Cours de Mathématiques ECE Paris 2021
Cours de Mathématiques ECE Paris 2021
Cours de Mathématiques
Calculs
2
Table des matières
1 Calculs. 5
1.1 Sommes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Produits . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.3 Puissances . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.4 Identités remarquables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.5 Factorielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.6 Coefficient binomial . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.7 Triangle de Pascal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.8 Formule du binôme de Newton . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.9 Valeur absolue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.10 Equations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.10.1 Equation du 1er degré . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.10.2 Equation du 2nd degré . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.10.3 Equation produit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.11 Inéquations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.11.1 Inéquation du 1er degré . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.11.2 Inéquation du 2nd degré . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.11.3 Inéquation produit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.12 Le principe de récurrence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.13 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2 Fonctions usuelles. 19
2.1 Notions de fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.1.1 Définition et graphe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.1.2 Fonctions majorées, minorées, bornées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.1.3 Fonctions croissantes, décroissantes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.1.4 Parité d’une fonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.1.5 Périodicité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.2 Fonction valeur absolue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.3 Fonctions trigonométriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
3
4 TABLE DES MATIÈRES
3 Dérivation. 35
3.1 Nombre dérivé, fonction dérivée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
3.2 Dérivation et opérations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
3.3 Continuité et dérivation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
3.4 Dérivées de fonctions usuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
3.5 Tangente à une courbe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
3.6 Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
3.7 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
5 Equations différentielles. 47
5.1 Equations différentielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
5.2 Equations différentielles linéaires du premier ordre à coefficients constants . . . . . . 47
5.2.1 Résolution de l’équation homogène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
5.2.2 Résolution de l’équation avec second membre . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
5.3 Equations différentielles linéaires du second ordre à coefficients constants sans second
membre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
5.4 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
CHAPITRE 1
Calculs.
1.1 Sommes
Définition. Soient m, n, k, trois entiers naturels tels que m ≤ n et ak des nombres réels
quelconques ; la somme des ak pour k allant de m à n s’écrit :
n
X
ak = am + am+1 + ... + an−1 + an
k=m
Remarques
1. k est un indice de sommation et est considéré comme une variable muette. On peut remplacer
l’indice de sommation sans changer la valeur de la somme. Par exemple,
n
X n
X n
X
ak = ai = aj
k=m i=m j=m
.
n
X
2. Il se peut que l’indice de sommation n’apparaisse pas dans la somme : a = (n − m + 1)a
k=m
n
X n−1
X
3. On peut parfois changer d’indice pour simplifier une somme : ak = ap+1 . Dans cet
k=1 p=0
exemple, on a posé p = k − 1.
4. Il arrive d’avoir deux indices de sommation, dans ce cas on réalise une somme double :
n X
X n
aij
i=1 j=1
5
6 CHAPITRE 1. CALCULS.
1. Communtativité : a + b = b + a
2. Associativité : (a + b) + c = a + (b + c)
3. Distributivité : (a + b) × c = a × c + b × c
4. Élément neutre : a + 0 = a
Propriétés. Soient m , n et p trois entiers naturels tels que m ≤ p < n , ak et bk des nombres
réels quelconques et λ ∈ R :
n
X p
X n
X
1. ak = ak + ak
k=m k=m k=p+1
n
X n
X n
X
2. (ak + bk ) = ak + bk
k=m k=m k=m
Xn n
X
3. λak = λ ak
k=m k=m
1.2 Produits
Définition. Soient m, n, k, trois entiers naturels tels que m ≤ n et ak des nombres réels
quelconques ; le produit des ak pour k allant de m à n s’écrit :
n
Y
ak = am × am+1 × ... × an−1 × an
k=m
Remarques
n
a = an−m+1
Y
1. Si l’indice k n’apparait pas dans le produit, alors
k=m
n Y
Y m
2. Il arrive d’avoir deux indices, dans ce cas on réalise un produit double : aij
i=1 j=1
1. Commutativité : a × b = b × a
2. Associativité : (a × b) × c = a × (b × c)
3. Distributivité : (a + b) × c = a × c + b × c
4. Élément neutre : a × 1 = a
1.3. PUISSANCES 7
Propriétés. Soient m, n et p trois entiers naturels tels que m ≤ p < n et ak et bk des nombres
réels quelconques :
n
Y p
Y n
Y
1. ak = ak × ak
k=m k=m k=p+1
n
Y n
Y n
Y
2. (ak × bk ) = ak × bk
k=m k=m k=m
n n Q
ak ak
= Qk=m
Y
3. n avec bk ̸= 0, ∀k ∈ [[m, n]].
k=m bk k=m bk
n n
λak = λn−m+1
Y Y
4. ak
k=m k=m
1.3 Puissances
k=0
Remarques
1. Si n = 2, on retrouve l’identité remarquable : a2 − b2 = (a − b)(a + b)
2. Si n est impair, on écrit an + bn = an − (−b)n . Pour n = 3, on a
a3 + b3 = a3 − (−b)3 = (a + b)(a2 − ab + b2 ).
8 CHAPITRE 1. CALCULS.
n−1
3. Si b = 1, on écrit an − 1 = (a − 1) an−1−k
X
k=0
1.5 Factorielles
Définition. Soit n un entier naturel. On définit l’entier n! (se lit factorielle n) par :
n
Y
n! = k = n × (n − 1) × (n − 2) × .... × 2 × 1.
k=1
Par convention, 0! = 1
Interprétation
!
n
correspond au nombre de possibilités de choisir k éléments parmi n.
k
Triangle de Pascal :
l0 1
l1 1 1
l2 1 2 1
l3 1 3 3 1
l4 1 4 6 4 1
! !
4 5
Exemple : D’après le triangle de Pascal, on a = 6 et = 10.
2 3
Remarques
10 CHAPITRE 1. CALCULS.
n
!
n
X n k
1. (a + 1) = a
k=0
k
n
!
n n
X n
2. (1 + 1) = 2 =
k=0
k
n
!
n n
(−1)k
X
3. (1 − 1) = 0 =
k=0
k
5. |a + b| ⩽ |a| + |b|
6. ||a| − |b|| ⩽ |a − b|
7. d(a, b) = |a − b| avec d(a, b) la distance entre a et b.
|a+b|2 = (a+b)2 = a2 +2ab+b2 = |a|2 +2ab+|b|2 ≤ |a|2 +2|ab|+|b|2 = |a|2 +2|a||b|+|b|2 = (|a|+|b|)2 .
1.10 Equations
Définition. Une équation est une égalité dans laquelle intervient un nombre inconnu,
représenté par une lettre, appelé inconnue de l’équation.
Une solution de cette équation est une valeur de l’inconnue pour laquelle l’égalité est vraie.
Résoudre une équation revient à déterminer toutes les solutions de l’équation.
1.10. EQUATIONS 11
— On ne change pas l’ensemble des solutions d’une équation en ajoutant (ou retranchant)
un même nombre aux deux membres de l’équation.
— On ne change pas l’ensemble des solutions d’une équation en multipliant (ou divisant)
les deux membres de l’équation par un même nombre non nul.
Exemples
1. (x + a)2 = x2 + 2ax + a2 ⇐⇒ x2 + 2ax = (x + a)2 − a2
5 5
2 2 2
2. 2x +4x−5 = 2 x + 2x − = 2 (x + 1) − 1 − = 2(x+1)2 −7
2 2
1.11 Inéquations
Définition. Une inéquation est une inégalité dans laquelle intervient un nombre inconnu,
représenté par une lettre, appelé inconnue de l’inéquation.
Une solution de cette inéquation est une valeur de l’inconnue pour laquelle l’inégalité est vraie.
Résoudre une inéquation revient à déterminer toutes les solutions de l’inéquation.
— On ne change pas l’ensemble des solutions d’une inéquation en ajoutant (ou retranchant)
un même nombre aux deux membres de l’inéquation.
— On ne change pas l’ensemble des solutions d’une inéquation en multipliant (ou divisant)
les deux membres de l’inéquation par un même nombre strictement positif.
— On ne change pas l’ensemble des solutions d’une inéquation en multipliant (ou divisant)
les deux membres de l’inéquation par un même nombre strictement négatif, à condition
de changer le sens de l’inégalité.
— Si ∆ = 0, le trinôme ax2 + bx + c :
— est du signe de a sur ] − ∞; x0 [ ]x0 ; +∞[
S
— s’annule en x0
1.13 Exercices
Exercice 1. 1. : Ecrire les sommes suivantes à l’aide de l’opérateur
P
:
1. S = 1 − 2 + 3 − 4 + . . .
14 CHAPITRE 1. CALCULS.
2. S = 2 − 4 + 8 − 16 + . . .
3 9 27
3. S = 1 + + + + ...
2 4 8
4. S = 5 + 3 + 1 − 1 + . . .
x2 x 3 x4
5. S = −1 + x − + − + ...
2 6 24
6. S = ln 3 + 2 ln 5 + 3 ln 7 + . . .
1 − q n+1
1. Montrer que pour q ̸= 1, on a Sn = . Suggestion : Considérer qSn .
1−q
2. Montrer que pour q = 1, on a Sn = n + 1.
3. Déterminer les sommes suivantes :
2019
2k
X
a Sn =
k=0
b Sn = 2 + 22 + 23 + . . . + 22020
2019
a2k−1
X
c Sn =
k=0
n
(2k−1 32k+1 + 5)
X
d Sn =
k=0
n
X
1. 2.
k=10
n
3n .
X
2.
k=0
1.13. EXERCICES 15
n(n + 1)
1. En effectuant le changement d’indice j = n − k, montrer que Sn = .
2
2. Soit m et n deux nombres naturels strictement positifs tels que m < n . A l’aide d’un
changement d’indice, montrer que
n
X (n + m)(n − m + 1)
k= .
k=m 2
n
k2.
X
Exercice 1. 6. Calculer la somme
k=0
150! 1 1 4! 3! 5
Exercice 1. 9. Calculer les nombres , + , − , C17 .
148!5! 4!3 (3!)2 7! 6!
kCnk = nCn−1
k−1
.
k=0
a. |x + 5| = |x − 3|,
b. |x2 − |x|| = 0,
c. |x − 3| ≤ |1 − x|.
d. |x2 − 4| = 4(x − 2).
Fonctions usuelles.
Définition. On appelle fonction d’une variable réelle à valeurs réelles, toute application
f : D → R où D est une partie de R.
D est appelé domaine de définition de f .
n o
La partie G de R2 définie par G = (x, f (x)) | x ∈ D est appelée le graphe de f .
19
20 CHAPITRE 2. FONCTIONS USUELLES.
Exemples
1. Les fonctions sinus et cosinus sont minorées par −1 et majorées par
1. On en déduit qu’elles sont bornées.
Exemples
√
1. La fonction racine carrée : x ∈ R+ 7→ x est strictement croissante.
Interprétation graphique :
• f est paire si et seulement si son graphe est symétrique par rapport à l’axe des ordonnées (figure
de gauche).
• f est impaire si et seulement si son graphe est symétrique par rapport à l’origine (figure de droite).
2.1. NOTIONS DE FONCTIONS 21
Exemples
2
1. La fonction x 7→ x + 2 est paire.
2x4 + 1
2. La fonction x 7→ est impaire.
x
ex − 1
3. La fonction x 7→ x est impaire.
e +1
4. La fonction x 7→ sin x − x2 n’est ni paire ni impaire.
2.1.5 Périodicité
Interprétation graphique :
f est périodique de période T si et seulement si son graphe est invariant par la translation du
vecteur T⃗i.
f
f (x) = f (x + T )
⃗i x x+T
22 CHAPITRE 2. FONCTIONS USUELLES.
Exemples
1. Les fonctions sinus et cosinus sont 2π-périodiques.
Définition. La fonction valeur absolue x 7−→ |x| est définie sur R par :
(
x, si x⩾0
|x| =
−x, si x<0
Propriétés. Elle est paire, continue sur R et dérivable sur R∗ (n’est pas dérivable en 0). On
a: (
′ 1 si x>0
(|x|) =
−1 si x<0
Propriétés. La fonction valeur absolue vérifie les propriétés suivantes, pour tout x dans R :
1. | x |⩾ 0 avec | x |= 0 si et seulement si x = 0.
2. | x + y |⩽| x | + | y |
3. | | x | − | y | |⩽| x − y |
4. | xy |=| x || y |
1 1
5. | |= si x ̸= 0
x |x|
2.3. FONCTIONS TRIGONOMÉTRIQUES 23
Propriétés. Pour tout nombre réel x et pour tout nombre entier relatif k, on a :
−1 ⩽ cos x ⩽ 1 cos(x + 2kπ) = cos x
−1 ⩽ sin x ⩽ 1 sin(x + 2kπ) = sin x
π π π π
x 0 6 4 3 2
π
√ √
3 2 1
cosinus 1 2 2 2
0 −1
√ √
1 2 3
sinus 0 2 2 2
1 0
Formules fondamentales.
sin2 x + cos2 x = 1
sin x
tan x =
cos x
Définition. La fonction définie sur R par x 7→ cos x est appelée fonction cosinus.
La fonction définie sur R par x 7→ sin x est appelée fonction sinus.
a. Périodicité, parité
b. Dérivées
Propriétés. Les fonctions sinus et cosinus sont dérivables sur R et on a, pour tout x ∈ R :
′
cos x = − sin x
′
sin x = cos x
c. Limites
Propriétés. Les fonctions sinus et cosinus ne possèdent pas de limite quand x → ±∞. Par
contre, on a les résultats suivants :
sin x 1 − cos x
lim = 1 et lim = 0.
x→0 x x→0 x
Exemples
Résoudre dans R les équations suivantes :
1 1 x
a) cos x = b) sin x = − c) cos x = − sin
2 2 2
Résoudre dans R les inéquations suivantes :
1 1
d) cos x ≥ e) sin x < −
2 2
2.4. FONCTIONS LOGARITHME ET EXPONENTIELLE 27
Définition. La fonction x 7−→ ln x (logarithme népérien de x) est définie sur R⋆+ comme
1
étant la fonction primitive de x 7−→ qui s’annule pour x = 1.
x
• Elle est indéfiniment dérivable sur R⋆+ et sa dérivée première, au point x, est :
′ 1
(ln x) = .
x
• Pour x > 1, on a ln x > 0 et pour 0 < x < 1, ln x < 0.
• Pour tout a > 0 et b > 0,
ln(ab) = ln a + ln b
a
ln = ln a − ln b
b
ln ax = x ln a.
28 CHAPITRE 2. FONCTIONS USUELLES.
Définition. La fonction exponentielle x 7−→ ex est définie sur R comme étant la fonction
réciproque de x 7−→ ln x.
— Pour tout x ∈ R, ln ex = x
• Elle est indéfiniment dérivable sur R, toutes ses dérivées sont égales à ex .
• Pour tout x ∈ R, on a ex > 0.
• Pour tout a et b dans R,
ln e = 1
e0 = 1
ea+b = ea eb
ea
ea−b = b
e
(ea )b = eab
2.4. FONCTIONS LOGARITHME ET EXPONENTIELLE 29
Remarque. Les courbes représentatives des fonctions exponentielle et logarithme népérien sont
symétriques par rapport à la droite d’équation y = x (la première bissectrice). C’est un résultat
général pour deux courbes représentatives de deux fonctions réciproques l’une de l’autre.
Théorème. La fonction logarithme népérien étant stritement croissante sur R+∗ , on a, pour
tout a et b ∈ R+∗ , :
1. ln a = ln b ⇐⇒ a = b
2. ln a ≤ ln b ⇐⇒ a ≤ b
L’équivalence est aussi vraie pour les symboles <, ≥, >.
30 CHAPITRE 2. FONCTIONS USUELLES.
Théorème. La fonction exponentielle étant stritement croissante sur R, pour tout a ∈ R+∗
et b ∈ R, on a :
1. ln a = b ⇐⇒ a = eb
2. ln a ≤ b ⇐⇒ a ≤ eb
L’équivalence est aussi vraie pour les symboles <, ≥, >.
Théorème. La fonction logarithme népérien étant stritement croissante sur R+∗ , pour tout
a ∈ R, on a :
1. ea = b est équivalent à :
Si b > 0, a = ln b
Si b ≤ 0, l’équation n’a pas de solution.
2. ea ≤ b est équivalent à :
Si b > 0, a ≤ ln b
Si b ≤ 0, l’inéquation n’a pas de solution.
L’équivalence est aussi vraie pour <.
3. ea ≥ b est équivalent à :
Si b > 0, a ≥ ln b
Si b ≤ 0, alors l’équation admet R comme ensemble solution.
L’équivalence est aussi vraie pour >.
Exemples
Résoudre les équations et les inéquations suivantes :
2 +3
a) ln(2 − 2x) = 1 b) ln(2x + 1) < −1, c) e2x = e7x
√ 1
d) ln 2x − 3 = ln(6 − x) − ln x.
2
lim ax = +∞ et lim ax = 0.
x→−∞ x→+∞
Définition. Soit m ∈ R, la fonction puissance x 7−→ xm est définie sur R∗+ par xm = em ln x
.
• Elle est définie, continue et dérivable sur ]0, +∞[. Sa dérivée première est :
(xm )′ = m xm−1 .
xm+s = xm xs
xm
xm−s =
xs
(xm )s = xms
2.7. EXERCICES 33
2.7 Exercices
Exercice 2. 1. Résoudre, sur R, les équations suivantes :
4
Exercice 2. 3. Sachant que cos x = − et π ≤ x < 2π, calculer la valeur exacte de sin x et tan x.
5
π 3π
Exercice 2. 4. Résoudre sur [− , ] les équations suivantes :
2 2
π 3π
a) sin 2x + =0 b) cos(4x + π) = cos x +
3 4
√
Exercice 2. 7. On considère la fonction définie sur ] − π, π] par f (x) = 2 cos x − 3.
√
3
1. Résoudre l’inéquation cos x > sur l’intervalle ] − π, π].
2
2. En déduire le signe de f sur ] − π, π].
34 CHAPITRE 2. FONCTIONS USUELLES.
g(x) = xex − 1.
Exercice 2. 9.
1. Etudier la fonction f (x) = ln(x2 + 1) − ln(x) − 1 et tracer son graphe.
2. Résoudre l’équation f (x) = 0.
x2 + 7 q 2x − 3x
a) lim b) lim x(x + a) − x d) lim
x→+∞ x3 − 5x + 3 x→+∞ x→+∞ 1 − 5x
sin 3x π e2x − 1
e) lim f) lim x sin h) lim
x→0 3x x→+∞ x x→0 3x
√
ln(x − 1) 2 sin x − 1
i) lim j) limπ √
x→1 x−1 x→ 4 1 − 2 cos x
CHAPITRE 3
Dérivation.
f (x) − f (x0 )
f ′ (x0 ) = lim .
x→x0 x − x0
• f est dérivable sur D si et seulement si f est dérivable en tout point de D.
df
• La fonction x 7−→ f ′ (x) est la fonction dérivée de f , elle se note f ′ ou .
dx
35
36 CHAPITRE 3. DÉRIVATION.
Remarque. La réciproque est fausse : par exemple, la fonction valeur absolue est continue en
0 mais n’est pas dérivable en 0. Un autre exemple est la fonction de Weierstrass qui est continue
partout, mais dérivable en aucun point.
T : y = f ′ (a)(x − a) + f (a)
3.6 Applications
Proposition. Soit f : [a, b] → R une fonction continue sur [a, b] et dérivable sur ]a, b[.
1. ∀x ∈]a, b[ f ′ (x) ⩾ 0 ⇐⇒ f est croissante ;
′
2. ∀x ∈]a, b[ f (x) ⩽ 0 ⇐⇒ f est décroissante ;
3. ∀x ∈]a, b[ f ′ (x) = 0 ⇐⇒ f est constante ;
′
4. ∀x ∈]a, b[ f (x) > 0 =⇒ f est strictement croissante ;
5. ∀x ∈]a, b[ f ′ (x) < 0 =⇒ f est strictement décroissante.
38 CHAPITRE 3. DÉRIVATION.
Proposition. Soit f : [a, b] → R une fonction continue sur [a, b] et dérivable sur ]a, b[.
′
Si f est de signe constant et ne s’annule qu’en un nombre fini de points, alors f est strictement
monotone (strictement croissante ou strictement décroissante).
3.7 Exercices
Exercice 3. 1. Calculer la dérivée de chacune des fonctions suivantes :
1. f (x) = sin 3x 5. k(x) = e2x ln(3x)
2
2. g(x) = cos x x+3
6. l(x) = 2
1 x +x+1
3. h(x) = sin 2x − 2 cos 3x
2 ex
7. m(x) = 2
4. i(x) = tan3 (2x) x +1
√
5. j(x) = 1 + x + x2 8. n(x) = ln (ln(x2 + 1))
2x2 − x − 1
b) u(x) = et v(x) = ln x .
x
Exercice 3. 3. Donner le domaine de dérivation des fonctions suivantes et calculer leurs dérivées :
√
a) f (x) = 4 + 2x2 b) f (x) = cos(ln x) c) f (x) = (ln x)3
s
x 1 + cos 2x
d) f (x) = 1 e) f) (cos x)x .
1+e x 1 − cos 2x
Exercice 3. 4. Soit f la fonction définie sur R par f (x) = cos x sin 2x − 2 sin x.
′
a) Calculer f et donner son expression en fonction de cos x.
′
b) Etudier le signe de f et donner le tableau de variation de f sur [−π, π].
c) Tracer la courbe représentative de f .
3.7. EXERCICES 39
Trouver une primitive est donc l’opération inverse de calculer la fonction dérivée.
On admettra que toute fonction continue sur un intervalle I admet des primitives sur I.
pour tout x ∈ I. On en déduit que la fonction H est constante sur I, c’est-à-dire qu’il existe une
constante c telle que H(x) = G(x) − F (x) = c ⇐⇒ G(x) = F (x) + c pour tout x ∈ I.
41
42 CHAPITRE 4. PRIMITIVES DE FONCTIONS USUELLES.
(les lettres t, x, u, ... sont des Zlettres dites muettes, c’est-à-dire interchangeables).
x
On trouve aussi la notation f (t) dt pour dire simplement que les primitives de la fonction f
seront exprimées en fonction de la variable x.
Attention : Pas de résultats analogues pour les produits et les quotients de fonctions.
Z Z Z
(f (x) × g(x)) dx ̸= f (x) dx × g(x) dx
Z
un+1
u′ un dx = +c (n ∈ N)
n+1
Z
uα+1
u′ uα dx = +c (α ∈ R \ {−1})
α+1
Z
u′ 1
2
dx = − + c
u u
Z
u′
dx = ln |u| + c
u
Z
u′ √
√ dx = u + c
2 u
Z
u′ eu dx = eu + c
Z
u′ cos u dx = sin u + c
Z
u′ sin u dx = − cos u + c
Z
u′ (1 + tan2 u)dx = tan u + c
Exemples
Z
Déterminer 2x sin(x2 ) dx .
Définition. Soient f une fonction continue sur un intervalle I et F une primitive quelconque
de f sur I.
Si a, b ∈ I, alors, on note :
Z b
f (t) dt = [F (t)]ba = F (b) − F (a)
a
Les trois principales propriétés de l’intégrale sont la relation de Chasles, la positivité et la linéarité.
Relation de Chasles
Positivité de l’intégrale
Proposition. Soient a ≤ b deux réels et f et g deux fonctions continues sur [a, b].
Z b Z b
Si f ≤ g alors f (x) dx ≤ g(x) dx
a a
En particulier, l’intégrale d’une fonction positive est positive :
Z b
Si f ≥0 alors f (x) dx ≥ 0.
a
Linéarité de l’intégrale
Théorème. (admis)
Soit f une fonction continue et positive sur [a, b].
L’aire A du domaine compris entre l’axe des abscisses, la courbe représentative de f et les droites
Z b
x = a et x = b est égale à f (x) dx.
a
Exemple
Z 1
L’aire sous la courbe de l’exponentielle entre 0 et 1 : A = ex dx = [ex ]10 = e − 1.
0
y y = ex
1
A
0 1 x
Remarque. Si f n’est pas positive sur l’intervalle [a; b] il existe également un lien entre l’inté-
grale et l’aire d’un domaine limité par la courbe de f .
4.3 Exercices
Exercice 4. 1. Trouver les primitives ou calculer les intégrales suivantes :
Z 1 Z Z 1 Z Z
4 100
cos(πx) dx, (3x − 1) dx, (−x + 1) dx, tan x dx, e2x+1 dx,
0 −1
Z 4√
Z
dx Z 1
dx Z Z
2x + 1
, , 2x + 1 dx, x cos(−x2 + 1) dx, dx,
4x − 3 0 (x + 1)3 0 x2 + x + 1
Z 4
ex Z 3
cos(ln x) Z 3 2
dx, , |x − 1| dx.
0 (ex + 1)2 1 x −2
Equations différentielles.
où y est une fonction réelle de la variable t, y ′ sa dérivée par rapport à t, a, b ∈ R tels que a ̸= 0
et c(t) une fonction continue définie sur I ⊂ R à valeurs dans R.
47
48 CHAPITRE 5. EQUATIONS DIFFÉRENTIELLES.
On appelle solution sur I de l’équation différentielle (E) toute fonction f dérivable de I dans
R telle que :
af ′ (t) + bf (t) = c(t) ∀t ∈ I.
Si c est la fonction nulle, l’équation différentielle est dite homogène ou sans second membre.
{yp + yh où yh ∈ S}
Le résultat précédent montre que la solution générale d’une équation différentielle s’obtient en
additionnant aux solutions de l’équation homogène (E0 ) une solution particulière yp de (E).
On suppose que a est non nul. La division de l’équation (E0 ) par a permet de retrouver la forme
suivante :
y ′ (t) + αy(t) = 0, (E00 )
b
où α = . Le théorème qui suit donne l’ensemble solutions de cette dernière équation.
a
Théorème. Les solutions sur I de l’équation différentielle homogène (E00 ) sont définies par :
yh (t) = Ce−αt
Preuve : On remarque que y(t) = 0 est une solution de l’équation (E00 ) sur I. Supposons,
maintenant, que y(t) ̸= 0 sur I. Dans ce cas, l’équation (E00 ) s’écrit :
y ′ (t)
= −α ⇐⇒ (ln |y(t)|)′ = (−αt + c)′ ⇐⇒ |y(t)| = e−αt+c ⇐⇒ y(t) = ±ec e−αt = Ce−αt ,
y(t)
où C = ±ec est une constante réelle.
Exemple
′
Résoudre l’équation différentielle 2y (x) = y(x).
5.3. EQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES DU SECOND ORDRE À COEFFICIENTS CONSTAN
Exemple
′
Résoudre l’équation différentielle y − 2y = 4t − 2.
β(t) yp (t)
Pn (t) un polynôme de degré n Qn (t) un polynôme de degré n
a1 sin ωt + a2 cos ωt b1 sin ωt + b2 cos ωt
eγt avec γ ̸= −α a eγt
e−αt ate−αt
où a, b, c ∈ R avec a ̸= 0.
On appelle solution sur I de l’équation différentielle (E) toute fonction g deux fois dérivable
de I dans R telle que :
′′
ag (t) + bg ′ (t) + cg(t) = 0 ∀t ∈ I.
1. Si ∆ > 0, alors le (PC) possède deux racines réelles distinctes r1 ̸= r2 et les solutions de
(E) sont données par :
2. Si ∆ = 0, alors le (PC) possède une racine double r0 et les solutions de (E) sont données
par :
yh (t) = C1 er0 t + C2 ter0 t où C1 , C2 ∈ R.
3. Si ∆ < 0, alors le (PC) possède deux racines complexes conjuguées r1 = α + iβ, r2 = α − iβ
et les solutions réelles de (E) sont données par :
yh (t) = eαt C1 cos(βt) + C2 sin(βt) où C1 , C2 ∈ R.
Exemples
1. Résoudre sur R l’équation y ′′ + 4y ′ − 5y = 0.
2. Résoudre sur R l’équation y ′′ − 2y ′ + y = 0.
3. Résoudre sur R l’équation y ′′ + 2y ′ + 2y = 0.
5.4 Exercices
Exercice 5. 1. Résoudre les équations différentielles suivantes :
′′
1. 2y ′ − 3y = x 5. y − 4y ′ + 3y = 0
′′
2. y ′ − 2y = ex 6. y + ω 2 y = 0 avec ω ∈ R+∗
′′
3. y ′ + 3y = e−3x 7. y − 6y ′ + 9 = 0
′′
4. y ′ + y = sin x 8. y + 2ay ′ + y = 0 avec a ∈ R
′′
Exercice 5. 4. Soit l’équation (E) : y − 4y ′ + 4y = 3e−t .
Déterminer A ∈ R telle que yp (t) = Ae−t soit une solution de (E).
En déduire la solution générale de (E).
′′
Exercice 5. 5. Soit l’équation différentielle (E) : y − 4y ′ + 3y = −3t2 + 2t.
Déterminer une solution particulière de (E) sous la forme d’un polynôme du second degré.
En déduire la solution générale de (E).