Article
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22 septembre 2021
1 Nombres complexes
En 1545, le mathématicien Gerolamo Cardano publie une formule donnant une solution par
radicaux de l’équation 1 x3 = ax + b :
v s v s
u 2 u 2
3 b b a 3 3 b b a 3
u u
x= + − + − − .
t t
2 2 3 2 2 3
Cette formule avait été découverte par les mathématiciens del Ferro et Tartaglia. Ce dernier l’avait
communiqué à Cardano en lui demandant de s’engager à ne pas la publier, promesse que Cardano
ne tint pas.
Bombelli, en 1572, applique la formule à l’équation x3 = 9x + 2 et il obtient :
√ √
q q
3 3
x = 1 + −26 + 1 − −26.
√
Il relève par ailleurs que x = 4 et x = −2 ± 3 sont les 3 solutions de l’équation. Il se retrouve
donc face au problème suivant : alors que les solutions de l’équation sont toutes réelles, il faut
écrire des racines de nombres négatifs pour les calculer. Bombelli ne se démonte pas
√ et il invente
alors des règles de calcul permettant de manipuler
√ des
√ quantités de la forme a + −b avec b > 0
qui n’ont pas de sens. Il écrit par exemple −1 × −1 = −1. Ces nouveaux nombres ne sont
pas compris tout de suite et leur manipulation conduit à des absurdités. Au 17 e siècle, René
1. Les nombres complexes ont été découvert en étudiant des équations polynomiales de degré 3 et non pas de
degré 2 car les mathématiciens du 16 e siècle considèrent que des quantités comme x2 + 1 sont strictement positives
et que cela n’a pas de sens de chercher leurs racines
1
Descartes propose, tant leur existence est contestable, de les appeler nombres imaginaires 2 . Il faut
attendre la fin du 18 e siècle et les travaux de Caspar Wessel pour que la construction des nombres
complexes soit bien formalisée et pour comprendre leur interprétation géométrique. Ses travaux
passent malheureusement complètement inaperçus. Quelques années plus tard, Carl Friedrich Gauss
redécouvre et popularise les travaux de Wessel. Il démontre en particulier le théorème fondamental
de l’algèbre (voir théorème ?? page ??) qui dit qu’un polynôme à coefficients complexes de degré
n admet n racines comptées avec leur multiplicité.
Ce chapitre reprend et approfondit les notions apprises au lycée quant aux nombres complexes.
On verra en particulier comment on peut les utiliser pour trouver les racines de certains polynômes
à coefficients réels ou complexes, comment ils servent à résoudre des problèmes de géométrie plane
ainsi que des problèmes d’analyse réelle comme celui de la primitivation de produits de fonctions
trigonométriques ou la résolution d’équations trigonométriques. Ce chapitre servira aussi d’intro-
duction à la notion de structure algébrique et plus particulièrement à celle de groupe et celle de
corps. Les groupes sont des objets fondamentaux et vous verrez qu’ils sont omniprésents dans le
cours de mathématiques durant vos deux années en classe préparatoire.
Les fonctions trigonométriques seront utilisées en permanence pendant ces deux années et ce
dès ce premier chapitre. Il est indispensable d’avoir une connaissance parfaite du paragraphe ??
page ?? de l’annexe ??.
Vous aurez aussi
P souvent à manipuler des sommes ou des produits (symbolisés respectivement
par les symboles et Π). Il sera utile pour vous familiariser avec ces calculs de lire le paragraphe
?? page ??, toujours dans l’annexe ??. Vous y trouverez les définitions de ces symboles ainsi que
des méthodes et des formules classiques : télescopage, formule du binôme, sommes géométriques,
arithmétiques, etc ... Ces notions seront re-précisées au chapitre ??.
2. Les nombres négatifs ne sont d’ailleurs alors guère mieux compris. Dans son dictionnaire raisonné des sciences,
des arts et des métiers, d’Alembert en parle comme d’une idée dangereuse : « Il faut avouer qu’il n’est pas facile de
fixer l’idée des quantités négatives, & que quelques habiles gens ont même contribué à l’embrouiller par les notions
peu exactes qu’ils en ont données. Dire que la quantité négative est au-dessous du rien, c’est avancer une chose qui
ne se peut pas concevoir. Ceux qui prétendent que 1 n’est pas comparable à −1, & que le rapport entre 1 & −1 est
différent du rapport entre − − 1 & 1, sont dans une double erreur : (...) Il n’y a donc point réellement & absolument
de quantité négative isolée : −3 pris abstraitement ne présente à l’esprit aucune idée. »
Définition 0.2 Loi de composition interne
Soit E un ensemble. On appelle loi de composition interne une application de E × E dans E :
E × E −→ E(a, b)
ϕ:
7−→ a⋆b
Exemple 0.3 Si E = N, la multiplication ou l’addition des entiers forme une loi de composition
interne. Ce n’est pas le cas de la soustraction car la différence de deux entiers positifs n’est pas
toujours un entier positif.
1.1.2 Construction de C
(a, b) ⊕ (a′ , b′ ) = (a + a′ , b + b′ )
Remarque 0.1 Nous expliciterons et justifierons l’utilisation du mot corps un peu plus loin.
— Pour simplifier les écritures, nous noterons + et × (ou ·) les lois de composition interne ⊕ et
⊗.
— Pour tout nombre réel a, nous conviendrons d’identifier le nombre complexe (a, 0) avec le réel
a. Nous noterons par ailleurs i le nombre complexe (0, 1). En appliquant cette convention et
en utilisant la définition de l’addition et de la multiplication dans C, on peut écrire pour tout
nombre complexe (a, b),
(a, b) = a + i b.
En effet, (a, b) = (a, 0) + (0, b). Par ailleurs, (0, b) = (b, 0) × (0, 1) = i.b donc (a, b) = a + i.b
ou plus simplement a + ib.
Proposition 0.1
Le nombre complexe i précédemment introduit vérifie i2 = −1 .
(a + i b) + (a′ + i b′ ) = (a + a′ ) + i(b + b′ )
(a + i b)(a′ + i b′ ) = (aa′ − bb′ ) + i(ab′ + ba′ )
Remarque 0.2 Expliquons brièvement ce qu’est un groupe. Cette notion sera développée
et étudiée dans le chapitre ??. Considérons un ensemble G et une application ⋆ qui à un couple
(x, y) d’éléments de G associe un élément noté x ⋆ y de G. Une telle application est appelée une
loi de composition interne sur G. On dit que (G, ⋆) est un groupe si ⋆ est une loi de composition
interne sur G qui vérifie les propriétés suivantes :
1. la loi ⋆ est associative : ∀x, y, z ∈ G, x ⋆ (y ⋆ z) = (x ⋆ y) ⋆ z.
2. la loi ⋆ admet un élément neutre e ∈ G : ∀x ∈ G, x ⋆ e = e ⋆ x = x.
3. tout élément x de G admet un symétrique y : ∀x ∈ G, ∃y ∈ G : x ⋆ y = y ⋆ x = e.
Si de plus la loi ⋆ est commutative, c’est-à-dire si elle vérifie : ∀x, y ∈ G, x ⋆ y = y ⋆ x, alors
on dit que le groupe est abélien (ou commutatif ).
Il est clair que l’addition dans C vérifie ces propriétés. C’est aussi le cas de la multiplication
dans C∗ 3 :
n
X n k n−k
(a + b)n = a b Formule du binôme
k
k=0
n−1
X
an − bn = (a − b) an−1−k bk Formule de factorisation
k=0
n+1
n
X 1 − q si q 6= 1n + 1
k
q = 1−q Somme géométrique
si q = 1
k=0
Les deux premières seront démontrées dans le théorème ?? page ?? et la troisième dans la
proposition ?? page ??.
Proposition 0.4
Soient a, a′ , b et b′ des réels. On a :
— a + i b = 0 ⇔ a = 0 et b = 0.
— a + i b = a′ + i b′ ⇔ a = a′ et b = b′ .
Pour tout nombre complexe z il existe donc un unique couple (a, b) de réels tels que z = a + i b.
— a + i b est la forme algébrique de z.
— a est la partie réelle de z. On la note Re(z)
— b est la partie imaginaire de z. On la note Im(z).
Démonstration En utilisant les conventions précédentes, a + i b = 0 se lit (a, b) = (0, 0) ce qui est
vrai si et seulement si a = 0 et b = 0. La suite en découle facilement.
4. En effet, si la somme de deux nombres positifs est nulle, alors ces deux nombres sont nécessairement nuls.
Dans toute la suite du chapitre a et b désignent des nombres réels sauf mention du contraire.
z ∈ R ⇔ Im(z) = 0
2. Si un nombre complexe a sa partie réelle nulle, on dit qu’il est imaginaire pur. On notera
iR l’ensemble des nombres imaginaires purs
z ∈ iR ⇔ Re(z) = 0
1.2.2 Conjugaison
Proposition 0.6
Pour tout complexe z ∈ C, on a
z + z̄ 3. z̄¯ = z .
1. Re(z) =
2
4. z̄ = z ⇐⇒ z ∈ R
z − z̄
2. Im(z) = .
2i 5. z̄ = −z ⇐⇒ z ∈ iR
Démonstration Calculs immédiats. Pour le quotient (3), on peut raccourcir les calculs en remarquant
que si u = z/z ′ alors z = u z ′ et appliquer (2).
Application 0.4 Mise sous forme algébrique d’un quotient de nombres complexes. Pour
3 − 2i
mettre sous forme algébrique le complexe , on multiplie le quotient, en haut et en bas par le
2+i
conjugué du dénominateur :
3 − 2i (3 − 2i) (2 − i) 4 − 7i 1
= = 2 = (4 − 7i)
2+i (2 + i) (2 − i) 2 − i2 5
Définition 0.5 Image d’un nombre complexe, affixe d’un point, d’un vecteur
Soit R = (O, −
→
ı ,−
→
) un repère orthonormal du plan.
— L’image du nombre complexe z = x + i y est le point du plan de coordonnées (x, y) dans le
repère R.
— L’affixe du point M de coordonnées (x, y) dans le repère R est le nombre complexe z = x+i y
que l’on notera Aff(M ).
— L’ affixe du vecteur −→
v = α−
→ı +β−→ est le complexe α + i β que l’on notera Aff(− →u ).
Remarque 0.4 Les points du plan d’affixe réelle sont situés sur l’axe réel (O, −
→
ı ). Ceux qui
−
→
ont une affixe imaginaire sont situés sur l’axe imaginaire (O, ).
Aff(−
→
u +−
→
v ) = Aff(−
→
u ) + Aff(−
→
v)
−−→
Aff(AB) = Aff(B) − Aff(A)
Démonstration
1. Supposons que Aff(− →
u ) = a + i b et Aff(−
→
v ) = c + i d alors −
→
u = a−
→
ı + b−
→
, −
→
v = c−
→
ı + d−
→
→
− →
− →
− →
− →
− −
→
et u + v = (a + c) ı + (b + d) . Ce qui prouve que Aff( u + v ) = (a + c) + i(b + d) =
(a + i b) + (c + i d) = Aff(−
→
u ) + Aff(−→
v ).
−−→ −→ −→ −
−→ −→
2. Comme OB = OA + AB, en utilisant l’égalité précédente, on obtient Aff(OB) = Aff(OA) +
−→ −→
Aff(AB), soit Aff(B) = Aff(A) + Aff(AB).
Démonstration
1. Soit z = a + i b ∈ C tel que |z| = 0 alors a2 + b2 = 0 ce qui n’est possible que si a = b = 0.
Réciproquement, si z = 0 alors |z| = 0.
2. Évident.
√ √
3. Si z = a + i b alors Re(z) = a 6 |a| = a2 6 a2 + b2 = |z|.
4. De même.
Proposition 0.13
Pour tous nombres complexes z, z ′,
1 z̄ 3. |zz ′ | = |z||z ′ | .
1. = 2 si z 6= 0.
z |z|
z |z|
1 4. = ′ si z ′ 6= 0.
2. |z| = 1 ⇔ = z̄. z′ |z |
z
Démonstration
1. Si z ∈ C∗ , on a
z̄ zz |z|2
z× 2
= 2
= =1
|z| |z| |z|2
1 z̄
donc = .
z |z|2
1
2. Si |z| = 1, le résultat précédent amène : = z. La réciproque est évidente.
z
3. Pour la troisième, écrivons |zz | = (zz )(zz ′ ) = z z̄z ′ z̄ ′ = |z|2 |z ′ |2 . On termine en passant à la
′ 2 ′
racine carrée et en remarquant que |zz ′ | > 0 et que |z| > 0, |z ′ | > 0.
z 2 z z |z|2
4. Et pour la dernière : ′ = ′ ′ = ′ 2 . On termine alors de la même façon qu’en 3.
z z z |z |
1. |z + z ′ | 6 |z| + |z ′ | . 2. |z| − |z ′ | 6 |z − z ′ | .
2
|z + z ′ |2 6 |z|2 + 2|z||z ′ | + |z ′ |2 = |z| + |z ′ |
et il suffit de prendre la racine carrée de ces nombres positifs.
2. Utilisons l’inégalité triangulaire déjà démontrée :
|z| = |(z + z ′ ) + (−z ′ )| 6 |z + z ′ | + |−z ′ | = |z + z ′ | + |z ′ |
d’où |z| − |z ′ | 6 |z + z ′ |. On obtient de façon symétrique
|z ′ | = |(z + z ′ ) + (−z)| 6 |z + z ′ | + |z|
d’où également |z ′ | − |z| 6 |z + z ′ |. Puisque |z| − |z ′ | 6 |z + z ′ | et que −(|z| − |z ′ |) 6 |z + z ′ |, on a
bien |z| − |z ′ | 6 |z + z ′ |.
Proposition 0.15
Soient a ∈ C et r ∈ R∗+ . Soit A le point du plan d’affixe a. L’ensemble des points du plan d’affixe
z ∈ C vérifiant
— |z − a| = r est le cercle de centre A et de rayon r.
— |z − a| 6 r est le disque fermé de centre A et de rayon r.
— |z − a| < r est le disque ouvert de centre A et de rayon r.
Démonstration Ces trois résultats proviennent de l’égalité |z − a| = AM
U = {z ∈ C | |z| = 1}
Démonstration Soient z, z ′ ∈ U.
1. On a : |z × z ′ | = |z| × |z ′ | = 1 × 1 = 1. Donc z × z ′ ∈ U.
2. L’associativité est une conséquence directe de l’associativité de la multiplication dans C.
3. On a : |1| = 1 donc 1 ∈ U. La suite est évidente.
4. On a : z × z̄ = z̄ × z = |z|2 = 1 donc z̄ est l’inverse de z. En utilisant les notations introduites
précédemment, on obtient z −1 = 1/z = z̄.
5. La commutativité est une conséquence directe de la commutativité de la multiplication dans C.
Remarque 0.5 On verra dans l’exemple ?? page ?? une méthode plus rapide pour vérifier
que (U, ×) est un groupe.
Lemme 0.17
Soient (a, b) ∈ R2 tel que a2 + b2 = 1. Il existe un réel (pas unique) θ tel que a = cos θ et b = sin θ.
Figure 1 – groupe U des nombres complexes de module 1
Figure 2 – Interprétation géométrique de la proposition 0.18
Proposition 0.18
Pour tout complexe z ∈ U, il existe un réel θ tel que z = cos θ + i sin θ.
Remarque 0.6 Soit z ∈ C et soit θ ∈ R tel que z = cos θ + i sin θ. On rapporte le plan à
un repère orthonormé direct (O, −
→
ı ,−
→
). Soit −
→
u un vecteur d’affixe z alors θ est une mesure de
→
− →
−
\
l’angle ı , u . Cette mesure est définie à 2kπ près (k ∈ Z).
Figure 3 – eiθ
Remarque 0.7
— Soit z ∈ U. D’après la proposition 0.18, il existe θ ∈ R tel que z = eiθ .
— Réciproquement, tout nombre complexe de la forme eiθ est de module 1. Donc
U = z ∈ C | ∃θ ∈ R, z = eiθ
Remarque 0.8 La définition précédente est justifiée par l’égalité suivante, qui généralise la
propriété fondamentale de l’exponentielle réelle ∀a, b ∈ R, ea+b = ea eb .
Proposition 0.19 Propriété de morphisme de l’exponentielle imaginaire
Démonstration Soient θ, θ′ ∈ R. On a :
ei(θ+θ ) =
′
cos θ + θ′ + i sin θ + θ′ par définition de l’exponentielle d’un nombre imaginaire pur
cos(θ) cos(θ′ ) − sin(θ) sin(θ′ ) + i cos(θ) sin(θ′ ) + sin(θ) cos(θ′ ) par application des formules d’addition
=
(cos(θ) + i sin(θ)) cos(θ′ ) + i sin(θ′ ) = eiθ
=
Proposition 0.20
La fonction exponentielle est un morphisme du groupe (R, +) sur le groupe (U, ×)
Remarque 0.10
Avec les notations de la définition 0.9, on définit
— Le noyau du morphisme ϕ comme étant le sous-ensemble de G1 noté Ker ϕ donné par :
Ker ϕ = {x ∈ G1 | ϕ (x) = e2 } où e2 est le neutre de G2 .
— L’image du morphisme ϕ comme étant le sous-ensemble de G2 noté Im ϕ donné par : Im ϕ =
{ϕ (x) | x ∈ G1 }.
Notre morphisme de groupes
−→ (C∗ , ×)θ
(R, +)
ϕ:
7−→ eiθ
Proposition 0.21
′
Soient θ et θ′ deux réels, on a eiθ = eiθ ⇐⇒ ∃k ∈ Z, θ = θ′ + 2kπ
Corollaire 0.22
1
Pour tout réel θ ∈ R, on a e−iθ = = eiθ
eiθ
Démonstration Soit θ ∈ R. On a :
(
eiθ = cos θ + i sin θ
e−iθ = cos θ − i sin θ
En additionnant la première équation à la deuxième et en divisant les deux membres de l’égalité obtenue
par 2, on obtient la formule annoncée pour cos θ. De même, en soustrayant la deuxième équation à la
première et en divisant les deux membres de l’égalité obtenue par 2i, on obtient la formule annoncée
pour sin θ.
Leonhard Euler, né le 15 avril 1707 à Bâle et mort le 18 septembre 1783 à Saint-
Pétersbourg.
Peu après sa naissance les pa-
rents d’Euler déménagent à Riehen. Le père d’Euler est un ami de la famille Bernoulli et Jean
Bernoulli, dont Euler profita des leçons, est alors considéré comme le meilleur mathématicien euro-
péen. Le père d’Euler souhaite que Leohnard devienne comme lui pasteur mais Jean Bernoulli qui a
remarqué les aptitudes remarquables de son élève, le convainc qu’il est destiné aux mathématiques.
Après ses études à Bâle, il obtient un poste à Saint-Pétersbourg en 1726 qu’il quitte pour un poste
à l’académie de Berlin en 1741. Malgré la qualité de ses contributions à l’académie, il est contraint
de la quitter en raison d’un conflit avec Frédéric II. Voltaire qui était bien vu par le roi avait des
qualités rhétoriques qu’Euler n’avait pas et dont il fut la victime. En 1766, il retourne à Saint-
Pétersbourg où il décéda en 1783.
Euler souffrit tout au long de sa vie de graves problèmes de vue. Fait remarquable, il effectua la plus
grande partie de ses découvertes lors des dix-sept dernières années de sa vie, alors qu’il était devenu
aveugle. Il fut, avec 886 publications, un des mathématiciens les plus prolifiques de tous les temps.
Il est à l’origine de multiples contributions en analyse (nombres complexes, introduction des fonc-
tions logarithmes et exponentielles, détermination de la somme des inverses des carrés d’entiers,
introduction de la fonction gamma, invention du calcul des variations, ...), géométrie (cercle et
droite d’Euler d’un triangle, formule liant le nombre de faces, d’arêtes et de sommets d’un polyèdre,
...), théorie des nombres (fonction indicatrice d’Euler, ...), théorie des graphes (problème des sept
ponts de Königsberg) ou même en physique (angles d’Euler, résistance des matériaux, dynamique
des fluides... ) et en astronomie (calcul de la parallaxe du soleil,...).
ei(n+1)θ = ei(nθ+θ)
= eiθ einθ car exp est un morphisme de groupes
n n+1
= eiθ eiθ par hypothèse de récurrence = eiθ
Démonstration Soit z un nombre complexe non nul. Posons ρ = |z| 6= 0, on a alors z/ρ ∈ U.
D’après la remarque 0.7, il existe θ ∈ R tel que : z/ρ = eiθ ce qui prouve l’existence d’un argument de
′
z. Si θ′ ∈ R est un autre argument de z, on a bien : θ′ ≡ θ [2π]. En effet, en partant de z = eiθ = eiθ et
′
en utilisant la proposition 0.21, il existe k ∈ Z tel que θ = θ + 2kπ.
Exemple 0.5 On a :
π π
arg 1 ≡ 0 [2π] arg i ≡ [2π] arg −1 ≡ π [2π] arg −i ≡ − [2π]
2 2
Plan 0.1 : Comment calculer le module et un argument d’un nombre complexe donné
Soit z = a + ib ∈ C∗ d’argument θ ∈ R et de module ρ ∈ R∗+ . Exprimons ρ et θ en fonction de
a et b :
√
— On a ρ = |z| = a2 + b2
a b
— Comme z = a+ib = ρ (cos θ + i sin θ) = ρ √ + i√ , on cherche un unique
a2 + b 2 a2 + b 2
a b
réel θ ∈] − π, π] vérifiant cos θ = √ et sin θ = √ .
2
a +b 2 a + b2
2
Proposition 0.27 Produit et quotient de deux nombres complexes sous forme tri-
gonométrique
′
Soient deux nombres complexes non nuls : z = ρeiθ et z ′ = ρ′ eiθ ,
z ρ
1. zz ′ = ρρ′ ei(θ+θ ) = ′ ei(θ−θ ) .
′ ′
2. ′
z ρ
Corollaire 0.28
Soient z et z ′ deux nombres complexes non nuls. On a :
Démonstration Démontrons la première égalité, la démonstration des deux suivantes est identique.
Notons θ (respectivement θ′ ) un argument de z (respectivement de z ′ ) et ρ (respectivement ρ′ ) le
module de z (de z ′ ). Par application de la propriété précédente, zz ′ = ρρ′ ei(θ+θ ) . Par conséquent
′
′ ′ ′
arg (zz ) = θ + θ [2π] = arg z + arg z [2π].
Proposition 0.29
∀n ∈ Z, ∀z ∈ C∗ , arg (z n ) = n arg (z) ([2π])
ez = ea+ib = ea eib
La fonction qui à tout nombre complexe z associe le nombre complexe ez ainsi définie s’appelle
fonction exponentielle complexe.
Remarque 0.13
— Soit z = a + ib ∈ C. On a ez = ea+ib = ea eib = ea [cos b + i sin b]
— Soit z = a + ib ∈ C. On a |ez | = ea eib = |ea | eib = |ea | = ea car la fonction exponentielle
réelle est strictement positive.
— La fonction exponentielle complexe ne s’annule jamais : |ez | = ea 6= 0. La fonction exponen-
tielle complexe est donc à image dans C∗ .
— La fonction exponentielle complexe prolonge la fonction exponentielle réelle ( ce qui signifie
que sa restriction aux nombres réels coïncide avec la fonction exponentielle réelle).
— Si Z est un complexe non nul, on peut l’écrire sous forme trigonométrique Z = ρeiθ . Un
complexe z = a + ib vérifie ez = Z si et seulement si ea eib = ρeiθ . En prenant le module, on
trouve que a = ln(ρ) puis ensuite b = θ + 2kπ , (k ∈ Z).
C −→ C[⋆]z
— La fonction exponentielle complexe est surjective (Voir la définition
7−→ ez
?? page ??) mais pas injective (Voir la définition ?? page ??). Il sera impossible à notre
niveau de définir un logarithme complexe.
Démonstration
— Soient z = a+ib, z ′ = a′ +ib′ ∈ C. En utilisant les propriétés de l’exponentielle réelle et imaginaire,
′ ′ ′ ′ ′ ′
ez ez = ea eib ea eib = ea+a ei(b+b ) = ez+z .
— Soit z ∈ C. Par application de la propriété précédente, ez e−z = ez−z = e0 = 1. Par conséquent,
−z z z −1 −z
e est l’inverse de e et (e ) = e .
Vous pouvez maintenant étudier l’appendice ?? pour des applications très importantes de l’ex-
ponentielle imaginaire aux calculs trigonométriques. Avant cela, il est conseillé de P
lire l’appendice
?? pour vous familiariser avec les techniques de calcul de sommes et à la notation .
2iπ √
Exemple 0.6 i est une racine deuxième de −1, e 3 est une racine cubique de 1, i 2 est une
racine deuxième de −2.
✎ Notation 0.7 Soient m, n ∈ Z tels que m 6 n. On note Jm, nK l’intervalle d’entiers donné
par :
Jm, nK = {k ∈ Z | m 6 k 6 n} .
2ikπ
Proposition 0.31 Les racines n-ièmes de l’unité sont de la forme ωk = e n où
k ∈ J0, n − 1K
2iπ
Notons ω = e n . Il y a exactement n racines n-ièmes de l’unité. Elles sont données par les
puissances de ω : ω k où k ∈ J0, n − 1K
n o n 2ikπ o
Un = ω k | k ∈ [[0, n − 1]] = e n | k ∈ J0, n − 1K
Démonstration Soit z ∈ C tel que z n = 1. En prenant le module, on en déduit que |z| = 1. Il existe
donc un unique réel θ ∈ [0, 2π[ tel que z = eiθ . On doit alors avoir einθ = 1, c’est-à-dire nθ = 2kπ avec
2kπ
k ∈ Z. Comme on veut θ ∈ [0, 2π[, on doit avoir 0 6 k < n et donc k ∈ [[0, n − 1]] d’où z = ei n = ωk .
Réciproquement, tout complexe de cette forme vérifie bien z n = 1.
Démonstration Soient ξ, ξ ′ ∈ Un :
′ n n
1. On a : (ξ × ξ ) = ξ n × ξ ′ = 1. Donc ξ × ξ ′ ∈ Un .
2. L’associativité est une conséquence directe de l’associativité du produit dans C.
Figure 7 – U4
Remarque 0.15 En fait, (Un , ×) est un sous-groupe de (U, ×) qui lui-même est un sous-
groupe de (C∗ , ×). Nous verrons là aussi plus tard comment prouver la propriété précédente de
manière plus rapide (voir ?? page ??). L’application θ : U → U, z 7→ z n est un morphisme de
groupe de noyau Un .
2iπ
Remarque 0.16 On utilisera très souvent les racines cubiques de l’unité. On note j = e 3 .
C’est une racine cubique primitive de l’unité au sens où U3 = {1, j, j 2 }. Les puissances de j sont
simples à calculer :
1
si k = 3p
k
j = j si k = 3p + 1j 2
si k = 3p + 2
2iπ
où ω = e n ou toute autre racine n-ième primitive de l’unité.
Proposition 0.35
Tout nombre complexe non nul possède exactement deux racines carrées. De plus, ces deux racines
carrées sont opposées l’une de l’autre.
√
Attention 0.8 La notation z n’a de sens que pour z ∈ R+ . Si on l’utilise à mauvais escient,
√ 2 √ √ p
on
√ aboutit vite à des absurdités. Par exemple : −1 = −1 = −1 × −1 = (−1) × (−1) =
1 = 1.
Remarque 0.17
— Le complexe nul z = 0 ne possède qu’une seule racine carrée 0.
√ √
— Si x ∈ R+ , ses deux racines carrées sont données par x et − x.
p p
— Si x ∈ R∗− , ses deux racines carrées sont données par i |x| et −i |x|. En effet, la forme
trigonométrique
p |x| eiπ . D’après la proposition
de xpest x =p p 0.34, les deux racines carrées de
iπ/2
x sont |x|e = i |x| et |x|eπ/2 e2π/2 = −i |x|.
Pour calculer en pratique les racines carrées d’un nombre complexe z, le plus simple consiste
souvent à mettre z sous forme trigonométrique et à appliquer les formules précédentes. On dispose
également d’une méthode permettant de calculer les parties réelles et imaginaires des racines carrées
de z.
Plan 0.2 : Comment calculer les racines carrées d’un nombre complexe
Soit z = a + ib ∈ C. Soit Z = X + iY une des deux racines carrées de z. Comme Z 2 = z, on a :
2
|Z| = |z|
Re Z 2 = Re z .
Im Z 2 = Im z
On en déduit √
2 2 2 2
X + Y = a + b
X2 − Y 2 = a .
2XY = b
Et en particulier ( √
X 2 + Y 2 = a2 + b 2
.
X 2 − Y 2 = aXY est du signe de b
Exemple 0.9 Calculons les racines carrées de z = 8 − 6i. Soit Z = X + iY une des deux racines
carrées de z. Les réels X et Y satisfont
( √
X 2 + Y 2 = 100 = 10
X 2 − Y 2 = 8XY est négatif
Par addition des deux premières équations, on obtient : X = 3 ou X = −3. Par soustraction de
ces deux mêmes équations, on obtient : Y = 1 ou Y = −1. Comme le produit XY est négatif, les
seules possibilités sont X = 3 et Y = −1 ou alors X = −3 et Y = 1. En conclusion, Z = 3 − i ou
Z = −3 + i. On vérifie au brouillon que ces deux complexes vérifient bien Z 2 = 8 − 6i.
az 2 + bz + c = 0 (⋆)
−b
— Si ∆ = 0, l’équation (⋆) admet une racine double z0 donnée par : z0 = .
2a
— Si ∆ 6= 0 et si δ désigne une des deux racines carrées de ∆ alors l’équation (⋆) admet deux
−b − δ −b + δ
racines distinctes z1 et z2 données par : z1 = et z2 = .
2a 2a
Démonstration Soit z ∈ C une solution de l’équation (⋆). Puisque a 6= 0, nous pouvons écrire le
trinôme sous forme canonique
" 2 #
b2 − 4ac
2 b c b
0=a z + z+ =a z+ −
a a 2a 4a2
ax2 + bx + c = 0 (⋆)
b
x0 = −
2a
— Si ∆ < 0, (⋆) admet deux solutions distinctes, toutes deux complexes conjuguées x1 et x2
données par
p p
−b − i |∆| −b + i |∆|
x1 = et x2 =
2a 2a
Démonstration
√
— Si ∆ > 0, une racine de ∆ est donnée par δ = ∆ et les formules pour x0 , x1 et x2 se déduisent
de celles énoncées dans le théorème 0.36.
p
— Si ∆ < 0, une racine de ∆ est donnée, d’après la remarque 0.17 par δ = i |∆|. D’après les formules
p p
−b − i |∆| −b + i |∆|
énoncées dans le théorème 0.36, les deux racines de (⋆) sont x1 = et x2 =
2a 2a
qui sont bien complexes et conjuguées.
On pourra se reporter à l’annexe ?? paragraphe ?? pour des précisions supplémentaires sur
les trinômes du second degré et au paragraphe ?? pour des applications des relations entre les
coefficients et les racines d’un polynôme.
Proposition 0.38
Soient A et B deux points du plan d’affixes respectives a et b. La distance de A à B est donnée
par AB = |b − a|
−→
Démonstration L’affixe du vecteur AB est donnée par Aff(B) − Aff(A). De plus, par définition,
−→
|b − a| = ||AB|| = AB.
1.9.2 Barycentre
Proposition 0.39
Soient A, B et G trois points d’affixes respectives a, b et g ; Soient α et β deux réels tels que
α + β 6= 0. Alors, G est le barycentre des points A et B affectés respectivement des poids α et β
si et seulement si
α(g − a) + β(g − b) = 0.
−→ −
−→ − →
Démonstration C’est une traduction en terme d’affixe de l’égalité vectorielle αGA + β GB = 0
qui définit le barycentre G.
Remarque 0.18 Si α = β = 1, le point G est le milieu du segment [AB]. On a alors, avec les
notations précédentes, l’égalité g = (a + b)/2.
Proposition 0.40
Soient n > 2 un entier, A1 , ..., An des points du plan d’affixes respectives z1 , ...., zn . Soient
n
X
α1 , ..., αn des réels tels que αi 6= 0. Le point G est le barycentre des points Ai affectés des
i=1
poids αi , i = 1, ..., n si et seulement si son affixe z vérifie l’équation
n
X
αi (zi − z) = 0
i=1
n
X −−→ − →
Démonstration C’est une traduction en terme d’affixe de l’égalité vectorielle αi GAi = 0 .
i=1
1.9.3 Angles
Proposition 0.41
Soient A, B, et C trois points du plan tels que C est distinct de A et de B, d’affixes respectives
−→
\ −−→ −→
\ −−→ b−c
a, b et c. Une mesure de l’angle (CA, CB) est alors donnée par (CA, CB) = arg [2π]
a−c
b−c
Démonstration Remarquons tout d’abord que arg = arg (b − c) − arg (a − c) [2π]. Par
a−c
−−→ −→ \ −
−→ \ −→
ailleurs b − c = Aff(BC) et a − c = Aff(CA). Donc arg (b − c) = (− →ı , CB) et arg (a − c) = (−
→ı , CA).
−→
\ −
−→ \ −
−→ \ −→
On conclut en utilisant la relation de Chasles pour les angles (CA, CB) = (− ı , CB) − (−
→ →
ı , CA) [2π].
Corollaire 0.42
Soient A, B, et C trois points du plan tels que C est distinct de A, d’affixes respectives a, b et c.
c−b
— A, B, et C sont alignés si et seulement si est réel.
c−a
c−b
— Les droites (CA) et (CB) sont perpendiculaires si et seulement si est imaginaire pur.
c−a
— Soit −
→
u un vecteur du plan. La translation de vecteur −
→ − , est la transformation du
u , notée t→
−u−−→′ −
plan qui à tout point M ∈ P associe le point M ∈ P tel que M M = →
′
u.
— Soit Ω un point du plan et λ un réel non nul. L’homothétie de centre Ω et de rapport λ, noté
hΩ,λ , est la transformation du plan qui à tout point M ∈ P associe le point M ′ ∈ P tel
−−→ −−→
que ΩM ′ = λΩM .
Remarque 0.19
— Si le rapport d’une homothétie h vaut 1, alors h est l’application identique ( L’application
identique de P est celle qui à tout point M ∈ P associe lui-même).
— Les translations conservent les longueurs (on dit que ce sont des isométries), les homothéties
de rapport λ les multiplient par |λ|.
Proposition 0.43
Soit Ω un point du plan d’affixe ω et λ un réel différent de 0 et 1. L’homothétie de rapport λ et
de centre Ω peut être représentée dans le plan complexe par l’application qui à tout z ∈ C associe
z ′ ∈ C tel que z ′ − ω = λ(z − ω) (ou encore z ′ = λz + (1 − λ)ω).
−−→ −−→
Démonstration Le point M ′ est l’image de M par hΩ,λ si et seulement si ΩM ′ = λΩM ou encore
′ ′
Aff(M ) − Aff(Ω) = λ( Aff(M ) − Aff(Ω)) c’est-à-dire z − ω = λ(z − ω).
1.10.2 Rotation
Proposition 0.44
Soient Ω ∈ P et θ un réel. Soit ω l’affixe de Ω. La rotation de centre Ω et d’angle θ peut être
représentée dans le plan complexe par l’application qui à tout z ∈ C associe le complexe z ′ tel
que z ′ − ω = eiθ (z − ω) (ou encore z ′ = eiθ z + (1 − ei θ)ω).
Proposition 0.45
Une similitude directe conserve les angles orientés et les rapports de longueurs.
Proposition 0.46
La composée de deux similitudes directes est encore une similitude directe.
Démonstration Soient f et f ′ deux similitudes directes représentées dans le plan complexe par,
respectivement, z 7→ az + b et z 7→ a′ z + b′ où (a, b) ∈ C∗ × C et où (a′ , b′ ) ∈ C∗ × C. Alors f ′ ◦ f est
représentée par z 7→ a′ (az + b) + b′ soit z 7→ aa′ z + a′ b + b′ . Notant α = a′ a et β = a′ b + b′ et remarquant
que α est non nul, on a représenté f ′ ◦ f par z 7→ αz + β avec (α, β) ∈ C∗ × C et f ′ ◦ f est donc bien
une similitude directe.
Proposition 0.47
Soient (a, b) ∈ C∗ ×C. Soit f la similitude du plan représentée dans le plan complexe par z 7→ az+b.
— Si a = 1, f est la translation de vecteur d’affixe b.
— Si a 6= 1, f admet un unique point invariant Ω ( f (Ω) = Ω ) appelé centre de la similitude.
De plus, dans ce cas, si
1. α est un argument de a,
2. r est la rotation de centre Ω et d’angle α ( rΩ,α ),
3. h est l’homothétie de centre Ω et de rapport |a| ( hΩ,|a| ),
alors f s’écrit comme la composée de h et r : f = r ◦ h = h ◦ r. Le réel |a| est appelé le
rapport de la similitude et α est une mesure de l’angle de la similitude. En particulier,
— si a ∈ R∗ , f est l’homothétie de centre Ω et de rapport |a|.
— si |a| = 1, f est la rotation de centre Ω et d’angle α.
Démonstration
— Si a = 1, on reconnaît l’application étudiée dans la proposition 0.9.
— Supposons maintenant a 6= 1 et recherchons les points invariants par f . Soit un tel point qu’on
suppose d’affixe z0 . z0 est alors solution de l’équation z0 = az0 + b. Cette équation possède une
b
et une seule solution qui est z0 = (car a 6= 1 !). Notons Ω le point d’affixe z0 . Ω est donc
1−a
l’unique point invariant de f . Soient M un point d’affixe z. Notons M ′ le point d’affixe z ′ = f (z).
On a : z ′ − z0 = a(z − z0 ). Soient α un argument de a, h l’homothétie hΩ,|a| et r la rotation rΩ,|a| .
Vérifions que f s’écrit comme la composée de h et de r. Notons z1 l’affixe de r(M ) et z2 celle de
h(r(M )). D’après les propositions 0.43 et 0.44 :
z1 − z0 = eiα (z − z0 )
z2 − z0 = |a|(z1 − z0 )
donc
z2 − z0 = |a|eiα (z − z0 ) = a(z − z0 )
ce qui prouve que z2 = z ′ et donc que z2 est l’affixe de f (M ) On a donc bien montré que f = h ◦ r.
On montre de la même façon que f = r ◦ h.
Multimédia : On donne un rapport, un angle et un centre. On pointe avec la souris sur un z
du plan complexe et le logiciel construit l’image de z par la rotation , puis l’image de ce point par
l’homothétie
En résumé
1. il faut savoir manipuler parfaitement les opérations suivantes sur les nombres com-
plexes : addition, multiplication, conjugaison, calcul du module ou d’un argument.
2. il faut connaître parfaitement les formules d’Euler et de Moivre.
3. la fonction exponentielle complexe doit être bien maîtrisée. La technique de factorisation
par les angles moitiés est d’un usage fréquent dans les exercices.
4. il faut savoir calculer les racines carrées d’un nombre complexe ainsi que les solutions
d’une équation du second degré à coefficients complexes.
5. il faut avoir bien compris les groupes U et Un tant au niveau algébrique que géométrique.
6. les différentes transformations du plan doivent être bien maîtrisées ainsi que la traduc-
tion en terme d’affixe des notions d’angle ou de distance.
Il est essentiel de compléter la lecture de ce chapitre par celle des paragraphes suivants de
l’annexe ?? :
1. Trigonométrie, voir paragraphe ?? page ??.
2. Calculs de sommes, voir paragraphe ?? page ??.
3. Trigonométrie et complexes, voir paragraphe ?? page ??.
4. Calculs sur des polynômes, voir le paragraphe ?? page ?? consacré au trinôme du second
degré ainsi que le paragraphe ?? page ?? consacré à la factorisation des polynômes grâce
aux racines de l’unité.
16. Suites & 21. Po-
Fonctions lynômes
Complexes
Théorème de
d’Alembert
Partie
Imaginaire
1. Nombres
Partie
Complexes
Module
Imaginaire
Partie Réelle
Norme
Conjugué