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Guide Agroforestier Cote D'ivoire

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GUIDE AGROFORESTIER

Manuel de formation
Expériences de la périphérie du
Parc National de Taï (MAB), CÔTE D’IVOIRE
GUIDE AGROFORESTIER
Manuel de formation
Expériences de la périphérie du
Parc National de Taï (MAB), CÔTE D’IVOIRE

Imprimé par
COORDINATION
Wilfrid Pineau
Email : [Link]@[Link]
Tél : +33 (0)1 53 59 97 98

CONCEPTION ET RÉALISATION GRAPHIQUE, ILLUSTRATIONS


Joëlle Cancelier
Email : jochari@[Link]
Tél : +33 (0)5 90 23 58 33

CONTRIBUTIONS
●Madame Annette Hladik
●Madame Camara Kadiatou.
●Monsieur Vincent Béligné.
●Monsieur Ahui Ahui Jacques.
●Monsieur Koffi Jules.
●Monsieur Kouamé Kouassi Aimé.
●Monsieur Amon Kobenan.
●Monsieur Bédé Yatcho David.

REMERCIEMENTS
●Ministère des Affaires Etrangères, MAE France.
●Fonds de Développement de la Formation Professionnelle,
FDFP Côte d’Ivoire.
●Autorités administratives et politiques de la sous-préfecture de Taï.
●Autorités traditionnelles des localités de la sous-préfecture de Taï.
●Monsieur Assoumou Baka Charles, FDPP.
●Madame Keïta Savané Aoua, FDFP.
●Monsieur Pierre-Henri Coffi, Secrétaire Général du FDFP.
●Docteur Léonie Bonnéhin.
●Docteur Noël Nahounou.
●Monsieur le Directeur de la zone Ouest de l’Office Ivoirien des Parcs
et Réserves.
●Monsieur Baptiste Dolidon.
PRÉFACE

Aujourd’hui, on peut affirmer, sans crainte de se tromper, que la


première décennie du 21e siècle qui s’achève, a été caractérisée
par une série de crises spectaculaires au niveau mondial : crises
liées aux changements climatiques, crise énergétique, crise
alimentaire, et plus récemment, crise financière…Ces évènements
à répétition nous interpellent, et posent la question fondamentale
suivante : comment, dans un monde en constante mutation,
concilier la vision globale de gouvernance environnementale et
la capacité de l’Homme d’anticiper les évènements et d’agir de
façon préventive au niveau local en vue d’atténuer l’impact des
grandes catastrophes sur les populations ?

Un des exemples frappants de ce défi est sans doute le tsunami


de décembre 2004 qui a créé un émoi à travers le monde et qui
a suscité un élan de solidarité sans précédent. Alors qu’il s’agissait
à l’origine d’un phénomène naturel, géologique, sismique, les
experts s’accordent pour dire que l’ampleur de la catastrophe
a été accentuée par le manque de mesures préventives au
niveau local et régional. En effet, l’ignorance des populations
locales, ou plutôt l’absence de système d’alerte précoce et de
stratégie d’information des populations riveraines, la destruction
des mangroves, ces écosystèmes forestiers tropicaux complexes
qui auraient pu jouer le rôle de « zone tampon » pour amortir le
choc du tsunami à l’intérieur des terres, sont autant de facteurs qui
ont contribué à rendre ce fléau plus meurtrier en termes de vies
humaines, depuis l’Indonésie jusqu’aux côtes orientales africaines,
en passant par de nombreux pays d’Asie du Sud-Est (Sri Lanka,
Thaïlande, Inde, etc.). 8
1
Cet exemple historique montre combien il est important, en matière
de conservation et de développement durable, de privilégier le
sage principe de base « Penser globalement, agir localement »
comme approche conceptuelle et mode d’action intégrée de
bonne gouvernance environnementale.

A cet égard, le présent Guide agroforestier, en tant que manuel


de formation qui capitalise les expériences de plusieurs années,
menées dans la Réserve de Biosphère de Taï, en Côte d’Ivoire
(Afrique de l’Ouest), constitue à mes yeux, une contribution effective
dans l’application de ce principe de base et dans la recherche de
solutions in situ à l’autosuffisance alimentaire. En effet, ce manuel,
riche en illustrations et de grande qualité scientifique, a le mérite
d’être écrit dans un langage accessible et compréhensible par
les gestionnaires, les jeunes agronomes itinérants, les fermiers,
les groupements de femmes et autres acteurs impliqués dans la
production agricole et dans la chaîne de distribution alimentaire.
De nombreux conseils pratiques liant à la fois les savoir-faire locaux
et les connaissances modernes en agroforesterie confèrent à ce
Guide sa véritable valeur ajoutée en tant que manuel de référence
pour les jeunes chercheurs et pour la formation des formateurs. Le
Guide agroforestier de Taï est un bel exemple du rôle des « Réserves
de biosphère, comme laboratoires d’apprentissage en vue du
développement durable ». C’est sans conteste une contribution
significative à la poursuite des Objectifs du millénaire pour le
développement (OMD), notamment les OMD N°1 (lutte contre la
pauvreté) et N°7 (bonne gouvernance environnementale).

Ce travail est le fruit d’une étroite collaboration entre l’ONG Pro-


Natura International, le Fonds de Développement de la Formation
Professionnelle (FDFP) de Côte d’Ivoire et le Programme sur
l’Homme et la biosphère (MAB) de l’UNESCO. Toutes mes sincères
félicitations à Wilfrid Pineau qui a coordonné l’élaboration de ce
Guide, et à tous les auteurs, parmi lesquels plusieurs spécialistes
africains, pour leurs excellentes contributions. 8

2
Mes remerciements au Ministère français des Affaires Etrangères
(MAE) qui a bien voulu financer ce Guide agroforestier de Taï, que
je recommande à tous. Le MAB-UNESCO qui a aussi apporté son
appui financier à la publication de cet ouvrage ne ménagera
aucun effort pour assurer une large diffusion de ce Guide,
résultat d’un partenariat agissant entre le MAB-UNESCO et le
secteur privé, s’appuyant sur le Réseau mondial de réserves de
biosphère, tel que recommandé par le Plan d’action de Madrid
(cible N°8, 27 et 29).g

N. ISHWARAN
Directeur
Division des sciences écologiques et de la terre
Secrétaire du Programme sur l’Homme et la biosphère (MAB)

3
TABLE DES MATIÈRES

INTRODUCTION 7

I CONTEXTE ENVIRONNEMENTAL DE L’AGROFORESTERIE 18

II. IDENTIFICATION DE QUELQUES


SYSTÈMES AGROFORESTIERS ET CONSEILS PRATIQUES 22

II.1. SYSTÈMES AGROFORESTIERS 22

II.1.1. HAIE VIVE 22


II.1.2. CULTURES PÉRENNES « SOUS COUVERT ARBORÉ » 28
II.1.3. ASSOCIATION CAFÉIER/LÉGUMINEUSES 30
II.1.4. HÉVÉACULTURE 31
II.1.5. SYSTÈMES COMPLEXES PLURISTRATIFIÉS, JARDIN DE CASE ET AGROFORÊT 32
II.1.6. CULTURE VIVRIÈRE EN BANDES ALTERNÉES 37
II.1.7. JACHÈRE ARBORÉE AMÉLIORÉE 38
II.1.8. MÉTHODE TAUNGYA 39
II.1.9. GESTION D’ARBRES FOURRAGERS 39

II.2. RECOMMANDATIONS GÉNÉRALES 40

II.3. SÉLECTION D’ESPÈCES À INTERÊT AGROFORESTIER 44

III. IMPLANTATION ET GESTION


DE LA PÉPINIÈRE AGROFORESTIÈRE 49

III.1. CHOIX DU SITE DE LA PÉPINIÈRE 50


III.2. PRÉPARATION DU SITE
ET INSTALLATION DE LA PÉPINIÈRE 51
III.3. ENTRETIEN DE LA PÉPINIÈRE ET CONSEILS PRATIQUES 52

4
IV. PROPAGATION DES ESSENCES AGROFORESTIÈRES 54

IV.1. PROPAGATION À PARTIR DES GRAINES 54

IV.1.1. RÉCOLTE DE SEMENCES 54


IV.1.2. SEMIS 57

IV.2. PROPAGATION VÉGÉTATIVE (SANS GRAINES) 59

IV.2.1. LE MARCOTTAGE 60
IV.2.2. LE BOUTURAGE 64

V. PLANTATION ET ENTRETIEN
DES PARCELLES AGROFORESTIÈRES 72

III.1. PLANTATION 72
III.2. ENTRETIEN DE LA PLANTATION 74

5
6
INTRODUCTION

ETUDE DE CAS EN CÔTE D’IVOIRE, IMPLANTATION DU PROJET


AGROFORESTIER DE PRO-NATURA INTERNATIONAL ET VIE ET FORÊT.

L’agroforesterie apparaît comme une science relativement


nouvelle qui prend en compte des pratiques traditionnelles
ancestrales principalement originaires des pays tropicaux. En
science, les différents domaines de recherche ont longtemps été très
compartimentés, laissant peu de place à l’étude des interactions
et des synergies entre les différents domaines de recherche.
Ce n’est que vers la fin des années 1970 que la recherche
scientifique s’est plus sérieusement penchée sur les interactions et
synergies entre plantes cultivées et arbres. On a ainsi notamment
pu prouver que des rendements agricoles pouvaient être meilleurs
grâce à l’intégration de l’arbre sur la parcelle.
L’indispensable recherche fondamentale implique des processus
longs et trop peu de résultats bénéficient finalement aux
populations locales. Les paysans du Sud ont besoin d’applications
pratiques au niveau local, directement utilisables. L’agroforesterie
vise à établir des liens entre les différents domaines de la recherche
et à promouvoir la recherche appliquée au niveau paysan. Des
techniques deviennent ainsi des pratiques méritant d’être diffusées
à une vaste échelle englobant les agriculteurs sur de larges
territoires, sans les spécialiser à outrance.

L’agroforesterie se situe à l’interface des domaines de l’écologie et


de l’anthropologie. Dans les forêts, l’Homme peut être chasseur de
gibier, cueilleur de plantes ou d’autres petits organismes. Il interfère 8

7
ainsi peu sur son milieu et on peut considérer qu’il a sillonné toutes
les forêts depuis des temps immémoriaux.
Il semble que ce soit d’abord les forêts, dans leur ensemble, qui ont
été aménagées, apprivoisées. L’Homme a ainsi coupé des arbres
localement pour intervenir sur les conditions du micro-climat,
notamment en augmentant la quantité de lumière nécessaire à
la croissance des espèces qu’il avait choisies de laisser en place.
Cela s’est passé bien avant que ne se manifeste la domestication
proprement dite des espèces, en sélectionnant empiriquement
des plantules protégées, c’est-à-dire avant que l’Homme ne soit
devenu agriculteur ou éleveur. L’Homme aurait-il été agroforestier
avant d’être agriculteur ou éleveur !?...
Au-delà des techniques agricoles et forestières, les pratiques
agroforestières incluent les domaines de la sociologie et de
l’ethnologie.
Ce manuel de vulgarisation des pratiques agroforestières est
d’abord destiné aux agriculteurs de la zone périphérique du
Parc National de Taï. Afin de contribuer à l’indispensable effort
d’échanges d’expériences, nous espérons qu’il sera photocopié et
massivement distribué à de nombreux acteurs du développement
en zone rurale en Côte d’Ivoire ainsi que dans d’autres pays
francophones de l’Afrique de l’Ouest.g

8
: DÉFINITION
Il existe de nombreuses définitions de l’agroforesterie, nous
proposons celle ci-dessous :

L’agroforesterie est l’ensemble des techniques d’aménagement


des terres impliquant la combinaison d’arbres à usages multiples
soit avec les cultures, soit avec l’élevage, soit avec les deux, dans
le respect des traditions locales.

❀ LE CONCEPT AGROFORESTIER

Le concept agroforestier s’applique parfaitement aux problèmes


de gestion inhérente du milieu, souvent dans le cadre de la gestion
durable des forêts et de la protection des ressources naturelles. Le
concept agroforestier implique fortement les notions de sécurité
alimentaire et de protection des cultures. Sécurité alimentaire
car plus un système agroforestier est diversifié, plus la production
alimentaire et non alimentaire (bois et autres produits forestiers non-
ligneux) est variée et surtout échelonnée dans le temps. Protection
des cultures par la réduction de la pression parasitaire grâce au
rôle des auxiliaires (insectes « amis » !) et des plantes hôtes qui
attirent les ravageurs.

Tout comme il est généralement risqué de « mettre tous ses oeufs dans
le même panier », l’agroforestier considère généralement le système
strictement monocultural comme non durable à long terme.
Globalement, on peut distinguer deux courants :

n L’étude des systèmes expérimentaux : la science


agronomique par exemple, expérimente des systèmes
parfois extrêmement simples. Par exemple une seule espèce
d’arbre qui sert d’ombrage à une culture de rente.

n L’étude des systèmes traditionnels : ces systèmes riches en


espèces utiles n’étant ni passéistes, ni fixés mais au contraire
en constante évolution. 8
9
La Côte d’Ivoire a beaucoup misé sur des cultures de rente comme
le cacao et le café. Dans les caféières et les cacaoyères, des arbres
utiles disparaissent alors qu’ils fournissent des produits alimentaires
et/ou des compléments de revenus non négligeables. Ce processus
s’accélère avec l’utilisation de nouvelles variétés de cacao « plein
soleil » qui n’ont plus besoin d’ombre et sont plus productives. On
a d’un côté un système agroforestier cacaoyer extensif, riche en
biodiversité et peu productif qui est voué à disparaître et d’un
autre côté, un système cacaoyer pauvre en biodiversité, intensif
et productif grâce aux variétés plein soleil mais qui constitue une
cause majeure de la déforestation, ce qui notamment perturbe
le climat. Des compromis doivent être trouvés et de nouveaux
systèmes restent à inventer. Aujourd’hui en périphérie du Parc
National de Taï, des caféières sont délaissées pour laisser place à
des spéculations jugées plus rentables comme l’hévéa. La chute
des cours du cacao et du café a entraîné une paupérisation de
nombreux agriculteurs qui migrent finalement vers les villes à la
recherche de petits emplois.

Trop souvent, les agriculteurs des pays tropicaux ont été placés
dans des systèmes de type « filière » allant de pair avec des
pertes massives de biodiversité et des savoirs traditionnels. Des
pratiques agricoles peu soucieuses de l’environnement ou de
l’agro-écosystème ont des répercussions graves à moyen terme,
notamment sur les sols qui sont soumis à l’érosion.g

QUELS LIENS ENTRE ÉROSION DES PARCELLES AGRICOLES


ET DÉLINQUANCE URBAINE ?

DELINQUANCE EROSION
URBAINE

EXODE RURAL PERTE DE FERTILITE

PAUPERISATION DIMINUTION DES


RENDEMENTS

10
❀ LE PROJET AGROFORESTIER DE VIE ET FORÊT ET PRO-NATURA
INTERNATIONAL EN PERIPHERIE DU PARC NATIONAL DE TAÏ

En 1990, l’association ivoirienne Vie et Forêt a mis en oeuvre des


activités d’assistance aux populations de la zone périphérique
du Parc National de Taï en construisant des cases de santé. A
partir de 1992, le Dr. Léonie Bonnéhin, membre de l’association,
effectue ses travaux de recherche sur la domestication du Makoré
(Tieghemella heckelii, sapotacée), un arbre fruitier sauvage d’une
grande importance, notamment à l’Ouest de la Côte d’Ivoire. Dès
1999, Pro-Natura International étudie, en collaboration avec Vie et
Forêt, les conditions de mises en oeuvre du projet « Ateliers villageois
de formation agroforestière pour le reboisement en milieu rural
ivoiren ». Les principaux objectifs de départ du projet sont de :

n former environ 700 agriculteurs en cinq ans pour améliorer


les conditions de vie et protéger les ressources ligneuses en
périphérie du Parc National de Taï,

n mettre en place des pépinières agroforestières avec les


agriculteurs,

n dispenser des sessions de formation à un rythme soutenu


et régulier et planter environ 14 000 arbres utiles sur les
parcelles paysannes,

n créer des groupements paysans pour encourager la


médiation avec les exploitants forestiers et l’administration
forestière afin de négocier des plans et des contrats de
reboisement agroforestiers.

En 2002, grâce au soutien du Ministère français des Affaires


Etrangères - Mission pour la Coopération Non-Gouvernementale
(MCNG) - et du Fonds de Développement pour la Formation
Professionnelle (FDFP Côte d’Ivoire), une équipe pluridisciplinaire
de sept professionnels ivoiriens est recrutée et le bureau du projet
est installé dans la ville de Taï. 8

11
De 2002 à 2005, Pro-Natura International (PNI) et Vie et Forêt ont
obtenu les résultats suivants :

n formation des formateurs à l’agroforesterie, à l’utilisation du


GPS et à la propagation végétative.

n mise en place de la pépinière agroforestière et construction


d’un bac de bouturage au bureau du projet à Taï.

n formation d’environ 400 agriculteurs à l’agroforesterie,


organisés en 17 groupements paysans avec à leur tête, des
agriculteurs leaders,

n entretien et suivi de plus de 40 pépinières agroforestières


collectives et individuelles,

n plantation d’environ 18 000 arbres à usages multiples sur les


parcelles agroforestières de démonstration,

n développement des activités de maraîchage dans 7


villages cibles, 159 agriculteurs formés au maraîchage,

n organisation de la mission d’évaluation du chef du service


projet de développement du Fonds de Développement
pour la Formation Professionnelle (FDFP),

n recherche de financement et rédaction d’une étude


de faisabilité présentée au Ministère français des
Affaires Etrangères, Mission pour la Coopération Non-
Gouvernementale, en juin 2005.

Le projet est participatif car les besoins et les souhaits en formation


des agriculteurs sont pris en compte pour l’élaboration du
programme de formation.

La zone géographique concernée s’étend du village de Paulé-Oula


au sud de la ville de Taï, à la ville de Zagné au sud de Guiglo.
Le Projet Autonome pour la Conservation du Parc National de Taï
(PACPNT), partenaire basé à Soubré, possède un poste principal
de surveillance du Parc à Taï. Les autres partenaires contribuent
globalement à diffuser le « concept agroforestier » en Côte d’Ivoire.
8
12
Certaines actions, notamment celles réalisées en collaboration
avec le Centre Suisse pour la Recherche Scientifique (CSRS),
s’éloignent sensiblement de l’agroforesterie en tant que telle
puisqu’elles ont concerné la production de manioc en pépinière
pour la multiplication de boutures qui ne seront pas plantées au
sein de systèmes agroforestiers, ainsi que le suivi de la construction
d’une porcherie et la conduite d’une ferme avicole dans le village
de Keibly.
Nous avons intégré au projet des activités non prévues dans les
objectifs de départ comme le maraîchage et la propagation
végétative ; sachant qu’une des contraintes des systèmes
agroforestiers est qu’il faut attendre plusieurs années avant de
bénéficier d’avantages comme la restauration de la fertilité des
sols agricoles ainsi que les fruits des arbres utiles plantés. Un autre
« inconvénient » de l’agroforesterie est qu’il est pratiquement
obligatoire de posséder la terre pour pouvoir y planter un arbre.
Si un agriculteur louant une terre agricole plante un arbre, le
propriétaire de cette terre pensera qu’il veut se l’approprier. La
question de la tenure foncière constituant un des problèmes liés
à la crise politique en Côte d’Ivoire, nous avons été freinés dans
la mise en oeuvre des activités liées à l’élaboration de plans et
de contrats pour le reboisement agroforestier entre groupements
d’agriculteurs et sociétés d’exploitations forestières. Vie et Forêt
et Pro-Natura International se placent à l’interface entre des
protagonistes ayant souvent des relations conflictuelles. Les sociétés
d’exploitation forestière soucieuses d’appliquer la loi relative à
l’obligation de reboiser en fonction des prélèvements de bois, ont
du mal à trouver des surfaces disponibles pour ce faire.

Les populations locales de la périphérie du Parc National de Taï


ont connu des conditions de vie extrêmement difficiles, à savoir :

n assistance médicale inexistante,

n pénurie de produits alimentaires,

n impossibilité d’assurer les travaux agricoles,

n vol des produits de récoltes (café, cacao, riz, maïs, etc.),8

13
n massacre d’animaux d’élevage,

n services publics fermés (écoles, poste, etc.),

n départ massif de la main d’oeuvre étrangère.

Cette crise a eu un impact important sur les résultats escomptés


et nous avons eu des décès parmi des agriculteurs formés dans le
cadre du projet.
Outre l’importance des actions menées dans le cadre du projet
pour la sécurité alimentaire des populations locales, la présence
de notre équipe pendant et après la crise a représenté un soutien
très important. Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) s’est
appuyé sur les groupements d’agriculteurs que nous avions formés
pour organiser la distribution de semences et d’outils agricoles dans
les villages. Durant la crise politique et économique ivoirienne, le
milieu naturel a subi une pression anthropique extrêmement forte
comme la recrudescence du braconnage et l’exploitation illégale
des essences de bois d’oeuvre qui ont également des usages
très importants pour les populations locales : médicaments, fruits
et huiles alimentaires, fibres, produits cosmétiques, fourrage, noix,
poteaux, résines, etc.
Tout au long du projet, notre équipe a su construire un climat de
confiance avec les bénéficiaires qui nous ont fait part de leurs
besoins en termes de formation. Notre programme de formation
agroforestière intègre aujourd’hui des activités génératrices de
revenus à court terme comme le petit élevage (production de porcs
et de poulets). L’accent est également mis sur la domestication
des arbres fruitiers sauvages si importants au niveau nutritionnel,
économique, social et écologique.

Les actions réalisées avec les bénéficiaires sont pertinentes et


durables dans la mesure ou les agriculteurs possèdent les techniques
nécessaires à faire perdurer la dynamique de plantation d’essences
agroforestières. Ils sont de plus extrêmement motivés et comptent
sur nous pour continuer à appuyer leurs actions qui bénéficient aux
générations futures tout en protégeant ce patrimoine mondial de
l’Humanité qu’est le Parc National de Taï. 8
14
Ce manuel pratique de vulgarisation agroforestière est basé
sur l’expérience de plus de cinq années de travail avec les
agriculteurs de la périphérie du PNT desquels nous relayons ici de
nombreux messages. Ce guide illustré écrit en langage simple a
pour ambition de mettre à la disposition des animateurs et des
agriculteurs un outil pratique pour la diffusion des techniques
et pratiques agroforestières. Nous espérons que la production
de plants agroforestiers contribuera à stimuler la réalisation de
plantations agroforestières en Côte d’Ivoire.g

PARC NATIONAL DE TAÏ

LIBERIA

15
I. CONTEXTE ENVIRONNEMENTAL ET SOCIAL DE L’AGROFORESTERIE

Les populations de la zone périphérique du Parc National de Taï


constatent que leur environnement évolue de la façon suivante :
n Il ne pleut plus assez… Les marigots et rivières ne coulent
plus comme avant !
n Il y a de moins en moins de terres fertiles disponibles
pour créer de nouvelles plantations de café, de cacao,
d’hévéa, ou pour cultiver le vivrier...
n Il devient difficile de trouver certains fruits naturels,
certaines plantes pour se soigner, du bois ou des lianes
pour la construction des cases ou la fabrication de
pilons, de mortiers et d’autres outils traditionnels.
n Le gibier se fait aussi de plus en plus rare ; il faut aller
loin, en forêt classée ou dans le Parc National de Taï
pour en trouver.
n Des plantes nouvelles envahissent les jachères et sont
parfois gênantes pour les cultures voisines.
n Autrefois simple « outil » utilisé sans précautions
particulières pour les mises en culture, le feu devient un
risque dangereux lors de fortes saisons sèches.

Au cours du temps et avec l’augmentation de la population et des


besoins, le terroir a évolué selon les schémas suivants :

v Un milieu avec de nombreuses richesses


a Terres fertiles disponibles pour les cultures agricoles.
a Faune et flore abondantes et diversifiées.
a Sols riches (fertiles), jachères à cycle long.
a Faible pression parasitaire.
a Climat favorable et abondance de la ressource « eau ».

v Un milieu en mutation
a Croissance démographique soutenue.
a Réduction de la faune et de la flore en quantité et en qualité.

18
a Disparition de certaines espèces végétales et animales.
a Perturbation du climat affectant les cycles des cultures.
a Extension des cultures pérennes.
a Perturbation du régime des eaux.

v Un milieu menacé
a insuffisance de nourriture ;
a insuffisance de terres cultivables ;
a réduction de la durée des périodes de jachère ;
a irrégularité des pluies (difficulté de calage des cultures)
a perturbation du micro-climat ;
a perturbation du régime des eaux de surface (tarissement des
rivières, des nappes, etc.)

v Le terroir autrefois
Du temps des anciens et des pères de nos anciens, la nature était
suffisamment riche et pourvoyeuse. Elle se renouvelaient assez vite
pour satisfaire tous les besoins (nourriture, eau, terre, bois, fourrage,
médicaments, gibier, etc.) des hommes et du cheptel domestique,
alors moins nombreux.
a Les terres neuves ne manquaient pas autour des villages.
a Le bois de feu était abondant, même à proximité des
habitations.
a La brousse était si importante et si giboyeuse qu’il fallait se
protéger des fauves !
a Les arbres fournissaient des fruits comestibles, des médicaments
traditionnels, du fourrage, du bois pour la construction,
la fabrication d’outils et pour l’artisanat.
a Les forêts servaient de « réserves agricoles », vers lesquelles les
villages se déplaçaient.

v Le terroir de nos jours


Le constat est aujourd’hui alarmant, les arbres ne « sont » plus
comme autrefois.

a Les produits de cueillettes comme par exemple les fruits du


Beilschmiedia mannii (Bihé) et de l’Irvingia gabonensis (Manguier
sauvage ou Kplé) se paient de plus en plus cher, alors qu’on les
récoltait soi-même.
19
a Le gibier a presque totalement disparu.
a Les animaux domestiques ne trouvent plus assez d’herbe dans
les pâturages de saison sèche.
a La fertilité du sol va en diminuant quand il y a plus de pailles ni
d’herbes en décomposition (litière), quand il y a plus d’arbres
dont les feuilles, les fleurs, les fruits et les branches se décomposent
à terre.

C’est la déforestation pour les besoins agricoles, l’implantation


de cultures de rentes, la construction de routes et l’extension des
villages qui conduit à ce constat.
Toutefois, on ne saurait s’asseoir pour attendre que les conditions
soient réunies pour voir une brousse florissante réapparaître. Il nous
faut anticiper et « cultiver les arbres aujourd’hui pour satisfaire les
besoins de demain ».

v Le rôle de l’arbre
Les arbres sont d’une importance vitale pour l’Homme. Ils fournissent
beaucoup de produits cruciaux, notamment des aliments pour les
populations et les animaux, du bois de construction, du bois de
chauffage et des médicaments. A petite échelle, les arbres influent
sur l’environnement et par conséquent sur les conditions de vie
autour de la ferme : ils fournissent de l’ombre, protègent du vent
et jouent un rôle primordial dans la lutte contre l’érosion et dans le
maintien de la fertilité du sol. A grande échelle, les forêts influent sur
le climat global de la terre en fixant le carbone atmosphérique, en
protégeant les sols qui retiennent la matière organique (carbone)
et l’eau de pluie, ce qui prévient des inondations. Quand on brûle
des forêts, on relâche rapidement d’énormes quantités de carbone
(contenues dans le bois et dans la matière organique du sol ou
humus) qui ont été fixées durant plusieurs centaines d’années.

Les enjeux de la promotion des systèmes agroforestiers sont les suivants :

v sur un plan agronomique :


a restaurer puis maintenir la fertilité de sols destinés aux cultures
vivrières ;

20
a restaurer ou maintenir un bon niveau de nutrition azotée et lutter
contre l’enherbement en caféiculture ;
a restaurer un microclimat plus favorable aux cultures, en particulier
pour assurer la réussite des jeunes cacaoyères ;
a développer une composante pastorale, l’élevage ovin par
exemple, élément de stabilisation par son apport de fumure
organique.

v sur un plan socio-économique :


a contribuer en quantité et en qualité à la satisfaction des besoins
de base des populations rurales, en matière d’alimentation, de
santé, de construction et d’artisanat ;
a permettre une diversification des sources de revenus ;
a minimiser les dépenses en intrants pour l’agriculture.

v sur un plan environnemental :


a diminuer la pression sur l’ensemble des « ressources » forestières,
les sols étant la première convoitée ;
a développer des niches écologiques favorables aux animaux
sauvages, tant pour subvenir aux besoins des populations en
gibier, dans un cadre de gestion rationnelle, que pour créer
d’éventuels « corridors » pour la faune entre massifs forestiers ;
a contribuer à la conservation de la biodiversité ;
a restaurer les conditions macro-climatiques et celles de la régulation
du régime des eaux – infiltration et recharge des nappes.

21
II. IDENTIFICATION DE QUELQUES SYSTÈMES AGROFORESTIERS ET
CONSEILS PRATIQUES

II.1. SYSTÈMES AGROFORESTIERS

A l’ouest du Parc National de Taï et avant la mise en œuvre du


projet Vie & Forêt / Pro-Natura, des systèmes agroforestiers existaient
déjà dans certains villages tels : Daobly, Ponan, Zaïpobly, Keïbly,
Djidoubaye, etc. Il s’agissait généralement d’arbres dispersés au
sein de parcelles vivrières ou de cultures de rente (café & cacao).
En fonction de réalités climatiques et des pratiques culturales en
vigueur dans la zone, d’autres systèmes agroforestiers ont été
déterminés par et pour les agriculteurs.

Si, la plupart du temps, les préoccupations environnementales


ne motivent pas directement les paysans, les solutions à des
problèmes agronomiques précis et les résultats économiques qui
en découlent sont déterminants pour leur adhésion aux nouveaux
systèmes. Un engouement très sensible est déjà exprimé dans la
région de Taï par rapport aux besoins en fruits forestiers comme le
Tieghemella heckelii (makoré) ou le Coula edulis (noisetier dont les
fruits sont très appréciés des chimpanzés).
Un tour d’horizon parmi l’ensemble des techniques connues
permet d’en retenir un certain nombre en fonction des conditions
et besoins locaux.
Les objectifs environnementaux plus généraux pourront être atteints
à travers le développement progressif de ces techniques sur des
ensembles de terroirs, et cela d’autant mieux que les systèmes
résultants seront complexes.

II.1.1. HAIE VIVE


« Formation linéaire d’arbres et/ou d’arbustes, plantés et/ou
naturels, mono ou plurispécifique », la haie vive est une technique
pouvant avoir des objectifs multiples :
n délimitation d’une parcelle ou d’une exploitation, on peut
introduire la notion de « cadastre végétal » notamment
22
applicable pour délimiter certaines limites du Parc National
de Taï ;
n brise-vent - cela devient de plus en plus important dans la
région Est du Parc National de Taï, de Buyo à Méadji, pour
la protection des cacaoyères en saison sèche contre le
vent d’harmattan ;

n conservation des eaux et des sols - les haies vives sont


plantées en alignement sur les courbes de niveau ;

n support de clôture - autour de parcelles de café/cacao, s’il


y a développement d’une activité d’élevage ovin associé ;
les espèces fourragères sont alors privilégiées dans cette
haie afin de compenser la médiocrité du pâturage sous
plantation ;

n production - aliments, pharmacopée, fourrage, bois ou


lianes pour construction ou artisanat.

Si ce n’est pas l’objectif premier de la mise en place du système,


les fonctions de délimitation ou de production seront remplies
subsidiairement, suivant la localisation et la composition spécifique
de la haie. Cette technique d’aménagement de l’espace
étendue à un terroir crée un système de « bocage », qui peut être
développé sur l’ensemble du terroir ou de la région. L’impact sur le
climat et sur les eaux est alors optimisé.

Un certain nombre de conseils pratiques peuvent être proposés,


sous réserve de leur adaptation progressive au contexte des
exploitations agricoles.
La haie vive répond à des objectifs divers et souvent associés, il est
pour cela difficile de proposer un modèle standard, mais certaines
recommandations peuvent être avancées :

: : Implantation sur la parcelle

n En périphérie pour délimitation ou support de clôture.

23
n En tant que brise-vent, préférentiellement selon une
orientation est/ouest pour minimiser la portée de l’ombrage
sur les cultures.

n Sur les courbes de niveau pour conserver les eaux et les sols
sur les pentes.

Les agriculteurs sont généralement enclins à planter des haies vives


en limite de parcelle.

La combinaison de ces diverses implantations peut aboutir à un


bocage à mailles plus ou moins rectangulaires (longueur > 200 m
et largeur > 50 m) d’orientation est-ouest.

: : Structure et densité

n Comme support de clôture et pour protéger la parcelle


des animaux, de grandes boutures ou piquets vifs peuvent
être plantés serrés, tous les 25 à 30 cm (Gliricidia sepium par
exemple).

n Une simple ligne d’arbres, tous les 3 m (ou plus) en


délimitation, tous les 2 à 3 m en support de clôture.

24
25
MAUVAIS VUE DE DESSUS

Le brise vent est planté trop serré, le vent tourbillonne


et endommage les champs

BON

Le vent pénètre le brise-vent et sa vitesse est ralentie

n Pour les brise-vent, 2 ou 3 lignes d’arbres et d’arbustes


en système étagé, les grands arbres étant distants d’au
moins 6 m.

n En lutte contre l’érosion, 1 ligne d’arbres assez espacés (5-


6 m) sur un léger ados sur courbe de niveau. Des arbustes
sont plantés en intercalaire.

: : Espèces et plantation

Dans les haies vives, des espèces locales doivent être préservées et
leur régénération favorisée. Le choix de ces espèces dépend des
objectifs complémentaires de production, principalement le bois et/
ou les fruits. Toutefois, la plantation est généralement nécessaire :

n pour une constitution rapide et homogène de la haie,

n en l’absence d’arbres déjà existants sur le site,

n par manque de semenciers d’espèces souhaitées à


proximité.

Outre l’adaptation aux conditions de milieu, le choix d’espèces à


introduire est orienté par les critères suivants :

26
n port : élancé pour une simple ligne de délimitation (ombrage
réduit), moyen ou en boule pour l’étage moyen de brise-vent,

n feuilles présentes en saison sèche pour les brise-vent,

n rusticité : bonne reprise à la plantation, résistance au feu


(risque important sur les haies de délimitation, pare feux),
aptitude à rejeter après recépage ou étêtage.

n production plus ou moins diversifiée.


Nous présentons les caractéristiques de quelques espèces
exotiques préconisées pour les haies vives, en fonction des objectifs
suivants :

1. Délimitation / 2. Brise-vent / 3. Conservation des eaux et des sols


/ 4. Clôtures

ESPÈCE 1 2 3 4 CARACTÈRES
Port plutôt en boule, feuilles persistantes,
Acacia
X fixation d’azote médiocre, assez bon bois de
auriculiformis
feu mais pas de rejets.
Port mixte, feuilles persistantes, fixation
Acacia
X X d’azote, bois de feu médiocre et pas de
mangium
rejets.
Albizzia Port mixte, feuilles persistantes, fixation
X X X
guachepele d’azote, bon bois de feu et rejets abondants.
Albizzia Port mixte, feuilles persistantes, fixation
X X X
lebbeck d’azote, bon bois de feu et rejets abondants.
Anacardium Port plutôt en boule, très rustique, feuilles
occidentale, X persistantes, fruits, bois de feu et rejets
Anacardier abondants.
Port mixte, feuilles persistantes, bois de feu,
Cassia siamea X X perches, rejets abondants. Attention à son
caractère envahissant en zone humide.
Port élancé, feuilles persistantes, usage en
Eucalyptus
X X pharmacopée, bois de feu, perches et rejets
tereticornis
abondants.
Gliricidia Port plutôt en boule, fixation d’azote et valeur
X X X
sepium fourragère.
Gmelina Port mixte, assez rustique, peu de défoliaison
X X X
arborea et valeur fourragère.

Tectona Port mixte, très rustique, perte des feuilles en


X X
grandis, Teck saison sèche, perches.

27
En dehors d’un simple objectif de délimitation, la meilleure
composition d’une haie est multispécifique, en associant les
caractères des arbres suivant les combinaisons d’objectifs.
Les plantations se font généralement en mai et en juin, en
prévoyant des regarnis sur 2 ou 3 ans, notamment pour les brise-
vent qui doivent être assez homogènes.

: : Entretiens, tailles et récoltes

Des entretiens réguliers doivent être réalisés durant la phase


d’installation de la haie vive qui dure environ 3 ou 4 ans : fauchage
des herbes et des lianes à raison de 3 ou 4 fois la première année,
2 fois la deuxième année puis au moins 1 fois par an.

La période propice pour les entretiens annuels est la fin novembre


début décembre, après la grande saison des pluies et avant la
saison sèche durant laquelle les risques de feu sont accrus.
La réalisation d’une bande pare-feu extérieure à la haie vive
protège l’ensemble de l’exploitation.

Au delà de 5 ans, les entretiens et notamment le délianage, sont


associés à des travaux de taille ou de récolte :

n démariage de tiges multiples et élagage progressif sur 8-10 m


pour les espèces de bois d’œuvre,

n « cueillette » de fruits, d’écorces, de perches, de lianes


utiles préservées, étêtage ou recépage d’arbres pour les
espèces de bois de feu et les espèces fourragères.

Ces travaux de « jardinage » assurent une structure irrégulière à la


haie vive (brise-vent) et permettent de maîtriser son emprise sur les
terrains de culture.

II.1.2. CULTURES PÉRENNES « SOUS COUVERT ARBORÉ »

Même si certains grands arbres sont conservés uniquement parce


qu’il sont trop « durs à abattre », de nombreux arbres utiles sont

28
volontairement conservés dans les caféières et les cacaoyères
pour leurs rôles dans l’alimentation, la médecine traditionnelle
ou encore parce qu’ils constituent un capital « bois d’œuvre »
disponible à long terme.
Les nouvelles variétés de cacao hybrides « plein soleil » ne
nécessitent pas d’ombre, les agriculteurs sont donc moins enclins
à conserver des arbres à usages multiples au sein des cacaoyères.
Les planteurs de cacao évoluent dans un système agricole de
plus en plus monocultural et perdent cette biodiversité utile des
cacaoyères leur assurant une diversification des revenus et une
sécurité alimentaire certaine.
D’un autre côté, les systèmes traditionnels de cacaoculture ou de
caféiculture « sous forêt » peuvent souffrir d’un manque de rigueur
dans le contrôle de la strate arborée dominant les cacaoyers
ou caféiers, tant dans le choix des espèces qu’en densité et en
répartition sur la parcelle. L’amélioration des systèmes de cultures
pérennes sous couvert arboré doit passer par un choix plus précis
des espèces d’arbres à sauvegarder ou à planter, ainsi que par
d’éventuels travaux de taille ou d’élagage suivant les objectifs
poursuivis en terme de production (dominante bois d’œuvre par
exemple).
Pour la plupart des cultures pérennes, on dispose de peu
d’informations sur les systèmes agroforestiers innovants à conseiller
et à diffuser, outre l’association avec des légumineuses de type
Acacia sp., Gliricidia sp. et Albizzia sp. De nouvelles formes de
systèmes agroforestiers restent à inventer et à mettre en œuvre,
dans un souci de maintien des rendements de la culture pérenne
tout en conservant une biodiversité utile et en voie de disparition.

Concernant le cacao, les principaux risques liés au manque de


contrôle sur les arbres au sein de la cacaoyère sont les suivants :
refuge des ravageurs dans les arbres, excès d’ombre, compétition
pour l’eau et les éléments minéraux, cassure de branches. Les
risques d’interaction négative en période exceptionnellement
sèche par concurrence hydrique entre les deux étages du système
(cacaoyers et arbres) sont plus grands au nord de la région
concernée où il pleut moins.
29
Actuellement, les conditions d’exploitation de la ressource «bois
d’œuvre» amènent généralement le planteur à ne pas se soucier
du renouvellement de cette ressource. Dans la plupart des cas,
il obtient une indemnisation de l’exploitant forestier qui n’est pas
suffisante pour l’inciter à veiller à la pérennité du système. La
mobilisation du planteur ne peut aujourd’hui être obtenue que sur
la base d’un espoir de changement des facteurs économiques :
réforme à venir de la législation forestière en matière d’exploitation
(conditionnalité au Projet Sectoriel Forestier) et pénurie de bois
d’œuvre prévisible à court et moyen terme.

Tout comme il est dangereux, selon l’expression populaire, de «mettre


tous ses œufs dans le même panier », nous ne recommandons pas
la plantation des espèces pérennes (café, cacao, palmier à huile,
hévéa) en tant que monoculture pure sur de grandes surfaces,
c’est-à-dire sans mélanges avec d’autres essences utiles.

II.1.3. ASSOCIATION CAFÉIER/LÉGUMINEUSES

Les arbres de la famille des légumineuses ont la capacité de fixer


l’azote atmosphérique dans le sol et développent leurs nodules
d’autant plus que le sol est pauvre.
Cette association a une longue histoire derrière elle car elle
a été initiée dès les débuts de la caféiculture, les légumineuses
(Leucaena glauca et Gliricidia sepium) y ayant une triple fonction
d’ombrage, de paillage et de nutrition azotée.
Dans les conditions de la caféiculture ivoirienne (basse altitude et
variétés cultivées), cette technique s’est vite avérée inappropriée,
le Leucaena présentant un caractère trop envahissant et le
Gliricidia nécessitant des tailles trop fréquentes par rapport à
l’apport effectif de mulch (cime basse et à couvert dense).
Erythrina indica a donné des résultats analogues à ceux de Gliricidia.
Les essais d’introduction en interligne de Flemingia congesta
ou de Cajanus cajan donnent de bons résultats dans les jeunes
plantations (surtout avec Flemingia). Mais leur port arbustif bas
les laisse rapidement être dépassés et éliminés par les caféiers
eux-mêmes.

30
L’introduction récente en plantation caféière d’Albizzia guachepele
(station IDEFOR/DCC d’Abengourou) laisse présager de meilleures
perspectives, le port des jeunes arbres (cime plus élevée et couvert
moins fermé) semblant plus favorable au système que celui de
Gliricidia, avec un apport conséquent de litière.
Une succession de ces légumineuses dans le temps pourrait être
testée en replantation caféière, avec mise en place simultanée de
Flemingia congesta, semé en interligne, et d’Albizzia guachepele,
planté à un écartement qui reste à confirmer (6 m x 5 m, ou 6 x 7,5
ou 6 x 10 ?), le second relayant le premier vers la troisième année.
La question de l’avenir de l’étage supérieur d’Albizzia et d’une
éventuelle nécessité d’émondage dans les cimes reste posée, car
les essais sont trop récents.
Les agriculteurs comme les autres acteurs du monde agricole
et forestier doivent innover et tester les systèmes qui introduisent
notamment les arbres locaux de la famille des légumineuses dans
les caféières tout comme dans les cacaoyères.
Des légumineuses locales mériteraient d’être testées comme par
exemple le Pentaclethra macrophylla (Ovala).

II.1.4. HÉVÉACULTURE

L’hévéaculture a vu pour l’instant son développement limité


aux régions de Côte d’Ivoire recevant plus de 1.500 mm de
pluies régulièrement réparties dans l’année, et cela pour une
double raison :
n seules de bonnes conditions de précipitations assurent une
productivité satisfaisante pour la création de plantations
industrielles;

n les centres de collecte et d’usinage du latex sont liés à ces


complexes agroindustriels, et l’interprofession hévéicole
a jusqu’à présent tenu à préserver la bonne qualité du
latex exporté de Côte d’Ivoire, grâce à la maîtrise de la
collecte.
Par crainte d’une baisse de cette qualité, cela a empêché le
développement de la technique de « feuille fumée » qui permettrait
à des planteurs éloignés de s’affranchir des réseaux de collecte
31
établis et limités par des critères de coûts de transport. La proximité
des complexes agro-industriels de la SAPH (au Sud-Est) et de la
CDC (au Nord-Ouest) favorise le développement de ce système
de culture.
Si l’hévéa est généralement cultivé en monoculture classique, il peut
aussi être intégré à des systèmes plus complexes tels que les haies vives
ou la culture en bandes alternées avec le cacao ou le café. Seul ce
dernier système a connu ses premières expérimentations (IDEFOR/DPL
et Hévégo), mais il est encore tôt pour en apprécier les résultats.
Certains émettent des craintes quant à l’utilisation de ces systèmes
dans la région de Taï par rapport aux problèmes de concurrence pour
l’eau et quant aux risques de cassure de l’hévéa à cause du vent.
Néanmoins, d’autres expériences innovantes, encore insuffisantes,
sont menées dans le monde. Par exemple au Brésil, Ghana et au
Nigeria, on associe des lignes (ou plusieurs lignes) d’hévéa aux
cultures suivantes : arachide, cacao, bananiers, ananas, palmier
à huile, maïs, etc.
L’espacement entre les lignes d’hévéa peut aller jusqu’à 20 mètres.
Il est intéressant de tester la possibilité de poursuivre certaines
cultures maraîchères réalisées durant les premières années de la
plantation de l’hévéa. Dans tous les cas, on évitera formellement
l’introduction du manioc à proximité des plantations d’hévéa
car étant lui aussi de la famille des euphorbiaceae, les risques de
transmission de maladies sont élevés.
Ici encore, il existe un potentiel énorme de création et d’innovation
pour que la culture de l’hévéa, source de déforestation massive
tout comme les autres cultures pérennes, soit pratiquée dans des
conditions plus respectueuses de la nature ;

II.1.5. SYSTÈMES COMPLEXES PLURISTRATIFIÉS, JARDIN DE CASE ET AGROFORÊT

: : Jardin de case

Le jardin de case est un système agroforestier rencontré dans


pratiquement toutes les régions tropicales où l’agriculture familiale
occupe une place importante. Autour de la maison, les arbres
et arbustes à usages multiples y sont plantés et/ou préservés en

32
association avec des cultures agricoles et/ou avec du petit bétail.
La structure verticale d’un jardin de case est complexe donc riche,
assurant la production d’une gamme de produits utiles tout au
long de l’année :
n la strate supérieure est généralement dominée par
des essences de bois d’œuvre comme l’iroko (Milicia
excelsa), l’ilomba (Pycnanthus angolensis) ou le dabéma
(Piptadeniastrum africanum), pouvant atteindre une
hauteur de 40 mètres.

n la strate intermédiaire est composée d’arbres plus petits et


d’arbustes tolérant un peu d’ombre. Il s’agit généralement
d’arbres fruitiers exotiques (manguier, cocotier, anacardier,
agrumes, papayer, etc.) et natifs (manguier sauvage, bihé,
noisetier, safoutier, etc.), ces derniers étant généralement
moins nombreux que les espèces exotiques.

n La strate inférieure est très diversifiées, comprenant notamment


des cultures vivrières et maraîchères, des épices (poivre, basilic,
piment, etc.), des légumineuses herbacées, des plantes
médicinales, des tubercules, etc.

Le jardin de case est une source d’alimentation importante pour le


petit bétail (poules, cochons et caprins) dont les déjections, avec
les déchets de cuisine (éviter la viande et les laitages), assurent le
maintien d’un bon niveau de fertilité organique. Le jardin de case
offre un micro climat très agréable pour les hommes, les animaux et
les plantes. De part un apport très régulier d’aliments, de fourrage,
de fruits et légumes, il joue un rôle tampon en cas de mauvaise
récolte ou de pénurie alimentaire. Véritable « épicerie vivante », le
jardin de case est principalement géré par les femmes, il contribue
aussi à l’éveil et à l’éducation des enfants à l’agroforesterie.

33
Le jardin de case ou «home garden»,
système agroforestier riche en arbres fruitiers sauvages.

34
OCIMUM GRATISSIMUM, BASILIC

35
: : L’agroforêt

La frontière entre le jardin de case et l’agroforêt est souvent floue,


surtout si une forêt villageoise est très proche des habitations. A son
stade mature, l’agroforêt fourni également du bois, des produits
alimentaires et non alimentaires (produits forestiers non-ligneux
ou PFNL) mais elle comporte généralement moins d’herbes utiles
plantées et/ou conservées, par rapport au jardin de case. L’agroforêt
ressemble à s’y méprendre à une forêt naturelle mais la plupart des
arbres y ont été plantés par les agriculteurs suite à un défrichement.
L’agroforêt représente une véritable niche tant pour les espèces
végétales qu’animales qui peuvent y vivre et s’y reproduire.
Souvent cité comme modèle de gestion agroforestière, le «jardin
forestier» indonésien s’est développé dans un contexte socio-
économique où les produits de cueillette étaient à la base d’échanges
commerciaux importants (fruits, résines, bois, rotins, etc.).
Cela est loin d’être le cas en Côte d’Ivoire forestière où pendant
longtemps, seule la noix de cola permettait des échanges
commerciaux. Le colatier a pu s’intégrer au système de culture
extensive du café et du cacao comme une composante majeure
d’une «agroforêt à l’ivoirienne» garantissant par ailleurs les besoins
des populations en fruits sauvages et autres produits ligneux ou non.
Aujourd’hui ce système est compromis pour diverses raisons, le
changement climatique affectant tout autant le colatier que le
cacaoyer. Mais par ailleurs, la demande urbaine croissante pour certains
produits de cueillette amorce le développement d’un marché.
Parallèlement aux efforts entrepris pour la régénération cacaoyère
et la «domestication» du colatier, comment ne pas envisager de
développer de petites «agroforêts» où le paysan pourrait «assister»
la régénération des espèces les plus utiles de la région ?
Ce système se situe à la limite de la foresterie rurale, qui concerne
dans le domaine rural, les boisements naturels ou artificiels, privés
ou communautaires.
Il peut intéresser certains paysans ayant une relative disponibilité
de terre et il est approprié à la valorisation de terres marginales :
pentes fortes, zones proches des affleurements ou encombrées de
blocs de latérite, zones marécageuses, etc.
36
Les agroforêts sont à promouvoir dans le cadre de projets visant à
gérer durablement les ressources naturelles tout en apportant des
revenus et des produits alimentaires aux populations locales, en
périphérie de réserves naturelles comme le Parc National de Taï
par exemple.

II.1.6. CULTURE VIVRIÈRE EN BANDES ALTERNÉES

La production de vivriers a longtemps été assurée sur les nouveaux


défrichements pour l’extension des cultures pérennes, mais la
raréfaction de terres a amené le planteur à utiliser les espaces en
jachères et progressivement à raccourcir le cycle de celles-ci. Avec
la baisse sensible de fertilité qui en découle, la satisfaction des besoins
alimentaires (villageois et urbains) devient un problème crucial.
La technique de culture en couloirs a été proposée pour répondre
à cette préoccupation, mais parmi d’autres obstacles, son
«acceptabilité» en terme de quantité de travail à fournir est encore
loin d’être atteinte. Ainsi le comportement invasif du Leucaena,
originaire d’Amérique, nous conduit à déconseiller son usage dans
les zones tropicales humides.
Pour diminuer le travail nécessaire de tailles répétées des ligneux
(Gliricidia sepium par exemple) dans le système, il a été imaginé
d’augmenter l’écartement entre les bandes de ligneux (de 4 m à
10-12 m) afin de limiter le nombre d’émondages nécessaires (essais
IDEFOR/DFO à Gregbeu et Oumé, 1993-94).
Les bandes boisées sont constituées de 3 lignes d’arbres plantés à
2 x 2 m, de préférence en quinconce. Albizzia lebbeck et Albizzia
guachepele sont les espèces conseillées.
Ces bandes sont orientées d’Est en Ouest pour améliorer les
conditions d’ensoleillement des cultures.
Les arbres sont légèrement élagués à chaque début de cycle
de culture et recépés à la fin de la 3ème année. On a ainsi une
production de bois-énergie (bois de feu ou charbon de bois)
intéressante. Les bandes de culture font 10 à 12 m de large.
Le recul est encore faible mais il semble que cette technique soit
plus adaptée aux assolements à base d’igname et de bananier
plantain, et peu favorable aux céréales en général.
37
Haie vive
Cultures vivères

Branches et feuilles
déposées sur le sol

Arbres fertilisants (essences fixatrices


d’azote) à croissance rapide

II.1.7. JACHÈRE ARBORÉE AMÉLIORÉE

La technique traditionnelle de culture itinérante est sans conteste


la plus ancienne des techniques agroforestières tropicales. Mais elle
ne peut s’accommoder d’un raccourcissement excessif des phases
de jachère forestière et elle est compromise simultanément par
l’envahissement des jachères par Eupatorium odoratum (Sékou Touré)
et par la raréfaction des arbres semenciers dans l’espace rural.
Lors du dernier cycle de culture, planter des arbres appartenant
à la famille des légumineuses (Acacias océaniens ou albizzias
par exemple) qui enrichissent le sol en azote permet d’accélérer
l’installation de la phase ligneuse de la jachère.

Avant remise en culture, l’exploitation des arbres de la jachère


vers 3 ou 4 ans fournit comme dans le système précédent une
production de bois-énergie intéressante.
38
Contrairement à la précédente, cette technique semble adaptée
à l’ensemble des systèmes vivriers.

II.1.8. MÉTHODE TAUNGYA

Inspirée du «système taungya» pratiqué sur des massifs forestiers


d’Asie du sud-est, la méthode taungya a été utilisée sous diverses
formes en Côte d’Ivoire par le Service Forestier, avec cette
différence que les populations ne la pratiquent que les quelques
années nécessaires à la création de plantations forestières et
doivent ensuite retourner sur leurs terres.
La SODEFOR développe à nouveau l’utilisation de cette technique
pour la reconstitution de peuplements forestiers là où le potentiel
de régénération naturelle est trop faible.
Par extension, l’association de cultures vivrières intercalaires à des
reboisements privés ou villageois est généralement qualifiée de
méthode taungya.
Ce système est fortement critiqué car généralement peu
d’attention est réservée au devenir des populations y travaillant,
une fois que la couverture des arbres empêche la poursuite des
cultures agricoles.

II.1.9. GESTION D’ARBRES FOURRAGERS

Le développement de l’élevage est incontestablement un facteur


essentiel dans la stabilisation des systèmes de production, à
travers l’apport de fumure organique qu’il permet d’assurer. Mais
un certain nombre d’obstacles s’y opposent encore, dont celui
de la relative pauvreté des pâturages, les jachères et les cultures
pérennes ouvertes (caféier, palmier) étant la plupart du temps
envahies par le Chromalaena.
Plusieurs des systèmes agroforestiers proposés permettent de
conserver ou d’introduire des arbres fourragers :

n bocage, cacaoculture sous couvert arboré et agroforêt,


où la sauvegarde d’arbres naturels est préconisée.

Les espèces utilisées pour l’affouragement en ville sont bien

39
connues : Afzelia africana, Albizzia zygia, Allophyllus africanus,
Antiaris africana, Baphia nitida, Blighia sapida, Bridelia atroviridis,
Spondias monbin, et surtout Ficus exasperata pour les espèces
indigènes les plus courantes dans la région. Gliricidia sepium,
Gmelina arborea, Leucaena glauca et Mangifera indica pour les
exotiques et subspontanées (Bodji & N’Guessan, 1987).
Les modalités de gestion doivent par contre être précisées
(fréquence et hauteur de coupe).

n association caféier/légumineuses, où le Gliricidia pourrait


être maintenu à faible densité ou planté comme support
de clôture.

Dans un premier temps, le développement d’arbres fourragers


peut s’envisager comme un simple appui à l’élevage de case des
petits ruminants actuellement pratiqué.

II.2. RECOMMANDATIONS GÉNÉRALES

Pour réussir une plantation agroforestière, il est très utile de prendre


les précautions suivantes :

a Choisir judicieusement le(s) système(s) agroforestier(s) à implanter


en fonction des objectifs du planteur et des potentialités du site
(fertilité du sol, disponibilité en eau, éloignement du site par
rapport au village, etc.).
a Privilégier les espèces à usages multiples
a Bien préparer le site.
a Utiliser des semences et des plants de bonne qualité.
a Démarrer les activités de pépinière à la bonne période.
a Bien planter, protéger et entretenir les arbres installés sur la
parcelle agroforestière.

Avant de mieux décrire les conditions de mise en oeuvre des techniques


proposées et qui devront faire leurs preuves à l’usage, certains
conseils d’ordre général peuvent être donnés pour la sauvegarde ou
la réintroduction de l’arbre dans le paysage agricole :
40
a) Les chances d’acceptation et de diffusion en milieu paysan de
techniques nouvelles seront multipliées par une grande souplesse
de l’encadrement. Le vulgarisateur doit s’attacher à obtenir
l’adhésion et la participation des paysans, et non la réalisation
rapide de modèles standard encore non confrontés au contexte
régional.

b) La sauvegarde d’espèces forestières préexistantes ou de leur


régénération est à encourager.
Elle doit s’appuyer sur une démarche volontaire du paysan pour le
choix d’espèces qu’il juge utiles ; ce choix peut bien sûr varier d’un
individu à l’autre suivant les objectifs qu’il se fixe.

c) Pour les espèces de bois d’œuvre (moyen ou long terme), le


choix sera principalement guidé par leur port naturel, la préférence
étant donnée aux arbres à bonne rectitude (tronc droit), à cime
étroite et à branchaison fine. Ainsi on préférera le fraké au framiré
et le kapokier au fromager.

d) L’usage du feu doit être sévèrement contrôlé à proximité


des arbres sauvegardés ou plantés. Cette recommandation
contraignante est essentielle pour le bon état sanitaire des arbres.
Elle impose un travail d’ouverture de pare-feu le long des haies et
de mise en tas des résidus de défrichement à distance des arbres
avant brûlage.
Il est actuellement troublant de constater que ces précautions
ne sont que partiellement prises (ou pas du tout) pour les fruitiers
conservés dans les espaces de culture, même pour les kolatiers et
les manguiers.

L’idéal serait la diffusion de la culture sans brûlis, qui fait actuellement


l’objet d’essais tant en station qu’en milieu paysan. Elle nécessite
cependant un travail considérable lors du premier défrichement
pour remise en culture d’une jachère à Chromolaena et demande
des solutions appropriées au contrôle ultérieur des adventices
(plantes de couverture par exemple).

41
e) Les techniques de taille d’entretien ou celles de récolte de
certains produits doivent être améliorées pour favoriser la pérennité
de l’arbre et de la ressource :

n soins avec usage de scie ou de cisaille pour l’élagage


(élimination de branches pour amélioration du fût) ou
l’émondage (récolte totale ou partielle de branches pour
le paillage ou le fourrage).

42
n récolte des écorces médicinales en bandes verticales
alternées et non en larges panneaux.

43
II.3. SÉLECTION D’ESPÈCES À INTERÊT AGROFORESTIER

Nous préconisons la sauvegarde d’espèces naturelles et sub-


spontanées de façon diffuse sur l’ensemble d’une exploitation,
mais elle concerne plus particulièrement les systèmes de haie vive,
de cacaoculture sous couvert arboré, d’agroforêt et de jardins de
case. Elle suppose une reconnaissance des espèces, aussi bien
au stade adulte qu’aux stades jeunes pour pouvoir «assister» leur
régénération : dégagement des semis par élimination d’autres
espèces, ou même par transplantation.
Les manœuvres chargés des défrichements méconnaissent souvent
l’environnement et sont donc peu enclines à le sauvegarder, surtout
pour ceux qui sont originaires d’autres régions ; nombre d’espèces
utiles leurs sont inconnues. Avec les manœuvres chargées des
opérations de défrichement ou d’entretien, il est important que les
agriculteurs procèdent par étapes :

1/ sensibilisation des manœuvres à l’importance de conserver


les arbres avec interdiction de couper les ligneux, quelque
soient l’espèce et la taille ;
2/ reconnaissance des arbres à conserver par l’agriculteur
propriétaire du terrain assisté d’un « vieux » ou d’un agent de
développement compétent et marquage avec une ficelle
ou un trait de peinture ;
3/ élimination des ligneux non sélectionnés.

D’une manière générale, les arbres à croissance rapide sont très


utiles pour démarrer l’agroforesterie car ils résistent bien au soleil,
ce sont des bois tendres. Pour les bois utiles en menuiserie, les bois
lourds, il vaut mieux les introduire plus tard, sous couvert.

Nous indiquons en ANNEXE 1 une liste non exhaustive d’espèces


dont la plantation et/ou la sauvegarde est utile au sein des systèmes
agroforestiers.

Cette liste qui comporte 55 espèces végétales donne un aperçu


des plantes méritant d’être sauvegardées dans le cadre de
certains systèmes agroforestiers.

44
Par précaution phytosanitaire, il convient d’être prudent quant
à l’association d’arbres appartenant à la même famille que les
essences cultivées, et inversement. Par exemple, on évitera les
arbres de la famille des Sterculiaceae (hormis le Bété, Mansonia
altissima) dans les plantations de cacao qui appartient lui aussi à la
famille des Sterculiaceae. Aussi, on évitera de planter du manioc
dans et autour des plantations d’hévéa car tous deux font partie
de la famille des Euphorbiaceae.
Nous présentons ci-après une sélection d’espèces agroforestières
dont les populations riveraines du Parc National de Taï font un
usage régulier.

LÉGENDE
PRINCIPALES UTILISATIONS 4/ feuilles fraîches
Alimentation Ali 5/ feuilles séchées
Artisanat Art 6/ feuilles séchées pulvérisées
Construction Cons 7/ écorces
Médical Med 8/ écorces séchées
Soins corporel SC 9/ écorces séchées pulvérisées
10/ graines séchées
PRODUITS UTILISÉS 11/ fruits
12/ fruits séchés
Amande am 13/ bois d’œuvre
Bois B 14/ racines
Écorces éc 15/ racines séchées
Feuilles F 16/ racines séchées pulvérisées
Fruits fr 17/ sève
Graines gr 18/ tige
Racines ra 19/ graines fraîches
Sève S
Tige T SYSTÈMES AGROFORESTIERS

FORMES D’UTILISATION Brise-vent BV


Jachère arborée Jach
1/ amandes Limite de parcelle Lim
2/ amandes séchées Reboisement Bois
3/ amandes pulvérisées Taungya Ty

45
NOM LOCAL
OUBI :O PRINCIPALES
NOMS SCIENTIFIQUES NOMS COMMUNS
GUÉRÉ :G UTILISATIONS
BAOULÉ :B

Têhêkpahou /
Bambusa vulgaris Bambou de chine Cons, Med
Pahoukpahou(G)

Beilschmiedia mannii Atiokouo Blérié(O), Bilê / Biyiê(G) Ali

Ceiba pentandra Fromager Djo(O), Djo(G), N’Gnin(B) Ali

Cola nitida Kolatier Yè-tou(G), Wèssè(B) Ali

Hôô-tou(O), Séa-tou(G),
Coula edulis Attia Ali, Med, Cons
Atcha(B)

Elaeis guineensis Palmier à huile Gao / Kpohor(G), Mé(B) Ali, Art, SC

Djarou-tou(O), Gouêkpa(G),
Garcina kola Petit Kola Ali, Med, SC
Tchampia(B)

Kpélé-tou(O),
Irvingia gabonensis Boborou Ali, Cons
Kplè-tou(G), Kaclou(B)

Oldfieldia africana dantoué Dan-tou(G) SC, Art

Raphia hookeri Raphia Dohoun(G), Gbalé(B) Ali, Art

Karo-tou(O), Kôhou-tou(G),
Ricinodendron heudelotii Eho, Akpi Ali
Akpi(B)

Tectona grandis Teck - Med

Tieghemella heckelii Makoré Djouroutou(O), Djouhou-tou(G) Ali, Med

Triplochiton scleroxylon Samba Wohouê(G) Ali

Doroglo-gbè(O),
Xylopia aethiopica Poivrier de Guinée Cons, Med
Gblêgblê(G), Ciciancian(B)

46
FORME SYSTÈME MODE DE TYPE DE CULTURES
PRODUITS UTILISÉS
D’UTILISATION AGROFORESTIER MULTIPLICATION ASSOCIÉES

T, F 4 - Rejet -

gr 10 Lim, Jach Graines Café, cacao, ferme

F, B 6, 13 Lim, Jach Plantules Toute culture

fr 11 Lim, Jach Graines Toute culture

fr, éc, B 11, 7 Lim Graines Café, cacao, ferme

T(Coeur), S, 19, 18, 17, Graines,


Lim, Ty Toutes les cultures
F, gr 4 & 5, 10 plantules

fr, T 11, 12 Lim, Jach Graines Toute culture

am, B 2, 13 Lim, Jach Graines Café, cacao, ferme

Toute culture
éc, B 7 Lim Graines
et ferme

De préférence les
S, F 17, 4 & 5 Lim Rejet
cultures de bas-fonds

gr 11, 12 Lim Graines Toute culture

Graines,
Bois, T, Toutes les cultures
F, B 4 plantules,
BV, Lim, Ty et ferme
boutures

Toute culture
am, éc 3, 9, 13 Lim, Jach Graines
et ferme

F 4, 5 Jach Plantules -

B, fr 12, 13 Jach, Lim Graines Toute culture

47
Le choix des espèces revient au paysan, le nombre d’individus à
conserver par espèce reste à déterminer en fonction des besoins
de produits, d’une éventuelle régénération à prévoir et de la
densité d’arbres à ne pas dépasser par rapport à la composante
agricole du système.
Le comportement des arbres, arbustes, palmiers ou lianes dans ces
systèmes complexes reste à découvrir au fur et à mesure de la mise
en oeuvre des techniques.

Il pourrait être proposé à des paysans venant d’autres provinces


ou de pays limitrophes d’introduire dans les systèmes des espèces
originaires de leurs régions : ainsi Borassus aethiopum pour les
baoulés ou les abrons, Adansonia digitata, Parkia biglobosa
ou Tamarindus indica pour toutes les populations originaires des
savanes soudaniennes.
L’introduction du néré (Parkia biglobosa) sera peut-être freinée
par son statut traditionnel chez les mossis pour qui il est «l’arbre du
chef» (Baumer, 1994).

48
III. IMPLANTATION ET GESTION DE LA PÉPINIÈRE AGROFORESTIÈRE

La pépinière agroforestière est le lieu où poussent les jeunes


plants recevant une attention intensive et régulière avant d’être
transplantés au champ lorsqu’ils sont assez vigoureux et résistants. Il
y a de nombreux avantages à utiliser la pépinière au lieu de planter
les arbres directement au champ.

Pourquoi gérer les plants en pépinière au lieu de planter


les arbres directement au champ ?
Les avantages sont nombreux :
n moins de graines sont nécessaires pour faire pousser les
plants en pépinière au lieu de les planter en plein champ,

n les jeunes plants reçoivent plus d’attention en pépinière.


Par exemple, ils sont mieux protégés des animaux et des
maladies, reçoivent une attention plus fréquente et plus
régulière comme l’arrosage, l’application de compost ou
d’engrais minéraux, etc.

n l’agriculteur peut sélectionner les plants les plus vigoureux et


indemnes de maladies, afin de les planter en plein champ,

n la pépinière fournit un sol (substrat) d’une meilleure qualité


que si les plants étaient plantés directement au champ.

Il existe deux types de pépinières :

a la pépinière humide où les plants sont élevés en sachets.


a la pépinière sèche où les graines sont semées directement au
sol sur des planches de semis.

Les arbres les plus résistants pourront être placés sur les planches
de semis mais il est généralement préférable de semer les graines
dans des sachets ou récipients afin de limiter la mortalité lors
de la transplantation. Pour réduire les coûts, on pourra utiliser
des récipients en plastique (sachets, bouteilles d’eau ou autres
récipients), en fibres (paniers endommagés collectés sur les

49
marchés locaux), des troncs creux, des boîtes de conserve etc.
Il ne faut pas que les racines reçoivent trop de lumière (à travers
un récipient en plastique par exemple) et s’assurer que le fond du
récipient est bien troué pour que l’excès d’eau puisse s’évacuer.

Bouteille en plastique
Tronc de bananier

Bambou

Sac en plastique
Boîte de conserve Panier tressé

III.1. CHOIX DU SITE DE LA PÉPINIÈRE

Le choix du site de la pépinière doit être guidé par l’analyse des


éléments suivants :
n le site doit être proche du lieu de résidence et du lieu où
seront plantés les arbres,

n le site doit être à proximité d’un point d’eau permanent,

n la pépinière doit être accessible par la route pour permettre


l’accès de véhicules,

n le sol doit être à niveau avec une pente douce pour éviter
les inondations,

n le sol doit être fertile avec un bon drainage,

n la main d’œuvre doit être disponible à proximité du site,

n la proximité d’un marché est un point fort.

50
III.2. PRÉPARATION DU SITE ET INSTALLATION DE LA PÉPINIÈRE

Les principales opérations de préparation du site sont les suivantes :


n éliminer la végétation sauf certains grands arbres et arbustes
situés aux coins et procurant de l’ombre, préférentiellement
ceux appartenant à la famille des légumineuses,

n brûler les débris et résidus végétaux,

n aplanir le terrain en gardant une légère pente,

n organiser la pépinière en fonction d’un plan préalablement


élaboré ; on pourra disposer les plants au sein d’unités,
un panneau indiquant les principaux usages des arbres
(fruitiers natifs, bois d’œuvre, espèces médicinales, espèces
à croissance rapide, etc.),

n planter des haies vives coupe-vent autour de la pépinière,

n clôturer la pépinière pour la protéger des animaux,

n couper les perches et les palmes pour la construction de


l’ombrière à environ 2 mètres de hauteur et orienté dans le
sens Est-Ouest,

n remplir les sachets en utilisant un terreau riche (terre


présentant une bonne teneur en humus) qui peut être
mélangé à du sable et de la cendre,

n ranger les sachets en planches de manière à faciliter


l’arrosage, le démariage et le désherbage,

n confectionner les planches de semi en traçant des sillons


distants de 15 à 20 cm,

n s’assurer que les allées sont assez larges pour circuler avec
une brouette.

Les critères pour l’installation d’une pépinière sèche sont les


mêmes que pour une pépinière humide mais le sol doit être fertile
et avec une structure légère, aérée. On peut utiliser un mélange
51
de terreau, compost, sable et cendres. Par exemple : 3/5 de terre
agricole fertile, 1/5 de compost et 1/5 de sable

Pots

Sable

Puits
Planches de semis Compost Abri pour les outils

III.3. ENTRETIEN DE LA PÉPINIÈRE ET CONSEILS PRATIQUES

La pépinière doit toujours être propre, il faut arroser les planches


de semis au lever et au coucher du soleil si il n’y a pas de pluies
abondantes, jusqu’à la germination. Après la germination, il faut
arroser les plants une fois par jour (matin ou soir) si il ne pleut
pas. Les mauvaises herbes doivent être enlevées à la main et on
fera un binage une fois par semaine avec une petite daba ou
un objet pointu pour éviter la formation d’une croûte. On doit
également faire un cernage pour les plants en sachets c’est-à-
dire les déplacer toutes les deux semaines à partir du deuxième
mois après la germination, afin que les racines ne pénètrent pas
le sol. On peut ensuite démarier les plants lorsqu’ils sont plusieurs à
pousser dans le même sachet ou poquet.

On observera également les pratiques suivantes :


n nettoyage des outils avant leur rangement dans un local
adéquat,
52
n placement des plants dans la pépinière en fonction de leurs
usages. On pourra regrouper au même endroit les espèces
de bois d’œuvre et pour le bois de feu / les arbres fruitiers
natifs et exotiques / arbres à croissance rapide / les plantes
médicinales / les plantes ornementales, etc.,

n sur un cahier et sous forme de tableau, on notera le nombre


de plants par espèce, le nombre de plants morts, le nombre
d’arbres plantés et/ou vendus, etc.,

n on pourra tailler les racines dépassant des sachets avec la


machette en prenant soin d’apporter de l’ombre et de l’eau
aux plants taillés durant au moins deux jours après la taille,

n on préparera les plants aux conditions qu’ils rencontreront


une fois plantés. Ainsi, on réduira progressivement l’ombrage
et l’eau apportées aux plants, c’est ce qu’on appelle
l’endurcissement. La plupart des arbres seront maintenus à
l’ombre durant environ un mois.

n les plants trop petits, malades ou faibles seront brûlés afin


d’être sûr que seuls les plants vigoureux seront plantés sur les
parcelles,

n après s’être assuré que les insectes en présence sont bien des
ravageurs des plantes et non des auxiliaires, on pourra utiliser
des substances naturelles facilement disponibles, c’est une
bonne alternative à l’emploi de pesticides commerciaux.
Il existe de nombreuses recettes locales à base de graines
pilées (neem par exemple), de tabac (décoction de feuilles
et de mégots), d’ail, de poivre, de cendres, etc. On utilise
généralement l’eau savonneuse et l’huile pour que la solution
adhère bien aux feuilles à traiter.

53
IV. PROPAGATION DES ESSENCES AGROFORESTIÈRES

IV.1. PROPAGATION À PARTIR DES GRAINES

La réussite du système agroforestier dépend beaucoup de la


qualité des semences utilisées et des soins apportés aux jeunes
plants en pépinière.

IV.1.1. RÉCOLTE DE SEMENCES

: : Choix du semencier

Un semencier est un arbre qu’on choisit pour obtenir des graines


de bonne qualité.
Quelles sont les qualités d’un bon semencier ? Le bon semencier
est un arbre qui a :

n un fût droit (tronc droit) avec peu de défauts (bosses par


exemple) pour les arbres de bois d’œuvre,
n des fruits abondants et gros ayant un bon goût (saveur),
une belle couleur et les caractéristiques préférées des
consommateurs,
n un houppier (« la tête de l’arbre ») bien développé et en
bon état sanitaire,
n atteint son âge adulte, il est à maturité (ni trop jeune, ni trop vieux).

: : Techniques de récolte

La récolte des semences doit se faire à la période de pleine


maturité des fruits, et avant que les fruits ne s’ouvrent pour ceux qui
sont déhiscents (fruits secs qui s’ouvrent pour libérer les graines).
Voilà quelques techniques simples pour récolter les fruits destinés à
être plantés :

Récolte sur les arbres :


Il faut nettoyer sous les semenciers avant d’entamer la récolte.
n Grimper sur l’arbre pour cueillir les fruits.
n Pour les épineux de petite taille, secouer le tronc ou utiliser
une perche.
54
n Secouer l’arbre pour faire tomber les fruits.

Récolte au sol :
Il faut nettoyer sous les semenciers avant d’entamer la récolte.
n Ne ramasser que les fruits nouvellement tombés.
n Ne pas prendre les fruits en mauvais état sanitaire et
présentant des piqûres d’insectes.

: : Transport des fruits

Il faut utiliser des sacs en jute (sac de café – cacao) bien aérés
ou des paniers pour faciliter la circulation de l’air et éviter le
pourrissement ou la moisissure.

: : Techniques d’extraction des graines

L’opération consiste à enlever les graines du fruit. Les méthodes


d’extraction varient en fonction du type de fruit. L’extraction doit
se faire avec beaucoup de précaution pour ne pas endommager
les graines.

55
n Epandage au soleil pour faciliter l’ouverture des fruits
(fruits déhiscents).
n Décorticage à la main.
n Extraction mécanique pour les fruits secs à coque dure.

: : Nettoyage des graines

L’opération a pour but d’éliminer les fragments de gousses, de


capsules, de pulpes, de graines immatures ou attaquées par les
insectes. Les méthodes utilisées sont :
n le trempage dans l’eau, opération qui permet de sélectionner
les bonnes graines en éliminant les graines qui flottent,
n le vannage, qui consiste à secouer les graines pour les nettoyer,
n le triage manuel.

: : Conservation des graines

Il faut prendre soin de conserver les graines dans un endroit frais


et sec, à l’abri des rongeurs, rapidement après leur récolte. On
conservera les semences dans un sac différent de celui utilisé
durant le transport, ou il devra être soigneusement nettoyé.

56
IV.1.2. SEMIS

Chez certaines essences forestières, le pouvoir germinatif est très


court parce que les graines sont riches en eau. Il faut donc les
mettre à germer très vite.

Certaines graines germent difficilement, elle peuvent être en


dormance ou récalcitrantes. Certains traitements permettent
d’augmenter le taux de germination dont :
n le trempage dans de l’eau froide (quelques jours)

ou chaude (quelques heures, eau bouillie versée


sur les graines à 80°C maximum). C’est le cas pour
Tetrapleura tetraptera et Acacia auriculiformis par
exemple,
n la scarification à l’aide d’une lame très bien

aiguisée (ne pas couper la zone ou sortira la


racine), des fentes sont faites dans l’enveloppe
de la graine pour aider à la germination. On peut
aussi piler les graines dans du sable, les érafler
avec du papier de verre ou les secouer dans une
boîte métallique,
n le trempage dans une solution d’acide sulfurique (de

15 minutes à 4 heures pour les enveloppes les plus


dures) ramollit l’enveloppe de la graine qui peut
ensuite s’humidifier et germer. Attention à suivre
scrupuleusement les consignes de sécurité.

Généralement, une graine est semée deux fois au plus de son épaisseur
en profondeur et recouverte une fois au plus de son épaisseur.

On notera que pour des légumineuses germant difficilement et/


ou ayant des problèmes de développement, on fera germer les
graines dans de la terre prélevée au pied des plants mères.

57
: : Semis direct en sachets

arroser les sachets la veille,


n

n faire un petit trou dans

le sachet pour chaque


graine à semer,
n semer 2 à 4 graines

suivant le taux de
germination, moins les
graines ont de chances
de germer, plus on en
plantera,
n recouvrir les graines de terreau

et tasser légèrement,
n arroser abondamment les sachets après le semis.

: : Semis en planches

Les planches de semis entourées de bois (bambou par exemple)


seront surélevées de 15 à 20 cm et bien planes pour limiter l’érosion
par les fortes pluies. On confectionnera trois couches d’environ 5
cm chacunes :
n en bas, une couche de

drainage constituée de
pierres et de cailloux,
n au milieu, une couche

qui retiendra l’eau


constituée de compost,
terre et terreau
n en haut, une couche

d’enracinement
constituée de terre fertile,
légère et bien aérée. On
peut mélanger la terre à
du sable.

58
On procèdera ensuite au semis de la façon suivante :
n arroser les planches la veille,
n tracer de petits sillons réguliers,
n dans les sillons, semer quelques graines par paquet pour
obtenir un intervalle régulier,
n mesures : 10 cm entre

les paquets et 20 cm
d’intervalle entre les
sillons,
n recouvrir

légèrement les
graines de terreau,
et tasser avec une
planche sur laquelle
on appuie,
n il faut faire attention à

la profondeur de semis et
à la position de la graine,
n arroser abondamment après le semis.

IV.2. PROPAGATION VÉGÉTATIVE (SANS GRAINES)

Multiplier un végétal par la voie végétative (asexuée) permet de


conserver les caractéristiques désirables de la plante mère. On
a ainsi une copie exacte qui contient le même génome que la
plante initiale. Les plantes mères sont celles qu’on aura choisi de
propager en fonction de critères bien précis comme la vitesse de
croissance, la forme de la couronne, la rectitude du tronc, la taille,
le goût et la couleur des fruits, etc. Si les principaux avantages de
la propagation végétative sont l’accélération de la fructification
et le maintien des gènes désirés, les principaux inconvénients sont
les risques de propagation de maladies (et de la sensibilité des
plantes aux maladies) ainsi qu’une tendance à l’uniformisation des
individus qui du coup, ont tous le même « bagage génétique ».
Les critères de sélection des plantes mères, les précautions à
prendre durant le prélèvement et le transport du matériel végétal
déterminent fortement le succès de la propagation.
59
: : Pourquoi domestiquer les arbres fruitiers sauvages ?

Depuis des millénaires, la gamme importante des espèces ligneuses


pérennes réparties dans les régions tropicales humides ont satisfait
bon nombre des besoins des populations locales (Leakey, 1998;
Okafor et Lamb, 1994; Abbiw, 1990).
Alors que de nombreux travaux de recherche sont réalisés sur les
arbres fruitiers « classiques » ayant des débouchés sur le marché
international (agrumes, palmier à huile, manguiers, etc.), très peu
d’efforts sont consacrés à l’amélioration variétale des arbres fruitiers
sauvages africains (locaux ou natifs), très consommés en milieu
rural et d’une grande importance économique et sociale. Certains
de ces arbres fruitiers locaux ont également des débouchés au
niveau international. Comme ils poussent (de moins en moins !)
naturellement en forêt, on a peu l’habitude de les planter et
certains croient que cette ressource est éternelle. Mais aujourd’hui,
ces essences sont menacées de disparition par les défrichements
pour l’agriculture, l’urbanisation croissante ainsi que par d’autres
formes d’exploitation et de prélèvements. Pour préserver cette
ressource génétique, il est impératif de recourir à la domestication,
c’est-à-dire de reproduire les individus ayant des caractères que
nous jugeons intéressants. La vente de ces fruits sauvages sur les
marchés locaux représente un revenu non négligeable, le prix des
fruits augmente à mesure que la ressource diminue.

Il est urgent que les agriculteurs propagent et plantent massivement


les meilleurs spécimens de fruitiers sauvages. Au niveau culturel, les
traditions locales de transformation de ces fruits (en huile par exemple)
disparaissent elles aussi avec les femmes les plus âgées.

Les techniques de multiplication végétative (bouturage et


marcottage par exemple), contrairement à la multiplication par
semences, permettent cette domestication ; elles permettent
de conserver les caractères intéressants des plantes mères :
caractéristiques des fruits (taille, saveur, couleur), conformation
de l’arbre (une petite taille facilite la récolte, etc.). Enfin, la
multiplication végétative permet de réduire à leur minimum les
opérations de collecte de semences et de sauvageons en forêt.

60
La présence d’arbres fruitiers natifs africains au sein de systèmes
agroforestiers nécessite d’être encouragée et étendue à grande
échelle. Il en est de même pour la préservation de nombreuses
essences forestières ayant une valeur environnementale et
culturelle élevée.

Nous présentons ci-après brièvement les techniques du marcottage


et du bouturage, particulièrement pertinentes dans le cadre de la
domestication des arbres fruitiers sauvages.

Nous ne développerons pas le drageonnage, lorsque la plante


émet des rejets à partir des racines lorsqu’elles sont « titillées » (et
non pas au collet), phénomène fréquent et problématique dans le
cas d’espèces exotiques envahissantes.

IV.2.1. LE MARCOTTAGE

Les techniques de marcottage visent à stimuler l’apparition de


racines sur une branche de la plante mère. Cette branche est
ensuite sectionnée puis mise en pot au sein de la pépinière. Il
faut observer des conditions d’hygiène rigoureuses pour éviter la
propagation des virus et des nématodes.

: : Le marcottage aérien

Ce type de marcottage peut être réalisé sur de nombreux arbres et


est particulièrement adapté pour les arbres fruitiers. Nous décrivons
ci-après les principales étapes pour réussir un marcottage aérien :

n sélectionner une branche relativement jeune mais pas trop


« molle », suffisamment lignifiée, le long de laquelle on fera
deux incisions circulaires afin de retirer un anneau de 1 à 5
cm de long. On coupera une ligne pour rejoindre les deux
incisions afin d’ôter parfaitement une fine bande d’écorce
suffisamment longue pour éviter la cicatrisation. La longueur
de la pousse sera de 20 à 60 cm de long environ, à au moins
20 cm de l’extrémité de la branche,
n attacher un sac plastique sous la coupure ou « cicatrice »

60
avec une ficelle de manière à prévoir une poche qui pourra
être remplie de substrat et fermée au dessus de la coupure.
On prévoira de pouvoir ouvrir et refermer aisément la partie
supérieure de la poche pour vérifier que le substrat est toujours
humide,
Plastique

Feuille
Coupure légère d’aluminium
recouvrant le
plastique

Terreau
léger

n après avoir éventuellement appliqué une petite quantité


de mélange ou « pralin » d’hormones végétales sur la partie
supérieure de la coupure pour favoriser l’apparition des racines,
on tasse deux poignées de substrat léger autour de la coupure.
Les substrats peuvent être du sol préférentiellement prélevé au
dessous de l’arbre, rincé et mélangé à de la mousse, de la
fibre de noix de coco, de la sciure de bois décomposée, etc.
Le mélange devra bien retenir l’humidité sans être détrempé,
comme une éponge pressée,

n bien rabattre la poche sur le substrat et attacher le plastique à


au moins 1 cm du haut de la coupure. On tirera le plastique vers
le haut pour bien serrer la poche sur le substrat avant d’appliquer
du ruban adhésif au milieu et aux extrémités de la poche,

n le tout sera recouvert d’une feuille d’aluminium avec une


étiquette portant le date du jour. La poche en plastique sera
ouverte régulièrement pour vérifier si l’humidité est suffisante,

62
n Dès que suffisamment de racines seront apparues, on
raccourcira et on taillera pratiquement toutes les feuilles de la
marcotte pour la mettre en pot dans la pépinière ou dans le
bac de bouturage, en fonction de l’humidité ambiante.

Le matériel nécessaire est le suivant : couteaux bien aiguisés, pierre à


aiguiser de texture fine, alcool à 90 pour désinfecter les couteaux, terre
mélangée à un substrat léger comme de la fibre de noix de coco,
de la sciure de bois décomposée, etc., sacs plastique à découper
pour envelopper la marcotte, ficelle et ruban adhésif, préparation
hormonale (AIB et talc mélangés dans un peu d’eau pour former un
pralin) avec ou sans fongicide, feuilles d’aluminium,

: : Le marcottage par couchage

Tuteur

Arceau métallique

Une fois taillés, de jeunes rameaux longs et flexibles sont pliés et une
partie est enterrée pour former un U. On peu inciser la partie enterrée
et y appliquer un peu d’auxines (hormone végétale) pour favoriser
l’apparition des racines. On peut se servir d’un arceau métallique et
de piquets en bois pour maintenir la tige courbée dans un substrat
léger et humide en permanence. La marcotte enracinée est séparée
de la plante mère lorsque les racines sont bien développées puis elle
est plantée en pot dans la pépinière ou dans le bac de bouturage.

63
: : Le marcottage par buttage

Ce type de marcottage est pratiqué sur des plantes qui auront été
sévèrement taillées à quelques centimètres au dessus du sol. On
recouvre alors continuellement et progressivement les nouvelles
jeunes pousses avec de la terre humide mélangée à un substrat léger,
jusqu’à ce que des racines apparaissent à la base des pousses. Ces
dernières sont alors coupées et plantées au sein de la pépinière ou
dans le bac de bouturage. On peut aussi pratiquer le marcottage
par buttage en utilisant des pots.

2e pot
sans fond

Couches de
terreau humide

1er pot

Jeunes pousses
enracinées

IV.2.2. LE BOUTURAGE

Le bouturage est une méthode très utilisée pour la multiplication des


plantes ornementales. Le bouturage des essences agroforestières et
le cas particulier du bouturage des arbres fruitiers sauvages et des
essences de bois d’œuvre, est bien moins connu.
Le prélèvement de grandes boutures (macro-boutures) ou sections
de branches plantées directement en terre, permet d’obtenir dès
le départ un arbre suffisamment grand dont la croissance sera peu
gênée par les mauvaises herbes.
On peut donner les recommandations générales suivantes pour le
64
prélèvement et la mise en terre des grandes boutures ou macro-
boutures de 20 cm à plus de 2 m de hauteur :

n choisir des pousses d’au moins un an et enlever les feuilles afin


d’éviter un excès de transpiration et donc le dessèchement,
n utiliser des outils désinfectés et parfaitement aiguisés pour
couper les tiges en biais afin que l’eau ne stagne pas sur la
plante mère,
n transporter et stocker les boutures couvertes d’une toile de
jute humide (ou feuilles, herbes) le moins longtemps possible
dans un lieu frais et sombre. Plus la bouture est petite, plus il
faut la planter rapidement,
n enlever un peu d’écorce entourant la base de la bouture,
faire une nouvelle coupe nette et franche en biais avant de
placer la bouture dans une terre légère et humide.

Boutures à prélever

Nous traiterons ci-après des petites boutures de 5 à 20 cm de longueur


(1 à 2 nœuds) permettant la multiplication massive des essences
sélectionnées en fonction des souhaits des agriculteurs. Cet objectif
peut être atteint en utilisant le bac de bouturage sans nébulisateur ou
châssis de propagation ou « Non-Mist Propagator » en anglais.

65
: : Pourquoi utiliser le bac de bouturage ?

De nombreux agriculteurs riverain du Parc National de Taï sont très


motivés par l’arboriculture des essences locales (natives ou indigènes)
telles que le colatier (Cola nitida), le Makoré (Tieghemella heckelii),
le Kplé (Irvingia gabonensis), le Bihé (Beilschmiedia manii) et bien
d’autres espèces. La principale contrainte à la plantation de ces
essences est le temps qu’il faut attendre avant de récolter les premiers
fruits : de 10 à 15 ans suivant les espèces.
« Avant quand on plantait un arbre on disait : tu vas mourir avant qu’il
ne commence à produire des fruits » d’après Glé Etienne, à Ponan,
le 08/2002.

Le bac de bouturage sans nébulisateur facilite la multiplication par


bouturage et les premiers fruits peuvent être obtenus au bout de 3 à
5 ans.
Développée par le Centre International pour la Recherche en
Agroforesterie (CIRAF, maintenant World Agroforestry Center) depuis
les années 1990, cette technologie est adaptée en milieu rural puisque
l’utilisation des bacs de bouturages ne nécessite ni eau courante,
ni électricité. Les bacs de bouturages peuvent également être
utilisés pour la multiplication des essences dont les graines germent
difficilement. La technologie du bac de bouturage est accessible
aux agriculteurs à faible capacité d’investissement en capital. Un
bac de bouturage est une simple boîte d’environ un mètre de large
et trois mètres de longueur, de construction et d’utilisation faciles,
pouvant être réalisée par les agriculteurs eux-mêmes. L’armature est
en bois, le tout recouvert d’une feuille de polyéthylène pour s’assurer
d’une humidité constante afin de maximiser la réussite du bouturage.
L’emploi d’hormones de bouturage est recommandé pour favoriser
un développement plus rapide des racines. Les agriculteurs n’ayant
pas accès à ces hormones peuvent utiliser l’eau de la noix de coco
qui contient également des auxines, hormones végétales favorisant
l’apparition et le développement des racines.
La conduite de cette activité avec les agriculteurs permet de multiplier
massivement (environ 3000 plants par ans et par bac) les essences
qu’ils souhaitent conduire sur leurs parcelles.

66
Bambou ou tube PVC pour
contrôler le niveau d’eau

Milieu d’enracinement

Niveau
d’eau

50 cm Graviers

Cailloux

1m

Fine couche
de sable
3m
Film plastique épais
et transparent
25 cm

1m

Le bac de bouturage sans nébulisateur est également utilisé pour la


multiplication d’essences médicinales et de bois d’œuvre comme
par exemple l’Iroko (Chlorophora excelsa), le Framiré ou le Fraké
(Terminalia spp.).
Des graines peuvent éventuellement être placées dans une bassine
qui est posée dans le bac afin d‘accélérer la germination.

: : Conditions nécessaires pour favoriser l’apparition


des racines

Nous listons brièvement les facteurs essentiels qui influent sur


l’enracinement.

n L’eau : lorsque la bouture est prélevée sur la plante mère, elle


ne peut plus s’alimenter en eau. On doit donc s’assurer que
la bouture est toujours placée dans un milieu très humide sans
tremper trop longtemps dans l’eau pour éviter les problèmes
de pourriture.
n Le substrat d’enracinement : il doit être léger, propre, si possible
désinfecté en le faisant bouillir dans un fût de 200 litres et permettre

67
un passage facile pour l’eau. On peut citer le sable de rivière, la
sciure de bois bien décomposée (sous la pluie et le soleil durant
quelques semaines) et le mélange sable/sciure à 50/50.
n La surface foliaire : on doit tailler les feuilles de la bouture pour
éviter qu’elle ne se dessèche par transpiration mais il faut aussi
conserver une surface foliaire suffisante pour que le processus
de photosynthèse puisse se poursuivre, afin d’alimenter la
plante. On doit donc trouver le bon compromis en fonction des
essences, généralement autour de 50cm² de surface foliaire.
n La lumière et la température : a défaut de toile à ombrer
permettant d’obtenir 60% d’ombre, on pourra utiliser des feuilles
de palmier pour couvrir le carbet ou petit abris sous lequel est
placé le bac de bouturage. La température à l’intérieur du
bac ne devra pas dépasser 30°C et on pourra arroser le bac
lui-même si la chaleur est trop intense.
n Les aspects phytosanitaires : il est capital de prélever les boutures
sur des plantes mères parfaitement saines, indemnes de tout
virus, bactéries ou champignons. Les boutures pourront être
éventuellement traitées avec des pesticides ou désinfectées
avec de l’eau de javel diluée. Les outils seront nettoyés et
désinfectés avec de l’alcool à 90° le plus souvent possible.
n Les hormones végétales : certaines hormones de la famille des
auxines (AIB, AIA, ANA) accélèrent l’apparition des racines sur
les boutures. On peut tester l’emploi des auxines à différentes
concentrations sachant que certaines espèces n’ont pas
besoin d’ajout d’hormone pour produire des racines.

: : Matériel nécessaire et quelques recommandations pour la


construction d’un bac de bouturage

Le bac sera orienté est/ouest et installé sur un sol non inondable. On


le posera sur une fine couche de sable très fin parfaitement plane
(utiliser un niveau) et recouverte d’une couche de bâche plastique
très solide. Dans le bac, au fond, on posera une double couche de
bâche plastique peu tendue afin de supporter aisément le poids des
matériaux et de l’eau. Le bac sera placé sous un petit abri offrant 60%
d’ombre (toile à ombrer et/ou feuilles de palmier).

68
Pour la construction d’un bac de bouturage de 1m x 3m x 1m, on se
procurera le matériel suivant :
n Planches de bois : environ 8 mètres de 250 x 25 mm, 10 mètres
de 50 x 50 mm et 32 mètres de 50 x 25 mm.
n Une feuille de polyéthylène (bâche plastique transparente et
très solide) de 10 m de long et 2m de large.
n 0,5 m³ de pierre et/ou morceaux de parpaings d’environ 10 cm
de diamètre, 0,25 m³ de gravier et 0,25 m³ de sable de rivière
bien propre et si possible stérilisé à chaud.
n Petit matériel : clous, agrafeuse et punaises, charnières, vis et
petites pinces pour fermer le couvercle de chacun des trois
compartiments, mousse pour assurer l’étanchéité.
n Tube en bambou ou PVC d’environ 30 cm de long et 5 cm de
diamètre pour vérifier le niveau d’eau qui doit arriver juste sous
le milieu d’enracinement (sable, sciure de bois décomposée
ou mélange 50/50). Un tube sera placé dans un coin de
chaque compartiment.

On remplira chaque compartiment du bac avec les matériaux dans


l’ordre suivant :
1/ Fine couche de sable pour protéger le film plastique
2/ Epaisse couche de cailloux et/ou morceaux de parpaings.
3/ Epaisse couche de graviers.
4/ Milieu d’enracinement de 10 cm d’épaisseur environ.

Dans chaque compartiment, l’eau sera ajoutée par le tube en


bambou jusqu’à saturer le milieu de drainage (graviers), juste au
dessous du milieu d’enracinement. Le milieu d’enracinement sera
introduit dans le bac sur la couche de drainage saturée d’eau.

: : Collecte, préparation et placement des boutures dans le bac


de bouturage

Dans la pépinière et à proximité du bac de bouturage, une table sera


préparée avec le matériel nécessaire à la préparation des boutures :
lame aiguisée, alcool, ciseaux, hormones de bouturage, sceau d’eau,
étiquettes et marqueur.
Lorsque les plantes mères sont situées loin du bac de bouturage et de

69
la pépinière, on organise une session de collecte de boutures sur des
plantes mères qui auront été préalablement sélectionnées. Les feuilles
des boutures ainsi que les parties molles doivent être préalablement
taillées, avant que la bouture ne soit coupée. On placera ensuite les
boutures dans des sacs comprenant le nom de l’espèce, le numéro
du clone et du papier humide. Ces sacs peuvent être placés dans
des glacières si le trajet est long. Les boutures ne devront jamais être
en contact direct avec la glace et/ou l’accumulateur de froid et
toujours humides.
Dans la pépinière, les boutures seront placées à l’ombre, dans un
sceau d’eau et aspergées d’eau jusqu’à ce quelles soient plantées.
On commencera immédiatement à couper à angle droit des boutures
de 1 à 2 nœuds dont la base (1 cm environ) sera délicatement
plongée dans la poudre de bouturage. Secouer la bouture pour
enlever l’excès de poudre. Les petites boutures seront plantées à
une profondeur maximale de 3 cm dans des trous préalablement
effectués dans chaque compartiment qui peut recevoir environ 100
boutures.
Dans chaque compartiment ou au bout de chaque ligne de boutures,
on placera une étiquette indiquant le nom de l’espèce, le numéro du
clone, la date de plantation ainsi que les traitements (fongicides par
exemple) si il y a lieu.
On pulvérisera les boutures avec de l’eau avant de refermer le
couvercle de chaque compartiment.

Selon les premiers résultats obtenus à Taï concernant l’aptitude des


boutures à s’enraciner dans le bac de bouturage, on peut citer les
essences suivantes, par ordre de succès décroissant :

n Irvingia gabonensis, manguier sauvage ou Kplé.


n Calpocalyx aubrevillei, Guépizou.
n Aningeria spp., Aniegré ou noix Tanganika.
n Tieghemella heckelii, Makoré.
n Picralima nitida.
n Chlorophora excelsa, Iroko ou Ghéhé.
n Xylopia aethiopica, Poivrier de Guinée ou Doroglogbé.
n Terminalia ivorensis, Framiré ou Blié.
n Tectona grandis, Teck.

70
De nombreux autres essais sont nécessaires pour optimiser les
conditions de bouturage et pour élargir la gamme de plantes
s’enracinant aisément.

: : La gestion des plantes-mères

Il est intéressant de disposer d’un « stock » de plantes mères à proximité


de la pépinière et du bac de bouturage, afin de ne plus faire de
longues distances pour prélever du matériel végétal.
On peut donc aménager une petite parcelle à l’ombre de ligne de
Calliandra ou Enterolobium pour y planter les plantes mères en lignes
avec une distance de 1 à 2 mètres entre les lignes et de 0,5 à 1 m entre
les plantes. On soignera particulièrement les plantes mères en apportant
de l’engrais et de la fumure si le sol est pauvre et en taillant les plantes
environ 3 fois par an pour stimuler l’apparition de nouvelles pousses.
On pourra laisser pousser certaines plantes afin d’observer leurs
caractéristiques et d’apprécier les paramètres intéressants : fruits,
forme, précocité de fructification, etc.
En général, on prélève les boutures sur les plantes mères lorsque celles-
ci sont en phase végétative, c’est-à-dire lorsqu’il n’y a ni fleurs ni fruits.

: : Les soins à dispenser après la propagation

Environ 3 semaines après leur placement dans le bac, les boutures ont
pris racine et de nouvelles feuilles sont apparues. On peut laisser le bac
ouvert pour réduire progressivement l’humidité puis les boutures sont
prêtes à « sortir du bac » pour être placées à l’ombre de la pépinière
dans un milieu très humide. La mise en pot est une opération très délicate
et l’arrosage très régulier doit être effectué avec un pulvérisateur
ou un tuyaux d’arrosage à jet fin. L’ombrage et les arrosages sont
progressivement réduits jusqu’à ce que le pot soit placé en plein soleil
avant que la plante ne soit plantée en plein champ.

! REMARQUE
Dans les zones sèches, on placera les pots contenant les boutures issues
du bac de bouturage dans une chambre humide afin de conserver un
bon niveau d’humidité. La chambre humide est un simple cube recouvert
de bâche plastique, l’armature peut être en bois, PVSC, métal, etc.

71
V. PLANTATION ET ENTRETIEN DES PARCELLES AGROFORESTIÈRES

V.1. PLANTATION

La préparation du terrain est différente selon le système choisi. Le


nettoyage du terrain se fait à la main.

: : Piquetage

Cette opération consiste à matérialiser l’emplacement des trous de


plantation. Les emplacements sont indiqués en fixant un piquet ou
par un petit trou fait avec la houe. Les écartements sont fonction de
l’essence à utiliser.

: : Trouaison

C’est l’opération qui consiste à creuser le trou de plantation. La


trouaison débute immédiatement après les premières pluies. Les
dimensions du trou sont fonction du type de plants, de l’espèce et de
la nature du sol. Idéalement, le trou fera 70 cm de profondeur et de
diamètre, il sera creusé au moins un mois avant la plantation, afin que
le soleil et les pluies ameublissent la terre au fond du trou.

: : Sélection et transport de plants

Avant la plantation, il importe de faire une sélection des plants en n’oubliant


pas de brûler les plants chétifs ou malades à feuilles jaunâtres.

Pour le transport, il faut prendre certaines précautions :


- arroser les plants avant le transport (la veille),
- faire le transport aux heures fraîches à l’abri du soleil,
- prévoir un abri sur le lieu de plantation pour recevoir les plants.

: : Mise en terre

Il faut :
n opérer sans précipitation afin de garder intacte la motte de
terre entourant les racines,
n couper le fond du sachet (2 cm du bas),
72
n placer le sachet au fond du trou en maintenant le plant bien droit,
n reboucher le trou sans trop tasser,
n enlever le plastique en tirant dessus,
n bien tasser la terre autour du plant.

! REMARQUE
S’il s’agit d’un arbre fruitier, il est conseillé de procéder à un arrosage après
la mise en place quelque soit l’humidité du sol.
Si il n’a pas plu dans les deux jours qui suivent la plantation, il faut arroser.

: : Protection des jeunes arbres


La protection des jeunes arbres plantés est essentielle en présence
d’animaux susceptibles de les manger, principalement les vaches et
les caprins.
« Tous les moyens sont bons » pour protéger les plants car les animaux
sont prêts à tout lorsqu’ils ont faim. On peut combiner plusieurs des
méthodes présentées ci-après.
n Construction d’une protection individuelle en bois, bambou
ou en fibres de palmier tressées.

73
n Encercler le jeune plant avec des branches épineuses.
n Enrouler le jeune tronc avec du tissu afin que les animaux ne
grignotent pas l’écorce.
n Apposer sur le plant un fût métallique ouvert en haut et en bas.

V.2. ENTRETIEN DE LA PLANTATION

Après la plantation, il faut apporter des soins appropriés, assurer un


bon repérage et une protection fiable des plants. Tous les gourmands
sont à éliminer systématiquement et régulièrement.
Il est souhaitable de faire deux entretiens par année lors des trois
premières années.

On remplacera les plants morts l’année suivante pendant la saison


pluvieuse.

Durant la saison sèche, on conseille généralement de conserver les


herbes envahissantes car elles aident à maintenir un niveau minimal
d’humidité.

74
ANNEXE 1
76
LISTE DE QUELQUES PLANTES UTILISEES
A LA PERIPHERIE OUEST DU PARC NATIONAL DE TAÏ

LÉGENDE
PRINCIPALES UTILISATIONS FORMES D’UTILISATION
Alimentation Ali 1/ amandes
Artisanat Art 2/ amandes séchées
Construction Cons 3/ amandes pulvérisées
Médical Med 4/ feuilles fraîches
Soins corporel SC 5/ feuilles séchées
6/ feuilles séchées pulvérisées
PRODUITS UTILISÉS 7/ écorces
Amande am 8/ écorces séchées
Bois B 9/ écorces séchées pulvérisées
Ecorces éc 10/ graines séchées
Feuilles F 11/ fruits
Fruits fr 12/ fruits séchés
Graines gr 13/ bois d’œuvre
Racines ra 14/ racines
Sève S 15/ racines séchées
16/ racines séchées pulvérisées
17/ sève

77
N° NOMS SCIENTIFIQUES FAMILLE NOMS COMMUNS

1 Alchornea cordifolia EUPHORBIACEAE Vigo

2 Allophylus africanus SAPINDACEAE Ouangran

3 Alstonia boonei APOCYNACEAE Emien

4 Annona muricata ANNONACEAE Corossolier à fruits hérissés

5 Anopyxis klaineana RHIZOPHORACEAE Bodioa

6 Anthocleista nobilis LOGANIACEAE Brobro

7 Antiaris africana MORACEAE Ako

8 Baphia nitida PAPILIONACEAE Okoué

9 Bombax buonopozense BOMBACACEAE Kondroti

10 Calpocalyx aubrevillei MIMOSACEAE Guépizou

11 Canarium schweinfurthii BURSERACEAE Aiélé

12 Carapa procera MELIACEAE Dona

13 Cassia aubrevillei CAESALPINIACEAE Akofiamenda

14 Ceiba pentadra BOMBACACEAE Fromager

15 Chidlovia sanguinea CAESALPINIACEAE Bala

78
NOM LOCAL
OUBI :O PRINCIPALES PRODUITS FORME
AUTRES REMARQUES
GUÉRÉ :G UTILISATIONS UTILISÉS D’UTILISATION
BAOULÉ :B

Activité antalgique
Pôrô-houii(O), Pôlô(G) Med F, ra 4, 7
reconnue

Péyô-nan(O) Med, Cons éc, B 4 Arbuste

Kloha-tou(O), Arbre employé contre


AR, Med B, F 4, 7, 13
Mohin(G), Êmien(B) le paludisme

Sessain-tou(O), Arbuste employé contre


Ali, Med fr 11
Amlonnon(G) la dysenterie.

Inscrit sur la liste rouge


Parou(O) Med éc, B 7, 13 des espèces menacées
par l’UICN

Djouankplo(O),
Med éc 7 -
Wowoliwo(B)

Med, Cons,
Koèrè(O), Bofoin(B) éc, B, S 17, 13 Grand arbre
Art

Bois de Santal africain


Djahè(O), Djahin(G) Med F 4
ou Camwood

Djo Tôrô(O), M’Blahi-


Ali F 4, 13 Arbre
gbôhô(G)

Marou ou Mantou(O), Gros arbre de la famille


Ali, Med gr 10
Man-touè(G) des mimosaceae

Djissè-tou(O), Bo- Arbre dont les fruits


Med éc, B 8, 13
toué(G), Ahié(B) sont très périssables

Tohoyouho-tou(O),
Med, SC éc, gr 9 Utilisé contre l’ulcère
Kondou(O)

Lahadié(O), Flon- Arbre moyen aussi utilisé


Med éc 8
mohin(G) comme bois de feux

Djo(O), Djo(G),
Ali F, B 6, 13 Arbre
N’Gnin(B)

Kôwè-tou(O),
éc 8 Arbre difficile à abattre
M’Bahélè(G)

79
N° NOMS SCIENTIFIQUES FAMILLE NOMS COMMUNS

16 Chlorophora excelsa MORACEAE Iroko

17 Clerodendrum volubile VERBENACEAE -

18 Coula edulis OLACACEAE Noisetier, Attia

19 Dacryodes klaineana BURSERACEAE Adjouaba

20 Diospyros sanza-minika EBENACEAE Sanza-minika

21 Entandrophragma angolense MELIACEAE Tiama

22 Entandrophragma utile MELIACEAE Sipo

23 Erythrophleum ivorense CAESALPINIACEAE Tali

24 Euphorbia hirta EUPHORBIACEAE -

25 Fagara macrophylla RUTACEAE Bahé

26 Ficus exasperata MORACEAE Dèdè

27 Ficus capensis MORACEAE Poro

28 Harungana madagascariensis HYPERIACACEAE Ombe

29 Hoslundia opposita LAMIACEAE -

30 Irvingia gabonensis IRVINGIACEAE Boborou

80
NOM LOCAL
OUBI :O PRINCIPALES PRODUITS FORME
AUTRES REMARQUES
GUÉRÉ :G UTILISATIONS UTILISÉS D’UTILISATION
BAOULÉ :B

Guéhé(O), Guéhé(G), Med, Cons,


F, éc, B 8, 4, 13 Grand arbre, bois précieux
Ela(B) Art

Népou(O), Nimbou(G) Med F 4 Liane

Hôô-tou(O), Séa- Ali, Med, Arbre moyen,


fr, éc, B 11, 7
tou(G), Atcha(B) Cons fruitier sauvage

Souman-tou(O),
Ali fr, B 11, 13 Bois d’oeuvre
Adjouaba(B)

Kahè(O), Assui
Med, Cons éc, B 7 Arbuste
kouèkouè(B)

Med, Cons,
Gblô-tou(O), Tiama(B) éc, B 7, 13 Bois d’œuvre
Art

Gblô-tou(O), Med,
éc, B, S 9, 13 Grand arbre, bois d’œuvre
N’Dôhouè(G), Djra(B) Cons, B

Djrou-tou(O), Djouhou- Utilisé dans les


Med éc 7
touè(G), Alui(B) affaires de justice

Oulagboro(O) Med

Gbossoué(O), Grosses épines sur


Ali, Med F, éc, B 4, 7, 13
Gbohoué(G) le tronc de l’arbre

Arbuste, feuilles utilisées


Gnanhin(O) Med, Ali F, ra, fr 4, 14, 11
comme « papier de verre »

Med, Ali
Bouroutou(O) éc, ra ,fr, B 15, 11 Arbre ou arbuste
Art

Torra(O), Srohoè(G), Arbre pionnier


Med éc, fr 7, 11
Kossoi(B) à sève orange

Kou-flahan(O), Employé contre


Med F 4
Gbalôlikoula(G) le paludisme

Kpélé-tou(O),
Arbre fruitier sauvage, utilisé
Kplè-tou(G), Kaclou(B) Ali, Cons am, B 2, 13
aussi comme bois de feux

81
N° NOMS SCIENTIFIQUES FAMILLE NOMS COMMUNS

31 Lovoa trichilioides MELIACEAE Dibétou

32 Maesobotrya barteri EUPHORBIACEAE Wouniogba

33 Mitragyna ciliata RUBIACEAE Bahia

34 Monodora myristica ANNONACEAE Mouè

35 Morinda lucid RUBIACEAE Kouaia

36 Myrianthus arboreus MORACEAE Wounian

37 Nauclea diderrichii RUBIACEAE Badi

38 Newbouldia laevis BIGNONIACEAE Balié

39 Oncoba spinosa FLACOURTIACEAE Arbre à tabatière

40 Pachypodanthium staudtii ANNONACEAE Anoiketi

41 Pentaclethra macrophylla MIMOSACEAE Ovala

42 Pentadesma butyracea CLUSIACEAE Lami

43 Margaritaria dioscoidea EUPHORBIACEAE Liè

44 Pycnanthus angolensis MYRISTICACEAE Ilomba

82
NOM LOCAL
OUBI :O PRINCIPALES PRODUITS FORME
AUTRES REMARQUES
GUÉRÉ :G UTILISATIONS UTILISÉS D’UTILISATION
BAOULÉ :B

Med, Très grand arbre,


Douwè-tou(O) éc, B 7, 13
Cons, Art bois d’œuvre

Gbôho-tou(O),
Ali, Med fr, F 11, 6 Arbre torsadé.
Zahêloukou(G)

Tôho(O), Nyomboé(G), Ali, Cons, Commun dans les


fr, B, éc, B 7, 13
Baya(B) Med, Art lieux humides

Hanlôn-tou ou Gbala-
tou(O), S’son-touè(G), Med, Ali fr, gr 10 Grand arbre très tendre
Foin(B)

Liane qui donne le


Kaloka(O) Med F, éc 4, 7
jaune traditionnel

La pulpe du fruit
Térô-tou(O), Tôbô-tou Ali, Med F, fr 8, 11, 13
est comestible

Towo-tou(O), Doho- Utilisé pour la fabrication


Med, Ali éc, fr, B 8, 11, 13
touè(G), Atrêlê(B) des mortiers

Gbo-tou(O), Gbo- Arbre exploité comme


Med éc, F, B 9, 4, 13
tou(G) bois d’œuvre

Arbre épineux dont les fruits


Kohoun-gbi(O) Med ra 15 sont utilisés
comme tabatière

Clôclô-tou(O) Med, SC éc 7, 13 Grand arbre

Arbre dont les gousses ont


Djôhô-tou(O), une forme de semelle.
Ali, Med gr, éc 10, 9 Graines comestibles après
Djêho-tou(G) trempage plusieurs
jours dans l’eau

Arbre aux multiples usages,


Srou-tou(O) Med, SC, Art éc, gr, B 9 on peut extraire un beurre
de l’amande..

Yilé(O) Med éc, ra 7, 14 Arbuste

Touroutoué(O), M’Béhé Bois d’œuvre aux


Med, Cons éc, B 8, 13
N’Lohii(G), Etrain(B) usages multiples..

83
N° NOMS SCIENTIFIQUES FAMILLE NOMS COMMUNS

45 Rauvolfia vomitoria APOCYNACEAE Déchavi

46 Sacoglottis gabonensis HUMIRIACEAE Akouapo

47 Scottellia chevalieri FLACOURTIACEAE Akossika

48 Terminalia ivorensis COMBRETACEAE Framiré

49 Tetracera potatoria DILLENIACEAE Liane à eau

50 Tieghemella heckelii SAPOTACEAE Makoré

51 Trema guineensis ULMACEAE Adaschia

52 Turraeanthus africana MELIACEAE Avodiré

53 Vernonia colorata ASTERACEAE Kouosafina

54 Vismia guineensis HYPERIACACEAE ouombehiapi

55 Xylopia aethiopica ANNONACEAE Poivrier de Guinée

84
NOM LOCAL
OUBI :O PRINCIPALES PRODUITS FORME
AUTRES REMARQUES
GUÉRÉ :G UTILISATIONS UTILISÉS D’UTILISATION
BAOULÉ :B

Petit arbre utilisé comme


Tèrè-tou(O), Yablon(G) Med éc, fr, ra 4, 9, 14
bois de feux

Tèhè-tou (O),
Ali, Med fr, éc 11, 9 Grand arbre, bois d’œuvre
Dèhè-touè(G)

Gbérô-toué(O) Med, Cons ra, B 15 Grand arbre

Bliè(O), Bliè(G), Fla(B) Med, AR éc, B 9, 13 Très grand arbre

Glè-wlouhou(O),
Cette liane permet aux
Zéhéloubou(G), Med F 6
chasseurs de s’abreuver.
Têgnamman(B)

Djouroutou(O),
Djouhou-tou(G), Ali, Med am, éc 3, 9, 13 Grand arbre fruitier sauvage
N’Gouin(B)

Arbre pionnier employé


Hellayouho(O) Med, Cons F, B 4 contre la varicelle
et le paludisme

Med,
- éc, B 8, 13 Grand arbre, bois d’oeuvre
Cons, Art

Petit arbre employé contre


Gbaneron(O) Med F, éc, ra 4 le paludisme, l’ictère
et les maux de ventre

Gblô-glè(O) Med, Cons F, B 4 Petit arbre

Doroglo-gbè(O),
Cons, Med B, fr 12, 13 Utilisé comme épice
Ciciancian(B)

85
86
ANNEXE 2
CI-CONTRE4
Des fruits, graines et amandes de fruitiers

88
5 cm 5 cm
ECHELLE

AKPI PETIT KOLA


Ricinodendron heudelotii Garcinia kola

FRUIT AMANDES NOIX FRUIT

ATIOKOUO, BIYIÉ BOBOROU


Beilschmiedia manii Irvingia gabonensis

FRUITS AMANDES

COLA MAKORÉ
Cola nitida Tieghemella heckelii

NOIX CABOSSE GRAINES


89
PUBLIÉ EN 2008 PAR

Pro-Natura International
15, Avenue de Ségur, Paris 75 007 France
Tél : + 33 (0)1 53 59 97 98
Fax : +33 (0)1 53 59 94 46
Email : pro-natura@[Link]
Web : [Link]
Association de solidarité internationale (Loi de 1901 J.O. 23.09.92 N° 39)

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