Programme National de Lutte Contre la Désertification au Niger
Programme National de Lutte Contre la Désertification au Niger
Novembre 2000
Le Niger a été appuyé dans le processus d'élaboration de son Programme d'Action
National de Lutte Contre la Désertification et de Gestion des Ressources Naturelles
(PAN-LCD/GRN) par les partenaires suivants:
PNUD
UNSO
ITALIE
FIDA
CCD
CILSS
OSS
UICN
BM
2
REPUBLIQUE DU NIGER
=======
(PNEDD)
Octobre 2000
3
TABLE DE MATIERE
AVANT-PROPOS
I.3.1. Population
I.3.2. Agriculture
I.3.3. Elevage
I.3.4. Foresterie
I.3.5. Pêche
I.3.6 Industrie, Tourisme et Mines
II.1.1. Problématique
II.1.2. Facteurs de désertification et leurs conséquences au Niger
II.2. Eléments d’analyse des politiques, des stratégies, des plans et programmes en
matière de LCD/GRN
4
III.1.1. Enjeux
III.1.2. Objectifs
III.1.3. Stratégie nationale
5
Principales abréviations utilisées dans le texte
6
PAFT Plan d’action forestier tropical
PAN/LCD – GRN Programme d’action national de lutte contre la désertification et de
gestion des ressources naturelles
PDR/ADM : Projet de développement rural/ Ader Doutchi, Maggia
PDRT Projet de développement rural de Tahoua
PAR Programme d’action régional (CCD)
PAS Programme d’ajustement structurel
PASP Projet agro-sylvo-pastoral
PASR Programme d’action sous-régional (CCD)
PDRM Projet de développement rural Mayahi
PDRAA Projet de développement rural de l'Arrondissement d'Aguié
PDRT Projet de développement rural Tahoua
PIB Produit intérieur brut
PIE Programme des investissements de l’État
PIK Projet intégré Keita
PNB Produit national brut
PSE Programme Sahélien de l’Education Environnementale
PGRN Programme de gestion des ressources naturelles
PFIE Programme de formation/information en environnement
PNEDD Plan national de l’environnement pour un développement durable
PNLCD Plan national de lutte contre la désertification
PNUD Programme des nations unies pour le développement
PRSAA Programme de renforcement des services d'appui à l'agriculture
SAP Système d’Alerte Précoce
SIE Système d’information environnemental
SIFOM Système d'information foncier multi-usage
SIGNER Système d'information géographique du Niger
SNV Association néerlandaise d'assistance au développement
SOMAIR Société des mines de l’Aïr
SONICHAR Société nigérienne de charbon
UNESCO Organisation des nations unies pour l'éducation, la science et la culture
UNICEF Organisation des nations unies pour l'enfance.
USAID Agence américaine pour le développement international
N.B.
Les principaux termes utilisés dans le présent document à savoir, la désertification, la
sécheresse, ainsi que tous les concepts liés à la lutte contre la désertification et la
gestion des ressources naturelles, sont définis dans la CCD.
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AVANT-PROPOS
le PAN/LCD-GRN a été bâti sur les capacités nationales et dimensionné par rapport au
contexte du pays ;
l’approche participative a permis d’impliquer, à tous les niveaux, les différents acteurs,
notamment la population et la société civile, s'intéressant aux questions de
désertification et de gestion des ressources naturelles ;
le PAN/LCD-GRN est un processus participatif en trois étapes qui sont son élaboration,
sa mise en œuvre et son évaluation continue ;
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l’approche avait été plus globale. De l’Engagement de Maradi à ce jour, ces résultats sont
entre autres :
La mise en œuvre des actions proposées par le présent document qui résulte d’une
approche consensuelle entre les différents acteurs permettra de faire face avec plus
d’efficacité aux phénomènes de désertification, d’atténuer les effets de la sécheresse et
d’assurer une gestion durable des ressources naturelles.
⇒ le Contexte général ;
⇒ le Bilan diagnostic de la lutte contre la Désertification et de la Gestion des
Ressources Naturelles
⇒ le Programme d’Action National de Lutte Contre la Désertification et de Gestion
des ressources naturelles (PAN-LCD/GRN).
Chapitre I :
Contexte général
I.1. Situation géographique
Pays totalement enclavé, le Niger s’étend sur 1.267.000 km2 et s’inscrit dans les longitudes
0o 16’ et 16o Est, et les latitudes 11o 01’ et 23o 17’ Nord. Sa frontière la plus proche du littoral
est à plus de 600 Km du Golfe de Guinée. Les trois quarts de cette superficie sont situés
dans la zone septentrionale, en désert chaud.
Au plan du relief, il s’agit d’une pénéplaine à la fois immense et monotone, d’une altitude
moyenne de 300 mètres dans laquelle existent çà et là, des dépressions qu’envahissent
souvent des sables et des régions surélevées par des actions volcaniques dans la partie
septentrionale du pays (massifs isolés de l’Aïr).
Au plan hydrographique, le Niger est traversé, dans sa partie occidentale, sur environ 550
Km, par un seul fleuve, celui auquel il doit d’ailleurs son nom, et à l’Est par une rivière quasi-
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permanente, la Komadougou. A l’extrême Est du pays, se trouve le Lac Tchad, dont le Niger
possède la partie Nord-Ouest, soit environ 3000 Km2. D’autres lacs et cours d’eau plus ou
moins permanents existent ailleurs dans le pays.
I. 2. Contexte écologique
Le climat du pays est particulièrement aride. Le Niger appartient en effet à l’une des zones
les plus chaudes du globe. Il connaît deux types de climats chauds : un climat désertique sur
la majeure partie de sa superficie, et un climat tropical à une seule saison des pluies. Les
saisons elles, sont au nombre de quatre :
- une saison dite froide (mi-décembre à mi-février) caractérisée par des nuits très
fraîches avec des températures pouvant descendre au-dessous de 10 0C et
même de 0 0C dans la zone septentrionale du pays ;
- une saison sèche et chaude (mars-mai) avec des vents brûlants et des
températures qui peuvent être supérieures à 45 0C ;
- une saison des pluies (juin-septembre) caractérisée par des pluies, souvent
orageuses, une forte humidité et une température moyenne de 33 0C ;
- une saison chaude sans pluie (octobre à mi-décembre) avec une humidité relative
et une température moyenne de 35 0C.
Intense, l’évaporation varie entre 1700 mm et 2100 mm d’eau par an ; le déficit hydrique
climatique est donc important pendant la saison sèche et la flore, pour subsister, doit puiser
dans les réserves du sous-sol. La pluviométrie est caractérisée par une forte variation dans
l’espace et dans le temps. C’est ainsi qu’on distingue, en fonction de cette pluviométrie, du
Nord au Sud du pays, les quatre zones ci-après:
la zone sahélo-saharienne (12,2% du territoire national ) avec des pluies toujours très
faibles, les précipitations restant comprises entre 100 et 300 mm ; les cours d’eau ne
sont que temporaires, coulant à l’issue des précipitations atmosphériques importantes ;
on se trouve là en présence d’un climat subdésertique.;
la zone soudanienne qui reçoit plus de 600 mm d’eau par an et représente 0,9% du
territoire national.
a) Les Sols
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Au Niger, les sols sont en général pauvres en éléments nutritifs et en teneur en matières
organiques. La superficie potentiellement cultivable est estimée à 15 millions d’hectares,
représentant moins de 12% de la superficie totale du pays. Il est à noter que 80 à 85% des
sols cultivables sont dunaires et seulement 15 à 20% sont des sols hydromorphes
moyennement argileux (SEDES, 1987). Ces sols peu productifs et fragiles sont très
sensibles à l’érosion hydrique et éolienne. La plupart des sols exploités souffrent d’une
carence sévère en phosphates (Bationo, 1991). Le potentiel en terre irrigable est estimé à
270 000 hectares, soit 4% de la superficie totale, dont 140 000 hectares sont situés dans la
vallée du fleuve Niger.
Les zones montagneuses et de grands plateaux (Aïr, Ader Doutchi, Continental terminal)
sont dominées par des lithosols. Les vallées fossiles (Dallols, Goulbi, Korama), les vallées
du fleuve, la Komadougou, le Lac Tchad et les cuvettes du Manga sont dominées
essentiellement par des sols hydromorphes et les vertisols.
b) Les Eaux
Les eaux de surface localisées pour l’essentiel dans la frange sud proviennent en
grande partie des apports extérieurs. Elles sont réparties en unités hydrologiques suivantes
(Carte I.1. en annexe) :
le fleuve Niger et ses affluents de rive droite (Volume moyen écoulé de l'ordre de 31
milliards de m3 par an ; Superficies inondables : 63.000 ha)
l'Ader-Doutchi-Maggia (Volume moyen écoulé : environ 200millions de m3 par an) ;
les dallols (vallées fossiles) ;
les goulbis (actuellement sans écoulement significatif);
les koromas (régime lié aux précipitations et au déversement des nappes contenues
dans le substratum des vallées concernées) ;
11
la Komadougou Yobé, qui charrie 500 millions de m3 par an en territoire Nigérien. Ce
débit est aujourd’hui réduit par la construction de nombreux barrages dans son haut
bassin versant;
le Lac Tchad (complètement asséché en territoire nigérien avec un retour timide suite
aux fortes précipitations de 1998) ;
le lac Madarounfa ;
les koris de l'Aïr, caractérisés par des crues brutales et de courte durée, qui charrient
près de 100 millions de m3 d'eau par an, servant pour l'essentiel à alimenter les
nappes phréatiques de la région ;
les mares et les retenues artificielles et
les oasis.
c) La végétation
le domaine saharien où la végétation, quand elle existe, est une steppe discontinue,
généralement réfugiée dans les dépressions;
le domaine soudanien qui couvre la partie la plus méridionale du pays. Plus boisé
que le Sahel, il comporte une végétation de savane, caractérisée par une strate
herbacée plus continue ou non. La strate ligneuse comporte des arbustes et des
arbres capables de constituer localement des peuplements fermés. La végétation est
globalement caractérisée par des Combretacées et par la présence de certaines
espèces de valeur comme le Karité (Vitelaria paradoxum), le Néré (Parkia
biglobosa) ,etc.
d) La Faune sauvage
Les divers étages bioclimatiques et les écosystèmes du Niger abritent une faune riche et très
diversifiée. Jusqu’à présent seuls les vertébrés et particulièrement les mammifères ont
retenu l’attention des scientifiques (SNPA /DB-1998). Elle comprend des représentants du
domaine soudanien, dans le sud du domaine sahélien et du domaine désertique saharien.
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Les connaissances restent limitées pour la plupart des espèces animales (mammifères,
oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, invertébrés ;etc) ainsi que pour les habitats naturels.
Les récentes études effectuées dans le cadre du processus d’élaboration de la stratégie
nationale et du plan d’action en matière de conservation de la diversité biologique ont retenu
que le Niger compte au stade actuel de nos connaissances 3 200 espèces animales dont
168 de mammifères et 512 d’oiseaux. Le reste est constitué des reptiles, des amphibiens,
des poissons etc…(SNPA /DB-1998). Ces chiffres devraient être revus à la hausse avec des
connaissances plus actualisées sur les rôle et diversité de la flore microbienne.
La réduction des surfaces des zones humides, habitat préférentiel de nombreux oiseaux et
de certains mammifères rares (lamantins et hippopotames), ainsi que les activités humaines,
entraînent un changement dans le comportement des espèces migratrices (SNPA /DB-
1998).
I.3.1. Population
La population est repartie entre huit (8) groupes socio-linguistiques, dont deux forment près de
80% des effectifs (Haoussa et Songhaï-Zarma). Ces groupes islamisés à plus de 95%
partagent certaines valeurs dans leurs rapports avec les questions d'environnement, de même
qu'en matière de gestion de l'espace en général et d'accès aux ressources naturelles en
particulier. Les Nigériens se répartissent en sédentaires et nomades. Toutefois, la proportion de
ces derniers est en baisse continue à la suite notamment des sécheresses récurrentes.
La population nigérienne est très inégalement répartie sur le territoire. En effet, les trois quarts
restent concentrés dans les zones méridionales au Sud du 16ème parallèle sur le quart environ
de la superficie totale du pays. La densité moyenne est de 6 hab/km2; elle est de moins de 1
hab/km2 dans le département d'Agadez et varie de 34,7 à 80 hab/km2 dans celui de Maradi
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(RGP-1988). Cette concentration de populations dans certaines zones pose un sérieux
problème d'adéquation avec les niveaux de la production agricole qui est en baisse continue,
enregistrant des déficits céréaliers structurels de plus en plus importants (Carte I.2. en annexe).
Face aux défis majeurs que pose la satisfaction des besoins fondamentaux de la population,
l’Etat élabora en 1992, une Politique nationale de population. Cette dernière avait pour objectif
de parvenir à une maîtrise de la croissance démographique et des flux migratoires afin de les
ajuster aux conditions d'un développement économique visant une amélioration qualitative
substantielle des niveaux de vie notamment en milieu rural.
I.3.2. Agriculture
Chaque année près de 99% des superficies cultivées sont affectées à l'agriculture pluviale. La
contrainte majeure de cette agriculture réside dans l'insuffisance de l’eau pour les cultures; en
réalité cette insuffisance traduit une faible capacité de mobilisation des eaux de surface et
d'accès aux eaux souterraines. A cette contrainte s'ajoutent la baisse de la fertilité des sols, les
pressions parasitaires, l’insuffisance de crédits consécutive au désengagement de l'Etat du
secteur agricole et réduisant l'accès aux intrants agricoles, et les itinéraires techniques
inappropriée.
On note une forte extension des terres affectées aux cultures vivrières (principales
spéculations) céréalières du fait de la faible intensification des systèmes de production.
Cette extension des terres de cultures se fait souvent par le biais de l’exploitation de terres
marginales, ce qui contribue à l’accélération de la dégradation des terres et des pâturages. Les
productivités (rendements) baissent en conséquence, réduisant la contribution de l'agriculture
au PIB et exacerbant la question persistante de la sécurité alimentaire.
Les faibles performances enregistrées par l'agriculture au Niger sont le résultat d'une situation
générale marquée essentiellement par les facteurs suivants :
I.3.3. Elevage
Jusqu'en 1973, les politiques nationales en matière d'élevage ont été axées sur l'amélioration
de l'état sanitaire du cheptel et la conduite d'une politique d'hydraulique pastorale dominée par
la construction de forages équipés de stations de pompage. Le résultat fut l'accroissement des
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effectifs jusqu'au début des années 70 et, conséquemment, l'augmentation de la charge
pastorale souvent sans rapport avec les capacités du milieu. Après la sécheresse de 1973, ces
politiques ont été dominées par les efforts de reconstitution du cheptel. C'est avec le Plan
d'action de Tahoua, que les stratégies en matière d'élevage ont formellement pris en compte les
aspects environnementaux et la capacité de charge du milieu.
La contribution de l'élevage dans la formation du PIB est en baisse constante (20,7% du PIB en
1961 ; 17,1% en 1975 ; 16,5% en 1984 et 12,8% en 1991) du fait des faibles performances des
systèmes d'élevage (faible niveau d'intensification) associées aux effets désastreux des
sécheresses récurrentes qui déciment régulièrement le cheptel depuis une trentaine d'années.
Ce sous-secteur s'est adapté à cette situation par une modification notable de la composition
des troupeaux et un transfert des effectifs de la zone pastorale vers les régions méridionales
agricoles plus favorables, mais également plus peuplées, ce qui provoque le plus souvent des
conflits entre éleveurs et agriculteurs.
I.3.4. Foresterie
Quant à la foresterie, les politiques nationales en la matière ont évolué depuis trois décennies
d'une attitude « conservationniste » vers une stratégie de lutte contre la désertification et la
gestion intégrée de l'ensemble des ressources naturelles. C’est dans ce cadre qu'a été élaboré
un Plan national de lutte contre la désertification (PNLCD), puis un Projet de gestion des
ressources naturelles(PGRN).
I.3.5. Pêche
La richesse halieutique des eaux nigériennes est un atout majeur pour la sécurisation
alimentaire du pays puisque le poisson, dans bien des cas est la principale source de
protéines. L’exploitation et la valorisation des ressources halieutiques contribuent également
d’une manière décisive au produit intérieur brut et à la balance des paiements donc à la lutte
contre la pauvreté.
Les eaux de surface nigériennes dans lesquelles se pratiquent les activités de pêche
couvrent environ 600 000 ha. Les niveaux d’eaux des plans et cours d’eau (fleuve Niger,
15
Komadougou) fluctuent d’une année à l’autre et suivant les saisons. Ces eaux renferment
une grande diversité biologique dont la plus exploitée est l’ichtyofaune, représentée par 112
espèces. La production de poissons a été très variable ces dernières années. En effet, les
stations piscicoles, la production de la pêche contrôlée est passée de 20 000 tonnes dans
les années 1970 à 5 000 tonnes en 1986, alors que le potentiel normale est estimé à 30 000
tonnes /an.
Au delà de la sécheresse, on peut noter entre autres l’ensablement des plans et cours d’eau
accéléré par la déforestation en amont, l’érosion éolienne et hydrique, l’occupation
anarchique et inconsidérée de plaines d’inondation (zones de fraie). Un autre phénomène
plus préoccupant aujourd’hui est l’infestation des plans et cours d’eau par des plantes
envahissantes. C’est le cas de la jacinthe d’eau du Niger. Les effets négatifs de tous ces
facteurs sur l’habitat aquatiques a fait que huit (8) espèces sont déclarées disparues des
captures par les pêcheurs du fleuve Niger. Ce qui est une grande perte pour la diversité
biologique du Niger. Si des actions (protection des berges, plantations, aménagements
intégrés, lutte contre la jacinthe d’eau et de mise en œuvre de la loi n°98-042 du 29
Décembre 1998 relative au régime de la pêche) ne sont pas entreprises à très court terme
pour renverser la tendance, le Niger risque de perdre la contribution du secteur de la pêche
à l’économie nationale, estimée en moyenne chaque année à plus de douze milliards de
francs CFA/an.
Enfin, sur le plan minier, les différents travaux de prospection, entrepris de la période
coloniale à nos jours, ont permis de mettre en évidence des indices de minéralisations
localisées dans des aires géographiques bien individualisées ou provinces métallo-géniques.
Parmi la trentaine de substances minérales qui constitue le potentiel minier du Niger, seuls
l’uranium, le charbon, le calcaire, le gypse, le phosphate, l’étain, le sel, le natron sont
exploités. Il convient de noter que depuis les années 1960, l’or fait l’objet d’une exploitation
artisanale, mais son exploitation industrielle a commencé (1996). Quant à l’exploration
pétrolière, qui a débuté dans les années 1958, elle a permis de mettre en évidence des
indices et réserves d’hydrocarbures respectivement dans les bassins du Djado et de
l'Agadem.
Trois décennies après la grande vague de décolonisation, le Niger est entré en 1991 dans l’ère
de la démocratisation. Depuis lors, les politiques de développement sont inscrites dans un
cadre institutionnel caractérisé par des tensions récurrentes, un ralentissement de la machine
administrative et une faible participation de la société civile. L’Etat de droit et la démocratie, qui
constituent les valeurs de référence du système politique qui s’instaure, restent encore à
consolider au Niger.
16
Au regard de l’importance des enjeux du développement, les autorités nigériennes ont pris
l’option politique de faire de la décentralisation la réponse institutionnelle à la question de la
participation des populations au développement national. Ainsi, la responsabilisation des
populations par rapport à leur environnement doit tenir compte, en dernière analyse, des
objectifs essentiels visés par les communautés de base. Toutefois, si les textes relatif à la
décentralisation sont promulgués, il reste que la mise en place concrète des institutions locales
est toujours attendue.
17
Chapitre II
II.1.1. Problématique
Au Niger, c'est une évidence que les problèmes de désertification et de dégradation des
ressources naturelles se posent avec acuité. Le climat, la pression démographique et les
modes d’exploitation du milieu constituent les facteurs déterminants de ces fléaux. La
problématique majeure s’exprime à travers un certain nombre de contradictions ou
paradoxes aux conséquences non négligeables sur le développement rural du pays et dont
la résolution s’avère impérative pour un développement socio-économique efficace. Parmi
ces contradictions on peut citer :
a) Le climat
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b) La pression humaine sur les ressources naturelles et leurs modes
d’exploitation
Les effets négatifs du climat sur les ressources naturelles sont aujourd’hui aggravés par la
démographie galopante et les pratiques d’exploitation du milieu pour les productions agro-
sylvo-pastorales et industrielles. Cette situation accélère gravement le développement de la
pauvreté et la dégradation de l'environnement tant en milieu urbain que rural.
La paupérisation croissante du monde rural liée à une crise économique qui perdure, limite
malheureusement l’adoption à grande échelle des technologies d’intensification (utilisation
d'intrants agricoles appropriés, mécanisation, défrichement amélioré, adoption de
spéculations à forte valeur ajoutée) permettant de renverser rapidement la tendance de
dégradation du milieu.
L’intensification des productions est en général freinée par des considérations socio-
économiques et principalement financières. Cette situation oblige les producteurs à recourir
à des pratiques peu respectueuses de l’environnement (défrichement, feux de brousse,
mise en valeur des versants, absence ou réduction du temps de jachère, ..). Les
performances du secteur rural qui emploie plus de 80% de la population demeurent
globalement insuffisantes.
Enfin, au plan social, la désertification et la sécheresse ont provoqué des mouvements inter-
régionaux et transnationaux de populations qui ont souvent obligé l’Etat à recourir à l’aide
alimentaire.
En dehors des problèmes généraux de dégradation des terres que connaît le Niger,
certaines régions présentent des problèmes de dégradation qui leur sont particulièrement
spécifiques. Il s’agit, entre autres, de :
l’ensemble de la région d’Agadez, ainsi que les parties Nord des régions de Maradi,
Tahoua, Zinder, Tillaberi et Diffa, zones de prédilection des feux de brousse et
sujettes à une forte érosion éolienne et à l’ensablement;
19
les vallées du fleuve, de l’Ader-Doutchi -Maggia, de la Tarka, du Goulbin Kaba et de
l’Aïr, zones soumises à une forte érosion hydrique ;
A titre d’exemple, les Tableaux II.2.1 et II.2.2 en annexe, résument en détail pour chacune
des régions les potentialités/contraintes forestières et agroforestières ainsi que leurs états et,
les indicateurs de population et de production. En résumé, les connaissances sur les
potentialités et les contraintes des ressources naturelles sont encore fragmentaires, voire
souvent contradictoires. Il y a par conséquent nécessité d’approfondir ces connaissances
par :
II.2. Eléments d’analyse des politiques, des stratégies, des plans et programmes en
matière de LCD/GRN
C’est avec la sécheresse de 1973 que le Niger, a promu et mis en oeuvre de véritables
politiques et stratégies en matière de lutte contre la désertification, de gestion des
ressources naturelles et d’atténuation des effets de la sécheresse. Jusqu’en 1972, le Niger
a connu une certaine sécurité alimentaire, un équilibre écologique relatif et un cheptel
important. A cette époque, les principales préoccupations étaient la conservation des
ressources naturelles disponibles, le développement des cultures de rente pour la recherche
des devises et le maintien d’une parfaite santé animale. Ces politiques et stratégies mises en
place ont connu des évolutions d’approches en fonction des nouvelles réalités écologiques
et sociales ainsi que des politiques de développement économique envisagées. On distingue
deux périodes marquantes correspondant à des politiques et stratégies spécifiques.
20
Ainsi, pour retrouver la sécurité alimentaire des années 60, le développement des cultures
vivrières, comme souligné plus haut, a constitué l’axe stratégique principal, qui s’est traduit
sur le terrain par :
Le développement des cultures vivrières est couplé à une autre stratégie de prévision et de
gestion des sécheresses dans un contexte climatique difficilement maîtrisable. C’est ainsi
que l’Etat a procédé :
en matière de prévision :
en matière de gestion :
au soutien aux importations des produits agricoles à travers la suppression des taxes
à l’importation ;
au développement des activités à haute intensité de main-d’oeuvre pour prévenir les
mouvements migratoires ;
à la promotion et au développement des cultures de contre saison ;
à la régulation du marché céréalier à travers l’injection sur le marché de produits
agricoles issus des stocks de stabilisation ;
à la mobilisation de l’aide alimentaire auprès des partenaires.
b) La période 1984 à nos jours a été marquée par les changements sociaux
(Conférence Nationale et processus démocratique), le bouleversement des stratégies de
lutte contre la désertification et de recherche de la sécurité alimentaire de la décennie
passée, ainsi que par la prise en compte des problèmes environnementaux dans leur
globalité depuis la CNUED. Aussi, devant l’aggravation des problèmes de dégradation des
ressources naturelles et la persistance des déficits céréaliers, de profondes réflexions ont
été engagées sur l’efficacité des stratégies et des approches retenues en matière de lutte
contre la désertification et de recherche de la sécurité alimentaire.
21
Dans le cadre de ces réflexions, un séminaire sur les stratégies d’intervention en milieu rural
a été organisé en 1982 à Zinder au cours duquel une analyse critique des approches a été
effectuée. En outre, l’année 1984 a enregistré la tenue d’une autre rencontre sur la LCD à
Maradi (débat de Maradi) à l’issue duquel la stratégie de LCD a été examinée dans la
recherche d’une efficacité des interventions (Engagements de Maradi). Ainsi, le
Gouvernement a décidé des mesures suivantes : au niveau de tous les chefs-lieux de
départements, des arrondissements et des postes administratifs , les autorités doivent
procéder impérativement et annuellement à la délimitation d’espaces dans lesquels seront
plantés des arbres à raison de :
Des mesures similaires ont été prises simultanément au niveau des villages, des
aménagements hydro-agricoles, des mosquées et des lieux publics. L’Engagement de
Maradi a insufflé une dynamique constante en matière de reboisement, consolidée par
l’institutionnalisation de la fête de l’arbre( 3 août )qui marque désormais la célébration de
l’anniversaire de la fête nationale de l’indépendance.
A l’issue du débat de Maradi, la lutte contre la désertification a été placée dans le contexte
global de recherche de l’autosuffisance alimentaire. C’est pourquoi, la stratégie de
reboisement a été complétée par d’autres axes stratégiques notamment l’amélioration des
systèmes de production, la gestion des ressources naturelles dans une approche intégrée et
de responsabilisation des populations.
Pour concrétiser cette nouvelle orientation, un plan National de lutte contre la désertification
a été élaboré en 1985. Ce plan adopté par le Gouvernement a permis la réalisation de
nombreuses actions. Il fut révisé en 1991 pour servir de politique et stratégie nationale en
matière du lutte contre la désertification et prôner une approche intégrée et une
responsabilisation accrue des acteurs. Un an après la rencontre de Maradi, un autre débat
sur l’élevage s’est tenu à Tahoua à l’issue duquel a été élaboré un Plan d’Action pour le
Développement de l’Elevage qui prône une démarche de responsabilisation des éleveurs
dans une approche d’intégration des actions.
Toutes ces réflexions sectorielles ont retenu l’intégration des actions et la responsabilisation
des populations comme stratégies et approches de mise en œuvre de la politique
d’autosuffisance alimentaire et de lutte contre la désertification. Cette vision globale et
intégrée fut concrétisée par la mise en place et l’adoption d’un cadre politique et stratégique
de référence : l’ordonnance 92-030 du 8 Juillet 1992 relative aux principes Directeurs d’une
Politique de Développement Rural (PDPDR) au Niger dont l’un des axes est la GRN suivant
l’approche « Terroir ». Au cours de cette période, on a enregistré une meilleure prise en
compte des préoccupations relatives à la GRN avec la mise en place d’un vaste programme
de GRN et l’élaboration (en 1992) d’un Plan d’Action Forestier Tropical (PAFT) pour la
gestion des ressources forestières naturelles en proie à une dégradation croissante. Le
PAFT n’a malheureusement pas été adopté; toutefois, cela n'a pas empêché la réalisation
d’importantes actions d’aménagement des ressources forestières, parmi lesquelles :
Par ailleurs, il y a lieu de noter que d’importantes opérations ont été réalisées en matière de
CES/DRS, de mise en défens et de fixation de dunes ainsi que, des plantations et de gestion
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des terroirs, de 1990 à 1998 dans les différentes régions du pays ; ces réalisations sont (Etat
de L’environnement au Niger, 2000):
a) Ressources humaines
D’importantes actions ont été réalisées dans le cadre des recommandations issues du Débat
de Maradi, grâce à la mobilisation volontaire de certaines couches de la population
notamment les jeunes (Service National de Participation) et les femmes avec l'appui des
ONG, des services techniques et des projets de développement. Particulièrement pour les
femmes, on note une participation physique massive représentant le plus souvent plus de 50
% des travailleurs présents sur les chantiers, proportion pouvant atteindre 95 % dans le
cadre de la mise en œuvre de certains projets (chantiers de reboisement du PDR-
ADM/Keïta-FAO, du PASP-GTZ, du PDRT-GTZ, du PBVT-Union Européenne, etc). A titre
d’exemple, l’opération « Sahel Vert » a mobilisé 3855 jeunes scolarisés et non scolarisés.
D’autre part, la forte présence des femmes sur les chantiers n'est due qu’en partie à l'exode
des hommes ou à la rémunération immédiate (food for work/cash for work); elle s'explique
aussi par des motivations propres traduisant leur prise de conscience de la nécessité de
réhabiliter leur milieu.
Mais, la participation populaire qui se traduit par des actions souvent éparses et ponctuelles,
est jusque là restée en deçà de ce qu’exigerait l'ampleur du phénomène (désertification) dont
23
l'impact dépasse largement les frontières nationales. Cette situation est liée notamment
aux limites intrinsèques des stratégies de mobilisation sociale et de responsabilisation des
populations. Ce sont là des insuffisances qui ont lourdement entravé le développement des
ressources humaines à la base et des compétences, hypothéquant ainsi l'efficacité de la
participation des populations aux actions de la LCD/GRN.
En effet, les formes d’organisations rurales n’ont pas connu, en temps voulu, les évolutions
souhaitées du fait de l’interventionnisme excessif exercé par l’Etat et ses démembrements,
l’absence des relations actives de partenariat entre acteurs, et la léthargie du mouvement
associatif rural. Cet état de fait a fortement limité et annihilé les capacités d’action
participatives et de mobilisation des ressources, notamment les populations qui dans leur
grande majorité sont restées en retrait des actions de LCD/GRN.
b) Ressources financières
Depuis le débat de Maradi, l’Etat et les collectivités s'évertuent, avec l'appui des partenaires
au développement, à consacrer davantage des ressources financières à la protection et à la
gestion de l'Environnement, malgré la faible croissance de l'économie nationale. Le Tableau
II.3 en annexe recense quelques projets ayant prévu au départ un volet LCD ou GRN, mais
dont l’exécution n’a pas été effective dans la plupart des cas.
Mais, un certain nombre d'obstacles ont limité la mobilisation des ressources financières au
plan national. Ce sont notamment :
Malgré tout, des ressources financières non négligeables ont été injectées dans le cadre
de la lutte contre la désertification et la protection de l'environnement pour la période allant
de 1985 à 1997. Ces ressources intègrent à la fois les financements internes et externes.
Cependant, il faut souligner qu’une bonne partie des ressources allouées dans le cadre des
projets est consacrée au fonctionnement au détriment des actions concrètes sur le terrain.
L'examen des programmes d’investissement de l'Etat de 1985 à 1997, fait apparaître une
grande disparité dans le financement du secteur rural. Globalement les sous-secteurs de
l'Agriculture et de l'Elevage ont fait l'objet d'attention particulière du politique. Par contre, les
Forêts-Faune et l'Hydraulique, deux sous-secteurs non moins importants, ont eu des
prévisions budgétaires modestes et décroissantes, avec des taux de réalisation faibles.
24
En outre, la contribution financière de l’Etat à la LCD-GRN ainsi d’ailleurs qu’à tous les
autres secteurs n’a cessé de chuter depuis 1982, avec la fin du boom de l’uranium.
Pour ce qui est des Organisations Communes de Base (OCB), les montants mobilisés sont
passés de 22,5 millions Fcfa en 1990 à plus d’un milliard en 1995. Ceci procède du
dynamisme de plus en plus affiché par ces organisations dans le domaine du financement
de l'environnement. Toutefois, l'analyse des données fait ressortir des disparités en matière
de financement des activités environnementales. En effet, les régions de Dosso, Maradi,
Tillabéry et Agadez sont des zones d'intervention privilégiées des OCB.
Notons enfin qu’en dehors de l’Etat, des ONG, des Associations et des Collectivités, les
populations bénéficiaires apportent leur contre-partie physique et/ou financière. Néanmoins,
faute de données fiables, il est difficile de quantifier cette contre-partie.
Il faut rappeler qu’il existe aujourd’hui plus de 300 conventions, environ 900 traités et 35
accords internationaux consacrés entièrement ou partiellement à la protection et à la gestion
de l’environnement (MH/E/PNUE/1998). Le Niger est partie prenante de plusieurs de ces
accords, notamment ceux issus du sommet de Rio en 1992. Sur le plan interne, il existe une
multitude de textes législatifs et réglementaires ayant un lien direct ou indirect à la protection
et à la gestion de l’environnement ; il convient de citer entre autres :
25
la loi n° 74-7 du 4 mars 1974, fixant le régime forestier ;
la loi n° 96-05 du 6 février 1996, portant création de circonscriptions
administratives et de collectivités territoriales ;
la loi n° 96-06 du 6 février 1996, déterminant les principes fondamentaux de la
libre administration des régions, des départements et des communes, ainsi que
leurs compétences et leurs ressources ;
lois Nos 98-029 à 98-036, du 14 septembre 1998, fixant les limites et les noms
des chef-lieux des communes, des départements et des régions ; ainsi que leur
décret d’application No 99-035/PRN/MI/AT du 05.03.99.
la loi N° 98-048 du 29 Avril 1998 fixant le régime de la chasse et la protection de
la faune ;
la loi N° 98-042 du 7 décembre 1998 portant régime de la pêche au Niger
la loi 66 - 033 du 24 mai 1966 relative aux établissements dangereux, insalubres
ou incommodes ;
l’Ordonnance a n°93-014 du 22 mars 1993 portant régime de l’eau.
l’ordonnance n° 97-001 du 10 janvier 1997, portant institutionnalisation des
études d’impact sur l’environnement ;
l’ordonnance n° 93-015 du 02 mars 1993, fixant les principes d’orientation du
code rural ;
l’ordonnance n° 92-030 du 8 juillet 1992 portant adoption des principes directeurs
d’une politique de développement rural pour le Niger,
l’ordonnance n° 92-037 du 21 août 1992, portant organisation de la
commercialisation et du transport de bois dans les grandes agglomérations, et la
fiscalité qui lui est applicable ;
l'ordonnance N° 96 - 024 du 30 mai 1996 portant réglementation des institutions
mutualistes, coopératives d'épargne et de crédit.
Cet arsenal juridique démontre si besoin était, le souci de l’Etat de réglementer le gestion de
l’environnement et des ressources naturelles, ainsi que le transfert des compétences et
responsabilités aux communautés de base. Toutefois, l’application de ces textes souffre
souvent de nombreux manquements, notamment par faute de textes complémentaires,
l’absence d’un cadre institutionnel concerté de suivi et d’évaluation, voire la méconnaissance
de ces dispositions.
26
Les insuffisances relevées des stratégies adoptées par le passé dans le cadre de la
lutte contre la désertification (vision relativement sectorielle et dirigiste), ont conduit à
l’adoption de méthodes d’intervention plus participative, donc responsabilisante.
Des acquis ont néanmoins été enregistrés notamment sur le terrain et au niveau
institutionnel et législatif dans le cadre de l’amélioration de la productivité des activités agro-
sylvo-pastorales pour la sécurité alimentaire à savoir :
27
Chapitre III
Le Programme D’action National de Lutte contre la
Désertification et de Gestion des Ressources
Naturelles (PAN/LCD-GRN)
III.1. Enjeux, objectifs et stratégie du PAN-LCD/GRN
III.1.1. Enjeux
L’amélioration et la pérennisation du capital productif (sol, eau, etc) d’une part, et celui du
cadre de vie d’autre part, constituent les principaux enjeux de la LCD-GRN au Niger. On
constate aujourd’hui que le capital productif de notre pays n’est plus en mesure de satisfaire
nos besoins fondamentaux, à plus forte raison dégager un surplus à investir. En faisant donc
de la pérennisation de ce capital l’enjeu principal, le PAN/LCD-GRN se donne pour objectifs
ceux définis ci-dessous, afin de permettre une mutation heureuse dans les stratégies mises
en œuvre pour une gestion durable du milieu.
III.1.2. Objectifs
a) Objectifs généraux
Il s’agit fondamentalement:
b) Objectifs spécifiques
Pour atteindre ces objectifs généraux, le PAN/LCD-GRN se fixe les objectifs spécifiques
suivants :
28
facteurs climatiques et anthropiques, a atteint aujourd’hui un degré tel qu’elle hypothèque
sérieusement ce développement. Pour y faire face, le Niger se donne une stratégie dont les
principes fondamentaux et les axes principaux sont ci-dessous présentés.
a) Principes fondamentaux
L'examen du cadre institutionnel de LCD/GRN fait ressortir une diversité des institutions et
une multiplicité des acteurs et de leurs approches. Cette situation, caractérisée par le double
emploi et les conflits de compétence, crée des problèmes de coordination et de cohérence
des interventions auxquels la mise en œuvre du PAN/LCD-GRN s'efforcera d'apporter des
solutions appropriées. En outre la mise en œuvre du PAN/LCD-GRN recherchera la synergie
des Conventions issues du sommet de Rio de Janeïro.
La saine gestion des ressources et de l’espace exige la pleine et entière participation des
populations. Celles-ci seront associées, à travers des structures organisées, à toutes les
étapes de diagnostic, de la planification/programmation, de mise en œuvre et de suivi-
évaluation des interventions. Cette association se fera à tous les niveaux et mettra un accent
particulier sur le choix de technologie, les modalités de mise en œuvre, du financement et de
l'autogestion des réalisations. Une compréhension commune des enjeux de la CCD par tous
les acteurs, en particulier les populations, est le gage de leur implication/participation. Pour
ce faire, la stratégie nationale mettra un accent particulier sur l'information, la sensibilisation
29
et la communication ainsi que la prise en compte des connaissances et savoirs-faire
traditionnels.
Malgré l’urgence que commande la situation dans certaines régions et la nécessité de réagir
le plus rapidement possible à certains déséquilibres importants, la stratégie nationale exige
une analyse prospective à moyen et à long terme des problèmes et des solutions.
b) Axes stratégiques
a) Mode d’exploitation
Dans cette partie, il sera uniquement traité de la dégradation des terres liée aux activités
humaines que sont principalement l’agriculture et l’élevage.
30
S’agissant de l’agriculture, les systèmes de production dominants sont les cultures pluviales
et accessoirement les cultures irriguées. Les premiers se rencontrent essentiellement en
dessous de l’isohyète 300 mm (Carte III.1. en annexe), et sont malheureusement en majorité
extensifs. Ce sont :
le système de production oasien dans le nord et l’est du pays, qui est confronté aux
problèmes d’ensablement des exploitations et des débouchés pour les produits.
Il est noter que, tous ces systèmes de production agricole, en dehors de ceux irrigués et
oasiens, sont fondamentalement basés sur la culture du mil et du sorgho en association
avec certaines légumineuses (niébé, arachide, voandzou) et ont une caractéristique
commune, à savoir l’insuffisance de leur productivité. Cette faible performance est due en
grande partie à la baisse de la fertilité des sols, l’utilisation de matériel agricole rudimentaire,
la réduction du paillage, la faible adoption des semences améliorées, la pression parasitaire,
l’insuffisance de l’encadrement technique du secteur rural notamment. Pour le cas spécifique
des systèmes extensifs et en voie d’intensification, on remarque selon le cas, une
dominance des productions végétales ou animales.
L'élevage représente à lui seul 12 à 16% du PIB selon les années et constitue la seconde
source d'exportation après l'uranium. La mauvaise conduite des troupeaux constitue un facteur
important de dégradation du milieu. Il se pratique à travers des systèmes de production dont les
plus importants sont :
La production animale à travers ces différents systèmes connaît aujourd'hui des contraintes
d'ordre alimentaire (pauvreté des pâturages, plantes envahissantes et faible production
fourragère), sanitaire (parasitisme) et la perpétuation de certaines pratiques (capitalisation par
accroissement des effectifs) . En conclusion, l’agriculture et l’élevage, en tant que sous
composantes du système agraire, sont complémentaires (fourrage, fertilité et énergie) mais
très souvent en compétition pour l’exploitation de l’espace (extension des terres de culture et
conflits subséquents entre agriculteurs et éleveurs).
31
b) Objectif général
L’objectif général est d’assurer une gestion durable des terres dans les terroirs. Pour
atteindre cet objectif principal, des orientations stratégiques et des actions possibles
identifiées sont présentées dans le tableau ci-dessous :
1 Adopter une approche participative 1.1 information, sensibilisation et formation des populations
d’aménagement des terroirs.
1.2 recyclage régulier des cadres techniques du développement,
2 Procéder au transfert des pouvoirs de 2.1 Soutien à de l’émergence et/ou la consolidation des
décision aux communautés de base organisations de base notamment les organisations spécifiques de
(décentralisation) et rendre effective leur producteurs ;
responsabilisation.
2.2 Incitation à l’établissement de relations transparentes librement
négociées entre les pouvoirs technico-administratifs et les
organisations de base (contrat / protocole / convention, etc.).
3 Restaurer et préserver le capital 3.1 Réhabilitation des terres dégradées (plateaux, pâturages,
productif. versants, bas fonds, aménagements hydro-agricoles…) et des
cuvettes, mares, fleuves, rivières et lacs.
4 Améliorer les pratiques agro-sylvo- 4.1 Promotion et vulgarisation des technologies endogènes
pastorales efficientes, valorisation des connaissances locales porteuses;
32
4.7 Evaluation des impacts potentiels des systèmes de production
agricole sur la dégradation des terres ;
5 Spécialiser les régions dans les 5.1 Elaboration de la carte des potentialités et contraintes pour les
productions agro-sylvo-pastorales en différents types d'activités dans les régions ;
respectant les vocations des terres.
5.2 Elaboration des programmes de spécialisation des productions
agro-sylvo-pastorales.
7 Promouvoir une sécurité foncière et un 7.1 Application de la politique foncière développée dans les
cadre institutionnel et juridique favorables principes d’orientation du code rural;
au développement des activités agro-sylvo- 7.2 Vulgarisation du code rural ;
pastorales .
7.3 Création et opérationalisation des commissions foncières,
9 Renforcer les capacités des acteurs en 9.1 Renforcement du système d’information, d’éducation et de
matière d’information, d’éducation, de communication environnementales ;
communication (I.E.C), d’appui-conseil, de
crédits, d’approvisionnement et de 9.2 Mise en place des mécanismes appropriés de financement des
commercialisation. activités ;
33
9.3 Appui aux actions d’accompagnement en amont (intrants) et
en aval (transformation et commercialisation) des systèmes de
production ;
a) Modes d’exploitation
L’état des ressources végétales est particulièrement préoccupant au Niger. En effet, les
ressources ont été gravement affectées, ces dernières décennies, par un processus
généralisé de dégradation imputable principalement à des facteurs climatiques et
anthropiques. Une des principales causes de la déforestation est d’une part, la baisse des
rendements agricoles entraînant l’extension des défrichements et des mouvements des
populations vers le Sud, dans les domaines forestiers protégés et classés, et d’autre part, un
important accroissement démographique. A cela s’ajoute la baisse de la nappe phréatique
due à une sur-exploitation et/ou au déficit pluviométrique fréquent. Ceci a pour conséquence
la transformation de certains écosystèmes forestiers suite à la disparition progressive des
espèces pionnières en faveur des espèces plus rustiques telles que les Acacias. Les
espaces forestiers sont également perçus par les populations rurales comme étant des
espaces pastoraux et des réserves foncières pour l’agriculture. Le commerce du bois a
montré entre autres, l’intérêt économique des formations ligneuses d’où leur surexploitation.
Ces formations diminueraient chaque année de plus de 100.000 ha, sous les effets conjoints
des coupes incontrôlées, des feux de brousse, du surpâturage, de l’extension des cultures et
de la variabilité climatique. Les ressources ligneuses constituent la principale ressource
énergétique du pays (au moins 90% du besoin énergétique national). En plus, elles
constituent un complément alimentaire pour la population, des produits pour la pharmacopée
traditionnelle et fournissent aussi l’essentiel des bois de service. Contribuant pour plus de
25% des besoins fourragers, les ressources végétales jouent un rôle important dans
l’élevage. L’activité pastorale constitue de ce fait un des principaux facteurs de dégradation du
couvert végétal.
En ce qui concerne la faune, le Niger fait partie des rares pays de la sous région ayant
approché la norme internationale en matière de classement de leur espace en aires
protégées (11%). Les politiques nationales mises en œuvre dans le domaine de la faune et
de l’aménagement des espaces cynégétiques, ont consisté essentiellement en la protection
de certaines espèces fauniques, au classement sous forme de réserves de certaines
portions du territoire (6,1%), et à l’interdiction effective de la chasse de 1972 à 1996.
L’objectif général est d’assurer une gestion durable des ressources végétales et fauniques à
travers notamment l’organisation et la participation active des populations. Pour atteindre cet
objectif, les orientations stratégiques et actions possibles suivantes sont retenues.
34
Orientations stratégiques Actions possibles
1 Adopter une approche participative 1.1 information, sensibilisation et formation des populations
d’aménagement des terroirs.
1.2 recyclage régulier des cadres techniques du développement,
2 Procéder au transfert des pouvoirs de 2.1 Adoption de textes adéquats de transfert de pouvoir de décision ;
décision aux communautés de base et
rendre effective leur responsabilisation 2.2 Soutien à l’émergence et/ou consolidation des organisations de
(décentralisation). base notamment les organisations spécifiques de producteurs ;
3 Promouvoir les associations (GIE, 3.1 Création et/ou renforcement des structures d’encadrement et de
ONG, Coopératives, OCB, etc.) et conseil aux organisations de base ;
renforcer leurs capacités.
3.2 Renforcement des capacités de négociation des organisations
paysannes;
4 Garantir la sécurité foncière et l’accès 4.1 Application de la politique foncière développée dans les principes
équitable aux ressources végétales et d’orientation du code rural;
fauniques, assurer une gestion durable
de ces ressources. 4.2 Vulgarisation du code rural ;
5 Créer les conditions d’une meilleure 5.1 Information, sensibilisation et éducation des populations sur
participation des populations et du l’importance stratégique des ressources végétales et fauniques ;
secteur privé à la gestion des ressources
végétales et fauniques 5.2 Institutionnalisation d'une semaine nationale de LCD;
35
5.9 Généralisation de l’élaboration et de la mise en œuvre des
schémas directeurs d’approvisionnement en bois-énergie et
d’aménagement de la faune, des plans d’aménagements des forêts
et des pêcheries ;
7 Reconstituer les écosystèmes favorables 7.1 Prélèvement en faveur de la faune et de son habitat naturel, d’une
à la diversité de la faune et de la flore. partie des ressources financières issues de la promotion du tourisme
cynégétique et de vision ;
9 Alléger la pression sur les ressources 9.1 Promotion des constructions sans bois ;
ligneuses 9.2 Promotion de l’utilisation des foyers améliorés ;
9.3 Promotion de l’utilisation des substituts au bois de feu en faveur
des populations rurales ;
9.4 mise sous aménagement des forêts (marchés ruraux).
36
III.2.1.3 Les ressources hydriques et halieutiques et leurs modes d’exploitation
a) Modes d’exploitation
Bien que le pays recèle d'importantes potentialités en eau, cette ressource apparaît comme
un facteur limitant en raison de son insuffisante exploitation. C’est ainsi que le problème
fondamental de l'eau au Niger se pose en terme de maîtrise de la ressource. Il constitue
pourtant le principal levier en aménagement des terroirs. C’est pour cela que le Programme
Eau et Développement Durable, un des six (6) programmes prioritaires du PNEDD a été
élaboré. Les ressources en eau ne seront abordés dans ce qui suit que sous l’angle de la
production halieutique.
Les dernières études ichtyobiologiques réalisées sur la partie nigérienne du fleuve Niger en
1962, 1971 et 1987 ont permis de constater la constance de la diversité des espèces avec
toutefois, une régression des populations. Ce qui semble indiquer que les conditions de
sécheresse sont sans effet sur les espèces, quoique, plusieurs d’entre elles soient devenues
rares dans les captures (Awaiss, 1994). Par contre, les produits de la pêche sont, en partie,
tributaires des inondations saisonnières des plaines alluviales et les modifications des débits
(aménagements hydro-agricoles ….).
b) Objectif général
L’objectif général est de valoriser les ressources hydriques en vue d’une promotion des activités
halieutiques. Pour atteindre ces objectifs les orientations stratégiques et actions possibles
suivantes sont retenues.
1 Maintenir et valoriser le capital 1.1 Aménagement des bassins versants visant à réduire l’ensablement
productif halieutique des plans d’eau;
1.3 Développement des capacités locales de suivi des nappes et des eaux
de surface ;
1.4 Création des retenues d'eau au niveau des sites favorables (ponts,
bassins versants, etc..) en vue de développer la production piscicole,
agricole et pastorale ;
37
réglementaires appropriés aux activités piscicoles;
a) Modes d’exploitation
b) Objectif général
L’objectif général est de promouvoir une exploitation minière et industrielle qui d’une part, est
respectueuse de l’environnement en minimisant les risques de dégradation des terres, de
pollution, et d’autre part, contribue à la sécurité énergétique du pays. C’est pourquoi les
orientations stratégiques et actions possibles suivantes sont retenues.
1 Promouvoir l’exploitation des 1.1 Exploitation et utilisation des ressources minières sources
ressources minières sources d’énergie de charbon minéral, pétrole, uranium;
d’énergie.
2. Promouvoir l’exploitation des ressources 2.1 Exploitation des gisements de phosphate naturel, en vue
minières phosphatées. d’améliorer le niveau de fertilité des sols.
3 Promouvoir les études d’impact 3.1 Mise en application de la loi-cadre relative à la gestion de
environnemental des exploitations minières l’environnement, de la loi instituant les études d’impact;
et industrielles et veiller à
l’application effective de leurs résultats; 3.2 Respect et application des textes en vigueur sur la surveillance
environnementale dans les zones d’exploitation minière et de
carrière ;
4 Promouvoir une exploitation des 4.1 Sauvegarde et restauration des écosystèmes dégradés autour
ressources minières respectueuse de des mines et des carrières ;
l’environnement.
4.2 Prévention et sauvegarde de la qualité de l’eau et de l’air pour
toute exploitation minière et de carrière ;
III.2.2. Lutte contre les aléas et les contraintes liées à la gestion des ressources naturelles
38
III.2.2.1 Les phénomènes climatiques et la sécheresse
L’aspect le plus inquiétant de l’érosion éolienne au Niger semble être son interaction avec le
climat à travers ce qu’il est maintenant convenu d’appeler le mécanisme local de rétroaction.
En effet, on constate que sur les 75 dernières années la pluviométrie varie en sens contraire
de la charge de l’atmosphère en poussières d’érosion éolienne (ICARDA, 1998). Ce
phénomène également observé dans d’autres pays de la zone sahélienne laisse penser à un
mécanisme d’auto-entretien de la sécheresse initiée toujours au départ par des anomalies
de la circulation générale.
Il est à signaler enfin, en relation avec le processus de dégradation, que les pluies, outre
leurs effets bénéfiques, ont aussi des effets néfastes. Le ruissellement diffus sur les plateaux
et les pentes entraîne les éléments fins et aboutit à la formation de glacis stérilisant ainsi des
surfaces importantes. Le ruissellement concentré dû aux pluies violentes développe quant à
lui une érosion régressive qui peut être localement importante. On estime à au moins 3,8
tonnes/ha la quantité de terres arrachées par tornade (IFAN, 1957). En définitive ces
différents phénomènes contribuent également à limiter l’infiltration des eaux dans le sol, et
donc à limiter les réserves hydriques pour les plantes et ce, en plus de diminuer les surfaces
cultivables.
En conclusion la complexité du processus de dégradation est telle qu’un grand nombre des
causes et des effets sont liés rétroactivement, ce qui à priori ne permet pas de trouver des
solutions simples, les variables clés étant : la démographie, le déficit pluviométrique, l’effet
mécanique des pluies et du vent et la pauvreté. Si aucun de ces paramètres ne peut être
effectivement contrôlé, alors on risque d’aboutir à des impasses : dégradation des sols,
réduction de la production agricole et pastorale, creusement du déficit alimentaire, etc.
Objectif général
L’objectif général est d’analyser et de suivre les facteurs qui contribuent à la sécheresse et à
la désertification, afin de comprendre les mécanismes principaux à la base des
39
phénomènes. Pour atteindre cet objectif les orientations stratégiques et actions suivantes sont
retenues.
1 Connaître davantage les facteurs qui 1.1 Promotion de la recherche sur le phénomène de la désertification ;
contribuent à la sécheresse et à la
désertification;
1.2 Mise en place d’un Système de Suivi sur l'Environnement
(Système d'Information sur l'Environnement).
2 Identifier et adopter des indicateurs de 2.1 Renforcement des capacités de suivi climatologiques,
suivi relatifs au climat, à la sécheresse et météorologiques et hydrologiques nationales ;
à la dégradation des terres
2.2 Définition et utilisation des indicateurs de suivi de la sécheresse et
de la désertification.
3 Adopter une stratégie de lutte contre 3.1 Renforcement de la participation effective de la population locale
les érosions et d’atténuation des effets de dans la conception, la planification, la mise en oeuvre, le suivi et
la sécheresse l’évaluation des actions de lutte contre l’érosion hydrique et éolienne ;
En majorité rurale, cette population tente de lutter contre les effets de la sécheresse et de la
désertification en développant des stratégies de survie à travers les migrations intra et inter-
régionales, et transfrontalières vers la côte, la diversification des systèmes de production, la
décapitalisation du cheptel et du foncier, et l’exploitation des ressources naturelles
(exploitation commerciale du bois et de la paille, ….).
40
En raison de son rôle prépondérant dans la dynamique démographique de certaines régions,
la migration constitue un facteur important de concentration des populations et donc
d’augmentation de la pression sur les ressources naturelles des zones d’accueil.
Le principal lien entre l'habitat et l'environnement réside dans le fait que les constructions
utilisent des ressources ligneuses et l'expansion des villages a un impact direct sur
l'environnement naturel. C’est pourquoi les ressources végétales (palmiers, rôniers, ….)
utilisées comme matériau dans la construction de l'habitat traditionnel, sont en constante
régression depuis quelques années sous l'effet combiné des aléas climatiques et des
facteurs anthropiques. Les espèces les plus résistantes, qui étaient jadis les plus utilisées,
deviennent localement de plus en plus rares.
Objectif général
L’objectif général est de suivre la dynamique des populations en rapport avec l’occupation
de l’espace, de les organiser et de les faire participer dans la gestion durable des ressources
naturelles, dans le sens d’une bonne sécurité foncière, de l’amélioration de la rentabilité de
leurs activités et de l’amélioration de leurs conditions de vie. Pour atteindre cet objectif, les
orientations stratégiques et actions possibles suivantes sont retenues.
1 Améliorer la perception du caractère 1.1 Sensibilisation et information des communautés rurales sur tous
économique des ressources naturelles les aspects de la LCD-GRN ;
auprès des communautés de base.
1.2 Développement de l'entreprenariat rural ;
2 Améliorer les conditions de vie de la 2.1 Création et/ou développement des activités génératrices de
population revenus (unités artisanales, embouche etc.) ;
41
2.8 Sensibilisation, information et formation des communautés
rurales sur les aspects de l’hygiène et de l’assainissement.
3 Adapter les politiques de population et 3.1 Vulgarisation à grande échelle des techniques de construction
de l'habitat aux disponibilités des sans bois ;
ressources.
3.2 Valorisation des techniques traditionnelles en matière de
planning familial ;
4 Améliorer les conditions de travail 4.1 Allégement des tâches domestiques (moulins à grains, moyens
des femmes en milieu rural. d'exhaure de l'eau)
5 Responsabiliser les populations dans 5.1 Finalisation, popularisation, et mise en œuvre des textes
le processus de développement socio- d'application du Code Rural ;
économique
5.2 Généralisation des commissions foncières ;
Au Niger, les activités de formation dans le cadre de la LCD s’adressent principalement aux
groupes cibles suivants : le monde rural, les agents de développement et les scolaires.
Au niveau du monde rural, les pratiques de formation pour le développement rural ont été
très hétérogènes au cours des trois dernières décennies. Des différences importantes
existent à l’intérieur du pays, voire au sein d’une même région où coexistent souvent des
actions d’éducation et de formation non formelle, très diverses, et peu articulées entre elles.
La formation qui se pratiquait dans les années 60 sous forme d’animation rurale a évolué par
la suite vers l’alphabétisation de masse avant d’aboutir à l’alphabétisation fonctionnelle avec
l’émergence des projets. Les contraintes de la formation du monde rural sont de plusieurs
ordres :
seule une infime partie de la population rurale en grande partie analphabète (80%)
est touchée et principalement à travers les projets; en effet, il existe une inadéquation
entre la politique de recrutement des formateurs et les besoins d’encadrement sur le
terrain ;
Les agents d’encadrement sont formés dans les établissements publics à savoir :
42
- l’IPDR de Kollo, le CFCA, l’EMAÏR, l’IPR de Katibougou,……etc. pour les
techniciens;
- la Faculté d’Agronomie, le CRESA, et autres établissements à l’extérieur pour les
cadres supérieurs.
Au niveau des scolaires, l’Education Environnementale (EE) est inscrite depuis longtemps
dans la stratégie de lutte contre la désertification et de gestion des ressources naturelles, à
travers la coopération régionale animée et coordonnée par le CILSS. Cette instruction vise les
objectifs généraux suivants :
Ces deux composantes du PSE ne couvrent pas tous les établissements scolaires du pays. En
fait, l’éducation environnementale est au stade expérimental et ne touche qu’une poignée de
scolaires. Ainsi, la dimension environnementale est insuffisamment prise en compte dans les
programmes scolaires, en dépit de l’ampleur des problèmes environnementaux. Toutefois, on
note pour le département de Zinder et de Diffa la mise en œuvre d’un programme d’éducation
environnementale financé par l’UICN et qui intéresse aussi bien le milieu scolaire formel et
informel que le milieu non scolaire.
La recherche fondamentale est, quant à elle, caractérisée par la faiblesse de la diffusion des
résultats faute de moyens destinés à cet effet. Ainsi les données stockées restent peu
exploitées par les utilisateurs. Ces deux catégories de recherches sont aujourd’hui
43
confrontées aux problèmes de mobilisation des ressources humaines et financières et,
d’insuffisance d’équipements adéquats. Par ailleurs et surtout, les compétences existantes,
bien qu’insuffisantes, sont très peu valorisées. A cela s’ajoute l’absence de synergies entre
les institutions de recherche, d’où une duplication des activités entraînant une perte de
temps, d’énergie et d’argent. De plus, à l’heure actuelle les structures de coordination des
travaux de recherche dans le domaine de l’environnement ne sont pas fonctionnelles. Les
résultats de la recherche souffrent, dans certains cas, des difficultés liées à leur vulgarisation
et leur adoption à cause notamment :
d’un manque de volonté des pouvoirs publics se traduisant par l’insuffisance, voire
l’absence de moyens financiers,
Cependant, malgré toutes ces contraintes, des acquis ont été enregistrés. C’est notamment
les fiches techniques dont la diffusion a donné de résultats satisfaisants dans leur domaine
d’application (Répertoire des approches et expériences en matière de vulgarisation –
PRSAA, Janvier 1998).
Objectif général
L’objectif général est le renforcement des capacités des acteurs locaux dans la lutte contre la
désertification et la gestion des ressources naturelles à travers la promotion des savoir-faire
locaux et la viabilisation des structures éducatives et de formation/information existantes.
Pour atteindre cet objectif les orientations stratégiques actions possibles sont retenues.
1 Renforcer les liens fonctionnels entre la 1.1 Création d’une synergie entre les chercheurs et les cadres de
recherche et le développement; développement (par exemple, entre le SAP /GC et les organismes en
charge de la prévision météorologique et climatique) ;
1.2 Dynamisation des cellules recherche-vulgarisation et participation
des cadres de développement à la définition des thèmes de
recherche ainsi qu’au suivi des mises en oeuvre;
1.3 Développement de la circulation de l’information et des échanges
d’expériences à tous les niveaux;
2 Promouvoir de nouveaux comportements 2.1 Sensibilisation, information et formation des adultes par l’utilisation
favorables à la LCD/GRN/AES ; d’outils appropriés (écoles, centres d’alphabétisation, médias, foyers
d’éducation permanente, etc) ;
44
2.7 Encouragement de la création des centres de formation publics
et privés et renforcement des capacités d’accueil des centres
existants ;
4 Promouvoir, améliorer et valoriser les 4.1 Intégration de la dimension environnementale et des savoir -faire
technologies et savoir-faire locaux. locaux dans tous les programmes de formation, à tous les niveaux;
45
Le Niger a connu au cours du siècle précédent des catastrophes naturelles dont les plus
significatives sont :
Toutes ces calamités ont entraîné des pertes considérables aussi bien en ressources
naturelles qu’en vies humaines et animales. L’insuffisance de la mise en œuvre des
politiques, d’orientations et actions définies démontrent la faiblesse des systèmes
d'observation et de suivi du phénomène de la désertification, des effets de la sécheresse,
et d’une manière générale, des autres problèmes environnementaux. Cette situation
justifie la nécessité de disposer de systèmes adéquats de suivi, de prévention et
d’atténuation des effets de la sécheresse. A cet effet, un suivi agro-hydro-météorologique
est effectué chaque décade. Il est piloté par un groupe de travail pluridisciplinaire
composé du Secrétariat Permanent du Système d’Alerte Précoce (SAP), de la Direction
de la Météorologie Nationale, de la Direction de l’Agriculture, de la Direction de la
protection des végétaux, de la Direction de l’élevage et de l’industrie Animale, et de la
Direction des Ressources en Eau ; avec la participation de la Gendarmerie Nationale, du
Ministère de l’Intérieur, en collaboration avec le Centre AGRHYMET. Ce système consiste
en la surveillance continue de vastes territoires qui ne sont pas toujours faciles d’accès,
avec pour objectif principal d’évaluer l’évolution de la désertification ou des efforts
d’atténuation de la sécheresse. Force est de constater aujourd’hui que ces structures de
suivi-évaluation n’ont pas donné les résultats escomptés.
46
Le constat aujourd’hui est donc que, le SAP/GC a des activités essentiellement centrées
sur l’aide alimentaire pour, surtout faire face aux déficits céréaliers des campagnes
agricoles. Aussi, les dispositions idoines ne sont pas prises en temps opportun pour faire
face aux situations de crise alimentaire. De par cela, l’on constate que le SAP/GC est
réduit à une fonction plus curative que préventive.
Objectif général
1 Renforcer les capacités du réseau 1.1 Renforcement du réseau national d’observation et mise en
national d’observation, de suivi et place d'une base de données pertinentes pour la surveillance et
d’alerte sur les phénomènes de la le suivi de la désertification;
désertification et de la sécheresse ;
1.2 Développement des modalités pratiques de surveillance du
phénomène de la désertification le long des transects bien définis
et au niveau des sites pilotes ;
2 Promouvoir un système adéquat et 2.1 Elaboration et mise en place d’un système d’information sur
performant de suivi-évaluation des la désertification avec l’appui des partenaires (PNUE, OSS,etc.);
activités de lutte contre la
désertification, de gestion de 2.2 Elaboration d’un système national d’évaluation et de suivi de la
ressources naturelles et d’atténuation désertification sur la base d’indicateurs physiques, biologiques,
des effets de la sécheresse. socio-économiques et culturels pertinents.
47
L’analyse des facteurs contribuant à la désertification et à la dégradation des ressources
naturelles ainsi que, des axes prioritaires d’intervention retenus dans le plan d’action permet
d’identifier 5 sous-programmes prioritaires : Il s’agit :
48
49
Insert text here - SOUS programmes
50
III.4 Actions urgentes
Les priorités définies dans le PAN/LCD-GRN qui vise à constituer une réponse pour lutter
contre la désertification, atténuer les effets de la sécheresse et amorcer la restauration du
capital productif en vue d’un développement durable à travers une stratégie intégrée,
s'exécuteront sur le long terme. Cependant, lors de la réalisation du bilan diagnostic
environnemental, les populations ont eu à exprimer des besoins réels et pressants. En
attendant la mise en œuvre des priorités et, afin de garantir le succès du processus
PAN/LCD-GRN, il s'avère impératif de prendre sans délai des dispositions de nature à
démontrer la volonté du gouvernement et, faire prendre conscience à la population que son
implication est indispensable et déterminante. C'est dans ce sens que les actions urgentes
sont conçues à la fois pour servir d’actions pilotes et de stratégie d'adhésion et de
mobilisation des différents partenaires au processus de mise en œuvre du PAN/LCD-GRN;
en somme, il s'agit de sensibiliser, et former les populations bénéficiaires et acteurs du
programme par des actes concrets. Les actions urgentes sont des petites opérations de
protection du capital productif de court à moyens termes, de récupération du capital dont la
dégradation est encore limitée et/ou, de préparation de certaines actions d'envergure à
moyen et long terme. Elles visent la satisfaction des besoins réels pressants exprimés par
les populations, conçues et réalisées localement à l'aide de technologies appropriées et des
budgets à dimension supportable, dans des délais réduits.
Localisations
Orientations stratégiques/Actions Actions urgentes possibles (*) = toutes les
prioritaires régions
51
naturelle
52
III.5.2.1 Cadre juridique et réglementaire
L’analyse diagnostic a montré que le Niger s’est doté d’un arsenal juridique favorable aux
activités de LCD-GRN. Cependant, cet environnement juridique mérite un renforcement pour
une mise en œuvre efficace du PAN/LCD-GRN, notamment suivant le dispositif de
décentralisation. Ainsi, conformément à l’article 5 sur les dispositions générales de la CCD, il
sera procédé au parachèvement des lois existantes et à l’élaboration et l’adoption de
nouvelles mesures législatives. Aussi, les activités suivantes seront elles menées à cet effet:
Secteur Public
Secteur Privé
53
• le développement des filières commerciales (bois-énergie, foyers améliorés, produits
forestiers secondaires, produits agricoles, produits de pêche et de chasse et d’élevage,
• le développement de la production privée de bois ( production des plants, plantations
privées…),
• les entreprises de travaux forestiers,
• les transformations industrielles des produits ( produits forestiers secondaires, produits
agricoles, produits de pêche, produits de chasse et produits d’élevage…),
• le développement de la pharmacopée et de la médecine traditionnelle,
• la contribution à la conservation de la diversité biologique (développement des fermes et
ranch à gibier,
• l’approvisionnement en intrants (engrais, produits zootechniques, pesticides, matériels de
production, engins de pêche…), la contribution au développement du tourisme
cynégétique.
• la contribution à la conservation de la diversité biologique( développement des fermes et
ranch),
• la formation, information, la sensibilisation et le suivi-évaluation interne;
• appui à la mobilisation de l'épargne rurale.
• la définition des stratégies aux niveaux régional et sous-régional, en tenant bien sûr
compte des orientations et politiques nationales,
• l’élaboration et la mise en œuvre des schémas directeurs et plans de développement
régionaux et sous-régionaux en matière de LCD/GRN,
• le financement des actions en matière de LCD/GRN et de développement local,
• la gestion des forêts des collectivités,
• l’information la formation et la sensibilisation des populations,
• l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi-évaluation des projets régionaux et sous-
régionaux,
• le développement de la coopération décentralisée,
• la création et aménagement des aires protégées locales,
• la gestion rationnelle des zones de chasse,
• la sécurisation foncière.
54
• la formation et sensibilisation sur la LCD/GRN,
• la coopération (partenariat),
• la participation aux études dans les domaines de LCD/GRN et valorisation des résultats
obtenus,
• la contribution à l'organisation des populations à la base;
• le suivi-évaluation des actions.
b) Cadre organisationnel
Au niveau National :
An niveau décentralisé
55
la sensibilisation et l’information des acteurs (Etat, collectivités, ONG,
associations, communautés de base et partenaires au développement) sur les
enjeux du programme et la nécessité d’une concertation pour sa mise en œuvre.
Avant l'avènement de la CCD, les financements des activités de LCD/GRN ont surtout été
caractérisés par leur irrégularité. En effet, les ressources nationales affectées ont été
affectées par la situation économique difficile traversée par le pays. Quant aux financements
extérieurs, ils étaient irréguliers et ponctuels.
Le financement national
Toutes ces ressources nationales devront alimenter le compte qui sera domicilié auprès du
Fonds National de l’Environnement crée par la loi cadre sur la gestion de l’environnement et
dont la principale mission est le financement de l’activité de LCD/GRN.
Le financement extérieur
Pour compléter les efforts internes de mobilisation des ressources aux fins de financement
de la LCD/GRN, les partenaires de coopération bilatéraux et multilatéraux seront sollicités à
travers des dons, prêts concessionnels et reconversion de la dette. Par ailleurs le
mécanisme mondial de la CCD sera mis à contribution pour améliorer le financement
extérieur.
Dans ce cadre l’Etat créera les conditions leur permettant la mobilisation directe de
ressources auprès de leurs partenaires et dont l’utilisation sera faite dans un cadre cohérent
et harmonisé, en liaison avec les autres acteurs.
Une autre forme, non moins importante de financement, consistera à faire de la LCD-
GRN une activité rentable sur le plan financier, à travers un mécanisme d’incitation à y
investir, par exemple par la création de certains peuplements (production de bois de feu et
56
de service, sous produits non ligneux tels que la gomme arabique), le développement des
pêcheries industrielles, etc.
Un système de suivi-évaluation décentralisé négocié avec les acteurs sera mis en place au
niveau de tous les sous-programmes à travers des unités de suivi évaluation qui seront
créées à cet effet. Il travaillera sur la base d’un dispositif de collecte, de dépouillement, de
traitement, d'élaboration et de diffusion d’informations sur la mise en œuvre du programme.
Ces informations permettront de réorienter si nécessaire la planification /programmation des
actions.
c) Suivi d’impact
Il convient de noter que, la mise en œuvre du PAN/LCD-GRN et l’atteinte des objectifs qui lui
sont assignés peuvent être entravées par un certain nombre de facteurs difficilement
contrôlables. Ainsi, au niveau de l’exécution du programme, du degré de participation de
57
l’ensemble des acteurs dépendra la réalisation satisfaisante des sous programmes du
PAN/LCD-GRN, avec comme conséquence l’efficacité de la LCD-GRN.
Concernant l’atteinte des objectifs du programme, celle-ci peut être compromise par les
sécheresses récurrentes qui affecteraient inéluctablement les efforts de lutte contre la
dégradation du capital productif dans un pays essentiellement agricole.
58
REFERENCES
ATLAS AGRHYMET, 1998 : Atlas en dix volumes, Centre AGRHYMET, Niamey, NIGER
Banque mondiale, 1992 : Rapport d'évaluation Projet Population, rapport No. 10047-NIR,
Division des Opérations Population et Ressources humaines, Département Sahel, Région
Afrique, République du Niger. Washington , USA . 130 PP.
Bationo A, A.U. Mokwunye, 1991, Alleviating soil fertility constraints to increased crop
production in West Africa: the experience in the Sahel. Fertilizer Research 29: 95-115.
Charney, J.G., Stone P.H. and Quirk W.J., 1975 : Drought in the Sahara, a bio-geophysical
feedback Mechanism. Science v.187, p. 434-435.
59
FAO, 1991: Document d'orientation du plan d'action forestier tropical pour le Niger
ICARDA, 1998: Wind Erosion in Africa and West Asia: Problems and Control strategies.
M.V.K. Sivakumar, M.A. Zobisch, S. Koala and T. Maukonen Editors.198pp.
Josette Murphy et Tim J. Marchant, 1988 : Le suivi et l’évaluation dans le organismes de
vulgarisation. Banque Mondiale, Serie 79F. 81 PP.
Nicholson, S.E., 1989 : African Drought, characteristics, causal theories and global
teleconnections. 79-100. In Understanding Climate change, American Geophysical Union.
60
OCDE, 1995 : L'aide des donneurs en faveur du développement des capacités dans le
domaine de l'environnement, lignes directrices sur la coopération pour le développement.
Niamey , Niger. 14 PP.
Organisation des Nations Unies, 1990 : Amendement au protocole de Montréal relatif à des
substances qui appauvrissent la couche d'ozone, CN 246, TREATIES-9 (Annexe), Montréal
Canada. 16 PP.
Pewe, T.L., 1981 : Desert dust. A Special Paper. The Geological Society of America
Publisher, 303pp.
PNUE, 1985 : Lutte contre en Afrique , documents établis par le service de lutte contre la
désertification du PNUE, volume I, II et III. Nairobi
Projet Energie II, Volet Offre 1990: Schéma Directeur d'Approvisionnement en bois énergie
de Niamey, 120PP.
Programme des Nations Unies pour l'Environnement, 1991 : Manuel concernant le protocole
de Montréal relatif à des substances qui appauvrissent la couche d'ozone, deuxième édition,
Secrétariat de l'Ozone, octobre, 110 PP.
PNUE, 1994 : Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification dans les
pays gravement touchés par la sécheresse et/ou la désertification, en particulier en Afrique.
Niamey, Niger.71 PP.
Sterk, G., 1998: Wind Erosion in the Sahelian Zone of Niger: Process, Models, and Control
Techniques. Tropical Resource Management Papers, No15; WAU ed., 151PP.
61
ANNEXES
Les sous-programmes prioritaires de PAN/LCD/GRN
Priorités Sous programmes Objectifs Résultats attendus Observations
Gestion des ressources
naturelles et mode de Sous-programme de Restaurer le capital productif en . Le capital productif est restauré ;
production conservation et restauration des vue de l'amélioration des
terres dégradées et de maîtrise productions agro-sylvo-pastorales . les rendements des productions agro-
des eaux; sylvo-pastorales sont accrus; Estimation des coûts et recherche
des financements
. Les eaux de surface sont utilisées pour
les productions agrosylvopastorales,
Sous-programme de lutte contre Sécuriser les productions agro- . Les rendements des terres et cuvettes
l’ensablement des terres; sylvo-pastorales sont améliorées, Estimation des coûts et recherche
. Les infrastructures socio-économiques des financements
sont sécurisées
Améliorer la productivité agricole . La fertilité des sols est gérée par des
et accroître les disponibilités plantations agroforestières,
fourragères
. les rendements sont accrus grâce aux
plantations des brise-vents et haies vives,
. Les revenus agricoles sont améliorés,
62
populations . des marchés ruraux sont crées et
exploités,
. les populations riveraines des massifs
bénéficient des revenus de leurs forêts,
Lutte contre les effets des Sous-programme de Atténuer les effets de la . Les dispositifs d’observation et de suivi
aléas climatiques et renforcement des capacités des sécheresse et de la désertification de la sécheresse et de la désertification Estimation des coûts et recherche
contraintes services d’observation et de suivi à travers le renforcement des sont renforcés, des financements
environnementales, mise de la désertification et de la services concernés . Les recommandations des services sont
en place des mécanismes sécheresse pris en compte et appliqués,
d’appui à la lutte contre la . Le SID est mis en place et opérationnel,
désertification et de
gestion des ressources Renforcer les capacités locales et . La population civile est informée de tous
naturelles promouvoir le partenariat pour la les aspects de la désertification,
LCD/GRN . La jeunesse et les femmes participent
activement aux activités de lutte contre la
désertification.
Suivi-évaluation (S&E) de Sous-programme définition des Définir des indicateurs physiques, . Les capacités aux niveaux national et
la LCD-GRN Indicateurs de S&E biologiques, socio-économiques local en matière de S&E sont renforcées ;
et culturels pertinents, en matière . Des indicateurs bio-géophysiques
de LCD/GRN-AES pertinents, parmi lesquels : l’érosion
hydrique, éolienne, la dégradation du
couvert végétal, l’utilisation des parcours, Estimation des coûts et recherche
les implantations humaines, sont utilisés des financements
pour le suivi de la désertification ;
. Des indicateurs pertinents de S&E de la
mise en oeuvre du PAN/LCD-GRN sont
élaborés selon les dispositions retenues
par la CoP2 de la CCD.
Sous-programme système Elaborer un système national de . Un système national de S&E basé sur
national de S&E S&E des indicateurs globaux de la
désertification est mis en place.
63
64
Carte III.1. Pluviométrie annuelle (mm), normale de la période 1961-1990.
22
20
Bilma
Latitude
18
Agadez
16
Tahoua
Tillabéri N'guigmi
Gouré
14 [Link] Zinder
Niamey Maradi Diffa
[Link]
Dosso Magaria
12 Gaya
0 2 4 6 8 10 12 14
Longitute
65
66
Tableau II.2.1 : Potentialités Forestières & Agro-forestières
Noms Date de Superficie au Superficie Niveau de dégradation Observations
REGIONS des forets classement classement (ha) actuelle (ha)
AGADEZ Dabaga 1954 1050 18.4 extrême en voie de disparition
Kerbougou - 25000 - - sert de zone de pâturage
Total 26050
DIFFA
Forets Classées Deboua 1939 27 - dégrade 9/12 forets ont disparu
Diana 1938 625 - dégrade des81339 ha initiaux, il ne
Goudio 1952 92 - bon état reste plus que 278 ha
Kolol 1942 1120 - bon état
N'Boo 1938 185 - bon état
Tansougoukoua 1941 1395 - dégrade
Karagou 1942 84 - déclasse
Ariboudiram 1939 4100 - dégrade
Mounouck 1941 61000 - dégrade
Gaoura 1942 133 - dégrade
Loulono 1941 100 - dégrade
Sissi 1935 1335 - dégrade
Total 70196
Total 1630
DOSSO
Forets classées Gorou Bassounga 1937 10000 9900 100 ha déclasses en 1998 occupation illégale par
Fogha Beri 1948 4438 - surcharge pastorale, défrichements l'agriculture et l'élevage;
Bana 1955 738 - coupes abusives et clandestines dégradation croissante,
Koulou 1948 2060 - surpâturage, defrichement,vieillissement existence compromise
67
Total 17236
Forets protégées Tounga avant 1960 23862 - au moins 50% pour l'ensemble surexploitation:défrichement,
Marigouna Bella avant 1960 43360 - surpâturage, feux de brousse, etc
Rôneraies Dallol M. avant 1960 28274 -
Forets du Fakara avant 1960 104524 -
Parcs Agroforestiers Acacia albida - - - parcs en cours de vieillissement arbres associes aux systèmes de
Parinari macrophilla - - - production
Vitellaria paradoxum - - -
Bombax costatum - - -
Parkia biglobosa - - -
Hyphaene thebaica - - -
TILLABERI/CUN
Forets classées Say - 2460 - très dégrade forte pression agricole, exploitation
Guesselbodi 1948 5400 - très dégrade abusive de bois
Niamey-aviation - 255 <10 en voie de disparition
Parc du W 1954 330000 330000
Tera - 44000 - dégrade
Boumba - 645 - dégrade
Faira 1950 8500 - dégrade
Total 391260
MARADI
Forets classées Kouroungoussaou 1952 2300
Dan Gada Karazomi 1952 134
Dan Madotchi 1952 4.4
68
Dan Tourke 1952 650
Guidan Roumdji - 2100
Rigna 1952 25.6
Kandamaou 1952 4928
Gabi Nord 1950 560
Gabi Sud 1950 400
Madarounfa 1950 830
Chabare 1952 795
Dan Kada 1951 5190
Dan Gado 1951 4300
Bakabe 1956 2635
Birnin Lalle 1951 48
Total 24900
69
Kodaga - - 2945
Tapkin guiwa - - 5820
Dan goulbi - - 3290
Total 33671
TAHOUA
70
Forets classees Abouboul 1956 72 0
Aboudea 1955 175 31
Bangui 1954 3275 0
Damfan 1955 540 156
Karofan 1955 4020 4020 (en 1975) Toutes en voie de degradation Diverses pressions
Massouki 1956 80 0
Minao 1955 60 20
Tapkin zaki 1955 1070 123
Tsernaoua - 2367 50 (en 1975)
71
Tableau II.2. INDICATEURS DE POPULATION ET DE PRODUCTION ET LUTTE CONTRE LA DESERTIFICATION ET LA GESTION DES RESSOURCES NATURELLES
Niger 7,251,626 100 1,267,000 100 5.7 5,102,990 7,251,626 3.32 10,851 15,803 23,449 35,754 55,530 87,610 mil: 4892100 ± 342171
sorgho:2084575 ± 148655
P. urbain 656,203 1,114,020 5 niébé:3279300 ± 440750
72
Tableau II.3. Principaux projets exécutés de 1990 à 2000, ou en attente de financement, avec un volet LCD ou GRN
73
NIGER
Découpage administratives
Arrondissements du Niger
Bilma
Départements
Agadez
Diffa Arlit
Dosso
Maradi
Tahoua
Tillabery
Zinder
Tchirozerine
Nguigmi
Tchin-Tabaraden
Goure
Ouallam
Tahoua Keita Dakoro Tanout
Til
Filingue
la
be
Bouza
ri
Mirriah Maine-Soroa
ao
Kollo
m
Aguie Diffa
M
ou
-R
Dosso
an
Say Magaria
ua
d
eye
Madarounfa
ui
s ao
Boboye
G
am
T es
Mat
74
NIGER
LEGENDE
Population rur. (nbre d'hbts)
< 500
500 - 1000
1000 - 1500
1500 - 2000
> 2000
NIGER
NIGER
INDEX DE VEGETATION (MOYENNE 1981 - 90)
sol nu
PLUVIOMETRIE MOYENNE 1981 - 90
très bas
bas
0 - 100 mm
moyen
100 - 200
élevé
200 - 300
300 - 400
400 - 500
> 500
300
500 0 0 300 75 600 Kilometers
500 Kilometers
0
NIGER
76
77
Liste des photos
78
Nous remercions le Projet Intégré Keita, financé par la Coopération Italienne, pour avoir mis
gracieusement, à la disposition du Secrétariat Exécutif du CNEDD,toutes les photos qui sont insérées
dans le présent document.
79
Edition et supervision:
CONSEIL NATIONAL DE L’ENVIRONNEMENT POUR UN DEVELOPPEMENT DURABLE (CNEDD)
------------------
SECRETARIAT EXECUTIF (SE/CNEDD)
BP: 10193 NIAMEY, TEL: 00227 722559, FAX: 00227 722981, E-mail: biocnedd@[Link]
80