Le mariage de Figaro
Beaumarchais
Acte 1, scène 10:
INTRODUCTION :
Dans le mariage de Figaro, Beaumarchais reprend un des personnages
du Barbier de Séville, qui n’est autre que Figaro. Beaumarchais est un
dramaturge français du siècle des Lumières. Dans le mariage de Figaro,
Suzanne et son fiancé, Figaro, veulent se marier, mais le comte souhaite
exercer son droit de cuissage sur la jeune femme. Le fiancé va alors mettre
en place des stratagèmes pour pousser le comte à renoncer à son envie.
Dans l’acte 1 scène 10, le personnage principal va créer une ruse visant à ce
que le comte fasse un aveu public dans le but qu’il se rende.
—> lecture du texte
Nous allons donc nous demander comment l’agilité de Figaro lui permet-
elle de piéger le comte sans entrer en conflit direct avec ce dernier ? Dans un
premier temps nous verrons la mise en place du stratagème (1-8) puis le
comte pris au piège (9-20).
I/ La mise en place du stratagème (1-8)
ligne 1 : « tenant Suzanne par la main » ( didascalie )
= Figaro tient la situation en main et le verbe d’action tenir montre que
Suzanne est destinée à Figaro
ligne 1 : « Permettez » ( impératif )
= rappel au lecteur qu’il s’adresse à son supérieur hiérarchique
ligne 2 : « sagesse » ; « honneur » ; « la pureté de vos intentions »
( ironie )
= Il utilise ses termes pour montrer qu’il préserve subtilement des
apparences de respect envers le comte, et il fait un rappel évident aux
lecteurs que son but est de déshonoré ce dernier car il veut abuser
Suzanne
ligne 2 : « recevoir de votre main » ( verbe d’action ); « toque
virginale…ruban blanc »
= Figaro joue sur le symbolisme du mariage et établi une règle
universelle et individuelle avec « les » ( ligne 3 )
ligne 5 : « embarrassé » ( didascalie )
= Figaro a réussi son stratagème le comte est embarrassé
ligne 5-6 : « Si…folies » ( prop. sub. circ. d’hypothèse et de condition )
= montre que cette bonté envers le couple est factice
ligne 5 : « amoureux, poète et musicien »
= référence à la posture de Figaro dans ce stratagème, et c’est ce qui
permet au comte de se rattraper devant sa femme, c’est une mise en
abîme car le comte qui se trouve en plein milieu d’un stratagème en
invente un autre pour sauver sa peau
ligne 7 : « Joignez-vous » ( impératif ) ; « mes » ( déterminant possessif
)
= le maître se couper par son valet car Figaro conduit la foule contre
lui, avec « mes » la foule devient alliée de Figaro et donc alliée du
comte
ligne 8 : « tous ensemble » ( didascalie ) avec « tous » ( pronom
indéfini )
= inclus tout le monde sur scène sauf le comte. La foule participe au
stratagème sans en être consciente
II/Le compte pris au piège ( 9 à 20 )
ligne 9 : « Au comte » ( didascalie )
= étonne le lecteur car celui-ci n’a pas besoin de précision à propos de
savoir à qui Figaro parle, l’auteur veut juste s’assurer que le public ait
bien compris
ligne 9 : « pourquoi fuir » ( question rhétorique )
= il n’attend pas de réponse en retour, cela est juste pour perturber
encore plus le personnage du comte
ligne 9 : « l’éloge que vous méritez si bien » ( antiphrase )
= c’est de l’ironie de la part de Sganarelle car le comte ne mérite pas
d’éloge pour tout ce qu’il a fait
ligne 10 : « la perfide » ( adjectif de substantiviste )
= aparté qui renvoie à une mise en scène dramatique dans le but
d’assister à ce que le personnage pense, le comte a compris
l’antiphrase ; renvoie aussi à une ironie de la part du dramaturge car le
comte trahit sa femme alors qu’il incarne la traitrise du mariage
ligne 11 : « jamais plus jolie fiancée » ( hyperbole ) ; « regardez »
( impératif )
= accentue sur la beauté de Suzanne et avec l’antiphrase sur le
sacrifice, le stratagème commence à être perçu par la foule
ligne 13 : réponse ironique de Suzanne avec « Laisse là ma figure, ne
vantons que sa vertu » car le comte avait essayé de la séduire, cette
dernière ne se laisse pas faire et veut aider Figaro dans son stratagème
en montrant son désaccord envers le comte
ligne 14 : « C’est un jeu que tout ceci » ( emploi du registre de la
comédie : « jeu » )
ligne 15 : « aviez » ( temps du passé )
= parle de leur amour au passé, elle regrette cette époque, car cet
amour n’existe plus ( réalité achevée ) ; la comtesse est
désenchantée
ligne 17 : « j’ » ; « je » ( pronom personnel )
= une réaction immédiate du comte qui réactualise la situation et qui
affirme que l’amour qu’il a envers la comtesse justifie la cérémonie
ligne 17 : « je me rends » ( métaphore du vocabulaire guerrier )
= le comte avoue sa défaite car il est vaincu
ligne 18 : « Vivat ! » ( expression latine )
= tous souhaite une longue vie au comte, cela se traduit aussi par la
réussite heureuse du stratagème, la foule qui croit rendre hommage au
comte est au final, par ignorance la seule sincère par ignorance
ligne 19 : « je suis pris » ( métaphore guerrière )
= ultime renversement du comte contre le piège, il relance l’intrigue
ligne 19 : « je voudrais seulement »
= le comte est en position d’infériorité, il exprime un souhait pour
montrer sa défaite avant son dernier aparté de la scène pour un
nouveau plan d’attaque
ligne 20 : « Marceline » ( aparté )
= référence de l’amour qu’a Marceline pour Figaro, cette dernière étant
en conflit avec Suzanne car elle veut se marier avec Figaro, ce qui fait
d’elle l’alliée du comte
CONCLUSION :
Pour conclure, cet extrait montre parfaitement l’habilité de Figaro pour
piéger le comte sans rentrer ouvertement en conflit avec ce dernier.
Dans un premier temps a usé l’ironie et la flatterie pour embarrasser le
comte puis dans un second temps, il a mis en en œuvre son
stratagème à l’aide de sa fiancée et de la comtesse afin que le comte
renonce à son droit de cuissage sur Suzanne.