Exercices d'Algèbre pour Licence Mathématiques
Exercices d'Algèbre pour Licence Mathématiques
2008–2009
Les exercices marqués d’une étoile sont les « indispensables », c’est-à-dire ceux qui ne sont pas très
difficiles et qu’il est indispensable de savoir faire — ce qui ne veut pas pas dire qu’il ne faut pas savoir
faire les autres, parfois un peu plus techniques, ou faisant appel à plus de connaissances mathématiques
(en algèbre linéaire, en analyse ou en géométrie), voire contenant des pièges.
On trouvera d’autres exercices dans les livres [5, 2, 3, 1, 6, 7] (dans lesquels certains de ceux
présentés ici ont été copiés) notamment.
Merci de nous communiquer commentaires, corrections et suggestions. Il n’existe pas et n’existera pas de « corrigé » de
cette « feuille ».
(1)
Une bonne occasion de recommander la lecture de [4].
2 M. AUDIN, V. BLANLŒIL, G. COLLINET, M. COORNAERT, R. NOOT, J. POINEAU
(2)
d’où la notation, qui n’est pas universelle, on trouve aussi Dn pour ce même groupe
4 M. AUDIN, V. BLANLŒIL, G. COLLINET, M. COORNAERT, R. NOOT, J. POINEAU
Exercice 1.19. Pour chacun des couples d’un ensemble avec loi de composition suivants, décider s’il
s’agit d’une loi interne. Lorsque c’en est une, est-ce qu’elle définit une structure de groupe sur l’en-
semble en question ?
(1) ({A ∈ M (100, Z) | ∃ B ∈ M (100, Z) : AB = BA = I}, ·), avec · la multiplication des matrices.
(2) ({A ∈ M (100, Z) | ∃ B ∈ M (100, Z) : AB = I}, ·), avec · la multiplication des matrices.
(3) ({a ∈ End(V ) | ∃ b ∈ End(V ) : ab = IdV }, ◦), avec V un espace vectoriel, éventuellement de di-
mension infinie, sur un corps quelconque. Est-ce qu’on peut appliquer le résultat de l’exercice 1.8 pour
résoudre cette question ? Pourquoi (pas) ?
Exercice 1.20. Soient G un ensemble et ∗ une loi de composition interne associative sur G. Supposons
que (G, ∗) a un élément neutre e, et que pour tout x dans G il existe y et y 0 dans G tels que yx = e = xy 0 .
Est-ce que (G, ∗) est un groupe ? Est-ce que l’existence d’un inverse à gauche (y, donc) suffit ?
Exercice 1.21. Trois éléments x, y et z d’un groupe sont tels que xyz = e. A-t-on yzx = e ? Et yxz = e ?
Exercice 1.22. On suppose que X est un ensemble muni d’une loi de composition (binaire) interne, pas
nécessairement associative et que x1 , . . . , x5 ∈ X. De combien de façons peut-on insérer trois paires
de parenthèses dans le produit x1 x2 x3 x4 x5 pour que ce produit soit défini ?
2. Sous-groupes
Exercice? 2.1. Parmi les sous-ensembles suivants, lesquels sont des sous-groupes ?
(1) GL(n; R) ⊂ GL(n; C) (pour n ≥ 1).
(2) {1, −1} ⊂ (R? , ×).
(3) N ⊂ (Z, +).
(4) (Q? , ×) ⊂ (R? , ×).
(5) {−1, 0, 1} ⊂ (Z, +).
(6) Pour n ≥ 2, {g ∈ GL(n; R) | t g = g} dans GL(n; R).
(7) Pour G un groupe d’élément neutre e, {x ∈ G | x2 = e} dans G.
Exercice? 2.2. Montrer que n √ o
x + y 2, x ∈ Z, y∈Z
est un sous-groupe de (R, +).
Exercice? 2.3 (Groupe des rotations). Montrer que
cos θ − sin θ
H= | θ∈R
sin θ cos θ
est un sous-groupe de GL(2; R).
Exercice? 2.4 (Groupe orthogonal). Montrer que
O(n) = {g ∈ GL(n; R) | t g −1 = g} ⊂ GL(n; R)
est un sous-groupe. Vérifier que c’est le groupe des isométries vectorielles de l’espace Rn .
Déterminer tous les éléments de O(2).
Exercice? 2.5. Montrer que
2k 2nm
H= | k, n, m ∈ Z
0 2−k
est un sous-groupe de GL(2; R).
Exercice? 2.6. Montrer que
1 a b
H = 0 1 c | a, b, c ∈ R
0 0 1
Exercice? 2.11. Montrer que dans le groupe (P(E), ∆), considéré dans l’exercice 1.2, tous les éléments
(sauf ∅) sont d’ordre 2.
Exercice? 2.12. Soit G un groupe commutatif. Soit H l’ensemble des éléments d’ordre fini de G. Montrer
que H est un sous-groupe de G. Montrer aussi que, pour d fixé, l’ensemble des éléments x tels que
xd = e est un sous-groupe. La condition que G soit commutatif est-elle essentielle ?
Exercice? 2.13. L’hypothèse de commutativité du groupe est indispensable dans l’exercice 2.12, en
voici une preuve. On considère le groupe affine G comme dans l’exercice 1.16, dont on a vu qu’il n’est
pas commutatif. Montrer que les éléments x 7→ −x et x 7→ −x + 1 sont d’ordre 2 mais que leur produit
est d’ordre infini.
Exercice? 2.14. Soit G un groupe. Soit x ∈ G un élément d’ordre fini n. Soit r ∈ N. Montrer que xr
est d’ordre n0 = n/d, où d = pgcd(n, r).
Exercice? 2.15. Soit G un groupe fini d’ordre n. Montrer que G est cyclique si et seulement si G possède
un élément d’ordre n.
Exercice? 2.17. Soit H un sous-ensemble non vide d’un groupe G, stable par la loi de groupe. Est-ce
que H est un sous-groupe ? Et si on suppose que H est fini ?
Exercice? 2.19. Dans un groupe G, on considère le sous-groupe H engendré par deux éléments a et b.
Montrer que, si ab = ba, alors H est abélien.
Exercice? 2.20. Déterminer le nombre d’éléments d’ordre 2 dans chacun des groupes suivants : Z/2Z,
Z/4Z, Z/2Z × Z/2Z, S3 .
6 M. AUDIN, V. BLANLŒIL, G. COLLINET, M. COORNAERT, R. NOOT, J. POINEAU
3. Groupe symétrique
Exercice? 3.1. Pour quelles valeurs de n le groupe symétrique Sn est-il commutatif ?
Exercice? 3.2. Décomposer en cycles disjoints
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
(1) a = ;
5 8 2 7 9 6 10 3 1 4
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
(2) b = ;
3 5 4 1 7 10 2 6 9 8
(3) c = (12345)(159)(249) ;
(4) d = (1867)(8675)(6751) ;
(5) f = (12)(23)(34)(45)(56)(67)(71) ;
(6) h = (18)(17)(16)(15)(14)(13)(12).
Déterminer l’ordre de ces éléments de S10 . Calculer b100 et c2005 .
Exercice? 3.3. Écrire les permutations suivantes comme produit de cycles disjoints.
(1) (3, 1, 4)(1, 5, 9,
2, 6)(5, 3) dans
S9 .
1 2 3 4 5
(2) σ −1 , où σ = dans S5 .
2 5 1 3 4
(3) σ −1 , où σ = (5, 6, 2)(1, 3) dans S6 .
Pour chacune de ces permutations, quelle est sa signature ?
? 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
Exercice 3.4. Soit σ = dans S12 . Calculer σ 2000 . Quelle est
10 9 8 11 7 3 2 6 12 5 4 1
la signature de σ ?
Exercice? 3.5. Pour 3 ≤ n ≤ 7, déterminer l’ensemble Xn = {ordre(σ) | σ ∈ Sn } des ordres des
éléments de Sn .
Exercice? 3.6 (Examen, janvier 2006). Pour cet exercice, on se place dans le groupe symétrique S4 .
(1) Quels sont les ordres possibles des éléments de S4 ?
(2) Déterminer tous les éléments d’ordre 2, d’ordre 3, d’ordre 4.
(3) Combien y a-t-il de classes de conjugaison dans S4 ? Quel est le cardinal de chacune de ces
classes ?
Exercice? 3.7. Quelle est la signature d’une permutation d’ordre 12, resp. 14, resp. 15, dans S10 ?
Exercice? 3.8. Montrer que Sn est engendré par
– les transpositions {(1, i) | 2 ≤ i ≤ n} (indication : pour i et j des entiers tels que 2 ≤ i < j ≤ n,
on a (1, i)(1, j)(1, i) = (i, j)) ;
– ou la transposition (1, 2) et le cycle (2, 3, . . . , n) ;
– ou les transpositions {(i, i+1) | 1 ≤ i < n} ;
– ou encore la transposition (1, 2) et le cycle (1, 2, . . . , n).
Exercice 3.9. Déterminer le nombre minimal de transpositions qui engendrent Sn .
Exercice? 3.10. Dans tout l’exercice, on fixe un entier n > 0, on note Sn le groupe des permutations
de l’ensemble {1, 2, . . . , n} et An ⊂ Sn le groupe alterné.
(1) Soit C ⊂ Sn une classe de conjugaison. Montrer que ou bien C ⊂ An ou bien C ∩ An = ∅.
(2) On fixe désormais n = 5. Déterminer le nombre de classes de conjugaison de S5 et trouver un
réprésentant et le cardinal de chaque classe.
(3) Déterminer quelles classes de conjugaison de S5 sont contenues dans A5 .
(4) Déterminer le nombre de classes de conjugaison de A5 .
Exercice? 3.11. Montrer que dans le groupe symétrique Sn tout élément est conjugué à son inverse.
Exercice 3.12. (1) Trouver les σ dans S4 tels que σ 2 = (1, 2)(3, 4).
(2) Soit n ≥ 2. Existe-t-il un σ dans Sn tel que σ 2 = (1, 2) ? Même question pour n ≥ 6 et
2
σ = (1, 2)(3, 4, 5, 6).
8 M. AUDIN, V. BLANLŒIL, G. COLLINET, M. COORNAERT, R. NOOT, J. POINEAU
(2)
∼
=? Z/2Z × Z/3Z Z/6Z S3
Z/2Z × Z/3Z
Z/6Z
S3
(3) Y a-t-il un groupe dans le premier tableau qui est isomorphe à un groupe du deuxième tableau ?
Exercice? 3.18 (Examen, septembre 2008). Pour cet exercice, on se place dans le groupe symétrique S4 .
(1) Déterminer les éléments de S4 dont l’ordre est une puissance de 2.
(2) Soient τ1 et τ2 deux transpositions. Quel peut être l’ordre du produit τ1 τ2 ?
(3) Soit σ un cycle d’ordre 4. Calculer σ 2 et donner sa décomposition en produit de cycles à support
disjoints.
(4) Soit H ⊂ S4 un sous-groupe d’ordre 4.
(a) On suppose que H contient un élément d’ordre 4. Montrer que H est cyclique.
(b) On suppose que H ne contient aucun élément d’ordre 4. Montrer qu’il est isomorphe au
produit de deux groupes cycliques.
(c) Montrer que les deux possibilités se produisent effectivement.
(5) Soit K ⊂ S4 un sous-groupe d’ordre 8.
(a) Quels sont les ordres possibles des éléments de K ?
(b) Montrer que K contient un élément d’ordre 4.
Exercice? 4.3. Soient G un groupe et H ⊂ G un sous-groupe. Montrer que G/H = {e} si et seulement
si H = G.
Exercice? 4.6. Montrer que l’application « déterminant » est un morphisme du groupe GL(n; R) (resp.
GL(n; C)) sur (le mot « sur » employé ici signifie bien que dét est surjective, ce qu’il faut donc
montrer !) le groupe multiplicatif R? (resp. C? ).
Exercice? 4.7. Pour chacun des triplets (G, H, f ) suivants avec G et H des groupes et f : G → H une
application, décider si f est un morphisme de groupes. Lorsque c’est le cas, déterminer son noyau et
son image et décider si f est injective, si f est surjective et si f est un isomorphisme.
(1) f : (M (100; R), +) → (M (100; R), +), a 7→ a + t a.
(2) f : (M (100; R), +) → (M (100; R), +), a 7→ ba, avec b ∈ M (100; R) une matrice fixée.
(3) f : GL(100; R) → GL(100; R), a 7→ t a.
(4) f : GL(100; R) → GL(100; R), a 7→ t aa.
(5) f : (M (100; R), +) → GL(100; R), a 7→ exp(a).
(6) f : (R, +) → GL(100; R), t 7→ exp(ta), pour a ∈ M (100; R) une matrice fixée.
(7) f : (R, +) → (R, +), a 7→ a + arctan(1) − π/4.
(8) f : C∗ → R∗ , z 7→ |z|.
(1) Montrer que (G, ?) est un groupe (dont on précisera l’élément neutre et l’inverse de chaque
élément). Ce groupe est-il commutatif ?
(2) On considère les parties
H = {(a, 0) | a ∈ Z} et K = {(0, b) | b ∈ Z}
de G. Montrer que H et K sont des sous-groupes et que chacun d’eux est isomorphe à Z.
(3) Montrer que l’application G → Z qui à (m, n) associe n est un homomorphisme de groupes.
(4) Montrer que H est un sous-groupe distingué de G mais que K n’est pas distingué.
(5) À quel groupe bien connu le groupe quotient G/H est-il isomorphe ?
Exercice? 4.34 (Groupe des rotations (suite)). On considère le groupe O(n) défini dans l’exercice 2.4.
Montrer que
O+ (n) = {g ∈ O(n) | dét(g) = 1}
est un sous-groupe distingué de O(n).
Déterminer tous les éléments de O+ (2) et montrer que ce groupe est commutatif. En est-il de même
de O(2) ? De O+ (n) pour n ≥ 3 ?
Exercice? 4.35. Soit H le sous-groupe de GL(3; R) considéré dans l’exercice 2.6 et formé des matrices
triangulaires supérieures dont tous les coefficients diagonaux sont égaux à 1. Montrer que l’application
H −−−→ R2
1 a b
0 1 c 7−−−→ (a, c)
0 0 1
est un homomorphisme. Déterminer le noyau et l’image de f .
Exercice? 4.36 (Groupe diédral (suite)). On se place dans le groupe des isométries préservant un poly-
gone régulier à n côtés (exercice 1.15). Montrer que le sous-groupe des rotations est distingué (par
exemple en l’exhibant comme noyau d’un morphisme de groupes) mais que le sous-groupe engendré
par une réflexion ne l’est pas.
Exercice 4.37 (Isométries d’un tétraèdre régulier). On considère, dans l’espace euclidien de dimen-
sion 3, un tétraèdre régulier ABCD. Montrer que toute isométrie qui préserve ce tétraèdre préserve
l’ensemble de ses sommets. Soit G l’ensemble de toutes ces isométries. Montrer que G est un groupe,
muni d’un morphisme
G −−−→ S4
vers le groupe des permutations des quatre points A, B, C et D.
Montrer que ce morphisme est injectif (une isométrie est déterminée par les images des quatre
sommets) et surjectif (toutes les permutations sont atteintes, par exemple parce que toutes les trans-
positions sont atteintes).
Exercice 4.38 (Isométries d’un cube). Dans un cube, on dessine, à l’aide des diagonales des faces, un
tétraèdre T comme sur la figure. Vérifier que ce tétraèdre est régulier. Combien y a-t-il de tétaèdres
dans le cube ?
Soit ϕ une réflexion qui préserve le tétraèdre T. Montrer que ϕ préserve le cube. Même question
pour une isométrie quelconque. Montrer que le groupe des isométries de T apparaı̂t ainsi comme un
sous-groupe du groupe des isométries qui préservent le cube, et que ce sous-groupe est d’indice 2.
Combien le groupe des isométries du cube contient-il d’éléments ?
EXERCICES D’ALGÈBRE 13
Exercice? 4.39. Soit G un groupe. Soit H un sous-groupe distingué de G tel que |H| = 2. Montrer que
H est contenu dans le centre de G.
Exercice? 4.41. Un sous-groupe H d’un groupe G est dit caractéristique si pour tout automorphisme
σ de G on a σ(H) = H.
Soient G un groupe et H2 ⊂ H1 ⊂ G des sous-groupes.
(1) Supposons que H1 est caractéristique dans G. Est-il distingué ?
(2) Supposons que H1 est distingué dans G. Est-il caractéristique ?
(3) Supposons que H1 soit distingué dans G et que H2 soit caractéristique dans H1 . Est-ce que H2
est distingué dans G ?
(4) Supposons que H2 soit distingué dans G. Est-il distingué dans H1 ?
(5) Supposons que H2 soit distingué dans H1 et H1 distingué dans G, H2 est-il distingué dans G ?
Exercice? 4.43. Soit n ≥ 2 un entier. Soit α un automorphisme de Sn . Montrer que l’on a α(An ) = An .
Exercice? 4.44. Soit G un groupe infini. Soit H un sous-groupe de G tel que H 6= G. Montrer que le
complémentaire de H dans G est infini.
Exercice? 4.46. Montrer qu’il n’existe pas de sous-ensemble fini A ⊂ Q tel que A engendre le groupe Q.
Exercice 4.58. Soit G ⊂ Q un sous-groupe avec G 6= {0}. Montrer que tout élément de Q/G est d’ordre
fini.
Montrer qu’il n’existe pas de groupes non-triviaux G1 , G2 tels que G1 × G2 ∼
= Q.
EXERCICES D’ALGÈBRE 15
5. Groupes opérant
Exercice? 5.1. Le groupe GL(n; R) opère sur Rn (naturellement, c’est-à-dire par (A, x) 7→ A · x).
Montrer qu’il opère aussi sur l’ensemble des droites vectorielles de Rn , par (A, L) 7→ A(L). Montrer
que cette opération est transitive.
Exercice? 5.2. (1) Donner la décomposition de R2 en orbites sous l’action du groupe des rotations
O(2). Déterminer le stabilisateur d’un point.
(2) Mêmes questions pour l’opération du groupe O(n) sur Rn .
16 M. AUDIN, V. BLANLŒIL, G. COLLINET, M. COORNAERT, R. NOOT, J. POINEAU
Exercice? 5.3 (Le groupe affine). On considère le groupe affine G défini dans l’exercice 1.16 comme
groupe opérant sur R. Quel est le stabilisateur de 0 pour cette action ? Montrer que cette action est
transitive.
Exercice? 5.4. Soit E ⊂ S4 l’ensemble des produits de deux transpositions à supports disjoints, expli-
citement
E = {(1, 2)(3, 4), (1, 3)(2, 4), (1, 4)(2, 3)}
(c’est un ensemble à trois éléments). Le groupe S4 opère par conjugaison sur E. En déduire un
morphisme de groupes S4 → S3 , montrer qu’il est surjectif(3) , quel est son noyau ?
Soit N le sous-groupe de G = S4 engendré par E. Combien a-t-il d’éléments ? Montrer que N est
sous-groupe distingué et que G/N est isomorphe à S3 .
Exercice 5.5 (Le même). Le groupe des isométries qui préservent un tétraèdre régulier est isomorphe
à S4 (exercice 4.37). Montrer que tout élément de ce groupe envoie la perpendiculaire commune à
deux arêtes opposées sur la perpendiculaire commune à deux arêtes opposées. En déduire un homo-
morphisme surjectif
S4 −−−→ S3 .
Quel est son noyau ?
Exercice? 5.6. On se donne un ensemble X sur lequel agit un groupe fini d’ordre 156. On suppose
qu’un élément a ∈ X a un stabilisateur d’ordre 12. Quel est le cardinal de l’orbite de a ?
Exercice? 5.7. Soit G un groupe opérant sur un ensemble X. Supposons que |X| = 108 et que |G| = 143.
Montrer que G fixe au moins un point de X.
Exercice? 5.8. Un groupe à 35 éléments opère sans point fixe sur un ensemble à 19 éléments. Combien
y a-t-il d’orbites pour cette opération ?
Exercice? 5.9. Un groupe d’ordre 63 peut-il agir transitivement sur un ensemble de cardinal 27 ?
Exercice? 5.10 (Examen, janvier 2008). Soit G un groupe fini d’ordre n dont l’élément neutre est noté
e. On suppose que G a exactement deux classes de conjugaison.
(1) Montrer que G 6= {e}.
(2) Montrer que G\{e} = {g ∈ G | g 6= e} est une classe de conjugaison.
(3) Soit g ∈ G avec g 6= e. Quel est l’ordre de l’orbite de g pour l’action de G sur lui-même par
conjugaison ? Quel peut être l’ordre du stabilisateur de g pour cette action ?
(4) Montrer que n = 2 et que G est isomorphe à Z/2Z.
Exercice? 5.11 (Examen, janvier 2006). Soit K un corps. Le groupe GL(2; K) opère naturellement sur
l’espace vectoriel K2 (c’est-à-dire par A · X = AX).
(1) Combien cette opération a-t-elle d’orbites ?
(2) On suppose désormais que K = Z/2Z, c’est-à-dire que K a deux éléments. Combien d’éléments
non nuls y a-t-il dans K2 ? Montrer que le groupe GL(2; K) opère sur un ensemble à trois éléments,
de façon que l’application GL(2; K) → S3 soit un isomorphisme de groupes.
Exercice? 5.12 (Examen, septembre 2006). Soient p un nombre premier et n un entier strictement posi-
tif. On considère un groupe fini G d’ordre pn dont l’élément neutre sera noté e. Soit H un sous-groupe
distingué de G tel que H 6= {e}. On considère l’application
α:G×H →H
(g, h) 7→ ghg −1 .
(1) Montrer que α définit une opération de G sur H.
(2) Montrer que, pour cette opération, l’orbite de tout élément de H a un cardinal de la forme pk
avec k entier et 0 ≤ k ≤ n − 1.
(3) En déduire que H contient un élément du centre de G distinct de e.
(3)
C’est exceptionnel ! On peut montrer que, pour n ≥ 5, il n’existe pas de morphisme surjectif Sn → Sn−1 .
EXERCICES D’ALGÈBRE 17
Exercice? 5.13. Soit G un p-groupe (c’est-à-dire un groupe d’ordre pn avec p premier), opérant sur un
ensemble X.
(1) Montrer qui si
X G = {x ∈ X | ∀ g ∈ G g.x = x) ,
alors on a X
|X| = |X G | + |w(x)|.
w(x),x6∈X G
Exercice 5.14. Soit G un groupe fini opérant sur un ensemble fini X. On désigne par N le nombre de
G-orbites. Pour tout g ∈ G, on pose Fix(g) = {x ∈ X | gx = x}. On se propose de démontrer la
formule de Burnside
1 X
N= |Fix(g)|.
|G|
g∈G
(1) Soient E et F des ensembles finis et S ⊂ E × F . Pour tout a ∈ E et pour tout b ∈ F , on pose
Va = {v ∈ F | (a, v) ∈ S} et Hb = {u ∈ E | (u, b) ∈ S}.
Montrer que l’on a
X X
|Va | = |Hb |.
a∈E b∈F
(2) Démontrer la formule de Burnside en appliquant le résultat de la question précédente à
S = {(g, x) ∈ G × X | gx = x} ⊂ G × X.
Exercice 5.15. On reprend les notations de l’exercice 2.10, où sont définis un sous-groupe G de GL(2; R)
et un sous-groupe H2 de celui-ci.
(1) Interpréter G comme le stabilisateur d’un élément pour une action convenable de GL(2; R) (sur
un ensemble à déterminer).
(2) Montrer que H2 est un sous-groupe distingué de G (ce qui est aussi une conséquence de l’exer-
cice 4.8).
(3) Montrer que G/H2 est isomorphe à R∗ (même remarque).
Exercice 5.16. Soient G un groupe et H un sous-groupe de G. On fait agir G sur l’ensemble G/H par
multiplication à gauche. Soit ρ : G → Bij(G/H) le morphisme de groupes associé à cette action.
(1) Soit g ∈ G. Montrer que le stabilisateur de gH est gHg −1 .
(2) En déduire que l’on a
\
Ker(ρ) = gHg −1 .
g∈G
Exercice? 5.18 (Examen, janvier 2007). Soit G un groupe. On suppose que G contient un sous-groupe
H d’indice n.
18 M. AUDIN, V. BLANLŒIL, G. COLLINET, M. COORNAERT, R. NOOT, J. POINEAU
(1) Combien y a-t-il de classes à gauche modulo H ? En faisant opérer G par translation à gauche
sur l’ensemble G/H de ces classes, montrer qu’il existe un homomorphisme de groupes non trivial
G −−−→ Sn
de G dans le groupe symétrique Sn .
(2) En déduire que G contient un sous-groupe distingué K, qui est contenu dans H, et dont l’indice
[G : K] dans G est un diviseur de n!.
Exercice 5.19. Combien y a-t-il de classes de conjugaison dans le groupe S3 (resp. S4 , resp. S6 ) ?
Exercice 5.20. On se donne un entier n ≥ 2. Décrire le centralisateur de la transposition τ = (12) dans
le groupe Sn .
Exercice 5.21. Soient p un nombre premier, s > 0 un entier et G un groupe d’ordre ps .
(1) Soit s = 1, donc G d’ordre p. Montrer que G ∼ = Z/pZ.
(2) Soit s = 2, donc G d’ordre p2 . Montrer que G est isomorphe à Z/p2 Z ou à Z/pZ × Z/pZ.
Indication : Utiliser le fait que le centre Z(G) de G n’est pas réduit à {e} (voir le cours ou l’exer-
cice 5.13), puis en déduire que G/Z(G) est un groupe cyclique et que cela implique que G est commu-
tatif.
Exercice 5.22. On se propose de déterminer tous les groupes finis qui ont exactement trois classes de
conjugaison. Soit donc G un groupe fini, disons d’ordre n, et supposons que G a exactement trois
classes de conjugaison.
(1) En considérant l’opération de G sur lui-même par conjugaison, montrer qu’il existe des entiers
a ≥ b > 0 tels que a|n, b|n et
1 1 1
(∗) 1= + + .
n a b
(2) Déterminer les solutions de l’équation (∗) en nombres entiers n ≥ a ≥ b > 0 tels que a|n et b|n.
(Indication : on a b ≤ 3 car n ≥ a ≥ b.)
(3) Donner la liste complète des groupes finis, à isomorphisme près, qui ont exactement trois classes
de conjugaison.
Exercice 5.23. Soit n ≥ 0. Notons Y l’ensemble des formes bilinéaires symétriques sur Rn . On fait
opérer GL(n; R) à droite sur Y comme dans l’exercice 5.17, c’est-à-dire par
Y × GL(n; R) −−−→ Y
(ϕ, g) 7−−−→ ((u, v) 7→ ϕ(g · u, g · v)).
Combien y a-t-il d’orbites ?
Exercice 5.24. Soit G un groupe fini. Notons n l’ordre de G et p le plus petit nombre premier qui
divise n. Supposons que H ⊂ G est un sous-groupe d’indice p. Le but de l’exercice est de démontrer
que H est distingué.
(1) Le groupe G opère sur G/H par translations à gauche, ce qui induit un morphisme f : G →
Bij(G/H). Montrer que Ker(f ) ⊂ H.
(2) Montrer que |f (G)| = p (indication : quels sont les nombres premiers divisant |Bij(G/H)| ?).
(3) Montrer que H = Ker(f ) et conclure.
Exercice 5.25. Soient n ∈ N, σ ∈ Sn et σ = c1 · · · cr une décomposition de σ comme produit de cycles
à supports disjoints. On supposera dans tout l’exercice que dans une telle décomposition on écrit tous
les cycles, même de longueur 1, de sorte que ∪rk=1 Supp(ck ) = Xn = {1, . . . , n}.
(1) Montrer que pour tout sous-groupe H ⊂ Sn , l’action de Sn sur Xn définit une action de H
sur Xn .
(2) Soit H = hσi le sous-groupe de Sn engendré par σ. Montrer que si i ∈ Supp(ck ), alors
Supp(ck ) = Hi, l’orbite de i pour l’action de H.
(3) Déduire de la question précédente que r est le nombre d’orbites pour l’action de H et que les
Supp(ck ) (pour k = 1, . . . , r) sont les orbites pour cette action.
EXERCICES D’ALGÈBRE 19
(4) Soit σ = c01 · · · c0r0 une autre décomposition de σ comme produit de cycles à supports disjoints.
Montrer que r0 = r et que, à une permutation des c0k près, on a Supp(ck ) = Supp(c0k ) pour k = 1, . . . , r.
(5) Avec les notations de la question précédente, montrer que ck = c0k pour k = 1, . . . , r.
Exercice 5.26. Soit n ∈ N. Pour σ ∈ Sn , on note
Fix(σ) = {k ∈ {1, . . . , n} | σ(k) = k}
l’ensemble des points fixes de σ.
(1) Si σ ∈ Sn avec σ 6= (1), montrer qu’il existe un cycle c1 de longueur `1 > 1 et une permutation
τ ∈ Sn tels que σ = c1 τ et Fix(τ ) est la réunion disjointe de Fix(σ) et du support de c1 .
(2) Montrer par récurrence décroissante sur |Fix(σ)| que toute permutation σ est un produit de
cycles disjoints.
Exercice 5.27. Soient n ≥ 0 et σ dans Sn .
(1) Soit m le nombre d’orbites de σ. Montrer que ε(σ) = (−1)n−m .
(2) Soit s le nombre d’orbites de cardinal pair de σ. Montrer que ε(σ) = (−1)s .
Exercice 5.28. Soient m et n ≥ 0. Soit f : Sn → Sm un morphisme. Montrer que f (An ) ⊂ Am .
Exercice 5.29 (Classes de conjugaison dans An ). Soient n ∈ N et Sn le groupe symétrique opérant sur
l’ensemble {1, . . . , n}. Le but de cet exercice est de déterminer les classes de conjugaison de An en
termes de celles de Sn .
Concernant les classes de conjugaison de Sn , on rappelle que σ, σ 0 ∈ Sn sont conjuguées si et
seulement si elles ont le même type, déterminé par leurs décomposition en cycles disjoints.
(1) Soit σ ∈ An . Montrer que la Sn -classe de conjugaison de σ est contenue dans An .
(2) Soit H ⊂ Sn un sous-groupe. Montrer que H ∩ An ⊂ H est un sous-groupe d’indice 1 ou 2.
(3) On considère l’action de Sn sur lui-même par conjugaison et pour σ ∈ Sn , on note Cσ le
stabilisateur de σ pour cette action. Montrer que si σ ∈ An est tel que Cσ 6⊂ An , alors la An -classe de
conjugaison de σ coı̈ncide avec sa Sn -classe de conjugaison.
(4) Soit σ ∈ An tel que Cσ ⊂ An . Montrer la Sn -classe de conjugaison de σ est la réunion de deux
An -classes de conjugaison du même ordre.
Exercice 5.30. Soit K un corps fini, disons à q éléments et soit V = K2 , espace vectoriel de dimension
2 sur K. Le groupe GL(2; K) (des applications linéaires ou des matrices inversibles) opère sur V (par
sa définition), de même que son sous-groupe SL(2; K) (des applications linéaires de déterminant 1) .
(1) Montrer que l’ordre du groupe GL(2; K) est (q 2 − 1)(q 2 − q) et que celui de SL(2; K) est
(q − 1)(q 2 − q)/(q − 1).
2
(2) Soit P(V ) l’ensemble des droites vectorielles de V . Montrer que cet ensemble a q + 1 éléments,
que GL(2; K) et son sous-groupe SL(2; K) opèrent sur cet ensemble. En déduire des homomorphismes
ϕ : SL(2; K) −−−→ Sq+1 et ϕ e : GL(2; K) −−−→ Sq+1 .
(3) Supposons que q = 2, de sorte que K ∼ = Z/2Z. Montrer que GL(2, K) = SL(2, K) ∼ = Sn .
(4) On suppose dans toute la suite que q = 4. Il existe un unique (à isomorphisme près) corps K
à quatre éléments, dans lequel tous les éléments sont d’ordre 2 (pour l’addition) et le seul élément de
carré 1 est 1 lui-même (voir l’exercice 6.3). Montrer que dans ce cas,
ϕ : SL(2; K) −−−→ S5
est injective.
(5) Soit (e1 , e2 ) la base canonique de V et soit e3 = e1 + e2 . Montrer qu’il existe une matrice A
dans SL(2; K) qui vérifie
A(e1 ) = e2 , A(e2 ) = e3 et A(e3 ) = e1 .
Soient L1 , L2 et L3 trois droites vectorielles distinctes de V . Montrer qu’il existe des vecteurs non nuls
tels que u1 , u2 et u3 = u1 + u2 engendrent respectivement les droites L1 , L2 et L3 .
(6) En déduire que l’image de ϕ contient tous les 3-cycles et donc A5 . Montrer que SL(2; K) est
isomorphe à A5 (et donc en particulier qu’il est simple).
20 M. AUDIN, V. BLANLŒIL, G. COLLINET, M. COORNAERT, R. NOOT, J. POINEAU
Exercice 5.31 (Classes de conjugaison dans GL(2; C)). Dans tout l’exercice, on note GL(2; C) le groupe
des matrices inversibles de type 2 × 2 à coefficients dans C, la loi de groupe étant la multiplication
des matrices. On se propose d’étudier les classes de conjugaison dans GL(2; C).
(1) Montrer que deux matrices diagonalisables A, B ∈ GL(2; C) sont conjuguées si et seulement si
elles ont le même polynôme caractéristique.
(2) Supposons que A ∈ GL(2; C) ne soit pas diagonalisable. Montrer que A est alors conjuguée à
une matrice de la forme ( a0 a1 ) où a ∈ C avec a 6= 0. En déduire que deux matrices non diagonalisables
A, B ∈ GL(2; C) sont conjuguées si et seulement si elles ont le même polynôme caractéristique.
(3) Soient
X1 = {P ∈ C[X] | P (X) = X + a avec a 6= 0} et
X2 = {P ∈ C[X] | P (X) = X 2 + aX + b avec b 6= 0}.
Établir une bijection entre l’ensemble des classes de conjugaison de GL(2, C) et l’ensemble X1 ∪ X2 .
Exercice 5.32 (Groupes résiduellement finis). Si G est un groupe, on note eG son élément neutre. On
dit qu’un groupe G est résiduellement fini s’il vérifie la propriété suivante : pour tout x ∈ G tel que
x 6= eG , il existe un groupe fini F et un homomorphisme f : G → F tel que f (x) 6= eF .
(1) Montrer que tout groupe fini est résiduellement fini.
(2) Montrer que le groupe Z est résiduellement fini.
(3) Montrer que tout sous-groupe d’un groupe résiduellement fini est résiduellement fini.
(4) Soient G1 et G2 des groupes résiduellement finis. Montrer que le groupe G1 × G2 est résidu-
ellement fini.
(5) Montrer que le groupe Q n’est pas résiduellement fini.
Exercice 5.33 (Groupes hopfiens). Si G et H sont des groupes, on note Hom(G, H) l’ensemble des
homomorphismes de G dans H. On dit qu’un groupe G est un groupe de type fini s’il existe un sous-
ensemble fini A ⊂ G tel que A engendre G. On dit qu’un groupe G est hopfien si tout endomorphisme
surjectif de G est injectif.
(1) Soient G et H des groupes. On suppose qu’il existe un sous-ensemble fini A = {a1 , . . . , an } ⊂ G
de cardinal n qui engendre G. On considère l’application α : Hom(G, H) → H n qui associe à tout
homomorphisme h ∈ Hom(G, H) l’élément α(h) ∈ H n défini par
α(h) = (h(a1 ), . . . , h(an )).
(a) Montrer que l’application α est injective.
(b) En déduire que si H est fini, alors l’ensemble Hom(G, H) est fini.
(2) Soient G et H des groupes. Soit ρ : G → G un homomorphisme surjectif. Montrer que l’appli-
cation Φ : Hom(G, H) → Hom(G, H) définie par Φ(h) = h ◦ ρ est injective.
(3) Soient G un groupe de type fini et ρ : G → G un homomorphisme surjectif. Soit F un groupe
fini. Montrer que pour tout f ∈ Hom(G, F ), il existe h ∈ Hom(G, F ) tel que f = h ◦ ρ.
(4) Montrer que tout groupe de type fini résiduellement fini est hopfien.
6. Anneaux
Sauf mention explicite du contraire, tous les anneaux sont supposés commutatifs et
unitaires.
Exercice? 6.1. Déterminer toutes les structures d’anneaux possibles sur les ensembles à deux et trois
éléments.
Exercice? 6.2. On considère le groupe additif (Z/4Z, +). On suppose que ? est une multiplication sur
ce groupe qui est commutative, associative, et distributive sur l’addition. L’élément 2 peut-il être
élément neutre de ? ? Déterminer toutes les structures d’anneau sur Z/4Z.
Exercice? 6.3. On considère le groupe additif Z/2Z × Z/2Z. On le munit d’une loi ? qui en fait un
anneau. On nomme ses éléments 0, 1, a, b (0 et 1 sont respectivement les éléments neutres pour + et ?).
– Montrer que a + b = 1.
EXERCICES D’ALGÈBRE 21
– On suppose qu’un des éléments, disons a, est de carré nul. Montrer qu’alors ab = a et b2 = 1.
– On suppose que a2 et b2 6= 0 mais que ab = 0. Montrer qu’alors a2 = a et b2 = b. Montrer que
l’anneau obtenu est isomorphe à l’anneau produit (Z/2Z, +, ·) × (Z/2Z, +, ·).
– On suppose maintenant que a2 , b2 et ab sont non nuls. Montrer qu’alors a2 = b, b2 = a et ab = 1.
Montrer que l’anneau obtenu est un corps.
– Montrer qu’il existe un unique (à isomorphisme près) corps à quatre éléments.
Exercice? 6.4. Combien d’anneaux commutatifs (unitaires) y a-t-il, à isomorphisme près, de cardinal
n, pour 0 ≤ n ≤ 6 ?
Exercice? 6.5. Est-ce que {−1, 0, 1} est un sous-anneau de Z ?
Exercice? 6.6. Soit n ≥ 1 un entier.
(1) Résoudre l’équation M 3 = In dans l’anneau M(n, R).
(2) Résoudre la même équation dans l’anneau M(n, C).
Exercice? 6.7 (Anneaux de Boole). On dit qu’un anneau A est un anneau de Boole si, pour tout x ∈ A,
on a x2 = x. On ne suppose pas ici a priori que A est commutatif, ni qu’il est unitaire.
(1) Vérifier que (Z/2Z, +, ×) est un anneau de Boole.
(2) Soit E un ensemble. On note P(E) l’ensemble des parties de E. On reprend la loi ∆ de l’exercice
1.2. Vérifier que (P(E), ∆, ∩) est un anneau de Boole.
(3) Soit A un anneau de Boole. Montrer que l’on a x + x = 0 pour tout x ∈ A.
(4) Montrer que tout anneau de Boole est commutatif.
(5) Soit A un anneau de Boole. Soient x et y des éléments de A. Calculer xy(x + y). En déduire
qu’un anneau de Boole ayant au moins trois éléments ne peut pas être intègre.
Exercice? 6.8. Soit A un anneau (commutatif mais pas nécessairement unitaire). On munit B = A × Z
des lois
(a, m) + (b, n) = (a + b, m + n) et (a, m) · (b, n) = (mb + na + ab, mn).
Montrer que B est un anneau (commutatif et unitaire).
Exercice? 6.9. Soient A un anneau, a et b dans A. Montrer que ab est inversible si et seulement si a et
b le sont.
Exercice? 6.10. Pour tout entier n avec 0 ≤ n ≤ 10, faire la liste des éléments inversibles de Z/nZ, et
de leurs inverses. Dans chacun des cas, identifier le groupe des éléments inversibles.
Exercice? 6.11. Soit A ⊂ R l’ensemble des nombres décimaux, c’est-à-dire les éléments avec un déve-
loppement décimal fini. Montrer que A est un sous-anneau de R et que A ⊂ Q.
Exercice? 6.12. On considère l’ensemble Z[i] des nombres complexes de la forme a + ib avec a, b ∈ Z.
Montrer que Z[i] est un sous-anneau de C. Quelles sont ses unités ?
Exercice? 6.13. Soit A le sous-anneau (unitaire) de C engendré par 2i. Montrer que A est l’ensemble
des a + 2bi avec a et b des entiers. Faire la liste des éléments de A× .
Exercice? 6.14. Soit X un ensemble. On considère l’ensemble
F(X) = {f : X → R}
de toutes les applications de X dans R, muni des lois + et · induites par celles de R. Vérifier que
(F(X), +, ·) est un anneau. À quelle condition est-il intègre ?
Exercice? 6.15. Soit A un anneau fini. Montrer que tout élément qui n’est pas diviseur de zéro est
inversible. Et si on ne suppose pas que A est fini ?
Exercice 6.16. Soit C(R, R) l’anneau des applications continues de R dans R. Montrer que les diviseurs
de zéro dans C(R, R) sont les f : R → R telles que f −1 (0) est d’intérieur non vide.
Exercice 6.17. Soit U ⊂ C un ouvert, et soit A l’anneau des fonctions holomorphes f : U → C. Montrer
que A est intègre si et seulement si U est connexe et non vide.
22 M. AUDIN, V. BLANLŒIL, G. COLLINET, M. COORNAERT, R. NOOT, J. POINEAU
Exercice? 7.2. Montrer qu’il n’existe pas de morphisme d’anneau de Z/3Z dans Z/4Z.
Exercice? 7.3. Soit A un anneau (pas nécessairement unitaire). Montrer que (End(A, +), +, ◦) est un
anneau (en général pas commutatif). Pour tout élément a de A, notons ma l’application x 7→ ax de A
vers A.
(1) Montrer que l’application A → End(A, +), a 7→ ma , est un morphisme d’anneaux.
(2) Montrer que si A est unitaire, ce morphisme est injectif.
(3) Donner des exemples où le morphisme A → End(A, +) défini ci-dessus est un isomorphisme, et
où il n’en est pas.
Exercice? 7.4. Soit n ∈ Z. Rappeler quelles sont les unités de Z/nZ. Montrer que l’application
Aut(Z/nZ, +) −−−→ Z/nZ
f 7−−−→ f (1 mod n)
induit un isomorphisme du groupe (Aut(Z/nZ, +), ◦) sur le groupe (Z/nZ)× des éléments inversibles
de l’anneau Z/nZ.
Exercice? 7.6. Soit A un anneau (commutatif). Soit I un idéal de A. Montrer que les conditions sui-
vantes sont équivalentes :
(1) I = A ;
(2) I contient un élément inversible de A.
Exercice? 7.7. Soit A un anneau commutatif intègre. Soient a et b des éléments non nuls de A. On
note (a) (resp. (b)) l’idéal de A engendré par a (resp. b). Montrer que les conditions suivantes sont
équivalentes :
(1) on a (a) = (b) ;
(2) il existe un élément inversible u ∈ A tel que a = ub.
Exercice? 7.10 (Examen, janvier 2006). Soient I et J deux idéaux d’un anneau commutatif (A, +, ·). On
définit une partie I + J de A par
I + J = {b + c | b ∈ I et c ∈ J} .
Montrer que I + J et I ∩ J sont des idéaux de A.
On suppose que A = Z, que I = (m) et que J = (n). Déterminer deux éléments r et s de Z tels que
I + J = (r) et I ∩ J = (s).
Exercice? 7.11 (Examen, septembre 2006). Soit A = {z ∈ C | z = m + ni avec m, n ∈ Z}.
(1) Montrer que A est un sous anneau unitaire de C. √
(2) Soit z ∈ C. Montrer qu’il existe q ∈ A tel que |z − q| ≤ 2/2 < 1. (Indication : Faire un dessin
représentant A comme sous-ensemble du plan complexe.)
(3) Soient a, b ∈ A avec b 6= 0. Montrer qu’il existe q, r ∈ A tels que a = bq + r et |r| < |b|.
(Indication : Appliquer la question précédente à z = a/b.)
(4) Soit I ⊂ A un idéal avec I 6= {0}. Montrer qu’il existe b ∈ I avec b 6= 0 et tel que |a| ≥ |b| pour
tout a ∈ I (a 6= 0). Montrer qu’un tel élément b engendre I (c’est à dire que I = (b) = bA).
(5) Montrer que A est un anneau principal, c’est-à-dire que tout idéal de A est principal.
?
√ √
Exercice
√ 7.12 (Examen, septembre√ 2008). Soient Z[ 2] et Z[ 3] les sous-anneaux de C engendrés par
Z et 2, respectivement par Z et 3.
(1) Montrer que
√ n √ o
Z[ 2] = a + b 2 | a, b ∈ Z
et que
√ n √ o
Z[ 3] = a + b 3 | a, b ∈ Z .
√ √
(2) On suppose que ϕ : Z[ 2] → Z[ 3] est un morphisme d’anneaux.
(a) Que vaut ϕ(1)√?
(b) Que vaut (ϕ( 2))2 ?
√ √
(3) Montrer qu’il n’existe pas de morphisme d’anneaux de Z[ 2] dans Z[ 3].
Exercice 7.13. Montrer que l’anneau des nombres décimaux (voir 6.11) est un anneau principal.
Exercice? 7.14. Soit A un anneau. Un élément x de A est dit nilpotent s’il existe un entier n > 0 tel
que xn = 0. Soit x dans A. Montrer que si x est nilpotent, alors 1 − x est inversible (indication :
calculer le produit (1 − x)(1 + x + x2 + · · · )).
Exercice? 7.15. Soit A un anneau commutatif. On note N l’ensemble des éléments nilpotents de A.
Montrer que N est un idéal de A.
Exercice? 7.16. Soit A un anneau commutatif. On appelle radical d’un idéal I de A l’ensemble noté
R(I) formé des x ∈ A tels qu’il existe un entier n ≥ 1 vérifiant xn ∈ I.
(1) Soit I un idéal de A. Montrer que R(I) est un idéal de A. Montrer que l’on a I ⊂ R(I) et
R(R(I)) = R(I).
(2) Soient I et J des idéaux de A. Montrer que l’on a R(I ∩ J) = R(I) ∩ R(J).
(3) Quel est le radical de {0} ?
Exercice? 7.17. Montrer que l’anneau quotient Z[i]/(1 + 3i) est isomorphe à Z/10Z.
Exercice? 7.18. Soient k un corps, a dans k et P dans k[X].
(1) Montrer que le reste de la division euclidienne de P par X − a est P (a).
(2) Montrer que P (a) = 0 si et seulement si P appartient à l’idéal principal (X − a) de k[X].
(3) Supposons que P 6= 0. Montrer qu’il existe au plus deg P éléments x ∈ k tels que P (x) = 0.
Exercice? 7.19. Montrer que dans l’anneau Z[X] l’idéal (X) est premier mais non maximal.
Exercice 7.20. Soient A un anneau et a dans A. Notons εa : A[X] → A l’application P 7→ P (a) qui
évalue P en a.
24 M. AUDIN, V. BLANLŒIL, G. COLLINET, M. COORNAERT, R. NOOT, J. POINEAU
8. Corps
Exercice? 8.1. Montrer que tout morphisme de corps est injectif.
Exercice? 8.2. On considère l’ensemble
n a o
Z(3) = x ∈ Q | x = avec b non divisible par 3 .
b
Montrer que Z(3) est un sous-anneau de Q, qu’il contient Z, que ce n’est pas un corps et que pour
tout x ∈ Q, soit x, soit x−1 ∈ Z(3) . Montrer que si A est un sous-anneau de Q contenant Z(3) , alors
A = Z(3) ou Q. Quelles sont les unités de cet anneau ? Quel est le corps des fractions de cet anneau ?
Mêmes questions en remplaçant 3 par n’importe quel nombre premier p.
EXERCICES D’ALGÈBRE 25
Exercice? 8.4 (Examen, janvier 2007). On considère, dans l’anneau R[X] des polynômes à une indéter-
minée sur R, la partie
I = A ∈ R[X] | il existe un polynôme B tel que A(X) = (X 2 + 1)B(X) .
Exercice? 8.6. Y a-t-il une structure de corps sur Z/4Z dont le groupe additif sous-jacent est le groupe
(Z/4Z, +) ?
Exercice? 8.7. Faire la liste de tous les corps à cinq éléments ou moins.
Exercice? 8.8. Soit F2 le corps à deux éléments (F2 ∼ = Z/2Z). Soit L = F2 [X]/(X 2 + X + 1). Montrer
que L est un corps à quatre éléments, et écrire ses tables d’addition et de multiplication. Vérifier que
L est isomorphe au corps construit dans l’exercice 6.3.
Que se passe-t-il si on remplace X 2 + X + 1 par X 2 + 1 ?
Références
[1] M. Artin – Algebra, Prentice Hall, 1990.
[2] A. Bouvier & D. Richard – Groupes, Actualités Scientifiques et Industrielles, Hermann, Paris, 1979,
Observation, théorie pratique, édition corrigée.
[3] J. Calais – Eléments de théorie des groupes, Mathématiques, Presses Universitaires de France, Paris, 1984.
[4] L. Carroll – Logique sans peine, Hermann, Paris, 1966, Traduit et présenté par J. Gattégno et E. Coumet,
illustré par Max Ernst.
[5] R. Godement – Cours d’algèbre, Collection Enseignement des Sciences, Hermann, Paris, 1987, troisème
édition.
[6] D. Guin – Algèbre, tome 1, Groupes et anneaux, Espaces34 et Belin, 1998.
[7] D. Perrin – Cours d’algèbre, Ellipses, 1996.
26 M. AUDIN, V. BLANLŒIL, G. COLLINET, M. COORNAERT, R. NOOT, J. POINEAU