0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
56 vues76 pages

Défis de la souveraineté et immunité des États

Pdf

Transféré par

gvrpmp6r9r
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
56 vues76 pages

Défis de la souveraineté et immunité des États

Pdf

Transféré par

gvrpmp6r9r
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

PARTIE1 : les défis de la souveraineté nationale face aux mandats d’arrêt

internationaux : analyse juridique des immunités et des responsabilités des


chefs d’état
Depuis Jean Bodin, la souveraineté a été théorisée comme un pouvoir absolu appartenant
à l’Etat et au pouvoir royal. La souveraineté nationale est un principe fondamental du droit
international, garantissant à chaque État le droit de gérer ses affaires internes sans
ingérence extérieure21. Cependant, l'émission de mandats d'arrêt internationaux,
notamment ceux émis par la Cour pénale internationale (CPI), soulève des tensions
significatives entre les principes de souveraineté et les exigences de la justice pénale
internationale La mise en cause du mythe de la souveraineté absolue : un affaiblissement
dans la Nation, une disparition dans l’Etat 22 . Lorsqu'un mandat d'arrêt est émis contre un
chef d'État, cela peut être perçu comme une atteinte à la souveraineté nationale, suscitant
des réactions de résistance et de refus de coopération de la part des États concernés. Ces
derniers peuvent invoquer leur droit à l'autodétermination et à l'absence d'ingérence dans
leurs affaires intérieures, arguant que la poursuite de leurs dirigeants pourrait déstabiliser
leur gouvernement et compromettre la sécurité nationale. Ainsi, la mise en œuvre des
mandats d'arrêt internationaux met en lumière un dilemme complexe 23. A ce propos le
mandat d’arrêt international Cela représente un défi pour le principe de l’immunité(1) ,
C'est ce qui a contribué àl’affaiblissement du principe de l’immunité en faveur de justice
pénal international (2)

21
- Jean Bodin, Les Six Livres de la République. De Republica libri sex. Livre second –
Liber II, éd. de Mario Turchetti, 2020 [Link]
22
- Casses, Antonio. International Criminel Law. Oxford University Press, 2003.
23
- Paola Gaeta, "Does President Al-Bashir Enjoy Immunity from Arrest?" Journal of International Criminal
Justice , 2009, pp. 315–332
CHAPITRE 1 : la confusion entre la souveraineté de l’état et la personnalité de
son chef
Dans le cadre de ce chapitre nous allons tout d’abord , aborder la distinction entre
l’immunité personnelle ( rationepersonae ) et immunité ( matérielle rationaemateriae) nous
allons principalement identifier dans ce stade les bénéficiaires de la première forme
d’immunité appelée aussi immunité « absolue » a cause de son domaine d’application
étendue24 mais avant toute il convient d’aborder les fondements de cette immunité
absolue des chefs d’état . cette immunité concerne toute conduite de représentant de
l’état en cause alors que l’immunité rationemateriae est limitée aux actes accomplis dans
l’exercice de fonctions officielles et cela pour laisser la place a l’identification du champ
d’application matérielle de l’immunité et l’étude de certains problèmes comme la
distinction entre les actes de fonctions et actes privés a une analyse ultérieure .en ce qui
concerne les bénéficiaires . Les deux formes d’immunité différent en ce sens que l’immunité
rationepersonae est réservée a un nombre limité de hauts responsables en exercice, tandis
que l’immunité rationemateriae couvrirait les représentants de l’état dans leur ensemble et
survivra même après la fin de leurs fonctions. Le chef d’état jouirait d’une large immunité
rationepersonae tant qu’il exerce ses fonctions25, certains auteurs soutiennent que pendant
l’exercice des fonctions il jouit à la fois des deux formes d’immunité qui fusionnent ou
coexistent en quelque sorte pendant son mandat. Mais une fois qu’il aurait quitté le
pouvoir il continuera de bénéficier d’une immunité rationemateriae plus limitée 26. Cette
immunité absolue accordée aux chefs d’état a longtemps constitué un obstacle a l’émission
des mandats d’arrêt internationaux les dispensant ainsi de toute poursuite pénale et les
protégeant des conséquences judicaires liées aux crimes graves commis dans l’exercice de
leurs fonctions officielles . Alors en convient à ce stade de la réflexion de nous interroger sur
les fondements de ce principe de l’immunité absolue du chef d’état (section 1) avant d’en
préciser l’affaiblissement du principe en faveur de justice pénale international (section 2)

24
[Link] bassiouni interduction to criminal law , 2nd Revised Edition (International Criminal Law,

1), Martinus Nijhoff Publishers, pp289/319 [Link]

id=6J5J8voczuIC&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false
25
Chetail, Vincent. Droit international pénal. 2ᵉ éd., Presses Universitaires de France, 2020.

Gaeta, Paola. "Les immunités des chefs d'État et le droit pénal international." Revue de science criminelle et de
26

droit pénal comparé, no. 3, 2009, pp. 611–625


Section 1 : la personnalisation de la souveraineté de l’état

L’immunité absolue des chefs d’état repose sur des principes historique et juridiques visent
à protéger la souveraineté des nations a travers leurs représentants les plus hauts
éminents. Ce principe, ancré dans l’historie des monarchies absolues et des systèmes de
gouvernements contemporains, vise a garantir que les chefs d’état puissent exercer leurs
fonctions sans crainte d’intervention judicaire externe. dans cette section, nous explorons
tout d’abord les origines et la définition du principe ( Paragraphe 1 avant d’examiner son
encadrement juridique a travers les règles du droit international (paragraphe 2 )

Paragraphe1 : l’idée de souveraineté, expression de l’absolutisme de souverain

Le concept de l’immunité des chefs d’état constitue un élément central au droit


international, visant à protéger les dirigeants en exercice contre les poursuites judicaires et
les arrestations a l’étranger ce principe souvent comme un pilier de la souveraineté.
Nationale repose sur l’idée que les chefs d’état pouvoir exercer leurs fonctions sans crainte
d’interférences judicaires favorisant ainsi la stabilité des relations internationales. à ce
propos27, L’immunité des chefs d’état est régie par plusieurs instruments juridiques
internationaux. Notamment, la convention de vienne sur les relations diplomatiques dans
l’article 29 « le personne d’un agent diplomatique est inviolable et qu’il ne peut être
soumis a des arrestations ou a des détentions » 28 , par ailleurs , la convention de vienne sur
les relation consulaires de 1963 « accorde des protections similaires aux agents consulaires
, bien que celles-ci soient moins étendues que pour les diplomates» le droit coutumier ,
confirmé par la cour internationale de justice dans l’affaire Arrest warrant (2002) , reconnait
l’immunité des chefs d’état pour les actes accomplis dans l’exercice de leurs fonctions
officielles29 . en ce qui concerne la responsabilité pénale des chefs d’état, le statu de Rome
de la cour pénale international de 1998 précise en son article 27 que la qualité du chef
d’état et de gouvernement ne peut servir d’immunité face a des poursuites pénales
affirmant ainsi le principe que les dirigeants peuvent être tenus responsables pour des
crimes graves .
27
Ascensio, Hervé. "L’immunité des chefs d’État en droit international." Revue générale de droit international public, vol. 105,
2001, pp. 319

28
Dugard, John. "Droit diplomatique et consulaire : La Convention de Vienne de 1961 et la Convention de Vienne de 1963."
Annuaire français de droit international, vol. 9, 1963, pp. 503–517.

29
Gaeta, Paola. "Les immunités des chefs d’État et le droit pénal international." Revue de science criminelle et de droit pénal
comparé, no. 3, 2009, pp. 611–625
Ces textes illustrent la complexité des normes d’immunité dans les relations internationales
et soulignent la tension entre la protection des représentants d’état et la nécessité de
rendre compte des violations du droit humain. a ce propos , le monde a vue toujours des
graves atteints aux droits de Lhomme , la lutte pour ces droits n’est jamais cessé et ce qui
rend ces crimes encore plus graves c’est lorsqu’il est commis par les chefs d’état qui
représentant le sommet de la hiérarchie du pouvoir qu’il considère comme l’incarnation
de l’état qu’il symbolisait et il n’y avait des lors pas de raison d’opérer une distinction entre
la souveraineté de l’état et le statu de souveraineté ce qui aggrave encore la situation ,
c’est que le chef d’état bénéfice de privilèges et d’une immunité absolue reconnus dans
tous les traités et conventions internationales ce qui empêche toute poursuite a son
encontre 30 en droit international comme dans les ordres juridique nationaux coexistent
dans plusieurs modes , modes conventionnels ainsi aux modes non-conventionnels
occupent une place importante . Ces derniers sont consacrés par l’article 38 du statu de la
cour pénale internationale de justice qui range parmi les sources du droit international « la
coutume internationale comme preuve d’une pratique générale, acceptée comme étant le
droit »31. Ce bref rappel de la définition de la coutume internationale n’est pas sans
importance dans la mesure où que la coutume qui est à l’ origine de l’instituions de
l’immunité. si on en appelle souvent a la notion de courtoisie internationale en tant que
fondement « non juridique » pour justifier la règle de l’immunité de juridiction en général ,
en revanche , l’on considéré sans ambigüité que l’immunité de juridiction pénale relève du
droit coutumier dans la mesure ou celui-ci répond a « une prise de conscience juridique
collective de la nécessité sociale » mais l’on considère alors , en même temps que cette
immunité coutumière est elle-même née d’agissement émanant de sujets de droit
international32 . À cet égard l’immunité coutumière trouve sa première justification dans le
concept de la souveraineté qui est un fondement juridique nécessaire mais non
indispensable 33
30
Dupuy, Pierre-Marie. Droit international public. Dalloz, 2012.

31
Ascension, Hervé. "L'immunité des chefs d'État en droit international." Revue générale de droit international
public, vol. 105, 2001, pp. 289–319

32
Kohen, Marcelo. "La coutume internationale et le rôle de la Cour internationale de justice." Revue belge de droit
international, vol. 34, no. 1, 2001, pp. 401–421.

33
Gaeta, Paola. "Les immunités des chefs d’État et le droit pénal international." Revue de science criminelle et de
droit pénal comparé, no. 3, 2009, pp. 611–625
.loussouran et bourelstipulent dans leur ouvrage de droit international privé qu’ « à l’origine,et
cette motivation est encore perceptible dans beaucoup d’arrêts récents, les grands principes
traditionnels du droit des gens tirés de la souveraineté , de l’indépendance et de l’égalité des
états, ont constitué les fondements généraux et principaux de l’immunité de juridiction »34 , en
effet , l’immunité de juridiction de l’état est influencée par l’immunité dont bénéficiait la
personne du souverain national , cette situation était particulièrement celle des juridictions de
« commonlaw » notamment au Royaume-Uni « le roi ne peut pas être poursuivi devant ses
propres tribunaux » , il ya un exemples jurisprudentiel très ancien qui exprime avec exactitude
cette notion en tant que fondement de l’immunité absolue des hauts responsables d’état .
l’affaire de Haber contre the queen of Portugal (1851) le juge Campbell , a déclaré : « tout d’abord
, il est constant , si l’on s’en tient aux principes généraux , (…) qu’une action ne peut être intentée
devant aucun tribunal anglais contre a un souverain étranger pour une action ou une omission
commise par lui dans l’exercice de ses fonctions officielles en tant que représentant de la dont il
est le chef , et qu’aucun tribunal anglais n’a compétence pour admettre des plaintes formulées
contre lui a ce titre (…) citer un souverain étranger devant une juridiction nationale pour un motif
lié a ses fonctions publiques est contraire au droit des gens et constitue une injure dont il peut
légitimement prendre grief » 35Des lors que l’immunité de juridiction des chefs d’état relève du
droit coutumier, il faut admettre que cette règle fait non seulement partie du droit international
mais il constitue également une règle autonome par rapport a d’autres normes issues de modes
conventionnels ce que confirme l’article 38vsu statut de la cour international de justice en parlant
de « preuve » d’une pratique générale acceptée « comme étant le droit » 36. Cette règle
coutumière tire sa force obligatoire de l’accord et de la volonté des états. Elle correspond a un
équilibre des forces et des volontés internationales en présence. Enmatièred’immunité, c’est la
protection légale des souverainetés des états telle que prévue par la charte des nations-unies .ce
derniers et partant tous les chefs d’état bénéficient d’une immunité absolue. 37

34
Loussouarn, Yves, et Bourel, Jean-Marie. Droit international privé. 9ᵉ éd., Dalloz, 2013.

Foakes, Joanne. La position des chefs d'État et des hauts fonctionnaires en droit international. Oxford University
35

Press, 2014 (version anglaise disponible).

Rousseau, Charles. Droit international public. Tome 3, Les compétences, Sirey, 1977 pp 163/173
36

[Link]
37
Arangio-Ruiz, Gaetano. Droit international public. 5ᵉ éd., Presses Universitaires de France,
1991.pp85/107 [Link]
A/ justification de l'immunité des chefs d'État
Plusieurs exemples législatifs et constitutionnels fond de la règle coutumière de l’immunité une
norme du droit positif. Ainsi la question de l’immunité en droit tunisien n’a pas été codifiée avant
l’amendement de 2002 décret n2002-629 du 3 avril 2002 relatif a la convocation du corps
électoral au référendum du projet de loi constitutionnelle portant modification de certaines
dispositions de la constitution qui prévoit dans son article 41 un paragraphe second libellé ainsi «
le président de la république bénéficie d’une immunité juridictionnelle durant l’exercice de ses
fonctions38 . il bénéficie aussi de cette immunité juridictionnelle après la fin de l’exercice de ses
fonctions en ce qui concerne les actes qu’il a accomplis a l’occasion de l’exercice de ses fonctions »
aussi l’article 68 qui Ce qui renforce l'idée de la sacralité du chef d’état, soustraire de toutes
poursuites de haute trahison, laissant les membres du gouvernement responsables, cette article
stipule « lorsque une haute trahison est commise. La cour suprême est composée d’un membre du
gouvernement. La loi réglemente les pouvoirs, la composition et les procédures de cette cours »
«
cette exonération de responsabilité du chef d’état renforce sa suprématie dans la hiérarchie du
pouvoir et l’exonère de toute responsabilité39. De plus cette approche a été renforcé » dans
l’amendement du 1erejuin2002 avec la modification du deuxième paragraphe de l’article 41,
l’article est donc devenu « le président de la république est la garant de l’indépendance de la
notion de l’intégrité de son territoire, du respect de la loi et de la constituions et de l’application
des traités , il veille au fonctionnement normal de l’autorité publique et assure le pérennité de
l’état . le président de l’état bénéfice de l’immunité judiciaire pendant l’exercice de ses fonctions .il
bénéfice également de cette immunité judiciaire après la fin de ses fonctions aux actes qu’il
accomplis lors de l’exercice de ses fonctions » 40il ressort clairement de la rédaction de ce textes
notamment la combinaison des deux paragraphes en un seul article de ne pas spécialiser un article
sur l’immunité et que le législateur a voulu justifier l’immunité absolue dont jouit de dernier qui ne
s’arrête pas au moment ou le président quitte et passe ses fonctions mais s’entend même
jusqu’après la fin de son mandat présidentiel aussi il est indispensable de noter que avant la
ratification par la Tunisie le 12 avril2011 elle n’était pas partie au statut de Rome de la cour pénale
international et avant 2011 ,n’avait pas non plus criminalisé les crimes internationaux graves . Tels
qu’énoncés dans le statut de Rome. L’article 5 du statut de Rome qui vient d’être proposée , crée
un véritable dilemme : après la révolution de 2011 l’ex-président ben-Ali sera-t-il tenu responsable
des crimes graves qu’il a commis contre le peuple tunisien pendant ses 23ans au pouvoir ?41 .
38
Dominique Avon, Youssef Aschi “ La Constitution tunisienne et l’enjeu de la liberté individuelle : un exemple d’accommodement au forceps ”
”. Raison Publique, 2014, édition Hal p.24. [Link]

39
jean gicquel jean eric gicquel « Droit constitutionnel et institutions politiques » édition LGDJ 2009 pp 65

40
andre moine « l’état de droit un instrument international au service de paix » édition cairn. pp 65 2016

41
Le Statut de Rome de la Cour pénale internationale article 5
D’autant plus que la jurisprudence tunisienne a les classer comme des crimes qui constituent des
crimes qui constituent des crimes contre l’humanité : des infractions très graves qui relèvent de la
compétence de la cour pénal international et qui nécessite un mandat d’arrêt international contre
l’ex-président ben-Ali , ou aucune immunité ou procédure spéciale ne peut être reconnue pour
épargner l’auteur de toute punition , cependant , dans la constitution de 2014 qui été adoptée
après la révolution de 2011 l’immunité du chef d’état reformulée conformément au principe de
l’état de droit et a la bonne gouvernance 42 . Cette constitution a constituée une transition vers la
démocratie ce qui reflète une volonté collectivede parvenir a une équilibre entre l’autorité
présidentielle et sa responsabilité en cas de violations des normes du droit internationale ()
christianwenaweser le président de l’assemblée général des états parties a la cour pénal
international a exprimer son accueil , dans ses déclarations , il a affirmé « l’adhésion de la Tunisie
au statut de Rome constitue un moment historique , non seulement pour la Tunisie , mais aussi
pour l’ensemble du monde cela reflété l’engagement du pays envers la justice international et les
principes de la cour pénal international cet acte démontre que la Tunisie aspire a jouer un rôle clé
dans la promotion des droits de l’homme et d’état de droit , tout en contribuant a la lutte contre
l’impunité pour les crimes les plus graves ce nouveau système , notamment en matière de
l’immunité reflète un équilibre entre la nécessité de protéger l’institution présidentielle pour
assurer la stabilité de l’état , d’une coté ,et le renforcement des principes de responsabilité
d’autre coté , afin d’être conforme aux normes internationales »43 notamment , l’article 27 de
statut de Rome de la cour pénal international , qui affirme que le statut officiel d’un chef d’état
ne doit pas être pris en compte comme un obstacle aux poursuites judiciaires dans les cas de
violation graves du droit international44
42
Constitution tunisienne de 2014, article 87 « Le Président de la République bénéficie de l’immunité durant son mandat ;
tous les délais de prescription et de déchéance sont suspendus à son encontre. Les actions peuvent reprendre leur cours après la
fin de son mandat. Le Président de la République ne peut être poursuivi pour les actes accomplis dans l’exercice de ses
fonctions. »

43
Christian Wenaweser, président de l'Assemblée des États Parties à la CPI Communiqués de presse de la Cour
pénale internationale [Link]
44
Statut de Rome de la Cour pénale internationale, adopté le 17 juillet 1998, ratifié par la Tunisie le 12 avril
[Link] 27 « Les immunités ou règles de procédure spéciales qui peuvent s’attacher à la qualité officielle d’une
personne, en vertu du droit interne ou du droit international, n’empêchent pas la Cour d’exercer sa compétence à
l’égard de cette personne. »
L’immunité des chefs d’état est également prévue en droit comparé. Néanmoins la question est
résolue de manière différente selon qu’il s’agit d’une monarchie ou d’une république. Pour
certains pays qui sont des monarchies tels que le royaume de Belgique, le Danemark et les Pays-
Bas, il est généralement précise que la personne du roi est inviolable bénéficiant ainsi d’une
immunité absolue45. En revanche, pour d’autres pays qui sont des républiques comme la France, la
Grèce et Italie, les chefs d’état jouissent d’une immunité pénale limitée dans la mesure où leur
responsabilité peut être engagée notamment en cas de haute trahison. Cependant , ces derniers
bénéficient , en raison de leur qualité officielle , d’un régime dérogatoire au droit commun tant
pour les infractions commises dans l’exercice des fonctions que pour les autres infractions par
exemple en France le président de la république bénéfice d’une immunité pendant toute la durée
de son mandat conformément aux chapitre 67 de la constitution de la V ème république qui peut le
poursuivre devant la cour de justice de la république . Cela reflète une tendance universelle a
protéger les chefs d’état sans leur permettre d’échapper aux sanctions Il semble incisif aujourd’hui
que le chef d’état en exercice, jouit d’une immunité rationepersonae de juridiction pénale
étrangère. Même si les règles qui régissent l’immunité du chef d’état sont de sources
coutumières. Des nombreuses conventions internationales discutent certain aspect de cette
immunité46. C’est le cas de la conventions sur les missions spéciales conclue a new york le 8
décembre1969 est entrée en vigueur le 21 juin 1985 qui définit la mission spéciales, Dans son titre
« STATUT DU CHEF DE L’ETAT ET DES PERSONNALITÉS DE RANG ÉLEVÉ » définit L’immunité des
chefs d’État comme étant : « Le chef de l’Etat d’envoi, quand il se trouve à la tête d’une mission
spéciale, jouit, dans l’Etat de réception ou dans un Etat tiers, des facilités, privilèges et immunités
reconnus par le droit international aux chefs d’Etat en visite officielle »47 Elle approuve
expressément dans le paragraphe 1 de l’article 21 que le chef d’état en exercice, bénéfice, en plus
de celles-ci accordées par la convention, d’immunité reconnues aux chefs d’état en cas des visites il
le protégé des poursuites judicaires et de toute comparution comme témoin 48
45
Philipe portier « Les politiques religieuses dans les pays européens de tradition catholique (XXe-XXIe siècles) »édition
Persée 2011 pp 169/190 [Link]

46
Les articles 67 et 68 de la Constitution de la Ve République française Titre VI - Des rapports entre le gouvernement et le Parlement,
[Link]
0c8120

47
Hervé ascensio « l’immunité des chefs d’état devant les juridictions pénales internationale » édition persée année 2019 pp 395
[Link]

48
Convention de New York sur les missions spéciales (1969) et immunité des chefs d’État article 21 STATUT DU CHEF DE L’ETAT ET DES
PERSONNALITÉS DE RANG ÉLEVÉ « Le chef de l’Etat d’envoi, quand il se trouve à la tête d’une mission spéciale, jouit, dans l’Etat de
réception ou dans un Etat tiers, des facilités, privilèges et immunités reconnus par le droit international aux chefs d’Etat en visite officielle »
alvaro borghi considère que cette convention a une importance primordiale « La Convention sur
les missions spéciales de 1969 est un texte crucial qui réaffirme et codifie l'immunité des chefs
d'État en mission spéciale, tout en encadrant leurs privilèges et immunités de manière temporaire
et fonctionnelle, en lien avec l'objet de leur mission »49. de plus, le paragraphe 1 de l’article 50 du
convention sur la représentations des états dans leurs relations avec les organisations
internationales de caractère universel conclue a vienne le 14 mars 1975, fait référence aux autres
« immunités reconnues par le droit international aux chefs d’état ».50 Dans le même esprit
quoique sur un plan différent. Les conventions des nations unies sur l’immunité juridictionnelle
des états et de leurs bien fait expressément référence dans la clause de sauvegarde dans le
paragraphe 2 de l’article 3 aux immunités que le droit international admet aux chefs d’état
L’immunité de juridiction pénale étrangère du chef d’état a également reconnu dans la
jurisprudence a tous niveau international et national51 l’exemple qui l’on peut illustrer est l’affaire
du mandat d’arrêt du 11avril 2000 concernant un différend entre la république démocratique
(RDC) et la Belgique portait sur l’émission par la Belgique d’un mandat d’arrêt international contre
le ministre des affaires étrangères de la RDC a l’époque , Abdoulayeyerodiandmobasi pour des
crimes guerre et crimes contre l’humanité , la CIDJ a déclaré que « clairement établi en droit
international que (..) Certains personnes occupant un rang élevé dans l’état, telles que le chef
d’état (jouissaient) dans les autres états d’immunité de juridiction tant civiles que pénales » et
dans un autre affaires relative a (DJIBOUTI CONTRE LA FRANCE) concernant certains question
relative a l’entraide judiciaire en matière pénal, LA CIJ affirmé que le chef d’état jouissait « d’une
immunité de juridiction pénale et d’une inviolabilité totales »52

Cette immunité absolue, quant à elle dérive d’un terme courant dans la civilisation ancienne La
sacralisation du statu du chef d’état Le statut de chef d’État,
49
Alvaro borghi , « L’immunité des dirigeants politiques en droit international » édition bryulant LGDJ paris 2003 pp653
[Link]
50
Convention de Vienne de 1975 sur la représentation des États dans leurs relations avec les organisations internationales « Le chef de l’Etat ou
tout membre d’un organe collectif exerçant les fonctions de chef de l’Etat conformément à la constitution de l’Etat en cause, quand ils se
trouvent à la tête de la délégation, jouissent, dans l’Etat hôte ou dans un Etat tiers, en plus de ce qui est accordé par la présente Convention,
des facilités, privilèges et immunités reconnus par le droit international aux chefs d’Etat »
[Link]

51
Convention des Nations Unies sur les immunités juridictionnelles des États et de leurs biens (2004) 1 « La présente Convention n’affecte pas
les privilèges et immunités dont jouit un État en vertu du droit international en ce qui concerne l’exercice des fonctions : a) De ses missions
diplomatiques, de ses postes consulaires, de ses missions spéciales, de ses missions auprès des organisations internationales, ou de ses
délégations dans les organes des organisations internationales ou aux conférences internationales… »

52
Affaire RDC c. Belgique (2002) Jurisprudence de la Cour internationale de Justice (CIJ) L’affaire du mandat d’arrêt du 11 avril 2000

(République démocratique du Congo c. Belgique) [Link]


Au sens large du terme, est une notion fréquemment utilisée dans l’ordre juridique national et
influence indéniablement le droit international classique. Bien que sacré et mystérieux à bien des
égards, le statut du chef d’État constitue un ensemble composite de règles diverses, élaborées au
fil du temps et façonnées par une histoire riche qui remonte à l’Antiquité. C’est donc une étude à
la fois vaste et spécifique que nous proposons. Vaste, car elle ne se limite pas au statut actuel des
chefs d’État. Pour mieux comprendre toutes les difficultés liées à un tel statut, il est nécessaire de
l’étudier dans sa dimension historique.53 Dans son cadre historique, la position interne sacrée du
chef d’état tient une place particulière en droit des gens qui nécessite certaines précisions. a cet
égard, et avant de déduire les conséquences de la sacralisation des chefs d’état il est nécessaire de
se pencher prima facie sur l’origine d’une telle sacralisation et de sa consécration sur le plan
juridique, social voire théologique Dans la société contemporaine, il est presque impossible
d'imaginer une communauté sans dirigeant Historiquement, le lien imaginaire entre le chef d'État
et Dieu était constamment présent dans la pensée des nations, qu'elles soient institutionnalisées
ou non. Ce privilège divin conférait un statut sacré au dirigeant au sein de la communauté. Malgré
l'apparition progressive des sociétés institutionnalisées, les chefs ont constamment cherché à
préserver leur caractère sacré. Ils ont tenté de justifier leur caractère sacro-saint par divers moyens
pratiques et théoriques afin de consolider leur place à la tête de l'État. 54 Autrefois, le pouvoir du
chef d'État était symbolisé par le principe « omnispotestas a Deo est » (toute puissance vient de
Dieu). Le caractère sacré justifiait l'existence même du chef d'État et la légitimité de son pouvoir.
L'affirmation de la sainteté personnelle du roi était essentielle. L'histoire montre que les nations
choisissaient généralement leur roi selon la volonté divine plutôt que par simple jugement humain.
Cependant, toutes les époques n'ont pas accordé la même importance au principe d'autorité du
chef d'État, surtout lorsqu'il reposait sur la croyance en une origine divine du pouvoir. 55à travers
l’histoire du monde, le roi apparaissait comme la personne privilégiée de dieu, des dieux, ou la
nature, choisie par eux –mêmes, il convient de citer brièvement quelques exemples de l’antiquité.
En Egypte antique .personne ne doutait que le pharaon fut le fils du roi des dieux. Le pharaon
était intimement persuadé de son ascendance divine. La naissance d’un nouveau pharaon était
une affaire qui mobilisait tous les dieux du ciel. Horus vivant (pharaon) était même traité comme
dieu, car sa pensée était divine, son pouvoir était absolue et souverain, sans partage ; il était le
chef d’état , dieu prêtre-roi tout comme il était l’homme vénéré bien après sa mort contrairement
la plupart des régimes politiques anciens qui se sont préservé contre les risques d’une telle
assimilation , le caractère sacré du pouvoir e pharaon était déifié 56
53
Spieser, Cathie , « Les noms du Pharaon: Comme êtres autonomes au Nouvel Empire » , Fribourg, Switzer land / Göttingen, Germany: Éditions
Universitaires / Vandenhoeck Ruprecht. , 2000, pp 1/115
[Link]
54
Michel Humbert, « institution politiques et sociales de l’antiquité »11éme édition dalloz , 3 septembre2014 pp105
55
Inmaculada rodrigeuz moreno , « héros et héroïnes dans les mythes et les cultes grecs » liège , édition presses universitaire de liège ,
2000 ,pp 91 [Link]

56
Eric Seizelet , « le régime politiques , l’instituions impériale , le système judiciaire japonais »Jean-François Sabouret ( sous la dir) l’état du
Japon , paris édition , HALL , 1995 pp 245-252
Quant a l’empire du soleil-levant, le japon, selon une tradition systématisé par le japon impérial,
l’empereur, ( le Teno) , appartiendrait a une lignée unique , éternelle et ininterrompue de
souverains . Ce lignage se rattache directement à la déesse du soleil fondatrice (Amaterasu) du
japon qui est l’élément au cœur du principe de souveraineté impériale. C’est n’est qu’âpres la
deuxième guerre mondiale que l’avènement d’une monarchie parlementaire rationalisa et
tempérera une institution jusque-là hypertrophiée en vertu de la constitution japonaise de 1946
(article4), l’empereur n’aurait plus aucun « pouvoir de gouvernement ». en effet , le statu de
l’empereur n’est plus, comparable a celui de roi de la Jordanie qui peut nommer le premier
ministre et mettre fin a ses fonctions ni a celui du président français , type III e et IV république , qui
présidait le conseil des ministres et désignait librement dans certains cas la personne chargée de
constituer le nouveau ministère , ni a fortiori a celui du président des Etats-Unis ou de président
français sous la Ve république en islam , les religions demande aux fidèles l’obéissance a la volonté
d’Allah et a celle de son messager et de ceux qui détiennent l’autorité L’autorité absolue qu’un roi
détient la peine possession de tous les pouvoirs que l’état peut légitiment exercer, et même s’il
outrepasse les limites d’une loi plus haute, on ne saurait a bon droit lui résister ou le critiquer. Le
chef de l’état était le législateur et administrateur du pays, de la guerre, de la croyance, de la
justice et des finances57. L’idée de la théorie de l’absolutisme peut être résumée comme suivant :
l’autorité souveraine est absolue ; le roi est souverain ; le roi est donc absolu L’historien
américain J.H Franklin, connaisseur de l’œuvre de Jean Bodin insiste sur la persistance au XVI e
siècle en France du constitutionalisme médiéval, dont le la monarchie des débuts de la renaissance
représente une légère progression pour ce qui concerne la mythification du pouvoir du roi. En
général, les tenants de l’absolutisme classique s’accordent sur le fait que le roi tient son pouvoir
de dieu, à propos d’autre partisan de l’absolutisme, pierre de Bérulle afin de justifier les pouvoirs
absolus du roi, il écrit « qu’un monarque est un dieu selon le langage de l’écriture : un dieu non
par essence mais par puissance un dieu non par nature mais par grâce : un dieu non par toujours
mais pour un temps. Un dieu non pour le ciel mais par la terre. un dieu non subsistant , mais
dépendant de celui que est le subsistant par soi-même ; qui étant le dieu des dieux , fait les rois
dieux en ressemblance , en puissance et en qualité , dieux visibles , images du dieu invisible » 58Jean
Bodin, l'initiateur du concept moderne de la souveraineté, n'échappe pas à la règle générale de la
sacralisation du roi. Il expliqua ce concept dans son ouvrage Méthodus facilem historiarum
cognitionem ». Dans le livre I, chapitre 8, où il traite de la signification de la souveraineté, le statut
absolu du roi de France est naturellement présupposé par Bodin, sans que les faits problématiques
concernant le statut sacré du roi ne fassent l'objet d'une explication. Un autre soutien à l'idée de
sacralisation se trouve dans l'association entre l'obéissance au souverain et l'obéissance à Dieu.
Établir une séparation entre ces deux obéissances semblait difficile jusqu'au XVIIe siècle, où il est
déclaré que « les souverains à qui Dieu a permis de parvenir au pouvoir absolu n'ont aucune loi qui
les régit par rapport à leurs sujets ». 59

57
sourat AL-NISA (chapitre des femmes) , verset 59 , « O les croyants ! Obéissez a Allah, et obéissez et ceux d’entre vous qui
détiennent le pouvoir commandement »
58
Bériot François. Julian H. Franklin, Jean Bodin, « la naissance de la théorie absolutiste » paris , édition PUF ( version original en
anglais publié en 1973) 1993 , pp37 [Link]
59
jean Bodin, « Méthodus ad facilem historiarum cognitionem » , 1996 , édition Fayard , pp 42
[Link]
Selon un autre partisan de l’absolutisme, pierre de Bérulle, afin de justifier les pouvoirs absolus du
roi, écrit« qu’un monarque est un dieu selon le langage l’écriture : un dieu non par essence mais
par puissance : un dieu non par nature mais par grâce : un dieu non pour toujours mais par un
temps . un dieu non par le ciel mais par le terre un dieu non subsistant , mais dépendant de celui
qui est le subsistant par soi-même : qui étant le dieu des dieux , fait les rois dieux en ressemblance
, en puissance et en qualité , dieux visibles , images du dieu invisible ». 60 dans ce contexte la mise
en œuvre de la responsabilité individuelle du prince apparait comme une affaire entre lui et son
dieu .les rois savent qu’ils ont d’autorité sur les hommes et ils seront aussi sévèrement punis par
dieu lorsqu’ils abusent de leur pouvoir : une autre hypothèse pour les sanctionner se trouve dans
leur croyance ; les rois ont leur conscience qui les condamne et qui leur reproche incessamment
leur brutalité et leur mauvais comportement il s’agit d’une sorte d’auto-sanction Les décisions
judiciaires rendues par les tribunaux internationaux au cours des deux dernières décennies ont
entraîné une évolution significative dans les relations entre les règles de l'immunité internationale
et le droit pénal international. Il est désormais possible de dire que cette relation est plus claire
qu'elle ne l'était auparavant. En effet, certains points clés du droit international contemporain
relatifs à l'immunité peuvent être abordés avec une certaine certitude. Parmi ces points, le plus
notable est le large consensus, tant doctrinal que jurisprudentiel, reconnaissant l'existence de deux
types d'immunité dont bénéficient les chefs d'État l'immunité personnelle et l'immunité
fonctionnelle.61
Paragraphe 2 : cadre juridique international de l’immunité des chefs d’état

l’attribution de l’immunité aux chefs d’état poursuite un objectif de protection, dont l’explication
ne peut se trouver que dans la position qu’ils occupent dans leur états .l’applicabilité du régime a
une personne précise impose donc de pénétrer dans l’ordre juridique interne, ce qui soulève
nécessairement quelques difficultés au stade de l’identification des bénéficiaires 62L’analyse de la
question du fondement de l’attribution d’immunités au chef d’état doit être menée a partir d’un
constat relatif au régime de ces immunités : le chef d’état jouit d’un régime de protection plus
large que l’état, en tout cas d’un régime distinct. Ainsi l’article 3 et 2 du projet de la commission
du droit international relatif aux immunités juridictionnelles des états et de leur bien précise que
ces immunités (n’affectent pas les privilèges et immunités que le droit international reconnait
rationepersonae aux chefs d’état) la commission visait explicitement, ainsi qu’il ressort du
commentaire 63.
60
sylvio Hermannde franceschi , « le modèle jésuite du prince chrétien » 2007 , édition Persée université de France pp713
[Link]

61
M. Roman anatolvish kolodkin , « IMMUNITÉ DES REPRÉSENTANTS DE L’ÉTAT DEVANT LA JURIDICTION PÉNALE ÉTRANGÈRE » , 2010 , pp17
[Link]

62
colloque de Clermont – Ferrand, le chef de l’état et le droit international, édition A.pédone , 2002 pp2013

63
[Link] PONSOT , sous la direction de MME MARIE ANNE COHENDET . les immunités en droit constitutionnel dans la doctrine publiciste
française de 1789 a aujourd’hui, pp 36/37 Université Panthéon-Sorbonne, paris I 2020
[Link]
toutes les immunités et privilèges personnels et pour actes privés accordes par la pratique .dans le
même sens , il convient de souligner que le rapporteur spécial avait originellement proposé un
article consacré aux chefs d’état , qui décalquait le régime des immunités du chef d’état, les
membres étant unanimes pour considérer que le régime des immunités personnelles des chefs
d’état n’avait pas sa place dans un projet consacré aux immunités des états .cette conviction quant
a l’existence d’un régime distinct accordé rationepersonae est profondément ancrée tant dans
l’attitude des juges que dans la doctrine 64 et justifie l’examen distinct par l’institut de droit
international de la question des immunités de juridiction et d’exécution du chef d’état

A/origine étatique de l’immunité du chef d’état :

L’immunité du chef d’état en tant qu’organe découle de celle de l’état. C’est en réalité au
souverain que sont accordés immunités, protection et privilèges, en que traduit d’ailleurs le
qualificatif de ‘souveraines’ des immunités , qui permet d’en identifier le titulaire 14 dans une
optique historique , l’origine des immunités des chefs d’état doit vraisemblablement être trouvée
dans leurs qualité personnelle65: aucune monarque ne pouvait en juger un autre , « l’adage par in
paremimperium non habet » , souvent avancé pour exprimer l’immunité des états ,en est la plus
parfait traduction ,et ne saurait mieux s’appliquer qu’a ce domaine : a l’époque ou la justice était
rendue au nom d’un souverain clairement personnifié égal de son homologue , il ne pouvait être
question de prononcer un jugement a l’encontre d’un autre. l’apparition de l’état moderne a opéré
un transfert du titulaire : c’est depuis lors de l’état seul souverain au regard du droit international ,
qui jouit des immunités il n’est plus guère contesté désormais que l’immunité du chef d’état est
une manifestation de l’immunité de l’état lui-même , laquelle est amplement justifiée par son
indépendance 66Dans ,cette mesure , les débats sur les origines historique ont perdu beaucoup de
leur pertinence .En effet , elles ne sauraient être une justification absolue de la persistance de
l’attribution de l’immunité ,pas plus qu’elles ne peuvent être utilement invoquées pour en
souligner un éventuel archaïsme . cependant ,en ce qui concerne les chefs d’état , le problème
refait surface , puisqu’il est généralement affirmé , a défaut d’être admis par tous , que les
immunités du chef d’état ont a certains égards au champ d’application plus vaste que celles des
états . Si l’on considère que les immunités des chefs d’état lui appartenaient en propre, il est
raisonnable de considérer que, puisque l’état se dissocie désormais de la personne de son ‘chef’,
elles n’ont plus raison d’être, et que seules celles attachées a sa qualité d’organe de l’état peuvent
être invoquées 67
64
Charles rousseau, pierre-marie Dupuy , droit international public , Bruxelles bruylant , édition Dalloz , Broché 1 janvier 1984 , pp 591

65
Emmanuel Decaux « les gouvernants » a cet égard , le fait que le chef d’état ne soit plus désormais nécessairement « un » souverain est
indifférent , puisque l’état dont il est le chef est indéniablement souverain , « la notion même d’immunités d’état s’est longtemps incarnée
dans les immunités du chef de l’état , reflétant la vieille tradition monarchique et personnalisation de pouvoir » pp 35/37

66
COSNARD, MICHEL, « la soumission des états aux tribunaux internes », PARIS, édition pédone 1996 , pp 61-63
[Link]

67
COSNARD, MICHEL , «la soumission des états aux tribinaux internes » pp102/103 .. la cour d’appel de paris « qui de l’état étranger
représenté par le chef de mission ou de celui-ci , pris personnellement , était le défendeur a l’action » cass1ere 7 janvier 1992
nous devons d'abord nous arrêter sur le concept principal, à savoir le chef d'É[Link] semble évident
de dire que la question de l’identification du chef d’état est fondamentale pour déterminer si la
personne visée par l’acte introductif d’instance peut se prévaloir de cette qualité .cette question
préliminaire retient pourtant assez peu l’attention des tribunaux principalement parce que cette
qualité est rarement remise en cause il est généralement admis que le droit international ne pose
aucun critère pour identifier le chef d’état cette détermination étant du ressort du droit
constitutionnel .L'absence de clarté de certains statuts peut toutefois rendre la question
relativement délicate à élucider, comme c'est le cas pour le Vatican. Une décision américaine a
permis de poursuivre le pape, bien que l'action vise à interdire la célébration d'une messe 68.
Parfois, c'est le caractère étranger du chef d'État qui pourrait être mis en cause, puisque certains
d'entre eux, principalement le souverain du Royaume-Uni, sont les chefs d'État de plusieurs pays
dans des contextes très différents. La question s'est également posée pour un ancien chef d'État,
en la personne d'Erich Honecker Toutefois, la situation était compliquée, non seulement parce que
l'État avait disparu, mais surtout parce qu'il comparaissait devant les tribunaux de l'État qui avait
absorbé son ancien État. La procédure fut suspendue en raison de l’etat de santé de l’accusée le
13 janvier 1993 ce qui n'a pas permis de le trancher définitivement. 69 La question de l'identification
peut également se poser en ce qui concerne le chef d'État "collectif". La Convention du 14
décembre 1973 sur la répression des infractions commises contre les agents diplomatiques et
autres personnes jouissant d'une protection internationale inclut sous le terme "chef
d'État"...« chaque membre d’un organe collégial remplissant en vertu de la constitution de l’état
considère des fonctions de chef d’é[Link], cette convention n’a pas directement trait aux
immunités des personnes entrant dans son champ d’application : elle n’en constitue pas moins un
indicée de la solution a apporter , en négligeant toute question de recherche de l’auteur de l’acte
litigieux .celle-ci est confirmé par la cour suprême fédérale de R.F.A .qui ,âpres examen des
attributions constitutionnelles , conclut que le président du conseil d’état est le chef d’état de la
RDA , bien même c’est le conseil d’état dans son ensemble qui est l’autorité suprême 71cette
démarche est rarissime , les juges se montrant en général assez réticents a entrer dans une
analyse du droit constitutionnel étranger la notoriété joue sans doute un rôle imperceptible mais
réel . En cas de doute, le juge soutient qu’il appartient au demandeur a l’immunité d’établir qu’il a
la qualité de prince régnant.
68
Joe Verhoeven , cours , « le droit international des immunités » , : la résolution ne donne pas de définition du chef d’état dans la mesure ou
il appartient au droit interne de chaque état de le faire » séance de 21aout2001 pp14.

69
MICHELE POULAIN , « chronologie des faits internationaux d’intérêt juridique » édition A.F.D.I 1991 , p1082
[Link]

70
convention du 14 décembre 1973 sur la prévention et la répression des infractions contre les personnes jouissant d’une protection
international , y compris les agents diplomatiques new York 14 décembre 1973 ARTICLE 1....

71
HELENE TOURAD , « la qualité des chefs d’etat » colloque en droit français édition pédone 2001 ,pp 215
, autrement, il se contente de prendre acte de la désignation de son représentant par l’état ne doit,
théoriquement, pas être prise en compte au moment de la décision. l’immunité repose sur
l’égalité souveraine des états , si il existe un régime immunitaire du chef d’état ,celui-ci existe
indépendamment de la réalité de ses fonctions .le rôle constitutionnel n’intervient qu’a un stade
ultérieur , au moment de l’opération d’imputation réelle des actes , et non pas au moment de la
détermination des personnes susceptibles d’invoquer l’immunité .il est par ailleurs hautement
improbable qu’un chef d’état purement protocolaire voie sa responsabilité mise en cause :
n’agissant pas ou peu , on peut douter qu’un plaignant lui impute des actes dommageables Il 71

n’en conserve pas moins un droit égal a l’immunité .le critère de l’étendue des pouvoirs ne joue
ainsi que pour la mise en cause de la responsabilité et inversement , l’absence de pouvoirs peut
être avancée pour ne pas mettre en cause la responsabilité d’un chef d’état –ou ultérieurement ,si
l’on retient comme condition d’octroi de l’immunité la distinction entre actes de la fonction et
actes hors fonction mais il n’est pas indispensable a la détermination du chef d’état 72Les modalités
d'accès au pouvoir : rôles respectifs de la reconnaissance et des effectivités – en pratique, il est
souvent demandé au juge de ne pas reconnaître la qualité de chef d'État en raison du mode
d'accession au pouvoir. Généralement, l'identification du chef d'État n'est jamais déterminée par le
mode de dévolution du pouvoir, qui est indifférent en ce qui concerne la question de l'immunité.
La question ne se pose pas pour les chefs d'État ayant accédé à cette fonction selon les formes
constitutionnelles prévues, mais principalement en cas de prise de pouvoir violente, notamment à
la suite d'un coup d'État. Il serait paradoxal, par exemple, de voir le nouvel homme fort bénéficier
d'une immunité contre toute action visant à le faire répondre de sa prise illégale du pouvoir. Les
chefs d’état ou anciens chefs d’état dont la responsabilité est recherchée sont rarement arrivés au
pouvoir par les voies constitutionnelles. Certains états ayant pu reconnaitre une immunité a des
anciens chefs d’état , qui ne disposent véritablement des prérogatives d’un chef d’état c’est le cas
notamment en Inde du fait de la section 87 B du code de procédure civile qui élargit la notion de
chef d’état a tout Ruler d’un ancien Etat indien 73 .désormais , on constate que les juges n’ont eu
recours a la théorie de la reconnaissance que dans les faire bénéficiaire du régime immunitaire un
chef d’état reconnu mais non effectif et de ne pas faire bénéficier une personne non reconnue
comme chef d’état dans les affaires Aristide de Noriega une action en dommages et intérêt avait
été introduite contre jean-Bertrand Aristide ce dernier alors que celui-ci était en exil aux Etats-Unis
, pour une exécution extrajudiciaire qu’il avait ordonnée alors qu’il était le chef d’état haïtien la
principale difficulté résidait dans le non-effectivité de son statut , que la cour a considère comme
un élément peu pertinent
71
EMMANUEL DECEAUX , « le chef d’état et le droit international » , PARIS , édition pédone , 2002 , pp 1047
72
BEN LUTHER TOUERE ELENGA , « Que reste-t-il des immunités pénales du chef d’État en exercice au regard des mandats d’arrêt
internationaux ? » , édition presses universitaire de France , 2022, pp683

73
Joe Verhoeven , cours , « le droit international des immunités » , : la résolution ne donne pas de définition du chef d’état dans la mesure ou
il appartient au droit interne de chaque état de le faire » séance de 21aout2001 pp14.
La reconnaissance étant de la compétence exclusive du pouvoir exécutif , la détermination du chef d’état
n’est par une question factuelle devant être discuté devant une cour , ce qui met le chef d’état reconnu a
l’abri des effets d’une échéances par son état .ainsi , entre un individu détenant le pouvoir dans le pays et
un chef d’état en exil reconnu , la cour Fait prévaloir la position de l’exécutif américain sur les effectivités .
la solution est identique lorsque c’est l’homme fort qui amené devant les tribunaux .dans le cadre de
l’affaire United states v .Noriega and others, le général Noriega était poursuivi pour trafic de stupéfiants et
racket. la cours constate qu’il jamais été reconnu comme le chef d’état ,ni en vertu de la constitution
panaméenne , ni par les Etats-Unis 74, et ajoute que < more importantly les états unis ont toujours reconnu
le président Eric Arturo delvalle comme le chef d’état légitime la décision est donc assez ambiguë en raison
de la multiplicité des justifications apportées : la reconnaissance d’une autre personne comme chef d’état ;
le fait que ce sujet ne peut être discuté devant un juge ; la circonstance que l’immunité étant un privilège
que les Etats-Unis peuvent retirer a tout plaignant , être de fait l’autorité détenant le pouvoir ne suffit
pas75. Dés lors la conclusion de la cour affirmant : to hold that immunity from prosection must be granted
« regardless of his source of power or nature or rule » wouldallowillegitimatedictators the benefit of their
uns cruplous and possibly brutal seizure of power » , semble devoir être mise en perspective compte tenu
du contexte particulier –dans la mesure ou les Etats-Unis n’ont pas reconnus la prise de pouvoir -,
davantage que comme une affirmation générale qui interdirait au juge d’octroyer une quelconque
immunité a u chef d’état arrivé au pouvoir par la force 76En dehors de ces hypothèses finalement assez
marginales d’application de la théorie de la reconnaissance , celle-ci intervient a l’appui d’une
démonstration de reposant davantage sur les effectivités .Certes les leegislationsangl-saxonnes accordent
une valeur probante absolue aux certificats de l’exécutif établissant « whether a person or persons are to
be regarded as the head states », en s’appuyant notamment sur la circonstance que l’ancien dictateur
signait les lettres de créance des ambassadeurs chiliens au Royaume-Uni et que ceux-ci étaient accrédités
sur cette base ; l’effectivité doublée d’une reconnaissance de facto lui semblent suffisantes pour écarter
l’argument délicat des méthodes utilisées par le défendeur pour accéder a cette fonction 77le juge belge
Vandermeersch a pour sa part usé d’un autre expédient pour ne pas examiner cette question cette
question . face a une requête ayant pour objet de lancer un mandat d’arrêt contre Augusto Pinochet alors
qu’il était détenu provisoirement a londrès aux fins qu’il puisse être extradé vers le Belgique, le juge note
que « il aurait exercé de faits les fonctions les fonctions de chef d’état au chili selon des modalités a
vérifier »et poursuit que , en tout état de cause , il n’assure plus ces fonctions et que les crimes qui lui sont
reprochés n’entrent de toutes façons pas dans le champ d’application des actes couverts par l’immunité de
juridictions
74
David J. Bederman, International Law Framework, 3e édition, New York, Fondation Presse, 2010, p. 238-240, qui discute de la
doctrine de la reconnaissance et de son rôle dans la jurisprudence américaine .

75
article 21 de la convention du 8 décembre 1969 sur les missions spéciales « le chef d’état d’envoi , quant il se trouve a la tète d’une mission spéciale jouit ,
dans l’état de réception ou dans un état tiers des facilités , privilèges et immunités reconnus par le droit international aux chefs d’état en visite officielle »

76
Arthur watts , « the international Law commission 1949-1998 » Cambridge univesrity press , 2002 pp 51
77
Arthur watts , « the international law comission 1949-1998 » cambridge university press, 2002 pp475
B/ Etendue de l’immunité des chefs d’état

A ce propos en comparant l’immunité de juridiction pénale des agents diplomatiques que prévoit expressément
la convention de vienne du 18 avril 1961 sur les relations diplomatiques et l’immunité de juridictions pénale
des chefs d’état en tant que principe du droit international coutumier , l’on aperçoit que les dispositions
appliquées par la convention de viennes et les principes qui gravitent autour de l’immunité de juridiction
pénale des chefs d’état sont , sans être identique , bien semblables . Cette ressemblance dans le régime
juridique se traduit tout particulièrement par le fait que l’immunité accordée, , est une immunité
personnelle et que celle-ci est conditionnée par le facteur temporel dans la mesure où l’immunité
rationepersonae disparait une fois que son titulaire cesse ses fonctions. 78Pour commencer, nous pouvons
dire que l'immunité est qualifiée de personnelle lorsqu'elle confère une protection à la personne qui en
bénéficie en tout temps, tant qu'elle demeure en fonction. Cette immunité peut s'étendre aux actes qu'elle
accomplit à titre personnel en tant que représentant de son État. Ce type d'immunité est accordé aux chefs
d'État, aux chefs de gouvernement ainsi qu'aux hauts responsables de l'État. En revanche, l'immunité est
qualifiée d'objective ou fonctionnelle lorsqu'elle confère une protection à la personne en raison des actes et
des actions qu'elle a accomplis lorsqu'elle était en fonction. Autrement dit, lorsqu'il est question de cette
immunité, il faut considérer le lien entre l'acte ou l'action accompli(e) et les fonctions officielles de la
personne, plutôt que de se concentrer sur l'identité de l'auteur de l'acte ou de l'action. 79Nous allons donc
consacrer une étude à ces deux types d'immunité, en mettant en évidence les différences entre elles et en
clarifiant les problématiques que chacune d'elles soulève, selon les modalités suivantes :D'une part,
l'immunité personnelle du chef d'État. En général, ce type d'immunité couvre un nombre très restreint
d'individus, conformément à la coutume internationale et aux décisions judiciaires rendues à ce sujet. Dans
l'affaire Pinochet, il a été indiqué que l'immunité personnelle s'applique au chef de l'État ainsi qu'aux hauts
responsables de l'État ayant des relations internationales. Les sept juges de l'affaire Pinochet ont convenu
que si Pinochet avait encore été chef de son État, il aurait été difficile d'accepter son extradition vers une
juridiction, car il aurait bénéficié de l'immunité personnelle selon la coutume internationale. Cette immunité
peut se prolonger même après la cessation des fonctions de Pinochet 80 si l’immunité de juridiction pénale du
chef d’état découle incontestablement du principe de la souveraineté, il n »en demeure pas moins qu’il
n’existe « un argument rationnel » non moins important qui consiste dans les privilèges et immunités
relatifs aux agents diplomatiques 81 ou de détention. L’état accréditaire le traite avec le respect qui lui est du,
et prend toutes les mesures appropriées pour empêcher toute atteinte a sa personne, sa liberté et sa
dignité »
78
M. Roman anatolvish kolodkin , « IMMUNITÉ DES REPRÉSENTANTS DE L’ÉTAT DEVANT LA JURIDICTION PÉNALE ÉTRANGÈRE » , 2010 , pp17
[Link]

79
Hervé ascensio , « l’immunité du chef d’etat devant les juridictions pénales internationales » édition A.F.D.I 2019, pp395
[Link]

80
Sarra maaouia [Link] direction de Monia ben jemia « l’immunité des juridiction pénale internationale des chefs d’état » , mémoire en sciences
juridiques fondamentales , 2002-2003 , pp 15

81
M wassafi ayyad , « les immunités diplomatiques en droit pénale » thèse en droit prive et sciences criminelles 2014 , pp14
[Link]
l’article 31 prévoit , que « la personne de l’agent diplomatiques jouit de l’immunité de la
juridiction pénale de l’état accréditaire » 82ainsi , force est de constater que si les ambassadeurs et
les agents diplomatiques bénéficient d’une telle immunité en vertu du droit international positif en
tant que représentants de l’état accréditant auprès de l’état accréditaire ( article3 de la
convention ) , on peut affirmer , a fortiori , que les chefs d’état , qui sont les organes centraux des
pays a la tête desquels ils se trouvent , ont droit a un traitement non moins favorables 83Aussi
l’immunité de juridiction pénale des chefs d’états est-elle une immunité personnelle comme celle
des agents diplomatiques. et il va sans dire que cette dernière n’est pas accordée au profit de l’état
qu’elle représente. c’est ce que prévoit nettement la convention de vienne , en précisant que « le
but desdits privilèges et immunités est non pas d’avantager des individus mais d’assurer
l’accomplissement efficace des fonctions » or ‘l’accomplissement efficace des fonctions passe
nécessairement par la garantie de l’indépendance dans la personne , que ce soit de l’agent
diplomatique ou du chef d’état ; ce qui renforce en soi l’aspect personnel de l’immunité . c'est-à-
dire donc l’importance de la protection de l’indépendance de la fonction exercée 84par ailleurs , il
résulte du caractère personnel de l’immunité de juridiction pénale son aspect absolu lorsque le
chef d’état est « en visite officielle » . cette analogie avec l’agent diplomatique décloue du
caractère représentatif aussi bien du chef d’état que du diplomate . Or, il est élémentaire de
constater que dés la cessation des fonctions, l’immunité de juridiction pénale ne peut plus être
réclamée. D’où l’importance du facteur temporel en tant qu’élément déterminant la durée des
privilèges et permettant, a la fois, la réalisation d’un certain équilibre entre le bénéficiaire de
l’immunité et l’individu qui veut faire valoir ses droits 85l est indiqué dans la note soumise par le
Secrétariat général des Nations Unies concernant l'immunité des responsables de l'État de la
juridiction étrangère que personne ne conteste la reconnaissance de l'immunité personnelle dont
bénéficient les chefs d'État en fonction vis-à-vis de la juridiction pénale étrangère. En effet, le
paragraphe 2 de l'article 3 de la Convention des Nations Unies sur les immunités juridictionnelles
des États et de leurs biens stipule que rien ne porte atteinte aux privilèges et immunités accordés
en vertu du droit international aux chefs d'État en leur qualité personnelle. 86
82
CONVENTION DE VIENNE SUR LES RELATIONS DIPLOMATIQUES 1961, article 29 « La personne de l’agent diplomatique est
inviolable. Il ne peut être soumis à aucune forme d’arrestation ou de détention. L’État accréditaire le traite avec le respect qui lui est dû, et prend
toutes mesures appropriées pour empêcher toute atteinte à sa personne, sa liberté et sa dignité. »

83
M wassafi ayyad , « les immunités diplomatiques en droit pénale » thèse en droit prive et sciences criminelles 2014 , pp75
[Link]

84
Nathan Ehrenfreund s. la direction d’Andreas R. Ziegler , « L’immunité des hauts représentants étatiques en droit international
public » mémoire de mastère 2018 , pp19 [Link]

85
Nathan Ehrenfreund [Link] direction de Andreas R. Ziegler « l’immunité des hauts représentants étatiques en droit international public »
mémoire de mastère 2018 pp11 [Link]

86
le tribunal fédéral « Décision du 25 juillet 2012 du Tribunal pénal fédéral, BB 2011 140, c. 5 »
La justification de l'octroi de ce type d'immunité au chef d'État réside dans le fait qu'il est
considéré comme le représentant principal et premier de son pays, l'État se matérialisant en la
personne de ce dernier. Il est le symbole de la souveraineté, en plus d'autres justifications liées à la
garantie de l'exercice de ses fonctions sans l'influence des autorités territoriales étrangères. Pour
confirmer cela, dans le précédent Pinochet, le Lord Millet a déclaré : « Ce serait une insulte à la
dignité de l'État et à sa souveraineté, ainsi qu'une négation de l'égalité entre les États souverains,
de soumettre son chef à la juridiction des tribunaux d'autres États, que ce soit pour le tenir
responsable des actes qu'il a accomplis en tant que chef d'État ou en tant que personne privée. Par
conséquent, la personne du chef d'État ne doit en aucun cas être sujette à l'arrestation ou à
l'extradition. »87 La Cour internationale de justice a également affirmé l'immunité personnelle dont
bénéficient certains individus dans l'affaire du mandat d'arrêt international (Mandat d'arrêt ou
Arrest Warrant) au paragraphe 51 de son arrêt. Elle a déclaré que la Cour devait reconnaître le fait
que le droit international a fortement souligné que certains hauts représentants de l'État,
notamment le chef d'État, le chef de gouvernement et le ministre des Affaires étrangères,
jouissent d'une immunité personnelle pendant toute la durée de leurs fonctions, les protégeant de
la juridiction pénale et civile.88 Une autre affaire notable confirmant l'immunité personnelle est
celle de Djibouti contre la République française, portée devant la Cour internationale de justice.
Dans cette affaire, les deux parties ont souligné l'immunité personnelle dont bénéficie le chef
d'État. La Cour a statué dans son jugement en faveur de l'immunité totale du chef d'État vis-à-vis
de la juridiction pénale.89 La question se pose quant à l'étendue de l'immunité personnelle et au
domaine qu'elle couvre. En d'autres termes, quels sont les individus qui bénéficient de ce type
d'immunité selon les conclusions de la Commission du droit international lors de sa cinquante-
sixième session, et quels sont les actes couverts par cette immunité‫؟‬Quant au champ d'application
personnel de cette immunité, la Commission du droit international a restreint l'immunité
personnelle à ce que l'on appelle la "troïka", c'est-à-dire au chef de l'État, au chef de
gouvernement et au ministre des Affaires étrangères. La question s'est posée de savoir si
l'entourage de cette troïka bénéficiait de la même immunité. Une note préparée par le Secrétariat
de la Commission du droit international en 2008 a répondu que de nombreuses lois nationales
accordent l'immunité personnelle à la famille du chef de l'État et à d'autres individus jouissant de
cette immunité. En outre, un précédent aux États-Unis montre qu'un tribunal américain a accordé
l'immunité personnelle dans une affaire civile à l'épouse du président du Mexique en 1988 90
87
(‫ كولودكي‬.‫حصانة مسؤولي الدول من الوالية القضائية الجنائية األجنبية )رومان أ‬
[Link]
88
hervé ascension « l’immunité des chefs d’état devant les juridictions penalés international », 2019, 397pp
[Link]

89
Alvaro Borghi, l’Immunité des dirigeants politiques en droit international, La naissance et le développement du principe L’Absence
d’Immunité en matière de Crimes Internationaux, Série 2, Volume 2, Helbing Lichtenhahn, Bruylant, L.G.D.J, Paris, 2003, p 211

90
Commission du droit international, Rapport de la cinquante-sixième session (3 mai – 4 juin et 5 juillet – 6 août
2004), Assemblée générale des Nations Unies, 59e session, Supplément no. 10 (A/59/10)
En ce qui concerne le champ d'application temporel et matériel de l'immunité personnelle, la
question a été soulevée devant la Commission du droit international concernant les actes couverts
par ce type d'immunité. S'agit-il des actes accomplis par le chef d'État à titre officiel, ou inclut-elle
également les actes de nature privée ? L'immunité personnelle s'applique-t-elle uniquement
pendant la durée des fonctions du président, ou peut-elle également s'appliquer après la fin de son
mandat ?91 La Commission du droit international a tiré les conclusions suivantes :

1. Le chef d'État, le chef de gouvernement et le ministre des Affaires étrangères bénéficient, en


principe, d'une immunité personnelle uniquement lorsqu'ils sont en fonction.
2. L'immunité personnelle couvre tous les actes accomplis par les personnes susmentionnées
dans le cadre de leurs fonctions officielles ou même privées, que ces actes aient été réalisés
avant ou pendant la durée de leurs fonctions.
3. La suspension de cette immunité n'empêche pas l'application des règles du droit
international en ce qui concerne l'immunité fonctionnelle. 92

Il ressort de ces dispositions adoptées dans le rapport que l'immunité personnelle ne s'étend pas
seulement aux actes accomplis par le président lorsqu'il est en fonction - ce qui est la règle
générale - mais peut également s'étendre après qu'il a quitté ses fonctions, tant que ces actes ont
été réalisés durant son mandat. Il est important de rappeler que ces actes sont de nature privée,
car évoquer les actes officiels nous amènerait dans le domaine de l'immunité fonctionnelle
functionnelimmunity93 En application de ce principe, la Cour internationale de justice a statué que
la Belgique devait annuler le mandat d'arrêt émis contre le ministre des Affaires étrangères de la
République démocratique du Congo, au motif que ce dernier bénéficiait d'une immunité
personnelle pour des actes privés commis durant son mandat. La Cour a ordonné l'annulation du
mandat d'arrêt même si la décision a été rendue après que le ministre congolais avait quitté ses
fonctions. Ce qui compte, c'est le moment de l'émission du mandat d'arrêt international, à savoir
lorsque le ministre était encore en fonction, même s'il a démissionné par la suite. 94

L'immunité fonctionnelle du chef d'ÉtatNous avons déjà expliqué que l'immunité dont bénéficie le
chef d'État se divise en deux types reconnus selon le droit international coutumier : l'immunité
personnelle et l'immunité fonctionnelle. Ces deux types d'immunité ressemblent à l'immunité dont
bénéficient les États étrangers (foreignstateimmunity) en ce qu'elles étaient considérées comme
absolues jusqu'à récemment.
91
Commission du droit international, Rapport de la cinquante-sixième session (3 mai – 4 juin et 5 juillet – 6 août 2004), Assemblée générale des
Nations Unies, 59e session, Supplément no. 10 (A/59/10), par. 160-170. Disponible sur : [Link]

92
Nations Unies, Commission du droit international, Immunité de juridiction pénale étrangère des représentants de l’État, Note du Secrétariat,
A/CN.4/596, 31 mars 2008, par. 18-23. Disponible sur : [Link]

93
Cour internationale de Justice, Affaire relative au mandat d'arrêt du 11 avril 2000 (République démocratique du Congo c. Belgique), Arrêt,
Recueil des arrêts, avis consultatifs et ordonnances 2002, par. 54-61, p. 21-24. Disponible sur : [Link]

94
Cassese, Antonio, When May Senior State Officials Be Tried for International Crimes? Some Comments on the Congo v. Belgium Case,
European Journal of International Law, vol. 13, no. 4, 2002, p. 853-875.
Nous consacrerons cette section à l'immunité fonctionnelle du chef d'État, en précisant son concept et son champ
d'application.95 Contrairement à l'immunité personnelle, l'immunité fonctionnelle ne concerne que les actes officiels accomplis
par le représentant de l'État dans l'exercice de ses fonctions. Elle ne s'étend donc absolument pas à ses actes privés. Il convient
de préciser que cette limitation du champ d'application de l'immunité ne fait l'objet d'aucune controverse en doctrine juridique
et a été confirmée par plusieurs décisions judiciaires. Parmi ces décisions, on peut citer celle de la Cour internationale de justice
dans l'affaire Djibouti contre France concernant l'entraide en matière pénale.96a ce propos le champ d'application de l'immunité
fonctionnelle a été clairement défini : elle ne couvre que les actes accomplis par le chef d'État ou autres représentants en leur
qualité de fonctionnaires et représentants de leur État. Le chef d'État est considéré comme le représentant de son État lorsqu'il
accomplit des actes en son nom et dans le cadre de ses fonctions. En conséquence, il bénéficie d'une immunité judiciaire pour
ces actes. Ce type d'immunité, appelé immunité fonctionnelle,97 s'applique aussi bien au chef d'État en exercice qu'à l'ancien
chef d'État, pourvu que les actes en question soient liés à l'exercice de ses fonctions officielles. En d'autres termes, le chef d'État
bénéficie d'une immunité absolue pour des actes spécifiques accomplis dans l'exercice de ses fonctions, et cette immunité
perdure même après la fin de son mandat. L'important est l'acte accompli et non la personne l'ayant accompli, ce qui distingue
l'immunité fonctionnelle de l'immunité personnelle, qui se termine avec l'expiration du mandat ou la destitution du chef d'État
98
En ce qui concerne l'immunité fonctionnelle, des questions se posent quant à son champ d'application et à son étendue. En
d'autres termes, qui sont les personnes bénéficiant de ce type d'immunité selon la coutume et la jurisprudence internationales,
et quels sont les actes couverts par cette immunité? En ce qui concerne la portée temporelle et personnelle de l'immunité
fonctionnelle, celle-ci est plus étendue que l'immunité personnelle. Elle s'applique aux mêmes individus bénéficiant de
l'immunité personnelle, que la doctrine désigne sous le terme de "troïka". En outre, elle s'étend à toute personne représentant
l'État de manière générale. La différence principale réside dans la portée temporelle : ces individus continuent de bénéficier de
cette immunité pour les actes officiels qu'ils ont accomplis durant leur mandat, même après la cessation de leurs fonctions 99

95
Andrea Bianchi, L’immunité contre les droits de l’homme : le cas Pinochet, Revue européenne de droit international, Vol. 10, No. 2, 1999, p.
240-242

96
Alexander Orakhelashvili, Normes impératives en droit international, Presses universitaires d’Oxford, 2006, p. 256-258

97
Cour internationale de Justice (CIJ), Affaire concernant certaines questions de l’entraide judiciaire en matière pénale (Djibouti c. France), arrêt
du 4 juin 2008, § 170-172

98
Dapo Akande & Sangeeta Shah, "Les immunités des représentants de l'État, les crimes internationaux et les juridictions étrangères", Revue
européenne de droit international, , No. 4, 2010, p. 830-832

99
joan E. Donoghue, “Les limites de l’immunité de l’État dans le système international”, dans Recueil des Cours de l’Académie de Droit International de La Haye,
2004, Vol. 333, p. 160-165
Certains juristes soutiennent que les actes effectués par le chef de l'État dans le cadre de ses
fonctions sont considérés comme des actes émanant de l'État lui-même. Par conséquent, le chef
de l'État, souvent décrit comme "la voix de son pays", reste protégé contre toute poursuite relative
à ces actes officiels, même après avoir quitté son poste et terminé son mandat. 100 En ce qui
concerne la portée matérielle de cette immunité, nous avons indiqué qu'il n'existe pas de
désaccord quant à la limitation de cette immunité aux seuls actes officiels, à l'exclusion des actes
privés. Cependant, une question suscite la controverse : comment établir un critère permettant de
déterminer ce qui constitue un acte officiel, et donc couvert par l'immunité fonctionnelle, et ce qui
relève d'un acte privé, et donc exclu de la portée de l'immunité fonctionnelle du chef de l'État 101En
réalité, après avoir examiné les ouvrages de doctrine juridique sur cette question, nous avons
constaté que cette question est une source de controverse doctrinale. Il est mentionné dans la
littérature juridique( legalliterature ) qu'il n'existe aucun critère établi en droit international public
permettant de distinguer clairement entre ce qui constitue un acte officiel et ce qui relève d'un
acte privé.102 Parmi les questions soulevées par ce type d'immunité, il convient de se demander si
l'immunité s'étend aux actes officiels accomplis par le chef de l'État au-delà de ses compétences,
ce que la doctrine latine désigne par le terme "ultra vires acts", c'est-à-dire les actes dépassant la
légalité. En réalité, il est fréquent que la revendication de l'immunité soit rejetée dans de tels cas.
Cependant, nous inclinons à dire que ce type d'immunité est destiné à protéger le président pour
les actes imposés par la nature de ses fonctions, indépendamment de leur légalité Cependant, à
notre avis, dans les cas où l'illégalité atteint un niveau tel qu'il est impossible d'accepter la
revendication de l'immunité fonctionnelle, comme dans le cas des violations graves des droits de
l'homme, l'immunité ne devrait pas être accordée.103

Chapitre 2 : l’irresponsabilité pénale du chef d’état : mythe ou réalité

L’irresponsabilité pénale du chef d’état pose des débats indispensables au sein de la communauté
juridique et internationale. Historiquement le principe d’immunité a été conçu pour protéger les
hauts responsables des états contre les poursuites judiciaires. Permettant ainsi une certaine
stabilité et continuité dans les politiques de l’état. Cependant a l’ère de la justice internationale,
cette notion est mise a l’épreuve. Les cas récents de chefs d’état poursuivis pour des questions
cruciales sur la validité de ce principe. Dans cette section nous examinerons si cette protection est
toujours pertinente à la lumière des évolutions récentes du droit international section 1. Loin
d’être un simple concept juridique. L’irresponsabilité pénale pourrait bien représenter un mythe
face a l’impératif croissante d’assurer la justice pénal sur la scène mondiale L’immunité comme
obstacle à la démocratie et à l’État de droit section 2
100
Résolution sur l’immunité de juridiction et d’exécution des chefs d’État et de gouvernement en droit international, Annuaire de l’Institut de
droit international, , Session de Vancouver, 2001, art. 2-3. [Link]

101
L'immunité de juridiction des chefs d'État et des hauts représentants étatiques," Revue générale de droit international public, 1997, p. 569-590

102
Bianchi, Andrea, « Immunité contre droits de l’homme : L’affaire Pinochet », Journal européen de droit international, 1999, p. 237-277.

103
Cassese, Antonio, « Quand des hauts responsables d’État peuvent-ils être jugés pour des crimes internationaux ? Quelques observations sur
l’affaire Congo c. Belgique », Journal européen de droit international, 2002, p. 853-87
Section 1 : légalisation du statut du chef d'état

La responsabilité politique des chefs d’état nait lorsqu’il s’engage de ces actes et paroles devant le
group qu’il présente et support les conséquences de ces actes et ses paroles devant le group qu’il
représente et supporte les conséquences de ces actes et paroles qui découlent du fait qu’il a
commis une erreur ou un crime portant atteinte a la dignité humaine et entrainent un préjudice
portant atteinte a l’intérêt collectif et Si les pays à régime monarchique sont unanimes sur le
principe de l'irresponsabilité du monarque pour des considérations que nous allons évoquer, il en
va différemment pour les pays à régime républicain, qu'il soit parlementaire ou présidentiel. De ce
point de vue, on examinera s'il existe ou non une responsabilité politique du chef de l'État(A) et
dans quelle mesure il peut être mis en cause politiquement de manière indirecte, si sa
responsabilité politique directe est exclue.(B)

Paragraphe 1 : La responsabilité du chef de l'État oscille entre immunité et protection.

Il y a dans l'histoire du monde politique une période où le chef de l'État n'avait pas à répondre de
ses actes devant le peuple ou ses représentants, à savoir les parlementaires. Comment pourrait-il
se demander, lui qui a reçu le pouvoir de Dieu selon certaines théories théocratiques ?Les
développements historiques survenus en Angleterre, notamment après la promulgation du Bill of
Rights en 1688, qui renforçait l'autorité du Parlement et limitait les privilèges de la Couronne 104,
conduisirent à l'émergence du principe de non-responsabilité du roi en raison de ses pouvoirs au
gouvernement. Ensuite, ce principe a été adopté par de nombreux pays monarchiques et
républicains105, mais la position constitutionnelle du chef de l'État différait selon les constitutions
en raison des spécificités de chaque système politique Certains pays ont consacré
constitutionnellement cette responsabilité106, qui varie en étendue et en gravité, et qui peut
engendrer la destitution, la démission ou la démission d'office du chef de l'État a ce propos en va
analyser Le contenu : le principe coutumier d'absence de responsabilité politique du chef de l'État
et ses conséquences , Ensuite, je discute de l'étendue de la reconnaissance constitutionnelle de
cette responsabilité dans les constitutions des États.
104
Hauriou, Maurice, Précis de droit constitutionnel, 2e éd., Paris, Sirey, 1933, p. 160-165

105
Loughlin, Martin, The Idea of Public Law, Oxford University Press, 2004, p. 102-108 Oxford University Press
106
Frédéric Rouvillois, La responsabilité politique du chef de l'État dans les régimes présidentiels et parlementaires, Revue de droit public, 2011,
p. 55-60
A / le contenu du principe d’impunité du chef d’état

Le principe de l’irresponsabilité des chefs d’état et l’une du fondements important sur lesquels
repose le système parlementaire qui repose sur deux piliers primordiaux (Pouvoir exécutif à
dualité) Là où il y a un chef d'État irresponsable et, à côtés de lui, un gouvernement responsable
devant le Parlement Dans le système présidentiel, le chef de l'État est élu par le peuple, ce qui lui
confère un pouvoir et une légitimité égaux à ceux du [Link] a la même légitimité
démocratique et populaire que le Parlement. Ce qui le rend politiquement irresponsable de ses
actes devant le Parlement, mais plutôt devant le peuple qui l'a élu. Le développement
parlementaire en Angleterre a abouti à la reconnaissance complète de l’irresponsabilité politique
du roi, comme en témoigne l'expression ( the king reigns but does not rule ) Tant que le roi
n'exerce pas lui-même ce pouvoir, mais par l'intermédiaire du ministère, Il ne sera pas responsable
de ces actes .ce qui conduit a Certains rois qui ont violé les règles du droit international sans en
rendre compte ni même être accusés.107 L’exemple qui l’on peut illustrer le roi Léopold II de
Belgique qui est tristement célèbre pour son atrocités commises dans l’état indépendant du Congo
( 1885-1908) adamhochschild dans son livre « le fantôme du roi Léopold » écrit : « au nom du roi
Léopold II , des millions de congolais ont été réduits en esclavage , mutilés , et tués pour satisfaire
les appétits insatiables de l’Europe pour le caoutchouc .le silence de la communauté internationale
faces a ses mascaras montre a quel point l’humanité peut se détourner des souffrances des
autres . » Si le principe de non-responsabilité du chef de l'État (politique et pénale) a été transféré
aux régimes de monarchie parlementaire sans modification, il en va autrement pour les pays à
régime républicain qui ont adopté le régime parlementaire, comme le roi, et non le chef de
l'Etat108. Le principe de l'irresponsabilité du chef de l'État dans les pays à système républicain se
limite au seul domaine politique. Le président de la République n'est pas politiquement
responsable, mais il est pénalement responsable. Bien que la notion de « crime politique » soit
présente dans le droit international, elle est généralement utilisée dans le cadre de l’exclusion des
extraditions pour des infractions politiques. Chaque État ou système juridique peut en tirer des
conclusions différentes, et les traités internationaux tendent à limiter la portée de cette exception
en excluant les infractions graves telles que le terrorisme ou les crimes contre l'humanité du
champ des « crimes politiques ». Mais il n’existe pas de définition universelle et uniformément
acceptée des "crimes politiques" dans les conventions ou traités internationaux. Cependant,
certaines conventions internationales abordent indirectement cette notion, en particulier dans le
cadre de l'exclusion des crimes politiques des procédures d'extradition .CE crime a longtemps 109

hanté la pensée juridique et a semé la confusion entre lui et le crime d'atteinte aux biens et aux
droits. Il peut être défini sur le fondement de plusieurs traités internationaux en ces termes :
Convention européenne d'extradition (1957) :l’article 3 de cette convention stipule que
l’extradition ne sera pas acceptée si l’infraction et politique « L'extradition ne sera pas accordée si
l'infraction pour laquelle elle est demandée est considérée par l'État requis comme une infraction
politique ou comme une infraction connexe à une telle infraction. » 110
107
Jean Gicquel et Yves Gicquel, Droit constitutionnel et institutions politiques, Montchrestien, 30e éd., 2014, p. 180-185

108
Adam Hochschild, Le fantôme du roi Léopold : Un holocauste oublié, Paris, Albin Michel, 1998, p. 56-61.

109
l'immunité des chefs d'État et autres hauts responsables étatiques, Session de Naples, 2009. [Link].
Aussi on peut citer la convention des nations unies contre la torture 1984 Article 3 : « Aucun État
partie n'expulsera, ne refoulera ni n'extradera une personne vers un autre État où il y a des motifs
sérieux de croire qu'elle risque d'être soumise à la torture » il précise que les actes de torture ne
peuvent pas être considérés comme des crimes politiques Il en découle qu'aucun État ne peut
refuser d'extrader une personne accusée de torture sous prétexte que l'infraction serait de nature
politique. Dans de nombreux textes internationaux, le concept de « crime politique » est souvent
restreint, notamment en ce qui concerne des infractions comme le terrorisme, les crimes de guerre
et les crimes contre l’humanité. Par exemple, la jurisprudence internationale et certaines
conventions affirment que des crimes tels que le génocide ou les actes terroristes ne peuvent pas
être qualifiés de crimes politiques, afin d'éviter que leurs auteurs échappent à la justice.
L’irresponsabilité politique du chef de l'État fait qu'il n'est pas responsable devant le [Link]
ce qui concerne les questions de gouvernance, les responsables sont le Premier ministre, les
ministres et non le Parlement. Le droit de voter une motion de censure contre le président pour le
forcer à démissionner, de même que le droit de le nommer ou de le démettre de ses fonctions, ne
devrait pas être évoqué dans les délibérations [Link] aspect de la jurisprudence
constitutionnelle française attribue le principe de non-responsabilité du chef de l’État à... Deux
arguments fondamentaux : Le premier concerne la préservation de l’intérêt public (Garantir la
souveraineté de l’État). Le second concerne le rôle d’arbitre du chef de l’État entre les autorités
(idée d’arbitrage)Cette idée première idée appelle à s’opposer à la responsabilité de l’autorité
exécutive, qui a émergé dans les pays monarchiques. Elle s'est ensuite propagée dans les pays
républicains, car il est largement admis que toute atteinte au chef de l'État constitue une attaque
contre l'État lui-même. Porter atteinte de quelque manière que ce soit au chef de l'État constitue
en effet une attaque contre l'entité de l'État lui-même. en ce qui concerne la deuxième idée
l’arbitrage,Cette idée fait du chef de l’État un arbitre neutre parmi les pouvoirs publics. Parce que
c'est [Link] le système parlementaire, le chef de l'État exerce le rôle d'arbitre entre les
pouvoirs, ce qui implique naturellement au président de suivre une politique neutre entre les
pouvoirs. Si les constitutions modernes consacrent l’absence de responsabilité politique du chef de
l’État devant le Parlement, alorsCette responsabilité existe néanmoins en pratique, puisque le
président peut être politiquement responsable envers le peuple. Lorsque le peuple est élu, la
responsabilité du chef de l'État doit donc être redéfinie d'une manière qui va au-delà de la
personne exerçant l’autorité. Les textes constitutionnels et le contenu large de la notion de
responsabilité signifient une perte de confiance envers le parti devant lequel on est interroger En
revanche, il nous apparaîtra plus tard que la responsabilité pénale inscrite dans certaines
constitutions modernes. En fait, il s’agit simplement de la base constitutionnelle de la
responsabilité politique du chef de l’État. les textes constitutionnels ne précisent pas la définition
des crimes qui engagent la responsabilité pénale du président. L'accusation est une forme pénale.
La haute trahison, par exemple, et la plupart de la jurisprudence tend à considérer ce crime
comme un crime politique Grâce à ce qui précède, la responsabilité politique peut être définie
comme un ensemble de mécanismes constitutionnels. Il s'agit d'un processus qui place,
directement ou indirectement, le chef de l'État, le gouvernement ou les ministres dans une
position où ils sont tenus de :

- d'une part, de justifier leur politique et leur administration du gouvernement auprès du peuple
ou de leurs représentants

- d'autre part, de les démettre de leurs fonctions s'ils perdent cette confiance

. Cela signifie que la Constitution elle-même peut établir des mécanismes par lesquels la
responsabilité politique du chef de l'État est renforcée. Celle-ci peut être indirecte, même s'il est
décidé qu'il n'est pas responsable devant le Parlement, comme pour la responsabilité pénale.
Celle-ci cache en effet une responsabilité politique dans le contexte de l'accusation pénale du
président. La responsabilité du président peut également découler de mécanismes indirects,
comme la ré-accusation. L'élection ou le référendum, qui fait de lui le chef de l'État. Cela revient au
peuple pour lui redonner confiance. Les systèmes politiques modernes ont décidé d’adopter le
principe de l’irresponsabilité du président de la République,devant le Parlement, même si les
fondements sur lesquels repose cette irresponsabilité diffèrent selon les applications
constitutionnelles de la continuité de l’État. Dans différents systèmes, ces fondements peuvent se
limiter à deux : la séparation des pouvoirs et la pérennité de l’État Le principe de distinction des
pouvoirs, selon la Constitution tunisienne (article 70), signifie que : Le président de la République
exerce le pouvoir exécutif avec le concours d'un gouvernement dirigé par un Premier ministre. La
Chambre des représentants du peuple exerce le pouvoir législatif. Le pouvoir judiciaire est exercé
par des tribunaux de tous types. Ce que cela signifie, c'est que chaque corps n'est pas
complètement indépendant de l'autre. Ainsi, chaque corps ne forme qu'un seul corps isolé, mais il
ne s’agit pas de concentrer les fonctions de l’État et les pouvoirs de l’autorité publique. Dans une
main d'un seul individu. En droit constitutionnel, le mérite de la formulation du principe de la
séparation des pouvoirs en tant que théorie revient au philosophe Montesquieu. Son objectif en
prônant ce principe était de limiter l’abus de pouvoir. Il est cité pour sa célèbre maxime : «
L'expérience éternelle a prouvé que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va
jusqu'à ce qu'il trouve des limites. Le pouvoir a besoin de limites. » Afin de prévenir l'abus de
pouvoir, il est nécessaire que le système soit fondé sur l'idée que le pouvoir arrête le
[Link], l'idée de la séparation des pouvoirs pour éviter leur abus a fait place à l'idée
de leur collaboration. En effet, le peuple ne craint plus la tyrannie des gouvernants, ceux-ci étant
élus par lui et le représentant. Ainsi, la séparation des pouvoirs est devenue un principe technique
de répartition du pouvoir et de division du travail, et n'est plus un principe politique visant à limiter
le despotisme et la concentration du pouvoir. D'autre part, l'élargissement des fonctions de l'État
et la complexité croissante de ses activités ont conduit à une prédominance du pouvoir exécutif au
détriment des autres pouvoirs. Il est désormais évident que l'autorité exécutive rivalise avec
l'autorité législative, même dans ses compétences législatives Ainsi, les relations entre les pouvoirs
publics au sein de l’État sont devenues des relations de hiérarchie et non plus d'égalité. Le principe
dominant dans les systèmes contemporains est devenu « le principe de hiérarchie des pouvoirs »
en lieu et place du principe de séparation des autoritésLa Cour suprême des États-Unis a
effectivement confirmé dans l'affaire Nixon v. Fitzgerald de 1982 que l'immunité présidentielle
repose sur le « précédent constitutionnel de la séparation des pouvoirs ». Ce jugement
reconnaissait l'immunité absolue du président des États-Unis pour les actes officiels accomplis
dans le cadre de ses fonctions dans ce contexte Omar el-Béchir, président du Soudan (1989-2019)
qui été accusé par la Cour pénale internationale (CPI) de crimes de guerre, crimes contre
l’humanité et génocide commis lors du conflit du Darfour la cpi a émis deux mandats d’arrêt a son
encontre en 2009-2010 Cependant, en tant que chef d’État en exercice, el-Béchir a invoqué son
immunité présidentielle et a reçu le soutien de plusieurs États africains qui ont refusé de le
remettre à la CPI, en s’appuyant sur le principe de souveraineté nationale et la séparation des
pouvoirs. Bien l'étendue de la reconnaissance constitutionnelle de cette responsabilité dans les
constitutions des États. qu’il ait été destitué en 2019, il n’a toujours pas été remis à la justice
internationale.

B/ L’étendue de la reconnaissance constitutionnelle de cette responsabilité dans les constitutions


des États.

Dans son l’idée d’une histoire universelle au point de vue cosmopolitique en 1784 Kant a écrit que
« l’homme est un animal qui, quand il vit avec d’autres de son espèce a besoin d’un maitre. Car il
abuse à coup sur de sa liberté a l’égard de ses semblables : et, bien qu’en tant que créature
raisonnable il souhaite une loi qui mette des bornes a la liberté de tous,pourtant, de son penchant
animal égoïste l’entraine a faire exception pour lui, quand il le peut , il a donc besoin d’un maitre
qui brise sa volonté personnelle et la force a obéir a une volonté universellement reconnue , de
sorte que chacun puisse être libre . Mais d’où sortira-t-il ce maitre ? Nulle par ailleurs que dans
l’espace humain .mais ce maitre est de la même façon un animal qui besoin d’un maitre .l’homme
peut donc mener cela comme il veut, on ne voit pas d’ici comment il pourrait se procurer un chef
de la justice publique qui soit lui-même : qu’il le cherche en un particulier ou qu’il le cherche en
une société de plusieurs personnes choisies a cet effet. car chacun, parmi eux, abusera toujours sa
liberté si personne n’exercer sur lui un control d’après les lois mais le chef suprême doit être juste
en lui-même et être pourtant un homme .c’est pourquoi cette tache est la plus difficile de toutes,
et même sa solution parfaite impossible ». Les points de vue de Kant remettent en question à la
fois le statut du maître dans une société et les modalités de poursuite à exercer à son
égard .cependant, la cohésion d’une société repose sur l’autorité du chef d’état, sans lui la société
sombre dans le désordre et les oppositions absurdes. Même arrivé illicitement au pouvoir , un chef
cherche toujours a justifier son autorités qui devrait rayonner au sein de chaque membre de la
société .A tél point que les subordonnés devraient croire a la capacité extraordinaire d’un homme
idéal qui le protégé contre tous les fléaux du monde et qui combat pour le bonheur de la
population pour accomplir ces taches , cette personne bénéficie d’une protection inégalée , d’une
immunité absolue et d’une inviolabilité totale admis par les constituions des tous les pays , a ce
propos Pour justifier légalement l'idée de l'immunité en relation avec le régime constitutionnel,
une étude de la fondation constitutionnelle de son existence est nécessaire. Cette étude se réalise
à travers deux méthodes : soit par une reconnaissance explicite dans la Constitution, soit par une
délégation législative Dans le souci du législateur de préserver le principe d'égalité devant la loi et
de renforcer l'idée de la non-impunité, il s'efforce de prévoir des cas d'immunité, de sorte que ces
situations constituent les seules exceptions au principe d'égalité devant la loi. Ainsi, le législateur
ne dispose pas du pouvoir de créer des règles parallèles instituant des immunités pour d'autres
catégories que celles prévues par la Constitution. La Constitution américaine, promulguée le 17
septembre 1787, est considérée comme la première constitution écrite avec des caractéristiques
démocratiques à l'époque moderne. L'adoption de cette constitution a traversé deux phases : la
première, celle de l'alliance des États sous forme d'une confédération en 1781, après leur
déclaration d'indépendance vis-à-vis du Royaume-Uni le 4 juillet 1776 ; et la deuxième, celle de la
formation de l'Union fédérale et la ratification de la Constitution lors de la Convention de
Philadelphie en 1787. L’article I section 6 « "Les Sénateurs et les Représentants recevront une
indemnité pour leurs services, à être fixée par la loi, et payée par le Trésor des États-Unis. Dans
tous les cas, sauf trahison, crime grave et rupture de la paix, ils seront exempts d'arrestation
durant leur présence aux sessions de leurs Chambres respectives, et en se rendant à celles-ci ou en
en revenant. Et pour tout discours ou débat dans l'une ou l'autre Chambre, ils ne pourront être
interrogés en aucun autre lieu."Le président des États-Unis détient des pouvoirs étendus qui
couvrent tout ce qui concerne l'exercice de l'autorité exécutive, y compris la désignation des
ministres et des hauts fonctionnaires de l'administration. Il dispose également du droit de veto sur
les lois adoptées par le Congrès et il est chargé de la conduite de la politique étrangère. Sur le plan
militaire, il supervise les opérations de guerre, mais il est important de noter qu'il n'a pas le
pouvoir de déclarer la guerre, une prérogative qui revient au Congrès, conformément à l'article I,
section 8 de la Constitution américaine. Cependant, en pratique, pour des raisons liées à la
confidentialité et à la rapidité requises par les conflits, c'est généralement le président qui décide
d'engager les forces armées. Néanmoins, il ne peut poursuivre une guerre sans l'approbation du
Congrès. Le président bénéficie de son pouvoir en raison de son élection par le peuple et des larges
prérogatives dont il dispose. Cependant, le président américain n'est pas politiquement
responsable devant le Congrès, malgré la solidité de sa position. Cette relation entre le président et
le Congrès est fondée sur le principe de la séparation des pouvoirs, qui constitue l'un des principes
fondamentaux de la Constitution américaine. Les Pères fondateurs ont adopté les idées de Locke
et de Montesquieu concernant la séparation des pouvoirs et ont opéré une distinction rigoureuse
entre eux. Bien que la Constitution ne mentionne pas explicitement l'adoption du principe de
séparation des pouvoirs, la manière dont les dispositions constitutionnelles organisent les relations
entre les pouvoirs montre une tendance vers une séparation quasi absolue. Cependant, la pratique
politique a contribué à atténuer la rigidité de cette séparation et à la transformer en une
séparation plus équilibrée, en particulier entre la présidence et le Congrès. Bien que le président
américain ne soit pas politiquement responsable devant le Congrès, il est néanmoins responsable
devant le peuple qui l’élit de manière indirecte. En effet, à la fin de son premier mandat, le
président peut solliciter un second mandat, offrant ainsi au peuple l'opportunité d'évaluer sa
politique menée durant son premier mandat. Dans l'histoire politique américaine, il est arrivé que
certains présidents ne soient pas réélus pour un second mandat, malgré leur candidature. Cela a
été le cas du président Jimmy Carter en 1981, et du président George H. W. Bush, père, qui a
échoué à être réélu lors de l'élection de 1993 la jurisprudence estiment que, pour que l'on puisse
affirmer la responsabilité politique du président américain devant le peuple, il est nécessaire que le
président se porte candidat à un second mandat. En effet, s'il termine son premier mandat sans se
représenter, il échappe à la possibilité d'être tenu responsable de ses actions politiques devant la
nation. Dans ce cas, les électeurs ne pourront pas le juger sur ses politiques et ses décisions durant
son premier mandat, ce qui affaiblit le principe de responsabilité politique découlant de son
élection par le peuple. Cela a conduit à l'émergence du mandat d'arrêt international, qui est le seul
mécanisme ayant contribué à empêcher les chefs d'État d'échapper à des poursuites pour des
crimes graves commis contre leur nation. De plus, son champ d'application dépasse celui du
mandat d'arrêt européen, qui se limite aux États membres de l'Union européenne. Cela représente
une alternative à la procédure d'extradition traditionnelle, qui n'a pas prouvé son efficacité au fil
des décennies. Selon le Juriste américain Madison, « le pouvoir exécutif constitue la source
fondamentale du plus grand danger s'il est laissé sans contrôle ni restrictions. Il doit donc être
surveillé avec tout le zèle qu'inspire l'enthousiasme pour la liberté. » Bien que ce principe soit celui
de la responsabilité du chef de l'État, les constitutions diffèrent entre elles quant à l'étendue de
cette responsabilité. La règle de base à cet égard est que le chef de l'État est responsable, comme
une personne ordinaire, des crimes qu'il a commis. Il les commet en dehors de l'exercice de ses
fonctions, il est donc tenu responsable en tant qu'individu ordinaire et sans aucun privilège
procédural s'il commet des crimes de droit commun. En ce qui concerne les devoirs et les tâches
liés à sa fonction, en revanche, il n'est pas pénalement responsable, sauf dans les limites
approuvées par la Constitution. Le chef de l'État ne bénéficie que d'une immunité partielle qui le
dispense de mettre en œuvre certaines dispositions du Code pénal et de le soumettre à des
procédures spéciales autres que les lourdes procédures générales. L'article 68 de la Constitution
française de 1958 en est un exemple. Il accorde l'immunité absolue au Président de la République
pour les actes qu'il accomplit dans l'exercice de ses fonctions présidentielles, sauf en cas de haute
responsabilité ou de trahison, et conformément à son argumentation et à ses mécanismes
spécifiques. Cette article stipule « Le Président de la République ne peut être destitué qu'en cas de
manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l'exercice de son mandat. La
destitution est prononcée par le Parlement constitué en Haute Cour. La proposition de réunion de
la Haute Cour adoptée par une des assemblées du Parlement est aussitôt transmise à l'autre qui se
prononce dans les quinze jours. La Haute Cour est présidée par le président de l'Assemblée
nationale. Elle statue dans un délai d'un mois, à bulletins secrets, sur la destitution. Sa décision est
d'effet immédiat. Les décisions prises en application du présent article le sont à la majorité des
deux tiers des membres composant l'assemblée concernée ou la Haute Cour. Toute délégation de
vote est interdite. Seuls sont recensés les votes favorables à la proposition de réunion de la Haute
Cour ou à la destitution » quant a l’immunité dans les Constitutions tunisiennes, de 1959 à 2022, a
évolué en fonction des contextes politiques et des réformes constitutionnelles L'évolution des
dispositions relatives à l'immunité parlementaire dans les Constitutions tunisiennes reflète une
continuité dans la protection des représentants du peuple tout en s'adaptant aux contextes
politiques changeants. Dans la Constitution de 1959, l'immunité était centrée sur la protection des
députés contre les poursuites pénales pendant leur mandat, à moins d'une autorisation de la
Chambre, et sur l'immunité pour les opinions émises dans l'exercice de leurs fonctions l’article 41
de l’article 1959 « Le président de la République ne peut être poursuivi durant l’exercice de ses
fonctions pour des actes liés à l'exercice de son mandat » L'immunité accordée au président sous
la Constitution de 1959 protège le chef de l'État de toute poursuite pour des actes commis dans
l'exercice de ses fonctions. La responsabilité politique et pénale est donc quasi inexistante durant
son mandat Cependant, avec le développement des crimes contre les droits de l’homme dans le
monde et la propagation des dictatures sous couvert de « légitimité constitutionnelle » ou de «
sécurité nationale », il est devenu nécessaire de renforcer les mécanismes internationaux de
responsabilisation et de réduire la portée de l’immunité dont jouissent les politiciens. Dirigeants,
afin de garantir qu’ils n’échappent pas à la punition pour des crimes graves tels que les crimes de
guerre, le génocide et les crimes contre l’humanité.En mais en Tunisie la nouvelle Constitution vise
à limiter les pouvoirs du président et à mieux encadrer sa responsabilité l’article 87 « "Le président
de la République bénéficie de l'immunité durant son mandat. Toutes les périodes de prescription
ou de forclusion sont suspendues. Il peut être poursuivi après la fin de son mandat pour des actes
commis dans l'exercice de ses fonctions et sans lien avec celles-ci. Le président de la République ne
peut être poursuivi pour trahison majeure qu’après l’approbation de la majorité des deux tiers des
membres de l’Assemblée des représentants du peuple. Dans ce cas, l’affaire est portée devant la
Cour constitutionnelle » La Constitution de 2014 accorde l'immunité au président, mais établit une
procédure de destitution en cas de « haute trahison ». Cela marque une rupture avec la
Constitution de 1959, en introduisant une possibilité de responsabilité pénale après le mandat.
Mais Sous la Constitution de 2022, dans un contexte de recentralisation du pouvoir exécutif,
l'immunité du président est renforcée, tout en maintenant certaines dispositions pour encadrer sa
responsabilité. L’article 110 « Le président de la République bénéficie de l’immunité durant
l'exercice de ses fonctions. Toutes les périodes de prescription ou de forclusion sont suspendues et
il ne peut être poursuivi qu'après la fin de son mandat pour des actes non liés à ses fonctions »
dans cette constitution L'immunité est renforcée, mais la procédure de destitution pour haute
trahison reste en place, montrant une tentative d'équilibre entre immunité et responsabilité
l’article 111 « Le président de la République ne peut être poursuivi pour trahison majeure qu’après
l’approbation des deux tiers de l'Assemblée nationale. La Cour constitutionnelle est alors saisie »
Cette progression reflète l'évolution du cadre institutionnel et la relation changeante entre le
pouvoir exécutif et les autres branches du gouvernement, avec une tendance à renforcer
l'immunité du chef d'État tout en prévoyant des mécanismes spécifiques pour encadrer sa
responsabilitéL'immunité absolue n'est pas compatible avec la nature du système républicain, qu'il
soit parlementaire ou présidentiel, étant donné le rôle effectif joué par la volonté populaire dans
l'exercice direct du pouvoir lors du choix de ses représentants au sein du pouvoir exécutif et au
niveau du pouvoir législatif selon des élections respectueuses. Le chef de l'État ou ses
représentants ont les fonctions prévues par la Constitution en tant qu'intermédiaires en son nom
dans l'exercice du pouvoir politique, ainsi qu'en activant le pouvoir judiciaire en fournissant des
garanties adéquates qui garantissent son indépendance. , pour le protéger dans son aspect
organique et garantir l'efficacité de la fonction judiciaire face aux violations éventuelles émises par
les autorités exécutives et lé[Link] appliquant le principe de séparation des pouvoirs, qui
repose sur la réalisation de l'idée d'équilibre, notamment entre les deux pouvoirs exécutifs et le
législatif (en vertu de l'indépendance, présidentielle ou des moyens de contrôle accordés à chaque
autorité face aux autorités), l'exécutif en bénéficie. Son homologue, le parlementaire, bénéficie de
toutes ces raisons pour ne pas bénéficier du principe d'immunité absolue et subit ainsi la nécessité
de restrictions pour accorder l'immunité pénale, dans la mesure où elle garantit l'exercice du
travail sans aucun privilège. L’arbitraire dans son utilisation est autorisé, car l'octroi du droit à
l'immunité n'est pas absolu, mais soumis à des restrictions. L’autorité correspondante (législative
et judiciaire) est imposée par la Constitution et l'autorité du peuple pour représenter l'immunité
dans les régimes. La République n'est qu'une exception constitutionnelle liée au statut
professionnel et n'accorde aucun privilège personnel au président. L’existence de l'État dépend du
maintien du mandat présidentiel au profit du chef de l'État en tant que représentant du peuple au
niveau interne. En interne, son statut juridique en tant que représentant de la souveraineté de
l'État sur la scène internationale est différent, et sa nature varie en conséquence. L'immunité dont
il jouit contre la justice d'un pays étranger.
Section 2 : Le mythe de l’irresponsabilité pénale des chefs d’État

Lors des poursuites judiciaires, un obstacle majeur susceptible de faire entrave à la répression est
l'immunité juridictionnelle dont bénéficient les hauts représentants étatiques en raison de leur
statut. Comme souligné dans ce travail, le droit international coutumier reconnaît l'immunité des
États, de leurs entités et de leurs représentants. Ainsi, certaines personnes, telles que les chefs
d'État, les chefs de gouvernement et les ministres des affaires étrangères, ne peuvent être
poursuivies en raison de leur fonction officielle. Toutefois, la manière dont cet obstacle se présente
varie selon qu'il s'agisse de juridictions nationales ou internationales. Ce dernier chapitre vise à
répondre à la question de recherchée L’illusion de l’irresponsabilité pénale des chefs d’État face à
la juridiction nationale paragraphe (1) et d’autre coté La montée de la justice pénale internationale
comme réponse à l'impunité (2)

Paragraphe 1 : L’illusion de l’irresponsabilité pénale des chefs d’État face à la juridiction


nationale

On recense de nombreux types de règles juridiques : la règle constitutionnelle, la règle civile et la


règle pénale. En raison de la diversité des règles juridiques, il est naturel que la responsabilité varie
selon le fondement de la loi.

La violation peut être une règle civile ou pénale. Si la violation est des règles civiles, alors la
responsabilité est civile, même s'il s'agit d'une violation des règles de droit. La violation de la loi
constitutionnelle entraîne une responsabilité politique, et si la violation des règles pénales est
commise, la responsabilité est pénale. Par conséquent, l'étendue de la responsabilité du chef de
l'État reflète la mesure dans laquelle elle inclut tous ces types de responsabilité. Lors de la
commission de l'une des violations qui nécessitent ce type de responsabilité

Le système de la responsabilité de l’Etat et du président reste encore très fertile et en cours de


progression. En comparant avec le système islamique, les pouvoirs du -EL Khalifa- étaient larges et
différents, mais ils ont été sous la coupole de la

Responsabilité mondaine et eschatologiqueEn explorant les constitutions, la pratique de ses textes


et la pratique de ses textes et la jurisprudence des jurisconsultes,jurisprudence des jurisconsultes,
on distingue deux types de responsabilité :une première catégorie est organisée la seconde, par les
dispositions légales. Par les dispositions constitutionnelles ; On l'appelle la responsabilité directeA/.
La deuxième catégorie est créée par la réalité scientifique, appelée la responsabilité indirecteB/.

La responsabilité indirecte est celle qui est créée par la réalité scientifique. Compte tenu des
pouvoirs étendus et divers dont jouit le Président de la République En Tunisie, et à la lumière des
régimes comparés, il était nécessaire d'établir des mécanismes pour traiter ce problème afin
d'éviter une rupture nette, voire une violation, du principe d'équilibre entre pouvoir et
responsabilité. En effet, la position du Président de la République est renforcée et forte dans les
circonstances exceptionnelles prévues par la [Link] prend les mesures nécessaires pour
faire face au danger imminent, car il est le responsable, d'autant plus qu'il n'est
constitutionnellement lié par l'opinion d'aucun parti. L'abondance des pouvoirs accordés au chef
de l'État a conduit, avec les évolutions récentes, à la détermination de la responsabilité du pouvoir
exécutif, notamment de l'autorité du chef de l'État. Cependant, la constitution tunisienne lui
ressemble en la matière. Les constitutions successives algérienne, égyptienne et française stipulent
que le chef de l'État n'est pas responsable politiquement, civilement ou pénalement pendant son
mandat, mais réglementent de manière quelque peu timide la responsabilité pénale en cas de
haute trahison, comme le président soudanais Omar al-Bashir. n'est pas responsable
politiquement, civilement ou pénalement pendant son mandat, mais elles réglementent de
manière quelque peu timide la responsabilité pénale en cas de haute trahison, comme le président
soudanais Omar al-Bashir. , qui est recherché par la Cour pénale internationale depuis des
décennies pour des accusations de commettre des crimes de guerre et des crimes contre
l'humanité.Après son renversement en 2019 suite à la révolution populaire, le gouvernement
intérimaire soudanais l'a accusé de haute trahison en raison de sa politique qui a conduit le pays
vers la division et les guerres civiles.

A/La responsabilité directe du chef de l'Etat

La responsabilité directe du chef de l’État est réglementée ses procédures sont déterminées par
les dispositions de la Constitution, mais les mécanismes de destitution diffèrent selon le système
de l’ÉtatCeci est conforme au chapitre 88 de la Constitution tunisienne et à l'Égypte dans la
Constitution de 2014, article 159, en plus de la Constitution algérienne de 2020 au chapitre 177,
qui prévoit la possibilité d'accuser le chef de l'État de haute trahison par le Parlement et exige
l'approbation d'une majorité des deux tiers des membres du Parlement pour le renvoyer à la Cour
suprême. Quant aux constitutions comparées, la Constitution des États-Unis de 1787 sur la haute
trahison a été mentionnée à l'article 2, section 4, où le président peut être démis de ses fonctions
s'il commet une haute trahison ou d'autres crimes majeurs. Quant à la France, dans la Constitution
de 1958 de la Ve République, la haute trahison était mentionnée à l'article 68, qui stipule que le
Président de la République ne peut être jugé qu'en cas de haute trahison. Il est jugé devant la Cour
suprême de justice après l'approbation du Parlement. En Italie, la Constitution de 1947, selon
l'article 90, stipule que le président italien ne peut être jugé qu'en cas de haute trahison ou de
violation de la Constitution, et que son renvoi devant la Cour constitutionnelle doit être approuvé
par le Parlement. On peut citer comme exemple celui de Petino Mussolini, qui fut Premier ministre
et dirigeant du régime fasciste pendant la Seconde Guerre mondiale, accusé de haute trahison en
raison de sa coopération avec l'Allemagne nazie et de son implication dans une guerre
dévastatrice. Cependant, ce qui suscite la controverse, c'est qu'en l'absence d'une loi organique sur
les procédures judiciaires, des désaccords et des ambiguïtés subsistent sur la notion de haute
trahison et sur sa nature juridique. Son système juridique la qualifie-t-il de crime criminel ou
politique ? La réponse est très difficile, car elle ne peut être poursuivie ou condamnée par les
tribunaux pénaux ordinaires. Gardez à l'esprit que cette immunité peut être levée dans certaines
[Link] ressort également des textes constitutionnels susmentionnés, notamment de la
Constitution tunisienne, qu'ils ne prévoient pas directement la responsabilité politique, qui
entraînerait la démission, la condamnation ou la responsabilité, surtout dans le contexte de
l'absence de la Cour constitutionnelle. L'article 88 de la Constitution tunisienne de 2014 stipule
qu'une majorité d'un tiers des membres de l'Assemblée des représentants du peuple peut adresser
une motion de censure contre le président de la République pour violation grave de la
Constitution, et que s'il est constaté coupable, il sera démis de ses fonctions. En effet, le président
ne rend pas compte de ses actes dans les pays du monde. En règle générale, à l'exception du cas
de hautes trahisons prévues à l'article 88, le législateur tunisien a décidé de préciser l'autorité
judiciaire compétente pour connaître des crimes et délits commis par le président de la République
dans l'exercice de ses fonctions. Toutefois, la question de la définition de la notion de haute
trahison et des modalités de séparation du délit de trahison prévu par le Code pénal reste en
suspens. En application du principe de légalité, qui stipule qu'il n'y a de peine ou de crime que par
une stipulation, il est difficile pour le Président de la République de le poursuivre tant que les
éléments du crime de haute trahison ne sont pas précisément définis, parce que les dispositions du
principe de légalité s'appliquent à la Cour constitutionnelle et aux autres autorités judiciaires, et
que cette cour ne peut incriminer que les actes prévus par la loi. Cependant, elle s'engage à
appliquer les sanctions prévues par cette loi. Par conséquent, la haute trahison n'est pas toujours
liée à une coopération avec des parties étrangères contre les intérêts de l'État. Elle peut plutôt
signifier une violation de la Constitution et le non-respect de ses dispositions, ou même une
application arbitraire de ses dispositions pour des intérêts personnels. Nous attendons la
promulgation de la loi qui réglemente la Cour constitutionnelle : la question de la responsabilité du
président pour ses actes illégaux reste sans réponse en interne devant les tribunaux
[Link], sa responsabilité est déterminée par un texte constitutionnel. Les pouvoirs
dont jouit le chef de l'État tunisien nécessitent sa responsabilité selon le principe « là où il y a
autorité, il y a responsabilité », a-t-il confirmé. Constitutionnellement, comme le stipule le chapitre
88 de la Constitution de 2014, la responsabilité du chef de l'État est de nature mixte, c'est-à-dire à
la fois politique et pénale, et nous le découvrirons à travers notre analyse de ce sujet a travers
l'article 88 du constitution 2014 et l'article 109 du constitution de 2022 Le article 88 de la
Constitution de 2014 stipule : « La majorité des membres de la Chambre des représentants du
peuple peut [...] ».

- initier une réglementation motivée pour exempter le Président de la République de violation


grave de la Constitution ; Le Conseil l'approuve à la majorité des deux tiers de ses membres, et
dans ce cas, la saisine du tribunal a lieu. La Cour constitutionnelle peut en décider à la majorité des
deux tiers de ses membres, et elle ne peut pas le faire. En cas de condamnation, le jugement sera
prononcé, sauf par révocation, qui ne sera pas exempte de conséquences pénales lorsque cela sera
nécessaire. En raison de la décision de révocation, il perd le droit de se présenter à d’autres
élections. » Les textes de la Constitution tunisienne accordaient aux membres de la Chambre des
Représentants du Peuple le pouvoir de porter plainte contre le Président de la République, en
initiant une réglementation motivée. Ce pouvoir était limité par l'exigence de la majorité des
membres de la Chambre, et. ce dernier a eu toute latitude pour adapter et trancher cette
accusation, de sorte que l'on constate que le texte constitutionnel commence par la phrase (Une
majorité des membres du Conseil peut) À l’instar de la Constitution française, qui stipule dans son
chapitre 68 qu’elle établit des procédures pour tenir le Président de la République responsable en
cas de « haute trahison » ou de violation des lois constitutionnelles, la Constitution tunisienne a
également approuvé une exception pour lever l’immunité du chef de l'État, dans le cas où il
commettrait le délit de violation flagrante de la Constitution. Nous constatons qu'il a. Le Conseil a
le pouvoir d'adapter les actes qui relèvent de ces pré[Link] crime, parce que ni les textes
constitutionnels ni les textes législatifs ne précisent ces actes, mais qu'ils sont plutôt laissés de
côté. Le champ est donc ouvert à la jurisprudence des membres de la Chambre des représentants
du peuple, qui, comme nous l'avons vu précédemment, sont ceux quiIl a le pouvoir discrétionnaire
d'adapter les actions qui nécessitent la levée de l'immunité.

La pénalité prescrite

Le législateur tunisien a reconnu une responsabilité politique au chef de l'Etat, qui a consisté à le
relever de ses fonctions en le démettant de la fonction présidentielle, à titre de sanction ou de
punition pour un acte qui comporte des caractéristiques d'actes considérés comme graves.
violation de la constitution. Par exemple, selon la constitution tunisienne, le président de la
République doit respecter les limites des pouvoirs qui lui sont conférés. Tout excès de pouvoir,
comme l'ingérence dans le travail du gouvernement ou du système judiciaire sans base légale,
constitue une violation de la Constitution. Par exemple, une ingérence directe dans la nomination
ou la révocation des ministres peut constituer une violation si les procédures constitutionnelles ne
sont pas respectées ou si la Constitution tunisienne considère la séparation des pouvoirs exécutif,
législatif et judiciaire comme un principe fondamental. Par conséquent, l’ingérence du président
dans le travail du pouvoir judiciaire, ou la prise de décisions affectant l’indépendance du pouvoir
judiciaire, est considérée comme une violation de la constitution. S'immiscer dans les travaux du
Parlement ou tenter de le dissoudre en dehors des mécanismes constitutionnels est également
considéré comme une violation du principe de séparation des [Link] cette peine, le texte
constitutionnel précise que celle-ci ne l'exonère pas des conséquences pénales. Les sanctions
prévues par le Code pénal en vertu de cet arrêt sont perdues. Le droit de se présenter à toute
autre élection Si la haute trahison a suscité une controverse jurisprudentielle majeure pour en
déterminer le concept et la nature, sur le plan juridique, le même problème peut se poser dans la
définition de la notion de violation grave de la Constitution et des cas qui pourraient être
concernés. Ce qui pourrait porter cette qualification, et qui entraînerait la destitution du président,
constitue une violation grave de la Constitution : violer, suspendre ou modifier une disposition de
la Constitution sans la respecter. Les procédures qui y sont précisées ou le manquement du chef de
l'État à remplir les fonctions qui lui sont assignées dans le cadre de la Constitution. Ou outrepasser
ses pouvoirs constitutionnels d'une manière incompatible avec l'exercice du mandat présidentiel.
Tant que le législateur constitutionnel n'a pas limité les actions considérées comme une violation
grave de la Constitution, la jurisprudence a cherché à identifier certaines actions qui en relèvent. Le
contenu du crime de violation grave de la Constitution comprend, entre autres (la violation du
serment constitutionnel et l'approbation de la politique étrangère (cas exceptionnel)

Paragraphe2 : Responsabilité indirecte du chef de l'État

En examinant les constitutions susmentionnées, nous constatons qu'elles excluent explicitement la


responsabilité du chef de l'État, puisque celui-ci n'est pas interrogé devant le Parlement ni devant
le peuple. Toutefois, la jurisprudence a tenté de définir un autre type de responsabilité, en se
basant sur des cas créés par l'application pratique de la Constitution, et non pas sur la base d'une
erreur directe du chef de l'État. Il s'agit notamment des cas créés par l'application pratique de la
Constitution, non pas sur la base d'une erreur directe du chef de l'État, mais à la suite de pratiques
constitutionnelles, qui ont précisé le fondement de sa responsabilité indirecte, telle que (en cas de
sa) réélection ou vote de confiance à l'occasion du référendum général ou des élections
législatives, comme cela s'est produit en Égypte le 25 janvier en raison du rejet des résultats des
élections législatives et de la remise en question de l'autorité ou du retrait de la confiance aux
ministres ou du rejet de la politique du président ou de l'exercice du droit du président de
s'opposer aux lois. réélection ou vote de confiance à l'occasion du référendum général ou des
élections législatives, comme cela s'est produit en Égypte le 25 janvier en raison du rejet des
résultats des élections législatives et de la remise en question de l'autorité ou du retrait de la
confiance aux ministres ou du rejet de la politique du président ou exercice du droit d'objection
aux [Link] le disent les philosophes, tout a besoin de limites, même la vertu a besoin de
limites. Puisque le chef de l'État, surtout dans le système parlementaire, a quitté la monarchie et a
été choisi par le peuple ou ses représentants et a de l'autorité et des pouvoirs, il doit y avoir un
contrôle sur l'exercice de ces pouvoirs d'une manière qui serve le peuple. Toutefois, le régime
parlementaire est resté silencieux sur cet oubli, créant ainsi une sorte de déséquilibre entre
pouvoirs et responsabilités. La principale raison du recours à la responsabilité indirecte est
l'absence de responsabilité directe du chef de l'État, mais aussi la difficulté de mettre en pratique
les règles de responsabilité pénale du chef de l'État et le besoin de le rendre responsable des
pouvoirs dont il jouit. La jurisprudence a abouti à deux types de responsabilité indirecte : devant le
peuple(A), et devant le Parlement (2)

La Constitution autrichienne de 1920, telle que modifiée en 1929, accordait également au peuple
le droit de destituer le chef de l'État dans des conditions et procédures spéciales, comme le stipule
l'article 60, ligne 6 : « Le président fédéral ne peut être destitué avant la fin de son mandat, sauf
par référendum populaire. Un référendum populaire peut être organisé si l'Assemblée fédérale le
demande. Le Chancelier fédéral convoque à cet effet l'Assemblée fédérale si le Conseil national
approuve cette proposition. Le vote du Conseil national requiert la présence d'au moins la moitié
de ses membres et l'approbation de la majorité des deux tiers des suffrages exprimés. Par un tel
vote du Conseil national, il est interdit au président fédéral d'exercer d'autres fonctions liées à sa
charge. Le rejet de la mise en accusation par référendum populaire est considéré comme un appel
à de nouvelles élections et entraîne la dissolution du Conseil national (article 29, paragraphe 1).
Dans ce cas également, la durée totale du mandat du Président fédéral ne peut excéder douze ans.
L'irresponsabilité du président résulte du système instauré par la Constitution, car il n'existe pas de
procédure constitutionnelle qui déplace la responsabilité politique du chef de l'État pour le forcer à
démissionner. Tant que les constitutions n'organisent pas de méthode directe pour tenir le chef de
l'État politiquement responsable, il doit y avoir des moyens indirects qui contribuent à établir
l'équilibre manquant entre sa responsabilité et sa politique.

A/ la responsabilité de chef d’état devant les peuples

La responsabilité indirecte du chef de l’État envers le peuple peut se manifester de trois manières.

En l'élisant pour un second mandat, en organisant des élections parlementaires ou en organisant


un référendum populaire, le peuple exerce un contrôle sur les actions du chef de l'État et les
évalue au moyen d'élections présidentielles. Par le biais d'élections, le peuple peut assumer la
responsabilité politique de lui accorder ou non sa confiance, ce qui constitue un moyen pour celui-
ci d'assumer le poste, car celui qui occupe le poste par élection cherche toujours à obtenir
l'approbation de son maintien en [Link] réélection du chef de l'État pour un mandat ultérieur
revêt plusieurs significations. L'élection politique et sociale diffère de l'élection légale. Sur le plan
politique et social, la réélection ne représente que la continuation du chef de l'État dans un
nouveau cycle, alors que d'un point de vue juridique, elle représente la poursuite de son mandat.
D'un point de vue juridique, la réélection n'est que la continuation du chef de l'État dans un
nouveau cycle, mais d'un point de vue politique et social, elle équivaut à un renouvellement de la
confiance du peuple dans la personne du chef de l'État. Certains estiment même qu'il existe une
relation inverse entre la durée du mandat du président et sa responsabilité politique. Plus la durée
du mandat est longue, comme dans les systèmes tunisien ou français, qui s’étendent jusqu'à cinq
ans, plus le mode de contrôle perd en efficacité. Le peuple est obligé d'attendre cinq ans pour
demander des comptes au chef de l'État, alors qu’un délai de quatre ou deux ans est jugé plus
approprié pour susciter sa responsabilité. Dans de nombreux pays jouissant d’un faible degré de
démocratie, le président de la République peut rester longtemps au pouvoir sans être remis en
question, à l'image de l'ancien président Ben Ali, qui a occupé la fonction pendant 23 ans, et de
l'ancien président Bouteflika, qui y a passé plus de vingt [Link] exemple , Moubarak a été accusé
de corruption, d'abus de pouvoir et de violations des droits de l'homme au cours de son règne de
trente ans. Il a fait face à des manifestations populaires massives lors de la "Révolution du 25
janvier" en 2011, qui l'ont contraint à quitter le pouvoir. Par la suite, il a été jugé pour plusieurs
chefs d'accusation liés à la corruption et à l'assassinat intentionnel de manifestants, faisant de lui
l'un des premiers dirigeants du Moyen-Orient à être tenu responsable de ses actes.

Dans des systèmes différents des systèmes tunisien et français, qui adoptent par exemple un
système de suffrage direct et populaire en Irak, le président est élu par les représentants du
peuple, comme le stipule le chapitre 70 de la Constitution irakienne de 2005 : « L'Assemblée élit le
Président de la République à la majorité des deux tiers de ses membres ».Dans le cadre de cet
exemple, le président ne peut pas être tenu responsable devant le peuple pour plusieurs raisons,
dont la première est peut-être Parce qu'il est élu par la Chambre des représentants du peuple et
non directement par le peuple. L'une des manifestations de la responsabilisation du chef de l'État
est également le référendum populaire, dans la mesure où le chef de l'État a recours à la
soumission d'un sujet spécifique à un référendum. Cela permet ici de déduire l'opinion du peuple
sur sa politique en matière de partisans et d'opposants.

En France, l'article 11 de la Constitution de 1958 permettait au chef de l'État de recourir au


référendum populaire pour des projets de lois réglementant l'autorité publique et approuvant ou
ratifiant des traités internationaux, susceptibles d'influencer les adhésions. Cela se fait en imposant
des lois par le chef. L'article 11 de la Constitution a été appliqué sept fois entre 1661 et 1992. Le
président Charles de Gaulle a également reconnu cette responsabilité, même si elle n'était pas
inscrite dans la Constitution, car il y liait cela à son maintien au pouvoir. Il a souligné cette
responsabilité dans son discours de 1964, et lorsque les élections de 1969 ont eu lieu avec une
majorité de non, sa politique a été soutenue par 7,53 % des voix. Contrairement à ses trois
référendums précédents, il a présenté sa démission et a ainsi établi une règle importante pour la
solidité de la gouvernance dans les systèmes parlementaires avancés, car il relève alors la
responsabilité du chef de l'État du peuple, mais des présidents pendant son mandat. L'époque a
refusé de suivre cette tradition et ne lui a pas accordé d'importance, et à ce jour, les présidents de
divers pays refusent de lier les résultats de l'appel à la confiance du peuple. Toutefois, depuis la mi-
novembre 2019, des milliers de Français contestent l'autorité de l'actuel président Macron en
manifestant et en bloquant les routes tous les samedis à Paris et dans les autres grandes villes.
Quant aux pays à faible démocratie, comme les pays arabes, le référendum a un rôle à jouer. Il est
toutefois très faible en raison du faible nombre de sièges de l'opposition. En conséquence, tous les
référendums qui ont eu lieu en Tunisie et en Algérie ont donné lieu à une approbation quasi
unanime de toutes les questions soumises au Président de la République, même si elles
comprenaient des restrictions pour les libertés publiques.

Paragraphe 2 : Responsabilité indirecte du chef de l'Etat devant le Parlement

Cette responsabilité indirecte du chef de l'État envers le Parlement peut se manifester de trois
façons :

- retrait de confiance du gouvernement ;

- rejet de la politique - démission ;

- approbation d’une loi malgré le refus du président

Le Parlement exerce des pressions sur le Président de la République en rejetant ses ministères, soit
en refusant de coopérer avec le gouvernement qu'il forme, soit en faisant en sorte que le ministère
représente la minorité qui a remplacé la majorité au Parlement. Si la confiance est retirée au
ministère en raison du manque d'approbation de la politique générale, cela engage la
responsabilité du chef de l'État, ce qui n'est pas stipulé dans la Constitution. Cela soulève la
responsabilité politique du gouvernement, donc du chef de l'État. Il est alors obligé de changer de
gouvernement ou de démissionner, car c'est lui qui fixe la politique générale de l'État, et d'un autre
côté, le gouvernement ne s'y oppose pas. La politique du chef de l'État est alors considérée comme
un soutien implicite à celle-ci. Il peut accepter de changer de ministère et de changer la politique
générale de l'État pour se mettre d'accord avec la majorité parlementaire, ou bien il peut rester au
gouvernement, dissoudre le Parlement et recourir au peuple pour résoudre le conflit. La France a
connu trois cas dans lesquels le Parlement a pu retirer sa confiance au Président de la République à
l'époque de la Troisième République, qui a un système parlementaire traditionnel, en refusant
d'accorder la confiance au gouvernement formé par le Président à l'époque. Du président
McMahon en 1877 lorsqu'il nomma un ministère qui contredisait la majorité républicaine au
Parlement, puis testa un autre ministère. La minorité finit par l'isoler politiquement et présenta sa
démission en 1879. La même chose s'est produite avec la présidente Julie Greve lorsque le
Parlement a refusé sa confiance au président McMahon. Son gouvernement en 1887 en raison de
pratiques contraires à la constitution et aux droits de l'[Link] Parlement a approuvé un projet
de loi malgré l'objection du Président de la République, car un avis de jurisprudence comparée a
indiqué que l'objection représentait une sorte de responsabilité indirecte du Président de la
République, selon certains points inclus dans les constitutions de la République. Les États-Unis, la
France, la Tunisie, l'Égypte et l'Algérie ont le droit de s'opposer à un projet de loi voté par le
Parlement à la majorité conditionnelle. Celui-ci nécessite de délibérer sur la loi dans son ensemble,
sur certaines de ses dispositions et sur l'approbation légitime du Parlement.Décision malgré
l’objection du Président de la République :

En 2020, la France a proposé la loi sur la « Global Security » qui interagit avec le filmeur et
diffuseur d'images policières du service. Cela permet de créer une voiture numérique de haute
qualité accessible à la liberté d'expression et de presse. Après d’importantes protestations, l’article
sera à nouveau révisé. Cela peut conduire à l'émergence d'un conflit entre le Parlement et le chef
de l'État, qui, dans les systèmes parlementaires avancés, peut aboutir à la démission du président
ou au président qui a recours à la dissolution du Parlement et qui revient au peuple pour y recourir
par le biais de nouvelles lois. Dans les systèmes présidentiels, cela conduit à une détérioration des
relations entre les deux partis, ce qui entraîne la démission du chef de l'État.L'exercice a nécessité
un contrôle sur la politique du chef, car les traits internationaux sont basés sur la présence des
choses les plus importantes des relations antérieures et comme manifestation de la compétence
du président.

Les organismes facturent le tarif du traitement, la structure crayeuse de la voiture est différente.

Ces organismes existent également avec certaines constitutions rémunérées, qui correspondent à
la compétence d'élever leur cœur.

Les fenêtres sont ouvertes (exécutive ou audio). Le plan de paiement est basé sur l'ajustement du
chef, condition disponible pour une utilisation dans les applications auto-législatives, adaptée à
toutes les recettes, adaptée à certains jours. Actuellement. La Constitution américaine, dans cet
article, dans ce paragraphe, prévoit la manière de combiner les caractéristiques du Président de la
République, de manière à réserver l'application du Sénat aux grands secteurs.L’article 3 stipule : «
…aura le pouvoir, aux yeux des anciens et…

Son approbation sera nécessaire pour combiner ces traits, afin de conditionner que ces trois
niveaux de membres du Conseil soient acceptables. Qui présentent… » Et dans la Constitution
tunisienne, chapitre 77 : « Le Président de la République est chargé de la responsabilité du
gouvernement et de déterminer les politiques publiques dans les domaines de la défense, des
relations extérieures et de la sécurité nationale, liées à la protection de. l'État et du territoire
national contre les menaces internes et externes, après consultation du Premier ministère. »Par
conséquent, l’échec du Parlement à approuver un traité conduit à l’impossibilité de le [Link]
ratification par le Président de la République crée un embarras au niveau interne et externe,
d'autant plus que l'incrédulité peut être envisagée dans cette perspective. Sur le plan interne
comme sur le plan externe, d'autant plus que l'incrédulité peut être envisagée dans cette
perspective. L'action politique, dans le cadre du droit international, est considérée comme un acte
hostile. Cela conduit indirectement à engager la responsabilité politique du Président de la
République. L'échec des États-Unis d'Amérique à ratifier le Traité de Versailles (1919), qui a mis fin
à la Seconde Guerre mondiale et jeté les bases de celle-ci, ainsi que la création de la Société des
Nations en sont un exemple. Le Sénat américain a refusé son approbation le 19 mars 1920, bien
que le président Wilson ait joué un rôle de premier plan dans l'élaboration et la signature de ce
traité et que la France n'ait pas ratifié le traité de Washington. Le 6 février 1922 relatif à
l'utilisation des sous-marins pendant la guerre. La responsabilité du chef de l'État en droit
constitutionnel a traversé de nombreuses étapes. Une fois que le président est devenu un roi
inviolable, il ne pouvait faire l'objet de poursuites ou d'accusations. Plusieurs textes
constitutionnels ont été élaborés dans différents systèmes de gouvernement dans divers pays
arabes et occidentaux. Ils établissent le principe de responsabilité de l'autorité, qu'elle soit
politique ou pénale, pour le président. Il s'agit d'une évolution très notable, car le principe de
responsabilité est devenu inhérent à la possession du pouvoir et aux pouvoirs accordés au chef de
l'État. Dans le système présidentiel, le président dispose de pouvoirs très étendus qui lui
permettent de justifier toute action, aussi dangereuse soit-elle, sous prétexte de protéger l'ordre
public. Peut-être que cette responsabilité a été créée par les constitutions, et c'est la responsabilité
directe qui en a approuvé l'application pratique et la diligence des juristes. Cette responsabilité
indirecte n'est toutefois pas suffisante pour dissuader les crimes graves commis par le chef de
l'État, notamment les crimes contre l'humanité, qui ont conduit à la montée de justice pénale
internationale

Paragraphe 2 la justice pénale internationale, un rempart contre les immunités

Bien que les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité et le génocide soient immoraux, le fait
qu'ils restent souvent impunis l'est peut-être encore d’avantage. Pourtant, face à ces crimes
commis souvent avec la complicité, si ce n'est la participation active de structures étatiques,
politiques ou militaires, les appareils répressifs nationaux restent généralement inactifs. Depuis
quelques années, des mécanismes judiciaires internationaux visant à pallier cette déficience de la
justice nationale sont mis en place. L'établissement, sous égide de l'ONU, du Tribunal pénal
international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) en 1993, puis de celui pour le Rwanda (TPIR) en 1994, a
été suivi, en 1998, par l'adoption du Statut de la Cour pénale internationale (CPI). Une myriade de
cours « hybrides » a également été créée, dont celle chargée de juger les crimes commis en Sierra
Leone, au Timor oriental, au Cambodge et en Bosnie-Herzégovine. Ces juridictions pénales
internationales sont toutes compétentes pour juger des individus et non des États ou des
collectivités. Elles concentrent généralement leur action sur les personnes portant la plus haute
responsabilité pour les crimes les plus graves. A ce propos on va Dans une première partie, nous
aborderons le développement de la justice pénale internationaleEt de l'autre côtéLes enjeuxde
l’effectivité de la justice pénale internationale

A/ le développement de la justice pénale internationale

Le grand mouvement intellectuel pour la création d’une justice pénale internationale a commencé
vers la fin du XIX e siècle avec la proposition faite en 1872 par Gustave moynier ; l’un des
fondateurs de la croix rouge et qui en a longtemps été le président d’ajouter a la convention de
Genève de 1864 des dispositions prévoyant la création d’un tribunal international pour sanctionner
les violations en constatant son échec prévenir et empêcher les atrocités de la guerre de 1870
cette proposition fut rejetée mais la doctrine s’empara de la question notamment sous l’influence
de l’union internationale de droit pénal créée en 1889 qui devient en 1924 l’association
international de droit pénal . La seconde guerre mondiale sera l’occasion d’assister à la première
réalisation concrètes de la justice pénale internationale qui, même si elle fut accusée d’être une
« justice des vainqueurs » amorce un véritable changement de paradigme résumé dans une
déclaration de Winston Churchill qui érigeait le châtiment comme but majeur de la guerre le
tribunal de Nuremberg , établi par l’accord de londrès du 8aout1945 fur composé de quatre juge et
de quatre procureurs issus des principales puissances victorieuses du conflit les états unies seront
en effet de fervents tenants de la répression des criminels nazis , en ce compris pour le crime
contre l’humanité alors , qu’ils avaient estimé en 1919 que l’incrimination de « crimes contre les
lois de l’humanité » encore non codifiée était contraire au principe de légalité . mais des la fin de la
guerre froide il a été possible de changer la nature de cette requête pour envisager la création d’un
code des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité ouvrant la voie a une cour pénale
international réprimant ces crimes . le projet a été déposé en 1994 et prévoyait la compétence
d’une telle cour a l’égard des crimes contre l’humanité des crimes de guerre et de génocide ,
d’agression mais aussi du trafic de stupéfiants et d’autres infractions aux traits internationaux en
1998 la conférence portant création d’une cour pénale internationale se réunissait a Rome et
élaborait le statut de la cour pénal internationale . par deux résolutions de mai 1993 le conseil de
sécurité décida de la création du tribunal pénal international de l’ex-Yougoslavie . Dans la foulée,
en novembre 1994 le conseil de sécurité institua le tribunal pénal international pour le
RwandaL’article 27 relatif au défaut de pertinence de la qualité officiel précise qu’en particulier. la
qualité officielle de chef d’état ou de gouvernement n’exonère en aucun cas de la responsabilité
pénale pas plus qu’elle ne constitue en tant que telle un motif de réduction de la peine les
immunités ou règles des procédures spéciale qui peuvent s’attacher a la qualité officielle d’une
personne en vertu du droit interne ou du droit international n’empêchent pas la cour d’exercer sa
compétence a l’égard de cette personne » en d’autres termes il est affirmé que souveraineté
raison d’état et non ingérence doivent s’effacer devant la défense des valeurs fondamentales de la
civilisation sans lesquelles la paix et la sécurité dans le monde ne sont pas assuré malgré ces
progrès , le bilan de ces tribunaux reste mitigé seulement un faible pourcentage des criminels a été
condamné . Larealpolitik a finalement primé sur le droit. Les états des auteurs de ces crimes ont
trop souvent poursuivi leurs intérêts nationaux et agi par calcul politique .Aujourd’hui, les
frontières entre justice , diplomatie et sécurité international ne se manifestent nulle parte aussi
nettement que dans les cas des poursuites engagé contre l’ex président du soudan OMAR EL
BASHIR en 2008, il a été inculpé par le procureur de la cour pénal internationale luis
morenoocampo , pour génocide , crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis dans le
cadre du conflit persistant au Darfour . c’est la première fois dans l’histoire de la cour pénale
internationale que la délivrance de plusieurs mandats d’arrêt international a l’encontre d’un chef
d’état en exercice a été demandé, d’autant qu’il s’agit du première cas de renvoi a la CPI d’une
situation par le conseil de sécurité de l’ONU . C’est ici que réside l’importance de ce cas pour
l’avenir des principes de nuremberg . Mais malheureusement aussi avec le plus grand risque. La
ligue arabe et l’union africain ont critiques les mandats d’arrêt sous prétexté qu’ils entraveraient
les négociations pour la paix au Darfour ce qui pèse encore plus lourd , c’est la position de trois
membres importants du conseil de sécurité des nations unies qui se sont tous abstenus de signer le
statut de Rome de la cour pénale internationale : la chine , la Russie , et les états unis . la chine et
la russie défendent le principe du droit international qui consiste en la non-ingérence dans les
affaires intérieures des états .l’attitude des Etats-Unis est également marquée par des intérêts
nationaux, également en appliquant une realpolitik au non de la sécurité internationale . il est
aussi intéressant de noter que le président AL bashir s’est montrer solidaire des Etats-Unis depuis
les attentats terroristes du 11 septembre 2001 ses opérations dirigée contre AL-QAIDA au soudan
et l’alliance entre le soudan et l’Arabie saoudite sont également des priorités des etats-unis en
décembre 2014 les enquêtes contre AL-Bachir ont été suspendues jusqu’a nouvel ordre faute de
perspectives d’aboutissement le cas de AL bashir illustre donc parfaitement le dilemme auquel
doit faire face a la cour pénale internationale : tant que les acteurs-clés des relations
internationales ne le soutiennent pas , il y aura des doutes quant a son efficacité

Paragraphe 2 Les enjeuxde l’effectivité de la justice pénale internationale

Le fonctionnement de la Cour a été entravé par de nombreux obstacles qui l'ont empêchée
d'exercer sa compétence, qui est de punir les auteurs des crimes les plus graves criminalisés par le
droit international. Bien que les textes de la Loi fondamentale contiennent des articles qui
suppriment l'immunité de ceux qui en bénéficient, comme ceux qui dirigent les États-Unis, de
nombreux textes soulèvent de nombreux problèmes et constituent un obstacle à l’obtention de la
justice. , États-Unis, mais de nombreux textes soulèvent de nombreux problèmes et constituent un
obstacle à l’obtention de la justice. Au vu des désaccords lors des discussions sur le statut de la
Cour et des craintes d’un certain nombre de pays quant à l'atteinte à leur souveraineté interne, en
particulier des grandes puissances, la recherche d'une solution satisfaisante pour tous a conduit à
un accord sur une formule qui restreindrait les pouvoirs de la Cour et influencerait ses décisions.
D’une part, le Conseil de sécurité s’est vu accorder le pouvoir de contester. D’autre part, les
pouvoirs de la Cour ont été restreints et l’étendue de sa compétence a été restreinte par la
compétence supplémentaire de la Cour.L'un des défis les plus importants auxquels elle est
confrontée est son incapacité à imposer une coopération internationale en matière d'extradition
des accusés vers elle. Cette incapacité est le fait des États non parties à la Cour, en plus de ceux qui
sont parties. La Cour souffre également d'un problème d'application de certains chapitres. , y
compris les articles 27 et 98 du Statut. L’article 98 du Statut de la Cour pénale stipule au
paragraphe 1 que : « La Cour ne peut poursuivre l'exécution d'une demande de remise ou
d'assistance qui contraindrait l'État requis à agir de façon incompatible avec les obligations qui lui
incombent en droit international en matière d'immunité des États ou d'immunité diplomatique
d'une personne ou de biens d'un État tiers, à moins d'obtenir au préalable la coopération de cet
État tiers en vue de la levée de l'immunité. » En effet, comme indiqué au deuxième paragraphe du
même article , « La Cour ne peut poursuivre l'exécution d'une demande de remise qui
contraindrait l'État requis à agir de façon incompatible avec les obligations qui lui incombent en
vertu d'accords internationaux selon lesquels le consentement de l'État d'envoi est nécessaire pour
que soit remise à la Cour une personne relevant de cet État, à moins que la Cour ne puisse au
préalable obtenir la coopération de l'État d'envoi pour qu'il consente à la remise. » Compte tenu
de cette formulation du premier paragraphe du chapitre 98, la Cour pénale internationale ne peut
exercer sa compétence qu'après avoir obtenu l'approbation des États concernés, c'est-à-dire des
États auxquels la demande est adressée. Ce chapitre soulève donc une contradiction qui entre en
conflit avec le chapitre 27, et par conséquent, l'immunité n'existe plus dans la pratique. Compte
tenu du texte de l'article 27, qui pose le principe selon lequel l'immunité de toute nature n'est pas
prise en compte, il est en contradiction avec la coutume internationale, qui reconnaît aux chefs
d'État l'immunité personnelle sans aucune exception et en toutes circonstances. De nombreux
pays n'ayant pas ratifié ce système, l'article 98 est donc venu alléger le fardeau de cette
[Link]ès la lecture du paragraphe 1 de l'article 98, il apparaît clairement que le tribunal ne
peut présenter une demande d'extradition contre une personne appartenant à un État tiers, un
État non partie, qu'après avoir obtenu une levée de son immunité. Il ne peut pas non plus
demander son extradition auprès de l'État tiers sur le territoire duquel se trouve la personne
concernée si l'affaire est incompatible avec... ). Si l'affaire est incompatible avec ses obligations au
regard du droit international, et si l'immunité du chef de l'État est reconnue par le droit
international, alors ce dernier ne peut être contraint d'extrader ou d'arrêter le président, à moins
qu'on ne lui lève explicitement son immunité. Par son État, et la contradiction apparaît dans le
texte du chapitre 27. Si la levée de l’immunité est possible pour les anciens présidents, est-il
possible qu'elle se produise avec un chef d’État actuel qui jouit de l’immunité personnelle
reconnue par la coutume internationale ?.Dans une décision de la deuxième chambre préliminaire
datée du 6 avril 2017 concernant l'échec de l'État d'Afrique du Sud à arrêter et à extrader le
président soudanais Omar al-Bachir lors de sa visite en Afrique du Sud pour assister au sommet de
l'Union africaine, les avocats de la défense ont expliqué que. “Omar Al-Bashir enjoysimmunity from
criminalproceedings, including from arrest, undercustomary international law, and that since that
immunityhad not been waived by Sudan or otherwise, the Court wasprecluded by article 98(1) of
the Statute from requesting South Africa to arrest and surrender Omar Al-Bashir and,
consequently, South Africa was not obliged to arrest Omar Al-Bashir and surrender him to the
Court”. L'État d'Afrique du Sud l'a indiqué lors de l'audience concernant la non-arrestation de Al-
Bashir : en vertu du chapitre 8, paragraphe 1, de l'accord de siège conclu entre lui et l'Union
africaine, il était tenu d'exercer l'immunité du président. Le tribunal a alors fait référence au
paragraphe 2 de l'article 98, insistant sur le fait que le pays ne pouvait pas être tenu d'agir d'une
manière incompatible avec ses engagements en vertu des accords internationaux. Par conséquent,
le tribunal a placé les accords internationaux dans une position supérieure à celle de Rome. Cela a
été confirmé par le statut du tribunal, qui ne faisait pas de distinction entre les accords postérieurs
ou antérieurs à la ratification du Statut de Rome. Par conséquent, tout accord international
pourrait invalider la mise en œuvre du Statut de Rome, y compris le chapitre 27. Cette conclusion
est celle soutenue par le Statut de Rome. Les États-Unis d'Amérique cherchaient en effet à
accorder une protection à leurs ressortissants impliqués dans la commission de génocides, de
crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, contrairement à la position de l'Allemagne qui
estimait que l'article 98 obligeait l'État auquel la demande est adressée à concilier son engagement
à tenir ses promesses et son accord avec les accords ratifiés avant l'entrée en vigueur du Statut de
Rome, et que tout accord ratifié après la Loi fondamentale rend l'engagement pris au titre du
Statut de Rome supérieur à lui. Sur la base des accords qu'Israël et l'Amérique ont conclus
publiquement et secrètement pour protéger leurs citoyens des accords internationaux visant à
empêcher ces derniers de comparaître devant le tribunal, certains juristes ont suggéré d'ajouter un
paragraphe au paragraphe 98 qui stipule qu'un État partie au tribunal peut ne pas conclure
d'accords internationaux ni accorder l'immunité diplomatique dans le but de protéger les individus
d'un pays non partie contre des poursuites judiciaires. Par conséquent, la jurisprudence actuelle se
bat en faveur du article 98 du Statut de Rome afin d'empêcher les auteurs de crimes de guerre
d'échapper à leur responsabilité, car ce chapitre est l'astuce juridique pour établir l'immunité de
poursuites contre les auteurs de crimes. En tant que pays, il n'est pas partie à la Cour. Cela
n'empêchera pas les États non parties de conclure des accords bilatéraux pour entraver le travail
de la Cour si le Conseil de sécurité émet une saisine, et à cet égard, il s'agit d'un problème. On peut
citer le cas de la Syrie, où des milliers de personnes sont mortes après avoir été victimes de
violations des droits de l'homme et de torture dans les prisons, en dépit des demandes officielles
faites au tribunal par Anda et les Pays-Bas d'intervenir de manière temporaire pour mettre fin à
toutes les formes de torture et de détention arbitraire, ouvrir les prisons aux inspecteurs étrangers
et échanger des informations avec leurs familles sur le sort de leurs proches. Selon la plainte
déposée par les deux pays, la torture est répandue et profonde. Elle est profondément enracinée
et continue jusqu'à ce jour, et ses victimes supportent une douleur physique et mentale
inimaginable. Damas a ignoré la première séance qui a eu lieu le 10 octobre, après le rejet de
l'affaire. Le régime a qualifié les accusations de trompeuses et de mensonges, affirmant qu'elles
manquaient de fondement à tout le [Link] Pays-Bas ont lancé la première tentative dans ce
contexte en septembre 2020 pour tenir la Syrie pour responsable de prétendues violations de la
Convention des Nations Unies contre la torture, signée par Damas. Le Canada s'est joint à l'affaire
en mars suivantLa Cour internationale de Justice, dont le siège est à La Haye, n'a pas pu traiter du
cas syrien parce qu'elle n'a pas ratifié le Statut de Rome. Ainsi, la Russie et la Chine ont bloqué un
projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU qui l'exigeait. En 2014, la situation en Syrie
sera portée devant la Cour pénale internationale en utilisant... Le droit de veto sur la décision. Al-
Assad ne peut pas être jugé par la Cour internationale de Justice, car la Cour pénale internationale
(CPI) n'a pas compétence sur la Syrie. En mai 2014, le gouvernement français a demandé au
Conseil de sécurité de renvoyer la Syrie devant la Cour pénale internationale, mais la Russie et la
Chine ont refusé. Depuis, les Syriens ont porté plainte devant la justice française. En novembre
2023, des juges d'instruction français ont émis des mandats d'arrêt contre Bachar al-Assad, son
frère Maher al-Assad et deux hauts responsables militaires pour leur responsabilité dans des
attaques à l'arme chimique contre la population civile dans la Ghouta orientale. En avril 2013,
environ 1 400 hommes, femmes et enfants ont été tués. Le procureur national antiterroriste
français a donc déposé un recours demandant l'annulation de l'arrestation internationale et du
mandat d'arrêt contre Al-Assad sur la base de l'immunité du chef de l'État.
Chapitre 2 : l’affaiblissement du principe de l’immunité en faveur de la justice pénale
internationale

L’affaiblissement du principe de l’immunité des chefs d'État s'inscrit dans un contexte où la justice
pénale internationale cherche à répondre aux atrocités commises au cours des conflits armés et à
garantir la responsabilité individuelle pour les violations graves des droits humainsComme
mentionné précédemment, l'immunité représente un obstacle et une barrière à la poursuite des
chefs d'État accusés d'avoir commis des crimes internationaux. L'avantage du Statut de la Cour
pénale internationale est donc qu'elle n'est plus prise en compte lors de la commission de crimes
internationaux section( 1) Ce changement a non seulement redéfini les normes juridiques
entourant la responsabilité des chefs d'État, mais a également engendré des tensions
diplomatiques et des dilemmes politiques, posant la question cruciale de l'équilibre entre la
souveraineté nationale et la nécessité de rendre des comptes sur la scène internationale section
(2)

Section 1 : les changements juridiques dans la reconnaissance des crimes internationaux

Les interprétations larges, parfois innovatrices des juges des tribunaux ad hoc des nations unies ,
notamment le TPIY dans l’affaire Tadic ont poussé les états a définir minutieusement les crimes qui
relevant de la compétence de la cour . Afin de prémunir contre un éventuel gouvernement des
juges « les états n’étaient pas du tout prêts a discuter de la mise en place d’une CPI sans préciser
en même temps de quels types précis d’agissements criminels la cour international » avec cette
tendance de prédéterminer et préciser les actes relevant de la compétence de la cour on
s’attendait a ce que les définitions des crimes dans le statu soient plus restrictives que ceux
établies dans le droit international coutumier et dans les statuts des tribunaux ad hoc.
Paradoxalement, le résultat des négociations était si heureux. En effet l’article 10 du statut précise
que d’aucune manière les dispositions du deuxième chapitre ne peuvent être interprétée « comme
limitant ou affectant de quelque manière que se soit les règles du droit international existantes ou
en formation qui visent d’autres fins que le statut » par ailleurs , dans un souci de renforcer la
crédibilité d’une juridiction créée pour durer , on a tourné les yeux vers ceux qui sont directement
concernés ( le coupable et sa victime ) afin de consolider l’impartialité de servir l’équité par une
solution d’équilibre. Le statut de Rome a fait du chemin en matière des droits de l’homme. Nous
envisagerons donc dans un premier paragraphe l’évolution de la notion de crimes internationaux
et leur reconnaissance en droit international (1) pour voir ensuite les reformes et amendements
juridiques facilitant les poursuites des chefs d’état (2)

Paragraphe 1 : une reconnaissance accrue des crimes internationaux

Au regard au but assigné à l’immunité, l’on rend compte que celle-ci est certes accordée a une
personne pourvue d’une qualité particulière. Cependant, le régime de la protection n’est pas
seulement personnel dans la mesure ou, c’est la méthode fonctionnelle qui détermine l’octroi de
l’immunité de juridiction pénale .cette dernière, consiste, en effet a mettre en évidence l’activité
du défendeur pour savoir s’il peut bénéficier ou non de l’immunité .Si par conséquent « le
fondement de l’immunité demeure inchangé, le contenu de son régime varie » a propos le chef
d’état , toute la question sera de savoir si l’exemption qui lui est accordée en raison de ses
fonctions peut s’étendre a des actes se situant en dehors d’elle ? en d’autres termes, il est
légitime de se demander si , en considération de l’indépendance de la fonction protégée , il est
permis d’inclure toute activité quelle que soit sa nature ou si l’immunité de juridiction pénale se
limite a certains activités ?Il convient tout d’abord de rappeler que les actes privés (actes de
commerce et actes civils) sont complètement exclus de l’immunité de l’immunité de juridiction.
Cette règle est applicable aussi bien pour l’état et son organe représentatifs que pour les agents
diplomatiques. Par contre aucune exception ni aucune restriction n’est pas prévue a propos de
l’immunité de juridiction pénale. Est-ce a dire alors qu’un acte dénaturé par son caractère criminel
peut être considéré comme un acte de puissance publique c’est-a-dire un acte exprimant la
volonté et la souveraineté de l’état représenté ? S’il en est ainsi, aucune responsabilité du
bénéficiaire de l’immunité ne peut être mise en œuvre puisque celui-ci ne fait qu’agir au nom et
pour le compte de l’état dont il est l’organe représentatif. Poussé à l’ extrême , on pourrait même
imaginer que ce dernier ne fait qu’obéir aux ordres reçus et que s’il ne s’y tient pas , alors il
trahirait la confiance de son peuple et ses intérêts dans le cas contraire , le chef d’état ne pourra
pas se dissimuler derrière son statut de représentant de la souveraineté nationale et son
immunité viendrait a disparait s’il s’avérait qu’il est coupable d’actes dont la gravité et choquante
et révoltante au regard de la communauté internationale toute entière C’est cette hypothèse et
non la première a la quelle il faut nous arrêter puisque désormais l’immunité des chefs d’état n’est
plus une immunité absolue mais une immunité relative qui s’attache a la nature de l’activité. La
dénaturation des actes de la fonction s’inscrit en conséquence dans le cadre de la responsabilité
pénale internationale non seulement de l’état mais surtout celle de l’individu organe ayant agi
pour le compte de l’état. la prohibition de certains crimes particulièrement dangereux ayant été
commis ou ordonnés ou encouragés par un chef d’état et ayant entrainé la responsabilité pénale
de leur auteur, a été consacrée au niveau du droit international pénal marquant ainsi la
suprématie de ce dernier et affirmant le recul du dogme de la souveraineté étatique. A cet égard,
si l’individu organe de l’état est titulaire de droits et de privilèges, en vertu du droit international,
indispensables a l’accomplissement de ses fonctions en matière international , il est également
tenu , en vertu du même droit , de certains devoirs qui ne sont pas seulement obligatoires mais
dont la violation entraine incontestablement la mise a l’écart desdits privilèges et que le droit
international accompagne parfois de sanctions pénales et ce par la mise en cause de sa
responsabilité pénale individuelle . et comme en droit pénal interne, la responsabilité pénale
international ne peut être véritablement mise en œuvre que lorsque certaines conditions sont
réunies. il sera alors question de la notion d’infraction internationale (A) et ses principales
caractéristique(B)

A/ la notion d’infraction internationale

L’on admet généralement que le droit international contemporain repose sur un ensemble de
normes de nature différente. Parmi ces normes, il existe celles pour lesquelles aucune dérogation
n’est permise. En effet, ces normes ne sont pas simplement obligatoires susceptibles de dérogation
notamment pat voie conventionnelle ; elles sont également qualifies de normes impératives, elles
rentrent dans la sphère du jus cognes dont la transgression porte profondément atteinte a l’ordre
public international. On pourrait d’ailleurs conclure avec m carreau « l’idée de jus cognes est celle
e l’ordre public transposée dans l’ordre international » la convention de vienne sur le droit du
traits de 23 mais 1969 précisé a son article 53 « une norme impérative du droit international
général est une norme acceptée et reconnue par la communauté internationale des Etats dans son
ensemble en tant que norme à laquelle aucune dérogation n’est permise et qui ne peut être
modifiée que par une nouvelle norme du droit international général ayant le même caractère »
ensuite l’état étant que sujet premier de droit international mais aussi l’individu qui agit a son
compte ne peuvent jamais au nom de la souveraineté agir librement , il s’agit du droit international
humanitaire ou la protection des droits de l’homme la charte des nations unies de 1954 « dans la
dignité et la valeur de la personne humaine dans l’Egalite de droits des hommes et des femmes »
constitue les buts principales de la communauté international or la violation de ces droits
primordiale par l’individu qui représente l’état entraine incontestablement la mise l’écart du jeu
de l’immunité et ce raison de la gravité des actes dont il s’est rendu coupable et pour lesquels il ne
saurait rester impuni alors Par conséquent, nous allons d'abord arrêter sur la notion d’infraction
internationale . il est généralement admis que seul l’acte de fonction est couverte par l’immunité,
or , le problème se pose est précisément de définir l’acte de fonction comme le souligne le
professeur Salmon est une notion « très fuyante » dont « le champs d’application est très vaste »
il s’agit de savoir si l’immunité couvre tous les actes que les chef d’état accomplis pendant
l’exercice de des fonctions ? la réponse de cette problématique est certainement négative car
quand bien même un acte criminel serait considéré comme un acte d’état c'est-à-dire un acte
d’autorité publique, celui-ci ne saurait être couvert par l’immunité. En effet la raison en est qu’au
delà de la souveraineté de l’état et son indépendance il existe une supra –nationalité qui est
l’intérêt commun de tous les états dont la société international impose le respect. Cette dernière
s’est empressée d’instituteur un système de répression a l’encontre de ceux qui enfreignent
certaines obligations prévues par le droit international de manière que leur répression nécessite la
mise en cause de la responsabilité individuelle c’est donc l’idée que certaines personnes
commettent des infractions internationales particulières qui constitue le fondement de la
répression par les normes du droit international . On pourrait donc définir l’infraction
internationale comme un fait contraire au droit international tellement nuisible protèges par ce
droit qu’il s’établit entre les états une règle lui attribuant un caractère criminel c’est adire exigeant
ou justifiant qu’on le réprime pénalement. Autrement dit ce sont des infractions commises au
nom pour le compte de l’état infligeant des souffrances et des dommages non pas seulement a
certains états victimes ou a certaines individus de façon isolée mais bien a l’ensemble de la
communauté internationale ainsi le professeur Dupuy admet que « l’infraction créé la
responsabilité le dommage la rend applicable , ou plus exactement invocable » la définition du
crime international en tant que violation des droits fondamentaux et liée a l’identification de ses
éléments constitutifs

B/ Les critères définissant le crime international

Il est admis en droit pénal que une acte individuel puisse être sanctionné par la société , trois
conditions sont nécessaires : il faut que l’agent ait perturbé l’ordre sociale ensuite il faut qu’il violé
une loi pénale qui justifiait le répression enfin , il faut que l’acte incriminé soit matérialisé par une
intention criminelle tout crime est donc constitué par un ensemble d’éléments qui déterminent sa
qualification juridique et qui facilitent le déclenchement du mécanisme de la responsabilité pénale
de son auteur et comme en droit pénal interne , le crime est une infractions particulière qui
présente la combinaison des trois éléments . Le première consiste dans la légalité de
l’incrimination ce qui suppose a contrario qu’en l’absence de détermination par le droit. il ne peut
y avoir de faute ni par conséquent de peine. C’est donc la règle latin « nullumcrimen sine lege ,
nullapoena sine lege » Qui conditionne la validité de la qualification du crime international. cette
dernière est, d’ailleurs , affirmé dans les statuts des juridictions pénales internationales prend-il le
soin de préciser , sous un chapitre intitulé « principes généraux de droit pénal » , qu’une «
personne n’est responsable pénalement en vertu du présent statut que si son comportement
constitue , au moment ou il se produit , un crime relevant de la compétence de la cour ne peut
être punie que conforment aux disposition du présent statut » Ce principe de la légalité des délits
et des peines était déjà prévu et explicité par le pacte international des droits civils et politiques
de 1966 qui stipule qu’ « aucun fait criminel ou délictueux ne peut être l’objet d’une intervention
du juge s’il n’a pas été prévu par une loi ». Le pacte de 1966 ajoute au paragraphe 2 de l’article 15
que « rien dans le présent article ne s’oppose au jugement ou a la condamnation de tout individu
en raison d’actes ou d’omissions qui , au moment ou ils ont été commis , étaient tenus pour
criminels , d’après les principes généraux de droit reconnus par l’ensemble des nations » en vertu
de l’article 21 du statut de la cpi , la cour applique les traites internationaux ainsi que les principes
généraux du droit dégagés par la cour a partir des lois nationales représentant les différents
systèmes juridiques du monde , y compris , les lois nationales des états sous la juridiction desquels
tomberait normalement le crime , si ces principes ne sont pas incompatibles avec le statut ni avec
le droit international . la cour applique enfin les principes et les règles de droit tels que retenus par
la jurisprudence . la spécificité du statut de la cpi est donc non seulement de faire référence aux
normes conventionnelles et coutumière mais aussi de prendre soin de définir de manière
systématique tous les actes constitutifs des crimes qui relèvent de sa compétence matérielle , mais
la qualification du crime international ne se suffit pas de la présence de l’élément légal pour qu’il
soit jugé , il lui faut en plus la combinaison de deux autres éléments qui sont l’élément matériel et
l’élément psychologique . le première consiste dans la commission effective de l’infraction
autrement dit la réalisation matérielle tandis que le second signifie que l’acte n’est incriminable
que s’il émane d’une personne humaine dotée de ses facultés mentales et ayant commis une faute
fondée sur l’intention ou plus largement sur le fait d’une volonté consciente du non respect du
droit. l’éléments intentionnel est d’ailleurs clairement mentionné a l’article 30 d statut de la cpi qui
dispose « sauf disposition contraire, nul n’est pénalement responsable et ne peut être puni a
raison d’un crime relevant de la compétence de la cour que si l’éléments matériel du crime
s’accompagne d’intention et de connaissance » ( article 30-1) . le statut définit l’intention
relativement a un comportement qu’une personne étend adopter et a une conséquence qu’elle
entend causer. Quant a la connaissance, elle signifie la conscience qu’une circonstance existe ou
qu’une conséquence adviendra dans la cours normal des événements (article 30-2et3) a ce
propos Les tribunaux pénaux internationaux pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) et pour le Rwanda (TPIR)
fournissent des exemples significatifs de l’application pratique des critères des crimes
internationaux. Par exemple, dans l'affaire Prosecutor v. Tadić devant le TPIY, le tribunal a défini
les critères constitutifs des crimes de guerre en insistant sur la nécessité d’un conflit armé et sur la
qualification des actes comme « graves violations » des conventions de Genève. Ce cas a marqué
un tournant en précisant le seuil de violence requis et les conditions pour qu'un conflit armé soit
reconnu au niveau international. De même, dans l’affaire Prosecutor v. Akayesu devant le TPIR, le
tribunal a établi des critères pour le crime de génocide en soulignant l’intention spécifique de
détruire un groupe, un élément central pour la qualification de ce crime. Ces exemples montrent
comment les tribunaux appliquent et interprètent les éléments constitutifs des crimes
internationaux, contribuant ainsi au développement d’une jurisprudence internationale plus
détaillée et cohérente. Dans ces perspectives, la conception moderne du droit international veut
alors dissocier la responsabilité internationale de l’état et celle de l’agent de l’état. La faute et
l’action sont par conséquent juridiquement attribuables a l’organe de l’état et non pas uniquement
a ce dernier. cette dissociation présente d’ailleurs de nombreux mérites dans la mesure ou la mise
en ouvre de la responsabilité pénale de l’individu organe est plus conforme a la justice et a la
raison puisque la vraie responsabilité incombe a ceux qui sont au gouvernail et qui sont
personnellement coupables des actes incriminés par le droit international il est de surcroit plus
facile en pratique de réprimer les vrais coupables car seule une répression de cet ordre pourrait les
obliger être plus prudents dans l’exercice du pouvoir et plus respectueux de la légalité
internationale

Il convient alors après avoir déterminé les éléments constitutifs du crime international, de s’arrêter
sur ces caractéristiques propres.
Paragraphe 2 – les caractéristiques des crimes internationaux

À la divergence du dol international, caractérisé par la violation d’une obligation dans le cadre d’un
rapport bilatéral dont la conséquence oblige l’auteur à réparer le préjudice causé à la victime, le
crime international est la transgression d’une obligation que la communauté internationale dans
son ensemble considère comme essentielle pour la sauvegarde de ses intérêts fondamentaux. Les
crimes internationaux sont donc à la fois des faits illicites et dommageables pour l'ensemble de la
communauté internationale.

Aussi bien , l’interdiction de ces crimes fait partie de ces normes dites impératives que l’article 53
précité de la convention de 1969 a précisé en matière de droit des traites en affirmant l’existence
d’une catégorie particulières de normes non dérogables et désignées comme telles par la
communauté internationale dans son ensemble et dont la méconnaissance entraine la mise en
œuvre de la responsabilité pénale internationale .par conséquent , la première caractéristiques de
ces crimes est leur gravité (A) a laquelle s’ajoute une question plus discutée a savoir celle de
l’ampleur desdits crimes (B)

A/ le seuil de gravité de l’acte incriminé

Outre les faits que le crime international soit imputable a un individu a titre d’organe de l’état et
engageant sa responsabilité pénale individuelle, une autre caractéristique du crime international
est celle de la gravité des actes commis. En effet, , ces derniers sont no, seulement la négation
évidente des buts et des règles qui constituent le noyau dur du droit international en l’occurrence
la justice . la morale et la solidarité mais ils se distinguent également par leur caractères particulier
d’horreur et de cruauté, de sauvagerie et de barbarie. par leur nature même, ceux-ci portent
atteinte a l’homme dans sa personnalité, dans sa liberté et dans sa dignité et entrainent surtout
d’innombrables sacrifice »s de vies humaines. Dans la délimitation de son champ de compétence
matérielle, le statut de la cour pénale internationale dispose a son article 5 intitulé « crimes
relevant de la compétence de la cour » que celui-ci est limité « aux crimes les plus graves qui
touchent l’ensemble de la communauté internationale »

La gravité des actes se mesure , dés lors , par rapport a la violation de certaines obligations qui
ont , dans la conviction des états , une importance telle qu’ils imposent l’application , (ispo facto) ,
de sanctions et d’un régime de responsabilité plus lourds que le régime ordinaire de la
responsabilité de l’état essentiellement fondé sur la réparation . Parconséquent, l’intérêt éminent
de la communauté internationale désigne l’importance toute particulière des normes dont la
violation constitue un crime. il est en effet des principes juridiques applicables qui tirent leur
autorité d’un fond éthique qu’on pourrait qualifier d’humaniste et dont la transgression nuit
profondément a tous les états. la consultation de la jurisprudence internationale particulièrement
celle de la cour internationale particulièrement celle de la cour international de justice permet, a
ce titre, de relever, parmi les règles du droit international humanitaire, des principes dotés d’une
autorité particulière. Ainsi en est-il par exemple de l’avis consultatifs relatif a la licéité de la
menace ou de l’emploi d’armes nucléaires ( avis de 8/7/1996) ou la cour internationale de justice
parle de principes cardinaux contenus dans des textes formant le tissu du droit international
humanitaire . Elle désigne comme tels les règles fondamentales qui s’imposent a tous les états,
qu’ils aient ou non ratifié les instruments conventionnels qui les expriment , parce qu’elles
constituent des principes intransgressibles du droit international coutumier . on peut, par ailleurs,
citer un arrêt plus ancien dans lequel la CIJ affirme « une distinction essentielle doit (..) Être
établie entre les obligations des états envers la communauté internationale dans son ensemble et
celles qui naissent vis-à-vis d’un autre états dans le cadre de la protection diplomatiques par leur
nature même, les premières concernent tous les états. vu l’importance des droits en cause, tous
les états peuvent être considérés comme ayant un intérêt juridique a ce que ces droits soient
protégés ; les obligations dont il s’agit sont des obligations ergaomnes . Ces obligations découlent
par exemple, dans le droit international contemporain n de la mise hors la loi des actes d’agression
et de génocide mais aussi des principes et de règles concernant les droits fondamentaux de la
personne humaine. y compris la protection contre la pratique de l’esclavage et la discrimination
raciale. Certains droits de protection correspondants se sont intégrés au droit international
général.. ; D’autres sont conférés par des instruments internationaux de caractère universel ou
quasi-universel » il semble donc indéniable d’après de l’arrêt du 5 février 1970 que la cour ait
étendu faire une distinction de base entre les obligations internationales et , partant , entre les
agissements commis en violation de ces obligations et qu’elle ait implicitement reconnu que cette
distinction affecte la détermination des états a faire valoir la responsabilité de l’état offenseur . la
cour a ainsi clairement soutenu l’existence « d’obligations des états envers la communauté
internationale dans son ensemble » er l’habilitation des états autres que l’état directement lésé a
faire valoir la responsabilité de l’état contrevenant.

Ces principes élémentaires d’humanité qui obligent tous les états même en dehors de tout lien
conventionnel et qui sont valables en toutes circonstances ne peuvent, cependant, faire l’objet
d’une liste exhaustive. Tout au plus, pourrait –on conclure avec le professeur pierre-marie dupuy
qu’i « il existe indubitablement un noyau dur dont la violation relève en toute hypothèse du droit
international pénal »

Ceci dit, la gravité des crimes commis provient , comme l’a précisé le tribunal pénale international
pour l’ex-yougoslavie , de la violation du « principe général du respect de la dignité humaine » qui
est non seulement la base du droit international humanitaire et des droits de l’homme mais
constitue également sa raison d’être . ce principe et si important qu’il imprègne le droit
international dans son ensemble. l’éléments de la gravité est par conséquent incontournable dans
la qualification du crime international .néanmoins, il reste que la définition de ces crimes met en
cause un deuxième élément a savoir celui de l’ampleur des dommages subis
B/ l’ampleur de l’acte incriminé

Les caractères gravissime des crimes commis est un élément inconditionnel de la définition du
crime international sur lequel nul ne diverge puisqu’ ‘il est affirmé non seulement par les statuts
des juridictions pénales internationales mais également par la doctrine. Mais, la question de
l’ampleur et de la massivité des actes commis ne semble pas satisfaire toutes les opinions. Tout le
problème est de savoir si la qualification des violations des droits de l’homme devrait tenir compte
d’un élément quantitif en plus de l’élémentqualitatif. Certains considèrent que les violations des
droits de l’homme, dés lors qu’elles prennent une certaine ampleur et atteignent un certain degré
de fréquence peuvent devenir des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité

A l’inverse, d’autres dénient toute validité au critère de « massivité » estimant qu’un crime peut
être constitué par un « acte inhumain » commis contre une seule personne. Ainsi [Link]
thiam , rapporteur spécial a la commission du droit international , s’est toujours opposé a la
condition de « massivité » , qui obligerait a exclure de champ des crimes les actes commis contre
un individu , d’eux de véritables crimes contre l’humanité . Par conséquent, seul serait pertinent le
caractère « systématique » dudit crime. Quoiqu’il en soit, le crime a définir désigne des actes
inhumains, commis ou encouragés en vue d’une certaine finalité et consistant en un refus du droit
a la vie et des libertés fondamentales telles que reconnues par l’ensemble des nations. C’est
pourquoi ces comportements entrainent, dans la conception moderne du droit international,
l’application d’un régime spécial de responsabilité pour crimes internationaux et la mise en œuvre
de sanctions internationales qui ont une fonction à la fois préventive et punitive : c’est le régime
de la responsabilité pénale individuelle

Section 2 : les chefs d’état face aux infractions les plus graves : le noyau dur des crimes
internationaux

A la différence du délit international caractérisé par la violation d’une obligation dans le cadre
d’une convention bilatérale dont la conséquence oblige l’auteur a réparé le préjudice causé a la
victime, le crime international est la méconnaissance d’une obligation que la communauté
internationale dans son ensemble considéré comme essentielle pour la sauvegarde de ses intérêts
fondamentaux. les crimes internationaux sont , par conséquent non seulement des faits illicites
mais également dommageables ( ergaomnes) aussi bien l’interdiction des ces crimes fait partie de
ces normes dites impératives que l’article53 de la convention de 1969 a précisé en matière de
droits des traités en affirmant l’existence d’une catégorie particulières de normes non dérogeables
et désignées comme telles par la communauté internationale dans son ensemble et dont le
méconnaissance entraine la mise en œuvre de la responsabilité pénale internationale. De sorte
que la compétence rationemateriae de la cour pénale internationale se limite a un noyau dur
d’infractions internationales, qui comprend deux aspects : les infractions contre l’humanité A et les
infractions concernant la guerre b ces aspects méritent sans doute des études beaucoup plus
approfondie. Néanmoins, il est nécessaire d’aborder, même brièvement les crimes pour lesquelles
il est possible de mettre en œuvre la responsabilité des chefs d’état en droit international

A / les infractions contre l’humanité

L’humanité en tant que telle se développe dans l’univers du droit accueillie progressivement par
les textes et la coutume en droit international, elle sert même d’éléments constitutifs aux
infractions pénales. la répression du crime de génocide 1 et du crime contre l’humanité 2 reçoit
une autorité coutumière dans l’ordre juridique international

1 / le génocide

Le terme gréco-latin ( genos-cide) a été créé par le professeur américain Rafallemkin en 1944 afin
de qualifier les pratiques de l’Allemagne nazie a l’encontre des juifs et des tziganes avant et
pendant le première guerre mondiale . le succès de cette idée a été vite repris a son compte par la
société international le 11 décembre 1946 , l’assemblé générale de L’ONU a donné la première
définition officielle du génocide « le génocide est le refus du droit a l’existence de groupes
humains entiers de meme que l’homicide est le refus du droit a l’existence a un individu : un tel
refus bouleverse la conscience humaine inflige de grandes pertes a l’humanité qui se trouve ainsi
privé des apports culturels ou autres de ces groupes et est contraire a la loi morale ainsi qu’a
l’esprit et aux fins des nations unies la repression du crime du genocide est une affaire d’interet
international » . deux ans plus tard le 9 decembre 1948 la société international sous l’egide des
nations unies a adopté la convention pour la prévention et a la repression du crime de genocide ,
dans sont article II , la convention propose une défintion du crime de génocide « le genocide
s’entend de l’un quelconque des actes ci-après , commis dans l’intention de détruire et tout en
partie , un group national , ethenique racial ou rélégieux , comme tel a) Meurtre de membres du
groupe; b) Atteinte grave à l'intégrité physique ou mentale de membres du groupe; c) Soumission
intentionnelle du groupe à des conditions d'existence devant entraîner sa destruction physique
totale ou partielle; d) Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe; e) Transfert
forcé d'enfants du groupe à un autre groupe. » Il s’agit d’une définition du crime ayant faits ses
preuves et qui demeure incontestablement coutumiere . c’est pourqoui les status des tribunaux
penaux internationaux pour l’ex-yougoslavie et le rwanda , et le statut de rome de 1998 ont repris
mot par mot la disposition de la convention de 1948 . depuis l’adoption de cette convention il est
admis par la communauté international que le génocide engage la responsabilité individuelle
l’article IV qui a été adopté après avec une réticence et après un débat considérable prévoit la
possibilité de traduire quiconque devant la justice qu’il soit « de gouvernants des fonctionnaires
ou de particuliers » cependant depuis 1951 et après l’entrée en vigueur de la convention
concernant le génocide sont application et marquée par l’inefficacité et le manquement des
moyens nécessaires pour parvenir et réprimer les événements dramatiques du monde . C’est l’état
qui est l’acteur principal des relations international représenté logiquement par son chef d’états
dans la répression et la prévention du génocide. Sachant que l’ampleur et la gravité d’un tel crime
ne laisserait pas imaginer la commission de génocide par un autre moyen non étatique. Autrement
dit, il ne serait pas abusif d’estimer que seule l’autorité ou la politique du chef d’état pourrait
inciter à commettre un génocide ou s’y opposer efficacement avant toute intervention
internationale L'un des rares chefs d'État traduits devant un tribunal pénal international était le
Premier ministre du gouvernement rwandais, Jean Kambanda. Celui-ci occupait les plus hautes
fonctions ministérielles au Rwanda du 8 avril au 17 juillet 1994. Il a été le premier « plus gros
poisson » jugé et condamné pour des crimes liés au génocide par une instance internationale. Il a
plaidé coupable pour les six chefs d'accusation retenus contre lui, dont quatre concernent le
génocide : génocide, entente en vue de commettre le génocide, incitation directe et publique à
commettre le génocide et complicité. Le TPIR estime que « les circonstances aggravantes qui
entourent la commission des crimes par Jean Kambanda l'emportent largement sur les
circonstances atténuantes qui plaident en sa faveur et que, surtout, le fait que Jean Kambanda ait
occupé à l'époque où il commettait lesdits crimes les plus hautes fonctions ministérielles est de
nature à définitivement exclure toute possibilité d'atténuation de la peine » 415. Il est donc clair
que le tribunal international prend en considération le niveau de la responsabilité de l'auteur «
présumé coupable » pour en déduire qu'une telle position incite plutôt à pencher vers les
circonstances aggravantes. L'ancien premier ministre a été condamné à l'emprisonnement à vie. Le
fait que Kambanda ait plaidé coupable pour la totalité des chefs d'accusation, a eu pour effet
d'inciter les juges à prononcer une sanction globale et sans distinction. Une seule sanction pour six
chefs d'accusation (quatre concernent le génocide et deux ont trait aux crimes contre l'humanité).
Un exemple plus récente En octobre 2024, le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a
demandé des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et le
ministre de la Défense Yoav Galant, sous le numéro de décision 01/2024, émise le 10 octobre. Ils
sont accusés de crimes de guerre, notamment l’utilisation de la famine comme méthode de guerre
et d'attaques intentionnelles contre des civils dans le conflit à Gaza. Ce mandat se fonde sur des
preuves documentant des violations graves du droit international humanitaire, telles que la
destruction de biens civils et des actes intentionnels menaçant directement la vie des civils. Ce
développement marque une étape importante pour la CPI, car il cible des dirigeants
démocratiquement élus, ce qui pose des questions sur l’impartialité de la justice internationale et
sur la poursuite de toutes les parties impliquées dans les conflits, quelles que soient leurs fonctions
politiques. Un auteur s'interroge à juste titre sur cette question: on ne sait pas pour quel crime il
est condamné : pour génocide ? Pour crime contre l'humanité ? Pour l'ensemble des crimes visés
par l'acte d'accusation ? Il semble que le TPIR ait donc conclu que ce n'était pas contrevenir au
principe non bis in idembis que de donner aux mêmes faits ou à des faits sensiblement identiques
plusieurs qualifications dans un acte d'accusation. Qualifié de crime des crimes, le génocide pour
rait en effet englober toute catégorie de crimes contre l'humanité.

2/ les crimes contre l’humanité

Les crimes contre l'humanité sont proches du crime de génocide. Ces deux types de crimes sont en
effet nés du besoin de trouver un terme générique pour regrouper sous une qualification juridique
définie les actes atroces commis par les criminels nazis, qui ne pouvaient plus être considérés ni
comme des crimes de guerre ni comme des violations du droit international stricto sensu. La
responsabilité pénale individuelle s'est développée grâce à la conception de ces deux crimes.
Contrairement au crime de génocide, il n'existe pas une Convention spécifique sur les crimes
contre l'humanité. Pour cette raison, il est difficile d'octroyer une définition claire et distincte. À la
différence des crimes contre l'humanité, le génocide constitue une infraction autonome, qu'il
soit commis en temps de paix ou en temps de guerre Selon l'accord de Londres du 8 août 1945, le
Tribunal militaire international de Nuremberg était compétent pour juger et punir toutes
personnes qui auront commis des crimes contre la paix, des crimes de guerre ou des crimes contre
l'humanité. Ces derniers ont été définis comme « l'assassinat, l'extermination, la réduction en
esclavage, la déportation, et tout autre acte inhumain commis contre toutes populations civiles,
avant ou pendant la guerre, ou bien les persécutions pour des motifs politiques, raciaux ou
religieux, lorsque ces actes ou persécutions, qu'ils aient constitué ou non une violation du droit
interne du pays où ils ont été perpétrés, ont été commis à la suite de tout crime rentrant dans la
compétence du Tribunal, ou en liaison avec ce crime ». Ils n'étaient donc punissables que s'ils
étaient commis à la suite d’où en liaison avec les crimes contre la paix et les crimes de guerre. Les
statuts des TPI pour l'ex-Yougoslavie et pour le Rwanda suppriment le lien direct et précis entre les
crimes contre l'humanité et d'autres crimes internationaux (crime de guerre ou crime contre la
paix), afin de consacrer explicitement l'autonomie des crimes contre l'humanité. Le statut du TPI
pour l'ex-Yougoslavie exige encore l'hypothèse que les crimes aient été commis « au cours d'un
conflit armé », Mais le statut du TPI pour le Rwanda a marqué un progrès remarquable dans la
définition du critère matériel du crime contre l'humanité, repris également par le Statut de Rome:
il exige que les actes soient commis « dans le cadre d'une attaque généralisée et systématique
dirigée contre une population civile» La pratique du TPI pour l'ex-Yougoslavie renforce la possibilité
de mettre en œuvre la responsabilité du chef d'État en exercice pour des crimes contre l'humanité.
L'ancien président de l'ex-Yougoslavie, Slobodan Milosevic, a été mis en accusation par le TPI pour
l'ex-Yougoslavie pour les crimes contre l'humanité (quatre sur cinq chefs d'accusation), commis au
Kosovo après janvier 1999. Les dix chefs d'accusation sur 35 concernaient les crimes contre
l'humanité dans l'acte d'accusation relatif à la guerre de conquête et d'autres actions menées
contre l'État et la population de Croatie (persécutions pour des motifs politiques, raciaux et
religieux, extermination, assassinat, emprisonnement, torture, actes inhumains, expulsion).Le 22
novembre 2001, Milosevic a également été mis en accusation pour génocide Les crimes contre
l'humanité et les crimes de guerre commis en Bosnie-Herzégovine sont imprescriptibles. Les douze
chefs d'accusation sur 29 concernaient des infractions directes contre l'humanité (génocide et
crime contre l'humanité). Toutefois, l'ancien président serbe n'a pas été condamné car il est
décédé le 11 mai 2006 au centre de détention des NU à Scheveningen. Il est clair que l'ordre
juridique international met progressivement en œuvre la responsabilité des chefs d'État pour des
crimes touchant la conscience humaine. La tendance du droit international est également de
rechercher la responsabilité à l'extrémité de la chaîne de commandement lorsqu'il s'agit de crimes
qui portent davantage atteinte aux relations interétatiques.

B/ les infractions concernant la guerre

Depuis bien longtemps, le droit international s'active sur le terrain des guerres ou des conflits
internationaux et internes afin de les réglementer et de réduire leurs conséquences atroces au
minimum possible. À cet égard, tous les recours à l'agression engagent la responsabilité
personnelle de son auteur (2.). De plus, une fois qu'une guerre est déclenchée, il faut la soumettre
aux normes du droit international. Leur violation peut aussi conduire à la responsabilité
internationale pour des infractions plus connues en tant que crimes de guerre (1).
1/ les crimes de guerre

Ils sont définis dans le cadre du jus in bello, comme étant « l'ensemble des agissements qui
méconnaissent délibérément les lois et les coutumes de guerre » . L'incrimination de ces
agissements apparaît pour la première fois dans le Code de Liber de 1863, «l'instruction pour le
comportement des armées des Etats-Unis d'Amérique en campagne » . Bien que ce code soit
destiné aux forces armées des États-Unis, au niveau du droit interne, ces instructions représentent
dans une large mesure les lois et les coutumes de la guerre existant à cette époque, qui a par la
suite inspiré d'autres instruments internationaux dans ce domaine. Contrairement à ce code, les
Conventions de La Haye de 1899 et 1907 n'ont pas consacré la responsabilité pénale de l'individu
en cas de violations des lois et coutumes de la guerre. La Convention de La Haye ne concerne que
la responsabilité étatique, considérant dans son article 3 que « la Partie belligérante qui violerait
les dispositions dudit Règlement sera tenue à indemnité, s'il y a lieu. Elle sera responsable de tous
les actes commis par les personnes faisant partie de sa force armée ». 11 était difficile d'imaginer
la possibilité de la mise en œuvre de la responsabilité du chef d'État pour tels types de crimes.
Cependant, quelques années plus tard, le traité de Versailles de 1919 a prévu, à côté de la
responsabilité des « personnes accusées d'avoir commis des actes contraires aux lois et coutumes
de la guerre » la responsabilité de l'État allemand en tant que tel, reconnue à l'article 231 .
L'empereur d'Allemagne, Guillaume II, a été mis en accusation pour offense suprême contre la
morale internationale et l'autorité sacrée des traités, aux termes de l'article 227 du même traité.
Or, il est remarquable de souligner que ce « mini-statut » dans le traité de Versailles a effectué une
distinction claire et nette entre la responsabilité du chef de l'Etat et la responsabilité des autres
accusés. Conformément à la lettre du traité, le premier aurait dû être jugé pour offense suprême
contre la morale internationale et l'autorité sacrée des traités par un tribunal spécial composé de
cinq juges nommés par chacune des cinq puissances: les États-Unis d'Amérique, la Grande-
Bretagne, la France, l'Italie et le Japon. En revanche, les autres responsables devaient être jugés
par des tribunaux militaires nationaux pour les actes contraires aux lois et coutumes de la guerre.
En conséquence, la qualité d'auteur jouait un rôle important afin de déterminer le tribunal
compétent et les infractions pour lesquelles un accusé aurait pu être jugé. Après la Seconde Guerre
mondiale, le statut du Tribunal militaire international de Nuremberg fut annexé à l'Accord de
Londres et en fit partie intégrante. Son article 6, alinéa (b) fournit une première définition des
crimes de guerre, sous la forme d'une liste non exhaustive des violations des lois et coutumes de la
guerre, qui sont considérées comme des crimes de guerre : « l'assassinat, les mauvais traitements
ou la déportation pour des travaux forcés, ou pour tout autre but, des populations civiles dans les
territoires occupés, l'assassinat ou les mauvais traitements des prison niers de guerre ou des
personnes en mer, l'exécution des otages, le pillage des biens publics ou privés, la destruction sans
motif, des villes et des villages ou la dévastation que ne justifient pas les exigences militaires Peu
après le procès de Nuremberg, les Conventions de Genève ont été adoptées en 1949 dans le
domaine du droit international humanitaire. Elles n'utilisent pas le terme de « crimes de guerre »
dans les dispositions relatives à la « répression des abus et des infractions » . Dans les quatre
Conventions de Genève, le terme de « crimes de guerre » est remplacé par les « infractions graves
». Étant sensiblement différente en fonction de l'objet de chaque convention, la définition des
infractions graves dans ces Conventions comprend en général « l'homicide intentionnel, la torture
ou les traitements inhumains, y compris les expériences biologiques, le fait de causer
intentionnellement des grandes souffrances ou de porter des atteintes graves à l'intégrité ou à la
santé, la destruction et l'appropriation de biens, non justifiées par des nécessités militaires et
exécutées sur une grande échelle de façon illicite et arbitraire » Le statut du TPIY dissocie les «
infractions graves aux Conventions de Genève de 1949» (article 2 du statut), des violations des lois
ou coutumes de la guerre. En effet, l'ancien Président de la Serbie a été poursuivi pour deux chefs
d'accusation distincts (la violation des lois ou coutumes de la guerre et l'infraction grave aux
conventions de Genève de 1949), ayant d'ailleurs un contenu identique. Dans le quatrième chef, il
a été accusé pour « meurtre » sanctionné par les articles 3, 7-1) et 7-3) du statut du Tribunal. En
outre, dans le cinquième chef, il a été accusé pour « homicide intentionnel » sanctionné par les
articles 2-a), 7-1) et 7-3) du statut du Tribunal, un crime et deux qualifications différentes Quant au
TPIR, les crimes poursuivis sont des crimes de génocide (article 2 du statut du Tribunal), des crimes
contre l'humanité (article 3 de même statut) et des violations graves de l'article 3 commun aux
Conventions de Genève et au Protocole additionnel II à ces Conventions (article 4 du même statut).
Il aurait été difficile d'attribuer la qualification de conflit armé international à la situation au
Rwanda en 1994. En effet, dans les deux cas yougoslave et rwandais, les violations graves du droit
humanitaire sont des faits incriminés, mais régis par des règles différentes de droit international,
Le terme « crimes de guerre » n'apparait pas dans le statut du TPI pour le Rwanda. Un autre
exemple qui l’on peut illustrer et de Omar el-Béchir, ancien président du Soudan, a été accusé de
graves crimes en lien avec le conflit du Darfour. Le 4 mars 2009, la Cour pénale internationale (CPI)
a émis un mandat d'arrêt à son encontre sous le numéro (ICC-02/05-01/09), en raison de crimes de
guerre et de crimes contre l'humanité commis au Darfour. Les accusations portées contre lui
incluent des attaques systématiques contre des civils, notamment des meurtres, des viols, des
tortures, ainsi que des déplacements forcés de populations. Il a aussi été accusé d’avoir ordonné
des bombardements aériens et des massacres ciblés contre des groupes ethniques, en plus de
l'utilisation d'armes interdites, telles que des armes chimiques. En raison de ces actes, la CPI l'a
également inculpé d'extermination, ce qui constitue un élément clé des accusations de génocide.
Malgré les mandats d'arrêt de la CPI, Omar el-Béchir n'a pas été remis à la Cour, en raison du
soutien que lui ont apporté certains États et du fait que le Soudan n'est pas membre du Statut de
Rome. En décembre 2018, des manifestations populaires ont éclaté contre son régime, culminant
en avril 2019 avec sa chute et sa mise en détention. Après sa destitution, il a été jugé au Soudan
pour des accusations de corruption et de coup d'État. Enfin, le statut de la Cour pénale
internationale se dote d'un très long article 8 qui s'intitule «crimes de guerre». Il représente
d'ailleurs la disposition la plus détaillée relative à cette notion 4. De par ce statut, les crimes de
guerre comprennent les infractions graves aux Conventions du 12 août 1949, les violations graves
des lois et coutumes applicables aux conflits armés internationaux et non internationaux, à
l'exception des « situations de troubles et tensions internes telles que les émeutes, les actes isolés
et sporadiques de violence » (article 8, paragraphe 2, alinéa (d) du statut de la CPI). En effet, le
statut de la Cour permanente se réfère explicitement aux Conventions de Genève et non pas au
protocole (II) relatif à la protection des victimes des conflits armés non internationaux. Le contenu
de ce protocole n'est pas admis par la Communauté internationale en tant que droit coutumier,
car il n'a pas fait l'objet d'une ratification quasi universelle de la part des États souverains, L'article
8, paragraphe 2, alinéas (c) et (e) du statut dresse néanmoins une large liste des infractions
incriminées dans les cas de conflit ne présentant pas un caractère international Par ailleurs, le
statut confirme à l'article 8, paragraphe 3 que « [rien dans le paragraphe 2, aliénas (c) et (d)
n'affecte la responsabilité d'un gouvernement de maintenir ou rétablir l'ordre public dans l'État ou
de défendre l'unité et l'intégrité territoriale de l'État par tous les moyens légitimes ». Cette
précision n'est qu'un renforcement du statut du chef de l'État au détriment de tous les
mouvements qui s'opposent à des régimes autoritaires ou qui luttent pour l'indépendance ou
l'exercice du droit à l'autodétermination. Il suffit pour un président de « légaliser » ses actions pour
échapper à la justice internationale, même s'il opprime les droits et les obligations de ses
populations. Dans la plupart des États, le chef d'État est le chef des armées. De plus, dans la
majorité des cas, il est la seule personne compétente pour déclarer la guerre. Étant à la tête de la
pyramide étatique, la qualité de chef est impliquée directement ou indirectement dans les crimes
de guerre et le crime d'agression.

2/ le crime d’agression : le crime des dirigeants

Le Comité spécial des Nations Unies chargé de définir l'agression a élaboré une définition, adoptée
par l'Assemblée générale dans sa résolution 3314 (XIXX) du 14 décembre 1974: l'agression est
l'emploi de la force armée par un Etat contre la souveraineté, l'intégrité territoriale ou
l'indépendance politique d'un autre, État, ou de toute autre manière incompatible avec la Charte
des Nations Unies, ainsi qu'il ressort de la présente définition ». En général, ce crime engage deux
responsabilités, celle de l'État et celle de l'individu. Dans le cadre du droit pénal international,
l'agression a été érigée en infraction internationale au titre de « crime contre la paix »
conformément au statut du TMI de Nuremberg (article 6-a) et au statut du TMI de Tokyo (article 5
a). Ils ont défini les crimes contre la paix comme « la direc-tion, la préparation, le déclenchement
ou la poursuite d'une guerre d'agression, ou d'une guerre en violation des traités d'assurances ou
accords internationaux, ou la participation à un plan concerté ou à un complot pour
l'accomplissement de l'un quelconque des actes qui précèdent ». Le crime d'agression est
directement lié à la situation de la guerre. Depuis la mise hors la loi de la guerre par le pacte
Briand-Kellog du 27 août 1928 442, « l'agression » a été à plusieurs reprises l'objet de
réglementations, mais sans succès Les instruments internationaux postérieurs à ce pacte n'ont pas
pu élaborer jusqu'à aujourd'hui une définition claire du crime d'agression. L'idée d'une lex
imperfecta que Henri Donnedieu de Vabres 43, juge français lors du procès de Nuremberg,
attribuait à la situation du droit international durant l'entre-deux-guerres reste encore en vigueur
en ce qui concerne le crime d'agression. Bien que ce crime figure dans la compétence de la Cour
pénale internationale, ladite compétence demeure jusqu'alors inapplicable. L'article 5 paragraphe
2 du statut dispose que « la Cour exercera sa compétence à l'égard du crime d'agression quand
une disposition aura été adoptée conformément aux articles 121 et 123, qui définira ce crime et
fixera les conditions de l'exercice de la compétence de la Cour à son égard Cette disposition devra
être compatible avec les dispositions pertinentes de la Charte des Nations Unies ». Le rare exemple
de l'application du crime contre la paix se rencontre lors du procès de Nuremberg et de Tokyo où
le crime d'agression devient le mal suprême. Ce crime ne relève pas de la compétence des
tribunaux pénaux internationaux. En définitive, le crime d'agression suscite trois questions
juridiques majeures. La première concerne sa définition, qui a été adoptée lors de la conférence de
Kampala en 2010. La deuxième a trait à l'institution internationale chargée de le qualifier. Le
troisième est relatif à l'établissement Ce dernier, considéré comme le mal absolu, n'a en effet pu se
doter d'une définition reconnue qu'en 2010, à la Conférence de Kampala dans le cadre de la CPI,
qui confirme d'ailleurs la définition de 1974 de l'Assemblée générale. Quant à la deuxième
question, aux termes de l'article 39 de la Charte c'est le Conseil de sécurité qui « constate
l'existence ... d'un acte d'agression et fait des recommandations ou décide quelles mesures seront
prises conformément aux articles 41 et 42 pour maintenir ou rétablir la paix et la sécurité
internationales ». Le constat du Conseil de sécurité pourrait notamment être remis en cause par
une autre qualification de la part de la CPI. Par ailleurs, pourrait-on aboutir à la déclaration de la
constatation de la responsabilité étatique au Conseil de sécurité, et la responsabilité de l'individu à
la CPI. Cette question est extrêmement délicate dans la mesure où elle pourrait bouleverser le
système actuel de maintien de la paix et de la sécurité internationale, En effet, il est plus facile
pour le Conseil de sécurité de constater une rupture de la paix que de qualifier une situation d'acte
d'agression. La résolution 660 adoptée par le Conseil de sécurité le 2 août 1990, jour même de
l'invasion du Koweït par l'Irak, est un exemple type qui démontre la réticence du Conseil à utiliser
le terme « agression ». de plus la responsabilité individuelle et sa coloration pénale rendent son
usage difficile par un organe international étant essentiellement politique Dans le cadre du conflit
Irak - Koweit de 1990-1991, malgré le constat d'une rupture de la paix par le Conseil de sécurité,
les conditions du cessez-le-feu stipulées dans la résolution 687 ne contenaient aucune référence à
la responsabilité pénale des dirigeants irakiens pour des violations au droit international. Même si
la résolution 670 du 25 septembre 1990, rappelait dans son paragraphe 13 que la responsabilité de
l'Irak était engagée en ce qui concerne les infractions graves à la IVe Convention de Genève «
commises par lui, comme est engagée la responsabilité des particuliers qui commettent ou
donnent l'ordre de commettre de telles infractions » . Plusieurs obstacles de droit et de fait se sont
opposés à la mise en jugement de Saddam Hussein pendant cette période. Ce n'est que quelques
années plus tard qu'un tribunal national - le Tribunal spécial irakien rebaptisé le Haut Tribunal
pénal irakien - créé suite à la chute de Saddam Hussein pendant l'occupation anglo-américaine qui
pouvait juger les anciens dirigeants de l'Irak. Curieusement, même ce Tribunal n'aurait pas pu juger
l'ex-Président pour « l'agression contre Koweït » en 1990 mais pour « l'invasion du Koweit ». Il
s'agissait de l'un des sept chefs d'accusation retenus à l'encontre de Saddam Hussein avant son
exécution, pour lequel il n'a pas été condamné et pour lequel l'on ne pourra plus jamais le juger. Il
n'existe pas une pratique juridictionnelle concrète au niveau du droit international, Dans le même
contexte et ce à quoi le monde assiste aujourd'hui en termes d'agression lancée par l'entité
sioniste contre la bande de GazaJusqu'à présent, la Cour pénale internationale (CPI) n'a pas porté
d'accusations formelles contre Israël pour le crime d'agression dans le cadre de son offensive
contre Gaza. Cependant, des appels ont été lancés pour enquêter sur les violations potentielles du
droit international humanitaire, telles que les attaques contre des civils, les déplacements forcés et
le blocus de Gaza, qui ont conduit à des pénuries alimentaires et médicales. Bien que les enquêtes
de la CPI se concentrent principalement sur des accusations de crimes de guerre et de crimes
contre l'humanité, la question de savoir si les actions israéliennes peuvent être qualifiées de "crime
d'agression" reste un sujet de débat. Les observateurs internationaux, y compris les experts et
certains État…

Chapitre 2 : la La pensée des juristes internationalistes considère que la tendance actuelle du droit
international est de permettre la poursuite des chefs d'État en cas de commission de certains
crimes précis. Néanmoins, depuis la Première Guerre mondiale, la justice internationale est sans
doute le moyen le plus adéquat aux yeux des juristes internationalistes pour juger les hauts
responsables de l'État ayant commis des infractions contre la communauté internationale. Le seul
régime spécial de responsabilité internationale mis en place est celui établi par la Charte des
Nations unies, qui, par les articles 41 et 42, permet l'application de sanctions à l'encontre des États
coupables d'avoir enfreint l'interdiction du recours à la menace ou à l'emploi de la force dans les
relations internationales imposée par les articles 2 et 4 du même [Link]écrationdu
principe de la responsabilité pénale individuelle toutefois la gravité et l’inhumanité des crimes
perpétrés au lendemain de la deuxième guerre mondiale posent cette fois le principe de
l’institutionnalisation des réactions internationales section 1 . Mais si la communauté
internationale est aujourd’hui encline a faire prédominer la justice pénale sur les immunités et
privilèges et semble avoir compris le message de philosophe allemand Hegel « que justice soit
faite sinon le monde périra » et c’est se traduit partir de les extensions des opérations de
maintien de la paix section 2

Section 1 - l’institutionnalisation des réactions internationales

L'institutionnalisation des réactions internationales face aux dirigeants criminels se traduit


essentiellement par la mise en œuvre de moyens collectifs pour résoudre une situation de post-
guerre. Une telle institutionnalisation assure davantage une fonction de répression qu'une fonction
de prévention. La poursuite grâce à un traité international de paix (§ 1) et par les organisations
internationales non judiciaires (§ 2) sont les moyens d'agir face à une situation de crise de grandes
amplitudes. L'institutionnalisation des réactions internationales constitue donc la première étape
pour faire face efficacement aux agissements criminels des chefs d'État.

Paragraphe 1 - la poursuite des négociations sur un traité de paix

Il s'agit du premier instrument de mise en accusation d'un individu sur le plan international (A).
Cette accusation a été établie par une prise de conscience collective suite à la Première Guerre
mondiale, reflétant une approche plus juridique. Le traité de Versailles de 1919 contenait en effet
le premier acte d'accusation international à l'encontre d'un chef d'État, l'empereur allemand
Guillaume II. Il fut cependant sans résultat (B).

A/ Le premier motif de mise en œuvre de la responsabilité du chef d'État


Selon certains, le choc de la Première Guerre mondiale a marqué la fin du droit international. Van
Vollenhoven témoigne : « Le mardi 4 août 1914, au réveil, tout le monde comprend que le droit
des gens de Vattel a fait banqueroute. Ce composé difforme d'hypocrisie et de cynisme, de
rabâchage sur les devoirs impérieux des États et d'indulgence pour chaque péché qu'un État
commet (...). Les yeux se dessillent, la vanité du système de Vattel est manifeste à tous ; le droit
des gens, qui avait régné pendant un siècle et demi, est brisé irrémédiablement, concassé en mille
morceaux. » Malgré tout, la fin de la Première Guerre mondiale constitue le véritable point de
départ du processus de mise en œuvre de la responsabilité du chef de l'État. Le traité de Versailles,
conclu entre l'Allemagne et les Alliés, avait pour ambition de mettre un terme à la Première Guerre
mondiale. La Conférence de la paix s'est tenue à Paris du 12 janvier au 28 juin 1919 et ne
regroupait qu'une trentaine de pays alliés, à l'exclusion des pays vaincus. Il faut également
rappeler que l'organe principal de décision était le Conseil des quatre membres : Georges
Clemenceau (président du Conseil de la France), David Lloyd George (premier ministre de la
Grande-Bretagne), Vittorio Emanuele Orlando (ministre-président de l'Italie) et Thomas Woodrow
Wilson (président des États-Unis). Le traité de Versailles a contraint l'Allemagne à respecter des
clauses territoriales en Europe et Outre-mer (par exemple, la restitution de l'Alsace-Lorraine à la
France), des clauses militaires (par exemple, la réduction des armements et des effectifs) et des
clauses économiques et financières (en tant que pays responsable de la guerre, l'Allemagne a été
condamnée à payer le montant des dommages subis par les Alliés). Juste avant la partie consacrée
aux Réparations, la partie VII du traité de Versailles prévoit plusieurs démarches à l'encontre des
anciens responsables allemands. À la tête de cette disposition intitulée « Les sanctions », « les
puissances alliées et associées [ont mis] en accusation publique Guillaume II de Hohenzollern, ex-
empereur d'Allemagne, pour offense suprême contre la morale internationale et l'autorité sacrée
des traités » de l'article 227 du traité de paix de Versailles de 1919. Conformément au même
article, « un tribunal spécial [aurait été] constitué pour juger l'accusé en lui assurant les garanties
essentielles du droit de défense. Il aurait été composé de cinq juges, nommés par chacune des cinq
puissances successives suivantes : les États-Unis d'Amérique, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie
et la Belgique. Japon ». Ce tribunal aurait jugé l'ex-empereur sur des motifs inspirés des principes
les plus élevés de la politique entre les nations, dans le désir d'assurer le respect des obligations
solennelles et des engagements internationaux ainsi que de la morale internationale. Il lui
appartiendra de déterminer la peine qu'il estimera devoir être appliquée.

Ce mini-statut n'avait d'abord pour objet que la poursuite et le jugement d'un seul individu :
l'empereur Guillaume II. Dès lors, il semble donc possible de qualifier rétrospectivement cette
institution du nom de « Tribunal international pour ex-empereur allemand ». Alors qu'on assiste à
la création d'un tribunal pour un seul accusé, ce mini-statut nomme directement son accusé,
contrairement aux autres statuts de tribunaux internationaux postérieurs qui demeurent silencieux
sur les noms et la qualité des accusés, laissant le soin de l'accusation et du procès aux instances
judiciaires compétentes. De même, le choix entre compétence d'un tribunal international ou
compétence des tribunaux nationaux des alliés dépendait effectivement de la qualité de l'accusé.
La compétence de ce premier était établie pour la personne du chef d'État pour offense suprême
contre la morale internationale et l'autorité sacrée des traités. En revanche, quant aux autres
responsables, le gouvernement allemand a dû « reconnaître aux puissances alliées et associées la
liberté de traduire devant leurs tribunaux militaires les personnes accusées d'avoir commis des
actes contraires aux lois et coutumes de la guerre. Les peines prévues par les lois seront appliquées
aux personnes reconnues coupables. Cette disposition s'appliquera nonobstant toutes procédures
ou poursuites devant une juridiction de l'Allemagne ou de ses alliés. »Cependant, compte tenu des
difficultés pour se saisir d'un responsable soupçonné d'actes commis contre des ressortissants de
plusieurs puissances alliées et associées, il était également possible de les traduire devant des
tribunaux militaires Composés de membres appartenant aux tribunaux militaires des puissances
intéressées.

B/ L'insuffisance du premier mécanisme

Le traité de paix de Versailles a créé un schéma institutionnel trop personnalisé qui ne se limitait
pas seulement à une période ou à un territoire spécifiques, mais également à un chef d'État précis.
Les vainqueurs de la Première Guerre mondiale ont voulu déférer l'empereur allemand à un
tribunal international proportionné aux infractions commises par un premier dirigeant étatique.
Malgré cela, le procès de l'empereur allemand n'a pas abouti à ses objectifs. Le jugement de
l'empereur n'était qu'une conséquence nécessaire de la Première Guerre mondiale. Il n'était pas
possible d'envisager une réaction sans la participation des Alliés. Ceux-ci ont pris conscience de la
nécessité de se montrer solidaires face à un chef d'État, mais un peu moins à l'égard des individus.
Il aurait été extrêmement difficile de juger Guillaume II par un tribunal national de l'une des
nations alliées ou associées. Dans la mesure où certains crimes revêtaient un caractère
international, il aurait pu y avoir contradiction entre la nature du crime et la nature du tribunal Par
conséquent, un tribunal international aurait dû être créé Sur le plan international, en l'absence de
mécanismes de mise en œuvre internationaux, les Alliés ont opté pour le seul moyen de répression
disponible : un tribunal international ad hoc. En effet, la Cour permanente d'arbitrage (CPA), créée
en 1899 par la Conférence de La Haye, ne pouvait pas juger Guillaume II car elle ne pouvait être
saisie que si les deux parties étaient d'accord. De plus, l'accord devrait être constaté par un
compromis servant de base et de limites au pouvoir des juges choisis par les deux parties. La
conception d'un tribunal d'arbitrage est inconciliable avec l'idée de tribunal pénal, lequel impose
sa compétence à l'accusé et ne la reçoit pas logiquement de lui Il est clair que les dispositions de
l'article 227 du traité de Versailles ont eu une influence sur la responsabilité des chefs d'État,
même lorsque leur objectif n'a pas été atteint. Bien que le traité de Versailles ait prévu d'adresser
au gouvernement des Pays-Bas une requête afin de le prier de livrer l'ancien empereur entre les
mains des puissances alliées pour qu'il soit jugé, l'État du siège de la CPA (et des futurs CPJI, CIJ,
TPIY, TS pour la Sierra Leone et pour le Liban) n'a pas voulu extrader le souverain réfugié. Les
dispositions des articles 227-230 sont restées lettre morte et oubliées du traité de paix. Seul un
certain nombre de militaires ont fait l'objet de poursuites judiciaires devant la Cour suprême de
Leipzig, dont les décisions sont loin d'avoir donné raison au regard d'un certain standard de justice.
En somme, la Communautaire internationale n'était pas prête, à la fin de la Première Guerre
mondiale, à instaurer un tribunal pour juger un ancien premier ministre. L'article 227 du traité de
paix était davantage conçu comme l'une des sanctions encourues par l'Allemagne plutôt que
comme un mécanisme concret de mise en œuvre de la responsabilité du chef de l'État. Pour l'État
allemand, les réparations des dommages et les clauses territoriales étaient des aspects beaucoup
plus marquants qu'un châtiment à l'égard d'un ancien président. Certains auteurs y voient
également l'expression d'un désir de revanche à l'égard d'un chef d'État ennemi, ce qui explique
pourquoi la poursuite du premier leader fait constamment l'objet de critiques. Elle est incessante,
cette partialité, surtout dans le cadre d'une poursuite mise en œuvre par une organisation
internationale non judiciaire.

Paragraphe 2 - la mise en œuvre par les organisations internationales non judiciaires

Le fait que la responsabilité de Guillaume II n'ait pas été mise en œuvre a incité à trouver d'autres
moyens plus efficaces pour poursuivre les gouvernants. En l'absence d'une juridiction pénale
internationale spécialisée, la Société des Nations, remplacée par les Nations Unies, paraissait
pouvoir répondre de manière appropriée aux attentes de l'humanité face à la responsabilité des
dirigeants suprêmes. Parallèlement à ce mécanisme, les traités et les accords internationaux ont
également constitué un autre fondement de la création des tribunaux pénaux internationaux,
comme par exemple les tribunaux militaires issus de la Seconde Guerre mondiale ou le Tribunal
spécial pour la Sierra Leone Les tribunaux pénaux ont été créés à la suite d'un ou de plusieurs
affrontements armés Il s'agit d'un moyen de répression souvent critiqué pour violation du principe
« nullumcrimen sine lege, nullapoena sine lege ».Dénommée « justice », cette mesure répressive
doit réellement se définir par rapport à d'autres formes de réactions, telles que la vengeance et les
représailles fondées sur la [Link] cette optique, il est indispensable que la justice trouve un
fondement juridique qui permettrait de convaincre l'ensemble de la communauté internationale.
La violation et les menaces contre la paix et la sécurité internationales constituent le meilleur
fondement pour établir une juridiction pénale internationale et rendre la justice. Conformément à
la Charte de l'ONU, la paix et la sécurité sont au cœur de l'activité du Conseil de sécurité. La Charte
est donc devenue un instrument juridique universel conférant de larges pouvoirs dans le domaine
de la sécurité collective à un organe politique, le Conseil de sécurité. Il n'est toutefois pas
exactement chargé de poursuivre les chefs d'État présumés coupables, mais plutôt de maintenir la
paix et la sécurité internationales. D'ailleurs, depuis sa création en 1945, la réaction du Conseil
représente régulièrement, avec l'appui de certains accords ou traités, le premier pas vers la mise
en œuvre de la responsabilité d'un chef d'État (A). Cette construction a pu engendrer un lien
substantiel entre sécurité collective et incrimination du premier représentant étatique (B).
A / Les bases juridiques de l'incrimination du chef d'État

Selon les termes du professeur Serge Sur, le Conseil de sécurité « est à la fois source de légitimité
internationale et bonne à tout faire de la sécurité internationale dans toutes ses dimensions,
interétatique ou infra-étatique, comme dans tous les registres, préventifs ou correcteurs,
conciliateurs ou coercitifs ». Or, quel est le rôle de cette « bonne à tout faire » dans le domaine de
la poursuite du chef de l'État ? La réponse à cette question amène à retenir deux aspects
fondamentaux. Le recours du Conseil de sécurité aux organes subsidiaires (1). Le deuxième point
concerne un sujet un peu plus complexe: il s'agit de la fonction internationale de Law Making du
Conseil de sécurité et, surtout, de son rôle dans l'élargissement du concept de la responsabilité des
dirigeants étatiques (2).

1/ le renoncement aux organes subsidiaires a la poursuite des chefs d’État

La jurisprudence du Conseil de sécurité a permis une diversification fonctionnelle des organes


subsidiaires, qui ont développé de manière empirique certaines méthodes d'organisation.
Conformément à l'article 29 de la Charte, le Conseil a donc pu créer des groupes d'experts, des
groupes d'études et des instances de surveillance, des comités de sanctions, des missions sur le
terrain et des opérations de maintien de la paix, des commissions d'indemnisation et des
juridictions pénales. Deux hypothèses sont proposées lorsqu'il s'agit des crimes d'un chef d'État : la
création de commissions d'enquête et la mise en place de tribunaux pénaux ad hoc. Il s'agit en
effet d'un phénomène plus global d'« institutionnalisation de la fonction de maintien de la paix »
en marge des mécanismes de coopération internationale. Parmi les pouvoirs généraux détenus par
le Conseil de sécurité figure celui de se doter d'organes subsidiaires, conformément à l'article 29
de la Charte. Le recours aux organes subsidiaires par l'organe politique permet sans aucun doute
de lutter plus efficacement contre l'impunité des chefs d'État. Cependant, le passage d'une
réaction politique à une action juridique s'annonce complexe. Pour ne pas brûler les étapes, des
commissions d'enquête sont d'abord créées afin de préparer le terrain pour la justice
internationale. Lorsque celles-ci concluent à la nécessité de la création d'un tribunal, ce constat
n'est absolument pas « l'acte de naissance » d'une telle juridiction ad hoc. - de leur donner une
légitimité sur le long terme Ils doivent par ailleurs être considérés comme un organe crédible pour
poursuivre et juger les souverains. Ensuite, l'action de ces institutions (commissions d'enquête et
tribunaux ad hoc) doit impérativement être menée en accord avec les normes du droit
international.L'action du Conseil de sécurité, qu'il s'agisse de l'exercice de ses pouvoirs spécifiques
du Chapitre VII ou de ses pouvoirs généraux, doit se rattacher à sa fonction dans le système de
sécurité collective, y compris la création d'un mécanisme de responsabilité des individus. Le
fondement juridique d'un tel mécanisme s'intègre dans la responsabilité principale en matière de
maintien de la paix (Olonai au ComelIneresonsabine). Cela n'empêche pas certains États de douter
de la conformité de la résolution du Conseil avec le droit international, surtout avec la Charte de
l'ONU. Dans le cas de l'ex-Yougoslavie, le représentant du Brésil ne cache pas son incertitude quant
au fondement des résolutions (808 et 827 de 1993), déclarant que « tout comme l'autorité du
Conseil n'émane pas du Conseil lui-même, mais provient du fait que certaines responsabilités lui
ont été conférées par tous les membres des Nations Unies, les pouvoirs du Conseil ne peuvent être
créés, recréés ou réinterprétés de façon créative en vertu des seules décisions du Conseil, mais
doivent invariablement se fonder sur des dispositions spécifiques de la Charte Pour répondre à ces
inquiétudes, le Secrétaire général a établi un rapport conformément à la résolution 808 sur la
question du « fondement juridique de la création du tribunal international ». Il estime que la
création du tribunal par décision prise en vertu du Chapitre VII serait justifiée en droit, tant au
regard de l'objet et du but de la décision que de la pratique du Conseil de sécurité. La question de
la capacité du Conseil de sécurité à établir un organe judiciaire, un tribunal, a également fait l'objet
d'analyses dans un arrêt du TPIY dans l'affaire. Tadic. Dans l'objectif de justifier pleinement la
création du TPI ad hoc par le biais d'une décision du Conseil de sécurité prise en vertu du chapitre
VII, le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie constate qu'une fois que le Conseil de
sécurité décide qu'une situation particulière constitue une menace contre la paix ou qu'il existe
une rupture de la paix ou un acte d'agression aux termes de l'article 39 de la Charte, il est doté
d'un large pouvoir discrétionnaire pour choisir son type d'action. Le Tribunal se pose la question
des limites des mesures choisies par le Conseil de sécurité. Prévues aux articles 41 et 42 de la
Charte. Le Tribunal pour l'ex-Yougoslavie va plus loin dans ses raisonnements pour conclure qu'il
est évident que les mesures visées à l'article 41 constituent simplement des exemples illustratifs
qui, manifestement, n'excluent pas d'autres mesures. L'article exige simplement qu'elles ne fassent
pas appel à « l'emploi de la force armée ». C'est une définition négative, La création du Tribunal
international relève indéniablement des pouvoirs du Conseil de sécurité en vertu de l'article 41 50.
Le TPIY s'est profondément penché sur plusieurs questions substantielles lancées par l'accusé Tadic
comme le caractère politique de l'affaire, la question de savoir si le Conseil de sécurité peut créer
un organe subsidiaire doté des pouvoirs judiciaires et si la création de ce dernier est une mesure
appropriée. En conséquence, les juges décident que le TPIY est compétent (rutionemateriae) dans
la présente affaire et toutes les exceptions évoquées par Tadic sont rejetées. La création d'un
organe judiciaire susceptible de juger les chefs d'État exige trois pré requis : tout d'abord, une telle
décision doit être fondée sur la nécessité. Il s'agit donc d'une qualification préalable,
conformément à l'article 39 de la Charte de l'ONU, par le Conseil de sécurité, qui constate
l'existence d'une menace contre la paix et la sécurité internationale. Il est vrai qu'une telle
qualification dépend de la volonté d'un organe politique international qui, durant la période 1945-
1989, a eu des difficultés à définir une situation comme étant une menace contre la paix. En effet,
cette condition rend incertain le point de départ de l'établissement d'un tribunal ad hoc, car elle
renvoie à un débat beaucoup plus profond en droit international : priorité à la paix ou priorité à la
justice ? Pour l'instant, il est difficile de réconcilier la paix et la justice au sein de l'ordre juridique
international. La pratique et même la Charte de l'ONU sont en faveur de la paix. Une justice sans
paix pourrait aisément verser dans une paix sans justice. Enfin, il est important que le Conseil ne
soit pas tenu de déléguer son pouvoir politique à l'institution judiciaire. En contrepartie, ces
derniers ne doivent pas être des organes de légalisation ou de juridictionnalisation du désir des
grandes puissances du Conseil. Les TPI doivent garder une certaine autonomie vis-à-vis de l'organe
exécutif de l'ONU. Le risque d'instrumentaliser la répression pénale par le plus haut organe
politique de la communauté internationale est réel. À la suite de l'inculpation de l'ancien président
de l'ex-Yougoslavie par le procureur du TPIY, Louise Arbour, le Secrétaire général des Nations unies
a déclaré que « le Tribunal a été instauré par le Conseil de sécurité. En vertu de son statut, il agit
indépendamment. Le Procureur doit donc suivre la voie que lui indiquent les témoignages. Il faut
permettre à la justice de suivre son cours ». Cette déclaration souligne la sensibilité de la mise en
accusation d'un chef d'État au niveau international, car environ quatre ans auparavant, la question
de l'autonomie semblait résolue au TPIY grâce à l'affaire Tadic. La Chambre de première instance
avait constaté que l'indépendance et l'impartialité d'une juridiction ne dépendent pas de l'organe
qui l'a créée, mais de sa constitution, de ses juges et de la façon dont elle opère. Elle ajoute ensuite
que le « Tribunal international a été constitué, comme l'attestent son statut et son règlement, de
façon à assurer un procès équitable à un accusé et on espère que la façon dont ses juges
administrent leur juridiction ne laissera pas place à des plaintes d'impartialité ou de manque
d'indépendance ».La procédure de mise en œuvre de la responsabilité des individus doit
absolument passer par la neutralité du tribunal qui est susceptible de poursuivre les chefs d'État. Il
s'agit d'un passage de la force à l'autorité, ou d'une réaction politique à un processus judiciaire.
Pour cette raison, la création de commissions d'enquête précède l'institution de tribunaux ad hoc.
Cette technique prépare « psychologiquement » l'opinion publique internationale et démontre
l'utilité de la création de tels tribunaux La création des organes subsidiaires est un domaine où la
Charte fonctionne davantage par la persuasion que par la contrainte. Le développement progressif
de la justice pénale internationale rend difficile le recours à la force. Dans l'ordre juridique
international, puisqu'elles tranchent, la justice et la force ne sont pas neutres. La première doit
néanmoins remplacer la deuxième. Dans la mesure où le recours à la force par le Conseil de
sécurité n'est jamais objectif, cette évolution est logiquement mise en doute par les États
souverains. L'acte de juger un président implique l'idée qu'il faut départager et prendre part à un
conflit qui oppose deux parties. Cette forme singulière de justice, fondée sur l'institutionnalisation
de la sécurité collective, prend également une autre échelle : celle de l'élargissement du concept
de responsabilité politique. Parallèlement, il est également possible de s'interroger sur un autre
point : la responsabilité collective représente-t-elle un moyen de pression supplémentaire sur le
statut des chefs d'État ?

2/ l’élargissement du concept de la responsabilité


Les missions du Conseil de sécurité ne consistent pas essentiellement à mettre en œuvre la
responsabilité des dirigeants politiques. Cependant, le développement du rôle de l'ONU dans le
domaine de l'institutionnalisation de la sécurité collective influence sans doute le statut des chefs
d'État. Cela dans deux hypothèses : soit lorsque le Conseil de sécurité use du mécanisme de
responsabilité des individus à des fins purement immédiates et politiques, soit lorsque la mission
principalement confiée à une opération de maintien de la paix se trouve indirectement concernée
par la position du chef de l'État. Au cours de celle-ci, les observateurs de l'ONU ou les casques
bleus se sont parfois laissés entraîner à des actions peu compatibles avec un mandat initial. C'est
donc à cette seconde hypothèse qu'il convient de prêter attention. Il existe une confrontation
entre deux responsabilités : celle des chefs d'État et celle de la communauté internationale d'agir.
En effet, la responsabilité de la communauté internationale suppose une capacité ou une
puissance. Un auteur définit cette responsabilité comme « une éthique de l'action, ce qui renvoie
plus largement à la responsabilité comme engagement politique (responsibility) ou comme
capacité "de répondre" de (accountability), par opposition à la responsabilité comme obligation
juridique (liability) ». Un subtil équilibre doit parfois être trouvé entre la responsabilité de l'homme
d'État, qui défend l'intérêt national de son pays, et celle de la communauté internationale. Le cas
irakien illustre une prise de responsabilité de la communauté internationale qui a évolué de
manière mal contrôlée. À la lecture des résolutions 687 et 1441 du Conseil de sécurité, le mandat
de l'UNSCOM et ensuite de la COVINU semblait ne pas laisser place au doute : il s'agissait de
désarmer l'Irak de ses armes de destruction massive et de le placer sous un régime de contrôles
continus. Suite à la guerre du Golfe de 1991, qui a vu la libération du Koweit par la coalition
mandatée par l'ONU, le Conseil de sécurité a tenté d'organiser « l'après-guerre ». L'une des
mesures sans précédent était le désarmement de l'Irak. Nous ne reviendrons pas ici sur l'originalité
et le bilan du mécanisme d'inspection mis en place par l'ONU après la Seconde Guerre du Golfe en
1991. Il est curieux de constater que les inspecteurs n'ont pas voulu se concentrer sur la question
la plus simple : pourquoi désarmer l'Irak ? En d'autres termes, quel est le lien entre la mise en
place du mécanisme d'inspection et la question du Koweït ? En réalité, le régime de Saddam
Hussein n'a utilisé ni armes chimiques ni biologiques durant ou après la deuxième guerre du Golfe
(1990-1991). Le fait que le vocabulaire utilisé dans les résolutions soit différent et que l'importance
des moyens engagés démontre une forte volonté politique du Conseil de sécurité de désarmer le
régime de Saddam Hussein sans le juger. La résolution 1991 a assigné à l'UNSCOM et à l'AIEA la
prise en charge de deux missions très précises : d'une part, le désarmement de l'Irak de ses armes
de destruction massive et, d'autre part, le placement de l'Irak sous un régime de contrôle et de
vérification continus. En effet, le Conseil a évité de poser le problème du désarmement sous l'angle
de la responsabilité pénale individuelle. Selon le droit international actuel, la détention et la
fabrication d'ADM ne sauraient donner lieu, en elles-mêmes, à aucune responsabilité pénale du
chef d'État. Le cas de la Corée du Nord reste toutefois symbolique. Malgré l'utilisation généralisée
d'armes chimiques par le gouvernement irakien avant la crise du Koweït, le Conseil de sécurité a
opté pour une solution intermédiaire à l'égard du régime de Saddam Hussein : « désarmé mais
non-jugé ». Ce n'était qu'une position politique de l'organe de maintien de la paix pour neutraliser
un président. Toutes ces mesures de désarmement ont été imposées par des actes unilatéraux de
l'ONU. Par la suite, l'Irak a accepté ces mesures jusqu'à un certain point : lorsque la responsabilité
du président était purement politique, l'opération de désarmement continuait à fonctionner. En
revanche, à partir du moment où la mission des organes subsidiaires de l'ONU touche au statut du
chef de l'État ou a priori met en œuvre sa responsabilité juridique ou pénale, ce dernier est moins
enclin à se prêter à la préséance de la communauté internationale. La mise en œuvre du
désarmement a progressivement posé problème, surtout lorsque les activités de la PUNSCOM ont
porté sur l'examen de l'entourage du chef de l'État en 1998. L'Irak exigeait un traitement à part
pour les sites dits « présidentiels ». En acceptant explicitement toutes les résolutions pertinentes
du Conseil de sécurité, y compris les résolutions (1991) et (1991), le gouvernement irakien a pu
conclusion un autre accord avec l'ONU sur le traitement des sites présidentiels. Ce mémorandum
d'accord, signé entre le vice-Premier ministre irakien et le Secrétaire général de l'ONU, stipule que
l'UNSCOM « s'engage à respecter les préoccupations légitimes de l'Irak concernant sa sécurité, sa
souveraineté et sa dignité nationales ». Un groupe spécial a été mis en place au sein de la
Commission spéciale : l'UNSCOM, composé de diplomates chevronnés et d'experts de l'UNSCOM
et de l'AIEA pour ces sites présidentiels. Ce groupe était dirigé par un commissaire nommé par le
Secrétaire général de l'ONU. Le traitement particulier de la question des sites présidentiels illustre
bien la difficulté de trouver un équilibre entre, d'une part, la responsabilité et la volonté de la
communauté internationale de désarmer l'Irak et, d'autre part, le statut international du chef de
l'État. L'ONU a accordé un traitement spécial à ces sites afin d'obtenir la pleine coopération du
président Saddam Hussein et donc d'amplifier sa responsabilité politique. Cet équilibre entre la
responsabilité de la communauté internationale et le statut du chef d'État n'a pas pu être trouvé.
La résolution 2002 a préféré élargir la responsabilité des inspections au détriment de la spécificité
du détenteur de la dignité nationale, selon au moins le droit irakien, en soumettant les sites
présidentiels au même statut que tous les autres sites inspectés par la COVVINU. Face à ces
accusations, le président Bachar al-Assad a été tenu responsable de multiples violations graves du
droit international humanitaire et des droits de l’homme, incluant des crimes de guerre et des
crimes contre l’humanité. Selon des rapports d’organisations telles qu’Amnesty International et
Human Rights Watch, le régime syrien serait responsable de la mort de plus de 300 000 civils, en
plus de milliers de cas de détention arbitraire, de torture systématique et de disparitions forcées.
L'attaque chimique du 21 août 2013 dans la Ghouta orientale figure parmi les faits les plus
marquants : des centaines de civils y ont péri. Ce recours présumé aux armes chimiques a
provoqué une vive réaction de la communauté internationale, qui a qualifié ces actes de violation
flagrante de la Convention sur les armes chimiques de 1993 et de crime contre l'humanité au sens
du Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI). En réponse, plusieurs pays occidentaux
ont imposé des mesures économiques strictes contre le régime syrien, visant à limiter ses
capacités militaires et à affaiblir les responsables impliqués. En parallèle, des juridictions nationales
en Europe, notamment en Allemagne et en France, ont entrepris des poursuites judiciaires basées
sur le principe de la compétence universelle pour juger les crimes de guerre et les crimes contre
l’humanité. L'Union européenne a également instauré des embargos sur les armes et des
restrictions financières à l'encontre des entités syriennes impliquées dans le conflit. Les Nations
Unies ont essayé de mobiliser le Conseil de sécurité pour adopter des résolutions contraignantes à
l’encontre du régime syrien. Toutefois, l'usage récurrent du droit de veto par la Russie et la Chine a
empêché toute résolution portant sur des sanctions ou des mesures coercitives. En 2016,
l’Assemblée générale des Nations Unies a mis en place le Mécanisme international, impartial et
indépendant (MIII) pour aider à enquêter et à poursuivre les responsables de crimes graves en
Syrie, mais ce mécanisme reste entravé par l'absence d’un mandat coercitif direct et par le
manque de coopération du régime syrien. En 2023, alors que la situation en Syrie reste complexe
et que les violations présumées se poursuivent, des efforts diplomatiques récents ont vu certains
États arabes, comme les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite, entamer un processus de
normalisation progressive avec le régime syrien. Ces États espèrent peut-être ainsi influer sur la
stabilité régionale et limiter l’influence de l’Iran. Cette tendance à la réintégration de la Syrie dans
la Ligue arabe, survenue au début de 2023, a suscité des critiques au sein de la communauté
internationale, en particulier de la part d'ONG de défense des droits de l'homme, qui craignent que
cette approche ne conduise à une réduction de la pression pour rendre justice aux victimes. Malgré
ces développements, certains États occidentaux maintiennent leur position ferme contre le régime
syrien. Les discussions sur une éventuelle tenue de procès internationaux restent d’actualité, bien
que les moyens d'y parvenir soient limités. La communauté internationale doit donc
continuellement faire face à des dilemmes politiques et éthiques concernant les moyens de
poursuivre la recherche de justice tout en tenant compte des réalités géopolitiques changeantes
de la région. Par contre, le cas du Cambodge est un autre exemple de l'élargissement de
l'intervention de l'ONU en lien avec le statut d'un ancien chef d'État. La situation cambodgienne ne
semblait plus admettre la cohabitation entre la paix et l'impunité. Avec l'affaiblissement de l'ancien
premier ministre Pol Pot en 1997, il était temps pour l'Assemblée générale de réagir en mettant en
place des mesures nécessaires à la demande de l'autorité cambodgienne. Cette initiative a été
acceptée par l'Assemblée, qui a demandé au Secrétaire général de nommer un groupe d'experts
chargé d'évaluer les éléments de preuve disponibles et de proposer de nouvelles mesures en vue
de favoriser la réconciliation nationale, de renforcer la démocratie et de régler la question de la
responsabilité individuelle des dirigeants. Ces tâches se sont avérées extrêmement complexes.
Suite aux négociations difficiles entre le Secrétaire général et l'autorité cambodgienne, aucun
accord n'a pu être trouvé le 6 juin 2003 pour un procès hybride contre les dirigeants Khmers
rouges. Cet accord est finalement entré en vigueur le 29 avril 2005. Le cas cambodgien souligne
une évolution surprenante d'une simple mission de maintien de la paix en une justice
internationalisée ; il témoigne du passage d'une responsabilité politique de coopération avec
l'ONU à une responsabilité juridique ou pénale. La participation de l'Assemblée générale à la mise
en place d'un mécanisme permettant de juger les chefs d'État devant une juridiction nationale ou
internationale est remarquable. Il était d'ailleurs difficile pour le Conseil de sécurité .L'ONU a
qualifié de menace contre la paix et la sécurité internationales les infractions commises il y a plus
de vingt ans. Dans l'exemple cambodgien, l'action de l'ONU est notable : elle est passée d'une
simple demande au Cambodge de coopérer avec la MIPRENUC pour un règlement politique global
du conflit, à l'imposition au gouvernement royal cambodgien de l'obligation de ne pas demander
l'amnistie ni la grâce pour quiconque est passible de poursuites ou reconnu coupable. En
conséquence, la mission qui a eu pour but de rétablir la paix sociale et d'instaurer un système
politique démocratique au Cambodge doit passer par la mise en œuvre de la responsabilité des
dirigeants désormais, la responsabilité juridique des chefs d’état est soumise a un processus
d’action illimitée, qui se dessine a la fois spatialement et temporellement et se traduit par un souci
de sanctuarisation de la sécurité collective

Section 2 : l’effacement des frontières entre la sécurité collective et la poursuite des chefs d'État

La mission de l'ONU évolue de plus en plus par rapport à son cadre originel, rompant avec les
principes classiques de droit international que sont l'inviolabilité de la souveraineté et la neutralité.
Le monde d'aujourd'hui impose une extension de la responsabilité de la communauté
internationale, qui trouve son écho dans la réflexion de Dostoievski relevée par Emmanuel
Levinas : « Nous sommes tous responsables de tout et devant tous, et moi particulièrement ».
Dans cette configuration, le rôle attendu de l'ONU dans la mise en œuvre de la responsabilité des
chefs d'État consiste surtout à régler les différends qui menacent la paix et la sécurité
internationales. Dans la pratique, depuis sa création en 1945, le Conseil de sécurité n'a pas
toujours fait le meilleur emploi des possibilités offertes par la Charte. Ce n'est qu'à la fin de la
période de la guerre froide que l'organe principal du maintien de la paix a fait davantage appel aux
moyens disponibles, notamment le recours aux organisations régionales et aux opérations de
maintien de la paix (OMP). Concernant l'hypothèse plus précise de la mise en œuvre de la
responsabilité des premiers dirigeants d'État, il n'y a qu'un exemple où le Conseil de sécurité a
expressément habilité une OMP (2) à poursuivre un chef d'État. Par ailleurs, les coopérations entre
l'ONU et les organisations régionales prévues dans le cadre du chapitre VIII de la Charte sont
beaucoup plus complexes dans le domaine de la mise en œuvre de la responsabilité des chefs
d'État (1).

Paragraph1 :le recours discret aux organisations régionales

À la suite de la Seconde Guerre mondiale, les conflits les plus graves ne sont pas des « guerres
mondiales », mais plutôt des conflits locaux ou régionaux. Par conséquent, le chapitre VIII de la
Charte de l'ONU procède à l'articulation du système universel et du système régional. À la fin de la
guerre froide, le chapitre en question a suivi le même sort que le chapitre VII, avec une utilisation
plus intensive. Cette évolution a donc mis les dispositions du chapitre VIII, en particulier celles
relatives aux « accords et organismes régionaux », au cœur de l'actualité. Dans ce contexte, il
convient de s'interroger sur le lien qui pourrait exister entre la mise en œuvre de la responsabilité
d'un chef d'État et le chapitre VIII. En d'autres termes, ce chapitre pourrait-il servir de mécanisme
complémentaire aux organisations régionales pour poursuivre les chefs d'État en tant que moyen
d'alléger l'action des Nations Unies, de suppléer ses carences ou d'offrir une alternative à son
éventuelle inertie ? La situation internationale ne fournit pas d'exemples concrets. En effet, jusqu'à
un période récente, le mécanisme de la mise en œuvre des individus au niveau international était
une exception. Par ailleurs, la théorie universaliste de l'ONU se méfiait du régionalisme. Cette
hostilité s'est réellement manifestée lors de la mise en place de la Société des Nations et des
Nations Unies. L'exceptionnalité de la mise en œuvre de la responsabilité des dirigeants étatiques
et la défiance de la communauté internationale à l'égard de la tendance régionaliste étaient deux
arguments qui paralysaient complètement le rôle des organes et des accords régionaux dans le
domaine de la responsabilité pénale internationale. Cependant, dans d'autres domaines,
l'organisation mondiale entretient des relations de plus en plus étroites et complexes avec chacune
des organisations régionales. Les trois articles du chapitre VIII, les articles 52, 53 et 54, mettent en
évidence l'utilité du système régional en matière de sécurité collective. L'article 52 dispose En
vertu de l'article II, elle ne s'oppose à l'existence d'aucun accord ou organisme régional dont les
affaires touchaient au maintien de la paix et de la sécurité internationale et qui pouvaient être
traitées par une action de caractère régional. A sa lecture, il est impossible de trouver des liens
directs entre la poursuite du chef d'État et le maintien de la paix et de la sécurité internationale
dans une zone géographique précise. Sur le plan théorique, la participation des « Amis du
Secrétaire général » demeure ambiguë. Sur le plan pratique, les organisations internationales ne se
sont jamais vues confier comme tâche principale en vertu du chapitre VIII la poursuite des
dirigeants pour les déférer à une juridiction pénale internationale.. Les statuts des tribunaux
pénaux ad hoc et de la CPI privilégient la coopération avec des États plutôt qu'avec des
organisations régionales, afin d'inculper et de juger des personnes accusées d'avoir commis des
violations graves du droit international humanitaire. Par ailleurs, pour des raisons politiques et
juridiques, il est inenvisageable que les organisations régionales créent une « cour pénale régionale
». Juste par curiosité, imaginons, par exemple, un « tribunal pénal africain » créé par l'Organisation
de l'unité africaine pour juger les responsables des crimes contre l'humanité au Rwanda, ou un «
tribunal pénal spécial pour l'ex-Yougoslavie » créé par le Conseil de l'Europe ou par l'OTAN, ou
encore la création d'un « tribunal pénal de l'Organisation de la Ligue des États arabes » : ces
hypothèses ne sont absolument pas réalisables. Mais en même temps, certains juristes éminents
n'hésitent pas à démontrer leur préférence, en l'absence d'une juridiction internationale, pour le
recours à une juridiction nationale appliquant le principe de compétence universelle en matière de
violations graves du droit international. En tout état de cause, il est vraisemblable que la plupart
des juristes internationalistes sont naturellement favorables à une justice internationale, et, faute
de celle-ci, à une juridiction nationale exerçant la compétence universelle. En revanche, une
juridiction régionale n'est pas envisageable. Cependant, rien ne limite la coopération de
l'Organisation mondiale avec les organisations régionales, dans la mesure où la mise en œuvre de
la responsabilité des dirigeants entre dans la catégorie des actions destinées à préserver la paix et
la sécurité internationales. Par conséquent, lorsque le Conseil de sécurité décide de déférer au
Procureur de la CPI la situation au Darfour, il demande aussi instamment à toutes les organisations
régionales concernées de coopérer pleinement. De plus, le Conseil de sécurité invite la Cour et
l'Union africaine à étudier ensemble des modalités pratiques susceptibles de faciliter les travaux du
Procureur et de la CPI, ce qui contribuerait à la lutte que la région mène contre l'impunité.

Dans la lutte contre l'impunité, plusieurs organisations régionales maintiennent une relation
indirecte avec l'organisation mondiale, avec ou sans appui juridique du chapitre VIII. Par exemple,
dans l'affaire de l'ex-Yougoslavie, après l'IFOR, La SFOR (Stabilization Force) était une composante
internationale de maintien de la paix de l'OTAN en Bosnie-Herzégovine dont l'objectif était
d'appliquer les accords de Dayton signés à Paris en décembre 1995. Leurs missions étaient
strictement encadrées : le respect du cessez-le-feu, le redéploiement et la démilitarisation des
forces, les mesures durables contribuant à un environnement sécuritaire et enfin, le contrôle des
armements confié à l'OSCE. Sans la présence des forces de l'OTAN, la Bosnie ne serait pas un
laboratoire de paix durable, mais un foyer de tension redoutable pour longtemps. Les accords de
Dayton imposent aux États l'obligation de coopérer avec le TPIY, mais ce n'est pas le cas pour
l'IFOR et la SFOR. L'annexe 1 A aux accords de Dayton ne mentionne nullement la coopération
entre l'IFOR et le TPIY. En revanche, le règlement de procédure et de preuve du TPIY prévoit
expressément, dans ses articles 55/G et 59bis/A, qu'une autorité ou une institution internationale
appropriée peut mettre en œuvre un mandat d'arrêt du Tribunal. La complexité du cas de l'ex-
président de la Serbie n'a pas permis l'usage de ces dispositions dans son acte d'accusation du 24
mai 1999. Bien que la force de l'OTAN, la SFOR, ait mené des interventions militaires pour le
compte du TPIY, comme notamment l'arrestation du général serbe bosniaque RadislavKrstic, le 2
décembre 1998, ce dernier a été remis en liberté par le TPIY en mars 2007. Dans sa confirmation,
le Secrétaire général de l'OTAN, M. Javier Solana, explique que « ce mandat a été donné à la SFOR
par le Conseil de l'Atlantique Nord en vertu des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des
Nations Unies ». En effet, au titre de l'annexe 1 A de l'accord de Dayton, l'IFOR (SFOR) a le pouvoir
de faire tout ce qu'elle juge nécessaire et approprié pour l'exercice de ses responsabilités (article
6), à condition que ces forces respectent les principes des droits de l'homme. Cette clause a été
récemment rappelée par la Cour constitutionnelle de Bosnie-Herzégovine dans une affaire
concernant la détention illégale d'un citoyen bosniaque, Bogdan Subotiæa. Le requérant a été
arrêté le 3 mars 2004 par la SFOR dans sa maison de Banja Luka et détenu dans un lieu inconnu
pendant six jours, puis relâché. Lors de son arrestation, des membres de la SFOR sont entrés chez
lui sans se présenter et sans porter le moindre insigne permettant de les identifier. Ils n'ont produit
ni convocation, ni acte d'accusation expliquant l'arrestation de Subotiæa. La SFOR a perquisitionné
le domicile du requérant. À son arrivée sur le lieu de détention, le requérant a été informé qu'il
avait été arrêté pour violation des Accords de Dayton, puis interrogé au sujet de Radovan Karadzic,
l'ex-président de la RepublikaSrpska, accusé par le TPIY. En vertu des accords de Dayton, la force
de l'OTAN va au-delà de ses actions. La SFOR joue en effet le rôle d'une véritable police au sein du
TPIY, à tel point que la Cour constitutionnelle bosniaque condamne même ses actions dans l'affaire
de Subotia : « l'ingérence dans les droits du requérant n'était pas conforme à la loi ». La Cour
interprète le terme « loi » au grand sens de la situation spécifique concernant les activités de la
SFOR en Bosnie-Herzégovine, de sorte que l'annexe de l'accord de Dayton et les autres instruments
régissant le statut et le cadre des activités de la SFOR puissent être considérés comme « loi » afin
de justifier l'ingérence dans le droit de B. Subotiaa . Malgré cela, la Cour constitutionnelle
considère que l'ingérence n'était pas conforme à la loi étant donné que les actions de la SFOR ont
en l'espèce dépassée le cadre du droit interne et des normes contenues dans les instruments
internationaux. L'action de la SFOR, même involontaire, ne saurait donc justifier dans la présente
affaire le recours à de telles mesures coercitives ». . Dans ses motifs, la Cour bosniaque se fonde
amplement sur les dispositions de la Convention européenne des droits de l'homme. Il est donc
impératif que la saisie de la justice internationale par une force autorisée par l'ONU s'effectue dans
le respect des droits de l'homme et du droit humanitaire. Dans les Balkans, la question de la
légalité et de la marge de manœuvre des forces de l'OTAN mandatées par l'ONU pour arrêter les
hauts responsables demeure floue. Certes, il s'agit d'une situation de facto qui aurait pu servir à
l'arrestation de l'ex-président de l'ex-Yougoslavie. Malgré tout, une telle arrestation s'inscrit dans
un but de maintien de la paix et de la sécurité internationale, raison pour laquelle le Tribunal
international a été créé. Par conséquent, si un mandat d'arrêt a été décerné à l'encontre de
Milosevic peu avant l'attaque de l'OTAN de mars 1999, était-il envisageable que les forces de
l'OTAN enlèvent le président de la Serbie ? Quelle aurait été la base légale d'une telle arrestation
pendant les bombardements de Belgrade ? Laissant ces questions pour l'avenir, fin mai 1999, deux
événements curieusement concomitants se produisent : la poursuite des raids aériens de l'OTAN
contre Belgrade et l'annonce de l'inculpation du président Milosevic par le TPIY, pour lesquels
l'OTAN tient une conférence de presse le 27 mai 1999. À l'occasion de ce dernier événement, le
porte-parole de l'OTAN, Jamie Shea, a souligné la coopération avec le TPIY : « NATO has always
supported the work of the International Criminal Tribunal. À l'occasion du sommet de Washington
la semaine dernière, les dirigeants des pays de l'OTAN ont réaffirmé l'engagement de l'Alliance à
coopérer pleinement avec le Tribunal pénal international, y compris en aidant à traduire en justice
les personnes inculpées par le Tribunal, y compris aux plus hauts niveaux. Les criminels de guerre
doivent être traduits en justice, car il ne peut y avoir de paix durable dans la région sans justice. Par
la suite, après l'attaque de l'OTAN, une partie de ces troupes est restée au Kosovo en raison de la
résolution 1244 du Conseil de sécurité afin d'assurer un environnement sûr et sécurisé dans cette
région. Le mandat de la Kosovo Force (KFOR) est clairement défini par la Conférence de G8, ce qui
rend impossible l'arrestation ou l'enlèvement des responsables politiques de Belgrade. Dans
l'affaire libyenne, le Conseil de sécurité a attribué un rôle majeur à la Ligue des États arabes et à
l'OTAN par le biais de la résolution 1973 du 17 mars 2011, qui a mené à la chute du régime de
Kadhafi. Suite à la saisine de la CPI conformément à la résolution 1970, le Conseil de sécurité n'a
pas attendu l'action judiciaire de la Cour, mais a plutôt fait appel à ces deux organisations
régionales en raison de la dangerosité de la situation sur le territoire libyen qui s'aggravait jour
après jour. Par conséquent, le Conseil a autorisé, en vertu du chapitre VII de la Charte, les États
membres qui ont adressé au Secrétaire général une notification à cet effet et agissant à titre
national ou dans le cadre d'organismes ou d'accords régionaux et en coopération avec le Secrétaire
général, à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les populations et les zones civiles
menacées d'attaque en Jamahiriya arabe libyenne (...). Tout en excluant le déploiement d'une
force d'occupation étrangère sous quelque forme que ce soit et sur n'importe quelle partie du
territoire libyen. » [...] pour protéger les populations et les zones civiles qui sont menacées
d'attaque en Jamahiriya arabe libyenne (...). Tout en excluant le déploiement d'une force
d'occupation étrangère sous quelque forme que ce soit et sur n'importe quelle partie du territoire
libyen ». L'objectif de la résolution 1973 de l'ONU était de protéger la population civile libyenne et
non d'arrêter les hauts dirigeants libyens, qui faisaient par ailleurs l'objet de mesures prises par le
Conseil (interdiction de voyager et gel des avoirs). Il n'était pratiquement pas possible que la force
de l'OTAN arrête les dirigeants libyens, car elle n'y avait officiellement aucun soldat de l'OTAN. En
riposte à la résolution 1970 du Conseil de sécurité, l'Union européenne a pris plusieurs mesures à
l'encontre du colonel Kadhafi et de son entourage. Malgré la ressemblance entre les situations en
Libye et en Syrie, le Conseil de sécurité n'a pu adopter de résolution visant les hauts dirigeants
syriens. Par ailleurs, les organisations régionales, notamment la Ligue des États arabes et l'Union
européenne, Elles se sont en effet mobilisées contre le régime syrien sans autorisation explicite de
la part du Conseil de sécurité. En effet, depuis le Printemps arabe, l'Union européenne a procédé
au gel des avoirs de nombreux chefs d'État arabes et de leur entourage. Il s'agit de mesures
préventives destinées à empêcher les violences contre les manifestants pacifiques ou de sanctions
économiques directes dans le cadre limité de l'Union européenne. Ces actions régionales en elles-
mêmes exercent une pression considérable sur les chefs d'État, facilitant ainsi leur extradition
devant les juridictions nationales ou internationales. La justice internationale a rarement eu
recours aux organisations et aux accords régionaux afin de les intégrer dans le processus de mise
en œuvre des dirigeants. Les organisations régionales peuvent même empêcher ce processus, par
exemple dans les cas du président Al Bashir et de l'ex-président Hissène Habré, que nous
aborderons dans d'autres parties de cette étude. Par ailleurs, la communauté internationale
possède d'autres moyens pour faire échec aux menées de ces dirigeants criminels

Paragraph2 : les extensions des opérations de maintien de la paix

Les forces de maintien de la paix de l'ONU sont des instruments indispensables à la communauté
internationale pour maintenir et faire progresser la paix et la sécurité internationales. Leur action
est très exceptionnelle en matière de justice pénale internationale. Bien que ces opérations ne
soient pas expressément prévues par la Charte, l'ONU a mené des actions dès 1948 avec la
création de l'Organisme des Nations unies chargé de la surveillance de la trêve au Moyen-Orient.
En outre, le déploiement des casques bleus est autorisé par le Conseil de sécurité ou l'Assemblée
générale, avec le consentement du pays hôte et des autres parties concernées. Leurs opérations
peuvent inclure des effectifs militaires et policiers, ainsi que du personnel civil et mettre en jeu des
missions d'observation militaires. Les soldats de la paix portent des armes, mais dans la plupart des
cas, ils ne sont autorisés à en faire usage qu'en cas de légitime défense. Plus spécifiquement, en ce
qui concerne le lien entre la mise en œuvre de la responsabilité individuelle d'un chef d'État et les
opérations de maintien de la paix, le cas sierra léonais est remarquable. L'engagement de l'ONU
dans ce pays a débuté en 1995 avec la nomination d'un envoyé spécial du Secrétaire général
chargé d'une mission de médiation durant la guerre civile. La paix n'est jamais complète sans la
justice. Entre 1995 et 2000, le Secrétaire général de l'ONU a conclu un accord avec l'autorité sierra-
léonaise pour créer un tribunal pénal spécial mixte. Le Conseil de sécurité, « profondément
préoccupé par les crimes très graves commis sur le territoire de la Sierra Leone contre la
population civile et des membres du personnel des Nations Unies et d'autres organisations
internationales », « recommande que le tribunal spécial ait compétence rationepersonae pour
juger ceux qui portent la responsabilité la plus lourde des crimes (...], notamment les dirigeants
(...].Face à la situation en Sierra Leone, la guerre civile au Liberia voisin avait déjà commencé en
1989. Le National Patriotic Front of Liberia (NPFL) de Charles Taylor tentait de renverser le
gouvernement soutenu par la CEDEAO (ou ECOWAS en anglais) et sa force interventionnelle,
l'ECOMOG. Afin d'affaiblir cette force qui contrôlait Monrovia, Charles Taylor a ouvert un second
front en Sierra Leone. L'un de ses compagnons, FodaySankoh, dirigeait le RUF, un mouvement
rebelle qui s'était enrichi par les pillages, et surtout par le trafic d'or et de diamants en
collaboration avec Charles Taylor, élu « démocratiquement » à la tête du Libéria en 1997. Le 7
mars 2003, le Procureur du Tribunal spécial pour la Sierra Leone, David Crane, a délivré un acte
d'accusation à l'encontre de Charles Taylor, président en exercice du Libéria à l'époque Des faits :
sous la Pressure internationale, Charles Taylor a démissionné de ses fonctions présidentielles en
août 2003 et s'est exilé au Nigéria. Le 19 septembre, le Conseil de sécurité a ensuite décidé de
créer la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL), qui allait remplacer l'ECOMOG. La MINUL
comprend jusqu'à 15 000 membres du personnel militaire dont le mandat est de surveiller
l'application de l'accord de cessez-le-feu, de soutenir le désarmement, la démobilisation, la
réinsertion et le rapatriement de toutes les parties armées, de sécuriser les infrastructures
publiques de base et autres infrastructures vitales, etc. Depuis octobre 2003, les activités de la
MINUL n'ont cessé de progresser dans plusieurs secteurs, tels que le peace-making, peace-keeping,
peace consolidation, etc. Parallèlement, le Conseil de sécurité a également conféré un mandat
judiciaire d'un type nouveau aux opérations de maintien de la paix. La résolution 1638 constitue à
cet égard un tournant dans l'histoire de la justice pénale internationale et d'ailleurs dans l'histoire
des opérations de maintien de la paix. On peut faire remonter la création de la notion d'«
assistance de la justice internationale par une OMP » à la MINUL. Pour être en conformité avec les
termes du rapport Brahimi, qui stipule que les mandats des OMP doivent être « robustes », «
clairs, crédibles et réalistes », la résolution 1638 cite distinctement le nom de l'ancien Président du
Libéria, Charles Taylor. Intervenant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, le
Conseil a alors décidé à l'unanimité d'étendre le mandat de la MINUL à l'objet supplémentaire
suivant : « appréhender et placer en détention l'ancien Président Charles Taylor dans le cas où il
retournerait au Libéria, et le transférer ou faciliter son refoulement en Sierra Leone pour qu'il y
soit jugé devant le Tribunal spécial, en tenant les Gouvernements libérien et sierra-léonais, ainsi
que le Conseil » Pour la première fois, le Conseil de sécurité donne explicitement pouvoir à une
OMP d'arrêter et de transférer l'ancien chef d'État afin qu'il soit jugé. En outre, il existe d'autres
précédents qui sont sensiblement différents de la résolution 1638. Par exemple, l'IFOR/SFOR,
composée d'États membres de l'OTAN, a procédé à plusieurs arrestations de criminels en Bosnie.
Quant à la complémentarité entre l'IFOR/SFOR et le TPIY, il convient de noter en premier lieu que
ces forces ne sont pas des OMP, mais une force multinationale. En second lieu, ces forces ont été
edéployées en Bosnie en vertu de la résolution 1031 du Conseil de sécurité. La détention des
personnes n'est pas mentionnée dans les obligations qui incombent à l'IFOR/SFOR. C'est l'OTAN
elle-même qui a enjoint à ses troupes la mission d'arrêter ces responsables présumés coupables
lorsqu'ils sont en contact avec les points de contrôle. Pour certains auteurs, l'IFOR détient le
contrôle effectif du territoire bosniaque et est donc obligée, en tant qu'autorité de facto, de
coopérer avec le TPIY. En Somalie, au lendemain des attaques armées lancées le 5 juin 1993 contre
le personnel d'ONUSOM II, le Conseil autorise le Secrétaire général à « prendre à l'encontre de
tous ceux qui sont responsables des attaques armées (...), y compris les responsables .Il faut
également encourager les initiatives publiques en Somalie pour établir l'autorité effective
d'ONUSOM Il et dans toute la Somalie, pour qu'une enquête soit ouverte sur les actions des
responsables et que ceux-ci soient arrêtés et détenus pour être traduits en justice, jugés et punis. »
En comparant avec le cas de Charles Taylor, il convient de constater plusieurs divergences.
D'abord, la résolution 839 de juin 2003 ne mentionnait nullement le nom du responsable (ou des
responsables), même s'il était clair que le déploiement du mandat du Secrétaire général avait été
décidé pour capturer le général Aidid. Quelque mois plus tard, après avoir repoussé les forces
internationales de maintien de la paix de l'ONU et les forces américaines, le général se déclare
président de la Somalie. Ensuite, dans le cas somalien, il n'existait pas de tribunal, qu'il soit spécial
ou international, compétent et préétabli. Si Aidid avait été arrêté, quel tribunal aurait pu le juger ?
En Somalie, les institutions étatiques étaient réellement absentes du territoire. Aidid n'a jamais été
arrêté, ni jugé jusqu'à sa mort en 1996. En bref, l'UNOSOM II et l'IFOR/SFOR n'ont pas reçu
d'autorisation directe et explicite d'arrêter et de transférer des responsables, à l'instar de la
MINUL, comme c'est le cas dans la résolution 1638. En effet, l'unique objectif de cette résolution
est la poursuite de l'ancien président libérien, Charles Taylor. Le Conseil de sécurité considère que
« son retour au Libéria constituerait un obstacle à la stabilité et une menace pour la paix au Libéria
et pour la paix et la sécurité internationales dans la sous-région ».

Les instruments spécifiques de mise en œuvre de la responsabilité des individus reflètent deux
tendances complémentaires : la première est l'augmentation des activités des institutions et
organes employés dans le domaine de la justice pénale internationale ; la deuxième provient plutôt
de la multiplication des juridictions visant à lutter contre l'impunité des dirigeants.

Vous aimerez peut-être aussi