Télécommunications dans les transports guidés
Télécommunications dans les transports guidés
Les systèmes de
télécommunication existants
ou émergents et leur
utilisation dans le domaine
des transports guidés
Synthèse N˚40
Novembre 2001
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• Les collections du LCPC, Techniques et méthodes des laboratoires des ponts et chaussées, Méthode
d'essai
[Link]
Les auteurs :
Marion BERBINEAU, Directrice de Recherche
L’Unité de recherche :
Laboratoire Electronique, Ondes et Signaux pour les Transports
20 rue Elisée Reclus, 59650 Villeneuve d’Ascq
2 Synthèse INRETS n° 40
Fiche bibliographique
1 UR 2 Projet n˚ 3 Synthèse INRETS
INRETS-LEOST N˚ 40
4 Titre
Les systèmes de Télécommunication Existants ou Emergents
et leur utilisation dans le domaine des transports guidés
5 Sous-titre 6 Langue
F
11 Date de publication
Novembre 2001
12 Remarques
13 Résumé
Les opérateurs de transports guidés s’appuient de plus en plus sur les nouvelles technologies de l’infor-
mation et de la communication qui leur permettent d’améliorer l’efficacité, les performances et la sécurité
des déplacements, de réduire les coûts de fonctionnement et de maintenance, mais aussi de moderniser leur
image et de rendre les transport publics plus attractifs. Cependant, il existe un certain nombre de difficultés
liées à l’introduction de ces technologies innovantes dans le domaine des transport guidés et particulière-
ment pour des applications liées au contrôle-commande des circulations. Ce travail de bibliographie et de
synthèse relatif à l’utilisation des systèmes de télécommunications existants et émergents dans le domaine
des transports guidés a consisté en un état de l’art réalisé à partir d’une étude bibliographique classique et
d’interviews auprès de certains industriels et opérateurs de transports. Le lecteur trouvera dans ce document
des éléments de réponse sur le recensement des différents systèmes de communications existants ou en
cours de développement qui pourraient être appliqués dans le domaine des transports guidés, l’analyse des
différentes techniques de télécommunication mises en jeu, un rappel du contexte des allocations de
fréquences au niveau national et international et de la disponibilité des fréquences mises en œuvre dans les
systèmes aujourd’hui candidats à une application dans le domaine des transports guidés ainsi qu’une sensi-
bilisation aux problèmes du comportement en compatibilité électromagnétique (rayonnement et immunité)
de ces systèmes. La comparaison entre les systèmes de télécommunications opérationnels dans le domaine
des transports guidés recensés et ceux développés pour des applications « grand public » présentés dans le
document montre que le degré de pénétration du marché des transports publics est extrêmement faible. A
partir des exemples, de la liste des références bibliographiques et des sites WEB consultés, le lecteur pourra
identifier certains des constructeurs présents sur le marché concerné.
Synthèse INRETS n° 40 3
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
4 Title
Existing and Emerging telecommunication systems and their use in guided transports
5 Subtitle 6 Language
F
7 Author(s) 8 Affiliation
BERBINEAU Marion INRETS-LEOST
11 Publication date
November 2001
12 Notes
13 Summary
Guided transport operators rely more and more on the new information and communication technologies.
This allows them to enhance efficiency, performances and safety, to reduce operation and maintenance costs
but also to modernise their public image and to increase public transports attractivity. One can mention some
difficulties related to the introduction of these innovative technologies in the guided transport domain and
particularly in the context of control-command applications. This bibliographic and synthesis work related
to the use of existing and emerging telecommunication systems in the guided transport domain was perfor-
med with classical bibliographic work and with interviews given by industry and transport operators. The
reader will find in the document a large panorama of existing or under development telecommunication
systems that could be applied to guided transport applications, an analysis of the main telecommunication
techniques used, general information about frequency allocation at a national and international level and
about specific allocation for guided transport applications as well as a brief presentation of electromagnetic
compatibility problems encountered. The comparison between the operational telecommunications systems
used for guided transport applications and those developed for « public » applications show that the
penetration level in the guided transportation domain is quite low. The list of examples and WEB sites given
in the document can be used as a good trend to identify key providers.
4 Synthèse INRETS n° 40
Table des matières
Fiche bibliographique......................................................................................... 3
Publication data form......................................................................................... 4
Table des matières............................................................................................... 5
Remerciements .................................................................................................... 8
Avant-propos ....................................................................................................... 9
Synthèse ............................................................................................................... 11
Introduction......................................................................................................... 13
Chapitre 1 : Les différents types de transmissions sol-train .......................... 15
1. Les transmissions liées aux installations de contrôle-commande, à la
sécurité et à l’exploitation ..................................................................... 15
1.1. La répétition de la signalisation latérale à bord des trains à des
fins de sécurité ............................................................................... 15
1.2. La signalisation en cabine sur les lignes à grande ou très grande
vitesse............................................................................................. 15
1.3. L’optimisation de l’usage d’une voie équipée d’une signalisation
conventionnelle .............................................................................. 16
1.4. La commande et le contrôle des systèmes de pilotage automatique
« sans conducteur »....................................................................... 16
1.5. L’identification automatique de trains ou de wagons.................... 16
1.6. La localisation des trains ............................................................... 16
1.7. Le diagnostic et la maintenance des trains .................................... 17
1.8. La surveillance de l’intérieur – voire de l’extérieur – des rames
à partir de caméras TV embarquées .............................................. 18
1.9. Les triages et zones de manœuvres ainsi que certaines lignes à
voie unique..................................................................................... 18
1.10. Les transmissions vocales pour la sécurité.................................. 19
2. Les transmissions pour les besoins de la clientèle................................ 19
Chapitre 2 : Les différents supports de transmission ..................................... 21
1. les systèmes de communication ponctuelle ou par balises ................... 21
2. Les systèmes de communication continue par couplage magnétique
(induction) ............................................................................................. 22
Synthèse INRETS n° 40 5
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
6 Synthèse INRETS n° 40
3. Les Normes HIPERLAN 1 et 2 ............................................................ 69
4. BLUETOOTH ....................................................................................... 70
5. HomeRF ................................................................................................ 72
6. Nouvelles techniques de transmission – multi antennes à l’émission et
à la réception ......................................................................................... 73
Chapitre 5 : Rappel sur la propagation en tunnel........................................... 79
1. Le problème des zones confinées.......................................................... 79
2. Quelques résultats théoriques................................................................ 79
3. Elargissement et rétrécissement du tunnel – Effet de masque lié à la
présence des trains................................................................................. 84
4. Les différents choix d’architecture possibles pour la retransmission du
GSM en tunnel ...................................................................................... 85
5. Les différents éléments rayonnants pour la retransmission radio en
tunnel ..................................................................................................... 86
5.1. Retransmission avec des antennes ................................................. 86
5.2. Retransmission avec des câbles rayonnants .................................. 87
5.3. Les guides d’ondes hyperfréquences ............................................. 90
Chapitre 6 : Le problème des fréquences......................................................... 97
1. Introduction ........................................................................................... 97
2. L’organisation et la gestion du spectre des fréquences ......................... 97
2.1. Niveau mondial :............................................................................ 97
2.2. Niveau Européen............................................................................ 100
2.3. Niveau National : ........................................................................... 100
3. Les procédures pour la mise en œuvre d’équipements radioélectriques 104
3.1. Les procédures d’allocations de fréquences .................................. 104
3.2. L’homologation.............................................................................. 105
3. Les allocations de fréquences pour les chemins de fer......................... 105
Chapitre 7 : Quelques mots de CEM (Compatibilité ElectroMagnétique)... 107
Conclusion ........................................................................................................... 109
Bibliographie ....................................................................................................... 111
Glossaire............................................................................................................... 117
Synthèse INRETS n° 40 7
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
Remerciements
8 Synthèse INRETS n° 40
Avant-propos
Les opérateurs de transports guidés s’appuient de plus en plus sur les nouvelles tech-
nologies de l’information et de la communication qui leur permettent d’améliorer l’effi-
cacité, les performances et la sécurité des déplacements, de réduire les coûts de fonc-
tionnement et de maintenance, mais aussi de moderniser leur image et de rendre les
transport publics plus attractifs.
Les difficultés liées à l’introduction de ces technologies innovantes ont été soulevées
par le groupe de travail contrôle commande ferroviaire du PREDIT (groupe 4.4) qui a mis
en avant un certain nombre de problématiques scientifiques et techniques à traiter. Parmi
ces problématiques, un consensus s’est formé autour de la nécessité d’entreprendre et de
diffuser un travail de bibliographie et de synthèse relatif à l’utilisation des systèmes de
télécommunications existants et émergents dans le domaine des transports guidés. Ce tra-
vail, qui fait l’objet du présent rapport, a consisté en un état de l’art réalisé à partir d’une
étude bibliographique classique et d’interviews auprès de certains industriels et opéra-
teurs de transports. En outre, ce travail s’appuie largement sur les connaissances de
l’INRETS sur ce thème et notamment sur des travaux déjà réalisés à l’INRETS-LEOST
pour la Direction des Transports Terrestres [BERB90].
Conformément aux attentes du groupe de travail, nous avons rédigé ce rapport de
façon à donner aux lecteurs des éléments de réponse sur les points suivants :
• recensement des différents systèmes de communications existants ou en cours de
développement qui pourraient être appliqués dans le domaine des transports gui-
dés ;
• analyse des différentes techniques de télécommunication mises en jeu ;
• rappel du contexte des allocations de fréquences au niveau national et international
et sur la disponibilité des fréquences mises en œuvre dans les systèmes aujourd’hui
candidats à une application dans le domaine des transports guidés ;
• comportement en compatibilité électromagnétique (rayonnement et immunité) de
ces systèmes.
Synthèse INRETS n° 40 9
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
Deux points demandés par le groupe de travail n’ont pas été explicitement traités dans
ce rapport et concernent l’évaluation du degré actuel de pénétration du marché pour les
transports guidés et l’identification des composants et des fournisseurs actuels clés de ce
type de matériels. Les réponses à ces points nécessiteraient sans doute une étude de mar-
ché complète qui ne correspond pas à nos missions. Cependant, une réponse partielle à
ces questions est donnée par la comparaison entre les systèmes de télécommunications
opérationnels dans le domaine des transports guidés recensés dans le chapitre 1 et ceux
développés pour des applications « grand public » présentés dans les chapitres 3 et 4.
Cette comparaison montre que le degré de pénétration du marché des transports publics
est extrêmement faible. D’autre part, les fournisseurs clés actuels ne sont pas explicite-
ment identifiés mais au travers des exemples fournis, de la liste des références bibliogra-
phiques et des sites WEB consultés, le lecteur aura une idée des constructeurs présents
sur le marché concerné.
10 Synthèse INRETS n° 40
Synthèse : Les systèmes de
télécommunication existants ou
émergents et leur utilisation dans le
domaine des transports guidés
Les démarches européennes, nationales et locales pour développer les systèmes intel-
ligents de transport, tant routiers que ferroviaires, visent à augmenter la sécurité des
déplacements, optimiser l’usage des infrastructures existantes, réduire les coûts de fonc-
tionnement et de maintenance et réduire l’impact des transports sur l’environnement.
Poussés par ces exigences, les opérateurs de transports guidés s’appuient de plus en plus
sur les nouvelles technologies de l’information et de la communication qui leur permet-
tent aussi de moderniser leur image et rendre les transports publics plus attractifs.
Le panorama des différents types et supports de transmissions qui existent aujour-
d’hui, pour des communications sans fil entre le sol et les trains, montre qu’il y a eu peu
d’évolution depuis les années 90 seules des solutions encore au stade de la recherche en
1990 apparaissent aujourd’hui comme des systèmes opérationnels présents au catalogue
des constructeurs. Citons pour mémoire les améliorations de performances des tapis
pilotes utilisés pour des systèmes de type VAL, la transmission vidéo analogique par éta-
lement de spectre proposée par Matra pour la ligne 14 de la RATP, le médium de com-
munication large bande IAGO proposé par ALSTOM comme support de transmission est
retenu pour le Métro de Singapour, la transmission vidéo proposée dans le métro de BER-
LIN par SORELAN avec un standard à étalement de spectre 802.11, la version numé-
rique haut débit du système à étalement de spectre proposé par MATRA pour répondre
aux besoins de transmission du métro de New-York.
Les trois principaux types de transmission utilisés pour des communications sans fil
dans les transports guidés à savoir : les communications ponctuelles ou balises de faible
portée, les communications par couplage magnétique continu et les communications par
radio sont décrits. Des exemples illustrent l’utilisation de ces supports en France et en
Europe. Une attention particulière a été portée sur la radio qui connaît aujourd’hui un
essor considérable avec le développement de la téléphonie sans fil, des réseaux locaux
haut débit sans fil et plus généralement du concept « d’objets mobiles communicants ».
Les différentes méthodes d’accès aux ressources radio ainsi que les évolutions des tech-
niques de modulation, d’égalisation et d’antennes sont présentées afin de permettre au
lecteur de mieux comprendre les différences entre les systèmes et standards européens ou
internationaux de systèmes cellulaires et de systèmes de type WLAN et BRAN.
Aujourd’hui, la tendance des opérateurs de transports consiste soit à réutiliser un stan-
dard de communication existant en partageant des installations avec des réseaux de radio-
communications publics, soit à réutiliser une norme publique en disposant d’installations
indépendantes, soit en dernier recours à développer un système spécifique en se rappro-
Synthèse INRETS n° 40 11
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
chant au maximum d’un standard existant de façon à bénéficier des futures évolutions.
Ce document réalise la description des caractéristiques techniques des principaux sys-
tèmes aujourd’hui développés pour répondre à des besoins du marché « grand public », à
savoir : l’augmentation du nombre d’abonnés, l’augmentation des débits de transmission,
l’accès simplifié à Internet sans fil ainsi que la connexion de plusieurs équipements en
réseau sans fil.
Les problèmes de mobilité, de robustesse et de temps de réponse spécifiques du
domaine des transports guidés ne sont pas pris en compte par ces offres technologiques.
A titre d’exemple, citons les évolutions des standards HIPERLAN et IEEE-802.11, qui
cherchent surtout à modifier les schémas de modulations et de codage pour permettre les
transmissions jusqu’à des débits de 54 Mbits/s. Ces débits seront atteints avec un niveau
de protection extrêmement faible des données, avec des protocoles de retransmission en
cas d’erreur (augmentation des délais) et en général pour des transmissions à l’intérieur
des bâtiments, c’est à dire pour des vitesses inférieures à 5 km/h voire même nulle et donc
sans gestion particulière des communications lors du passage d’un point de couverture à
un autre (handover). Un autre exemple qui peut être relevé est celui de l’UMTS qui
annonce clairement une limitation des débits à 384 kbits/s pour des vitesses élevées et des
débits de 2 Mbits/s sans protection des données dans des environnements « pico-cell »,
c’est à dire en général pour une vitesse nulle.
L’attrait des opérateurs de transports pour tous ces nouveaux systèmes sans fil en
plein développement dans le monde des télécommunications ne doit pas faire oublier le
cas particulier de la retransmission des ondes radio en tunnel particulièrement pour les
applications « métro ». De façon générale, on peut dire que l’atténuation du signal radio
dans le tunnel est d’autant plus faible que la fréquence est élevée. Le lecteur trouvera
dans le document quelques rappels sur les phénomènes qui régissent la propagation des
ondes en tunnel et sur les systèmes permettant la retransmission en tunnel, notamment les
antennes, les câbles ou guides rayonnants.
Le développement et le déploiement de nouveaux systèmes de télécommunication
sans fil doit s’accompagner d’une connaissance de l’organisation de la gestion du spectre
radioélectrique et des procédures à suivre pour la mise en œuvre de ces équipements
radioélectriques. En outre, l’aspect compatibilité électromagnétique ne doit pas être
négligé afin que ces équipements respectent les normes de rayonnement en vigueur de
façon individuelle, mais le fonctionnement de l’ensemble du système intégré dans le
matériel roulant en présence des autres équipements électroniques doit être validé par des
méthodes et des moyens d’essais représentatifs des conditions de fonctionnement réelles.
12 Synthèse INRETS n° 40
Introduction
Pendant très longtemps, les transmissions entre sol et trains ont été inexistantes et les
seules informations dont disposait le conducteur à bord de son engin moteur étaient des
informations visuelles fournies par la signalisation latérale.
Le premiers systèmes de transmission entre sol et trains ont été conçus pour les
besoins de la sécurité. Ils ont porté sur une répétition de la signalisation latérale, notam-
ment des signaux les plus contraignants, à bord de l’engin moteur afin de pouvoir attirer
l’attention du conducteur sur l’état de ces signaux. En France, on peut citer l’apparition
du système brosse-crocodile dès 1872. Pour les besoins de la régulation dans certaines
zones difficiles, telles que des zones de montagne, sont apparues ensuite au début des
années 60 des liaisons radiotéléphoniques entre postes de régulation et engins de traction.
Ce type de liaisons s’est ensuite beaucoup développé et s’est étendu à la plus grande par-
tie des réseaux dans de nombreux pays.
Plus récemment, les besoins en transmission se sont multipliés du fait de la com-
plexité croissante des installations de contrôle/commande des trains ou des métros, de la
nécessité d’augmenter la capacité des lignes existantes et d’optimiser leur gestion et leur
exploitation. Afin d’améliorer la qualité des transports publics, de nouveaux besoins en
transmission associés à de nouveaux services offerts à la clientèle sont alors apparus.
Les opérateurs de transports guidés s’appuient de plus en plus sur les nouvelles tech-
nologies de l’information et de la communication qui leur permettent aussi de moderni-
ser leur image et de rendre les transports publics plus attractifs.
Les transmissions sol – train qui existent aujourd’hui dans les transports guidés peu-
vent se ranger sous deux rubriques :
• les transmissions de phonie, données et images liées aux installations de contrô-
le/commande, aux besoins de la sécurité et aux besoins de l’exploitation,
• les transmissions de phonie, données et images liées aux besoins des passagers ou
des clients du fret.
Ce rapport est divisé en trois grandes parties. La première partie est constituée des
premier et deuxième chapitres qui dressent respectivement un panorama des différents
types et supports de transmission qui existent aujourd’hui pour des communications sans
fil entre le sol et les trains dans le domaine des transports guidés. Des exemples illustrent
l’utilisation de ces types de transmission et de supports, en France et en Europe. Une
attention particulière a été portée sur la radio qui connaît aujourd’hui un essor considé-
rable.
La deuxième partie de ce rapport est consacrée à la description technique de systèmes
de télécommunication sans fil développés pour des applications « grand public ». Dans
cette partie, le chapitre 3 fait un panorama des systèmes de télécommunication cellulaires
Synthèse INRETS n° 40 13
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
14 Synthèse INRETS n° 40
Chapitre 1 :
Synthèse INRETS n° 40 15
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
16 Synthèse INRETS n° 40
Les différents types de transmissions sol-train
Le besoin de localisation des trains n’était pas fondamental dans les systèmes
conventionnels à cantonnement fixe et à conduite manuelle avec signalisation latérale de
localisation. Il se rencontre aujourd’hui :
• Sur les systèmes de type SACEM à conduite manuelle dotés de dispositifs de
protection automatique.
• Sur les systèmes à conduite automatique pour lesquels la connaissance précise de
la position du train par les automatismes de pilotage est indispensable.
• Sur les systèmes de contrôle/commande des circulations de type ERTMS dont toute
la sécurité repose sur une bonne connaissance de leur position par les trains
(Positive Train Control).
• Sur les trains pendulaires pour lesquels les commandes de pendulation sont
calculées en fonction des informations relatives à la position du train et donc aux
caractéristiques de la voie de façon à optimiser la vitesse de ce type de trains.
• Pour le suivi des trains dans le domaine du fret avec le développement du fret
ferroviaire à grande vitesse.
• Pour des applications relatives à la maintenance des infrastructures (localisation
des défauts sur la voie) ou à la maintenance du matériel (transmission de l’état des
capteurs ou « télédiagnostic » vers les centres de maintenance en certains points du
réseau [cf paragraphe suivant]).
• Dans le but d’optimiser la consommation d’énergie des trains.
En outre, dans le contexte de la séparation entre les gestionnaires d’infrastructures et
les opérateurs de transports, de nouveaux besoins de localisation des trains apparaissent,
on peut citer :
• la localisation des trains par le gestionnaire d’infrastructure pour facturer l’usage
des infrastructures aux opérateurs de transports (« péage ferroviaire »),
• le suivi de leurs trains en temps réel par les opérateurs dans l’hypothèse de la
multiplication des opérateurs de matériel roulant, comme c’est le cas aujourd’hui
de certains gestionnaires de flottes dans le domaine routier.
Synthèse INRETS n° 40 17
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
18 Synthèse INRETS n° 40
Les différents types de transmissions sol-train
groupe de machines. Ces fonctionnalités font largement appel aux communications radio
et le futur système de radio interopérable, développé dans le cadre de ERTMS, prend en
compte ces spécifications.
Synthèse INRETS n° 40 19
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
20 Synthèse INRETS n° 40
Chapitre 2 :
Synthèse INRETS n° 40 21
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
• Les balises KBV (K contrôle de vitesse par Balise) (lien montant 27 MHz – lien
descendant 4,5 MHz) utilisées à la SNCF pour le contrôle de vitesse par balise sur
certaines lignes. Ces balises sont aussi utilisées par la RATP (Régie Autonome des
Transports Parisiens) pour ses lignes de RER.
• Les balises de type TVM 430 (Transmission Voie-Machine) utilisées pour les
transmissions de signalisation voie-machine sur les lignes Grande Vitesse comme
par exemple sur la ligne Lille-Paris. Le principe de ces balises repose sur
l’utilisation de communications ponctuelles inductives entre un circuit de voie
(UM71) et le train. Les informations sont transmises grâce à la modulation de
4 porteuses à 1 700, 2 000, 2 300 et 2 600 Hz. Des systèmes similaires sont utilisés
sur le RER en Ile de France.
22 Synthèse INRETS n° 40
Les différents supports de transmission
l’avantage d’être économiques. Cependant, en tant que système basse fréquence, ils
sont sujets à des limitations liées à la bande passante utile et au mauvais rapport signal à
bruit.
• le câble à un seul conducteur posé entre les rails. Le retour de courant s’effectue par
les rails. Ce système est sujet à une diaphonie importante entre les voies parallèles
d’une ligne à double voie.
• la ligne bifilaire positionnée à la voie au niveau des files des rails dont un exemple
typique d’application est la répétition à bord des trains de la signalisation latérale.
Le principe de la ligne bifilaire est illustré figure 2.1. Ce type de système est aussi
appelé « tapis de transmission ».
Ligne à fils
parallèles
• La ligne bifilaire croisée ou tapis pilote. La ligne bifilaire garantit une transmission
continue des informations. Les fils peuvent être croisés comme illustré figure 2.2.
Les croisements peuvent être réguliers ou non. Dans le premier cas cette solution
permet d’éviter les effets de diaphonie. Dans le deuxième cas, les croisements des
fils permettent de coder par exemple un programme de vitesse ou des informations
pour la re-localisation des trains et ils sont alors détectés par une antenne
magnétique à bord du train. Certaines lignes de métros de la RATP ainsi que le
métros automatique de Lille (VAL) utilisent un tapis pilote. Pour les métros
automatiques de Lyon (MAGALY) et Paris (METEOR), les constructeurs sont
revenus à l’utilisation d’une ligne bifilaire croisée de façon régulière ou tapis de
transmission car la mise en œuvre des croisements non réguliers des fils pour le
codage d’une information complique considérablement la maintenance et
l’industrialisation. Le positionnement s’effectue alors à l’aide de balises
spécifiques. On peut aussi citer le système LZB (Linienfurmige ZugBeeinflussung)
qui utilise une ligne bifilaire croisée déployée entre les rails sur certaines lignes en
Allemagne.
Synthèse INRETS n° 40 23
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
Fils
conducteurs
• Les circuits de voie sont des circuits électriques obtenus en isolant une section de
voie appelée canton. Ils sont utilisés pour détecter la présence d’un train dans le
canton et pour transmettre la signalisation latérale à bord des trains ainsi que des
consignes de vitesse maximale autorisée, la prochaine limitation de vitesse et la
distance à cette limitation. Les principales technologies sont :
– le circuit de voie à courant continu,
– le circuit de voie codé à courant continu,
– le circuit de voie à courant alternatif,
– le circuit de voie à fréquence audio,
– le circuit de voie à impulsions de tension élevée,
– le circuit de voie à joint électrique de séparation (UM71),
– le circuit de voie sans joint électrique de séparation (CVCM 75).
Le principe de la communication par circuit de voie est détaillé dans [BERB90].
Nous donnons ici quelques exemples d’utilisation des circuits de voie.
Aux USA, le système BART (Bay Area Rapid Transit) utilise les propriétés inductives
de circuits de voie à fréquence audio pour le contrôle de la vitesse. Par induction, un code
numérique sur 6 bits est transmis au rail pour fournir 8 consignes de vitesse qui sont
captées par le train.
Le système Airtrans D/FW Airport utilise des circuits de voie à courant continu
standards pour la détection de train. Ce système étant un système sur pneus, les circuits de
voie sont des circuits latéraux avec frotteurs. Pour le contrôle de vitesse, ces circuits de voie
sont couplés à des fréquences audio superposées avec une modulation à sauts de phase.
Dans le corridor Nord-Est, AMTRACK utilise pour le système ATP (Automatic Train
Protection) continu des circuits de voie codés fonctionnant à 100 Hz avec des codes 75,
120 et 180 impulsions. La transmission s’effectue par couplage inductif.
Le contrôle continu de la vitesse et le pilotage automatique du métro de Montréal
s’effectuent via des circuits de voie à impulsions de tension élevée dont la fréquence de
récurrence est caractéristique de l’information à transmettre.
La société nationale des chemins de fer japonais utilise pour le contrôle de la vitesse
sur la ligne Shinkansen, des circuits de voie à fréquence audio. La porteuse choisie est à
1000 Hz et les limitations de vitesse sont transmises par modulation d’amplitude de cette
porteuse à des fréquences allant de 36 à 70 Hz.
24 Synthèse INRETS n° 40
Les différents supports de transmission
Les chemins de fer soviétiques (SZD) utilisent pour la signalisation en cabine des
circuits de voie à courant alternatif codés fonctionnant à 6 fréquences comprises entre
125 et 375 Hz. Le codage utilise 2 fréquences parmi 6.
En Italie, le contrôle continu des trains est basé sur l’utilisation du système BACC
développé par ANSALDO. Les communications voie vers trains se font via des circuits
de voie à courant alternatif de 1350 m de long sur deux porteuses, 50 Hz pour les trains
de vitesse inférieure à 160 km/h et 178 Hz pour les trains de vitesse supérieure à
160 km/h. Ces porteuses sont modulées et codées avec 75, 120, 180 et 270 impulsions par
minute selon l’information à transmettre.
En Allemagne la DB utilise des transmissions via des circuits de voie à fréquence
audio codés pour le « cab signal ».
En France, pour le réseau RFF(Réseau Ferré Français), les circuits de voie à impulsions
de tension élevée et les circuits de voie du type UM 71 sont principalement utilisés.
Les circuits de voie à impulsions de tension élevée sont aussi utilisés dans le métro de
Marseille et les lignes du RER à Paris.
Synthèse INRETS n° 40 25
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
liaisons point à point haut débit spécifique ou développés pour des applications
point–multipoint ou encore pour les nouvelles applications boucle locale radio, ou
réseaux locaux sans fil.
Aujourd’hui on constate que les évolutions techniques des systèmes répondent aux
exigences suivantes :
– compléter et/ou suppléer les réseaux de communications fixes en offrant les mêmes
services,
– optimiser l’accès à Internet,
– optimiser la réception d’images vidéo de qualité,
– augmenter le trafic offert
– augmenter les débits offerts,
– sécuriser les transmissions,
– diminuer les taux d’erreur,
Les systèmes radio permettent la communication entre plusieurs utilisateurs grâce à
des liaisons radio électriques, cependant ce médium de transmission subit les contraintes
suivantes :
– il est commun à tous les utilisateurs et doit être partagé,
– il est en général rare et cher puisque les bandes de fréquences allouées aux
systèmes sont limitées,
– il est perturbé par différents phénomènes tels que les trajets multiples qui varient
en fréquence, en temps et en distance. Les interférences entre les utilisateurs vont
être à l’origine d’une réduction du débit et du trafic maximaux possibles.
Pour utiliser ce médium de transmission de manière efficace un certain nombre de
techniques sont mises en œuvre :
– accès multiple,
– modulation,
– codage,
– égalisation,
– techniques de réception multi-utilisateurs,
– techniques de suppression d’interférences,
– etc…
Ces techniques vont varier d’un système à l’autre et constitueront les caractéristiques
radio du système.
26 Synthèse INRETS n° 40
Les différents supports de transmission
propager selon une infinité de rayons qui atteindront le récepteur après avoir subit un
certain nombre de phénomènes tels que des réflexions, des diffractions et des diffusions
sur des obstacles mobiles ou non comme illustré figure 2.3. Ainsi, le mobile en
déplacement reçoit la contribution des trajets multiples qui est la somme destructrice ou
constructive des différents rayons qui arrivent jusqu’au mobile.
En exprimant le module du champ électrique émis par une antenne en polarisation
verticale sous la forme E=Acos(2πft+Φ). Le phénomène de trajets multiples va affecter
l’amplitude A, la fréquence f et la phase Φ du signal reçu.
Figure 2.3 : Propagation par trajet multiples
diffractions
diffusion
réflexion
L’amplitude du signal subit des évanouissements qui sont la résultante des trajets
multiples. On peut distinguer deux échelles de variation. Des variations lentes relatives à
l’environnement autour du mobile et des variations rapides qui sont la conséquence
directe des trajets multiples. En considérant que ces variations sont des variables
aléatoires, on peut montrer que la distribution des variations lentes du signal autour de la
médiane suit une loi Gaussienne et que la distribution des variations rapides suit une loi
de Rice en présence du trajet direct ou une loi Rayleigh en absence du rayon direct. Ces
résultats sont illustrés sur la figure 2.4.
Figure 2.4 : Les variations de l’amplitude du signal reçu
Atténuation - dB
Atténuation - dB
rural
Atténuation moyenne
- Distance ≈ 1/ rα suburbain
- Relief
urbain
r distance r distance
Fading lent
- Distribution
- variation en fonction
Atténuation - dB
A tténuation dB distance
Distribution
V ariation en temps
probabilité
d’enveloppe
niveau
Fading rapide
- Distribution
- variation en fonction
du temps Rayleigh
niveau temps
Synthèse INRETS n° 40 27
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
A
S( f ) =
f
1− ( )
f d
La phase du signal reçu subit des distorsions provoquées par une dispersion des temps
de propagation des signaux qui suivent des trajets de longueur différente comme illustré
figure 2.6. Le signal reçu est étalé dans le temps ce qui provoque des interférences inter
symboles. Plus l’étalement des retard ∆ sera important dans le domaine temporel, plus le
canal sera sélectif dans le domaine fréquentiel, limitant ainsi la bande utile B du canal,
donc la capacité du canal et le débit maximal qu’il est possible de transmettre.
3
a0
1
t
4 τ1τ2τ3τ4
Station
d’émission
2
N= 4
N >> 4
Signal reçu
(a)
Densité de puissance
Densité de puissance
(b)
28 Synthèse INRETS n° 40
Les différents supports de transmission
puissance
fréquences
FDMA
puissance temps
fréquences
fréquences
puissance
TDMA
temps
temps
Ressources puissance
fréquences
CDMA
temps
Aux techniques d’accès multiple, il faut ajouter les techniques qui permettent de
réaliser des transmissions en mode duplex. Pour ce faire il existe deux solutions :
• le duplexage en fréquence (FDD ou Frequency Division Duplex) nécessitant des
canaux fréquentiels appairés, l’un pour le lien montant (uplink), l’autre pour le lien
descendant (downlink) ;
• le duplexage en temps (TDD ou Time Division Duplex) qui consiste à utiliser des
« ime slots » différents pour le lien montant et le lien descendant.
Synthèse INRETS n° 40 29
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
L’industrie des télécoms débat encore aujourd’hui des mérites comparés du TDD et
du FDD sans arriver à une conclusion définitive comme l’illustrent les décisions prises à
l’ETSI (European Telecommunications Standards Institute) quant à la normalisation de
l’interface radio de l’UMTS qui utilisera ces deux techniques en fonction de
l’application.
MESSAGE
C
log2m
Log2(1+SNR)
B
M
T CANAL
30 Synthèse INRETS n° 40
Les différents supports de transmission
rendre plus difficile la détection de présence, l’écoute, l’intrusion… Outre les propriétés
que nous venons de mentionner, les techniques d’étalement de spectre permettent de
séparer les chemins multiples et autorisent l’accès multiple (CDMA).
Le terme d’étalement de spectre illustre le fait qu’on augmente l’occupation spectrale
du signal tout en gardant la même puissance émise. Sans étalement de spectre, pour
transmettre un débit d’information D, on utilise une modulation à R baud avec R = 1/T
du même ordre de grandeur que D. Avec étalement de spectre, pour transmettre un débit
d’information D, on utilise une modulation à N.R baud avec N grand (quelques dizaines
jusqu’à plusieurs milliers). La densité spectrale de puissance, c’est à dire la densité de
puissance par unité de bande est ainsi considérablement réduite comme l’illustre la
figure 2.9.
Info utile
Séquence
D’étalement
R Fréquence N.R
Synthèse INRETS n° 40 31
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
Les propriétés d’orthogonalité théoriques entre deux séquences ne sont garanties que
dans le cas où les signaux présentent des niveaux de puissance équivalents. Ces systèmes
nécessitent en général la mise en œuvre d’un contrôle de puissance côté émetteur et côté
récepteur qui permet de maintenir les propriétés d’intercorrélation des séquences et de
lutter contre le phénomène dit de « near-far effect » qui dégrade les performances en
terme de capacité des systèmes à étalement de spectre.
BPSK,
Synchro MSK,
Générateur PN QPSK,
Heure (Pseudo Noise) GMSK,
Débit N.D ....
a(j)= +1 ou - 1
Dans les systèmes à étalement de spectre par sauts de fréquence, le train binaire
modulé est multiplié par une séquence binaire pseudo aléatoire qui va faire « sauter »
l’information de fréquence en fréquence. Le principe d’un émetteur à étalement de
spectre par sauts de fréquence est illustré figure 2.11. Les séquences de saut sont générées
en utilisant souvent les mêmes familles de codes que celles mentionnées pour l’étalement
de spectre par séquence directe.
32 Synthèse INRETS n° 40
Les différents supports de transmission
Info utile
Découpage
Découpage
de
del’info
l’infoenenKK Modulateur
bits
bits
séquenceur
séquenceur
Mise en forme
Synthétiseur
Synthétiseur
Générateur
GénérateurPN
PN de
defréquences
fréquences
Synthèse INRETS n° 40 33
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
34 Synthèse INRETS n° 40
Les différents supports de transmission
symbole beaucoup plus longs que la mémoire du canal. Dans ce cas il n’est plus
nécessaire de mettre en œuvre des techniques d’égalisation.
Cependant, pour compenser l’étalement des retards, l’OFDM utilise des périodes de
garde ou intervalles de garde qui sont une copie de la partie finale du symbole OFDM et
qui doivent être suffisamment longues afin de compenser les retards les plus longs.
L’émetteur et le récepteur d’un tel système mettent en œuvre des technique de FFT (Fast
Fourrier Transform) et IFFT (Inverse Fast Fourrier Transform) associées à des techniques
d’égalisation les plus simples. Pour implémenter la diversité de fréquence sur de
l’OFDM, il suffit de coder et d’entrelacer les sous-porteuses. Pour augmenter les débits
ou compenser des retards importants, il suffit d’augmenter proportionnellement la
période de garde de façon à ce qu’elle soit toujours plus longue que la réponse
impulsionelle du canal. Afin de maintenir un « overhead » constant il faut augmenter en
parallèle le nombre de sous porteuses. Cela augmente considérablement la complexité
des calculs de FFT ou IFFT.
Synthèse INRETS n° 40 35
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
36 Synthèse INRETS n° 40
Les différents supports de transmission
Synthèse INRETS n° 40 37
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
répétition de la
signalisation X X
latérale
signalisation en
X X X
cabine
optimisation
de l’usage X X X X
d’une voie
commande
des systèmes de X X X
pilotage automatique
identification
X X X
automatique
localisation X X X
diagnostic
X X X X
maintenance
surveillance des
rames intérieur X X
ou extérieur
Zones de triages
X
zones de manœuvres
transmissions
vocales pour X X X X
la sécurité
38 Synthèse INRETS n° 40
Chapitre 3 :
1. Concept cellulaire
Un système de radiotéléphonie permet l’accès à un réseau téléphonique à partir d’un
terminal qui se déplace sur un territoire. Pour que ce service soit disponible il faut établir
une liaison radioélectrique entre le terminal et le réseau. Plusieurs bandes de fréquences
sont utilisées en Europe et dans le monde.
Synthèse INRETS n° 40 39
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
Zone rurale
Zone péri urbaine
Zone urbaine
La figure 3.1 montre qu’il existe une relation évidente entre la taille des cellules et le
nombre de handover que le réseau devra gérer de façon quasi simultanée pour passer
d’une cellule à une autre. Dans les systèmes cellulaires de 2nde génération tel que le GSM,
le processus de handover est consommateur de ressources radioélectriques et lourd à
gérer par le réseau. C’est un élément important que l’opérateur devra prendre en compte
dans le déploiement du réseau cellulaire.
2. GSM
2.1. Historique du GSM
40 Synthèse INRETS n° 40
Les systèmes cellulaires existants et les évolutions
RTCP
PLMN
A
BTS BSC MSC/VLR
GMSC/VLR
BTS
BSC
Abis
Air/UM HLR
BTS OMC
NSS
MS BSS
PLMN: Public Land Mobile Network
RTCP: réseau fixe commuté
Synthèse INRETS n° 40 41
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
Un écart entre les canaux de 200 kHz autorise 124 canaux fréquentiels dans la bande
appropriée.
42 Synthèse INRETS n° 40
Les systèmes cellulaires existants et les évolutions
FDMA TDMA
fréquence fréquence
f3 3
f2 δf 1 2 3
2
f1 1
temps
δt t1 t2 t3
Comme illustré figure 3.5, l’élément de base de la transmission sur la voie RF (Radio
Fréquence) est l’intervalle de temps ou « time slot » de longueur 577 µs. Un utilisateur
dispose donc pour transmettre ses informations (voie ou données) d’un canal physique
constitué de l’allocation d’un intervalle de temps et d’un canal RF. Huit intervalles de
temps consécutifs sont associés pour former une trame TDMA. Ces trames sont ensuite
associées pour former des multitrames. Un utilisateur transmet donc tout les huit
intervalles de temps sur un canal RF comme le montre la figure 3.6.
Slot = a burst
Fréquence
200 kHz
Temps
577 µs
Synthèse INRETS n° 40 43
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
3 canaux de
fréquence
200kHz de largeur
δ
S S
0 1 2 3 4 5 6 7 0 1 2 3 4 5 6 7 temps
En plus de l’écart duplex fixe égal à 45 MHz, le système utilise un décalage de 3 time
slots entre l’émission et la réception. Ce décalage permet de simplifier le filtre duplex
dans les stations mobiles mais aussi permet de gérer les problèmes de synchronisation
liés à la mobilité.
Afin d’éviter que deux mobiles qui utilisent des time slots consécutifs interfèrent, le
GSM utilise des temps de garde (« guard period ») qui permettent de compenser les
temps de propagation de l’onde. Le nombre de bits transmis est inférieur au nombre
maximal de bits que peut contenir un time slot. Cette technique est couramment utilisée
dans les systèmes utilisant la technique TDMA.
Dans le GSM, les temps de propagation entre la station mobile et la station de base
peuvent introduire des délais dans la transmission qui sont compensés par un processus
appelé « Adaptative Time alignement » ou alignement adaptatif dans le temps. La station
mobile est capable d’émettre en avance d’une quantité TA pour compenser le délai de
propagation entre MS-BTS. Les BTS calculent la valeur TA encore appelée Timing
Advance qui correspond au temps de propagation BS-MS-BS. TA varie de 0 à 63 bits soit
de 0 à 233 µs, qui équivaut à un délai de propagation correspondant à une séparation BS-
MS de 35 km, rayon maximal possible d’une cellule dans GSM.
Comme dans tous les systèmes de transmission, le signal subit les étapes décrites
figure 3.7, avant et après le passage dans le canal de transmission.
Le codage source consiste à numériser ou à compresser l’information à transmettre.
Le codage canal est réalisé par l’ajout de bits de redondance générés par des codes
convolutionnels par bloc, des codes Fire et des codes de « parité ». Le GSM met en œuvre
une technique d’entrelacement qui consiste à mélanger les paquets d’information avant
la transmission de façon à optimiser les performances du codage. En effet, les codes
correcteurs et détecteurs d’erreurs ne sont efficaces que lorsque les erreurs sont
aléatoirement réparties dans le temps. Le canal de propagation introduisant des paquets
d’erreurs, le désentrelacement, qui consiste à remettre en ordre les paquets d’information
à la réception, contribue à répartir aléatoirement les erreurs dans la trame. Plus on
découpe l’information en un grand nombre de paquets, plus l’entrelacement est efficace.
Le nombre de paquets caractérise la profondeur de l’entrelacement. A titre d’exemple,
44 Synthèse INRETS n° 40
Les systèmes cellulaires existants et les évolutions
dans le tableau 3.2 on constate que les différents services du GSM utilisent des taux de
code (redondance du code) et des profondeurs d’entrelacement différents.
Synthèse INRETS n° 40 45
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
La figure 3.9 montre également que pour deux fréquences centrales séparées de
200 kHz, la superposition des spectres n’est pas négligeable. Il faut « écarter » d’au
moins 600 kHz deux canaux adjacents dans une même cellule pour ne pas générer
d’interférence vers les canaux adjacents.
A la réception, il faut pouvoir corriger les distorsions apportées par le canal
notamment les atténuations (fadings) et les retards (multipath). Le démodulateur doit être
capable de trouver la séquence reçue la plus proche de celle transmise compte tenu de la
46 Synthèse INRETS n° 40
Les systèmes cellulaires existants et les évolutions
Synthèse INRETS n° 40 47
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
3. Evolution du GSM
Les évolutions du GSM touchent trois caractéristiques du système : le mode
d’attribution des ressources radioélectriques, le mode de transmission, les schémas de
codage et la modulation. Nous allons décrire le saut de fréquences, le service HSCSD
(High Speed Circuit Switch Data), le GPRS (General Packet Radio Service) et EDGE
(Enhanced Data Rates for GSM)
48 Synthèse INRETS n° 40
Les systèmes cellulaires existants et les évolutions
GPRS utilise des protocoles différents de ceux du GSM, mais peut-être implanté dans
un réseau GSM existant sous réserve de quelques modifications et notamment l’ajout de
deux entités :
– le SGSN : Serving GPRS Support Node,
– le GGSN : Gateway GPRS Support Node.
Le GPRS nécessite le développement de nouveaux terminaux mobiles. L’architecture
d’un réseau GPRS est illustrée figure 3.10.
HLR external
GPRS IP network
SGSN register
GGSN
backbone external
SGSN
IP network GGSN X25 network
Le SGSN est l’interface entre l’artère GPRS (GPRS backbone) et le réseau radio. Il
route les paquets vers le BSS correspondant. Il procède à l’authentification, au chiffrage,
à la gestion de la session, à la gestion de la mobilité, à la gestion du lien logique avec la
MS. Il permet la connexion vers le HLR dans le MSC.
Le GGSN est une passerelle entre le cœur du réseau GPRS et un réseau extérieur de
type IP ou un réseau de type X 25/X 75. Dans le cas d’un réseau IP, le GGSN est aussi
un routeur IP qui sert les adresses IP des stations mobiles. Il inclut les mécanismes de
pare-feu et de filtrage des paquets.
Le rôle du GGSN est aussi d’assigner un SGSN pour une station mobile en fonction
de sa localisation.
Pour le GPRS, le BSC inclut le PDU (unité de contrôle des paquets) et supporte tous
les protocoles du GPRS pour l’interface radio. Le PDU établit, supervise et déconnecte
les appels en mode « paquet », intervient dans les changements de cellules et l’allocation
des canaux.
Le rôle de la BTS reste le même que dans le réseau GSM classique. De nouvelles
interfaces sont ajoutées aux bases de données VLR et HLR afin de répondre aux besoins
du GPRS. La norme GPRS prévoit que les stations mobiles puissent établir des appels
soit en mode commuté ou en mode paquet, soit avec les deux modes simultanément.
Le GPRS peut fonctionner avec des applications utilisant les protocoles IP ou X. 25.
Les paquets IP ou X. 25 sont envoyés à travers le réseau GPRS avec des protocoles
Synthèse INRETS n° 40 49
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
dédiés. GPRS utilise le protocole IP comme un protocole au niveau réseau pour l’artère
GPRS (connexion entre le SGSN et le GGSN). Le protocole GTP (GPRS Tunnel
Protocol) permet de véhiculer, à travers l’artère GPRS, des paquets de données dans des
protocoles différents. Le GTP utilise les protocoles TCP ou UDP respectivement selon
que la connexion devra être fiable ou non.
Le GPRS répond aux mêmes caractéristiques physiques que le GSM. GSM et GPRS
partagent les mêmes canaux physiques. Les timeslots peuvent être alloués
indifféremment pour de la transmission par paquets GPRS ou pour de la transmission en
mode circuit. Les intervalles de temps utilisés par GPRS sont appelés « Packet Data
Channel (PDCH) ». L’unité de base d’un PDCH est appelée un « radio bloc ». Pour
transmettre un bloc radio on utilise 4 time slots dans 4 trames TDMA consécutives. Un
PDCH est une multitrame qui comprend 52 trames TDMA, soit une durée de 240 ms.
GPRS prévoit 4 types de codage basés sur des codes convolutionnels. Le niveau de
protection et les débits dépendront du type de codage utilisé.
Pour utiliser les ressources radio de façon plus efficace, plusieurs « Qualité de
service » (QoS Quality of Service) sont définies pour GPRS (tableau 3.4), permettant
notamment aux opérateurs de proposer des facturations différentes.
50 Synthèse INRETS n° 40
Les systèmes cellulaires existants et les évolutions
Synthèse INRETS n° 40 51
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
Avec EDGE, le standard GSM offrira donc huits services de transmission de données
transparents et non transparents.
• 8 services transparents offrent des débits constants allant de : 9,6 kbits/s à
64 kbits/s.
• 8 services non transparents offrent des débits allant de : 4,8 à 57,6 kbits/s.
Le débit utilisateur pouvant varier en fonction de la qualité du canal et du débit de
transmission.
Les services non transparents utilisent un protocole appelé RLP (Radio Link Protocol)
qui permet d’assurer la transmission de données sans erreur (répétition des messages)
mais qui augmente les délais de transmission.
L’introduction de EDGE ne change pas la définition des services mais plutôt la façon
dont les données sont transmises et codées. A titre d’exemple, le service non transparent
à 57,6 kbits/s peut être réalisé avec le schéma de codage ECSD TCS-1 en utilisant 2 time
slots alors que le même débit pouvait être obtenu avec du GSM-HSCSD en utilisant huit
time slots et le schéma de codage TCH/F14,4. EDGE permet donc d’offrir des débits
utilisateurs élevés en utilisant moins de time slot. Ceci est intéressant du point de vue des
terminaux et également du point de vue de la capacité du système. Il y a cependant un
compromis à trouver entre les nouvelles possibilités qui seront offertes par EDGE et les
exigences de faible coût, de petite taille et de durée de vie des batteries des terminaux
standards. Si l’on compare avec une architecture GPRS, les parties du réseau affectées par
l’introduction de EDGE sont principalement le BSC, l’interface Abis (entre BSC et BTS)
et l’interface Um (interface Air) (figure 3.2). EDGE peut être introduit dans un réseau
GSM existant. Des simulations montrent que par comparaison au GSM standard, EDGE
permet des pointes de débit plus importantes et permet de tripler l’efficacité spectrale.
52 Synthèse INRETS n° 40
Les systèmes cellulaires existants et les évolutions
4. GSM-R
Dans les chapitres 1 et 2 précédents, nous avons décrit une grande variété
d’applications des transmissions utilisant différents supports en particulier selon que les
débits d’information à transmettre sont élevés ou non. Si à l’intérieur d’un même pays on
constate que des systèmes de transmission différents peuvent être utilisés, cela est encore
plus vrai à l’échelle internationale où chaque pays dispose d’une solution propre pour le
contrôle/commande des circulations ferroviaires [COLA98]. Ces différences sont à
l’origine de problèmes d’interopérabilité et de compatibilité entre équipements qui
peuvent être résolus par la juxtaposition des différents systèmes à bord des trains comme
cela se fait à l’intérieur d’un même pays ou avec les trains de type EUROSTAR et
THALYS. Cette solution est très coûteuse et difficilement envisageable à l’échelle
internationale pour des trains traversant plus de trois ou quatre pays ou lors de la mise en
service de nouveaux matériels roulants.
Si l’on compare avec les domaines routier ou aérien, on constate que l’interopérabilité
des circulations repose essentiellement sur l’existence de règles de circulation communes
et compréhensibles par tous, sur l’existence d’une infrastructure au sol commune et sur
des systèmes de transmission continue entre le sol et les mobiles fondés sur la radio.
A l’heure de l’ouverture des frontières et du marché unique européen, le secteur
ferroviaire a été touché par un ensemble de directives visant à harmoniser la
réglementation et à rendre les systèmes de transport interopérables. Deux directives
importantes concernent plus particulièrement le réseau à grande vitesse, la directive
91/440/CEE et la directive 96/48/CEE. La première directive impose une séparation des
activités relatives à l’exploitation des services de transport de celles relatives à la gestion
de l’infrastructure ferroviaire. La deuxième est relative à l’interopérabilité du système
ferroviaire transeuropéen à grande vitesse.
Dans ce contexte, il était clair que, d’une part, il devenait indispensable de concevoir
et de développer un système unique de contrôle/commande des circulations ferroviaires
à l’échelle européenne voire internationale et que, d’autre part, le caractère « universel »
du système aurait une influence bénéfique sur les coûts comme cela ce voit actuellement
sur les systèmes de télécommunication grand public en permettant un effet d’échelle et
en offrant des sources d’approvisionnement multiples.
Pour être le plus « universel » possible, il est apparu que ce nouveau système devait
favoriser les installations embarquées au détriment des équipements au sol, recourir aux
techniques les plus avancées de l’informatique et des télécommunications, présenter une
architecture en modules indépendants permettant une évolution fonctionnelle simple. Ce
nouveau système en cours de développement sous les auspices de la Communauté
Européenne a reçu le nom de European Rail Traffic Management System (ERTMS). Trois
Synthèse INRETS n° 40 53
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
niveaux de fonctionnalité sont prévus, chacun représentant une évolution dans la complexité
pour atteindre les objectifs de conception que nous venons d’énoncer [LANC96].
Les niveaux 2 et 3 de ERTMS font appel à des transmissions continues. Des solutions
nouvelles à ce problème ont été étudiées dans le cadre de la Commission Européenne, de
l’UIC et aussi de la coopération franco-allemande DEUFRAKO-M. Trois besoins
essentiels doivent être satisfaits [BERB94] :
• la transmission de données pour le contrôle/commande des circulations en sécurité,
• la transmission de phonie et de données pour l’exploitation des chemins de fer
(applications non sécuritaires),
• la fourniture aux voyageurs de services d’information et/ou de télécommunication.
En raison du coût élevé de développement d’un système de radio sol – train
spécifique, il convient dans la mesure du possible :
• soit d’utiliser une norme de radio publique en partageant des installations avec des
réseaux de radiocommunications publics,
• soit d’utiliser une norme publique en disposant d’un réseau séparé,
• soit de se rapprocher au maximum d’une norme publique afin de limiter les coûts
de développement.
Dans ce contexte, la communauté ferroviaire a opté en 1993 pour l’utilisation de la
norme de radiotéléphonie cellulaire GSM phase 2+ en bénéficiant d’une allocation de
spectre radioélectrique spécifique commune à tous les réseaux européens dans la bande
des 900 MHz : 876-880 MHz et 921-925 MHz.
Pour répondre aux spécifications ferroviaires, des fonctions particulières doivent être
ajoutées à la norme GSM. Ce système de radio ferroviaire numérique, multi services,
interopérable a pour nom EIRENE. La norme relative à ce nouveau système est
communément appelée GSM-R. Le tableau 3.7 suivant liste les applications ferroviaires
fondamentales identifiées et portées par EIRENE ou GSM-R.
Tableau 3.7 : Applications identifiées comme devant être portées par la radio
EIRENE
Communications régulateur – conducteurs
Communications point à point ou appel de groupe
Niveau de priorité des appels – Préemption des canaux
Contrôle Automatique du Train
Contrôle des trains à distance
Appel d’urgence ferroviaire
Communications pour les manœuvres
Communications avec les agents de
maintenance de la voie
Communications internes au train
Communications locales dans les gares et les dépôts
Communications longue distance
Services aux passagers
Communications conducteur – conducteur
54 Synthèse INRETS n° 40
Les systèmes cellulaires existants et les évolutions
La technologie relative au système EIRENE a été développée par les industriels et les
prototypes ont été testés sur trois bases d’essais (Allemagne, Italie, France) en vraie
grandeur dans le cadre du projet MORANE (MObile Radio for Railways Networks in
Europe) du 4ème PCRD regroupant trois entités : les industriels, les opérateurs
ferroviaires comme la SNCF, la DB et les FS et trois centres de Recherche (l’INRETS,
MARCONI, l’ISSEP), chargés de rédiger des spécifications de tests pour évaluer de
façon indépendante les performances des prototypes à leurs différents stades de
développement [BERB97].
Un des avantages du choix de la technologie GSM réside dans la flexibilité de ces
interfaces vers les réseaux de communications fixes. Cela signifie que le nouveau
système pourra facilement être introduit dans des réseaux en place et fonctionner avec
des composants existants. En outre, la norme GSM-R a été conçue comme une extension
de la norme GSM, ce qui lui permettra donc de bénéficier de toutes les évolutions de la
norme GSM publique en particulier pour les évolutions vers des services de
transmissions de données à 64 kbits/s en utilisant le HSCSD (High-speed Circuit
Switched Data) et vers les services de transmission de données par paquets ou GPRS
(GSM Packet Radio Services) qui font partie des spécifications ferroviaires pour le
nouveau système.
Cinq fonctionnalités particulières ont été développées pour le ferroviaire et font
aujourd’hui partie de la norme GSM phase 2+. Elles sont connues sous le nom de
fonctionnalités ASCI (Advanced Speech Call Items). Ces fonctionnalités sont les
suivantes :
• l’adressage fonctionnel (variante du service « Follow me » du GSM) consiste à
identifier la fonction de l’utilisateur plutôt que le numéro du terminal radio de
l’utilisateur. Par exemple, un numéro fonctionnel identifie le conducteur d’un
certain train plutôt que le numéro de téléphone de l’équipement radio à bord du
train.
• L’adressage en fonction de la localisation de l’utilisateur permet d’établir un appel
en tenant compte de l’adressage fonctionnel et de la position du terminal appelé
dans le réseau.
• L’appel vocal radiodiffusé permet de générer un message vocal de service à un
groupe d’abonné appartenant à un « groupe d’abonnés » et cela dans une zone
prédéfinie appelée « zone d’appel de groupe » qui peut être constituée de plusieurs
cellules et être gérée par plusieurs BSS ou NSS.
• L’appel de groupe permet des appels vocaux au sein d’un groupe d’utilisateurs
prédéfini dans un mode semi-duplex à l’intérieur de la zone d’appel de groupe.
• L’attribution de niveaux de priorité aux communication qui autorise la préemption
éventuelle des ressources radio en fonction de ces niveaux de priorité.
Différents prototypes ont été développés à différents niveaux du réseau. Parmi ceux-
ci on peut citer :
• des équipements d’infrastructure développés par SIEMENS et NORTEL,
• des mobiles « portatifs » développés par SAGEM,
Synthèse INRETS n° 40 55
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
56 Synthèse INRETS n° 40
Les systèmes cellulaires existants et les évolutions
L’ensemble des fonctionnalités ASCI a été testé sur les trois bases d’essais de façon
à vérifier que les performances du système sont compatibles avec les spécifications
Eirene.
Aujourd’hui les prototypes sont déployées sur les bases d’essais ERTMS afin de tester
les niveau 1 et 2 du système.
Le GSM est un système de télécommunication numérique de 2nde génération. La
troisième génération de systèmes mobiles est en cours de normalisation avec, en Europe,
l’UMTS. Ces futurs systèmes ont vocation à être multi services et multi opérateurs et
proposeront des applications multimedia faisant appel à des débits pouvant atteindre
2 Mbits/s en local. En Europe, afin de préserver les investissements déjà considérables
réalisés sur les systèmes mobiles de 2ème génération, on assistera à une migration
progressive des réseaux GSM vers l’UMTS. Les constructeurs d’équipements GSM
publics proposeront vraisemblablement le futur système UMTS comme une extension du
système GSM actuel offrant des mobiles multi-bandes et multi-opérateurs. Partant de
cette philosophie, une norme UMTS-R pourrait donc être dans le futur, une extension des
réseaux GSM-R [ROBI98].
Les démarches européennes, nationales et locales pour développer les systèmes de
transport intelligents, tant routiers que ferroviaires, visent à :
• augmenter la sécurité des déplacements et sauver des vies,
• optimiser l’usage des infrastructures existantes,
• réduire l’impact des transports sur l’environnement,
• créer de nouveaux emplois tout en développant le niveau de compétitivité de
l’industrie européenne.
Les opérateurs de transports guidés s’appuient de plus en plus sur les nouvelles
technologies de l’information et de la communication pour améliorer l’efficacité, les
performances et la sécurité des déplacements, réduire les coûts de fonctionnement et de
maintenance mais aussi afin de moderniser leur image par l’introduction de ces
technologies innovantes. Cette démarche s’inscrit tout à fait dans la politique de
développement des « transports intelligents ».
Synthèse INRETS n° 40 57
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
métros hors tunnel qui cohabitent avec des lignes de trains de banlieue. Aujourd’hui où
bon nombre d’opérateurs de métros se posent la question du renouvellement de leur
système de contrôle-commande et de leurs installations de communication et
d’information, nous avons déjà mentionné que le système GSM-R est un candidat
intéressant pour répondre à une partie des exigences métros. On peut donc légitimement
se poser les questions suivantes :
• la décision européenne d’allouer une bande spécifique « R » aux opérateurs
ferroviaires inclut-elle les opérateurs de métros ?
• une allocation de fréquences spécifiques pour les métros en Europe ne serait-elle
pas préférable, ne peut-on pas alors imaginer une bande de fréquences qui par
analogie avec la bande « R » pourrait s’appeler « M » ?
Aujourd’hui, en 2001, la première question reste toujours sans réponse et nous
n’avons pas trouvé d’information concernant une demande officielle des opérateurs de
métros dans ce sens.
De plus, compte-tenu des dimensions des sections de tunnels employées pour les
réseaux de métros en Europe, il est clair qu’une allocation de fréquence plutôt proche des
bandes DCS1800 favoriserait la propagation en tunnel (cf chapitre 5). Cette perspective
est tout à fait envisageable d’un point de vue technique puisqu’il y a aujourd’hui une
convergence totale entre les systèmes GSM et DCS1800. Les modifications introduites
dans le standard GSM pour offrir les fonctionnalités ferroviaires sont des modifications
sur les couches hautes du réseau et on pourrait très facilement passer d’un système GSM-
R à un système DCS1800-M. L’attribution d’une bande « M » spécifique aux métros au
voisinage des bandes publiques DCS1800 permettrait par exemple de concevoir des
mobiles bi-bandes GSM-R et DCS1800-M en surface pour permettre la cohabitation des
métros et des trains de banlieue.
Le système GSM-R a prouvé dans le cadre des expérimentations MORANE et
ERTMS qu’il répondait aux besoins de transmission du système ERTMS. Des travaux
sont lancés au niveau du 5ème PCRD dans le projet UGTMS (Urban Guided Transport
Management System) pour définir les briques du système ERTMS qui pourraient être ré-
utilisées ou non dans le cadre d’une application à un système de contrôle-commande
métro. Les transmissions pour les besoins du contrôle-commande métro vont imposer
notamment des contraintes différentes des contraintes ferroviaires sur :
• la disponibilité du lien radio
• le temps d’établissement d’une connexion point à point
• la probabilité d’échec à la connexion
• le taux d’échec par bit transmis
• les retards maximal et moyen pour les communications point à point
• la durée maximale de perte de communication aux changements de stations
• le temps de détection des pertes de communication…
58 Synthèse INRETS n° 40
Les systèmes cellulaires existants et les évolutions
5. TETRA et TETRAPOLE
5.1. TETRA
TETRA (Trans European Trunked Radio) est une norme ETSI pour les
radiocommunications professionnelles numériques. TETRA est un réseau cellulaire
numérique de deuxième génération développé essentiellement pour des réseaux
radiotéléphoniques privés et pour des applications de gestion de flotte. Ces
caractéristiques techniques sont voisines de celles du GSM.
L’allocation des ressources radioélectriques utilise la technique TDMA avec un
duplex TDD (Time Division Duplex), c’est à dire qu’une partie des time slots est réservée
à l’émission, l’autre partie étant réservée à la réception. Une trame TDMA est constituée
de 4 time slots d’une durée élémentaire de 510 bits soit 14,167 ms. L’écart entre les
canaux RF est de 25 kHz.
La bande de fréquence allouée pour ce système se situe entre 380 et 420 MHz. La
modulation TETRA est une modulation DQPSK (modulation différentielle à 4 états de
phase) à enveloppe non constante. Le débit brut est de 36 kbits/s par time slot.
On retrouve un traitement du signal similaire à celui employé dans GSM mettant en
œuvre un codage canal, de l’entrelacement, du cryptage ou « scrambling » pour la
sécurité des communications et de l’égalisation.
Les services standards de TETRA sont les communications privées avec :
– l’appel individuel
– l’appel multiple (conférence)
– l’appel vers réseau fixe,
et les communications de groupe avec :
– l’appel de groupe
– l’appel radiodiffusé
– la communication de groupe d’urgence,
les services de données avec le :
– Mode circuit non protégé : (1, 2, 3, 4)*7,2 kbits/s
– Mode circuit faiblement protégé : (1, 2, 3, 4)* 4,8 kbits/s
– Mode circuit fortement protégé : (1, 2, 3, 4)* 2,4 kbits/s
– Mode paquet connecté
– Mode paquet non connecté,
Synthèse INRETS n° 40 59
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
et le short data service des utilisateurs vers le régulateur (uplink) qui est transmis sur
la voie balise ou par vol de trame sur un canal de trafic même pendant une
communication.
Un service de message court permet de transmettre jusqu’à 256 octets pour des
communications point à point ou point à multipoint.
5.2 TETRAPOLE
TETRAPOLE est aussi une norme ETSI développée pour les radiocommunications
numériques professionnelles. C’est une norme de la même génération que le GSM.
TETRAPOLE peut fonctionner de 70 MHz à 520 MHz. Il existe deux versions de la
norme pour l’interface air, l’une pour les fréquences inférieures à 150 MHz (Very High
Frequency version), l’autre pour les fréquences supérieures à 150 MHz (Ultra High
Frequency version).
L’allocation de la ressource radioélectrique se fait par la technique FDMA. L’écart
entre les canaux de fréquence peut être de 12,5 kHz, 10 kHz et même 6,25 kHz dans la
version la plus récente de la norme. Le système TETRAPOLE fonctionnera en général
avec une allocation de bande de fréquence de deux fois 5 MHz. Dans une bande de
5 MHz, on dispose de 500 canaux possibles pour un espacement de 12,5 kHz et de
400 canaux possibles pour un espacement de 10 kHz. L’écart duplex dans la bande UHF
sera de 10 MHz. La modulation utilisée est une modulation GMSK avec un produit BT
égal à 0,25. Le codage canal combine des codes CRC et des codes convolutionnels. Un
entrelacement permet d’optimiser ces codes. Un code de « scrambling » différent pour
chaque utilisateur donne un haut niveau de sécurité pour les transmissions et de permet
une bonne résistance aux brouilleurs notamment aux brouilleurs malveillants.
6. Le standard DECT
60 Synthèse INRETS n° 40
Les systèmes cellulaires existants et les évolutions
semble bien positionné dans la boucle locale sans fil, car c’est une norme peu onéreuse
et très flexible qui permet d’acheminer le téléphone chez l’abonné.
PSTN
RFP
PP
FP Air Interface
Synthèse INRETS n° 40 61
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
Le système DECT utilise un codage canal basé sur des codes convolutionnels. Des
périodes de garde permettent d’absorber certains problèmes de synchronisation. La
norme DECT ne prévoit pas d’égalisation. C’est pourquoi la mobilité du récepteur est
limitée à environ 4 km/h et la taille du réseau ne dépasse pas 200 mètres à l’extérieur et
60 mètres à l’intérieur d’un bâtiment.
L’interface radio du DECT est normalisée (GAP = Generic Access Profile) ce qui
garantit l’interopérabilité entre les stations de base et les combinés issus de constructeurs
différents. En outre, il peut y avoir interconnexion avec un réseau GSM.
7. IS 95
Le système IS 95 (Interim Standard 95) est le système cellulaire de 2nde génération
implanté aux Etats-Unis d’Amérique et directement concurrent du système GSM
développé en Europe. Le système a été déployé à partir de 1995 à Los Angeles. IS 95
utilise la technologie CDMA. C’est un système cellulaire pour lequel on retrouve une
architecture comparable à celle du GSM. Les bandes de fréquences appairées allouées
sont 869-894 MHz et 824-849 MHz. Les stations de base se signalent dans le réseau par
l’équivalent des canaux de diffusion utilisés pour le GSM, appelé canal « pilote » dans le
contexte CDMA. Une même séquence PN est allouée à toutes les stations de base mais
on attribue un retard et un déphasage différent à chacune d’entre elles pour que les
stations mobiles puissent les identifier. Cette technique demande que toutes les stations
de base soient synchronisées. Le système IS 95 utilisant la technique CDMA pour
l’allocation des ressources radioélectriques, un code de Walsh différent est alloué à
chaque mobile dans une même cellule. Ces codes sont au nombre de 64 et sont
orthogonaux entre eux. Pour réduire les interférences entre les mobiles utilisant le même
code, le signal est aussi « encrypté » avec une séquence PN très longue. Cette opération
porte aussi le nom de « scrambling ». D’un point de vue théorique, pour que
l’orthogonalité entre les codes alloués aux mobiles soit préservée, il faut que ces mobiles
soient « entendus » par le récepteur avec exactement le même niveau de puissance. Les
distorsions du canal vont introduire des retards et des atténuations du signal qui vont
dégrader l’orthogonalité des codes. Cet effet est connu sous le nom « effet proche-
lointain » ou encore « near-far effect ». Les performances des systèmes utilisant la
technique CDMA reposent donc sur la qualité du contrôle de puissance. Dans IS 95 ce
contrôle doit avoir lieu toutes les 1,25 ms.
62 Synthèse INRETS n° 40
Les systèmes cellulaires existants et les évolutions
Le système IS 95 connaît des évolutions similaires à celles du GSM, c’est à dire que
certaines caractéristiques techniques évoluent de façon à autoriser la diminution des
interférences, l’augmentation du nombre d’abonnés avec des qualités de services
supérieures, des services de transmission par paquets et surtout l’ouverture de services de
transmission de données haut débit pour des applications multimedia. On peut noter que
les dernières évolutions envisagées connues sous le nom de IS-136 rejoignent les
évolutions décrites dans EDGE pour le GSM et autoriseront la convergence de ces deux
systèmes.
8. UMTS
Le développement de l’usage des téléphones mobiles et l’explosion du trafic des
réseaux INTERNET confirment la nécessaire convergence de ces évolutions vers un
marché de services mobiles multimédia. L’augmentation du nombre d’abonnés et
l’accroissement des débits de transmission créent des besoins toujours plus pressants en
terme de ressources spectrales et a poussé les acteurs du domaine à fournir des efforts
considérables pour développer une nouvelle génération de systèmes mobiles, appelée
IMT-2000 au niveau mondial et UMTS au niveau européen.
• L’UMTS est conçu pour supporter une large gamme de services avec des débits
supérieurs à ceux de la génération de systèmes sans fil existants,
• l’UMTS devra offrir un accès en mode « circuit » ou en mode « paquets ».
• les débits offerts devront pouvoir être différents dans le sens montant et descendant
de la liaison,
• les débits devront pouvoir être variables en fonction du type d’environnement et de
la vitesse du mobile (débit maximum pour des communications « indoor » et de
faible vitesse de mobile).
• L’UMTS devra pouvoir être déployé en réseau multi couches pour répondre aux
besoins de couverture globale (macro cellules) aussi bien qu’aux besoins de
couvertures à l’intérieur des bâtiments (pico-cellules).
• Le passage automatique entre cellules (handover) devra se faire de façon
transparente, c’est à dire sans coupure de la communication mais surtout sans perte
des données utilisateur comme dans GSM.
Synthèse INRETS n° 40 63
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
Réseaux
satellites
Réseaux
Radio UMTS
RTC
Réseaux
Bureaux de données
(PA BX )
RNIS
domiciles
Un autre contrainte importante avec des conséquences fortes sur l’interface Air de
l’UMTS est la coexistence nécessaire avec les systèmes de 2ème génération et en
particulier avec le GSM.
• W-CDMA utilisé en FDD (Frequency Domain Duplex) pour les bandes UMTS
appairées (une bande différente respectivement pour le lien montant et le lien
descendant avec un écart duplex fixe),
• TDD (Time Division Duplex)/CDMA pour les bandes UMTS non appairées.
Le mode FDD-W-CDMA :
Le mode W-CDMA utilise une technique d’étalement de spectre par séquence directe.
Le facteur d’étalement est variable (4 à 256) offrant ainsi plusieurs débits possibles. Le
débit maximal possible est de 384 kbits/s. Plusieurs codes sont alloués simultanément à
64 Synthèse INRETS n° 40
Les systèmes cellulaires existants et les évolutions
un seul utilisateur pour atteindre des débits plus élevés, par exemple 5 codes pour un
débit de 2 Mbits/s. Pour garantir l’orthogonalité des codes, un contrôle de puissance
rapide est indispensable. Il est mis en œuvre dans le standard UMTS au moins toutes les
0,5 ms. Avec le W-CDMA il n’est pas nécessaire de synchroniser les stations de base
puisque les cellules utilisent des codes d’étalement différent (512 codes de Gold).
Le transfert automatique intercellulaire nécessite un mécanisme rapide appelé « soft
handover » qui oblige le mobile à être connecté.
Le mode FDD n’est pas bien adapté pour le trafic asymétrique contrairement au mode
TDD.
Le tableau 3.8 suivant résume les paramètres du mode FDD W-CDMA.
Synthèse INRETS n° 40 65
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
66 Synthèse INRETS n° 40
Chapitre 4 :
1. Introduction
Le début des années 90 a vu se développer un grand intérêt pour la transmission de
données. Le concept de réseau cellulaire ayant permis de donner de la mobilité aux
téléphones, il fallait maintenant offrir la même liberté aux ordinateurs portables et
permettre des connexions sans fil vers un réseau local fixe. Pour répondre à ce besoin de
transmission de données « sans fil » la norme IEEE 802.11 a fait son apparition ainsi que
plusieurs solutions propriétaires. Cependant, ces systèmes bénéficient d’une allocation de
fréquences restreinte dans la bande ISM (Instrumentation Scientifique et Médicale) soit
autour de 900 MHz soit autour de 2,45 GHz et ne peuvent donc offrir que des débits de
transmission limités au maximum à 2 Mbits/s. Il était donc impossible d’offrir des débits
beaucoup plus élevés dans une bande aussi restreinte.
L’organisation autour des standards HIPERLAN (HIgh PErformance Radio LAN) en
développement a soutenu l’attribution d’une nouvelle partie du spectre radioélectrique
nécessaire si l’on voulait voir se développer des applications de transmission de données
haut débit sans fil pour des réseaux locaux sans fil très performants (high performance
radio LANs). Ces transmissions haut débit sont vitales pour porter des applications
multimedia émergeantes. Le nouveau standard HIPERLAN définit un nouveau protocole
de transmission de données haut débit pour des communications multimedia sans fil entre
ordinateurs portables, assistant personnels (PDA : Personal Data Asistant) ou tout autre
objet capable de communiquer habituellement via une connexion filaire.
Synthèse INRETS n° 40 67
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
Terminal mobile
(MT)
La transmission se fait par étalement de spectre, soit par séquence directe ou par saut
de fréquence. Des évolutions du standard connues comme 802.11b et 802.11a permettent
d’atteindre des débits de transmission plus élevés. Le standard 802.11b devait autoriser
des débits pouvant aller jusqu’à 11 Mbits/s qui sont en fait aujourd’hui limités à
5,5 Mbits/s toujours en utilisant l’étalement de spectre par séquence directe dans la
gamme des 2,4 GHz. Le standard 802.11a a été proposé en juillet 98 comme concurrent
du standard européen HIPERLAN2. La version 802.11a fonctionne dans la bande des
5,2 GHz. Les débits sont de l’ordre de 32 Mbits/s avec une modulation de type OFDM.
Les principales caractéristiques techniques des 3 versions du standard IEEE 802.11 sont
résumées dans le tableau 4.1 suivant.
68 Synthèse INRETS n° 40
Boucle locale radio, WLAN, BRAN et technologies émergentes.
Comme le standard IEEE 802.11, la norme HIPERLAN1 a été conçue pour offrir des
extensions sans fil à un réseau local fixe de type Ethernet à 10 Mbits/s. L’idée était de
pouvoir connecter des ordinateurs portables à un réseau fixe avec aussi peu de difficulté que
possible et où qu’ils se trouvent. Cette idée peut également être généralisée aux ordinateurs
de bureau ou à usage familial, en effet, les points d’accès filaire au réseau fixe ne sont pas
forcément bien situés et un accès sans fil offre donc une alternative très intéressante. Pour
la norme HIPERLAN1 une bande de fréquences a été allouée entre 5,15 et 5,30 GHz,
autorisant ainsi l’usage de 5 porteuses et donc de 5 canaux indépendants fonctionnant en
parallèle. La norme HIPERLAN1 autorise un débit maximal de 23,5 Mbits/s et est plutôt
conçue pour une communication entre terminaux mobiles sans passer par le réseau fixe.
Un terminal mobile pourra se déplacer d’un AP vers un autre AP et décidera alors de
faire un « handover ». Cet « handover » demande des échanges de signalisation entre les
deux AP via le réseau fixe. Cette possibilité de mobilité doit être mise en œuvre par leur
constructeur ou l’opérateur lors du déploiement.
Le protocole d’accès au medium pour la création des canaux est un protocole CSMA/CA
modifié appelé : EY-NPMA (Elimination Yield None Pre-emptive Priority Multiple Access).
La norme HIPERLAN1 autorise une distance entre terminaux mobiles allant jusqu’à
50 mètres à l’intérieur des bâtiments et une mobilité maximale de 5 km/h. La norme a intégré
une mobilité pouvant atteindre 10 km/h mais avec une dégradation sensible de la qualité. Il
n’a pas été prévu de contraintes au niveau du nombre maximal de postes. L’interopérabilité
d’équipements fournis par des constructeurs différents est garantie aux utilisateurs.
Les principales caractéristiques techniques sont résumées dans le tableau 4.2 suivant.
HIPERLAN 1
Fréquence 5,15-5,3 GHz – 5 canaux
Débit max 23,5294 Mbits/s
Débit min 1,4706 Mbits/s
Couverture d’un AP 50 m
Modulation GMSK BT=0,3 (débits élevés)
FSK (débits faibles)
Codage canal – Entrelacement BCH
Protocole d’accès au medium CSMA/CA modifié
Elimination, Yield-Non pre-
emptive Priority multiple access
Topologie de connection « Ad– hoc »
ou via un HUB
Synthèse INRETS n° 40 69
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
Le tableau 4.4 suivant résume les différents modes de transmission et débits pour le
standard HIPERLAN2.
4. BLUETOOTH
BLUETOOTH est une technologie de réseau sans fil qui a pour but de simplifier la
communication entre différents types de matériels électroniques : ordinateurs portables,
70 Synthèse INRETS n° 40
Boucle locale radio, WLAN, BRAN et technologies émergentes.
Synthèse INRETS n° 40 71
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
La transmission dans le sens maître-esclave se fait exclusivement sur les time slots
pairs et la transmission entre esclave et maître se fait sur les IT impairs. Avec
BLUETOOTH, un maître ne peut dialoguer simultanément qu’avec 7 esclaves au sein
d’un même piconet.
Du fait de la transmission par paquet, BLUETOOTH supporte un débit de 1 Mbit/s si
la taille de la cellule ne dépasse pas 4 mètres. Au delà, le débit tombe à 75 kbits/s mais
en aucun cas la cellule ne devra dépasser une dizaine de mètres. La technique du saut de
fréquence implique que BLUETOOTH est un réseau hautement sécurisé.
Avant même le déploiement de BLUETOOTH, la norme a été modifiée pour
permettre des transmissions jusqu’à 100 m et des débits supérieurs à 10 Mbits/s. Avec ces
améliorations, les produits à la norme BLUETOOTH deviennent des concurrents directs
des produits à la norme IEEE 802.11b. Les équipements BLUETOOTH 2.0 sont attendus
pour fin 2001. Le tableau 4.5 suivant résume les principales caractéristiques techniques
de BLUETOOTH.
BLUETOOTH
Fréquence 2,4 GHz – 23 porteuses
Débit max 1 Mbits/s Bluetooth 1.1
10 Mbits/s Bluetooth 2.0
Portée 4m – 10 m Bluetooth 1.1
100 m and > 100 m Bluetooth 2.0
modulation GFSK –1 600 sauts de fréquences/s
Protocoles de transmission RFCOMM, HID, TCP/IP
Protocol d’accès au médium TDD
Mode Circuit – paquet
5. HomeRF
72 Synthèse INRETS n° 40
Boucle locale radio, WLAN, BRAN et technologies émergentes.
HomeRF
Fréquence 2.4 GHz
Débit max 1 Mbits/s
portée 50 m max
Débits Données 1-2 Mbits/s
Voix 32 kbits/s
Données en mode paquet
modulation Saut de fréquence 50/s
Données: 2-FSK ou 4-FSK
Accès au medium Voix: TDMA Données: CSMA/CA
127 stations max, 6 com simultannées
Mode circuit et paquet
Synthèse INRETS n° 40 73
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
74 Synthèse INRETS n° 40
Boucle locale radio, WLAN, BRAN et technologies émergentes.
• La diversité spatio-temporelle :
Cette technique emploie plusieurs antennes à l’émission et à la réception. Le schéma
général d’un tel système est donné figure 4.3
Nt antennes d‛émission
RX
DEMULTIPLEXAGE &
TX
CODAGE SPATIALE
SPATIO-TEMPOREL
DECODAGE
RX
TX
Données à
RX Données
Transmettre TX
Reçues
RX
Les données à transmettre sont tout d’abord démultiplexées en autant de flux qu’il y
a d’antennes d’émission. Ces différents flux sont éventuellement codés avant modulation
pour introduire une redondance supplémentaire entre les antennes d’émission et sont
ensuite émis sur la même fréquence par les Nt antennes d’émission.
Un réseau de Nr antennes reçoit la superposition des différents flux émis perturbés par
le canal. Les signaux reçus sont démodulés et décodés avant d’être multiplexés comme
illustré sur la figure 4.4.
Synthèse INRETS n° 40 75
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
Dans le cas des systèmes MIMO (Multiple Input Multiple Output), l’expression de la
capacité est donnée par [2] :
En comparant les expressions (1) et (3), nous remarquons que la capacité augmente
au moins proportionnellement avec le nombre d’antennes lorsque Nt ≥ Nr.
Un système multi-émetteurs, multi-récepteurs (MIMO) permet de récupérer un signal
numérique émis par Nt antennes et reçu par Nr antennes. Pour ce faire, diverses
techniques (en cours de développement) peuvent être mises en œuvre :
• méthode Discrete Matrix MultiTone (DMMT) basée sur des transformées de
Fourier à deux dimensions [8]
• méthode de décodage par « sphère »,
• méthode V-BLAST.
Nous présentons ici quelques résultats obtenus dans [PARD00] qui mettent en
évidence les gains apportés par l’algorithme V-BLAST et de façon générale par les
76 Synthèse INRETS n° 40
Boucle locale radio, WLAN, BRAN et technologies émergentes.
Systèmes ayant
M odu la t ion 4 QA M une efficacité
égale à 8 bps/
Systèmes ayant
(4, 6)
une efficacité
égale à 2 bps/
(1, 1)
(1, 4)
(4, 10)
Pour un nombre d’émetteurs fixé, c’est à dire pour des systèmes ayant la même
efficacité spectrale, l’augmentation du nombre de récepteurs diminue considérablement
le Taux d’Erreurs Symboles (TES) (par exemple, si Nt = 1, il y a un gain en TES d’un
facteur supérieur à dix pour le passage de une à quatre antennes de réception).
La figure 4.6 présente dans un premier temps la capacité maximale théorique pour
différents systèmes (Nt, Nr) en fonction du rapport signal à bruit. Ces courbes ont été
tracé à l’aide de l’équation (2). Le gain apporté par les systèmes MIMO sur l’augmen-
tation de la capacité maximale théorique paraît alors évident : la capacité est multipliée
par un facteur voisin de 4 lorsque l’on passe de 1 à 4 antennes d’émission. Le bénéfice
apporté par l’augmentation du nombre d’antennes réceptrices se remarque plutôt en
terme de taux d’erreur.
La figure 4.6 montre également l’efficacité spectrale des systèmes (1, 4) et (4, 10)
déterminée grâce à la figure 4.8 pour un taux d’erreur symbole de 10-3. L’écart de 5 à
8 dB entre la capacité et l’efficacité pourrait être réduit en utilisant un codage-décodage
correcteur d’erreurs.
Synthèse INRETS n° 40 77
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
M odu la t ion 4 QA M
(4, 10)
(4, 6) Efficacité
système
TES # 10
Efficacité
système
TES # 10
(1, 4)
8 dB
(1, 1) Capacité
5 dB théorique
78 Synthèse INRETS n° 40
Chapitre 5 :
Rappel sur la propagation en tunnel
1. Le problème des zones confinées
La propagation des ondes radioélectriques dans les milieux confinés et plus
particulièrement dans les tunnels est sujette à plusieurs phénomènes qui, à certaines
fréquences, peuvent être pénalisant.
En tunnel on observe donc des phénomènes tels que :
• l’effet guide d’ondes créé par les parois du tunnel jouant en quelque sorte le rôle
d’un guide d’ondes surdimensionné,
• les réflexions multiples sur les parois et les diffractions sur les arêtes qui
provoquent des variations rapides et des évanouissements du champ électrique qui
se propage dans le tunnel,
• une atténuation et un couplage entre l’extérieur et l’intérieur du tunnel qui
dépendent notamment de la position de la station d’émission-réception par rapport
à l’axe du tunnel,
• les effets de masques liés à la présence d’un ou plusieurs trains dans le tunnel, à
l’existence de courbes et de discontinuités (élargissement – rétrécissement) à
l’intérieur du tunnel.
Dès lors, il est clair que les lois usuelles de la propagation en espace libre ne peuvent
plus être appliquées et que la propagation en tunnel doit être analysée spécifiquement
pour garantir la couverture radioélectrique des tunnels.
εb
2a
milieu b
Synthèse INRETS n° 40 79
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
Dans un tunnel, on pourra supposer que toutes les parois ont les mêmes caractéristiques
physiques, c’est à dire que la permittivité εa = εb = εr qui sont des valeurs complexes.
L’application de la théorie modale classique montre que les seuls modes susceptibles
de se propager sont des modes hybrides notés EHmn (m et n sont des entiers caractérisant
l’ordre des modes) qui pourront être soit à polarisation verticale, soit à polarisation
horizontale. Pour ces modes, les vecteurs champ électrique et champ magnétique
possèdent trois composantes.
Dans le cas des guides surdimensionnés, il est possible d’exprimer les composantes
des vecteurs champ électrique et magnétique relatives à chaque mode. Les expressions
des pertes dans le guide sont données par la partie imaginaire de la constante de
propagation kg. Pour les ondes à polarisation verticale et horizontale, on obtient les
relations suivantes (en Nepers/m) :
80 Synthèse INRETS n° 40
Rappel sur la propagation en tunnel
Entrée tunnel
Mesures « lissées »
Synthèse INRETS n° 40 81
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
Les tableaux 5.2 et 5.3 montrent les affaiblissements des modes EHmn en polarisation
verticale pour une même section de tunnel 4 m 4 m, respectivement pour les fréquences
1 GHz et 10 GHz. Dans un tunnel rectiligne infini de section rectangulaire 4 m x 4 m, la
théorie modale donne des valeurs d’atténuation à 10 GHz qui sont 100 fois plus faibles
que celles obtenues à 16 GHz.
82 Synthèse INRETS n° 40
Rappel sur la propagation en tunnel
En comparant les tableaux 5.2 et 5.3, on constate que les affaiblissements pour des
tunnels de section 4 m x 4 m et 4 m x 5 m sont similaires. En polarisation verticale, le
tableau 5.3 illustre donc que pour une fréquence donnée, l’affaiblissement dépend
essentiellement de la hauteur du tunnel.
Synthèse INRETS n° 40 83
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
E
d
x
E R R
x x x
Elargissement Rétrécissement
84 Synthèse INRETS n° 40
Rappel sur la propagation en tunnel
CELL C
Tunnel
CELL B TUNNEL
Synthèse INRETS n° 40 85
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
86 Synthèse INRETS n° 40
Rappel sur la propagation en tunnel
• les retards de propagation introduits par les câbles, les répéteurs et en général
l’électronique de retransmission vont générer des interférences entre intervalles de
temps adjacents dans les systèmes utilisant la technique TDMA. Des règles existent
et ont été mises en évidence notamment pour le GSM [HEDD93] comme nous
l’avons déjà mentionné au paragraphe 4.
Synthèse INRETS n° 40 87
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
88 Synthèse INRETS n° 40
Rappel sur la propagation en tunnel
Les ouvertures ou les fentes contribuent à transférer vers l’extérieur du câble l’énergie
électromagnétique propagée par le mode coaxial intérieur au câble. Sans entrer dans les
détails du fonctionnement physique de ces câbles nous dirons que le processus de
transfert d’énergie dépend précisément de la structure des ouvertures. Pour le câble à
ouvertures rapprochées le transfert s’exprime par la conversion du mode coaxial intérieur
au câble en un mode extérieur qui s’apparente à une onde de surface canalisée par la face
extérieure du câble. Inversement, pour le câble à fentes le transfert d’énergie est gouverné
par un rayonnement, pour un observateur externe au câble le rayonnement est tout à fait
analogue au champ électromagnétique produit à proximité d’un réseau de dipôles
magnétiques de grande dimension longitudinale.
De nouveaux types de câbles rayonnants ont été développés pour la retransmission
des signaux dans les bandes 900, 1 800 et 2 500 MHz. Il convient cependant de noter que
plus on monte en fréquence, plus les pertes dans le câbles deviennent importantes rendant
cette technologie inutilisable.
Mode couplé
(câbles fraisés, mono-fente…)
Mode rayonné
(câble à fentes périodiques)
Mode mixte
(câble Vario : l’atténuation longitudinale
est compensée par l’augmentation du nombre de fentes
Synthèse INRETS n° 40 89
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
90 Synthèse INRETS n° 40
Rappel sur la propagation en tunnel
Synthèse INRETS n° 40 91
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
Les passages des aiguilles et des équipements de voie où le guide doit être
mécaniquement interrompu s’effectuent de façon entièrement passive à l’aide de
transitions guide-coaxial et d’un tronçon de câble coaxial enterré.
Le système IAGO a été optimisé pour un fonctionnement :
– avec des antennes mobiles très proches du guide de manière à favoriser le
rayonnement de celui-ci par rapport à l’onde se propageant librement en tunnel.
– avec le guide d’ondes posé sur la voie et les antennes sous le train de manière à
bénéficier de l’effet de blindage apporté par le train qui, bien que difficilement
quantifiable, s’avère bénéfique.
– à 2,5 GHz fréquence pour laquelle l’atténuation liée à la propagation dans le guide
est de 2 dB/100 m et l’atténuation longitudinale en propagation libre est voisine de
8 dB/100 m.
Outre la retransmission des signaux radioélectriques, le système IAGO permet la
mesure de la vitesse vraie des trains. En utilisant une fréquence un peu plus élevée, on
constate que le champ rayonné évolue à cette nouvelle fréquence d’un minimum à un
maximum d’amplitude suivant une période identique à celle des ouvertures. Ce signal
remis en forme donne accès à une fréquence d’horloge liée aux fluctuations du signal qui
permet la mesure de la vitesse réelle du mobile ainsi que de la distance parcourue.
Le système IAGO permet aussi une localisation absolue. En effet, en utilisant une
orientation spécifique pour certaines fentes, on montre alors théoriquement qu’elles
rayonnent deux composantes de champ électrique perpendiculaires et équi-amplitudes.
L’une d’elles, identique à la composante de champ essentielle rayonnée par les autres
ouvertures, permet une transmission sans altération ; l’autre permet, par un rayonnement
localisé, de coder le guide par ces fentes d’orientations spécifiques et ainsi de déterminer
la position absolue du véhicule.
Ces propriétés peuvent aussi être utilisées pour améliorer la précision des systèmes à
« roue phonique » par des recalages réguliers.
92 Synthèse INRETS n° 40
Rappel sur la propagation en tunnel
Synthèse INRETS n° 40 93
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
C ellule de communication
C ontrôleur
94 Synthèse INRETS n° 40
Rappel sur la propagation en tunnel
– des centres de contrôle vers l’intérieur des rames pour l’information des
passagers, la publicité, les procédures d’urgence.
• transmissions vocales pour les besoins du services et des passagers vers les centres
de contrôle.
• positionnement absolu
Figure 5.9 : Schéma de principe d’utilisation du système IAGO
Synthèse INRETS n° 40 95
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
96 Synthèse INRETS n° 40
Chapitre 6 :
1. Introduction
Le spectre des fréquences radioélectriques est très étendu puisqu’il commence en
théorie à 0 Hz et couvre les fréquences optiques, de I’ordre de 10 THz.
En pratique, le spectre réellement utilisé pour les télécommunications commence à
9 kHz et monte jusqu’à 400 GHz. Malgré I’étendue du spectre, les fréquences sont une
ressource très rare, surtout dans la gamme VHF et UHF située au-dessous de 1 GHz qui
est particulièrement sollicitée, à la fois pour ses propriétés de propagation et en raison des
coûts relativement modérés des équipements fonctionnant dans cette gamme. C’est la
raison pour laquelle le spectre des fréquences fait l’objet d’une gestion très stricte tant au
niveau mondial qu’au niveau national.
Dans ce chapitre [[Link] ; [Link] ; [Link]] nous allons décrire
en premier lieu, comment est organisée cette gestion du spectre, en second lieu, les
procédures à suivre pour la mise en œuvre d’équipements radioélectriques, nous verrons
enfin les fréquences qui sont attribuées actuellement aux chemins de fer, et les
perspectives d’évolution dans ce domaine.
Synthèse INRETS n° 40 97
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
prendre en commun et, si possible, par consensus, les dispositions réglementaires les plus
aptes à :
• répondre aux besoins de nouveaux services,
• faciliter le partage des fréquences,
• privilégier la mise en œuvre des procédés les plus économes en spectre,
Ce progrès passe par une remise en cause permanente des utilisations actuelles au
profit de systèmes plus prioritaires, plus efficaces et mieux maîtrisés.
Le monde est divisé en 3 grandes Régions du point de vue des télécommunications :
– Région I : EUROPE (y compris tout le territoire de I’ex URSS) + AFRIQUE
– Région II : AMERIQUE
– Région III : ASIE – OCEANIE
2.1.1. L’UIT
A l’échelle mondiale, l’U.I.T. est la première organisation internationale créée dans le
monde le 17 mai 1865. Depuis 1945, c’est une agence des Nations Unies qui a pour objet le
développement des réseaux et services de télécommunication à travers le monde. Son siège
se trouve à Genève. A ce jour, elle compte 189 Etats membres et 400 membres
(organisations, industriels, opérateurs…) issus de différents secteurs d’activité. Son
secrétariat emploie 700 personnes de 71 nationalités différentes. Les activités de l’UIT se
répartissent en trois secteurs : le secteur des Radiocommunications (UIT-R), le secteur de la
normalisation des Télécommunications (UIT-T) et le secteur du Développement (UIT-D).
La gestion du spectre à l’échelle mondiale passe par un processus de planification et
d’ingénierie du spectre, un processus d’autorisation de l’utilisation, lui-même
indissociable d’une coordination et d’une notification préalables, et enfin par un
processus de surveillance et de contrôle du spectre. Pour ce faire, l’UIT fonctionne avec
des outils appelés : Les conférences de l’UIT. Il est intéressant de noter que dans le
domaine des radiocommunications, tout est mis en œuvre à tous les niveaux, national,
régional, international pour que les décisions soient prises par consensus. Ainsi, les
conférences de l’UIT sont parmi les outils au service de la gestion du spectre les plus
puissants.
La Conférence des plénipotentiaires de l’UIT.
Elle réunit tous les 4 ans les Etats membres de l’UIT pour définir la stratégie à long
terme de l’UIT en fonction de l’évolution des télécommunications, pour fixer son
organisation et les limites de son budget alimenté par les contributions volontaires des
Etats membres. Elle prend les résolutions qui modifient la Constitution et la Convention
de l’UIT qui ont valeur de traités internationaux. C’est aussi lors de cette conférence que
sont élus les Etats membres qui représenteront l’ensemble des membres du conseil de
l’UIT, le Secrétaire général et les directeurs des bureaux des trois secteurs, ainsi que les
membres du Comité du Règlement des radiocommunications.
98 Synthèse INRETS n° 40
Le problème des fréquences
Le Conseil de l’UIT.
Il se réunit chaque année à la fin du printemps. Il adopte le budget biennal, exerce le
contrôle financier et traite des questions de personnel. Il coordonne les activités de
l’Union dans les intervalles entre les conférences de plénipotentiaires. Il comprend
46 membres, chaque région ayant un certain nombre de représentants élus. La France est
régulièrement élue pour l’Europe de l’Ouest.
Amériques, 8 sièges
Europe de l’Ouest, 8 sièges
Europe de l’Est, 5 sièges
Afrique, 13 sièges
Asie et Australie, 12 sièges
La Conférence mondiale sur la standardisation des télécommunications
La Conférence mondiale sur le développement des télécommunications
La Conférence mondiale des radiocommunications
Elle a lieu tous les deux à trois ans. Les décisions prises lors de ces conférences
modifient le Règlement des Radiocommunications de l’UIT. Le RR complète la
Constitution et la Convention de l’UIT ; comme tel il a valeur de traité international et
ses dispositions s’appliquent à tous les Etats membres de l’UIT.
Le Règlement des Radiocommunications attribue des bandes de fréquences à des
services de radiocommunications bien définis, établit les conditions d’utilisation par les
services et les systèmes de radiocommunication des bandes attribuées, définit un certain
nombre de dispositions obligatoires pour les procédures de coordination, met au point les
règles s’appliquant aux fichiers des fréquences et aux fichier des réseaux à satellite que
tiennent les Administrations nationales.
Synthèse INRETS n° 40 99
Les systèmes de télécommunication existants ou émergents et leur utilisation dans le domaine…
2.2.1. CEPT
La CEPT regroupe 43 pays européens, tous situés dans la Région 1 de l’UIT qui
englobe aussi l’Afrique, les pays de l’ex Union soviétique et une partie du Moyen Orient.
La CEPT dépasse donc largement le cadre de l’Union européenne
La CEPT a deux comités permanents pour les télécommunications : le CER (Comité
européen des radiocommunications ou ERC en anglais) dont le bureau est l’ERO
(European Radiocommunications Office) et l’ECTRA (European Committee for
Telecommunications Regulatory Affairs) dont le bureau est l’ETO (European
Telecommunications Office).
C’est au sein de l’ERC que sont traitées toutes les questions de fréquences et de
politique de gestion du spectre. Une politique volontariste d’harmonisation de l’usage des
fréquences en Europe est conduite par la CEPT, avec l’encouragement de la Commission
Européenne et en compatibilité avec les dispositions du Règlement des
Radiocommunications. Cette harmonisation européenne s’étend à un nombre croissant de
services.
2.2.2. L’ETSI
L’ETSI (European Telecommunication Standard Institute) est un Institut créé en 1987
et localisé à Sophia-Antipolis, dont l’objet est d’approfondir les questions de
normalisation et de standardisation dans le domaine des té1écommunications.
2.2.3. Le CENELEC
Le CENELEC (Centre Européen pour la Normalisation Electrique) intervient pour la
normalisation des matériels.
de tous les utilisateurs Dans le cadre des différentes missions de l’ANF et conformément
à l’article R52-2-4,14 du Code des Postes et Télécommunications, il a été décidé après
avis du Conseil d’Administration du 5 février 1997, de créer les commissions
consultatives suivantes :
N˚ 1 : Commission de Planification des Fréquences (CPF)
N˚ 2 : Commission des Conférences des Radiocommunications (CCR)
N˚ 3 : Commission de Synthèse et Prospective en Radiocommunications (CSPR)
N˚ 4 : Commission des Sites et Servitudes (COMSIS)
Deux d’entre elles (n˚ 1 et n˚ 4) sont plus spécialement réservées aux administrations
et aux autorités affectataires, les deux autres (n˚ 2 et n˚ 3) sont ouvertes en particulier aux
opérateurs.
Un affectataire de fréquences est un département ministériel ou une autorité
administrative indépendante ayant accès à une ou plusieurs bandes de fréquences pour
son propre usage dans le cas d’un département ministériel ou en vue de l’attribution de
fréquences à des tiers dans le cas d’une autorité administrative indépendante.
Planifier
La création de l’Agence Nationale des Fréquences répond au souci de disposer en
France, d’un organisme technique puissant capable de gérer et de planifier la ressource
collective rare et limitée que constitue le spectre des fréquences radioélectriques.
Aujourd’hui, les applications, rendues possibles par les progrès de la technologie,
génèrent un accroissement rapide des besoins en fréquences. Elles imposent
Contrôler
L’Agence est chargée d’organiser et d’effectuer le contrôle du spectre sur le territoire
national. Elle vérifie l’application des règles régissant l’emploi des fréquences et
s’efforce de résoudre les cas de brouillage dont sont victimes les utilisateurs légitimes.
Elle tient à jour les fichiers d’assignation des fréquences et d’autorisation des stations
d’émission nécessaires à une bonne connaissance des utilisateurs et à la protection de
leurs droits. Elle participe à la poursuite des contrevenants.
Coordonner
L’Agence prépare et coordonne l’action de la représentation française dans
les négociations internationales. Elle est responsable de la coordination internationale
des fréquences aux frontières et des systèmes de télécommunication par satellite.
Elle assure les fonctions de « bureau centralisateur » prévu par le règlement des
radiocommunications de l’Union Internationale des Télécommunications. Au plan
national, l’Agence instruit et coordonne les demandes de fréquences venant des
administrations et des autorités affectataires dans les bandes partagées.
Elle définit aussi les méthodes et procédures conduisant à une utilisation optimale des
sites disponibles pour l’implantation des stations radioélectriques en vue d’atteindre la
meilleure compatibilité électromagnétique. A la demande des ministères ou autorités
affectataires, elle offre des prestations variées touchant à l’assignation et à la facturation
de fréquences à des opérateurs publics ou privés.
Pour gérer le spectre trois démarches sont nécessaires, de l’amont à l’aval :
• La planification et la prospective générale du spectre
• Des procédures de coordination entre les utilisateurs
• Le contrôle du spectre et de l’usage des fréquences
L’agence est responsable de toute l’activité commune aux divers ministères et
autorités affectataires. Elle gère le spectre de façon globale, par bandes de fréquences.
De son côté, chaque ministère et autorité affectataire est responsable de la gestion fine
des bandes de fréquences qui lui sont allouées et en particulier de l’assignation de
fréquences aux divers utilisateurs, par le biais d’autorisations.
Au bénéfice de l’Autorité de Régulation des Télécommunications (ART) et dans
le cadre d’une convention, l’agence exerce une activité importante de gestion
des fréquences des réseaux indépendants. Enfin, l’Etat a confié à l’Agence
des responsabilités d’ordonnancement des redevances d’usage et de gestion des
fréquences.
Affectataires :
ART : Autorité de Régulation des Télécommunications
FA : Forces Armées
INT : Intérieur
ESP : Espace
MTO : Météorologi
AC :Aviation Civile
PNM : Ports et Navigation Maritime
CSA : Conseil Supérieur de l’Audivisuel
RST : Radioastronomie
3.2. L’homologation
L’attribution d’une fréquence se fait toujours en précisant strictement la largeur de
bande autorisée ainsi que la «classe» d’émission (déterminée par le type de modulation
de la porteuse, la nature du signal et le type d’information à transmettre). Par ailleurs,
d’autres conditions relatives par exemple à la puissance rayonnée, à la directivité, etc...
peuvent également être imposées.
C’est pourquoi tout équipement mis en service doit être homologué, ce qui garantit sa
conformité aux normes imposées.
de ce canal. Cette procédure peut s’avérer très longue à l’intérieur d’un pays, mais elle
est beaucoup plus complexe quand plusieurs pays sont impliqués, les occupants d’un
canal de fréquences déterminé n’étant en général pas les mêmes d’un pays à I’autre.
L’UIC a cependant réussi à obtenir de la CEPT l’attribution de fréquences pour les
chemins de fer européens dans la bande 457-468 MHz. Ces groupes de fréquences sont
détaillés dans les tableaux à la fin de ce chapitre.
En s’appuyant sur la directive européenne T/R 25-09, l’UIC a aussi réussi à obtenir
2 ✕ 4 MHz de bande pour le système de communication GSM-R dans le cadre du
développement d’un système de contrôle-commande des trains à grande vitesse inter
opérable en Europe : ERTMS. Cette allocation de fréquence autorise les opérateurs
ferroviaires à déployer des réseaux privés GSM-R nationaux dans les bandes appairées
876-880 MHz et 921-925 MHz (2 ✕ 4 MHz). Cette allocation est considérée comme
suffisante pour répondre aux besoins des opérateurs ferroviaires sous réserve d’une
planification des fréquences judicieuses.
La directive européenne d’interopérabilité des systèmes sur les lignes à grande vitesse
a aussi conduit à l’attribution plus ponctuelle de fréquences pour les composants
EUROBALISE et EUROLOOP développés pour le système ERTMS/ETCS. Pour
EUROBALISE il a été proposé un lien montant à 4,24 MHz et un lien descendant à
27,095 MHz afin d’être compatible avec les autres utilisateurs dans cette bande.
En ce qui concerne les applications métro, ce rapport montre au travers des exemples
cités, que les opérateurs de métro et par exemple en France, la RATP, utilisent des
systèmes de télécommunications similaires à ceux utilisés à la SNCF et partagent donc
comme utilisateurs les bandes allouées par l’UIC.
Dans ce rapport, nous avons décrit les caractéristiques techniques des systèmes de
transmission aujourd’hui disponibles pour des applications grand public (radiotéléphonie
sans fil, boucle locale, transmission haut débit sans fil, objets mobiles communicants) ou
des applications de radio mobile professionnelle (TETRA, TETRAPOLE et GSM-R).
Les allocations de fréquences pour ces systèmes se situent autour de 450 MHz, 900 MHz,
1,8 GHz, 2 GHz, 2,45 GHz, 5,8 GHz voire même autour de 60 GHz. Il convient en outre
de noter que pour les systèmes dédiés aux applications WLAN et BRAN, les allocations
concernent de très faibles puissances à l’émission ce qui peut ne pas être compatible avec
des applications transport.
Les interviews menées dans le cadre de cette étude laissent entendrent que certains de
ces systèmes sont étudiés dans des projets internes à la RATP mais il n’y a pas
d’information ou de résultats publics sur le sujet. Quels que soient les systèmes qui
pourraient être choisis il sera nécessaire de demander des autorisations pour partager les
bandes de fréquences avec d’autres utilisateurs. A ce jour, nous n’avons pas eu
connaissance d’une quelconque initiative des opérateurs de transports guidés urbains
pour l’allocation de bandes spécifiques à l’échelle européenne. On peut seulement
mentionner une lettre de la RATP à la Commission Européenne dans le cadre du projet
ESCORT que nous avons déjà évoqué.
Sites Internet :
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[Link]/Opinnot/Tik-111.550/1999/Esitelmat/Wap/wap/[Link]
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[Link]/orion/advisor