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Hegel et la Critique Romantique des Lumières

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Introduction 1:

Hegel est né en 1770(à compléter)

Vérité selon Hegel dans la préface de sa Phénoménologie de l’esprit=totalité des


points de vue philosophiques qui se sont déployés dans l’histoire

Cf: Leibniz} « harmonie préétablie »=tous les points de vue partiels des petits être
humains qui forment l’ensemble de l’humanité

Grandes thèses du système de Hegel=introduction de la Phénoménologie de l’esprit


+classification des arts dans les leçons sur l’Esthétique

Présentation des Lumières, et sa critique romantique:


—>Lumières(Kant=sommet) caractérisées par 4 traits fondamentaux:

Les romantiques vont détester les Lumières car ils vont la présenter comme un
judaïsme intériorisé. Selon eux=figure de la conscience malheureuse,
déchirement/séparation entre l’homme et Dieu(absolument transcendant dont on n’a
pas le droit de se faire une image=anthropomorphisme)
—>philosophie de la scission entre l’homme et la nature(ennemi/être à dominer)
Hegel gardera en tête cette critique au nom de la réconciliation entre l’homme et la
foi/nature, sur le modèle du cosmos grec
Tout ceci=fil conducteur de cette antinomie}Hegel va appeler cela « la philosophie de
la réflexion/entendement »(donc séparation H/Dieu/Nature) vs « philosophie de la
réconciliation/de la vie »(romantique)

1)Culte de l’esprit critique=rejet des arguments d’autorité/critique des préjugés

—>les romantiques pratiqueront une réhabilitation contre cet esprit critique. Ils diront
qu’il y aura beaucoup de sagesse dans les préjugés/traditions/coutumes(plutôt que la
Révolution française)
=sacralisation de l’esprit critique
=héritage de Descartes(le principal héritage au XVIIIe), car de par son doute radical, il
met en doute tout ce qui vient de la tradition, du passé, donc tout ce qui vient des
« pré-jugés » et de la coutume(parents, école, nation). Il veut faire table rase du passé
jusqu’à ce qu’il trouve quelque chose qui résiste au doute, qui sera ce sur quoi pourra
se construire l’édifice de la science
Cf: Tocqueville, De la démocratie en Amérique: « les jacobins, les révolutionnaires
français ne sont rien que des cartésiens sortis des écoles et descendus dans la
rue »}car ceux-ci répètent ces gestes de la table rase afin de reconstruire le passé/le
monde à partir d’un point 0 symbolisé par le moment révolutionnaire
Cf: Rabaut Saint-Étienne: « notre histoire n’est pas notre code »

—> « Humanisme abstrait »(cf: Claude Lefort appelle la liberté ainsi car c’est ce qui
caractérise au plus profond la DDHC de 1789=cette déclaration symbolise cet
arrachement}être humain mérite d’être respecté « abstraction faite » de tous ces
enracinements dans des communautarismes quels qu’ils soient)/« perfectibilité »(cf:
Rousseau)=idée que ce qui caractérise fondamentalement l’être humain c’est sa
capacité de s’arracher à tous les codes de la nature et de la tradition}il est capable
de s’arracher à toutes les catégories qui prétendraient l’emprisonner, il s’arrache à
son histoire pour pouvoir se retourner contre elle
—>cela suppose une anthropologie, soit une définition de l’homme comme être de
liberté
Liberté=capacité d’arrachement aux codes de la nature et de la tradition/tous les
déterminismes
Cf: Pic de la Mirandole, Discours de 1486 sur la dignité humaine: c’est bien cet
arrachement qui fait la différence entre l’humain et l’animal

Contre argument des contre-révolutionnaires concernant cet humanisme:


Cf: Maistre: « j’ai rencontré des russes, des allemands, des italiens, mais pour ce qui
est de moi je n’ai jamais rencontré l’homme abstrait »=déraciné de sa communauté
Romantisme=philosophie de l’enracinement(héritage dans le nazisme, extrême-droite
contemporaine)

—>plus qu’une philosophie des lumières=« culture des lumières » qui irrigue tout le
XVIIIe

2)Critique de la positivité:
Cf: Hegel, « la positivité de la religion chrétienne »(« positivité » connotée
négativement)
—>Opposition cardinale à l’époque entre le droit positif et le droit naturel:
Droit positif=droit tel qu’il existe avec ses codes en vigueur dans chaque pays/tel qu’il
est posé dans l’histoire et dans la géographie
Pour les philosophes des lumières, ce droit fait office d’ennemi car il est injuste, il peut
permettre la torture, l’emprisonnement sans jugements
Droit naturel/rationnel=droit juste et idéal

Dichotomie=religion positive/religion naturelle(se retrouve dans les textes de Hegel)


Religion positive=religion telle que la pratique l’Église(comportant par là-même des
erreurs), telle qu’elle existe dogmatiquement}Clergé
Vérité des textes de l’Évangile/Religion naturelle, rationnelle(cf: Lessing)

3)Conception mécaniste de la science=repose uniquement sur le principe de


causalité/de raison
—>premier à formuler le principe d’inertie(fondement de la formulation moderne du
principe de raison suffisante)=Descartes dans ses Principes
Principe d’inertie=objet en mouvement ne changera ni de vitesse ni de direction si un
autre objet ne vient pas s’y heurter
Idée(cf: Leibniz par son principe de raison suffisante) qui est une révolution=rien
n’advient dans le monde sans raison, il n’y a donc pas de mystère dans le monde. Il y
a donc du mystère pour nous, mais pas factuellement dans la réalité
—>rupture totale avec toute la superstition du M-A: alchimie, animisme(forces
mystérieuses dans la nature qu’on devrait apprendre à dompter), âme du monde
—>nature=stock d’objets dénué d’âme explicable de part en part par les lois du
mécanisme(cf: Weber:« désenchantement du monde »; cf: Brassens: « le grand pan
est mort »)
—>rupture avec la vision antique du monde des dieux dans la nature: Ouranos=ciel;
Gaïa=terre
Morceaux de nature=morceaux de matière≠morceaux de dieux. On va donc pouvoir
maitriser la nature

Grande différence avec Descartes:


-Descartes pensait qu’on pouvait construire une physique a priori/une philosophie de
la nature
Au XVIIIe, on pense que non et qu’on est obligé de recourir à l’expérimentation. On va
donc ouvrir la science à l’expérience, à l’observation, à l’expérimentation, là où
Descartes pensait qu’on pouvait tout déduire a priori, en se passant de l’expérience

—>controverse Descartes/Pascal sur l’expérience de Toriccelli sur le vide


Idée de Descartes=une bonne hypothèse c’est celle qui rend raison du maximum de
faits de la manière la plus simple qui soit, telle une démonstration
mathématique/élégante quand elle démontre un maximum de propositions avec un
minimum de principes}principe du meilleur
Idée de Pascal=une démonstration peut être très élégante mais totalement fausse, il
faut tenir compte de l’expérience et de ses enseignements pour construire une vision
scientifique du monde

-coupure avec Dieu(critique de la métaphysique)=il n’y a plus de preuves de


l’existence de Dieu au XVIIIe que ce soit pour Voltaire ou Kant
—>idée qu’on puisse prouver l’existence de Dieu par la raison(cf: Leibniz, Spinoza,
Descartes, Malebranche)=erronée

—>réponses des romantiques=les lumières ont coupés l’homme de la nature, il faut


certes recourir à l’opacité de l’expérience pour comprendre le monde, mais cette
opacité est irréductible car nous ne comprendrons jamais entièrement la nature. La
science ne peut être achevée=tâche infinie
—>coupure infinie entre la connaissance et le monde/l’homme et Dieu

4)Lumières politiques(cible principale des romantiques contre-révolutionnaires)


Cf: Kant, Qu’est-ce que les lumières?, 1784: il développe 4 idées qui sont les piliers de
la philosophie politique des lumières:
-état naturel de l’homme=âge adulte}partout dans le monde, dans tous les
régimes politiques(théocratie, despotisme, monarchie absolue) les humains sont
traités comme des enfants.
—>lumières=sortie de l’état de minorité dans laquelle elle a été enfermée par les
régimes absolutistes
-pourquoi l’être humain est plongé de minorité artificielle alors que la
majorité est naturelle? Car d’un côté il y a la paresse et la lâcheté, et de l’autre il y
a la libido dominante des puissants, les forts
-dans cette perspective là, les plus grands philosophes des lumières vont se ranger
derrière le « despotisme éclairé »=état qui est opposé à la société civile(règne des
intérêts particuliers) mais qui en est également l’auxiliaire afin paradoxalement de
représenter l’intérêt général(universalité selon Kant)
- « état instrument » qui sera un état éducateur mais qui idéalement devrait
disparaitre le jour où l’humain deviendrait bon(2 thèmes chez Marx: dépérissement de
l’état à l’infini+état éducateur), état qui va accorder une double liberté=liberté de
publier(droit de publier ses opinions)+pouvoir législatif qui soit démocratique, liberté
législative

—>selon Hegel, la philosophie de Kant et Fichte est une philosophie pour « juif
éclairé »
Lumières=« Philosophie de la réflexion »: car scission par la réflexion, qui est toujours
reflet(suppose toujours l’opposition entre le sujet et l’objet)
Romantiques(Hegel)=« Philosophie de la raison »

Cf: Spinoza dans son Éthique fait de même, par une séparation entre la connaissance
du 2ème genre(homme et monde séparés) et la connaissance du 3ème genre(amour
intellectuelle de Dieu) soit le point de vue que nous aurions sur le monde si nous
étions à la place de Dieu, cad un point de vue dans lequel le monde/connaissance et
sujet/objet ne sont pas séparés
Dieu et Nature=même chose
—>il s’oppose constamment à la scission juive(N/H; N/D)

Critique romantique des lumières:


Cela se fera à travers 3 concepts, afin de retrouver l’harmonie/la réconciliation avec la
Nature et avec Dieu contre la conscience malheureuse des lumières:
-vie
-amour
-beauté

Références romantiques:
Jacobi
Savigny(philosophe romantique du droit)
Adam Muller(théorie de l’état)
Novalis
Holderlin

Vie:
Distinction entre Gesellshaft et Gemeinshaft(Société et Communauté)
Gesellshaft: association dans laquelle on rentre librement(théorie du pacte sociale)
Gemeinshaft=communauté à laquelle on appartient qu’on le veuille ou non, depuis la
naissance≠choix libre mais appartenance. On est « membre d’une communauté » on
ne peut donc pas s’en arracher
—>il y a derrière cela une métaphore organiciste, la société étant un concept
vivant(modèle du contrat) contre lequel les romantiques vont farouchement s’y
opposer. En effet, la société est considéré comme un acte alors que pour les
romantiques ce n’est pas concevable car on appartient à une communauté. Il y a
réconciliation de l’individu et de la communauté dans l’organisme général de l’être
vivant
Dans toute l’idéologie contre-révolutionnaire on va retrouver cette critique de
l’ « humanisme abstrait »

Cf: Maistre, Considérations sur la France, 1797: « la constitution de 1795 tout comme
ses ainés est fait pour l’homme or il n’y a point d’homme dans le monde. J’ai vu dans
ma vie des français, des italiens, des russes, etc, c’est même grâce à Montesquieu
qu’on peut être persan, mais quant à l’homme je déclare ne l’avoir jamais rencontré
de ma vie. S’il existe c’est bien à mon insu. »
—>homme abstrait d’une communauté n’existe pas
—>l’homme n’est homme que parmi les hommes
Métaphore que l’on retrouve chez Fichte}le contrat social est pensé sur le modèle de
la « greffe », cad qu’on peut se rattacher à une société

Amour:
Interprétation qui diffère selon la conception des romantiques et de Hegel
—>amour=réconciliation de deux êtres particuliers en un seul(union des corps et des
esprits)+réconciliation au sens où Hegel l’explique dans l’Esprit du christianisme et
son destin. Cela correspond à une vision chrétienne de l’amour=serment sur la
montagne lorsque Jésus dit à ses disciples: « je ne suis pas venu pour abolir la loi,
rassurez-vous, je suis venu pour la remplir « (pleroma=le remplissement). Jésus veut
dire que dans l’amour, la loi ne s’incarne pas sur le mode du commandement de
l’impératif catégorique à la nature(« tu ne dois pas voler, faire du mal, etc »), mais au
contraire c’est dans l’expérience de l’amour que la loi va être remplie(ex: il n’y a pas
besoin d’une loi pour obliger une mère à nourrir son enfant quand il a faim, à le
prendre dans ses bras, etc.)
—>l’amour remplit la loi en allant du particulier à l’universel, en allant de la nature à
la raison=inclination naturelle qui remplit d’elle-même la loi
—>c’est la nature qui remplit la loi, et non pas la loi qui commande à la nature
Citation du Christ=« je suis l’amour, je suis la vie »}les romantiques considèrent
l’amour et la vie comme une seule et même chose

Vivant=réconciliation de l’intelligible et du sensible(union du corps et du principe vital


immatériel)
Amour=réconciliation de la nature et de la raison(loi)

Beauté:
—>au coeur du romantisme et au sommet de la philosophie de la réconciliation

Esthétique des Lumières avait deux grands protagonistes:


-Classicisme=raison qui tyrannise la nature, comme dans les jardins à la française(cf:
Boileau, L’art poétique: « rien n’est beau que le vrai, le vrai seul est aimable, il doit
régner partout et même dans la fable »)
—>raison informe, rationalise, transforme la nature(cf: Molière présentant dans ses
comédies des types idéaux, des essences humaines comme l’hypocrite,
l’hypocondriaque, Don Juan, Misanthrope)
—>loi qui s’impose à la nature sensible
-Esthétique du sentiment/de la délicatesse/empirisme=nature foisonnante qui fait
exploser les règles de la rationalité(comme dans les jardins anglais)
—>esthétique de l’indicible
—>esthétique de la séparation=on oppose constamment la nature à la raison, le
sensible à l’intelligible, le particulier à l’universel

Pour les romantiques, dans la vraie beauté il y a réconciliation des deux


beauté=réconciliation du sensible et de l’intelligible(cf: Prélude de Chopin: à première
vue les notes qu’il joue sont strictement matérielles et ne seraient que des vibrations
traversant l’espace jusqu’à nos tympans, or c’est en même temps du sensible qui a du
sens/une signification.)
Cf: Mendelssohn: « romance sans paroles »(Paul Verlaine également nommera son
ouvrage ainsi)}ne comporte pas de paroles mais nous parle quand même, comme si
les notes se mettaient à nous parler
Cf: Baumgarten: « Analogon rationis »=science de la connaissance sensible
—>sens du beau pour les romantiques=sens dans la nature
Il y aura une déclinaison de tous ces thèmes dans toutes les dimensions de la
philosophie, de la vie, de la culture de la vie intellectuelle
—>philosophes romantiques du droit vont d’ailleurs vouloir faire une réconciliation du
droit positif et du droit naturel, en disant que cette opposition n’a aucun sens
Il s’agit de déterminer dans une tradition juridique ce qui est vivant et ce qui est
mort(métaphore de l’organisme)
Cf: Savigny, De la vocation de notre temps pour la législation et la science juridique,
1814: « la méthode historique rigoureuse ne consiste pas comme l’on dit de façon
incompréhensible en une valorisation exclusive du droit romain, elle ne consiste pas
non plus à exiger inconditionnellement la conservation du matériau donné quel qu’il
soit, son effort est plutôt d’analyser le matériau donné jusqu’à la racine afin
de découvrir son principe organique par où va automatiquement se séparer
ce qui est encore vivant de ce qui est mort »

Vie=principe directeur
—>esprit critique selon les romantiques=préjugés du XVIIIe
Cf: Burke, Réflexions sur la Révolution française}il préfère confier les affaires
politiques/de l’état à un fermier(bon sens/préjugés/coutumes traditionnelles) plutôt
qu’à un métaphysicien(cf: Robespierre)
—>domaine politique}réhabilitation de l’Ancien régime(réactionnaires/contre-
révolutionnaires) contre la Révolution française
—>critique radicale de l’ « état instrument », qui pour les romantiques représente
l’expression même de la vie organique du peuple. État qui va se concrétiser dans un
monarque(démocrate)=« esprit des nations » selon Montesquieu.
Esprit du peuple=vie du peuple qui lie le sensible et l’intelligible dans le
peuple}universel du particulier des individus
Monarchie absolue=expression la plus haute de la démocratie
—>critique de la science}réhabilitation des causes finales contre les causes
efficientes/réhabilitation du vitalisme contre le mécanisme(selon les romantiques, il
n’expliquera jamais l’élan vital)
Cf: Bichat: vivant(métabolisme, plaque d’ADN qui échange avec le milieu)=ensemble
des forces qui s’opposent à la mort
—>sans la finalité on ne peut comprendre l’organisme vivant selon les romantiques

Éducation selon les romantiques=on privilégie la culture de l’observation insérée dans


la nature et le vivant opposée à la culture livresque(cf: Émile ou de l’Éducation,
Rousseau)

Question du divin=la foi est ce qui permet de relier l’homme et Dieu, de réconcilier ce
que l’Auflkarüng a opposé
—>dans tous les domaines, les romantiques vont privilégier la réconciliation
organique et vitale contre la philosophie de la réflexion

Introduction 2:
Système hégélien va se construire essentiellement comme un dépassement de la
philosophie de la scission/réflexion et le dépassement de la philosophie romantique/de
la réconciliation

Deux grandes structures de pensée sont nécessaires pour comprendre le système


hégélien:
-dépassement de l’antinomie entre les lumières et les romantiques:

—>Philosophie de la réflexion=philosophie de la conscience}entendement=activité du


savant/scientifique
La réflexion et la connaissance scientifique séparent toujours le sujet et l’objet
Cf: Husserl: « toute conscience est conscience de quelque chose »}il n’existe pas de
conscience de soi sans conscience d’objet(corps qui nous permet de réfléchir), ce
faisant la structure même de la réflexion est une structure de scission

Spinoza/Leibniz=modèles de Hegel

Ce que Hegel va objecter(objection principale contre les romantiques) c’est que chez
les romantiques cette réconciliation entre l’État et la société civile, l’homme et la
nature/Dieu, va se faire dans l’irrationalité, dans l’élément du vécu et non celle de la
raison
—>il est d’accord avec les romantiques pour plaider la réconciliation et l’harmonie,
mais il est également d’accord comme les philosophes des lumières pour que cette
réconciliation se fasse dans l’élément de la rationalité pas la foi, le mysticisme, le
vécu, intuition etc
Hegel va faire un dépassement de la réconciliation et de la scission mais en gardant
les deux=« dépassement qui conserve »

-structure de la vie(que Hegel reprend à Schelling):

—>vie=3 moments(structure dialectique}formule=« identité de l’identité et de la


différence »):

1)moment de la vie universelle(« universelle abstrait ») soit la vie qui n’est pas encore
incarnée. La vie universelle ne peut être visible/perçue qu’en s’incarnant en des êtres
vivants}rapport dans l’espèce et l’exemplaire(ex: chats}son espèce est la catégorie
générique/universelle, mais on le voit réellement que par son incarnation dans chaque
chat de manière particulière)
—>la vie s’incarne dans le vivant/l’universel s’incarne dans le particulier/l’identique
s’incarne dans la différence

2)moment de la différenciation/de l’existence réelle dans l’espace et dans le


temps(existence, différence, particulier)
—> « moment de l’être-là »(Dasein), mais également de l’amour/de la réconciliation
entre le particulier à l’universel.
Cf: théologie chrétienne=moment de la mort. Lorsque le vivant particulier meurt, la
vie universelle retourne à elle-même. Moment de la mort=moment de l’amour car
c’est le moment où l’on rejoint le royaume, le paradis, le divin

3)moment de l’amour(retour à la vie éternelle)


—>échec de Jésus selon Hegel car il rejettera toujours le deuxième moment(qui est
aussi une analogie faite en rapport aux lumières)
Jésus ne s’incarne jamais vraiment dans l’esprit objectif, il rejette toujours le moment
de la différence, de la particularisation. Christ=seul être humain qui soit absolument
parfait
La réconciliation de la nature et de la loi morale par l’amour qu’il prêche=Christ est le
seul à la pratiquer
Formule de Hegel: « le judaïsme et les lumières correspondent à la vie sans amour, et
le christianisme c’est l’amour sans vie »
Structures de pensée appliquées à la lecture de la Bible et des Évangiles:

Esprit du christianisme et son destin , écrit entre 1797 et


1800(période de Francfort) et publié en 1907
—>il comporte des éléments hostiles au judaïsme(critique de la religion)
—>interprétation du Christianisme, Judaïsme, kantisme, philosophie, mythologie
grecque

Coeur du texte: interprétation que Hegel va donner du sermon sur la Montagne


Cf: Matthieu 5, serment que Jésus prononce en Galilée. Il est suivi par une foule, il
monte sur une petite colline. Saint-Augustin va appeler ce « serment sur la
montagne ». Jésus va s’adresser à la foule mais également à ce qui sont savants dans
la foule tels les pharisiens(orthodoxes)/saducéens(intégristes)
Jésus s’oppose aux deux.
≠débat entre le christianisme et le judaïsme, le christianisme n’existait pas encore,
d’autant plus que Jésus lui-même était un rabbin juif(« sage juif parmi les juifs »)

Cf: Maguerat, Qui a fondé le christianisme?}à l’époque le judaïsme est traversé par un
débat profond sur la question de la souillure et de la pureté
Cf: Marc 7: scène typique. Les juifs sont scandalisés, tout d’abord car Jésus est suivi
par des pêcheurs(ont les mêmes dans le sang), ses amis sont passés à table sans se
laver les mains. Le Christ leur répond: « rien de ce qui vient de l’extérieur ne peut
vous souiller »(l’impureté vient de l’intérieur, plus précisément du coeur)
—>position radicale entre les rituels juifs d’un côté et la philosophie du Christ de
l’autre(il n’y a aucun rituel dans cette philosophie)
—>ce que Jésus va opposer à la loi juive/aux commandements durant son sermon sur
la montagne=amour. Ce qu’il oppose à la loi des pharisiens+saducéens=amour cad le
Lévitique(« tu aimeras ton prochain comme toi-même »)

Objet de ce sermon=rapport entre la loi et la nature


Est-ce que la loi doit s’incarner en nous?(devons-nous appliquer la loi comme un
impératif contraignant, qui s’oppose à notre nature mauvaise/égoïste et
paresseuse?)=kantisme
Ou est-ce que c’est la nature qui peut/doit remplir la loi?=Christ
—>pour y répondre, Hegel va partir de l’épisode du Déluge dans le
Bible}lien=moment où l’homme et la nature vont s’opposer, moment où la nature va
apparaitre comme un être style à l’humain/raison humaine
déluge=moment de l’hostilité naturelle maximale}construction du judaïsme, de la
philosophie grecque, du christianisme
—>sermon de Jésus=il rassure les juifs orthodoxes(Décalogue très bon), mais il ajoute
ceci que surpasser la justice des scribes et des pharisiens n’est possible que par
l’amour et non par le devoir afin d’entrer dans le royaume des cieux

Cf: Lévinas}homme=être d’anti-nature par excellence, ce qui n’est pas englué dans la
prétendue terre

4 positions sur la question entre la scission et la nature/déluge:

I)
—>déluge}prétexte propice à la domination sur la nature qui a été hostile
Domination de la nature qui va prendre deux formes, chez Noé(origine du judaïsme
selon Hegel suivi de Abraham) et chez Nemrod(celui qui va construire la tour de
Babel):
-Noé=stratégie de double soumission/déchirement(conscience malheureuse)}il va
accepter de se soumettre à Dieu à la condition qu’il lui donne la nature comme
esclave.
—>soumission de la nature aux hommes+soumission des hommes à Dieu. Homme
devient maitre et possesseur de la nature dont la seule exception est le « tu ne tueras
point »(loi du talion).
Cf: Flavius Joseph, Antiquités judaïques: histoire des juifs. Seul historien par lequel on
sait que le christ a existé
-Nemrod va être l’artisan d’une triple scission. Il va approfondir d’avantage la scission
entre l’homme et Dieu car il ne lui fait pas confiance(il pense que c’est Dieu qui a
voulu que la nature soit hostile envers l’homme). Il faut selon lui dominer la nature,
mais sans l’intermédiaire de Dieu. Il est connu pou être le chasseur par excellence(il
tue les animaux). Il construira également la tour de Babel(tour si haute que si Dieu
essaye de détruire l’humanité par l’eau, celle-ci pourrait leur servir « forteresse » en
quelque sorte).
Punition de Dieu=séparation de l’humanité par la multitude de
langues(Babel=Babille=confusion en hébreux)
Triple scission=homme/Dieu(étant détesté), homme/nature(ennemi à dominer
absolument), homme/hommes(langages différents)

II) Position grecque par rapport au déluge: Pyrrha et Deucalion

Cf: Olympiques(neuvième), Pindare


Cf: Métamorphoses, Ovide

—>toujours divorce entre homme/nature, homme/Dieu


Arrière fond de ce mythe grecque: Zeus est déguisé en humain pour visiter la terre, il
découvre une humanité qui se vautre dans le péché, dans l’hubris, l’orgueil, la
démesure, la démence, le non-respect des dieux
—>Licaon=roi qui tente d’égorger Zeus durant son sommeil, qui essaye également de
le faire ingérer de la chair humaine. Pour le punir, Zeus le transforme en loup(origine
des loup-garous=licanthrope)
Zeus est furieux et se dit qu’il va détruire l’humanité par le feu, il se ravise par ailleurs
car il a peur que le ciel prenne feu en progressant jusqu’à l’Olympe. Il va alors recourir
à l’eau plutôt que le feu, inondant ainsi l’humanité

Couple de justes qui a été sauvé=Deucalion et Pyrrha


—>Zeus leur a recommandé de construire une arche et d’y habiter un couple de
chaque animaux
La suite post-déluge est différente de l’histoire de la Bible car les hommes vont se
réconcilier avec la nature non en la dominant mais avec amour
—>quand la pluie cesse de tomber le couple pose le pied sur la terre ferme, ils
trouvent un temps de Thémis(une des divinités de la justice) et ils vont lui demander
conseil. Elles leur dit de s’éloigner du temple, de se voiler la tête(moment religieux de
la pratique sacrificielle), et de jeter derrière eux os de leur grand-mère. Cette énigme
représente les cailloux de Gaïa, ainsi quand Deucalion jette un caillou par-dessus son
épaule il y a un homme qui sort de la terre, et quand c’est Pyrrha c’est une
femme}cela signifie qu’il y une triple réconciliation: homme/dieux, homme/nature(ce
que Hegel appelle « belle totalité grecque »), homme/homme(humanité impure
détruite, et naissance d’une nouvelle humanité par les cailloux=pure et non-
corrompue)

III) Kantisme=sommet de la philosophie de l’entendement


—>Hegel va dire que le kantisme n’est rien d’autre qu’un « judaïsme
intériorisé »}scission homme/Dieu(il n’est qu’une idée dont on ne peut se faire aucune
représentation), homme/nature(la nature restera éternellement l’ennemi, comme
Descartes qui disait qu’elle était l’être à dominer. La nature étant le tremblement de
terre de Lisbonne de 1755=hostilité absolue)
—>nous intériorisons la scission/le déchirement en nous-mêmes ce qui est encore pire
que de se soumettre à Dieu}soumission à la raison pratique(autonomie≠hétéronomie)
Cf: Nietzsche dit qu’en faisant cela on devient un « âne »=une bête qui se charge elle-
même

Dans les grandes philosophies post-hégéliennes et anti-hégéliennes que seront les


écoles de Marbourg(cf: Cassirer =« juif éclairé ») et l’école de Francfort(cf: Adorno,
Horkheimer)
—>ce que Hegel considère comme négatif(scission) du point de vue des néo-kantiens
ou des néo-marxistes}pensée de la différence et de l’altérité cad point de vue positif
Idée reprise dans toute la tradition allemande jusqu’à Heidegger}lien indissoluble que
Adorno et Horkheimer feront entre Kant et le judaïsme
IV) Jésus}moment de l’amour(3ème moment de la dialectique de la vie chez Hegel)
Amour=moment dans lequel le particulier va rejoindre de lui-même l’universel
—>nature particulière et sensible qui devient intelligible, rejoignant également la loi
Dans ce moment, c’est la forme même de la loi qui disparait. C’est la fin de l’impératif
—>Hegel va commenter un par un par les commandements du Décalogue}Jésus
démontre que l’application mécanique de la loi chez les juifs orthodoxes n’a
absolument aucun intérêt(ex: aumône qui doit être discrète et non pas à la vue de
tous)
—>légalité extérieure de la loi≠vraie morale, spiritualité car intéressé}cela doit être
fait par charité, soit par amour(gratuit et désintéressé)

Pb dans les morales du devoir, juive ou kantienne}conflit des devoirs


—>ex: si on veut être vraiment dans la charité, pourquoi ne pas partir maintenant
dans un pays quelconque au lieu de s’occuper de sa famille?
Conflit car si la loi est universelle et qu’elle nous demande de nous soucier d’autrui, il
y a une multitude de cet autrui et d’endroits également.
Cf: L’existencialisme est un humanisme, Sartre: étudiant qui vient voir Sartre et qui lui
demande s’il doit rester avec sa mère(qui mourrait de chagrin s’il part) ou s’il doit
partir dans la résistance et se battre contre les nazis, ce à quoi Sartre lui répond de se
débrouiller et de choisir ce qu’il veut

Dans l’amour comme remplissement de la loi, celui-ci va à chaque fois trouver le


chemin peu importe la situation
—>règlement naturel des conflits de devoir

Échec de Jésus=réconciliation par l’amour mais elle se fait dans l’élément du


sentiment et non de la raison
—>religion chrétienne=stade ultime de la pensée avant la philosophie
—>Jésus n’accepte pas le deuxième moment du vivant car il ne s’incarne pas dans
l’esprit objectif. Sa réconciliation du particulier et de l’universel n’est elle-même que
particulière. L’universel de la loi et le particulier de la nature ne sont réconciliés que
dans la personne particulière du Christ, mais il ne s’est pas incarné dans les autres
particularités, ce qui fait que la Cité va s’opposer à lui(état juif/état romain)

Interprétation hégélienne du judaïsme:

—>interprétation de Hegel qui est partiale et partielle


Cf: Bernard Bourgeois, Hegel à Francfort: ou judaïsme, christianisme, hégélianisme : il
ne prend aucune distance par rapport à l’interprétation hégélienne du judaïsme

Cf: Rivelaygue, Leçons de métaphysique allemande: on peut reprocher à Hegel deux


choses dans son interprétation:
-impasse totale sur le fait qu’il y a une philosophie de l’amour dans le judaïsme(cf:
Lévitique)
Cf: Simone Weil, La pesanteur et la grâce: référence à la théorie juive de la création du
monde(tsimtsoum)}idée que Dieu n’a pas créé le monde par une espèce de
surpuissance mais il a plutôt fait en sorte qu’il manque d’être afin justement qu’il y ait
de l’être. Dieu s’est retiré pour laisser la place au monde en quelque
sorte=magnifique image de l’amour chrétien

-Hegel ne voit pas que la scission, vu du point de vue post-hégélien=quelque chose


d’extraordinaire précieux
≠manque de la part des juifs et de Kant mais c’est parce qu’ils ont conscience que le
système de l’identité(rationalité qui dévore l’altérité) qu’on va instaurer comme vérité
philosophique l’idée de l’interdiction de se faire des images de Dieu

—>chez Kant on ne peut saisir le divin car il pense que l’absolu n’est pas saisissable
par le relatif=savoir absolu en tant qu’illusion
Il a une philosophie de la finitude, ce qui indique l’absolu est absurde par rapport à
lui(contrairement à ce que pensent les cartésiens)
—>ce qui est vrai=connaissance humaine, et par rapport à cette connaissance Dieu
n’est qu’une idée de la raison
Chez les cartésiens on commence par Dieu(cf: Spinoza) et puis on pense l’homme
commun manque par rapport à Dieu(péché/erreur)
Homme=être fini par rapport à la plénitude qui est celle de Dieu
—>cf: Kant, CRP}homme limité dans l’espace/temps.
On peut être croyant par la foi mais pas par la raison, il n’y a ni argument ontologique
ni amour intellectuel de Dieu pour Kant

Oeuvre/système de la maturité:
—>philosophie définitive de Hegel, qui va consister en une tentative de résoudre
l’antinomie des Lumières(côté rationaliste mais pb de la séparation du sujet et de
l’objet par la philosophie de la réflexion) et du romantisme(volonté
d’harmonie/d’union/réconciliation mais qui se fait dans l’élément du sentiment/vécu et
non pas dans l’élément de la raison) en retenant ce qu’il y a de meilleur dans les deux
visions

Hegel va rajouter à cette antinomie deux autres interrogations qu’il emprunte


directement à Leibniz:
-Cf: Théodicée=question de savoir si Dieu est juste alors que le mal existe dans le
monde/comment un Dieu juste et bon et tout-puissant laisse le mal exister dans le
monde
-scepticisme qui est censé naitre de cette idée de « champ de bataille » dans l’histoire
de la philosophie de par les contradictions et l’impossibilité d’atteindre concrètement
la vérité

Question de la Théodicée:
Cf: question que reprendra Diderot en 1749 dans sa Lettre sur les aveugles à l’usage
de ceux qui voient}si Dieu est bon+tout puissant, comment peut-il laisser le mal
frapper les innocents dans le monde
—>réponse chrétienne insuffisante(Dieu a créé l’homme libre de son conseil}libre-
arbitre qui lui permet de choisir entre le bien et le mal, ce faisant s’il y a des
malheureux qui meurent durant la guerre, ce ne peut être que la faute des humains
qui l’on déclenchée)
—>mais il est plus question du mal au sens des catastrophes naturelles qui frappent
les innocents(cf: Diderot, qui dans sa lettre prend l’exemple du mal qui frappe les
nouveaux-nés qui n’ont commis aucune faute/rien de répréhensible et qui sont quand
même frappés par la cécité)
—>question: ou bien Dieu est bon mais il n’est pas tout-puissant, ou bien Dieu est
tout-puissant et omniscient mais il est méchant/indifférent

Cf: Leibniz en 1710 dans cet ouvrage va essayer de résoudre la question du mal
métaphysique
—>il va forger pour la première fois le terme de
« théodicée »(theos=Dieu/dike=justice)}il s’agit de montrer que Dieu est juste malgré
l’existence apparente du mal
Ce que Leibniz va montrer(Hegel va reprendre cette thèse)=le mal n’existe pas car il
est une illusion du point de vue humain, qui ne voit pas la totalité des oeuvres de Dieu
—>les humains prennent pour mal, ce qui constitue « la condition d’un bien plus
grand »
Idée qui va dominer la théodicée de Leibniz=mal en tant que simple apparence
—>il arrive une catastrophe que nous prenons pour un mal, cependant si nous
adoptons un point de vue plus large, nous nous apercevons que ce que nous prenions
pour un mal est absolument nécessaire à la beauté et à la bonté de l’ensemble

Leibniz va expliquer cela à partir de 5 principes(Hegel va les reprendre intégralement


dans son système philosophique):

-principe d’identité qui définit les « possibles »=l’entendement divin est comme un
vaste réservoir à l’intérieur duquel on trouve toutes les idées qui sont possibles(cad
non-contradictoires. Ex: le cercle-carré est impossible, mais un éléphant rose qui vole
n’est pas impossible logiquement mais constitue plutôt un possible)
—>diffère de l’idée de dieu de Descartes, qui lui estime que dieu est transcendant et
est au-delà de la raison(il aurait pu faire que 2+2=5), alors que pour Leibniz il est
soumis aux principes de la raison/logique

-principe de raison suffisante: principe qui va servir à la création. Dieu ne va pas


choisir arbitrairement de faire passer des possibles à l’existence, de faire passer ses
idées au réel mais pour passer du possible à l’existence, il va être soumis à ce principe
—>Dieu ne va pas faire exister n’importe quoi sans raison=tout ce que Dieu va faire
exister dans le monde a sa raison d’être(nihil est sine ratione)
—>variation sur le principe de causalité, cad que tout effet a une cause(il n’y a pas
d’irrationnel dans le monde).
—>c’est ce que Hegel nommera « idéalisme absolu »=« le réel est rationnel, le
rationnel est réel »}réel du monde en tant qu’il est parfaitement conforme au principe
de raison suffisante
On voit par la même les prémisses du mot « dialectique » chez Hegel=un terme
produit/engendre de lui-même son contraire}dans le cadre du principe de raison, le
contraire de la raison c’est la folie qui est elle-même rationnelle car elle n’advient pas
sans raison
-principe du meilleur(cf: Fermat, De maximis et minimis): la meilleure
démonstration est la plus élégante/celle qui produit le maximum d’effet avec le
minimum de principes
—>le maximum de théorèmes démontrés avec le minimum d’axiomes
Ce principe est une variation du principe d’Occam=il ne faut pas multiplier les entités
sans nécessité(rasoir d’Occam)
Le monde de Dieu selon Leibniz=monde dans lequel on va créer le maximum d’êtres
avec le minimum de principes, cad que Dieu va faire exister le maximum de
compossibles(idées possibles compatibles entre elles) dans un monde qui est par
ailleurs un système}maximum de biodiversité dans un écosystème
—>en esthétique ce qui va s’opposer au rationalisme du XVIIe=art baroque(barueco
en portugais qui signifie « une perle qui n’est pas ronde » car la rondeur fait référence
à la perfection}le cercle enserre le maximum d’êtres dans la figure la plus
harmonieuse qui soit, tandis que dans la perle baroque il y a des
excroissances/imperfections)

-principe des indiscernables: il n’y a pas deux êtres identiques dans le monde}ça
ne servirait à rien, ce serait sans raison
Pourquoi Dieu créerait toute la hiérarchie des êtres? Car ça ne servirait absolument à
rien de multiplier des génies(de « créer mille Virgile ») car ce serait contraire au
principe des indiscernables
—>richesse du monde/meilleur des mondes=plus grande diversité dans la plus grande
unité} « système »(sustema=« posé ensemble »)

-principe de continuité: le monde ne fait pas de saut


Dieu est soumis à tous ces principes(chez Leibniz, Spinoza, Hegel, il n’y a aucune
différence entre le possible et le réel)
—>le monde qui existe=le seul possible réellement
Possibilité logique=beaucoup de mondes possibles dans l’entendement de Dieu
Possibilité réelle=ce qui est conforme au principe de raison suffisante, mais ce
principe étant aussi contraignant que le principe d’identité, le monde qui est existe est
le seul compatible avec les exigences du principe de raison. Par conséquent, il est le
seul possible réellement

Cf: Leibniz, De l’origine radicale des choses, §13: « très souvent c’est pour les
meilleurs que les choses vont le plus mal. Les innocents, non seulement les bêtes mais
les hommes sont accablés et tués et même le sont dans les supplices, enfin le monde
surtout en ce qui concerne le gouvernement du genre humain ressemble à quelque
chaos confus plutôt qu’à une réalité ordonnée par une sagesse suprême. Il semble en
être ainsi au premier abord je l’avoue. Mais si l’on y regarde de plus près, ces raisons
mêmes qu’on a apporté rendent évident a priori que c’est le contraire qui est vrai et
que c’est par la totalité des choses et surtout des esprits qu’on obtient la plus grande
perfection qui puisse être. Et vraiment il n’est pas correct de juger sans avoir
considéré toute la loi comme disent en droit les jurisconsultes. Nous connaissons une
très petite partie d’une éternité à prolonger au-delà de toute mesure combien peu en
effet représentent le souvenir des quelques milliers d’années que l’histoire nous
transmet, et cependant à partir d’une si petite expérience nous nous permettons de
juger témérairement de l’immense et de l’éternel comme ferait des hommes qui nés
et élevés en prison ou si l’on préfère dans les mines de sels souterraines de Pologne
penseraient qu’il n’y a pas d’autres lumières au monde que sinon celles des
méchantes lampes qui leur suffit à orienter péniblement leur pas. Considérons une
très belle peinture, cachons la toute entière sauf une infime petite partie, que verrons-
nous d’autre en elle malgré l’examen le plus approfondi au mieux, d’autant plus qu’on
l’examinera de plus près sinon un amas confus de couleurs sans choix et sans art, et
cependant quand le voile une fois retirée on considérera tout le tableau d’un centre de
perspective convenable, on comprendra que ce qui paraissait appliqué au hasard sur
la toile a été pour l’auteur l’oeuvre d’un art suprême ».

Question du scepticisme:
—>Hegel pose cette question de manière explicite
Cf: introduction aux Cours sur l’histoire de la philosophie} « Si l’histoire de la
philosophie n’est considéré que comme une collection contingente de pensées et
d’opinions, elle est totalement inutile et n’a d‘intérêt que pour l’érudition. Être érudit
signifie connaître des choses étrangères et l’on considère d’ordinaire comme le dernier
mot de l’érudition les immondices. S’occuper des opinions d’autrui ne peut avoir
d’intérêt pour notre propre esprit pour la vérité. Cependant, à cet égard l’histoire de la
philosophie aurait dit-on un autre intérêt. Il doit en résulter en effet que l’effort pour
saisir la vérité par la pensée est vain. »
—>Si les philosophies doivent passer pour des opinions, elles n’offrent pas de
véritables intérêts car ce ne sont pas des vérités

Cf: Cicéron, De natura deorum


Histoire superficielle des idées philosophiques sur Dieu
—>finalité=collection d’opinions qui se battent entre elles, nous débarrassent par là-
même de la philosophie

Ce que décrit Hegel se retrouve dans l’histoire des sciences}systèmes scientifiques


qui réfutent d’autres systèmes, les renvoyant à l’erreur
—>selon Hegel, la vérité=système qui réunit harmonieusement tous les points de vue
philosophiques qui se sont développés dans l’histoire
C’est en montrant cela que l’on va pouvoir sortir du scepticisme

—>structure qui va être appliquée à l’histoire de la philosophie afin de répondre à la


question de l’erreur=question du scepticisme
Il s’agit donc de laver la philosophie de l’accusation de scepticisme, comme on a lavé
Dieu de l’accusation d’injustice
—>c’est là qu’on va voir le système hégélien se construire

Cf: La raison dans l’histoire: « Notre méditation sera donc une théodicée, la
justification de Dieu que Leibniz avait tenté métaphysiquement à sa manière et avec
des catégories encore indéterminées »
—>Hegel se propose donc de perfectionner le modèle de Leibniz

Position de Hegel en 1801(encore disciple de Schelling):


—>Idée que la critique philosophique est conçue à l’époque sur le modèle de la
critique d’art
Cela signifie que dans l’oeuvre d’art on va retrouver cette position que l’art est
l’incarnation d’une idée dans un matériau sensible(ex: idée religieuse dans les arts
religieux)
—>le critique d’art selon Hegel, est celui qui va dégager l’idée qui est en quelque
sorte incarnée dans le sensible, et qui va en plus montrer qu’il y a une magnifique
présentation de l’idée
—>il y a d’un côté le « noyau » rationnel et de l’autre il y a la « coque » rationnelle/il y
a le signifiant(matérialité de l’art/sensible) et le signifié(idée qui est incarnée dans
l’art)
Travail du critique d’art=faire exploser la « coque » afin d’en révéler l’idée

Cf: Hegel et Schelling, De l’essence de la critique philosophique:


Ce que Hegel va faire avec Schelling=appliquer ce schéma de l’art à l’histoire de la
philosophie
—>il dira donc que toutes les philosophies disent la même chose, cad des idées qui
sont exprimées, mais cette vie de l’esprit qui est exprimée dans les différentes
philosophies correspond à ce que Hegel et Schelling appellent« la culture du
temps »/« esprit du temps »(matériau idéologique)
—>ce qui va caractériser la vraie philosophie=réconciliation de la forme et la matière
dans le système}les philosophies antérieures verront que ce système là est vrai car la
forme et le contenu sont en harmonie(« besoin de philosophie »/« besoin d’harmonie »
dans les philosophies)

Plus tard, Hegel va rejeter cette idée pour deux raison:


-idée contraire au principe de raison suffisante(toute l’historicité devient
contingente=essentiel de l’histoire qui devient irrationnel et sans raison)
-l’idée que le système va s’imposer aux autres parce qu’il est vrai et parce que la
forme/contenu sont en harmonie=indéfendable(dogmatisme). En vérité il faut que la
conscience naïve puisse découvrir d’elle-même la vérité du système ultime+la
fausseté de sa propre position pour s’élever vers ce système ultime. On ne peut pas la
convaincre de l’extérieur

—>solution définitive de Hegel qui passera par 3 concepts clé(structurent


toutes les dialectiques hégéliennes):

-en-soi=graine(que l’on va planter dans le sol) dont tout est contenu mais de manière
indéterminée. Toutes les particularités sont contenus dans le germe, mais pas encore
développées(ex: la graine de sapin donnera un sapin, la graine de peuplier donnera un
peuplier, cependant il est difficile de distinguer la différence entre ces deux graines
donc indétermination). Il correspond plus précisément à l’être en puissance qui n’est
pas encore développé

-être-là=existant/choses particulières telles qu’elles existent.


—>également le moment de la philosophie de la réflexion qui sépare tout

-pour-soi=structure de la conscience de soi, qui existe pour elle-même}structure de


l’esprit
—>structure qui unifie toutes les représentations qui sont en nous
—>tous nos souvenirs, toutes nos idées, tous les flux qui nous passent par la
tête}différences qui sont unifiés dans l’élément de la conscience de soi et que nous
rapportons à nous-mêmes

Système selon Hegel=« identité de l’identité de la différence »}le système(structure


appliquée à l’histoire des idées qui va déployer les différences des divers points de
vue philosophiques) va rassembler dans une recollection harmonieuse toute cette
diversité des systèmes philosophiques qui se sont déployés dans l’histoire
Système hégélien=système de tous les autres systèmes
Cf: Phénoménologie de l’esprit, 1807(qui de base constitue un cours pour les élèves de
seconde)
Préface: « le faux et le mal existent aussi peu l’un que l’autre »}ce qui signifie que
l’erreur n’existe pas et que tout est vrai
—>vrai=tout}totalités des idées qui se sont développées dans l’histoire
—>erreur=développement de la science encore inachevée/développement de
l’histoire de la vérité(totalité de ce qui est)

La pluralité d’idées dans l’histoire va vaincre le scepticisme, par l’intermédiaire d’un


tout harmonieux
—>système hégélien=« monadologie » historique

Cf: Monadologie, §57: « comme une même ville, regarder de différents côtés parait
tout autre et est comme multiplié perspectivement, il arrive de même que par la
multitude d’infinis des substances simples(individus/monades), il y a comme autant de
différents univers qui ne sont pourtant que les perspectives d’un seul selon les
différents points de vue de chaque monade »
—>autrement dit, nous avons chacun notre point de vue, on pourrait croire que
chaque point de vue correspond à un monde différent de celui des autres mais le
système de l’harmonie est préétablie}harmonisation dans un seul monde et dans un
seul point de vue
—>=point de vue de Dieu cad celui du savoir absolu
—>savoir absolu de Hegel/fin de l’histoire=point de vue à partir duquel on
harmonisera tous les différents points de vue philosophiques/toutes les grandes idées
qui se sont déployés dans l’histoire

Cf: Leçons sur l’histoire de la philosophie: « il importe de savoir qu’il existe quelque
chose de tout simple contenant en soi une multiplicité qui toutefois n’existe pas
encore pour-soi. Le moi fournit un plus grand exemple, quand je dis « moi », c’est là le
« tout » simple, le général abstrait, ce qui est commun à tous, chacun est « moi ».
Cependant, c’est la plus riche variété de représentations d’instincts, d’inclinations, de
pensées, etc(tous les états de conscience vont se développer à l’intérieur de la
structure du moi=structure de la subjectivité). Ce simple point, le « moi » contient tout
cela, c’est la force la notion de tout ce qu’un homme développe de son propre fond.
On peut dire après Aristote que dans le simple qui est en-soi dans la dunamis potentia,
la disposition, ce qui se développe est déjà contenu. Le développement ne produit rien
de plus que ce qui était déjà en-soi »

3 grandes critiques de Hegel:


-cf: Schelling, Les conférences de Munich:
—>idée que le système hégélien est un gigantesque argument ontologique(on va
déduire l’existence de Dieu par son idée/concept)
Idée de Dieu=il possède toutes les qualités or l’existence est une qualité donc puisque
Dieu possède toutes les qualités, il possède aussi l’existence donc il existe(cf: Saint-
Anselme)
—>cet argument est la base de l’idéalisme absolu=on tire l’existence de l’idée
Schelling pense que Hegel déduit l’existence réelle/le moment de l’être-là de l’en-soi

Cf: Heidegger et la « différence ontologique »


—>être=fait qu’il y ait des étants(choses qui existent)}fait même qu’il y ait un monde
—>être≠étant lui-même(ex: arbre≠chaise, mais la chaise est le fait qu’il y ait un
arbre)
Différence ontologique=différence entre l’être et l’étant, cad la différence entre les
choses qui sont et le fait qu’il y ait des choses
Être=« il y a » des choses

-le système hégélien sera forcément injuste avec tous les autres philosophies qui
préservent la différence, l’altérité, notamment avec les philosophies de Kant et des
juifs
—>judaïsme et kantisme mis constamment dans le même sac par Hegel, comme la
figure de la conscience malheureuse car ce sont des visions du monde dans lesquelles
l’homme ne peut pas et ne doit pas se réconcilier avec Dieu, ni avec la nature
Il reste une différence entre l’homme et le monde, l’homme et Dieu}pour Hegel cette
différence est un manque, une faute, un inachèvement. Il veut une philosophie de
l’harmonie, de la réconciliation
Cette transcendance de Dieu/de la nature par rapport à l’homme, cette altérité même
des humains entre eux est perçue comme une faute alors que si on se place d’un point
de vue post-hégélien c’est au contraire une grande vertu du judaïsme et du kantisme
que d’avoir résisté à la philosophie de l’identité, et d’avoir maintenu une pensée de
l’altérité radicale

Classification des arts/structure de la grande oeuvre esthétique de


Hegel:

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