Défis en Réanimation Pédiatrique : Communication et Rôle des Parents
Défis en Réanimation Pédiatrique : Communication et Rôle des Parents
MASTER 2 ETHIQUE
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Résumé
Méthode Trente entretiens semi-directifs ont été menés dans 3 services de réanimation
polyvalente pédiatrique (Necker Enfants-Malades, Robert Debré et Armand Trousseau),
auprès de 42 parents dont l’enfant était hospitalisé depuis plus de 48 heures et moins de 15
jours. Les soignants (médecins et infirmiers) qui avaient réalisé l’entretien d’accueil ou qui
s’étaient occupés de l’enfant à l’arrivée remplissaient un questionnaire.
Résultats Les parents ont bien compris le pronostic de leur enfant et la pathologie. Par
contre, ils avaient moins bien compris les examens complémentaires et les traitements. Pour
les parents, la communication avec les soignants est cruciale, et son manque est source
d’insatisfaction. Cinquante-sept pour cent des parents étaient présents 24 heures sur 24
auprès de leur enfant. Soixante-seize pour cent d’entre eux participaient volontiers aux soins
de leur enfant.
Conclusion La réanimation est un milieu fermé, avec son langage et ses codes. Il est
indispensable d’intégrer les parents dans le service de soins auprès de leur enfant, pour ceux
qui le souhaitent, afin d’atteindre une co-responsabilité.
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Sommaire
I. Introduction ....................................................................................................................... 4
II. Méthodes ..................................................................................................................... 10
1. Recrutement ............................................................................................................................ 10
2. Déroulement de l’étude ........................................................................................................... 11
3. Analyse des données ............................................................................................................... 12
4. Réglementaire.......................................................................................................................... 13
III. Résultats ...................................................................................................................... 14
1. A l’arrivée des parents en réanimation, comment les soignants organisent-ils l’entretien
d’accueil ? ....................................................................................................................................... 16
2. Comment les informations données ont été comprises par les parents ?................................. 18
a. Informations données par le médecin .................................................................................. 18
b. Informations données par l’infirmier .................................................................................. 19
c. Quels sont les obstacles potentiels à la bonne compréhension des parents ? ...................... 19
3. Comment les parents jugent-ils les informations données ? ................................................... 20
4. Attentes des parents concernant la relation qu’ils ont avec les soignants ............................... 22
a. Les souhaits ......................................................................................................................... 22
b. Les déceptions des parents .................................................................................................. 26
5. Recherche d’informations complémentaires par les parents ................................................... 27
a. Internet ................................................................................................................................ 27
b. Brochure du service de réanimation .................................................................................... 28
6. Evènements ayant eu lieu avant l’entretien d’accueil des soignants ....................................... 28
7. Retentissement de l’environnement de la réanimation sur la relation avec leur enfant .......... 29
8. Faits marquants pour les parents ............................................................................................. 33
IV. Discussion ................................................................................................................... 34
V. Conclusion ................................................................................................................... 45
VI. Annexes ....................................................................................................................... 47
Annexe 1 : Lettre d’information aux parents .................................................................................. 47
Annexe 2 : Questionnaire médecin ................................................................................................. 48
Annexe 3 : Questionnaire infirmier ................................................................................................. 51
Annexe 4 : Canevas d’entretien semi-directif pour les parents ....................................................... 53
VII. Références ................................................................................................................... 55
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I. Introduction
L’information est une obligation légale (1) et un devoir de la part du médecin envers
les patients (2). Elle fait partie intégrante des soins délivrés. Elle permet une alliance
thérapeutique avec la famille, mais aussi une meilleure compréhension des discussions
recommandations basées sur des études qui avaient évalué la qualité de l’information en
recommandations pour améliorer la communication entre les soignants et les familles des
patients. Parmi ces conseils, nous retrouvons l’importance de la double information orale et
temps et le lieu accordés à l’information des proches, l’accessibilité pour les proches au
recommandations pour des enfants hospitalisés dans différents services avec des guides de
déroulement des entretiens, des conseils sur les compétences à valoriser pour développer un
sociaux pour l’information des familles, l’informations des parents concernant des
changements possibles dans l’organisation des soins (relais entre les soignants, changement
de chambre, traitements,…), l’intérêt porté à l’enfant qui doit être considéré comme un
4
individu à part entière, la reconnaissance des incertitudes de la part des soignants, la
facilitation de la présence des parents lors des visites médicales ou des gestes invasifs, les
visites ouvertes pour les parents, la fratrie et les animaux domestiques, la participation des
parents aux prises de décisions thérapeutiques, l’encouragement des parents à intégrer leurs
Mais ces informations sont-elles pour autant comprises par les patients et leurs
proches ?
concordance entre les propos des soignants (médecin et infirmiers) et ceux des familles.
L’analyse montrait que la moitié des familles ne comprenaient pas le diagnostic, le pronostic
ceux liés au patient (âge inférieur à 50 ans, sans emploi, ayant une pathologie hématologique
médical, proche autre que l’épouse), au médecin (premier entretien durant moins de 10
correctement les familles ayant une faible compréhension ; pourtant, elle ne parvenait pas à
améliorer cette dernière. La délivrance de l’information n’était donc pas optimale. Le temps
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Le groupe FAMIREA a montré que la durée moyenne d’information aux familles par
patient et par jour était de 16 minutes. Vingt pour cent correspondaient à l’explication du
diminuait si le patient n’était pas en chambre seule. Elle augmentait si les conditions
cliniques étaient graves ou s’il s’agissait du premier contact avec la famille. En revanche, le
lien entre la durée de l’information (ou son contenu) et la compréhension n’était pas étudiée
Et pourtant les patients sont satisfaits de l’information qu’ils reçoivent (8–10). Une
étude (11) en réanimation pédiatrique a établi une liste des vingt souhaits des parents. Elles
concernaient la communication avec les soignants afin de comprendre l’état de santé de leur
compréhension de l’information. C’est ainsi que l’on retrouve par exemple le moyen
avec les familles des soignés : valoriser les connaissances de la famille, reconnaître leurs
émotions, écouter, comprendre le patient en tant que personne et répondre aux questions de
compréhension (13,14).
pédiatrie est pauvre. La compréhension a été étudiée pour un geste chirurgical spécifique ou
pour une pathologie (15–17), mais peu dans le contexte d’une pratique.
des parents dans les 24 premières heures suivant l’admission de leur enfant, pouvait être
influencée par le sentiment d’anxiété. L’anxiété était élevée chez 62% des parents, non
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reconnue par les soignants dans un tiers des cas, mais n’empêchait pas la famille de
comprendre la situation médicale de leur enfant. Quatre-vingt-treize pour cent des parents
avaient une compréhension excellente ou bonne (18). Une étude a été menée aux urgences
pédiatriques (19). L’information délivrée aux urgences se réalise dans des conditions très
particulier pour le consentement à la recherche (20). Ces deux publications montrent des
parents.
contraire familier avec cet environnement. Son mode d’entrée dans le service (SAMU,
charge, selon les informations déjà reçues. Mais quel que soit le passé de l’enfant, l’entrée en
réanimation s’accompagne toujours de stress intense, souvent avec un risque vital pour
Les enfants sont reliés à des appareils de surveillance (scope et fils reliant le scope à
l’enfant) et des pousses-seringues distribuant des médicaments. L’enfant peut aussi être
sédaté et inconscient, présenté une modification physique (œdèmes), et avoir des prothèses
(oro ou naso gastrique, urinaire, intubation, voie veineuse périphérique, cathéter veineux
central, cathéter artériel,…) maintenues par des pansements adhésifs, pouvant recouvrir une
partie du visage.
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La chambre est un lieu pouvant être bruyant (liés au scope, aux traitements, aux
machines de ventilation).
Les médecins passent voir l’enfant environ deux fois dans la journée. Les infirmières
sont beaucoup plus présentes auprès de l’enfant. Cette présence infirmière est d’autant plus
importante à l’arrivée de l’enfant, qui nécessite souvent beaucoup de soins les premières
heures.
Ce sont des structures fermées, avec des critères d’hygiène stricts. Ces règles sont
souvent expliquées par l’infirmier qui conduit les parents auprès de leur enfant. C’est
souvent avant l’entretien d’accueil, mais cela peut aussi être juste après. Les parents sont
habilités à rentrer suite à un appel via un interphone. Les parents peuvent rester avec leur
enfant 24 heures sur 24. Toutes les chambres présentes au sein de ces services sont des
chambres seules, et les parents ont le droit d’y dormir. Le matériel mis à la disposition des
parents varie d’un service à un autre (fauteuil, transat, lit pliant). Les parents peuvent aussi
être hébergés dans une chambre annexe, studio ou à la maison des parents. En revanche, les
autres visiteurs sont très limités (selon des règles propres à chaque service), et seuls 2
personnes simultanées sont autorisées dans les chambres. Les services comprennent tous un
sas d’entrée, permettant un lavage des mains et le port d’une surblouse. Toutes les
réanimations sont munies d’une salle d’entretien, permettant d’accueillir les parents, de les
informer et de leur donner un espace d’intimité. (3,21,22) Une brochure est délivrée à
l’accueil aux parents, elle résume l’organisation du service, les numéros de téléphone et
parfois une présentation globale de l’hôpital. Sa distribution fait partie des recommandations
8
Entre protocole, adaptation à chaque patient et capacité des soignants à agir
donnée aux parents ayant un enfant hospitalisé en réanimation polyvalente pédiatrique (hors
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II. Méthodes
1. Recrutement
C’est une étude prospective multicentrique dans 3 centres d’Ile de France, au sein des
Les parents à qui l’étude a été proposée avaient un enfant hospitalisé en réanimation
Etaient non inclus les parents dont les enfants étaient hospitalisés en réanimation
prise en charge exclusivement palliative, ou pour une durée inférieure à 48 heures. En effet,
dans le cas de la réanimation néonatale, les enfants sont pris en charge pour leur prématurité,
et les parents reçoivent d’emblée une information prénatale concernant les conséquences et
Concernant les transplantations d’organes, les enfants sont atteints de maladie chronique,
inscrits sur liste d’attente, et les parents sont préparés à vivre un séjour en réanimation post-
greffe. L’information est donc aussi donnée en amont de la prise en charge. Pour la prise en
charge palliative, les parents ont reçu également une information en amont pour la santé de
leur enfant atteint d’une pathologie chronique. Enfin, la durée de séjour de 48 heures
minimum est un délai utilisé dans toutes les études de compréhension en réanimation (6). Si
cette dernière est inférieure à 48 heures, l’évolution est rapide et donc facile à comprendre
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2. Déroulement de l’étude
Les enfants correspondant à la population étudiée et dont les parents étaient présents
à leur arrivée en réanimation étaient éligibles. Le médecin ayant accueilli les parents de
l’enfant, ou leur ayant proposé l’étude a posteriori, remettait aux parents une lettre
d’information expliquant le déroulement et les objectifs de l’étude (cf annexe 1), afin de leur
proposer d’y participer. Si les parents donnaient leur accord, le médecin réanimateur
Les médecins et infirmier(e)s (IDE) ayant donné les premières informations lors d’un
entretien (ou donné les premiers soins si non présents lors de la délivrance des informations)
ont rempli un questionnaire concernant l’état clinique de l’enfant, l’entretien d’accueil et les
informations données aux parents (cf annexe 2 pour le questionnaire médecin et annexe 3
Quant aux parents, ils étaient contactés par la coordinatrice pour convenir d’un
rendez-vous pour un entretien semi directif. Tous les entretiens ont été réalisés par la même
personne qui était l’investigatrice de l’étude (A. B.). Cet entretien se déroulait au sein du
centre ayant proposé l’étude afin de limiter les contraintes temporelles et géographiques. Il
était réalisé idéalement avant la sortie du patient, au plus tard dans les 15 jours qui suivaient
l’entretien d’entrée avec le médecin réanimateur. Son déroulement suivait un canevas (cf
annexe 4). Il était enregistré et retranscrit intégralement « mot pour mot » afin de ne pas
nuire aux données sources. Les noms des soignants et des villes étaient anonymisés. Les
citations des entretiens utilisées afin d’illustrer les résultats et la discussion ont été mises
Ces questionnaires et entretien ont été établis à partir d’une méthodologie validée
(6,11,14,19,23). Ils ont été relus par des médecins hospitaliers, travaillant ou non en
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3. Analyse des données
L’objectif était d’inclure 30 familles, soit 10 par centre, afin d’éviter les biais de
recrutement.
des parents. Pour cela, lors de l’entretien semi-directif, il leur était posé des questions
spécifiques sur différents items : diagnostic, organe atteint, motif d’admission, pronostic,
médecins et/ou leurs objectifs, d’identifier s’il existait un risque vital, de préciser les
souvenaient plus. Leurs réponses étaient retranscrites dans un tableau et comparées aux
données médicales renseignées par le questionnaire des médecins, dans la partie « Thèmes
évoqués durant l’entretien ». Seules les informations communiquées par les médecins étaient
étudiées.
Concernant le pronostic, s’il n’était pas communiqué par les médecins lors de
pas rempli, la donnée servant de référence était alors le pronostic vital engagé, renseigné
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Les critères de jugement secondaires évaluaient l’impact sur la relation famille-enfant
parents au sein des soins délivrés à leur enfant. Les réponses données par les parents
servaient de référence et étaient comparées aux questionnaires remplis par les infirmiers. Les
questionnaires des médecins étaient souvent non remplis pour la partie « Relation des
parents avec leur enfant », et leurs réponses n’ont donc pas été analysées.
4. Réglementaire
13
III. Résultats
Trente familles ont été rencontrées dans les 3 centres participants, du 8 janvier au 21
14
Tableau 2. Caractéristiques cliniques de leur enfant, d’après les données fournies par les
médecins
Caractéristiques des enfants (n = 30) n %
Sexe ratio M / F 16 / 14
Age, médiane [min - max] 1,2 an [7 jours - 14 ans]
Pathologie chronique pré existante 10 33,3
Antécédents d'hospitalisation 12 40
En réanimation polyvalente 3 10
En réanimation néonatale 6 20
Dans un autre service * 3 10
Motif d'admission en réanimation
Détresse respiratoire 11 36,7
Troubles neurologiques 4 13,3
Choc cardiogénique 4 13,3
Choc septique 4 13,3
Arrêt cardio-respiratoire 2 6,7
Acidocétose diabétique 2 6,7
Autres 3 10
Pronostic vital engagé d'après les 21 70
médecins
* Les autres services où les enfants ont été hospitalisés sont la pédiatrie générale pour deux
enfants et la chirurgie pour un enfant.
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1. A l’arrivée des parents en réanimation, comment les soignants
organisent-ils l’entretien d’accueil ?
Les entretiens menés par les soignants avec les parents à l’arrivée de leur enfant
montrent une grande diversité, par les conditions d’accueil, la durée et les soignants présents.
* Les 3 autres soignants étaient dans un cas l’infirmier, l’auxiliaire de puériculture et une
élève de l’école de puériculture ; et dans l’autre situation l’infirmier, l’interne et
l’hématologue.
** Couloir ou salle d’attente de la réanimation
Un infirmier a pu accompagner le médecin qui menait l’entretien dans deux tiers des
cas. Son absence était justifiée par une surcharge de travail, l’obligeant à rester au sein du
service.
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Les entretiens où les infirmiers n’étaient pas présents étaient en lien avec une charge
de travail trop importante, ou à un relais entre les équipes de jour et de nuit, avec des
transmissions ne permettant pas d’assister à l’entretien. Lors des entretiens avec un infirmier
présent, seulement 2 infirmiers ont pris la parole, une pour évoquer l’organisation du service,
Les données concernant le lieu de l’entretien d’accueil étaient concordantes entre les
soignants et les parents, hormis pour deux entretiens pour lesquels les parents n’avaient pas
de souvenirs. Cinquante pour cent des entretiens avaient lieu dans la chambre de l’enfant.
l’enfant et ne présentaient pas le souhait d’un entretien plus protocolaire. A contrario, des
parents regrettaient d’avoir été rencontrés en salle d’entretien, loin de leur enfant.
« Mais une simple salle avec une table, ça aurait été… […] Même dans le
couloir »
« Je préférais rester avec L…. […] Et puis, le salon, je pense que ça aurait
été une annonce bien particulière. »
Pour un entretien, la salle d’entretien dédiée a eu un effet bénéfique en raison d’un état de
« Je l’avais jamais vu comme ça, j’étais pas bien, que du coup, on l’avait
bip à trois reprises, l’entrée d’un infirmier pour 2 d’entres elles, la perte de connaissance
d’un père et deux n’ont pas été détaillées dans les questionnaires des soignants. Trois de ces
interruptions liées au téléphone n’ont pas été ressenties pour les parents. En effet, ils disaient
17
ne pas avoir été dérangé ou interrompu, malgré le signalement par les soignants de ces
coupures.
2. Comment les informations données ont été comprises par les parents ?
La compréhension des parents durant l’entretien d’accueil varie selon les items
étudiés. Elle est excellente pour l’organe atteint et le pronostic de leur enfant. Elle est moins
bonne pour les traitements et les examens complémentaires nécessaires. Quatre parents
100%
90%
80%
70%
60%
50%
40%
30% Nulle
20%
10% Partielle
0%
Complète
Lorsque le pronostic est dit aux parents, ils le comprennent complètement (92.9%).
Mais le pronostic n’a pas été évoqué par les soignants envers 14 parents, soit 10
entretiens d’accueil. Pour les parents, le pronostic n’a pas été dit à 21 reprises. Il existe une
18
discordance des réponses sur ce qui a été dit par le médecin de 26.2% (soit 11 entretiens).
L’analyse du pronostic lorsqu’il n’a pas été annoncé aux parents retrouve une
compréhension complète pour 71.4% des parents (n = 10) et nulle pour 28.6% des parents (n
= 4).
Pour 8 parents (19.1%), il existe une discordance : aucune information n’aurait été
délivrée de la part des infirmiers, alors que ces derniers avaient indiqué qu’ils avaient
n’avaient reçu aucune information para médicale. Vingt parents (47.6%) confirmaient que
les infirmiers leur avaient communiqué des données. Parmi les informations communiquées,
17 portaient sur l’organisation du service et les règles d’hygiène, 14 sur les thérapeutiques
qui correspond à 4 parents. Les deux couples n’avaient aucun souvenir de l’entretien, du
médecin ayant réalisé l’entretien ou des faits qui leur avaient été communiqués.
« Et ils vous ont raconté quoi ? Qu’est ce qu’ils vous ont dit ?
M : Bah, je sais pas, je me souviens, j’étais trop, traumatisée cette nuit. »
« Est-ce que j’ai posé des questions ? heu… non. Parce que je disais oui, à
tout ce qu’il disait. […] Heu… je comprenais… enfin, j’entendais ce qu’il
disait, mais sur le retour, je suis pas sûr que je comprenais tout. Dans mon
souvenir, il me parle de sucres, de sels, après,… »
« Je pense qu’il a dû… j’ai un souvenir, après je sais pas si c’est un souvenir
que j’invente ou pas. »
Suffisant
Pas assez
Trop, mais nécessaire
Données manquantes A. Quantité des informations
Claire
Variable selon les soignants
B. Qualité des informations
Pas assez direct
Trop de silence
20
Figure 2. Evaluation par les parents de la quantité (graphique A) et de la qualité
(graphique B) des informations fournies par les soignants
Vingt-cinq parents (59.5%) pensent que les informations données étaient à la fois
claires et suffisantes.
« Oh oui, c’était clair. Parce qu’elle parlait doucement. […] J’ai l’impression
qu’elle a l’habitude vraiment, de faire ça. Et qu’elle a travaillé dessus elle,
par exemple. Parce que, voilà, c’était, c’était, c’était lent. C’était clair. Elle
vérifiait qu’on comprenait. Heu… ouais, limite agaçant le suspense. Et limite
agaçant, c’était trop lent. Mais finalement, a posteriori, c’est comme ça qu’il
fallait faire. »
« J’ai trouvé déjà qu’ici, c’était plus, on disait plus les choses déjà. C’était
plus cartes sur table, et c’était plus clair. […] Non, non, au contraire, c’était
humain déjà. C’est important. Sans noyer sous les termes médicaux, parce
que voilà, chacun son domaine. »
« Ca m’a paru long, oui, parce que il prenait beaucoup de temps pour nous
dire les choses, nous observer aussi. Donc ça, les observations, ces moments
d’observations pour moi était extrêmement long. […] Ça, c’est très long,
vraiment très long. […] Quand il dit les choses, et qu’il attend 15 secondes
pour voir notre réaction, on imagine des, des, on imagine des tas de choses
21
alors que c’est, il avait dit les choses déjà, et que, heu… Le topo était bon, la
forme était pas forcément complètement adapté. »
4. Attentes des parents concernant la relation qu’ils ont avec les soignants
a. Les souhaits
parents (4.7% des parents) a exprimé une insatisfaction vis-à-vis du service, en raison d’une
absence de communication avec les soignants (médecin et infirmière), et des défauts de prise
en charge paramédicale (absence de réponse aux sonneries, peu de présence). Cinq parents
de la part des soignants pour 4 d’entre eux, et en raison d’une attente trop longue avant de
80,0%
70,0%
60,0%
50,0%
40,0%
30,0%
20,0%
10,0%
0,0%
Figure 3. Relation avec les soignants (médecin et infirmière) attendue par les parents
22
La première qualité qu’attendent les parents de l’équipe soignante est la compétence
« Moi, je pense que l’information, elle est pas prioritaire par rapport à
l’action. »
Près de 60% des parents expriment le souhait d’une bonne communication et d’un
« Un petit debrief quand on arrive le matin […] de faire le point tout de suite.
Après, on les laisse tranquille, on les laisse travailler. Si j’ai pas eu ce petit
point, je suis très demandeuse de l’état des lieux. »
« Mais on nous a jamais dit qu’elle allait pas mourir, ce qui m’a un peu
manqué. »
23
Le troisième souhait des parents est l’empathie des soignants.
« Que ce soit sur le plan… Totale confiance sur le plan médical. Et sur le
plan humain, voilà, ils étaient, toujours un petit mot, un petit mot drôle
histoire de déstresser. »
Cinq parents insistent sur la gentillesse et l’attention des soignants envers les parents
eux-mêmes, alors que deux expriment surtout la nécessité de la douceur envers leurs enfants.
française partielle.
« Ils rentrent avec le sourire, gentillesse et, mon douleur, ils ont senti, j’avais
mal. […] Tout ce que je peux rajouter, je le remercie du fond du cœur. J’ai
pas l’argent à donner, j’ai rien à offert, mais, le soutien qu’ils nous
apportaient, je le remercie toute ma vie. »
Il existe aussi une demande d’honnêteté. Certains parents veulent la vérité, que le
pronostic soit grave ou non. D’autres sont dans l’attente d’un espoir et d’une réassurance, et
souhaitent qu’on leur dise que l’évolution de leur enfant sera favorable, alors que les
24
« J’attends qu’on me dise les choses, et surtout, je veux pas qu’on me
ménage. »
« C’était franc, ouvert aussi. Ils nous ont expliqué, ils nous ont pas donné de
faux-espoirs. »
« Qu’on assure qu’on, vous faites la bonne chose pour votre enfant. Qu’il
vous donne de l’espoir. »
« Elle m’a expliqué beaucoup de choses, mais, y’a rien qui rentre. Tout ce
que je voulais seulement, c’est quelqu’un me dise si elle va survivre. »
De nombreux parents évoquent une confiance quasi immédiate, faisant suite à une
prise en charge rapide et efficace de la part des professionnels de santé. Quel que soit l’état
contact entre les soignants et les parents est établi précocement dans la prise en charge de
« Donc ça, de nous dire « moi je la prends en charge, c’est bon », ça nous a
mis déjà en confiance. »
« Une bonne impression, parce que, à la base, tout est pris en charge tout de
suite. C’est pas… y’a pas eu d’attente. »
« Ça, c’était très bien qu’il y ait un infirmier qui nous a dit : « pour l’instant
ça va très vite. On fait les choses, et après, vous inquiétez pas, on vous
expliquera après ». […] On s’est vraiment senti rassuré sur la prise en
charge au niveau du service. »
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b. Les déceptions des parents
Le manque de communication est décrit dans 4 cas pour les médecins, et dans 5 cas
pour les infirmières. Un manque de soutien et d’empathie des médecins sont décrits pour 3
parents. Dans 2 cas, les parents disent que les relations avec les infirmières sont très
« Si on demande pas, ils nous donnent pas de… ils donnent pas de…pas
d’informations. »
« Parce que là, par contre, y’avait aucune explications. Le manque était là.
[…] Si c’est nous qui demandons pour savoir des résultats, parce que sinon,
on nous l’aurait pas donné si on avait pas demandé. […] Y’ a un manque,
parce que y’a des choses qui sont faites, et qui sont pas retrans… et ils en
parlent pas aux parents. »
« Le seul petit quiproquo je vais dire, c’est que le matin, on m’a laissé entrer
sans me prévenir qu’il avait été intubé. […] Il m’aurait appelé, ça aurait été
bien. Ils m’ont pas appelé, ils l’ont fait, il se porte bien. Donc, c’est
l’essentiel. »
soignants est aussi un fait marquant pour les parents. Les parents évoquent spontanément ce
délai durant l’entretien semi-directif. La médiane pour les 42 parents était de 30 minutes,
avec une moyenne estimée à 1 heure 20 minutes. Sept parents n’ont pas attendu et ont pu
rentrer dès leur arrivée (simultanée à l’enfant ou a posteriori). Concernant les parents ayant
attendu, le délai maximal était de 7 heures. Douze parents ont attendu plus de 60 minutes.
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Pour onze d’entre eux, l’attente était comprise entre 30 et 60 minutes. Cette attente est
a. Internet
Treize parents (31%) ont recherché sur internet des informations complémentaires
afin de se renseigner sur l’état de santé de leur enfant. Six déclarent qu’ils ont recherché des
données objectives, sans effet négatif (stress) ou positif. Deux déclarent un double effet
(stressant et rassurant en même temps). Cinq ont ressenti un effet négatif, dont 4 ont arrêté
complémentaires.
Les parents préfèrent les informations provenant des soignants du centre de soin de
leur enfant, permettant d’avoir des données objectives, ne concernant que leur enfant.
27
« Moi, j’aime pas trop. C’est pas que j’aime pas aller sur internet, mais
j’aime pas trop aller regarder les témoignages, les trucs comme ça. Je préfère
me concentrer sur ce qui est là. »
Une brochure a été donnée à 23 parents (76.7%). Dans 4 cas, elle était lue
partiellement, et dans 9 cas, elle n’était pas lue du tout ; les parents déclaraient ne pas avoir
parents ne savaient pas lire et ne pouvaient pas bénéficier des informations contenues dans la
brochure.
« Y’a un petit dépliant qu’on nous a donné, je suis même pas sur de l’avoir
lu. »
« Ben le soir même, j’avais pas très très envie de regarder ça. Et le
lendemain, j’ai regardé, mais survolé […] Ben disons que c’est bien de savoir
qu’on l’a si on veut regarder des choses. Mais bon, honnêtement, moi j’ai pas
eu envie de le lire. »
Les questionnaires remplis par les médecins et les IDE présentaient des résultats très
discordants concernant le parcours pré hospitalier : les soignants rencontrés, les informations
28
Certains enfants sont arrivés en réanimation via le SAMU ou le SMUR. Des
informations ont pu être transmises ou ressenties lors du transport et le fait de ne pas pouvoir
accompagner leur enfant a été une source de stress. Nous savons que 20 enfants ont été
amenés en réanimation via le SAMU – SMUR. Les parents ont été présents dans 10 d’entre
eux. Au contraire, les parents ont été exclus lors de 4 transports, avec un refus de l’équipe
l’enfant.
« Et vous auriez préféré être dans le camion avec lui par exemple ?
Moi, oui, mais quand le médecin m’a dit qu’il préférait se concentrer à 100%
sur l’enfant, y’a pas eu de souci là-dessus quoi. »
« Heu… je pense c’est plus le transport SMUR qui a été plus impressionnant,
enfin de la voir… […] coquée on va dire. Après, dans la chambre, on l’avait
déjà vu intubée on va dire. »
d’impuissance face à une vision très impressionnante. Deux trouvent l’environnement et les
soins prodigués rassurant et quatre manifestent une habitude (liée à une hospitalisation en
réanimation précédemment).
29
« C’était le matin, j’ai réussi vraiment à me le ré approprier que dans
l’après-midi. En fait, il vit grâce aux machines. C’est… […] déshumanisé
quoi… »
« La peur. La peur. J’ai peur, parce que jamais ma vie, ca m’est arrivé ces
choses-là. »
« J’ai trouvé qu’il était beaucoup plus apaisé avec la VNI que sans. »
(La VNI correspond à la ventilation non invasive.)
« Et le fait de le voir, justement, avec tous ces fils, les prothèses, le tube,
etcetera, quelle image ça vous renvoie ?
Ben, c’est… j’en parlais à ma femme. Finalement, ça me rassure plus
qu’autre chose. C’est-à-dire que… on l’a tellement vu souffrir, toutes les
minutes, crispés et faire un bruit qu’on connaissait pas pendant 24 heures là,
que, on était content de tout ce qui pouvait le soulager. »
Une distance s’est installée pour 9 parents avec leur enfant (21%), dont trois ont
installé une distance tactile et deux d’entre eux présentaient une diminution de
30
« Bah, modifier pour quelque temps oui, puisque, ben oui, parce que je peux
plus la porter. »
« Le toucher, j’avais peur de lui faire mal. Mais, quand on a dit, il a besoin de
vous sentir là, du coup, j’ai pas hésité, je le tripote tout le temps. »
« Parce que déjà, à la base, on a une bonne relation ma fille et moi. Mais
c’est vrai, qu’effectivement, ça nous rapproche plus. […] Donc ça fait plaisir
aussi, de se dire qu’elle a besoin de nous, dans les moments difficiles. »
Durant l’hospitalisation, les parents ont eu l’occasion de participer aux soins donnés à
Tableau 5. Détails de la participation des parents pour les soins de leur enfant
Participation des parents aux soins (n = 42) n %
Implication dans les soins
Oui 32 76,2
Non 5 11,9
Données manquantes 5 11,9
Soins réalisés spontanément par les parents 13 31,0
Refus de la part des parents de participer 5 11,9
Types de soins réalisés
Soins ORL 10 23,8
Change 9 21,4
Aide à la toilette 7 16,7
Massage 7 16,7
Prise de température 5 11,9
Positionnement 3 7,1
Autres 2 4,8
31
Voici des extraits de parents dont la participation aux soins est bénéfique.
Au contraire, voici des exemples où les parents ont le sentiment d’être inutiles et de
ne pas pouvoir aider leur enfant. A l’extrême, un parent souhaitait une prise en charge
« On sert à rien. C’est pour se donner bonne conscience et pour que lui, il se
rend compte qu’il, qu’il nous sente ici. Mais on sait très bien, de toute façon,
on sert pas à grand-chose. »
« J’ai pas de doute sur la façon dont je prends ma fille dans mes bras, mais
j’ai pas envie de le faire là quoi. Là, franchement, je préfère qu’ils s’occupent
d’elle. Si moi, je peux m’occuper de rien et pas de… […] là j’ai envie de… de
me débarrasser d’elle, pour qu’on s’occupe d’elle parce que moi… »
32
8. Faits marquants pour les parents
Près de trois quart des parents sont présents en réanimation polyvalente plus de 12
heures par jour, et 57% sont présents 24 heures sur 24. Ils assurent une présence auprès de
l’enfant via un seul parent ou via un relais qui s’effectue au sein du couple.
60,0%
50,0%
47,6%
40,0%
30,0%
26,2%
20,0%
16,7%
10,0%
9,5%
0,0%
24 h / 24 24 h / 24 en relais > 12 h / 24 < 12 h / 24
Pour permettre cette présence parentale, il est nécessaire d’arrêter son travail,
temporairement. Vingt-huit parents (67%) ont un arrêt de travail. Neuf d’entre eux (21%) ne
travaillaient pas, 3 présentant un congé parental, et 6 étant sans travail. Quatre seulement ne
33
IV. Discussion
Les parents ont une compréhension pouvant varier de 34.5% à 92.9% selon le
pronostic). Seuls quatre parents ont une compréhension complète de tous les items étudiés.
complète était de 19% pour tous les items, variant de 48% pour le pronostic et 92% pour le
traitement. Le pronostic était l’item le moins compris par les parents lorsqu’il était
communiqué, ce qui n’était pas le cas dans 45% des cas. Une deuxième source
Une étude française menée aux urgences adultes montrait que la compréhension des
patients était de 67% pour les instructions données à la sortie, 69% pour l’organe atteint,
diagnostic, du motif d’admission et des instructions à la sortie du patient par l’infirmier était
diagnostic, 60% pour le traitement et de 57% pour le pronostic. Les facteurs pouvant
34
En réanimation pédiatrique, l’information du pronostic de l’enfant est primordial,
quel que soit son statut. On a vu que c’était l’information la mieux comprise, qu’elle soit
information dont les parents étaient très demandeurs, que ce soit pour alerter d’un risque
vital, ou au contraire, pour rassurer lors d’une évolution qui s’annonçait favorable.
La compréhension du pronostic dans les trois études citées ci-dessus (6,19,24) était
faible (entre 40 et 57%). Ces données contredisent nos résultats. Comment expliquer ces
faibles taux ? Une des raisons pourrait être le manque de communication concernant le
71.4% s’il a été dit ou non par les médecins. Le fait de ne pas expliquer le pronostic
augmente la probabilité d’une mauvaise compréhension pour les parents. Walter et al. a
mené une étude en réanimation pédiatrique en 2013, et a montré que seuls 31% des familles
recevaient une information précise du pronostic et des objectifs de soins. Cet entretien était
avoir 3 hypothèses :
- Le pronostic n’est pas sévère, avec une guérison attendue. Informer sur le
pronostic n’est alors pas une priorité et l’entretien développe d’autres notions.
sentiment que les parents ont déjà compris et qu’il ne soit pas nécessaire
difficile.
35
- Le pronostic est imprévisible. Les soignants eux-mêmes ne connaissant pas le
les taisent.
Comment expliquer alors que les parents comprennent si bien le pronostic dans notre
soignant d’un autre service). L’information n’est pas répétée dans le service,
« Y’a tout, tout le monde m’a dit « son état est critique ». Que ce soit
le médecin du SAMU, le chef de service qui était présent là-bas aux
urgences, ils ont dit « il est vivant, mais son état est critique ». Tout le
monde a dit « son état est critique ». »
- Les parents observent le comportement des soignants (communication non
et comprendre si son enfant a un risque vital engagé, s’il a un risque de mourir est la donnée
36
« On la voyait, mais nous-mêmes, on était plus ici, on croyait que
c’était fini pour elle et qu’on allait plus la retrouver. On pensait que à
ça.»
Le reste des informations (thérapeutiques, examens complémentaires, diagnostic)
peuvent être délivrés, ré expliqués ou compris par la suite, dans les jours qui suivent
rapide et immédiate.
rompt un lien entre l’enfant et les parents. Ces derniers sont alors plongés dans l’inconnu et
dans l’attente, avec l’obsession d’une réouverture de cette porte, afin de revoir leur enfant et
d’obtenir des réponses à leurs questionnements. Cette exclusion temporaire des parents
permet selon les soignants de se concentrer sur l’enfant. Mais cela leur permet aussi,
consciemment ou non, de se protéger d’une invasion parentale, avec une « violation » de leur
espace de soins. Ils peuvent ainsi travailler temporairement sans se soucier de leurs paroles,
Pour les soignants, l’arrivée d’un enfant dans leur service est aussi un nouveau
départ, mais avec une autre vision. L’enfant arrive avec un passé, une prise en charge
médicale et para médicale antérieure, mais son arrivée en réanimation correspond à une
remise à zéro, souvent symbolisée par un trait rouge sur la pancarte. En réanimation,
l’évolution quotidienne des patients est notée sur une pancarte, regroupant des constantes de
ventilation, des examens complémentaires, les traitements reçus,…Un trait au feutre permet
de différencier ce qui a été réalisé avant ou depuis l’arrivée en réanimation. Il existait dans
notre étude une discordance sur ce qui avait pu se passer en pré hospitalier entre les
37
Dès l’arrivée de l’enfant, il y a une urgence à lui délivrer des soins. Est-il, à ce
moment-là, nécessaire de tout dire aux parents ? Les soignants sont dans l’obligation légale
des protocoles sur l’information avec des recommandations de bonne pratique (3,26). Les
soignants à chaque famille. Suivre des recommandations peut rassurer les soignants qui
pensent agir au mieux pour le patient et sa famille. Pourtant, il serait contradictoire que cette
volonté de bien faire empêche une prise en charge adaptée. Les recommandations pour les
réanimateurs soulignent que l’urgence ne doit pas être un argument pour ne pas délivrer les
informations nécessaires. Il est vrai que ces deux notions (urgence d’une part et information
d’autre part) ne sont pas incompatibles. La priorité est avant tout le soin de l’enfant, les
Les soignants, en plus d’affronter une situation clinique difficile, doivent faire face
aux émotions des parents. Une étude allemande a démontré qu’une information structurée
aux parents ne nécessitent pas de protocole strict concernant leur délivrance, et l’information
pourrait être modulée selon les parents, l’enfant et la situation concrète. Dans notre étude,
certains parents étaient informés très tôt et d’autres attendaient avant de recevoir des
informations. Les entretiens pouvaient avoir lieu dans des endroits différents, durer plus ou
moins longtemps, avec une quantité d’informations pouvant varier selon l’état de l’enfant.
Le retour d’expérience des parents rencontrés montrait que l’adaptation à leur situation était
un point clé. Les lignes de conduite écrites dans les recommandations permettent de donner
des points de repères, mais ne peuvent se substituer au libre arbitre de l’humain, qui est le
vrai garant d’une communication adaptée, comme le montrent ces extraits d’entretien.
38
« Combien de temps elle est restée avec vous ?
Jusqu’à ce qu’on ait plus besoin d’elle. »
« S’adapter plus aux besoins que moi j’avais »
Dans une situation clinique urgente et instable, le pronostic pourrait être alors
cette information soit bien comprise, puis hiérarchiser les informations les plus pertinentes
questions et attentes. Les soignants pourraient alors a posteriori revoir les parents en
entretien afin de s’assurer de leur bonne compréhension et leur donner des informations
complémentaires.
Un autre critère important pour les parents était la coordination entre les médecins et
les infirmières. Notre étude montre que les infirmières sont présentes à l’entretien d’accueil
dès que les conditions le permettent. En revanche, la prise de parole est rare. Malgré tout,
leur présence est indispensable. L’écoute du discours médical, des questions des parents, la
connaissance de la réaction parentale face à des annonces difficiles peuvent être des outils
prise en charge.
Nous avons montré que les parents sont très sensibles et réceptifs à l’architecture des
lieux.
Une étude américaine montre qu’un tiers des entretiens ont lieu au lit du patient pour
des raisons de facilité, rapidité et de participation du patient. Pour des annonces concernant
des patients plus graves ou faisant appel à des participants supplémentaires (assistante
sociale), ils ont lieu dans une salle d’entretien dédiée. (28) Dans notre étude, les parents
39
verbalisaient le souhait de rester dans la chambre de l’enfant lors de l’entretien d’accueil. La
proximité avec leur enfant dont ils ont souvent été séparés plusieurs heures avec un état de
santé alarmant était un de leur souhait. Les parents ressentent la salle d’entretien comme une
annonce particulière, protocolaire, et par conséquent, grave. Le fait de les amener dans une
salle dédiée pourrait les faire sur estimer la gravité de leur enfant, ou augmenter leur
inquiétude.
Cette situation ne correspond pas à ce qui est enseignée ou recommandée (3). Les
recommandations validées par les groupes scientifiques ne font pas participer les proches des
familles, ce qui peut biaiser les décisions prises. Les soignants pensent bien faire, mais ne
consultent pas les principaux concernés. Un choix pourrait leur être laissé dans certaines
Dans notre étude, les services de réanimation n’étaient munis que de chambre seule.
Il est difficile de connaître les préférences des parents, mais ils trouvaient l’intimité, la
que les parents s’approprient, avec des rituels qui s’instaurent : les visites des médecins ou
est un élément important pour les parents, d’autant plus que son infrastructure peut leur
Afin qu’un entretien puisse se dérouler au lit du patient, il est nécessaire en pédiatrie
que les parents soient présents auprès de leur enfant. La présence parentale en réanimation
pédiatrique est de plus en plus intégrée. Dans les 3 centres où s’est déroulée notre étude, les
parents peuvent être présents 24 heures sur 24, et peuvent dormir auprès de leur enfant
hospitalisé. Ce n’est pas le cas dans toutes les réanimations. Une étude nationale italienne
met en avant qu’il existe des restrictions de visite parentale dans 60% des réanimations
pédiatriques. Il n’existe pas de salle d’attente dans un tiers des cas. Mais près de la moitié de
40
ces services de réanimation révisent leurs protocoles de visite, ce qui démontre une volonté
Les parents souhaitent être intégrés pour être auprès de leur enfant, malgré des
conditions difficiles. Stickney et al. décrit dans deux articles la participation des parents à la
participer à la visite, alors que les soignants étaient plus partagés quant à la présence
parentale à ce moment-là. Il existait une discordance importante entre les parents et les
soignants concernant la perception de la compréhension des parents. Pour les soignants, 21%
des parents comprenaient le contenu de la visite, alors que 84% des parents revendiquaient
cette compréhension (cette dernière n’était pas objectivement évaluée dans cette étude). Les
parents donnaient des informations aux soignants concernant leur enfant, qui pouvaient être
pertinentes pour les soins et la prise en charge. Cette visite en leur présence permettait aussi,
d’après les parents, une meilleure communication avec les soignants et donc amélioraient
leur compréhension. En revanche, les soignants pensaient que la présence des parents
pouvait être un frein à l’enseignement au lit du patient, ainsi qu’à une discussion objective
Cette réflexion sur la présence parentale et ses conséquences nous questionne sur le
rôle réel qu’ont les parents dans la prise en charge de leur enfant en réanimation. Le droit
d’être présent auprès de leur enfant n’est pas remis en question, mais en réalité, leur
contribution va au-delà de leur simple présence. Une étude canadienne montre que les
41
Ces rôles sont retrouvés dans une étude américaine, avec une accentuation sur la
responsabilité réelle des parents d’une juste communication avec les soignants, en
regroupant les informations afin de mieux comprendre les informations médicales et de faire
partie intégrante de l’équipe de soins. Cela les engageait à une responsabilité supplémentaire
envers leur enfant. Ils avaient un devoir en tant que membre participant aux soins de leur
enfant (33)
Le fait d’être présent et de participer ne serait plus un simple droit pour les parents,
mais deviendrait un devoir, pour une communication avec les soignants et une aide au
rétablissement de leur enfant. Bien que rien ne soit imposé, les parents prennent une place
parents deviennent des partenaires, que ce soit pour l’information, car les parents sont les
garants du savoir concernant l’enfant ; ou pour les soins délivrés car ils y participent.
La participation aux soins est une préoccupation grandissante au sein des équipes.
Nous avons montré que les parents participent volontiers aux soins. Le refus est rare, mais
existe dans certaines situations de détresse, et se doit d’être respecté par les soignants, et non
jugé. En revanche, pour de nombreux parents, la participation aux soins est une aide, permet
de se sentir utile et de retirer une part de culpabilité. Une étude française en réanimation
adulte confirme ces résultats, avec seulement 4% de refus des familles de participer, et un
avis favorable des soignants (90% pour les infirmières et 100% pour les médecins) à faire
participer les familles. Les réticences possibles de l’équipe soignante étaient sur le temps
accordé aux familles pour les faire participer ou le risque d’évènements indésirables (retrait
de prothèses). (34)
participation des parents aux soins de l’enfant minimisaient le stress engendré, en particulier
en réanimation. (23)
42
Notre étude comprend des limites. La compréhension et la mémorisation sont deux
entités distinctes du traitement de l’information. Une étude de 2005 évaluait à 19% les
proches oubliant que les soignants leur avaient fourni des informations concernant le
pronostic. (35) Nous avons retrouvé dans notre étude ce biais de mémorisation, avec l’oubli
d’informations communiquées et une discordance entre les questionnaires remplis par les
soignants et les entretiens des parents. L’intervalle de temps entre l’entretien d’accueil et
l’entretien réalisé pour l’étude, ainsi que la possible répétition d’informations ont pu rendre
certaines analyses difficiles. Les parents ont pu être influencés lors des entretiens semi-
Une première proposition serait de préparer les parents en amont de cette arrivée, qui
peut leur paraître hostile, liée à la coupure lors de l’arrivée symbolisée par la fermeture de la
porte, suivie d’une attente de plusieurs heures. Pour cela, il faudrait que les soignants
informent les parents en amont, de ce qui les attend. Ces informations pourraient venir des
urgences, des médecins du SAMU, et des soignants d’autre service. Il faudrait alors une
formation pour ces soignants, afin de savoir quelles informations donner : impossibilité de
rentrer dans un premier temps afin d’installer l’enfant, attente plus ou moins longue dans une
lors du séjour, déjà mise en place dans les services ayant participé à l’étude. La possibilité de
rester 24 heures sur 24 auprès de leur enfant et de pouvoir dormir sur place étaient des
modalités possibles dans les centres participants à notre étude. Il serait intéressant de
43
développer ces facilités dans les autres services de réanimation pédiatrique en France, si elles
ne sont pas déjà appliquées. Les réticences des services à permettre une présence parentale
règlement intérieur. Les parents ont aussi la possibilité de participer aux soins et d’être
intégrés à l’équipe soignante. Ce sont des éléments positifs et motivants pour les parents, qui
ressentent l’aide qu’ils apportent et participent au rétablissement de leur enfant. Pour pouvoir
prendre part à ce projet, nombreux sont ceux qui doivent arrêter temporairement leur travail
et qui confient leurs autres enfants à la famille ou à des amis. Cette nouvelle organisation
Enfin, il est indispensable que les soignants communiquent entre eux, afin de
partager leur savoir sur le passé de l’enfant et des parents et de mieux comprendre les
éléments de la prise en charge. Les soignants peuvent ainsi délivrer des informations justes,
sans contradiction dans les discours. Les infirmiers peuvent informer les parents, reformuler
des notions évoquées par les parents. Ce travail d’équipe prouve qu’une collégialité est
44
V. Conclusion
Nous avons donc montré que la communication entre les soignants et les parents lors
soit directement communiqué ou compris par les parents sans même l’évoquer avec l’équipe
soignante. Les parents comprennent très bien l’organe atteint chez leur enfant. Les autres
compris. Les infirmiers jouent un rôle dans l’accueil des parents, avec l’explication sur
Les informations fournies par les soignants étaient jugées en grande majorité claires
et suffisantes.
Les parents ont une forte attente en terme de communication avec les soignants
(médecin et infirmier). C’est le deuxième souhait des parents, après la compétence des
soignants.
Le service de la réanimation est un milieu fermé, avec une exclusion initiale des
parents. L’attente en dehors du service pendant l’installation de l’enfant et les premiers soins
Les parents sont demandeurs d’être présents auprès de leur enfant. Cela est possible
si les règlements des services leur permettent de rester jour et nuit. Malgré une potentielle
distance qui peut s’installer initialement et les conditions difficiles de la réanimation, 76.2%
des parents participent volontiers aux soins auprès de leur enfant, spontanément ou lorsqu’un
45
infirmier leur propose. Cette participation, quand elle est acceptée, a un effet positif pour les
aux soins des parents, ainsi que le rôle et le ressenti des soignants paramédicaux dans cette
implication.
46
VI. Annexes
Votre enfant a été hospitalisé en réanimation polyvalente, et lors de son arrivée à l’Hôpital, vous avez
eu un entretien avec le médecin.
Nous prenons contact avec vous pour solliciter votre collaboration dans le cadre d’une étude intitulée
« Evaluation de la compréhension de l’information donnée aux parents ayant un enfant hospitalisé en
réanimation polyvalente pédiatrique ». Nous cherchons à savoir ce que vous avez retenu de l’entretien avec le
médecin à l’entrée dans le service.
Cette étude est menée en concertation avec le service de réanimation polyvalente où est soigné votre
enfant et a reçu l’accord du comité d’éthique de Necker – Enfants Malades.
Nous sommes conscients que ce processus intervient dans une période angoissante et délicate et c’est
pourquoi nous souhaitons recueillir votre avis sur les modalités et la qualité de l’information qui vous a été
délivrée. Votre réponse nous aidera à améliorer nos pratiques, en étant au plus près de vos besoins et
attentes.
Concrètement, nous vous serions reconnaissants de bien vouloir accepter un entretien dans les jours
qui suivent l’arrivée de votre enfant dans le service de réanimation polyvalente. La personne que vous
rencontrerez sera Agathe Béranger, interne de pédiatrie, indépendante du service dans lequel votre enfant est
hospitalisé. Cet entretien portera aussi sur certaines de vos données personnelles. Toutes les informations que
vous fournirez lors de cet entretien sont confidentielles. Les données recueillies seront rendues anonymes.
Cet entretien sera enregistré intégralement, puis retranscrit mot pour mot, et ne sera pas communiqué à
l’extérieur. L’équipe soignante du service ne recevra aucune communication à ce sujet.
Vous êtes libres à tout moment de refuser de participer à cette enquête.
Selon les dispositions de la loi n° 2002-303 du 4 mars 2002 relative aux droits des malades, vous serez
informé, à votre demande, des résultats globaux de l’étude par le médecin responsable de l’étude. De même,
selon les droits attachés à la loi Informatique et Liberté, loi n°78-17 du 6 janvier 1978 modifiée, vous avez le
droit d’accès aux données que vous communiquez, ainsi qu’à leur rectification et leur retrait, sans justification.
Nous vous remercions de votre confiance et de votre geste de solidarité, en vue de l’amélioration de
l’information et de la communication aux familles.
47
Annexe 2 : Questionnaire médecin
QUESTIONNAIRE MEDECIN
Enfant
Nom / Prénom (Première lettre) ___ /___ Date de naissance ___/___/_____ Sexe ☐ F ☐ M
Profil personnel
Age _____ Sexe ☐ F ☐M
☐ Interne ☐ CCA ☐ PH ☐ MCU-PH ☐ PU-PH ☐ Autre : _____________
Nombre d’années d’expérience en réanimation _______ ; au sein de ce service _______
48
☐ L’organisation du service ☐ Autre : ___________________ ☐ Ne sait pas
Entretien d’accueil
Lieu ☐ Salle d’entretien dédiée ☐ Chambre de l’enfant ☐ Couloir
☐ Autre : spécifiez ________________
Réalisation de l’entretien par rapport à l’arrivée de l’enfant
☐ Immédiat ☐ 1ère heure ☐ 1er jour ☐ dans les 48 heures
Durée de l’entretien en minutes _________
Présence ☐ De la mère ☐ Du père ☐ D’une autre personne : laquelle ? ____________
Soignants présents en plus de vous-même ☐ IDE ☐ Interne ☐ Externe ☐ Traducteur
☐ Autre ? ___________________
Interruption durant l’entretien ☐ Oui ☐ Non
Si oui : - Lequel ? ☐ Téléphone ☐ Bip ☐ Personne physique
- Nécessité d’interrompre l’entretien ☐Oui ☐Non
Pensez-vous avoir pu délivrer toutes les informations que vous souhaitiez ? ☐ Oui ☐ Non
Avez-vous eu le sentiment d’être ☐ A l’aise ☐ Un peu mal à l’aise ☐ Très mal à l’aise
Pour quelles raisons ? ______________________________________________________
Avez-vous le sentiment d’avoir été ☐ Bien compris ☐ Partiellement compris
☐ Pas du tout compris ☐ Ne sait pas
Une brochure a-t-elle été donnée ? ☐ Oui ☐ Non
Y a-t-il eu un prochain entretien planifié ? ☐ Oui ☐ Non
49
☐ Antibiothérapie
☐ Autre : lesquelles ? _________________________________
Si non, pourquoi ? _________________________________________
… les examens complémentaires ? ☐ Oui ☐ Non
Si oui, lesquelles ? ________________________________________
Si non, pourquoi ? _________________________________________
… l’organisation du service de réanimation polyvalente ? ☐ Oui ☐ Non
Si non, pourquoi ? _________________________________________
Les parents ont-ils posé des questions ? ☐ Oui ☐ Non
Si oui, concernant quels thèmes ?
☐ Le diagnostic ☐ Le motif d’admission en réanimation ☐ Les thérapeutiques
☐ Le pronostic ☐ Les examens complémentaires ☐ L’organisation du service
☐ Autres
Après l’entretien
Avez-vous revu les parents ? ☐ Oui ☐ Non
Si oui, à quelle fréquence ? ☐ < 1 / j ☐ Quotidienne < 1 h / j ☐ Plusieurs heures / j
Si non, avez-vous eu des échanges téléphoniques ? ☐ Oui ☐ Non
Les parents ont-ils posé des questions ? ☐ Oui ☐ Non
Si oui, avez-vous reformulé des informations déjà données ? ☐ Oui ☐ Non
Si oui, quel(s) sujet(s) ? ______________________________________
Avez-vous abordé de nouveaux sujets ? ☐ Oui ☐ Non
Si oui, était-ce sur le confort de l’enfant ? ☐ Oui ☐ Non
les angoisses des parents ? ☐ Oui, lesquelles ? _____
☐ Non
Autres ? ___________________________________
Etes-vous devenu le médecin référent ? ☐ Oui ☐ Non
Si non, pour quelle(s) raison(s) ? ___________________________________________
Si vous avez des questions, vous pouvez me contacter : Agathe Béranger, par mail à
[email protected] ou par téléphone au 06 71 85 46 34
50
Annexe 3 : Questionnaire infirmier
QUESTIONNAIRE IDE
Ce questionnaire est destiné à un(e) seul(e) infirmier(e). Cela est préférentiellement le/la soignant(e)
présent(e) durant l’entretien. Si aucun(e) soignant(e) n’était présent(e), c’est alors l’infirmier(e) qui a
accueilli l’enfant qui remplit ce questionnaire.
Enfant
Nom / Prénom (Première lettre) ___ /___ Date de naissance ___/___/_____ Sexe ☐ F ☐ M
Profil personnel
Age _____ Sexe ☐ F ☐M
Nombre d’années travaillées depuis le diplôme _______
Nombre d’années d’expérience en réanimation _______ ; au sein de ce service _______
Entretien d’accueil avec le réanimateur
Lieu ☐ Salle d’entretien dédiée ☐ Chambre de l’enfant ☐ Couloir
☐ Autre : spécifiez ________________
Réalisation de l’entretien par rapport à l’arrivée de l’enfant
☐ Immédiat ☐ 1ère heure ☐ 1er jour ☐ Dans les 48 heures
Durée de l’entretien en minutes _________
Présence ☐ De la mère ☐ Du père ☐ D’une autre personne : laquelle ? ______________
Soignants présents en plus de vous-même ☐ Médecin sénior ☐ Interne ☐ Externe
☐ Traducteur ☐ Autre ? ___________________
Etiez-vous présente lors de l’entretien ? ☐ Oui ☐ Non
Si non, pour quelles raisons étiez-vous absente ? _________________________________
Avez-vous pris la parole ? ☐ Oui ☐ Non
Si oui, à quel sujet ? ☐ Diagnostic ☐ Motif d’admission en réanimation
☐ Pronostic ☐ Thérapeutiques
☐ Prothèses ☐ Examens complémentaires
☐ Organisation du service de réanimation polyvalente
☐ Matériel utilisé en réanimation polyvalente
☐ Environnement (scope, bruit,…)
Interruption durant l’entretien ☐ Non ☐ Oui
Si oui : - Lequel ? ☐ Téléphone ☐ Bip ☐ Personne physique
- Nécessité d’interrompre l’entretien ☐ Oui ☐ Non
Les parents ont-ils posé des questions ? ☐ Oui ☐ Non
Si oui, concernant quels thèmes ?
☐ Le diagnostic ☐ Le motif d’admission en réanimation ☐ Les thérapeutiques
☐ Le pronostic ☐ Les examens complémentaires ☐ L’organisation du service
☐ Autres
Pensez-vous avoir pu délivrer toutes les informations que vous souhaitiez ? ☐ Oui ☐ Non
Avez-vous eu le sentiment d’être ☐ A l’aise ☐ Un peu mal à l’aise ☐ Très mal à l’aise
Pour quelles raisons ? ______________________________________________________
51
Avez-vous le sentiment d’avoir été ☐ Bien compris ☐ Partiellement compris
☐ Pas du tout compris ☐ Ne sait pas
Une brochure a-t-elle été donnée ? ☐ Oui ☐ Non
Si vous avez des questions, vous pouvez me contacter : Agathe Béranger, par mail à
[email protected] ou par téléphone au 06 71 85 46 34
52
Annexe 4 : Canevas d’entretien semi-directif pour les parents
ENTRETIEN PARENTS
54
VII. Références
1. LOI n° 2002-303 du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du
système de santé. 2002-303 Mar 4, 2002.
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9. Schaefer KG, Block SD. Physician communication with families in the ICU:
evidence-based strategies for improvement. Current Opinion in Critical Care. 2009
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Respir Crit Care Med. 2002 Feb 15;165(4):438–42.
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19. Chappuy H, Taupin P, Dimet J, Claessens YE, Tréluyer J-M, Chéron G, et al. Do
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25. Walter JK, Benneyworth BD, Housey M, Davis MM. The Factors Associated With
High-Quality Communication for Critically Ill Children. Pediatrics. 2013 Mar
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26. HAS. Délivrance de l’information à la personne sur son état de santé : principes
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