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Pompes Domestiques Et Surpresseurs: Surpression D'eau Dans Les Immeubles

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09/10/2008

Pompes domestiques et surpresseurs


Surpression d’eau dans les immeubles

par Yves POULLIN


Ingénieur de l’École Nationale Supérieure d’Arts et Métiers
et de l’École Nationale Supérieure d’Hydraulique et de Mécanique de Grenoble
Directeur attaché à la Direction des Pompes Sihi

1. Présentation générale............................................................................. C 3 832 - 2


2. Surpression classique avec réservoir................................................. — 4
2.1 Principe......................................................................................................... — 4
2.2 Détermination des pompes et des réservoirs ........................................... — 4
2.3 Renouvellement d’air .................................................................................. — 5
2.4 Appareillage électrique ............................................................................... — 6
2.5 Surpression avec réservoir à membrane .................................................. — 6
2.6 Règles générales à observer....................................................................... — 7
3. Surpression continue.............................................................................. — 7
3.1 Définition ...................................................................................................... — 7
3.2 Surpresseurs à différentes vitesses de rotation........................................ — 8
3.3 Surpresseurs à vitesse variable.................................................................. — 8
3.4 Surpresseurs à deux sens de rotation ....................................................... — 9
3.5 Commande d’un second groupe................................................................ — 9
3.6 Surpression dite avec économiseur........................................................... — 9
3.7 Surpression continue avec groupes immergés ........................................ — 9
3.8 Renseignements à fournir au constructeur ............................................... — 9
4. Surpression d’incendie........................................................................... — 9
5. Conclusion ................................................................................................. — 9
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. C 3 832

orsque la pression d’eau des distributions urbaines devient insuffisante pour


L alimenter les étages supérieurs des immeubles, il est nécessaire de prévoir
un système de surpression autonome et automatique.
La réglementation en vigueur à ce sujet est assez complexe. En effet, la
corporation de la Plomberie Sanitaire, fondée sur un code qui date de mai 1942,
est régie par :
5 - 1991

— des normes ;
— des documents techniques unifiés (DTU) ;
— des règlements ;
traitant des multiples sujets intéressant la profession : service d’eau potable,
distribution d’eau sanitaire, protection contre l’incendie, y compris bien entendu
C 3 832

dans chaque cas les règlements sur le choix des tuyauteries, l’évacuation des
eaux usées, etc.

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1. Présentation générale d’immeubles à usage exclusif (habitation, hôtel, dépôts d’archives,


bureaux, hôpitaux, cliniques, etc.) ou bien à usage mixte.
En ce qui concerne la surpression d’eau proprement dite, les
Dans le domaine qui nous intéresse présentement, le lecteur immeubles de moins de 28 m ne posent pas de problèmes parti-
pourra utilement se référer aux documents suivants [Doc. C 3 822] : culiers mais, par contre, c’est au-dessus de cette cote que des
dispositifs et des installations de surpression deviennent, en général,
• normes NF P 41-101 et 41-201, NF S 61-750 et 61-751 ; nécessaires.
NF S 62-201 ;
• DTU no 60-11 ; Il faut dans tous les cas distinguer trois systèmes caractérisés de
distribution d’eau :
ainsi qu’aux différentes brochures Sécurité contre l’Incendie dans
les Immeubles de Grande Hauteur (IGH), éditées par le Journal — le service incendie, avec réserve d’eau potable de 120 m3
Officiel, et auprès de la Chambre Syndicale des Entreprises de environ implantée en général dans les sous-sols (ou parfois dans
Couverture et Plomberie. les parties hautes) ; le débit doit être de 120 m3 /h ; il est assuré par
trois groupes électropompes de 60 m3 /h unitaire, dont un de
Les immeubles à grand nombre d’étages sont classés en trois secours ; la pression disponible sur les prises d’eau doit toujours
grandes catégories : être comprise entre 4,5 et 8,5 bar ;
— ceux dont la hauteur est inférieure à 28 m ; — le service de distribution d’eau sanitaire, sur les WC,
— ceux dont la hauteur est comprise entre 28 et 50 m ; dont l’eau provient de la réserve d’incendie : celle-ci, ne devant pas
— et ceux d’une hauteur supérieure à 50 m. être stagnante, se trouve ainsi en circulation permanente ;
Ces deux dernières catégories sont dites immeubles de grande — le service d’eau potable proprement dit, alimentant
hauteur (IGH) (article Sécurité contre l’incendie dans les immeubles l’ensemble des robinets susceptibles de puisage.
de grande hauteur (IGH) [C 3 282] dans ce traité) qu’il s’agisse

Figure 1 – Schéma de distribution d’eau


pour les immeubles d’une hauteur
inférieure à 100 m

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Lorsque la hauteur de l’immeuble dépasse la cote + 100 m, des adopter dans de nombreux cas. Il n’en est pas moins vrai que seule
dispositions spéciales peuvent être envisagées car les pressions la consultation des textes en vigueur permet à coup sûr d’être en
mises en jeu sont trop importantes ; en outre, les trois pompes accord complet avec la législation.
d’incendie de 60 m3 /h devenant d’une puissance prohibitive, il faut La figure 1 s’applique à un immeuble d’une hauteur inférieure à
donc travailler par relais. 100 m ; le schéma de la figure 2 est préconisé pour tout immeuble
Nous avons schématisé sur les figures 1 et 2 les dispositions d’une hauteur supérieure à 100 m.
pouvant être envisagées et que la coutume, précisons-le, a fait

Figure 2 – Schéma de distribution d’eau, préconisé pour tout immeuble d’une hauteur supérieure à 100 m

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2. Surpression classique La présence de deux groupes permet d’assurer partiellement le


service, même en cas d’arrêt de l’un d’eux. La sécurité devient
avec réservoir complète si un troisième groupe de secours est prévu en réserve.

2.1 Principe 2.2 Détermination des pompes


Il s’agit en fait d’un montage en hydrophore tel que défini dans et des réservoirs
l’article Alimentation en eau des maisons rurales [C 3 830], mais
faisant appel à un appareillage beaucoup plus poussé d’automa-
tisme et de protection (figure 3). Le débit nécessaire est déterminé non pas en fonction des besoins
journaliers comme dans les installations domestiques, mais en fonc-
Du fait que l’aspiration se fait toujours en charge, les pompes tion du nombre et de la nature des points d’eau répartis dans
sont du type centrifuge classique, donc bénéficiant d’un rendement l’immeuble à alimenter. Connaissant cette quantité de points d’eau,
intéressant. on détermine un coefficient de simultanéité ; celui-ci, appliqué au
En ce qui concerne les réservoirs, ceux-ci doivent être éprouvés débit total théorique (tous les robinets supposés ouverts), donne le
et timbrés par le Service des Mines. Leur disposition dans la salle débit instantané nécessaire au calcul et au choix du type de pompe.
de pompage est le plus souvent du type de dérivation, par opposi- Le choix du volume des réservoirs est lié à la fréquence admis-
tion au montage en traversant comme cela se fait couramment sible des mises en route des moteurs d’entraînement, au régime
dans les installations domestiques (figure 4). de variation du débit instantané réel et aux conditions de maintien
Cette disposition a l’avantage de limiter les turbulences, les du matelas d’air.
remous dans le réservoir et, par conséquent, la dissolution du Les fréquences de démarrage des moteurs électriques sont
matelas d’air dans l’eau. données par les constructeurs. Par exemple, un moteur à rotor en
En général, les services officiels de distribution d’eau acceptent court-circuit peut admettre 12 démarrages/h.
que l’aspiration des pompes se fasse directement sur le réseau ; En ce qui concerne les pompes proprement dites, les construc-
mais, dans de nombreux cas, la législation impose la présence d’une teurs, possédant les éléments de résistance mécanique de leurs
bâche relais, évitant la formation de dépressions. Cette bâche peut appareils, peuvent également donner le nombre de démarrages/h
présenter certains inconvénients au point de vue salubrité ; son admissibles.
nettoyage annuel est imposé.
Trois cas peuvent se présenter :
Dans ce cas, un système de contrôle du niveau dans la bâche est
nécessaire pour assurer le fonctionnement en charge de la pompe. — le débit d’utilisation est faible : la réserve utile va se vider
Bien entendu, on perd ainsi le bénéfice de la pression de ville, et lentement ; au point d’enclenchement, la pompe fonctionnera une
les pompes doivent être plus puissantes. courte période, pour remplir simplement la réserve, au faible débit
d’utilisation près ;
Ces stations de surpression avec réservoir comportent au mini- — le débit d’utilisation est important : la réserve utile se vide très
mum deux pompes fonctionnant en cascade, c’est-à-dire se mettant rapidement, mais la pompe mettra longtemps à la remplir puisqu’elle
en route à des pressions échelonnées, fixées en fonction des besoins. doit fournir en même temps le débit d’utilisation ;
En d’autres termes, un groupe est prévu pour assurer l’alimentation — cas intermédiaire : le débit d’utilisation est égal environ à la
aux heures creuses, les deux groupes fonctionnant simultanément. moitié du débit moyen de la pompe dans l’intervalle de pression ;
c’est le cas le plus défavorable, car le moteur se remettra en route
le plus fréquemment.

Figure 3 – Surpression classique avec réservoir

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Figure 4 – Montage d’un réservoir hydropneumatique

Retenons d’ailleurs que le temps entre deux démarrages


s’obtient par la formule :
J
t = 4 -----------------
Q moy

avec t (min) temps entre deux démarrages,


J (L) capacité utile,
Q moy (L/min) débit moyen.
Nous ajouterons à cela que, si la pompe a une courbe caracté-
ristique plate, la marge de débit est plus large dans les intervalles
de pression et la sécurité de marche procurée par la réserve utile Figure 5 – Influence de la courbe caractéristique d’une pompe
est plus importante (figure 5). sur la marge de débit
Ces quelques renseignements montrent l’importance que revêt,
dans une installation de ce genre, la détermination du volume des réseau de distribution, soit même par les deux situations ci-avant
réservoirs et chaque cas doit faire, dans cet esprit, l’objet d’une se produisant simultanément. L’expérience prouve que l’on risque
étude particulière. ainsi d’introduire trop ou trop peu d’air.
Une solution originale à ce problème consiste à asservir le
fonctionnement du compresseur à la pompe elle-même ; en d’autres
2.3 Renouvellement d’air termes, le compresseur fonctionne si la pompe elle-même tourne,
et toujours en même temps qu’elle, et pour autant que la quantité
d’air dans le réservoir nécessite le fonctionnement de ce
Les groupes de surpression d’immeuble étant donnés, les débits compresseur ; c’est-à-dire que ce dernier est mis hors circuit lorsque
mis en jeu et le volume souvent important des réservoirs imposent le matelas d’air est suffisant.
un équipement indépendant permettant le renouvellement du Le calcul de la position des électrodes se fait dans ce cas de la
matelas d’air. façon suivante (on prend comme unité celle de la hauteur du réser-
Cet équipement est constitué par un groupe électrocompresseur voir H ) :
avec ses accessoires : clapet de retenue, filtre à air, silencieux, — distance db de la bougie basse au sommet du réservoir :
déshuileur et dispositif de mise à vide pour éviter le démarrage en
charge. À noter également que le déshuileur doit se trouver le plus Pv
d b = H --------
loin possible du compresseur, afin que l’air, ainsi comprimé, y Pa
parvienne déjà refroidi.
La commande peut se faire manuellement (par boutons- — distance dh de la bougie haute au sommet du réservoir :
poussoirs), de façon semi-automatique (mise en route manuelle,
Pv Pe
arrêt par minuterie), ou avec des électrodes, de façon entièrement d h  H ---------------
2
automatique en fonction des niveaux. Dans tous les cas, une Pa
protection par contacteur-disjoncteur est indispensable.
Différents principes sont adoptés pour déterminer cette avec H hauteur du réservoir,
commande automatique du compresseur. En réalité, le problème est Pa (bar) pression absolue de déclenchement,
assez complexe, car les cycles de recharge en air commandés par Pe (bar) pression absolue d’enclenchement,
les niveaux sont influencés, soit par le remplissage en eau du réser-
voir, soit au contraire par la vidange lors des prélèvements sur le Pv (bar) précompression.
Nota : pression absolue = pression lue au manomètre + 1 bar.

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2.4 Appareillage électrique 2.5 Surpression avec réservoir


à membrane
Nota : le lecteur se reportera utilement à l’article Installations électriques. Caracteris-
tiques générales des installations [D 5 030] du traité Génie électrique.
Les constructeurs appliquent aux problèmes de surpression
Il est en général constitué par une armoire de commande
d’immeubles une technique extrapolée de celle utilisée pour les
renfermant les appareils de commande et de contrôle ainsi que les
pompes domestiques (article Alimentation en eau des maisons
voyants lumineux de signalisation. Une protection contre le manque
rurales [C 3 830]).
d’eau à l’aspiration est indispensable (manostat inversé, interrupteur
à flotteur par exemple). L’adoption, en effet, de réservoirs à membrane supprimant la
nécessité du renouvellement d’air, conduit à des solutions pratiques,
Du fait de la marche en cascade (§ 2.1), l’armoire de commande
moins encombrantes et moins onéreuses. Suivant le débit néces-
comporte un système de permutation automatique des pompes
saire, il y a lieu de prévoir un ou plusieurs de ces réservoirs montés
assurant un temps de fonctionnement pratiquement identique pour
sur le refoulement.
chaque groupe électropompe, évitant ainsi l’usure prématurée d’un
groupe. Il est d’ailleurs possible de disposer ce ou ces réservoirs dans les
parties hautes de l’immeuble ainsi que leurs dispositifs de
La figure 6 représente l’appareillage minimal nécessaire dans une
commande.
station de surpression.

Figure 6 – Schéma de principe d’une installation de surpression classique avec son armoire de commande

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Il suffit alors de relier électriquement ces derniers aux groupes


électropompes placés en sous-sol. 3. Surpression continue
Cette technique, largement utilisée, donne entière satisfaction aux
usagers ; elle constitue en quelque sorte une solution intermédiaire 3.1 Définition
entre la solution sans réservoirs décrite ci-après (§ 3) et les solutions
classiques avec réservoirs hydropneumatiques. Le principe de base consiste à supprimer complètement les réser-
voirs à pression d’air coûteux et encombrants. Chaque constructeur
y a apporté sa propre personnalisation tenant compte de son expé-
rience et de ses matériels.
2.6 Règles générales à observer
Ainsi, les problèmes d’installation, d’entretien, de renouvelle-
ment d’air et surtout de bruit produit sont considérablement dimi-
L’alimentation des groupes de surpression au départ d’une bâche nués, sans oublier également que le local affecté à la surpression
intermédiaire (§ 2.1) fait l’objet pour celle-ci d’une réglementation devient, dans ce cas, beaucoup plus réduit, puisque l’on gagne
précise, quant à son principe et aux différentes sécurités qu’elle doit ainsi la place, souvent très importante, prise par les réservoirs.
comporter [4]. Par contre, son volume n’est pas défini et peut être Dénommée, le plus souvent, surpression continue ou surpression
aussi réduit qu’on le désire (il n’est pas question actuellement directe (figure 7), cette technique consiste essentiellement à
d’imposer une capacité de réserve minimale pour l’eau potable). alimenter directement les postes de consommation par la pompe.
Lorsque l’aspiration se fait directement sur la conduite, une Ainsi, le groupe électropompe tourne en permanence tantôt à
protection contre le manque d’eau doit être prévue pour éviter aux plein débit aux heures de pointe, tantôt à débit moindre ou même
groupes életropompes un fonctionnement à sec. à débit nul, aux heures creuses.
L’installation d’un surpresseur ne présente pas en soi de grosses Le pilotage de ce groupe est assuré par la pression d’eau de ville,
difficultés ; seul le lieu d’emplacement revêt un caractère primordial c’est-à-dire par la charge à l’aspiration, et non plus par la pression
en raison des transmissions possibles de bruit et de la gêne que cela du réservoir.
peut occasionner aux locataires, aux habitants situés à proximité.
En effet, si la pression de la ville devient suffisante pour assurer
Ce problème, déjà important pour un immeuble à usage d’habita- la distribution à tous les étages, le groupe électropompe devient
tion, devient crucial s’il s’agit d’une collectivité, hôpital par exemple. superflu et il peut s’arrêter ; sa remise en route est assurée par le
L’installateur n’est pas, bien entendu, responsable du choix du même processus, quand la pression de ville descend au-dessous
local, puisque c’est le maître d’œuvre qui l’a déterminé, mais il doit d’une certaine valeur.
d’une manière générale, par la mise en place de systèmes Une armoire électrique spéciale de commande et de protection
appropriés, diminuer autant que faire se peut, les transmissions de est fournie avec chaque installation.
bruit et de vibrations dans le réseau de distribution (cales de
La figure 8 donne un schéma d’implantation d’une surpression
caoutchouc ou de liège sous les socles, raccordements des
continue.
tuyauteries par manchettes anti-vibratiles, isolation phonique du
local, etc.). ■ Avantages de ce système :
De toutes façons, dans une surpression classique avec réservoir — la surpression assurée est exempte de fluctuations et suffit,
hydropneumatique, ce sont souvent les démarrages intempestifs, quelle que soit la consommation, pour alimenter le robinet le plus
diurnes ou nocturnes, du compresseur d’air qui sont à la base de élevé ;
ces nuisances. Le groupe électropompe par lui-même ne peut pas — les débits prélevés sur le réseau représentent l’exacte
être absolument silencieux, mais l’adoption de paliers lisses, le choix consommation des usagers ;
de moteurs à faible bruit magnétique et à ventilation très étudiée — les surcharges dues au démarrage des pompes et les coups
permettent actuellement d’obtenir des résultats très appréciés. de bélier sont supprimés ;
Les compresseurs d’air utilisés, étant en général de faible puis- — le fait que les pompes tournent au maximum à 1 450 tr/min,
sance, ne possèdent pas, au point de vue lubrification, une que les moteurs soient du type silencieux (moteurs dessaturés
autonomie de fonctionnement très importante, et il est recommandé, magnétiquement, et si possible à paliers lisses) et l’absence de
surtout au moment de la précompression où ils sont appelés à compresseur d’air, contribuent à diminuer, dans de très grandes
fonctionner plusieurs heures, de vérifier très soigneusement leur proportions, le niveau sonore de l’ensemble ;
réserve d’huile. Cette vérification devra d’ailleurs, par la suite, être — il y a gain de place très important, économie d’investisse-
faite à intervalles réguliers, par exemple tous les mois environ. ments et d’entretien.
Dans le cas d’un fonctionnement automatique par électrodes
(bougies), celles-ci sont alimentées sous faible tension (18 ou 24 V),
et il est recommandé de placer leurs conducteurs de commande le
plus loin possible des lignes électriques 380 voire 220 V, afin d’éviter
des perturbations dues à des phénomènes d’induction.
Rappelons enfin que les réservoirs à pression d’air, timbrés par
le Service des Mines, doivent être nettoyés au moins 1 fois par an
et peuvent faire l’objet, tous les 10 ans, d’une vérification par des
services officiels. Leur accès, leur dépose momentanée, ou leur
remplacement doivent donc être possibles sans inconvénient.
Les surpresseurs d’immeuble, une fois en fonctionnement, sont
le plus souvent affectés à la surveillance d’un personnel peu
spécialisé, impliquant un entretien régulier par contrat, soit avec le
constructeur, soit avec l’installateur, soit enfin avec des sociétés
privées.
Figure 7 – Schéma d’un surpresseur direct

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Figure 8 – Schéma d’implantation d’une surpression continue

L’adoption de ce système nécessite bien entendu l’accord des


sociétés distributrices d’eau, en ce qui concerne le branchement
direct sur les canalisations d’arrivée.
Les services techniques de la Compagnie Générale des Eaux
recommandent souvent des bâches intermédiaires entre l’eau de
ville et le groupe surpresseur, afin d’éviter toute perturbation sur le
réseau.
Néanmoins les garanties données par les constructeurs (chute
de pression au plus égale à 0,2 bar) sont en général suffisantes
pour convaincre les intéressés et permettre ainsi le raccordement
direct. Toutefois, chaque installation étant un cas d’espèce, il
importe d’obtenir, en fonction des pointes possibles de débit et de
la vétusté du réseau, les autorisations officielles.
Si la bâche intermédiaire est nécessaire, on perd évidemment le
bénéfice de la pression du réseau et le matériel de pompage doit
Figure 9 – Diverses solutions pour l’alimentation en eau
être plus important.
des immeubles de grande hauteur
Dans le cas d’immeubles de grande hauteur, il est possible de
n’alimenter en eau surpressée que les étages supérieurs tels que
définis sur la figure 9 (solutions II et III). • moteur asynchrone à bague et rhéostat rotorique (variation
par glissement) ;
— variation de vitesse par coupleur :
• coupleur hydraulique à écope,
3.2 Surpresseurs à différentes vitesses • coupleur électromagnétique à poudre.
de rotation D’une manière générale, ces différents dispositifs présentent, par
rapport à l’entraînement à vitesse fixe, les avantages suivants :
Lorsque la pression amont présente des variations importantes,
— pression sensiblement constante au refoulement (fluctuations
bien qu’insuffisantes dans leur maximum pour alimenter les étages
de l’ordre de ± 0,2 bar) ;
supérieurs, il est possible de prévoir des moteurs à deux vitesses
— diminution de la puissance électrique consommée lors de la
de rotation : 1 400 tr/min quand la pression est faible, 2 900 tr/min
marche à faible débit.
à une pression supérieure. La commutation se fait automatiquement,
par un interrupteur manométrique placé à l’aspiration. Ces améliorations sont obtenues par :
Cette variation de vitesse permet à l’ensemble un fonctionne- — un meilleur rendement hydraulique de la pompe qui fonctionne
ment très souple, adapté à chaque moment aux possibilités du en un point plus proche de son rendement optimal ;
réseau et aux besoins de la consommation. — la stabilité de la hauteur manométrique délivrée dans la partie
gauche de la courbe caractéristique (figure 5), qui réduit la puis-
sance hydraulique à fournir en proportion directe de la diminution
de hauteur manométrique obtenue.
3.3 Surpresseurs à vitesse variable Selon les performances du groupe surpresseur, la valeur
d’investissement pour ce type de technique peut être plus élevée
En variante à la solution surpresseur à moteurs à deux vitesses, que pour les solutions utilisant des moteurs standards ou à deux
les constructeurs présentent aussi des systèmes de surpression à vitesses. L’expérience accumulée par les constructeurs dans les dif-
vitesse variable parmi lesquels on rencontre essentiellement les férents systèmes leur permet de proposer des choix optimisés tant
dispositifs suivants : du point de vue de l’investissement que de celui du coût
— variation de vitesse du moteur : d’exploitation.
• moteur standard asynchrone à cage associé à un convertisseur
de fréquence (variation continue de 0 à 50 Hz, par exemple),

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3.4 Surpresseurs à deux sens de rotation Un système de commande et de protection analogue à celui des
groupes de surface est possible dans ce cas.
Ce système met en œuvre des groupes électropompes de
construction hydraulique appropriée, capables d’assurer deux
courbes caractéristiques différentes selon le sens de rotation imposé. 3.8 Renseignements à fournir
Ce système autorise une souplesse de fonctionnement au constructeur
comparable aux moteurs à deux vitesses (§ 3.2), mais offre l’avan-
tage d’utiliser des moteurs standards. Ce sont :
— le nombre de points d’eau et leur utilisation pour déterminer
le débit nécessaire ;
3.5 Commande d’un second groupe — la hauteur du point d’eau le plus élevé dans l’immeuble et la
pression minimale exigée à ce point ;
— la pression disponible au réseau d’eau de ville (valeurs
La surpression continue (§ 3.1), ne fait état que d’un seul groupe normale, maximale et minimale) : ce renseignement doit être obtenu
électropompe ; or, en pratique, un second groupe dit de secours et confirmé par le Service des Eaux ;
est en général prévu. Un appareillage spécial avec permutation, — la nature et la tension de courant électrique disponible ; préciser
soit manuelle, soit automatique à intervalles réguliers, fait fonc- si le neutre est distribué.
tionner alternativement l’un ou l’autre de ces groupes.
Toutefois, lorsque la consommation en eau surpressée est très
importante aux heures de pointe, le débit d’une seule pompe devient
insuffisant, et il est nécessaire de mettre une deuxième, voire une 4. Surpression d’incendie
troisième pompe en parallèle, pour assurer le débit.
La commande de ces pompes supplémentaires se fait alors auto-
Les immeubles ou les collectivités doivent posséder un réseau
matiquement, en fonction de la demande, par l’intermédiaire soit
d’eau surpressée pour la lutte contre l’incendie, et l’automatisation
de pressostats, soit d’un contrôleur de débit à 1 ou 2 contacts. Un
totale du dispositif est en général imposée.
système de permutation du groupe de tête peut, également dans
ce cas, être envisagé, afin de répartir équitablement les heures de En d’autres termes, il est nécessaire que le circuit soit en pression
fonctionnement, donc l’usure sur tous les appareils. constante, afin que la simple ouverture d’une lance assure la pres-
sion et le débit nécessaires.
Les règles générales concernant les réseaux d’incendie sont
décrites succinctement en tête de cet article.
3.6 Surpression dite avec économiseur
Pour les immeubles de grande hauteur, la réserve d’eau doit être
au minimum de 120 m3, cette réserve étant assurée pendant le
Le principe de la surpression directe se caractérisant par le nettoyage réglementaire du réservoir. En pratique la réserve incendie
fonctionnement continu des groupes de pompage, on peut lui repro- sera constituée de 2 réservoirs de 120 m3, de 3 réservoirs de 60 m3
cher d’occasionner une dépense supplémentaire d’énergie. ou de 4 réservoirs de 40 m3.
Aussi, les constructeurs proposent-ils des dispositifs particuliers, Le surpresseur doit être capable d’assurer un débit de 120 m3 /h,
faisant appel : correspondant au débit simultané de 2 colonnes humides
(NF S 61-751) et doit systématiquement comporter une pompe de
— soit à des horloges à contact permettant l’arrêt complet de
secours.
l’installation quand aucun débit ne doit être consommé, la nuit par
exemple dans une usine ; L’alimentation du réseau, telle que représentée aux figures 1 et 2
— soit à des pompes de faible capacité et donc de faible puissance, fait appel à des réservoirs hydropneumatiques, placés soit en
assurant aux heures creuses le maintien de pression et compensant sous-sol, soit en étages.
les fuites éventuelles, toute demande de débit plus importante ayant Par l’adoption d’une surpression continue, ces réservoirs peuvent
pour effet de mettre en route les groupes principaux ; être supprimés et le fonctionnement est analogue à celui décrit
— soit à l’adjonction, sur la distribution, d’un réservoir à ci-avant (§ 3).
membrane (§ 2.5), de faible volume, muni d’un contacteur mano-
En pratique, il est judicieux de prévoir une marche économique
métrique arrêtant l’installation en cas de débit nul ; lorsqu’il y a de
avec petit réservoir à membrane en limitant le plus possible le calibre
nouveau demande de débit, l’action de ce contacteur manométrique
de la pompe de maintien de pression. Ainsi, les fuites éventuelles
est court-circuitée, et le système fonctionne en surpression continue.
sont compensées et, lors d’une demande soudaine, les pompes de
débit peuvent être mises en route.

3.7 Surpression continue


avec groupes immergés
5. Conclusion
Certaines installations peuvent être équipées, non pas de groupes
électropompes de surface classiques, mais de groupes électro-
pompes immergés introduits en permanence dans un élément de En conclusion, le système de surpression continue est véri-
tuyauterie, branché sur le réseau d’eau de ville. Cette disposition tablement, dans son principe, la solution la plus intéressante non
apporte au point de vue sonore une amélioration considérable et seulement pour l’alimentation des immeubles, mais dans toutes les
peut être préconisée chaque fois que les Services Officiels donnent branches d’industrie (services généraux d’usines) et dans la majeure
leur accord pour le prélèvement direct sur le réseau. partie des distributions d’eau.

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P
O
U
Pompes domestiques et surpresseurs R
Surpression d’eau dans les immeubles E
N

par Yves POULLIN


Ingénieur de l’École Nationale Supérieure d’Arts et Métiers
S
et de l’École Nationale Supérieure d’Hydraulique et de Mécanique de Grenoble
Directeur attaché à la Direction des Pompes Sihi A
V
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Références bibliographiques
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O
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U
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Documents Techniques Unifiés
S
DTU 60-11 10-88 Règles de calcul des installations de plomberie sanitaire
NF S 61-750 7-73 Colonnes sèches.
et des installations d’évacuation des eaux pluviales.
5 - 1991
Doc. C 3 832

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