Tolerance des Agrumes au Stress Salin
Tolerance des Agrumes au Stress Salin
présentée par
Raphaël Morillon
A Marie.
Remerciements
Il paraît qu’une HDR est une étape importante pour un chercheur. C’est, paraît-il, la
reconnaissance qui lui est faite de pouvoir encadrer des étudiants en thèse, sur la
thématique scientifique qu’il souhaite développer. Depuis mon stage de DEA à l’Université
de Clermont-Ferrand, j’ai eu la chance d’être encadré par des chercheurs qui m’ont toujours
incité à être curieux et à mener les expérimentations que j’avais envie de réaliser. Lorsque
j’ai été recruté en tant que chercheur au département Flhor du CIRAD, il m’a été donné carte
blanche. Quelles que soient les orientations et thématiques scientifiques que j’ai souhaité
développer, j’ai eu la chance d’être aidé et encouragé. Depuis plus de deux ans maintenant,
je développe librement des collaborations avec mes collègues de l’INRA de San Giuliano. Je
tiens donc à remercier l’ensemble de mes collègues (qu’ils soient dans les bureaux, dans les
labos ou sur le terrain) pour la disponibilité et la confiance qu’ils m’ont accordées.
Une HDR, c’est aussi l’occasion de prendre son indépendance scientifique vis-à-vis de
tutelles pouvant être parfois trop présentes. Je tiens donc à remercier les départements
«Environnement & Agronomie» et «Génétique & Amélioration des Plantes» de l’INRA pour
m’avoir incité à franchir le pas et à soutenir mon HDR. Ces deux départements ont rejeté
depuis le début mon thème de recherche. Pourtant, contre vents et marées la thématique
stress salin s’est développée, des projets internationaux ont été déposés et financés et deux
thèses vont bientôt démarrer. Je les remercie donc vivement de m’avoir ouvert les yeux.
Le démarrage d’une nouvelle thématique scientifique peut être soumis à de nombreux aléas.
Néanmoins, si l’on a la chance d’avoir quelques « idées », de travailler en bonne intelligence
avec ses collègues et d’avoir des étudiants enthousiastes, l’on se rend vite compte qu’il est
très facile de se faire plaisir. Je souhaite donc remercier tous les étudiants que j’ai encadrés
ou que j’ai eu la chance de côtoyer. Leur dynamisme et la fraîcheur qu’ils ont chaque fois su
insuffler au laboratoire, ont rendu pour moi l’expérience de chercheur passionnante.
Enfin, je tiens à adresser toute ma reconnaissance aux membres du Jury pour avoir accepté
de juger cette Habilitation à Diriger des Recherches.
Habilitation à Diriger des Recherches
présentée par
Raphaël Morillon
I – ETAT CIVIL 1
II – FORMATION 1
V – ACTIVITES DE RECHERCHES 12
INTRODUCTION 12
VI – PRINCIPALES PUBLICATIONS 41
VII – BIBLIOGRAPHIE
- ETAT CIVIL
Nationalité: Française
Adresse professionnelle
Fax: (33) 04 95 59 59 37
Situation professionnelle
II - FORMATION
II -B- DIPLOMES
1994: Service militaire en tant que scientifique du contingent au CEA, Institut National des
Sciences et Techniques Nucléaires (INSTN) de Saclay. Elaboration et enseignement de
travaux pratiques de DEA et formation permanente.
1993: Stage de DEA. Laboratoire de Physiologie Intégrée de l’Arbre Fruitier, UMR PIAF -
Université Blaise Pascal (Resp: Drs. M-O Desbiez, J-C Mauget & J-L Julien) : « Etude du
potentiel membranaire de repos chez Lycopersicum esculentum ».
1992: Stage de Maîtrise. Laboratoire d'amélioration des plantes, CEA de Cadarache (Resp:
Dr. M-H Montane) : « Etude de l'expression de gènes ELIPs ».
III - LISTE DES TRAVAUX ET PUBLICATIONS
[1]- Ramahaleo T., Morillon R., Alexandre J., Lassalles J-P. (1999). Osmotic water
permeability of isolated protoplasts: modification during development. Plant Physiology 119:
885-896.
[2]- Morillon R., Lassalles J-P. (1999). Osmotic water permeability of isolated vacuoles.
Planta 210: 80-84.
[3]- Comparot S., Morillon R., Badot P-M. (2000). Possible occurrence of water channels
in Phaseolus vulgaris L. twining shoots. Plant and Cell Physiology 41: 114-118.
[4]- Morillon R., Catterou M., Sangwan R.S., Sangwan B.S., Lassalles J-P. (2001).
Brassinolide may control aquaporin activities in Arabidopsis thaliana. Planta 212: 199-204.
[5]- Chrispeels M.J., Morillon R., Maurel C., Gerbeau P, Kjellbom P, Johansson I. (2001).
Aquaporins of plants: Structure, function, regulation and role in plant water relations.
Current Topics in Membranes. 51: 277-334.
[6]- Morillon R., Liénard D., Chrispeels M.J., Lassalles J-P (2001). Rapid movements of
plants organs require solute-water co-transporters or contractile proteins. Plant Physiology.
127: 720-723.
[7]- Morillon R., Chrispeels M.J. (2001). The role of ABA and the transpiration stream in
the regulation of the osmotic water permeability of leaf cells. Proc. Natl. Acad. Sci. USA. 98:
14138-14143
[8]- Ciavatta V.T., Morillon R., Pullman G.S., Chrispeels M.J., Cairney J. (2001) An
aquaglyceroporin is abundantly expressed early in the development of the suspensor and
the embryo proper of loblolly pine. Plant Physiology.127: 1556-1567.
[9]- Morillon R., Lassalles J-P (2002). Water deficit during root development: effects on the
growth of roots and osmotic water permeability of isolated root protoplasts. Planta. 214:
392-399.
[10]- Martre P., Morillon R., Barrieu F., North G.B., Nobel P.S., Chrispeels M.J. (2002).
Plasma membrane aquaporins play a significant role during recovery from water deficit.
Plant Physiology. 130: 2101-10.
[11]- Sakr S., Alves G, Morillon R., Decourteix K., Guilliot A., Julien J-L., Chrispeels
M.J. (2003) Plasma Membrane Aquaporins are involved in winter embolism recovery in
walnut tree Plant Physiology. 133: 630-641.
Communications orales
- 2004: Effect of salt stress in diploid and tetraploid citrus rootstocks. 10th International
Citrus Congress. Agadir, Morocco.
- 2004: Variability of the cNhx1 gene (a putative Na+/H+ antiport) in citrus. 10th International
Citrus Congress. Agadir, Morocco.
- 2002: Flux d'eau chez les plantes: un rôle pour les aquaporines? Centre INRA de Nancy.
- 2001: Flux d'eau chez Arabidopsis thaliana: un rôle pour les aquaporines? IFR 59,
Université de Poitiers.
- 2001: Abscisic acid modulates the osmotic water permeability of the plasma membrane.
Minisymposium membrane transport. Annual meeting of the American Society of Plant
Physiologists. Providence, USA.
- 2001: ABA hormone controls aquaporin activities. San Diego Plant biology Meeting. Salk
Institut, La Jolla, California, USA
- 2000: Osmotic water permeability of isolated protoplasts from plants that express sense
and antisense aquaporins. San Diego Plant biology Meeting. Salk Institut, La Jolla,
California, USA.
- 1999: Stress et histoire d'eau. Séminaire de l’ESA 6037, Université de Rouen, France.
+ +
- 2003: Variability of the cNHX1 gene (a potential Na /H antiport) in citrus, Barcelona,
Espagne.- 2001: Abscisic acid modulates the osmotic water permeability of the plasma
membrane. Annual meeting of the American Society of Plant Physiologists. Providence,
USA.
- 2000: Effects of water stress on drought-tolerant and non tolerant wheat species. Annual
meeting of the American Society of Plant Physiologists. San Diego, USA.
- 1998 : Mesures de perméabilité à l'eau sur protoplastes isolés: effet du stress hydrique et
du développement. Colloque "Canaux Ioniques". La Londe les Maures.
- 1998 : Perméabilité cellulaire à l'eau et développement. 5ème forum des jeunes chercheurs
de la Société Française de Physiologie Végétale, Montpellier.
- 2002 : Water flux in plants: are aquaporins required ? Vrije Universiteit, Amsterdam. Sur
invitation du Prof. A. H. de Boer, Netherlands.
- 2002: Water flux in plants: are aquaporins required ? Séminaire dans le cadre du DEA de
physiologie et génétique moléculaire de l’Université Blaise Pascal de Clermont Ferrand,
UMR PIAF 547, INRA. Sur invitation du Dr. S. Sakre.
- 2001 : Flux d'eau chez Arabidopsis thaliana : un rôle pour les aquaporines? UMR 8618,
IBP - Université d'Orsay. Sur invitation du Prof. J-L Prioul.
- 2001 : Flux d'eau chez Arabidopsis thaliana: un rôle pour les aquaporines? UMR INRA-
ENSAM, Montpellier. Sur inviation des Dr C. Maurel et F. Tardieu.
- Coordinateur d’un Projet Genoscope, appel d’offre 2005 : «BAC ends sequencing for the
physical mapping of the Citrus clementina nuclear genome» dans le cadre d’un Consortium
International (Espagne, France, Brésil, USA, Maroc). Projet en cours d’évaluation.
- Coordinateur d’un PAI avec le Maroc (Comité Mixte Inter universitaire Franco-
Marocain), appel d’offre 2004 : « Etude des déterminants moléculaires de la tolérance au
stress hydrique chez les agrumes ». 2005-2007
- Participation au projet CPER 2004 sur la qualité des fruits, Université de Corse et INRA
de San Giuliano.
- Coordinateur d’un Projet Genoscope, appel d’offre 2003 : « Séquençage de 37 000 EST
d’agrume obtenues à partir de différents organes végétatifs et reproducteurs » en
collaboration avec l’IVIA de Valencia, le CIRAD de Montpellier et Genoscope, 2004.
http://www.genoscope.cns.fr/externe/Francais/Projets/Projet_IC/organisme_IC.html
III- E- COLLABORATIONS
Projet «BAC ends sequencing for the physical mapping of the Citrus clementina
nuclear genome», en cours d’évaluation
Projet « Citrus rootstock breeding for efficient water and nutrient use »
Projet « CPER »
- Liliane Berti, Université de Corse, Corte.
- Felix Tomi, Université de Corse, Ajaccio.
- François Luro, Olivier Pailly, INRA GEQA, San Giuliano.
- Yann Froelicher, CIRAD FLHOR (UPR75), San Giuliano.
- Javier Terol, Javier Agustí, Enriqueta Alós, Fernando Andres, Javier Brumos, Jose A.
Carrillo, Manuel Cercos, Jose M. Colmenero, Ana Conesa, Vicente Conejero, Domingo
Iglesias, Francisco Legaz, Luis Navarro, Guillermo Soler, Francisco Tadeo, Manuel
Talon. IVIA & IBMCP de Valencia, Espagne.
- Xavier Argout, Brigitte Courtois, Patrick Olltrault, CIRAD AMIS & CIRAD FLHOR (UPR75)
Montpellier.
- Carol Dossat, Patrick Wincker, Genoscope, Evry.
- François Luro, INRA GEQA San Giuliano.
IV - ACTIVITES D’ENCADREMENT ET D’ENSEIGNEMENT
2005
2002- 2004
ENSEIGNEMENTS
INTRODUCTION
Mes activités de recherches ont débuté en 1994 lors de mon stage pratique de DEA au
laboratoire de Physiologie Intégrée de l’Arbre Fruitier à l’Université de Clermont-Ferrand
sous la direction des Dr. M-O Desbiez, J-C Mauget et J-L Julien (UMR PIAF 547, INRA).
J'ai ensuite réalisé mon service militaire en temps que scientifique du contingent au
Commissariat à l'Energie Atomique de Saclay (Institut National des Sciences et Techniques
du Nucléaire). Après cette année consacrée à l'enseignement, j'ai poursuivi un travail de
thèse au Laboratoire des Processus Ioniques Membranaires (UMR CNRS 6037, Université
de Rouen) dirigé par le Dr. J-P Lassalles. Pendant ces trois années, j'ai pu apprendre les
techniques de patch clamp et mettre au point une nouvelle technique pour mesurer les flux
d'eau membranaires sur des vacuoles et des protoplastes isolés. J’ai ensuite poursuivi
cette étude des mécanismes du transport de l'eau chez Arabidopsis thaliana, dans le cadre
d'un stage post-doctoral, dans le laboratoire du Professeur Maarten Chrispeels à
l'Université de Californie à San Diego. L'essentiel de mes travaux de thèse et post-
doctoraux ont donc porté sur l'étude des flux d'eau cellulaires et leurs implications à
l'échelle de la plante.
En 2002, j’ai été recruté en tant que Chargé de Recherches au CIRAD pour étudier la
tolérance des agrumes à la salinité.
Dans le premier chapitre de ce document, je vais présenter les principaux travaux que j’ai
effectués dans le cadre de l’étude des flux d’eau chez les plantes. Le second chapitre sera
consacré au programme de recherches que je développe aujourd’hui.
Le flux d'eau qui traverse une membrane séparant deux compartiments (1) et (2), sera
proportionnel à la différence de potentiel appliquée à cette membrane, ψ2 - ψ1, ainsi qu'à sa
perméabilité hydraulique (Lp). En utilisant le symbole habituel ∆ pour représenter la
différence d'une grandeur X entre les deux compartiments
∆X = X 2 − X 1
le flux volumique d'eau Jv, (sens positif de (2) vers (1)) sera donné par la formule suivante:
J v = L p ( ∆ P − ∆π )
Jv ,exprimé en volume par unité de surface et de temps, a les dimensions d’une vitesse (ex:
cm s-1). Le potentiel hydrique a les dimensions d'une pression (énergie par unité de
volume), ce qui détermine les dimensions de Lp (ex: cm bar-1 s-1). Lorsque les différences
de potentiel hydrique sont déterminées par des différences de pression osmotique on
utilise également le coefficient Pos (pour perméabilité osmotique), dont l'expression est
définie par l'équation suivante:
J v = − PosVw ∆c
solutés imperméants, est exprimée en mol cm-3. Le produit Vw × ∆c est alors sans dimension
et le coefficient Pos a les dimensions d'une vitesse (cm s-1). A partir des formules précédentes
on déduit
P = L × RT
os p V
w
L’eau joue un rôle essentiel, notamment dans la rigidité des tissus en permettant aux
cellules de rester turgescentes, le contenu cellulaire faisant alors pression sur la paroi
pectocellulosique et permettant à la plante de garder un port dressé. En condition de
stress, par exemple, si la déshydratation est prononcée, on va alors assister à la fanaison
des feuilles et les tiges herbacées vont s'affaisser. L’eau joue aussi un rôle important dans
l’élongation des cellules, l’entrée d’eau dans la vacuole entraînant une augmentation de la
pression de turgescence et une déformation élastique de la paroi.
Pour répondre aux besoins de la plante, l'eau va emprunter plusieurs voies. De la racine à
la feuille, le déplacement de l'eau va se faire grâce aux forces de pression induites par le
courant de transpiration. Au niveau racinaire, le déplacement radial de l'eau implique un
transfert de cellule à cellule. Le passage de l'eau peut se faire par la voie apoplastique au
travers des espaces pariétaux, par la voie symplastique via les plasmodesmes, ou encore
par la voie transcellulaire au travers des membranes (Steudle et Peterson, 1998). La part
relative de chacune de ces voies dans le déplacement de l'eau est pour l'instant mal définie
mais il semble qu'elle dépende de l'espèce végétale étudiée, de l'organe ou encore des
conditions de culture (Steudle, 1994). La modulation de ce transport composite dans la
racine semble être un élément important dans la régulation des besoins en eau de la plante
(Steudle et Peterson, 1998)
L’ascension de l’eau dans la plante est assurée par la transpiration au niveau des
stomates des feuilles. Le gradient de vapeur d’eau entre l'intérieur de la chambre sous-
stomatique et l'extérieur de la feuille provoque l’évaporation de l'eau au niveau des
stomates. Cette évaporation va attirer l’eau des cellules du mésophylle et, de proche en
proche, la dépression va être transmise à toute la colonne d’eau des vaisseaux du xylème
jusqu’à l’extrémité des racines (Tyree, 1997). La régulation du flux de transpiration se fait
au niveau des stomates, la modulation de l'état d'ouverture de l'ostiole étant assurée par
des variations de la pression de turgescence des cellules de garde. L'absorption d’ions
potassium et la conversion d’amidon en malate notamment, produisent une entrée d’eau
dans les cellules de garde, ce qui va provoquer un gonflement cellulaire et un
élargissement de l’ostiole. Au contraire, la perte d’ions potassium conduit à une sortie d’eau
et à la fermeture des stomates. La lumière, l’humidité, les changements de concentrations
en CO2 ( Schroeder et al., 2001) ou encore l’acide abscissique sont autant de stimuli qui
entraînent des modifications dans le transport membranaire des ions et dans la production
d’osmoticum. Ces différents effecteurs vont donc participer à la régulation de l'état
d'ouverture stomatique.
Pour répondre aux besoins de la plante, l'eau va emprunter plusieurs voies. Au niveau
racinaire par exemple, le déplacement radial de l'eau implique un transfert de cellule à
cellule: le passage de l'eau pouvant se faire par la voie apoplastique au travers des
espaces pariétaux, par la voie symplastique via les plasmodesmes, ou encore par la voie
transcellulaire au travers des membranes (Steudle et Peterson, 1998). La part relative de
chacune de ces voies dans le déplacement de l'eau est pour l'instant mal définie mais il
semble qu'elle dépende de l'espèce végétale étudiée, de l'organe ou encore des conditions
de culture (Steudle, 1994). La modulation de ce transport composite va être un
élément clef dans la régulation des besoins en eau de la plante.
L’absorption de l’eau par la plante se fait essentiellement au niveau des poils absorbants
ainsi qu’au niveau des espaces libres intercellulaires. Lorsque les stomates sont fermés, le
courant de transpiration est faible et c’est la poussée racinaire qui assure la montée de la
sève. Cette poussée est le résultat d’un flux d’eau dû à la différence de potentiel hydrique
entre le sol et les poils absorbants. C’est le transport actif d'ions des cellules de la stèle
dans les vaisseaux du xylème qui est à l’origine d'un gradient osmotique, entraînant l’eau
par osmose de cellule en cellule. En termes de pression, les poussées racinaires ont des
valeurs nettement plus faibles (< 6 bars) que celles engendrées par le courant de
transpiration (> 20 à 30 bars).
Une des fonctions principales des membranes est de maintenir les concentrations
ioniques au sein de la cellule en régulant les échanges d’eau et d’ions. L’étude des
échanges d’eau au travers des membranes a permis de définir deux mécanismes de
perméabilité différents. Le passage des molécules d'eau à travers la membrane, mesuré
par un isotope (ex: DHO) en l’absence de flux net d'eau, est caractérisé par la perméabilité
diffusionnelle Pd (Finkelstein, 1987). Le flux net d'eau en réponse à un gradient
hydrostatique ou osmotique est défini par la perméabilité osmotique Pos de cette
membrane.
Divers travaux ont permis de montrer que les flux d’eau au travers des aquaporines étaient
fonction de la quantité de protéines aquaporines au sein des tissus (c’est par exemple le
cas au niveau racinaire pour l’absorption de l’eau (Javot & Maurel, 2002 )). Les études au
moyen de microfiltres à haute densité ont également permis de vérifier que l’expression du
génome au niveau du transcriptome pouvait être variable chez Arabidopsis en fonction du
stress étudié. En effet, des résultats très différents ont été observés en situation de froid,
de sécheresse, de stress salin ou d’anoxie (Maathuis et al., 2003 ; Bray, 2004).
3. UNE NOUVELLE TECHNIQUE POUR MESURER LES FLUX D’EAU A TRAVERS UNE
MEMBRANE CELLULAIRE
De nombreuses techniques ont été mises au point pour mesurer les flux d’eau au niveau
d’un organe ou d’une cellule. Ces techniques (sonde de pression, stopped flow, RMN,
mesure sur protoplaste isolé etc...) ont permis l’étude de systèmes biologiques très variés
(Steudle, 1994 ; Hüsken et al., 1978 ; Url,1971 ; Stadelmann et Lee-Stadelmann, 1989 ; par
Kamiya et Tazawa, 1956). Les valeurs de perméabilité membranaire qui ont pu être
mesurées sont donc étroitement dépendantes de la technique de mesure employée et du
matériel biologique étudié. Je me bornerai ici à mettre en perspective les résultats
obtenus lors de mesures par variations de volume.
Lorsqu‘une cellule est placée dans un milieu ayant une pression osmotique différente de la
pression osmotique intracellulaire, un flux d'eau se forme de manière à équilibrer les
différentes concentrations de part et d'autre de la membrane. La mesure de la vitesse de
variation de volume qui en résulte permet de mesurer Pos.
Des mesures de Pos peuvent être réalisées en enregistrant la vitesse initiale de
changement de volume que subissent des cellules à la suite d’un choc osmotique.
Généralement pour les ovocytes cela ne pose pas de problème, en raison de la grande
taille de ces cellules (≈ 1 mm). Il est possible de fixer l’ovocyte de manière à réaliser un
changement de solution en quelques secondes.
Pour des cellules de taille plus faible, il est difficile d’estimer le volume des cellules au
cours du choc osmotique. Lors d'une plasmolyse par exemple les cellules ne sont plus tout
à fait sphériques et la mesure de la variation de volume est délicate. L'autre problème
rencontré est celui des couches limites. La non prise en compte de ce phénomène entraîne
dans le cas de fortes valeurs de perméabilité une sous estimation de la valeur mesurée.
Des mesures ont été réalisées sur des ovocytes de souris (75 µm) (Gao et al., 1994). La
faible taille des cellules nécessitait de pouvoir augmenter la vitesse du changement de
solution. Pour cela les auteurs ont utilisé une pipette de verre permettant le maintien de
l’ovocyte lors de la réalisation du choc osmotique. Les valeurs de Pos alors mesurées
étaient proches de 10 µm s-1. D’autres mesures sur des cellules comparables sont
possibles en utilisant une chambre de perfusion permettant de changer la solution en
moins d'une seconde. Lors du changement de solution les cellules sont immobilisées sur
une membrane poreuse transparente. L’enregistrement des variations de volumes permet
ensuite d'estimer Pos (µm.s-1).
Des mesures de Pos ont été réalisées sur des protoplastes d'Arabidopsis thaliana en
ajoutant le plus rapidement possible une seconde solution ayant une pression osmotique
plus faible de manière à imposer un choc osmotique (Kaldenhoff et al, 1998). Cependant,
les faibles valeurs mesurées par les auteurs sont sujettes à caution en raison de la taille
environ dix fois plus petite des protoplastes. Dans ces conditions, il est probable que les
variations de volume très rapides ne sont pas observées. Les mesures ne donnent donc
pas accès à la vitesse initiale du changement de volume et peuvent conduire à sous-
estimer Pos.
Mon travail de thèse m’a permis d'aborder les propriétés de perméabilité à l'eau des
cellules végétales, liées à la présence des aquaporines dans les membranes. Comme on
l’a vu, c’est une étude difficile qui repose essentiellement sur des mesures de variations du
volume cellulaire (Stadelmann et Lee-Stadelmann, 1989, Preston et al, 1992 ; Farinas et
Verkman, 1996). Les résultats déjà obtenus avec la sonde de pression fournissent une idée
assez précise des flux d’eau au niveau d’un tissu (Steudle, 1994). Cependant, lorsqu'il
s'agit d'estimer la contribution des aquaporines à ces flux, l'interprétation des résultats est
délicate, car les mesures ne permettent pas de distinguer le flux à travers les aquaporines
de celui dépendant des plasmodesmes qui mettent en contact les cellules d’un tissu. Les
difficultés rencontrées avec la sonde de pression s’apparentent à celles liées aux
techniques d’électrophysiologie au niveau tissulaire. Dans les deux cas, il s'agit
d'interpréter les données d'une électrode implantée dans un tissu en termes de propriétés
membranaires. On est donc confronté aux problèmes de la localisation précise de
l'électrode, aux lésions pas toujours négligeables qu'elle provoque sur des cellules de
petite taille, ainsi qu'à la "fuite" de la membrane liée aux connexions entre les cellules. Pour
résoudre ces problèmes, l’électrophysiologie s’est dotée de la technique du patch clamp
qui permet de travailler sur des protoplastes isolés. Il semblait également intéressant pour
l’étude fonctionnelle des aquaporines, de pouvoir mesurer la perméabilité à l'eau de
protoplastes ou vacuoles isolés. La taille moyenne des protoplastes et vacuoles étant
inférieure à 100 microns, et leur perméabilité à l'eau pouvant être importante, il était
impératif de pouvoir mesurer les variations de leur volume en réponse à un choc
osmotique, sur des intervalles de temps parfois très brefs, de l'ordre de la seconde. Cette
technique, à laquelle je me suis consacré au début de ma thèse, est décrite dans la
publication # 1.
Des mesures sur des protoplastes de racine de colza, de blé et de maïs à des stades de
développement différents de la racine ont également été réalisées. Cette étude indique que
la perméabilité à l'eau des protoplastes issus de racines de colza âgées de deux jours ont
des valeurs de Pos très faibles. Par contre, les protoplastes de racines âgées de 5 jours ont
des valeurs de Pos très fortes. En l'espace de 48 heures il y a eu élongation et
développement de la racine et apparition de fortes valeurs de Pos. Ces résultats m'ont
amené à conclure qu'au cours du développement, la mise en place d’aquaporines au sein
des membranes des cellules racinaires permet de faciliter les flux d'eau transcellulaires
(Publication # 1).
L'effet du stress hydrique sur les plantes est un problème majeur qui a beaucoup été étudié
tant au niveau physiologique qu'au niveau moléculaire. De nombreuses revues (Bohnert et
Sheveleva, 1998; Bray, 1997 & 2004; Yamagushi-Shinozaki et al, 1995; Ingram et Bartels,
1996) traitent du sujet et des différents mécanismes d'adaptation aux stress hydriques.
C'est un sujet très vaste en raison de la diversité des types de stress, de la diversité des
plantes et de leur capacité plus ou moins grande à s'adapter aux contraintes de
l'environnement. Les réponses à un stress déterminé ne seront pas les mêmes pour les
plantes reviviscentes, les halophytes, les mousses ou encore les plantes d’intérêt
agronomique. La diminution de la quantité d'eau disponible dans le sol va entraîner un
déficit en eau au niveau de la plante qui peut entraîner la mort de celle-ci. Au niveau
cellulaire, le stress peut entraîner une augmentation de la concentration des solutés, un
changement de la forme des cellules, une perte de turgescence, la perturbation de
l'intégrité des membranes et enfin la dénaturation des protéines. Les mécanismes
d'adaptation aux déficits hydriques vont dépendre de la sévérité du stress, de la sensibilité
de la plante, ou encore de son stade de développement. La perception du stress osmotique
va se traduire par l'induction de nombreux gènes. Ces différentes étapes qui peuvent être
propres à chaque type de stress rendent compte de la complexité des phénomènes mis en
œuvre. Très brièvement, un stress hydrique peut se résumer de la manière suivante : La
première étape de la perception du stress hydrique se traduit au niveau cellulaire par une
perte de turgescence, un changement du volume cellulaire et une altération des
connexions paroi-plasmalemme. Des protéines pouvant jouer le rôle d'osmosenseur,
déjà mises en évidence chez les levures semblent de même exister chez les plantes
(Shinozaki et Yamagushi-Shinozaki, 1997). La seconde étape conduit à l'induction de
gènes spécifiques qui vont entraîner la synthèse d'ABA (Acide Abscissique) au niveau
racinaire (Shinozaki et Yamagushi-Shinozaki, 1997; Bray, 1997). Elle va permettre la
fermeture des stomates mais aussi la synthèse de phospholipase C, Map Kinases
impliquées dans la transduction du signal (Mizoguchi et al, 1996). L’étape suivante va
consister à éviter la déperdition en eau. Pour cela, la plante va synthétiser des osmolites
tels la proline, le pinitol, des sucres et d'autres composés qui vont permettre d’abaisser le
potentiel osmotique cellulaire (Ingram et Bartels, 1996). De même, l’absorption d'ions
potassium ou sodium joue un rôle important dans l'adaptation au stress salin (Assmann et
Haubrick, 1996). D'autres protéines, telles que les LEA (pour "late embryogenesis
abundant") vont être synthétisées pour permettre la protection de la machinerie cellulaire,
le maintien de la structure des membranes ou des protéines et la compartimentation des
ions (Xu et al, 1996). Enfin des gènes de détoxification pourront aussi être induits pour
permettre la survie de la plante (Ingram et Bartels, 1996).
Au niveau des flux d'eau cellulaire, il y a peu de données sur l'effet du stress hydrique.
Quelques mesures ont cependant été réalisées par la technique de la sonde de pression.
En situation de stress salin les cellules de cortex racinaire de maïs semblent diminuer leur
conductivité hydraulique (Azaizeh et Steudle, 1991; Azaizeh et al., 1992) alors qu'en
situation de stress analogue, la conductivité hydraulique n'est pas modifiée chez l'orge, la
tomate, le tournesol et le tabac (Munns and Passioura, 1984; Shalhevet et al., 1976;
Tyerman et al., 1989). Des recherches en biologie moléculaire ont été effectuées afin de
mettre en évidence l’implication d'aquaporines dans le transport de l'eau en situation de
stress hydrique. Là aussi, les résultats obtenus dépendent du type de plante et de stress
étudié. Ainsi chez Arabidopsis thaliana il semble que la quantité d'aquaporines
membranaires soit augmentée par le stress hydrique (Yamagushi-Shinozaki et al., 1995)
alors que chez Mesembryantemum crystallinum elle est diminuée (Yamada et al., 1995).
Dans le cadre de ma thèse, j’ai étudié la tolérance au stress salin et au déficit hydrique de
différentes espèces plus ou moins sensibles tels que le blé, le colza et le lin. Il a été
possible d'induire de fortes valeurs de Pos chez le blé ‘Ritmo’, le colza et le lin. Dans les
mêmes conditions, la Pos du blé ‘Cham1’ demeurait inchangée.
L’imposition d’un stress hydrique plus important empêche le colza et le lin de pousser. Le
blé 'Ritmo' parvient à germer, mais seul le blé ‘Cham1’, connu pour ses propriétés de
résistance au stress hydrique, continue à se développer normalement. Une étude par
«western-blot» n'a pas révélé de différence dans l'expression des aquaporines appartenant
aux familles PIP1 et PIP2 pour les deux variétés de blé et le colza. On peut donc supposer
que la régulation des flux d'eau au travers des aquaporines ne se fait pas via une
régulation de la quantité d'aquaporines au sein des membranes mais plutôt via une
régulation fonctionnelle. En ce qui concerne la perméabilité osmotique, les espèces
étudiées réagissent de façon différente au stress hydrique: Pos diminue ou reste faible pour
les espèces résistantes alors qu’elle augmente pour les espèces sensibles. Mes résultats
suggèrent que les faibles valeurs de Pos des cellules racinaires constituent une adaptation
au stress hydrique. (Publication # 9).
Au cours de mon stage post-doctoral à San Diego, j’ai poursuivi l’étude des mécanismes
du transport de l'eau chez des plantes antisens d’Arabidopsis thaliana.
Bien que leurs définitions ne soient pas aussi claires que celles établies dans le monde
animal, différents types d'hormones ont pu être mis en évidence chez les végétaux. Au
niveau membranaire, de nombreux travaux ont été réalisés pour mettre en évidence des
récepteurs hormonaux impliqués dans la transduction d'un signal. Au niveau des cellules
stomatiques, l'effet de l'acide abcissique a beaucoup été étudié, notamment par les
techniques de patch clamp. Cependant on ne connaît pas de canal ionique dont
l’activité serait contrôlée de façon directe par un récepteur hormonal membranaire. En ce
qui concerne les propriétés de transport de l'eau, il a été observé que l'acide gibberéllique
permettant l’allongement cellulaire pourrait induire chez Arabidopsis thaliana la synthèse de
γ TIP et de PIP1b (Phillips et Huttly, 1994; Kaldenhoff et al., 1998) tandis que l’ABA
provoquerait l'induction de PIP1b (Kaldenhoff et al., 1998).
Au cours de ma thèse, dans le cadre d'une collaboration avec le laboratoire Androgenèse
et Biotechnologies d'Amiens, nous nous sommes intéressés à l'effet du brassinolide
(22(S),23(S)-homo-brassinolide). Ce produit n'est pas considéré aujourd'hui comme une
hormone car son rôle est pour l'instant mal défini bien qu'il soit impliqué dans l'élongation
cellulaire de mutants d'Arabidopsis thaliana. Ces mutants sont affectés dans la croissance
de leur hypocotyle qui reste de petite taille. Si au bout de 7 jours on transfère ces mutants
sur un milieu auquel on a ajouté du brassinolide, on observe en quelques jours une
augmentation de la taille des hypocotyles. Différents mutants, dont l'un est insensible au
brassinolide, ayant été mis à notre disposition, il paraissait intéressant de voir dans quelle
mesure ceux-ci pouvaient être affectés au niveau de leur perméabilité à l’eau.
Les Brassinostéroïdes sont des composés naturels impliqués dans la croissance des
plantes. Le brassinolide est le premier composé de cette famille a avoir été identifié, ce qui
a permis de mettre en évidence une similitude structurale avec les hormones stéroïdes
animales (Grove, 1979). Ces travaux ont montré que l'application exogène des
brassinolides pouvait entraîner un large spectre d'effets physiologiques: ils sont impliqués
par exemple dans la modulation de l'élongation de la tige ou encore dans la division
cellulaire des plantes (Mitchell et al., 1970). Ils interviendraient aussi dans la régulation de
l'expression de gènes impliqués dans la biosynthèse des parois (Wang et al., 1993; Zurek
et al., 1994; Zurek et Clouse, 1994) et dans la différentiation des vaisseaux du xylème
(Fukuda, 1997). De même ils entraîneraient une hyperpolarisation des membranes
cellulaires en agissant sur les ATPases (Cao et Chen, 1995). Enfin, il a pu être montré que
les brassinostéroïdes interagissaient avec les signaux de l'environnement comme la
lumière et la température (Russell, 1996; Wilen et al., 1995). Différentes voies de
biosynthèse du brassinolide ont pu être mises en évidence (Fujioka et al., 1995; Fujioka et
Sakurai, 1997). L'isolement et la caractérisation de mutants sensibles au brassinolide ont
ainsi permis de mieux cerner les effets de cette molécule. Les mutants isolés résultent
généralement de la lésion d'un gène codant une enzyme impliquée dans la chaîne de
biosynthèse du brassinolide. Le phénotype nain qui en découle pourra être restauré en
phénotype sauvage en ajoutant du brassinolide dans le milieu de culture. Chez Arabidopsis
thaliana, les mutants nains que l'on observe ne sont pas dus à une diminution du nombre
de cellules de l'hypocotyle, mais à une diminution de leur taille (Kauschmann et al., 1996).
Il a ainsi été mis en évidence que les mutants det (pour de etiolated) et cpd (pour
constitutive photomorphogenesis and dwarfism) présentent un nanisme très prononcé,
avec des feuilles vert foncé, une fertilité mâle réduite, ainsi qu’une diminution de la
dominance apicale. Le mutant det2 ne présentant pas d’étiolement à l’obscurité, le gène
DET2 a une très forte homologie avec un gène codant une 5 α-réductase de mammifère
qui est une enzyme impliquée dans le métabolisme des stéroïdes (Li et al., 1996). L’apport
de brassinolide permet de restaurer le phénotype sauvage. La mutation correspondrait
donc a une déficience dans la synthèse du brassinolide.
En plus des caractéristiques citées pour det2, le mutant cpd présente une stérilité mâle
ainsi qu’une incapacité du grain de pollen à faire de l’élongation lors de la germination. Le
clonage du gène CPD a permis de montrer que celui-ci avait une homologie avec la
cytochrome P450 monooxygénase (Szekeres et al., 1996) et présentait aussi un domaine
homologue avec les stéroïdes hydroxylases. Le gène CPD coderait lui aussi pour une
enzyme impliquée dans la chaîne de biosynthèse du brassinolide.
Un autre mutant, bri1 (pour brassinolide insensitive) encore appelé cbb2 isolé par Clouse et
al., (1996) a pu être mis en évidence. Ce mutant présente un phénotype nain, des feuilles
vert foncé, une stérilité mâle, une dominance apicale réduite, et il garde le même
phénotype à l'obscurité. Il a pour caractéristique principale d’être insensible aux
brassinostéroïdes: l’apport de brassinolide dans le milieu de culture n'entraîne pas d’effet
sur l’élongation de l’hypocotyle et les pétioles du mutant bri1. Une analyse de la
ségrégation mendélienne de la descendance a permis de montrer que le gène muté
correspondait à un seul allèle récessif. L’analyse génétique laisse penser qu’un seul gène
serait affecté avec des effets pléiotropes qui conféreraient une insensibilité au brassinolide.
Mais il se pourrait aussi que cela soit dû à des mutations indépendantes dans des gènes
qui seraient très proches. L’effet de la mutation sur le développement suggère que le gène
BRI1 jouerait un rôle important dans la perception des brassinostéroïdes ou dans la
transduction des signaux. Ce mutant pourrait résulter de la lésion d’un gène codant un
récepteur hormonal ou des éléments participant à la transduction du signal (Clouse et
Sasse, 1998).
J’ai utilisé les mesures de Pos pour détecter des modifications de perméabilité membranaire
à l’eau chez des mutants nains d’Arabidopsis thaliana (cpd et bri1). Ces deux mutants ont
un hypocotyle très court et présentent une sensibilité variable au brassinolide. Chez le
mutant cpd, la taille de l'hypocotyle redevient comparable à celle de l’écotype sauvage C24
après quelques jours de culture en présence de brassinolide. Au contraire, après un
traitement analogue, la taille de l'hypocotyle du mutant bri1 ("brassinolide insensitive",
Kauschmann et al., 1996) demeure totalement inchangée. J’ai réalisé des mesures de Pos
sur les protoplastes d’hypocotyles de ces différents mutants. Les mesures de Pos sur
l’écotype sauvage C24 ont mis en évidence de fortes valeurs de Pos, indépendamment de
la présence du brassinolide. Par contre, les mutants cpd et bri1 présentaient toujours de
faibles Pos en l’absence de brassinolide. Chez le mutant cpd, le passage sur un milieu
contenant du brassinolide a permis l’élongation de l'hypocotyle, des pétioles et des racines.
Il a également induit l’apparition de fortes valeurs de Pos parmi les protoplastes
d’hypocotyle. Pour le mutant bri1, qui est insensible au brassinolide, aucune élongation n’a
été observée et les valeurs de Pos mesurées sont restées faibles quelles que soient les
conditions de culture. Ces résultats montrent que le passage de l’eau à travers les
membranes des cellules de l’hypocotyle pourrait constituer une étape limitante dans le
transport de l’eau nécessaire à l'élongation cellulaire et à la croissance de la plante
(Publication # 4).
De même dans le cadre d’une collaboration avec l’Université de Besançon, nous avons
étudié l’implication possible des aquaporines dans le mouvement révolutif de la tige de
haricot. Les résultats obtenus suggèrent que le transport de l’eau au niveau des cellules de
l’épiderme se fasse principalement au travers de plasmodesmes. Au contraire, dans les
tissus sous-jacents en élongation, les aquaporines pourraient faciliter les mouvements
d’eau de cellule à cellule et donc la croissance de la tige (Publication # 3).
Dans le cadre de mon stage post-doctoral à San Diego je me suis également attaché à
étudier les mécanismes du transport de l'eau chez des mutants d’Arabidopsis thaliana
affectés dans la chaîne de biosynthèse de l’ABA.
L'acide abcissique (ABA) est une hormone clef dans la réponse des plantes au stress
hydrique. Depuis quelques années, la mise en évidence de mutants affectés dans la
chaîne de biosynthèse de l'ABA a permis de mieux comprendre la signalisation qui conduit
à l'ouverture ou à la fermeture des stomates (Leung et Giraudat, 1998; Schroeder et al.,
2001). En condition de stress hydrique la synthèse d'ABA, principalement au niveau
racinaire, induit la fermeture des stomates chez la plante sauvage, ce qui limite
l'évaporation et lui permet de s'adapter aux contraintes hydriques. La caractérisation des
mutants aba (Marin et al., 1996; )(auxotrophe) et abi (Koornneef et al., 1984) (insensible)
se révèle donc être un outil particulièrement intéressant pour étudier les flux d'eau dans la
plante.
Des mesures de Pos ont été réalisées sur des protoplastes de feuilles des mutants aba1,
abi1 et abi2. Les valeurs obtenues sont faibles si on les compare à celles du sauvage Ler.
Un traitement à l'ABA pendant 3h ou 24 h (mise en contact des racines avec une solution 1
µM ABA) provoque la fermeture des stomates et entraîne une augmentation de Pos pour le
sauvage et le mutant aba1. Au contraire les mutants abi1 et abi2 conservent leurs stomates
ouverts et présentent de faibles valeurs de Pos même après le traitement hormonal.
L'immunodétection par western blot a permis de montrer que le traitement à l'ABA
n'induisait pas d'augmentation de l'expression des aquaporines PIP1 et PIP2 chez les
mutants et le sauvage. L’incubation de feuilles excisées dans une solution ABA entraîne la
fermeture des stomates chez l'écotype sauvage et le mutant aba1. Par contre, dans
ces mêmes conditions, aucune augmentation de Pos n'est observée. Des mesures de Pos
sur des protoplastes de plantes ayant poussé en forte humidité relative ont montré que la
perméabilité des cellules était augmentée chez le WT et les trois mutants. Ces résultats
nous ont amenés à proposer un modèle dans lequel la perméabilité cellulaire à l'eau des
cellules n'est pas régulée par l'ABA mais par le flux de transpiration dans la plante. Dans
notre modèle, les augmentations de flux d'eau trans-membranaire observées quand le flux
d'évaporation est diminué, devraient permettre l'osmorégulation des cellules du mesophylle
et le recyclage de l'eau dans le phloème (Publication # 7).
J’ai été amené à collaborer avec Vincent Ciavatta (Institut of Paper Science and
Technology, Atlanta) afin de caractériser une aquaglyceroporine chez des embryons de
pins. Nous avons pu montrer que cette porine transporte du glycérol et a de même une
activité aquaporine. (Publication # 8).
Dans le cadre d'une collaboration avec Soulaiman Sakr et Jean Louis Julien (UMR 547
PIAF, Université Blaise Pascal, Clermont Ferrand) nous avons caractérisé du point de vue
fonctionnel une aquaporine de noyer qui est impliquée dans les phénomènes de réparation
de l'embolie hivernale (Publication # 11).
6 CONCLUSIONS
L’ensemble des travaux réalisés depuis le début des années 90 a fait évoluer de façon
considérable la vision in situ des flux d’eau. En effet, jusqu’alors, la présence de canaux à
eau au sein des membranes n’était pas nécessaire pour expliquer les flux d’eau chez les
êtres vivants. On a donc bien assisté à une forme de révolution conceptuelle où il fallait
accepter que des protéines présentes en très grande quantité au sein des membranes
puissent permettre des échanges d’eau extrêmement rapides sans que ceux ci ne
semblent être nécessaires aux équilibres d’osmorégulation cellulaires.
Aujourd’hui, l’étude du flux d'eau au travers des canaux à eau est considérée comme
particulièrement importante pour la compréhension des mécanismes régulant le statut
hydrique des êtres vivants et le prix Nobel décerné à Peter Agree en 2003 pour la
découverte des aquaporines en est la preuve.
Bien que l’importance des aquaporines dans le transport de l’eau ait été beaucoup
discutée (Farinas et Verkman, 1996 ; Steudle et Peterson, 1998; Tyerman et al. 1999;
Maurel et Chrispeels, 2001; Johanson et al., 2001 ; Luu et Maurel, 2005), on ne sait
toujours pas quelles sont les implications exactes de ces protéines dans les différentes
voies du transport de l’eau. Cependant, on peut espérer qu’à plus long terme la
compréhension du fonctionnement des aquaporines et de leur régulation permettra d’ouvrir
des perspectives nouvelles dans les domaines de la biotechnologie (réabsorption de l’eau
au niveau des reins dans le cas du diabète insipide pour les êtres humains, tolérance au
stress hydrique pour les plantes par exemple).
Chapitre – II : « Tolérance des agrumes à la salinité »
Originaires du Sud-Est asiatique, les agrumes sont cultivés en Chine depuis plusieurs
millénaires (Praloran, 1971). Ils se seraient ensuite répandus au fil du temps, grâce aux
échanges commerciaux et aux invasions, sur les cinq continents, entre les 40° parallèles
Nord et Sud. Le cédratier (Citrus medica) serait le plus ancien agrume à avoir été importé
en Méditerranée. Aujourd’hui, le bassin méditerranéen est considéré comme le second
berceau d’implantation et de diffusion des agrumes. Les agrumes constituent la première
production fruitière mondiale avec 104 millions de tonnes (FAO, 2004) dont près de 60%
sont des oranges. L’agrumiculture, en constante expansion, reste localisée surtout aux
Amériques, avec le Brésil (20%) comme principal pays producteur, puis les Etats Unis
(16%) et la chine (10%), mais aussi à la plupart des pays du pourtour méditerranéen
comme l’Espagne et le Maroc (Food and Agriculture Organization of the United Nations
(F.A.O.), 2003). La France métropolitaine n’a qu’une production « lilliputienne »,
essentiellement localisée en Corse et tournée quasi exclusivement sur la clémentine.
De cette dispersion, la culture des agrumes est confrontée à de nombreuses contraintes
biotiques et abiotiques. La pérennité de l’agrumiculture est donc tributaire de l’emploi de
porte-greffe. Au XIXe siècle, les vergers d’agrumes furent décimés par l’apparition de
nouvelles maladies, issues de l’accroissement des échanges entre l’Europe et les
Amériques (par exemple le Citrus Tristeza Virus (CTV), la gommose (due à un
champignon), le Phytophthora sp., le Mal Secco lié à Deuterophoma tracheiphila…). En
1840, des porte-greffe d’agrumes résistants au Phytophthora sp ont été utilisés. Dès lors,
de nombreuses études ont été réalisées, montrant l’influence de l’association porte-greffe /
greffon en ce qui concerne leur comportement physiologique vis-à-vis des conditions
environnementales. Selon les espèces de porte-greffe utilisées en combinaison avec des
variétés d’intérêt, les effets peuvent être multiples et variés, et peuvent affecter
positivement ou négativement le rendement, la chute et le calibre des fruits, la résistance
au froid ou à la chaleur, la tolérance à la salinité, etc… Chaque variété interagit
différemment selon le porte-greffe, qui lui même réagit différemment en fonction des
conditions pédoclimatiques. Il est donc nécessaire de bien connaître les caractéristiques
des variétés de porte-greffe comme celles des greffons.
Les agrumes appartiennent à la famille des Rutacées qui comprend trois genres
botaniques sous la dénomination de Citrus, Poncirus et Fortunella. Il existe deux grandes
classifications pour le genre Citrus : la classification de Swingle et Reece (1967)
constituée de 16 espèces, et la classification de Tanaka (1961) constituée de 156 espèces
comprenant de nombreux hybrides inter et intra spécifiques assimilés à des espèces à
parts entières. Le genre Poncirus est dit mono-spécifique car il inclut uniquement l’espèce
P. trifoliata, caractérisée par des feuilles caduques et trifoliées. Quant au genre Fortunella,
il réunit 4 espèces usuellement rassemblées sous le terme générique de « kumquats ».
Les agrumes se développent communément dans des régions où la salinité des eaux
d’irrigation est significativement élevée, comme c’est le cas dans de nombreux pays du
bassin méditerranéen (Espagne, pays du Maghreb, Turquie, Syrie, Israël etc…). Dans ces
pays, les effets néfastes du sel sur les vergers d’agrumes peuvent être observés suite à
l’analyse des pratiques d’irrigation. En effet, une mauvaise gestion des ressources en eau,
comme par exemple, une surirrigation combinée à l’utilisation d’eau saumâtre, entraîne des
baisses de rendement et de qualité sur la production. Il est donc nécessaire, à défaut de
pouvoir améliorer les pratiques d’irrigation et d’empêcher l’augmentation des teneurs en sel
des sols, de comprendre les mécanismes de résistance des agrumes à un stress salin et
de déterminer les meilleures associations possibles entre variétés et porte-greffe.
Les agrumes sont généralement très sensibles au sel, mais il existe des différences de
comportements suivant les génotypes. Un stress salin génère deux phénomènes
singulièrement nocifs. Tout d’abord, une perte du potentiel hydrique du sol du fait de
l’augmentation de son pouvoir de rétention de l’eau. En effet, les nombreuses molécules de
sel interagissent électroniquement avec les molécules d’eau, ce qui les maintient
fermement dans le sol et entraîne de fait un stress hydrique chez la plante. En second lieu,
une accumulation d’ions toxiques, consécutive au stress hydrique, se propage dans les
parties aériennes (Munns, 1993). Les effets du stress salin se traduisent principalement par
des nécroses, dues à l'élévation de concentrations ioniques à des niveaux toxiques dans
les cellules des feuilles matures (Walker et al., 1983), allant jusqu’à l’abscission des feuilles
(Banuls et Primo-Millo, 1995), mais aussi par un ralentissement de la croissance, une
augmentation de la turgescence, une diminution de la respiration, de la photosynthèse, de
la conductance hydraulique des racines et de la conductance stomatique (Lloyd et al.,
1990). Ces phénomènes sont consécutifs à la réaction de la plante et déterminent sa
capacité de résistance au stress.
Oppenheimer (1937) est le premier à avoir démontré l’influence des porte-greffe sur le
comportement des agrumes exposés à un stress salin. Il a été proposé que la
tolérance des porte-greffe d’agrumes pouvait être classée en 3 groupes principaux (Zekri,
1987) : un groupe tolérant tels le Bigaradier et le Mandarinier Cléopâtre, un groupe
sensible tels le Rough lemon et le citrange Carrizo, puis un groupe très sensible tel le P.
trifoliata. Ces mêmes auteurs considèrent que le bigaradier et le mandarinier Cléopâtre
sont des excluants pour les ions chlorures (Cerdá et al., 1979).
Les porte-greffe, lorsqu’ils sont franc-de-pied, jouent un rôle majeur sur le niveau
d’accumulation foliaire de Cl-. Au contraire, peu de différences sur le niveau d’accumulation
ont été observées pour différents greffons sur un même porte-greffe (Behboudian et al,
1986). Toutefois, il est à noter qu’un effet du greffon sur l’accumulation du Cl- a pu être
observé dans le cas d’associations avec des porte-greffe sensibles aux Cl- (Lloyd et al.,
1989). D’une manière générale, les différents porte-greffe peuvent être classés comme
indiqué ci-après pour leur aptitude à induire l’accumulation des ions Cl- au niveau du
greffon : Mandarinier Cléopâtre < Bigaradier< citrange Carrizo < P. trifoliata.
Cette accumulation est linéaire et continue pour la plupart des porte-greffe (Grieve et
Walker, 1983). Les mécanismes intervenant dans la régulation du transport de Cl- sont peu
connus. Il a été déterminé que le limetier Rangpur possédait, au niveau de la racine, un
mécanisme d’exclusion efficace du Cl- (Storey, 1995) proche des halophytes « Plantago
media » (Erdei et al, 1980). De même, des changements de composants lipidiques aux
membranes des cellules de la racine contribuent à la régulation de la perméabilité
membranaire aux ions en conditions de stress salin.
Lorsqu’un taux en sel, faible à modéré, est présent dans le sol, le Poncirus trifoliata a la
faculté de limiter l’accumulation de Na+ dans ses feuilles (Jacoby, 1964 ). Ainsi, Poncirus
Pomeroy est considéré comme peu sensible au Na+ (Elagazzar et al., 1965). Les
différences de concentrations en Na+ entre feuilles et racines, selon les combinaisons
greffon/porte-greffe, sont généralement moins fortes que celles observées pour le Cl-
(Bañuls et al., 1990). L’exclusion de Na+ semble dépendre de l’aptitude des cellules
parenchymateuses du xylème à se débarrasser du Na+ xylèmique pour le stocker dans les
tissus de la racine et de la tige (Walker, 1986) .
De nombreux travaux ont été réalisés dans le but de caractériser les comportements
d’associations porte-greffe/greffon. En ce qui concerne le clémentinier greffé sur
mandarinier Cléopâtre, l’accumulation foliaire en Cl- était inférieure à celle des individus
greffés sur citrange Troyer (Banuls et Primo Millo, 1995). Par ailleurs, l’accumulation
foliaire en Na+ chez le clémentinier greffé sur citrange Troyer est moindre que celle
observée dans le cas de l’oranger Navel.
4. POLYEMBRYONNIE ET PLOÏDIE
4.1. LA POLYEMBRYONNIE
La polyembryonnie résulte de l’apomixie partielle des agrumes (développement
d’embryons surnuméraires issus des tissus nucellaires du plant mère nécessitant une
fécondation) (Oliveira et al., 2003). L’embryon issu de la fécondation entre alors en
compétition avec les embryons nucellaires, réduisant d’autant plus ses chances de viabilité
que le nombre d’individus nucellaires est important. Ce caractère est essentiellement
intéressant pour l’obtention de populations génétiquement homogènes. En effet, des
individus d’intérêt, aux caractères avantageux, pourront être « clonés naturellement » et ce
phénomène pourra aussi être exploité dans le cadre expérimental. De plus, il est à noter
qu’en situation de stress salin, la ploïdie a un impact non négligeable sur la tolérance au
sel. De plus, il a pu être démontré dans le cadre des travaux menés au laboratoire que la
croissance des plants tétraploïdes pouvait être stimulée par un stress salin, ce qui n’était
pas le cas pour les plants diploïdes (travail réalisé dans le cadre de la thèse Basel Saleh).
4.2. LA PLOÏDIE
La polyploïdie est fréquemment rencontrée dans le règne végétal. Elle se caractérise par
une multiplication d’un facteur X du matériel génétique (soit Xn) de la plante, associant de
ce fait de nouvelles caractéristiques morphologiques et physiologiques. Alors que la famille
Rutaceae réunit des espèces diploïdes (2X), il est courant de rencontrer naturellement au
sein de mêmes espèces des individus tétraploïdes (4X), voire d’une polyploïdie supérieure,
et ce, avec des fréquences différentes. Ainsi, on a pu déterminer que le taux de
tétraploïdes chez les citranges Carrizo et Troyer et Poncirus pomeroy sont, respectivement
en 2003, de 9%, 8,1% et 5,4% (Medecin, 2003). Le phénomène de polyploïdisation peut
être dû à différents événements pouvant survenir au moment de la reproduction. Dans le
cas des triploïdes, ils peuvent être issus soit d’une fécondation spontanée d’un gamète
femelle non réduit et demeuré à l’état diploïde avec un gamète mâle haploïde, soit d’un
croisement entre un diploïde et un tétraploïde. En ce qui concerne les tétraploïdes, il s’agit
principalement d’individus ayant subi un doublement des tissus nourriciers de l’ovule, le
nucelle, ce qui implique qu’ils sont d’origine somatiques. Du fait d’une répartition
chromosomique mal équilibrée lors de la méiose, les individus triploïdes sont stériles et
développent des fruits de plus gros calibres, ce qui est un avantage de sélection certain.
Quant aux tétraploïdes, ils présentent généralement de faibles rendements et des fruits à
peau épaisse, les rendant peu attractifs économiquement. Cependant, ces tétraploïdes
développent des qualités fort appréciables en tant que porte-greffe, et présentent
notamment une résistance accrue pour les stress abiotiques (Syvertsen et al., 2000).
Chez les agrumes, la sensibilité au stress salin est principalement due aux ions chlorure
dont l’accumulation conduit à la défoliation, à la chute des fleurs, et au final, à une
diminution de la production de fruits. Différentes stratégies adaptatives ont pu être mises en
évidence chez les plantes comme par exemple l’exclusion des ions chlorure et sodium au
niveau racinaire (Banuls et al., 1990 ; Garcia-Agustin et Primo-Millo, 1995). D’autre part,
l’accumulation des ions sodium et chlorure au niveau vacuolaire dans les feuilles est une
autre stratégie adaptative permettant la détoxication mais également le maintien de
l’homéostasie cellulaire (Zhu, 2001 ; 2002). Chez les plantes modèles que sont Arabidopsis
thaliana et le riz, différents transporteurs et antiports pour les ions sodium impliqués dans
l’homéostasie cellulaire ont été clonés. La sur-expression de ces protéines canales a
permis d’accroître de façon considérable la tolérance au sel des plantes transformées par
rapport aux plantes témoins (Apse et al., 1999 ; Zhang et Blumwald, 2001 ; Shi et al.,
2003). La forte sensibilité des agrumes aux ions chlorure, contrairement à la plupart des
plantes où la sensibilité est due principalement au sodium, en fait un modèle de choix pour
l’étude du stress salin. De même, des études réalisées chez Arabidopsis thaliana et le maïs
ont montré que l’ajout d’un millimolaire de CaCl2 lors d’un stress salin en condition
hydroponique permettait de restaurer la croissance racinaire, et donc, de protéger la plante
contre les effets néfastes du sel au niveau cellulaire. En effet, l’ion calcium est un
messager secondaire très important qui est impliqué dans de nombreuses cascades de
régulation conduisant au contrôle de l’activité de différents transporteurs membranaire mais
également à la stabilisation des membranes (Ingram et Bartels, 1996). L’étude des
différents gènes décrits dans la littérature en ce qui concerne leurs rôles dans la protection
de la machinerie cellulaire et le maintien de l’homéostasie sera donc nécessaire.
Du point de vue écophysiologique, des études récentes, réalisées en Espagne, ont montré
l’existence d’une corrélation étroite entre le niveau d’ions chlorure absorbés et leur
translocation au niveau des feuilles avec le flux de transpiration au travers de la plante
(Moya et al., 2003). Les résultats obtenus tendent à démontrer que les génotypes qui
maintiennent une forte transpiration, et par là même, une forte absorption au niveau
racinaire, présentent de fortes concentrations en sel au niveau des feuilles. Enfin,
l’activité photosynthétique au travers du photosystème II (PSII) est particulièrement
sensible aux stress oxydatifs (Maxwell et Johnson, 2000). La réalisation de mesures de
l’activité photosynthétique de plantes soumises à un stress salin devrait donc permettre de
renseigner leur sensibilité vis à vis du sel.
Au cours des trois dernières années, nous avons réalisé des études sur des porte-greffe
diploïdes et tétraploïdes (génotypes âgés de 4 à 6 mois) plus ou moins tolérants au stress
salin qui ont permis de montrer que les individus tétraploïdes sont plus tolérants au sel que
les individus diploïdes. De même, nous avons observé que pour les génotypes diploïdes
les plus tolérants au sel, les génotypes tétraploïdes correspondants voyaient leur
croissance accrue en situation de stress salin (travail de thèse de Basel Saleh, publication
en cours de rédaction). Il semble donc que pour ces individus, un stress salin modéré ait un
effet stimulant et donc, bénéfique (Figure. 2).
L’intégration à l’échelle de l’arbre des résultats obtenus au niveau cellulaire semble donc
absolument nécessaire pour appréhender les mécanismes de tolérance à la salinité.
Chez les agrumes, il existe très peu d’ESTs (Expressed Sequence Tags) disponibles qui
permettraient d’étudier les gènes déjà décrits dans la littérature sur le stress salin (et le
pourcentage d’homologie avec les espèces modèles est faible). Cette année, dans le cadre
du travail de Master recherche deuxième année de Wafa Mouhaya (et au cours de sa
thèse qui va démarrer en septembre 2005), nous proposons:
- de savoir quelles sont les contributions respectives de chacun de ces gènes dans la
tolérance au sel.
- de vérifier l’implication des gènes isolés au moyen de microfiltre (collaboration avec l’IVIA
de Valencia).
Dans le cadre des appels d’offre Genoscope 2003, je suis coordinateur d’un projet que
nous avons monté avec nos collègues Espagnols (laboratoire du Dr. Talon) et du CIRAD
de Montpellier pour le séquençage de 37 000 EST d’agrume obtenues à partir de différents
organes végétatifs et reproducteurs. L’ensemble des clones a été séquencé. L’analyse
bioinformatique a été faite (laboratoire de bio informatique de Montpellier, Xavier
Argout et laboratoire de bio informatique de l’IVIA, Javier Terol). Une publication est en
cours de rédaction.
Dans ce même projet, près de 1700 marqueurs microsatellites ESTs ont été identifiés.
Parmi eux, 52 marqueurs dans des gènes d’intérêt ont été étudiés dans le cadre d’un
travail réalisé avec François Luro de l’INRA de San Giuliano. Il a ainsi pu être montré que
45 de ces marqueurs microsatellites étient polymorphes, que dans 90% des cas ces
marqueurs étaient de type di et tri nucléotides et que dans près de 60% des cas, les
répétitions étaient de type TC/GA (Figure 3). Ces marqueurs microsatellites seront utiles
pour la réalisation d’une carte génétique dense du Clémentinier mais également pour le
positionnement des gènes sur la carte. Une autre publication est en cours de rédaction.
Dans le cadre des appels d’offre Genoscope 2005, je suis coordinateur d’un projet en
partenariat avec nos collègues Français, Espagnols, Brésiliens, Nord-Américains et
Marocains. Le but du projet est de séquencer les extrémités terminales de clones issues de
trois banques BAC (40 000 clones, 80 000 lectures) de clémentinier. Par la suite, il sera
possible d’ancrer les clones sur une carte physique à l’aide de marqueurs microsatellites
de type SSR et microsatellites ESTs déjà positionnés sur une carte génétique (Projet
financé dans le cadre d’un financement Européen INCOMED). Pour cela un
« fingerprinting » va également être réalisé (Projet financé dans le cadre d’un projet
Européen INCOMED et de financements espagnols) ce qui permettra de choisir parmi les
clones BAC les fragments chevauchants les moins redondants. Si ce projet
Genoscope est accepté il devrait ouvrir la voie au séquençage BAC à BAC du génome du
clémentinier (380 Mb).
5.7. CONCLUSIONS
Les projets de recherche que je développe aujourd’hui ont donc pour but de mieux
connaître quels sont les déterminants génétiques de la tolérance au sel chez les agrumes.
La connaissance du comportement physiologique et ecophysiologique des porte-greffe
franc de pied mais également greffés est donc fondamentale (INCOMED 2004). De même,
la mise en évidence de nouveaux gènes induits ou régulés permettant une tolérance
accrue sera nécessaire (Interreg IV A 2004). Pour cela, l’utilisation de filtre à haute densité
dans le cadre de collaborations avec nos collègues espagnols nous permettra d’étudier sur
différents génotypes l’impact de la ploïdie sur la tolérance au sel (Figure. 4). De même,
l’utilisation des microsatellites obtenues dans le cadre du projet Genoscpe 2003 nous
permettra de réaliser une carte génétique dense du Clémentinier (INCOMED 2004) . Enfin,
l’acceptation du projet Genoscope 2005, aujourd’hui en cours d’évaluation, qui vise à la
réalisation d’une carte physique du Clémentinier nous permettra de jeter les bases pour le
séquençage du génome, et au final, de pouvoir disposer de l’ensemble des gènes
permettant d’associer les résultats moléculaires et physiologiques de la tolérance au sel.
VI - PRINCIPALES PUBLICATIONS
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