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Théorème de Riesz et compacité

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Théorème de Riesz M2 Préparation à l’agrégation

Théorème de Riesz : Remarque 2 : [Deschamps, p.292]


Le résultat est faux en dimension infinie !
En effet, dans (R[X], ∥·∥∞ ), on peut considérer la suite (X n )n∈N qui est incluse
I Le développement dans la boule unité fermée mais qui est 1-écartée, donc ne peut pas admettre de
sous-suite convergente.
Le but de ce développement est de démontrer le théorème de Riesz qui est une Cependant, l’espace précédent est de dimension infinie mais non complet... Il est
caractérisation de la dimension finie grâce à la compacité de la boule unité. possible qu’il y ait une réciproque dans le cas des espaces de Hilbert car ceux-ci
possèdent de très bonnes propriétés qui "copient" celles sur les espaces vectoriels
Dans tout ce développement, on considère (E, ∥·∥) un K-espace vectoriel normé. normés de dimension finie, mais il n’en est rien... En effet, si l’on considère l’espace

de Hilbert (ℓ2N , ∥·∥2 ) et la base canonique (en )n∈N alors on a ∥en − ep ∥2 = 2 et
Théorème 1 : [Deschamps, p.301] donc la boule unité de cet espace n’est pas complète pour les même raisons que
Si E est de dimension finie, alors les parties compactes de E sont exactement ses précédemment.
parties fermées bornées.
On remarque donc qu’il semble y avoir un lien profond entre la dimension finie et
Preuve : la caractérisation des compacts : c’est ce que nous allons essayer de mettre en lumière
∗ Soit A une partie fermée et bornée de (E, ∥·∥). dans la fin du développement.
D’après le théorème de Bolzano-Weierstrass, toute suite à valeurs dans A admet
au moins une valeur d’adhérence qui appartient à A (car A est fermée). Lemme 3 : Lemme de Riesz [Hassan, p.343] :
Donc A est une partie compacte. Soit M un sous-espace vectoriel fermé strict de E.
On a la propriété suivante :
∗ Réciproquement, raisonnons par contraposée :
- Si A n’est pas une partie fermée de (E, ∥·∥), alors on peut trouver une suite ∀ε > 0, ∃u ∈ E tq ∥u∥ = 1 et d(u, M ) ≥ 1 − ε
(an )n∈N d’éléments de A qui converge mais dont la limite n’appartient pas à A.
Preuve :
Or, l’unique valeur d’adhérence d’une suite convergente étant sa limite, la suite
Soit M un sous-espace vectoriel fermé strict de E.
(an )n∈N ne possède pas de valeur d’adhérence dans A et ainsi A n’est pas compacte.
Soit ε > 0.
On cherche u ∈ E tel que ∥u∥ = 1 et d(u, M ) ≥ 1 − ε.
- Si A n’est pas bornée, alors :
Prenons v ∈ E\M (existe car M ⊊ E). Comme M est fermé, il existe r > 0 tel
∀M ∈ R, ∃a ∈ A tq ∥a∥ > M que Bo (v, r) ∩ M = ∅ et en particulier, d(v, M ) = d ≥ r > 0.
En particulier, pour tout n ∈ N, on peut trouver un élément an ∈ A tel que d
Il existe m0 ∈ M tel que d ≤ ∥v − m0 ∥ ≤ par définition de d.
∥an ∥ ≥ n. On construit ainsi une suite (an )n∈N d’éléments de A vérifiant : 1−ε
1
∀n ∈ N, ∥an ∥ ≥ n On a alors u = (v − m0 ) ∈ E et ∥u∥ = 1.
∥v − m0 ∥

Une telle suite ne peut admettre de sous-suite convergente. En effet, si aφ(n) n∈N De plus, pour tout m ∈ M , on a :
est une sous-suite de (an )n∈N , alors :
1 1
u−m= (v − m0 ) − m = (v − (m0 + ∥v − m0 ∥ m))
∀n ∈ N, aφ(n) ≥ φ(n) ≥ n ∥v − m0 ∥ ∥v − m0 ∥

La sous-suite aφ(n) n∈N n’est donc pas bornée, elle est donc divergente et ainsi 1
= (v − m1 ) où m1 = m0 + ∥v − m0 ∥ m ∈ M
n’admet aucune valeur d’adhérence et donc A n’est pas compact. ∥v − m0 ∥
Finalement, on a montré par contraposée que si A est compact, alors elle est D’où :
fermée et bornée. ∥v − m1 ∥ 1−ε
∥u − m∥ = ≥d× ≥1−ε
∥v − m0 ∥ d
On a ainsi démontrée l’équivalence voulue. On a donc obtenu le résultat.
■ ■

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Théorème de Riesz M2 Préparation à l’agrégation

Théorème 4 : Théorème de Riesz [Hassan, p.343] : II Remarques sur le développement


Les assertions suivantes sont équivalentes :
∗ E est de dimension finie. Le théorème de Riesz est donc une caractérisation de la dimension finie par la com-
∗ La boule unité fermée Bf (0, 1) de (E, ∥·∥) est compacte. pacité de la boule unité. Ce théorème permet également de constater à nouveau que les
fermés bornés ne sont compacts en général qu’en dimension finie. En effet, on peut s’en
Preuve : convaincre avec un autre exemple : dans (c0 , ∥·∥∞ ), on peut considérer la base cano-
∗ Si E est de dimension finie, alors la boule unité fermée Bf (0, 1) de (E, ∥·∥) est nique (en )n∈N et voir qu’elle est également incluse dans la boule unité fermée mais qui
compacte par le théorème précédent. est 1-écartée, donc ne peut pas admettre de sous-suite convergente.

∗ Raisonnons par contraposée :


Supposons que E est de dimension infinie. II.1 Résultat(s) utilisé(s)
On peut alors construire des sous-espaces vectoriels stricts En de E tels que pour Dans ce développement, on a utilisé dans le premier théorème le théorème de Bolzano-
tout n ∈ N, En ⊊ En+1 . Weierstrass :

On peut alors appliquer le lemme de Riesz avec ε = 12 , E = En+1 et M = En . Théorème 5 : Théorème de Bolzano-Weierstrass [Deschamps, p.301]
Pour tout n ∈ N, on peut donc construire un ∈ En+1 \En tel que ∥un ∥ = 1 et Dans un espace vectoriel de dimension finie, toute suite bornée possède au moins
1 une valeur d’adhérence (c’est-à-dire qu’elle admet au moins une sous-suite conver-
d(un , En ) ≥ .
2 gente).
1
La suite (un )n∈N est alors -écartée (en effet, pour tous entiers naturels n ≥ m, Ce résultat est propre à la dimension finie car repose sur l’utilisation des suites coor-
2
1 données et donc de bases.
on a ∥un − um ∥ ≥ d(un , En ) ≥ ), donc elle ne peut pas admettre de sous-suite
2
convergente et ainsi Bf (0, 1) n’est pas compacte.
II.2 Recasages
Finalement, on a donc démontré le théorème de Riesz. Recasages : 148 - 203 - 206 - 208.

III Bibliographie
— Claude Deschamps, Tout-en-un MP/MP* .

— Nawfal El Hage Hassan, Topologie générale et espaces normés.

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