Notes de cours de maths 1ère année
Notes de cours de maths 1ère année
Pr Mounir JERRY
Notes de cours
Filière de Sciences Economiques
Ce document constitue des notes de cours non finalisées se rapportant au cours de mathématiques du
1er semestre. De trop nombreuses imperfections subsistent, tant sur la forme que sur le fond. Je recevrais
donc avec plaisir vos commentaires et vous en remercie d’avance.
Table des matières
Notations ..................................................................................................................................3
Les fonctions numériques ..............................................................................................4
Les fonctions de plusieurs variables .......................................................................22
Les intégrales simples ....................................................................................................33
Les suites numériques....................................................................................................39
2
Notations
3
Chapitre 1
Généralités
Définitions
R est l’ensemble des nombres réels. C’est un ensemble à la fois ouvert et fermé
R∗ est l’ensemble des réels non nuls. R∗ = ]−∞, 0[ ∪ ]0, +∞[. C’est un ensemble ouvert
R+ est l’ensemble des réels positifs ou nuls. R+ = [0, +∞[. C’est un ensemble fermé
R+ +
∗ est l’ensemble des réels strictement positifs. R∗ = ]0, +∞[. C’est un ensemble ouvert
− −
R est l’ensemble des réels négatifs ou nuls. R = ]−∞, 0]. C’est un ensemble fermé
R− −
∗ est l’ensemble des réels strictement négatifs. R∗ = ]−∞, 0[. C’est un ensemble ouvert
Comment savoir si un intervalle I est ouvert ou fermé ?
— Si I = ]a, b[ = {x tel que a < x < b}, avec a et b finis Alors I est ouvert
— Si I = [a, b] = {x tel que a ≤ x ≤ b}. avec a et b finis, Alors I est fermé
— Si I = [a, b[ = {x tel que a ≤ x < b}. avec a et b finis, alors I n’est ni ouvert, ni fermé
— Si I = ]a, b] = {x tel que a < x ≤ b}. avec a et b finis, alors I n’est ni ouvert, ni fermé
— Si a = −∞ ou si b = +∞, on ne regarde que la borne finie
Définition On appelle fonction numérique d’une variable réelle une application d’une partie
E ⊂ R à valeurs dans R. On note
f (.) : E 7→ R
x 7→ f (x)
Une fonction numérique n’est pas nécessairement définie pour tous les réels. Ainsi, la fonction
√
x 7→ x n’est définie que pour x ∈ R+ . La fonction x 7→ 1/x n’est définie que pour x ∈ R∗ .
Exemples
4
Les séries temporelles peuvent également être considérées comme des fonctions numériques
pourvu que l’on adopte une représentation continue du temps. Ainsi la fonction qui à la
date t ∈ R associe le PIB Yt à cette date constitue également une fonction numérique.
Exemple
La fonction x 7→ x2 est bien définie sur R mais on peut ne considérer que sa restriction à
R+ .
Définition Soient f (.) et g (.) deux fonctions numériques, on appelle fonction composée
de g et de f et on note g ◦ f, la fonction g ◦ f (x) = g [f (x)]
Il ne faut pas confondre
g ◦ f (x) = g [f (x)] 6= f ◦ g (x) = f [g (x)]
Définition Soit f (.) une fonction numérique définie de E ⊂ R
f (.) est croissante sur E ssi ∀x, y ∈ E tels que x < y, on ait f (x) ≤ f (y)
f (.) est décroissante sur E ssi ∀x, y ∈ E tels que x < y, on ait f (x) ≥ f (y)
f (.) est strictement croissante sur E ssi ∀x, y ∈ E tels que x < y, on ait f (x) < f (y)
f (.) est strictement décroissante sur E ssi ∀x, y ∈ E tels que x < y, on ait f (x) > f (y)
f (.) est monotone sur E ssi elle est croissante ou décroissante
f (.) est strictement monotone sur E ssi elle est strictement croissante ou décroissante
Fonction paire ou impaire. Une fonction f définie sur E est dite :
• paire si, pour tout x ∈ E , on a − x ∈ E et f ( − x ) = f ( x ) ;
• impaire si, pour tout x ∈ E , on a − x ∈ E et f ( − x ) = − f ( x ) .
Fonction périodique. Une fonction f définie sur E est dite périodique s’il existe
un nombre réel non nul T tel que, pour tout x ∈ E :
x + T ∈ E et f ( x + T ) = f (x)
Ce nombre T est la période de f s’il est le plus petit réel positif qui satisfait
cette condition.
Fonction bornée. Une fonction f définie sur E est dite bornée s’il existe un
nombre positif M tel que, pour tout x ∈ E , on ait | f ( x ) | ≤ M.
Exemple
x 7→ x2 est strictement décroissante sur R− , strictement croissante sur R+ mais elle n’est
pas monotone sur R
Attention ! Une fonction peut très bien être croissante sans être strictement croissante ainsi
que l’illustre les figures
5
a b
x
a
x
b
Définition f (.) est bijective ssi il existe une fonction numérique g telle que g◦f = f ◦g = Id.
g (.) notée f −1 est alors unique et bijective. C’est l’application réciproque de f .
Limite et continuité
Définition Une fonction numérique f définie sur un intervalle I de est con-
tinue en un point x0 de I si :
lim f ( x ) existe avec lim f ( x ) = f ( x0 )
x → x0 x → x0
f ( x0 + 0) = lim
x → x0 , x > x0
f ( x ) = f ( x0 ) (resp. f (x − 0) =
0 lim
x → x 0 , x < x0
f ( x ) = f ( x0 ) )
Une fonction est continue sur un intervalle fermé si elle est continue
en tout point de l’ouvert et si elle est continue à gauche en a et à droite en b.
Théorème Si une fonction f est continue sur un intervalle I, alors l’ensemble image est lui aussi un intervalle.
6
Les propriétés suivantes sont satisfaites
a c b
x
Définition Les solutions d’une équation de la forme f (x) = 0 sont appellés les racines de
f (.). Les solutions d’une équation de la forme f (x) = x sont appellés des points fixes de f (.)
Proposition Les points fixes de g (.) sont les racines de la fonction f (.) définie par f (x) ≡
g (x) − x. Les racines de f (.) sont les points fixes de la fonction g (.) définie par g (x) ≡ f (x) + x
Théorème (Théorème des valeures intermédiaires) Si f continue sur [a, b] et si
f (a) · f (b) ≤ 0
alors la fonction f (.) admet au moins une racine c ∈ [a, b] tel que f (c) = 0
a c b x
C
7
A partir du théorème des valeurs intermédiaires, on peut déduire un autre théorème d’exis-
tence de solutions.
Théorème (Théorème de Brouwer dans R) Si f est continue sur [a, b] et si ∀x ∈ [a, b],
f (x) ∈ [a, b], alors l’équation f (x) = x admet au moins une solution dans R
Il existe quatre formes indéterminées algébriques, c’est-à-dire d’expressions
dont la limite ne peut pas être déterminée immédiatement :
0 f (x)
• forme : toute expression avec f ( x ) → 0 et g ( x ) → 0 ;
0 ∞ g(x) f (x)
• forme ---- : toute expression avec | f ( x ) |→ +∞
∞ g(x)
et | g ( x ) |→ +∞ ;
• forme 0 × ∞ : toute expression f ( x ) g ( x ) avec f ( x ) → 0 et
| g ( x ) |→ +∞ ;
• forme ∞ − ∞ : toute expression f ( x ) − g ( x ) avec f ( x ) → +∞ et
g ( x ) → +∞ .
Fonctions Equivalentes
Deux fonctions numériques f et g définies sur un intervalle I de sont
dites équivalentes quand x tend vers a, avec a ∈ I , s’il existe une fonction ε
définie sur un voisinage V ( a) de a telle que :
f ( x ) = g ( x ) [1 + ε ( χx ) ] avec lim ε ( χx ) = 0
x→ a
Asymptote oblique
Soit f une fonction définie sur un intervalle du type [α; +∞[ ou ]−∞ ; α ], s’il existe deux réels a
et b tels que lim [f (x) − (ax + b)] = 0 ou lim [f (x) − (ax + b)] = 0
x→+∞ x →−∞
-
on dira que la droite D d’équation y = ax+b est asymptote oblique à Cf au voisinage de +∞
respectivement - ∞
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Calcul de limites
Déterminer les limites des expressions f ( x ) suivantes, sans utiliser de
fonctions équivalentes :
x 4 + x2 + 1 x 3 + 3x 2 − 3x − 1
a) , x → +∞ ; b) , x →1 ;
x3 − 2 x2 + x − 2
x2 x x+x
c) x + 1 + , x→0 ; d) , x → +∞ ;
x x2 + 4x + 1
x
e) x − x 2 − x , x → +∞ ; f) , x → +∞ ;
x+ x+ x
1 3 1+ x −1
g) − , x →1 ; h) , x→0 ;
1 − x 1 − x3 3
1+ x −1
x− a
i) , x → a , avec a > 0 ; j) x ( x + a) − x, x → +∞ , avec a réel quelconque ;
x−a
k) x + 3 1 − x 3 , x → +∞ .
Solution
a) Comme il s’agit d’une fraction rationnelle avec la forme indéterminée
∞ , on divise numérateur et dénominateur par x 3 pour obtenir :
∞
x + 1/x + 1/x 3
f ( x) = → +∞
1 − 2/x 3
résultat prévisible car le polynôme numérateur est de degré plus élevé que le
polynôme dénominateur.
0
b) Nous obtenons la forme indéterminée , c’est-à-dire que 1 est racine
0
( )
du numérateur qui se factorise par ( x − 1) x 2 + 4 x + 1) et du dénominateur
qui se factorise par ( x − 1) ( x + 2) . Pour x différent de 1, cette fraction se sim-
plifie donc par :
x2 + 4x + 1 6
f ( x) = → =2
x+2 3
c) Comme x 2 = x , il va falloir étudier deux cas selon le signe de x.
Pour x > 0 :
x
f (x) = x + 1 +
→2
x
quand x tend vers zéro par valeurs positives.
Pour x < 0 :
x
f (x) = x + 1 − → 0
x
quand x tend vers zéro par valeurs négatives. Ces deux limites étant distinctes,
on en conclut que f ( x ) n’admet pas de limite quand x tend vers zéro.
9
0
d) On divise le numérateur et le dénominateur de cette forme indéterminée par x 2, soit :
0
1/ x + 1/x
f (x) = →0
1 + 4 /x + 1/x 2
e) On résout cette forme indéterminée en multipliant par la quantité conjuguée
pour faire disparaître le radical:
f (x) =
(x− ( (
x2 − x x + x2 − x
(
=
x
=
1
→
1
x+ x −x 2
x+ x −x 2
1 + 1 − 1/x 2
f) On divise numérateur et dénominateur par x :
1
f ( x) = →1
1 + 1/x + 1/x x
g) On réduit au même dénominateur :
x2 + x − 2
f (x) =
1 − x3
Comme numérateur et dénominateur s’annulent pour, on peut simplifier
cette fraction par x − 1, avec pour x ≠ 1 :
( x − 1) ( x + 2) x+2
f (x) = =− 2 → −1
(1 − x ) 1 + x + x ) x + x +1
) 2
h) On peut poser 1 + x = u 6 , avec u qui tend vers 1 quand x tend vers zéro :
f ( x) = 2 = =
(
u3 − 1 ( u − 1) u + u + 1 u2 + u + 1 3
2
→
)
u −1 ( u − 1)( u + 1) u +1 2
i) On factorise le dénominateur, puis on simplifie par x− a
pour x ≠ a :
x− a 1 1
f (x) = = →
( x− a )( x+ a ) x+ a 2 a
x ( x + a) − x 2 ax a
f ( x) = = →
x ( x + a ) + x x 1 + 1 + a /x [2 ]
10
k) Pour résoudre cette forme indéterminée ∞ − ∞ on utilise l’identité
a + b3 = ( a + b) ( a 2 − ab + b2 ) , avec ici a = x et b = 3 1 − x 3 , donc a3 + b3 = 1
3
et :
1
f (x) = →0
( )
2
x −+ x 1 − x +
2 3 3 3
1− x 3
car les trois termes du dénominateur tendent vers +∞ quand x tend vers +∞ .
[ ]
df ( x )
dx x = x0
.
11
Notons que toute fonction dérivable en un point est continue en ce point
mais que la réciproque est fausse.
Définition. Si une fonction f est dérivable en tout point d’un intervalle ouvert,
la fonction f ′′ qui associe à tout point x de cet intervalle le nombre f ′′ ( x ) est
la fonction dérivée de f, définie sur cet intervalle.
Dérivées à droite et à gauche. On dit que f est dérivable à droite (resp.
gauche) en x0, si le rapport :
f ( x ) − f ( x0 )
x − x0
où x est différent de x0, admet une limite à droite (resp. gauche) quand x tend
vers x0+ (resp. x0− ) . Cette limite, quand elle existe, est notée
f d′′ ( x0 )) (resp.. f g′′ ( x0 )) .
Une fonction est dérivable sur un intervalle fermé [a, b] si elle est déri-
vable en tout point de l’ouvert ]a, b [ , si elle est dérivable à droite en a et à
gauche en b.
Dérivées successives. Si la fonction dérivée f ′′ est dérivable à son tour en
tout point d’un intervalle ouvert, la fonction dérivée ( f ′′ )′′ est définie sur le
même intervalle, notée f ′′′′ . Elle se nomme dérivée seconde de f. On peut ainsi
définir de proche en proche, quand elle existe, la dérivée n-ième, ou d’ordre n,
n
qui se note f ( n ) ou d f .
dx n
y
y=f(x)
f(a) A
f(x) X
T
a x
La figure permet d’illustrer cette définition. Prenons une fonction numérique f (.)
représentée par son graphe y = f (x). Prenons un point A sur ce graphe de coordonnées
(x = a, y = f (a)). Prenons à présent un autre point X sur ce graphe de coordonnées (x, y = f (x)).
Le taux de variation de f entre a et x, qui est égal à :
f (x) − f (a)
x−a
représente alors la pente de la droite AX.
Que se passe-t-il lorsque le point X se déplace le long du graphe de f (.) en se rapprochant
du point A ? Comme f (.) n’est pas une fonction affine, le taux de variation de f (.) entre A et
X se modifie. Toutefois, au fur et à mesure que X se rapproche de A, la droite AX tend à se
confondre avec la tangente de f (.) en A (notée T ). La dérivée de f (.) en a correspond alors à
la pente de la tangente au point A. Connaître la dérivée de f (.) en a permet alors de connaître
approximativement le taux de variation de f avec n’importe quel réel x situé “à proximité”
de a.
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Exemple économique : coût de production, coût marginal et coût moyen.
La notion de dérivée est très courante en économie, même si son recours est souvent implicite.
Considérons l’exemple de la fonction de coût dans la théorie microéconomique du producteur.
Celle-ci donne pour chaque quantité de production y le coût total C (y) que doit supporter une
entreprise pour pouvoir produire une quantité y de biens. A partir de la fonction de coût, on
définit généralement le coût moyen par :
C (Y )
CM (Y ) =
Y
Or on parle également de coût marginal Cm de production. Celui ci est définit comme :
Le supplément de coût de production engendrée par la production de une unité
supplémentaire
Ainsi, lorsque la production augmente de ∆y, le coût doit augmenter de ∆C= ∆y ∗ Cm ,
c’est à dire
C (y + ∆y) − C (y)
Cm '
∆y
Or, les économistes entendent implicitement lorsqu’ils parlent d’une unité supplémentaire ∆y
un ∆y “infinitésimal”, c’est à dire infiniment petit. On a par conséquent.
C (y + ∆y) − c (y)
Cm = lim = C 0 (y)
∆y→0 ∆y
La notion de coût marginal correspond alors à la dérivée de la fonction de coût.
( u + v ) ′( x0 ) = u ′ ( x0 ) + v ′ ( x0 )
( λu ) ′ ( x 0 ) = λu ′ ( x 0 ) , λ ∈\
( uv ) ′( x0 ) = u ( x0 ) v ′ ( x0 ) + u ′ ( x0 ) v ( x0 )
()u ′
v
( x0 ) =
u ′ ( x0 ) v ( x0 ) − u ( x0 ) v ′ ( x0 )
v 2 ( x0 )
, si v ( x0 ) ≠ 0
Dérivée d’une fonction composée. Si u est une fonction définie sur un inter-
valle ouvert I contenant x0, dérivable en x0, et si f est une fonction définie sur
un intervalle ouvert contenant u( I ) , dérivable en u( x0 ) , alors la fonction com-
posée f D u est dérivable en x0, de dérivée :
( f D u)′′ ( x0 ) = f ′′ [[u ( x0 )]] u′′ ( x0 )
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Formule de Leibniz. Si u et v sont deux fonctions n fois dérivables sur un
intervalle ouvert I, alors la fonction uv est n fois dérivable sur I, avec :
( uv ) ( n ) = u ( n ) v + C1n u ( n −1) v′′ + " + Cnp u ( n − p ) v ( p ) + " + uv ( n )
Dérivée d’une fonction réciproque. Soit f une fonction strictement mono-
tone et dérivable sur un intervalle ouvert I. En tout point y0 de J = f ( I ) tel
que f ′′ ( x0 ) est différent de zéro, où y0 = f ( x0 ) , la fonction réciproque g = f −1
est dérivable, avec :
1 1
g′′ ( y0 ) = = ′
f ′ ( x0 ) f ′ [ g ( y0 ) ]
′
E f (x0 ) =
dy/y0 x0 dy
=
dx /x0 y0 dx ( ) x = x0
=
x0 ′
y0
f ′ ( x0 ) = x0
f ′′ ( x0 )
f ( x0 )
Approximation linéaire et différentielle
Ainsi que l’illustre la figure, au “voisinage de a”, le graphe de la fonction f (.) s’apparente
à la tangente de f (.). Cela signifie que les propriétés de la fonction f (.), en particulier du point
de vue de sa monotonie ou de son taux de variation, sont au voisinage de a analogues à la fonction
affine correspondante à la tangente T . On est donc tenté de remplacer localement l’étude de la
fonction f (.) par l’étude de sa tangente. Celle-ci a pour équation :
y = f (a) + f 0 (a) (x − a)
14
LnHxL
x
2 4 6 8 10
-1
-2
Le graphe de la fonction ln ( . )
Elle est définie sur R à valeurs dans R+∗ . Elle est sa propre dérivée. Elle est donc strictement
croissante.
exp 0 = 1 exp 1 = e
Aussi
Exp HxL
x
-2 -1 1 2
15
f f 0 (.) f (.) f 0 (.)
xα α · xα−1 [u (x)]α α · [u (x)]α−1 · u0 (x)
1 u0 (x)
x − x12 1
u(x) [u(x)]2
u(x) u0 (x)v(x)−v 0 (x)u(x)
u (x) v (x) u0 (x) v (x) + u (x) v 0 (x) v(x) [v(x)]2
1 u0 (x)
ln (x) x ln [u (x)] u(x)
x
e = exp x ex exp [u (x)] u0 (x) exp [u (x)]
x
a = exp [x ∗ ln a] ln a · ax
Théorème (Théorème des accroissements finis) Si f (.) continue sur [a, b] et dérivable
sur ]a, b[ alors il existe c ∈ ]a, b[ tel que
f (b) − f (a)
f 0 (c) = ⇔ f (b) = f (a) + f 0 (c) (b − a)
b−a
∀x ∈ E on a f (x) ≥ f (a)
∀x ∈ E on a f (x) ≤ f (a)
3. On dit que a ∈ E est un extremum global de f (.) sur E ssi a est un minimum global ou
un maximum global de f (.) sur E.
4. On dit a ∈ E est un minimum local de f (.) sur E ssi il existe d > 0 tel que
∀x ∈ [a − d, a + d] ∩ E on a f (x) ≥ f (a)
5. On dit a ∈ E est un maximum local de f (.) sur E ssi il existe d > 0 tel que
∀x ∈ [a − d, a + d] ∩ E on a f (x) ≤ f (a)
6. On dit que a ∈ E est un extremum local de f (.) sur E ssi a est un minium local ou un
maximum local de f (.) sur E.
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Fonctions numériques convexe / concave
Définition Une fonction d’une variable réelle définie sur un intervalle J est concave sur J
si elle vérifie :
Une fonction est donc concave, si et seulement si pour tous couples de réels x0 et x1 ,
la sécante de f (.) entre x0 et x1 (c’est-à-dire la droite reliant les points de coordonnées
(x = x0 , y = f (x0 )) et (x = x1 , y = f (x1 ))) est en dessous du graphe de la fonction f (.) .
Quand toutes les sécantes f (.) sont “strictement” en dessous du graphe, on dit que
la fonction est strictement concave
f(s x1+(1-s)x0)
f(x1)
s f(x1)+(1-s)f(x0)
f(x0)
x0 s x1+(1-s)x0 x1
x0 s x1+(1-s)x0 x1
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Une fonction est donc convexe, si et seulement si pour tous couples de réels x0 et x1 , la
sécante de f (.) entre x0 et x1 est au dessus du graphe de la fonction f (.) .
Quand toutes les sécantes f (.) sont “strictement” au dessus du graphe, on dit que la fonction
est strictement convexe
f(x1)
s f(x1)+(1-s)f(x0)
f(x0)
f(s x1+(1-s)x0)
x0 s x1+(1-s)x0 x1
x0 s x1+(1-s)x0 x1
Théorème Soit f (.) une fonction numérique C 2 sur [a, b]. On a les implications suivantes
Soient f et g deux fonctions dérivables sur un intervalle ouvert a, b contenant c, sauf peut-être en c
lui-même.
f x 0
Si présente une indétermination de la forme " " ou " " en c et si g x 0 pour x c ,
g x 0
f x f x0 f x f x
alors : lim lim , à condition que lim existe ou que lim
x c g x x c g x0 x c g x x c g x
18
Conditions d’optimalité
Nous allons à présent donner une condition nécessaire que doit vérifier un extremum local.
Théorème (Condition nécessaire du 1er ordre d’un extremum local) Soit f (.) une
fonction dérivable sur un intervalle [a, b]. Si x0 est un maximum local de f (.) sur [a, b]
1. Si x0 ∈ ]a, b[, alors nécessairement f 0 (x0 ) = 0. On dit alors que x0 est intérieur
2. Si x0 = a, alors nécessairement f 0 (x0 ) ≤ 0
3. Si x0 = b , alors nécessairement f 0 (x0 ) ≥ 0
Si x0 est un minimum local de f (.) sur [a, b]
1. Si x0 ∈ ]a, b[, alors nécessairement f 0 (x0 ) = 0. On dit alors que x0 est intérieur
2. Si x0 = a, alors nécessairement f 0 (x0 ) ≥ 0
3. Si x0 = b , alors nécessairement f 0 (x0 ) ≤ 0
c b
a x
Théorème (Conditions suffisantes du second ordre) Soit f une fonction C 2 sur [a, b]
et soit x0 ∈ ]a, b[
1. Si f 0 (x0 ) = 0 et f 00 (x0 ) < 0, alors x0 est un maximum local
2. Si f 0 (x0 ) = 0 et f 00 (x0 ) > 0, alors x0 est un minimum local
A retenir : Il ne suffit pas que f'' s'annule en x pour que x soit l'abscisse d'un point d'inflexion.
Ce n'est le cas que si f'' s'annule en changeant de signe. De même, il ne suffit pas que f'' ne soit pas
définie en x pour que x soit l'abscisse d'un point d'inflexion. Ce n'est le cas que si la fonction f est définie en x.
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Recherche d’extremums
Déterminer les extremums des fonctions f définies par les
expressions f ( x ) suivantes et préciser leur nature.
a) x − x 2 /2 ; b) ( x − 1)2 ( x + 1)3 ; c) 2x + 3 3 x 2
c) 3
x+2 ;
20
Étude de fonction
ln x
Étudier la fonction f déterminée par l'expression f ( x ) =
x
Cette fonction est dé finie et continue pour x strictement positif, avec pour dérivée :
1 ln x 2 − ln x
f ′(x) = − =
x x 2x x 2x x
qui change de signe pour x = e2 . D’après le théorème des croissances compa-
rées, f ( x ) tend vers 0 quand x → +∞ , donc l’axe des abscisses est asymptote.
De même, f ( x ) → −∞ quand x tend vers 0, donc l’axe des ordonnées est aussi
asymptote. On obtient le tableau de variation suivant :
x 0 e2 +∞
f ′(x) II + 0 –
f ( x) II −∞ 2/e 0
21
Chapitre 2
Généralités
Définition Un point de Rn est un vecteur caractérisé par ses coordonnées (x1 , ..., xn ).
f (., ..., .) : D →
7 R
(x1 , ..., xn ) → 7 f (x1 , ..., xn )
22
Dérivées partielles et différentielles
Définitions
Exemple
La fonction de production de C OBB -D OUGLAS f : (R∗ 2 α β
+ ) → R s’écrit f (x, y) = x y (avec α, β > 0). Les courbes de niveau d’une telle
fonction sont nommées isocantes ou courbes d’isoproduction. Pour un niveau fixé k > 0 de production, l’équation x α y β = k détermine
les points du plan (x, y) donnant toutes les combinaisons des quantités de facteurs qui permettent de produire ce niveau k.
∂f f (x 0 + h, y 0 ) − f (x 0 , y 0 )
(x 0 , y 0 ) = f y00 (x) = lim , dérivée partielle de f par rapport à x au point (x 0 , y 0 ),
∂x h→0 h
∂f f (x 0 , y 0 + h) − f (x 0 , y 0 )
(x 0 , y 0 ) = f x00 (y) = lim , dérivée partielle de f par rapport à y au point (x 0 , y 0 ).
∂y h→0 h
Remarque Notation
∂f 0
se note aussi ∂x f ou f x
∂x
Astuce
En pratique, pour calculer la dérivée partielle ∂x f (resp. ∂ y f ), on dérive f comme si elle était une fonction de la seule
variable x (resp. y) et que l’autre variable, y (resp. x), était une constante.
Ces définitions se généralisent de manière naturelle à toute fonction de n variables.
Définition Élasticité
Soit f une fonction à valeurs réelles définie sur une partie ouverte D de R2 . Soit (x 0 , y 0 ) ∈ D et supposons f dérivable par
rapport à x (resp. y) en (x 0 , y 0 ) avec x 0 6= 0 (resp. y 0 6= 0) et f (x 0 , y 0 ) 6= 0. L’élasticité de f par rapport à x (resp. y) en (x 0 , y 0 )
est donnée par
f (x 0 +h,y 0 )− f (x 0 ,y 0 ) f (x 0 ,y 0 +h)− f (x 0 ,y 0 )
f (x 0 ,y 0 ) y f (x 0 ,y 0 )
E xf (x 0 , y 0 ) = lim h
, E f (x 0 , y 0 ) = lim h
.
h→0 h→0
x0 y0
Par conséquent
x0 y y0
E xf (x 0 , y 0 ) = ∂x f (x 0 , y 0 ), E f (x 0 , y 0 ) = ∂ y f (x 0 , y 0 ).
f (x 0 , y 0 ) f (x 0 , y 0 )
23
Exemple
La fonction de production de C OBB -D OUGLAS f : (R∗ 2 α β ∗ 2
+ ) → R s’écrit f (x, y) = x y (avec α, β > 0). Elle est dérivable dans (R+ ) et on
obtient :
x x
E xf (x, y) = ∂x f (x, y) = αx α−1 y β = α,
f (x, y) xα y β
y y
βx α y β−1 = β.
y
E f (x, y) = ∂ y f (x, y) =
f (x, y) xα y β
En conséquence, toutes les fonctions de C OBB -D OUGLAS bénéficient d’élasticités constantes, ce qui contribue à expliquer l’attrait
qu’elles représentent pour le modélisateur.
Exemple
Reprenons l’exemple de la fonction de production. On considère souvent qu’elle dépend de
deux facteurs de production le travail L et le capital K. Formellement, nous avons donc affaire
à une fonction de deux variables F (K, L). On définit alors souvent la productivité marginale du
travail comme
“Le supplément de production F (K, L + ∆L) − F (K, L) qui résulte de l’utilisation d’une
unité de travail ∆L supplémentaire” 2
Aussi
F (K, L + ∆L) − F (K, L)
P mL '
∆L
pour peu que l’an ait ∆L suffisament petit. Aussi, comme cette définition doit être implictement
compris comme étant valable pour ∆L → 0, on a alors
∂F (K, L)
P mL =
∂L
De façon symétrique, la productivité marginale du capital vérifie
∂F (K, L)
P mK =
∂K
leur tour admettre des dérivées partielles, appelées dérivées partielles du second
ordre ou secondes. Par exemple, les dérivées de f x′′ par rapport aux variables x, y,
sont notées respectivement :
f x′′2 , f xy′′
f xy′′′′ ( A) = f yx′′′′ ( A)
24
Les fonctions homogènes
Définition Soit f (.,. ) une fonction de n variables définies sur Rn+ . On dit que f (.,.) est
homogène de degré α si et seulement si
Si une fonction de production est à rendements constants, alors elle est homogène de degré 1.
Théorème Soit f (.,.) une fonction de n variables définies sur Rn+ dérivable et homogène de
degré α. Les dérivées partielles de f sont alors des fonctions homogènes de degré α − 1.
Théorème (Théorème d’Euler) Soit f (.,. ) une fonction de n variables définies sur Rn+
différentiable. f est une fonction homogène de degré α si et seulement si
n
X ∂f
∀ (x1 , ..., xn ) α · f (x1 , ..., xn ) = xi · (x1 , ..., xn )
∂xi
i=1
∂xx f (x 0 , y 0 ) ∂x y f (x 0 , y 0 )
µ ¶
H f (x 0 , y 0 ) = .
∂ y x f (x 0 , y 0 ) ∂ y y f (x 0 , y 0 )
Un point vérifiant cette condition est appelé point stationnaire, ou point critique, de f .
25
Théorème Condition suffisante d’extrémum local dans un ouvert (cas de 2 variables)
∆(x 0 , y 0 ) ≡ ∂xx f (x 0 , y 0 ) · ∂ y y f (x 0 , y 0 ) − ∂x y f 2 (x 0 , y 0 ).
B Si ∆(x0 , y 0 ) > 0, alors f présente un extrémum relatif en (x0 , y 0 ) ; il s’agit d’un maximum si ∂xx f (x0 , y 0 ) < 0 et d’un
minimum si ∂xx f (x 0 , y 0 ) > 0 ;
B si ∆(x0 , y 0 ) < 0, alors f présente un point-selle (ou point-col) en (x0 , y 0 ) ; ce n’est pas un extrémum ;
Exemple
Pour déterminer les extrema libres de la fonction f (x, y) = x 2 + y 3 −2x y − y dans R2 , on constate d’abord que f est un polynôme, donc
différentiable dans l’ouvert R2 . Les seuls candidats extrema locaux sont les points critiques. Toutefois, nous ne disposons d’aucune
garantie à priori sur le fait que les éventuels extrema locaux soient globaux.
Recherche des points critiques On a
µ ¶ µ ¶ µ ¶
2x − 2y 0 1 1
∇f = 0 ⇐⇒ = ⇐⇒ (x, y) = − , − ou (x, y) = (1, 1).
3y 2 − 2x − 1 0 3 3
³ ´
Les deux candidats sont donc − 13 , − 13 et (1, 1).
³ ´
Comme ∆ − 31 ,− 13 < 0 et ∆ (1,1) > 0, alors (− 13 ,− 13 ) est un point-selle et f admet en (1,1) un minimum local de valeur f (1,1) = − 1.
Le théorème de L AGRANGE généralise la démarche adoptée dans cette résolution. Il représente une condition nécessaire pour
l’optimisation sous des contraintes d’égalité.
Théorème des multiplicateurs de L AGRANGE
Soit les fonctions f et g 1 , . . ., g m (m < n) de classe C 1 dans un ouvert D ∈ Rn . Si f admet en x0 un extremum lié sous les
contraintes g 1 (x) = 0, . . ., g m (x) = 0 et si la jacobienne en x0 (i.e. la matrice (∂x j g i (x0 ))m×n ) est de rang m, alors
m
∃λ = (λ1 , . . . , λm ) ∈ Rm tel que ∇ f (x0 ) + λi ∇g i (x0 ) ˘
X
= 0.
i =1
Le théorème de L AGRANGE peut être vu comme la condition nécessaire d’existence d’extrema libres appliquée à la fonc-
tion de n + m variables appelée fonction lagrangienne (ou le lagrangien) :
L : D × Rm → R
m
(x, λ) 7→ f (x0 ) + λi g i (x0 )
X
i =1
où λ = (λ1 , . . . , λm ).
26
Optimiser f (x, y) sous la contrainte g (x, y) = 0.
Réécrivons le théorème des multiplicateurs de L AGRANGE pour une fonction de deux variables et une seule contrainte
d’égalité :
Soit les fonctions f et g de classe C 1 dans un ouvert D ∈ R2 . Si f admet en (x0 , y 0 ) un extremum lié sous la
contrainte g (x, y) = 0 et si ∇g (x0 , y 0 ) 6= (0,0), alors
On a alors une méthode pratique pour déterminer les extrema liés de f sous la contrainte g :
Méthode : Lagrangien. Formons le lagrangien
L(x, y,λ) = f (x, y) + λg (x, y)
où λ (multiplicateur de L AGRANGE) est une inconnue. Pour que cette fonction ait un extremum il faut que le gra-
dient de L soit nul, autrement dit on cherche les triplets (x, y,λ) tels que
Notons (x0 , y 0 ,λ0 ) une solution de ce système. Si ∇g (x0 , y 0 ) 6= 0, alors (x0 , y 0 ) est un point critique de la fonction
f sous la contrainte g . Ces points critiques satisfont la contrainte, mais il s’agit à présent de classer ces candidats.
Comme dans le cas des extrema libres, on peut formuler des conditions du deuxième ordre relatives aux points
critiques, mais qui ne s’appliquent qu’à certains cas. Soit
Définition (Hessienne bordée) La matrice hessienne du lagrangien est aussi appelée la matrice hessienne bordée de f
∂ 2L ∂2 L ∂g
∂x2
(x, y, λ) ∂y∂x
(x, y, λ) ∂x
(x, y)
∂ 2L ∂ 2L
∆ (x, y, λ) = ∂x∂y (x, y, λ) ∂y2
(x, y, λ) ∂g
∂y
(x, y)
∂g ∂g
∂x
(x, y) ∂y
(x, y) 0
ATTENTION : Le théorème précédent est valide uniquement pour deux variables (x, y)
x x
a) f ( x, y ) = xy + b) f ( x, y ) =
y x 2 + y2
(
c) f ( x, y ) = ln x + x 2 + y2 )
Solutions
f ( x, y ) = x y + ( ) 1
y
On obtient comme dérivée :
y + 1/y
f x′′ ( x, y ) =
2 x ( y + 1/y )
On dérive de même par rapport à y :
x (1 − 1/y2 )
f ′ ( x, y ) =
′
2 x ( y + 1/y )
y
28
b) Si on dérive par rapport à x, le numérateur a pour dérivée 1 et le déno-
minateur x ( x 2 + y2 ) . On obtient donc :
−1/ 2
(x + y2 ) − x 2 ( x 2 + y2 )
2 1/ 2 −1/ 2
y2
f x′′ ( x, y ) = =
(x + y2 )
3/2
x 2 + y2 2
1 + x ( x 2 + y2 )
−1/ 2
1
f ′ ( x, y ) =
x
′
=
x + x 2 + y2 x 2 + y2
En dérivant par rapport à y :
y( x 2 + y2 )
−1/ 2
y
f y′′ ( x, y ) = =
x + x 2 + y2 x x 2 + y2 + x 2 + y2
Ces dérivées existent sur l’ensemble de définition de f, c’est-à-dire dans
tout le plan, sauf à l’origine.
Fonctions homogènes
Vérifier que les fonctions f définies ci-après sont des fonctions homogènes
dont on précisera le degré. Montrer ensuite qu’elles vérifient le théorème
d’Euler.
x+ y x
a) f ( x, y ) = b) f ( x, y ) = ln
3
x 2 + y2 y
c) f ( x, y ) = x α g ()
y
x
avec α réel quelconque et g fonction dérivable sur .
29
Solutions
a) Pour tout λ > 0 :
λx + λy
f (λx,λ
λ y) = = λ1 / 3 f ( x , y )
3
λ 2 x 2 + λ 2 y2
1- . En tout point autre que l’origine, on obtient
donc f est homogène de degré --
3
comme dérivées partielles :
(x 2
+ y2 ) − 32 x ( x + y ) ( x 2 + y2 )
1/ 3 −2 / 3
x 2 + 3 y2 − 2xy
f x′′ ( x, y ) = =
(x + y2 ) 3( x 2 + y2 )
2 2/3 4 /3
y2 + 3x 2 − 2xy
f y ( x, y ) =
′′
3( x 2 + y2 )
4 /3
′′ ′′ x 3 + 3xy2 − 2x 2 y + y3 + 3x 2 y − 2xy2
xf x + yf y =
3( x 2 + y2 )
4 /3
x 3 + y3 + xy ( x + y ) ( x + y ) ( x 2 + y2 ) 1
= = = f
3( x 2 + y )
2 4 /3
3( x 2 + y )
2 4 /3 3
f (λx,λ
λ y ) = (λx ) g
α
( λλxy ) = λ f (x, y)
λ
λ
λ
α
donc f est homogène de degré α. Les dérivées partielles sont obtenues pour
x>0 :
30
f x′′ = αx α−1 g ()y
x
− yx α−2 g ′
y
x
()
g′ ( )
y
f y′′ = x α−1
x
On vérifie le théorème d’Euler :
Extremas libres
Soit f l’application définie sur R2 par
x2 y y3
f (x, y ) = − x2 + − 4y.
2 3
Trouver les points critiques de la fonction f et établir leur nature.
Solutions
f est une application définie sur R2 ; les points critiques sont les points qui rendent nul le gradient. On a
à !
x y − 2x,
∇f = x2 et ∇f = 0 ⇐⇒ (x, y) ∈ { (0,−2),(0,2) }.
2 + y2 − 4
Donc
∆(x, y) = ∂xx f (x, y)∂ y y f (x, y) − (∂x y f (x, y))2 = 2y(y − 2) − x
et
∆(0,−2) = 16, ∆(0,2) = 0.
Comme ∆(0,−2) > 0 et ∂xx f (0,−2) < 0, on conclut que le point (0,−2) est un maximum pour f .
En revanche, comme ∆(0,2) = 0, on ne peut pas conclure en utilisant la matrice hessienne.
Extremas liés
Utiliser la méthode des multiplicateurs de L AGRANGE pour calculer le maximum et le minimum de la fonction f sous la
contrainte indiquée :
1. f (x, y) = 3x + y sous la contrainte x 2 + y 2 = 10
31
Solutions
1. Formons le lagrangien
L(x, y, λ) = 3x + y + λ(x 2 + y 2 − 10)
où λ (multiplicateur de L AGRANGE) est une inconnue. Pour que cette fonction ait un extremum il faut que le gradient
de L soit nul, autrement dit on cherche les triplets (x, y,λ) tels que
3 + 2λx 0
∇L = 0 ⇐⇒ 1 + 2λy = 0 ⇐⇒ (x, y, λ) ∈ { (3, 1,−
¡1/2), (−3, −1, 1/2) }
x 2 + y 2−10 0
Donc (3, 1) et (−3, −1) sont des points critiques de la fonction f sous la contrainte x 2 +y 2 = 10. Comme
2λ 0 2x
∆ (x, y, λ) = 0 2λ 2y =
2 2
-8 λ (x + y )
2x 2y 0
32
Chapitre 3
Propriété
? Si F est une primitive de f alors, pour tout réel c, la fonction F + c est aussi une primitive de f .
? Toute primitive de f est nécessairement de la forme F + c pour une certaine constante c.
Notation R R
L’ensemble des primitives d’une fonction f est noté f ou encore f (x) dx.
Remarque
Rx
Si a ∈ I alors F (x) = a f (t) dt est l’unique primitive qui s’annule en a.
Proposition Linéarité
Soit I un intervalle de R, f et g : I → R deux fonctions intégrables et k ∈ R. Alors
Z Z Z Z Z
(f (x) + g (x)) dx = f (x) dx + g (x) dx et k f (x) dx = k f (x) dx.
33
Proposition Intégration par changement de variable
Soit F une primitive de f et g une fonction dérivable. Alors la fonction f (g (x))g 0 (x) est intégrable et l’on a
Z
f (g (x))g 0 (x) dx = F (g (x)) + c.
du
Autrement dit, en posant u = g (x) on obtient dx = g 0 (x), soit encore du = g 0 (x) dx et donc
Z Z
0
f (g (x))g (x) dx = f (u) du = F (u) + c.
Exemple
Calculer une primitive de ln(x)
x avec les trois méthodes décrites ci-dessus.
Intégration directe :
2
R ln(x) R0
R 0 [f (x)] R ln(x) ln2 (x)
comme x dx = f (x)f (x) dx avec f (x) = ln(x) et comme f (x)f (x) dx = 2 on conclut que x dx = 2 +c.
Intégration par changement de variable :
u2 ln2 (x)
on pose u = ln(x) donc du = dxx et ln(x)
R R
x dx = u du = 2 +c = 2 +c.
Intégration par parties :
si on pose g(x) = ln(x) et f 0 (x) = x1 alors g 0 (x) = x1 et f (x) = ln(x) donc ln(x) 2 (x)− ln(x) dx, i.e. 2 ln(x) dx = ln2 (x)+c
R R R
x dx = ln x x
2
et finalement x dx = ln 2(x) +k.
R ln(x)
Intégrales définies
34
Propriété
Soit [a; b] un intervalle de R avec a < b, f et g : [a; b] → R deux fonctions intégrables.
Rb Rc Rb
Relation de Chasles : a f (x) dx = a f (x) dx + c f (x) dx pour tout c ∈ [a;b].
Rb Rb
Relation d’ordre : si f (x) ≤ g (x) pour toute x ∈ [a;b] alors a f (x) dx ≤ a g (x) dx.
Rb
Nullité : si f est continue sur [a;b] et f (x) ≥ 0 pour toute x ∈ [a;b] alors a f (x) dx = 0 si et seulement si f (x) ≡ 0.
Ra Ra
ParitéR : si f est paire sur [−a; a] avec a ≥ 0 alors −a f (x) dx = 2 0 f (x) dx ; si f est impaire sur [−a; a] avec a ≥ 0 alors
a
−a f (x) dx = 0.
Rb Rb
Valeur absolue : | a f (x) dx| ≤ a | f (x)| dx.
Rb Rb
a f (x) dx a f (x) dx
Moyenne : si m ≤ f (x) ≤ M pour toute x ∈ [a;b] alors m ≤ b−a ≤ M. Le nombre b−a est la valeur moyenne de
f sur [a;b].
∫( )
2 8
a) ∫ ( x − 1) ( x − 2) dx ; b) 2x + 3 x dx ;
)
1 0
∫ (x ) d) ∫ ( x − x ) x dx ;
1 2
c) 2
− |x| 3
x 2 dx ; 3 3 2
−1 −2
)
∫( )
bb 1 0
e)
a
a x
− x 2 dx ; f) ∫2
| 1 − x | dx ;
11 3
∫ 1+ x ∫
g) dx ; h) 2 x dx ;
0 2
0
∫ (e )
1 1
∫
x/2 2
i) e −2 x +1 dx ; j) + e − x / 2 dx ;
−1 0
33
∫
dx
k) ⋅
0 3 + 2x
0
Solutions
[ ]
2
2 2 x3 x2 1
∫ ( x − 1) ( x − 2) dx = ∫ ( x − 3x + 2) dx = − 3 + 2x =−
2
1 1 3 2 1
6
[ ]
8
x 3/ 2 x 4 /3
∫( ) ( ) dx =
8 8 100
2x + x dx = ∫
3
2x 1/ 2
+x 1/ 3
2 + =
0 0 3/2 4 /3 0
3
35
c) La fonction à intégrer est paire et l’intervalle d’intégration centré à l’ori-
gine, donc :
[ ]
1
x11/3 x13 / 6
∫ (x
1
−1
2
− |x| ) 3
x dx = 2∫ x − x
2
1
( 2 1/ 2
)x 2/3
dx = 2 −
11/3 13/6
=−
54
143
) )
0
0
( ) [ ] ( ) 13 ( b − a )
b
b 1 x3
∫ − x dx = 2 x − =2 b− a −
2 3 3
a x 3 a
On peut constater que cette intégrale est convergente quand a tend vers 0 ;
elle admet pour limite 2 b − b3 /3 .
=
2
3
[ 1 2
( x − 1)3 / 2 2 − ( x1–x
3
] 0
− 1)3 / 2 1 = −
4
3
[ ]
g) On utilise une primitive usuelle :
11
∫
dx
= [ln | x + 1 |]0 = ln 2
1
0 x +1
0
[ ] ( )
1
1 e −2 x 1 3 1
∫−1 e dx = e − 2
−2 x +1
= e −
−1
2 e
∫ (e ) [ ]
1 1
+ e − x/ 2 dx = ∫ (e x + 2 + e − x ) dx = e x + 2x − e − x 0 = 2 + e − 1/e
x/2 2 1
0 0
36
k) On modifie l’écriture de la fraction pour faire apparaître au numérateur,
à un coefficient près, la dérivée du dénominateur :
∫( ) []
3
33 33 2x d (2x + 3)
33
∫ ∫
dx 1 x 1
= 1− x dx = −
0 3 + 2x 2 +3 0 2 +3
x
0 3 0
0 3 0 3ln 2 0
1
[ ] 5 ln11
3
= 1− ln(2x + 3) 0
= −
3ln 2 3 ln 8
∫
5 dx
a) ∫1
2x − 1 dx ; b) 1
1 x (1 + ln x )
;
x + 1/2
33 11
x
∫ d) ∫
e dx
c) 2 x 2 + x − 3 dx ; ;
2 (10 − 3e )
0
0
x 2
44 11ex − e− x
∫ ∫
e) dx ; f) dx ;
0 1+ x 0 ex + e− x
0 0
Solutions
[]
3
5 3 u3 26
∫ 2x − 1 dx = ∫ u du =
2
=
1 1 3 1
3
22 11+ln2
∫ ∫
dx + ln 2 du
= [ln u ]1 = ln (1 + ln 2)
1+ ln2
=
1
1 x (1 + ln x ) 1
1 u
c) Le numérateur est la dérivée du dénominateur au coefficient 1/2 près.
On effectue donc le changement de variable u = x 2 + x − 3 , soit
du = (2x + 1) dx et les nouvelles bornes u = 3 et u = 9 :
33 x + 1/2 99
∫ ∫
1 du 1
= [ln u ]3 = ln 3
9
dx =
2
2 x + x −3
2
2 3 u
3 2
37
d) Le numérateur e x est la dérivée, à un coefficient près, du terme 10 − 3e x
qui est au carré au dénominateur. On retient donc comme nouvelle variable
u = 10 − 3e x , avec du = −3e x dx et les nouvelles bornes u = 7 et u = 10 − 3e :
[] ( )
10 − 3e
11e x dx 10–3e
∫ ∫
10 −3e du 1 1 1 1 1
=– = = −
0 (10 − 3e x ) 2 7 3u 2 3 u 3 10 − 3e 7
0 7 7
ex − e− x e+1/e
e2 + 1
∫
11
∫
e +1/e du
= [ln u ]2 = ln
e +1/e
dx =
0 ex + e− x 22 u 2e
0
38
Chapitre 4
Remarque
En pratique, on dispose essentiellement de deux méthodes pour définir une suite :
1. on définit (x n )n∈N directement en fonction de n, par exemple
1
∀n ∈ N∗ , x n = ,
n2
Définition Vocabulaire
Une suite (x n )n∈N est dite
? croissante s’il existe n 0 ∈ N tel que pour tout n ≥ n 0 , x n ≤ x n+1 ;
? décroissante s’il existe n 0 ∈ N tel que pour tout n ≥ n 0 , x n ≥ x n+1 ;
? monotone si elle est soit croissante soit décroissante ;
? majorée s’il existe M ∈ R tel que, pour tout n, x n ≤ M . On dit que M est un majorant de la suite ;
? minorée s’il existe m ∈ R tel que, pour tout n, x n ≥ m. On dit que m est un minorant de la suite ;
? bornée si elle est à la fois majorée et minorée, c’est-à-dire s’il existe M ∈ R tel que |x n | ≤ M pour tout n.
On dit qu’une suite (x n )n∈N diverge vers plus l’infini (on écrit limn x n = +∞) si
∀M ∈ R ∃N ∈ N ∀n ∈ N n > N =⇒ x n > M .
On dit qu’une suite (x n )n∈N diverge vers moins l’infini (on écrit limn x n = −∞)
∀m ∈ R ∃N ∈ N ∀n ∈ N n > N =⇒ x n < m.
39
Théorème Unicité
Si une suite converge, sa limite est unique.
Remarque
1. Une suite peut n’être ni convergente ni divergente vers moins l’infini ni divergente vers +∞. Par exemple, la suite
x n = (−1)n est la suite dont les termes d’indice pair valent 1 et ceux d’indice impair −1 : elle ne converge pas et ne
diverge vers moins l’infini ni vers +∞.
2. La suppression d’un nombre fini de termes ne modifie pas la nature de la suite, ni sa limite éventuelle.
Théorème de complétude
Une suite est convergente si et seulement si elle vérifie le critère de Cauchy.
∃N ∈ N ∀n ∈ N n > N =⇒ u n ≤ x n ≤ v n ,
alors limn x n = x.
Exemple
(x 2n )n∈N et (x 2n+1 )n∈N sont des sous-suites de la suite (x n )n∈N .
40
Théorème
Soit (x n )n∈N une suite. Si (x n ) converge vers `, toute sous-suite converge aussi vers `.
Si une suite extraite de (x n )n∈N diverge, ou si deux suites extraites de (x n )n∈N ont des limites différentes, alors (x n )n∈N
diverge.
Si deux suites extraites de (x n )n∈N convergent vers la même limite ` et si x n est un terme d’une de ces suites extraites, alors
(x n )n∈N converge aussi vers `. Par exemple, si (x 2n ) et (x 2n+1 ) convergent vers `, alors (x n ) converge vers `.
Exemple
1. Soit x n = 1/n : la suite (x n )n∈N converge vers 0 donc 0 est l’unique valeur d’adhérence de la suite (x n )n∈N .
2. Soit x n = (−1)n : la suite (x n )n∈N a deux valeurs d’adhérence, −1 et 1 (elle ne converge pas).
³ ¡ ¢´
lim 1 + α = eα
¢n
(α ∈ R) lim n ln 1 + n1 = 1
¡
n n n
³ 1 ´ ³¡ ¢α ´
lim n a /n − 1 = ln a (a > 0) lim n 1 + n1 − 1 = α (α ∈ R)
n n
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Proposition Critère de la racine (ou de C AUCHY) p
Soit (u n )n∈N une suite telle que u n > 0 pour tout n ∈ N et n
u n → `,
? si 0 ≤ ` < 1 alors u n → 0,
? si 1 < ` ≤ +∞ alors u n → +∞
? si ` = 1 on ne peut pas conclure.
∀n ∈ N, v n+1 = v n + r.
On remarque que ∀n ∈ N, v n = v 0 + nr .
Exemple
? Les suites constantes sont des suites arithmétiques de raison 0.
? Soit (v n )n∈N la suite arithmétique définie par : v 0 = 0 et v n+1 = v n + 1 pour tout n ∈ N. On a v n = n pour tout n ∈ N.
∀n ∈ N, v n+1 = qv n .
On remarque que ∀n ∈ N, v n = v 0 q n .
Exemple
? Les suites constantes sont des suites géométriques de raison 1.
? Soit (v n )n∈N la suite géométrique définie par : v 0 = 3 et v n+1 = 2v n pour tout n ∈ N. On a v n = 3 × 2n pour tout n ∈ N.
Proposition
Soit (v n )n∈N une suite géométrique de raison q ∈ R et de premier terme v 0 , i.e. v n = v n−1 q = v 0 q n .
? Si q < −1, la suite (v n ) diverge et ne possède pas de limite ;
? si q = −1, la suite (v n ) diverge et possède deux valeurs d’adhérence 1 et −1 ;
? si |q| < 1, la suite (v n ) converge vers 0 ;
? si q = 1, la suite (v n ) est constante et converge vers 1 ;
? si q > 1, la suite (v n ) est divergente mais possède une limite égale à +∞.
∀n ∈ N, v n+1 = qv n + r
Exemple
On considère la suite (v n )n∈N définie par : v 0 = 2 et v n+1 = 12 v n + 3. On a v n = −4 21n + 6 pour tout n ∈ N.
Proposition ³ ´
r r
Soit (v n )n∈N une suite arithmético-géométrique de premier terme v 0 , i.e. v n = q n v 0 + q−1 − q−1 . Elle converge si et
r
seulement si |q| < 1 et la limite vaut 1−q .
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Exercice
Étudier la convergence de la suite (nq )n∈N∗ suivant la valeur de q ∈ R.
kn n! nα
(1) lim = 0, (2) lim =0 (3) lim = 0.
n n! n nn n kn
C ORRECTION . Notons g i le nombre d’individu après i heures. D’après nos informations, g 0 = 200 et comme la popu-
lation augmente d’à peu près 10% toutes les heures g i +1 ' (1 + 10%)g i . La suite (g i ) est donc géométrique de raison 1.1.
Donc g n ' (1.1)n g 0 et au but de 24 heures il y aura à peu près g 24 ' 1970 individus.
C ORRECTION .
1. Comme le prix de vente diminue tous les ans de la même valeur, la suite (v n ) est arithmétique v n+1 = v n +r = v 0 +nr .
On a v 11 = 11600 et v 7 = 13200 donc la raison de la suite est r = v11−7
11 −v 7
= 11600−13200
4 = −400.
2. v 0 = v n+1 − nr donc v 0 = 13200 − 7 × (−400) = 16000 ¤
10000−16000 −6000
3. v n < 10000 ssi v 0 + (n − 1)r < 10000 ssi n > −400 = −400 = 15 : à partir de 2010 il sera possible d’acquérir la
voiture pour moins de 10000 ¤.
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Exercice
√
Montrer que n
n → 1.
√ ln n
n = n1/n = exp
Solution. n
n → e0 = 1.
Exercice
Calculer, en fonction de α ∈ R, la limite
√
nα − 2 n
lim √ √ .
n→+∞ ( n − 3)(2 − 3 n)
Solution.
√ √ −∞ si α > 1,
nα − 2 n nα − 2 n
lim √ √ = lim √ = − 31 si α = 1,
n→+∞ ( n − 3)(2 − 3 n) n→+∞ −3n + 11 n − 6
0 si α < 1.
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Bibliographie
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