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Sujets Froit de La Famille

Droit de la famille

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CAMPUS CAMEROUN

DROIT DE LA FAMILLE
SEANCE DE PREPARATION SESSION NORMALE 2020

Première partie – Questions théoriques

Question 1- Un mariage polygamique contracté avant la dissolution d'un premier mariage est-il
valable ? (6 pts)

La réponse à cette question varie selon le système matrimonial choisi lors du premier mariage. (1pt)

Si le premier mariage est monogamique alors le second mariage est nul. (2,5 pts)

Si le premier mariage est polygamique alors le second mariage est valable. (2,5pts)

Question 2 - Distinguez devoir de secours et devoir d'assistance

Les devoir de secours et d'assistance supposent l'existence d'un mariage valable. Ce Sont des modes
de soutien réciproques des conjoints. Ils sont cependant distincts ;

- Le devoir de secours existe dans les rapports patrimoniaux. Il consiste pour l’époux(e)
nanti(e), de soutenir financièrement son conjoint qui se retrouve dans le besoin. (1,5pt)

- Le devoir d'assistance se manifeste dans les rapports personnels. II consiste pour l'un des
époux à apporter les soins affectifs à son conjoint psychologiquement affecté par la maladie,
le deuil, ou tout autre malheur. (1,5pt)

Question 3 - Quatre mois après la dissolution de son mariage avec Monsieur Brice, Madame
Belle a contracté un nouveau mariage avec Monsieur Alfred. Ce second mariage est-il valable ?
Si oui ou non, pourquoi ?

Une femme peut-elle se remarier quatre mois après la dissolution de son précédent mariage ?

En droit camerounais, la femme ne peut se remarier que si elle respecte une période d'au moins 180
jours (6 mois) pour la veuve et 300 jours (10 mois) pour La divorcée : c'est, ce qu'on appelle le délai
de viduité. La violation de cette règle n'entraine cependant pas la nullité du mariage célébré qui reste
valable. Le délai de viduité vise juste á éviter un éventuel enfant conçu par cette femme d'avoir deux
pères. (2pts)

Dans le cas d'espèce, Madame Belle s'est remariée quatre mois seulement avant la dissolution de
son précédent mariage.

Conclusion : Le second mariage de Madame Belle est valable. (1pt)

Question 4 - En dehors de leurs consentements réciproques, dites et expliquez méthodiquement


quelles autres conditions de fond sont requises pour la célébration du mariage de deux personnes
majeures en droit camerounais.

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Le consentement et la majorité des futurs époux sont des conditions essentielles à la formation de
leur mariage. Mais elles ne sont pas les seules en droit camerounais. D'autres conditions de fond
sont également exigées et concernent à la fois la personne des époux et les modalités du mariage.
(2pts)

I- LES CONDITIONS RELATIVES A LA PERSONNE DES EPOUX

Deux conditions sont requises :

- Les futurs époux doivent être de sexes différents. (1,5pt)

- Les futurs époux ne doivent pas avoir de lien de parenté. (1,5pt)

II- LES CONDITIONS RELATIVES AUX MODALITES DU MARIAGE

Plusieurs conditions sont requises :

- Les mariages successifs et non dissous doivent être compatibles (3pts)

- Le mariage doit faire l'objet de publicité. (3pts)

Méthode (1pt)

Présentation générale du devoir (1pt)

Question 5 - Comparez succinctement les notions suivantes : Il s'agit ici pour l'étudiant de dire ce
qui les rassemble et les différencie.

- Fiançailles et concubinage : faits juridiques constatant l'union d'un homme et a une femme
hors du monde du mariage (1 pt). Les fiançailles reposent sur l'intention de se marier (1 pt),
le concubinage a pour fondement la volonté de vivre ensemble sans pour autant s'enfermer
dans les liens du mariage (1 pt).

- Divorce et séparation de corps : deux formes de désunion de couple marie, de démariage (1


pt). Le divorce est la dissolution du mariage du vivant des époux (1 pt) tandis que la
séparation de corps opère un relâchement du mariage qui autorise les époux à vivre
séparément (1 pt).

- Mariage in extremis et mariage posthume : mariages célébrés sans la présence des deux
époux (1 pt). Dans le premier l'un des conjoints est en péril imminent de mort (1 pt) alors que
dans le second, l'un des conjoints est décédé (1 pt).

Question 6 - La preuve du mariage en droit camerounais - Dissertation (11pts)

Introduction

Définition du mariage, de la prévue. La spécificité du contexte camerounais tenant à la consécration


du mariage coutumier à côté du mariage civil.

Problème juridique : quels sont les moyens, les modalités de prouver un mariage ? (Comment
peut-on prouver l'existence d'un mariage ?). Le législateur camerounais pose un principe qui admet
une exception.

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I- LE PRINCIPE : LA PREUVE DU MARIAGE PAR L'ACTE DE MARIAGE

Cet acte est selon les cas soit inscrit sur le registre de l'état civil soit transcrit.

A- L'INSCRIPTION DU MARIAGE CIVIL (2 pts)

Selon l'article 194 du code civil de 1804, « nul ne peut réclamer le titre d'époux et les effets civils
du mariage, s'il ne représente un acte de célébration inscrit sur le registre de l'état civil ».

L'acte de mariage est une preuve préconstituée qui seule permet, de ne pas confondre le mariage et
le concubinage. A l’issue de la célébration du mariage l’OEC dresse l’acte de mariage sur le champ.
L'acte est signé par tous les intéresses (époux, témoins). Il remet aux époux le livret de famille.
L’application de ce principe en droit camerounais n'est pas aisée dans la mesure où le mariage
coutumier est valable.

B- LA TRANSCRIPTION DU MARIAGE COUTUMIER (3 pts)

Certes, le législateur impose que le mariage coutumier soit transcrit dans les registres d’Etat civil du
lieu de naissance ou de résidence de l’un des époux mais le problème de la détermination de
l'importance de cette tonalité demeure entier.

La transcription est-elle constitutive d'état de marié ou seulement constitutive de preuve d'état de


marié?

Controverse de la doctrine camerounaise sur ce point.

La jurisprudence camerounaise, après avoir fait de l'enregistrement une condition de validité du


mariage coutumier, s'est reprise pour ne plus y voir qu'une simple modalité de preuve, validant ainsi
la thèse probatoire (CA 28 sept 1953, RP 1955, p. 39; CS 13 mars 1965, arrêt n° 32, Bull n° 12 p.
1032).

II- L'EXCEPTION : LA PREUVE DU MARIAGE PAR LA POSSESSION D'ETAT

Cet état de fait (nomen, fama, tractatus) étant constitué par les intéressés eux-mêmes, ne peut en
aucun cas leur à prouver leur union (art. 195, C. Civ 1804). Les enfants, dont le mariage
conditionne la légitimité, doivent, en principe, l'établir selon les mêmes modes que les époux eux-
mêmes (2pts).

Cependant, la preuve du mariage par la possession d'état d'époux est admise dans deux cas (1 pt)

Article 196, C. civ : cas où les époux ont un acte de mariage irrégulier. La possession d'état pourra
servir de complément de preuve en assurant au mariage une publicité suffisante pour couvrir
certains cas de nullité.

Article 197, C. civ : cas où les enfants cherchent à établir leur filiation alors que les parents sont
décédés. La possession d'état d'époux de leurs parents peut être invoquée par les enfants.

Dans le cas d'espèce, Monsieur Blaise et Mademoiselle Sophie se sont maries sans publication des
bans.

Conclusion : Le mariage célébré entre Monsieur Blaise et Mademoiselle Sophie reste valable
malgré le défaut de publication des bans (1pt)
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Question 7 - Quel est le sort qu'un second mariage célébré avant la dissolution d'un premier
monogamique ?

Aux termes de l'article 147 de l'ordonnance de 1981, un second mariage célébré avant la
dissolution d'un premier monogamique est nul et de nullité absolue (1pt) pour bigamie (1,5 pt).

Dans le cas d'espèce, Monsieur Blaise a épousé Mademoiselle Sophie avant la dissolution de son
premier mariage monogamique avec Madame Claire.

Conclusion : Le second mariage de Monsieur Blaise est nul et de nullité absol pour bigamie, (1pt)

Question 8 - Un mariage célébré sans respect du délai de viduité est-il valable ?

Le droit camerounais a prévu que l'épouse, à la dissolution de son mariage, respecte un délai
minimum de cent quatre-vingt (180) Jours, c’est-à-dire six mois avant de se remarier : c'est le délai
de viduité. Mais il ne s'agit que d'un empêchement dirimant qui n'entraine pas la nullité du nouveau
mariage : celui-ci reste valable car le délai de viduité n'a pour but que d'éviter la conclusion de
paternités d'un enfant qui viendrait à naitre. (2,5pt) Dans le cas d'espèce, Madame Yolande a épousé
le collaborateur de son défunt mari Juste quatre mois après le décès de ce dernier.

Conclusion : Le second mariage de Madame Yolande est valable (1pt)

Présentation (1pt), Méthodologie (1pt)

Question 9 - (8 points) Les fins de non-recevoir sont des moyens de défense permettant de
déclarer une action irrecevable pour défaut de droit d'agir.

L'étudiant pourrait distinguer les moyens communs aux quatre nullités d'une part et les moyens
spécifiques à chacune d'autre part. Mais cette option déséquilibrerait la structure du plan. Aussi
peut-il présenter distinctement chacune des actions en nullité ou encore les regrouper selon les deux
types de nullités (relative et absolue).

En ce qui concerne la première hypothèse, l'étudiant traitera essentiellement de la prescription qui


est de 5 ans pour les nullités relatives (défaut d'autorisation parentale et vice de consentement) et
de 30 ans pour les nullités absolues (impuberté et clandestinité). En ce qui concerne les moyens
spécifiques, l'étudiant gagnerait à les présenter successivement ou en les regroupant par type de
nullité.

I- LES FINS DE NON-RECEVOIR DES NULLITES RELATIVES

Ici la prescription quinquennale est une fin de non-recevoir commune à ces deux nullités relatives
(la nullité pour défaut d'autorisation parentale et la nullité pour vice de consentement).

1- L'action en nullité pour vice de consentement n'est plus possible dès que l'époux dont le
consentement avait été vicié a volontairement cohabité pendant 6 mois avec son conjoint à
partir du moment où il a eu connaissance de l'erreur ou que la violence a cessé (1 pt).

2- L'action en nullité pour défaut d'autorisation des parents est couverte pour les époux un an
après leur majorité, pour les parents un an après le moment où ils ont eu connaissance du
mariage (1 pt).

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De même les parents ne peuvent l'invoquer s'ils ont approuvé le mariage. Cette approbation
peut être expresse ou tacite. La ratification tacite résulte de tout acte, parole ou attitude qui
implique l'approbation ou la résignation devant le fait accompli (par exemple la présence des
parents comme témoins à la naissance d'un enfant du couple, l'acceptation d'être
parrains, si les parents ont reçu le jeune ménage.). (1 pt)

3- Néanmoins dans le cas de nullité pour défaut d'autorisation, l'étudiant doit tenir compte du
fait qu'il y a deux séries d'intéressés. De sorte que la confirmation expresse par l'époux
devenu majeur n'engage que lui et ne fait pas obstacle à l'action des parents s'ils sont encore
dans les délais. En revanche, la ratification expresse des parents consolide définitivement le
mariage, qui ne peut plus alors être attaqué par l'époux, une fois majeur (1pt)

II- LES FINS DE NON-RECEVOIR DES NULLITES ABSOLUES

Pour les deux nullités absolues (la nullité pour impuberté et la nullité pour clandestinité), c'est la
prescription trentenaire qui est une fin de non-recevoir commune.

1- L'action en nullité pour impuberté n'est plus possible d'une part lorsqu'il s'est écoulé 6 mois
depuis que l'époux ou les époux ont atteint l'âge de la puberté (1 pt), d'autre part lorsque la
femme, qui n'avait pas l'âge légal, est enceinte (1 pt).

Cet événement démontre que l'annulation du mariage n'est plus justifiée, la condition de
puberté étant remplie. Toutefois, l'étudiant doit bien préciser que la grossesse de l'épouse
impubère ne couvre pas l'impuberté du mari. De même que le consentement donné par l'un
des parents au mariage d'un impubère l'empêche de demander la nullité de ce mariage (1 pt).

2- L'action en nullité pour clandestinité est couverte à l'égard des époux par la possession d'état
constante d'époux renforcée par l'acte de mariage (1 pt). Ainsi la nullité pour vice de forme
dans la célébration du mariage, étendue par la Jurisprudence à tous les vices de forme du
mariage lui-même, ne peut plus être invoquée par les époux, s'ils vivent notoirement comme
mari et femme (art. 196, C. civ). La possession d'état est une fin de non-recevoir à l'action en
nullité quand elle est intentée par l’un des époux ; l'action reste par contre ouverte aux autres
personnes (1 pt).

Sujets probables

1- Comparez le sort de la dot en cas de rupture des fiançailles et en cas de divorce ? (3 points)

2- Discutez cette disposition de l'article 302 du Code civil applicable au Cameroun: Les enfants
seront confiés à l'époux qui a obtenu le divorce, à moins que le tribunal (...) n'ordonne, pour
le plus grand avantage des enfants, que tous ou quelques-uns d'eux seront confiés aux soins,
soit de l'autre époux, soit d'une tierce personne. (5points)

3- Quelle est la force de la présomption pater is est à l'égard du mari, de la mère et du tiers qui
se prétend le véritable père ? (5 points)

4- Madame ANTIIONY vient vous voir afin que vous l'éclairiez sur le point de savoir Si elle
peut faire annuler par un tribunal l'acte de vente d'un immeuble commun effectue par son
époux sans son consentement, alors même que l'article 1421 du Code civil dispose que: « Le

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mari administre seul les biens de la communauté. Il peut les vendre, aliéner et
hypothéquer sans le concours de la femme ». (4points)

5- Quelles sont les fins de non-recevoir (possibilités de couverture) des actions en nullité
suivantes: de consentement, d'autorisation des parents, défaut vice impuberté et clandestinité.
(8points)

Les différentes causes de nullité qui entachent le mariage (5pts)

En réalité il n'y en a qu'une : l'impuberté. Le problème est de savoir si le mariage d'un impubère de
14 ans peut être annulé. Aux termes de l'article 52 de l'Ordonnance de 1981, « aucun mariage ne
peut être célébré si la fille est mineure de 15 ans ou le garçon mineur de 18 ans, sauf dispense
accordée par le Président de la République ».

L'inobservation de cette condition de fond entraine la nullité absolue du mariage qui peut être
intenté, par tout intéressé. Il s'agit d'une nullité absolue. Pourtant l'article 185 du code civil prévoit
une importante exception en ce que l'action en nullité n'est plus possible lorsqu'il s'est écoulé 6 mois
depuis que les époux ont atteint l'âge de la puberté ou lorsque la femme qui n'avait pas l'âge légal est
enceinte.

En l'espèce, si Johanna BOOZA'A n'est plus impubère (elle est âgée de 17 ans). Samuel
MAKASSO âgé de 14 ans l'est au moment de la célébration de leur mariage le 10 mars 2009. Par
ailleurs Samuel n'est aujourd'hui âgé que de 15 ans et demi alors que l'âge légal de la puberté est de
18 ans pour le garçon.

En conclusion : Le mariage de Johanna ct Samuel peut être annulé pour impuberté. Cette nullité
peut être invoquée devant le juge pendant 3 ans au moins (ie 18 ans de Samuel plus 6 mois).

NB : Il est précisé très clairement dans l'énoncé du cas pratique que « les parents des deux époux,
qui avaient consenti à cette union, décident de recevoir le jeune couple pour les aider à régler
leurs différends. Sans succès! » Ne se pose donc pas de problème de défaut d'autorisation des
parents au mariage d'un mineur.

1- La dissolution du mariage d'Elisabeth pour adultère (3pts)

La question est : que peut faire Elisabeth face à l'attitude de son mari qui entretient des relations
intime avec une autre femme ?

Selon l'article 230 du code civil, « la femme pourra demander le divorce pour cause d'adultère de
son mari ». Cause péremptoire de divorce en droit écrit, l'adultère l'est également en droit
traditionnel. La demande est formée sur le fondement d'un adultère qui est prouvé. La preuve de
l'adultère se lait par tous moyens notamment, constats, témoignage.

Par ailleurs, selon l'article 232 du Code civil, l'injure, cause facultative de divorce se décompose en
trois éléments : il faut, d'une part, une faute, constitutive d'excès, sévices ou qu'elle rende intolérable
le maintien de la vie commune.

Dans notre cas pratique, Johanna BOOZAA a appris par une collègue de son mari que ce dernier
fréquente intimement la belle Christiane ATANGA, étudiante en première année de droit à l'UY II.
L'intimité suppose des relations sexuelles. Par ailleurs, cette faute se situe bien dans le mariage et

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sur les conseils avisés de son amant, Elisabeth a fait constater par un huissier les frasques de son
mari.

En définitive, Elisabeth peut demander le divorce soit pour adultère de son mari en se fondant sur
l'article 230 du C.civ, soit pour injures en se basant sur l'article 232 du C.civ.

2- La force juridique des causes de divorce (2pts)

NB: Selon que l'étudiant a retenu l'adultère ou les injures, la réponse à la question de savoir si le
juge est tenu de prononcer ce divorce sera soit :

a) L’adultère étant une cause péremptoire de divorce, tous les pouvoirs d'appréciation sont retiré
au juge, Par conséquent, une fois l'adultère prouvé, le juge n'a pas d'autre choix que de
prononcer le divorce.

b) L'injure étant une cause facultative de divorce, une possibilité d'appréciation de l'opportunité
de prononcer le divorce est laissée au juge. Par conséquent, le juge n'est pas tenu de
prononcer le divorce.

NB : Compte tenu du fait que les TD ont été dispensés ce semestre, la méthodologie du cas
pratique est de rigueur ! L'étudiant ne méritera le maximum des points que si les réponses
sont précises, la terminologie juridique et la méthodologie maitrisées. Les éléments de
correction ne sont qu'une indication, même à réponses semblables, les copies ne sont jamais
identiques.

Prof . Thérèse Atangana Malongue.

Bonne chance à tous !!!

CORRECTION

Question 1- (3pts) Après avoir défini la dot comme l'ensemble des cadeaux fait à la famille de la
fiancée par la famille du fiancé en vue du mariage (1 pt), l’étudiant devra noter que le sort de la dot
diffère selon qu'il s'agit de la rupture des fiançailles ou de la dissolution du mariage.

En cas de rupture des fiançailles, la dot doit être immédiatement restituée indépendamment de
l'attitude de son bénéficiaire (art. 71, Ord. 1981). Ainsi, celui qui reçoit à titre de dot en reste
dépositaire jusqu'à la célébration du mariage (1 pt).

Par contre en cas de divorce, le bénéficiaire de la dot ne peut être condamné à son remboursement
total ou partiel que s'il porte en tout ou partie la responsabilité de la désunion (art. 73, Ord 1981.)

Question 2 - (5 points) L'article 302 du Code civil applicable au Cameroun pose les critères
d'attribution de la garde des enfants en cas de divorce (1 pt).

Cet article 302 du Code civil lie la garde au profit du divorce ; de sorte qu'en principe, c'est le
parent au profit de qui le divorce a été prononcé qui obtient la garde des enfants. L'étudiant
développera en envisageant les différentes hypothèses : si ce principe s'applique aisément lorsque le
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divorce est prononcé aux torts exclusifs d'un conjoint, il en est différemment lorsque le divorce est
prononcé aux torts réciproques des deux époux (1,5 pt).

Toutefois le second membre de l'article 302 du Code civil prévoit un critère accessoire : le tribunal
peut ordonner dans l'intérêt des enfants (la notion de plus grand avantage de l'enfant préfigure
celle de l'intérêt de l'enfant), que leur garde soit confiée aux soins, soit de l'autre époux (ie l'époux
coupable), soit d'une tierce personne. Bien plus, les juges camerounais ont su très vite retenir « le
plus grand avantage » des enfants comme le vrai critère d'attribution de la garde (C.S, 18 juin
1963, arrêt n° 76; C.S 27 avr.. 1965, arrêt n° 40 ; C.S 8 juill. 1976). (1,5 pt)

Cette pratique judiciaire est, tout à fait, conforme aux instruments internationaux relatifs aux droits
de l'enfant et ratifies par l'Etat du Cameroun (on peut citer la Convention sur les droits de l'enfant
de 1989, la Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant de 1990). C'est qu'en effet une
personne peut avoir été un mauvais époux et avoir encouru les torts du divorce, par exemple pour un
adultère, et se trouver cependant être un bon parent, peut-être plus apte à assurer 1l'éducation des
enfants que l'autre conjoint. Dans l'appréciation de l'intérêt des enfants, le juge est souverain (1 pt).

Question 3 (5 points) - L’étudiant doit donner le sens de la présomption pater is est qui fait du mari
de la mère, le père de son enfant.

Selon l’article 312 du Code civil applicable au Cameroun, « l'enfant conçu pendant le mariage a
pour père le mari de sa mère ». Sa portée est tributaire de la qualité de la personne contre laquelle
on l’invoque. A l'égard du mari, la présomption de paternité du mari n'est pas une présomption
irréfragable. La loi détermine, en effet, les cas dans lesquels cette présomption peut être combattue.
En revanche, la présomption pater is est, est irréfragable à l'égard de tout autre que le mari et
notamment à l'égard de la mère ou du tiers qui se prétend le véritable père.

1- La réfragabilité de la présomption pater is est à l'égard du mari

L'étudiant doit développer les points suivants :

- La présomption de paternité lie le mari et ses héritiers qui doivent considérer l'enfant comme
légitime. En l'état actuel de notre droit, seul le mari a la possibilité de renverser la
présomption de paternité: on dit qu’il a le monopole du désaveu. Et ce n'est qu'à titre
exceptionnel que l'enfant pourra être désavoué.

- La présomption pater is est peut être renversée par l’action en désaveu de paternité, qui est
enfermée dans des délais et des conditions extrêmement sévères.

2- L’irréfragabilité de la présomption pater is est à l'égard des tiers.

L'étudiant doit développer les points suivants ;

- La présomption de paternité est un droit pour le mari qui s'impose aux tiers.

- La notion de tiers ici englobe aussi bien la mère de l'enfant que le père prétendu

- Les tiers ne peuvent en l'état actuel de notre droit, la faire tomber.

- Et le cas échéant, le mari dispose d'une action pour obtenir le rétablissement de la


présomption.

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Question 4: (4 points) La réponse à ce mini cas pratique permet de vérifier si l'étudiant à compris le
mécanisme du contrôle de conventionalité des lois (art 45 de la Const). Si l'acte de vente respecte
bien l'article 1421 du Code civil (pas nécessité du consentement de l'épouse en cas de vente d'un
bien commun par le mari) (1 pt).

Il n'en demeure pas moins qu'une telle disposition est manifestement contraire à la CEDEF ratifiée
et publiée par l’Etat du Cameroun. De sorte que Madame ANTHONY peut faire annuler par un
tribunal l'acte de vente pour contrariété a la CEDEF (la disposition étant discriminatoire à l'égard
des femmes) (2pt).

Par deux arrêts, la Cour Suprême du Cameroun a consacré d'une part et de manière générale, la
compétence des juges judiciaires à exercer le contrôle de conventionalité des lois (CS 15 juillet
2010, arrét n'21/Civ, affaire Michel Zouhair Fadoul contre Omais Kassim Séelecta SARL, inédit)
d'autre part et de manière plus spécifique (Cs, Ord. N° 498 du 5 novembre 2013) (1pt).

Deuxième partie – Cas Pratique

Cas pratique 1

Monsieur et Madame EBO se sont mariés en 2005 sous la forme polygamique à la mairie de
Yaoundé 5 devant un public venu nombreux malgré le défaut de publication des bans. Mais après
six années de vie commune en tant que couple marié, Monsieur EBO perdit son emploi. I1 devint
alors agressif et physiquement violent envers son épouse qui continuait, malgré tout à le supporter.
En 2013, alors qu'il venait de retrouver un travail, Monsieur EB0 rencontra la jeune et sulfureuse
NDOLO. Il décida, avec l'accord de cette dernière, de l’épouser en secondes noces contre le gré de
Madame EBO qui trouvait cet enfant incapable de s’occuper d'un foyer conjugal. Malgré tout, les
fiançailles furent scellées. Pour éviter tout scandale de l'épouse avant leur mariage, les deux fiancés
se retrouvaient régulièrement dans un hôtel d'une ville voisine où ils passaient parfois plusieurs
nuits.

1- Madame EBO, qui ne voulait pas cohabiter avec Mademoiselle NDOLO, pouvait-elle
demander le divorce pour adultère ? (3pts)

Le 1er septembre 2016, le mariage fut célébré sans versement de la dot à la grande et
désagréable surprise de la famille de Mademoiselle NDOLO alors âgée de vingt ans. La
première épouse qui subit encore et davantage les humiliations de son mari, décide d'agir.
Elle vient vous consulter afin d'avoir les réponses juridiques aux questions suivantes :

2- Outre l'adultère, dispose-t-elle d'un autre moyen d'obtenir le divorce devant le TGI ? (3pts)

3- A défaut de divorce, peut-elle demander la nullité du second mariage pour :

a) Défaut de publication des bans ? (2pts)

b) Non versement de la dot ? (2pts)

c) Défaut de consentement des parents de NDOLO ? (2pts)

Présentation 2pts Méthodologie indispensable

Corrigé du Cas pratique


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1- Une épouse peut-elle demander le divorce pour adultère de son conjoint avec sa fiancée ?
(1pt)

En droit camerounais, l'adultère est défini comme le fait d'entretenir des relations intimes avec une
personne autre que son conjoint même si cette personne est la fiancée. (1pt)

Dans le cas d'espèce, monsieur EBO a eu des relations intimes avec sa fiancée NDOLO alors qu'il
était encore marié à sa première épouse.

Conclusion: Madame EBO pouvait demander le divorce pour adultère.

2- Un conjoint peut-il obtenir le divorce devant le TGI pour un motif autre que l'adultère ?
(0,5pt)

En droit écrit camerounais, l'adultère n'est pas la seule cause de divorce. Il en existe d'autres dont
l'une est péremptoire et les autres facultatives, Parmi ces dernières, on peut citer les sévices graves
lorsque par exemple l'un des conjoints exerce de la violence insupportable sur son partenaire. (1pt)

Dans le cas d'espèce, Monsieur EBO est régulièrement et physiquement agressif à l'égard de son
épouse.

Conclusion : Madame EBO peut obtenir le divorce pour sévices graves. (0,5pt)

3- a) Un mariage peut-il être annulé pour défaut de publication des bans ? (0,5pt)

Aux termes de l'article 192 du code civil, le défaut de publication des bans n'est pas une cause de
nullité du mariage. Il ne peut entrainer que le paiement des amendes par les conjoints et l'officier
d'état civil qui a célébré le mariage. (1pt)

Dans le cas d'espèce, le second mariage aurait été célébré sans publication des bans.

Conclusion : Madame EBO ne peut pas demander la nullité du second mariage pour défaut de
publication des bans. (0,5pt)

3 - b) Un mariage peut-il être annulé pour non versement de la dot ? (0,5pt)

En droit camerounais, le versement, de la dot n'est pas une condition de formation du mariage. Il ne
peut par conséquent, constituer un cas de nullité du mariage. (1pt)

Dans le cas d'espèce, Monsieur EBO a convolé en justes noces avec Mademoiselle NDOLO sans
avoir versé la dot à sa famille.

Conclusion : Madame EBO ne peut pas demander la nullité du second mariage de son époux
pour non versement de la dot. (0,5pt)

3 - c) Une épouse peut-elle demander la nullité du second mariage de son mari pour défaut de
consentement des parents de sa coépouse ? (0,5pt)

En droit camerounais, le défaut de consentement, des parents d'une enfant mineure entraine la
nullité de son mariage célébré. Il s’agit cependant d'une nullité relative qui ne peut être soulevée que
par les parents de la fille ou son conjoint exclusivement. (1pt)

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Dans le cas d'espèce, Monsieur EBO a épousé mademoiselle NDOLO âgée de vingt ans, sans le
consentement des parents de cette dernière.

Conclusion : Madame EBO ne peut pas demander la nullité du mariage de son époux avec
mademoiselle NDOLO pour défaut de consentement des parents de cette dernière. (0,5pt)

N.B: Présentation 2pts

Cas pratique 2

Monsieur Mamane s'est marié en deuxièmes noces à mademoiselle Ocarly le 5 juillet 1999 sous la
forme polygamique alors qu'il avait longtemps vécu en concubinage avec Maeva qu'il a brutalement
quittée quelques mois avant son mariage. Ocarly ignorait l'existence de cette union qui a produit
deux enfants. Mais quelques années plus tard, le couple ne s'entend plus parce que Ocarly a
découvert que Mamane a secrètement renoué avec son ancienne concubine, mère de ses enfants. Le
mari, qui avoue avoir épousé sa femme juste pour rendre Maeva jalouse, veut se séparer d'elle ce
d'autant plus qu'elle ne lui a donné aucun enfant.

1- Peut-il demander le divorce pour adultère ? (3pts)

De son côté, Maéva finit par se marier à Mamane en 2010 sous la forme monogamique. Eprise de
jalousie, elle décide alors de demander la nullité du premier mariage de son époux célébré sous la
forme polygamique en 1982 alors que Mispa, sa première épouse toujours vivante, était Agée de 16
ans selon les déclarations de son père à la mairie le jour de la célébration du mariage.

2- Aura-t-elle gain de cause ? (4pts)

3- Mispa qui avait toléré l'adultère de son mari avec Maeva avant le deuxième mariage de ce
dernier, peut-elle revenir à la charge ? si oui comment ? sinon pourquoi ? 4pts

Choqué par la procédure engagée par sa troisième épouse, Mamane a contracté une nouvelle
relation amoureuse avec mademoiselle Sophie qu'il ne s'est pas fait prier pour épouser. Le 17 mai
2017, le mariage fût célébré,

4- Se souvenant qu'ils n’ont pas publié les bans lors de leur mariage, doivent-ils s’inquiéter
du sort de leur mariage ? (3pts)

De son côté, Clément, riche homme d'affaires et frère de Mamane, s'est marié à mademoiselle
Yolande en 2009. Mais le 20 février 2016, Clément est décédé des suites d'un AVC après avoir
découvert la relation extra conjugale qu'entretenait son épouse avec son collaborateur. Quatre mois
seulement après le décès de son mari, et alors qu'elle était enceinte de cinq mois, la veuve a
contracté mariage avec ledit collaborateur.

5- Ce mariage est-il valable ? (4pts)

Présentation 2pts

CORRIGE

1- L'époux qui entretient une relation amoureuse avec une autre que son épouse peut-il
demander le divorce pour adultère ? (0,5pt)

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En droit camerounais, il y a adultère lorsque l'un des conjoints entretient une relation amoureuse ou
sexuelle avec une personne que son partenaire de vie. Cependant, ce n'est que le conjoint trompé qui
a le droit d'engager la procédure. L'auteur quant à lui ne peut le faire car nul ne peut se prévaloir de
sa propre turpitude. (1pt)

Dans le cas d'espèce, Monsieur Mamane a commis l'adultère et demande le divorce pour ce motif.
(0,5pt)

Conclusion : Monsieur Mamane ne peut pas demander le divorce pour adultère, (1pt)

2- Le mariage d'une fille âgée de 16 ans est-il valable ? (0,5pt)

En droit camerounais, l’âge requis pour se marier est de 21 ans. L’article 52 de l’ordonnance du 29
juin 1981 précise qu'aucun mariage ne peut être célébré si la fille est mineure de 15 ans. Elle ne peut
se marier à l'âge de 16 ans que si ses parents ont donné leur consentement. (2pts)

Dans le cas d'espèce, Mispa s'était mariée à l'âge de 16 ans en présence de son père qui ne s'y est pas
opposé. (0,5pt)

Conclusion : Le mariage de Mispa est valable. (1pt)

3- Un second mariage peut-il être avant la dissolution d'un premier polygamique? (0,5pt)

Il ressort des dispositions combinées du code civil et de l'ordonnance de 1981 qu'après un premier
mariage polygamique non dissous, aucun autre ne peut être célébré s’il est également polygamique.
Dans les cas contraires, le second mariage est nul pour bigamie. (2pts)

Dans le cas d'espèce, Mamane a épousé Maeva sous la forme monogamique alors qu’il était encore
engagé dans un premier mariage polygamique non dissous avec Mispa.

Conclusion: Mispa peut demander la nullité du second mariage pour bigamie. (1pt.)

4- Un mariage célébré sans publication des bans est-il valable? (0,5pt)

Il ressort des dispositions du code civil camerounais que la célébration d'un mariage doit être précédée de la
publication des bans. Mais il s'agit d'un simple empêchement prohibitif qui n'entraine pas la nullité du
mariage. Les parties sont seulement tenues au paiement d'une amende. (1pt)

Dans le cas d'espèce, Mamane et Sophie se sont mariés sans publier les bans. (0,5pt)

5- Un mariage célébré sans respect du délai de viduité est-il valable? (0,5pt)

Le droit camerounais a prévu que l'épouse, a la dissolution de son mariage, respecte le délai minimum de
cent quatre-vingt (180) jours, c'est-à-dire six mois avant de se remarier : c'est le délai de viduité. Mais il ne
s'agit que d'un empêchement dirimant qui n'entraine pas la nullité du nouveau mariage : celui-ci reste valable
car le délai de viduité n'a pour but que d'éviter la confusion de paternités d'un enfant qui viendrait à naître.
(2pts)

Dans le cas d'espèce, Madame Yolande a épousé le collaborateur de son défunt mari juste quatre mois après
le décès de ce dernier. (0,5pt)

Conclusion - Le second mariage de Madame Yolande est valable. (1pt)

Présentation (2pts)

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Cas Pratique 3

1- Pourquoi son ami prétend-t-il qu'il est toujours marié à Irène alors qu'il lui a annoncé la rupture
devant le grand public à l'aéroport ? (2pts)

Question de l'influence de l'annonce d'une rupture du lien matrimonial en public par un des conjoints sur le
mariage.

En droit camerounais, les modes de rupture du mariage du vivant sont-fixés par la loi. Dans cette liste ne se
trouve pas la séparation de fait.

Dans le cas d'espèce, l'annonce fait à l'aéroport qui est une simple séparation de fait n'a aucun effet sur le
lien matrimonial et Julien et Irène restent mariés.

C'est pour cela que son ami affirme à bon droit qu'il reste marié à Irène.

2- Qui est juridiquement le père de Julienne ? Comment s'est établi le lien de Questions de la
filiation d'un enfant né d'une femme mariée plusieurs années après filiation ? (2pts)

Question de la filiation d’un enfant né d’une femme mariée plusieurs années après le départ du mari en
mission et celle des modalités d'établissement du lien de filiation.

L'enfant né pendant le mariage a pour père le mari. Juridiquement, Jules est le père de Julienne.

Le lien de filiation légitime à l'égard du père résulte de la déclaration de la naissance de la mère à l'état civil
et de la mise en œuvre de la présomption pater is est d'après laquelle l'enfant conçu, né ou dont la gestation a
eu lieu pendant le mariage est l'enfant légitime du mari.

Dans le cas d'espèce, la gestation et la naissance de Julienne ayant eu lieu pendant le mariage de Jules et
Irène, le lien de filiation s’est établi par la déclaration de la naissance légitime du mari à l'état civil par Irène.

3- Une telle filiation peut-elle être contestée ? par quelle technique juridique (2pts)

Question de la mise en cause du lien de filiation légitime.

Bien que très forte la filiation légitime peut être contestée. La technique juridique mobilisable est l'action en
désaveu.

4- Quel est le statut de Julien ? Justifiez votre réponse (2pts)

Question du statut d'un enfant né d'une femme mariée pendant le mariage.

L'enfant né d'une femme mariée durant le mariage a pour père le mari.

Dans le cas d'espèce, julien est né dans les six premiers mois du mariage de sa mère et est par conséquent
légitime.

Julien a le statut d'enfant légitime.

5- La démarche de contestation de la filiation de julienne a-t-elle des chances d'aboutir ? (2pts)

Question des modalités de contestation d'une filiation légitime.

L'action en désaveu doit être intentée dans le mois de la naissance de l'enfant si le mari était sur place ou
dans les deux mois de son retour s'il était absent.

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Dans le cas d'espèce, il s'est écoulé plus de deux mois depuis que Jules a été informé de la naissance de
Julienne. L'action est dès lors irrecevable.

Par conséquent, la démarche de contestation de la filiation de julienne n'a aucune chance d'aboutir.

6- Si l'ami de Jules a raison, par quelle technique juridique met-on fin à un mariage au Cameroun
du vivant des époux ? (2pts)

Question des modes de rupture du mariage du vivant des époux.

Le divorce, rupture du lien conjugal pour des causes déterminée et par décision du juge est la seule
technique de dissolution du mariage du vivant des époux.

7- Jules a-t-il des bases juridiques pour mettre fin à son mariage d'avec Irène? (2pts)

Question des causes à invoquer pour le divorce

Parmi les causes de divorces admises en droit camerounais se trouve l'adultère qui est une violation du
devoir de fidélité.

Dans le cas d'espèce l'infidélité d'Irène peut être établie par la naissance d'un enfant conçu pendant que son
mari était en mission.

Jules peut donc invoquer l'adultère d'Irène pour obtenir le divorce.

8- Irène peut-elle attaquer le mariage de Jules d'avec Mélanie ? Sur quelle(s) base(s) ? (2pts)

Question de remise en cause d'un mariage célébré en violation de l'engagement de monogamie.

En droit camerounais, il y a bigamie lorsqu'un homme marié contacte un mariage sous quelque forme que ce
soit avant la dissolution du précédent. La bigamie est une cause de nullité du mariage.

Dans le cas d'espèce, Jules a épousé Mélanie alors qu'il était encore marié sous la forme monogamique avec
Irène.

Irène peut donc attaquer le mariage de Jules et Mélanie pour bigamie

9- Décrivez la procédure à suivre pour mettre juridiquement fin à un mariage valable au Cameroun
du vivant des époux. (4pts)

La procédure de divorce lest fonction de la juridiction saisie.

Devant la juridiction de droit traditionnel (TPD), le juge est directement saisi par requête et ouvre les débats.
(1pt)

Devant la juridiction de droit moderne, la procédure commence par une requête en vue de la conciliation
devant le Président du Tribunal ou un Magistrat qu'il délégué à cet effet. S’il concilie les parties, la
procédure s'arrête. S’il n'y parvient pas il peut les renvoyer pour une nouvelle tentative pour un délai ne
dépassant pas six mois.

S'il n'y a pas conciliation, le juge autorise la partie diligente à assigner devant le Tribunal. Il statut sur les
mesures provisoires comme la séparation de résidence, la provision ad litem etc.

Questions théoriques

1- Le sort de la dot en cas de rupture des fiançailles

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Aux termes de l'article 71 (2) de l'ordonnance du 29 juin 1981, celui qui reçoit la dot est tenu à restitution
immédiate si le mariage ne s'en suit pas y compris en cas de rupture des fiançailles. (2pts)

2- La nature juridique du mariage

Le mariage est à la fois un acte juridique dans sa forme et une institution dans ses effets. (1pt)

Il est un acte juridique et plus spécifiquement un contrat en ce sens que sa célébration constitue une
manifestation de la volonté des époux de se voir imposer des effets de droit. (0,5pt)

Cas pratiques

1er cas pratique - La validité d'un mariage célébré alors que le garçon et la fille sont mineurs

Problème juridique 1: Quel est le sort d’un mariage célébré alors que l'un des mariés n'avait pas encore
atteint l'âge requis ?

Aux termes de l'article 52 (1) de l'ordonnance du 29 juin 1981, si un mariage est célébré alors que la fille
n'a pas encore 15 ans ou le garçon 18 ans sans dispense du Président de la République pour motif grave,
alors il est nul pour impuberté. La nullité peut cependant être couverte soit par la grossesse de la fille (cette
grossesse ne couvre cependant pas l'impuberté du garçon), soit parce que six mois se sont écoulés depuis
que le mineur a atteint l'âge de la puberté.

Dans le cas d'espèce, Jacques s'est marié le 20 juin 2008 à l'âge de 17 ans et a atteint l'âge de la puberté
depuis plus de 6 mois sans que ses parents demandent la nullité de son mariage.

Conclusion: Les parents de Jacques ne peuvent plus demander la nullité du mariage de leur fils pour
impuberté. (3pts)

Problème juridique 2: Quel est le sort d'un mariage célébré alors que les parents des enfants mineurs
n'ont pas donné leur autorisation ?

En droit camerounais, le mariage des mineurs est conditionné par l'autorisation préalable des parents. Sinon
le mariage est nul pour défaut de leur consentement. Cependant, les parents ont un (1) an pour demander la
nullité à partir de la connaissance du mariage ou un (1) an pour l'enfant à partir de sa majorité civile qui est
de 21 ans.

Dans le cas d'espèce, les parents de Jacques ont été informés du mariage de leur fils le 25 décembre 2010 et
sept mois plus tard, ils veulent demander la nullité de ce mariage.

Conclusion : Les parents de Jacques peuvent demander la nullité du mariage de leur fils, défaut de leur
consentement. (3pts)

Cas Pratique 4

1- La violation des obligations dans le mariage (2pts)

Problème juridique : A quelles obligations se soustrait-on lorsqu'on ne participe pas aux dépenses du
foyer et lorsqu'on entretient des rapports intimes avec quelqu'un d'autre que son conjoint ?

Aux termes des articles 212 et suivants du Code civil, parmi les obligations imposées aux époux, i y a le
devoir de fidélité impose aux deux époux et la contribution aux charges du mariage qui n'est reconnu à la
femme que si elle exerce une activité professionnelle différente de celle de son mari (art. 75 (1) ord. 1981).

Dans le cas d'espèce, Mme BELL, qui travaille, ne participe pas aux dépenses dans son foyer. De plus, elle
trompe son mari avec son voisin Jojo.
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Conclusion : Mme BELL se soustrait aux obligations de contribution aux charges du ménage et de
fidélité.

2- Les causes de divorce (3pts)

Problème Juridique : Quelles sont les motifs qui peuvent conduire deux époux à rompre leur union par le
divorce ?

En droit camerounais, il existe une règle jurisprudentielle selon laquelle l'option de Juridiction emporte
option de législation. Elle signifie que si les parties saisissent les juridictions de droit traditionnel, il leur est
fait application de la coutume. Devant les juridictions de droit écrit il existe deux catégories de causes de
divorce : les causes péremptoires parmi lesquelles l'adultère (c'est-à-dire le fait d'entretenir des relations
intimes avec quelqu'un d'autre que son conjoint) et les causes facultatives qui comprennent d'une part les
sévices tels que la bastonnade et d'autre part les injures telles que l'alcoolisme.

Dans le cas d'espèce, Mme BELL trompe son mari avec leur voisin tandis que M. BELLE, ivrogne, la bat
régulièrement.

Conclusion : M. BELLE peut demander le divorce pour adultère de son épouse. Mme Belle peut
demander le divorce pour sévices et injures de son mari.

Cas pratique 5

1- La validité d'un mariage célébré sans la publication des bans ni autorisation du supérieur
hiérarchique est-il-valable ?

En droit camerounais, la non publication des bans ct le défaut d'autorisation du supérieur hiérarchique sont
des empêchements simplement prohibitifs qui n'entrainent pas la nullité du mariage. Les parties peuvent
seulement encourir des amendes et des dommages-intérêts dans le premier cas et des sanctions dans le
second cas.

NB : L'étudiant mérite ses points s'il développe l'idée selon laquelle le défaut de publication des bans peut
entrainer la clandestinité (cause de nullité) du mariage en cas d'intention frauduleuse avérée des conjoints.

Dans le cas d'espèce, le mariage de Marie aurait été célébré sans publication des bans et sans autorisation du
supérieur hiérarchique.

Conclusion : Le mariage de Marie ne peut être annulé pour non publication des bans et défaut
d'autorisation du supérieur hiérarchique.

2- La validité d'un mariage célébré avant la dissolution d'un premier monogamique (2pts)

Problème juridique : Le mariage polygamique célébré avant la dissolution d'un premier monogamique
est-il valable ?

Aux termes de l'article 63 de l'ordonnance du 29 juin 1981, un mariage célébré, quelle que soit sa forme,
avant la dissolution d'un premier monogamique est nul pour bigamie nonobstant l'autorisation de la première
épouse parce qu'il s'agit d'une nullité absolue du mariage pour atteinte à l'ordre public et aux bonnes mœurs
(art. 6 du code civil).

Dans le cas d'espèce, sur autorisation de sa première épouse Marie, Simon a épousé Aicha en secondes
noces sous la forme polygamique alors qu'il n'avait pas encore rompu son premier engagement contracté
sous la forme monogamique.

COURAGE A TOUS !!!


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