1- TYPES DE CORROSIONS:
La corrosion est le résultat de l'action d'un réactif (liquide ou gazeux) sur un métal ou
d’un contact entre deux métaux de nature différente ou un même métal plongé dans
un électrolyte à deux états de surface différents.
- Corrosion uniforme :
C'est la manifestation typique de l'action des acides minéraux sur le fer. Le métal est
dissout de manière uniforme sur toute la surface exposée.
La vitesse de corrosion s'exprime en micron ou mm / an de perte d'épaisseur.
- Corrosion galvanique :
Se produit lorsque deux métaux de nature différente sont reliés entre eux
électriquement et plongés dans le même milieu. Il se forme une pile, et seul le métal
le moins noble est dissout.
- Corrosion caverneuse ou en crevasse ou sous dépôt :
Elle résulte d'une différence locale de concentration en oxygène associée à un
dépôt, un joint, une tête de rivet ou de boulon sous lesquels du liquide est
emprisonné et stagnant. Une fois la corrosion démarrée elle progresse rapidement
formant une crevasse sous cette couverture.
Le matériau responsable de ce phénomène ne sont pas nécessairement métalliques
et peuvent être organiques, minéraux ou des matières biologiques.
- Corrosion intergranulaire :
La corrosion se développe aux points de jonction des grains du métal, détruisant
progressivement la cohésion du matériau. Cette manifestation est quasiment
invisible à l'oeil nu mais affecte considérablement la résistance mécanique du métal.
Elle se rencontre dans les aciers inoxydables et est due généralement à la
précipitation de carbures de chrome aux joints de grains qui appauvrissent en
chrome les zones adjacentes et les rendent plus sensibles à la corrosion.
La précipitation du carbure de chrome est favorisée par un refroidissement lent entre
500 et 900°C au cours de la fabrication de la pièce. Ce phénomène se rencontre
particulièrement dans les zones proches des soudures.
Si le risque de corrosion existe, il est recommandé de:
- employer des aciers inoxydables à faible teneur en carbone (304L, 316L, ...)
- employer un métal d'apport très pauvre en carbone (< 0,03%) pour les soudures
- procédér à un traitement thermique des zones affectées par les soudures pour
redissoudre les carbures de chrome (Cr23C6).
- Corrosion érosion :
La vitesse de corrosion du métal peut être localement accélérée par le mouvement
du liquide corrosif, si par exemple un liquide à grande vitesse détruit en permanence
la couche de passivation qui peut se former à la surface du métal. Elle est favorisée
dans les zones de forte turbulence, d' impacts ou une cavitation.
Cette manifestation se rencontre fréquemment dans les pompes ou les tuyauteries.
- Corrosion sous tension:
Ce type de corrosion est causé par l'action conjuguée d'une contrainte mécanique et
d'un milieu corrosif.
On connait ainsi la corrosion de:
- du laiton dans l'ammoniac
- l'acier carbone dans les solutions de nitrates
- le titane dans le méthanol
- l'aluminium dans l'eau de mer
- l'or dans l'acide acétique
La corrosion est seulement localisée et apparait sous l'aspect de piqûres.
La contrainte peut être due aux conditions d'utilisation ou être résiduelle après mise
en forme
- Corrosion électrochimique :
Elle se manifeste lorsqu'il existe une hétérogénéité dans le liquide ou le métal
permettant la formation de piles (zones de cathode et zones d'anodes) avec
circulation d'un courant électrique entre les deux. Les zones constituant les anodes
sont attaquées.
Les hétérogénéités dans le métal peuvent être des inclusions d'impuretés
précipitées.
Les hétérogénéités dans le liquide peuvent être des gradients de concentrations
d'ions ou de gaz dissous.
- Corrosion biologique :
Des bactéries peuvent produire des composés corrosifs tels que le dioxyde de
carbone, de l'anhydride sulfureux, de l'hydrogène sulfuré ou des acides organiques
qui attaquent les métaux
- Passivation :
La corrosion de certains métaux peut produire un film continu et adhérant de produit
de corrosion qui protège le métal contre une poursuite de l'attaque. C'est le
phénomène de passivation. On l'observe dans le cas de l'aluminium exposé à
l'atmosphère, le fer dans l'acide sulfurique concentré, les aciers inoxydables en
atmosphère oxydante.
Cette couche protectrice peut être facilement détruite par errosion due à des
particules en suspension ou une vitesse excessive du liquide. On dit qu'il y a
corrosion - érosion.
2-DIVERS :
- Influence du milieu:
Outre la nature des métaux, la corrosion est influencée par:
- le pH
- le potentiel du métal pour la corrosion galvanique
- la concentration en certaines espèces chimiques (oxygène, dioxyde de carbone...)
- la conductibilité électrique du milieux
- la turbulence du milieu
Les diagrammes de Pourbaix donnent pour divers métaux, les zones de corrosion,
de passivité et d'immunité en fonction du pH et du potentiel électrique.
- Corrosion par les eaux:
- L'eau de mer est très corrosive
- l'eau douce, peu minéralisée, est moyennement corrosive
- l'eau dure est entartrante. Le dépôt de calcaire qu'elle forme protège généralement
les conduites de la corrosion.
- Corrosion par les atmosphères :
- Les atmosphères RURALES sont les moins corrosives. L'acier galvanisé y résiste
très bien.
- les atmosphères URBAINES et INDUSTRIELLES sont chargées en dioxyde de
souffre, dégagé par les combustions de charbon et de produits pétroliers, qui abaisse
le pH de l'eau de pluie.
L'acier galvanisé y résiste mal, mais le cuivre se couvre de vert de gris (carbonates
et sulfates cuivriques), qui le protège.
- les atmosphères marines sont corrosives par les chlorures contenus dans l'eau des
embruns.
- Corrosion par les sols:
Ils sont rarement homogènes et différents éléments d'une même canalisation enfouie
dans des sols de natures différentes, peuvent prendre des potentiels différents
entrainant des zones anodiques et cathodiques.
Une corrosion galvanique peut se développer.
- Les réducteurs d'oxygène :
- Le sulfite de sodiumNa2SO3 :
Le sulfite de sodium en solution réagit avec l'oxygène dissous pour se transformer
en sulfate, selon la réaction:
Na2SO3 + 1/2O2 Na2SO4.
La réduction de l'oxygène par le sulfite augmente la salinité totale de l'eau de
chaudière et les sulfates .Aussi, aux hautes pressions et température, le sulfite a
tendance à se décomposer en donnant du SO2 et de l' H2S qui contribuent à la
corrosion des systèmes de retours .
L'hydrazine N2H4
L'hydrazine est un réducteur puissant. Il permet d'abaisser notablement la teneur en
oxygène selon la réaction
N2H4+ O2 N2 + 2H2O
Il n'apporte aucune salinité à l'eau puisqu'elle même et ses produits de
décomposition sont volatiles.
Le phosphate trisodique Na3PO4 :
Les ions phosphates forment avec les ions de calcium des précipités floconneux
normalement non entartrants selon les réactions :
2Na3PO4 + 3CaCO3 Ca(PO4)2 + 3Na2CO3
2Na3PO4 + 3CaSO4 Ca(PO4)2 + 3Na2SO4
En plus de leur pouvoir tartrifuge, il provoque une phosphatation superficielle, tout en
élevant le pH de l’eau, ce qui neutralise le gaz carbonique agressif
- Fragilisation par l'hydrogène :
La réduction cathodique des ions H+ sur la surface du métal se traduit par une
production d'atomes d'hydrogène H adsorbé sur cette surface .
Ces atomes peuvent pénétrer dans le métal et précipiter sous forme de bulles
gazeuses microscopiques sous très haute pression. La pression de ces microbulles
peut alors être telle qu'elle fait éclater localement le métal, créant ainsi une fissure
remplie de gaz.
5. MODES D’EXPRESSION DE L’EFFICACITÉ D’UN INHIBITEUR DE CORROSION
Il existe plusieurs façons d’exprimer l’efficacité d’un inhibiteur ou d’une formulation inhibitrice. Les
expressions les plus courantes sont :
le taux d’inhibition, le plus souvent utilisé :
où u 0 est la mesure de la corrosion (perte de masse, intensité de corrosion, etc.) en l’absence
d’inhibiteur, et u la mesure en présence d’inhibiteur ;
le coefficient d’inhibition :
qui différencie mieux des inhibiteurs entre eux lorsque le taux d’inhibition devient très élevé ;
la concentration minimale efficace (cme), qui ne fait pas référence au comportement du
système en l’absence d’inhibiteur, mais suppose qu’un critère d’efficacité (vitesse de corrosion
maximale admissible) ait été défini.
Parmi les moyens de protection contre la corrosion qu’on a voulu étudier dans ce
travail sont les inhibiteurs de corrosion, qui sont définis comme étant des composés
chimiques qu’on ajoute au milieu corrosif et dont leurs rôles et d’agir en créant /
une barrière entre le métal et le milieu corrosif, pour diminuer ou retarder la corrosion
sans changement des caractéristiques physico-chimiques du métal. Ils viennent se
fixer à la surface du métal sous une forme qui dépend de leur nature. Quelque soit le
mécanisme approprié par lequel chaque inhibiteur agit dans les conditions dans
lesquelles il est placé, il existe un certain nombre de considérations de base valables
pour tous les inhibiteurs tels que : - l’interposition d’une barrière entre le métal et le
milieu corrosif - le renforcement d’une barrière préexistante - la formation d’une
barrière par l’interaction entre l’inhibiteur et une ou plusieurs espèces du métal
L’efficacité d’un inhibiteur est définie par son rendement d’inhibition R ou R= V/ VO –
V ou VO et V désignent respectivement les vitesses de corrosion en absence et en
présence d’inhibiteur (Caprani et al., 1975). Cependant il n’existe pas d’inhibiteurs
universels qui puissent protéger tous les matériaux dans un même milieu. Il peut y
avoir des inhibiteurs qui protègent plusieurs métaux, d’autres qui sont très
spécifiques d’un matériau à un autre. Ce qui explique la complexité possible de
certaines formulations de liquides inhibiteurs pour tel ou tel métal ou alliage. Le choix
des inhibiteurs doit être conforme aux normes et réglementations concernant la
toxicité et l’environnement.
-Définition :
La définition d’un inhibiteur de corrosion n’est pas unique, néanmoins celle retenue
par la National Association of Corrosion Engineers (NACE) est la suivante : un
inhibiteur est « une substance qui retarde la corrosion lorsqu’elle est ajoutée à un
environnement en faible concentration »
Propriétés :
Un inhibiteur de corrosion doit abaisser la vitesse de corrosion du métal tout en
conservant les caractéristiques physico-chimiques de ce dernier. Il doit être non
seulement stable en présence des autres constituants du milieu, mais également ne
pas influer sur la stabilité des espèces contenues dans ce milieu. Un inhibiteur est
définitivement reconnu comme tel s’il est stable à la température d’utilisation et
efficace à faible concentration. Il peut être utilisé en vue d’une protection permanente
(surveillance primordiale du dispositif) ou plus couramment en vue d’une protection
temporaire : durant une période où la pièce est particulièrement sensible à la
corrosion (stockage, décapage, nettoyage,…) ou encore lorsque la pièce est
soumise à des usinages très sévères comme le perçage, taraudage, forage, filetage,
…
2.4. Les classes d’inhibiteurs :
Il existe plusieurs possibilités de classer les inhibiteurs, celles-ci se distinguant les
unes des autres de diverses manières :
- la formulation des produits (inhibiteurs organiques ou minéraux),
- les mécanismes d’action électrochimique (inhibiteurs cathodiques, anodiques ou
mixtes),
- les mécanismes d’interface et principes d’action (adsorption et/ou formation d’un
film).
[Link]. Les inhibiteurs organiques
Les molécules organiques sont promises à un développement plus que certain en
terme d’inhibiteur de corrosion : leur utilisation est actuellement préférée à celle
d'inhibiteurs inorganiques pour des raisons d’écotoxicité essentiellement. Les
inhibiteurs organiques sont généralement constitués de sous-produits de l’industrie
pétrolière . Ils possèdent au moins un centre actif susceptible d’échanger des
électrons avec le métal, tel l’azote, l’oxygène, le phosphore ou le soufre.
Les groupes fonctionnels usuels, permettant leur fixation sur le métal, sont :
le radical amine (-NH2),
le radical mercapto (-SH),
le radical hydroxyle (-OH),
le radical carboxyle (-COOH).
[Link]. Les inhibiteurs minéraux
Les molécules minérales sont utilisées le plus souvent en milieu proche de la neutralité, voire en
milieu alcalin, et plus rarement en milieu acide. Les produits se dissocient en solution et ce sont leurs
produits de dissociation qui assurent les phénomènes d’inhibition (anions ou cations). Les principaux
anions inhibiteurs sont les oxo-anions de type XO4 n- tels les chromates, molybdates, phosphates,
silicates,… Les cations sont essentiellement Ca2+ et Zn2+ et ceux qui forment des sels insolubles avec
certains anions tels que l’hydroxyle OH- . Le nombre de molécules en usage à l’heure actuelle va en
se restreignant, car la plupart des produits efficaces présentent un côté néfaste pour
l’environnement.
Mécanismes d’action électrochimique Dans la classification relative au mécanisme d’action
électrochimique, on peut distinguer les inhibiteurs anodique, cathodique ou mixte (regroupant alors
les deux premières propriétés). L’inhibiteur de corrosion forme une couche barrière sur la surface
métallique, qui modifie les réactions électrochimiques en bloquant soit les sites anodiques (siège de
l’oxydation du métal) soit les sites cathodiques (siège de la réduction de l’oxygène en milieu neutre
aéré ou siège de la réduction du proton H+ en milieu acide), voire les deux (figure 1.1).
SCHEMAS DES SITES CATHODIQUES ET SITES ANODIQUES
Les inhibiteurs anodiques doivent être utilisés avec précaution. En effet, si le film protecteur est
altéré par une rayure ou par une dissolution, ou si la quantité d’inhibiteur est insuffisante pour
restaurer le film, la partie exposée se corrode en piqûre profonde. En matière de corrosion localisée,
la corrosion par piqûre est une forme particulièrement insidieuse : l’attaque se limite à des trous, très
localisés et pouvant progresser très rapidement en profondeur tout en conservant le reste de la
surface indemne.
Mécanismes d’action interfaciale [Link]. Adsorption des molécules inhibitrices à la surface
métallique L’adsorption est un phénomène de surface universel car toute surface est constituée
d’atomes n’ayant pas toutes leurs liaisons chimiques satisfaites. Cette surface a donc tendance à
combler ce manque en captant atomes et molécules se trouvant à proximité. Deux types
d’adsorption peuvent être distingués : la physisorption (formation de liaisons faibles) et la
chimisorption. La première, encore appelée adsorption physique conserve l’identité aux molécules
adsorbées ; trois types de forces sont à distinguer : ¾ Les forces de dispersion (Van der Waals,
London) toujours présentes, ¾ Les forces polaires, résultant de la présence de champ électrique, ¾
Les liaisons hydrogène dues aux groupements hydroxyle ou amine.
La chimisorption, au contraire, consiste en la mise en commun d’électrons entre la partie polaire de
la molécule et la surface métallique, ce qui engendre la formation de liaisons chimiques bien plus
stables car basées sur des énergies de liaison plus importantes. Les électrons proviennent en grande
majorité des doublés non appariés des molécules inhibitrices tels que O, N, S, P,… (tous ces atomes
se distinguant des autres de par leur grande électronégativité). L’adsorption chimique s’accompagne
d’une profonde modification de la répartition des charges électroniques des molécules adsorbées. La
chimisorption est souvent un mécanisme irréversible.
Formation d’un film intégrant les produits de dissolution du substrat Cette forme d’inhibition,
appelée également inhibition «d’interphase » traduit la formation d’un film tridimensionnel entre le
substrat corrodé et les molécules d’inhibiteur [LOR-80, MAN-85, KAR-98]. Les inhibiteurs
d’interphase ne se contentent ainsi pas d’être adsorbés aux interfaces métal/oxyde et
oxyde/électrolyte, mais sont également incorporés dans les couches barrières (en formant des
complexes par exemple) ; ainsi ces
molécules inhibitrices d’interphase conduisent à des réseaux homogènes et denses présentant de
fait une faible porosité et une bonne stabilité.
3ème cas : inhibiteur mixte (ZnCl2 + Na2MoO4)
Le mélange utilisé est constitué de deux inhibiteurs à savoir le chlorure de Zinc
(ZnCl2) avec une concentration fixe de 400 ppm et le molybdate de sodium
(Na2MoO4) avec différentes concentrations de 200, 400 et 600 ppm. Les résultats
obtenus par la méthode galvanostatique sont représentés par les courbes de la
figure 5 qui mettent en évidence l’efficacité de cet inhibiteur qui est relativement
meilleure et la corrosion devient moins importante avec l’augmentation de la
concentration du molybdate de sodium. Les valeurs du potentiel de corrosion sont
relativement élevées que celles obtenues lors des expériences précédentes.
Inhibiteurs de corrosion
Les pertes provoquées par la corrosion ne se limitent pas uniquement aux
gaspillages des ressources naturelles et financières, mais elles peuvent
compromettre la sécurité humaine. Parmi les moyens de protection contre la
corrosion qu’on a voulu étudier dans ce travail sont les inhibiteurs de corrosion, qui
sont définis comme étant des composés chimiques qu’on ajoute au milieu corrosif et
dont leurs rôles et d’agir en créant une barrière entre le métal et le milieu corrosif,
pour diminuer ou retarder la corrosion sans changement des caractéristiques
physico-chimiques du métal. Ils viennent se fixer à la surface du métal sous une
forme qui dépend de leur nature. Quelque soit le mécanisme approprié par lequel
chaque inhibiteur agit dans les conditions dans lesquelles il est placé, il existe un
certain nombre de considérations de base valables pour tous les inhibiteurs tels que :
- l’interposition d’une barrière entre le métal et le milieu corrosif - le renforcement
d’une barrière préexistante - la formation d’une barrière par l’interaction entre
l’inhibiteur et une ou plusieurs espèces du métal