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Révolution industrielle en Europe : genèse et phases

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Révolution industrielle en Europe : genèse et phases

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Académie de Diourbel / Année scolaire : 2018- 19

Lycée Scientifique d’Excellence / M DIATTA


Cycle secondaire/ classe : Première
PREMIERE PARTIE : LA RÉVOLUTION INDUSTRIELLE ET SES
CONSÉQUENCES EN EUROPE.
LEÇON 1 : LA RÉVOLUTION INDUSTRIELLE : GENÈSE, FORMES ET
MANIFESTATIONS.

OG : Comprendre la naissance et le développement de l’industrialisation en Europe au XIX ème


siècle.

OS 1/ expliquer le processus ayant conduit à la révolution industrielle


OS 2/ identifier les différentes phases de la révolution industrielle ainsi que leurs caractéristiques ;
OS 3/ identifier les différents domaines dans lesquels s’est manifestée la révolution industrielle.
Stratégie : questions/ réponses
Sources :

- Histoire 1ère ; sous la direction de Jean Michel LAMBIN ; Hachette édition ; Paris 1994
- HISTOIRE PREMIERE 1880 1945 ; sous la direction de Jacques ALDEBERT ; Delagrave ; Paris ;
1988
- Histoire 2e ; sous la direction de Jacques Marseille ; Nathan ; 1994
- Sources internet

Plan
Introduction
I/ La genèse de la révolution industrielle
1. La société préindustrielle
2. La Genèse de la révolution: rupture avec le passé
II/ Les formes de la révolution industrielle
III/ Les manifestations de la révolution industrielle
1. Le développement du machinisme
2. La révolution agricole
3. La révolution des transports et des télécommunications
Conclusion

Introduction
La révolution industrielle désigne le passage d'une économie à dominante agricole et artisanale à
une économie ouverte fondée sur le commerce et la grande industrie. Elle se caractérise par une
transformation profonde de l’industrie, l’utilisation de techniques nouvelles, le développement de
nouvelles branches d’activités et un accroissement de la production. Amorcée en Grande Bretagne à
partir de la fin du XVIIIème siècle (1780), la révolution industrielle se répand en Europe occidentale
puis dans le reste du monde et transforme les modes de production, les transports et les échanges et
améliore les conditions de vie de l’humanité.

I- LA GENÈSE DE LA RÉVOLUTION INDUSTRIELLE


1. La société préindustrielle
De la fin du Moyen-âge au XVIIIème siècle, la société européenne était

1
encore largement féodale1, et presque exclusivement agricole. L’agriculture et l’artisanat
constituent les bases de l’économie traditionnelle. L’économie de marché est faible. Les
manufactures existantes étaient des propriétés royales. Jusqu’au XVIII ème siècle, l’Europe
connaissait un certain développement économique mais était souvent frappée par des
crises ; épidémies, guerres, disettes. L’accroissement démographique est assez faible, de
l’ordre de 0,14% à cause d’un fort taux de mortalité qui jugule l’importance de la natalité.
Dès le XVII ème siècle, de grandes compagnies commerciales apparaissent. Exemple : la Compagnie
anglaise des Indes orientales en 1600 ; la Compagnie néerlandaise des Indes orientales en 1602.
C’est la naissance du mercantilisme avec l’apparition en Europe d’Etats-nations contrôlant
l’économie et les relations commerciales.
Au XVIII ème siècle, le mercantilisme (Courant de pensée économique qui prône l’existence d’un Etat
promoteur actif dans le commerce et l’industrie) il s’est développé entre 1500 et 1800.

2. La Genèse de la révolution: rupture avec le passé


Genèse : Ensemble des processus contribuant à l'élaboration et à la production de
(quelque chose)
La révolution industrielle est née dans un contexte politique, social et économique favorable. Les
capitaux accumulés grâce à la traite négrière, au développement du commerce permettent de
financer la recherche scientifique. Le XVIII è siècle (siècle des lumières)2 garantit les libertés
individuelles et collectives, la séparation des pouvoir et favorise un engouement (goût prononcé et
soudain (pour quelque chose) pour les sciences. Grâce aux aides financières, des instituts
universitaires et des laboratoires sont créés et permettent le développement de la recherche. La
collaboration entre chercheurs se développe et les découvertes sont vulgarisées. Les découvertes
scientifiques permettent l’essor de la technique3. Les découvertes et innovations concernent tous les
domaines :
- En PHYSIQUE, Lorentz découvre les électrons en 1892 ; Wilhelm Röntgen découvre les
rayons X en 1895 permettant la radiographie, Pierre et Marie Curie découvrent le radium
(élément métallique radioactif) en 1898 et établissement les fondements de la radioactivité;
Albert Einstein énonce la théorie de la relativité en 1905.
- EN CHIMIE : Berthollet met au point l’eau de javel en 1777, Mendeleïev établit le tableau de
classification périodique en 1869, la société Bayer met au point l’aspirine en 1899.
- EN MEDECINE : Pasteur découvre les microbes en 1862 et met au point le vaccin contre la
rage en 1885, Edward Jenner met au point le vaccin contre la variole en 1796, Robert Koch
découvre le bacille de la tuberculose en 1882.
- EN MECANIQUE : James Watt améliore la machine à vapeur de Thomas Newcomen en 1765,
Mac Cormick met au point la moissonneuse en 1824,
- Les TRANSPORTS : Stephenson fabrique la première locomotive en 1814 ; Dunlop fabrique le

1
Féodalisme : système économique, social basé sur la domination des seigneurs et l'asservissement des vassaux. Le sujet
en échange de la protection du Seigneur doit lui verser des redevances appelées droits féodaux.

2
Le XVIII è siècle est marqué par des progrès de la science, le triomphe des philosophes (qui critiquent la
société et les institutions politiques de leur temps (absolutisme en France), prônent la séparation des pouvoirs,
les libertés individuelles et collectives) et les grandes révolutions (Angleterre en 1688, aux USA en 1776 et en
France en 1789)
Le XVIIIème siècle est marqué par l’apparition d’un mouvement intellectuel et philosophique qui
domine le monde des idées. Il se caractérise par le rejet de la métaphysique, la croyance aux progrès,
le combat pour la tolérance et le respect des libertés civiles.
3
La technique : ce qui a trait à l'application ou à l'apprentissage des connaissances théoriques à la production
ou à l'économie.
2
pneu en caoutchouc en 1885 ; Daimler met au point le moteur à explosion4 en 1886, Diesel
fabrique le moteur à huile lourde en 1893,
- Dans le domaine ÉNERGÉTIQUE, Gramme invente la dynamo (machine qui génère
mécaniquement du courant électrique continu) en 1872, Drake découvre le premier puits de
pétrole en 1859, Deprez met au point le procédé du transport de l’énergie électrique en 1882.
- Dans le domaine de l'audiovisuel et des communications : le Français Joseph Nicéphore
Niépce invente la première photographie en 1826 ou 1827 ; en 1837 : l'Américain Samuel
Morse développe un système de télégraphe électrique et d'alphabet (Cet appareil permet de
correspondre instantanément et à de très grandes distances) ; en 1876 : le Britannique
Alexandre Graham Bell fait connaître son système de téléphone (des câbles sous-marins sont
installés et permettent des liaisons entre les continents) ; en 1877 : l'Américain Thomas
Edison achève la construction du premier véritable phonographe capable d'enregistrer et de
réécouter la voix humaine et du son.
-
Ces innovations et découvertes débouchent sur la révolution industrielle.

II- LES FORMES DE LA RÉVOLUTION INDUSTRIELLE


La révolution industrielle se fait en plusieurs étapes et touche les régions à des moments
différents. On distingue deux vagues :
- La première révolution industrielle (1780- 1850) a concerné les pays charbonniers (la Grande
Bretagne à la fin du XVIIIe siècle et la France au début du XIXe siècle). Elle a reposé sur le
charbon, la machine à vapeur, les industries textiles et métallurgiques5. Elle se manifeste par
une demande croissante en fonte, en acier et en charbon comme principales matières
premières.

La deuxième révolution industrielle (1880-1930) est marquée par l’utilisation de nouvelles


sources d’énergie (pétrole, électricité), le développement de nouvelles industries (industries
chimiques, métallurgique, mécaniques). Les innovations majeures sont les produits chimiques
(engrais chimiques, colorants, fibres textiles artificielles), l’automobile, l’électromécanique. La
mécanisation du travail s’intensifie dans tous les pays industriels. Les pays de la deuxième
vague sont l’Allemagne et les États-Unis, qui se sont industrialisés à partir du milieu du XIXe,
le Japon à partir de 1868 puis la Russie et les pays de l’Europe du sud et de l’Est à la fin du XIXe.

La révolution industrielle a connu une évolution irrégulière. Les phases de croissance sont de
1850 à 1873 du fait de la forte productivité et de 1893 à 1914 grâce aux progrès techniques et la
forte demande. Les périodes de crises sont de 1873 à 1893 à cause de la grande dépression6 et à
partir de 1929 avec le krach boursier de New York7.

4
Dispositif qui fournit de l'énergie mécanique par transformation de l'énergie calorifique, libérée par calcination
d'un combustible

5
Métallurgie : ensemble des entreprises où l'on travaille et exploite les métaux
Sidérurgie : industrie lourde consacrée à la production et à la transformation du fer, de la fonte et de l'acier
6
Crise boursière ayant débuté à Vienne en 1873 et qui a duré jusqu’en 1896 et entrainé de nombreuses
difficultés économiques : faillites des entreprises, chute de la croissance, chômage.
7
Crise économique liée à la spéculation, au ralentissement de l’activité économique, une hausse des cours des
actions débouchant sur une crise boursière et à l’effondrement des cours (prix des actions) à Wall Street le
jeudi 24 octobre 1929.
3
III- LES MANIFESTATIONS DE LA RÉVOLUTION INDUSTRIELLE
1- Le développement du machinisme
Grace aux nombreuses découvertes, la machine se développe. Le machinisme conduit au
regroupement des activités industrielles en usine. La multiplication des usines symbolise partout la
révolution industrielle. Le machinisme permet une production massive d’articles standardisés.

2- La révolution agricole
Elle débute au XVIII ème siècle et se poursuit tout au long du XIX ème siècle grâce à l’apparition
de machines agricoles (moissonneuses, moissonneuses-batteuses, charrues mécaniques),
l’utilisation des engrais artificiels et la sélection des semences. La production augmente rapidement
et permet la commercialisation des excédents.

3- La révolution des transports et des télécommunications


La révolution des transports et l’essor des télécommunications favorisent l'accroissement des
échanges intérieurs et internationaux.
- LE TRANSPORT MARITIME : A partir de 1850, des bateaux à vapeur appelés « steamers » (navire à
coque métallique) sont construits et remplacent rapidement les voiliers (clippers).
Progressivement le fer puis l’acier remplacent le bois dans la construction navale. Grâce à la
généralisation de l’hélice, et l’utilisation du moteur diésel, la vitesse, la sécurité et la capacité
des bateaux augmentent rapidement. Le percement des canaux transocéaniques de Suez en
1869 (raccourcit de moitié la route des Indes) et de Panama en 1914 (abaisse de 60% la
distance maritime New York - San Francisco) réduit les distances.
- LE TRANSPORT FERROVIAIRE : En 1817, l’Anglais Stephenson construit les locomotives à vapeur. La
première ligne de chemin de fer reliant Manchester à Liverpool est inaugurée en 1830 et
rapidement les lignes de chemin de fer se répandent dans toute l’Europe puis l’Amérique du
nord. Les chemins de fer transcontinentaux se développent. Le premier est inauguré en
Amérique en 1879 (New York- San Francisco) [le Transsibérien en 1910 ; le Transandin :
Buenos Aires- Valparaiso en 1910] (La France dispose de 21 300 kms de voies ferrées.) En
1900 on compte 750 000 km de lignes ferroviaires dans le monde et un million de km en 1913.
- LE TRANSPORT ROUTIER : Les premières automobiles commercialisées dès 1873 sont à vapeur.
L’automobile à essence naît en 1886 avec le moteur à explosion. En 1914, seules les usines
de l’Américain Henri Ford fabriquent des automobiles en série.
- L’AVIATION est née en 1890 avec le premier vol de Clément Ader. Les frères Wright (Orville et
Wilbur WRIGHT) adaptent le moteur à l’explosion à l’engin de Ader et réalisent le premier vol
maitrisé en 1903. [la première traversée de la Manche a lieu en 1909 par Louis Blériot].
LES TÉLÉCOMMUNICATIONS se développent avec l’invention du téléphone par l’Américain Bell en 1876, du
phonographe [ancien appareil mécanique d'enregistrement et de reproduction sonores] par Edison
en 1881, de la radio dans les années 1890 (par le Français Branly, le russe Popov et l’Italien
Marconi). Les frères Lumières réalisent en 1895 le premier appareil cinématographique.

Conclusion

Au XIX ème siècle l’Europe a connu des progrès scientifiques et techniques très remarquables. Ces
progrès déclenchent une transformation complète des modes de production, un développement des
transports de marchandises et de passagers et un essor du commerce. La révolution industrielle
bouleverse la vie économique, politique et culturelle et la société.

4
Académie de Diourbel / Année scolaire : 2018 19
Lycée Scientifique d’Excellence / M DIATTA
Cycle secondaire/ classe : Première

Leçon 2 : CONSÉQUENCES ÉCONOMIQUES, POLITIQUES, SOCIALES ET CULTURELLES DE LA RÉVOLUTION INDUSTRIELLE.

OG : Connaitre les principales transformations que la révolution industrielle a entrainées en Europe


au XIX ème siècle ainsi que les interactions entre celles-ci.

OS 1/ expliquer les transformations économiques liées à la révolution industrielle


OS 2 expliquer les mutations de la société européenne au lendemain de la RI ;
OS 3/ dégager les transformations intervenues dans la vie politique et culturelle.
Stratégie : questions/ réponses
Sources :

- Histoire 1ère ; sous la direction de Jean Michel LAMBIN ; Hachette édition ; Paris 1994
- HISTOIRE PREMIERE 1880 1945 ; sous la direction de Jacques ALDEBERT ; Delagrave ; Paris ;
1988
- Histoire 2e ; sous la direction de Jacques Marseille ; Nathan ; 1994
- Sources internet

Plan
5
Introduction
I- Les conséquences économiques
II- Les transformations sociales
III- Les conséquences politiques
IV- Les transformations culturelles

Introduction

La révolution industrielle a entraîné de profonds changements dans les sociétés occidentales. Ces
mutations d’abord économiques grâce aux progrès scientifiques et techniques, ont un effet
d’entrainement sur les structures sociales, politiques et la vie culturelle.

I. LES CONSÉQUENCES ÉCONOMIQUES

1- Les transformations dans l’Agriculture


L’agriculture a subit les effets du développement du machinisme. [C’est en Grandes Bretagne que
les nouvelles innovations dans l’agriculture débutent avec l’expérimentation de l’assolement8
continu en 1720.] Les campagnes se modernisent grâce à la mécanisation (utilisation tracteurs,
moissonneuses batteuses en 1834 par Cyrus Cormick), la sélection des semences et des espèces
animales, la fertilisation (engrais chimiques) et l’utilisation de produits phytosanitaires (pesticides,
herbicides…). La mécanisation de l’agriculture permet une augmentation de la production agricole
(de 20 à 30% en France entre 1700 et 1780) et une ouverture sur le marché. Pour limiter la
concurrence, les régions se spécialisent en fonction de leurs aptitudes climatiques.

2- Une évolution de l’industrie


Les manufactures rurales et l’artisanat local disparaissent au profit de l’usine dans de nouvelles
régions industrielles. Pour accroitre la production et limiter la concurrence, de nouvelles formes
d’organisation du travail apparaissent. Il s’agit de la standardisation (production de masse d’articles
identiques), de la taylorisation et des concentrations.
La taylorisation (travail en chaine, du nom de l’ingénieur américain Frédéric W. Taylor [1856-1915])
avec une spécialisation des ouvriers, cherche à rationaliser les gestes de l’ouvrier en supprimant les
déplacements inutiles.
Les concentrations sont des regroupements de moyens de production sous une même direction pour
résister à la concurrence et accroitre la production. On distingue :
❖ La concentration géographique qui conduit au regroupement des industries sur des sites
favorables à la production (ports, aéroports, axes routiers, mines de charbon, grandes villes…).
❖ La concentration financière qui est une association des petites et moyennes entreprises aux
grandes entreprises. On distingue deux types de concentration financière :
➢ La concentration horizontale qui regroupe en une seule entreprise, par fusions ou
absorptions, plusieurs entreprises fabriquant les mêmes produits. Elle consiste en une
entente entre industriels de la même branche pour fixer les prix et se partager le

8
Fait de faire succéder les cultures dans un certain ordre en divisant les terres labourables en grandes portions
(soles).
6
marché afin d’éviter la concurrence. Exemples : les Cartels9 dans le pétrole, l’acier …
➢ La concentration verticale regroupe en une seule entreprise, par fusions ou
absorptions, plusieurs entreprises ayant des activités complémentaires. Cette entente
vise à s’assurer le contrôle d’une production (monopole) afin d’imposer son prix. C’est
le cas des trusts10 américains. Exemple l’aciérie, les fabricants de pneumatiques, la
constructeurs automobiles.
3- L’essor du capitalisme
Capital : ensemble des moyens financiers et matériels qu’il faut rassembler pour créer une
entreprise. Capitalisme est un système économique basé sur la recherche du profit, la libre entreprise, la
propriété privée des moyens de production et d’échange et la concurrence.

Avec la révolution industrielle, on note l’émergence du capitalisme libéral qui relaye le capitalisme
mercantile. Son essor s’explique par le développement du libéralisme économique. Le rôle de l’Etat se
limite à favoriser le libre-échange, à limiter les dépenses publiques et à réguler les pratiques
déloyales (dumping, protectionnisme). Le capitalisme dispose de trois moyens d’action :

✓ La société anonyme ou société par actions : Ce sont des entreprises dont le capital est
constitué d’actions. (Une action est une part du capital d’une entreprise). Les sociétés
anonymes appartiennent à des propriétaires multiples (actionnaires). Chaque actionnaire
reçoit des bénéfices annuels (dividendes)11. [La S. A. est gérée par un Conseil d’Administration
élu par les actionnaires.]
✓ La banque : son rôle est de financer les entreprises, de gérer l’épargne des particulier. On
distingue trois types de banques :
• Les banques de dépôts qui reçoivent l’épargne des particuliers et pratiquent des
crédits à court terme. Exemple : la Société Générale ; le Crédit Lyonnais ; la Barclays
Bank…
• Les banques d’affaires qui travaillent sur capitaux propres, pratiquent des crédits à
long terme. Elles prêtent des capitaux aux entreprises achètent des actions et
participent à la gestion des entreprises. Exemple : Rothschild ; Mallet…
• La banque centrale ou banque d’émission chargée démettre la monnaie. C’est la
banque de l’Etat. [on distingue trois formes de monnaie : la monnaie métallique
(pièces d’or, d’argent ou autre alliage), fiduciaire (billets de banque) et la monnaie
scripturale ou chèque.
✓ La bourse de valeur : c’est un lieu d’échange où des particuliers peuvent vendre ou acheter
des titres ou actions. C’est à la bourse que sont cotées les actions (détermination de la
valeur) des principales entreprises. Exemple : la Bourse de Londres apparue en 1802 ; Wall
Street…

Libéralisme : théorie économique prônant la liberté des échanges commerciaux et le non-


interventionnisme de l'État

Le capitalisme mercantile : ensemble des doctrines des économistes européens des XVIe et XVIIe
siècles préconisant l'intervention de l'État pour accroître la richesse nationale, notamment par
l'extension des exportations sur les importations

9
Cartel : entente entre entreprises de la même branche pour fixer les prix et se partager le marché afin d’éviter
la concurrence
10
Trust : concentration d’entreprises qui détient un pouvoir de domination sur tout un secteur de l’économie. On
parle de trust aux USA, de konzern en Allemagne ou de zaïbatsu au Japon.
11
Dividende : part retenue sur les bénéfices réalisés par une société et attribuée proportionnellement à chaque actionnaire

7
le mercantilisme est à l'origine du capitalisme

II. LES TRANSFORMATIONS SOCIALES

L’essor économique issu de la révolution industrielle bouleverse les structures sociales.


1- L’explosion démographique
Les pays ayant connu la révolution industrielle ont également connu des mutations démographiques
dont la plus importante est la transition démographique. Grâce à un meilleur ravitaillement, au recul
des épidémies et des guerres, à l’amélioration des conditions d’hygiène, la population européenne
explose. Elle passe de 200 à 423 millions d’habitants entre 1800 et 1900.
2- L’essor des villes
La croissance démographique, combinée à l’industrialisation favorisent un exode rural et une
importante émigration. Le nombre et la taille des villes augmentent considérablement grâce à
l’accroissement naturel de la population, à l’exode rural, à la révolution des transports et à
l’industrialisation. La population vivant dans les villes de plus 5000 habitants atteint 68,9%
Royaume-Uni, 49% en Allemagne, 42% aux USA.
Cette démographique galopante en ville crée des problèmes sociaux importants (ravitaillement,
transport, hygiène) et impose la construction de nouveaux équipements.

Les villes se modernisent, des immeubles sont construits, l’hygiène (eau potable, égouts) et le confort
(gaz puis électricité) s’améliorent ainsi que les transports (métro, tramways…). Les populations
aisées vivent à l’intérieur des villes alors que les populations les plus pauvres sont rejetées en
périphérie.

3- L’apparition de nouvelles classes sociales


Jusqu’à la révolution industrielle la noblesse dominait la société. La bourgeoisie financière et
industrielle remplace la noblesse dont le rôle et le prestige s’amenuisent. La nouvelle bourgeoisie
dispose du pouvoir économique, politique et culturel. Cette nouvelle classe dirigeante n’est pas
homogène. Elle se compose de trois catégories : la petite bourgeoisie (artisans, petits commerçants,
employés, fonctionnaires), la moyenne bourgeoisie (médecins, enseignants, ingénieurs, juristes) et la
haute bourgeoisie (grands négociants, banquiers, industriels). La moyenne et la petite bourgeoisie
constituent les classes moyennes.
A la bourgeoisie s’oppose la classe ouvrière ou classe prolétarienne. Ces ouvriers effectuent des
taches difficiles, vivent dans des ghettos (quartiers déshérités avec des logements exigus sans
confort) et sont souvent exploités et mal payés. Leurs conditions de vie et de travail sont cruelles. La
journée de travail atteint souvent 15 heures pour un salaire de misère. Les ouvriers, exposés aux
maladies et aux accidents du travail et au chômage ne disposent d’aucune protection sociale. Ils
dépendent entièrement du patron et sont soumis à la loi du marché. Le prolétariat se compose des
travailleurs à domicile, des artisans et travailleurs qualifiés, des ouvriers de la grande industrie.

III- LES CONSÉQUENCES POLITIQUES


Avant la révolution industrielle, la société était dirigée par la noblesse et l’Eglise. L’industrialisation
s’est accompagnée d’un processus de démocratisation de la société. La bourgeoisie qui contrôle le
pouvoir économique et culturel et se lance à la conquête du pouvoir politique. Avec le libéralisme, les
monarchies absolues sont remplacées par des régimes démocratiques (Républiques ou monarchies
parlementaires) garantissant le suffrage universel, la séparation des pouvoir (exécutif, législatif et
judiciaire) et les libertés individuelles et collectives. La garantie des libertés permet la naissance des
syndicats.
Le développement de l’industrie entraîne un besoin croissant de matières premières et de

8
débouchés. La solution à ces besoins est l’impérialisme.12

IV- LES TRANSFORMATIONS CULTURELLES


Sur le plan culturel de nouvelles de pensées font leur apparition. En même temps la création
artistique et littéraire, l’architecture sont traversés par de nouveaux courants.

❖ La pensée : Grâce aux progrès de la science, on assiste à l’essor de la doctrine positiviste.

Le positivisme : système philosophique imaginé par Auguste Comte, selon lequel la vérification des
connaissances par l’expérience est l’unique critère de vérité. Il privilégie l’expérience scientifique et le
raisonnement comme fondement du savoir et comme source principal du progrès de l’humanité.

Le positivisme prône une foi absolue en la science censée pouvoir résoudre tous les
problèmes, y compris philosophiques et moraux. En France, les principaux théoriciens du scientisme
sont le philosophe Auguste Comte, Ernest Renan qui déclare « la science renferme l’avenir de
l’humanité ». Toutefois, il existe des réactions contre le scientisme venant notamment des
philosophes tels qu’Henri Bergson (l’intuition doit permettre à l’homme de retrouver les forces vives
de la pensée) ou des scientifiques ou des écrivains tels que Paul Claudel. Ils soutiennent que la
science ne peut pas tout expliquer.

Avec la révolution industrielle, la science semble désormais pouvoir tout expliquer et la technique
rendre l’homme maître de l’univers. D’où la naissance du scientisme ou positivisme. Pour les
partisans du positivisme, il est temps que l’humanité se substitue à Dieu. Les adversaires de l’Eglise,
tels que les francs-maçons13, tentent de la séparer de l’Etat.

❖ Les arts: en peinture, de nombreux courants apparaissent. C’est l’exemple de


l’Impressionnisme qui s’intéresse à l’impression ressentie par le peintre et emploie une
technique nouvelle de couleur (Claude Monet, Auguste Renoir, Alfred Sisley), le Réalisme qui
vise à représenter la réalité sociale (Gustave Courbet, Jean François Millet), le Cubisme qui
utilisent des formes géométriques assemblées pour représenter les réalités (Pablo Picasso,
Georges Braque)… En 1895 le cinéma permet à tous l'accès à une culture populaire. La
première représentation a eu lieu le 25 décembre 1895.
❖ L’architecture: au XIXème siècle, de nouvelles formes architecturales fondées sur l’utilisation
du fer, de l’acier et des matières vitrées apparaissent. Les ponts, les gratte-ciel, la tour Eiffel
(construite en 1889), constituent les symboles de cette nouvelle conception architecturale.
❖ La littérature : de nombreux courants émergent. C’est le cas du naturalisme qui dénonce les
problèmes et les injustices sociaux, le romantisme (Victor Hugo, Lamartine, Alfred De
Musset…) du Réalisme avec Émile Zola qui cherche à décrire de manière minutieuse les
milieux sociaux et les types humains (Gustave Flaubert). la musique Utilisation d’instruments
de Jazz dans la musique.

Conclusion

12
Impérialisme : Terme apparu au XIX ème siècle pour désigner la politique d’expansion d’un Etat visant à en
mettre un autre sous sa dépendance. Pour les premiers théoriciens, cette politique est liée à la nécessité, pour
les pays capitalistes, de conquérir des zones d’influence pour exporter des capitaux et s’y approvisionner en
matières premières.
13
Franc-maçonnerie : association autrefois secrète qu’unit un idéal de fraternité et qu’identifie un certain
nombre de rites symboliques. A l’origine, au Moyen-âge, fraternité de maçons constructeurs, ces associations
se transforment en sociétés philanthropiques en Grande Bretagne au XVIIème siècle. Le Grand Orient de
France est gagné au XIXème siècle par des idées républicaines et positivistes.
9
En développant la vie économique et les échanges, la révolution industrielle bouleverse profondément
la société européenne avec le développement du monde ouvrier. Celui-ci, mieux organisé et de plus
en plus puissant menace la classe dominante. L’antagonisme entre la bourgeoisie et le prolétariat
favorise l’émergence des doctrines sociales (syndicalisme et socialisme) qui cherchent à corriger les
inégalités sociales.

Leçon 2 : Conséquences économiques, politiques, sociales et culturelles de la révolution industrielle.

Introduction

La révolution industrielle a entraîné des profonds changements dans les sociétés occidentales. Ces
mutations d’abord économiques grâce aux progrès scientifiques et techniques, ont un effet
d’entrainement sur les structures sociales, politiques et la vie culturelle.

I. LES CONSÉQUENCES ÉCONOMIQUES

4- Les transformations de l’Agriculture


L’agriculture a subit les effets du développement du machinisme. [C’est en Grandes Bretagne que
les nouvelles innovations dans l’agriculture débutent avec l’expérimentation de l’assolement continu
en 1720.] Les campagnes se modernisent grâce à la mécanisation (utilisation tracteurs,
moissonneuses batteuses en 1834 par Cyrus Cormick), la sélection des semences et des espèces
animales, la fertilisation (engrais chimiques) et l’utilisation de produits phytosanitaires (pesticides,
herbicides…). La mécanisation de l’agriculture permet une augmentation de la production agricole
(de 20 à 30% en France entre 1700 et 1780) et une ouverture sur le marché. Pour limiter la
concurrence, les régions se spécialisent en fonction de leurs aptitudes climatiques.

5- Une évolution de l’industrie


Les manufactures rurales et l’artisanat local disparaissent au profit de l’usine dans de nouvelles
régions industrielles. Pour accroitre la production et limiter la concurrence, de nouvelles formes
d’organisation du travail apparaissent. Il s’agit de la standardisation (production de masse d’articles
identiques), de la taylorisation et des concentrations.
La taylorisation (travail en chaine, du nom de l’ingénieur Frédéric W. Taylor [1856-1915]) avec une
spécialisation des ouvriers, cherche à rationaliser les gestes de l’ouvrier en supprimant les
déplacements inutiles.
Les concentrations sont des regroupements de moyens de production sous une même direction pour
résister à la concurrence et accroitre la production. On distingue :
❖ La concentration géographique qui conduit au regroupement des industries sur des sites
favorables à la production (ports, aéroports, axes routiers, mines de charbon, grandes villes…).
❖ La concentration financière qui est une association des petites et moyennes entreprises aux
grandes entreprises. On distingue deux types de concentration financière :
➢ La concentration horizontale qui regroupe en une seule entreprise, par fusions ou
absorptions, plusieurs entreprises fabriquant les mêmes produits. Elle consiste en une
entente entre industriels de la même branche pour fixer les prix et se partager le
marché afin d’éviter la concurrence. Exemples : les Cartels14 dans le pétrole, l’acier …
➢ La concentration verticale regroupant en une seule entreprise, par fusions ou
absorptions, plusieurs entreprises ayant des activités complémentaires. Cette entente

14
Cartel : entente entre entreprises de la même branche pour fixer les prix et se partager le marché afin d’éviter
la concurrence
10
vise à s’assurer le contrôle d’une production afin d’imposer son prix. C’est le cas des
trusts15 américains. Exemple l’aciérie, les fabricants de pneumatiques, la constructeurs
automobiles.
6- L’essor du capitalisme
Capital : ensemble des moyens financiers et matériels qu’il faut rassembler pour créer une
entreprise. Capitalisme est un système économique basé sur la recherche du profit, la libre entreprise, la
propriété privée des moyens de production et d’échange et la concurrence.

Avec la révolution industrielle, on note une émergence du capitalisme libéral qui relaye le capitalisme
mercantile. Son essor s’explique par le développement du libéralisme économique. Le rôle de l’Etat se
limite à favoriser le libre-échange, à limiter les dépenses publiques et à réguler les pratiques
déloyales (dumping, protectionnisme). Le capitalisme dispose de trois moyens d’action :

✓ La société anonyme ou société par actions : Ce sont des entreprises dont le capital est
fractionné en actions. Une action est une part du capital d’une entreprise. Les sociétés
anonymes appartiennent à des propriétaires multiples (actionnaires). Chaque actionnaire
reçoit des bénéfices annuels (dividendes)16. [La S. A. est gérée par un Conseil d’Administration
élu par les actionnaires.]
✓ La banque : son rôle est de financer les entreprises, de drainer l’épargne des particulier. On
distingue trois types de banques :
• Les banques de dépôts qui reçoivent l’épargne des particuliers et pratiquent des
crédits à court terme. Exemple : la Société Générale ; le Crédit Lyonnais ; la Barclays
Bank…
• Les banques d’affaires qui travaillent sur capitaux propres, pratiquent des crédits à
long terme. Elles prêtent des capitaux aux entreprises achètent des actions et
participent à la gestion des entreprises. Exemple : Rothschild ; Mallet…
• La banque centrale ou banque d’émission chargée démettre la monnaie. C’est la
banque de l’Etat. [on distingue trois formes de monnaie : la monnaie métallique
(pièces d’or, d’argent ou autre alliage), fiduciaire (billets de banque) et la monnaie
scripturale ou chèque.
✓ La bourse de valeur : c’est un lieu d’échange où des particuliers peuvent ventre vendre ou
acheter des titres ou actions. C’est à la bourse que sont cotées les actions (détermination de
la valeur) des principales entreprises. Exemple : la Bourse de Londres apparue en 1802 ; Wall
Street…

Libéralisme : théorie économique prônant la liberté des échanges commerciaux et le non-interventionnisme de l'État

Le capitalisme mercantile : ensemble des doctrines des économistes européens des XVIe et XVIIe siècles préconisant l'intervention de
l'État pour accroître la richesse nationale, notamment par l'extension des exportations sur les importations
le mercantilisme est à l'origine du capitalisme

II. Les transformations sociales

L’essor économique issu de la révolution industrielle bouleverse les structures sociales.


4- L’explosion démographique
Les pays ayant connu la révolution industrielle ont également tous connu des mutations
démographiques dont la plus importante est la transition démographique. Grâce à un meilleur
ravitaillement, au recul des épidémies et des guerres, à l’amélioration des conditions d’hygiène, la
15
Trust : concentration d’entreprises qui détient un pouvoir de domination sur tout un secteur de l’économie. On
parle de trust aux USA, de konzern en Allemagne ou de zaïbatsu au Japon.
16
Dividende : part retenue sur les bénéfices réalisés par une société et attribuée proportionnellement à chaque actionnaire

11
population européenne explose. Elle passe de 200 à 423 millions d’habitants entre 1800 et 1900.
La croissance démographique, combinée à l’industrialisation favorisent un exode rural et une
importante émigration. L’accroissement démographique s’accompagne d’une urbanisation
croissante (Royaumes unis 54% urbains en 1851), avec les mains d’œuvres agricoles qui deviennent
des salariés dans les usines. La population vivant dans les villes de plus 5000 habitants atteint 68,9%
Royaume-Uni, 49% en Allemagne, 42% aux USA. Les villes augmentent en taille et en nombre. Cette
démographique galopante en ville crée des problèmes sociaux importants (ravitaillement, transport,
hygiène) et impose la construction de nouveaux équipements.

5- L’apparition de nouvelles classes sociales

Jusqu’à la révolution industrielle la noblesse domine la société. La bourgeoisie financière et


industrielle remplace la noblesse dont le rôle et le prestige s’amenuisent. La nouvelle bourgeoisie
dispose du pouvoir économique, politique et culturel. Cette nouvelle classe dirigeante n’est pas
homogène. Elle se compose de trois catégories : la petite bourgeoisie (artisans, petits commerçants,
employés, fonctionnaires), la moyenne bourgeoisie (médecins, enseignants, ingénieurs, juristes) et la
haute bourgeoisie (grands négociants, banquiers, industriels). La moyenne et la petite bourgeoisie
constituent les classes moyennes.
A la bourgeoisie s’oppose la classe ouvrière ou classe prolétarienne. Ces ouvriers effectuent des
taches difficiles, vivent dans des ghettos (quartiers déshérités avec des logements exigus sans
confort) et sont souvent mal payés et exploités. Leurs conditions de vie et de travail sont cruelles. La
journée de travail atteint souvent 15 heures pour un salaire de misère. Les ouvriers, exposés aux
maladies et aux accidents du travail et au chômage ne disposent d’aucune protection sociale. Ils
dépendent entièrement du patron et sont soumis à la loi du marché. Le prolétariat se compose des
travailleurs à domicile, des artisans et travailleurs qualifiés, des ouvriers de la grande industrie.

III. Les transformations politiques et culturelles


• Sur le plan politique
Avant la révolution industrielle, la société était dirigée par la noblesse et l’Eglise. L’industrialisation
s’est accompagnée d’un processus de démocratisation de la société. La bourgeoisie qui contrôle le
pouvoir économique et culturel et se lance à la conquête du pouvoir politique. Avec le libéralisme, les
monarchies absolues sont remplacées par des régimes démocratiques (Républiques ou monarchies
parlementaires) garantissant le suffrage universel, la séparation des pouvoir (exécutif, législatif et
judiciaire) et les libertés individuelles et collectives. La garantie des libertés permet la naissance des
syndicats.

Le développement de l’industrie entraîne un besoin croissant de matières premières et de débouchés.


La solution à ces besoins est l’impérialisme.17

Sa progression est favorisée par l’élargissement du droit de vote, le développement de l’instruction, la


liberté de la presse, les partis politiques et les syndicats.

Sur le plan culturel

Sur le plan culturel de nouvelles de pensées font leur apparition. En même temps la création
artistique et littéraire connaissent un essor tout comme l’architecture.

La pensée : Grâce aux progrès de la science, on assiste à l’essor de la doctrine positiviste. Le


17
Impérialisme : Terme apparu au XIX ème siècle pour désigner la politique d’expansion d’un Etat visant à en
mettre un autre sous sa dépendance. Pour les premiers théoriciens, cette politique est liée à la nécessité, pour
les pays capitalistes, de conquérir des zones d’influence pour exporter des capitaux et s’y approvisionner en
matières premières.
12
positivisme (système philosophique imaginé par Auguste Comte, selon lequel la vérification des
connaissances par l’expérience est l’unique critère de vérité. Il privilégie l’expérience scientifique et le
raisonnement comme fondement du savoir et comme source principal du progrès de l’humanité)
prône une foi absolue en la science censée pouvoir résoudre tous les problèmes, y compris
philosophiques et moraux. En France, les principaux théoriciens du scientisme sont le philosophe
Auguste Comte, Ernest Renan qui déclare « la science renferme l’avenir de l’humanité ». Toutefois, il
existe des réactions contre le scientisme venant notamment des philosophes tels que Henri Bergson
(l’intuition doit permettre à l’homme de retrouver les forces vives de la pensée) ou des scientifiques ou
des écrivains tels que Paul Claudel. Ils soutiennent que la science ne peut pas tout expliquer.

Avec la révolution industrielle, la science semble désormais pouvoir tout expliquer et la technique
rendre l’homme maître de l’univers. D’où la naissance du scientisme ou positivisme. Pour les
partisans du positivisme, il est temps que l’humanité se substitue à Dieu. Les adversaires de l’Eglise,
tels que les francs-maçons18, tentent de la séparer de l’Etat.

L’art: avec des courants comme l’Impressionnisme s’intéresse à l’impression ressentie par le peintre
et emploie une technique nouvelle de couleur (Claude Monet, Auguste Renoir, Alfred Sisley),
le Réalisme qui vise à représenter la réalité sociale (Gustave Courbet, Jean François Millet),
le Cubisme qui utilisent des formes géométriques assemblées pour représenter les réalités (Pablo
Picasso, Georges Braque)…

L’architecture: au XIXème siècle, de nouvelles formes architecturales apparaissent avec l’utilisation


du fer et des matières vitrées. Les gratte-ciel constituent une nouvelle conception architecturale.

Musique et la littérature: sur le plan littéraire s’impose le courant du Réalisme avec Émile Zola.
Utilisation d’instruments de Jazz dans la musique.

Académie de Diourbel / Année scolaire : 2017- 18


Lycée Scientifique d’Excellence / M DIATTA
Cycle secondaire/ classe : Première
PREMIERE PARTIE : LA RÉVOLUTION INDUSTRIELLE ET SES
CONSÉQUENCES EN EUROPE.
Leçon 3 : SYNDICALISME ET SOCIALISME.
OG : Comprendre la naissance et le l’impact des doctrines sociales en Europe au XIX ème siècle.

OS 1/ expliquer le processus ayant conduit à la naissance des syndicats, leurs différences, ainsi que
les résultats de leur action
OS 2/ expliquer la naissance du socialisme ainsi que les différences entre les courants socialistes.
Stratégie : questions/ réponses
Sources :
- Histoire 2e ; sous la direction de Jacques Marseille ; Nathan ; 1994

18
Franc-maçonnerie : association autrefois secrète qu’unit un idéal de fraternité et qu’identifie un certain nombre
de rites symboliques. A l’origine, au Moyen-âge, fraternité de maçons constructeurs, ces associations se
transforment en sociétés philanthropiques en Grande Bretagne au XVIIème siècle. Le Grand Orient de France
est gagné au XIXème siècle par des idées républicaines et positivistes.
13
- Sources internet : Larousse.fr ; Wikipédia.org
Plan
Introduction
I- Le syndicalisme
1- Naissance du syndicalisme européen
2- Les types de syndicats
II- Le socialisme
1- Le socialisme utopique
2- Le socialisme anarchiste
3- Le socialisme scientifique
Conclusion

Introduction
La révolution industrielle s’est réalisée dans un régime de liberté économique sans intervention de
l’Etat. Les ouvriers, soumis au patronat, vivent dans des conditions précaires. En même temps se
renforcent les écarts sociaux. Ainsi apparaissent le syndicalisme et le socialisme pour corriger ces
injustices sociales.
I- LE SYNDICALISME

Le syndicalisme est un courant de pensée fondé sur le syndicat. Celui-ci se définit comme une
association de travailleurs d'une même profession pour la défense de leurs intérêts moraux et
professionnels communs. Le syndicalisme désigne également l'action militante qui cherche à
poursuivre les buts d'un syndicat.
En France le syndicalisme s'inscrit dans la lignée des groupements corporatifs des sociétés
modernes et médiévales. Ces groupements sont interdits par la loi Le Chapelier de 1791 et subissent
une répression opiniâtre lors de la première révolution industrielle. Mais en 1864, la loi Ollivier abolit
le délit de coalition et reconnaît de fait le droit de grève. Les syndicats ne sont cependant légalisés
qu'en 1884 avec la loi Waldeck-Rousseau, qui comporte encore plusieurs restrictions.

On parle au Royaume-Uni de « trade unions » ou « labour unions » pour désigner les syndicats. Le
syndicalisme fut interdit et sévèrement réprimé en Grande-Bretagne jusqu'en 1824. En 1850 se
formèrent des syndicats plus stables, mieux pourvus en termes de ressources, mais souvent moins
radicaux. Le statut légal des syndicats fut établi par la commission royale en 1867 lorsque celle-ci
admit que la mise en place de ces organisations avantageait autant les employeurs que les salariés.
Le texte fut légalisé en 1871.

1- LA NAISSANCE DU SYNDICALISME EUROPÉEN


L’histoire du syndicalisme est étroitement liée à celle du mouvement ouvrier en Europe. La
concentration industrielle favorise l’augmentation du nombre d’ouvriers. La dureté de leurs conditions
de travail entraine souvent des révoltes (les révoltes des luddites en Grande Bretagne dans les
années 1811-1812 ; celles des canuts19 de Lyon de 1831 et 1834 ; les journées révolutionnaires de
1848). Mais celles-ci sont violemment réprimées. Ces échecs poussent les ouvriers à tenter de
s’organiser pour améliorer leurs conditions de vie et de travail. Ces tentatives se heurtent à des
obstacles : opposition des pouvoirs publics et de la bourgeoisie, pauvreté et manque d’instruction des

19
Canuts : ce sont des ouvriers qui travaillent la soie à domicile, pour des patrons, les soyeux.
14
ouvriers, interdiction des associations de salariés avec la loi Le Chapelier de 1791 en France (qui
condamne les associations de salariés et de maîtres), les Combination Act de 179920 en Angleterre.

La reconnaissance du droit d’association en Grande Bretagne en 1825 et en France en 1864 permet


la naissance des syndicats. Les premiers syndicats ouvriers21 qu’apparaissent en Angleterre avec les
trade unions qui se fédèrent en 1868 et obtiennent leur reconnaissance officielle en 1878. En France,
les syndicats sont légalisés en 1884 avec la loi Waldeck-Rousseau

Le luddisme est, selon l'expression de l'historien britannique Edward P. Thompson (1924-1993), un


« conflit industriel violent » qui a opposé dans les années 1811-1812 en Angleterre des artisans
– tondeurs et tricoteurs sur métiers à bras du West Riding, du Lancashire du sud et d'une partie
du Leicestershire et du Derbyshire – aux employeurs et manufacturiers qui favorisaient l'emploi
de machines (métiers à tisser notamment) dans le travail de la laine et du coton. La lutte des
membres de ce mouvement clandestin, appelés luddites ou luddistes, s'est caractérisée par les
« briseurs de machines ».
Le terme trouve son origine dans le nom d'un ouvrier anglais, John ou Ned Ludd (parfois appelé
« Captain Ludd », « King Ludd » ou « General Ludd »), qui aurait détruit deux métiers à tisser en 1780,
bien qu'on ignore s'il a véritablement existé. Cependant, des lettres signées de ce nom ont été
envoyées en 1811, menaçant les patrons de l'industrie textile de sabotage. Le terme « luddisme » est
parfois utilisé pour désigner ceux qui s'opposent aux nouvelles technologies ou critiquent celles-ci
(on parle même de « néo-luddisme »).

2- LES TYPES DE SYNDICATS

On distingue deux grands courants syndicaux :


❖ Les syndicats révolutionnaires : ils trouvent leurs origines dans la théorie anarchiste. Son
objectif est le renversement du système capitaliste. Il prône comme moyen de lutte, la grève
générale, le boycott, le sabotage. Les syndicats révolutionnaires se retrouvent surtout en
France, en Italie, en Espagne.
❖ Les syndicats réformistes : ils prônent le dialogue politique, la négociation avec le patronat
pour améliorer les conditions d’existence des ouvriers. Ils collaborent avec les partis
politiques chargés de défendre les intérêts de la classe ouvrière. On les retrouve en Angleterre
(les Trade Unions), en Allemagne, aux Etats-Unis (American Federation of Labor ou AFL), dans
les pays scandinaves.

La lutte syndicale a abouti à des résultats significatifs :

• Réduction de la journée de travail de 15 à 8 heures22 ;


• Interdiction du travail des enfants ;
• Limitation de la semaine de travail à 54 heures pour les femmes et les adolescents à partir
de 1875 ;
• Indemnisation du chômage, de la maladie et des accidents du travail (à partir du début du XX

20
Combination Act ou Loi sur les coalitions : Loi interdisant les syndicats et les revendications collectives des
travailleurs britanniques. Ces lois sont abrogées en 1824
21
Le premier mouvement ouvrier qualifié de « chartiste » (parce qu’ayant précisé ses revendications dans une
charte21) culmine vers 1840 en Angleterre, avant de décliner rapidement.
22
La réduction de la durée de la journée de travail est progressive. En France, c’est en 1892 que la journée de
travail des adolescents est limitée à 10 heures et celle des femmes à 11 heures.
15
eme siècle);
• Augmentation des salaires ;
• Obtention d’un jour de congé hebdomadaire ;
• Célébration de la journée internationale des travailleurs le 1er mai de chaque année, journée
annuelle de grève, de célébration des combats des travailleurs. Elle se confond dans de
nombreux pays à la fête du travail23, une journée de revendication et de manifestation.

II- LE SOCIALISME
Le socialisme24 est un système d’organisation sociale qui dénonce les abus du capitalisme libéral,
prône le remplacement de la propriété privée des moyens de production et d’échange par une
propriété collective et souhaite créer une société sans classe. Il condamne les inégalités sociales,
l’exploitation de l’homme par l’homme. Les socialistes sont d’accord sur les objectifs. Cependant, ils
divergent sur les moyens d’y parvenir. On distingue trois courants socialistes.

1- LE SOCIALISME UTOPIQUE
Il est né dans le courant des années 1820 – 1830 avec comme principaux théoriciens Saint Simon,
Charles Fourier, Robert OWEN, Louis BLANC. Ils rêvent d’une société idéale25 fondée sur l’amour du
prochain, la justice. Pour réaliser cette société idéale, l’Etat doit contrôler le capitalisme, le
réorganiser afin d’augmenter la production et améliorer le sort des ouvriers. Friedrich ENGELS les
qualifie d’utopistes car ils réclament quelque chose d’irréalisable : ils demandent aux bourgeois de
renoncer à leurs privilèges.

2- LE SOCIALISME ANARCHISTE
Les principaux théoriciens sont Michel BAKOUNINE, Pierre-Joseph PROUDHON26, Georges SOREL. Ils
se caractérisent par leur critique radicale de la propriété privée, de l’Etat et des institutions sociales
considérés comme des entraves à l’épanouissement individuel (ils considèrent l’autorité comme une
atteinte à la liberté individuelle). L’anarchisme vise l’établissement d’une société où l’Etat disparaitrait
au profit de multiples pouvoirs décentralisés, contrôlés par les ouvriers. Les moyens de lutte sont la
grève, la lutte armée (attentats contre les autorités, assassinant du président français Marie François
Sadi-Carnot27 en 1894, participation à la guerre civile espagnole).

3- LE SOCIALISME SCIENTIFIQUE OU MARXISME


Il est incarné par Karl MARX et Friedrich ENGELS qui le qualifient de scientifique car fondé sur une
23
Les manifestations se multiplient également notamment celle du 1er mai décidée en 1889 par
la IIe Internationale. La journée du 1er mai se confond avec la journée internationale des travailleurs, fête
internationale instaurée à l'origine comme journée annuelle de grève pour revendiquer la journée de huit heures,
qui devint au XXe siècle une journée de célébration des combats des travailleurs.
24
Le terme socialisme est utilisé à partir de 1830 pour désigner l’ensemble des doctrines qui dénoncent
l’injustice de la société industrielle et critiquent les valeurs du capitalisme.
25
Les disciples de Saint Simon fondent un monastère à Ménilmontant ; Charles Fourier imagine une société où
chacun choisirait son travail ; Robert Owen crée aux Etats-Unis une colonie baptisée « Nouvelle Harmonie »
26
Pierre Joseph PROUDHON (1809-1865) seul théoricien socialiste issu de la classe ouvrière, père de
l’anarchisme. Il préconise un système économique fondé sur la libre association des producteurs entre eux et
un système politique où l’Etat disparaitrait au profit d’une libre fédération des régions et des communes.
27
Marie François Sadi Carnot (11 août 1837 à Limoges - 25 juin 1894 à Lyon), est un homme d'État français. Il
fut président de la République du 3 décembre 1887 jusqu'à son assassinat. . Il est blessé d'un coup de poignard
par l'anarchiste italien Sante Geronimo Caserio le 24 juin 1894, alors qu'il quittait un banquet organisé à la
Chambre de commerce à l'occasion de l'exposition universelle, internationale et coloniale à Lyon.
16
analyse scientifique de la société : le matérialisme historique et dialectique. Pour eux l’ouvrier fournit
un surtravail dont la valeur est la plus-value28 que s’approprie le capitaliste. L’ouvrier est obligé de se
salarier pour survivre et la source de cette aliénation est le capitalisme. Pour mettre fin à l’exploitation
de l’homme par l’homme, les marxistes imaginent une société avec une propriété collective des
moyens de production et d’échange. Pour cela, les ouvriers doivent s’unir et se donner des
organisations propres (syndicats et partis socialistes), combattre pour accaparer les moyens de
production. Le prolétariat doit supprimer l’Etat bourgeois par la révolution et imposer la dictature du
prolétariat29, transition vers une société sans classe : le communisme.

Pour réussir cette action de transformation sociale au plan international, les socialistes
s’organisent en mouvements appelés Internationale.

Conclusion
Le syndicalisme et le socialisme ont bouleversé la vie sociale en Europe au XIX eme siècle. Ils ont
influencé la vie politique et tenté de lutter contre les déséquilibres sociaux. Il a fallu attendre 1917
pour voir la première victoire du prolétariat avec la révolution bolchevik en Russie.
Karl MARX (Trèves 1818- Londres 1883) philosophe, économiste et journaliste politique allemand,
cofondateur du socialisme scientifique. Il est l’auteur du Manifeste du parti communiste (1848) et du
Capital (1867). Il se réfugie à Londres après l’échec des révolutions de 1848

Mikhaïl Alexandrovitch BAKOUNINE (1814-1876) officier l’armée russe, il démissionne et migre. Il


adhère à l’Internationale en 1868 où il lutte contre l’influence de Marx. Il publie en 1871 son principal
ouvrage l’Etat et l’anarchie. Il affirme que l’Etat doit détruit. Il est exclu de l’Internationale en 1872.

Friedrich ENGELS (1820-1895) philosophe allemand et cofondateur avec Marx du socialisme


scientifique, il est l’auteur la Situation de la classe ouvrière en Angleterre (1845), Le manifeste du
parti communiste (1848) publié pour le compte de la Ligue des communistes.

Le comte de SAINT- SIMON (1760-1825) il préconise une réorganisation de la société afin que
celle-ci soit dirigée par la classe industrielle. Il recommande l’amélioration de la condition des
ouvriers. C’est pourquoi il est considéré comme un des premiers socialistes.

Académie de Diourbel / Année scolaire : 2017- 18


Lycée Scientifique d’Excellence / M DIATTA
Cycle secondaire/ classe : Première
DEUXIEME PARTIE : L’IMPÉRIALISME EN AFRIQUE
Leçon 5 : CAUSES, DOCTRINES ET METHODES.
OG : Comprendre les interactions entre la révolution industrielle et l’impérialisme.
28
La plus-value correspond à la part de « surtravail » effectuée par le travail vivant, soit la quantité de travail
supplémentaire effectuée par le travail vivant et ne recevant pas son équivalent en termes de salaire.
29
La dictature du prolétariat est un concept du marxisme désignant la phase transitoire de la société entre
le capitalisme et le communisme. elle se traduit par la suppression de la propriété privée des moyens de
production, et la mise en place du collectivisme économique via un processus de socialisation des biens.
17
OS 1/ expliquer les causes de l’impérialisme ;
OS 2/ décliner les différentes idéologies développées pour justifier l’impérialisme ;
OS 3/ expliquer les méthodes impérialistes utilisées par les puissances impérialistes.
Stratégie : questions/ réponses
Sources :
- Histoire 1ère ; sous la direction de Jean Michel LAMBIN ; Hachette édition ; Paris 1994
- HISTOIRE PREMIERE 1880 1945 ; sous la direction de Jacques ALDEBERT ; Delagrave ; Paris ;
1988
- Histoire 2e ; sous la direction de Jacques Marseille ; Nathan ; 1994
- Sources internet ; Larousse.fr ; Wikipédia.org
Plan
Introduction
I- Les causes de l’impérialisme en Afrique
II- Les doctrines impérialistes
III- Les méthodes impérialistes
Conclusion

Introduction
L’impérialisme30 est la politique de domination d’une nation sur une ou plusieurs autres nations. Le
terme est apparu au XIX ème siècle pour désigner la politique d’expansion d’un Etat visant à en
mettre un autre sous sa dépendance. L’impérialisme moderne est né de l’essor du capitalisme
occidental au XIXé siècle. Lié à plusieurs causes, il s’est appuyé sur des doctrines et des méthodes
diverses.

I- LES CAUSES DE L’IMPÉRIALISME EN AFRIQUE


L'impérialisme est une doctrine qui préconise la domination politique et économique et l’aliénation
culturelle des Etats les plus forts sur ceux techniquement faibles trop en retard ou trop divisés pour
résister.

1- Les facteurs économiques et sociaux


Les raisons économiques constituent le fondement principal de l’impérialisme. En effet, L’Europe, en
pleine révolution industrielle, a un besoin croissant et urgent de matières premières et des sources
d'énergie (pour ravitailler les industries occidentales) qu’elle ne trouve pas nécessairement sur place,
mais aussi besoin de débouchés pour écouler le surplus de la production Européenne. De plus la
conquête coloniale permet de placer outre-mer les capitaux générateurs des bénéfices énormes.
C’est aussi un moyen de faire face au protectionnisme douanier implanté en Europe (qui
occasionnera la crise économique de 1881 à 1895), et à la concurrence des nouveaux pays
industrialisés. Ce n’est donc pas un hasard si les pays les plus industrialisés ont été les plus grandes
puissances coloniales.

30
A distinguer de la colonisation : processus d'occupation puis d'exploitation d'un pays au profit d'un autre.
18
Arguments scientifiques: L’avance scientifique et technique générée par la révolution industrielle
fournit aux européens de nouveaux instruments de domination : les progrès en armements,
l’amélioration des transports. En outre l’accroissement des capitaux et les politiques protectionnistes
consécutives à la dépression économique de la fin du XIX° siècle attisent les convoitises pour obtenir
des marchés et des domaines réservés.

Le développement industriel s’est accompagné d’un accroissement démographique en Europe. La


population passe de 270 millions en 1850 à 423 millions au début du XX° siècle. Cette population
devenant trop nombreuse par rapport aux ressources a eu tendance à migrer. Or à partir de 1890, les
Etats-Unis absorbent moins d’immigrants. Ce qui pousse les immigrants européens à s’intéresser aux
terres africaines. C’est pour soutenir cette cause que Léon GAMBETTA31 déclare : « le peuple étouffe
sur le vieux continent ». Ainsi l’Europe peuple les régions du monde dont le climat lui convient :
Amérique du Nord, les colonies de peuplement comme l’Afrique du Sud, Algérie…

Le taux de chômage élevé, les persécutions politiques et religieuses constituent aussi des raisons qui
favorisaient les flux migratoires.

2- Les causes politiques et stratégiques


L’impérialisme est aussi lié à la recherche du prestige pour les grands Etats qui entendent s’assurer
un prestige mondial en affirmant leur force et leur influence. Aussi, la puissance d’un Etat se mesurait
à l’étendue de son empire colonial. A cela s’ajoute le souci de protection des nationaux installés
outre-mer (émigration, commerçant, missionnaires).

L’impérialisme répond également au besoin de chercher des points stratégiques et d'installation des
bases navales dans le monde; lesquels serviront de point d’appui et de renfort en cas d’une éventuelle
guerre et dans lesquelles les puissances européennes lèveront des armées coloniales à peu de frais.

3- La mission civilisatrice
Les impérialistes ont souvent évoqués les causes morales pour justifier leur domination. En effet les
européens sont convaincus de la supériorité de leur culture et leur mode de vie, prétendent être
investis d’une « mission sacrée », celle de « civiliser les races inférieures». Il s’agit de supprimer les
guerres intertribales et les razzias32 d’esclaves ainsi que les coutumes barbares (esclavagisme et
cannibalisme), d’apporter les bienfaits de la médecine aux indigènes par la création de routes,
hôpitaux, écoles, églises, voies de communication.... C’est le « lourd fardeau de l’homme blanc ».
Mais c’est aussi pour les milieux religieux l’occasion d’évangéliser, de convertir les peuples au
christianisme.

II- LES DOCTRINES IMPÉRIALISTES


Plusieurs idéologies ont été développées pour faire adhérer les populations à la politique impérialiste.

–En Grande-Bretagne, l’empire colonial est l’expression du génie et de la grandeur de la race


britannique. L’impérialisme est aussi vecteur de paix, de sécurité et de richesse. L’impérialisme est
défendu par des écrivains comme le romancier et poète Rudyard Kipling, hommes d’affaires comme
Cecil John Rhodes et sir Leander Starr Jameson, des hommes politiques Benjamin Disraeli, Joseph
Chamberlain.

Le romancier et poète Rudyard Kipling (1865-1936) célèbrent l’impérialisme anglo-saxon. En 1884,

31
Léon GAMBETTE (1838-1882) : homme politique et avocat français,
32
Invasion faite sur un territoire pour enlever les troupeaux, les récoltes …
19
est créée l’Imperial Federation League qui réunit de grands hommes d’affaires comme Cecil John
Rhodes (1853-1902) et sir Leander Starr Jameson (1853-1917). Pour ces partisans de l’impérialisme
colonial, le Blanc est investi d’une « mission civilisatrice » et est censée apporter le progrès et la vraie
religion aux « races inférieures », aux « peuples primitifs », avec en première ligne les Noirs d’Afrique

En France, l’impérialisme est considéré comme un prolongement naturel de la révolution industrielle.


C’est aussi une manière d’exalter le sentiment national et de détourner les opinions publiques des
problèmes sociaux. Les leaders de la politique coloniale sont Eugène Etienne, Jules
Ferry (1832-1893), Léon Gambetta (1838-1882), Charles Mangin (1866-1925), Jean-Baptiste
Marchand (1863-1934), etc. Jules Ferry disait : «La politique coloniale est fille de la politique
industrielle». Autrement dit, la révolution industrielle portait en elle les germes du colonialisme.
Pour les allemands, l’impérialisme découle d’un nationalisme doublé de l’affirmation de la supériorité
de l’homme blanc.

Toutefois l'impérialisme n’a pas rencontré l'adhésion de toute l'opinion publique Européenne. Ainsi
aux partisans s’opposent les adversaires de l'impérialisme.

Peu de voix se sont ’élevées contre le mouvement impérialiste. En France par exemple, une partie de
l’opinion publique reste hostile à l’exploitation des indigènes. Certains trouvent l’impérialisme ruineux
et coûteux (c’est le cas de Georges Clemenceau, 1841-1929). Pour les nationalistes comme Paul
Déroulède (1846-1914), la colonisation détourne de l’essentiel qui doit être la reconquête de l’Alsace
et de la Lorraine. Jean Jaurès (1859-1914) considère l’impérialisme comme «une des tares du
système capitaliste qui est obligé d’opprimer pour survivre». Les socialistes sont opposés à la
colonisation. Lénine disait que l’impérialisme est le stade suprême du capitalisme.

III- LES MÉTHODES IMPÉRIALISTES


1- Les étapes d’installation

La conquête de l’Afrique s’est faite en plusieurs étapes. Mais pour une maîtrise de la carte du monde,
l’Europe a d’abord envoyé des explorateurs dans les continents mal connus comme l’Afrique et
ensuite des missionnaires pour l’évangélisation des populations. Ils ouvrent la voie aux marchands
qui investissent et exploitent l’Afrique.

• Les explorateurs
Ils ont profité du développement des transports et des armements pour investir l’Afrique. Leur
objectif était d’explorer les voies maritimes, les tracés des fleuves et les voies terrestres, de
pénétration du continent. Ils dégagèrent des renseignements sur les potentialités économiques du
continent. Ils furent financés par les Etats à travers des sociétés de géographie.
Parmi eux on peut citer les Allemands Heinrich Barth (1821-1865) qui remonte le Niger (1850-1856)
et Gustav Nachtigal, les Britanniques David Livingstone (1813-1873) qui remonte le Zambèze
en 1856 et 1864 , John Hanning Speke (1827-1864) ; Mungo Park (1771-1806) qui remonte le Niger
en 1785 et le fleuve Gambie ; Grant qui découvre les Sources du Nil ; l’Anglo-américain Henry Morton
Stanley (1841-1904) qui remonte le Congo pour le compte de Léopold II en 1876-1877, les Français
Pierre Savorgnan de Brazza (1852-1905) qui remonte le Congo pour le compte de la France et René
Caillié (1799-1938) découvre Tombouctou
Les explorations ont permis aux Européens de découvrir d’autres aspects des civilisations africaines.
Elles leur ont aussi permis de localiser les richesses minières du continent et de compléter la carte
qui servira de guide aux conquérants.
Tous ces explorateurs tiennent des journaux où ils consignent de précieuses informations sur le tracé
des fleuves, des pistes du Sahara, les potentialités ainsi que les peuples, de sorte que vers la fin du
20
siècle le mystère géographique du continent se lève au moment où s’affirme la volonté coloniale de
l’Europe.

Le fleuve Sénégal remonté par André Brue en 1698 est revisité par Faidherbe en 1864.
Le Niger visité par Mungo Park en 1805-1806 reçoit la visite de Clapperton et Lander en 1830 qui
démontrent que le Niger ne prend pas sa source dans le lac Tchad.
La région des Grands Lacs est parcourue par Baker et Burton.
Kief et Rebmann atteignent le Kilimandjaro et découvrent le Kenya.
La source du Nil est découverte par les Anglais Baker, Speke et Grant.
Speke explore le lac Victoria.
Clapperton parti de Tripoli atteint le Kanem-Bornou en 1823.
Heinrich Barth traverse le Sahara entre 1850 et 1856 et atteint le Soudan nigérien, tandis
que Nachtigal explore le Sahara oriental.
René Caillé se rend à Tombouctou déguisé en arabe en 1828.

• Les missionnaires :
Les missions étaient des associations d’hommes d’églises (prêtes, pasteurs, religieux…) dont les
objectifs étaient l’évangélisation des populations noires d’Afrique, l’enseignement et la propagande
anti-esclavagiste. Le caractère désintéressé et humanitaire avait servi de prétexte pour la
colonisation. En outre elles vont apporter une assistance humanitaire en construisant des hôpitaux,
des écoles, des centres d’apprentissage. Les missionnaires commencent également la transcription
des langues locales et recueillent les traditions orales qui seront une source précieuse pour la
reconstitution de l’histoire des peuples noirs.
Les missionnaires ont propagé la foi, la culture et la civilisation occidentale. Ils sont volontairement
ou non les agents de la pénétration de l’influence politique, économique et culturelle de l’Europe,
préparant ainsi les Africains à l’occupation.

Parmi les missions les plus célèbres on peut retenir Les missions protestantes anglophones : la
«London Missionnary Society» au Ghana, au Nigeria et en Sierra Leone à Madagascar et en Afrique
du Sud, «la Church Missionnary Society» en Sierra Leone, Les missions catholiques
françaises comme les Religieuses de Saint-Joseph de Cluny, les «Pères du Saint esprit» au Sénégal,
Congo et Gabon, les «Pères Blancs» en Ouganda la Mission Chrétienne de Lyon s’installent au
Sénégal et dans le Golfe de Guinée.

• Après les missionnaires, interviennent les soldats qui engagent des guerres pour obtenir le
contrôle effectif des territoires. Ils préparent le terrain aux marchands.
2- Les formes de domination

La domination impérialiste s’est manifestée sous plusieurs formes. La forme la plus nette est la
colonisation qui soumet un territoire au gouvernement d’un pays étranger. On distingue les colonies
d’exploitation (Sénégal, Gambie, Angola, Nigéria, Gold Coast, Guinée Bissau…) et les colonies de
peuplement (Algérie, Afrique du sud). Parfois l’Europe établit un protectorat (territoire ou Etat
dépendant d’une métropole mais qui garde ses institutions et un gouvernement autonome : Maroc,
Tunisie) ou une zone d’influence où les pays impérialistes exercent des privilèges économiques
(Chine).

Conclusion
Idéologie dominante et généralisée en Europe au 19 e s, l'impérialisme a permis à l’Europe d’occuper
de vastes territoires en Afrique et en Asie.

Le colonialisme est une doctrine politique qui préconise ou cherche à justifier l'exploitation d'une

21
colonie, d'un territoire ou d'un Etat par un Etat étranger. La souveraineté que le pays colonisateur
exerce sur sa colonie se traduit par une domination politique (mise en place d'une administration,
d'un gouverneur...), militaire et une exploitation économique au détriment des populations locales

Leçon 7 : la conférence de Berlin

Introduction
Dans la seconde moitié du XIXé siècle, s’appuyant sur les connaissances géographiques du
continent obtenues grâce à l’exploration, les nations européennes qui subissent la crise de
croissance du capitalisme, s’élancent à la conquête de l’Afrique. Mais les rivalités aigües qui
les opposent débouchent sur le congrès de Berlin qui consacre le partage de l’Afrique.
I) Les rivalités coloniales
Elles s’expliquent par des causes multiples. Vers 1870, l’essor du capitalisme pose un besoin
de conquête de marchés extérieurs pour maintenir le rythme de la croissance industrielle et
assurer l’approvisionnement en matières premières de l’industrie européenne. C’est pourquoi,
s’appuyant sur la découverte du continent africain, la plupart des grands Etats industrialisés
s’élancent vers la conquête de l’Afrique.
Ainsi chacune des puissances cherchent à se créer un vaste empire colonial, ce qui va
occasionner des rivalités entre elles. On peut citer entre autres :
• La rivalité franco-anglaise en Egypte : de par sa position de carrefour entre l’Afrique,
l’Europe et l’Asie, l’Egypte a été le théâtre d’une longue compétition entre la France et
l’Angleterre. En 1882, l’Angleterre finit par occuper l’Egypte et le canal de Suez. En
Afrique de l’ouest, ces puissances s’opposent à propos du Togo.
• La rivalité entre la Franco, la Belgique et le Portugal à propos des territoires du bassin
du Congo convoités par les trois puissances. En 1880, Savorgnan de Brazza signe un
traité avec le roi Makoko, qui fait de la rive droite du Congo une possession française.
La Belgique charge Stanley de proclamer leur suzeraineté sur la rive gauche du
Congo placée sous l’autorité du roi belge Léopold II. Le Portugal, présent en Angola et
au Mozambique, rêve de faire de l’Afrique centrale leur chasse gardée avec le soutien
des Anglais. Les portugais réclament des droits historiques sur cette région et
occupent le port de Landana à l’embouchure du Congo en 1884 pour freiner la
progression française et belge.
• En Afrique australe, les ambitions du Portugal de relier leurs possessions d’Angola et
de Mozambique contrarient les projets anglais le Caire au Cap par un ensemble
continu de colonies ;
• La rivalité entre l’Allemagne et les autres : l’Allemagne, dernière puissance
européenne à s’intéresser à la colonisation, arrive et occupe à partir de 1884 la
Tanzanie, le Rwanda-Urundi (des territoires entre le lac Tanganyika et la côte
orientale), la Namibie (1885), le Cameroun et une partie du Togo. Cette implantation
allemande va réduire considérablement les chances d’expansion maritime des autres
puissances européennes.

22
• La rivalité franco-italienne en Tunisie
Pour éviter que ces crises ne dégénèrent en conflits, le chancelier allemand Otto Von
Bismarck va convoquer la tenue d’un congrès à Berlin.
II) Le congrès de Berlin (Novembre 1884-Février 1885)
Ce congrès qui s’est déroulé du 15 novembre 1884 au 26 février 1885 a réuni 14 puissances
(dont toutes les nations impérialistes). Les objectifs sont de trouver une solution à la crise du
Congo, de lutter contre l’esclavage, de libéraliser la navigation sur les fleuves africains mais
aussi définir les règles d’occupation des territoires en Afrique.
Après 3 mois et demi, les participants signent l’Acte général de la conférence. Les
principales décisions du congrès sont :
La question du Congo sera réglée de la manière suivante :
❖ Le bassin du Congo et celui des autres grands fleuves africains comme le Niger sont
déclarés zones libres pour le commerce international.
❖ La liberté de navigation sur les fleuves Congo et Niger est proclamée ;
❖ Le Congo est reconnu comme Etat indépendant et propriété personnelle de Léopold II
roi des Belges ; (grand territoire de la rive gauche est attribué à Léopold II) alors que
les territoires de la rive droite (Gabon, Congo Brazzaville, Oubangui Chari) reviennent
aux français.
❖ Le Portugal conserve l’enclave du Cabinda.
❖ Les nations européennes s’engagent à lutter contre l’esclavage et à apporter aux
indigènes les bienfaits de la science ;
Pour ce qui est de l’occupation des territoires en Afrique, les règles suivantes sont
édictées :
❖ Toute puissance établie sur la côte pouvait pousser ses conquêtes dans l’hinterland
jusqu’à rencontrer un obstacle naturel ou une autre puissance coloniale.
❖ L’appropriation d’un territoire, en plus de la signature d’un traité, doit être notifiée aux
autres puissances colonisatrices et matérialisée par l’occupation effective du terrain
par les forces de la puissance étrangère.
II- Les conséquences du congrès
Le congrès de Berlin a permis aux européens d’occuper les territoires africains dans une
bonne entente. Il a désamorcé les risques de conflits entre puissances européennes même
s’il n’a pas mis fin aux rivalités comme le montrent la crise de Fachoda de 1898 (opposition
entre les armées française de Marchand et anglaise de Lord Kitchner), les crises marocaines
de 1905 (opposition France/Allemagne à Tanger) et 1911 (le coup d’Agadir).
Pour l’Afrique, les conséquences sont dramatiques. En effet, le contient a presque
entièrement été colonisé en l’espace de vingt ans (1880-1900).la ruée sur l’Afrique a entrainé
la liquidation de toutes les résistances, des massacres et des déplacements de populations.
L’impérialisme a détruit les sociétés et les Etats africains Le congrès a en outre consacré la

23
balkanisation de l’Afrique et a créé des frontières artificielles et arbitraires ne tenant pas
compte des réalités politiques, culturelles et linguistiques des populations africaines.
Cette balkanisation a déstabilisé l’équilibre ethno-tribal et attisé les tensions qui alimentent
encore beaucoup de conflits fratricides (Rwanda, RDC, Somalie, Sierra Leone, etc.).
Conclusion
A la conférence de Berlin, les européens, bien que rivaux, ont pu s’entendre pour occuper
l’Afrique. Ils ont divisé les africains pour les affaiblir et mieux les dominer. Le congrès de
Berlin a été un tournant dans l’histoire de l’Afrique. Il a occasionné le morcellement du
continent africain en micro-Etats aux frontières, artificielles et arbitraires. Cette situation
pose de sérieux problèmes de développement à l’Afrique.

LEeçon 8 : carte commentée des positons européennes en 1914

24
INTRODUCTION

En 1914, à l’exception du Libéria (fondé en 1822 par une société américaine philanthropique
l’American colonization society33, pour y installer des esclaves noirs libérés), de l’Ethiopie (qui
met fin aux ambitions italiennes avec la victoire d’Adoua en 1896, elle su préserver son
indépendance durant la période coloniale34) et de l’Afrique du sud (indépendante depuis 1910,
l’ensemble du continent africain est sous domination européenne. Les territoires placés sous
mandat européen ou devenus colonies. Toutefois, les puissances européennes n’ont pas la
même influence. On distingue les puissances principales (Grande Bretagne et France) et les
puissances secondaires (Espagne, Italie, Allemagne, Portugal).

Royaume-Uni • Basoutoland (Protectorat : 1868-1966)


• Bechuanaland (1885-1966)
• Cameroun (Mandat : 1919-1960)
• Côte de l'Or (1873-1957)
• Egypte (Protectorat : 1914-1921)
• Erythrée (Administration : 1941-1951)
33
Créée en 1817 par le pasteur Robert FINLEY
34
Le pays a été occupé par l’Italie entre 1936 et 1941.
25
• Gambie (Colonie : 1843-1962 ;
• Kenya (protectorat : 1895-1920 ; Colonie : 1920-1963)
• Nigeria (Occupation : 1900-1914 ; Colonie : 1914-1960)
• Nyassaland (Protectorat : 1891-1907 Colonie 1907-1964)
• Ouganda (Protectorat : 1894-1962)
• Rhodésie (Colonie : 1895-1911 ; Colonie : 1911-1923)
• Rhodésie du Nord (Colonie : 1890-1964)
• Rhodésie du Sud (1923-1963)
• Sierra Leone (Colonie : 1808-1961)
• Somaliland (Colonie 1897-1960)
• Soudan (Condominium anglo-égyptien : 1899-1956)
• Sud-ouest africain (Mandat : 1919-1920)
• Tanganyika (mandat : 1919-1961)
• Togoland (mandat : 1919-1957)
• Rhodésie du nord et du sud
• Zanzibar et Pemba (protectorat : 1890-1964)
France Afrique du Nord
Afrique française du Nord (1830-1962)
• protectorat Maroc (89 % du territoire du Maroc actuel était sous
contrôle français, le reste étant sous contrôle
espagnol (1912-1956) et de Tunisie (1881-1956)
• Algérie (stricto sensu 1830-1848 ; départements de 1848 à 1962)
Afrique sub-saharienne
Afrique-Équatoriale française (1910-1958) : Oubangui-Chari
(République centrafricaine 1889-1960) le Tchad (1895-1960), le Congo
français puis Moyen-Congo (1891-1960 actuelle République du Congo)
et le Gabon(1843-1960)
Afrique-Occidentale française (1895-1958) regroupait les colonies du
Dahomey (actuel Bénin 1895-1960) la Haute-Volta (1898-1960 actuel
Burkina Faso) Guinée française) (1893-1958) Côte
d'Ivoire : 2e (1895-1960) Soudan français) (1857-1960 actuel Mali)
Mauritanie (1900-1960) Niger (1897-1960) Sénégal (1817-1960)
Togo : (1919-1960)
Allemagne • Sud-Ouest africain Allemand (Namibie) ; Afrique Orientale Allemande
la (Tanzanie), le Cameroun, une partie du Togo, et le Ruanda-Urundi.
Après le traité de Versailles de 1919, l’Allemagne est dépossédée de
ses colonies redistribuées aux autres puissances : la Namibie et la
26
Tanzanie et une partie du Cameroun à la grande Bretagne ; le
Rwanda-Urundi à la Belgique ; la France hérite d’une partie du
Cameroun et du Togo.

Italie Libye ; Erythrée ; Somalie italienne

Portugal
L'Afrique portugaise regroupe :
• L’Angola ; le Mozambique ; la Guinée
portugaise (actuelle Guinée-Bissau) ; l'archipel Sao
Tomé-et-Principe ; le Cap-Vert.
Les cinq pays sont parfois regroupés sous le nom de pays africains de
langue officielle portugaise (PALOP).

Belgique Congo belge

• exploration, puis prise de possession de l'État indépendant du


Congo (1885-1908) par Léopold II de Belgique, qui devient ensuite
le Congo belge (1908-1960) :
Katanga (1900-1960), administré par le Comité spécial du Katanga
(administration indépendante de celle du Congo).

Espagne Les îles Canaries sont occupées depuis 1402 (communauté


autonome depuis 1978), les enclaves de Melilla (depuis 1497 ville
autonome depuis 1995) ; Ceuta (depuis 1580 ville autonome depuis
1995) ; Ifni de 1860 à 1969, le Sahara espagnol de 1884 à 1976
Sahara occidental)
Afrique Subsaharienne
• Guinée espagnole (Guinée équatoriale de 1778 à 1968).
• Bioko Fernando Poo de 1844 à 1968
• Rio Muni (la partie continentale) de 1778/1844 à 1968.

Quelles sont les formes de dominations européennes ?

La domination européenne est directe (domination politique et militaire) mais aussi indirecte via l’influence
économique, etc. Des traités règlent les liens entre la métropole et les colonies. Celles-ci ont donc des
statuts divers.

_ La domination européenne prend des formes différentes. Les statuts des colonies sont divers.

* Des colonies conservent une large autonomie : ce sont les dominions britanniques (ex : Canada,
Australie). Ce sont des colonies de peuplement européen.

* Des colonies sous la dépendance de la métropole, mais conservent leur administration interne : ce sont
les protectorats (Régime juridique établi par un traité international selon lequel un Etat « protecteur » en
27
contrôle un autre, surtout pour les questions diplomatiques et militaires).

* La plupart des colonies sont des possessions directement placées sous la souveraineté de la
métropole.

* Des zones d’influence existent, comme en Chine, où les Européens se partagent les intérêts stratégiques
et économiques sans dominer politiquement le pays.

Dominion : possession anglaise ayant le droit de se gouverner elle-même, tout en reconnaissant la


souveraineté britannique.

Leçon 9 : Les différentes formes de résistance (armée, culturelle, passive) à l’impérialisme européen.

Introduction

Après les missions d’exploration, les Européens se lancent à la conquête du continent


Africain pour des raisons économiques et stratégiques. Au Sénégal, les français changent
leur politique économique partir des années 1850, exploitant désormais l’arachide au lieu de
la gomme. A la même époque, la conquête de l’intérieur s’accentue et Faidherbe35 renforce la
présence militaire française sur le territoire. Mais cette ardeur du colonisateur se heurte à la
réaction des populations africaines qui opposent une résistance acharnée. Cette résistance
a pris plusieurs formes (la résistance armée, la résistance passive principalement) et
présenté un bilan mitigé.

I- LES FORMES DE RÉSISTANCE

L’époque des résistances à la pénétration coloniale débute dans la seconde moitié du XIXème
siècle et se poursuivit jusqu’au XXème siècle. La résistance est un mouvement d’autodéfense face à
la percée impérialiste pour garder sa liberté et sa dignité développé par les populations africaines.
Elle se présente sous trois formes.

1- LA RÉSISTANCE ARMÉE
Il s’agit de la résistance ayant opposé les armées coloniales et celles des chefs locaux. Elle s’explique
par le caractère guerrier des peuples. Dans les royaumes existaient des classes guerrières au service
des familles régnantes ; c’est le cas des Ceddo dans les royaumes wolof notamment au Kayoor ou
des Gelewaar dans les royaumes sérères au Sénégal, mais aussi le royaume d’Abomey avec
Béhanzin36, dans le royaume Ashanti avec Prempeh37. Les moyens de défense utilisés sont la guérilla, le
guet-apens, les embuscades, les armes blanches, et même les armes à feu. Les grandes figures de la
résistance armée sont El Hadj Omar Tall (1797-1864), Lat Dior Diop (1842-1886), Maba Diakhou Bâ,

35
Louis Léon César Faidherbe, (Lille le 3 juin 1818 - Paris le 28 septembre 1889), était un militaire français et un
administrateur colonial, principalement du Sénégal. Il était le Gouverneur du Sénégal de 1854 à 1861 et 1863 à
1865.
36
Béhanzin ((Kondo 1845- Alger 1906) onzième roi d’Abomey de janvier 1890 à janvier 1894. Déchu de son
trône, il est exilé à Alger où il décède en 1906.
37
Prempeh Ier (1870- 1931) treizième roi du royaume d’Ashanty, il a régné de 1888 à 1931.
28
Mamadou Lamine Dramé (v. 1840-1887), Alboury Ndiaye (au Sénégal), Samory Touré (v.
1830-1900), Béhanzin (1844-1906), etc.

2- LA RÉSISTANCE PASSIVE
Après la soumission des royaumes et la mise en place de l’administration coloniale, les africains
utilisent d’autres formes de résistance non violentes. La résistance passive présente deux formes à
savoir la résistance culturelle et la résistance populaire.

La résistance culturelle est le refus de l’assimilation culturelle liée à la propagation des valeurs
culturelles européennes. Elle est menée principalement par les chefs musulmans qui se sont servis
de l’islam pour endiguer le christianisme. Au Sénégal, cette forme de résistance a été développée par
les confréries notamment le Mouridisme avec Cheikh Ahmadou Bamba, la Tijaniya avec El Hadji
Malick Sy. Les moyens utilisés sont l’enseignement du Coran et de la charia islamique.

On peut aussi noter le refus des rois d’amener leurs fils à l’école des otages (école des fils de chefs
et des interprètes)38.

La résistance populaire est menée contre l’autorité coloniale. Elle se manifeste par le refus du
service militaire, de payer l’impôt, la désobéissance civile, les sabotages, etc. L’une des grandes
figures de la résistance populaire est la Casamançaise Aline Sitoé Diatta, qui a demandé à son
peuple de refuser de payer l’impôt, de cultiver l’arachide, d’exécuter les travaux imposés par le
colonisateur et de servir dans l’armée.

Contrairement à la résistance armée, la résistance passive n’a pas cédé aux exigences de la
colonisation. Elle a joué un rôle important dans le processus de décolonisation.

II- QUELQUES EXEMPLES DE RÉSISTANCE

1- LAT DIOR, EL HADJI OMAR ET SAMORY : DES SYMBOLES DE LA RÉSISTANCE ARMÉE

a) Lat Dior Ngoné Latyr DIOP


D'abord animiste, mais converti à l'islam sous l'influence du marabout Maba Diakhou Bâ, Lat
Dior est né vers 1842 à Keur Amadou Yalla. Il devient Damel en 1862 dans un contexte marqué par le
début de la conquête coloniale au Sénégal. Il mène une lutte farouche contre le colonisateur. Il
remporte trois victoires décisives contre les Français à Ngol Ngol (30 décembre 1863), à Pathé
Badiane (28 décembre 1865) et à Meckhé (1869). Reconnu damel en 1871 par Pinet-Laprade après
son retour d’exil du Rip39, il s’oppose au passage du chemin de fer au Cayor et au développement de la

38
École des otages ou école des fils de chefs et interprètes sont des établissements scolaires fondés par
Faidherbe en 1855 au Sénégal et au Soudan français où sont recrutés de force les fils de chefs et de notables
afin de les surveiller, de leur inculquer les valeurs et la culture françaises, et les former pour devenir des
auxiliaires du pouvoir colonial.

39
Après sa défaite face aux troupes françaises de Pinet-Laprade à la bataille de Loro en 1864, Lat Dior s’exile
auprès de Maba Diakhou Bâ dans le Rip et participe à la victoire de ce dernier sur les français en 1864. En juillet
1867, Maba Diakhou tombe face à l’armée de Bour Sine Coumba Ndoffène Diouf poussant Lat Dior à retourner
au Kayoor.
29
culture de l’arachide. Il est tué sous les coups du général Valois lors de la bataille de Dékheulé (26
octobre 1886).

b) El- Hadji Omar Tall

Né entre 1794 et 1797 à Halwar, El Hadj Omar, chef de la confrérie Tidjaniya, fonde en 1850
un empire islamique qui s’étend de Tombouctou au Sénégal. Luttant contre l’armée coloniale
française, il fait construire un tata (une fortification) à Koniakary (77 km à l'ouest de Kayes).
Entre 1858 et 1861 il conquiert Ségou et partit à la conquête d’Hamdallaye, capitale de
l’Empire peul du Macina qui tombera le 16 mars 1862 après trois batailles faisant plus de
70 000 morts. Il est battu par la France en 1864. Obligé de se réfugier dans les grottes de
Deguembéré, près de Bandiagara, il disparait dans une grotte le 12 février 1864.

c) Samory Touré

Chef musulman mandingue énergique, issu d’une famille modeste, Samory est né vers 1830 dans la
région de Kankan (dans l’actuelle Guinée). Il fonde un vaste empire s’étendant entre la côte du Libéria
et le Fouta Djalon avec Bissandougou comme capitale et prend le titre d’Almamy en 1880. Il met sur
pied une puissante armée de 40 000 Sofas. L’extension de son empire vers le nord se heurte à
l’avancée des Français vers le Haut Niger Sénégal. La résistance de Samory est remarquable par son
ampleur et sa durée (17 ans, de 1881 à 1898)40. Il utilise la tactique de la « terre brûlée »41. Pris en
tenailles par les Français au nord, les peuples de la forêt et les Anglais au sud, il finit par être capturé
par le colonel Gouraud dans son camp de Guélémou en 1898. Il est exilé au Gabon où il meurt en
1900.

2- ALINE SITOÉ DIATTA, PORTE-DRAPEAU DE LA RÉSISTANCE POPULAIRE

Aline Sitoé Diatta est née vers 1920 à Kabrousse, dans la province d’Oussouye, cercle de
Ziguinchor. Très tôt, elle s’opposa aux aspects les plus visibles de la colonisation : le
paiement des impôts, qu’elle estimait exagérés, le travail forcé et le recrutement des
Sénégalais dans les armées coloniales42. Son action a été de demander à ses compatriotes
de ne pas cultiver l’arachide, comme le réclamaient les Blancs, mais de se consacrer aux
cultures vivrières (le riz, le manioc, la patate douce, le maïs).
Aline Sitoé Diatta combattait aussi le christianisme, introduit au Sénégal par les Français, et
prônait le retour aux religions traditionnelles, en particulier le respecter des coutumes
ancestrales. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Aline Sitoé Diatta devint célèbre dans
toute la Casamance : on la surnommait la « dame de Kabrousse ». Bien que son action soit

40
La période 1880-1890 est consacrée à la consolidation de l’empire
41
Tactique défensive consistant, face à une armée d’invasion, à se déplacer ou se retirer en détruisant ou en
brûlant tout derrière soi (habitations, récoltes, bétail, moyens de communication ou de production…) afin
d’empêcher l’ennemi de se ravitailler.
42
La résistance d’Aline Sitoé s’inscrit dans le contexte de la défaite française face à l’Allemagne en 1940.
Frustrée par la réquisition des hommes et des vivres, elle décide de rentrer en Casamance.
30
de la résistance passive, les administrateurs coloniaux français s’inquiétaient de sa
popularité. Arrêtée le 28 janvier 1943 à Cabrousse, elle fut condamnée à 10 ans
d’emprisonnement par le tribunal de Ziguinchor, puis déportée en secret à Tombouctou, où
elle mourut en mai 1944, extrêmement jeune.
3- CHEIKH AHMADOU BAMBA, UN EXEMPLE DE RÉSISTANCE CULTURELLE

Né en 1853 à Mbacke Baol, petit village du Sénégal fondé par son grand-père, Cheikh
Ahmadou Ibn Mouhammad Ibn Habib Allah, communément appelé Cheikh Ahmadou Bamba
devint l'un des plus farouche résistant à la pénétration coloniale.
Face à la domination européenne, sa résistance culturelle a été une réaction contre la politique
d’assimilation des colons. Il prêche l’amour du travail et le refus de la domination. Son influence
grandissante inquiète les autorités coloniales qui le soupçonnent de préparer une insurrection. Arrêté
le 10 Août 1895 à Djéwol, le conseil général décide de son exil au Gabon pour 7 ans. Dès son retour
en 1902, les talibés recommencent à s’agiter. En 1903, Mbacké Baol est occupé. Cheikh Ahmadou
Bamba se constitue prisonnier. Il est exilé en Mauritanie, auprès de Cheikh Sidya de 1903 à 1907, puis
placé en résistance surveillée à Thiéyène (dans le cercle de Louga) de 1912 à 1927. Ce qui n’empêche
pas son prestige et sa popularité d’augmenter. Revenu à Diourbel, il décède le 19 juillet 1927. Il est
inhumé dans le village de Touba qu’il avait fondé.

III. LE BILAN DES RÉSISTANCES

De façon générale, les résistances ont joué un rôle important en s’opposant à la pénétration
coloniale. Les résistances armées ont échoué en Afrique du fait de la supériorité technique et
militaire des Européens, à cause de la mésentente et du manque de coordination au niveau des
armées africaines et du soutien des tirailleurs. Malgré leur échec, certaines figures de la résistance
armée restent inoubliables et font à présent figure de références dans la mémoire collective. En
témoignent les chants épiques dédiés à ces héros dans plusieurs pays. C’est le cas de Lat Dior au
Sénégal, de Samory en Guinée, de Béhanzin au Dahomey, du Mahdi43 au Soudan anglo-égyptien, de
Rabah44 du Tchad, etc.

Les résistances culturelles présentent un bilan plus positif. Par exemple, les théocraties musulmanes
(même si elles sont vaincues) et les confréries ont contribué à la consolidation de l’islam dans
certaines régions de l’Afrique. Au Sénégal par exemple, plus de 90 % de la population sont restés des

43
Muhammad Ahmad ibn Adb Allah Al-Mahdi (Dongola 1844- Khartoum 1885) chef politique et religieux
musulman, fondateur d’un Etat théocratique sur le territoire du Soudan. Cet Etat fut détruit en 1898 par l’armée
britannique sous le commandement de Lord Kitchener.
44
Rabih Az-Zubayr ibn Fadl Allah (1842-1900) sultan de Bornou en Afrique central jusqu’à la conquête du Tchad
par les Français.
31
musulmans et, en Casamance, les traditions sont conservées dans la plupart des sociétés animistes.

Conclusion

Fortement opposés à la pénétration coloniale, les résistants se sont énergiquement dressés


face au colonisateur. Le bilan de cette lutte parait contrasté. Malgré la vaillance des résistances,
l’Afrique est presqu’entièrement colonisée au début du XXème siècle. Les résistances ont cependant
semé les germes d’un refus qui a ressurgi au milieu du XXème siècle dans l’éclosion du nationalisme
porteur de la lutte pour l’indépendance.

TROISIEME PARTIE : L’IMPÉRIALISME DANS LE RESTE DU MONDE


Leçon 11 : L’IMPÉRIALISME EN ASIE
1- LES IMPÉRIALISMES ÉTRANGERS (EUROPE/AMÉRIQUE).

Introduction

Le continent africain n’a pas été le seul à tomber sous la domination coloniale. En effet, pour
les mêmes raisons, l’Asie a aussi subi la domination coloniale étrangère. Toutefois, à coté
des impérialismes étrangers, l’Asie a connu aussi des impérialismes locaux. Les principales
métropoles sont la Grande Bretagne, la France, la Hollande, la Russie, le Japon mais aussi les
Etats-Unis.

I- L’IMPÉRIALISME EN ASIE OCCIDENTALE


Depuis le XVIe siècle, tout le Moyen-Orient actuel fut conquis par les Turcs et resta sous
l'autorité de l'empire turc-ottoman, jusqu'à la Première Guerre mondiale.
Au cours du XIXème siècle, l’expansion économique et la colonisation permettent aux États
européens d’accroître leur influence dans la région. L’empire turc affaibli par son étendue et
les ingérences européennes ne peut s’opposer aux conquêtes anglaises, françaises et
allemandes qui visent à s’accaparer des richesses de la région. L’Allemagne entreprend de
grands travaux en Irak, l’Angleterre cherche à obtenir des concessions minières en Perse et
en Irak tout en contrecarrant les visées allemandes.

Le déclenchement de la Première Guerre mondiale en 1914 débouchera sur


l’occupation d’autres pays arabes au Moyen-Orient par les forces françaises et anglaises. Le

32
16 mai 1916, la France et la Grande Bretagne signent les accords Sykes-Picot45 qui
organisent le partage de l’empire turc-ottoman. Ces accords partagent des régions de
peuplement arabe entre la France (mandat sur la Syrie et le Liban) et la Grande Bretagne
(qui crée les royaumes d’Irak et de Jordanie). La Palestine internationalisée (du fait du statut
de Jérusalem) est placée sous mandat britannique et les Anglais s’y montrent favorables à la
création d’un foyer national juif comme promis au mouvement sioniste dans la Déclaration
BALFOUR46 de 1917. Les accords Sykes-Picot ne purent s’appliquer qu’après le traité de
Sèvres du 10 août 1920 destiné à mettre en application les décisions relatives aux territoires
ottomans prises lors de la conférence de San Remo47.

II- EN ASIE CENTRALE

Les puissances rivales dans cette région sont la Russie et l’Angleterre. Les russes,
motivés par la recherche de ports dans les mers chaudes du Sud, se heurtent en Asie
centrale aux intérêts anglais en Inde. En 1880, les anglais occupent le Tibet et le Cachemire
alors que les russes passaient à la conquête du nord de cette région En 1895, un accord
russo-anglais fait de l’Afghanistan une région tampon entre les possessions russes et
anglaises.

III- EN EXTRÊME-ORIENT

La chine est le lieu de convergence de plusieurs puissances : l’Angleterre, la France, la


Russie… Irrités par des droits de douane qu'ils considéraient comme relativement élevés et
les freins imposés par les autorités chinoises sur le commerce l'opium, les Britanniques sont
déterminés à imposer par tous les moyens leur volonté à la Chine. De 1839 à 1842, la
première guerre de l’Opium entre l’Angleterre et la Chine, se termine par la défaite de la
Chine et la signature du traité de Nankin (1842), qui force la Chine à s’ouvrir aux puissances
étrangères. L'île de Hong Kong est cédée à la Grande-Bretagne, et cinq ports (Xiamen,
Canton, Fuzhou, Ningbo et Shanghai) sont ouverts au commerce et à l'installation des
britanniques. Ce traité ouvre l’ère des « traités inégaux »48. La situation se complique toutefois

45
Les accords sont signés par Sir Mark SYKES (parlementaire britannique et spécialiste de l’empire ottoman) et
François Georges PICOT (ancien consul de France à Beyrouth et délégué de l’ambassade de France à Londres).
46
Lord Arthur James BALFOUR alors ministre britannique des affaires étrangères, promet dans une lettre datant
du 2 novembre 1917, l’établissement, en Palestine, d’un foyer national pour le peuple juif.
47
Elle réunit du 19 au 26 avril 1920 en Italie des représentants britanniques, français, italiens, grecs, japonais et
belges afin de fixer le sort des provinces arabes de l’empire turc-ottoman après la première guerre mondiale et
préparer les conditions du traité avec la Turquie.

48
Ensemble de traités datant du XIXème siècle imposés à la Chine, la Corée, le Japon de la fin de l’époque Edo
par les puissances impérialistes (Royaume-Uni, France, Pays-Bas, Allemagne, Russie, Etats-Unis, Portugal,
Autriche-Hongrie et Japon de l’ère Méiji. Le traité de Nankin de 1842, un traité additionnel en 1843 ainsi
que d’autres traités avec la France et les États-Unis en 1844 sont à l’origine du système des traités
inégaux.
33
avec l’installation des Taipings à Nankin entre 1843 et 184549.
Déçus par les traités, les Occidentaux tentent d’avoir accès à davantage de ports fluviaux.
En 1854, les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne présentent une demande conjointe
de révision des traités, mais ils essuient un refus catégorique des autorités chinoises. La
France demande la liberté de croyance religieuse, mais en vain.
En 1856, prétextant l’arrestation pour piraterie de l’équipage de l’Arrow et l’exécution d’un
missionnaire français dans une zone de l’intérieur dont l’accès lui était interdit, la France et la
Grande Bretagne déclenchent la seconde guerre de l’Opium (1856 à 1860). Défaits, les
chinois sont forcés de ratifier une série de traités de 1858 –1860. Le Traité de Tianjin en
1858 ouvre plus la Chine avec l’addition de onze ports francs, l’autorisation pour les
étrangers et leurs marchandises de circuler librement dans le pays et la légalisation de
l’importation d’opium. En outre, les chrétiens sont autorisés à pratiquer leur religion.
Le Traité de Wanghia pour les États-Unis et plus tard le Traité d'Aigun pour la Russie
permettent à ces deux pays d'obtenir les mêmes prérogatives. Les puissances étrangères
obtiennent aussi des territoires à bail qui sont autant de bases militaires et navales.

IV- L’ASIE DU SUD ET DU SUD-EST


1- L’empire britannique des Indes

La présence britannique en Asie remonte au XVIIème siècle avec la Compagnie Anglaise des
Indes Orientales qui exerce un monopole du commerce sur la région50. L’inde, avec ses 200
millions d’habitats à la fin du XIXème siècle, constitue un important marché de
consommateurs et suscite la convoitise des puissances européennes surtout l’Angleterre.
Les indiens fournissent des troupes aux anglais dès 1750. Les Cipayes51 composent
l’essentiel des armées. En 1805, Delhi est conquis, puis Ceylan en 1815. Un accord donne
l’indépendance au Népal en 1816 en échange d’un accès aux montagnes.

En 1857, la révolte des Cipayes52 met en péril la présence britannique dans la région.
L’Inde passe directement sous le contrôle de la Couronne britannique en 1858, pour être
gouvernée par un vice-roi en collaboration avec un secrétaire d’État et du Conseil rattaché
directement au Parlement britannique. En 1876, Victoria devient « impératrice des Indes ».
Dans l’Asie du Sud-Est continentale, la Birmanie est le premier pays à perdre son

49
Les Français et Britanniques aident les QING à écraser la révolte des Taipings en 1864-1865 pour pouvoir
bénéficier de l’ouverture du pays et du libre-échange.
50
La Compagnie Anglaise des Indes Orientales puis Compagnie Britannique des Indes Orientales (1600-1874)
est la première compagnie européenne fondée en 1600 pour conquérir les Indes et dominer les flux
commerciaux avec l’Asie. Elle disparait en 1858 après la révolte des cipayes. La Compagnie des Indes
Orientales fournit aux anglais les matières premières venant de l’Inde et y importe des produits manufacturés
fabriqués en Angleterre.
51
Les cipayes sont des soldats indigènes (hindous et musulmans) servant dans l’armée britannique.
52
La révolte des Cipayes est un soulèvement populaire qui a lieu en Inde contre la Compagnie anglaise des
Indes Orientales en 1857. Le facteur déclencheur est la fourniture aux cipayes de munitions lubrifiées avec de la
graisse de bœuf et de porc ; une graisse considérée comme impure par les musulmans et les hindous. Cette
rébellion mena à la dissolution de la Compagnie des Indes en 1858.
34
indépendance. L’Empire britannique des Indes absorbe le territoire birman suite aux trois
guerres anglo-birmanes de 1824 –1826, 1852 et 1885. La basse Birmanie est perdue avec
la guerre de 1852 et la haute Birmanie est annexée en 1885 par crainte de la voir tomber
sous l’influence des Français.

Les anglais conquièrent Assam (Etat de l’Est de l’Inde) suite à un accord intervenu
après la première guerre birmane (1824-1826).

En 1904, le traité de Lhassa53 ouvre le Tibet au commerce britannique.

La grande Bretagne acquiert les Etats princiers et les sultanats d’Asie de l’Est par des
offensives ou des signatures d’alliances. En 1819, est créé le port de Singapour consolidé
par l’acquisition en 1824 de Malacca suite à des échanges avec les Hollandais.

Craignant que les intentions coloniales des Allemands, des Français et des Italiens ne
s’étendent à Sarawak (un des deux Etats de Malaisie, situés sur l’île de Bornéo), Sabah et
Brunei, le gouvernement britannique passe en 1888 des accords avec les gouvernements de
ces territoires, qui en font des protectorats britanniques. Chaque territoire conserve son
indépendance pour les affaires internes, mais les affaires extérieures sont contrôlées par le
gouvernement britannique. Au début du XXème siècle, les derniers Etats malais passent
sous protectorat anglais.

Le Siam (ancien nom de la Thaïlande), qui se trouve entre la principale zone d’influence
britannique en basse Birmanie et la zone d’influence française au sud de l’Indochine, parvient
à conserver son indépendance pendant toute la période d’expansion coloniale occidentale.
Les deux puissances éprouvent le besoin d’utiliser le Siam comme une zone tampon entre
leurs zones d’influence.
La conquête de l’Afghanistan s’avère plus difficile du fait de l’expansion russe. Après
deux échecs face aux russes (la défaite de Khyber Pass en 1842 et un nouvel lors de la
deuxième guerre afghane de 1878-1881 à la bataille de Maïwand), un accord russo-anglais
débouche sur la création en 1885, d’un Etat tampon indépendant entre les zones anglaises et
russes : l’Afghanistan.

Toutefois, du fait de l’avancée des russes, l’émir de Kaboul (Abdur Rahman KHAN ;
émir de 1880 à 1901) signe des accords avec les britanniques au début des années 1890.

2- L’Indochine française

L'expansionnisme française en Indochine était justifiée par le besoin nationaliste de


rivaliser avec le Royaume-Uni, le besoin de protection des missions religieuses françaises
dans le secteur, ainsi que le désir de trouver un itinéraire vers le sud de la Chine traversant le
Tonkin (région du nord du Vietnam).
53
Cet accord fait partie des traités inégaux. Signé le 7 septembre 1904, il ouvre trois villes du Tibet au commerce
anglais et transforme le Tibet en protectorat britannique.
35
Au Viet Nam, le meurtre de plusieurs missionnaires français dans les années 1840
fournit à la France une excuse pour intervenir en 1858. Une force commune
franco-espagnole attaque et s’empare de Danang en 1857 et de Saigon en 1858. Par le traité
du 5 juin 1862, l’empereur vietnamien Tu Duc cède à la France trois provinces sud du
Vietnam permettant de former la colonie française de Cochinchine. Il permet la liberté de
religion dans son royaume, l’ouverture au commerce de trois ports, et accepte de payer une
forte indemnité. La Cochinchine devient une colonie française en 1867, l’Annam et le Tonkin
sont placés sous protectorat français en 1883. En 1887, l’Union indochinoise française est
formée des protectorats de l’Annam, du Tonkin, du Cambodge, du Laos et de la colonie de
Cochinchine.

Ainsi, au début du XXème siècle, la France disposait d'un empire en Indochine presque
une fois et demi plus grand que la métropole. L'Indochine, avec une population de plus de
dix-huit millions d'habitants en 1914, était vitale pour la France grâce à son étain, au poivre,
au charbon, au coton, au riz et à l’hévéa.

Pendant le XIXème siècle, les Hollandais étendent leur contrôle sur la plus grande
partie de l’archipel indonésien. Alors qu’ils ne possèdent que Java, les Moluques et quelques
ports dispersés au début de la période, à la fin du siècle ils gouvernent la majorité de
l’archipel, y compris le sud de l’île de Bornéo, que l’on nomme Kalimantan. En 1918,
l’ensemble de l’archipel indonésien est sous domination hollandaise.

Les Portugais tiennent toujours une partie du Timor.

Pendant les années 1840, l’Espagne étend son pouvoir sur l’île de Mindanao.
Toutefois, avec le traité de paix de Paris signé le 10 décembre 1898 qui met fin à la guerre
hispano-américain de 1898, l’Espagne cède les Philippines et l’Ile de Guam qui deviennent
des colonies américaines.

Conclusion
Entre 1870 et 1914, le Royaume-Uni, la France, les Pays-Bas ont agrandit leurs possessions
au Moyen-Orient, dans le Sous-continent indien et en Asie du Sud-est. Durant la même
période, l’Empire allemand sortait unifiée de la guerre franco-prussienne en 1871 et les
Etats-Unis, à la suite de la guerre hispano-américaine de 1898, émergeait comme une
nouvelle puissance impérialiste en Asie de l’Est et dans le Pacifique. L’impérialisme en Asie
fait émerger de nouvelles puissances dont la Russie et le Japon qui s’affirme comme la
principale puissance impérialiste de l’Asie.

TROISIEME PARTIE : L’IMPÉRIALISME DANS LE RESTE DU MONDE


Leçon 11 : L’IMPÉRIALISME EN ASIE
1- LES IMPÉRIALISMES ÉTRANGERS (EUROPE/AMÉRIQUE).
36
Introduction
Le continent africain n’a pas été le seul à tomber sous la domination coloniale. En effet, pour
les mêmes raisons, l’Asie a aussi subi la domination coloniale étrangère. Toutefois, à coté
des impérialismes étrangers, l’Asie a connu aussi des impérialismes locaux. Les principales
métropoles sont la Grande Bretagne, la France, la Hollande, la Russie, le Japon mais aussi les
Etats-Unis.
La présence européenne en Asie et surtout en Asie du Sud est parte d’une volonté de
protéger les missionnaires dépendant des territoires dépendant de la Chine.

V- L’IMPÉRIALISME EN ASIE OCCIDENTALE

Depuis le XVIe siècle, tout le Moyen-Orient actuel fut conquis par les Turcs et resta sous
l'autorité de l'empire turc-ottoman, jusqu'à la Première Guerre mondiale.
Au cours du XIXème siècle, l’expansion économique et la colonisation permettent aux États
européens d’accroître leur influence dans la région. L’empire turc affaibli par son étendue et
les ingérences européennes ne peut s’opposer aux conquêtes anglaises, françaises et
allemandes qui visent à s’accaparer des richesses de la région. L’Allemagne entreprend de
grands travaux en Irak (construction du chemin de fer Berlin Bagdad)54, l’Angleterre cherche à
obtenir des concessions minières en Perse et en Irak tout en contrecarrant les visées
allemandes.

Le déclenchement de la Première Guerre mondiale en 1914 débouchera sur


l’occupation d’autres pays arabes au Moyen-Orient par les forces françaises et anglaises.
Le 16 mai 1916, la France et la Grande Bretagne signent les accords Sykes-Picot55 qui
organisent le partage de l’empire turc-ottoman. Ces accords permettent le partage des
régions de peuplement arabe entre la France (mandat sur la Syrie et le Liban) et la Grande
Bretagne (qui crée les royaumes d’Irak et de Jordanie)56. La Palestine internationalisée (du fait
du statut de Jérusalem) est placée sous mandat britannique et les anglais se montrent
favorable à la création d’un foyer national juif comme promis au mouvement sioniste dans la
Déclaration BALFOUR57 de 1917. Les accords Sykes-Picot ne purent s’appliquer qu’après le
traité de Sèvres du 10 août 1920 destiné à mettre en application les décisions relatives aux

54
Chemin de fer Berlin-Bagdad : voie de chemin de fer de 1600 km de long construite entre 1903 et 1940 pour
assurer la liaison KONYA (en Turquie) – Bagdad (actuel Irak).
55
Les accords sont signés par Sir Mark SYKES (parlementaire britannique et spécialiste de l’empire ottoman) et
François Georges PICOT (ancien consul de France à Beyrouth et délégué de l’ambassade de France à Londres).
Ces accords ne purent s’appliquer complètement par suite de la Révolution russe, puis de la prise de pouvoir
par Mustapha KEMAL.
56
Ces deux royaumes sont créés pour la dynastie Hachémite chassée de la Mecque.
57
Lord Arthur James BALFOUR alors ministre britannique des affaires étrangères, promet dans une lettre datant
du 2 novembre 1917, l’établissement, en Palestine, d’un foyer national pour le peuple juif.
37
territoires ottomans prises lors de la conférence de San Remo58, s'inscrivant dans la suite des
accords Sykes-Picot.

Pour la France ces accords ont non seulement un intérêt énergétique mais aussi culturel, la
France ayant une influence culturelle en Syrie bien avant 1916. Pour les britanniques, il s’agit
de maitriser le Moyen-Orient, passage obligé de la route des Indes.

En 1860, dans la région qu'on appelait alors le Mont Liban, un conflit armé opposa la
communauté de religion druze à celle des chrétiens maronites. La France obtint alors des
puissances européennes le mandat d'intervenir, déjà, pour « protéger les chrétiens ». Elle
envoya sur place un corps expéditionnaire de 6 000 hommes, et imposa à l'empire ottoman
de reconnaître l'autonomie du Mont Liban. Celui-ci fut mis sous la protection intéressée des
puissances européennes.

La guerre mondiale se termina par l'écroulement définitif de l'empire ottoman. En 1920, un


Congrès syrien proclama l'indépendance de la « Grande Syrie », qui devait être un vaste État
arabe, comprenant la Palestine et les territoires des États actuels de Syrie, de Jordanie et du
Liban.

Mais l'Angleterre et la France se partagèrent le Moyen-Orient, en application des accords


secrets passés pendant la guerre. La France eut le territoire correspondant aux actuels États
de Syrie et du Liban. L'Angleterre eut le reste, c'est-à-dire ce qui correspond aujourd'hui à
l'Irak, la Jordanie et la Palestine. Le régime instauré sur ces pays ne fut pas appelé « colonie
». On était au lendemain de la Première Guerre mondiale, on venait de signer le traité de
Versailles et de créer la Société des Nations, la SDN. On parla donc de « mandats » qui
étaient confiés à la France et à l'Angleterre. La Société des Nations déclara que les peuples
du Moyen-Orient étaient « non encore capables de se diriger eux-mêmes dans les conditions
particulièrement difficiles du monde moderne » , et devaient donc être confiés à une
puissance mandataire, chargée de « guider leur administration jusqu'au moment où (ils)
seraient capables de se gouverner seuls ».

La conférence de San Remo est une conférence internationale qui a eu lieu du 19 au 26 avril
1920 en Italie. Elle réunit des représentants britanniques, français, italiens, grecs, japonais et
belges afin de fixer le sort des provinces arabes de l’empire turc-ottoman après la première
guerre mondiale et préparer les conditions du traité avec la Turquie.

Le traité de Sèvres, conclu le 10 août 1920 est un traité réalisé durant un contexte de guerre
civile initié par le sultan Mehmet VI envers le gouvernement provisoire nationaliste turc et
dont une conséquence principale est d'avoir réduit le territoire ottoman à l'Anatolie (plus ou
moins la Turquie d'aujourd'hui). Il est destiné à mettre en application les décisions relatives
aux territoires ottomans prises lors de la conférence de San Remo, s'inscrivant dans la suite

58
Elle réunit du 19 au 26 avril 1920 en Italie des représentants britanniques, français, italiens, grecs, japonais et
belges afin de fixer le sort des provinces arabes de l’empire turc-ottoman après la première guerre mondiale et
préparer les conditions du traité avec la Turquie.

38
des accords secrets Sykes-Picot

VI- EN ASIE CENTRALE

Les puissances rivales dans cette région sont la Russie et l’Angleterre. Les russes, motivés
par la recherche de ports dans les mers chaudes du Sud (Caspienne, Méditérranée…), se
heurtent en Asie centrale aux intérêts anglais en Inde. En 1880, les anglais occupent le Tibet
et le Cachemire alors que les russes passaient à la conquête du nord de cette région
(Turkestan occidental, Mongolie extérieure, Port Arthur…). En 1895, un accord russo-anglais
fait de l’Afghanistan une région tampon entre les possessions russes et anglaises.

VII- EN EXTRÊME-ORIENT

Au XVIe siècle de nombreux jésuites missionnaires arrivèrent en Chine. Chine, grande


puissance impériale au XVIII siècle, qui subit au XIX une série de défaites infligées par les
puissances étrangères. Ces revers soulignent dramatiquement la faiblesse militaire du pays
et le rendit vulnérable à l'impérialisme occidental, au Japon de l'ère Meiji et à la Russie.
Au cours du XVIIIe siècle, les marchands d'Europe arrivèrent en Chine en nombre croissant.
Cependant, les commerçants étaient toujours confinés à Canton et la colonie portugaise
de Macao, comme s'était le cas depuis le XVIe siècle. Commerçants européens étaient de plus
en plus irrités par des droits de douane qu'ils considéraient comme relativement élevées
qu'ils devaient payer et les freins imposés par les autorités chinoises sur le commerce
l'opium. En 1800, son importation fut interdite par le gouvernement impérial, mais le
commerce illégal continua malgré tout.
La chine est le lieu de convergence de plusieurs puissances : l’Angleterre, la France, la
Russie… Irrités par des droits de douane qu'ils considéraient comme relativement élevés
qu'ils devaient payer et les freins imposés par les autorités chinoises sur le commerce
l'opium, les Britanniques sont déterminés à imposer par tous les moyens leur volonté à la
Chine. De 1839 à 1842, la première guerre de l’Opium entre l’Angleterre et la Chine, se
termine par la défaite de la Chine et la signature du traité de Nankin (1842)59, qui force la
Chine à s’ouvrir aux puissances étrangères. L'île de Hong Kong est cédée à la
Grande-Bretagne, et cinq ports (Xiamen, Canton, Fuzhou, Ningbo et Shanghai) sont ouverts
au commerce et à l'installation des britanniques. Ce traité ouvre l’ère des « traités inégaux »60.
La situation se complique toutefois avec l’installation des Taipings à Nankin entre 1843 et
184561.
59
Après sa défaite, la Chine signe en 1842 le Traité de Nankin qui est le premier des traités
inégaux signés pendant la dynastie Qing.
60
Ensemble de traités datant du XIXème siècle imposés à la Chine, la Corée, le Japon de la fin de l’époque Edo
par les puissances impérialistes (Royaume-Uni, France, Pays-Bas, Allemagne, Russie, Etats-Unis, Portugal,
Autriche-Hongrie et Japon de l’ère Méiji. Le traité de Nankin de 1842, un traité additionnel en 1843 ainsi
que d’autres traités avec la France et les États-Unis en 1844 sont à l’origine du système des traités
inégaux.
61
Les européens aident les QING à écraser la révolte des Taipings en 1864-1865 pour pouvoir bénéficier de
l’ouverture du pays et du libre-échange.
39
Déçus par les traités, les Occidentaux tentent d’avoir accès à davantage de ports
fluviaux. En 1854, les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne présentent une demande
conjointe de révision des traités, mais ils essuient un refus catégorique des autorités
chinoises62. La France demande la liberté de croyance religieuse, mais en vain.
En 1856, prétextant l’arrestation pour piraterie de l’équipage de l’Arrow et l’exécution
d’un missionnaire français dans une zone de l’intérieur dont l’accès lui était interdit, la
France et la Grande Bretagne déclenchent la seconde guerre de l’Opium (1856 à 1860).
Défaits, les chinois sont forcés de ratifier une série de traités de 1858 –1860. Le Traité de
Tianjin en 1858 ouvre plus la Chine avec l’addition de onze ports francs, l’autorisation pour
les étrangers et leurs marchandises de circuler librement dans le pays et la légalisation de
l’importation d’opium. En outre, les chrétiens sont autorisés à pratiquer leur religion.
Le Traité de Wanghia pour les États-Unis et plus tard le Traité d'Aigun pour la Russie
permettent à ces deux pays d'obtenir les mêmes prérogatives. Les puissances étrangères
obtiennent aussi des territoires à bail qui sont autant de bases militaires et navales.

La rébellion des Taiping révèle l’existence d’une hostilité indigène envers les pratiques
traditionnelles, hostilité qui se manifeste par la destruction de temples et de sanctuaires,
qu’ils soient bouddhistes, confucianistes ou taoïstes. L’insurrection frappe violemment
quelque 600 villes, tandis que l’antagonisme croissant entre Européens et Chinois à Canton
(Guangzhou) conduit, en 1860, à une expédition franco-britannique qui occupe Pékin
(Beijing), pille et brûle le palais d’Été. Le traité de Tianjin (T’ien tsin) qui s’ensuit permet
l’établissement de missions diplomatiques à Pékin, ouvre de nouveaux ports chinois au
commerce étranger et fixe des règlements pour le commerce avec l’intérieur. Ces traités
marquent l’apogée de l’exploitation de la Chine par l’Europe.

Les guerres de l’opium sont des conflits motivés par des raisons commerciales ayant
opposé au XIXème siècle l’empire chinois des Qing aux puissances européennes.

La première guerre de l’opium qui a lieu de 1839 à 1842 oppose la Chine à la Grande
Bretagne. Les anglais voulant équilibrer leur commerce extérieur avec la Chine introduisent
l’opium qui est interdit en Chine. Elle se termine par la victoire des anglais et la signature du
traité de NANKIN qui donne libre commerce de l’opium aux britanniques, la concession de
Hong Kong et 5 ouvre ports aux anglais : Xiamen, Canton, Fuzhou, Ningbo et Shanghai.

La deuxième guerre de l’opium : oppose de 1856 à 1860 la Chine aux pays occidentaux
(France et Royaume-Uni soutenu par la Russie et les Etats-Unis) malgré le traité de Nankin,
la balance commerciale de ces derniers restait toujours déficitaire. Ils désiraient étendre leur
commerce vers le nord et l’intérieur de la Chine. Ils demandent la révision des traités signés.
Les occidentaux profitent de l’arrestation de marins anglais par la Chine pour déclencher la
guerre. Le traité de Tianjin de 1858 ouvre 11 ports supplémentaires au commerce occidental.

62
Refus de l’empereur Xianfeng et de son favori, l’aristocrate mandchou Shushun.
40
La convention de Pékin de 1860 met fin à la deuxième guerre

La révolte des Taiping : soulèvement majeur dans le Sud et le Centre de la Chine entre 1851
et 1864 opposant la dynastie des QING à des rebelles qui ont fondé au sud et au centre de la
Chine « Le Royaume céleste de la Grande Paix ». Les rebelles sont vaincus en 1864 et
chassés de Nankin grâce à l’aide des occidentaux (anglais et français).

La révolte des boxers ou boxeurs : révolte qui se déroula en Chine entre 1899 et 1901. Elle
est menée par les membres d’une société secrète (dont le symbole est un poing fermé). Ce
mouvement est utilisé par l’impératrice Cixi contre les colons et le développement du
christianisme en Chine. Elle se termine par la victoire des Huit nations alliées contre la Chine
(Autriche-Hongrie, France, Allemagne, Italie, Japon, Russie, Royaume-Uni, Etats-Unis).

VIII- L’ASIE DU SUD ET DU SUD-EST


2- L’empire britannique des Indes
La présence britannique63 en Asie remonte au XVIIème siècle avec la Compagnie Anglaise
des Indes Orientales qui exerce un monopole du commerce sur la région64. L’inde, avec ses
200 millions d’habitats à la fin du XIXème siècle, constitue un important marché de
consommateurs et suscite la convoitise des puissances européennes surtout l’Angleterre65.
Les indiens fournissent des troupes aux anglais dès 1750. Les Cipayes66 composent
l’essentiel des armées. En 1805, Delhi est conquis, puis Ceylan en 1815. Un accord donne
l’indépendance au Népal en 1816 en échange d’un accès aux montagnes.

En 1857, la révolte des Cipayes67 met en péril la présence britannique dans la région. L’Inde
passe directement sous le contrôle de la Couronne britannique en 1858, pour être gouvernée
par un vice-roi en collaboration avec un secrétaire d’État et du Conseil rattaché directement
au Parlement britannique. En 1876, Victoria devient « impératrice des Indes ».
Dans l’Asie du Sud-Est continentale, la Birmanie est le premier pays à perdre son
indépendance. L’Empire britannique des Indes absorbe le territoire birman suite aux trois
guerres anglo-birmanes de 1824 –1826, 1852 et 1885. La basse Birmanie est perdue avec

63
L’expansion britannique en Asie est liée au contexte européen marqué par l’alliance entre les Hollandais et les
Français et le Congrès de vienne de 1815. Il y a aussi l’augmentation de la demande en matières premières avec
l’industrialisation, la longue dépression de 1870 qui provoque une crise boursière sur les produits industriels et
les services financiers.
64
La Compagnie Anglaise des Indes Orientales puis Compagnie Britannique des Indes Orientales (1600-1874)
est la première compagnie européenne fondée en 1600 pour conquérir les Indes et dominer les flux
commerciaux avec l’Asie. Elle disparait en 1858 après la révolte des cipayes. La Compagnie des Indes
Orientales fournit aux anglais les matières premières venant de l’Inde et y importe des produits manufacturés
fabriqués en Angleterre.
65
En 1784, le gouvernement britannique et la Compagnie signent l’India Act.
66
Les cipayes sont des soldats indigènes (hindous et musulmans) servant dans l’armée britannique.
67
La révolte des Cipayes (appelée aussi première guerre d’indépendance indienne ou rébellion indienne de 1857)
est un soulèvement populaire qui a lieu en Inde contre la Compagnie anglaise des Indes Orientales. Le facteur
déclencheur est la fourniture aux cipayes de munitions lubrifiées avec de la graisse de bœuf et de porc ; une
graisse considérée comme impure par les musulmans et les hindous. Cette rébellion mena à la dissolution de la
Compagnie des Indes en 1858. L’Inde fut directement gouvernée par la Couronne.
41
la guerre de 185268, la haute Birmanie est annexée en 1885 par crainte de la voir tomber
sous l’influence des Français (pour conter l’avancée des français en Indochine).

Les anglais conquièrent Assam (Etat de l’Est de l’Inde) suite à un accord intervenu
après la première guerre birmane (1824-1826).

En 1904, le traité de Lhassa69 ouvre le Tibet au commerce britannique.

La Grande Bretagne acquiert les Etats princiers et les sultanats d’Asie de l’Est par des
offensives ou des signatures d’alliances. En 1819, est créé le port de Singapour consolidé
par l’acquisition en 1824 de Malacca suite à des échanges avec les Hollandais.

Craignant que les intentions coloniales des Allemands, des Français et des Italiens
ne s’étendent à Sarawak (un des deux Etats de Malaisie, situés sur l’île de Bornéo), Sabah et
Brunei, le gouvernement britannique passe en 1888 des accords avec les gouvernements de
ces territoires, qui en font des protectorats britanniques. Chaque territoire conserve son
indépendance pour les affaires internes, mais les affaires extérieures sont contrôlées par le
gouvernement britannique. Au début du XXème siècle, les derniers Etats malais passent
sous protectorat anglais.

Le Siam (ancien nom de la Thaïlande), qui se trouve entre la principale zone


d’influence britannique en basse Birmanie et la zone d’influence française au sud de
l’Indochine, parvient à conserver son indépendance pendant toute la période d’expansion
coloniale occidentale. Les deux puissances éprouvent le besoin d’utiliser le Siam comme
une zone tampon entre leurs zones d’influence.
Cela se doit principalement au profit qu’il tire de l’opposition entre la France et la Grande-Bretagne,
même si cette rivalité coloniale franco-anglaise provoque justement la perte de l’indépendance de la
haute Birmanie en 1885.

La conquête de l’Afghanistan s’avère plus difficile du fait de l’expansion russe. Après


deux échecs face aux russes (la défaite de Khyber Pass en 1842 et un nouvel lors de la
deuxième guerre afghane de 1878-1881 à la bataille de Maïwand), un accord russo-anglais
débouche sur la création en 1885, d’un Etat tampon indépendant entre les zones anglaises et
russes : l’Afghanistan.

Toutefois, du fait de l’avancée des russes, l’émir de Kaboul (Abdur Rahman KHAN ; émir de
1880 à 1901) signe des accords avec les britanniques au début des années 1890.

La révolte des Cipayes : les cipayes sont des soldats indigènes au service des compagnies
anglaises. Leur révolte est liée à plusieurs causes : affaiblissement de l’armée anglaise, les
problèmes des anciens cadres dépossédés de leurs propriétés mais la cause principale est

68
La deuxième guerre anglo-birmane est déclenchée par un incident mineur au sujet de la levée de taxes sur les
bateaux anglais à Rangoon.
69
Cet accord fait partie des traités inégaux. Signé le 7 septembre 1904, il ouvre trois villes du Tibet au commerce
anglais et transforme le Tibet en protectorat britannique.
42
la distribution aux Cipayes de cartouches induites de graisse de vache. Une offense qui va
soulève de vives protestations et amène les rebelles à s’emparer de Delhi. La Compagnie des
Indes est supprimée. L’Inde devient indépendante mais reste sous la Couronne britannique.

L’année 1857 sonne le glas de la Compagnie des Indes orientales. La rébellion est écrasée en
1859, après d’âpres combats et d’innommables atrocités. Rendus furieux par des incidents
tels que celui du massacre de femmes et d’enfants blancs à Kanpur, les Britanniques
victorieux torturent, pendent, fusillent ou exécutent au pistolet des « dizaines de milliers de
soldats et de guérilleros des villages.
2- L’Indochine française
L'expansionnisme française en Indochine était justifiée par le besoin nationaliste de
rivaliser avec le Royaume-Uni, le besoin de protection des missions religieuses françaises
dans le secteur, ainsi que le désir de trouver un itinéraire vers le sud de la Chine traversant le
Tonkin (région du nord du Vietnam).
Au Viet Nam, le meurtre de plusieurs missionnaires français dans les années 1840
fournit à la France une excuse pour intervenir en 1858. Une force commune
franco-espagnole attaque et s’empare de Danang en 1857 et de Saigon en 1858. La coalition
descend ensuite en Cochinchine et saisit la capitale provinciale de Saigon en 1859. Par le
traité du 5 juin 1862, l’empereur vietnamien Tu Duc cède à la France trois provinces sud du
Vietnam permettant de former la colonie française de Cochinchine. Il permet la liberté de
religion dans son royaume et l’ouverture au commerce de trois ports, et accepte de payer une
forte indemnité. La Cochinchine devient une colonie française en 1867, l’Annam et le Tonkin
sont placés sous protectorat français en 1883. En 1887, l’Union indochinoise française est
formée des protectorats de l’Annam, du Tonkin, du Cambodge, du Laos et de la colonie de
Cochinchine.
Les Espagnols des Philippines, qui ont participé à l’expédition pour mettre un terme à
la persécution des chrétiens catholiques, se voient satisfaits de la promesse de liberté de
culte.
Graduellement la puissance française s'est affirmé par l'exploration, puis l'établissement de
protectorats, et finalement des annexions absolues. La conquête de Hanoï a en 1882 mena
directement à la guerre avec la Chine (1883-1885), et la victoire française confirma la suprématie
française dans la région. La France dirigea la Cochinchine en tant que colonie, le Vietnam central et
du nord sous les protectorats de l'Annam et du Tonkin, et le Cambodge comme protectorat avec un
degré de gestion d'un degré moindre. Le Laos était placé sous la "protection française".

Au début du XXe siècle, la France disposait d'un empire en Indochine presque une fois et demi
plus grande que la métropole. L'Indochine, avec une population de plus de dix-huit millions
d'habitants en 1914, était vitale pour la France grâce à son étain, au poivre, au charbon,
au coton, au riz et à l’hévéa.

Pendant le XIXème siècle, les Hollandais étendent leur contrôle sur la plus grande partie de
l’archipel indonésien. Alors qu’ils ne possèdent que Java, les Moluques et quelques ports
dispersés au début de la période, à la fin du siècle ils gouvernent la majorité de l’archipel, y
compris le sud de l’île de Bornéo, que l’on nomme Kalimantan. En 1918, l’ensemble de
43
l’archipel indonésien est sous domination hollandaise.

L’Acèh, qui résiste pendant longtemps au contrôle hollandais, est attaqué en 1873. La guerre
d’Acèh dure trois décennies et ne prend fin qu’en 1903, avec la reconnaissance par le sultan
de la souveraineté hollandaise.

Les Portugais tiennent toujours une partie du Timor.

Pendant les années 1840, l’Espagne étend son pouvoir sur l’île de Mindanao.
Toutefois, avec le traité de paix de Paris signé le 10 décembre 1898 qui met fin à la guerre
hispano-américain de 1898, l’Espagne cède les Philippines et l’Ile de Guam qui deviennent
des colonies américaines.

Guerre hispano-américaine de 1898 : Conflit qui se déroula en 1898 entre les Etats-Unis et
l’Espagne. Elle tire son origine de la lutte pour l’indépendance de Cuba, alors colonie
espagnole. La révolte des cubains remonte à 1868 car la colonie est soumise à un régime
autoritaire et à une lourde fiscalité. L’économie cubaine s’enfonce dans la crise à cause des
droits de douane très élevés imposés par les USA au sucre importé de Cuba. La révolte des
cubains est violement réprimée par les espagnols. Ce qui pousse les USA à envoyer un navire
de guerre au port de la Havane début 1898 pour protéger les ressortissants américains en
cas de révolution. Le 15 février 1898, le navire est détruit par une explosion. Les américains
accusèrent les espagnols d’être à l’origine de la destruction d’un navire. Le 1er mai les USA
coulent la flotte espagnole des Philippines à Manille. En Août, l’Espagne demande la paix. Un
traité de paix est signé à Paris le 10 décembre 1898 : l’Espagne cède Porto Rico, les
Philippines et l’Ile de Guam (qui deviennent des colonies américaines) et Cuba (qui obtient
son indépendance mais devient un protectorat américain).

Conclusion

Entre 1870 et 1914, le Royaume-Uni, la France, les Pays-Bas ont agrandit leurs possessions
au Moyen-Orient, dans le Sous-continent indien et en Asie du Sud-est. Durant la même
période, le Japon était dans la restauration de Meiji, l’Empire allemand sortait unifiée de la
guerre franco-prussienne en 1871, la Russie tsariste étendait son influence sur les territoires
de Sibérie et les Etats-Unis, à la suite de la guerre hispano-américaine de 1898, émergeait
comme une nouvelle puissance impérialiste en Asie de l’Est et dans le Pacifique.

L’impérialisme en Asie est marqué par l’émergence de nouvelles puissances impérialistes


telles que le Japon qui s’affirme comme la principale puissance impérialiste de l’Asie.

Les Etats non colonisés :

- Afghanistan : Etat tampon entre la Russie et la Grande Bretagne


- Chine : a cédé des concessions aux puissances étrangères

44
- Bhoutan
- Perse
- Japon : avait son propre empire colonial en Corée et Formose
- Mongolie : fait partie de la Chine jusqu’en 1911
- Népal ;
- Siam
- Turquie : ancienne puissance dominatrice

Colonies asiatiques par pays colonisateur


Allemagne
− Nouvelle-Guinée allemande
− Kiaou-Tchéou
Danemark : Inde danoise
Espagne : Indes orientales espagnoles
États-Unis : Commonwealth des Philippines
France : Indochine française qui réunissait :
− le Tonkin
− l'Annam
− la Cochinchine
− le protectorat du Laos
− le protectorat du Cambodge
− Kouang-Tchéou-Wan
− Établissements français dans
l'Inde
− Syrie mandataire (sous mandat
de la Société des Nations après
la Première Guerre mondiale)

45
Pays-Bas
Formose néerlandaise ; Inde néerlandaise ; Indes orientales néerlandaises
Nouvelle-Guinée néerlandaise ; Ceylan (1656–1796)
Portugal : Inde portugaise ; Timor portugais ; Macao
Royaume-Uni : Indes britanniques ; Raj britannique ; Birmanie britannique
Ceylan (1815–1948) ; Hong Kong ; Weihai ; Malaisie britannique ; Bornéo du Nord ;
Territoire de Papouasie ; Palestine mandataire (sous mandat de la Société des
Nations après la Première Guerre mondiale)
Émirat de Transjordanie (sous mandat de la Société des Nations après la Première
Guerre mondiale) ; Mandat britannique de Mésopotamie (sous mandat de la Société
des Nations après la Première Guerre mondiale) ; Protectorat du Koweït ; Protectorat
de Mascate et Oman
Russie : Port-Arthur
Zones partagées : Concessions étrangères en Chine
Canton ; Tientsin ; Shanghai ; Hankou ; l'île de Gulangyu

TROISIEME PARTIE : L’IMPÉRIALISME DANS LE RESTE DU MONDE


Leçon 11 : L’impérialisme en Asie
2- LES IMPÉRIALISMES JAPONAIS ET RUSSE.
Introduction
En plus de la domination étrangère, l’Asie a connu des impérialismes locaux
en l’occurrence le japonais et russe. L’ouverture forcée70 du Japon au commerce
extérieur en 1853 et la révolution Meiji en 1868 incitent le pays à passer d’une
situation de pays fermé à celle de puissance économique. Mais les ressources
naturelles ne suffisent pas à satisfaire les besoins d’une population sans cesse
croissante. S’inspirant des modèles de l’Europe occidentale et des États-Unis, le
Japon et la Russie découvrent l’idée occidentale selon laquelle les colonies sont
vitales pour l’expansion économique et le prestige de la nation et s’engagent dans
70
Depuis 1641, Iemitsu Tokugawa a mis en place un système de politique isolationniste. Dans les faits,
il correspond en une fermeture des frontières, l'exclusion des ecclésiastiques, la peine de mort pour
tout japonais quittant son territoire la fermeture des ports et la destruction des navires capables de
naviguer en haute mer.

46
une politique de modernisation et d’expansion territoriale.

I- L’IMPÉRIALISME JAPONAIS
1- Les causes de l’impérialisme japonais
Les causes sont à la fois économiques et démographiques. Sur le plan
économique, le Japon s’engage en 1868 dans la « révolution du Meiji71 » sous
l’impulsion de l’Empereur Mutsu HITO appelé également Meiji TENNO
(1852-1912).72Le Japon se modernise et devient une puissance industrielle. Cette
croissance économique a cependant des limites : le Japon manque de ressources
naturelles. La volonté de contrôler l’approvisionnement en matières premières
accroît l’intérêt du Japon pour la Corée et la Mandchourie.
Sur le plan démographique, la population nipponne est passée de 30 millions
en 1868 à 50 millions en 1914. Cette croissance rapide de la population pose un
problème d’espace pour un archipel comme le Japon. Le pays avait besoin de
nouvelles terres pour évacuer le surplus de sa population.

2- Les manifestations de l’impérialisme japonais


L’une des premières tâches du nouveau gouvernement japonais issu de la
restauration Meiji est d’établir les frontières du pays. En dehors des quatre îles
formant le pays (Hokkaido, Honshu, Shikoku, Kyushu), les Japonais sont présents
dans les îles Kouriles et Sakhaline, mais ils revendiquent également les îles Ryūkyū,
principalement Okinawa, au sud du Japon, ainsi que les îles Bonin et Kazan au
sud-est du pays. La question est réglée pour la première fois en 1874 –1875.73 En
1876, les Ryūkyū, les îles Bonin et Kazan sont officiellement rattachées au Japon.
Dans sa tentative d’expansion en Asie, le Japon s’est heurté à la Chine et à la
Russie. Entre 1894 et 1906, il affronte ces deux grandes puissances et remporte des
victoires sur elles.
Le pays s’engage dans une guerre contre la Chine en 1894 –1895.Après de
nombreuses défaites militaires, la Chine impériale de la dynastie Qing doit signer le
traité de Shimonosekien avril 1895qui met fin à la guerre.Le Japon reçoit l’île de
Formose (Taiwan) et quelques autres îles (archipel des Pescadores et la presqu’île
de Liaodong), une indemnité de guerre de 740 millions de dollarset impose son

71
Révolution du Meiji (1868-1912) se caractérise par le basculement du système féodal vers un
système industriel à l’occidental et la modernisation du Japon.
72
Meiji Tenno, l'empereur Meiji, connu de son vivant en Occident par son nom personnel Mutsuhito
(1852-1912), est le 122e empereur du Japon.
73
Le Japon laisse l’île Sakhaline à la Russie et obtient la reconnaissance de sa souveraineté dans les
îles Kouriles.

47
influence en Corée74.
Le Japon, désormais au rang des premières puissances mondiales, est admis
à prendre part à la répression de la révolte des Boxeurs en 1900 et aux négociations
de paix avec la Chine qui s’ensuivent. Cette position de force permet au Japon de
renégocier les traités « inégaux » qu’il a eu à accepter auparavant et de conclure une
alliance avec la Grande-Bretagne en 1902
Face à l’influence croissante de la Russie en Mandchourie, elle devient une
menace pour les intérêts japonais. En 1904 –1905, le conflit avec la Russie se
termine par la victoire du Japon75 et la signature du traité de Portsmouth en
Septembre 1905. Cette victoire impose l’influence japonaise en Mandchourie et lui
rapporte la moitié sud de l’île Sakhaline ainsi que Port-Arthur. Le Japon fait de la
Corée son protectorat et renforce sa mainmise en 1910 par l’annexion officielle de la
Corée en tant que colonie.
Entre 1895 et 1913, le Japon acquiert un empire colonial comprenant Taiwan,
la Corée, Guandong (Mandchourie) et la moitié sud de Sakhaline. Si ces colonies
permettent de démontrer le statut de puissance moderne du Japon, elles lui
permettent également de s’approvisionner en denrées alimentaires sans avoir à
passer par de coûteuses importations. Le Traité de Versailles lui permet
officiellement de prendre possession des concessions allemandes en Chine dans le
Shandong76.
Avec la crise économique des années 30’, qui entraine un chômage et des
faillites d’entreprises en cascade, le Japon veut étendre ses possessions en Asie
continentale. En septembre 1931 le Japon envahit la Mandchourie et crée sur le
territoire le protectorat de Manchoukouo. En 1937, le Japon occupe des villes
côtières telles que Shanghai et déclare la guerre à la Chine suite à des incidents.
Durant la seconde guerre mondiale, le Japon occupe de nombreux territoires d’Asie
du Sud-est :Hong-Kong, Birmanie, Malaisie britannique, Brunei, Bornéo du Nord,
Sarawak, Indochine française, Indes Orientales néerlandaises, Guam …La défaite du
Japon en 1945 suite aux bombardements de Hiroshima et Nagasaki oblige le pays à
retirer ces troupes des territoires d’Asie du Sud-est.

II- L’IMPÉRIALISME RUSSE

74
Ce traité impose à la Chine de reconnaitre l’indépendance de la Corée avec laquelle le Japon signe un
traité d’alliance militaire.
75
Les russes, mal préparés à soutenir une guerre à 700 km de leurs bases, perdent les batailles de
Port Arthur en 1904, de Moukden et de Tsushima en 1905. C’est la première défaite d’un peuple blanc
devant un peuple de couleur.
76
Durant la première guerre mondiale, le Japon déclare la guerre à l’Empire allemand et les troupes
japonaises occupent les possessions allemandes en Chine. Le Shandong, province de l’Est de la Chine
sur la mer jaune.

48
Avec plus de 22 millions de kilomètres carrés au début du XXème siècle, la
Russie est un vaste empire multinational77 qui s’étend de la Finlande au Caucase et de
la Pologne au Kamtchatka. Elle s’associe à la France, la Grande Bretagne et à
l’Allemagne lors du dépècement de la Chine. Elle gagne une influence considérable
en Mandchourie et des concessions à Tientsin et Hankéou.78La Russie annexe le
Turkestan occidental, la Mongolie intérieure, la Sibérie sud-orientale, le nord de l’île
Sakhaline (en 1853) et accède à des zones d’influence en Perse.
En Asie centrale, les visées russes sur les mers chaudes et l’océan Indien sont
considérées comme une menace pour l’Empire britannique. Ce qui les oblige les deux
Etats à ménager un Etat tampon : l’Afghanistan. Empire par son étendue, l’influence
russe reste très limitée.

Conclusion

Les impérialismes japonais et russe, limités en Asie, ont permis à ces pays d’étendre
leur influence. Si la puissance russe est restée très limitée, le Japon qui poursuivi sa
domination jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale, est devenu une grande
puissance militaire et politique en Extrême-Orient.

TROISIEME PARTIE : L’IMPÉRIALISME DANS LE RESTE DU MONDE


Leçon 11 : L’impérialisme en Asie
2- LES IMPÉRIALISMES JAPONAIS ET RUSSE.

En 1850, le Japon est peuplé de 27 millions d’habitants et est totalement fermé à


l’Europe. Cet empire replié sur lui-même est un état féodal avec son empereur, le
Mikado, et une aristocratie de 350 familles de grands seigneurs, les Daïmios qui
disposent de la masse des paysans pauvres et des vassaux militaires, caste
guerrière et oisive, les Samouraï.
• Le pouvoir réel appartient de fait au Shogun, maire du palais de l’empereur à
Yedo (Tokyo) et premiers des Daïmios.
• La religion, le Shintoïsme, renforce l’immobilisme de la société, car basé sur le
culte de l’obéissance et de la tradition.
77
Elle compte 123 millions d’habitants en 1897 dont seulement 44% de russes.
78
Ces deux concessions sont saisies par la Chine en 1920 et formellement rétrocédées en 1924.

49
• Les seuls éléments progressistes sont les intellectuels, les commerçants et
certains Daïmios qui se lancent dans la petite industrie.

Introduction

l’ouverture forcée79 du pays au commerce extérieur en


1853 et la révolution Meiji en 1868 incitent le Japon à
passer d’une situation de pays fermé à celle de
puissance économique. Mais l’insuffisance des
ressources naturelles à satisfaire les besoins d’une
population sans cesse croissante pousse le Japon dans
une politique expansionniste. Dans son effort pour
moderniser le pays en suivant les modèles de l’Europe
occidentale et des États-Unis, le nouveau gouvernement
découvre l’idée occidentale selon laquelle les colonies
sont vitales pour l’expansion économique et le prestige
de la nation.
Trois éléments supplémentaires contribuent à l’expansion du pays dans le dernier quart du
xixe siècle. Premièrement, les incursions européennes dans l’est de l’Asie ne cessent
d’augmenter. Les Britanniques imposent leur pouvoir en Birmanie, les Français en Indochine,
les Russes dans les territoires du nord de la Chine et, plus généralement, tous s’implantent
de plus en plus profondément en Chine. Cette présence coloniale accrue des Européens ne
manque pas d’inquiéter le Japon qui y voit une menace possible contre ses intérêts.
Deuxièmement, la faiblesse croissante de la Chine, ses concessions face aux demandes
étrangères et son incapacité à mettre un frein à l’expansion étrangère ne font que renforcer
l’idée des Japonais que leur pays est en mesure d’acquérir à son tour des territoires aux
dépens des Chinois. Enfin, l’industrialisation réussie du Japon entraîne un besoin croissant
d’avoir accès aux marchés étrangers et aux matières premières, dont le Japon a tendance à
manquer.

III-
L’IMPÉRIALISME JAPONAIS
3- Les causes de l’impérialisme japonais
Les causes sont à la fois économiques et démographiques. Sur le plan économique,
le Japon s’engage en 1868 dans la « révolution du Meiji » sous l’impulsion de

79
Depuis 1641, Iemitsu Tokugawa a mis en place un Système de politique isolationniste. Dans les
faits, il correspond en une fermeture des frontières, l'exclusion des ecclésiastiques, la peine de mort
pour tout japonais quittant son territoire la fermeture des ports et la destruction des navires capables
de naviguer en haute mer.

50
l’Empereur Mustu HITO appelé également Meiji TENNO (1852-1912).80 Le Japon se
modernise et devient une puissance industrielle exportant des produits finis sur les
marchés asiatiques. Cette croissance économique a des limites : le Japon manque
de ressources La volonté de contrôler
naturelles.
l’approvisionnement en matières premières accroît
l’intérêt du Japon pour la Corée et la Mandchourie.
Sur le plan démographique, la population nipponne est passée de 30 millions en
1868 à 50 millions en 1914. Cette croissance rapide de la population pose un
problème d’espace pour un archipel comme le Japon. Le pays avait besoin de
nouvelles terres pour évacuer le surplus de sa population.
1-Les manifestations de l’impérialisme japonais
L’une des premières tâches du nouveau gouvernement japonais issu de la
restauration Meiji est d’établir les frontières du pays. En dehors des quatre îles
formant le pays, les Japonais sont présents dans les Kouriles et sur Sakhaline, mais
ils revendiquent également les îles Ryūkyū, principalement Okinawa, au sud du
Japon, ainsi que les îles Bonin et Kazan au sud-est du pays. La question est réglée
pour la première fois en 1874 –1875.81 En 1876, les Ryūkyū, les îles Bonin et Kazan
sont officiellement rattachées au Japon.

En outre, des conflits internes ramènent plus tard la Corée sous l’autorité de la Chine,
qui envoie des troupes militaires sur place. Le conflit coréen finit par mener à la
guerre sino japonaise de 1894 –1895, qui voit la défaite des Chinois et l’obtention,
pour les Japonais, de Taiwan, du retrait des troupes chinoises de Corée, d’un statut
privilégié en Chine et d’une forte indemnité en or. Le Japon demande également à
bénéficier de bases en Mandchourie, mais une intervention tripartite réunissant la
Russie, la France et l’Allemagne l’en empêche.

Dans sa tentative d’expansion en Asie, le Japon s’est heurté à la Chine et à la Russie.


Entre 1894 et 1906, le Japon affronte ces deux grandes puissances et remporte des
victoires sur elles. Aidé par des prêts financiers étrangers, le pays s’engage dans
une guerre contre la Chine en 1894 –1895, après laquelle il reçoit Taiwan et impose
son influence en Corée. La guerre sino-japonaise commence en 1894 et se termine
en 1895 avec le traité de Tsushima qui accorde au Japon l’île de Formose, la Corée,
quelques autres îles et une indemnité de guerre de 740 millions de dollars.
En 1904 –1905, le conflit avec la Russie se termine par la victoire du Japon82. Cette

80
Meiji Tenno, l'empereur Meiji, prince Sachi no Miya, connu de son vivant en Occident par son nom
personnel Mutsuhito (1852-1912), est le 122e empereur du Japon.
81
Le Japon laisse Sakahline à la Russie et obtient la reconnaissance de sa souveraineté dans
les Kouriles. Le statut des îles Ryūkyū est plus difficile
82
Les russes perdent car mal préparés à soutenir une guerre à 700 km de leurs bases. Ils perdent les
batailles de Port Arthur et de Moukden.

51
victoire impose l’influence japonaise en Mandchourie et lui rapporte la moitié sud de
Sakhaline ainsi que Port-Arthur.

Après 1931, la crise économique pousse le Japon à vouloir étendre ses possessions
en Asie continentale. Dès 1931, le Japon commence à occuper deux provinces
chinoises proches de leurs possessions en Chine. En 1937, le Japon occupe des
villes côtières telles que Shanghai. La défaite du Papon en 1945 suite aux
bombardements de Hiroshima et Nagazaki sonne le retrait des troupes nipponnes de
la Chine.

L’intérêt des Japonais pour la Corée est tout d’abord motivé par la proximité et la situation
géographique stratégique de celle-ci et il ne fait que croître face aux diverses tentatives des
pouvoirs occidentaux pour ouvrir le pays. En outre, cela permet au gouvernement japonais de
détourner l’attention de ses problèmes intérieurs de restructuration et de modernisation.
Ainsi, afin d’accroître leur influence en Corée, les Japonais envoient en 1876 une
expédition en canonnière pour demander l’ouverture du pays. À la suite de cette
expédition, le Japon obtient la signature d’un traité encore plus avantageux que
celui qu’il avait dû lui-même accepter des pouvoirs occidentaux. La position
avantageuse des Japonais n’est cependant que de courte durée, car des traités
similaires sont signés avec les puissances occidentales dès le début des années
1880.
le Japon au rang des premières puissances mondiales. En tant que telle, il est
admis à prendre part à la répression de la révolte des Boxeurs en 1900 et aux
négociations de paix avec la Chine qui s’ensuivent. De plus, cette position de force
permet au Japon de renégocier les traités « inégaux » qu’il a eu à accepter
auparavant et de conclure une alliance avec la Grande-Bretagne en 1902.
Entre-temps, la Russie a gagné une influence considérable en Mandchourie et
devient de plus en plus menaçante pour les intérêts japonais en Corée. Comme la
Corée et la Mandchourie représentent pour le Japon des marchés et des
fournisseurs de matières premières de plus en plus indispensables, la situation
aboutit à la guerre russo-japonaise de 1904 –1905. Cette guerre financée par des
prêts étrangers se termine par la victoire militaire du
Japon et lui rapporte la moitié sud de Sakhaline, la concession de Guandong ainsi
que la région du chemin de fer sud-mandchourien (principalement les ports de
Dalian, anciennement Dairen, et de Port-Arthur). Les Japonais supplantent les
Russes en Mandchourie
Avant même que les accords de paix avec la Russie ne débutent, le Japon fait de la
Corée son protectorat. Les révoltes contre la domination japonaise qui éclatent par
la suite dans la péninsule sont réprimées et le Japon renforce sa mainmise en 1910
par l’annexion officielle de la Corée en tant que colonie.
En aidant les autres nations à moderniser leurs institutions et leur économie, les
Japonais acquièrent une mentalité coloniale proche de celle de l’Occident ; ils
commencent à se sentir supérieurs et donc destinés à dominer et à guider les

52
autres nations d’Asie. Entre autres choses, cette vision implique une volonté
d’assimiler les nations colonisées en détruisant leur culture et leur identité propre.
À ce titre, l’émigration de Japonais vers les territoires conquis est donc encouragée
non seulement car elle constitue une solution à l’accroissement de la population,
mais également parce qu’elle renforce la présence japonaise à l’étranger.

Entre 1895 et 1913, le Japon acquiert un empire colonial comprenant Taiwan, la


Corée, Guandong (Mandchourie) et la moitié sud de Sakhaline. Si elles permettent
de démontrer le statut de puissance moderne du Japon, elles lui permettent
également de s’approvisionner en denrées alimentaires sans avoir à passer par de
coûteuses importations

À l’instar des puissances européennes, le Japon considère la colonisation comme


une mission civilisatrice destinée à améliorer le niveau de vie de ses colonisés.

Japon : l’empire du « Soleil Levant »


Le renouveau : L’ère Meiji :1852-1914
En 1853 le commodore Perry de l’US Navy obtient le
droit de commercer avec le Japon après une menaçante
démonstration de force navale. Les Européens foncent
dans la brèche ouverte et s’installent par la force : le
Shogun perd son prestige, car la venue des Européens
provoque la hausse des prix qui à leur tour entraînent de
graves troubles sociaux.
En 1866 le jeune Mikado MutsuHito renverse le Shogun
et brise les révoltes des Daïmios et des Samouraïs. Il
ouvre une ère de pouvoir personnel. Il comprend surtout
que le Japon perdra son indépendance s’il ne se
développe pas comme l’Europe. Le Japon n’utilisera
donc pas la force contre les grandes puissances, mais
rivalisera avec elles sur leur propre terrain, jusqu’à les
vaincre. Aussi l’empereur entreprend-il de vastes
53
réformes :
• Suppression du régime féodal en 1871 ;
• Constitution calquée sur celle de la Prusse (1889)
avec deux chambres, qui donne de fait le véritable
pouvoir au Mikado.
• Modernisation des finances, de l’administration et
du système scolaire ;
• Mise en place du service militaire obligatoire ;
création d’une armée de terre avec des spécialistes
allemands et d’une marine de guerre avec des
conseillers anglais.
L’effort principal de l’ère Meiji va porter sur
l’industrialisation du pays :
• Le Japon a passablement de handicaps : peu de
charbon et de fer, peu de capitaux et de techniciens,
pas de marché intérieur… De plus, il subit de plein
fouet la concurrence étrangère.
• Mais il possède un atout exceptionnel : un main
d’œuvre nombreuse, travailleuse, peu exigeante et
docile (11 grèves en 1909, 22 en 1911 !)
• L’industrie se concentre en grands trusts, les
« Zaibatsu », à caractère familial et féodal où
dominent les anciens Daïmios (Mitsumi, Mitsubishi,
Sumitomo, Yasuchi…)
• Le Japon fait appel à des capitaux étrangers, et
rapidement il s’équipe d’un très bon réseau ferré,
d’industries textiles, de chantiers navals, d’aciéries

54
et hauts fourneaux.
Malgré ces progrès, le pays reste très attaché à ses
traditions (culte de la politesse, des jardins, des
costumes, du thé…), à son Empereur divinisé, à ses
chefs, très jaloux de son patriotisme et de son orgueil
national.
L’impérialisme japonais

3.9.3.1. Les causes


Grande puissance, le pays poursuit une politique
d’expansion liée à :
• une rapide croissance démographique : 40 millions
en 1890 et 53 millions en 1914 ;
• un manque d’espace vital ;
• une pénurie de matière alimentaires et de matières
premières ;
• un grand besoin de débouchés industriels ;
• une politique impérialiste menée par les clans de
l’armée (Khoshu) et de la marine (Satsuma)
impériales.
Les étapes
guerre contre la Chine (1894-1895) qui rapporte au
Japon l’île de Formose (Taiwan) et l’indépendance
de la Corée du Nord qui devient protectorat
japonais ;
55
• une guerre contre la Russie en 1904-1905 qui après
la victoire navale de Tsushima et la victoire de Port
Arthur donne au Japon Sakhaline, Port Arthur et le
protectorat sur la Mandchourie ;
• en 1910 la Corée est annexée ;
• en Chine, le Japon obtient une dizaine de
concessions et de ports…
Le navire japonais Matsushima (1885) lors de la guerre
sino-japonaise : la guerre débute en août 1894. Le Japon
industrialisé est doté d'une armée puissante ; la Chine
est incapable de résister. Après mars 1895 et de
nombreuses défaites militaires, la Chine impériale de la
dynastie Qing doit signer le traité de Shimonoseki. Elle
cède au Japon Taiwan, l'archipel des Pescadores et la
presqu'île du Liaodong et abandonne également sa
suzeraineté sur la Corée
Guerre russo-japonaise : après la bataille de Moukden,
l’armée russe bat en retraite. Illustration du « Petit
Journal illustré» du 26 mars 1905
Guerre russo-japonaise : la bataille navale de Tsushima
(27 mai 1905) est un véritable désastre pour la flotte
russe. Illustration du « Petit Journal illustré» du 11 juin
1905
Cette expansion japonaise fait peur à l’Europe et surtout
aux Etats-Unis : dès 1905 on parle de « Péril jaune »…
ien qu’appartenant au camp des vainqueurs, le Japon
sort insatisfait de la conférence de Versailles : il juge

56
insuffisantes les conquêtes territoriales qui lui sont
consenties. Cette déception renforce l’idéologie fondée
sur la suprématie de la race japonaise et son droit à
contrôler l’Asie. Personnifiée par l’empereur, cette
théorie trouve sa première application en
septembre 1931 avec l’invasion de la Mandchourie et la
création du régime fantoche du Mandchoukouo. Six ans
plus tard, l’incident du pont Marco Polo, près de Pékin,
sert de prétexte au déclenchement d’une guerre contre
l’ensemble de la Chine.

« Pourquoi Singapour est tombé ».


Le 27 septembre 1940, l’empire du Soleil-Levant signe, à
Berlin, le pacte tripartite : il reconnaît la prédominance de
l’Allemagne nazie et de l’Italie fasciste en Europe,
celles-ci admettant sa supériorité en Asie. Cet acte
diplomatique coïncide avec l’occupation du nord de
l’Indochine. Et la Thaïlande, à son tour, s’en prend aux
possessions françaises : elle y gagnera une partie du
Laos et du Cambodge.

En guise de représailles, les Etats-Unis décident


d’imposer un blocus pétrolier au Japon. L’empereur
riposte en lançant la « guerre de la Grande Asie
orientale » et en donnant le feu vert à l’attaque contre
Pearl Harbor, dans l’archipel de Hawaï : au soir du
57
7 décembre 1941, le gros de la flotte américaine du
Pacifique est détruit. Washington déclare alors la guerre
à Tokyo ; et Berlin comme Rome déclarent la guerre à
Washington.

Les déplacements de Japonais vers la Chine, la Corée et


58
Taiwan sont en
rapport étroit avec l’expansion des intérêts japonais
dans ces pays. Jusqu’en
1895, seuls 8,4 millions de Japonais se rendent en Chine
et très peu s’y installent.
Les privilèges et concessions obtenus par le Japon en
1895, après la
guerre sino-japonaise, et en 1905, après la guerre
russo-japonaise, entraînent
Le contexte international 189
une augmentation importante du nombre d’émigrants
japonais, en particulier
en Mandchourie. En 1910 résident en Chine 36 000
Japonais, dont la
moitié en Mandchourie. Après la guerre sino-japonaise,
l’assujettissement,
en 1895, à la domination coloniale japonaise de Taiwan
conduit à un afflux
massif de Japonais encouragés par le gouvernement
colonial. Le nombre
de Japonais résidant sur l’île passe de près de 38 000 en
1900 à 135 000 en
1915. La plupart d’entre eux sont engagés dans le
secteur industriel. Jusqu’au
passage de la Corée sous protectorat japonais en 1905,
plus de 78 000 Japonais
migrent vers la péninsule, mais peu s’y installent
définitivement. Après
1905, et surtout après l’annexion de la Corée en 1910, le
59
nombre de Japonais

augmente considérablement. En 1910, ils sont plus de


170 000 et, en 1920,
près de 350 000.
C’est la partie asiatique de la Russie qui reçoit le plus de
migrants
japonais. Entre 1868 et 1913, ils sont près de 120 000 à
se rendre en Russie.
Toutefois, la plupart sont des marchands ou des
pêcheurs et, jusqu’à la Première
Guerre mondiale, le nombre de Japonais à s’installer
définitivement en Russie ne dépasse pas les 10 000.

Conclusion

L’impérialisme japonais a commencé au XIXème siècle et s’est poursuivi jusqu’à la


fin de la seconde guerre mondiale. Cet impérialisme limité en Asie, a permis au
Japon de devenir une grande puissance militaire et politique en Extrême-Orient.

QUATRIEME PARTIE : LE MONDE D’UNE GUERRE A L’AUTRE

60
Leçon 13 : A.C. La première guerre mondiale et ses conséquences.

Introduction
En juin 1914, l’assassinat de l’héritier d’Autriche-Hongrie apparait comme la cause
d’une guerre que l'on avait imaginée à la fois courte et brutale. Mais l’attentat de
Sarajevo n’est qu’un épisode d’une série de crises qui plongent le monde dans un
conflit qui va durer quatre ans et demi. Par son ampleur, sa durée et ses
conséquences, la Grande guerre a traumatisé les populations surtout européennes et
introduit, dans les relations internationales, un nouveau facteur.

I. LES CAUSES DE LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE

1- LES CAUSES LOINTAINES


a) Une Europe coupée en deux blocs politiques.
Entre 1871 et 1890, les relations internationales en Europe sont dominées par
la politique du Chancelier BISMARCK. En 1914, les grandes puissances
appartiennent à deux systèmes d'alliance antagonistes. Le plus ancien est la Triple
Alliance ou Triplice83, organisée le 20 mai 1882 par Bismarck84. Elle réunit depuis 1879
l’Allemagne et l’Autriche, auxquelles s’est jointe l’Italie en 1882. De 1871 à 1892, le
« système bismarckien » était parvenu à maintenir la France isolée en Europe.
L’alliance franco-russe de 1892-1893 a mis fin à cet isolement. D’autre part, après
s’être longtemps heurtée au Royaume-Uni dans des conflits coloniaux, la France a
conclu, le 8 avril 1904 avec lui l’« Entente cordiale ». Enfin, en 1907, achève de
s’établir ce qu’on appelle alors la Triple Entente entre la France, la Russie et
l’Angleterre.85

b) Un enchaînement de crises
Les relations internationales sont aussi marquées par l'émergence de crises
un peu partout. Il s’agit d’une part des crises coloniales liées à la raréfaction des
terres libres de toute occupation européenne à la fin du XIXe siècle. Après la crise de
Fachoda de 1898, des crises les plus graves opposent l’Allemagne à la France au
Maroc. En 1905, dans un discours à Tanger, Guillaume II se pose en défenseur de
l’indépendance du sultan. En 1911, il envoie un bâtiment de guerre devant Agadir,
sous prétexte de sauvegarder les intérêts allemands. Ces crises renforcent le
83
La Triple alliance ou Triplice alliance conclue entre l'Empire allemand, la Double monarchie
austro-hongroise et le royaume d'Italie de 1882 à 1914. Elle a été régulièrement reconduite jusqu’en
1915
84
Otto Von BISMARCK (1815-1898, chancelier du IIe Reich de 1871 à 1890).
85
La Triple-Entente : alliance militaire de la France, du Royaume-Uni et de la Russie impériale créée
en 1907 afin de se protéger et de s'allier en cas de conflit par opposition à la Triplice. Elle est la
combinaison de plusieurs accords bilatéraux entre les trois pays.

61
nationalisme français et resserrent les liens entre la France et l’Angleterre qui ne
veulent pas voir les Allemands s’installer au Maroc.
D’autre part nous avons Weltpolitik de l'Allemagne86 et les crises balkaniques.
À partir de 1875, une série de crises bouleversent la carte des Balkans, attisées par
les convoitises des Autrichiens et des Russes. Le 5 octobre 1908, pour prévenir un
soulèvement de ses minorités slaves, l'Autriche-Hongrie annexe la
Bosnie-Herzégovine. La Bulgarie profite de la situation pour proclamer sa complète
indépendance. Trois guerres éclatent dans les Balkans en 1912, 1913 et 1914.
Dans les Balkans, la Russie soutient les peuples slaves de Serbie contre
l’Autriche-Hongrie. Les conflits très sanglants dans les Balkans apparaissent comme
des guerres entre puissances par Etats interposés.

c) Sur le plan militaire, la course aux armements

On assiste à une course aux armements et le développement d’un esprit patriotique.


En 1913, l’Allemagne porta brusquement son effectif de paix à 900.000 hommes.
Aussitôt la France riposta en rétablissant le service militaire de 3 ans. Chaque camp,
sans vraiment la souhaiter, se prépare à la guerre en cherchant à accroître sa
puissance militaire.

2- LA CAUSE IMMÉDIATE : L’ATTENTAT DE SARAJEVO


L'étincelle qui provoqua la guerre est l’assassinat le 28 juin 1914, de l'archiduc
François-Ferdinand, héritier du trône austro-hongrois, et son épouse Sophie de
Hohenbourg à Sarajevo par un jeune nationaliste serbe de Bosnie, Gavrilo Princip
membre d’une organisation terroriste dont les dirigeants sont serbes.87
Soutenue par l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie adressa, le 23 juillet 1914, à la
Serbie un ultimatum (dernier avertissement avant la guerre) inacceptable pour ce
peuple : participation autrichienne à l’enquête au sein de l’armée serbe pour examiner
les liens existant avec l’organisation bosniaque à laquelle appartenait l’assassin,
adoption de mesures contre les membres anti-autrichiens du gouvernement serbe.
86
La Weltpolitik — politique mondiale — est le nom de la doctrine diplomatique de l'Allemagne adoptée
à la fin du XIXe siècle sous l'impulsion de Guillaume II. Plus revendicative, notamment en matière
coloniale, elle vient remplacer la Realpolitik incarnée par Otto von Bismarck.
87
Gavrilo Princip et ses complices sont membres de Jeune Bosnie, un groupe de
jeunes nationalistes serbes, musulmans et croates armé par la Main Noire, une société
secrète soutenue par les services secrets serbes et qui avait déjà fomenté un attentat (non
mis à exécution) contre l'empereur François-Joseph en 1910. Par ce geste, les coupables
voulaient proclamer leur volonté de voir se réaliser une « Grande Serbie » regroupant tous les
Slaves du Sud.

62
La Serbie rejette l’ultimatum.
Le 28 juillet 1914, l’Autriche attaqua la Serbie. La Russie, protectrice des
Slaves, mobilisa à son tour une partie de son armée. Le jeu des alliances se mit en
place. Le 30 juillet, l’Allemagne somma la Russie de démobiliser dans les 12 heures.
La Russie n’ayant pas obéi à l’ultimatum, l’Allemagne lui déclara la guerre le 1er août.
Elle réclame à la France la place de Verdun comme garantie de sa neutralité. La
France refuse et mobilise le 1er août. Le 3 août, l’Allemagne adressa à la Belgique un
ultimatum pour exiger du roi Albert 1er le libre passage de ses troupes. Cet ultimatum
ayant été repoussé, Guillaume II déclara la guerre à la France le 3 août et à la
Belgique le 4 août. L’Angleterre, fidèle à la parole donnée pour le respect de la
neutralité belge, se rangea aux côtés de la France, de la Russie et de la Belgique.
Progressivement, la guerre devint européenne par le jeu des alliances avant de
devenir mondiale par l’intermédiaire des empires coloniaux. La guerre sur mer et,
surtout, la guerre sous-marine contribuèrent à élargir l’aire de la guerre aux pays non
européens.

II- LA GRANDE GUERRE


La Première Guerre mondiale mobilise une vingtaine de belligérants dont les
Etats européens et quelques-unes de leurs colonies, les Etats-Unis d’Amérique, le
Japon etc. les principales batailles se déroulent en Europe où se créent trois front : le
Front Ouest ou front franco-belge, qui va de la mer Nord à la Suisse, le Front Est ou
front russe qui va de la mer Baltique à la mer Noire ; le Front Sud ou front serbe dans
les Balkans et en Turquie.

La grande guerre s’est déroulée en trois grandes étapes :

- La guerre de mouvement (batailles du début livrées en rase campagne :


1914-1915) : elle est marquée par l’offensive allemande. Par le plan Schlieffen,88
l’Allemagne prévoit l’invasion de la Belgique et la capitulation de la France. Mais les
troupes allemandes sont arrêtées à la première bataille de la Marne (6-13 septembre
1914) par les Franco-anglais commandés par le général Joseph Joffre. Sur le front
Est, la poussée russe du général Aleksandr Samsonov est arrêtée à la bataille de
Tannenberg89 par les généraux allemands Hindenburg et Ludendorff. A la fin de

88
Le plan Schlieffen mis au point en 1905 devait permettre de neutraliser la France en 6 semaines en
utilisant la Belgique pour encercler l’armée française et s’occuper, dans un deuxième temps, de la
Russie plus lente à mobiliser.
89
La bataille de Tannenberg (aujourd'hui Stębark en Pologne) a lieu du 26 au 30 août 1914 entre
la 8e armée allemande et les 1re et 2earmée de l'Armée impériale russe.

63
l’année 1914, les belligérants réalisent que la guerre risque d’être longue car aucune
victoire n’a été décisive. De plus en plus de nouveaux partenaires entrent en guerre
(Empire ottoman, Japon, Italie).
- La guerre de position (1915-1917) : appelée également guerre immobile ou
« guerre des tranchées », elle est marquée par l’attentisme des armées qui se terrent
dans des tranchées et par deux batailles sanglantes : la bataille de la Somme90
(1er juillet 1916 au 18 novembre) et celle de Verdun (février à juillet 1916). Sur le
front Est, les Austro-allemands remportent des succès importants et obtiennent le
soutien de l’Empire ottoman. De son côté, l’Italie rejoint les Alliés.91
-La Guerre totale (1917-1918) : c’est un tournant décisif de la guerre. Elle est
marquée par l’entrée en guerre des Etats-Unis (2 avril 1917)92, le retrait des Russes qui
signent un armistice le 15 décembre 1917 puis la paix de Brest-Litovsk, le 3 mars
191893. En 1918, les Allemands qui lancent une offensive de la dernière chance
échouent alors que les Alliés renforcés par les troupes américaines remportent
plusieurs à l’Est. victoires (2e bataille de la Marne, du 15 juillet au 7 août 1918,
remportée par les troupes du maréchal Foch) Foch passe à l’offensive pour dégager
les voies ferrées Paris-Amiens et Paris-Nancy. Ensuite, il lance une offensive sur
l’ensemble du front. Pendant qu’il libérait presque tout le Nord de la France et une
partie de la Belgique, les centraux additionnent les défaites : La Bulgarie est vaincue
en Macédoine, La Turquie est défaite en Palestine, L’Autriche, abandonnée à ses
seules forces, s’effondre à Vittorio-Veneto, anéantie par les Italiens
En Allemagne, les généraux conseillent à Guillaume II de demander l’armistice.
Wilson exige d’évacuer immédiatement tous les territoires occupés, de signer
l’armistice avec un gouvernement allemand démocratique, ce qui implique la
proclamation de la République de Weimar94. Le Kaiser Guillaume II abdique le 9
novembre. Le leader socialiste Ebert devient chancelier. Le nouveau régime accepte
les conditions de l’armistice qui fut signé le 11 novembre 1918 à Rethondes, dans la

90
En 5 mois de combats, la bataille totalisera plus de 1.000.000 de victimes, tous camps confondus,
pour un résultat insignifiant. Le bilan de la bataille de Verdun sera l’un des plus lourds de la Guerre
mondiale : 700.000 morts !
91
A la suite de la signature du pacte de Londres le 4 septembre 1914, l'Italie quitte la Triplice et adhéra
au pacte le 26 avril 1915 contre la promesse d'attribution de territoires dans le Trentin-Haut-Adige, sur
la mer Adriatique et en Turquie. Rome déclara alors la guerre à l'Allemagne le 24 mai suivant.
92
L’Allemagne passée à la guerre sous-marine attaque les bateaux américains dans l’espoir
de neutraliser rapidement la Grande-Bretagne qui gêne par son blocus maritime. Le fait
d’avoir coulé plusieurs cargos américains amène Wilson à déclarer la guerre.
93
La révolution russe de 1917 provoque la désintégration du régime tsariste et l’installation
d’un gouvernement bolchevik qui décide le cessez-le-feu immédiat et la conclusion de
l’armistice de Brest-Litovsk en Biélorussie.
94
Nom donné au régime politique en Allemagne de 1918 à 1933.

64
forêt de Compiègne, dans un wagon de train par le maréchal Foch et la délégation
allemande.

III- LES CONSÉQUENCES DE LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE

1- UN LOURD BILAN HUMAIN ET ÉCONOMIQUE


Sur le plan social et économique, l’état des lieux est désastreux. La guerre a
fait près de 10 millions de morts, 2.000.000 de disparus et environ huit millions
d’invalides. A cela s’ajoute la stagnation démographique et un vieillissement de la
population. La Grande guerre entraîne des mouvements de population d'une ampleur
sans précédent entrainant des millions de réfugiés, en Europe occidentale, en Russie
et dans les Balkans.
Le coût global de la Grande Guerre est estimé à 2 500 milliards de francs or.
L’économie européenne est détruite. Les productions agricole et industrielle se sont
effondrées à cause des impératifs de l’économie de guerre et de la mobilisation d’un
grand nombre d’actifs. Les monnaies sont dépréciées et l’inflation gagne du terrain
dans les pays qui avaient eu recours à l’emprunt de fonds. L’Europe s’est lourdement
endettée.
Au même moment, deux nouveaux Etats ont accru leur puissance :
• Le Japon, qui fait main basse sur les marchés de l’Asie ;
• Les Etats-Unis surtout, créanciers de l’Europe, ils détiennent la moitié du stock
d’or mondial. La bourse de Wall Street supplante la bourse de Londres. Le
dollar devient plus cher et règne sur toutes les bourses à la place de la livre
sterling.
2. LES CONSÉQUENCES POLITIQUES

Quatre traités ont permis de régler le sort des vaincus :


-L’Allemagne est l’objet du Traité de Versailles (28 juin 1919). L’ancien Reich
allemand perd 1/7e de son territoire et 1/10e de sa population. L’Alsace et la Lorraine
sont restituées à la France. La Sarre est placée sous le contrôle de la Société des
Nations mais en union douanière avec la France. A l’Est : le corridor de Dantzig et le
Sud de la Haute-Silésie passent à la Pologne, le territoire de Teschen est partagé
entre la Pologne et la Tchécoslovaquie. Elle perd ses colonies en Afrique.
Les Alliés introduisent une clause qui contraint l’Allemagne à reconnaître sa
responsabilité dans la guerre. Les réparations sont très lourdes : perte de la flotte
marchande, versement de réparations d’un montant de 132 milliards de marks or.
Pour limiter la puissance militaire allemande des clauses lui sont imposées :
suppression du service militaire obligatoire, de l’artillerie lourde, de l’aviation et des
chars, l’armée est limitée à 100.000 hommes ; démilitarisation de la rive gauche du

65
Rhin ainsi que d’une portion de 15 km sur la rive droite. Elle jugea que le traité de
Versailles (28 juin 1919) qui lui était imposé était un « diktat » inadmissible
-Les Traités de Saint-Germain-en-Laye (19 septembre 1919) et de Trianon
(20 juin 1920) disloquent l’Empire austro-hongrois et Crée 3 nouveaux Etats :
La Yougoslavie (La Serbie, La Bosnie-Herzégovine, La Slovénie, La Dalmatie),
La Tchécoslovaquie (La Bohême, La Moravie, La Slovaquie, La Ruthénie
subcarpatique), la Pologne est reconstituée et reçoit la Galicie appartenant
précédemment à l’Autriche. Les remembrements territoriaux concernent l’Autriche
(qui cède à l’Italie le Trentin, l’Istrie, le port de Trieste) et la Hongrie qui cède à la
Roumanie la Transylvanie. L’Europe centrale et orientale se retrouvait morcelée en
petits Etats souvent très fragiles.
-Le Traité de Neuilly (27 novembre 1919) ampute la Bulgarie au profit de la
Grèce, de la Roumanie et de la Yougoslavie
-Le dépeçage de l’Empire ottoman résulte du Traité de Sèvres (10 août 1920).
Les possessions turques du Proche-Orient deviennent soit indépendantes ( Arménie)
ou passent sous protectorat français (Syrie, Liban) ou anglais (Irak, Palestine,
Transjordanie).
L’Italie, bien que victorieuse, était elle aussi mécontente de son sort, estimant
la victoire « mutilée », car ses revendications territoriales en Dalmatie et en Albanie
n’étaient pas satisfaites.
Le Japon jugeait très insuffisantes ses acquisitions en Asie.
Les vainqueurs s’étaient surtout préoccupés de construire un « cordon sanitaire »
contre l’extension de l’idéologie communiste hors de l’URSS.
La France, le Royaume-Uni et les États-Unis avaient plus ou moins atteint leurs
objectifs Cependant, très vite, leurs politiques divergèrent. La France, dirigée par
Georges Clemenceau95n’avait pas obtenu les garanties qu’elle demandait contre
l’Allemagne ; elle se heurta au Royaume-Uni, qui, avec David Lloyd George, prônait
une politique plus modérée à l’égard des vaincus. Les États-Unis, quant à eux, étaient
retournés dès 1919 à leur politique isolationniste.
L’idée d’un organisme international pour assurer le développement et la
coopération prend corps en janvier 1918 lorsque le président américain W. Wilson96
expose son programme en « 14 points ».97 Il signe néanmoins le traité de Versailles
afin d’obtenir la création de « sa » Société Des Nations. Mais le Congrès américain
95
Georges Clemenceau (1841-1929, président du Conseil de 1906 à 1909 et de 1917 à 1920)
96
Thomas Woodrow Wilson (1856-1924, 28e président des États-Unis de 1913 à 1921)
97
Il s’agissait d’un discours sur les buts de guerre des Alliés. On y trouve notamment : La renonciation
à la diplomatie secrète, La liberté des mers, L’abolition des barrières économiques, La réduction des
armements, un réajustement plus équitable des possessions coloniales, la création d’une Société des
Nations. C’est d’ailleurs sur la base de ce programme que les Allemands ont demandé l’armistice en
octobre 1918.

66
refuse de ratifier ce traité et de rentrer dans la S.D.N qui, de ce fait, devient surtout
européenne. La S.D.N. comprend : une Assemblée, un Conseil, un Secrétariat, des
organismes auxiliaires parmi lesquels la Commission permanente des mandats.
En 1918, c’est le triomphe temporaire de la démocratie et du libéralisme car les
nouveaux Etats créés par les traités de paix sont tous des démocraties. Mais l’amour
propre et l’orgueil national des vaincus est exaspéré. Le Traité de Versailles est
particulièrement mal accepté par le peuple allemand qui le considère comme un «
Diktat ».
La démocratie devra faire face à 2 dangers : le communisme et les
mouvements autoritaires comme le fascisme et le nazisme.
Par ailleurs, l’Europe n’est plus prédominante dans le monde. L’influence
européenne est en déclin et ceci accélère la montée des jeunes nationalismes dans
les colonies.

Conclusion

La "Der des Ders" a profondément marqué l'Europe. Les pays en sortent affaiblis et
l'équilibre politique n'est pas assuré malgré la signature de traités de paix. Le pouvoir
économique a changé de main en faveur des Etats-Unis qui deviennent un centre
financier concurrent de l'Angleterre. Au lendemain de la guerre les pays européens
doivent faire face aux difficultés économiques et aux revendications nationales et
communistes. La Première Guerre mondiale marque un tournant dans l’histoire
européenne parce qu’elle a eu de très lourdes conséquences

Leçon 19 : La Seconde Guerre Mondiale


Introduction
Au lendemain de la grande guerre, le monde pensait avoir fini avec les conflits d’envergure
mondiale. Toutefois, avec la crise économique des années 30’ qui conduit au retour des
mesures protectionnistes, la montée des régimes autoritaires, l’Europe plonge à nouveau
dans la guerre en septembre 1939. Dans un premier temps, l’Allemagne nazie vole de victoire
en victoire et domine l’Europe en mai 1941. Par l’attaque allemande contre l’URSS en juin
1941 et celle du Japon contre les Etats-Unis en décembre de la même année, la guerre prend
une dimension mondiale et devient totale. Toutes les ressources sont mobilisées par les
deux camps qui s’affrontent : l’Axe et les Alliées. A partir de 1942, les forces de l’Axe sont
arrêtées et refoulées par les Alliés.

I- LES CAUSES DE LA GUERRE


1- LES CAUSES LOINTAINES

67
Ces facteurs sont d’ordre politique, économique et militaire.
❖ Les traités de Versailles, Saint-Germain-en-Laye, Trianon et Neuilly avaient suscité
rancœurs, frustrations et désirs de reconquête chez les peuples allemand, autrichien,
hongrois et bulgare. L'humiliation de la défaite de 1918 et la signature du traité de
Versailles sont vécues comme un diktat98 en Allemagne. Dès son arrivée au pouvoir,
Hitler veut réviser le diktat de Versailles et rattacher au Reich les populations
allemandes de l’étranger : c’est la conquête d’un « espace vital » à l’Est. En mars
1935, il annonce le rétablissement du service militaire et crée une nouvelle armée et
une nouvelle aviation.
❖ La crise de 1929 conduit les différents États à adopter des mesures protectionnistes
et à se placer en position de rivalité les uns par rapport aux autres. Elle facilite
l’arrivée des dictatures au pouvoir notamment en Allemagne. Partout, des politiques
d’armement, une économie de guerre sont mises en place pour sortir du marasme
économique.
❖ Ulcérés par le traitement imposé à l'Empire du Japon par les puissances occidentales
lors du traité de Versailles, de nombreux politiques et militaires japonais mettent en
place une idéologie fondée sur la suprématie de la race japonaise et son droit à
dominer l’Asie. Le Japon envahit la Mandchourie en 1931 puis le reste de la Chine en
1937. Son refus de se retirer de l’Indochine française, envahie en 1941, et de la Chine,
à l’exclusion du Mandchoukouo, mène, l'été de la même année, à l’imposition par les
États-Unis d’un embargo sur le pétrole.

2- LES CAUSES DIRECTES :les coups de force et l’entente des dictatures

Du point de vue territorial, Hitler suit un projet précis : la conquête d'un « espace vital »
européen pour construire une Europe allemande. Après plusieurs tentatives, il réussit à
annexer l’Autriche à l’Allemagne en mars 1938 : c’est l’Anschluss. En septembre 1938, il
réclame le rattachement des Sudètes (territoire de la Tchécoslovaquie habité par trois
millions d’allemands). Pour éviter la guerre, une conférence internationale réunit à Munich
les 29 et 30 septembre Hitler, Mussolini, Chamberlain et Daladier. Les démocraties pensent
avoir sauvé la paix en sacrifiant les Sudètes. Face à leur laxisme, la Hongrie et la Pologne
annexent à leur tour en septembre 1938 les territoires tchèques occupés par les minorités
hongroises et polonaises.
- En mars 1939, Hitler annexe le reste de la Tchécoslovaquie, le territoire de Memel (en
Lituanie) et réclame la ville de Dantzig en Pologne. L’Italie annexe l’Albanie en avril 1939.

- Parallèlement aux annexions territoriales en Europe, Hitler renforçait son camp par des
alliances. En octobre 1936, il signe un traité d’amitié avec l’Italie : l’Axe. Un mois plus tard,
l’Allemagne et le Japon signent le Pacte anti-komintern dirigé contre l’URSS. L’Italie y adhère
en 1937. En avril 1939, Hitler et Mussolini signent le Pacte d’acier, une alliance militaire. Le
23 août 1939, l’Allemagne et l’URSS signent un pacte de non-agression : le Pacte
germano-soviétique. Un protocole secret prévoit le partage de la Pologne et des pays baltes
entre les deux pays.
-L'invasion de la Pologne est déclenchée le 1erseptembre 1939. Pour défendre la Pologne, la
France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l'Allemagne le 3 septembre 1939 en raison
des alliances de défense mutuelle signée entre les démocraties.

98
C'est l'idée que la classe politique allemande est à l'origine de cette défaite qui entraîne un sentiment
de rancœur au sein de l'armée qui rejoindra les nazis dans leur ascension au pouvoir.

68
II- LE DÉROULEMENT DE LA GUERRE
A- Les victoires nazies (1939-1941)
-L'invasion de la Pologne entraîne l'entrée en guerre de la France et du Royaume-Uni le 3
septembre 1939.La campagne de Pologne (1er au 29 septembre 1939) est une victoire nazie
rapide : la Pologne est écrasée en moins d'un mois. Deux raisons expliquent la rapidité de la
victoire nazie. A la supériorité tactique des armées nazies avec l'utilisation de la
stratégie Blitzkrieg (guerre-éclair), s’ajoutent la mauvaise organisation et le sous-équipement
des Polonais qui doivent se battre sur deux fronts : à l'ouest contre l'Allemagne et à l'est
contre l'URSS. À l'issue des combats, la Pologne est partagée en deux entre ses deux
agresseurs.
- Hitler se tourne ensuite vers la Scandinavie (mars-avril 1940) pour protéger la route du
fer suédois que les alliés souhaitent couper. L'attaque alliée à Narvik (au nord de la Norvège)
est un échec. Hitler envahit le Danemark et la Norvège protégeant ainsi parfaitement
l'approvisionnement en fer de l'Allemagne. De leur côté, les Soviétiques occupent la Finlande.
❖ La bataille de France (10 mai - 22 juin 1940)
La période du 3 septembre 1939 au 10 mai 1940 voit se dérouler la « drôle de guerre »99. C'est
une guerre de position où les armées restent face à face derrière leurs lignes de front. Les
armées franco-anglaises derrière la ligne Maginot et les armées allemandes derrière la ligne
Siegfried.
L'invasion de la France se fait par la conquête de la Hollande et celle de la Belgique et
du Luxembourg. Cette stratégie permet de contourner la ligne de défense française.
Les Panzers allemands foncent à travers les Ardennes et pénètrent sur le territoire français à
Sedan. Ils prennent ensuite les troupes franco-anglaises à revers au sud et au nord. Les
conséquences de cette attaque sont dramatiques pour les démocraties :
• La Belgique et la Hollande capitulent.
• Les Français et les Anglais, coincés dans la poche de Dunkerque tentent de quitter la
France. Certains Anglais surtout y parviennent et de nombreux Français sont faits
prisonniers.
• La campagne de France est une véritable débâcle française : Paris est menacé, le
gouvernement français quitte Paris pour se réfugier à Bordeaux.
C'est le moment que choisit l'Italie pour entrer en guerre (10 juin 1940). Un deuxième front
se crée au sud détériorant encore la situation pour la France.
À Bordeaux, c'est l'affrontement politique entre ceux qui veulent poursuivre la guerre avec
les colonies (Charles de Gaulle) et ceux qui veulent signer l'armistice (Maréchal Philippe
Pétain).
Le point de vue de Pétain l'emporte et ce dernier, appelé au gouvernement le 16 juin 1940,
signe l'armistice le 22 juin 1940 à Rethondes. En cinq semaines de combat, la France est
battue. 92.000 soldats français ont été tués dans une bataille qui demeure sans doute la pire

99
Entre le 3 septembre 1939 et le 10 mai 1940, c'est la « drôle de guerre ».Du côté franco-anglais : la
stratégie est purement défensive. Du côté allemand, la ligne Siegfried est une volonté d'Hitler de se
limiter à un seul front. En mai 1940, les troupes nazies qui ont envahi la Pologne, puis le Danemark et
la Norvège sont maintenant libres pour attaquer la France.

69
défaite française. L'Alsace-Lorraine est rattachée à l'Allemagne et la France est divisée en
deux : la France du nord (directement occupée par les nazis, avec Paris comme capitale) et
la France du sud (dite France « libre », avec Vichy comme capitale).
Fin juin 1940, seul le Royaume-Uni lutte encore contre l'Allemagne nazie. Le rejet des
propositions faites aux Anglais pour conclure un traité de paix marque le début de la bataille
d'Angleterre. Malgré des bombardements allemands massifs sur Londres et tout le sud du
pays, le Royaume-Uni poursuit sa résistance pendant toute la guerre.
Les dernières offensives nazies entraînent l'occupation de la Roumanie (oct. 1940) et de la
Bulgarie (printemps 1941) qui se déclarent alliées du Reich.
Parallèlement à ces interventions allemandes, Mussolini intervient à la fin de l'année 1940
en Égypte. Il s'attaque ensuite aux Balkans, mais les armées fascistes sont repoussées par
les Grecs. Hitler doit intervenir pour secourir les Italiens. La Yougoslavie est écrasée par les
armées fascistes et nazies. La Grèce est conquise en avril 1941.
Toutes ces interventions ponctuelles dans l'Europe balkanique et danubienne ne sont qu'une
préparation à une offensive beaucoup plus large qui conduit à la mondialisation du conflit.
B –Le tournant de la guerre
La mondialisation du conflit se fait d'abord par l'ouverture du front russe avec la rupture du
Pacte germano-soviétique. Le 22 juin 1941Hitler attaque l'URSS (c'est
100
l'opération Barbarossa ou « Barberousse »).L’objectif est lutter contre le bolchevisme,
conquérir certaines richesses naturelles de l'URSS (pétrole).Très vite Leningrad est assiégée
et Moscou est menacée. En septembre 1942, les troupes allemandes commandées par le
général Von Paulus atteignent Stalingrad.
La mondialisation se poursuit et s'amplifie en décembre 1941 avec l'entrée en guerre
des États-Unis. Depuis le début de la guerre, les États-Unis se contentent d'un soutien
diplomatique aux démocraties, puis d'un soutien financier101 aux pays agressés par les
puissances de l'Axe. En août 1941, Franklin DelanoRoosevelt signe avec Winston Churchill
la Charte de l'Atlantique102 .
Roosevelt agit également contre le Japon par le gel des capitaux japonais aux États-Unis et
un embargo sur le pétrole en direction du Japon. Les Japonais analysent ces deux mesures
comme une agression. Sans déclaration de guerre préalable, ils bombardent Pearl Harbour103,
le 7 décembre 1941. Le Japon se lance aussi dans la conquête de l'Asie orientale :
Hong-Kong, les Philippines, les Indes néerlandaises (l'Indonésie), la Malaisie, la Birmanie,
Singapour. Ils menacent également l'Australie.
En plus de ces deux nouveaux fronts, la guerre se poursuit en Afrique : depuis mars-avril

100
« Barberousse » surnom de l'empereur allemand Frédéric Ier (1122-1190) qui était parti en croisade
contre les Turcs. En donnant le nom d'opération Barbarossa à l'attaque de l'URSS, Hitler veut montrer
que le Troisième Reich part en croisade contre les bolcheviks.
101
Le soutien financier américain s'adresse principalement au Royaume-Uni. Il prend la forme de la loi du
« prêt-bail », c'est-à-dire le prêt de matériel militaire et de matériel de transport afin de lutter contre
les nazis.
102
Charte de l'Atlantique : signée sur un navire de guerre en plein Océan Atlantique,
Roosevelt et Churchill y affirment leur idéal : justice et liberté, paix et fraternité, sécurité et mieux-être
pour tous. Elle est contresignée le 1er janvier 1942 par 25 nations unies contre les puissances de
l'Axe, URSS comprise.
103
Pearl Harbour : port, une base où se trouvait une partie de la flotte américaine dans le Pacifique

70
1941, l'Afrikakorps104 de Rommel, intervenu pour aider les Italiens, a dépassé nettement les
frontières de la Libye italienne pour envahir une partie de l'Égypte au détriment des armées
anglaises. Au début de 1942, les troupes allemandes sont aux portes d'Alexandrie.
Enfin, la bataille fait rage sur les mers et les océans. C'est le cas dans le Pacifique avec la
lutte entre les Japonais et les Américains mais aussi dans l'Atlantique où les
sous-marins allemands attaquent les convois américains transportant du matériel
au Royaume-Uni.
Début 1942 marque l'apogée de la domination des puissances de l'Axe : l'Europe est
quasiment allemande; le Japon règne sur un empire maritime gigantesque.
Cependant, en 6 mois, la situation militaire se retourne complètement. Les Alliés se
redressent grâce à :
- Une amélioration du matériel : une véritable économie de guerre se met en place
avec l’orientation de l'essentiel de la production industrielle vers la satisfaction des
besoins des armées, c'est la mise en place de l'industrie de guerre. Le
président Roosevelt lance, en janvier 1942, le Victory Program105.Des progrès similaires
se font au Royaume-Uni ou en URSS, avec une productivité moins importante qu'aux
États-Unis. L'Allemagne nazie mobilise également son économie pour la mettre
au service de la guerre.106
- Une amélioration de la coordination des forces armées : les Alliés mettent en place
un haut commandement commun avec Dwight Eisenhower107 comme commandant en
chef des forces alliées sur le front occidental dès 1943.
- Une multiplication des zones de front : les troupes nazies doivent combattre en
Méditerranée, en Afrique, dans l'Atlantique. Elles doivent surveiller les plages
françaises tout en tenant le front de l'est qui s'étend sur plus de 3000 km.
- L'émiettement des possessions japonaises : dans le Pacifique joue le même rôle
face aux États-Unis.
Les territoires conquis par les puissances de l'Axe sont devenus intenables face à la
pression conjointe des Alliés, aidés par la logistique américaine.
C-les victoires alliées
Sur le front de l'est, Hitler ne souhaite pas seulement tenir les positions conquises, sa
stratégie est plus ambitieuse : il veut s'approprier le pétrole du Caucase, couper la route
d'approvisionnement de l'URSS en produits américains, route passant par l'Iran, conquérir la
ville de Moscou.
En septembre 1942, les troupes nazies conquièrent Stalingrad après des combats très
violents : cette conquête doit ouvrir la route de Moscou. En novembre 1942, les Soviétiques

104
Nom allemand abrégé dérivant de Afrika Korps. Régiments blindés nazis intervenus en Afrique et
commandés par le général Rommel, (« le Renard du Désert »).
105
Victory Program est le nom de la politique d'industrie de guerre mise en place par Roosevelt à partir
de janvier 1942. Ce programme permet de fabriquer 47.000 avions dès 1942 et 95.000 en 1944.
106
Par le pillage systématique des pays occupés et l'utilisation de la main d'œuvre dans le cadre des
camps de travail, l'Allemagne réussit à augmenter ses productions.
107
Dwight Eisenhower : Général américain, commandant en chef des forces armées alliées pendant
la Deuxième Guerre mondiale. Il succède à Truman à la présidence des États-Unis de 1953 à 1961.

71
contre-attaquent : supervisés par Joukov108, ils encerclent l'armée de Paulus109 dans Stalingrad.
Hitler interdit toute retraite à Paulus qui est forcé de capituler le 2 février 1943 après un hiver
désastreux pour l'armée nazie. Stalingrad est la première grande défaite nazie et marque un
véritable coup d'arrêt dans la progression nazie en Europe.
Conséquences de cette défaite nazie :
• 90.000 soldats allemands sont faits prisonniers. Le reste de l'armée allemande se
replie en Ukraine où elle est à nouveau battue par les Soviétiques.
• fin 1943, la moitié des territoires occupés sont reconquis par les Soviétiques.
Dans le Pacifique : Les premières victoires aéronavales américaines permettent aux
États-Unis de prendre le dessus face aux Japonais. La bataille de Midway110 (3-6 juin 1942)
marque ainsi le début du repli japonais. À partir d'août 1942, avec le débarquement à
Guadalcanal, débute la véritable reconquête du Pacifique.
En Afrique : en octobre 1942, le général britannique Montgomery lance une contre-offensive
alliée en Afrique du Nord qui se conclut par la victoire d'El Alamein (en Égypte). L'Afrikorps de
Rommel bat en retraite face aux troupes britanniques.
Le 8 novembre 1942 débute l'opération « Torch »111 : les troupes américaines et britanniques
débarquent ensemble en Afrique du Nord et combattent sous le commandement unique
d'Eisenhower. Elles s'attaquent aux ports marocains et algériens.

Cette attaque a deux conséquences importantes : en France, la zone sud,112 envahie par les
Allemands ; Hitler envoie des renforts commandés par Rommel en Tunisie. Ce dernier se
heurte aux Américains ; est finalement encerclé et rappelé par Hitler en mars 1943.
Également en mars 1943, les troupes alliées ont reçu le renfort des troupes françaises libres
commandées par le général Leclerc. Conjointement elles repoussent les Allemands jusqu'en
Tunisie. Les troupes allemandes et italiennes capitulent en Tunisie (au Cap Bon) en mai
1943.

A partir de mai 1943, plus aucun soldat de l'Axe ne demeure en Afrique.

❖ La reconquête de l'Europe
L'élimination de l'Italie : À la suite de leur victoire en Afrique du Nord, les troupes alliées

108
Maréchal soviétique, il est le principal stratège de la victoire à Stalingrad contre l'armée nazie pendant
la Seconde Guerre mondiale.
109
Friedrich Paulus : Général de la Wehrmacht ; il dirige l'opération Barbarossa contre l'URSS (22 juin
1941) et capitule face aux troupes soviétiques, le 2 février 1943, devant Stalingrad.
110
Bataille de la Seconde Guerre mondiale dans le Pacifique. Cette bataille se déroule du 3 au 6 juin
1942 et oppose la flotte japonaise aux avions, porte-avions et cuirassés américains. Pendant cette
bataille, quatre porte-avions du général nippon Yamamoto sont coulés ce qui désorganisent la flotte
japonaise et stoppe la progression du Japon vers l'est.
111
Débarquement des troupes américaines, britanniques, et les Forces de la France Libre de DeGaulle
qui combattent sous le commandement unique d'Eisenhower en Algérie et au Maroc qui débute le 8
novembre 1942.
112
Les autorités nazies reprochent au gouvernement de Vichy, responsable des colonies, de ne pas avoir
défendu ces territoires contre les Alliés. C'est donc pour punir le gouvernement de Vichy de son
impuissance que la zone sud de la France est envahie à partir du 11 novembre 1942. C'est aussi un
moyen pour les nazies d'assurer un contrôle plus efficace sur le sud de la France devenu plus
stratégique avec le débarquement allié en Afrique du nord.

72
(Américains, Canadiens, Britanniques et troupes de la France Libre) débarquent en Sicile, le
10 juillet 1943. L'île est conquise au mois d'août 1943.
Face à cette avancée alliée, l'Italie se divise politiquement. Mussolini est destitué et
emprisonné. Un nouveau gouvernement est mis en place. Mais Mussolini est libéré par un
commando nazi et prend le contrôle de l'Italie du Nord.

Dans ce contexte, les Alliés débarquent en Italie. Au prix de combats très violents
(notamment autour du Monte Cassino), l'Italie est peu à peu reconquise aux Nazis. En juin
1944, les Alliés atteignent Rome qui est déclarée « ville ouverte ». Il faudra attendre le
printemps 1945 pour que les Alliés réussissent à conquérir le nord de l'Italie défendu par les
Nazis derrière la « ligne Gothique ».113Mussolini est arrêté par des partisans communistes et
exécuté le 28 avril 1945.

❖ La libération de la France
- Le 6 juin 1944, les Anglo-américains débarquent en Normandie sous le
commandement unique d'Eisenhower : c'est le début de l'opération « Overlord »114.
- Le 15 août 1944, avait débarqué en Provence l'armée française commandée par le
général De Lattre de Tassigny.
Aidés dans leur progression par la résistance française, les alliés entrent dans Paris le 25
août 1944 puis poursuivent la libération de la France face à une armée nazie en perdition.
Les troupes de Normandie et de Provence font leur jonction en septembre 1944. Strasbourg
est libéré en novembre 1944.

En décembre 1944, les dernières « poches » allemandes sont réduites (Dunkerque, Colmar).
Tout le territoire français est libéré. Les troupes alliées se dirigent ensuite vers l'est et
pénètrent sur le territoire allemand.

❖ À l'est
Ce sont les troupes soviétiques qui reconquièrent les territoires dominés par les nazis en
Europe orientale. Par l'invasion, les Soviétiques contraignent aussi à la capitulation les alliés
de l'Allemagne (Finlande, Roumanie, Hongrie, Bulgarie).

La Yougoslavie, de son côté se libère seule : la résistance yougoslave communiste dirigée


par Tito vient à bout des troupes allemandes.

❖ La capitulation allemande
Les Alliés franchissent le Rhin en mars 1945. Hitler souhaite encore poursuivre la lutte en
utilisant de nouvelles armes (V2). Mais le Reich s'effondre en quelques semaines. Les
Soviétiques marchent sur Vienne et sur Berlin. Ils font la jonction avec les Alliés en avril
1945. Hitler se suicide le 30 avril 1945 dans son bunker de Berlin. La capitale allemande

113
Ligne de fortification allemande mise en place à la fin de la Seconde Guerre mondiale, au nord de
Florence, en Italie pour stopper la reconquête alliée en Italie et de protéger l'Allemagne.
114
Nom de code donné au débarquement allié (Américains, Anglais, Canadiens, et Forces Françaises
Libres). Cette opération, décidée lors de la conférence de Téhéran, est commandée par le général
Eisenhower, secondé par le général Montgomery.

73
tombe le 2 mai 1945. Le 7 mai 1945, les Allemands signent une capitulation sans condition
devant Eisenhower à Reims et le 8 mai 1945 devant Joukov à Berlin.

❖ Vers la capitulation japonaise


Depuis l'été 1943, les États-Unis ont repris les îles Marshall, les Carolines, les Mariannes et
les Philippines. Les Japonais ne sont plus en état de mener des attaques massives. Mais ils
résistent en se regroupant autour de leur archipel et en menant des attaques désespérées
(les Kamikazes)115.

L'île d'Okinawa tombe aux mains des Américains en avril 1945 mais au prix de combats très
meurtriers. Pour mettre fin à cette résistance japonaise et pour épargner la vie de ses
soldats, Harry Truman116 décide d'utiliser la bombe atomique. Deux bombardements
atomiques se produisent sur Hiroshima le 6 août 1945 et sur Nagasaki le 9 août 1945.

Parallèlement, l'URSS déclare la guerre au Japon et envahit la Mandchourie conformément


aux engagements pris lors de la conférence de Yalta (4 - 11 février 1945 : rencontre entre
Staline, Roosevelt et Churchill).

Le 15 août 1945, l'empereur du Japon, Hirohito, annonce la reddition de son pays. La


capitulation est signée le 2 septembre 1945, dans la baie de Tokyo, à bord du navire
Missouri, en présence du général MacArthur117.

Conclusion
Quasiment six ans, jour pour jour, après le début de l'invasion de la Pologne par l'Allemagne,
la capitulation japonaise met fin à la seconde guerre mondiale. La Guerre de 1939-1945 est
une guerre totale. Elle s'est caractérisée par une mobilisation totale des énergies
intellectuelles, des ressources économiques et humaines, des faits nouveaux (utilisation
massive de la bombe, les opérations de représailles, une volonté d’épuration ethnique). C'est
tout d'abord une guerre idéologique marquée par l'affrontement de deux systèmes
totalement opposés.

115
À partir de l'été 1943, pour faire face à leur infériorité technique face aux Américains, les Japonais
utilisent des aviateurs volontaires pour des missions suicides. Ces kamikazes, installés dans des
avions bourrés d'explosifs, vont s'écraser sur le pont des navires américains causant ainsi de lourdes
pertes.
116
Harry TRUMAN : président des États-Unis depuis la mort de Roosevelt (le 2 avril 1945)
117
Général américain responsable de la direction des opérations dans le Pacifique central pendant la
Seconde Guerre mondiale. Il accepte capitulation japonaise le 2 septembre 1945 et dirige l'occupation
du Japon de 1945 à 1951.

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Leçon 19 : La Seconde Guerre Mondiale
Introduction
Au lendemain de la grande guerre, le monde pensait avoir fini avec la guerre mondiale.
Toutefois, avec la crise économique des années 30’ qui conduit au retour des mesures
protectionnistes, la montée des régimes autoritaires, l’Europe plonge à nouveau dans la
guerre en septembre 1939. L’Allemagne nazie vole de victoire en victoire et domine l’Europe
en mai 1941. Par l’attaque allemande contre l’URSS et celle du Japon contre les Etats-Unis, la
guerre prend une dimension mondiale et devient totale. Toutes les ressources sont
mobilisées par les deux camps qui s’affrontent. A partir de 1942, les forces de l’Axe sont
arrêtées et refoulées par les Alliés.

III- LES CAUSES DE LA GUERRE


3- LES CAUSES LOINTAINES
Les traités de Versailles, Saint-Germain-en-Laye, Trianon et Neuilly avaient suscité rancœurs,
frustrations et désirs de reconquête chez les peuples allemand, autrichien, hongrois et
bulgare. L'humiliation de la défaite de 1918 et la signature du traité de Versailles sont vécues
comme un diktat118 en Allemagne. Dès son arrivée au pouvoir, Hitler veut réviser le diktat de
Versailles et rattacher au Reich les populations allemandes de l’étranger : c’est la conquête
d’un « espace vital » à l’Est. En mars 1935, il annonce le rétablissement du service militaire et
crée une nouvelle armée et une nouvelle aviation.
La crise de 1929 conduit les différents États à adopter des mesures protectionnistes et à se
placer en position de rivalité les uns par rapport aux autres. Mais partout, des politiques
d’armement, une économie de guerre sont mises en place efficacement pour sortir du
marasme économique.
Ulcérés par le traitement imposé à l'Empire du Japon par les puissances occidentales lors du
traité de Versailles, de nombreux politiciens et militaires japonais, tels Fumimaro Konoe et
Sadao Araki, mettent en place une idéologie fondée sur la suprématie de la race japonaise et
son droit à dominer l’Asie. Le Japon envahit la Mandchourie en 1931 puis le reste de la Chine
en 1937. Le refus du Japon de se retirer de l’Indochine française, envahie en 1941, et de la
Chine, à l’exclusion du Mandchoukouo, mène, l'été de la même année, à l’imposition par les
États-Unis d’un embargo sur le pétrole.
4-DES CAUSES DIRECTES : les coups de force et l’entente des dictatures
Du point de vue territorial, Hitler suit un projet précis : la conquête d'un « espace vital »
européen pour construire une Europe allemande. Après plusieurs tentatives, il réussit à
annexer l’Autriche à l’Allemagne en mars 1938 : c’est l’anschluss. En septembre 1938, il
réclame le rattachement des Sudètes (territoire de la Tchécoslovaquie habité par trois
millions d’allemands). Pour éviter la guerre, une conférence internationale réunit à Munich
les 29 et 30 septembre Hitler, Mussolini, Chamberlain et Daladier. Les démocraties pensent

118
C'est l'idée que la classe politique allemande est à l'origine de cette défaite qui entraîne un sentiment
de rancœur au sein de l'armée qui rejoindra les nazis dans leur ascension au pouvoir.

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avoir sauvé la paix en sacrifiant les Sudètes. Face à leur laxisme, la Hongrie et la Pologne
annexent à leur tour en septembre 1938 les territoires tchèques occupés par les minorités
hongroises et polonaises.
- En mars 1939, il annexe le reste de la Tchécoslovaquie, le territoire de Memel (en Lituanie)
et réclame la ville de Dantzig. L’Italie annexe l’Albanie en avril 1939.
- En même temps que Hitler annexait les territoires en Europe, il renforçait son camp par des
alliances. En octobre 1936, il signe un traité d’amitié avec l’Italie : l’Axe. Un mois plus tard,
l’Allemagne et le japon signent le Pacte anti-komintern dirigé contre l’URSS. L’Italie y adhère
en 1937. En avril 1939, Hitler et Mussolini signent le Pacte d’acier, une alliance militaire. Le
23 août 1939, l’Allemagne et l’URSS signent un pacte de non-agression : le Pacte
germano-soviétique. Un protocole secret prévoit le partage de la Pologne et des pays baltes
entre les deux pays.
-L'invasion de la Pologne est déclenchée le 1erseptembre 1939. Pour défendre la Pologne, la
France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l'Allemagne le 3 septembre 1939 en raison
des alliances de défense mutuelle signée entre les démocraties.
IV- LE DÉROULEMENT DE LA GUERRE
A - Les victoires nazies (1939-1941)
-L'invasion de la Pologne entraîne l'entrée en guerre de la France et du Royaume-Uni le 3
septembre 1939. La campagne de Pologne (1er au 29 septembre 1939) est une victoire
nazie rapide : la Pologne est écrasée en moins d'un mois. Deux raisons expliquent la rapidité
de la victoire nazie. A la supériorité tactique des armées nazies avec l'utilisation de la
stratégie Blitzkrieg (guerre-éclair), s’ajoutent la mauvaise organisation et le sous-équipement
des Polonais qui doivent se battre sur deux fronts : à l'ouest contre l'Allemagne et à l'est
contre l'URSS. À l'issue des combats, la Pologne est partagée en deux entre ses deux
agresseurs.
- Hitler se tourne ensuite vers la Scandinavie (mars-avril 1940)
pour protéger la route du fer suédois que les alliés souhaitent couper. L'attaque alliée à
Narvik (au nord de la Norvège) est un échec. Hitler envahit le Danemark et
la Norvège protégeant ainsi parfaitement l'approvisionnement en fer de l'Allemagne. De leur
côté, les Soviétiques occupent la Finlande.
❖ La bataille de France (10 mai - 22 juin 1940)
La période du 3 septembre 1939 au 10 mai 1940 voit se dérouler la « drôle de guerre »119. C'est
une guerre de position où les armées restent face à face derrière leurs lignes de front. Les
armées franco-anglaises derrière la ligne Maginot et les armées allemandes derrière la ligne
Siegfried. Cette attente mine le moral des Français.
L'invasion de la France se fait par la conquête de la Hollande et celle de la Belgique et
du Luxembourg. Cette stratégie permet de contourner la ligne de défense française.
Les Panzers allemands foncent à travers les Ardennes et pénètrent sur le territoire français à
119
Entre le 3 septembre 1939 et le 10 mai 1940, on assiste à une guerre de position : c'est la
« drôle de guerre ». Du côté franco-anglais : la stratégie est purement défensive. Du côté
allemand : la ligne de fortification (ligne Siegfried) est surtout la volonté d'Hitler de se limiter
à un seul front. En mai 1940, les troupes nazies ont envahi la Pologne, puis le Danemark et la
Norvège. Ces troupes sont maintenant libres pour attaquer la France : c'est la fin de la « drôle
de guerre » et le début de la bataille de France (10 mai 1940).

77
Sedan. Ils prennent ensuite les troupes franco-anglaises à revers au sud et au nord.
Les conséquences de cette attaque sont dramatiques pour les démocraties :
• La Belgique et la Hollande capitulent.
• Les Français et les Anglais, coincés dans la poche de Dunkerque tentent de quitter la
France. Certains Anglais surtout y parviennent et de nombreux Français sont faits
prisonniers.
• La campagne de France est une véritable débâcle française : Paris est menacé, le
gouvernement français quitte Paris pour se réfugier à Bordeaux.
C'est le moment que choisit l'Italie pour entrer en guerre (10 juin 1940). Un deuxième front
se crée au sud. La situation se détériore encore pour la France.
À Bordeaux, c'est alors l'affrontement politique entre ceux qui veulent poursuivre la
guerre avec les colonies (Charles de Gaulle) et ceux qui veulent signer
l'armistice (Maréchal Philippe Pétain).
Le point de vue de Pétain l'emporte et ce dernier, appelé au gouvernement le 16 juin 1940,
signe l'armistice le 22 juin 1940 à Rethondes. En cinq semaines de combat, la France est
battue. 92.000 soldats français ont été tués dans une bataille qui demeure sans doute la pire
défaite française.
L'armistice prévoit deux modifications territoriales importantes :
• l'Alsace-Lorraine est rattachée à l'Allemagne
• La France est divisée en deux : la France du nord (directement occupée par les nazis,
avec Paris comme capitale) et la France du sud (dite France « libre », avec Vichy
comme capitale).
Fin juin 1940, le seul pays d'Europe qui lutte encore contre l'Allemagne nazie est
le Royaume-Uni. Hitler fait des propositions aux Anglais pour conclure un traité de
paix. Churchill120, refuse. C'est le début de la bataille d'Angleterre.
Les Anglais subissent le « Blitz » : des bombardements allemands massifs sur Londres et
tout le sud de l'Angleterre. Malgré ce pilonnage, Hitler ne parvient pas à venir à ses fins et le
Royaume-Uni poursuit sa résistance pendant toute la guerre.
Les dernières offensives nazies visent l'Europe balkanique et danubienne : elles entraînent
l'occupation de la Roumanie (oct. 1940) et de la Bulgarie (printemps 1941) qui se déclarent
alliées du Reich.
Parallèlement à ces interventions allemandes, Mussolini veut aussi conquérir un petit
empire. Il intervient à la fin de l'année 1940 en Égypte. Il s'attaque ensuite aux Balkans, mais
les armées fascistes sont repoussées par les Grecs. Hitler doit intervenir pour secourir les
Italiens. La Yougoslavie est écrasée par les armées fascistes et nazies. La Grèce est
conquise en avril 1941.
Toutes ces interventions ponctuelles dans l'Europe balkanique et danubienne ne sont qu'une
préparation à une offensive beaucoup plus large qui conduit à la mondialisation du conflit.
B - La mondialisation du conflit
La mondialisation du conflit se fait à partir du milieu de l'année 1941. Elle se fait d'abord par

120
Premier ministre du Royaume-Uni depuis mai 1940,

78
l'ouverture du front russe avec la rupture du Pacte germano-soviétique. Hitler attaque
l'URSS le 22 juin 1941(c'est l'opération Barbarossa121 ou « Barberousse »). L’objectif est lutter
contre le bolchevisme, conquérir certaines richesses naturelles de l'URSS (pétrole), réduire
les Slaves en esclavage (ce point était évoqué dans « Mein Kampf »)
L'attaque contre l'URSS est lancée avec des moyens énormes (plus de 5 millions de soldats
du côté nazi). Très vite Leningrad est assiégée et Moscou est menacée. En septembre 1942,
les troupes allemandes commandées par le général Von Paulus atteignent Stalingrad.
La mondialisation se poursuit et s'amplifie en décembre 1941 avec l'entrée en guerre
des États-Unis. Depuis le début de la guerre, les États-Unis se contentent dans un premier
temps d'un soutien diplomatique aux démocraties, puis d'un soutien financier122 aux pays
agressés par les puissances de l'Axe.
L'instigateur de cette politique est le président des États-Unis, Franklin Delano Roosevelt. Il
signe ainsi la Charte de l'Atlantique123 avec Churchill en août 1941.
Roosevelt s'inquiète également de l'impérialisme japonais. Il agit contre le Japon, de deux
manières : gel des capitaux japonais aux États-Unis, embargo sur le pétrole en direction du
Japon. Les Japonais analysent ces deux mesures comme une agression. Sans déclaration
de guerre préalable, ils bombardent Pearl Harbour124, le 7 décembre 1941.
Le Japon se lance aussi dans la conquête de l'Asie orientale : Hong-Kong, les Philippines, les
Indes néerlandaises (l'Indonésie), la Malaisie, la Birmanie, Singapour. Ils menacent
également l'Australie.
En plus de ces deux nouveaux fronts, la guerre se poursuit en Afrique : depuis mars-avril
1941, l'Afrikakorps125 de Rommel126, intervenu pour aider les Italiens, a dépassé nettement les
frontières de la Libye italienne pour envahir une partie de l'Égypte au détriment des armées
anglaises. Au début de 1942, les troupes allemandes sont aux portes d'Alexandrie.
Enfin, la bataille fait rage sur les mers et les océans. C'est le cas dans le Pacifique avec la
lutte entre les Japonais et les Américains. C'est le cas aussi dans l'Atlantique où se

121
« Barberousse » était le surnom de l'empereur allemand Frédéric Ier (1122-1190) qui était
parti en croisade contre les Turcs. En donnant le nom d'opération Barbarossa (ou
« Barberousse ») à l'attaque de l'URSS, Hitler veut montrer que le Troisième Reich part en
croisade contre les bolcheviks.
122
Le soutien financier américain s'adresse principalement au Royaume-Uni. Cette aide prend
la forme de la loi du « prêt-bail », c'est-à-dire le prêt de matériel militaire et de matériel de
transport afin de lutter contre les nazis.
123
Charte de l'Atlantique : signée en août 1941 par Roosevelt et Churchill, réunis sur un navire de guerre
en plein Océan Atlantique. Ils y affirment leur idéal : justice et liberté, paix et fraternité, sécurité et
mieux-être pour tous. La Charte de l'Atlantique sera contresignée le 1er janvier 1942 par 25 nations
unies contre les puissances de l'Axe, URSS comprise.
124
Pearl Harbour : port, une base où se trouvait une partie de la flotte américaine dans le Pacifique
125
Nom allemand abrégé dérivant de Afrika Korps et représentant la Deutsches Afrika Korps (DAK).
Régiments blindés nazis intervenus en Afrique et commandés par un des meilleurs généraux d'Hitler,
le général Rommel, Surnommé « le Renard du Désert ».
126
Malgré son habileté et son sens du combat, Rommel ne peut rien faire contre la reconquête alliée qui
débute en octobre 1942 et se termine par la victoire alliée d'El Alamein en Égypte.

79
déroulent une véritable guerre sous-marine(Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, les
« U-Boot »127 allemands se réunissent en groupe (en « meute ») pour attaquer les
convois américains transportant du matériel au Royaume-Uni.).
En Méditerranée, les Nazis utilisent l'aviation pour déstabiliser la flotte anglaise.
I-C - Conclusion
Début 1942, on peut véritablement parler de guerre mondiale (tous les continents sont
touchés, la guerre se poursuit sur mer).
En Europe, peu de pays sont restés neutres : Suède, Suisse, Espagne, Portugal, Turquie. On
peut de plus s'interroger sur la réalité de cette neutralité pour certains de ces pays (la Suède
fournit du fer à l'Allemagne, l'Espagne est une dictature installée grâce à Hitler et à Mussolini,
la Suisse accueille massivement l'or nazi tout en connaissant l'origine).
Début 1942 marque l'apogée de la domination des puissances de l'Axe : l'Europe est
quasiment allemande; le Japon règne sur un empire maritime gigantesque.
II-A - Les données changent
En 6 mois, la situation militaire se retourne complètement.
Les Alliés128 se redressent grâce à plusieurs facteurs :
-Une amélioration du matériel se fait par une mobilisation massive des énergies notamment
aux États-Unis. Une véritable économie de guerre se met en place : elle conduit à tourner
l'essentiel de la production industrielle vers la satisfaction des besoins des armées, c'est la
mise en place de l'industrie de guerre. Le président Roosevelt lance, en janvier 1942,
le Victory Program129.
Des progrès similaires se font au Royaume-Uni ou en URSS, mais la productivité est moins
importante qu'aux États-Unis.
L'Allemagne nazie mobilise également son économie pour la mettre au service de la guerre.130
Le début de l'année 1942 est marqué par une amélioration des conditions matérielles au
service de la guerre. Cette amélioration se fait nettement en faveur des Alliés grâce
aux États-Unis qui, à eux-seuls, fabriquent plus que l'ensemble des dictatures.
-Une amélioration de la coordination des forces armées
Les Alliés mettent en place un haut commandement commun. Dès 1943, Dwight

127
Unterseeboot: sous-marin en allemand. Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, les
sous-marins allemands infligent de très lourdes pertes aux alliés notamment aux Américains et
aux Anglais dont les navires de guerre ou de ravitaillement sont coulés par les « meutes »
de U-boot allemands.
128
Il s'agit des pays qui s'opposent aux puissances de l'Axe. Parmi les membres principaux, on compte
les États-Unis, du Royaume-Uni, le Canada, l'URSS, la France est également associée aux pays
vainqueurs
129
Victory Program est le nom de la politique d'industrie de guerre mise en place par Roosevelt à partir
de janvier 1942. Ce programme permet de fabriquer 47.000 avions dès 1942 et 95.000 en 1944.
130
Les méthodes utilisées par l'Allemagne sont différentes de celles utilisées dans les démocraties :
l'Allemagne réussit à augmenter ses productions par le pillage systématique des pays occupés qui se
traduit par le pillage des matières premières mais aussi par l'utilisation de la main d'œuvre dans le
cadre des camps de travail.

80
Eisenhower131 est nommé commandant en chef des forces alliées sur le front occidental.
-Une multiplication des zones de front : les troupes nazies doivent combattre en
Méditerranée, en Afrique, dans l'Atlantique. Elles doivent surveiller les plages françaises tout
en tenant le front de l'est qui s'étend sur plus de 3000 km.
-L'émiettement des possessions japonaises dans le Pacifique joue le même rôle face aux
États-Unis.
Les territoires conquis par les puissances de l'Axe sont devenus intenables face à la
pression conjointe des Alliés, aidés par la logistique américaine.
II-B - La première victoire en Europe
Elle s'effectue sur le front de l'est. Face à l'URSS, Hitler ne souhaite pas seulement tenir les
positions conquises; sa stratégie est plus ambitieuse :
il veut s'approprier le pétrole du Caucase,
• il souhaite couper la route d'approvisionnement de l'URSS en produits américains,
route passant par l'Iran
• il voudrait enfin conquérir la ville de Moscou.
En septembre 1942, les troupes nazies conquièrent Stalingrad après des combats très
violents : cette conquête doit ouvrir la route de Moscou. En réalité, Stalingrad ne sera jamais
totalement aux mains des Nazis.
En novembre 1942, les Soviétiques contre-attaquent : supervisés par Joukov132, ils encerclent
l'armée de Paulus133 dans Stalingrad. Hitler interdit toute retraite à Paulus qui est forcé
de capituler le 2 février 1943 après un hiver désastreux pour l'armée nazie.
Stalingrad est la première grande défaite nazie.
Conséquences de cette défaite nazie :
• 90.000 soldats allemands sont faits prisonniers. Le reste de l'armée allemande se
replie en Ukraine où elle est à nouveau battue par les Soviétiques.
• fin 1943, la moitié des territoires occupés sont reconquis par les Soviétiques.
• la bataille de Stalingrad marque un véritable coup d'arrêt dans la progression nazie en
Europe.
II-C - Les premières victoires dans le monde
Dans le Pacifique : Les premières victoires américaines sont des victoires aéronavales qui

131
Dwight Eisenhower : Général américain, commandant en chef des forces
armées alliées pendant la Deuxième Guerre mondiale. Il succède à Truman à la présidence
des États-Unis de 1953 à 1961.
132
Maréchal soviétique, il est le principal stratège de la victoire à Stalingrad contre
l'armée nazie pendant la Seconde Guerre mondiale.
133
Friedrich Paulus : Général de la Wehrmacht auquel Hitler avait confié la direction de
l'opération Barbarossa contre l'URSS (22 juin 1941). Il capitule face aux troupes soviétiques,
le 2 février 1943, devant Stalingrad.

81
permettent aux États-Unis de prendre le dessus face aux Japonais. La bataille de Midway134
(3-6 juin 1942) marque ainsi le début du repli japonais. À partir d'août 1942, avec le
débarquement à Guadalcanal, débute la véritable reconquête du Pacifique.
En Afrique : Jusqu'à l'été 1942, la situation est plutôt favorable aux puissances de l'Axe.
Mais en octobre 1942, le général britannique Montgomery lance une contre-offensive alliée
en Afrique du Nord qui se conclut par la victoire d'El Alamein (en Égypte). L'Afrikorps de
Rommel bat en retraite face aux troupes britanniques.

Le 8 novembre 1942 débute l'opération « Torch »135 : les troupes américaines et britanniques
débarquent ensemble en Afrique du Nord et combattent sous le commandement unique
d'Eisenhower. Elles s'attaquent aux ports marocains et algériens.

Cette attaque a deux conséquences importantes : en France, la zone sud,136 dite « libre » est
envahie par les Allemands ; Hitler envoie des renforts en Tunisie. Ces renforts sont
commandés par Rommel. Ce dernier se heurte aux Américains ; il réussit à reprendre du
terrain, mais est finalement encerclé et rappelé par Hitler en mars 1943.
Également en mars 1943, les troupes alliées ont reçu le renfort des troupes françaises libres
commandées par le général Leclerc. Conjointement elles repoussent les Allemands jusqu'en
Tunisie. Les troupes allemandes et italiennes capitulent en Tunisie (au Cap Bon) en mai
1943.

A partir de mai 1943, la victoire des Alliés est vraiment en marche. Plus aucun soldat de l'Axe
ne demeure en Afrique.

III- la victoire des alliées

III-A - La reconquête de l'Europe


L'élimination de l'Italie : À la suite de leur victoire en Afrique du Nord, les troupes alliées
(Américains, Canadiens, Britanniques et troupes de la France Libre) débarquent en Sicile, le
10 juillet 1943. L'île est conquise au mois d'août 1943.
Face à cette avancée alliée, l'Italie se divise politiquement. Mussolini est destitué et
emprisonné. Un nouveau gouvernement est mis en place. Mais Mussolini est libéré par un
commando nazi et prend le contrôle de l'Italie du Nord.

134
Bataille de la Seconde Guerre mondiale dans le Pacifique. Cette bataille se déroule du 3 au 6
juin 1942 et oppose la flotte japonaise aux avions, porte-avions et cuirassés américains.
Pendant cette bataille, quatre porte-avions du général nippon Yamamoto sont coulés ce qui
désorganisent la flotte japonaise et stoppe la progression du Japon vers l'est.
135
Débarquement des troupes américaines, britanniques, et les Forces de la France Libre de
De Gaulle qui combattent sous le commandement unique d'Eisenhower en Algérie et au
Maroc qui débute le 8 novembre 1942.
136
Les autorités nazies reprochent au gouvernement de Vichy, responsable des colonies, de ne
pas avoir défendu ces territoires contre les Alliés. C'est donc pour punir le gouvernement de
Vichy de son impuissance que la zone sud de la France est envahie à partir du 11 novembre
1942. C'est aussi un moyen pour les nazies d'assurer un contrôle plus efficace sur le sud de
la France devenu plus stratégique avec le débarquement allié en Afrique du nord.

82
Dans ce contexte, les Alliés débarquent en Italie. Au prix de combats très violents
(notamment autour du Monte Cassino), l'Italie est peu à peu reconquise aux Nazis. En juin
1944, les Alliés atteignent Rome qui est déclarée « ville ouverte ». Il faudra attendre le
printemps 1945 pour que les Alliés réussissent à conquérir le nord de l'Italie défendu par les
Nazis derrière la « ligne Gothique ».137 Mussolini est arrêté par des partisans communistes et
exécuté le 28 avril 1945.

La libération de la France

- Le 6 juin 1944, les Anglo-américains débarquent en Normandie sous le


commandement unique d'Eisenhower : c'est le début de l'opération « Overlord »138.
- Le 15 août 1944, avait débarqué en Provence l'armée française commandée par le
général De Lattre de Tassigny.
Aidés dans leur progression par la résistance française, les alliés entrent dans Paris le 25
août 1944 puis poursuivent la libération de la France face à une armée nazie en perdition.

Les troupes de Normandie et de Provence font leur jonction en septembre 1944. Strasbourg
est libéré en novembre 1944.

En décembre 1944, les dernières « poches » allemandes sont réduites (Dunkerque, Colmar).
Tout le territoire français est libéré.

Les troupes alliées se dirigent ensuite vers l'est et pénètrent sur le territoire allemand.

❖ À l'est
Ce sont les troupes soviétiques qui reconquièrent les territoires dominés par les nazis en
Europe orientale à l'image de la Pologne. Par l'invasion, les Soviétiques contraignent aussi à
la capitulation les alliés de l'Allemagne (Finlande, Roumanie, Hongrie, Bulgarie).

La Yougoslavie, de son côté se libère seule : la résistance yougoslave communiste dirigée


par Tito vient à bout des troupes allemandes.

❖ La capitulation allemande
Les Alliés franchissent le Rhin en mars 1945. Hitler souhaite encore poursuivre la lutte en
utilisant de nouvelles armes (V2) et en mobilisant de nouvelles troupes. Mais le Reich
s'effondre en quelques semaines. Les Soviétiques marchent sur Vienne et sur Berlin. Ils font
la jonction avec les Alliés en avril 1945. Hitler se suicide le 30 avril 1945 dans son bunker de
Berlin. La capitale allemande tombe le 2 mai 1945. Le 7 mai 1945, les Allemands signent une

137
Ligne de fortification allemande mise en place à la fin de la Seconde Guerre mondiale, au
nord de Florence, en Italie pour stopper la reconquête alliée en Italie et de protéger
l'Allemagne.
138
Nom de code donné au débarquement allié (Américains, Anglais, Canadiens, et Forces
Françaises Libres) en Normandie qui débute le 6 juin 1944. Cette opération, décidée lors de
la conférence de Téhéran, est commandée par le général Eisenhower, secondé par le général
Montgomery.

83
capitulation sans condition devant Eisenhower à Reims et le 8 mai 1945 devant Joukov à
Berlin.

III-B - Vers la capitulation japonaise


Depuis l'été 1943, les États-Unis ont repris les îles Marshall, les Carolines, les Mariannes et
les Philippines.

Les Japonais ne sont plus en état de mener des attaques massives. Mais ils résistent en se
regroupant autour de leur archipel et en menant des attaques désespérées (les Kamikazes)139.

L'île d'Okinawa tombe aux mains des Américains en avril 1945 mais au prix de combats très
meurtriers. Le général américain MacArthur140 pense que le Japon est à la portée des troupes
américaines mais que la résistance nippone risque de se prolonger. Pour mettre fin à cette
résistance japonaise et pour épargner la vie de ses soldats, Harry Truman141 décide d'utiliser la
bombe atomique. Deux bombardements atomiques se produisent à trois jours d'intervalle :
sur Hiroshima le 6 août 1945 et sur Nagasaki le 9 août 1945.

Parallèlement, l'URSS déclare la guerre au Japon et envahit la Mandchourie conformément


aux engagements pris lors de la conférence de Yalta (4 - 11 février 1945 : rencontre entre
Staline, Roosevelt et Churchill).

Le 15 août 1945, l'empereur du Japon, Hirohito, annonce la reddition de son pays. La


capitulation est signée le 2 septembre 1945, dans la baie de Tokyo, à bord du navire
Missouri, en présence du général MacArthur.

Conclusion
Quasiment six ans, jour pour jour, après le début de l'invasion de la Pologne par l'Allemagne,
la capitulation japonaise met fin à la seconde guerre mondiale. La Guerre de 1939-1945 est
une guerre totale. Elle s'est caractérisée par une mobilisation totale des énergies
intellectuelles, des ressources économiques et humaines. C'est tout d'abord une guerre
idéologique marquée par l'affrontement de deux systèmes totalement opposés :

• Un système qui revendique la supériorité d'une race sur les autres et qui envahit les
pays voisins au nom de cette supériorité raciale ou raciste (c'est bien sûr le cas du
régime nazi, mais on retrouve aussi ce sentiment de supériorité chez les Japonais).
• À l'opposé, un système qui reste fidèle à la liberté, à l'humanisme. Ces valeurs
doivent être restaurées dans l'ensemble de l'Europe. La Charte de l'Atlantique
réaffirme ces grands principes (droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, liberté de
commerce pour tous les pays, rétablissement de la paix et renoncement à l'emploi de

139
À partir de l'été 1943, pour faire face à leur infériorité technique face aux Américains, les
Japonais utilisent des aviateurs volontaires pour des missions suicides. Ces kamikazes,
installés dans des avions bourrés d'explosifs, vont s'écraser sur le pont des navires
américains causant ainsi de lourdes pertes.
140
Général américain responsable de la direction des opérations dans le Pacifique central
pendant la Seconde Guerre mondiale. Il accepte capitulation japonaise le 2 septembre 1945
et dirige l'occupation du Japon de 1945 à 1951.
141
Harry TRUMAN : président des États-Unis depuis la mort de Roosevelt (le 2 avril 1945)

84
la force).
Pour renforcer cet affrontement idéologique, la propagande, la publicité, le cinéma sont
massivement utilisés par les deux camps. Ces derniers se livrent aussi à une véritable
« guerre des ondes ».

Cette guerre est aussi marquée par une mobilisation économique

Cette Seconde Guerre mondiale est enfin marquée par une mobilisation des énergies
humaines :
• mobilisation militaire : plus de soixante millions de soldats ont participé à cette
guerre.
• mobilisation de la main d'œuvre : dans tous les pays touchés par la guerre, de gré ou
de force, la main d'œuvre est mise au service de l'industrie de guerre.
• mobilisation des cerveaux : elle permet des progrès techniques considérables et pas
seulement dans le domaine de l'armement.
Tous ces exemples de mobilisation des énergies au service de la guerre, dans des sujets très
divers, permet donc bien de parler de guerre totale à propos de la Seconde Guerre mondiale.

a. La coexistence en Europe de pays aux régimes politiques très différents et


antagonistes dans les points de vue (ex : Allemagne nazie142 : dictature
expansionniste / France ou Royaume-Uni : démocraties et défense du droit
des peuples).
b. La présence à la tête de l'Allemagne d'Adolf Hitler. Il veut aussi effacer toute
trace du Traité de Versailles (1919).
c. L'absence de réactions des démocraties (France et Royaume-Uni) face
aux agressions et aux manœuvres d'Hitler143 ou face à l'alliance des
dictatures (alliance de l'Allemagne avec le Japon dès 1935, signature de
l'Axe Rome-Berlin en 1936 avec Mussolini).

142
Le nazisme : doctrine politique créée par Hitler et exposée dans son livre « Mein Kampf »
(Mon combat). Elle est basée sur l'ultranationalisme, l'apologie de la force et un racisme
omniprésent, affirmant la supériorité des « Aryens » et l'infériorité de certains groupes (les
Juifs notamment).
143
La France et le Royaume-Uni n'ont pas réagi à la remilitarisation de la Rhénanie. Cette
absence de réaction entraîne une escalade des agressions: annexion de l'Autriche
(Anschluss, en mars 1938) ; revendication des Sudètes (nord de la Tchécoslovaquie : région
de langue allemande). Tentative de réaction des démocraties : rencontre à Munich entre
Hitler, Mussolini, Chamberlain et Daladier. Un traité est signé : pour sauver la paix, Hitler
obtient le droit d'annexer les Sudètes (septembre 1938) ; rassuré par la faiblesse des
démocraties, Hitler annexe à l'Allemagne l'ensemble de la Tchécoslovaquie (mars
1939).Cette politique d'agressions du Troisième Reich et ces diverses annexions conduisent
à la Seconde Guerre mondiale.

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