Espaces vectoriels normés : continuité et compacité
Espaces vectoriels normés : continuité et compacité
29 mai 2017
2 Continuité 15
2.1 Dé…nitions & propriétés usuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.2 Continuité uniforme, continuité au sens de Lipschitz . . . . . . . . . 28
2.3 Cas des applications (multi)linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
1
On invoque pour tout ce cours un K-espace vectoriel normé E ainsi qu’une norme
de E, notée indi¤éremment N ou e 7! kek.
1 Tendances fonctionnelles
Avertissement : cette première partie est plutôt théorique, les exemples non tri-
viaux devront attendre.
FIG
On dit que f admet une limite …nie (ou converge) en s’il y a un point de F
vers lequel f tend en :
déf.
f admet une limite …nie en () 9` 2 F; f ! `.
Un tel ` est alors unique et est appelé la limite2 de f en . Cette limite est notée
Démonstration
Il s’agit d’établir que f ne peut tendre en
vers deux points distincts. Soient
0 k`0 `k 0
donc ` 6= ` dans F tels que f ! ` et f ! ` . Notons " := 2 , lequel véri…e " > 0
0
(car ` 6= `0 ), soient ; > 0 comme dans les dé…nitions de f ! `; `0 resp. et soit a 2 A
0
tel que ka k < min ; (permis car3 2 A). On a alors les comparaisons
k`0 `k k`0 f (a)k + kf (a) `k < "+" = 2", contredisant la dé…nition de ".
| {z } | {z }
<" car ka k< 0 <" car ka k<
1 On dit aussi que « f (a) tend vers ` quand a tend vers » , tendance alors notée f (a) ! `.
a!
Dans ce cas, la lettre a est partout muette.
2 On parle aussi de « la limite de f (a) quand a tend vers » , limite alors notée lima! f (a).
Dans ce cas, la lettre a est partout muette.
3 C’est là qu’intervient l’hypothèse 2 A.
2
Exemple : imposons 8a 2 A; f (a) = 0 et soit 2 E. Soit " > 0, notons := 1 et
soit a 2 E tel que ka k < . La comparaison kf (a) 0k < " se réécrit alors 0 < ",
ce qu’on a. Il en résulte la tendance4 f ! 0. Conclusion :
Remarques Soient 2 A et ` 2 F .
1. Sanity check : quand E R
F = K , on retrouve la dé…nition de première année en
remplaçant les barres de modules par celles de normes.
2. Sanity check : quand f = IdE , la tendance f (a) ! est valide (imposer :=
a !
" dans la dé…nition ci-dessus) et s’énonce « a tend vers quand a tend vers » ,
ce que valide également le français5 .
3. Comme pour les suites, chaque tendance dans F se ramène à une tendance
dans R (vers 0) vu les équivalences
f ! ` () f ` ! 0 () kf `k ! 0.
Au locuteur donc de savoir si il/elle veut énoncer une tendance ou bien une éga-
lité avec convergence sous-entendue. Bien souvent une tendance seule convient.
5. Abus linguistique. Comme pour les suites, on lira souvent (en le point a
invoqué) le mélange
« f converge vers ` » pour signi…er « f converge et f tend vers ` » .
Encore une fois, si la convergence n’est pas pertinente (ce qui est très souvent le
cas), on écrira alors simplement « f tend vers ` » a…n de respecter sa pensée.
6. Tendance suivant une partie6 . Lorsque A0 dénote une partie de A à laquelle
adhère , on trouve parfois la notation
f (a) !` pour signi…er fjA0 ! `, ce qui se lit
a!
a2A0
« f (a) tend vers ` quand a tend vers suivant A0 » .
4 Ni le imposé ni l’hypothèse ka k < n’ont servi. De fait, les implications 8a 2 A; ka k<
=) kf (a) `k < " sont tautologiques à ; " > 0 …xé.
5 De la même façon que la tautologie « il faut beau quand il fait beau » .
6 Lorsque E = R
, on retrouve la tendance à droite en (idem à gauche).
A0 ] ;1[
3
Les analogues discrets de ces tendances sont les tendances des suites extraites.
En particulier, la tendance suivant A0 résulte de celle suivant A (immédiat par
dé…nition), la réciproque étant généralement fausse (en le réel 0, l’application
"partie entière" tend vers 0 suivant R+ et tend vers 1 suivant R ).
7. Caractère local de la tendance. Soit V un voisinage de dans A tel
que fjV ! ` et soit r > 0 un réel tel que B (a; r)\A V (permis par dé…nition
d’un voisinage relatif). Soit " > 0 et soit > 0 tel que 8v 2 V; kv k < =)
kf (v) `k < " (permis par l’hypothèse fjV ! ` et l’égalité fjV (v) = f (v)).
Chaque a 2 A tel que ka k < min f ; rg véri…e alors ka k < r, donc
tombe dans B (a; r) \ A V et véri…e par ailleurs ka k < , d’où la majo-
ration kf (a) `k < ". Il en résulte la tendance f ! `, ce qui montre avec la
remarque précédente les équivalences7
voisinage voisinage
9V ; fjV ! ` () f ! ` () 8V ; fjV !`
relatif de relatif de
Analogue discret : les tendances séquentielles "ne dépendent pas des premiers
termes", elles ont lieu "au voisinage de 1" au sens où à a 2 AN …xé la ten-
dance a ! équivaut à l’existence 9N 2 N; (an )n2[N;1[ ! (resp. aux
tendances 8N 2 N; (an )n2[N;1[ ! ).
8. Mnémo (ordre -source "-but). Le choix de comme symbole muet n’est
pas anodin. D’une part, fera penser à « di¤érence » (su¢ samment petite)
tout comme " fera penser à « erreur » (aussi petite que voulue). D’autre part,
la comparaison kf (a) `k " concerne les images (donc l’ensemble but) et
celle ka k concerne les arguments (donc l’ensemble source) : en vertu de
l’ordre canonique "source ! but", nous choisissons pour une lettre venant
avant ".
C’est toutefois bien la donnée préalable d’un " > 0 qui nous permettra alors
d’invoquer un > 0 : c’est la marge d’erreur désirée à l’arrivée qui renseigne la
marge d’erreur qu’il su¢ t d’imposer au départ8 –et non l’inverse !
9. Tendance en un point source. Imposons 2 A et f convergeant en ,
mettons f ! b pour un certain b 2 F . Soit " > 0 et soit > 0 comme dans
la dé…nition : puisque 2 A, on peut remplacer a par dans l’implication de
la dé…nition, ce qui donne 0 < =) kf (a) bk < ", i. e. kf (a) bk < ".
Finalement, la norme kf (a) bk est nulle, d’où l’égalité b = f (a). On retiendra
donc :
chaque application convergeant en un point donné
de sa source tend vers l’image de ce point.
10. Tendance en un point non adhérant à la source9 (hors programme).
Soit10 d 2
= A. Le réel := inf a2A ka dk véri…e alors > 0 : il y aurait sinon
une suite a 2 AN telle que kan dk ! 0 et d adhérerait à A. Soit " > 0.
n!1
À a 2 A …xé, la prémisse de l’implication dans la dé…nition de f ! ` est alors
d
7 On dit que la tendance en est une notion locale.
8 Bien prendre garde : l’ordre en pratique est donc source but !
9 Cette remarque motive la restriction 2 A de la dé…nition.
1 0 d comme « détaché » (qui "n’adhère pas")
4
in…rmée (par dé…nition de ), donc l’implication est tautologique, d’où l’énoncé
universel 8a 2 A; :::. Il en résulte l’énoncé existentiel 9 > 0; :::, ce qui montre la
tendance f ! `. Finalement, f tend vers chaque point de F , tendance d’une
d
part ne présentant aucun intérêt et d’autre part devant choquer notre intuition
de première année habituée à l’unicité de la limite.
11. Tendances, boules, ouverts, voisinages (hors programme). Dans la dé-
ka k<
…nition de la tendance f ! `, les comparaisons se ré-
kf (a) `k < "
a 2 B( ; )
écrivent , ce qui montre que11
f (a) 2 B (`; ")
Pour étendre les dé…nitions ci-dessus, il su¢ t de reprendre les neuf tendances f !
vues en première année lorsque F = K et A est un intervalle de E = R (selon
que et soient …nis ou in…nis), toujours en doublant les barres des modules. Nous
rajouterons une dernière ligne, spéci…que aux espaces vectoriels normés.
5
(cas F = R) (cas F = R)
but f (a) tend f (a) tend f (a) tend
source
vers ` vers 1 vers 1
quand a tend vers ? ? ?
quand a tend vers 1
? ? ?
(cas A R non majorée)
quand a tend vers 1
? ? ?
(cas A R non minorée)
quand kak tend vers 1
? ? ?
(cas A non bornée)
Selon la colonne puis la ligne, la dé…nition cherchée s’obtient grâce aux deux
tableaux suivants14 :
colonne dé…nition de la forme (les « » sont
f (a) tend vers ` 8" > 0; kf (a) `k " à substituer
f (a) tend vers 1 8N > 0; f (a) > N selon le
f (a) tend vers 1 8N < 0; f (a) < N second tableau)
ligne à substituer aux « »
quand a tend vers 9 > 0; 8a 2 A; ka k < =)
quand a tend vers 1 9M > 0; 8a 2 A; a M =) .
quand a tend vers 1 9M < 0; 8a 2 A; a < M =)
quand kak tend vers 1 9M > 0; 8a 2 A; kak > M =)
On obtient ainsi le tableau suivant où, pour chaque couple (i; j), la dé…nition de la
tendance située à la case (i; j) s’obtient en substituant la i-ième case de la dernière
colonne aux « » de la j-ième case de la dernière ligne :
9 > 0; 8a 2 A;
f (a) ! ` f (a) ! 1 f (a) ! 1
a! a! a! ka k < =)
9M; 8a 2 A;
f (a) ! ` f (a) ! 1 f (a) ! 1
a!1 a!1 a!1 a > M =)
9M; 8a 2 A;
f (a) ! ` f (a) ! 1 f (a) ! 1
a! 1 a! 1 a! 1 a < M =)
9M; 8a 2 A;
f (a) ! ` f (a) ! 1 f (a) ! 1
kak!1 kak!1 kak!1 kak > M =)
8" > 0; source
8N; f (a) > N 8N; f (a) < N but
kf (a) `k < "
Remarques
Sanity check : retrouver dans la case en haut à gauche la dé…nition de la
section 1.1.
Ordre M -source N -but. Pour décrire ce qui se passait dans un voisinage de 0
(à la source comme au but), nous avions utilisé les lettres (source) et " (but) dans
l’ordre alphabétique. Suivant la même cohérence, pour décrire ce qui se passe dans
un voisinage de 1 (à la source comme au but), nous avons utilisé ici les lettres M
(source) et N (but) dans le même ordre alphabétique.
1 4 Les quanti…cations « 9M » et « 8N » portent indi¤éremment sur les entiers ou les réels.
6
Abus usuel. Dans chacune des dé…nitions ci-dessus,
ka `k <
la négation de f ! ` s’écrit 9" > 0; 8 > 0; 9a 2 A; .
kf (a) `k "
1. la lettre dénote15
(a) ou bien l’application Id ;
(b) ou bien l’application "norme" N (auquel cas = 1 et A n’est pas bornée).
16
2. le symbole dénote
(a) ou bien un point invoqué dans l’adhérence A ;
(b) ou bien 1 (auquel cas E = R et A n’est pas minorée) ;
(c) ou bien 1, auquel cas
i. ou bien = Id, E = R et A n’est pas majorée ;
ii. ou bien = N et A n’est pas bornée ;
3. le symbole L dénote17
(a) ou bien un point invoqué dans F ;
(b) ou bien 1 (auquel cas F = R) ;
(c) ou bien 1 (auquel cas F = R).
Tendances & voisinages (hors programme). Regardons les trois entrées de
la dernière ligne du tableau ci-dessus. Chaque énoncé de la forme « 8" > 0; kf (a) `k <
boule ouverte
" » se réécrit sous la forme « 8B ; f (a) 2 B » , forme équi-
centrée en `
voisinage
valente à « 8W ; f (a) 2 W » . De même, chaque énoncé de la
de ` dans F
voisinage
forme « 8N; f (a) > N » se réécrit sous la forme18 « 8W ; f (a) 2
de 1 dans R
W » (idem pour les tendances vers et les voisinages de 1). En transformant de
1 5 doit faire penser à argument (comme celui du complexe ei ) car s’applique à l’argument de
7
même les quatre entrées de la dernière colonne du tableau ci-dessus, ce dernier peut
alors se résumer sous la forme
9V E voisinage de ;
f (a) ! L
(a) ! 8a 2 A; (a) 2 V =) ,
8W F voisinage de L; f (a) 2 W source
but
résumé permettant d’uni…er grâce aux voisinages les douze tendances ci-dessus en
l’unique équivalence
voisinage voisinage 1 1
f (a) ! L () 8W ; 9V ; (V ) f (W ) .
(a) ! de L dans F de dans A
f
Sanity check : lorsque L = , la tendance à gauche s’énonce « (a) tend vers L
quand (a) tend vers L » , ce que valide le français. La lectrice et le lecteur pourront
véri…er que cette tendance est bien valide formellement19 .
Exemple : soit P 2 C [X] non constant dont on note d le degré et C le coe¢ cient
dominant. On a alors l’équivalence P (a) Cad , d’où (puisque C 6= 0 et d > 0)
jaj!1
la tendance jP (a)j ! 1.
jaj !1
1.3 Propriétés
Cette section reprend et étend aux espaces vectoriels normés les propriétés des
tendances vues en première année : elle serait pénible à rédiger exhaustivement. Le
parti est par conséquent pris d’utiliser la forme générale20 f (a) ! L des douze
(a) !
tendances au programme –ce a…n d’uni…er les énoncés –ainsi que sa traduction (hors
programme) en termes de voisinages –ce a…n d’uni…er les démonstrations.
1.
(a) (norme22 ) on a la tendance kf (a)k ! kLk ;
(a)!
8
(b) (somme) si fL; M g 6= f 1; 1g, on a la tendance f (a) + g (a) !
(a)!
L+M :
(c) (homothété) si et L sont …nis23 , on a la tendance (a) f (a) !
(a)!
L.
2. Si l’espace vectoriel but F est en outre une algèbre à multiplication continue,
alors :
(a) (produit) si fkLk ; kM kg 6= f0; 1g, on a la tendance f (a) g (a) !
(a)!
LM ;
1 1
(b) (inverse24 ) si L 2 Int F , on a la tendance f (a) ! L ;
(a)!
f (a) L
(c) (quotient) si M 2 Int F , on a la tendance g(a) ! M.
(a)!
Démonstration
8
< f (a) !
(a)!
Supposons . Soit W un voisinage de L dans Im g, soit V un
: g !L
voisinage de dans Dom g tel que g (V) W (permis car g ! L), soit V voisinage
2 3 Cette tendance reste valide si j j = 1 = kLk mais ce cas (où l’on a alors K = R = F ) est traité
espace de suites et muni de la norme uniforme), le polynôme 1 est inversible mais est limite de la
X
suite 1+ n
dont aucun terme n’est inversible.
n2N
2 6 Sanitycheck : lorsque F = R, on retrouve un résultat de première année.
2 7 Encore une fois, la non-…nitude de restreindrait les hypothèses sur F ainsi que sur Dom g.
9
1
de dans A tel que f (V ) V (permis car28 f (a) ! ). On a alors les
(a)!
inclusions
1 1
[g f ] (V ) = g f (V ) g (V) W , ce qui conclut.
Mnémonique : dans g (f (a)), mettre f (a) dans une "boîte noire29 " en l’enca-
drant f (a) , ce qui donne g ( ).
Exemples
1 1
1. Vu les tendances t ! 0 et kak ! 1 , on a la tendance !
kak kak!1 0.
t! 1 kak!1
1
2. Vu les tendances cos ! 1 et !
kak2 +1 kak!1
0 , on a la tendance cos kak12 +1 !
kak!1
0
1
Démonstration
Les neuf cas où = Id sont réglés en reprenant les démonstrations de première
année et en doublant les barres. On peut donc imposer les égalités = 1
N .
(= Supposons par contraposée que f (a) ne tend pas vers L quand kak tend
vers 1, ce qui s’écrit
voisinage kak > M
9W ; 8M 2 N; 9a 2 A; .
de L dans F f (a) 2
=W
Soit un tel voisinage W . L’axiome du choix nous donne alors une suite a 2 AN
kaM k > M
telle que 8M 2 N; , ce qui permet d’une part d’a¢ rmer la ten-
f (aM ) 2
=W
dance kaM k ! 1, d’autre part de nier celle f (aM ) ! L, d’où la conclusion.
M !1 M !1
=) Soit a 2 AN telle que (an ) ! , soit W un voisinage de L dans F ,
n!1
1
soit V un voisinage de dans A tel que f (V ) W (permis par l’hypo-
thèse f (a) ! L), soit N 2 N tel que 8n 2 ]N; 1j[ ; (an ) 2 V (légitimé
(a)!1
1
par la tendance (an ) ! et soit n 2 ]N; 1j[ : on a alors an 2 (V ),
n!1
1
d’où f (an ) 2 f (V ) W . Nous venons de montrer30
voisinage
8W ; 9N 2 N; 8n 2 ]N; 1j[ ; f (an ) 2 W , i. e. f (an ) ! L, c. q. f. d.
de L dans F n!1
2 8 Cette tendance permettrait, avec l’inclusion Im f Dom g, de véri…er que le point adhère bien
au domaine de dé…nition de g, ce qui est requis par le programme pour donner sens à l’hypothèse
g ! L.
2 9 La boîte est dite noire car l’on ne veut pas savoir ce qu’il y a dedans : seul importe que son
10
Remarque – Vu d’une part le critère ci-dessus lorsque = Id, d’autre part le
caractère invariant de la "relation" de tendance séquentielle par passage à une norme
équivalente, pour chaque 2 A,
Démonstration
L’idée est la suivante : d’après la proposition précédente, chaque tendance fonc-
tionnelle se ramène à des tendances séquentielles et, d’après une proposition cha-
pEvn1 ? ? ?, chaque tendance séquentielle dans chaque produit cartésien …ni équivaut
à chaque tendance "coordonnée" associée, ce qui permet de conclure.
Formellement, traitons a…n d’alléger les écritures le cas où l’ensemble indexant
est f1; 2g et où l’on aura renommé33 fg B A L
M := ff12 A 1 1 `1
A2 2 `2 . On déroule alors les
équivalences34
3 1 L’ensemble indexant est sous-entendu a…n d’alléger les écritures : la lettre i est ainsi partout
muette.
3 2 Ici, les limites ` restent …nies.
i
3 3 Signalons l’abus consistant à dé…nir A := A (la lettre A a déjà été invoquée en début de
1
section !). Il aurait fallu, en toute rigueur, imposer A = A1 .
3 4 Sanity check : le point ( ; ) adhère bien à A B vu l’appartenance ( ; ) 2 A B et l’égalité A
11
f L
!
g ( ; ) M
critère séquentiel N f L
() 8c 2 (A B) ; cn ! ( ; ) =) (cn ) !
de tendance n!1 g n!1 M
N an f (an ) L
reparam étrage 8a 2 A
() ; ! =) !
c=:(a;b) 8b 2 B N bn n!1 g (bn ) n!1 M
(
tendances séquentielles 8a 2 AN a ! ! L f (an )
n!1
() ; =)
"co ordonnées" 8b 2 B N b ! g (bn ) ! M
n!1
(
?
8a 2 AN ; a ! =) f (an ) ! L
() n!1
8b 2 B N ; b ! =) g (bn ) ! M
n!1
(
critère séquentiel
f !L ce qui conclut, à condition de
() g !M , ?
de tendance justi…er l’équivalence () .
f (a) ! ` () 8 2 B; f (a) ! ` .
(a)! (a)!
12
Démonstration
(= L’hypothèse se réécrit (f (a)) ! (`) pour chaque 2 B.
(a)!
P
Puisque 2B = IdF , ajouter ces tendances (f (a)) ! (`) livre la ten-
(a)!
dance f (a) ! `.
(a)!
=) La preuve la plus directe à notre connaissance utilise (sans cercle vi-
cieux !) des notions que nous allons voir dans les prochaines sections. Soit 2 B : le
projecteur étant continu en tant qu’endomorphisme d’un espace vectoriel de dimen-
sion …nie (cf. exemple 6 section 2.1), on peut "composer" l’hypothèse f (a) ! `
(a)!
à gauche par , d’où la tendance désirée (f (a)) ! (`).
(a)!
1
!
th kak kak2 +1
Exemple : quand F = M2 (R), on a la tendance !
ch kak12 +1 1
sh kak kak!1
1 0
vu chacune des tendances (obtenues par composition lorsque kak ! 1)
1 0
( 1 1
th kak ! lim1 th = 1 kak2 +1
! lim c+1 =0
1 et c!1 .
ch kak2 +1 ! lim0 ch = 1 sh 1
! lim0 sh = 0
kak
Exercice d’application
Par commodité, on désinvoque la lettre f pour cet exercice.
Pour chaque f : E ! F et pour chaque partie P E, on notera f P l’application
coïncidant avec f sur P et nulle ailleurs.
Soit a 2 E. Appelons d’une part V l’ensemble des voisinages de a (dans E),
d’autre part A la partie de KE formée des applications convergeant en a.
a. Pour chaque f : E ! F , montrer l’équivalence
8` 2 F
; f ! ` () f V ! `.
8V 2 V a a
8f 2 A
; ' (f ) = ' f V .
8V 2 V
13
ii. En déduire l’égalité ' = lima .
———————————————————————————————–
a. Soit un tel f et soit (`; V ) 2 F V : puisque f et f V coïncident alors sur V ,
on a l’égalité fjV = f V jV , d’où les équivalences
f f1 sur V 1 sur V
fg = = = 1V ,
f 0 ailleurs 0 ailleurs
d’où celles
' préserve hyp othèse ' est
1 = ' (1) = ' 1V = ' (f g) = ' (f ) ' (g) ,
l’unité sur ' multiplicatif
ff : E ! K ; f converge en ag ! K
ne "voyant" pas ce qui se passe "loin de a", au sens des égalités38 ' (f ) = ' f V de
la question (b).
3 6 Ne pas oublier le neutre multiplicatif !
3 7 La lectrice et le lecteur avertis auront décelé en …ligrane le classique suivant : deux formes
linéaires non nulles (ici ' et lima ) sont colinéaires ssi leurs noyaux sont égaux.
3 8 Observer que seules nous ont servi les égalités ' (1) = ' 1V .
14
Cependant, un esprit purement algébrique désirant caractériser la limite en a cher-
chera à traduire
a algébriquement ces dernières égalités. Cela peut se faire en quotientant
la partie de KP formée des applications convergeant en a par la relation « coïn-
P E
cider sur l’intersection des sources » . On obtiendrait ainsi une algèbre39 (notons-la G)
et l’on montrerait alors l’existence d’un unique morphisme d’algèbres G ! K (dé…ni
par f 7! lima f ) : la caractérisation cherchée.
Cet exercice possède un analogue discret a¢ rmant que l’application lim dé…nie
sur l’ensemble KN cv des suites scalaires convergentes est l’unique morphisme d’al-
gèbres KNcv ! K invariant par extraction. La lectrice et le lecteur à l’esprit algébrique
pourront chercher une traduction de cet énoncé en termes purement algébriques.
2 Continuité
Remarques Soit a 2 A.
3 9 Culture hors programme : cette algèbre (G comme « germes » , le nom de ses éléments) est appelée
la limite inductive des algèbres ff : V ! K ; f converge en ag lorsque V décrit les voisinages de a.
(L’algèbre K [X] est de même la limite inductive de celles Kn [X] lorsque n parcourt N.)
4 0 Les points 1, 2 et 3 sont équivalents par dé…nition, le point 4 leur équivaut d’après le critère
séquentiel de tendance et les points 5 et 6 leur équivalent d’après le caractère local de la tendance.
4 1 D comme « sous-domaine »
15
Caractère ponctuel de la continuité. La dé…nition ci-dessus montre que
la continuité (tout court) est une notion ponctuelle, au sens où elle équivaut à une
conjonction de continuités ponctuelles :
voisinage
9V ; fjV continue en a () f continue en a
relatif de a
voisinage
() 8V ; fjV continue en a .
relatif de a
Exemples
1. Imposons f constante. Elle tend alors en chaque point de sa source vers sa valeur
constante, d’où pour chaque a 2 A la tendance f ! f (a). Il en résulte que
a
16
(e) l’inversion E !E et
(f) la division E E ! E.
0 0 0 0
3. La tendance ! montre que l’application rg n’est pas
0 n1 n!1 0 0
continue en la matrice nulle (le critère séquentiel impliquerait sinon la ten-
dance 1 ! 0).
n!1
4. Imposons que E soit un produit …ni d’espaces vectoriels normés. Chaque ten-
dance dans E impliquant alors les tendances coordonnées correspondantes,
la projection de chaque produit …ni sur chacun de ses facteurs est continue.
a;b2A
5. Imposons A …ni, notons " le minimum de l’ensemble fd (a; b)ga6=b [ f1g (lequel
fait alors sens et véri…e " > 0), soient a 2 AN et 2 A tels que a ! et
soit N 2 N tel que 8n 2 [N; 1j[ ; d (an ; ) < ". La dé…nition de " impose alors
le caractère stationnaire de la suite a (à partir du rang N ), d’où celui de la
suite n 7! f (an ), laquelle converge donc vers f (aN ) = f ( ). Il en résulte43
17
x !`
la remarque 4) les tendances , d’où (par continuité45 de f en `)
y !m
celle f x ! f (`). Or, puisque g prend ses valeurs dans le graphe de f , on a
l’égalité séquentielle f x = y, d’où les égalités m = lim y = lim f x = f (`) et
l’appartenance lim g 2 G. Conclusion :
Remarques Soit D A.
1. De la continuité de f en chaque a 2 A on déduirait celle de f en chaque d 2
D, i. e. celle de f sur D. Par conséquent, la "continuité-sur" passe à la sous-
partie, au sens des implications
18
Ce cycle bouclant, les implications en jeu sont des équivalences. En ne retenant
que le deuxième énoncé de droite, nous pouvons a¢ rmer que48
Cela s’énonce parfois sous la forme plus "compacte" (bien s’assurer que tous les
implicites de cette forme soient clairs)
f est continue en a
=) g f est continue en a.
g est continue en f (a)
19
Démonstration
Exemples
1. Soit N 2 N et imposons que E est une algèbre à multiplication continue52 .
Par composition, la multiplication E N ! E est alors continue, donc (par
combinaisons linéaires)
20
1. Soit E i Ai
F i fi une famille53 …nie telle que, pour chaque i, Ei et Fi sont des
espaces vectoriels normés, Ai Ei et f : Ai ! Fi . Alors
Q Q
Ai ! Fi
l’application "produit"
(ai ) 7 ! (fi (ai ))
est continue ssi l’application fi est continue pour chaque i.
Démonstration
1. En notant ' l’application dé…nie par la famille (fi ), on a les équivalences
dé…nition de
Y
' est continue () 8a 2 Ai ; ' ! ' (a)
la continuité a
dé…nition
Y
() 8a 2 Ai ; ' ! ( fi (ai ))
de ' a
prop osition corresp ondante Y
() 8a 2 Ai ; 8i; fi ! fi (ai )
sur les tendances "produit" ai
?
() 8i; 8 2 Ai ; fi ! fi ( )
dé…nition de
() 8i; fi est continue.
la continuité
?
L’équivalence () se justi…e comme la proposition correspondante sur les ten-
dances "produits" (sens (= aisé, sens =) plus délicat).
2. On a les équivalences
dé…nition de
f est continue () 8a 2 A; f ! f (a)
la continuité a
prop osition corresp ondante
() 8a 2 A; 8 2 B; f ! f (a)
sur les tendances "coordonnées" a
interversion de
() 8 2 B; 8a 2 A; f ! f (a)
quanti…cateurs 8 a
dé…nition de
() 8 2 B; f est continue.
la continuité
Exemples Soit n 2 N.
Mn (K) ! Kn
1. Montrons la continuité de l’application a 7 ! tr ai . D’après
i2[1;nj]
le point 1 ci-dessus, il s’agit d’établir à i 2 [1; nj] …xé la continuité de a 7! tr ai ,
laquelle résulte (par composition) de celles des applications polynomiales tr
et a 7! ai .
5 3 L’ensemble indexant est sous-entendu a…n d’alléger les écritures : la lettre i est ainsi partout
muette.
21
Mn (K) ! Kn [X]
2. Montrons la continuité de l’application "polynôme caractéristique" .
a 7 ! a
D’après le point 2 ci-dessus, en choisissant la base canonique de Kn [X] il su¢ t
de prouver que l’application a 7! Coef i
a est continue pour chaque i 2 [0; nj].
X
Or, étant donné un tel i, l’application a 7! Coef
i
a est polynomiale (à n2 coor-
X
données), donc continue, c. q. f. d.
Mn (K) ! Mn (K)
3. Montrons la continuité de l’application "comatrice" .
a 7 ! com a
Il s’agit à i; j 2 [1; nj] …xés d’établir la continuité de l’application a 7! Coef com a :
Ei;j
or cette application est polynomiale car est un déterminant en les coordonnées
de la matrice-argument, ce qui conclut.
Démonstration
Montrons plus généralement que les trois points sont équivalents.
2=)1 (hors programme) Soit a 2 A. Soit C une boule ouverte centrée en f (a) :
l’image réciproque f 1 (C) contient alors a et est ouverte (d’après 2), donc contient
une boule B centrée en a, d’où les inclusions f (B) f f 1 (C) C. Il en résulte la
tendance f ! f (a), i. e. la continuité de f en a.
a
Sanity check : deux normes équivalentes induisant les mêmes ouverts, elles in-
duisent bien les mêmes applications continues.
1=)2 Soit un ouvert de F . Montrons que son image réciproque O :=
f 1 ( ) est ouverte dans A. Soit o 2 O. On a alors l’appartenance f (o) 2 , d’où (vu
que est ouvert) un réel " > 0 tel que B (f (o) ; ") . Par ailleurs, la continuité de f
livre la tendance f ! f (o), d’où un réel > 0 tel que f B (o; ) \ A B (f (o) ; ").
o
Des deux inclusions précédentes résulte celle f B (o; ) \ A , i. e. B (o; ) \ A
O, ce qui conclut d’après la caractérisation des ouverts relatifs en termes de boules.
3=)2 Soit un ouvert de F . Vu pour chaques parties X; Y F l’éga-
c
X
lité f (Y nX ) = f (Y ) f (X) , remplacer Y par F livre l’égalité f 1 ( ) =
1 1 1
22
Remarques
On pourrait dans les points 2 et 3 remplacer F par n’importe quelle partie
contenant Im f (en particulier par Im f ).
La proposition précédente s’énonce parfois sous la forme concise
le caractère ouvert (resp. fermé) est préservé par préimage continue54 .
Si l’on remplace dans les points 2 et 3 les images réciproques par les images
directes55 , les implications annoncées tombent en défaut (sauf cas pathologiques).
En e¤et, chaque application constante est continue mais l’image directe (par une
telle application) de chaque partie non vide est un singleton, lequel n’est pas ouvert
si E 6= f0g. De même, pour chaque vecteur b 2 F , l’application continue a 7! (th kak) b
envoie le fermé E sur l’intervalle f bg 1< <1 , lequel n’est pas fermé ssi b 6= 0.
Exemples
1. Sanity checks : soit r 0 un réel. Chaque sphère de rayon r est alors fermée
comme image réciproque du fermé frg par l’application continue "norme". De
même, chaque boule fermée de rayon r est fermée comme image réciproque du
fermé [0; r] par l’application continue "norme" – et chaque boule ouverte de
rayon r est ouverte comme préimage continue de l’ouvert ] 1; r[. En…n, la par-
tie Z est fermée dans R comme image réciproque du fermé f0g par l’application
continue t 7! sin ( t).
2. Soit n 2 N . Le groupe linéaire GLn (K) est alors ouvert dans l’espace vectoriel
normé Mn (K) comme image réciproque de l’ouvert K par l’application conti-
nue det. De même, le groupe spécial linéaire SLn (K) = det 1 (f1g) est fermé
comme préimage continue du fermé f1g.
3. Le lieu d’annulation de chaque application réelle continue sur E est fermé comme
image réciproque du fermé f0g. Réciproquement, chaque fermé de E est le lieu
d’annulation de l’application "distance à ce fermé", laquelle est continue comme
nous le verrons à la section 2.2 (exemple 3). On pourra donc retenir que
les fermés de E sont les lieux d’annulations
des applications réelles continues sur E.
Remarque –hors programme. Cet exemple motive, en remplaçant le cadre
analytique des applications réelles continues par le cadre algébrique des appli-
cations polynomiales, l’étude des variétés algébriques dé…nies par les racines
de polynômes à plusieurs indéterminées. Ces variétés forment les fermés de la
topologie de Zariski dont il a été question au chapEvn1 ? ? ?.
4. Soient r n deux naturels. L’application qui à chaque matrice de Mn (K)
associe la famille de ses mineurs de taille m m où m parcourt ]r; nj] est
alors continue (chaque de ses applications "coordonnée" est continue car po-
lynomiale), donc son lieu d’annulation est fermé. Le rang de chaque matrice
étant par ailleurs le plus grand "côté" d’une de ses matrices extraites inver-
sibles, le lieu d’annulation considéré est formé des matrices de rang au plus r,
ce qui montre le caractère fermé de l’ensemble fa 2 Mn (K) ; rg a rg.
5 4 Par
« préimage continue » on entend « image réciproque par une application continue » .
5 5 Culture
: chaque application préservant le caractère ouvert (resp. fermé) est dite ouverte (resp.
fermée).
23
Proposition56 (continuité et densité)
Soit D A dense dans A, soit g : A ! F , imposons f et g coïncidant sur D
et continues (sur A). Les applications f et g sont alors égales.
Démonstration
Soit a 2 A et soit d 2 DN tel que d ! a (permis puisque D est dense dans A).
Vu l’inclusion D A, l’égalité f (dn ) = g (dn ) fait alors sens pour chaque n 2 N et
est véri…ée par hypothèse : appliquer limn!1 livre alors (grâce aux continuités en a
de f et g) l’égalité f (a) = g (a), c. q. f. d.
Exemples
1. Soit a : R ! R une application continue préservant l’addition. D’après un
exercice classique (cf. ? ? ?), la restriction ajQ est alors une certaine homothé-
tie q 7! q : cette dernière étant continue sur R, dans lequel Q est dense, on a
l’égalité a = IdR .
2. Imposons A = E 6= f0g et f nulle partout sauf en un nombre …ni non nul de
points. Les applications f et 0 coïncident alors sur une partie dense (l’espace
privé d’une partie …nie57 ) et ne sont pas égales, donc l’une des deux n’est pas
continue. Comme l’application constante 0 est continue, c’est f qui ne l’est pas.
En d’autres termes58 ,
pour chaque partie E …nie, chaque application
continue sur E et constante sur E n est constante.
t
= P (det a) t a 1 t
P 1
= t P (com a) t P 1
.
5 6 En termes plus concis : deux applications continues coïncidant sur une partie dense sont égales.
5 7 On pourrait remplacer « …nie » par « dénombrable » .
58 comme « …ni »
5 9 Les multiplications par a sont continues car linéaires sur un espace de dimension …nie.
6 0 On rappelle pour chaque matrice a carrée l’égalité a t com a = (det a) Id.
24
Exercices d’application
1. Soient n 2 un naturel et f : U ! R continue. Montrer alors l’existence
2 i
d’un u 2 U tel que f (u) = f u e n .
2. Soit n 2 N . Établir alors pour chaques matrices a; b 2 Mn (K) les égalités
n 1 n 2
det com a = (det a) , com com a = (det a) a et com ab = com a com b.
25
lorsque n 2 et est constante égale à 1 lorsque n = 1) : on peut donc conclure
comme ci-dessus.
On a pour chaques a; b 2 GLn (K) les égalités
1
com ab = det (ab) t (ab) = (det a) (det b) t a 1 t b 1
= (det a) t a 1 (det b) t b 1 = com a com b.
26
l’appartenance 2 P , d’où celle f ( ) 2 f P . Le membre de droite conte-
nant par hypothèse f (P ), le point f ( ) adhère à f (P ), d’où un q 2 f (P ) tel
que kq f ( )k < ", ce qu’empêchent les minorations ci-dessus 8p 2 P; kf (p) f ( )k >
".
4.
(a) Le sens direct est immédiat, la continuité impliquant celle de la res-
triction à chaque partie.
Pour le sens réciproque, vu la stabilité du caractère "fermé dans A" par
réunion …nie, une récurrence immédiate permet de ramener le nombre de
fermés à 2 (le cas d’un recouvrement à une seule partie est trivial). Soient
donc C; C 0 A deux fermés de A à chacun desquels la restriction de f est
continue, soient 2 A et a 2 AN tels que a ! . Les parties I := a 1 (C)
et I 0 := a 1 (C 0 ) recouvrent alors N, donc l’une des deux au moins est
in…nie : discutons selon que les deux sont in…nies ou non.
Supposons I in…nie et I 0 …nie. En notant N := supN I 0 + 1, on a
alors l’inclusion [N; 1j[ N nI 0 I et la suite (aN +n )n2N est à valeurs
dans a (I) C ; puisqu’elle tend vers , le caractère fermé de C livre
l’appartenance 2 C. La continuité de fjC et le critère séquentiel de
continuité livrent alors la tendance f (aN +n ) ! f ( ), i. e. f (an ) !
n!1 n!1
f ( ), ce qui conclut.
Supposons I et I 0 in…nis. On les paramètre alors à l’aide de deux
extractrices i et i0 . Comme ci-dessus, la limite = limn!1 ai(n) adhère
à a (I) C et appartient à C, d’où la tendance f ai(n) ! f ( ) ; on
n!1
montrerait de même celle f ai0 (n) ! f ( ). Les images I et I 0 resp. de i
n!1
et i0 recouvrant par ailleurs N, on peut conclure à la tendance f (an ) !
n!1
f ( ).
(b) Si F est nul, chaque restriction de f est continue (car alors constante)
et l’équivalence est tautologique. Même conclusion si chaque point 2 A
véri…e 2 = A nf g . On imposera donc pour les contre-exemples suivants
que F est non nul et que A contient un point tel que64 2 A nf g , ce qui
permet d’invoquer un vecteur u 2 F unitaire et une suite injective a 2 AN
tendant vers . Montrons alors que, ces cas pathologiques étant mis à part,
chaque hypothèse est nécessaire.
Si f est nulle partout sauf en où l’on a f ( ) := u, le critère séquen-
tiel de continuité en est alors nié (donc f n’est pas continue) mais la
restriction de f au fermé fpg pour chaque point p 2 A est continue (car
constante) et ces fermés recouvrent bien A. La …nitude du recouvrement
est donc indispensable en général. (On peut bien sûr s’en passer dans le
cas particulier du recouvrement in…ni par les boules fermées unité de A.)
Soit n un naturel et imposons f nulle partout sauf sur A0 := f g [
fai gi2[1;nj[ où l’on impose f ( ) = u et f (ai ) = iu pour chaque i 2 [1; nj[.
Chacune des n images réciproques f 1 (b) lorsque b décrit [0; nj[ u est alors,
à l’exception de f 1 (f0g), fermée (car …nie), la restriction à chacune de
ces images réciproques est continue car constante mais l’application f n’est
6 4 Culture : un tel point (non isolé) est appelé un point d’accumulation de A.
27
pas continue en 0 (le critère séquentiel de continuité en n’est pas véri…é).
Par conséquent, on ne peut se passer en général du caractère fermé de
chaque partie du recouvrement …ni considéré, quel que soit son cardinal.
(On peut bien sûr s’en passer dans le cas particulier des recouvrements par
des ouverts.)
Remarques
Étant donné un réel L comme ci-dessus, on quali…e f de L-lipschitzienne.
Soit un tel L, soit N une norme équivalente à N et soient ; > 0 tels que N
N N. On a alors à a; b; 2 E …xés les comparaisons
1 L L
N (f (a) f (b)) kf (a) f (b)k ka bk N (a b) ,
L
ce qui montre que f est -lipschitzienne pour la norme N. Il en résulte66
l’invariance du caractère lipschitzien par passage à une norme équivalente.
Lorsque F = K, l’application f est lipschitzienne ssi les taux d’accroisse-
ments f (a)a fb (b) sont bornés lorsque (a; b) décrit les couples de points distincts de A.
Le graphe de f est donc "coincé" dans un cône d’ouverture 2 arctan L en chaque point
de son graphe :
FIG
On retrouve ainsi, via la formule des accroissements …nis, que chaque application
dérivable (de source un intervalle réel) est lipschitzienne ssi sa dérivée est bornée.
En terme de graphes, l’application f est uniformément continue si son graphe
est compris, pour chaque point G de ce graphe, dans un rectangle centré en G de
hauteur " et de largeur associée :
FIG
Il apparaît ainsi graphiquement que
6 5 De
Rudolph Lipschitz, mathématicien allemand de la …n du XIX e siècle.
6 6 La
continuité uniforme est elle aussi invariante par passage à une norme équivalente (cf. remarque
en …n de l’exercice 2a).
28
chaque application lipschitzienne est uniformément continue67 .
Exemples
1. Les comparaisons triangulaires jkak kbkj ka bk expriment précisément
le caractère 1-lipschitzien de la norme de E (à valeurs dans l’espace vectoriel
normé R). En conséquence :
3. Imposons A non vide, ce qui donne sens à l’application "distance à A" dé…nie
par
E ! R+
:=
e 7 ! inf a2A d (a; e)
et soient p et q deux points de E. Vu pour chaque a 2 A les majorations
com paraison
(q) = inf d ( ; q) d (a; q) d (a; p) + d (p; q) ,
2A triangulaire
6 7 Formellement, lorsque f est L-lipschitzienne, imposer (à " > 0 …xé) dans la dé…nition de l’uni-
"
forme continuité := L
6 8 Formellement, l’application f est une isométrie ssi 8a; b 2 A; kf (a) f (b)k = ka bk
29
la di¤érence (q) d (p; q) minore l’ensemble fd (a; p)ga2A , donc minore sa borne
inférieure (p), ce qui s’écrit (q) d (p; q) (p), i. e. (q) (p) kp qk.
Observer la symétrie des rôles joués par p et q livre alors69 la majoration (p)
(q) kq pk, d’où la conclusion j (p) (q)j kp qk et le caractère 1-
lipschitzien de . En conséquence,
E (N) ! P E
l’opérateur "somme" est continu car 1-lipschitzien.
a 7 ! n2N an
Exercices d’application
6 9 Appliquer le même raisonnement en échangeant les lettres p et q.
7 0 Culture hors programme : la conclusion est maintenue en remplaçant les familles …nies de E par
les familles sommables de E.
7 1 La notation ` (S) désigne la longueur du segment S.
7 2 On a utilisé le caractère local de la continuité.
30
1. Montrer que le caractère lipschitzien est préservé par composition (dès que cela
fait sens).
2.
(a) Montrer que f est uniformément continue ssi73
8a; b 2 AN ; an bn ! 0 =) f (an ) f (bn ) ! 0.
(b) En déduire que l’application réelle t 7! cos t2 n’est pas uniformément conti-
nue sur R.
(c) Déterminer l’intérieur dans l’espace C (R+ ; R) muni de la norme uniforme
de la partie formée par les applications uniformément continues.
3. Soit c 2 A. Montrer alors que l’application74
a6=b k' (a) ' (b)k
' 7! k' (c)k + sup
a;b2A ka bk
dé…nit une norme sur l’espace des applications lipschitziennes de A vers F . Ces
normes sont-elles équivalentes lorsque c décrit A ?
———————————————————————————————–
1. Imposons f lipschitzienne, soit g une application75 lipschitzienne sur Im f ,
soient L; M > 0 des réels tels que f et g soient resp. L-lipschitzienne et M -
lipschitzienne. On a alors pour chaques a; b 2 A les majorations
k[g f ] (a) [g f ] (b)k = kg (f (a)) g (f (b))k
g est M - f est L-
M kf (a) f (b)k M L ka bk ,
lipschitzienne lipschitzienne
Soit un tel ". L’axiome du choix nous donne alors deux suites a; b 2 AN
kan bn k < 21n
telles que 8n 2 N; . En particulier, la suite a b
kf (an ) f (bn )k "
tend vers 0 mais les comparaisons kf (an ) f (bn )k " > 0 empêchent la
tendance f (an ) f (bn ) ! 0, ce qui conclut par contraposée.
n!1
Remarque –Puisque le prédicat « tendre vers 0 » est inchangé par pas-
sage à une norme équivalente, il en est de même pour la continuité uniforme.
7 3 Cette équivalence est un critère séquentiel d’uniforme continuité.
7 4 Rappel : la borne supérieure considérée l’est dans R+ .
7 5 L’espace vectoriel normé but de g est sous-entendu.
7 6 Remplacer (dans la dé…nition de l’uniforme continuité de f ) le 1
par 2n
pour chaque naturel n.
31
(b) Notons f l’application considérée. L’idée est que f oscille de plus en
plus p
vite entre deux même valeurs ( 1). Dé…nissons donc une suite a :=
n 7! n et soit n 2 N .
FIG
On a alors d’une part les égalités et tendances
p p (2n + ) (2n )
a2n+1 a2n = 2n + 2n = p p
2n + + 2n
p ! 0,
2n n!1
d’autre part l’égalité sup (pP ) = p sup P valide pour chaque réel p positif et
pour chaque partie P R+ , on peut réécrire
32
d’où (en divisant par ka bk) celles
k[f + g] (a) [f + g] (b)k kf (a) f (b)k kg (a) g (b)k
+
ka bk ka bk ka bk
6= kg ( ) g ( )k
S + sup .
; 2A k k
k[f +g](a) [f +g](b)k kg(a) g(b)k
Il en résulte la majoration supa6a;b2A
=b
ka bk S +supa6a;b2A
=b
ka bk .
Ajouter [f + g] (c) = f (c) + g (c) livre alors la majoration N (f + g) N (f ) +
N (g), ce qui …nit d’établir que N est une norme.
Montrons que les normes considérées sont dans la même classe d’équiva-
lence. Soit c0 2 A et notons N 0 la norme induite sur Lip (A; F ) par c0 . On a
alors les majorations
N 0 (f ) N (f ) = kf (c0 )k kf (c)k kf (c0 ) f (c)k S kc0 ck
(S + kf (c)k) kc0 ck , d’où N 0 (f ) (1 + kc0 ck) N (f ) .
Échanger les rôles de c et c0 montrerait alors l’équivalence de N et N 0 , ce qui
conclut.
Démonstration
(= Vu pour chaques a; b 2 E les majorations
a a
de norme kvk = =j j = 1=
kak kak
a f est
et d’image f (v) = f = f (a) .
kak linéaire kak
7 8 Le membre de droite 9C > 0; 8a 2 E; kf (a) f (0)k C ka 0k s’énonce parfois « f est
lipschitzienne en 0 » .
33
De la majoration kv 0k < 2 l’on peut alors déduire celle kf (v) f (0)k < 1, d’où
les majorations
kak kak kak 1
kf (a)k = f (v) = kf (v)k < = C kak en notant C :=
|{z} | <1
{z }
>0
La majoration kf (a)k C kak restant valide lorsque a = 0 (elle s’écrit alors 0 0 par
linéarité de f ), on a terminé.
Le sens direct est une adaptation immédiate de la preuve ci-dessus, celui réciproque
est établi dans la dernière preuve de cette section (preuve au programme).
Sanity check : si E est une algèbre, sa multiplication est alors bilinéaire, donc
(d’après l’équivalence ci-dessus) continue ssi 9C > 0; 8a; b 2 E; kabk C kak kbk.
On retrouve bien notre "dé…nition" d’une algèbre à multiplication continue donnée
au chapitre evn1 ? ? ? en …n de section Normes, distances, équivalence de normes.
Exemples
1. Soit E un ensemble et imposons E = B (E; F ) (muni de la norme uniforme). Les
8e 2 E
majorations ; kf (e)k kf k montrent alors que
8f 2 E
chaque évaluation sur B (E; F ) est continue (car 1-lipschitzienne).
En particulier, lorsque FE = K N
, les majorations 8n 2 N; jan j kak pour
chaque suite a 2 E convergente donnent (en appliquant lim) la majoration jlim aj
kak, d’où
la continuité sur KN
cv de l’application lim (qui est 1-lipschitzienne).
7 9 Nous l’avons de fait établi au chapitre evn1 ? ? ? dans le cas particulier de l’exo d’entrainmen-
tEvn1 ? ? ?normesMatrcieSubordonée ? ? ?
8 0 On a plus généralement la majoration jjjg f jjj jjjgjjj jjjf jjj pour chaque espace vectoriel
normé G et pour chaque g 2 Lc (F; G), dès que f 2 Lc (E; F ).
8 1 L’espace vectoriel normé produit E est normé comme d’habitude par (a )
i i2I 7! supi2I kai k.
34
2. Toujours sur B (N; K), le "tapis roulant" := a 7! (a1 ; a2 ; a3 :::) vers la gauche
est 1-lipschitzien vu à a 2 B (N; K) …xé les majorations
reparam étrer
k (a)k = sup j (a)n j = sup jan+1 j = sup jam j sup jam j = kak .
n2N n2N m:=n+1 m2N m2N
Démonstration
Imposons E de dimension …nie et f linéaire. La continuité de f étant alors inva-
riante par équivalence de normes, il su¢ t d’établir cette continuité pour une norme
de E. Soit pour cela une partie basique B E …nie (légitime car E est de di-
mension …nie),
P laquelle induit (d’après l’exercice ? ? ?chapEvn1) une norme N sur E
véri…ant N b2B b b = sup b2B j b j pour chaque 2 KB . On a a alors pour
chaque a 2 E, en notant ( b )b2B la famille des coordonnées de a dans la base (b)b2B ,
les majorations
!
X X X
kf (a)k = f bb = b f (b) j bj kf (b)k
|{z}
b2B b2B b2B
sup 2B j j=N (a)
!
X
kf (b)k N (a) , ce qui conclut.
b2B
Démonstration
35
Soit V un tel sous-espace vectoriel et soient v 2 V N et ` 2 E tels que v ! `.
Notons alors W := V + K` et soit 2 L (W ) dont l’ensemble des points …xes est V
(si ` 2 V , alors W = V et l’identité IdW convient, sinon le projecteur sur V parallèle-
ment à K` fait l’a¤aire). L’espace vectoriel W est de dimension …nie au plus 1 + dim V
et est naturellement normé par la norme induite par celle de E : en particulier, la
tendance82 v ! ` a lieu dans E comme dans W . En tant qu’application linéaire
de source un espace vectoriel de dimension …nie, l’endomorphisme est continu,
d’où la tendance (vn ) ! (`). Or chaque terme de la suite v tombe dans V ,
n!1
i. e. est …xe par , donc la tendance précédente se réécrit vn ! (`), d’où les
n!1
égalités (`) = lim v = `, ce qui montre que ` est …xe par , i. e. appartient à V ,
c. q. f. d.
Remarques
Cette preuve est assez …ne : sans utiliser la continuité des endomorphismes en
dimension …nie, laquelle repose sur l’équivalence des normes en dimension …nie (un
gros théorème), il semble délicat d’établir le résultat annoncé.
Quand E est déjà de dimension …nie, une preuve plus courte est toutefois
disponible. Chaque sous-espace vectoriel se décomposant comme intersection …nie
d’hyperplans, il su¢ t de montrer que chaque hyperplan de E est fermé. Or chaque
hyperplan de E est le noyau d’une forme linéaire sur E, laquelle est continue puisque E
est de dimension …nie ; un tel hyperplan est donc fermé comme image réciproque du
fermé f0g par une application continue.
Il peut bien sûr y avoir des sous-espaces vectoriels non fermés ! Ceux-là seront
néanmoins de dimension in…nie, à l’instar de K [X] qui ne contient pas, bien qu’elle
lui adhère, la limite uniforme exp dans C ([0; 1] ; K).
Démonstration
Imposons f multilinéaire. On peut alors invoquer une famille …nie (Ei )i2I d’espaces
vectoriels normés chacun de dimension …nie dont E est le produit. On peut ensuite
Bi
invoquer comme dans la preuve "1-linéaire" une famille N i i2I
telle que, à i 2 I …xé,
d’autre part Bi est une partie basique …nie de Ei , d’autre part Ni est une norme
sur Ei véri…ant
36
Montrons alors la continuité de f pour la norme produit N := ai i2I 7! supi2I ai
induite par la famille de normes (Ni )i2I , ce qui conclura en vertu de l’équivalence des
normes de E. Q
Quitte à reparamétrer le produit E = i2I Ei et à renommer ses facteurs, on peut
imposer I = [1; nj] où n := Card I et réécrire à …ns de visibilité le produit E sous la
forme E1 E2 En .
Soit a =: a1 ; a2 ; :::; an 2 E. Pour chaque i 2 I, notons ib b2Bi la famille des
coordonnées de ai dans la base (b)b2Bi . On majore alors comme dans la preuve "1-
linéaire" :
!
X X X
1 2 n
kf (a)k = f b b; b b; :::; bb
b2B1 b2B2 b2Bn
f est X
1 2 n
= b 1 b2 bn f (b1 ; b2 ; :::; bn )
n-linéaire
b2B1 B2 Bn
X
1 2 n
b1 b2 bn kf (b1 ; b2 ; :::; bn )k
b2B1 B2 Bn
| {z }
ka1 k ka2 k kan k
X
1 2 n
a a ka k kf (b)k
b2B1 B2 Bn
X
= C a1 a2 kan k en abrégeant C := kf (b)k .
b2B1 B2 Bn
37
alors majorer84
n
X
kf (x) f (a)k = f a1 ; :::; ai 1
; xi ai ; xi+1 ; :::; xn
i=1
n
X
f a1 ; :::; ai 1
; xi ai ; xi+1 ; :::; xn
i=1
n
X
C a1 ai 1
xi ai xi+1 xi+1 .
i=1
Exercices d’application
1. Soient n un naturel et a > 1 un réel. Montrer qu’il y a un réel C > 0 tel
que 8P 2 Kn [X] ; jP (a)j C sup[ 1;1] jP j.
2.
(a) Imposons E formé des suites scalaires bornées et muni de la norme uni-
forme. Étudier la continuité de la "dérivation discrète" a 7! (an+1 an )n2N .
(b) Imposons E formé des applications scalaires bornées sur [0; 1] et muni de
la norme uniforme. Étudier la continuité de f 7! f (0) f (1).
(c) Imposons E formé des applications scalaires continues sur [0; 1] et muni de
la norme uniforme. Étudier la continuité de f 7! [t 7! f (0) + t (f (1) f (0))].
3. Imposons A = E et f linéaire. Montrer alors l’équivalence des assertions sui-
vantes :
(a) f est continue ;
(b) l’image réciproque de la sphère unité est fermée ;
(c) pour chaque suite a 2 E N tendant vers 0, la suite (f (an ))n2N est bornée.
8 4 La
Q
…n de cette preuve montre la su¢ sance des majorations 8e 2 E; kf (e)k C i2I f ei
pour établir la continuité de l’application multilinéaire f .
38
4. On impose pour cet exercice f linéaire.
(a) Imposons de plus F = K. Montrer alors que le noyau de f est fermé (resp.
dense) si f est continue (resp. n’est pas continue).
(b) Retrouver85 le caractère fermé de la somme de chaque sous-espace vectoriel
de E fermé et de chaque sous-espace vectoriel de E de dimension …nie.
(c) (plus di¢ cile) Imposons cette fois Im f de dimension …nie (sans hypo-
thèse sur l’espace vectoriel normé but F ). Montrer alors que f est conti-
nue ssi Ker f est fermé et donner une interprétation géométrique de cette
équivalence. (On pourra admettre, étant donnés un groupe abélien et trois
parties G; H; S de ce groupe dont S est un sous-groupe, l’implication G
S G + H =) S = G + H \ S.)
(d) Discuter les hypothèses ci-dessus.
———————————————————————————————–
1. On veut montrer la continuité de la forme linéaire "évaluation en a" pour
la norme P 7! sup[ 1;1] jP j. L’espace source Kn [X] étant de dimension …nie,
c’est immédiat. (Le minorant 1 < a ne joue aucun rôle.)
2.
(a) Notons l’application considérée : s’agissant de la somme du "tapis
roulant" vers la gauche et de l’identité, elle est linéaire. Par ailleurs, pour
chaque a 2 B (N; K), vu à n 2 N …xé les majorations
39
E N telle que 8n 2 N; kf (an )k > n kan k. La suite p an fait alors sens87
nkan k n2N
et tend vers 0, cependant que sa suite "image" n’est pas bornée vu à n 2 N les
minorations et tendance
an f linéaire f (a ) kf (an )k n kan k p
f p = p n =p >p = n ! 1,
n kan k n kan k n kan k n kan k n!1
n f linéaire 1 1
f = f( n) = kf ( n )k = 1.
kf ( n )k kf ( n )k kf ( n )k
1
Or les suites ( n )n2N et kf ( n )k
tendent chacune vers 0, donc leur produit
n2N
1 N
aussi, ce qui montre que la suite kf (
n
n )k
de f (S) tend vers un point
n2N
hors de f 1 (S) : cette dernière image réciproque n’est pas donc pas fermée, d’où
la conclusion non-(b).
4.
(a) Si f est continue, son noyau est alors fermé comme préimage continue
du fermé f0g (déjà vu en cours). Supposons à présent f non continue et
soit e 2 E. Comme à l’exercice 3, la linéarité de f et sa non-continuité
permettent d’invoquer une suite a 2 E N telle que 8n 2 N; jf (an )j >
n kan k. La suite n 7! e ff(a(e)
n)
an fait alors sens (d’une part car F = K,
d’autre part car 8n 2 N; jf (an )j > 0) et prend ses valeurs dans Ker f vu
à n 2 N …xé les égalités89
an kan k
Vu par ailleurs à n 2 N les majorations et tendance f (an ) = jf (an )j <
1
!
n n!1 0, la suite considérée (à valeurs dans Ker f ) tend vers e, ce qui
conclut à la densité voulue.
Sanity check : on retrouve le fait que chaque hyperplan est ou bien fermé
ou bien dense (exo ? ? ?chapEvn1) en associant à l’hyperplan considéré une
forme linéaire non nulle dont il est le noyau (la non-nullité excluant le cas
fermé et dense).
(b) Soient F et deux sous-espaces vectoriels de E resp. fermé et de
N
dimension …nie, soient s 2 (F + ) et ` 2 E tels que s ! `, soient f 2
F N et ' 2 N tels que s = f + '.
8 7 Pour
chaque naturel n 1, la minoration kf (an )k > n kan k empêche la nullité de an .
8 8 Quitte
à extraire à nouveau, on peut toujours imposer 8n 2 N; kf ( n )k > 0.
8 9 Comme si on unitarisait a et e relativement à f au lieu de relativement à la norme de E.
n
40
Une récurrence immédiate permet d’imposer que soit une droite
vectorielle en somme directe avec F . Notons alors le projecteur de F
sur parallèlement à F , soit v 2 E tel que = Kv et notons v la forme
linéaire "coordonnée dans la base (v)" dé…nie sur la droite . La forme
linéaire := v a alors pour noyau
1 1
Ker = Ker (v )= (Ker v ) = (f0g) = Ker = F,
la suite ' = (v ('n ) v)n2N tend vers (`) v, donc la suite s ' = f tend
vers ` (`) v, d’où les égalité et appartenance
`= lim f + (`) v 2 F + , c. q. f. d.
| {z } | {z }
2F car F est ferm é 2Kv=
41
Soit e 2 E. On a alors les égalités
!
X X X
b b b
f (e) = f (e) b = f (e) f (ab ) = f f (e) ab ,
b2B b2B b2B
P
d’où l’appartenance e f b (e) ab 2 Ker f , ce qui montre celle e 2
P b2B
Ker f + b2B f b (e) ab Ker f + , c. q. f. d.
(d) Le sens direct ne requiert aucune autre hypothèse que la continuité
de f . Montrons cependant que le sens réciproque est faux en général. On
imposera que E et F admettent chacun une base-suite, mettons a 2 E N
et b 2 F N chacune libre (en tant que famille de vecteurs) et formée de vec-
teurs unitaires (quitte à unitariser ces vecteurs). L’application linéaire92 '
dé…nie par an 1 7! nbn pour chaque naturel n 1 est alors injective, i. e.
de noyau nul (a fortiori fermé), mais les égalités k'(a n 1 )k
kan 1 k = nkb1n k = n
pour chaque n 2 N nient la continuité de '.
9x extractrice
8a 2 AN ; ; ax(n) ! `.
9` 2 A n!1
Remarque –La "relation" de tendance étant inchangée par passage à une norme
équivalente, le prédicat ci-dessus (d’argument A) l’est également, ce qui montre que
42
Avant de donner quelques exemples, voyons deux restrictions topologiques des
compacts. D’une part, ces restrictions permettent de manipuler la dé…nition ci-dessus,
d’autre part elles décrivent complètement les compacts de chaque espace vectoriel
normé de dimension …nie (cf. section 3.3), ce qui en donne la pleine intuition dans ce
cadre.
Propriété
Chaque compact de E est fermé et borné.
Exemples
1. Pour chaque e 2 E, chaque suite à valeurs dans le singleton feg est constante
et tend vers e, donc admet une sous-suite (elle-même) tendant vers un point
de feg. Par conséquent,
43
5. On impose que E soit l’espace vectoriel des suites scalaires bornées muni de la
norme uniforme. Lorsque A est formée des suites resp. stationnant à 0, tendant
vers 0, convergentes, périodiques, elle n’est pas compacte en tant que sous-
espace vectoriel strict. Lorsque A est formée des suites dont 0 est une valeur
d’adhérence. (resp. croissant strictement), elle contient la suite ( ; 0; 0; 0; :::)
j j
(resp. n 7! n+1 ) pour chaque scalaire , donc n’est pas bornée, a fortiori n’est
pas compacte.
6. Les segments réels sont compacts94 d’après le théorème de Bolzano-Weiertrass
vu en première année. En d’autres termes :
I := fi 2 N ; 8n 2 ]i; 1j[ ; an ai g
est in…ni, mettons I = fi0 < i1 < i2 < g pour une certaine suite i 2 NN ,
la sous-suite (ain )n2N croît alors. Sinon, l’entier M := 1 + max I fait sens et
l’on a alors pour chaque naturel i M la non-appartenance i 2 = I, laquelle
s’écrit 9n 2 ]i; 1j[ ; an < ai , ce qui légitime la dé…nition de l’application
(Le second point découle du premier, une telle suite prenant alors ses valeurs
dans une boule fermée, a fortiori dans un compact.)
8. (plus di¢ cile) Soit a 2 E N une suite convergente et soit une suite à valeurs
dans K := fan gn2N [ flim ag. Si cette suite atteint au moins un point de K une
in…nité de fois, on pourra alors en extraire une suite constante valant partout
ce point, donc convergeant dans K, d’où une valeur d’adhérence dans K. Sinon,
on peut (par un exercice classique de première année) en extraire une suite
injective évitant n’importe quelle partie …nie de K, en particulier évitant le
point lim a, laquelle sous-suite est alors la forme ai(n) n2N où i : N ,! N est
injective ; l’injectivité de i livrant la tendance i ! 1 (classique de première
9 4 Sanity check : chaque segment réel est fermé et borné.
9 5 La réciproque est valide, hors programme et sera établie à la section 3.3.
44
année), on obtient la tendance ai(n) ! lim a, d’où une valeur d’adhérence
n!1
dans K. Conclusion :
les termes et la limite de chaque suite convergente de E N
forment une partie compacte de E:
Sanity check : d’une part chaque suite convergente est bornée (et rajouter un
point ne change pas le caractère borné), d’autre part les termes de la suite
convergente considérée forment (d’après l’exercice ? ? ?chapEvn1) une partie dont
l’adhérence vaut K, d’où le caracère fermé de ce dernier.
Démonstration
Le sens direct est immédiat, l’unique valeur d’adhérence étant alors la limite de la
suite considérée.
Soit maintenant a 2 K N possédant une seule valeur d’adhérence, notée `, et sup-
posons par l’absurde que a ne tend pas vers `. Il y a alors une extractrice x et un
réel r > 0 tels que 8n 2 N; d ax(n) ; ` > r. D’une part, la suite ax(n) n2N prend ses
valeurs dans le compact K, donc possède une valeur d’adhérence, laquelle est aussi
valeur d’adhérence de a (puisque ax(n) n2N est extraite de a), donc vaut `, d’autre
part la minoration inf n2N d ax(n) ; ` r > 0 empêche la tendance vers ` de chaque
sous-suite de ax(n) n2N : contradiction.
Crelle.
45
Démonstration
Imposons f continue et supposons-la par l’absurde non uniformément continue.
Il y a alors99 deux suites a; b 2 AN dont la di¤érence tend vers 0 telles que la
suite (f (an ) f (bn ))n2N ne tend pas vers 0. Cette non-tendance permet d’invoquer
un réel r > 0 et une extractrice x tels que 8n 2 N; f ax(n) f bx(n) > r. Soient
alors (par compacité de A) une extractrice y et un point 2 A tels que ax(y(n)) ! .
n!1
La tendance a b ! 0 livre alors celle bx(y(n)) ! , d’où (par continuité de f
n!1
en ) la tendance f ax(y(n)) f bx(y(n)) ! f( ) f ( ) = 0, ce qu’interdisent
n!1
les comparaisons f ax(n) f bx(n) > r.
Autre preuve (hors programme) : soit " > 0 et dé…nissons
n "o
O := O ouvert ; 8o; ! 2 O \ A; kf (o) f (!)k < .
2
Exercices d’application
1. Soit n 2 N . Montrer alors la compacité des groupes orthogonal On et spécial
orthogonal SOn .
2. Imposons f d’image compacte et de graphe fermé. Montrer alors la continuité
de f .
9 9 Par le critère séquentiel de continuité uniforme, cf. exercice 2a section2.2.
1 0 0 Invoquer convenant pour 4" et majorer kf (o) f (!)k par kf (o) f (a)k + kf (a) f (!)k.
1 0 1 Rappel : on a l’équivalence d (O; ) > 0 () O \ = ; pour toutes parties O; E (le
singleton f1g n’est là que pour garantir la …nitude de dans le cas où chaque O 2 rencontre
chaque 2 ).
1 0 2 Les appartenances a; i 2 O et la continuité de f livrent la majoration kf (a) "
f (i)k 2
(idem
pour ; i 2 ).
1 0 3 Chaque < inf a;b2A
a6=b d (a; b) convient alors, indépendamment du " > 0 invoqué.
46
3. Montrer que la distance de chaque compact de E à chaque fermé de E est nulle
ssi ces deux parties se rencontrent.
4. Soit S un segment réel in…ni et imposons E = B (S; K) (muni de la norme
uniforme). Montrer alors que sa sphère unité n’est pas compacte.
5.
(a) Soient K E un compact et r > 0 un réel. Montrer alors que l’on peut
recouvrir K par un nombre …ni de boules de rayon r. On pourra admettre
l’existence d’une application104 c : P (K) ! K telle que c (P ) 2 P pour
chaque partie P K non vide.
(b) Soit K un compact de C (A; F ) muni de la norme uniforme. Montrer alors
l’énoncé
8" > 0 8v; w 2 V
; 9V voisinage de a dans A; ; kf (v) f (w)k < ".
8a 2 A 8f 2 K
———————————————————————————————–
1. L’espace vectoriel Mn (R) étant de dimension …nie, il s’agit d’établir les
caractères fermé et borné de On et SOn . Puisque SOn est l’intersection de On
avec le fermé SLn (R), il su¢ t de montrer que On est un fermé borné. Or d’une
part la transposition et la multiplication de Mn (R) sont continues, donc On est
fermé comme image réciproque du fermé fIn g par la composée continue a 7!
a t a, d’autre part, à o 2 On …xé, chaque colonne de o est de norme 1 (pour p le
produit scalaire canonique de Rn ) car n > 0, donc o est de norme euclidienne n,
ce qui montre que On est borné (car inclus dans une sphère).
Sanity checks : on retrouve la compacité de la paire O1 = f 1; 1g.
2. Soit a 2 AN convergente. On veut alors montrer la convergence de la
suite (f (an ))n2N , ce qui revient (par compacité de Im f ) à montrer qu’elle admet
au plus une valeur d’adhérence. Soient donc x une extractrice et ` 2 f (A) tels
ax(n)
que f ax(n) ! `. La suite f (ax(n) )
est alors à valeurs dans le graphe
n!1
n2N
de f et tend vers ` , d’où (puisque ce graphe est fermé) l’égalité ` = f ( ), ce
qui conclut (la seule valeur d’adhérence possible est f ( )).
Remarque – Cet exercice est une réciproque de l’exemple 8 section 2.1 sous
une hypothèse de compacité, laquelle est en général nécessaire : l’inversion de R
prolongée par 0 7! 0 a un graphe fermé mais n’est pas continue.
3. Soient K E un compact et C E un fermé, notons la distance inf c2C k2K d (k; c).
Si K et C se rencontrent, mettons en un certain point a, on a alors la minora-
tion d (a; a) = 0 et la conclusion = 0. Supposons réciproquement = 0.
Le compact K n’est alors pas vide (sinon la distance serait in…nie), donc la
restriction à K de l’application continue "distance à C" atteint sa borne infé-
rieure en un certain a 2 K. La nullité de la distance = d (a; C) et le caractère
fermée de C livrent alors l’appartenance a 2 C, ce qui montre que K et C ne
sont pas disjoints.
1 0 4 Un tel c est appelé une application de choix sur K car elle nous permet de "choisir" un élément
dans chaque partie (non vide) de K : il su¢ t pour cela d’appliquer l’application de choix c sur une
telle partie.
47
4. Notons105 : R ! R l’application t 7! max f0; 1 j1 2tjg, soit s 2 S N
t sn
croissant strictement et, pour chaque naturel n notons n := t 7! sn+1 sn
FIG
laquelle est nulle en dehors de [sn ; sn+1 ] (car est nulle en dehors de [0; 1]) et
appartient à la sphère unité de E vu
sn + sn+1 1
les majorations j nj max j j = 1 et les égalités n = = 1.
2 2
ce qui montre que la suite ( n )n2N ne possède aucune valeur d’adhérence, d’où
la non-compacité voulue.
Remarque –On montrerait de même à l’aide de la suite t 7! enit n2N que la
boule unité de C ([0; 2 ] ; C) muni de la norme d’indice 2 n’est pas compacte.
Ce sont deux applications du théorème de Riesz (cf. exercice 1c section 3.3).
5.
(a) Raisonnons par l’absurde et soit r > 0 tel qu’aucune famille …nie de
boules de rayon r ne recouvre K. Soit c une application de choix sur K
(livrée par l’énoncé). On dé…nit alors une suite k 2 KN par la récurrence106
-n 1 !
[
8n 2 N; kn = c K B (ki ; r) .
i=1
Par compacité de K, la suite k admet une valeur d’adhérence, d’où deux na-
turels p < q tels que kkq kp k < r, i. e. tels que kq 2 B (kp ; r). Vu la majo-
Sq 1
ration p q 1 entre entiers, on a alors l’appartenance kq 2/ i=1 B (ki ; r) ;
Sq 1
or, par dé…nition de la suite k, le terme kq tombe dans K i=1 B (ki ; r) ,
d’où la contradiction.
Autre Ssolution (expéditive, hors programme) : extraire du recouvre-
ment K k2K B (k; r) un recouvrement …ni.
Remarque –La propriété montrée sur K s’appelle sa précompacité. Nous
venons ainsi de montrer que chaque compact est précompact. On pourrait
(hors programme) montrer que A est précompacte ssi de chaque suite à
valeurs dans A on peut extraire une suite de Cauchy, d’où l’équivalence
entre les caractères compact d’une part et complet et précompact d’autre
part.
105 comme « Dirac » , les applications n étant des analogues continus des Dirac séquentiels.
1 0 6 L’argumentde c est bien non vide par hypothèse sur r. Observer en particulier la valeur du
premier terme k0 = c (K).
48
(b) Soient " > 0 et a 2 A. D’après la question précédente,
S on peut invoquer
un ensemble …ni I et une famille k 2 K I tel que i2I B (ki ; ") K. En
A ! KI
notant alors := , l’application est continue
7 ! (ki ( ))i2I
par continuité de chaque application "coordonnée" de la famille k, donc on
peut invoquer un voisinage V de a tel que 8v; w 2 V; k (v) (w)k < ".
Soit en…n f 2 K et soit i 2 I tel que f 2 B (ki ; ") : on peut alors pour
chaques v; w 2 V majorer
kf (v) f (w)k kf (v) ki (v)k+kki (v) ki (w)k+kki (w) f (w)k < 3",
| {z } | {z } | {z }
kf ki k<" k (v) (w)k<" kki f k<"
3.2 Propriétés
49
3. Il su¢ t par récurrence de traiter le cas d’un produit de deux compacts. Soit
N
donc L un compact, soit a 2 (K L) et notons109 k` 2 K N LN les suites
"coordonnées" de a. On extrait alors (par compacité de K) une suite kx(n) n2N
convergente dans K, puis on extrait (par compacité de L) de `x(n) n2N une
suite `x(y(n)) n2N convergente dans L. La sous-suite ax(y(n)) n2N tend alors
limn!1 kx(n)
vers limn!1 `x(y(n))
, donc converge dans K L.
N
4. Imposons A = K et f continue, soit ` 2 f (K) . On a alors 8n 2 N; 9k 2
K; `n = f (k), d’où (via l’axiome du choix) une suite k 2 K N telle que 8n 2
N; `n = f (kn ). On extrait alors une suite kx(n) n2N tendant vers un certain 2
K, d’où (par continuité de f en ) la tendance `x(n) = f kx(n) ! f ( ) et
n!1
l’appartenance lim ` 2 f (K).
Remarques
Le point 2 est faux pour une réunion in…nie : la réunion ]0; 1] des compacts n1 ; 1
lorsque n décrit N n’est pas fermée, a fortiori non compacte.
Culture hors programme : que devient le point 3 pour un produit in…ni ? D’une
part il s’agirait avant tout de dé…nir une topologie sur un tel produit (ce qui n’est vrai-
ment pas un attendu des concours), d’autre part un théorème publié en 1930 par An-
drey Nikolayevich Tykhonov a¢ rme que ce point reste valide. La démonstration de
ce théorème nécessite toutefois l’axiome du choix, au sens où ce dernier équivaut110 à
la compacité de chaque produit de compacts (au sens de Borel-Lebesgue).
Extraction diagonale. Notre preuve du point 3 contient une idée qui, bien
qu’originellement tournée vers la topologie des produits in…nis d’espaces vectoriels
normés (hors programme), peut se rencontrer dans la préparation des concours (cf.
exercice d’entraînement 7). Soit (n x)n2N une suite d’extractions et pour chaque na-
turel n notons n X := 1 x 2 x n
x . La suite := (n Xn )n2N est alors une
111
extractrice vu à n 2 N …xé les minorations
n+1 dé…nition n n+1 n n+1
n+1 = Xn+1 =
n+1 X
X x n+1
= X x (n + 1)
de
n n
X croît et X croît
n n
X (n + 1) > Xn = n.
n+1 x Id strictem ent
Exemples
1. Avec les compacités des singletons et des segments réels, le point 2 livre
1 0 9 Rappelons K N LN g ! (K L)N
l’isomorphisme canonique d’espaces vectoriels .
(k; l) 7 ! ( (kn ; ln ) )n2N
1 1 0 Cette équivalence a été prouvée 1950 par John L. Kelly et publiée dans la revue polonaise Fun-
damenta Mathematicae.
1 1 1 Rappel : chaque extractrice x véri…e 8n 2 N; x n.
n
50
/
2. Soit K un compact : son bord K K est alors d’une part fermé, d’autre part
inclus dans l’adhérence K = K (chaque compact est fermé) qui est compacte,
donc est fermé dans un compact. Par conséquent :
4. Chaque boule fermée étant l’image continue de la boule unité fermée par une
homothétie puis une translation, l’exemple 3 et le point 4 fournissent
5. Nous avons vu, lorsque E est un espace vectoriel normé produit, que ses boules
sont les produits de boules de ses facteurs. En particulier, lorsque E = K pour
un certain ensemble …ni , l’exemple 4 et le point 3 livrent la compacité des
boules fermées de K . Chaque sphère de E étant par ailleurs le bord d’une boule
fermée (donc d’un compact), l’exemple 2 donne
Application : montrons que la sphère de E est compacte ssi sa boule unité fermée
l’est.
Notons S et B les sphère et boule considérées. La sphère S étant la frontière de B,
la compacité de B implique celle de S d’après l’exemple 2. Réciproquement, si S est
compacte, le produit [0; 1] S est alors compact (comme produit …ni de compacts),
donc son image par l’application continue ( ; s) 7! s est compacte ; or cette image
vaut B, ce qui conclut.
Démonstration
Imposons A compacte et f continue. L’image f (A) est alors compacte (d’après
une propriété précédente), donc est bornée.
Imposons de plus A non vide et f réelle. La partie f (A) R est alors un fermé
borné (car compact) non vide (car A 6= ;), donc sa borne supérieure fait sens et lui
appartient, ce qui s’écrit 9a 2 A; f (a) = supA f . On prouverait de même que inf A f
est atteint.
Remarques
1 1 2 Cette propriété est essentielle ! Elle caractérise même (hors programme) les compacts non vides.
51
Soit f une application bornée de source E à valeurs dans un espace vecto-
riel normé. On dit parfois que f atteint ses bornes pour dire que l’application
positive kf k atteint les siennes. Avec ce vocabulaire, la proposition précédente se
reformule113 :
chaque application continue sur chaque compact non vide y atteint ses bornes .
Exemples
1. Soient K et L deux compacts non vides de E. L’application (a; b) 7! a b est
alors 1-lipschitzienne sur E 2 (à détailler), a fortiori continue, donc atteint sa
borne inférieure sur le compact K L. En particulier, quand L est un singleton,
nous venons de montrer que
FIG
Exercices d’application
1 1 3 Bienvéri…er la cohérence de cette terminologie avec le cas des applications réelles.
1 1 4 Culture: la partie K + rB s’appelle le r-voisinage de K.
1 1 5 On aurait sinon les comparaisons ka bk inf (u;v)2P ku vk = .
52
1.
(a) Montrer que la somme (…nie) de chaques compacts de E reste compacte.
(b) Montrer que la somme de chaque fermé de E et de chaque compact de E
reste fermée. Cette somme est-elle compacte ?
(c) Donner une condition nécessaire et su¢ sante simple pour que la somme
de chaque fermé borné de E et de chaque compact de E reste compacte.
(On pourra admettre que la sphère unité de E est compacte ssi E est de
dimension …nie.)
2.
(a) Imposons f continue injective et A compacte. Montrer alors que f induit
!f (A) continue de réciproque continue116 .
une bijection Ag
(b) La conclusion tient-elle en remplaçant l’hypothèse « A compacte » par « f (A)
compacte » ?
3. Soit (Kn )n2N
T une suite décroissante de compacts de E. Montrer alors que l’in-
tersection n2N Kn est compacte et non vide117 (sauf cas pathologique à préci-
ser).
4. Imposons d’une part A compacte non vide et stable par f , d’autre part f conti-
nue et telle que
phisme.
1 1 7 Ce résultat s’appelle le théorème des compacts emboîtés et généralise celui des segments
emboîtés.
53
il y a une extractrice x et un 2 K tels que kx(n) ! . La suite c x =
n!1
a x k x tend alors vers ` et prend ses valeurs dans le fermé C,
donc la limite ` reste dans C, d’où l’appartenance ` 2 C + C + K,
c. q. f. d..
Lorsque C n’est pas borné et K est non vide, la somme C + K n’est
pas bornée, donc non compacte. (Le cas où C est fermé et borné est traité
à la question suivante.)
Remarque – Nous avons déjà vu (exo ent 4 evn1 ? ? ?) que la somme de
fermés n’était pas toujours fermée.
(c) Soit C un fermé borné de E et soit K un compact de E. Quand E est
de dimension …nie, C est alors compact et la somme de compacts C + K
reste compacte d’après la question 1a. En revanche, si E n’est pas de dimen-
sion …nie, sa sphère unité n’est pas compacte d’après le théorème de Riesz
(admis), donc sa somme avec le compact f0g n’est pas compacte. Finale-
ment, une condition nécessaire et su¢ sante simple comme voulu est « E
est de dimension …nie » .
2.
(a) Notons g : f (A) ! A la réciproque de f . Il s’agit de montrer la
continuité de g. Soit donc C un fermé de A, i. e. (par compacité de A)
un compact de A : l’image réciproque f (C) de C par g est alors compacte
comme image continue (par f ) du compact C, donc est fermée, ce qui
conclut.
Remarque – Le pré…xe homéo signi…e semblable et est plus lâche que
homo ou iso (signi…ant même ou égal ). C’est sans doute cette nuance
qui a amené les topologues à parler d’homéomorphismes au lieu d’homo-
ou d’isomorphismes d’espaces topologiques. Par exemple, une tasse et un
doughnut n’ont pas du tout la même forme, donc sont littéralement non
homomorphes mais sont pourtant homéomorphes au sens topologique.
[ ; [ g ! U
(b) Lorsque f = , l’image Im f = U est compacte,
t 7 ! eit
l’application f est continue et bijective mais sa réciproque g n’est pas
continue118 car l’image [ ; [ par g du compact U n’est pas compacte
(elle n’est pas fermée).
T
3. Le compact Kn étant fermé pour chaque n 2 N, l’intersection n2N Kn
est fermée dans le compact K0 , donc est compacte. Étant par ailleurs incluse
dans KN pour chaque naturel N , elle sera vide si la suite (Kn )n2N prend une
valeur vide, i. e. (par décroissance) si elle stationne à ; : voici notre cas patho-
logique.
Excluons à présent ce dernier, ce qui s’écrit 8n 2 N; 9k 2 E; k 2 Kn .
L’axiome du choix permet alors d’invoquer une suite k 2 E N telle que 8n 2
N; kn 2 Kn . Vu à n 2 N …xé l’inclusion Kn K0 , la suite k prend ses valeurs
dans le compact K0 et admet donc une valeur d’adhérence `. Or, pour chaque
naturel N , les inclusions 8n 2 ]N; 1j[ ; Kn KN montrent que la suite (kn )n>N
prend ses valeurs dans le fermé KN ; cette suite admettant par ailleurs ` comme
i
1 1 8 On peut aussi nier le critère séquentiel de continuité à l’aide des deux suites e n .
n2N
54
T
valeur d’adhérence, cette limite reste dans KN . L’intersection n2N Kn contient
par conséquent `, ce qui conclut.
T
Autre solution (hors programme) : quand l’intersection n2N Kn est vide, le
compact K0 E peut être recouvert par les ouverts On := E nKn (complémen-
taire du fermé Kn ) lorsque n décrit N, donc (par compacité de K0 ) est recouvert
par un nombre …ni d’entre eux, d’où (par croissance de la suite (Kn )n2N ) un
naturel N tel que K0 E nKN et la conclusion KN = K0 \ KN = ;.
4.
(a) L’application f Id étant continue, elle atteint sa borne inférieure sur
le compact A en un certain point119 : si ce dernier n’était pas …xe par f ,
on aurait en notant 0 := f ( ) les majorations
0
6=
kf ( 0 ) f ( )k < k 0 k = kf ( ) k,
d’où kf ( 0 ) 0
k < inf kf (a) ak ,
a2A
un point …xe.
55
k = f (an )
telle que 8n 2 N; , d’où (par compacité de A) une extrac-
an 2 An
trice x et un point 2 A tels que ax(n) ! . La continuité de f livre
n!1
alors la tendance f ax(n) ! f ( ), ce qui s’écrit k ! f ( ), ou en-
n!1 n!1
core k = f ( ) et l’on montre par ailleurs (comme à la question 3) que la
limite reste dans K, ce qui conclut à l’appartenance k 2 f (K).
(c) Montrons l’égalité K = f g. Soit k 2 K. L’application (a; b) 7! d (a; b)
étant continue sur le compact K 2 , elle atteint son maximum en un certain
couple ( ; ) 2 K 2 . L’inclusion K f (K) montrée à la question 4b) livre
alors deux points a; b 2 K tels que = ff (a)
(b)
: si ces points étaient
distincts, l’hypothèse livrerait alors les majorations
a6=b
sup d (u; v) = k k = kf (a) f (b)k < d (a; b) ,
u;v2K
d’où d ( ; k) = 0, c. q. f. d.
(d) Soit a 2 A et notons i la suite de ses itérés par f . Si l’on montre la
convergence de i, vu les appartenances 8n 2 N; in 2 An , la limite tombera
alors (comme à la question 3) dans l’intersection K = f g, ce qui conclura.
Puisque i est à valeurs dans le compact A, il su¢ t de montrer qu’elle admet
au plus une valeur d’adhérence : or, pour chaque extractrice x, la limite
éventuelle de la suite ix(n) n2N tombe (toujours par le même argument)
\
dans Ax(n) K = f g, ce qui conclut à l’unicité voulue.
n2N
Autre solution (esquissée) : si i atteint , c’est …ni. Sinon la suite :=
n 7! d (in ; ) décroît strictement, donc tend vers inf , supposé non nul par
l’absurde. Extraire ix(n) ! ` livre alors 0 < inf = limn!1 ix(n) =
n!1
f continue
k` k d’où ` 6= et f ix(n) ! kf (`) f ( )k < k` k,
n!1
d’où l’absurde x(n)+1 < inf pour n assez grand.
Remarque – Les compacts An ont pour avantage, comparé à la dernière
solution esquissée, de donner une vision "générale" de la convergence des
suites d’itérés en les "enserrant" chacune vers le point …xe .
Nous sommes à présent armés pour démontrer le principal résultat sur les espaces
vectoriels normés.
Rappelons que la norme de E invoquée est notée N ou a 7! kak.
56
Quand E est de dimension …nie,
ses normes forment une même classe d’équivalence
5. puisque ' est continue125 , la sphère S est compacte en tant qu’image continue
du compact SKB (0; 1).
57
Remarques
Dans la démonstration ci-dessus, remplacer les sphères unité par les boules unité
fermées montrerait que
Sanity check : la compacité de S (0; 1) équivaut à celle de B (0; 1) d’après une appli-
cation section 3.2.
Produit …ni d’espaces vectoriels normés. Dans ce cours, nous avons normé
les produits …nis d’espaces vectoriels normés à l’aide de la norme uniforme. Le théo-
rème ci-dessus montre que n’importe quelle autre norme aurait fait l’a¤aire. (Le choix
de celle uniforme était motivé par pure et simple commodité, à savoir que les boules
"produit" soient les produits de boules.)
Corollaires
Lorsque l’espace vectoriel E est de dimension …nie :
1. aucune des notions topologiques dé…nies dans ce cours et récapitulées ? ? ?chapEvn1 ? ? ?
ne dépend de la norme de E invoquée ;
2. les compacts de E sont ses fermés bornés ;
3. chaque suite bornée de E N possède une valeur d’adhérence ( théorème de Bol-
zano-Weiertrass126 ) et converge ssi elle possède une unique valeur d’adhé-
rence ;
4. chaque application linéaire de source E est continue ;
5. si E est de plus un produit …ni d’espaces vectoriels normés127 , alors chaque
application multilinéaire de source E est continue.
Démonstration
58
4. Établi à la section 2.3.
5. Démontré à la section 2.3.
8n 2 N; d sn ; Vect si = 1 = ksn k .
i2[0;nj[
Démonstration
8n 2 N; sn = c a 2 E ; d a; Vect si = 1 = kak ,
i2[0;n[
59
P
Exemple : dans l’espace vectoriel normé K [X] muni de la norme n2N an X n 7!
maxn2N jan j, la base canonique véri…e les propriétés requises. Vue dans l’espace vec-
toriel normé B (N; K), cette suite devient celle des Dirac133 . Un analogue continu
serait la suite ( n )n2N de l’exercice 4 section 3.1.
60
On véri…era alors pour chaque réel que l’application N fait sens (utiliser la
liberté de la suite a) et est une norme sur E. Par ailleurs, étant donnés deux
N (s ) 0
réels > 0 , la suite N 0 (snn ) = n n’est pas bornée, ce qui
n2N n2N
montre que les normes N et N 0 ne sont pas équivalentes.
Exercices d’application
Soit a 2 E et notons S la sphère unité de E.
1.
(a) Soit V un sous-espace vectoriel de E de dimension …nie. Montrer que la
distance d (a; V ) est atteinte.
(b) En déduire l’impossibilité, lorsque E n’est pas de dimension …nie, de recou-
vrir la boule unité fermée par un nombre …ni de boules ouvertes de rayon 1.
(c) En déduire (à l’aide de l’exercice 5a section 3.1) que E est de dimension
…nie ssi S est compacte.
2. On impose dans cet exercice que l’espace vectoriel E soit de dimension …nie.
(a) Soient C un fermé de E. En notant := d (a; C), montrer que le point a
adhère à la somme C + S (sauf cas pathologique à préciser) et en déduire
que la distance du point a au fermé C est atteinte.
(b) Retrouver le résultat de la question 1a.
(c) (plus di¢ cile) Discuter les hypothèses de la question 2a.
3. On impose dans cet exercice que l’espace vectoriel E soit de dimension …nie.
(a) Imposons f continue à valeurs réelles et telle que136 f (a) ! 1. Mon-
kak!1
trer alors que f atteint sa borne inférieure.
1 3 5 Ce cas singulier permet d’éviter l’utilisation de l’axiome du choix pour invoquer un supplémen-
taire T ainsi qu’une norme dessus.
1 3 6 Les hypothèses impliquent que A soit non bornée.
61
(b) Retrouver les résultats de l’exercice 2.
4. Théorème fondamental de l’algèbre. Imposons dans cet exercice E = C et
soit P 2 C [X] non constant.
(a) Soient v 2 N , 2 C et Q 2 C [X] tels que
P = 1 + X v + X v+1 Q.
62
Remarque – Cette équivalence est attribuée à Frigyes Riesz. Une autre
preuve en est donnée plus haut (point 1 des corollaires "culture hors pro-
gramme").
2.
(a) Soit c 2 C N telle que d (a; cn ) ! d (a; C) et notons sn := cn +
n!1
cn!
a
d(a;cn ) pour chaque naturel n.
FIG
cn!
a
ksn ak = cn!
a = 1 cn!
a
kcn!
ak kcn!
ak
= 1 kcn!
ak = j kcn!
akj ! 0,
kcn!
ak n!1
d ( ; a) = ka k=k k = j jk k = = d (a; C) .
Tout ce qui précède fait sens dès que est …ni, i. e. ssi C est non vide (le
cas pathologique à préciser).
Remarque – L’idée originelle de cette preuve était de se ramener au
cas = 0 immédiat à traiter, la nullité de la distance à chaque fermé équiva-
lant à l’appartenance à ce fermé. La lectrice et le lecteur intéressés pourront
plus généralement à B E …xé établir, en notant := d (A; B), la nullité
de la distance d (A + S; B + S) pour chaques réels ; de somme .
(b) Plaçons-nous dans l’espace vectoriel V + Ka normé par la norme de E.
Dans cet espace vectoriel normé de dimension …nie (qui contient bien le
point a), le sous-espace vectoriel V est fermé car de dimension …nie, donc
le point 2a s’applique.
(c) Imposons E non nul et montrons alors l’existence d’une partie non
fermée (non vide) à n’importe quelle distance de a et telle que cette distance
n’est pas atteinte. Pour chaque réel r > 0, le point a est à distance r de la
partie fv 2 E ; d (a; v) > rg (laquelle est non vide si E 6= f0g) mais cette
distance n’est pas atteinte car cette partie est disjointe de la sphère S (a; r).
Soit E un espace vectoriel normé qui n’est pas de dimension …nie et
montrons l’existence d’un fermé (non vide) de E dont la distance à l’ori-
N
gine
[ n’est pas atteinte. Soit s 2 E comme au lemme 2 et notons C :=
1 + n1 ; 2 sn . Vu à n 2 N …xé les égalité et tendance d 0; 1 + n1 sn =
n2N
1+ n1 ! 1, on peut majorer d (0; C) 1, Chaque c 2 C étant par ailleurs
n!1
63
de la forme sn pour un certain réel > 1 et un certain naturel n, donc
de norme > 1, la distance d (0; C) vaut 1 et n’est pas atteinte.
FIG : le "hérisson" C
= d sp ; Vect si = > 1,
i2[0;p[
FIG
64
(b) Observer pour chaque partie P non bornée les minorations et tendance
(à p 2 P …xé)
ka pk jkpk kakj kpk kak ! 1.
kpk !1
p2P
65
4.1 Motivations (hors programme)
Exemples
1 3 8 Ce résultat a été publié par Bernard Bolzano en 1817 aux éditions Gottlieb Haase.
1 3 9 Ces souhaits sont indépendants : la classe des ensembles satisfait (1) mais pas (2), celle des
ensembles ayant au moins trois éléments satisfait (2) mais pas (1).
1 4 0 En d’autres termes, la classe des connexes est maximale pour les propriétés (1) et (2).
1 4 1 Seuls les chemins continus sont au programme.
1 4 2 Autoriser la source d’un chemin à être …nie ne rajouterait que des chemins constants, lesquels
66
[0; 1] ! E
1. Ligne droite. Soient a; b 2 E. L’application ! est alors
t 7 ! a + tab
un chemin d (a; b)-lipschitzien de a à b, appelé la ligne droite143 de a à b. Son
image est le segment [a; b].
FIG
! C [ ; ]
2. Arc de cercle. Soient ; 2 R. L’application 1-lipschitzienne144
7 ! ei
est alors un chemin continu de ei à ei (dans le plan C), son image est l’arc de
cercle de ei à ei parcouru dans le sens positif.
FIG
Remarques
Indépendance en l’espace sous-jacent. Un chemin continu dans A est un
chemin dans A par lequel l’image réciproque de chaque ouvert de A est ouverte.
Cette continuité s’exprime donc uniquement en termes d’ouverts de A, ce qui permet
d’oublier l’espace vectoriel normé E sous-jacent146 . On parlera ainsi volontiers et
sans plus de précisions de chemins continus dans R+ , R , [0; 1], Z, Q, U, GL18 (C),
O42 (R)...
Segment source. Soit S ! A un chemin et notons L la 8 longueur du seg-
< [0; 1] g! S
ment S. Quitte à composer à droite par le paramétrage canonique147 t 7 ! min S + tL ,
: s min S
L j s
on pourra toujours au besoin imposer le segment source valoir S = [0; 1], a fortiori
n’importe quel segment in…ni.
Chemins sans recoupements (hors programme). Soient a 6= dans A : si
la partie A contient un chemin continu de a à , elle contiendra alors148 un tel chemin
"sans boucles", i. e. injectif.
1 4 3 Un !
tel chemin est dérivable et de vitesse constante ab. Il est donc parcouru d’autant plus rapi-
dement que la distance d (a; b) est grande.
1 4 4 L’espace vectoriel C est ici normé par le module.
1 4 5 Nous construirons une telle courbe de Peano au chap ? ? ?
1 4 6 On quali…e ainsi la notion de "chemin dans" d’intrinsèque.
1 4 7 Sa réciproque fait bien sens : on peut diviser par L car le segment S est in…ni.
1 4 8 Cette a¢ rmation constitue l’exercice 1.4 de l’ouvrage Algèbre & théories galoisiennes de Régine
et Adrien Douady.
67
Exercices d’application
0
1. Soit F un espace vectoriel normé, soit B F , soient ab ; ab0 2 A B tels
qu’il y a un chemin continu dans A de a à a0 et un chemin continu dans B
de b à b0 . Montrer alors l’existence d’un chemin continu dans A B de ab à
a0
b0 .
2. Soit n 1 un naturel. On pourra admettre que le groupe SLn (K) est engendré
par les matrices de transvections149 .
(a) Montrer l’existence d’un chemin dans SLn (K) de In vers chaque matrice
de transvection.
(b) Montrer pour chaque matrice s 2 SLn (K) l’existence d’un chemin continu
dans SLn (K) de s vers In .
(c) En déduire pour chaque matrice g 2 GLn (R) l’existence d’un chemin
continu dans GLn (R) de g vers In où le signe est celui de det g.
R+ 2
3. Pour chaque réel r, notons Dr la demi-droite frg si r Q du plan R2
R 2
=
a
et appelons P le "peigne" Dr .
r2R
FIG : le peigne P
(a) Soit i un réel irrationnel, soit c : [0; 1] ! P un chemin continu d’ori-
gine un point de Di , appelons xy les applications "coordonnées" de c et
notons O+ la partie de [0; 1] où y prend des valeurs positives150 .
i. On suppose que le réel o := inf O+ fait sens. Établir alors la majora-
tion y (o) < 0 et en déduire une contradiction.
ii. Conclure que le chemin c reste à valeurs dans la droite Di .
(b) En déduire que chaque chemin continu dans P est d’abscisse constante.
2
4. (plus di¢ cile) Montrer l’absence de chemin lipschitzien surjectif sur le carré [0; 1] .
On pourra à n 2 N …xé faire passer un tel chemin par chaque point du
a b
"carré" n; n a;b2[0;nj[
et considérer les distances entre des antécédents de
2
ces n points.
———————————————————————————————–
(0) a
1. Soit : [0; 1] ! A continu tel que (1)
= a0, soit : [0; 1] ! B
(0) b [0; 1] ! A B
continu tel que (1)
= b0 et notons le chemin
t 7 ! ( (t) ; (t))
dans A B. Les applications "coordonnées" de étant chacune continues, le
(0)
chemin est continu, son origine est (0) = (0) = ab et sa …n est (1) =
0
(1)
(1)
= ab0 , ce qui conclut.
Remarque – Le résultat se généralise immédiatement par récurrence à n’im-
porte quel produit …ni d’espaces vectoriels normés.
1 4 9 Rappel : une matrice de M (K) est de transvection si elle s’écrit I + E
n n i;j où 6= 0 est un
scalaire et où i 6= j tombent dans [1; nj].
1 5 0 O + comme « ordonnée positive »
68
2. Abrégeons G := SLn (K).
(a) Soit T 2 G une matrice de transvection, soient i 6= j dans [1; nj]
et 2 K tels que T = In + Ei;j . La ligne droite t 7! In + t Ei;j est
alors un chemin continu de In vers T à valeurs dans G (vu à t 2 [0; 1] …xé
l’égalité det (In + t Ei;j ) = 1).
(b) Soit s 2 SLn (K), soit (Ti )i2[1;N j] une famille …nie de transvections
dont s est le produit (permis par la question précédente) et soit (ci )i2[1;N j]
telle que à i 2 [1; N j] …xé ci est un chemin continu [0; 1] ! G de In
QN QN
vers Ti . Le produit i=1 ci est alors un chemin continu de i=1 ci (0) =
QN QN QN
i=1 In = IQn à i=1 ci (1)
QN
= i=1 Ti = s dans G (vu à t 2 [0; 1] …xé les
QN
N
égalités det i=1 ci (t) = i=1 det ci (t) = i=1 1 = 1).
1
det g 0
(c) Soit g 2 GLn (K) et notons s := 0 In 1
g, de sorte à avoir
1
les égalités g = det0 g In0 1 s et det s = det0 g In0 1 det g = 1. L’ap-
partenance s 2 SLn (K) livre alors par la question précédente un che-
min c continu dans SLn (K) de s à In ; en invoquant par ailleurs un
chemin continu dans ]0; 1[ de 1 à jdet1 gj , on obtient un chemin t 7!
i(t) det g 0 i(0) det g 0 det g 0
0 In 1
c (t) continu dans GLn (R) de 0 In 1
c (0) = 0 In 1
s=
i(1) det g 0 det g 1 0 det g
gà 0 In 1
c (1) = jdet gj 0 In 1
In = jdet gj In , ce qui conclut.
3.
(a)
i. Par dé…nition de la borne inférieure o, l’application y reste stricte-
ment négative sur l’intervalle [0; o[, i. e. (vu le "peigne" P où c prend
ses valeurs) l’application x n’y prend aucune valeur rationnelle. La
continuité de x (qui résulte de celle de c), le théorème des valeurs in-
termédiaires et la densité de Q livrent alors la constance de x sur [0; o[,
d’où (par continuité de x à gauche en o) l’égalité151 x (o) = x (0).
L’abscisse x (o) est donc irrationnelle, ce qui s’écrit y (o) < 0. Or l’ap-
plication y est positive sur O+ , donc (par continuité de y) reste positive
sur l’adhérence O+ , en particulier en inf O+ = o, d’où la contradiction.
ii. Il s’agit de montrer que l’application x vaut partout i. La question
précédente montrant (par l’absurde) la vacuité de P , on peut majo-
rer y < 0, ce qui revient à dire que x ne prend aucune valeur ration-
nelle, i. e. (comme ci-dessus) que x est constante, d’où x = x (0) = i,
c. q. f. d.
(b) Soit par l’absurde c : [0; 1] ! P continu d’abscisse notée x et non
constante. Comme ci-dessus (mais en utilisant cette fois la densité de R nQ ),
l’application x atteint un irrationnel, mettons c (s) 2 Di pour un cer-
[ s; 0] ! P
tain (s; i) 2 [0; 1] R nQ . Les chemins continus cj[s;1] et
t 7 ! c ( t)
1 5 1 Attention : le passage à la limite à gauche en o n’est valide que si [0; o[ est non vide ! Dans le cas
contraire, le réel o de [0; 1] est négatif, i. e. nul, et l’on a directement x (o) = x (0).
69
sont alors chacun continus dans P et d’origine c (s), donc d’abscisse constante xc(s)
d’après la question 3a. L’application "abscisse" est par conséquent constante
sur les images c ([s; 1]) et c ([0; s]) de ces chemins, a fortiori sur la réunion c ([0; s])[ c ([s; 1]) =
c ([0; 1]), ce qui contredit l’invocation de c.
2
4. Soit s : [0; 1] [0; 1] un chemin surjectif et soit n 2 un naturel. Observer
a b
alors que les n2 points du "carré" n; n a;b2[0;nj[
sont chacun à distance au
moins n1 des autres. Par surjectivité de s, ces n2 points possèdent n2 antécédents
dans [0; 1]. En recouvrant ce dernier par les N := n2 1 intervalles iN1 ; Ni où i
parcourt [1; N j], le fait qu’il y a strictement plus d’antécédents que d’intervalles
montre que deux antécédents ; tombent dans le même intervalle152 et sont
a;b2[0;1] js(a) s(b)j
donc à distance au plus N1 . La borne supa6=b ja bj est par conséquent
1
js( ) s( )j n2 1
minorée par j j
n
1 = n ! 1, empêchant s d’être lipschitzienne.
N n!1
2
Remarque – Passer par chacun des n points ci-dessus montre que la sur-
2
face [0; 1] est de "longueur" aussi grande que voulu (éplucher une pomme153
pour s’en convaincre intuitivement), contrairement à un segment. En termes
dynamiques, nous avons montré que la vitesse d’un coureur parcourant le carré
2 2
devra excéder n n 1 entre deux certains points de n1 [0; nj[ .
Démonstration
Notons la relation considérée (appelons-la une connexion155 ) et soient a; ; a0 2
A.
Le chemin [0; 1] fag est continu, prend ses valeurs dans A et va de a à a, d’où
la connexion a a.
Imposons a , soit156 c : [0; 1] ! A un chemin dans A continu de a à
0
et notons c le chemin t 7! c (1 t). Ce dernier est alors un chemin dans A continu
de c0 (0) = c (1) = à c0 (1) = c (0) = a, d’où la connexion a.
1 5 2 Culture hors programme : l’argument combinatoire utilisé s’appelle (depuis Dirichlet) le prin-
cipe des tiroirs, sa simplicité ne doit pas cacher les nombreux services qu’il rend au mathématicien
depuis quatre siècles.
1 5 3 Culture : la lectrice et le lecteur trouvant léger l’exemple de la pomme pourront se renseigner sur
le mythe de la création de Carthage dont le territoire aurait été délimité par... la peau d’une vache !
1 5 4 Terminologie : si l’on appelle arc l’image de tout chemin continu, la partie A est alors connexe
par arcs ssi deux points de A sont toujours "connectables" par un arc inclus dans A.
1 5 5 même si "connectabilité " serait plus juste
1 5 6 Rappel : on peut imposer le segment source de chaque chemin.
70
a f : [0; 1] ! A
Imposons et soient des chemins continus allant resp.
a0 8 g : [1; 2] ! A
< [0; 2] ! A
de a à
0 . L’application f (t) si t 1 est alors continue sur [0; 1[
de à a : t 7 !
g (t) si t 1
(car y coïncide avec l’application continue f ), continue sur ]1; 2] (même argument
avec g), est continue à gauche en 1 (car coïncide sur [0; 1] avec l’application conti-
nue f ) et à droite en 1 (même argument avec g), donc est un chemin continu de a
à a0 dans A, d’où la connexion a a0 .
Remarques
La continuité du chemin [0; 2] ! A de la preuve ci-dessus peut s’établir plus
directement à l’aide de l’exercice 4 section 2.1 vu les continuités de ses restrictions f ,
et g aux fermés [0; 1] ; f1g et [1; 2] en nombre …ni.
Intuitivement, une partie connexe par arcs est "d’un seul tenant", son caractère
"d’un seul tenant" étant assuré par la possibilité d’en et d’y relier continûment deux
points quelconques.
Sanity check : nous verrons dans la prochaine série de remarques que chaque
composante connexe par arcs de A est bien connexe par arcs.
Demander si une partie donnée est connexe par arcs cache une question plus …ne,
à savoir quelles en sont les composantes connexes par arcs. (De même que demander
si une partie donnée d’un groupe …xé en est un sous-groupe cache la détermination
du sous-groupe engendré par cette partie.)
Caractère intrinsèque de la connexité par arcs. La dé…nition de la
connexité par arcs et des composantes connexes par arcs ne fait intervenir E que dans
la topologie "trace" de la partie A considérée. Par conséquent, on oubliera souvent en
pratique de préciser l’espace vectoriel normé sous-jacent, sans ambigüité aucune.
Invariance topologique de la connexité par arcs. Dans la dé…nition des
composantes connexes par arcs, la norme de E n’intervient que dans la continuité des
chemins. La continuité étant inchangée par passage à une norme équivalente, il en est
de même pour les composantes connexes par arcs. En particulier,
le caractère connexe par arcs est inchangé par passage à une norme équivalente.
Réunion de connexes par arcs. Soit (Ci )i2I une famille de parties connexes
\ [
par arcs d’intersection non vide, soit a 2 Ci , soit c 2 Ci , soit i 2 I tel
i2I i2I
que c 2 Ci ; vu alors les appartenances
[ a; c 2 Ci et la connexité par arcs de Ci , il y a
un chemin continu dans Ci Cj d’origine a et de …n c. En conséquence :
j2I
71
est connexe par arcs la réunion de chaque famille
de connexes par arcs d’intersection non vide157 .
2. Pour chaques a; b 2 A, la ligne droite de a à b est à valeurs dans le segment [a; b],
donc dans A si ce dernier est convexe. Par conséquent :
En corollaire, toujours quand A est …nie, ses seules parties connexes par arcs
sont ses singletons (et le vide), ce qui montre que
72
6. La partie R (de R) n’est pas connexe par arcs : il y aurait sinon un chemin
continu [0; 1] ! R reliant 1 et 1 et le théorème des valeurs intermédiaires
fournirait alors un zéro à ce chemin –contradiction. Montrons toutefois que
Soient a; b 2 E nf0g . Si 0 2
= [a; b], la ligne droite de a à b est valeurs dans E nf0g
et on a terminé. Dans le cas contraire, les vecteurs a et b sont colinéaires et on
peut invoquer un troisième vecteur c 2 E nRa : les couples ac et cb étant
alors R-libres, les segments [a; c] et [c; b] ne contiennent pas 0, d’où un chemin
continu (en ligne "brisée") dans E nf0g de a vers b.
FIG
d’une part le groupe spécial linéaire SLn (K) est connexe par arcs,
d’autre part le groupe GL+n (R) et la partie GLn (R) sont connexes par arcs.
8. Quand E = Mn (R), les matrices de dilatation ne forment pas une partie connexe
par arcs159 : chaque matrice de dilatation étant inversible,il y aurait sinon un
chemin continu dans GLn (R) reliant In à In 2E1;1 , d’où (en composant à
gauche par det) un chemin continu dans R reliant 1 et 1, contredisant le
théorème des valeurs intermédiaires. Ce raisonnement s’adaptant à chaque partie
de GLn (R) contenant deux matrices de déterminants de signes opposés160 ,
le groupe linéaire GLn (R) réel n’est pas connexe par arcs.
Plus précisément, l’exemple 7 montrant la connexité par arcs des parties GL+
n (R)
et GLn (R) dont la réunion GLn (R) n’est pas connexe par arcs,
9. Montrons que GLn (C) est "étoilé par arcs en In ", au sens où chaque matrice
complexe inversible est "connectable" dans GLn (C) à la matrice identité. Il en
résultera (grâce la transitivité de ) que
73
alors continu (car chaque application "coordonnée" est continue), à valeurs dans
les matrices triangulaires inversibles (car ci;j = 0 pour chaques i < j dans [1; nj]
et car ci;i ne s’annule pour aucun i 2 [1; nj]), est d’origine T et de …n In , d’où
la connexion T In . En composant par l’application M 7! P M P 1 continue
(car linéaire et de source de dimension …nie), on obtient un chemin continu
de P T P 1 = g à P In P 1 = In , c. q. f. d.
R+ ! R
10. (plus long) Imposons A formée du graphe de l’application f := .
t 7 ! cos 1t
Comme à l’exemple ? ? ?egChapEvn1SectPoints adhérents, adhérence,h i parties
0 0
denses Eg4 ? ? ?, on décrit l’adhérence A = A q S où S := 1 ; 1 . Mon-
trons alors que les composantes connexes par arcs de A sont A et S.
FIG
Tout d’abord, d’une part le segment S est connexe par arcs (car convexe),
[xa ; xb ] ! A
d’autre part, pour chaques a; b 2 A, le chemin t est
t 7 ! f (t)
xa
continu (comme f ) et va de f (x a)
= xyaa = a à b (calcul analogue), donc A
est connexe par arcs. Il s’agit par conséquent d’établir l’impossibilité de relier
continûment dans A deux points de A et S resp., par exemple 00 et cos1 1 .
Soit par l’absurde c : [0; 1] ! A un chemin continu de 00 à cos1 1 dont on
note xy les applications "coordonnées" (chacune continue). L’image fx (t)gt2[0;1]
contient alors (par le théorème des valeurs intermédiaires) chaque valeur de [x (0) ; x (1)] =
[0; 1], en particulier le réel n1 pour chaque naturel n > 0, ce qui donne sens à
la suite161
1
n 7! n := min t 2 [0; 1] ; x (t) = .
n
Observer au passage que, la suite xc( n ) n2N restant strictement positive, la
suite (c ( n ))n2N prend ses valeurs dans A nS = A, i. e. dans le graphe de f ,
d’où pour chaque n 2 N les égalités
1 n
y( n) = yc( n)
= f xc( n)
=f = cos n = ( 1) .
n
Or, à n 2 N …xé, l’image fx (t)gt2[0; n ] contient l’intervalle [x (0) ; x ( n )] =
0; n1 , donc contient (n+1)
1
, d’où (par minimalité de n+1 ) l’appartenance n+1 2
N
[0; n ]. La suite 2 [0; 1] est par conséquent décroissante, donc converge
dans [0; 1], d’où (par continuité de y sur [0; 1]) la convergence de la suite n 7!
n
y ( n ) = ( 1) : contradiction.
Remarques
Connexes par arcs, ouverts, fermés. Il n’y a aucun lien direct entre les
caractères connexe par arcs et ouvert (resp. fermé) :
1. le convexe [0; 1[ de R est connexe par arcs mais n’est ni ouvert ni fermé (comme
chaque intervalle semi-ouvert borné) ;
1 6 1 Chaque borne inférieure considérée est un minimum par continuité de x.
74
2. ni l’ouvert R ni le fermé [ 2; 1] [ [1; 2] ne sont connexes par arcs (chaque
chemin réel continu de 1 à 1 devant s’annuler).
Connexes par arcs & adhérence. Dans l’exemple 10 ci-dessus (réalisable
dans chaque plan réel de E), la partie A est connexe par arcs (dans le plan R2 ) mais
son adhérence ne l’est pas. Par ailleurs, si E est nul ou est une droite réelle, ses
connexes sont ses intervalles, lesquels sont préservés par l’application "adhérence".
Conclusion :
la connexité par arcs n’est pas préservée par adhérence (sauf si dimR E 1).
75
n’est pas relativement fermée163 (elle a pour adhérence relative A q S). La lectrice
et le lecteur intéressés pourront par ailleurs, dans le plan C, établir que la réunion
des demi-droites R+ ein pour n décrivant N est dense et d’intérieur vide, que ses
composantes connexes par arcs sont ces demi-droites et que chacune d’entre elles est
d’intérieur vide164 .
Démonstration
Chaque intervalle est connexe par arcs car convexe. Soit réciproquement I un
connexe par arcs de R, soient a; b 2 I et soit c : [0; 1] ! I un chemin continu
de a à b : l’image Im c contient alors, d’après le théorème des valeurs intermédiaires,
le segment [c (0) ; c (1)] = [a; b], d’où la convexité de I.
la connexité par arcs n’est pas préservée par intersection (sauf si dimR E 1).
FIG
1 6 3 Ceci montre au passage que le caractère fermé (contrairement à celui ouvert) ne passe pas aux
76
Exercices d’application
1. Quelles sont dans R les composantes connexes par arcs de Q ? de R nQ ?
2. Déterminer les composantes connexes par arcs dans R2 des parties respectives
formées des couples dont
(a) chaque coordonnée est rationnelle ;
(b) aucune coordonnée n’est rationnelle ;
(c) au moins une coordonnée est rationnelle ;
(d) au plus une coordonnée est rationnelle ;
(e) exactement une coordonnée est rationnelle.
3. Soit n 1 un naturel et soit r 2 [0; nj].
(a) Montrer que les matrices idempotentes de Mn (C) de trace r forment une
partie connexe par arcs.
(b) Même question en remplaçant C par R.
4. Soit C E un convexe tel que C A C.
(a) (plus di¢ cile) Montrer pour chaque a 2 A l’existence d’un chemin continu
dans A de …n a et d’origine un point de C.
(b) En déduire que A est connexe par arcs.
(c) Le résultat tient-il en remplaçant l’hypothèse « C convexe » par « C
connexe par arcs » ?
———————————————————————————————–
1. Soient a; b reliables dans Q par un chemin continu : si a 6= b, ce chemin
atteindra (par le théorème des valeurs intermédiaires) chaque point de l’inter-
valle ]a; b[, donc atteindra (par densité de R nQ dans ]a; b[) un irrationnel, ce
qui sera absurde. Par conséquent, les composantes connexes par arcs de Q sont
ses singletons.
Raisonnement analogue en échangeant partout les parties denses R nQ et Q.
Remarque –Culture. Les parties Q et R nQ sont dites totalement disconti-
nues.
2.
(a) Soient ab et dans Q2 , soit c un chemin continu les reliant dans Q2 .
L’application continue "abscisse de c" a alors pour image un intervalle réel
inclus dans Q (même argument qu’à l’exercice 1), donc est un singleton,
d’où l’égalité a = (et l’on montrerait de même celle b = ). Finalement,
les composantes connexes par arcs de Q2 sont ses singletons.
(b) Raisonnement analogue166 en échangeant partout les parties denses R nQ
et Q.
1 6 6 Les parties Q2 et (R nQ )2 sont donc totalement discontinues.
77
(c) Soit ab 2 R2 tel que a 2 Q : la ligne droite de ab à a0 prend alors ses
valeurs dans l’espace considéré (car est d’abscisse constante a rationnelle),
de même pour la ligne droite de a0 à 00 (car est d’ordonnée constante 0
rationnelle). Un raisonnement/analogue tiendrait en supposant b 2 Q au
2
lieu de a 2 Q. Finalement, R2 (R nQ ) est connexe par arcs.
(d) pRaisonnement analogue en remplaçant le rationnel 0 par l’irration-
nel 2.
(e) Établissons que les composantes connexes par arcs de la partie considé-
rée sont ses singletons. L’idée est de remarquer que, pour chaques rationnels p; q 2
Q , la partie considérée ne rencontre pas la droite d’équation y = px+q, ce
qui constitue autant d’"obstacles" aux chemins continus dans cette partie.
Nous utiliserons uniquement les droites de pentes p = 1.
Soient P et Q deux points du plan R2 et soit c un chemin de P
à Q dans la partie considérée. Si l’on trouve un rationnel q tel que les
points P et Q soient d’une part et d’autre de la droite d’équation y =
x + q, l’application continue t 7! xc(t) + q yc(t) devra alors s’annuler
par le théorème des valeurs intermédiaires, d’où un point d’une part sur
la droite d’équation y = x + q, d’autre part dont l’une exactement des
coordonnées est rationnelle – ce qui est impossible puisque la di¤érence q
de ces coordonnées est rationnelle. Par conséquent167 , l’application t 7!
(xP + t yP ) (xQ + t yQ ) est positive sur Q, a fortiori sur R (par conti-
nuité), donc les racines de cette application polynomiale de degré 2 sont
confondues, ce qui s’écrit yP xP = yQ xQ . Un raisonnement analogue
avec les droites de pentes 1 livrerait les égalités yP + xP = yQ + xQ . Ad-
ditionner et soustraire ces deux égalités fournit alors 2x 2xQ
2yP = 2yQ , d’où
P
l’égalité P = Q, c. q. f. d.
3.
(a) Notons C la partie considérée et montrons qu’elle est "étoilée par
arcs en I0r 00 ", au sens où chacun de ses éléments y est continûment re-
Ir 0
liable à 0 0 , ce qui conclura. Soit donc p 2 C, soit P 2 GLn (C) tels
Ir 0
que p = P P 1 (permis car p est un projecteur de trace168 r) et
0 0
soit c un chemin continu dans GLn (C) de P à In (permis car GLn (C)
1
est connexe par arcs). Le chemin continu t 7! c (t) I0r 00 c (t) est alors
Ir 0
à valeurs dans C (conjuguer le projecteur 0 0 par c (t) donne un pro-
Ir 0 1 Ir 0 1
jecteur de même trace r) et va de c (0) 0 0 c (0) =P 0 0 P =p
Ir 0 1 Ir 0 Ir 0
à c (1) 0 0 c (1) = In 0 0 In = 0 0 , ce qui conclut.
(b) D’une part le raisonnement précédent s’adapte si det P > 0 en utilisant
la connexité par arcs de GL+ n (R), d’autre part la conclusion reste valide
si r = n (auquel cas le singleton Pr = fIn g est connexe par arcs). Dans les
1 6 7 Notre preuve, qui en substance utilise juste la continuité des deux applications (a; b) 7! a b,
permet d’éviter les pénibles discussions de cas sur les positions relatives des points P et Q.
1 6 8 Rappel : pour chaque corps K, chaque projecteur p 2 M (K) a pour trace (rg p) 1 .
n K
78
cas contraires, on se ramène au cas det P > 0 en remplaçant169 P par Q :=
P In0 1 01 vu les égalités det Q = det P det 01 In0 1 = det P et170
Ir 0 1 In 1 0 Ir 0 In 1 0 1
Q Q = P P
0 0 0 1 0 0 0 1
r<n Ir 0 1
= P P = p:
0 0
4.
(a) Soit a 2 A, soit c 2 C N tendant vers a (permis car a 2
[A C), soit t 2
N
[0; 1] croissant strictement de 0 à 1 (on a alors l’égalité [tn ; tn+1 [ =
n2N
[0; 1[) et notons171 ` le chemin dans C de …n a tel que
tn+1 tn
8n 2 N; 8 2 [tn ; tn+1 [ ; ` ( ) = cn + cn+1 .
tn+1 tn tn+1 tn
opposer son dernier vecteur donne encore une base diagonalisant p avec une matrice de passage de
déterminant négatif.
1 7 0 Attention : si l’on n’exclut pas le cas r = n, le produit In0 1 01 Ir 0
0 0
In 1 0
0 1
pourra
valoir In et non p !
1 7 1 Le chemin ` décrit le recollement de l’in…nité des lignes droites [c ; c
n n+1 ] qui "convergent"
vers fag. Ses valeurs sont bien dans C par convexité de ce dernier.
1 7 2 En e¤et, n’étant a priori plus des lignes droites, les chemins de c à c
n n+1 pourraient partir "très
loin" de a quand n ! 1.
79
son adhérence, elle serait (si l’on pouvait e¤ectivement a¤aiblir l’hypo-
thèse comme indiqué) connexe par arcs, ce qui contredirait une remarque
du cours a¢ rmant que la connexité par arcs n’est pas préservée par adhé-
rence.
Exemples Soit n 2 N .
1. Sanity checks :
(a) Le cercle U est l’image du connexe par arcs R par l’application continue t 7!
eit , donc est connexe par arcs.
(b) L’image R du groupe GLn (R) par l’application continue det n’étant pas
connexe par arcs, ce groupe n’est pas connexe par arcs174 .
(c) Quand A = E = R, l’image continue de chaque segment est un segment
(d’après le théorème des valeurs intermédiaires vu en première année),
lequel est bien connexe par arcs.
(d) Imposons A …nie et connexe par arcs : pour chaque 2 A, l’image directe
de A par l’application continue "distance à f g" est alors un connexe par
arcs …ni de R contenant d ( ; ) = 0, i. e. un intervalle réel …ni contenant 0,
à savoir f0g, d’où les égalités 8a 2 A; d (a; ) = 0, i. e. (par séparation)
les égalités 8a 2 A; a = , d’où l’inclusion A f g. Finalement, A est de
cardinal au plus 1.
2. Dans les hypothèses du théorème ci-dessus, l’application a 7! (a; f (a)) est conti-
nue et a pour l’image le graphe de f , ce qui montre que175
le graphe de chaque application continue de
source connexe par arcs est connexe par arcs.
3. Dans les hypothèses du théorème ci-dessus, si le connexe par arcs Im f est de
plus …ni, il est alors de cardinal au plus 1 (cf. exemple 5 section 4.3), ce qui
montre que
chaque application continue de but …ni (non vide)
et de source connexe par arcs est constante.
1 7 3 En termes concis : la connexité par arcs est préservée par image continue.
1 7 4 Nous avions en fait utilisé exactement le même argument à l’exemple 8 section 4.3.
1 7 5 Sanity check : on retrouve la connexité par arcs de la partie A de l’exemple 10 section 4.3.
80
a
4. Pour chaque réel r > 0 et chaque point c 2 E, l’application a 7! c + r kak est
continue et sa source E nf0g est connexe par arcs (sauf si K = R et si E est une
droite). Il s’ensuit que
chaque sphère de E est connexe par arcs (sauf si E est une droite réelle).
6. Le groupe SO2 (R) est l’image du connexe par arcs R par l’application conti-
nue t 7! cos t sin t
sin t cot t , donc est connexe par arcs
176
. Nous utiliserons ce résultat
au chapitre ? ? ? pour établir …xé la connexité par arcs du groupe SOn (R).
7. Imposons A connexe par arcs et soit B E connexe par arcs : la somme A + B
est alors l’image du connexe par arcs A B par l’addition (a; b) 7! a+b continue,
donc est connexe par arcs. Le raisonnement tiendrait en remplaçant « addition »
par « multiplication » en rajoutant des hypothèses convenables :
8. Sanity check : les parties C et SLn (C) sont connexes par arcs, donc leur pro-
duit GLn (C) par la multiplication continue ( ; s) 7! 0 In0 1 s est connexe par
arcs. Le même raisonnement avec les parties R+ (resp. R ) et SLn (R) nous
ferait retrouver la connexité par arcs de la partie GL+
n (R) (resp. GLn (R)).
9. Dans l’ensemble P des matrices idempotentes de Mn (K), l’exercice 3 section 4.3
montrait que les n + 1 parties maximales de trace constante étaient chacune
connexes par arcs. Soit par ailleurs C une composante connexe par arcs de P :
l’image continue tr C est alors un connexe par arcs (non vide) de la partie
…nie [0; nj], i. e. est un singleton, ce qui montre que C est incluse dans l’une
des n+1 parties précédentes. Ces dernières sont par conséquent les composantes
connexes par arcs de P .
10. Imposons A connexe par arcs, soient F; G A fermés (relatifs) tels que A =
F qG et imposons ffjF = 01 . Un exemple section 2.1 montre alors la continuité
jG
de f , donc son image f (A) est un connexe par arcs de la partie …nie f0; 1g, i. e.
A F
vaut f0g ou f1g ou ;, d’où l’une des inclusions A G et l’égalité fF; Gg = f;; Ag.
Finalement :
aucune partie connexe par arcs n’est la réunion
disjointe de deux de ses fermés non vides.
1 7 6 Culture : les groupes U et SO (R) étant homéomorphes, la connexité par arcs de l’un équivaut
2
à celle de l’autre.
81
En termes contraposés, plus a¢ rmatifs177 :
Culture hors programme : nous venons de montrer que chaque partie connexe par
arcs est connexe (au sens de la section 4.1), la réciproque étant valide quand A
est ouvert (chacune de ses composantes connexes par arcs étant alors ouverte et
fermée dans A) mais fausse en général178 , par exemple lorsque A vaut le "peigne"
étudié plus haut ou encore l’adhérence dans le plan du graphe de t 7! sin 1t (deux
bons exercices).
11. Soit B E telle que d A; B > 0. Le caractère disjoint des fermés A et B
permet alors de calculer l’adhérence relative
Adh A = A \ (A [ B) = A \ A [ A \ B A [ A \ B = A,
AqB
FIG
Sanity check : la réunion [ 2; 1] [ [1; 0] n’est pas connexe par arcs, aucune
partie …nie de cardinal au moins 2 n’est connexe par arcs.
Remarques
Connexes par arcs & intérieur. Pour chaques a; b 2 E tels que d (a; b) > 2, la
réunion B (a; 1) [ [a; b] [ B (b; 1) est connexe par arcs mais son intérieur vaut B (a; 1) [
B (b; 1) dès que E contient un plan réel et n’est alors pas connexe par arcs d’après
l’exemple 11 (les adhérences B (a; 1) et B (b; 1) des réunis sont disjointes).
FIG "haltère"
Par ailleurs, si E est nul ou est une droite réelle, ses connexes sont ses intervalles,
lesquels sont préservés par l’application "intérieur". Total :
la connexité par arcs n’est pas préservée par intérieur (sauf si dimR E 1).
Connexes par arcs & frontière. Chaque segment in…ni de R est connexe
par arcs et a une frontière non connexe par arcs (car formée de deux éléments). Par
ailleurs, si E n’est pas une droite réelle, la "bande sphérique" formée des vecteurs
1 7 7 En particulier, à l’exception des cas triviaux ; et E, l’espace vectoriel normé E n’admet aucune
consulter avec pro…t l’ouvrage Counterexamples in Topology de Lynn Arthur Steen et J. Arthur See-
bach, Jr publié en 1970 (puis 1978).
1 7 9 Il serait immédiat de généraliser ce résultat à chaque famille d’au moins deux parties (non vides)
82
de norme appartenant à [1; 2] est connexe par arcs (image continue par ( ; s) 7! s
du produit de connexes par arcs [1; 2] S (0; 1)) et a pour frontière S (0; 1) [ S (0; 2)
(utiliser l’égalité N 1 (I nJ ) = N 1 (I) N 1 (J) avec I := [1; 2] et J := ]1; 2[) qui
n’est pas connexe par arcs (réunion …nie de fermés disjoints). Conclusion180 :
la connexité par arcs n’est pas préservée par frontière (sauf si E est nul).
L’exercice 5c ci-dessous montre cependant que chaque fermé est connexe par arcs si
sa frontière est connexe par arcs.
Applications
1. Appelons homéomorphisme toute bijection continue de réciproque continue.
Montrons alors l’absence d’homéomorphisme entre R et C ainsi qu’entre181 R
et U, de trois façons di¤érentes.
(a) Chaque bijection continue h : Cg !R induit par restriction une bijec-
tion C nf0g g !R nfh (0)g continue de source connexe par arcs et de but
non connexe par arcs, ce qui contredit le théorème des valeurs intermé-
diaires. Il n’y a donc aucune telle bijection, a fortiori aucun homéomor-
phisme entre C et R. Raisonnement et conclusion inchangés en remplaçant
partout C et 0 resp. par U et 1.
(b) Chaque injection continue182 C ,! R induit par restriction une injec-
tion continue u : U ,! R dont l’image est un connexe par arcs compact non
vide (car U est connexe par arcs, compact et non vide), i. e. un segment S.
Pour chaque s 2 S, la restriction de u au connexe par arcs U u 1 (s) est
alors continue, donc son image S nfsg est connexe par arcs, d’où l’appar-
tenance s 2 fmin S; max Sg, ce qui montre que S = u (U) est un singleton,
contredisant l’in…nitude de U et l’injectivité de u.
(c) Chaque injection continue C ,! R induit par restriction une injec-
tion continue u : U ,! R et la composée de u à droite par la bijection
] 1; 1] g ! U
continue livre une injection continue ] 1; 1] ,! R
t 7 ! e it
tendant en 1 et en 1 vers u ( 1), ce qui contredit sa stricte monotonie.
Remarque – Les deux dernières preuves montrent un peu plus que demandé
(ni C ni U ne peuvent s’injecter continûment dans R), la dernière recourt exclu-
sivement à des outils d’analyse réelle (de première année).
2. Donnons une troisième preuve du théorème de Darboux183 . Soit I un intervalle
réel in…ni, soit f : I ! R dérivable, notons T := (i; j) 2 I 2 ; i < j (lequel
T ! R
"triangle" est connexe par arcs car convexe), F := a f (b) f (a)
b 7 ! b a
(laquelle est continue car f est continue) et C := Im F (laquelle image est
1 8 0 On peut également si l’on dispose d’un hyperplan fermé H invoquer un point a 2 E nH et
83
connexe par arcs, i. e. est un intervalle, comme image continue du connexe
par arcs T ). L’image Im f 0 contient alors l’intervalle C (d’après les égalités des
accroissements …nis) et est incluse dans son adhérence C (chaque nombre dérivé
étant limite d’un taux d’accroissement), donc est un intervalle184 , c. q. f. d.
2
3. Soit r : C ! C continue telle que 8c 2 C ; r (c) = c. Chaque image par
l’application c 7! r(r(c)c) étant alors de carré 1, cette application continue est à
valeurs dans la paire f i; ig ; étant par ailleurs de source C connexe par arcs,
2
elle est constante. En notant " sa valeur constante (de carré ( i) = 1), on a
alors à c 2 C …xé les égalités
Exercices d’application
1. Dans l’espace vectoriel C (R+ ; K) muni de la norme uniforme, déterminer les
composantes connexes par arcs des parties formées resp. par les applications
(a) tendant vers 0 en 1 ;
(b) convergeant en 1 ;
(c) croissantes ;
(d) strictement croissantes ;
(e) s’annulant une in…nité de fois ;
(f) périodiques.
2. Soit n 1 un naturel et étudier la connexité par arcs de la partie de GLn (K)
formée des matrices diagonales.
3. Imposons que E soit de dimension …nie et que A soit un sous-espace vectoriel
de E. Montrer alors que le complémentaire E nA est connexe par arcs ssi186 A
n’est pas un hyperplan réel de E.
4. Montrer l’absence d’application187 :C ! R continue telle que 8c 2 C ; c =
jcj ei (c) .
5.
(a) Soient F; G deux fermés de E tels que F [ G et F \ G sont connexes par
arcs. Montrer alors que F et G sont connexes par arcs.
1 8 4 Chaque partie de R comprise entre un intervalle et son adhérence s’obtient en e¤et à partir de
l’intervalle considéré en rajoutant (peut-être) l’une ou l’autre de ses bornes. Sanity check : utiliser
l’exercice 4 section 4.3.
1 8 5 Culture : voici typiquement un exemple d’énoncé local (existence d’une racine carrée continue)
84
(b) Discuter les hypothèses.
(c) Montrer la connexité par arcs de chaque fermé dont la frontière est connexe
par arcs. Discuter les hypothèses.
———————————————————————————————–
1. Montrons que chaque partie considérée est connexe par arcs : elle ne contien-
dra alors qu’une seule composante connexe par arcs (elle-même).
(a) La partie considérée est un sous-espace vectoriel, donc connexe par arcs.
(b) Idem.
(c) La partie considérée est convexe188 , donc connexe par arcs.
(d) Idem.
(e) La partie considérée est étoilée189 en 0, donc connexe par arcs.
(f) Idem.
2. Dans le cas complexe K = C, la partie considérée est l’image par l’applica-
tion continue 7! Diag du connexe par arcs C n (puissance cartésienne …nie
du connexe par arcs C ), donc est connexe par arcs.
Dans le cas réel K = R, les matrices diagonales In 2 GL+ n (R) et In 2E1;1 2
GLn (R) n’étant pas dans la même composante connexe par arcs de GLn (R)
(cf. exemple 8 section 4.3), la partie considérée n’est pas connexe par arcs.
Kn g ! fmatrices diagonales de Mn (K)g
Remarque –La bijection :
7 ! Diag
étant un isomorphisme d’espaces vectoriels normés qui préserve les normes uni-
formes, les composantes connexes par arcs de la partie considérée sont les
images réciproques par de celles de son image réciproque K n . Nous lais-
n
sons à la lectrice et au lecteur le Qnsoin de montrer que les 2 n composantes
n
connexes par arcs de R sont les i=1 R"i où " parcourt f ; +g . En d’autres
termes, deux matrices a; b diagonales sont reliables continûment dans GLn (R)
ssi 8i 2 [1; nj] ; ai bi > 0.
3. Si dimR A = dimR E, le sous-espace A est alors plein et son complémentaire
est vide, a fortiori connexe par arcs.
Si dimR A = dimR E 1, soit190 alors ' une forme linéaire non nulle de
noyau A : si c A était connexe par arcs, son image R par ' (laquelle est continue
car E est de dimension …nie) serait alors connexe par arcs, ce qui serait absurde.
Supposons en…n dimR A dimR E 2 et soit S un sous-espace vectoriel
supplémentaire de A, de sorte à avoir les égalités A S = E et c A = A+(S nf0g ).
Le R-espace vectoriel S étant alors de dimension dimR E dimR A 2, l’espace
épointé S nf0g est connexe par arcs (cf. exemple 6 section 4.3) ; le sous-espace
vectoriel A étant par ailleurs connexe par arcs, la somme A + (S nf0g ) est
connexe par arcs (cf. exemple 7 section 4.4), c. q. f. d.
Remarque – Lorsque E n’est plus de dimension …nie, tout ce qui précède
pourrait s’adapter et la condition nécessaire et su¢ sante simple deviendrait « A
n’est pas un hyperplan réel fermé191 » (a…n de garantir la continuité du ' ci-
dessus).
1 8 8 Même si elle n’est pas un sous-espace vectoriel, l’opposé de Id décroissant strictement.
1 8 9 Même si elle n’est pas convexe, le milieu du segment [1 sin; 1 + sin] ne s’annulant jamais.
1 9 0 Rappel : les hyperplans de E sont les noyaux de formes linéaires non nulles.
1 9 1 La lectrice et le lecteur intéressés trouveront plus de détails à l’exercice d’entraînement 8.
85
4. Nous proposons trois preuves. Soit par l’absurde un tel .
p (u) 2
(a) L’application r := c 7! jcjei 2 est continue et véri…e 8c 2 C ; r (c) =
c, ce qu’exclut l’application 3 ci-dessus.
(b) La restriction jU est d’une part continue et réelle, d’autre part in-
jective vu à u 2 U …xé les égalités u = juj ei (u) = ei (u) , ce qu’exclut
l’application 1b ci-dessus.
[0; 2 [ ! R
(c) L’application := est continue et tend en 2
t 7 ! eit
i2 i0
(par continuité de ) vers e = e = (0) ; étant par ailleurs
injective vu à t; u 2 [0; 2 [ …xés les implications
it iu
=) ei (e ) ei (e )
dé…nition
(t) = (u) =) ei (t)
= ei (u)
=
de
hyp othèse jt uj<2
=) eit = eiu =) t = u [2 ] =) t = u,
sur
FIG
5.
(a) Soient a; b 2 F , soit c un chemin continu dans F [ G de a à b (permis
car F [ G est connexe par arcs) et notons := c 1 (G), laquelle partie est
fermée dans [0; 1] (comme préimage continue du fermé G). Si est vide,
le chemin c est à valeurs dans (F [ G) nG F et on a terminé ; imposons
donc le contraire, ce qui donne sens au réel m := min .
FIG
86
ii. si F \ G n’est pas connexe par arcs (imposer F = [0; u] q [2u; 3u]
et G = f0g q [u; 2u]),
iii. si F ou G n’est pas fermé (imposer F = [0; u[ q f2ug et G = [u; 2u] q
f3ug),
F
iv. pour un nombre …ni de fermés supérieur à 3 (imposer G = E; et
rajouter f0; nug pour autant de naturels n 1 que l’on souhaite avoir
de fermés).
Élargir les hypothèses permettrait toutefois d’établir la généralisation
suivante : si F dénote un ensemble de fermés tel que, pour chaque parti-
tion F = G q H, les réunion et intersection de [G et \H sont connexes
par arcs, alors chaque F 2 F est connexe par arcs (remplacer G par fF g
et utiliser la question 5a).
(c) / Soit F un fermé tel que Fr F est connexe par arcs et notons G :=
E F . Le complémentaire G de l’ouvert F est alors fermé, l’intersection F \
/
G = F \ c F = F F = Fr F est connexe par arcs et la réunion F [ G
c
F[ F = E est connexe par arcs, donc le point 5a s’applique et livre la
connexité par arcs de F (ainsi que de c F ).
Pour discuter les hypothèses, on impose de nouveau que E soit non
nul.
Le résultat tombe en défaut sans l’hypothèse « Fr F connexe par
arcs » , le caractère fermé ne su¢ sant pas en général à assurer la connexité
par arcs (imposer F réunion de deux fermés non vides disjoints).
Le résultat tombe en défaut sans l’hypothèse « F fermé » : pour
chaque forme linéaire continue192 ' 6= 0, la partie E nKer ' n’est pas
connexe par arcs (sinon composer à gauche par ' un chemin continu d’un
point de l’hyperplan ' 1 (f1g) à un point de l’hyperplan ' 1 (f 1g) livre-
rait une application [0; 1] ! R continue prenant deux valeurs de signes
opposés) mais sa frontière Ker ' est connexe par arcs (comme sous-espace
vectoriel).
Formulaire
On …xe deux K-espaces vectoriels E et F , une partie A E et une application f :
A ! F.
87
E ! E E ! R
On notera l’une des applications IdE : ou N : .
e 7 ! e e 7 ! kek
On dit aussi que « f (a) tend vers ` quand a tend vers » , tendance alors
notée f (a) ! `.
a!
À cette …n, pour chaque couple (i; j), la dé…nition de la tendance située à la case (i; j)
dans le tableau suivant s’obtient en substituant la i-ième case de la colonne tout à
droite aux « » de la j-ième case de la ligne tout en bas :
9 > 0; 8a 2 A;
f (a) ! ` f (a) ! 1 f (a) ! 1
a! a! a! ka k < =)
9M; 8a 2 A;
f (a) ! ` f (a) ! 1 f (a) ! 1
a!1 a!1 a!1 a > M =)
9M; 8a 2 A;
f (a) ! ` f (a) ! 1 f (a) ! 1
a! 1 a! 1 a! 1 a < M =)
9M; 8a 2 A;
f (a) ! ` f (a) ! 1 f (a) ! 1
kak!1 kak!1 kak!1 kak > M =)
8" > 0; source
8N; f (a) > N 8N; f (a) < N but
kf (a) `k < "
88
On parle aussi de « la limite de f (a) quand a tend vers » , limite alors no-
tée lima! f (a).
lim f (a) := l’unique ` tel que f (a) ! ` (si cela fait sens).
(a)! (a)!
Critère séquentiel de tendance. Sous réserve que fassent sens les tendances
2 A q f 1; 1g
suivantes, on a pour chaques l’équivalence
` 2 F q f 1; 1g
h i
f (a) ! ` () 8a 2 AN ; (an ) ! =) f (an ) ! ` .
(a)! n!1 n!1
2 A q f 1; 1g
g:A !F
Opérations algébriques sur les tendances. Soient et L; M 2 F q f 1; 1g
:A !K
8 2 K q f 1; 1g
>
> f (a) ! L
>
< (a)!
1. (somme) si fL; M g =
6 f 1; 1g, on a la tendance f (a) + g (a) ! L+M ;
(a)!
1 9 3 Le cas = N correspond à la dernière ligne du tableau précédent. Quand = Id, les cas 2 A,
= 1 et = 1 correspondent resp. à ses deuxième, troisième et quatrième lignes.
1 9 4 Les cas où ce point tombe dans F , vaut 1 et vaut 1 correspondent resp. à la deuxième,
troisième et quatrième colonne du tableau précédent.
1 9 5 L’ensemble indexant est sous-entendu a…n d’alléger les écritures : la lettre i est ainsi partout
muette. Q
1 9 6 dé…nie par la composée de f à gauche par la i-ième projection canonique F Fi
1 9 7 dé…nie par la composée de f à gauche par la projection sur la droite K parallèlement à
Lb2B
b6= Kb.
89
3. si F est en outre une algèbre à multiplication continue, i. e. telle que supa;b2F
kak=1=kbk kabk <
1, alors
(a) (produit) si fjLj ; jM jg =
6 f0; 1g, on a la tendance f (a) g (a) ! LM ;
(a)!
1 1
(b) (inverse198 ) si L 2 Int F , on a la tendance f (a) ! L ;
(a)!
f (a) L
(c) (quotient) si M 2 Int F , on a la tendance g(a) ! M.
(a)!
Ces trois dernières tendances auront en particulier lieu si F est une algèbre de
dimension …nie199 .
2 F q f 1; 1g
Composition des tendances. Soit G un espace vectoriel normé, soient
L 2 G q f 1; 1g
et g une application à valeurs dans G donnant sens à g f . On a alors l’implication200
8
< f !
(a)!
=) g (f (a)) ! L.
: g !L (a)!
2. Continuité
Continuité ponctuelle. Soit a 2 A. La tendance f ! f (a) équivaut alors
a
aux implications 8!a 2 AN ; an ! a =) f (an ) ! f (a). Dans ce cas, l’applica-
n!1 n!1
tion f est dite continue en a.
Composition & continuité. Dès qu’elle fait sens, chaque composée d’appli-
cations continues est continue.
90
1. l’image réciproque par f de chaque ouvert de F est ouverte dans A ;
2. l’image réciproque par f de chaque fermé de F est fermée dans A.
2
En particulier, le déterminant det est continu sur MN (K) (identi…é à KN ).
3. Compacité
La partie A est dite compacte (ou est appelée un compact de E) si chaque
suite à valeurs dans A admet une valeur d’adhérence dans A.
Si A est compacte, alors chaque suite de AN converge ssi elle possède une seule
valeur d’adhérence.
Si E est de dimension …nie, chaque suite de E N bornée converge ssi elle possède
une seule valeur d’adhérence.
91
Chaque compact de E est fermé et borné. Réciproquement,
si E est de dimension …nie, ses compacts sont alors ses fermés bornés .
Sont compacts :
1. chaque fermé (relatif) de chaque compact,
2. chaque produit …ni de compacts,
3. l’image directe f (A) si A est compact et f continue.
La relation formée des couples (a; ) 2 A2 tels qu’il existe un chemin continu
dans A de a à est une relation d’équivalence sur A. Ses classes d’équivalences sont
appelées les composantes connexes par arcs de A.
La partie A est dite connexe par arcs si elle possède une unique composante
connexe par arcs (qui vaut alors A), i. e. si pour chaques a; 2 A il y a un chemin
dans A continu de a à .
Par exemple, est connexe par arcs chaque partie étoilée, en particulier chaque
convexe.
Si A est connexe par arcs et f continue, l’image directe f (A) est alors connexe
par arcs.
En particulier, quand E = R, on retrouve le théorème des valeurs intermédiaires.
5. Normes équivalentes
Équivalence des normes en dimension …nie. (démonstration non exigible)
Quand E est de dimension …nie, ses normes forment une seule classe d’équivalence.
Toutes les notions suivantes sont invariantes par passage à une norme équiva-
lente :
1. la "relation" de tendance fonctionnelle en un point donné (entre applications et
points) ;
92
2. la continuité en un point donné, la continuité sur une partie donnée, la conti-
nuité tout court (d’une application) ;
3. la continuité uniforme et le caractère lipschitzien (d’une application) ;
4. la compacité (d’une partie) ;
5. les composantes connexes par arcs (d’une partie) ;
6. le caractère connexe par arcs (d’une partie).
93
Exercices d’entraînement
On invoque pour ces exercices un espace vectoriel normé E dont la norme est
notée e 7! kek.
94
9. FFFImposons E non de dimension …nie, notons S sa sphère unité (dont on
admettra la non-compacité), soit K E un compact et soit c 2 C := E nK .
!
ck
(a) Montrer l’existence d’un vecteur unitaire de E ne valant ! pour au-
ck
cun k 2 K.
(b) Soit s 2 S comme à la question 9a. Montrer alors que la demi-droite c+R+ s
reste incluse dans C.
(c) En déduire que C est connexe par arcs.
(d) Discuter les hypothèses.
10. FFFImposons E de dimension …nie et soit A un convexe dense de E.
(a) Montrer que l’intersection de A avec chaque R-hyperplan de E est dense
dans cet hyperplan.
(b) En déduire l’égalité A = E.
(c) Discuter les hypothèses.
(d) Chaque convexe dense est-il nécessairement un sous-espace vectoriel ?
95
Solutions des exercices d’entraînement
1.
(a) L’application considérée (notons-la N ) fait sens par dé…nition de la
convergence absolue. Soient v; w 2 V et P 2 K. Si N (v)
P1= 0, on a alors
n
pour chaque n 2 N les majorations jvn j jv
i=0 i j i=0 jvi j = 0, d’où
la nullité de la série v, ce qui montre que N sépare les points de V . On a
par ailleurs les égalités (montrant que N est positivement homogène)
1
X 1
X 1
X
N ( v) = j[ v]n j = j vn j = j j jvn j
n=0 n=0 n=0
1
X
linéarité de
P= j j jvn j = j j N (v)
a7! 1 n=0 an
n=0
1
X 1
X
additivité de
P= jvn j + jwn j = N (v) + N (w) .
a7! 1 n=0 an
n=0 n=0
rang), chacun de ses hyperplans contient une droite, donc est non borné.
96
La série p est alors un vecteur de P et véri…e les majorations
1
X M
X1 1
X
d (p; v) = N (p v) = jpn vn j = jpn vn j + jpn vn j
n=0 n=0
| {z } | {z }
n=M
=0 =jvn j
1
X
= jvn j < ", d’où la densité voulue.
n=M
Montrons
P en revanche que P n’est pas dense dans B (N; K). Notons u
la série 1 (grossièrement divergente), soit p 2 P et soit M 2 N tel
que pM = 0 : on a alors les minorations
ce qui montre que u n’adhère pas à P (ni même à l’ensemble des séries
dont le terme général s’annule).
2.
(a) Abrégeons an := jf n (a)j pour chaque n 2 N et montrons les minora-
tions voulues 8n 2 N ; jan 1 j Rn par récurrence.
De l’hypothèse jaj > R découle la minoration ja0 j R, d’où l’initiali-
sation.
Soit ensuite n 2 N tel que jan 1 j Rn. On a alors, en notant r :=
jcj = R 2, les minorations
2 2
jan j = a2n 1 +c a2n 1 r jan 1j r jan 1j
?
R2 n2 = Rn2 R 2n2 R (n + 1) R
97
3. Observer tout d’abord que, l’espace KN [X] étant de dimension …nie, la
tendance pn ! a lieu pour chacune de ses normes, ce qui lève l’ambigüité
n!1
de cette hypothèse. Soit ensuite n 2 N et majorons
4.
(a) Soit a 2 KP(permis car K est non vide), notons la suite des isobary-
centres n 7! n1 i2[0;nj[ f i (a), laquelle fait sens (car f stabilise K) et prend
ses valeurs dans K (par convexité de ce dernier), ce qui permet (par compa-
cité de K) d’en invoquer une valeur d’adhérence, mettons ` = limn!1 x(n)
pour une certaine extractrice x. On alors à n 2 N …xé les égalités
0 1
X n 1 n
1 f est 1 X reparam étrage 1 X j
f ( n) = f @ f i (a)A = f f i (a) = f (a)
n a¢ ne n
i=0
j:=i+1 n j=1
i2[0;nj[
f n (a) a K b orné et
= n + = n + on!1 (1) ;
n stable par f
8C E compact
, 8F C 0 (C; C) ;
8 convexe non vide
< 8f 2 F, f est a¢ ne
F …ni et Card F = n =) [9c 2 C; 8f 2 F; f (c) = c] .
:
8f; g 2 F; f g = g f
98
a posteriori le choix d’inclure la quanti…cation 8C dans l’énoncé de récur-
rence).
La question 4a établit précisément F1 .
Soit ensuite n 2 N tel que Fn , soit C E un compact convexe non
vide, soit F C 0 (C; C) …ni de cardinal n + 1 formé d’applications a¢ nes
commutant deux à deux, soit f 2 F et notons := F nff g . La partie Fix '
est alors pour chaque ' 2 d’une part stable par f (car f commute
avec '), d’autre part fermée (resp. convexe) comme image réciproque du
fermé (resp. convexe) f0g par l’application continue (resp. a¢ ne) ' Id,
donc l’intersection de ces fermés est stable par f , convexe et fermée dans
le compact C, a fortiori compacte. Elle est par ailleurs non vide d’après
l’hypothèse Fn appliquée à l’ensemble . La question 4a livre alors un point
de …xe par f , i. e. un point de C …xe par chaque élément de [ff g = F,
ce qui conclut à Fn+1 .
Remarque –Il serait aisé de lever l’hypothèse de …nitude en utilisant (hors pro-
gramme) la compacité au sens de Borel-Lebesgue. Le théorème établi a été
publié (sous des formes plus générales) en 1936 par Andreï Andreïevitch Mar-
kov dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences de l’URSS et en 1938
par Shizuo Kakutani dans les Proceedings of the Imperial Academy (de Tokyo).
5. D’après le cours (exemple 2 section 3.2), si O désigne un ouvert répondant
à la question, il y a alors un réel r > 0 tel que K K + B (O; r) O et
l’ouvert K + B (O; r) répond aussi à la question. Nous allons donc montrer
qu’un tel ouvert convient.
Supposons par l’absurde que f n’est injective sur K + B (O; r) pour aucun
f (a) = f (b)
réel r > 0. On a alors les existences 8n 2 N ; 9a; b 2 K+B O; n1 ; ,
a 6= b
9a; b 2 E ka kk < n1 f (a) = f (b)
ou encore 8n 2 N ; ; et . On peut
9k; ` 2 K kb `k < n1 a 6= b
alors invoquer (grâce à l’axiome du choix) quatre suites a; b 2 E N et k; ` 2
kan kn k < n1 f (an ) = f (bn )
K N telles que 8n 2 N ; et . Par com-
kbn `n k < n1 an 6= bn
2
pacité de K , on peut invoquer une extractrice x et un couple 2 K2
tel que k` x(n) ! . Les majorations précédentes montre alors la ten-
x(n) n!1
ax(n)
dance bx(n)
! et les égalités 8n 2 N ; f ax(n) = f bx(n) livrent
n!1
(avec la continuité de f sur K) l’égalité f ( ) = f ( ), d’où (par injectivité
de fjK ) celle = . Alors, pour chaque voisinage V de = , étant donné
un N 2 N tel que aN ; bN 2 V (il y en a vu la tendances ab x(n) ! ),
x(n) n!1
f (aN ) = f (bN )
les conditions nient l’injectivité de fjV , ce qui est contraire
aN 6= bN
aux hypothèses.
6. L’espace vectoriel normé L (E) étant de dimension …nie (le carré de celle
de E), sa topologie est sans ambigüité et la compacité de la partie F :=
ff 2 L (E) ; f (K) Kg considérée revient à son caractère fermé borné.
Montrons tout d’abord que F est fermé sans conditions. Pour chaque suite f 2
F N convergente, on a les stabilités 8n 2 N; fn (K) K, i. e. les apparte-
nances 8n 2 N; 8k 2 K; fn (k) 2 K, i. e. 8k 2 K; 8n 2 N; evalk (fn ) 2 K
99
où l’évaluation en k est continue pour chaque k 2 K (car linéaire et de source
l’espace vectoriel L (E) de dimension …nie, d’où (après passage à la limite) les
appartenances 8k 2 K; evalk (lim f ) 2 K, i. e. (le compact K étant fermé)
l’inclusion [lim f ] (K) K, i. e. l’appartenance lim f 2 F.
Il s’agit donc de montrer l’équivalence [F borné] () [Vect K = E]
Soit S un supplémentaire dans E de Vect K et, pour chaque naturel n,
notons fn l’endomorphisme de E nul sur Vect K et valant n Id sur S (c’est un
élément de F). La suite (fn )n2N 2 F N est alors bornée ssi S est nul, d’où (par
contraposée) l’implication [F borné] =) [Vect K = E].
Supposons réciproquement Vect K = E, ce qui permet d’invoquer une
base K de E formée d’éléments de K, soit R > 0 tel que K B (0; R) (permis
car le compact K est bornée), soit f 2 F, notons M := MatK f et soit un
"élément" de la base K. Puisque f stabilise K, on peut majorer kf ( )k R ;
cette norme valant par ailleurs la borne supérieure des modules des coe¢ cients
de la colonne de M correspondant au vecteur de base , on peut (en désinvo-
quant ) conclure kM k1 R. En normant L (E) par ' 7! kMatK 'k1 , nous
venons de montrer que la partie F est bornée par R.
2
7. Notons A la partie considérée. Chaque suite a 2 A véri…ant 8n 2 N; jan j
2
P 2 P 2
n , la convergence de la série n assure celle de jan j , d’où l’inclusion A
E.
Soit ensuite (n a)n2N 2 AN . Pour chaque naturel N , la suite (n aN )n2N est à
valeurs dans le compact B (0; N ) de K, d’où une extractrice x et un scalaire 2
B (0; N ) tels que x(n) aN ! . On en déduit (via l’axiome du choix) une
n!1
suite (xN )N 2N d’extractrices et une suite de scalaires véri…ant pour chaque
xN (n)
naturel N la majoration j N j N et la tendance aN ! N (observer
n!1
au passage l’appartenance 2 A). Notons alors := n 7! [x1 x2 xn ] (n)
la suite obtenue à partir de x par extraction diagonale, de sorte à avoir pour
chaque naturel N la tendance (n) aN ! N . Montrons alors la conver-
n!1
(n)
gence a ! , ce qui conclura.
n!1
P 2
Soit " > 0, soit N 2 N tel que n>N n < " (permis par convergence
P 2 PN 2
de la série n ) et soit 2 N tel que i=0 (n) ai i < " pour chaque
(n)
naturel n > (permis vu les tendances 8i 2 [0; N j] ; ai ! i ) : on a alors
n!1
à n 2 N …xé les majorations
(n)
a2A
(n) (n)
ai i ai + j i j i + i = 2 i , d’où (si de plus n > )
et 2A
2 2
(2 i) =4 i
N
z }| {
2 X 2 X 2
(n) (n) (n)
a = ai i + ai i < 5", ce qui conclut.
i=0 i>N
| {z } | {z }
< " car n> P 2
4 i>N i < 4"
8. Soit ' une forme R-linéaire non nulle de noyau H. Étant non nulle, elle est
surjective, d’où les égalités ' (E nH ) = ' (E) n' (H) = R nf0g = R .
Si l’hyperplan H est fermé et de complémentaire connexe par arcs, la
forme ' est alors continue (cf. exercice 4a section 2.3) et l’image R par '
100
du connexe par arcs E nH n’est pas connexe par arcs, ce qui contredit le théo-
rème des valeurs intermédiaires. (Autre preuve : la partie E nH = ' 1 R+ q
' 1 R partitionnée en deux ouverts relatifs non vides ne saurait être connexe
par arcs.)
Supposons à présent H non fermé : il est alors dense (cf. exo ? ? ?chapEvn1),
donc chacun de ses translatés est dense. En particulier, étant donné un a 2
E nH , l’hyperplan a¢ ne A := H + a est dense et inclus dans E nH , d’où les
inclusions A E nH A avec A convexe, ce qui permet de conclure (avec
l’exercice 4 section 4.3) à la connexité par arcs de E nH .
9.
8
< K ! S
!
(a) L’application := ck fait sens (aucun dénomina-
: k 7 ! !
ck
!
teur ck ne s’annule car c 2 = K), est continue (comme quotient d’applica-
tions lipschitziennes) et de source compacte, donc est d’image compacte.
La sphère S étant par ailleurs non compacte (c’est le théorème de Riesz
admis par l’énoncé), l’application ne saurait être surjective, d’où un s 2 S
non atteint par , ce qui conclut.
!
(b) Pour chaque 2 R+ tel que k := c + s 2 K, on a les égalités ck =
s2S ! >0
ck s
k sk = j j ksk = et (k) = ! = =s2
= Im , ce qui est absurde.
>0 ck
On en déduit les non-appartenances 8 2 R+ ; c + k 2 = K, ce qui est
l’inclusion désirée (chaque vecteur c + k reste dans E).
(c) Soit R > 0 un réel tel que K B (0; R) (permis car le compact K est
borné). Nous allons relier c par un chemin continu dans C à un point de
la sphère S (0; R), ce qui conclura puisque cette dernière est connexe par
arcs (E n’est pas de dimension réelle 1).
Si kck > R, la ligne droite de c à Rc convient alors car prend ses
valeurs dans E B (0; R) E nK = C.
R+ ! R
Supposons à présent kck < R. L’application
7 ! kc + sk
est alors continue (composée d’applications lipschitziennes), prend une va-
leur moindre que R (car kck < R), et tend vers 1 en 1, donc atteint R
par le théorème des valeurs intermédiaires en un certain . La ligne droite
de c à c + s prend alors ses valeurs dans la demi-droite c + R+ s C et
relie c à un point de S (0; R) (par invocation de ), ce qui conclut.
(d) Lorsque E est de dimension …nie, sa sphère unité S est compacte ;
lorsqu’il est de plus non nul, la partie E nS n’est pas connexe par arcs (cf.
exemple 5 section 4.4). Cependant, en dimension nulle, chaque partie est
compacte et connexe par arcs. Conclusion : chaque espace vectoriel normé
est de dimension nulle ou in…nie ssi le complémentaire de chacun de ses
compacts est connexe par arcs.
10.
(a) Soit H un hyperplan réel de E, soit ' une forme R-linéaire de noyau H
(alors continue car sa source E est de dimension …nie), soit h 2 H, soit " >
101
0 un réel, soit a 2 A \ B (h; ") (permis par densité de A) dont on note a0 :=
2h a le symétrique par rapport à h. Si a0 2 H, on a alors terminé ; nous
pouvons donc imposer := d (a0 ; H) > 0, i. e. r := min f ; "g > 0, et
invoquer (par densité de A) un b 2 A \ B (a0 ; r).
FIG
La majoration r d (a ; H) montre alors que la boule B (a0 ; r) ne rencontre
0
par H, donc la forme ' ne s’y annule pas, i. e. (par continuité) y garde un
' est H Ker '
signe constant –celui de ' (a0 ) = ' (2h a) =
2' (h) ' (a) =
linéaire
!
' (a). L’application continue f := t 7! ' a + t ab prend donc en 0
et 1 des valeurs de signes opposés, donc s’annule, d’où par le théorème
des valeurs intermédiaires un h0 2 H \ [a; b], mettons h0 = a + b pour
certains ; 2 [0; 1] de somme 1. On a alors d’une part l’appartenance h0 2
[a; b] A (par convexité de A), d’autre part les majorations
kh0 hk = k a + b ( + ) hk = k (a h) + (b a0 ) + (a0 h)k
ka hk + kb a0 k + ka0 hk < 3", ce qui conclut.
| {z } | {z } | {z }
<" car a2B(h;") <" car b2B(a0 ;r) =ka hk<"
(b) On raisonne par récurrence sur dimR E. Pour chaque naturel n, no-
tons Pn l’énoncé
8V espace vectoriel normé de dimension réelle n,
8C V convexe dense, C = V
et montrons 8n 2 N; Pn par récurrence (d’où la conclusion en rempla-
çant VC par E A ).
Dans chaque espace vectoriel normé nul, chaque partie dense est non
vide, a fortiori pleine, d’où l’énoncé P0 .
Soit n 2 N tel que Pn , soit V un espace vectoriel normé de dimen-
sion réelle n + 1, soit C un convexe dense de V , soit v 2 V , soit H
un hyperplan de V contenant v. L’intersection H \ C est alors convexe
(comme intersection de convexes) et est dense dans H d’après la ques-
tion 10a, donc l’hypothèse Pn s’applique à l’espace vectoriel normé H (qui
est bien de dimension n) et livre l’égalité H = H \ C, d’où l’apparte-
nance v 2 H = H \ C C, ce qui conclut à l’inclusion V C et à Pn+1 .
FIG
(c) Vu la validité de l’énoncé P0 , on imposer E 6= f0g pour discuter les
hypothèses.
Sans l’hypothèse de densité, les boules unités sont deux contre-exemples
convexes. Sans l’hypothèse de convexité, les vecteurs de norme rationnelle
forment un contre-exemple dense.
Sans l’hypothèse « E de dimension …nie » , la preuve ci-dessus achoppe
en deux poins : la récurrence …nie ne tient plus et surtout la continuité de '
fait défaut (on va pouvoir passer "à travers" l’hyperplan). De fait, chaque
hyperplan dense est un contre-exemple, comme K [X] dans K [X] K exp
(vu dans C (S; K)).
102
(d) D’après la question précédente, il faut chercher en dimension in…nie.
Par exemple, dans C ([0; 1] ; K), l’enveloppe convexe de K [X] et de exp est
convexe (c’est une enveloppe convexe) et dense (car contient la partie dense
K [X]) mais n’est pas un sous-espace vectoriel (car ne contient pas 2 exp)
103