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Introduction à l'intégration mathématique

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Intégration (mathématiques)

opération mathématique

Pour les art icles homonymes, voir int égrat ion.

En mat hémat iques, l'intégration ou calcul intégral est l'une des deux branches du calcul infinit ésimal, l'aut re ét ant
le calcul différent iel.

Les intégrales sont ut ilisées dans de mult iples disciplines scient ifiques not amment en physique pour des
opérat ions de mesure de grandeurs (longueur d'une courbe, aire, volume, flux) ou en probabilit és. Ses ut ilit és
pluridisciplinaires en font un out il scient ifique fondament al1. C'est la raison pour laquelle l'int égrat ion est souvent
abordée dès l'enseignement secondaire.

Le concept d'int égrale a ét é raffiné depuis son int roduct ion au xviie siècle par Leibniz et Newt on, permet t ant ainsi
de les calculer pour des fonct ions de moins en moins régulières. On rencont re ainsi aujourd'hui les int égrales dit es
de Riemann, de Lebesgue ou de Kurzweil-Henst ock. Mais t out es ces définit ions coïncident dans le cas des
fonct ions cont inues sur un segment .

Le symbole mat hémat ique représent ant l'int égrat ion, le « S long » : , est appelé signe somme, signe d'intégration,
signe intégral ou intégrateur ; il a ét é int roduit par Leibniz pour not er l'int égrale.

L'intégrale de la fonction positive f,


peut être
interprétée comme l’aire du domaine
délimité par :
(1) la courbe représentative de la
fonction f (d'équation ),
(2) l'axe des abscisses
et (3-4) les droites verticales
d'abscisses a et b.

Le présent art icle décrit l'int égrale de fonct ions de la variable réelle. Pour les ext ensions aux fonct ions de
plusieurs variables, voir les art icles Int égrale curviligne, Int égrale mult iple et Int égrale de surface. Le cas général
de l'int égrale des fonct ions définies sur un espace mesurable muni d'une mesure posit ive est t rait é dans l'art icle
Int égrale de Lebesgue. Une aut re ext ension est l'int égrale des formes différent ielles.
Cas particulier de la fonction continue sur un intervalle fermé [a, b]

Calcul d'aire

Représentation graphique
d'un intégrande f positif et de
son intégrale.

Représentation graphique
d'un intégrande f réel et de
son intégrale (avec signe).

Dans un plan muni d'un repère cart ésien, on choisit comme unit é d'aire, l'aire du quadrilat ère OIKJ où O est l'origine
du repère et I, J et K les point s de coordonnées respect ives (1 ; 0), (0 ; 1) et (1 ; 1).

Si f est une fonct ion réelle posit ive cont inue prenant ses valeurs dans un segment I = [a , b], alors l'intégrale de f sur
I, not ée

est l'aire d'une surface délimit ée par la représent at ion graphique de f et par les t rois droit es d'équat ion x = a , x = b, y
= 0, surface not ée S f. (Voir schéma ci-cont re pour l'int ervalle I = [0, a ].)

Quelle est l'intégrale


(animation)

On donne un signe posit if à l'aire des surfaces comme S f sit uées au-dessus de l'axe des abscisses. Pour pouvoir
t rait er aussi les fonct ions négat ives, on donne un signe négat if aux port ions sit uées sous cet axe.
Ainsi, pour définir l'int égrale d'une fonct ion cont inue dans le cas général (posit ive ou négat ive), il suffit de définir f +
et f –, communément appelées part ies posit ive et négat ive de f respect ivement , comme suit :

puis de définir l'int égrale de f à part ir de f + et f –, fonct ions cont inues et posit ives :

Plus précisément , définir l'aire de cet t e surface consist e, dans la définit ion de la t héorie de Riemann, à approcher f
par une suit e de fonct ions gn dont on connaît l'int égrale (en général : des rect angles qu'on définit d'aire ± longueur ×
largeur) et t elle que la différence ent re f et gn t ende vers 0 quand n t end vers l'infini.

Avec cet t e mét hode, il est possible de définir l'« aire sous la courbe » d'une fonct ion bornée ne présent ant qu'un
ensemble dénombrable de point s de discont inuit é.

On appelle f un intégrande 2, et on not e ∫ (un s allongé, mis pour somme) l'opérat eur mat hémat ique, appelé
int égrat eur, qui est associé à l'int égrat ion. Ce symbole est un ancien s long : en effet , Leibniz s'est servi de l'init iale
du mot lat in summa , « somme », lequel ét ait le plus souvent écrit ſumma . À la différence du s long, ∫, en
t ypographie, garde t oujours une hampe descendant au-dessous de la ligne de base, en romaine comme en it alique.
(Voir l'article Notation de Leibniz pour une justification de la notation complète, et en particulier du symbole dx.).

Lien avec les primitives

Le but du calcul int égral est de développer des mét hodes permet t ant de calculer les int égrales. La principale
mét hode pour calculer une int égrale passe par la not ion de primitive d'une fonct ion. La « primit ivat ion » est
l'opérat ion qui, à part ir d'une fonct ion f, donne une fonct ion F dérivable et dont la dérivée est égale à f : F′(x) = f(x).

On mont re que t out e fonct ion cont inue sur un segment [a , b] admet des primit ives, et que l'int égrale de a à b est
égale à F(b) – F(a ), indépendamment de la primit ive choisie.

De plus, l'ensemble des primit ives d'une fonct ion f cont inue sur un int ervalle I est donné par l'ensemble de ses
int égrales indéfinies

où a est un point de I et K un réel quelconque.

Le t héorème fondament al de l'analyse affirme que les deux approches de l'int égrale (« aire sous une courbe » et
« primit ivat ion »), sont sous cert aines condit ions les mêmes. Ces condit ions peuvent varier selon le t ype d'int égrale
considéré. Ainsi, les fonct ions qui admet t ent des primit ives presque part out , sont aussi int égrables au sens de
Kurzweil-Henst ock, mais pas nécessairement au sens de Riemann ou au sens de Lebesgue.
Historique

L'hist oire des mat hémat iques doit beaucoup à la t héorie de l'int égrat ion, et sa place prédominant e a façonné
l'analyse en offrant à qui une solut ion, à qui un problème. Le lust re des « mét hodes int égrales » en Grèce ant ique
l'at t est e (voir mét hode d'exhaust ion), et bien qu'il faille at t endre le calcul infinit ésimal pour une première
formalisat ion, elles nous avaient déjà offert de profonds et beaux résult at s : les At héniens évaluèrent les
grandeurs de l'espace puis en démont rèrent implicit ement l'exist ence et l'unicit é ; au xviie siècle naissent des
mét hodes générales de « calcul de l'infini » (rect ificat ion de courbes, quadrat ures, et c.) C'est alors que la mét hode
des indivisibles de Cavalieri voit le jour.

C'est Leibniz qui int roduit le fondement de la t héorie de l'int égrat ion (Geometria recondita , 16863.), qu'il conçoit
comme opérat ion inverse de la différent iat ion (Nova methodus pro maximis et minimis , 1684), d'une part par un
symbolisme inégalé reliant int égrat ion et dérivat ion, d'aut re part par la mise en place des principaux t héorèmes
perpét ués jusqu'à aujourd'hui.

La formalisat ion de cet t e t héorie a revêt u diverses formes. Elle about it t ardivement , à cause de la complexit é des
problèmes soulevés :

que sont les fonct ions ? les réels ? (ces quest ions ne furent pleinement élucidées que grâce au développement
de l'analyse au xixe siècle) ;

quelles fonct ions peuvent s'int égrer ? (c'est la quest ion de l'int égrabilit é ; elle est liée, ent re aut res, à des
problèmes de convergence).

L'int égrale de Riemann (Bernhard Riemann, 1854, publicat ion post hume en 1867) puis l'int égrale de Lebesgue (Henri-
Léon Lebesgue, 1902) ont marqué les esprit s par leur formalisat ion about ie. L'int égrat ion est encore un sujet pour la
recherche cont emporaine ; en t émoignent des ext ensions t elles que l'int égrale d'It ō, l'int égrale de Kurzweil-
Henst ock, ou la récent e const ruct ion de Bongiorno (1996)4.

Extension de l'intégrale aux fonctions non continues sur un


intervalle

Différences entre l'intégration au sens de Riemann et au sens de Lebesgue

Le schéma général ut ilisé pour const ruire une int égrale et qui cherche à mesurer l'aire du domaine sous la courbe
est le même pour les t rois approches de l'int égrat ion :

au sens de Riemann, voir Int égrale de Riemann

au sens de Lebesgue, voir Int égrale de Lebesgue

ou au sens de Kurzweil-Henst ock, voir Int égrale de Kurzweil-Henst ock.

D'abord, on considère une famille de fonct ions élément aires, pour lesquelles nous avons un moyen évident de
mesurer l'aire sous la courbe. Dans le cas de l'int égrale de Riemann ou de Kurzweil-Henst ock, ce sont les fonct ions
en escalier dont l'aire sous la courbe est égale à la somme des aires des rect angles ; les fonct ions en escalier
ét ant const ant es sur des int ervalles, le domaine sous la courbe d'une t elle fonct ion peut alors êt re vu comme une
réunion de rect angles. Pour l'int égrale de Lebesgue, les fonct ions élément aires sont les fonct ions ét agées,
const ant es, non plus sur des int ervalles, mais sur des part ies mesurables (approche plus souple et plus générale).
L'int égrale de Riemann permet d'int égrer ent re aut res les fonct ions croissant es ou décroissant es, et les fonct ions
cont inues, donc aussi les fonct ions cont inues par morceaux, ainsi que les fonct ions monot ones par morceaux.
Tout e limit e uniforme d'une suit e de fonct ions int égrables au sens de Riemann est int égrable au sens de Riemann.
Cependant une limit e simple (c'est -à-dire que f(x) = lim fn(x) pour t out x de l'int ervalle [a , b] sans condit ion
d'uniformit é en x) de fonct ions Riemann int égrables n'est pas nécessairement Riemann int égrable. Il est possible
de caract ériser les fonct ions int égrables au sens de Riemann : ce sont les fonct ions bornées dont l'ensemble des
point s de discont inuit é est de mesure nulle (crit ère de Lebesgue).

L'int égrat ion au sens de Lebesgue permet d'int égrer plus de fonct ions (dont des fonct ions qui ne sont même pas
localement bornées), et elle donne la même valeur à l'int égrale lorsque la fonct ion est déjà int égrable au sens de
Riemann. Elle a l'avant age de munir l'espace vect oriel des fonct ions int égrables (modulo l'égalit é presque part out )
d'une st ruct ure d'espace normé complet . Ceci est essent iel pour beaucoup d'applicat ions. Cependant , on perd la
not ion de sommes de Riemann, et il exist e des cont ext es (ét ude des suit es uniformément dist ribuées par
exemple) où les fonct ions int égrables au sens de Riemann surviennent nat urellement ; pour une généralisat ion de
cet t e dernière permet t ant néanmoins d'int égrer également t out es les fonct ions mesurables (au sens de
Lebesgue), voir l'int égrale de Kurzweil-Henst ock.

Cas des fonctions monotones

Si sur le segment (ainsi S f est inclus dans S g), alors nous aurons

Si l'on suppose par exemple la fonct ion f monot one sur [a , b], il est possible d'approcher son aire en ut ilisant
soigneusement une fonct ion élément aire s (dans le cas de l'int égrat ion de Riemann ou de Kurzweil-Henst ock, une
fonct ion en escalier, et dans le cas de l'int égrat ion de Lebesgue, une fonct ion ét agée). Nous choisissons s t elle
que s ≤ f mais en supposant s t rès proche de f, au sens où, ayant préalablement fixé un ε > 0 arbit rairement pet it ,
les valeurs prises par f s'éloignent de celles prises par s d'au plus ε, ce qui se not e
.

L'aire sous s , facilement calculable comme somme d'aires de rect angles, est majorée par l'int égrale de f, et est
appelée somme inférieure.

Cas des fonctions non monotones

Dans le cas de l'int égrale de Riemann ou de Kurzweil-Henst ock, nous fabriquons aussi des sommes supérieures de
la même façon : nous choisissons une fonct ion en escalier, disons σ, t elle que σ ≥ f en supposant σ de la même
manière t rès proche de f, et nous considérons une somme supérieure comme un majorant de l'aire du domaine sous
f. Dans le cas de l'int égrale de Riemann, les rect angles ut ilisés ont des bases de longueur majorée par une
const ant e ; dans le cas de l'int égrale de Kurzweil-Henst ock, les rect angles ont des bases de longueur variable. La
t héorie de Lebesgue n'ut ilise pas de sommes supérieures.

On mont re que l'ensemble des aires sous les fonct ions s que l'on peut choisir (respect ivement sous les fonct ions σ
dans la t héorie de Riemann ou de Kurzweil-Henst ock), admet une borne supérieure (resp. inférieure, et c'est la
même). Cet t e valeur est alors appelée intégrale de f sur [ a , b] .

Les fonct ions que nous pouvons int égrer sont appelées fonct ions intégrables .
Cependant , les différences commencent ici ; la t héorie de Riemann est de loin la plus simple, mais de cet t e
simplicit é résult e que l'ensemble des fonct ions int égrables est plus rest reint que celui de la t héorie de Lebesgue
ou de Kurzweil-Henst ock. En plus, l'int eract ion ent re les limit es et l'int égrale sont plus difficiles à décrire dans la
t héorie de Riemann.

Généralisation à un intervalle quelconque

Fonctions intégrables positives

La généralisat ion de l'int égrale à un int ervalle quelconque se fait en se basant sur la not ion d'int égrale définie sur un
segment .

Soit f une fonct ion à valeurs réelles positives , cont inue définie sur un int ervalle I quelconque, not é (a , b), où a est
réel ou égal à –∞ et b est réel ou égal à +∞, et où les parent hèses signifient [ ou ] (avec exclusion si valeur infinie).

On dit que f est intégrable sur l' intervalle I lorsque l'ensemble est majoré. Part ie non vide
et majorée de ℝ, il admet une borne supérieure : on la not e alors et on l'appelle intégrale de f sur I.

Avec ces mêmes données, on a l'équivalence logique : f int égrable sur ]a , b[ si et seulement si t out e primit ive de f
sur ]a , b[ admet une limit e finie en a et en b.

Dans le cas où une fonct ion f est int égrable sur un int ervalle ]a , b[, on a

Fonctions intégrables à valeurs complexes ou vectorielles

Enfin, pour une fonct ion cont inue définie sur un int ervalle I quelconque et à valeurs dans ℂ, on pose par définit ion : f
est int égrable sur I si | f| int égrable sur I en t ant que fonct ion à valeurs réelles posit ives.

De même pour f cont inue définie sur I et à valeurs dans un espace vect oriel normé (E,║.║), f est int égrable sur I si et
seulement si ║f║ est int égrable sur I en t ant que fonct ion à valeurs réelles posit ives.

Intégrales impropres

Art icle dét aillé : Int égrale impropre.

Il se peut t rès bien que « l'aire sous la courbe » d'une fonct ion définie et cont inue sur I et à valeurs réelles
(changeant de signe) ait une limit e en faisant t endre les ext rémit és d'une suit e de segment s inclus dans I vers les
bornes de I, sans t out efois que la fonct ion en jeu soit int égrable sur I au sens de la définit ion. On parle alors
d'intégrale semi-convergente , la valeur de l'aire t rouvée est appelée int égrale impropre. C'est le cas avec
l'exemple classique de la fonct ion de ]0,+∞[ dans ℝ qui à t out t > 0 associe (sin t)/t : elle peut êt re prolongée
cont inûment par 1 en zéro mais le problème de l'int égrabilit é se pose au voisinage de +∞. On peut calculer son

int égrale impropre (puisqu'elle n'est que semi-convergent e) : on t rouve : .


Moyenne

Valeur moyenne d'une fonction

Pour t out e fonct ion cont inue (ou même seulement cont inue par morceaux) sur un segment [a , b] t el que a < b, la
valeur moyenne de f sur [ a , b] est le réel m défini par :

Cet t e not ion généralise celle de moyenne d'un nombre fini de réels en l'appliquant à un nombre infini de valeurs
prises par une fonct ion int égrable. Elle sert par exemple dans la décomposit ion en série de Fourier d'une fonct ion
périodique : c'est la composant e const ant e. En t rait ement du signal, pour les signaux périodiques, il s'agit de la
composant e cont inue (offset ).

Moyennes pondérées

On peut aussi, par analogie avec les moyennes pondérées d'un nombre fini de réels, affect er « à chacune des
valeurs prises par la fonct ion » un coefficient st rict ement posit if. On ut ilise alors ce que l'on appelle une fonct ion
poids ( pour l'init iale de weight, poids en anglais) :

Ce procédé peut aussi s'ut iliser sur un int ervalle ouvert ou semi-ouvert mais borné (c'est -à-dire fini) où la fonct ion
f.w est int égrable. On peut cit er l'exemple classique servant à mont rer l'ort hogonalit é de la famille des polynômes
de Tchebychev :

où la fonct ion Tn×Tp est cont inue sur le fermé [0, 1] et où la fonct ion poids est

Son int égrale est bien définie et vaut .

Propriétés des intégrales

Relation de Chasles

Soient f une fonct ion cont inue sur I et a, b et c t rois réels de I.


(relat ion de Chasles)

Linéarité

Soient f et g deux fonct ions cont inues sur I et a, b deux réels de I.

(linéarit é de la fonct ion int égrale)

Inégalités

Soient f et g deux fonct ions cont inues sur I et a, b deux réels de I.

Si f(x) ≤ g(x) sur [a , b], alors

Inégalité de la moyenne . Si f est cont inue sur [a , b], avec a ≤ b et si pour t out x de cet int ervalle, on a :

alors

Art icle connexe : Théorème de la moyenne.

Intégration par parties

Art icle dét aillé : Int égrat ion par part ies.

Soient u et v deux fonct ions de classe C1 (i. e. dérivables de dérivées cont inues sur le segment [a , b]) :

Intégration par changement de variable

Art icle dét aillé : Int égrat ion par changement de variable.

Soit f une fonct ion numérique cont inue, et φ une fonct ion de classe C1 sur [a , b] dont l'image est cont enue dans le
domaine de définit ion de f. Alors :

Parmi les mult iples exemples, on ret ient t rois changement s de variables simples connus sous les noms de
« formule du roi », « formule de la reine » et « formule du valet », qui permet t ent d'exploit er les propriét és de
symét rie ou de périodicit é des int égrandes et de simplifier les calculs5:

Formule du roi

Pour une int égrale définie sur un int ervalle , le changement de variables donne :

Formule de la reine
Pour une int égrale définie sur un int ervalle , le changement de variables , combiné à la relat ion
de Chasles, donne :

Formule du valet

Pour une int égrale définie d'une fonct ion T-périodique sur un int ervalle , le changement de variables
sur chaque int ervalle , combiné à la relat ion de Chasles, donne :

Calcul d'intégrales sous forme explicite

Les formules précédent es, bien que permet t ant la dét erminat ion de nombreuses int égrales et primit ives, ne
permet t ent pas d'obt enir explicit ement la plupart d'ent re elles. Plus précisément , des t héorèmes comme celui de

Liouville mont rent qu'il est par exemple impossible d'exprimer les primit ives d'une fonct ion t elle que à

l'aide des fonct ions usuelles (dit es élément aires), ce qui oblige à en définir de nouvelles (ici, la fonct ion logarit hme
int égral)a ; de même, la plupart des int égrales définies ne peuvent êt re calculées sans int roduire de nouvelles
const ant es (voir l'art icle Algèbre des périodes).

Calcul numérique d'une intégrale

Art icle dét aillé : Calcul numérique d'une int égrale.

Intégration numérique par la


méthode des rectangles.

Intégration numérique par la


méthode des trapèzes.

On ne connaît pas t oujours une formule pour décrire une fonct ion, par exemple dans le cas d'une courbe
expériment ale. Dans d'aut res cas, on ne connaît pas de mét hode analyt ique pour exprimer la primit ive, ou bien on n'a
pas besoin de l'expression analyt ique et seule la valeur numérique suffit . On a recours dans ces cas-là à une
mét hode numérique.

Les mét hodes numériques consist ent à prendre une suit e de valeurs (xi, f(xi)), les valeurs des xi ét ant si possible
équidist ant es : xi+1 – xi = p. On peut ensuit e appliquer différent es mét hodes, dont les deux principales consist ent à
faire la somme d'aires S i :
mét hode des rect angles : S i est l'aire d'un rect angle de haut eur f(xi) et de largeur p, on prend donc pour
approximat ion

mét hode des t rapèzes : S i est l'aire d'un t rapèze de bases f(xi) et f(xi+1), et de haut eur p (graphiquement , c'est
plut ôt sa « largeur »), on prend donc pour approximat ion

Les mét hodes numériques sont aut omat isables sur les ordinat eurs et calculat rices programmables.

D'aut res mét hodes sont possibles.

Méthode graphique de tracé d'une primitive

Intégration graphique
d'une fonction : les
vecteurs à droite
correspondent aux
ordonnées de la courbe
de gauche.

Détermination graphique
d'une intégrale double :
les vecteurs à droite
correspondent aux
abscisses de la courbe
du haut à un facteur près ;
la position du pôle
détermine l'inclinaison de
la courbe.

On peut ut iliser des mét hodes graphiques ut ilisant le fait que la valeur de la fonct ion en un point est la pent e de la
primit ive.

Considérant le même découpage que précédemment , on découpe l'int ervalle d'int égrat ion en bandes vert icales de
largeur p cent rées sur les valeurs xi. Sur un graphique voisin, le graphique polaire, on place des vect eurs
à l'origine O et l'on considère un point P sur l'axe des x, dist ant de O ; P est appelé le pôle. Si l'on relie
P aux ext rémit és des vect eurs, on obt ient des droit es di dit es polaires, dont les coefficient s direct eurs a i sont

proport ionnels aux valeurs de f(xi ) :

On report e ensuit e les direct ions de ces droit es polaires pour former un polygone funiculaire. L'axe des ordonnées
est à une échelle 1/OP. L'ordonnée de départ du funiculaire correspond à la const ant e d'int égrat ion.

Si, au lieu de placer l'origine des vect eurs en O, on les met bout à bout , on effect ue alors une double int égrat ion,
puisque les valeurs sont cumulées. Le pôle n'est plus nécessairement sur l'axe des x ; cela incline différemment la
courbe obt enue, et correspond à la const ant e d'int égrat ion de la première int égrale. Ceci est par exemple appliqué
pour dét erminer le diagramme des moment s fléchissant s d'une pout re en flexion à part ir des charges, ou bien la
forme de cet t e pout re à part ir du diagramme des moment s fléchissant s.

Méthodes analogiques

Mesure de surface

Il est possible d'est imer la valeur d'une int égrale par des mesures physiques. Par exemple, on t race la courbe sur
une feuille de papier, on découpe la feuille suivant le t racé puis on pèse le résult at . En effet , si la masse surfacique
est uniforme, alors le poids mesuré est proport ionnel à l'aire. Ce principe ét ait not amment ut ilisé pour dét erminer
l'aire d'un pic dans des mesures, par exemple pour faire de l'analyse quant it at ive par diffract omét rie X.

Intégration d'une fonction d'intensité électrique

On peut ut iliser d'aut res phénomènes physiques « int égrat eurs », comme le chauffage d'un corps :

la fonct ion à int égrer est représent ée par un courant d'int ensit é variable qui passe dans un résist eur chauffant ;

l'int égrale est représent ée par la t empérat ure du corps chauffé, par exemple une quant it é donnée d'huile ;

puisque la variat ion de t empérat ure dT est reliée à la chaleur reçue δQ par l'équat ion :

où m est la masse d'huile et C p sa capacit é t hermique massique.

Cet t e variat ion dT est donc proport ionnelle à l'int ensit é i par la loi d'Ohm :

, où dt est la durée de chauffage,

soit

Calculateurs analogiques électroniques

Art icle dét aillé : Calculat eur analogique.

Anecdotes

En 1994, une chercheuse en médecine a réinvent é sans le savoir la mét hode d'int égrat ion par la mét hode des
t rapèzes en cherchant à proposer une mét hode de calcul pour mesurer la réponse biologique à la prise de glucose
chez le pat ient diabét ique 6. Si le fait de redécouvrir un résult at ou une mét hode exist ant e n'est pas rare en
sciences, le calcul int égral est censément bien connu des ét udiant s de premier cycle scient ifique, ce qui confère
une dimension cocasse involont aire à cet art icle 7. En oct obre de la même année, des cont ribut ions publiées dans la
même revue relevaient d'ailleurs cet ét at de fait 8,9.

Notes et références

Notes

a. Hist oriquement , c'ét ait déjà le cas de la fonct ion (logarit hme nat urel), aujourd'hui considérée

comme une fonct ion usuelle mais définie comme une cert aine int égrale de la fonct ion , qu'on ne peut

pas exprimer explicit ement à l'aide des fonct ions élément aires ant érieurement connues.

Références

1. Alain Michel, Constitution de la théorie de l'intégration, p. 10, aperçu (ht t ps://books.google.com/books?id=k28


30x1g-BcC&pg=PA10) sur Google Livres .

2. Mot masculin, comme multiplicande, opérande, radicande.

3. Got t fried Wilhelm Leibniz : De geometria recondita et analysi indivisibilium atque infinitorum (Calcul intégtral :
De la géométrie profonde et analyse des indivisibles et de l'infini), en lat in dans les Acta Eruditorum, Leipzig,
1686 (lire en ligne (https://books.google.fr/books?id=mDJkNTHAF10C&pg=PA292&) [arc hive]) . Traduct ion française par
Marc Parment ier, La naissance du calcul différentiel : 26 articles des Acta Eruditorum, Paris, Vrin, 1995, p. 126
(aperçu en ligne (https://books.google.fr/books?id=lfEy-OzaWkQC&pg=PA126&) [arc hive]) .

4. (it) B. Bongiorno, « Un nuovo int egrale per il problema delle primit ive », Le Matematiche, vol. 51, no 2,‎1996,
p. 299-313 (lire en ligne (http://www.dmi.unict.it/ojs/index.php/lematematiche/article/viewFile/441/414) [arc hive]) .

5. (en) Amit M. Agarwal, Skills in Mathematics - Integral Calculus for JEE Main and Advanced (lire en ligne (https://
books.google.fr/books?id=R5Z-EAAAQBAJ&pg=PA89&lpg=PA89&dq=integral+ king+ property&source=bl&ots=GRWNBf5dJs&sig

=ACfU3U0VDKvCBjrtNleZbDY9q0iEyYBAbw&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwi_7L_kjNj7AhX1UKQEHZMNBwwQ6AF6BAghEAM#v=onepa
ge&q=integral%20king%20property&f=false) [arc hive])

6. (en) Mary M Tai, « A Mat hemat ical Model for t he Det erminat ion of Tot al Area Under Glucose Tolerance and
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Voir aussi

Articles connexes

Arnaud Denjoy Somme de Riemann

Oskar Perron Table d'int égrales

Int égrale de St ielt jes Table de primit ives

Bibliographie

Jean-Yves Briend, Petit traité d'intégration, EDP Sciences, 2014, aperçu (ht t ps://books.google.com/books?id=Vjul
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Marc Briane et Gilles Pagès, Théorie de l’intégration - Convolution et transformée de Fourier, Vuibert , 2012

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Liens externes

Not ices dans des dict ionnaires ou encyclopédies généralist es : Britannica (ht t ps://www.brit annica.com/t opic/i
nt egral-mat hemat ics) [archive] · Den Store Danske Encyklopædi (ht t ps://denst oredanske.lex.dk//int egralregnin
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Not ices d'aut orit é : BnF (ht t ps://cat alogue.bnf.fr/ark:/12148/cb119395946)


(données (ht t ps://dat a.bnf.fr/ark:/12148/cb119395946) ) · LCCN (ht t p://id.loc.gov/aut horit ies/sh85067099) ·
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Jean Gounon, « Int égrale de Riemann et Int égrale de Lebesgue (ht t p://www.dma.ens.fr/cult uremat h/mat hs/pdf/
analyse/int egrales.pdf) [archive] », sur dma.ens.fr/culturemath — Une présent at ion syst émat ique de deux
t héories de l'int égrat ion pour les fonct ions réelles d'une variable réelle, en 9 pages, le plus souvent sans
démonst rat ion.

Por tail de l'analyse

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