CHAPITRE IV : LES CREDITS A LA
CLIENTELE ET LES CREANCES DOUTEUSES
Introduction :
Selon le paragraphe 8 de la norme comptable 24, le terme crédit désigne les fonds mis à la
disposition par un établissement bancaire directement ou indirectement à une autre partie en
vertu d’un accord de financement conclu. L’activité de crédit a pour objectif de satisfaire les
besoins de financement des entreprises et des ménages. Il est classique de distinguer le
financement :
Des investissements, par des crédits d’équipement ;
Des besoins d’exploitation, par des créances commerciales, des crédits à l’exportation
et des crédits de trésorerie ;
Des besoins des ménages, par des crédits de trésorerie ou d’habitat.
La définition et la classification comptable des crédits sont présentées à la classe 2 du plan
comptable bancaire (norme comptable n° 22). Dans ce sens, nous distinguons :
20 crédits commerciaux et industriels
o 201 crédits commerciaux et industriels
o 207 créances rattachées
21 crédits immobiliers
o 211 crédits immobiliers, promoteurs
o 215 crédits immobiliers, acquéreurs
o 217 créances rattachées
22 crédits agricoles
o 221 crédits agricoles
o 227 créances rattachées
24 crédits sur ressources spéciales
o 241 crédits sur ressources spéciales
o 247 créances rattachées
Le plan comptable bancaire mentionne aussi le compte 23 "créances de crédit bail". Etant
donné, qu'en vertu de l'article 2 de la loi 65-2001, les établissements bancaires ne sont plus
habilités à accorder les crédits de leasing, ce compte n'a plus de raison d'être dans la
nomenclature des comptes bancaires.
Dans ce qui suit, nous faisant la distinction entre les crédits donnés à court terme (tels que les
escomptes et les crédits de trésorerie – sous forme de facilités de caisse) et les crédits donnés
à moyen et long terme (tels que les crédits d’équipement).
Remarque très importante : le passage par le compte inter siège est tributaire de l’organisation
interne de la banque. Si la décision de l’octroi du crédit et le suivi des intérêts se font au
niveau de siège, alors il faut transiter par le compte inter siège (le compte 331).
Pour une organisation interne de la banque où toute les décisions et les opérations comptables
sont assurées au niveau de l’agence, le compte inter siège ne sera pas utilisé.
Section I : Les crédits accordés à court terme
Dans ce cadre, nous allons étudier les opérations d’escompte et les crédits de trésorerie.
I. L’escompte
I.1. La notion d’escompte : aspect technique
L’escompte est une opération par laquelle une banque, en échange d’un effet endossé remis
par le porteur, remet en contrepartie à ce dernier une somme égale au montant de l’effet
diminué des agios. Ces derniers comprennent des intérêts calculés sur le montant nominal de
l’effet pour la période s’étalant de la date de remise jusqu’à l’échéance (généralement les
banques ajoutent des jours supplémentaires connues sous le nom de jour de valeur) et des
commissions (d’encaissement, d’envoi à l’acceptation, de manipulation, d’endossement, etc.)
I.2. L’aspect comptable
Nous allons proposer un schéma comptable qui prend en considération une opération
d'escompte qui s'est déroulée au niveau de l'agence.
NB : si l’opération se fait initialement dans le siège (décision de financement), il faut
transiter par le compte inter siège (le compte 331).
Opération 1 : décision de financement (décision par opération)
2
903 engagements financiers
en faveur de la clientèle
909 Contreparties des
engagements de financement
Selon le paragraphe 10 de la norme comptable n° 24, "les engagements de financement…
doivent être enregistrés en hors bilan dès le moment où ils sont contractés. Un engagement est
réputé être contracté lorsqu’il découle :
d’une obligation contractuelle irrévocable que la banque ne peut annuler à son grès
sans s’exposer à des pénalités ou à des frais,
d’un usage bancaire qui, même en l’absence d’un contrat écrit, met à la charge de la
banque une quelconque obligation".
La comptabilisation des engagements de financement en hors bilan doit respecter la partie
double sans inclure de croisement avec les comptes de bilan, et doit être effectué selon le sens
que prendra l’engagement au bilan, lors de sa mise en œuvre éventuelle.
Opération 2 : octroi de crédit
201 crédits commerciaux et
industriels
251 Comptes ordinaires
Et en même temps, il faut constater la contre passation de l’engagement hors bilan pour le
montant utilisé :
909 Contreparties des
engagements de financement
903 Engagements financiers
en faveur de la clientèle
Les engagements de financement sont annulés du hors bilan lors de la mise en œuvre de
l’engagement, l’annulation dans ce cas étant consécutive au versement de fonds et à
l’enregistrement d’une créance au bilan.
Opération 3 : constatation des frais d’escompte (un produit pour la banque)
251 Comptes ordinaires
3821 Produits constatés
d’avance
3
7029 Commissions
365 Créditeurs divers (TVA
collectée)
Opération 4 :
Comptabilisation périodique (mensuelle) des intérêts acquis calculés en fonction du nombre
de jours :
3821 Produits constatés
d’avance
7011 Intérêts/ crédits
commerciaux
Opération 5 : traitement à l’échéance de l’effet :
13 Comptes ordinaires
bancaires
201 Crédits commerciaux et
industriels
Lorsque l’effet est retourné impayé :
251 Comptes ordinaires
201 Crédits commerciaux et
industriels
Dans ce cas, des procédures de recouvrement amiable seront engagées. Si elles demeurent
sans succès, elles déclenchent des procédures judiciaires.
Application :
Le 10/04, escompte d’un effet de valeur nominale de 100 000 dinars, échéance le 31 juillet au
taux de 10%. La banque prend deux jours de valeur supplémentaires. Commission 5 dinars
(TVA : 18%).
Travail à faire : passez les écritures comptables jusqu’à l’échéance.
Solution :
Décision de financement (décision par opération)
903 Engagements financiers 100 000
4
en faveur de la clientèle
909 Contreparties des 100
engagements de financement 000
Octroi de crédit
10/4
201 crédits commerciaux et 100 000
industriels
251 Comptes ordinaires 100
000
Contre passation de l’engagement hors bilan pour le montant utilisé :
909 Contrepartie des 100 000
engagements de financement
903 Engagements financiers 100
en faveur de la clientèle 000
Opération 3 : constatation des frais d’escompte (un produit pour la banque)
Décompte des intérêts (du 10/04 au 31/07 plus 2 jours de valeur) : 115 jours.
I (produit constaté d’avance) : 100 000 x 10 x 115 / 36 500 = 3 150, 685
Commission : 5 dinars
TVA : 0,900 dinar
0/4
251 Comptes ordinaires 3156,58
5
3821 Produits constatés 3150,685
d’avance
7029 Commissions 5
365 Créditeurs divers (TVA 0,900
collectées)
Comptabilisation périodique (mensuelle) des intérêts acquis calculés en fonction du nombre
de jours (le mois de mai 21 jours plus 2 jours de valeur, soit : 23 jours)
30/4
3821 Produits constatés 630,137
d’avance
7011 Intérêts/ crédits 630,137
commerciaux
31/5
3821 Produits constatés 849,315
d’avance
7011 Intérêts/ crédits 849,315
commerciaux
30/6
5
3821 Produits constatés 821,917
d’avance
7011 Intérêts/ crédits 821,917
commerciaux
31/7
3821 Produits constatés 849,315
d’avance
7011 Intérêts/ crédits 849,315
commerciaux
Traitement à l’échéance de l’effet :
13 Comptes ordinaires 100 000
bancaires
201 Crédits commerciaux et 100
industriels 000
II. Crédits de trésorerie
II.1. Aspects techniques
Les crédits de trésorerie sont destinés à faire face aux besoins à court terme (parfois à très
court terme, dans ce cas on parle de facilités de caisse) des entreprises et des particuliers. Les
modalités de leur mise en place sont variables en fonction de la nature de chaque concours.
II.2. aspect comptable (on va supposer que la décision de financement se fait au niveau de
siège)
Opération 1 : décision de financement (décision par opération)
903 Engagements financiers
en faveur de la clientèle
909 Contrepartie des
engagements de financement
Opération 2 : octroi de crédit (chez le siège)
6
Selon le plan comptable tunisien, le crédit accordé est défini en se référant au compte défini
par le secteur économique :
201 crédits commerciaux et industriels
211 crédits immobiliers
221 crédits agricoles
241 crédits sur ressources spéciales
NB1 : pour les schémas comptables qui vont suivre, nous allons débiter à chaque fois le
compte 201 uniquement pour l’illustration, mais selon le cas, il faut utiliser les comptes de
crédits mentionnés ci haut.
201 crédits commerciaux
331 inter siège
Au même temps, il faut procéder à la contre passation de l’engagement hors bilan pour le
montant utilisé.
909 Contrepartie des
engagements de financement
903 Engagements financiers
en faveur de la clientèle
Opération 3 : octroi de crédit (chez l’agence) : au moment de la réception de la pièce inter
siège.
331 Comptes inter siège
251 Comptes ordinaires
Opération 4 : comptabilisation périodique des intérêts courus et non échus (à la fin de chaque
mois)
207 Créances rattachées
7021 Intérêts/ crédits à la
clientèle
Remarque : la constatation des intérêts se fait à la fin de chaque mois et à l’échéance.
7
Opération 5 : traitement à l’échéance
Au niveau du siège :
A l’échéance, nous constatons l’écriture suivante :
331 Comptes inter siège
207 Créances rattachées
201 Crédits commerciaux et
industriels
Au niveau de l’agence du client : si le compte permet le paiement
251 Comptes ordinaires
331 Comptes inter siège
Application :
Le 20/05 la banque du nord a accordé un crédit de trésorerie pour une entreprise commerciale
de valeur nominale de 500 000 dinars à 3 mois au taux de 11%. La banque décompte les
intérêts à termes échus en tenant compte de deux jours de banque (deux jours de valeur).
Travail à faire :
Passez les écritures comptables jusqu’à l’échéance.
Solution :
Décision de financement (au niveau du siège)
903 Engagements financiers 500 000
en faveur de la clientèle
909 Contrepartie des 500
engagements de financement 000
Octroi de crédit (chez le siège)
20/5
201 Crédits commerciaux 500 000
331 Comptes inter siège 500
000
Contre passation de l’engagement hors bilan pour le montant utilisé.
20/5
909 Contrepartie des 500 000
engagements de financement
903 Engagements financiers 500
en faveur de la clientèle 000
8
Octroi de crédit (chez l’agence) : au moment de la réception de la pièce inter siège.
331 Comptes inter siège 500 000
251 Comptes ordinaires 500
000
Comptabilisation périodique des intérêts courus et non échus (à la fin de chaque mois)
Calcul des intérêts :
Intérêts mois de mai (complément) : (du 20 au 31 plus 2 jours = 14 jours).
I = 500 000 x 11 x 14 / 36 500 = 2 109,589
Intérêts mois de juin (30 jours)
I = 500 000 x 11 x 30 / 36 500 = 4 520, 547
Intérêts mois de juillet (31 jours)
I = 500 000 x 11 x 31 / 36 500 = 4 671,233
Intérêts mois d’août (complément) : (du 01/08 au 20/08 = 20 jours)
I = 500 000 x 11 x 20 / 36 500 = 3 013,699
31/5
207 créances rattachées 2109,58
9
7021 intérêts/ crédits à la 2109,589
clientèle
30/6
207 créances rattachées 4520,54
7
7021 intérêts/ crédits à la 4520,547
clientèle
31/7
207 créances rattachées 4671,23
3
7021 intérêts/ crédits à la 4671,233
clientèle
20/8
207 créances rattachées 3013,69
9
7021 intérêts/ crédits à la 3013,699
clientèle
9
Traitement à l’échéance
Au niveau du siège :
A l’échéance, nous constatons l’écriture suivante :
20/8
331 inter siège 514315,06
8
207 Créances rattachées 14315,068
201 crédits commerciaux 500 000
Au niveau de l’agence du client : si le compte permet le paiement
251 Comptes ordinaires 514315,068
331 Comptes inter siège 514315,068
Section II : Les crédits accordés à moyen et long terme
II.1 Les crédits d’équipement
II.1.1 Aspects techniques
Les crédits d’équipement sont des concours à moyen et long terme destinés à financer
l’acquisition de nouveaux investissements ou des investissements de remplacement pour les
entreprises.
II.1.2. Aspect comptable
Opération 1 : décision de financement
903 Engagements financiers
en faveur de la clientèle
909 Contreparties des
engagements de financement
Opération 2 : octroi de crédit (chez le siège)
201 Crédits industriels
331 Inter siège
10
Au même temps, il faut procéder à la contre passation de l’engagement hors bilan pour le
montant utilisé.
909 Contreparties des
engagements de financement
903 Engagements financiers
en faveur de la clientèle
Opération 3 : octroi de crédit (chez l’agence) : au moment de la réception de la pièce inter
siège.
331 Comptes inter siège
251 Comptes ordinaires
Opération 4 : comptabilisation périodique des intérêts courus et non échus (à la fin de chaque
mois)
207 créances rattachées
7021 intérêts/ crédits à la
clientèle
Remarque : la constatation des intérêts se fait à la fin de chaque mois et à l’échéance sur la
partie restante du capital dû.
Opération 5 : traitement à l’échéance
Au niveau du siège :
A l’échéance, nous constatons l’écriture suivante :
331Comptes inter siège
207 Créances rattachées
201 Crédits industriels
Au niveau de l’agence du client : si le compte permet le paiement
251 Comptes ordinaires
331 Comptes inter siège
11
Application :
Le 15/3, octroi d’un crédit d’équipement de 500 000 dinars remboursable sur 10 trimestres au
taux de 10%.
Travail à faire :
Passer les écritures comptables pour les dates suivantes :
15/3 : décision et accord de crédit
15/6 : première échéance trimestrielle constante.
15/9 : deuxième échéance
Solution :
Décision de financement (au niveau du siège)
15/3
903 Engagements financiers 500 000
en faveur de la clientèle
909 Contrepartie des 500
engagements de financement 000
Octroi de crédit (chez le siège)
15/3
201 Crédits industriels 500 000
331 Comptes inter siège 500
000
Contre passation de l’engagement hors bilan pour le montant utilisé.
15/3
909 Contreparties des 500 000
engagements de financement
903 Engagements financiers 500
en faveur de la clientèle 000
Octroi de crédit (chez l’agence) : au moment de la réception de la pièce inter siège.
331 Comptes inter siège 15/3 500 000
251 Compte ordinaires 500
12
000
Comptabilisation périodique des intérêts courus et non échus pour le premier trimestre (à la
fin de chaque mois au niveau du siège)
Calcul des intérêts :
Intérêts mois de mars (complément) : (du 15 au 31 soit 17 jours).
I = 500 000 x 10 x 17 / 36 500 = 2 328,767
Intérêts mois d’avril (30 jours)
I = 500 000 x 10 x 30 / 36 500 = 4 109, 589
Intérêts mois de mai (31 jours)
I = 500 000 x 10 x 31 / 36 500 = 4 246,575
Intérêts mois de juin (complément) : (du 01/06 au 15/06 = 15 jours)
I = 500 000 x 10 x 15 / 36 500 = 2 054,794
31/3
207 Créances rattachées 2328,76
7
7021 Intérêts/ crédits à la 2328,767
clientèle
30/4
207 créances rattachées 4109,58
9
7021 intérêts/ crédits à la 4109,589
clientèle
31/5
207 créances rattachées 4246,57
5
7021 intérêts/ crédits à la 4246,575
clientèle
15/6 2054,79
4
207 créances rattachées
7021 intérêts/ crédits à la 2 054,794
clientèle
Traitement à l’échéance :
13
Au niveau du siège :
A l’échéance, nous constatons l’écriture suivante :
15/6
331 inter siège 62739,725
207 Créances rattachées 12739,725
201 crédits industriels 50 000
(d’équipement)
Au niveau de l’agence du client : si le compte permet le paiement
251 Compte ordinaire 62739,725
331 inter siège 62739,725
Comptabilisation périodique des intérêts courus et non échus pour le premier trimestre (à la
fin de chaque mois au niveau du siège)
Calcul des intérêts :
Intérêts mois de juin (complément) : (du 01 au 15 soit 15 jours).
I = 450 000 x 10 x 15 / 36 500 = 1 849,315
Intérêts mois de juillet (31 jours)
I = 450 000 x 10 x 31 / 36 500 = 3 821,918
Intérêts mois d’août (31 jours)
I = 450 000 x 10 x 31 / 36 500 = 3 821,918
Intérêts mois de septembre (complément) : (du 01/06 au 15/06 = 15 jours)
I = 450 000 x 10 x 15 / 36 500 = 1 849,315
30/6
207 créances rattachées 1849,31
5
7021 intérêts/ crédits à la 1849,315
clientèle
31/7
207 créances rattachées 3821,91
8
7021 intérêts/ crédits à la 3821,918
clientèle
31/8
207 créances rattachées 3821,91
14
8
7021 intérêts/ crédits à la 3821,918
clientèle
15/9 1849,31
5
207 créances rattachées 1849,315
7021 intérêts/ crédits à la
clientèle
Traitement à l’échéance :
Au niveau du siège :
A l’échéance, nous constatons l’écriture suivante :
15/6
331 inter siège 61342,466
207 Créances rattachées 11342,466
201 crédits industriels 50000
(d’équipement)
Au niveau de l’agence du client : si le compte permet le paiement
251 Comptes ordinaire 61342,466
331 Inter siège 61342,466
15
Section III : Les créances douteuses
En se référant à la définition proposée par la circulaire n° 93-08 de la banque centrale (du 8
juillet 93), les créances douteuses sont définies comme étant les créances de toutes natures,
mêmes assorties de garanties, présentant un risque probable ou certain de non recouvrement
total ou partiel, impayées depuis trois mois ou encore présentant un caractère contentieux.
De même, le paragraphe 24 de la norme 24 met l’accent sur l’obligation mise à la charge des
banques de constater des provisions en cas de détection de risques se rattachant à une créance.
En effet, le paragraphe 24 stipule « le risque que les contreparties n’honorent pas leurs
engagements peut être lié soit à des difficultés que les contreparties éprouvent, où qu’il est
prévisible qu’elles éprouveront, pour honorer leurs engagements ou au fait qu’elles contestent
le montant de leurs engagements. Lorsqu’un tel risque existe, les engagements correspondant
sont qualifiés de douteux. Une provision doit être constituée et le cas échéant ajustées de
façon à ramener la valeur comptable de l’engagement à sa valeur de réalisation attendue".
III.1 classification des actifs (créances)
Les actifs peuvent être qualifiés de courants ou de classés.
les actifs courants (classe 0): sont considérés comme actifs courants les actifs dont la
réalisation ou le recouvrement intégral parait assuré (crédit détenu sur des entreprises
financièrement équilibrées dont les concours sont compatibles avec leurs besoins réels et
leur capacité de remboursement.
16
Les actifs classés : sont des actifs où sont classées les créances qui présentent un risque
préalable ou certain de non – recouvrement total ou partiel. On distingue dans cette
catégorie :
a- Classe 1 : des retards de payement des intérêts ou du principal inférieur à 90
jours. Ce sont des actifs nécessitant un suivi particulier.
b- Classe 2 : des retards de payement des intérêts ou du principal supérieur à 90
jours et inférieurs à 180 jours. Ce sont des actifs incertains.
c- Classe 3 : des retards de payement des intérêts ou du principal supérieur à 180
jours et inférieurs à 360 jours. Ce sont des actifs préoccupants.
d- Classe 4 : des retards de payement des intérêts et du principal supérieur à 360
jours. ce sont des actifs compromis.
Le tableau suivant récapitule et identifie les classes d’actifs selon le degré de risque et le
montant de la dotation de provision (taux de défaut associé à la classe de risque) qu’il faut
prendre en considération.
Classe 0 Classe 1 Classe 2 Classe 3 Classe 4
0 jours
]0, 90] jours
]90, 180] jours
]180, 360]
jours
> 360 jours
Taux de défaut associé à la classe de risque
0% 0% 20% 50% 100%
III.2. Aspect comptable
III.2.1. La constatation du caractère douteux
La constatation du caractère douteux d’une créance, doit être traduite par un reclassement de
la créance « ordinaire » (donc un actif courant appartenant à la classe 0, auparavant un crédit
enregistré dans un compte de crédit à la clientèle : 201, 211, 221, 241) en créance douteuse.
29 créances douteuses
2X1 crédit à la clientèle
III.2.2. La constatation des intérêts et des dotations aux provisions
Cette constatation est tributaire de la classe de l’actif.
17
III.2.2.1 La comptabilisation des intérêts et des dotations aux provisions sur actifs de la
classe 1
La comptabilisation des intérêts avant 90 jours sur la première échéance de non –
remboursement se fait normalement à la fin de chaque mois.
207 créances rattachées
7021 intérêts sur crédit à la
clientèle
Pour les actifs de la classe 1, on ne passe pas de dotations aux provisions.
III.2.2.2. La comptabilisation des intérêts et des dotations aux provisions sur actifs de la
classe 2
Après l’échéance de 90 jours, l’actif (la créance) fera partie de la classe 2. Dans ce cas, il faut
tout d’abord annuler le produit constaté lorsque l’actif était classé sous la classe 1 :
7021 intérêts sur crédit à la
clientèle
207 créances rattachées
Au même temps, il faut re - constater (ou reclasser) le revenu comme suit :
2907 créances rattachées à
des crédits douteux
383 intérêts et autres produits
réservés
Aussi, tous les revenus pris en compte antérieurement en résultat (créances rattachées) doivent
être intégralement provisionnés. L’écriture suivante, constate ce reclassement.
2907 créances rattachées à
des crédits douteux
207 créances rattachées
Enfin, il faut constater une dotation aux provisions de l’ordre de 20%.
652 dotations aux
provisions
2991 provisions sur créances
douteuses
III.2.2.3. La comptabilisation des intérêts et des dotations aux provisions sur actifs de la
classe 3
Il faut constater les intérêts mensuels (toujours dans un compte de bilan, plus précisément
dans le compte 383 intérêts et autres produits réservés), comme suit :
18
2907 créances rattachées à
des crédits douteux
383 intérêts et autres produits
réservés
Et la dotation aux provisions doit passer à 50% (soit une dotation complémentaire de 30% par
rapport à la dotation passée lorsque l’actif était identifié dans la classe 2). L’écriture
comptable est la suivante :
652 dotations aux
provisions
2991 provisions sur créances
douteuses
II.2.2.4. La comptabilisation des intérêts et des dotations aux provisions sur actifs de la
classe 4
Il faut constater les intérêts mensuels comme suit :
2907 créances rattachées à
des crédits douteux
383 intérêts et autres produits
réservés
Et la dotation aux provisions doit passer à 100% (soit un ajout de dotation aux provisions de
50%). L’écriture comptable est la suivante :
652 dotations aux
provisions
2991 provisions sur créances
douteuses
19
Application :
La banque ABC possède les impayés suivants au 30/9/2020
Montant Echéance initiale Intérêts de retard
100 000 31/8/2020 12% l’an
450 000 15/3/2020 9% l’an
240 000 31/08/2019 9% l’an
360 000 30/6/2019 8% l’an
Travail à faire :
Passer les écritures comptables au 30/9/2020.
Solution :
Pour la créance de 100 000 échue le 31/8/2020
Il s’agit d’une créance qui date de 30 jours. Les intérêts de retard sont constatés au taux de
12% l’an, soit : 986,301
207 créances rattachées 986,301
7021 intérêts sur crédit à la 986,301
clientèle
Pour la créance de 450 000 échue le 15/3/2000
Il s’agit d’une créance qui date de 6 mois et 15 jours. Elle est donc déjà classée dans la classe
2. il faut donc la reclasser dans la classe 3. Puisque le risque a augmenté, il faut constater une
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dotation aux provisions complémentaire pour atteindre le seuil de 50%. Il faut en rajouter
donc 30%, soit 135 000.
652 dotations aux 135 000
provisions
2991 provisions sur créances 135
douteuses 000
D’autre part, il faut constater les intérêts de retard au taux de 9% l’an sur les 450 000 pour une
durée de 30 jours, soit : 3328,767
2907 créances rattachées à 3328,76
des crédits douteux 7
383 intérêts et autres produits 3328,767
réservés
Pour la créance de 240 000 échue le 30/11/2000
il s’agit d’une créance qui date de 13 mois. Elle est déjà classée dans la classe 3, et il faut
donc la reclasser dans la classe 4 : il faut ramener la dotation aux provisions à 100, soit par
l’ajout de 50%, soit : 120 000.
652 dotations aux 120000
provisions
2991 provisions sur créances 120000
douteuses
D’autre part, il faut constater les intérêts de retard au taux de 9% l’an sur les 240 000 pour une
durée de 30 jours, soit : 1775,342.
2907 créances rattachées à 1775,34
des crédits douteux 2
383 intérêts et autres produits 1775,342
réservés
Pour la créance de 360 000 échue le 30/6/2019 :
Sa durée d’ancienneté est de 15 mois. Elle est donc déjà classée dans la classe 4, donc elle est
provisionnée à hauteur de 100% : il n’y a donc pas lieu d’ajuster les dotations aux provisions.
Par contre il faut constater les intérêts de retard au taux de 8% l’an, soit : 2367,123
2907 créances rattachées à 2367,12
des crédits douteux 3
383 intérêts et autres produits 2367,123
réservés
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