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LES REGLES DE BEJING RELATIVES AUX MINEURS EN COTE D’IVOIRE

INTRODUCTION

I- GENERALITES
1. Les règles de Beijing
2. Mineurs
3. système de protection des mineurs en Côte d’Ivoire
II- APPLICATION DES REGLES DE BEIJING EN COTE D’IVOIRE
a. Les aspects des Règles de Beijing adoptés au contexte ivoirien
b. Défis
CONCLUSION
Introduction

Crée dans un contexte où les prise de conscience des droit des enfants et des jeunes en conflit avec la loi
commençait à émerger au niveau international dans les années 80, les Règles de Beijing, officiellement
appelées règles Minima des Nations Unies pour la protection des mineurs privés de liberté, constituent
un ensemble de principes directeurs adoptés en 1985 par l'Assemblée générale des Nations Unies. Elles
visent à garantir que les jeunes en conflit avec la loi soient traité de manière juste et équitable et à
promouvoir une justice adaptée aux mineurs, à garantir leurs droits fondamentaux dans les procédures
pénales, quel que soit le pays.

La Côte d'Ivoire a signé les Règles de Beijing en 1990, année de leur adoption par l'Assemblée générale
des Nations Unies. Ces règles ne sont pas un traité juridiquement contraignant, elles constituent un cadre
de référence. Par conséquent, un processus formel de ratification n'est pas nécessaire pour leur
application, contrairement à une convention internationale. Cependant, la Côte d'Ivoire a intégré ces
principes dans ses textes juridiques et pratiques concernant la justice pour mineurs.

Dans quelle mesure les Règles de Beijing influencent-elles la protection des mineurs en Côte d’Ivoire ?

Pour répondre à cette problématique nous allons faire une présentation en deux parties ; I) les
généralités, II) application des règles de Bejing en Côte d’Ivoire.

I) GENERALITES

1- Les règles de Bejing

Ils établissent des normes internationales pour la justice juvénile. Ils mettent l'accent sur la protection
des droits des enfants en conflit avec la loi et sur leur réinsertion sociale. Ces regles reposent sur les
principes suivants :

1-1. Champ d'application et objectifs

Les règles s'appliquent aux enfants et adolescents en conflit avec la loi, définis comme des personnes
n'ayant pas atteint l'âge de la majorité pénale. Elles visent à promouvoir le bien-être des mineurs et à
éviter autant que possible leur incarcération.

1-2. Garanties procédurales

Les règles garantissent le droit à un traitement et à un procès équitables ; le droit d’être informé des
accusations portées contre eux ; la garantie d’une assistance juridique ou autre type d'assistance pendant
les procédures judiciaires et le respect de la vie privée des mineurs à tous les stades de la procédure.

1-3. Âge minimum de la responsabilité pénale

Les règles encouragent les États à fixer un âge minimum de responsabilité pénale en dessous duquel les
enfants ne peuvent pas être poursuivis.

1-4. Mesures non privatives de liberté


Les règles encouragent les mesures alternatives à l'emprisonnement, telles que la mise en liberté
surveillée, les services communautaires et la médiation.

1-5. Prise en charge institutionnelle

L'incarcération ne doit être qu'un dernier recours et pour une durée aussi courte que possible.

Les mineurs privés de liberté doivent être séparés des adultes et bénéficier de conditions adaptées à leur
âge.

1-6. Traitement pendant la détention

Les règles recommandent le respect des droits fondamentaux et de la dignité des mineurs, l’accès à
l'éducation, aux soins de santé et à d'autres services de base, la préparation à la réinsertion dans la
société.

1-7. Réinsertion sociale

Les règles mettent l'accent la réhabilitation et la réintégration des mineurs dans leur communauté, en
évitant la stigmatisation.

1-8. Formation des personnels

Les agents de la justice pour mineurs doivent être formés à la psychologie des enfants, aux droits de
l'enfant et aux techniques de réinsertion.

Ces règles constituent un cadre de référence pour les législations nationales et visent à garantir une
approche humanitaire et adaptée aux enfants dans le système de justice pénale.

2- Rappel sur les mineurs

La définition de mineur varie dans le temps et dans l’espace. Dans le cadre de notre exposé, nous
allons le définir selon la Convention relative aux droits de l'enfant (CDE) et les règles de Bejing.

Adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1989, la CDE définit un mineur comme "Tout
être humain âgé de moins de 18 ans, sauf si la majorité est atteinte plus tôt en vertu de la législation
applicable." Cette définition universelle établit les droits fondamentaux des enfants, incluant la
protection, l’éducation, la santé et le bien-être, indépendamment de leur situation.

Les règles de Beijing encore appelées règles minima des Nations Unies pour l'administration de la
justice pour mineurs, adoptées en 1985, ne définissent pas explicitement l'âge de la minorité mais
renvoient aux normes internationales et aux lois nationales. Cependant, elles recommandent que les
systèmes judiciaires pour mineurs respectent l’âge minimum de la responsabilité pénale, fixé par chaque
pays, et garantissent des procédures adaptées aux besoins des jeunes. Les jeunes bénéficient de
traitements axés sur leur réhabilitation plutôt que sur la répression.

Ces cadres soulignent l’importance de considérer les mineurs comme des individus en développement,
nécessitant une protection particulière et des réponses adaptées, tout en tenant compte de leur intérêt
supérieur ; surtout quand, il s’agit d’un mineur en contact avec le système judiciaire. Qu’est-ce qu’un
mineur en contact avec le système judiciaire ? et quels sont les différents types de mineurs en contact
avec le système judiciaire ?

Les mineurs en contact avec le système judiciaire sont des mineurs (personnes de moins de 18 ans) qui
interagissent d'une manière ou d'une autre avec les institutions judiciaires, qu'il s'agisse de procédures
civiles, pénales ou administratives. Ce sont les mineurs en conflit avec la loi, les mineurs en danger, les
mineurs victimes et les mineurs témoins.

2-1 Mineurs en conflit avec la loi :

Ces mineurs sont ceux (personnes de moins de 18 ans) qui ont commis ou sont accusés d'avoir commis
des infractions à la loi (vol, agression, délinquance, etc.). Ils sont pris en charge dans le cadre de la
justice pénale des mineurs, avec une approche centrée sur la réhabilitation et la réinsertion.

2-2 Mineurs en danger :

Ce terme désigne les enfants et adolescents (personnes de moins de 18 ans) exposés à des situations
mettant en péril leur sécurité, leur santé, leur moralité ou leur éducation. Cela peut inclure les cas de
maltraitance, d'abandon, de négligence ou de conditions de vie inadaptées. Les institutions de protection
de l'enfance interviennent pour leur garantir un environnement sûr.

2-3 Mineurs victimes :

Ce sont des mineurs (personnes de moins de 18 ans) qui ont subi un préjudice, qu'il soit physique,
psychologique ou matériel, résultant d'un acte criminel ou d'une infraction (par exemple, violences, abus
sexuels, harcèlement). Ces mineurs peuvent être protégés et pris en charge dans le cadre de procédures
judiciaires.

2-4 Mineurs témoins :

Ces mineurs (personnes de moins de 18 ans) ont été témoins d'événements ayant une portée judiciaire,
tels qu'un crime ou un accident. Leur témoignage peut être sollicité dans le cadre d'une enquête ou d'un
procès, avec des mesures spécifiques pour les protéger et garantir qu'ils ne subissent pas de traumatisme
supplémentaire.

Ces catégories permettent d'adapter l'intervention des systèmes judiciaire et social selon les besoins
spécifiques des mineurs.

3- Le système de protection des mineurs en côte d’ivoire

La protection des mineurs en côte d’ivoire est assurée par un dispositif à la fois légal et institutionnel.

L’Etat de Côte d’Ivoire a signé et ratifié plusieurs textes et conventions internationaux qui assurent la
protection des mineurs. Il a domestiqué ces textes dans sa législation à travers des textes juridiques ( loi
décret arrêtés…). On peut citer le code civil, le code pénal, le code de procédure pénale.
La protection des enfants est une priorité, et plusieurs institutions jouent un rôle clé à cet effet,
notamment le Ministère de la Justice ; le Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant à travers
leur directions centrales que sont la DPJEJ( direction de la protection judiciaire de l’enfance et de la
jeunesse) et la DPE( direction de la protection de l’enfance); et les ONG.

3-1. Le rôle du Ministère de la Justice et des Liberté Publique

Le Ministère assure l’encadrement juridique à travers la Justice pour mineurs dans un cadre de
Collaboration intersectorielle.

En effet le ministère œuvre à l’élaboration et application des lois relatives à la protection des droits des
enfants, comme la lutte contre la traite et l’exploitation des enfants, les mariages précoces ou forcés, et
les violences. Il assure le renforcement des cadres légaux pour la protection des mineurs en conflit avec
la loi ou en danger. Tout cela se fait à travers la Justice pour mineurs, par la mise en place de tribunaux
pour enfants et formation de magistrats spécialisés dans les questions relatives à l’enfance. Il assure la
protection des enfants en conflit avec la loi via des mesures adaptées (réhabilitation, réinsertion, etc.).

Ce travail se fait en coordination avec d’autres ministères et organismes pour garantir la mise en œuvre
effective des droits des enfants, tel que Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant ; ce à travers
la DPJEJ.

La DPJEJ

Sous direction de la Sous direction de la


Services extérieurs prévention de la prise en charge de
Services techniques
rattaches délinquance l’enfance
juvénile délinquante

Service de la Centre Service de


Service de la Centre Centre de Service de prise en
protection judiciaire d’Hebergement prévention de la
protection judiciaire d’Observation pour Réinsertion pour charge de l’enfance
de l’enfance en Provisoire pour délinquance
de l’enfance Mineurs Mineurs délinquante
milieu carcéral Mineurs juvénile

La DPJEJ et ses structures


3-2. Le rôle du Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant

Le Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant joue un rôle important dans la protection et


promotion des droits des enfants, la sensibilisation et prévention et l’appui aux familles.

En effet, il met en œuvre les politiques et les programmes pour protéger les enfants contre la violence,
l’exploitation, la négligence et les abus. Il œuvre à la création et à la gestion de centres d’accueil pour
les enfants en situation difficile (orphelins, enfants des rues, victimes d’abus). Il organise des campagnes
de sensibilisation sur les droits des enfants ; de lutte contre les violences basées sur le genre et les abus
et de promotion de l’éducation et de la santé pour tous les enfants, avec un accent sur les jeunes filles.
Le ministère apporte également un appui aux familles à travers des soutiens aux familles vulnérables
pour éviter l’abandon ou la maltraitance des enfants. Il met en place des mécanismes de soutien social
pour garantir un environnement familial sécurisé.

La Direction de la
Protection de l’Enfance
(DPE)

- la Sous-direction de la
- la Sous-direction de la coordination et de
Promotion des Droits de l’encadrement des
l’Enfant et de la Lutte Établissements de
contre les Abus Protection de
Remplacement (EPR).

Service de la coordination Service de la coordination


Service de la Promotion Service de la Lutte contre
et de l’encadrement des et de l’encadrement des
des Droits de l’Enfant, les Abus et Violences.
EPR privés, le EPR publics.

La DPE et ses sous directions

La DPE, à travers, la Sous-direction de la coordination et de l’encadrement des EPR, assure la gestion et


la coordination des EPR publics et privés.

Il existe à ce jour 4 pouponnières publiques (Bouaké, Yopougon, Adjamé 220 Logements et Dabou), 2
orphelinats publics, des Centres d’accueil, un Centre de transit à Agboville, un Centre pour enfants en
difficulté à Soubré et à Ferké, et une quarantaine de structures privées agréées.
Ces structures étatiques travaillent avec des partenaires.

3-3 Coordination et partenariats

Les ministères travaillent en synergie et collaboration avec les ONG nationales et internationales
(comme l’UNICEF), et d'autres acteurs pour financer et mettre en œuvre des initiatives de protection de
l'enfance.

Cela permet de renforcer les lois existantes, de mettre en place des systèmes d’assistance judiciaire pour
les enfants victimes d’abus et d’assurer une prise en charge holistique des enfants vulnérables, englobant
à la fois les aspects juridiques, sociaux et éducatifs.

Malgré ces efforts, des défis persistent, notamment le manque de ressources, l’insuffisance de structures
adaptées, et les résistances culturelles. Les ministères doivent continuer à renforcer leurs capacités,
sensibiliser davantage et améliorer les partenariats pour garantir une meilleure protection des enfants.

II) APPLICATION DES REGLES DE BEIJING EN COTE D’IVOIRE

Les Règles de Beijing, officiellement appelées Règles des Nations Unies pour la protection des mineurs
privés de liberté, constituent un ensemble de principes directeurs adoptés en 1985 par l'Assemblée
générale des Nations Unies. Elles visent à promouvoir une justice adaptée aux mineurs et à garantir
leurs droits fondamentaux dans les procédures pénales, quel que soit le pays. En Côte d'Ivoire, ces règles
influencent les dispositions légales et institutionnelles liées à la prise en charge des mineurs en conflit
avec la loi ou en danger. Certains aspects de ces Règles de Beijing ont été adaptés au contexte ivoirien.

1- Les aspects des Règles de Beijing adoptés au contexte ivoirien

1-1 La prévention de la délinquance juvénile

Les règles mettent l'accent sur la prévention par l'éducation civique et morale dans les écoles ; le
développement d'activités sociales et culturelles pour les jeunes ; l'implication des familles et des
communautés dans l'encadrement des enfants.

En Côte d'Ivoire, cela se traduit par des programmes gouvernementaux et associatifs visant à sensibiliser
les jeunes sur les conséquences de la délinquance et à renforcer leur inclusion sociale. Le programme
civique les programmes d’alphabétisation sont autant d’exemple.

1-2 La justice pénale adaptée aux mineurs

Les règles insistent sur une justice respectueuse des droits des enfants, en considérant leur âge, leur
niveau de maturité et leur intérêt supérieur.
En Côte d'Ivoire Les mineurs bénéficient d'une procédure spéciale, encadrée par un juge des enfants.
Des mesures alternatives à l'incarcération (médiation, réparation, la liberté surveillée encore appelée
mise sous surveillance éducative) sont encouragées.

1-3 La détention comme dernier recours

Les Règles de Beijing stipulent que la privation de liberté des mineurs doit être une mesure
exceptionnelle et de courte durée.

En Côte d'Ivoire la loi prévoit que l’incarcération des mineurs ne doit être décidée qu'en dernier recours.
Les centres de réinsertion sociale (comme ceux de Bouaké et Dabou) accueillent les mineurs en conflit
avec la loi pour une prise en charge éducative et psychosociale. Les mineurs en détention carcérale sont
pris en charge par 31 SPJMC . Pour rappel, nous avons à ce jour, 38 SPJEJ, 31 SPJMC, 03
COM( bingerville, Bouaké, man), 02 CRM ( Bouaké, Dabou), 01 CHPM ( plateau)

1-4 La protection pendant la détention

Lorsqu'un mineur est détenu, les règles garantissent qu'il soit protégé contre toute forme d'abus et
bénéficie d’un traitement adapté à savoir, la séparation des mineurs et des adultes dans les lieux de
détention, l’accès à l'éducation, à la santé et aux loisirs, la formation continue pour les professionnels
travaillant avec les mineurs.

En Côte d'Ivoire, bien que des progrès aient été réalisés, des défis subsistent, notamment en termes
d’infrastructures adaptées et de formation du personnel pénitentiaire.

1-5 Réhabilitation et réinsertion sociale

Les Règles de Beijing mettent un accent particulier sur la réinsertion des mineurs après leur conflit avec
la loi. Cela inclut des programmes de formation professionnelle, le Soutien psychosocial et le suivi
post-libération pour éviter la récidive.

En Côte d'Ivoire, certains programmes, appuyés par des ONG et des partenaires internationaux, visent à
offrir une seconde chance aux jeunes en leur permettant de se réintégrer dans leurs communautés. On
peut citer l’école de la seconde chance.

2- DEFIS

Les règles de Bejing ont eu influence sur les lois nationales. Elles ont eu certaines limites car certaines
dispositions ne sont pas applicables dans le contexte ivoirien.

Malgré les avancées, plusieurs obstacles ont freiné l’application complète des Règles de Beijing. Ce sont
l’insuffisance des infrastructures spécialisées, le Manque de ressources pour une prise en charge
adéquate des mineurs et les problèmes de sensibilisation limitée des communautés et des acteurs de la
justice.

CONCLUSION
Les Règles de Beijing offrent un cadre essentiel pour garantir une justice respectueuse des droits des
mineurs en Côte d'Ivoire. Cependant, leur mise en œuvre nécessite un engagement renforcé de l’État,
des organisations internationales et de la société civile pour protéger les enfants en conflit avec la loi ou
en danger.

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