PROJET DE MEMOIRE
LE CAUTIONNEMENT REEL EN DROIT
DES SURETES OHADA
L’EFFECTIVITE DE LA CLASSIFICAITON DES SÛRETES
La sûreté est un mécanisme établi en faveur du créancier, lui garantissant le
recouvrement de sa créance. Classiquement, la doctrine l’on distingue en la
matière, les sûretés personnelles et les sûretés réelles. Si les premières consistent
en l’engagement d’une personne (aux côtés du débiteur) de répondre de
l’obligation du débiteur principal en cas de défaillance de celui-ci, (Aus 4 al.1),
les secondes s’attèlent à l’affectation d’un bien en garantie du paiement d’une
créance, et ce par préférence sur le prix de réalisation dudit bien.
De cette classification, nous notons une frontière entre les sûretés personnelles et
les sûretés réelles, ce qui laisse à penser que ces deux types de sûretés ne
sauraient être combinées. Or, au nom de la liberté contractuelle, la pratique des
affaires semble remettre en cause cet acquis doctrinal lorsqu’elle avance la
notion de cautionnement réel.
La notion de « cautionnement réel », tant dans Cette notion, ni le droit français,
que dans le droit OHADA ni celui de l’ohada en matière de sûretés ne lui n’a été
consacrée par une définition précise ; toutefois, le rapprochement des termes
constituant la notion permet d’avoir une idée quant à ses caractéristiques.
En effet, « cautionnement » renvoie à l’engagement d’un tiers à garantir
l’obligation souscrite par le débiteur, ce qui nous fait penser au cautionnement
tel qu’habituellement connu, et « réelle » se rattache à l’idée d’affecter en
garantie du paiement de la dette, un ou plusieurs biens déterminés, procédé qui
nous rapproche d’une sûreté réelle. Il ressort de cette configuration que le
cautionnement réel présenterait un caractère hybride.
Ce caractère hybride du cautionnement réel a fait que dans l’arène des différents
systèmes juridiques étatiques, la notion de cautionnement réel a longtemps été
sujet de discussions vives et de controverses jurisprudentielles et doctrinales en
raison de l’ambigüité pesant sur la détermination des règles à appliquer à ce type
de sûretés. Si le droit français semble avoir trouvé une porte de sortie en
appliquant au cautionnement réel les règles de la sûreté réelle parce que le
qualifiant comme tel, la polémique autour de la notion anime encore les tribunes
doctrinales de l’OHADA1. Dans l’intention de prendre part à ce débat relatif à la
nature réelle du cautionnement réel, nous avons consenti à approfondir le
contour de la notion. Ce choix nous conduit à revoir la pertinence de la
classification binaire2 des sûretés.
Mais au-delà de l’appréciation de la classification doctrinale des sûretés, c’est ici
le lieu de poser le problème du régime juridique du cautionnement réel en droit
OHADA. Aussi, convient-il de poser la question suivante : Quel régime
juridique pour le cautionnement réel en droit des sûretés OHADA ? en
d’autres termes, quelles règles lui appliquer ?
L’on se rend compte, au regard de l’accumulation de contentieux
jurisprudentiels et doctrinaux portant sur la détermination du régime juridique a
lui appliquer, que la polémique demeure en intime relation avec le
questionnement sur la nature même du cautionnement réel en droit ohada ; car,
dans le fond, si la détermination de son régime juridique se montre complexe,
c’est parce que sa nature est encore discutée et ne fait pas l’unanimité. A défaut
d’un régime légal propre, la qualification du cautionnement réel en
cautionnement ou en sûreté réelle conditionnera les règles qui lui sont
applicables.
Nous proposons de réaliser nos travaux de recherche en nous aidant du schéma
suivant :
PREMIERE PARTIE :
LA PERTINENCE DE LA CLASSIFICATION DES SÛRETES FACE A
LA QUALIFICATION MIXTE DU CAUTIONNEMENT REEL
CHAPITRE 1 : L’IDENTITE JURIDIQUE DU CAUTIONNEMENT REEL EN
DROIT OHADA
SECTION 1 :LA PRESENCE DES TRAITS DU CAUTIONNEMENT
PERSONNEL DANS LE CAUTIONNEMENT REEL / LA PREDOMINANCE
DES REGLES PERSONNELLES DES SURETES
1
Note de bas de page sur les sources de cette assertion ?
2
A définir et mettre les sources de la définition.
SECTION2 :LA PRESENCE DES CARACTERISTIQUES DES SURETES
REELLES DANS LE CAUTIONNEMENT REEL
CHAPITRE 2 : L’ADMISSION LEGISLATIVE D’UN MECANISME
DUALISTE DES SÛRETES
SECTION1 : L’ADMISSION DE LA GARANTIE REELLE SANS
ENGAGEMENT PERSONNEL DE LA CAUTION
SECTION2 : L’ADMISSION D’UN ENGAGEMENT PERSONNEL
REELLEMENT GARANTI DE LA CAUTION
DEUXIEME PARTIE :
L’ADMISSION LEGISLATIVE D’UN MECANISME DUALISTE DES
SÛRETES
CHAPITRE1 : LA COMBINAISON DES REGIMES REELS ET
PERSONNELS DANS L’ENCADREMENT JURIDIQUE DU
CAUTIONNEMENT REEL
SECTION 1 : L’APPLICATION DES REGLES DU CAUTIONNEMENT
DANS LA FORMATION DUCONTRAT DE CAUTIONNEMENT REEL
SECTION2 : L’APPLICATION DES REGLES DU CAUTIONNEMENT
DANS L’EXECUTION DU CONTRAT DE CAUTIONNEMENT REEL
CHAPITRE 2 : L’INTEGRATION DES REGLES PROPRES AUX SURETES
REELLES
SECTION 1 : LES AJUSTEMENTS REQUIS PAR LA PRESENCE DE
GARANTIE REELLE
SECTION 2 : LES LIMITES DE L’APPLICATION CONJOINTE DES
REGLES REELLES ET PERSONNELLES
CHAPITRE1 :LA PREDOMINANCE DES REGLES PERSONNELLES DES
SURETES (pour le moment, je ne vois pas où le mettre).
APERCU BIBLIOGRAPHIQUE :
OUVRAGES
I-OUVRAGES GENERAUX
[Link] et V. BREMOND, Droit des sûretés, quel « ième » éd
Dalloz,2020, coll « Sirey », nombre de pages.
Ph. SIMLER et Ph. DELEBECQUE, Droit civil, les sûretés, Dalloz 2005 …
Laurent AYNES et Pierre CROCQ, Droit des sûretés 10e ed LGDJ…
[Link], Ph. DUPICHOT, Durée et sûretés, REC ,2004
II-OUVRAGES SPECIALISES
François GRUA, Le cautionnement réel, JCP 1984-1,3167 Marquer page.
A. AYNES, La personne morale constituante d’une sûreté réelle pour autrui,
RDLA7327,2021
Ph. SIMLER, Le cautionnement réel est réellement aussi un cautionnement,
JCP, éd G ,2001
Jean-Jacques ANSAULT, Le cautionnement réel, Paris, Defrénois, Lextenso
editions,2009
III-ARTICLES
Mare Youbi BOUHARI, « Les cautionnements en droit uniforme » Ohadata D-
18-17
M.-T. ATANGANA-MALONGUE, « Le cautionnement réel dans l’acte
uniforme ohada » Revue Penant, n° 872, 2010
Mathurin BROU KOUAKOU « Le droit ohada et le cautionnement
hypothécaire » Revue Penant n°256, 2006
c’est en cela que nous proposons de porter notre étude sur le cautionnement
réel en droit ohada
Pour revenir au « caution réelle », d’emblée, il faut dire que l’AUS 3 ne mentionne
pas textuellement le terme « caution réelle », ni ne lui fournit de cadre légal
propre. Seul l’article 22 fait allusion de manière implicite le au cautionnement
réel, rendant ainsi plus importantes les suspicions et appréhensions qui existaient
déjà autour de ce mécanisme.
Aux termes dudit article, la caution peut garantir son engagement en consentant
une sûreté réelle sur un ou plusieurs de ses biens. Elle peut également limiter
son engagement à la valeur de réalisation du ou des biens sur lesquels elle a
consenti une telle sûreté.
Cette écriture n’apporte pas plus d’éclaircies au flou juridique qui recouvre la
question de la charpente légale de ce concept. Déjà, l’emplacement du texte de
l’article 22 dans l’AUS laisse entendre que le cautionnement réel n’est qu’une
variante du cautionnement strict, puisqu’on le retrouve dans la section intitulée
« modalités du cautionnement ». Il s’en déduit que le mécanisme est soumis aux
mêmes règles applicables au cautionnement personnel.
pourtant, l’alinéa 2 du même texte, tout en posant clairement le principe pour un
tiers d’affecter un bien en garantie de l’obligation prise par une autre personne,
évoque le mécanisme de la sûreté réelle et place le cautionnement réel sous les
règles applicables aux sûretés réelles.
Ainsi, l’article 22 est loin de mettre fin aux difficultés d’interprétations que suscite
le concept de cautionnement réel en jurisprudence.
La caution qui garantit son engagement par une sûreté réelle constitue une
sûreté personnelle (le cautionnement au sens strict). Lorsqu’elle limite cet
engagement à la valeur de réalisation du bien affecté en garanti, elle constitue
une sûreté réelle pour autrui.
Dès lors, doit-on appliquer au cautionnement réel règles du cautionnement au
sens strict du terme ? Ou bien celles des sûretés réelles ? ou encore doit-on
appliquer au cautionnement réel tant les règles du cautionnement que celles des
sûretés réelles ? Dans cette dernière hypothèse, la question de la compatibilité
de ces deux corps de règles se poserait.
Diverses positions sont prises au sein de l’espace juridique ohada. Si le
législateur parait s’inscrire dans une logique médiane, à en croire l’interprétation
littérale de l’article 22, en considérant le cautionnement réel comme une sûreté
mixte, à cheval entre le cautionnement personnel et la sûreté réelle et admettre ,
3
?
par la même , la possible combinaison des règles de sûreté réelles et
cautionnement personnel dans l’encadrement juridique du cautionnement réel,
la CCJA, qui ne partage pas l’avis du législateur communautaire, elle, semble
encore a la recherche de la juste encadrement à donner au concept.
Au-delà de l’appréciation de la classification doctrinale des sûreté, c’est ici le lieu
de poser le problème du régime juridique du cautionnement réel en droit OHADA.
Aussi, convient-il de poser la question suivante : Quel régime juridique pour le
cautionnement réel en droit des sûretés OHADA ? en d’autres termes,
quelles règles lui appliquer ?
L’on se rend compte, au regard de l’accumulation de contentieux jurisprudentiels
et doctrinaux portant sur la détermination du régime juridique a lui appliquer,
que la polémique demeure en intime relation avec le questionnement sur la
nature même du cautionnement réel en droit ohada ; car, dans le fond, si la
détermination de son régime juridique se montre complexe, c’est parce que sa
nature est encore discutée et ne fait pas l’unanimité. A défaut d’un régime légal
propre, la qualification du cautionnement réel en cautionnement ou en sûreté
réelle conditionnera les règles qui lui sont applicables.
Nous proposons de réaliser nos travaux de recherche en nous aidant du schéma
suivant :