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Sigma 1 A

Sujet complexe maths

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Mercredi 13 mars 2024 Lycée Stanislas - MP - 2023-2024

Enseignant : M. Basbois

SIGMA DE MATHÉMATIQUES no 1A

Sujet A

Durée : 4 heures.

Il est interdit de sortir de l’épreuve avant la fin des 4h.


Aucun document n’est autorisé. Les calculatrices sont interdites.

Une réponse doit être justifiée pour être valable. On tiendra compte de la qualité de la rédaction et de
la présentation.
Si le candidat repère ce qui lui semble être une erreur d’énoncé, il le signale sur sa copie et poursuit
sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu’il a été amené à prendre.

Ce sujet tient sur 4 pages.

Sous-groupes compacts du groupe linéaire


Soit E un espace vectoriel euclidien de dimension n > 0 dont le produit scalaire est noté (.|.) et la
norme euclidienne est notée k.k. On note L(E) l’espace vectoriel des endomorphismes de E et GL(E)
le groupe des automorphismes de E. Pour tout endomorphisme u de E, on note ui l’endomorphisme
u ◦ u ◦ · · · ◦ u (i fois) avec la convention u0 = IdE (identité). L’ensemble vide est noté ∅.

On rappelle qu’un sous-ensemble C de E est convexe si pour tous x, y dans C et tout λ ∈ [0, 1], on
a λx + (1 − λ)y ∈ C. De plus, pour toute famille a1 , . . . , ap d’éléments de C convexe et tous nombres
p
X
réels positifs ou nuls λ1 , . . . , λp dont la somme est égale à 1, on a λi ai ∈ C.
i=1

Si F est un sous-ensemble quelconque de E, on appelle enveloppe convexe de F , et on note Conv(F ),


le plus petit sous-ensemble convexe de E (au sens de l’inclusion) contenant F . On note H l’ensemble
n+1
X
des (λ1 , . . . , λn+1 ) ∈ (R+ )n+1 tels que λi = 1 et on admet que Conv(F ) est l’ensemble des combi-
i=1
n+1
X
naisons linéaires de la forme λi xi où x1 , . . . , xn+1 ∈ F et (λ1 , . . . , λn+1 ) ∈ H.
i=1

L’espace vectoriel des matrices à coefficients réels ayant n lignes et m colonnes est noté Mn,m (R).
On notera en particulier Mn (R) = Mn,n (R). La matrice transposée d’une matrice A est notée A> . La
trace de A est notée Tr(A).

On note GLn (R) le groupe linéaire des matrices de Mn (R) inversibles et On (R) le groupe orthogonal
d’ordre n.

Les parties A, B et C sont indépendantes

1
A. Préliminaires sur les matrices symétriques
On note Sn (R) le sous-espace vectoriel de Mn (R) formé des matrices symétriques. Une matrice
S ∈ Sn (R) est dite définie positive si et seulement si pour tout X ∈ Mn,1 (R) non nul, on a X> SX > 0.
On note Sn++ (R) l’ensemble des matrices symétriques définies positives.
1. Montrer qu’une matrice symétrique S ∈ Sn (R) est définie positive si et seulement si son spectre est
contenu dans R+∗ .
2. En déduire que pour tout S ∈ Sn++ (R), il existe R ∈ GLn (R) tel que S = R> R. Réciproquement
montrer que pour tout R ∈ GLn (R), R> R ∈ Sn++ (R).
3. Montrer que l’ensemble Sn++ (R) est convexe.

B. Autres préliminaires

Les trois questions de cette partie sont mutuellement indépendantes.


4. Soit K un sous-ensemble compact de E et Conv(K) son enveloppe convexe. On rappelle que H
n
X
est l’ensemble des (λ1 , . . . , λn+1 ) ∈ (R+ )n+1 tels que λi = 1. Définir une application Φ de
i=1
Rn+1 × E n+1 dans E telle que Conv(K) = Φ(H × K n+1 ). En déduire que Conv(K) est un sous-
ensemble compact de E.
5. On désigne par g un endomorphisme de E tel que pour tous x, y dans E, (x|y) = 0 implique
(g(x)|g(y)) = 0.
Montrer qu’il existe un nombre réel positif k tel que pour tout x ∈ E, kg(x)k = kkxk. (On pourra
utiliser une base orthonormée (e1 , . . . , en ) et considérer les vecteurs e1 + ei et e1 − ei pour i ∈
{2, . . . , n}.)
En déduire que g est la composée d’une homothétie et d’un endomorphisme orthogonal.
6. On se place dans l’espace vectoriel euclidien Mn (R) muni du produit scalaire canonique défini par
(A|B) = Tr(A> B). (On ne demande pas de vérifier que c’est bien un produit scalaire).
Montrer que le groupe orthogonal On (R) est un sous-groupe compact du groupe linéaire GLn (R).

C. Quelques propriétés de la compacité

Soit (xn )n∈N une suite d’éléments de E pour laquelle il existe un réel ε > 0 tel que pour tous
entiers naturels n 6= p, on ait kxn − xp k > ε.
7. Montrer que cette suite n’admet aucune suite extraite convergente.
Soit K un sous-ensemble compact de E. On note B(x, r) la boule ouverte de centre x ∈ E et de
rayon r.
8. Montrer que pour tout réel ε > 0, il existe un entier p > 0 et x1 , . . . , xp éléments de E tels que
[p
K⊆ B(xi , ε). (On pourra raisonner par l’absurde.)
i=1
On considère[une famille (Ωi )i∈I de sous-ensembles ouverts de E, I étant un ensemble quelconque,
telle que K ⊆ Ωi .
i∈I
9. Montrer qu’il existe un réel α > 0 tel que pour tout x ∈ K, il existe i ∈ I tel que B(x, α) soit
contenue dans l’ouvert Ωi . (On pourra raisonner par l’absurde pour construire une suite d’éléments
de K n’ayant aucune suite extraite convergente.) En déduire qu’il existe une sous-famille finie
p
[
(Ωi1 , . . . , Ωip ) de la famille (Ωi )i∈I telle que K ⊆ Ω ik .
k=1

Sigma 1A 2 Lycée Stanislas - MP - 2023-2024


\
Soit (Fi )i∈I une famille de fermés de E contenus dans K et d’intersection vide : Fi = ∅.
i∈I
p
\
10. Montrer qu’il existe une sous famille finie (Fi1 , . . . , Fip ) de la famille (Fi )i∈I telle que Fik = ∅.
k=1

D. Théorème du point fixe de Markov-Kakutani

Soit G un sous-groupe compact de GL(E) et K un sous-ensemble non vide, compact et convexe


de E. Pour tout x ∈ E, on note NG (x) = sup ku(x)k.
u∈G
11. Montrer que NG est bien définie et que c’est une norme sur E.
12. Montrer en outre que NG vérifie les deux propriétés suivantes :
• pour tous u ∈ G et x ∈ E, NG (u(x)) = NG (x) ;
• pour tous x, y ∈ E avec x non nul, NG (x + y) = NG (x) + NG (y) si et seulement si λx = y où
λ ∈ R+ .
Pour la deuxième propriété, on pourra utiliser le fait que si z ∈ E, l’application qui à u ∈ G associe
ku(z)k est continue.
On considère un élément u ∈ L(E), et on suppose que K est stable par u, c’est à dire que u(K)
n−1
1X i
est inclus dans K. Pour tout x ∈ K et n ∈ N∗ , on pose xn = u (x). Enfin, on appelle diamètre
n
i=0
de K le réel δ(K) = sup kx − yk qui est bien défini car K est borné.
x,y∈K
13. Montrer que la suite (xn )n∈N∗ est à valeurs dans K et en déduire qu’il en existe une suite extraite
convergente vers un élément a de K. Montrer par ailleurs que pour tout n ∈ N∗ , ku(xn ) − xn k 6
δ(K)
. En déduire que l’élément a de K est un point fixe de u.
n
On suppose maintenant que le compact non vide convexe K est stable par tous les éléments de
r
1X
G. Soit r > 1 un entier, u1 , u2 , . . . , ur des éléments de G et u = ui .
r
i=1
14. Montrer que K est stable par u et en déduire l’existence de a ∈ K tel que u(a) = a.
r r
!
1X 1X
15. Montrer que NG ui (a) = NG (ui (a)). En déduire que pour tout j ∈ {1, . . . , r}, on a
r r
i=1 i=1
   
Xr r
X
NG uj (a) + ui (a) = NG (uj (a)) + NG  ui (a)
  
i=1 i=1
i6=j i6=j

λj + 1
16. En déduire, pour tout j ∈ {1, . . . , r}, l’existence d’un nombre réel λj > 0 tel que u(a) =
uj (a).
r
17. Déduire de la question précédente que a est un point fixe de tous les endomorphismes ui où i ∈
{1, . . . , r}.
18. En utilisant le résultat de la question 10, montrer qu’il existe a ∈ K tel que pour tout u ∈ G,
u(a) = a.

E. Sous-groupes compacts de GLn (R)

On se place à nouveau dans l’espace vectoriel euclidien Mn (R) muni du produit scalaire défini
par (A|B) = Tr(A> B). On rappelle que GLn (R) désigne le groupe linéaire et On (R) le groupe
orthogonal d’ordre n.

Lycée Stanislas - MP - 2023-2024 3 Sigma 1A


Soit G un sous groupe compact de GLn (R). Si A ∈ G, on définit l’application ρA de Mn (R) dans
lui même par la formule ρA (M ) = A> M A. On vérifie facilement, et on l’admet, que pour tout
M ∈ Mn (R), l’application qui à A ∈ G associe ρA (M ) est continue.
On note H = {ρA / A ∈ G}, ∆ = A> A / A ∈ G et K = Conv(∆).


19. Montrer que ρA ∈ GL(Mn (R)) et que H est un sous-groupe compact de GL(Mn (R)).
20. Montrer que ∆ est un compact contenu dans Sn++ (R) et que K est un sous-ensemble compact de
Sn++ (R) qui est stable par tous les éléments de H.
21. Montrer qu’il existe M ∈ K tel que pour tout A ∈ G, ρA (M ) = M . En déduire l’existence de
N ∈ GLn (R) tel que pour tout A ∈ G, N AN −1 ∈ On (R). En déduire enfin qu’il existe un sous-
groupe G1 de On (R) tel que G = N −1 G1 N = {N −1 BN/ B ∈ G1 }.
Soit K un sous-groupe compact de GLn (R) qui contient On (R), et N ∈ GLn (R) tel que N KN −1 ⊆
On (R). On désigne par g l’automorphisme de Rn de matrice N dans la base canonique de Rn , par
P un hyperplan de Rn et par σP la symétrie orthogonale par rapport à P .
22. Montrer que g ◦ σP ◦ g −1 est une symétrie, puis que c’est un endomorphisme orthogonal de Rn . En
déduire que g ◦ σP ◦ g −1 = σg(P ) . Montrer que g conserve l’orthogonalité et en déduire K.

Fin de l’énoncé

Sigma 1A 4 Lycée Stanislas - MP - 2023-2024

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