Mesure et Intégration en Mathématiques
Mesure et Intégration en Mathématiques
Fonctionnelle
Université Claude Bernard Lyon 1
Licence de mathématiques troisième année
Parcours Mathématiques générales et applications
Petru Mironescu
2024–2025
Vue d’ensemble
Ce texte est une introduction détaillée aux aspects les plus basiques de la théorie de
Lebesgue de la mesure et de l’intégration.
On peut comprendre les briques de cette théorie à partir du calcul de l’inté-
żb
grale de Riemann I :“ f pxq dx. Rappelons que, du moins si f est continue par
a
morceaux sur ra, bs et positive, I s’interprète comme l’aire du domaine D compris
entre le graphe de f et l’axe Ox. De manière théorique, pour calculer I nous com-
mençons par le cas où f est une fonction en escalier, c’est-à-dire une fonction de la
forme
$
’
’a1 , si x P I1
’
&a , si x P I
2 2
f pxq “ (1)
’
’. . .
’
%
an , si x P In ,
3
Vue d’ensemble
En bref
4
Petru Mironescu Mesure et intégration
5
Vue d’ensemble
6
Petru Mironescu Mesure et intégration
8
ÿ
f pxq “ c0 ` pan cos pnxq ` bn sin pnxqq ; (7)
n“1
Dans le chapitre 13, nous étudions la validité de (9), ainsi que la possibilité
de définir fp même quand (8) n’a pas de sens (théorème de Plancherel).
7
Vue d’ensemble
14. Le chapitre 14 est une pièce rapportée à ce texte, qui rend compte du chan-
gement de programme de la licence. Nous y présentons les résultats les
plus basiques de la théorie des espaces de Hilbert, notamment l’existence d’une
base hilbertienne dans un espace de Hilbert séparable. Ceci permet notam-
ment de voir la théorie L2 des séries de Fourier comme un cas particulier de
construction d’une base hilbertienne, et d’interpréter l’ inégalité de Bessel et
l’égalité de Parseval (obtenues pour les séries de Fourier) dans le cadre plus
général d’un espace de Hilbert. L’autre résultat significatif de ce chapitre est
l’existence d’une projection sur un convexe fermé et son corollaire, le théorème de
Riesz caractérisant les formes linéaires continues sur un espace de Hilbert.
Afin de rendre la lecture plus fluide, ce chapitre apparaît à la fin (même s’il
est enseigné avant le chapitre 12).
Et après ?
8
Guide de lecture
A. Ce document sert de support aux cours « Mesure et intégration » et « Élé-
ments d’analyse fonctionnelle », destinés aux étudiants en troisième année de
la licence de mathématiques de l’Université Claude Bernard Lyon 1, parcours
Mathématiques générales et applications. Malgré le caractère introductif de
ces cours, les outils présentés permettent de s’attaquer à de nombreux pro-
blèmes concrets.
Le texte donne un aperçu de la partie élémentaire de la théorie abstraite et
concrète de la mesure et de l’intégrale, avec quelques premières applications
aux espaces de fonctions, aux séries de Fourier et à la transformée de Fourier.
Historiquement, les objets et résultats présentés reflètent les efforts des ma-
thématiciens du début du vingtième siècle pour étendre et conceptualiser la
théorie de l’intégration « de Riemann », afin de corriger quelques-unes de ses
faiblesses et d’étendre le théorème de Leibniz-Newton au-delà du cadre des
fonctions continues.
B. Le texte a été conçu comme un compagnon des cours magistraux. Il n’a pas
été rédigé dans l’optique d’un usage en complète autonomie. Afin de garder
une longueur raisonnable du manuscrit, certains éléments de preuve, géné-
ralement parmi les plus faciles, ont été omis. Ces omissions sont repérables
grâce aux injonctions « vérifier ! » ou « justifier ! », auxquelles le lecteur qui
veut dépasser une utilisation superficielle du manuscrit est encouragé à obéir.
Afin d’alléger le texte, dans certaines sections nous faisons des hypothèses
qui sont implicitement supposées satisfaites dans tous les énoncés. Situation
typique : dans le chapitre 3, nous nous donnons une tribu T sur X, mais
dans les énoncés de ce chapitre la tribu n’y figure pas toujours. Le lecteur est
vivement encouragé à lire les hypothèses des résultats dans cette perspective,
et si nécessaire à compléter les énoncés en rajoutant les hypothèses implicites.
C. La partie élémentaire du volet « théorique » de la théorie de la mesure repose
sur deux piliers.
1. La théorie axiomatique de la mesure : ce que veut dire mesure, comment
définir l’intégrale et quelles sont ses principales propriétés. Cette partie
inclut les grands théorèmes les plus utilisés en calcul intégral (théorèmes
de convergence monotone et de convergence dominée, lemme de Fatou,
9
Guide de lecture
10
Petru Mironescu Mesure et intégration
11
Guide de lecture
plus courantes, savoir adapter ces preuves. Pour attendre le troisième niveau,
il faudrait s’attaquer aux exercices avancés, lire les sections « pour aller plus
loin » et, pourquoi pas, lire en parallèle (le début de) l’un des textes cités dans
cette introduction, ou d’autres textes plus récents et accessibles comme Taylor
[21] ou (le début de) Lieb et Loss [16].
H. Un théorème d’analyse s’utilise rarement dans la forme qui apparaît dans les
textes (monographies ou cours). On a souvent besoin d’une variante qui se
montre en suivant les grandes lignes de la preuve du théorème standard. Un
exemple typique est celui de la continuité d’une intégrale par rapport aux
paramètres. C’est pourquoi il est important, pour ceux qui vont continuer
à utiliser l’analyse, d’avoir au moins une idée des preuves des principaux
résultats de ce cours.
I. La théorie de Lebesgue est née du besoin d’étudier la validité de l’égalité
żb
f pbq ´ f paq “ f 1 pxq dx lorsque f n’est plus de classe C 1 . La réponse est
a
connue, mais dépasse le cadre de ce cours. Quelques résultats en ce sens sont
mentionnés sans preuve. D’autres résultats avancés, significatifs pour la théo-
rie de la mesure et de l’intégration, sont mentionnés ici et là, dans les sections
« Pour aller plus loin ».
J. Pour aller au-delà de ce cours, plusieurs directions accessibles sont envisa-
geables.
1. La théorie « abstraite » : construction axiomatique des mesures par Cara-
théodory, théorème de Radon-Nikodym-Lebesgue, mesures signées et vec-
torielles (théorèmes de Hahn et Jordan, intégrale de Bochner), etc. Quelques
références à ce sujet : Halmos [11, Chapitre 6], Rudin [19, Chapitre 7] et,
pour une preuve très élégante du théorème de Radon-Nikodym-Lebesgue,
Taylor [21, Chapter 4]. Et un très beau livre qui donne un panorama de
la théorie de la mesure : Bogachev [4]. Cette référence contient aussi un
nombre important de repères historiques, liés aux travaux des grands noms
de la théorie (Lebesgue, Borel, Carathéodory, etc.). Une référence s’il n’en
fallait qu’une : le mémoire de 1904 de Lebesgue [15], qui contient sa théorie
de l’intégration, développée entre 1901 et 1904. Lebesgue avait 26 ans en
1901 !
2. Les espaces Lp traités du point de vue de l’analyse fonctionnelle ; voir Bre-
zis [5, Chapitre 4].
3. Les mesures « concrètes » et leurs applications. Nous traitons ici la mesure
de Lebesgue (dans R3 : le volume), mais d’autres mesures ont une significa-
tion géométrique dans R3 : la longueur des courbes, l’aire des surfaces. Une
12
Petru Mironescu Mesure et intégration
façon unifiée de traiter ces notions est donnée par les mesures de Haus-
dorff, que nous nous contentons ici de définir. Nous expliquons aussi la
démarche, due à Carathéodory et inspirée par la construction de la mesure
de Lebesgue, qui permet de montrer leurs propriétés. L’étude approfondie
de ces mesures mène vers des formules géométriques, l’étude des proprié-
tés fines des fonctions et une branche de l’analyse, en plein développe-
ment, la « théorie géométrique de la mesure ». À son tour, la théorie géo-
métrique de la mesure est indispensable au traitement mathématique de
certains problèmes concrets (traitement d’images, micro-structures, etc.).
Quelques références, de la plus élémentaire à la plus avancée : Evans et
Gariepy [7, Chapitres 2 et 3], Federer [8, Section 2.10], à nouveau Evans et
Gariepy [7, Chapitres 4, 5 et 6], Ziemer [23, Chapitre 3].
Guide pratique
Remerciements
13
Guide de lecture
Les feuilles d’exercices, bien plus riches que ce qui pourra être traité en classe,
servent aux séances de travaux dirigés (standard et avancés), de base d’entraîne-
ment et de réservoir pour les contrôles.
Dans la rédaction des exercices et des sujets des contrôles, j’ai bénéficié de
l’aide de Xinxin Chen et Theresia Eisenkoelbl, que je remercie. La feuille d’exer-
cices sur les espaces de Hilbert a été rédigée par Dragoş Iftimie et Johannes Kel-
lendonk.
Je remercie également Jules Berry, Jérôme Germoni, Frédéric Lagoutière, Chris-
tian Mercat et Élisabeth Mironescu pour leurs conseils typographiques liés à la
transformation de ce texte en outil d’enseignement hybride.
Enfin, je remercie Jean-Paul Frappa pour une relecture attentive du manus-
crit, ainsi que Johannes Kellendonk, Todor Tsankov et tous les autres collègues et
étudiants (notamment ceux de la promotion 2022–2023 de la première année du
master) qui m’ont fait part de leurs remarques et suggestions et contribué ainsi à
améliorer les versions précédentes de ce texte.
14
Table des matières
Vue d’ensemble 3
Guide de lecture 9
3 Fonctions mesurables 41
3.0 Aperçu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
3.1 Définition. Caractérisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
3.2 Opérations avec les fonctions mesurables . . . . . . . . . . . . . . . 47
3.3 Autres opérations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
4 Mesures 53
15
Guide de lecture
4.0 Aperçu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
4.1 Propriétés générales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
4.2 Mesure complétée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
4.3 Presque partout . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
4.4 Classes particulières de mesures . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
4.5 La mesure de Lebesgue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
4.6 Pour aller plus loin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
5 Constructions de mesures 75
5.0 Aperçu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
5.1 Construction de la mesure de Lebesgue . . . . . . . . . . . . . . . . 75
5.2 Pour aller plus loin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84
6 Intégrale 89
6.0 Aperçu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
6.1 Fonctions étagées positives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
6.2 Fonctions mesurables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
6.3 Théorème de convergence monotone . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
6.4 P. p. et passage à la mesure complétée . . . . . . . . . . . . . . . . . 100
6.5 Conséquences du théorème de convergence monotone . . . . . . . 103
6.6 Lien avec les intégrales habituelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110
6.7 Lien avec les séries . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114
6.8 Pour aller plus loin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117
16
Petru Mironescu Mesure et intégration
10 Espaces Lp 181
10.0 Aperçu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 181
10.1 L p versus Lp . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 182
10.2 Inégalité de Hölder . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 187
10.3 Norme et complétude . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 193
10.4 Pour aller plus loin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 195
11 Convolution 197
11.0 Aperçu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 197
11.1 Inégalité de Young . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 199
11.2 Régularisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 200
11.3 Pour aller plus loin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 207
17
TABLE DES MATIÈRES TABLE DES MATIÈRES
Index 259
Bibliographie 265
Exercices 267
Contrôles 391
18
Chapitre 1
1.0 Aperçu
La théorie de l’intégration repose de manière cruciale sur les inégalités, en
particulier sur des inégalités faisant intervenir sup et inf.
Un autre élément fondamental est le passage à la limite le long d’une suite.
Une suite n’a pas nécessairement une limite ; elle a néanmoins toujours une lim sup
et une lim inf, qui sont de bons substituts de la lim. Ces notions sont rappelées
dans la section 1.1.
Un autre concept crucial en intégration est celui de famille dénombrable ou,
plus généralement, au plus dénombrable. Ces notions seront introduites dans la
section 1.2.
Enfin, nous verrons dans la section 1.3 les premiers objets fondamentaux en
théorie de la mesure : les clans, les tribus et les classes monotones (qui sont des
ensembles d’ensembles !) et les mesures.
Dans cette même section, nous verrons quelques opérations internes à un clan
C , ou tribu T . Une propriété typique : si A, B P C , alors AzB P C .
19
Notations, rappels, premières définitions 1.1 Limite supérieure, limite inférieure
Ces quantités ont essentiellement les mêmes propriétés que dans le cas des
ensembles bornés, comme le montre l’exercice 1.7.
Une autre notion fondamentale est celle de lim sup (limite supérieure) d’une
suite. Nous savons qu’une suite réelle n’a pas nécessairement une limite. Elle a,
en revanche, toujours une limite supérieure lim sup et une limite inférieure lim inf.
Pour définir ces notions, précisons quelques notations.
1.2 Notations.
a) Si tous les termes de la suite pxn qn appartiennent à l’ensemble A, nous écrirons pxn qn Ă
A.†
b) En règle générale, la notation sup xi désigne suptxi ; i P Iu.
iPI
De même, sup f pxq désigne suptf pxq ; x P Au.
xPA
Notations similaires pour inf. ˛
1.4 Remarque. Considérons toutes les suites pxnk qk extraites de pxn qn qui ont
une limite.
Notons A Ă R l’ensemble de toutes les limites obtenues de cette façon.
Le nombre lim supn xn est le plus grand élément de A, et lim inf n xn est le
plus petit élément de A.
20
Petru Mironescu Mesure et intégration
1.6 Proposition.
a) Les limites définies dans (1.1)–(1.2) existent.
b) On a lim supn ptxn q “ t lim supn xn et lim supn p´txn q “ ´t lim inf n xn , @ t Ps0, 8r.
Formules analogues pour lim inf.
c) Si pxnk qk est une suite extraite de la suite pxn qn telle que xnk Ñ `, alors lim inf xn ĺ
n
` ĺ lim sup xn .
n
d) Il existe une suite extraite pxnk qk telle que xnk Ñ lim sup xn . De même pour
n
lim inf xn .
n
e) Si xn Ñ `, alors ` “ lim inf xn “ lim sup xn . Réciproquement, si lim inf xn “
n n n
lim sup xn “ `, alors xn Ñ `.
n
f) Si la quantité lim supn xn ` t lim supn yn a un sens, alors
lim sup pxn ` tyn q ĺ lim sup xn ` t lim sup yn , @ t Ps0, 8r.
n n n
Formules analogues pour lim inf pxn ` tyn q, lim sup pxn ´ tyn q, lim inf pxn ´ tyn q.
n n n
Exercices
†. L’impossibilité de définir utilement le produit tx vient du calcul des limites. Dans le cadre de
la théorie de l’intégration, nous verrons que 0 ¨ ˘8 “ 0.
21
Notations, rappels, premières définitions 1.1 Limite supérieure, limite inférieure
1.8 Exercice. Que devient ce qui précède si nous considérons des parties non vides A, B Ă
R? ˛
1.9 Exercice.
a) Si lim inf xn ľ lim sup xn , alors xn Ñ lim supn xn “ lim inf n xn .
n n
b) Si a ĺ xn ĺ b, @ n ľ n0 , alors a ĺ lim inf n xn ĺ lim supn xn ĺ b.
c) Si xn ľ a, @ n ľ n0 et lim supn xn ĺ a, alors xn Ñ a. ˛
1.10 Exercice. Calculer lim sup xn et lim inf xn pour les suites données par :
n n
a) xn “ p´1qn ;
?
b) xn “ p´1qn n. ˛
Démonstrations
Démonstration de la proposition 1.6. Nous utilisons les items de l’exercice 1.7. Nous faisons les
raisonnements uniquement pour lim sup. Posons
a) La suite pXn qn décroît avec n (item f)). Elle a donc une limite. Ceci prouve l’existence
de ` “ limn Xn , et aussi que ` ĺ Xn , @ n.
b) Calculons par exemple lim supn p´txn q. Nous avons sup p´txk q “ ´t inf xk (item d)),
kľn kľn
d’où
` ˘
lim sup p´txn q “ lim sup p´txk q “ lim ´ t inf xk “ ´t lim inf xk “ ´t lim inf xn .
n n kľn n kľn n kľn n
22
Petru Mironescu Mesure et intégration
g) Soit pynk qk telle que ynk Ñ lim supn yn . Nous avons xnk ` ynk Ñ ` ` lim supn yn . L’item
c) de cette proposition implique (*) ` ` lim sup yn ĺ lim supn pxn ` yn q.
En particulier, nous avons avons « = » si ` ` lim supn yn “ 8 ou si lim supn pxn ` yn q “
´8. Nous pouvons donc supposer que ` ` lim sup yn ă 8 (et donc, en particulier, que
` ă 8) et que lim supn pxn ` yn q ą ´8.
Par ailleurs, soit pxnk ` ynk qk telle que xnk ` ynk Ñ lim supn pxn ` yn q. Nous avons
ynk Ñ lim supn pxn `yn q´` (vérifier que lim supn pxn `yn q´` existe bien !). À nouveau
l’item c) donne (**) lim supn pxn ` yn q ´ ` ĺ lim sup yn .
Nous concluons grâce à (*) et (**) (vérifier !). CQFD
1.2 Dénombrement
En théorie de la mesure, nous travaillons souvent avec des familles pAi qiPI
d’ensembles, avec I fini ou pouvant s’écrire comme une suite : dans ce qui suit,
un tel I est désigné comme au plus dénombrable. La question que nous abordons
ici est comment montrer qu’un ensemble est au plus dénombrable.
1.12 Définition (a. p. d.).
a) Un ensemble est dénombrable s’il est en correspondance bijective avec N
(autrement dit : si on peut écrire tous les éléments de A, sans répétition,
comme une suite).
b) Un ensemble est au plus dénombrable (a. p. d.) s’il est soit fini, soit dénom-
23
Notations, rappels, premières définitions 1.3 Clans, tribus, classes monotones, mesures
brable.
L’outil le plus commode pour vérifier qu’un ensemble est dénombrable est le
suivant.
1.13 Proposition.
a) Une partie d’un ensemble a. p. d. est a. p. d.
b) Une union a. p. d. d’ensembles a. p. d. est a. p. d.
c) Un produit cartésien fini d’ensembles a. p. d. est a. p. d.
d) Un ensemble a. p. d. qui contient une infinité d’éléments distincts est dé-
nombrable.
e) Un ensemble qui contient une partie qui n’est pas a. p. d. n’est pas a. p. d.
f) Si A et B sont en correspondance bijective et B est a. p. d., alors A est a. p.
d.
Exercices
Démonstrations
†. Donc un clan (ou une tribu) est un ensemble dont les éléments sont eux-mêmes des en-
sembles...
24
Petru Mironescu Mesure et intégration
1.16 Définition (Clan). Un clan dans X (ou clan tout court, s’il est clair qui est
X) est un ensemble C dont les éléments sont des parties de X,† tel que :
i) H P C ;
ii) si A P C , alors Ac P C ;
iii) Si A, B P C , alors A Y B P C .
1.17 Remarque. La définition d’un clan demande qu’une union de deux ensembles de C
soit encore dans C . Nous verrons plus loin (exercice 1.37) qu’une union consistant en un
nombre fini d’ensembles de C appartient à C .
En général, une union consistant en un nombre infini d’ensembles de C n’appartient pas
à C.
Le raisonnement « chaque Ai (avec i P I) est dans C , d’où YiPI Ai P C » n’est pas
valide, à moins de savoir que I est fini. ˛
1.18 Définition (Tribu). Une tribu dans X (ou tribu tout court, s’il est clair qui
est X) est un ensemble T dont les éléments sont des parties de X, tel que :
i) H P T ;
ii) si A P T , alors Ac P T ;
iii) Si A1 , . . . , An , . . . P T , alors Y8
n“1 An P T .
1.20 Remarque. La définition d’une tribu demande qu’une union dénombrable d’ensembles
de T soit encore dans T . L’exercice 1.37 montre que ceci encore vrai pour une union a.
p. d.
En général, une union quelconque d’ensembles de T n’est pas dans T .
Le raisonnement « chaque Ai (avec i P I) est dans T , d’où YiPI Ai P T » n’est pas
valide, à moins de savoir que I est a. p. d. ˛
1.21 Dictionnaire.
a) Clan=algèbre=(en anglais) algebra.
b) Tribu=σ-algèbre=(en anglais) σ-algebra. ˛
25
Notations, rappels, premières définitions 1.3 Clans, tribus, classes monotones, mesures
1.25 Remarque. La définition qui va suivre est celle de la littérature anglophone. La dé-
finition admise dans la communauté francophone est différente. Ceci explique pourquoi
le résultat fondamental qui fait intervenir les classes monotones, le théorème 2.9 (« de la
classe monotone »), a un énoncé différent de celui que l’on trouve dans d’autres textes en
français. ˛
1.26 Définition (Classe monotone). Une classe monotone (dans X) est un en-
semble M de parties de X tel que :
i) Si pAn qn Ă M est une suite croissante, alors Yn An P M ;
ii) Si pAn qn Ă M est une suite décroissante, alors Xn An P M .
1.27 Définition. Une famille d’ensembles pAi qiPI est d. d. d. (acronyme pour deux
à deux disjoints) si Ai X Aj “ H, @ i, j P I avec i ‰ j. ˛
26
Petru Mironescu Mesure et intégration
1.29 Définition (Mesure). Si C est un clan, une mesure positive sur C (ou me-
sure tout court) est une application µ : C Ñ r0, 8s telle que :
i) µpHq “ 0 ;
ii) ř
Si pAn qn Ă C est une suite d. d. d. et si Yn An P C , alors µp\n An q “
n µpAn q.
1.30 Remarque.
a) La propriété ii) est la σ-additivité.
b) Dans le cas particulier où C est une tribu, l’hypothèse Yn An P C est automatiquement
satisfaite. ˛
1.33 Notations.
a) An Õ A signifie que la suite pAn qn est croissante et A “ Yn An .
b) An Œ A signifie que la suite pAn qn est décroissante et A “ Xn An . ˛
Exercices
27
Notations, rappels, premières définitions 1.3 Clans, tribus, classes monotones, mesures
c) Tout élément de Cn est une union finie de pavés de Rn deux à deux disjoints. ˛
1.36 Exercice.
a) Soit C un clan sur X. Soit Y Ă X. Montrer que CY :“ tA X Y ; A P C u est un clan sur
Y.
De même pour une tribu T .
CY (respectivement TY ) est le clan induit par C sur Y (respectivement la tribu induite
par T sur Y ).
b) Si Y P C , alors CY “ tA; A P C , A Ă Y u. ˛
1.37 Exercice. Montrer que si C est un clan et A1 , . . . , An P C , alors A1 Y . . . Y An P C .
De même si on remplace clan par tribu. ˛
1.38 Exercice.
a) PpXq est une tribu.
b) Si X “ t1, 2, 3u, alors C “ tH, X, t1u, t2, 3uu est une tribu. ˛
1.39 Exercice. Si X est fini, alors tout clan est une tribu. ˛
1.40 Exercice.
a) Montrer que An Õ A si et seulement si : la suite de fonctions pχAn qn est croissante et
converge simplement vers χA .
b) De même, An Œ A si et seulement si : la suite de fonctions pχAn qn est décroissante et
converge simplement vers χA . ˛
1.41 Exercice.
a) Toute tribu est un clan.
b) Toute tribu est une classe monotone. ˛
1.42 Exercice. Soit µ : C Ñ r0, 8s (avec C clan) une application qui vérifie l’axiome
ii) d’une mesure. Montrer que : (i) ou bien µ est une mesure ; (ii) ou bien µpAq “ 8,
@A P C. ˛
Montrer que δa est une mesure. C’est la mesure de Dirac en a (ou masse de Dirac en
a). ˛
1.44 Exercice. Soit X un ensemble. Montrer que l’application µ : PpXq Ñ r0, 8s,
#
card A, si A est fini
µpAq :“
8, sinon
28
Petru Mironescu Mesure et intégration
Démonstrations
29
Notations, rappels, premières définitions 1.4 Pour aller plus loin
1.47 Lemme. S’il existe une injection f de A vers N, alors A est a. p. d. La réci-
proque est vraie. ˛
1.48 Corollaire. † Si A est infini et s’il existe une injection f de A vers N, alors A
est dénombrable. ˛
Démonstration du lemme 1.49. L’ensemble C :“ f pAq est une partie de B, donc (grâce au
lemme 1.46) C est a. p. d.
A est en bijection avec C, donc A est a. p. d. CQFD
30
Petru Mironescu Mesure et intégration
Démonstration du lemme 1.52. N2 est infini, car il contient la suite ppn, 0qqnPN , dont les élé-
ments sont distincts.
Il suffit donc de construire une application injective f : N2 Ñ N. (Le corollaire 1.48
permet alors de conclure.) Soit f : N2 Ñ N, f pm, nq :“ 2m 3n . L’unicité de la décomposi-
tion d’un entier en facteurs premiers montre que f est injective. CQFD
Démonstration du lemme 1.54. Il suffit de montrer le résultat quand il y a deux facteurs ; le cas
général s’obtient par récurrence sur le nombre de facteurs dans le produit.
Soient A1 , A2 deux ensembles a. p. d. Du lemme 1.47, il existe fj : Aj Ñ N injective,
j “ 1, 2. Soit g : N2 Ñ N bijective (cf lemme 1.52). Alors
est injective (vérifier !), d’où la conclusion (grâce au lemme 1.47). CQFD
31
Chapitre 2
2.0 Aperçu
Rappelons que les clans, tribus, classes monotones sont des ensembles dont
les éléments sont eux-mêmes des ensembles. Toute collection A d’ensemble en-
gendre un clan, tribu ou classe monotone, au sens où il existe une plus petite collec-
tion d’ensembles, contenant A , et qui soit un clan, ou tribu, ou classe monotone
(section 2.1). Cette propriété est un parent d’autres propriétés du même type : par
exemple, toute partie F d’un espace vectoriel engendre un espace Vect pF q.
Enfin, dans la section 2.3, nous introduisons la plus importante des tribus, la
tribu borélienne (du nom du mathématicien français Émile Borel). Elle est engen-
drée par les ouverts d’un espace métrique.
33
Tribus, clans, classes monotones 2.1 Structures engendrées
2.1 Proposition. Si A Ă PpXq, alors il existe un plus petit clan (ou tribu, ou
classe monotone) B contenant A .
En d’autres termes, il existe B tel que :
i) B soit un clan (ou tribu, ou classe monotone).
ii) A Ă B.
iii) Si D est un clan (ou tribu, ou classe monotone) contenant A , alors B Ă D.
B est le clan (ou tribu, ou classe monotone) engendré par A et est noté respec-
tivement C pA q, T pA q ou M pA q. ˛
2.2 Proposition. On a C pA q Ă T pA q. ˛
2.3 Proposition. On a M pA q Ă T pA q. ˛
2.4 Proposition. Un clan C qui est aussi une classe monotone est une tribu. ˛
Exercices
2.5 Exercice. Si pAi qiPI est une famille telle que Ai Ă PpXq, @ i P I, et si chaque Ai
est un clan (ou tribu, ou classe monotone), alors XiPI Ai est un clan (ou tribu, ou classe
monotone). ˛
34
Petru Mironescu Mesure et intégration
Démonstrations
Démonstration de la proposition 2.1. Nous faisons la preuve pour les clans ; preuve identique
dans les autres cas.
Soit F :“ tD ; A Ă D et D est un clanu.
La famille F est non vide ; elle contient PpXq.
Si on pose B :“ XDPF D, alors B est un clan contenant A (voir l’exercice 2.5).
Par définition de F , tout clan D contenant A appartient à F , donc (par définition de
B) contient B. CQFD
2.8 Remarque. C’est la même preuve que celle qui donne l’existence du sous-espace
engendré par une partie d’un espace vectoriel, ou l’existence d’un sous-groupe engendré
par une partie d’un groupe, etc. ˛
G :“ tD ; A Ă D et D tribuu,
Démonstration de la proposition 2.4. Nous devons montrer que, si pAn qnľ0 Ă C , alors Ynľ0 An
P C.
Soit Bn :“ Ynk“0 Ak , @ n. Nous avons Bn Õ Yk Ak et Bn P C , @ n (car C est un clan).
C étant une classe monotone, nous trouvons Yk Ak “ Yn Bn P C . CQFD
35
Tribus, clans, classes monotones 2.2 Théorème de la classe monotone
2.11 Remarque. Concrètement, le théorème de la classe monotone est utilisé pour établir
« pour pas cher » que, pour une propriété (P) et une tribu T , nous avons
Exercices
2.12 Exercice.
a) Si A Ă B, alors C pA q Ă C pBq, M pA q Ă M pBq et T pA q Ă T pBq.
b) Nous avons C pC pA qq “ C pA q.
Propriété analogue pour la classe monotone et la tribu engendrées. ˛
Démonstrations
36
Petru Mironescu Mesure et intégration
2.14 Remarque. Donné X, la question « A est-il un borélien ? » n’a pas de sens, car la
tribu borélienne dépend de la distance sur X. C’est la situation rencontrée en topologie à
propos de la question « A est-il un ouvert ? ».
Néanmoins, il y a un abus fréquent de langage : « A Ă Rn est borélien » sous-entend
que Rn est muni d’une norme. ˛
2.15 Remarque. Il est souvent utile d’avoir un système de générateurs d’une tribu T , c’est-
à-dire une famille A (simple à décrire) telle que T pA q “ T .
Une telle famille permet de mettre en œuvre un mécanisme similaire à celui de la
remarque 2.11. Si :
i) T pA q “ T .
ii) (P) est vraie pour tout A P A .
iii) tA Ă X ; A satisfait (P)u est une tribu,
alors
A P T ùñ A satisfait (P). ˛
†. Plus généralement, nous pouvons considérer, au lieu d’un espace métrique, un espace to-
pologique pX, τ q. Néanmoins, pour les applications usuelles en théorie de l’intégration, le cadre
des espaces métriques est suffisant.
37
Tribus, clans, classes monotones 2.3 La tribu borélienne
2.17 Remarque (Les ensembles « usuels » sont boréliens). Si on munit Rn d’une norme,
il existe des parties de Rn qui ne sont pas boréliennes (un exemple, assez difficile, sera
examiné dans le chapitre 4).
Ce qu’il faut retenir est que tous les ensembles ne sont pas nécessairement boréliens.
En revanche, tous les ensembles « usuels » sont boréliens. ˛
Exercices
2.18 Exercice. On munit R de la métrique usuelle. Les intervalles, les fermés et les ouverts
(de R) sont boréliens. ˛
2.19 Exercice. Soit pX, dq un espace métrique. Soit Y Ă X, muni de la métrique induite
par X. Montrer que BY “ tB X Y ; B P BX u.
De manière équivalente, BY coïncide avec la tribu induite par BX sur Y . ˛
2.20 Exercice. Soient pX, dq, pY, δq deux espaces métriques. Soit Φ : X Ñ Y un homéomor-
phisme. † Si A Ă X, alors A P BX si et seulement si ΦpAq P BY .
Symétriquement, si B Ă Y , alors B P BY si et seulement si Φ´1 pBq P BX .
Si nous supposons uniquement Φ continue, alors nous avons B P BY ùñ Φ´1 pBq P
BX . ˛
2.21 Exercice.
a) Soient A P BRn et B P BRm . Montrer que A ˆ B P BRn`m .
b) Plus généralement, si pX, dq et pY, δq sont des espaces métriques et si nous munissons
X ˆ Y d’une métrique produit, alors BX ˆ BY Ă BXˆY . ˛
38
Petru Mironescu Mesure et intégration
BXˆY (voir l’exercice de synthèse # 18, partie II f)). Néanmoins, en général, cette inclusion
est stricte (pathologie de Nedoma [18]). Voici (sans
# preuve) un exemple : si X “ Y “
1, si x ‰ y
PpRq, muni de la métrique discrète dpx, yq :“ , alors la diagonale ∆x :“
0, si x “ y
tpx, xq ; x P Xu appartient à BXbX , mais pas à BX b BX . ˛
Démonstrations
Dans la preuve de la proposition 2.16, nous utiliserons les deux faits suivants.
2.23 Rappels.
a) Tout ouvert de R est une union a. p. d. d’intervalles ouverts d. d. d.
b) Si on munit Rn d’une norme, tout point de Rn est la limite d’une suite de points ayant
toutes les coordonnées rationnelles. ˛
Démonstration de la proposition 2.16. Notons, dans chaque cas, τ l’ensemble des ouverts, et A
l’ensemble des parties de X données par l’énoncé (fermés, intervalles, etc).
Dans chaque cas, nous avons A Ă BX , et donc T pA q Ă T pBX q “ BX . Il reste donc
à montrer l’inclusion inverse T pA q Ą BX .
Pour cela, il suffit de montrer que τ Ă T pA q, car si tel est le cas alors nous avons
BX “ T pτ q Ă T pT pA qq “ T pA q. En conclusion, il suffit de montrer que U P T pA q
pour tout ouvert U .
Soit U un ouvert.
39
Tribus, clans, classes monotones 2.3 La tribu borélienne
40
Chapitre 3
Fonctions mesurables
3.0 Aperçu
La topologie travaille avec des ensembles, dont les plus importants sont les
ouverts, et des fonctions, dont les plus importantes sont les fonctions continues.
Nous avons rencontré, dans le chapitre précédent, des analogues des ouverts en
théorie de la mesure : il s’agit, dans un cas particulier, de boréliens, et dans le cas
général d’ensembles mesurables, c’est-à-dire les éléments d’une tribu.
Dans ce chapitre, nous définissons les analogues des fonctions continues, qui
sont les fonctions mesurables. Au vu de la définition d’une fonction continue, une
définition naturelle serait
Nous ne partirons pas de cette définition (qui serait correcte !), mais d’une
définition équivalente, qui a le mérite de s’insérer plus naturellement dans les
preuves. † (3.1) sera alors une caractérisation des fonctions mesurables.
Comme pour les fonctions continues, les opérations usuelles (somme, pro-
duit, etc.) transforment les fonctions mesurables en fonctions mesurables ; ceci
sera prouvé dans les sections 3.2 et 3.3. Nous apprendrons au passage un slogan
très important : borélien ˝ mesurable = mesurable, qui est le pendant de continu ˝
continu = continu.
Une propriété qui distingue les fonctions mesurables des fonctions continues
est qu’une limite simple de fonctions mesurables est mesurable ; rappelons qu’en
général ceci est faux pour les fonctions continues.
†. Une raison plus profonde, qui dépasse largement le cadre de ce cours, de préférer la défi-
nition 3.3 à la définition (3.1) est que, pour des fonctions à valeurs vectorielles, (3.1) et la définition
3.3 ne sont plus équivalentes. Dans ce cadre, la « bonne » définition est 3.3.
41
Fonctions mesurables 3.1 Définition. Caractérisation
3.1 Notations.
a) Si f : X Ñ Y et B Ă Y , alors f ´1 pBq :“ tx P X ; f pxq P Bu.
b) Pour alléger l’écriture, si B :“ tyu, nous écrivons f ´1 pyq au lieu de f ´1 ptyuq. Ainsi,
f ´1 pyq :“ tx P X ; f pxq “ yu. ˛
3.4 Remarque.
a) La question « f est-elle mesurable ? » n’a pas de sens si T n’est pas précisée ; la ré-
ponse dépend de T . Voir la remarque 1.19.
b) Dans le cas particulier où X Ă Rn , sauf spécification contraire, la tribu considérée est
la tribu borélienne induite par BRn sur X, c’est-à-dire BX “ tB X X ; B P BRn u (voir
l’exercice 2.19). Donc lorsque X Ă Rn , « mesurable “ borélien ». ˛
†. Ln est la tribu de Lebesgue, qui sera introduite dans la définition 4.36.
42
Petru Mironescu Mesure et intégration
Comme expliqué dans l’aperçu, les fonctions mesurables peuvent être décrites
en termes d’images réciproques.
3.6 Remarque. Supposons f : X Ñ R (c’est-à-dire, f ne prend pas les valeurs ˘8). Dans
ce cas, la condition de mesurabilité devient f ´1 pBq P T , @ B P BR . Cette condition est
équivalente à (3.1) (exercice 3.15). ˛
La preuve du théorème 3.5 (mais pas son énoncé) mène à la conclusion sui-
vante.
3.7 Corollaire. Toute fonction mesurable positive est la limite d’une suite
croissante de fonctions étagées.
Voici une autre caractérisation des fonctions mesurables, plus utilisée dans la
pratique que le théorème 3.5. Son énoncé est à mettre en rapport avec les systèmes
de générateurs (remarque 2.15 et propriété 2.16).
3.8 Proposition. f : X Ñ R est mesurable si et seulement si nous avons
43
Fonctions mesurables 3.1 Définition. Caractérisation
Les fonctions ne sont pas toujours définies sur l’espace entier X, mais unique-
ment sur une partie A de celui-ci. Nous définissons ici la notion de mesurabilité
dans ce cas. Ce n’est pas la seule définition possible ; une autre définition, qui n’est
pas équivalente à celle-ci, est suggérée dans la remarque 3.12.
3.10 Définition. Si A Ă X et si f : A Ñ R , alors f est mesurable si et seulement si :
i) A est mesurable.
ii) f étendue par la valeur 0 sur Ac est mesurable.
Même définition si f : A Ñ Rn . †
(Reformulation de l’item ii) : la fonction χA f , définie sur X à valeurs dans R
ou Rn , est mesurable.) ˛
L’énoncé qui suit est l’analogue des théorèmes 3.5 et 3.9 et de la proposition
3.8 pour des fonctions définies uniquement sur A Ă X.
3.11 Proposition. Soit A Ă X mesurable.
a) f : A Ñ R est mesurable si et seulement si les trois conditions suivantes sont
satisfaites :
i) f ´1 p8q P T .
ii) f ´1 p´8q P T .
iii) f ´1 pBq P T pour tout B P BR .
b) Une autre caractérisation : f : A Ñ R est mesurable si et seulement si
f ´1 psa, 8sq P T , @ a P R.
Exercices
3.13 Exercice. Soit f : X Ñ R une fonction étagée. Montrer que f ´1 pBq P T , @ B Ă R. ˛
†. Si f est à valeurs dans R, alors 0 est le nombre réel 0. Si f est à valeurs dans Rn , alors 0 est
le vecteur 0Rn . #
f, dans A
‡. Rappelons que, si f : A Ñ R, alors f χA :“ .
0, dans Ac
44
Petru Mironescu Mesure et intégration
L’exercice qui suit explique pourquoi (3.1) serait une bonne définition.
f ´1 pBq P T , @ B P BR ðñ f ´1 pU q P T , @ U Ă R ouvert. ˛
3.16 Exercice. Soit pxn qn Ă R une suite ayant une limite. Nous avons
L’exercice qui suit est fondamental (notamment l’item f)). Il offre une boîte à
outils efficace pour montrer qu’un fonction est mesurable. †
Démonstrations
Le résultat qui suit sera utilisé dans la preuve du théorème 3.5 ; il sera utile
dans d’autres circonstances.
45
Fonctions mesurables 3.1 Définition. Caractérisation
En d’autres termes,
(justifier l’appartenance à T ).
Donc
alors
n ´1
4ÿ
n n k
fn “ ´2 χAn ` 2 χBn ` χC .
k“´4n
2n n,k
Chaque fn est une fonction étagée (vérifier) et nous avons fn Ñ f (vérifier). CQFD
46
Petru Mironescu Mesure et intégration
Démonstration du corollaire 3.7. Dans le cas particulier où f est positive, la suite pfn qn construite,
dans la preuve du théorème 3.5, pour montrer l’implication « ðù », est croissante. CQFD
47
Fonctions mesurables 3.2 Opérations avec les fonctions mesurables
3.20 Proposition. Une limite simple de fonctions mesurables est une fonction
mesurable.
Le plus souvent, la proposition 3.21 est utilisée avec g continue, cas particulier
couvert par le corollaire suivant.
3.25 Proposition.
a) Si f, g : X Ñ R sont mesurables, alors f g et (si cela a un sens) f ` g sont
mesurables.
(On peut définir f ` g s’il n’y a pas de point x P X tel que f pxq “ ˘8 et
gpxq “ ´f pxq.)
De même pour f ´ g.
b) Si λ P R, alors λf est mesurable.
Exercices
#
1{x, si x ‰ 0
3.26 Exercice. Soit g : R Ñ R, gpxq :“ .
0, si x “ 0
a) Montrer que g est borélienne.
b) En déduire que, si f : X Ñ R est mesurable et f ‰ 0, alors 1{f est mesurable.
c) Montrer que, si f : X Ñ R est mesurable et f ‰ 0, alors 1{f est mesurable. ˛
48
Petru Mironescu Mesure et intégration
Démonstrations
3.30 Notations.
# #
t, si t ľ 0 0, si t ľ 0
a) Si t P R, t` :“ est la partie positive de t, et t´ :“ est la
0, si t ă 0 ´t, si t ă 0
partie négative de t.
49
Fonctions mesurables 3.3 Autres opérations
#
f pxq, si f pxq ľ 0
b) Si f est une fonction, f` pxq :“ est la partie positive de f , et f´ :“
0, si f pxq ă 0
#
0, si f pxq ľ 0
est la partie négative de f . ˛
´f pxq, si f pxq ă 0
Démonstrations
Démonstration de la proposition 3.28. Nous considérons deux suites, pfn qn et pgn qn , de fonc-
tions étagées, avec fn Ñ f , gn Ñ g. Nous avons hn Ñ max pf, gq et kn Ñ min pf, gq, où
hn :“ max pfn , gn q et kn :“ min pfn , gn q ; vérifier, en utilisant les formules
a ` b ` |a ´ b| a ` b ´ |a ´ b|
maxpa, bq “ , minpa, bq “ . (3.2)
2 2
Démonstration du corollaire 3.29. Par récurrence, via la proposition 3.28 (vérifier !). CQFD
50
Petru Mironescu Mesure et intégration
Démonstration de la proposition 3.33. Considérons la lim inf ; preuve similaire pour la lim sup.
Soit gn :“ inf mľn fm , qui est mesurable. Il suffit alors de se rappeler que lim inf n fn “
limnÑ8 gn et d’appliquer la proposition 3.32. CQFD
Démonstration de la proposition 3.34. Soient g :“ lim inf n fn , h :“ lim supn fn , toutes les deux
mesurables.
Posons B :“ g ´1 p8q, C :“ h´1 p´8q, k :“ ph ´ gqχpBYCqc , qui sont mesurables (véri-
fier).
a) Nous avons A “ k ´1 p0q Y B Y C (justifier) et donc A P T .
b) et c) Sur A, nous avons f “ g, et donc F “ f χA “ gχA , la dernière fonction étant
mesurable. Il s’ensuit que f et F le sont (voir la définition 3.10). CQFD
51
Chapitre 4
Mesures
4.0 Aperçu
L’objet d’étude de ce chapitre est la mesure. Dans la section 4.1, nous en établis-
sons quelques propriétés simples, mais fondamentales (monotonie, sous-additivité,
etc.).
Les sections 4.2 et 4.3 sont dédiées aux ensembles qui sont suffisamment « pe-
tits » pour qu’ils soient « oubliés » dans les calculs : il s’agit d’ensembles négli-
geables, qui en théorie de la mesure et de l’intégration sont comme leur nom l’in-
dique. À l’opposé du négligeable, nous avons la notion de presque partout.
À partir de la section 4.4, nous nous intéressons à des mesures particulières :
finies, σ-finies, de Radon. Comme dans d’autres circonstances, plus les définitions
sont contraignantes, plus les objets ont des propriétés intéressantes. † En particu-
lier, nous verrons que pour une mesure de Radon, la mesure des ouverts déter-
mine la mesure de tous les autres boréliens (corollaire 4.27).
Dans la section 4.5, nous définissons la (célèbre) mesure de Lebesgue dans Rn ,
en donnant quelques-unes de ses propriétés. Sa construction dans R, ‡ qui est hors
programme mais très instructive, fera l’objet du chapitre 5. Curieusement, sa
construction dans Rn , n ľ 2, est bien plus facile (corollaire 8.11 dans la section
8.2)... à condition d’admettre l’existence de la mesure de Lebesgue dans R.
À défaut de pouvoir montrer son existence, nous montrerons l’unicité de la
mesure de Lebesgue (proposition 4.38).
La section 4.6 relève de la culture générale. Dans la section 4.6.1, nous donnons
un aperçu de la nécessité des axiomes qui définissent la mesure de Lebesgue, ce
†. Un espace euclidien a plus de propriétés remarquables qu’un espace normé, et un espace
normé en a plus qu’un espace vectoriel.
‡. Autrement dit, la preuve de son existence.
53
Mesures 4.1 Propriétés générales
qui est quelque peu marginal en théorie de la mesure, mais a intéressé de grands
mathématiciens dans la première moitié du 20esiècle... et fait rêver (paradoxe de
Banach-Tarski, théorème 4.43).
Bien plus important (en particulier pour la théorie des probabilités) est le su-
jet abordé dans la section 4.6.2 : la convergence des suites de fonctions. En par-
ticulier, le théorème d’Egoroff (Egorov) 4.46 fait un lien inattendu entre convergence
simple et convergence uniforme. †
54
Petru Mironescu Mesure et intégration
Exercices
4.4 Exercice.
a) Montrer que, si µpA1 Y A2 Y . . . Y An q ă 8, alors
n
ÿ ÿ
µpA1 Y A2 Y . . . Y An q “ p´1qj`1 µpAi1 X . . . X Aij q.
j“1 1ĺi1 ăi2 㨨¨ăij ĺn
4.6 Exercice (La limite d’une suite croissante de mesures est une mesure). Soit pµj qj une
suite de mesures sur le même clan C . Supposons que µj pAq ĺ µj`1 pAq, @ j, @ A P C .
Posons µpAq :“ lim µj pAq, @ A P C .
Montrer que µ est une mesure sur C . ˛
Démonstrations
55
Mesures 4.2 Mesure complétée
ÿ n
ÿ
µpAq “ µpBk q “ lim µpBk q “ lim µpB0 \ . . . \ Bn q “ lim µpAn q.
n n n
kľ0 k“0
b) Nous avons pA0 zAn q Õ pA0 zAq, d’où limn µpA0 zAn q “ µpA0 zAq.
Ceci donne (via la proposition 4.1 a)) µpA0 q ´ µpAn q Ñ µpA0 q ´ µpAq, d’où la conclu-
sion. CQFD
4.8 Remarque. La question « A est-il négligeable ? » n’a pas de sens si on ne connaît pas
µ : la réponse dépend de µ. Voir les remarques 1.19 et 3.4 a). ˛
56
Petru Mironescu Mesure et intégration
T :“ T ptA ; A P T ou A négligeableuq.
T “ tA Ă X ; D BA , CA P T tels que
(4.1)
BA Ă A Ă CA et µpCA zBA q “ 0u. ˛
Dans ce qui suit, nous montrons que la mesure µ, définie sur T , a une exten-
sion unique à T .
4.12 Définition (Tribu complète). Une tribu S est complète par rapport à une
mesure ν si A ν-négligeable ùñ A P S .
Symétriquement, si la propriété ci-dessus est satisfaite alors ν est complète par
rapport à S . ˛
4.13 Définition (Extension d’une mesure). Soient µ1 , µ2 des mesures sur les tribus
(ou clans) T1 , T2 . µ2 est une extension de µ1 si :
i) T1 Ă T2 .
ii) µ2 pAq “ µ1 pAq, @ A P T1 . ˛
Exercices
Cet exercice est fondamental ; il donne une boîte à outils pour montrer qu’un
ensemble est négligeable.
4.16 Exercice (Opérations avec les ensembles négligeables).
a) Une partie d’un ensemble négligeable est négligeable.
57
Mesures 4.2 Mesure complétée
4.17 Exercice.
a) Nous avons µ “ µ et T “ T .
b) T est complète par rapport à µ.
c) Une partie de X est µ-négligeable si et seulement si elle est µ-négligeable. ˛
Démonstrations
Démonstration de la proposition 4.11. Donnée une partie A de X, nous allons noter (s’ils existent)
BA et CA deux ensembles de T tels que BA Ă A Ă CA et µpCA zBA q “ 0.
Soit U le membre de droite de l’égalité à montrer, (4.1).
« Ă » Il suffit (pourquoi ?) de vérifier que U est une tribu qui contient T et les ensembles
négligeables.
Si A P T , il suffit de prendre BA “ CA :“ A. Si A est négligeable, nous pouvons
prendre BA :“ H et CA P T tel que A Ă CA et µpCA q “ 0. Ceci montre que U contient
T et les ensembles négligeables. Il reste à montrer que U est une tribu.
et
ÿ
µpYnľ0 CAn z Ynľ0 BAn q ĺ µpCAn zBAn q “ 0
nľ0
Démonstration de la proposition 4.14. Notons d’abord que µpCA q “ µpBA q`µpCA zBA q, et donc
µpBA q “ µpCA q.
Montrons ensuite que la formule de l’énoncé´ne dépend¯ pas du choix de BA et CA .
j j j j j j
En effet, si BA Ă A Ă CA , avec BA , CA P T et µ CA zBA “ 0, j “ 1, 2, alors BA
1 Ă C2 ,
A
d’où
1 1 2 2
µpCA q “ µpBA q ĺ µpCA q “ µpBA q.
58
Petru Mironescu Mesure et intégration
Si µ existe, nous devons avoir µpBA q ĺ µpAq ĺ µpCA q, d’où µpAq “ µpBA q “ µpCA q.
Ceci montre à la fois l’unicité de µ et le fait que µ est donnée par les formules de l’énoncé.
Des items i)–ii), µ est une extension de µ et est une mesure. CQFD
4.19 Proposition.
a) f : X Ñ R est T -mesurable si et seulement s’il existe une fonction g : X Ñ R
T -mesurable telle que f “ g µ-p. p.
De même, f : X Ñ Rn est T -mesurable si et seulement s’il existe une fonction
g : X Ñ Rn T -mesurable telle que f “ g µ-p. p.
b) Soient f, g : X Ñ R telles que f “ g µ-p. p. Alors f est T -mesurable si et
seulement si g l’est.
De même si f, g : X Ñ Rn . ˛
59
Mesures 4.3 Presque partout
Exercices
4.22 Exercice. Pour des fonctions f, g définies sur X à valeurs dans R ou Rn , la relation
f „ g ðñ f “ g µ-p. p. est une équivalence. ˛
Démonstrations
Démonstration de la proposition 4.19. Nous considérons uniquement le cas des fonctions à va-
leurs dans R. L’autre cas est similaire.
Commençons parřétablir une propriété des fonctions T -étagées. Soit f une fonction
T -étagée. Donc f “ n an χAn , avec An P T , an P R, la somme comportant un nombre
fini de termes.
Soit Bn Ă An , Bn P T , tel que An zBnř
soit µ-négligeable (justifier l’existence
ř de Bn en
utilisant la proposition 4.11). Avec g :“ n an χBn , nous avons f ´ g “ n an χAn zBn . Il
s’ensuit que f “ g en dehors de l’ensemble Yn pAn zBn q, qui est µ-négligeable (vérifier).
Conclusion : donnée une fonction f T -étagée, il existe une fonction T -étagée g telle
que f “ g en dehors d’un ensemble µ-négligeable C.
60
Petru Mironescu Mesure et intégration
Les mesures σ-finies joueront un rôle important entre autres dans le chapitre
8 (mesures produit et leur utilisation). Une première illustration de leur utilité est
le résultat suivant d’unicité.
4.24 Proposition. Soient C un clan dans X et µ1 , µ2 deux mesures sur T pC q. Si :
i) µ1 pAq “ µ2 pAq pour tout A P C .
ii) Il existe une suite pAn qnľ0 Ă C telle que µ1 pAn q ă 8, @ n, et Ynľ0 An “ X,
alors µ1 “ µ2 . ˛
Si une mesure est à la fois borélienne et a des propriétés de finitude (voir les
hypothèses du théorème 4.26), alors nous disposons de formules « explicites »
pour calculer la mesure d’un borélien. Ceci est expliqué dans le résultat suivant,
dont à la fois l’énoncé et la preuve sont relativement complexes.
4.26 Théorème. Soient pX, dq un espace métrique et µ une mesure borélienne sur
X.
a) Si µ est finie, alors
µpAq “ suptµpF q ; F fermé et F Ă Au
(4.2)
“ inftµpU q ; U ouvert et U Ą Au, @ A P BX ,
µpAq “ suptµpF q ; F fermé et F Ă Au
(4.3)
“ inftµpU q ; U ouvert et U Ą Au, @ A P B X .
61
Mesures 4.4 Classes particulières de mesures
c) S’il existe une suite pUn qnľ0 d’ouverts de X telle que X “ Ynľ0 Un et µpUn q ă
8, @ n, alors nous avons (4.2)–(4.3).
d) S’il existe une suite pKn qnľ0 de compacts telle que X “ Ynľ0 Kn et une suite
pUn qnľ0 d’ouverts de X telle que X “ Ynľ0 Un et µpUn q ă 8, @ n, alors
µpAq “ suptµpKq ; K compact et K Ă Au
(4.6)
“ inftµpU q ; U ouvert et U Ą Au, @ A P BX ,
µpAq “ suptµpKq ; K compact et K Ă Au
˛ (4.7)
“ inftµpU q ; U ouvert et U Ą Au, @ A P B X .
Un cas particulier important du théorème 4.26 est celui des mesures de Radon
dans Rn ; il s’applique en particulier à la mesure de Lebesgue νn .
4.27 Corollaire. Si µ est une mesure de Radon dans Rn , alors
Exercices
4.29 Exercice. Si µ est σ-finie, alors X est une union a. p. d. d’ensembles d. d. d. de mesure
finie. ˛
4.30 Exercice. La mesure de comptage sur N n’est pas finie, mais est σ-finie. ˛
62
Petru Mironescu Mesure et intégration
4.31 Exercice (Une mesure σ-finie est limite de mesures finies). Soit µ une mesure σ-finie
sur la tribu T de X. Soit pXn qnľ0 Ă T avec µpXn q ă 8, @ n et X “ Yn Xn . Posons
µn pAq :“ µpA X pX1 Y . . . Y Xn qq, @ A P T . Alors :
a) µn est une mesure finie, @ n.
b) µn Õ µ (c’est-à-dire µn pAq Õ µpAq, @ A P T ). ˛
Un :“ tx P X ; dpx, F q ă 1{nu, @ n P N˚ .
Démonstrations
Démonstration de la proposition 4.24. Soit pAn qnľ0 Ă C telle que µ1 pAn q ă 8, @ n, et Ynľ0 An “
X. En remplaçant si nécessaire les An par Bn :“ A0 Y . . . Y An , nous pouvons supposer
que An Õ X.
U :“ tA P T pC q ; µ1 pAq “ µ2 pAqu.
Nous avons C Ă U . Pour conclure, il suffit de montrer que U est une classe mo-
notone (et d’invoquer le théorème de la classe monotone). Ceci résulte en appliquant à
µj , j “ 1, 2, le théorème de la suite croissante, respectivement le théorème de la suite
décroissante. (Vérifier l’application de ces deux théorèmes, notamment dans le cas de la
suite décroissante). CQFD
63
Mesures 4.4 Classes particulières de mesures
Nous devons montrer que (*) µpAq “ µf pAq “ µo pAq, @ A P B X et en particulier (**)
µpAq “ µf pAq “ µo pAq, @ A P BX . Il suffit en fait de montrer (**). En effet, admettons
(**). Donné A P B X , soient BA , CA P BX tels que BA Ă A Ă CA et µpCA zBA q “ 0
(d’où µpBA q “ µpCA q “ µpAq). Grâce à (**) (supposée vraie), nous avons
µpAq ľ µf pAq ľ µf pBA q “ µpBA q “ µpAq,
µpAq ĺ µo pAq ĺ µo pCA q “ µpCA q “ µpAq,
ce qui implique (*).
Il reste donc à montrer (**). Soit U :“ tA P BX ; (**) est vraieu. Pour établir (**), il
suffit de montrer que U est une tribu contenant les fermés (vérifier).
L’axiome i) de la tribu est clair (justifier). Vérifions l’axiome ii). Pour commencer, no-
tons que, si A P BX , alors (justifier chaque égalité)
µf pAc q “ suptµpF q; F fermé et F Ă Ac u
“ suptµpU c q; U ouvert et U c Ă Ac u
“ suptµpU c q; U ouvert et U Ą Au
“ suptµpXq ´ µpU q; U ouvert et U Ą Au
“µpXq ´ inftµpU q; U ouvert et U Ą Au “ µpXq ´ µo pAq,
et, de même, µo pAc q “ µpXq ´ µf pAq.
Il s’ensuit que, si A P U , alors
µf pAc q “ µpXq ´ µo pAq “ µpXq ´ µpAq “ µpAc q,
et de même µo pAc q “ µpAc q, d’où Ac P U . L’axiome ii) d’une tribu est vérifié pour U .
Soit maintenant une suite pAn qnľ1 Ă U . Soit ε ą 0. Comme An P U , il existe un fermé
Fn,ε et un ouvert Un,ε avec
Fn,ε Ă An Ă Un,ε , µpFn,ε q ą µpAn q ´ ε{2n`1 et µpUn,ε q ă µpAn q ` ε{2n`1 ,
d’où
µpAn zFn,ε q ă ε{2n`1 et µpUn,ε zAn q ă ε{2n`1 .
64
Petru Mironescu Mesure et intégration
implique
65
Mesures 4.5 La mesure de Lebesgue
4.33 Remarque. Le schéma de la preuve du théorème 4.26 a)–c) est typique pour les rai-
sonnements en théorie de la mesure. Le cœur de la preuve consiste à montrer les propriétés
des mesures finies. Pour ce faire, il est commode d’utiliser le théorème de la classe monotone. Des
hypothèses du type σ-finitude permettent par la suite de s’affranchir, à peu de frais, de
l’hypothèse de finitude de la mesure. ˛
66
Petru Mironescu Mesure et intégration
4.38 Proposition.
a) νn est σ-finie.
b) νn est une mesure de Radon.
c) νn est unique.
†. Isométrie de Rn : application R : Rn Ñ Rn telle que }Rpxq ´ Rpyq}2 “ }x ´ y}2 , @ x, y P Rn .
De manière équivalente, il existe U matrice orthogonale et a P Rn tels que Rpxq “ U x`a, @ x P Rn .
67
Mesures 4.5 La mesure de Lebesgue
Exercices
4.40 Exercice.
a) λn est σ-finie.
b) λn est l’unique mesure sur Ln telle que λn pP q “ mpP q pour tout pavé de Rn .
c) λ1 est donnée par la formule
# +
ÿ
λ1 pAq “ inf pbj ´ aj q ; A Ă Yj saj , bj r , @ A P B R . ˛
j
4.41 Exercice (Exemple d’ensemble non borélien – et non Lebesgue mesurable). Définis-
sons, pour x, y P r0, 1s, la relation x „ y si et seulement si x ´ y P Q.
a) Montrer que „ est une relation d’équivalence.
Nous pouvons donc écrire r0, 1s comme l’union de classes d’équivalence Ci , qui sont
d. d. d. : r0, 1s “ \iPI Ci .
Prenons, pour chaque i, un élément et un seul xi P Ci et définissons A :“ txi ; i P Iu.
Posons Aq :“ tqu ` A, @ q P Q X r´1, 1s.
b) Montrer que Aq X Ar “ H si q ‰ r.
c) Montrer que r0, 1s Ă YqPQXr´1,1s Aq Ă r´1, 2s.
d) En supposant A Lebesgue mesurable, calculer λ1 pAq q en fonction de λ1 pAq.
e) En déduire que 1 ĺ 8 ¨ λ1 pAq ĺ 3.
f) Conclusion : A n’est pas Lebesgue mesurable. En particulier, A n’est pas borélien.
g) (On ne peut pas bien mesurer toutes les parties de R) Si µ : PpRq Ñ r0, 8s est une
mesure invariante par translations, alors soit µ “ 0, soit µpIq “ 8 pour tout intervalle
non dégénéré I Ă R. ˛
68
Petru Mironescu Mesure et intégration
Démonstrations
69
Mesures 4.6 Pour aller plus loin
construire sur PpRn q une mesure invariante par isométries telle que la mesure de
chaque ouvert non vide et borné soit un nombre dans s0, 8r. Pour pouvoir espérer
obtenir cette propriété, il faut donc exiger moins de µ. Les exigences minimales
sont :
4.42 Théorème.
a) (Banach [2]) Pour n “ 1, n “ 2, il existe une fonction µ satisfaisant (4.16)–(4.19).
b) (Hausdorff [12]) Pour n ľ 3, il n’existe pas une telle µ. ˛
4.43 Théorème (Paradoxe de Banach-Tarski [1]). Soit B une boule dans Rn , avec
n ľ 3. Soit C une translatée de B telle que B X C “ H.
Il existe k P N˚ , une partition B “ B1 \ . . . \ Bk de B et des isometries
R1 , . . . , Rk de Rn telles que : R1 pB1 q \ . . . \ Rk pBk q “ B \ C. ˛
70
Petru Mironescu Mesure et intégration
4.45 Définition.
a) fn Ñ f presque uniformément si pour tout ε ą 0 il existe un ensemble A “ Aε P
T tel que µpAq ă ε et fn Ñ f uniformément sur XzA.
b) La suite pfn qn est de Cauchy presque uniforme si pour tout ε ą 0 il existe un
ensemble A “ Aε P T tel que µpAq ă ε et
lim sup pt|fn pxq ´ fm pxq| ; x P XzAu “ 0. ˛
m,nÑ8
En combinant les deux résultats précédents, nous obtenons donc, si µ est finie,
l’équivalence :
convergence p. p. ðñ convergence presque uniforme.
De même, si µ est finie, alors nous avons, cette fois -ci « à une sous-suite près », †
l’équivalence entre convergence en mesure et convergence presque uniforme.
†. Pour simplifier les énoncés, nous supposons que les fonctions sont finies en tout point.
†. Nous rencontrerons une situation similaire pour le théorème de convergence dominée 7.2 et sa
« réciproque », théorème 7.5, qui nécessite de passer à une sous-suite.
71
Mesures 4.6 Pour aller plus loin
Dans l’esprit du théorème d’Egoroff, qui affirme que la convergence simple est
« presqu’équivalente » à la convergence uniforme pour les mesures finies, notons
la « presqu’équivalence » entre mesurabilité et continuité dans le cas des mesures
boréliennes finies.
4.49 Théorème (Théorème de Vitali). Soit µ une mesure borélienne finie sur un
espace métrique X.
a) (Théorème de Vitali) ‡ Soit f : X Ñ R une fonction borélienne.
Pour tout ε ą 0 il existe un borélien A “ Aε tel que µpAq ă ε, avec f continue
sur XzA.
b) « Réciproquement », soit f : X Ñ R telle que pour tout ε ą 0 il existe un
borélien A “ Aε tel que µpAq ă ε, avec f continue sur XzA. Alors il existe une
fonction borélienne g : X Ñ R telle que f “ g p. p. ˛
Démonstration.
a) Nous allons montrer l’existence de A d’abord pour f fonction caractéristique, puis pour f
étagée, ensuite pour f borélienne bornée et enfin pour f borélienne quelconque. †
Soient B P T , f :“ χB et ε ą 0. Comme µpXq ă 8, il existe F fermé, U ouvert tels que
F Ă B Ă U et µpU zF q ă ε (théorème 4.26). Posons A :“ U zF . Nous avons µpAq ă ε. Par
ailleurs, χB est continue sur les fermés F et XzU (vérifier), donc sur XzA “ F \ pXzU q
(justifier).
ř
Soit f étagée, f “ j bj χBj . Soit Aj P T satisfaisant µpAj q ă ε{2j`1 et χBj continue sur
XzAj . Si A :“ Yj Aj , alors µpAq ă ε et f est continue sur XzA (vérifier).
Soit f borélienne bornée. Soit pfj qj une suite de fonctions étagées telle que fj Ñ f unifor-
mément. ‡ Soit Aj P T avec µpAj q ă ε{2j`1 et fj continue sur XzAj . Si A :“ Yj Aj , alors
µpAq ă ε et chaque fj est continue sur XzA. Par convergence uniforme, f est continue sur
XzA.
Enfin, soit f : X Ñ R borélienne. Soit g :“ arctan f : X Ñs ´ π{2, π{2r. La fonction
g est borélienne bornée. Soit A P T tel que µpAq ă ε, avec g continue sur XzA. Comme
f “ tan g, f est continue sur XzA.
‡. Plutôt connu comme théorème de Lusin (Louzine). Prouvé par Vitali, il fut redécouvert par
Lusin sous la forme suivante (sur r0, 1s) : si f : r0, 1s Ñ R est borélienne et ε ą 0, alors il existe
g : r0, 1s Ñ R continue et A Ă r0, 1s borélien tels que ν1 pAq ă ε et f “ g sur r0, 1szA.
†. Sans le nommer, nous faisons un raisonnement par classes monotones, version fonctions
au lieu d’ensembles. Pour l’analogue du théorème de la classe monotone dans ce contexte, voir
par exemple Barbe et Ledoux [3, Théorème I.3.5].
‡. Pour justifier l’existence de la suite pfj qj , il faut examiner la preuve du théorème 3.5.
72
Petru Mironescu Mesure et intégration
b) Soit Aj tel que µpAj q ă 1{pj ` 1q, avec f continue sur XzAj . Posons fj :“ f|XzAj : Aj Ñ R,
#
f pxq, si x P XzA
A :“ Xj Aj , gpxq :“ .
0, si x P A
L’ensemble A est borélien et µpAq “ 0 (vérifier), d’où f “ g p. p. Comme
XzA “ Xz Xj Aj “ Yj pXzAj q,
De même, si 0 P B, alors
Dans les deux cas, nous avons g ´1 pBq P BX (vérifier), et donc g est borélienne. CQFD
73
Chapitre 5
Constructions de mesures
5.0 Aperçu
La section 5.1 est consacrée à la construction de la mesure de Lebesgue dans R.
Comme nous allons le voir, le cœur de la preuve consiste à construire la mesure
de Lebesgue sur s0, 1r ; le reste est « automatique ». La construction est celle « his-
torique » ; les constructions plus conceptuelles présentes souvent dans les textes
reposent sur la notion de mesure extérieure et les théorèmes de Carathéodory (section
5.2.2), qui sont une relecture de la preuve de Lebesgue.
Enfin, nous évoquons (sans détails) dans la section 5.2.3 la belle idée de Haus-
dorff, consistant à décrire, par une même formule, la longueur, l’aire, le volume,
et bien plus (les mesures fractionnaires).
75
Constructions de mesures 5.1 Construction de la mesure de Lebesgue
Nous devons montrer que m˚ “ λ1 sur la tribu de Lebesgue (de s0, 1r). Mais
il se trouve que l’existence de cette tribu repose sur l’existence de la mesure de
Lebesgue, dont l’existence n’est pas encore acquise !
L’idée suivante, due à Lebesgue, permet d’identifier les candidats aux mem-
bres de la tribu. Si m˚ “ ν1 “ m sur les intervalles et si A est Lebesgue mesurable,
alors Ac “s0, 1rzA l’est aussi, d’où m˚ pAq ` m˚ pAc q “ m˚ ps0, 1rq “ mps0, 1rq “ 1.
Posons alors
76
Petru Mironescu Mesure et intégration
Démonstration. Il suffit de montrer que µpIq “ mpIq pour tout intervalle I (justifier). Si I est
borné, alors I Ăs ´ j, jr pour j suffisamment grand, et donc ξj pIq “ µj pIq “ mpIq pour un
tel j ; d’où µpIq “ mpIq. Si I est non borné, alors µpIq ľ µpJq “ mpJq pour tout J borné avec
J Ă I. En prenant le sup sur tous ces J, nous obtenons µpIq “ 8 “ mpIq. CQFD
77
Constructions de mesures 5.1 Construction de la mesure de Lebesgue
ř Notons que, siřA Ă Yj Ij , alors A Ă Yj pIj Xs0, 1rq. Par ailleurs, nous avons
mpIj Xs0, 1rq ĺ mpIj q. Il s’ensuit que, dans (5.1), il suffit de considérer des
intervalles Ij Ăs0, 1r (justifier).
5.4 Lemme.
a) m˚ pHq “ 0.
b) m˚ est monotone, c’est-à-dire m˚ pAq ĺ m˚ pBq, @ A Ă B.
ř
c) m˚ pYj Aj q ĺ j m˚ pAj q, pour toute suite pAj q Ăs0, 1r.
d) m˚ pAq ĺ 1, @ A. ˛
La famille pIkj qj,k est dénombrable (proposition 1.13). Si nous la listons sous la forme pLn qnľ0 ,
alors pour toute somme finie nous avons
N
ÿ ÿ
mpLn q ĺ pm˚ pAj q ` ε{2j`1 q,
n“0 j
d’où
ÿ ÿ
mpLn q ĺ m˚ pAj q ` ε.
nľ0 j
ř
Comme Yj Aj Ă Ynľ0 Ln , nous obtenons m˚ pYj Aj q ĺ j m˚ pAj q ` ε. Nous concluons en
faisant ε Ñ 0. CQFD
78
Petru Mironescu Mesure et intégration
Démonstration.
« ĺ » est clair, car m˚ pAq ĺ m˚ pU q pour tout U comme ci-dessus.
ř
« ľ » Soit ε ą 0 et soient Ij ouverts avec A Ă Yj Ij et j mpIj q ă m˚ pAq ` ε. Soit U :“
Yj Ij . Alors U est ouvert, A Ă U et (du point c) du lemme 5.4)
ÿ
m˚ pU q “ m˚ pYj Ij q ĺ mpIj q ă m˚ pAq ` ε. CQFD
j
5.6 Lemme. Si pLk qk est une famille a. p. d. d’intervalles d. d. d., alors m˚ p\k Lk q “
ř
k mpLk q.
Démonstration. Quitte à rajouter de intervalles vides, nous pouvons supposer qu’il y a une infi-
nité (dénombrable) d’intervalles, indexés pLk qkľ1 .
« ľ » Il suffit de montrer cette inégalité pour un nombre fini d’intervalles compacts dans s0, 1r. En
effet, supposons cette inégalité établie pour les unions finies d’intervalles compacts. Pour chaque
intervalle L et chaque ε ą 0, il existe un intervalle compact C avec L Ą C et mpCq ą mpLq ´
ε (vérifier). † Considérons, pour tout k, un intervalle compact Ck avec Lk Ą Ck et mpCk q ą
mpLk q ´ ε{2k`1 .
Pour tout n fini, nous avons alors (grâce à l’inégalité « ľ », supposée vraie pour les Ck )
n
ÿ n
ÿ
˚ ˚
m p\kľ1 Lk q ľ m p\nk“1 Ck q ľ mpCk q ą mpLk q ´ ε.
k“1 k“1
n
ÿ N
ÿ
χCk “ χC ĺ χIj . (5.3)
k“1 j“1
†. Rappelons que nous travaillons dans s0, 1s, et que L est borné.
79
Constructions de mesures 5.1 Construction de la mesure de Lebesgue
Notons que, pour tout intervalle I Ăs0, 1r la fonction caractéristique χI est continue par
morceaux sur R, donc intégrable Riemann sur r0, 1s. Par ailleurs, nous avons
ż1
χI pxq dx “ mpIq. (5.4)
0
n
ÿ n ż1
ÿ ż1 N ż1
ÿ
mpCk q “ χCk pxq dx “ χC pxq dx ĺ χIj pxq dx
k“1 k“1 0 0 j“1 0
N
ÿ ÿ
“ mpIj q ĺ mpIj q,
j“1 jľ1
N
ÿ
˚ ˚ ˚
lim m pUn q ľ m pUn0 q ľ m pCq “ mpCj q
n
j“1
CQFD
N
ÿ ÿ
˚
ą mpIj q ´ ε{2 ą mpIj q ´ ε “ m pU q ´ ε.
j“1 jľ1
m˚ pU Y V q ` m˚ pU X V q “ m˚ pU q ` m˚ pV q. ˛
Démonstration. Quitte à rajouter des intervalles vides, nous pouvons écrire U “ \jľ1 Ij et V “
\jľ1 Lj , avec Ij , Lj intervalles ouverts.
80
Petru Mironescu Mesure et intégration
Un , Vn , Un YVn et Un XVn étant des unions finies et d. d. d. d’intervalles, il s’ensuit que l’égalité
ż1
˚
m pAq “ χA pxq dx est vraie pour chacun de ces ensembles (justifier, à l’aide du lemme 5.6).
0
En combinant ce fait avec l’identité (à justifier)
m˚ pA Y Bq ` m˚ pA X Bq ĺ m˚ pU Y V q ` m˚ pU X V q “ m˚ pU q ` m˚ pV q. (5.7)
En prenant, dans (5.7), l’inf sur U et V , et en utilisant à nouveau le lemme 5.5, nous obtenons
(5.6). CQFD
Notons que
81
Constructions de mesures 5.1 Construction de la mesure de Lebesgue
Démonstration. Supposons d’abord que U “ \nj“1 Ij , avec Ij intervalles ouverts. Alors U c est
une union finie d’intervalles, et donc (en utilisant le lemme 5.6 et les propriétés de l’intégrale de
ż1
Riemann) m˚ pU c q “ χU c pxq dx ; de même pour U . Il s’ensuit que
0
ż1 ż1 ż1
˚ ˚ c
m pU q ` m pU q “ χU pxq dx ` χU c pxq dx “ 1 dx “ 1.
0 0 0
Soit maintenant U un ouvert quelconque. Nous pouvons donc écrire U “ \jľ1 Ij , avec
chaque Ij intervalle ouvert. Posons Un :“ \nj“1 Ij . De ce qui précède et du lemme 5.7,
Démonstration.
« 1 ùñ 2 » Soient V , W des ouverts tels que A Ă V , Ac Ă W , m˚ pV q ă m˚ pAq ` ε{2,
m˚ pW q ă m˚ pAc q ` ε{2. Alors V Y W “s0, 1r (vérifier), et donc (lemme 5.8)
m˚ pV X W q “ m˚ pV q ` m˚ pW q ´ m˚ pV Y W q “ m˚ pV q ` m˚ pW q ´ 1
ă m˚ pAq ` m˚ pAc q ` ε ´ 1 “ ε.
A∆U “ V zA “ V X Ac Ă V X W,
d’où m˚ pA∆U q ĺ m˚ pV X W q ă ε.
« 2 ùñ 1 » Nous avons A Ă U YpA∆U q (vérifier), d’où (lemme 5.4 c)) m˚ pAq ĺ m˚ pU q`ε.
De même, Ac Ă U c Y pAc ∆U c q “ U c Y pA∆U q (vérifier), d’où m˚ pAq ĺ m˚ pU c q ` ε. Grâce
au lemme 5.10, il s’ensuit que
82
Petru Mironescu Mesure et intégration
Étape 2. m˚ restreinte à T est une mesure, et restreinte à Bs0,1r est la mesure de Lebesgue. Le
fait que m˚ restreinte à Bs0,1r soit la mesure de Lebesgue suit du lemme 5.6 et de l’unicité
de la mesure de Lebesgue (proposition 4.38 c)).
Pour montrer que m˚ est une mesure sur T , notons d’abord que m˚ pHq “ 0 (lemme
5.6). Il reste à montrer que, si pAj qj Ă T est une suite d. d. d., alors
ÿ
m˚ p\j Aj q “ m˚ pAj q. (5.9)
j
L’inégalité « ĺ » suit du lemme 5.4 c). Pour l’inégalité opposée, il suffit de montrer
En effet, admettons (5.10) pour l’instant. En utilisant cette propriété et le lemme 5.9,
nous obtenons que
Comme, par ailleurs, l’inégalité opposée à (5.14) est toujours vraie (lemme (5.4) c)),
nous obtenons que l’axiome ii) de la mesure est vérifié.
83
Constructions de mesures 5.2 Pour aller plus loin
Il reste donc à montrer (5.10). Du lemme 5.9, la définition (5.8) de T et le fait que T
est une tribu (étape 1), nous obtenons (justifier)
m˚ pA Y Bq ` m˚ pA X Bq “ 1 ´ m˚ ppA Y Bqc q ` 1 ´ m˚ ppA X Bqc q
“ 2 ´ rm˚ pAc X B c q ` m˚ pAc Y B c qs
ľ 2 ´ rm˚ pAc q ` m˚ pB c qs “ m˚ pAq ` m˚ pBq.
Étape 3. T est la complétée de Bs0,1r par rapport à la mesure de Lebesgue sur Bs0,1r . Montrons
dans un premier temps que m˚ restreinte à T est complète. Soit A un ensemble négli-
geable par rapport à cette mesure. Il existe donc un B P T tel que A Ă B et m˚ pBq “ 0.
Pour tout ε ą 0, il existe U ouvert tel que B Ă U et m˚ pU q ă ε (lemme 5.5). Il s’ensuit que
m˚ pA∆U q “ m˚ pU zAq ĺ m˚ pU q ă ε. Grâce au lemme 5.11, nous déduisons que A P T .
m˚ restreinte à T est donc une mesure complète.
Enfin, montrons que T est la complétée de Bs0,1r par rapport à la mesure de Lebesgue
sur Bs0,1r (donc de m˚ sur Bs0,1r ). Notons B s0,1r cette complétée. De ce qui précède,
B s0,1r Ă T (justifier, en utilisant Bs0,1r Ă T et la complétude de m˚ ). Inversement,
soit A P T . Du lemme 5.5, il existe une suite pUn qnľ0 d’ouverts telle que A Ă Un , @ n, et
m˚ pUn q Ñ m˚ pAq. De même, il existe une suite pVn qnľ0 d’ouverts tells que Ac Ă Vn , @ n,
et m˚ pVn q Ñ m˚ pAc q. Nous avons alors pVn qc Ă A, @ n, et m˚ ppVn qc q Ñ m˚ pAq (justifier).
Posons B :“ Yn pVn qc , C :“ Xn Un . Nous avons (justifier)
B, C P Bs0,1r et B Ă A Ă C. (5.15)
84
Petru Mironescu Mesure et intégration
Si F est dérivable avec F 1 Riemann intégrable sur tout intervalle borné (par
exemple si F P C 1 ), alors nous pouvons obtenir ce résultat en copiant la preuve
du théorème 5.1. En général, F n’est pas dérivable ; elle peut par exemple être
discontinue. Dans ce cas, il est encore possible de suivre la preuve du théorème
5.1, mais il faut éviter l’utilisation de l’intégrale de Riemann dans les preuves
des lemmes 5.4, 5.8 et 5.10 ; voir Bogachev [4, section 1.8]. Comme nous l’avons
noté, l’utilisation de l’intégrale de Riemann dans la preuve est commode, mais
pas indispensable.
5.14 Définition (Mesure extérieure). Une mesure extérieure sur X est une fonction
m˚ : PpXq Ñ r0, 8s telle que :
i) m˚ pHq “ 0.
ii) m˚ pAq ĺ m˚ pBq si A Ă B.
ř
iii) m˚ pYj Aj q ĺ j m˚ pAj q, pour toute suite pAj qj Ă X. ˛
85
Constructions de mesures 5.2 Pour aller plus loin
et de montrer que m˚ restreinte à T est une mesure. Cette approche marche uni-
quement si m˚ pXq ă 8. La clé pour s’attaquer au cas général est indiquée par
le résultat suivant (avec m˚ et T comme dans la construction de la mesure de
Lebesgue).
Pour les résultats dans cette section, voir par exemple Halmos [11, chapitre
III], Evans et Gariepy [7, chapitre 1], Bogachev [4, section 1.11].
86
Petru Mironescu Mesure et intégration
5.19 Proposition.
a) Hδs et H s sont des mesures extérieures.
b) Elles satisfont le critère de Carathéodory (5.19).
c) Restreintes aux boréliens, Hδs et H s sont des mesures. ˛
Par abus de notation, désignons encore par Hδs et H s les mesures associées
aux mesures extérieures Hδs et H s par la construction de Carathéodory. L’utilité
des mesures de Hausdorff vient de leur interprétation géométrique, du moins
pour s entier.
5.20 Théorème.
a) Dans Rn , nous avons H n “ λn (la mesure de Lebesgue).
b) Si n ľ 2 et si C est une courbe lisse paramétrée dans Rn , alors H 1 pCq est la
longueur de C.
c) Si n ľ 3 et si S est une surface lisse paramétrée dans R3 , alors H 2 pSq est l’aire
de S.
d) Etc. ˛
87
Constructions de mesures 5.2 Pour aller plus loin
88
Chapitre 6
Intégrale
6.0 Aperçu
Dans ce chapitre, nous définissons l’intégrale † d’une fonction mesurable f , dans
un espace mesuré pX, T , µq, et donnons ses premières propriétés. Les plus simples
fonctions mesurables sont les fonctions
ż caractéristiques f “ χA , avec A P T , et dans
ce cas nous posons naturellement χA :“ µpAq. Dans le cas des fonctions étagées,
ż ÿ ÿ
la définition se fait « par linéarité », en posant ai χAi :“ ai µpAi q, mais il y a
i i
déjà une première difficulté : pour que la dernière somme soit bien définie, il faut
supposer par exemple ai ľ 0, @ i. Cette définition permet de définir l’intégrale
d’une fonction étagée positive. L’étape suivante consiste à définir l’intégrale d’une
fonction mesurable positive f . La définition 6.5 :
ż "ż *
f :“ sup u ; 0 ĺ u ĺ f, u étagée (6.1)
89
Intégrale 6.0 Aperçu
La définition de l’intégrale d’une fonction mesurable quelconque est l’une des fai-
blesses de la théorie de l’intégration : en général, une fonction mesurable n’a pas d’inté-
grale. La définition rigoureuse en est donnée dans la section 6.2.
Dans la section 6.4, nous examinons le lien entre intégrales par rapport à µ et
par rapport à la mesure complétée µ, la conclusion informelle étant que le passage
de µ à µ n’affecte pas l’existence des intégrales et leur valeur.
La section 6.3 nous permet de rencontrer un résultat important d’intégration :
le théorème de convergence monotone 6.18 (ouż théorème de Beppo Levi). C’est le pre-
mier résultat permettant de permuter lim et . Il affirme que si
0 ĺ fn Õ f :“ lim fn ,
n
(théorème 6.36).
La section 6.6 fait le lien entre l’intégrale et les intégrales déjà connues, de Rie-
mann et généralisée. Pour simplifier, nous considérons uniquement des fonctions
continues (ce qui n’est pas essentiel). Un résultat simple à énoncer (proposition
6.44) est que, si f : ra, bs Ñ R est continue, alors son intégrale de Riemann et son inté-
grale par rapport à la mesure de Lebesgue ν1 coïncident. Les propositions 6.44 et 6.45
sont fondamentales, dans la mesure où elles permettent de traiter une même inté-
grale tantôt comme intégrale de Lebesgue, tantôt comme intégrale de Riemann
(ou généralisée) et d’utiliser dans les calculs des résultats spécifiques à chacune
de ces intégrales.
†. Faut-il vraiment connaître cette preuve ? Lieb et Loss justifient ainsi l’absence de la théorie
de
ż l’intégration
ż dans ż leur livre Analysis [16] : “We all know the tremendously important fact that
pf ` gq “ f ` g, and we can use it happily without remembering the proof (which actually
requires some thought)”.
90
Petru Mironescu Mesure et intégration
Dans tout ce chapitre, nous travaillons dans un espace mesuré pX, T , µq. Sauf
mention contraire, les fonctions considérées sont mesurables. Je ne vérifierai pas
toujours la mesurabilité des fonctions construites à partir de fonctions données
(par exemple, limn fn , avec chaque fn mesurable). Le lecteur est encouragé à le faire ;
ceci fait partie de l’apprentissage de la théorie de la mesure.
ż1
†. Intégrande : fonction que l’on intègre. Exemple : dans l’intégrale cos x dx, l’intégrande est
0
x ÞÑ cos x. Mot non reconnu par l’Académie, mais d’usage courant en mathématiques.
91
Intégrale 6.1 Fonctions étagées positives
Notons qu’à partir d’une représentation normale, nous pouvons obtenir une
représentation canonique d’abord en effaçant tous les termes qui correspondent
à des ai nuls ou à des Ai vides, puis en regroupant les termes correspondant à la
même valeur de ai .
6.2 Proposition. Une fonction étagée admet une représentation canonique. Celle-
ci est unique modulo une permutation des termes de la somme.
Dans le cas particulier où f est positive, la représentation canonique est ad-
missible. ˛
ż ÿ
f“ bj µpBj q. (6.3)
j
ż ż ż
b) Si λ ľ 0, alors pf ` λgq “ f `λ g. ˛
92
Petru Mironescu Mesure et intégration
Démonstrations
Démonstration de la proposition
ř 6.2. ř
Unicité. Si (**) f “ ni“1 ai χAi “ m j“1 bj χBj , alors f a, comme valeurs non nulles, pré-
cisément les a1 , . . . , an ; de même, ses valeurs non nulles sont b1 , . . . , bm . Il s’ensuit que
m “ n et que les bj s’obtiennent en permutantř les ai . Quitte à faire une permutation dans
la deuxième somme, nous avons f “ ni“1 ai χCi , où les Ci sont les Bj écrits dans un
ordre différent. Comme f ´1 pai q “ Ai “ Ci , nous trouvons que la deuxième somme de
(**) est une permutation de la première.
ż m´1
ÿ m´1
ÿ ÿ
bj χBj “ bj µpBj q “ ai µpAi q.
j“1 j“1 i
Par ailleurs,
ÿ ÿ
f“ ai χAi zBm ` pai ` bm qχAi XBm ` bm χBm zYi Ai
i i
93
Intégrale 6.2 Fonctions mesurables
“µpBm q
ż ÿ ÿ
d’où f“ ai µpAi q ` bm µpBm q “ bj µpBj q.
i j
ř ř
b) Si f “ i ai χAi et gř“ j bj χBřj sont des représentations canoniques, alors la repré-
sentation f ` λg “ i ai χAi ` j λbj χBj est admissible. Il s’ensuit que
ż ÿ ÿ ż ż
pf ` λgq “ ai µpAi q ` λbj µpBj q “ f `λ g. CQFD
i j
94
Petru Mironescu Mesure et intégration
6.7 Proposition. Si f est étagée positive, les définitions 6.3 et 6.5 donnent la même
intégrale. ˛
f “ f ` ´ f ´ .† (6.4)
6.8żDéfinition
ż (Intégrale d’une fonction mesurable). f : X Ñ R a une intégrale
si f` ´ f´ a un sens, et dans ce cas son intégrale (de Lebesgue) est
ż ż ż ż ż ż
f pxq dµpxq “ f dµ “ f dµ “ f :“ f` ´ f´ .
X X
ż ż ż ż
6.9 Remarque. L’hypothèse « f` ´ f´ a un sens » équivaut à « f` et f´
ne valent pas en même temps 8 ».
En particulier, cette hypothèse
ż est satisfaite lorsque f ľ 0, car dans ce cas
nous avons f´ “ 0, et donc f´ “ 0.
95
Intégrale 6.2 Fonctions mesurables
ż ż ż
Si f : X Ñ C, nous identifions f avec Re f ` ı Im f .
ż
Si f est définie sur une partie A mesurable de X, la définition de f est la
A
suivante.
6.14 Définition. Si A P T et f : A Ñ R est mesurable, alors f a une intégrale
si et seulement si f χA en a une,† et dans ce cas nous posons
ż ż ż ż
f dµ “ f :“ f χA “ f χA dµ.
A A X X
Le résultat (très utile) qui suit explique en quoi les ensembles négligeables le
sont.
6.15 Proposition.
a) Si A P żT est négligeable, alors pour toute fonction mesurable f : A Ñ R nous
avons f “ 0.
A
ż
b) Si f : X Ñ R est mesurable et f “ 0 p. p., alors f est intégrable et f “ 0. ˛
#
f, dans A
†. Rappelons que, si f : A Ñ R, alors f χA :“ .
0, dans Ac
96
Petru Mironescu Mesure et intégration
Exercices
Même cadre que ci-dessus : nous travaillons dans pX, T , µq et toutes les fonc-
tions sont mesurables.
ż ż
6.16 Exercice. Si 0 ĺ f ĺ g, alors fĺ g. ˛
ż
6.17 Exercice. Soient A P T et f : A Ñ R. Montrer que la définition 6.14 de f est
A
équivalente à :
ż
f est (si elle existe) l’intégrale de f par rapport à l’espace mesuré pA, TA , µA q, où
A
TA :“ tB P T ; B Ă Au et µA pBq :“ µpBq, @ B P TA . ˛
Démonstrations
ż
Démonstration de la proposition 6.7. Notons f l’ancienne intégrale et I la nouvelle. Nous
ż
avons f ĺ f , d’où (justifier) f ĺ I.
ż
En prenant, dans (6.5), le sup sur u, nous trouvons f ľ I. CQFD
97
Intégrale 6.3 Théorème de convergence monotone
f ĺ g ùñ rf` ĺ g` et f´ ľ g´ s,
fr “ f χA “ f` χA ´ f´ χA “ fĂ Ă
` ´ f´ .
Il suffit donc de montrer le résultat pour f˘ , qui sont des fonctions mesurables posi-
tives.
Soit f : A Ñ r0, 8s une fonction mesurable positive. Par définition de l’intégrale de fr,
il r
ż suffit de montrer que, si g : X Ñ r0, 8r est une fonction étagée telle que g ĺ f , alors
g “ 0.
X
ř
Si g “ i ai χAi est une représentation admissible de g, alors
ÿ ÿ
g “ (justifier) “ gχA “ ai χAi χA “ ai χAi XA
i i
98
Petru Mironescu Mesure et intégration
†
6.18 Théorème (Théorème de convergence monotone). Soit
ż pfn qnż une suite
croissante de fonctions mesurables positives. Si fn Ñ f ,‡ alors fn Ñ f .
ż ż
Ou encore : lim fn “ lim fn .
n n
Démonstrations
Démonstration. Notons que ν est bien définie, car uχA est étagée et positive.
ř ř
Si u “ i ai χAi est une représentation admissible de u, alors uχA “ i ai χAi XA est une
représentation admissible de uχA (voir la preuve de la proposition 6.15 a)), d’où
ż ż ÿ ÿ
νpAq “ uχA “ ai χAi XA “ ai µpAi X Aq.
i i
À partir de cette formule, l’exercice 4.5 a) montre que ν est une mesure (vérifier). CQFD
Démonstration du théorème 6.18. f est mesurable (proposition 3.20) et positive ; de plus, nous
avons 0 ĺ fn ĺ f pour tout n.
ż ż ˆż ˙
L’exercice 6.16 donne fn ĺ f , @ n, et implique que la suite fn est croissante.
ż ż n
En particulier, cette suite à une limite et nous avons lim fn ĺ f .
n
99
Intégrale 6.4 P. p. et passage à la mesure complétée
En effet, si (6.8) est vraie, alors, en faisant ε Ñ 0`, nous obtenons (en utilisant le fait
que l’intégrale de u est positive)
ż ż
lim fn ľ u, @ u étagée telle que 0 ĺ u ĺ f. (6.9)
n
100
Petru Mironescu Mesure et intégration
En combinant les propositions 6.15, 6.21, 6.22 et le corollaire 6.23, nous obte-
nons les règles suivantes de calcul, très utiles dans la pratique.
g dµ. Si l’une d’entre elle existe, alors les trois autres existent également,
XzB
et nous avons
ż ż ż ż
f dµ “ f dµ “ g dµ “ g dµ, (6.10)
X XzA X XzB
ż
|f ´ g| dµ “ 0. (6.11)
X
6.25 Remarque. La proposition 6.26, qui suit, montre que, donnée une fonction intégrable
f , nous pouvons changer sa définition sur un ensemble négligeable de sorte que son
intégrale ne change pas et que la nouvelle fonction ne prenne que des valeurs finies.
Pour cette raison, pour montrer certaines propriétés des fonctions intégrables nous
pouvons parfois remplacer f par g et supposer ainsi que f est finie en tout point. ˛
101
Intégrale 6.4 P. p. et passage à la mesure complétée
Nous concluons cette section par une illustration concrète du principe chaque
théorème « partout pour µ » a des analogues « p. p. pour µ ou µ ».
6.28 Théorème (Théorème de convergence monotone, variante p. p.). Soit pfn qn
une suite croissante p. p. de fonctions positives p. p. convergeant p. p. vers f .
ż ż
Alors lim fn dµ “ f dµ. ˛
n
Démonstrations
Démonstration de la proposition 6.21. Notons que f est T -mesurable. Il suffit de montrer l’éga-
lité des deux intégrales si f ľ 0 (justifier). Cette égalité est claire si f est T -étagée. Le cas
général s’obtient en considérant une suite pfn qn de fonctions T -étagées positives telle
que fn Õ f (suite dont l’existence découle du corollaire 3.7) et le corollaire 6.19 (véri-
fier). CQFD
102
Petru Mironescu Mesure et intégration
“ f dµ “ g dµ “ g dµ ` g dµ “ g dµ,
B B A B
103
Intégrale 6.5 Conséquences du théorème de convergence monotone
6.30
ż Proposition.
ż Si f , g ont une intégrale, λ P R, et si les sommes
ż f ` λg et
f ` λ g sont bien définies, alors f ` λg a une intégrale et pf ` λgq “
ż ż
f ` λ g.
6.32 Proposition.
ˇż ˇ ż
ˇ ˇ
a) Si f a une intégrale, alors ˇˇ f ˇˇ ĺ |f |.
104
Petru Mironescu Mesure et intégration
La proposition 6.35, qui suit, est une variante du résultat suivant, bien connu :
„ ż1
f continue et positive sur r0, 1s, f pxq dx “ 0 ùñ f “ 0.
0
6.35 Proposition.
ż
a) Si f ľ 0 et f “ 0, alors f “ 0 p. p.
ż
b) Si |f | “ 0, alors f “ 0 p. p.
ż ż
c) Plus généralement, si g, h sont intégrables, g ĺ h et g“ h, alors g “ h
p. p.
105
Intégrale 6.5 Conséquences du théorème de convergence monotone
ż ż
d) Si An P T , @ n, et An Õ X, alors f “ lim f.
n An
Exercices
Voici un exercice facile une fois montrée la proposition 6.30. Il est instructif
d’essayer de le prouver (même pour n “ 2) sans faire appel à cette proposition.
ř
6.39 Exercice. Soit f une fonction étagée, de représentation f “ ni“1 ai χAi . Si µpAi q ă 8
ż ÿn
pour tout i, alors f a une intégrale et dans ce cas nous avons f “ ai µpAi q. ˛
i“1
L’exercice suivant est fondamental en théorie des probabilités. C’est une consé-
quence facile de la proposition 6.37.
6.40 Exercice (Mesure à densité). Soit pX, T , µq un espace mesuré. Soit f : X Ñ r0, 8s
une fonction mesurable positive.
Soit
ż
νpAq :“ f dµ, @ A P T . (6.16)
A
6.41 Définition (Mesure à densité). La mesure ν définie par (6.16) est une mesure
à densité f par rapport à µ. ˛
ż ż
†. Chacune des intégrales f, f existe, d’après l’item a). Entre autres, l’item b) affirme que
ż ż A B
106
Petru Mironescu Mesure et intégration
Démonstrations
Là où cela n’est pas fait, vérifier, grâce aux outils des sections 3.2 et 3.3, la me-
surabilité de toutes les fonctions qui interviennent dans les preuves qui suivent.
Commençons par le cas f, g ľ 0. Soient pfn qn , pgn qn deux suites de fonctions étagées
positives telles que fn Õ f et gn Õ g. Alors fn ` gn Õ f ` g et donc (en utilisant la
proposition 6.4 b) et le corollaire 6.23)
ż ż ˆż ż ˙ ż ż
pf ` gq “ lim pfn ` gn q “ lim fn ` gn “ lim fn ` lim gn
n n n n
ż ż
“ f ` g.
pf ` gq` ´ pf ` gq´ “ f ` g “ f` ´ f´ ` g` ´ g´ ,
d’où
pf ` gq` ` f´ ` g´ “ pf ` gq´ ` f` ` g` .
Il s’ensuit que
ż ż ż ż ż ż
pf ` gq` ` f´ ` g´ “ pf ` gq´ ` f` ` g` . (6.17)
ż ż ż ż ż ż
Si f, g et
g ont un sens, alors pf ` gq` ´ pf ` gq´ a un sens (vérifier,
f`
ż
en examinant par exemple le cas où f` “ 8) et (6.17) donne
ż ż ż ż ż ż
pf ` gq` ´ pf ` gq´ “ f` ´ f´ ` g` ´ g´ , (6.18)
d’où
ż ż ż ż ż ż ż
pf ` gq “ pf ` gq` ´ pf ` gq´ “ f` ´ f´ ` g` ´ g´
ż ż CQFD
“ f ` g.
107
Intégrale 6.5 Conséquences du théorème de convergence monotone
6.42 Remarque. Pour montrer une propriété des fonctions intégrables (ou qui
ont une intégrale) f , g, etc. :
1. Nous commençons par les fonctions positives f˘ , g˘ , etc.
2. Les hypothèses sur f , g, etc., permettent de retrancher les formules obte-
nues.
3. Si nécessaire, pour montrer, dans le cas des fonctions positives, les proprié-
tés demandées, il faut commencer par considérer des fonctions étagées et
de passer à la limite en utilisant le théorème de convergence monotone ou
sa conséquence, le corollaire 6.19.
4. Dans le cas des fonctions étagées, les propriétés demandées sont évidentes
ou relativement simples à montrer.
Ainsi, ce schéma permet de ramener la preuve au cas plus facile des fonctions
étagées positives et de la compléter de manière automatique en utilisant les étapes 1–3.
Démonstration
ż de la proposition
ż 6.34. Soit A :“ r|f | ą ts “ tx P X ; |f pxq| ą tu. Alors |f |p ľ
tp χA , d’où |f |p ľ tp χA “ tp µpAq. CQFD
108
Petru Mironescu Mesure et intégration
Démonstration
ř řdu théorème 6.36. Posons gn :“ f0 ` f1 ` . . . ` fn ľ 0. Nous avons 0 ĺ gn Õ
f
n n , d’où n fn est mesurable. Par convergence monotone, nous trouvons
ż ÿ ż ż ˆż ż ż ˙ ÿż
fn “ lim gn “ lim gn “ lim f0 ` f1 ` . . . fn “ fn . CQFD
n n n
n n
ż
Démonstration de la proposition 6.37. f ayant une intégrale, nous avons soit f` ă 8, soit
ż ż
f´ ă 8. Supposons, par exemple, que f´ ă 8.
Si A P T , posons fA :“ f χA .
ż
a) Nous avons fA mesurable et 0 ĺ pfA q˘ ĺ f˘ . Nous trouvons que pfA q´ ă 8 (justi-
ż ż
fier), et donc fA “ f a un sens (justifier).
A
b) Nous avons pfA q˘ ` pfB q˘ “ f˘ , d’où (justifier)
ż ż ż ż ż
f˘ “ pfA q˘ ` pfB q˘ “ f˘ ` f˘ ;
A B
109
Intégrale 6.6 Lien avec les intégrales habituelles
Dans cette section, nous travaillons dans pR, BR , ν1 q, avec des fonctions conti-
nues sur un intervalle I. Une fonction continue étant borélienne, nous avons
ż ż
f dλ1 “ f dν1 ,
I I
110
Petru Mironescu Mesure et intégration
Exercices
b) fn Õ 0.
ż ż
c) fn dν1 Ñ/ 0 dν1 .
Démonstrations
111
Intégrale 6.6 Lien avec les intégrales habituelles
Si nous définissons
n´1
ÿ
fσ : ra, bs Ñ R, fσ :“ inf f χrxj´1 ,xj r ` inf f χrxn´1 ,xn s ,
rxj´1 ,xj s rxn´1 ,xn s
j“1
Si nous posons gn :“ fσn χra,bs , alors les gn sont des fonctions étagée positives telles
que 0 ĺ gn Õ f χra,bs . Nous en déduisons (justifier) que
ż ż ż żb
f dν1 “ lim gn dν1 “ lim gn dν1 “ lim sσn “ f pxq dx. CQFD
ra,bs n n n a
Démonstration de la proposition 6.45. Nous prenons I :“ r0, 8r ; les arguments ci-dessous s’a-
daptent facilement à tous les autres types d’intervalles non compacts.
a) Posons fn :“ f χr0,ns , de sorte que fn Õ f (sur I). Avec la notation gr :“ gχI , nous
avons aussi frn Õ fr (sur R). Nous trouvons, en combinant le théorème de convergence
monotone, la proposition 6.44 et la définition de l’intégrale généralisée,
ż ż ż ż ż
f dν1 “ r
f dν1 “ r r
lim fn dν1 “ lim fn dν1 “ lim f dν1
I R R n n R n r0,ns
żn ż8
“ lim f pxq dx “ f pxq dx.
n 0 0
†. τ est plus fine que σ si les points qui déterminent τ contiennent ceux qui déterminent σ.
‡. La norme d’une division σ déterminée par les points a “ x0 ă x1 ă . . . ă xn “ b est la
longueur du plus grand intervalle rxj´1 , xj s : }σ} “ maxj“1,...,n pxj ´ xj´1 q.
112
Petru Mironescu Mesure et intégration
b) Nous avons (justifier, en utilisant l’item a) et les propriétés des intégrales généralisées)
ż ż
f Lebesgue intégrable sur I ðñ f` dν1 ă 8 et f´ dν1 ă 8 ðñ
I I
ż8 ż8 ż8
f` pxq dx ă 8 et f´ pxq dx ă 8 ðñ pf` pxq ` f´ pxqq dx ă 8
0 0 0
ż8 ż8
|f pxq| dx ă 8 ðñ f pxq dx converge absolument.
0 0
Si ces conditions équivalentes sont satisfaites, alors (justifier)
ż ż ż ż8 ż8
f dν1 “ f` dν1 ´ f´ dν1 “ f` pxq dx ´ f´ pxq dx
I I I 0 0
ż8 ż8
“ pf` pxq ´ f´ pxqq dx “ f pxq dx.
0 0
ż ż ż8
c) Si f a une intégrale, alors f` dν1 ´ f´ dν1 a un sens. Il s’ensuit que f` pxq dx ´
ż8 I I 0
f´ pxq dx a également un sens. Nous obtenons l’égalité des deux intégrales comme
0
dans l’item b).
d) Il suffit de trouver un contre-exemple. Nous définissons f : r0, 8rÑ R de la manière
suivante. Pour k P N, f p4kq :“ 0, f p4k ` 1q :“ 1{pk ` 1q, f p4k ` 2q :“ 0, f p4k ` 3q :“
´1{pk ` 1q. Ceci définit f sur N. Nous définissons f sur r0, 8rĂ N en exigeant qu’elle
soit affine sur chaque intervalle rn, n ` 1s avec n P N. †
Soit Epxq la partie entière de x. Nous vérifions aisément que ‡
żx
1
0ĺ f ptq dt ĺ , @ x ľ 0,
0 Epx{4q `1
ż8
et donc f a une intégrale généralisée, qui vaut f pxq dx “ 0.
0
Par ailleurs, nous avons
ż
f` pxq dx “ 1 ` 1{2 ` . . . ` 1{k, @ k P N˚ ,
r0,4ks
d’où (justifier)
ż ż8 ż
f` dν1 “ f` pxq dx “ lim f` pxq dx
I 0 kÑ8 r0,4ks
113
Intégrale 6.7 Lien avec les séries
Dans ce cas, toute fonction est une fonction étagée. Nous avons donc :
ř
a) Si f żľ 0, alors f “ xPX f pxqχtxu est une représentation admissible. Il s’ensuit
ÿ
que f “ f pxq.
xPX
6.7.2 X“N
114
Petru Mironescu Mesure et intégration
Démonstrations
b) Nous avons
ÿ
f est intégrableðñles intégrales de f˘ sont finiesðñles séries pan q˘
n
ÿ ÿ
sont convergentesðñ la série |an | “ ppan q` ` pan q´ q est convergente.
n n
ż
c) Si f a une intégrale, alors l’une des intégrales f˘ est finie. Supposons par exemple
ż
ř
f´ ă 8. Alors n pan q´ ă 8, ce qui justifie l’égalité
ÿ ÿ ÿ ż ż ż
an “ pan q` ´ pan q´ “ f` ´ f´ “ f.
n n n
ř
d) Posons an :“ p´1qn {pn ` 1q. Alors n an converge (série alternée), alors que
ÿ ÿ
pan q` “ pan q´ “ 8
n n
115
Intégrale 6.7 Lien avec les séries
Démonstrations
Démonstration de la proposition 6.49. Il suffit de montrer l’égalité des intégrales dans le cas où
f ľ 0 (justifier).
Soient An :“ t0, . . . , nu, Bn :“ ΦpAn q. Alors An Õ N et, de plus, Bn Õ X (vérifier),
d’où (justifier, comme dans la proposition 6.48)
ż ż ÿ ÿ ż ż
f “ lim f “ lim f pxq “ lim f pΦpkqq “ lim g“ g.
X n Bn n n n An N
xPBn kPAn
ř
6.51 Définition (Série commutativement convergente). Une série n an est com-
mutativement
ř convergente si, pour
ř toute bijection ϕ : N Ñ N, la somme de la série
‡
n aϕpnq existe et est égale à n an . ˛
116
Petru Mironescu Mesure et intégration
Démonstrations
117
Intégrale 6.8 Pour aller plus loin
Démonstration. Nous pouvons supposer f ľ 0. En effet, si f est Riemann intégrable, alors f est
bornée et il suffit de montrer l’égalité des deux intégrales pour la fonction f ´ m ľ 0, avec m
minorant de f (justifier).
Nous utilisons les notations de la preuve de la proposition 6.44. Soit σ une division de ra, bs
et soit sσ la somme de Darboux supérieure
n
ÿ
sσ :“ pxj ´ xj´1 q sup f.
j“1 rxj´1 ,xj s
de sorte que
ż ż ż
σ σ σ
s “ f dν1 “ f χra,bs dν1 “ f σ χra,bs dλ1 .
ra,bs R R
ż ż żb
g dλ1 “ h dλ1 “ f pxq dx ă 8. (6.24)
ra,bs ra,bs a
ż
Comme g ĺ h et ph ´ gq dλ1 “ 0, nous obtenons que g “ h λ1 -p. p. sur ra, bs (proposi-
ra,bs
tion 6.35). Soit A P L1 , A Ă ra, bs, tel que λ1 pAq “ 0 et g “ h sur ra, bszA. Comme g ĺ f ĺ h,
118
Petru Mironescu Mesure et intégration
nous obtenons que f “ g “ h sur ra, bszA et en particulier f “ g λ1 -p. p. Il s’ensuit que f est
λ1 -mesurable (proposition 4.19 a)).
ż
Par ailleurs, comme f “ g λ1 -p. p. et l’intégrale g dλ1 existe, il s’ensuit que l’intégrale
ż ż ż ra,bs
La réciproque de cette proposition est fausse : même pour une fonction bor-
née, l’intégrabilité au sens de Lebesgue n’entraîne pas celle au sens de Riemann ;
voir l’exercice, classique, qui suit.
6.55 Exercice. Soit f : r0, 1s Ñ R, f :“ χQXr0,1s .
a) Montrer que f est bornée et intégrable par rapport à ν1 (et donc λ1 ).
b) Soit σ une division de r0, 1s. Montrer que sσ “ 0 et sσ “ 1.
c) En déduire que f n’est pas intégrable au sens de Riemann. ˛
119
Intégrale 6.8 Pour aller plus loin
120
Petru Mironescu Mesure et intégration
121
Chapitre 7
7.0 Aperçu
Nous travaillons dans un espace mesuré, avec des fonctions mesurables.
ż
Le thème général de ce chapitre est la permutation de lim et sous des hy-
pothèses plus faibles que celles du théorème de convergence monotone, qui sont
0 ĺ fn Õ f . Le but ultime étant de ne supposer ni la positivité, ni la monotonie.
En ne supposant plus la convergence monotone, donc uniquement
ż ż sous les
hypothèses fn ľ 0 et fn Ñ f , nous n’avons plus l’égalité lim fn “ lim fn , mais
n n
uniquement l’inégalité
ż ż
lim fn ĺ lim inf fn .† (7.1)
n n
C’est inégalité est un cas particulier du lemme de Fatou, théorème 7.1. L’impor-
tance de ce résultat est en premier lieu théorique : il żpermet d’obtenir sans effort
les principaux résultats de permutation entre lim et , dont le plus célèbre est le
théorème de convergence dominée (de Lebesgue) 7.2.
À son tour, le théorème de convergence dominée permet d’étudier les pro-
priétés des intégrales à paramètre(s). Pour prendre un exemple concret, soit
ż8
sin ptxq
F ptq :“ dx.
0 1 ` x2
ż
†. La limite lim fn n’existe pas, en général ; c’est la raison de l’apparition de la lim inf dans
n
(7.1).
123
Les grands théorèmes 7.1 Lemme de Fatou, théorème de convergence dominée
C’est une intégrale dont t est le paramètre. Les questions basiques sont si F est
continue ou dérivable ; elles seront étudiées dans les sections 7.2, respectivement
7.3.
ż ÿ ÿż
Dans la section 7.4, nous reprenons l’étude de l’égalité fn “ fn , cette
n n
fois-ci sans hypothèse de positivité (théorème 7.18).
Comme cela a été vu avec le théorème 6.28 et sa preuve, et avec la remarque
6.29, si les résultats qui suivent ont des hypothèses satisfaites p. p., nous pouvons traiter
dans la preuve directement le cas où les hypothèses sont satisfaites partout.
avec g indépendante de n et aussi petite que possible. Y arriver sera l’une des dif-
ficultés pratiques majeures de l’apprentissage. En partie, l’analyse est l’art d’ob-
tenir de bonnes inégalités. ˛
Dans tout ce chapitre, nous travaillons dans un espace mesuré pX, T , µq. Sauf
mention contraire, les fonctions considérées sont mesurables. Je ne vérifierai pas
toujours la mesurabilité des fonctions construites à partir de fonctions données
(par exemple, limn fn , avec chaque fn mesurable). Le lecteur est encouragé à le faire ;
ceci fait partie de l’apprentissage de la théorie de la mesure.
Ou encore :
ż ż
lim inf fn ĺ lim inf fn . (7.2)
n n
124
Petru Mironescu Mesure et intégration
7.4 Remarque. La plus petite fonction g vérifiant (i) est g :“ supn |fn |. Donc nous pou-
vons remplacer (i) par la condition, plus faible, que supn |fn | est intégrable.
Ceci donne le schéma suivant pour appliquer le théorème :
1. Vérifier que pfn qn converge p. p.
2. Calculer g :“ supn |fn |.
3. Vérifier que g est µ-intégrable. †
Dans la pratique, supn |fn | peut être difficile à calculer, et la formulation ci-dessus du
théorème est plus convenable. ˛
125
Les grands théorèmes 7.1 Lemme de Fatou, théorème de convergence dominée
Exercices
Les exercices qui suivent ont pour but d’illustrer la nécessité des hypothèses
ou l’optimalité des conclusions des théorèmes de cette section.
Démonstrations
Démonstration du théorème 7.2. Soit An P T négligeable tel que |fn pxq| ĺ gpxq si x R An .
Soit B P T négligeable tel que fn pxq Ñ f pxq si x R B. Soit A :“ B Y Yn An P T , qui
est négligeable. En remplaçant les intégrales sur X par des intégrales sur XzA (grâce au
126
Petru Mironescu Mesure et intégration
corollaire 6.24), nous pouvons travailler dans XzA au lieu de X et supposer, ainsi, que
les hypothèses (i) et (ii) sont satisfaites partout au lieu de presque partout (détailler).
Nous avons f mesurable et |f | ĺ g, ce qui montre que f est intégrable (justifier).
Soit B :“ g ´1 p´8q Y g ´1 p8q, qui est négligeable (justifier). Si r h :“ hχB c , il suffit de
r r
prouver la conclusion avec fn , f , gr à la place de fn , f , g (justifier, en utilisant la proposition
6.26). Ainsi, nous pouvons supposer fn , f , g finies.
Posons gn :“ 2g ´ |f ´ fn |, qui est mesurable et positive (vérifier). Nous avons
limn gn “ 2g, ce qui entraîne, via le lemme de Fatou,
ż ż ż ż ż ż
2 g “ 2g ĺ lim inf gn “ lim inf p2g ´ |f ´ fn |q “ 2 g ´ lim sup |f ´ fn |,
n n n
ż ż
d’où lim sup |f ´ fn | ĺ 0. Ceci implique (justifier) lim |f ´ fn | “ 0.
n
ż
Démonstration du théorème 7.5. Posons, pour g, h intégrables, dpg, hq :“ |g ´ h|, qui vérifie
l’inégalité triangulaire et est donc une « pseudométrique ».† L’hypothèse est dpfn , f q Ñ 0,
et elle implique que pfn qn est une suite de Cauchy pour la pseudométrique d.
Il existe donc une sous-suite pfnk qk telle que dpfnk , fn` q ĺ 1{2k`1 si k ă `.‡
Posons
ÿ
g :“ |fn0 | ` |fnk`1 ´ fnk |. (7.3)
kľ0
†. Une pseudométrique vérifie toutes les propriétés de la métrique (distance) sauf dpx, yq “
0 ùñ x “ y.
‡. Rappelons que, si pxn qn est une suite de Cauchy pour une distance (ou pseudométrique) d,
et si pαk qk est une suite de nombres strictement positifs, alors il existe une sous-suite pxnk qk telle
que dpxnk , xn` q ă αk , @ k ă `.
127
Les grands théorèmes 7.2 Intégrales dépendant d’un paramètre : continuité
d’où f “ r
h p. p., ou encore fnk Ñ f p. p. (justifier). CQFD
f : X ˆ Λ Ñ R, f “ f px, λq.
Supposons :
(i) La fonction f p¨, λq est mesurable pour tout λ P Λ.
(ii) La fonction f px, ¨q est continue pour presque tout x P X.
(iii) Pour tout λ0 P Λ, il existe r ą 0 et une fonction intégrable g “ gpxq :
X Ñ r0, 8s telle que, pour tout λ P Bpλ0 , rq X Λ,
128
Petru Mironescu Mesure et intégration
Alors la fonction
ż ż
F : Λ Ñ R, F pλq :“ f p¨, λq dµ “ f px, λq dµpxq,
X X
est continue.
7.11 Remarque.
1. Comme pour le théorème de convergence dominée, l’hypothèse clé dans le théo-
rème 7.10 est l’existence de la fonction g vérifiant (iii).
2. Dans le théorème 7.10, ainsi que dans le théorème 7.14 et le corollaire 7.15, la fonc-
tion g dépend, en principe, de la boule Bpλ0 , rq, mais pas de λ.
3. Dans de nombreuses applications, Λ est un ouvert, et tout r ą 0 tel que Bpλ0 , rq Ă
Λ convient.
4. Si r “ 8 convient,† la majorante g est la même pour tout λ. Néanmoins, cette
situation « idéale » est rarement rencontrée dans la pratique ; le plus souvent, la
fonction g dépend effectivement de λ0 et r. ˛
Exercices
Démonstrations
Démonstration du théorème 7.10. Soient pλn qnľ1 Ă Λ, λ0 P Λ tels que λn Ñ λ0 . Soit n0 tel que
λn P Bpλ0 , rq, @ n ľ n0 . Posons hn pxq :“ f px, λn q, hpxq :“ f px, λq. Alors |hn | ĺ g p. p. si
n ľ n0 (grâce à l’hypothèse (iii)) et hn żÑ h p. p.
ż (grâce à l’hypothèse (ii)). En utilisant le
théorème 7.2, nous obtenons F pλn q “ hn Ñ h “ F pλq. CQFD
129
Les grands théorèmes 7.3 Intégrales dépendant d’un paramètre : dérivabilité
f : X ˆ Λ Ñ R, f “ f px, λq.
Une récurrence basée sur le théorème 7.14 donne le résultat suivant pour les
dérivées partielles d’ordre supérieur.
7.15 Corollaire. Soit f : X ˆ Λ Ñ R, f “ f px, λq. Soit k P N˚ . Supposons :
ż
(i) Pour tout λ P Λ, la fonction f p¨, λq est intégrable (donc F pλq “ f p¨, λq dµ
est bien définie).
(ii) La fonction f px, ¨q est de classe C k pour presque tout x P X.
(iii) Pour toute dérivée partielle B α d’ordre ĺ k et pour toute boule Bpλ0 , rq Ă
Λ, il existe une fonction intégrable g “ gpxq sur X telle que pour tout
λ P Bpλ0 , rq on ait |B α f px, λq| ĺ gpxq pour presque tout x P X.
130
Petru Mironescu Mesure et intégration
Exercices
7.16 Exercice. Montrer que la fonction zêta de Riemann de l’exercice 7.13 est de classe
C 8. ˛
7.17 Exercice (Difficile). Supposons Λ connexe. Montrer nous pouvons, dans le théorème
7.14, remplacer l’hypothèse (i) par l’hypothèse plus faible
(i1 ) pour tout λ P Λ, la fonction f p¨, λq est mesurable et il existe un λ0 P Λ tel que f p¨, λ0 q
soit intégrable. ˛
Démonstrations
Démonstration du théorème 7.14. Nous pouvons supposer les hypothèses (ii) et (iii) satisfaites
pour tout x P X (voir la remarque 6.29).
a) Fixons λ P Λ. Soit r ą 0 tel que Bpλ, rq Ă Λ. Pour t P R tel que |t| ă r, posons
#
pf px, λ ` tej q ´ f px, λqq{t, si t ‰ 0
hpx, tq :“ ,
Bj f px, λq, si t “ 0
de sorte que :
(j) À x fixé, hpx, ¨q est continue.
(jj) À t fixé, hp¨, tq est mesurable (justifier, en considérant d’abord le cas t ‰ 0, puis
en faisant t Ñ 0).
(jjj) |hp¨, tq| ĺ g (justifier, en utilisant le théorème des accroissements finis).
Il s’ensuit que
ż ż ż
F pλ ` tej q ´ F ptq
lim “ lim hp¨, tq dµ “ hp¨, 0q dµ “ Bj f p¨, λq dµ,
tÑ0 t tÑ0
d’où la conclusion.
b) Dans le cas particulier où Bj f px, ¨q est continue pour presque tout x P X, le théorème
7.10 assure la continuité de Bj F . CQFD
131
Les grands théorèmes 7.4 Intégrale d’une série
Démonstrations
série n fn pxq est absolument convergente, donc convergente. Ceci donne a).
ř
b) Soit B :“ tx P X ; n fn pxq n’existe pasu, de sorte que B P T ,ř B Ă A. (Justifier
pourquoi B P T , par exemple en montrant
ř que B P T .) Soit gn :“ kĺn fk χB c . Alors
c
132
Chapitre 8
Mesures produit
8.0 Aperçu
Le volume vol pCq d’un cylindre (plein) droit C est le produit de sa hauteur
h et de l’aire aire pBq de sa base B. De manière équivalente, si C “ ra, bs ˆ B,
À travers cette formule, nous voyons qu’à partir de la mesure µpAq d’un en-
semble A et de la mesure νpBq d’un ensemble B, nous pouvons « naturellement »
définir la mesure de l’ensemble A ˆ B comme le produit µpAq ˆ νpBq.
Dans ce chapitre, nous allons généraliser cette approche, en construisant la me-
sure produit µbν de deux mesures µ et ν (section 8.2). Le principe de la construction
est celui de Cavalieri † : pour calculer le volume volpSq d’un solide S, nous calcu-
lons l’aire airepS h q de sa section, à chaque hauteur h, et nous obtenons
ż
vol pSq “ aire pS h q dh,
133
Mesures produit 8.0 Aperçu
L’exemple introductif (les aires et les volumes) est cohérent avec cette dé-
marche générale : le produit de la mesure de longueur ν1 et de la mesure d’aire
ν2 est bien la mesure de volume ν3 (corollaire 8.16). Au passage, nous pourrons
(enfin) prouver l’existence de la mesure de Lebesgue νn , n ľ 2, en admettant
l’existence de ν1 (corollaire 8.11).
La section 8.3 traite le cas des produits à plusieurs facteurs, qui repose sur des
récurrences immédiates à partir du cas de deux facteurs.
Dans la section 8.4, nous étudions le passage aux mesures complétées dans les
produits.
Les sections 8.5 et 8.6 sont dédiées aux intégrales itérées, c’est-à-dire aux éga-
lités du style (8.2)
ż ż ˆż ˙
f px, yq dµ b νpx, yq “ f px, yq dµpxq dνpyq
ż ˆż ˙ (8.3)
“ f px, yq dνpyq dµpxq.
134
Petru Mironescu Mesure et intégration
8.2 Définition (Tribu produit). La tribu produit (de T et S ) est la tribu (sur
X ˆ Y ) engendrée par les pavés de X ˆ Y .
Elle est notée T b S .
8.5 Lemme. Tout ensemble E P C s’écrit comme une union finie de la forme
E “ \j Aj ˆ Bj , avec :
(i) Aj P T et Bj P S , @ j.
(ii) Si j ‰ `, alors soit Aj X A` “ H, soit Bj X B` “ H. ˛
Exercices
135
Mesures produit 8.1 Tribu produit
Démonstrations
136
Petru Mironescu Mesure et intégration
Ex :“ ty P Y ; z “ px, yq P Eu.
E y :“ tx P X ; z “ px, yq P Eu.
Une propriété fondamentale des éléments E de T b S est que leurs coupes sont
mesurables. Cette propriété permet la mise en œuvre du principe de Cavalieri et
la construction de la mesure produit.
137
Mesures produit 8.2 Mesure produit
P “ I1 ˆ ¨ ¨ ¨ ˆ In
de Rn on a
Exercices
Démonstrations
138
Petru Mironescu Mesure et intégration
Soit
A :“ tE P T b S ; f est T ´ mesurableu.
Étape 1. Preuve du théorème si ν est finie. Soit d’abord E P C . Nous écrivons E “ \j Aj ˆBj ,
comme dans le lemme 8.5. Nous avons alors (justifier)
Ex “ YxPAj Bj “ \xPAj Bj ,
d’où
ÿ ÿ
f pxq “ νpBj q “ χAj pxq νpBj q.
xPAj j
ř
De manière équivalente, nous avons f “ j νpBj q χAj , d’où f est mesurable. Ainsi,
C ĂA.
Pour conclure, il suffit de montrer que A est une classe monotone (et d’invoquer le
lemme 8.4 a) et le théorème de la classe monotone 2.9).
Soit d’abord pEn qn Ă A une suite croissant vers E. Le théorème de la suite crois-
sante donne νpEx q “ limn νppEn qx q (vérifier). Ainsi, f est une limite de fonctions T -
mesurables, donc T -mesurable.
Dans le cas d’une suite décroissante, nous pouvons appliquer le théorème de la suite
décroissante (car ν est supposée finie) pour obtenir à nouveau f mesurable (détailler).
Étape 2. Preuve du théorème si ν est σ-finie. Soit pYn qn Ă S une suite telle que Yn Õ Y et
νpYn q ă 8, @ n. Si nous posons νn pBq :“ νpB X Yn q, @ B P S , alors νn est une mesure
finie (car νn pBq ĺ νpYn q ă 8) et νpBq “ limn νn pBq (théorème de la suite croissante).
Nous avons
Chaque fonction x ÞÑ νn pEx q étant T -mesurable (étape 1), f l’est également. CQFD
139
Mesures produit 8.2 Mesure produit
qui, par symétrie, a les mêmes propriétés que ξ. L’unicité prouvée dans l’item b)
a alors la conséquence suivante.
8.13 Corollaire. Si ν et µ sont σ-finies, alors nous avons
ż ż
µ b νpEq “ νpEx q dµpxq “ µpE y q dνpyq, @ E P T b S . (8.6)
Démonstration du corollaire 8.11. L’unicité a été montrée dans la proposition 4.38 c).
Pour l’existence, faisons la preuve par récurrence sur n. Le cas n “ 1 a été traité
dans le chapitre 5 (théorème 5.1). Soit n ľ 2. Supposons l’existence de νn´1 acquise. ν1 et
νn´1 étant σ-finies (justifier), nous pouvons définir ν1 b νn´1 , qui a la propriété requise
(justifier, en utilisant la proposition 8.3 et le théorème 8.10). CQFD
140
Petru Mironescu Mesure et intégration
8.14 Proposition. Nous avons pT1 bT2 qbT3 “ T1 bpT2 bT3 q “la tribu engendrée
par les produits de la forme A1 ˆ A2 ˆ A3 , avec Aj P Tj , j “ 1, 2, 3. ˛
Une conséquence immédiate des propositions 8.14 et 8.15 est la propriété sui-
vante de la mesure de Lebesgue.
8.16 Corollaire. Si νn est la mesure de Lebesgue sur BRn , alors νn b νm “ νn`m et,
plus généralement, bk1 νnj “ νřk nj . ˛
j“1
Les résultats des sections suivantes seront prouvés pour k “ 2. Néanmoins, ils
ont des variantes pour k ľ 3, que nous allons énoncer sans preuve. Les preuves
de ces variantes sont dans l’esprit de celles des propositions 8.14 et 8.15.
Démonstrations
141
Mesures produit 8.4 Passage aux mesures complétées
Comme dans la preuve du théorème 8.10 b), nous concluons grâce à (8.7) et à la pro-
position 4.24. CQFD
řk
Démonstration du corollaire 8.16. Soit n :“ j“1 nj .
Notons d’abord que les produits sont bien définis, car la mesure de Lebesgue νnj est
σ-finie (proposition 4.38). Par ailleurs, en utilisant la proposition 8.3, nous obtenons, par
récurrence sur k, l’égalité bk1 BRnj “ BRn . Il s’ensuit que les mesures bk1 νnj et νn sont
définies sur la même tribu, BRn .
Nous avons bk1 νnj pP q “ νn pP q “ mpP q si P est un pavé de Rn (vérifier). Nous
concluons grâce au théorème 4.35. CQFD
8.17 Théorème. Si µ, ν sont σ-finies, alors les procédés 1 et 2 donnent les mêmes
tribus, respectivement mesures. ˛
Par conséquent, il sufit de compléter les tribus après avoir fait leur produit.
142
Petru Mironescu Mesure et intégration
Nous donnons plus bas la preuve du théorème 8.17, mais pas celle, similaire,
du théorème 8.18.
Exercices
T bS Ă T bS Ă T bS.
a) Montrer qu’en général les deux inclusions sont strictes. Plus spécifiquement, montrer
que, pour le produit de pR, BR , ν1 q avec lui-même, nous avons une double inclusion
stricte, et que ceci revient à
BR2 Ĺ L1 b L1 Ĺ L2 .
b) En déduire que λ1 b λ1 ‰ λ2 . ˛
Démonstrations
143
Mesures produit 8.4 Passage aux mesures complétées
Il reste à montrer (*). J’affirme qu’il suffit de montrer : (**) pour tout G P T b S , il
existe G1 , G2 P T b S tels que G1 Ă G Ă G2 et µ b νpG2 zG1 q “ 0.
En effet, si (**) est vraie, alors il existe H1 , H2 , I1 , I2 P T b S tels que H1 Ă E1 Ă H2 ,
I1 Ă E2 Ă I2 , µ b νpH2 zH1 q “ 0, µ b νpI2 zI1 q “ 0. Posons alors F1 :“ H1 , F2 :“ I2 , de
sorte que F1 Ă E1 Ă E2 Ă F2 . De plus, nous avons (vérifier)
µ b νpF2 zF1 q “µ b νpF2 zF1 q “ µ b νppI2 zE2 q \ pE2 zE1 q \ pE1 zH1 qq
“µ b νpI2 zE2 q ` µ b νpE2 zE1 q ` µ b νpE1 zH1 q
ĺµ b νpI2 zI1 q ` µ b νpE2 zE1 q ` µ b νpH2 zH1 q
“µ b νpI2 zI1 q ` µ b νpE2 zE1 q ` µ b νpH2 zH1 q “ 0,
Clairement, A est une classe monotone. En effet, si, par exemple, Gk Õ G, avec
Gk P A , @ k, soient Gk1 , Gk2 P T b S tels que Gk1 Ă Gk Ă Gk2 et µ b νpGk2 zGk1 q “ 0, @ k.
Nous avons (justifier)
Yk Gk1 Ă G Ă Yk Gk2
et
ÿ
µ b νpYk Gk2 z Yk Gk1 q ĺ µ b νpYk pGk2 zGk1 qq ĺ µ b νpGk2 zGk1 q “ 0.
k
Une inégalité analogue est vraie si Gk Œ G et si nous remplaçons les unions par des
intersections.
Par ailleurs, A contient le clan C engendré par les produits A ˆ B, avec A P T ,
B P S . En effet, si G P C , alors nous pouvons écrire G “ \j Aj ˆ B j , avec Aj P T ,
B j P S , l’union étant d. d. d. et finie (pourquoi ?). Si Aj1 , Aj2 P T , B1j , B2j P S sont tels
que Aj1 Ă Aj Ă Aj2 , B1j Ă B j Ă B2j , µpAj2 zAj1 q “ 0, νpB2j zB1j q “ 0, alors les Aj1 ˆ B1j sont d.
d. d. et \j Aj1 ˆ B1j Ă G Ă Yj Aj2 ˆ B2j .
De plus, nous avons
pYj Aj2 ˆ B2j qzp\j Aj1 ˆ B1j q Ă Yj ppAj2 zAj1 q ˆ B2j Y Aj2 ˆ pB2j zB1j qq,
144
Petru Mironescu Mesure et intégration
d’où
ÿ
µ b νppYj Aj2 ˆ B2j qzpYAj1 ˆ B1j qq ĺ µ b νppAj2 zAj1 q ˆ B2j q
j
ÿ
` µ b νpAj2 ˆ pB2j zB1j qq “ 0,
j
Démonstration du corollaire 8.19. Prouvons par exemple les deux premières propriétés. Par
définition, nous avons λn :“ νn et Ln :“ BRn . Compte tenu du fait que νn b νm “ νn`m
(corollaire 8.16), nous obtenons (via la proposition 8.3)
145
Mesures produit 8.5 Les grands théorèmes pour µ b ν
est S -mesurable.
De même, pour tout y P Y , la fonction partielle
est T -mesurable.
8.23 Remarque. De même, si nous considérons un produit de plusieurs facteurs, les ap-
plications partielles obtenues en figeant une partie ś4 des variables d’une fonction mesu-
rable f sont mesurables. Par exemple : si f : 1 Xi Ñ R est b1 Ti -mesurable, alors
4
146
Petru Mironescu Mesure et intégration
ou
ż ˆż ˙
|f px, yq| dνpyq dµpxq ă 8.
X Ex
8.26 Remarque. L’ensemble πY pEq n’est pas toujours S -mesurable. Lebesgue avait affirmé
en 1905 que πY pEq était toujours mesurable, du moins lorsqu’il s’agit des boréliens de R2 .
Cette erreur célèbre a donné naissance à une branche de l’analyse, la théorie descriptive des
ensembles, sous l’impulsion initiale de Souslin, qui a repéré en 1916 l’erreur de Lebesgue
https://fr.wikipedia.org/wiki/Théorie_descriptive_des_ensembles.
Néanmoins, dans les cas concrets que nous allons rencontrer, πY pEq est mesurable.
C’est le pendant de la remarque 2.17. ˛
8.28
ż Remarque. L’hypothèse fondamentale du théorème de Fubini est l’intégrabilité de f :
|f px, yq| dµ b νpx, yq ă 8.
E
147
Mesures produit 8.5 Les grands théorèmes pour µ b ν
†. Comme noté dans la remarque 8.21, le théorème 6.36 est le demi-théorème correspondant
au théorème 8.24, dans le contexte où la mesure de comptage sur N est σ-finie, alors que µ ne l’est
pas nécessairement.
148
Petru Mironescu Mesure et intégration
De même,
ż ż
la notation f pxq dx1 dx2 . . . dxn désigne l’intégrale de Lebesgue f dλn .
Ω Ω
Exercices
Démonstrations
149
Mesures produit 8.5 Les grands théorèmes pour µ b ν
Démonstration du théorème 8.24. À nouveau, c’est une preuve « automatique ». On peut sup-
poser E “ X ˆ Y . (Raisonner comme dans la preuve de la proposition 8.22.)
Si f est une fonction caractéristique mesurable, f “ χA , avec A P T b S , alors la S -
mesurabilité de
ż
y ÞÑ f px, yq dµpxq “ νpAy q (justifier l’égalité)
X
suit du théorème 8.9, et l’égalité des intégrales est donnée par le corollaire 8.13.
Par linéarité de l’intégrale des fonctions positives, le théorème est vrai si f est étagée et
positive (vérifier).
Pour f quelconque, nous considérons une suite pfn qn de fonctions étagées telle que
fn ľ 0, fn Õ f . Par convergence monotone, nous trouvons, pour chaque y P Y :
ż ż
fn px, yq dµpxq Ñ f px, yq dµpxq,
X X
ż
d’où y ÞÑ f px, yq dµpxq est S -mesurable (comme limite simple de fonctions S -mesu-
X
rables).
À nouveau par convergence monotone, nous obtenons :
ż ż ż ˆż ˙
f dµ b ν “ lim fn dµ b ν “ lim fn px, yq dµpxq dνpyq
XˆY n XˆY n Y X
ż ˆż ˙
“ f px, yq dµpxq dνpyq,
Y X
150
Petru Mironescu Mesure et intégration
ż
alors B P S , νpBq “ 0 (justifier) et f p¨, yq dµ existe si et seulement si y R B.
X
Par ailleurs, nous avons
ˆż ż ˙
gpyq “ χB c pyq f` px, yq dµpxq ´ f´ px, yq dµpxq
X X
(vérifier), d’où g est mesurable (justifier).
Comme µ b νpX ˆ Bq “ 0 (pourquoi ?), nous avons (justifier)
ż ˆż ˙ ż
f˘ px, yq dµpxq dνpyq “ f˘ dµ b ν
Y zB X XˆpY zBq
ż (8.11)
“ f˘ dµ b ν ă 8.
XˆY
151
Mesures produit 8.6 Les grands théorèmes pour µ b ν
Cette remarque montre que les définitions suivantes sont correctes (au sens
où elles ne dépendent pas de h).
8.37 Définition (Mesurabilité et intégrale d’une fonction définie p. p.). Soit
λ une mesure complète sur pT, A q. Soit g une fonction réelle définie λ-presque
partout sur T .
a) (Mesurabilité d’une fonction définie p. p.) g est A -mesurable si g admet un
prolongement h : X Ñ R A -mesurable.
b) (Intégrale d’une fonction définie p. p.) g a une intégrale si g admet un pro-
longement h : X Ñ R qui a une intégrale, et dans ce cas nous définissons
l’intégrale de g par
ż ż ż
g“ g dλ :“ h.
X X
à comparer à la conclusion
ż ż ˆż ˙
f dµ b ν “ f p¨, yq dµ dνpyq (8.13)
E Y Ey
152
Petru Mironescu Mesure et intégration
Exercices
153
Mesures produit 8.6 Les grands théorèmes pour µ b ν
8.42 Exercice. Soient hn , h des fonctions réelles définies p. p., telles que :
(i) hn est mesurable, @ n.
(ii) hn Ñ h p. p.
Démonstrations
d’où
De (8.14) et (8.15), nous avons fx “ χAx dans Dc , et donc fx “ χAx ν-p. p. Comme Ax
est S -mesurable (proposition 8.8), il s’ensuit que χAx l’est également, et donc (justifier)
fx est S -mesurable.
Conclusion : pour tout x P C c , fx est S -mesurable, et donc fx est S -mesurable pour
µ-presque tout x.
ř
Étape 2. Preuve pour une fonction étagée. Soit f “ nk“1 ak χAk , avec ak P R et Ak P T b S ,
Ak Ă E, @ k. Soit, pour chaque k, Bk P T un ensemble µ-négligeable tel que χAk pxq soit
S -mesurable, @ x P pBk qc . (L’existence de Bk découle de la première étape.)
154
Petru Mironescu Mesure et intégration
8.43 Remarque. Lors de la première étape de la preuve de la proposition 8.35, nous avons
montré le fait suivant, qui nous servira dans la preuve du théorème 8.38. Si A P T b S ,
alors il existe A1 P T b S tel que :
a) A1 Ă A.
b) µ b νpAq “ µ b νpA1 q.
c) νpAx q “ νppA1 qx q pour µ-presque tout x P X. ˛
“ f dµ b ν
XˆY
(en utilisant successivement l’item i), la remarque 8.43 c), l’item ii) et la définition
8.37 b), le théorème de Tonelli 8.24 appliqué à la fonction χA1 et la remarque 8.43 b)).
Ceci prouve le théorème si f “ χA .
ř
Étape 2. Preuve pour une fonction étagée. Soit f “ nk“1 ak χAk , avec ak P r0, 8r et Ak P
T b S , Ak Ă E, @ k. Soit, pour chaque k, Bk P T un ensemble µ-négligeable tel que
χAk pxq soit S -mesurable, @ x P pBk qc . (L’existence de Bk découle de la proposition 8.35.)
155
Mesures produit 8.6 Les grands théorèmes pour µ b ν
ż ˆż ˙ ż ˜ż n
ÿ
¸
f px, yq dµpxq dνpyq “ ak χAk px, yq dµpxq dνpyq
Y Ey Y X
ż ˜ k“1ż ¸
n
ÿ
“ ak χAk px, yq dµpxq dνpyq
Y k“1 X
n
ÿ ż
“ ak µ b νpAk q “ f dµ b ν.
k“1 E
Étape 3. Preuve dans le cas général. Soit f : E Ñ r0, 8s une fonction T b S -mesurable. Soit
pfn qn une suite de fonctions étagées positives telles que fn Õ f . Posons
ż ż
gn pyq :“ fn px, yq dµpyq, gpyq :“ f px, yq dµpyq.
Ey Ey
Alors gn est définie lorsque pfn qy est T -mesurable, donc pour ν-presque tout y (pro-
position 8.35). De même, g est définie ν-p. p.
Soit, pour chaque n, Bn P S un ensemble ν-négligeable tel que pfn qy soit S -mesurable,
@ y P pBn qc . Soit C P S un ensemble ν-négligeable tel que f y soit S -mesurable, @ y P C c .
Si B :“ C Y Yn Bn , alors (justifier ce qui suit, en utilisant en particulier l’exercice 8.42 b))
B est ν-négligeable, et pour tout y P B c ,
156
Chapitre 9
Changements de variables
9.0 Aperçu
L’un des outils les plus utiles pour calculer des intégrales définies est le théo-
rème du changement de variable : si Φ : ra, bs Ñ rc, ds est une fonction bijective de
classe C 1 , alors
żd ż Φ´1 pdq
f pxq dx “ f pΦpyqq Φ1 pyq dy, @ f : rc, ds Ñ R, f continue. (9.1)
c Φ´1 pcq
Dans ce chapitre, nous nous intéressons à des variantes de (9.1) pour des fonc-
tions de plusieurs variables. Incidemment, même pour une fonction d’une seule
variable, nous allons donner une formulation du théorème dont la forme (mais
pas le fond) est différente de (9.1).
Le théorème principal est le théorème du changement de variable(s) 9.14, qui fait
intervenir un changement de variable(s)
Φ : U Ñ V, avec U , V ouverts de Rn .
les hypothèses sur f et Φ, ainsi que le sens de cette égalité, seront précisés dans le
théorème 9.14.
La preuve du théorème s’étale sur six sections (9.1 à 9.6). Il est possible de
faire bien plus court, en utilisant des résultats plus avancés. La preuve donnée
†. Jφ est la matrice jacobienne de Φ. Par convention, |JΦ | est la valeur absolue du déterminant de
JΦ .
157
Changements de variables 9.0 Aperçu
ici est longue, mais très naturelle ; par ailleurs, les sections 9.1 et 9.3 contiennent
des rappels d’algèbre linéaire ou calcul différentiel, et la section 9.6 ne fait qu’as-
sembler les pièces du puzzle. Les sections 9.2, 9.4 et 9.5 constitue le cœur de la
preuve.
La structure de ces sections est la suivante :
1. Section 9.1 : rappels d’algèbre linéaire (décomposition d’une matrice en ma-
trices élémentaires).
2. Section 9.2 : preuve du théorème 9.14 lorsque Φ est une application linéaire
(ou affine).
3. Section 9.3 : rappels de topologie (recouvrement d’un ensemble avec des cubes).
4. Section 9.4 : argument de « localisation » : lorsque U est un « petit cube », esti-
mation de l’erreur que l’on fait en remplaçant Φ par une application linéaire.
5. Section 9.5 : c’est la section clé de la preuve : preuve de la proposition 9.12, qui
donne une inégalité entre deux mesures.
6. Section 9.6 : conclusion.
Malgré son importance en général, le théorème 9.14 ne s’applique pas aux
changements de variables les plus courants (passage en coordonnées polaires,
sphériques ou cylindriques). Pour inclure ces applications dans la théorie, nous
donnons dans la section 9.8 le théorème du presque changement de variables 9.21. La
section 9.7 donne les résultats préliminaires utilisés dans la preuve du théorème
9.21. Dans la section 9.9, nous montrons comment l’appliquer aux changements
mentionnés ci-dessus.
Une fois n’est pas coutume, la section « Pour aller plus loin » 9.11 contient
une autre version du théorème du changement de variables, le théorème 9.23,
que nous utiliserons sans l’avoir prouvée.
Enfin, la section 9.10 contient une liste d’intégrales de référence, qui jouent,
pour la mesure de Lebesgue νn dans Rn , le rôle des intégrale de Riemann ou de
Bertrand pour les intégrales généralisées sur s0, 1s et r1, 8r.
158
Petru Mironescu Mesure et intégration
9.1 Proposition. Toute matrice inversible est produit de matrices du type Pij , Qi,c
et Tij . ˛
159
Changements de variables 9.2 Changements de variables linéaire
9.3 Remarque. Si A n’est pas inversible, alors pour toute partie E de Rn , ApEq est Le-
besgue mesurable, de mesure nulle.
En effet, ApRn q est un sous espace de Rn de dimension ĺ n ´ 1, donc contenu dans
un hyperplan H. La conclusion suit du fait que νn pHq “ 0 (exercice 8.33). ˛
9.4 Remarque. La mesure de Lebesgue étant invariante par translations, nous pouvons
remplacer dans le théorème 9.2 « linéaire » par « affine ». En effet, si Bx “ Ax ` b, avec A
matrice inversible et b P Rn , alors
Exercices
9.5 Exercice. Nous nous proposons de montrer que si µ est une mesure borélienne et
invariante par translations sur Rn telle que µpr0, 1rn q “ 1, alors µ “ νn .
a) Montrer que µpr0, 1{krn q “ p1{kqn , @ k P N˚ . Indication : recouvrir r0, 1rn avec des
cubes d. d. d. de taille 1{k.
b) Soit Kj comme dans le lemme 9.7. Montrer que µpKj q “ νn pKj q.
c) En déduire que µpKq “ νn pKq pour tout compact K Ă Rn .
d) Conclure. Indication : mesures de Radon. ˛
Démonstrations
Soit C :“ r0, 1rn . Soit k “ kA :“ νn pApCqq. C étant d’intérieur non vide et A étant
un homéomorphisme, ApCq est d’intérieur non vide. D’où k ą 0 (justifier). Par ailleurs,
ApCq est borné (car C l’est), d’où k ă 8.
Posons
1 1
µpEq :“ λn pApEqq “ νn pApEqq, @ E P BRn .
k k
Nous allons montrer que µ est la mesure de Lebesgue νn sur BRn , ce qui implique
l’égalité
160
Petru Mironescu Mesure et intégration
Clairement, µ est une mesure, car si pEj qj est une suite d. d. d. de boréliens, alors
pApEj qqj est une suite d. d. d. de boréliens et donc
1 1ÿ ÿ
µp\j Ej q “ νn p\j ApEj qq “ νn pApEj qq “ µpEj q.
k k j j
1 1 1
µpE ` xq “ νn pApE ` xqq “ νn pApEq ` Axq “ νn pApEqq “ µpEq.
k k k
Pour résumer, µ est une mesure borélienne sur Rn , invariante par translations et telle
que µpCq “ νn pCq. Ces propriétés impliquent l’égalité µ “ νn (exercice 9.5), comme
annoncé.
ApCq “ r0, 1ri´1 ˆr0, crˆr0, 1rn´i´1 ou ApCq “ r0, 1ri´1 ˆsc, 0s ˆ r0, 1rn´i´1 .
Enfin, soit A “ Tij ; d’où | det A| “ 1. Pour simplifier l’écriture, nous prenons i “ 1,
j “ 2. Nous avons
ApCq “ tpx1 ` x2 , x2 , . . . , xn q ; 0 ĺ xk ă 1, k “ 1, . . . , nu
“ tpy1 , x2 , . . . , xn q ; x2 ĺ y1 ă 1 ` x2 , 0 ĺ xk ă 1, k “ 2, . . . , nu.
Nous décomposons ApCq “ B1 \ B2 , où B1 est l’ensemble des points de ApCq tels que
x2 ĺ y1 ă 1 et B2 celui des points de ApCq tels que 1 ĺ y2 ă x2 ` 1. Alors B1 est inter-
section finie de fermés et ouverts (il est donné par un nombre fini d’inégalités affines),
161
Changements de variables 9.3 Un peu de topologie
donc borélien. Il s’ensuit que B2 “ ApCqzB1 l’est aussi. Par ailleurs, nous avons B1 Ă C
et B2 “ pCzB1 q ` e1 . Donc
Étape 2. Preuve dans le cas Lebesgue mesurable. Soit E Ă Rn Lebesgue mesurable. Il existe
E1 , E2 boréliens tels que E1 Ă E Ă E2 et νn pE2 zE1 q “ 0. Nous trouvons que ApE1 q Ă
ApEq Ă ApE2 q et νn pApE2 qzApE1 qq “ νn pApE2 zE1 qq “ 0. Donc ApEq est Lebesgue mesu-
rable. Le même raisonnement appliqué à A´1 montre l’implication inverse : si ApEq est
Lebesgue mesurable, alors E l’est. Pour conclure, nous notons que
162
Petru Mironescu Mesure et intégration
Démonstrations
163
Changements de variables 9.4 Image d’un petit cube par un C 1 -difféomorphisme
†. Les normes matricielles subordonnées sont désignées comme normes triples dans la littéra-
ture francophone (mais pas en dehors de celle-ci), et notées plutôt |||A|||.
‡. Ce n’est pas la définition usuelle d’un C 1 -difféomorphisme. Il s’agit plutôt d’une caractéri-
sation. J’ai adopté ce point de vue car approprié en vue des applications.
164
Petru Mironescu Mesure et intégration
|JΦ | :“ | det JΦ |. ˛
Notons que (9.9) a bien un sens. En effet, C est borélien, et ΦpCq l’est égale-
ment (exercice 2.20).
Exercices
Démonstrations
Démonstration de la proposition 9.10. Nous utilisons l’exercice 9.11 avec : Y :“ L pRn q muni
de la norme (9.8), h :“ JΦ et τ à fixer ultérieurement.
Soit δ la constante donnée par l’exercice 9.11 et soit C un cube de taille l ĺ δ tel que
C X K ‰ H. Soit z P C X K et soit x P C. Alors
distpx, Kq ĺ }x ´ z}8 ĺ l.
†. Autrement dit, tel qu’on ait C X K ‰ H.
165
Changements de variables 9.4 Image d’un petit cube par un C 1 -difféomorphisme
Soit
L :“ ty P Rn ; distpy, Kq ĺ δu.
Alors L est compact (justifier, en montrant qu’il est fermé et borné), et, de l’exercice 9.11
a), nous avons L Ă U .
Soit
M :“ maxt}pJΦ q´1 pyq} ; y P Lu ă 8.
Nous avons
}A´1 ξ}8 “ }pJΦ q´1 pxq ξ}8 ĺ }pJΦ q´1 pxq} }ξ}8 ĺ M }ξ}8 , @ ξ P Rn ,
d’où (justifier)
A´1 pBp0, τ lqq Ă Bp0, M τ lq. (9.14)
Si ξ0 est le centre de C, alors C Ă Bpξ0 , l{2q (voir (9.6)), ce qui implique (au vu de
(9.14))
C ` A´1 pBp0, τ lqq Ă Bpξ0 , p1 ` 2M τ q l{2q. (9.15)
166
Petru Mironescu Mesure et intégration
Notons que le membre de droite de (9.16) est bien défini, car ΦpKq est com-
pact, donc borélien. De même, le membre de droite de (9.17) est bien défini, car
Φ´1 pLq est compact.
Exercices
Démonstrations
167
Changements de variables 9.5 L’inégalité clé
1
Soit maintenant j1 tel que ĺ δ. Soit j ľ j1 et soit Kj le recouvrement dyadique de
2j1
K, comme dans la section 9.3. Nous écrivons Kj “ \` C` (union finie), avec C` P Qj , @ j
(voir le lemme 9.7 c)).
1
Par construction, chaque C` intersecte K. Par choix de j, chaque C` est de taille j ĺ
2
δ. Nous pouvons donc appliquer (9.19) à chaque C` . En sommant sur `, nous obtenons
(justifier)
ż ż ÿż
|JΦ pyq| dy “ |JΦ pyq| dy “ |JΦ pyq| dy
Kj \` C` ` C`
1 ÿ 1
ľ νn pΦpC` qq “ νn p\` ΦpC` qq (9.20)
1`ε ` 1`ε
1 1
“ νn pΦp\` C` qq “ νn pΦpKj qq.
1`ε 1`ε
Étape 2. Preuve de (9.16). Nous allons passer à la limite (sur j) dans (9.20). Expliquons
d’abord la démarche.
Posons
ż
νpBq :“ |JΦ pyq| dy, @ B P BU . (9.21)
B
Alors ν est une mesure borélienne (exercice 6.40). De même, si nous posons
Kj Œ K (9.23)
Grâce à l’exercice 9.11 a) et au choix de j1 , nous avons, pour tout cube C de Kj1 ,
1
x P C ùñ D y P K tel que }x ´ y}8 ĺ ĺ δ ùñ rx, ys Ă U ùñ x P U,
2 j1
168
Petru Mironescu Mesure et intégration
et donc C Ă U . Kj1 étant une union finie de cubes C` , ` P I, de Qj (lemme 9.7 c)), nous
obtenons
L :“ Kj1 “ Y`PI C` “ Y`PI C` Ă U.
En utilisant (9.24), (9.23), le fait que ν est une mesure, et le théorème de la suite dé-
croissante, nous obtenons
ż ż
lim |JΦ pyq| dy “ lim νpKj q “ νpKq “ |JΦ pyq| dy. (9.25)
j Kj j K
De (9.20) et (9.24), nous avons µpKj1 q ă 8. Comme ci-dessus, (9.23), le fait que µ est
une mesure, et le théorème de la suite décroissante, impliquent
lim νn pΦpKj qq “ lim µpKj q “ µpKq “ νn pΦpKqq. (9.26)
j j
169
Changements de variables 9.6 Théorème du changement de variables
Démonstrations
Démonstration du théorème 9.14. Commençons par une observation générale concernant les
équivalences à montrer. En notant l’identité
(justifier) il s’ensuit qu’il suffit à chaque fois d’établir une implication (en cas d’équiva-
lence) ou une inégalité (en cas d’égalité) ; l’implication inverse (ou l’inégalité opposée)
s’obtient en échangeant U avec V et Φ avec Φ´1 .
Pour faciliter la compréhension, la preuve du théorème est découpée en plusieurs
étapes simples.
Étape 1. B Ă V est borélien si et seulement si Φ´1 pBq Ă U est borélien. Ceci découle de
l’exercice 2.20.
Étape 2. Preuve de a). Supposons par exemple f : V Ñ R ; preuve similaire si f peut
prendre les valeurs ˘8. Soit B P BR . Alors pf ˝ Φq´1 pBq “ Φ´1 pf ´1 pBqq P BU , grâce à
l’étape 1 (justifier). Il s’ensuit que f ˝ Φ est borélienne, et donc g l’est également (justifier).
Étape 3. Nous avons
ż
νn pBq ĺ |JΦ pyq| dy, @ B P BV . (9.30)
Φ´1 pBq
Notons que le membre de droite de (9.30) est bien défini (étape 1).
Soit B P BV . Soit pKj qj une suite de compacts tels que
170
Petru Mironescu Mesure et intégration
L’existence d’une telle suite suit du corollaire 4.27 appliqué à la mesure νn , qui est de
Radon (détailler).
L’inégalité clé (9.17) et la monotonie de l’intégrale donnent
ż ż
νn pKj q ĺ |JΦ pyq| dy ĺ |JΦ pyq| dy, @ j. (9.32)
Φ´1 pKj q Φ´1 pBq
Il s’ensuit que |JΦ pyq| “ 0 νn -p. p. sur Φ´1 pBq (proposition 6.35 a)). Comme, par
ailleurs |JΦ pyq| ą 0 en tout point, nous obtenons que νn pΦ´1 pBqq “ 0.
171
Changements de variables 9.7 Ensembles Lebesgue négligeables
Exercices
Démonstrations
172
Petru Mironescu Mesure et intégration
Le résultat suivant est une variante du théorème 4.35 a) dans le cas particulier
des ensembles négligeables.
173
Changements de variables 9.8 Théorème du « presque changement de variables »
d’où
ÿ ÿ
νn pΦpEqq ĺ C m δim ĺ C m εm´n
` νn pCi q ă C m εm´n
` ε. (9.37)
i i
174
Petru Mironescu Mesure et intégration
Démonstrations
Si px, yq ‰ p0, 0q, alors cette écriture est unique et, de plus,
θ “ 0 ðñ x ą 0 et y “ 0.
Posons
175
Changements de variables 9.9 Changements usuels
x1 “ r cos ϕ cos θ,
x2 “ r cos ϕ sin θ, avec r ľ 0, ϕ P r´π{2, π{2r, θ P r0, 2πr, (9.39)
x3 “ r sin ϕ.
Si, de plus, x R ptp0, 0qu ˆ Rq Y ps0, 8rˆt0u ˆ Rq, alors nous pouvons prendre
r ą 0, ϕ Ps ´ π{2, π{2r et θ Ps0, 2πr et, pour un tel choix des coordonnées r, ϕ, θ,
l’écriture (9.39) est unique.
Soit
Avec
et
176
Petru Mironescu Mesure et intégration
Il s’ensuit que ρ “ r cos θ1 . . . cos θn´2 , d’où il existe θn´1 tel que
x1 “ r cos θ1 . . . cos θn´2 cos θn´1 et x2 “ r cos θ1 . . . cos θn´2 sin θn´1 .
177
Changements de variables 9.10 Intégrales de référence
Preuve de (9.40) par récurrence sur n, les cas n “ 2, 3 étant déjà vérifiés. Si
a1 , . . . , an´1 désignent les cooordonnées de Φn´1 , alors
Φn “ pa1 cos θn´1 , a1 sin θn´1 , a2 , . . . , an´1 q.
Il s’ensuit que
¨ ˛
cos θn´1 Ja1 ´a1 sin θn´1
˚ sin θn´1 Ja1 a1 cos θn´1 ‹
˚ ‹
JΦn “ ˚˚ Ja2 0 ‹.
‹
˝ ... 0 ‚
Jan´1 0
178
Petru Mironescu Mesure et intégration
b ą 1]. ˛
Démonstrations
Démonstration. Nous faisons la preuve de b) ; preuves similaires dans les autres cas.
En passant en coordonnées sphériques généralisées et en appliquant le théorème de Tonelli
8.24, nous avons, avec gpθ1 , . . . , θn´1 q :“ cosn´2 θ1 . . . cos θn´2 (justifier) :
ż ż
|x|´a | ln |x||´b dνn “ χB1{2 zt0u pxq |x|´a | ln |x||´b dνn
B1{2 zt0u Rn
ż
“ χs0,1{2r prq r´a`n´1 | ln r|´b g dνn
r0,8rˆr´π{2,π{2sn´2 ˆr0,2πs
ż
“ r´a`n´1 | ln r|´b g dνn
s0,1{2rˆr´π{2,π{2sn´2 ˆr0,2πs
ż 1{2
“C r´a`n´1 | ln r|´b dν1 ,
0
où C est le produit d’intégrales de Riemann
ż π{2 ż π{2 ż 2π
n´1
C :“ cos θ1 dθ1 . . . cos θn´2 dθn´2 dθn´1 .
´π{2 ´π{2 0
Nous avons 0 ă C ă 8, ce qui montre que l’intégrale de départ est finie si et seulement
ż 1{2
si l’intégrale (de Lebesgue ou généralisée) 1{pra´n`1 | ln r|b q dν1 est finie, ce qui équivaut à
0
a ă n ou [a “ n et b ą 1]. CQFD
179
Changements de variables 9.11 Pour aller plus loin
180
Chapitre 10
Espaces Lp
10.0 Aperçu
Nous avons déjà vu l’importanceżdes fonctions intégrables (autrement dit :
des fonctions mesurables telles que |f | dµ ă 8), par exemple comme majo-
rantes dans le théorème de convergence dominée. Dans le langage probabiliste,
ż
une fonction intégrable est une fonction f qui a une espérance Epf q :“ f dP fi-
ż
nie. Une autre quantité importante est la variance V pf q :“ pf ´ Epf qq2 dP , qui
ż
est finie à condition que f 2 dP soit finie.
D’autres
ż conditions similaires jouent un rôle important : par exemple, la condi-
tion |f |3 dP ă 8 intervient dans l’étude de la vitesse de convergence dans le
ż
théorème central limite ; la condition |f |p dP ă 8, avec 1 ă p ă 2, pour la validité
du théorème central limite, etc.
Nous allons présenter ici un « chapeau » commun à toutes ces propriétés, qui
mène aux espaces de Lebesgue L p , avec 1 ĺ p ă 8 :
# ˆż ˙1{p +
L p :“ f : X Ñ R ; f mesurable et }f }Lp :“ |f |p ă8 .
181
Espaces Lp 10.1 L p versus Lp
angulaire, mais n’est pas une norme. Nous allons pallier ce défaut en définissant
des cousins des espaces L p , les espaces Lp ; la définition est conceptuellement
compliquée, mais concrètement facile à maîtriser.
Ces espaces sont des espaces normés par } }Lp (inégalité de Minkowski, théo-
rème 10.26) et complets (théorème de Fatou 10.28).
L’autre notion importante de ce chapitre est celle d’exposé conjugué : si 1 ĺ p ĺ
8, le conjugué de p est le nombre 1 ĺ q ĺ 8 défini par
1 1
` “ 1.
p q
10.1 L p versus Lp
Dans cette section, nous définissons les espaces de Lebesgue L p et Lp et donnons
quelques éléments pour comprendre les règles de calcul dans Lp .
182
Petru Mironescu Mesure et intégration
b) Si p “ 8,
10.2 Notation. Une notation alternative, très répandues, pour les normes } }Lp est } }p .
Cette notation est cohérente avec les notations des normes usuelles dans Rn : si x “
px1 , . . . , xn q P Rn , et si nous identifions x à une fonction f : t1, . . . , nu Ñ R, alors
}x}p “ }f }Lp , où la seconde norme est calculée par rapport à la mesure de comptage
sur t1, . . . , nu.
Attention toutefois au danger suivant : si f : X Ñ R, }f }8 peut désigner, selon le
contexte, soit sup |f |, soit esssup |f |. ˛
Le sens de cette égalité est que pour tout représentant g de f , l’égalité précédente est
vraie si nous remplaçons à droite f par g.
Abus de notation analogue dans L8 . ˛
183
Espaces Lp 10.1 L p versus Lp
La remarque suivante montre que l’espace Lp pX, µq n’est pas, dans un sens à
préciser, plus riche que l’espace Lp pX, µq.
10.8 Remarque. Nous pouvons identifier de manière naturelle les classes d’équivalence
des fonctions T -mesurables et T -mesurables. En effet, soit f1 : X Ñ R une fonction
T -mesurable. Alors (proposition 4.19 a)) il existe une fonction T -mesurable g1 : X Ñ R
telle que f1 “ g1 µ-p. p. (ou, ce qui est équivalent, telle que f1 “ g1 µ-p. p.).
Notons : f la classe de f1 par rapport à pX, T , µq, g la classe de g1 par rapport à
pX, T , µq, G la classe de g1 par rapport à pX, T , µq. Par choix de g1 , nous avons f “ g.
184
Petru Mironescu Mesure et intégration
Par ailleurs, nous avons G Ă g (vérifier). L’application f ÞÑ G est bien définie et bijective,
de réciproque G ÞÑ g (vérifier).
Cette identification naturelle s’étend aux espaces Lp : si f1 P L p pX, µq, alors les
classes respectives satisfont f P Lp pX, µq et G P Lp pX, µq, ce qui donne une bijection na-
turelle, f ÞÑ G, entre Lp pX, µq et Lp pX, µq. Cette bijection préserve la norme : }f }Lp pX,µq “
}G}Lp pX,µq (vérifier).
En particulier, nous pouvons identifier Lp pRn , λn q à Lp pRn , νn q. ˛
Exercices
Cet exercice donne quelques propriétés simples de } }Lp . L’item d) est particu-
lièrement important de point de vue théorique.
10.9 Exercice.
a) }tf }Lp “ |t| }f }Lp , @ t P R, @ f : X Ñ R (avec la convention 0 ¨ 8 “ 0).
b) Si f “ g p. p., alors }f ´ g}Lp “ 0 et }f }Lp “ }g}Lp .
c) }f }Lp “ 0 si et seulement si f “ 0 p. p.
d) La définition de }f }L8 est correcte, au sens suivant. Soit A :“ tM P r0, 8s ; |f pxq| ĺ
M p. p.u. Montrer que A est non vide et a un plus petit élément, m. Cet m est le plus
petit nombre C de r0, 8s avec la propriété |f pxq| ĺ C p. p., et donc m “ }f }L8 .
e) }f ` g}Lp ĺ }f }Lp ` }g}Lp pour p “ 1 et p “ 8. (Ici, f, g : X Ñ R.) ˛
185
Espaces Lp 10.1 L p versus Lp
`p “ `p pNq :“ L p “ Lp , @ 1 ĺ p ĺ 8.†
186
Petru Mironescu Mesure et intégration
Pour l’item a), voir l’exercice 10.13 c) ; pour l’item b), l’exercice 10.15 a).
Les inégalités s’entendent pour des fonctions ou pour des classes d’équi-
valence.
187
Espaces Lp 10.2 Inégalité de Hölder
De plus, nous pouvons remplacer dans (10.4) le sup par max et considérer
uniquement des fonctions g telles que f g ľ 0.
b) Si µ est σ-finie, alors l’égalité (10.4) reste vraie pour p “ 8. ˛
10.20 Proposition (Formule de dualité Lp –Lq (II)). Soient p, q exposants conju-
gués.
Soit f : X Ñ R telle que f g soit intégrable pour tout g P L q .
a) Si p “ 1, alors f P L 1 .
b) Si µ est σ-finie et 1 ă p ĺ 8, alors f P L p .
En particulier, sous ces hypothèses nous avons (10.4). ˛
Exercices
Nous savons déjà que, si µ est finie, alors Lr Ă Lp si p ă r. L’exercice qui suit
donne permet d’estimer † }f }Lp en fonction de }f }Lr .
10.23 Exercice. Nous supposons µ finie. Si 1 ĺ p ĺ r ĺ 8, alors
188
Petru Mironescu Mesure et intégration
Démonstrations
Démonstration du théorème 10.18. Il suffit de travailler avec des fonctions (voir la remarque
10.6).
Si p “ 1 et q “ 8, nous devons montrer que
ż ż
|f g| ĺ esssup |g| |f |,
Ap |f pxq|p |gpxq|q
|f pxq gpxq| “ rA |f pxq|s rA´1 |gpxq|s ĺ ` , @ x P X. (10.6)
p Aq q
En intégrant (10.6), nous obtenons
ż
Ap 1
|f g| ĺ }f }pLp ` q }g}qLq . (10.7)
p A q
En choisissant, dans (10.7), la valeur de A qui minimise le membre de droite de (10.7), à
savoir
q{pp`qq
}g}Lq
A“ p{pp`qq
,‡
}f }Lp
189
Espaces Lp 10.2 Inégalité de Hölder
ż
a) Soit d’abord p “ 1. Soit g :“ sgn f .† Alors }g}L8 ĺ 1 et f g “ }f }L1 (vérifier).
b) Supposons M :“ }f }L8 ą 0, sinon la conclusion est claire. Soit pXn qn une suite crois-
sante telle que Xn Õ X et µpXn q ă 8, @ n. Soit 0 ă ε ă M et soit
A “ Aε :“ tx P X ; |f pxq| ľ M ´ εu.
Nous avons µpAq ą 0 (justifier). Soit hn :“ χAXXn sgn f , qui satisfait }hn }L1 “ µpA X
Xn q (vérifier). Par théorème de la suite croissante, pour n suffisamment grand nous
avons µpA X Xn q ą 0. Pour un tel n, posons gn :“ hn {µpA X Xn q, de sorte que }gn }L1 “
1 . Nous obtenons
"ż * ż
1
sup f g ; g P L , }g}L1 ĺ 1 ľ f gn
ż (10.8)
1
“ |f | ľ M ´ ε.
µpA X Xn q AXXn
et k ak αk “ 8. ˛
ř
De manière équivalente : si pak qk R `p , alors la série k ak αk ne peut pas être
convergente pour toute suite pαk qk P `q .
Ainsi, le lemme 10.25 prouve (par contraposition) la proposition 10.20 dans le
cas de la mesure de comptage sur N.
190
Petru Mironescu Mesure et intégration
pak qp´1
αk :“ , @ j ľ 1, @ kj ĺ k ă kj`1 ´ 1,
j pSj qp´1
donne une suite pαk qk avec les propriétés désirées. En effet, nous avons
kj`1 ´1
ÿ ÿ 1 ÿ ÿ Sj ÿ1
ak αk “ pak qp “ ľ “ 8,
k j
j pSj qp´1 k“kj j
j j
j
kj`1 ´1
ÿ ÿ 1 ÿ ÿ 1
q
pαk q “ pak qp “ ă 8. CQFD
k j
j pSj qp
q
k“kj j
jq
b) Supposons, par l’absurde, que f R Lżp . Pour un tel f , nous allons construire une
fonction g P L q telle que f g ľ 0 et f g “ 8 – ce qui constitue la contradiction
recherchée.
Étape 1. Construction de g si 1 ă p ă 8 et µ est finie. Soit B :“ tx P X ; |f pxq| “ 8u. Si
µpBq ą 0, alors g :“ sgn f χB convient. Ainsi, nous pouvons supposer que µpBq “ 0,
ce qui revient à |f | ă 8 p. p. Nous pouvons donc supposer f finie partout (justifier).
Soit k P Z. Posons Ak :“ tx P X ; 2k ĺ |f pxq| ă 2k`1 u, de sorte que les Ak sont d. d. d.
et f “ 0 sur Xz \k Ak . Soit fk :“ f χAk . D’une part, nous avons
ż
p
}fk }Lp pXq “ |f |p ĺ 2pk`1qp µpAk q ă 8, @ k P Z. (10.9)
Ak
8
ÿ 0
ÿ
De (10.10), nous avons soit }fk }pLp pXq “ 8, soit }fk }pLp pXq “ 8. Nous exami-
k“0 k“´8
nons le premier cas ; l’autre est similaire. Nous supposons donc
8
ÿ
}fk }pLp pXq “ 8. (10.11)
k“0
191
Espaces Lp 10.2 Inégalité de Hölder
ř8
Nous allons prendre g de la forme g “ k“0 αk gk χAk , avec αk ľ 0. Nous avons, par
calcul direct,
ż 8
ÿ ż 8
ÿ
|g|q “ pαk qq |gk |q “ pαk qq ,
k“0 Ak k“0
ż 8
ÿ ż 8
ÿ
fg“ αk fk gk “ αk }fk }Lp .
k“0 Ak k“0
Le lemme 10.25 combiné avec (10.11) montre que l’on peut trouver αk tels que
8
ÿ 8
ÿ
αk }fk }Lp pXq “ 8 et pαk qq ă 8.
k“0 k“0
f g “ 8. Comme dans l’étape 1, ces propriétés sont vraies si nous choisissons (via
ř ř
le lemme 10.25), des αn tels que n αn }fn }Lp pYn q “ 8 et n pαn qq ă 8 (vérifier).
Étape 3. Construction de g si p “ 8 et µ est σ-finie.řSoit pYn qn la suite de l’étape 2. Soit
B :“ tx P X ; |f pxq| “ 8u. Nous avons µpBq “ n µpB X Yn q (justifier). Si µpBq ą 0,
alors 0 ă µpB X Yn q ă 8 pour (au moins) un n. Pour un tel n, g :“ sgn f χBXYn
convient (vérifier). L’étape 3 est donc complétée si µpBq ą 0.
Ainsi, nous pouvons supposer que µpBq “ 0, d’où |f | ă 8 p. p. Posons Aj “ tx P
X ; j ĺ |f pxq| ă j ` 1u, @ j P N˚ . Notons que les Aj sont d. d. d. Comme f R L 8 ,
il existe une infinité de j tels que µpAj q ą 0 (justifier). Soient 1 ĺ j1 ă j2 ă ¨ ¨ ¨ ă
jk ă ¨ ¨ ¨ tels que µpAjk q ą 0, @ k ľ 1. Soit fk la restriction de f à Ajk , de sorte que
192
Petru Mironescu Mesure et intégration
†. Un espace semi-normé est un espace vectoriel muni d’une « semi-norme ». Une semi-norme
x ÞÑ }x} vérifie toutes les propriétés de la norme sauf }x} “ 0 ùñ x “ 0.
‡. Un espace normé complet est un « espace de Banach ». Donc Lp est un espace de Banach.
§. L2 est donc un espace normé complet dont la norme provient d’un produit scalaire : c’est
un « espace de Hilbert ».
193
Espaces Lp 10.3 Norme et complétude
Démonstrations
Démonstration du théorème 10.26. Nous pouvons travailler avec des fonctions finies en tout
point (justifier).
a) Les cas p “ 1 et p “ 8 suivent de l’exercice 10.9 e). Nous pouvons donc supposer
1 ă p ă 8 et aussi }f }Lp ă 8, }g}Lp ă 8.
La fonction t ÞÑ Φptq :“ |t|p étant convexe, † nous avons Φpps ` tq{2q ĺ pΦpsq `
Φptqq{2, @ s, t P R, d’où |s ` t|p ĺ 2p´1 p|s|p ` |t|p q, @ s, t P R (vérifier). Ceci implique
|f ` g|p ĺ 2p´1 p|f |p ` |g|p q. En intégrant cette inégalité avec f, g P L p , nous obtenons
que f ` g P L p .
Comme f ` g P L p , nous pouvons appliquer la proposition 10.19 a). Avec q le conju-
gué de p, nous obtenons
"ż *
q
}f ` g}Lp “ sup pf ` gq h ; h P L , }h}Lq ĺ 1
"ż * "ż *
ĺ sup f h ; h P L q , }h}Lq ĺ 1 ` sup g h ; h P L q , }h}Lq ĺ 1
“ }f }Lp ` }g}Lp .
Démonstration du corollaire 10.27. Ceci est vrai pour toute norme (car une norme est, d’après
l’inégalité triangulaire, lipschitzienne de constante 1). CQFD
Démonstration du théorème 10.28. Nous pouvons travailler avec des fonctions (justifier).
Rappelons le principe suivant de preuve. Pour montrer qu’un espace métrique (en
particulier, normé) est complet, il suffit de montrer que toute suite de Cauchy contient
une sous-suite convergente. Pour construire une telle sous-suite dans le cadre du théo-
rème 10.28, nous reprenons essentiellement la preuve du théorème 7.5.
Soit pfn qn une suite de Cauchy dans L p et soit pfnk qk une sous-suite telle que
194
Petru Mironescu Mesure et intégration
ř
Il s’ensuit que pour un tel x la série fn0 pxq ` jľ0 ppfnj`1 ´ fnj qpxqq converge vers
un f pxq tel que |f pxq| ĺ gpxq (justifier). Les sommes partielles de la série étant pfnk pxqqk ,
nous obtenons fnk pxq Ñ f pxq et |fnk pxq|p ĺ pgpxqqp . Pour les autres x, nous définissons
f pxq “ 0.
De ce qui précède,
ż nous avons f P L . Le théorème de convergence dominée (va-
p
Enfin, supposons p “ 8. Soit B P T négligeable tel que fn0 soit bornée sur XzB.
Soit Ak P T un ensemble négligeable tel que |fnk`1 ´ fnk | ĺ 2´k´1 dans XzAk . Soit
A :“ B Y Yk Ak P T , qui est encore négligeable. Sur XzA, fn0 est bornée et la suite
pfnk qk est de Cauchy pour la norme uniforme. Elle converge donc uniformément vers
une fonction bornée f . En posant f pxq “ 0 si x P A, nous avons f P L 8 et fnk Ñ f dans
L 8 (vérifier). CQFD
195
Espaces Lp 10.4 Pour aller plus loin
196
Chapitre 11
Convolution
11.0 Aperçu
La convolution est historiquement apparue dans la résolution des équations
différentielles, mais ses utilisations les plus fréquentes sont liées au lissage des
fonctions, c’est-à-dire à l’approximation d’une fonction peu régulière (par exemple
discontinue) par des fonctions plus lisses (par exemple de classe C 8 ).
Donnons un exemple simple de telle approximation. Soit f : R Ñ R continue.
Posons
ż
1 x`ε
ε
F pxq :“ f pyq dy, @ x P R, @ ε ą 0. (11.1)
2ε x´ε
les guillemets attirent l’attention sur le fait que les intégrales de (11.2) n’existent
pas nécessairement.
†. Et, en effet, si f est uniformément continue, alors F ε Ñ f uniformément sur R quand ε Ñ 0.
Si f est « seulement » continue, alors F ε Ñ f simplement quand ε Ñ 0.
197
Convolution 11.0 Aperçu
198
Petru Mironescu Mesure et intégration
c) Si 1{p ` 1{q “ 1 (et donc r “ 8), nous avons les conclusions plus fortes
suivantes : f ˚ g est défini en tout point, et |f ˚ gpxq| ĺ }f }Lp }g}Lq , @ x P Rn .
Exercices
Démonstrations
Démonstration du théorème 11.2. Nous pouvons travailler avec des fonctions boréliennes (jus-
tifier).
c) Par symétrie du produit, nous pouvons supposer p ă 8 (justifier). Avec hpyq :“ f px ´
yq, l’inégalité triangulaire 6.32 a) et l’inégalité de Hölder donnent
ż
|f ˚ g|pxq ĺ |hpyq gpyq| dy ĺ }h}Lp }g}Lq “ }f }Lp }g}Lq , @ x P Rn
199
Convolution 11.2 Régularisation
(justifier la dernière égalité), ce qui au passage montre que f ˚g est défini en tout point
(justifier).
a) + b) Supposons maintenant 1{p ` 1{q ą 1 et donc 1 ĺ r ă 8. Il suffit de traiter le cas
des fonctions positives. En effet, si les conclusions du théorème sont vraies pour |f | et
|g|, alors f ˚ gpxq est défini pour tout x tel que |f | ˚ |g|pxq soit fini, et pour un tel x nous
avons
f ˚ gpxq “ f` ˚ g` pxq ´ f` ˚ g´ pxq ´ f´ ˚ g` pxq ` f´ ˚ g´ pxq
et
|f ˚ g|pxq ĺ |f | ˚ |g|pxq,
d’où les parties a) et b) du théorème (justifier).
Si f , g sont boréliennes positives, alors f ˚ gpxq existe (mais peut être infini) pour
tout x, car il s’agit de l’intégrale d’une fonction borélienne positive (vérifier que y ÞÑ
f px´yq gpyq est borélienne). Il suffit donc de montrer (11.7), car dans ce cas nous avons
f ˚ g P L r pRn q et donc f ˚ gpxq ă 8 pour Rn zA, avec A Ă Rn borélien négligeable.
De manière équivalente, (11.7) donne que y ÞÑ f px ´ yq gpyq est intégrable pour tout
x P Rn zA (ce qui donne la partie a) du théorème).
Notons les relations suivantes : p ĺ r, q ĺ r et 1{r`p1´p{rq`p1´q{rq “ 1. En utilisant
ces faits et l’exercice 10.22 (avec k :“ 3, p1 :“ r, p2 :“ prpq{pr ´ pq, p3 :“ prqq{pr ´ qq et
la convention 1{0 “ 8), nous obtenons, pour tout x P Rn et avec hpyq :“ f px ´ yq :
ż
f ˚ gpxq “ rhp{r pyq g q{r pyqs h1´p{r pyq g 1´q{r pyq dy
Rn
p{r
ĺ }h g q{r }Lr }h1´p{r }Lprpq{pr´pq }g 1´q{r }Lprqq{pr´qq
1´p{r 1´q{r
“ }hp{r g q{r }Lr }h}Lp }g}Lq
ˆż ˙1{r
1´p{r 1´q{r
“ f p px ´ yq g q pyq dy }f }Lp }g}Lq
Rn
(vérifier et justifier les deux dernières lignes, en considérant séparément les cas où
p “ r ou q “ r).
Ceci implique (via le théorème de Tonelli)
ż ż ˆż ˙
r r r´p r´q p q
}f ˚ g}Lr “ rf ˚ gpxqs dx ĺ }f }Lp }g}Lq f px ´ yq g pyq dy dx
Rn Rn Rn
ż ˆż ˙
r´p r´q
“ }f }Lp }g}Lq f px ´ yq dx g q pyq dy “ }f }rLp }g}rLq
p
Rn Rn
(vérifier), d’où (11.7). CQFD
11.2 Régularisation
Dans cette partie, nous travaillons dans Rn muni de la norme euclidienne
usuelle, désignée par « | | ». † Les intégrales s’entendent par rapport à la mesure
†. Donc |x| “ }x}2 , @ x P Rn .
200
Petru Mironescu Mesure et intégration
de Lebesgue.
Rappelons le résultat suivant de calcul différentiel.
11.4 Lemme. Il existe une fonction ζ P C 8 pRn , Rq, non identiquement nulle, telle
que :
i) 0 ĺ ζ ĺ 1 si |x| ă 1.
ii) ζpxq “ 0 si |x| ľ 1.‡ ˛
Le résultat suivant montre que la convolution avec des fonctions de Cck pRn q
« lisse » les fonctions et donne une formule très importante, (11.8).
11.7 Proposition. Soient 1 ĺ p ĺ 8 et k P N Y t8u.
Soient f P L p pRn q et ϕ P Cck pRn q. Nous avons :
a) f ˚ ϕ est défini en tout point.
b) f ˚ ϕ P C k .
‡. Voici
# un exemple explicite de telle fonction (dont nous ne vérifierons pas ici les propriétés).
´1{p1´|x|2 q
e , si |x| ă 1
ζpxq :“ .
0, si |x| ľ 1
201
Convolution 11.2 Régularisation
B α pf ˚ ϕq “ f ˚ pB α ϕq. (11.8)
Nous illustrerons cette démarche dans la section 11.3 (preuve des propositions
11.21, 11.24 et du théorème 11.27).
202
Petru Mironescu Mesure et intégration
Exercices
Cet exercice est un complément de la proposition 11.7. Cette fois-ci, c’est f qui
est supposée de classe C k .
11.14 Exercice. Soient f P C k pRn q et ϕ P Cc pRn q. Nous avons :
a) f ˚ ϕ est défini en tout point.
b) f ˚ ϕ P C k .
c) Pour toute dérivée partielle B α d’ordre ĺ k,
B α pf ˚ ϕq “ pB α f q ˚ ϕ. (11.11)
L’exercice suivant, dans l’esprit de l’exercice 4.32, sera utilisé dans la preuve
du théorème 11.9.
11.15 Exercice. Soit K Ă Rn un compact. Pour j P N˚ , soit
Kj :“ tx P Rn ; distpx, Kq ĺ 1{ju.
203
Convolution 11.2 Régularisation
Démonstrations
Démonstration de la proposition 11.7. Rappelons le résultat suivant : une fonction continue sur
Rn qui s’annule en dehors d’un compact est bornée.
Étape
ż 2. f ˚ ϕ est continue. Soit hpy, xq :“ f pyq ϕpx ´ yq, x, y P Rn , de sorte que f ˚ ϕpxq “
hpy, xq dy. Nous appliquons le théorème 7.10. La continuité par rapport au paramètre x
étant claire, il faut obtenir la majoration exigée par le (i2 ) du théorème. Soit x P Rn . Alors
ϕpz ´ yq “ 0 si |x ´ z| ĺ 1 et |y| ľ r :“ R ` |x| ` 1, car dans ce cas nous avons |z ´ y| ľ R
(justifier). Il s’ensuit que
ż
f ˚ ϕpzq “ hpy, zq dy, @ z P Bpx, 1q.
Bp0,rq
Pour conclure, il suffit de noter que g est intégrable, car, par l’inégalité de Hölder, si q
est le conjugué de p alors
Pour conclure, f ˚ ϕ a, jusqu’à l’ordre k, des dérivées partielles continues qui vérifient
c). Elle est donc de classe C k et a les propriétés a)–c). La preuve est complète. CQFD
204
Petru Mironescu Mesure et intégration
Démonstration du lemme 11.19. Nous pouvons supposer f borélienne (justifier). Soit pfk qk une
suite de fonctions boréliennes étagées telle que sgn fk “ sgn f , @ k, fk Ñ f et |fk | Õ |f |
(l’existence d’une telle suite découle de la preuve du théorème 3.5). Par convergence do-
minée, nous avons }fk ´ f }Lp Ñ 0 ; par ailleurs, fk P L p , @ k (justifier).
ř
Chaque fk étant une somme finie de la forme j aj χAj , avec Aj borélien et νn pAj q ă
8 (la dernière propriété découlant de fk P L p ; justifier), il suffit de montrer la conclusion
du lemme si f “ χA , avec A borélien de mesure de Lebesgue finie (détailler). Dans ce
cas, rappelons que pour tout ε ą 0 il existe un compact K Ă Rn tel que l’on ait K Ă A et
νn pAzKq ă ε (corollaire 4.27).
Nous obtenons }χA ´ χK }Lp “ }χAzK }Lp “ pνn pAzKqq1{p ă ε1{p . ε étant arbitraire,
nous obtenons le résultat désiré de densité. CQFD
Soit
Étape 1. X est fermé dans L p . Soit pfj qj Ă X avec fj Ñ f dans L p . Soit δ ą 0. Alors il
existe un j et un ε0 tels que }fj ´ f }Lp ă δ{3 et }fj ˚ ρε ´ fj }Lp ă δ{3, @ 0 ă ε ă ε0 .
L’inégalité de Young et le fait que }ρε }L1 “ 1, @ ε (exercice 11.13) donnent
205
Convolution 11.2 Régularisation
d’où
Par ailleurs, pour tout point x P Rn nous avons (vérifier) 0 ĺ χK ˚ ρε pxq ĺ 1, d’où
206
Petru Mironescu Mesure et intégration
i) 0 ĺ ϕ ĺ 1 sur U .
ii) ϕ “ 1 sur K. ˛
Démonstration du lemme 11.20. Soit ε0 :“ dist pK, U c q, de sorte que ε0 ą 0 (pourquoi ?).
Soit 0 ă ε ă ε0 {2. Posons
Rappelons le résultat suivant de topologie : il existe une suite pKj qjľ1 de compacts
telle que Kj Õ Ω (voir l’exercice 11.16). .
Soit, comme dans le lemme 11.20, ϕj P Cc8 pΩq telle que 0 ĺ ϕj ĺ 1 et ϕj “ 1 sur Kj .
Nous avons ϕj Ñ 1 simplement dans Ω (justifier). Comme |g ϕj ´ g| ĺ |g| et g ϕj Ñ g
simplement, nous obtenons par convergence dominée que }g ϕj ´ g}Lp pΩq Ñ 0. Pour j
suffisamment grand, h :“ g ϕj convient. CQFD
Étape 1. Preuve si f P Cc8 pRn q. Dans ce cas, la conclusion découle de la proposition 11.7.
207
Convolution 11.3 Pour aller plus loin
Étape 2. Preuve si f P L p pRn q. Soit pfj qj Ă Cc8 pRn q telle que fj Ñ f dans L p (l’existence
de la suite découle du théorème 11.11). Nous pouvons travailler avec un représentant de
f , encore noté f . Alors l’inégalité de Hölder donne
Il s’ensuit que f ˚ g est limite uniforme d’une suite de fonctions continues, donc conti-
nue. CQFD
Démonstration de la proposition 11.24. Compte tenu de l’exercice 11.23, il suffit d’établir le ré-
sultat dans L p pRn q .
Étape 1. Preuve si f P Cc8 pRn q. Soit R ă 8 tel que f pxq “ 0 si |x| ľ R. Soit h P Rn tel que
|h| ĺ 1. Si |x| ľ R ` 1, alors τh f pxq “ 0 et f pxq “ 0 (vérifier).
Par ailleurs, soit M :“ maxt|∇f pxq| ; x P Rn u ă 8 (justifier la finitude de M ). Le
théorème des accroissements finis donne (vérifier)
Étape 2. Preuve si f P L p pRn q. Soit ε ą 0. Soit g P Cc8 pRn q telle que }f ´ g}Lp ă ε{3
(l’existence de g suit du théorème 11.11). Soit δ ą 0 tel que }τh g ´ g}Lp ă ε{3 si |h| ă δ
(l’existence de δ découle de la première étape).
En notant que }τh k}Lp “ }k}Lp , @ k P L p pRn q (vérifier), nous obtenons, pour |h| ă δ :
208
Petru Mironescu Mesure et intégration
1
ρε pxq :“ n
ρpx{εq, @ x P Rn , @ ε ą 0.
ε
Alors pρε qεą0 est une approximation de l’identité.
En particulier, cette proposition s’applique lorsque ρ est un noyau régulari-
sant. ˛
Démonstration. ż ż ż ż
i) + ii) + iii) Nous avons ρε “ ρ “ 1 et |ρε | “ |ρ| :“ M ă 8 (vérifier), de sorte que
i)–iii) sont satisfaites.
iv) Soit δ ą 0. Nous avons (justifier, en utilisant le changement linéaire de variables Φpyq :“
ε y)
ż ż
|ρε pxq| dx “ |ρpyq| dy Ñ 0 quand ε Ñ 0,
Rn zBp0,δq Rn zBp0,δ{εq
209
Convolution 11.3 Pour aller plus loin
Démonstration. Étape 1. Preuve quand f P Cc8 pRn q. Pour les besoins des résultats à venir, nous
allons estimer la différence f ˚ ζ ε ´ f lorsque f a la propriété plus faible f P Cc pRn q. Rappelons
qu’une telle fonction f est uniformément continue sur Rn .
Donné ξ ą 0, soit 0 ă δ ă 1 tel que
r@ x, x1 P Rn , |x ´ x1 | ă δs ùñ |f pxq ´ f px1 q| ă ξ.
Soit C ă 8 tel que |f pxq| ĺ C, @ x P Rn (justifier l’existence de C). Enfin, soit R ă 8 tel que
f pxq “ 0 si |x| ľ R.
Pour tout x P Rn , nous avons
ˇż ˇ
ˇ ˇ
|f ˚ ζ pxq ´ f pxq| “ ˇˇ f px ´ yq ζ pyq dy ´ f pxqˇˇ
ε ε
ˇż ˇ
ˇ ˇ
ˇ
“ ˇ pf px ´ yq ´ f pxqq ζ pyq dy ˇˇ
ε
ż
ĺ |f px ´ yq ´ f pxq| |ζ ε pyq| dy
ż
“ |f px ´ yq ´ f pxq| |ζ ε pyq| dy
Bp0,δq
ż
` |f px ´ yq ´ f pxq| |ζ ε pyq| dy
Rn zBp0,δq
ż
ĺξ |ζ ε pyq| dy
Bp0,δq
ż (11.21)
` |f px ´ yq ´ f pxq| |ζ ε pyq| dy
R zBp0,δq
n
ż
ĺξ |ζ ε pyq| dy
R
ż
n
` |f px ´ yq ´ f pxq| |ζ ε pyq| dy
R zBp0,δq
n
ż
ĺM ξ ` |f px ´ yq ´ f pxq| |ζ ε pyq| dy
Rn zBp0,δq
ż
ĺM ξ ` p|f px ´ yq| ` |f pxq|q |ζ ε pyq| dy
R zBp0,δq
n
ż
ĺM ξ ` 2C |ζ ε pyq| dy.
Rn zBp0,δq
210
Petru Mironescu Mesure et intégration
Soit f P Cc pRn q telle que f pxq “ 0 si |x| ľ R. Soit ρ la « gaussienne standard » dans Rn ,
1
e´|x| , @ x P Rn .
2
ρpxq :“
π n{2
†. Ou plutôt de fonctions polynômiales.
211
Convolution 11.3 Pour aller plus loin
ż
Rappelons que ρ “ 1. La proposition 11.26 combinée avec le corollaire 11.28 donne f ˚ ρε Ñ
f uniformément sur Rn quand ε Ñ 0, où
1
e´|x|
2 {ε2
ρε pxq :“ , @ ε ą 0, @ x P Rn . (11.24)
π n{2 εn
En admettant l’existence d’un tel S, nous concluons de la façon suivante. Pour tout ϕ nous
avons
ż
f ˚ ϕpxq “ f pyq ϕpx ´ yq dy. (11.27)
Bp0,Rq
δ ą 0 étant arbitraire nous obtenons, pour une suite pSj qj convenable de polynômes, f ˚
Sj Ñ f uniformément sur B quand j Ñ 8. Pour conclure, il suffit de noter que f ˚ Sj est un
polynôme (exercice 11.14 d)).
Ainsi, pour compléter la preuve il suffit de trouver S satisfaisant (11.26). Rappelons que le
développement en série de l’exponentielle converge vers l’exponentielle uniformément sur les
compacts : si T ą 0 et ξ ą 0, alors il existe k tel que
ˇ ˇ
ˇ ÿ k
t `ˇ
ˇ t ˇ
ˇe ´ ˇ ĺ ξ, @ t P r´T, T s. (11.28)
ˇ `! ˇ
`“0
Soit k tel que (11.28) soit valide avec T :“ 4 R2 {ε2 et ξ :“ π n{2 εn δ. Posons
ÿk ` ˘`
1 ´|x|2 {ε2
S :“ n{2 n . (11.29)
π ε `“0 `!
212
Chapitre 12
Séries de Fourier
12.0 Aperçu
Dans ce chapitre, nous considérons des fonctions f : I Ñ C, avec I Ă R inter-
valle. Le but est d’écrire f comme une « superposition d’ondes (co)sinusoïdales »,
ou encore comme la somme d’une série de Fourier.
Le choix de I n’est pas important, les plus populaires étant I “s0, 1r et I “
s0, 2πr. Nous travaillons dans I “s0, 2πr, muni de la tribu de Lebesgue et de la mesure
µ “ p1{mpIqq λ1 “ p1{p2πqq λ1 . Ainsi, si 1 ĺ p ă 8, alors
ˆ ż 2π ˙1{p
1
}f }Lp “ p
|f pxq| dx .† (12.1)
2π 0
Toutes les (classes de) fonctions f considérées sont supposées être Lebesgue intégrables
sur I. I étant de mesure finie, il s’ensuit que l’hypothèse d’intégrabilité est satis-
faite si f P Lp pIq pour un p ľ 1 (remarque 10.16). Selon un principe rencontré à
plusieurs reprises, les énoncés comprennent des classes de fonctions, les preuves
se font sur des fonctions.
Si f : R Ñ C est 2π-périodique et suffisamment lisse (de classe C 1 suffit, voir
la section 12.4), alors nous avons
ÿ
n“8 ÿ
n“N
f pxq “ cn pf q eınx :“ lim cn pf q eınx , @ x P R, (12.2)
M Ñ´8
n“´8 N Ñ8 n“M
avec
ż 2π
1
cn pf q :“ f pyq e´ıny dy.† (12.3)
2π 0
żb ż
†. Rappelons la convention gpxq dx “ g dλ1 .
a sa,br
213
Séries de Fourier 12.0 Aperçu
ÿ
n“N
f “ lim cn pf q eın¨ dans L2 pIq.
M Ñ´8
N Ñ8 n“M
214
Petru Mironescu Mesure et intégration
Un autre résultat significatif qui sera obtenu dans cette section est le lemme de
Riemann-Lebesgue 12.9.
ř
La section 12.3 est dédiée au comportement ponctuel † de la série 8 n“´8 cn pf q
e : plus spécifiquement, on s’intéresse à la validité de (12.2) (ou d’une variante
ınx
de (12.2)) à x fixé. Pour des fonctions dérivables par morceaux, cette convergence
(énoncée proprement) est le contenu du théorème de Dirichlet 12.13.
Dans la cas d’un fonction continue par morceaux, la série de Fourier peut
ne pas converger. La bonne notion de convergence est celle de convergence en
moyenne ; le résultat de convergence correspondant est le théorème de Fejér 12.15.
La section 12.4 est dédiée à la convergence uniforme ou normale de la série
de Fourier. Cette section est plus avancée que les autres et peut servir de base
à la préparation à l’agrégation. Notons, dans cette introduction, deux résultats
marquants et simples à énoncer (Corollaire 12.25) :
a) Si f p0q “ f p2πq et il existe
řn α ą 0 etıkx
C ă 8 tels que |f pxq ´ f pyq| ĺ C|x ´ y|α ,
@ x, y P r0, 2πs, alors k“´n ck pf q e converge uniformément vers f quand
n Ñ 8.
b) Si f p0q “ f p2πq et il existe
ř8 α ą 1{2 ınxet C ă 8 tels que |f pxq ´ f pyq| ĺ C|x ´ y|α ,
@ x, y P r0, 2πs, alors n“´8 cn pf q e converge normalement vers f .
Dans la section 12.5, nous mentionnons sans preuve d’autres résultats célèbres
de (non) convergence.
215
Séries de Fourier 12.1 Un peu d’algèbre bilinéaire
d’où en particulier
ÿ
| ă x, ej ą |2 ĺ ||x||2 . (12.5)
jPL
ÿ
Si x P Vect tej ; j P Lu, alors x “ ă x, ej ą ej
jPL
ÿ (12.6)
et ||x||2 “ | ă x, ej ą |2 .
jPL
Nous allons appliquer ceci à l’espace L2 :“ L2 ps0, 2πrq, avec le produit scalaire
ż 2π ż 2π
1 1
ă f, g ą:“ f pxq gpxq dx “ f g dν1 . (12.7)
2π 0 2π 0
12.1 Notation. Si n P Z,
en pxq :“ eınx , @ x P R. (12.8)
(Pour être plus précis, nous travaillons avec ren s plutôt qu’avec en . Néanmoins, par
souci de simplicité, dans les formules nous identifions en à sa classe.) ˛
Si f P L2 , nous avons cn pf q “ă f, en ą.
216
Petru Mironescu Mesure et intégration
et l’identité
› n1 ›2 › ›2
› ÿ › › ÿ
n1
›
}f }2L2 “ ›› cn pf q e ›› ` ››f ´
ın¨
cn pf q e ›› .
ın¨
(12.11)
2 L 2 L
n“n0 n“n0
Exercices
12.3 Exercice.
a) Montrer que (12.7) définit un produit scalaire sur L2 .
b) Montrer que la famille pen qnPZ définie par (12.8) est orthonormée dans L2 muni du
produit scalaire (12.7). ˛
řn“N
12.5 Remarque. Une somme de la forme x ÞÑ ř n“M cn pf q eınx est un polynôme trigono-
métrique, c’est-à-dire une somme finie de la forme n an eınx . ˛
ÿ
n
Sn pf q :“ ck pf q ek . (12.14)
k“´n
Snj pf qpxq Ñ f pxq quand j Ñ 8, pour presque tout x Ps0, 2πr. ˛ (12.15)
217
Séries de Fourier 12.2 Séries de Fourier dans L2
L’inégalité de Bessel (12.10) implique que, si f P L2 , alors la suite pcn pf qqnPZ des
coefficients de Fourier de f appartient à `2 pZq. Remarquablement, la réciproque
est vraie. C’est le contenu du théorème suivant.
12.8 Théorème (Théorème de Riesz-Fischer). Soit pan qnPZ une suite telle que
8
ÿ
|an |2 ă 8.
n“´8
Alors il existe une et une seule fonction f P L2 “ L2 ps0, 2πrq telle que
cn pf q “ an , @ n P Z.
La preuve du théorème 12.4 se fait par densité, en commençant par des fonc-
tions de Cc8 ps0, 2πrq. C’est une situation analogue à celle rencontrée dans la sec-
tion 11.3. Voici un autre résultat important dont la preuve est dans cet esprit.
Exercices
Démonstrations
Démonstration du théorème 12.4. L’ingrédient fondamental dans la preuve est le résultat sui-
vant de densité, qui sera démontré plus tard.
12.12 Théorème. Soit g P Cpr0, 2πs; Cq telle que gp0q “ gp2πq. Soit ε ą 0.
Il existe un polynôme trigonométrique P tel que |gpxq´P pxq| ă ε, @ x P r0, 2πs.
De manière équivalente, soit Cpér :“ tg P Cpr0, 2πs; Cq ; gp0q “ gp2πqu, muni
de la norme uniforme. Alors les polynômes trigonométriques sont denses dans
Cpér . ˛
218
Petru Mironescu Mesure et intégration
N
ÿ
cn pP q en “ P (12.16)
n“M
ř
Démonstration du théorème 12.8. Existence. Soit Pn :“ nk“´n ak ek . L’identité (12.6) donne,
pour 0 ĺ n ă m :
› ›2
› ÿ › ÿ
› ›
2
}Pm ´ Pn }L2 “ › › ak ek ›› “ |ak |2 Ñ 0 quand n, m Ñ 8.
›n`1ĺ|k|ĺm › 2 n`1ĺ|k|ĺm
L
219
Séries de Fourier 12.3 Comportement ponctuel des séries de Fourier
Il s’ensuit que pPn qn est une suite de Cauchy dans L 2 . Par complétude de L 2 (théo-
rème de Fatou 10.28), il existe f P L 2 telle que Pn Ñ f dans L 2 quand n Ñ 8. Si n ľ |k|,
alors ck pPn q “ ak (exercice 12.10), d’où (justifier)
|ck pf q ´ ak | “ |ck pf q ´ ck pPn q| “ |ck pf ´ Pn q| “ | ă f ´ Pn , ek ą |
ĺ }f ´ Pn }L2 }en }L2 “ }f ´ Pn }L2 Ñ 0 quand n Ñ 8,
ce qui implique ck pf q “ ak pour tout k.
Unicité. Notons que, si ck pf q “ ck pgq pour tout k P Z, avec f, g P L2 , alors l’égalité de
Parseval appliquée à f ´ g donne f “ g. CQFD
Démonstration du lemme 12.9. Soient f P L 1 et ε ą 0. Soit g P Cc8 ps0, 2πrq telle que }f ´
g}L1 ă ε (l’existence de g suit du théorème 11.11).
Si n ‰ 0, alors une intégration par parties donne
ż ż 2π
1 2π 1
cn pgq “ gpxq e´ınx dx “ g 1 pxq e´ınx dx,
2π 0 2ı π n 0
1
d’où |cn pgq| ĺ max |g 1 | Ñ 0 quand |n| Ñ 8.
|n| r0,2πs
Il existe donc n0 tel que |cn pgq| ă ε si |n| ľ n0 . Pour un tel n, nous avons
|cn pf q| ĺ |cn pgq| ` |cn pf ´ gq| ĺ |cn pgq| ` }f ´ g}L1 ă 2 ε. CQFD
Il sera commode de travailler avec des fonctions définies d’abord sur r0, 2πr,
qui sont prolongées par 2π-périodicité à R. Par exemple, si f pxq “ x, x P r0, 2πr,
alors le prolongement 2π-périodique de f est
´x¯
f pxq “ x ´ 2πE , @ x P R.‡
2π
Toutes les fonctions définies dans cette section sont supposées 2π-périodiques et inté-
grables sur I “s0, 2πr.
Le premier résultat fondamental de cette section est le théorème de Dirichlet.
řn
†. L’étude du comportement de k“m ck pf q eıkx quand m Ñ ´8 et n Ñ 8 de manière indépen-
dante est un sujet très délicat qui dépasse largement le cadre de ce cours. Dans cette section, nous
considérons uniquement le cas où m “ ´n.
‡. Epxq désigne la partie entière de x.
220
Petru Mironescu Mesure et intégration
12.13 Théorème.
a) (Critère de Dini) Soit x0 P R. S’il existe deux nombres f px0 ˘q et une fonc-
tion G P L 1 ps0, πrq telle que
alors
f px0 `q ` f px0 ´q
Sn pf qpx0 q Ñ quand n Ñ 8. (12.19)
2
S0 pf q ` S1 pf q ` ¨ ¨ ¨ Sn pf q
Tn pf q :“ , @ n P N.† (12.20)
n`1
f px0 `q ` f px0 ´q
Tn pf qpx0 q Ñ quand n Ñ 8. (12.21)
2
221
Séries de Fourier 12.3 Comportement ponctuel des séries de Fourier
Exercices
L’exercice suivant est fondamental. Il montre que, dans les calculs, on peut rem-
placer s0, 2πr par tout intervalle de longueur 2π.
12.16 Exercice. Soit f 2π-périodique et intégrable sur s0, 2πr. Montrer que :
a) f est intégrable sur tout intervalle borné.
ż 2π ż a`2π
b) f pyq dy “ f pyq dy, @ a P R. ˛
0 a
ÿ
n
Dn pxq :“ eıkx , @ x P R. ˛ (12.22)
k“´n
12.18 Exercice. Soit f 2π-périodique et intégrable sur s0, 2πr. Montrer que :
ż
1 2π
Sn pf qpxq “ f px ´ yq Dn pyq dy
2π 0
ż (12.23)
1 π
“ f px ´ yq Dn pyq dy, @ x P R,
2π ´π
$
& sinppn ` 1{2qyq , si y R 2π Z
Dn pyq “ sinpy{2q
%
2n ` 1, si y P 2π Z (12.24)
#
sinpnyq cotan py{2q ` cospnyq, si y R 2π Z
“ ,
2n ` 1, si y P 2π Z
żπ ż0
Dn pyq dy “ Dn pyq dy “ π. ˛ (12.25)
0 ´π
D0 ` ¨ ¨ ¨ ` Dn
Fn :“ , @ n P N. ˛ (12.26)
n`1
12.20 Exercice. Soit f 2π-périodique et intégrable sur s0, 2πr. Montrer les propriétés sui-
222
Petru Mironescu Mesure et intégration
vantes.
ż
1 2π
Tn pf qpxq “ f px ´ yq Fn pyq dy
2π 0
ż , (12.27)
1 π
“ f px ´ yq Fn pyq dy, @ x P R,
2π ´π
$
2
& sin rpn ` 1qy{2s , si y R 2π Z
’
Fn pyq “ pn ` 1q sin2 py{2q , (12.28)
’
%n ` 1, si y P 2π Z
żπ
Fn pyq dy “ 2π (12.29)
´π
żπ ż0
Fn pyq dy “ Fn pyq dy “ π. (12.30)
0 ´π
Démonstrations
Démonstration du théorème 12.13. Étape 1. Preuve de (12.19) sous l’hypothèse (12.18). Posons
$
’
’ rf px0 ´ yq ´ f px0 ´qs cospy{2q
& , si 0 ă y ă π
gpyq :“ rf px ´ yq ´ sinpy{2q
’
’ 0 f px0 `qs cospy{2q
% , si ´ π ă y ă 0
sinpy{2q
et
#
f px0 ´ yq ´ f px0 ´q, si 0 ă y ă π
hpyq :“ .
f px0 ´ yq ´ f px0 `q, si ´ π ă y ă 0
Notons que
y
|gpyq| ĺ Gp|y|q, @ 0 ă |y| ă π,
sinpy{2q
223
Séries de Fourier 12.3 Comportement ponctuel des séries de Fourier
Par ailleurs, g est mesurable (justifier). De (12.18) et (12.32), g est intégrable sur s ´ π, πr
(détailler).
De manière analogue,
Gpyq ĺ ε´1 p|f px0 ` yq| ` |f px0 `q| ` |f px0 ´ yq| ` |f px0 ´q|q :“ Hpyq,
224
Petru Mironescu Mesure et intégration
Démonstration du théorème 12.15. Étape 1. Preuve de l’item a). Soit ε ą 0. Soit 0 ă δ ă π tel que
0 ă y ĺ δ ùñ |f px0 ˘ yq ´ f px0 ˘q| ĺ ε. (12.33)
Posons
mn :“ maxtFn pyq ; δ ĺ |y| ĺ πu,
de sorte que
lim mn “ 0 (12.34)
nÑ8
(exercice 12.20).
En utilisant l’exercice 12.20 et (12.33), nous obtenons, avec a :“ rf px0 `q ` f px0 ´qs{2 :
ˇż ˇ
1 ˇˇ π ˇ
|Tn f px0 q ´ a| “ ˇ f px ´ yq Fn pyq dy ´ π f px0 `q ´ π f px0 ´qˇˇ
2π ´π
ż
1 0
ĺ |f px ´ yq ´ f px0 `q| Fn pyq dy
2π ´π
ż
1 π
` |f px ´ yq ´ f px0 ´q| Fn pyq dy
2π 0
ż
ε δ
ĺ Fn pyq dy
2π ´δ
ż
mn
` p|f px0 `q| ` |f px0 ´q| ` |f px0 ´ yq| ` |f px0 ` yq|q dy
2π rδ,πs
ż
ε π mn
ĺ Fn pyq dy ` p|f px0 `q| ` |f px0 ´q|q
2π ´π 2
ż
mn π
` |f pxq| dx
2π ´π
mn
“ε ` p|f px0 `q| ` |f px0 ´q| ` 2||f ||1 q Ñ ε quand n Ñ 8.
2
Il s’ensuit qu’il existe n0 tel que |Tn f px0 q ´ a| ĺ 2ε, @ n ľ n0 .
Étape 2. Preuve de l’item b). Rappelons qu’une fonction continue et périodique sur R est
bornée et uniformément continue. Il s’ensuit qu’il existe un δ indépendant de x0 tel que
(12.33) soit satisfaite, et pour ce δ nous avons, en reprenant les calculs précédents,
mn
|Tn f px0 q ´ a| ĺε ` p|f px0 `q| ` |f px0 ´q| ` 2||f ||L1 q
2
mn
ĺε ` p2||f ||L8 ` 2||f ||L1 q Ñ ε quand n Ñ 8.
2
Nous en déduisons l’existence d’un n0 indépendant de x0 tel que |Tn f px0 q ´ a| ĺ 2ε, @ n ľ
n0 , d’où la conclusion de l’item b). CQFD
225
Séries de Fourier 12.4 Comportement global des séries de Fourier
L’interprétation intuitive de la taille de ω est que plus ωpδq tend vers 0 rapide-
ment quand δ Ñ 0, plus la fonction f est lisse. (Voir néanmoins l’exercice 12.28.)
On peut montrer que, dans (12.36), le sup est un max (exercice 12.27).
Il sera instructif d’illustrer la calcul de ωpδq et les résultats généraux qui suivent
sur les fonctions hölderiennes, qui sont une généralisation des fonctions lipschit-
ziennes.
226
Petru Mironescu Mesure et intégration
Si f est α-hölderienne sur r0, 2πs et, de plus, f p0q “ f p2πq, alors le prolonge-
ment par périodicité de f est continu et nous avons (exercice 12.29)
12.24 Théorème. Si
ż1
ωpδq
3{2
dδ ă 8, (12.39)
0 δ
ř
alors la série 8 n“´8 cn pf q e
ın¨
converge normalement vers f . ˛
En combinant les théorèmes 12.23 et 12.24 avec l’inégalité (12.37), nous obte-
nons le résultat important suivant.
12.25 Corollaire. Soit f : r0, 2πs Ñ C une fonction telle que f p0q “ f p2πq.
ř
a) Si f est α-hölderienne pour un α ą 0, alors nk“´n ck pf q eık¨ converge uni-
formément vers f quand n Ñ 8.
b) (Théorème de Bernstein) Si f est α-hölderienne pour un α ą 1{2 (donc, en
particulier,
ř8 si f est de classe C 1 , ou si f est lipschitzienne), alors la série
n“´8 cn pf q e
ın¨
converge normalement et sa somme est f .
Exercices
227
Séries de Fourier 12.4 Comportement global des séries de Fourier
12.28 Exercice. Soit f : r0, 2πs Ñ C une fonction telle que ωpδq ! δ quand δ Ñ 0. Montrer
que f est constante (et réciproquement). ˛
12.29 Exercice. Soit f : r0, 2πs Ñ C une fonction α-hölderienne telle que f p0q “ f p2πq.
Nous notons encore f son prolongement par 2π-périodicité.
1. Montrer que
2. Améliorer (12.41) à
||Sn pf q||L8 ĺ ||Dn ||L1 ||f ||L8 , @ f : R Ñ C mesurable, bornée, 2π-périodique.˛ (12.42)
12.32 Exercice.
1. Montrer que
π
|Dn pyq| ĺ min ppn ` 1{2q|y|, 1q, @ n ľ 0, @ 0 ă |y| ĺ π. (12.43)
|y|
On pourra utiliser les inégalités suivantes :
π2
|Fn pyq| ĺ min pppn ` 1qy{2q2 , 1q, @ n ľ 0, @ 0 ă |y| ĺ π. ˛ (12.45)
pn ` 1qy 2
12.34 Exercice. Si f est localement intégrable et 2π-périodique, montrer que cn pf p¨`hqq “
eınh cn pf q, @ h P R, @ n P Z. ˛
Démonstrations
228
Petru Mironescu Mesure et intégration
La preuve de (12.46) repose sur les exercices 12.31 et 12.32, qui donnent
Pour compléter la preuve du théorème, nous allons obtenir les résultats suivants :
żπ
π π ωpyq
||f ´ Tn pf q||L8 ĺ ωp2{pn ` 1qq ` dy, (12.48)
2 n ` 1 2{pn`1q y 2
żπ
ωpyq
sous l’hypothèse (12.38), nous avons lim δ | ln δ| dy “ 0, (12.49)
δÑ0 δ y2
résultats qui, combinés avec (12.47), permettent de conclure (vérifier).
Étape 2. Preuve de (12.48). En reprenant le début de la preuve du théorème 12.15, et en
utilisant les propriétés de Fn (exercices 12.20 et 12.27), la définition de ω, et la monotonie
de ω (exercice 12.27), nous obtenons successivement, pour tout x P R :
ˇż ˇ
1 ˇˇ π ˇ
|Tn f pxq ´ f pxq| “ ˇ rf px ´ yq ´ f pxqs Fn pyq dy ˇˇ
2π ´π
ż ż
1 π 1 π
ĺ ωp|y|q Fn pyq dy “ ωpyq Fn pyq dy
2π ´π π 0
ż żπ (12.50)
πpn ` 1q 2{pn`1q π ωpyq
ĺ ωpyq dy ` dy
4 0 n ` 1 2{pn`1q y 2
żπ
π2 π ωpyq
ĺ ωp2{pn ` 1qq ` dy.
2 n ` 1 2{pn`1q y 2
Démonstration du théorème
ř8 12.24. Rappelons que notre principal but est de montrer la conver-
gence de la série n“´8 |cn pf q|.
229
Séries de Fourier 12.4 Comportement global des séries de Fourier
Nous avons donc Spf q “ f presque partout d’où, par continuité de Spf q et f , Spf q “ f
partout (justifier). CQFD
230
Petru Mironescu Mesure et intégration
12.35 Théorème (Critère de Jordan). Si f : r0, 2πrÑ R est monotone (et étendue
par 2π-périodicité à R), alors
f px0 `q ` f px0 ´q
Sn pf qpx0 q Ñ quand n Ñ 8, @ x0 P R. ˛
2
.
Pour une description historique de ces problèmes, une bonne référence est
Edwards [6, Chapitre 10], qui contient aussi des (ébauches de) démonstrations
de ces résultats, sauf du dernier. La preuve du dernier théorème est longue et
difficile, même si elle a été beaucoup simplifiée entre 1973 et 2000 ; voir Grafakos
[9, Chapitre 11].
†. Cette propriété négative est vraie pour « la plupart » des fonctions continues, mais donner
un sens précis à « la plupart » nécessite un formalisme qui ne sera pas développé ici.
‡. Le cas p “ 2 est dû à Carleson, qui conjectura que le cas général 1 ă p ă 8 devait se faire
de manière analogue. Une preuve pour 1 ă p ă 8 fut trouvée ultérieurement par Hunt.
231
Chapitre 13
Transformée de Fourier
13.0 Aperçu
Nous étudierons dans ce chapitre, qui est un pendant « continu » du chapitre
12, les propriétés basiques de la transformée de Fourier.
Les fonctions considérées sont définies sur Rn et à valeurs complexes ; elles
sont supposées Lebesgue mesurables et/ou intégrables (par rapport à la tribu et à
la mesure de Lebesgue). Rappelons la définition de la transformée de Fourier si
f P L 1 “ L 1 pRq “ L 1 pR, Cq :
ż
fppξq “ F pf qpξq :“ e´ıxξ f pxq dx, @ ξ P R. (13.1)
R
Notons que si f “ g p. p., alors fp “ gp en tout point. Nous pouvons donc définir
fp pour une classe f P L1 pRq, le résultat étant une fonction définie de manière
unique en tout point de R. Pour cette même raison, nous allons faire les calculs
de transformée de Fourier sur des fonctions et non pas sur des classes.
La définition et les remarques précédentes s’étendent aux fonctions définies
sur Rn . Si f P L 1 pRn q, alors
ż
fppξq “ F pf qpξq :“ e´ıx¨ξ f pxq dx, @ ξ P Rn . (13.2)
Rn
řn
Ici, ¨ désigne le produit scalaire standard dans Rn : x ¨ ξ “ j“1 xj ξj .
Le début de la section 13.1 est dédié aux propriétés fondamentales de la trans-
Ź
233
Transformée de Fourier 13.1 Transformée de Fourier dans L1
234
Petru Mironescu Mesure et intégration
b) (Lemme de Riemann-Lebesgue)
c) Si g P L1 , alors
fz
˚ g “ fpgp (13.5)
et
ż ż
fppξq gpξq dξ “ f pxq gppxq dx. ˛ (13.6)
Rn Rn
13.2 Notations.
a) α désigne un multi-indice α “ pα1 , . . . , αn q P Nn .
ř
b) La longueur de α est |α| :“ nj“1 |αj |.
c) Si x P Cn et α P Nn , xα :“ px1 qα1 ¨ ¨ ¨ pxn qαn .
d) Si f est de classe C |α| , alors B α f :“ pB1 qα1 ¨ ¨ ¨ pBn qαn f . ˛
˚
13.3 Proposition. Soient f P L pRq et k P N . Si |x|k |f pxq| dx ă 8, alors f P C k
1
Ź R
et fpp`q pξq “ p´ıxq` f pξq, @ 0 ĺ ` ĺ k, @ ξ.
ż
˚
Plus généralement, soient f P L pR q et k P N . Si
1 n
|x|k |f pxq| dx ă 8, alors
Ź Ź Rn
fp P C k et B α f pξq “ p´ıxqα f pξq, @ α tel que |α| ĺ k. ˛
235
Transformée de Fourier 13.1 Transformée de Fourier dans L1
Exercices
236
Petru Mironescu Mesure et intégration
a) Soit g : R Ñ R continue et intégrable. Montrer qu’il existe une suite Rj Ñ 8 telle que
|gpRj q| ` |gp´Rj q| Ñ 0 quand n Ñ 8.
De manière équivalente, lim inf p|gpxq| ` |gp´xq|q “ 0.
RÑ8 |x|ľR
13.12 Exercice. Nous nous proposons ici de montrer (pour simplifier, uniquement pour
n “ 1) que, pour k ľ 2, il y a trop d’hypothèses dans la proposition 13.4.
a) Prenons d’abord k “ 2. Soit f P C 2 pRq.
(i) Exprimer f px ` 1q en fonction de f pxq, f 1 pxq et f 2 en utilisant la formule de
Taylor à l’ordre deux sous forme intégrale au point x. En déduire une formule
pour f 1 pxq.
(ii) Montrer qu’il existe une constante C ă 8 telle que }f 1 }L1 ĺ Cp}f }L1 ` }f 2 }L1 q.
(iii) En déduire que, pour n “ 1 et k “ 2, la conclusion de la proposition peut s’obte-
nir sous les hypothèses plus faibles f P C 2 , f, f 2 P L1 .
b) Soit maintenant k ľ 3. Soit f P C k pRq.
(i) Exprimer f px`1q, f px`2q, . . . , f px`k´1q en fonction de f pxq, f 1 pxq, . . . , f pk´1q pxq
et f pkq en utilisant la formule de Taylor à l’ordre k sous forme intégrale au point
x. En déduire des formules pour f 1 pxq, . . . , f pk´1q pxq.
(ii) Montrer qu’il existe une constante C ă 8 telle que }f 1 }L1 ` ¨ ¨ ¨ ` }f pk´1q }L1 ĺ
Cp}f }L1 ` }f pkq }L1 q.
(iii) En déduire que, pour n “ 1 et k ľ 2, la conclusion de la proposition peut s’obte-
nir sous les hypothèses plus faibles f P C k , f, f pkq P L 1 . ˛
237
Transformée de Fourier 13.1 Transformée de Fourier dans L1
ha :“ g a . ż
e´x dx “ π 1{2 .
2
Rappelons que
R
(i) Montrer que g a P L 1 et calculer ha p0q.
(ii) Montrer que ha P C 1 et donner la formule de pha q1 .
ξ ha pξq
(iii) En utilisant une intégration par parties, montrer que pha q1 pξq “ ´ . Indi-
´ ¯ 2a
2 1
cation : x e´x {a “ ´1{p2aq e´a x .
2
a
Sous une forme plus compacte, nous avons
Ź
´ π ¯1{2
g a pξq “ g 1{p4aq pξq.
a
b) Plus généralement, soit g a pxq “ e´a |x| , x P Rn . Montrer que
2
Ź
´ π ¯n{2
g a pξq :“ g 1{p4aq pξq, @ a ą 0, @ ξ P Rn . ˛
a
13.15 Exercice. Dans R, soit f :“ χr0,1s . Montrer que f P L 1 mais que fp R L 1 . En déduire
que la formule d’inversion (13.8) ne s’applique pas à toutes les fonctions de L 1 . ˛
238
Petru Mironescu Mesure et intégration
Démonstrations
L’identité (13.6) est une application directe du théorème de Fubini, dont l’application
est justifiée par le fait que
ż
|f pxq| |gpξq| dxdξ ă 8
Rn ˆRn
(détailler). CQFD
239
Transformée de Fourier 13.1 Transformée de Fourier dans L1
Démonstration de la proposition 13.5. Sous l’hypothèse plus faible f P Cc pRn q, nous avons
ż
|x|k |f pxq| dx ă 8, @ k P N
Rn
|ξ α | |fppξq| ĺ Cα , @ |α| ĺ n ` 1, @ ξ P Rn .
C C1
|fppξq| ĺ ĺ , @ ξ P Rn .
n`1
1 ` }ξ}8 1 ` |ξ|n`1
(justifier).
Par comparaison avec les intégrales de référence, fp P L 1 . CQFD
240
Petru Mironescu Mesure et intégration
ż ż
´n ´a |ξ|2
f pxq e´|x| {p4aq dx .
2
p2πq p
f pξq e dξ “ p1{p4π aqq n{2
(13.11)
loooooooooooooooomoooooooooooooooon
Rn loooooooooooooooooooooomoooooooooooooooooooooon
Rn
:“Ia :“Ja
La domination
ż
n{2 ´|x|2 {4
Pour étudier Ja , posons ψpxq :“ p1{p4πqq e , de sorte que ψ P et ψ“1
L1
ż Rn
(vérifier). Nous avons Ja “ f pxq ψa1{2 pxq dx. Le changement de variables x “ Φpyq :“
Rn
a1{2 y donne (vérifier)
ż ż
1{2
Ja “ f pa yq ψpyq dy Ñ f p0q ψpyq dy “ f p0q quand a Œ 0. (13.13)
Rn Rn
Le passage à la limite dans (13.13) se fait en utilisant le théorème 7.10 et repose sur la
continuité de f et sur la domination
(vérifier).
Nous concluons la première étape grâce à (13.11)–(13.13).
Étape 2. Preuve de (13.7) si, de plus, f est bornée. Soit k :“ τ´x f , ‡ dont la transformée de
Fourier est ξ ÞÑ eıx¨ξ fppξq (exercice 13.13 b)). La fonction k vérifie les hypothèses assumées
à l’étape 1 (vérifier), d’où
ż ż
p2πq´n eıx¨ξ fppξq dξ “ p2πq´n p
kpξq dξ “ kp0q “ f pxq,
Rn Rn
241
Transformée de Fourier 13.2 Transformée de Fourier dans L2
Comme |ρε pξq| ĺ 1 (exercice 13.13), nous obtenons que f ε P L 1 . Grâce à la deuxième
Ź
˚ ρε pxq “ p2πq´n
flooomooon eıx¨ξ f ˚ ρε pξq dξ
Rn
“f ε pxq
ż (13.14)
“ p2πq´n eıx¨ξ fppξq ρε pξq dξ , @ ε ą 0, @ x P Rn .
Ź
loooooooooooooooooomoooooooooooooooooon
R n
:“Lε pxq
Nous allons maintenant ż faire ε Ñ 0 dans (13.14). Grâce à l’exercice 13.13 a) (appliqué à
ρ), au fait que ρpp0q “ ρ “ 1 et à l’hypothèse fp P L 1 , nous obtenons
ż
lim Lε pxq “ p2πq´n eıx¨ξ fppξq dξ, @ x P Rn . (13.15)
εÑ0 Rn
242
Petru Mironescu Mesure et intégration
13.20 Remarque.
1 †
a) Si f P L2 , nous
ż n’avons pas nécessairement f P L . Si f P L zL , la for-
2 1
mule fppξq “ e´ıx¨ξ f pxq dx n’a pas de sens et ne définit pas fp.
Rn
b) Néanmoins, le théorème 13.19 permet de donner une définition naturelle de
fp pour f P L2 , de la manière suivante.
(i) Nous prenons une suite pfj qj telle que fj P L1 X L2 , @ j et fj Ñ f dans
L2 quand j Ñ 8.‡ Alors la suite pfpj qj converge dans L 2 . Si sa limite
est g, alors la classe de g ne dépend pas du choix de la suite, et par
définition nous posons fp :“ rgs. (Avec un abus de notation, fp “ g.)
Ź
(ii) Le long d’une sous-suite pfpjk qk , nous avons fjk Ñ g p. p., et donc
Ź
Exercices
243
Transformée de Fourier 13.2 Transformée de Fourier dans L2
1
b) g : R Ñ C, gpxq :“ , @ x P R. ˛
x`ı
Démonstrations
Soit f P L1 X L2 . Alors il existe une suite pgj qj Ă Cc8 pRn q telle que gj Ñ f dans L1 et
dans L2 quand j Ñ 8 (exercice 11.17). De (13.17), nous avons
ce qui montre que la suite pgj qj est de Cauchy dans L2 . Nous obtenons l’existence
Ź
d’une fonction (ou plutôt classe) h P L2 telle que gj Ñ h dans L2 (théorème 10.28).
Ź
(corollaire 10.29). Ź
lité (13.3)).
La limite p. p. d’une suite étant unique p. p. (justifier), nous en déduisons que fp “ h
p. p., d’où en particulier fp P L2 et gj Ñ fp dans L2 .
Ź
244
Petru Mironescu Mesure et intégration
Z est dense dans X, alors T admet une et une seule extension continue Tr : X Ñ Y .
De plus, Tr est linéaire.
Appliquons ceci à X “ Y :“ L2 , Z :“ L1 X L2 et T :“ F . Z contient Cc8 pRn q, donc
Z est dense dans X (justifier). D’après le point a), T est continu, de norme p2πqn{2 . La
conclusion de b) découle de ce qui précède (justifier).
c) (i) L’égalité est vraie si f, g P Cc8 pRn q (proposition 13.18). Soient f, g P L2 et des
suites pfj qj , pgj qj Ă Cc8 pRn q telles que fj Ñ f et gj Ñ g dans L2 quand j Ñ 8.
Nous avons
ż Ź
ż
n
(13.18)
Ź
ă fj , gj ą“ p2πqn ă fj , gj ą, @ j. (13.19)
Ź
Pour obtenir c) (i), nous passons à la limite j Ñ 8 dans (13.19). Nous avons par
exemple
ˇ ˇ
ˇ Ź
Ź
Ź
Ź
ˇ
ˇă fj , gj ą ´ ă f , g ąˇ
ˇ ˇ
ˇ Ź Ź Ź
ˇ
“ ˇă fj , gj ´ g ą ` ă f ´ f , gp ąˇ
ˇ ˇ ˇ ˇ
ˇ Ź Ź
ˇ ˇ Ź
ˇ
ĺ ˇă fj , gj ´ g ąˇ ` ˇă fj ´ f , gp ąˇ
› › › › › ›
› ›Ź Ź
› Ź
›
ĺ ›fj › 2 ›gj ´ g ›L2 ` ›fj ´ f › 2 }g }L2
Ź
L L
n
“p2πq }fj }L2 }gj ´ g}L2
` p2πqn }fj ´ f }L2 }g}L2 Ñ 0 quand j Ñ 8.
Nous obtenons que pfj qj est une suite de Cauchy dans L2 et donc il existe f P L2
tel que fj Ñ f dans L2 quand j Ñ 8 (théorème 10.28). Il s’ensuit que hj Ñ fp
dans L2 quand j Ñ 8 (justifier), d’où fp “ h et donc h P F pL2 q.
†. Nous donnons une preuve directe de ce fait, mais nous aurions pu invoquer le résultat plus
général suivant. Soit T : X Ñ Y linéaire et continu, avec X espace de Banach et Y espace normé.
S’il existe une constante C ą 0 telle que (*) }T x}Y ľ C }x}X , @ x P X, alors l’image de T est
fermée. Dans notre cas, X “ Y :“ L2 , T :“ F , et nous avons }F pf q}L2 “ p2πqn{2 }f }L2 , @ f P L2 ,
ce qui montre à la fois que F est continu et que (*) est vérifiée.
245
Transformée de Fourier 13.3 Pour aller plus loin
Par ailleurs, l’image de F contient Cc8 pRn q. En effet, si g P Cc8 pRn q, alors nous
avons d’une part (justifier)
q “ F pp2πq´n F pq
g “ gq g qq.
u ´ ∆u “ f dans Rn , (13.20)
B2u B2u B2u
où ∆ est le laplacien, ∆u :“ ` ` ¨ ¨ ¨ ` .
Bpx1 q2 Bpx2 q2 Bpxn q2
Si nous avons le droit de prendre la transformée de Fourier dans (13.20) et si
la proposition 13.4 s’applique, alors (13.20) devient
ppξq “ fppξq, @ ξ P Rn ,
p1 ` |ξ|2 q u (13.21)
ce qui donne
1
ppξq “
u fppξq, @ ξ P Rn . (13.22)
1 ` |ξ|2
†. À nouveau, nous aurions pu invoquer un résultat plus général : si T : X Ñ Y est linéaire,
continu et bijectif, avec X, Y espaces de Banach, alors T ´1 est continu.
246
Petru Mironescu Mesure et intégration
p 1
Kpξq “ , @ ξ P Rn .‡ (13.23)
1 ` |ξ|2
u “ K ˚ f. (13.25)
247
Chapitre 14
14.0 Aperçu
Dans ce mini-chapitre, marginal par rapport au sujet principal du cours, nous
présentons quelques propriétés basiques des espaces de Hilbert, c’est-à-dire des es-
paces de Banach H dont la norme || || est induite par un produit scalaire ă , ą.
Pour simplifier la lecture, nous considérons systématiquement un espace de Hil-
bert réel ; le passage aux espaces complexes n’apporte pas de difficulté supplé-
mentaire.
En dimension finie, les objets fondamentaux qui permettent de mener des
calculs explicites (projection orthogonale sur un sous-espace, calcul de l’adjoint,
diagonalisation des opérateurs auto-adjoints, ...) sont les bases orthonormées. Le
passage aux espaces de dimension (algébrique) infinie pose de nombreux pro-
blèmes : par exemple, un opérateur auto-adjoint n’est plus nécessairement dia-
gonalisable. Nous établissons ici trois résultats fondamentaux qui ne nous dé-
paysent pas trop et sont des pendants « infinis » de résultats rencontrés en di-
mension finie :
1. L’existence de la projection orthogonale sur un sous-espace vectoriel fermé de
H (ou, plus généralement, sur une partie convexe fermée non-vide de H) ;
2. L’existence d’une base hilbertienne (l’analogue d’une base orthonormée en
dimension infinie) dans les espaces séparables ;
3. La caractérisation des formes linéaires et continues sur H (théorème de Riesz
14.19).
Compétences minimales attendues.
a) Savoir utiliser l’inégalité de Bessel et l’égalité de Parseval.
b) Savoir étudier et manipuler des séries orthogonales.
c) Savoir utiliser les propriétés de l’orthogonal.
d) Savoir utiliser le théorème de Riesz 14.19. ˛
249
Introduction aux espaces de Hilbert 14.1 Projection sur un convexe fermé
y “ pF pxq ðñ ry P F et ă x ´ y, w ą“ 0, @ w P F s. (14.3)
F K :“ ty P H ; ă x, y ą“ 0, @ x P F u. (14.4)
Exercices
250
Petru Mironescu Mesure et intégration
14.8 Exercice. Soit f : r0, 1s Ñ R une fonction convexe dérivable. Montrer l’équivalence
des propriétés suivantes :
1. 0 est un point de minimum de f .
2. f 1 p0q ľ 0. ˛
Démonstrations
De (14.6), nous avons limj,kÑ8 pyj ´ yk q “ 0, et donc pyj q est une suite de Cauchy de
C. H étant complet et C fermé, pyj q converge vers un y P C. Par ailleurs,
ă x ´ y1 , y2 ´ y1 ąĺ 0,
ă x ´ y2 , y1 ´ y2 ąĺ 0.
En additionnant les deux inégalités, nous obtenons ||y2 ´ y1 ||2 ĺ 0, d’où y1 “ y2 . CQFD
Démonstration de la proposition 14.3. « ùñ » Soit z P C. Pour t P r0, 1s, nous avons p1 ´ tqy `
tz P C (par convexité de C) et donc (par définition de la projection)
f ptq :“ ||x ´ p1 ´ tqy ´ tz||2 ľ ||x ´ y||2 “ f p0q, @ t P r0, 1s. (14.7)
251
Introduction aux espaces de Hilbert 14.2 Bases hilbertiennes
f étant convexe et dérivable (justifier), (14.7) équivaut à f 1 p0q ľ 0 (voir l’exercice 14.8).
Or, f 1 p0q “ 2 ă x ´ y, y ´ z ą, d’où la conclusion.
« ðù » Avec les notations ci-dessus, nous avons f 1 p0q ľ 0, et donc f p1q ľ f p0q, ce qui
revient à ||x ´ z|| ľ ||x ´ y||, @ z P C.
Le cas particulier d’un sous-espace. « ùñ » Soit w P F . En prenant, dans (14.2), z :“ y ` w P
F , respectivement z :“ y ´ w P F , nous obtenons ă x ´ y, w ąĺ 0, respectivement
ă x ´ y, ´w ąĺ 0, d’où ă x ´ y, w ą“ 0.
« ðù » Soit z P F . Alors ă x ´ y, z ´ y ą“ 0, car z ´ y P F . CQFD
Démonstration du théorème 14.5. F K est un sous-espace vectoriel de H (exercice 14.9 a)). Par
ailleurs, si x P F X F K , alors ă x, x ą“ 0, et donc x “ 0. Enfin, soient x P H et y :“ pF pxq.
La proposition 14.3 donne x ´ y P F K , et donc x “ y ` px ´ yq P F ` F K . CQFD
Démonstration du corollaire 14.6. a) F K est un sous-espace fermé de H (exercice 14.9 a)), d’où,
` ˘K
en appliquant deux fois le théorème 14.5, F ‘ F K “ H et F K ‘ F K “ H. Par ailleurs,
` ˘K ` ˘K
nous avons clairement F Ă F K , d’où l’égalité F “ F K .
K
b) L’exercice 14.9 b) donne AK “ Vect pAq . Comme l’adhérence d’un sous-espace est
encore un sous-espace (justifier), la partie a) du corollaire donne
` K ˘K ´ ¯
K K
A “ Vect pAq “ Vect pAq. CQFD
252
Petru Mironescu Mesure et intégration
14.11 Définition. Une suite pen qnľ1 comme dans le théorème 14.2 est une base
hilbertienne de H.
14.12 Corollaire. Si pen qnľ1 est une base hilbertienne de H, nous avons
ÿ
||x||2 “ ă x, en ą2 , @ x P H (égalité de Parseval). (14.9)
nľ1
14.13 Proposition. Une suite pen qnľ1 est une base hilbertienne de H si et seule-
ment si :
(i) La suite est orthonormée.
(ii) L’espace vectoriel engendré par la suite est dense dans H.
De manière équivalente, pen qnľ1 est une base hilbertienne de H si et seulement
si nous avons (i) et
(ii’) Si ă x, en ą“ 0, @ n, alors x “ 0. ˛
253
Introduction aux espaces de Hilbert 14.2 Bases hilbertiennes
Exercices
14.14 Exercice. Soit pej qjľ1 une famille orthonormée. Soit paj qjľ1 Ă R. Montrer l’équiva-
lence
ÿ ÿ
aj ej converge ðñ a2j ă 8.
jľ1 jľ1
ˇˇř ˇˇ2 ř
ˇˇ ˇˇ
En cas de convergence de la série, montrer que ˇˇ jľ1 aj ej ˇˇ “ jľ1 a2j . ˛
14.15 Exercice. (Voir la section 12.1) Soit pej q1ĺjăN Ă H (avec N “ 2, 3, . . . , 8) une suite
orthonormée d’une espace pré-hilbertien H. Montrer que
ÿ
ă x, ej ą2 ĺ ||x||2 , @ x P H (inégalité de Bessel). ˛
1ĺjăN
14.16 Exercice. Avec les notations du chapitre 12, montrer que px ÞÑ eınx qnPZ est une base
hilbertienne de L2 ps0, 2πrq. ˛
14.17 Exercice. Soit H un espace préhilbertien ayant une base algébrique orthonormée
infinie B. Montrer que H n’est pas complet. ř
Indication : soit pen qnľ1 Ă B une suite orthonormée. Soit xn :“ nj“1 p1{j 2 qej , @ n ľ 1.
Montrer que la suite pxn qnľ1 est de Cauchy, mais ne converge pas. ˛
Démonstrations
Étape 1. La suite pEk qkľ1 n’est pas stationnaire. En effet, sinon il existe k tel que E` “ Ek ,
@ ` ľ k, et dans ce cas tous les points de A appartiennent à Ek . Il ensuit que (justifier)
H “ A Ă Ek “ Ek , impossible, car H est de dimension infinie.
254
Petru Mironescu Mesure et intégration
te1 , . . . , en , en`1 u de Ej . Notons que, grâce à l’étape 1 et par construction, pen qnľ1 est une
suite (infinie) orthonormée.
Étape 3. Preuve de (14.8). Soient x P H et ε ą 0. Soit ak P A tel que
||x ´ ak || ă ε{2. (14.10)
Si n ľ k, nous avons ak P Vect pte1 , . . . , en uq (justifier), et donc
ÿ
ak “ ă ak , ej ą, @ n ľ k. (14.11)
1ĺjĺn
En combinant (14.11) avec l’inégalité de Bessel (exercice 14.15) et (14.10), nous obtenons,
pour tout n ľ k,
ˇˇ ˇˇ ˇˇ ˇˇ
ˇˇ ÿ ˇˇ ˇˇ ÿ ˇˇ
ˇˇ ˇˇ ˇˇ ˇˇ
ˇˇ ă x, ej ą ´xˇˇ 塡 ă x, ej ą ´ak ˇˇ ` ||x ´ ak ||
ˇˇ1ĺjĺn ˇˇ ˇˇ1ĺjĺn ˇˇ
ˇˇ ˇˇ
ˇˇ ÿ ˇˇ
ˇˇ ˇˇ
“ˇˇ ă x ´ ak , ej ąˇˇ ` ||x ´ ak ||
ˇˇ1ĺjĺn ˇˇ
ăε{2 ` ε{2 “ ε,
d’où (14.8). CQFD
Preuve de la proposition 14.13. Soit pen qnľ1 Ă H une suite orthonormée. Soit
G :“ Vect pten ; n ľ 1uq.
ř
« (14.8) ùñ (ii) » Si x P H, alors yn :“ 1ĺjĺn ă x, ej ą ej P G, @ n ľ 1, et yn Ñ x, d’où
x P G, ce qui implique G “ H.
« (ii) ùñ (ii’) » L’exercice 14.9 b), (ii) et le théorème 14.5 donnent
K
ră x, en ą“ 0, @ n ľ 1s ðñ x P ten ; n ľ 1uK ðñ x P G ðñ x P H K “ t0u
ðñ x “ 0.
« (ii’) ùñ (14.8) » L’inégalité de Bessel (exercice 14.15) et l’exercice 14.14 implique l’exis-
tence de
ÿ ÿ
y :“ ă x, en ą en “ lim ă x, ej ą ej . (14.12)
k
nľ1 1ĺjĺk
loooooooooomoooooooooon
:“yk
De (14.13) et (ii’), nous trouvons que x “ y. Nous concluons grâce à (14.12). CQFD
255
Introduction aux espaces de Hilbert 14.3 Théorème de représentation de Riesz
ϕpxq “ă x, a ą, @ x P H. (14.14)
Et réciproquement.
De plus, nous avons
Exercices
Démonstrations
256
Petru Mironescu Mesure et intégration
de fonctions). Parmi les plus célèbres, notons celle de Haar, Hermite, Laguerre,
Legendre et Walsh, dont la construction sera étudiée en master.
Pour conclure ce chapitre, nous ouvrons ici plutôt une perspective non-hilber-
tienne, dans le prolongement du théorème de représentation de Riesz. La preuve
de ce théorème repose sur deux ingrédients :
a) On peut projeter sur un ensemble convexe, fermé et non-vide de H.
b) L’application R Q t ÞÑ ||u ` tv||, avec u, v P H et u ‰ 0, est dérivable en t “ 0.
Le résultat suivant (voir Willem [22, Chapitre IV, Section 14] pour un énoncé
voisin) permet d’obtenir une conclusion similaire à celle du théorème de repré-
sentation de Riesz dans le cadre des espaces de Banach.
257
Index
A∆B, 27 f` , 49
Ac , 24 f´ , 49
An Õ A, 27 f y , 146
An Œ A, 27 fx , 146
}pan qn }`p , 186 inf A, 20
BX , 37 JΦ , 164
Cck pq, 201 L p pX, µq, 183
C pA q, 34 L p , 183
C 1 -difféomorphisme, 164 Lp , 183
Cpér , 218 Lp pX, µq, 183
cn pf q, 216 `p , 186
diam A, 87 lim inf n xn , 20
Epxq, 113 lim supn xn , 20
E y , 137 Ln , 67
Ex , 137 M pA q, 34
esssup, 183 ωpδq, 226
F K , 250 PpXq, 24
F pf qpξq, 233 pC pxq, 250
r|f | ą ts, 104 Qj , 162
rf P As, 104 R, 20
rf ĺ ts, 104 Sn pf q, 217
ă f, g ą, 193 suptxi ; i P Iu, 20
fq, 236 sup xn , 22
fppξq, 233 nľn0
sup f pxq, 20
}f }Lp , 183 xPA
}f }p , 183 sgn, 190
f p¨, λq, 128 sup A, 20
f px, ¨q, 128 T , 57
f ˚ g, 199 t` , 49
f χA , 44 t´ , 49
f „ g, 183 T pA q, 34
f ´1 pBq, 42 T b S , 135
f ´1 pyq, 42 Tn pf q, 221
259
Index
260
Petru Mironescu Mesure et intégration
261
Index
262
Petru Mironescu Mesure et intégration
borélienne, BX , 37 engendrée, T pA q, 34
complétée, T , 57 induite, 28
complète, 57 produit, 135
de Lebesgue, Ln , 67
263
Bibliographie
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respectivement congruentes. Fund. Math., 6 :244–277, 1924.
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bounded variation.
266
Exercices
Université Claude Bernard Lyon 1 Licence de mathématiques 3e année
UE Mesure et intégration & Éléments d’analyse fonctionnelle Année 2023–2024
Feuille de TD # 0
Opérations sur les ensembles
Cadre, notations
Exercice # 1. (Échauffement)
a) Dessiner « avec des patates » les ensembles A Y B, A X B, AzB, Ac , A4B.
b) Calculer pA4Bq4A.
1
a) Simplifier les conditions suivantes portant sur la partie C de X.
2
Exercice # 7. (Injectivité) Soit f : X Ñ Y une application. Montrer que les propriétés
suivantes sont équivalentes.
a) f est injective.
b) @ A Ă X, f ´1 pf pAqq “ A.
c) @ x P X, f ´1 pf ptxuqq “ txu.
pA ˆ Bq X pC ˆ Dq ‰ H ùñ rA X C ‰ H et B X D ‰ Hs.
Exercice # 11. (Union d. d. d.) La notation \iPI Ai est utilisée pour la réunion d’une famille
pAi qiPI d’ensembles deux à deux disjoints (d. d. d.).
a) Si A0 , A1 , . . ., sont des parties de X, soient B0 :“ A0 et, pour n ľ 1, Bn :“ An zpYi“0
n´1
Ai q.
Montrer que Yi Ai “ \i Bi .
b) Montrer que p\iPI Ai q ˆ B “ \iPI Ai ˆ B.
3
Université Claude Bernard Lyon 1 Licence de mathématiques 3e année
UE Mesure et intégration & Éléments d’analyse fonctionnelle Année 2023–2024
Feuille de TD # 1
sup, inf, lim sup, lim inf, dénombrement
Exercice # 2. Que devient ce qui précède si nous considérons des parties non vides A, B
de R ?
Exercice # 4. Trouver A Ă R tel que sup A et min A existent dans R, mais max A n’existe
pas.
Exercice # 5. Soient A, B deux parties non vides de R telles que sup A “ inf B.
a) Montrer que pour tout x P A et tout y P B on a x ĺ y. Montrer que pour tout ε ą 0 il
existe x P A et y P B tels que y ´ x ă ε.
b) Inversement, on suppose que pour tout x P A et tout y P B on a x ĺ y. Montrer que si
pour tout ε ą 0 il existe x P A et y P B tels que y ´ x ă ε, alors sup A “ inf B.
Exercice !
# 6. ´
Déterminer les)bornes sup et inf des ensembles ci-dessous :
π¯
a) A1 :“ cos n ;nPN ;
" 2 ´n *
12n ` 10
b) A2 :“ ;nPN ;
!´ 3n ` 2´ π ¯¯ )
c) A3 :“ 1 ` sin n ln n ; n P N˚ .
2
Exercice # 7. Calculer
e´x{p1`t q
2
cospxt ` π{4q
sup , sup .
xľ0, tPR 1 ` x2 x, tPR 1 ` x ` x
2
1
Exercice # 8. Trouver tous les ensembles A Ă R tels que
supptAq “ t sup A, @ t P R.
´ ´ π ¯¯ n
c) xn :“ 2 ` cos n .
2 2n ` 1
11n ` 2 cospnπq
d) xn :“ ? 2 .
4n ` n ´ 1
Définitions. Soit pAn qnľn0 une suite de parties d’un ensemble X. Les ensembles lim supn An
et lim inf n An sont définis respectivement par les formules
Exercice # 14. a) Montrer que x P lim supn An si et seulement si x appartient à une infi-
nité d’ensembles An .
b) Montrer que x P lim inf n An si et seulement si il existe un n1 (qui peut dépendre de
x P X) tel que x P An , @ n ľ n1 .
c) Pour tout x P X, montrer les égalités
χlim sup An pxq “ lim sup χAn pxq, χlim inf An pxq “ lim inf χAn pxq.
n n
n n
2
e) Montrer que
ˆ ˙ ˆ ˙
lim sup An “ lim sup A2n Y lim sup A2n`1 ,
n n n
´ ¯ ´ ¯
lim inf An “ lim inf A2n X lim inf A2n`1 .
n n n
Exercice # 15. Déterminer les limites supérieures et inférieures des suites suivantes d’en-
sembles :
a) A1 et A2 donnés, An “ An´2 , @ n ľ 3.
b) A2n :“ r´1, 2 ` n´1 r et A2n`1 :“s ´ 2 ´ n´1 , 1s, @ n ľ 1.
c) An :“s ´ 8, an s avec pan qn Ă R suite monotone.
Exercice # 16. Soit X :“ r0, 1r. Montrer que tout entier n P N˚ s’écrit de façon unique sous
la forme
n “ 2m ` p avec m P N et 0 ĺ p ă 2m . (1)
Exercice # 17. Comparer lim inf n pAn Y Bn q et plim inf n An q Y plim inf n Bn q. Donner un
exemple de suites telles que
Exercice # 18. Montrer que plim supn An qzplim inf n An q Ă lim supn pAn 4An`1 q.
Rappels de cours. Dans les trois exercices suivants, on pourra utiliser sans preuve les faits
suivants :
a) L’intervalle r0, 1r Ă R n’est pas a. p. d.
b) Si A Ă N est infini, alors A est dénombrable.
c) S’il existe une bijection Φ : A Ñ B, alors :
(i) Soit A et B sont tous les deux finis ;
(ii) Soit A et B sont tous les deux dénombrables ;
(iii) Soit aucun des deux ensembles n’est a. p. d.
3
Exercice # 20. a) Soient n P N˚ et p1 , . . . , pn n nombres premiers distincts. Montrer, à
l’aide de l’application
Exercice # 21. Un nombre réel x est dit algébrique s’il existe un polynôme non nul P P ZrXs
tel que P pxq “ 0. Un nombre réel qui n’est pas algébrique est transcendant.
a) Montrer que tout nombre rationnel est algébrique.
b) Montrer que l’ensemble des nombres algébriques est dénombrable.
c) Montrer que l’ensemble des nombres transcendants n’est pas dénombrable.
Exercice # 23. Montrer qu’il existe un nombre réel qui ne peut pas être décrit par une dé-
finition mathématique.
Exercice # 24. Nous admettons Ů le résultat suivant, qui sera démontré en topologie : tout
ouvert U Ă R s’écrit U “ iPI Ji , avec les Ji intervalles ouverts non vides (et d. d. d).
Montrer que I est a. p. d. Donc : tout ouvert de R est réunion a. p. d. d’intervalles ouverts d. d. d.
pm ` nqpm ` n ` 1q
Exercice # 25. Soit f : N2 Ñ N, f pm, nq :“ ` n, @ m, n P N .
2
Montrer que f est bijective.
4
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Feuille de TD # 2
Tribus, fonctions mesurables, mesures
T :“ tA Ă R ; A a. p. d. ou Ac a. p. d.u.
1
a) X :“ R et A :“ tZu.
b) X :“ R et A :“ ttnu ; n P Zu.
c) X :“ N et A “ tt0u, t2u, t4u, . . .u.
Exercice # 9. Soit pX, dq un espace métrique. Soit Y Ă X, muni de la métrique induite par
X. Montrer que BY “ tB X Y ; B P BX u.
De manière équivalente, BY coïncide avec la tribu induite par BX sur Y (voir l’exercice
précédent).
Exercice # 13. Si pAi qiPI est une famille d’ensembles Ai Ă PpXq telle que chaque Ai soit
un clan (ou tribu, ou classe monotone), alors XiPI Ai est un clan (ou tribu, ou classe mono-
tone).
Exercice # 16. a) Montrer que l’union de deux tribus n’est pas nécessairement une tribu.
b) Montrer que l’union d’une suite finie et croissante de tribus est une tribu.
c) Ce dernier résultat ne passe pas à une union infinie. En effet, pour n P N, soit Tn la
tribu sur N engendrée par Ppt0, . . . , nuq. Montrer que pTn qnľ0 est une suite croissante
de tribus sur N, mais que Ynľ0 Tn n’est pas une tribu.
2
c) Un intervalle est dans BR .
Exercice # 20. Soit pX, dq un espace métrique. Soient fn : X Ñ R des fonctions boré-
liennes, n P N. Montrer que tx P X ; pfn pxqqn convergeu est un borélien.
Exercice # 23. Dans cet exercice, nous considérons un espace mesurable pX, T q. Prouver
ou réfuter les assertions suivantes.
a) Une fonction f : X Ñ R qui ne prend qu’un nombre fini de valeurs est étagée.
b) Si f : X Ñ Rn est mesurable, et si g : Rn Ñ R est borélienne étagée, alors g˝f : X Ñ R
est étagée.
c) Si f : X Ñ R est telle que f ´1 pF q P T pour tout F Ă R fermé, alors f est mesurable.
d) Si f : R Ñ R est borélienne et ne s’annule pas, alors 1{f est borélienne.
e) Si A Ă X, alors χA : X Ñ R est mesurable si et seulement si A P T .
#
x ` 1, si x ľ 0
f) La fonction f : R Ñ R, f pxq :“ , est borélienne.
´x, si x ă 0
g) La fonction f : X Ñ R est mesurable ðñ |f | est mesurable.
3
(i) f est dérivable en x et f 1 pxq “ `.
(ii) Nous avons la double égalité :
" *
f px ` hq ´ f pxq ˚ 1
` “ lim inf ; h P Q , |h| ă
mÑ8 h m
" *
f px ` hq ´ f pxq ˚ 1
“ lim sup ; h P Q , |h| ă .
mÑ8 h m
est borélienne.
d) Vrai ou faux ? Si g “ 0, alors f est constante.
Dans les exercices suivants, T Ă PpXq est une tribu. La mesurabilité des fonctions consi-
dérées s’entend par rapport à T .
Exercice # 27. Soient f : X Ñ R mesurable et g : X Ñ R définie par :
#
1, si f pxq P Q
gpxq :“ .
0, sinon
4
c) Encore plus généralement. Soient A1 , A2 , . . . , boréliens d. d. d. tels que X “ \k Ak .
Pour chaque Ak , soit fk : Ak Ñ R une fonction continue. Soit f : X Ñ R définie par
f pxq :“ fk pxq si x P Ak . Alors f est borélienne.
d) De même si, dans le point précédent, on remplace « fk continue » par « fk borélienne »
(voir aussi le point f)).
e) De même pour des fonctions à valeurs dans Rn .
f) Soit pX, T q un espace mesurable. Soient A1 , A2 , . . . , mesurables d. d. d. tels que X “
\k Ak . Pour chaque Ak , soit fk : Ak Ñ R une fonction mesurable. Soit f : X Ñ R
définie par f pxq :“ fk pxq si x P Ak . Alors f est mesurable.
g) Montrer que les items a)–e) sont des cas particuliers de l’item f).
Exercice # 33. Soit C Ă PpXq un clan tel que H P C . Si µ : C Ñ r0, 8s est σ-additive,
alors ou bien µpHq “ 0 (et donc µ vérifie les axiomes d’une mesure), ou bien µpHq “ 8 (et
dans ce cas µpAq “ 8, @ A P C ).
Exercice # 34. Soit X un ensemble. Montrer que l’application µ : PpXq Ñ r0, 8s,
#
card A, si A est fini
µpAq :“
8, sinon
Exercice # 36. Soit µ la mesure de comptage sur pN, PpNqq. Trouver une suite décroissante
d’ensembles pAn qnľ0 telle que µpAn q Û µ pXnľ0 An q.
Exercice # 37. Soit µ une mesure finie sur pX, T q. Soit S Ă T l’ensemble défini par
Exercice # 38. Soit µ une mesure σ-finie sur pX, T q. Montrer qu’il existe une suite d. d. d.
pXn qn Ă T telle que µpXn q ă 8, @ n et X “ \n Xn .
Exercice # 39. Soit µ une mesure σ-finie sur pX, T q. Soit pXn qnľ1 Ă T avec µpXn q ă 8,
@ n ľ 1 et X “ Yn Xn . Posons µn pAq :“ µpA X pX1 Y . . . Y Xn qq, @ A P T . Alors :
5
a) µn est une mesure finie, @ n ľ 1.
b) µn Õ µ.
Exercice # 40. (Formule de Poincaré)
a) Montrer que si µpA1 Y A2 Y . . . Y An q ă 8 alors
ÿ
n ÿ
µpA1 Y A2 Y . . . Y An q “ p´1qj`1 µpAi1 X . . . X Aij q.
j“1 1ĺi1 ăi2 㨨¨ăij ĺn
(i) Construire une suite d’intervalles fermés pIj qjľ0 Ă r0, 1s avec les propriétés sui-
vantes : I0 “ r0, 1s, Ij`1 Ă Ij , @ j ľ 0, Ij est de longueur 2´j , @ j ľ 0, et µpIj q “ 1,
@ j ľ 0.
(ii) En déduire qu’il existe un point a P r0, 1s tel que µ “ δa .
b) Soit ν une mesure borélienne σ-finie sur R avec la propriété suivante :
νpBq ą 0 ùñ νpRzBq “ 0, @ B P BR .
6
Dans les quatre exercices suivants, λ est la mesure de Lebesgue sur les boréliens de R. (Avec
les notations du cours, λ “ ν1 .)
Exercice # 47. Soit B P BR tel que λpBq ą 0. Soit ε ą 0. Montrer qu’il existe un borélien
A Ă B tel que 0 ă λpAq ă ε. Indication : recouvrir B avec des intervalles disjoints de taille
ă ε.
Exercice # 48. Le but de cet exercice est de donner une définition équivalente de λ comme
la seule mesure borélienne normée et invariante par translations.
a) Montrer que, si x P R et A P BR , alors x ` A P BR .
b) On fixe x P R. Soit µ : BR Ñ r0, 8s définie par µpAq :“ λpx ` Aq pour A P BR .
Montrer que µ est une mesure sur BR .
c) En déduire que λpx ` Aq “ λpAq pour tout x P R et A P BR , c’est-à-dire : la mesure de
Lebesgue est invariante par translations.
d) Inversement, soit µ une mesure borélienne sur R, invariante par translations et telle
que µpr0, 1rq “ 1. Calculer µpr0, 1{nrq, n P N˚ . Déterminer la mesure d’un intervalle
arbitraire. Montrer que µ “ λ.
e) Prouver ou réfuter. Une mesure borélienne sur R, invariante par translations, est un
multiple de la mesure de Lebesgue.
Exercice # 49. Cet exercice fait suite au précédent. Nous nous proposons de montrer que,
si µ est une mesure borélienne et invariante par translations sur Rn telle que µpr0, 1rn q “ 1,
alors µ “ νn .
a) Montrer que µpr0, 1{krn q “ p1{kqn , @ k P N˚ . Indication : recouvrir r0, 1rn avec des
cubes d. d. d. de taille 1{k.
b) Soit Kj comme dans le lemme 9.6 du cours. Montrer que µpKj q “ νn pKj q.
c) En déduire que µpKq “ νn pKq pour tout compact K Ă Rn .
d) Conclure.
Exercice # 51. Pour des fonctions f, g définies sur X à valeurs dans R ou Rn , la relation
f „ g si et seulement si f “ g µ-p. p. est une équivalence.
Exercice # 52. Prouver ou réfuter. Une partie d’un ensemble Lebesgue mesurable de Rn est
Lebesgue mesurable.
7
a) Soient f et g deux applications continues de R dans R. Montrer que f “ g λ´p. p. ðñ
f “ g.
De même pour f, g : A Ñ R, avec A Ă Rn tel que A Ă Å.
b) Soit f : R Ñ R. Nous considérons les deux propriétés suivantes.
(P1) f est continue λ-p. p.
(P2) Il existe une fonction g : R Ñ R continue telle que f “ g λ-p. p.
Montrer que (P1) n’implique pas (P2), et que (P2) n’implique pas (P1).
c) Soit ε ą 0. Montrer qu’il existe un ouvert U dense dans R tel que λpU q ĺ ε.
Exercice # 55. Soit λn la mesure (complète) de Lebesgue sur la tribu de Lebesgue Ln dans
Rn . Montrer que
a) λn est σ-finie.
śn
b) λ
śnnest l’unique mesure sur Ln telle que λn pP q “ j“1 pbj ´ aj q pour tout pavé P “
j“1 saj , bj r de R .
n
8
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UE Mesure et intégration & Éléments d’analyse fonctionnelle Année 2023–2024
Feuille de TD # 3
Intégrale. Convergence monotone et dominée
Montrer que f est Lebesgue intégrable sur r0, 1s et calculer son intégrale.
b) Mêmes questions pour la fonction f : r0, π{2s Ñ R définie par
#
sin x, si cos x P Q
f pxq :“ .
sin x, si cos x R Q
2
1
ÿ p´1qn
b) La somme de la série , avec a “ 1 ou 2.
nľ1
na
p´1qn
ˆ
c) L’intégrale dµpnq, avec a “ 1 ou 2, et µ la mesure de comptage.
N˚ na
Exercice # 7. (Théorème de convergence décroissante) Soit pX, T , µq un espace mesuré.
Soit pfn qnľ0 une suite décroissante de fonctions mesurables positives sur X, avec f0 intégrable.
a) Montrer (via le théorème de convergence monotone) que limn fn dµ “ limn fn dµ.
´ ´
Exercice # 8. Soit P une probabilité sur pR, BR q. Pour n P N, soit In :“ R pcos πtq2n dP ptq.
´
a) Montrer que In ă 8, @ n.
b) Montrer que la suite pIn qnľ0 est décroissante.
c) Déterminer lim In .
n
Exercice # 10. Soit P une probabilité sur pR` , BR` q. Pour x ľ 0, soit F pxq :“ R` e´xt dP ptq.
´
Exercice # 11. a) Soit I un intervalle de R. Montrer que si pfn qnľn0 est une suite de fonc-
tions boréliennes positives sur I, alors
ÿ ˆ ˆ ˜ÿ ¸
fn dν1 “ fn dν1 .
nľn0 I I nľn0
b) En déduire la valeur de
ÿ8 ˆ 8
x
dx.
n“3 1 p1 ` xqn
1 ˆ ˙´1
ex
ˆ
Exercice # 12. Déterminer, pour tout α P R, lim α
x ` dx.
n 0 n
8
n sinpx{nq
ˆ
Exercice # 13. Calculer lim dx.
n 1 x3
Exercice # 14. Dans cet exercice, I est un intervalle de R, muni de sa tribu borélienne et de
la mesure de Lebesgue´ λ (“ ν1 ). Montrer que les fonctions suivantes sont intégrables sur I
et déterminer limn I fn dλ.
nx sin x
a) I :“ r0, 1s, fn pxq :“ , où 1 ă α ă 2.
1 ` pnxqα
2
n2 x expp´n2 x2 q
b) I :“ rA, 8r (avec A ą 0) et fn pxq :“ .
1 ` x2
?
c) I :“ r0, 1s et fn pxq :“ n χr1{n,2{nr pxq.
Exercice # 15. Soit f une fonction Lebesgue intégrable sur r0, 8r. Calculer
ˆ 8
x
lim f pxq dx.
n 0 x`n
Exercice # 17. Soit pX, T , µq un espace mesuré. Soit f une fonction mesurable positive sur
X. Montrer que
ˆ ˙
1
ˆ ˆ
lim n ln 1 ` f dµ “ f dµ.
n X n X
c) Mêmes questions si f : X Ñ R.
Exercice # 21. Soit P une probabilité sur pR, BR q telle que la fonction R Q t ÞÑ exp pa|t|q
soit intégrable pour tout a P R.
a) Donner deux exemples de telles mesures « de nature différente ».
b) Montrer que t ÞÑ tn est intégrable pour tout n P N.
c) Soit z P C.
(i) Montrer que t ÞÑ exppztq est intégrable.
(ii) Posons F pzq :“ R exppztq dP ptq.ř Montrer que F admet un développement en
´
Exercice # 22. Soit pX, T , µq un espace mesuré, avec µ finie. Soit f : X Ñ r0, 8r une
fn
ˆ
fonction mesurable et, pour n ľ 1, soit In :“ dµ. Calculer limn In .
X 1`f
n
3
Exercice # 23. Rappelons que
´ x ¯n
1` Õ ex , @ x ľ 0.
n
Exercice # 24. Pour tout entier n ľ 1 et tout réel x, soit fn pxq :“ e´nx ´ 2e´2nx .
ř
a) Montrer que nľ1 fn pxq est une série convergente pour tout x ą 0, et calculer sa somme
f pxq.
´8ř ř ´8
b) Comparer 0 nľ1 fn pxq dx et nľ1 0 fn pxq dx. Expliquer.
a) Tracer le graphique de fn .
b) Calculer et comparer lim inf n fn dλ, lim inf n fn dλ, lim supn fn dλ et lim supn fn dλ.
´ ´ ´ ´
c) Mêmes questions avec la suite de fonctions pgn qnľ1 définie par g2p :“ χr0,1{p2pqs , @ p P
N˚ , g2p`1 :“ χr1{p2p`1q,1s , @ p P N.
Exercice # 27. Soient pX, T , µq un espace mesuré et f : X Ñ r0, 8r une fonction mesu-
rable.
a) Supposons µ finie. Pour n ř P N, soit Xn :“ f ´1 prn, n ` 1rq. Montrer que f est µ-
intégrable si et seulement si nľ0 n µpXn q ă 8.
´1
b) Nous ne supposons plus µ finie. Pour
ř8 n P Z,n soit Fn :“ f pr2 , 2 rq. Montrer que f
n n`1
4
Exercice # 28. Soient pX, T , µq un espace mesuré et f : X Ñ r0, 8r une fonction mesu-
rable. Posons
Exercice # 29. (L’exercice précédent, vue probabiliste) En théorie des probabilités, µ est une
probabilité, et on travaille plutôt avec la fonction de répartition Gf ptq :“ µprf ĺ tsq, @ t ľ 0.
« Traduire » l’exercice précédent en fonction de Gf .
Exercice # 30. (Inégalité de Jensen) Soit pX, T , P q un espace probabilisé. Soient I Ă R un
intervalle ouvert et Φ : I Ñ R une fonction convexe.
Nous admettons dans la suite le fait suivant (qui caractérise la convexité de Φ). Pour tout
t P I, il existe une fonction affine Ψ (c’est-à-dire, une fonction de la forme Ψpsq “ a s ` b,
@ s P R) telle que :
(i) Ψpsq ĺ Φpsq, @ s P I ;
(ii) Ψptq “ Φptq.
Soit f : X Ñ I une fonction intégrable.
a) Montrer que f dP P I.
´
`´ ˘
b) Si Ψ est affine, comparer les nombres Ψpf q dP et Ψ f dP .
´
5
Exercice # 32. (Variables aléatoires indépendantes) Soient pX, T , P q un espace probabi-
lisé et f, g : X Ñ r0, 8r des variables aléatoires (=fonctions mesurables). Nous supposons
les variables aléatoires f et g indépendantes, au sens suivant :
Exercice # 33. (Mesures à densité) Soit pX, T , µq un espace mesuré. Soit g : X Ñ r0, 8s
une fonction mesurable.
a) Montrer que
ˆ
ν : T Ñ r0, 8s, νpAq :“ g dµ, @ A P T ,
A
a) Montrer que pour toute fonction borélienne Φ : Rn Ñ r0, 8r nous avons la formule de
transfert
ˆ ˆ
Φ ˝ f dµ “ Φ df˚ µ.
X Rn
6
2 Si f : X Ñ R est une variable aléatoire, ce qui est connu n’est pas µ, mais la loi de f ,
c’est-à-dire la mesure image f˚ µ, notée Pf . (Pour ajouter à la confusion, f est notée
X, et sa loi PX , mais dans ce cours X est l’espace ambient des fonctions mesurables.)
3 L’intégrale d’une variable aléatoire f (si elle existe) est désignée comme l’espérance de
f et notée Epf q.
(i) Montrer que Pf est une probabilité sur pR, BR q.
(ii) Écrire, sous réserve d’existence et à l’aide de Pf , Epf q, Epf ´ Epf qq2 , R Q t ÞÑ
Epeıtf q, qui, en langage probabiliste sont, respectivement, l’espérance, la variance et
la fonction caractéristique de f .
(iii) Que deviennent ces formules si Pf est une probabilité à densité par rapport à ν1 ?
c) Si f “ pf1 , . . . , fn q : X Ñ Rn est un vecteur aléatoire (=fonction
´ mesurable), ¯ exprimer,
ř
ı n
en fonction de la loi de f , la fonction caractéristique R Q t ÞÑ E e
n j“1 tj fj
.
an,k ľ 0, @ n, k ľ 0, (H1)
pank qkľ0 est croissante , @ n ľ 0. (H2)
7
Exercice # 38. En considérant, dans R, la suite fn :“ χrn,n`1r , montrer que l’hypothèse de
domination est essentielle pour la validité du théorème de convergence dominée.
Montrer que :
a) |fn | Ñ 0.
´
8
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UE Mesure et intégration & Éléments d’analyse fonctionnelle Année 2023–2024
Feuille de TD # 4
Intégrales à paramètres
R :“ suptr ľ 0 ; lim an rn “ 0u
n
ř
et I :“s ´ R, Rr. Posons F pxq :“ nľ0 an xn , @ x P I. Montrer que F P C 8 pIq et que
ÿ
F pkq pxq “ npn ´ 1q ¨ ¨ ¨ pn ´ k ` 1qan xn´k , @ x P I.
nľk
ř
b) Calculer nľ1 p´1q
n
n xn´1 , |x| ă 1.
ˆ 1 x´1
t
Exercice # 5. Soit f pxq :“ dt, @ x P R.
0 1`t
a) Montrer que f est finie si et seulement si x ą 0.
b) Montrer que f est continue sur s0, 8r.
1
c) Calculer f pxq ` f px ` 1q pour x ą 0. En déduire la valeur de lim x f pxq.
xŒ0
t´1 x
Exercice # 6. Soit f px, tq :“ t pour t Ps0, 1r et x P R.
ln t
´1
a) Montrer que F pxq :“ 0 f px, tq dt est finie si et seulement si x ą ´1.
b) Montrer que F est dérivable sur s ´ 1, 8r et calculer F 1 pxq.
c) Calculer limxÑ8 F pxq. En déduire la valeur de F pxq pour x P R.
ÿ p´1qn
Exercice # 7. a) Montrer que la série converge. Notons K sa somme.
nľ1
n
ÿ xn
b) Soit f pxq :“ . Montrer que f est de classe C 1 sur s ´ 1, 1r et calculer f 1 pxq.
nľ1
n
c) Déterminer f pxq et lim f pxq.
xΫ1
d) En déduire la valeur de K.
ˆ 8
lnp1 ` αx2 q
Exercice # 9. Soit Ipαq :“ dx, α ľ 0.
0 1 ` x2
a) Montrer que la fonction I : R` Ñ R est continue sur R` et de classe C 1 sur R˚` .
b) Donner la formule de I 1 pαq si α ą 0.
x2
c) Soit α P R˚` zt1u. Décomposer la fraction en éléments simples. En
p1 ` x2 qp1 ` αx2 q
déduire la valeur de I 1 pαq pour α ą 0.
d) Calculer Ipαq pour α ľ 0.
8 ˆ ˙2
sin x
ˆ
Exercice # 10. Soit f la fonction définie sur R` par f ptq :“ e´tx dx.
0 x
˚
a) Montrer que f est continue sur R` et deux fois dérivable sur R` .
b) Calculer f 2 et les limites à l’infini de f et f 1 .
c) En déduire une expression simple de f .
2
1 ´ F pxq
c) Nous supposons que l’application t ÞÑ t2 est P -intégrable. Déterminer lim .
xÑ0 x2
(On pourra établir et utiliser l’inégalité 1 ´ cos u ĺ u2 {2.)
1 ´ F pxq
d) « Réciproquement », supposons lim inf ă 8. Montrer que l’application t ÞÑ t2
xÑ0 x2
est P -intégrable. (On pourra utiliser le lemme de Fatou.)
ˆ 8 ˆ 8
cospxtq 1 ´ cospxtq dt
Exercice # 12. Pour x P R, soient F pxq :“ dt et Gpxq :“ .
0 1`t 2
0 t2 1 ` t2
a) Montrer que F et G sont continues sur R. Calculer F p0q et Gp0q.
b) Montrer que
8
sin2 t
ˆ
F p0q ´ F pxq ` Gpxq “ C |x|, @ x P R, où C :“ dt.
0 t2
c) (i) Montrer que G est de classe C 2 sur R et que l’on a G2 pxq “ F pxq pour tout réel x.
(ii) En utilisant la question b), en déduire que F est de classe C 2 sur R˚` et est solution
d’une équation différentielle du second ordre que l’on déterminera.
(iii) En déduire l’expression de F pxq pour x ą 0 (on pourra remarquer que la fonction
F est bornée sur R). Calculer enfin F pxq pour tout réel x.
d) Déduire de tout ceci la valeur de la constante C.
Exercice # 13. (Transformée de Fourier d’une gaussienne) Soit a ą 0. Soit ga pxq :“ e´ax
2
pour x P ´R. Nous nous proposons de calculer la transformée de?Fourier de ga , donnée par
´ıtx
´ ´x2
ha ptq :“ R e ga pxq dx, @ t P R. Rappelons que R e dx “ π.
a) Montrer que ga est Lebesgue intégrable et calculer ha p0q.
b) Montrer que ha est de classe C 1 et donner la formule de sa dérivée h1a .
c) En utilisant une intégration par parties, montrer que h1a ptq “ p´t ha ptqq{p2aq.
c
π ´t2 {p4aq
d) En déduire que ha ptq “ e .
a
Exercice # 14.
´ 8Soit ha la fonction de l’exercice précédent.
´a t
Soit f ptq :“ 0 e ha ptq da. Montrer que f est de classe C 1 sur s0, 8r.
ˆ 8 ˆ ˆ ˙˙
1 x2
Exercice # 15. Pour x P R, soit F pxq :“ exp ´ `t 2
dt.
0 2 t2
a) Montrer que F est continue sur R.
b) Montrer que F est dérivable sur R˚ .
c) Montrer que, pour tout x ą 0, on a F 1 pxq “ ´F pxq.
d) En déduire la valeur de F pxq pour x réel.
expp´xq ´ expp´txq
Exercice # 16. Pour x ą 0 et t ą 0, soit f pt, xq :“ .
x
a) Montrer que pour tout t ą 0, la fonction x ÞÑ f pt, xq est Lebesgue intégrable sur R˚` .
´8
Pour t ą 0, soit F ptq :“ 0 f pt, xq dx.
b) Montrer que F est continue sur s0, 8r.
c) Montrer que F est dérivable sur s0, 8r.
d) Calculer F 1 ptq et en déduire la valeur de F ptq pour tout t ą 0.
3
8
expp´x2 yq
ˆ
Exercice # 17. Pour y ľ 0, soit F pyq :“ dx.
0 1 ` x2
a) Montrer que F est continue sur R` .
b) Calculer F p0q et déterminer lim F pyq.
yÑ8
c) Montrer que F est dérivable sur R˚` .
˚
d) Montrer que F est solution
´ 8 sur R` d’une équation différentielle du premier ordre s’ex-
primant à l’aide de I :“ 0 expp´x q dx. 2
1 y
Si px, yq P U , soit Py pxq :“ ; Py est le noyau de Poisson. Si f est Lebesgue
π x ` y2
2
intégrable sur R, posons
ˆ
upx, yq :“ Py px ´ tq f ptq dt, @ px, yq P U.
R
4
a) Montrer que u est finie en tout point de U .
b) Montrer que u est de classe C 2 sur U .
B2u B2u
c) Montrer que ∆u “ 0, où ∆upx, yq :“ ` est le laplacien.
Bx2 By 2
d) Si f est continue et bornée, montrer que
5
(iii) Montrer que gpxq est de classe C 2 sur s0, 8r et calculer g 1 pxq et g 2 pxq pour x ą 0.
1
(iv) Montrer que pour tout x ą 0, gpxq ` g 2 pxq “ .
x
c) Dans cette partie, nous nous proposons de montrer l’égalité de f et de g sur s0, 8r.
(i) Montrer que lim f pxq “ 0 et que lim gpxq “ 0.
xÑ8 xÑ8
(ii) À partir de l’équation différentielle du seconde ordre vérifiée par les deux fonctions,
en déduire que f pxq “ gpxq pour x ą 0.
d) Dans cette partie, nous nous proposons de trouver gp0q.
(i) Montrer que lim gpxq “ gp0q.
xŒ0
6
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Feuille de TD # 5
Mesures produit
Notations
1. νn est la la mesure de Lebesgue sur la tribu borélienne BRn de Rn .
2. λn est la mesure de Lebesgue sur la tribu de Lebesgue Ln de Rn .
3. λ est la mesure de Lebesgue sur la tribu de Lebesgue L1 de R. (Donc λ “ λ1 .)
1
ˆ
b) Calculer dxdy, où ∆ :“ tpx, yq P R2 ; 0 ĺ x, y ĺ 1, 0 ă x2 ` y 2 ĺ 1u.
∆ 1`x `y
2 2
1
En examinant les aires des coupes des ces trois solides à la hauteur z, retrouver l’identité
d’Archimède :
2
Exercice # 13. En calculant de deux façons différentes l’intégrale
ˆ 8 ˆˆ 1 ˙
´x
I :“ e sinp2xyq dy dx,
0 0
8
sin2 x
ˆ
déterminer la valeur de e´x dx.
0 x
Exercice # 14. (Variables aléatoires indépendantes à densité) Soit pX, T , P q un espace pro-
babilisé. Soient f, g : X Ñ R deux variables aléatoires indépendantes (voir l’exercice # 32
de la feuille # 3). Supposons que la loi f˚ P “ Pf de f (respectivement la loi g˚ P “ Pg de g)
a la densité F (respectivement G) par rapport à ν1 (voir les exercices # 33 et 34 de la feuille
# 3).
Soit
(En théorie des probabilités, on travaille plutôt avec la fonction caractéristique de µ, définie par
ˆ
ψpxq :“ ϕp´xq “ exp pıxtq dµptq, @ x P R.q
R
3
c) Quelle hypothèse d’un théorème important n’est pas satisfaite ?
Exercice # 17. a) Énoncer les hypothèses et les conclusions des théorèmes de Tonelli et Fu-
bini pour la mesure de comptage sur N ˆ N.
b) Soit
$
’
&1, si n “ m ´ 1
f : N ˆ N Ñ R, f pn, mq :“ ´1, si n “ m ` 1 .
’
%
0, si n “
m˘1
ř ř ř ř
Calculer n m f pn, mq et m n f pn, mq, et vérifier si les conditions de point précé-
dent sont satisfaites.
Exercice # 19. Soient µ1 , µ2 deux mesures boréliennes, σ-finies, non nulles, sur R, telles
que
Le but de cet exercice est de montrer qu’il existe a P R et b1 , b2 Ps0, 8r tels que µ1 “ b1 δa
et µ2 “ b2 δa . (Et réciproquement.)
a) Montrer que si A1 , A2 P BR sont tels que µ1 pA1 q ą 0 et µ2 pA2 q ą 0, alors µ1 b µ2 pA1 ˆ
A2 q ą 0.
b) Avec A1 , A2 comme ci-dessus, en déduire que pA1 ˆA2 qX∆ ‰ H, puis que A1 XA2 ‰ H.
c) Soit A P BR tel que µ1 pAq ą 0. En utilisant les questions précédentes, montrer que
µ2 pRzAq “ 0, puis que µ2 pAq ą 0, et enfin que µ1 pRzAq “ 0.
d) Conclure en utilisant l’exercice # 42 de la feuille #2.
Exercice # 20. Soit µ la mesure de comptage sur N, ν une mesure σ-finie sur X, et soient
fn : X Ñ R des fonction mesurables, @ n P N. Soit f pn, xq :“ fn pxq, @ n P N, @ x P X.
a) Quelles hypothèses supplémentaires doit-on ajouter pour pouvoir appliquer le théorème
de Tonelli à µ b ν et à f , et quelle est l’identité obtenue ?
b) Quelles hypothèses supplémentaires doit-on ajouter pour appliquer le théorème de Fu-
bini à µ b ν et à f , et quelle est l’identité obtenue ?
c) Les identités obtenues dans les deux questions précédentes restent-elles valides si ν n’est
plus supposée σ-finie ?
4
b) Montrer que Fµ dν “ pGν ´ Hν q dµ.
´ ´
R R
c) Soient Dµ :“ tt P R ; Hµ ptq ‰ 0u et Dν :“ tt P R ; Hν ptq ‰ 0u.
(i) Expliquer pourquoi les ensembles Dµ et Dν sont a. p. d.
(ii) Montrer l’égalité suivante :
ˆ ˆ ÿ
Fµ dν ` Fν dµ ` Hµ ptq Hν ptq “ 1.
R R tPDµ XDν
5
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UE Mesure et intégration & Éléments d’analyse fonctionnelle Année 2023–2024
Feuille de TD # 6
Changement de variables
Notations
´8
a) Pour x ą 0, Γpxq :“ 0
tx´1 e´t dt Ps0, 8r (c’est la fonction Gamma d’Euler).
b) νn est la mesure de Lebesgue sur les boréliens de Rn .
c) λn est la mesure de Lebesgue (complète) dans Rn .
π π
dx 1 ` tan2 x
ˆ ˆ
I“ “ dx.
1 2 ` tan2 x
0 1` 0
1 ` tan2 x
1
En posant t :“ tan x, nous avons dt “ dx “ p1 ` tan2 xq dx, d’où
cos2 x
tan π 0
dt dt
ˆ ˆ
I“ “ “ 0.
tan 0 2 ` t2 0 2 ` t2
1
ˆ
b) Soient x ą 0, y ą 0 et I :“ tx´1 sy´1 e´pt`sq dsdt. Calculer I en utilisant le
R˚ ˚
` ˆR`
changement de variables dans R2 : u “ t et v “ t ` s.
c) En calculant I d’une autre manière, établir, pour x, y ą 0, l’identité
Γpxq Γpyq
Bpx, yq “ . (1)
Γpx ` yq
Exercice # 4. a) Soit H : R2 Ñ R2 , Hpu, vq :“ ps, tq, avec s :“ uv et t :“ up1 ´ vq.
Montrer que H est un C 1 -difféomorphisme de l’ouvert U “s0, 8rˆs0, 1r sur pR˚` q2 .
b) Calculer l’intégrale I de l’exercice précédent en utilisant le changement de variables H,
et retrouver l’identité (1).
1
ˆ
Exercice # 5. a) Calculer dxdy, où ∆ :“ tpx, yq P R2 ; 0 ĺ x, y ĺ 1, 0 ă
∆ 1 ` x 2 ` y2
x2 ` y 2 ĺ 1u.
" 2
*
2 x y2
b) Calculer l’aire de D :“ px, yq P R ; 2 ` 2 ĺ 1; x ľ 0, y ľ 0 (avec a, b ą 0 para-
a b
mètres).
c) Calculer D px2 ` y 2 q dxdy.
´
d) Soient a, b ą 1. Calculer l’aire de B, où B est l’ouvert délimité par les courbes d’équation
y “ ax, y “ x{a, y “ b{x et y “ 1{pbxq et contenant le point p1, 1q.
U :“ tpu, v, wq P R3 ; u ą 0, v ą 0, w ą 0, uv ă 1, uw ă 1, vw ă 1u.
de variables suivant :
? ? ?
px, y, zq “ Φpu, v, wq :“ p vw, wu, uvq.
H x x`y
a) Soit px, y, zq ÞÝÝÑ pu, v, wq, où u :“ x ` y ` z, v :“ et w :“ . Montrer
x`y x`y`z
que H est un C 1 -difféomorphisme de pR˚` q3 sur un ouvert U de R3 que l’on déterminera.
2
b) En utilisant H et la formule (1), en déduire que
Γpaq Γpbq Γpcq 8 a`b`c´1
ˆ
Ia,b,c “ u f puq du. (2)
Γpa ` b ` cq 0
Exercice # 10. Soient α, β, γ ą 0. Soit
dxdydz
ˆ
J :“ .
3 1 ` x ` y ` z
α β γ
pR˚
`q
?
π
a) En utilisant (3), montrer que Jpαq “ α`1 Γpαq.
2
b) En utilisant le changement de variables u :“ xy 2 , v :“ x{y 2 , que l’on justifiera, montrer
que
ˆ ˙
1 ´α¯ α`1
Jpαq “ Γ Γ .
4 2 2
3
´α¯ ˆ ˙ ?
α`1 π
c) En déduire la formule Γ Γ “ α´1 Γpαq, α ą 0.
2 2 2
ex ` e´x
Exercice # 14. Rappelons que la fonction cosinus hyperbolique est définie par cosh x :“ .
2
a) Nous considérons les intégrales suivantes
dsdt dsdt dudv
ˆ ˆ ˆ
A :“ , B :“ , C :“ .
R2` cosh s ` cosh t R2 cosh s ` cosh t R2 cosh u cosh v
4
g) Et si Φ1 pxq ă 0, @ x Psa, br ?
Exercice # 17. Soient f, g : Rn Ñ R deux fonctions Lebesgue mesurables. Nous nous
proposons de montrer l’égalité
ˆ ˆ
f px ´ yq gpyq dy “ f pyq gpx ´ yq dy, @ x P Rn . (5)
Rn Rn
b) Montrer que (7) reste encore vraie (dans un sens à expliquer) si f n’est plus supposée
positive.
c) Soient U :“ tx P Rn ; ||x|| ą 1u et a P R. Quelle est la nature de U ||x||´a dx ?
´
5
d) Soit Fλ pxq :“ cos pλxq, @ x P R, avec λ P R paramètre. Soit Gpλq :“ IpFλ q. Écrire G
comme la transformée de Fourier d’une fonction que l’on précisera.
e) Montrer que, pour toute fonction F : R Ñ R borélienne et bornée, nous avons
ˆ ˙
x F pzq
ˆ ˆ
´x2 {2´y 2 {2
F e dxdy “ 2 dz.
R 1`z
y 2
R2
6
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Feuille de TD # 7
Espaces Lp . Convolution
Cadre. Sauf mention contraire, nous travaillons dans un espace mesuré pX, T , µq. Les es-
paces L p et Lp , 1 ĺ p ĺ 8, sont relatifs à cet espace mesuré.
Exercice # 1. (Inégalité de Young) Soient 1 ă p, q ă 8 exposants conjugués. Alors
ap b q
ab ĺ ` , @ a, b P r0, 8r.
p q
Indication : étudier, pour b fixé, la fonction a ÞÑ ap {p ` bq {q ´ ab.
Exercice # 2. Soient f, g : X Ñ R mesurables. Montrer les propriétés suivantes.
a) }tf }p “ |t| }f }p , @ t P R (avec la convention 0 ¨ 8 “ 0).
b) Si f “ g p. p., alors }f ´ g}p “ 0 et }f }p “ }g}p .
c) }f }p “ 0 si et seulement si f “ 0 p. p.
d) La définition de }f }8 est correcte, au sens suivant. Soit A :“ tM P r0, 8s ; |f pxq| ĺ
M p. p.u. Alors A est non vide et A a un plus petit élément, m. Cet m est le plus petit
nombre C de r0, 8s avec la propriété |f pxq| ĺ C p. p.
e) }f ` g}p ĺ }f }p ` }g}p pour p “ 1 et p “ 8. (Ici, f, g : X Ñ R.)
Exercice # 3. Soit U un ouvert non vide de Rn , muni de la mesure de Lebesgue sur BU . Si
f P CpU q, montrer que }f }8 “ sup |f |.
U
1
c) Généralisation ?
Exercice # 6. Donner un sens aux expressions suivantes.
a) « f P Lp , f ľ 0 ».
b) « rf P Lp , }f }p “ 0s ùñ f “ 0 ».
Exercice # 7. Donner un sens aux affirmations suivantes, puis les prouver ou les réfuter.
a) Si f P Lp , alors f est mesurable.
b) Si f P Lp , avec 1 ĺ p ă 8, alors f est finie p. p.
c) f P L1 ùñ µptx P X ; |f pxq| ą tuq ĺ }f }1 {t, @ t ą 0.
Plus généralement, si 1 ĺ p ă 8 et f P Lp , alors
la fonction de répartition de f .
a) Si µ est σ-finie, montrer la formule du gâteau en étages
ˆ 8
p
}f }p “ p tp´1 Ff ptq dt. (1)
0
b) Montrer que (1) reste vraie sans l’hypothèse µ σ-finie. Indications : commencer par une
fonction étagée, et traiter le cas général par convergence monotone.
Exercice # 10. (Espaces `p )
a) Si µ est la mesure de comptage, alors l’égalité p. p. équivaut à l’égalité. Ainsi, nous pou-
vons identifier naturellement L p et Lp .
Si X “ N muni de la mesure de comptage sur PpNq, alors nous définissons
`p “ `p pNq :“ L p “ Lp , @ 1 ĺ p ĺ 8.
2
c) Montrer que, si 1 ĺ p1 ĺ p2 ĺ 8, alors `1 Ă `p1 Ă `p2 Ă `8 . De plus, ces inclusions
sont « continues » : si 1 ĺ p ĺ r ĺ 8, alors }pan qn }r ĺ }pan qn }p .
d) Soit pan qn P `p , avec p ă 8. Montrer que pour tout r ą p nous avons limsÑr }pan qn }s “
}pan qn }r .
e) Si 1 ĺ r ă 8 et pan qn est une suite arbitraire, alors limsŒr }pan qn }s “ }pan qn }r .
Exercice # 11. (Espaces Lp quand la mesure est finie) Nous supposons µ finie.
a) Montrer que si 1 ĺ p1 ĺ p2 ĺ 8, alors L8 Ă Lp2 Ă Lp1 Ă L1 .
Plus spécifiquement, montrer que, 1 ĺ p ĺ r ĺ 8, alors }f }p ĺ pµpXqq1{p´1{r }f }r ,
@ f.
b) Soit f P Lp , avec p ą 1. Montrer que pour tout 1 ĺ r ă p nous avons limsÑr }f }s “
}f }r .
c) Si f P L8 , alors :
(i) f P Lp , @ 1 ĺ p ă 8.
(ii) L’application r1, 8s Q p ÞÑ }f }p est continue. En particulier, lim }f }p “ }f }8 .
pÑ8
Exercice # 13. (Lemme de Brezis-Lieb) Soit 1 ĺ p ă 8. Nous considérons une suite pfj q Ă
L p telle que :
i) }fj }p ĺ C0 ă 8, @ j.
ii) fj Ñ f .
a) Montrer que f P L p .
b) A-t-on nécessairement fj Ñ f dans L p ?
Dans la suite, nous nous proposons de montrer le lemme de Brezis-Lieb
ˆ ˆ ˆ
|fn | “ |f | ` |fn ´ f |p ` op1q quand n Ñ 8.
p p
(2)
3
d) Si p “ 1, montrer que
||fn | ´ |f ´ fn || ĺ |f |
Cp
ˆ
|f |p ĺ 0p . (5)
Bn,M M
(v) Utiliser (5), la deuxième inégalité de (4) et l’inégalité de Hölder pour montrer que
ˆ
lim sup ||fn |p ´ |fn ´ f |p ´ |f |p || “ 0.
M Ñ8 n Bn,M
(vi) Conclure.
4
Exercice # 16. a) En utilisant éventuellement l’exercice précédent, montrer le résultat sui-
vant.
Si 1 ă p ă 8 et f, g P Lp zt0u, alors
a) Montrer que
où
Kpx, yq Kpx, yq
ˆ ˆ
F pxq :“ dνpyq, Gpyq :“ dµpxq.
Y γ p pyq X αq pxq
5
d) (Inégalité de Young) En prenant αpxq ” 1 et γpyq ” 1, obtenir, pour f, h : Rn Ñ R` ,
l’inégalité de Young ||h ˚ f ||p ĺ ||h||1 ||f ||p .
e) (Inégalité de Hardy) En prenant αpxq “ γpxq “ x1{pp`qq , obtenir l’inégalité de Hardy
ˆ 8 ˆˆ x ˙p ˆ 8
1 p
p
f pyq dy dx ĺ q f p pxq dx.
0 x 0 0
Exercice # 20. (Inégalité de Hardy, encore) Nous proposons ici une autre approche pour
montrer l’inégalité de Hardy obtenue dans l’item e) de l’exercice précédent. Nous travaillons
dans I “s0, 8r muni
´ x de la mesure de Lebesgue. Soit 1 ă p ă 8. Si f P L “ L pIq, nous
p p
6
Exercice # 22. a) Soit 1 ĺ p ĺ 8. Montrer que tf P L p pX, T , µq ; f étagéeu est dense
dans L p pX, T , µq. Il convient de distinguer les cas 1 ĺ p ă 8 et p “ 8.
b) On travaille dans pRn , BRn , µq, avec µ mesure de Radon. Si 1 ĺ p ă 8, montrer que
"ÿ
k *
˚
aj χKj ; k P N , aj P R, Kj compact, @ j
j“1
Exercice # 26. Une approximation de l’identité est une famille pζ ε qεą0 telle que :
i) ζ ε : Rn Ñ R est (Lebesgue) intégrable, @ ε ą 0.
ii) ζ ε “ 1, @ ε ą 0.
´
7
Exercice # 29. Soit Ω un ouvert de Rn . Montrer que C 8 pΩq X L 8 pΩq et Cc8 pΩq ne sont
pas denses dans L 8 pΩq.
Exercice # 30. Nous travaillons dans pRn , BRn , λn q. Soient p, q deux exposants conjugués.
Si f P Lp et g P Lq , montrer que f ˚ g est continue.
Exercice # 31. Nous travaillons dans pRn , LRn , λn q. Nous nous proposons de montrer le
résultat suivant : si A, B P Ln satisfont λn pAq ą 0, λn pBq ą 0, alors l’ensemble A ` B
contient une boule ouverte non vide.
a) Montrer que l’on peut supposer A et B compacts.
b) Montrer que f :“ χA ˚ χB est continue.
c) Calculer f et conclure.
´
le noyau de la chaleur.
Soient 1 ĺ p ĺ 8 et f : Rn Ñ R, f P L p . Sous réserve d’existence, soit
ˆ
upx, tq :“ f ˚ Kt pxq “ f pyqKt px ´ yq dy, @ x P Rn , @ t ą 0.
Rn
a) Montrer que :
(i) u P C 8 pRn ˆs0, 8rq.
(ii) u vérifie l’équation de la chaleur homogène
Bu ÿ B 2 u
n
Lu :“ ´ “ 0 dans Rn ˆs0, 8r.
Bt j“1 Bxj
2
8
b) Montrer que la formule ξpEq :“ µ b νpF q, @ E P BRn , définit une mesure borélienne ξ
sur Rn . Cette mesure est le produit de convolution des mesures µ et ν, noté µ ˚ ν.
c) Montrer que le produit de convolution est commutatif.
d) Si les mesures boréliennes µ, ν, η sont finies, alors leur produit est associatif.
e) Montrer que δ0 (la mesure de Dirac en 0) est l’élément neutre de la convolution.
f) Si µ et ν sont des mesures à densités f , respectivement g, par rapport à νn , montrer que
µ ˚ ν a la densité f ˚ g.
g) Si µ est à densité f par rapport à νn , alors µ ˚ ν a la densité f ˚ ν, où
ˆ
f ˚ νpxq :“ f px ´ yq dνpyq, @ x P Rn .
Rn
Exercice # 34. (Convolution d’une fonction et d’une mesure) Cet exercice fait suite à l’exer-
cice précédent. Si f : Rn Ñ R est une fonction borélienne, et µ est une mesure borélienne
sur Rn , nous posons, sous réserve d’existence,
ˆ
f ˚ νpxq :“ f px ´ yq dνpyq, @ x P Rn .
Rn
a) Si f est Lebesgue intégrable et µ est finie, alors f ˚µ est définie νn -p. p., et est une fonction
Lebesgue intégrable. Indication : théorème de Fubini.
b) Si f P Cck pRn q et µ est une mesure de Radon, alors f ˚ µ est définie en tout point, et est
une fonction de classe C k .
Exercice # 35. (Équations de Cauchy) Nous considérons les équations fonctionnelles (de Cau-
chy) suivantes :
Un résultat très connu affirme que, si f est une solution continue de (8), alors
Un résultat un peu moins connu affirme que, si g est une solution continue de (9), alors
Ces conclusions ne sont plus vraies s’il n’y a aucune hypothèse sur f et g, mais donner
des contre-exemples sort du cadre de cet enseignement. (En demander en algèbre.)
Nous nous proposons de montrer que (10) et (11) restent vraies sous l’hypothèse plus
faible que f (ou g) est Lebesgue mesurable. Nous assumons cette hypothèse dans ce qui suit,
et nous travaillons avec la mesure de Lebesgue.
Pour commencer, nous admettons la propriété qui suit, qui sera démontrée plus loin.
ˆ
8 8
Si g P L pRqzt0u, alors il existe ψ P Cc pRq telle que gpyq ψpyq dy ‰ 0. (12)
R
a) Soit g solution Lebesgue mesurable de (9). En multipliant (9) par ψpyq, avec ψ comme
dans (12) (avec n “ 1), et en intégrant dans la variable y, montrer que g P C 8 pRq.
Puis conclure grâce au préambule de l’exercice.
9
b) Soit f une solution Lebesgue mesurable de (8). Soit g :“ eıf . En utilisant la question
précédente pour g, montrer qu’il existe A P R et une fonction h : R Ñ Z tels que
f pxq “ Ax ` 2π hpxq, @ x P R.
10
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Feuille de TD # 8
Espaces de Hilbert
Cadre. Dans ce qui suit, H est un espace de Hilbert réel (sauf si l’énoncé précise qu’il s’agit d’un
espace de Hilbert complexe), et E un espace préhilbertien réel. Le produit scalaire, respective-
ment la norme induite sur H ou E, sont notés x , y, respectivement || ||.
L’objectif est de montrer que X muni de cette norme est nécessairement un espace pré-
hilbertien. Il s’agit donc de construire un produit scalaire induisant || ||. Compte tenu de
l’exercice précédent, posons
1“ ‰
xx, yy “ ||x ` y||2 ´ ||x ´ y||2 , @ x, y P X.
4
Il reste à vérifier que l’on a bien défini ainsi un produit scalaire.
a) Montrer que, pour tout x, y P X, on a xx, yy “ xy, xy, xx, xy “ ||x||2 et x´x, yy “
xx, ´yy “ ´xx, yy.
b) Montrer que, pour tout x, y, z P X, on a xx ` y, zy “ xx, zy ` xy, zy. (On pourra montrer
d’abord l’égalité suivante : xx ` y, zy “ 2xy, zy ` xx ´ y, zy.)
c) Montrer, en utilisant b), que, si x, y P X et r P Q, on a xrx, yy “ rxx, yy. En utilisant un
argument de continuité, montrer que cette égalité reste encore vraie pour tout r P R.
d) En déduire que x , y est bien un produit scalaire sur X qui induit la norme || ||.
1
Exercice # 6. Soit pej qjľ1 Ă H une suite orthonormée. Soit paj qjľ1 Ă R. Montrer l’équi-
valence
ÿ ÿ
aj ej converge ðñ a2j ă 8.
jľ1 jľ1
ˇˇř ˇˇ2 ř
ˇˇ ˇˇ
En cas de convergence de l’une des séries, montrer que ˇˇ jľ1 aj ej ˇˇ “ jľ1 a2j .
Montrer que F “ G.
c) Déterminer l’ensemble tg P Cc pRq ; g P F K u.
Exercice # 12. Soient H “ L2 ps0, 1rq muni de sa norme usuelle et
# ˆ 1 ˆ 1{2 +
V :“ f P H ; f“ f “0 .
0 0
2
Exercice # 14. a) Déterminer la projection orthogonale sur la boule unité fermée de H.
b) Déterminer la projection orthogonale sur le sous-espace engendré par une famille or-
thonormée finie de H.
Exercice # 15. Soit en pxq :“ eınx , @ n P Z, @ x Ps0, 2πr. Montrer que pen qnPZ est une base
hilbertienne de L2 ps0, 2πr, Bs0,2πr , 1{p2πqν1 q.
Exercice # 16. Montrer qu’un espace préhilbertien qui a une base algébrique orthonormée
infinieřB n’est pas complet. Indication : soit pen qnľ1 Ă B une suite orthonormée. Soit
xn :“ nj“1 p1{j 2 qej , @ n ľ 1. Montrer que la suite pxn qnľ1 est de Cauchy, mais ne converge
pas.
Exercice # 18. Soit X l’espace vectoriel complexe engendré par les fonctions de la forme
R Q t ÞÑ eiwt P C où w parcourt R. Pour f, g P X, soit
T
1
ˆ
ă f, g ą:“ lim f ptqgptq dt.
T Ñ8 2T ´T
Exercice # 19. Soit V un sous-espace de H. Montrer que toute forme linéaire et continue
sur V se prolonge en une forme linéaire et continue sur H.
Exercice # 20. Montrer que tout convexe fermé non-vide de H admet un unique élément
de norme minimale.
Exercice # 21. Donner un exemple d’une partie A fermée de `2 , telle que distp0, Aq “ 1,
mais ne contenant pas d’élément a vérifiant ||a||2 “ 1.
Exercice # 22. Soit F Ă H un sous-espace fermé non-nul. Soit P une projection de H sur
F (c’est-à-dire : P est un endomorphisme de H, P ˝ P “ P et P pHq “ F ).
Montrer l’équivalence entre
1. P est la projection orthogonale sur F .
2. P est continu et ||P || “ 1.
3. |xP pxq, xy| ĺ ||x||2 pour tout x P H.
3
´x
Exercice # 23. (Polynômes de Laguerre) Soit µ la mesure
´ ´xsur r0, 8r de densité e par rap-
port à la mesure de Lebesgue (c’est-à-dire µpBq “ B e dx, @ B P Br0,8r ). Les polynômes
de Laguerre sont définis par
ˆ ˙n
ex d
Ln “ pe´x xn q, @ n ľ 0.
n! dx
Montrer que les Ln est un polynôme, @ n ľ 0, et que pLn qnľ0 est une suite orthonormée de
L2 pr0, 8r, Br0,8r , µq.
||tx1 ` p1 ´ tqx2 ||2 ` tp1 ´ tq||x1 ´ x2 ||2 “ t||x1 ||2 ` p1 ´ tq||x2 ||2 , @ t P R.
b) Montrer que
1 ÿ
||ε1 x1 ` ¨ ¨ ¨ ` εn xn ||2 “ ||x1 ||2 ` ¨ ¨ ¨ ` ||xn ||2 .
2n pε1 ,...,εn qPt´1,1un
Exercice # 25. Soit H “ L2 pΩ, T , µq. Soit C “ tf P H ; f ľ 0u. Montrer que C est un
convexe fermé et que PC pf q “ f χtf ľ0u , @ f P H.
Exercice # 27. Si H est séparable, montrer que tout ensemble orthonormé E Ă H est au
plus dénombrable. Indication : si G est dénombrable et dense, construire une injection de
E dans G en considérant des boules de rayon 1{2.
Exercice # 28. a) Soient x, y P E tels que xx, yy “ ||x||2 “ ||y||2 . Montrer que x “ y.
b) Soient pxn q et pyn q deux suites de E vérifiant ||xn || ĺ 1 et ||yn || ĺ 1, @ n.
1. On suppose que xxn , yn y Ñ 1. Montrer que xn ´ yn Ñ 0.
2. On suppose que ||xn ` yn || Ñ 2. Montrer que xn ´ yn Ñ 0.
Exercice # 29. Soient H séparable, pen qnľ0 Ă H une base hilbertienne et pfn qnľ0 Ă H une
suite orthonormée. On suppose que
ÿ
||en ´ fn ||2 ă 8.
nľ0
Le but de cet exercice est de démontrer que pfn qnľ0 est également une base hilbertienne.
4
a) Soient N ľ 0 et g P H tel que fn K g pour tout n ľ N . Montrer l’inégalité
ˇˇ ˇˇ2
ˇˇ ÿ ˇˇ ÿ
ˇˇ ˇˇ
ˇˇ xg, en yen ˇˇ ĺ ||g||2 ||en ´ fn ||2 .
ˇˇnľN ˇˇ nľN
Exercice # 30. Soient pen qnľ0 une suite orthonormée de H et A :“ ten ; n ľ 0u.
a) Montrer que A est fermé et borné. A est-il compact ?
b) Soit pαn q une suite de réels positifs de carrés
ř8sommables. On note K l’ensemble des élé-
ments x P H qui s’écrivent sous la forme n“0 an en où |an | ĺ αn pour tout n. Montrer
que l’ensemble K est compact.
5
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Feuille de TD # 9
Séries de Fourier
Notations, cadre
1
a) Dessiner le graphe f sur r´2π, 2πs.
b) Déterminer Sf .
ÿ8
sinpp2n ` 1qxq
c) Calculer, en fonction de x P R, la valeur de la somme .
n“0
2n ` 1
Exercice # 13. Soit f : R Ñ R la fonction 2π-périodique et vérifiant f pxq “ x sur r´π, πr.
a) Dessiner le graphe de f sur r´3π, 3πs.
2
b) Déterminer Sf et Sf pxq, x P R.
ÿ p´1qn
c) En déduire la valeur de la somme .
nľ0
2n ` 1
Exercice # 14. Développer en série de Fourier la fonction 2π-périodique impaire définie sur
ÿ p´1qn ÿ 1
r0, πs par f pxq “ xpπ ´ xq. En déduire les valeurs des séries et .
nľ1
p2n ` 1q3
nľ1
p2n ` 1q6
Exercice
´ 2π # 15. Soit f : r0, 2πs Ñ C une fonction de classe C 1 telle que f p0q “ f p2πq et
0
f ptq dt “ 0.
a) Exprimer cn pf 1 q en fonction de cn pf q, @ n P Zzt0u, et calculer c0 pf 1 q.
b) En déduire que
ˆ 2π ˆ 2π
2
|f ptq| dt ĺ |f 1 ptq|2 dt.
0 0
ÿ
N
DN pxq :“ eıkx , @ x P R ;
k“´N
b) Montrer que
$
& sinppN ` 1{2qyq , si y R 2π Z
DN pyq “ sinpy{2q
%
2N ` 1, si y P 2π Z
#
sinpN yq cotan py{2q ` cospN yq, si y R 2π Z
“ .
2N ` 1, si y P 2π Z
´π ´0
c) Montrer que 0
DN pyq dy “ ´π
DN pyq dy “ π.
3
Exercice # 18. (Noyau de Fejér) Soit
D0 ` D1 ` ¨ ¨ ¨ ` DN
FN :“ , @ N P N,
N `1
où Dj est le noyau de Dirichlet (FN est le noyau de Fejér). Soit
S0 pf q ` S1 pf q ` ¨ ¨ ¨ ` SN pf q
TN pf q :“ , @ N P N.
N `1
Exercice # 24.
4
a) Montrer que
π
|Dn pyq| ĺ min ppn ` 1{2q|y|, 1q, @ n ľ 0, @ 0 ă |y| ĺ π.
|y|
On pourra utiliser les inégalités suivantes :
2
| sin t| ĺ min p|t|, 1q, @ t P R, sin t ľ t, @ t P r0, π{2s.
π
b) En déduire que
5
Nous allons montrer une forme plus faible, avec un facteur supplémentaire 3, de cette
inégalité, et une version Lp de celle-ci :
f 1 pxq “ ın f pxq ´ 2ın e´ınx pg ˚ Fn qpxq “ ın f pxq ´ 2ın e´ınx pTn pgqqpxq, @ x P R. (5)
b) En déduire (4).
Pour la suite de cet exercice (inégalités faibles de Bernstein (II)), voir l’exercice # 42 de
la feuille d’exercices de synthèse et avancés.
6
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Feuille de TD # 10
Transformée de Fourier
Cadre
1. Nous travaillons dans Rn muni de la mesure de Lebesgue.
ř
2. « ¨ » est le produit scalaire standard dans Rn : x ¨ ξ :“ nj“1 xj ξj , @ x, ξ P Rn .
´ř ¯1{2
n
3. « | | » est la norme euclidienne standard dans Rn : |x| :“ j“1 px j q 2
, @ x P Rn .
de calculer ha :“ g a .
Rappelons que R e´x dx “ π 1{2 .
´ 2
Sous une forme plus compacte, nous avons g a pξq “ pπ{aq1{2 g 1{p4aq pξq.
Ź
b) Plus généralement, soit g a pxq :“ e´a |x| , x P Rn . Montrer que g a pξq “ pπ{aqn{2 g 1{p4aq pξq,
2
@ a ą 0, @ ξ P Rn .
c) Soit A P Mn pRq une matrice symétrique, définie positive. Soit f pxq :“ e´pAxq¨x , @ x P
Rn . En utilisant la question précédente et un changement linéaire de variables, calculer
fp.
1
Exercice # 3. Voici une autre méthode pour calculer la transformée de Fourier des gaus-
siennes. Elle est inspirée par l’analyse complexe.
Soit F : R Ñ C, F psq :“ R e´px`ısq dx.
´ 2
2
#
p1 ´ t2 q´1{2 , si |t| ă 1
Exercice # 11. a) Soit g : R Ñ R, gptq :“ . Montrer que g P L 1 .
0, sinon
#
|x|, si |x| ă 1
b) Soit f : R2 Ñ R, f pxq :“ . Calculer fppξq en fonction de gp, @ ξ P R2 .
0, si |x| ľ 1
On pourra utiliser l’exercice précédent et calculer uniquement fppt, 0q, avec t ľ 0.
montrer que
8
1 e´t ´r2 {p4tq
ˆ
´r
e “ e dt, @ r ą 0. (1)
π 1{2 0 t1{2
que
a
fppξq “ 2n π pn´1q{2 Γppn ` 1q{2q ,
pa2 ` |ξ|2 qpn`1q{2
´8
avec Γpxq :“ 0
tx´1 e´t dt la fonction d’Euler.
Nous nous proposons ici de montrer que, pour k ľ 2, il y a trop d’hypothèses dans ce
résultat, et qu’il suffit de supposer que f P L 1 et f pkq P L 1 .
Plus spécifiquement, nous allons montrer que
Ceci fait echo à l’inégalité de Landau (exercice # 21 de la feuille # 7), qui donne
3
(i) Exprimer f px ` 1q en fonction de f pxq, f 1 pxq et f 2 en utilisant la formule de Taylor
à l’ordre deux sous forme intégrale au point x. En déduire une formule pour f 1 pxq.
(ii) Montrer qu’il existe une constante C ă 8 telle que }f 1 }1 ĺ Cp}f }1 ` }f 2 }1 q.
(iii) En déduire que, pour k “ 2, (3) peut s’obtenir sous les hypothèses plus faibles f P
C 2 , f, f 2 P L 1 .
b) Soit maintenant k ľ 3. Soit f P C k pRq.
(i) Exprimer f px`1q, f px`2q, . . . , f px`k´1q en fonction de f pxq, f 1 pxq, . . . , f pk´1q pxq
et f pkq en utilisant la formule de Taylor à l’ordre k sous forme intégrale au point x.
En déduire des formules pour f 1 pxq, . . . , f pk´1q pxq.
(ii) Montrer qu’il existe une constante C ă 8 telle que }f 1 }1 ` ¨ ¨ ¨ ` }f pk´1q }1 ĺ
Cp}f }1 ` }f pkq }1 q.
(iii) En déduire que, pour tout k ľ 2, (3) peut s’obtenir sous les hypothèses plus faibles
f P C k , f, f pkq P L 1 .
Exercice # 15. (La fonction caractéristique d’un vecteur aléatoire détermine sa loi) Si µ est
une mesure borélienne finie dans Rn , nous définissons sa transformée de Fourier par la for-
mule
ˆ
ppξq :“
µ e´ıx¨ξ dµpxq, @ ξ P Rn .
Rn
ÿ
k ÿ
k
pj “ 0 ùñ
αj µ αj µj “ 0. (4)
j“1 j“1
b) Soit µ une borélienne finie dans Rn . Soit K Ă Rn un compact, et soit f :“ χ´K . Soit
g :“ f ˚ µ (voir l’exercice #29 de la feuille # 7).
Montrer que :
(i) g est continue et bornée.
(ii) g P L 1 pRn q.
(iii) gp “ fp µ
p.
c) ř
Soient µ1 , . . . , µk des mesures
řboréliennes finies dans Rn et α1 , . . . , αk P R tels que
k k
pj “ 0. Montrer que j“1 αj gj p0q “ 0.
j“1 αj µ
ř
d) En déduire que kj“1 αj µj pKq “ 0.
ř
e) En déduire que kj“1 αj µj “ 0. Indication : séparer les j tels que αj ľ 0 des j tels que
αj ă 0.
f) Établir la conséquence suivante de (4) : si deux vecteurs aléatoires (avec le même nombre
de coordonnées) ont la même fonction caractéristique, alors ils ont la même loi. (Voir
l’exercice # 34 c) de la feuille # 3).
4
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Exercices d’auto-contrôle
Dans les exercices suivants, préciser le cadre si nécessaire (par exemple, si X apparaît
dans l’énoncé, préciser s’il s’agit d’un ensemble sans structure, d’un espace mesurable, me-
suré, ou métrique).
Exercice # 1. Si A Ă B et C Ă D, montrer que AzD Ă BzC.
Exercice # 2. Montrer que A4B “ Ac 4B c .
Exercice # 3. Montrer l’équivalence des propriétés suivantes.
1. A Y C Ă B Y C, @ C.
2. A Ă B.
Exercice # 4. Déterminer les ensembles suivants :
Exercice # 5. Dans un espace normé, écrire les boules (ouvertes, fermées) comme des images
réciproques de fonctions numériques.
Exercice # 6. Soit pxn qn Ă R une suite. Montrer l’équivalence des propriétés suivantes.
1. pxn qn est bornée.
2. lim supn xn P R et lim inf n xn P R.
` ˘
Exercice # 7. Calculer sup xn et lim inf n xn , où xn :“ ln n10 e´n , @ n P N˚ .
nľ1
Exercice # 8. Proposer et montrer une formule pour lim inf pAn Y Bq.
n
Exercice # 9. Rappelons qu’un nombre réel est rationnel si et seulement si son écriture
décimale est périodique. En utilisant cette propriété, proposer une fonction injective f :
Q Xs0, 1r Ñ N2 . (Indication : prendre comme l’une des deux composantes de f pxq la partie
périodique de l’écriture décimale.)
Exercice # 10. Montrer que si C est un clan et A1 , . . . , An P C , alors A1 Y . . . Y An P C .
De même si on remplace clan par tribu.
Exercice # 11. Si pAi qiPI est une famille d’ensembles Ai Ă PpXq telle que chaque Ai soit
un clan (ou tribu, ou classe monotone), alors XiPI Ai est un clan (ou tribu, ou classe mono-
tone).
Exercice # 12. a) Si A Ă B, alors C pA q Ă C pBq, M pA q Ă M pBq et T pA q Ă T pBq.
b) On a C pC pA qq “ C pA q. Propriété analogue pour la classe monotone et la tribu engen-
drées.
Exercice # 13. Dans cet exercice, nous considérons un espace mesurable pX, T q. Prouver
ou réfuter les assertions suivantes.
a) Une fonction f : X Ñ R qui ne prend qu’un nombre fini de valeurs est étagée.
1
b) Si f : X Ñ Rn est mesurable, et si g : Rn Ñ R est borélienne étagée, alors g˝f : X Ñ R
est étagée.
c) Si f : X Ñ R est telle que f ´1 pF q P T pour tout F Ă R fermé, alors f est mesurable.
d) Si f : R Ñ R est borélienne et ne s’annule pas, alors 1{f est borélienne.
e) Si A Ă X, alors χA : X Ñ R est mesurable si et seulement si A P T .
#
x ` 1, si x ľ 0
f) La fonction f : R Ñ R, f pxq :“ , est borélienne.
´x, si x ă 0
g) La fonction f : X Ñ R est mesurable ðñ |f | est mesurable.
Exercice # 19. Prouver ou réfuter. Une partie d’un ensemble Lebesgue mesurable de Rn est
Lebesgue mesurable.
2
ˆ
Exercice # 20. Écrire de manière plus simple la quantité f lorsque :
Exercice # 21. Soit pX, T , µq un espace mesuré. Prouver ou réfuter les assertions suivantes.
a) Si f “ χA avec A P T , alors f “ µpAq.
´
Exercice # 22. Dans cet exercice, I désigne un intervalle de R, muni de sa tribu borélienne
et de la mesure de Lebesgue.
1
a) Soit I :“ s0, 1r. Soit 0 ă α ă 8. À quelle condition la fonction x ÞÑ α est-elle inté-
x
grable sur I ?
b) Même question avec I :“ r1, 8r et I :“ s0, 8r.
Montrer que f est Lebesgue intégrable sur r0, 1s et calculer son intégrale.
b) Mêmes questions pour la fonction f : r0, π{2s Ñ R définie par
#
sin x, si cos x P Q
f pxq :“ .
sin2 x, si cos x R Q
Exercice # 24. Soit P une probabilité sur pR, BR q. Pour n P N, soit In :“ pcos πtq2n dP ptq.
´
R
a) Montrer que In ă 8, @ n.
b) Montrer que la suite pIn qnľ0 est décroissante.
c) Déterminer lim In .
n
a) Tracer le graphique de fn .
3
b) Calculer et comparer lim inf n
´ ´ ´ ´
fn dλ, lim inf n fn dλ, lim supn fn dλ, lim supn fn dλ.
c) Mêmes questions avec la suite de fonctions pgn qnľ1 définie par g2p :“ χr0,1{p2pqs , @ p P
N˚ , g2p`1 :“ χr1{p2p`1q,1s , @ p P N.
Exercice # 26. Soient pX, T , µq un espace mesuré et f : X Ñ r0, 8r une fonction mesu-
rable. Posons
Pour traiter les questions suivantes, on pourra commencer par le cas où f est une fonc-
tion étagée.
a) Montrer que Ff est borélienne.
´8
b) Montrer que X f dµ “ 0 Ff ptq dt.
´
c) Plus généralement, soit´Φ : r0, 8rÑ ´r0, 8r une fonction croissante de classe C 1 avec
8
Φp0q “ 0. Montrer que X Φpf q dµ “ 0 Φ1 ptqFf ptq dt.
Exercice # 27. (L’exercice précédent, vue probabiliste) En théorie des probabilités, µ est une
probabilité, et on travaille plutôt avec la fonction de répartition Gf ptq :“ µprf ĺ tsq, @ t ľ 0.
« Traduire » l’exercice précédent en fonction de Gf .
Exercice # 29. En considérant, sur R, les fonctions fn pxq :“ ´px ` nq´ , montrer que
l’hypothèse fn ľ 0 est essentielle pour avoir la conclusion du lemme de Fatou.
Exercice # 31. (Transformée de Laplace) Soit f : r0, 8rÑ R une fonction ´ 8 borélienn et
bornée. Montrer que la transformée de Laplace de f , définie par L f paq :“ 0 e´ax f pxq dx,
@ a ą 0, est une fonction continue sur s0, 8r.
ˆ 1 x´1
t
Exercice # 32. Soit f pxq :“ dt, @ x P R.
0 1`t
a) Montrer que f est finie si et seulement si x ą 0.
b) Montrer que f est continue sur s0, 8r.
c) Calculer f pxq ` f px ` 1q pour x ą 0. En déduire la valeur de lim x f pxq.
xŒ0
ř
Exercice # 33. a) Calculer nľ0 p´1qn xn , |x| ă 1.
ř
b) Calculer nľ1 p´1qn n xn´1 , |x| ă 1.
4
8 ˆ ˙2
sin x
ˆ
Exercice # 34. Soit f la fonction définie sur R` par f ptq :“ e´tx dx.
0 x
a) Montrer que f est continue sur R` et deux fois dérivable sur R˚` .
b) Calculer f 2 et les limites à l’infini de f et f 1 .
c) En déduire une expression simple de f .
expp´xq ´ expp´txq
Exercice # 35. Pour x ą 0 et t ą 0, soit f pt, xq :“ .
x
a) Montrer que pour tout t ą 0, la fonction x ÞÑ f pt, xq est Lebesgue intégrable sur R˚` .
´8
b) Pour t ą 0, soit F ptq :“ 0 f pt, xq dx.
c) Montrer que F est continue sur s0, 8r.
d) Montrer que F est dérivable sur s0, 8r.
e) Calculer F 1 ptq et en déduire la valeur de F ptq pour tout t ą 0.
Exercice # 36.
a) Si X et Y sont a. p. d., alors PpXq b PpY q “ PpX ˆ Y q.
b) De plus, si µ et ν sont les mesures de comptage sur X et Y respectivement, alors µ b ν
est la mesure de comptage sur X ˆ Y .
Exercice # 38.
a) Calculer r0,1s2 xexy dxdy.
´
1
ˆ
b) Calculer dxdy, où ∆ :“ tpx, yq P R2 ; 0 ĺ x, y ĺ 1, 0 ă x2 ` y 2 ĺ 1u.
∆ 1 ` x 2 ` y2
R
ϕpyq dy.
5
d) Montrer que, pour tout x P R, f px, ¨q est Lebesgue intégrable.
e) ´Soit ψpxq “ R f px, yq dy, x P R. Montrer que ψ est Lebesgue intégrable et calculer
´
R
ψpxq dx.
f) Qu’en pensez-vous ?
Exercice # 41. Soit U la partie de R3 définie par
U :“ tpu, v, wq P R3 ; u ą 0, v ą 0, w ą 0, uv ă 1, uw ă 1, vw ă 1u.
Dans les trois exercices suivants, ajouter les hypothèses manquantes et montrer les résultats
énoncés.
ř
Exercice # 43. Soient 1 ĺ p2 , . . . , pk ĺ 8 tels que kj“1 1{pj “ 1. Alors
Exercice # 47. Développer en série de Fourier la fonction 2π-périodique définie sur s´π, πs
ÿ 1 ÿ 1
par f pxq :“ |x|. En déduire la valeur de et .
nľ1
n2 nľ1 n4
6
a) Déterminer Sf et Sf pxq, x P R.
ÿ 1 ÿ p´1qn ÿ 1 ÿ 1
b) En déduire les valeurs des séries , , , .
nľ1
n2 nľ1 n2 nľ0 p2n ` 1q2 nľ1 n4
montrer que
8
1 e´t ´r2 {p4tq
ˆ
´r
e “ e dt, @ r ą 0. (1)
π 1{2 0 t1{2
7
b) En utilisant (1) et la transformée de Fourier des fonctions R Q x ÞÑ e´ax , a ą 0, montrer
2
que
a
fppξq “ 2n π pn´1q{2 Γppn ` 1q{2q ,
pa2 ` |ξ|2 qpn`1q{2
´8
avec Γpxq :“ 0
tx´1 e´t dt la fonction d’Euler.
8
Université Claude Bernard Lyon 1 Licence de mathématiques 3e année
UE Mesure et intégration & Éléments d’analyse fonctionnelle Année 2023–2024
Exercices corrigés
Exercice # 1. Soit ptn qnľ0 une suite de nombre réels telle que tn Ñ 8. Montrer que l’en-
semble A :“ ttn ; n ľ 0u a un plus petit élément.
Solution. ! ´ ¯ )
π
a) A1 :“ cos n ; n P N “ t0, `1, ´1u. A1 est fini, donc sup A1 “ max A1 “ `1 et
2
inf A1 “ min A1 “ ´1.
12n ` 10´n 8 ´ 10´n
b) Nous avons “ 4 ´ νn , où νn “ . La suite pνn qnľ0 est décroissante.
3n ` 2 3n ` 2 " *
7 8 ´ 10´n
La valeur maximale de νn est donc ν0 “ . De plus, limn νn “ 0. Donc inf ;nPN “
2 3n ` 2
7 1
0. Il s’ensuit que sup A2 “ 4 et inf A2 “ 4 ´ “ .
´ ´ π ¯¯ 2 2
c) On a 1 ` sin 4n lnp4nq “ ln n`ln 4. Donc sup A3 ľ sup tln n ` ln 4 ; n P N˚ u “
2 ´ ´ π ¯¯
`8, car ln n tend vers `8. De plus inf A3 “ min A3 “ 0, car 1 ` sin n ln n est
2
positive pour n ľ 1 et 0 pour n “ 1.
Exercice # 3. Montrer que xn ĺ yn , @ n ľ n0 ùñ lim supn xn ĺ lim supn yn .
1
Autre solution. Soient Xn :“ supkľn xk , Yn :“ supkľn yk .
Pour k ľ n ľ n0 , nous avons xk ĺ yk ĺ Yn , d’où, en prenant le sup sur k, Xn ĺ Yn . Il
s’ensuit que
N “ tnk ; k P Nu Y tm` ; ` P Nu
lim sup xn “ maxplim xnk , lim xm` q, lim inf xn “ minplim xnk , lim xm` q.
n k ` n k `
Démonstration du lemme. Nous allons faire la preuve uniquement pour lim sup et deux sous-
suites, les autres cas étant analogues.
Soit z :“ maxplimk xnk , lim` xm` q. L’inégalité lim supn xn ľ z suit de (1) ci-dessus. En
particulier, si z “ 8, alors nous avons nécessairement égalité.
Supposons z P R Y t´8u. Pour montrer que lim supn xn ĺ z, considérons (comme
dans le principe de preuve décrit ci-dessus) un réel M tel que M ą z, de sorte que M ą
limk xnk et M ą lim` xm` . Par définition de la limite, il existe k0 , `0 P N satisfaisant xnk ă
M , @ k ľ k0 , et xm` ă M , @ ` ľ `0 . Soit p0 :“ maxpnk0 , m`0 q. Si p ľ p0 , alors soit xp “ xnk
pour un k ľ k0 , soit xp “ xm` pour un ` ľ `0 . Dans les deux cas, nous avons xp ă M . Il
s’ensuit que
Xn :“ sup xp ĺ M, @ n ľ p0 ,
pľn
d’où
2
a) xn :“ pn ` 1qp´1q .
n
´ ´ π ¯¯ n
b) xn :“ 2 ` cos n .
2 2n ` 1
Solution.
a) Considérons les sous-suites x2n “ 2n ` 1 et x2n`1 “ 1{p2n ` 2q. Nous avons limn x2n “
8 et limn x2n`1 “ 0 ; le lemme implique lim supn xn “ 8 et lim inf n xn “ 0.
b) La preuve du lemme s’adapte à un nombre fini arbitraire de sous-suites (à la place de
deux sous-suites).
Considérons les sous-suites x4n “ p12nq{p8n ` 1q, x2n`1 “ 2p2n ` 1q{p2p2n ` 1q ` 1q
et x4n`2 “ p4n ` 2q{p2p4n ` 2q ` 1q. On a que limn x4n “ 3{2, limn x2n`1 “ 1 et
limn x4n`2 “ 1{2. On conclut que lim supn xn “ 3{2 et lim inf n xn “ 1{2.
Exercice # 5.
a) Montrer que x P lim sup An si et seulement si x appartient à une infinité d’ensembles
An .
b) Montrer que x P lim inf An si et seulement si il existe un n1 (qui peut dépendre de x P X)
tel que x P An , @ n ľ n1 .
c) Pour tout x P X, montrer les égalités
χlim sup An pxq “ lim sup χAn pxq, χlim inf An pxq “ lim inf χAn pxq.
Solution.
a) x P lim sup An ðñ x P Xn Ykľn Ak ðñ x P Ykľn Ak , @ n ðñ @n, D k ľ
n tel que x P Ak .
Prenons la négation
x R lim sup An ðñ D n, @ k ľ n : x R Ak .
L’énoncé à droite veut dire qu’il existe n tel que, si x P Ak , alors k ĺ n, c’est-à-dire, que
x appartient au plus à un nombre fini d’ensembles. Donc x P lim sup An veut dire que x
appartient à une infinité d’ensembles Ak .
b) x P lim inf An ðñ x P Yn Xkľn Ak ðñ D n tel que x P Xkľn Ak ðñ
D n tel que x P Ak , @ k ľ n.
c) Justification de la première égalité. De a), nous obtenons
χlim sup A pxq “ 1 ðñ @ n, D k ľ n tel que x P Ak
n
ðñ @ n, D k ľ n tel que χAk pxq “ 1
paq pbq (2)
ðñ @ n, sup χAk pxq “ 1 ðñ lim sup χAk pxq “ 1
kľn n kľn
ðñ lim sup χAn pxq “ 1.
n
3
Justification de (a) : une fonction caractéristique χA ne prend que les valeurs 0 et 1. Donc
Justification de (b) : la suite psupkľn χAk pxqqn décroît et ne prend que les valeurs 0 ou 1.
Donc soit elle ne prend que la valeur 1, et a la limite 1, soit elle prend la valeur 0, et dans
ce cas elle tend vers 0.
Finalement, comme les fonctions χlim sup An et lim supn χAn ne peuvent prendre que
les valeurs 0 ou 1, on déduit de (2) que χlim sup A pxq “ lim supn χAn pxq, d’où le résul-
n
tat.
Justification de la deuxième égalité. De b), nous obtenons
La justification de (c) est similaire à celle de (b) : la suite pinf kľn χAk pxqqn croît et ne prend
que les valeurs 0 ou 1. Donc soit elle ne prend que la valeur 0, et a la limite 0, soit elle prend
la valeur 1, et dans ce cas elle tend vers 1.
Nous concluons comme pour la première égalité.
d) La suite pAn qnľn0 étant croissante, nous avons Ykľn Ak “ Ykľn1 Ak , @ n ľ n1 , d’où
4
Par ailleurs,
T :“ tA Ă R ; A Ă Z ou Ac Ă Zu Ă T pA q. (3)
Le lemme qui suit montre que T est une tribu. Par ailleurs, nous avons A Ă T , car
A P A ùñ A Ă Z ùñ A P T .
Nous concluons comme suit : de A Ă T , nous déduisons que T pA q Ă T pT q “ T
(la dernière égalité découlant du fait que T est une tribu). En comparant cette inclusion à
(3), nous obtenons que T pA q “ T .
T :“ tA Ă X ; A Ă Y ou Ac Ă Y u.
et donc Yn An P T .
Dans tous les cas possibles, si pAn q Ă T , alors Yn An P T .
T vérifie donc les axiomes d’une tribu.
5
Exercice # 7. Soit pX, T q un espace mesurable. Soit pAn q Ă T une suite d. d. d. telle que
X “ \n An . Pour chaque n, soit fn : An Ñ R une fonction mesurable. Soit f : X Ñ R,
f pxq :“ fn pxq si x P An . Montrer que f est mesurable.
#
fn pxq, si x P An
Solution. Posons frn : X Ñ R, frn pxq :“ . Par définition, la fonction frn
0, sinon
est mesurable.
Notons l’égalité suivante, vraie pour tout ensemble B Ă R :
pfn q´1 pBq X An “ pfrn q´1 pBq X An , @ n. (4)
Pour justifier l’appartenance finale, nous invoquons dans l’ordre : pfrn q´1 pBq P T (en
utilisant le fait que frn est mesurable et le théorème de caractérisation des fonctions mesu-
rables), puis pfrn q´1 pBq
´ X An P T (de ce¯qui précède, An P T et le fait que T est une tribu),
d’où, finalement, Yn pfrn q´1 pBq X An P T (de ce qui précède et l’axiome iii) de la tribu).
De (5) et du théorème de caractérisation des fonctions mesurables, f est mesurable.
Exercice # 8. Soit f : X Ñ R mesurable. Pour 0 ă M ă 8, soit
$
&f pxq,
’ si |f pxq| ĺ M
fM pxq :“ M, si f pxq ą M .
’
%
´M, si f pxq ă ´M
6
Exercice # 10. Soit C un clan sur X. Soit Y Ă X. Soit CY :“ tA X Y ; Y Ă Xu. Montrer
que CY est un clan sur Y .
Y zB “ Y X B c “ Y X pAc Y Y c q “ pY X Ac q Y pY X Y c q “ Ac X Y P CY ,
Solution. Nous avons clairement Ynj“1 Xj Õ. Posons Y :“ Yn Ynj“1 Xj , de sorte que Ynj“1 Xj Õ
Y . Nous montrons par double inclusion que Y “ Yn Xn .
Étape 1. Nous avons Y Ă Yn Xn . En effet, pour chaque n, Ynj“1 Xj Ă Yj Xj , d’où Yn Ynj“1 Xj Ă
Yj Xj “ Yn Xn .
Étape 2. Nous avons Yn Xn Ă Y . En effet, nous avons Xn Ă Ynj“1 Xj , @ n, d’où Yn Xn Ă
Yn Ynj“1 Xj “ Y .
Exercice # 12. a) Montrer que la fonction
sin x
f :s0, 8rÑ R, f pxq :“ , @ x ą 0,
ex ´ 1
est Lebesgue intégrable sur s0, 8r.
ř
b) Montrer que pour tout x ą 0 nous avons f pxq “ nľ1 e´nx sin x.
ˆ 8 ÿ8
sin x 1
c) En déduire que dx “ .
0 ex ´ 1 n“1
n2 ` 1
7
´8
La convergence de l’intégrale généralisée e´x dx (qui vaut 1 ´ e´1 ) ˆ
1
combinée avec
8
1
le théorème des équivalents donne d’abord la convergence de l’intégrale dx,
ˆ 8 1 e ´1
x
| sin x|
puis celle de dx.
1 ex ´ 1
ˆ 8
| sin x|
En combinant les deux études, nous obtenons la convergence de dx.
0 ex ´ 1
Autre approche. En utilisant la majoration | sin x| ĺ |x|, @ x P R, la monotonie des inté-
grales généralisées, une intégration par parties et (7), nous obtenons
ˆ 8 ˆ 8 ˆ 8
´x
“ ´x ‰8
x
| sin x e | dx ĺ x e dx “ ´ x e 0 ` e´x dx “ 1 ă 8.
0 0 0
Nous présentons deux preuves de (9), l’une utilisant le théorème de convergence domi-
née (théorème 7.2), l’autre le théorème 7.18.
Preuve de (9) via le théorème de convergence dominée. Par linéarité des intégrales généralisées,
nous obtenons
ˆ 8ÿ ÿ ˆ 8 ˆ 8 ÿ
´nx ´nx
e sin x dx ´ e sin x dx “ e´nx sin x dx
0 nľ1 năN 0 0 nľN
ˆ 8
“ fN pxq dx,
0
où
ÿ 1 1
fN pxq :“ e´nx sin x “ e´N x ´x
sin x “ pN ´1qx f pxq, @ N ľ 1, @ x ą 0.
nľN
1´e e
8
La majoration |fN pxq| ĺ |f pxq|, @ N ľ 1, @ x ą 0, montre
´ que l’intégrale généralisée de
fN est absolument convergente, et donc coïncide avec s0,8r |fN | dν1 (proposition 6.45
b)). De ce qui précède, nous devons montrer que
ˆ
lim |fN | dν1 “ 0.
N s0,8r
Solution.
a) Étape 1. f est continue. L’intégrande (en x) étant continue et positive, nous avons (propo-
sition 6.45 a))
ˆ ˙2
sin x
ˆ
f ptq “ e´tx dν1 pxq, @ t ľ 0.
s0,8r x
9
˚ La majorante g est continue, donc borélienne, et (preuve plus bas) intégrable.
De ce qui précède et du théorème 7.10, f est continue sur r0, 8r.
Il reste à vérifier que g est intégrable.
´8 La proposition 6.45 a) montre qu’il suffit de vérifier
que l’intégrale généralisée 0 gpxq dx est finie.
´1
Étude de 0 gpxq dx. Nous avons gpxq „0` 1. Le critère de Riemann combiné avec le théo-
rème des équivalents donne la convergence de l’intégrale.
´8 1
Étude de 1 gpxq dx. Nous avons gpxq ĺ 2 . Le critère de Riemann combiné avec le cri-
x
tère de comparaison donne la convergence de l’intégrale.
´8
En combinant les deux études, nous obtenons la convergence de 0 gpxq dx.
Étape 2. f P C 1 . Nous appliquons le théorème 7.14.
˚ À t fixé, x ÞÑ kpx, tq est intégrable (ceci suit de l’étape 1).
˚ À x fixé, t ÞÑ kpx, tq est (clairement) de classe C 1 .
˚ Soit ra, bs Ăs0, 8r un intervalle compact arbitraire (ce qui correspond à considérer
une boule fermée arbitraire dans s0, 8r). Si x Ps0, 8r et t P ra, bs, nous avons (en
utilisant le fait que t ľ a et l’inégalité | sin x| ĺ |x|, @ x P R) :
ˇ ˇ ˇ ˇ
ˇ sin2 x ´tx ˇ ˇ sin2 x ˇ ´ax
ˇ
|Bt kpx, tq| “ ˇ´ ˇ
e ˇĺˇ ˇ ˇe
x x ˇ
ĺ x e´ax :“ hpxq, @ x ą 0, @ t P ra, bs.
8
sin2 x ´tx
ˆ ˆ
1
f ptq “ Bt kpx, tq dν1 pxq “ ´ e dx. (10)
s0,8r 0 x
|Bt pBt kpx, tqq| “ | sin2 x e´tx | ĺ `pxq :“ e´ax , @ x Ps0, 8r, @ t P ra, bs.
10
et (7), nous obtenons
" * " *
2 1 1 1 2 1 1 t
f ptq “ ´ ` ´ “ ´ . (11)
4 t ´ 2ı t ` 2ı 4 2 t t2 ` 4
sin2 x ´tn x
|Bt kpx, tn q| “ e ĺ x e´ax , @ x ą 0, @ n.
x
La majorante étant intégrable (exercice # 12), nous obtenons, comme dans l’étape 2, que
limtÑ8 f 1 ptq “ 0.
c) Étape 1. Calcul de f 1 . De la formule de f 2 , nous obtenons que
" *
1 1 1 1 t2
f ptq “ 2
ln t ´ lnpt ` 4q ` C “ ln 2 ` C, @ t ą 0, (12)
2 2 4 t `4
d’où
ˆ ˙
1 4
f ptq “ ´ t ln 1 ` 2 ´ arctanpt{2q ` D, (13)
4 t
11
En utilisant le fait que
ˆ ˙
4 4
t ln 1 ` 2 „8 t 2
t t
et la question b), nous obtenons, en faisant t Ñ 8 dans (13), que D “ π{2, d’où
ˆ ˙
1 4 π
f ptq “ ´ t ln 1 ` 2 ´ arctanpt{2q ` , @ t ą 0. (14)
4 t 2
Solution.
´8
a) Il suffit de montrer la convergence de l’intégrale généralisée 0 tx´1 e´t dt (cf la propo-
sition 6.45 a)).
´1
Étude de 0 tx´1 e´t dt. Nous avons tx´1 e´t dt „0` tx´1 . Le critère de Riemann combiné
avec l’hypothèse x ą 0 et le théorème des équivalents donne la convergence de l’inté-
grale.
´8
Étude de 1 tx´1 e´t dt. Par croissances comparées, nous avons tx´1 e´t “ op1{t2 q quand
t Ñ 8. Le critère de Riemann combiné avec le critère de comparaison donne la conver-
gence de l’intégrale.
´8
En combinant les deux études, nous obtenons la convergence de 0 tx´1 e´t dx. En uti-
lisant la proposition 6.45 a) (ou b)), nous obtenons que
ˆ 8 ˆ
x´1 ´t
Γpxq “ t e dt “ tx´1 e´t dν1 ptq P R, @ x ą 0.
0 s0,8r
12
˚ À x fixé, t ÞÑ tx´1 e´t est continue, donc borélienne.
˚ À t fixé, x ÞÑ tx´1 e´t est continue.
˚ Soit ra, bs Ăs0, 8r un intervalle compact. Nous avons
#
ta´1 e´t , si 0 ă t ĺ 1
|tx´1 e´t | ĺ b´1 ´t :“ gptq, @ t Ps0, 8r, @ x P ra, bs.
t e , si t ą 1
La majorante g est borélienne (exercice # 32 c), feuille # 2). Nous avons (proposition
6.37 b) et proposition 6.45 a))
ˆ ˆ ˆ ˆ 1 ˆ 8
g dν1 “ g dν1 ` g dν1 “ gptq dt ` gptq dt.
s0,8r s0,1s s1,8r 0 1
L’étude de la question a) montre que les deux intégrales généralisées ci-dessus sont fi-
nies, et donc g est Lebesgue intégrable.
Ce qui précède et le théorème ?? impliquent la continuité de Γ.
c) Nous utilisons le corollaire 7.15.
˚ À x fixé, t ÞÑ tx´1 e´t est intégrable (ceci suit de l’étude faite au point b)).
˚ À t fixé, x ÞÑ tx´1 e´t est C 8 .
˚ Soit ra, bs Ăs0, 8r. Si k P N˚ et x P ra, bs, alors
ˇ k ˇ
ˇd ˇ ˇ ˇ
ˇ f pt, xqˇ “ ˇpln tqk tx´1 e´t ˇ
ˇ dxk ˇ
#
| ln t|k ta´1 e´t , si 0 ă t ĺ 1
ĺ :“ hptq, @ t Ps0, 8r, @ x P ra, bs.
pln tqk tb´1 e´t , si t ą 1
Par ailleurs, h est borélienne (voir la question b)) et nous allons montrer plus bas que h
est intégrable. Le corollaire
ˇ k 7.15 ˇdonne que Γ P C 8 ps0, 8rq et (en utilisant le fait que, de
ˇd ˇ
ce qui précède, t ÞÑ ˇˇ k f pt, xqˇˇ est intégrable, et la proposition 6.45 b))
dx
ˆ ˆ 8
pkq k x´1 ´t
Γ pxq “ pln tq t e dν1 ptq “ pln tqk tx´1 e´t dt, @ x ą 0, @ k P N˚ .
s0,8r 0
13
de sorte que, clairement, Γ2 pxq ľ 0, @ x ą 0. Montrons que Γ2 pxq ą 0, @ x ą 0 (ce qui
permet de conclure). Preuve par l’absurde : sinon, il existe un x ą 0 tel que Γ2 pxq “ 0.
La proposition 6.35 a) implique pln tq2 tx´1 e´t “ 0 ν1 -p. p. sur s0, 8r. D’où
Solution.
a) (i) Le théorème de Leibniz-Newton donne que l’intégrale qui apparaît dans F est de
classe C 1 en x, et donc F l’est également.
Nous étudions G, qui est une intégrale à paramètre x :
ˆ 1
expp´x2 p1 ` t2 qq expp´x2 p1 ` t2 qq
ˆ
Gpxq “ dt “ dt,
0 1 ` t2 r0,1s 1 ` t2
par égalité des intégrales de Riemann et Lebesgue pour des fonctions continues sur
un intervalle compact.
En notant f pt, xq l’intégrande dans G, nous avons que : t ÞÑ f pt, xq est continue,
donc borélienne, x ÞÑ f pt, xq est continue, et la majoration |f pt, xq| ĺ 1. Comme
1 est intégrable sur r0, 1s, nous obtenons la continuité de G.
Bf
Par ailleurs, x ÞÑ f pt, xq “ ´2x expp´x2 p1 ` t2 qq est continue. Si x P ra, bs Ă
Bx
r0, 8r, alors
14
Pour x “ 0, nous avons F 1 p0q ` G1 p0q “ 0. Pour x ą 0, nous obtenons, par le
changement de variable t “ τ {x (dans une intégrale de Riemann) :
ˆ x
1 1 2
F pxq ` G pxq “2 expp´x q expp´t2 q dt
0
ˆ 1
´ 2x expp´x2 p1 ` t2 qq dt
0
ˆ x
2
“2 expp´x q expp´t2 q dt
0
ˆ 1
2
´ 2x expp´x q expp´x2 t2 q dt
ˆ x 0
“2 expp´x2 q expp´t2 q dt
0
ˆ x
2
´ 2 expp´x q expp´τ 2 q dτ “ 0.
0
π{4 et donc (comme I ą 0), I “ π{2. Une façon de procéder consiste à appliquer le
théorème de convergence dominée. Plus simplement, nous avons
expp´x2 p1 ` t2 qq
0ĺ ĺ expp´x2 q, @ x ľ 0, @ t P r0, 1s,
1 ` t2
et donc
ˆ 1
0 ĺ Gpxq ĺ expp´x2 q dt “ expp´x2 q,
0
Solution.
a) Si x ă 0, alors Dx “ H. Les contraintes x ľ 0 et x ` y ĺ 1 impliquent x ĺ 1, et donc
si x ą 1, alors Dx “ H. Enfin, si 0 ĺ x ĺ 1, alors
Dx “ ty ; y ľ 0 et x ` y ĺ 1u “ r0, 1 ´ xs.
#
H, si y ă 0 ou y ą 1
De même, Dy “ .
r0, 1 ´ ys, si 0 ĺ y ĺ 1
15
b) Nous avons D “ f ´1 pr0, 8rq X g ´1 pr0, 8rq X h´1 ps ´ 8, 1sq, où f px, yq :“ x, gpx, yq :“
y, hpx, yq :“ x ` y, @ px, yq P R2 . f, g, h étant continues, il s’ensuit que D est fermé,
donc borélien.
c) Nous devons calculer ν2 pDq. Nous avons ν2 “ ν1 b ν1 , avec ν1 σ-finie. En utilisant la
définition de la mesure produit, nous avons que x ÞÑ ν1 pDx q est borélienne et positive
(et a donc une intégrale de Lebesgue) et
ˆ ˆ
ν2 pDq “ ν1 pDx q dx “ χr0,1s pxqν1 pr0, 1 ´ xsq dx
R R
ˆ 1
“ ‰x“1 1
ˆ
paq pbq
“ p1 ´ xq dx “ p1 ´ xq dx “ x ´ x2 {2 x“1 “ .
r0,1s 0 2
(a) Nous utilisons les faits que x ÞÑ ν1 pDx q a une intégrale et que r0, 1s est mesurable
(car intervalle, donc borélien).
(b) Car l’intégrale de Lebesgue d’une fonction continue sur un intervalle compact coïn-
cide avec son intégrale de Riemann.
d) La fonction px, yq ÞÑ x2 ` y 2 est continue, donc borélienne, et positive. Elle a donc une
intégrale. Par ailleurs, D´est borélien. Le théorème de Tonelli appliqué à la mesure ν2 “
ν1 b ν1 donne que x ÞÑ R χD px, yq px2 ` y 2 q dy est borélienne et positive, et
ˆ ˆ
2 2
px ` y q dxdy “ χD px, yq px2 ` y 2 q dxdy
ˆR ˆˆ
D 2
˙
2 2
“ χD px, yq px ` y q dy dx
R R
ˆ ˆˆ ˙
2 2
“ χr0,1s pxq χD px, yq px ` y q dy dx
R R
ˆ ˆˆ ˙
paq 2 2
“ χD px, yq px ` y q dy dx
r0,1s R
ˆ ˆˆ ˙
2 2
“ χDx pyq px ` y q dy dx
r0,1s R
ˆ ˆˆ ˙
pbq 2 2
“ px ` y q dy dx
r0,1s r0,1´xs
ˆ ˆˆ 1´x ˙
pcq 2 2
“ px ` y q dy dx
r0,1s 0
“ 2 ‰y“1´x
ˆ
“ x y ` y 3 {3 y“0 dx
r0,1s
ˆ
“ p1{3 ´ x ` 2x2 ´ 4x3 {3q dx
r0,1s
ˆ 1
pdq
“ p1{3 ´ x ` 2x2 ´ 4x3 {3q dx
0
„ x“1
2 3 4 1
“ x{3 ´ x {2 ` 2x {3 ´ x {3 “ .
x“0 6
a une intégrale.
Pour (b), nous utilisons le fait que Dx est borélien (car intervalle) et le fait que y ÞÑ x2 `y 2
a une intégrale (fonction borélienne positive).
16
(c) et (d) relèvent du fait que l’intégrale de Lebesgue d’une fonction continue sur un in-
tervalle compact coïncide avec son intégrale de Riemann.
Exercice # 17. En calculant de deux façons différentes l’intégrale
ˆ 8 ˆˆ 1 ˙
´x
I :“ e sinp2xyq dy dx,
0 0
8
sin2 x
ˆ
´x
déterminer la valeur de e dx.
0 x
Solution. Soit A :“s0, 8rˆr0, 1s, qui est un borélien (car produit d’intervalles, donc produit
de boréliens). Soit f px, yq :“ e´x sinp2xyq, @ px, yq P A, qui est continue, donc borélienne.
Pour pouvoir appliquer le théorème de Fubini dans A par rapport à la mesure ν2 “ ν1 b
ν1 , il suffit de vérifier que f est intégrable. En utilisant la majoration |f px, yq| ĺ gpx, yq :“
e´x , @ px, yq P A, le fait que g est borélienne (car continue) et le théorème de Tonelli, nous
obtenons
ˆˆ ˙
paq
ˆ ˆ ˆ ˆ
pbq ´x
|f px, yq| dxdy ĺ gpx, yq dxdy “ e dy dx “ e´x dx
A A s0,8r r0,1s s0,8r
ˆ 8
pcq “ ‰x“8
“ e´x dx “ ´e´x x“0 “ 1 ă 8,
0
et donc f est intégrable. Pour (a), nous utilisons le fait que |f | et g sont mesurables positives
(donc ont une intégrale) ; pour (b), le théorème de Tonelli local ; pour (c) le fait que l’intégrale
de Lebesgue d’une fonction continue positive sur un intervalle coïncide avec son intégrale
généralisée.
Nous avons d’une part, en interprétant l’intégrale en y comme intégrale de Riemann (ou
de Lebesgue sur r0, 1s – les deux sont égales pour une fonction continue) :
ˆ 8„ y“1
´x cosp2xyq 1 8 ´x 1 ´ cosp2xq
ˆ
I“ ´e dx “ e dx
0 2x y“0 2 0 x
ˆ 8 2
´x sin x
“ e dx.
0 x
Le dernière intégrale ci-dessus est vue comme une intégrale généralisée (elle coïncide avec
celle de Lebesgue, l’intégrande étant continue et positive sur l’intervalle d’intégration).
Par ailleurs, nous avons
ˆ ˆˆ ˙
paq ´x
I “ e sinp2xyq dx dy
r0,1s s0,8r
ˆˆ ˙
1 ` 2ıxy ˘
ˆ
´x ´2ıxy
“ e e ´e dx dy
2ı r0,1s s0,8r
ˆˆ ˙
1 ` ´p1´2ıyqx ˘
ˆ
´p1`2ıyqx
“ e ´e dx dy
2ı r0,1s s0,8r
ˆ ˙
pbq 1 1 1
ˆ
“ ´ dy
2ı r0,1s 1 ´ 2ıy 1 ` 2ıy
ˆ 1 „ 1
2y 2y 1 ln 5
ˆ
pcq 2
“ dy “ dy “ lnp1 ` 4y q “ ,
r0,1s 1 ` 4y 0 1 ` 4y
2 2 4 4
0
17
ce qui donne
ˆ 8
sin2 x ln 5
e´x dx “ .
0 x 4
Obtenir la réponse
a) Par utilisation du théorème de Tonelli.
b) En utilisant les coordonnées sphériques.
Solution.
a) L’intégrande f px, y, zq “ |x|a´1 |y|b´1 |z|c´1 est continue sur Bzt0u, donc borélienne, et
positive. Par ailleurs, B est un borélien. ?Il s’ensuit
? 3 que I existe. En3utilisant la positivité
de f et l’inclusion de boréliens s ´ 1{ 3, 1{ 3r Ă B Ăs ´ 1, 1r , nous obtenons que
J ĺ I ĺ K, où
ˆ
J :“ ? ?
|x|a´1 |y|b´1 |z|c´1 dxdydz,
s´1{ 3,1{ 3r3
ˆ
K :“ |x|a´1 |y|b´1 |z|c´1 dxdydz.
s´1,1r3
18
b) En utilisant les coordonnées sphériques, et en notant que px, y, zq P B si et seulement
si r P r0, 1r, nous obtenons
ˆ
I“ χB px, y, zq |x|a´1 |y|b´1 |z|c´1 dxdydz
ˆR
3
Ici, (a) découle de la définition de l’intégrale sur un ensemble mesurable, (b) du théorème
de Tonelli local pour la mesure ν3 “ ν1 b ν1 b ν1 , (c) du fait que les points sont Lebesgue
négligeables dans R, (d) de l’égalité de l’intégrale de Lebesgue et de l’intégrale généralisée
pour des fonctions continues sauf en un nombre fini de points et positives sur un inter-
valle. (Il convient de comprendre la dernière intégrale comme la somme d’intégrales gé-
néralisées de fonctions continues positives sur s0, π{2r, sπ{2, πr, sπ, 3π{2r, s3π{2, 2πr.)
Notons que les trois intégrales généralisées de la dernière ligne sont strictement posi-
tives, car intégrales généralisées de fonctions continues et strictement positives, sauf
en un nombre fini de points. Il s’ensuit que I est finie si et seulement si chacune de ces
intégrales l’est.
´1
Nous avons 0 ra`b`c´1 dr ă 8 ðñ a ` b ` c ą 0 (critère de Riemann).
Par ailleurs,
ˆ π{2 ˆ π{2
a`b´1 c´1 paq
pcos ϕq | sin ϕ| dϕ “ 2 pcos ϕqa`b´1 psin ϕqc´1 dϕ ;
´π{2 0
19
et donc, comme ci-dessus, cette intégrale est finie si et seulement si a ` b ą 0. (Pour
obtenir (a), nous utilisons le changement de variables (dans une intégrale généralisée)
ϕ “ π{2 ´ t.)
Il s’ensuit que la deuxième intégrale généralisée converge si et seulement si c ą 0 et
a ` b ą 0.
Enfin, en utilisant la 2π-périodicité et la positivité de l’intégrande, nous obtenons :
ˆ 2π ˆ π
a´1 b´1
| cos θ| | sin θ| dθ “ | cos θ|a´1 | sin θ|b´1 dθ
0
ˆ´ππ
paq
“2 | cos θ|a´1 | sin θ|b´1 dθ
0
ˆ π{2
“2 | cos θ|a´1 | sin θ|b´1 dθ
0
ˆ π
`2 | cos θ|a´1 | sin θ|b´1 dθ
π{2
ˆ π{2
pbq
“2 | cos θ|a´1 | sin θ|b´1 dθ
0
ˆ π{2
`2 | cospπ ´ tq|a´1 | sinpπ ´ tq|b´1 dt
0
ˆ π{2
“2 | cos θ|a´1 | sin θ|b´1 dθ
0
ˆ π{2
`2 | cos t|a´1 | sin t|b´1 dt,
0
Solution. Il suffit de montrer l’égalité pour des fonctions Lebesgue mesurables et positives,
puis de retrancher les égalités obtenues pour f` et f´ . Soient Ψ1 :s´8, 0rÑ R, Ψ2 :s0, 8rÑ
R, Ψ1 pxq :“ x ´ 1{x, @ x ă 0, Ψ2 pxq :“ x ´ 1{x, @ x ą 0. Les tableaux de variations de ces
fonctions montrent qu’elles sont bijectives. Par ailleurs, elles sont de classe C 1 et de dérivée
ą 0, donc des C 1 -difféomorphismes.
Posons Φj :“ Ψ´1 j , j “ 1, 2. Pour tout y P R, l’équation x ´ 1{x “ y a exactement deux
solutions, une négative, xa1 :“ Φ1 pyq, l’autre positive,
a x2 :“ Φ2 pyq. En résolvant l’équation,
y´ y `4 2 y` y `4 2
nous trouvons x1 “ , x2 “ .
2 2
Montrons d’abord que x ÞÑ gpxq :“ f px ´ 1{xq (qui n’est pas définie en 0) est Lebesgue
mesurable. Il suffit de montrer qu’elle l’est sur s ´ 8, 0r et sur s0, 8r (pour conclure, nous
la considérons comme une fonction « à accolade » définie presque partout). Le théorème du
changement de variables donne que g est mesurable sur s´8, 0r si et seulement si g˝Φ1 |Φ11 |
20
est Lebesgue mesurable sur R. Or,
ˇ ˇ
ˇ 1 ´ y{ay 2 ` 4 ˇ
ˇ ˇ
Þ g ˝ Φ1 pyq|Φ11 pyq| “ f pyq ˇ
yÑ ˇ
ˇ 2 ˇ
est Lebesgue mesurable, comme produit d’une fonction Lebesgue mesurable et d’une fonc-
tion continue.
De même, g ˝ Φ2 |Φ12 | est Lebesgue mesurable, donc g l’est sur s0, 8r.
En utilisant les faits que g est Lebesgue mesurable et positive, que t0u est Lebesgue négli-
geable et que s ´ 8, 0r et s0, 8r sont boréliens (donc Lebesgue mesurables), nous obtenons
ˆ ˆ ˆ
f px ´ 1{xq dx “ f px ´ 1{xq dx “ f px ´ 1{xq dx
R Rzt0u ´8,0r\s0,8r
ˆ ˆ
“ f px ´ 1{xq dx ` f px ´ 1{xq dx
s´8,0r s0,8r
ˆ ˆ
paq
“ f pyq|Φ1 pyq| dy ` f pyq|Φ12 pyq| dy
1
ˆR R ˆ
pbq 1 1 pcq
“ f pyqr|Φ1 pyq| ` |Φ2 pyq|s dy “ f pyq dy.
R R
Ici, (a) découle du théorème du changement de variables, (b) du fait que les intégrandes
sont positives, et (c) du fait que, par calcul direct, en utilisant le fait que Φj est croissante,
j “ 1, 2, nous avons
a a
1 1 1 1 1 ´ y{ y 2 ` 4 1 ` y{ y 2 ` 4
|Φ1 pyq| ` |Φ2 pyq| “ Φ1 pyq ` Φ2 pyq “ ` “ 1.
2 2
Exercice # 20. (Inégalité de Hardy) Nous travaillons dans I :“s0, 8r muni
´ x de la mesure de
Lebesgue. Soit 1 ă p ă 8. Si f P L “ L pIq, nous posons F pxq :“ 0 f ptq dt, @ x ą 0.
p p
Solution.
a) Soit f P Cc8 ps0, 8rq. Dans ce cas, les intégrandes de (15) sont continues et positives, et
donc nous pouvons traiter les intégrales soit comme des intégrales de Lebesgue soit, ce
que nous ferons, comme des intégrales généralisées.
Soient 0 ă a ă b ă 8 tels que f pxq “ 0 si x R ra, bs. Alors F pxq “ 0 si x ĺ a et
F pxq “ F pbq si x ľ b. Il s’ensuit que
8 b 8
|F pxq|p |F pxq|p |F pbq|p
ˆ ˆ ˆ
dx “ dx ` dx ă 8,
0 xp a xp b xp
car la première intégrale est une intégrale de Riemann finie, et la seconde est finie par
critère de Riemann.
21
En utilisant la définition de l’intégrale généralisée et en intégrant par parties, nous trou-
vons
ˆ 8 ˆ M ˆ M
|F pxq|p |F pxq|p |F pxq|p
dx “ lim dx “ lim dx
0 xp M Ñ8 0 xp M Ñ8 a xp
#„ M
paq |F pxq|p
“ lim ´
M Ñ8 pp ´ 1qxp´1 a
ˆ M +
p |F pxq|p´1 f pxq sgn pF pxqq
` dx
p´1 a xp´1
# (16)
|F pbq|p
“ lim ´
M Ñ8 pp ´ 1qM p´1
ˆ M +
p |F pxq|p´1 f pxq sgn pF pxqq
` dx
p´1 a xp´1
ˆ M
p |F pxq|p´1 f pxq sgn pF pxqq
“ lim dx.
p ´ 1 M Ñ8 a xp´1
Ici, (a) et (c) suivent de l’égalité des intégrales de Riemann et Lebesgue pour des inté-
grandes continues sur un intervalle compact, (d) de la monotonie de l’intégrale définie
d’une fonction continue positive, et (b) de l’inégalité de Hölder appliquée aux fonctions
|F pxq|p´1
continues (donc boréliennes) |f | et x ÞÑ .
xp´1
22
En combinant (16) et (17), nous obtenons
ˆˆ 8 ˙p ˆ ˆ 8 ˙ ˆˆ 8 ˙p´1
|F pxq|p |F pxq|p
dx ĺ p
|f pxq| dx dx . (18)
0 xp 0 0 xp
8
|F pxq|p
ˆ
Nous savons, d’après la première partie de la preuve, que I “ dx est finie.
0 xp
En combinant ce fait avec (18), nous obtenons (15).
b) Soit f P L p . Alors l’intégrande qui donne F pxq est intégrable et F est continue (pro-
priétés vues ailleurs ; elles suivent de l’inégalité de Hölder).
´x
Soit pfj qj Ă Cc8 pIq telle que fj Ñ f dans L p . Soit Fj pxq :“ 0 fj ptq dt, @ j, @ x ą 0.
Par l’inégalité de Hölder avec exposants p et q “ p{pp ´ 1q, nous avons
ˇˆ ˇ ˆ
paq ˇ ˇ pbq
|Fj pxq ´ F pxq| “ ˇˇ pfj ptq ´ f ptqq dtˇˇ ĺ |fj ptq ´ f ptq| dt
s0,xr s0,xr
ˆˆ ˙1{p ˆˆ ˙pp´1q{p
p
ĺ |fj ptq ´ f ptq| dt 1 dt
s0,xr s0,xr
pcq
ĺ xpp´1q{p }fj ´ f }p .
Nous avons utilisé : pour (a) et (b), le fait que les intégrandes définissant Fj pxq et F pxq
sont finies ; pour (c), la monotonie de l’intégrale d’une fonction mesurable positive par
rapport au domaine d’intégration.
Il s’ensuit que F pxq “ lim Fj pxq, @ x ą 0. En combinant ce fait avec le lemme de Fatou
jÑ8
et la première partie de la preuve, nous obtenons
ˆ 8
|F pxq|p |F pxq|p |Fj pxq|p
ˆ ˆ
paq
dx “ dx “ lim dx
0 xp s0,8r xp s0,8r jÑ8 xp
|Fj pxq|p pbq |Fj pxq|p
ˆ ˆ
“ lim inf dx ĺ lim inf dx
s0,8r jÑ8 xp jÑ8 s0,8r xp
pcq
ˆ ˆ
p pdq
ĺ lim inf |fj pxq| dx “ |f pxq|p dx.
jÑ8 s0,8r s0,8r
Ici, (a) utilise le fait que l’intégrande est continue et positive, (b) découle du lemme de
|Fj pxq|p
Fatou appliqué aux fonctions x ÞÑ , qui sont continues (donc boréliennes) et
xp
positives, (c) de la première partie de la preuve, et (d) du fait que la norme est continue
dans un espace normé.
Ceci donne (15) pour tout f P L p , sachant qu’il faut comprendre la deuxième intégrale
dans (15) comme une intégrale de Lebesgue.
23
Université Claude Bernard Lyon 1 Licence de mathématiques 3e année
UE Mesure et intégration & Éléments d’analyse fonctionnelle Année 2023–2024
c) Montrer que Pf pN˚ q est dénombrable. Il existe donc une bijection Φ : N Ñ Pf pN˚ q.
d) Donner un exemple de fonction injective Ψ : N Ñ r0, 1r.
e) Soit
$
&f pxq,
’ si x R ΨpNq
˚
F : r0, 1rÑ PpN q, F pxq :“ f pΨpnqq, si x “ Ψp2nq pour un n P N .
’
%
Φpnq, si x “ Ψp2n ` 1q pour un n P N
Montrer que F est bijective. Il y a donc « autant » de points dans r0, 1r que de parties de
N˚ .
Exercice # 3. (Exemple d’ensemble non borélien) Définissons, pour x, y P r0, 1s, la relation
x „ y si et seulement si x ´ y P Q.
a) Montrer que „ est une relation d’équivalence.
Nous pouvons donc écrire r0, 1s comme l’union des classes d’équivalence, qui sont deux
à deux disjointes : r0, 1s “ YiPI Ci .
Prenons, pour chaque i, un élément et un seul xi P Ci et définissons A :“ txi ; i P Iu.
Posons Aq :“ tqu ` A, @ q P Q X r´1, 1s.
b) Montrer que Aq X Ar “ H si q ‰ r.
c) Montrer que r0, 1s Ă YqPQXr´1,1s Aq Ă r´1, 2s.
d) En supposant A borélien, calculer ν1 pAq q en fonction de ν1 pAq.
e) En déduire que 1 ĺ 8 ¨ ν1 pAq ĺ 3.
f) Conclusion : A n’est pas borélien.
g) Renforcer la conclusion à : A n’est pas Lebesgue mesurable.
1
h) (On ne peut pas bien mesurer toutes les parties de R) Si µ : PpRq Ñ r0, 8s est une
mesure invariante par translations, alors soit µ “ 0, soit µpIq “ 8 pour tout intervalle
non dégénéré I Ă R.
Exercice # 4. (Caractérisation des tribus sur les ensembles a. p. d.) Rappelons, pour com-
mencer, quelques propriétés des relations d’équivalence.
1. Soit R une relation d’équivalence sur X. Soient pXi qiPI les classes d’équivalence relatives
à R. Alors ces classes forment une partition de X.
2. Réciproquement, si pXi qiPI est une partition de X, et si nous définissons la relation
alors „ est une relation d’équivalence dont les classes d’équivalence sont précisément
pXi qiPI .
Montrer les résultats suivants.
a) Si pXi qiPI est une partition a. p. d. de X et si nous posons A :“ tXi ; i P Iu, alors
T pA q “ tYJĂI Xi ; J Ă Iu.
T “ tYJĂI Xi ; J Ă Iu.
Exercice # 5. Montrer que λ1 , la mesure de Lebesgue (complète) sur R, est donnée par la
formule
!ÿ )
λ1 pAq “ inf pbj ´ aj q ; A Ă Ysaj , bj r , @ A P L1 .
Exercice # 6. (Ensemble maigre de Cantor) Nous travaillons dans R, avec la tribu borélienne
BR et la mesure de Lebesgue ν1 .
a) Si I est un intervalle compact de R, alors nous notons Ir l’union des deux intervalles ob-
tenus en enlevant de I l’intervalle ouvert qui a le même centre que I et dont la longueur
est un tiers de celle de I. Exemple : si I :“ r´3, 3s (de centre 0), alors l’intervalle ouvert
qui est enlevé est s ´ 1, 1r, et donc Ir “ r´3, ´1s Y r1, 3s.
De manière équivalente, si I :“ ra, bs alors Ir :“ ra, a ` pb ´ aq{3s \ ra ` 2pb ´ aq{3, bs.
Montrer que Ir est un borélien, et calculer ν1 pIq
r en fonction de ν1 pIq.
b) Nous construisons par récurrence une suite pCj qjľ0 décroissante d’ensembles de la ma-
nière suivante :
(i) C0 “ r0, 1s
2
(ii) Si Cj s’écrit comme une union finie d’intervalles fermés d. d. d. : Cj “ \m
`“1 I` , alors
m r
Cj`1 est défini comme Cj`1 :“ \`“1 I` .
c) Dessiner C0 , C1 , C2 .
d) Montrer que Cj est un borélien, @ j.
e) Calculer ν1 pCj q, j “ 0, 1, 2.
f) Proposer et montrer une formule pour ν1 pCj q.
g) Posons C :“ Xjľ0 Cj . Montrer que C est un compact non vide infini.
h) Calculer ν1 pCq.
i) En examinant l’écriture en base 3 des points de chaque Cj , puis de C, montrer qu’il y a
« autant » de points dans C que dans r0, 1s. Plus précisément, en utilisant les bases 3 et
2, déterminer une surjection entre C et r0, 1s. Puis, conclure en utilisant le théorème de
Cantor-Bernstein.
Exercice # 7. (Théorème d’Egoroff) † Soit pX, T , µq un espace mesuré, avec µ finie. Soient
fn , f : X Ñ R des fonctions mesurables telles que fn Ñ f (convergence simple). Le théo-
rème d’Egoroff affirme que fn Ñ f « presque uniformément », au sens suivant :
λ1 pBzU q ă ε et λ1 pU zBq ă ε.
3
Exercice # 9. (Théorème de Louzine ‡ ) Soit f : r0, 1s Ñ R une fonction Lebesgue mesu-
rable. Le théorème de Louzine affirme que f est « presque continue », au sens suivant : pour
tout ε ą 0, il existe une fonction continue g : r0, 1s Ñ R et un ensemble borélien B Ă r0, 1s
tels que ν1 pBq ă ε et f “ g sur r0, 1szB.
Nous nous proposons d’établir une forme plus faible de ce résultat, prouvée par Vitali :
pour tout ε ą 0, il existe un ensemble borélien B Ă r0, 1s tel que ν1 pBq ă ε et tel que la
restriction de f à r0, 1szB soit continue.
Le passage du résultat de Vitali à celui de Louzine nécessite un résultat de topologie, dû
à Urîsohn, que nous ne donnerons pas ici. Un cas particulier de ce résultat nous sera utile
pour la question a) : si F , G sont des fermés non vides et disjoints dans un espace métrique X,
alors la fonction
distpx, Gq
X Q x ÞÑ
distpx, f q ` distpx, Gq
est continue sur X, vaut 1 sur F et 0 sur G.
Dans ce qui suit, les fonctions fn : X Ñ R sont supposées mesurables, avec pX, T , µq
mesuré.
a) Supposons fn Ñ f et f intégrable. Montrer que
ˆ ˆ ˆ
|fn | “ |f | ` |fn ´ f | ` op1q quand n Ñ 8.
‡. Ou Luzin, ou Lusin.
4
Exercice # 11. Montrer que
ˆ 1
1 ÿ 1
x
dx “ .
0 x nľ1
nn
Exercice # 12. Soit pX, T , µq un espace mesuré tel que 0 ă µpXq ă 8. Si f : X Ñ R est
intégrable, montrer qu’il existe x0 , y0 P X tels que
ˆ
f dµ
f py0 q ĺ f :“ X
ĺ f px0 q.
µpXq
Exercice # 13. Dans ce qui suit, z1 , . . . , zn sont des nombres complexes. Le problème que
nous
ˇř étudions
ˇ est le suivant : montrer qu’il existe J Ă J1, . . . , nK tel que la somme SJ :“
ˇ ˇ
ˇ jPJ zj ˇ soit « grande ». Précisons d’abord le problème. Nous avons
ÿ ÿ
n
SJ ĺ |zj | ĺ |zj | :“ S,
jPJ j“1
et donc SJ ne peut pas dépasser S. Nous nous proposons de montrer qu’il existe J tel que
« SJ soit une partie significative de S ».
Clairement, pour n “ 1 le meilleur choix est de prendre J :“ t1u, et dans ce cas S1 “
S “ |z1 |. Étudions le cas n ľ 2.
a) Si n “ 2, montrer qu’il est possible de choisir J tel que
1ÿ
2
1
SJ ľ S “ |zj |,
2 2 j“1
1
et que la constante est la meilleure possible.
2
b) Si n “ 3, montrer qu’il est possible de choisir J tel que
1ÿ
3
1
SJ ľ S “ |zj |,
3 3 j“1
1
et que la constante est la meilleure possible.
3
c) (Je ne connais pas la réponse) Quelle est la meilleure constante si n “ 4 ?
1
En tout cas, elle n’est pas . En effet, nous allons montrer le résultat suivant.
4
1
@ n P N˚ , @ z1 , . . . , zn P C, D J Ă J1, nK tel que SJ ľ S. (1)
π
Dans ce qui suit, le produit scalaire des nombres complexes x , y est le produit scalaire
usuel dans R2 .
d) Soit ω “ eıt un nombre complexe de module 1. Posons
5
(Donc Jt contient les j tels que l’angle entre zj et ω soit ĺ π{2.)
Montrer que
ˇ ˇ
ˇÿ ˇ ÿ ÿn
ˇ ˇ
ˇ z ˇ ľ xz , ωy “ xzj , ωy` . (2)
ˇjPJ j ˇ jPJ j j“1
t t
#
x, si x ľ 0
Rappelons que x` est la partie positive de x : x` :“ .
0, si x ă 0
e) Calculer
ˆ 2π ÿ
n
xzj , eıt y` dt
0 j“1
6
Exercice # 18. (Unicité des mesures à la Lebesgue)
I. Soit pX, dq un espace métrique tel que
BX b BX “ BXˆX (3)
(nous verrons en partie II de l’exercice une condition suffisante pour la validité de (3)).
Exemple : X “ Rn muni de l’une des métriques induites par une norme } }.
Une mesure borélienne µ sur X est uniformément répartie si elle satisfait la condition sui-
vante :
Le but de cet exercice est de montrer que deux mesures uniformément réparties sont
proportionnelles.
En admettant cette conclusion, nous obtenons une autre caractérisation de la mesure
de Lebesgue (voir l’item i) ci-dessous).
Soient µ et ν deux mesures uniformément réparties. Soient gprq :“ µpBpx, rqq, hprq :“
νpBpx, rqq, @ r ą 0 (ces fonctions dépendent de r, mais pas de x P X).
Dans ce qui suit, U désigne un ouvert non vide et borné de X.
est borélienne.
e) Montrer que
ˆ ˆ
νpU X Bpx, rqq dµpxq “ µpU X Bpy, rqq dνpyq.
U U
7
II. Nous donnons ici une condition suffisante pour la validité de (3), condition qui est satis-
faite en particulier par Rn avec l’une de ses métriques usuelles.
Voici une question d’échauffement (voir l’exercice # 22 de la feuille # 2).
a) Montrer que, si pX, dq et pY, δq sont des espaces métriques arbitraires, alors BX b BY Ă
BXˆY . (Penser à la preuve de l’inclusion BRn b BRm Ă BRn`m .)
Donc si une inclusion pose problème dans la vérification de (3), il s’agit de BXˆY Ă
BX b BY . En général, cette inclusion est fausse, mais donner un contre-exemple dépasse le
cadre de cet exercice.
Un espace métrique pX, dq est séparable s’il existe un ensemble a. p. d. A Ă X dense
dans X, donc tel que A “ X.
b) Montrer que Rn est séparable.
c) Si X est séparable, montrer que pour tout ouvert U nous avons
νn pΦpU qq “ νn pU q, @ U Ă Rn ouvert.
8
a) Peut-on invoquer un résultat théorique et en déduire que g et h sont Lebesgue mesu-
rables ?
b) Que peut-on dire de g et h si f est borélienne ?
c) Montrer que g et h sont Lebesgue mesurables.
Exercice # 23. (Intégration par parties (I)) Nous travaillons dans pR, BR , ν1 q et pRn , BRn , νn q.
a) Soit g P CpRq intégrable. Montrer qu’il existe une suite pRj qj Ă r0, 8r telle que Rj Ñ
8, gpRj q Ñ 0 et gp´Rj q Ñ 0.
b) Soit h P C 1 pRq, avec h et h1 intégrables.
(i) Montrer que R h1 “ 0.
´
(ii) Montrer que, pour tout η P R, R e´ıxη h1 pxq dx “ ıη R e´ıxη hpxq dx.
´ ´
Bf
c) Soit f P C 1 pRn q, avec f et intégrables. Montrer que, pour tout ξ P Rn ,
Bx1
´ıx¨ξ Bf
ˆ ˆ
e pxq dx “ ıξ1 e´ıx¨ξ f pxq dx.
Rn Bx 1 Rn
Bf Bg
e) Soient f, g P C 1 pRn q bornées telles que f, g, , soient intégrables. Montrer que
Bx1 Bx1
Bf Bg
ˆ ˆ
pxqgpxq dx “ ´ f pxq pxq dx.
Rn Bx1 Rn Bx1
Exercice # 24. (Intégration´par parties (II)) Nous travaillons dans pr0, 8r, Br0,8r , ν1 q. Soient
f, g P L . Soient F pxq :“ r0,xs f ptq dt, Gpxq :“ r0,xs gptq dt, @ x ľ 0.
1
´
9
2. En se ramenant à un calcul de fonction Bêta d’Euler, montrer que
a) Soit K Ă R un compact. Montrer qu’il existe une suite pfj qj Ă Cc8 pR, r0, 1sq telle que
fj Œ χK . Indication : lemme d’Urîsohn.
b) (i) Prouver (4) si f : rc, ds Ñ R est continue.
(ii) Prouver (4) si f :“ χK , avec K Ă rc, ds compact.
(iii) Soit
Exercice # 27. (Formule de l’indicatrice de Banach (I)) Soient I :“sa, brĂ R et Φ P C 1 pI, Rq.
Soient
10
d) Soit K Ă U un compact. Montrer que
νn pΦpKqq “ 0.
11
Exercice # 29. (Dérivée de l’intégrale) Nous travaillons dans pr0, 8r, Br0,8r , ν1 q. Soit f P
L . Soit F pxq :“ r0,xs f ptq dt, @ x ľ 0.
1
´
Exercice # 30. (Inégalités pour des opérateurs à noyau ; cas des exposants non-conjugués)
Cet exercice fait suite à l’exercice # 19 de la feuille # 7. Nous travaillons dans un espace
produit pX ˆ Y, T b S , µ b νq, avec µ et ν σ-finies. Toutes les fonctions considérées sont
mesurables et, par souci de simplicité, positives. Un noyau est une fonction K : X ˆ Y Ñ R` .
Le conjugué d’un exposant s sera noté s1 .
Soient 1 ă p, q ă 8 deux exposants. Nous supposons que
1 1 1 1
λ :“ 2 ´ ´ “ 1 ` 1 ă 1,
p q p q
ce qui, en particulier, implique que p et q ne sont pas conjugués. Nous voulons majorer les
quantités
ˆ
A “ Apf, gq :“ K λ px, yq f pxq gpyq dµ b νpx, yq, avec f : X Ñ R` , g : Y Ñ R` ,
ˇˇ XˆYˆ ˇˇ
ˇˇ ˇˇ
B “ Bpf q :“ ˇˇˇˇy ÞÑ K λ px, yq f pxq dµpxqˇˇˇˇ avec f : X Ñ R` .
Y q1
12
de Tonelli, obtenir l’inégalité
ˆˆ ˙1{q1
q1 p
Apf, gq ĺ F pxq β pxq f pxq dµpxq
X
ˆˆ ˙1{p1
p1 q
ˆ Gpyq δ pyq g pyq dνpyq
Y
˜ˆ ˆ ˙1{p1´λq ¸1´λ (6)
αpxq
ˆ f p pxq dµpxq
X βpxq
˜ˆ ˆ ˙1{p1´λq ¸1´λ
γpyq
ˆ g q pyq dνpyq ,
Y δpyq
où
Kpx, yq Kpx, yq
ˆ ˆ
F pxq :“ dνpyq, Gpyq :“ dµpxq.
Y γ q1 pyq X αp1 pxq
Montrer que ces équations permettent en effet de définir β et δ et que, pour ce choix, (6)
devient
ˆˆ ˙1{p
p{q 1 p p
Apf, gq ĺ rF pxqs α pxq f pxq dµpxq
X
ˆˆ ˙1{q (7)
1
ˆ rGpyqsq{p γ q pyq g q pyq dνpyq .
Y
1 1
i) (Inégalité de Young) Soient 1 ă P, Q ă 8 tels que ` ą 1. On définit 1 ă R ă 8
P Q
1 1 1
par l’égalité “ ` ´ 1.
R P Q
En choisissant convenablement p et q, et en prenant αpxq ” 1 et γpyq ” 1, obtenir, pour
f, h : Rn Ñ R` , l’inégalité de Young ||h ˚ f ||R ĺ ||h||Q ||f ||P .
13
j) (Inégalité de Hardy à poids en 0) Soient 1 ă p ă 8, 0 ă r ă 8, et h :s0, 8rÑ R` .
En choisissant convenablement f et q et en prenant αpxq “ γpxq “ x1{pp`qq , obtenir
l’inégalité de Hardy à poids en 0
ˆ 8 ˆˆ x ˙p ´ p ¯p ˆ 8
´r´1
x hpyq dy dx ĺ x´r`p´1 hp pxq dx.
0 0 r 0
1 1
l) (Inégalités de Hardy-Littlewood-Pólya-Levin) On suppose 1 ă p, q ă 8, ` ľ 1.
p q
Préliminaire. Nous admettons la formule des compléments (due à Euler)
ˆ 8
1 π
dt “ , @ 0 ă a ă 1. ‡
0 pt ` 1q ta sinpπaq
1 1
En prenant αpxq “ γpxq “ x1{pp `q q , montrer les inégalités de Hardy-Littlewood-Pólya-
Levin
ˆ ˙λ
f pxqgpyq π
ˆ
dxdy ĺ ||f ||p ||g||q ,
s0,8r2 px ` yq
λ sinpπp1 {pp1 ` q 1 qq
ˆ 8 ˇˆ 8 ˇq 1 ˆ ˙pp1 `q1 q{p1
ˇ f pxq ˇ π 1
ˇ ˇ
dxˇ dy ĺ ||f ||qp .
ˇ px ` yq λ 1 1
sinpπp {pp ` q qq 1
0 0
Exercice # 31. (Inégalités de Hardy générales, encore) Cet exercice fait suite aux exercices
# 19 e) et 20 de la feuille # 7, et aux items j) et k) de l’exercice précédent. Soient 1 ĺ p ă 8,
0 ă r ă 8, et h :s0, 8rÑ R` une fonction borélienne. Montrer l’inégalité de Hardy à poids
en 0
ˆ 8 ˆˆ x ˙p ´ p ¯p ˆ 8
´r´1
x hpyq dy dx ĺ x´r`p´1 hp pxq dx (8)
0 0 r 0
14
Exercice # 32. (Construction d’une fonction dans Cc8 pRq) Nous travaillons dans R muni
de la mesure de Lebesgue. Soit G :“ χr0,1s . Pour ε ą 0, soit
1 ´x¯
Gε pxq :“ G , @ x P R.
ε ε
a) Si f P L 1 pRq, montrer que f ˚ Gε P CpRq.
b) Plus généralement, si ε1 , . . . , εj ą 0, montrer que f ˚ Gε1 ˚ ¨ ¨ ¨ ˚ Gεj P C j´1 pRq.
Et si f P CpRq ?
ř
c) Soit pεj qjľ0 Ăs0, 8r une suite telle que S :“ j εj ă 8. Soit
#
p2{ε0 q ´ p2{ε0 q2 |x ´ ε0 {2|, si 0 ĺ x ĺ ε0
f0 pxq :“ .
0, sinon
Exercice # 33. (Bases hilbertiennes de polynômes (I)) Soit I Ă R un intervalle ouvert non
vide borné muni de la mesure ´ de Lebesgue. Nous munissons L :“ L pI; Rq du produit
2 2
15
e) Soient f P L2 et ε ą 0. Montrer qu’il existe P P RrXs tel que }f ´ P }L2 ă ε. On pourra
utiliser, par exemple, le théorème de Weierstrass : si g P Cpra, bsq, alors il existe une
suite de polynômes pQn qn telle que Qn Ñ g uniformément sur ra, bs.
f) En utilisant les questions précédentes, montrer que pour tout f P L2 nous avons
8
ÿ ÿ
N
f“ pf, Pk q Pk , au sens où pf, Pk q Pk Ñ f dans L2 quand N Ñ 8 (10)
k“0 k“0
Exercice # 34. Cet exercice prépare aux questions b) et c) de l’exercice 35. Soient 1 ĺ p ĺ 8
et g P Lp pr0, 8r, Br0,8r , λr0,8r q.
est holomorphe.
b) Soit a ą 0. On suppose que
ˆ 8
tn gptq e´at dt “ 0, @ n ľ 0. (11)
0
avec a ą 0, alors g “ 0.
16
a) Soit I Ă R un intervalle non-dégénéré et soit H un espace de Hilbert de (classes d’équi-
valence de) fonctions sur I tel que l’espace des fonctions polynomiales sur I : (i) s’iden-
tifie avec RrXs, (ii) soit contenu dans H, et (iii) soit dense dans H. Si pPn qnľ0 est une
famille orthonormée de fonctions polynomiales, avec deg Pn “ n, @ n ľ 0, montrer que
pPn qnľ0 est une base hilbertienne de H.
b) (Polynômes de Laguerre) On munit I :“ r0, 8r de la tribu borélienne et de la mesure µ de
densité e´x par rapport à la mesure de Lebesgue. Montrer que, dans L2 pr0, 8r, Br0,8r , µq,
les polynômes de Laguerre :
dn n ´x
Qn pxq :“ βn ex px e q, @ n ľ 0, @ x ľ 0,
dxn
(avec βn ą 0 constantes convenables) forment une base hilbertienne.
c) (Polynômes d’Hermite) On munit R de la tribu borélienne et de la mesure ν de densité
e´x {2 . Montrer que , dans L2 pR, BR , νq, les polynômes d’Hermite
2
2 {2 dn ´x2 {2
Rn pxq :“ p´1qn γn ex re s, @ n ľ 0, @ x P R,
dxn
(avec γn ą 0 constantes convenables) forment une base hilbertienne.
Exercice # 37. (Bases de Walsh et Haar) Soit H :“ L2 pr0, 1r, Br0,1r , λr0,1r q. Pour n ľ 0, soit
(avec la convention wH “ 1), forment une base hilbertienne de H. C’est la base de Walsh.
Indication : si n ľ 1, montrer que twI ; max I “ nu est une famille orthonormée conte-
nue dans En a En´1 .
17
d) (Base de Haar) Si H0 :“ 1 et, pour n ľ 0 et 0 ĺ j ĺ 2n ´ 1,
$
’ n{2
&2 , si 2j{2n`1 ĺ x ă p2j ` 1q{2n`1
Hj`2n pxq :“ ´2n{2 , si p2j ` 1q{2n`1 ĺ x ă p2j ` 2q{2n`1 ,
’
%
0, sinon
montrer que pHk qkľ0 est une base hilbertienne de H. C’est la base de Haar.
Exercice # 38. (Théorème d’Orlicz) Soit I Ă R un intervalle ouvert non vide muni de la
mesure de Lebesgue. Nous considérons une base hilbertienne pek qkľ0 Ă L 2 de L2 “ L2 pIq.
(De telles bases existent : voir, par exemple, l’exercice # 33.)
a) Montrer que, pour tout f P L 2 , il existe une suite extraite pN` q (qui en principe dépend
de f ) telle que
N
ÿ̀
pf, ek q ek Ñ f p. p. quand ` Ñ 8.
k“0
18
(c) Si ν est absolument continue par rapport à µ, alors ξ “ 0, et donc ν “ h µ.
Dans les parties I et II, nous supposons µ et ν finies. Le cas général est traité dans la partie III.
I. Existence de h et ξ. Voici stratégie de preuve due à von Neumann. (Pour l’approche originale
de Lebesgue et Hahn, voir l’exercice # 41.) Soit λ :“ µ ` ν. Soit H :“ L2 pX, T , λq.
a) Montrer qu’il existe g P H tel que
ˆ ˆ
f pxq dνpxq “ f pxq gpxq dλpxq, @ f P H.
X X
d) Montrer que (13) reste vraie pour toute fonction mesurable et positive f .
Soit B :“ tx P X ; gpxq “ 1u.
e) Si ν ! µ, montrer que B est µ- et ν-négligeable, et que l’on peut supposer B “ H et
donc 0 ĺ g ă 1.
f) Revenons au cas général. Posons ξpAq :“ νpA X Bq, @ A P T et
#
gpxq{p1 ´ gpxqq, si x R B
hpxq :“
0, si x P B.
Montrer que ξ K µ, que h est mesurable, et que, pour toute fonction mesurable positive
f,
ˆ ˆ ˆ ˆ ˆ
f dν “ f dξ ` f dν “ f dξ ` f h dµ.
X B Bc X X
19
b) µ1 et µ2 sont uniques.
Au passage, nous allons utiliser le résultat suivant : une série réelle commutativement
convergente est absolument convergente.
Voici la stratégie proposée pour montrer le théorème de Hahn-Jordan.
a) Posons, pour A P T ,
# +
ÿ
|µ|pAq :“ sup |µpBk q| ; pBk q Ă T , A “ \k Bk .
k
20
a) Montrer que F est non-vide, et que
rf, g P F s ùñ maxpf, gq P F .
h P F telle que X h dµ “ M .
c) Soit λ :“ ν ´ hµ. Montrer que λ est une mesure.
Pour conclure, il suffit de montrer que λ “ 0. Si µ “ 0, montrer que ν “ 0 et conclure.
Si µ ‰ 0, nous obtenons la conclusion λ “ 0 en raisonnant par l’absurde. Soit a :“
λpXq ą 0. Soit b :“ µpXq Ps0, 8r (car µ ‰ 0 et µ est finie). Soient 0 ă ε ă a{b et
η :“ λ ´ εµ “ ν ´ ph ` εqµ.
d) Montrer que : (i) η est une mesure signée ; (ii) ηpXq ą 0 ; (iii) il existe A P T tel que
ηpAq ă 0.
e) En utilisant le théorème de Hahn-Jordan et l’hypothèse ν ! µ, trouver A P T tel que :
(i) ηpBq ľ 0, @ B P T tel que B Ă A ; (ii) ηpAq ą 0 ; (iii) µpAq ą 0.
f) Considérer le fonction h ` εχA est obtenir une contradiction avec le choix de h.
Exercice # 42. (Inégalités faibles de Bernstein (II)) Cet exercice continue l’exercice # 28
de la feuille # 9. La philosophie générale est la même : des inégalités qui ne sont pas vraies
pour des fonctions quelconques sont valides pour des polynômes trigonométriques. Prenons
l’exemple de la comparaison entre }f }p et }f }r , pour des fonctions définies sur s0, 2πr, muni
avec la mesure p1{2πq λ1 . Cette mesure étant finie (en fait, une probabilité), nous avons
f P L p ùñ f P L r , @ 1 ĺ r ĺ p ĺ 8, et des exemples simples montrent que
l’implication f P L p ùñ f P L r est fausse si r ą p. Néanmoins, nous allons montrer
l’inégalité suivante, à la Bernstein :
ˆ ˙1{p´1{r
p1´1{pqp1´p{rq 5n ` 1
}f }r ĺ 3 }f }p , @ 1 ĺ p ĺ r ĺ 8,
2 (14)
@ polynôme trigonométrique f de degré ĺ n, avec n ľ 1.
Ces deux inégalités sont faibles, au sens où les constantes qui y apparaissent ne sont
pas les meilleures, mais l’ordre de grandeur des constantes est bon : il est n1{p´1{r dans (14)
et n1{p´1{r`1 dans (15). On peut montrer que cet ordre de grandeur est optimal, mais nous
n’allons pas vérifier ce fait.
Passons à la preuve de (14).
a) Montrer le cas particulier suivant de l’inégalité de Young pour la convolution des fonc-
tions 2π-périodiques :
|f ˚ g| ĺ }f }p }g}q , @ p, q conjugués, @ f P L p , g P L q .
21
ÿ ÿ ˆ ˙
|j|
(i) Vn pxq “ ıjx
e ` 1´ eıjx .
|j|ĺn`1 n`1ă|j|ĺ2n`1
2pn ` 1q
(ii) }Vn }1 ĺ 3.
5n ` 6
(iii) }Vn }8 “ .
2
ˆ ˙1´1{q
5n ` 6
(iv) }Vn }q ĺ 3 1{q
, @ 1 ĺ q ĺ 8.
2
c) Soit f un polynôme trigonométrique de degré ĺ n (avec n ľ 1). Montrer que f ˚ Vn´1 “
f.
d) En déduire que
ˆ ˙1{p
1´1{p 5n ` 1
|f | ĺ3 }f }p ,
2
@ polynôme trigonométrique f de degré ĺ n, avec n ľ 1.
Exercice # 44. (Calcul de transformée de Fourier dans L 2 ) Nous travaillons dans le cadre
de la transformée de Fourier dans R.
f ˚ g “ fp gp. (16)
Exercice # 46. (Transformée de Fourier dans Lp ) Nous travaillons dans pRn , BRn , νn q. Rap-
pelons que, si f P L 1 , alors fp P L 8 , alors que, si f P L2 , on peut définir fp comme un
élément de L2 (théorème de Plancherel). Nous nous proposons de montrer un résultat si-
milaire pour les fonctions de Lp , avec 1 ă p ă 2.
Nous travaillons avec des fonctions au lieu de classes.
Rappelons que, si f : Rn Ñ C est borélienne, alors la fonction de distribution de f est
22
a) Montrer que F : r0, 8rÑ r0, 8s est borélienne.
b) Pour 1 ĺ p ă 8, montrer la formule
ˆ 8
p
}f }p “ p tp´1 F ptq dt.
0
tξ P Rn ; |fppξq| ą tu Ă tξ P Rn ; |p
ga pξq| ą t{2u. (17)
g) En utilisant (18), montrer le résultat suivant, après lui avoir donné un sens précis : la
transformée de Fourier est continue de Lp vers Lq .
NB. Le théorème de Hausdorff-Young affirme que (18) est vraie avec Cp “ p2πqn{q (qui est une
constante inférieure à celle obtenue par la calcul explicite ci-dessus).
La constante Cp “ p2πqn{q n’est pas la meilleure. Le très difficile théorème de Babenko-
pn{p2pq
Beckner affirme que la (meilleure) constante est p2πqn{q n{p2qq .
q
23
Exercice # 47. (Inégalités de Nikolski’ı̆) Cet exercice fait echo aux inégalités de Bernstein
(exercice # 28 de la feuille # 9 et exercice de synthèse # 42). Le thème est le même : des
inégalités entre normes } }p et } }r , qui sont fausses en général, sont vraies sous des hypothèses
concernant le support de la transformée de Fourier.
Pour commencer, nous faisons l’hypothèse
f P L 1 pRn q, (19)
qui permet de considérer la transformée de Fourier fp de f ; cette hypothèse peut être affai-
blie, mais ceci demande de travailler dans le cadre (qui dépasse ce cours) des distributions
tempérées.
L’hypothèse essentielle est
}f }r ĺ C1 Rnp1{p´1{rq }f }p , @ 1 ĺ p ĺ r ĺ 8, (21)
}Bj f }r ĺ C2 Rnp1{p´1{rq`1 }f }p , @ 1 ĺ p ĺ r ĺ 8, @ j P J1, nK, (22)
}f }r ĺ C3 R1{r´1{p´1 }f 1 }p , @ 1 ĺ p ĺ r ĺ 8, (24)
24
(iv) Montrer que ψ P L q pRn q, @ 1 ĺ q ĺ 8.
(v) Soit f vérifiant (19) et (20) avec R “ 1. Montrer que f “ f ˚ ψ. Indication : prendre
la transformée de Fourier dans cette égalité.
1 1 1
(vi) Si 1 ĺ p, q, r ĺ 8 sont tels que 1 ` “ ` , montrer que }f }r ĺ }ψ}q }f }p .
r p q
(vii) Conclure.
d) (Preuve de (22) si R “ 1)
Ź
25
Contrôles
Université Claude Bernard Lyon 1 Licence de mathématiques 3e année
Mesure et intégration Année 2018-2019
Devoir surveillé #1
–le 9 octobre 2018–
–durée 45 minutes–
Sujet #1
Question de cours (3 p.). Soit (X, T , µ) un espace mesuré. Soit (An ) ⊂ T telle que An % A.
Montrer que µ(An ) → µ(A).
Exercice 1 (2 p.). Soient A, B, C, D des parties de l’ensemble X. Si A ⊂ C et B ⊂ D, montrer
que A ∩ B ⊂ C ∩ D.
Exercice 2 (4 p.). Soit (X, T ) un espace mesurable. Prouver ou réfuter les affirmations suivantes.
a) Si A ⊂ X, alors χA est mesurable.
b) Si fn : X → R sont mesurables, ∀ n ∈ N, alors {x ∈ X ; sup fn (x) > 0} est mesurable.
n∈N
Exercice 4 (9 p.) (exercice commun à tous les sujets). Nous travaillons dans R, avec la
tribu borélienne BR et la mesure de Lebesgue ν1 .
a) Si I est un intervalle compact de R, alors nous notons Ie l’union des deux intervalles obtenus en
enlevant de I l’intervalle ouvert qui a le même centre que I et dont la longueur est un tiers de celle
de I. Exemple : si I = [−3, 3] (de centre 0), alors l’intervalle ouvert qui est enlevé est ] − 1, 1[, et
donc Ie = [−3, −1] ∪ [1, 3].
De manière équivalente, si I = [a, b] alors Ie = [a, a + (b − a)/3] t [a + 2(b − a)/3, b].
(i) Dessiner Ie si I = [0, 1] et si I = [0, 1/3].
(ii) Montrer que Ie est un borélien, et calculer ν1 (I)
e en fonction de ν1 (I).
b) Nous construisons par récurrence une suite (Cj )j≥0 décroissante d’ensembles de la manière
suivante :
1. C0 = [0, 1].
2. Si Cj s’écrit comme une union finie d’intervalles fermés d. d. d. : Cj = tm `=1 I` , alors Cj+1 est
m e
défini comme Cj+1 = t`=1 I` .
(i) Dessiner C0 , C1 , C2 .
(ii) Montrer que Cj est un borélien, ∀ j.
(iii) Calculer ν1 (Cj ), j = 0, 1, 2.
(iv) Proposer et montrer une formule pour ν1 (Cj ).
(v) Posons C = ∩j≥0 Cj . Calculer ν1 (C).
Sujet #2
Question de cours (3 p.). Soit C un clan de parties de X. Montrer les propriétés suivantes :
a) X ∈ C ;
b) si A, B ∈ C , alors A ∩ B ∈ C ;
c) si A, B ∈ C , alors A \ B ∈ C .
Exercice 1 (2 p.). Soient A, B, C, D des parties de l’ensemble X. Si A ⊂ B ⊂ C ⊂ D, montrer
que C \ B ⊂ D \ A.
1
Exercice 2 (4 p.). Soit (X, T ) un espace mesurable. Prouver ou réfuter les affirmations suivantes.
a) Si Φ : R → R est dérivable et si f : X → R est mesurable, alors Φ ◦ f : X → R est mesurable.
b) Si f, g : X → R sont mesurables, alors {x ∈ X ; g(x) = (f (x))2 } est mesurable.
Exercice 3 (4 p.). Calculer lim sup 1 + (cos(nπ/2))2 .
n→∞
Sujet #3
Question de cours (3 p.). Soit (X, T ) un espace mesurable. Soit (fn )n≥0 une suite de fonctions
mesurables, fn : X → R. Montrer que sup fn est mesurable.
n≥0
Sujet #4
2
Université Claude Bernard Lyon 1 Licence de mathématiques 3e année
Mesure et intégration Année 2018-2019
Devoir surveillé #2
–le 6 novembre 2018–
–durée 90 minutes–
Question de cours #1 (3 p.). Soit ( X , T , µ) un espace mesuré. Soit f : X → R une fonction inté-
grable. Soient A,
Z B ∈ T tels
Z que X = A t B.
a) Montrer que f d µ et f d µ existent et sont finies.
ZA ZB Z
b) Montrer que f dµ = f d µ + f d µ.
X A B
Exercice #1 (2 p.) Soit ( X , T , µ) un espace mesuré. Soient A, B ∈ T tels que µ( A ) < ∞ et µ(B) < ∞.
Calculer µ( A ∪ B) en fonction de µ( A ), µ(B) et µ( A ∩ B).
(
x2 , si x ∈ [0, 1] ∩ Q
Exercice #2 (4 p.) Soit f : [0, 1] → R, f ( x) = 3 .
x , si x ∈ [0, 1] \ Q
a) Montrer que
Z
f est Lebesgue intégrable sur [0, 1].
1
b) Calculer f ( x) dx.
0
c) Soit K ⊂ [0, 1] un compact. f est-elle Lebesgue intégrable sur K ? Justifier la réponse.
Devoir surveillé #3
–le 26 novembre 2018–
–durée 20 minutes–
Consignes
1. Répondre aux questions de cours par « vrai » ou « faux ». Réponse correcte = 2 p. Réponse fausse
= -1 p. Non réponse = 0 p.
2. Pour la question a) de l’exercice, il est demandé de mener les calculs de manière suffisamment
détaillée, et non pas de justifier l’applicabilité des théorèmes utilisés. Idem pour la question c).
3. Pour la question b), un argument même esquissé est acceptable.
Consignes. a) Préciser la nature des intégrales qui interviennent dans les calculs.
b) Justifier l’utilisation des résultats théoriques (continuité des intégrales à paramètre, théorème
de Fubini, etc.) et préciser à quel type d’intégrale s’applique le résultat utilisé.
Définitions,
Z ∞ formules et résultats utiles. a) cos (2 x) = 1 − 2 sin2 ( x), ∀ x ∈ R.
1
b) e−ax dx = , ∀ a ∈ C tel que Re a > 0.
0 a Z ∞
c) La fonction Γ d’Euler est définie par la formule Γ( x) = t x−1 e− t dt, ∀ x > 0.
Z y −t 0
e
d) L’intégrale généralisée I ( y) = p dt est convergente, ∀ y > 0. (Ceci servira dans l’exercice 3.)
0 t
Exercice 1 (7 p.). En calculant, à l’aide du théorème de Fubini, de deux façons différentes l’inté-
Z Z ∞
−x sin2 ( x)
grale I = e sin (2 x y) dxd y, déterminer la valeur numérique de J = e− x dx.
]0,∞[×[0,1] 0 x
(La réponse attendue ne consiste pas à réécrire J comme une autre intégrale.)
Contrôle terminal
– le 11 janvier 2019 –
– durée 180 minutes –
Consignes pour les questions « standard » « vrai ou faux ». Répondre par « vrai » ou « faux ».
Il n’est pas demandé de justifier la réponse. Réponse correcte = 1 p. Réponse fausse = -0,5 p. Non
réponse = 0 p. Pour les questions « difficiles », les points sont doublés.
Consignes pour les exercices. a) Justifier, si nécessaire, la mesurabilité des fonctions considé-
rées.
b) Préciser la nature (de Lebesgue, généralisée...) des intégrales qui interviennent dans les énon-
cés et les calculs.
c) Justifier l’utilisation des résultats théoriques (continuité des intégrales à paramètre, théorème
de Fubini, etc.) et préciser à quel type d’intégrale s’applique le résultat utilisé.
X 1 π2
Deux formules utiles. a) 2
= .
Z n≥1 n 6
2 p
b) e− x dx = π.
R
(
1, si 0 ≤ x ≤ π
Exercice #1 (3 p.) Soit f : R → R la fonction 2π-périodique donnée par f ( x) = .
−1, si − π < x < 0
a) Calculer les coefficients de Fourier de f .
b) Écrire, à l’aide de ces coefficients, la conclusion du théorème de Dirichlet appliqué à f .
c) Écrire, à l’aide de ces coefficients, la conclusion de l’identité de Parseval appliquée à f .
E ( x)
Exercice #2 (3 p.+1 p.) Soit E ( x) la partie entière de x, avec x ∈ R. † Soit f : [1, ∞[→ R, f ( x) = .
x3
a) Écrire f comme une « fonction définie par une accolade ».
†. Donc E ( x) est le seul entier relatif m ∈ Z tel que m ≤ x < m + 1.
Z
b) Justifier l’existence de l’intégrale de Lebesgue I = f ( x) dx.
[1,∞[
c) Écrire
R I comme la somme d’une série numérique. (La réponse attendue ne doit pas contenir le
signe .)
d) (Question bonus) Donner la valeur de I .
Exercice #4 (3 p.) Nous travaillons dans Rn muni de la tribu et de la mesure de Lebesgue. Soient
f , g deux fonctions boréliennes telles que f , g ∈ L 1 (Rn ). À l’aide du théorème de Fubini, dont on
justifiera l’utilisation, montrer que
Z Z
b
f (ξ) g(ξ) d ξ = f ( x) gb( x) dx.
Rn Rn
Exercice #5 (3 p.) Soit ( X , T , µ) un espace probabilisé. † Soit f : X → [0, ∞[ une fonction mesu-
rable. Z
a) Déterminer, en justifiant la conclusion, la valeur de la limite I = lim f n d µ. (Indication : on
n→∞ X
pourra, par exemple, considérer les ensembles { x ∈ X ; f ( x) ≤ 1} et { x ∈ X ; f ( x) > 1}.)
b) Peut-on avoir I = 2 ? Justifier.
c) Si I = 1, montrer que f = 1 µ-p. p.
Exercice 7 (7,5 p.) Nous travaillons dans R muni de la tribu et de la mesure de Lebesgue.
1 2
On pose, pour t > 0 et x ∈ R, Φ t ( x) = p e−( x )/(4 t) .
4π t
a) Pour 1 ≤ p ≤ ∞ et t > 0, montrer que Φ t ∈ L p (R) et calculer kΦ t kL p .
Soit f ∈ L 1 (R). Soit u( x, t) = f ∗ Φ t ( x), ∀ x ∈ R, ∀ t > 0.
b) Montrer que u(·, t) est continue et bornée, ∀ t > 0. ‡
c) Montrer que u(·, t) ∈ L 1 (R), ∀ t > 0.
d) Proposer, sans justifier leur validité mais en expliquant votre raisonnement, des formules plau-
∂u ∂u ∂2 u
sibles pour ( x, t), ( x, t), ( x, t).
∂t ∂x ∂ x2
e) Si les formules de la question précédente sont vraies, montrer que
∂u ∂2 u
( x, t) = ( x, t), ∀ x ∈ R, ∀ t > 0.
∂t ∂ x2
Consignes pour les questions « vrai ou faux ». Répondre par « vrai » ou « faux ». Il n'est pas demandé de justifier
la réponse. Réponse correcte = 1 p. Réponse erronnée = -0,5 p. Non réponse = 0 p.
Vrai ou faux #1 (1 p. – -0,5 p. – 0 p.). Soit (X, T , µ) un espace mesuré. Une fonction mesurable et positive sur
X est intégrable.
Vrai ou faux #2 (1 p. – -0,5 p. – 0 p.). Nous munissons R de la tribu borélienne BR . Soit f : R → R. Si f est
borélienne, alors f est limite simple de fonctions boréliennes étagées.
Vrai ou faux #3 (1 p. – -0,5 p. – 0 p.). Soit (X, d) un espace métrique. Alors les boréliens de X sont ouverts ou
fermés.
Vrai ou faux #4 (1 p. – -0,5 p. – 0 p.). Nous munissons [0, 1] de la tribu borélienne et de la mesure de Lebesgue.
Soit f : [0, 1] → R une fonction borélienne. Si f ∈ L 2 ([0, 1]), alors f ∈ L 1 ([0, 1]).
Consignes pour les exercices. a) Justifier, si nécessaire, la mesurabilité des fonctions considérées.
b) Préciser la nature (de Lebesgue, généralisée...) des intégrales qui interviennent dans les énoncés et les cal-
culs.
c) Justifier l'utilisation des résultats théoriques (continuité des intégrales à paramètre, théorème de Fubini, etc.)
et préciser à quel type d'intégrale s'applique le résultat utilisé.
Z ∞ √
π
Une formule utile. e−x2
dx = .
0 2
Exercice #1 (3 p.) Soit f : R → R la fonction continue et 2π-périodique donnée par f (x) = |x| si |x| < π.
a) Calculer les coefficients de Fourier de f .
b) Écrire, à l'aide de ces coefficients, la conclusion du théorème de Dirichlet appliqué à f .
c) Écrire, à l'aide de ces coefficients, la conclusion de l'identité de Parseval appliquée à f .
Exercice #3 (3 p.) Nous travaillons dans Rn muni de la tribu et de la mesure de Lebesgue. Soient f, g deux
fonctions boréliennes telles que f, g ∈ L 1 (Rn ). À l'aide du théorème de Fubini, dont on justifiera l'utilisation,
montrer que
Z Z
b
f (ξ) g(ξ) dξ = f (x) gb(x) dx.
Rn Rn
e) En utilisant les deux questions précédentes et la formule d'inversion de Fourier, montrer que Φs ∗Φt = Φs+t ,
∀ s, t > 0.
Université Claude Bernard Lyon 1 Licence de mathématiques 3e année
Mesure et intégration Année 2019-2020
Auto-contrôle #1
–le 1er octobre 2019–
–durée 35 minutes–
Exercice 2. Soit (X, T ) un espace mesurable. Prouver ou réfuter les affirmations suivantes.
a) Si A ⊂ X, alors χAc est étagée.
b) Si f, g : X → R sont mesurables, alors {x ∈ X ; f (x) < g(x)} est mesurable.
Exercice 4. Soit (X, T , µ) un espace mesuré. Soit B ∈ T . Soit ν : T → [0, ∞], ν(A) := µ(A∩B),
∀ A ∈ T . Montrer que ν est une mesure.
Devoir surveillé #1
–le 7 octobre 2019–
–durée 45 minutes–
Exercice 3 (4 p.). Nous travaillons dans R, avec la tribu borélienne BR et la mesure de Lebesgue
ν1 .
a) Calculer ν1 (Q).
b) Soit f = χQ . Existe-t-il une fonction continue g : R → R telle que f = g ν1 -p.p. ?
Auto-contrôle #2
–le 22 octobre 2019–
–durée 60 minutes–
Exercice #1.
y
1. Montrer que arctan y ≥ , ∀ y ≥ 0.
1 + y2
arctan y
2. Montrer que y 7→ est décroissante sur ]0, ∞[.
y
3. Soit ( X , T , µ) un espace mesuré. Soit f : X → [0, ∞[ une fonction mesurable. Calculer
Z µ ¶
f
lim n arctan .
n→∞ n
1 t 11
f 0 ( t) = 2
− , ∀ t > 0.
2 t +4 2 t
Devoir surveillé #2
–le 4 novembre 2019–
–durée 90 minutes–
Z b
Consignes. Pour chaque intégrale de la forme f ( x) dx, préciser s’il s’agit d’une intégrale de
a
Riemann, généralisée et/ou par rapport à la mesure de Lebesgue ; justifier son existence et préciser
si les résultats utilisés concernent les intégrales de Riemann, généralisées ou par rapport à la
mesure de Lebesgue.
Exercice #2 (3 p.) Soit f : [0, ∞[→ R une fonction continue bornée. Pour s > 0, soit
Z ∞
L ( s) = e−sx f ( x) dx.
0
Auto-contrôle #3
–le 19 novembre 2019–
–durée 30 minutes–
1
Exercice #1. Soit a.n = p , ∀ n ∈ N. Pour quelles valeurs de p ∈ [1, ∞] a-t-on (a n ) ∈ ` p ?
n+1
Devoir surveillé #3
–le 25 novembre 2019–
–durée 45 minutes–
Z b
Consignes. Pour chaque intégrale de la forme f ( x) dx, préciser s’il s’agit d’une intégrale de
a
Riemann, généralisée et/ou par rapport à la mesure de Lebesgue ; justifier son existence et préciser
si les résultats utilisés concernent les intégrales de Riemann, généralisées ou par rapport à la
mesure de Lebesgue.
Question de cours (4 p.). Soit ( X , T , µ) un espace mesuré. Soit 1 < p < ∞. Soient f , g : X → R
deux fonctions mesurables.
Montrer que k f + gkL p ≤ k f kL p + k gkL p .
1
Exercice #2 (5 p.) Nous travaillons dans (R, BR , ν1 ). Soit f :]1, ∞[→ R, f ( x) = p . Pour quelles
x
valeurs de p ∈ [1, ∞] a-t-on f ∈ L p (]1, ∞[) ?
2
Exercice #3 (3 p.) Soit f : R → R, f ( x) = e− x . Calculer f ∗ f (0).
Université Claude Bernard Lyon 1 Licence de mathématiques 3e année
Mesure et intégration Année 2019-2020
Auto-contrôle #4
–le 2 décembre 2019–
–durée 45 minutes–
Devoir surveillé #4
–le 13 décembre 2019–
–durée 45 minutes–
Z b
Consignes. Pour chaque intégrale de la forme f ( x) dx, préciser s’il s’agit d’une intégrale de
a
Riemann, généralisée et/ou par rapport à la mesure de Lebesgue ; justifier son existence et préciser
si les résultats utilisés concernent les intégrales de Riemann, généralisées ou par rapport à la
mesure de Lebesgue.
Question de cours (6 p.) Soient f , g : Rn → C des fonctions Lebesgue intégrables (par rapport à
V
1
Exercice #2 (6 p.) Soient f , g : R → R, f ( x) = exp(−2| x|), ∀ x ∈ R, g( x) =, ∀ x ∈ R.
4 + x2
1. Montrer que f , g ∈ L 1 (R) (par rapport à la mesure de Lebesgue ν1 ).
2. Calculer fb et gb.
Exercice #3 (4 p.) Existe-t-il une fonction f : R → C, 2π-périodique et telle que f ∈ L 2 (]0, 2π[) (par
1
rapport à la mesure de Lebesgue λ1 ), avec la propriété c n ( f ) = , ∀ n ∈ Z \ {0} ?
n
Université Claude Bernard Lyon 1 Licence de mathématiques 3e année
Mesure et intégration Année 2019–2020
Contrôle terminal
– le 7 janvier 2020 –
– durée 180 minutes –
Z b
Consignes. Pour chaque intégrale de la forme f ( x) dx, préciser s’il s’agit d’une intégrale de
a
Riemann, généralisée et/ou par rapport à la mesure de Lebesgue ; justifier son existence et pré-
ciser si les résultats utilisés concernent les intégrales de Riemann, généralisées ou par rapport
à la mesure de Lebesgue. Lors de l’utilisation d’un résultat théorique, il faudra vérifier que ses
hypothèses sont satisfaites.
Indication. Les exercices #1 – #3 sont standard. Les exercices #4 – #7 demandent plus de ré-
flexion.
Exercice #1 (2 p.) Soit ( X , T ) un espace mesurable. Soit f : X → R une fonction mesurable. Soit
g : X → R,
(
1, si f ( x) 6∈ Z
g ( x) = .
0, si f ( x) ∈ Z
Exercice
Z #2 (3 p.) Soit f : R → R une fonction borélienne. Si Z f est Lebesgue intégrable, donner un
sens à exp(− n| sin x|) f ( x) dx (avec n ∈ N) et calculer lim exp(− n| sin x|) f ( x) dx.
R n→∞ R
Z ∞ exp(− x2 y)
Exercice #3 (6 p.) Pour y ≥ 0, soit F ( y) = dx.
0 1 + x2
1. Montrer que F est continue sur R+ .
2. Calculer F (0) et déterminer lim F ( y).
y→∞
3. Montrer que F est dérivable sur R∗+ .
4. Montrer que F est, sur R∗+ , solution
Z ∞ d’une équation différentielle du premier ordre s’expri-
mant à l’aide du nombre I = exp(− x2 ) dx.
0
5. En déduire, sous forme intégrale, une expression de F ( y) valable pour y > 0.
6. En déduire la valeur de I .
Indications pour l’exercice #4.
(a) Soit f : R → C. Soit g : R → C, g( x) = x f ( x), ∀ x ∈ R. Si f , g ∈ L 1 (R, BR , ν1 ), alors fb ∈ C 1 (R, C) et
gb = ı fb0 .
(b) Partir de l’égalité ( x + ı) h( x) = f ( x), ∀ x ∈ R.
(c) Combien vaut lim h b (ξ ) ?
ξ→−∞
1
(d) Si C ∈ C (] − ∞, a[) et lim C ( y) = 0, alors
y→−∞
Z y
C ( y) = C 0 ( t) dt (intégrale généralisée), ∀ y < a.
−∞
1
Exercice #4 (5 p.) Soit f ∈ L 1 (R, BR , ν1 ). Soit h : R → C, h( x) = f ( x), ∀ x ∈ R. Montrer que
x+ı
Z ξ
b(ξ) = − ı
h e t−ξ fb( t) dt, ∀ ξ ∈ R.
−∞
Exercice #5 (4 p.) Soit k k une norme sur R2 . Montrer qu’il existe une constante C ∈]0, ∞[ telle
que, pour toute fonction borélienne f : [0, ∞[→ [0, ∞[,
Z Z
f (k xk) dx = C f (| x|) dx.
R2 R2
Exercice #6 (3 p.) Soit g ∈ C 1 ([0, 2π], R). Soit f : R → R la fonction 2π-périodique telle que f ( x) =
g( x), ∀ x ∈ [0, 2π[. Montrer que
Z 2π
1
| c n ( f )| ≤ | g0 ( t)| dt, ∀ n ∈ Z \ {0}.
π | n| 0
Exercice #7 (8 p.) Nous travaillons dans (R, BR , ν1 ). Soit φ : [a, b] → [ c, d ] une fonction de classe
C 1 telle que φ(a) = c et φ( b) = d . Nous nous proposons de montrer l’égalité
Z d Z b
f ( x) dx = f (φ( y)) φ0 ( y) d y, ∀ f : [ c, d ] → R borélienne et bornée. (1)
c a
Exercice # 1. Soient
ˆ ∞
1 − cos x
I := dx,
0 x2
ˆ ∞
1 − cos x −tx
F (t) := e dx, ∀ t ≥ 0.
0 x2
montrer que
ˆ ∞
sin x
dx = I.
0 x
Exercice # 2. Soit f : R → R,
(
x e−x , si x ≥ 0
f (x) := .
0, si x < 0
1
g) Justifier l’existence de h := gb.
h) Calculer h.
Exercice # 3. Soient f, g :]0, ∞[→ [0, ∞[ deux fonctions boréliennes. Montrer que
1 ∞ f (x)
ˆ ∞
x
ˆ ˆ
f g(xy) dxdy = dx g(x) dx.
]0,∞[2 y 2 0 x 0
Exercice # 4. Soit (X, T , µ) un espace mesuré. Soit f : X → [0, ∞[ une application intégrable. Nous
nous proposons de montrer le lemme de Lebesgue :
ˆ
∀ ε > 0, ∃ δ = δ(ε, f ) > 0 tel que [A ∈ T , µ(A) ≤ δ] =⇒ f dµ < ε.
A
ε
a) Montrer le résultat lorsque f est étagée, en prenant δ < .
max f
b) Soit f intégrable.
ˆ ˆ
(i) Montrer qu’il existe g étagée positive telle que g ≤ f et g> f − ε/2.
2
Université Claude Bernard Lyon 1 Licence de mathématiques 3e année
Mesure et intégration Année 2020–2021
Devoir maison # 1
– à rendre le vendredi 23 octobre 2020 –
On pourra utiliser tous les résultats des six premiers chapitres du support de cours (mais pas les
résultats des chapitres suivants).
Exercices de routine
1
a) À partir de la définition de l’intégrale généralisée.
b) En utilisant un développement en série entière.
Justifier par un calcul direct l’égalité des deux résultats obtenus.
Exercice # 9. Calculer
Z n
x n
lim 1− dx,
n→∞ 0 n
l’intégrale étant une intégrale de Riemann.
(Il peut être utile de considérer le développement en série de la fonction t 7→ ln(1 + t), avec |t| < 1.)
Exercice # 10. Soit
Z ∞
cos(nx)
In := dx, ∀ n ≥ 2
0 1 + xn
(intégrale de Lebesgue).
a) Montrer que In existe, ∀ n ≥ 2.
b) Calculer lim In .
n→∞
Exercices avancés
Exercice # 11. Soit (xj )j≥1 ⊂ R une suite de réels. Pour chaque t > 0, soit
f∗ ν1 (B) := ν1 (f −1 (B)), ∀ B ∈ BR .
Montrer que
Z
f∗ ν1 (B) = (f −1 )0 (t) dν1 (t), ∀ B ∈ BR .
B
2
1. Φ ∈ C 1 .
2. Φ0 (t) ≥ 0, ∀ t ∈ [a, b].
3. Φ(a) = c et Φ(b) = d.
Montrer que, pour toute fonction borélienne et Riemann intégrable f : [c, d] → [0, ∞[, la fonction
f ◦ Φ Φ0 est borélienne, et que nous avons
Z d Z
f (x) dx = f (Φ(t)) Φ0 (t) dν1 (t) (1)
c [a,b]
F := {f : X → R ; f est mesurable}.
Soit
Z
|f − g|
d(f, g) := dµ, ∀ f, g ∈ F .
X 1 + |f − g|
3
Université Claude Bernard Lyon 1 Licence de mathématiques 3e année
Mesure et intégration Année 2020–2021
DM1 corrigé
Exercices de routine
A ∪ C = B ∪ C et A ∩ C = B ∩ C,
montrer que A = B.
Solution (TT). On a que
A = (A ∪ C) \ C ∪ (A ∩ C) = (B ∪ C) \ C ∪ (B ∩ C) = B.
Exercice # 2. Calculer
lim sup (−1)n na + nb ln n ,
n
et donc
lim sup (−1)n na + nb ln n = +∞.
n
a < 0 et b < 0. Maintenant (−1)n na + nb ln n est une suite qui tend vers 0 ; donc
lim sup (−1)n na + nb ln n = lim (−1)n na + nb ln n = 0.
n n
1
Exercice # 4. Soit (X, T ) un espace mesurable. Soit f : X → R une fonction telle que
BR = T (A 0 ) ⊂ T (A ) ⊂ BR ,
et dist(x, ∅) = ∞ pour tout x. On note également que la fonction f est bien définie (f (x) peut être fini
ou infini) car tous les termes de la somme sont positifs.
On a donc que pour tout N la somme partielle jusqu’à N est une fonction continue : R → [0, ∞]
(comme la composition, le produit et la somme de fonctions continues) et f est borélienne, comme limite
simple de fonctions continues.
2
b) Soit f : X → R une fonction. Pour parler de la mesurabilité de f , X doit être muni d’une tribu T .
On peut donc définir la notion de fonction étagée : c’est une fonction g : X → R qui est combinaison
P
linéaire d’un nombre fini de fonctions caractéristiques d’ensembles mesurables Ai , g = ni=1 ai χAi ,
ai ∈ R, Ai ∈ T . Maintenant f est mesurable si f est limite simple d’une suite de fonctions étagées.
De plus, une fonction f : X → Rn est mesurable si ses composantes fi sont mesurables.
Il s’avère qu’une fonction f : X → R est mesurable si et seulement si l’image réciproque d’un boré-
lien est un membre de T .
c) Soit f : X → [0, +∞]. Pour parler de l’intégrale de f (au sens de Lebesgue), l’ensemble X doit être
muni d’une tribu T et d’une mesure µ, c.à.d. (X, T , µ) doit être un espace mesuré, et f doit être
mesurable.
Une fonction étagée positive est une fonction g : X → R+ qui est combinaison
P linéaire positive d’un
nombre fini de fonctions caractéristiques d’ensembles mesurables Ai , g = ni=1 ai χAi (avec ai ≥ 0).
Pour une telle fonction g, l’intégrale est définie comme
Z n
X
g= ai µ(Ai ) ;
i=1
il faut montrer que l’expression à droite ne dépend pas du choix de la combinaison linéaire positive
(des ai et Ai ) pour exprimer g. Puis on définit l’intégrale de f par
Z Z
f = sup g ; g ≤ f, g étagée positive .
Il existe une formulation équivalente qui est plus intuitive : toute fonction positive mesurable f est
limite simple d’une suite croissante (gn ) de fonctions étagées. On a alors
Z Z
f = lim gn .
n
Dans ce cours, l’appellation « intégrale de Lebesgue » d’une fonction est réservée au cas où X = Rn ,
T = BRn (la tribu boréliennne) et µ = la mesure de Lebesgue.
d) Soit (X, T , µ) un espace mesuré.
R Une fonction f : X → [0, +∞] (positive !) est intégrable si f est
mesurable et son intégrale f est finie. Une fonction f : X → R est intégrable si f+ = max{f, 0}
et f − f+ sont intégrables (d’une manière équivalente, |f | est intégrable).
On peut élargir l’ensemble des fonctions pour lesquelles une intégrale existe par le processus de com-
plétion. On utilise la mesure µ pour définir qu’une partie A ⊂ X est négligable si elle est incluse dans
un B ∈ T de mesure nulle. La tribu complétée T est la plus petite tribu qui contient T et tous les
ensembles négligeables. On appelle donc une fonction T -mesurable si elle est mesurable par rap-
port à la tribu complétée. Il existe une unique mesure µ, qui prolonge µ sur T et la définition de
l’intégrale se fait alors comme plus haut, mais avec la tribu et la mesure complétée. Ça ne change pas
grand-chose, car pour toute fonction f qui est T -mesurable
R R on trouve une fonction g mesurable (par
rapport à T ) t.q. f = g presque partout et donc f = g.
Dans ce cours, l’appellation « fonction Lebesgue intégrable » est réservée au cas où X = Rn , T =
BRn le tribu borélien et µ = la mesure de Lebesgue ou les versions complétées.
3
Solution (TT). D’abord notons que l’intégrande est une fonction continue positive et donc l’intégrale de
Lebesgue et l’intégrale généralisée coïncident. Nous avons que
Z ∞ Z 1 Z ∞
1 − cos x 1 − cos x 1 − cos x
a
dx = a
dx + dx =: I1 + I2
0 x 0 x 1 xa
et nous allons étudier les deux
R ∞ intégrales I1 et I2 séparément.
D’abord si a > 1, I2 ≤ 1 x2a dx < ∞. D’autre part pour tout k ≥ 0, cos x est négatif dans l’intervalle
[(4k + 1)π/2, (4k + 3)π/2] et on a :
X∞ Z (4k+3)π/2
1
I2 ≥ a
dx.
k=0 (4k+1)π/2 x
Si a ≤ 0, cette somme est manifestement infinie. Pour a ∈ (0, 1], la fonction 1/xa est décroissante et
Z (4k+3)π/2 Z (4k+5)π/2
1 1
a
dx ≥ a
dx.
(4k+1)π/2 x (4k+3)π/2 x
Il en suit que
∞ Z ∞ Z ∞ Z (4k+5)π/2
X (4k+3)π/2
1 1 X (4k+3)π/2 1 X 1
I2 ≥ dx ≥ dx + dx
k=0 (4k+1)π/2 xa 2 k=0 (4k+1)π/2 xa k=0 (4k+3)π/2
xa
Z ∞
1 1
≥ dx = ∞.
2 3π/2 xa
Exercice # 8. Soit
Z 1
I := ln(1 − x) dx
0
b) On calcule l’intégrale comme une intégrale de Lebesgue (proposition 6.43). On développe ln(1 − x)
en série entière :
+∞ n
X x
ln(1 − x) = − , ∀ x ∈ [0, 1[.
n=1
n
4
+∞ n
X x
On observe que est une série de termes positifs sur [0, 1[. D’après le théorème 6.34, on peut
n n=1
échanger la sommation avec l’intégrale dans l’expression
Z +∞
1X +∞ Z 1 n
X +∞
X 1 +∞
X
xn x xn+1 1
I := − dx = − dx = − =− ;
0 n=1
n n=1 0
n n=1
n(n + 1) 0 n=1
n(n + 1)
pour la troisième égalité, nous avons identifié intégrale de Lebesgue et intégrale de Riemann (pro-
position 6.42).
1 1 2
En appliquant + = d’une manière iterative on obtient
n(n + 1) (n + 1)(n + 2) n(n + 2)
2 k
X 1 2k
= .
n=1
n(n + 1) (1 + 2k )
2k
X 1
D’où I = − lim = −1.
k
n=1
n(n + 1)
Exercice # 9. Calculer
Z n
x n
lim 1− dx,
n→∞ 0 n
l’intégrale étant une intégrale de Riemann.
(Il peut être utile de considérer le développement en série de la fonction t 7→ ln(1 + t), avec |t| < 1.)
Solution (TT). Comme l’intégrande est une fonction continue positive, on peut considérer l’intégrale
comme une intégrale de Lebesgue. Soit fn (x) := χ[0,n[ (x)(1 − x/n)n . Pour tout x > 0, on a :
ln(1 − t)
où g : ]0, 1[→ R est définie par g(t) := . En calculant g 0 (t) ou en considérant le développement
t
en série de g, on voit que g est décroissante sur ]0, 1[. On a également limt→0 g(t) = −1.
Montrons que pour tout x ≥ 0 et tout n, fn (x) ≤ fn+1 (x). Si x ≥ n + 1 ou x = 0, alors fn (x) =
fn+1 (x) = 0. Si x ∈ [n, n + 1[, alors fn (x) = 0 et fn+1 (x) > 0. Enfin si 0 < x < n, alors
par la remarque d’avant. De plus, limn fn (x) = χ[0,∞[ (x) exp(−x). En appliquant le théorème de conver-
gence monotone et en identifiant l’intégrale de Lebesgue avec une intégrale généralisée (proposition
6.43), on obtient que
Z Z ∞
∞
lim fn (x) dx = exp(−x) dx = − exp(−x) 0 = 1.
n→∞ R 0
5
a) Montrer que In existe, ∀ n ≥ 2.
b) Calculer lim In .
n→∞
Solution (JK).
cos(nx)
a) La fonction x 7→ f (x) = est continue sur R+ , donc intégrable au sens de Riemann sur [0, b]
1 + xn
1
pour tout b > 0. De plus, |f (x)| ≤ . D’après le critère de Riemann, l’intégrale généralisée
1 + xn R
b
converge absolument si n ≥ 2, c.à.d. limb→+∞ 0 |f (x)|dx est finie. D’après la proposition 6.43, f est
alors intégrable au sens de Lebesgue, ∀ n ≥ 2.
b) Comme l’intégrale généralisée de f converge absolument si n ≥ 2, son intégrale de Lebesgue coïn-
cide avec son intégrale généralisée, dans laquelle on peut effectuer une intégration par parties, en
posant
1 nxn−1 1
u(x) = , v 0 (x) = cos(nx), donc u0 (x) = − , v(x) = sin(nx).
1 + xn (1 + xn )2 n
Z b
cos(nx)
Alors In = lim dx et
b→+∞ 0 1 + xn
Z b b Z b n−1
cos(nx) 1 sin(nx) x sin(nx)
n
dx = n
+ dx
0 1+x n 1+x 0 0 (1 + xn )2
Pour b > 1, on a
Z b n−1 Z 1 Z b
x sin(nx) n−1 1 1 1 1 2
n 2
dx ≤ x dx + n+1
dx = + n
− ≤ .
0 (1 + x ) 0 1 x n −nb −n n
De plus,
b
1 sin(nx) 1
n
≤ .
n 1+x 0 n
3
En faisant b → +∞, nous obtenons, de ce qui précède, |In | ≤ , ∀ n ≥ 2, d’où la conclusion.
n
Exercices avancés
Exercice # 11. Soit (xj )j≥1 ⊂ R une suite de réels. Pour chaque t > 0, soit
6
et (par monotonie de la mesure)
d’où
Exercice # 12. Soit f : Rn → R une fonction Lebesgue mesurable bornée. Montrer qu’il existe g, h :
Rn → R telles que :
a) g et h sont boréliennes.
b) g = h νn -p. p.
c) g(x) ≤ f (x) ≤ h(x), ∀ x ∈ Rn .
Solution (PM). Soient k : Rn → R borélienne et C ∈ BRn Lebesgue négligeable tels que f = k dans
Rn \ C (proposition 4.19 a)). Les fonctions
( (
k(x), si x ∈ R n
\ C k(x), si x ∈ Rn \ C
g, h : Rn → R, g(x) := , h(x) :=
inf f, si x ∈ C sup f, si x ∈ C
f∗ ν1 (B) := ν1 (f −1 (B)), ∀ B ∈ BR .
Montrer que
Z
f∗ ν1 (B) = (f −1 )0 (t) dν1 (t), ∀ B ∈ BR .
B
7
Solution (PM). (f −1 )0 est continue (donc borélienne) et > 0. Soit
Z
µ(B) := (f −1 )0 (t) dν1 (t), ∀ B ∈ BR .
B
de sorte que T (C ) = BR (par double inclusion, en notant que C ⊂ BR et que C contient les intervalles,
qui engendrent BR ).
Rappelons que C est un clan et que tout élément de C est une union finie d’intervalles disjoints (exer-
cice 1.35). En combinant ces propriétés avec la proposition 4.23, pour conclure à l’égalité f∗ ν1 = µ il suffit
de montrer que
Preuve de (2) si I est un intervalle compact. Si I = [a, b] ⊂ R, alors, par changement de variable x := f −1 (t)
dans l’intégrale de Riemann, nous avons
Z f −1 (b)
−1 −1 −1 −1
f∗ ν1 ([a, b]) = ν1 ([f (a), f (b)]) = f (b) − f (a) = dx
f −1 (a)
Z b Z
−1 0
= (f ) (t) dt = (f −1 )0 (t) dν1 (t),
a [a,b]
8
Solution (PM). f ◦ Φ est borélienne, comme composée de deux fonctions boréliennes 2 ; Φ0 est continue,
donc borélienne, ce qui montre que f ◦ Φ Φ0 est borélienne.
Preuve de (4) si f est une Pfonction en escalier. Rappelons qu’une fonction en escalier (sur [a, b]) est une fonc-
n
tion de la forme f = j=1 cj χIj , où l’entier n dépend de f , et les intervalles Ij forment une partition de
[c, d] : [c, d] = tnj=1 Ij .
Si nous montrons que, pour tout intervalle I ⊂ [c, d], nous avons
Z d Z
χI (x) dx = χI (Φ(t)) Φ0 (t) dν1 (t) ∈ R,
c [a,b]
alors, par linéarité des intégrales (de Riemann et de Lebesgue), nous obtenons (4) pour des fonctions en
escalier.
Notons que χI ◦Φ = χΦ−1 (I) . 3 Nous allons admettre les propriétés suivantes, évidentes sur un dessin
(sous les hypothèses 1–3). Φ−1 (I) est un intervalle. Si I est d’extrémités e ≤ f et Φ−1 (I) d’extrémités
g ≤ h, alors Φ(g) = e et Φ(h) = f .
Rd
Nous obtenons, d’une part, que c χI (x) dx = f − e, d’autre part (en utilisant le fait que la mesure
de Lebesgue d’un point est nulle, et donc χΦ−1 (I) = χ[g,h] ν1 -p. p.)
Z Z Z
0 0
χI (Φ(t)) Φ (t) dν1 (t) = χΦ−1 (I) (t) Φ (t) dν1 (t) = χ[g,h] (t) Φ0 (t) dν1 (t)
[a,b] [a,b] [a,b]
Z h
= Φ0 (t) dt = Φ(h) − Φ(g) = f − e,
g
ce qui donne l’égalité désirée. Au passage, nous avons utilisé la proposition 6.42 et le théorème de Leibniz-
Newton.
Preuve de (4) si f est borélienne et Riemann intégrable. Soient (fj ), (gj ) deux suites de fonctions en escalier
Rd
telles que fj ≤ f ≤ gj , ∀ j, et c (gj − fj ) → 0. (L’existence de ces suites découle du fait que f est
Rd Rd Rd
Riemann intégrable.) Notons que c f (x) dx = limj c fj (x) dx = limj c gj (x) dx.
Notons également que fj , f et gj sont bornées. Par conséquent, fj ◦ Φ Φ0 , f ◦ Φ Φ0 et gj ◦ Φ Φ0 sont
boréliennes et bornées, donc Lebesgue intégrables sur [a, b]. Par monotonie de l’intégrale, nous avons
Z Z Z
0 0
fj (Φ(t)) Φ (t) dν1 (t) ≤ f (Φ(t)) Φ (t) dν1 (t) ≤ gj (Φ(t)) Φ0 (t) dν1 (t),
[a,b] [a,b] [a,b]
Exercice # 15. Soit (X, T , µ) une espace mesuré, avec µ finie. Soit
F := {f : X → R ; f est mesurable}.
Soit
Z
|f − g|
d(f, g) := dµ, ∀ f, g ∈ F .
X 1 + |f − g|
Pour (fn ) ⊂ F et f ∈ F , montrer l’équivalence des propriétés suivantes :
2. Pour être complètement rigoureux, si e désigne le prolongement par 0 en dehors du domaine de définition, alors
]
f ◦ Φ = fe◦ Φe est borélienne (exercice 32, feuille 2 et proposition 3.21) et donc f ◦Φ l’est (définition 3.10). Il faudrait raisonner
de même pour Φ0 .
3. Ici, Φ n’est pas supposée bijective. Donc Φ−1 est l’image réciproque, et non pas la fonction réciproque.
9
(i) lim d(fn , f ) = 0.
n→∞
(ii) Pour tout ε > 0,
Si d(fn , f ) → 0, nous obtenons de ce qui précède que µ([|fn − f | > ε]) → 0, ∀ ε > 0.
« (ii) =⇒ (i) » Soit ε > 0. En utilisant la proposition 6.35, la monotonie de h et la monotonie de l’intégrale
pour des intégrandes mesurables positives, nous avons
Z Z
d(fn , f ) = h(|fn − f |) + h(|fn − f |)
[|fn −f |>ε] [|fn −f |≤ε]
Z Z
(5)
≤ 1+ h(ε) = µ([|fn − f | > ε]) + h(ε) µ([|fn − f | ≤ ε])
[|fn −f |>ε] [|fn −f |≤ε]
En faisant ε → 0 dans (6), nous arrivons à lim supn d(fn , f ) ≤ 0. Par ailleurs, nous avons d(fn , f ) ≥
0, ∀ n, d’où lim inf n d(fn , f ) ≥ 0. De l’exercice 1.9 a), nous obtenons que d(fn , f ) → 0.
10
Université Claude Bernard Lyon 1 Licence de mathématiques 3e année
Mesure et intégration Année 2020–2021
Contrôle continu
– le vendredi 13 novembre 2020 –
– durée 90 minutes –
Consignes
1. Le seul document accepté est le support complet de cours, sous forme papier. Il ne doit pas conte-
nir des éléments de correction des exercices.
2. Pas d’ordinateur, tablette, téléphone, calculatrice, montre connectée, ou autre objet connecté.
Z b
3. Pour chaque intégrale de la forme f (x) dx, préciser s’il s’agit d’une intégrale de Riemann, gé-
a
néralisée et/ou par rapport à la mesure de Lebesgue ; justifier son existence et préciser si les ré-
sultats utilisés concernent les intégrales de Riemann, généralisées ou par rapport à la mesure de
Lebesgue.
exp(−x) − exp(−tx)
Exercice # 1. (6 p.) Pour x > 0 et t > 0, soit f (t, x) := .
x
a) Montrer que pour tout t > 0, la fonction x 7→ f (t, x) est Lebesgue intégrable sur R∗+ .
Z ∞
Pour t > 0, soit F (t) := f (t, x) dx.
0
b) Montrer que F est continue sur ]0, ∞[.
c) Montrer que F est dérivable sur ]0, ∞[.
d) Calculer F 0 (t) et en déduire la valeur de F (t) pour tout t > 0.
1
Exercice # 2. (6 p.) Pour y > 0, soit fy (x, t) := , avec x, t ∈ R.
(1 + x2 t2 )(1
+ y 2 t2 )
a) Montrer que fy est λ2 -intégrable sur [0, 1] × R+ .
Z 1
b) Soit g(y, t) := fy (x, t) dx. Montrer que g est λ2 -intégrable sur ]0, 1] × R+ .
0
Z ∞ 2
arctan t
c) Trouver la valeur de l’intégrale I := dt.
0 t
On admettra l’identité
1 x2 1 y2 1
2 2 2 2
− 2 2 2 2
= , ∀ x, y > 0 tels que x 6= y, ∀ t ∈ R.
x −y 1+x t x −y 1+y t (1 + x t )(1 + y 2 t2 )
2 2
Exercice # 3. (4 p.) Soit f : R2 → [0, ∞[ une fonction borélienne. Montrer que la fonction g : R → [0, ∞],
Z
g(t) := f (t, x + et ) dν1 (x), ∀ t ∈ R,
[t,t+t2 ]
est borélienne.
1
Exercice # 4. (4 p.) Soit f : [1, ∞[→ R une fonction continue telle que |f (x)| ≤ 2 , ∀ x ≥ 1. Montrer
x
que
Z ∞ X (−1)n Z ∞
−f (x)
e − 1 dx = f n (x) dx.
1 n≥1
n! 1
Université Claude Bernard Lyon 1 Licence de mathématiques 3e année
Mesure et intégration Année 2020–2021
Contrôle continu
– le vendredi 13 novembre 2020 –
– Corrigé des exercices # 1 et 2 –
exp(−x) − exp(−tx)
Exercice # 1. (6 p.) Pour x > 0 et t > 0, soit f (t, x) := .
x
a) Montrer que pour tout t > 0, la fonction x 7→ f (t, x) est Lebesgue intégrable sur R∗+ .
Z ∞
Pour t > 0, soit F (t) := f (t, x) dx.
0
b) Montrer que F est continue sur ]0, ∞[.
c) Montrer que F est dérivable sur ]0, ∞[.
d) Calculer F 0 (t) et en déduire la valeur de F (t) pour tout t > 0.
Solution (TT).
a) Soit t > 0 fixé. Remarquons d’abord que limx→0 f (t, x) = t−1. En particulier la fonction x 7→ f (t, x)
est prolongeable par continuité en 0 et en utilisant le critère de Riemann et le fait que lim x2 |f (t, x)| =
x→∞
0, on conclut que cette fonction est absolument intégrable dans le sens généralisé et donc Lebesgue
intégrable sur ]0, ∞[.
b) Remarquons d’abord que la fonction t 7→ f (x, t) est continue pour tout x > 0. Pour appliquer le
théorème de continuité des intégrales à paramètre, il suffit de trouver, pour tous 0 < a < 1 < b,
une fonction ga,b : ]0, ∞[ → R qui est intégrable et telle que |f (t, x)| ≤ ga,b (x) pour tout t ∈ [a, b].
exp(−ax) − exp(−bx)
Posons ga,b (x) := . L’inégalité |f (t, x)| ≤ ga,b (x) est une conséquence du fait
x
que la fonction t 7→ exp(−tx) est monotone et g est ingégrable par le même argument que dans a)
(sauf que la limite en 0 est b − a).
∂f
c) d) On a que (t, x) = exp(−tx). Soit a > 0. Pour tout t ∈ [a, ∞[, | exp(−tx)| ≤ exp(−ax), et la
∂t
fonction x 7→ exp(−ax) est intégrable sur [0, ∞[ (son intégrale vaut 1/a) ; on peut donc appliquer le
théorème de la dérivée d’une intégrale à paramètre et conclure que F 0 (t) existe pour tout t > 0 et
Z ∞
0 1
F (t) = exp(−tx) dx = .
0 t
La fonction 1/t étant continue, on peut appliquer le théorème de Leibniz–Newton et obtenir pour
tout t > 0 :
Z t
1
F (t) = F (1) + ds = 0 + ln t = ln t.
1 s
1
Exercice # 2. (6 p.) Pour y > 0, soit fy (x, t) := , avec x, t ∈ R.
(1 + x2 t2 )(1 + y 2 t2 )
a) Montrer que fy est λ2 -intégrable sur [0, 1] × R+ .
Z 1
b) Soit g(y, t) := fy (x, t) dx. Montrer que g est λ2 -intégrable sur ]0, 1] × R+ .
0
Z ∞ 2
arctan t
c) Trouver la valeur de l’intégrale I := dt.
0 t
On admettra l’identité
1 x2 1 y2 1
2 2 2 2
− 2 2 2 2
= , ∀ x, y > 0 tels que x 6= y, ∀ t ∈ R.
x −y 1+x t x −y 1+y t (1 + x t )(1 + y 2 t2 )
2 2
Solution (JK).
1
a) Pour y > 0, (x, t) 7→ fy (x, t) est continue, donc mesurable et 0 ≤ fy (x, t) ≤ h(x, t) := .
1 + y 2 t2
Par Tonelli 1
Z Z Z Z
1
h(x, t)dλ2 (x, t) = h(x, t)dxdt = dt < +∞
[0.1]×R+ R+ [0,1] R+ 1 + y 2 t2
par le critère de Riemann. Donc fy est λ2 -intégrable.
b) x 7→ fy (x, t) est continue sur [0, 1] donc l’intégrale suivante est bien définie dans le sens de Riemann :
Z 1 Z 1 Z t
1 1 z=xt 1 1 dz arctan(t)
g(y, t) = fy (x, t)dx = dx = = .
0 1 + y 2 t2 0 1 + x2 t2 1 + y 2 t2 0 1 + z 2 t (1 + y 2 t2 )t
g est continue sur [0, 1] × R, donc mesurable, et positive. Par Tonelli1 l’intégrale de Lebesgue de g est
Z Z ∞ Z Z ∞ 2
arctan(t) 1 1 arctan(t)
g(y, t)dλ2 (y, t) = 2 2
dydt = dt.
[0,1]×R+ 0 t 0 1+y t 0 t
2
arctan(t)
Comme t 7→ est continue et positive, son intégrale de Lebesgue coïncide avec son
t
2
arctan(t) π2
intégrale généralisée. De plus, est équivalente en 0+ à 1 et équivalente en +∞ à 2 .
t 4t
Son intégrale est alors convergente (critère de Riemann), donc g est λ2 -intégrable.
c) Nous avons, pour x 6= y,
Z ∞ Z ∞
1 x2 z=xt x2 1 dz x π
2 2 2 2
dt = 2 2 2
= 2
0 x −y 1+x t x −y 0 1+z x x − y2 2
et, avec l’indication et en utilisant la linéarité de l’intégrale (pour x 6= y),
Z ∞
1 1 x−y π π 1
2 2 2 2
dt = 2 2
= . (1)
0 1+y t 1+x t x −y 2 2x+y
1
(x, y, t) 7→ est positive et continue sur [0, 1] × [0, 1] × R+ , donc mesurable.
(1 + x2 t2 )(1
+ y 2 t2 )
Par Tonelli (global ou local, voir la note dessous), nous pouvons calculer I en échangeant l’ordre des
intégrations dans l’intégrale triple :
Z Z
1 π dλ2
I= 2 2 2 2
dλ 3 = .
[0,1]×[0,1]×R+ (1 + x t )(1 + y t ) 2 [0,1]×[0,1] x + y
Le fait qu’on a dérivé (1) seulement pour x 6= y ne joue pas de rôle, car {(x, y) ∈ [0, 1] × [0, 1]; x =
y} est de mesure 0. Finalement, en vue de la continuité de l’intégrande, on peut calculer l’intégrale
comme une intégrale de Riemann :
Z Z 1Z 1 Z 1
dλ2 dy
= dx = (ln(1 + x) − ln(x))dx
[0,1]×[0,1] x + y 0 0 x+y 0
1. global, sur [0, 1] × R muni de la tribu et mesure de Lebesgue, ou local car [0, 1] × R est un borélien de R2
2
Université Claude Bernard Lyon 1 Licence de mathématiques 3e année
Mesure et intégration Année 2020–2021
Devoir maison # 2
– à rendre le vendredi 18 décembre 2020 –
Exercices de routine
avec Kε ⊂ R2 convenable.
1
a) En établissant et utilisant l’identité
Z ∞
1 1
= ta−1 e−xt dt, ∀ a > 0, ∀ x > 0,
xa Γ(a) 0
montrer que
Z ∞
1 ta−1
I(a) = dt.
Γ(a) 0 t2 + 1
Exercice # 6. (Lemme de Brezis-Lieb) Préliminaire. Un cas particulier du lemme Zde Fatou est leZsuivant.
Soit (X, T , µ) un espace mesuré. Si fn ≥ 0 est mesurable, ∀ n, et fn → f , alors f ≤ lim inf fn . Le
n
lemme de Brezis-Lieb, qui
Z s’applique à Zdes situations plus générales, permet, dans ce cas particulier, de
« mesurer » l’écart entre f et lim inf fn .
n
Dans ce qui suit, les fonctions fn : X → R sont supposées mesurables, avec (X, T , µ) mesuré.
2
a) Supposons fn → f et fn , f intégrables. Montrer que
Z Z Z
|fn | = |f | + |fn − f | + o(1) quand n → ∞. 1
Exercice # 7. Soit (X, T , µ) un espace mesuré et (fn )n≥0 une suite décroissante de fonctions µ-intégrables
qui convergent vers 0 simplement. Montrer que
X Z Z X
n
(−1) fn = (−1)n fn .
n≥0 n≥0
et donc SJ ne peut pas dépasser S. Nous nous proposons de montrer qu’il existe J tel que « SJ soit une
partie significative de S ».
Je ne connais pas la réponse à la question c) (et elle n’est pas demandée). Les questions d) et e) sont
indépendantes de a) et b).
Clairement, pour n = 1 le meilleur choix est de prendre J := {1}, et dans ce cas S1 = S = |z1 |.
Étudions le cas n ≥ 2.
a) Si n = 2, montrer qu’il est possible de choisir J tel que
2
1 1X
SJ ≥ S = |zj |,
2 2 j=1
1
et que la constante est la meilleure possible.
2
1. Rappelons que o(1) quand n → ∞ désigne une suite (cn ) telle que lim cn = 0.
n→∞
3
b) Si n = 3, montrer qu’il est possible de choisir J tel que
3
1 1X
SJ ≥ S = |zj |,
3 3 j=1
1
et que la constante est la meilleure possible.
3
1
c) (Je ne connais pas la réponse) Quelle est la meilleure constante si n = 4 ? En tout cas, elle n’est pas .
4
En effet, nous allons montrer le résultat suivant.
1
∀ n ∈ N∗ , ∀ z1 , . . . , zn ∈ C, ∃ J ⊂ J1, nK tel que SJ ≥ S. (3)
π
Dans ce qui suit, le produit scalaire des nombres complexes h , i est le produit scalaire usuel dans R2 .
d) Soit ω = eıt un nombre complexe de module 1. Posons
X X n
X
zj ≥ hzj , ωi = hzj , ωi+ . (4)
j∈Jt j∈Jt j=1
(
x, si x ≥ 0
Rappelons que x+ est la partie positive de x : x+ := .
0, si x < 0
e) Calculer
Z 2π X
n
hzj , eıt i+ dt
0 j=1
Exercice # 9. (Intégration
Z par parties (I))
Z Nous travaillons dans ([0, ∞[, B[0,∞[ , ν1 ). Soient f, g ∈ L .
1
Exercice # 10. (Intégration par parties (II)) Nous travaillons dans (R, BR , ν1 ) et (Rn , BRn , νn ).
a) Soit g ∈ C(R) intégrable. Montrer qu’il existe une suite (Rj )j ⊂ [0, ∞[ telle que Rj → ∞, g(Rj ) → 0
et g(−Rj ) → 0.
Z
On pourra commencer par montrer que lim |g| = 0, et montrer que l’on peut choisir
j→∞ [j≤|x|≤j+1]
Rj ∈]j, j + 1[.
4
b) Soit h ∈ C 1 (R), avec h et h0 intégrables.
Z
(i) Montrer que h0 = 0.
R
Z Z
(ii) Montrer que, pour tout η ∈ R, e −ıxη 0
h (x) dx = ıη e−ıxη h(x) dx.
R R
∂f
c) Soit f ∈ C 1 (Rn ), avec f et intégrables. Montrer que, pour tout ξ ∈ Rn ,
∂x1
Z Z
−ıx·ξ ∂f
e (x) dx = ıξ1 e−ıx·ξ f (x) dx.
Rn ∂x1 Rn
∂f ∂g
e) Soient f, g ∈ C 1 (Rn ) bornées telles que f, g, , soient intégrables. Montrer que
∂x1 ∂x1
Z Z
∂f ∂g
(x)g(x) dx = − f (x) (x) dx.
Rn ∂x1 Rn ∂x1
Exercices avancés
BX ⊗ BX = BX×X (5)
(nous verrons en partie II de l’exercice une condition suffisante pour la validité de (5)).
Exemple : X = Rn muni de l’une des métriques induites par une norme k k.
Une mesure borélienne µ sur X est uniformément répartie si elle satisfait la condition suivante :
Le but de cet exercice est de montrer que deux mesures uniformément réparties sont proportion-
nelles.
En admettant cette conclusion, nous obtenons une autre caractérisation de la mesure de Lebesgue
(voir l’item i) ci-dessous).
Soient µ et ν deux mesures uniformément réparties. Soient g(r) := µ(B(x, r)), h(r) := ν(B(x, r)),
∀ r > 0 (ces fonctions dépendent de r, mais pas de x ∈ X).
Dans ce qui suit, U désigne un ouvert non vide et borné de X.
a) Montrer que µ et ν sont σ-finies.
b) Montrer que 0 < µ(U ) < ∞ et 0 < ν(U ) < ∞.
c) Montrer que V := {(x, y) ; x, y ∈ U, d(x, y) < r} est un borélien de X × X.
d) Montrer que
est borélienne.
5
e) Montrer que
Z Z
ν(U ∩ B(x, r)) dµ(x) = µ(U ∩ B(y, r)) dν(y).
U U
g) En déduire qu’il existe un réel 0 < C < ∞ (indépendant de U ) tel que µ(U ) = C ν(U ).
h) Conclure.
i) Soit d la distance induite par une norme sur Rn . Montrer l’équivalence suivante :
(i) µ est uniformément répartie sur BRn .
(ii) Il existe 0 < C < ∞ telle que µ = C νn .
II. Nous donnons ici une condition suffisante pour la validité de (5), condition qui est satisfaite en parti-
culier par Rn avec l’une de ses métriques usuelles.
Voici une question d’échauffement.
a) Montrer que, si (X, d) et (Y, δ) sont des espaces métriques arbitraires, alors BX ⊗ BY ⊂ BX×Y .
(Penser à la preuve de l’inclusion BRn ⊗ BRm ⊂ BRn+m .)
Donc si une inclusion pose problème dans la vérification de (5), il s’agit de BX×Y ⊂ BX ⊗ BY . En
général, cette inclusion est fausse, mais donner un contre-exemple dépasse le cadre de cet exercice.
Un espace métrique (X, d) est séparable s’il existe un ensemble a. p. d. A ⊂ X dense dans X, donc
tel que A = X.
b) Montrer que Rn est séparable.
c) Si X est séparable, montrer que pour tout ouvert U nous avons
[
U= B(a, r).
a∈A,r∈Q
B(a,r)⊂U
Exercice
Z # 12. (Dérivée de l’intégrale) Nous travaillons dans ([0, ∞[, B[0,∞[ , ν1 ). Soit f ∈ L 1 . Soit F (x) :=
f (t) dt, ∀ x ≥ 0.
[0,x]
Soit g ∈ C([0, ∞[).
Z
a) Montrer que [0, ∞[3 x 7→ h(x) := g(t)f (x − t) dt est continue.
[0,x]
Indication : on pourra utiliser un changement de variable.
6
Z x
b) Montrer que x 7→ g(t)F (x − t) dt est de classe C 1 , de dérivée h.
0
Indication : on pourra partir de la définition de la dérivée, et considérer le taux d’accroissement
Z x+ε Z x
g(t)F (x + ε − t) dt − g(t)F (x − t) dt
0 0
, ε 6= 0, ε > −x.
ε
Exercice # 13. (Théorème d’Orlicz) Soit I ⊂ R un intervalle ouvert non vide muni de la mesure de Le-
besgue. Nous considérons une suite (ek )k≥0 ⊂ L2 = L2 (I) orthonormée et telle que
∞
X
f= (f, ek ) ek , ∀ f ∈ L2 . (6)
k=0
a) Montrer que, pour tout f , il existe une suite extraite (N` ) (qui en principe dépend de f ) telle que
N
X̀
(f, ek ) ek → f p. p. quand ` → ∞.
k=0
f ∈ L1 (Rn ), (8)
où C1 , C2 sont des constantes finies qui peuvent dépendre de n, p et r, mais pas de f ou R. Au passage,
sous les hypothèses (8) et (9), nous montrerons que f ∈ C 1 .
7
Sous l’hypothèse plus forte (12),
R
fb(ξ) = 0 si |ξ| ≥ R ou si |ξ| ≤ , (12)
2
nous avons également l’inégalité de Nikolskiı̆ inverse, énoncée et prouvée, par souci de simplicité, uniquement
si n = 1 :
8
Université Claude Bernard Lyon 1 Licence de mathématiques 3e année
Mesure et intégration Année 2020–2021
Devoir maison # 2
– à rendre le vendredi 18 décembre 2020 –
Exercices de routine
Il s’ensuit que
(−1)n n! (−1)n n!
In,n = In,0 = .
(n + 1)n (n + 1)n+1
Ainsi, en utilisant d’abord le théorème 6.34, ensuite la proposition 6.43 :
Z 1 Z ∞
1X X (−1)n ∞
1 (−1)n n
dx = x (ln(x))n dx = In,n
0 xx 0 n=0
n! n=0
n!
∞
X X 1 ∞
1
= = .
n=0
(n + 1)n+1 n=1
n n
1
d) Soit ν une autre probabilité sur BR . On suppose que Hµ = Hν . Montrer que µ = ν.
On pourra utiliser la proposition 4.23.
y
Solution (JK). Hµ (x, y) est une intégrale de Lebesgue, bien définie car la fonction t → est
y2 + (x − t)2
continue sur R, donc mesurable, et positive.
y y
a) La fonction (x, y) → 2 2
est continue sur R × R>0 pour tout t ∈ R, et t → 2
y + (x − t) y + (x − t)2
est continue, donc mesurable pour Ztout (x, y) ∈ R × R . De plus, si y0 > 0, alors pour tout y ≥ y0
>0
y 1 1
on a 2 2
≤ g(t) := et gdµ = < +∞. Par Thm. 7.14, Hµ est continue sur R × R>0 .
y + (x − t) y0 y0
Z
y2 y2
b) On a πyHµ (x, y) = 2 + (x − t)2
dµ(t). y →
7 2 + (x − t)2
est continue sur R>0 et admet une
R y y Z
y2
limite en 0 pour tout x ∈ R et t ∈ R. De plus, 2 ≤ g(t) := 1 et gdµ = 1 < +∞. Par
y + (x − t)2
Thm. 7.2, on a alors
Z Z
y2
lim πy Hµ (x, y) = lim 2 2
dµ(t) = χ{x} (t)dµ(t) = µ({x}).
y&0 R y&0 y + (x − t)
(Bon, le Thm. 7.2 est formulé avec des limites des suites, mais c’est la même chose.)
c) On a
Z b Z Z
1 b y
Hµ (x, y) dx = dµ(t)dx.
a π a R y + (x − t)2
2
y
Comme y > 0, (t, x) 7→ 2 est une fonction positive continue, donc mesurable sur R ×
y + (x − t)2
[a, b]. Par Thm. 8.24, nous pouvons échanger les intégrales. Or, avec le changement de variable z =
x−t
on obtient
y
Z b Z b−t
y y 1 b−t a−t
2 2
dx = dz = arctan − arctan ,
a y + (x − t) a−t
y
1 + z2 y y
ce qui donne
Z b Z
1 b−t a−t
Hµ (x, y) dx = arctan − arctan dµ(t).
a π R y y
Or,
Z
b−t a−t
arctan − arctan ≤ g(t) := 2 et gdµ = 2.
y y
De plus,
b−t a−t
y 7→ arctan − arctan
y y
est continue sur R>0 et a une limite en 0. En effet,
b−t
a−t
0 si t ∈
/ [a, b]
lim arctan − arctan = π si t ∈]a, b[ ,
y&0 y y
π
si t ∈ {a, b}
2
d’où, par Thm. 7.2,
Z b
µ({a}) + µ({b})
lim Hµ (x, y) dx = µ([a, b]) − .
y&0 a 2
2
d) Par Prop. 4.23, une mesure borélienne est uniquement déterminée par ses valeurs sur les intervalles
fermés. Avec ce qui precéde, on a
Z b
πy
µ([a, b]) = lim Hµ (x, y) dx + (Hµ (a, y) + Hµ (b, y)) .
y&0 a 2
Ainsi, Hµ = Hν implique µ = ν.
avec Kε ⊂ R2 convenable.
Solution (TT).
a) En utilisant l’invariance par translations de la mesure de Lebesgue, on peut supposer que S = {x ∈
R3 ; |x| = R}. Pour 0 < ε < R, soit Sε := {x ∈ R3 ; dist(x, S) ≤ ε}. Montrons d’abord que
Sε = {x ∈ R3 ; R − ε ≤ |x| ≤ R + ε}.
|x| − R = |x − x0 | ≤ |x − y| ≤ ε,
et donc x ∈ Sε .
Inversement, soit x tel que |x| − R ≤ ε. Alors |x − x0 | ≤ ε, où x0 est comme ci-dessus, et donc
x ∈ Sε .
Par ailleurs, Sε est fermé et donc borélien.
Rappelons maintenant la formule pour le volume d’une boule de rayon R : f (R) = Vol(B(0, R)) =
Vol(B(0, R)) = (4/3)πR3 . On a :
1 f (R + ε) − f (R − ε)
A (S) = lim ν3 (Sε ) = lim
ε→0 2ε ε→0 2ε
1 f (R + ε) − f (R) f (R) − f (R − ε)
= lim + = f 0 (R) = 4πR2 .
2 ε→0 ε ε
Nous utiliserons la notation (x, y) pour un point dans R3 , où x ∈ R2 et y ∈ R. Pour voir la première
inclusion, il suffit de remarquer que si x ∈ K, alors le point de K le plus proche de (x, y) est (x, 0),
3
et donc dist((x, y), K) = |y|. Pour l’autre, si (x, y) ∈ Sε , alors dist((x, 0), K) ≤ dist((x, y), K) ≤ ε
et |y| = dist((x, y), R2 ) ≤ dist((x, y), K) ≤ ε et donc x ∈ Kε et y ∈ [−ε, ε].
Ensuite, rappelons que si A ⊆ R2 est borélien, alors A × [−ε, ε] est un pavé borélien et
On a donc que
La prochaine étape est de montrer queTν2 (Kε ) → ν2 (K) quand ε → 0. On voit que Kε ⊆ Kε0 pour
ε ≤ ε0 et il suffit donc de montrer que n K1/n = K et T utiliser le théorème de la suite décroissante.
L’inclusion ⊇ est claire. Pour l’autre sens, soit x ∈ n K1/n et pour tout n, soit xn ∈ K tel que
|x − xn | ≤ 1/n. On a donc que xn → x et comme K est fermé, x ∈ K.
Enfin, en prenant la limite dans (1) on obtient A (K) = ν2 (K).
4
pour tout x > 0. Donc
Z A Z A Z ∞
sin(x) 1
I(a) = lim I(a, A), où I(a, A) := dx = sin(x)ta−1 e−xt dtdx.
A→+∞ 0 xa Γ(a) 0 0
sin(x)
Notons également que I(a, A) est bien définie en tant qu’intégrale généralisée convergente, car ∼0+
xa
1
a−1
, et a − 1 < 1.
x
On a
| sin(x)ta−1 e−xt | ≤ g(x, t) := xta−1 e−xt
et
Z A Z ∞ Z A
Γ(a)
g(x, t)dtdx = dx < ∞,
0 0 0 xa−1
(car a − 1 < 1). Donc, d’après le théorème de Tonelli, la fonction (x, t) → sin(x)ta−1 e−xt , qui est
continue donc mesurable, est intégrable sur [0, A] × R>0 . De plus, on peut échanger l’ordre des in-
tégrales et obtenir
Z ∞Z A
1
I(a, A) = sin(x)ta−1 e−xt dxdt.
Γ(a) 0 0
D’où (via l’inégalité triangulaire et la relation de Chasles pour les intégrales généralisées)
Z ∞Z ∞
1
|I(a, A) − J| = sin(x)ta−1 e−xt dtdx
Γ(a) 0
Z ∞ A Z ∞
2 a−1 −At t=s/A 2
≤ t e dt = a
sa−1 e−s ds
Γ(a) 0 A Γ(a) 0
2
= a → 0 quand A → ∞,
A
car a > 0.
5
b) Avec le changement de variable indiqué, on obtient
Z 1 a−1
1 z 2 dz
I(a) = 1 3
Γ(a) 0 a−1 z 2z (1 − z) 2
2
(1 − z) 2 1+
1−z
Z 1
1 a a B( a2 , 1 − a2 )
= z 2 −1 (1 − z)− 2 dz = .
2Γ(a) 0 2Γ(a)
Ici B est la fonction Beta de Euler. Elle satisfait Γ(x + y)B(x, y) = Γ(x)Γ(y). Donc
Γ( a2 )Γ(1 − a2 )
I(a) = .
2Γ(a)
Exercice # 5. (Théorème d’Egoroff (ou Egorov)) Soit (X, T , µ) un espace mesuré, avec µ finie. Soient
fn , f : X → R des fonctions mesurables telles que fn → f (convergence simple). Le théorème d’Egoroff
affirme que fn → f « presque uniformément », au sens suivant :
6
d) Nous avons :
X X
µ(X \ B) ≤ µ(X \ Ak,Nk ) ≤ ε/2k = ε,
k k
Exercice # 6. (Lemme de Brezis-Lieb) Préliminaire. Un cas particulier du lemme Zde Fatou est leZsuivant.
Soit (X, T , µ) un espace mesuré. Si fn ≥ 0 est mesurable, ∀ n, et fn → f , alors f ≤ lim inf fn . Le
n
lemme de Brezis-Lieb, qui
Z s’applique à Zdes situations plus générales, permet, dans ce cas particulier, de
« mesurer » l’écart entre f et lim inf fn .
n
Dans ce qui suit, les fonctions fn : X → R sont supposées mesurables, avec (X, T , µ) mesuré.
a) Supposons fn → f et fn , f intégrable. Montrer que
Z Z Z
|fn | = |f | + |fn − f | + o(1) quand n → ∞. 1
Z Z Z
p
|fn | = p
|f | + |fn − f |p + o(1) quand n → ∞. (3)
Solution (JK).
a) Soient a, b ∈ R. L’inégalité triangulaire |a + b| ≤ |a| + |b| implique |a| = |a − b + b| ≤ |a − b| + |b| et
|a − b| ≤ |a| + |b|. D’où −|b| ≤ |a| − |a − b| ≤ |b|. On applique cela à a := fn (x) et b := f (x). Ainsi,
||fn (x)| − |fn (x) − f (x)|| ≤ |f (x)| pour tout x et n. Ceci montre que |fn (x)| − |fn (x) − f (x)| est
intégrable et que les conditions du théorème de la convergence dominée sont satisfaites pour obtenir
Z Z Z
lim (|fn | − |fn − f |) = lim(|fn | − |fn − f |) = |f |.
n n
Z Z Z
Donc cn := (|fn | − |fn − f |) − |f | est une suite qui tend vers 0. Ajoutant |fn − f | nous
trouvons
Z Z Z Z
(|fn | − |fn − f |) + |fn − f | = |f | + |fn − f | + cn .
Finalement, comme |fn | − |fn − f | est intégrable et |fn − f | positive on a (Prop. 6.28)
Z Z Z Z
(|fn | − |fn − f |) + |fn − f | = (|fn | − |fn − f | + |fn − f |) = |fn |.
1. Rappelons que o(1) quand n → ∞ désigne une suite (cn ) telle que lim cn = 0.
n→∞
7
b) Comme ci-dessus, mais cette fois-ci nous utilisons la variante p. p. du théorème de convergence do-
minée. La mesurabilité de f doit être supposée par hypothèse ; elle ne découle pas de celle de fn .
c) On n’a pas utilisé le fait que les fn sont intégrables, mais seulement que f est intégrable. Donc on peut appli-
quer ce qui précède à fn := un et f := u pour déduire que
Z Z Z
|un − u| = un − u + o(1),
et donc
Z Z Z
lim |un − u| = lim un − u = 0.
n n
Exercice # 7. Soit (X, T , µ) un espace mesuré et (fn )n≥0 une suite décroissante de fonctions µ-intégrables
qui convergent vers 0 simplement. Montrer que
X Z Z X
n
(−1) fn = (−1)n fn .
n≥0 n≥0
S2n+1 (x) = S2n−1 (x) + (f2n (x) − f2n+1 (x)) ≤ S2n−1 (x) et
S2n+2 (x) = S2n (x) − (f2n+1 (x) − f2n+2 (x)) ≥ S2n (x).
Ainsi, (S2n+1 )n est une suite croissante, (S2n )n est une suite décroissante et, pour tout n, S2n ≥ S2n+1 .
De plus S2n − S2n+1 = f2n+1 converge simplement vers 0 quand n → ∞. Ceci implique que la fonction
X
f (x) := lim S2n (x) = lim S2n+1 (x) = (−1)n fn (x)
n n
n
8
Exercice # 8. Dans ce qui suit, z1 , . . . , zn sont des nombres complexes. Le problème que nous étudions
est le suivant : montrer qu’il existe J ⊂ J1, . . . , nK tel que la somme
X
SJ := zj
j∈J
et donc SJ ne peut pas dépasser S. Nous nous proposons de montrer qu’il existe J tel que « SJ soit une
partie significative de S ».
Je ne connais pas la réponse à la question c) (et elle n’est pas demandée). Les questions d) et e) sont
indépendantes de a) et b).
Clairement, pour n = 1 le meilleur choix est de prendre J := {1}, et dans ce cas S1 = S = |z1 |.
Étudions le cas n ≥ 2.
a) Si n = 2, montrer qu’il est possible de choisir J tel que
2
1 1X
SJ ≥ S = |zj |,
2 2 j=1
1
et que la constante est la meilleure possible.
2
b) Si n = 3, montrer qu’il est possible de choisir J tel que
3
1 1X
SJ ≥ S = |zj |,
3 3 j=1
1
et que la constante est la meilleure possible.
3
1
c) (Je ne connais pas la réponse) Quelle est la meilleure constante si n = 4 ? En tout cas, elle n’est pas .
4
En effet, nous allons montrer le résultat suivant.
1
∀ n ∈ N∗ , ∀ z1 , . . . , zn ∈ C, ∃ J ⊂ J1, nK tel que SJ ≥ S. (5)
π
Dans ce qui suit, le produit scalaire des nombres complexes h , i est le produit scalaire usuel dans R2 .
d) Soit ω = eıt un nombre complexe de module 1. Posons
X X n
X
zj ≥ hzj , ωi = hzj , ωi+ . (6)
j∈Jt j∈Jt j=1
(
x, si x ≥ 0
Rappelons que x+ est la partie positive de x : x+ := .
0, si x < 0
9
e) Calculer
Z 2π X
n
hzj , eıt i+ dt
0 j=1
e) Nous avons à faire à des intégrales de Riemann de fonctions continues sur [0, 2π]. Par linéarité,
on peut échanger l’intégrale avec la somme. Avec rj := |zj | et zj = rj eiϕj , on obtient hzj , eit i =
rj cos(ϕj − t) et donc
Z 2π Z 2π Z ϕj +π
it
hzj , e i+ dt = rj [cos(ϕj − t)]+ dϕj = rj [cos(ϕj − t)]+ dϕj
0 0 ϕj −π
Z π
π
2
= rj cos(ϕ)dϕ = rj [sin(ϕ)]−2 π = 2rj .
2
− π2
Donc
Z 2π n
X n
X
hzj , eıt i+ dt = 2 |zj | = 2S
0 j=1 j=1
et
Z 2π n
X n
X Z 2π n
X
ıt ıt
hzj , e i+ dt ≤ max hzj , e i+ 1 dt = 2π max hzj , eıt i+ .
0 t∈[0,2π] 0 t∈[0,2π]
j=1 j=1 j=1
10
Exercice # 9. (Intégration
Z par parties (I))
Z Nous travaillons dans ([0, ∞[, B[0,∞[ , ν1 ). Soient f, g ∈ L .
1
Vérifions que h est borélienne. Notons d’abord que son domaine de définition est fermé, donc bo-
rélien. Désignons par e le prolongement par 0 en dehors du domaine de définition. Par hypothèse,
fe, ge : R → R sont boréliennes. Clairement, ffg(x, y) = fe(x)e
g (y). Il s’ensuit qu’il suffit de montrer
que, si a : R → R est borélienne, alors R × R 3 (x, y) 7→ b(x, y) := a(x) est encore borélienne
n n m
(puis on applique ce résultat, avec n = m = 1, à fe et ge, et on utillise la proposition 3.25 a)). Soit
C ∈ BR . Alors
11
pour l’inclusion finale, nous utilisons les définitions 8.1 et 8.2, et la proposition 8.3).
Ensuite, notons que A est borélien (car fermé), donc borélien de [0, ∞[2 (voir la question a)). Il s’ensuit
que B = [0, ∞[2 \A est un borélien de [0, ∞[2 .
Pour compléter la preuve, nous allons montrer (en utilisant le théorème de Fubini local) que l’égalité
à montrer revient à
Z Z Z
h(x, y) dxdy = h(x, y) dxdy + h(x, y) dxdy ;
[0,∞[2 A B
au passage, nous montrerons que h est intégrable. En admettant cette équivalence et l’intégrabilité
de h, nous concluons grâce à la proposition 6.35 b).
Étape 1. h est ν2 -intégrable sur [0, ∞[2 . (Et donc, par l’inégalité triangulaire, h est intégrable sur A et
B.) En effet, ceci suit du corollaire 8.25, en utilisant le théorème de Tonelli local, qui donne
Z Z Z
|h(x, y)| dxdy = |f (x)| |g(y)| dy dx < ∞
[0,∞[2 [0,∞[ [0,∞[
(car f, g ∈ L 1 ).
Ceci justifie l’utilisation du théorème de Fubini local dans les trois étapes qui suivent.
Z
Étape 2. Calcul de h(x, y) dxdy. Nous avons
[0,∞[2
Z Z Z Z Z
h(x, y) dxdy = f (x) g(y) dy dx = f (x) dx g(y) dy.
[0,∞[2 [0,∞[ [0,∞[ [0,∞[ [0,∞[
Z
Étape 3. Calcul de h(x, y) dxdy. Nous avons
A
Z Z Z Z
h(x, y) dxdy = f (x) g(y) dy dx = f (x)G(x) dx.
A [0,∞[ [0,x] [0,∞[
Z
Étape 3. Calcul de h(x, y) dxdy. Nous avons
B
Z Z Z Z Z
h(x, y) dxdy = g(y) f (x) dx dy = g(y) f (x) dx dy
B ]0,∞[ [0,y[ [0,∞[ [0,y]
Z
= F (y)g(y) dy.
[0,∞[
Exercice # 10. (Intégration par parties (II)) Nous travaillons dans (R, BR , ν1 ) et (Rn , BRn , νn ).
a) Soit g ∈ C(R) intégrable. Montrer qu’il existe une suite (Rj )j ⊂ [0, ∞[ telle que Rj → ∞, g(Rj ) → 0
et g(−Rj ) → 0.
Z
On pourra commencer par montrer que lim |g| = 0, et montrer que l’on peut choisir
j→∞ [j≤|x|≤j+1]
Rj ∈]j, j + 1[.
b) Soit h ∈ C 1 (R), avec h et h0 intégrables.
Z
(i) Montrer que h0 = 0.
R
Z Z
(ii) Montrer que, pour tout η ∈ R, e −ıxη 0
h (x) dx = ıη e−ıxη h(x) dx.
R R
12
∂f
c) Soit f ∈ C 1 (Rn ), avec f et intégrables. Montrer que, pour tout ξ ∈ Rn ,
∂x1
Z Z
−ıx·ξ ∂f
e (x) dx = ıξ1 e−ıx·ξ f (x) dx.
Rn ∂x 1 Rn
∂f ∂g
e) Soient f, g ∈ C 1 (Rn ) bornées telles que f, g, , soient intégrables. Montrer que
∂x1 ∂x1
Z Z
∂f ∂g
(x)g(x) dx = − f (x) (x) dx.
Rn ∂x1 Rn ∂x1
Solution (PM). Notons que toutes les fonctions de l’énoncé sont continues (ou mieux), donc boréliennes,
et les ensembles sont des intervalles de R ou des fermés de Rn , donc des boréliens. Il s’ensuit facilement
que toutes les fonctions et les ensembles considérés ci-dessous sont boréliens.
a) Le théorème de convergence dominée donne
Z Z
lim |g| = lim |g|χ[j,j+1] = 0
j→∞ j≤|x|≤j+1 j→∞ R
d’où la conclusion.
Variante, sous l’hypothèse plus faible g borélienne et intégrable. Cette fois-ci, il faut faire le changement de
Z
variable x = −y dans l’intégrale de Lebesgue |g|.
[−j−1,−j]
À la fin de la preuve, au lieu d’utiliser le théorème de Lagrange, nous utilisons l’exercice 12 de la feuille
de synthèse (appliqué à la mesure de Lebesgue sur [j, j+1]) pour obtenir l’existence d’un Sj ∈ [j, j+1]
tel que
Z
|g(Sj )| + |g(−Sj )| ≤ (|g(x)| + g(−x)|) dx.
[j,j+1]
b) (i) Soit (Rj ) ⊂]0, ∞[ telle que Rj → ∞ et h(Rj ), h(−Rj ) → 0. Le théorème de convergence
dominée donne
Z Z Z
0 0
h = lim h χ[−Rj ,Rj ] = lim h0
R j→∞ R j→∞ [−Rj ,Rj ]
13
(la domination étant |h0 χ[−Rj ,Rj ] | ≤ |h0 | ∈ L 1 ).
La proposition 6.42 et le théorème de Leibniz-Newton impliquent
Z Z Rj
0
h = h0 (x) dx = h(Rj ) − h(−Rj ),
[−Rj ,Rj ] −Rj
d’où la conclusion.
(ii) Soit k(x) := e−ıxη h(x), ∀ x ∈ R. Nous avons k ∈ C 1 (R) et |k| = |h|, d’où k ∈ L 1 . Par ailleurs,
nous avons k 0 (x) = −ıηk(x) + e−ıxη h0 (x),
Z ∀ x ∈ R, d’où |k | ≤ |η| |h| + |h | ∈ L , et donc
0 0 1
Pour conclure, il suffit de noter que ıηk(x) est intégrable (voir ci-dessus) et d’utiliser la linéarité
de l’intégrale (proposition 6.28).
c) Le théorème de Fubini donne l’existence de A, B ∈ BRn−1 tels que :
1. νn−1 (A) = νn−1 (B) = 0 ;
2. pour tout y = (x2 , . . . , xn ) ∈ Rn−1 \ A, x1 7→ f (x1 , y) est ν1 -intégrable ;
∂
3. pour tout y = (x2 , . . . , xn ) ∈ Rn−1 \ B, x1 7→ f (x1 , y) est ν1 -intégrable.
∂x1
Soit C := A ∪ B ∈ BRn−1 . Si y ∈ Rn−1 \ (A ∪ B), alors la fonction x1 7→ f (x1 , y) vérifie les
hypothèses de la question b), et donc
Z Z
−ıx1 ξ1 ∂f
e (x1 , y) dx1 = ıξ1 e−ıx1 ξ1 f (x1 , y) dx1 , ∀ y ∈ Rn−1 \ C, ∀ ξ1 ∈ R. (7)
R ∂x 1 R
14
d) Notons qu’une fonction continue g sur un compact K ⊂ Rk est νk -intégrable. Ceci suit de
Z Z
|g| ≤ max |g| = νk (K) max |g| < ∞.
K K K K
Il s’ensuit que toutes les fonctions considérées ci-dessous sont intégrables, et en particulier que le
théorème de Fubini local s’applique. En appliquant ce théorème, la proposition 6.42, la linéarité des
intégrales (qui sont toutes finies) et en effectuant une intégration par parties, nous obtenons
Z Z Z
∂f ∂f
(x)g(x) dx = (x1 , y)g(x1 , y) dx1 dy
[−M,M ]n ∂x1 [−M,M ]n−1 [−M,M ] ∂x1
Z Z M
∂f
= (x1 , y)g(x1 , y) dx1 dy
[−M,M ]n−1 −M ∂x1
Z
= ((f g)(M, y) − (f g)(−M, y)) dy
[−M,M ]n−1
Z Z M
∂g
− f (x1 , y) (x1 , y) dx1 dy
[−M,M ]n−1 −M ∂x1
Z
= ((f g)(M, y) − (f g)(−M, y)) dy
[−M,M ]n−1
Z Z
∂g
− f (x1 , y) (x1 , y) dx1 dy
[−M,M ]n−1 [−M,M ] ∂x1
Z
= ((f g)(M, y) − (f g)(−M, y)) dy
[−M,M ]n−1
Z
∂g
− f (x) (x) dx.
[−M,M ]n ∂x1
Nous obtenons le résultat demandé, avec h(y) := (f g)(M, y) − (f g)(−M, y).
e) Le produit d’une fonction borélienne bornée et d’une fonction borélienne intégrable est une fonction
∂g
borélienne intégrable (ceci est un cas particulier de l’inégalité de Young). Il s’ensuit que f g, f et
∂x1
∂f
g sont intégrables. Soit (Mj ) ⊂]0, ∞[ une suite telle que Mj → ∞. Le théorème de convergence
∂x1
dominée donne (comme, par exemple, dans la question b) (ii))
Z Z
∂f ∂f
lim (x)g(x) dx = (x)g(x) dx,
j→∞ [−M ,M ] ∂x1 Rn ∂x1
j j
Z Z
∂g ∂g
lim f (x) (x) dx = f (x) (x) dx.
j→∞ [−M ,M ]
j j
∂x1 Rn ∂x1
De ce qui précède et l’identité trouvée à la question d), il suffit de trouver une suite (Mj ) telle que
Z
lim (|(f g)(Mj , y)| + |(f g)(−Mj , y)|) dy = 0.
j→∞ [−Mj ,Mj ]n−1
En utilisant la monotonie de l’intégrale, il suffit d’obtenir une suite (Mj ) telle que
Z
lim (|(f g)(Mj , y)| + |(f g)(−Mj , y)|) dy = 0. (9)
j→∞ Rn−1
(le fait que cette fonction soit borélienne et intégrable suit de l’intégrabilité de f g et du théorème de
Tonelli).
15
Exercices avancés
BX ⊗ BX = BX×X (10)
(nous verrons en partie II de l’exercice une condition suffisante pour la validité de (10)).
Exemple : X = Rn muni de l’une des métriques induites par une norme k k.
Une mesure borélienne µ sur X est uniformément répartie si elle satisfait la condition suivante :
Le but de cet exercice est de montrer que deux mesures uniformément réparties sont proportion-
nelles.
En admettant cette conclusion, nous obtenons une autre caractérisation de la mesure de Lebesgue
(voir l’item i) ci-dessous).
Soient µ et ν deux mesures uniformément réparties. Soient g(r) := µ(B(x, r)), h(r) := ν(B(x, r)),
∀ r > 0 (ces fonctions dépendent de r, mais pas de x ∈ X).
Dans ce qui suit, U désigne un ouvert non vide et borné de X.
a) Montrer que µ et ν sont σ-finies.
b) Montrer que 0 < µ(U ) < ∞ et 0 < ν(U ) < ∞.
c) Montrer que V := {(x, y) ; x, y ∈ U, d(x, y) < r} est un borélien de X × X.
d) Montrer que
est borélienne.
e) Montrer que
Z Z
ν(U ∩ B(x, r)) dµ(x) = µ(U ∩ B(y, r)) dν(y).
U U
g) En déduire qu’il existe un réel 0 < C < ∞ (indépendant de U ) tel que µ(U ) = C ν(U ).
h) Conclure.
i) Soit d la distance induite par une norme sur Rn . Montrer l’équivalence suivante :
(i) µ est uniformément répartie sur BRn .
(ii) Il existe 0 < C < ∞ telle que µ = C νn .
II. Nous donnons ici une condition suffisante pour la validité de (10), condition qui est satisfaite en par-
ticulier par Rn avec l’une de ses métriques usuelles.
Voici une question d’échauffement.
16
a) Montrer que, si (X, d) et (Y, δ) sont des espaces métriques arbitraires, alors BX ⊗ BY ⊂ BX×Y .
(Penser à la preuve de l’inclusion BRn ⊗ BRm ⊂ BRn+m .)
Donc si une inclusion pose problème dans la vérification de (10), il s’agit de BX×Y ⊂ BX ⊗ BY . En
général, cette inclusion est fausse, mais donner un contre-exemple dépasse le cadre de cet exercice.
Un espace métrique (X, d) est séparable s’il existe un ensemble a. p. d. A ⊂ X dense dans X, donc
tel que A = X.
b) Montrer que Rn est séparable.
c) Si X est séparable, montrer que pour tout ouvert U nous avons
[
U= B(a, r).
a∈A,r∈Q
B(a,r)⊂U
C’est à ce stade (et dans la question suivante) que nous utilisons l’hypothèse (10). L’ensemble V appartient à
BX×X donc, grâce à (10), à BX ⊗ BX . La mesure ν étant σ-finie, le théorème 8.9 implique que la
fonction
(
ν(U ∩ B(x, r)), si x ∈ U
X 3 x 7→ ν(Vx ) =
0, si x 6∈ U
est borélienne, d’où la conclusion (en utilisant le fait que U est borélien, et la définition 3.10).
17
e) Z
De la question précédente et la Z
définition 6.14, les deux intégrales de l’énoncé existent, et valent
ν(Vx ) dµ(x), respectivement µ(V y ) dν(y). µ et ν étant σ-finies et V étant borélien, l’égalité
X X
des deux intégrales (et le fait qu’elles valent µ ⊗ ν(V )) suit du corollaire 8.13.
f) Examinons par exemple la première égalité. Si U = X, alors ν(U ∩ B(x, r)) = ν(X) = h(r),
∀ x ∈ U , ∀ r > 0, et dans ce cas nous avons
Z Z
1 1
(ν(U ∩ B(x, r))) dµ(x) = h(r) dµ(x) = µ(U ), ∀ r > 0,
h(r) U h(r) U
d’où la conclusion.
Supposons U 6= X, et posons, pour ε > 0,
Rappelons (propriétés vues en topologie) que Uε est un ouvert (quel que soit U ) et que, si U est un
ouvert, alors Uε % U quand ε & 0. En particulier, la fonction ]0, ∞[3 ε 7→ µ(Uε ) est décroissante,
et a donc une limite en 0.
Comme chaque Uε est borélien, ce qui précède et le théorème de la suite croissante donnent
nous avons utilisé le fait que dist(·, U c ) est 1-lipschitzienne, et le fait que
U c = {z ∈ X ; dist(z, U c ) = 0}
respectivement
Z Z
1 1
(ν(U ∩ B(x, r))) dµ(x) ≥ (ν(U ∩ B(x, r))) dµ(x)
h(r) U h(r) Ur
Z
1
= (ν(B(x, r))) dµ(x) = µ(Ur ).
h(r) Ur
18
g) Notons qu’il existe au moins un U comme dans l’énoncé : par exemple U := B(x0 , 1).
Des deux questions précédentes, nous avons
Z
ν(U ∩ B(x, r)) dµ(x)
µ(U ) g(r) U g(r)
= lim Z = lim .
ν(U ) r→0+ h(r) r→0+ h(r)
µ(U ∩ B(x, r)) dν(x)
U
Il s’ensuit :
g(r)
1. que la limite C := lim existe ;
r→0+ h(r)
2. que 0 < C < ∞ ;
3. que nous avons l’identité µ(U ) = C ν(U ), pour tout U comme dans l’énoncé.
h) L’égalité µ(B) = C ν(B), ∀ B ∈ BX , s’obtient en combinant le fait que X est l’union d’une suite
d’ouverts de mesure finie (voir la réponse à a)), le théorème 4.25 c) (et plus spécifiquement, la deuxième
égalité dans (4.2)) et le point précédent.
i) Il suffit de montrer que νn est uniformément répartie, et d’utiliser ce qui précède.
Nous avons, pour x ∈ Rn et r > 0,
nous avons respectivement utilisé le fait que la distance provient d’une norme, et l’invariance par
translations de la mesure de Lebesgue.
Ainsi, il suffit de montrer que 0 < νn (B(0, r)) < ∞, ∀ r > 0. Soient 0 < r0 < r1 < ∞ tels que
] − r0 , r0 [n ⊂ B(0, r) ⊂] − r1 , r1 [n . (L’existence de r0 , r1 suit de l’équivalence des normes k k et k k∞ ,
et de la forme des boules pour k k∞ .) Par monotonie de la mesure, nous avons
d’où la conclusion.
II.
a) Il suffit de reprendre la preuve de « ⊂ » dans la proposition 8.3, en remplaçant Rn et Rm par X et Y .
b) Qn est dénombrable (exercice 1.14 a)) et dense dans Rn (propriété vue en topologie), d’où la conclu-
sion.
c) Nous reprenons essentiellement la preuve de la proposition 2.16 c). L’inclusion « ⊃ » est claire. Soit
x ∈ U . U étant ouvert, il existe R > 0 tel que B(x, R) ⊂ U . En diminuant si nécessaire R, nous
pouvons supposer que R ∈ Q.
A étant dense, il existe a ∈ A tel que d(x, a) < R/2. Soit r := R/2 ∈ Q. Nous avons x ∈ B(a, r)
(car d(x, a) < r) et
Ceci donne « ⊂ ».
d) Soient A ⊂ X et B ⊂ Y a. p. d. et denses (dans X, respectivement Y ). Alors A × B est a. p. d.
(proposition 1.13 c)). Par ailleurs, nous avons
A × B = A × B = X × Y,
d’où la conclusion.
19
e) Dans cette question, nous allons considérer des boules par rapport à plusieurs distances. Par souci
de clarté, nous mettons en indice la distance correspondante.
Munissons X × Y de la distance naturelle
de sorte que
ici, nous avons utilisé le fait que Bd (a, r) ∈ BX (respectivement Bδ (b, r) ∈ BY ), d’où Bd (a, r) ×
Bδ (b, r) ∈ BX ⊗ BY , et également le fait que l’union que nous considérons est a. p. d. (via la propo-
sition 1.13 c) et a), car A × B est a. p. d., Q est dénombrable).
f) Il s’ensuit de la question précédente que
Exercice
Z # 12. (Dérivée de l’intégrale) Nous travaillons dans ([0, ∞[, B[0,∞[ , ν1 ). Soit f ∈ L 1 . Soit F (x) :=
f (t) dt, ∀ x ≥ 0.
[0,x]
Soit g ∈ C([0, ∞[).
Z
a) Montrer que [0, ∞[3 x 7→ h(x) := g(t)f (x − t) dt est continue.
[0,x]
Indication : on pourra utiliser un changement de variable.
Z x
b) Montrer que x 7→ g(t)F (x − t) dt est de classe C 1 , de dérivée h.
0
Indication : on pourra partir de la définition de la dérivée, et considérer le taux d’accroissement
Z x+ε Z x
g(t)F (x + ε − t) dt − g(t)F (x − t) dt
0 0
, ε 6= 0, h > −x.
ε
Solution (PM). Notons que f et g sont boréliennes et que les fonctions caractéristiques des intervalles
sont boréliennes. Il s’ensuit que toutes les fonctions considérées ci-dessous ((x, t) 7→ f (x − t), t 7→ g(t),
etc.) le sont, par application des propositions de la section 3.2.
a) Considérons le changement de variable affine Φ : R → R, Φ(u) := x − u. Notons les égalités
suivantes, au sens du théorème du changement de variables :
Z Z
h(x) = g(t)f (x − t)χ[0,x] (t) dν1 (t) = g(x − u)f (u)χ[0,x] (x − u) dν1 (u)
ZR R
Nous allons utiliser la dernière intégrale pour montrer la continuité de h, et en particulier pour mon-
trer a posteriori que l’intégrale qui définit h existe et est finie. Pour ce faire, nous reprenons la preuve
de l’exercice 9 b).
20
Soient (xn ), x ⊂ [0, ∞[ tels que xn → x. Soit kn (u) := g(x − u)f (u)χ[0,xn ] (u), k(u) := g(x −
u)f (u)χ[0,x] (u), ∀ u ∈ R, qui sont des fonctions boréliennes (voir le début de l’exercice).
Nous avons kn (u) → k(u), ∀ u ∈ R\{x}, donc kn → k ν1 -p. p. Par ailleurs, nous avons la majoration
(Et de même pour k. Au passage, cette majoration montre que h est bien définie.)
Le théorème 7.10 implique la continuité de h.
b) F est continue (exercice 9 b)). Il s’ensuit que la fonction de l’énoncé est bien définie et nous avons
(proposition 6.42)
Z x Z Z Z
g(t)F (x − t) dt = g(t)F (x − t) dν1 (t) = g(t) f (s) dν1 (s) dν1 (t). (12)
0 [0,x] [0,x] [0,x−t]
Z x
Nous allons exprimer le membre de droite de (12) via la fonction x 7→ G(x) := g(t) dt, en utilisant
0
le théorème de Fubini. Considérons l’ensemble
est borélienne.
Nous avons (en utilisant la monotonie de l’intégrale des fonctions boréliennes positives, la continuité
de g, et le théorème de Tonelli local pour ν2 = ν1 ⊗ ν1 )
Z Z Z
|g(t)f (s)| dsdt ≤ |g(t)f (s)| dsdt ≤ max |g| |f (s)| dsdt
E [0,x]2 [0,x] [0,x]2
Z
= x max |g| |f | < ∞.
[0,x] [0,x]
(l’avant dernière ligne utilisant la proposition 6.42, et la dernière le fait que l’intégrande est boré-
lienne).
21
Posons
Z
H(x) := f (s)G(x − s) dν1 (s), ∀ x ≥ 0.
[0,x]
De ce qui précède et de la preuve de a), pour conclure il suffit de montrer que H est dérivable et que
Z
0
H (x) = h(x) = f (s)g(x − s) dν1 (s), ∀ x ≥ 0.
[0,x]
H(x + ε) − H(x)
lim = h(x), ∀ x ≥ 0,
ε→0 ε
ou encore
H(x + ε) − H(x) − εh(x)
lim = 0. (13)
ε→0 ε
Soit ε tel que −x < ε ≤ 1 et ε 6= 0. Nous allons estimer le numérateur de (13). Considérons le cas où
ε > 0 ; le cas où ε < 0 est similaire. Nous avons, en utilisant la relation de Chasles (proposition 6.35
b)), la finitude des intégrales considérées et le fait que les intervalles sont boréliens :
Z
H(x + ε) − H(x) − εh(x) = f (s)G(x + ε − s) dν1 (s)
]x,x+ε]
Z
+ f (s)(G(x + ε − s) − G(x − s) − εg(x − s)) dν1 (s)
[0,x]
:=I(ε) + J(ε).
I(ε) J(ε)
Nous allons montrer que lim = 0 et lim = 0 (d’où la conclusion de l’exercice).
ε→0 ε ε→0 ε
I(ε)
Il s’ensuit que lim = 0.
ε→0 ε
Estimation de J(ε). Le théorème de Lagrange donne l’existence d’un point intermédiaire ξ ∈]x−s, x+
ε − s[ (dépendant de x, ε, s) tel que
Z x+ε−s
G(x + ε − s) − G(x − s) = g(t) dt = εg(ξ).
x−s
22
Il s’ensuit que, pour 0 < ε ≤ 1 et 0 ≤ s ≤ x, nous avons
J(ε)
De la continuité uniforme de g sur [0, x + 1], nous avons lim M (ε) = 0, d’où lim = 0.
ε→0 ε→0 ε
Exercice # 13. (Théorème d’Orlicz) Soit I ⊂ R une intervalle ouvert non vide muni de la mesure de
Lebesgue. Nous considérons une suite (ek )k≥0 ⊂ L2 = L2 (I) orthonormée et telle que
∞
X
f= (f, ek ) ek , ∀ f ∈ L2 . (14)
k=0
a) Montrer que, pour tout f , il existe une suite extraite (N` ) (qui en principe dépend de f ) telle que
N
X̀
(f, ek ) ek → f p. p. quand ` → ∞.
k=0
23
P `
b) Soit C ∈ BI tel que ν1 (C) = 0 et N k=0 (f, ek ) ek (x) → f (x), ∀ x ∈ I \ C.
Pour tout x ∈ I et tout `, nous avons
N 2 N N ∞ ∞
X̀ X̀ X̀ X X
(f, ek ) ek (x) ≤ [(f, ek )]2 [ek (x)]2 ≤ [(f, ek )]2 [ek (x)]2 .
k=0 k=0 k=0 k=0 k=0
Nous obtenons l’inégalité demandée en prenant, dans ce qui précède, x ∈ I \C, et en faisant ` → ∞.
Pour l’égalité, notons que la suite (ek )k≥0 est orthonormée. Nous avons donc
∞ N N 2
X X̀ X̀
[(f, ek )]2 = lim [(f, ek )]2 = lim (f, ek ) ek = kf k2L2 (I) .
`→∞ `→∞
k=0 k=0 k=0 L2 (I)
et
( ∞
)
X
B := x∈I; [ek (x)]2 < ∞ = ∪j Bj ,
k=0
qui sont des boréliens (ceci suit des résultats des sections 3.2 et 3.3, et de la proposition 3.11).
La conclusion est ν1 (B) = 0 ; pour l’obtenir, il suffit de montrer que ν1 (Bj ) = 0, ∀ j. Preuve par
l’absurde : supposons ν1 (Bj ) > 0 pour un j. Soit ε > 0 à fixer ultérieurement. Il existe D ∈ BI tel
que D ⊂ Bj et 0 < ν1 (D) < ε (exercice 47, feuille 2). Posons A := D \ C, de sorte que A ∈ BI ,
A ⊂ Bj et 0 < ν1 (A) = ν1 (D) < ε. Soit f := χA ∈ L 2 .
De ce qui précède, pour tout x ∈ A nous avons
∞
X
2
1 = [f (x)] ≤ kf k2L2 (I) [ek (x)]2 ≤ ν1 (A)j < εj.
k=0
En choisissant 0 < ε < 1/j, nous obtenons une contradiction (car A est non-vide, et donc l’inégalité
précédente est vraie pous au moins un x), ce qui achève la preuve.
f ∈ L1 (Rn ), (16)
24
Sous ces hypothèses, nous nous proposons de montrer les inégalités de Nikolskiı̆ directes
où C1 , C2 sont des constantes finies qui peuvent dépendre de n, p et r, mais pas de f ou R. Au passage,
sous les hypothèses (16) et (17), nous montrerons que f ∈ C 1 .
Sous l’hypothèse plus forte (20),
R
fb(ξ) = 0 si |ξ| ≥ R ou si |ξ| ≤ , (20)
2
nous avons également l’inégalité de Nikolskiı̆ inverse, énoncée, par souci de simplicité, uniquement si n = 1 :
25
(iii) Montrer que f = f 0 ∗ η.
(iv) Conclure, sur le modèle des questions précédentes.
Solution (PM). Nous pouvons travailler avec des fonctions (mais attention à la question d) (ii)). Supposons
donc f ∈ L 1 . f étant borélienne, les fonctions fε le sont, par composition. Par ailleurs, fb est continue
(proposition 13.1). Ceci permet de vérifier que toutes les fonctions qui interviennent ci-dessous sont
boréliennes.
Si r = ∞, montrons l’inégalité kfε kL∞ ≤ ε−n kf kL∞ ; la preuve de l’inégalité contraire est similaire.
Soit A ∈ BRn tel que νn (A) = 0 et |f (x)| ≤ kf kL∞ , ∀ x ∈ Rn \ A. Si x 6∈ εA, alors, x/ε 6∈ A, et
donc |fε (x)| ≤ ε−n kf kL∞ . Le théorème 9.2 implique que εA est un borélien négligeable. De ce qui
précède, nous avons |fε | ≤ ε−n kf kL∞ νn -p. p., et donc kfε kL∞ ≤ ε−n kf kL∞ .
Par ailleurs, nous avons, si f ∈ L 1 ,
26
(iii) De la proposition 13.5, nous avons ψ ∈ C ∞ . Il s’ensuit que
f[
∗ ψ(ξ) = fb(ξ)ψ(ξ)
b = fb(ξ)ϕ(ξ) = fb(ξ),
b = ζbj (ξ), ∀ j = 1, . . . , n, ∀ ξ ∈ Rn ,
∂j η(ξ) = ∂j ϕ(ξ)
∂d b
j ψ(ξ) = ıξj ψ(ξ) = ıξj ϕ(ξ), ∀ j = 1, . . . , n, ∀ ξ ∈ R .
n
(ii) Là, il y a une subtilité. L’énoncé demande de trouver, dans la classe de f , une fonction de classe C 1 . Nous
allons montrer que cette propriété est satisfaite par f ∗ ψ. Cette fonction est définie en tout
point et continue (théorème 11.2 c) et proposition 11.21 combinés avec le fait que ψ ∈ L ∞ ).
L’appartenance de f ∗ ψ à la classe de f suit de c) (v). Dans tout ce qui suit, nous remplaçons f
par f ∗ ψ.
Comme ci-dessus, les fonctions f ∗ ∂j ψ sont définies en tout point, continues et bornées.
Dans l’esprit de la proposition 11.7, nous allons montrer que
En admettant cette égalité, de ce qui précède nous avons à la fois f ∈ C 1 (Rn ) et la conclusion
du (ii).
27
Pour vérifier (24), nous utilisons le théorème 7.18 appliqué à l’intégrale à paramètres
Z
f ∗ ψ(x) = f (y)ψ(x − y) dy.
Rn
Les hypothèses de mesurabilité et dérivabilité étant immédiates (car f est continue et ψ est C ∞ ),
procédons aux majorations.
Nous avons
∂
f (y)ψ(x − y) ≤ k∂j ψkL∞ |f (y)|, ∀ x, y ∈ Rn .
∂xj
1
prolongée avec la valeur 0 en 0. Alors ζ(ξ) := λ(ξ), ∀ ξ ∈ R, convient. En effet, nous avons
ıξ
clairement ζ ∈ C ∞ (R \ {0}). Par ailleurs, ζ = 0 dans un voisinage ouvert convenable de 0, et
donc ζ ∈ C ∞ au voisinage de 0.
(ii) Comme dans c) (ii). Attention, ce n’est pas le même η que dans les questions précédentes.
(iii) Comme expliqué dans c) (v), il suffit de montrer que nous avons égalité des transformées de
Fourier respectives. En utilisant f, f 0 ∈ L 1 , η ∈ L 1 , e) (ii) et les propositions 13.1 c) et 13.4,
nous obtenons
f[ b0 (ξ)b
0 ∗ η(ξ) = f η (ξ) = ıξ fb(ξ)ζ(ξ) = fb(ξ),
car, grâce à l’hypothèse (20) (avec R = 1) et à e) (i), nous avons ıξζ(ξ) = 1 là où fb(ξ) 6= 0.
(iv) Comme dans les autres questions, nous avons η ∈ L q , ∀ q, ce qui permet de conclure, grâce à
e) (iii) et à l’inégalité de Young.
28
Université Claude Bernard Lyon 1 Licence de mathématiques 3e année
Mesure et intégration Année 2020–2021
Contrôle terminal
– le mercredi 6 janvier 2021 –
– durée 180 minutes –
Consignes
1. Le seul document accepté est le support complet de cours, sous forme papier. Il ne doit pas conte-
nir d’ajouts concernant la correction des exercices.
2. Pas d’ordinateur, tablette, téléphone, calculatrice, montre connectée, ou autre objet connecté.
Z b
3. Pour chaque intégrale de la forme f (x) dx, préciser s’il s’agit d’une intégrale de Riemann, gé-
a
néralisée et/ou par rapport à la mesure de Lebesgue ; justifier son existence et préciser à quel type
d’intégrale s’appliquent les résultats utilisés.
Exercices de base
Exercice # 1. (2 p.) Soit a > 0. Calculer
Z ∞ −x/n
e
La := lim dx.
n→∞ 0 (1 + x)a
(Le résultat final doit être un nombre explicite dans R, pas une intégrale.)
Exercice # 2. (2 p.) Pour x ∈ R, soit
Z
sin(tx)
F (x) := 2
dt.
R t(1 + t )
Calculer fb.
Exercices
Exercice # 8. (3 p.)
a) Soit x ∈ [0, ∞[. Établir la monotonie de la suite n ex/n − 1 n≥1 . (On pourra par exemple utiliser
le développement en série de l’exponentielle.)
b) Calculer
Z ∞
lim n (ex/n − 1)e−2x dx.
n→∞ 0
Exercice # 9. (1 p.) Soit F la fonction de l’exercice 2, qui est dérivable (voir l’exercice 3). Calculer lim F 0 (x).
x→∞
Exercice # 10. (2 p.) Nous travaillons dans (R, BR , ν1 ). Soit
(
|ξ|−1/3 − 1, si 0 < |ξ| ≤ 1
g : R → C, g(ξ) := .
0, si |ξ| > 1 ou ξ = 0
Problèmes
Problème # 1. (4 p.) Soit
E := {(x, y) ∈ R2 ; 0 < y < x}.
Soit
cos y
f : E → R, f (x, y) := , ∀ (x, y) ∈ E,
xa
où 1 < a < 2.
a) Donner un sens à et montrer l’égalité
Z ∞ Z Z ∞ Z
f (x, y) dy dx = f (x, y) dx dy.
0 Ex 0 Ey
b) Montrer que f n’est pas intégrable sur E, et donc le théorème de Fubini ne s’applique pas.
Problème # 2. (4 p.) Nous travaillons dans (Rn , BRn , νn ).
Rappelons la propriété suivante : si f, g ∈ L 1 (Rn ), alors
Z Z
fb(ξ) g(ξ) dξ = f (x) gb(x) dx. (1)
Rn Rn
a) Soit
g ε : Rn → R, g ε (x) := exp (−ε|x1 | − · · · − ε|xn |), ∀ x = (x1 , . . . , xn ) ∈ Rn , ∀ ε > 0.
V
Calculer g ε .
b) Si f ∈ L 1 (Rn ) est une fonction continue et bornée telle que fb ∈ L 1 , montrer, à l’aide de (1) et a), la
formule d’inversion
Z
1
f (0) = fb(ξ) dξ.
(2π)n Rn
Problème # 3. (4 p.) Soient f, g :]0, ∞[→ [0, ∞[ deux fonctions boréliennes. Montrer que
Z Z ∞ Z x2 /4 !
f (x + y) g(xy) |x − y| dxdy = 2 f (x) g(y) dy dx.
]0,∞[2 0 0
2
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Consignes
1. Le seul document accepté est le support complet de cours, sous forme papier. Il ne doit pas conte-
nir d’ajouts concernant la correction des exercices.
2. Pas d’ordinateur, tablette, téléphone, calculatrice, montre connectée, ou autre objet connecté.
Z b
3. Pour chaque intégrale de la forme f (x) dx, préciser s’il s’agit d’une intégrale de Riemann, gé-
a
néralisée et/ou par rapport à la mesure de Lebesgue ; justifier son existence et préciser à quel type
d’intégrale s’appliquent les résultats utilisés.
Exercices de base
Exercice # 1. (2 p.) Soit a > 0. Calculer
Z ∞ −x/n
e
La := lim dx.
n→∞ 0 (1 + x)a
(Le résultat final doit être un nombre explicite dans R, pas une intégrale.)
Exercice # 2. (2 p.) Pour x ∈ R, soit
Z
sin(tx)
F (x) := 2
dt.
R t(1 + t )
Calculer fb.
Exercices
Exercice # 8. (3 p.)
a) Soit x ∈ [0, ∞[. Établir la monotonie de la suite n ex/n − 1 n≥1 . (On pourra par exemple utiliser
le développement en série de l’exponentielle.)
b) Calculer
Z ∞
lim n (ex/n − 1)e−2x dx.
n→∞ 0
Exercice # 9. (1 p.) Soit F la fonction de l’exercice 2, qui est dérivable (voir l’exercice 3). Calculer lim F 0 (x).
x→∞
Exercice # 10. (2 p.) Nous travaillons dans (R, BR , ν1 ). Soit
(
|ξ|−1/3 − 1, si 0 < |ξ| ≤ 1
g : R → C, g(ξ) := .
0, si |ξ| > 1 ou ξ = 0
Problèmes
Problème # 1. (4 p.) Soit
E := {(x, y) ∈ R2 ; 0 < y < x}.
Soit
cos y
f : E → R, f (x, y) := , ∀ (x, y) ∈ E,
xa
où 1 < a < 2.
a) Donner un sens à et montrer l’égalité
Z ∞ Z Z ∞ Z
f (x, y) dy dx = f (x, y) dx dy.
0 Ex 0 Ey
b) Montrer que f n’est pas intégrable sur E, et donc le théorème de Fubini ne s’applique pas.
Problème # 2. (4 p.) Nous travaillons dans (Rn , BRn , νn ).
Rappelons la propriété suivante : si f, g ∈ L 1 (Rn ), alors
Z Z
fb(ξ) g(ξ) dξ = f (x) gb(x) dx. (1)
Rn Rn
a) Soit
g ε : Rn → R, g ε (x) := exp (−ε|x1 | − · · · − ε|xn |), ∀ x = (x1 , . . . , xn ) ∈ Rn , ∀ ε > 0.
V
Calculer g ε .
b) Si f ∈ L 1 (Rn ) est une fonction continue et bornée telle que fb ∈ L 1 , montrer, à l’aide de (1) et a), la
formule d’inversion
Z
1
f (0) = fb(ξ) dξ.
(2π)n Rn
Problème # 3. (4 p.) Soient f, g :]0, ∞[→ [0, ∞[ deux fonctions boréliennes. Montrer que
Z Z ∞ Z x2 /4 !
f (x + y) g(xy) |x − y| dxdy = 2 f (x) g(y) dy dx.
]0,∞[2 0 0
2
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– le mercredi 6 janvier 2021 –
– éléments de correction –
Exercices de base
Exercice # 1. (2 p.) Soit a > 0. Calculer
Z ∞ −x/n
e
La := lim dx.
n→∞ 0 (1 + x)a
(Le résultat final doit être un nombre explicite dans R, pas une intégrale.)
Éléments de correction. Le fait que a > 0 ne joue aucun rôle. Appliquer le théorème de convergence mo-
notone. Via un changement affine de variables dans une intégrale généralisée, nous obtenons
Z ∞ Z ∞ ∞, si a ≤ 1
1 1
La = dx = dy = 1 .
0 (1 + x)a 1 ya , si a > 1
a−1
sin(tx) |tx| 1
2
≤ ≤ max |y| , ∀ x ∈ [a, b], ∀ t ∈ R.
t(1 + t ) |t|(1 + t ) y∈[a,b] 1 + t2
2
Éléments de correction. Si le théorème de Fubini local s’applique, alors (sans entrer dans les détails des
calculs)
Z Z ∞ Z x Z ∞
cos t 1 sin x
3
dxdt = 3
cos t dt dx = dx.
∆ 1+x 0 1+x 0 0 1 + x3
Pour justifier l’utilisation du théorème de Fubini local, nous utilisons le théorème de Tonelli local
pour obtenir (sans entrer dans les détails)
Z Z Z ∞ Z x Z ∞
cos t 1 1 x
3
dxdt ≤ 3
dxdt = 3
dt dx = dx < ∞.
∆ 1+x ∆ 1+x 0 1+x 0 0 1 + x3
La dernière inégalité se justifie par une étude d’intégrale généralisée, en notant que l’intégrande se
prolonge par continuité en 0, et qu’à l’infini nous avons
x 1
3
∼∞ 2 .
1+x x
Nous concluons grâce au critère de Riemann à l’infini.
2
Exercice # 7. (2 p.) Soit
Calculer fb.
Éléments de correction. Commençons par montrer que f ∈ L 1 (ce qui implique que l’intégrande dans la
formule de fb est intégrable). Le théorème de Tonelli donne (sans entrer dans les détails)
Z Z n
−|x1 |
|f (x)| dx = e dx1 = 2n < ∞ ;
Rn R
Exercices
Exercice # 8. (3 p.)
a) Soit x ∈ [0, ∞[. Établir la monotonie de la suite n ex/n − 1 n≥1 . (On pourra par exemple utiliser
le développement en série de l’exponentielle.)
b) Calculer
Z ∞
lim n (ex/n − 1)e−2x dx.
n→∞ 0
Éléments de correction.
a) Nous avons
X 1 xk X 1 xk
n ex/n − 1 = n = .
k≥1
k! nk k≥1
k! nk−1
3
Comme (sans entrer dans les détails)
lim n ex/n − 1 = x, ∀ x ∈ R,
n→∞
la dernière égalité étant obtenue en traitant l’intégrale comme une intégrale généralisée et en faisant
une intégration par parties. (Une autre façon de procéder consiste à faire un changement linéaire de
variable, afin de se ramener à Γ(2).)
Exercice # 9. (1 p.) Soit F la fonction de l’exercice 2, qui est dérivable (voir l’exercice 3). Calculer lim F 0 (x).
x→∞
b) Notons que la « vraie » question est s’il existe f ∈ L2 (R) telle que fb = [g] (la classe d’équivalence de
g), et que la réponse est positive si et seulement si g ∈ L 2 (R).
Sans entrer dans les détails, nous avons
Z Z 1
2
[g(ξ)] dx = 2 [ξ −1/3 − 1]2 dx < ∞,
R 0
4
Problèmes
Problème # 1. (4 p.) Soit
Soit
cos y
f : E → R, f (x, y) := , ∀ (x, y) ∈ E,
xa
où 1 < a < 2.
a) Donner un sens à et montrer l’égalité
Z ∞ Z Z ∞ Z
f (x, y) dy dx = f (x, y) dx dy.
0 Ex 0 Ey
b) Montrer que f n’est pas intégrable sur E, et donc le théorème de Fubini ne s’applique pas.
Éléments de correction.
a) Notons les égalités d’intégrales généralisées
Z Z
sin x 1 cos y
f (x, y) dy = a , ∀ x > 0, et f (x, y) dx = , ∀ y > 0.
Ex x Ey a − 1 y a−1
Notons que chacune des intégrales généralisées converge. Par exemple pour la première, nous avons
sin x 1
a
∼0+ a−1 ,
x x
et la convergence en 0 suit du critère de Riemann en 0 et de l’hypothèse a < 2, qui entraîne
Z a−1 < 1. À
∞
l’infini, la convergence suit de la convergence des intégrales oscillantes de la forme sin x f (x) dx,
A
avec f ∈ C 1 , f & et lim f (x) = 0. (Raisonnement analogue pour la seconde intégrale généralisée.)
x→∞
Nous avons donc
Z ∞ Z M Z M
1 cos x 1 cos x 1 sin0 x
dx = lim dx = lim dx
a − 1 0 xa−1 ε→0+ a − 1 ε xa−1 ε→0+ a − 1 ε xa−1
M →∞ M →∞
( x=M Z M )
1 sin x sin x
= lim + dx
ε→0+ a − 1 xa−1 x=ε ε xa
M →∞
( Z M )
1 sin M 1 sin ε sin x
= lim a−1
− + dx
ε→0+
|a − 1{zM } |a − {z 1 εa−1} ε xa
M →∞
→0, car a−1>0 →0, car a−1<1
Z M Z ∞
sin x sin x
= lim dx = dx.
ε→0+ ε xa 0 xa
M →∞
5
b) Le théorème de Tonelli local donne (sans entrer dans les détails)
Z Z ∞
1 | cos y|
|f (x, y)| dxdy = dy.
E a−1 0 y a−1
En traitant cette intégrale comme une intégrale généralisée, nous obtenons (sans entrer dans les
détails), en utilisant successivement les inégalités a − 1 > 0 et a − 1 < 1,
Z ∞ XN Z 2nπ N Z 2nπ
X
| cos y| | cos y| | cos y|
a−1
dy = lim a−1
dy ≥ lim sup a−1
dy
0 y N →∞
n=1 2(n−1)π
y N →∞ n=1 2(n−1)π (2nπ)
N
X X 1
2 2
= lim sup = = ∞,
N →∞ n=1
(2nπ)a−1 (2π)a−1 n≥1 na−1
d’où la conclusion.
a) Soit
Calculer g ε .
V
b) Si f ∈ L 1 (Rn ) est une fonction continue et bornée telle que f ∈ L 1 , montrer, à l’aide de (1) et a), la
formule d’inversion
Z
1
f (0) = fb(ξ) dξ.
(2π)n Rn
Éléments de correction.
a) En reprenant les calculs de l’exercice 7, nous obtenons g ε ∈ L 1 et
V
(2ε)n
g ε (ξ) = n , ∀ ξ ∈ Rn , ∀ ε > 0.
Y
(ε2 + (ξj )2 )
j=1
b) Nous obtenons
Z n
! Z
X f (x)
fb(ξ) exp − ε|ξj | dξ = (2ε) n
n dx.
Rn Rn Y
j=1
(ε2 + (xj )2 )
j=1
En faisant, dans l’intégrale de droite, le changement linéaire de variables x = Φ(y) := εy, nous
obtenons
Z n
! Z
X f (εy)
b
f (ξ) exp − ε|ξj | dξ = 2 n
dy.
n
Y
Rn j=1 Rn 2
(1 + (yj ) )
j=1
6
Nous considérons cette égalité le long d’une suite (ε` ) ⊂]0, ∞[ telle que ε` → 0, et passons à la limite,
pour obtenir
Z Z
b n f (0)
f (ξ) dξ = 2 n dy = (2π)n f (0),
Rn Rn Y
(1 + (yj )2 )
j=1
et, à droite,
f (ε` y) 1
n ≤ kf kL∞ n = kf kL∞ g 1 (y), ∀ `, ∀ y.
Y Y
(1 + (yj )2 ) (1 + (yj )2 )
j=1 j=1
Problème # 3. (4 p.) Soient f, g :]0, ∞[→ [0, ∞[ deux fonctions boréliennes. Montrer que
Z Z Z 2 !
∞ x /4
f (x + y) g(xy) |x − y| dxdy = 2 f (x) g(y) dy dx.
]0,∞[2 0 0
où
A := {(x, y) ; 0 < x < y}, B := {(x, y) ; 0 < x = y}, C := {(x, y) ; 0 < y < x}.
Z Z Z
Comme h = 0 sur B, nous avons h = h+ h. Nous calculons l’intégrale sur A. Par
]0,∞[2 A C Z Z
symétrie, le calcul sur C donne le même résultat, et donc finalement nous aurons h = 2 h.
]0,∞[2 A
Posons, pour (x, y) ∈ A, u := x + y, v := xy, de sorte que u > 0, v > 0 et u > 4v. Réciproquement,
2
soit
7
1
est bijective, et il est assez immédiat que c’est un C 1 -difféomorphisme tel que |JΦ (u, v)| = √ .
u2 − 4v
En utilisant le théorème du changement de variables et le théorème de Tonelli local, nous obtenons
(sans donner les détails)
Z Z Z Z 2 !
∞ u /4
f (x + y) g(xy) |x − y| dxdy = f (u) g(v) dudv = f (u) g(v) dv du,
A ∆ 0 0
d’où la conclusion.
8
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Mesure et intégration Année 2020–2021
Contrôle terminal
– le mercredi 6 janvier 2021 –
– quelques erreurs fréquentes –
Exercice # 1.
1
Erreur(s) fréquente(s). Majorer l’intégrande par g(x) := , ce qui est correct, puis affirmer que g
(1 + x)a
est intégrable – ceci est faux si a ≤ 1. Le théorème de convergence dominée ne s’applique pas si a ≤ 1.
Point de vigilance. Si le théorème de convergence dominée s’applique, la limite est finie. Ceci aurait dû
vous montrer que, si a ≤ 1, on ne pouvait pas utiliser la convergence dominée.
e−x/n
Autre erreur. Faire une majoration qui dépend de n, par exemple ≤ e−x/n .
(1 + x)a
e−x/n
Travail inutile. Vérifier que les fonctions x 7→ (1+x)a
sont intégrables.
Exercice # 2.
Erreur(s) fréquente(s). Utiliser la majoration
sin(tx) 1
≤ , ∀ x ∈ R, ∀ t ∈ R \ {0}.
t(1 + t2 ) t(1 + t2 )
Cette majoration est fausse si t < 0 (le membre de gauche est positif, celui de droite strictement
négatif).
Autre erreur. Majorer
sin(tx) 1
2
≤ g(t) := , ∀ x ∈ R, ∀ t ∈ R \ {0}.
t(1 + t ) |t|(1 + t2 )
Z 1
Ceci est correct, mais inutile, car g n’est pas intégrable. En effet, nous avons g(t) dt = ∞.
0
Autre erreur. Majorer avec une fonction qui dépend de x, par exemple :
sin(tx) |x|
2
≤ , ∀ x ∈ R, ∀ t ∈ R \ {0}.
t(1 + t ) 1 + t2
Exercice # 3.
∂ sin(tx) ∂ sin(tx)
Erreur(s) fréquente(s). Majorer au lieu de .
∂t t(1 + t2 ) ∂x t(1 + t2 )
Exercice # 4.
Erreur(s) fréquente(s). Écrire D =]0, 1[×]x2 , x[. Ça n’a pas de sens (qui est x ?), et ne peut pas être vrai,
même si on donne une valeur à x (car D n’est pas un rectangle).
Autre erreur. Écrire
Z Z x Z 1
y
dxdy = dy dx
D x2 0 x
Z x
Ça n’a pas de sens : qui est x ? Que veut dire g(x) dx ?
x2
Autre erreur. Ne pas invoquer le théorème de Tonelli.
Travail inutile. Vérifier que l’intégrande est intégrable (inutile si on passe par le théorème de Tonelli).
Exercice # 5.
Erreur(s) fréquente(s). Ne pas vérifier que le théorème de Fubini s’applique.
Autre erreur. Donner l’argument suivant. Nous avons
cos t 1
3
≤ ,
1+x 1 + x3
Z ∞
1 1
et 3
est intégrable sur ]0, ∞[. Ceci est vrai, mais inutile. Nous ne devons pas montrer que dx
1+x Z 0 1 + x3
1
est finie, mais que 3
dxdt est finie.
∆ 1+x
Z ∞
sin x
Autre erreur. Vérifier la finitude de dx. Ceci est vrai, mais ce n’est pas la condition à vérifier
0 1 + x3
dans le théorème de Fubini.
Exercice # 6.
Erreur(s) fréquente(s). Présenter le passage en coordonnées polaires comme un difféomorphisme.
Autre erreur. Ne pas mentionner le théorème de Tonelli.
Exercice # 7.
Erreur(s) fréquente(s). Ne pas vérifier que f ∈ L 1 .
Autre erreur. Ne pas savoir le sens de x · ξ. Par exemple, écrire x · ξ = x1 ξ + x2 ξ + · · · + xn ξ.
Autre erreur. Décomposer Rn = Rn+ ∪ Rn− (en général, d’ailleurs, sans avoir aucune idée de ce que pour-
raient être ces deux ensembles). Si n = 2, auquel des deux ensembles appartient x = (−1, 1) ?
Autre erreur. Appliquer le théorème de Tonelli pour calculer fb. Pour mémoire, nous avons
e−ıx·ξ = cos(x · ξ) − ı sin(x · ξ),
et en général ce nombre est complexe non réel, donc ni positif, ni négatif.
Exercice # 8.
Erreur(s) fréquente(s). Ne pas comprendre la question a). Il s’agitd’étudier la monotonie en n (à x fixé) et
non pas d’étudier la monotonie de la fonction x 7→ n ex/n − 1 .
Autre erreur. Utiliser un développement limité pour étudier la monotonie. C’est une approche difficile, à
manier avec prudence par les débutants (en l’occurrence, mal maniée par ceux qui l’ont choisie).
Point de vigilance. À moins d’être un utilisateur éclairé, éviter d’utiliser les développements limités pour
étudier la monotonie ou établir des inégalités.
Exercice # 9.
Erreur(s) fréquente(s). Conclure que la limite n’existe pas, car lim cos(tx) n’existe pas. So what ?
x→∞
2
Université Claude Bernard Lyon 1 Licence de mathématiques 3e année
Mesure et intégration Année 2020–2021
Épreuve de substitution
– le jeudi 11 février 2021 –
– durée 60 + 30 minutes –
Consignes
1. Le seul document accepté est le support complet de cours, sous forme papier. Il ne doit pas conte-
nir d’ajouts concernant la correction des exercices.
2. Pas d’ordinateur, tablette, téléphone, calculatrice, montre connectée, ou autre objet connecté.
Z b
3. Pour chaque intégrale de la forme f (x) dx, préciser s’il s’agit d’une intégrale de Riemann, gé-
a
néralisée et/ou par rapport à la mesure de Lebesgue ; justifier son existence et préciser à quel type
d’intégrale s’appliquent les résultats utilisés.
Sujet # 1
Z 1
tx−1
Exercice # 1. Soit f (x) := dt, ∀ x ∈ R.
0 1+t
a) Montrer que f est finie si et seulement si x > 0.
b) Montrer que f est continue sur ]0, ∞[.
c) Calculer f (x) + f (x + 1) pour x > 0. En déduire la valeur de lim x f (x).
x&0
Exercice # 2.
Z ∞ Z 1
ln x ln x
a) Montrer que l’intégrale généralisée I := dx existe et que I = 2 dx.
0 x2 − 1 0 x2 − 1
b) Calculer de deux façons différentes l’intégrale
Z
dxdy
2
.
R+ ×R+ (1 + y)(1 + x y)
Sujet # 2
Z ∞
ln(1 + αx2 )
Exercice # 1. Soit I(α) := dx, α ≥ 0.
0 1 + x2
a) Montrer que la fonction I : R+ → R est continue sur R+ et de classe C 1 sur R∗+ .
b) Donner la formule de I 0 (α) si α > 0.
x2
c) Soit α ∈ R∗+ \ {1}. Décomposer la fraction en éléments simples. En déduire la
(1 + x2 )(1 + αx2 )
valeur de I 0 (α) pour α > 0.
d) Calculer I(α) pour α ≥ 0.
Sujet #3
Exercice # 1. Soient a, b > 0 deux constantes. Déterminer, en fonction de a et b, la nature de l’intégrale
Z ∞
sin x
I := dx,
0 x (1 + x)b
a
2
Université Claude Bernard Lyon 1 Licence de mathématiques 3e année
Mesure et intégration Année 2020–2021
Consignes
1. Le seul document accepté est le support complet de cours, sous forme papier. Il ne doit pas conte-
nir d’ajouts concernant la correction des exercices.
2. Pas d’ordinateur, tablette, téléphone, calculatrice, montre connectée, ou autre objet connecté.
Z b
3. Pour chaque intégrale de la forme f (x) dx, préciser s’il s’agit d’une intégrale de Riemann, gé-
a
néralisée et/ou par rapport à la mesure de Lebesgue ; justifier son existence et préciser à quel type
d’intégrale s’appliquent les résultats utilisés.
lim In .
n→∞
Exercice # 3. (2 p.) Soit D := {x ∈ R2 ; |x| < 1}, où |x| désigne la norme euclidienne usuelle de x ∈ R2 .
Calculer
Z
1
dx.
D 1 + |x|
Calculer fb.
Exercice # 5. (4 p.) Soit
X∞
1
ζ(x) := , ∀ x > 1.
n=1
nx
est continue.
c) Montrer que ζ ∈ C 1 (]1, ∞[) et calculer ζ 0 (x), ∀ x > 1.
d) Proposer (sans justifier) une formule « raisonnable » pour ζ 00 (x).
e) En utilisant les formules des questions précédentes, montrer que
f) Soit
−ζ 0 (x)
f (x) := , ∀ x > 1.
ζ(x)
lim In .
n→∞
Rappel. Pour tout x ≥ −1, la suite ((1 + x/n)n )n≥1 est croissante.
Exercice # 8. (3 p.) Calculer
Z 1
ln x
dx, ∀ a < 1 :
0 xa
a) Montrer que µ ∗ ν = ν ∗ µ.
b) Montrer que µ ∗ ν est une mesure borélienne.
2
Université Claude Bernard Lyon 1 Licence de mathématiques 3eannée
Mesure et intégration automne 2021
1. Soit
xn = (−1)n cos(1/n) + sin(1/n) pour n ∈ N.
Calculer lim supn→∞ xn et lim infn→∞ xn .
*****
*****
*****
*****
1. Soit ( )
xn = (−1)n cos(1/n) + sin(1/n) pour n ∈ N.
Calculer lim supn→∞ xn et lim infn→∞ xn .
d’où on conclut que la suite ( xn )n∈N a deux points d’adhérence, à savoir 1 et −1, et que
lim supn xn = 1 et lim infn xn = −1.
*****
Solution. C’est faux. On peut considérer par exemple l’ensemble {1/n : n ∈ N∗ } qui
est borélien de mesure 0 (car dénombrable) mais qui n’est pas fermé (0 étant un point
d’adhérence qui n’est pas dans l’ensemble).
(b) L’ensemble C ⊂ BR formé des unions finies d’intervalles ouverts de R est un clan.
Solution. C’est faux. On va voir que [0, ∞) = R \ (−∞, 0) n’est pas dans C ce qui montre
que C n’est pas clos par complémentaire.
∪
En effet, supposons que [0, ∞) = in=−01 ( ai , bi ) et sans perte de généralité, supposons que
∪
a0 = min{ ai : i < n}. Si a0 < 0, alors ( a0 , b0 ) ⊈ [0, ∞) et si a0 ≥ 0, alors 0 ∈/ i ( a i , bi ) .
Dans les deux cas on obtient une contradiction.
*****
Alors g( x ) = 0 pour tout x (et g est donc borélienne) mais f ne l’est pas (car f −1 ({0}) =
A est non borélien).
*****
2
Université Claude Bernard Lyon 1 Licence de mathématiques 3eannée
Mesure et intégration automne 2021
Questions de cours
*****
Exercices.
3. Montrer que les intégrales suivantes sont bien définies et calculer la limite
Z ∞
n sin( x/n)
lim dx
n→∞ 1 x3
4. Soit P une mesure de probabilité sur R (muni de la tribu Borélienne BR ). Montrer que les
intégrales suivantes sont bien définies et calculer la limite.
Z
1
lim dP( x )
n→∞ R 1 + n| x |
est convergente pour s ∈] 12 , +∞[. On note K (s) la somme de cette série. Montrer que la
fonction s → K (s) est continue sur ] 12 , +∞[. Calculer lims→ 1 K (s).
2
6. Dans chacun des cas suivants, dîtes (et justifier en appliquant les résultats du cours et
les règles de convergence des intégrales généralisées) si : f est intégrable, respectivement
l’intégrale au sens de Lebesgue est bien définie (c’est-à-dire f admet une intégrale), sur
l’intervalle I, par rapport à la mesure de Lebesgue.
— I =]0, 1], f ( x ) = √1 .
x
ln( x )
— I =]0, ∞[, f ( x ) = x .
ln( x )
— I =]0, ∞[, f ( x ) = x2
.
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Mesure et intégration automne 2021
Questions de cours
*****
Exercices.
4. Soit P une mesure de probabilité sur R (muni de la tribu Borélienne BR ). Montrer que les
intégrales suivantes sont bien définies et calculer la limite.
Z
1
lim dP( x )
n→∞ R 1 + n| x |
donc f n est intégrable sur R par rapport à P pour tout n ∈ N. On va appliquer la convergence
dominée : on a vu précédemment que | f n ( x )| ≤ 1 et 1 est intégrable car P est une probabilité.
De plus, on a (
1, si x = 0
lim f n ( x ) = = 1{0} ( x ).
n→∞ 0 si x 6= 0
Par le théorème de convergence dominée on a
Z Z
lim f n ( x )dP( x ) = 1{0} ( x )dP( x ) = P({0}).
n→∞ R R
est convergente pour s ∈] 12 , +∞[. On note K (s) la somme de cette série. Montrer que la
fonction s → K (s) est continue sur ] 12 , +∞[. Calculer lims→ 1 K (s).
2
s
Solution. Les termes de la série étant positifs, et comme 1+1n2 ∼ n−2s lorsque n → ∞, par
les règles de convergence des séries on sait que la série K (s) est convergente pour s > 12 .
s
1
Soit µ la mesure de comptage sur N et f (n, s) = 1+ n2
, on a
Z
K (s) = f (n, s)dµ(n).
N
qui est intégrale sur N (vu plus haut). Donc ∀e > 0, s → K (s) est continue sur ] 12 + e, +∞[,
donc continue sur ∪e>0 ] 12 + e, +∞[=] 12 , +∞[.
Soit sk suite décroissante, sk > 12 et limk→∞ sk = 21 . En notant gk (n) = f (n, sk ), on voit
que gk (n) est une suite croissante de fonctions (car 1+1n2 ≤ 1) et
21
1
lim gk (n) = .
k→∞ 1 + n2
+∞ +∞ 12
1
lim K (sk ) = lim
k→∞
∑ gk ( n ) = ∑
k → ∞ n =0 1 + n2
= +∞.
n =0
21
1 1
la dernière égalité venant du fait que 1+ n2
∼ n qui est une série divergente. Donc
lims→ 1 K (s) = +∞
2
6. Dans chacun des cas suivants, dîtes (et justifier avec les résultats du cours et les règle de
convergence des intégrales généralisées) si : f est intégrable, respectivement l’intégrale au
sens de Lebesgue est bien définie (c’est-à-dire f admet une intégrale), sur l’intervalle I, par
rapport à la mesure de Lebesgue.
— I =]0, 1], f ( x ) = √1 .
x
ln( x )
— I =]0, ∞[, f ( x ) = x .
ln( x )
— I =]0, ∞[, f ( x ) = x2
.
R1
Solution. 1er cas : f est positive et continue. De plus l’intégrale généralisée 0 √1x dx est
absolument convergente. Par résultat du cours, on en déduit que f est intégrable sur I.
R∞
2ème cas. On a f + ( x ) = 1[1,∞[ ( x ) f ( x ). De plus, par règle de Bertrand 1 f ( x )dx = +∞,
R
donc I f + = +∞ (au sens de l’intégrale de Lebesgue). De même f − ( x ) = −1]0,1] ( x ) f ( x ).
R
Par règle de Bertrand on a I f − = +∞. Donc f n’admet pas d’intégrale au sens de Lebesgue
sur I (en particulier n’est pas intégrable).
R∞
3ème cas. On a f + ( x ) = 1[1,∞[ ( x ) f ( x ). De plus, par règle de Bertrand 1 f ( x )dx < +∞,
R R
donc I f + < +∞. De même f − ( x ) = −1]0,1] ( x ) f ( x ). Par règle de Bertrand on a I f − = +∞.
Donc
R f n’est pas intégrable mais admet une intégrale au sens de Lebesgue sur I (et on a
I
f = −∞).
2
Université Claude Bernard Lyon 1 Licence de mathématiques 3eannée
Mesure et intégration automne 2021
Questions de cours
1. Enoncer les théorèmes de Tonelli et Fubini (résultats permettant de relier l’intégrale par
rapport à la mesure produit et les intégrales itérées – énoncer les deux hypothèses de validité
de ces résultats).
*****
Exercices.
x2 y2
4. Soit a, b > 0 et B := {( x, y) ∈ R2 : a2
+ b2
≤ 1, x ≥ 0, y ≥ 0}. Déterminer
Z
x2 ydxdy.
B
Rx 2 R1 exp(− x2 (1+t2 ))
5. Pour x ≥ 0, soient F ( x ) := 0
exp(−t2 ) dt et G ( x ) := 0 1+ t2
dt.
(a) Montrer que F et G sont de classe C1 sur R+ .
(b) Calculer F 0 ( x ) + G 0 ( x ) pour x ≥ 0.
R∞
(c) En déduire la valeur de 0 exp(−t2 ) dt.
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Mesure et intégration automne 2021
Rappel et notations.
— On notera λ la mesure de Lebesgue sur R (on note aussi souvent simplement dx pour
λ(dx )). On rappelle qu’une fonction est dite Borélienne si elle est mesurable pour la
tribu Borélienne de R.
— Soit ( X, T, µ) un espace mesuré. Si f est une fonction mesurable sur X à valeurs réelles
ou complexes, on note k f k L p sa norme L p , pour 1 ≤ p ≤ ∞ (on rappelle que pour
R 1/p
p < ∞, k f k L p = X | f ( x )| p µ(dx ) ). On note L p ( X ) l’espace L p sur ( X, T, µ).
Par abus de notations (utilisé dans le cours et les TD) on dira qu’une fonction mesurable
f est dans L p ( X ) si k f k L p < ∞. Si I est un intervalle de R, implicitement L p ( I ) sera
compris pour la tribu Borélienne sur I et la mesure de Lebesgue sur I.
— On rappelle que si f : R → R est une fonction 2π-périodique, intégrable
Rπ sur [−π, π [,
1
ses coefficients de Fourier sont donnés par la formule cn = 2π −π f ( x )e inx dx, pour
−
tout n ∈ Z.
— On rappelle que si f est une fonction dans LR1 (R) à valeurs réelles ou complexes, sa
transformée de Fourier est définie par fˆ( x ) = R f (t)e−ixt dt.
Partie I : questions de cours et d’application du cours
1. Quelle propriété possède la limite d’une suite de fonctions mesurables qui converge
en tout point (donner un énoncé précis).
Application. Soit f : R → R continue et dérivable en tout point de R. Justifier ou
réfuter l’assertion suivante : la dérivée f 0 est Borélienne.
3. Enoncer l’identité de Parseval (qui relie la norme L2 d’une fonction sur [0, 2π [ avec
ses coefficients de Fourier).
Application : justifier ou réfuter l’assertion suivante : il existe une
√ fonction dans
2
L ([0, 2π [) dont les coefficients de Fourier (cn )n∈Z vérifient limn→∞ ncn = 1.
4. Soit ( f n )n la suite de fonctions de R dans R, données par f n (t) = χ[n,n+1[ (t)en−t (où
χ[n,n+1[ est la fonction indicatrice de l’intervalle [n, n + 1[). Calculer
Z Z
lim f n dλ − lim f n dλ.
n→+∞ R R n→+∞
6. Soit α un réel tel que α > 0. Soit f : R → C la fonction définie par l’intégrale
Z ∞
f (x) = tα−1 e−t e−itx dt
0
(a) Justifier que f est bien définie. Montrer que f est continument dérivable et
calculer sa dérivée f 0 sous la forme d’une intégrale.
(b) En faisant une intégration par partie montrer que f 0 ( x ) = − 1+iαix f ( x ).
(c) Montrer que
1
f ( x ) = C (1 + x2 )− 2 α exp(−iα arctan( x ))
où C est une constante qu’on explicitera avec la
R∞fonction Gamma. (On rap-
pelle la valeur de la fonction Gamma : Γ(z) = 0 tz−1 e−t dt, pour z > 0).
(d) Montrer que si α > 21 la fonction f est dans L2 (R). Expliquer aussi cette
proriété par un résultat du cours en interprétant f comme la transformée
de Fourier d’une fonction que l’on explicitera. Pour α > 12 , calculer la trans-
formée de Fourier de f .
2
Université Claude Bernard Lyon 1 Licence de mathématiques 3eannée
Mesure et intégration automne 2021
D’autre part, en intégrant d’abord sur la variable x, on obtient par calcul élé-
mentaire,
Z b Z ∞ Z b
1
I= exp(− xy)dx dy = dy = ln(b) − ln( a).
a 0 a y
6. (a) Soit g(t, x ) = tα−1 e−t e−itx . On peut dominer g par | g( x, t)| = h(t) :=
tα−1 e−t , pour tout t > 0 et tout x ∈ R. On a h(t) ∼ tα−1 lorsque t → 0.
Comme h(t) est positive, par critère de Riemann car α − 1 > −1, on sait
que h est intégrable sur [0, 1]. De plus par comparaison on sait que h(t) =
o (e−t/2 ) lorsque t → ∞ (car tα−1 = o (et/2 )). Donc h est intégrable sur [1, ∞[.
Donc t → g(t, x ) est intégrable sur ]0, ∞[ pour tout x ∈ R.
D’autre part, g( x, t) est clairement C ∞ en la variable x et ∂x
∂
g( x, t) = −itα e−t e−itx ,
que l’on peut dominer comme suit :
∂
| g( x, t)| ≤ h1 (t) := tα e−t , ∀t > 0, x ∈ R.
∂x
(qui ne dépend pas de x). La fonction h1 se prolonge continument en 0 et
est intégrable en +∞ pour la même raison que h. On peut donc appliquer
le théorème de dérivation des intégrales à paramètres et f est C1 et
Z ∞
0
f ( x ) = −i tα e−t e−itx dt.
0
Comme limt→∞ |tα e−t e−itx | = limt→∞ tα e−t = 0 et limt→0 tα e−t e−itx = 0, le
premier terme est nul, et donc
Z ∞
−iα
0
f (x) = tα−1 e−t e−itx dt.
1 + ix 0
−iα(1−ix )
On voit que a( x ) = 1+ x2 = −iα 1+1x2 − α 1+xx2 . On reconnait des dérivées
Rx
classiques et 0 a( x )dx = − 12 α ln(1 + x2 ) − iα arctan( x ). Comme f (0) =
Γ(α), on a le résultat.
1
(d) On a | f ( x )| = Γ(α)(1 + x2 )− 2 α donc lorsque x → ±∞, | f ( x )|2 ∼ Γ(α)2 | x |−2α
qui est intégrable en ±∞ par critère de RRiemann car 2α > 1. Comme | f |2 est
positive et continue sur R, cela donne R | f |2 < ∞, donc f est dans L2 (R).
Soit g(t) = tα−1 e−t χ]0,∞[ (t) alors g est dans L1 (R) (cf a)) et par définition
√
ĝ = f . Par théorème de Plancherel on sait que k f k L2 = 2π k gk L2 . Par les
même arguments qu’en a), on peut en effet vérifier que g est dans L2 (R)
pour α > 12 . Comme f et g sont dans L2 on peut utiliser le théorème d’in-
version de Fourier (pour la transformée de Fourier des fonctions L2 définie
comme extension de la transformée sur L1 ∩ L2 ). On obtient
2
7. (a) En utilisant la 2π-périodicité, par résultat du cours, on peut calculer les
coefficients de Fourier sur toute période, donc on a par calcul direct
Z π
1 1 eπ − e−π (−1)n sinh(π )
cn ( f ) = exp( x − inx )dx = (−1)n = ,
2π −π 1 − in 2π 1 − in π
1 π cosh(π )−sinh(π )
Au final on obtient, ∑n≥1 1+ n2
= 12 (π coth(π ) − 1) = 2 sinh(π )
.
Remarque : on aurait aussi pu appliquer l’identité de Parseval, ça marche.
3
Université Claude Bernard Lyon 1 Licence de mathématiques 3eannée
Mesure et intégration automne 2021
Rappel et notations.
— On notera λ la mesure de Lebesgue sur R (on note aussi souvent simplement dx pour
λ(dx )). On rappelle qu’une fonction est dite Borélienne si elle est mesurable pour la
tribu Borélienne de R.
— Soit A un sous-ensemble d’un ensemble X : on notera χ A : X → {0, 1} la fonction
indicatrice de A (c’est-à-dire que χ A ( x ) = 1 si x ∈ A, et 0 sinon).
— Soit ( X, T, µ) un espace mesuré. Si f est une fonction mesurable sur X à valeurs réelles
ou complexes, on note k f k L p sa norme L p , pour 1 ≤ p ≤ ∞ (on rappelle que pour
R 1/p
p < ∞, k f k L p = X | f ( x )| p µ(dx ) ). On note L p ( X ) l’espace L p sur ( X, T, µ).
Par abus de notations (utilisé dans le cours et les TD) on dira qu’une fonction mesurable
f est dans L p ( X ) si k f k L p < ∞. Si I est un intervalle de R, implicitement L p ( I ) sera
compris pour la tribu Borélienne sur I et la mesure de Lebesgue sur I.
— On rappelle que si f : R → R est une fonction 2π-périodique, intégrable
Rπ sur [−π, π [,
1
ses coefficients de Fourier sont donnés par la formule cn = 2π −π f ( x )e inx dx, pour
−
tout n ∈ Z.
— On rappelle que si f est une fonction dans LR1 (R) à valeurs réelles ou complexes, sa
transformée de Fourier est définie par fˆ(t) = R f ( x )e−itx dx.
Partie I : questions de cours et d’application du cours
*******
2. Enoncer le théorème de Dirichlet (le résultat sur la convergence ponctuelle des séries
de Fourier ; donner les conditions précises d’application) et la formule de Parseval
(qui relie les coefficients de Fourier à la norme L2 de la fonction).
Application : Soit f : R → R la fonction 2π-périodique donnée par f ( x ) = x
pour x ∈ [−π, π [.
(a) Appliquer le théorème de Dirichlet pour donner, sans calcul des coefficients de
Fourier, la valeur de la série de Fourier sur l’intervalle [−π, π [.
(b) Calculer les coefficients de Fourier de f .
(c) Ecrire à l’aide des coefficients de Fourier, la conclusion de la formule de Parse-
val.
Partie II : exercices
4. Dans cet exercice α est un réel tel que 0 < α < 2.
(a) Montrer que la fonction x → (1 − cos( x )) xα1+1 est intégrable sur ]0, ∞[. On
notera son intégrale :
Z ∞
1
I := (1 − cos( x )) dx.
0 x α +1
1 α
On note f : R → R la fonction donnée par f ( x ) = 2 | x |α+1 χ[1,∞[ (| x |).
R∞
(a) Montrer que la fonction f est intégrable sur R. Calculer la valeur de −∞ f ( x )dx.
Pour quelles valeurs de α la fonction | x | f ( x ) est-elle intégrable ?
(b) Montrer que la transformée de Fourier de f , que l’on note fˆ, vérifie pour
tout réel t > 0 :
Z ∞
ˆ α α
1 − f (t) = t (1 − cos( x )) α+1 dx
t x
En déduire la valeur de 1 − fˆ(t) pour tout t ∈ R.
(c) Trouver un équivalent de 1 − fˆ(t) lorsque t tend vers 0, en termes de l’in-
tégrale I (on sera attentif à la justification des convergences).
*******
5. (La question c) peut être faite indépendamment de a) et b)). Soit D ⊂ R2 , donné par
D = {( x, y) ∈ R2 , 0 < x < y}. On considère l’intégrale I donnée par
Z
x −( x2 +y2 )
I= e dxdy.
D y
Contrôle Continu 1
La justification des réponses et un soin particulier de la présentation sont demandés et pris en compte
lors de la notation.
xn = n2 exp((−1)n n).
A := { {3k}, k ∈ N}.
Exercice 3. Soit (X, T ) un espace mesurable et (fn )n≥0 une suite de fonctions mesurables de X dans
R. Montrer que l’ensemble B ⊂ X défini par
Exercice 4. On considère (R, BR , P ) avec P mesure de probabilité sur BR (c’est-à-dire une mesure telle
que P (R) = 1). Le but de l’exercice est de calculer
1. Calculer la limite dans (1) dans le cas particulier où P = δa avec a ∈ R, où δa est la mesure de
Dirac en a. (On rappelle que la mesure de Dirac est définie pour tout Borélien A par δa (A) = 1 si
a ∈ A et δa (A) = 0 sinon.)
2. On revient au cas général où P est une mesure de probabilité sur BR .
a. Soit (xn )n une suite réelle croissante vers +∞.
Calculer lim P ([xn , +∞[).
n→∞
b. En déduire lim P ([x, 2x]).
x→+∞
Exercice 5. Soit f : R → R une fonction borélienne. Montrer que le graphe de f , G(f ) := {(x, y) ∈
R2 ; y = f (x)} est un borélien de R2 .
1
Université Claude Bernard - Lyon 1 Semestre d’automne 2022-2023
Mesure et Intégration Durée : 75min
Contrôle Continu 1
La justification des réponses et un soin particulier de la présentation sont demandés et pris en compte
lors de la notation.
Questions de cours
1. Soit (X, d) un espace métrique. Donner la définition de la tribu borélienne sur X notée BX .
2. Soit (X, T ) un espace mesurable. Donner la définition d’une mesure µ sur T .
Exercice 3. Soit (X, T ) un espace mesurable et (fn )n≥0 une suite de fonctions mesurables de X dans
R. Montrer que l’ensemble B ⊂ X défini par
B := {x ∈ X; lim fn (x) = +∞}
n→+∞
Exercice 4. On considère (R, BR , P ) avec P mesure de probabilité sur BR (c’est-à-dire une mesure telle
que P (R) = 1). Le but de l’exercice est de calculer
lim P ([x, 2x]). (1)
x→+∞
1. Calculer la limite dans (1) dans le cas particulier où P = δa avec a ∈ R, où δa est la mesure de
Dirac en a. (On rappelle que la mesure de Dirac est définie pour tout Borélien A par δa (A) = 1 si
a ∈ A et δa (A) = 0 sinon.)
2. On revient au cas général où P est une mesure de probabilité sur BR .
a. Soit (xn )n une suite réelle croissante vers +∞.
Calculer lim P ([xn , +∞[).
n→∞
b. En déduire lim P ([x, 2x]).
x→+∞
Exercice 5. Soit f : R → R une fonction borélienne. Montrer que le graphe de f , G(f ) := {(x, y) ∈
R2 ; y = f (x)} est un borélien de R2 .
1
Correction :
Comme lim x2n = +∞ et lim x2n+1 = 0, on déduit que la suite (xn )n a exactement deux points d’adhé-
n n
rence : 0 et +∞, et on conclut que lim inf xn = 0 et lim sup xn = +∞.
n n
T ⊂ T (A.) (3)
.
2
Conclusion : On déduit de (2) et (3) que T (A) = T .
Exercice 3
1ère méthode : On a
Comme ∀n ∈ N, fn est mesurable et que [k, +∞[∈ BR car c’est un fermé de R (ou car intervalle), on a
alors ∀k ∈ N, ∀n ∈ N, fn−1 ([k, +∞[) ∈ T car image réciproque par une fonction mesurable d’un borélien
de R.
On déduit alors par stabilité de T tribu par union et intersection dénombrable, que B ∈ T i.e. mesurable.
2ème méthode :
où on a utilisé dans (4) le fait que pour x ∈ X, si lim inf fn (x) = +∞ alors lim sup fn (x) = +∞ car
n n
lim sup fn (x) ≥ lim inf fn (x).
n n
Conclusion : Comme ∀n ∈ N, fn est mesurable, alors d’après le cours lim inf fn : X → R est aussi
n
mesurable. D’autre part, {+∞} ∈ BR .
−1
On déduit alors que B = lim inf fn ({+∞}) ∈ T car image réciproque par une fonction mesurable
n
d’un borélien de R.
Remarque (Erreur courante dans les copies) : La limite simple de (fn )n sur X n’existe pas for-
cément . On ne peut pas donc dire que B = (lim fn )−1 ({+∞}), c’est faux ! ! !
n
Par contre, pour une suite de fonctions (fn )n de X à valeurs dans R, les deux fonctions lim inf fn et
n
lim sup fn sont bien définies de X à valeurs dans R et sont mesurables si fn est mesurable pour tout n.
n
Exercice 4
1. On observe que pour tout x > a avec x ≥ 0, on a que a ∈
/ [x, 2x] et donc δa ([x, 2x]) = 0, ∀x ≥ 0
avec x > a.
Par suite, lim δa ([x, 2x]) = 0.
x→+∞
2. a. Comme la suite ([xn , +∞[)n∈N est une suite décroissante (car (xn )n croissante) de boréliens
de R avec P ([xn , +∞[) < +∞ pour tout n (il aurait suffi que çe soit vraie pour un n0 ) car P
est une mesure de probabilité donc finie, alors d’après le cours
!
\
P [xn , +∞[ = lim P ([xn , +∞[).
n→+∞
n∈N
3
\
Comme [xn , +∞[= ∅ , on déduit alors que
n∈N
b. Soit (xn )n une suite réelle croissante tel que lim xn = +∞. Comme lim xn = +∞, on peut
n n
supposer que xn ≥ 0, ∀n ∈ N . Montrons que lim P ([xn , 2xn ]) = 0.
n→+∞
On a ∀n ∈ N, [xn , 2xn ] ⊂ [xn , +∞[ et donc 0 ≤ P ([xn , 2xn ]) ≤ P ([xn , +∞[). Comme d’après
a., lim P ([xn , +∞[) = 0, on déduit alors que lim P ([xn , 2xn ]) = 0.
n→+∞ n→+∞
Conclusion : On a montré que ∀(xn )n suite réelle croissante vers +∞, lim P ([xn , 2xn ]) = 0,
n
on déduit alors que lim P ([x, 2x]) = 0.
x→+∞
Exercice 5
Soit f : R → R une fonction borélienne. Montrons que le graphe de f , G(f ) := {(x, y) ∈ R2 ; y = f (x)}
est un borélien de R2 . On a
Soit
g : R2 → R
(x, y) 7→ y − f (x)
On a g = p2 − f ◦ p1 où p1 et p2 sont les projections canoniques de R2 continues (car linéaires par
exemple et R2 est de dimension finie) et donc en particulier boréliennes. Par suite, g est borélienne par
composée et somme de fonctions boréliennes.
Comme G(f ) = g −1 ({0}), avec g est borélienne et {0} ∈ BR , on déduit alors que G(f ) ∈ BR2 (image
réciproque par une fonction borélienne d’un borélien de R).
Remarque (Erreur courante dans les copies) : f borélienne n’implique pas f continue. Prenez
l’exemple de f = χQ borélienne car Q ∈ BR alors que f est discontinue en tout point de R.
4
Université Claude Bernard - Lyon 1 Semestre d’automne 2022-2023
Mesure et Intégration Durée : 75min. Aucun document n’est autorisé
Contrôle Partiel 2
La soin apporté à la justification des réponses et à la présentation des copies sera un élément pris en
compte lors de la notation.
Comme dans le cours et les TD, on notera simplement dx pour désigner l’intégration par rapport à la
mesure de Lebesgue λ(dx) sur R.
2
On rappelle que pour tout réel x : 1 − cos(x) ≤ x2 . On rappelle la formule dérivée : arctan0 (x) = 1+x1
2.
u2
Exercice 1. Montrer que pour tout réel u ∈ [0, ∞[, 1+u3
≤ 1. Pour tout entier strictement positif
2
n (1 − cos(x))
n ∈ N∗ , on définit la fonction fn : [0, 1] 7→ R par fn (x) = . Montrer que la fonction fn est
1 + (nx)3
bornée sur [0, 1], uniformément en n. Calculer
Z
lim fn dx.
n→+∞ [0,1]
Exercice 3. 1. Montrer que pour tout p > 0, la fonction G(x, y) = cos(xy)e−px est intégrable sur
R+ × [0, 1].
2. En calculant de deux façons l’intégraleR de G sur R+ × [0, 1], retrouver le résultat de l’exercice
∞
précédent, c’est-à-dire calculez F (p) = 0 e−px sinx x dx.
1
Université Claude Bernard - Lyon 1 Semestre d’automne 2022-2023
Mesure et Intégration Durée : 75min. Aucun document n’est autorisé
La soin apporté à la justification des réponses et à la présentation des copies sera un élément pris en
compte lors de la notation.
Comme dans le cours et les TD, on notera simplement dx pour désigner l’intégration par rapport à la
mesure de Lebesgue λ(dx) sur R.
2
On rappelle que pour tout réel x : 1 − cos(x) ≤ x2 . On rappelle la formule dérivée : arctan0 (x) = 1+x1
2.
u 2
∗
Exercice 1. Montrer que pour tout réel u ∈ [0, ∞[, 1+u 3 ≤ 1. Pour tout entier strictement positif n ∈ N ,
2
n (1 − cos(x))
on définit la fonction fn : [0, 1] 7→ R par fn (x) = . Montrer que la fonction fn est bornée
1 + (nx)3
sur [0, 1], uniformément en n. Calculer
Z
lim fn dx.
n→+∞ [0,1]
u2
Correction Pour tout u ∈ [0, 1] on a u2 ≤ 1 ≤ 1 + u3 et pour u ≥ 1 on a u2 ≤ u3 ≤ 1 + u3 , d’où 1+u3
≤ 1.
1
(nx)2
D’après le rappel en début d’énoncé, pour tout x ∈ [0, 1], fn (x) ≤ ≤ 1 d’après la question
2
1+(nx)3
précédente. Comme fn est positive (puisque cos(x) ≤ 1), on a donc montré que pour tout x ∈ [0, 1],
|fn (x)| ≤ 1, donc fn est bornée uniformément en n.
Pour tout x ∈]0, 1],
2n2
|fn (x)| ≤ −→ 0,
1 + n3 x3 n→∞
et fn (0) = 0 pour tout n ∈ N∗ . La suite fn converge donc simplement vers 0 sur [0, 1]. De plus, pour
tout n ∈ N∗ , fn est continue donc mesurable. On a aussi montré que la suite (fn )n est dominée par la
fonction constante égale à 1, qui est intégrable sur [0, 1] puisque [0, 1] est de mesure finie. On peut donc
appliquer le théorème de convergence dominée pour conclure que
Z Z
lim fn (x)dx = lim fn (x)dx = 0.
n→∞ [0,1] [0,1] n→∞
1
3. Montrer que la fonction F (p) est continuement dérivable pour p > 0 et exprimez F 0 (p) sous la
forme d’une intégrale.
p sin x+cos x −px
4. Calculer F 0 (p). Indication : on pourra vérifier que x 7→ 1+p2
e est une primitive de
−e−px sin x.
5. En déduire la valeur de F (p).
Correction
1. La fonction h(p, ·) : x 7→ e−px sinx x est continue sur R∗+ . De plus, |h(p, ·)| ≤ e−px (car | sin |x|
x|
≤1
pour tout x > 0), et la fonction x 7→ e −px est intégrable sur R+ . D’où l’intégrabilité de h(p, ·) sur
R+ .
2. On peut appliquer le théorème de convergenceR dominée, ou remarquer que la majoration à la
question précédente montre aussi que |F (p)| ≤ R+ e−px dx = 1/p, donc F (p) −→ 0.
p→∞
3. Vérifions les hypothèses du théorème de dérivabilité des intégrales à paramètre. On vient de voir
que pour tout p > 0, h(p, ·) est intégrable. Pour tout x > 0, h(·, x) est clairement C 1 , de dérivée
d
h(·, x)(p) = −e−px sin x
dp
Soit > 0. Alors pour tout p ≥ la dérivée est dominée par e−x , ce qui est intégrable sur R+ . On
peut donc appliquer
R le théorème de dérivation des intégrales à paramètre, qui montre que F est
C 1 et F 0 (p) = R+ −e−px sin xdx.
4. On vérifie facilement l’indication par dérivation. On obtient alors
0 p sin x + cos x −px ∞ 1
F (p) = 2
e =− .
1+p 0 1 + p2
Exercice 3. 1. Montrer que pour tout p > 0, la fonction G(x, y) = cos(xy)e−px est intégrable sur
R+ × [0, 1].
2. En calculant de deux façons l’intégraleR de G sur R+ × [0, 1], retrouver le résultat de l’exercice
∞
précédent, c’est-à-dire calculez F (p) = 0 e−px sinx x dx.
Correction
1. Soit p > 0. G Rest continue
R donc mesurable. Par un corollaire du théorème de Tonelli, il suffit donc de
montrer que R+ [0,1] |G(x, y)|dydx < ∞ (ou le même résultat en inversant l’ordre d’intégration).
Pour tout (x, y) ∈ R+ × [0, 1],
|G(x, y)| ≤ e−px ,
donc Z Z Z
|G(x, y)|dydx ≤ e−px dx = 1/p < ∞.
R+ [0,1] R+
2
2. D’après la question précédente, G est intégrable sur R+ × [0, 1] donc on peut appliquer le théorème
de Fubini à son intégrale :
Z Z Z 1 Z 1Z
G(x, y)dλ2 (x, y) = G(x, y)dydx = G(x, y)dxdy.
R+ ×[0,1] R+ 0 0 R+
Correction
1. Soient λ est la mesure de Lebesgue sur [0, 1] et µ la mesure de comptage sur Z. Par théorème de
Tonelli appliqué à λ ⊗ µ et à la fonction positive sur [0, 1] × Z (x, n) 7→ f (x + n),
Z 1X XZ 1 Z n+1 Z
y=x+n X
f (x + n)dx = f (x + n)dx = f (x)dx = f (x)dx.
0 n∈Z n∈Z 0 n∈Z n R
Remarque On pouvait aussi justifier l’interversion série/intégrale dans la première égalité par
convergence monotone.
R
2. On ne suppose plus f positive. Comme f intégrable, R |f |(x)dx < ∞. Grâce au résultat précédent
R1P P
appliqué à |f |, 0 n∈Z |f (x + n)|dx < ∞. La fonction positive g : x 7→ n∈Z |f (x + n)| est
donc d’intégrale finie sur [0, 1], ce qui implique qu’elle est finie pour presque tout x ∈ [0, 1] (car
R1 R
0 g(x)dx ≥ g −1 (∞) g(x)dx, et l’intégrale de droite est infinie sauf si λ(g −1 (∞)) = 0). Pour presque
P
tout x ∈ [0, 1], on a donc n∈Z f (x + n) qui converge absolument, et donc qui converge.
P P
Pour tout x ∈ R, n∈Z |f (x + n)| = n∈Z |f (x − bxc + n)|, avec x − bxc ∈ [0, 1]. Considérons
l’ensemble X
B = {x ∈ R : |f (x − bxc + n)| diverge}.
n∈Z
On peut aussi écrire
X
B = {y + k : y ∈ [0, 1], k ∈ Z, |f (y + k + n)| diverge} = ∪k∈Z Bk ,
n∈Z
P P
où Bk = {y + k : y ∈ [0, 1], n∈Z |f (y + k + n)| diverge} = {y + k : y ∈ [0, 1], n∈Z |f (y +
n)| diverge}. Par invariance par translation de la mesure de Lebesgue, comme λ(B0 ) = 0, Bk est
de mesure nulle pour tout k ∈ Z. Par suite, B est de mesure nulle comme union dénombrable
d’ensembles de mesure nulle.
3
Université Claude Bernard Lyon 1 Licence de mathématiques 3eannée
Mesure et intégration automne 2022
Rappels et notations.
— On note P( X ) l’ensemble de toutes les parties d’un ensemble X. Si E ∈ P( X ), on note
χ E la fonction indicatrice de E (c-est-à-dire χ E ( x ) = 1 si x ∈ E, et 0 sinon).
— On notera λn la mesure de Lebesgue sur Rn muni de la tribu Borélienne BRn . On
notera aussi souvent simplement dx pour désigner l’intégration par rapport à la mesure
de Lebesgue λ1 (dx ) sur R, et dxdy pour désigner l’intégration par rapport à la mesure
de lebesgue λ2 (dx, dy) sur R2 .
— Si E est une partie de l’espace produit X × Y, on note Ex := {y ∈ Y, ( x, y) ∈ E} la
coupe en x de l’ensemble E.
x2
— On rappelle que pour tout réel x : 1 − cos( x ) ≤ 2.
*****
*****
Partie II : exercices
3. Soit a et b deux réels dans ]0, 1[ et D ⊂ R2 le domaine donné par
y 1 1
D = {( x, y) ∈]0, ∞[2 , a < < , b < xy < }.
x a b
En introduisant les nouvelles coordonnées u = xy et v = y/x sur un domaine
bien choisi, calculer Z
y
dxdy.
D x
R 2 − y2
4. Soit I = R2 e− x dxdy.
(a) En faisant un changement de coordonnées polaires, calculer I.
R∞ 2
(b) En déduire la valeur de l’intégrale −∞ e− x dx.
*****
*****
6. (Exercice plus difficile. Plusieurs notations de cet exercice sont rappelées en en-tête du
sujet). Pour a ∈ R2 et r > 0, on note D ( a, r ) = {( x, y) ∈ R2 , k( x, y) − ak2 ≤ r } le
disque Euclidien fermé de R2 de centre a et de rayon r.
Soit D = D (0, 1) le disque unité fermé de R2 . On considère ( Dn )n≥0 une suite
de disques fermés de R2 de rayons strictement positifs (c’est-à-dire que Dn =
D ( an , rn ) pour des suites ( an ) ∈ (R2 )N et (rn ) ∈]0, ∞[N ). On suppose que les
disques Dn sont deux à deux disjoints et tous inclus dans D. Le but de l’exercice
est de montrer que si λ2 ( D \ ∪n≥0 Dn ) = 0 alors ∑n≥0 rn = ∞.
(a) Pour n ≥ 1, on note In = [( an )1 − rn , ( an )1 + rn ] la projection de Dn sur
l’axe des abscisses. Montrer que si ∑n≥1 rn < ∞, alors pour presque tout
x ∈ [−1, 1] il existe seulement un nombre fini d’indices n tels que x ∈ In .
Indication : on pourra s’intéresser à la somme des fonctions indicatrices des In ,
f := ∑n≥0 χ In .
(b) (difficile, peut être admis pour la question c)) En déduire que si ∑n≥1 rn < ∞,
alors pour presque tout x ∈ [−1, 1],
λ1 (( D \ ∪n≥1 Dn ) x ) > 0,
1 1
lim f n ( x ) = lim = .
n→∞ n→∞ (sin2 ( n ) /n ) + x 2 x2
pour tout x > 0. D’autre part, comme la limite existe pour tout x, on a aussi
1
lim inf f n ( x ) = lim f n ( x ) = .
n→∞ n→∞ x2
En appliquant le lemme de Fatou sur ]0, ∞[ pour la mesure de Lebesgue, on a
Z ∞ ∞ Z ∞ 1 Z
n
lim inf 2
dx ≥ lim inf f n ( x ) dx = 2
dx = +∞.
n→∞ 0 sin ( n ) + nx2 0 n→∞ 0 x
R∞ R∞
ceci implique que lim supn→∞ 0 f n ( x )dx ≥ lim infn→∞ 0 f n ( x )dx = +∞. Donc
R∞
par résultat du cours limn→∞ 0 f n ( x )dx = +∞.
−x ∞
b) On développe en série : 1xe −e− x = ∑0 xe
−(n+1) x , pour tout x > 0. On note
(On peut aussi justifier l’échange somme et intégrale par le théorème de Tonelli
appliqué à la mesure et Lebesgue et la mesure de comptage sur N). On fait ensuite
une intégration par partie pour calculer
Z ∞ Z ∞
1 1 1
f n ( x )dx = [− xe−(n+1) x ]0∞ + e−(n+1) x dx = .
0 n+1 n+1 0 ( n + 1)2
*****
2. Soit X un ensemble. Donner la définition d’une tribu sur X.
Application : soient X et Y deux ensembles et f : X 7→ Y une fonction de X dans Y.
Montrer que si T est une tribu sur X alors { B ⊂ Y, f −1 ( B) ∈ T } est une tribu sur Y.
Corrigé. Voir le poly pour la question de cours. On note S = { B ⊂ Y, f −1 ( B) ∈
T }. On vérifie chacune des conditions dans la définition de tribu.
i. On sait que ∅ ∈ T, donc f −1 (∅) = ∅ ∈ T. On en déduit que ∅ ∈ S.
ii. Soit B ∈ S. Donc f −1 ( B) ∈ T, et f −1 ( Bc ) = ( f −1 ( B))c ∈ T. Donc Bc ∈ S.
iii. Soit ( Bn )n≥0 ⊂ S. On a f −1 ( Bn ) ∈ T, pour tout n. Donc, comme T est une tribu,
f −1 (∪ Bn ) = ∪ f −1 ( Bn ) ∈ T. On en déduit donc que ∪ Bn ∈ S.
*****
Partie II : exercices
3. Soit a et b deux réels dans ]0, 1[ et D ⊂ R2 le domaine donné par
y 1 1
D = {( x, y) ∈]0, ∞[2 , a < < , b < xy < }.
x a b
En introduisant les nouvelles coordonnées u = xy et v = y/x sur un domaine bien
choisi, calculer Z
y
dxdy.
D x
Corrigé. On nous dit d’introduire les nouvelles coordonnées u et v. On voit que
si ( x, y) ∈ D alors (u, v) ∈ D 0 :=] a, 1/a[×]b, 1/b[ et que de plus
( ( p
u = xy x = uv
ssi √ .
v = y/x y = uv
On va doncpconsidérer
√ le changement de variable φ : D 0 7→ D, donné par
φ(u, v) = ( uv , uv). Comme (u, v) ∈ D 0 , alors φ(u, v) ∈ D, et φ est bijectif
par le calcul ci-dessus avec inverse u = xy et v = y/x qui sont dans D 0 . De plus
φ est C1 sur le domaine D 0 . 0n calcule le Jacobien :
! 1 √1 1
pv!
∂φ1 ∂φ2
2 uv 2 u 1
Dφ (u, v) = det ∂φ∂u ∂u (u, v) = det √
1 u
pu = > 0.
1 ∂φ2
− 3/2 1 2v
∂v ∂v 2v 2 v
2
*****
R 2 2
4. Soit I = R2 e− x −y dxdy.
(a) En faisant un changement de coordonnées polaires, calculer I.
R∞ 2
(b) En déduire la valeur de l’intégrale −∞ e− x dx.
Corrigé.
(a) Par résultat du cours, par le changement de variables en polaire, on a au
sens du changement de variables, en posant x = r cos(θ ) et y = r sin(θ ) :
Z Z
− x 2 − y2 2
I= e dxdy = e−r rdrdθ
R2 [0,2π ]×R+
*****
∂f t ∂2 f t2 −te
≤ e−te , ≤ e .
∂x 2 ∂2 x 2
qui sont bien intégrables par les règles usuelles (et ne dépendent pas de la
variable x). On a donc une bonne domination, la fonction f ( x, t) étant C2
en la variable x (et bien sûr mesurable en t car continue), on peut appliquer
le théorème de dérivation des intégrales à paramètres et on a
Z ∞ Z ∞
1 − cos(t) −tx
G0 (x) = − e dt, G 00 ( x ) = (1 − cos(t))e−tx dt.
0 t 0
R∞
Calculons G 00 ( x ). On a G 00 ( x ) = 1x − 0 cos(t)e−tx dt. On peut procéder
de deux façons, soit en faisant 2 intégration par parties soit en écrivant
cos(t) = 12 (eit + e−it ), ce qu’on fait ci-dessous :
Z ∞ Z ∞ Z ∞
−tx 1 t (i − x ) − t (i + x ) 1 −1 1
cos(t)e dt = e dt + e dt = +
0 2 0 0 2 i−x i+x
x
= .
1 + x2
Ceci conclue la question.
(c) Par convergence dominée on limx→∞ G 0 ( x ) = 0. En effet, soit ( xn )n≥0 crois-
sante telle que limn→∞ xn = +∞ et xn > 0. On utilise la représentation
1−cos(t) −txn
intégrale de la question précédente. On a limn→∞ t e = 0 pour
tout t > 0, donc presque surement sur [0, ∞[. De plus, xn ≥ x0 > 0, et
1−cos(t)
on a | t e−txn | ≤ 2t e−tx0 qui est intégrable. On peut donc appliquer
la convergence dominée qui donne limn→∞ G 0 ( xn ) = 0. On en déduit que
limx→∞ G 0 ( x ) = 0.
Comme primitive de G 00 ( x ), on sait que G 0 ( x ) = ln( x ) − 12 ln(1 + x2 ) + c =
ln( √ x 2 ) + c pour une constante réelle c. Comme limx→∞ ln( √ x 2 ) = 0,
1+ x 1+ x
on a c = 0 et
1
G 0 ( x ) = ln( x ) − ln(1 + x2 ).
2
√ 0
(d) On vérifie facilement que x ln( x ) − x ln 1 + x2 − arctan( x ) = G 0 ( x ). De
plus, par convergence dominée (même argument que précédemment en do-
1−cos(t)
minant | t2 e−txn | par 12 e−tx0 qui est intégrable), on a que limx→∞ G ( x ) =
0. D’autre part, on a
p
1 1 x
x ln( x ) − x ln 1 + x2 =
x ln(1 − 2
)∼ ,
2 1+x 1 + x2
√
lorsque x → ∞. Donc limx→∞ x ln( x ) − x ln 1 + x2 − arctan( x ) + π2 = 0.
On en déduit la formule de l’énoncé en identifiant les limites lorsque x →
∞.
4
1−cos(t) 1−cos(t) −tx 1
(e) On remarque que | t2 e−tx | ≤ 1, et que d’autre part | t2
e | ≤ t2
.
On peut donc dominer l’intégrant dans G ( x ) par
1 − cos(t) −tx 1
| 2
e | ≤ χ[0,1[ (t) + 2 χ[1,∞[ (t), ∀ x > 0,
t t
qui est intégrable sur R+ par les règles classiques. D’autre part,
*****
6. (Exercice plus difficile. Plusieurs notations de cet exercice sont rappelées en en-tête du
sujet). Pour a ∈ R2 et r > 0, on note D ( a, r ) = {( x, y) ∈ R2 , k( x, y) − ak2 ≤ r } le
disque Euclidien fermé de R2 de centre a et de rayon r.
Soit D = D (0, 1) le disque unité fermé de R2 . On considère ( Dn )n≥0 une suite de
disques fermés de R2 de rayons strictement positifs (c’est-à-dire que Dn = D ( an , rn )
pour des suites ( an ) ∈ (R2 )N et (rn ) ∈]0, ∞[N ). On suppose que les disques Dn sont
deux à deux disjoints et tous inclus dans D. Le but de l’exercice est de montrer que si
λ2 ( D \ ∪n≥0 Dn ) = 0 alors ∑n≥0 rn = ∞.
(a) Pour n ≥ 1, on note In = [( an )1 − rn , ( an )1 + rn ] la projection de Dn sur l’axe
des abscisses. Montrer que si ∑n≥0 rn < ∞, alors pour presque tout x ∈ [−1, 1] il
existe seulement un nombre fini d’indices n tels que x ∈ In . Indication : on pourra
s’intéresser à la somme des fonctions indicatrices des In , f := ∑n≥0 χ In .
(b) (difficile, peut être admis pour la question c)) En déduire que si ∑n≥1 rn < ∞, alors
pour presque tout x ∈ [−1, 1],
λ1 (( D \ ∪n≥1 Dn ) x ) > 0,
R
f ( x )dx = ∑
R n ≥0
χ In ( x )dx = ∑ χ In ( x )dx = ∑ λ( In ) = ∑ 2rn .
n ≥0 R n ≥0 n ≥0
6
Université Claude Bernard Lyon 1 Licence de mathématiques 3eannée
Mesure et intégration automne 2022
Rappel et notations.
— Si X est un ensemble, on note P( X ) l’ensemble des parties de X.
— On rappelle qu’une fonction réelle définie sur un intervalle I est dite Borélienne si elle
est mesurable pour la tribu Borélienne sur I.
— On notera simplement λ(dx ) ou simplement dx pour désigner la mesure de Lebesgue
sur R. On notera aussi λ2 (dx, dy) ou simplement dxdy pour désigner la mesure de
Lebesgue sur R2 .
On suppose maintenant que µ est une mesure sur [0, ∞[ muni de la tribu Borélienne,
et que f : [0, ∞[7→ R est une fonction Borélienne et µ-intégrable. Exprimer la limite
suivante en fonction de f et µ sous la forme d’une série :
Z
lim cos( x )2n f ( x )dµ( x ).
n→∞ [0,∞[
***
D = {( x, y) ∈ R2 tel que x ≥ 0, y ≥ 0, 1 ≤ x2 + y2 ≤ 4}
5. Dans cet exercice, on pourra admettre sans démonstration les égalités suivantes :
Z ∞ √ Z +∞ √
− t2 π dy π 2
e dt = , = .
0 2 0 1 + y4 4
sin( x )
(a) Montrer que la fonction h :]0, ∞[7→ R donnée par h( x ) = √
x
n’est pas in-
R 2( k +1) π
tégrable sur ]0, ∞[. (Indication : on pourra penser à minorer 2kπ |h( x )|dx
pour k ∈ N.)
On considère maintenant la fonction f : R2 7→ R donnée par
où ga : [0, ∞[7→ R est une fonction (dépendant du paramètre a) que l’on déter-
minera sous forme intégrale.
(d) Montrer par intégration que
2 2
1 − e−ay cos a − y2 e−ay sin a
ga (y) = , ∀y > 0.
1 + y4
Z +∞
(e) Montrer que ga (y) dy a une limite quand a tend vers +∞ et calculer cette
0 R a sin(x)
limite. En déduire la valeur de lima→∞ 0 √ x dx.
2
Université Claude Bernard Lyon 1 Licence de mathématiques 3e année
UE Éléments d’analyse fonctionnelle Année 2022–2023
Contrôle continu # 1
Le 3 mars 2023 – durée 60 minutes
Exercice # 1. Soit U un ouvert non vide de Rn . Nous travaillons dans (U, BU , νn ). Si f ∈ C(U ), montrer
que kf kL∞ = sup |f |.
U
g : R → R, g(x) = e−|x| , ∀ x ∈ R.
Soient 1 ≤ p ≤ ∞ et f ∈ L p (R).
1. Montrer que f ∗ g ∈ L p (R) ∩ C(R). On précisera le sens de l’hypothèse f ∈ L p (R).
2. Montrer, de plus, que, si p < r ≤ ∞, alors f ∗ g ∈ L r (R).
Université Claude Bernard Lyon 1 Licence de mathématiques 3e année
UE Éléments d’analyse fonctionnelle Année 2022–2023
Contrôle continu # 2
Le 31 mars 2023 – durée 60 minutes
Exercice # 1. Soit H un espace de Hilbert réel. Soit (ej )j≥1 ⊂ H une suite orthonormée. Soit (aj )j≥1 ⊂ R.
Montrer l’équivalence
X X
aj ej converge ⇐⇒ a2j < ∞. (1)
j≥1 j≥1
En cas de convergence de l’une des séries apparaissant dans (1), montrer que
2
X X
aj e j = a2j .
j≥1 j≥1
Exercice # 2. Soit H un espace de Hilbert réel. Soit F une partie non-vide de H. Montrer que :
a) F ⊥ est un sous-espace fermé de H.
⊥
b) Vect (F ) = F ⊥ .
c) F ⊥⊥ = Vect (F ).
Exercice # 1. Soit E un espace préhilbertien réel. Soit (ej )1≤j<N ⊂ E (avec N = 2, 3, . . . , ∞) une famille
orthonormée. Montrer l’inégalité de Bessel
X
hx, ej i2 ≤ kxk2 , ∀ x ∈ E.
1≤j<N
Exercice # 2. Soit X l’espace vectoriel complexe engendré par les fonctions de la forme R 3 t 7→ eiwt ∈ C
où w parcourt R. Pour f, g ∈ X, soit
Z T
1
hf, gi = lim f (t)g(t) dt.
T →∞ 2T −T
Exercice # 3. Soit H un espace de Hilbert réel. Soit V un sous-espace de H. Montrer que toute forme
linéaire et continue sur V se prolonge en une forme linéaire et continue sur H.
Université Claude Bernard Lyon 1 Licence de mathématiques 3e année
UE Éléments d’analyse fonctionnelle Année 2022–2023
Contrôle terminal
Le 26 mai 2023 – durée 90 minutes
Exercice # 4. Soit f : R → R la fonction 2π-périodique, impaire et telle que f (x) = π − x sur ]0, π]. En
X sin n
utilisant la série de Fourier de f , calculer .
n≥1
n
Exercice # 5. Nous travaillons dans ]0, ∞[ et dans ]0, ∞[2 , chacun muni de sa tribu borélienne et de la
mesure de Lebesgue. Soient f, g :]0, ∞[→ [0, ∞[ deux fonctions boréliennes et positives.
Nous admettons les identités suivantes :
Z ∞ √ Z ∞ √
x y
√ dy = √ dx = π, ∀ x > 0. (1)
0 (x + y) y 0 (x + y) x
(ii) l’inégalité de Cauchy-Schwarz sur ]0, ∞[2 ; (iii) le théorème de Tonelli ; (iv) l’identité (1), montrer
l’inégalité de Hilbert-Schur
Z
f (x)g(y)
dxdy ≤ π||f ||2 ||g||2 . (2)
]0,∞[2 x+y
Bonus. Soient 1 < p, q < ∞ deux exposants conjugués. En utilisant les identités
Z ∞ Z ∞
x1/q y 1/p π
1/q
dy = 1/p
dx = , ∀ x > 0,
0 (x + y) y 0 (x + y) x sin(π/p)
f (x)g(y) f (x) x1/(pq) g(y) y 1/(pq)
= × , ∀ x, y > 0,
x+y (x + y)1/p y 1/(pq) (x + y)1/q x1/(pq)
Exercice # 2. Soit (X, T , µ) un espace probabilisé. (Donc µ(X) = 1.) Montrer que, pour toute fonction mesurable
f : X → R, nous avons ||f ||1 ≤ ||f ||2 .
Exercice # 3. Soit H = L2 (Ω, T , µ) (les fonctions sont supposées à valeurs dans R). On considère l’ensemble
C = {f ∈ H ; f ≥ 0 p. p.}.
a) Montrer que C est un convexe fermé.
b) Montrer que, si f ∈ H, alors PC (f ) = f χ{f ≥0} , où {f ≥ 0} = {x ∈ X ; f (x) ≥ 0}.
Solution. Notons l’ambiguïté usuelle de la définition de C. Si [ ] désigne une classe d’équivalence dans Lp , il faut
plutôt lire C = {[f ] ; f ∈ L p , f ≥ 0 p. p.}. Par ailleurs, quitte à remplacer f par f χ{f ≥0} , qui est dans la classe
de f , nous pouvons travailler avec des fonctions ≥ 0.
a) Soient θ ∈ [0, 1] et [f ], [g] ∈ C, avec f, g ≥ 0. Nous avons θf + (1 − θ)g ≥ 0 et θf + (1 − θ)g ∈ L 2 , et donc
[θf + (1 − θ)g] ∈ C, d’où C est convexe. Par ailleurs, soit ([fj ]) ⊂ C une suite convergente dans L2 , de limite [f ].
Soient ([fjk ]) une sous-suite et A ∈ T négligeable tels que fjk → f dans Ac . Par passage à la limite, f ≥ 0 dans
Ac , et donc [f ] ∈ C. Il s’ensuit que C est fermé. (
f (x), si f (x) ≥ 0
b) Soit [f ] ∈ L2 . Soit g = f χ{f ≥0} . Comme g(x) = , g est : (i) mesurable (‘fonction à
0, si f (x) < 0
R R
accolade’) ; (ii) positive ; (iii) dans L 2 (car g 2 ≤ f 2 < ∞) et donc sa classe est dans C. Pour conclure, il faut
montrer que
[h ∈ L 2 , h ≥ 0 p. p.] =⇒ hf − g, h − gi ≤ 0.
Or,
Z Z
hf − g, h − gi = (f − g) (h − g) = f h ≤ 0.
{f <0}
Exercice # 4. Soit f : R → R la fonction 2π-périodique, impaire et telle que f (x) = π − x sur ]0, π]. En utilisant
X sin n
la série de Fourier de f , calculer .
n
n≥1
Solution. Nous avons c0 (f ) = 0, car f est impaire. Si n 6= 0, nous avons, avec le c. v. x = −y,
Z π Z 0 Z π Z π
−ınx −ınx −ınx
2πcn (f ) = e f (x) dx = e f (x) dx + e f (x) dx = eıny f (−y) dy
−π −π 0 0
Z π Z π Z π
+ e−ınx f (x) dx = (e−ınx − eınx )f (x) dx = −2ı f (x) sin (nx) dx
0 0 0
Z π Z
2ı π 0 2ı 2ı π 2ıπ
= f (x)[cos (nx)] dx = (π − x) cos (nx) + cos (nx) dx = − ,
n 0 n 0 n 0 n
et donc cn (f ) = −ı/n. Le théorème de Dirichlet donne
N
X N ın
X N
X
ın e e−ın sin n
π − 1 = f (1) = lim cn (f )e = −ı lim + = 2 lim ,
N →∞ N →∞ n −n N →∞ n
n=−N n=1 n=1
Exercice # 5. Nous travaillons dans ]0, ∞[ et dans ]0, ∞[2 , chacun muni de sa tribu borélienne et de la mesure de
Lebesgue. Soient f, g :]0, ∞[→ [0, ∞[ deux fonctions boréliennes et positives.
Nous admettons les identités suivantes :
Z ∞ √ Z ∞ √
x y
√ dy = √ dx = π, ∀ x > 0. (1)
0 (x + y) y 0 (x + y) x
En utilisant : (i) l’identité
√ √
f (x)g(y) f (x) 4 x g(y) 4 y
=√ √ × √ √ , ∀ x, y > 0 ;
x+y x+y 4y x+y 4x
(ii) l’inégalité de Cauchy-Schwarz sur ]0, ∞[2 ; (iii) le théorème de Tonelli ; (iv) l’identité (1), montrer l’inégalité de
Hilbert-Schur
Z
f (x)g(y)
dxdy ≤ π||f ||2 ||g||2 . (2)
]0,∞[ 2 x+y
Bonus. Soient 1 < p, q < ∞ deux exposants conjugués. En utilisant les identités
Z ∞ Z ∞
x1/q y 1/p π
1/q
dy = 1/p
dx = , ∀ x > 0,
0 (x + y) y 0 (x + y) x sin(π/p)
f (x)g(y) f (x) x1/(pq) g(y) y 1/(pq)
= × , ∀ x, y > 0,
x+y (x + y)1/p y 1/(pq) (x + y)1/q x1/(pq)
l’inégalité de Hölder avec exposants p et q et le théorème de Tonelli, établir l’inégalité de Hardy-Riesz
Z
f (x)g(y) π
dxdy ≤ ||f ||p ||g||q . (3)
]0,∞[2 x + y sin(π/p)
Solution. Prouvons directement (3), qui englobe (2) (prendre p = q = 2). Nous avons
Z Z
f (x)g(y) f (x) x1/(pq) g(y) y 1/(pq)
dxdy = 1/p 1/(pq)
× dxdy
]0,∞[2 x + y ]0,∞[2 (x + y) y (x + y)1/q x1/(pq)
Z !1/p Z !1/q
f p (x) x1/q g q (y) y 1/p
≤ 1/q
dxdy 1/p
dxdy
]0,∞[2 (x + y) y ]0,∞[2 (x + y) x
Z ∞ Z ∞ ! !1/p
1/q
x
= f p (x) dy dx
0 0 (x + y) y 1/q
Z ∞ Z ∞ ! !1/q
1/p
y
× g q (y) dx dy
0 0 (x + y) x1/p
1/p 1/q
π π π
= ||f ||p ||g||q = ||f ||p ||g||q .
sin(π/p) sin(π/p) sin(π/p)
Université Claude Bernard Lyon 1 Licence de mathématiques 3e année
UE Éléments d’analyse fonctionnelle Année 2022–2023
Contrôle terminal
2e session - le 29 juin 2023 – durée 60 minutes
Exercice # 1. Nous travaillons dans R muni de la tribu borélienne et de la mesure de Lebesgue. Soit
ρ : R → R, ρ(x) := e−|x| , ∀ x ∈ R. Montrer que, pour 1 ≤ p ≤ ∞, nous avons
Exercice # 2. Soit (X, T , µ) un espace probabilisé. (Donc µ(X) = 1.) Montrer que, pour toute fonction
mesurable f : X → R, nous avons ||f ||2 ≤ ||f ||3 .
Exercice # 3. Soit (H, || || un espace de Hilbert réel. Soit C la boule unité fermée de H. Nous admettons
1
que C est convexe et fermée. Si x 6∈ C, montrer que pC (x) = x.
||x||
Exercice # 4. Soit f ∈ C 2 (R) une fonction 2π-périodique. Montrer que la série de Fourier de f converge
normalement.