Exercice
3 1 −1
Soit A = 1 1 1 ∈ M3 (R); on note v l’endomorphisme de R3 canoniquement associé à
2 0 2
A.
1.1. Calculer le polynôme caractéristique χA de la matrice A et en déduire que A possède une
seule valeur propre λ à préciser.
1.2. Déterminer Ker (v − λidR3 ), le sous-espace propre de v associé à son unique valeur propre
λ.
1.3. La matrice A est-elle diagonalisable dans M3 (R) ? Est-elle trigonalisable dans M3 (R) ?
1.4. On considère l’endomorphisme u = v − 2idR3 et on pose e1 = (1, 0, 0).
1.4.1. Montrer que l’endomorphisme u est nilpotent.
1.4.2. Déterminer le noyau de l’endomorphisme u2 puis / Ker u2 .
vérifier que e1 ∈
1.4.3. Montrer que la famille B = u (e1 ) , u (e1 ) , e1 est une base de R3 et écrire la matrice T
2
de v dans la base B, puis exprimer la matrice A en fonction de T .
+∞
X 1 k
1.4.4. Calculer l’exponentielle de la matrice A. On rappelle que exp(A) = A .
k!
k=0
PROBLÈME
Notations, définitions et rappels
Soit K = R ou C. Si E est un K-espace vectoriel de dimension finie, L(E) désigne le K-espace
vectoriel des endomorphismes de E. Si u, v ∈ L(E), u ◦ v se note uv et l’identité est notée idE .
Pour u ∈ L(E), les endomorphismes itérés up de u sont définis par les relations u0 = idE et
up = uup−1 pour tout p ∈ N∗ . On note Tr(u) la trace de u, det(u) son déterminant et χu son
polynôme caractéristique; on rappelle que, pour tout λ ∈ K, χu (λ) = det (λidE − u).
Mn (K) désigne le K-espace vectoriel des matrices carrées d’ordre n ∈ N∗ à coefficients dans K; on
note In la matrice identité de Mn (K). Si A ∈ Mn (K), on note Tr(A) sa trace, det(A) son déterminant
et χA son polynôme caractéristique; on rappelle que, pour tout λ ∈ K, χA (λ) = det (λIn − A).
On rappelle que deux matrices semblables de Mn (K) ont même déterminant et même trace.
Définition : Une matrice de Mn (K) est dite scalaire si elle est de la forme λIn avec λ ∈ K.
L’objectif du problème est de montrer la propriété P suivantes pour n ∈ {2, 3} :
P : Dans Mn (C), toute matrice A qui n’est pas scalaire est semblable à une matrice de Mn (C)
dont la diagonale est (0, Tr(A)) (resp. (0, 0, Tr(A)) ) si n = 2 (resp. n = 3).
1ère Partie :
Étude de quelques exemples
Un premier exemple
1 1
On considère la matrice A = ∈ M2 (R) et on note u l’endomorphisme de R2 canonique-
1 1
ment associé à la matrice A.
1.1.1. Calculer les valeurs propres de u et justifier que A est diagonalisable dans M2 (R).
1.1.2. On note λ1 et λ2 les valeurs propres de u avec λ1 < λ2 . Déterminer, pour chaque
i ∈ {1, 2}, le vecteur ei de R2 dont la première composante vaut 1 et vérifiant u (ei ) = λi ei .
1.1.3. Justifier que (e1 , e2 ) est une base de R2 et écrire la matrice D de u relativement à cette
base.
1.1.4. Exprimer la matrice A en fonction de D et conclure que A vérifie la propriété P.
1
Un deuxième exemple
3 1 −1
Soit B = 1 1 1 ∈ M3 (R); on note v l’endomorphisme de R3 canoniquement associé à B.
2 0 2
1.2.1. Calculer le polynôme caractéristique χB de la matrice B et en déduire que B possède
une seule valeur propre λ à préciser.
1.2.2. Déterminer Ker (v − λidR3 ), le sous-espace propre de v associé à son unique valeur propre
λ.
1.2.3. La matrice B est-elle diagonalisable dans M3 (R) ? Est-elle trigonalisable dans M3 (R) ?
1.2.4. On pose e1 = (1, 0, 0) ∈ R3 .
(i) Calculer les vecteurs v (e1 ) et v 2 (e1 ) puis montrer que la famille C = e1 , v (e1 ) , v 2 (e1 ) est
une base de l’espace vectoriel R3 .
(ii) Exprimer le vecteur v 3 (e1 ) dans la base C et écrire la matrice B ′ de v dans cette base.
(iii) Exprimer la matrice B en fonction de B ′ et conclure que B vérifie la propriété P.
2ème Partie :
Une caractérisation des homothéties
Application à l’étude de la propriété P en dimension 2
Une caractérisation des homothéties
Soit E un K-espace vectoriel, de dimension finie n ⩾ 1, et soit f ∈ L(E) un endomorphisme tel que,
pour tout x ∈ E, la famille (x, f (x)) est liée.
2.1.1. Montrer que, pour tout x ∈ E\ {0E }, il existe un unique λx ∈ K tel que f (x) = λx x.
2
2.1.2. Soit (x, y) ∈ (E\ {0E }) ; démontrer que si la famille (x, y) est liée alors λx = λy .
2
2.1.3. Soit (x, y) ∈ (E\ {0E }) ; démontrer que si la famille (x, y) est libre alors λx = λy .
2.1.4. En déduire que f est une homothétie.
Application à l’étude la propriété P dans le cas n = 2
On considère une matrice A ∈ M2 (C) qui n’est pas scalaire et on cherche à montrer que A vérifie la
propriété P. Pour cela, on note u l’endomorphisme de C2 canoniquement associé à la matrice A.
2.2.1. Justifier qu’il existe un vecteur e ∈ C2 tel que la famille B = (e, u(e)) soit une base de
2
C .
0 − det(u)
2.2.2. Montrer que la matrice de u dans la base B est égale à .
1 Tr(u)
0 − det(A)
2.2.3. Montrer que la matrice A est semblable dans M2 (C) à la matrice et
1 Tr(A)
conclure.
2
3ème Partie :
Démonstration de la propriété P dans le cas n = 3
Dans cette partie, on considère une matrice A ∈ M3 (C) qui n’est pas scalaire et on cherche à
montrer que A vérifie la propriété P.
On considère le C-espace vectoriel E = C3 et on note u l’endomorphisme de E canoniquement
associé à A; soient λ1 , λ2 , λ3 les valeurs propres de la matrice A, comptées avec leur ordre de
multiplicité. On pose enfin σ2 (A) = λ1 λ2 + λ1 λ3 + λ2 λ3 .
Quelques résultats utiles
3.1.1. Exprimer det(A) et Tr(A) en fonction des valeurs propres λ1 , λ2 et λ3 de la matrice A.
3.1.2. Préciser les coefficients du polynôme χA en fonction de Tr(A), det(A) et σ2 (A).
3.1.3. Montrer que u3 = Tr(A)u2 − σ2 (A)u + det(A)idE .
Cas où les 3 valeurs propres de A sont deux à deux distinctes
On suppose ici que les valeurs propres λ1 , λ2 et λ3 de la matrice A sont deux à deux distinctes et
on note e1 , e2 et e3 des vecteurs non nuls de E tels que u (ei ) = λi ei , pour tout i ∈ {1, 2, 3}. On
pose enfin
e = e1 + e2 + e3 .
3.2.1. Montrer que B = (e1 , e2 , e3 ) est une base de E. L’endomorphisme u est-il diagonalisable?
3.2.2. Exprimer les vecteurs u(e) et u2 (e) dans la base B puis montrer que la famille C =
2
e, u(e), u (e) est aussi une base de E.
3.2.3. Écrire la matrice A′ de u dans la base C et justifier que les matrices A et A′ sont
semblables, dans M3 (C), puis conclure que A vérifie la propriété P.
Cas où A possède une valeur propre double et une valeur propre simple
On note λ la valeur propre double de A et µ sa valeur propre simple; en particulier, λ ̸= µ.
3.3.1. Préciser la dimension du sous-espace vectoriel Ker (u − µidE ). Quelles sont les valeurs
possibles de la dimension du sous-espace vectoriel Ker (u − λidE ) ?
2
3.3.2. Montrer que Ker (u − µidE ) ∩ Ker (u − λidE ) = {0E }
2
et en déduire que dim Ker (u − λidE ) ⩽ 2.
2
3.3.3. Montrer que Im (u − µidE ) ⊂ Ker (u
− λidE ) .
2
3.3.4. Déduire de ce qui précède que dim Ker (u − λidE ) = 2.
3.3.5. Cas où l’endomorphisme u est diagonalisable
(i) Justifier que, dans ce cas, dim (Ker (u − λidE )) = 2.
On choisit e1 ∈ Ker (u − µidE ) \ {0E }, une base (e2 , e3 ) de Ker (u − λidE ) et on pose e = e1 +e2 .
(ii) Vérifier que (e, u(e)) est libre et montrer que la familleB = (e, u(e), e3) est une base de E.
0 −λµ 0
(iii) Montrer que la matrice A′ de u dans la base B vaut 1 λ + µ 0 .
0 0 λ
0 0 0 λ λ λ λ λ λ 0 −λ −λ
(iv) Si µ = 0, vérifier que 1 λ 0 −1 0 0 = −1 0 0 −λ 0 −λ
0 0 λ λ 0 λ λ 0 λ λ λ 2λ
et conclure que la matrice A vérifie la propriété P.
(v) Si µ ̸= 0, montrer enutilisant le cas n = 2 qu’il existe unematrice inversible Q ∈ M2 (C)
′ ′ 2 λ+µ 0 −1 0 v′
et (v , w ) ∈ C tels que Q Q = ′ puis justifier, moyennant des
0 λ w 2λ + µ
produits matriciels
par blocs,que la diagonale de la matrice
0 −λµ 0
1 0 1 λ+µ 0 1 0
est égale à (0, 0, 2λ + µ). Conclure que la matrice A
0 Q 0 Q−1
0 0 λ
vérifie la propriété P.
3.3.6. Cas où l’endomorphisme u n’est pas diagonalisable
2
(i) Justifier que, dans ce cas, Ker (u − λidE ) & Ker (u − λidE ) .
3
2
On choisit e1 ∈ Ker (u − µidE ) \ {0E } , e2 ∈ Ker (u − λidE ) \ Ker (u − λidE ) et on pose e =
e1 + e2 .
(ii) Justifier que (e2 , u (e2 )) est libre et montrer que la famille B = (e1 , e2 , u (e2 )) est une base
de E.
(iii) En exprimant ses éléments dans la base B, montrer que la famille C = e, u(e), u2 (e) est
une base de E.
(iv) Exprimer la matrice A′ de u dans la base C en fonction de λ et µ, puis conclure que la
matrice A vérifie la propriété P.
Cas où A possède une valeur propre triple
On note λ l’unique valeur propre de A; donc χA = χu = (X − λ)3 .
2
3.4.1. Justifier que u n’et pas diagonalisable et montrer que Ker (u − λidE ) & Ker (u − λidE ) .
2
3.4.2. On considère un vecteur e ∈ Ker (u − λidE ) \ Ker (u − λidE ). Justifier que (e, u(e)) est
une famille libre.
3.4.3. Soit e3 ∈ E tel que (e, u(e), e3 ) soit une base de E. En écrivantla matrice de u dans
0 −λ2 c
cette base, montrer que A est semblable dans M3 (C) à une matrice du type 1 2λ d , avec
0 0 λ
(c, d) ∈ C2 .
3.4.4. Si λ ̸= 0, montrer le cas n
en utilisant = 2 qu’ilexiste une matrice inversible P ∈ M2 (C)
2 2λ d −1 0 v
et (v, w) ∈ C tels que P P = puis justifier, moyennant des produits
0 λ w 3λ
0 −λ2 c
matriciels par blocs, que la diagonale de la matrice
1 0 1 2λ d 1 0
est
0 P 0 P −1
0 0 λ
égale à (0, 0, 3λ).
3.4.5. Envisager le cas restant et conclure que A vérifie, dans les deux cas, la propriété P.
FIN DE L’ÉPREUVE