Par quel mécanisme la comptabilité publique est-elle tenue dans la
Direction Générale des Migrations (DGM) ?
I. Introduction
La Direction Générale des Migrations (DGM) est une institution étatique de la République
Démocratique du Congo (RDC) responsable de la régulation et du contrôle des flux migratoires.
Elle est impliquée dans la surveillance des frontières, la délivrance des documents migratoires
et la gestion des activités liées à la mobilité des personnes. En tant qu’entité publique, la DGM
applique les principes de la comptabilité publique, dont les objectifs sont la traçabilité, la
transparence et l’efficacité dans la gestion des ressources publiques. Ce mécanisme est essentiel
pour garantir la légalité et l’optimisation des fonds publics.
II. Description de l’entité
La DGM est une administration rattachée au ministère de l’Intérieur, qui agit comme une régie
financière. Elle collecte des ressources propres en plus des dotations budgétaires allouées par
l’État. Ses activités financières et comptables se concentrent sur :
La perception des droits migratoires (frais de visas, permis de séjour, laissez-passer,
etc.).
La gestion des amendes administratives imposées pour les infractions aux lois
migratoires.
La mobilisation des fonds destinés au contrôle des frontières et aux services
administratifs.
III. Développement : Mécanismes de tenue de la comptabilité publique à la
DGM
1. Cadre réglementaire et organisationnel
La comptabilité de la DGM est régie par les dispositions des lois sur les finances
publiques en RDC, notamment la loi relative aux finances publiques (LOFIP).
Elle utilise un plan comptable public qui respecte les normes du cadre harmonisé
des finances publiques. Ce plan impose une double entrée pour la gestion des
recettes et des dépenses.
Les fonds collectés par la DGM sont centralisés auprès du Trésor Public,
conformément au principe d’unicité de caisse. Cependant, la DGM dispose de
certaines marges pour l’utilisation des fonds propres en gestion déléguée.
2. Collecte des recettes
Sources de recettes :
La DGM perçoit des recettes provenant de :
o Frais liés aux visas d’entrée et de sortie.
o Permis de séjour pour les étrangers.
o Taxe frontalière et redevances pour le transit des personnes.
o Amendes infligées pour les infractions migratoires.
Procédure de collecte :
o Les agents chargés des postes frontaliers et des bureaux de la DGM enregistrent les
recettes via des quittanciers officiels.
o Ces recettes sont régulièrement déposées dans les comptes bancaires du Trésor ou
dans des comptes intermédiaires en attendant la réconciliation avec l’administration
centrale.
3. Exécution des dépenses
Les dépenses de la DGM sont classées en deux catégories principales :
Dépenses de fonctionnement : paiement des salaires, achats de fournitures
administratives, entretien des équipements et infrastructures (postes frontaliers,
bureaux).
Dépenses d’investissement : acquisition de véhicules pour la surveillance des frontières,
construction ou réhabilitation des bureaux et postes frontaliers, équipements
technologiques pour la gestion des données migratoires.
Procédure d’engagement :
o Les dépenses sont exécutées selon le budget approuvé par le ministère des Finances
et les organes de contrôle.
o Toute dépense passe par un circuit de validation, incluant l’engagement,
l’ordonnancement et le paiement.
4. Contrôle et reddition des comptes
Contrôle interne :
La DGM dispose de services internes de contrôle financier pour veiller à la régularité des
opérations.
Contrôle externe :
o L’Inspection Générale des Finances (IGF) vérifie régulièrement les comptes de la
DGM pour garantir leur conformité aux normes publiques.
o Les rapports financiers de la DGM sont soumis à la Cour des Comptes et, dans
certains cas, au Parlement, pour examen.
Reddition des comptes :
o La DGM établit un rapport annuel détaillant les recettes perçues, les dépenses
engagées, ainsi que les éventuels écarts par rapport au budget initial.
o Ces rapports sont transmis aux autorités compétentes pour validation.
5. Particularités de la gestion comptable à la DGM
La DGM fonctionne également comme une régie génératrice de recettes pour l’État. À
ce titre, une partie des fonds collectés peut être rétrocédée pour financer directement ses
activités opérationnelles (contrôle des frontières, actions de lutte contre l’immigration
illégale).
Les fonds propres de la DGM sont soumis à une comptabilité distincte pour éviter les
conflits avec les dotations budgétaires de l’État.
IV. Conclusion
La comptabilité publique de la DGM repose sur des mécanismes rigoureux alignés sur les
principes de transparence et de responsabilité. En assurant la gestion efficace de ses recettes et
dépenses, la DGM contribue non seulement à la sécurisation des frontières, mais aussi au
financement des services publics en RDC. Ces mécanismes garantissent une utilisation
optimale des ressources dans le respect des règles comptables et des objectifs de développement
national.