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Ascenseurs: Une Réglementation Pour La Sécurité: Gérard Chambard

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Ascenseurs : une réglementation

pour la sécurité

par Gérard CHAMBARD


Consultant en ascenseurs

1. Installer un ascenseur : la directive ascenseurs de 1995 ............ C 3 710 — 2


1.1 Des exigences essentielles de sécurité doivent être respectées ............. — 2
1.2 La norme n’est plus une solution technique obligatoire et est
d’application volontaire .............................................................................. — 2
1.3 L’ascenseur doit être marqué « CE » .......................................................... — 3
1.4 L’innovation technologique est rendue possible....................................... — 3
1.5 Autres réglementations à prendre en compte pour l’installation
d’un ascenseur............................................................................................. — 3
2. Sécurité des ascenseurs existants : la loi du 2 juillet 2003 ....... — 4
2.1 Mise en sécurité des ascenseurs existants ............................................... — 4
2.2 Obligations minimales d’entretien............................................................. — 5
2.3 Contrôle technique périodique ................................................................... — 6
2.4 Droit d’information ...................................................................................... — 6
2.5 Sanctions...................................................................................................... — 6
3. Conclusion ................................................................................................. — 7
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. C 3 710

éservé à ses débuts aux immeubles de luxe, l’ascenseur s’est beaucoup


R développé à partir des années 1970, accompagnant l’urbanisation de notre
société. Il est devenu un élément familier et incontournable de nos immeubles
d’habitation, de nos bureaux, des musées, aéroports, centres de soins, bâtiments
publics, etc.
L’ascenseur joue un rôle clé pour répondre aux exigences modernes en matière
d’autonomie, mobilité, accessibilité, rapidité. Il limite la fatigue, fait gagner du
temps, facilite les déplacements, le transport des courses… Il permet aussi aux
personnes âgées, de plus en plus nombreuses compte tenu de l’évolution démo-
graphique, ou aux personnes à mobilité réduite, de vivre à leur domicile, en étant
autonomes.
C’est aujourd’hui le moyen de transport le plus utilisé. 100 millions d’usagers
l’empruntent chaque jour, soit plus que dans le métro parisien et le RER réunis. On
estime qu’un ascenseur effectue en moyenne 200 à 300 trajets quotidiennement,
ce qui représente environ 3 000 kilomètres par an. Il doit ainsi être sûr en toute
circonstance et disponible en permanence.
Autre élément particulièrement important, l’ascenseur est confié à la libre utili-
sation de ses passagers et mis à la disposition de tous par son propriétaire.
Une réglementation s’est donc mise en place au fil des ans pour encadrer à la
fois la sécurité de l’installation et son bon entretien. Deux textes majeurs et inno-
vants sont intervenus récemment, d’une part pour l’installation des ascenseurs
neufs (directive ascenseurs 95/16/CE du 29 juin 1995 transposée par le décret
no 2000-810 du 24 août 2000), d’autre part pour l’entretien et l’amélioration de
la sécurité des ascenseurs existants (loi urbanisme et habitat du juillet 2002 et
décret no 2004-964 du 9 septembre 2004).

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ASCENSEURS : UNE RÉGLEMENTATION POUR LA SÉCURITÉ ____________________________________________________________________________________

Qu’est-ce qu’un ascenseur ?


D’un point de vue réglementaire est considéré comme « ascenseur » un appa-
reil, destiné à desservir de manière permanente les bâtiments et constructions,
qui dessert des niveaux définis à l’aide d’une cabine qui se déplace le long de
guides rigides dont l’inclinaison sur l’horizontale est supérieure à 15 degrés et
qui est destinée au transport soit de personnes, soit de personnes et d’objets,
soit d’objets uniquement, dès lors qu’elle est accessible, c’est-à-dire qu’une per-
sonne peut y pénétrer sans difficulté et qu’elle est équipée d’éléments de
commande situés à l’intérieur ou à la portée d’une personne qui s’y trouve. Sont
également regardés comme des ascenseurs les appareils qui se déplacent selon
une course parfaitement fixée dans l’espace, même s’ils ne se déplacent pas le
long de guides rigides, notamment les ascenseurs guidés par des ciseaux (décret
no 2000-810 du 24 août 2000, art. 1er ; décret. no 2004-964 du 9 sept. 2004, art. 1er).
Un ascenseur est principalement destiné au transport de personnes, mais il
existe aussi des ascenseurs destinés au transport de charges (ascenseurs de
charge) ou à des usages particuliers (monte-malades, monte-voitures). Tous ces
équipements relèvent des règles de sécurité renforcées édictées par la régle-
mentation ascenseurs, dès lors qu’une personne peut y pénétrer ne serait-ce
qu’occasionnellement.
En revanche, d’autres équipements ne sont pas considérés comme des ascen-
seurs bien que remplissant une fonction proche : ainsi les monte-charge (appa-
reils inaccessibles aux personnes), les plates-formes élévatrices pour personnes
à mobilité réduite (destinées à l’usage particulier de ces personnes et non de
tout usager indistinctement), les ascenseurs de chantier (qui relèvent d’une
réglementation spécifique).
Sur ce point et sur les différents types d’ascenseurs, voir le dossier [C 3 722]
« Circulation mécanique des personnes. Ascenseurs ».

1. Installer un ascenseur : 1.1 Des exigences essentielles de sécurité


doivent être respectées
la directive ascenseurs
de 1995 La directive ascenseurs du 29 juin 1995 définit des « exigences
essentielles de santé et de sécurité » auxquelles doivent satisfaire
les ascenseurs nouvellement installés : il ne s’agit plus de moyens à
respecter, mais de résultats à atteindre (sur le contenu de ces exi-
Dans le passé les normes techniques européennes ou nationales gences essentielles voir le dossier [C 3 722] Circulation mécanique
étaient d’application obligatoire : en se conformant à leurs prescrip- des personnes. Ascenseurs § 1.3).
tions techniques, les produits étaient censés être sûrs. Mais ces nor- Ainsi seules les exigences de sécurité sont obligatoires, et seuls
mes, bien que régulièrement mises à jour, ne couvraient les produits qui y répondent peuvent être mis sur le marché et mis
en service.
qu’imparfaitement la diversité des risques possibles pour l’utilisa-
teur, et figeaient les solutions techniques du fait de leur caractère Afin de prévenir les différents risques possibles, une analyse de
obligatoire. Par ailleurs, elles constituaient parfois, à travers des risques doit être réalisée pour rechercher tous ceux auxquels doit
répondre le produit : la conception et la construction du produit doi-
prescriptions nationales en matière notamment de sécurité incendie
vent ensuite être effectuées sur la base de cette analyse de risques.
et d’accessibilité, une barrière aux échanges.

Depuis les années 1990 une « nouvelle approche » préside à l’éla-


boration des directives européennes dans le domaine des produits, 1.2 La norme n’est plus une solution
avec pour objectif une sécurité renforcée tout en permettant l’inno- technique obligatoire
vation technologique et leur libre circulation au sein de l’Union euro- et est d’application volontaire
péenne.
Des normes européennes « harmonisées » (la même norme
C’est dans l’esprit de cette « nouvelle approche » qu’a été édictée
s’appliquant dans tous les États membres) proposent des solutions
la directive ascenseurs 95/16/CE du 29 juin 1995, transposée en techniques qui constituent une présomption de conformité aux exi-
France par le décret no 2000-810 du 24 août 2000 relatif à la mise sur gences de la directive (normes de la famille EN 81 dans le cas des
le marché des ascenseurs neufs. ascenseurs) pour les risques qu’elles prennent en compte.

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Mais ces normes ne sont pas d’application obligatoire, et un pro- L’acheteur est pour sa part responsable de la mise en service de
duit peut être fabriqué directement sur la base des exigences essen- l’ascenseur, définie comme la première mise à disposition de l’utili-
tielles de sécurité de la directive en utilisant des solutions sateur final.
différentes de celles proposées par les normes harmonisées.
La mise sur le marché comme la mise en service ne peuvent être
Par ailleurs en l’absence de normes harmonisées, peuvent être effectuées en l’absence de marquage « CE ». L’acheteur ne peut donc
appliquées des normes ou spécifications techniques existantes dont exiger une mise en service « anticipée » de l’ascenseur en l’absence
les références sont publiées au Journal officiel et qui sont considé- de marquage « CE », lequel ne peut intervenir que si toutes les exi-
rées comme importantes et utiles pour le respect des exigences gences de sécurité de la directive sont remplies, notamment la pré-
essentielles de sécurité. sence d’une liaison opérationnelle permanente et bidirectionnelle
C’est ainsi qu’existe un avis du 19 juin 1999 (Journal Officiel du de la cabine avec un service d’intervention de secours extérieur.
19 juin 1999) qui permet, en raison de l’absence de norme harmoni-
(Pour de plus amples renseignements il est possible de consulter
sée pour l’installation d’ascenseurs neufs dans des bâtiments exis-
le « Guide sur le marquage « CE » des ascenseurs » publié sur le site
tants, d’utiliser dans ce cas comme référentiel les documents
internet du ministère du Logement par la Direction Générale de
AFNOR (normes expérimentales) XP P 82-511 et XP P 82-611 publiés
l’Urbanisme et de la Construction).
en avril 1999 et intitulés « Règles de sécurité pour la construction et
l’installation des ascenseurs dans les bâtiments existants ».
Remarque : il convient de noter que des ascenseurs marqués
« CE » ont pu être mis sur le marché avant le 24 août 2000.
1.3 L’ascenseur doit être marqué « CE »
En effet, la directive ascenseurs 95/16/CE devait être transposée
avant le 1er janvier 1997 pour une application obligatoire au
■ Pour attester de la conformité de l’ascenseur aux dispositions de 1er juillet 1999, avec une période transitoire de deux ans à compter
la directive qui le concernent, l’installateur appose, sous sa respon- du 1er juillet 1997. La transposition étant intervenue en France par le
sabilité, un marquage « CE » qui doit être visible dans la cabine. Il décret du 24 août 2000, celui-ci s’est appliqué immédiatement.
doit également établir une déclaration de conformité contenant les
indications fixées par le décret no 2000-810 du 24 août 2000. Cependant, une circulaire du 28 mai 1999 relative à l’installation
De plus, pour les composants dits de « sécurité » (par exemple des ascenseurs neufs a permis de mettre en œuvre des dispositions
serrures, parachute) un marquage « CE » spécifique est également transitoires à compter du 1er juillet 1999 en tenant compte de la
obligatoire, apposé par le fabricant du composant et accompagné situation particulière liée aux délais de fabrication des ascenseurs.
d’une déclaration de conformité établie également par le fabricant C’est ainsi que la circulaire a stipulé une période transitoire
(qui sera jointe à la déclaration de conformité établie par jusqu’au 5 février 2000 pour l’installation d’ascenseurs neufs dans
l’installateur). des bâtiments neufs. À partir de cette date, il n’a plus été possible
Cette exigence renforcée de double marquage « CE » (marquage d’utiliser les anciennes normes NF EN 81-1 de 1986 et NF EN 81-2 de
des composants de sécurité et marquage de l’ascenseur installé) 1988 (les ascenseurs installés jusqu’au 5 février 2000 selon ces nor-
répond à un besoin essentiel de sécurité lié à la spécificité de l’équi- mes n’étant pas marqués « CE »), et seuls des ascenseurs
pement ascenseur (transport de personnes). conformes aux dispositions du décret ont pu être mis sur le marché
(ascenseurs marqués « CE »).
Chaque déclaration de conformité doit mentionner la procédure
d’évaluation de la conformité qui a été utilisée et le nom de l’orga- Une période transitoire pour l’installation d’ascenseurs neufs
nisme habilité qui a procédé à cette évaluation. dans des bâtiments existants a de même été stipulée jusqu’au
Une notice d’instructions doit également être fournie par l’instal- 19 septembre 2000, soit douze mois après la date limite de prise de
lateur lors de la mise sur le marché. commande d’un ascenseur répondant à des offres passées sous la
réglementation française alors en vigueur (normes NF P 82-211 et
■ La directive ascenseurs prévoit différentes procédures pour le NF P 82-311), date limite elle-même fixée à trois mois après la date
marquage « CE », faisant appel à un contrôle ou à une certification de publication au Journal officiel de l’avis du 19 juin 1999 concer-
par un organisme extérieur. nant les nouveaux référentiels XP P 82-511 et XP P 82-611.
Cet organisme extérieur est un organisme habilité appartenant à
un État membre, « notifié » à la Commission européenne par cet
État membre pour une ou plusieurs des annexes de la directive
ascenseurs et figurant sur une liste publiée au Journal officiel de 1.4 L’innovation technologique est rendue
l’Union européenne. Cet organisme peut intervenir dans son État possible
d’origine ou dans tout autre État membre. Il délivre au fabricant ou
à l’installateur l’autorisation d’apposer le marquage « CE » dans les
conditions et pour l’annexe pour laquelle il a été notifié. Chaque Concrètement, la directive ascenseurs a permis l’apparition de
organisme n’est habilité que pour les procédures mentionnées le technologies très innovantes, notamment dans la catégorie des
concernant, et ne peut donc intervenir pour la mise en œuvre ascenseurs sans local de machines qui représente une part de plus
d’autres procédures d’évaluation de la conformité. en plus prépondérante des installations nouvelles, et cela tout en
La directive ascenseurs impose que l’installateur, qui utilise une augmentant le niveau de sécurité (voir dossier [C 3 722]).
solution différente de celle de la norme harmonisée, fasse valider la
conception de l’ascenseur par un tel organisme notifié, quelle que
soit la procédure de la directive utilisée par cet installateur l’autori-
sant à apposer le marquage « CE », cela pour s’assurer que les solu- 1.5 Autres réglementations à prendre
tions techniques retenues répondent bien aux risques concernés et en compte pour l’installation
sont au moins d’un niveau équivalent à ce qui est prévu dans la d’un ascenseur
norme harmonisée.
■ C’est l’installateur qui est responsable du marquage « CE » et de
la mise sur le marché de l’ascenseur, définie comme la première L’ascenseur est un équipement de l’immeuble dont il rend
mise à disposition de l’acheteur. possible ou facilite l’usage.

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En fonction de la destination du bâtiment et de l’environnement De fait, pour offrir à tous ceux qui prennent les ascenseurs le
auquel s’intègrera l’ascenseur, des réglementations particulières même degré de sécurité, compte tenu du vieillissement du parc et
devront également être respectées, relatives : de l’évolution des modes d’utilisation, l’entretien ne semblait plus
— à la protection contre les risques d’incendie dans les établisse- suffisant, une mise à niveau de la sécurité des installations très
ments recevant du public (ERP), les immeubles de grande hauteur diverses en service s’avérait indispensable.
(IGH), les immeubles d’habitation ou les immeubles soumis au Code Une série d’accidents mortels fortement médiatisés en 2001 et
du travail. On citera par exemple les dispositions concernant la 2002 a amené, en France, le grand public et le législateur à prendre
résistance au feu, ou les accès dans les parkings, ou l’obligation que conscience de cette situation.
l’accès à l’ascenseur soit toujours possible depuis les parties com- La loi du 2 juillet 2003, le décret no 2004-964 du 9 septembre 2004
munes dans un immeuble d’habitation (l’article 97 de l’arrêté du et trois arrêtés du 18 novembre 2004 établissent des obligations
31 janvier 1986 prévoit qu’à chaque niveau desservi un tel accès doit dans trois domaines :
toujours être possible, même si des aménagements particuliers per-
mettent en outre d’accéder directement à certains logements sans — la mise en place de dispositifs de sécurité pour les ascenseurs
utiliser les parties communes) ; anciens qui en seraient dépourvus ;
— à la réglementation concernant l’accessibilité en faveur des — le renforcement et la clarification des conditions de mainte-
personnes handicapés dans les immeubles d’habitation, dans les nance des ascenseurs (contrat d’entretien) ;
installations ouvertes au public ou dans les lieux de travail ; — l’instauration d’un contrôle technique périodique pour s’assu-
rer de l’état de sécurité de l’ascenseur.
— à la réglementation relative aux protections contre le bruit ;
— aux dispositions des règlements sanitaires locaux ;
— aux dispositions des plans locaux de prévention contre les 2.1 Mise en sécurité des ascenseurs
risques d’inondation.
existants
En outre, si l’ascenseur est installé dans un immeuble existant, il
conviendra également de prendre en considération les possibilités
techniques et les contraintes réglementaires pour déterminer la Il s’agit d’assurer, à tout utilisateur d’un ascenseur, un même
meilleure solution d’implantation de l’ascenseur et de sa gaine degré de sécurité, quels que soient l’âge, la technologie et l’environ-
(pylône) : nement de l’ascenseur. À cet effet, 9 objectifs de sécurité sont définis
par le décret du 9 septembre 2004, dans une démarche similaire à
— dans le vide de l’escalier, quitte à l’agrandir, mais en conser- celle de la directive ascenseurs définissant des exigences essentiel-
vant un emmarchement de 0,80 m au minimum comme préconisé les de sécurité pour les ascenseurs nouvellement mis sur le marché.
par la circulaire du 13 décembre 1982 ;
— dans la cour, sans occulter les fenêtres (permis de construire) ; ■ Pour les ascenseurs installés après le 27 août 2000 (ascenseurs
— dans toute autre partie commune. marqués « CE » selon les dispositions du décret no 2000-810 du
24 août 2000), ces objectifs de sécurité sont atteints par la mise en
œuvre des exigences essentielles de sécurité de la directive : ces
ascenseurs n’auront donc pas besoin de faire l’objet de travaux (le
2. Sécurité des ascenseurs propriétaire ayant toutefois à décider la mise en œuvre éventuelle
de dispositifs limitant le déverrouillage illicite sur les ascenseurs
existants : la loi munis de portes palières battantes).

du 2 juillet 2003 ■ Pour les ascenseurs installés avant le 27 août 2000, 17 mesures
sont prévues (encadré 1) à partir des 17 risques majeurs correspon-
dant aux accidents les plus fréquents et les plus graves susceptibles
Afin d’assurer la sécurité qui doit nécessairement être apportée de se présenter dans l’ensemble du parc français. Les ascenseurs
aux usagers de l’ascenseur, les réglementations ascenseurs en devant être équipés et les caractéristiques des dispositifs à mettre
vigueur en France depuis les années 1950 ont rendu obligatoire un en place ont été détaillées dans un arrêté « travaux » du
entretien régulier des appareils, notamment une visite technique 18 novembre 2004 (voir dossier [C 3 715]. Ascenseurs : mesures
mensuelle consistant à vérifier l’état de l’ascenseur et à changer les pour la sécurité).
pièces usées ou défectueuses. Les points qui retiendront le plus l’attention sont, bien sûr, les
Contrairement à une idée reçue, cette « maintenance » de l’appa- serrures des portes palières battantes et les parachutes de type
reil n’a pas pour effet de l’améliorer puisqu’il s’agit de le ancien. Pour aider à identifier les équipements par une mise en
« maintenir » dans son état d’origine de bon fonctionnement et de sécurité selon les critères de l’arrêté, l’AFNOR a publié en 2004 deux
sécurité, sur la base de la réglementation en vigueur au moment de fascicules de documentation permettant d’identifier les serrures
son installation. En effet, la réglementation intervenue au fil des ans (FD P82-020) ou les dispositifs de parachute (FD P82-021) devant
pour améliorer la sécurité des ascenseurs neufs n’a pas été rendue être remplacés.
rétroactive pour les ascenseurs existants, sauf pour la mise en place Mais il faudra aussi se préoccuper, entre autres, de la précision
de porte de cabine, rendue obligatoire sur tous les ascenseurs en d’arrêt de la cabine au palier (un tiers des accidents, touchant princi-
1986, et pour certains travaux sur les ascenseurs situés dans les éta- palement les personnes âgées) et de la protection contre les chocs
blissements soumis au Code du travail, rendus obligatoires par le des portes automatiques (plus d’un quart des accidents).
décret no 95-826 du 30 juin 1995.
Chaque ascenseur fera l’objet ou non d’une ou plusieurs mesures
La France compte beaucoup d’ascenseurs anciens : sur les prévues, en fonction de son âge, de l’état de sa technologie, des tra-
450 000 ascenseurs en service, 60 % ont plus de 20 ans de âge. Ces vaux de modernisation déjà réalisés. Ce sont logiquement les ascen-
dernières années, seuls 2 % du parc étaient modernisés chaque seurs les plus anciens qui devraient faire l’objet des travaux les plus
année ; à ce rythme, au moins 50 ans auraient été nécessaires pour importants, mais par exemple un ascenseur plus récent resté dans
faire évoluer ce parc dans sa totalité. son état d’origine pourra parfois nécessiter davantage de travaux
Le Parlement européen s’était déjà préoccupé de cette question qu’un ascenseur ancien déjà partiellement modernisé.
lors de l’adoption de la directive ascenseurs, incitant la Commission L’arrêté « travaux » du 18 novembre 2004 définit pour chacune
européenne à prendre la recommandation 95/216/CE aux États des 17 mesures les critères de déclenchement de la mesure, ce qui
membres pour l’amélioration de la sécurité des ascenseurs devrait éviter les difficultés d’interprétation, ainsi que les prescrip-
existants. tions techniques applicables.

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À la place des dispositifs techniques définis par l’arrêté, le proprié- ■ C’est le propriétaire qui doit veiller à l’entretien de l’ascenseur et,
taire d’un ascenseur peut mettre en œuvre des mesures techniques à cet effet, il doit prendre des « dispositions minimales » d’entretien
équivalentes (après accord écrit d’un contrôleur technique assorti qui consistent en des opérations et vérifications périodiques (visites
d’une analyse de risques), voire des mesures dérogatoires dans cer- d’entretien, vérification des câbles et parachutes, graissage) et des
taines situations liées à la conservation du patrimoine historique ou opérations occasionnelles (réparation ou changement des petites
à l’accessibilité (après expertise technique effectuée par un contrô- pièces, dépannage et déblocage des personnes), ainsi qu’à la répa-
leur technique donnant son avis sur l’impossibilité alléguée et les ration ou au changement des pièces importantes de l’installation.
mesures compensatoires prévues).
La mise en application de ces mesures techniques se déroulera ■ Sauf s’il décide de l’effectuer lui-même (ce qui sera exceptionnel
progressivement sur une durée de 15 ans, avant le 3 juillet 2008 en pratique compte tenu de l’ampleur des obligations à assurer), le
pour les dispositifs les plus urgents, avant le 3 juillet 2013 et le propriétaire confie l’entretien, obligatoirement par un contrat écrit,
3 juillet 2018 pour les autres dispositifs, afin de permettre un étale- qui doit avoir une durée minimum d’un an, à un prestataire
ment des travaux et des financements. employant obligatoirement du personnel formé à cet effet.

■ Les obligations du prestataire vis-à-vis du propriétaire sont égale-


Encadré 1 – 17 dispositifs à mettre en place ment renforcées. Le contrat d’entretien doit comporter obligatoire-
ment des « clauses minimales », concernant d’une part l’exécution
des dispositions minimales d’entretien sauf la réparation ou le rem-
■ À traiter avant le 3 juillet 2008
placement des pièces importantes, d’autre part les modalités d’exé-
1 – Serrures de portes palières insuffisamment sûres
cution du contrat (description de l’état initial de l’installation,
2 – Protection du verrouillage des portes palières contre une
disponibilité et fourniture des pièces de rechange et délai garanti de
utilisation mal intentionnée
remplacement des petites pièces, information des usagers en cas
3 – Protection contre le choc des portes coulissantes lors de
d’indisponibilité de l’appareil, mise à jour du carnet d’entretien,
leur fermeture
pénalités en cas de mauvaise exécution du contrat, assurances du
4 – Clôture de la gaine (hauteur, maillage, fermeture)
prestataire, recours à la sous-traitance, révision du prix).
5 – Parachute et/ou limiteur de vitesse si inexistant ou
inadapté L’arrêté « entretien » du 18 novembre 2004 précise la fréquence
6 – Garde-pieds pour aviter une chute en gaine si la cabine est des visites périodiques d’entretien (avec un écart maximal de
immobilisée en dehors de la zone de déverrouillage 6 semaines entre deux visites, cette fréquence devant être établie en
7 – Dispositif de protection des intervenants (toit de cabine, fonction des indications contenues dans le plan d’entretien que
gaine, cuvette) l’entreprise doit établir selon les informations en sa possession et
8 – Accès sans danger des intervenants aux locaux de communiquer au propriétaire), les conditions du dépannage
machines ou de poulies (7 jours sur 7) et du déblocage des personnes (24 h/24, 7 jours sur 7),
9 – Verrouillage des portes et portillons de visite technique ou le contenu du carnet d’entretien.
de secours de la gaine ou de la cuvette
On notera que les délais de déblocage des personnes ou de
■ À traiter avant le 3 juillet 2013 dépannage sont laissés à la liberté contractuelle : à chacun de définir
1 – Précision d’arrêt de la cabine insuffisante (ascenseurs ins- ses besoins et ses exigences.
tallés avant le 1er janvier 1983)
2 – Système de téléalarme entre la cabine et un service Ainsi les dispositions ou clauses « minimales » imposées par le
d’intervention législateur fixent un ensemble d’obligations plus contraignantes
3 – Portes palières comportant un vitrage insuffisamment que l’ancienne réglementation en vigueur en matière d’entretien. Il
résistant s’agit d’un cadre minimal qui doit être respecté pour que la sécurité
4 – Protection contre la chute libre, la dérive, la survitesse des soit assurée, tout en renvoyant à la liberté contractuelle pour sa
ascenseurs hydrauliques mise en œuvre.
5 – Protection des intervenants contre les chocs électriques
6 – Protection des intervenants contre le risque de happement ■ Dans cet esprit, la nouvelle réglementation ne définit plus de
par les organes mobiles contenu de contrat « complet » comme cela existait auparavant
7 – Éclairage fixe suffisant du local de machine ou de poulies dans l’arrêté du 11 mars 1977.
■ À traiter avant le 3 juillet 2018 Il est toutefois possible de prévoir un contrat « étendu » compor-
1 – Précision d’arrêt de la cabine insuffisante (ascenseurs ins- tant une clause sur la réparation ou le remplacement des pièces
tallés après le 31 décembre 1982) importantes, cette clause devant apparaître et être chiffrée distincte-
2 – Protection contre la vitesse excessive en montée (ascen- ment dans le contrat.
seurs électriques à adhérence)
Pour permettre aux propriétaires qui le souhaiteraient de disposer
d’une liste-type de ces pièces importantes, l’AFNOR a publié en 2005
Mais avoir des ascenseurs neufs plus sûrs ou des ascenseurs un fascicule de documentation qui constitue un guide pour l’applica-
existants à la sécurité renforcée n’a de sens que si le niveau de sécu- tion volontaire d’un contrat d’entretien « étendu » qui comprend les
rité atteint est maintenu dans le temps. D’où les deux autres préoc- clauses minimales mettant en œuvre les dispositions minimales
cupations du législateur : renforcer les obligations d’entretien, et obligatoires, ainsi qu’une liste de pièce importante pouvant servir de
instaurer une nouvelle obligation de contrôle technique réglemen- référentiel pour établir une clause additionnelle de remplacement
taire périodique des ascenseurs. des pièces importantes (fascicule FD P82-022).
Il paraît utile de se préoccuper également dans cette clause des
questions de vétusté, ceci afin d’éviter les difficultés rencontrées sur
2.2 Obligations minimales d’entretien ce point avec l’ancien contrat complet (qui comportait une liste défi-
nie par l’arrêté de 1977 des pièces importantes dont le remplace-
Par des dispositions beaucoup plus précises qu’auparavant, le ment était dû à l’identique au titre du contrat). Cette clarification
législateur montre son souci de renforcer l’obligation de maintenir permettra, d’un commun accord entre le propriétaire et le presta-
les appareils en bon état de fonctionnement, point clé pour la taire, de remplacer le moment venu, par des dispositifs modernes et
sécurité des utilisateurs, et de clarifier les obligations de chacun en conformes aux exigences de sécurité qui seront alors en vigueur, les
la matière. éléments de l’ascenseur concernés.

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ASCENSEURS : UNE RÉGLEMENTATION POUR LA SÉCURITÉ ____________________________________________________________________________________

Reste également la question de la répartition du coût des Code de la construction et de l’habitation et applicables à la date
nouveaux contrats au titre des charges locatives : la loi du 13 juillet du contrôle ou aux exigences du décret du 24 août 2000 relatif à la
2006 portant engagement national pour le logement précise dans mise sur le marché des ascenseurs (arrêté du 1er août 2006 modi-
son article 88 que sont récupérables les dépenses qui concernent fiant l’arrêté du 18 novembre 2004 relatif au contrôle technique des
les opérations et les vérifications périodiques minimales et la ascenseurs).
réparation et le remplacement de petites pièces présentant des
signes d’usure excessive ainsi que les interventions pour dégager ■ L’organisme ou la personne chargée par le propriétaire de ce
les personnes bloquées en cabine et le dépannage et la remise en contrôle technique devra avoir les compétences requises, et être
fonctionnement normal des appareils. Par ailleurs le référentiel indépendant du constructeur et de l’entreprise de maintenance.
AFNOR évoqué ci-dessus devrait apporter une aide aux gestion-
naires, une comparaison avec l’ancien contrat complet devenant Quatre catégories de contrôleurs techniques sont prévues par le
possible. décret du 9 septembre 2004 :
— contrôleurs agréés au sens du Code de la construction ;
■ L’arrêté du 11 mars 1977 relatif aux conditions normalisées
d’entretien des ascenseurs et monte-charge est abrogé pour sa par- — organismes habilités (« notifiés ») pour évaluer la conformité
tie ascenseurs (il reste en vigueur en ce qui concerne les monte- d’ascenseurs soumis au marquage CE ;
charge). — personnes morales employant des salariés dont les compéten-
Mais afin de permettre aux propriétaires publics ou privés de dis- ces ont été certifiées ;
poser des délais nécessaires pour mettre en œuvre les nouvelles — personnes physiques dont les compétences ont été certifiées.
dispositions d’entretien dans de bonnes conditions, une période
transitoire a été prévue, articulée autour de la date du 30 septembre Une liste des contrôleurs des deux premières catégories agréés
2005. pour effectuer le contrôle technique périodique réglementaire des
ascenseurs a été publiée par le ministère du Logement sur son site
C’est ainsi que tous les contrats signés ou renouvelés avant la
internet.
publication du décret (10 septembre 2004) continuent de produire
leurs effets jusqu’à leur terme ou à leur prochain renouvellement, Pour les deux dernières catégories, un arrêté relatif aux critères de
même si cette date est postérieure au 30 septembre 2005. C’est compétence devant être pris en compte pour leur certification a été
alors qu’ils devront être mis en conformité avec la nouvelle régle- publié (arrêté du 13 décembre 2004, modifié par l’arrêté du 15 juin
mentation. 2005).
Les autres contrats, nouvellement signés ou arrivant à échéance
après le 10 septembre 2004 mais avant le 30 septembre 2005, ont ■ Pour les ascenseurs installés avant le 3 juillet 2003 le premier
dus être soit établis ou mis en conformité selon les nouvelles dis- contrôle technique doit être effectué au plus tard le 3 juillet 2009.
positions, soit établis ou renouvelés selon les dispositions de Pour les ascenseurs installés après le 3 juillet 2003, le premier
l’arrêté du 11 mars 1977, mais dans ce dernier cas ils ont dus alors contrôle technique doit être effectué au plus tard cinq ans après la
être impérativement mis en conformité au plus tard le date d’installation.
30 septembre 2005.

2.3 Contrôle technique périodique 2.4 Droit d’information

Un contrôle technique réglementaire de tout ascenseur en service ■ Tout occupant de l’immeuble muni d’un titre d’occupation, même
doit avoir lieu obligatoirement tous les 5 ans. s’il n’est pas propriétaire, dispose d’un droit d’information en ayant
la possibilité de consulter le rapport du contrôleur technique, dont il
■ L’objectif de ce contrôle technique est double : peut demander copie, à ses frais, au propriétaire.
— s’assurer que l’ascenseur a bien été équipé par le propriétaire
des dispositifs techniques rendus obligatoires avant la date limite ■ Tout occupant muni d’un titre d’occupation peut également saisir
fixée pour chacun d’entre eux (c’est pourquoi le premier contrôle le juge des référés pour exercer en cas de difficulté ce droit d’infor-
technique devra avoir lieu dans les 6 ans à dater de la publication de mation, ou pour demander l’exécution des obligations instaurées
la loi, soit avant le 3 juillet 2009) ; par la réglementation pour la mise en place des dispositifs de
— s’assurer également du bon état de fonctionnement et de sécu- sécurité, l’entretien ou le contrôle technique des ascenseurs.
rité en général de l’ascenseur.
Le contrôle technique réglementaire porte donc bien sûr sur la
présence ou non des dispositifs de sécurité obligatoires, mais aussi 2.5 Sanctions
sur la présence ou non d’autres risques pour les personnes.
■ L’arrêté « contrôle technique » du 18 novembre 2004 modifié par
Enfin des sanctions pénales sont prévues (amende pour les
l’arrêté du 27 juillet 2005 donne la liste des points devant être
contraventions de la 3e classe) :
contrôlés (annexe modifiée de l’arrêté) ainsi que les modalités du
contrôle et de remise de son rapport par le contrôleur technique. — à l’encontre du propriétaire qui ne mettrait pas en place les dis-
Les informations et documents nécessaires à la bonne exécution positifs techniques ou l’expertise technique en cas de mesure com-
du contrôle qui doivent être fournis par le propriétaire au contrôleur pensatoire, qui ne souscrirait pas de contrat d’entretien ou ne ferait
technique sont également précisés par l’arrêté. pas réaliser le contrôle technique comme prévu ;
Le contrôleur technique remet au propriétaire, dans un délai de — à l’encontre de l’entreprise d’ascenseurs qui effectuerait
30 jours suivant l’exécution de sa mission, un rapport détaillé fai- l’entretien sans contrat écrit, qui conclurait un contrat d’entretien ne
sant état des dispositifs de sécurité non installés rendus obligatoi- comportant pas chacune des clauses minimales obligatoires ou qui
res par les textes réglementaires, un récapitulatif des observations utiliserait pour l’exécution du contrat d’entretien du personnel
et anomalies auxquelles il doit être remédié, notamment les n’ayant pas la qualification exigée ;
défauts présentant un danger pour la sécurité des personnes, et — à l’encontre du contrôleur technique qui n’effectuerait pas les
une mention indiquant en fin de rapport que l’ascenseur est vérifications nécessaires prévues, qui n’aurait pas la qualification
« conforme » ou « non conforme », selon le cas, aux exigences et exigée ou qui ne respecterait pas les incompatibilités prévues par la
aux délais prévus aux articles R. 125-1-2, R. 125-1-3, R. 125-1-4 du loi.

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3. Conclusion Modernisé progressivement et en tenant compte de la situation


existante, entretenu avec plus d’exigence, et soumis à un contrôle
technique périodique, le parc français d’ascenseurs pourra être uti-
lisé de façon plus sûre par tous les usagers pour qui l’ascenseur est
Un dispositif complétant celui déjà en place pour les ascenseurs un équipement devenu indispensable.
neufs et s’harmonisant avec lui est entré en vigueur pour tous les
ascenseurs existants. Ainsi également, seront valorisés les immeubles dotés de ces
ascenseurs modernisés et aptes à servir encore pendant de
nombreuses années.

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