Révolution industrielle en Europe : genèse et phases
Révolution industrielle en Europe : genèse et phases
- Histoire 1ère ; sous la direction de Jean Michel LAMBIN ; Hachette édition ; Paris 1994
- HISTOIRE PREMIERE 1880 1945 ; sous la direction de Jacques ALDEBERT ; Delagrave ; Paris ;
1988
- Histoire 2e ; sous la direction de Jacques Marseille ; Nathan ; 1994
- Sources internet
Plan
Introduction
I/ La genèse de la révolution industrielle
1. La société préindustrielle
2. La Genèse de la révolution: rupture avec le passé
II/ Les formes de la révolution industrielle
III/ Les manifestations de la révolution industrielle
1. Le développement du machinisme
2. La révolution agricole
3. La révolution des transports et des télécommunications
Conclusion
Introduction
La révolution industrielle désigne le passage d'une économie à dominante agricole et artisanale à
une économie ouverte fondée sur le commerce et la grande industrie. Elle se caractérise par une
transformation profonde de l’industrie, l’utilisation de techniques nouvelles, le développement de
nouvelles branches d’activités et un accroissement de la production. Amorcée en Grande Bretagne à
partir de la fin du XVIIIème siècle (1780), la révolution industrielle se répand en Europe occidentale
puis dans le reste du monde et transforme les modes de production, les transports et les échanges et
améliore les conditions de vie de l’humanité.
1
encore largement féodale1, et presque exclusivement agricole. L’agriculture et l’artisanat
constituent les bases de l’économie traditionnelle. L’économie de marché est faible. Les
manufactures existantes étaient des propriétés royales. Jusqu’au XVIII ème siècle, l’Europe
connaissait un certain développement économique mais était souvent frappée par des
crises ; épidémies, guerres, disettes. L’accroissement démographique est assez faible, de
l’ordre de 0,14% à cause d’un fort taux de mortalité qui jugule l’importance de la natalité.
Dès le XVII ème siècle, de grandes compagnies commerciales apparaissent. Exemple : la Compagnie
anglaise des Indes orientales en 1600 ; la Compagnie néerlandaise des Indes orientales en 1602.
C’est la naissance du mercantilisme avec l’apparition en Europe d’Etats-nations contrôlant
l’économie et les relations commerciales.
Au XVIII ème siècle, le mercantilisme (Courant de pensée économique qui prône l’existence d’un Etat
promoteur actif dans le commerce et l’industrie) il s’est développé entre 1500 et 1800.
1
Féodalisme : système économique, social basé sur la domination des seigneurs et l'asservissement des vassaux. Le sujet
en échange de la protection du Seigneur doit lui verser des redevances appelées droits féodaux.
2
Le XVIII è siècle est marqué par des progrès de la science, le triomphe des philosophes (qui critiquent la
société et les institutions politiques de leur temps (absolutisme en France), prônent la séparation des pouvoirs,
les libertés individuelles et collectives) et les grandes révolutions (Angleterre en 1688, aux USA en 1776 et en
France en 1789)
Le XVIIIème siècle est marqué par l’apparition d’un mouvement intellectuel et philosophique qui
domine le monde des idées. Il se caractérise par le rejet de la métaphysique, la croyance aux progrès,
le combat pour la tolérance et le respect des libertés civiles.
3
La technique : ce qui a trait à l'application ou à l'apprentissage des connaissances théoriques à la production
ou à l'économie.
2
pneu en caoutchouc en 1885 ; Daimler met au point le moteur à explosion4 en 1886, Diesel
fabrique le moteur à huile lourde en 1893,
- Dans le domaine ÉNERGÉTIQUE, Gramme invente la dynamo (machine qui génère
mécaniquement du courant électrique continu) en 1872, Drake découvre le premier puits de
pétrole en 1859, Deprez met au point le procédé du transport de l’énergie électrique en 1882.
- Dans le domaine de l'audiovisuel et des communications : le Français Joseph Nicéphore
Niépce invente la première photographie en 1826 ou 1827 ; en 1837 : l'Américain Samuel
Morse développe un système de télégraphe électrique et d'alphabet (Cet appareil permet de
correspondre instantanément et à de très grandes distances) ; en 1876 : le Britannique
Alexandre Graham Bell fait connaître son système de téléphone (des câbles sous-marins sont
installés et permettent des liaisons entre les continents) ; en 1877 : l'Américain Thomas
Edison achève la construction du premier véritable phonographe capable d'enregistrer et de
réécouter la voix humaine et du son.
-
Ces innovations et découvertes débouchent sur la révolution industrielle.
La révolution industrielle a connu une évolution irrégulière. Les phases de croissance sont de
1850 à 1873 du fait de la forte productivité et de 1893 à 1914 grâce aux progrès techniques et la
forte demande. Les périodes de crises sont de 1873 à 1893 à cause de la grande dépression6 et à
partir de 1929 avec le krach boursier de New York7.
4
Dispositif qui fournit de l'énergie mécanique par transformation de l'énergie calorifique, libérée par calcination
d'un combustible
5
Métallurgie : ensemble des entreprises où l'on travaille et exploite les métaux
Sidérurgie : industrie lourde consacrée à la production et à la transformation du fer, de la fonte et de l'acier
6
Crise boursière ayant débuté à Vienne en 1873 et qui a duré jusqu’en 1896 et entrainé de nombreuses
difficultés économiques : faillites des entreprises, chute de la croissance, chômage.
7
Crise économique liée à la spéculation, au ralentissement de l’activité économique, une hausse des cours des
actions débouchant sur une crise boursière et à l’effondrement des cours (prix des actions) à Wall Street le
jeudi 24 octobre 1929.
3
III- LES MANIFESTATIONS DE LA RÉVOLUTION INDUSTRIELLE
1- Le développement du machinisme
Grace aux nombreuses découvertes, la machine se développe. Le machinisme conduit au
regroupement des activités industrielles en usine. La multiplication des usines symbolise partout la
révolution industrielle. Le machinisme permet une production massive d’articles standardisés.
2- La révolution agricole
Elle débute au XVIII ème siècle et se poursuit tout au long du XIX ème siècle grâce à l’apparition
de machines agricoles (moissonneuses, moissonneuses-batteuses, charrues mécaniques),
l’utilisation des engrais artificiels et la sélection des semences. La production augmente rapidement
et permet la commercialisation des excédents.
Conclusion
Au XIX ème siècle l’Europe a connu des progrès scientifiques et techniques très remarquables. Ces
progrès déclenchent une transformation complète des modes de production, un développement des
transports de marchandises et de passagers et un essor du commerce. La révolution industrielle
bouleverse la vie économique, politique et culturelle et la société.
4
Académie de Diourbel / Année scolaire : 2018 19
Lycée Scientifique d’Excellence / M DIATTA
Cycle secondaire/ classe : Première
- Histoire 1ère ; sous la direction de Jean Michel LAMBIN ; Hachette édition ; Paris 1994
- HISTOIRE PREMIERE 1880 1945 ; sous la direction de Jacques ALDEBERT ; Delagrave ; Paris ;
1988
- Histoire 2e ; sous la direction de Jacques Marseille ; Nathan ; 1994
- Sources internet
Plan
5
Introduction
I- Les conséquences économiques
II- Les transformations sociales
III- Les conséquences politiques
IV- Les transformations culturelles
Introduction
La révolution industrielle a entraîné de profonds changements dans les sociétés occidentales. Ces
mutations d’abord économiques grâce aux progrès scientifiques et techniques, ont un effet
d’entrainement sur les structures sociales, politiques et la vie culturelle.
8
Fait de faire succéder les cultures dans un certain ordre en divisant les terres labourables en grandes portions
(soles).
6
marché afin d’éviter la concurrence. Exemples : les Cartels9 dans le pétrole, l’acier …
➢ La concentration verticale regroupe en une seule entreprise, par fusions ou
absorptions, plusieurs entreprises ayant des activités complémentaires. Cette entente
vise à s’assurer le contrôle d’une production (monopole) afin d’imposer son prix. C’est
le cas des trusts10 américains. Exemple l’aciérie, les fabricants de pneumatiques, la
constructeurs automobiles.
3- L’essor du capitalisme
Capital : ensemble des moyens financiers et matériels qu’il faut rassembler pour créer une
entreprise. Capitalisme est un système économique basé sur la recherche du profit, la libre entreprise, la
propriété privée des moyens de production et d’échange et la concurrence.
Avec la révolution industrielle, on note l’émergence du capitalisme libéral qui relaye le capitalisme
mercantile. Son essor s’explique par le développement du libéralisme économique. Le rôle de l’Etat se
limite à favoriser le libre-échange, à limiter les dépenses publiques et à réguler les pratiques
déloyales (dumping, protectionnisme). Le capitalisme dispose de trois moyens d’action :
✓ La société anonyme ou société par actions : Ce sont des entreprises dont le capital est
constitué d’actions. (Une action est une part du capital d’une entreprise). Les sociétés
anonymes appartiennent à des propriétaires multiples (actionnaires). Chaque actionnaire
reçoit des bénéfices annuels (dividendes)11. [La S. A. est gérée par un Conseil d’Administration
élu par les actionnaires.]
✓ La banque : son rôle est de financer les entreprises, de gérer l’épargne des particulier. On
distingue trois types de banques :
• Les banques de dépôts qui reçoivent l’épargne des particuliers et pratiquent des
crédits à court terme. Exemple : la Société Générale ; le Crédit Lyonnais ; la Barclays
Bank…
• Les banques d’affaires qui travaillent sur capitaux propres, pratiquent des crédits à
long terme. Elles prêtent des capitaux aux entreprises achètent des actions et
participent à la gestion des entreprises. Exemple : Rothschild ; Mallet…
• La banque centrale ou banque d’émission chargée démettre la monnaie. C’est la
banque de l’Etat. [on distingue trois formes de monnaie : la monnaie métallique
(pièces d’or, d’argent ou autre alliage), fiduciaire (billets de banque) et la monnaie
scripturale ou chèque.
✓ La bourse de valeur : c’est un lieu d’échange où des particuliers peuvent vendre ou acheter
des titres ou actions. C’est à la bourse que sont cotées les actions (détermination de la
valeur) des principales entreprises. Exemple : la Bourse de Londres apparue en 1802 ; Wall
Street…
Le capitalisme mercantile : ensemble des doctrines des économistes européens des XVIe et XVIIe
siècles préconisant l'intervention de l'État pour accroître la richesse nationale, notamment par
l'extension des exportations sur les importations
9
Cartel : entente entre entreprises de la même branche pour fixer les prix et se partager le marché afin d’éviter
la concurrence
10
Trust : concentration d’entreprises qui détient un pouvoir de domination sur tout un secteur de l’économie. On
parle de trust aux USA, de konzern en Allemagne ou de zaïbatsu au Japon.
11
Dividende : part retenue sur les bénéfices réalisés par une société et attribuée proportionnellement à chaque actionnaire
7
le mercantilisme est à l'origine du capitalisme
Les villes se modernisent, des immeubles sont construits, l’hygiène (eau potable, égouts) et le confort
(gaz puis électricité) s’améliorent ainsi que les transports (métro, tramways…). Les populations
aisées vivent à l’intérieur des villes alors que les populations les plus pauvres sont rejetées en
périphérie.
8
débouchés. La solution à ces besoins est l’impérialisme.12
Le positivisme : système philosophique imaginé par Auguste Comte, selon lequel la vérification des
connaissances par l’expérience est l’unique critère de vérité. Il privilégie l’expérience scientifique et le
raisonnement comme fondement du savoir et comme source principal du progrès de l’humanité.
Le positivisme prône une foi absolue en la science censée pouvoir résoudre tous les
problèmes, y compris philosophiques et moraux. En France, les principaux théoriciens du scientisme
sont le philosophe Auguste Comte, Ernest Renan qui déclare « la science renferme l’avenir de
l’humanité ». Toutefois, il existe des réactions contre le scientisme venant notamment des
philosophes tels qu’Henri Bergson (l’intuition doit permettre à l’homme de retrouver les forces vives
de la pensée) ou des scientifiques ou des écrivains tels que Paul Claudel. Ils soutiennent que la
science ne peut pas tout expliquer.
Avec la révolution industrielle, la science semble désormais pouvoir tout expliquer et la technique
rendre l’homme maître de l’univers. D’où la naissance du scientisme ou positivisme. Pour les
partisans du positivisme, il est temps que l’humanité se substitue à Dieu. Les adversaires de l’Eglise,
tels que les francs-maçons13, tentent de la séparer de l’Etat.
Conclusion
12
Impérialisme : Terme apparu au XIX ème siècle pour désigner la politique d’expansion d’un Etat visant à en
mettre un autre sous sa dépendance. Pour les premiers théoriciens, cette politique est liée à la nécessité, pour
les pays capitalistes, de conquérir des zones d’influence pour exporter des capitaux et s’y approvisionner en
matières premières.
13
Franc-maçonnerie : association autrefois secrète qu’unit un idéal de fraternité et qu’identifie un certain
nombre de rites symboliques. A l’origine, au Moyen-âge, fraternité de maçons constructeurs, ces associations
se transforment en sociétés philanthropiques en Grande Bretagne au XVIIème siècle. Le Grand Orient de
France est gagné au XIXème siècle par des idées républicaines et positivistes.
9
En développant la vie économique et les échanges, la révolution industrielle bouleverse profondément
la société européenne avec le développement du monde ouvrier. Celui-ci, mieux organisé et de plus
en plus puissant menace la classe dominante. L’antagonisme entre la bourgeoisie et le prolétariat
favorise l’émergence des doctrines sociales (syndicalisme et socialisme) qui cherchent à corriger les
inégalités sociales.
Introduction
La révolution industrielle a entraîné des profonds changements dans les sociétés occidentales. Ces
mutations d’abord économiques grâce aux progrès scientifiques et techniques, ont un effet
d’entrainement sur les structures sociales, politiques et la vie culturelle.
14
Cartel : entente entre entreprises de la même branche pour fixer les prix et se partager le marché afin d’éviter
la concurrence
10
vise à s’assurer le contrôle d’une production afin d’imposer son prix. C’est le cas des
trusts15 américains. Exemple l’aciérie, les fabricants de pneumatiques, la constructeurs
automobiles.
6- L’essor du capitalisme
Capital : ensemble des moyens financiers et matériels qu’il faut rassembler pour créer une
entreprise. Capitalisme est un système économique basé sur la recherche du profit, la libre entreprise, la
propriété privée des moyens de production et d’échange et la concurrence.
Avec la révolution industrielle, on note une émergence du capitalisme libéral qui relaye le capitalisme
mercantile. Son essor s’explique par le développement du libéralisme économique. Le rôle de l’Etat se
limite à favoriser le libre-échange, à limiter les dépenses publiques et à réguler les pratiques
déloyales (dumping, protectionnisme). Le capitalisme dispose de trois moyens d’action :
✓ La société anonyme ou société par actions : Ce sont des entreprises dont le capital est
fractionné en actions. Une action est une part du capital d’une entreprise. Les sociétés
anonymes appartiennent à des propriétaires multiples (actionnaires). Chaque actionnaire
reçoit des bénéfices annuels (dividendes)16. [La S. A. est gérée par un Conseil d’Administration
élu par les actionnaires.]
✓ La banque : son rôle est de financer les entreprises, de drainer l’épargne des particulier. On
distingue trois types de banques :
• Les banques de dépôts qui reçoivent l’épargne des particuliers et pratiquent des
crédits à court terme. Exemple : la Société Générale ; le Crédit Lyonnais ; la Barclays
Bank…
• Les banques d’affaires qui travaillent sur capitaux propres, pratiquent des crédits à
long terme. Elles prêtent des capitaux aux entreprises achètent des actions et
participent à la gestion des entreprises. Exemple : Rothschild ; Mallet…
• La banque centrale ou banque d’émission chargée démettre la monnaie. C’est la
banque de l’Etat. [on distingue trois formes de monnaie : la monnaie métallique
(pièces d’or, d’argent ou autre alliage), fiduciaire (billets de banque) et la monnaie
scripturale ou chèque.
✓ La bourse de valeur : c’est un lieu d’échange où des particuliers peuvent ventre vendre ou
acheter des titres ou actions. C’est à la bourse que sont cotées les actions (détermination de
la valeur) des principales entreprises. Exemple : la Bourse de Londres apparue en 1802 ; Wall
Street…
Libéralisme : théorie économique prônant la liberté des échanges commerciaux et le non-interventionnisme de l'État
Le capitalisme mercantile : ensemble des doctrines des économistes européens des XVIe et XVIIe siècles préconisant l'intervention de
l'État pour accroître la richesse nationale, notamment par l'extension des exportations sur les importations
le mercantilisme est à l'origine du capitalisme
11
population européenne explose. Elle passe de 200 à 423 millions d’habitants entre 1800 et 1900.
La croissance démographique, combinée à l’industrialisation favorisent un exode rural et une
importante émigration. L’accroissement démographique s’accompagne d’une urbanisation
croissante (Royaumes unis 54% urbains en 1851), avec les mains d’œuvres agricoles qui deviennent
des salariés dans les usines. La population vivant dans les villes de plus 5000 habitants atteint 68,9%
Royaume-Uni, 49% en Allemagne, 42% aux USA. Les villes augmentent en taille et en nombre. Cette
démographique galopante en ville crée des problèmes sociaux importants (ravitaillement, transport,
hygiène) et impose la construction de nouveaux équipements.
Sur le plan culturel de nouvelles de pensées font leur apparition. En même temps la création
artistique et littéraire connaissent un essor tout comme l’architecture.
Avec la révolution industrielle, la science semble désormais pouvoir tout expliquer et la technique
rendre l’homme maître de l’univers. D’où la naissance du scientisme ou positivisme. Pour les
partisans du positivisme, il est temps que l’humanité se substitue à Dieu. Les adversaires de l’Eglise,
tels que les francs-maçons18, tentent de la séparer de l’Etat.
L’art: avec des courants comme l’Impressionnisme s’intéresse à l’impression ressentie par le peintre
et emploie une technique nouvelle de couleur (Claude Monet, Auguste Renoir, Alfred Sisley),
le Réalisme qui vise à représenter la réalité sociale (Gustave Courbet, Jean François Millet),
le Cubisme qui utilisent des formes géométriques assemblées pour représenter les réalités (Pablo
Picasso, Georges Braque)…
Musique et la littérature: sur le plan littéraire s’impose le courant du Réalisme avec Émile Zola.
Utilisation d’instruments de Jazz dans la musique.
OS 1/ expliquer le processus ayant conduit à la naissance des syndicats, leurs différences, ainsi que
les résultats de leur action
OS 2/ expliquer la naissance du socialisme ainsi que les différences entre les courants socialistes.
Stratégie : questions/ réponses
Sources :
- Histoire 2e ; sous la direction de Jacques Marseille ; Nathan ; 1994
18
Franc-maçonnerie : association autrefois secrète qu’unit un idéal de fraternité et qu’identifie un certain nombre
de rites symboliques. A l’origine, au Moyen-âge, fraternité de maçons constructeurs, ces associations se
transforment en sociétés philanthropiques en Grande Bretagne au XVIIème siècle. Le Grand Orient de France
est gagné au XIXème siècle par des idées républicaines et positivistes.
13
- Sources internet : Larousse.fr ; Wikipédia.org
Plan
Introduction
I- Le syndicalisme
1- Naissance du syndicalisme européen
2- Les types de syndicats
II- Le socialisme
1- Le socialisme utopique
2- Le socialisme anarchiste
3- Le socialisme scientifique
Conclusion
Introduction
La révolution industrielle s’est réalisée dans un régime de liberté économique sans intervention de
l’Etat. Les ouvriers, soumis au patronat, vivent dans des conditions précaires. En même temps se
renforcent les écarts sociaux. Ainsi apparaissent le syndicalisme et le socialisme pour corriger ces
injustices sociales.
I- LE SYNDICALISME
Le syndicalisme est un courant de pensée fondé sur le syndicat. Celui-ci se définit comme une
association de travailleurs d'une même profession pour la défense de leurs intérêts moraux et
professionnels communs. Le syndicalisme désigne également l'action militante qui cherche à
poursuivre les buts d'un syndicat.
En France le syndicalisme s'inscrit dans la lignée des groupements corporatifs des sociétés
modernes et médiévales. Ces groupements sont interdits par la loi Le Chapelier de 1791 et subissent
une répression opiniâtre lors de la première révolution industrielle. Mais en 1864, la loi Ollivier abolit
le délit de coalition et reconnaît de fait le droit de grève. Les syndicats ne sont cependant légalisés
qu'en 1884 avec la loi Waldeck-Rousseau, qui comporte encore plusieurs restrictions.
On parle au Royaume-Uni de « trade unions » ou « labour unions » pour désigner les syndicats. Le
syndicalisme fut interdit et sévèrement réprimé en Grande-Bretagne jusqu'en 1824. En 1850 se
formèrent des syndicats plus stables, mieux pourvus en termes de ressources, mais souvent moins
radicaux. Le statut légal des syndicats fut établi par la commission royale en 1867 lorsque celle-ci
admit que la mise en place de ces organisations avantageait autant les employeurs que les salariés.
Le texte fut légalisé en 1871.
19
Canuts : ce sont des ouvriers qui travaillent la soie à domicile, pour des patrons, les soyeux.
14
ouvriers, interdiction des associations de salariés avec la loi Le Chapelier de 1791 en France (qui
condamne les associations de salariés et de maîtres), les Combination Act de 179920 en Angleterre.
20
Combination Act ou Loi sur les coalitions : Loi interdisant les syndicats et les revendications collectives des
travailleurs britanniques. Ces lois sont abrogées en 1824
21
Le premier mouvement ouvrier qualifié de « chartiste » (parce qu’ayant précisé ses revendications dans une
charte21) culmine vers 1840 en Angleterre, avant de décliner rapidement.
22
La réduction de la durée de la journée de travail est progressive. En France, c’est en 1892 que la journée de
travail des adolescents est limitée à 10 heures et celle des femmes à 11 heures.
15
eme siècle);
• Augmentation des salaires ;
• Obtention d’un jour de congé hebdomadaire ;
• Célébration de la journée internationale des travailleurs le 1er mai de chaque année, journée
annuelle de grève, de célébration des combats des travailleurs. Elle se confond dans de
nombreux pays à la fête du travail23, une journée de revendication et de manifestation.
II- LE SOCIALISME
Le socialisme24 est un système d’organisation sociale qui dénonce les abus du capitalisme libéral,
prône le remplacement de la propriété privée des moyens de production et d’échange par une
propriété collective et souhaite créer une société sans classe. Il condamne les inégalités sociales,
l’exploitation de l’homme par l’homme. Les socialistes sont d’accord sur les objectifs. Cependant, ils
divergent sur les moyens d’y parvenir. On distingue trois courants socialistes.
1- LE SOCIALISME UTOPIQUE
Il est né dans le courant des années 1820 – 1830 avec comme principaux théoriciens Saint Simon,
Charles Fourier, Robert OWEN, Louis BLANC. Ils rêvent d’une société idéale25 fondée sur l’amour du
prochain, la justice. Pour réaliser cette société idéale, l’Etat doit contrôler le capitalisme, le
réorganiser afin d’augmenter la production et améliorer le sort des ouvriers. Friedrich ENGELS les
qualifie d’utopistes car ils réclament quelque chose d’irréalisable : ils demandent aux bourgeois de
renoncer à leurs privilèges.
2- LE SOCIALISME ANARCHISTE
Les principaux théoriciens sont Michel BAKOUNINE, Pierre-Joseph PROUDHON26, Georges SOREL. Ils
se caractérisent par leur critique radicale de la propriété privée, de l’Etat et des institutions sociales
considérés comme des entraves à l’épanouissement individuel (ils considèrent l’autorité comme une
atteinte à la liberté individuelle). L’anarchisme vise l’établissement d’une société où l’Etat disparaitrait
au profit de multiples pouvoirs décentralisés, contrôlés par les ouvriers. Les moyens de lutte sont la
grève, la lutte armée (attentats contre les autorités, assassinant du président français Marie François
Sadi-Carnot27 en 1894, participation à la guerre civile espagnole).
Pour réussir cette action de transformation sociale au plan international, les socialistes
s’organisent en mouvements appelés Internationale.
Conclusion
Le syndicalisme et le socialisme ont bouleversé la vie sociale en Europe au XIX eme siècle. Ils ont
influencé la vie politique et tenté de lutter contre les déséquilibres sociaux. Il a fallu attendre 1917
pour voir la première victoire du prolétariat avec la révolution bolchevik en Russie.
Karl MARX (Trèves 1818- Londres 1883) philosophe, économiste et journaliste politique allemand,
cofondateur du socialisme scientifique. Il est l’auteur du Manifeste du parti communiste (1848) et du
Capital (1867). Il se réfugie à Londres après l’échec des révolutions de 1848
Le comte de SAINT- SIMON (1760-1825) il préconise une réorganisation de la société afin que
celle-ci soit dirigée par la classe industrielle. Il recommande l’amélioration de la condition des
ouvriers. C’est pourquoi il est considéré comme un des premiers socialistes.
Introduction
L’impérialisme30 est la politique de domination d’une nation sur une ou plusieurs autres nations. Le
terme est apparu au XIX ème siècle pour désigner la politique d’expansion d’un Etat visant à en
mettre un autre sous sa dépendance. L’impérialisme moderne est né de l’essor du capitalisme
occidental au XIXé siècle. Lié à plusieurs causes, il s’est appuyé sur des doctrines et des méthodes
diverses.
30
A distinguer de la colonisation : processus d'occupation puis d'exploitation d'un pays au profit d'un autre.
18
Arguments scientifiques: L’avance scientifique et technique générée par la révolution industrielle
fournit aux européens de nouveaux instruments de domination : les progrès en armements,
l’amélioration des transports. En outre l’accroissement des capitaux et les politiques protectionnistes
consécutives à la dépression économique de la fin du XIX° siècle attisent les convoitises pour obtenir
des marchés et des domaines réservés.
Le taux de chômage élevé, les persécutions politiques et religieuses constituent aussi des raisons qui
favorisaient les flux migratoires.
L’impérialisme répond également au besoin de chercher des points stratégiques et d'installation des
bases navales dans le monde; lesquels serviront de point d’appui et de renfort en cas d’une éventuelle
guerre et dans lesquelles les puissances européennes lèveront des armées coloniales à peu de frais.
3- La mission civilisatrice
Les impérialistes ont souvent évoqués les causes morales pour justifier leur domination. En effet les
européens sont convaincus de la supériorité de leur culture et leur mode de vie, prétendent être
investis d’une « mission sacrée », celle de « civiliser les races inférieures». Il s’agit de supprimer les
guerres intertribales et les razzias32 d’esclaves ainsi que les coutumes barbares (esclavagisme et
cannibalisme), d’apporter les bienfaits de la médecine aux indigènes par la création de routes,
hôpitaux, écoles, églises, voies de communication.... C’est le « lourd fardeau de l’homme blanc ».
Mais c’est aussi pour les milieux religieux l’occasion d’évangéliser, de convertir les peuples au
christianisme.
31
Léon GAMBETTE (1838-1882) : homme politique et avocat français,
32
Invasion faite sur un territoire pour enlever les troupeaux, les récoltes …
19
est créée l’Imperial Federation League qui réunit de grands hommes d’affaires comme Cecil John
Rhodes (1853-1902) et sir Leander Starr Jameson (1853-1917). Pour ces partisans de l’impérialisme
colonial, le Blanc est investi d’une « mission civilisatrice » et est censée apporter le progrès et la vraie
religion aux « races inférieures », aux « peuples primitifs », avec en première ligne les Noirs d’Afrique
Toutefois l'impérialisme n’a pas rencontré l'adhésion de toute l'opinion publique Européenne. Ainsi
aux partisans s’opposent les adversaires de l'impérialisme.
Peu de voix se sont ’élevées contre le mouvement impérialiste. En France par exemple, une partie de
l’opinion publique reste hostile à l’exploitation des indigènes. Certains trouvent l’impérialisme ruineux
et coûteux (c’est le cas de Georges Clemenceau, 1841-1929). Pour les nationalistes comme Paul
Déroulède (1846-1914), la colonisation détourne de l’essentiel qui doit être la reconquête de l’Alsace
et de la Lorraine. Jean Jaurès (1859-1914) considère l’impérialisme comme «une des tares du
système capitaliste qui est obligé d’opprimer pour survivre». Les socialistes sont opposés à la
colonisation. Lénine disait que l’impérialisme est le stade suprême du capitalisme.
La conquête de l’Afrique s’est faite en plusieurs étapes. Mais pour une maîtrise de la carte du monde,
l’Europe a d’abord envoyé des explorateurs dans les continents mal connus comme l’Afrique et
ensuite des missionnaires pour l’évangélisation des populations. Ils ouvrent la voie aux marchands
qui investissent et exploitent l’Afrique.
• Les explorateurs
Ils ont profité du développement des transports et des armements pour investir l’Afrique. Leur
objectif était d’explorer les voies maritimes, les tracés des fleuves et les voies terrestres, de
pénétration du continent. Ils dégagèrent des renseignements sur les potentialités économiques du
continent. Ils furent financés par les Etats à travers des sociétés de géographie.
Parmi eux on peut citer les Allemands Heinrich Barth (1821-1865) qui remonte le Niger (1850-1856)
et Gustav Nachtigal, les Britanniques David Livingstone (1813-1873) qui remonte le Zambèze
en 1856 et 1864 , John Hanning Speke (1827-1864) ; Mungo Park (1771-1806) qui remonte le Niger
en 1785 et le fleuve Gambie ; Grant qui découvre les Sources du Nil ; l’Anglo-américain Henry Morton
Stanley (1841-1904) qui remonte le Congo pour le compte de Léopold II en 1876-1877, les Français
Pierre Savorgnan de Brazza (1852-1905) qui remonte le Congo pour le compte de la France et René
Caillié (1799-1938) découvre Tombouctou
Les explorations ont permis aux Européens de découvrir d’autres aspects des civilisations africaines.
Elles leur ont aussi permis de localiser les richesses minières du continent et de compléter la carte
qui servira de guide aux conquérants.
Tous ces explorateurs tiennent des journaux où ils consignent de précieuses informations sur le tracé
des fleuves, des pistes du Sahara, les potentialités ainsi que les peuples, de sorte que vers la fin du
20
siècle le mystère géographique du continent se lève au moment où s’affirme la volonté coloniale de
l’Europe.
Le fleuve Sénégal remonté par André Brue en 1698 est revisité par Faidherbe en 1864.
Le Niger visité par Mungo Park en 1805-1806 reçoit la visite de Clapperton et Lander en 1830 qui
démontrent que le Niger ne prend pas sa source dans le lac Tchad.
La région des Grands Lacs est parcourue par Baker et Burton.
Kief et Rebmann atteignent le Kilimandjaro et découvrent le Kenya.
La source du Nil est découverte par les Anglais Baker, Speke et Grant.
Speke explore le lac Victoria.
Clapperton parti de Tripoli atteint le Kanem-Bornou en 1823.
Heinrich Barth traverse le Sahara entre 1850 et 1856 et atteint le Soudan nigérien, tandis
que Nachtigal explore le Sahara oriental.
René Caillé se rend à Tombouctou déguisé en arabe en 1828.
• Les missionnaires :
Les missions étaient des associations d’hommes d’églises (prêtes, pasteurs, religieux…) dont les
objectifs étaient l’évangélisation des populations noires d’Afrique, l’enseignement et la propagande
anti-esclavagiste. Le caractère désintéressé et humanitaire avait servi de prétexte pour la
colonisation. En outre elles vont apporter une assistance humanitaire en construisant des hôpitaux,
des écoles, des centres d’apprentissage. Les missionnaires commencent également la transcription
des langues locales et recueillent les traditions orales qui seront une source précieuse pour la
reconstitution de l’histoire des peuples noirs.
Les missionnaires ont propagé la foi, la culture et la civilisation occidentale. Ils sont volontairement
ou non les agents de la pénétration de l’influence politique, économique et culturelle de l’Europe,
préparant ainsi les Africains à l’occupation.
Parmi les missions les plus célèbres on peut retenir Les missions protestantes anglophones : la
«London Missionnary Society» au Ghana, au Nigeria et en Sierra Leone à Madagascar et en Afrique
du Sud, «la Church Missionnary Society» en Sierra Leone, Les missions catholiques
françaises comme les Religieuses de Saint-Joseph de Cluny, les «Pères du Saint esprit» au Sénégal,
Congo et Gabon, les «Pères Blancs» en Ouganda la Mission Chrétienne de Lyon s’installent au
Sénégal et dans le Golfe de Guinée.
• Après les missionnaires, interviennent les soldats qui engagent des guerres pour obtenir le
contrôle effectif des territoires. Ils préparent le terrain aux marchands.
2- Les formes de domination
La domination impérialiste s’est manifestée sous plusieurs formes. La forme la plus nette est la
colonisation qui soumet un territoire au gouvernement d’un pays étranger. On distingue les colonies
d’exploitation (Sénégal, Gambie, Angola, Nigéria, Gold Coast, Guinée Bissau…) et les colonies de
peuplement (Algérie, Afrique du sud). Parfois l’Europe établit un protectorat (territoire ou Etat
dépendant d’une métropole mais qui garde ses institutions et un gouvernement autonome : Maroc,
Tunisie) ou une zone d’influence où les pays impérialistes exercent des privilèges économiques
(Chine).
Conclusion
Idéologie dominante et généralisée en Europe au 19 e s, l'impérialisme a permis à l’Europe d’occuper
de vastes territoires en Afrique et en Asie.
Le colonialisme est une doctrine politique qui préconise ou cherche à justifier l'exploitation d'une
21
colonie, d'un territoire ou d'un Etat par un Etat étranger. La souveraineté que le pays colonisateur
exerce sur sa colonie se traduit par une domination politique (mise en place d'une administration,
d'un gouverneur...), militaire et une exploitation économique au détriment des populations locales
Introduction
Dans la seconde moitié du XIXé siècle, s’appuyant sur les connaissances géographiques du
continent obtenues grâce à l’exploration, les nations européennes qui subissent la crise de
croissance du capitalisme, s’élancent à la conquête de l’Afrique. Mais les rivalités aigües qui
les opposent débouchent sur le congrès de Berlin qui consacre le partage de l’Afrique.
I) Les rivalités coloniales
Elles s’expliquent par des causes multiples. Vers 1870, l’essor du capitalisme pose un besoin
de conquête de marchés extérieurs pour maintenir le rythme de la croissance industrielle et
assurer l’approvisionnement en matières premières de l’industrie européenne. C’est pourquoi,
s’appuyant sur la découverte du continent africain, la plupart des grands Etats industrialisés
s’élancent vers la conquête de l’Afrique.
Ainsi chacune des puissances cherchent à se créer un vaste empire colonial, ce qui va
occasionner des rivalités entre elles. On peut citer entre autres :
• La rivalité franco-anglaise en Egypte : de par sa position de carrefour entre l’Afrique,
l’Europe et l’Asie, l’Egypte a été le théâtre d’une longue compétition entre la France et
l’Angleterre. En 1882, l’Angleterre finit par occuper l’Egypte et le canal de Suez. En
Afrique de l’ouest, ces puissances s’opposent à propos du Togo.
• La rivalité entre la Franco, la Belgique et le Portugal à propos des territoires du bassin
du Congo convoités par les trois puissances. En 1880, Savorgnan de Brazza signe un
traité avec le roi Makoko, qui fait de la rive droite du Congo une possession française.
La Belgique charge Stanley de proclamer leur suzeraineté sur la rive gauche du
Congo placée sous l’autorité du roi belge Léopold II. Le Portugal, présent en Angola et
au Mozambique, rêve de faire de l’Afrique centrale leur chasse gardée avec le soutien
des Anglais. Les portugais réclament des droits historiques sur cette région et
occupent le port de Landana à l’embouchure du Congo en 1884 pour freiner la
progression française et belge.
• En Afrique australe, les ambitions du Portugal de relier leurs possessions d’Angola et
de Mozambique contrarient les projets anglais le Caire au Cap par un ensemble
continu de colonies ;
• La rivalité entre l’Allemagne et les autres : l’Allemagne, dernière puissance
européenne à s’intéresser à la colonisation, arrive et occupe à partir de 1884 la
Tanzanie, le Rwanda-Urundi (des territoires entre le lac Tanganyika et la côte
orientale), la Namibie (1885), le Cameroun et une partie du Togo. Cette implantation
allemande va réduire considérablement les chances d’expansion maritime des autres
puissances européennes.
22
• La rivalité franco-italienne en Tunisie
Pour éviter que ces crises ne dégénèrent en conflits, le chancelier allemand Otto Von
Bismarck va convoquer la tenue d’un congrès à Berlin.
II) Le congrès de Berlin (Novembre 1884-Février 1885)
Ce congrès qui s’est déroulé du 15 novembre 1884 au 26 février 1885 a réuni 14 puissances
(dont toutes les nations impérialistes). Les objectifs sont de trouver une solution à la crise du
Congo, de lutter contre l’esclavage, de libéraliser la navigation sur les fleuves africains mais
aussi définir les règles d’occupation des territoires en Afrique.
Après 3 mois et demi, les participants signent l’Acte général de la conférence. Les
principales décisions du congrès sont :
La question du Congo sera réglée de la manière suivante :
❖ Le bassin du Congo et celui des autres grands fleuves africains comme le Niger sont
déclarés zones libres pour le commerce international.
❖ La liberté de navigation sur les fleuves Congo et Niger est proclamée ;
❖ Le Congo est reconnu comme Etat indépendant et propriété personnelle de Léopold II
roi des Belges ; (grand territoire de la rive gauche est attribué à Léopold II) alors que
les territoires de la rive droite (Gabon, Congo Brazzaville, Oubangui Chari) reviennent
aux français.
❖ Le Portugal conserve l’enclave du Cabinda.
❖ Les nations européennes s’engagent à lutter contre l’esclavage et à apporter aux
indigènes les bienfaits de la science ;
Pour ce qui est de l’occupation des territoires en Afrique, les règles suivantes sont
édictées :
❖ Toute puissance établie sur la côte pouvait pousser ses conquêtes dans l’hinterland
jusqu’à rencontrer un obstacle naturel ou une autre puissance coloniale.
❖ L’appropriation d’un territoire, en plus de la signature d’un traité, doit être notifiée aux
autres puissances colonisatrices et matérialisée par l’occupation effective du terrain
par les forces de la puissance étrangère.
II- Les conséquences du congrès
Le congrès de Berlin a permis aux européens d’occuper les territoires africains dans une
bonne entente. Il a désamorcé les risques de conflits entre puissances européennes même
s’il n’a pas mis fin aux rivalités comme le montrent la crise de Fachoda de 1898 (opposition
entre les armées française de Marchand et anglaise de Lord Kitchner), les crises marocaines
de 1905 (opposition France/Allemagne à Tanger) et 1911 (le coup d’Agadir).
Pour l’Afrique, les conséquences sont dramatiques. En effet, le contient a presque
entièrement été colonisé en l’espace de vingt ans (1880-1900).la ruée sur l’Afrique a entrainé
la liquidation de toutes les résistances, des massacres et des déplacements de populations.
L’impérialisme a détruit les sociétés et les Etats africains Le congrès a en outre consacré la
23
balkanisation de l’Afrique et a créé des frontières artificielles et arbitraires ne tenant pas
compte des réalités politiques, culturelles et linguistiques des populations africaines.
Cette balkanisation a déstabilisé l’équilibre ethno-tribal et attisé les tensions qui alimentent
encore beaucoup de conflits fratricides (Rwanda, RDC, Somalie, Sierra Leone, etc.).
Conclusion
A la conférence de Berlin, les européens, bien que rivaux, ont pu s’entendre pour occuper
l’Afrique. Ils ont divisé les africains pour les affaiblir et mieux les dominer. Le congrès de
Berlin a été un tournant dans l’histoire de l’Afrique. Il a occasionné le morcellement du
continent africain en micro-Etats aux frontières, artificielles et arbitraires. Cette situation
pose de sérieux problèmes de développement à l’Afrique.
24
INTRODUCTION
En 1914, à l’exception du Libéria (fondé en 1822 par une société américaine philanthropique
l’American colonization society33, pour y installer des esclaves noirs libérés), de l’Ethiopie (qui
met fin aux ambitions italiennes avec la victoire d’Adoua en 1896, elle su préserver son
indépendance durant la période coloniale34) et de l’Afrique du sud (indépendante depuis 1910,
l’ensemble du continent africain est sous domination européenne. Les territoires placés sous
mandat européen ou devenus colonies. Toutefois, les puissances européennes n’ont pas la
même influence. On distingue les puissances principales (Grande Bretagne et France) et les
puissances secondaires (Espagne, Italie, Allemagne, Portugal).
Portugal
L'Afrique portugaise regroupe :
• L’Angola ; le Mozambique ; la Guinée
portugaise (actuelle Guinée-Bissau) ; l'archipel Sao
Tomé-et-Principe ; le Cap-Vert.
Les cinq pays sont parfois regroupés sous le nom de pays africains de
langue officielle portugaise (PALOP).
La domination européenne est directe (domination politique et militaire) mais aussi indirecte via l’influence
économique, etc. Des traités règlent les liens entre la métropole et les colonies. Celles-ci ont donc des
statuts divers.
_ La domination européenne prend des formes différentes. Les statuts des colonies sont divers.
* Des colonies conservent une large autonomie : ce sont les dominions britanniques (ex : Canada,
Australie). Ce sont des colonies de peuplement européen.
* Des colonies sous la dépendance de la métropole, mais conservent leur administration interne : ce sont
les protectorats (Régime juridique établi par un traité international selon lequel un Etat « protecteur » en
27
contrôle un autre, surtout pour les questions diplomatiques et militaires).
* La plupart des colonies sont des possessions directement placées sous la souveraineté de la
métropole.
* Des zones d’influence existent, comme en Chine, où les Européens se partagent les intérêts stratégiques
et économiques sans dominer politiquement le pays.
Leçon 9 : Les différentes formes de résistance (armée, culturelle, passive) à l’impérialisme européen.
Introduction
L’époque des résistances à la pénétration coloniale débute dans la seconde moitié du XIXème
siècle et se poursuivit jusqu’au XXème siècle. La résistance est un mouvement d’autodéfense face à
la percée impérialiste pour garder sa liberté et sa dignité développé par les populations africaines.
Elle se présente sous trois formes.
1- LA RÉSISTANCE ARMÉE
Il s’agit de la résistance ayant opposé les armées coloniales et celles des chefs locaux. Elle s’explique
par le caractère guerrier des peuples. Dans les royaumes existaient des classes guerrières au service
des familles régnantes ; c’est le cas des Ceddo dans les royaumes wolof notamment au Kayoor ou
des Gelewaar dans les royaumes sérères au Sénégal, mais aussi le royaume d’Abomey avec
Béhanzin36, dans le royaume Ashanti avec Prempeh37. Les moyens de défense utilisés sont la guérilla, le
guet-apens, les embuscades, les armes blanches, et même les armes à feu. Les grandes figures de la
résistance armée sont El Hadj Omar Tall (1797-1864), Lat Dior Diop (1842-1886), Maba Diakhou Bâ,
35
Louis Léon César Faidherbe, (Lille le 3 juin 1818 - Paris le 28 septembre 1889), était un militaire français et un
administrateur colonial, principalement du Sénégal. Il était le Gouverneur du Sénégal de 1854 à 1861 et 1863 à
1865.
36
Béhanzin ((Kondo 1845- Alger 1906) onzième roi d’Abomey de janvier 1890 à janvier 1894. Déchu de son
trône, il est exilé à Alger où il décède en 1906.
37
Prempeh Ier (1870- 1931) treizième roi du royaume d’Ashanty, il a régné de 1888 à 1931.
28
Mamadou Lamine Dramé (v. 1840-1887), Alboury Ndiaye (au Sénégal), Samory Touré (v.
1830-1900), Béhanzin (1844-1906), etc.
2- LA RÉSISTANCE PASSIVE
Après la soumission des royaumes et la mise en place de l’administration coloniale, les africains
utilisent d’autres formes de résistance non violentes. La résistance passive présente deux formes à
savoir la résistance culturelle et la résistance populaire.
La résistance culturelle est le refus de l’assimilation culturelle liée à la propagation des valeurs
culturelles européennes. Elle est menée principalement par les chefs musulmans qui se sont servis
de l’islam pour endiguer le christianisme. Au Sénégal, cette forme de résistance a été développée par
les confréries notamment le Mouridisme avec Cheikh Ahmadou Bamba, la Tijaniya avec El Hadji
Malick Sy. Les moyens utilisés sont l’enseignement du Coran et de la charia islamique.
On peut aussi noter le refus des rois d’amener leurs fils à l’école des otages (école des fils de chefs
et des interprètes)38.
La résistance populaire est menée contre l’autorité coloniale. Elle se manifeste par le refus du
service militaire, de payer l’impôt, la désobéissance civile, les sabotages, etc. L’une des grandes
figures de la résistance populaire est la Casamançaise Aline Sitoé Diatta, qui a demandé à son
peuple de refuser de payer l’impôt, de cultiver l’arachide, d’exécuter les travaux imposés par le
colonisateur et de servir dans l’armée.
Contrairement à la résistance armée, la résistance passive n’a pas cédé aux exigences de la
colonisation. Elle a joué un rôle important dans le processus de décolonisation.
38
École des otages ou école des fils de chefs et interprètes sont des établissements scolaires fondés par
Faidherbe en 1855 au Sénégal et au Soudan français où sont recrutés de force les fils de chefs et de notables
afin de les surveiller, de leur inculquer les valeurs et la culture françaises, et les former pour devenir des
auxiliaires du pouvoir colonial.
39
Après sa défaite face aux troupes françaises de Pinet-Laprade à la bataille de Loro en 1864, Lat Dior s’exile
auprès de Maba Diakhou Bâ dans le Rip et participe à la victoire de ce dernier sur les français en 1864. En juillet
1867, Maba Diakhou tombe face à l’armée de Bour Sine Coumba Ndoffène Diouf poussant Lat Dior à retourner
au Kayoor.
29
culture de l’arachide. Il est tué sous les coups du général Valois lors de la bataille de Dékheulé (26
octobre 1886).
Né entre 1794 et 1797 à Halwar, El Hadj Omar, chef de la confrérie Tidjaniya, fonde en 1850
un empire islamique qui s’étend de Tombouctou au Sénégal. Luttant contre l’armée coloniale
française, il fait construire un tata (une fortification) à Koniakary (77 km à l'ouest de Kayes).
Entre 1858 et 1861 il conquiert Ségou et partit à la conquête d’Hamdallaye, capitale de
l’Empire peul du Macina qui tombera le 16 mars 1862 après trois batailles faisant plus de
70 000 morts. Il est battu par la France en 1864. Obligé de se réfugier dans les grottes de
Deguembéré, près de Bandiagara, il disparait dans une grotte le 12 février 1864.
c) Samory Touré
Chef musulman mandingue énergique, issu d’une famille modeste, Samory est né vers 1830 dans la
région de Kankan (dans l’actuelle Guinée). Il fonde un vaste empire s’étendant entre la côte du Libéria
et le Fouta Djalon avec Bissandougou comme capitale et prend le titre d’Almamy en 1880. Il met sur
pied une puissante armée de 40 000 Sofas. L’extension de son empire vers le nord se heurte à
l’avancée des Français vers le Haut Niger Sénégal. La résistance de Samory est remarquable par son
ampleur et sa durée (17 ans, de 1881 à 1898)40. Il utilise la tactique de la « terre brûlée »41. Pris en
tenailles par les Français au nord, les peuples de la forêt et les Anglais au sud, il finit par être capturé
par le colonel Gouraud dans son camp de Guélémou en 1898. Il est exilé au Gabon où il meurt en
1900.
Aline Sitoé Diatta est née vers 1920 à Kabrousse, dans la province d’Oussouye, cercle de
Ziguinchor. Très tôt, elle s’opposa aux aspects les plus visibles de la colonisation : le
paiement des impôts, qu’elle estimait exagérés, le travail forcé et le recrutement des
Sénégalais dans les armées coloniales42. Son action a été de demander à ses compatriotes
de ne pas cultiver l’arachide, comme le réclamaient les Blancs, mais de se consacrer aux
cultures vivrières (le riz, le manioc, la patate douce, le maïs).
Aline Sitoé Diatta combattait aussi le christianisme, introduit au Sénégal par les Français, et
prônait le retour aux religions traditionnelles, en particulier le respecter des coutumes
ancestrales. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Aline Sitoé Diatta devint célèbre dans
toute la Casamance : on la surnommait la « dame de Kabrousse ». Bien que son action soit
40
La période 1880-1890 est consacrée à la consolidation de l’empire
41
Tactique défensive consistant, face à une armée d’invasion, à se déplacer ou se retirer en détruisant ou en
brûlant tout derrière soi (habitations, récoltes, bétail, moyens de communication ou de production…) afin
d’empêcher l’ennemi de se ravitailler.
42
La résistance d’Aline Sitoé s’inscrit dans le contexte de la défaite française face à l’Allemagne en 1940.
Frustrée par la réquisition des hommes et des vivres, elle décide de rentrer en Casamance.
30
de la résistance passive, les administrateurs coloniaux français s’inquiétaient de sa
popularité. Arrêtée le 28 janvier 1943 à Cabrousse, elle fut condamnée à 10 ans
d’emprisonnement par le tribunal de Ziguinchor, puis déportée en secret à Tombouctou, où
elle mourut en mai 1944, extrêmement jeune.
3- CHEIKH AHMADOU BAMBA, UN EXEMPLE DE RÉSISTANCE CULTURELLE
Né en 1853 à Mbacke Baol, petit village du Sénégal fondé par son grand-père, Cheikh
Ahmadou Ibn Mouhammad Ibn Habib Allah, communément appelé Cheikh Ahmadou Bamba
devint l'un des plus farouche résistant à la pénétration coloniale.
Face à la domination européenne, sa résistance culturelle a été une réaction contre la politique
d’assimilation des colons. Il prêche l’amour du travail et le refus de la domination. Son influence
grandissante inquiète les autorités coloniales qui le soupçonnent de préparer une insurrection. Arrêté
le 10 Août 1895 à Djéwol, le conseil général décide de son exil au Gabon pour 7 ans. Dès son retour
en 1902, les talibés recommencent à s’agiter. En 1903, Mbacké Baol est occupé. Cheikh Ahmadou
Bamba se constitue prisonnier. Il est exilé en Mauritanie, auprès de Cheikh Sidya de 1903 à 1907, puis
placé en résistance surveillée à Thiéyène (dans le cercle de Louga) de 1912 à 1927. Ce qui n’empêche
pas son prestige et sa popularité d’augmenter. Revenu à Diourbel, il décède le 19 juillet 1927. Il est
inhumé dans le village de Touba qu’il avait fondé.
De façon générale, les résistances ont joué un rôle important en s’opposant à la pénétration
coloniale. Les résistances armées ont échoué en Afrique du fait de la supériorité technique et
militaire des Européens, à cause de la mésentente et du manque de coordination au niveau des
armées africaines et du soutien des tirailleurs. Malgré leur échec, certaines figures de la résistance
armée restent inoubliables et font à présent figure de références dans la mémoire collective. En
témoignent les chants épiques dédiés à ces héros dans plusieurs pays. C’est le cas de Lat Dior au
Sénégal, de Samory en Guinée, de Béhanzin au Dahomey, du Mahdi43 au Soudan anglo-égyptien, de
Rabah44 du Tchad, etc.
Les résistances culturelles présentent un bilan plus positif. Par exemple, les théocraties musulmanes
(même si elles sont vaincues) et les confréries ont contribué à la consolidation de l’islam dans
certaines régions de l’Afrique. Au Sénégal par exemple, plus de 90 % de la population sont restés des
43
Muhammad Ahmad ibn Adb Allah Al-Mahdi (Dongola 1844- Khartoum 1885) chef politique et religieux
musulman, fondateur d’un Etat théocratique sur le territoire du Soudan. Cet Etat fut détruit en 1898 par l’armée
britannique sous le commandement de Lord Kitchener.
44
Rabih Az-Zubayr ibn Fadl Allah (1842-1900) sultan de Bornou en Afrique central jusqu’à la conquête du Tchad
par les Français.
31
musulmans et, en Casamance, les traditions sont conservées dans la plupart des sociétés animistes.
Conclusion
Introduction
Le continent africain n’a pas été le seul à tomber sous la domination coloniale. En effet, pour
les mêmes raisons, l’Asie a aussi subi la domination coloniale étrangère. Toutefois, à coté
des impérialismes étrangers, l’Asie a connu aussi des impérialismes locaux. Les principales
métropoles sont la Grande Bretagne, la France, la Hollande, la Russie, le Japon mais aussi les
Etats-Unis.
32
16 mai 1916, la France et la Grande Bretagne signent les accords Sykes-Picot45 qui
organisent le partage de l’empire turc-ottoman. Ces accords partagent des régions de
peuplement arabe entre la France (mandat sur la Syrie et le Liban) et la Grande Bretagne
(qui crée les royaumes d’Irak et de Jordanie). La Palestine internationalisée (du fait du statut
de Jérusalem) est placée sous mandat britannique et les Anglais s’y montrent favorables à la
création d’un foyer national juif comme promis au mouvement sioniste dans la Déclaration
BALFOUR46 de 1917. Les accords Sykes-Picot ne purent s’appliquer qu’après le traité de
Sèvres du 10 août 1920 destiné à mettre en application les décisions relatives aux territoires
ottomans prises lors de la conférence de San Remo47.
Les puissances rivales dans cette région sont la Russie et l’Angleterre. Les russes,
motivés par la recherche de ports dans les mers chaudes du Sud, se heurtent en Asie
centrale aux intérêts anglais en Inde. En 1880, les anglais occupent le Tibet et le Cachemire
alors que les russes passaient à la conquête du nord de cette région En 1895, un accord
russo-anglais fait de l’Afghanistan une région tampon entre les possessions russes et
anglaises.
III- EN EXTRÊME-ORIENT
45
Les accords sont signés par Sir Mark SYKES (parlementaire britannique et spécialiste de l’empire ottoman) et
François Georges PICOT (ancien consul de France à Beyrouth et délégué de l’ambassade de France à Londres).
46
Lord Arthur James BALFOUR alors ministre britannique des affaires étrangères, promet dans une lettre datant
du 2 novembre 1917, l’établissement, en Palestine, d’un foyer national pour le peuple juif.
47
Elle réunit du 19 au 26 avril 1920 en Italie des représentants britanniques, français, italiens, grecs, japonais et
belges afin de fixer le sort des provinces arabes de l’empire turc-ottoman après la première guerre mondiale et
préparer les conditions du traité avec la Turquie.
48
Ensemble de traités datant du XIXème siècle imposés à la Chine, la Corée, le Japon de la fin de l’époque Edo
par les puissances impérialistes (Royaume-Uni, France, Pays-Bas, Allemagne, Russie, Etats-Unis, Portugal,
Autriche-Hongrie et Japon de l’ère Méiji. Le traité de Nankin de 1842, un traité additionnel en 1843 ainsi
que d’autres traités avec la France et les États-Unis en 1844 sont à l’origine du système des traités
inégaux.
33
avec l’installation des Taipings à Nankin entre 1843 et 184549.
Déçus par les traités, les Occidentaux tentent d’avoir accès à davantage de ports fluviaux.
En 1854, les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne présentent une demande conjointe
de révision des traités, mais ils essuient un refus catégorique des autorités chinoises. La
France demande la liberté de croyance religieuse, mais en vain.
En 1856, prétextant l’arrestation pour piraterie de l’équipage de l’Arrow et l’exécution d’un
missionnaire français dans une zone de l’intérieur dont l’accès lui était interdit, la France et la
Grande Bretagne déclenchent la seconde guerre de l’Opium (1856 à 1860). Défaits, les
chinois sont forcés de ratifier une série de traités de 1858 –1860. Le Traité de Tianjin en
1858 ouvre plus la Chine avec l’addition de onze ports francs, l’autorisation pour les
étrangers et leurs marchandises de circuler librement dans le pays et la légalisation de
l’importation d’opium. En outre, les chrétiens sont autorisés à pratiquer leur religion.
Le Traité de Wanghia pour les États-Unis et plus tard le Traité d'Aigun pour la Russie
permettent à ces deux pays d'obtenir les mêmes prérogatives. Les puissances étrangères
obtiennent aussi des territoires à bail qui sont autant de bases militaires et navales.
La présence britannique en Asie remonte au XVIIème siècle avec la Compagnie Anglaise des
Indes Orientales qui exerce un monopole du commerce sur la région50. L’inde, avec ses 200
millions d’habitats à la fin du XIXème siècle, constitue un important marché de
consommateurs et suscite la convoitise des puissances européennes surtout l’Angleterre.
Les indiens fournissent des troupes aux anglais dès 1750. Les Cipayes51 composent
l’essentiel des armées. En 1805, Delhi est conquis, puis Ceylan en 1815. Un accord donne
l’indépendance au Népal en 1816 en échange d’un accès aux montagnes.
En 1857, la révolte des Cipayes52 met en péril la présence britannique dans la région.
L’Inde passe directement sous le contrôle de la Couronne britannique en 1858, pour être
gouvernée par un vice-roi en collaboration avec un secrétaire d’État et du Conseil rattaché
directement au Parlement britannique. En 1876, Victoria devient « impératrice des Indes ».
Dans l’Asie du Sud-Est continentale, la Birmanie est le premier pays à perdre son
49
Les Français et Britanniques aident les QING à écraser la révolte des Taipings en 1864-1865 pour pouvoir
bénéficier de l’ouverture du pays et du libre-échange.
50
La Compagnie Anglaise des Indes Orientales puis Compagnie Britannique des Indes Orientales (1600-1874)
est la première compagnie européenne fondée en 1600 pour conquérir les Indes et dominer les flux
commerciaux avec l’Asie. Elle disparait en 1858 après la révolte des cipayes. La Compagnie des Indes
Orientales fournit aux anglais les matières premières venant de l’Inde et y importe des produits manufacturés
fabriqués en Angleterre.
51
Les cipayes sont des soldats indigènes (hindous et musulmans) servant dans l’armée britannique.
52
La révolte des Cipayes est un soulèvement populaire qui a lieu en Inde contre la Compagnie anglaise des
Indes Orientales en 1857. Le facteur déclencheur est la fourniture aux cipayes de munitions lubrifiées avec de la
graisse de bœuf et de porc ; une graisse considérée comme impure par les musulmans et les hindous. Cette
rébellion mena à la dissolution de la Compagnie des Indes en 1858.
34
indépendance. L’Empire britannique des Indes absorbe le territoire birman suite aux trois
guerres anglo-birmanes de 1824 –1826, 1852 et 1885. La basse Birmanie est perdue avec
la guerre de 1852 et la haute Birmanie est annexée en 1885 par crainte de la voir tomber
sous l’influence des Français.
Les anglais conquièrent Assam (Etat de l’Est de l’Inde) suite à un accord intervenu
après la première guerre birmane (1824-1826).
La grande Bretagne acquiert les Etats princiers et les sultanats d’Asie de l’Est par des
offensives ou des signatures d’alliances. En 1819, est créé le port de Singapour consolidé
par l’acquisition en 1824 de Malacca suite à des échanges avec les Hollandais.
Craignant que les intentions coloniales des Allemands, des Français et des Italiens ne
s’étendent à Sarawak (un des deux Etats de Malaisie, situés sur l’île de Bornéo), Sabah et
Brunei, le gouvernement britannique passe en 1888 des accords avec les gouvernements de
ces territoires, qui en font des protectorats britanniques. Chaque territoire conserve son
indépendance pour les affaires internes, mais les affaires extérieures sont contrôlées par le
gouvernement britannique. Au début du XXème siècle, les derniers Etats malais passent
sous protectorat anglais.
Le Siam (ancien nom de la Thaïlande), qui se trouve entre la principale zone d’influence
britannique en basse Birmanie et la zone d’influence française au sud de l’Indochine, parvient
à conserver son indépendance pendant toute la période d’expansion coloniale occidentale.
Les deux puissances éprouvent le besoin d’utiliser le Siam comme une zone tampon entre
leurs zones d’influence.
La conquête de l’Afghanistan s’avère plus difficile du fait de l’expansion russe. Après
deux échecs face aux russes (la défaite de Khyber Pass en 1842 et un nouvel lors de la
deuxième guerre afghane de 1878-1881 à la bataille de Maïwand), un accord russo-anglais
débouche sur la création en 1885, d’un Etat tampon indépendant entre les zones anglaises et
russes : l’Afghanistan.
Toutefois, du fait de l’avancée des russes, l’émir de Kaboul (Abdur Rahman KHAN ;
émir de 1880 à 1901) signe des accords avec les britanniques au début des années 1890.
2- L’Indochine française
Ainsi, au début du XXème siècle, la France disposait d'un empire en Indochine presque
une fois et demi plus grand que la métropole. L'Indochine, avec une population de plus de
dix-huit millions d'habitants en 1914, était vitale pour la France grâce à son étain, au poivre,
au charbon, au coton, au riz et à l’hévéa.
Pendant le XIXème siècle, les Hollandais étendent leur contrôle sur la plus grande
partie de l’archipel indonésien. Alors qu’ils ne possèdent que Java, les Moluques et quelques
ports dispersés au début de la période, à la fin du siècle ils gouvernent la majorité de
l’archipel, y compris le sud de l’île de Bornéo, que l’on nomme Kalimantan. En 1918,
l’ensemble de l’archipel indonésien est sous domination hollandaise.
Pendant les années 1840, l’Espagne étend son pouvoir sur l’île de Mindanao.
Toutefois, avec le traité de paix de Paris signé le 10 décembre 1898 qui met fin à la guerre
hispano-américain de 1898, l’Espagne cède les Philippines et l’Ile de Guam qui deviennent
des colonies américaines.
Conclusion
Entre 1870 et 1914, le Royaume-Uni, la France, les Pays-Bas ont agrandit leurs possessions
au Moyen-Orient, dans le Sous-continent indien et en Asie du Sud-est. Durant la même
période, l’Empire allemand sortait unifiée de la guerre franco-prussienne en 1871 et les
Etats-Unis, à la suite de la guerre hispano-américaine de 1898, émergeait comme une
nouvelle puissance impérialiste en Asie de l’Est et dans le Pacifique. L’impérialisme en Asie
fait émerger de nouvelles puissances dont la Russie et le Japon qui s’affirme comme la
principale puissance impérialiste de l’Asie.
Depuis le XVIe siècle, tout le Moyen-Orient actuel fut conquis par les Turcs et resta sous
l'autorité de l'empire turc-ottoman, jusqu'à la Première Guerre mondiale.
Au cours du XIXème siècle, l’expansion économique et la colonisation permettent aux États
européens d’accroître leur influence dans la région. L’empire turc affaibli par son étendue et
les ingérences européennes ne peut s’opposer aux conquêtes anglaises, françaises et
allemandes qui visent à s’accaparer des richesses de la région. L’Allemagne entreprend de
grands travaux en Irak (construction du chemin de fer Berlin Bagdad)54, l’Angleterre cherche à
obtenir des concessions minières en Perse et en Irak tout en contrecarrant les visées
allemandes.
54
Chemin de fer Berlin-Bagdad : voie de chemin de fer de 1600 km de long construite entre 1903 et 1940 pour
assurer la liaison KONYA (en Turquie) – Bagdad (actuel Irak).
55
Les accords sont signés par Sir Mark SYKES (parlementaire britannique et spécialiste de l’empire ottoman) et
François Georges PICOT (ancien consul de France à Beyrouth et délégué de l’ambassade de France à Londres).
Ces accords ne purent s’appliquer complètement par suite de la Révolution russe, puis de la prise de pouvoir
par Mustapha KEMAL.
56
Ces deux royaumes sont créés pour la dynastie Hachémite chassée de la Mecque.
57
Lord Arthur James BALFOUR alors ministre britannique des affaires étrangères, promet dans une lettre datant
du 2 novembre 1917, l’établissement, en Palestine, d’un foyer national pour le peuple juif.
37
territoires ottomans prises lors de la conférence de San Remo58, s'inscrivant dans la suite des
accords Sykes-Picot.
Pour la France ces accords ont non seulement un intérêt énergétique mais aussi culturel, la
France ayant une influence culturelle en Syrie bien avant 1916. Pour les britanniques, il s’agit
de maitriser le Moyen-Orient, passage obligé de la route des Indes.
En 1860, dans la région qu'on appelait alors le Mont Liban, un conflit armé opposa la
communauté de religion druze à celle des chrétiens maronites. La France obtint alors des
puissances européennes le mandat d'intervenir, déjà, pour « protéger les chrétiens ». Elle
envoya sur place un corps expéditionnaire de 6 000 hommes, et imposa à l'empire ottoman
de reconnaître l'autonomie du Mont Liban. Celui-ci fut mis sous la protection intéressée des
puissances européennes.
La conférence de San Remo est une conférence internationale qui a eu lieu du 19 au 26 avril
1920 en Italie. Elle réunit des représentants britanniques, français, italiens, grecs, japonais et
belges afin de fixer le sort des provinces arabes de l’empire turc-ottoman après la première
guerre mondiale et préparer les conditions du traité avec la Turquie.
Le traité de Sèvres, conclu le 10 août 1920 est un traité réalisé durant un contexte de guerre
civile initié par le sultan Mehmet VI envers le gouvernement provisoire nationaliste turc et
dont une conséquence principale est d'avoir réduit le territoire ottoman à l'Anatolie (plus ou
moins la Turquie d'aujourd'hui). Il est destiné à mettre en application les décisions relatives
aux territoires ottomans prises lors de la conférence de San Remo, s'inscrivant dans la suite
58
Elle réunit du 19 au 26 avril 1920 en Italie des représentants britanniques, français, italiens, grecs, japonais et
belges afin de fixer le sort des provinces arabes de l’empire turc-ottoman après la première guerre mondiale et
préparer les conditions du traité avec la Turquie.
38
des accords secrets Sykes-Picot
Les puissances rivales dans cette région sont la Russie et l’Angleterre. Les russes, motivés
par la recherche de ports dans les mers chaudes du Sud (Caspienne, Méditérranée…), se
heurtent en Asie centrale aux intérêts anglais en Inde. En 1880, les anglais occupent le Tibet
et le Cachemire alors que les russes passaient à la conquête du nord de cette région
(Turkestan occidental, Mongolie extérieure, Port Arthur…). En 1895, un accord russo-anglais
fait de l’Afghanistan une région tampon entre les possessions russes et anglaises.
VII- EN EXTRÊME-ORIENT
La rébellion des Taiping révèle l’existence d’une hostilité indigène envers les pratiques
traditionnelles, hostilité qui se manifeste par la destruction de temples et de sanctuaires,
qu’ils soient bouddhistes, confucianistes ou taoïstes. L’insurrection frappe violemment
quelque 600 villes, tandis que l’antagonisme croissant entre Européens et Chinois à Canton
(Guangzhou) conduit, en 1860, à une expédition franco-britannique qui occupe Pékin
(Beijing), pille et brûle le palais d’Été. Le traité de Tianjin (T’ien tsin) qui s’ensuit permet
l’établissement de missions diplomatiques à Pékin, ouvre de nouveaux ports chinois au
commerce étranger et fixe des règlements pour le commerce avec l’intérieur. Ces traités
marquent l’apogée de l’exploitation de la Chine par l’Europe.
Les guerres de l’opium sont des conflits motivés par des raisons commerciales ayant
opposé au XIXème siècle l’empire chinois des Qing aux puissances européennes.
La première guerre de l’opium qui a lieu de 1839 à 1842 oppose la Chine à la Grande
Bretagne. Les anglais voulant équilibrer leur commerce extérieur avec la Chine introduisent
l’opium qui est interdit en Chine. Elle se termine par la victoire des anglais et la signature du
traité de NANKIN qui donne libre commerce de l’opium aux britanniques, la concession de
Hong Kong et 5 ouvre ports aux anglais : Xiamen, Canton, Fuzhou, Ningbo et Shanghai.
La deuxième guerre de l’opium : oppose de 1856 à 1860 la Chine aux pays occidentaux
(France et Royaume-Uni soutenu par la Russie et les Etats-Unis) malgré le traité de Nankin,
la balance commerciale de ces derniers restait toujours déficitaire. Ils désiraient étendre leur
commerce vers le nord et l’intérieur de la Chine. Ils demandent la révision des traités signés.
Les occidentaux profitent de l’arrestation de marins anglais par la Chine pour déclencher la
guerre. Le traité de Tianjin de 1858 ouvre 11 ports supplémentaires au commerce occidental.
62
Refus de l’empereur Xianfeng et de son favori, l’aristocrate mandchou Shushun.
40
La convention de Pékin de 1860 met fin à la deuxième guerre
La révolte des Taiping : soulèvement majeur dans le Sud et le Centre de la Chine entre 1851
et 1864 opposant la dynastie des QING à des rebelles qui ont fondé au sud et au centre de la
Chine « Le Royaume céleste de la Grande Paix ». Les rebelles sont vaincus en 1864 et
chassés de Nankin grâce à l’aide des occidentaux (anglais et français).
La révolte des boxers ou boxeurs : révolte qui se déroula en Chine entre 1899 et 1901. Elle
est menée par les membres d’une société secrète (dont le symbole est un poing fermé). Ce
mouvement est utilisé par l’impératrice Cixi contre les colons et le développement du
christianisme en Chine. Elle se termine par la victoire des Huit nations alliées contre la Chine
(Autriche-Hongrie, France, Allemagne, Italie, Japon, Russie, Royaume-Uni, Etats-Unis).
En 1857, la révolte des Cipayes67 met en péril la présence britannique dans la région. L’Inde
passe directement sous le contrôle de la Couronne britannique en 1858, pour être gouvernée
par un vice-roi en collaboration avec un secrétaire d’État et du Conseil rattaché directement
au Parlement britannique. En 1876, Victoria devient « impératrice des Indes ».
Dans l’Asie du Sud-Est continentale, la Birmanie est le premier pays à perdre son
indépendance. L’Empire britannique des Indes absorbe le territoire birman suite aux trois
guerres anglo-birmanes de 1824 –1826, 1852 et 1885. La basse Birmanie est perdue avec
63
L’expansion britannique en Asie est liée au contexte européen marqué par l’alliance entre les Hollandais et les
Français et le Congrès de vienne de 1815. Il y a aussi l’augmentation de la demande en matières premières avec
l’industrialisation, la longue dépression de 1870 qui provoque une crise boursière sur les produits industriels et
les services financiers.
64
La Compagnie Anglaise des Indes Orientales puis Compagnie Britannique des Indes Orientales (1600-1874)
est la première compagnie européenne fondée en 1600 pour conquérir les Indes et dominer les flux
commerciaux avec l’Asie. Elle disparait en 1858 après la révolte des cipayes. La Compagnie des Indes
Orientales fournit aux anglais les matières premières venant de l’Inde et y importe des produits manufacturés
fabriqués en Angleterre.
65
En 1784, le gouvernement britannique et la Compagnie signent l’India Act.
66
Les cipayes sont des soldats indigènes (hindous et musulmans) servant dans l’armée britannique.
67
La révolte des Cipayes (appelée aussi première guerre d’indépendance indienne ou rébellion indienne de 1857)
est un soulèvement populaire qui a lieu en Inde contre la Compagnie anglaise des Indes Orientales. Le facteur
déclencheur est la fourniture aux cipayes de munitions lubrifiées avec de la graisse de bœuf et de porc ; une
graisse considérée comme impure par les musulmans et les hindous. Cette rébellion mena à la dissolution de la
Compagnie des Indes en 1858. L’Inde fut directement gouvernée par la Couronne.
41
la guerre de 185268, la haute Birmanie est annexée en 1885 par crainte de la voir tomber
sous l’influence des Français (pour conter l’avancée des français en Indochine).
Les anglais conquièrent Assam (Etat de l’Est de l’Inde) suite à un accord intervenu
après la première guerre birmane (1824-1826).
La Grande Bretagne acquiert les Etats princiers et les sultanats d’Asie de l’Est par des
offensives ou des signatures d’alliances. En 1819, est créé le port de Singapour consolidé
par l’acquisition en 1824 de Malacca suite à des échanges avec les Hollandais.
Craignant que les intentions coloniales des Allemands, des Français et des Italiens
ne s’étendent à Sarawak (un des deux Etats de Malaisie, situés sur l’île de Bornéo), Sabah et
Brunei, le gouvernement britannique passe en 1888 des accords avec les gouvernements de
ces territoires, qui en font des protectorats britanniques. Chaque territoire conserve son
indépendance pour les affaires internes, mais les affaires extérieures sont contrôlées par le
gouvernement britannique. Au début du XXème siècle, les derniers Etats malais passent
sous protectorat anglais.
Toutefois, du fait de l’avancée des russes, l’émir de Kaboul (Abdur Rahman KHAN ; émir de
1880 à 1901) signe des accords avec les britanniques au début des années 1890.
La révolte des Cipayes : les cipayes sont des soldats indigènes au service des compagnies
anglaises. Leur révolte est liée à plusieurs causes : affaiblissement de l’armée anglaise, les
problèmes des anciens cadres dépossédés de leurs propriétés mais la cause principale est
68
La deuxième guerre anglo-birmane est déclenchée par un incident mineur au sujet de la levée de taxes sur les
bateaux anglais à Rangoon.
69
Cet accord fait partie des traités inégaux. Signé le 7 septembre 1904, il ouvre trois villes du Tibet au commerce
anglais et transforme le Tibet en protectorat britannique.
42
la distribution aux Cipayes de cartouches induites de graisse de vache. Une offense qui va
soulève de vives protestations et amène les rebelles à s’emparer de Delhi. La Compagnie des
Indes est supprimée. L’Inde devient indépendante mais reste sous la Couronne britannique.
L’année 1857 sonne le glas de la Compagnie des Indes orientales. La rébellion est écrasée en
1859, après d’âpres combats et d’innommables atrocités. Rendus furieux par des incidents
tels que celui du massacre de femmes et d’enfants blancs à Kanpur, les Britanniques
victorieux torturent, pendent, fusillent ou exécutent au pistolet des « dizaines de milliers de
soldats et de guérilleros des villages.
2- L’Indochine française
L'expansionnisme française en Indochine était justifiée par le besoin nationaliste de
rivaliser avec le Royaume-Uni, le besoin de protection des missions religieuses françaises
dans le secteur, ainsi que le désir de trouver un itinéraire vers le sud de la Chine traversant le
Tonkin (région du nord du Vietnam).
Au Viet Nam, le meurtre de plusieurs missionnaires français dans les années 1840
fournit à la France une excuse pour intervenir en 1858. Une force commune
franco-espagnole attaque et s’empare de Danang en 1857 et de Saigon en 1858. La coalition
descend ensuite en Cochinchine et saisit la capitale provinciale de Saigon en 1859. Par le
traité du 5 juin 1862, l’empereur vietnamien Tu Duc cède à la France trois provinces sud du
Vietnam permettant de former la colonie française de Cochinchine. Il permet la liberté de
religion dans son royaume et l’ouverture au commerce de trois ports, et accepte de payer une
forte indemnité. La Cochinchine devient une colonie française en 1867, l’Annam et le Tonkin
sont placés sous protectorat français en 1883. En 1887, l’Union indochinoise française est
formée des protectorats de l’Annam, du Tonkin, du Cambodge, du Laos et de la colonie de
Cochinchine.
Les Espagnols des Philippines, qui ont participé à l’expédition pour mettre un terme à
la persécution des chrétiens catholiques, se voient satisfaits de la promesse de liberté de
culte.
Graduellement la puissance française s'est affirmé par l'exploration, puis l'établissement de
protectorats, et finalement des annexions absolues. La conquête de Hanoï a en 1882 mena
directement à la guerre avec la Chine (1883-1885), et la victoire française confirma la suprématie
française dans la région. La France dirigea la Cochinchine en tant que colonie, le Vietnam central et
du nord sous les protectorats de l'Annam et du Tonkin, et le Cambodge comme protectorat avec un
degré de gestion d'un degré moindre. Le Laos était placé sous la "protection française".
Au début du XXe siècle, la France disposait d'un empire en Indochine presque une fois et demi
plus grande que la métropole. L'Indochine, avec une population de plus de dix-huit millions
d'habitants en 1914, était vitale pour la France grâce à son étain, au poivre, au charbon,
au coton, au riz et à l’hévéa.
Pendant le XIXème siècle, les Hollandais étendent leur contrôle sur la plus grande partie de
l’archipel indonésien. Alors qu’ils ne possèdent que Java, les Moluques et quelques ports
dispersés au début de la période, à la fin du siècle ils gouvernent la majorité de l’archipel, y
compris le sud de l’île de Bornéo, que l’on nomme Kalimantan. En 1918, l’ensemble de
43
l’archipel indonésien est sous domination hollandaise.
L’Acèh, qui résiste pendant longtemps au contrôle hollandais, est attaqué en 1873. La guerre
d’Acèh dure trois décennies et ne prend fin qu’en 1903, avec la reconnaissance par le sultan
de la souveraineté hollandaise.
Pendant les années 1840, l’Espagne étend son pouvoir sur l’île de Mindanao.
Toutefois, avec le traité de paix de Paris signé le 10 décembre 1898 qui met fin à la guerre
hispano-américain de 1898, l’Espagne cède les Philippines et l’Ile de Guam qui deviennent
des colonies américaines.
Guerre hispano-américaine de 1898 : Conflit qui se déroula en 1898 entre les Etats-Unis et
l’Espagne. Elle tire son origine de la lutte pour l’indépendance de Cuba, alors colonie
espagnole. La révolte des cubains remonte à 1868 car la colonie est soumise à un régime
autoritaire et à une lourde fiscalité. L’économie cubaine s’enfonce dans la crise à cause des
droits de douane très élevés imposés par les USA au sucre importé de Cuba. La révolte des
cubains est violement réprimée par les espagnols. Ce qui pousse les USA à envoyer un navire
de guerre au port de la Havane début 1898 pour protéger les ressortissants américains en
cas de révolution. Le 15 février 1898, le navire est détruit par une explosion. Les américains
accusèrent les espagnols d’être à l’origine de la destruction d’un navire. Le 1er mai les USA
coulent la flotte espagnole des Philippines à Manille. En Août, l’Espagne demande la paix. Un
traité de paix est signé à Paris le 10 décembre 1898 : l’Espagne cède Porto Rico, les
Philippines et l’Ile de Guam (qui deviennent des colonies américaines) et Cuba (qui obtient
son indépendance mais devient un protectorat américain).
Conclusion
Entre 1870 et 1914, le Royaume-Uni, la France, les Pays-Bas ont agrandit leurs possessions
au Moyen-Orient, dans le Sous-continent indien et en Asie du Sud-est. Durant la même
période, le Japon était dans la restauration de Meiji, l’Empire allemand sortait unifiée de la
guerre franco-prussienne en 1871, la Russie tsariste étendait son influence sur les territoires
de Sibérie et les Etats-Unis, à la suite de la guerre hispano-américaine de 1898, émergeait
comme une nouvelle puissance impérialiste en Asie de l’Est et dans le Pacifique.
44
- Bhoutan
- Perse
- Japon : avait son propre empire colonial en Corée et Formose
- Mongolie : fait partie de la Chine jusqu’en 1911
- Népal ;
- Siam
- Turquie : ancienne puissance dominatrice
45
Pays-Bas
Formose néerlandaise ; Inde néerlandaise ; Indes orientales néerlandaises
Nouvelle-Guinée néerlandaise ; Ceylan (1656–1796)
Portugal : Inde portugaise ; Timor portugais ; Macao
Royaume-Uni : Indes britanniques ; Raj britannique ; Birmanie britannique
Ceylan (1815–1948) ; Hong Kong ; Weihai ; Malaisie britannique ; Bornéo du Nord ;
Territoire de Papouasie ; Palestine mandataire (sous mandat de la Société des
Nations après la Première Guerre mondiale)
Émirat de Transjordanie (sous mandat de la Société des Nations après la Première
Guerre mondiale) ; Mandat britannique de Mésopotamie (sous mandat de la Société
des Nations après la Première Guerre mondiale) ; Protectorat du Koweït ; Protectorat
de Mascate et Oman
Russie : Port-Arthur
Zones partagées : Concessions étrangères en Chine
Canton ; Tientsin ; Shanghai ; Hankou ; l'île de Gulangyu
46
une politique de modernisation et d’expansion territoriale.
I- L’IMPÉRIALISME JAPONAIS
1- Les causes de l’impérialisme japonais
Les causes sont à la fois économiques et démographiques. Sur le plan
économique, le Japon s’engage en 1868 dans la « révolution du Meiji71 » sous
l’impulsion de l’Empereur Mutsu HITO appelé également Meiji TENNO
(1852-1912).72Le Japon se modernise et devient une puissance industrielle. Cette
croissance économique a cependant des limites : le Japon manque de ressources
naturelles. La volonté de contrôler l’approvisionnement en matières premières
accroît l’intérêt du Japon pour la Corée et la Mandchourie.
Sur le plan démographique, la population nipponne est passée de 30 millions
en 1868 à 50 millions en 1914. Cette croissance rapide de la population pose un
problème d’espace pour un archipel comme le Japon. Le pays avait besoin de
nouvelles terres pour évacuer le surplus de sa population.
71
Révolution du Meiji (1868-1912) se caractérise par le basculement du système féodal vers un
système industriel à l’occidental et la modernisation du Japon.
72
Meiji Tenno, l'empereur Meiji, connu de son vivant en Occident par son nom personnel Mutsuhito
(1852-1912), est le 122e empereur du Japon.
73
Le Japon laisse l’île Sakhaline à la Russie et obtient la reconnaissance de sa souveraineté dans les
îles Kouriles.
47
influence en Corée74.
Le Japon, désormais au rang des premières puissances mondiales, est admis
à prendre part à la répression de la révolte des Boxeurs en 1900 et aux négociations
de paix avec la Chine qui s’ensuivent. Cette position de force permet au Japon de
renégocier les traités « inégaux » qu’il a eu à accepter auparavant et de conclure une
alliance avec la Grande-Bretagne en 1902
Face à l’influence croissante de la Russie en Mandchourie, elle devient une
menace pour les intérêts japonais. En 1904 –1905, le conflit avec la Russie se
termine par la victoire du Japon75 et la signature du traité de Portsmouth en
Septembre 1905. Cette victoire impose l’influence japonaise en Mandchourie et lui
rapporte la moitié sud de l’île Sakhaline ainsi que Port-Arthur. Le Japon fait de la
Corée son protectorat et renforce sa mainmise en 1910 par l’annexion officielle de la
Corée en tant que colonie.
Entre 1895 et 1913, le Japon acquiert un empire colonial comprenant Taiwan,
la Corée, Guandong (Mandchourie) et la moitié sud de Sakhaline. Si ces colonies
permettent de démontrer le statut de puissance moderne du Japon, elles lui
permettent également de s’approvisionner en denrées alimentaires sans avoir à
passer par de coûteuses importations. Le Traité de Versailles lui permet
officiellement de prendre possession des concessions allemandes en Chine dans le
Shandong76.
Avec la crise économique des années 30’, qui entraine un chômage et des
faillites d’entreprises en cascade, le Japon veut étendre ses possessions en Asie
continentale. En septembre 1931 le Japon envahit la Mandchourie et crée sur le
territoire le protectorat de Manchoukouo. En 1937, le Japon occupe des villes
côtières telles que Shanghai et déclare la guerre à la Chine suite à des incidents.
Durant la seconde guerre mondiale, le Japon occupe de nombreux territoires d’Asie
du Sud-est :Hong-Kong, Birmanie, Malaisie britannique, Brunei, Bornéo du Nord,
Sarawak, Indochine française, Indes Orientales néerlandaises, Guam …La défaite du
Japon en 1945 suite aux bombardements de Hiroshima et Nagasaki oblige le pays à
retirer ces troupes des territoires d’Asie du Sud-est.
74
Ce traité impose à la Chine de reconnaitre l’indépendance de la Corée avec laquelle le Japon signe un
traité d’alliance militaire.
75
Les russes, mal préparés à soutenir une guerre à 700 km de leurs bases, perdent les batailles de
Port Arthur en 1904, de Moukden et de Tsushima en 1905. C’est la première défaite d’un peuple blanc
devant un peuple de couleur.
76
Durant la première guerre mondiale, le Japon déclare la guerre à l’Empire allemand et les troupes
japonaises occupent les possessions allemandes en Chine. Le Shandong, province de l’Est de la Chine
sur la mer jaune.
48
Avec plus de 22 millions de kilomètres carrés au début du XXème siècle, la
Russie est un vaste empire multinational77 qui s’étend de la Finlande au Caucase et de
la Pologne au Kamtchatka. Elle s’associe à la France, la Grande Bretagne et à
l’Allemagne lors du dépècement de la Chine. Elle gagne une influence considérable
en Mandchourie et des concessions à Tientsin et Hankéou.78La Russie annexe le
Turkestan occidental, la Mongolie intérieure, la Sibérie sud-orientale, le nord de l’île
Sakhaline (en 1853) et accède à des zones d’influence en Perse.
En Asie centrale, les visées russes sur les mers chaudes et l’océan Indien sont
considérées comme une menace pour l’Empire britannique. Ce qui les oblige les deux
Etats à ménager un Etat tampon : l’Afghanistan. Empire par son étendue, l’influence
russe reste très limitée.
Conclusion
Les impérialismes japonais et russe, limités en Asie, ont permis à ces pays d’étendre
leur influence. Si la puissance russe est restée très limitée, le Japon qui poursuivi sa
domination jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale, est devenu une grande
puissance militaire et politique en Extrême-Orient.
49
• Les seuls éléments progressistes sont les intellectuels, les commerçants et
certains Daïmios qui se lancent dans la petite industrie.
Introduction
III-
L’IMPÉRIALISME JAPONAIS
3- Les causes de l’impérialisme japonais
Les causes sont à la fois économiques et démographiques. Sur le plan économique,
le Japon s’engage en 1868 dans la « révolution du Meiji » sous l’impulsion de
79
Depuis 1641, Iemitsu Tokugawa a mis en place un Système de politique isolationniste. Dans les
faits, il correspond en une fermeture des frontières, l'exclusion des ecclésiastiques, la peine de mort
pour tout japonais quittant son territoire la fermeture des ports et la destruction des navires capables
de naviguer en haute mer.
50
l’Empereur Mustu HITO appelé également Meiji TENNO (1852-1912).80 Le Japon se
modernise et devient une puissance industrielle exportant des produits finis sur les
marchés asiatiques. Cette croissance économique a des limites : le Japon manque
de ressources La volonté de contrôler
naturelles.
l’approvisionnement en matières premières accroît
l’intérêt du Japon pour la Corée et la Mandchourie.
Sur le plan démographique, la population nipponne est passée de 30 millions en
1868 à 50 millions en 1914. Cette croissance rapide de la population pose un
problème d’espace pour un archipel comme le Japon. Le pays avait besoin de
nouvelles terres pour évacuer le surplus de sa population.
1-Les manifestations de l’impérialisme japonais
L’une des premières tâches du nouveau gouvernement japonais issu de la
restauration Meiji est d’établir les frontières du pays. En dehors des quatre îles
formant le pays, les Japonais sont présents dans les Kouriles et sur Sakhaline, mais
ils revendiquent également les îles Ryūkyū, principalement Okinawa, au sud du
Japon, ainsi que les îles Bonin et Kazan au sud-est du pays. La question est réglée
pour la première fois en 1874 –1875.81 En 1876, les Ryūkyū, les îles Bonin et Kazan
sont officiellement rattachées au Japon.
En outre, des conflits internes ramènent plus tard la Corée sous l’autorité de la Chine,
qui envoie des troupes militaires sur place. Le conflit coréen finit par mener à la
guerre sino japonaise de 1894 –1895, qui voit la défaite des Chinois et l’obtention,
pour les Japonais, de Taiwan, du retrait des troupes chinoises de Corée, d’un statut
privilégié en Chine et d’une forte indemnité en or. Le Japon demande également à
bénéficier de bases en Mandchourie, mais une intervention tripartite réunissant la
Russie, la France et l’Allemagne l’en empêche.
80
Meiji Tenno, l'empereur Meiji, prince Sachi no Miya, connu de son vivant en Occident par son nom
personnel Mutsuhito (1852-1912), est le 122e empereur du Japon.
81
Le Japon laisse Sakahline à la Russie et obtient la reconnaissance de sa souveraineté dans
les Kouriles. Le statut des îles Ryūkyū est plus difficile
82
Les russes perdent car mal préparés à soutenir une guerre à 700 km de leurs bases. Ils perdent les
batailles de Port Arthur et de Moukden.
51
victoire impose l’influence japonaise en Mandchourie et lui rapporte la moitié sud de
Sakhaline ainsi que Port-Arthur.
Après 1931, la crise économique pousse le Japon à vouloir étendre ses possessions
en Asie continentale. Dès 1931, le Japon commence à occuper deux provinces
chinoises proches de leurs possessions en Chine. En 1937, le Japon occupe des
villes côtières telles que Shanghai. La défaite du Papon en 1945 suite aux
bombardements de Hiroshima et Nagazaki sonne le retrait des troupes nipponnes de
la Chine.
L’intérêt des Japonais pour la Corée est tout d’abord motivé par la proximité et la situation
géographique stratégique de celle-ci et il ne fait que croître face aux diverses tentatives des
pouvoirs occidentaux pour ouvrir le pays. En outre, cela permet au gouvernement japonais de
détourner l’attention de ses problèmes intérieurs de restructuration et de modernisation.
Ainsi, afin d’accroître leur influence en Corée, les Japonais envoient en 1876 une
expédition en canonnière pour demander l’ouverture du pays. À la suite de cette
expédition, le Japon obtient la signature d’un traité encore plus avantageux que
celui qu’il avait dû lui-même accepter des pouvoirs occidentaux. La position
avantageuse des Japonais n’est cependant que de courte durée, car des traités
similaires sont signés avec les puissances occidentales dès le début des années
1880.
le Japon au rang des premières puissances mondiales. En tant que telle, il est
admis à prendre part à la répression de la révolte des Boxeurs en 1900 et aux
négociations de paix avec la Chine qui s’ensuivent. De plus, cette position de force
permet au Japon de renégocier les traités « inégaux » qu’il a eu à accepter
auparavant et de conclure une alliance avec la Grande-Bretagne en 1902.
Entre-temps, la Russie a gagné une influence considérable en Mandchourie et
devient de plus en plus menaçante pour les intérêts japonais en Corée. Comme la
Corée et la Mandchourie représentent pour le Japon des marchés et des
fournisseurs de matières premières de plus en plus indispensables, la situation
aboutit à la guerre russo-japonaise de 1904 –1905. Cette guerre financée par des
prêts étrangers se termine par la victoire militaire du
Japon et lui rapporte la moitié sud de Sakhaline, la concession de Guandong ainsi
que la région du chemin de fer sud-mandchourien (principalement les ports de
Dalian, anciennement Dairen, et de Port-Arthur). Les Japonais supplantent les
Russes en Mandchourie
Avant même que les accords de paix avec la Russie ne débutent, le Japon fait de la
Corée son protectorat. Les révoltes contre la domination japonaise qui éclatent par
la suite dans la péninsule sont réprimées et le Japon renforce sa mainmise en 1910
par l’annexion officielle de la Corée en tant que colonie.
En aidant les autres nations à moderniser leurs institutions et leur économie, les
Japonais acquièrent une mentalité coloniale proche de celle de l’Occident ; ils
commencent à se sentir supérieurs et donc destinés à dominer et à guider les
52
autres nations d’Asie. Entre autres choses, cette vision implique une volonté
d’assimiler les nations colonisées en détruisant leur culture et leur identité propre.
À ce titre, l’émigration de Japonais vers les territoires conquis est donc encouragée
non seulement car elle constitue une solution à l’accroissement de la population,
mais également parce qu’elle renforce la présence japonaise à l’étranger.
54
et hauts fourneaux.
Malgré ces progrès, le pays reste très attaché à ses
traditions (culte de la politesse, des jardins, des
costumes, du thé…), à son Empereur divinisé, à ses
chefs, très jaloux de son patriotisme et de son orgueil
national.
L’impérialisme japonais
56
insuffisantes les conquêtes territoriales qui lui sont
consenties. Cette déception renforce l’idéologie fondée
sur la suprématie de la race japonaise et son droit à
contrôler l’Asie. Personnifiée par l’empereur, cette
théorie trouve sa première application en
septembre 1931 avec l’invasion de la Mandchourie et la
création du régime fantoche du Mandchoukouo. Six ans
plus tard, l’incident du pont Marco Polo, près de Pékin,
sert de prétexte au déclenchement d’une guerre contre
l’ensemble de la Chine.
Conclusion
60
Leçon 13 : A.C. La première guerre mondiale et ses conséquences.
Introduction
En juin 1914, l’assassinat de l’héritier d’Autriche-Hongrie apparait comme la cause
d’une guerre que l'on avait imaginée à la fois courte et brutale. Mais l’attentat de
Sarajevo n’est qu’un épisode d’une série de crises qui plongent le monde dans un
conflit qui va durer quatre ans et demi. Par son ampleur, sa durée et ses
conséquences, la Grande guerre a traumatisé les populations surtout européennes et
introduit, dans les relations internationales, un nouveau facteur.
b) Un enchaînement de crises
Les relations internationales sont aussi marquées par l'émergence de crises
un peu partout. Il s’agit d’une part des crises coloniales liées à la raréfaction des
terres libres de toute occupation européenne à la fin du XIXe siècle. Après la crise de
Fachoda de 1898, des crises les plus graves opposent l’Allemagne à la France au
Maroc. En 1905, dans un discours à Tanger, Guillaume II se pose en défenseur de
l’indépendance du sultan. En 1911, il envoie un bâtiment de guerre devant Agadir,
sous prétexte de sauvegarder les intérêts allemands. Ces crises renforcent le
83
La Triple alliance ou Triplice alliance conclue entre l'Empire allemand, la Double monarchie
austro-hongroise et le royaume d'Italie de 1882 à 1914. Elle a été régulièrement reconduite jusqu’en
1915
84
Otto Von BISMARCK (1815-1898, chancelier du IIe Reich de 1871 à 1890).
85
La Triple-Entente : alliance militaire de la France, du Royaume-Uni et de la Russie impériale créée
en 1907 afin de se protéger et de s'allier en cas de conflit par opposition à la Triplice. Elle est la
combinaison de plusieurs accords bilatéraux entre les trois pays.
61
nationalisme français et resserrent les liens entre la France et l’Angleterre qui ne
veulent pas voir les Allemands s’installer au Maroc.
D’autre part nous avons Weltpolitik de l'Allemagne86 et les crises balkaniques.
À partir de 1875, une série de crises bouleversent la carte des Balkans, attisées par
les convoitises des Autrichiens et des Russes. Le 5 octobre 1908, pour prévenir un
soulèvement de ses minorités slaves, l'Autriche-Hongrie annexe la
Bosnie-Herzégovine. La Bulgarie profite de la situation pour proclamer sa complète
indépendance. Trois guerres éclatent dans les Balkans en 1912, 1913 et 1914.
Dans les Balkans, la Russie soutient les peuples slaves de Serbie contre
l’Autriche-Hongrie. Les conflits très sanglants dans les Balkans apparaissent comme
des guerres entre puissances par Etats interposés.
62
La Serbie rejette l’ultimatum.
Le 28 juillet 1914, l’Autriche attaqua la Serbie. La Russie, protectrice des
Slaves, mobilisa à son tour une partie de son armée. Le jeu des alliances se mit en
place. Le 30 juillet, l’Allemagne somma la Russie de démobiliser dans les 12 heures.
La Russie n’ayant pas obéi à l’ultimatum, l’Allemagne lui déclara la guerre le 1er août.
Elle réclame à la France la place de Verdun comme garantie de sa neutralité. La
France refuse et mobilise le 1er août. Le 3 août, l’Allemagne adressa à la Belgique un
ultimatum pour exiger du roi Albert 1er le libre passage de ses troupes. Cet ultimatum
ayant été repoussé, Guillaume II déclara la guerre à la France le 3 août et à la
Belgique le 4 août. L’Angleterre, fidèle à la parole donnée pour le respect de la
neutralité belge, se rangea aux côtés de la France, de la Russie et de la Belgique.
Progressivement, la guerre devint européenne par le jeu des alliances avant de
devenir mondiale par l’intermédiaire des empires coloniaux. La guerre sur mer et,
surtout, la guerre sous-marine contribuèrent à élargir l’aire de la guerre aux pays non
européens.
88
Le plan Schlieffen mis au point en 1905 devait permettre de neutraliser la France en 6 semaines en
utilisant la Belgique pour encercler l’armée française et s’occuper, dans un deuxième temps, de la
Russie plus lente à mobiliser.
89
La bataille de Tannenberg (aujourd'hui Stębark en Pologne) a lieu du 26 au 30 août 1914 entre
la 8e armée allemande et les 1re et 2earmée de l'Armée impériale russe.
63
l’année 1914, les belligérants réalisent que la guerre risque d’être longue car aucune
victoire n’a été décisive. De plus en plus de nouveaux partenaires entrent en guerre
(Empire ottoman, Japon, Italie).
- La guerre de position (1915-1917) : appelée également guerre immobile ou
« guerre des tranchées », elle est marquée par l’attentisme des armées qui se terrent
dans des tranchées et par deux batailles sanglantes : la bataille de la Somme90
(1er juillet 1916 au 18 novembre) et celle de Verdun (février à juillet 1916). Sur le
front Est, les Austro-allemands remportent des succès importants et obtiennent le
soutien de l’Empire ottoman. De son côté, l’Italie rejoint les Alliés.91
-La Guerre totale (1917-1918) : c’est un tournant décisif de la guerre. Elle est
marquée par l’entrée en guerre des Etats-Unis (2 avril 1917)92, le retrait des Russes qui
signent un armistice le 15 décembre 1917 puis la paix de Brest-Litovsk, le 3 mars
191893. En 1918, les Allemands qui lancent une offensive de la dernière chance
échouent alors que les Alliés renforcés par les troupes américaines remportent
plusieurs à l’Est. victoires (2e bataille de la Marne, du 15 juillet au 7 août 1918,
remportée par les troupes du maréchal Foch) Foch passe à l’offensive pour dégager
les voies ferrées Paris-Amiens et Paris-Nancy. Ensuite, il lance une offensive sur
l’ensemble du front. Pendant qu’il libérait presque tout le Nord de la France et une
partie de la Belgique, les centraux additionnent les défaites : La Bulgarie est vaincue
en Macédoine, La Turquie est défaite en Palestine, L’Autriche, abandonnée à ses
seules forces, s’effondre à Vittorio-Veneto, anéantie par les Italiens
En Allemagne, les généraux conseillent à Guillaume II de demander l’armistice.
Wilson exige d’évacuer immédiatement tous les territoires occupés, de signer
l’armistice avec un gouvernement allemand démocratique, ce qui implique la
proclamation de la République de Weimar94. Le Kaiser Guillaume II abdique le 9
novembre. Le leader socialiste Ebert devient chancelier. Le nouveau régime accepte
les conditions de l’armistice qui fut signé le 11 novembre 1918 à Rethondes, dans la
90
En 5 mois de combats, la bataille totalisera plus de 1.000.000 de victimes, tous camps confondus,
pour un résultat insignifiant. Le bilan de la bataille de Verdun sera l’un des plus lourds de la Guerre
mondiale : 700.000 morts !
91
A la suite de la signature du pacte de Londres le 4 septembre 1914, l'Italie quitte la Triplice et adhéra
au pacte le 26 avril 1915 contre la promesse d'attribution de territoires dans le Trentin-Haut-Adige, sur
la mer Adriatique et en Turquie. Rome déclara alors la guerre à l'Allemagne le 24 mai suivant.
92
L’Allemagne passée à la guerre sous-marine attaque les bateaux américains dans l’espoir
de neutraliser rapidement la Grande-Bretagne qui gêne par son blocus maritime. Le fait
d’avoir coulé plusieurs cargos américains amène Wilson à déclarer la guerre.
93
La révolution russe de 1917 provoque la désintégration du régime tsariste et l’installation
d’un gouvernement bolchevik qui décide le cessez-le-feu immédiat et la conclusion de
l’armistice de Brest-Litovsk en Biélorussie.
94
Nom donné au régime politique en Allemagne de 1918 à 1933.
64
forêt de Compiègne, dans un wagon de train par le maréchal Foch et la délégation
allemande.
65
Rhin ainsi que d’une portion de 15 km sur la rive droite. Elle jugea que le traité de
Versailles (28 juin 1919) qui lui était imposé était un « diktat » inadmissible
-Les Traités de Saint-Germain-en-Laye (19 septembre 1919) et de Trianon
(20 juin 1920) disloquent l’Empire austro-hongrois et Crée 3 nouveaux Etats :
La Yougoslavie (La Serbie, La Bosnie-Herzégovine, La Slovénie, La Dalmatie),
La Tchécoslovaquie (La Bohême, La Moravie, La Slovaquie, La Ruthénie
subcarpatique), la Pologne est reconstituée et reçoit la Galicie appartenant
précédemment à l’Autriche. Les remembrements territoriaux concernent l’Autriche
(qui cède à l’Italie le Trentin, l’Istrie, le port de Trieste) et la Hongrie qui cède à la
Roumanie la Transylvanie. L’Europe centrale et orientale se retrouvait morcelée en
petits Etats souvent très fragiles.
-Le Traité de Neuilly (27 novembre 1919) ampute la Bulgarie au profit de la
Grèce, de la Roumanie et de la Yougoslavie
-Le dépeçage de l’Empire ottoman résulte du Traité de Sèvres (10 août 1920).
Les possessions turques du Proche-Orient deviennent soit indépendantes ( Arménie)
ou passent sous protectorat français (Syrie, Liban) ou anglais (Irak, Palestine,
Transjordanie).
L’Italie, bien que victorieuse, était elle aussi mécontente de son sort, estimant
la victoire « mutilée », car ses revendications territoriales en Dalmatie et en Albanie
n’étaient pas satisfaites.
Le Japon jugeait très insuffisantes ses acquisitions en Asie.
Les vainqueurs s’étaient surtout préoccupés de construire un « cordon sanitaire »
contre l’extension de l’idéologie communiste hors de l’URSS.
La France, le Royaume-Uni et les États-Unis avaient plus ou moins atteint leurs
objectifs Cependant, très vite, leurs politiques divergèrent. La France, dirigée par
Georges Clemenceau95n’avait pas obtenu les garanties qu’elle demandait contre
l’Allemagne ; elle se heurta au Royaume-Uni, qui, avec David Lloyd George, prônait
une politique plus modérée à l’égard des vaincus. Les États-Unis, quant à eux, étaient
retournés dès 1919 à leur politique isolationniste.
L’idée d’un organisme international pour assurer le développement et la
coopération prend corps en janvier 1918 lorsque le président américain W. Wilson96
expose son programme en « 14 points ».97 Il signe néanmoins le traité de Versailles
afin d’obtenir la création de « sa » Société Des Nations. Mais le Congrès américain
95
Georges Clemenceau (1841-1929, président du Conseil de 1906 à 1909 et de 1917 à 1920)
96
Thomas Woodrow Wilson (1856-1924, 28e président des États-Unis de 1913 à 1921)
97
Il s’agissait d’un discours sur les buts de guerre des Alliés. On y trouve notamment : La renonciation
à la diplomatie secrète, La liberté des mers, L’abolition des barrières économiques, La réduction des
armements, un réajustement plus équitable des possessions coloniales, la création d’une Société des
Nations. C’est d’ailleurs sur la base de ce programme que les Allemands ont demandé l’armistice en
octobre 1918.
66
refuse de ratifier ce traité et de rentrer dans la S.D.N qui, de ce fait, devient surtout
européenne. La S.D.N. comprend : une Assemblée, un Conseil, un Secrétariat, des
organismes auxiliaires parmi lesquels la Commission permanente des mandats.
En 1918, c’est le triomphe temporaire de la démocratie et du libéralisme car les
nouveaux Etats créés par les traités de paix sont tous des démocraties. Mais l’amour
propre et l’orgueil national des vaincus est exaspéré. Le Traité de Versailles est
particulièrement mal accepté par le peuple allemand qui le considère comme un «
Diktat ».
La démocratie devra faire face à 2 dangers : le communisme et les
mouvements autoritaires comme le fascisme et le nazisme.
Par ailleurs, l’Europe n’est plus prédominante dans le monde. L’influence
européenne est en déclin et ceci accélère la montée des jeunes nationalismes dans
les colonies.
Conclusion
La "Der des Ders" a profondément marqué l'Europe. Les pays en sortent affaiblis et
l'équilibre politique n'est pas assuré malgré la signature de traités de paix. Le pouvoir
économique a changé de main en faveur des Etats-Unis qui deviennent un centre
financier concurrent de l'Angleterre. Au lendemain de la guerre les pays européens
doivent faire face aux difficultés économiques et aux revendications nationales et
communistes. La Première Guerre mondiale marque un tournant dans l’histoire
européenne parce qu’elle a eu de très lourdes conséquences
67
Ces facteurs sont d’ordre politique, économique et militaire.
❖ Les traités de Versailles, Saint-Germain-en-Laye, Trianon et Neuilly avaient suscité
rancœurs, frustrations et désirs de reconquête chez les peuples allemand, autrichien,
hongrois et bulgare. L'humiliation de la défaite de 1918 et la signature du traité de
Versailles sont vécues comme un diktat98 en Allemagne. Dès son arrivée au pouvoir,
Hitler veut réviser le diktat de Versailles et rattacher au Reich les populations
allemandes de l’étranger : c’est la conquête d’un « espace vital » à l’Est. En mars
1935, il annonce le rétablissement du service militaire et crée une nouvelle armée et
une nouvelle aviation.
❖ La crise de 1929 conduit les différents États à adopter des mesures protectionnistes
et à se placer en position de rivalité les uns par rapport aux autres. Elle facilite
l’arrivée des dictatures au pouvoir notamment en Allemagne. Partout, des politiques
d’armement, une économie de guerre sont mises en place pour sortir du marasme
économique.
❖ Ulcérés par le traitement imposé à l'Empire du Japon par les puissances occidentales
lors du traité de Versailles, de nombreux politiques et militaires japonais mettent en
place une idéologie fondée sur la suprématie de la race japonaise et son droit à
dominer l’Asie. Le Japon envahit la Mandchourie en 1931 puis le reste de la Chine en
1937. Son refus de se retirer de l’Indochine française, envahie en 1941, et de la Chine,
à l’exclusion du Mandchoukouo, mène, l'été de la même année, à l’imposition par les
États-Unis d’un embargo sur le pétrole.
Du point de vue territorial, Hitler suit un projet précis : la conquête d'un « espace vital »
européen pour construire une Europe allemande. Après plusieurs tentatives, il réussit à
annexer l’Autriche à l’Allemagne en mars 1938 : c’est l’Anschluss. En septembre 1938, il
réclame le rattachement des Sudètes (territoire de la Tchécoslovaquie habité par trois
millions d’allemands). Pour éviter la guerre, une conférence internationale réunit à Munich
les 29 et 30 septembre Hitler, Mussolini, Chamberlain et Daladier. Les démocraties pensent
avoir sauvé la paix en sacrifiant les Sudètes. Face à leur laxisme, la Hongrie et la Pologne
annexent à leur tour en septembre 1938 les territoires tchèques occupés par les minorités
hongroises et polonaises.
- En mars 1939, Hitler annexe le reste de la Tchécoslovaquie, le territoire de Memel (en
Lituanie) et réclame la ville de Dantzig en Pologne. L’Italie annexe l’Albanie en avril 1939.
- Parallèlement aux annexions territoriales en Europe, Hitler renforçait son camp par des
alliances. En octobre 1936, il signe un traité d’amitié avec l’Italie : l’Axe. Un mois plus tard,
l’Allemagne et le Japon signent le Pacte anti-komintern dirigé contre l’URSS. L’Italie y adhère
en 1937. En avril 1939, Hitler et Mussolini signent le Pacte d’acier, une alliance militaire. Le
23 août 1939, l’Allemagne et l’URSS signent un pacte de non-agression : le Pacte
germano-soviétique. Un protocole secret prévoit le partage de la Pologne et des pays baltes
entre les deux pays.
-L'invasion de la Pologne est déclenchée le 1erseptembre 1939. Pour défendre la Pologne, la
France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l'Allemagne le 3 septembre 1939 en raison
des alliances de défense mutuelle signée entre les démocraties.
98
C'est l'idée que la classe politique allemande est à l'origine de cette défaite qui entraîne un sentiment
de rancœur au sein de l'armée qui rejoindra les nazis dans leur ascension au pouvoir.
68
II- LE DÉROULEMENT DE LA GUERRE
A- Les victoires nazies (1939-1941)
-L'invasion de la Pologne entraîne l'entrée en guerre de la France et du Royaume-Uni le 3
septembre 1939.La campagne de Pologne (1er au 29 septembre 1939) est une victoire nazie
rapide : la Pologne est écrasée en moins d'un mois. Deux raisons expliquent la rapidité de la
victoire nazie. A la supériorité tactique des armées nazies avec l'utilisation de la
stratégie Blitzkrieg (guerre-éclair), s’ajoutent la mauvaise organisation et le sous-équipement
des Polonais qui doivent se battre sur deux fronts : à l'ouest contre l'Allemagne et à l'est
contre l'URSS. À l'issue des combats, la Pologne est partagée en deux entre ses deux
agresseurs.
- Hitler se tourne ensuite vers la Scandinavie (mars-avril 1940) pour protéger la route du
fer suédois que les alliés souhaitent couper. L'attaque alliée à Narvik (au nord de la Norvège)
est un échec. Hitler envahit le Danemark et la Norvège protégeant ainsi parfaitement
l'approvisionnement en fer de l'Allemagne. De leur côté, les Soviétiques occupent la Finlande.
❖ La bataille de France (10 mai - 22 juin 1940)
La période du 3 septembre 1939 au 10 mai 1940 voit se dérouler la « drôle de guerre »99. C'est
une guerre de position où les armées restent face à face derrière leurs lignes de front. Les
armées franco-anglaises derrière la ligne Maginot et les armées allemandes derrière la ligne
Siegfried.
L'invasion de la France se fait par la conquête de la Hollande et celle de la Belgique et
du Luxembourg. Cette stratégie permet de contourner la ligne de défense française.
Les Panzers allemands foncent à travers les Ardennes et pénètrent sur le territoire français à
Sedan. Ils prennent ensuite les troupes franco-anglaises à revers au sud et au nord. Les
conséquences de cette attaque sont dramatiques pour les démocraties :
• La Belgique et la Hollande capitulent.
• Les Français et les Anglais, coincés dans la poche de Dunkerque tentent de quitter la
France. Certains Anglais surtout y parviennent et de nombreux Français sont faits
prisonniers.
• La campagne de France est une véritable débâcle française : Paris est menacé, le
gouvernement français quitte Paris pour se réfugier à Bordeaux.
C'est le moment que choisit l'Italie pour entrer en guerre (10 juin 1940). Un deuxième front
se crée au sud détériorant encore la situation pour la France.
À Bordeaux, c'est l'affrontement politique entre ceux qui veulent poursuivre la guerre avec
les colonies (Charles de Gaulle) et ceux qui veulent signer l'armistice (Maréchal Philippe
Pétain).
Le point de vue de Pétain l'emporte et ce dernier, appelé au gouvernement le 16 juin 1940,
signe l'armistice le 22 juin 1940 à Rethondes. En cinq semaines de combat, la France est
battue. 92.000 soldats français ont été tués dans une bataille qui demeure sans doute la pire
99
Entre le 3 septembre 1939 et le 10 mai 1940, c'est la « drôle de guerre ».Du côté franco-anglais : la
stratégie est purement défensive. Du côté allemand, la ligne Siegfried est une volonté d'Hitler de se
limiter à un seul front. En mai 1940, les troupes nazies qui ont envahi la Pologne, puis le Danemark et
la Norvège sont maintenant libres pour attaquer la France.
69
défaite française. L'Alsace-Lorraine est rattachée à l'Allemagne et la France est divisée en
deux : la France du nord (directement occupée par les nazis, avec Paris comme capitale) et
la France du sud (dite France « libre », avec Vichy comme capitale).
Fin juin 1940, seul le Royaume-Uni lutte encore contre l'Allemagne nazie. Le rejet des
propositions faites aux Anglais pour conclure un traité de paix marque le début de la bataille
d'Angleterre. Malgré des bombardements allemands massifs sur Londres et tout le sud du
pays, le Royaume-Uni poursuit sa résistance pendant toute la guerre.
Les dernières offensives nazies entraînent l'occupation de la Roumanie (oct. 1940) et de la
Bulgarie (printemps 1941) qui se déclarent alliées du Reich.
Parallèlement à ces interventions allemandes, Mussolini intervient à la fin de l'année 1940
en Égypte. Il s'attaque ensuite aux Balkans, mais les armées fascistes sont repoussées par
les Grecs. Hitler doit intervenir pour secourir les Italiens. La Yougoslavie est écrasée par les
armées fascistes et nazies. La Grèce est conquise en avril 1941.
Toutes ces interventions ponctuelles dans l'Europe balkanique et danubienne ne sont qu'une
préparation à une offensive beaucoup plus large qui conduit à la mondialisation du conflit.
B –Le tournant de la guerre
La mondialisation du conflit se fait d'abord par l'ouverture du front russe avec la rupture du
Pacte germano-soviétique. Le 22 juin 1941Hitler attaque l'URSS (c'est
100
l'opération Barbarossa ou « Barberousse »).L’objectif est lutter contre le bolchevisme,
conquérir certaines richesses naturelles de l'URSS (pétrole).Très vite Leningrad est assiégée
et Moscou est menacée. En septembre 1942, les troupes allemandes commandées par le
général Von Paulus atteignent Stalingrad.
La mondialisation se poursuit et s'amplifie en décembre 1941 avec l'entrée en guerre
des États-Unis. Depuis le début de la guerre, les États-Unis se contentent d'un soutien
diplomatique aux démocraties, puis d'un soutien financier101 aux pays agressés par les
puissances de l'Axe. En août 1941, Franklin DelanoRoosevelt signe avec Winston Churchill
la Charte de l'Atlantique102 .
Roosevelt agit également contre le Japon par le gel des capitaux japonais aux États-Unis et
un embargo sur le pétrole en direction du Japon. Les Japonais analysent ces deux mesures
comme une agression. Sans déclaration de guerre préalable, ils bombardent Pearl Harbour103,
le 7 décembre 1941. Le Japon se lance aussi dans la conquête de l'Asie orientale :
Hong-Kong, les Philippines, les Indes néerlandaises (l'Indonésie), la Malaisie, la Birmanie,
Singapour. Ils menacent également l'Australie.
En plus de ces deux nouveaux fronts, la guerre se poursuit en Afrique : depuis mars-avril
100
« Barberousse » surnom de l'empereur allemand Frédéric Ier (1122-1190) qui était parti en croisade
contre les Turcs. En donnant le nom d'opération Barbarossa à l'attaque de l'URSS, Hitler veut montrer
que le Troisième Reich part en croisade contre les bolcheviks.
101
Le soutien financier américain s'adresse principalement au Royaume-Uni. Il prend la forme de la loi du
« prêt-bail », c'est-à-dire le prêt de matériel militaire et de matériel de transport afin de lutter contre
les nazis.
102
Charte de l'Atlantique : signée sur un navire de guerre en plein Océan Atlantique,
Roosevelt et Churchill y affirment leur idéal : justice et liberté, paix et fraternité, sécurité et mieux-être
pour tous. Elle est contresignée le 1er janvier 1942 par 25 nations unies contre les puissances de
l'Axe, URSS comprise.
103
Pearl Harbour : port, une base où se trouvait une partie de la flotte américaine dans le Pacifique
70
1941, l'Afrikakorps104 de Rommel, intervenu pour aider les Italiens, a dépassé nettement les
frontières de la Libye italienne pour envahir une partie de l'Égypte au détriment des armées
anglaises. Au début de 1942, les troupes allemandes sont aux portes d'Alexandrie.
Enfin, la bataille fait rage sur les mers et les océans. C'est le cas dans le Pacifique avec la
lutte entre les Japonais et les Américains mais aussi dans l'Atlantique où les
sous-marins allemands attaquent les convois américains transportant du matériel
au Royaume-Uni.
Début 1942 marque l'apogée de la domination des puissances de l'Axe : l'Europe est
quasiment allemande; le Japon règne sur un empire maritime gigantesque.
Cependant, en 6 mois, la situation militaire se retourne complètement. Les Alliés se
redressent grâce à :
- Une amélioration du matériel : une véritable économie de guerre se met en place
avec l’orientation de l'essentiel de la production industrielle vers la satisfaction des
besoins des armées, c'est la mise en place de l'industrie de guerre. Le
président Roosevelt lance, en janvier 1942, le Victory Program105.Des progrès similaires
se font au Royaume-Uni ou en URSS, avec une productivité moins importante qu'aux
États-Unis. L'Allemagne nazie mobilise également son économie pour la mettre
au service de la guerre.106
- Une amélioration de la coordination des forces armées : les Alliés mettent en place
un haut commandement commun avec Dwight Eisenhower107 comme commandant en
chef des forces alliées sur le front occidental dès 1943.
- Une multiplication des zones de front : les troupes nazies doivent combattre en
Méditerranée, en Afrique, dans l'Atlantique. Elles doivent surveiller les plages
françaises tout en tenant le front de l'est qui s'étend sur plus de 3000 km.
- L'émiettement des possessions japonaises : dans le Pacifique joue le même rôle
face aux États-Unis.
Les territoires conquis par les puissances de l'Axe sont devenus intenables face à la
pression conjointe des Alliés, aidés par la logistique américaine.
C-les victoires alliées
Sur le front de l'est, Hitler ne souhaite pas seulement tenir les positions conquises, sa
stratégie est plus ambitieuse : il veut s'approprier le pétrole du Caucase, couper la route
d'approvisionnement de l'URSS en produits américains, route passant par l'Iran, conquérir la
ville de Moscou.
En septembre 1942, les troupes nazies conquièrent Stalingrad après des combats très
violents : cette conquête doit ouvrir la route de Moscou. En novembre 1942, les Soviétiques
104
Nom allemand abrégé dérivant de Afrika Korps. Régiments blindés nazis intervenus en Afrique et
commandés par le général Rommel, (« le Renard du Désert »).
105
Victory Program est le nom de la politique d'industrie de guerre mise en place par Roosevelt à partir
de janvier 1942. Ce programme permet de fabriquer 47.000 avions dès 1942 et 95.000 en 1944.
106
Par le pillage systématique des pays occupés et l'utilisation de la main d'œuvre dans le cadre des
camps de travail, l'Allemagne réussit à augmenter ses productions.
107
Dwight Eisenhower : Général américain, commandant en chef des forces armées alliées pendant
la Deuxième Guerre mondiale. Il succède à Truman à la présidence des États-Unis de 1953 à 1961.
71
contre-attaquent : supervisés par Joukov108, ils encerclent l'armée de Paulus109 dans Stalingrad.
Hitler interdit toute retraite à Paulus qui est forcé de capituler le 2 février 1943 après un hiver
désastreux pour l'armée nazie. Stalingrad est la première grande défaite nazie et marque un
véritable coup d'arrêt dans la progression nazie en Europe.
Conséquences de cette défaite nazie :
• 90.000 soldats allemands sont faits prisonniers. Le reste de l'armée allemande se
replie en Ukraine où elle est à nouveau battue par les Soviétiques.
• fin 1943, la moitié des territoires occupés sont reconquis par les Soviétiques.
Dans le Pacifique : Les premières victoires aéronavales américaines permettent aux
États-Unis de prendre le dessus face aux Japonais. La bataille de Midway110 (3-6 juin 1942)
marque ainsi le début du repli japonais. À partir d'août 1942, avec le débarquement à
Guadalcanal, débute la véritable reconquête du Pacifique.
En Afrique : en octobre 1942, le général britannique Montgomery lance une contre-offensive
alliée en Afrique du Nord qui se conclut par la victoire d'El Alamein (en Égypte). L'Afrikorps de
Rommel bat en retraite face aux troupes britanniques.
Le 8 novembre 1942 débute l'opération « Torch »111 : les troupes américaines et britanniques
débarquent ensemble en Afrique du Nord et combattent sous le commandement unique
d'Eisenhower. Elles s'attaquent aux ports marocains et algériens.
Cette attaque a deux conséquences importantes : en France, la zone sud,112 envahie par les
Allemands ; Hitler envoie des renforts commandés par Rommel en Tunisie. Ce dernier se
heurte aux Américains ; est finalement encerclé et rappelé par Hitler en mars 1943.
Également en mars 1943, les troupes alliées ont reçu le renfort des troupes françaises libres
commandées par le général Leclerc. Conjointement elles repoussent les Allemands jusqu'en
Tunisie. Les troupes allemandes et italiennes capitulent en Tunisie (au Cap Bon) en mai
1943.
❖ La reconquête de l'Europe
L'élimination de l'Italie : À la suite de leur victoire en Afrique du Nord, les troupes alliées
108
Maréchal soviétique, il est le principal stratège de la victoire à Stalingrad contre l'armée nazie pendant
la Seconde Guerre mondiale.
109
Friedrich Paulus : Général de la Wehrmacht ; il dirige l'opération Barbarossa contre l'URSS (22 juin
1941) et capitule face aux troupes soviétiques, le 2 février 1943, devant Stalingrad.
110
Bataille de la Seconde Guerre mondiale dans le Pacifique. Cette bataille se déroule du 3 au 6 juin
1942 et oppose la flotte japonaise aux avions, porte-avions et cuirassés américains. Pendant cette
bataille, quatre porte-avions du général nippon Yamamoto sont coulés ce qui désorganisent la flotte
japonaise et stoppe la progression du Japon vers l'est.
111
Débarquement des troupes américaines, britanniques, et les Forces de la France Libre de DeGaulle
qui combattent sous le commandement unique d'Eisenhower en Algérie et au Maroc qui débute le 8
novembre 1942.
112
Les autorités nazies reprochent au gouvernement de Vichy, responsable des colonies, de ne pas avoir
défendu ces territoires contre les Alliés. C'est donc pour punir le gouvernement de Vichy de son
impuissance que la zone sud de la France est envahie à partir du 11 novembre 1942. C'est aussi un
moyen pour les nazies d'assurer un contrôle plus efficace sur le sud de la France devenu plus
stratégique avec le débarquement allié en Afrique du nord.
72
(Américains, Canadiens, Britanniques et troupes de la France Libre) débarquent en Sicile, le
10 juillet 1943. L'île est conquise au mois d'août 1943.
Face à cette avancée alliée, l'Italie se divise politiquement. Mussolini est destitué et
emprisonné. Un nouveau gouvernement est mis en place. Mais Mussolini est libéré par un
commando nazi et prend le contrôle de l'Italie du Nord.
Dans ce contexte, les Alliés débarquent en Italie. Au prix de combats très violents
(notamment autour du Monte Cassino), l'Italie est peu à peu reconquise aux Nazis. En juin
1944, les Alliés atteignent Rome qui est déclarée « ville ouverte ». Il faudra attendre le
printemps 1945 pour que les Alliés réussissent à conquérir le nord de l'Italie défendu par les
Nazis derrière la « ligne Gothique ».113Mussolini est arrêté par des partisans communistes et
exécuté le 28 avril 1945.
❖ La libération de la France
- Le 6 juin 1944, les Anglo-américains débarquent en Normandie sous le
commandement unique d'Eisenhower : c'est le début de l'opération « Overlord »114.
- Le 15 août 1944, avait débarqué en Provence l'armée française commandée par le
général De Lattre de Tassigny.
Aidés dans leur progression par la résistance française, les alliés entrent dans Paris le 25
août 1944 puis poursuivent la libération de la France face à une armée nazie en perdition.
Les troupes de Normandie et de Provence font leur jonction en septembre 1944. Strasbourg
est libéré en novembre 1944.
En décembre 1944, les dernières « poches » allemandes sont réduites (Dunkerque, Colmar).
Tout le territoire français est libéré. Les troupes alliées se dirigent ensuite vers l'est et
pénètrent sur le territoire allemand.
❖ À l'est
Ce sont les troupes soviétiques qui reconquièrent les territoires dominés par les nazis en
Europe orientale. Par l'invasion, les Soviétiques contraignent aussi à la capitulation les alliés
de l'Allemagne (Finlande, Roumanie, Hongrie, Bulgarie).
❖ La capitulation allemande
Les Alliés franchissent le Rhin en mars 1945. Hitler souhaite encore poursuivre la lutte en
utilisant de nouvelles armes (V2). Mais le Reich s'effondre en quelques semaines. Les
Soviétiques marchent sur Vienne et sur Berlin. Ils font la jonction avec les Alliés en avril
1945. Hitler se suicide le 30 avril 1945 dans son bunker de Berlin. La capitale allemande
113
Ligne de fortification allemande mise en place à la fin de la Seconde Guerre mondiale, au nord de
Florence, en Italie pour stopper la reconquête alliée en Italie et de protéger l'Allemagne.
114
Nom de code donné au débarquement allié (Américains, Anglais, Canadiens, et Forces Françaises
Libres). Cette opération, décidée lors de la conférence de Téhéran, est commandée par le général
Eisenhower, secondé par le général Montgomery.
73
tombe le 2 mai 1945. Le 7 mai 1945, les Allemands signent une capitulation sans condition
devant Eisenhower à Reims et le 8 mai 1945 devant Joukov à Berlin.
L'île d'Okinawa tombe aux mains des Américains en avril 1945 mais au prix de combats très
meurtriers. Pour mettre fin à cette résistance japonaise et pour épargner la vie de ses
soldats, Harry Truman116 décide d'utiliser la bombe atomique. Deux bombardements
atomiques se produisent sur Hiroshima le 6 août 1945 et sur Nagasaki le 9 août 1945.
Conclusion
Quasiment six ans, jour pour jour, après le début de l'invasion de la Pologne par l'Allemagne,
la capitulation japonaise met fin à la seconde guerre mondiale. La Guerre de 1939-1945 est
une guerre totale. Elle s'est caractérisée par une mobilisation totale des énergies
intellectuelles, des ressources économiques et humaines, des faits nouveaux (utilisation
massive de la bombe, les opérations de représailles, une volonté d’épuration ethnique). C'est
tout d'abord une guerre idéologique marquée par l'affrontement de deux systèmes
totalement opposés.
115
À partir de l'été 1943, pour faire face à leur infériorité technique face aux Américains, les Japonais
utilisent des aviateurs volontaires pour des missions suicides. Ces kamikazes, installés dans des
avions bourrés d'explosifs, vont s'écraser sur le pont des navires américains causant ainsi de lourdes
pertes.
116
Harry TRUMAN : président des États-Unis depuis la mort de Roosevelt (le 2 avril 1945)
117
Général américain responsable de la direction des opérations dans le Pacifique central pendant la
Seconde Guerre mondiale. Il accepte capitulation japonaise le 2 septembre 1945 et dirige l'occupation
du Japon de 1945 à 1951.
74
75
Leçon 19 : La Seconde Guerre Mondiale
Introduction
Au lendemain de la grande guerre, le monde pensait avoir fini avec la guerre mondiale.
Toutefois, avec la crise économique des années 30’ qui conduit au retour des mesures
protectionnistes, la montée des régimes autoritaires, l’Europe plonge à nouveau dans la
guerre en septembre 1939. L’Allemagne nazie vole de victoire en victoire et domine l’Europe
en mai 1941. Par l’attaque allemande contre l’URSS et celle du Japon contre les Etats-Unis, la
guerre prend une dimension mondiale et devient totale. Toutes les ressources sont
mobilisées par les deux camps qui s’affrontent. A partir de 1942, les forces de l’Axe sont
arrêtées et refoulées par les Alliés.
118
C'est l'idée que la classe politique allemande est à l'origine de cette défaite qui entraîne un sentiment
de rancœur au sein de l'armée qui rejoindra les nazis dans leur ascension au pouvoir.
76
avoir sauvé la paix en sacrifiant les Sudètes. Face à leur laxisme, la Hongrie et la Pologne
annexent à leur tour en septembre 1938 les territoires tchèques occupés par les minorités
hongroises et polonaises.
- En mars 1939, il annexe le reste de la Tchécoslovaquie, le territoire de Memel (en Lituanie)
et réclame la ville de Dantzig. L’Italie annexe l’Albanie en avril 1939.
- En même temps que Hitler annexait les territoires en Europe, il renforçait son camp par des
alliances. En octobre 1936, il signe un traité d’amitié avec l’Italie : l’Axe. Un mois plus tard,
l’Allemagne et le japon signent le Pacte anti-komintern dirigé contre l’URSS. L’Italie y adhère
en 1937. En avril 1939, Hitler et Mussolini signent le Pacte d’acier, une alliance militaire. Le
23 août 1939, l’Allemagne et l’URSS signent un pacte de non-agression : le Pacte
germano-soviétique. Un protocole secret prévoit le partage de la Pologne et des pays baltes
entre les deux pays.
-L'invasion de la Pologne est déclenchée le 1erseptembre 1939. Pour défendre la Pologne, la
France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l'Allemagne le 3 septembre 1939 en raison
des alliances de défense mutuelle signée entre les démocraties.
IV- LE DÉROULEMENT DE LA GUERRE
A - Les victoires nazies (1939-1941)
-L'invasion de la Pologne entraîne l'entrée en guerre de la France et du Royaume-Uni le 3
septembre 1939. La campagne de Pologne (1er au 29 septembre 1939) est une victoire
nazie rapide : la Pologne est écrasée en moins d'un mois. Deux raisons expliquent la rapidité
de la victoire nazie. A la supériorité tactique des armées nazies avec l'utilisation de la
stratégie Blitzkrieg (guerre-éclair), s’ajoutent la mauvaise organisation et le sous-équipement
des Polonais qui doivent se battre sur deux fronts : à l'ouest contre l'Allemagne et à l'est
contre l'URSS. À l'issue des combats, la Pologne est partagée en deux entre ses deux
agresseurs.
- Hitler se tourne ensuite vers la Scandinavie (mars-avril 1940)
pour protéger la route du fer suédois que les alliés souhaitent couper. L'attaque alliée à
Narvik (au nord de la Norvège) est un échec. Hitler envahit le Danemark et
la Norvège protégeant ainsi parfaitement l'approvisionnement en fer de l'Allemagne. De leur
côté, les Soviétiques occupent la Finlande.
❖ La bataille de France (10 mai - 22 juin 1940)
La période du 3 septembre 1939 au 10 mai 1940 voit se dérouler la « drôle de guerre »119. C'est
une guerre de position où les armées restent face à face derrière leurs lignes de front. Les
armées franco-anglaises derrière la ligne Maginot et les armées allemandes derrière la ligne
Siegfried. Cette attente mine le moral des Français.
L'invasion de la France se fait par la conquête de la Hollande et celle de la Belgique et
du Luxembourg. Cette stratégie permet de contourner la ligne de défense française.
Les Panzers allemands foncent à travers les Ardennes et pénètrent sur le territoire français à
119
Entre le 3 septembre 1939 et le 10 mai 1940, on assiste à une guerre de position : c'est la
« drôle de guerre ». Du côté franco-anglais : la stratégie est purement défensive. Du côté
allemand : la ligne de fortification (ligne Siegfried) est surtout la volonté d'Hitler de se limiter
à un seul front. En mai 1940, les troupes nazies ont envahi la Pologne, puis le Danemark et la
Norvège. Ces troupes sont maintenant libres pour attaquer la France : c'est la fin de la « drôle
de guerre » et le début de la bataille de France (10 mai 1940).
77
Sedan. Ils prennent ensuite les troupes franco-anglaises à revers au sud et au nord.
Les conséquences de cette attaque sont dramatiques pour les démocraties :
• La Belgique et la Hollande capitulent.
• Les Français et les Anglais, coincés dans la poche de Dunkerque tentent de quitter la
France. Certains Anglais surtout y parviennent et de nombreux Français sont faits
prisonniers.
• La campagne de France est une véritable débâcle française : Paris est menacé, le
gouvernement français quitte Paris pour se réfugier à Bordeaux.
C'est le moment que choisit l'Italie pour entrer en guerre (10 juin 1940). Un deuxième front
se crée au sud. La situation se détériore encore pour la France.
À Bordeaux, c'est alors l'affrontement politique entre ceux qui veulent poursuivre la
guerre avec les colonies (Charles de Gaulle) et ceux qui veulent signer
l'armistice (Maréchal Philippe Pétain).
Le point de vue de Pétain l'emporte et ce dernier, appelé au gouvernement le 16 juin 1940,
signe l'armistice le 22 juin 1940 à Rethondes. En cinq semaines de combat, la France est
battue. 92.000 soldats français ont été tués dans une bataille qui demeure sans doute la pire
défaite française.
L'armistice prévoit deux modifications territoriales importantes :
• l'Alsace-Lorraine est rattachée à l'Allemagne
• La France est divisée en deux : la France du nord (directement occupée par les nazis,
avec Paris comme capitale) et la France du sud (dite France « libre », avec Vichy
comme capitale).
Fin juin 1940, le seul pays d'Europe qui lutte encore contre l'Allemagne nazie est
le Royaume-Uni. Hitler fait des propositions aux Anglais pour conclure un traité de
paix. Churchill120, refuse. C'est le début de la bataille d'Angleterre.
Les Anglais subissent le « Blitz » : des bombardements allemands massifs sur Londres et
tout le sud de l'Angleterre. Malgré ce pilonnage, Hitler ne parvient pas à venir à ses fins et le
Royaume-Uni poursuit sa résistance pendant toute la guerre.
Les dernières offensives nazies visent l'Europe balkanique et danubienne : elles entraînent
l'occupation de la Roumanie (oct. 1940) et de la Bulgarie (printemps 1941) qui se déclarent
alliées du Reich.
Parallèlement à ces interventions allemandes, Mussolini veut aussi conquérir un petit
empire. Il intervient à la fin de l'année 1940 en Égypte. Il s'attaque ensuite aux Balkans, mais
les armées fascistes sont repoussées par les Grecs. Hitler doit intervenir pour secourir les
Italiens. La Yougoslavie est écrasée par les armées fascistes et nazies. La Grèce est
conquise en avril 1941.
Toutes ces interventions ponctuelles dans l'Europe balkanique et danubienne ne sont qu'une
préparation à une offensive beaucoup plus large qui conduit à la mondialisation du conflit.
B - La mondialisation du conflit
La mondialisation du conflit se fait à partir du milieu de l'année 1941. Elle se fait d'abord par
120
Premier ministre du Royaume-Uni depuis mai 1940,
78
l'ouverture du front russe avec la rupture du Pacte germano-soviétique. Hitler attaque
l'URSS le 22 juin 1941(c'est l'opération Barbarossa121 ou « Barberousse »). L’objectif est lutter
contre le bolchevisme, conquérir certaines richesses naturelles de l'URSS (pétrole), réduire
les Slaves en esclavage (ce point était évoqué dans « Mein Kampf »)
L'attaque contre l'URSS est lancée avec des moyens énormes (plus de 5 millions de soldats
du côté nazi). Très vite Leningrad est assiégée et Moscou est menacée. En septembre 1942,
les troupes allemandes commandées par le général Von Paulus atteignent Stalingrad.
La mondialisation se poursuit et s'amplifie en décembre 1941 avec l'entrée en guerre
des États-Unis. Depuis le début de la guerre, les États-Unis se contentent dans un premier
temps d'un soutien diplomatique aux démocraties, puis d'un soutien financier122 aux pays
agressés par les puissances de l'Axe.
L'instigateur de cette politique est le président des États-Unis, Franklin Delano Roosevelt. Il
signe ainsi la Charte de l'Atlantique123 avec Churchill en août 1941.
Roosevelt s'inquiète également de l'impérialisme japonais. Il agit contre le Japon, de deux
manières : gel des capitaux japonais aux États-Unis, embargo sur le pétrole en direction du
Japon. Les Japonais analysent ces deux mesures comme une agression. Sans déclaration
de guerre préalable, ils bombardent Pearl Harbour124, le 7 décembre 1941.
Le Japon se lance aussi dans la conquête de l'Asie orientale : Hong-Kong, les Philippines, les
Indes néerlandaises (l'Indonésie), la Malaisie, la Birmanie, Singapour. Ils menacent
également l'Australie.
En plus de ces deux nouveaux fronts, la guerre se poursuit en Afrique : depuis mars-avril
1941, l'Afrikakorps125 de Rommel126, intervenu pour aider les Italiens, a dépassé nettement les
frontières de la Libye italienne pour envahir une partie de l'Égypte au détriment des armées
anglaises. Au début de 1942, les troupes allemandes sont aux portes d'Alexandrie.
Enfin, la bataille fait rage sur les mers et les océans. C'est le cas dans le Pacifique avec la
lutte entre les Japonais et les Américains. C'est le cas aussi dans l'Atlantique où se
121
« Barberousse » était le surnom de l'empereur allemand Frédéric Ier (1122-1190) qui était
parti en croisade contre les Turcs. En donnant le nom d'opération Barbarossa (ou
« Barberousse ») à l'attaque de l'URSS, Hitler veut montrer que le Troisième Reich part en
croisade contre les bolcheviks.
122
Le soutien financier américain s'adresse principalement au Royaume-Uni. Cette aide prend
la forme de la loi du « prêt-bail », c'est-à-dire le prêt de matériel militaire et de matériel de
transport afin de lutter contre les nazis.
123
Charte de l'Atlantique : signée en août 1941 par Roosevelt et Churchill, réunis sur un navire de guerre
en plein Océan Atlantique. Ils y affirment leur idéal : justice et liberté, paix et fraternité, sécurité et
mieux-être pour tous. La Charte de l'Atlantique sera contresignée le 1er janvier 1942 par 25 nations
unies contre les puissances de l'Axe, URSS comprise.
124
Pearl Harbour : port, une base où se trouvait une partie de la flotte américaine dans le Pacifique
125
Nom allemand abrégé dérivant de Afrika Korps et représentant la Deutsches Afrika Korps (DAK).
Régiments blindés nazis intervenus en Afrique et commandés par un des meilleurs généraux d'Hitler,
le général Rommel, Surnommé « le Renard du Désert ».
126
Malgré son habileté et son sens du combat, Rommel ne peut rien faire contre la reconquête alliée qui
débute en octobre 1942 et se termine par la victoire alliée d'El Alamein en Égypte.
79
déroulent une véritable guerre sous-marine(Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, les
« U-Boot »127 allemands se réunissent en groupe (en « meute ») pour attaquer les
convois américains transportant du matériel au Royaume-Uni.).
En Méditerranée, les Nazis utilisent l'aviation pour déstabiliser la flotte anglaise.
I-C - Conclusion
Début 1942, on peut véritablement parler de guerre mondiale (tous les continents sont
touchés, la guerre se poursuit sur mer).
En Europe, peu de pays sont restés neutres : Suède, Suisse, Espagne, Portugal, Turquie. On
peut de plus s'interroger sur la réalité de cette neutralité pour certains de ces pays (la Suède
fournit du fer à l'Allemagne, l'Espagne est une dictature installée grâce à Hitler et à Mussolini,
la Suisse accueille massivement l'or nazi tout en connaissant l'origine).
Début 1942 marque l'apogée de la domination des puissances de l'Axe : l'Europe est
quasiment allemande; le Japon règne sur un empire maritime gigantesque.
II-A - Les données changent
En 6 mois, la situation militaire se retourne complètement.
Les Alliés128 se redressent grâce à plusieurs facteurs :
-Une amélioration du matériel se fait par une mobilisation massive des énergies notamment
aux États-Unis. Une véritable économie de guerre se met en place : elle conduit à tourner
l'essentiel de la production industrielle vers la satisfaction des besoins des armées, c'est la
mise en place de l'industrie de guerre. Le président Roosevelt lance, en janvier 1942,
le Victory Program129.
Des progrès similaires se font au Royaume-Uni ou en URSS, mais la productivité est moins
importante qu'aux États-Unis.
L'Allemagne nazie mobilise également son économie pour la mettre au service de la guerre.130
Le début de l'année 1942 est marqué par une amélioration des conditions matérielles au
service de la guerre. Cette amélioration se fait nettement en faveur des Alliés grâce
aux États-Unis qui, à eux-seuls, fabriquent plus que l'ensemble des dictatures.
-Une amélioration de la coordination des forces armées
Les Alliés mettent en place un haut commandement commun. Dès 1943, Dwight
127
Unterseeboot: sous-marin en allemand. Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, les
sous-marins allemands infligent de très lourdes pertes aux alliés notamment aux Américains et
aux Anglais dont les navires de guerre ou de ravitaillement sont coulés par les « meutes »
de U-boot allemands.
128
Il s'agit des pays qui s'opposent aux puissances de l'Axe. Parmi les membres principaux, on compte
les États-Unis, du Royaume-Uni, le Canada, l'URSS, la France est également associée aux pays
vainqueurs
129
Victory Program est le nom de la politique d'industrie de guerre mise en place par Roosevelt à partir
de janvier 1942. Ce programme permet de fabriquer 47.000 avions dès 1942 et 95.000 en 1944.
130
Les méthodes utilisées par l'Allemagne sont différentes de celles utilisées dans les démocraties :
l'Allemagne réussit à augmenter ses productions par le pillage systématique des pays occupés qui se
traduit par le pillage des matières premières mais aussi par l'utilisation de la main d'œuvre dans le
cadre des camps de travail.
80
Eisenhower131 est nommé commandant en chef des forces alliées sur le front occidental.
-Une multiplication des zones de front : les troupes nazies doivent combattre en
Méditerranée, en Afrique, dans l'Atlantique. Elles doivent surveiller les plages françaises tout
en tenant le front de l'est qui s'étend sur plus de 3000 km.
-L'émiettement des possessions japonaises dans le Pacifique joue le même rôle face aux
États-Unis.
Les territoires conquis par les puissances de l'Axe sont devenus intenables face à la
pression conjointe des Alliés, aidés par la logistique américaine.
II-B - La première victoire en Europe
Elle s'effectue sur le front de l'est. Face à l'URSS, Hitler ne souhaite pas seulement tenir les
positions conquises; sa stratégie est plus ambitieuse :
il veut s'approprier le pétrole du Caucase,
• il souhaite couper la route d'approvisionnement de l'URSS en produits américains,
route passant par l'Iran
• il voudrait enfin conquérir la ville de Moscou.
En septembre 1942, les troupes nazies conquièrent Stalingrad après des combats très
violents : cette conquête doit ouvrir la route de Moscou. En réalité, Stalingrad ne sera jamais
totalement aux mains des Nazis.
En novembre 1942, les Soviétiques contre-attaquent : supervisés par Joukov132, ils encerclent
l'armée de Paulus133 dans Stalingrad. Hitler interdit toute retraite à Paulus qui est forcé
de capituler le 2 février 1943 après un hiver désastreux pour l'armée nazie.
Stalingrad est la première grande défaite nazie.
Conséquences de cette défaite nazie :
• 90.000 soldats allemands sont faits prisonniers. Le reste de l'armée allemande se
replie en Ukraine où elle est à nouveau battue par les Soviétiques.
• fin 1943, la moitié des territoires occupés sont reconquis par les Soviétiques.
• la bataille de Stalingrad marque un véritable coup d'arrêt dans la progression nazie en
Europe.
II-C - Les premières victoires dans le monde
Dans le Pacifique : Les premières victoires américaines sont des victoires aéronavales qui
131
Dwight Eisenhower : Général américain, commandant en chef des forces
armées alliées pendant la Deuxième Guerre mondiale. Il succède à Truman à la présidence
des États-Unis de 1953 à 1961.
132
Maréchal soviétique, il est le principal stratège de la victoire à Stalingrad contre
l'armée nazie pendant la Seconde Guerre mondiale.
133
Friedrich Paulus : Général de la Wehrmacht auquel Hitler avait confié la direction de
l'opération Barbarossa contre l'URSS (22 juin 1941). Il capitule face aux troupes soviétiques,
le 2 février 1943, devant Stalingrad.
81
permettent aux États-Unis de prendre le dessus face aux Japonais. La bataille de Midway134
(3-6 juin 1942) marque ainsi le début du repli japonais. À partir d'août 1942, avec le
débarquement à Guadalcanal, débute la véritable reconquête du Pacifique.
En Afrique : Jusqu'à l'été 1942, la situation est plutôt favorable aux puissances de l'Axe.
Mais en octobre 1942, le général britannique Montgomery lance une contre-offensive alliée
en Afrique du Nord qui se conclut par la victoire d'El Alamein (en Égypte). L'Afrikorps de
Rommel bat en retraite face aux troupes britanniques.
Le 8 novembre 1942 débute l'opération « Torch »135 : les troupes américaines et britanniques
débarquent ensemble en Afrique du Nord et combattent sous le commandement unique
d'Eisenhower. Elles s'attaquent aux ports marocains et algériens.
Cette attaque a deux conséquences importantes : en France, la zone sud,136 dite « libre » est
envahie par les Allemands ; Hitler envoie des renforts en Tunisie. Ces renforts sont
commandés par Rommel. Ce dernier se heurte aux Américains ; il réussit à reprendre du
terrain, mais est finalement encerclé et rappelé par Hitler en mars 1943.
Également en mars 1943, les troupes alliées ont reçu le renfort des troupes françaises libres
commandées par le général Leclerc. Conjointement elles repoussent les Allemands jusqu'en
Tunisie. Les troupes allemandes et italiennes capitulent en Tunisie (au Cap Bon) en mai
1943.
A partir de mai 1943, la victoire des Alliés est vraiment en marche. Plus aucun soldat de l'Axe
ne demeure en Afrique.
134
Bataille de la Seconde Guerre mondiale dans le Pacifique. Cette bataille se déroule du 3 au 6
juin 1942 et oppose la flotte japonaise aux avions, porte-avions et cuirassés américains.
Pendant cette bataille, quatre porte-avions du général nippon Yamamoto sont coulés ce qui
désorganisent la flotte japonaise et stoppe la progression du Japon vers l'est.
135
Débarquement des troupes américaines, britanniques, et les Forces de la France Libre de
De Gaulle qui combattent sous le commandement unique d'Eisenhower en Algérie et au
Maroc qui débute le 8 novembre 1942.
136
Les autorités nazies reprochent au gouvernement de Vichy, responsable des colonies, de ne
pas avoir défendu ces territoires contre les Alliés. C'est donc pour punir le gouvernement de
Vichy de son impuissance que la zone sud de la France est envahie à partir du 11 novembre
1942. C'est aussi un moyen pour les nazies d'assurer un contrôle plus efficace sur le sud de
la France devenu plus stratégique avec le débarquement allié en Afrique du nord.
82
Dans ce contexte, les Alliés débarquent en Italie. Au prix de combats très violents
(notamment autour du Monte Cassino), l'Italie est peu à peu reconquise aux Nazis. En juin
1944, les Alliés atteignent Rome qui est déclarée « ville ouverte ». Il faudra attendre le
printemps 1945 pour que les Alliés réussissent à conquérir le nord de l'Italie défendu par les
Nazis derrière la « ligne Gothique ».137 Mussolini est arrêté par des partisans communistes et
exécuté le 28 avril 1945.
La libération de la France
Les troupes de Normandie et de Provence font leur jonction en septembre 1944. Strasbourg
est libéré en novembre 1944.
En décembre 1944, les dernières « poches » allemandes sont réduites (Dunkerque, Colmar).
Tout le territoire français est libéré.
Les troupes alliées se dirigent ensuite vers l'est et pénètrent sur le territoire allemand.
❖ À l'est
Ce sont les troupes soviétiques qui reconquièrent les territoires dominés par les nazis en
Europe orientale à l'image de la Pologne. Par l'invasion, les Soviétiques contraignent aussi à
la capitulation les alliés de l'Allemagne (Finlande, Roumanie, Hongrie, Bulgarie).
❖ La capitulation allemande
Les Alliés franchissent le Rhin en mars 1945. Hitler souhaite encore poursuivre la lutte en
utilisant de nouvelles armes (V2) et en mobilisant de nouvelles troupes. Mais le Reich
s'effondre en quelques semaines. Les Soviétiques marchent sur Vienne et sur Berlin. Ils font
la jonction avec les Alliés en avril 1945. Hitler se suicide le 30 avril 1945 dans son bunker de
Berlin. La capitale allemande tombe le 2 mai 1945. Le 7 mai 1945, les Allemands signent une
137
Ligne de fortification allemande mise en place à la fin de la Seconde Guerre mondiale, au
nord de Florence, en Italie pour stopper la reconquête alliée en Italie et de protéger
l'Allemagne.
138
Nom de code donné au débarquement allié (Américains, Anglais, Canadiens, et Forces
Françaises Libres) en Normandie qui débute le 6 juin 1944. Cette opération, décidée lors de
la conférence de Téhéran, est commandée par le général Eisenhower, secondé par le général
Montgomery.
83
capitulation sans condition devant Eisenhower à Reims et le 8 mai 1945 devant Joukov à
Berlin.
Les Japonais ne sont plus en état de mener des attaques massives. Mais ils résistent en se
regroupant autour de leur archipel et en menant des attaques désespérées (les Kamikazes)139.
L'île d'Okinawa tombe aux mains des Américains en avril 1945 mais au prix de combats très
meurtriers. Le général américain MacArthur140 pense que le Japon est à la portée des troupes
américaines mais que la résistance nippone risque de se prolonger. Pour mettre fin à cette
résistance japonaise et pour épargner la vie de ses soldats, Harry Truman141 décide d'utiliser la
bombe atomique. Deux bombardements atomiques se produisent à trois jours d'intervalle :
sur Hiroshima le 6 août 1945 et sur Nagasaki le 9 août 1945.
Conclusion
Quasiment six ans, jour pour jour, après le début de l'invasion de la Pologne par l'Allemagne,
la capitulation japonaise met fin à la seconde guerre mondiale. La Guerre de 1939-1945 est
une guerre totale. Elle s'est caractérisée par une mobilisation totale des énergies
intellectuelles, des ressources économiques et humaines. C'est tout d'abord une guerre
idéologique marquée par l'affrontement de deux systèmes totalement opposés :
• Un système qui revendique la supériorité d'une race sur les autres et qui envahit les
pays voisins au nom de cette supériorité raciale ou raciste (c'est bien sûr le cas du
régime nazi, mais on retrouve aussi ce sentiment de supériorité chez les Japonais).
• À l'opposé, un système qui reste fidèle à la liberté, à l'humanisme. Ces valeurs
doivent être restaurées dans l'ensemble de l'Europe. La Charte de l'Atlantique
réaffirme ces grands principes (droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, liberté de
commerce pour tous les pays, rétablissement de la paix et renoncement à l'emploi de
139
À partir de l'été 1943, pour faire face à leur infériorité technique face aux Américains, les
Japonais utilisent des aviateurs volontaires pour des missions suicides. Ces kamikazes,
installés dans des avions bourrés d'explosifs, vont s'écraser sur le pont des navires
américains causant ainsi de lourdes pertes.
140
Général américain responsable de la direction des opérations dans le Pacifique central
pendant la Seconde Guerre mondiale. Il accepte capitulation japonaise le 2 septembre 1945
et dirige l'occupation du Japon de 1945 à 1951.
141
Harry TRUMAN : président des États-Unis depuis la mort de Roosevelt (le 2 avril 1945)
84
la force).
Pour renforcer cet affrontement idéologique, la propagande, la publicité, le cinéma sont
massivement utilisés par les deux camps. Ces derniers se livrent aussi à une véritable
« guerre des ondes ».
Cette Seconde Guerre mondiale est enfin marquée par une mobilisation des énergies
humaines :
• mobilisation militaire : plus de soixante millions de soldats ont participé à cette
guerre.
• mobilisation de la main d'œuvre : dans tous les pays touchés par la guerre, de gré ou
de force, la main d'œuvre est mise au service de l'industrie de guerre.
• mobilisation des cerveaux : elle permet des progrès techniques considérables et pas
seulement dans le domaine de l'armement.
Tous ces exemples de mobilisation des énergies au service de la guerre, dans des sujets très
divers, permet donc bien de parler de guerre totale à propos de la Seconde Guerre mondiale.
142
Le nazisme : doctrine politique créée par Hitler et exposée dans son livre « Mein Kampf »
(Mon combat). Elle est basée sur l'ultranationalisme, l'apologie de la force et un racisme
omniprésent, affirmant la supériorité des « Aryens » et l'infériorité de certains groupes (les
Juifs notamment).
143
La France et le Royaume-Uni n'ont pas réagi à la remilitarisation de la Rhénanie. Cette
absence de réaction entraîne une escalade des agressions: annexion de l'Autriche
(Anschluss, en mars 1938) ; revendication des Sudètes (nord de la Tchécoslovaquie : région
de langue allemande). Tentative de réaction des démocraties : rencontre à Munich entre
Hitler, Mussolini, Chamberlain et Daladier. Un traité est signé : pour sauver la paix, Hitler
obtient le droit d'annexer les Sudètes (septembre 1938) ; rassuré par la faiblesse des
démocraties, Hitler annexe à l'Allemagne l'ensemble de la Tchécoslovaquie (mars
1939).Cette politique d'agressions du Troisième Reich et ces diverses annexions conduisent
à la Seconde Guerre mondiale.
85
86