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Programme National de Lutte Contre la Désertification au Niger

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REPUBLIQUE DU NIGER

CABINET DU PREMIER MINISTRE

CONSEIL NATIONAL DE L’ENVIRONNEMENT POUR UN DEVELOPPEMENT


DURABLE (CNEDD)

PROGRAMME D’ACTION NATIONAL DE LUTTE


CONTRE LA DESERTIFICATION ET DE GESTION DE
RESSOURCES NATURELLES (PAN-LCD/GRN)

Novembre 2000
Le Niger a été appuyé dans le processus d'élaboration de son Programme d'Action
National de Lutte Contre la Désertification et de Gestion des Ressources Naturelles
(PAN-LCD/GRN) par les partenaires suivants:

PNUD
UNSO
ITALIE
FIDA
CCD
CILSS
OSS
UICN
BM

2
REPUBLIQUE DU NIGER
=======

PLAN NATIONAL DE L’ENVIRONNEMENT


POUR UN DEVELOPPEMENT DURABLE

(PNEDD)

PROGRAMME D’ACTION NATIONAL DE LUTTE


CONTRE LA DESERTIFICATION ET DE GESTION
DE RESSOURCES NATURELLES
(PAN-LCD/GRN)

Octobre 2000

3
TABLE DE MATIERE

SIGLES & ABREVIATIONS

AVANT-PROPOS

Chapitre I. CONTEXTE GENERAL

I.1. Situation géographique

I.2. Contexte écologique

I.2.1. Caractéristiques climatiques


I.2.2. Les ressources naturelles

I.3. Contexte socio-économique

I.3.1. Population
I.3.2. Agriculture
I.3.3. Elevage
I.3.4. Foresterie
I.3.5. Pêche
I.3.6 Industrie, Tourisme et Mines

I.4. Contexte socio-politique

Chapitre II. BILAN DIAGNOSTIC DE LA LUTTE CONTRE LA DESERTIFICATION ET


DE LA GESTION DES RESSOURCES NATURELLES

II.1. Problématique de la lutte contre la désertification et de la gestion des


ressources naturelles

II.1.1. Problématique
II.1.2. Facteurs de désertification et leurs conséquences au Niger

II.2. Eléments d’analyse des politiques, des stratégies, des plans et programmes en
matière de LCD/GRN

II.2.1. Politiques multisectorielles adaptées aux impératifs du moment


II.2.2. Plans, programmes et projets
II.2.3. Analyse de la stratégie de mobilisation des ressources

II.3. Cadre juridique, réglementaire et institutionnel de LCD/GRN

II.3.1. Cadre juridique et réglementaire


II.3.2. Cadre institutionnel

II.4 Leçons tirées

Chapitre III. LE PROGRAMME D’ACTION NATIONAL DE LUTTE CONTRE LA


DESERTIFICATION ET DE GESTION DES RESSOURCES NATURELLES
(PAN-LCD/GRN)

III.1 Enjeux, objectifs et stratégie du PAN-LCD/GRN

4
III.1.1. Enjeux
III.1.2. Objectifs
III.1.3. Stratégie nationale

III.2 Domaines prioritaires du PAN-LCD/GRN

III.2.1. Gestion des Ressources naturelles


III.2.2. Lutte contre les aléas et les contraintes liées à la gestion des ressources
naturelles
III.2.3. Mécanisme d’appui à la lutte contre la désertification et la gestion durable des
ressources naturelles
III.3. Les sous-Programmes prioritaires du PAN-LCD/GRN
III.4. Actions urgentes

III.5. Mise en œuvre du PAN-LCD/GRN


III.5.1. Modalités de mise en œuvre
III.5.2. Cadre juridique, réglementaire, institutionnel et organisationnel de mise en
Œuvre
III.5.3. Mobilisation des ressources humaines
III.5.4. Mobilisation des ressources financières
III.5.5. Mécanisme de suivi-évaluation et d’analyse d’impact

III.6. Les risques


Références bibliographiques
Annexes

5
Principales abréviations utilisées dans le texte

ABN Autorité du Bassin du Fleuve Niger


ACCT Agence de coopération culturelle et technique
ACDI Agence canadienne pour le développement international
ACMAD Centre africain pour l'application de la météorologie au développement
AEP Approvisionnement en eau potable
AGHRYMET Centre régional de formation et d'application en agrométéorologie et en
hydrologie opérationnelle
BM Banque mondiale
CCD Convention sur la lutte contre la désertification
CCNUCC Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques
CILSS Comité inter-état de lutte contre la sécheresse au sahel
C/GRN Cellule de gestion des ressources naturelles
CES/DRS Conservation des eaux du sol/défense et restauration des sols
CFDT Compagnie française pour le développement du textile
CFJA Centre de formation des jeunes agriculteurs
CPR Centre de promotion rural
CPT Centre de perfectionnement technique
CNEDD Conseil national de l’environnement pour un développement durable
CNUED Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le
développement
COMINAK Compagnie des mines d'Akokan
CRESA Centre régional de l'enseignement spécialisé en agriculture
CPR Centre de Promotion Rurale
CPT Centre de Perfectionnement Technique
CFCA Centre de Formation des Cadres de l’Alphabétisation
DCE Développement des capacités dans le domaine de l’environnement
DDRL Direction du développement régional et local (MP)
DE Direction de l’environnement (MHE)
EE Éducation environnementale
EIE Étude d’impact sur l’environnement
EMAIR Ecole des mines de l’Aïr
FED Fonds européen de développement
FEM Fonds pour l'Environnement Mondial
FNE Fonds national de l'environnement
FNUAP Fonds des nations unies pour la population
FIDA Fonds international pour le développement agricole
FIT Front intertropical
GIE Groupement d’intérêt économique
GTZ Coopération technique allemande
IEC Information, éducation, communication
INRAN Institut national de recherche agronomique du Niger
IPDR Institut pratique de développement rural
IPR Institut Polytechnique Rural
MAG/EL Ministère de l’agriculture et de l’élevage
MHE Ministère de l’Hydraulique et de l’Environnement
MME Ministère des Mines et de l’Energie
OCB Organisation des communautés de base
ONG Organisation non gouvernementale
OPVN Office des produits vivriers du Niger
OSS Observatoire du Sahara et du Sahel

6
PAFT Plan d’action forestier tropical
PAN/LCD – GRN Programme d’action national de lutte contre la désertification et de
gestion des ressources naturelles
PDR/ADM : Projet de développement rural/ Ader Doutchi, Maggia
PDRT Projet de développement rural de Tahoua
PAR Programme d’action régional (CCD)
PAS Programme d’ajustement structurel
PASP Projet agro-sylvo-pastoral
PASR Programme d’action sous-régional (CCD)
PDRM Projet de développement rural Mayahi
PDRAA Projet de développement rural de l'Arrondissement d'Aguié
PDRT Projet de développement rural Tahoua
PIB Produit intérieur brut
PIE Programme des investissements de l’État
PIK Projet intégré Keita
PNB Produit national brut
PSE Programme Sahélien de l’Education Environnementale
PGRN Programme de gestion des ressources naturelles
PFIE Programme de formation/information en environnement
PNEDD Plan national de l’environnement pour un développement durable
PNLCD Plan national de lutte contre la désertification
PNUD Programme des nations unies pour le développement
PRSAA Programme de renforcement des services d'appui à l'agriculture
SAP Système d’Alerte Précoce
SIE Système d’information environnemental
SIFOM Système d'information foncier multi-usage
SIGNER Système d'information géographique du Niger
SNV Association néerlandaise d'assistance au développement
SOMAIR Société des mines de l’Aïr
SONICHAR Société nigérienne de charbon
UNESCO Organisation des nations unies pour l'éducation, la science et la culture
UNICEF Organisation des nations unies pour l'enfance.
USAID Agence américaine pour le développement international

N.B.
Les principaux termes utilisés dans le présent document à savoir, la désertification, la
sécheresse, ainsi que tous les concepts liés à la lutte contre la désertification et la
gestion des ressources naturelles, sont définis dans la CCD.

7
AVANT-PROPOS

Le présent document constitue le Programme d’action national de lutte contre la


désertification et de gestion des ressources naturelles (PAN-LCD/GRN). Il constitue un des
six sous-programmes prioritaires du Programme National de l'Environnement pour un
Développement Durable du Niger (PNEDD). Il résulte d'un processus coordonné par le
Secrétariat de la Commission Technique PAN-LCD/GRN créée par arrêté n° 066/PM du 22
Août 1997.

Il importe de rappeler que le processus d’élaboration du PAN/LCD-GRN, issu de celui


ayant guidé l’élaboration du PNEDD, repose sur les principaux éléments suivants :

 le PAN/LCD-GRN a été bâti sur les capacités nationales et dimensionné par rapport au
contexte du pays ;

 l’approche participative a permis d’impliquer, à tous les niveaux, les différents acteurs,
notamment la population et la société civile, s'intéressant aux questions de
désertification et de gestion des ressources naturelles ;

 la prise en compte et l’intégration des acquis et des dispositions de la Convention de


lutte contre la désertification (CCD);

 le PAN/LCD-GRN est un processus participatif en trois étapes qui sont son élaboration,
sa mise en œuvre et son évaluation continue ;

 la création d’un cadre de concertation à travers la mise en place d’une Commission


Technique chargée d’élaborer le PAN/LCD-GRN ;

 l'information et la sensibilisation des différents acteurs sur la CCD à travers 8 ateliers


régionaux ;

 la réalisation de bilans diagnostics nationaux, régionaux et sous-régionaux, sur la


problématique environnementale ;

 la réalisation des études thématiques complémentaires dans le domaine de


l’environnement (agriculture, élevage, ressources en eaux, forêts et faune. . .);

Sur la base de la démarche retenue au cours des différentes réunions du Secrétariat


Technique de ladite Commission, ce document a été soumis aux régions pour son
enrichissement et un atelier national de validation devrait parachever le processus de son
élaboration.

Il ressort de l’exercice que les phénomènes de la désertification et de la dégradation


des ressources naturelles ont été, et constituent encore, une préoccupation majeure dans le
développement économique et social au Niger. Face à cette situation, l’Etat continue à
développer de nombreuses initiatives et à conduire des actions de nature à préserver la
base productive, en vue d’assurer une productivité durable. A ce sujet, le Débat National sur
la Lutte contre la Désertification tenu à Maradi en 1984 aura été le point de départ d’une
formalisation de la conscience nationale et de l’engagement politique du Niger à propos des
problèmes de la désertification et de gestion durable des ressources naturelles. Des
résultats notables ont été enregistrés, mais leurs impacts auraient pu être plus significatifs si

8
l’approche avait été plus globale. De l’Engagement de Maradi à ce jour, ces résultats sont
entre autres :

- la production de 80.000.000 de plants, ce qui correspondrait en moyenne à un


reboisement de 8000 hectares par an ;
- la mise sous aménagement d’environ e 480.000 ha de forêts,
- la récupération de 107 000 ha de terres dégradées,
- la réalisation de 22 000 km de pare feux.

Source : Divers rapports des Services du Ministère chargé de l’Environnement.

La mise en œuvre des actions proposées par le présent document qui résulte d’une
approche consensuelle entre les différents acteurs permettra de faire face avec plus
d’efficacité aux phénomènes de désertification, d’atténuer les effets de la sécheresse et
d’assurer une gestion durable des ressources naturelles.

La méthodologie d’élaboration du présent document comprend trois étapes :

⇒ l’identification et l’analyse des différents facteurs qui contribuent à la


désertification, à la sécheresse et à la dégradation des ressources naturelles ;
⇒ la synthèse des travaux thématiques évoqués plus haut;
⇒ l’élaboration du PAN-LCD/GRN au travers d’un bilan diagnostic des actions
passées en matière de lutte contre la désertification et de gestion des ressources
naturelles et des propositions nouvelles de stratégie et de cadre de mise en
œuvre.

Le document est structuré en trois chapitres :

⇒ le Contexte général ;
⇒ le Bilan diagnostic de la lutte contre la Désertification et de la Gestion des
Ressources Naturelles
⇒ le Programme d’Action National de Lutte Contre la Désertification et de Gestion
des ressources naturelles (PAN-LCD/GRN).

Chapitre I :

Contexte général
I.1. Situation géographique

Pays totalement enclavé, le Niger s’étend sur 1.267.000 km2 et s’inscrit dans les longitudes
0o 16’ et 16o Est, et les latitudes 11o 01’ et 23o 17’ Nord. Sa frontière la plus proche du littoral
est à plus de 600 Km du Golfe de Guinée. Les trois quarts de cette superficie sont situés
dans la zone septentrionale, en désert chaud.

Au plan du relief, il s’agit d’une pénéplaine à la fois immense et monotone, d’une altitude
moyenne de 300 mètres dans laquelle existent çà et là, des dépressions qu’envahissent
souvent des sables et des régions surélevées par des actions volcaniques dans la partie
septentrionale du pays (massifs isolés de l’Aïr).

Au plan hydrographique, le Niger est traversé, dans sa partie occidentale, sur environ 550
Km, par un seul fleuve, celui auquel il doit d’ailleurs son nom, et à l’Est par une rivière quasi-

9
permanente, la Komadougou. A l’extrême Est du pays, se trouve le Lac Tchad, dont le Niger
possède la partie Nord-Ouest, soit environ 3000 Km2. D’autres lacs et cours d’eau plus ou
moins permanents existent ailleurs dans le pays.

I. 2. Contexte écologique

I.2.1. Caractéristiques Climatiques

Le climat du pays est particulièrement aride. Le Niger appartient en effet à l’une des zones
les plus chaudes du globe. Il connaît deux types de climats chauds : un climat désertique sur
la majeure partie de sa superficie, et un climat tropical à une seule saison des pluies. Les
saisons elles, sont au nombre de quatre :

- une saison dite froide (mi-décembre à mi-février) caractérisée par des nuits très
fraîches avec des températures pouvant descendre au-dessous de 10 0C et
même de 0 0C dans la zone septentrionale du pays ;
- une saison sèche et chaude (mars-mai) avec des vents brûlants et des
températures qui peuvent être supérieures à 45 0C ;
- une saison des pluies (juin-septembre) caractérisée par des pluies, souvent
orageuses, une forte humidité et une température moyenne de 33 0C ;
- une saison chaude sans pluie (octobre à mi-décembre) avec une humidité relative
et une température moyenne de 35 0C.

Intense, l’évaporation varie entre 1700 mm et 2100 mm d’eau par an ; le déficit hydrique
climatique est donc important pendant la saison sèche et la flore, pour subsister, doit puiser
dans les réserves du sous-sol. La pluviométrie est caractérisée par une forte variation dans
l’espace et dans le temps. C’est ainsi qu’on distingue, en fonction de cette pluviométrie, du
Nord au Sud du pays, les quatre zones ci-après:

 la zone saharienne au Nord du pays représentant environ 65% du territoire national,


avec des pluies très rares ; les précipitations restent toujours inférieures à 100 mm par
an et la saison sèche y est très longue avec des températures supérieures en moyenne
à 35 °C ; on se trouve en présence d’un climat désertique ;

 la zone sahélo-saharienne (12,2% du territoire national ) avec des pluies toujours très
faibles, les précipitations restant comprises entre 100 et 300 mm ; les cours d’eau ne
sont que temporaires, coulant à l’issue des précipitations atmosphériques importantes ;
on se trouve là en présence d’un climat subdésertique.;

 la zone sahélo-soudanienne (21,9% du territoire national du territoire national)


comprenant une partie sahélienne au Nord plus sèche et dévolue surtout à l’élevage
nomade avec des précipitations variant de 300 à 600 mm et, une partie soudanienne au
sud , plus arrosée;

 la zone soudanienne qui reçoit plus de 600 mm d’eau par an et représente 0,9% du
territoire national.

Au Niger, la pluviométrie annuelle caractérisée par une variabilité spatio-temporelle et


inter-annuelle a des conséquences sur les productions agro-sylvo-pastorales. Il est à
souligner que la sécheresse peut y être persistante, comme observé au cours des décennies
70 et 80 du siècle précédent.

I.2.2. Les ressources naturelles

a) Les Sols

10
Au Niger, les sols sont en général pauvres en éléments nutritifs et en teneur en matières
organiques. La superficie potentiellement cultivable est estimée à 15 millions d’hectares,
représentant moins de 12% de la superficie totale du pays. Il est à noter que 80 à 85% des
sols cultivables sont dunaires et seulement 15 à 20% sont des sols hydromorphes
moyennement argileux (SEDES, 1987). Ces sols peu productifs et fragiles sont très
sensibles à l’érosion hydrique et éolienne. La plupart des sols exploités souffrent d’une
carence sévère en phosphates (Bationo, 1991). Le potentiel en terre irrigable est estimé à
270 000 hectares, soit 4% de la superficie totale, dont 140 000 hectares sont situés dans la
vallée du fleuve Niger.

En outre, en raison de la pression démographique et de la faiblesse de


l’intensification de l’agriculture, pour les six principales cultures (mil, sorgho, niébé, riz,
arachide, maïs), les superficies cultivées sont passées de 3,1 millions d'hectares, c'est-à-dire
21% des terres cultivables en 1965 à 13.9 millions d'hectares, soit 93% des terres cultivables
en 1999. Il en résulte un accroissement de 72% des terres cultivées pour la période
considérée; toutefois, il importe de pondérer ces chiffres en tenant compte du système de
cultures pluvial dominant qu'est l'association mil-niébé.

En se référant au zonage climatique précédent, pour une surface totale de 126,70


millions d’hectares (Mha) on compte :

 82,36 Mha (65%) en zone saharienne à sols minéraux bruts ;

 15,46 Mha (12,2%) en zone sahélo-saharienne à sols peu évolués d ‘apport


éolien et sols brun rouge à dominance sableux ;

 27,74 Mha (21,9%) en zone sahélo-soudanienne à sols ferrugineux tropicaux ;

 1,14 Mha (0,9%) en zone soudanienne à sols ferrugineux et sols fersialitiques.

Les zones montagneuses et de grands plateaux (Aïr, Ader Doutchi, Continental terminal)
sont dominées par des lithosols. Les vallées fossiles (Dallols, Goulbi, Korama), les vallées
du fleuve, la Komadougou, le Lac Tchad et les cuvettes du Manga sont dominées
essentiellement par des sols hydromorphes et les vertisols.

b) Les Eaux

Le pays recèle également d'importantes potentialités hydriques de surface et


souterraines (Schéma Directeur des Ressources en Eaux, 1998).

Les eaux de surface localisées pour l’essentiel dans la frange sud proviennent en
grande partie des apports extérieurs. Elles sont réparties en unités hydrologiques suivantes
(Carte I.1. en annexe) :

 le fleuve Niger et ses affluents de rive droite (Volume moyen écoulé de l'ordre de 31
milliards de m3 par an ; Superficies inondables : 63.000 ha)
 l'Ader-Doutchi-Maggia (Volume moyen écoulé : environ 200millions de m3 par an) ;
 les dallols (vallées fossiles) ;
 les goulbis (actuellement sans écoulement significatif);
 les koromas (régime lié aux précipitations et au déversement des nappes contenues
dans le substratum des vallées concernées) ;

11
 la Komadougou Yobé, qui charrie 500 millions de m3 par an en territoire Nigérien. Ce
débit est aujourd’hui réduit par la construction de nombreux barrages dans son haut
bassin versant;
 le Lac Tchad (complètement asséché en territoire nigérien avec un retour timide suite
aux fortes précipitations de 1998) ;
 le lac Madarounfa ;
 les koris de l'Aïr, caractérisés par des crues brutales et de courte durée, qui charrient
près de 100 millions de m3 d'eau par an, servant pour l'essentiel à alimenter les
nappes phréatiques de la région ;
 les mares et les retenues artificielles et
 les oasis.

Plusieurs organisations régionales et sous-régionales sont mises en place pour


favoriser principalement la gestion commune de ces ressources de surface (ABN ; CBLT).

Les eaux souterraines elles, se distinguent en :

 ressources hydriques renouvelables dont la disponibilité est évaluée à environ 2.5


milliards de m3 présentement exploitées à moins de 20% et,
 ressources hydriques non renouvelables dont les réserves sont estimées à quelque
2000 milliards de m3 (MHE, 1995).

c) La végétation

Dans sa physionomie et sa composition la végétation reflète les conditions pédologiques et


climatiques du milieu. Ainsi, on distingue les grands domaines bioclimatiques suivants:

 le domaine saharien où la végétation, quand elle existe, est une steppe discontinue,
généralement réfugiée dans les dépressions;

 le domaine sahélien qui correspond pratiquement à la partie du Niger habité et porte


sur la partie du territoire comprise entre le Nord saharien et la frange sud
d'occupation urbaine. Ce domaine est caractérisé par une végétation passant des
formations contractées ou arbustives claires à des types plus diffus et arborés au
sud ;

 Le domaine sahélo-soudanien caractérisé par une savane herbacée discontinue et


une strate arbustive de faible densité plus boisée au niveau des bas-fonds humides ;

 le domaine soudanien qui couvre la partie la plus méridionale du pays. Plus boisé
que le Sahel, il comporte une végétation de savane, caractérisée par une strate
herbacée plus continue ou non. La strate ligneuse comporte des arbustes et des
arbres capables de constituer localement des peuplements fermés. La végétation est
globalement caractérisée par des Combretacées et par la présence de certaines
espèces de valeur comme le Karité (Vitelaria paradoxum), le Néré (Parkia
biglobosa) ,etc.

d) La Faune sauvage

Les divers étages bioclimatiques et les écosystèmes du Niger abritent une faune riche et très
diversifiée. Jusqu’à présent seuls les vertébrés et particulièrement les mammifères ont
retenu l’attention des scientifiques (SNPA /DB-1998). Elle comprend des représentants du
domaine soudanien, dans le sud du domaine sahélien et du domaine désertique saharien.

12
Les connaissances restent limitées pour la plupart des espèces animales (mammifères,
oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, invertébrés ;etc) ainsi que pour les habitats naturels.
Les récentes études effectuées dans le cadre du processus d’élaboration de la stratégie
nationale et du plan d’action en matière de conservation de la diversité biologique ont retenu
que le Niger compte au stade actuel de nos connaissances 3 200 espèces animales dont
168 de mammifères et 512 d’oiseaux. Le reste est constitué des reptiles, des amphibiens,
des poissons etc…(SNPA /DB-1998). Ces chiffres devraient être revus à la hausse avec des
connaissances plus actualisées sur les rôle et diversité de la flore microbienne.

Au-delà de son importance reconnue dans l'alimentation protéinique des communautés, la


faune a toujours été un centre d'intérêt, notamment pour la pharmacopée, la culture et le
tourisme de vision. Elle représente un indicateur de la qualité de l’environnement. Mais les
aspects défavorables au développement de la faune ci-dessus évoqués, conjugués aux
effets néfastes de sécheresses répétitives, ont réduit le potentiel faunique à moins de 10%
de ce qu’il était dans les années 1960. Sa composition spécifique révèle également que
plusieurs espèces ont disparu ou sont en voie de l'être.

La réduction des surfaces des zones humides, habitat préférentiel de nombreux oiseaux et
de certains mammifères rares (lamantins et hippopotames), ainsi que les activités humaines,
entraînent un changement dans le comportement des espèces migratrices (SNPA /DB-
1998).

I.3. Contexte socio-économique

I.3.1. Population

A l'instar des autres pays en développement en général et du Sahel en particulier, le Niger


est confronté à :

 une croissance démographique accélérée (le taux d'accroissement annuel est de


3,3%) ;
 un niveau de fécondité très élevé (l’indice synthétique de fécondité est de 7,4 enfants
par femme) ;
 un niveau de mortalité relativement élevé (le taux de mortalité infantile est de 123
pour mille et le taux de mortalité maternelle est de 6,5 % ) ;
 une structure assez jeune de sa population dont 49,5% a moins de 15 ans ;
 une répartition spatiale inégale (75% de sa population vivent sur 25% du territoire
national) ;
 une urbanisation rapide de sa population : 25,1% de la population vivaient en milieu
urbain en 1993 (Pop Sahel n°26-octobre 1997), contre 13% en 1977 (RGP-1977) ;
 un pourcentage plus élevé de femmes qui représentent environ 52% de la population;
 un taux de scolarisation faible.

La population est repartie entre huit (8) groupes socio-linguistiques, dont deux forment près de
80% des effectifs (Haoussa et Songhaï-Zarma). Ces groupes islamisés à plus de 95%
partagent certaines valeurs dans leurs rapports avec les questions d'environnement, de même
qu'en matière de gestion de l'espace en général et d'accès aux ressources naturelles en
particulier. Les Nigériens se répartissent en sédentaires et nomades. Toutefois, la proportion de
ces derniers est en baisse continue à la suite notamment des sécheresses récurrentes.

La population nigérienne est très inégalement répartie sur le territoire. En effet, les trois quarts
restent concentrés dans les zones méridionales au Sud du 16ème parallèle sur le quart environ
de la superficie totale du pays. La densité moyenne est de 6 hab/km2; elle est de moins de 1
hab/km2 dans le département d'Agadez et varie de 34,7 à 80 hab/km2 dans celui de Maradi

13
(RGP-1988). Cette concentration de populations dans certaines zones pose un sérieux
problème d'adéquation avec les niveaux de la production agricole qui est en baisse continue,
enregistrant des déficits céréaliers structurels de plus en plus importants (Carte I.2. en annexe).

La mobilité croissante de la population qui s'effectue au plan interne et externe, a des


conséquences importantes sur la répartition géographique et, de ce fait, au niveau de la
pression exercée sur les ressources naturelles. Ces déplacements liés surtout à des contraintes
socio-économiques, mais pouvant être conjoncturels, génèrent des revenus importants qui n'ont
malheureusement pas induit une transformation notable des systèmes de production.

Face aux défis majeurs que pose la satisfaction des besoins fondamentaux de la population,
l’Etat élabora en 1992, une Politique nationale de population. Cette dernière avait pour objectif
de parvenir à une maîtrise de la croissance démographique et des flux migratoires afin de les
ajuster aux conditions d'un développement économique visant une amélioration qualitative
substantielle des niveaux de vie notamment en milieu rural.

I.3.2. Agriculture

Chaque année près de 99% des superficies cultivées sont affectées à l'agriculture pluviale. La
contrainte majeure de cette agriculture réside dans l'insuffisance de l’eau pour les cultures; en
réalité cette insuffisance traduit une faible capacité de mobilisation des eaux de surface et
d'accès aux eaux souterraines. A cette contrainte s'ajoutent la baisse de la fertilité des sols, les
pressions parasitaires, l’insuffisance de crédits consécutive au désengagement de l'Etat du
secteur agricole et réduisant l'accès aux intrants agricoles, et les itinéraires techniques
inappropriée.

On note une forte extension des terres affectées aux cultures vivrières (principales
spéculations) céréalières du fait de la faible intensification des systèmes de production.
Cette extension des terres de cultures se fait souvent par le biais de l’exploitation de terres
marginales, ce qui contribue à l’accélération de la dégradation des terres et des pâturages. Les
productivités (rendements) baissent en conséquence, réduisant la contribution de l'agriculture
au PIB et exacerbant la question persistante de la sécurité alimentaire.

Les faibles performances enregistrées par l'agriculture au Niger sont le résultat d'une situation
générale marquée essentiellement par les facteurs suivants :

 la persistance du caractère extensif des systèmes de production ;


 la baisse des rendements ;
 les coûts élevés des moyens de production et la faiblesse du système de crédit rural ;
 le faible niveau des prix aux producteurs et l'absence de structures efficaces de
commercialisation et d'approvisionnement en intrants ;
 l'inadéquation du dispositif Recherche-Formation-Vulgarisation-Développement.

I.3.3. Elevage

L’élevage constitue la seconde activité économique au Niger. La disponibilité et l’accès à l'eau


et aux pâturages sont ses principales contraintes. De même, la mauvaise répartition des
ouvrages d’hydraulique pastorale sur l’ensemble du territoire entraîne la surexploitation voire la
destruction de certains écosystèmes pastoraux, tandis que d’autres restent pratiquement
inexploités.

Jusqu'en 1973, les politiques nationales en matière d'élevage ont été axées sur l'amélioration
de l'état sanitaire du cheptel et la conduite d'une politique d'hydraulique pastorale dominée par
la construction de forages équipés de stations de pompage. Le résultat fut l'accroissement des

14
effectifs jusqu'au début des années 70 et, conséquemment, l'augmentation de la charge
pastorale souvent sans rapport avec les capacités du milieu. Après la sécheresse de 1973, ces
politiques ont été dominées par les efforts de reconstitution du cheptel. C'est avec le Plan
d'action de Tahoua, que les stratégies en matière d'élevage ont formellement pris en compte les
aspects environnementaux et la capacité de charge du milieu.

La contribution de l'élevage dans la formation du PIB est en baisse constante (20,7% du PIB en
1961 ; 17,1% en 1975 ; 16,5% en 1984 et 12,8% en 1991) du fait des faibles performances des
systèmes d'élevage (faible niveau d'intensification) associées aux effets désastreux des
sécheresses récurrentes qui déciment régulièrement le cheptel depuis une trentaine d'années.
Ce sous-secteur s'est adapté à cette situation par une modification notable de la composition
des troupeaux et un transfert des effectifs de la zone pastorale vers les régions méridionales
agricoles plus favorables, mais également plus peuplées, ce qui provoque le plus souvent des
conflits entre éleveurs et agriculteurs.

I.3.4. Foresterie

Quant à la foresterie, les politiques nationales en la matière ont évolué depuis trois décennies
d'une attitude « conservationniste » vers une stratégie de lutte contre la désertification et la
gestion intégrée de l'ensemble des ressources naturelles. C’est dans ce cadre qu'a été élaboré
un Plan national de lutte contre la désertification (PNLCD), puis un Projet de gestion des
ressources naturelles(PGRN).

Entre 1982 et 1989, un inventaire des ressources forestières (à l'exception du département


d'Agadez) a permis d'estimer de manière globale, le potentiel productif à 16 millions d'hectares
(dont 11.600 000 ha de terres forestières marginales et 440 000 ha de terres forestières
aménageables). Leur productivité est très faible , variant de 0,1 à 1,5 stères/ha/an (PUSF,1982-
1989). Les formations forestières naturelles fournissent environ 87% des besoins énergétiques
en bois des populations, soit l’équivalent de 2.5 à 3 millions de tonnes par an dont 150.000
tonnes pour les seuls besoins de la ville de Niamey (Projet Energie II, 1991).
L’approvisionnement des populations urbaines représente environ 12 % de la demande globale
du pays. Ces mêmes formations forestières fournissent la quasi-totalité du bois de service aux
populations évalués à 113.000 tonnes en 1993 (Projet Energie II). Compte tenu du croît
démographique, cette consommation est appelée à doubler dans les années à venir, d’où le
risque de voir s’accentuer la dégradation du couvert végétal dont la production est déjà très
faible. Le « bilan bois-énergie » des régions indique que la plupart des régions sont déficitaires.
L’approvisionnement en bois se pose de manière particulièrement aiguë dans les départements
de Tahoua, Maradi, Tillabéri et Zinder. Pour faire face à cette situation, le pays a développé des
solutions alternatives, notamment dans le domaine des énergies nouvelles et renouvelables.
Ainsi, plusieurs programmes ont été élaborés dans ce cadre: Projet Energie domestique ; Projet
Gaz urbain ; Projet Charbon... Ces programmes rencontrèrent d’énormes difficultés dans leur
exécution; cependant, les marchés ruraux de bois dont le principe est basé sur la
responsabilisation des villageois dans la gestion de leurs terroirs, obtiennent des résultats
positifs unanimement appréciés.

I.3.5. Pêche

La richesse halieutique des eaux nigériennes est un atout majeur pour la sécurisation
alimentaire du pays puisque le poisson, dans bien des cas est la principale source de
protéines. L’exploitation et la valorisation des ressources halieutiques contribuent également
d’une manière décisive au produit intérieur brut et à la balance des paiements donc à la lutte
contre la pauvreté.

Les eaux de surface nigériennes dans lesquelles se pratiquent les activités de pêche
couvrent environ 600 000 ha. Les niveaux d’eaux des plans et cours d’eau (fleuve Niger,

15
Komadougou) fluctuent d’une année à l’autre et suivant les saisons. Ces eaux renferment
une grande diversité biologique dont la plus exploitée est l’ichtyofaune, représentée par 112
espèces. La production de poissons a été très variable ces dernières années. En effet, les
stations piscicoles, la production de la pêche contrôlée est passée de 20 000 tonnes dans
les années 1970 à 5 000 tonnes en 1986, alors que le potentiel normale est estimé à 30 000
tonnes /an.

Au delà de la sécheresse, on peut noter entre autres l’ensablement des plans et cours d’eau
accéléré par la déforestation en amont, l’érosion éolienne et hydrique, l’occupation
anarchique et inconsidérée de plaines d’inondation (zones de fraie). Un autre phénomène
plus préoccupant aujourd’hui est l’infestation des plans et cours d’eau par des plantes
envahissantes. C’est le cas de la jacinthe d’eau du Niger. Les effets négatifs de tous ces
facteurs sur l’habitat aquatiques a fait que huit (8) espèces sont déclarées disparues des
captures par les pêcheurs du fleuve Niger. Ce qui est une grande perte pour la diversité
biologique du Niger. Si des actions (protection des berges, plantations, aménagements
intégrés, lutte contre la jacinthe d’eau et de mise en œuvre de la loi n°98-042 du 29
Décembre 1998 relative au régime de la pêche) ne sont pas entreprises à très court terme
pour renverser la tendance, le Niger risque de perdre la contribution du secteur de la pêche
à l’économie nationale, estimée en moyenne chaque année à plus de douze milliards de
francs CFA/an.

I.3.6 Industrie, Tourisme et Mines

Pour entretenir sa croissance économique, le Niger a opté pour la stratégie d'industrialisation


par la substitution aux importations en valorisant les ressources locales (charbon, uranium, or,
transformation des produits agro-sylvo-pastoraux). Pour le cas de la ville de Niamey où se
trouve la plus forte concentration d'unités industrielles, jusqu'à une date récente peu d'études
ont été conduites pour évaluer l'impact des activités industrielles sur l'environnement.
Le Niger dispose d'un important potentiel touristique. Il s'agit notamment du capital de faune
sauvage, divers paysages, des parcs et des sites culturels et historiques favorables au
développement d’un éco-tourisme et d’un tourisme de vision. Actuellement, l'activité touristique
est principalement concentrée dans deux régions, à savoir le nord du pays et la région du fleuve
Niger intégrant le Parc National du W.

Enfin, sur le plan minier, les différents travaux de prospection, entrepris de la période
coloniale à nos jours, ont permis de mettre en évidence des indices de minéralisations
localisées dans des aires géographiques bien individualisées ou provinces métallo-géniques.
Parmi la trentaine de substances minérales qui constitue le potentiel minier du Niger, seuls
l’uranium, le charbon, le calcaire, le gypse, le phosphate, l’étain, le sel, le natron sont
exploités. Il convient de noter que depuis les années 1960, l’or fait l’objet d’une exploitation
artisanale, mais son exploitation industrielle a commencé (1996). Quant à l’exploration
pétrolière, qui a débuté dans les années 1958, elle a permis de mettre en évidence des
indices et réserves d’hydrocarbures respectivement dans les bassins du Djado et de
l'Agadem.

I.4. Contexte socio-politique

Trois décennies après la grande vague de décolonisation, le Niger est entré en 1991 dans l’ère
de la démocratisation. Depuis lors, les politiques de développement sont inscrites dans un
cadre institutionnel caractérisé par des tensions récurrentes, un ralentissement de la machine
administrative et une faible participation de la société civile. L’Etat de droit et la démocratie, qui
constituent les valeurs de référence du système politique qui s’instaure, restent encore à
consolider au Niger.

16
Au regard de l’importance des enjeux du développement, les autorités nigériennes ont pris
l’option politique de faire de la décentralisation la réponse institutionnelle à la question de la
participation des populations au développement national. Ainsi, la responsabilisation des
populations par rapport à leur environnement doit tenir compte, en dernière analyse, des
objectifs essentiels visés par les communautés de base. Toutefois, si les textes relatif à la
décentralisation sont promulgués, il reste que la mise en place concrète des institutions locales
est toujours attendue.

17
Chapitre II

Bilan diagnostic de la lutte contre la


désertification et de la gestion des ressources
naturelles
II.1. Problématique de la lutte contre la désertification et de la gestion des
ressources naturelles

II.1.1. Problématique

Au Niger, c'est une évidence que les problèmes de désertification et de dégradation des
ressources naturelles se posent avec acuité. Le climat, la pression démographique et les
modes d’exploitation du milieu constituent les facteurs déterminants de ces fléaux. La
problématique majeure s’exprime à travers un certain nombre de contradictions ou
paradoxes aux conséquences non négligeables sur le développement rural du pays et dont
la résolution s’avère impérative pour un développement socio-économique efficace. Parmi
ces contradictions on peut citer :

 la recherche d’une sécurité alimentaire dans un contexte où les conditions


climatiques sont défavorables ;
 la recherche de la gestion rationnelle des ressources naturelles en relation avec la
pression démographique et des modes d’exploitation peu respectueuses de
l’environnement ;
 la lutte contre les effets de la sécheresse face à la récession économique que
connaît le pays et l’état de pauvreté de la population ;
 la lutte contre la pauvreté et le faible niveau des productions agro-sylvo-pastorales,
principales sources de revenus des populations.

La manifestation de ces contradictions ou dilemmes qui mettent en jeu le milieu naturel,


l’homme et ses mondes d'exploitation accentuent le phénomène de la désertification.

II.1.2. Facteurs de désertification et leurs conséquences au Niger

II.1.2.1 Au niveau national

a) Le climat

Il semble aujourd’hui évident que les variabilités climatiques et la désertification sont


intimement liées. Au Niger, les importantes variabilités inter et intra-annuelles ont occasionné
des baisses de la pluviométrie pouvant atteindre 20 à 40 % au cours de la moyenne des 50
dernières années (Atlas AGRHYMET, 1998). Ces sécheresses, tout en accentuant l’aridité
du climat ont amorcé la dégradation des ressources naturelles. Ainsi, observe-ton de
profondes modifications du couvert végétal, du patrimoine faunique et halieutique. Ces
modifications sont liées soit à la réduction soit à la disparition de certaines espèces.

La modification du couvert végétal a pour conséquence le développement des érosions


hydrique et éolienne très actives, accompagnées d'une perte de terres fertiles et
l’assèchement total ou partiel des cours et plans d’eau.

18
b) La pression humaine sur les ressources naturelles et leurs modes
d’exploitation

Les effets négatifs du climat sur les ressources naturelles sont aujourd’hui aggravés par la
démographie galopante et les pratiques d’exploitation du milieu pour les productions agro-
sylvo-pastorales et industrielles. Cette situation accélère gravement le développement de la
pauvreté et la dégradation de l'environnement tant en milieu urbain que rural.

Un autre aspect aggravant le déséquilibre écologique est la grande inégalité de la répartition


géographique du peuplement humain. En effet, 75 % de la population du pays vivent dans la
partie méridionale sur un quart de la superficie du territoire national. Cette partie du pays qui
renferme l'essentiel du potentiel agro-sylvo-pastoral se trouve ainsi soumise à une pression
humaine et animale intense se traduisant par l'extension des terres de culture, le
surpâturage et le défrichement. Le phénomène d’extension des terres engendre
d'innombrables conflits entre agriculteurs et éleveurs et le recul des espaces classés et
protégés. A titre illustratif, si le niveau de cette pression est maintenu les ressources
forestières du Niger estimées à 13 millions d'hectares en 1980 seront réduites à 4 millions
d'hectares d'ici l'an 2020 (PAFT, 1991). Ces ressources s’exposent ainsi à la disparition
totale au rythme de la croissance rapide de la population et de la demande en bois.

c) Le faible niveau technologique et la pauvreté

La paupérisation croissante du monde rural liée à une crise économique qui perdure, limite
malheureusement l’adoption à grande échelle des technologies d’intensification (utilisation
d'intrants agricoles appropriés, mécanisation, défrichement amélioré, adoption de
spéculations à forte valeur ajoutée) permettant de renverser rapidement la tendance de
dégradation du milieu.

L’intensification des productions est en général freinée par des considérations socio-
économiques et principalement financières. Cette situation oblige les producteurs à recourir
à des pratiques peu respectueuses de l’environnement (défrichement, feux de brousse,
mise en valeur des versants, absence ou réduction du temps de jachère, ..). Les
performances du secteur rural qui emploie plus de 80% de la population demeurent
globalement insuffisantes.

Au niveau économique, la désertification et la sécheresse ont eu des conséquences


négatives sur l'économie en général et sur le PIB agricole en particulier.

Enfin, au plan social, la désertification et la sécheresse ont provoqué des mouvements inter-
régionaux et transnationaux de populations qui ont souvent obligé l’Etat à recourir à l’aide
alimentaire.

II.1.2.2. Au niveau régional

En dehors des problèmes généraux de dégradation des terres que connaît le Niger,
certaines régions présentent des problèmes de dégradation qui leur sont particulièrement
spécifiques. Il s’agit, entre autres, de :

 l’ensemble de la région d’Agadez, ainsi que les parties Nord des régions de Maradi,
Tahoua, Zinder, Tillaberi et Diffa, zones de prédilection des feux de brousse et
sujettes à une forte érosion éolienne et à l’ensablement;

19
 les vallées du fleuve, de l’Ader-Doutchi -Maggia, de la Tarka, du Goulbin Kaba et de
l’Aïr, zones soumises à une forte érosion hydrique ;

 les terres dunaires agricoles des départements de Maradi, Dosso et sud-Zinder,


zones de céréaliculture par excellence connaissant une forte baisse de fertilité des
sols liee a une forte pression demographique et des systemes de production
inadaptes, comme dans toutes les zones à vocation agricole d’ailleurs;

 le Parc National du W et ses zones périphériques, zones soumises à des fortes


pressions anthropiques.

A titre d’exemple, les Tableaux II.2.1 et II.2.2 en annexe, résument en détail pour chacune
des régions les potentialités/contraintes forestières et agroforestières ainsi que leurs états et,
les indicateurs de population et de production. En résumé, les connaissances sur les
potentialités et les contraintes des ressources naturelles sont encore fragmentaires, voire
souvent contradictoires. Il y a par conséquent nécessité d’approfondir ces connaissances
par :

- des inventaires exhaustifs des ressources naturelles ;


- l’étude de la dynamique et du fonctionnement des écosystèmes ;
- etc.

II.2. Eléments d’analyse des politiques, des stratégies, des plans et programmes en
matière de LCD/GRN

II.2.1. Politiques multi-sectorielles, adaptées aux impératifs du moment

C’est avec la sécheresse de 1973 que le Niger, a promu et mis en oeuvre de véritables
politiques et stratégies en matière de lutte contre la désertification, de gestion des
ressources naturelles et d’atténuation des effets de la sécheresse. Jusqu’en 1972, le Niger
a connu une certaine sécurité alimentaire, un équilibre écologique relatif et un cheptel
important. A cette époque, les principales préoccupations étaient la conservation des
ressources naturelles disponibles, le développement des cultures de rente pour la recherche
des devises et le maintien d’une parfaite santé animale. Ces politiques et stratégies mises en
place ont connu des évolutions d’approches en fonction des nouvelles réalités écologiques
et sociales ainsi que des politiques de développement économique envisagées. On distingue
deux périodes marquantes correspondant à des politiques et stratégies spécifiques.

a) La période 1973-1983, marquée par une série de sécheresses aux


conséquences dramatiques (1972-1973 et 1983-1984), a vu la prépondérance de la
recherche de la sécurité alimentaire à travers les projets de productivité. Ces situations ont
entraîné de profondes mutations dans la politique du développement rural global définie au
cours de la décennie 60 (accent sur les cultures de rente).

Ainsi dans le domaine de la gestion de l’environnement, la politique « conservationniste » a


fait place à une politique de lutte contre la désertification plus participative, suite à la
réduction drastique des ressources naturelles et la dégradation du potentiel productif.
Pendant cette période, le principal instrument de lutte contre ce fléau est le reboisement à
grande échelle à travers la mise en œuvre d’un grand nombre de projets avec l’appui des
partenaires extérieurs, qui a malheureusement donné des résultats mitigés. En effet, les
sécheresses qui se sont succédées ont mis à jour la précarité de l’équilibre alimentaire et ont
conduit à la mise en place d’une Politique de sécurité alimentaire.

20
Ainsi, pour retrouver la sécurité alimentaire des années 60, le développement des cultures
vivrières, comme souligné plus haut, a constitué l’axe stratégique principal, qui s’est traduit
sur le terrain par :

 l’abandon de l’appui aux cultures de rente ;


 la promotion de projets dits de productivité qui cherchent à accroître la productivité
par la diffusion de paquets technologiques en milieu paysan notamment la culture
attelée, les intrants et l’octroi des crédits agricoles et ruraux ;
 le développement des aménagements hydro-agricoles ;
 la mise en place de plusieurs institutions et organismes de soutien à la production et
à la commercialisation (UNC, CNCA, etc).

Le développement des cultures vivrières est couplé à une autre stratégie de prévision et de
gestion des sécheresses dans un contexte climatique difficilement maîtrisable. C’est ainsi
que l’Etat a procédé :

en matière de prévision :

 à la mise en place et au renforcement des systèmes de prévisions météorologiques


et hydrologiques ;
 à la mise en place d’un mécanisme d’alerte précoce et de gestion des catastrophes
naturelles ;
 à la constitution des stocks de sécurité alimentaire ;
 à la mise en place d’un système de suivi et d’évaluation des campagnes agricoles.

en matière de gestion :

 au soutien aux importations des produits agricoles à travers la suppression des taxes
à l’importation ;
 au développement des activités à haute intensité de main-d’oeuvre pour prévenir les
mouvements migratoires ;
 à la promotion et au développement des cultures de contre saison ;
 à la régulation du marché céréalier à travers l’injection sur le marché de produits
agricoles issus des stocks de stabilisation ;
 à la mobilisation de l’aide alimentaire auprès des partenaires.

En matière de développement pastoral, les pertes importantes subies au cours des


sécheresses de 1972-73 et de 1983-84 ont montré les limites de la politique de
développement de l’élevage basée sur la protection sanitaire et l’augmentation de la
production à travers l’accroissement des effectifs du cheptel. Le programme triennal 1976-
1978 et le plan quinquennal 1979-1983 fixent les nouvelles orientations politiques dans ce
domaine. Ces nouvelles orientations sont basées sur l’amélioration de la productivité de
l’élevage en vue d’assurer la consommation intérieure et les exportations.

b) La période 1984 à nos jours a été marquée par les changements sociaux
(Conférence Nationale et processus démocratique), le bouleversement des stratégies de
lutte contre la désertification et de recherche de la sécurité alimentaire de la décennie
passée, ainsi que par la prise en compte des problèmes environnementaux dans leur
globalité depuis la CNUED. Aussi, devant l’aggravation des problèmes de dégradation des
ressources naturelles et la persistance des déficits céréaliers, de profondes réflexions ont
été engagées sur l’efficacité des stratégies et des approches retenues en matière de lutte
contre la désertification et de recherche de la sécurité alimentaire.

II.2.2. Plans, programmes et projets

21
Dans le cadre de ces réflexions, un séminaire sur les stratégies d’intervention en milieu rural
a été organisé en 1982 à Zinder au cours duquel une analyse critique des approches a été
effectuée. En outre, l’année 1984 a enregistré la tenue d’une autre rencontre sur la LCD à
Maradi (débat de Maradi) à l’issue duquel la stratégie de LCD a été examinée dans la
recherche d’une efficacité des interventions (Engagements de Maradi). Ainsi, le
Gouvernement a décidé des mesures suivantes : au niveau de tous les chefs-lieux de
départements, des arrondissements et des postes administratifs , les autorités doivent
procéder impérativement et annuellement à la délimitation d’espaces dans lesquels seront
plantés des arbres à raison de :

 5 ha par Poste Administratif ;


 10 ha par Arrondissement ;
 15 ha par Département.

Des mesures similaires ont été prises simultanément au niveau des villages, des
aménagements hydro-agricoles, des mosquées et des lieux publics. L’Engagement de
Maradi a insufflé une dynamique constante en matière de reboisement, consolidée par
l’institutionnalisation de la fête de l’arbre( 3 août )qui marque désormais la célébration de
l’anniversaire de la fête nationale de l’indépendance.

A l’issue du débat de Maradi, la lutte contre la désertification a été placée dans le contexte
global de recherche de l’autosuffisance alimentaire. C’est pourquoi, la stratégie de
reboisement a été complétée par d’autres axes stratégiques notamment l’amélioration des
systèmes de production, la gestion des ressources naturelles dans une approche intégrée et
de responsabilisation des populations.

Pour concrétiser cette nouvelle orientation, un plan National de lutte contre la désertification
a été élaboré en 1985. Ce plan adopté par le Gouvernement a permis la réalisation de
nombreuses actions. Il fut révisé en 1991 pour servir de politique et stratégie nationale en
matière du lutte contre la désertification et prôner une approche intégrée et une
responsabilisation accrue des acteurs. Un an après la rencontre de Maradi, un autre débat
sur l’élevage s’est tenu à Tahoua à l’issue duquel a été élaboré un Plan d’Action pour le
Développement de l’Elevage qui prône une démarche de responsabilisation des éleveurs
dans une approche d’intégration des actions.

Toutes ces réflexions sectorielles ont retenu l’intégration des actions et la responsabilisation
des populations comme stratégies et approches de mise en œuvre de la politique
d’autosuffisance alimentaire et de lutte contre la désertification. Cette vision globale et
intégrée fut concrétisée par la mise en place et l’adoption d’un cadre politique et stratégique
de référence : l’ordonnance 92-030 du 8 Juillet 1992 relative aux principes Directeurs d’une
Politique de Développement Rural (PDPDR) au Niger dont l’un des axes est la GRN suivant
l’approche « Terroir ». Au cours de cette période, on a enregistré une meilleure prise en
compte des préoccupations relatives à la GRN avec la mise en place d’un vaste programme
de GRN et l’élaboration (en 1992) d’un Plan d’Action Forestier Tropical (PAFT) pour la
gestion des ressources forestières naturelles en proie à une dégradation croissante. Le
PAFT n’a malheureusement pas été adopté; toutefois, cela n'a pas empêché la réalisation
d’importantes actions d’aménagement des ressources forestières, parmi lesquelles :

- les aménagements forestiers villageois à travers le Projet Energie II ;


- les aménagements des formations naturelles (Gueselbodi, Hamadidie,
Goroubasounga, Baban Rafi, etc).

Par ailleurs, il y a lieu de noter que d’importantes opérations ont été réalisées en matière de
CES/DRS, de mise en défens et de fixation de dunes ainsi que, des plantations et de gestion

22
des terroirs, de 1990 à 1998 dans les différentes régions du pays ; ces réalisations sont (Etat
de L’environnement au Niger, 2000):

- 180000 ha et 6300 Km pour les actions de CES/DRS ;


- 7000 ha de fixation de dunes et, 11300 ha de mise en défens ;
- 48500 ha de plantations en bloc et, 20000 Km de plantations linéaires.

Enfin, d’autres plans de développement économique, sociaux et environnementaux ainsi que


des stratégies sectorielles d’intérêt pour la LCD ont été élaborés et mis en œuvre. Il s’agit
pour l’essentiel :

 du Plan de Développement Economique et Social 1987- 91 qui présente la désertification


comme un défit majeur à relever et propose une lutte rigoureuse contre ce fléau ;

 du Programme de Relance Economique (adopté en 1997) dont la LCD, au travers du


PNEDD, est un des 4 programmes prioritaires. En effet, ce programme prévoit
l’amélioration des performances des systèmes de production à travers des actions de
LCD/GRN ;

 des projets et stratégies en matière de population, de lutte contre la pauvreté, de


conservation de la biodiversité, d’énergie, de gestion des terroirs etc.

Toutefois, au regard d’un certain nombre d’indices (indice de développement humain,


accroissement de la pauvreté urbaine et rurale, baisse des rendements agricoles,
dégradation des ressources naturelles, etc), on peut affirmer que ces politiques, stratégies,
plans et actions ont été en deçà des attentes d’un développement durable.
Il y a donc nécessité, dans la perspective de la mise en œuvre du PAN/LCD-GRN, de
procéder au préalable à des évaluations d’impact des actions menées.

II.2.3. Analyse de la stratégie de mobilisation des ressources

En examinant la situation des ressources mobilisées pour la lutte contre la désertification, on


constate qu’il est aujourd’hui difficile. Cependant les données disponibles par rapport aux
ressources humaines et financières montrent que d’importants efforts ont été effectués dans
ces domaines.

a) Ressources humaines

D’importantes actions ont été réalisées dans le cadre des recommandations issues du Débat
de Maradi, grâce à la mobilisation volontaire de certaines couches de la population
notamment les jeunes (Service National de Participation) et les femmes avec l'appui des
ONG, des services techniques et des projets de développement. Particulièrement pour les
femmes, on note une participation physique massive représentant le plus souvent plus de 50
% des travailleurs présents sur les chantiers, proportion pouvant atteindre 95 % dans le
cadre de la mise en œuvre de certains projets (chantiers de reboisement du PDR-
ADM/Keïta-FAO, du PASP-GTZ, du PDRT-GTZ, du PBVT-Union Européenne, etc). A titre
d’exemple, l’opération « Sahel Vert » a mobilisé 3855 jeunes scolarisés et non scolarisés.
D’autre part, la forte présence des femmes sur les chantiers n'est due qu’en partie à l'exode
des hommes ou à la rémunération immédiate (food for work/cash for work); elle s'explique
aussi par des motivations propres traduisant leur prise de conscience de la nécessité de
réhabiliter leur milieu.

Mais, la participation populaire qui se traduit par des actions souvent éparses et ponctuelles,
est jusque là restée en deçà de ce qu’exigerait l'ampleur du phénomène (désertification) dont

23
l'impact dépasse largement les frontières nationales. Cette situation est liée notamment
aux limites intrinsèques des stratégies de mobilisation sociale et de responsabilisation des
populations. Ce sont là des insuffisances qui ont lourdement entravé le développement des
ressources humaines à la base et des compétences, hypothéquant ainsi l'efficacité de la
participation des populations aux actions de la LCD/GRN.

En effet, les formes d’organisations rurales n’ont pas connu, en temps voulu, les évolutions
souhaitées du fait de l’interventionnisme excessif exercé par l’Etat et ses démembrements,
l’absence des relations actives de partenariat entre acteurs, et la léthargie du mouvement
associatif rural. Cet état de fait a fortement limité et annihilé les capacités d’action
participatives et de mobilisation des ressources, notamment les populations qui dans leur
grande majorité sont restées en retrait des actions de LCD/GRN.

Dans la perspective de désengagement de l'Etat et pour des raisons de durabilité des


actions de LCD/GRN, les pouvoirs publics ont donné une priorité au développement à la
base, toujours selon l'approche participative. Aussi on remarque depuis quelques années
l'émergence d' environ 250 ONG, dont 131 interviennent dans le domaine de
l'environnement aux côtés des communautés rurales.

b) Ressources financières

Depuis le débat de Maradi, l’Etat et les collectivités s'évertuent, avec l'appui des partenaires
au développement, à consacrer davantage des ressources financières à la protection et à la
gestion de l'Environnement, malgré la faible croissance de l'économie nationale. Le Tableau
II.3 en annexe recense quelques projets ayant prévu au départ un volet LCD ou GRN, mais
dont l’exécution n’a pas été effective dans la plupart des cas.
Mais, un certain nombre d'obstacles ont limité la mobilisation des ressources financières au
plan national. Ce sont notamment :

 la faible compétitivité de l'économie nationale et le poids de la dette extérieure ;


 la faible mobilisation des ressources internes ;
 la faible formation brute du capital fixe et une faible capacité d'auto-financement au
niveau local et national. ;
 la faible mobilisation des ressources extérieures (embargo financier, procédures des
partenaires, incohérences dans les gestions des programmes financés, faible
capacité de négociation);
 la faible participation du secteur privé ;
 la faible capacité d'absorption des crédits;
 la faible capacité d’élaboration et ou de gestion des projets (valorisation insuffisante
des compétences nationales) ;
 la faible efficience des ressources mobilisées.

Malgré tout, des ressources financières non négligeables ont été injectées dans le cadre
de la lutte contre la désertification et la protection de l'environnement pour la période allant
de 1985 à 1997. Ces ressources intègrent à la fois les financements internes et externes.
Cependant, il faut souligner qu’une bonne partie des ressources allouées dans le cadre des
projets est consacrée au fonctionnement au détriment des actions concrètes sur le terrain.

L'examen des programmes d’investissement de l'Etat de 1985 à 1997, fait apparaître une
grande disparité dans le financement du secteur rural. Globalement les sous-secteurs de
l'Agriculture et de l'Elevage ont fait l'objet d'attention particulière du politique. Par contre, les
Forêts-Faune et l'Hydraulique, deux sous-secteurs non moins importants, ont eu des
prévisions budgétaires modestes et décroissantes, avec des taux de réalisation faibles.

24
En outre, la contribution financière de l’Etat à la LCD-GRN ainsi d’ailleurs qu’à tous les
autres secteurs n’a cessé de chuter depuis 1982, avec la fin du boom de l’uranium.

A l’échelon des collectivités territoriales l'évolution du financement des activités


environnementales de 1984 à 1995 fait ressortir que les crédits alloués aux secteurs de
l'environnement varient entre 500 000 et 800 000 FCFA constants par an et par Collectivité,
soit 300 a 500 millions de francs CFA pour la période considérée et pour l ensemble du
pays. Ceci dénote la faiblesse des moyens qui sont affectés à ces activités malgré la
dégradation avancée des écosystèmes. En outre, le taux d'exécution pour la plupart de ces
crédits de 1984 à 1990 se situe entre 50 et 80 % ; ce taux s’étant brusquement détérioré a
partir de 1991 pour atteindre le niveau le plus bas en 1995, soit 29,28%. Ceci pourrait
s'expliquer par la raréfaction des ressources financières au plan national. A cela, il faut
ajouter les crises politiques successives et leur impact sur l’octroi des ressources financières
extérieures au Niger durant la période de 1990 à nos jours.

Concernant les Organisations Non Gouvernementales (ONG) nationales et internationales,


leurs prévisions financières dans le domaine du financement des activités
environnementales ont été presque entièrement réalisées sur le total cumulé de cinq ans
(1990-1995). Ainsi, sur un total d’environ 13,8 milliards Fcfa, 12,5 milliards ont été
effectivement mobilisés pour le financement des opérations. Les années 1993 et 1994 ont
connu un taux de réalisation supérieur aux prévisions, dû au regain d'intérêt manifesté par la
communauté internationale vis-à-vis de la société civile et de la coopération décentralisée.

Pour ce qui est des Organisations Communes de Base (OCB), les montants mobilisés sont
passés de 22,5 millions Fcfa en 1990 à plus d’un milliard en 1995. Ceci procède du
dynamisme de plus en plus affiché par ces organisations dans le domaine du financement
de l'environnement. Toutefois, l'analyse des données fait ressortir des disparités en matière
de financement des activités environnementales. En effet, les régions de Dosso, Maradi,
Tillabéry et Agadez sont des zones d'intervention privilégiées des OCB.

Notons enfin qu’en dehors de l’Etat, des ONG, des Associations et des Collectivités, les
populations bénéficiaires apportent leur contre-partie physique et/ou financière. Néanmoins,
faute de données fiables, il est difficile de quantifier cette contre-partie.

II.3. Cadre juridique réglementaire et institutionnel de LCD/GRN

II.3.1. Cadre juridique et réglementaire

En matière de protection et de gestion de l’environnement, le Niger dispose, à côté des


conventions, traités et accords internationaux dont il est Partie, d’un arsenal de textes
législatifs et réglementaires..

Il faut rappeler qu’il existe aujourd’hui plus de 300 conventions, environ 900 traités et 35
accords internationaux consacrés entièrement ou partiellement à la protection et à la gestion
de l’environnement (MH/E/PNUE/1998). Le Niger est partie prenante de plusieurs de ces
accords, notamment ceux issus du sommet de Rio en 1992. Sur le plan interne, il existe une
multitude de textes législatifs et réglementaires ayant un lien direct ou indirect à la protection
et à la gestion de l’environnement ; il convient de citer entre autres :

 la Constitution du 18 juillet 1999 ;


 la loi n° 97-024 du 08 juillet 1997, portant approbation du Programme de Relance
Economique ;
 la loi n° 98-56 du 29 décembre 1998 portant loi-cadre relative à la gestion de
l’environnement ;

25
 la loi n° 74-7 du 4 mars 1974, fixant le régime forestier ;
 la loi n° 96-05 du 6 février 1996, portant création de circonscriptions
administratives et de collectivités territoriales ;
 la loi n° 96-06 du 6 février 1996, déterminant les principes fondamentaux de la
libre administration des régions, des départements et des communes, ainsi que
leurs compétences et leurs ressources ;
 lois Nos 98-029 à 98-036, du 14 septembre 1998, fixant les limites et les noms
des chef-lieux des communes, des départements et des régions ; ainsi que leur
décret d’application No 99-035/PRN/MI/AT du 05.03.99.
 la loi N° 98-048 du 29 Avril 1998 fixant le régime de la chasse et la protection de
la faune ;
 la loi N° 98-042 du 7 décembre 1998 portant régime de la pêche au Niger
 la loi 66 - 033 du 24 mai 1966 relative aux établissements dangereux, insalubres
ou incommodes ;
 l’Ordonnance a n°93-014 du 22 mars 1993 portant régime de l’eau.
 l’ordonnance n° 97-001 du 10 janvier 1997, portant institutionnalisation des
études d’impact sur l’environnement ;
 l’ordonnance n° 93-015 du 02 mars 1993, fixant les principes d’orientation du
code rural ;
 l’ordonnance n° 92-030 du 8 juillet 1992 portant adoption des principes directeurs
d’une politique de développement rural pour le Niger,
 l’ordonnance n° 92-037 du 21 août 1992, portant organisation de la
commercialisation et du transport de bois dans les grandes agglomérations, et la
fiscalité qui lui est applicable ;
 l'ordonnance N° 96 - 024 du 30 mai 1996 portant réglementation des institutions
mutualistes, coopératives d'épargne et de crédit.

Cet arsenal juridique démontre si besoin était, le souci de l’Etat de réglementer le gestion de
l’environnement et des ressources naturelles, ainsi que le transfert des compétences et
responsabilités aux communautés de base. Toutefois, l’application de ces textes souffre
souvent de nombreux manquements, notamment par faute de textes complémentaires,
l’absence d’un cadre institutionnel concerté de suivi et d’évaluation, voire la méconnaissance
de ces dispositions.

La mise en œuvre des conventions, traités et accords internationaux s’effectue souvent


d’une manière incohérente, ce qui ne favorise pas un suivi efficient et efficace de ces
instruments.

Il en résulte qu’il est nécessaire de procéder à une meilleure vulgarisation de textes et de


suivre l’application de ceux-ci afin d’apporter des réajustements éventuels.

II.3.2. Cadre institutionnel

Compte tenu du caractère pluridisciplinaire et multisectoriel de la lutte contre la


Désertification, de la Gestion des Ressources Naturelles (GRN) et de l’Atténuation des Effets
de la Sécheresse (AES), plusieurs institutions sont aujourd’hui impliquées directement ou
indirectement à des degrés divers. Il s’agit entre autres des Ministères en charge de
l’environnement, du développement rural, des ressources en eau, de la recherche et de la
formation, des mines/énergie etc, des institutions sous régionales, régionales,
internationales (AGRHYMET, ABN, ACMAD, ICRISAT, etc).

II.4. Leçons tirées

26
Les insuffisances relevées des stratégies adoptées par le passé dans le cadre de la
lutte contre la désertification (vision relativement sectorielle et dirigiste), ont conduit à
l’adoption de méthodes d’intervention plus participative, donc responsabilisante.

Sur le terrain, un des succès le plus marquant est incontestablement la prise de


conscience des populations sur les effets de la désertification que connaît leur terroir et sur
la nécessité d’accorder une plus grande priorité à la lutte contre ce phénomène. Cependant,
les résultats enregistrés demeurent mitigés eu égard à l’ampleur du phénomène, à
l’immensité du pays et aux moyens limités affectés à la lutte contre ce fléau.

Ainsi, la situation du déficit alimentaire reste quasi permanente en dépit de la mise en


oeuvre des programmes et projets visant à lutter contre la désertification et à accroître la
productivité. On assiste de ce fait à une sollicitation permanente du Système d’Alerte
Précoce et de gestion des catastrophes (SAP/GC) en particulier le volet gestion des aides
alimentaires pour l’atténuation des effets de la sécheresse.
D’autres insuffisances ont favorisé la précarité de l’équilibre alimentaire notamment :

 la libéralisation mal gérée de l’agriculture (politique de désengagement de l’Etat,


notamment à travers la suppression des crédits agricoles et des subventions…), n’a
pas permis un véritable essor des productions agricoles d’où le renchérissement des
facteurs de production et de produits agricoles sur les marchés ;
 les techniques, malgré leurs performances sont parfois mal appliquées;
 un mauvais partenariat entre les structures de développement et celles de recherche;
 une faiblesse en matière d’évaluation d’impacts;
 une faiblesse de la base de données sur la LCD et la dégradation des ressources
naturelles ;
 l’absence d’un mécanisme organisé et durable de financement des actions de LCD et
GRN.

Des acquis ont néanmoins été enregistrés notamment sur le terrain et au niveau
institutionnel et législatif dans le cadre de l’amélioration de la productivité des activités agro-
sylvo-pastorales pour la sécurité alimentaire à savoir :

 la promotion d’une législation appropriée en vue d’une meilleure gestion des


ressources naturelles ( décentralisation, code rural, code forestier, la loi sur la pêche
en révision, loi sur la chasse, principes directeur pour une politique de
développement rural au Niger, textes législatifs et réglementaires sur l’exploitation et
la commercialisation du bois-énergie, loi cadre de gestion de l’Environnement , etc),
 le renforcement depuis 1990 du dispositif institutionnel en matière de lutte contre la
désertification et de gestion des ressources naturelles ;
 un début de responsabilisation des partenaires matérialisé par un partage des rentes
forestières entre l’Etat, les Collectivités et les OCB (marchés ruraux de bois);
 la formation des acteurs locaux (paysans, associations, etc), notamment aux plans
organisationnel et technique, dans certaines zones d’intervention des projets ;
 des actions réussies à grande échelle en matière de reboisement, de conservation
des sols et de production piscicole réalisées au niveau local avec la pleine
participation des populations (sites des projets Rôneraies, PDR-ADM, PDRT, PBVT,
Projet Gao/Dosso FAC-UNSO, etc).

Conscients de tous ces enseignements et du bien fondé de la coordination des interventions


en matière de lutte contre la désertification et de gestion des ressources, le Niger très
attaché à l’esprit de la Convention des Nations Unies sur la Lutte contre la Désertification
(CCD) a élaboré ce vaste programme pour le bien être de sa population actuelle et future.

27
Chapitre III
Le Programme D’action National de Lutte contre la
Désertification et de Gestion des Ressources
Naturelles (PAN/LCD-GRN)
III.1. Enjeux, objectifs et stratégie du PAN-LCD/GRN

III.1.1. Enjeux

L’amélioration et la pérennisation du capital productif (sol, eau, etc) d’une part, et celui du
cadre de vie d’autre part, constituent les principaux enjeux de la LCD-GRN au Niger. On
constate aujourd’hui que le capital productif de notre pays n’est plus en mesure de satisfaire
nos besoins fondamentaux, à plus forte raison dégager un surplus à investir. En faisant donc
de la pérennisation de ce capital l’enjeu principal, le PAN/LCD-GRN se donne pour objectifs
ceux définis ci-dessous, afin de permettre une mutation heureuse dans les stratégies mises
en œuvre pour une gestion durable du milieu.

III.1.2. Objectifs

a) Objectifs généraux

Il s’agit fondamentalement:

 d’identifier les facteurs qui contribuent à la désertification et les mesures


concrètes à prendre pour lutter contre celle-ci et atténuer les effets de la
sécheresse ;
 de créer les conditions favorables à l’amélioration de la sécurité alimentaire, à
la solution de la crise de l’énergie domestique, au développement
économique des populations, et leur responsabilisation dans la gestion des
ressources naturelles.

b) Objectifs spécifiques

Pour atteindre ces objectifs généraux, le PAN/LCD-GRN se fixe les objectifs spécifiques
suivants :

 analyser et suivre les facteurs qui contribuent à la sécheresse et à la


désertification ;
 promouvoir une gestion durable des ressources naturelles des terroirs
(organiser, former et faire participer les populations à la gestion durable des
ressources naturelles) ;
 améliorer la production et les conditions de vie des communautés rurales à
travers notamment l’adoption des itinéraires techniques plus appropriés;
 assurer un financement adéquat des activités prévues dans les différents
sous-programmes.

III.1.3 Stratégie nationale

Les modes d’exploitation actuels des ressources naturelles, loin de contribuer au


développement, ont plutôt favorisé la dégradation du milieu. Cette dégradation imputable aux

28
facteurs climatiques et anthropiques, a atteint aujourd’hui un degré tel qu’elle hypothèque
sérieusement ce développement. Pour y faire face, le Niger se donne une stratégie dont les
principes fondamentaux et les axes principaux sont ci-dessous présentés.

a) Principes fondamentaux

En tenant compte du contexte national, de la lettre et de l’esprit de la Convention des


Nations Unies sur la Lutte contre la Désertification, la stratégie nationale en matière de lutte
contre la désertification et de gestion des ressources naturelles repose sur un certain
nombre de principes fondamentaux dont les plus importants sont :

• Une approche globale et intégrée

L’analyse de la problématique de la désertification au Niger a mis en évidence la complexité


des relations entre les différents éléments qui sous-tendent les réalités de l’insécurité
alimentaire, de la pauvreté, de la gestion des ressources naturelles et de la crise de
l’énergie. Or, l'analyse de l'évolution des stratégies de lutte contre la désertification et de
gestion des ressources naturelles a montré la limite des actions isolées et des interventions
sectorielles dans la recherche de solutions aux problèmes de dégradation du milieu. C'est
pourquoi toute la stratégie nationale doit commander une intégration et une harmonisation
des actions.

Il importe de ce fait de considérer que, la lutte contre la désertification et la gestion des


ressources naturelles ne sont pas sectorielles mais doivent prendre en compte à la fois les
dimensions sociale, économique et écologique du développement. La lutte contre la
désertification et la gestion des ressources naturelles doivent également être entrevues
sous l’angle de la lutte contre la pauvreté.

• Une cohérence des interventions et une cohésion entre les acteurs

L'examen du cadre institutionnel de LCD/GRN fait ressortir une diversité des institutions et
une multiplicité des acteurs et de leurs approches. Cette situation, caractérisée par le double
emploi et les conflits de compétence, crée des problèmes de coordination et de cohérence
des interventions auxquels la mise en œuvre du PAN/LCD-GRN s'efforcera d'apporter des
solutions appropriées. En outre la mise en œuvre du PAN/LCD-GRN recherchera la synergie
des Conventions issues du sommet de Rio de Janeïro.

• Une intervention suivant l’ « approche Gestion de Terroirs »

La LCD-GRN se faisant prioritairement au niveau local, et à travers de programmes locaux


de développement, l’ « approche gestion de terroirs », qui cadre parfaitement avec les
exigences de la CCD, sera l’épine dorsale des actions de cette lutte en raison de son
caractère intégré, participatif et décentralisé.

• Une implication et une participation active des populations, en particulier les


femmes et les jeunes, à travers des structures décentralisées efficaces

La saine gestion des ressources et de l’espace exige la pleine et entière participation des
populations. Celles-ci seront associées, à travers des structures organisées, à toutes les
étapes de diagnostic, de la planification/programmation, de mise en œuvre et de suivi-
évaluation des interventions. Cette association se fera à tous les niveaux et mettra un accent
particulier sur le choix de technologie, les modalités de mise en œuvre, du financement et de
l'autogestion des réalisations. Une compréhension commune des enjeux de la CCD par tous
les acteurs, en particulier les populations, est le gage de leur implication/participation. Pour
ce faire, la stratégie nationale mettra un accent particulier sur l'information, la sensibilisation

29
et la communication ainsi que la prise en compte des connaissances et savoirs-faire
traditionnels.

• Un partenariat renforcé entre acteurs

La prise en compte de la lutte contre la désertification et la gestion des ressources naturelles


imposent un partage des pouvoirs et de responsabilités, et une définition des rôles entre tous
les acteurs notamment la population et la société civile. Ainsi le processus PAN/LCD-GRN
mettra en avant la recherche d'un renforcement du partenariat à travers un dialogue
permanent entre l’ensemble des acteurs impliqués à tous les niveaux, à savoir : l’Etat (à
travers ses différents services et démembrements), les Collectivités, la société civile, les
ONG, les autorités coutumières, les populations bénéficiaires et les bailleurs de fonds en vue
d’une claire répartition de leurs rôles. Tout au long de la mise en œuvre du PAN/LCD-GRN,
le renforcement de capacité de ces acteurs interviendra de façon permanente.

• Une prise en compte des acquis

Le Niger recelant d’expériences en matière de LCD, il convient de capitaliser ces dernières


et d’en tenir compte dans la formulation des futurs sous programmes et projets.

• Une vision à long terme

Malgré l’urgence que commande la situation dans certaines régions et la nécessité de réagir
le plus rapidement possible à certains déséquilibres importants, la stratégie nationale exige
une analyse prospective à moyen et à long terme des problèmes et des solutions.

• Une répartition harmonieuse des actions

Dans le but d’éviter un saupoudrage de financement et de garantir un meilleur impact des


actions à entreprendre, il faut promouvoir une politique soutenue de recherche de
financement et de mobilisation des acteurs concernés ainsi que, d’affectation harmonieuse
et équilibrée de ces financements, en tenant compte des zones prioritaires par rapport à la
préservation du capital productif.

b) Axes stratégiques

Trois éléments de référence, répartis en domaines prioritaires d’intervention en relation avec


les facteurs de la désertification et de la sécheresse, sont pris en compte. Ce sont : la
gestion des ressources naturelles, le suivi des aléas climatiques et des contraintes liées à la
gestion des ressources naturelles et, l’appui à la LCD/GRN.

III.2. Domaines prioritaires du PAN-LCD/GRN

III.2.1 Gestion des Ressources naturelles

III.2.1.1. Les terres

a) Mode d’exploitation

Dans cette partie, il sera uniquement traité de la dégradation des terres liée aux activités
humaines que sont principalement l’agriculture et l’élevage.

30
S’agissant de l’agriculture, les systèmes de production dominants sont les cultures pluviales
et accessoirement les cultures irriguées. Les premiers se rencontrent essentiellement en
dessous de l’isohyète 300 mm (Carte III.1. en annexe), et sont malheureusement en majorité
extensifs. Ce sont :

 le système de production agro-sylvo-pastoral extensif;

 le système de production agro-sylvo-pastoral en voie d’intensification, caractérisé par


un début d’utilisation des intrants et des unités de culture attelées, dans lesquels les
femmes jouent un rôle important dans la production (légumineuses, maraîchage) ;

 le système de production irrigué qui comprend d’une part le système de production


agricole en voie d’intensification sous irrigation traditionnelle et d’autre part, le
système de production agricole intensif avec une plus grande maîtrise de l’eau au
niveau des aménagements hydro-agricoles. Ce système conduit souvent à une perte
de fertilité des terres due à l’érosion hydrique, à l’ensablement et à l’alcalinisation ;

 le système de production oasien dans le nord et l’est du pays, qui est confronté aux
problèmes d’ensablement des exploitations et des débouchés pour les produits.

Il est noter que, tous ces systèmes de production agricole, en dehors de ceux irrigués et
oasiens, sont fondamentalement basés sur la culture du mil et du sorgho en association
avec certaines légumineuses (niébé, arachide, voandzou) et ont une caractéristique
commune, à savoir l’insuffisance de leur productivité. Cette faible performance est due en
grande partie à la baisse de la fertilité des sols, l’utilisation de matériel agricole rudimentaire,
la réduction du paillage, la faible adoption des semences améliorées, la pression parasitaire,
l’insuffisance de l’encadrement technique du secteur rural notamment. Pour le cas spécifique
des systèmes extensifs et en voie d’intensification, on remarque selon le cas, une
dominance des productions végétales ou animales.

L'élevage représente à lui seul 12 à 16% du PIB selon les années et constitue la seconde
source d'exportation après l'uranium. La mauvaise conduite des troupeaux constitue un facteur
important de dégradation du milieu. Il se pratique à travers des systèmes de production dont les
plus importants sont :

 le système de production typiquement pastoral et extensif, dans les zones


enregistrant moins de 300 mm de pluie annuelle, à fortes potentialités fourragères
mais affecté par les sécheresses;

 le système de production agro-sylvo-pastoral ;

 le système de production urbain et péri urbain dont la contrainte majeure est


l'insuffisance notoire de zone de pâturage appropriée et la divagation des animaux;

 le système de production spécialisé constitué d’élevage fermier sur périmètres


irrigués et celui de type Ranching.

La production animale à travers ces différents systèmes connaît aujourd'hui des contraintes
d'ordre alimentaire (pauvreté des pâturages, plantes envahissantes et faible production
fourragère), sanitaire (parasitisme) et la perpétuation de certaines pratiques (capitalisation par
accroissement des effectifs) . En conclusion, l’agriculture et l’élevage, en tant que sous
composantes du système agraire, sont complémentaires (fourrage, fertilité et énergie) mais
très souvent en compétition pour l’exploitation de l’espace (extension des terres de culture et
conflits subséquents entre agriculteurs et éleveurs).

31
b) Objectif général

L’objectif général est d’assurer une gestion durable des terres dans les terroirs. Pour
atteindre cet objectif principal, des orientations stratégiques et des actions possibles
identifiées sont présentées dans le tableau ci-dessous :

Orientations stratégiques Actions possibles

1 Adopter une approche participative 1.1 information, sensibilisation et formation des populations
d’aménagement des terroirs.
1.2 recyclage régulier des cadres techniques du développement,

1.3 Parachèvement du cadre réglementaire, vulgarisation et


application des textes juridiques sur les organisations de base (loi
portant statut des coopératives, loi sur le régime juridique des
structures locales de gestion des ressources naturelles, etc.).

2 Procéder au transfert des pouvoirs de 2.1 Soutien à de l’émergence et/ou la consolidation des
décision aux communautés de base organisations de base notamment les organisations spécifiques de
(décentralisation) et rendre effective leur producteurs ;
responsabilisation.
2.2 Incitation à l’établissement de relations transparentes librement
négociées entre les pouvoirs technico-administratifs et les
organisations de base (contrat / protocole / convention, etc.).

3 Restaurer et préserver le capital 3.1 Réhabilitation des terres dégradées (plateaux, pâturages,
productif. versants, bas fonds, aménagements hydro-agricoles…) et des
cuvettes, mares, fleuves, rivières et lacs.

3.2 Vulgarisation des techniques de lutte contre l’ensablement et


de gestion de la fertilité des sols ;

3.3 Promotion de l’utilisation des engrais minéraux, notamment


phosphatés et Valorisation de la fumure organique ;

3.4 Intensifier les systèmes de production agricole;

3.5 Mise en place et évaluation des impacts des brise-vents;

3.6 Elaboration et la mise en œuvre d’un plan de gestion des


palmeraies;

3.7 Développement des techniques de conservation et/ou de


transformation des produits agricoles;

4 Améliorer les pratiques agro-sylvo- 4.1 Promotion et vulgarisation des technologies endogènes
pastorales efficientes, valorisation des connaissances locales porteuses;

4.2 Renforcement des capacités d’intervention des services


techniques en milieu rural et redéfinition des termes de référence
des cadres du développement rural (intervention, suivi des
activités, inventaires des ressources, etc.);

4.3 Diversification et intensification des productions agro-sylvo-


pastorales, promotion et maîtrise des filières;

4.4 Promotion de l'agro-foresterie;

4.5 Promotion des structures de recherche-développement-


formation (R/D/F) ;

4.6 Promotion des échanges de technologie à travers la


coopération Sud-Sud et/ou Nord-Sud.

32
4.7 Evaluation des impacts potentiels des systèmes de production
agricole sur la dégradation des terres ;

4.8 Développement des cultures à haut rendement et adaptées


aux zones agro-écologiques données ;

4.9 Amélioration des systèmes d’élevage en tenant compte des


impératifs de protection et de restauration de couvert végétal ;

4.10 Prise en compte de prévisions saisonnières dans la


planification des activités agricoles;

4.11 Promotion de l’intégration agriculture-élevage ;

4.12 Promotion de l’irrigation privée ;

4.13 Mobilisation et économie des eaux de surface aux fins de la


mise en valeur des terres ;

5 Spécialiser les régions dans les 5.1 Elaboration de la carte des potentialités et contraintes pour les
productions agro-sylvo-pastorales en différents types d'activités dans les régions ;
respectant les vocations des terres.
5.2 Elaboration des programmes de spécialisation des productions
agro-sylvo-pastorales.

5.3 Promotion des échanges entre les régions.

6 Réaliser des infrastructures de soutien à 6.1 Désenclavement des zones de production ;


la production agro-sylvo-pastorale.
6.2 Construction et/ou réhabilitation des infrastructures de
conservation, de stockage et de transformation des produits.

6.3 Amélioration du maillage en points d’eau pastoraux.

7 Promouvoir une sécurité foncière et un 7.1 Application de la politique foncière développée dans les
cadre institutionnel et juridique favorables principes d’orientation du code rural;
au développement des activités agro-sylvo- 7.2 Vulgarisation du code rural ;
pastorales .
7.3 Création et opérationalisation des commissions foncières,

7.4 Délimitation concertée des aires de pâturages et des couloirs


de passage

8 Renforcer la recherche agro-sylvo- 8.1 Mobilisation efficiente du système national de recherche ;


pastorale
8.2 Promotion de la recherche-développement pour l’amélioration
de la productivité des systèmes .

8.3 Identification des causes et proposition de solutions à la non


adoption des technologies nouvelles et adaptées (nouvelles
variétés, mécanisation, intrants divers, savoir-faire, etc..) ;

8.4 Inventaire et diffusion du savoir-faire paysan ; transfert des


innovations et de technologies appropriées;

9 Renforcer les capacités des acteurs en 9.1 Renforcement du système d’information, d’éducation et de
matière d’information, d’éducation, de communication environnementales ;
communication (I.E.C), d’appui-conseil, de
crédits, d’approvisionnement et de 9.2 Mise en place des mécanismes appropriés de financement des
commercialisation. activités ;

33
9.3 Appui aux actions d’accompagnement en amont (intrants) et
en aval (transformation et commercialisation) des systèmes de
production ;

III.2.1.2 Les ressources végétales et fauniques

a) Modes d’exploitation

L’état des ressources végétales est particulièrement préoccupant au Niger. En effet, les
ressources ont été gravement affectées, ces dernières décennies, par un processus
généralisé de dégradation imputable principalement à des facteurs climatiques et
anthropiques. Une des principales causes de la déforestation est d’une part, la baisse des
rendements agricoles entraînant l’extension des défrichements et des mouvements des
populations vers le Sud, dans les domaines forestiers protégés et classés, et d’autre part, un
important accroissement démographique. A cela s’ajoute la baisse de la nappe phréatique
due à une sur-exploitation et/ou au déficit pluviométrique fréquent. Ceci a pour conséquence
la transformation de certains écosystèmes forestiers suite à la disparition progressive des
espèces pionnières en faveur des espèces plus rustiques telles que les Acacias. Les
espaces forestiers sont également perçus par les populations rurales comme étant des
espaces pastoraux et des réserves foncières pour l’agriculture. Le commerce du bois a
montré entre autres, l’intérêt économique des formations ligneuses d’où leur surexploitation.
Ces formations diminueraient chaque année de plus de 100.000 ha, sous les effets conjoints
des coupes incontrôlées, des feux de brousse, du surpâturage, de l’extension des cultures et
de la variabilité climatique. Les ressources ligneuses constituent la principale ressource
énergétique du pays (au moins 90% du besoin énergétique national). En plus, elles
constituent un complément alimentaire pour la population, des produits pour la pharmacopée
traditionnelle et fournissent aussi l’essentiel des bois de service. Contribuant pour plus de
25% des besoins fourragers, les ressources végétales jouent un rôle important dans
l’élevage. L’activité pastorale constitue de ce fait un des principaux facteurs de dégradation du
couvert végétal.

En ce qui concerne la faune, le Niger fait partie des rares pays de la sous région ayant
approché la norme internationale en matière de classement de leur espace en aires
protégées (11%). Les politiques nationales mises en œuvre dans le domaine de la faune et
de l’aménagement des espaces cynégétiques, ont consisté essentiellement en la protection
de certaines espèces fauniques, au classement sous forme de réserves de certaines
portions du territoire (6,1%), et à l’interdiction effective de la chasse de 1972 à 1996.

En dépit des mesures législatives et réglementaires, les pratiques d’exploitation de la


ressource, caractérisées essentiellement par les prélèvements illégaux et la destruction des
meilleurs habitats (feux de brousse, forte pression pastorale et empiétements agricoles)
constituent l’une des causes principales du déclin du potentiel productif national en matière
de faune. Cependant, malgré ces pratiques combinées aux effets de la sécheresse, les
espoirs sont permis quant à la reconstitution des effectifs et la prise en compte de la faune
(cas des derniers spécimens de girafes en Afrique de l'Ouest) en tant qu’activité économique
à part entière.
b) Objectif général

L’objectif général est d’assurer une gestion durable des ressources végétales et fauniques à
travers notamment l’organisation et la participation active des populations. Pour atteindre cet
objectif, les orientations stratégiques et actions possibles suivantes sont retenues.

34
Orientations stratégiques Actions possibles

1 Adopter une approche participative 1.1 information, sensibilisation et formation des populations
d’aménagement des terroirs.
1.2 recyclage régulier des cadres techniques du développement,

1.3 Parachèvement du cadre réglementaire et vulgarisation des


textes juridiques sur les organisations de base (loi portant statut des
coopératives, loi sur le régime juridique des structures locales de
gestion des ressources naturelles, etc.).

2 Procéder au transfert des pouvoirs de 2.1 Adoption de textes adéquats de transfert de pouvoir de décision ;
décision aux communautés de base et
rendre effective leur responsabilisation 2.2 Soutien à l’émergence et/ou consolidation des organisations de
(décentralisation). base notamment les organisations spécifiques de producteurs ;

2.3 Incitation à l’établissement de relations transparentes librement


négociées entre les pouvoirs technico-administratifs et les
organisations de base (contrat / protocole / convention, etc.).

3 Promouvoir les associations (GIE, 3.1 Création et/ou renforcement des structures d’encadrement et de
ONG, Coopératives, OCB, etc.) et conseil aux organisations de base ;
renforcer leurs capacités.
3.2 Renforcement des capacités de négociation des organisations
paysannes;

3.3 Accroissement des capacités matérielles, financières, humaines


et organisationnelles des services étatiques, des ONG, des
Associations et des Institutions.

4 Garantir la sécurité foncière et l’accès 4.1 Application de la politique foncière développée dans les principes
équitable aux ressources végétales et d’orientation du code rural;
fauniques, assurer une gestion durable
de ces ressources. 4.2 Vulgarisation du code rural ;

4.3 Création et opérationalisation des commissions foncières,

5 Créer les conditions d’une meilleure 5.1 Information, sensibilisation et éducation des populations sur
participation des populations et du l’importance stratégique des ressources végétales et fauniques ;
secteur privé à la gestion des ressources
végétales et fauniques 5.2 Institutionnalisation d'une semaine nationale de LCD;

5.3 Responsabilisation de la population dans la gestion des


ressources forestières et fauniques et la lutte contre la
désertification ;

5.4 Elaboration et/ou adoption, diffusion et application des textes


législatifs et réglementaires appropriés (en collaboration avec les
populations) ;

5.5 Encouragement et valorisation des pratiques traditionnelles


favorisant une bonne gestion des ressources naturelles et, d’une
façon générale toutes les initiatives porteuses (pépinières et forêts
privées, ranching) susceptibles de contribuer à la préservation et à
l’amélioration du potentiel productif ;

5.6 Encouragement de partenariat avec les populations dans la mise


en oeuvre des stratégies ;

5.7 Facilitation des procédures d’accès aux moyens nécessaires à


l’investissement ;

5.8 Rationalisation de l’exploitation des ressources prenant en


compte les intérêts des populations ;

35
5.9 Généralisation de l’élaboration et de la mise en œuvre des
schémas directeurs d’approvisionnement en bois-énergie et
d’aménagement de la faune, des plans d’aménagements des forêts
et des pêcheries ;

5.10 Prise en compte des connaissances locales dans la conception


et la mise en oeuvre des programmes de recherche/développement

6 Améliorer la connaissance du potentiel 6.1 Actualisation de l’inventaire des ressources végétales et


productif et promouvoir une gestion fauniques;
durable des ressources végétales et
fauniques. 6.2 Renforcement et harmonisation du système d’information sur les
ressources naturelles (SIRN) ;

6.3 Promotion de la recherche sur l’identification, la valorisation et la


préservation du matériel biologique ayant des intérêts socio-
économiques et écologiques certains ;

6.4 Prise en compte des activités d'accompagnement génératrices


de revenus en milieu rural dans la mise en œuvre des projets ;

6.5 Développement des cultures fourragères, et complémentation


alimentaire ;

6.6 Développement de la recherche agrostologique avec la mise au


point d'un système de suivi des pâturages ;

6.7 Mise en place d'un maillage adéquat en points d'eau et leur


reboisement systématique;

6.8 Généralisation des plans d'aménagement des terroirs en mettant


l'accent sur la responsabilisation des populations;

6.9 Maîtrise de l'effectif du cheptel et respect de la capacité de charge


des parcours ;

6.10 Sensibilisation des éleveurs sur l’intérêt de l’élevage intensif ;

6.11 Amélioration des performances zootechniques des races bovines,


camelines, etc..

6.12 Promotion de la commercialisation du bétail.

7 Reconstituer les écosystèmes favorables 7.1 Prélèvement en faveur de la faune et de son habitat naturel, d’une
à la diversité de la faune et de la flore. partie des ressources financières issues de la promotion du tourisme
cynégétique et de vision ;

7.2 Elaboration des plans de gestion des espèces fauniques et des


groupes taxonomiques exploités ;

8 Accroître le capital-ressource 8.1 Promotion des reboisements de masse, de la foresterie


existant villageoise, de la régénération naturelle et de la création
d’arboreta;

8.2 Promotion de l’élevage de la faune sauvage ;


8.3 Vulgarisation de la technique de défrichement amélioré.

9 Alléger la pression sur les ressources 9.1 Promotion des constructions sans bois ;
ligneuses 9.2 Promotion de l’utilisation des foyers améliorés ;
9.3 Promotion de l’utilisation des substituts au bois de feu en faveur
des populations rurales ;
9.4 mise sous aménagement des forêts (marchés ruraux).

36
III.2.1.3 Les ressources hydriques et halieutiques et leurs modes d’exploitation

a) Modes d’exploitation

Bien que le pays recèle d'importantes potentialités en eau, cette ressource apparaît comme
un facteur limitant en raison de son insuffisante exploitation. C’est ainsi que le problème
fondamental de l'eau au Niger se pose en terme de maîtrise de la ressource. Il constitue
pourtant le principal levier en aménagement des terroirs. C’est pour cela que le Programme
Eau et Développement Durable, un des six (6) programmes prioritaires du PNEDD a été
élaboré. Les ressources en eau ne seront abordés dans ce qui suit que sous l’angle de la
production halieutique.

S’agissant de l’exploitation halieutique, elle est essentiellement artisanale et saisonnière. De


nombreux plans d’eau possèdent un potentiel halieutique important mais sont souvent sous
exploités et confrontés au phénomène de l’évapotranspiration potentielle, particulièrement
élevé pour cette zone (Atlas AGRHYMET, 1998), un ensablement progressif, un
envahissement par des végétaux aquatiques telles que la jacinthe d’eau ( Echornia
crassipes), Pistia stratoites, Nymphea sp et l’occupation anarchique des berges. Pour la
plupart d’entre eux, ils ne font l’objet d’aucun mode de gestion. L’exploitation halieutique est
souvent limitée par des difficultés d’accessibilité et l’éloignement des centres de
consommation. Aussi, l’emploi abusif d’engins peu sélectifs souvent destructeurs s’est
largement développé rendant ainsi difficile le renouvellement du stock.

Les dernières études ichtyobiologiques réalisées sur la partie nigérienne du fleuve Niger en
1962, 1971 et 1987 ont permis de constater la constance de la diversité des espèces avec
toutefois, une régression des populations. Ce qui semble indiquer que les conditions de
sécheresse sont sans effet sur les espèces, quoique, plusieurs d’entre elles soient devenues
rares dans les captures (Awaiss, 1994). Par contre, les produits de la pêche sont, en partie,
tributaires des inondations saisonnières des plaines alluviales et les modifications des débits
(aménagements hydro-agricoles ….).

b) Objectif général

L’objectif général est de valoriser les ressources hydriques en vue d’une promotion des activités
halieutiques. Pour atteindre ces objectifs les orientations stratégiques et actions possibles
suivantes sont retenues.

Orientations stratégiques Actions possibles

1 Maintenir et valoriser le capital 1.1 Aménagement des bassins versants visant à réduire l’ensablement
productif halieutique des plans d’eau;

1.2 Promotion de la constitution des périmètres d’aménagements des


pêcheries dévolus aux collectivités locales;

1.3 Développement des capacités locales de suivi des nappes et des eaux
de surface ;

1.4 Création des retenues d'eau au niveau des sites favorables (ponts,
bassins versants, etc..) en vue de développer la production piscicole,
agricole et pastorale ;

1.5 Prise en compte de l’activité piscicole dans les aménagements des


zones inondées et humides;

1.6 Elaboration et/ou adoption, large diffusion des textes législatifs et

37
réglementaires appropriés aux activités piscicoles;

2 Augmenter et valoriser les 2.1 Information, sensibilisation et formation des producteurs


productions piscicoles 2.2 Promotion de la consommation du poisson ;
2.3 développement des techniques de conservation, de transformation et
de commercialisation du poisson.

III.2.1.4. Ressources minérales et leur mode d’exploitation

a) Modes d’exploitation

Les caractéristiques des gisements (localisation géographique, taille, teneur), le mode


d’exploitation (mine à ciel ouvert, mine souterraine), les techniques de récupération des
minerais, l’évacuation des rejets et les activités connexes aux exploitations ainsi que le
développement des cités autour des mines concourent à la dégradation de l’environnement.
Il à noter cependant que, certaines ressources minières présentes au Niger, sont source
d’énergie; il s’agit du charbon minéral, de l’uranium et du pétrole. Concernant le charbon
minéral, les conclusions positives de l’étude d’impact de son utilisation à des fins
domestiques ont permis la construction d’une unité pilote de carbonisation sur le site de la
Sonichar à Tchirozérine et la conduite d’un projet test de commercialisation dans les zones
urbaines du Nord. Pour ce qui est de l’uranium l’on constate que cette ressource,
intensément exploitée depuis trente ans, n’a servi qu’à l’exportation.

b) Objectif général

L’objectif général est de promouvoir une exploitation minière et industrielle qui d’une part, est
respectueuse de l’environnement en minimisant les risques de dégradation des terres, de
pollution, et d’autre part, contribue à la sécurité énergétique du pays. C’est pourquoi les
orientations stratégiques et actions possibles suivantes sont retenues.

Orientations stratégiques Actions possibles

1 Promouvoir l’exploitation des 1.1 Exploitation et utilisation des ressources minières sources
ressources minières sources d’énergie de charbon minéral, pétrole, uranium;
d’énergie.

2. Promouvoir l’exploitation des ressources 2.1 Exploitation des gisements de phosphate naturel, en vue
minières phosphatées. d’améliorer le niveau de fertilité des sols.

3 Promouvoir les études d’impact 3.1 Mise en application de la loi-cadre relative à la gestion de
environnemental des exploitations minières l’environnement, de la loi instituant les études d’impact;
et industrielles et veiller à
l’application effective de leurs résultats; 3.2 Respect et application des textes en vigueur sur la surveillance
environnementale dans les zones d’exploitation minière et de
carrière ;

4 Promouvoir une exploitation des 4.1 Sauvegarde et restauration des écosystèmes dégradés autour
ressources minières respectueuse de des mines et des carrières ;
l’environnement.
4.2 Prévention et sauvegarde de la qualité de l’eau et de l’air pour
toute exploitation minière et de carrière ;

III.2.2. Lutte contre les aléas et les contraintes liées à la gestion des ressources naturelles

38
III.2.2.1 Les phénomènes climatiques et la sécheresse

Il est aujourd’hui évident que les changements climatiques et la désertification sont


intimement liés (Pewe, 1981). La baisse observée de 20 à 40% de la pluviométrie au Niger
(sécheresse) au cours des 30 dernières années, est de plus en plus interprétée en terme de
conséquence de la désertification dans la zone sahélienne (Nicholson, 1992), à travers les
processus de dégradation des terres (« feedback »). Le premier type d’interaction est
qu’avec le déficit hydrique, l’énergie devant servir à évaporer l’eau est utilisée pour le
réchauffement de l’air ambiant augmentant ainsi l’évapotranspiration potentielle et par voie
de conséquence, la réduction de la couverture nuageuse et la dessiccation des terres. Le
second type d’interaction entre les deux phénomènes est la disparition du couvert végétal du
fait de la désertification, ce qui a pour conséquence la disparition des puits d’absorption des
gaz à effet de serre et donc, une augmentation du réchauffement. Cette réduction du couvert
végétal semble agir sur l’albédo et, par voie de conséquence, sur le climat à l’échelle
régionale (Charney, 1975).

L’érosion éolienne est sans conteste le phénomène de dégradation de l’environnement le


plus important par son ampleur et ses effets aussi bien au Niger que dans la zone
sahélienne dans son ensemble. La longue saison sèche et les processus décrits
précédemment créent les conditions les plus favorables pour ce type d’érosion. Il est à noter
que les pertes de sol les plus importantes sont enregistrées pendant les tornades liées aux
grains orageux, les données les plus récentes avancent le chiffre de 10 t/ha perdues en
moyenne au passage d’une ligne de grains avec comme conséquence, une perte de fertilité
nette des 10 premiers centimètres estimée à 3% (STERK, 1998).

L’aspect le plus inquiétant de l’érosion éolienne au Niger semble être son interaction avec le
climat à travers ce qu’il est maintenant convenu d’appeler le mécanisme local de rétroaction.
En effet, on constate que sur les 75 dernières années la pluviométrie varie en sens contraire
de la charge de l’atmosphère en poussières d’érosion éolienne (ICARDA, 1998). Ce
phénomène également observé dans d’autres pays de la zone sahélienne laisse penser à un
mécanisme d’auto-entretien de la sécheresse initiée toujours au départ par des anomalies
de la circulation générale.

Il est à signaler enfin, en relation avec le processus de dégradation, que les pluies, outre
leurs effets bénéfiques, ont aussi des effets néfastes. Le ruissellement diffus sur les plateaux
et les pentes entraîne les éléments fins et aboutit à la formation de glacis stérilisant ainsi des
surfaces importantes. Le ruissellement concentré dû aux pluies violentes développe quant à
lui une érosion régressive qui peut être localement importante. On estime à au moins 3,8
tonnes/ha la quantité de terres arrachées par tornade (IFAN, 1957). En définitive ces
différents phénomènes contribuent également à limiter l’infiltration des eaux dans le sol, et
donc à limiter les réserves hydriques pour les plantes et ce, en plus de diminuer les surfaces
cultivables.

En conclusion la complexité du processus de dégradation est telle qu’un grand nombre des
causes et des effets sont liés rétroactivement, ce qui à priori ne permet pas de trouver des
solutions simples, les variables clés étant : la démographie, le déficit pluviométrique, l’effet
mécanique des pluies et du vent et la pauvreté. Si aucun de ces paramètres ne peut être
effectivement contrôlé, alors on risque d’aboutir à des impasses : dégradation des sols,
réduction de la production agricole et pastorale, creusement du déficit alimentaire, etc.

Objectif général

L’objectif général est d’analyser et de suivre les facteurs qui contribuent à la sécheresse et à
la désertification, afin de comprendre les mécanismes principaux à la base des

39
phénomènes. Pour atteindre cet objectif les orientations stratégiques et actions suivantes sont
retenues.

Orientations stratégiques Actions possibles

1 Connaître davantage les facteurs qui 1.1 Promotion de la recherche sur le phénomène de la désertification ;
contribuent à la sécheresse et à la
désertification;
1.2 Mise en place d’un Système de Suivi sur l'Environnement
(Système d'Information sur l'Environnement).

1.3 Quantification du phénomène de dégradation des terres ;

1.4 Prévision des risques de dégradation des terres et leur prise en


compte dans la conception des projets de développement.

2 Identifier et adopter des indicateurs de 2.1 Renforcement des capacités de suivi climatologiques,
suivi relatifs au climat, à la sécheresse et météorologiques et hydrologiques nationales ;
à la dégradation des terres
2.2 Définition et utilisation des indicateurs de suivi de la sécheresse et
de la désertification.

3 Adopter une stratégie de lutte contre 3.1 Renforcement de la participation effective de la population locale
les érosions et d’atténuation des effets de dans la conception, la planification, la mise en oeuvre, le suivi et
la sécheresse l’évaluation des actions de lutte contre l’érosion hydrique et éolienne ;

3.2 Création et/ou renforcement des structures de vulgarisation des


techniques de CES/DRS ;

3.3 Formation et information des décideurs, des populations


(notamment les femmes, les jeunes), les ONG, ainsi que les agents de
développement sur l’importance et les conséquences, surtout à long
terme, du phénomène de la désertification ;

3.4 Elaboration et mise en oeuvre des projets visant à promouvoir


de nouveaux moyens de subsistance en situations de
sécheresse ;
3.5 Promotion des pratiques locales d’atténuation des effets des
sécheresses.

III.2.2.2. Population et habitat

Le rythme de croissance démographique au Niger a tendance à s'accélérer en raison du


taux élevé de natalité (52,30/00 en 1999). Parallèlement, la croissance économique ne
dépasse guère 1,5 %. Face à cette situation l'Etat, avec l'appui des partenaires extérieurs, a
mis en place à partir de 1992 une Politique nationale de population fondée essentiellement
sur la planification familiale. En dépit de cette politique, le taux d’accroissement reste
toujours élevé. Ce résultat mitigé s'explique en partie par des pesanteurs socioculturelles et
l'analphabétisme.

En majorité rurale, cette population tente de lutter contre les effets de la sécheresse et de la
désertification en développant des stratégies de survie à travers les migrations intra et inter-
régionales, et transfrontalières vers la côte, la diversification des systèmes de production, la
décapitalisation du cheptel et du foncier, et l’exploitation des ressources naturelles
(exploitation commerciale du bois et de la paille, ….).

40
En raison de son rôle prépondérant dans la dynamique démographique de certaines régions,
la migration constitue un facteur important de concentration des populations et donc
d’augmentation de la pression sur les ressources naturelles des zones d’accueil.

Le principal lien entre l'habitat et l'environnement réside dans le fait que les constructions
utilisent des ressources ligneuses et l'expansion des villages a un impact direct sur
l'environnement naturel. C’est pourquoi les ressources végétales (palmiers, rôniers, ….)
utilisées comme matériau dans la construction de l'habitat traditionnel, sont en constante
régression depuis quelques années sous l'effet combiné des aléas climatiques et des
facteurs anthropiques. Les espèces les plus résistantes, qui étaient jadis les plus utilisées,
deviennent localement de plus en plus rares.

La dégradation de l'environnement a donc des incidences négatives sur l'habitat et les


conditions de vie de l'homme. Mais ce sont surtout les plus démunis qui souffrent le plus de
cette pénurie de bois de service et c'est paradoxalement eux qui utilisent le plus de bois
(bois de moindre qualité entraînant un renouvellement plus fréquent).

Cependant, vouloir expliquer la dégradation de l'environnement uniquement par la


croissance de la population et la nécessité de la nourrir serait un diagnostic incomplet, car
une population informée, sensibilisée, éduquée et responsabilisée constitue le moteur de la
lutte contre la désertification et d'une gestion durable des ressources naturelles.

Objectif général

L’objectif général est de suivre la dynamique des populations en rapport avec l’occupation
de l’espace, de les organiser et de les faire participer dans la gestion durable des ressources
naturelles, dans le sens d’une bonne sécurité foncière, de l’amélioration de la rentabilité de
leurs activités et de l’amélioration de leurs conditions de vie. Pour atteindre cet objectif, les
orientations stratégiques et actions possibles suivantes sont retenues.

Orientations stratégiques Actions possibles

1 Améliorer la perception du caractère 1.1 Sensibilisation et information des communautés rurales sur tous
économique des ressources naturelles les aspects de la LCD-GRN ;
auprès des communautés de base.
1.2 Développement de l'entreprenariat rural ;

1.3 Valorisation des ressources naturelles comme source de revenus

2 Améliorer les conditions de vie de la 2.1 Création et/ou développement des activités génératrices de
population revenus (unités artisanales, embouche etc.) ;

2.2 Mise en place des mécanismes de mobilisation des ressources


financières pour les communautés rurales ;

2.3 Renforcement des capacités des services d'appui au monde


rural ;

2.4 Encouragement des échanges de technologies au niveau


national et sous-régional à travers la coopération Sud-Sud ;

2.5 Encouragement du recyclage des sachets plastiques;

2.6 Création, protection et gestion des espaces verts et espaces


réservés aux équipements sociaux ;

2.7 Création des parcs d’agrément et jardins botaniques ;

2.8 Création des points d’eau modernes.

41
2.8 Sensibilisation, information et formation des communautés
rurales sur les aspects de l’hygiène et de l’assainissement.

3 Adapter les politiques de population et 3.1 Vulgarisation à grande échelle des techniques de construction
de l'habitat aux disponibilités des sans bois ;
ressources.
3.2 Valorisation des techniques traditionnelles en matière de
planning familial ;

4 Améliorer les conditions de travail 4.1 Allégement des tâches domestiques (moulins à grains, moyens
des femmes en milieu rural. d'exhaure de l'eau)

4.2 Création des bois communautaires et privés au niveau villageois


et à usages multiples.

5 Responsabiliser les populations dans 5.1 Finalisation, popularisation, et mise en œuvre des textes
le processus de développement socio- d'application du Code Rural ;
économique
5.2 Généralisation des commissions foncières ;

5.3 Organisation et formation des femmes et des jeunes aux travaux


de la LCD;

5.4 Transfert de pouvoirs et de technologies en direction des


populations et particulièrement des femmes et des jeunes.

III.2.3. Mécanismes d’appui à la lutte contre la désertification et la gestion durable


des ressources naturelles

III.2.3.1. Education et Sciences

Au Niger, les activités de formation dans le cadre de la LCD s’adressent principalement aux
groupes cibles suivants : le monde rural, les agents de développement et les scolaires.

Au niveau du monde rural, les pratiques de formation pour le développement rural ont été
très hétérogènes au cours des trois dernières décennies. Des différences importantes
existent à l’intérieur du pays, voire au sein d’une même région où coexistent souvent des
actions d’éducation et de formation non formelle, très diverses, et peu articulées entre elles.

La formation qui se pratiquait dans les années 60 sous forme d’animation rurale a évolué par
la suite vers l’alphabétisation de masse avant d’aboutir à l’alphabétisation fonctionnelle avec
l’émergence des projets. Les contraintes de la formation du monde rural sont de plusieurs
ordres :

 seule une infime partie de la population rurale en grande partie analphabète (80%)
est touchée et principalement à travers les projets; en effet, il existe une inadéquation
entre la politique de recrutement des formateurs et les besoins d’encadrement sur le
terrain ;

 cette formation ne prend pas suffisamment en compte l’environnement social et


culturel des populations; de plus, elle répond rarement à l’attente de celles-ci.

Les agents d’encadrement sont formés dans les établissements publics à savoir :

42
- l’IPDR de Kollo, le CFCA, l’EMAÏR, l’IPR de Katibougou,……etc. pour les
techniciens;
- la Faculté d’Agronomie, le CRESA, et autres établissements à l’extérieur pour les
cadres supérieurs.

La formation est surtout caractérisée par :

 une insuffisance de centres de formation et de leurs capacités d’accueil,


 une insuffisance de l’intégration des réalités du monde rural dans les programmes,
 une méconnaissance des savoir- faire locaux et des traditions paysannes (non
maîtrise des pratiques paysannes et des langues nationales),
 une insuffisance numérique des formateurs et des agents d’encadrement,
 une formation à tendance encore sectorielle,
 une insuffisance des moyens d’intervention (matériels et financiers).

Au niveau des scolaires, l’Education Environnementale (EE) est inscrite depuis longtemps
dans la stratégie de lutte contre la désertification et de gestion des ressources naturelles, à
travers la coopération régionale animée et coordonnée par le CILSS. Cette instruction vise les
objectifs généraux suivants :

 améliorer la qualité et l’efficacité des acteurs en matière de la problématique


environnementale,
 renforcer les capacités locales de gestion des ressources naturelles au Sahel dont le
premier pas est le Programme sahélien d’Education Environnemental (PSE) qui a
comme objectif spécifique d’amener les enfants scolarisés du Sahel à adopter une
attitude respectueuse de l’Environnement.

Deux composantes du PSE sont mises en œuvre au Niger :

 le Programme de Formation/Information pour l’Environnement (PFIE) ;


 le Programme sahélien d’Education à l’Environnement pour l’Enseignement
secondaire (PSE2 ).

Ces deux composantes du PSE ne couvrent pas tous les établissements scolaires du pays. En
fait, l’éducation environnementale est au stade expérimental et ne touche qu’une poignée de
scolaires. Ainsi, la dimension environnementale est insuffisamment prise en compte dans les
programmes scolaires, en dépit de l’ampleur des problèmes environnementaux. Toutefois, on
note pour le département de Zinder et de Diffa la mise en œuvre d’un programme d’éducation
environnementale financé par l’UICN et qui intéresse aussi bien le milieu scolaire formel et
informel que le milieu non scolaire.

Dans le domaine de la recherche, les activités de lutte contre la désertification et de gestion


des ressources naturelles regroupent la recherche fondamentale et la recherche appliquée.
La recherche appliquée, conduite, en général, sur demande des structures d’appui au
développement est caractérisée par l’insuffisance de la prise en compte des pratiques et des
savoir-faire paysans, pourtant socialement et économiquement fondés. La conséquence de
cette situation est le faible intérêt manifesté par les producteurs aux résultats de la recherche
et aux technologies vulgarisées. Pourtant, toutes les pratiques paysannes, bien que
s’insérant dans des logiques explicites et des stratégies de gestion, sont aujourd’hui
considérées comme peu productives, voire facteur de dégradation de l’Environnement.

La recherche fondamentale est, quant à elle, caractérisée par la faiblesse de la diffusion des
résultats faute de moyens destinés à cet effet. Ainsi les données stockées restent peu
exploitées par les utilisateurs. Ces deux catégories de recherches sont aujourd’hui

43
confrontées aux problèmes de mobilisation des ressources humaines et financières et,
d’insuffisance d’équipements adéquats. Par ailleurs et surtout, les compétences existantes,
bien qu’insuffisantes, sont très peu valorisées. A cela s’ajoute l’absence de synergies entre
les institutions de recherche, d’où une duplication des activités entraînant une perte de
temps, d’énergie et d’argent. De plus, à l’heure actuelle les structures de coordination des
travaux de recherche dans le domaine de l’environnement ne sont pas fonctionnelles. Les
résultats de la recherche souffrent, dans certains cas, des difficultés liées à leur vulgarisation
et leur adoption à cause notamment :

 d’un manque de volonté des pouvoirs publics se traduisant par l’insuffisance, voire
l’absence de moyens financiers,

 de l’inadaptation des technologies aux réalités socio-économiques et culturelles des


producteurs (difficulté majeure), d’où la réticence des populations à les adopter,

 de l’insuffisance numérique et du faible niveau de compétence des agents de


vulgarisation à la base pour certaines technologies.

Cependant, malgré toutes ces contraintes, des acquis ont été enregistrés. C’est notamment
les fiches techniques dont la diffusion a donné de résultats satisfaisants dans leur domaine
d’application (Répertoire des approches et expériences en matière de vulgarisation –
PRSAA, Janvier 1998).

Objectif général

L’objectif général est le renforcement des capacités des acteurs locaux dans la lutte contre la
désertification et la gestion des ressources naturelles à travers la promotion des savoir-faire
locaux et la viabilisation des structures éducatives et de formation/information existantes.
Pour atteindre cet objectif les orientations stratégiques actions possibles sont retenues.

Orientations stratégiques Actions possibles

1 Renforcer les liens fonctionnels entre la 1.1 Création d’une synergie entre les chercheurs et les cadres de
recherche et le développement; développement (par exemple, entre le SAP /GC et les organismes en
charge de la prévision météorologique et climatique) ;
1.2 Dynamisation des cellules recherche-vulgarisation et participation
des cadres de développement à la définition des thèmes de
recherche ainsi qu’au suivi des mises en oeuvre;
1.3 Développement de la circulation de l’information et des échanges
d’expériences à tous les niveaux;

2 Promouvoir de nouveaux comportements 2.1 Sensibilisation, information et formation des adultes par l’utilisation
favorables à la LCD/GRN/AES ; d’outils appropriés (écoles, centres d’alphabétisation, médias, foyers
d’éducation permanente, etc) ;

2.2 Promotion de l’expérimentation des innovations et leur intégration


dans le système formel ;

2.3 Affectation de moyens conséquents aux systèmes éducatifs et de


recherche ;

2.4 Promotion de la formation des formateurs à tous les niveaux ;

2.5 Développement de la formation des cadres en nombre suffisant


et de qualité pour assurer une meilleure couverture du territoire
national, ainsi que leur recyclage régulier ;

2.6 Renforcement de l’accès du secteur non public à l’IPDR;

44
2.7 Encouragement de la création des centres de formation publics
et privés et renforcement des capacités d’accueil des centres
existants ;

2.8 Mise en place d’un mécanisme de coordination et de suivi en


matière d’éducation environnementale (EE) ;

2.9 Encouragement à l’utilisation, après étude d’impact, de tout


matériel agricole nouveau et adapté;

2.10 Encouragement des initiatives privées en matière de LCD/GRN

2.11 Capitalisation et valorisation des expériences des projets et


autres intervenants en matière d ‘éducation environnementale ;

2.12 Confection des documents didactiques en langues nationales;

2.13 Réhabilitation et généralisation des CFCA, CPR, CPT, etc.

3 Promouvoir le développement de la 3.1 Développement d’un partenariat efficace et renforcement des


recherche appliquée en LCD/GRN/AES ; capacités en matière de recherche nationale, sous-régionale et
régionale,

3.2 Encouragement et vulgarisation des travaux de recherche


appliquée sur l’écologie et la gestion des milieux,

3.3 Encouragement et promotion de la recherche sur le milieu


physique (sols et atmosphère en particulier) ;
3.4 Poursuite et intensification des recherches dans les domaines
agro-sylvo-pastoral et halieutique ;

3.5 Recensement, collecte et analyse des données relatives à la


composition spécifique et au comportement général des
espèces ;

3.6 Amélioration des connaissances sur les agrosystèmes et les


stratégies paysannes en relation avec la LCD/GRN ;

3.7 Connaissance de la composition floristique et faunique, de


l’évolution des effectifs et des risques de maladies pour les
animaux des réserves nationales ;

3.8 Suivi et actualisation des caractéristiques des agrosystèmes;

3.9 Maintien,, conservation et amélioration, par les voies et


moyens les plus appropriés, des ressources génétiques et de la
diversité biologique ;

3.10 Elaboration et proposition de modèles d’intensification des


productions préservant les ressources naturelles.

4 Promouvoir, améliorer et valoriser les 4.1 Intégration de la dimension environnementale et des savoir -faire
technologies et savoir-faire locaux. locaux dans tous les programmes de formation, à tous les niveaux;

4.2 Inventaire, sélection et diffusion des pratiques, stratégies et


savoir-faire locaux éprouvés en matière de production rurale.

III.2.3.2. Les systèmes de suivi, d’alerte et d’atténuation des effets de la


sécheresse

45
Le Niger a connu au cours du siècle précédent des catastrophes naturelles dont les plus
significatives sont :

 les famines des années 1931,1953-1955, 1966-1969, 1973/74, 1983/84,


1997/ 98;
 les épidémies de peste bovine, de variole, de choléra et méningite ;
 les invasions acridiennes (1928-1931), (1974-1975) et les feux de brousse ;
 les inondations suite aux abondantes précipitations (1936, 1946, 1952, 1998).
 les prédateurs et les maladies affectant les récoltes et la végétation ;

Toutes ces calamités ont entraîné des pertes considérables aussi bien en ressources
naturelles qu’en vies humaines et animales. L’insuffisance de la mise en œuvre des
politiques, d’orientations et actions définies démontrent la faiblesse des systèmes
d'observation et de suivi du phénomène de la désertification, des effets de la sécheresse,
et d’une manière générale, des autres problèmes environnementaux. Cette situation
justifie la nécessité de disposer de systèmes adéquats de suivi, de prévention et
d’atténuation des effets de la sécheresse. A cet effet, un suivi agro-hydro-météorologique
est effectué chaque décade. Il est piloté par un groupe de travail pluridisciplinaire
composé du Secrétariat Permanent du Système d’Alerte Précoce (SAP), de la Direction
de la Météorologie Nationale, de la Direction de l’Agriculture, de la Direction de la
protection des végétaux, de la Direction de l’élevage et de l’industrie Animale, et de la
Direction des Ressources en Eau ; avec la participation de la Gendarmerie Nationale, du
Ministère de l’Intérieur, en collaboration avec le Centre AGRHYMET. Ce système consiste
en la surveillance continue de vastes territoires qui ne sont pas toujours faciles d’accès,
avec pour objectif principal d’évaluer l’évolution de la désertification ou des efforts
d’atténuation de la sécheresse. Force est de constater aujourd’hui que ces structures de
suivi-évaluation n’ont pas donné les résultats escomptés.

Les indicateurs bio-géophysiques parmi lesquels l’érosion hydrique, l’érosion


éolienne, la dégradation du couvert végétal, l’utilisation des parcours, les implantations
humaines, n’ont pas fait l’objet d’un suivi adéquat.

L’alerte précoce, ensemble d’informations saisonnières sur les ressources


naturelles et les productions agricoles, vise en premier lieu la sécurité alimentaire des
populations et la prévention/gestion des [Link] dispositifs d’alerte et de
prévention des catastrophes suivants ont été mis en place à partir des années 60. Il s’agit
notamment, suite à la sécheresse de 1984, de la mise en place du Comité Technique
Pluridisciplinaire (GTP) de suivi et de coordination de l'aide alimentaire et, du Système
Permanent d'Alerte Précoce (S.A.P) et de gestion des catastrophes (SAP/GC).
Parallèlement à cela, des réflexions similaires sont développées par certains partenaires
(C.I.L.S.S, F.A.O., U.S.A.I.D, etc). Une autre forme d’alerte précoce, mise en place au
Niger est la prévision des débits critiques du fleuve Niger au niveau de Niamey, qui fait
l’objet d’une note technique annuelle au moment des basses eaux. Malheureusement,
cette prévision n’est effectuée que sur le fleuve Niger et non sur l’ensemble du réseau
hydrologique. Par ailleurs, le suivi du paramètre pluie étant fondamental pour l’Alerte
Précoce, il convient de mentionner la faiblesse du réseau d’observation national, comme
facteur limitant. Le Comité National du Système d’Alerte Précoce et de gestion des
catastrophes (SAP-GC) mis en place a pour mandat, aujourd’hui, de proposer au
gouvernement :

 les mesures aptes à enrayer ou atténuer les effets de l’instabilité de


l’environnement naturel et socio-économique ;
 des actions ponctuelles et des actions de développement ;
 des mécanismes de suivi et mise en œuvre des mesures nécessaires pour
détecter les situations de crise structurelle ou conjoncturelle afin d’y remédier.

46
Le constat aujourd’hui est donc que, le SAP/GC a des activités essentiellement centrées
sur l’aide alimentaire pour, surtout faire face aux déficits céréaliers des campagnes
agricoles. Aussi, les dispositions idoines ne sont pas prises en temps opportun pour faire
face aux situations de crise alimentaire. De par cela, l’on constate que le SAP/GC est
réduit à une fonction plus curative que préventive.

Objectif général

L’objectif général est de mettre en place un système adéquat de suivi et de prévention


des catastrophes et, de disposer d’un mécanisme d’atténuation des effets de ces
dernières. Pour atteindre cet objectif, les orientations stratégiques et actions possibles
suivantes sont retenues.

Orientations stratégiques Actions possibles

1 Renforcer les capacités du réseau 1.1 Renforcement du réseau national d’observation et mise en
national d’observation, de suivi et place d'une base de données pertinentes pour la surveillance et
d’alerte sur les phénomènes de la le suivi de la désertification;
désertification et de la sécheresse ;
1.2 Développement des modalités pratiques de surveillance du
phénomène de la désertification le long des transects bien définis
et au niveau des sites pilotes ;

1.3 Utilisation de la télédétection pour évaluer la dégradation de


l'environnement;

1.4 Suivi systématique de la dynamique des sables pour une


meilleure conception des programmes de lutte contre l’érosion;

1.5 Réhabilitation et modernisation du réseau hygrométrique


national

1.6 Renforcement de capacités scientifiques pour la


modélisation multi-échelle de l’occupation des terres;

1.7 Renforcement du système d’alerte précoce existant,


notamment par l’intégration des composantes relatives à la
prévision et au suivi de la sécheresse ;

1.8 Développement des synergies entre les institutions sous-


régionales, régionales et Internationales opérant dans le
domaine de la LCD d'une part, et leurs homologues
nationales, d'autre part;

2 Promouvoir un système adéquat et 2.1 Elaboration et mise en place d’un système d’information sur
performant de suivi-évaluation des la désertification avec l’appui des partenaires (PNUE, OSS,etc.);
activités de lutte contre la
désertification, de gestion de 2.2 Elaboration d’un système national d’évaluation et de suivi de la
ressources naturelles et d’atténuation désertification sur la base d’indicateurs physiques, biologiques,
des effets de la sécheresse. socio-économiques et culturels pertinents.

III.3. Les Sous-programmes prioritaires du PAN-LCD/GRN

47
L’analyse des facteurs contribuant à la désertification et à la dégradation des ressources
naturelles ainsi que, des axes prioritaires d’intervention retenus dans le plan d’action permet
d’identifier 5 sous-programmes prioritaires : Il s’agit :

a) en matière de gestion durable des ressources naturelles :

 Sous-programme de conservation et restauration des terres dégradées et de maîtrise


des eaux qui intégrera notamment les composantes suivantes :
 conservation et restauration des terres,
 mobilisation et de maîtrise des eaux ;

 Sous-programme de lutte contre l’ensablement des terres;

 Sous-programme de foresterie communautaire et de gestion des ressources naturelles


qui comportera, entre autres composantes :
 reboisement à buts multiples,
 valorisation des sous-produits forestiers ,
 agroforesterie,
 gestion des ressources naturelles (extension ),
 aménagement et gestion des forêts naturelles,
 lutte contre les feux de brousse,
 lutte contre les plantes envahissantes.

b) en matière de lutte contre les effets des aléas climatiques et contraintes


environnementales, mise en place des mécanismes d’appui à la lutte contre la désertification
et de gestion des ressources naturelles:

 Sous-programme de renforcement des capacités des services d’observation et de suivi


de la désertification et de la sécheresse qui sera axé principalement sur les composantes
suivantes :
 sensibilisation, information et formation sur la lutte contre la désertification et la
gestion des ressources naturelles,
 renforcement des capacités des services d’observation et de suivi de la
désertification et de la sécheresse.

c) en matière de suivi-évaluation de la LCD/GRN-AES

 Sous-programme de suivi-évaluation de la LCD/GRN-AES

 Définition d’indicateurs physiques, biologiques, socio-économiques et culturels


pertinents, en matière de LCD/GRN-AES;
 Elaboration d’un système national d’évaluation et de suivi de la désertification.

48
49
Insert text here - SOUS programmes

50
III.4 Actions urgentes

Les priorités définies dans le PAN/LCD-GRN qui vise à constituer une réponse pour lutter
contre la désertification, atténuer les effets de la sécheresse et amorcer la restauration du
capital productif en vue d’un développement durable à travers une stratégie intégrée,
s'exécuteront sur le long terme. Cependant, lors de la réalisation du bilan diagnostic
environnemental, les populations ont eu à exprimer des besoins réels et pressants. En
attendant la mise en œuvre des priorités et, afin de garantir le succès du processus
PAN/LCD-GRN, il s'avère impératif de prendre sans délai des dispositions de nature à
démontrer la volonté du gouvernement et, faire prendre conscience à la population que son
implication est indispensable et déterminante. C'est dans ce sens que les actions urgentes
sont conçues à la fois pour servir d’actions pilotes et de stratégie d'adhésion et de
mobilisation des différents partenaires au processus de mise en œuvre du PAN/LCD-GRN;
en somme, il s'agit de sensibiliser, et former les populations bénéficiaires et acteurs du
programme par des actes concrets. Les actions urgentes sont des petites opérations de
protection du capital productif de court à moyens termes, de récupération du capital dont la
dégradation est encore limitée et/ou, de préparation de certaines actions d'envergure à
moyen et long terme. Elles visent la satisfaction des besoins réels pressants exprimés par
les populations, conçues et réalisées localement à l'aide de technologies appropriées et des
budgets à dimension supportable, dans des délais réduits.

Tableau des ACTIONS URGENTES

Localisations
Orientations stratégiques/Actions Actions urgentes possibles (*) = toutes les
prioritaires régions

1.1 Restauration du capital productif 1.1.1 Fixation des dunes *

1.1.2 Lutte contre l’ensablement de l’ensemble des *


cours et plans d'eau y compris le fleuve.

1.1.3 Traitement des koris/bassins versants *

1.1.4 Récupération des terres dégradées (zaï, *


demi-lunes, diguettes, etc…)

1.1.5 Mise en défens, lutte contre les feux de *


brousse

1.1.6 Aménagement des aires de


pâturages/délimitation des couloirs de *
passage

1.1.7 Lutte contre les plantes envahissantes


(Sida Cordifolia, Jacinthe d'eau, Pestia *
stratoîdes)

1.1.8 Vulgarisation des techniques de


conservation et de gestion des sols et de *
l'eau ;

1.1.9 Création/amélioration du potentiel *


sylvicole ;

1.1.10 Amélioration de la connaissance des *


ressources;

1.1.11 Repérage et Protection de la régénération *

51
naturelle

1.1.12 Généralisation de la mise en œuvre de la


stratégie énergie domestique *

1.1.13 Création de petites retenues d’eau et


aménagement des mares à des fins *
d’exploitation agro-sylvo-pastorale,

1.2 Réalisation d’infrastructures de 1.1.14 Réhabilitation des pratiques traditionnelles


desserte et de conservation des de plantation d'arbres à l'occasion de *
produits agro-sylvo-pastoraux certaines manifestations socio-culturelles;

1.2.1 Réalisation des pistes de desserte pour


désenclaver les zones de production et *
favoriser les échanges inter et intra-
régionaux
1.2.2 Construction des infrastructures de
conservation et de stockage des produits *
à partir des matériaux locaux et de
l'expertise locale.

1.2.3 Appui au développement des petites


unités (artisanales et semi-artisanales) de *
transformation agroalimentaire
1.3 Amélioration des conditions
de vie et de travail des 1.2.4 Protection de la RN1 contre l'ensablement Zinder, Diffa
femmes en milieu rural

1.3.1 Création des activités génératrices de


revenus (embouche bovine, crédit pour le petit *
commerce, cultures de contre-saison,
aviculture, etc.)

1.3.2 Acquisition d'équipements d'allègement des


tâches domestiques (moulins à grains, *
décortiqueuses, moyens d'exhaure plus
performants)

III.5. Mise en œuvre du PAN/LCD-GRN

III.5.1 Modalités de mise en œuvre

Le PAN/LCD-GRN sera décliné en programmes d’action régionaux, sous-régionaux et


locaux en tenant compte du processus de décentralisation en cours au Niger (Carte III.2. en
annexe). Ces derniers seront élaborés et adoptés suivant une approche participative et
itérative. En outre, ils devront être régulièrement évalués et au besoin, réadaptés.

A l'échelon local (commune), les programmes d’action de lutte contre la désertification et de


gestion des ressources naturelles seront l'aboutissement de la démarche "Gestion de
Terroirs" et tiendront lieu de Plans Locaux de Développement.

III.5.2. Cadre juridique et réglementaire, institutionnel et organisationnel de mise en


œuvre

52
III.5.2.1 Cadre juridique et réglementaire

L’analyse diagnostic a montré que le Niger s’est doté d’un arsenal juridique favorable aux
activités de LCD-GRN. Cependant, cet environnement juridique mérite un renforcement pour
une mise en œuvre efficace du PAN/LCD-GRN, notamment suivant le dispositif de
décentralisation. Ainsi, conformément à l’article 5 sur les dispositions générales de la CCD, il
sera procédé au parachèvement des lois existantes et à l’élaboration et l’adoption de
nouvelles mesures législatives. Aussi, les activités suivantes seront elles menées à cet effet:

- finalisation des travaux de révision de la loi fixant le régime forestier ;


- parachèvement des textes d’application de la loi cadre relative à la gestion de
l’environnement ;
- élaboration et adoption des textes d’application de la loi portant
institutionnalisation des études d’impacts sur l’environnement ;
- élaboration et adoption des textes régissant le fonctionnement et l’organisation du
fonds national de l’environnement ;
- adoption des textes sur les structures locales de gestion,
- etc.

III.5.2.2 Cadre institutionnel et organisationnel

a) institutions/acteurs de mise en œuvre

Comme dit supra il sera recherché le renforcement du partenariat à travers un dialogue


permanent entre l’ensemble des acteurs impliqués dans la LCD/GRN. Les rôles ci-après
peuvent être dévolus à chacun de ces acteurs :

Secteur Public

• la définition des politiques et stratégies en matière de LCD/GRN et l’élaboration des


outils de planification (inventaires des ressources naturelles, schémas directeurs
d’aménagement et d’exploitation…),
• la mise en œuvre des projets à caractère institutionnel,
• la définition et le contrôle de l’application du cadre législatif et réglementaire au niveau
national (code forestier, code rural, code de chasse…) et suivi des conventions
internationales,
• la coordination et l’harmonisation dans la mise en œuvre des actions notamment au
niveau de la société civile,
• la réalisation des grands travaux pour la réhabilitation des écosystèmes dégradés
(grandes étendues de glacis, cordons dunaires, parcs et plans d’eau, zones humides...),
• la facilitation de la recherche de financements,
• le développement de la coopération internationale,
• l’animation/information/sensibilisation et appuis conseils aux acteurs, notamment les
populations,
• la recherche, la formation et le contrôle du matériel génétique,
• les études diverses, la valorisation et la capitalisation des résultats,
• la protection de la nature, le développement des jardins zoologiques,
• la conservation de la diversité biologique.
• L’encouragement de l’émergence de la société civile
• Le suivi évaluation des actions

Secteur Privé

53
• le développement des filières commerciales (bois-énergie, foyers améliorés, produits
forestiers secondaires, produits agricoles, produits de pêche et de chasse et d’élevage,
• le développement de la production privée de bois ( production des plants, plantations
privées…),
• les entreprises de travaux forestiers,
• les transformations industrielles des produits ( produits forestiers secondaires, produits
agricoles, produits de pêche, produits de chasse et produits d’élevage…),
• le développement de la pharmacopée et de la médecine traditionnelle,
• la contribution à la conservation de la diversité biologique (développement des fermes et
ranch à gibier,
• l’approvisionnement en intrants (engrais, produits zootechniques, pesticides, matériels de
production, engins de pêche…), la contribution au développement du tourisme
cynégétique.
• la contribution à la conservation de la diversité biologique( développement des fermes et
ranch),
• la formation, information, la sensibilisation et le suivi-évaluation interne;
• appui à la mobilisation de l'épargne rurale.

Les Collectivités Territoriales

• la définition des stratégies aux niveaux régional et sous-régional, en tenant bien sûr
compte des orientations et politiques nationales,
• l’élaboration et la mise en œuvre des schémas directeurs et plans de développement
régionaux et sous-régionaux en matière de LCD/GRN,
• le financement des actions en matière de LCD/GRN et de développement local,
• la gestion des forêts des collectivités,
• l’information la formation et la sensibilisation des populations,
• l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi-évaluation des projets régionaux et sous-
régionaux,
• le développement de la coopération décentralisée,
• la création et aménagement des aires protégées locales,
• la gestion rationnelle des zones de chasse,
• la sécurisation foncière.

Les Communautés rurales

• la participation à l’élaboration et la mise en œuvre (y compris financement) des actions


de LCD/GRN : gestions des ressources forestières halieutiques, hydriques et pastorales,,
production de plants et reboisement…,
• la production primaire de bois-énergie, productions piscicoles et apicoles,
• la participation à la mise en place et au fonctionnement des systèmes de mobilisation de
l’épargne et de crédits en milieu rural,
• la mobilisation des ressources humaines et financières pour des travaux d’intérêt
communautaire,
• le suivi-évaluation des actions.

Les ONG et associations

• l'élaboration et mise en œuvre (y compris la recherche de financement) des projets


conformément aux orientations définies par le secteur public,

54
• la formation et sensibilisation sur la LCD/GRN,
• la coopération (partenariat),
• la participation aux études dans les domaines de LCD/GRN et valorisation des résultats
obtenus,
• la contribution à l'organisation des populations à la base;
• le suivi-évaluation des actions.

b) Cadre organisationnel

 Au niveau National :

Le CNEDD à travers son Secrétariat Exécutif, et plus précisément, au travers de sa


Commission Technique PAN/LCD-GRN, assurera :

- la cohérence de la mise en œuvre du PAN/LCD-GRN avec les orientations


définies dans le PNEDD, y compris la synergie avec les autres accords
environnementaux;
- le suivi-évaluation de la mise en œuvre et éventuellement la réadaptation du
PAN/LCD-GRN.

Le Ministère chargé de la Lutte contre la Désertification assurera la coordination de


l’exécution du PAN/LCD-GRN. A ce titre, il :

- participera directement à cette mise en œuvre, à travers ses services techniques ;


- assurera l’harmonisation et la synergie entre les sous-programmes du PAN/LCD-
GRN et celui-ci d’une part, et d’autre part, entre le PAN/LCD-GRN et les autres
programmes prioritaires du PNEDD en liaison avec le CNEDD;
- impliquera les autres acteurs, notamment les populations et la société civile ;
- assurera le contrôle et le suivi techniques des travaux.

 An niveau décentralisé

- Les Conseils Régionaux, Départementaux et Communaux de l’Environnement,


pour un Développement Durable assureront la cohérence et le suivi-évaluation ;
- Les services décentralisés du Ministère chargé de la lutte contre la désertification,
assureront la coordination de l’exécution, le contrôle et suivi techniques, et
l’implication des acteurs ;
- Les populations locales exécuteront les activités de terrain. Elles seront aidées en
cela aussi bien par les services compétents que par la société civile.

III.5.3 Mobilisation des ressources humaines

La mise en œuvre du PAN-LCD-GRN suppose la mise en place d’un mécanisme durable de


mobilisation de ressources humaines et l’implication des différents partenaires. Dans ce
cadre un accent particulier doit être mis sur l’amélioration du partenariat entre les acteurs à
travers :

 une meilleure implication de la société civile dans la mise en œuvre du


programme,
 le renforcement de la capacité opérationnelle des acteurs pour la mise en œuvre
des actions définies dans le programme,

55
 la sensibilisation et l’information des acteurs (Etat, collectivités, ONG,
associations, communautés de base et partenaires au développement) sur les
enjeux du programme et la nécessité d’une concertation pour sa mise en œuvre.

III.5.4 Mobilisation des ressources financières.

Avant l'avènement de la CCD, les financements des activités de LCD/GRN ont surtout été
caractérisés par leur irrégularité. En effet, les ressources nationales affectées ont été
affectées par la situation économique difficile traversée par le pays. Quant aux financements
extérieurs, ils étaient irréguliers et ponctuels.

C'est pourquoi le financement de la mise en œuvre du PAN/LCD-GRN nécessite désormais


la mise en place d'un mécanisme financier adéquat et une utilisation judicieuse des
ressources. Ce mécanisme devra faire appel aux sources suivantes:

- le financement national à travers l'Etat, les Collectivités, le secteur privé et les


Organisations communes de base,
- le financement extérieur,
- le financement des ONG et Associations.

 Le financement national

Les ressources financières proviendront de:

- la contribution du budget de l'Etat sous forme de subventions directes aux activités de


LCD/GRN;
- la contribution des budgets des collectivités pour la lutte contre la désertification et la
gestion des ressources naturelles dans leurs entités respectives;
- la mise en place d'un mécanisme de mobilisation des ressources supplémentaires
auprès du secteur privé et des organisations communes de base;
- la contribution volontaire des personnes physiques ou morales.

Toutes ces ressources nationales devront alimenter le compte qui sera domicilié auprès du
Fonds National de l’Environnement crée par la loi cadre sur la gestion de l’environnement et
dont la principale mission est le financement de l’activité de LCD/GRN.

 Le financement extérieur

Pour compléter les efforts internes de mobilisation des ressources aux fins de financement
de la LCD/GRN, les partenaires de coopération bilatéraux et multilatéraux seront sollicités à
travers des dons, prêts concessionnels et reconversion de la dette. Par ailleurs le
mécanisme mondial de la CCD sera mis à contribution pour améliorer le financement
extérieur.

 Le financement des ONG et associations

Dans ce cadre l’Etat créera les conditions leur permettant la mobilisation directe de
ressources auprès de leurs partenaires et dont l’utilisation sera faite dans un cadre cohérent
et harmonisé, en liaison avec les autres acteurs.

 Une autre forme, non moins importante de financement, consistera à faire de la LCD-
GRN une activité rentable sur le plan financier, à travers un mécanisme d’incitation à y
investir, par exemple par la création de certains peuplements (production de bois de feu et

56
de service, sous produits non ligneux tels que la gomme arabique), le développement des
pêcheries industrielles, etc.

III.5.5 Mécanisme de suivi-évaluation et d’analyse d’impact

Conformément à l’article 19 de l’annexe I de la CCD, il sera mis en place un mécanisme


adéquat de suivi des actions à mettre en œuvre ainsi que l’identification de leur impact. Cela
demandera un dispositif d’évaluation interne et externe et d’analyse des transformations
induites par le programme sur le capital productif aux plans écologique, économique,
sociologique et culturel. Le but visé est d’identifier et de présenter aux différents acteurs du
programme ( populations, décideurs…) et à la communauté internationale à travers le
secrétariat exécutif de la CCD, les progrès enregistrés dans la lutte contre la désertification
et la gestion durable des ressources naturelles. Les informations issues de ce dispositif
permettront alors d’évaluer collégialement les performances de la stratégie de mise en
œuvre du programme et de servir d`outil de prise de décisions concertée.

Pour atteindre ce but, le mécanisme de suivi-évaluation et d’impact requiert la participation


directe ou indirecte de tous les acteurs et fonctionnera comme suit :

a) Le suivi évaluation interne

Un système de suivi-évaluation décentralisé négocié avec les acteurs sera mis en place au
niveau de tous les sous-programmes à travers des unités de suivi évaluation qui seront
créées à cet effet. Il travaillera sur la base d’un dispositif de collecte, de dépouillement, de
traitement, d'élaboration et de diffusion d’informations sur la mise en œuvre du programme.
Ces informations permettront de réorienter si nécessaire la planification /programmation des
actions.

b) Suivi Évaluation externe

Il sera piloté par le Secrétariat Exécutif du CNEDD, en étroite collaboration avec la


Commission PAN/LCD-GRN et les Services du Ministère chargé de la Lutte Contre la
Désertification. Ces structures ont pour mission d’évaluer le niveau d’exécution du
PAN/LCD-GRN, et proposerons des correctifs en cas de besoin.

c) Suivi d’impact

Un système de suivi d’impact du programme de lutte contre la désertification et de gestion


des ressources naturelles sera mis en place et coordonné par les unités de suivi- évaluation.
Il consistera, sur la base d’un certain nombre d’indicateurs écologiques, économiques et
sociaux d’impact, à rechercher périodiquement les transformations macro et micro-
économiques induites par le programme. Ce système fera appel aux organismes spécialisés
internationaux, régionaux, sous régionaux et nationaux notamment, le PNUE, l’Observatoire
du Sahara et du Sahel (OSS), le centre AGRHYMET, Structures Nationales spécialisées,
etc.

III.6. Les risques

Il convient de noter que, la mise en œuvre du PAN/LCD-GRN et l’atteinte des objectifs qui lui
sont assignés peuvent être entravées par un certain nombre de facteurs difficilement
contrôlables. Ainsi, au niveau de l’exécution du programme, du degré de participation de

57
l’ensemble des acteurs dépendra la réalisation satisfaisante des sous programmes du
PAN/LCD-GRN, avec comme conséquence l’efficacité de la LCD-GRN.

Un autre risque non moins important est le financement du programme : en effet le


désengagement des pays donateurs potentiels pour le financement des actions de
LCD/GRN dans les pays touchés en général et, au Sahel en particulier, les difficultés de
mobilisation de ressources à travers le mécanisme mondial sont autant de facteurs
susceptibles de bloquer la mise en œuvre du PAN/LCD-GRN. A cela s’ajoute la persistance
de la récession économique que connaît le Niger, qui entraverait inévitablement l’affectation
des ressources nationales.

Concernant l’atteinte des objectifs du programme, celle-ci peut être compromise par les
sécheresses récurrentes qui affecteraient inéluctablement les efforts de lutte contre la
dégradation du capital productif dans un pays essentiellement agricole.

58
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national de lutte contre la désertification, Projet PNUD/UNSO NER 90 X 04. Niamey, Niger.
44 PP.

Ministère de l’Environnement/Secrétariat permanent du PNAE/CID, 1998 : Plan National


Environnementale et Programmes d’Actions Nationaux de la Convention Contre la
Désertification. Bamako, Mali. Vol. I ; 93 PP.

Nicholson, S.E., 1989 : African Drought, characteristics, causal theories and global
teleconnections. 79-100. In Understanding Climate change, American Geophysical Union.

60
OCDE, 1995 : L'aide des donneurs en faveur du développement des capacités dans le
domaine de l'environnement, lignes directrices sur la coopération pour le développement.
Niamey , Niger. 14 PP.

OCDE/BAD/CILSS, 1994 : Pour préparer l’avenir de l’Afrique de l’Ouest : Une vision à


l’horizon 2020. Niamey, Niger. 68 PP.

Organisation des Nations Unies, 1990 : Amendement au protocole de Montréal relatif à des
substances qui appauvrissent la couche d'ozone, CN 246, TREATIES-9 (Annexe), Montréal
Canada. 16 PP.

Pewe, T.L., 1981 : Desert dust. A Special Paper. The Geological Society of America
Publisher, 303pp.

PNUD, , 1991 : Bureau de Nations Unies pour la Région Soudano-Sahélienne Evaluation de


la désertification et de la sécheresse dans la région soudano-sahélienne

PNUE, 1985 : Lutte contre en Afrique , documents établis par le service de lutte contre la
désertification du PNUE, volume I, II et III. Nairobi

Projet Energie II, Volet Offre 1990: Schéma Directeur d'Approvisionnement en bois énergie
de Niamey, 120PP.

Programme des Nations Unies pour le Développement, Représentation au Niger, 1996 :


Appui au Processus d'Elaboration du Plan National pour l'environnement et le
Développement Durable, Projet du Gouvernement du Niger, descriptif du projet, Plan de
financement, Niamey, Niger. 39 PP.

Programme des Nations Unies pour l'Environnement, 1991 : Manuel concernant le protocole
de Montréal relatif à des substances qui appauvrissent la couche d'ozone, deuxième édition,
Secrétariat de l'Ozone, octobre, 110 PP.

PNUE, 1994 : Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification dans les
pays gravement touchés par la sécheresse et/ou la désertification, en particulier en Afrique.
Niamey, Niger.71 PP.

SEDES, 1987: Etude du secteur agricole du Niger. Bilan-diagnostique-Phase I. Niamey,


Niger. 333 PP.

SNPA/DB, 1998 :Ministère du Plan , Projet de stratégie Nationale et de Plan d’Action en


matière diversité biologique au Niger. Niamey, Niger. 93 PP.

Sterk, G., 1998: Wind Erosion in the Sahelian Zone of Niger: Process, Models, and Control
Techniques. Tropical Resource Management Papers, No15; WAU ed., 151PP.

61
ANNEXES
Les sous-programmes prioritaires de PAN/LCD/GRN
Priorités Sous programmes Objectifs Résultats attendus Observations
Gestion des ressources
naturelles et mode de Sous-programme de Restaurer le capital productif en . Le capital productif est restauré ;
production conservation et restauration des vue de l'amélioration des
terres dégradées et de maîtrise productions agro-sylvo-pastorales . les rendements des productions agro-
des eaux; sylvo-pastorales sont accrus; Estimation des coûts et recherche
des financements
. Les eaux de surface sont utilisées pour
les productions agrosylvopastorales,

. Les systèmes de production sont


améliorés.

Sous-programme de lutte contre Sécuriser les productions agro- . Les rendements des terres et cuvettes
l’ensablement des terres; sylvo-pastorales sont améliorées, Estimation des coûts et recherche
. Les infrastructures socio-économiques des financements
sont sécurisées

Sous-programme de foresterie Améliorer l’Environnement et la . La production piscicole est accrue de


communautaire et de gestion production, accroître les revenus plus de 50%,
des ressources naturelles des populations, et satisfaire les . Les plans d’eau à vocation piscicole
besoins alimentaires; sont restaurés

Estimation des coûts et recherche


Gérer de manière durable les Les ressources naturelles sont gérées des financements
ressources naturelles rationnellement dans les productions
agro-sylvo-pastorales

Améliorer la productivité agricole . La fertilité des sols est gérée par des
et accroître les disponibilités plantations agroforestières,
fourragères
. les rendements sont accrus grâce aux
plantations des brise-vents et haies vives,
. Les revenus agricoles sont améliorés,

Gérer de manière durable les . Des plans d’aménagement sont


ressources forestières et élaborés pour les massifs forestiers
améliorer les revenus des exploitables,

62
populations . des marchés ruraux sont crées et
exploités,
. les populations riveraines des massifs
bénéficient des revenus de leurs forêts,

Préserver et sauvegarder . Les écosystèmes sont préservés des


l’environnement effets néfastes des feux de brousse,
. Les ressources pastorales et fauniques
sont sécurisées

Lutte contre les effets des Sous-programme de Atténuer les effets de la . Les dispositifs d’observation et de suivi
aléas climatiques et renforcement des capacités des sécheresse et de la désertification de la sécheresse et de la désertification Estimation des coûts et recherche
contraintes services d’observation et de suivi à travers le renforcement des sont renforcés, des financements
environnementales, mise de la désertification et de la services concernés . Les recommandations des services sont
en place des mécanismes sécheresse pris en compte et appliqués,
d’appui à la lutte contre la . Le SID est mis en place et opérationnel,
désertification et de
gestion des ressources Renforcer les capacités locales et . La population civile est informée de tous
naturelles promouvoir le partenariat pour la les aspects de la désertification,
LCD/GRN . La jeunesse et les femmes participent
activement aux activités de lutte contre la
désertification.

Suivi-évaluation (S&E) de Sous-programme définition des Définir des indicateurs physiques, . Les capacités aux niveaux national et
la LCD-GRN Indicateurs de S&E biologiques, socio-économiques local en matière de S&E sont renforcées ;
et culturels pertinents, en matière . Des indicateurs bio-géophysiques
de LCD/GRN-AES pertinents, parmi lesquels : l’érosion
hydrique, éolienne, la dégradation du
couvert végétal, l’utilisation des parcours, Estimation des coûts et recherche
les implantations humaines, sont utilisés des financements
pour le suivi de la désertification ;
. Des indicateurs pertinents de S&E de la
mise en oeuvre du PAN/LCD-GRN sont
élaborés selon les dispositions retenues
par la CoP2 de la CCD.

Sous-programme système Elaborer un système national de . Un système national de S&E basé sur
national de S&E S&E des indicateurs globaux de la
désertification est mis en place.

63
64
Carte III.1. Pluviométrie annuelle (mm), normale de la période 1961-1990.

22

20

Bilma
Latitude

18
Agadez

16

Tahoua

Tillabéri N'guigmi
Gouré
14 [Link] Zinder
Niamey Maradi Diffa
[Link]
Dosso Magaria

12 Gaya

0 2 4 6 8 10 12 14
Longitute

65
66
Tableau II.2.1 : Potentialités Forestières & Agro-forestières
Noms Date de Superficie au Superficie Niveau de dégradation Observations
REGIONS des forets classement classement (ha) actuelle (ha)
AGADEZ Dabaga 1954 1050 18.4 extrême en voie de disparition
Kerbougou - 25000 - - sert de zone de pâturage

Total 26050
DIFFA
Forets Classées Deboua 1939 27 - dégrade 9/12 forets ont disparu
Diana 1938 625 - dégrade des81339 ha initiaux, il ne
Goudio 1952 92 - bon état reste plus que 278 ha
Kolol 1942 1120 - bon état
N'Boo 1938 185 - bon état
Tansougoukoua 1941 1395 - dégrade
Karagou 1942 84 - déclasse
Ariboudiram 1939 4100 - dégrade
Mounouck 1941 61000 - dégrade
Gaoura 1942 133 - dégrade
Loulono 1941 100 - dégrade
Sissi 1935 1335 - dégrade

Total 70196

Forets Protégées Gougoumaria 1976 72 75% de taux de


Kayetawa 1976 94 recouvrement
Kalgounam 1976 281
Kodjemeri 1976 156
Gagamari 1976 86
Malam Minari 1976 410
Maiganari 1976 132
Malam balmari 1976 333
Toubouram 1977 66

Total 1630
DOSSO
Forets classées Gorou Bassounga 1937 10000 9900 100 ha déclasses en 1998 occupation illégale par
Fogha Beri 1948 4438 - surcharge pastorale, défrichements l'agriculture et l'élevage;
Bana 1955 738 - coupes abusives et clandestines dégradation croissante,
Koulou 1948 2060 - surpâturage, defrichement,vieillissement existence compromise

67
Total 17236

Forets protégées Tounga avant 1960 23862 - au moins 50% pour l'ensemble surexploitation:défrichement,
Marigouna Bella avant 1960 43360 - surpâturage, feux de brousse, etc
Rôneraies Dallol M. avant 1960 28274 -
Forets du Fakara avant 1960 104524 -

Total 200000 100000

Parcs Agroforestiers Acacia albida - - - parcs en cours de vieillissement arbres associes aux systèmes de
Parinari macrophilla - - - production
Vitellaria paradoxum - - -
Bombax costatum - - -
Parkia biglobosa - - -
Hyphaene thebaica - - -

TILLABERI/CUN
Forets classées Say - 2460 - très dégrade forte pression agricole, exploitation
Guesselbodi 1948 5400 - très dégrade abusive de bois
Niamey-aviation - 255 <10 en voie de disparition
Parc du W 1954 330000 330000
Tera - 44000 - dégrade
Boumba - 645 - dégrade
Faira 1950 8500 - dégrade

Total 391260

Forets protégées Tamou - - - tendance observée a la dégradation multiples pressions


Boyanga - 12300 - pour toutes ces forets situées dans le
Koure - 116625 - bassin d'approvisionnement de Niamey
Hamadidie - 37350 - en bois
Diakindi - 31015 -
autres plateaux - très vastes

Total environ 2000000

MARADI
Forets classées Kouroungoussaou 1952 2300
Dan Gada Karazomi 1952 134
Dan Madotchi 1952 4.4

68
Dan Tourke 1952 650
Guidan Roumdji - 2100
Rigna 1952 25.6
Kandamaou 1952 4928
Gabi Nord 1950 560
Gabi Sud 1950 400
Madarounfa 1950 830
Chabare 1952 795
Dan Kada 1951 5190
Dan Gado 1951 4300
Bakabe 1956 2635
Birnin Lalle 1951 48

Total 24900

Forets protégées Dagor - - 53


Garinoney - - 53
Doutchi Begoua - - 97
Guidan Karo - - 98
Naguidi - - 33
Guidan Atiale - - 61
Koukabiel - - 49
Kornaka - - 227
Ajekoria - - 234
Berle - - 258
Karfin Gaba - - 35
Takounde - - 57
Baban Rafi - 80000 en 1962 15350
Maradi - - 60
Sabon Gari - - 48
Guidan Siri - - 37
Diambali - - 54
Ounwala - - 39
Bamo Bara - - 85
Bamou - - 72
Kouya - - 33
Dan Mani - - 50
Aderawa - - 498
Dan Issa - - 1800
Tibiri - - 2235

69
Kodaga - - 2945
Tapkin guiwa - - 5820
Dan goulbi - - 3290

Total 33671

Gommeraies Intuila - - 545


Guidan Moussa - - 252
Matoya - - 188
Bader - - 82
Total 1067
ZINDER
Forets classees Takieta 1950 6720 8.3 ha declasses
Boubaram 1955 900
Kissanbana 1950 1880
Tounfafiram Nord 1953 295
Tounfafiram ouest 1953 485
Droum 1952 15
Berbekia 1942 1275
Kongome 1952 1840
Korama 1952 900
Libararn 1956 56
Dan Ogoma - 2827 toutes degradees a plus de 50 p. cent Pression agricole sur toutes ces
Kelle 1942 1670 forets
Azjomba 1941 675
Guirbo 1939 2560
Kaigam 1942 287
Gadabour 1942 212
Kourabouri 1954 460
Kalgueri - 473
Kadara - 3008
Karbale 1950 950
Dawambeye 1951 130
Tchedia 1951 250
Desga 1942 665
Total 28533
Forets protegees forets de bas fonds - - environ 10000 toutes degradees a plus de 50 p. cent Pression agricole sur toutes ces
parcs a Acacia albida - - - toutes degradees a plus de 50 p. cent forets

TAHOUA

70
Forets classees Abouboul 1956 72 0
Aboudea 1955 175 31
Bangui 1954 3275 0
Damfan 1955 540 156
Karofan 1955 4020 4020 (en 1975) Toutes en voie de degradation Diverses pressions
Massouki 1956 80 0
Minao 1955 60 20
Tapkin zaki 1955 1070 123
Tsernaoua - 2367 50 (en 1975)

Total 11659 4400

forets protegees forets de bas-fonds - - 28000


forets de plateaux - - 178000 Toutes en voie de degradation Diverses pressions
forets de Guieye - - 50
Total 206050

71
Tableau II.2. INDICATEURS DE POPULATION ET DE PRODUCTION ET LUTTE CONTRE LA DESERTIFICATION ET LA GESTION DES RESSOURCES NATURELLES

Densité: 'Dynamique de population Fluctuation des superficies et


Populations Superficies habitants Projection de la population (x1000) par région rendements de quelques prin-
Régions au km² population popultion Taux jusqu'en 2050 -cipales cultures(1950 à 2000)
Effectif % du En km² % du en 1977 en 1988 d'accrois- Superficies
total total -sement 2000 2010 2020 2030 2040 2050 (hectare)
mil: 800 ± 315
sorgho: insignifiant
Agades 208,828 2.9 667,799 52.7 0.3 124,985 208,828 4.85 297 364 454 577 746 976 Niébé: insignifiant

mil: 77900 ± 11900


sorgho: 15000 ± 11000
Diffa 198 091 2.6 156,906 12.4 1.2 167,389 189,091 1.15 266 315 380 466 582 736 niébé: 18000 ± 6529

mil: 779700 ± 67000


sorgho: 56300 ± 8374
Dosso 1,018,895 14 33,844 2.7 30.1 693,207 1,018,895 3.64 1,543 2,330 3,579 5,605 8,927 14,392 niébé: 607500 ± 131253

mil: 1114000 ± 112000


sorgho: 697650 ± 46454
Maradi 1,389,433 19.2 41,796 3.3 33.2 949,747 1,398,433 3.59 2,101 3,157 4,827 7,522 11,923 19,130 niébé: 838500 ± 150223

mil: 958900 ± 107000


sorgho: 153025 ± 61277
Tillabéri 1,725,720 23.8 97,506 7.5 17.7 1,171,822 1,725,720 3.65 2,611 3,947 6,190 9,615 15,497 25,390 niébé: 377900 ± 101907

mil: 831400 ± 94751


sorgho: 281450 ± 59386
Tahoua 1,308,598 18 113,375 8.9 11.5 993,615 1,308,598 2.6 1,922 2,625 3,645 5,160 7,431 10,831 niébé: 537600 ± 125930

mil: 1131000 ± 131587


sorgho: 880600 ± 59823
Zinder 1,411,061 19.5 155,778 12.3 9.1 1,002,225 1,411,061 3.23 2,111 3,065 4,525 6,810 10,425 16,155 niébé: 902300 ± 152406

Niger 7,251,626 100 1,267,000 100 5.7 5,102,990 7,251,626 3.32 10,851 15,803 23,449 35,754 55,530 87,610 mil: 4892100 ± 342171
sorgho:2084575 ± 148655
P. urbain 656,203 1,114,020 5 niébé:3279300 ± 440750

P. rural 4,446,787 6,187,606 3.04

72
Tableau II.3. Principaux projets exécutés de 1990 à 2000, ou en attente de financement, avec un volet LCD ou GRN

Intitulés des projets Source de financement Montant Observations


Projet Tahoua Vert (phase 4) Pays Bas 925.000.000 f cfa Clôturé
Projet Utilisation des ressources naturelles de Kouré (PRUNKO) Union Européenne, Fonds Français de Clôturé
l'Environnement Mondial, SNV 820.000.000 f cfa
Projet Participatif de Renforcement des Institutions Villageoises pour le Développement Pays Bas [Link] f cf En exécution
de l'Agriculture PRIVAT (phases 1 et 2)
Projet Téra-Nord Pays Bas 980.000.000 f cfa Clôturé
Projet d'Appui au Programme Cadre de Lutte contre la Pauvreté (DAP/PCLCP FENU / PNUD 14.877.404 US$ En exécution
Projet de Lutte contre l'Ensablement des terres de cultures Zinder/Diffa FAO / PNUD 3.253.402 US$ Clôturé
Projet d'aménagement et de gestion des terroirs dans le sud du département de Maradi FAO 2.198.021 US$ Clôturé
TCP Appui à la Gestion des Gommeraies FAO 290.000 US$ En démarrage
Projet d'Appui au Plan National de l'Environnement pour un Développement Durable PNUD 4.365.710 US$
(DAP/PNEDD)
Programme d'Appui aux Initiatives de Gestion locale des Rôneraies (PAIGLR), Phases Suisse [Link] f cfa En fin de dernière
1à3 Phase
Programme d'appui à la gestion des ressources naturelles de l'Aïr et du Ténéré Suisse / Danemark [Link] f cfa Phase 2 en démarrage
(PAGRNAT), Phases 1 + 2
Projet Energie II, Phases 1 et 2 Danemark [Link] f cfa Phase 2 en démarrage
Projet Construction Sans Bois (PCSB) phases 1 et 2 Danemark [Link] f cfa Phase 2 en démarrage
Projet de Gestion des Ressources Naturelles Maïné Soroa Danemark 521.700.000 f cfa En exécution
Projet d'appui à la gestion des Ressources naturelles Danemark 156.049.980 f cfa En exécution
Programme d'Education Environnementale Danemark 300.000.000 f cfa En exécution
Projet Formation/réalisation des pares-feux Danemark 5.775.750 f cfa En exécution
Projet d'aménagement des forêts Naturelles (BAD) Banque Africaine de Développement [Link] f cfa Démarrage bloqué
Projet d'Appui à la formation et d'assistance en gestion de l'Environnement (PAFAGE) Italie 500.000.000 f cfa En démarrage
Projet Régional Parc du W Union Européenne [Link] f cfa En démarrage
Projet Régional de Pêche Durable en Afrique de l'Ouest Grande Bretagne 34 000 000 US$ (global En démarrage
A.O.)
Projet Intégré Keita ( Phases I à IV) Italie/FAO 82 300 000 US$ En exécution
Projet de Gestion des Ressources Naturelles Banque Mondiale 42 700 000 US$ En exécution

73
NIGER

Découpage administratives

Arrondissements du Niger
Bilma
Départements
Agadez
Diffa Arlit
Dosso
Maradi
Tahoua
Tillabery
Zinder

Tchirozerine

Nguigmi
Tchin-Tabaraden

Goure
Ouallam
Tahoua Keita Dakoro Tanout
Til

Filingue
la
be

Bouza
ri

Tera Illela Mayahi


Doutchi
ua

Mirriah Maine-Soroa
ao

Loga Birni Nkonni


ji
ad

Kollo
m

Aguie Diffa
M

ou
-R

Dosso
an

Say Magaria
ua
d

eye

Madarounfa
ui

s ao

Boboye
G

am
T es
Mat

Gaya 300 0 300 Kilometers

74
NIGER

DISTRIBUTION DE LA POPULATION RURALE PAR MAILLE


DE 7.6 km x 7.6 km

LEGENDE
Population rur. (nbre d'hbts)
< 500
500 - 1000
1000 - 1500
1500 - 2000
> 2000

NIGER

NIGER
INDEX DE VEGETATION (MOYENNE 1981 - 90)

sol nu
PLUVIOMETRIE MOYENNE 1981 - 90
très bas
bas
0 - 100 mm
moyen
100 - 200
élevé
200 - 300
300 - 400
400 - 500
> 500

0 200 400 600 800 1000 Kilometers

Projection: Transverse Mercatore

300
500 0 0 300 75 600 Kilometers
500 Kilometers
0

NIGER

PROJETS DE LUTTE CONTRE LA DESERTIFICATION

76
77
Liste des photos

Page 3, photo 1: Processus de désertification avancée

Page 9, photo 3: Récupération de plateaux dégradés

Page 13, photo 4: Participation des populations à la récupération


des terres dégradées
Page 14, photo 5: Participation des populations à la récupération
des terres dégradées

Page 23, photo 4: Production de sorgho sur des glacis récupérés

Page 34, photo 5: Réhabilitation de plateaux dégradés

Page 31, photo 4: Récupération de terres glacifiées

Page 26, photo 1 à 5: Actions de reforestation

Page 44, photo 6: Opération de fixation de dunes

78
Nous remercions le Projet Intégré Keita, financé par la Coopération Italienne, pour avoir mis
gracieusement, à la disposition du Secrétariat Exécutif du CNEDD,toutes les photos qui sont insérées
dans le présent document.

Nous remercions le Projet Intégré


Keita, financé par la Coopération
Italienne, pour avoir mis
gracieusement, à la disposition
du Secrétariat Exécutif du CNEDD,
toutes les photos qui sont insérées
dans le présent document.

79
Edition et supervision:
CONSEIL NATIONAL DE L’ENVIRONNEMENT POUR UN DEVELOPPEMENT DURABLE (CNEDD)
------------------
SECRETARIAT EXECUTIF (SE/CNEDD)
BP: 10193 NIAMEY, TEL: 00227 722559, FAX: 00227 722981, E-mail: biocnedd@[Link]

80

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