.
Un premier principe général, c’est que lorsqu’elles sont réalisé par un assujetti en
tant que tel, les livraisons à titre onéreux d’immeuble entre dans le champ
d’application de la TVA (opération imposable par nature). De plus, la livraison d’un
immeuble c’est finalement une livraison de bien si bien qu’on peut s’en remettre au
régime commun qu’on connait (on le précise car avant 2010, il fallait qu’on soit en
présence d’une livraison de bien meubles corporels mais suppression du mot
meuble depuis).
Le cas le moins fréquent c’est le cas de l’opération imposable par détermination de
la loi comme les livraisons à soi même donc les promoteurs (la TVA sera applicable,
on le verra).
Quand est il des particuliers qui vendent un bien ? Sont il soumis à la TVA ? A la
base non, il est hors champ car ca relève de la gestion de son patrimoine personnel
(si c’est dans le cadre d’une SCI, ça ne change rien en principe sauf lorsque les
opérations sont telles que l’activité emporte requalification ou lorsque la SCI est
requalifié en société créé de fait car elle fait de la location meublé donc activité
commerciale sauf si ca représente que 10% du CA de la SCI mais on reviendra sur
tout ça plus tard) mais le particulier, en raison de son comportement, peut être
requalifié en professionnel de l’immobilier.
On explique la présomption simple du particulier qui gère son patrimoine personnel
car il exerce simplement son droit de propriété. Simple donc renversable lorsque le
particulier est assimilé à un investisseur professionnel et il en sera ainsi (la JP le dit
là) lorsque le particulier agit dans le cadre d’un objectif d’entreprise ou dans un but
commercial. C’est assez rare qu’une telle requalification ait lieu. Si c’est un
particulier qui agit, y compris par le biais d’une SCI, on considère qu’il agit dans la
gestion de son patrimoine privé et qu’il n’est pas assujetti.
La JP et la doctrine tracent une frontière entre deux possibilités :
- Particulier qui agit pour des besoins privés et va exercer son droit de propriété
- Le particulier qui va comporter comme un investisseur professionnel
Le bofip s’en remet à un faisceau d’indices pour caractériser l’investisseur
professionnel : Il en est ainsi lorsque l’investisseur effectue des opérations dans le
cadre d’un objectif d’entreprise ou dans un but commercial.
Les critères de l’objectif d’entreprise :
- Caractère répété des opérations sur une fenêtre de temps restreinte
- Plus-value dégagée à raison des opérations et les moyens mis en œuvre
- Si les moyens mis en œuvre sont importants en volume et en coût, il va
pouvoir être assimilé à un investisseur professionnel.
Pour qualifier un commerçant, il faut satisfaire un certain nombre de critères :
- Participer à la réalisation d’actes de commerce
- Achat pour revente d’immeubles (négoce)
- Il faut mener cette activité à titre habituel
- À titre professionnel :
● indépendant (à ses risques et périls, sous sa propre responsabilité) et
● caractère lucratif (volonté de dégager un profit)
Parmi les obligations qui incombent au commerçant, on a l’inscription au RCS et
même s’il ne s’est pas inscrit, on devient commerçant de fait. Un particulier peut être
qualifié de commerçant de fait. On peut lui opposer sa qualité de commerçant mais
lui ne peut s’en prévaloir – il subit toutes les conséquences alors même qu’il ne
pourra pas profiter des avantages de ce statut. Conséquences Soumission aux
impôts commerciaux (TVA en l’espèce).
Ex : Particulier hérite de différents terrains qu’il a scindé en différents lots puis
revendus en dégageant une plus-value-importante. Soumission à la TVA ?
Réalisation d’actes de commerce ? Pas de négoce parce qu’il n’y a pas d’achat pour
revente, il a reçu par voie de succession.
On peut voir si le particulier s’est comporté comme un investisseur professionnel. La
doctrine a été mise à jour en 2012 (loi de 2010) et instruction du 29 décembre 2010.
De ces deux sources, on peut retenir plusieurs enseignements :
- Le particulier reçoit des terrains par succession ou donation et les revend par
la suite agit dans le cadre de son patrimoine privé d’exercice de son droit de
propriété, il est présumé ne pas réaliser une activité économique. Il est donc
hors champ de la TVA, il n’est pas un assujetti
- Voie de succession : particulier fait un lotissement en scindant ses terrains
pour en tirer un meilleur prix Il a optimisé sa situation pour en tirer un meilleur
prix. Pas suffisant, il s’est comporté en bon père de famille.
L’impôt qui va s’appliquer sont les droits de mutation à titre gratuit (droit
d’enregistrements spécifiques aux donations).
CE, 9 juin 2020 : En présence d’un particulier qui a une activité professionnelle dans
les opérations qu’il mène et se considère non-assujetti. Ce particulier a une activité
d’arboriculteur, il a donc besoin de terrains en 1997. Quelques années plus tard, il
part à la retraite et décide qu’il tirerait un meilleur profit en coupant tous les arbres et
en faisant viabiliser (réseaux d’électricité, gaz …) et faire passer en terrain
constructible. Il a donc transformé les terrains en lots à construire. Terrains revendus
en 2011/2012. N’a pas déclaré la TVA. Redressement contesté. Juges du fond
défavorables. Le CE a considéré que la cession de ces terrains à bâtir relevaient de
la TVA en raison des démarches actives de commercialisation foncière.
L’A° s’en remet à un faisceau d’indices. Dans cette décision, uniquement un seul
indice (indice prépondérant et suffisant en soi). En l’espèce, la viabilisation
(raccorder un terrain aux différents réseaux) des parcelles qui représente 40% des
prix de vente des lots.
Toutes les cessions d’immeubles relèvent-elles de la TVA ?
Dépend de si l’immeuble est ancien ou neuf. Un immeuble ancien est achevé depuis
plus de 5 ans.
Une cession entre particuliers d’immeubles anciens relève-t-elle de la TVA ? Non.
Problème de champ. La cession entre particuliers ne relève pas du champ
d’application de la TVA.
Vente par professionnels d’un immeuble ancien ? Par principe, on est en présence
d’une opération imposable mais en l’espèce elle est non imposée. Bénéficie d’une
exonération inscrite à l’art 261 5° CGI. Option pour la TVA possible. Pourquoi opter
pour la TVA ? Pour rétablir la chaîne de TVA. Si l’on bénéficie d’une exonération, la
TVA acquittée est non déductible (TVA sur travaux, TVA sur acquisition …). Si la
TVA n’était pas déductible en amont, il faut régulariser la TVA. L’option permet
d’obtenir la déduction a posteriori de la TVA d’amont.
Pour régulariser, il faut :
- Il faut être en présence d’une immobilisation (pour les biens meubles, c’est
500€)
- Condition de délai : pour une immobilisation immobilière, on régularise sur 20
ans et pour une immobilisation mobilière, on régularise sur 5 ans.
Si l’assujetti opte pour la TVA, on a deux types de taxation possibles :
- Taxation sur la marge : On ne taxe que le profit. Vient réduire l’assiette de la
TVA, on ne taxe pas le prix de vente, mais la différence entre prix de vente et
prix d’achat. Conditions :
● Le cédant a acheté le bien à un assujetti : Donation et achat à un
particulier ne donne pas qualité d’assujetti à celui qui vend à notre
cédant
● Acquisition n’a pas ouvert droit à déduction de la TVA : acquisition
initiale a été exonérée de TVA (ex : immeuble ancien).
Coefficient de déduction est inférieur à 1. Si l’immeuble est en partie
affecté à un usage privé, le coefficient d’assujettissement est inférieur à
1 dans ce cas. (Coefficient d’assujettissement, taxation [exonération ou
non], admission [exclusion ou non]) Régime intéressant, l’assiette est
réduite donc TVA aussi donc plus compétitif.
- Si la taxation sur la marge n’est pas remplie, on applique le régime de la
taxation sur le prix total.
Cession entre particuliers d’immeubles neufs, y a-t-il de la TVA ?
Opération non imposable, on est hors champ de la TVA sauf investisseur
professionnel.
Immeuble neuf vendu par un professionnel auprès d’un autre professionnel ou
particulier ?
TVA parce que champ d’application Imposable. Est-elle toujours imposée ? Taux de
20% quand imposable et imposé. Les logements d’habitation sociaux bénéficient
d’une exonération de TVA.
Cession de terrains à bâtir entre particuliers relève de la TVA ? Non. Opération
non imposable sauf JP CE 2020. Mais soumission à des droits d’enregistrement En
l’absence de TVA, le taux normal des droits d’enregistrement est de 5,8% (pas
toujours en fonction des départements).
NB : Quand on cède des droits sociaux, on distingue actions et parts sociales :
- Actions (Art 726 CGI), le taux de 0,1%. Il faut que la cession d’actions soit
inscrite dans un acte et que les titres ne soient pas cotés. Pas de droits
d’enregistrement sur la cession de titres cotés sauf si enregistré dans un acte,
vise le cas de la cession d’un bloc de titres (pour avoir le contrôle). Si acte,
droits d’enregistrement de 0,1% pour le cessionnaire. L’acte peut comprendre
des garanties de passif par exemple.
- Parts sociales, le taux est de 3%. Il y a un abattement spécial de 23 000€
proportionné à la détention cédée. Ex : 20% des titres – 23 000€ x 20% =
4600€. Exception au taux de 3% Particularité pour les sociétés à
prépondérance immobilière – majorité d’actif représenté par des immeubles.
La cession de parts de SCI relève du taux de 5%. On cherche à se
rapprocher des 5,80% - pour qu’il n’y ait pas de différence entre PP et SCI.
Si les terrains sont vendus par un professionnel ?
Oui, il y a de la TVA. Terrain à bâtir est un terrain sur lequel des constructions
peuvent être autorisées, en application du Code de l’urbanisme ou application d’un
PLU. Taux des terrains à bâtir. Le taux de TVA est de 20%. La base imposable
repose sur le régime de taxation sur la marge sous réserve de remplir les conditions
suscitées (lorsque l’acquisition initiale du terrain n’a pas ouvert droit à déduction
uniquement donc au final une seule condition quoi) et sur le prix total de cession à
défaut (terrain acquis auprès d’un particulier, on a pas de DAD).
Lorsque la condition est remplie, on applique la TVA sur la marge et les droits
d’enregistrement au taux de 5,8%. Si la condition n’est pas remplie, la base est le
prix de cession entier et le taux des droits d’enregistrement est de 0,715%.
Section 2 : TVA et location d’immeuble
I/ TVA et loyer à usage d’habitation
Les locations à usage d’habitation sont en principe exonérées de TVA (Art 261).
L’exonération tombe si :
- Le secteur hôtelier : Prestation d’hébergement dans les hôtels
- Prestations para-hôtelières : Locations meublées conclues par le biais d’une
plateforme d’intermédiation. Il faut 3 prestations parmi : service de réception,
service de linge, prestations de nettoyage et fourniture de petit-déjeuner.
Dans ce cas la prestation d’hébergement relève de la TVA.
Possibilité de requalification si société civile : TVA, IS et CET.
Locations à usage d’habitation louée à des professionnels
Ex : Logements de fonction. Exonération de TVA applicable. La destination importe,
si c’est à usage d’habitation, il y a exonération.
Location de place de parking
L’accessoire suit le principal. Toutes les fois où la place de stationnement est
l’annexe d’un local à usage d’habitation, la place de stationnement bénéficiera de
l’exonération, à défaut il faudra frapper la TVA si l’on rentre dans le champ
d’application.
II/ Les loyers commerciaux
Peu importe que les locaux soient loués nus ou meublés. Loyers commerciaux
concernent les loyers professionnels qui font l’objet d’un bail commercial. Par
principe, ces loyers relèvent de la TVA qui est frappée à un taux de 20%. Sauf
application du régime de franchise en base de TVA.
Il faut remplir un certain nombre de conditions pour frapper la location de TVA :
Le local doit être muni de mobilier, matériel ou qu’il présente des
caractéristiques qui lui permette l’exercice d’une activité professionnelle.
Ex : Locaux à usage de réunion, bureau. Quid d’un cours de tennis ? Oui, les
cours de tennis lorsqu’ils font l’objet d’une rémunération d’une redevance
horaire ou saisonnière feront l’objet de TVA, la location est frappée de TVA.
Les salles de spectacle dont les murs sont détenus par un propriétaire et mis
en location par l’exploitant du théâtre. Oui l’activité d’exploitation d’un théâtre
est commerciale.
En fiscal, peu importe l’application des baux commerciaux, si c’est un local
commercial (utile à l’exercice d’une activité commerciale – première
condition), c’est suffisant pour faire entrer la location dans le champ
d’application de la TVA. Quand un médecin loue un local, la location sera
frappée de TVA mais il ne pourra déduire la TVA acquittée en raison de
l’exonération du secteur médical.
SCI relève de la TVA à raison des loyers qu’elle facture ? Le principe est que si elle
effectue uniquement des locations nues, c’est une activité civile, la SCI ne relève
pas de la TVA. Par exception, si elle réalise des prestations para-hôtelières et/ou à
titre de sanction (activité principale est meublée) elle sera soumise à la TVA par
exception.